Détention préventive à Madagascar
Détention préventive à Madagascar
THEME :
JURY :
DIRECTEUR DE RECHERCHE ET PRESIDENT
Monsieur NJARA Ernest,
Professeur d’Enseignement Supérieur et de Recherche à la Faculté de Droit Et des Sciences
Sociales de Développement
SUFFRAGANTS :
Monsieur Patrice GOUSSOT,
Maître de Conférence à la Faculté de Droit et des Sciences sociales de Développement
Rapporteur
Madame AHOLY Line Sara,
Assistant d’Enseignement Supérieure et de Recherche à la Faculté de Droit et de Sciences
Sociales de développement
Juge
DEDICACE
Je dédie ce mémoire :
2
REMERCIEMENTS
3
SIGLES ET ABBREVIATIONS
_________________________________
4
SOMMAIRE
DEDICACE
REMERCIEMENTS
LISTE DES ABREVIATIONS
LISTE DES TABLEAUX
SOMMAIRE
CHAPITRE INTRODUCTIF
PREMIERE PARTIE .- LES NORMES APPLICABLES A LA DETENTION
PREVENTIVE
CHAPITRE PREMIER .- ANALYSE DES DISPOSITIONS DU DROIT POSITIF
INTERNE RELATIVES A LA DETENTION
PREVENTIVE
SECTION PREMIERE.- LA NOTION DE DETENTION PREVENTIVE A
MADAGASCAR
SECTION 2 .- LES CONDITIONS DE FOND DE LA
DETENTION PREVENTIVE
SECTION 3 .- LES CONDITIONS DE PROCEDURE DE LA
DETENTION PREVENTIVE
SECTION 4.- LA DEMANDE DE LIBERTE PROVISOIRE
DEVANT LA CHAMBRE DETENTION
CHAPITRE 2.- PRESENTATION DES NORMES INTERNATIONALES
RELATIVES A LA DETENTION PREVENTIVE
SECTION PREMIERE.- LA DETENTION AVANT JUGEMENT
CONSTITUE
L’EXCEPTION ET NON LA REGLE
SECTION 2.- LA PRESOMPTION D’INNOCENCE
SECTION 3.- INTERDICTION DE LA TORTURE, DES PEINES OU
5
TRAITEMENTS CRUELS, INHUMAINS OU
DEGRADANTS
SECTION 4.- DE LA SEPARATION ENTRE LES DIFFERENTES
CATEGORIES DE DETENUS
SECTION 5.- LA DECISION QUANT A LA DUREE ET A LA
LEGALITE DE LA DETENTION EST DU RESSORT
D’UNE AUTORITE JUDICIAIRE OU
EQUIVALENTE
SECTION 6.- LE DEVOIR DE NOTIFICATION
SECTION 7.- DU DROIT DE COMMUNICATION DES
DETENUS AVEC LE MONDE EXTERIEUR
SECTION 8.- DES CONDITIONS MATERIELLES ET
RELIGIEUSES HUMAINE DE DETENTION
SECTION 9.- LES DROITS ET LE STATUT PARTICULIER
DES FEMMES ET DES JEUNES DETENUS
DOIVENT ETRE RESPECTES
SECTION 10.- LES MESURES DISPLINAIRES PENDANT LA
DETENTION PROVISOIRE (OU PREVENTIVE)
DEUXIEME PARTIE .-LA DETENTION PREVENTIVE, UNE ATTEINTE AUX
DROITS DE L’HOMME
CHAPITRE PREMIER.- LES PROBLEMES PARTICULIERS DE LA DETENTION
PREVENTIVE A MADAGACAR
SECTION PREMIERE.- LA DETENTION
PREVENTIVE : RENVERSEMENT DU PRINCIPE
A L’EXCEPTION
SECTION 2.- LE SURPEUPLEMENT DES LIEUX DE
DETENTION
SECTION 3.- LES CONDITIONS EXECRABLES DE LA
DETENTION PREVENTIVE
SECTION 4.- LA DUREE TROP LONGUE DE LA
DETENTION PREVENTIVE
SECTION 5.- LA SITUATION JURIDIQUE INCERTAINE DES
6
PERSONNES PLACEES EN DETENTION
SECTION 6.- LE «PASSAGE A TABAC » DES PREVENUS
CHAPITRE 2.- PROPOSITIONS DE SAUVEGARDE DE S DROITS
DES DETENUS
7
CHAPITRE INTRODUCTIF
Au cours de la dernière décennie, l'aspiration des peuples au respect des droits
de l'Homme a pris l'aspect d'une force révolutionnaire exceptionnellement évident.
De ce fait, actuellement, nous vivons à une époque où la liberté et la démocratie ont
fait d'énormes progrès tant sur le plan social, culturel que politique. Des efforts
visant à promouvoir et à soutenir les droits de l'Homme, la démocratie et la
primauté du droit ont continué à modifier l'ordre des choses sur toute la planète.
Malheureusement, la souffrance et la pauvreté continuent de sévir dans bon nombre
de pays dont, singulièrement, Madagascar.
Les droits de l'Homme sont littéralement les droits que chacun détient en tant
qu'être humain. La protection de ces droits n'est ainsi qu'une façon parmi d'autres
de mettre en pratique une conception particulière de la justice sociale. Parce qu'ils
ont pour seul fondement d'être inhérents à la nature humaine, les droits de l'Homme
sont universels et inaliénables. Leur application s'étend à tous les individus. Le cas
des délinquants en attente de jugement, mérite une attention particulière. En effet,
les nécessités de l'instruction font que le magistrat instructeur doit pouvoir « avoir
le prévenu à sa disposition » pour s'assurer que l’intéressé ne prendra pas la fuite.
La solution adoptée à Madagascar, héritée de la solution traditionnelle française est
la détention préventive1.
1
En France, depuis une réforme législative de 1970, la détention préventive a changé de dénomination. Elle devient
une détention provisoire. Les instruments internationaux relatifs aux Droits de l’Homme utilisent également cette
appellation.
8
qu'il a commise et qui se trouve détenu, soit dans un établissement pénitentiaire,
mais qui n'a pas encore été jugé. Au sens strict, elle consiste en l’incarcération,
décidée par le juge d’instruction, d’une personne au stade d’instruction. Mais d’une
façon générale, il s’agit d’une détention décidée par un magistrat avant la
déclaration de culpabilité relevant d’une juridiction répressive. Il s’agit donc d’une
mesure attentatoire à la liberté. Dans la mesure où une telle solution est adoptée, il
convient de la considérer comme un cas exceptionnel et de l'entourer de garanties,
car toute personne privée de sa liberté est vulnérable aux violations de ses droits
fondamentaux, plus particulièrement la femme et l'enfant. Ainsi, les personnes
faisant l'objet d'une telle mesure, même privées du droit à la liberté en raison de
l'infraction dont elles sont des accusées, bénéficiant quand même des droits
fondamentaux. Le respect des droits de l'Homme ne s'arrête pas aux portes des
prisons !
Tout humain bénéficie des droits de l'Homme qui ne peuvent être suspendus
sans justification légitime, en tout temps, en tout lieu et quelles que soient les
circonstances où il se trouve.
9
se syndiquer ou pour l'amélioration des conditions d'hygiène et de sécurité dans le
travail, et le besoin de mettre un terme au refus systématique des Droits de
l'Homme, inhérent au colonialisme, s'inscrivent dans cette lignée.
Dans chaque cas, l'argument invoqué était que chacun de nous est un être
humain au même titre que les autres. Le simple fait d'admettre ce genre d'argument
a entraîné des changements sociaux et politiques radicaux.
D’une façon plus significative, les pactes internationaux relatifs aux droits de
l'Homme furent achevés en décembre 1968. Outre la Déclaration Universelle, les
Nations Unies fournirent une liste officielle des droits de l'Homme reconnus par la
communauté internationale. Aussi, des systèmes régionaux de protection des droits
de l'Homme existent sur les continents américains, africains et européens qui ont
respectivement donné naissance à la Convention américaine relative aux droits de
l'Homme, la Charte Africaine des droits de l'Homme et des Peuples et la
Convention de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
10
Actuellement, dans la plupart des pays, les droits de l'Homme occupent une
place solide parmi les dossiers de politique étrangère, et les organisations non
gouvernementales (ONG) défendant ces droits prennent une importance croissante
dans le paysage politique.
En effet, en raison de leur caractère privé, les ONG tels que la Ligue
Malgache de droit de l’Homme et du Peuple ou l’Organisation pour la défense et
la promotion des droits de l’Homme peuvent opérer sans devoir se soumettre à
l'autorité politique des Etats ; comme elles n'ont pas souvent de sujet de
préoccupation plus vaste susceptibles de contrarier la poursuite de leurs objectifs
quant aux droits de l'Homme, elles sont souvent mieux armées pour exercer des
pressions et faire entendre leur voix dans ce domaine.
Les droits de l'Homme étant une question de relations entre individus et entre
ceux-ci et l'Etat, une institution nationale, la Commission Nationale des droits de
l'Homme, œuvrant dans le domaine des droits de l'Homme a été créée par le Décret
N° 96/282 du 18 décembre 1996. Cette institution représente un mécanisme qui
assure l'exécution des obligations internationales de Madagascar dans le domaine
des droits de l'Homme.
11
religion, en passant par le droit à la santé et le droit au respect de la dignité
humaine. Comme il a été dit plus haut, ils s'appliquent à tous, même aux personnes
régulièrement arrêtées ou incarcérées en vertu de la législation nationale.
12
avec certitude s’il est innocent ou coupable.» Malgré tout, la détention préventive
représente un mal nécessaire.
2
Penal Reform International, Pratique de la prison: du bon usage des règles pénitentiaires internationales (Août
1997), publié avec le soutient de la Commission des Communautés Européennes et du Ministère de la justice des
Pays-Bas.
Voir bibliographie : document 1p. 105
13
préventive a été publié par le Centre pour les droits de l'Homme et le Service de la
prévention du crime et de la justice pénale de l'ONU.
3
NATIONS UNIES, Les Droits de l’Homme et la détention provisoire: Manuel de normes internationales en
matière de détention provisoire (Série de formation professionnelle n°3), publié par le Centre des Nations Unies pour
les Droits de l’Homme et le Service de la prévention du crime et de la justice pénale. Voir bibliographie : document
2 p.105
14
La recherche à l’origine du présent mémoire suit une démarche composée de
deux étapes: la lecture des textes nationaux et internationaux relatifs à la détention
préventive et les entretiens exploratoires.
Les textes qui incitent à la réflexion sur le thème « La détention préventive
face aux Droits de l’Homme » ont été sélectionnés parmi les instruments
internationaux relatifs aux droits de l’Homme, les textes législatifs et
réglementaires du droit positif interne, les revues de presse et les ouvrages.
L’entretien exploratoire, quant à lui, est une technique précieuse pour une grande
variété de recherche. Elle suscite toujours gain de temps, économie de moyens et
plus de facilité sur les données à exploiter. En effet, elle présente une grande
souplesse d’application comme les entretiens semi- directifs où un degré de liberté
est laissé à l’observateur.
15
PREMIERE PARTIE
16
Les normes nationales (Chapitre Premier) et internationales (Chapitre 2) relatives à
la détention préventive énoncent des règles et des dispositions détaillées qui, appliquées,
assurent des conditions humaines conformes à la loi quant aux personnes placées en
détention préventive.
17
CHAPITRE PREMIER
Section Première
4
Article 3,4 et 5 du Décret n°59-121 du 31/10/59 portant organisation générale des Services Pénitentiaires de Madagascar.
Voir annexe II p. 101
18
La détention préventive reste, cependant une mesure d’extrême rigueur. Pour cette
raison, le Code de Procédure Pénale malgache a posé des conditions strictes au
placement d’un individu en détention préventive, ces conditions étant soient de fond,
soit de procédure.
Section 2
5
Code de Procédure Pénale malgache article 333: « La détention préventive...n’est pas applicable à l’égard des individus
poursuivis pour des faits punis par la loi de peines de simple police ou de peines correctionnelles autres que
l’emprisonnement ».
Voir Annexe II p.95
19
§2.- La personne objet de la mesure de détention préventive
En principe, tout individu peut être placé en détention préventive dès lors
que toutes les conditions sont réunies. Toutefois, on dénote l’exclusion de certaines
catégories de personnes tels que les mineurs de treize ans qui ne peuvent absolument pas
faire l’objet d’une information sommaire, les personnes âgées de plus de soixante-dix
ans, les personnes ayant un ordre national ainsi que les personnes nécessitant un compte-
rendu préalable au Ministère auquel elles sont rattachées comme c’est le cas des agents
pénitentiaires.
Elle ne peut être ordonnée qu’à titre exceptionnel, donc, par extension, elle
consiste une mesure facultative. Bien que ce caractère exceptionnel soit prévu6, le Code
de Procédure Pénale n’énumère pas les cas limitatifs dans lesquels l’incarcération peut
être ordonnée. La déduction immédiate est qu’elle ne peut être ordonnée qu’en cas de
nécessité. Il est ainsi légitime de penser qu’elle ne peut être prescrite que suivant la
trilogie classique:
6
Code de Procédure Pénale malgache article 333: « La détention préventive est une mesure exceptionnelle... »
Voir Annexe II p.95
20
- lorsque la détention est l’unique moyen de protéger la personne mise en examen,
de garantir son maintien à la disposition de la justice, de mettre fin à l’infraction ou de
prévenir son renouvellement;
Afin d’endiguer les abus, maintes réformes son intervenues quant aux
dispositions de la procédure pénale relatives à la durée de la détention préventive Bien
sûr, cette détention doit cesser dès que l’une des conditions ci-dessus précisées cesse
d’être remplie. Mais une limitation de la durée a été légalement fixée. Cette durée de la
détention préventive varie selon que la procédure suivie est, soit l’information
sommaire, soit l’instruction préparatoire.
7
Code de Procédure Pénale malgache article 1O3, 2 : «La durée de validité d’un mandat de dépôt décerné par un magistrat
du ministère public ne peut dépasser trois mois à compter de l’écrou. »
Voir bibliographie : Code de Procédure Pénale malgache p. 105
8
Code de Procédure Pénale malgache article 336, 1 : « Tout mandat de dépôt ou d’arrêt délivré par un magistrat du
ministère public doit porter en caractères apparents la mention la validité du présent mandat expire trois mois après la date
de l’écrou du détenu. »
Voir Annexe II p.96
21
mois. Par ailleurs, l’officier du ministère public agissant dans le cadre d’une information
sommaire peut délivrer au prévenu un billet d’écrou dont la validité est limitée à quinze
jours (article 165, alinéa 2 du Code de Procédure Pénale).
L’instruction préparatoire est obligatoire pour les crimes les plus graves
punis de peine de mort, ou de travaux forcés à perpétuité, de déportation et aussi pour les
crimes et délits où il n’y a pas de certitude incontestable quant à l’identité de leurs
auteurs. La durée de la détention préventive est en principe limitée en instruction
préparatoire à huit mois9 A l’expiration de ce délai, la Chambre de Détention est admise
à prolonger cette durée sur décision spécialement motivée pour une nouvelle période qui
ne saurait excéder six mois renouvelables une fois dans les mêmes conditions10 En
somme, cette durée ne peut-être supérieure à vingt mois.
9
Code de Procédure Pénale malgache, article 334 Bis : « Qu’il s’agisse d’un crime ou d’un délit, la durée de validité d’un
mandat de dépôt décerné par un juge d’instruction ou par la chambre prévue à l’article 223 Bis est fixée à huit mois, pour
compter de sa notification . Il en est de même du mandat d’arrêt émanant du juge d’instruction lorsque l’inculpé recherché
aura peut-être appréhendé … ». Voir annexe II p.96.
10
Code de Procédure Pénale malgache, article 334 Bis : « …Dans l’hypothèse où le maintien en détention s’avérerait
indispensable à la poursuite de l’information, ou à une bonne Administration de la justice, la prolongation de sa durée ne
pourra résulter que d’une décision spécialement motivée rendue par la Chambre chargée de statuer sur la détention
22
Section 3
3° L’ordonnance de prise de corps est une sorte de mandat d’amener qui permet
l’incarcération de l’inculpé pour garantir sa présence à l’audience. Cette ordonnance est
décernée par le magistrat du Ministère public12, par le juge d’instruction13 ou par la
chambre d’accusation14. Elle offre une utilité pratique quand l’inculpé est en liberté car
s’il se soustrait volontairement aux obligations du contrôle judiciaire, ou bien si, sans
préventive après réquisition du Ministère Public. Elle ne serrait excéder une nouvelle période de six mois renouvelable une
fois dans les mêmes conditions, sans préjudice des dispositions de l’article 112 ci-dessus ». Voir annexe II p.95.
11
Article 101 à 1O9 du Code de Procédure Pénale ». Voir bibliographie p.105 : code de Procédure Pénale Malgache, mis à
jour au 31 Décembre 2001.
12
Code de Procédure Pénale, article 238, alinéa 3 : « Si le Procureur de la République estime inutile le maintien en
détention préventive de l’accusé, mainlevée est donnée du mandat de dépôt et l’exécution de l'ordonnance de prise de corps
est différée ».
13
Code de Procédure Pénale, article 291, alinéa 3 : « Si le juge d'instruction estime inutile le maintien en détention
préventive de l’accusé, il procède conformément aux dispositions du titre VII et l’exécution de l'ordonnance de prise de
corps est, s'il y a lieu, différée ».
14
Code de Procédure Pénale, article 309, alinéa 3 : « L’arrêt de renvoi peut faire l'objet d'une opposition de l’inculpé et du
Procureur Général dans les formes fixées par l'article 292 ».
23
motif légitime d’excuse, il ne se présente pas au jour fixé par le juge, l’ordonnance de
prise de corps permettra sa mise en détention.
4° Le billet d’écrou constitue une sorte de mandat de dépôt mais délivré par
l’officier du Ministère public15.
Section 4
15
Articles 165, 225, 236, du Code de Procédure Pénale et articles 34 et 34 bis de l’ordonnance n° 60-016 du 27 septembre
1960.
15
Code de Procédure Pénale, article 223 bis alinéa 1er : « Si l’inculpé est laissé en liberté, le Ministère Public ou la partie
civile peut faire opposition à la décision au plus tard dans les 24 heures qui suivent ».
Voir 12-13-14-15-16 Bibliographie p.105 (code de procédure pénale Malgache : mis à jour au 31 Décembre 2001)
24
- les oppositions faites par le Ministère Public ou par la partie civile contre la
décision de laisser l’inculpé en liberté provisoire16;
- la mainlevée du mandat de dépôt par requête motivée du Ministère Public;
- les demandes de mise en liberté provisoire;
Les décisions de la Chambre peuvent être frappées d’opposition par la partie civile
ou le Ministère Public en cas de mise en liberté ou d’appel quand la personne concernée
a été déboutée de sa demande de mise en liberté provisoire.
Les personnes qui ont qualité pour saisir la Chambre de détention préventive sont :
- l’inculpé pour une demande de mise en liberté provisoire;
16
voir 17
17
Code de Procédure Pénale malgache article 346 : « La mise en liberté provisoire peut être subordonnée à l’obligation de
fournir un cautionnement dont la nature et le montant sont fixés par la chambre chargée de statuer sur la détention
préventive... ».
Voir Annexe II p. 99.
25
- la partie civile faisant opposition à une non-délivrance d’un mandat dépôt18;
- le Ministère Public pour la non-délivrance également d’un mandat de dépôt par le
juge d’instruction et en cas de requête de mainlevée par le magistrat du Ministère
Public19;
- le juge d’instruction en cas de demande de mainlevée et en cas de prorogation de
la durée de la détention préventive.
18
Article 232 alinéa 3 et article 273 du Code de Procédure Pénale. Voir Annexe II p. 105.
19
Code de Procédure Pénale, article 273 alinéa 4 : « Dans le cas où l’inculpé est laissé en liberté, le ministère public et la
partie civile peuvent faire opposition et le dossier est transmis à la Chambre chargée de statuer sur la détention préventive
par application des dispositions de l'article 223 bis du présent code ».
Voir Bibliographie p. 105 : code de procédure pénale Malgache.
26
CHAPITRE 2
Le sujet du Présent chapitre est traité en détail dans le manuel Les droits de
l'Homme et la détention provisoire publié par le Centre des Nations Unies. Il s'agira ici
de fournir une description et une explication des principes fondamentaux consacrés dans
les instruments internationaux relatifs aux droits de l'Homme et le Droit international
humanitaire sur lesquels reposent les dispositions particulières concernant la détention
préventive.
Section première
20
Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou
d’emprisonnement, Principe 36,2 : « Toute personne ainsi soupçonnée ou inculpée ne peut être arrêtée ou détenue en
27
vivement décourager le placement en détention provisoire, et les règles de Tokyo ont été
adoptées pour favoriser le recours à des mesures non privatives de liberté, notamment
pendant la période précédant le jugement.
Section 2
LA PRESOMPTION D'INNOCENCE
attendant l'ouverture de l’instruction et du procès que pour les besoins de l’administration de la justice, pour les motifs, sous
les conditions et conformément aux procédures prévus par la loi... »
28
La présomption d'innocence constitue le point de départ de toutes les normes dans
le domaine de la détention provisoire ou préventive. Nul ne peut être présumé coupable
tant que l’accusation n'a pas été établie au-delà de tout doute raisonnable. En outre la
présomption d'innocence entraîne le droit d'être traité conformément à ce principe. C'est
donc un devoir pour toutes les autorités publiques de s'abstenir de préjuger de l'issue
d'un procès.
Section 3
29
La torture a été absolument interdite par la communauté internationale. C’est ainsi
que La Déclaration sur la protection de toutes les personnes contre la torture et autres
peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants énoncent des mesures détaillées
pour lutter contre cette pratique. En effet, diverses dispositions de cette Déclaration
prévoient que les Etats doivent proscrire la torture, ils doivent exercer une surveillance
efficace sur les pratiques et les méthodes d’interrogatoire, que les actes présumés de
torture doivent faire l’objet d’une enquête, et enfin, que la formation de la police
judiciaire ou de la gendarmerie doit tenir pleinement compte de l’interdiction de la
torture22.
Les allégations de torture doivent faire l'objet d'enquêtes approfondies et les auteurs
de tels actes doivent être poursuivis. Des mesures pratiques, telles que l'exclusion des
éléments de preuve dont il a été établi qu'ils sont obtenus par la torture et la rédaction de
procès-verbaux d'interrogatoires, sont nécessaires pour garantir le droit de toute
personne à ne pas être soumise à la torture ou de mauvais traitements.
22
Voir lettre mensuelle de Juréco
La lettre mensuelle de Juréco, Septembre 1990 N° 45 p.10
(Périodique d’information et d’analyse Janvier 1990 – Quatrième année)
30
Section 4
Malgré tout, les renseignements fournis dans les rapports présentés devant le
Comité des droits de l’Homme indiquent que de nombreux Etats n’accordent pas toute
l’attention voulue au fait que l’article 10,2 du Pacte international relatif aux droits civils
et politiques représente une disposition impérative du Pacte.
23
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 10,2 alinéa b : « Les jeunes prévenus sont séparés des
adultes et il est décidé de leur cas aussi rapidement que possible. » 24 Ensemble de règles minima pour le traitement des
détenus règle 8 alinéa a : « Les hommes et les femmes doivent être détenus dans la mesure du possible dans des
31
Enfin, la règle 8 de l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus25
prescrit la détention des hommes et des femmes dans des sections distinctes.
Section 5
établissements différents; dans un établissement recevant à la fois des hommes et des femmes, l’ensemble des locaux
destinés aux femmes doit être entièrement séparé. » voir annexe I p.78.
25
Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus règle 8 alinéa a : « Les hommes et les femmes doivent être
détenus dans la mesure du possible dans des établissements différents; dans un établissement recevant à la fois des hommes
et des femmes, l’ensemble des locaux destinés aux femmes doit être entièrement séparé. » voir annexe I p.78.
32
Dans plusieurs affaires, le Comité des droits de l’Homme a déclaré que la détention
d’une personne en vertu de « mesures de sécurité d’urgence » violait le paragraphe 4 de
l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, car pendant
l’application de telles mesures, les détenus n’avaient pas eu la possibilité de déposer un
recours en habeas corpus ou d’exercer d’autres recours similaires.
Section 6
LE DEVOIR DE NOTIFICATION
L'obligation aux Etats d'informer les personnes arrêtées des motifs de leur
arrestation et de toute accusation portée contre elles est imposée par le Pacte
international relatif aux droits civils et politiques en son article 9 paragraphe 226. Cet
article prévoit donc deux phases: au moment de son arrestation, une personne doit être
informée des raisons de son arrestation et, dans le plus court délai, la personne doit être
informée des accusations portées contre elle. Pour que cette notification soit effective,
elle doit être faite dans une langue que la personne comprend. En conséquence, lorsque
la personne placée en état d'arrestation ne connaît pas suffisamment la langue du pays,
26
Pacte international relatif aux droits civile et politiques, article 9,2 : « Tout individu arrêté sera informé, au moment de
son arrestation, des raisons de cette arrestation et recevra notification, dans le plus court délai, de toute accusation portée
contre lui. Voir annexe I p.74.
33
les autorités ne devrait mettre à sa disposition dans le plus court délai les services d'un
interprète chargé de lui faire connaître ses droits et les accusations portées contre elle.
Section 7
27
Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus, règle 92 : « Un détenu doit immédiatement pouvoir informer
sa famille de sa détention et se voir attribuer les facilités raisonnables pour pouvoir communiquer avec celle-ci et ses amis et
recevoir des visites de ces personnes, sous la seule réserve des restrictions et de la surveillance qui sont nécessaire dans
l’intérêt de l’administration de la justice et du bon ordre de l’établissement. » Voir annexe I p.84.
34
Section 8
Deux principes servent de base aux normes régissant les conditions matérielles
dans lesquelles les personnes placées en détention provisoire doivent être incarcérées.
28
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 18, 1: »Toute personne a droit à la liberté de pensée, de
conscience et de religion; ce droit implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion de son choix, ainsi que la liberté de
35
ordre » de l’établissement. La liberté religieuse étant un droit de l’Homme fondamental,
les détenus doivent toujours trouver lors de leur détention la possibilité d’un réconfort
spirituel à leur convenance.
Section 9
En raison de leur jeune âge, les mineurs devront faire l’objet d’un traitement
spécial29. Les normes internationales applicables aux enfants (Convention relative aux
droits de l’enfant, Règles de Beijing, Règles des Nations Unies pour la protection des
mineurs privés de liberté, etc.) prévoient que les mineurs doivent être traités de manière
à ce qu’ils puissent pleinement exercer leurs possibilités de devenir des citoyens
conscients de leurs responsabilités et ne tombent pas dans la criminalité. En d’autres
termes, il faut éviter que la détention ne se transforme en une « école du crime ».
Pourtant, dans certains pays tels que l’Uruguay, on justifie le mélange des détenus
adultes et des détenus mineurs en se référant à la vie à l’extérieur.
manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu’en privé, par le culte et
l’accomplissement des rites, les pratiques et l’enseignement. Voir annexe I p.76.
29
Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 14,4: « La procédure applicable aux jeunes gens qui ne
sont pas encore majeurs au regard de la loi pénale tiendra compte de leur âge et de l'intérêt que représente leur
rééducation ». Voir annexe I p.76.
36
En fait, ce mélange est condamnable, les jeunes détenus prenant les détenus
endurcis comme modèles et pouvant être victime de brutalité. Ces cas sont fréquents,
surtout dans les pays en voie de développement où le manque de moyens financiers est
avancé pour justifier la non séparation des jeunes détenus des adultes.
S’agissant du statut particulier des femmes, il est reconnu par deux types de
disposition: l’une prévoit que les femmes doivent être détenues dans des locaux séparés
de ceux des hommes, et l’autre traite de la discrimination. La question de la séparation
des locaux est énoncée dans la règle 8 de l’Ensemble des règles minima pour le
traitement des détenus, et celle de la discrimination est traitée par le principe 5 de
l’Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme
quelconque de détention ou d’emprisonnement30. Ces dispositions demandent que les
locaux des hommes et des femmes soient distingués, que les femmes détenues soient
surveillées par des femmes policières, et que les fouilles corporelles soient effectuées
par des personnes du même sexe que les détenues.
30
Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou
d’emprisonnement, principe 5.2 : « Les mesures appliquées conformément à la loi et destinées exclusivement à protéger les
droits et la condition particulière des femmes, surtout des femmes enceintes et des mères en bas âge, ...ne sont pas réputées
être des mesures discriminatoires. La nécessité de ces mesures et leur application pourront toujours faire l’objet d’un
examen par une autorité judiciaire ou autre ». voir Annexe I Page. 86
37
Section 10
Selon la règle 27 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus31,
un équilibre devrait être établi entre les impératifs de sécurité et les droits fondamentaux
du détenu. Ainsi, les détenus ayant commis des infractions sans gravité aux règles
disciplinaires devraient faire l’objet de sanctions mineures. Le problème tenant au
caractère arbitraire de la discipline peut être atténué par la fixation de règles claires de
comportement prévoyant des mesures disciplinaires précises pour toute infraction32 et
par une sensibilisation des détenus et du personnel de l’établissement sur les dispositions
du règlement pénitentiaire33. Ces dispositions peuvent être, par exemple, affichées à des
endroits stratégiques de l’établissement.
31
Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus, règle 27: « L’ordre et la discipline doivent être maintenus
avec fermeté, mais sans apporter plus de restrictions qu’il n’est nécessaire pour le maintien de la sécurité et d’une vie
communautaire bien organisée ». Voir annexe I p.81.
32
Ensemble de principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou
d’emprisonnement, principe 30,1: « Les types de comportement qui constituent, de la part d’une personne détenue ou
emprisonnée, des infractions disciplinaires durant la détention ou l’emprisonnement, le genre et la durée des sanctions
disciplinaires qui peuvent être appliquées et les autorités compétentes pour imposer ces sanctions doivent être spécifiés par
la loi ou les règlements pris conformément à la loi ou les règlements pris conformément à la loi et être dûment publiés. »
Voir annexe I p.92.
33
Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus, règle 35 :
« 1. Lors de son admission, chaque détenu doit recevoir des informations écrites au sujet du régime des détenus de sa
catégorie, des règles disciplinaires de l’établissement, des moyens autorisés pour obtenir des renseignements et formuler des
plaintes, et de toutes autres points qui peuvent être nécessaires pour lui permettre de connaître ses droits et ses obligations et
de s’adapter à la vie de l’établissement. Voir annexe I p.81.
2. Si le détenu est illettré, ces informations doivent lui être fournies oralement. » Voir annexe I p. 82.
38
Ces normes figurent dans divers instruments où il est fait référence à la détention
provisoire. Certaines des dispositions de ces instruments ont un caractère général et
s’appliquent à la détention provisoire, à l’internement administratif et à
l’emprisonnement après une condamnation, alors que d’autres portent expressément sur
la détention provisoire. Malheureusement, pour l’instant, il n’existe pas encore
d’ensemble distinct de normes dans ce domaine. Malgré tout, chaque Etat doit avoir un
système de détention provisoire assurant le respect des droits de l’Homme des détenus.
39
DEUXIEME PARTIE
40
Beaucoup d’efforts sont à fournir en matière de respect des droits de l’Homme des
détenus à Madagascar. La détention préventive fait constamment l’objet de rapports
internationaux et figure parmi les points noirs en matière de droit de l’Homme dans la
grande île. Mais, ce phénomène n’est pas propre à Madagascar. En effet, dans de
nombreux pays, les personnes placées en détention préventive sont soumises à des
conditions exécrables d’internement dans le régime pénitentiaire national. Des personnes
sont détenues pendant des mois, voir des années pendant que leurs affaires sont
instruites et examinées par les organes judiciaires. Lorsqu’elles sont détenues pendant
l’enquête, ces personnes risquent d’être maltraitées pour les contraindre à reconnaître
leur culpabilité.
CHAPITRE PREMIER
41
(Section 4), de la situation juridique incertaine des personnes placées en détention
(Section 5) et de la pratique de la torture (Section 6).
Section première
Cependant, la pratique révèle que, malgré les critères objectifs non limitatifs
énumérés ci-dessus, on assiste à une systématisation de la détention. Les raisons en sont
nombreuses On peu citer par exemple:
42
mêmes impacts sur la vie nationale. Ainsi, pour limiter la recrudescence des blessures et
homicides involontaires à Tamatave, il paraît préférable de systématiser la détention
préventive pour les personnes soupçonnées d’avoir commis une telle infraction ;
- le nombre élevé de dossier et arrestations en instance (plus de 20 dossiers par
jours), selon le Ministère de la justice, provoque un réflexe pour le magistrat qui a à les
traiter d’ordonner intempestivement la mise en détention des inculpés ;
43
Tableau n°1
Statistiques sur la détention préventive en Information Sommaire à Antananarivo
(Mars au Juin 2001)
Mois Inculpés Placés sous Mandat dépôt
Mars 593 403
Avril 508 381
Mai 516 337
Juin 510 276
Total :... 2127 1397
Pourcentage : ... 100 65,6
Source: Ministère de la justice.
Tableau n°2
Statistiques sur la détention préventive en Information Sommaire à Miarinarivo
(Janvier au Septembre 2001)
Mois Inculpés Placés sous Mandat
dépôt
Janvier 18 17
Février 45 42
Mars 18 14
Avril 16 16
Mai 20 19
Juin 8 8
Juillet 10 10
Août 3 3
Septembre 5 5
Total :... 138 129
Pourcentage:... 100 93,4
44
Les excès de la détention préventive ont particulièrement été maintes fois dénoncés
dans les rapports internationaux relatifs aux Droits de l’Homme. Les tableaux n°2 et n°3
nous révèle que dans certaines régions, plus de 90% même des inculpés sont placés sous
mandat dépôt. Le problème continu néanmoins de perdurer. Pourtant, cette pratique
accentue sensiblement la surpopulation carcérale.
Section 2
45
La maison d’arrêt d’Antanimora à Antananarivo compte à elle seule 2.500 détenus
pour une capacité de 800 personnes. De même, la maison centrale de Fianarantsoa
accueille 1000 pensionnaires pour 300 places. Les cellules ont en moyenne moins d’un
mètre carré (1m2) d’espace couvert par détenu. Accusés et condamnés primaires et
récidivistes, détenus contraventionnels et criminels sont entassés pêle-mêle
contrairement aux dispositions du droit interne et du droit international relatif aux Droits
de l’Homme en vigueur.
Cette situation s’explique par le fait qu’une faible priorité est accordée aux lieux de
détention dans les crédits alloués par l’Administration. En effet, l’Etat ne dispose que
d’un Budget s’élevant approximativement à 3 milliards annuellement destinés au
fonctionnement de l’Administration pénitentiaire. Ce chiffre est insuffisant pour
améliorer ou élargir les établissements en question. En conséquence, les établissements
de détention à Madagascar sont, dans la majorité des cas, vétustes et dépassés.
Bref, les plus anciennes des prisons malgaches ont près d’un siècle d’histoire. Elles
ont été construites à une époque où les arrestations étaient généralement plus rares et les
détenus moins nombreux. Mais les circonstances ont évolué et ils sont actuellement
inadaptés à la situation actuelle.
Les statistiques ci-après résument la surpopulation carcérale à Madagascar:
46
Tableau n°3
Statistique sur la population carcérale par rapport à la capacité d’accueil des
Etablissements pénitentiaires à Madagascar
Etablissements Condamnés Prévenus Total Capacité
pénitentiaires d’accueil
ANTANANARIVO 1 114 2 428 3 542 1 500
ANTSIRABE 263 754 1017 650
ANTSIRANANA 442 746 1 188 1 800
ANTALAHA 386 384 770 610
FIANARANTSOA 500 974 1 474 1 430
FARAFANGANA 368 888 1 256 1 057
MAHAJANGA 1 088 1 936 3 024 2 480
MAINTIRANO 143 630 773 550
TAOMASINA 557 1 194 1 751 595
AMBATONDRAZAKA 320 824 1 144 150
TOLIARA 292 681 973 1 100
MORONDAVA 304 320 624 650
TAOLAGNARO 294 540 834 650
TOTAL:..... 6 071 12 299 18 370 13 222
POURCENTAGE:..... 33,04 66,95
Source: Ministère de la justice
Le surpeuplement n’est pas essentiellement dû au nombre absolu de détenus,
mais plutôt à la durée moyenne d’incarcération de chaque détenu. Une étude détaillée
des Nations Unies sur le surpeuplement des lieux de détention préventive a montré
qu’une diminution légère de la durée moyenne de détention contribuerait
sensiblement à réduire le surpeuplement dans les prisons. On constate en outre que le
surpeuplement contribue à détériorer la condition physique des détenus.
47
Section 3
Les conditions matérielles de la détention préventive, dans l’île rouge sont dures
et dangereuses. En un mot, elles sont inhumaines, violant « la dignité de la personne
détenue ». L’une des conséquences de ce phénomène est le fort taux de mortalité dans
les lieux de détention.
Les centres de détention sont vétustes et anciens. Ces lieux sont inadaptés pour
recevoir des êtres humains. Les conditions inhumaines de la détention trouvent aussi
leur origine dans la surpopulation carcérale, la non-séparation des détenus avec les
condamnés (Paragraphe premier), l’insuffisance de la nourriture (Paragraphe 2), et
l’insalubrité du logement (Paragraphe 3).
A Antanimora, aussi bien dans le quartier « condamné » que dans le quartier des
« assimilés » réservés autrefois aux étrangers et aux fonctionnaires, on recense à la
fois des condamnés, des prévenus, des cassationnaires et des appelants.
48
contrairement à l’alinéa 1er de l’article 38 du décret n°59-121 portant organisation
générale des services pénitentiaires de Madagascar34.
Par contre, les femmes et les hommes sont détenus dans des sections séparées.
Néanmoins, si dans certains établissements comme le cas d’Antanimora, les mineurs
sont isolés des adultes chez les hommes, le pavillon regroupe aussi bien les grandes
personnes que les jeunes.
34
Décret n°59-121 du 30-10-59, article 38 alinéa 1er : « Dans tous les établissements pénitentiaires, des quartiers
spéciaux seront affectés:
1° - aux mineurs de 18 ans,
2° aux femmes,
Voir annexe II p102.
....
49
§ 2.- L’Insuffisance de la nourriture
Dans les années 80, les détenus n’étaient pas mieux lotis: selon les témoignages
d’un ancien détenu à Antanimora, la ration alimentaire était limitée à trois pièces de
pomme de terre de taille moyenne, ou six pièces de très petite taille. Après, selon
toujours un ancien détenu, des déchets de choux (deux feuilles par détenu), ont été
servi aux détenus. A Antanimora, quand l’Administration n’avait plus de quoi offrir,
l’Administration pénitentiaire faisait cuire du « Ravitsara », une plante qui poussait
dans l’enceinte même de la prison. Une telle alimentation favorisait un grand nombre
de décès. Les maladies gastriques, oculaires et dentaires sont fréquentes.
En raison du déficit nutritionnel, il n’est pas rare de voir des détenus dénutris,
cacochymes qui n’ont même pas la force de se déplacer. On ne déplore plus des
centaines de mort à la suite d’un grave phénomène de malnutrition. Il est vrai qu’il est
50
difficile de faire mieux quand on sait que même les honnêtes gens ne peuvent s’offrir
de la viande qu’une fois par mois. Or les détenus ont droit à de la viande un jour sur
deux selon les textes en vigueur35.
§ 3.-L’Insalubrité du logement
35
Décret n°59-121 du 30-10-59, article 65: « En régime normal, les détenus reçoivent quotidiennement une ration
alimentaire de 2 000 calories. La viande est distribuée un jour sur deux. » voir annexe II p.104.
51
problèmes médicaux ne sont que rarement traitées et de manière inadéquate. Ainsi, le
droit à la santé n’est pas généralement pas respecté car les centres de détention ne sont
pas dotés d’équipement sanitaire. Antanimora est un des rares privilégiés avec
l’infirmerie de l’Aumônerie Catholique des Prisons.
Section 4
52
sont parfois emprisonnés pendant des périodes plus longues que la peine qu’ils
encourent pour les infractions qui ont motivé leur arrestation.
Placés sous mandat dépôt pour diverses raisons, allant du simple vol d’un poulet
au meurtre en passant par des délits de toutes sortes, les prévenus apprennent à leur
dépend la lenteur de l’appareil judiciaire.
53
A.- La détention en vertu du billet d’écrou
délivré par l’officier du ministère public
36
Article 165 et 225 alinéa 3 du Code de Procédure Pénale, Voir Bibliographie : code de Procédure Pénale malgache
p.105 mis à jour au 31 décembre 2001.
54
dossier qui n’est même pas en état d’être réglé pour pouvoir délivrer une ordonnance
de prise de corps afin d’éviter que le détenu ne soit libéré avant son jugement.
55
Ainsi, les retards dans la procédure d’instruction contribuent à allonger la
durée de la détention. D’autres explications sont cependant avancées pour justifier la
durée trop longue de la détention préventive.
37
Article 345 du Code de Procédure Pénale: « Préalablement à la mise en liberté, l’inculpé doit faire élection de
domicile dans la commune où se poursuit l'information. Sa déclaration est annexée au dossier. Après la mise en liberté
provisoire, si l’inculpé invité à comparaître ne se présente pas, ou si des circonstances nouvelles rendent sa détention
nécessaire, le juge d'instruction peut décerner un nouveau mandat... ». Voir annexe II p.98.
38
Article 223, alinéa 2 et 3 du Code de Procédure Pénale.
39
Article 292 du Code de Procédure Pénale: « L’inculpé peut former opposition à l'ordonnance de renvoi en cour
criminelle dans les trois jours qui suivent la date de sa notification, dans les conditions prévues par l'article 239... ». Voir
bibliographie : code de Procédure Pénale malgache p.105.
56
l’affaire ne doit pas siéger au niveau de la chambre pour la même affaire ». Or, dans
la plupart des petites juridictions, l’effectif des magistrats ne le permet pas. Le
magistrat qui a instruit l’affaire peut ainsi influencer les décisions des deux autres
membres de la Chambre pour refuser la demande de mise en liberté provisoire.
Par ailleurs, il faut remarquer que le Ministère public a toujours tendance à faire
appel systématiquement quand la Chambre rend une décision non conforme à ses
réquisitions sans même étudier le bien-fondé des motifs de cette dernière.
En matière criminelle, dans tous les cas de renvoi, le magistrat délivre une
ordonnance de prise de corps. Elle sera à exécution immédiate si l’inculpé est déjà
détenu et elle se substituera au mandat dépôt. Par contre, elle sera à exécution différée
si celui-ci a bénéficié d’une liberté provisoire.
57
L’ordonnance de prise de corps à exécution différée signifie que l’inculpé devrait
être incarcérée au moins vingt-quatre heures avant l’audience40. Il ne devrait en aucun
cas se présenter libre devant la juridiction de jugement.
Ainsi, les personnes placées en détention préventive peuvent rester des années en
prison. Malgré que les textes prévoient que la détention préventive ne devrait excéder
vingt mois, dès qu’une ordonnance de prise de corps est prise à l’endroit d’un
prévenu, celui-ci peut rester en prison pour une durée illimitée.
40
Article 350 du Code de Procédure Pénale : « L’accusé qui a été laissé en liberté provisoire et pour lequel l’exécution
de l’ordonnance de prise de corps a été différée, doit se constituer prisonnier au plus tard la veille de l’audience. Si,
dûment convoqué, par la voie administrative au greffe de la cour criminelle pour recevoir notification des derniers actes
de procédure et être entendu par le président, l’accusé ne se présente pas au jour fixé et ne justifie pas d’un motif
légitime d’excuse, l’ordonnance de prise de corps est immédiatement exécutée ». Voir annexe II p.100.
41
Article 334 et 334 ter du Code de Procédure Pénale. Voir Annexe II Page. 95.
Voir annexe II p.92.
58
Tableau n°4
Extrait de la situation nominative des détenus préventivement à la Maison
Centrale de Miarinarivo (Année 2000)
Date de MD Nom et prénoms Motifs Observations
08-04-86 Razaba Complicité d’association de BE 38/J3
malfaiteurs du 13-9-93
06-08-86 Randrianantoandro Vol aggravé, viol, Coups et BE
Jean Chrys dit Naivo blessures volontaires, coups 037/93/J1/C2
mortels du 28-09-93
27-05-86 Randrianasolo Fidèle Assassinat BE
037/93/J1/C2
10-12-87 Ramaha Lucien Vol de bovidés aggravé Transmis à PG
le 14-05-90
10-04-86 Fenohasy Vol de bovidés et usage de faux Aud du
passeport 18-09-00
Source: Ministère de la justice
BE: Bordereau d’envoi.
Tableau n°5
Extrait de la situation nominative des détenus préventifs à la maison de sûreté de
Tsiromandidy
Date du Nom et prénoms Motifs Observations
MD
19-03-88 Rakotondrazaka Jean Vol aggravé OTPCA DU 10-04-89
Pierre
11-12-89 Rabenerina Jean Vol qualifié et vol de OTPCA du 30-11-90
Pierre bovidés à main armée
18-12-89 Jubo Lefany Lucien Vol qualifié et vol de OTPCA du 30-11-90
bovidés à main armée
18-12-89 Randrianarison Dieu Vol qualifié et vol de OTPCA du 30-11-90
Donné bovidés à main armée
24-03-90 Tsihery Harijaona Complicité de vol de BE 0399/90/J1/CI du
bovidés 30-08-96
12-11-87 Razanajatovo Meurtres OTPCA du 26-01-96
Zafindrazaka
Source: Ministère de la justice
OTPCA: Ordonnance de transmission des pièces à la Cour D’appel.
59
L’assistance d’un avocat pourrait accélérer la procédure mais elle est rarement à
la portée des inculpés qui, pour la plupart, sont issus d’un milieu défavorisé. De ce
fait, trois à quatre années de détention sont courants, même pour des crimes pour
lesquels la peine maximale est de deux ans au moins. Dans bien des cas, des prévenus
sont incarcérés pour être finalement relâchés sans être jugés.
Dans un cas, une personne accusée d’un vol de marchandise a passé 15 ans et
demi en détention. A la suite d’une perte mystérieuse de ses dossiers, elle fut libéré
sans jugement.42.
Dans un autre affaire, selon un magistrat, une personne accusée d’un vol de pull-
over effectue 20 mois de détention pour être en définitive relâchée sans jugement.
Section 5
Un des droits les plus importants de toute personne accusée d’avoir commis une
infraction est le droit d’avoir l’assistance d’un avocat pour préparer sa défense.
Toutefois, les services d’avocats à Madagascar sont si coûteux qu’ils dépassent les
moyens financiers de la plupart des détenus pour la majorité démunie. Seuls ceux qui
encourent une peine de plus de cinq ans devraient en principe bénéficier du conseil
d’un avocat commis d’office. Celui-ci est le plus souvent un avocat stagiaire qui ne
recevra de l’administration que 15 000 Fmg par jour pour couvrir ses frais de séjour
lorsqu’il est amené à se déplacer hors de son lieu de travail.
42
New magazine n°58 du 6/05/01 p.16 « Témoignage d’un ancien détenu libéré ».
60
Au niveau de l’enquête préliminaire, la présence d’un avocat commence à entrer
progressivement dans nos mœurs mais l’évolution est lente. La Constitution, dans son
article 13 prévoit d’ailleurs que « l’Etat garantit la plénitude et l’inviolabilité des
droits de la défense devant les juridictions et à tous les stades de la procédure y
compris celui de l’enquête préliminaire, au niveau de la police judiciaire ou du
Parquet. » Mais, d’une part, beaucoup de malgaches ignorent ce droit fondamental
reconnu par la Constitution de la Troisième République. D’autre part, sur une grande
partie du territoire, il n’y a pas d’avocat ou ses services sont trop onéreux et le
prévenu est donc de fait livré à lui-même.
Section 6
61
Toutefois, même en l’absence d’un avocat, les gendarmes ou les policiers
responsables de l’interrogatoire n’ont pas le droit de porter la main sur l’enquêté. A
cet égard, les auteurs de telles pratiques encourent des sanctions pénales ainsi que des
peines disciplinaires. Les peines pénales peuvent aller jusqu’à la peine capitale tandis
que les peines disciplinaires vont de la simple mise aux arrêts à la radiation en passant
par le retrait des droits à la retraite.
Malgré ces protections légales, la torture est chose courante pendant l’enquête
préliminaire. Certains policiers avancent l’argument selon lequel, pour appliquer
efficacement les lois, appréhender le délinquant et assurer sa condamnation, il est
nécessaire d’enfreindre quelque peu les règles. Selon cette conception, l’application
de la loi est une guerre contre la criminalité et les Droits de l’Homme ne constituent
que de simples obstacles sur la voie de la police.
Ainsi plusieurs cas de torture ont été dénoncé. Certains ont eu des conséquences
fâcheuses comme le cas d’une jeune femme devenus infirme suite aux
« encaissements » qu’elle a subit à l’occasion de son enquête préliminaire à la
gendarmerie selon les témoignages du Père Angelo Bucarello.
CHAPITRE 2
PROPOSITIONS DE SAUVEGARDE DES DROITS DES
DETENUS
62
Parmi les recommandations suggérées doivent figurer la diminution de la durée
de la détention préventive (Section première), la lutte contre la surpopulation
carcérale (Section 2), l’humanisation des conditions de détention (Section 3) et
l’amélioration du système pénale (Section 4).
Section première
44
Article 9,3 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: « Tout individu arrêté ou détenu d’une
infraction pénale... devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré... ». Voir annexe I p.74.
45
Principe 38 de l’Ensemble des principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque
de détention ou d’emprisonnement : « Toute personne détenue du chef d’une infraction devra être jugée dans un délai
raisonnable ou mise en liberté en attendant l’ouverture du procès ». Voir annexe I p.94.
63
Le Comité des droits de l’Homme entend par « le droit d’être jugé dans un délai
raisonnable », le droit à un procès aboutissant à un jugement définitif sans un retard
excessif.
En examinant la législation du Yémen démocratique, les membres du Comité ont
laissé entendre qu’une limite de six mois à la détention provisoire était trop longue
pour être compatible avec les dispositions du paragraphe 3 de l’article 9 du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques. « L’objectif est de limiter la durée
de la détention d’une personne », a expliqué la Cour Européenne des droits de
l’Homme, et non pas de faire en sorte que la cause soit jugée à bref délai ». Ainsi, le
droit de toute personne d’être jugée dans un délai raisonnable « ne peut pas être
comprise comme offrant aux autorités judiciaires une option entre la mise en
jugement dans un délai raisonnable et une mise en liberté provisoire ».
A Madagascar, les vingt mois de détention préventive seraient excessivement
longs donc incompatible avec les dispositions du paragraphe 3 de l’article 9 du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques. Pire, la détention en vertu de
l’ordonnance de prise de corps, dont aucune durée maximale à la détention n’est
fixée, constitue une violation des droits de la personne détenue dans le cas où elle
serait utilisée d’une manière excessive.
La législation malgache devrait donc prévoir une durée maximale de la
détention moindre, tout en tenant compte de la durée maximale de la peine de prison
qui est susceptible d’être infligée à la personne détenue si elle est reconnue coupable.
Toutefois, depuis quelques temps, un effort a été constaté au niveau de l’appareil
judiciaire pour liquider les affaires en instance. C’est ainsi que des primes ont été
allouées par le Ministère de la justice aux juridictions en fonction du volume des
affaires traitées. Mais quoi qu’il en soit, les tribunaux sont fortement handicapés par
leur faible effectif et l’absence de moyens performants tels que les outils
64
informatiques qui faciliteraient beaucoup le classement et éviteraient les dossiers
égarés.
L’assistance d’un avocat est également un moyen important pour accélérer la
procédure et réduire sensiblement la durée de la détention préventive, mais elle est
hors de portée de la plupart des détenus. Seuls les délinquants qui encourent une peine
supérieur à cinq ans d’emprisonnement bénéficient en principe des services d’un
avocat. Il serait souhaitable que l’assistance d’un avocat soit assuré à tous les
prévenus, inculpés et accusés démunis sans distinction et le plus tôt possible après
leur mise en accusation.
Aussi, les prévenus ne doivent-ils pas être tenus de se montrer actifs et prendre
des initiatives propres afin accélérer la procédure pénale mais il appartient aux
autorités judiciaires de traiter les cas avec une célérité particulière.
En outre, une distinction devrait être faite entre le délit et le crime traités en
instruction préparatoire. En effet, la durée de huit mois prorogeable deux fois pour
une durée de six mois est trop longue pour un simple délit. Il serait injuste que pour
un simple vol par exemple, une personne soit en prison pendant vingt mois sans être
jugée. Un délai de trois mois prorogeable une fois dans les mêmes termes est
amplement raisonnable.
Pour les dossiers criminels clôturés par un ordre de renvoi, une ordonnance de
renvoi devant la cour criminelle ou une ordonnance de transmission devant la
65
Chambre d’accusation, il faudrait fixer un délai pour l’enrôlement afin d’atténuer le
caractère illimité de la détention préventive. Lorsque le délai imparti arrive à son
terme, l’affaire doit être obligatoirement traitée ou le prévenu doit être remis en
liberté.
Bref, des normes doivent garantir une limite plus raisonnable à la détention
préventive. La priorité doit être accordée à l’accélération des jugements et les
personnes ayant fait une mesure de détention préventive qui s’est terminée par une
décision de relaxe ou d’acquittement, doivent pouvoir obtenir une indemnité de
l’Administration lorsque cette détention lui a causé un préjudice particulièrement
grave de par sa durée.
En outre, le fait de diminuer la durée de la détention préventive à une limite plus
raisonnable, contribue sensiblement à réduire le surpeuplement dans les prisons.
Section 2
66
expressément prévus par la loi et même si les charges retenues contre lui n’entrent pas
dans le cadre de telles exceptions, le magistrat du Ministère public ne devrait
ordonner la mise en détention préventive de cette personne que lorsqu’il existe des
éléments de preuve suffisants permettant de croire qu’elle est susceptible de prendre
la fuite avant d’être jugée ou d’entraver l’établissement des preuves, ou qu’elle
présente un danger pour la société.
Les auteurs d’infractions mis en liberté devraient être soumis à des contrôles
minimaux nécessaires pour veiller à ce qu’ils se présentent devant le tribunal pour être
jugé. Il convient notamment de vérifier que la situation familiale et sociale de
l’individu est stable, qu’il exerce un emploi et qu’il ne manifeste aucun antécédent
judiciaire. Lorsque ces conditions sont plus ou moins réunies, la mise en liberté est
justifiée. Il importe de rappeler que la détention des personnes qui attendent de passer
en jugement ne doit pas être la règle.
67
comparaître dans le passé devant un tribunal civil ou pénal, il risque de ne pas
se présenter à l’audience pour être jugé sur l’infraction pour laquelle il fait
l’objet d’une poursuite.
Une personne ayant un conjoint et des enfants ou vivant avec ses parents, par
exemple, est plus susceptible de se présenter à l’audience d’un jugement. D’autres
liens sociaux tels que les affiliations religieuses ou des liens d’amitié étroits ont aussi
les mêmes valeurs que les liens familiaux. En outre, une personne exerçant un emploi
et possédant un logement ou une exploitation agricole est moins susceptible de
prendre la fuite qu’une personne au chômage, sans domicile ou loue son logement. De
plus, si une personne a résidé dans la même région géographique depuis longtemps, le
risque qu’elle prenne la fuite si elle est mise en liberté provisoire est minime.
En dernier lieu, il convient d’étudier les facteurs relatifs au prévenu tels que son
caractère et sa condition physique et mentale. En effet, l’âge et la maladie peuvent
réduire le risque qu’une personne prenne la fuite ou représente un danger pour autrui.
En effet, une personne âgée ou atteinte d’une maladie risque moins de prendre la fuite
ou de commettre une nouvelle infraction qu’un jeune délinquant en bonne santé
physique.
68
système d’Australie méridionale et certains systèmes d’Europe (voir annexe 4). Ces
valeurs numériques seront ensuite totalisées et la personne est mise en liberté
provisoire si le total atteint un certain chiffre.
Section 3
L’HUMANISATION DE LA DETENTION
Les conditions de vie dans les centres de détention sont déterminantes pour la
préservation par le détenu de son sens de l’amour-propre et de sa dignité.
Bien que les principaux textes en matière de défense des droits de l’Homme
insistent sur le droit à la dignité humaine46, les conditions de détention à Madagascar
sont mauvaises et, non seulement violent le droit du détenu à la dignité, mais peuvent
aussi constituer une punition injuste cruelle et injustifiée, dangereuse pour la santé et
même pour la vie du détenu. En outre, la présomption d’innocence exige que le
détenu soit soumis à un traitement approprié à sa situation de personne non-
condamnée.
46
Par exemple: article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques: « Toute personne privée de sa
liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».
Voir annexe I p.74.
69
Ainsi, le bien-être physique et mental du détenu préventif dépend de plusieurs
facteurs: sa séparation des condamnés, un logement convenable, des soins médicaux
suffisants et une alimentation équilibrée.
47
Article 11.1 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme: « Toute personne accusée d’un acte délictueux est
présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les
garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ». Voir annexe I p.72.
70
l’Administration malgache résolve prioritairement la surpopulation carcérale pour
pouvoir respecter la séparation entre les différentes catégories de détenus.
48
Voir Décret n° 59-121 du 31-10-59 portant organisation générale des Services Pénitentiaires de Madagascar. Voir
annexe II p.102, article 38.
49
Règle 86 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus : « Les prévenus doivent-être logés dans des
chambres individuelles, sous réserve d’usages locaux différents eu égard au climat ». Voir annexe p.83.
50
Règle 19 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus: « Chaque détenu doit disposer, en
conformité des usages locaux ou nationaux, d’un lit individuel et d’une literie individuelle suffisante, entretenue
convenablement et renouvelée de façon à en assurer la propreté ». Voir annexe I p.79.
71
physiologiques de base dépend du surveillant et de sa disponibilité ou de son bon
vouloir.
51
Règle 22.1 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus. Voir annexe I p..80.
52
Règle 25.1 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus. Voir annexe I p .81.
53
Règle 22.1 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus: « ...Les services médicaux devraient être
organisés en relation étroite avec l’administration générale du service de santé de la communauté ou de la nation.... ».
Voir annexe I p.80.
72
Les repas des prisonniers malgaches ne sont pas adéquats. Ils n’ont, en effet,
doit qu’à une louche de manioc sec par jour. D’énormes efforts doivent être fournis
par l’administration pour fournir une nourriture convenable et régulière aux détenus.
Conformément à la règle 20 de l’Ensemble des règles minima pour le
traitement des détenus54, les repas devraient être préparés en tenant compte de la
température, de l’aspect et de la saveur des aliments. Les aliments servis devraient
répondre aux besoins nutritionnels élémentaire de l’alimentation humaine, et avoir
une valeur calorique et nutritive suffisante. Des régimes alimentaires spéciaux
devraient être fournis aux détenus malades, conformément aux prescriptions
médicales du médecin. En plus de la qualité et de la quantité de nourriture servie, les
établissements pénitentiaires devraient servir les repas à heures régulières. Aussi,
l’eau potable devrait être à tout moment à la disposition des détenus55.
Une autre solution consiste à responsabiliser les détenus préventifs à accomplir
des activités génératrices de revenu comme l’agriculture, l’artisanat, etc. Les revenus
tirés de ces activités serviront à acheter de la nourriture aux détenus.
L’attention des responsables politiques doit se porter sur les problèmes des
conditions de détention pour améliorer la vie dans les prisons. Une réforme du
système pénal est également à envisager.
Section 4
54
Règle 20.1 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus : « Tout détenu doit avoir aux heures
usuelles une alimentation de bonne qualité, bien préparé et servie, ayant une valeur nutritive suffisante au maintien de sa
santé et de ses forces ». Voir annexe I p.79.
55
Règle 20.2 de l’Ensemble des règles minima pour le traitement des détenus : « Chaque détenu doit avoir la possibilité
de se pourvoir d’eau potable lorsqu’il en a besoin ». Voir annexe I p.79.
73
En matière d’information sommaire, si le magistrat du Parquet estime qu’il y a
lieu de décider la détention préventive, il est souhaitable que l’opportunité d’une telle
mesure soit statué par un autre magistrat que celui qui a instruit l’affaire en
confirmant ou en infirmant l’intention du Parquet. Dans cette optique, l’opportunité
de la détention sera bien étudiée et ne sera plus prise à la hâte.
Aussi « la détention ne peut être qu’une mesure de dernier ressort». Si l’inculpé
n’est pas mis en liberté, il faudrait recourir le plus possible à des mesures non
privatives de liberté. Dès lors, il faudrait instaurer des mesures de substitution à la
détention conformément à la règle 2.3 des Règles de Tokyo.
L’administration malgache devrait renoncer à recourir à la détention pour les
peines inférieures à un an d’emprisonnement et devrait lui substituer d’autres mesures
telles que:
- mise en liberté avec obligation pour l’intéressé d’être présent au bureau du
parquet au du juge d’instruction selon le cas au moins une fois par semaine;
- mise en liberté sous contrôle judiciaire, par téléphone ou sur place par des
agents chargés spécialement de surveiller les personnes mises en liberté;
74
CONCLUSION
La détention préventive est une mesure privative de liberté. Elle est considérée
par l’Administration de la justice comme une nécessité. Dès lors il convient de
l’entourer de garanties nécessaires à la sécurité et la dignité de la personne humaine.
C’est ainsi que l’ONU s’est intéressée à la manière dont sont traitées les personnes
faisant l’objet de telles mesures. Elle s’est dotée à cet égard d’un certain nombre
d’instruments de droit international visant à protéger et à garantir les droits de
l’Homme et les libertés fondamentales des détenus préventifs. Ces droits vont du droit
au respect de la dignité humaine au droit de n’être l’objet d’actes de torture en passant
par la présomption d’innocence.
Mais force est de constater que plusieurs droits de l’Homme ne sont pas
respectées durant la détention préventive dans le monde et à Madagascar plus
particulièrement dans les établissements pénitenciers.
75
De plus, les abus ou excès dans ce domaine vont à l’encontre du caractère
exceptionnel de la détention préventive énoncé dans l’article 333 du Code de
Procédure Pénale malgache. En effet, la détention préventive tend à devenir le
principe par les recours abusifs à cette mesure. Même si l’excès de la détention
préventive dans la grande île a été maintes fois dénoncé dans les rapports
internationaux relatifs aux droits de l’Homme, ce problème continue de perdurer. En
outre cette pratique accentue sensiblement la surpopulation dans les établissements
pénitentiaires.
Sur une population carcérale d’environ 20 000 personnes, 65% sont des
prévenus en attente d’un jugement. La surpopulation carcérale, génératrice de
mauvaises conditions matérielles de détention illustre la détérioration totale de
l’administration pénitentiaire.
76
Les droits de l’Homme des détenus sont loin d’être effectifs. Il y a là un domaine
où le nouveau régime en place doit faire ses preuves. La tâche consistant à défendre et
à protéger les droits de l’Homme est avant tout une tâche de l’Administration. Le
discours de la Baule en 1989 de François Mittérand est déterminant : aucun pays qui
n’instaure la démocratie ou ne garantisse le respect des Droits de l’Homme ne pourra
bénéficier d’aides économiques. Bien entendu, beaucoup est encore à faire mais les
efforts par l’administration pour améliorer la situation de la détention préventive sont
salués.
77
ANNEXES
78
Annexe I
PRINCIPAUX INSTRUMENTS INTERNATIONAUX RELATIFS À LA DETENTION PREVENTIVE
...
Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
...
Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants.
...
Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales
compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la
constitution ou par la loi.
...
Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé.
...
Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement
et publiquement par un tribunal impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations,
soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.
...
Article 11
1. Toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa
culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties
nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été
commises, ne constituaient pas un acte délictueux d’après le droit national ou
79
international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était
applicable au moment où l’acte délictueux a été commis.
...
...
Article 2
1. Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les
individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits
reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, de couleur, de sexe, de langue,
de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale,
de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. Les Etats partie au présent Pacte s’engagent à prendre, en accord avec leur procédure
constitutionnelles et avec les dispositions du présent Pacte, les arrangements devant
permettre l’adoption de telles mesures d’ordre législatif ou autre, propres à donner effet
aux droits reconnus dans le présent Pacte qui ne seraient pas déjà en vigueur.
a) Garantir que toute personne dont les droits et libertés reconnus dans le présent Pacte
auront été violés disposera d’un recours utile, alors même que la violation aurait été
commise par des personnes agissant dans l’exercice de leur fonction officielles;
b) Garantir que l’autorité compétente, judiciaire, administrative ou législative, ou toute
autre autorité compétente selon la législation de l’Etat, statuera sur les droits de la
personne qui forme le recours et développer les possibilités de recours juridictionnel;
c) Garantir la bonne suite donnée par les autorités compétentes à tout recours qui aura
été reconnu justifié.
...
Article 6
1. Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit doit être protégé par la
loi. Nul ne peut être arbitrairement privé de la vie.
2. Dans les pays où la peine de mort n’a pas été abolie, une sentence de mort ne peut être
prononcée que pour les crimes les plus graves, conformément à la législation en vigueur
au moment où le crime a été commis et qui ne doit pas être en contradiction avec les
80
dispositions du présent Pacte ni avec la Convention pour la prévention et la répression
du crime du génocide. Cette peine ne peut être appliquée qu’en vertu d’un jugement
définitif rendu par un tribunal compétent.
5. Une sentence de mort ne peut être imposée pour des crimes commis par des personnes
âgées de moins de 18 ans et ne peut être exécutée contre des femmes enceintes.
6. Aucune disposition du présent article ne peut être invoquée pour retarder ou empêcher
l’abolition de la peine capitale par un Etat partie au présent Pacte.
Article 7
Nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre
consentement à une expérience médicale ou scientifique.
...
Article 9
1. Tout individu a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne. Nul ne peut faire
l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraire. Nul ne peut être privé de sa
liberté, si ce n’est pour des motifs, et conformément à la procédure prévue par la loi.
2. Tout individu arrêté sera informé, au moment de son arrestation, des raisons de cette
arrestation et recevra notification, dans le plus court délai, de toute accusation portée
contre lui.
3. Tout individu arrêté ou détenu du chef d’une infraction pénale sera traduit dans le plus
court délai devant un juge ou une autre autorité habilitée par la loi à exercer des
fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré. La détention
des personnes qui attendent de passer en jugement ne doit pas être la règle, mais la mise
en liberté peut être subordonnée à des garanties assurant la comparution de l’intéressé à
81
l’audience, à tous les autres actes de la procédure et, le cas échéant, pour l’exécution du
jugement.
Article 10
1. Toute personne privée de sa liberté est traitée avec humanité et avec le respect de la
dignité inhérente à la personne humaine.
...
Article 14
1. Tous sont égaux devant les tribunaux et les cours de justice. Toute personne a droit à
ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal compétent,
indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera soit du bien-fondé de toute
accusation en matière pénale dirigée contre elle, soit des contestations sur des droits et
obligations de caractère civil. Les huis clos peut être prononcé pendant la totalité ou une
partie du procès soit dans l’intérêt des bonnes moeurs, de l’ordre public ou de la sécurité
nationale dans une société démocratique, soit lorsque l’intérêt de la vie privée des parties
en cause l’exige, soit encore dans la mesure où le tribunal l’estimera absolument
nécessaire lorsqu’en raison des circonstances particulières de l’affaire la publicité nuirait
aux intérêts de la justice; cependant, tout jugement rendu en matière pénale ou civile
sera public, sauf si l’intérêt de mineurs exige qu’il soit autrement ou si le procès porte
sur des différents matrimoniaux ou sur la tutelle des enfants.
2. Toute personne accusée d’une infraction pénale est présumée innocente jusqu’à ce
que sa culpabilité ait été légalement établie.
82
3. Toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité aux garanties
suivantes:
a) À être informée, dans le plus court délai, dans une langue qu’elle comprend et
de façon détaillée, de la nature et des motifs de l’accusation portée contre elle;
b) À disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et
à communiquer avec le conseil de son choix;
c) À être jugée sans retard excessif;
d) À être présente au procès et à se défendre elle-même ou avoir l’assistance d’un
défenseur de son choix; si elle n’a pas de défenseur, à être informée de son droit d’en
avoir un, et, chaque fois que l’intérêt de la justice l’exige, à se voir attribuer d’office un
défenseur, sans frais, si elle n’a pas les moyens de le rémunérer;
e) À interroger ou faire interroger les témoins à charge et à obtenir la comparution
et l’interrogatoire des témoins à décharge dans les mêmes conditions que les témoins à
charge;
f) À se faire assister gratuitement d’un interprète si elle ne comprend pas ou ne
parle pas la langue employée à l’audience;
g) À ne pas être forcer de témoigner contre elle-même ou de s’avouer coupable;
4. La procédure applicable aux jeunes gens qui ne sont pas encore majeurs au regard de
la loi pénale tiendra compte de leur âge et de l’intérêt que présente leur rééducation.
5. Toute personne déclarée coupable d’une infraction a le droit de faire examiner par une
juridiction supérieure la déclaration de culpabilité et la condamnation, conformément à
la loi.
7. Nul ne peut être poursuivi ou puni pour en raison d’une infraction pour laquelle il a
déjà été acquitté ou condamné par un jugement définitif conformément à la loi et à la
procédure pénale de chaque pays.
...
Article 17
1. Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille,
son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes illégales à son honneur et à sa
réputation.
83
2. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles
atteintes.
Article 18
1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit
implique la liberté d’avoir ou d’adopter une religion ou une conviction de son choix,
ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en
commun, tant en public qu’en privé, par la culte et l’accomplissement des rites, les
pratiques et l’enseignement.
3. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet que des
seules restrictions prévues par la loi et qui sont nécessaires à la protection de la sécurité,
de l’ordre et de la santé publique, ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux
d’autrui.
4. Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter la liberté des parents et, le
cas échéant, des tuteurs légaux de faire assurer l’éducation religieuse et morale de leurs
enfants conformément à leurs propres convictions.
Article 19
1. Nul ne peut être inquiété pour ses opinions.
84
3. Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus.
(Extraits)
...
Règle 6
1. Les règles qui suivent doivent être appliquées impartialement. Il ne doit pas être fait
de différence de traitement basée sur un préjugé, notamment de race, de couleur, de
sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine
nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. Par contre, il importe de respecter les croyances religieuses et les préceptes moraux du
groupe auquel le détenu appartient.
Règle 7
1. Dans tout endroit où des personnes sont détenues, il faut tenir à jour un registre relié
et coté indiquant pour chaque détenu:
a) son identité;
` b) les motifs de sa détention et l’autorité compétente qui l’a décidée;
c) le jour et l’heure de l’admission et de la sortie.
2. Aucune personne ne peut être admise dans un établissement sans un titre de détention
valable, dont les détails auront été consignés auparavant dans le registre.
Règle 8
Les différentes catégories de détenus doivent être placées dans des établissements ou
quartiers d’établissements distincts, en tenant compte de leur sexe, de leur âge, de leurs
antécédents, des motifs de leur détention et des exigences de leur traitement. C’est ainsi
que:
a) les hommes et les femmes doivent être détenus dans la mesure du possible dans
des établissements différents; dans les établissements recevant à la fois des hommes et
des femmes, l’ensemble des locaux destinés aux femmes doivent être entièrement
séparé;
b) les détenus en prévention doivent être séparés des condamnés;
c) les personnes emprisonnées pour dettes ou condamnées à une autre forme
d’emprisonnement civile doivent être séparés des détenus pour infraction pénale;
d) les jeunes détenus doivent être séparés des adultes.
...
85
Règle 10
Les locaux de détention et, en particulier, ceux qui sont destinés au logement des
détenus pendant la nuit, doivent répondre aux exigences de l’hygiène, compte tenu du
climat, notamment en ce qui concerne le cubage d’air, la surface minimum, l’éclairage,
le chauffage et la ventilation.
...
Règle 15
On doit exiger des détenus la propreté personnelle; à cet effet, ils doivent disposer d’eau
et des articles de toilette nécessaires à leur santé et à leur propreté.
...
Règle 17
1. Tout détenu qui n’est pas autorisé à porter ses vêtements personnels doit recevoir un
trousseau qui soit approprié au climat et suffisant pour le maintenir en bonne santé? Ces
vêtements ne doivent en aucune manière être dégradants ou humiliants.
2. Tous les vêtements doivent être propre et maintenus en bon état. Les sous-vêtements
doivent être changés et lavés aussi fréquemment qu’il est nécessaire pour le maintien de
l’hygiène.
Règle 18
Lorsque les détenus sont autorisés à porter leurs vêtements personnels, des dispositions
doivent être prises au moment de l’admission à l’établissement pour assurer que ceux-ci
soient propres et utilisables.
Règle 19
Chaque détenu doit disposer, en conformité des usages locaux ou nationaux, d’un lit
individuel et d’une literie individuelle suffisante, entretenue convenablement et
renouvelée de façon à en assurer la propreté.
86
Règle 20
1. Tout détenu doit recevoir de l’Administration aux heures usuelles une alimentation de
bonne qualité, bien préparée et servie, ayant une valeur nutritive suffisant au maintient
de sa santé et de ses forces.
Règle 21
1. Chaque détenu qui n’est pas occupé à un travail en plein air doit avoir, si le temps le
permet, une heure au moins par jour d’exercice physique approprié en plein air.
2. Les jeunes détenus et les autres détenus dont l’âge et la condition physique le
permettent doivent recevoir pendant la période réservée à l’exercice une éducation
physique te récréative. À cet effet, le terrain, les installations et l’équipement devraient
être mis à leur disposition.
Règle 22
1. Chaque établissement pénitentiaire doit disposer eu moins des services d’un médecin
qualifié, sui devrait avoir des connaissances en psychiatrie. Les services médicaux
devraient être organisés en relation étroite avec l’administration générale du service de
santé de la communauté ou de la nation. Ils doivent comprendre un service psychiatrique
pour le diagnostic et, s’il y a lieu, le traitement des cas d’anomalie mentale.
2. Pour les malades qui ont besoin de soins spéciaux, il faut prévoir le transfert vers des
établissements pénitentiaires spécialisés ou vers des hôpitaux civils. Lorsque le
traitement hospitalier est organisé dans l’établissement, celui-ci doit être pourvu d’un
matériel, d’un outillage et des produits pharmaceutiques permettant de donner les soins
et le traitement convenables aux détenus malades, et le personnel doit avoir une
formation professionnelle suffisante.
Règle 23
1. Dans les établissements pour femmes, il doit y avoir les installations nécessaires pour
le traitement des femmes enceintes, relevant de couches et convalescentes. Dans toute la
mesure du possible, des dispositions doivent être prises pour que l’accouchement ait lieu
87
dans un hôpital civil. Si l’enfant est né en prison, il importe que l’acte de naissance n’en
fasse pas mention.
2. Lorsqu’il est permis aux mères détenues de conserver leurs nourrissons, des
dispositions doivent être prises pour organiser une crèche, dotée d’un personnel qualifié,
où les nourrissons seront placés durant les moments où ils ne sont pas laissés aux soins
de leurs mères.
Règle 24
Le médecin doit examiner chaque détenu aussitôt que possible après son admission et
aussi souvent que cela est nécessaire ultérieurement, particulièrement en vue de déceler
l’existence possible d’une maladie physique ou mentale, et de prendre toutes les mesures
nécessaires; d’assurer la séparation des détenus suspects d’être atteints de maladies
infectieuses ou contagieuses; de relever les déficiences physiques ou mentales qui
pourraient être un obstacle au reclassement et de déterminer la capacité physique de
travail de chaque détenu.
Règle 25
1. Le médecin est chargé de surveiller la santé physique et mentale des détenus. Il
devrait voir chaque jour tous les détenus malades, tous ceux qui se plaignent d’être
malades, et ceux sur lesquels son attention est particulièrement attirée.
2. Le médecin doit présenter un rapport an directeur chaque fois qu’il estime que la santé
physique ou mentale d’un détenu a été ou sera affectée par la prolongation ou par une
modalité quelconque de la détention.
....
Règle 27
L’ordre et la discipline doivent être maintenus avec fermeté, mais sans apporter plus de
restrictions qu’il n’est nécessaire pour le maintien de la sécurité et d’une vie
communautaire bien organisée.
...
Règle 31
Les peines corporelles, la mise au cachot obscur ainsi que toute sanction cruelle,
inhumaine ou dégradante doivent être complètement défendues comme sanctions
disciplinaires.
...
88
Règle 33
Les instruments de contrainte tels que les menottes, chaînes, fers et camisoles de force
ne doivent jamais être appliqués en tant que sanctions. Les chaînes et les fers ne doivent
pas non plus être utilisés en tant que moyens de contrainte. Les autres instruments de
contrainte ne peuvent être utilisés que dans les cas suivants:
a) par mesure de précaution contre une évasion pendant un transfèrement, pourvu
qu’ils soient enlevés dès que le détenu comparaît devant une autorité judiciaire ou
administrative;
b) pour des raisons médicales sur indication du médecin;
d) sur ordre du directeur, si les autres moyens de maîtriser un détenu ont échoué,
afin d’empêcher de porter préjudice à lui-même ou à autrui ou de causer des dégâts;
dans ce cas le directeur doit consulter d’urgence le médecin et faire rapport à l’autorité
administrative supérieure.
Règle 34
Le modèle et le mode d’emploi des instruments de contrainte doivent être déterminés
par l’Administration pénitentiaire centrale. Leur application ne doit pas être prolongée
au-delà du temps strictement nécessaire.
Règle 35
1. Lors de son admission, chaque détenu doit recevoir des informations écrites au sujet
du régime des détenus de sa catégorie, des règles disciplinaires de l’établissement, des
moyens autorisés pour obtenir des renseignements et formuler des plaintes, et de tous
autres points qui peuvent être nécessaires pour lui permettre de connaître ses droits et ses
obligations et de s’adapter à la vie de l’établissement.
2. Si le détenu est illettré, ces informations doivent lui être fournies oralement.
Règle 36
1. Tout détenu doit avoir chaque jour ouvrable ; l’occasion de présenter des requêtes et
des plaintes au directeur de l’établissement ou au fonctionnaire autorisé à le présenter.
2. Des requêtes ou plaintes pourront être présentées à l’inspecteur des prisons au cours
d’une inspection. Le détenu pourra s’entretenir avec l’inspecteur ou tout autre
fonctionnaire chargé d’inspecter hors la présence du directeur ou des autres membres du
personnel de l’établissement.
3. Tout détenu doit être autorisé à adresser, sans censure quant au fond mais en due
forme, une requête ou plainte à l’Administration pénitentiaire centrale, à l’autorité
judiciaire ou à d’autres autorités compétentes, par voie prescrite.
89
4. À moins qu’une requête ou plainte soit de toute évidence téméraire ou dénuée de
fondement, elle doit être examinée sans retard et une réponse donnée au détenu en temps
utile.
...
Règle 38
1. Des facilités raisonnables pour communiquer avec leurs représentants diplomatiques
et consulaires doivent être accordées aux détenus ressortissants d’un pays étranger.
2. En ce qui concerne les détenus ressortissants des Etats qui n’ont pas de représentants
diplomatiques ou consulaires dans les pays ainsi que les réfugiés et es apatrides, les
mêmes facilités doivent leur être accordées de s’adresser au représentant diplomatique
de l’Etat qui est chargé de leurs intérêts ou à toute autorité nationale ou internationale
qui a pour tâche de les protéger.
Règle 39
Les détenus doivent être tenus régulièrement au courant des événements les plus
importants, soit par lecture de journaux quotidiens, de périodiques ou de publications
pénitentiaires spéciales, soit par des émissions radiophoniques, des conférences ou tout
autre moyen analogue, autorisés ou contrôlés par l’Administration.
Règle 40
Chaque établissement doit avoir une bibliothèque à l’usage de toutes les catégories de
détenus et suffisamment pourvue de livres instructifs et récréatifs. Les détenus doivent
être encouragés à l’utiliser le plus possible.
...
Règle 42
Chaque détenu doit être autorisé, dans la mesure du possible, à satisfaire aux exigences
de sa vie religieuse, en participant aux services organisés dans l’établissement et en
ayant en sa possession les livres d’édification et d’instruction religieuse de sa
confession.
...
Règle 44
1. En cas de décès ou de maladie grave, d’accident grave ou de placement du détenu
dans un établissement pour malades mentaux, le directeur doit en informer
immédiatement le conjoint si le détenu est marié, ou le parent le plus proche et en tout
cas toute personne que le détenu a demandé d’informer.
90
2. Un détenu doit être informé immédiatement du décès ou de la maladie grave d’un
proche parent. En cas de maladie dangereuse d’une telle personne, lorsque les
circonstances le permettent, le détenu devrait être autorisé à se rendre à son chevet, soit
sous escorte, soit librement.
...
Règle 84
1. Tout individu arrêté ou incarcéré en raison d’une infraction à la loi pénale et qui se
trouve détenu soit dans des locaux de police soit dans une maison d’arrêt, mais qui n’a
pas encore été jugé, est qualifié de « prévenu » dans les dispositions qui suivent.
...
Règle 86
Les prévenus doivent être logés dans des chambres individuelles, sous réserve d’usages
locaux différents eus égard au climat.
Règle 87
Dans les limites compatibles avec le bon ordre de l’établissement, les prévenus peuvent,
s’ils le désirent, se nourrir à leurs frais en se procurant leur nourriture de l’extérieur par
l’intermédiaire de l’Administration, de leur famille ou de leurs amis. Sinon,
l’Administration doit pourvoir à leur alimentation.
Règle 88
1. Un prévenu doit être autorisé à porter ses vêtements personnels si ceux-ci sont propres
et convenables.
2. S’il porte l’uniforme de l’établissement, celui--ci doit être différent de l’uniforme des
condamnés.
91
...
Règle 90
Tout prévenu doit être autorisé à se procurer, à ses frais ou aux frais de tiers, des livres,
des journaux, le matériel nécessaire pour écrire, ainsi que d’autres moyens d’occupation,
dans les limites compatibles avec l’intérêt de l’Administration de la justice et avec la
sécurité et le bon ordre de l’établissement.
Règle 91
Un prévenu doit être autorisé à recevoir la visite et les soins de son propre médecin ou
dentiste si sa demande est raisonnablement fondée et s’il est capable d’en assurer la
dépense.
Règle 92
Un prévenu doit immédiatement pouvoir informer sa famille de sa détention et se voir
attribuer toutes les facilités raisonnables pour pouvoir communiquer avec celle-ci et ses
amis et recevoir des visites de ces personnes, sous la seule réserve des restrictions et de
la surveillance qui sont nécessaires dans l’intérêt de l’Administration de la justice, de la
sécurité et du bon ordre de l’établissement.
Règle 93
Un prévenu doit être autorisé à demander la désignation d’un avocat commis d’office,
lorsque cette assistance est prévue, et à recevoir des visites de son avocat en vue de sa
défense. Il doit pouvoir préparer et remettre à celui-ci des instructions confidentielles. À
cet effet, on doit lui donner, s’il le désire, du matériel pour écrire. Les entrevues entre le
prévenu et son avocat peuvent être à portée de la vue, mais ne peuvent pas être à portée
d’ouïe d’un fonctionnaire de la police ou de l’établissement.
92
4. Ensemble de principe pour la protection de toutes personnes soumises à une forme quelconque de
détention ou d’emprisonnement.
Principe premier
93
Principe 2
Principe 3
Principe 4
Principe 5
1. Les présents principes s’appliquent à toutes les personnes se trouvant sur le territoire
d’un Etat donné, sans distinction aucune, qu’elle soit fondé sur la race, la couleur, le
sexe, la langue, la religion ou les croyances religieuses, les opinions politiques ou autres,
l’origine nationale, ethnique ou sociale, la naissance ou sur tout autre critère.
Principe 6
94
dégradants. Aucune circonstance quelle qu’elle soit ne peut être invoqué pour justifier la
torture ou toute autre peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Principe 7
1. Les Etats devraient édicter des lois interdisant tous actes qui violeraient les droits et
devoirs énoncés dans les présents principes, prévoir des sanctions appropriées contre les
auteurs de ces actes et enquêter impartialement en cas de plainte.
2. Les fonctionnaires qui ont des raisons de croire qu’une violation du présent Ensemble
de principes s’est produite ou est sur le point de se produire signalent le cas à leurs
supérieurs et, au besoin, aux autres autorités ou instances de contrôle ou de recours
compétentes.
3. Toute autre personne qui a lieu de croire qu’une violation du présent Ensemble de
principes s’est produite ou est sur le point de se produire a le droit de signaler le cas aux
supérieurs des fonctionnaires en cause ainsi qu’aux autres autorités ou instances de
contrôle ou de recours compétentes.
Principe 8
Principe 9
Principe 10
Toute personne arrêtée sera informé des raisons de cette mesure au moment de son
arrestation et sera avisée sans délai de toute accusation portée contre elle.
Principe 11
1. Une personne ne sera pas maintenue en détention sans avoir la possibilité effective de
se faire entendre sans délai par une autorité judiciaire ou autre. Une personne détenue a
95
le droit d’assurer sa propre défense ou d’être assistée d’un conseil conformément à la
loi.
2. La personne détenue et, le cas échéant, son conseil reçoivent sans délai et
intégralement communication de l’ordre de détention ainsi que des raisons l’ayant
motivé.
3. Une autorité judiciaire ou autre sera habilitée à contrôler, selon qu’il conviendra, le
maintien en détention.
Principe 12
Principe 13
Principe 14
Toute personne qui ne comprend ou ne parle as suffisamment bien la langue utilisée par
les autorités responsables de son arrestation, de sa détention ou de son emprisonnement
a le droit de recevoir sans délai, dans une langue qu’elle comprend, les renseignements
visés dans le principe 10, le paragraphe 2 du principe 11, le paragraphe 1 du principe 12
et le principe 13 et de bénéficier de l’assistance, gratuite si besoin est, d’un interprète
dans le cadre de la procédure judiciaire qui fait suite à son arrestation.
96
Principe 15
Principe 16
1. Dans les plus brefs délais après l’arrestation et après chaque transfert d’un lieu de
détention ou d’emprisonnement à un autre, la personne détenue ou emprisonnée pourra
aviser ou requérir l’autorité compétente d’aviser les membres de sa famille ou, s’il y a
lieu, d’autres personnes de son choix, de son arrestation, de sa détention ou de son
emprisonnement, ou de son transfert et du lieu où elle est détenue.
2. S’il s’agit d’une personne étrangère, elle sera aussi informée sans délai de son, droit
de communiquer par des moyens appropriés avec un poste consulaire ou la mission
diplomatique de l’Etat dont elle a la nationalité ou qui est autrement habilité à recevoir
cette communication conformément au droit international, ou avec le représentant de
l’organisation internationale compétente si cette personne est réfugiée ou est, d’autre
façon, sous la protection d’une organisation intergouvernementale.
3. Dans le cas d’un adolescent ou d’une personne incapable de comprendre quels sont
ses droits, l’autorité compétente devra, de sa propre initiative, procéder à la notification
visée dans le présent principe. Elle veillera spécialement à aviser les parents ou tuteurs.
4. La notification visée dans le présent principe sera faite ou autorisée sans délai.
L’autorité compétente pourra néanmoins différer une notification pendant une période
raisonnable si des besoins exceptionnels de l’enquête l’exigent.
Principe 17
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2. Si une personne détenue n’a pas choisi d’avocat, elle aura droit de s’en voir désigner
un par une autorité judiciaire ou autre dans tous les cas où l’intérêt de la justice l’exige,
et ce sans frais si elle n’a pas les moyens de le rémunérer.
Principe 18
1. Toute personne détenue ou emprisonnée doit être autorisée à communiquer avec son
avocat et à le consulter.
Principe 19
Principe 20
Si une personne détenue ou emprisonnée en fait la demande, elle sera placée, si possible,
dans un lieu de détention ou d’emprisonnement raisonnablement proche de son lieu de
résidence habituel.
98
Principe 21
2. Aucune personne détenue ne sera soumise, pendant son interrogatoire, à des actes de
violence, des menaces ou des méthodes d’interrogatoire de nature à compromettre sa
capacité de décision ou son discernement.
Principe 22
Principe 23
Principe 24
Principe 25
Toute personne détenue ou emprisonnée ou son conseil a, sous la réserve des conditions
raisonnablement nécessaires pour assurer la sécurité et le maintient de l’ordre dans le
lieu de détention ou d’emprisonnement, le droit de demander à une autorité judiciaire ou
autre un deuxième examen médical ou une deuxième opinion médicale.
99
Principe 26
Principe 27
Le non-respect des présents principes dans l’obtention des preuves sera pris en compte
pour déterminer si des preuves produites contre une personne détenue ou emprisonnée
est admissible.
Principe 28
Toute personne détenue ou emprisonnée a le droit d’obtenir, dans les limites des
ressources disponibles, si elles proviennent de sources publiques, une quantité
raisonnable de matériel éducatif, culturel et d’information, sous réserve des conditions
raisonnablement nécessaires pour assurer la sécurité et le maintient de l’ordre dans le
lieu de détention ou d’emprisonnement.
Principe 29
1. Afin d’assurer le strict respect des lois et règlements pertinents, les lieux de détention
doivent être inspectés régulièrement par des personnes qualifiées et expérimentées,
nommées par une autorité compétente distincte de l’autorité directement chargée de
l’Administration du lieu de détention ou d’emprisonnement et responsables devant elle.
Principe 30
100
2. Toute personne détenue ou emprisonnée a le droit d’intenter un recours contre ces
mesures devant l’autorité supérieure.
Principe 31
Principe 32
Principe 33
4. Toute requête ou plainte doit être examinée sans retard et une réponse doit être
donnée sans retard injustifié. En cas de rejet de la requête ou de la plainte ou en cas de
101
retard excessif, le demandeur est autorisé à saisir une autorité judiciaire ou autre. Ni la
personne détenue ou emprisonnée ni aucun demandeur aux termes du paragraphe 1 du
présent principe ne doit subir de préjudice pour avoir présenté une requête ou une
plainte.
Principe 34
Principe 35
2. Les renseignements devant être consignés en vertu des présents principes devront être
accessibles conformément aux procédures prévues par le droit interne aux fins des
demandes d’indemnisation présentées en vertu du présent principe.
Principe 36
1. Toute personne détenue soupçonnée ou inculpée d’une infraction pénale est présumée
innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès
public pour lequel elle aura reçu toutes les garanties nécessaires à sa défense.
102
Principe 37
Toute personne détenue du chef d’une infraction pénale est, après son arrestation,
traduite dans les meilleurs délais devant une autorité judiciaire ou autre, prévue par la
loi. Cette autorité statue sans retard sur la légalité et la nécessité de la détention. Nul ne
peut être maintenu en détention en attendant l’ouverture de l’instruction ou du procès si
ce n’est sur l’ordre écrit de ladite autorité. Toute personne détenue, lorsqu’elle est
traduite devant cette autorité, a le droit de faire une déclaration concernant la façon dont
elle a été traitée alors qu’elle était en état d’arrestation.
Principe 38
Toute personne détenue du chef d’une infraction pénale devra être jugée dans un délai
raisonnable ou mise en liberté en attendant l’ouverture du procès.
Principe 39
Sauf dans des cas particuliers prévus par la loi, une personne détenue du chef d’une
infraction pénale est en droit, à moins qu’une autorité judiciaire ou autre n’en décide
autrement dans l’intérêt de l’Administration de la justice, d’être mise en liberté en
attendant l’ouverture du procès, sous réserve des conditions qui peuvent être imposées
conformément à la loi. Ladite autorité maintient à l’étude la question de la nécessité de
la détention.
Clause générale
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Annexe II
LES TEXTES NATIONAUX REGISSANT LA DETENTION PREVENTIVE
LIVRE II
DE LA POURSUITE DE L'INSTRUCTION
TITRE VII
De la détention préventive
CHAPITRE PREMIER
Dispositions générales
Art. 333 - La détention préventive est une mesure exceptionnelle.
Elle n’est pas applicable à l’égard des individus poursuivis pour des faits punis par la loi
de peines de simple police ou de peines correctionnelles autres que l’emprisonnement.
Art. 334 - En aucun cas la détention préventive ne peut être prolongée au-delà d’une
durée égale au maximum de la peine privative de liberté encourue. Dès que ce maximum
est atteint, l’inculpé doit être remis en liberté s’il n’est détenu pour autre cause.
Art. 334 bis (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - Qu’il s’agisse d’un crime ou d’un délit, la
durée de validité du mandat de dépôt décerné par un juge d'instruction ou par la
Chambre prévue à l'article 223 bis est fixée à huit mois, pour compter de sa notification.
Il en est de même du mandat d’arrêt émanant du juge d'instruction lorsque l’inculpé
recherché aura pu être appréhendé. Dans l’hypothèse où le maintien en détention
s’avérerait indispensable à la poursuite de l’information, ou à une bonne administration
de la justice, la prolongation de sa durée ne pourra résulter que d’une décision
spécialement motivée rendue par la Chambre chargée de statuer sur la détention
préventive après réquisitions du ministère public. Elle ne saurait excéder une nouvelle
période de six mois renouvelable une fois dans les mêmes conditions, sans préjudice des
dispositions de l'article 112 ci-dessus.
Art. 334 ter (Ord. n° 75-030 du 30.10.75) - Dans les cas prévus aux articles 238, 290,
291 et 309 du Code de procédure pénale relatifs aux ordres de renvoi du magistrat du
104
ministère public, ordonnances de transmission, ordonnances de renvoi du juge
d'instruction et ordonnances de prise de corps, la limitation de la durée de la détention
préventive prévue à l'article 234 bis ne sera pas applicable
Art. 334 quater (Ord. n° 75-030 du 30.10.75) –Dans l’hypothèse d’un renvoi par la
cour criminelle à une prochaine session, l’accusé devra être immédiatement remis en
liberté s’il n’est détenu pour autre cause, sauf pour ladite cour à se prononcer sur le
maintien de sa détention préventive par décision expresse et motivée.
Le renvoi ne saurait en aucun cas dépasser six mois pour l'accusé détenu
Art. 334 quinto (Ord. n° 75-030 du 30 10 1975) –Dans les cas prévus aux articles 231,
237 et 288 du Code de procédure pénale, les juridictions correctionnelles devront se
prononcer, lorsque, à la date de sa saisine, la durée de la détention préventive prescrite
par l'article 334 bis aura été épuisée ou sera sur le point de l’être, sur l’opportunité du
maintien de la détention préventive.
Dans l’éventualité d’un maintien de la détention, les conditions édictées, quant à la
durée et à la prolongation de la détention préventive, par l'article 334 bis demeureront
applicables à la juridiction correctionnelle
Art. 335 - Toute personne, ayant connaissance d’une détention préventive irrégulière ou
abusive, peut s’adresser au procureur général ou au président de la chambre
d’accusation, à l’effet de prescrire les vérifications utiles et de faire cesser, s’il y a lieu,
la détention abusive.
La chambre d’accusation peut dans tous les cas, le ministère public entendu, prononcer
d‘office la mise en liberté d’un inculpé en cours d’information sommaire ou
d’instruction préparatoire.
CHAPITRE II
De la détention préventive
en cours d’information sommaire
Art. 336 - Tout mandat de dépôt ou d’arrêt délivré par un magistrat du ministère public
doit porter en caractères apparents la mention : “ la validité du présent mandat expire
trois mois après la date de l’écrou du détenu ”.
(Ord. 75-023 du 1.10.75) Tout billet d’écrou délivré par un officier du ministère public
doit porter en caractères apparents la mention : “ La validité du présent billet d’écrou
expire quinze jours après la date de sa délivrance ”. En aucun cas le billet d’écrou ne
peut être renouvelé plus d’une fois.
Lorsqu’un mandat de dépôt est décerné en remplacement d’un ou deux billets d’écrou,
sa durée de validité commence à la date de l’incarcération effectivement subie.
105
Art. 337 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - Le magistrat du ministère public peut à tout
moment de la procédure d’information sommaire soumettre le dossier à la chambre
prévue par l'article 223 bis du présent Code pour être statué sur la mainlevée du mandat
de dépôt. La requête doit indiquer les motifs pour lesquels la mainlevée est demandée.
Cependant dans les sections des tribunaux où ne siège pas à titre permanent un substitut,
le magistrat représentant le ministère public doit, avant de soumettre le dossier à ladite
chambre, consulter le Procureur de la République dont il dépend et se conformer à ses
instructions pour les inculpés poursuivis pour crime ou pour délit puni par la loi d’une
peine supérieure à cinq années d’emprisonnement.
Art. 338 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - La mise en liberté peut être demandée à tout
moment par l’inculpé ou son conseil.
La requête est immédiatement communiquée au ministère public qui doit prendre ses
réquisitions dans les vingt quatre heures qui suivent cette communication en indiquant
expressément, soit qu’il s’oppose à la demande, soit qu’il ne s’y oppose pas, soit qu’il
s’en rapporte à justice.
Dans les sections où ne siège pas à titre permanent un substitut, le ministère public et
toujours présumé s’en rapporter à justice.
La chambre prévue par l'article 223 bis du présent Code statue par jugement motivé au
plus tard dans les trois jours qui suivent les réquisitions du ministère public. Le
jugement doit porter mention des réquisitions du ministère public à peine d’une amende
de 20 000 francs prononcée contre le greffier par le
Art. 339 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - Le jugement de mise en liberté provisoire rendu
sur des réquisitions portant que le ministère public ne s'y oppose pas est immédiatement
exécuté.
L'exécution du jugement de mise en liberté provisoire rendu sur des réquisitions portant
que le ministère public s'y oppose ou s'en rapporte à justice, est suspendue pendant la
durée du délai d'appel du procureur de la République ou en cas d'appel de celui-ci.
Si le ministère public n'interjette pas appel, le jugement est exécuté le lendemain de
l'expiration du délai d'appel.
En cas d'appel, l'exécution est différée jusqu'à décision de la chambre d'accusation.
Art. 340 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - Les jugements prévus aux deux articles
précédents peuvent être déférés à la chambre d'accusation par l'appel du procureur de la
République ou de l'inculpé, dans les formes et délais fixés par les articles 317 et 322 du
présent Code.
106
CHAPITRE III
De la détention préventive
Pendant l’instruction préparatoire
Art. 341 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - Si le juge d'instruction estime qu'il y a lieu de
donner mainlevée du mandat de dépôt, il communique le dossier au procureur de la
République qui doit prendre ses réquisitions dans les vingt-quatre heures qui suivent la
communication. Le dossier est ensuite soumis à la chambre prévue à l'article 223 bis du
présent Code qui doit statuer dans les trois jours par jugement motivé. La décision de la
chambre n'est susceptible d'aucune voie de recours. Si ladite chambre ordonne la
mainlevée, l'inculpé est mis en liberté à charge pour lui de prendre l'engagement de se
représenter à tous les actes de la procédure aussitôt qu'il en sera requis, de tenir le
magistrat instructeur informé de tous ses déplacements et de donner l'adresse à laquelle
seront envoyées les convocations le concernant.
Art. 342 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - La mise en liberté provisoire d'un inculpé détenu
peut être demandée à tout moment par le procureur de la République ou par l'inculpé ou
par le conseil de celui-ci sous les obligations prévues à l'article précédent.
Les réquisitions du Procureur de la République sont transmises au juge d'instruction qui
communique immédiatement le dossier de la procédure à la Chambre chargée de statuer
sur la détention préventive
La demande de l'inculpé ou de son conseil adressée au juge d'instruction est
communiquée au magistrat du ministère public avec le dossier de la procédure aux fins
de réquisitions.
L'ordonnance de soit communiqué aux fins précédentes est notifiée ou remise par
porteur contre récépissé daté, à la partie civile qui peut présenter des observations.
Le ministère public doit prendre ses réquisitions dans les vingt-quatre heures et préciser
qu'il s'oppose à la demande, ou ne s'y oppose pas ou s'en rapporte à justice.
Le dossier accompagné des réquisitions du ministère public est transmis à la chambre
chargée de statuer sur la détention préventive.
Dans les sections des tribunaux où ne siège pas à titre permanent un substitut, le
ministère public est toujours présumé vouloir s'en rapporter à justice et la demande ainsi
que le dossier sont transmis immédiatement à la chambre chargée de statuer sur la
détention préventive.
Art. 343 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - La chambre prévue à l'article 223 bis du présent
Code doit statuer sur la demande de mise en liberté provisoire par décision motivée dans
les trois jours qui suivent la communication au ministère public. Le jugement doit porter
107
mention des réquisitions du ministère public, à peine d'amende civile de 20 000 francs
prononcée contre le greffier par le président de la chambre d'accusation.
Art. 344 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) – Le jugement de mise en liberté provisoire, rendu
sur les réquisitions portant que le ministère public ne s'y oppose pas, est immédiatement
exécuté.
L'exécution d'un jugement de mise en liberté provisoire, rendu sur des réquisitions
portant que le ministère public s'y oppose ou s'en rapporte à justice, est suspendue
pendant la durée du délai d'appel du procureur de la République ou en cas d'appel de
celui-ci.
Si le ministère public n'interjette pas appel, le jugement est exécuté le lendemain de
l'expiration du délai d'appel du procureur de la République fixé par l'article 317.
En cas d'appel, l'exécution est différée jusqu'à décision de la chambre d'accusation.
Art. 345 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) –Préalablement à la mise en liberté, l'inculpé doit
faire élection de domicile dans la commune où se poursuit l'information. Sa déclaration
est annexée au dossier.
Après la mise en liberté provisoire, si l'inculpé invité à comparaître ne se présente pas,
ou si des circonstances nouvelles rendent sa détention nécessaire, le juge d'instruction
peut décerné un nouveau mandat.
Art. 346 (Loi n° 97-036 du 30.10.97) - La mise en liberté provisoire peut être
subordonnée à l'obligation de fournir un cautionnement dont la nature et le montant sont
fixés par la chambre chargée de statuer sur la détention préventive.
Ce cautionnement est divisé en deux parties qui garantissent :
1° - La représentation de l'inculpé à tous les actes de la procédure et pour l'exécution de
la décision définitive.
2° - Le payement dans l'ordre suivant :
- des frais avancés par la partie civile ;
- de ceux faits par la partie publique ;
- des amendes ;
- des restitutions et dommages intérêts.
La décision de mise en liberté provisoire détermine la somme affectée à chacune des
deux parties du cautionnement.
108
Art. 347 - Le cautionnement peut être réel ou personnel.
Dans le premier cas, il est fourni en espèces, billets de banque, chèques certifiés ou
titres au porteur émis ou garantis par l'Etat. Il est versé entre les mains du greffier du
tribunal ou de la cour, ou du receveur de l'enregistrement, contre récépissé.
Dans le second cas, il résulte de l'engagement souscrit au greffe par une banque ou une
compagnie d'assurances notoirement solvable et admise à exercer à Madagascar. Cette
caution doit s'engager à payer entre les mains du receveur de l'enregistrement le montant
du cautionnement si l'inculpé est constitué en défaut de se représenter.
La décision de mise en liberté est exécutée sur le vu du récépissé ou de l'acte de
soumission précité.
Art. 350 - L’accusé qui a été laissé en liberté provisoire et pour lequel l'exécution de
l’ordonnance de prise de corps a été différée, doit se constituer prisonnier au plus tard la
veille de l’audience.
Si, dûment convoqué, par la voie administrative au greffe de la cour criminelle pour
recevoir notification des derniers actes de procédure et être entendu par le président,
109
l’accusé ne se présente pas au jour fixé et ne justifie pas d’un motif légitime d’excuse,
l’ordonnance de prise de corps est immédiatement exécutée.
CHAPITRE IV
De la détention préventive
après juridiction de jugement
Art. 351 - La mise en liberté provisoire peut être demandée en tout état de cause et en
toute période de la procédure par tout inculpé, prévenu ou accusé.
Lorsqu’une juridiction est saisie, il lui appartient de statuer sur la liberté provisoire.
Lorsqu’un accusé a fait l’objet d’une décision de renvoi en cour criminelle, et dans
l’intervalle des sessions de celle-ci, ce pouvoir appartient à la chambre d’accusation. Il
en est de même lorsqu’une procédure criminelle est soumise à la Cour suprême
. En cas de pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour d ‘appel en matière
correctionnelle, il est statué sur la demande de liberté provisoire par la chambre de la
cour qui a connu en dernier lieu de l’affaire au fond.
En cas de décision d’incompétence, et, généralement dans tous les cas où aucune
juridiction ne se trouve saisie, la chambre d’accusation connaît des demandes de mise en
liberté.
Art. 352 - Dans tous les cas prévus par l'article précédent, il est statué par simple
requête en chambre du conseil, le ministère public entendu, ainsi que le conseil du
prévenu ou accusé s’il le demande.
Le prévenu ou accusé peut adresser à la juridiction saisie des observations écrites à
l’appui de sa requête.
2. DECRET N°59-121
du 31-10-59 portant organisation générale des Services Pénitentiaires de Madagascar.
(Extraits)
....
2- Les condamnés à une peine d’emprisonnement d’une durée inférieure à cinq ans pour
crime ou délit et les condamnés à l’emprisonnement de simple police;
110
3- Les personnes contraintes par corps.
Elles sont établies aux chefs-lieux de Province sièges des Tribunaux de Première
Instance.
2. Les condamnés à l’emprisonnement d’une durée égale ou inférieure à deux ans pour
crime ou délit et les condamnés à l’emprisonnement de simple police;
2- Les condamnés qui, au jour ou, leur condamnation est devenue définitive, n’ont plus à
subir qu’une détention d’une durée au plus égale à six mois;
...
Article 38 : Dans tous les Etablissements pénitentiaire, des quartiers spéciaux seront
affectés :
111
2- aux femmes,
3- aux condamnés politiques,
4- aux contraints par corps,
5- aux relégués.
À défaut de quartiers spéciaux, dans les Maisons d’arrêt et de Sûreté, des locaux
différents seront aménagés.
Autant que possible, les détenus seront répartis dans des locaux différents, en
considération :
a) de leur qualité de délinquants primaires ou occasionnels ou de délinquants d’habitude;
b) de la gravité et du caractère des faits qui leur sont reprochés spécialement les détenus
en raison de délits d’imprudence ou de délits dits « contraventionnels » seront séparés
d’avec les auteurs de crimes ou délits volontaires contre l’ordre, les personnes ou les
biens.
Toutes recommandations à cet égard pourront être formulées par les autorités judiciaires
compétentes et la commission de surveillance des prisons.
...
Ces lettres peuvent avoir au maximum quatre pages d’une quinzaine de lignes chacune.
112
L’inspecteur provincial peut, par le truchement des destinataires, inviter les personnes
qui adresseraient aux condamnés un courrier trop abondant à le réduire en proportion
convenable.
Les prévenus et accusés peuvent correspondre avec toutes personnes de leur choix,
chaque jour et sans limitation autre que celle des heures fixées par le règlement.
Article 56 : Les lettres adressées aux détenus ou envoyées par eux doivent être écrites
en langage clair et ne comporter aucun signe ni dessin.
Elles ne doivent traiter que des objets relatifs aux affaires de famille ou aux intérêts
privés qui concernent personnellement les correspondants, ne comporter aucune mention
d’ordre politique, et ne rien contenir de contraire à l’ordre moral ou aux convenances,
sans allégation, menace ou accusation de quelque nature que ce soit à l’égard de
l’Administration de la justice ou des tiers.
Les lettres écrites par les détenus, qui ne satisfont pas aux conditions requises, sont
restituées à ceux-ci.
Celles qu’ils ne peuvent recevoir sont réexpédiées à leur frais ou, s’ils n’y consentent,
retenues au greffe de l’Etablissement à la disposition de l’expéditeur.
Les lettres envoyées par les détenus, ou celles qu’ils ne peuvent recevoir sont expédiées
ou réexpédiées sous enveloppe portant, sans autre signe extérieur, l’adresse du
destinataire.
Les lettres échangées par les prévenus ou accusés avec d’autres personnes que leurs
avocats sont communiquées au magistrat saisi de l’information soit sur sa demande, et
notamment pendant la durée de la mise au secret ordonnée, en vertu de l’article 8 de la
loi du 8 décembre 1997, soit lorsqu’elles contiennent des renseignements se rapportant à
113
l’instruction en cours. Les lettres que le magistrat compétent ne juge pas utiles de retenir
sont retournées au greffe de l’Etablissement et expédiées ou remises à leurs
destinataires, après le contrôle administratif normal.
La ration forte équivaut à 3.000 calories par jour, les mineurs de 21 ans recevront une
ration alimentaire de 2.500 calories à laquelle pourra s’ajouter, suivent les prescriptions
du médecin attaché à l’Etablissement, des aliments vitaminés, de calcium et des oligo-
éléments.
La valeur en calories des aliments sera fixée par le Ministre de la Justice après accord
des autorités médicales. Un tableau comportant des menus-types sera établi.
Il sera affiché à l’intérieur de l’Etablissement.
Ces rations peuvent être modifiées sur prescriptions médicales.
L’eau potable est la seule boisson dont puissent faire usage les détenus.
114
BIBLIOGRAPHIE
I.- OUVRAGES GENERAUX
Ouvrages sur les Libertés fondamentales
- Patrick WACHSMAN Libertés publiques, édition DALLOZ 1996.
- J-M AUBY et J-B AUBY, Droit Public, Tome 1 : Droit constitutionnel,
Libertés publiques, Droit administratif. Edition SYREY. 1996.
III.- DOCUMENTS
- Penal Reform International, Pratique de la prison, du bon usage des
règles pénitentiaires internationales, Août 1997, (Publié avec le soutient
de la Commission des Communautés Européennes et du Ministère de la
Justice des Pays-Bas)
- NATIONS UNIES, Les droits de l’homme et la détention provisoire:
Manuel de normes internationales en matière de détention provisoire
(Série de formation professionnelle n°3), publié par le Centre des Nations
Unies pour les droits de l’homme et le Service de la prévention du crime
et de la justice pénale*.
115
- Comité des Droits de l’Homme, Sélection de décisions prises en vertu du
Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits
civils et politiques. Vol.1 : de la seizième session. 1985. (CCPR/C/OP/1.),
Vol.2 de la dix-septième à la trente-deuxième session (octobre 1982 avril
1988.)1990.
- Fiche d’information N° 4 sur les Droits de l’Homme, Mécanisme de lutte
contre la torture, publié par le Centre pour les Droits de l’Homme,
Genève, 1992.
- Séminaire africain sur les internationales en matière de Droits de
l’Homme et l’administration de l a Justice, Campagne mondiale pour
les Droits de l’homme, publié par les Nations Unies, Genève, 1993
- New Magazine
New Magasine N° 58 du 06/05/01 p.16
« Témoignage d’un ancien détenu libéré »
116
TABLE DES MATIERES
DEDICACE............................................................................................................................... 2
REMERCIEMENTS................................................................................................................ 3
SIGLES ET ABBREVIATIONS............................................................................................. 4
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................ 4
SOMMAIRE…………. ............................................................................................................ 5
CHAPITRE INTRODUCTIF ................................................................................................. 8
PREMIERE PARTIE - LES NORMES APPLICABLES A LA DETENTION
PREVENTIVE ............................................................................... 16
CHAPITRE PREMIER - LES DISPOSITIONS DU DROIT POSITIF INTERNE
RELATIVES A LA DETENTION PREVENTIVE ............. 18
Section Première - LA NOTION DE DETENTION PREVENTIVE A
MADAGASCAR ............................................................................ 18
Section 2 - LES CONDITIONS DE FOND DE LA DETENTION PREVENTIVE 19
§1.- La peine encourue .................................................................................... 19
§2.- La personne objet de la mesure de détention préventive......................... 20
§ 3.- Le motif de la détention préventive ......................................................... 20
§4.- La durée de la détention préventive. ........................................................ 21
A.- En information sommaire .......................................................... 21
B.- En instruction préparatoire. ...................................................... 22
Section 3 - LES CONDITIONS DE PROCEDURE DE LA DETENTION
PREVENTIVE ............................................................................... 23
Section 4 - LA DEMANDE DE LIBERTE PROVISOIRE DEVANT LA
CHAMBRE DE DETENTION PREVENTIVE .......................... 24
§1.- Les attributions de la Chambre ................................................................ 24
§2.- La Saisine de la Chambre de détention préventive ................................. 25
CHAPITRE 2 - LES NORMES INTERNATIONALES RELATIVES A LA
DETENTION PREVENTIVE ............................................... 26
Section première - LA DETENTION AVANT JUGEMENT CONSTITUE
L'EXCEPTION ET NON LA REGLE ........................................ 27
117
Section 2 - LA PRESOMPTION D'INNOCENCE .................................................... 28
Section 3 - INTERDICTION DE LA TORTURE, DES PEINES OU
TRAITEMENTS CRUELS, INHUMAINS OU DEGRADANTS
.......................................................................................................... 29
Section 4 - DE LA SEPARATION ENTRE LES DIFFERENTES CATEGORIES
DE DETENUS ................................................................................ 31
Section 5 - LA DECISION QUANT A LA DUREE ET A LA LEGALITE DE LA
DETENTION EST DU RESSORT D'UNE AUTORITE
JUDICIAIRE OU EQUIVALENTE ............................................ 32
Section 6 - LE DEVOIR DE NOTIFICATION.......................................................... 33
Section 7 - DU DROIT DE COMMUNICATION DES DETENUS AVEC LE
MONDE EXTERIEUR.................................................................. 34
Section 8 - DES CONDITIONS MATERIELLES ET RELIGIEUSES HUMAINES
DE DETENTION ........................................................................... 35
Section 9 - LES DROITS ET LE STATUT PARTICULIER DES FEMMES ET
DES JEUNES DETENUS DOIVENT ETRE RESPECTES ...... 36
Section 10 - LES MESURES DISCIPLINAIRES PENDANT LA DETENTION
PROVISOIRE (OU PREVENTIVE) ........................................... 37
DEUXIEME PARTIE - LA DETENTION PREVENTIVE, UNE ATTENTE AUX
DROITS DE L’HOMME .............................................................. 39
CHAPITRE PREMIER - LES PROBLEMES PARTICULIERS DE LA
DETENTION PREVENTIVE A MADAGASCAR ............. 40
Section première - LA DETENTION PREVENTIVE EXCESSIVE:
RENVERSEMENT DU PRINCIPE A L’EXCEPTION ............ 41
Section 2 - LE SURPEUPLEMENT DES LIEUX DE DETENTION ..................... 44
Section 3 - LES CONDITIONS EXECRABLES DE LA DETENTION ................. 47
§1.- La promiscuité dans les centres de détention .......................................... 47
§ 2.- L’Insuffisance de la nourriture .............................................................. 49
§ 3.-L’Insalubrité du logement........................................................................ 50
Section 4 - LA DUREE TROP LONGUE DE LA DETENTION PREVENTIVE . 51
§1.-Les problèmes posés par le règlement définitif des dossiers .................... 52
A.- La détention en vertu du billet d’écrou délivré par l’officier du
ministère public ................................................................................... 53
118
B.- La Détention dans le cadre d’une information sommaire menée par
le magistrat du ministère public............................................................. 53
C.- la détention dans le cadre d’une instruction préparatoire ....... 54
§2.-Les problèmes relatifs a la demande de mise en liberté provisoire ................ 55
§3.- La détention préventive a durée indeterminée ............................................... 56
Section 5 - LA SITUATION JURIDIQUE INCERTAINE DES PERSONNES
PLACEES EN DETENTION ........................................................ 59
Section 6 - LE « PASSAGE A TABAC » DES PREVENUS ..................................... 60
CHAPITRE 2 - PROPOSITIONS DE SAUVEGARDE DES DROITS DES
DETENUS ................................................................................ 61
Section première - DE LA DIMINUTION DE LA DUREE DE LA DETENTION
PREVENTIVE ............................................................................... 62
Section 2 - DE LA LUTTE CONTRE LA SURPOPULATION CARCERALE .... 65
Section 3 - L’HUMANISATION DE LA DETENTION ........................................... 68
§1.-La séparation des personnes placées en détention préventive des
personnes condamnées .................................................................................... 69
§2.-Un logement convenable pour les détenus ............................................... 70
§3.-Des soins médicaux ................................................................................... 71
§4.-Une alimentation équilibrée ...................................................................... 72
Section 4 - L’AMELIORATION DU SYSTEME PENAL........................................ 73
CONCLUSION………. .......................................................................................................... 75
ANNEXES……………. .......................................................................................................... 78
Annexe I………………... ................................................................................................... 79
Annexe II………………. ................................................................................................. 105
BIBLIOGRAPHIE…... ........................................................................................................ 115
TABLE DES MATIERES ................................................................................................... 117
119