Connaissances
pédagogiques
CHAPITRE 3 – CONSTRUCTIVISME ET PÉDAGOGIE
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1. Le constructivisme (J. Piaget)
1.1. La notion de schème
Capacité mentale de structuration de l’action dont dispose tout individu pour appréhender son
environnement.
Cette structure se construit (constructivisme) en fonction des situations rencontrées par
l’individu.
L’apprentissage est donc perçu comme un phénomène de construction dynamique et continu.
Tout nouveau savoir (savoir, savoir faire, savoir être et savoir choisir) va donc « rencontrer »
cette structure.
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1. Le constructivisme (J. Piaget)
1.2. Les principes d’assimilation et d’accommodation
Lorsqu’un individu est placé dans une situation nouvelle, il sera capable d’interpréter cette
situation grâce à ses schèmes existants. Il procède par assimilation. Le processus de
l’assimilation fonctionne par variation et généralisation.
Par exemple: un bébé possède le schème: maman = femme
Lorsqu’il rencontre d’autres femmes, le bébé les interprète comme des mamans. Ce principe
d’assimilation fonctionne effectivement pour toute une série de femmes de l’entourage du bébé.
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1. Le constructivisme (J. Piaget)
1.2. Les principes d’assimilation et d’accommodation
Par contre, lorsque la situation nouvelle entre en contradiction avec les schèmes préexistants,
l’individu est contraint de modifier ses schèmes. Piaget dit alors qu’il y a accommodation.
Par exemple: lorsque le bébé rencontre des femmes qui ne sont pas des mamans, il modifie son
schème qui devient: certaines femmes sont des mamans.
Lorsque le bébé rencontre les mamans de mamans, il modifie son schème: certaines mamans
sont des mamys.
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1. Le constructivisme (J. Piaget)
1.3. Les principes de déséquilibre et d’équilibration
Piaget intègre ces différents concepts dans le processus de déséquilibre - équilibration
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1. Le constructivisme (J. Piaget)
1.4. Apports pour l’enseignement
=> approche contextualisée de l’acquisition de connaissances
=> mobilisation des connaissances antérieures
=> répétitions et transferts
=> travail de l’abstraction
=> mise en avant des contradictions internes
=> le déséquilibre ou le conflit cognitif
=> l’apprentissage par situation-problème
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1. Le constructivisme (apports de G. Bachelard)
=> Tenir compte des préconceptions pour les déconstruire
=> Changement d’approche de l’erreur
1. Faire émerger les conceptions des apprenants ;
2. Analyser la production des élèves;
3. Mettre en place une situation de rupture;
4. Aider à la réorganisation du savoir;
5. Retourner sur la conception fausse;
6. Stabiliser la nouvelle conception : utiliser ce nouveau savoir dans des situations nouvelles.
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2. Le socioconstructivisme (les Néo-piagétiens)
2.1. Points communs et différence
Les socioconstructivistes adhèrent au modèle de conception de l’apprentissage proposé par
J. Piaget.
Situation nouvelle => Schème => Assimilation / déséquilibre => Accommodation => Équilibration
Par contre, alors que les constructivistes se concentrent sur la relation sujet objet, les socio-
constructivistes s’intéressent au rôle joué par les interactions sociales dans les processus
d’apprentissage: sujet autrui objet.
L’interaction est considérée comme un facteur puissant d’apprentissage.
2. Le socioconstructivisme
2.2. Le conflit socio-cognitif
Les socioconstructivistes développent donc le concept de conflit socio-cognitif. Il s’agit d’amener les
apprenants à résoudre en groupe un problème donné.
Problème => groupe => préconceptions plurielles => déséquilibre (inter et intra individuel) => solution commune
Résoudre ce conflit développe deux types de régulation: relationnelle et sociocognitive.
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2. Le socioconstructivisme
2.3. Conditions du conflit sociocognitif
-Intérêt pour la tâche
-Les membres du groupe doivent avoir des préconceptions différentes (travail initial)
-Demande une résolution socio-cognitive et pas seulement relationnelle => travailler en groupe
-Tous les membres du groupe doivent participer => donner un rôle plus précis à chacun
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3. La perspective socioculturelle du
socioconstructivisme (L. Vygotsky)
3.1. La loi de double formation
Pour L. Vygotsky, l’individu apprend en deux temps: d’abord par le groupe et ensuite par soi-
même.
Il prend pour exemple le langage qui est d’abord un outil de communication sociale et ensuite
un outil de structuration intellectuelle.
Le langage a donc une place centrale dans l’enseignement: d’une part celui de l’enseignant et de
l’autre celui de l’apprenant.
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3. La perspective socioculturelle du
socioconstructivisme (L. Vygotsky)
3.2. La zone proximale de développement (ZPD)
L. Vygostky développe aussi le concept de ZPD. Il propose que l’état des connaissances
antérieures n’est pas le seul facteur de progression d’un apprenant.
S’il est accompagné, l’apprenant peut avoir accès à un niveau supérieur d’apprentissage.
L’enseignant se retrouve au
cœur de ce dispositif.
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3. La perspective socioculturelle du
socioconstructivisme (apport de J. Bruner)
3.3. L’étayage
J. Bruner propose le concept d’étayage: permettre à l’apprenant de traverser sa ZPD pour acquérir de
nouvelles connaissances.
1. L'enrôlement : susciter l’adhésion et la participation de l’enfant à la tâche.
2. La réduction des degrés de liberté : simplifier la tâche en réduisant la difficulté du processus de
résolution.
3. Le maintien de l'orientation : faire en sorte que l’enfant ne change pas d’objectif durant la
résolution de la tâche.
4. La signalisation des caractéristiques déterminantes : faire apparaître les opérations qui sont
pertinentes pour réaliser la tâche.
5. Le contrôle de la frustration : les erreurs de l’apprenant ne doivent pas se transformer en
résignation.
6. La démonstration ou présentation des modèles : présenter sous une forme « stylisée » les
démarches, les étapes à suivre, le processus de résolution.
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3. La perspective socioculturelle du
socioconstructivisme (apport de J. Bruner)
3.4. Apports pour l’enseignement
=> l’enseignant doit évaluer la ZPD de ces apprenants;
=> construire des situations-problèmes efficaces;
=> gérer les interactions sociales en classe;
=> faire apparaître les caractéristiques des différentes situations d’apprentissage;
=> laisser de la place à la parole des apprenants; ce temps permet d’évaluer les ZPD et de faire
naître des conflits cognitifs;
=> un temps doit être accorder pour que les solutions émergent des groupes;
=> éviter l’argument d’autorité.
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