KF/AEA/AH
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
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COUR D’APPEL DE COMMERCE
D’ABIDJAN AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU JEUDI
--------------- 13 JUIN 2019
RG N° 268/2019
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ARRÊT CONTRADICTOIRE
Du 13 /06/2019 La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son audience
--------- publique ordinaire du jeudi treize juin de l’an deux mil dix-
1ÈRE CHAMBRE neuf tenue au siège de ladite Cour, à laquelle siégeaient :
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Affaire
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Docteur KOMOIN François, Premier Président de la Cour
d’Appel de Commerce d’Abidjan ;
La Société Bâtiment DIDJA dite
BATI DJIDJA Madame ASSI Eunice épouse AYIE et Messieurs
(SCPA Oré-Diallo-Loa)
JEANSON Jean-Claude, SILUE Daoda, et AJAMI
Monsieur DRAMERA Modibo Nabil, Conseillers à la Cour, Membres ;
Contre Avec l’assistance de Maître MOSSOH N’koh Martin,
Greffier ;
La société AFRILAND FIRST BANK
Côte d’Ivoire
(Jean Luc D VARLET) A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause ;
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ARRÊT
ENTRE :
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Contradictoire La société Bâtiment DIDJA dite BATI DJIDJA, société
--------- unipersonnelle à responsabilité limitée au capital de
2.000.000 F CFA dont le siège social est à Abidjan Treichville,
Déclare recevable l’appel interjeté par
Monsieur DRAMERA Modibo et la société Avenue 20 rue 19, rue 17, 13 BP 2487 Abidjan 13,
BAT-DJIDJA contre le jugement RG immatriculée au registre du commerce et du crédit Mobilier
n°2811/18 rendu le 07/02/2019 par le sous le numéro CI-ABJ-2015-B-1236, prise en la personne de
Tribunal de Commerce d’Abidjan ; son représentant légal, Monsieur DRAMERA Mohamed,
gérant demeurant es qualité audit siège
Les y dit mal fondés ;
Les en déboute ; Monsieur DRAMERA Modibo, Commerçant de
nationalité Malienne, né le 11 Novembre 1984 à Bamako,
Confirme le jugement entrepris en toutes République du Mali, demeurant à Abidjan Riviera, 13 BP
ses dispositions ;
Abidjan 13
Met les dépens à leur charge ;
Appelants représentés et concluant par ses conseils, SCPA
Oré-Diallo-Loa & Associés avocats près la Cour d’appel
d’Abidjan, Y demeurant commune du plateau, Angle Avenue
Marchand-Boulevard Clozel, Immeuble Gyam 7ème étage,
porte D7, tél : 20.21.65.24.
D’UNE PART ;
1
ET ;
La société AFRILAND FIRST BANK Côte d’Ivoire
précédemment dénommée ACCES BANK Côte d’Ivoire,
société Anonyme avec Conseil d’Administration, au capital de
8.244.556.105 F CFA , dont le siège social est à Abidjan
Plateau, Immeuble WOODIN CENTER, avenus Nogues, 01BP
6928 Abidjan 01, prise en la personne de son représentant
légal, Monsieur DADJEU Olivier, Directeur Général de
nationalité Camerounaise, demeurant es qualité audit siège
social
Intimée représentée et concluant par leur conseil Maître
Jean Luc D. VARLET, avocat à la Cour, y demeurant 29 Bd
CLozel, Immeuble TF, 2ème étage, 25 BP 7 Abidjan 25, où étant
parlant
D’AUTRE PART ;
Sans que les présentes qualités puissent nuire ni préjudicier
en quoi que ce soit aux droits et intérêts respectifs des parties
en cause, mais au contraire et sous les plus expresses réserves
des faits et de droit ;
En son audience publique ordinaire, le tribunal de commerce
d’Abidjan statuant contradictoirement en la cause a rendu le
27 février 2019 un jugement RG N°2811/ 2018 qui a :
- rejeté les fins de non-recevoir soulevées par la société
AFRILAND FIRST BANK ;
- déclaré irrecevables et mal fondés Monsieur
DRAMERA Modibo et la société Bâtiment Djidja en
leur action en annulation de la décision judiciaire
d’adjudication N°0725/2018 rendue le 13 juin 2018 ;
Par exploit du 15 mars 2019 de Maître KOFFI Leka Serge
Daniel, huissier de justice à Séguéla, Monsieur DRAMERA
Modibo et la société Bâtiment-DJIDJA dite BATI- DJIDJA
ont interjeté appel du jugement susénoncé et ont par le même
exploit assigné la société AFRILAND FIRST BANK Côte
d’Ivoire à comparaitre par devant la Cour de ce siège à
l’audience du 18 avril 2019 pour s’entendre :
- recevoir Monsieur DRAMERA Modibo et la société
BATI-DJIDJA en leur appel ;
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- les y dire bien fondés ;
- infirmer le jugement RG N°2811/2018 en date du 27
février 2019 ;
Enrôlée donc sous le RG N°268/2019 du rôle général du
greffe de la Cour, l’affaire a été appelée à l’audience du 18 avril
2019 ;
Une mise en état a été ordonnée, confiée à madame ASSI
Eunice Patricia épouse AYIE, conseiller rapporteur ;
Cette mise en état a fait l’objet d’une ordonnance de clôture
N°84/2019 du 15 mai 2019 ;
Et la cause a été renvoyée au 23 mai 2019 après mise en état ;
A la date de renvoi, la cause a été en délibéré pour décision
être rendue le 13 juin 2019 ;
Advenue cette audience, la Cour a vidé son délibéré en
rendant l’arrêt suivant :
LA COUR
Vu les pièces du dossier ;
Vu l’ordonnance de clôture de la mise en état en date du 15
mai 2019 du conseiller rapporteur ;
Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS
DES PARTIES
Par exploit du 15 mars 2019, Monsieur DRAMERA Modibo et
la société Bâtiment-Djidja dite BATI-DJIDJA ont relevé appel
du jugement RG n° 2811/2018 rendu le 27 février 2019 par le
tribunal de commerce d'Abidjan, lequel, en la cause, a statué
comme suit :
« Statuant publiquement, contradictoirement et en premier
ressort ;
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Rejette les fins de non-recevoir soulevées par la société
AFRILAND FIRST BANK ;
Reçoit Monsieur DRAMERA Modibo et la société Bâtiment
Djidja en leur action en annulation de la décision judiciaire
d’adjudication n°0725/2018 rendue le 13 juin 2018 par la
juridiction de céans ;
Les y dit mal fondés ;
Les en déboute ;
Met les dépens à leur charge » ;
Des énonciations du jugement querellé et des pièces du
dossier, il ressort que par exploit d’huissier en date du 28 juin
2018, Monsieur DRAMERA Modibo et la société BAT-
DJIDJA ont fait servir assignation à la société AFRILAND
FIRST BANK et Monsieur le Conservateur de la propriété
foncière d'avoir à comparaître devant le tribunal de commerce
d'Abidjan pour s’entendre :
- annuler le jugement d’adjudication n°0725/2018 rendu
le 13 juin 2018 par le tribunal de commerce ;
- condamner la société AFRILAND FIRST BANK aux
dépens de l’instance, distraits au profit de la SCPA
ORE-DIALLO-LOA & Associés, avocats aux offres de
droit ;
Au soutien de leur action, ils ont exposé que par jugement
d’adjudication n°0725/2018 rendu le 13 juin 2018 par le
tribunal de commerce, la société AFRILAND FIRST BANK a
été déclarée adjudicataire de l’immeuble bâti sur un terrain
sis à Abidjan Cocody DJOROGOBITE 1, d’une superficie de
600m2 formant le lot n°937, ilot 97, faisant l’objet du titre
foncier 102.713 de la circonscription foncière de Bingerville ;
Cependant ont-ils prétendu, ledit jugement encourt nullité
pour deux raisons ;
D’une part, ils ont invoqué le défaut de caractère exécutoire
de la convention d’ouverture de crédit du 1er octobre 2015 et
de l’avenant du 11 août 2016 portant ouverture de crédit ;
Ils ont expliqué, se fondant sur les dispositions de l’article 247
de l’Acte Uniforme portant organisation des procédures
simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, que la
convention d’ouverture de crédit comportant affectation
hypothécaire et son avenant susvisé ne constituent pas des
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titres exécutoires, au motif que lesdits actes ne comportent
pas la mention écrite de la main de la caution en toutes lettres
et en chiffres de la somme maximale garantie couvrant le
principal, les intérêts et autres accessoires, ce, en violation des
dispositions de l’article 14 de l’Acte uniforme portant
organisation des sûretés ;
Ils ont relevé que l’engagement de Monsieur DRAMERA
Modibo en qualité de caution n’étant pas valablement
constitué, les actes notariés qui en étaient le support et en
vertu desquels la société AFRILAND FIRST BANK a poursuivi
la vente forcée de son immeuble n’avaient pas un caractère
exécutoire, de sorte qu’ils ne pouvaient justifier la saisie
immobilière entreprise, qui a abouti à l’adjudication de
l’immeuble susindiqué ;
D’autre part, ils ont relevé le défaut de caractère incertain de
la créance de la société AFRILAND FIRST BANK ;
Ils ont fait valoir que la société BAT-DJIDJA avait certes
contracté un prêt d’un montant de cent cinquante millions
(150.000.000) francs CFA auprès de la société AFRILAND
FRIST BANK ;
Toutefois, en règlement du solde reliquataire, elle avait
sollicité et obtenu de la société AFRILAND FIRST BANK
qu’elle affecte audit règlement le dépôt à terme d’un montant
de cinquante millions (50.000.000) francs CFA qu’elle avait
effectué sur un compte ouvert à cet effet dans les livres de
ladite société ;
Ils ont donc indiqué que la société BAT-DJIDJA n’était plus
débitrice de la société AFRILAND FIRST BANK ;
Ils ont ajouté qu’en violation des dispositions de l’article 25
alinéa 1er de l’Acte uniforme portant organisation des sûretés,
la société AFRILAND FIRST BANK ne lui avait jamais
communiqué, et ce, jusqu’à la date de clôture du compte de la
société BAT-DJIDJA, un quelconque état des dettes de celle-
ci ;
Ils ont donc sollicité l’annulation du jugement d’adjudication
n°0725/2018 rendu le 13 juin 2018 par le tribunal de
commerce ;
Réagissant, la société AFRILAND FIRST BANK a excipé de
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l’irrecevabilité de l’action de Monsieur DRAMERA Modibo et
la société BAT-DJIJA pour violation de l’article 313 de l’Acte
Uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution d’une part, et d’autre
part, pour autorité de la chose jugée ;
S’agissant de la fin de non-recevoir tirée de la violation de
l’article 313 sus indiqué, elle a indiqué qu’il résulte de cette
disposition que l’action en nullité de la décision judiciaire ou
du procès-verbal notarié d’adjudication ne peut être
introduite que pour des causes concomitantes ou postérieures
à l’audience éventuelle ;
Elle a fait observer que les causes soulevées par Monsieur
DRAMERA Modibo et la société BAT-DJIDJA ne sont ni
concomitantes ni postérieures à l’audience éventuelle, surtout
qu’elles ont été plaidées à ladite audience à travers leurs dires
et observations ;
Elle a fait valoir qu’aucune cause concomitante et postérieure
à l’audience éventuelle, seule condition pour la mise en œuvre
de l’action en annulation de l’adjudication n’ayant été
évoquée, la procédure initiée par les demandeurs doit être
déclarée irrecevable pour violation des dispositions de l’article
313 de l’Acte Uniforme portant organisation des procédures
simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution ;
Relativement à l’autorité de la chose jugée, elle a fait
remarquer que les moyens évoqués avaient déjà été soulevés
et débattus et que le tribunal, dans le jugement n°725 du 09
mai 2018, les avait rejetés ;
Elle a estimé qu’une première décision ayant été déjà rendue,
il y avait autorité de la chose jugée conformément à l’article
1315 du code civil ;
Subsidiairement au fond, elle a souligné que l’exigence de la
mention écrite de la main de la caution, en toutes lettres et en
chiffres de la somme maximale garantie couvrant le principal,
les intérêts et autres accessoires comme condition de validité
de la caution, s’applique aux sûretés personnelles que sont le
cautionnement et la garantie autonome et non à l’hypothèque,
laquelle constitue une sûreté réelle ;
Elle a conclu que l’article 14 de l’Acte Uniforme portant
organisation des sûretés est inopérant en l’espèce et que la
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mention sus invoquée, contrairement aux prétentions des
demandeurs, n’est pas une condition de validité de l’acte de
cautionnement ;
Elle a ajouté que les actes de cautionnement qu’elle a produits
ne pouvaient être annulés pour ce fait, d’autant qu’aucun
texte de loi ne le prescrit et qu’en tout état de cause, Monsieur
DRAMEARA Modibo ne conteste pas s’être porté caution de
la société BAT-DJIDJA ;
Elle a argué que les actes qui fondent son action sont des actes
notariés revêtus de la formule exécutoire et qu’ils sont donc
des titres exécutoires, conformément à l’article 33 de l’Acte
Uniforme portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution ;
Elle a fait savoir que le paiement de cinquante millions
(50.000.000) francs CFA effectué par la société BAT-DJIDJA
n’avait pas éteint sa dette et que Monsieur DRAMEARA
Modibo en avait été informé ;
Pour statuer comme il l'a fait, s’agissant du moyen tiré de la
violation de l’article 313 de l’Acte Uniforme portant
organisation des procédures simplifiées de recouvrement et
des voies d’exécution, le premier juge a estimé que la seule
exigence de forme légale prévue par les dispositions de
l’article 313 susindiqué est que la demande en annulation
intervienne quinze jours suivant l’adjudication, la condition
tenant à l’existence de causes concomitantes ou postérieures à
l’audience éventuelle prescrite par ledit texte ne pouvant
s’apprécier qu’après examen au fond des causes invoquées par
le demandeur à l’action ; qu’en l’espèce, le jugement
d’adjudication n°0725/2018 dont la nullité est sollicitée a été
rendu par la juridiction de céans le 13 juin 2018 et l’action en
annulation introduite le 28 juin 2018, soit moins de quinze
jours après l’adjudication attaquée, les délais étant francs, le
délai légal prescrit a été respecté ;dès lors, le moyen soulevé
par la défenderesse n’étant pas pertinent devrait être rejeté ;
En ce qui concerne le moyen tiré de l’autorité de la chose
jugée, se fondant sur les dispositions de l’article 1351 du code
civil, il a estimé que la société AFRILAND FIRST BANK a
fondé cette fin de non-recevoir sur les moyens invoqués par
les demandeurs au cours de l’audience éventuelle, de sorte
que les conditions de l’autorité de la chose jugée n’étaient pas
réunies ;
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Au fond, relativement à la demande d’annulation de
l’adjudication, se fondant sur les dispositions de l’article 313
de l’Acte Uniforme portant organisation des procédures
simplifiées de recouvrement et des voies d’exécution, le
premier juge a estimé que des pièces du dossier, notamment
des dires et observations versés aux débats, le tribunal a
constaté que les moyens de contestation liés à la violation de
l’article 14 de l’Acte Uniforme portant organisation des
sûretés et à l’extinction de la créance de la société AFRILAND
FIRST BANK sont des causes dont les demandeurs ont eu
connaissance avant l’audience éventuelle tenue le 09 mai
2018, d’autant qu’ils se sont prévalus de ces moyens, lesquels
ont été rejetés comme mal fondés par le tribunal dans sa
décision rendue à cette date ;
Il s’ensuit qu’après cette audience éventuelle, les mêmes
moyens fondés sur les mêmes causes ne pouvant constituer
des causes d’ouverture de la procédure en annulation du
jugement d’adjudication querellé au sens de l’article 313 de
l’Acte Uniforme précité, les demandeurs ne pouvaient
valablement s’en prévaloir pour solliciter et encore moins
obtenir l’annulation du jugement ayant prononcé
l’adjudication de l’immeuble saisi ;
Ainsi, leur action fondée sur les mêmes moyens de
contestations soulevés dans leurs dires et observations lors de
l’audience éventuelle ne sauraient être considérés comme
causes concomitantes ou postérieures à l’audience éventuelle
en date du 09 mai 2018, de sorte que dans ces conditions il y
avait lieu de les déclarer mal fondés en leur demande en
annulation du jugement d’adjudication n°0725/2018, rendu
le 13 juin 2018 et les en débouter ;
En cause d'appel, Monsieur DRAMERA Modibo et la société
BAT-DJIDJA ont réitéré l’ensemble des moyens exposés en
première instance et conclu à l’infirmation du jugement
querellé ;
Ils font valoir que la mention manuscrite de la somme
garantie est une exigence autonome du contrat, de sorte qu’en
l’absence de cette mention, il ne peut y avoir engagement ;
Ils ajoutent que ladite mention est une formalité substantielle
en ce que le cautionnement se prouve par la réalisation de
cette formalité ;
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Ainsi, ils prient la cour d’infirmer le jugement querellé et
statuant de nouveau, annuler le jugement d’adjudication RG
N°0725/2018 rendu le 13 juin 2018 par le tribunal de
commerce d’Abidjan ;
La société AFRILAND FIRST BANK a réitéré les moyens
exposés en première instance et conclu à la confirmation du
jugement querellé ;
Elle indique que les appelants n’ont pu expliquer en quoi la
violation selon eux des articles 14 et 15 de l’Acte Uniforme
portant organisation des sûretés qu’ils brandissent est
concomitante ou postérieure à l’audience éventuelle surtout
que ces points ont été plaidés à l’audience éventuelle, et
tranchés par jugement avant dire droit du 09 mai 2018, de
sorte qu’en l’absence de ses prescriptions textuelles, le
tribunal a déclaré à bon droit leur action irrecevable pour
violation de l’article 313 de l’Acte Uniforme portant
organisation des procédures simplifiées de recouvrement et
des voies d’exécution ;
Elle fait valoir, se fondant sur les dispositions de l’article 14 de
l’Acte Uniforme portant organisation des sûretés, que la
mention écrite à la main, en toutes lettres et en chiffres de la
somme maximale garantie bien qu’insérée dans le texte, n’est
pas une condition de validité de l’acte de cautionnement
comme tentent de le faire croire les appelants ;
Par ailleurs, dit-elle, il n’est mentionné nulle part dans l’Acte
Uniforme sur les sûretés que l’absence de mention écrite de la
main de caution, en toutes lettres, de la somme maximale
garantie sur l’acte de cautionnement est prescrite à peine de
nullité ;
Elle fait savoir que les appelants ne peuvent prétendre que la
société BAT-DJIDJA n’est plus sa débitrice à moins
d’apporter la preuve suffisante de ce que le reliquat de sa
dette a été effectivement payé ;
Ainsi, la cour confirmera le jugement querellé en toutes ses
dispositions ;
SUR CE
En la forme
9
Sur le caractère de la décision
Considérant que l’intimée a conclu ;
Qu'il y a lieu de statuer contradictoirement ;
Sur la recevabilité de l’appel
Considérant que l’appel a été introduit conformément à la loi, il
convient de le recevoir ;
Au fond
Sur le bien-fondé de l’appel
Considérant que Monsieur DRAMERA Modibo et la société
BAT-DJIDJA sollicitent l’infirmation du jugement querellé et
que la Cour statuant à nouveau , annule le jugement
d’adjudication n°0725/18 rendu le 13 juin 2018 par le tribunal
de commerce ;
Qu’ils excipent de la violation de l’article 14 de l’Acte
Uniforme portant organisation des sûretés en ce que la
convention de cautionnement hypothécaire ne contenant pas
la mention écrite de la main de la caution, en toute lettre et en
chiffre, de la somme maximale garantie ne peut servir de
preuve à l’hypothèque dont se prévaut la société AFRILAND
FIRST BANK d’une part ;
Que d’autre part, ils font valoir que la société BAT-DJIDJA
s’est libérée de sa dette à l’égard de ladite société, de sorte que
la dette qui a servi de fondement à la saisie pratiquée n’est pas
certaine ;
Considérant qu’aux termes de l’article 313 de l’Acte Uniforme
portant organisation des procédures simplifiées de
recouvrement et des voies d’exécution « la nullité de la
décision judiciaire ou du procès-verbal notarié
d’adjudication ne peut être demandée par voie d’action
principale en annulation portée devant la juridiction
compétente dans le ressort de laquelle l’adjudication a été
faite que dans un délai de quinze jours suivant l’adjudication.
Elle ne peut être demandée que pour des causes
concomitantes ou postérieures à l’audience éventuelle, par
tout intéressé, à l’exception de l’adjudicataire.
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L’annulation a pour effet d’invalider la procédure à partir de
l’audience éventuelle ou postérieurement à celle-ci selon les
causes de l’annulation » ;
Qu’il s’infère de cette disposition que la décision
d’adjudication est susceptible de recours en annulation par
voie principale à la triple condition que le recours intervienne
dans le délai de quinze jours suivant l’adjudication, qu’il soit
fondé non sur des griefs rattachés à la décision d’adjudication
mais plutôt sur des causes concomitantes ou postérieures à
l’audience éventuelle et qu’il soit introduit par une personne
autre que l’adjudicataire ;
Considérant que les causes concomitantes ou postérieures à
l’audience éventuelle sont des griefs ou vices qui ont été
portés à la connaissance de celui qui fait la demande en
annulation soit au moment de l’audience éventuelle soit après
cette audience ;
Qu’en l’espèce, les moyens de contestations liés à la violation
de l’article 14 de l’Acte Uniforme portant organisation des
sûretés et à l’extinction de la créance de la société AFRILAND
FIRST BANK sont des causes dont les appelants ont eu
connaissance avant l’audience éventuelle tenue le 09 mai
2018 au tribunal de commerce d’Abidjan, d’autant qu’ils se
sont prévalus de ces moyens au cours de cette audience,
lesquels ont été rejetés comme mal fondés ; de sorte qu’après
cette audience éventuelle, les appelants ne peuvent
valablement se prévaloir des mêmes moyens fondés sur les
mêmes causes et qui ne peuvent constituer des causes
d’ouverture de la procédure en annulation du jugement
d’adjudication querellé au sens de l’article 313 susénoncé,
pour en solliciter l’annulation;
Que dès lors c’est à bon droit que le jugement RG n°725/18
rendu le 13 juin 2018 a procédé à l’adjudication de l’immeuble
en cause ; de sorte que c’est à juste titre que le tribunal a
également rejeté ce moyen comme étant inopérant ;
Que sa décision mérite d’être confirmée ;
Sur les dépens
Considérant que les appelants succombant, il y a lieu de
mettre à leur charge les dépens de l’instance ;
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PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier
ressort ;
Déclare recevable l’appel interjeté par Monsieur DRAMERA
Modibo et la société BAT-DJIDJA contre le jugement RG
n°2811/18 rendu le 07/02/2019 par le Tribunal de Commerce
d’Abidjan ;
Les y dit mal fondés ;
Les en déboute ;
Confirme le jugement entrepris en toutes ses dispositions ;
Met les dépens à leur charge ;
Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jour, mois et an
que dessus.
ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE
GREFFIER./.
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