KF/RAO /AH AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU JEUDI
REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
------------------- 27 Juin 2019
COUR D’APPEL DE COMMERCE ---------------------
D’ABIDJAN
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RG N° 307/2019 La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son audience
----------- publique ordinaire du jeudi vingt-sept juin de l’an deux mil dix-
ARRÊT CONTRADICTOIRE neuf tenue au siège de ladite Cour, à laquelle siégeaient :
du 27/06/2019
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1ÈRE CHAMBRE Docteur KOMOIN François, Premier Président de la Cour
------------ d’Appel de Commerce d’Abidjan ;
Affaire :
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Madame SAM Danielle et Messieurs TALL Yacouba,
La société SOFT DRINKS COTE SILUE Daoda et AJAMI Nabil, Conseillers à la Cour,
D’IVOIRE Membres ;
(Charles Camille AKESSE)
Contre Avec l’assistance de Maître KOUTOU A. Gertrude épouse
GNOU
MONSIEUR MOMY Guéï
Meindess A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause ;
(Charles KIGNIMA)
-------------- ENTRE :
ARRÊT
------------ La société SOFT DRINKS COTE D’IVOIRE Société
Contradictoire Anonyme, au capital de 460.000.000 FCFA dont le siège social
---------
est sis à Abidjan-Yopougon zone Industrielle, 18 BP 1257 Abidjan
Déclare irrecevable la demande de 18, agissant aux poursuites et diligences de Monsieur Stefano
Monsieur MOMY Guei Meindess COCITO son Directeur Général, demeurant es qualité au siège de
tendant à la publication de la ladite société, Tél. : [Link], Fax : [Link] ;
décision ;
Déclare recevables les appels Appelante représentée et concluant par son conseil, Maître
principal et incident interjetés par la Charles Camille AKESSE, Avocats près la Cour d’Appel d’Abidjan,
société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire y demeurant Abidjan-Cocody-Val doyen non loin de l’ambassade
et Monsieur MOMY Guei Meindess du brésil, villa N°34, Tél. : [Link]/ Fax : [Link] email :
contre le jugement RG n° 4505/2017 cabinetakesse@[Link]
rendu le 17 janvier 2019 par le
Tribunal de Commerce d'Abidjan ;
D’UNE PART ;
Dit l’appel incident de Monsieur
MOMY Guei Meindess mal fondé ; ET ;
L’en déboute ;
Monsieur MOMY Géï Meindess, né le 26 Mai 1984 à Man, de
Dit la société SOFT DRINKS Côte nationalité ivoirienne, étudiant, demeurant Akiev, en UKRAINE
d’Ivoire bien fondée en son appel
principal ; Intimé ayant élu domicile en Maître Charles KIGNIMA, Avocat
au barreau de Côte d’Ivoire, y demeurant Abidjan Riviera II,
Infirme la décision entreprise en ce
qu’elle a retenu la responsabilité de la immeuble Domoraud, rez-de-Chaussée, porte 2, Tél : [Link],
société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire Cèl. : [Link], email : cabkc2012@[Link], où étant et
et l’a condamnée au paiement de parlant :
diverses sommes d’argent ;
D’AUTRE PART ;
Statuant de nouveau
Met hors de cause la société SOFT Sans que les présentes qualités puissent nuire ni préjudicier en
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DRINKS Côte d’Ivoire ; quoi que ce soit aux droits et intérêts respectifs des parties en
cause, mais au contraire et sous les plus expresses réserves des
Confirme la décision entreprise pour
le surplus ;
faits et de droit ;
Condamne Monsieur MOMY Guei Le tribunal de commerce d’Abidjan statuant en la cause a rendu le
Meindess et la société ST 17 janvier 2019 un jugement contradictoire N°4505/2017 qui a :
CONSULTING aux dépens de
l’instance ;
- condamné la société SOFT DRINKS COTE D’IVOIRE et
l’Agence Conseil en Communication ST CONSULTING à
payer la somme de 120.000.000 F/CFA à Monsieur
MOMY Guei Meindess à titre de dommages et intérêts
pour violation de son droit à l’image ;
- condamné également à lui rembourser la somme de
33.800.000 F/CFA au titre des frais d’expertise ;
- débouté le demandeur du surplus de ses prétentions ;
- condamné les défendeurs aux dépens de l’instance,
distraits au profit de Maître Charles Kignima, Avocat aux
offres de droit ;
Par exploit du 18 avril 2019 de Maître BROU Kouamé, huissier de
justice à Abidjan, la société SOFT DRINKS COTE D’IVOIRE a
interjeté appel contre le jugement susénoncé et a assigné
Monsieur MOMY Guei Meindess et la société ST Consulting à
comparaître à l’audience du 02 mai 2019 par devant la cour de
siège pour s’entendre infirmer le jugement ci-dessus ;
Enrôlée sous le n°307/2019 du rôle général du greffe de la cour,
l’affaire a été appelée à l’audience du 02 mai 2019 ;
Une instruction a été ordonnée, confiée à Madame RAMDE
Assetou épouse OUATTARA, Conseiller rapporteur ;
Cette mise en état a fait l’objet d’une ordonnance de clôture
N°114/2019 du 27 mai 2019 ;
A cette date, la cause a été renvoyée au 06 juin 2019 ;
A la date de renvoi, la cause a été mise en délibéré pour le 27 juin
2019 ;
Advenue cette audience, la Cour a vidé son délibéré en rendant
l’arrêt suivant :
LA COUR
Vu les pièces du dossier ;
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Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;
Après en avoir délibéré conformément à la loi ;
FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS DES
PARTIES
Par exploit en date du 18 avril 2019, la société Soft Drinks Côte
d’Ivoire a interjeté appel contre le jugement RG n° 4505/2017
rendu le 17 janvier 2019 par le Tribunal de Commerce d'Abidjan,
signifié le 21 mars 2019, dont le dispositif est le suivant :
«Statuant publiquement, contradictoirement, et en premier
ressort ;
Vu les jugements avant dire droit N°4505/2017 du 08 novembre
2018, N°4505/2017 du 29 mars 2017, N°4505/2017 du 12 avril
2018* N°4505/2017 du 21 juin 2018 ;
Reçoit l’action de Monsieur MOMY GUEI MEINDESS ;
L’y dit partiellement fondé ;
Condamne la société SOFT DRINKS COTE D’IVOIRE et l’Agence
Conseil en Communication ST CONSULTING à payer la somme
de 120.000.000 F/CFA à Monsieur MOMY Guei Meindess à titre
de dommages et intérêts pour violation de son droit à l’image ;
Les condamne également à lui rembourser la somme de
33.800.000 F/CFA au titre des frais d’expertise ;
Déboute le demandeur du surplus de ses prétentions ;
Condamne les défendeurs aux dépens de l’instance, distraits au
profit de Maître Charles Kignima, Avocat aux offres de droit » ;
La société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire fait valoir qu’elle est une
société anonyme de droit ivoirien au capital de 460.000.000
francs CFA dont le siège social est à Abidjan-Yopougon, Zone
Industrielle ;
Qu’elle a pour objet principal la commercialisation de boissons
gazeuses dont ceux de la marque PEPSI COLA pour laquelle elle
bénéficie d’une autorisation d’exploitation obtenue suite à la
signature d’une convention en date du 1er janvier 2013 ;
Elle indique que compte tenu de la concurrence du marché, elle
est contrainte de faire connaître ses produits au grand public, et
n’ayant pas l’expertise requise en matière publicitaire, elle
s’attache les services de certains partenaires ressources pour la
conception et la réalisation de la publicité des produits qu’elle
commercialise ;
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Que c’est ainsi qu’à l’occasion de la finale de la Ligue Européenne
de football qui s’est tenue le 28 mai 2016, elle a donné mandat à
la société ST CONSULTING, qui est une agence de
communication, aux fins de réaliser une campagne publicitaire
associée à cet événement dans la ville d’Abidjan et d’acheter à cet
effet des images d’un stade et d’un supporteur devant servir à
agrémenter cette publicité ;
Qu’il découlait de ce mandat que la société ST CONSULTING
avait pour seule et unique mission de réaliser une publicité
contenant les images visées au bon de commande en date du 23
mai 2016 et qu’elle devait acheter ;
Toutefois, fait-elle valoir, le 19 décembre 2017, Monsieur MOMY
Guei Meindess, qui serait un étudiant résidant en UKRAINE,
arguant d’un usage frauduleux de son image saisissait le Tribunal
de Commerce d’Abidjan à l’effet de les entendre condamner,
l’Agence de communication et elle, à lui paver la somme de trois
milliards de francs ([Link]) FCFA à titre de dommages-
intérêts en réparation d’un préjudice qu’il aurait subi du fait d’une
prétendue atteinte à son droit à l’image ;
Elle sollicite l’infirmation de la décision entreprise motif pris de ce
que sa condamnation est à tout point de vue injustifiée, car d’une
part, le texte visé au soutien de celle-ci ne lui est pas
applicable, d’autre part, elle est étrangère aux faits incriminés,
d’une autre part, les conditions de mise en œuvre de la
responsabilité civile délictuelle ne sont pas réunies et enfin, le
préalable de l’avance des frais d’expertise n’ayant pas été satisfait,
la condamnation à les rembourser ne s’explique pas ;
Elle indique que l’article 1382 du code civil sur lequel le juge
d’instance a fondé sa décision pose le principe de la
responsabilité du fait personnel ; or en l’espèce, il est constant
qu’elle n’a nullement soustrait frauduleusement l’image d’autrui
et n’a pas, par elle-même, réalisé la publicité comportant l’image
incriminée, l’acquisition desdites images et la réalisation de la
publicité ayant été confiées à un professionnel en la matière à qui
un mandat à titre onéreux a été donné à cet effet ;
Que le texte précité posant le principe de la responsabilité du fait
personnel d’une part, et étant acquis que les faits incriminés sont
l’œuvre de l’agence de communication d’autre part, l’article 1382
du code civil n’a pas vocation à s’appliquer à la société SOFT
DRINKS ;
Elle sollicite en outre, l’infirmation de la décision entreprise en
raison de sa qualité de tiers aux faits générateurs du litige et
déclare avoir donné mandat à l’agence de communication à
l’effet d’acheter des images devant servir à agrémenter la publicité
dont la réalisation lui a été confiée ; que la facture qui lui a été
adressée à cet effet a été intégralement réglée ;
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Que vu les termes du mandat qui ne souffrent d’aucune
ambiguïté, elle ne saurait être tenue pour responsable de
l’exploitation prétendument frauduleuse des images exploitées
par l’agence publicitaire dans le cadre de la réalisation de la
publicité commandée ;
Qu’en effet, aux termes de la lecture combinée des articles 1989 et
1998 du code civil le mandataire engage seule sa responsabilité
dès lors qu’il ne s’est pas conformé aux termes du mandat et que
l’acte accompli en dehors de celui-ci n’a pas été ratifié par le
mandant ;
Elle soutient qu’en l’espèce, un mandat a été donné à la société ST
CONSULTING qui s’est voulu clair et précis : acheter des images
en vue de la conception et la réalisation d’une campagne
publicitaire ; qu’elle n’a pas ratifié un quelconque usage
frauduleux de l’image d’un tiers, ni expressément, ni tacitement ;
Que cela est d’autant plus exact que l’agence de communication
avec laquelle elle a contracté lui a indiqué qu’elle a acheté l’image
incriminée ; que dès lors, si celle-ci s’est procurée l’image par
d’autres moyens que l’achat visé au mandat à elle donné, elle ne
saurait en être tenue pour responsable, de sorte qu’il y a lieu de la
mettre hors de cause en application des articles 1989 et 1998
précités ;
Que par conséquent, sa condamnation en même temps que
l’agence Conseil en communication ST CONSULTING au
paiement de la somme de cent vingt millions de francs (120 000
000 F) CFA résulte d’une méprise du Tribunal ;
Bien plus, le Tribunal n’a pas donné de base légale à sa décision,
encore et surtout qu’il ressort clairement de l’article 1998 précité
que le mandant n’est pas tenu de ce qui a pu être fait au-delà de
l’engagement qu’il a contracté ;
Que dès lors qu’elle a donné mandat à une agence qui plus est,
spécialisée en matière publicitaire et de surcroit un professionnel
en vue de l’achat d’une image à des fins publicitaires, il ne peut lui
être reproché de ne pas avoir vérifié que l’image a été
régulièrement acquise ;
Que d’ailleurs, c’est parce qu’il s’agit d’un domaine qui lui est
totalement étranger dont elle ne maîtrise pas les rouages, qu’elle a
pris soin de recourir au service d’une entité dotée d’une expertise
en la matière, et si son intention était d’exploiter indûment une
image, elle n’aurait eu aucun mal à le faire ; il lui aurait suffi d’en
capter une sur les sites internet qui en regorgent ;
Elle sollicite par ailleurs l’infirmation du jugement pour
inobservation des conditions de mise en œuvre de la
responsabilité civile délictuelle prévue par l’article 1382 susvisé
qui suppose l’existence concomitante d’une faute, d’un préjudice
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et d’un lien de causalité ;
Qu’en l’espèce, ces conditions ne sont pas réunies, la preuve de la
faute qu’elle a commise n’étant pas rapportée, ne pouvant être
tenue pour responsable des actes accomplis par son mandataire
en dehors du mandat qu’elle lui a donné ;
Qu’en outre, l’intimé s’est juste contenté, selon elle, d’affirmer de
façon péremptoire qu’elle aurait utilisé son image sans son
consentement à des fins publicitaires et commerciales et se serait
ainsi enrichie à son détriment, sans en rapporter la preuve ;
Elle relève qu’il est constant comme ressortant de la procédure en
première instance que l’intimé n’a à aucun moment sollicité sa
condamnation au paiement de dommages-intérêts du fait d’un
quelconque préjudice moral ; le seul moyen qu’il a fait valoir pour
justifier sa demande de condamnation à des dommages-intérêts
était un prétendu préjudice matériel qu’il aurait subi du fait de
l’usage commercial de son image sans son consentement ;
Qu’il se déduit pourtant de la motivation du tribunal que la
somme de cent vingt millions de francs (120 000 000 F) CFA a
été allouée au titre de prétendus préjudices moral et matériel
qu’aurait subi l’intimé. ; de sorte que le Tribunal a statué ultra
petita ;
Elle fait remarquer que l’intimé n’ayant à aucun moment justifié
d’un quelconque règlement de frais d’expertise, c’est à tort qu’elle
a été condamnée à payer la somme de trente-trois millions huit
cent mille francs (33 800 000 F) CFA en remboursement desdits
frais, dont il n’est pas fait la preuve de l’avance par celui-ci ;
Que par ailleurs, l’expertise ayant été confiée à la Direction de la
Police Scientifique du Ministère de l’intérieur, qui est un service
public de l’Etat de Côte d’ivoire, il est surprenant que la somme de
trente-trois millions huit cent mille francs (33 800 000 F) CFA
réclamée au titre des frais de l’expertise menée par une structure
de l’Etat soit aussi exagérément élevée ;
Qu’il ne fait l’ombre d’aucun doute que comme l’intimé et le
tribunal, l’expert a cru devoir voir en la personne de l’appelante la
grande firme américaine PEPSI COLA, alors que ces deux
entreprises ne sont liées que par un contrat d’embouteillage ;
Elle sollicite l’infirmation de la décision entreprise et, statuant sur
évocation, que la cour de céans la mette hors de cause ;
Dans des écritures complémentaires l’appelante sollicite, en
application de l’article 142 nouveau du code de procédure civile,
commerciale et administrative, l’annulation de la décision
entreprise motif pris de l’erreur sur le nom du Magistrat ayant
présidé l’audience ;
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Elle fait valoir qu’il est mentionné sur la décision qu’elle a été
rendue par le « Docteur KOMOIN François, Président du
Tribunal », alors que le 17 janvier 2019, date du rendu de ce
jugement dont appel, celui-ci n’était ni ne figurait plus au nombre
des Magistrats composant ladite juridiction ;
Qu’il est constant qu’en droit, l’indication d’une mention erronée
équivaut à un défaut d’indication de ladite mention, de sorte que
le jugement entrepris porte atteinte à l’article 142 précité et
infecte d’irrégularité cette décision ;
En réplique, Monsieur MOMY Guei Meindess fait valoir qu’il a
appris par des proches que des images qu’il avait prises en
Ukraine après un match de football étaient associées à la publicité
de la société PEPSI ;
Que son image était sur les panneaux publicitaires de la boisson
PEPSI installés dans plusieurs villes de la Côte d’ivoire et de la
sous-région ; alors qu’il n’a pas conclu de contrat avec cette
société à cet effet ;
Qu’après avoir tenté une approche amiable en vain, il a saisi la
justice pour obtenir réparation ;
Il sollicite la confirmation du jugement entrepris et soutient que
c’est à tort que l’appelante en demande l’infirmation sous prétexte
que l’article 1382 du code civil sur lequel s’est fondé le premier
juge était inapproprié ; alors qu’il ne fait désormais l’ombre
d’aucun doute que l’appelante a utilisé son image à des fins
commerciales, comme l’atteste le rapport d’expertise
contradictoire de la police scientifique fait à sa demande ;
Que la société Soft Drink elle-même reconnait que cette utilisation
s’est faite sans son accord préalable;
Il argue qu’il est évident que l’usage de l’image d’une personne
sans son accord lui est préjudiciable, qu’il s’agit d’une violation de
son droit à l’image ;
Qu’en effet, suivant la jurisprudence toute personne a sur son
image et sur l’utilisation qui en est faite un droit exclusif et peut
s’opposer à sa diffusion sans son autorisation ;
Que le droit positif admet la réunion de trois conditions pour
qu’une atteinte au droit à l’image d’une personne soit constituée
que sont : la personne doit être identifiable et reconnaissable sur
la publication incriminée, l’utilisation de cette image doit être
publique sur des supports variés et l’absence de consentement
de la personne apparaissant sur l’image ;
Il soutient qu’aussi bien la société SOFT DRINKS que le cabinet
ST CONSULTING reconnaissent ne pas avoir requis son
autorisation avant l’utilisation de son image ;
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Qu’il s’agît bien d’un fait personnel dont aucun mandat ne saurait
exonérer la société SOFT DRINKS de sa responsabilité ; en
matière de droit à l’image, la simple utilisation desdites images
constituant une faute ;
Pis, l’utilisation à des fins commerciales constitue un préjudice
certain pour la personne qui est victime de l’utilisation
frauduleuse de son image ;
Il souligne relativement à l’expertise qu’il n’est pas inutile de
rappeler que c’est à la demande de la société SOFT DRINKS que
l’expertise a été ordonnée et cela à deux reprises ; qu’en outre,
c’est elle qui a choisi la Direction de l’Identification Judiciaire ;
alors qu’une première expertise avait démontré que les images
utilisées par l’appelante étaient les siennes ;
Que par jugement ADD RG N°4505/2017 rendu le 21 juin 2018, le
tribunal du commerce ordonnait une nouvelle expertise à l’effet
de certifier par la reconnaissance faciale avec des images de lui
prises dans les locaux de la Direction de l’Identification
Judiciaire qu’il est bien la personne figurant sur l’image utilisée
par la société SOFT DRINKS ;
Que nonobstant le fait que la demande d’expertise avait été
formulée par la société SOFT DRINKS, le Tribunal avait mis à sa
charge les frais d’expertise, et le rapport en date du 05 décembre
2018 confirmait en tous points le premier sur le fait qu’il est bel et
bien la personne figurant sur l’image utilisée par la société SOFT
DRINKS dans le cadre de sa campagne publicitaire;
Relativement à la demande en annulation du jugement critiqué, il
allègue que l’article 142 du code de procédure civile, commerciale
et administrative fait de l’indication du nom du magistrat qui a
rendu la décision une obligation, mais ne prévoit aucune sanction
en cas d’erreur sur le nom dudit magistrat ;
Qu’il est constant qu’il n’y a pas de nullité sans texte, et qu’en cas
de nullité absolue, la loi le prévoit expressément ; or tel n’est pas
le cas en l’espèce ;
Qu’il s’agit au pire d’une erreur de frappe qui peut faire l'objet de
rectification sur simple requête par le juge qui a prononcé le
jugement, de sorte que cette mention erronée n’a aucune
incidence sur la décision et n’est pas de nature à lui porter
préjudice ;
Il sollicite par ailleurs la réformation du jugement querellé sur le
montant des dommages et intérêts, motif pris de ce que le
tribunal lui a accordé la somme de 120.000.000 F CFA, alors qu’il
avait sollicité la somme de [Link] F CFA (trois milliards)
pour utilisation abusive à des fins commerciales de son image ;
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Qu’il estime que le tribunal n’a pas justifié sa décision sur ce point
et que cette somme ne constitue pas une juste réparation de son
préjudice ;
Dans ses écritures ultérieures, l’intimé sollicite de la cour qu’elle
donne acte à la société SOFT DRINKS de son aveu selon lequel
elle reconnait avoir donné mandat à la société ST CONSULTING
aux fins de réaliser une campagne publicitaire et d’acheter à cet
effet des images ;
Qu’il est établi que les actes du mandataire produisent effet dans
le patrimoine du mandant, que tel est le cas en l’espèce ;
Qu’en outre, contrairement à ce qu’elle tente de faire croire, elle a
bel et bien ratifié les actes accomplis par son mandataire et
reconnu lors de l’expertise que les images et les panneaux ont été
soumis à son approbation avant confection et utilisation ;
Il soutient relativement aux propos de l’appelante selon lesquels
l’article 1382 du code civil serait inapproprié, qu’elle ne lui
conteste cependant pas être dans le cadre de la responsabilité
délictuelle, n’étant pas lui concerné par les rapports entre la
société SOFT DRINKS et la société ST CONSULTING ;
Que puisqu’elle se reconnaît comme commettant de la société ST
CONSULTING, elle engage sa responsabilité en cette qualité sur
la base des dispositions de l’article 1384 du code civil, de sorte que
la Cour confirmera le jugement critiqué en ce qu’il a retenu la
responsabilité de la société SOFT DRINKS ;
Qu’en outre, elle sollicite conformément aux dispositions de
l'article 52 du code de procédure civile, la modification de ses
prétentions en demandant, outre la condamnation solidaire des
sociétés SOFT DRINKS et ST CONSULTING à lui payer la somme
de 3.000.000.000F CFA, la publication de la décision, motif pris
de ce que s’agissant d’un litige portant sur une publicité, il est
important que la décision soit publiée aux frais des sociétés qui
ont fait un usage frauduleux de son image, ce, dans les six organes
de presse suivants : [Link], Fraternité Matin, Soir Info, Le
Patriote, L’Intelligent d’Abidjan et Notre Voie, aux frais des
sociétés SOFT DRINKS et ST CONSULTING ;
Pour sa part, l’appelante soutient que l’intimé s’obstine à créer
sciemment une confusion entre les sociétés SOFT DRINKS Côte
d’Ivoire & PEPSI-COLA en les appréhendant comme une et même
entité, en les désignant indifféremment, visant ainsi à faire
admettre que la société SOFT DRINKS Côte d’ Ivoire et la firme
PEPSI constitueraient la même entreprise ; toutefois, il n’y a
nullement lieu de confondre ces deux sociétés, chacune d’elles
ayant une personnalité juridique propre et exploitant son objet
commercial ;
Elle fait valoir par ailleurs qu’à aucun moment elle n’a fait l’aveu
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d’un quelconque usage de l’image de Monsieur MOMY Guei
Meindess et déclare que si l’intimé a entendu appréhender comme
un aveu le mandat qu’elle a donné à la société ST CONSULTING,
agence spécialisée en communication, à l’effet d’acheter des
images devant servir à agrémenter une publicité commandée
qu’elle devait concevoir et réaliser, il lui sera simplement rétorqué
que cette réalité n’a jamais été l’objet d’une quelconque
contestation ;
Dès lors, indique-t-elle, que celui-ci reconnaît qu’un mandat en
bonne et due forme a été donné à un tiers en vue de la réalisation
d’une mission précise, il ne peut valablement lui reprocher en sa
qualité de mandante une quelconque faute susceptible de justifier
sa condamnation, encore et surtout que s’il venait à être établi que
la société ST CONSULTING a soustrait frauduleusement les
images incriminées, alors elle aurait agi en dehors du mandat qui
lui a été donné ;
Elle allègue que persuadé de l’inapplicabilité de l’article 1382 du
code civil, l’intimé a cru devoir recourir à l’article 1384 et
l’appréhende comme un commettant et la société ST
CONSULTING, comme son préposé pour conclure qu’elle devrait
être condamnée pour les actes posés par son préposé supposé ;
Toutefois, note-t-elle, il est constant en droit que la responsabilité
du fait d’autrui, telle que prévue par l’article 1384 du code civil,
est l’obligation pour le commettant de réparer le dommage causé
à autrui par les personnes dont il répond ;
Mieux, la responsabilité du commettant pour les faits commis par
son préposé suppose que le premier cité ait une autorité directe et
permanente sur l’auteur du dommage, découlant d’un lien de
subordination, de la loi, d’une décision de justice ou
administrative ; or, tel n’est pas le cas en l’espèce ;
Elle indique par ailleurs que l’intimé sollicite que la décision de
condamnation soit publiée dans les six organes de presse que sont
[Link], Fraternité Matin, Soir Info, Le Patriote, l’intelligent
d’Abidjan et Notre Voie, ce, aux frais de l’appelante et de la société
ST CONSULTING pour avoir fait un usage frauduleux de son
image ;
Que toutefois, n’ayant pas utilisé l’image de l’intimé encore moins
frauduleusement, il ne saurait être fait droit à cette prétention à
son égard qui, en tout état de cause, s’avère être nouvelle en cause
d’appel conformément à l’article 175 du code de procédure civile,
commerciale et administrative qui pose le principe de
l’interdiction des demandes nouvelles en cause d’appel ;
Dans ses ultimes écritures, l’intimé soutient que la publication de
la décision à venir procède directement de la demande originaire
et tend aux mêmes fins ;
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Qu’en effet, celle-ci ayant pour but d’obtenir la réparation du
préjudice qu’il a subi, la publication de la décision rendue vise à
porter à la connaissance du public l’existence de cette décision, de
sorte qu’il ne s’agit pas d’une demande nouvelle ;
La société ST CONSULTING n’a pas fait valoir de moyens ;
SUR CE
En la forme
Sur le caractère de la décision
Considérant que Monsieur MOMY Guei Meindess a conclu,
contrairement à la société ST Consulting, qui n’a pas non plus été
assignée à personne, ni représentée ;
Qu’il y a lieu de statuer contradictoirement à l’égard du premier et
par défaut à l’égard de la seconde ;
Sur l’exception d’irrecevabilité opposée par l’appelante
Considérant que l’appelante excipe de l’irrecevabilité de la
demande de l’intimé tendant à la publication de la décision dans
les six organes de presse que sont [Link], Fraternité Matin,
Soir Info, Le Patriote, l’intelligent d’Abidjan et Notre Voie ce, à
leurs frais pour avoir fait un usage frauduleux de son image,
motif pris de ce qu’elle est nouvelle, conformément à l’article 175
du code de procédure civile, commerciale et administrative ;
Que pour sa part, l’intimé soutient que la publication de la
décision à venir procède directement de la demande originaire et
tend aux mêmes fins, et est donc recevable ;
Considérant qu’aux termes de l’article 175 sus indiqué « il ne peut
être formé en cause d'appel aucune demande nouvelle à moins
qu'il ne s’agisse de compensation, ou que la demande nouvelle ne
soit une défense à l’action principale.
Les parties peuvent aussi demander des intérêts, arrérages,
loyers et autres accessoires échus depuis le jugement dont est
appel et des dommages-intérêts le préjudice souffert depuis ce
jugement.
Ne peut être considérée comme demande nouvelle, la demande
procédant directement de la demande originaire et tendant aux
mêmes fins bien que se fondant sur des causes ou des motifs
différents » ;
Considérant qu’il résulte de l’analyse de cet article qu’il n'est pas
possible de modifier par de nouvelles demandes l'objet du litige
fixé en première instance par des demandes qui diffèrent de la
demande introductive d’instance par l’un de ses éléments
constitutifs à moins qu’elles ne consistent à opposer la
11
compensation ou ne soient une défense à l’action principale ;
Considérant qu’en l’espèce, l’intimé n’avait pas fait valoir en
première instance sa prétention relative à la publication de la
décision à venir ;
Que cette demande tendant à porter à la connaissance de tous la
décision judiciaire doit être analysée par les juges pour en
mesurer l’opportunité ; de sorte que contrairement aux
allégations de l’intimé elle ne tend pas à la même fin que la
demande en paiement de dommages-intérêts ;
Que dès lors, n’ayant pas été soumise à l’examen du premier juge,
elle ne peut être admise pour la première fois en appel ;
Qu’il convient par conséquent de déclarer cette demande
irrecevable ;
Sur la recevabilité des appels principal et incident
Considérant que les appels principal et incident ont été introduits
conformément à la loi ; qu’il y a lieu de les recevoir ;
Au Fond
Sur le bien-fondé de l’appel principal
Considérant que l’appelante sollicite l’infirmation de la décision
entreprise et sa mise hors de cause, motif pris de ce qu’elle n’a
commise aucune faute susceptible d’engager sa responsabilité
sous le fondement de l’article 1382 du code civil, dont les
conditions de mise en œuvre ne sont pas réunies, et que par
ailleurs l’intimé n’ayant pas fait la preuve de l’avance des frais
d’expertise, elle ne saurait être condamnée à les rembourser ;
Que pour sa part l’intimé fait valoir dans ses dernières écritures
que sa responsabilité délictuelle est engagée sous la base de
l’article 1384 du code civil à l’égard des actes posés par la société
ST CONSULTING;
Considérant qu’aux termes de l’article 1382 du code civil « tout
fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer » ;
Qu’il ressort de l’alinéa 1 de l’article 1384 que l’« on est
responsable non seulement du dommage que l'on cause par son
propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des
personnes dont on doit répondre, ou des choses que l'on a sous sa
garde » et de l’alinéa 5 que « les maîtres et les commettants, du
dommage causé par leurs domestiques et préposés dans les
fonctions auxquelles ils les ont employés » ;
Qu’il résulte de la lecture combinée de ces textes que non
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seulement la responsabilité civile délictuelle d’une personne peut
être engagée pour son fait personnel mais également pour des
faits commis par des personnes dont elle doit répondre, tel un
préposé, dès lors que la victime établit l’existence de trois
conditions cumulatives : un fait générateur, un dommage et un
lien de causalité entre les deux ;sauf en cas de responsabilité du
fait des choses pour laquelle une présomption de responsabilité
est instituée à l’encontre du gardien de la chose ;
Considérant en outre qu’aux termes de l’article 3 du décret n° 93-
317 du 11 mars 1993 portant réglementation des professions
publicitaires, « l’annonceur est la personne physique ou morale
pour le compte de laquelle la publicité est diffusée » ;
Que par ailleurs, l’article 5 dudit décret dispose que « l’agent en
publicité est une personne physique ou morale qui se livre d’une
manière habituelle aux opérations suivantes :
- d’étude des projets et des programmes publicitaires, leur
conception et leur réalisation, leur mise en œuvre, leur
exécution et leur distribution ;
- l’étude, la création, l’édition et la mise au point des
moyens publicitaires notamment les publications, les
brochures, les albums, les techniques audiovisuelles, et
tout ce qui sert à la présentation de la publicité ;
- l’exploitation de la publicité ;
- la pose et la conservation d’affiches publicitaires.
L’agent en publicité à la qualité de commerçant » ;
Qu’il résulte de l’analyse de ces dispositions que le contrat de
publicité est un contrat par lequel un annonceur confie à une
agence en publicité qui est un commerçant les opérations sus
énoncées, moyennant paiement du prix de sa prestation ;
Qu’en exécution de ce contrat, ladite agence a donc l’obligation de
s'assurer que les supports publicitaires qu’elle livre à son client
peuvent être exploités sans risque pour celui-ci ; cette obligation
de veiller à la sécurité juridique de la campagne publicitaire étant
une obligation de résultat et non de moyen ;
Considérant qu’en l’espèce, il est acquis aux débats pour n’avoir
fait l’objet d’aucune contestation, que par un bon de commande
en date du 26 mai 2016, la société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire a
sollicité la société ST CONSULTING à l’effet de concevoir pour
elle une campagne publicitaire ;
Qu’il est bien spécifié dans ledit bon de commande qu’elle était
chargée de la conception, de la composition de l’exécution de la
campagne, pour la réalisation de laquelle elle devait acheter des
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images provenant de stade et de supporteur ;
Qu’en exécution de la commande qui lui a été faite, la société ST
Consulting a livré une publicité à sa mandante qui a été diffusée ;
Considérant que la société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire a confié
la conception de sa campagne à la société ST CONSULTING, qui
est une personne morale de droit privé, autonome et distincte, de
surcroit spécialisée en matière publicitaire ;
Considérant qu’il ressort du rapport d’expertise ordonnée en
première instance que cette dernière n’a pas acheté l’image de
Monsieur MOMY Guei Meindess qu’elle a pourtant utilisé dans la
publicité commandée par l’appelante ;
Que cette dernière ne saurait être tenue responsable des actes
posés par celle-ci dans l’exécution de la mission à elle confiée, dès
lors qu’il est établi qu’elle a agi hors du cadre fixé par le contrat
liant les parties, consistant à l’achat d’images pour la conception
d’une campagne publicitaire et qu’aucun lien de préposition
n’existe entre elle et l’appelante ;
Qu’ainsi, la faute commise par l’appelante dans l’utilisation
frauduleuse de l’image de l’intimé n’existant pas, sa responsabilité
ne peut être engagée vis-à-vis de l’intimée ;
Que dès lors c’est à tort que le tribunal a statué autrement, de
sorte qu’il convient d’infirmer la décision entreprise et statuant de
nouveau, mettre hors de cause la société SOFT DRINKS Côte
d’Ivoire, sans qu’il ne soit besoin de statuer sur les autres moyens
de l’appelante tendant à la même fin ;
Sur le bien-fondé de l’appel incident
Considérant que Monsieur MOMY Guei Meindess sollicite la
condamnation solidaire des sociétés SOFT DRINK et ST
CONSULTING à lui payer la somme de 3.000.000.000F CFA à
titre de dommages et intérêts pour violation de son droit à
l’image ;
Considérant toutefois qu’il a été sus jugé que la responsabilité de
l’appelante ne peut être retenue en l’espèce, de sorte qu’elle a été
mise hors de cause ;
Qu’ainsi, l’intimé ne peut solliciter sa condamnation solidaire
avec la société ST CONSULTING ;
Considérant par ailleurs que l’intimé sollicite le relèvement du
montant des dommages et intérêts qui lui ont été octroyés à titre
de dommages ;
Que toutefois, il n’apporte aucun élément pouvant justifier
l’augmentation sollicitée ;
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Qu’en effet, soutenir simplement que le montant accordé n’a pas
été justifié par le tribunal et qu’il ne constitue pas une juste
réparation de son préjudice n’est pas suffisant, en dehors
d’éléments propres à caractériser l’étendue de ce préjudice et
fonder l’augmentation demandée ;
Qu’il convient dès lors de rejeter cette demande ;
Sur les dépens
Considérant que les intimés succombent ; qu’il y a lieu de les
condamner aux dépens de l’instance ;
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, contradictoirement à l’égard de Monsieur
MOMY Guei Meindess et par défaut à l’égard de la société ST
CONSULTING et en dernier ressort ;
Déclare irrecevable la demande de Monsieur MOMY Guei
Meindess tendant à la publication de la décision ;
Déclare recevables les appels principal et incident interjetés par la
société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire et Monsieur MOMY Guei
Meindess contre le jugement RG n° 4505/2017 rendu le 17
janvier 2019 par le Tribunal de Commerce d'Abidjan ;
Dit l’appel incident de Monsieur MOMY Guei Meindess mal
fondé ;
L’en déboute ;
Dit la société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire bien fondée en son
appel principal ;
Infirme la décision entreprise en ce qu’elle a retenu la
responsabilité de la société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire et l’a
condamnée au paiement de diverses sommes d’argent ;
Statuant de nouveau
Met hors de cause la société SOFT DRINKS Côte d’Ivoire ;
Confirme la décision entreprise pour le surplus ;
Condamne Monsieur MOMY Guei Meindess et la société ST
CONSULTING aux dépens de l’instance ;
Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jours, mois et an que
dessus.
ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE
GREFFIER./.
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