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RG3512019

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Thèmes abordés

  • droit des sociétés commerciale…,
  • jugement,
  • décision,
  • agent commercial,
  • société,
  • audience,
  • droit des marques,
  • RAIDCO-Marine,
  • juridiction,
  • droit des brevets
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  • RAIDCO-Marine,
  • juridiction,
  • droit des brevets

KF/RAO/GS

AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU JEUDI


REPUBLIQUE DE CÔTE D’IVOIRE
------------------ 11 JUILLET 2019
COUR D’APPEL DE COMMERCE -----------------------
D’ABIDJAN
------------------ La Cour d’Appel de Commerce d’Abidjan, en son
N°351/2019 audience publique ordinaire du jeudi onze juillet de l’an
----------------- deux mil dix-neuf tenue au siège de ladite Cour, à
ARRET laquelle siégeaient :
CONTRADICTOIRE
Docteur François KOMOIN, Premier Président ;
du 11/07/2019
Madame ASSI Eunice Patricia épouse AYIE,
----------------------
Messieurs SILUE Daoda, JEANSON Jean-Claude
1Ere CHAMBRE
et TALL Yacouba, Conseillers à la Cour, Membres ;
--------------------

Affaire :
Avec l’assistance de Maître MOSSOH N’Koh Martin,
Greffier ;
Madame BINEAU-Modeste Josette
Marie A rendu l’arrêt dont la teneur suit dans la cause entre :
(Maître SONTE Emile)
Madame BINEAU-Modeste Josette Marie, née le
Contre 31 juillet 1948 à Basses (France), Directeur de société, de
nationalité française, demeurant à Abidjan-Marcory,
1/ La société RAIDCO-Marine zone 4, rue thomas EDISON, immeuble EDISON, 2ème
(SCPA DOGUE-ABBE YAO & Associés)
2/ La société TRANSIMEX
étage, 01 BP 5934 Abidjan 01, tel : 09 71 63 84 ;
(SCPA DOGUE-ABBE YAO & Associés)
3/ Monsieur DELERUE Victor Appelante représentée par Maître SONTE Emile,
Georges Marie Daniel avocat près la Cour d’appel d’Abidjan, y demeurant
(SCPA DOGUE-ABBE YAO & Associés)
Abidjan-plateau, 10, avenue CROZET , immeuble
-------------------
ARRET : CROZET, 3ème escalier, 2ème étage, porte 205, 18 BP 1517
------------------ Abidjan 18, tel : 20 21 40 05/fax : 20 21 54 10, email :
CONTRADICTOIRE kbinetsonte@[Link]/kbnetsonte@[Link] ;
------------------------

Déclare recevable l’appel interjeté par D’UNE PART ;


Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE
MARIE contre le jugement contradictoire
ET ;
RG N°3718/2018 rendu le 10 janvier 2019
par le Tribunal de Commerce d’Abidjan;
1/ La société RAIDCO-Marine, société de droit
L’y dit partiellement fondée ; français dont le siège social est sis au 16 rue Maurice Le
Léon-56100 Lorient France, tel : 00 332978708775-
Infirme la décision entreprise en toutes ses Fax : 0033297871507, prise en la personne de son
dispositions ; représentant légal, Monsieur Jean-Michel Monnier,
Président Directeur Général, demeurant au siège sus-
Statuant de nouveau
indiqué ;
Condamne la société RAIDCO-MARINE à Intimée représentée par la SCPA DOGUE-ABBE YAO &
payer Madame BINEAU-MODESTE Associés, avocats à la Cour d’Appel d’Abidjan, y
JOSETTE MARIE les sommes de
29.887.251 FCFA au titre des arriérés de demeurant Abidjan-Plateau, 29 Bd Clozel, 01 BP 174
rémunération et 10.000.000 FCFA à titre Abidjan 01, tel : (225) 20 21 74 49/20 22 21 27/20 21 70
de dommages et intérêts ;
1
55/20 30 21 85/20 30 21 86, fax : (225) 20 21 58 02 ;
Déboute Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE du surplus de ses
prétentions ; 2/ La société TRANSIMEX, SARL, dont le siège
social est sis à Dakar (Sénégal), prise en la personne de
Condamne la société RAIDCO-MARINE son représentant légal, Monsieur DELERUE Victor
aux dépens de l’instance ; Georges Marie Daniel, gérant , de nationalité française ,
demeurant au siège social ;

Intimée représentée par la SCPA DOGUE-ABBE YAO &


Associés, avocats à la Cour d’Appel d’Abidjan, y
demeurant Abidjan-Plateau, 29 Bd Clozel, 01 BP 174
Abidjan 01, tel : (225) 20 21 74 49/20 22 21 27/20 21 70
55/20 30 21 85/20 30 21 86, fax : (225) 20 21 58 02 ;

3/ Monsieur DELERUE Victor Georges Marie


Daniel, gérant de société, de nationalité française,
demeurant à Dakar/Sénégal ;

Intimé représenté par la SCPA DOGUE-ABBE YAO &


Associés, avocats à la Cour d’Appel d’Abidjan, y
demeurant Abidjan-Plateau, 29 Bd Clozel, 01 BP 174
Abidjan 01, tel : (225) 20 21 74 49/20 22 21 27/20 21 70
55/20 30 21 85/20 30 21 86, fax : (225) 20 21 58 02 ;

D’AUTRE PART ;

Sans que les présentes qualités puissent nuire ni


préjudicier en quoi que ce soit aux droits et intérêts
respectifs des parties en cause, mais au contraire et sous
les plus expresses réserves des faits et de droit ;

Le tribunal de commerce d’Abidjan statuant en la cause


a rendu le 10 janvier 2019 un jugement contradictoire
N°3718/2018 qui a :

- déclaré recevable et partiellement fondée


Madame BINEAU-Modeste Josette Marie en son
action et a mis hors de cause la société RAIDCO-
MARINE ;

- Condamné la société TRANSIMEX et Monsieur


DELERUE Victor Georges Marie Daniel à payer à
Madame BINEAU-Modeste Josette Marie la
somme de 14.000.000 FCFA au titre des arriérés
de sa rémunération ;

Par exploit du 29 avril 2019 de Maître KLA Abdon


Florent, huissier de justice à Abidjan, Madame BINEAU-
2
Modeste Josette Marie a interjeté appel contre le
jugement susénoncé et a assigné la société TRANSIMEX
et Monsieur DELERUE Victor Georges Marie Daniel à
comparaître à l’audience du 16 mai 2019 par devant la
cour de siège pour s’entendre infirmer le jugement ci-
dessus ;

Enrôlée sous le n°351/2019 du rôle général du greffe de


la cour, l’affaire a été appelée à l’audience du 16 mai
2019 ;

Une instruction a été ordonnée, confiée à Madame


TORO Annick Békanty, Conseiller rapporteur ;

Cette mise en état a fait l’objet d’une ordonnance de


clôture N°127/2019 du 19 juin 2019 ;

A cette date, la cause a été renvoyée au 20 juin 2019 ;

A la date de renvoi, la cause a été mise en délibéré pour


le 11 juillet 2019 ;

Advenue cette audience, la Cour a vidé son délibéré


comme suit :
LA COUR

Vu les pièces du dossier ;

Vu l’ordonnance de clôture de la mise en état du conseiller


rapporteur ;

Ouï les parties en leurs demandes, fins et conclusions ;

Après en avoir délibéré conformément à la loi ;

FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET


MOYENS DES PARTIES

Par exploit en date du 21 mai 2019 Madame BINEAU-


MODESTE JOSETTE MARIE a interjeté appel contre le
jugement contradictoire RG N°3718/2018 rendu le 10
janvier 2019 par le Tribunal de Commerce d’Abidjan,
signifié le 20 février 2019, dont le dispositif est le
suivant :

«Statuant publiquement, contradictoirement et en


premier ressort ;

Reçoit Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE


3
en son action ;
L’y dit partiellement fondée ;
Met hors de cause la Société RAIDCO-MARIE ;
Condamne la Société TRANSIMEX et Monsieur
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL à
payer à Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE
MARIE la somme de 14.000.000 FCFA au titre des
arriérés de sa rémunération ;
La déboute du surplus de ses demandes ;
Condamne la Société TRANSIMEX et Monsieur
DELARUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL aux
dépens de l’instance»;
Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE expose
au soutien de son appel que le 22 novembre 2016, le
représentant légal de la société RAIDCO-MARINE,
société de droit français dont le siège social est situé à
Lorient-France, lui a adressé une correspondance lui «
confiant la promotion et la représentation de son
chantier naval en Côte d’Ivoire, à partir du 1er
décembre 2016 », faisant d’elle le directeur de la
RAIDCO-MARINE en Côte d’Ivoire ;
Elle souligne que courant janvier 2017, la société
RAIDCO-MARINE lui a fait parvenir de Lorient vingt-
cinq (25) kilogrammes de documents pour lui permettre
de s’acquitter de sa tâche auprès des autorités
ivoiriennes ;
Qu’en possession de toutes les pièces justificatives des
activités de la société RAIDCO-MARINE, elle a adressé
des courriers à la Présidence de la République de Côte
d’Ivoire, aux différents ministères concernés, à toutes les
administrations ivoiriennes compétentes, auprès
desquelles elle s’est personnellement déplacée pour
accomplir sa mission ;
Elle fait valoir par ailleurs qu’elle travaillait en
collaboration avec Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL, représentant Afrique de la
société RAIDCO-MARINE, qu’elle a présenté, ainsi que
ses deux fils, AXEL et GABRIEL, à plusieurs hautes
personnalités ;
Elle soutient que ses ennuis ont commencé au début du
mois de mai 2017, lorsque ce dernier a décidé d’installer
son fils AXEL en Côte d’Ivoire; ceux-ci ayant été bien
introduits par elle ont commencé à rencontrer les
autorités ivoiriennes sans l’en informer ;

Que courant septembre 2017, elle a reçu un appel

4
téléphonique du Ministère de la Défense donnant son
accord pour la rencontre avec Monsieur Le Ministre de
la défense, suite à une demande écrite pour le compte de
la société RAIDCO-MARINE ;

Qu’au cours de cet entretien, elle a été informée que


Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL et son fils AXEL avaient été reçus la veille pour
le compte de la société RAIDCO-MARINE ;
Qu’elle a tout de même maintenu le rendez-vous pour
féliciter le Ministre HAMED BAKAYOKO pour ses
nouvelles fonctions de Ministre de la défense ;

Elle indique que tirant prétexte de cette rencontre,


Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL a prétendu mettre fin à sa mission pour faute
lourde et lui a fait parvenir à la date du 25 septembre
2017 une convention de rupture lui accordant une
indemnité de 5.900.000 FCFA ;

Que réagissant à cette demande, elle a réclamé à la


société RAIDCO-MARINE par correspondance en date
du 26 septembre 2017 la somme de vingt-neuf millions
huit cent quatre- vingt-sept mille deux cent cinquante et
un Francs CFA (29.887.251 FCFA) et celle de cent
millions de Francs CFA (100.000.000 FCFA) à titre de
dommages-intérêts ;

Que les parties n’étant pas parvenues à trouver une


solution amiable à leur différend, elle a saisi le tribunal
de commerce d’Abidjan qui a rendu la décision
entreprise ;

Elle sollicite l’infirmation pure et simple du jugement


entrepris pour avoir mis hors de cause la société
RAIDCO-MARINE;

Qu’en effet, pour juger ainsi le tribunal a estimé que la


société RAIDCO-MARINE n’est pas partie au contrat
d’agent commercial en cause, en se basant
essentiellement sur le courrier en date du 22 novembre
2016 du représentant légal de la société RAIDCO-
MARINE et sur le courriel en date du 04 décembre 2016
de Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL;

Elle indique que Monsieur DELERUE VICTOR


GEORGES MARIE DANIEL n’étant pas l’auteur du
courrier du 22 novembre 2016, il ne peut valablement en
préciser son sens, seul le pouvant le représentant légal
de la société RAIDCO-MARINE, auteur de ce courrier ;
Que par ailleurs, les termes de ce courrier étant
5
univoques, il n'y avait pas lieu de préciser son sens et
que nulle part, il n’y est fait cas de la société
TRANSIMEX ; partant, en mettant hors de cause la
société RAIDCO-MARINE, le Tribunal a manifestement
erré ;

Elle sollicite également l’infirmation du jugement


entrepris, motif pris de ce que le tribunal a
partiellement fait droit à sa demande en paiement
d’arriérés de rémunération et rejeté celle de
dommages-intérêts ;

Elle fait valoir qu’elle avait sollicité la condamnation


solidaire des intimés à lui payer la somme de 29.887.251
FCFA décomposée comme suit :

1. Impayé sur la France, de mars 2017 au 30


septembre 2017 : 3.000 Euros x 6= 18.000 Euros,
soit 11.807.226 FCFA ;

2. Impayé en Côte d’ivoire, au 30 septembre 2017 :


4.796.412 FCFA ;

a) Paiement sur la France : 3.000 Euros x 3 = 9.000


Euros, soit 5.903.613 FCFA ;

b) Prestations, prime, logistiques en Côte d'ivoire


1.460.000 x 3= 4.380.000 FCFA ;

c) Transport, déplacement, véhicule 1.000.000 x 3=


3.000.000 FCFA ;

Que toutefois le tribunal a fait partiellement droit à sa


demande en se référant aux courriels en date des 04
décembre et 08 décembre 2016 provenant d’elle et de
monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL, desquels il a déduit qu’ils s’étaient accordés
sur les modalités de sa rémunération ;

Elle fait observer cependant que ce courriel du 04


décembre 2016 de Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL ne saurait créer de droit à
son égard, dès lors qu’il n’a pu valablement préciser les
termes du courrier de la Direction de la société RAIDCO-
MARINE qui a clairement indiqué concernant sa
rémunération ceci :« à votre rémunération, objet de
l’annexe jointe, s’ajoutera comme convenu, la mise à
disposition d’un bureau équipé et d’un véhicule avec
chauffeur.. » ; de sorte que le Tribunal est mal venu à
juger qu’ils se sont accordés sur le montant de sa
rémunération et les modalités de paiement ;

Qu’en outre, contrairement à l’opinion du Tribunal, elle


6
a justifié la somme de 29.887.251 FCFA dont le
paiement est sollicité ;

Qu’en tout état de cause, les intimés qui reconnaissent


qu’ils restent lui devoir des sommes à titre de frais en
Côte d’Ivoire ne sauraient nier l'existence des frais dus
en France ;

Elle sollicite par ailleurs l’infirmation du jugement


entrepris en ce qu’il a rejeté sa demande en paiement de
dommages-intérêts, motif pris de ce qu’elle aurait fait
preuve de déloyauté à l’égard de la société TRANSIMEX,
en violation de l’article 217 de l’acte uniforme portant
sur le droit commercial ; cette faute rendant intolérable
le maintien des relations commerciales entre les parties,
selon le tribunal, et justifiant la rupture du contrat, sans
qu’il ne soit nécessaire de respecter un préavis, en
application de l’article 230 de l’acte uniforme susvisé ;

Elle indique ne pas se reconnaître dans les faits à elle


reprochés, car n’étant nullement en relation
contractuelle avec la société TRANSIMEX comme
démontré ci-haut, elle ne peut valablement mener une
campagne de dénigrement à son encontre ;

Que dans le courrier du 14 septembre 2017 dont se


prévaut celle-ci et son responsable, en sa qualité de
Directeur de la société RAIDCO-MARINE en Côte
d’Ivoire, elle n’a fait que rappeler à son cocontractant les
termes de ses engagements contenus dans son courrier
du 22 novembre 2016 et l’informer des différents
problèmes rencontrés sur le terrain ; de sorte qu’elle n’a
entrepris de dénigrer qui que ce soit, surtout qu’il est de
son devoir de lui rendre compte ;

Concernant l’audience qu’elle a eue avec le Ministre de la


Défense le 21 septembre 2017, elle soutient qu’il n’y a eu
aucune déloyauté, car celle-ci s’est tenue suite à une
demande d’audience écrite pour le compte de la société
RAIDCO-MARINE ;

Qu’alors qu’elle devait s’y rendre avec monsieur VICTOR


DELERUE GEORGES MARIE DANIEL et son fils AXEL,
elle a été surprise d’apprendre que ces derniers avaient
été reçus la veille pour le compte de la société RAIDCO-
MARINE ; toutefois, le caractère impromptu de leur
présence au Ministère de la Défense la veille du rendez-
vous officiel, en son absence, en sa qualité de
représentante de RAIDCO-MARINE France en Côte
d’Ivoire, n’a pas permis au Ministre de la Défense de les
recevoir en personne ;

Que malgré cet état de fait, elle a maintenu le rendez-


7
vous pour féliciter le Ministre HAMED BAKAYOKO
pour ses nouvelles fonctions de Ministre de la Défense
en compagnie de deux de ses amis ;

Elle argue qu'au regard de ce qui précède, ce sont plutôt


monsieur VICTOR DELERUE GEORGES MARIE
DANIEL et son fils AXEL qui se sont montrés déloyaux
envers elle, en ne la tenant pas informée avant de se
rendre à un rendez-vous au Ministère de la Défense, la
veille du rendez-vous officiel ;

Qu’en agissant ainsi, ils ont manqué à leur devoir


d’information, violant par cela les dispositions
impératives de l’article 217 alinéa 2 de l’Acte Uniforme
OHADA portant Droit Commercial Général qui dispose
que : « l’agent commercial et son mandant sont tenus,
l’un envers l’autre, d’une obligation de loyauté et d’un
devoir d’information» ;

En tout état de cause, dit-elle, à supposer qu’elle soit en


relation avec la société TRANSIMEX et qu’elle ait
commis une faute lourde justifiant la rupture de cette
relation sans préavis, pourquoi alors lui soumettre une
proposition de convention de fin de contrat au terme
duquel il est indiqué clairement que cette convention
sera reconduite trimestriellement par tacite
reconduction, sauf dénonciation par l’une des parties
quinze (15) jours avant le terme trimestriel ;

Que cette proposition n’est en réalité pas une convention


de rupture, mais plutôt une autre offre de Monsieur
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL qui
tente vainement de se greffer sur la relation
contractuelle qui la lie à la société RAIDCO-MARINE
France depuis le 22 novembre 2016 ;

Que de toute évidence, ne s’y reconnaissant pas, elle ne


l’a pas signée puisqu’elle n’a aucun lien juridique avec lui
et sa société TRANSIMEX ; de sorte que le Tribunal
aurait dû faire droit à sa demande de dommages-
intérêts;

Elle souligne que si elle avait commis une faute lourde,


comme le prétend le Tribunal, la rupture des relations
serait intervenue immédiatement ; or, tel n’a pas été le
cas en l’espèce puisqu’aussi bien Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL a cru devoir lui
soumettre une proposition de convention de fin de
contrat au terme de laquelle il est clairement indiqué : «
Madame JOSETTE MAIRE BINEAU-MODESTE
continuera d’assurer la fonction d’agent commercial
pour le compte de TRANSIMEX, Agent RAIDCO,
jusqu’à la date du 30 novembre 2017.
8
[...]
Il est expressément convenu que cette convention
annule et remplace tous les accords oraux, et autres
accords écrits antérieurs signés entre TRANSIMEX et /
ou RAIDCO-MARINE et Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE.
Laprésente convention sera reconduite
trimestriellement par tacite reconduction, sauf
dénonciation par l’une des parties quinze (15) jours
avant terme trimestriel» ;

Tout porte à croire, dit-elle, que Monsieur DELERUE


VICTOR GEORGES MARIE DANIEL veut se
débarrasser d’elle pour offrir sa place à son fils AXEL, en
lui imputant une faute imaginaire et non avérée ;

En réplique, la société TRANSIMEX, la société RAIDCO


MARINE et Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES
font valoir que ce dernier est l’agent commercial exclusif
pour la Côte d'Ivoire et le Sénégal, au travers de sa
société de droit sénégalais TRANSIMEX, du chantier
naval français dénommée RAIDCO-MARINE, société
dont le siège social est situé à Lorient/France, laquelle
est une société de conception et de construction
d’embarcations à des fins militaires ;

Ils expliquent que la société RAIDCO-MARINE, par


l’entremise de son agent exclusif TRANSIMEX, était
déjà en relation d’affaires avec le gouvernement ivoirien
et jouissait en Côte d’Ivoire d’une excellente réputation ;

Qu’elle a signé en 2013 avec le Ministère de la Défense


ivoirien un contrat de fourniture de trente et un (31)
bateaux, dont les premières livraisons se sont effectuées
de 2013 à 2016, à la satisfaction des autorités
ivoiriennes ;

Ils soulignent qu’en 2015, lors d’un voyage sur Abidjan


en vue de faire avancer significativement les démarches
avec le gouvernement ivoirien en rapport avec la
finalisation d’une commande de trois patrouilleurs,
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL a fait la connaissance de Madame Josette
BINEAU-MODESTE, qui l’a informé qu’elle pouvait
donner un coup d’accélérateur à la conclusion de ce
contrat en suspens, en raison, avait-elle affirmé, de liens
prétendument étroits avec le couple présidentiel
ivoirien ;

Qu’estimant qu’il serait bénéfique pour le débouclement


de cette affaire de s’attacher les services de celle-ci, en
qualité de sous-agent commercial, Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL en informait son
9
propre mandant, la société RAIDCO MARINE, laquelle
ne voyant aucun inconvénient à ce renfort de qualité aux
cotés de la société TRANSIMEX, a mis à la disposition
de celle-ci la documentation nécessaire, non sans
omettre de formaliser ledit accord par une lettre du 22
novembre 2016 ;

Toutefois, soulignent-ils, pour éviter tout amalgame sur


la position et les liens des uns à l’égard des autres,
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL a tenu à informer clairement Madame BINEAU
par un courrier en date du 06 décembre 2016, du fait
qu’elle ne répondait que de lui et n’avait aucun lien
contractuel véritable à l’égard de la société RAIDCO
MARINE ;

Que les documents et la lettre d’accord transmis


n’étaient fournis qu’à titre de confort, le seul lien
juridique existant étant celui né à l’égard de la société
TRANSIMEX, dont elle devenait un sous-agent
commercial ;

D’autre part, il a été convenu qu’à compter de la


signature de tout contrat en faveur de la société
RAIDCO-MARINE, il s’ajouterait aux avantages
énumérés dans ledit courrier le versement de
1000€/mois en France, l’achat d’un véhicule équivalent
à celui mis à la disposition de Madame BINEAU, un
mois de congés payés assorti d’un billet d’avion aller-
retour vers la France, et la rémunération mensuelle
passerait à 3500 euros (2.300.000 FCFA) ;

Ils indiquent que par courriel en date du 8 décembre


2016, Madame BINEAU a répondu à Monsieur
DELERUE et lui a marqué sa totale et entière adhésion
aux termes contenus dans son courriel du 04 décembre
susvisé ; que les parties s’étant accordées sur les clauses
et conditions de leurs relations, Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL s’est mis à
attendre les premiers résultats des actions de Madame
BINEAU ;

Que durant le premier trimestre 2017, Messieurs


DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL et
Gabriel DELERUE se sont rendus tous les mois à
Abidjan pour le suivi des actions attendues de Madame
BINEAU; toutefois, à la suite d’échanges de
correspondance avec elle, ils se sont mis à douter de
l’effectivité des relations qu’elle prétendait entretenir
avec les plus hautes autorités étatiques ;

Qu’en effet, hormis une visite de courtoisie au Ministre


des finances, Monsieur Adama KONE, que Monsieur
10
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL connaît
depuis 2013, elle n’a apporté aucun contact utile dans le
cadre de la mission qui lui a été confiée ; se bornant à
adresser à diverses autorités des demandes d’audience,
le plus souvent non suivies d’effets ;

En conséquence, allèguent-ils, le 28 juin 2017 Monsieur


DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL a fait
part à Madame BINEAU de sa décision de modifier le
mode initial de rémunération, en substituant à la
rémunération mensuelle une commission d’un montant
de 30 millions de F CFA, en cas de conclusion effective
du contrat espéré par la société RAIDCO-MARINE ;

Que par suite, Madame BINEAU a cessé de répondre


tant aux mails qu’aux appels téléphoniques de Monsieur
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL; pis, ce
dernier a été informé qu’ayant sollicité une entrevue
avec le Ministre de la Défense, sans l’en informer,
Madame BINEAU y a été reçue ; mais au lieu de discuter
du contrat de RAIDCO-MARINE, elle a plutôt introduit
deux de ses amis, Messieurs VANGA Alphonse et JEAN
MARTIN, qui commercialisent également du matériel
militaire, divers engins dont des drones et des bateaux
militaires ;

Que loin de s’arrêter là, Madame BINEAU a cru devoir


adresser au Président de RAIDCO-MARINE un courrier
en date du 14 septembre 2017 dans lequel elle dénigre
tant Monsieur Victor DELERUE que ses sociétés, dont la
société TRANSIMEX, sa mandante, qu’elle qualifie de
sociétés-écrans qui seraient dans le collimateur des
services de renseignements ivoiriens;

Qu’au vu de ce comportement particulièrement déloyal


et constatant que la mission confiée à Madame BINEAU
n’avait pas été remplie, Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL a décidé de rompre le
contrat liant la société TRANSIMEX à Madame
BINEAU, en lui faisant tenir le 25 septembre une
convention de rupture lui accordant une indemnité d’un
montant de 5.900.000 FCFA;

Ils font valoir que le premier juge a fait une saine


appréciation des faits de l’espèce en se rangeant aux
évidences par eux démontrées, en mettant la société
RAIDCO MARINE hors de cause et en spécifiant que les
parties étaient liées par un contrat d’agent commercial
au sens des dispositions de l’article 216 de l’Acte
uniforme sur le droit commercial général ;

Qu’en outre, le tribunal a déclaré qu’en l’absence d’un


écrit formalisant leurs accords, il y avait lieu de se
11
reporter aux échanges épistolaires entre les parties,
notamment au courriel en date du 04 décembre 2016
adressé par Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES
MARIE DANIEL à Madame BINEAU, d’où il résultait
clairement que le seul lien contractuel existant était celui
liant Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL, la société TRANSIMEX et Madame BINEAU ;

Ils relèvent que l’appelante tente de faire croire que le


premier juge aurait erré du simple fait qu’il a affirmé que
le courriel du 04 décembre 2016 précité, dont il a tiré
toute la substance de sa décision, venait préciser le sens
à donner à la lettre du 22 novembre 2016 émanant du
représentant de la société RAIDCO MARINE ;

Que cependant il y a lieu de préciser qu’il n’est nul


besoin de s’attacher aux termes de cette lettre du 22
novembre 2016, pour la seule et simple raison que le
courriel du 04 décembre 2016, qui lui était postérieur,
traçait un cadre contractuel précis, qui n’a jamais été
remis en cause ni discuté par Madame BINEAU, laquelle
s’y est conformée et a été rétribuée suivants les clauses
et conditions y établies, exclusivement par la société
TRANSIMEX et Monsieur DELERUE Victor ;

Qu’en effet, Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES


MARIE DANIEL a précisé dans son courrier du 04
décembre 2016 que la société TRANSIMEX est «l’agent
exclusif de RAIDCO pour le Sénégal et la CI (Côte
d’ivoire) », et que la société TRANSIMEX serait la seule
à lui verser des rémunérations ;

A aucun moment, indiquent-ils, elle n’a élevé la moindre


protestation, encore moins écrit à la société RAIDCO
MARINE, qu’elle disait considérer comme son véritable
mandant, pour rétablir la réalité des faits, encore moins
réclamer paiement des sommes qui lui étaient dues au
titre de sa rétribution.

Qu’au surplus, ainsi que l’a relevé le jugement, ledit


contrat d’agent commercial a été rompu uniquement par
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL, sans que cette circonstance n’ait été évoquée
par l’appelante, qui n’a remis en cause ni la qualité ni la
capacité de ce dernier à agir de la sorte ;

Que bien au contraire, elle n’a pas hésité un seul instant


à lui réclamer tant le reliquat de sa rémunération que
des dommages et intérêts, sans s’empêcher de faire une
extension du cercle des personnes dont elle recherchait
la condamnation, de sorte à contaminer la société
RAIDCO MARINE, dans le seul but de se garantir des
chances de recouvrement sur un acteur supposé plus
12
solvable ;

Ils arguent que l’appelante est dans le déni permanent


relativement aux actes de déloyauté qui lui sont
reprochés justifiant la rupture intervenue ; alors qu’il est
constant que le 21 septembre 2017, suite à une demande
d'audience écrite formulée auprès du Monsieur le
Ministre de la défense au nom de RAIDCO- MARINE,
elle s’est présentée au rendez-vous accompagnée de
Messieurs VANGA Alphonse et JEAN MARTIN, qui ont
présenté au ministre différents matériels militaires, dont
des drones et divers matériels d’épuration ;

En outre, mentionnent-ils, elle s’est autorisée, dans une


attitude particulièrement déloyale, à entreprendre une
campagne de dénigrement contre la société
TRANSIMEX et son responsable, Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL, auprès de la
direction de la société RAIDCO-MARINE, à laquelle elle
a adressé le 14 septembre 2017 une lettre de
dénigrement à l’encontre de ceux-ci, allant jusqu’à lui
proposer de se séparer des sociétés TRANSIMEX et
NAVAL IVOIRE, appartenant à Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL, qu’elle
qualifiaient injurieusement de « sociétés écrans », qui
feraient l’objet, selon elle, d’enquête de la part des
services de renseignements ivoirien ;

Ils soutiennent que c’est sur ces deux faits d’une


particulière gravité, qu’elle ne conteste pas, que le
premier juge s’est appuyé pour conclure à sa déloyauté,
et il ne pouvait en être autrement, de sorte que c’est
donc à bon droit qu’il a estimé qu’elle avait violé son
obligation de loyauté contenue dans les dispositions de
l’article 217 de l’acte uniforme portant droit commercial
général ;

Ils font valoir sur la demande de paiement des arriérés


que si la société TRANSIMEX ne conteste pas rester
devoir à sa cocontractante la somme de 5.900.000 FCFA
telle que mentionnée dans la convention de rupture
transmise le 25 septembre 2017 et correspondant aux
arriérés sur les rémunérations d’avril à juin 2017, ainsi
que les frais de bureau de la demanderesse, elle conteste
cependant avec la dernière énergie le surplus ;

Qu’en effet, aux termes de sa correspondance du 28 juin


2017, Monsieur Victor DELERUE a entendu arrêter les
versements relatifs à la rémunération mensuelle tant en
France qu’en Côte d’Ivoire, et y substituer une prime
30.000.000 FCFA à régler une fois conclu le contrat de
livraison des bateaux à la marine ivoirienne ;

13
Qu’en réponse, dans un courrier en date du 03 juillet
2017 Madame BINEAU a tenté de négocier le maintien
de sa rémunération mensuelle initiale, revue cependant
à la baisse, ce à quoi Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL a opposé une fin de non-
recevoir, en raison du fait qu’elle n’avait pas atteint ses
objectifs, se contentant de multiplier les demandes
d’audience et n’ayant rencontré que des personnalités
militaires et politiques non- décisionnaires quant à
l’établissement de la lettre d’intention de commande
sollicitée par la société RAIDCO-MARINE ;

C’est donc à tort, relèvent-ils, que celle-ci fonde ses


réclamations sur les sommes dont elle sait qu’elles ont
été révisées et n’existent plus ; que partant, la société
TRANSIMEX et Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL ne restent lui devoir que la
somme de 3000 euros due à fin juin multipliés par trois
mois et deux millions quatre cent de francs CFA
représentant les frais de bureau ;

Ils indiquent relativement à la réclamation portant sur la


somme de cent millions de F CFA, que c’est à bon droit
que le premier juge a déclaré cette demande mal fondée,
étant entendu que la rupture a été elle-même jugée
justifiée, aucune faute n’ayant été retenue contre les
intimés ;

Dans ses écritures subséquentes, l’appelante fait


observer que le courrier du 04 décembre 2016 dont se
prévalent les intimés n’est ni signé ni cacheté de sorte
qu’il ne peut leur être d’aucun secours; d’autant qu’avant
ce courrier, il y a eu celui du 22 novembre 2016 de la
Direction de la Société RAIDCO-MARINE qui lui a été
directement adressée et dont les termes n’ont jamais été
remis en cause et dans lequel il n’est nulle part fait cas
de la société TRANSIMEX ; de sorte que la société
RAIDCO-MARINE France se présente comme sa seule
et unique interlocutrice

En tout état de cause, argue-t-elle, la société


RAIDCO-MARINE qui a reçu par la suite plusieurs
courriers d’elle mentionnant sa qualité susvisée n’a
nullement remis en cause son engagement et ne lui a
jamais demandé de les transmettre dorénavant à la
société TRANSIMEX ;

Elle se demande, si comme le prétendent les intimés elle


n’a aucune relation juridique propre et autonome avec la
société RAIDCO-MARINE, pourquoi Monsieur VICTOR
DELERUE GEORGES MARIE DANIEL prend-t-il le soin
de lui exiger dans sa convention de rupture du 25
septembre 2017 de restituer tous les documents
14
RAIDCO-MARINE en sa possession, à savoir :
documents commerciaux, cachets, papier en-tête, cartes
de visite etc. ;

Que si elle était liée à ce dernier et à sa société


TRANSIMEX, il lui aurait réclamé les documents de
celle-ci et non ceux de RAIDCO-MARINE ;

Elle fait valoir par ailleurs que contrairement aux


allégations des intimés, elle ne s’est nullement
conformée aux termes du courrier du 04 décembre 2016
qui ne l’oblige pas ;

Que pour s’en convaincre, la Cour est priée de constater


qu’elle a dénoncé les impostures et agissements
déloyaux de Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES
MARIE DANIEL auprès de la Direction RAIDCO-
MARINE France ; ce que les intimés qualifient à tort et
pour les besoins de la cause d’actes de déloyauté et de
dénigrements ;

Elle soutient qu’il est de notoriété publique en Côte


d’Ivoire qu’elle représente et soigne les intérêts de la
société RAIDCO-MARINE qui l’a engagée; les
manœuvres frauduleuses du clan DELERUE pour
persuader du contraire ne peuvent prospérer ;

Que la société RAIDCO-MARINE qui a reçu tous ses


courriers avait toute latitude pour démentir ses propos,
de sorte qu’elle ne peut être mise hors de cause ;

Que par ailleurs, aucune relation contractuelle ne la liant


à Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL et à ses sociétés TRANSIMEX et NAVAL
IVOIRE, les faits à elle reprochés ne sont pas des actes
de dénigrement ni de déloyauté comme tentent de faire
croire les intimés ;

Qu’en effet, par le courrier en date du 14 septembre 2017


dont se prévaut la Société TRANSIMEX et son
responsable, elle n’a, en sa qualité de Directeur de la
société RAIDCO-MARINE en Côte d’ivoire, fait que
rappeler à son cocontractant les termes de ses
engagements contenus dans son courrier du 22
novembre 2016 et l’informer des différents problèmes
rencontrés sur le terrain ;

Elle fait valoir concernant l’audience avec le Ministre de


la Défense, que s’il y a eu déloyauté, elle n’existe que
chez Monsieur VICTOR DELERUE GEORGES MARIE
DANIEL qui a manqué à son devoir d’information,
violant par cela les dispositions impératives de l’article
217 alinéa 2 de l’Acte Uniforme OHADA portant Droit
15
Commercial Général ;

Elle soutient que la somme de 29.887.251 FCFA dont


elle réclame paiement résulte du cumul des paiements
devant être exécutés à son profit par son cocontractant
aussi bien sur ses comptes en France qu’en Côte d’ivoire,
conformément au contrat qui la lie à la société RAIDCO-
MARINE France ;

Que le décompte de cette somme qui a été réitéré lors de


la tentative de conciliation et n’a pas été contesté par la
société RAIDCO-MARINE France figure au nombre des
chefs de demandes du dispositif de l’assignation en date
du 26 octobre 2018 et de ses écritures ultérieures ;

Que la Cour est priée de constater que contrairement à


l’opinion du premier juge, le montant de 13.283.613
FCFA qu’il a arrondi à 14.000.000 FCFA pour rendre
service aux intimés n’est que le sous-total des arriérés
des rémunérations impayées sur la seconde période
allant du 1er octobre au 31 décembre 2017 ; occultant
ainsi la somme de 4.796.412 FCFA au titre des arriérés
impayés en Côte d’Ivoire au 30 septembre 2017, ainsi
que ceux de France du montant de 11.807.226 FCFA de
mars au 30 septembre 2017 ;

Que cela est d’autant plus vrai que dans leurs


conclusions datées du 05 juin 2018, les intimés ont
formellement reconnu que relativement au contrat de
représentation liant Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE à la société RAIDCO-MARINE, elle
devait percevoir des rémunérations tant en Côte d’Ivoire
qu’en France de la part de celle-ci ;

Qu’ils ont également reconnu être tenus des arriérés des


rémunérations dues à la concluant en Côte d’Ivoire à
hauteur de 6.883.181 FCFA courant mars 2017 et la
somme d’environ 11.683.000 FCFA pour la France ;

Que depuis mars 2017, la société RAIDCO-MARINE


France à laquelle se greffent les intimés n’a pas soldé les
arriérés des rémunérations qui lui sont dus et s’élevant
à la somme de 29.887.251 FCFA ;

Elle allègue que contrairement aux allégations des


intimés, elle n’a pas négocié la réduction de ses
rémunérations proposée par Monsieur VICTOR
DELERUE GEORGES MARIE DANIEL ; qu’en effet, en
partance pour ses vacances annuelles en France, elle a
rejeté ladite offre dans son courrier du 03 juillet 2017 en
ces termes «Nos accords préalables financiers et
matériels, aussi bien en France qu’en Côte d’Ivoire
devraient être maintenus selon nos accords déjà en
16
vigueur [-.-] » ;

Que la prétendue révision envisagée n’ayant pu se


réaliser, la société RAIDCO-MARINE et le sieur VICTOR
DELERUE GEORGES MARIE DANIEL et sa société
TRANSIMEX doivent être solidairement condamnés à
lui payer la somme de 29.887.251 FCFA correspondant
au cumul des arriérés de ses rémunérations réclamées ;

Dans leurs dernières écritures, les intimés font valoir


qu’après la réception du courriel émanant de RAIDCO
MARINE qui mentionnait par ailleurs les discussions
antérieures avec Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL, celui-ci n’a pas manqué
d’adresser un courriel en date du 6 décembre 2016 par
lequel il lui expliquait qu’elle était liée uniquement à lui
et à sa société dénommée TRANSIMEX et déterminait
également les conditions financières de son
intervention ;

Ils exposent que le 08 décembre 2016, par courriel, elle a


totalement acquiescé et validé les propositions de
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL ;

Qu’en définitive, c’est en fonction de ce qui a été


formalisé dans ce courriel du 06 décembre 2016 que se
sont exécutées les actions de Madame BINEAU-
MODESTE JOSETTE MARIE et sa rémunération établie
et fournie ;

Qu’à aucun moment, elle n’a remis en question le lien


contractuel la liant à Monsieur DELERUE avec qui elle
était en contact permanent et de qui elle recevait
entièrement sa rémunération ;

Qu’en outre, c’est de nouveau Monsieur DELERUE


VICTOR GEORGES MARIE DANIEL qui, par courriel
en date du 28 Juin 2017, lui faisait part des changements
qui interviendraient dans son mode de rémunération,
sans qu’elle s’en émeuve ;

Ils précisent que la société RAIDCO Marine n’a aucune


existence juridique légale en Côte d’ivoire, car elle n’a
jamais été créée ou immatriculée au Registre du
Commerce et du Crédit Mobilier ; qu’elle agissait ici par
l’intermédiaire de son représentant exclusif, Monsieur
DELERUE Victor, au travers de sa société TRANSIMEX,
et elle n’avait et ne pouvait avoir deux représentants «
exclusifs », ce qui aurait été une aberration !!!!

Que c’est donc vainement que Madame BINEAU-


MODESTE JOSETTE MARIE tente de faire croire
17
qu'elle avait la qualité de directrice de cette société
inexistante en Côte d’ivoire et donc de représentante
exclusive ;

Au total, notent-ils, la cour n’aura aucune peine à


confirmer le jugement sur ce point, qui a clairement fait
ressortir deux aspects fondamentaux, à savoir d’une
part, que le contrat de Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE a été rompu non pas par la société
RAIDCO MARINE, mais par Monsieur Victor
DELERUE, ès qualité de représentant légal de la société
TRANSIMEX, sans qu’elle ne conteste cela et, en outre,
qu’elle sollicite la condamnation de Monsieur DELERUE
et de la société TRANSIMEX à qui elle dénie l’existence
d’un lien contractuel, d’autre part ;

Ils relèvent que cette demande est nécessairement mal


fondée, puisqu’il n’est pas sérieusement contestable
qu’en date du 28 juin 2017, Monsieur DELERUE
VICTOR GEORGES MARIE DANIEL, par lettre, a
informé Madame BINEAU qu’il entendait arrêter les
versements relatifs à la rémunération mensuelle tant en
France qu’en Côte d’ivoire, et y substituer une prime
d’un montant de trente millions (30.000.000) FCFA, à
régler une fois conclu le contrat de livraison des bateaux
à la Marine ivoirienne ;

En réponse, dans un courrier en date du 03 juillet 2017,


Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE a tenté
de négocier le maintien de sa rémunération mensuelle
initiale, revue cependant à la baisse, ce à quoi Monsieur
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL a
opposé une fin de non-recevoir, eu égard au fait que la
demanderesse n’avait pas atteint ses objectifs ; partant,
le nouveau mode de rémunération étant entré en
vigueur, les prétentions de l’appelante s’appuyant sur
l’ancien mode de rémunération ne sont pas acceptables,
ledit mode ayant été révisé ;

SUR CE
En la forme

Sur le caractère de la décision

Considérant que les intimés ont conclu ; qu’il y a lieu de


statuer contradictoirement à leur égard ;

Sur la recevabilité de l’appel

Considérant que l’appel a été introduit conformément


aux formes et conditions requises par la loi ;
Qu’il sied de le recevoir ;

18
Au fond

Sur le lien contractuel existant

Considérant que l’appelante fait grief à la décision


entreprise d’avoir mis hors de cause la société RAIDCO-
MARINE en se basant sur le courrier en date du 04
décembre 2016 de Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL, alors qu’elle estime être
exclusivement liée à celle-ci en vertu du courrier en date
du 22 novembre 2016 ;

Que les intimés font valoir qu’elle n’avait de lien


contractuel qu’avec la société TRANSIMEX, représentée
par Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL, dont elle était le sous-agent commercial pour
la société RAIDCO-MARINE ;

Considérant qu’aux termes de l’article 216 de l’acte


uniforme portant droit commercial général « l’agent
commercial est un mandataire professionnel chargé de
façon permanente de négocier et, éventuellement, de
conclure des contrats de vente, d’achat, de location ou
de prestation de services, au nom et pour le compte de
producteurs, d’industriels, de commerçants, ou d’autres
agents commerciaux, sans être lié envers eux par un
contrat de travail » ;

Qu’il résulte de l’analyse de cette disposition que l'agent


commercial est un intermédiaire de commerce, qui agit
au nom et pour le compte de producteurs, d'industriels,
de commerçants, ou d'autres agents commerciaux, dont
la mission principale est de négocier pour ceux-ci auprès
de la clientèle des contrats ;

Considérant que Monsieur JEAN-MICHEL MONNIER,


Président de la SAS RAIDCO-MARINE a adressé à
Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE un
courrier en date du 22 novembre 2016 dont les termes
sont les suivants :

«Dans le cadre de vos récentes conversations avec


Monsieur Victor Delerue, nous avons le plaisir de vous
confirmer que nous souhaitons vous confier la
promotion et la représentation de notre chantier naval
en Côte d'ivoire, à partir du premier décembre 16.

A votre rémunération, objet de l'annexe jointe,


s'ajoutera comme convenu, la mise à disposition d'un
bureau équipé et d'un véhicule avec chauffeur.

A ce jour, un projet de fournitures de 3 patrouilleurs de


33m, identiques à ceux déjà livrés, est en cours. Vous
19
trouverez en Pj notre offre correspondante, assortie
d'un projet de financement approprié.

Ce projet, qui remplace le programme précédent de 2


patrouilleurs de 45m, nous a été annoncé le 20 octobre
lors du salon Euronaval à Paris par Monsieur le
Ministre délégué à la Défense, Monsieur Alain-Richard
Donwahi, qui a par ailleurs pris soin d'en informer
également son homologue français, Monsieur Jean-
Yves Le Drian.

Nous avons cependant quelques appréhensions sur la


réalisation de ce projet, car depuis un mois, après
différents entretiens avec les membres du cabinet de
Monsieur le Ministre, il apparaît qu'aucune instruction
n'a été donnée en vue de la mise en place d'un contrat.

Il est important, pour notre société comme pour nos


autorités, de conforter la confiance qui a prévalu lors
de l'exécution du précédent marché, qui s'est déroulé à
la satisfaction mutuelle des deux parties.

Nous espérons donc recevoir prochainement une lettre


d'intention de commande qui nous permettra, avec
l’appui des autorités françaises, de faire établir par
notre banque une proposition ferme de financement,
s'étalant sur 7 ans, dont un an de différé.

Vous remerciant par avance des actions que vous


voudrez bien entreprendre en ce sens, nous vous prions
d’agréer. Chère Madame, l'expression de nos
sentiments les plus respectueux » ;

Considérant qu’il ressort de l’analyse de cette missive


que l’appelante a été engagée par la société RAIDCO
MARINE pour la représenter en Côte d’Ivoire en vue de
faciliter pour elle la conclusion d’un contrat d’achat de
matériels militaire par l’Etat de Côte d’Ivoire ;

Que ledit courrier précise sa mission et indique que les


modalités de la rémunération auquel elle a droit font
l’objet d’une annexe ;

Que l’appelante ayant été engagée pour négocier des


contrats pour le compte de la société RAIDCO MARINE,
l’a été indéniablement en qualité d’agent commercial, ce
qui n’est d’ailleurs contesté par aucune des parties ;

Qu’en outre, contrairement aux allégations des intimés,


il ne ressort nullement de ce courrier que la société
RAIDCO-MARINE a entendu engager l’appelante en
qualité de sous agent commercial de la société
TRANSIMEX ;
20
Que par ailleurs, aucun autre document en provenance
de la société RAIDCO-MARINE ne remettant en cause
cette décision, les intimés ne peuvent prétendre que
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
DANIEL y a apporté des précisions au travers de ces
différents courriers, de sorte qu’elle est désormais
engagée envers sa société TRANSIMEX ;

Que dès lors, c’est à tort que le tribunal a mis hors de


cause la société RAIDCO MARINE et décidé que
Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE était
liée à la société TRANSIMEX ;

Qu’il convient d’infirmer la décision entreprise sur ce


point et statuant de nouveau, dire et juger que la société
RAIDCO MARINE est la mandante de l’appelante, à
l’exclusion de Monsieur DELERUE et de la société
TRANSIMEX ;

Sur la demande en paiement des arriérés des


rémunérations

Considérant que l’appelante sollicite la condamnation


solidaire des intimés à lui payer la somme de 29.887.251
FCFA au titre des arriérés des rémunérations,
décomposée comme suit :
1. Impayé sur la France, de mars 2017 au 30
septembre 2017 : 3.000 Euros x 6= 18.000 Euros,
soit 11.807.226 FCFA ;

2. Impayé en Côte d’ivoire, au 30 septembre 2017 :


4.796.412 FCFA ;

a) Paiement sur la France : 3.000 Euros x 3 = 9.000


Euros, soit 5.903.613 FCFA ;

b) Prestations, prime, logistiques en Côte d'ivoire


1.460.000 x 3= 4.380.000 FCFA ;

c) Transport, déplacement, véhicule 1.000.000 x 3=


3.000.000 FCFA ;

Que ceux-ci s’y opposent, au motif que, par lettre en date


du 28 juin 2017, Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL a informé l’appelante qu’il
entendait arrêter les versements relatifs à la
rémunération mensuelle tant en France qu’en Côte
d’ivoire, pour y substituer une prime d’un montant de
trente millions (30.000.000) FCFA, à régler une fois
conclu le contrat de livraison des bateaux à la Marine
ivoirienne ; de sorte que les prétentions de l’appelante
s’appuyant sur l’ancien mode de rémunération ne
peuvent prospérer ;
21
Considérant que la rémunération de l’agent commercial
est librement déterminée par les parties ;

Qu’en l’espèce, il n’est pas contesté que Madame


BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE bénéficiait de
paiement tant en France qu’en Côte d’Ivoire au titre de
sa rémunération, comme ci-dessus spécifié dans sa
demande ;

Que les intimés soutiennent que ce mode de paiement a


été remis en cause dans un courrier en date du 28 juin
2017 par Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES
MARIE DANIEL, de sorte qu’elle ne peut plus réclamer
ces montants ;

Considérant toutefois, comme susjugé, que Monsieur


DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL n’étant
pas le mandant de Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE, il ne pouvait valablement modifier ou
changer son mode de rémunération ;

Considérant par ailleurs que Madame BINEAU-


MODESTE JOSETTE MARIE n’étant liée qu’à la société
RAIDCO-MARINE, ne peut solliciter la condamnation
solidaire de Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES
MARIE DANIEL et de la société TRANSIMEX avec la
société RAIDCO-MARINE pour des prestations que doit
lui fournir cette dernière ;

Que dès lors, c’est à tort que le premier juge en a décidé


autrement, les modalités de rémunération de l’appelante
n’ayant pas changé, les sommes par elle réclamées étant
toutes dues par la société RAIDCO-MARINE seule ;

Qu’il convient d’infirmer la décision entreprise sur ce


point et statuant de nouveau, condamner uniquement la
société RAIDCO-MARINE à lui payer la somme de
29.887.251 FCFA au titre des arriérés des
rémunérations dus ;

Sur la demande en paiement de dommages et


intérêts

Considérant que l’appelante sollicite la condamnation


solidaire des intimés à lui payer la somme de
100.000.000 F CFA à titre de dommages et intérêts
pour rupture injustifiée et sans préavis de son contrat
d’agent commercial ;

Que les intimés s’y opposent et font valoir qu’elle a


commis de graves fautes en se rendant à un rendez-vous
officiel avec le Ministre de la Défense, sans informer
Monsieur DELERUE VICTOR GEORGES MARIE
22
DANIEL, en compagnie de deux de ses amis qui
commercialisent également du matériel militaire, et
qu’en outre, dans un courrier en date du 14 septembre
2017, elle a dénigré tant Monsieur DELERUE VICTOR
GEORGES MARIE DANIEL que ses sociétés ;

Considérant qu’il résulte des dispositions de l’article


228 de l’acte uniforme portant droit commercial général
que lorsque le contrat d’agent commercial est conclu
pour une durée indéterminée, chacune des parties peut y
mettre fin moyennant un préavis dont la durée ne peut
être inférieure à un mois pour la première année du
contrat, deux mois pour la deuxième année commencée,
trois mois pour la troisième année commencée et les
années suivantes ; aucun délai de préavis ne doit
toutefois être respecté lorsque le contrat prend fin en
raison d'une faute grave de l'une des parties ou de la
survenance d'un cas de force majeure ;

Considérant qu’il est constant, comme résultant des


déclarations des intimés, parmi lesquels figurent la
société RAIDCO-MARINE, qu’il a été mis fin au contrat
liant cette dernière à l’appelante, motif pris de ce qu’elle
aurait commis une faute lourde à l’égard de la société
TRANSIMEX ;

Considérant toutefois qu’il a été susjugé qu’il n’existe


aucun lien juridique entre Madame BINEAU-MODESTE
JOSETTE MARIE, la société TRANSIMEX et Monsieur
DELERUE VICTOR GEORGES MARIE DANIEL ; de
sorte que celle-ci ne peut solliciter la condamnation de
ceux-ci sur la base de la responsabilité contractuelle qui
résulte nécessairement de la violation d’un contrat ;

Que partant, les fautes commises par l’appelante à


l’égard de ceux-ci, même à supposer établies, ne
sauraient justifier valablement une résiliation d’un
contrat la liant à la société RAIDCO-MARINE, auquel ils
sont tiers ;

Qu’au demeurant, la preuve de sa déloyauté à l’égard de


la société RAIDCO-MARINE n’est pas rapportée par
celle-ci ; de sorte qu’en mettant fin au contrat les liant
sans respecter les prescriptions de l’article 228
susindiqué, la société RAIDCO-MARINE a commis une
faute, ouvrant droit à indemnisation ;

Considérant que la somme de 100.00.000 FCFA


sollicitée par l’appelante à ce titre est exorbitante eu
égard aux circonstances de la cause ;

Qu’il convient de la ramener à de justes proportions en


condamnant la société RAIDCO-MARINE au paiement
23
de la somme dix millions de F CFA à titre de dommages
et intérêts;

Sur les dépens

Considérant que la société RAIDCO-MARINE


succombe ; qu’il y a lieu de la condamner aux dépens de
l’instance ;

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, contradictoirement et en


dernier ressort ;

Déclare recevable l’appel interjeté par Madame


BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE contre le
jugement contradictoire RG N°3718/2018 rendu le 10
janvier 2019 par le Tribunal de Commerce d’Abidjan;

L’y dit partiellement fondée ;

Infirme la décision entreprise en toutes ses dispositions ;

Statuant de nouveau

Condamne la société RAIDCO-MARINE à payer


Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE MARIE les
sommes de 29.887.251 FCFA au titre des arriérés de
rémunération et 10.000.000 FCFA à titre de dommages
et intérêts ;

Déboute Madame BINEAU-MODESTE JOSETTE


MARIE du surplus de ses prétentions ;

Condamne la société RAIDCO-MARINE aux dépens de


l’instance ;

Ainsi fait, jugé et prononcé publiquement les jour, mois


et an que dessus.

ET ONT SIGNÉ LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE


GREFFIER./.

24
25
26

Common questions

Alimenté par l’IA

The court ruled that Madame Bineau was contractually linked only to Raidco-Marine, which limited her ability to hold Mr. Delerue and Transimex accountable for payments owed. Mr. Delerue's attempt to unilaterally alter her remuneration terms was deemed invalid as he was not her principal. Consequently, her claims were upheld only against Raidco-Marine .

The main legal issues in this case related to claims of unpaid remuneration and damages for wrongful termination of contract brought by Madame BINEAU-Modeste Josette Marie against her employers, including Raidco-Marine and Transimex. The court found her appeal partially founded, nullified the earlier decision, and ruled that Raidco-Marine should pay Madame Bineau 29,887,251 FCFA for arrears in remuneration and 10,000,000 FCFA for damages and interests .

The tribunal initially rejected parts of her claims because it found agreements on remuneration terms between Bineau and Delerue invalid due to lack of a formal contractual change and the claim that she had been disloyal to Transimex. Her appeal focused on demonstrating that these claims were unfounded and that her contractual relation was solely with Raidco-Marine, leading to the court ruling against the companies only on grounds related to her contract with Raidco-Marine .

The court considered prior communication evidence insufficient to limit the obligations of Raidco-Marine regarding her remuneration or to substantiate claims of her engaging in misconduct. Consequently, it awarded damages and interests, ruling that Raidco-Marine's failure to formally incorporate and communicate changes could not negate the original contract terms .

The defense argued against Madame Bineau’s claims by asserting changes to her remuneration terms due to unmet objectives and supposed disloyalty. However, the court found that Raidco-Marine could not discard its original agreement with Bineau unilaterally, particularly without substantive evidence or mutual consent, leading the court to reject the defense's arguments and hold Raidco-Marine accountable for the agreed remuneration .

The tribunal's ruling emphasized the necessity for formal renegotiation of contracts to be valid, particularly when altering employment terms. This sets a precedent that verbal agreements or informal communications do not suffice to modify legal obligations unless clearly documented and agreed upon by all parties, reinforcing the importance of formal contract modification in legal disputes .

In the context of Ivorian commercial law, Madame Bineau's claims had legal standing due to the clear offenses by Raidco-Marine in failing to pay agreed remuneration amounts. The court’s decision highlighted the strength of formal, documented contracts under commercial law and held the company accountable to its original obligations, reinforcing the significance of adherence to contractual terms .

The court's decision meant Raidco-Marine was solely liable for the remuneration arrears, amounting to 29,887,251 FCFA, highlighting that its failure to adhere to original contractual financial obligations rendered it financially responsible. Additionally, the court's ruling allowed for punitive damages, enforcing corporate accountability for contract compliance .

The court rejected some of Madame Bineau's claims because it found that she could not prove a contractual relationship with Transimex that would warrant their financial liability. The court maintained that the remuneration terms set by Raidco-Marine remained unchanged, and thus only Raidco-Marine was liable for the financial claims she made .

The court scrutinized the email communications between Bineau and Delerue, which allegedly indicated a compensation agreement. However, it was found that Delerue's communications could not unilaterally alter her remuneration as he was not the principal party. This lack of authoritative communication influenced the court to reject the defendants' claims of modified remuneration terms .

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