FACULTE DE THEOLOGIE DES ASSEMBLEES DE DIEU
LE DEUIL
UN EXPOSE
SOUMIS AU PROFESSEUR TOKO JACQUES
EN ACCOMPLISSEMENT PARTIEL DES EXIGENCES DU COURS
COU 605 RELATION D’AIDE DES PERSONNES EN TEMPS DE CRISE
PAR
ADEWUI KOSSI A. PAUL
DJINKOU N’SOUGAN
LOME TOGO
JUIN 2024
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EXPOSE SUR LE DEUIL
Introduction
L’homme sur la terre vit des troubles de tous genres le poussant parfois jusqu’à la dépression.
Parmi cette panoplie de situations malencontreuse se pointe le deuil. Cet exposé mettra un accent sur la
définition, les différents deuils, les étapes pour en sortir et comment aider ceux qui sont en deuil.
Qu’est-ce que le deuil ?
Etre en deuil veut dire pleurer la perte de quelqu’un ou de quelque chose. Le deuil fait partie du
processus normal qui nous permet de nous rétablir après une perte.
Pour quel cas on peut faire un deuil ?
- Perte d’un membre de la famille ou d’un ami
- Perte d’un membre du corps ou de sa fonction
- Perte des possessions ou position.
- Le divorce
Quand on perd quelqu’un ou quelque chose de très important, notre identité est
affectée ; surtout si celui qu’on a perdu nous est tellement attaché (époux, épouse,
enfant unique, un support, etc.
Comment surmonter une perte ?
La crise peut surgir instantanément (sans préavis), mais se remettre de ce choc prend
du temps. La sortie normale du deuil suit un parcours en plusieurs étapes
a- Etape du refus et de la colère.
En face ou à l’annonce d’une perte, plusieurs réactions surviennent
- engourdissement, perte d’identité
-Refus de croire à la réalité (on se fait des illusions)
- pleurs subites
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- colère (contre Dieu, la personne morte, soi-même, une tierce personne…)
- les questionnements(les pourquoi, les qu’est-ce que) et les culpabilités.
- les hallucinations
Cette étape est relativement longue (un ou plusieurs mois) et peut aller jusqu’aux
obsèques ou même après. Les larmes et certains rituels de la veillée funèbre et de
l’enterrement sont utiles pour la guérison.
b- étape de sans espoir
Cette étape se manifeste par
- la tristesse
- la perte du moral
- la désorganisation de sa vie
- la solitude
- la culpabilité sans raison
Les réactions de la première étape peuvent être ressenties encore à ce niveau. Cette
deuxième étape peut durer six à quinze mois au moins
c- L’étape du nouveau départ
Ceux qui ont accepté et ont pleuré leur perte peuvent passer à cette troisième étape
- Commencer à construire une nouvelle vie
- Sortir avec les amis
- Se divertir à nouveau
- Songer à se remarier (cas de perte de conjoint-e)
- Penser à avoir de nouveaux bébés, … (cas de perte d’enfant)
Si le deuil s’est bien passé, les gens en ressortiront plus forts et prêts à aider d’autres
personnes.
d- Le rétrograde
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Il arrive souvent que le processus de sortie de deuil ne suive pas la chronologie de ces
trois étapes. Il est tout à fait normal que les gens retournent, pour peu de temps aux étapes
précédentes à cause de quelques événements comme l’anniversaire du disparu, le fait de revoir
ses objets, ses enfants, etc. pour refaire la route. Ce qui n’est pas bon, est le fait de rester bloqué
longtemps dans une étape inférieure.
Situations pouvant retarder la guérison d’un deuil
a- Les pertes les plus difficiles
- Trop de morts et de pertes à la fois
- La mort ou la perte soudaine et inattendue
- La mort ou la perte violente
- Il n’y a pas de corps à enterrer
- Il est impossible de confirmer la mort de la personne
- Il s’agit d’un suicide ou d’un meurtre
- Lorsqu’on a des problèmes non résolus avec le défunt ou la défunte
b- Le faux pont
Le faux pont représente toute pratique qui empêche les gens de pleurer convenablement pour
une perte quelconque. Cette idéologie incite les gens à passer directement de la crise à l’étape du
nouveau départ, sans passer par les deux autres (étapes du refus et de la colère, et celle du désespoir).
Cette manière de voir les choses est soutenue par la confiance qu’on fait à certaines promesses bibliques
(mal contextualisées), car les écritures n’interdisent pas aux chrétiens d’exprimer leur douleur (Jésus a
pleuré Matth 27.46 ; Jn 11.35, elles nous disent de pleurer avec ceux qui pleurent. Il y a aussi des pans
culturels qui empêchent les sujets de pleurer ; on peut noter des conceptions tels que :
- Les hommes ne pleurent pas
- Les pleurs empêchent le mort de poursuivre sa route
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Si le deuil n’est pas bien vécu, pour quelques prétextes que ce soient, c’est dangereux car la
plaie ne guérira pas. Quelques versets : Ps 6.7 ; 39.13 ; 42.4/ Es 22.4 ; Jér 9.1 ; Eccl 3.4 ; etc. Il faut
noter aussi qu’on ne doit pas forcer les gens à pleurer quand ils vivent une perte, comme le cas de
certaines cultures qui font croire que ne pas pleurer c’est être un suspect.
Comment aider ceux qui pleurent ?
Pour le cas de Job, ses amis ont eu deux comportements :
- Ils ont passé 7 jours aux côté de leur ami sans dire un seul mot
- Ils l’ont ensuite jugé qu’il manquait de foi, qu’il souffrait à cause de ses péchés.
La réaction de Job à ses amis étaient : « vous êtes tous des consolateurs fâcheux » ; c’est dire
qu’au lieu de consoler Job, ils ont augmenté sa douleur. Qu’en est-il de nous devant les membres qui
traversent le deuil ?
Quelques cérémonies traditionnelles et coutumières aident à se remettre du deuil. Il va falloir
faire preuve de discernement pour en faire bon usage.
Quelques moyens pour aider les gens qui pleurent :
- Aller les voir et prier pour eux (savoir ce qu’il faut dire dans la prière)
- Discuter avec eux si possible de leurs sentiments, leur colère, leur tristesse
- Ecouter leur peine (au lieu de parler) car ils ne peuvent pas saisir les leçons,
exhortations et sermons en ce moment
- Les aider à faire certaines activités pour les soulager, rester à leur côté et prendre
soin d’eux, surtout les veuves et les orphelins (Jcq 1.27)
- Leur expliquer le processus normal du deuil pour qu’ils sachent que ça prend du
temps avant de se remettre totalement de cette situation
- Arranger un service à l’église en mémoire du disparu surtout s’il n’y a pas de corps
à enterrer
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- Aider dans la mesure du possible ceux qui ont un trouble de sommeil à pouvoir
dormir
- Amener les endeuillé à se séparer des objets du défunt
- Si la personne est prête, lui lire un verset pour l’encourager et l’exhorter à
l’apprendre par cœur
- Avec le temps, ils pourront présenter eux-mêmes, leur peine à Dieu dans la prière.
Conclusion
La perte d’un être cher est l’une des situations les plus critiques de la vie qui peut affecter
durablement si des dispositions n’ont pas été prises pour son rétablissement. Faire le deuil est normal
voir indispensable face de telles situations. Il est important que la victime suive le cheminement normal
pour la sortie de deuil. Les consolateurs doivent savoir jouer leur rôle pour ne pas accentuer la douleur en
voulant soulager le souffrant.