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Psychologie et Pastorale : Réflexions Modernes

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PSYCHOLOGIE ET PASTORALE
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LOUIS DEBARGE

PSYCHOLOGIE
ET PASTORALE

" PROBLÈMES D'AUJOURD'HUI"


DESCLÉE
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c g 1968, DESCLÉE & CiE, Paris

Imprimé en Belgique
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AVANT-PROPOS

Le développement des sciences de l'homme commande


l'évolution de la culture contemporaine. La psychologie, la psy-
chanalyse, l'anthropologie, la sociologie projettent sur les phé-
nomènes religieux un éclairage nouveau qui conduit à remettre
en cause la pastorale traditionnelle.
Nous nous proposons d'examiner quelques aspects essentiels
des recherches récentes en psychologie religieuse et en psycho-
logie pastorale. Nous n'avons pas la prétention de donner une vue
exhaustive de l'apport de ces sciences. Notre propos est sim-
plement de rassembler quelques éléments susceptibles de retenir
l'attention des non-spécialistes et d'inciter les pasteurs à la
réflexion sur les modalités de leur action sacerdotale.
Pour rendre accessibles à des non-initiés les données de la
psychologie scientifique, et en particulier de la psychanalyse,
nous nous sommes imposé de renoncer, dans la mesure du
possible, à un langage trop spécialisé. De plus, nous avons donné,
chaque fois que nous l'avons cru nécessaire, des explications
qui eussent été inutiles pour des spécialistes. Nous nous sommes
constamment efforcé de dire brièvement et avec le maximum
de simplicité des choses en elles-mêmes fort complexes et qui,
souvent, appellent des nuances. Dans les choix et les renon-
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cements qu'il nous a fallu consentir, nous n'avons cessé de songer


à nos lecteurs. Il est pourtant des limites en dessous desquelles
vulgarisation deviendrait trahison. Par respect pour notre public
nous n'avons pas voulu les franchir, au risque de mettre à
l'épreuve sa patience et sa sagacité.
Nous dédions cet ouvrage aux pasteurs qui remettent en
cause leurs vieilles habitudes et qui s'interrogent sur les effets
et sur la signification psychologiques de leur action. Puissent
ces pages leur apporter des éléments de réflexion et d'information
et les aider à ouvrir à la Grâce des voies plus larges et plus
directes par des attitudes et des relations plus authentiquement
pastorales.
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INTRODUCTION

VERS
UNE PSYCHOLOGIE PASTORALE

1. L'ESSOR DE LA PSYCHOLOGIE

La vogue des sciences humaines est actuellement telle qu'on


ne peut plus entreprendre aucune action, individuelle ou de
masse, sans en utiliser les enseignements. Longtemps tenue pour
un département de la philosophie, puis confondue avec la physio-
logie, la psychologie a progressivement affirmé son autonomie
et s'est constituée en science spécifique: science positive du
comportement humain.
Elle s'est développée selon des méthodes diverses (expé-
rimentale, clinique, différentielle); mais, sous sa diversité, s'est
affirmée peu à peu une profonde unité. Il est apparu qu'elle
donne lieu, non à des disciplines distinctes, mais à des approches
multiples convergeant sur un même objet: le comportement de
l'homme.
Depuis la dernière guerre elle a pris une place de plus en
plus grande dans notre vie. Qu'il s'agisse de pédagogie, d'orien-
tation, de sélection, de reconversion, de publicité, de commerce,
d'aménagement industriel, de relations humaines, de relations
publiques, de clinique, à l'école, au bureau, à l'atelier, dans les
tribunaux, à l'armée, au séminaire, au noviciat même, l'essor
de la psychologie partout se manifeste.
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Il en résulte une nouvelle image de l'homme et de ses


rapports avec son corps, avec son milieu et avec les institutions.
C'est la façon même dont l'homme s'éprouve comme connaissant,
comme aimant et comme agissant qui se trouve transformée par
la psychologie contemporaine. Etre un homme ne peut plus
signifier la même chose avant et après le développement de la
psychologie expérimentale ou avant et après l'apparition de la
psychanalyse. Les réactions corporelles, le comportement, la
perception, la pensée, les émotions, le rapport avec autrui, le
langage ne peuvent plus être conçus de la même façon avant et
après les expériences de Pavlov ou avant et après les analyses
de Freud.
Bien plus, la psychologie contemporaine n'a pas seulement
modifié la représentation que l'homme se donne de lui-même,
c'est-à-dire la manière dont il se connaît et s'éprouve, mais elle
a changé aussi les perspectives de l'action sur l'homme. Elle
nous a appris ce que recèlent de déterminisme les actes apparem-
ment les plus désintéressés et les plus spontanés.
Des techniques de manipulation (propagande, publicité, dy-
namique de groupe) ont été développées. Les moyens audio-
visuels sont venus bouleverser les méthodes de formation et
d'apprentissage, tandis que la psychologie génétique, en dégageant
les lois du développement de l'individu et en précisant pour
chaque âge le niveau de maturation des fonctions et la nature
des intérêts, rend possible un meilleur ajustement des commu-
nications. Par ailleurs, la psychanalyse et la psychologie dyna-
mique, en découvrant les dimensions insoupçonnées et les arrière-
plans latents du psychisme, facilitent le « viol des consciences »
et permettent la « persuasion clandestine ».

Quel usage les pasteurs vont-ils faire de ces moyens? Consen-


tiront-ils à manipuler insidieusement et subrepticement leurs
fidèles par l'usage intensif des moyens audio-visuels, par le
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quadrillage savant de leurs paroisses, par l'insertion des h o m m e s


dans des groupes de base à destination manipulatoire, p a r u n e
utilisation habile de la relation h u m a i n e ; bref, vont-ils s'efforcer
d'obtenir aux moindres frais la mise en condition psychologique
de leurs sujets, fidèles ou non, ou a u contraire chercheront-ils,
par u n emploi discret des moyens d'action modernes et confor-
m é m e n t aux exigences d'une religion authentique, à entretenir
dans les paroisses u n climat de ferveur et à obtenir les adhésions
désirées?
Tel est le grand problème qui domine la question des rapports
de la psychologie et de la pastorale.

2. ATTITUDES DES PASTEURS DEVANT LA PSYCHOLOGIE

Nous nous proposons dans ce livre: 1° de réfléchir sur les


rapports, non dépourvus d'ambiguïté, entre la psychologie et la
pastorale; 2° d'examiner d ' u n point de vue psychologique quel-
ques aspects du ministère pastoral.

Quotidiennement aux prises avec les difficultés que soulèvent


l'évangélisation, le culte, la direction spirituelle, l'administration
des sacrements, l'animation paroissiale, des prêtres de plus en
plus nombreux se tournent vers la psychologie, comme vers
l'aide capable de leur donner u n e meilleure compréhension des
hommes et une action apostolique plus féconde.
Le recours à la psychologie, légitime en soi \ donne lieu en
fait à des prises de positions et à des attitudes contradictoires.
L'idée d'appliquer à la pastorale des méthodes ou techniques de

1 Voir Joseph Nuttin, « La psychologie et le prêtre ,, dans Psycho-


logie et pastorale, coll. « Etudes de pastorale », n° 6, Nauwelaerts,
Louvain, 1953, pp. 9-46.
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p s y c h o l o g i e , d e p s y c h a n a l y s e o u d e p s y c h o l o g i e s o c i a l e s'est
h e u r t é e e n E u r o p e , d è s le d é b u t , à u n e c e r t a i n e m é f i a n c e . B e a u -
c o u p d e t h é o l o g i e n s et d e p r ê t r e s c r u r e n t y d é c e l e r les s i g n e s
d ' u n e m e n t a l i t é « n a t u r a l i s t e », t a n d i s q u e d e l e u r c ô t é q u e l q u e s
p s y c h o l o g u e s , s o u c i e u x d e d é f e n d r e l ' o b j e c t i v i t é et l a p u r e t é d e
l e u r science, y v i r e n t u n e tentative de c o r r u p t i o n et d ' e n r ô l e m e n t
de la psychologie p a r la religion. Certains toutefois e s t i m è r e n t
q u e les d é v e l o p p e m e n t s r é c e n t s d e s s c i e n c e s h u m a i n e s i m p o s a i e n t
u n e remise en question des m é t h o d e s traditionnelles d'apostolat
et d u style h a b i t u e l d e r e l a t i o n a v e c les fidèles. M a l h e u r e u s e m e n t ,
s o u v e n t , f a u t e d e c o n n a i s s a n c e s p s y c h o l o g i q u e s a p p r o f o n d i e s et
o u b l i e u x d e la s p é c i f i c i t é d u p l a n r e l i g i e u x , ils s ' i l l u s i o n n è r e n t
s u r l a p o r t é e des m o y e n s p s y c h o l o g i q u e s et s u r la v a l e u r et l a
solidité des résultats qu'ils p e r m e t t r a i e n t d'obtenir. S'imaginant
a v o i r d é c o u v e r t d a n s l a p s y c h o l o g i e l ' i n s t r u m e n t a b s o l u et c r o y a n t
a v o i r u n e c o n n a i s s a n c e s u f f i s a n t e d e s m é c a n i s m e s d e l a foi,
ils c r u r e n t n a ï v e m e n t q u ' i l s d e v i e n d r a i e n t a v a n t p e u m a î t r e s d e s
a t t i t u d e s d e l e u r s o u a i l l e s . S a n s a l l e r j u s q u ' à dire, a v e c l ' a l i é n i s t e
R o g u e s d e F u r s a c , q u ' i l s « e n t r e v o y a i e n t c o m m e p r o c h a i n le j o u r
o ù ils n ' a u r a i e n t p a s p l u s b e s o i n d e l a G r â c e p o u r e x p l i q u e r u n e
c o n v e r s i o n q u e d e J u p i t e r p o u r e x p l i q u e r l a f o u d r e 2 », ils e s t i m è -
rent c e p e n d a n t qu'il était t e m p s d e r e n o n c e r a u x vieilles f o r m u l e s
d ' a p o s t o l a t et q u ' i l é t a i t u r g e n t d e se t o u r n e r v e r s les n o u v e a u x
m o y e n s o f f e r t s p a r les s c i e n c e s h u m a i n e s . M a l h e u r e u s e m e n t p o u r
eux, certaines tentatives m a l a d r o i t e s d'application de la psycho-
l o g i e o u d e la c a r a c t é r o l o g i e à la d i r e c t i o n s p i r i t u e l l e e t a u discer-
n e m e n t d e s v o c a t i o n s , c e r t a i n e s e n t r e p r i s e s t é m é r a i r e s de m a n i p u -
l a t i o n d e s m a s s e s , c o p i é e s s u r les t e c h n i q u e s m é t h o d i s t e s des
« r é v e i l s r e l i g i e u x », c e r t a i n e s a p p l i c a t i o n s h â t i v e s e t c o n t e s t a b l e s

2 Rogues de Fursac, Un mouvement mystique contemporain, Paris,


1907, cité par M. T.-L. Pénido, La conscience religieuse, Téqui, Paris, 1935,
p. 28.
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de la psychanalyse à la religion et, en particulier, aux relations


à l'intérieur des communautés, déconsidèrent le m o u v e m e n t et,
après avoir fait naître de faux espoirs, finirent p a r engendrer le
scepticisme et par provoquer des attitudes exagérément réservées.
Si d'aucuns ont cru n a ï v e m e n t pouvoir tirer de la psycho-
logie une sorte d'art permettant de faire à volonté des convertis,
de rectifier la moralité et de construire des c o m m u n a u t é s parois-
siales ferventes, d'autres en réaction ont refusé obstinément de se
laisser influencer par les succès apparents des méthodes psycho-
logiques. Convaincus que la vie religieuse échappe a u x lois
psychologiques, étant essentiellement œ u v r e de la Grâce, ils
ont systématiquement négligé les enseignements de la psychologie
et même, dans u n e volonté exacerbée de pureté et d'intégrité
religieuses, ils se sont opposés à l'emploi par l'Eglise de moyens
dont, d'une part, ils contestent l'efficacité et dont, d'autre part,
ils suspectent la légitimité en religion. Tributaires de conceptions
théologiques étroites et se réclamant d'une philosophie et d'une
psychologie de « bon sens », ils ont répugné à l'idée d'introduire
dans l'apostolat des techniques manipulatoires qu'ils jugent dé-
placées, inopérantes ou dangereuses, m ê m e si elles ont fait
ailleurs leurs preuves. Ainsi a-t-on pu voir la célèbre pédagogue
H. Lubienska de Lenval, dont on connaît l'ouvrage sur L'éducation
du sens religieux 3, déclarer qu'elle n'attendait rien de la « psycho-
logie savante ». Certains ont justifié leur opposition en insistant
surtout sur les risques de confusion et de simplification abusive
entraînés p a r l'introduction de la psychologie en religion. Ils lui
ont reproché de sous-estimer l'importance du contenu des
croyances et des moyens surnaturels et de souligner au contraire
exagérément l'importance des conditions subjectives de la foi.
De plus, ils lui ont fait grief de mêler i n d û m e n t naturel et surna-

3 H. Lubienska de Lenval, L'éducation du sens religieux, Spes,


Paris, 1946, pp. 92-93.
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t u r e l d a n s l ' e x p l i c a t i o n d u c o m p o r t e m e n t r e l i g i e u x , ce q u i c o n d u i t ,
s e l o n e u x , à s u r n a t u r a l i s e r les faits p s y c h o l o g i q u e s et à m é c a n i s e r
la Grâce, à p a r l e r p a r e x e m p l e d ' u n e « expérience » du divin,
d ' u n e « culpabilité » pathologique, d ' u n « ascétisme » morbide,
d ' u n e « t e c h n i q u e » d e c o n v e r s i o n , etc. C e t t e r é s o r p t i o n d u s u r -
naturel d a n s des processus naturels serait u n e source p e r m a n e n t e
de confusionisme. Aussi jugent-ils souhaitable d'écarter p u r e m e n t
et s i m p l e m e n t la psychologie d u d o m a i n e religieux et en parti-
culier de la rejeter hors d u c a m p de la pastorale.
S a n s n o u s a t t a r d e r à l ' e x a m e n c r i t i q u e d e ces p o s i t i o n s
e x t r ê m e s q u i reposent, soit s u r l'oubli des exigences spécifiques
d e l a p a s t o r a l e , s o i t s u r u n e a p p r é c i a t i o n e r r o n é e des c o n n a i s -
s a n c e s et d e s m o y e n s p s y c h o l o g i q u e s , b o r n o n s - n o u s p o u r c o m -
m e n c e r à c o n s t a t e r u n e fois d e p l u s l ' e s s o r d e la p s y c h o l o g i e
a p p l i q u é e d a n s les b r a n c h e s les p l u s d i v e r s e s d e s a c t i v i t é s h u -
maines: formation professionnelle, enseignement, tant n o r m a l
q u e s p é c i a l i s é , r e c h e r c h e s c i e n t i f i q u e , d o m a i n e s i n d u s t r i e l et
c o m m e r c i a l , s e r v i c e s m é d i c a u x et s o c i a u x , et m ê m e a d m i n i s -
t r a t i o n , m a g i s t r a t u r e et v i e p o l i t i q u e .
P o u v o n s - n o u s p e n s e r u n s e u l i n s t a n t q u e l'Eglise, t r a d i t i o n -
n e l l e m e n t m ê l é e à l a c u l t u r e , p u i s s e é c h a p p e r a u x effets d ' u n
tel c o u r a n t ? Elle q u i se t r o u v e c o n c e r n é e , d i r e c t e m e n t o u i n d i r e c -
tement, p a r toute modification affectant la conscience h u m a i n e
o u les r a p p o r t s s o c i a u x , p o u r r a i t - e l l e d e m e u r e r i n d i f f é r e n t e a u x
c o n s é q u e n c e s t h é o r i q u e s et p r a t i q u e s d ' u n e s c i e n c e q u i b o u l e v e r s e
n o s i d é e s s u r l ' h o m m e et t r a n s f o r m e p r o f o n d é m e n t l a v i e s o c i a l e ?
N e v o i t - o n p a s q u ' à l e u r i n s u les p l u s t r a d i t i o n n e l s d e n o s p a s t e u r s
sont i m p r é g n é s des théories d é r i v a n t directement de la psycho-
logie m o d e r n e , n o t a m m e n t de la psychologie d y n a m i q u e et de la
p s y c h a n a l y s e ! P l u t ô t q u e d e f a i r e d e l a p s y c h o l o g i e s a n s le s a v o i r ,
d e l a m a n i è r e d o n t m o n s i e u r J o u r d a i n f a i s a i t d e l a p r o s e , et d e
c o u r i r a i n s i le r i s q u e d e f a i r e d e l a m a u v a i s e p s y c h o l o g i e , c'est-à-
dire d'être influencé p a r des doctrines désuètes ou erronées, ne
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s e r a i t - i l p a s p r é f é r a b l e p o u r les p a s t e u r s d e s ' a d r e s s e r d i r e c t e m e n t
a u x p s y c h o l o g u e s et d e l e u r d e m a n d e r d e c o o p é r e r , e n t o u t e
i n d é p e n d a n c e et l o y a u t é , à u n e r e c h e r c h e e n v u e d e l ' a c t i o n
p a s t o r a l e ? C ' e s t ce q u e t e n t e n t a c t u e l l e m e n t d e r é a l i s e r u n c e r -
tain n o m b r e de pasteurs et de spécialistes de la psychologie
d a n s le c a d r e d e s c e n t r e s d e r e c h e r c h e p a s t o r a l e q u i s e s o n t
d é v e l o p p é s u n p e u p a r t o u t d a n s le m o n d e .

3. PSYCHOLOGIE ET PASTORALE

Le moment nous paraît venu de faire le point et d'examiner


ce que la psychologie contemporaine peut apporter à la pastorale:
— Soit sur le plan théorique, en proposant par exemple
aux pasteurs des conceptions éprouvées sur la personnalité
humaine et ses motivations, sur les attitudes religieuses et leur
changement, c'est-à-dire la « conversion ), sur la foi, sur l'in-
croyance ou l'athéisme, sur le langage religieux, et notamment,
sur l'emploi et la portée du signe, du symbole et du mythe dans
l'expression de la croyance et dans la vie rituelle et sacramentaire,
sur les relations humaines à l'intérieur de l'Eglise, notamment les
relations entre le curé et ses paroissiens, entre le prédicateur
et son auditoire, entre le conseiller spirituel et son « client », etc.;
— Soit sur le plan des applications pratiques, en scrutant les
motivations religieuses ou antireligieuses des sujets, en carac-
térisant les attitudes et les comportements religieux, en mesurant
les effets psychologiques d'une réforme liturgique ou catéché-
tique, d'une campagne de prédication ou simplement d'une
mesure disciplinaire, ou encore en définissant pour les éducateurs
religieux une approche spécifique des cas particuliers: enfants,
malades, sujets inadaptés ou psychopathes.
Ces quelques exemples permettent d'évaluer dès à présent
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l'ampleur de la coopération désormais possible entre psychologues


et pasteurs. D'ores et déjà il nous apparaît que cette collaboration
ne pourra consister en u n simple transfert du plan profane au
plan religieux de recettes ou d'artifices psychologiques ou psycho-
sociologiques constituant pour les pasteurs l'arme absolue et leur
garantissant le succès. Concevoir ainsi les rapports entre la
psychologie et la pastorale, c'est croire naïvement qu'on puisse
transposer au plan du comportement religieux des méthodes
de conditionnement psychologique élaborées au plan profane
à des fins temporelles. En procédant ainsi, on ne pourrait plus
se réclamer, ni de la science, ni de la religion, car on se trouverait
engagé dans un processus de vulgaire propagande et de basses
manipulations psychologiques. Ce serait se méprendre à la fois
sur la vocation de la psychologie et sur l'essence et la finalité
de la pastorale.
En réalité, le problème n'est pas pour les pasteurs de peser
coûte que coûte sur les attitudes des gens, mais de les introduire
dans la foi et la vie ecclésiale par la voie d'une relation pastorale
riche de toutes ses implications psychologiques, et par conséquent,
plus authentiquement pastorale.
L'association d'une discipline scientifique et d'une entreprise
religieuse, sans être de soi monstrueuse, ne laisse jamais d'être
ambiguë. Tel serait le cas précisément d'une « psychologie pas-
torale ». On aurait là, selon certains, l'explication des attitudes
ambivalentes dont elle se trouve a priori l'objet. Pour notre part
nous pensons plutôt que ces attitudes s'expliquent moins par
l'ambiguïté fondamentale du concept de « psychologie pastorale »,
que par l'imprécision des domaines respectifs de la psychologie
et de la pastorale. Quel est l'objet exact de la psychologie?
Qu'y a-t-il de c o m m u n entre les différentes branches de cette
science, telles que la phénoménologie, la psychologie expérimen-
tale, la psychologie différentielle, la psychologie clinique, voire
la psychanalyse? D'autre part, qu'est-ce que la religion? Comment
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se définit objectivement le plan religieux? Et puis, enfin, quel


est l'objet de la pastorale?
Il est difficile au non-spécialiste de répondre clairement à
ces diverses questions et sera-t-il plus avancé lorsqu'on lui aura
dit que la psychologie n'est rien d'autre que « l'étude scientifique
du comportement h u m a i n » et que la pastorale, c'est simplement
une « réflexion à l'usage des pasteurs, d ' u n point de vue scienti-
fique, sur les conditions concrètes de leur ministère sacerdotal »?
Où s'arrête le comportement h u m a i n ? O ù commence le travail
de la Grâce? Où s'arrête et où commence le ministère p r o p r e m e n t
sacerdotal?
Une chose est certaine: il appartient au psychologue de faire
œuvre strictement de science, et il revient a u pasteur de faire
strictement œ u v r e de religion. Mais c o m m e n t ces deux tâches
peuvent-elles se combiner pour donner le jour à une « psycho-
logie pastorale »?
Lorsque le psychologue se penche sur les comportements
religieux, il a souvent le sentiment qu'une dimension lui échappe.
L'attitude religieuse et, en particulier, la relation pastorale restent
souvent pour lui une énigme. De son côté, le pasteur éprouve
presque toujours u n sentiment de déception ou de scepticisme
devant les travaux de psychologie religieuse ou de psychologie
pastorale. Ils lui paraissent presque toujours en porte-à-faux
par rapport à ses propres problèmes. Quel est l'objet de la
« psychologie pastorale » ? C o m m e n t u n e « psychologie pastorale »
peut-elle échapper à son ambiguïté congénitale?

4. AMBIGUITE DE LA PSYCHOLOGIE PASTORALE

La psychologie pastorale se propose d'approfondir les pro-


blèmes psychologiques qui se posent aux pasteurs dans l'exercice
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de leurs fonctions sacerdotales. C'est une des branches les plus


récentes de la psychologie sociale appliquée. Il est maintenant
exagéré de dire qu'elle n'en est qu'au stade des premiers balbu-
tiements. En 1963, A. Godin pouvait encore écrire à son propos
qu'il s'agissait d'un secteur peu exploré de la psychologie sociale
appliquée 4. Compte tenu des publications de plus en plus nom-
breuses concernant directement ou indirectement les problèmes
psychologiques posés aux prêtres, on peut dire que c'est aujour-
d'hui u n domaine « en voie de développement ».
Très proche de la psychologie religieuse, discipline déjà
ancienne qui a pour objet l'étude de la relation de l'homme au
sacré et, en particulier, la théorie des attitudes humaines à
l'égard de l'Autre Transcendant, c'est-à-dire à l'égard de Dieu, la
psychologie pastorale s'élabore progressivement comme discipline
particulière. Elle se donne pour tâche l'étude des relations multi-
formes qui, dans le cadre du ministère sacerdotal, relient le
prêtre ou le pasteur aux autres personnes, soit prises individuel-
lement (entretiens de conseil pastoral, direction de conscience),
soit prises en tant que collectivité (par exemple: rapports avec
la communauté paroissiale, avec l'institution ecclésiastique, avec
les groupes extérieurs religieux ou profanes, formels ou infor-
mels).
Un certain nombre d'ouvrages et une multitude d'articles
de revues, de caractère psychologique, psychosociologique, psy-
chopathologique ou psychanalytique, gravitent autour des pro-
blèmes de la pastorale. Ils touchent, par exemple, à des questions
générales telles que: étude de la croyance, caractérologie reli-
gieuse, typologie de la conversion, psychosociologie de l'appar-
tenance aux groupes religieux, psychologie de l'indifférence, de
l'incroyance ou de l'athéisme, psychologie et psychosociologie

4 Cf. A. Godin, La relation h u m a i n e dans le dialogue pastoral, Desclée


de Brouwer, Paris, 1963, p. 7.
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de la déchristianisation, psychologie génétique s'attachant à


l'étude de la f o r m a t i o n religieuse, de la crise religieuse, a n a l y s e
de certaines attitudes, telles q u e l'ascèse, l ' o b s e r v a n c e rituelle,
l a p r i è r e , les v œ u x , l ' o b é i s s a n c e r e l i g i e u s e , l ' e s p r i t d ' o r t h o d o x i e ,
l ' o u v e r t u r e e t l a f e r m e t u r e d e c o n s c i e n c e , le d o g m a t i s m e , les
p r é j u g é s r e l i g i e u x et a n t i r e l i g i e u x , l a p s y c h o l o g i e d e s s e c t e s e t d e s
sectaires, la psychologie des églises et des prêtres, la p s y c h o -
s o c i o l o g i e d e s a s s e m b l é e s e t d e s f o u l e s r e l i g i e u s e s , etc.
D'autres ouvrages, anglo-saxons, allemands, français, plus
spécialisés, a b o r d e n t ex professo des p r o b l è m e s p l u s p a r t i c u l i è -
rement pastoraux. Ils t r a i t e n t , par exemple, de caractérologie
pastorale, de l ' e n t r e t i e n e n t r e p r ê t r e et fidèle, d u d i a l o g u e e n t r e
p r ê t r e s et n o n - c h r é t i e n s , d e l a d i r e c t i o n d e c o n s c i e n c e , d e s r a p -
p o r t s e n t r e le p r é d i c a t e u r e t s o n a u d i t o i r e , e n t r e le c u r é e t ses
o u a i l l e s , e n t r e le m i l i t a n t e t s o n m i l i e u , d e s r e l a t i o n s h u m a i n e s
d a n s l'Eglise, d e l a p s y c h o l o g i e p a s t o r a l e d a n s le d o m a i n e s e x u e l
et f a m i l i a l , d e l ' a p p r o c h e p a s t o r a l e d e s p s y c h o p a t h e s , d e s h a n d i -
c a p é s o u d e s m a l a d e s , etc.
O n m e s u r e p a r ces q u e l q u e s i n d i c a t i o n s l ' a m p l e u r d u p r o -
g r a m m e . Toutefois, la question posée d e m e u r e entière: c o m m e n t
a r r a c h e r la psychologie pastorale à son a m b i g u ï t é congénitale?
Certains ont cru trouver u n e issue en situant la psychologie
pastorale au point de rencontre d'une double exigence: l'une,
s c i e n t i f i q u e , l ' a u t r e , r e l i g i e u s e . Ils l a i s s e n t a u p a s t e u r le s o i n d e
d é l i m i t e r , a v e c ses c r i t è r e s p r o p r e s , l e c h a m p d e l a r e c h e r c h e ,
e t a u p s y c h o l o g u e c e l u i d e f i x e r les m o d a l i t é s d e s i n v e s t i g a t i o n s
s c i e n t i f i q u e s . C e t t e r é p a r t i t i o n d e s rôles, e s t i m e - t - o n , d e v r a i t
dissiper toute équivoque. Notre psychologie ne serait pas « pas-
t o r a l e » p a r s a m é t h o d e (le « c o m m e n t »), m a i s s e u l e m e n t p a r
s o n o b j e t (le « p o u r q u o i »). D u c o u p s e t r o u v e r a i e n t g a r a n t i s à l a
fois s o n c a r a c t è r e s c i e n t i f i q u e e t s a f i n a l i t é r e l i g i e u s e . S o n d o -
m a i n e c o m p r e n d r a i t t o u s les c o m p o r t e m e n t s , r e l i g i e u x o u n o n ,
en relation directe o u indirecte avec le travail sacerdotal, c'est-à-
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dire la propagation de la foi par la parole (prédication ou entre-


tien) et l'application des moyens de sanctification par les rites
et les sacrements. Ses méthodes seraient celles-là mêmes qui
sont utilisées habituellement en psychologie profane, notamment
la méthode clinique pour étudier les cas, la méthode expéri-
mentale pour rechercher les corrélations et les lois, la méthode
différentielle pour saisir les « types » et pratiquer les mesures,
l'analyse d u champ pour comprendre les situations et les agis-
sements, la psychanalyse pour mettre à jour les obstacles incons-
cients, l'enquête psychosociale et le sondage pour connaître les
opinions, les attitudes et les comportements d'une population.
Elle relèverait p u r e m e n t et simplement de la psychologie sociale
en tant que branche particulière appliquée à la pastorale, à côté
de la psychologie industrielle, de la psychologie commerciale,
de la psychologie militaire, de la psychologie scolaire, qui sont
d'autres branches de la psychologie sociale appliquée.
Malgré son apparente simplicité cette conception de la psy-
chologie pastorale nous paraît appeler quelques réserves: 1° lais-
sant subsister l'incertitude concernant l'essence du ministère
pastoral, elle place le psychologue devant un objectif aux contours
imprécis et fuyants; 2° elle repose tout entière sur une disso-
ciation de la problématique et de la procédure, ce qui est aujour-
d'hui inacceptable. Dire qu'il appartient aux ecclésiastiques de
définir le domaine de la pastorale et aux psychologues de déter-
m i n e r la manière de l'étudier revient à laisser aux premiers le
soin de fixer l'objet et aux seconds celui de déterminer et
d'élaborer la méthode, distribution dichotomique qui est con-
traire à l'esprit des recherches actuelles. Il faut rejeter une telle
conception, car alors, ou bien la psychologie s'incline devant la
pastorale et elle se trouve réduite de fait à un rôle ancillaire,
fatal à son caractère scientifique (puisque les objectifs qui lui sont
assignés sont d'ordre surnaturel), ou bien, au contraire, c'est elle
qui triomphe et la pastorale se trouve dominée par elle et con-
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trainte de r a m e n e r ses buts au niveau d ' u n e entreprise de condi-


tionnement, ce qui aurait p o u r effet de sauvegarder le caractère
scientifique de la psychologie, mais de compromettre irrémédia-
blement l'intégrité de l'opération religieuse. Dans l'un et l'autre
cas, ce serait l'effondrement de l'idée m ê m e d ' u n e « psychologie
pastorale », c'est-à-dire d'une science appliquée portant sur les
activités et la situation des pasteurs.
En réalité, il faut sauvegarder à la fois la spécificité de la
science psychologique et la spécificité de l'action pastorale. Pas
plus qu'on ne peut attendre de la psychologie la définition d'une
pastorale, il est vain d'attendre d'une pastorale la formulation
d'une problématique psychologique. Les vues d u psychologue et
d u pasteur convergent sur le m ê m e objet, mais se situent à des
niveaux et sur des plans différents. Le psychologue en tant que
tel n'a point de prise sur le surnaturel. Il n ' e n atteint que les
effets empiriques. Les causes transcendantes lui d e m e u r e n t inac-
cessibles et la Grâce est pour lui indiscernable. S'il reconstitue
la vie religieuse des sujets et tente u n e explication de leur
conduite, il ne peut jamais préciser si la Grâce y est agissante ou
absente. Le pasteur, lui, jette sur les choses le regard pénétrant
de la foi. Il saisit des signes qui échappent aux psychologues
et sur la valeur desquels seuls les théologiens sont compétents.
Bref, la psychologie, science positive, ne peut se prononcer sur la
signification proprement religieuse des interactions pastorales.
Elle ne peut qu'observer, décrire, analyser et expliquer les atti-
tudes, pour autant qu'elles soient des faits, et en p r e n a n t préala-
blement la précaution de mettre entre parenthèses la question
de leur valeur éthique, métaphysique et théologique.
Il importe donc de se préserver d ' u n double danger: il faut
éviter, d'une part, de tomber dans le piège d ' u n « impérialisme
pastoral », funeste au caractère scientifique de la psychologie
pastorale; il importe, d'autre part, de se préserver de l'attitude
« psychologique », qui consisterait à tout attendre de la psycho-
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logie ou de la psychanalyse, et qui, ce faisant, ignorerait la


dimension surnaturelle de la pastorale et de la religion. L'in-
tention de la psychologie pastorale n'est pas d'opérer une réduc-
tion psychologique ou psychanalytique des attitudes et relations
pastorales, mais de révéler aux pasteurs les structures et les
aspects psychologiques des attitudes qu'ils prennent ou qu'ils
rencontrent dans le cadre de leurs activités sacerdotales.
Nous estimons cette tâche d'autant plus utile et nécessaire
qu'attentifs à l'objet de leur religion et aux objectifs de leur
apostolat, les pasteurs en oublient souvent les modalités con-
crètes et les conditions humaines. Le sacré tend à exercer sur eux
u n effet de mirage qui peut les rendre oublieux des voies psycho-
logiques concrètes d'accès jusqu'à lui, comme si la religion
pouvait faire fi du psychique et comme s'il suffisait d'être porteur
de sacrement ou interprète de la Révélation pour franchir d'em-
blée tous les obstacles, dissiper les résistances et trouver chez
son interlocuteur et dans son public une réceptivité totale. Est-il
besoin de souligner la naïveté d'une telle attente !
Certains théologiens, comme le calviniste Karl Barth, oppo-
sent une fin de non-recevoir au droit de regard de la psychologie
sur les phénomènes religieux et en particulier sur le christianisme.
Selon eux ce dernier est u n don de Dieu et non une « religion »
a u sens objectif du terme. La Révélation et la Grâce supprime-
raient la « religion » en tant que « corps institutionnalisé de
croyances, de rites et de fidèles ». Une telle « religion » serait
« naturelle », alors que la Révélation est surnaturelle. La psycho-
logie, lorsqu'elle se mêle de problèmes religieux et se met au
service de l'Eglise, se référerait inévitablement à la religion pour
autant qu'elle est h u m a i n e et non au surnaturel. La foi en
éliminant l ' h u m a i n écarterait donc la psychologie et se fixerait
sur Dieu seul et sur son aide, c'est-à-dire la Grâce. La foi serait
u n e « relation vécue avec Dieu » et ne se réduirait pas aux obscurs
tâtonnements de l ' h o m m e à la poursuite du divin, que pourrait
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décrire la psychologie religieuse et faciliter la psychologie pas-


torale.
Comme l'explique Antoine Vergote5, cette position très
particulière oublie tout simplement que le chrétien n'est pas
seulement interpellé p a r la Parole divine, mais qu'il va au-devant
d'elle avec toute son h u m a n i t é et son assentiment h u m a i n , et
c'est là que la psychologie pourrait intervenir. Ce n'est pas mé-
connaître la spécificité de la religion, le surnaturel de la foi et
le caractère propre des activités sacerdotales que de reconnaître la
dimension psychologique des démarches religieuses. Il est évident
qu'une perspective restreinte, exclusivement morale et théolo-
gique par exemple, ne saurait à elle seule rendre compte de la
structure extrêmement complexe des conduites pastorales et
religieuses. Une perspective psychologique, psychosociologique,
voire sociologique, est ici requise. Elle seule permet de surmonter
les limitations d'une optique unidimensionnelle, qui serait à coup
sûr facteur d'illusion et d'inadaptation. Pour être compris, le
comportement des fidèles et des prêtres doit donc être replacé
dans ses cadres psychologiques, sociaux et culturels, car il engage
la « totalité » de l ' h o m m e et s'insère dans la « totalité » du social.
Un apostolat réfléchi ne peut donc pas se passer de l'apport
complémentaire des disciplines psychologique, sociologique et
anthropologique. C'est dans une perspective globale du com-
portement humain, où se rencontrent théologiens, moralistes,
psychologues et sociologues, qu'il faut situer les conduites reli-
gieuses et pastorales si l'on veut les comprendre et les assumer
intégralement. En conclusion, le prêtre soucieux de son équilibre
personnel et de l'efficacité de son ministère ne doit pas mépriser
les moyens nouveaux que la science lui offre. Ainsi que l'écrivait
le cardinal Tisserant: « Ce n'est pas parce que les développements
récents des sciences psychologiques et sociales mettent le prêtre

1 Cf. A. Vergote, Psychologie religieuse, Dessart, Bruxelles, 1966, p. 24.


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e n p r é s e n c e d e s c h o s e s a u x q u e l l e s il n ' e s t p a s h a b i t u é , q u ' i l d o i t
se c r o i r e e n d r o i t d e les n é g l i g e r 6 ». M a i s q u e l l e s s o n t ces c h o s e s ?
Q u e l est a c t u e l l e m e n t l ' a p p o r t c o n c r e t d e l a p s y c h o l o g i e à la
pastorale?

6 Cardinal Tisserant, « préface » au livre de A. Curran, Counseling


in Catholic Life and Education, Macmillan C', New York, 1952.
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CHAPITRE PREMIER

DEMYSTIFIER LA PASTORALE

1. UN ETAT D'ESPRIT ET N O N DES RECETTES

Il n'est pas possible de dresser actuellement un inventaire


complet des apports de la psychologie moderne au ministère
pastoral. Il est seulement possible d'en indiquer les tendances
et d'en extraire des échantillons.
Beaucoup de prêtres, notamment dans le jeune clergé, s'illu-
sionnent sur les possibilités offertes par la psychologie contem-
poraine dans le domaine des activités pastorales.
Le Prof. J. Nuttin, de l'Université de Louvain, se montre très
réservé \ Il n'attend pas de la psychologie « dans un avenir
prochain », écrivait-il en 1953, une contribution considérable
sur le plan de l'action pastorale, pour différentes raisons, en
particulier parce que, selon lui, la psychologie actuelle, notam-
ment la psychologie profonde, qu'il connaît bien 2, s'inspire d'une
conception de l'homme qui n'est pas chrétienne et utilise des
méthodes liées à des postulats théoriques inacceptables et donc

1 Cf. J. Nuttin, « La psychologie et le prêtre », dans Psychologie et


pastorale, op. cit., pp. 20-21.
Il Cf. J. Nuttin, Psychanalyse et conception spiritualiste de l'homme,
Publications Universitaires de Louvain, Louvain, 1951.
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d ' u n e u t i l i s a t i o n difficile e n p a s t o r a l e . S e l o n lui, il n e f a u d r a i t p a s


s ' e m p r e s s e r de p r o f i t e r e n p a s t o r a l e d e ce q u i s'est fait s u r le
p l a n profane. La simple transposition e n religion des m é t h o d e s
d e c o n d i t i o n n e m e n t p s y c h o l o g i q u e o u d e m a n i p u l a t i o n des
m a s s e s , u t i l i s é e s d a n s les p r o p a g a n d e s p o l i t i q u e s o u d a n s la
p u b l i c i t é , d e v r a i t ê t r e e x c l u e . U n e p é r i o d e de t â t o n n e m e n t ,
d ' e s s a i s e t d e r e c h e r c h e s s e r a i t i n é v i t a b l e . Il n e s u f f i r a i t p a s a u x
p a s t e u r s d ' ê t r e i n t e l l i g e n t s , b i e n i n t e n t i o n n é s , et d e lire des
o u v r a g e s d e p s y c h o l o g i e s o c i a l e s u r la p u b l i c i t é , l a p r o p a g a n d e ,
l a d y n a m i q u e d e g r o u p e o u les r e l a t i o n s h u m a i n e s , p o u r ê t r e
sûr de déboucher sur u n e pastorale rénovée, fécondée par l'apport
d e l a p s y c h o l o g i e . R i e n n e s e r a i t p l u s d a n g e r e u x q u ' u n e telle
attitude.
La f o r m a t i o n psychologique des prêtres, r a p p e l l e le Prof.
N u t t i n d a n s le m ê m e a r t i c l e , p r é s e n t e d e s l a c u n e s d o n t ils s o n t o u
d e v r a i e n t être e u x - m ê m e s conscients. L'étude positive de la con-
d u i t e h u m a i n e n ' o c c u p e d a n s les p r o g r a m m e s d e s séminaires
q u ' u n e p l a c e m i n i m e . C ' e s t p o u r q u o i il c o n j u r e les prêtres de
f a i r e p r e u v e d ' u n e e x t r ê m e p r u d e n c e , d e se m é f i e r , e n p a r t i c u l i e r ,
d e l ' a m a t e u r i s m e et d e c o m m e n c e r p a r r e m é d i e r a u m a n q u e d e
connaissances et de f o r m a t i o n psychologiques p a r la lecture
d ' o u v r a g e s o u d ' a r t i c l e s s é r i e u x , c o n s a c r é s a u x p r o b l è m e s d e la
p e r s o n n a l i t é e t des r e l a t i o n s h u m a i n e s e n g é n é r a l , é c r i t s d a n s
u n e o p t i q u e s c i e n t i f i q u e . A p r è s q u o i il l e u r f a u d r a i t s ' i m p o s e r ,
p e r s o n n e l l e m e n t o u e n é q u i p e , u n e f f o r t d e r é f l e x i o n p o u r assi-
m i l e r ces l e c t u r e s et i n t é g r e r les d o n n é e s s c i e n t i f i q u e s n o u v e l -
l e m e n t a c q u i s e s à l e u r s a c t i v i t é s p a s t o r a l e s c o n c r è t e s . C ' e s t alors,
m a i s a l o r s s e u l e m e n t , q u ' i l l e u r s e r a i t b o n d e c o n s u l t e r des
t r a v a u x consacrés ex professo à des questions de psychologie
p a s t o r a l e . T o u t e f o i s , e n a u c u n cas, ils n ' a t t e n d r o n t d e ces p u b l i -
c a t i o n s des s o l u t i o n s o u d e s r e c e t t e s t o u t e s faites, a p p l i c a b l e s
m é c a n i q u e m e n t et sans discernement à leurs propres problèmes
d ' a p o s t o l a t . D e s m é t h o d e s e x c e l l e n t e s p o u r c e r t a i n s p a s t e u r s et
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d a n s d e s s i t u a t i o n s d é t e r m i n é e s p e u v e n t , e n effet, n e p a s c o n -
v e n i r à d ' a u t r e s o u se r é v é l e r i n o p é r a n t e s d a n s des c i r c o n s t a n c e s
d i f f é r e n t e s . Il i m p o r t e t o u j o u r s d e t e n i r c o m p t e d e s p e r s o n n a l i t é s
e n j e u et d u c a d r e o ù s e n o u e n t les r e l a t i o n s p a s t o r a l e s .
Ainsi l'apport de la psychologie à la p a s t o r a l e consisterait
p l u s e n u n c e r t a i n é t a t d ' e s p r i t d a n s l ' a p p r o c h e d e s p e r s o n n e s et
des groupes q u ' e n u n e p a n o p l i e de recettes o u de p r o c é d é s à
l ' u s a g e d u clergé. L a p s y c h o l o g i e c o m m e n c e r a i t p a r d é m y s t i f i e r
e t p u r i f i e r les a t t i t u d e s e t les r e p r é s e n t a t i o n s d e s p a s t e u r s e t
ensuite, ensuite seulement, elle leur offrirait des m é t h o d e s et des
outils p o u r m e n e r à b i e n l e u r ministère.

2. LE MYTHE DE « L'HOMME UNIVERSEL »

Le psychologue n ' a pas à porter u n j u g e m e n t de valeur


sur le contenu ou les formes de la pastorale, mais il peut obliger
les pasteurs à se défaire de représentations simplistes et de vieux
schèmes liés à u n e psychologie désuète. Les découvertes scien-
tifiques récentes ont eu pour résultat de nous faire voir l'activité
psychique de l ' h o m m e sous u n jour nouveau. Il n'est plus possible
aujourd'hui de s'en tenir aux données du sens commun. Bon
nombre d'observations traditionnelles conservent peut-être leur
valeur, mais à la condition d'être intégrées dans u n e structure qui
tienne compte de toutes les dimensions humaines.
Beaucoup de prêtres sont gênés dans leurs activités pastorales
par le mythe d'une « nature h u m a i n e universelle ». Ils sont
enclins à identifier tous les hommes, quels que soient leur âge,
leur race ou leur groupe d'appartenance socio-économique. Ils
traitent de la m ê m e façon les enfants, les adultes, les Arabes,
les Français, les ouvriers, les bourgeois. Ils interprètent toutes
les conduites d'après u n modèle psychologique unique, em-
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prunté aux préjugés ambiants. Ils n'hésitent pas à reconstituer


de chic les pensées, les mobiles et les actes d'autrui sur la base
de leur propre expérience ou de celle du « sens commun ».
Devant u n enfant, un adolescent, u n adulte, u n vieillard, devant
u n h o m m e ou une femme, devant u n Français ou u n étranger,
devant u n ouvrier ou un employeur, ils se comportent comme un
mauvais archéologue qui, ramassant avec le plus grand soin
quelques vieilles pierres, reconstitue u n édifice à partir de con-
naissances stéréotypées et élémentaires de l'architecture du passé.
Ils prêtent aux autres u n e mentalité, des croyances, des idées
et des attitudes, mais sont-ils sûrs qu'elles soient vraiment les
leurs et qu'ils ne projettent pas tout simplement sur eux celles
qu'ils auraient eues s'ils s'étaient trouvés à leur place? Ils s'ima-
ginent puiser au vieux fonds d'une psychologie « universelle »
les éléments de la reconstitution qu'ils effectuent, et ils ne se
doutent pas qu'une telle psychologie n'est qu'un mythe hérité
de conceptions essentialistes aujourd'hui contestées.
Il n'y a pas si longtemps se tenait à Paris une exposition de
photographies venues des Etats-Unis, se proposant de montrer
l'universalité des gestes humains, l'identité de certains compor-
tements fondamentaux dans tous les pays du monde. Sous l'infinie
variation des tailles, des peaux, des crânes, des usages, l'homme
naîtrait, travaillerait, rirait et mourrait partout de la même façon.
Ces similitudes profondes, repoussant au second plan les parti-
cularités formelles et les diversités ethniques, suggéreraient l'exis-
tence d'une nature h u m a i n e constamment identique à elle-même
et renforceraient l'hypothèse d'une matrice commune et d'une
création divine. Les marxistes s'empressèrent de contester le
principe même d'une telle exposition. Selon eux, le mythe de la
condition h u m a i n e universelle reposerait, comme l'explique
Roland Barthes 3, sur une vieille mystification, qui consiste à

3 Voir R. Barthes, Mythologies, éd. du Seuil, Paris, 1957, pp. 195-198.


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toujours placer la n a t u r e h u m a i n e a u fond de l'histoire, alors


q u ' e l l e est e l l e - m ê m e h i s t o r i q u e . T o u t l ' h u m a n i s m e c l a s s i q u e
p o s t u l e q u ' e n g r a t t a n t u n p e u les d i v e r s i t é s s u p e r f i c i e l l e s q u i
résultent de l'histoire, o n arrive très vite a u tuf p r o f o n d d ' u n e
essence h u m a i n e universelle. L'humanisme progressiste s'ingé-
nierait, au contraire, à d é m y s t i f i e r les n a t u r e s , à e n n i e r les
l i m i t a t i o n s e t les « lois », p r i n c i p e s d ' a l i é n a t i o n .
C e r t e s , l a n a i s s a n c e , l a m o r t , le rire, les j e u x , le t r a v a i l
sont des faits de n a t u r e , des faits universels, m a i s tout u n i v e r s e l s
q u ' i l s s o i e n t , ils n ' e n d e m e u r e n t p a s m o i n s , d a n s l e u r c o n t e x t e ,
d a n s l e u r s m o d e s , d a n s l e u r s i g n i f i c a t i o n et l e u r s m o b i l e s , p a r f a i -
tement historiques. En m i n i m i s a n t l'importance des différences
e t h n i q u e s e t c u l t u r e l l e s et e n i n s i s t a n t , d a n s u n d e s s e i n s p i r i t u a -
liste, s u r le t h è m e d e « l a g r a n d e f a m i l l e h u m a i n e », u n e t e l l e
exposition escamote la condition historique des h o m m e s et son
s u c c è s l u i v i e n t p e u t - ê t r e d e ce q u ' e l l e c o n t r i b u e a i n s i à r a s s u r e r
les g e n s n a n t i s , e n l e u r d o n n a n t b o n n e c o n s c i e n c e d e v a n t les
réalités q u o t i d i e n n e s d u tiers m o n d e .
A u t a n t q u e l'anthropologie, la psychologie clinique et la
psychologie sociale ont souligné, c h a c u n e à leur m a n i è r e , m a i s
a v e c u n e é g a l e v i g u e u r , l ' e x t r ê m e d i v e r s i t é d e s h o m m e s . Elles
o n t r é s o l u m e n t é c a r t é d e l e u r c h a m p r e s p e c t i f le c o n c e p t d e
n a t u r e h u m a i n e , q u i d o n n e r a i t l e c h a n g e et d é t o u r n e r a i t l a v u e
des particularités individuelles, sociales ou ethniques.
Attachés de par leur formation philosophique à l'idée d'une
n a t u r e h u m a i n e u n i v e r s e l l e , b e a u c o u p d e p r ê t r e s n é g l i g e n t les
e n s e i g n e m e n t s scientifiques sur la diversité h u m a i n e et c o n t i n u e n t
d e r e c o n s t i t u e r e t d ' i n t e r p r é t e r les c o n d u i t e s d e s a u t r e s , c o n f o r -
m é m e n t a u x d o n n é e s pré-scientifiques d u sens c o m m u n , e n se
r é f é r a n t à u n m o d è l e u n i q u e . Ils n e v o i e n t p a s q u ' e n p r o c é d a n t
a i n s i ils i d e n t i f i e n t a u t r u i à u n e c e r t a i n e i m a g e q u ' i l s p o r t e n t e n
e u x e t q u i n e c o r r e s p o n d a u c u n e m e n t à l a r é a l i t é . Ils p r ê t e n t
a u x a u t r e s u n c e r v e a u q u i les e m p ê c h e e n s u i t e e u x - m ê m e s d e les
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v o i r tels q u ' i l s sont. Ils les a f f u b l e n t d ' u n m a s q u e q u i r e c o u v r e


e t c a c h e l e u r s t r a i t s v é r i t a b l e s . Ils les f o n t e n t r e r d e f o r c e d a n s
u n e p s y c h o l o g i e o b j e c t i v e q u i les t r a n s f o r m e e n « o b j e t s » et
e m p ê c h e d e les v o i r s o u s l e u r j o u r réel, c ' e s t - à - d i r e c o m m e d e s
« s u j e t s », c o m m e d e s « p e r s o n n e s ». O b j e c t i v é s , les h o m m e s s o n t
d é c r i t s , d o m i n é s , m a n i p u l é s . O n p e u t les c o n f r o n t e r a v e c des
c a t é g o r i e s p r é f a b r i q u é e s , les « c l a s s e r », les c a r a c t é r i s e r à l a
m a n i è r e d u g r a p h o l o g u e o u d u p s y c h o t e c h n i c i e n . Ils c e s s e n t
a l o r s d ' ê t r e « i n q u i é t a n t s ». O n p e u t d i r e ce q u ' i l s s o n t : ils s o n t
v a n t a r d s , égoïstes, r u s é s , c o l é r e u x , o u b i e n m o d e s t e s , d é v o u é s ,
f r a n c s et m a î t r e s d ' e u x - m ê m e s ; ils s o n t m i l i t a n t s , dévots, p r a -
tiquants, sympathisants, o u b i e n indifférents, incroyants, oppo-
s a n t s o u a t h é e s , etc.
A i n s i les a u t r e s n ' e x i s t e n t p l u s q u e p a r les c a r a c t è r e s q u ' o n
l e u r a c c o r d e . O n se b o r n e à g r e f f e r s u r l e u r n a t u r e u n i v e r s e l l e
q u e l q u e s t r a i t s t y p i q u e s p r o p r e s à d é f i n i r n o s a t t e n t e s les c o n -
cernant, o u à n o u s d o n n e r des prises p r o b a b l e s sur eux. Ainsi
r e c o n s t r u i t s , les a u t r e s n e s o n t p l u s q u e d e s f a n t a s m e s . Ils s o n t
v i d é s d e t o u t e s u b j e c t i v i t é , d e t o u t e l i b e r t é et d e t o u t d r a m e
i n t é r i e u r . Il n e s u b s i s t e d ' e u x q u ' u n e i m a g e f a l l a c i e u s e m a s q u a n t
l e u r p a l p i t a n t e réalité.
En écartant l'utilisation abusive d u concept de nature
h u m a i n e universelle, c h e r a u clergé d e p a r sa f o r m a t i o n philo-
s o p h i q u e , e n é c a r t a n t d u m ê m e c o u p les r e p r é s e n t a t i o n s o b j e c -
t i v é e s et s t é r é o t y p é e s d ' a u t r u i , q u i e n d é r i v e n t p r e s q u e n é c e s s a i -
r e m e n t , l a p s y c h o l o g i e p o s i t i v e d é m y s t i f i e les p a s t e u r s et j e t t e
les b a s e s d e r e l a t i o n s s a c e r d o t a l e s p l u s a u t h e n t i q u e s .
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4. Les procédés 234


5. Publicité et psychanalyse 241

II. Pastorale et publicité 245


1. Pour ou contre la publicité 245
2. La publicité, c'est avant tout une technique . . 247
3. Une pastorale de la publicité 248
4. La publicité au service des grandes causes . . 250
5. L'Eglise et la publicité 251
6. L'Eglise ne peut se permettre n'importe quel
« truc » publicitaire 254
7. La publicité religieuse a été longtemps médiocre 256
8. L'affiche religieuse 258
9. Les slogans 261
10. Les brochures remplacent les médailles et les
images pieuses 263
11. L'art de collecter les fonds 264
12. Les scrupules des pasteurs 267
13. Du bon usage de la publicité 269

CONCLUSION 271
BIBLIOGRAPHIE 274
INDEX ALPHABETIQUE DES AUTEURS 276
INDEX ANALYTIQUE . . . . . . . . . . . . . 278

NO 9206 — Imprimé en Belgique par DESCLÉE & Cie, EDITEURS, S. A., Tournai — 10.959
D — 1969 — 0002 — 5
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