Chapitre I Risque Chimique-Converti
Chapitre I Risque Chimique-Converti
Introduction
Quel que soit le secteur d’activité, les produits chimiques sont omniprésents sur les lieux de
travail. Si l’on ne prend pas conscience de l’impact que peut avoir le risque chimique sur
l’Homme, les installations ou même sur l’environnement, il peut y avoir de lourdes
répercutions.
Les produits chimiques sont divers et variés. En fonction de leurs natures, ils peuvent s’avérer
dangereux pour la santé de l’Homme. Mal utilisés, sans précautions élémentaires ou spéciales,
un grand nombre de produits chimiques peuvent devenir dangereux et sont à l’origine
d’accidents et de maladies. Rejetés dans la nature sans précautions ni traitement, ils polluent
l’environnement et rompe l’équilibre naturel indispensable au développement de la vie sur
terre, dans l’eau et dans l’air.
Les risques chimiques sont susceptibles d’être réduits voire même supprimés, moyennant
quelques précautions et la mise en place de mesures préventives adaptées.
Il existe différentes voies de pénétration pour l’organisme : les voies respiratoires, cutanées
ou digestives. Leurs effets peuvent être immédiats (intoxication aigüe) ou différés
(intoxication chronique). Outre le risque de toxicité pour l’Homme, un mauvais mélange peut
entrainer d’autres risques pour une installation : incendie, explosion, corrosion, surpression,
etc. Il ne faut pas oublier le risque environnemental (rejets liquide, solide ou gazeux).
La réglementation et les textes de loi bornant le risque chimique sont principalement dus à
plusieurs accidents (SEVESO en Italie, BHOPAL en Inde, AZF en France). L’objectif de
l’Union Européenne et de la France au travers ces différents textes est d’empêcher que de
telles catastrophes ne se reproduisent.
Afin de mettre en place les mesures de prévention pour pouvoir effectuer en toute sécurité les
différentes phases des processus industriels, il est indispensable de bien connaître les
paramètres qui les caractérisent qui sont les suivants :
1. Les produits chimiques présents, même à titre de traces et notamment les produits
dangereux,
2. Les processus et mécanismes réactionnels qui sont mis en œuvre, y compris les
réactions secondaires,
3. Les installations et leurs équipements qui permettent d’effectuer les différentes
opérations nécessaires à la production envisagée.
Une bonne connaissance de ces paramètres doit procéder de préférence le choix des produits à
utiliser, des modes opératoires et des installations nécessaires à la production (intégrer la
prévention dès la conception), et pour des installations existantes, la connaissance et la
détermination de ces paramètres peuvent être faites ultérieurement lors du fonctionnement des
installations afin de supprimer les risques existants.
a) Explosibles
Substances et préparations solides, liquides, pâteuse ou gélatineuse
qui, même sans intervention d’oxygène atmosphérique, peuvent
présenter une réaction exothermique avec développement rapide de
gaz et qui, dans des conditions d’essais déterminées, détonent ;
déflagrent rapidement ou, sous l’effet de la chaleur, explosent en cas
de confinement partiel.
b) Comburantes
Substances et préparations qui, en contact d’autres substances,
notamment inflammables, présentent une réaction fortement
exothermiques.
c) Extrêmement inflammables
Substances et préparations liquides dont le point d’éclair est
extrêmement bas et le point d’ébullition bas, ainsi que les substances
et préparations gazeuses qui, à température et pression ambiante, sont
inflammables à l’air.
d) Facilement inflammable
Substances et préparations :
• Qui peuvent s’échauffer au point de s’enflammer à l’air à
température ambiante sans apport d’énergie ;
• A l’état solide, qui peuvent s’enflammer facilement par une
brève action d’une source d’inflammation et continuer à
brûler ou à se consumer après éloignement de cette source ;
• A l’état liquide, dont le point d’éclair est très bas ;
Ou qui, au contact de l’eau ou de l’air humide, produisent des gaz
extrêmement inflammables en quantité dangereuse.
e) Inflammables
Substances et préparations liquides, dont le point d’éclair est bas.
f) Très toxiques
Substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée en très petites quantités, entraînent la mort ou des
risques aigus ou chroniques.
g) Toxiques
Substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée en petites quantités, entraînent la mort ou des
risques aigus ou chroniques.
h) Nocives
Substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée, peuvent entraîner la mort ou des risques aigus ou
chroniques.
i) Corrosives
Substances et préparations qui, en contact avec des tissus vivants,
peuvent exercer une action destructive sur ces derniers.
j) Irritantes
Substances et préparations non corrosives qui, par contact immédiat,
prolongé ou répété avec la peau ou les muqueuses, peuvent provoquer
une réaction inflammatoire.
k) Sensibilisantes
Substances et préparations qui, par inhalation ou pénétration cutanée,
peuvent donner lieu à une réaction d’hypersensibilité telle qu’une
exposition ultérieure à la substance ou à la préparation produit des
effets indésirables caractéristiques.
l) Cancérogènes
Substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée, peuvent produire le cancer ou en augmenter la
fréquence.
m) Mutagènes
Substances et préparations qui, par inhalation, ingestion ou
pénétration cutanée, peuvent produire des défauts génétiques
héréditaires ou en augmenter la fréquence.
n) Décret n°94-181 du 1er mars 1994, article 1-1°
« Toxiques pour la reproduction » : substances et préparations qui,
par inhalation, ingestion ou pénétration cutanée, peuvent produire ou
augmenter la fréquence d’effets indésirables non héréditaires dans la
progéniture ou porter atteinte aux fonctions ou capacités productives.
a) Décret n°94-181 du 1er mars 1994, article 1-1°
« Dangereuses pour l’environnement » : substances et, si elles
entraient dans l’environnement présenteraient ou pourraient présenter
un risque immédiat ou différé pour une ou plusieurs de ses
composantes.
Les chefs d’entreprises sont confrontés à une réglementation complexe et évolutive. La base
de cette réglementation est l’article L.231-6 du code su travail qui stipule :
Cet article montre que l’étiquetage incombe au premier chef, aux distributeurs de produits
chimiques.
Par contre, l’utilisateur qui reçoit un produit mal ou non étiqueté ne peut le mettre en œuvre
avant de l’avoir correctement étiqueté.
TRES INFLAMMABLE
Risques principaux
NOCIF PAR INHALATION
Choisis parmi les phrases
Conserver à l’écart de toute source d’ignition
du type R
Ne pas fumer
Conseils de prudence Eviter le contact avec la peau et les yeux
Choisis parmi les phrases Ne pas jeter les résidus à l’égout
du type S
Les phrases de risques correspondant à la nature du produit doivent figurer sur l’étiquette
selon les références R rappelées sur la liste qui suit.
Ces informations sont complétées par des conseils de prudence de référence S, tirés de la liste
ci-après.
Les phrases de risques et les conseils de prudence portés sur l’étiquette
Phrases de risques
R1 Explosif à l’état sec
R2 Risque d’explosion par le choc, la friction, le feu ou autres sources d’ignition
R3 Grand risque d’explosion par le choc, la friction, le feu ou autres sources d’ignition
R4 Forme de composés métalliques explosifs très sensibles
R5 Danger d ‘explosion sous l’action de la chaleur
R6 Danger d’explosion en contact ou sans contact avec l’air
R7 Peut provoquer un incendie
R8 Favorise l’inflammation des matières combustibles
R9 Peut exploser en mélange avec des matières combustibles
R10 Inflammable
R11 Très inflammable
R12 Extrêmement inflammable
R13 Gaz liquéfié extrêmement inflammable
R14 Régit violement au contact de l’eau
R15 Au contact de l’eau, dégage des gaz très inflammables
R16 Peut exploser en mélange avec des substances comburantes
R17 Spontanément inflammable à l’air
R18 Lors de l’utilisation formation possible de mélange vapeur/ air inflammable / explosif
R19 Peut former des peroxydes explosifs
R20 Nocif par inhalation
R21 Nocif par contact avec la peau
R22 Nocif en cas d’ingestion
R23 Toxique par inhalation
R24 Toxique par contact avec la peau
R25 Toxique en cas d’ingestion
R26 Très toxique par inhalation
R27 Très toxique par contact avec la peau
R28 Très toxiques en cas d’ingestion
R29 Au contact de l’eau, dégage des gaz toxiques
R30 Peut devenir très inflammable pendant l’utilisation
R31 Au contact d’un acide, dégage un gaz toxique
R32 Au contact d’un acide, dégage un gaz très toxique
R33 Danger d’effets cumulatifs
R34 Provoque des brûlures
R35 Provoque de graves brûlures
R36 Irritant pour les yeux
R37 Irritant pour les voies respiratoires
R38 Irritant pour la peau
R39 Danger d’effets irréversibles très graves
R40 Possibilité d’effets irréversibles
R41 Risque de lésion oculaire grave
R42 Peut entraîner une sensibilisation par inhalation
R43 Peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau
R44 Risque d’explosion si chauffé en ambiance confinée
R45 Peut cause le cancer
R46 Peut causer des altérations génériques héréditaires
R47 Peut causer des malformations congénitales
R48 Risque d’effet grave pour la santé en cas d’exposition prolongée
R14/15 Réagit violement au contact de l’eau en dégageant des gaz très inflammables
R15/29 Au contact de l’eau dégage de gaz toxiques et très inflammables
R20/21 Nocif par inhalation et par contact avec la peau
R21/22 Nocif par contact avec la peau et par ingestion
R20/22 Nocif par inhalation et ingestion
R20/21/22 Nocif par inhalation, contact avec la peau et par ingestion
R23/24 Toxique par inhalation et par contact avec la peau
R24/25 Toxique par contact avec la peau et par ingestion
R23/25 Toxique par inhalation et ingestion
R23/24/25 Toxique par inhalation, contact avec la peau et par ingestion
R26/27 Très toxique par inhalation et par contact avec la peau
R27/28 Très toxique par contact avec la peau et par ingestion
R26/28 Très toxique par ingestion et ingestion
R26/27/28 Très toxique par inhalation, contact avec la peau et par ingestion
R36/37 Irritant pour les yeux et les voies respiratoires
R37/38 Irritant pour les voies respiratoires et la peau
R36/38 Irritant pour les yeux et la peau
Ces informations sont complétées par des conseils de prudence de référence S tirés de la liste
ci-après.
Conseils de prudence
S1 Conserver sous clé
S2 Conserver hors de la portée des enfants
S3 Conserver dans un endroit frais
S4 Conserver à l’écart de tout local d’habitation
S5 Conserver sous….. (liquide approprié à spécifier par le fabricant
S6 Conserver sous …..(gaz inerte à spécifier par le fabricant)
S7 Conserver le récipient bien fermé
S8 Conserver le récipient à l’abri de l’humidité
S9 Conserver le produit dans un endroit bien ventilé
S12 Ne pas fermer hermétiquement le récipient
S13 Conserver à l’écart des aliments et boissons y compris ceux pour animaux
S14 Conserver à l’écart de … (matières incompatibles à indiquer par le fabricant)
S15 Conserver à l’écart de la chaleur
S16 Conserver à l’écart de toute source d’ignition. Ne pas fumer
S17 Tenir à l’écart des matières combustibles
S18 Manipuler et ouvrir le récipient avec prudence
S20 Ne pas manger et ne pas boire pendant l’utilisation
S21 Ne pas fumer pendant l’utilisation
S22 Ne pas respirer les poussières
S23 Ne pas respirer les gaz, vapeurs, fumées, aérosols (termes appropriés à indiquer par le
fabricant)
S24 Eviter le contact avec la peau
S25 Eviter le contact avec les yeux
S26 En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement avec de l’eau et consulter un
spécialiste
S27 Enlever immédiatement tout vêtement souillé ou éclaboussé
S28 Après contact avec la peau, se laver immédiatement et abondamment avec …
(produits appropriés à indiquer par le fabricant)
S29 Ne pas jeter les résidus à l’égout
S30 Ne jamais verser de l’eau dans ce produit
S33 Eviter l’accumulation de charges électrostatiques
S34 Eviter le choc et le frottement
S35 Ne se débarrasser de ce produit et de son récipient qu’en prenant toute précaution
d’usage
S36 Porter un vêtement de protection approprié
S37 Porter des gants appropriés
S38 En cas de ventilation insuffisante, porter un appareil respiratoire approprié
S39 Porter un appareil de protection des yeux /du visage
S40 Pour nettoyer le sol ou les objets souillés par ce produit, utiliser …..(à préciser par le
fabricant)
S41 En cas d’incendie et/d’explosion ne pas respirer les fumées
S42 Pendant les fumigations/pulvérisations porter un appareil respiratoire approprié
(terme(s) approprié(s) à indiquer par le fabricant)
S43 En cas d’incendie utiliser … (moyens d’extinction à préciser par le fabricant. Si l’eau
augmente les risques ajouter : « ne jamais utiliser de l’eau »)
S44 En cas de malaise consulter un médecin (si possible lui montrer l’étiquette)
S45 En cas d’accident ou de malaise, consulter immédiatement un médecin (si possible lui
montrer l’étiquette)
S46 En cas d’ingestion consulter immédiatement un médecin et lui montrer l’emballage ou
l’étiquette
S47 Conserver à une température ne dépassant pas …°C (à préciser par le fabricant)
S48 Maintenir humique avec … (moyens appropriés à préciser par le fabricant)
S49 Conserver uniquement dans le récipient d’origine
S50 Ne pas mélanger avec … (à spécifier par le fabricant)
S51 Utiliser seulement dans les zones bien ventilées
S52 Ne pas utiliser sur de grandes surfaces dans les locaux habités
S53 Eviter l’exposition, se procurer des instructions spéciales avant l’utilisation
S1/2 Conserver sous clé et hors de la portée des enfants
S3/9 Conserver dans un endroit frais et bien ventilé
S7/9 Conserver le récipient bien fermé dans un endroit bien ventilé
S3/7/9 Conserver le récipient bien fermé dans un endroit frais bien ventilé
S7/8 Conserver le récipient bien fermé à l’abri de l’humidité
S20/21 Ne pas manger, ne pas boire et ne pas fumer pendant l’utilisation
S24/25 Eviter le contact avec la peau et les yeux
S36/37 Porter un vêtement de protection et des gans appropriés
S36/39 Porter un vêtement de protection approprié et un appareil de protection des yeux/du
visage
S37/39 Porter des gans appropriés et un appareil de protection des yeux/du visage
S36/37/39 Porter un vêtement de protection approprié ; des gans et un appareil de protection
des yeux/ du visage
S3/14 Conserver dans un endroit frais à l’écart des… (matières incompatibles à indiquer par
le fabricant)
S3/9/14 Conserver dans un endroit frais et bien ventilé à l’écart des… (matières incompatibles
à indiquer par le fabricant)
S3/9/49 Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais et bien ventilé
S3/9/14/49 Conserver uniquement dans le récipient d’origine dans un endroit frais et bien ventilé
à l’écart de … (matières incompatibles à indiquer par le fabricant)
L’étiquetage d’un produit est obligatoire et indispensable, mais cette mesure bien que très
utile ne suffit pas pour assurer le niveau de sécurité nécessaire pour le stockage, l’utilisation et
l’élimination des résidus de produits dangereux.
La délivrance d’une fiche de données de sécurité à la livraison d’un produit dangereux est
une obligation légale imposée aux fournisseurs.
Elle porte connaissance des utilisateurs les renseignements nécessaires à la prévention des
risques pour la sécurité de transport, de stockage, d’utilisation et d’élimination des résidus du
produit après emploi, pour la protection de l’environnement.
Aucun produit dangereux ne doit être approvisionné et a fortiori employé quand la fiche des
données de sécurité est inexistante.
La fiche des données de sécurité doit être diffusée et commentée au personnel concerné
avant le début des travaux nécessitant l’emploi d’un produit dangereux.
Il est recommandé de l’afficher sur les lieux de stockage du produit et a u poste de travail où
il est fait usage du produit.
La fiche des données de sécurité ne suffit cependant pas à elle seule, elle doit être
accompagnée d’une consigne de sécurité spécifique aux conditions d’emploi et d’une gamme
opératoire précisant la procédure à suivre.
Les informations qui figurent sur la fiche des données de sécurité sont regroupées en 16
rubriques :
5. INFLAMMATION ET EXPLOSION
5.1 Point d’éclair en coupe fermé : …...°C selon norme :
5.2 Température d’auto-inflammation : …°C selon norme :
5.3 Dangers particuliers d’incendie ou d’explosion :
5.4 Moyens d’extinction :
-Recommandés :
-Contre-indiqués :
5.5 Mesures particulières de protection dans la lutte contre l’incendie :
5.6 Autres recommandations :
6. RENSEIGNEMENTS TOXICOLOGIQUES
9. INDICATIONS PARTICULIERES
Fournisseur :……………………………………………………………………………………………………………………………
Composants : ………………………………………………………………………………………………………………………….
Risques :……………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Conseils de prudence:……………………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………
Utilisation Atelier :
Poste de travail
Mode opératoire risques Mesures de prévention
Les produits chimiques présentent des dangers pour les personnes, les installations ou
l'environnement : intoxications aiguës, asphyxie, incendie, explosion, pollution… Ils peuvent
aussi provoquer des effets plus insidieux, après des années d’exposition du travailleur à de
faibles doses, voire plusieurs années après la fin de l’exposition. Ces dangers immédiats et
différés doivent être pris en compte dans le cadre d’une même démarche de prévention des
risques chimiques.
La nature des effets des produits chimiques sur la santé dépend de plusieurs paramètres :
Les pathologies dues à des produits chimiques peuvent apparaître plusieurs mois ou plusieurs
années après l’exposition. Dans le cas des cancers professionnels, ils peuvent apparaître 10,
20, voire 40 ans après l’exposition.
Risques d’incendie et d’explosion
Les produits chimiques peuvent jouer un rôle dans le déclenchement d’un incendie par leur
présence dans l’air ambiant ou en cas de mélange avec d’autres produits. Ils peuvent
également aggraver l’ampleur d’un incendie.
La prévention du risque chimique répond aux mêmes exigences que toute démarche de
prévention. Sa formalisation (évaluer, supprimer ou réduire les risques, informer et former)
est identique à celle mise en œuvre pour l’ensemble des risques professionnels. Elle s’appuie
sur les principes généraux de prévention définis dans le code du travail. Dès lors qu’il y’a
exposition à des risques chimiques, les mesures de prévention à mettre en œuvre tiennent
compte de la gravité du risque, et en particulier des effets cancérogènes, mutagènes ou
toxiques pour la reproduction (CMR).
L’employeur doit en premier lieu évaluer les risques présents dans son entreprise. Pour les
risques chimiques, il s’agit de repérer tous les produits présents ou susceptibles d’être
rencontrés dans l’entreprise qu’il s’agisse de produits utilisés comme tels ou générés par une
activité ou un procédé sous forme de gaz, poussières ou aérosols, d’analyser ensuite les
conditions d’exposition et d’établir un plan d’action.
Les résultats de cette évaluation doivent être consignés dans le document unique et mis à
disposition du médecin du travail, des instances représentatives du personnel ou, à défaut, des
personnes exposées à un risque pour leur santé ou sécurité.
Une fois les risques identifiés, les mesures à mettre en œuvre doivent donner la priorité à la
suppression ou la substitution des produits et procédés dangereux par d’autres produits ou
procédés moins dangereux. Dans le cas où des produits CMR sont utilisés, leur substitution
est une obligation réglementaire quand elle est techniquement possible.
Ces mesures peuvent être d’ordre organisationnel ou technique. La priorité est toujours aux
mesures de protection collective. Le port des équipements de protection individuelle (EPI)
contre le risque chimique peut être préconisé quand les mesures de protection collective sont
insuffisantes ou impossible à mettre en œuvre.
Des mesures de la concentration des agents chimiques dans l’air peuvent être réalisées pour
vérifier que les niveaux d’exposition sont les plus bas possible, que les valeurs limites
d’exposition professionnelle sont respectées et que les mesures de préventions adoptées sont
efficaces. Ces mesures sont renouvelées notamment lors de tout changement des conditions de
travail.
Toute démarche de prévention des risques chimiques doit nécessairement s’accompagner des
mesures suivantes complémentaires :
Pour mettre en place et animer l’ensemble de ces mesures de prévention, l’employeur doit
impliquer les instances représentatives du personnel et le service de santé au travail.
L’évaluation des risques constitue le préalable de toute démarche de prévention des risques
chimiques. Bien menée, elle doit permettre de construire un plan d’actions de prévention.
Pour être efficace, il faut la renouveler régulièrement et, notamment, à chaque modification
importante des processus de travail. Les résultats sont à joindre au document unique. Elle se
déroule en 4 étapes :
L’inventaire est suivi d’une recherche et d’une analyse des informations sur les dangers des
produits ou procédés qui ont été repérés. L’exploitation des étiquettes, des FDS et des fiches
d’entreprise peut se révéler utile.
L’exposition d’un travailleur à un agent chimique peut être estimée de trois manières en
fonction de la voie de pénétration de la substance dans organisme :
• De façon qualitative pour décrire les expositions par niveau de risque et établir des
priorités : faible exposition, exposition modérée, exposition forte...
• De façon quantitative déterministe, c'est-à-dire en décrivant l’exposition par une
valeur chiffrée déterminée à partir de données ponctuelles ou moyennées. On peut
ainsi exprimer l’exposition d’un salarié en ppm ou mg/m de substance par journée de
travail (8h).
• De façon quantitative probabiliste en décrivant l’exposition comme une distribution
statistique de valeurs possibles ou probables. Cette approche est plus complexe mais
permet de mieux prendre en compte la variabilité des expositions et les incertitudes
liées à sa mesure. C’est ce type de méthode qui a été choisi par le législateur pour le
contrôle technique des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP).
Expositions dans des conditions normales ou accidentelles
L’analyse des expositions doit se porter bien entendu sur les conditions normales d’utilisation
des produits mais aussi sur les expositions accidentelles possibles.
Si le nombre de produits chimiques identifiés lors du repérage des risques est important, il
convient de démarrer cette analyse par les produits qui apparaissent comme les plus
dangereux ou les plus fréquemment utilisés.
Comment les produits sont-ils mis en œuvre dans la pratique ? À quelle température ? Dans
quelles conditions ? Dans quelles quantités ? Différents produits chimiques sont-ils émis au
même moment ? Quels dysfonctionnements sont rapportés (fuites, débordements, émissions
de vapeur, de poussières…) ? Les protections collectives sont-elles toujours utilisées ?
Comment s’effectue la maintenance ? L’ensemble de ces informations permet de préciser le
risque et les principaux facteurs d’exposition.
Le recueil de ces éléments passe nécessairement par une observation de l’activité réelle au
poste de travail et par le questionnement des salariés.
Une analyse qualitative peut être accompagnée de mesures quantitatives pour évaluer ou
contrôler les niveaux d’exposition aux postes de travail. Les mesures par prélèvement
individuel permettent notamment de vérifier que les valeurs limites d’exposition
professionnelle (VLEP) et les valeurs limites biologiques d’exposition (VLB) soient
respectées.
Parmi les risques identifiés, lesquels faut-il traiter en priorité ? Différents outils sont
disponibles pour aider les acteurs de l’entreprise à opérer une hiérarchisation des risques. Ils
combinent généralement des données sur les dangers et l’exposition probable.
Les méthodes et outils de hiérarchisation des risques (et plus largement les outils d’aide à
l’évaluation des risques) doivent être choisis en fonction de plusieurs critères :
• taille de l’entreprise,
• compétences de la personne qui sera en charge de l’évaluation (compétences en
chimie, capacité à observer les situations de travail),
• moyens disponibles dans l’entreprise en temps et en personnel : soutien du médecin du
travail, possibilité d’avoir recours à un accompagnement extérieur…
Quelques précautions
Les outils d’aide à l’évaluation ne doivent pas être envisagés comme des outils « clés en main
». Ils nécessitent en effet généralement que l’entreprise se positionne sur le contour de
l’évaluation (faut-il prendre en compte l’établissement en entier ? procéder atelier par atelier
?) ou sur le type de démarche à privilégier (part de l’analyse quantitative et qualitative).
Dans tous les cas, il est souhaitable que les résultats obtenus à l’aide des outils choisis soient
remis dans le contexte de l’entreprise et discutés avec les acteurs de l’entreprise. Les données
à prendre en compte peuvent être complétées par les données issues des contrôles
d’exposition.
Une limite concernant la plupart des outils existants est, d’autre part, à garder en tête : basés
sur la lecture de l’étiquetage, ils prennent rarement en compte les produits non étiquetés. Les
risques liés aux poussières et vapeurs produites lors de mélanges accidentels, ou au cours de
l’activité normale, ainsi que certains risques environnementaux ne doivent pas être ignorés
pour autant. Quand de tels procédés et émanations sont repérés, des recherches
complémentaires sont donc souvent nécessaires.
En matière de prévention des risques chimiques, plusieurs types d’actions sont possibles pour
aboutir à la meilleure maîtrise possible des risques chimiques. Le plan d’action constitué
combine des mesures techniques (suppression ou substitution de produits ou de procédés,
protection collective comme du captage à la source des émissions…) et organisationnelles
(procédures d’urgence, règles d’hygiène…), ainsi que des actions d’information et de
formation des travailleurs. Pour chaque situation de travail présentant des risques, les mesures
à mettre en œuvre sont priorisées par l’employeur en fonction :
À court terme, il peut être envisageable de faire mieux avec ce qui est déjà en place, c’est-à-
dire d’obtenir le maximum d’efficacité des mesures existantes, ou de mettre en œuvre des
solutions simples de prévention (comme par exemple modifier ou ajouter un dispositif de
captage des émissions sur un poste de travail). De plus, lorsqu’une mesure visant à diminuer
des risques élevés demande un certain délai de mise en place, des mesures provisoires doivent
être adoptées entre temps : par exemple, en attendant qu’un système de travail en vase clos
soit opérationnel, la signalisation des dangers et les limitations d’accès aux zones de travail à
risque sont à renforcer.
À moyen terme, une étude technique, organisationnelle et financière permet de planifier les
actions de prévention plus ambitieuses (substitution d’un produit CMR par exemple).
Dans tous les cas, le suivi des actions de prévention conduites dans l’entreprise est à prévoir.
Il vise à répondre aux questions suivantes : les actions définies ont-elles été appliquées ?
Portent-elles leurs fruits ? De nouveaux risques sont-ils générés par les modifications
apportées ? Des actions correctives sont-elles nécessaires ?
La substitution ne consiste pas simplement à remplacer un produit par un autre produit ou par
un procédé moins dangereux. Chaque situation étant unique, il convient de mener une
analyse propre à l’entreprise prenant en compte non seulement les contraintes de
fonctionnement et de production, mais aussi les conséquences de la substitution envisagée.
Cette démarche peut conduire à des modifications aux postes de travail, à la mise en place de
nouveaux équipements ou procédés.
Elle doit toujours être suivie d’une nouvelle évaluation des risques, entraînant
éventuellement une adaptation des mesures de prévention préexistantes.
Si la recherche d’une solution est propre à chaque entreprise, une étroite collaboration avec
les fournisseurs, les acteurs de la prévention, les organisations professionnelles ou les
entreprises du même secteur d’activité est le plus souvent indispensable à la réussite d’un tel
projet. Leur expérience ou leurs retours d’expérience permettent d’alimenter la réflexion
interne.
• Les fiches d’aides à la substitution (FAS) : elles proposent des produits ou procédés
de substitution pour une trentaine de substances cancérogènes émises ou utilisées
dans certaines activités.
• Les fiches toxicologiques de l’INRS : synthèses techniques et réglementaires des
informations concernant les risques liés à un produit ou un groupe de produits
chimiques.
• Les brochures INRS consacrées à des secteurs d’activité spécifiques.
• Les publications des groupes d’experts réunis par l’ANSES.
Pour une aide méthodologique ou technique, il est possible de s’adresser à des spécialistes de
la prévention dans chaque région, notamment dans les services prévention des CARSAT,
CRAM ou CGSS.
Une fois les risques identifiés, l’objectif premier doit être leur suppression. En cas
d’impossibilité, les produits ou les procédés dangereux doivent être substitués par des produits
ou procédés non-dangereux ou moins dangereux.
2.2 Protection collective contre les risques chimiques
Ces mesures de protection collective peuvent être d’ordre organisationnel ou technique. Elles
doivent être mises en œuvre en priorité à des mesures de protection individuelle.
L’efficacité des mesures de prévention est à évaluer régulièrement, notamment par le biais
d’actions de mesurage. Il s’agit, par exemple, de contrôler le bon fonctionnement des
installations de captage et si nécessaire de vérifier que les valeurs limites d’exposition
professionnelle, quand elles existent, sont respectées. Si ces exigences ne le sont pas,
l’employeur doit prendre des mesures correctives.
Système clos
Un système clos (ou travail en vase clos) est un système permettant le confinement maximal
des produits ou procédés : tout contact entre les opérateurs et les produits concernés est évité.
Pour que le système soit efficace, toutes les opérations du procédé doivent respecter ce
confinement total : transfert, transport des produits, production, purification, nettoyage et
entretien, échantillonnage, analyse, épuration, élimination des déchets, stockage…
Concrètement, cela peut se traduire par une mécanisation du procédé, une adaptation ou
automatisation de certaines tâches (transfert de produits par voie mécanique ou pneumatique,
prise d’échantillons mécanisée, lavage des cuves sans ouverture…).
Il faut être particulièrement vigilant pour les opérations de maintenance de tels systèmes au
cours desquelles ils peuvent être ouverts et donner lieu à des expositions.
Les règles générales d’aération et d’assainissement des locaux de travail sont fixées par le
Code du travail. Ces textes prévoient des règles très précises pour les locaux dits « à pollution
spécifique », dans lesquels sont émis des polluants sous forme de gaz, de vapeurs, de
poussières ou d’aérosols liquides. Des contrôles périodiques (techniques, chimiques,
aérauliques) sont prévus par la réglementation et les résultats doivent être reportés dans le
dossier d’installation.
La mise en place de dispositifs de captage des polluants au plus près de leurs points
d’émission permet d’éviter que ceux-ci ne soient mis en suspension dans l’air et inhalés par
les opérateurs. La ventilation générale ne peut être envisagée en tant que technique principale
d’assainissement de l’air que si le recours à une ventilation locale est techniquement
impossible ou lorsque les polluants sont peu dangereux et émis à un très faible débit. En effet,
elle opère par dilution des polluants à l’aide d’un apport d’air neuf afin de diminuer les
concentrations des produits dangereux pour les amener à des valeurs aussi faibles que
possible. Mais elle ne réduit pas la quantité totale de polluants émis dans un atelier. Son
emploi exclusif est généralement non satisfaisant et se traduit par l’existence d’une pollution
résiduelle.
Donc il faut mettre en place des Dispositifs de ventilation, d’aspiration ou de captage sur des
postes ou des procédés à pollution spécifique
Principes du captage des polluants à la source
Le captage à la source est une mesure qui consiste à canaliser le flux de polluants émis vers
une installation de ventilation et d’élimination, évitant ainsi sa diffusion dans l’atmosphère
du local de travail. Cette aspiration doit se faire au plus près du point d’émission, ceci afin
d’optimiser l’efficacité du système et de réduire les débits nécessaires. Elle doit se faire en
utilisant les mouvements naturels des polluants, avec des vitesses d’air suffisantes et bien
réparties, sans courant d’air parasite et avec une entrée d’air de compensation. L’air pollué
doit être rejeté, après filtration éventuelle, en dehors des zones où s’effectue le captage de l’air
neuf, afin d’éviter de réintroduire une partie de la pollution dans le local.
Encoffrement
Mécanisation
La mécanisation ou l’automatisation ne dispense pas d’une maîtrise des émissions des zones
mécanisées vers les zones de travail des opérateurs (par exemple dispositifs de captage à
placer au-dessus de robots de soudage).
Afin de limiter les quantités de produits chimiques aux postes de travail tout en garantissant
une activité continue, le stockage peut être organisé en un local central et un ou plusieurs
lieux de stockage dits « tampons » à proximité des postes de travail. L’utilisation des lieux de
stockage doit être soumise à des règles strictes, dont l’application doit être contrôlée
régulièrement par un responsable compétent.
Quelle que soit leur taille, les lieux de stockage sont à concevoir et à aménager en tenant
compte non seulement des propriétés physico-chimiques des produits, mais aussi des types de
contenants qui y seront entreposés, du nombre de personnes devant y avoir accès, de la
quantité de produits consommée… Il faut également anticiper les besoins liés au stockage des
déchets chimiques en vue de leur élimination.
Signalisation
Les lieux de stockage doivent être clairement identifiés. Des panneaux d’avertissement
doivent figurer à l’entrée comme par exemple « Matières inflammables », « Matières
corrosives », « Matières toxiques »…
Outre le plan de stockage (localisation des différents produits, capacité maximale…) peuvent
être également prévus l’affichage d’un récapitulatif de l’étiquetage des produits entreposés et
le rappel des incompatibilités éventuelles.
Séparation des produits incompatibles / réactions dangereuses
Certains produits peuvent réagir les uns avec les autres, provoquant parfois des explosions,
des incendies, des projections ou des émissions de gaz dangereux. Ces produits incompatibles
doivent être séparés physiquement.
D’autres produits encore réagissent violemment avec l’eau : ils doivent être entreposés de
façon à ce que tout contact avec de l’eau soit impossible, même en cas d’inondation.
Enfin, les produits inflammables doivent être stockés à part dans une enceinte dédiée et
constamment ventilée.
Un local de stockage de produits en quantités importantes doit être isolé du reste du bâtiment,
afin d’éviter la propagation d’un incendie qui s’y déclarerait. De même, il doit être bâti à
l’aide de matériaux durs et incombustibles et muni de systèmes d'évacuation et de lutte contre
le feu appropriés (portes coupe-feu, extincteurs…). L’accès au local doit être facile,
permettant une évacuation rapide en cas d’accident. Une localisation en sous-sol est à
proscrire.
Des capacités de rétention doivent être prévues par catégorie de produits. Le local de stockage
doit lui-même être en rétention générale. Un produit absorbant approprié aux produits
stockés (neutralisant, incombustible) doit être disponible dans le local de stockage, afin de
récupérer fuites et gouttes de produits.
Suivant les résultats de l’évaluation des risques, un appareil respiratoire isolant (à entretenir
et vérifier périodiquement) sera disposé à l’extérieur du local et à proximité de l’entrée et une
douche de sécurité ainsi qu’une fontaine oculaire de secours seront accessibles à proximité
immédiate.
Par ailleurs, le gel peut altérer un certain nombre de préparations et entraîner des ruptures de
conditionnement. À l’inverse, une température élevée favorise des surpressions préjudiciables
aux emballages et dangereuses lors de leur ouverture. En conséquence, des mesures doivent
être prises pour maintenir la température du local à un niveau approprié.
Rayonnages
Les produits doivent être faciles d’accès et bien visibles : un éclairage suffisant (300 lux) est à
prévoir à l’aplomb des allées.
L’employeur, conseillé par le médecin du travail, est tenu d’informer les salariés des règles
d’hygiène au travail à respecter et contribuant à réduire les expositions aux risques chimiques.
L’employeur doit également s’assurer du respect de ces consignes.
L’employeur doit mettre à disposition des salariés des locaux et des équipements propres et en
bon état, dont des installations sanitaires. Dans certaines situations de travail exposant à des
poussières ou des aérosols, des douches sont mises à disposition sur les lieux de travail.
Des vêtements de travail adaptés sont également fournis gratuitement, nettoyés et remplacés
par l’entreprise. Lorsque ce nettoyage est confié à une entreprise extérieure, l’employeur de
cette dernière doit être averti de la nature des agents chimiques dangereux qui peuvent être
présents sur les vêtements.
Règles d’hygiène
En dehors des consignes spécifiques à chaque entreprise, les règles générales suivantes
peuvent être énumérées :
• Ne pas boire, manger ou fumer sur les lieux de travail et ne pas entreposer d’aliments,
de boissons, de médicaments ou de tabac dans les locaux où un risque chimique a été
identifié.
• Ranger les vêtements de travail séparément des vêtements de ville.
• Ne pas porter des vêtements de travail souillés dans des endroits tels que les bureaux,
salles de séminaire, espaces de détente, restaurants d’entreprise ou cafétérias.
• Ne pas sortir de l’établissement avec les vêtements de travail ou les équipements de
protection individuelle.
• Changer fréquemment de vêtements de travail et à chaque fois que ceux-ci ont été
souillés par des agents chimiques dangereux (à noter que les articles en cuir ou autres
matières poreuses ne sont pas nettoyables : une fois contaminés, ils doivent être
éliminés comme des déchets chimiques).
• Se laver les mains avant chaque pause.
• Le cas échéant, prendre une douche en fin de poste.
Afin d’éviter une contamination par contact, la remise en suspension dans l’air ou et le
transfert vers d’autres locaux de polluants chimiques (sous forme de poussières, de fibres,
d’aérosols…), il est important de procéder à un nettoyage régulier des locaux et des postes de
travail.
Le nettoyage par balayage à sec ou soufflage doit être proscrit, car il entraîne la mise en
suspension des particules. L’utilisation d’aspirateurs industriels munis d’un filtre adapté au
type des polluants présents (filtre à particule à haute efficacité) et de machines de nettoyage
des sols ou un nettoyage « à l’humide » doit lui être préféré.
Les mesures d’urgence à appliquer en cas d’accident dû aux produits chimiques doivent être
établies par écrit par le responsable de l’entreprise pour chaque lieu de travail où un risque
chimique a été identifié.
• Etre appliquées sur les lieux de l’accident sans se substituer à la prise en charge
médicale ultérieure,
• Limiter les conséquences de l’accident non seulement pour la victime mais également
pour les autres personnes présentes et pour l’environnement,
• Faciliter l’intervention des services de secours.
Les mesures d’urgence doivent être tenues à disposition des services d’intervention internes
et externes.
Les lieux de travail doivent être équipés de matériel de premier secours (douches de sécurité,
rince œil…) et de première intervention (extincteurs, robinets d’incendie armés…), facilement
accessibles et adaptés à la nature des risques. Ce matériel et les consignes à observer doivent
être regroupés dans un endroit précis signalé, à proximité d’un dispositif d’alerte.
Le médecin du travail établit par écrit un protocole précis d’organisation des secours en cas
d’accident. En cas d’intoxication, il est exceptionnel qu’il existe un antidote à administrer
dans l’urgence. Dans tous les cas, il faut se reporter à l’avis du médecin du travail et aux
informations figurant sur l’étiquette du produit (notamment les conseils de prudence) et sur
sa fiche de données de sécurité. Les Centres antipoison et de toxicovigilance peuvent
également être contactés.
Sur les conseils du médecin du travail, et, de préférence, en liaison avec les services de
secours (sapeurs-pompiers, SAMU…), chaque employeur doit organiser dans son entreprise
les soins d’urgence. Les modalités d’intervention sont à adapter aux risques propres à
l’entreprise et à l’effectif salarié.
Cette obligation peut impliquer la présence de personnels spécialement formés aux premiers
secours et de préférence au sauvetage secourisme du travail 62.
Il est important de rappeler qu’à la suite de ces mesures d’urgence, le travailleur victime d’un
accident doit être pris en charge médicalement, même en l’absence de signes tels que
symptômes d’intoxication aiguë, lésions (brûlure…) ou perte de conscience.
Chaque salarié reçoit une formation à la sécurité dans le mois qui suit l’affectation à son
poste. Elle comprend entre autres la conduite à tenir en cas d’accident.
Les consignes d’urgence doivent être maîtrisées par les salariés et pour cela faire l’objet
d’actions d’information et de formation. Les sauveteurs secouristes du travail ont
connaissance des risques propres à l’entreprise et sont formé en conséquence.
L’efficacité des mesures d’urgence définies dépend directement du délai de réaction, celui-ci
sera d’autant plus court que le personnel aura été entraîné à les appliquer. Des exercices
doivent donc être pratiqués régulièrement et les sauveteurs secouristes du travail doivent
bénéficier d’un recyclage périodique de leurs connaissances.
Le port d’équipements de protection individuelle sur de longues durées est à l'origine de gêne
ou d'inconfort : poids, chaleur, pression excessive sur une partie du corps, gêne auditive ou
visuelle, perte de dextérité… Afin de faciliter l'acceptation de l'EPI et d’améliorer son
efficacité, il est important de respecter les règles suivantes :
Ce suivi médical est réalisé par une équipe pluridisciplinaire comprenant un ou des médecins
du travail, des collaborateurs médecins, des internes en médecine du travail, des intervenants
en prévention des risques professionnels et des infirmiers, après analyse des postes de travail
et des risques professionnels.
Mise en place et suivi des mesures de prévention
L’évaluation des risques sur le terrain est un élément important de l’action des services de
santé au travail :
• Etude de postes et visite des locaux pour affiner le repérage des sources d’exposition
à des agents chimiques (recherche des produits utilisés, des étiquetages et des fiches
de données de sécurité…),
• Dialogue avec les opérateurs et l’encadrement pour rechercher des expositions ou des
modes d’exposition moins apparents (intermédiaires de synthèse, manipulations non
prévues, émissions liées à certaines activités ou procédés…).
Cette action sur le terrain est l’occasion d’évaluer la pertinence des moyens de protection
collective et individuelle existants ou à mettre en place.
Les déclarations des expositions lorsqu’elles sont nécessaires et les anciennes fiches
d’exposition et fiches de prévention des expositions, sont conservées dans le dossier médical
de chaque salarié. Elles permettent une traçabilité des expositions en vue notamment d'une
reconnaissance de maladie professionnelle, d’une veille sanitaire ou d’études
épidémiologiques. Elles permettent dans certains cas le départ anticipé à la retraite et
contribuent à l’obtention d’un suivi médical post professionnel.
Suivi médical
Les salariés exposés à des risques chimiques doivent faire l’objet d’un suivi individuel de
leur état de santé dont l’objectif est de les informer sur les risques éventuels auxquels les
expose leur poste de travail. Le suivi comprend notamment une visite d’information et de
prévention réalisée par un professionnel de santé, renouvelée régulièrement, ou bien, s’ils sont
exposés à des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR), un
examen médical d’aptitude. Le médecin du travail a également un rôle de conseil auprès de
l’employeur, pour la mise en place d'actions de prévention.
Les salariés exposés à des risques chimiques (en cas d’exposition à des CMR, voir paragraphe
suivi individuel renforcé) font l’objet d’une visite d’information et de prévention (VIP)
réalisée par un professionnel de santé, c’est-à-dire, le médecin du travail ou bien, sous son
autorité, le collaborateur médecin, l'interne en médecine du travail ou l'infirmier.
La VIP doit être réalisée dans un délai qui n’excède pas 3 mois à compter de la prise effective
du poste de travail, sauf pour certains salariés, pour lesquels des dispositions spécifiques sont
prévues (pour les apprentis et les jeunes travailleurs de moins de dix-huit ans, la VIP doit être
effectuée préalablement à leur affectation sur le poste).
La VIP a notamment pour objet d’interroger le salarié sur son état de santé, de l'informer sur
les risques éventuels auxquels l’expose son poste de travail, de le sensibiliser sur les moyens
de prévention à mettre en œuvre et d’identifier si son état de santé ou les risques auxquels il
est exposé nécessitent une orientation vers le médecin du travail.
Dans certains cas, ces examens visant à mettre en évidence des effets néfastes sur les organes
seront accompagnés d’une surveillance biologique des expositions.
Surveillance biologique des expositions aux substances chimiques
Au-delà de ce dépistage, une surveillance biologique peut également être mise en place. C'est
un élément fondamental pour apprécier l'exposition des travailleurs. Elle permet d'affiner
l'évaluation de l'exposition au poste de travail, en donnant un reflet de la quantité de produit
ayant pénétré dans l’organisme. Elle est définie comme « l'identification et la mesure des
substances de l'environnement du poste de travail dans les tissus, les excrétions, les sécrétions
ou l'air expiré des salariés exposés, pour évaluer l'exposition réelle et le risque pour la santé
de chacun d'eux en comparaison à des références appropriées ».
Tous concernés
Néanmoins, le contenu des actions d’information et de formation doit refléter les risques
spécifiques à l’entreprise et être actualisé régulièrement en fonction de l’avancée des
connaissances. Il doit notamment porter sur les aspects suivants :
La notice de poste est un support d’information incontournable. Elle est établie par
l’employeur pour chaque poste de travail exposant à des agents chimiques dangereux.
Rédigée dans un langage clair, elle informe les salariés des risques auxquels leur travail peut
les exposer et les dispositions prises pour les éviter. Elle découle des conclusions de
l’évaluation des risques et doit être actualisée régulièrement, au minimum à chaque
modification du poste de travail.