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Genres oraux et récits traditionnels

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III Les genres majeurs

III-1-Le conte
Le « conte» est dit conte en français. Le conte est un discours narratif
basé sur la fiction. Il met en scène un monde imaginaire où animaux, choses,
objets et éléments minéraux détiennent la parole. Les aventures peuvent se
rapporter aux animaux entre eux, aux animaux et aux hommes ou tout simplement
entre les hommes uniquement. Dans le milieu moaaga, il est dit la nuit et
rassemble à la même place toutes les couches sociales : femmes, hommes, jeunes,
vieux, riches et pauvres. C’est donc un discours populaire sans connotation sacrée
qui peut être proféré par toute personne, pourvu que cette dernière ait les talents
nécessaires et maîtrise son récit. Son rôle est de créer une situation favorable à la
communication, à la causerie, aux échanges et aux partages. Le caractère profane
du conte fait de lui un texte à interdits très limités. Il faut cependant signaler qu’il
obéit à certaines conditions d’utilisation notamment liées aux temps, à la présence
d’un auditoire et à l’utilisation de certaines formules.

On peut regrouper les contes en cycles. Les plus courants sont:


Le cycle du lièvre et de la hyène, le cycle de l’enfant Malin, le cycle du roi, le
cycle du chasseur, le cycle de la jeune fille, le cycle de l’orphelin, le cycle de la
coépouse etc.

III-2– La légende
C’est un récit des événements passés ; un texte dans lequel la collectivité
conserve ses faits et événements importants en vue de les transmettre à la
postérité. Les textes de légende sont source d’informations et d’enseignements.
Ils mettent en scène des récits qui tentent d’éclairer les habitants sur l’existence
et sur l’origine des choses qui peuplent leur univers. Ainsi, par la légende, on
peut découvrir par exemple les noms des premiers habitants d’un village,
l’histoire d’une colline, d’une mare ou tout simplement d’un fait ayant marqué la
vie du groupe comme c’est le cas des grandes famines ou des maladies
épidémiques.
La légende se caractérise par l’exagération des faits racontés. Texte
souvent très partial, le narrateur enrobe les faits historiques, les embellit par
moment, les exagère au point que certaines actions ne peuvent que relever du
mystérieux. Ces histoires, bien que peu vraisemblables, pour ne pas dire
inexplicables pour les esprits cartésiens, sont considérées comme vraies et
acceptées comme telles par les populations concernées. Celles-ci y accordent du
crédit et se font un devoir de les conserver en l’état afin de pouvoir les transmettre
aux générations futures.
Tout comme les contes, la légende exige la présence d’un auditoire.
Cependant, il faut signaler qu’elle ne connaît pas de formules d’utilisation ni au
début ni à la fin du récit. Elle est dite le plus souvent par les adultes, c'est-à-dire
des gens d’une certaine expérience et d’un certain talent comme c’est le cas du
l’épopée
III-3-L’épopée
C’est un discours narratif qui combine plusieurs genres oraux. Il est livré
sous le mode parlé et chanté à la fois et s’associe le plus souvent à de la
musique. La musique est capitale pour maintenir le public en haleine car le récit
est long et combine plusieurs histoires dans lesquelles interviennent des
personnages principaux différents de celui de l’histoire principale. Appelé
épopée en français l’épopée exige la présence effective d’un auditoire.
L’implication du public, les mimes exécutés par le narrateur et les textes de
chants contribuent à allonger le récit. En fondant son contenu thématique sur le
pouvoir, la guerre et le combat l’épopée prend son appui sur des événements
historiques qu’il enrobe d’exploits démesurés qui frisent le surnaturel et le
mystique. Il exalte le courage, la bravoure, l’honneur, la franchise, l’amour et
le patriotisme. l’épopée reprend les exploits des héros historiques pour les
partager avec les jeunes générations afin de les interpeller et de les inviter à
imiter ce type de comportement et cette forme de vie au détriment de la
couardise, de l’injustice et de l’ingratitude. Pour ce faire, le l’épopée se termine
le plus souvent par la victoire du héros, la victoire du bien sur le mal et du
courage sur la peur.
l’épopée est contraignante car il exige des talents de bon orateur et
d’acteur. Il n’est pas à la portée de tous les adultes, encore moins des enfants. Il
est le fait des griots et des généalogistes qui, au cours de leur récit, retracent
l’histoire du royaume concerné et la généalogie des grands chefs qui l’on dirigé.

III-4- Le mythe
Parmi les genres oraux rencontrés dans le Moogo, on peut citer les mythes
C’est un récit qui est souvent raconté au cours des cérémonies. Son but est de
donner des explications sur l’origine de certaines cérémonies ou d’expliquer les
raisons et le pourquoi de certains faits et gestes au cours de ces séances. Le mythe
est un texte sacré. Les dogmes qu’il contient apparaissent comme des faits
véridiques auxquels la société d’accueil doit obéissance et respect. Ces dogmes,
en même temps qu’ils tentent de justifier le caractère sacré de la cérémonie,
s’érigent en règle de conduite et orientent désormais la vie de l’apprenant. Le
mythe contient donc des connaissances fondamentales pour la société. Il permet
aux plus anciens de donner des esquisses de réponses par rapport à certains faits
jugés mystérieux et des preuves suffisantes pour ces derniers de convaincre les
plus jeunes quant à la nécessité du respect quasi religieux de ces faits. A la
différence des textes profanes, le mythe fait partie de la parole sérieuse. Il fait
souvent l’objet de véritables enseignements notamment pendant les cérémonies
sacrées comme le camp initiatique. Ces textes sont détenus par des adultes et le
plus souvent par des prêtres qui les retracent selon des conditions précises, liées
aux moments et aux lieux. Il s’agit par exemple des périodes de libation des
ancêtres ou des divinités, de funérailles de patriarche ou de l’intronisation de roi.

III-5-Le chant
Le chant se dit chant en français. En milieu moaaga, le chant est le genre
oral le plus répandu. Il s’agit d’un texte chanté exprimant les sentiments, les joies,
les peines, les vécus quotidiens et les évènements anodins ou majeurs du village.
Le chant est un moyen d’expression. Il les accompagne dans leurs activités et
rythme leur vie. Les chants peuvent se répartir en deux catégories : les chants
profanes et les chants rituels. Sont considérés comme chants profanes tous les
textes de chansons à caractère populaire ayant un rapport avec les activités de la
vie quotidienne.

-les chants funéraires


-les chants initiatiques

III-6-Les devinettes
La devinette est une opération de réflexion basée sur le jeu de question
(sυkre) et de réponse (leokre). L’émetteur propose un thème sous forme de
question, d’énigme ou de description qu’il soumet à son ou à ses adversaires. Le
jeu met aux prises au moins deux personnes.
Selon le contenu du message et l’objectif poursuivi par la devinette, on
peut dans le milieu moaaga répertorier quatre groupes : les devinettes à contenu
injurieux, les devinettes à souhait, les devinettes proverbiales et les devinettes
ordinaires.

-Les devinettes à contenu injurieux.


Exemples :
Q : M bendr yag bug-zõosẽ. (Mon tam-tam accroché dans la
fumée)
R : F neng ne wo roeeg n fυυsd widgu (ton visage comme un
phacochère qui souffle du son)
Q : M tabre (mon tabac)
R : f rεεmb yoor zem karga (la verge de ton beau-père vaut une
jambe)

-Les devinettes à souhait


Q : M kaam (mon huile)
R: Wẽnd na kõ-f naam. (Que Dieu te donne la chefferie)
Q : M pe-neeg ne zom. (Mon panier avec de la farine)
R : Wẽnd na kõ-f pυg neer ne yam. (Que Dieu te donne une
femme jolie et intelligente).
Q : Mwilinwiig ra-yεgre (mon bois fourchus du
guiera senegalensis1)
R : Wẽnd na kõ-f solenkẽeg rayιta. (Que Dieu te donne une grosse
plaie dans deux jours).

-Les devinettes proverbiales


Q : M sor pυgẽ boko (mon trou au milieu de la route)
R : Ned kõn bãng a to pυgẽ yelle. (Une personne ne peut jamais
découvrir ce que l’autre cache au fond de lui).
Q : M dapoor poanda (mes crapauds derrière la concession)
R : Ninsaal tυυmd n doand-a. (Toute personne est récompensée
par son travail).

- Les devinettes ordinaires

Exemples :
Q : M kiuugã yee (ma lune)
R : Naaba Wẽnd ye pak a kĩina yee. (Dieu a encore fait
sortir ses pintades)
Q : M wala laa ( mes tourterelles)
R : Waafã sẽn kẽndã a nao wã bεε. (Le serpent qui marche là
où sont ses pattes)

III-7-Le proverbe
Le proverbe est compris donc comme une parole déformée
intentionnellement pour exprimer une pensée, la dire sans utiliser le langage

1
Arbuste poussant dans les régions à climat tropical.
courant, le langage habituel. Le fait déterminant dans le proverbe est sa concision
et son caractère métaphorique et énigmatique. Les Moose définissent alors le
proverbe comme une parole courte exprimée de manière sinueuse. Il s’agit de
parler peu tout en disant beaucoup. Il est la ‘’crème’’ de la parole et le stade
ultime de la maîtrise de l’expression Pouvoir parler peu tout en disant beaucoup
est une qualité inestimable. C’est le signe de la sagesse et la preuve de sa parfaite
maîtrise de la langue.

III-8- La devise
C’est une sentence utilisée en temps de guerre par les Benda2 pour
décupler les forces des combattants. Pour le Professeur Sié Alain KAM, la
devise est : « une sorte de sentence très brève, réduite souvent à un nom, destinée
à être proférée à l’adresse de quelqu’un, d’un peuple ou d’un groupe de
personnes, en vue de les louer…, de les galvaniser…, et même de les
identifier… »3
La synthèse de ces définitions, nous permet de considérer la devise
comme une sentence lapidaire, imagée, destinée à stimuler et encourager son
porteur. Elle traduit l’idéal de celui-ci, qui finit par la porter comme prénom.

1-Les devises collectives


La devise collective est un trait d’union entre l’individu et son groupe. Ce
groupe peut être le quartier, le village ou le clan disséminé dans plusieurs villages.
Nous avons par exemple la devise de :
❖ Quartier : Kasirẽ4 will belem yẽgr ;
pa ta zãng n yãgd kõom ;

2
Benda : Benda est le pluriel de Bendre. Bendre signifie le tam-tam, mais ici l’instrument a donné son nom à son
joueur et même à tout le clan de ce dernier.
3
Alain Sié KAM : Opt cit. , p.18.
4
kasirẽ : quartier situé dans le secteur n°3 de la commune de Kaya, province du Sanmatenga, dans la région du
Centre Nord.
rι noog n taad lalse;
wed-nao kõn tib a toore;,
soarb gãag kidb zĩiga.
(La branche de Kasirẽ courtise la racine ;
N’est pas totalement arrivé mais se presse pour entrer ;
Mange du délicieux et badigeonne les murs ;
Les pattes de l’étalon ne tasse pas le sol d’elles-mêmes ;
La couchette de l’étalon endurcit le sol).
❖ Villes : -Woagdg5 ra yaees beoog,
n bas tι beoog wa a toore
(Ouagadougou n’a pas peur de demain,
Laisse demain venir de lui-même).
- Wayugiy6 pãng tõt saabo;
B bas tι pãng sa a toore.
La puissance de Ouahigouya n’a pas de fin ;
Laissez la puissance finir d’elle-même
❖ Clans :
- Les forgerons de Mané7 :
Sãab yaaba a Geoa ;
baag moog kõn baag kũum
no-ra-zẽeg monem kudgu
kud-n- gãand rems beoogo.
L’ancêtre des forgerons est Geoa
Libère le moogo mais ne libère pas de la mort
Le coq rouge courtise l’enclume.
Forger aujourd’hui pour parfaire demain
-Les Nionionsé de Foura8 : Yaa zomb sebg n walem saaga;

5
Wagdod : désigne Ouagadoudou capitale du Burkina Faso. Dans le domaine traditionnel, Ouagadougou est le
royaume fondé par Oubri.
6
Wayugi : désigne la ville de Ouahigouya chef lieu de la province du Yatenga dans la région de l’Est. Le royaume
du Yatenga est celui fondé par Yadéga, dissident du royaume de Ouagadoudgou.
7
Mané : commune rurale située à 32 Km de Kaya, dans la province du Sanmatenga.
8
Foura : village de la commune de Kaya, situé à environ une trentaine de kilomètres de la ville.
Kelem kεgr niid logre ;
Wυm keleng n zomb n sege;
Ya sad pag pa tõt roobo, sẽn do-a koll sebgo;
Sebg n zabd m yĩnga;
Yaa sad-lar kõn keeg tuugu, kal ned biiga.
C’est monter sur le vent et parler à l’oreille de la pluie.
Gronder de côté et pleuvoir par endroit ;
Entendre les grondements et aller à la rencontre.
C’est la femme du Nionionga qu’on ne courtise pas,
Celui qui la courtise s’attend au vent,
Le vent qui se charge de ma bagarre.
C’est la hache du Nionionga qui ne coupe pas les
arbustes mais uniquement le fils de l’homme.
- le clan des Bargo ; la famille des Yυυma9 de Pissila10 :
Zek-zek n paam naaba
Tũ naab n bãng tẽnga
Togs-n-kuudẽ kõn deeg moende
Wõg naabẽ n kaood bυυdo
Pa sẽ kobr yer kυdse
Sõng Naab n wιd a biiga
Pa belem dεεmb na kẽ ne paga
Sãd beoog n nek naaba
Courir pour rattraper le chef ;
Accompagner le chef pour découvrir le village ;
Imiter en se fléchissant mais ne fait pas la cuisine ;
Courber devant le chef et tranche les jugements ;
Ne coud pas le boubou mais porte ses haillons ;
Aider le chef pour critiquer son fils ;
Ne courtise pas le beau-père mais épouse sa fille ;

9
Sorte de griots généalogistes.
10
Commune rurale à une trentaine de kilomètres de la commune de kaya.
Se lever très tôt pour réveiller le chef.

2-Les devises individuelles


Exemples de devises de chefs :
- Yemd yãmb kυlga tι poanda tιlg tõobo11. (L’hippopotame occupe la rivière et les
crapauds sont à l’abri du dépeçage).
- Sawadg lall Wẽnd n tιlg mogdo12. (Le nuage se met sous la protection de
Dieu et se met à l’abri des termites).

11
Devise de Naaba Yemde père de Naaba Sõore. Devise tirée du texte musical de Bamogo Kiida.
12
Devise du Naaba Sawadogo de Bouroum de Boulsa dans la province du Namentenga.

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