Introduction à la Science Politique
Introduction à la Science Politique
(Licence 1 Droit)
Contenu
INTRODUCTION GÉNÉRALE .............................................................................1
1. Théorie politique ...................................................................................................1
1.1. Théorie politique de l’Antiquité .....................................................................2
1.1.1. Consécration de la dichotomie originelle dans l’Antiquité grecque .......2
1.1.2. Confrontation entre bellicisme et pacifisme dans l’Antiquité romaine ..3
1.2. Théorie politique médiévale ...........................................................................4
1.2.1. Consécration du conservatisme clérical ...................................................4
1.2.2. Rejet du conservatisme clérical par le progressisme laïc .........................4
1.3. Théorie politique moderne .............................................................................5
1.3.1. Résurgence de la dichotomie entre réalisme et idéalisme .......................5
1.4. Théorie politique postmoderne ......................................................................6
1.5. Quelques idéologies politiques .......................................................................7
1.5.1. Les idéologies de droite ............................................................................7
1.5.2. Les idéologies de gauche ..........................................................................7
1.5.3. Le centrisme ..............................................................................................7
2. Systèmes politiques ................................................................................................8
2.1. La notion de système politique .......................................................................8
2.2. Les politiques publiques ..................................................................................9
2.2.1. La phase de formulation des politiques publiques ............................... 10
2.2.2. La phase d’exécution des politiques publiques ..................................... 10
2.2.3. La phase d’évaluation des politiques publiques .................................... 11
2.3. Systèmes politiques comparés ...................................................................... 12
3. Relations internationales ..................................................................................... 13
3.1. Émergence des Relations internationales .................................................... 13
3.2. Théories des Relations internationales ........................................................ 14
3.2.1. Les théories d’obédience réaliste .......................................................... 14
3.2.2. Les théories d’obédience idéaliste ......................................................... 15
3.2.3. Les théories d’obédience marxiste ........................................................ 19
CONCLUSION GÉNÉRALE ............................................................................... 22
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................. 23
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
La science politique est une discipline académique faisant partie du grand ensemble
des sciences sociales au même titre que la sociologie la criminologie l’anthropologie
la science économique la géographie l’histoire et même le droit. En tant que science
elle mobilise un certain nombre d’outils théoriques et paradigmatiques
(conceptuels) avec pour seule et exclusive vocation d’étudier la politique. Que faut-
il entendre, dès lors, entendre par la notion de politique
De façon classique, les politologues conceptualisent la politique en référence à la
tradition anglo-saxonne qui considère trois dimensions que sont polity, politics et
policy. La toute première dimension polity renvoie aux institutions politiques. Elle
correspond en français à la notion « le politique ». Il s’agit de la dimension
institutionnelle. La deuxième dimension politics renvoie quant à elle au processus
en tant que jeu, activité. Elle est restituée par la notion « la politique » en français.
On dit alors qu’il s’agit de la dimension processuelle de la politique. La dernière
dimension « policy » évoque, de son côté, les programmes et projets déjà exécutés,
en cours d’exécution ou ayant vocation à être exécutés par les pouvoirs publics en
vue de répondre aux attentes des populations. Il importe, dès lors, de s’interroger
sur les subdivisions classiques de la science politique.
Les exigences inhérentes à ce cours nous astreignent à l’articuler autour de trois
axes majeurs déclinés comme suit :
- Théorie politique
- Systèmes politiques
- Relations internationales
1. Théorie politique
En tant que subdivision classique de la science politique, la théorie politique
s’occupe avant tout de revisiter tout le travail de théorisation et de conceptualisation
dont la politique a pu faire l’objet de l’Antiquité à nos jours en passant par le Moyen
âge et l’époque moderne. Une telle orientation vaut pour la tradition académique
occidentale qui prend la Grèce antique comme repère chronologique. Partant de
là la théorie politique peut indifféremment prendre les dénominations de théorie
politique philosophie politique, histoire des idées politiques ou celle d’histoire de
la pensée politique.
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1.1. Théorie politique de l’Antiquité
En tant que subdivision chronologique majeur de l’histoire de l’humanité,
l’antiquité se subdivise en deux périodes que sont d’une part l’Antiquité grecque et
l’Antiquité romaine.
1.1.1. Consécration de la dichotomie originelle dans l’Antiquité grecque
La théorie politique de l’Antiquité grecque se caractérise par la consécration de ce
qu’il est convenu d’appeler la dichotomie originelle de la pensée politique. En effet,
cette dichotomie mit aux prises deux obédiences politiques que sont le réalisme
politique et l’idéalisme politique.
Le réalisme politique part du postulat anthropologique selon lequel l’homme serait
foncièrement mauvais, égoïste et toujours enclin à défendre ses intérêts, y compris
au moyen de la force. Conformément à cette vision, la guerre, la violence, le
mensonge, la roublardise, la méchanceté et l’opportunisme sont de légitimes
moyens de la politique. En d’autres termes, si la guerre peut m’aider à parvenir à
mes fins politiques, je peux y avoir recours sans état d’âme. Ici, la politique est
conceptualisée comme relevant du bellicisme (bellum : guerre).
Le théoricien de référence de cette obédience dans l’Antiquité grecque est, à n’en
point douter, Thucydide. En effet, dans sa relation de la Guerre du Péloponnèse
ayant mis aux prises Spartiates et Athéniens et ayant enregistré la victoire des
premiers sur les derniers, Thucydide s’est évertué à restituer la guerre dans toute sa
laideur, dans toute sa cruauté. Ceci a pu faire dire qu’il se serait livré à une apologie
de la guerre. Comme on peut le voir, Thucydide vient de dissocier deux sphères
que sont la politique et la morale éthique. En d’autres termes, la politique n’a que
faire de la morale. Cette tradition réaliste va se perpétuer dans l’Antiquité grecque
pour se parachever avec Alexandre Le Grand. En effet, conformément à son projet
d’impérialisme hellénistique, Alexandre Le Grand se lança dans des campagnes de
conquêtes et d’annexion de de vastes territoires allant de l’Europe à l’Asie en
passant par l’Afrique du
Nord. Ici, réalisme politique rime avec militarisme. Ce projet impérialiste consistait
pour lui en une mission civilisatrice, c’est-à-dire à imposer les valeurs et la culture
grecques aux territoires conquis. C’est justement cette propension à légitimer la
guerre en politique qui sera récusée par les théoriciens de l’idéalisme politique.
L’idéalisme politique repose sur le postulat anthropologique selon lequel l’homme
est foncièrement bon, capable d’apathie. Conformément à cette vision, la pratique
est conceptualisée comme processus empreint de coopération, dialogue, tolérance
et de solidarité. Dit-on de la politique qu’elle relève du pacifisme, paradigme
antinomique du bellicisme. Cette tradition remonte à Platon et Aristote, eux-
2
mêmes héritiers de Socrate dans l’antiquité grecque. Elle y sera perpétuée par les
stoïciens et les cosmopolites. Comme on peut le voir, la vision idéaliste de la
politique est un effort de conciliation de la politique et de l’éthique. À la base se
trouve la volonté pour ces théoriciens de moraliser la vie politique au sein de la cité.
En d’autres termes, l’éthique doit aider à améliorer la politique, la gouvernance.
Une telle ambition procède du constat de la dépravation des mœurs au sein de la
cité. Ici, le philosophe, le sage, l’éthiciens est invités à mettre sa science, son savoir
au service de la bonne gouvernance.
Comme on peut le voir, la théorie politique de l’antiquité grecque a jeté les bases
de la dichotomie originelle entre réalisme politique et idéalisme politique. Cette
confrontation va se perpétuer dans l’antiquité romaine en prenant cette fois la
forme d’une irréductible position entre bellicisme et pacifisme.
1.1.2. Confrontation entre bellicisme et pacifisme dans l’Antiquité romaine
La marque distinctive de l’évolution de la pensée politique est assurément la
confrontation entre bellicisme et pacifisme. L’orientation belliciste surfe sur
l’héritage réaliste, tandis que le pacifisme procède de l’idéalisme politique. Si Rome
est parvenue à se positionner comme première puissance mondiale, c’est
assurément aux moyens du bellicisme, du militarisme. En effet, l’empire romain
est parvenu à conquérir le vaste territoire allant de l’Europe à l’Asie en passant par
l’Afrique du nord. Ces différentes campagnes avaient pour toile de fond une
mission civilisatrice. Plus concrètement, les romains faisaient usage de la force pour
imposer leur culture, leur suprématie au territoire ainsi conquis. Ce qui comptait à
leurs yeux, ce n’était rien d’autre que l’hégémonie romaine. A l’évidence, une telle
orientation de la politique relève de l’impérialisme. C’est justement le contrepied
de Cette vision que prendront les pacifistes.
Le pacifisme tel que vécu dans l’antiquité fut plutôt porté par les chrétiens et les
cosmopolitiques. Pour eux, en effet, tous les êtres humains sont égaux et méritent
d’être traité avec égard c’est-à-dire que leurs droits fondamentaux ont vocation à
être respectés. Chez les premiers chrétiens par exemple, il s’agissait de promouvoir
les principes d’égalité et de tolérance entre les hommes. Quant aux cosmopolites,
qui eux s’inscrivent dans une perspective beaucoup plus politique, ils s’évertuaient
à créer les conditions de l’inclusion politique. En d’autres termes, les cosmopolites
étaient soucieux de voir tout citoyen jouir des retombés de la gestion des affaires
publiques. Cette orientation est en ligne avec le concept de citoyen du monde cher
aux cosmopolites et selon lequel la politique ne saurait rimer avec discrimination et
exclusion.
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L’évolution de la pensée politique a, aussi bien dans la Grèce antique que dans
l’Empire romain, consacré des dichotomies. Si originellement, nous avons une
confrontation entre réalisme politique et l’idéalisme politique, celle-ci va évoluer
pour donner lieu à une dichotomie mettant aux prises bellicisme et pacifisme. Il en
va ainsi du Moyen Âge qui, lui, enregistrera une confrontation entre conservatisme
clérical et progressisme laïc.
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Malgré ces évolutions, somme toute, positive, l’époque moderne donnera lieu à un
certain nombre d’excroissances qui ne laisseront d’autre choix à des théoriciens et
à des politiques que celui d’œuvrer à son dépassement. Ce projet de dépassement
de l’époque moderne est connu sous la dénomination de postmodernisme.
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Le centrisme est une idéologie qui, au gré des circonstances, surfe tantôt sur des
valeurs de droite, tantôt sur celles de gauche. À l’évidence, il s’agit d’une posture
qui relève d’un certain pragmatisme politique.
L’évocation de la théorie politique en tant que subdivision classique de la science
politique a été pour nous l’occasion de revisiter le travail de théorisation dont la
politique a fait l’objet de l’antiquité au postmodernisme en passant par le Moyen
âge et l’époque moderne. À cette fin, nous nous sommes évertués de passer en
revue pour chaque circonscription chronologique donnée des paradigmes
politiques majeurs ainsi quelque théoricien de référence. Ces paradigmes et autres
idéologies sont autant de ressources qui guideront la vie et les comportements au
sein des systèmes politiques, objet d’étude par excellence de la politique comparée.
2. Systèmes politiques
La subdivision « systèmes politiques » ou « politique comparée » est le domaine de
spécialisation de la science politique qui a pour objet l’étude des systèmes
politiques. L’aborder commande à lever le voile, sur la notion même de système
politique. Il sera ensuite question … les politiques publiques, leviers de gouvernance
des systèmes politiques. Nous nous évertuerons par ailleurs à comparer les divers
systèmes politiques
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2.2.1. La phase de formulation des politiques publiques
La phase de formulation des politiques publiques est la phase de collecte des
attentes des populations par els pouvoir publiques en vue de leur transformation
en politique publiques. Si l’on se réfère à la systémique de David Easton, cette
phase est celle relatives aux inputs. En tant que tel, elle est assujettie à un travail
d’articulation. Articuler les attentes des populations c’est procéder arbitrage en vue
retenir les attentes les plus pertinentes aux yeux des pouvoirs publiques. La
pertinence renvoi a deux variables que sont, d’une part l’opportunité et d’autre part
la faisabilité. Tant que la question de l’opportunité de demander si c’est le bon
moment pour la population d’exprimer un tel besoin de la faisabilité est guidée par
les préoccupations suivantes : Avons-nous seulement l’expertise requise et les
ressources financière à la réalisation d’un tel projet ? L’articulation des attentes des
populations s’impose aux pouvoirs publics simplement parce que les populations
expriment les besoins inconciliable, contradictoire, voir fantaisiste. D’où la
nécessité pour les pouvoirs publiques de procéder à des arbitrages en les organisant
en les hiérarchisant en les priorisant, en fonction de la double exigence de
l’opportunité, et de la faisabilité. La phase de formulation des politiques publiques
peut prendre la dénomination de phase de définition des politiques publiques. Elle
est en vérité une phase de planification et permet de répertorier tous les projets
retenus dans un recueil, qui n’est rien d’autre que le programme de gouvernement.
Ce programme est actuellement dénommé PND (Programme National de
Développement). La phase de formulation se trouve confronté à une infirmité
majeure. En effet il peut arriver que les pouvoirs publics définissent d’autorité la
priorité qui ne sont toujours par perçues par les populations. Une telle
configuration peut se révéler conflictogène. Dans ce cas il incombe aux différents
acteurs de prendre l’indicative de communication en vue d’aplanir la divergence.
2.2.2. La phase d’exécution des politiques publiques
La phase d’exécution des politiques publique peut indifféremment prendre la
dénomination suivante, phase de mise en œuvre, phase de déroulement, phase
d’implémentation. En tant que tel elle est le moment pour les pouvoir publique de
mobiliser toutes les ressources pertinentes (financière, technocratique, et logistique)
nécessaire à la réalisation effective de la politique publique. L’exécution des
politiques publiques requiert des ressources qui ne sont pas toute disponible chez
les pouvoirs publics ou l’Administration publique. Dans ce cas les pouvoirs publics
recours à l’appui d’acteurs privé. Ce mécanisme mettant ensemble des acteurs
publics et des acteurs privés est connu sous la dénomination de partenariat publique
privé (PPP). Plus concrètement que les pouvoirs publics ne disposent pas de
ressources suffisantes, à couvrir le projet, il sollicite le financement d’acteur privé
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en vue de répondre des attentes de population. Les pouvoirs publics peuvent
parfois disposer de ressources financières, mais ne pas avoir l’expertise requise.
Dans ce cas il suscite le savoir disponible dans le privé. La phase d’exécution est
celle qui débouche sur les out put dans la systémique de DAVID EASTON.
Comment s’assurer de qualité de travaux ainsi réaliser si ce n’est qu’au moyen de
l’évaluation.
2.2.3. La phase d’évaluation des politiques publiques
Évaluer une politique publique c’est mettre en balance la planification et la
réalisation. L’évaluation vise à s’assurer de la réalisation ou non de ce qui a été,
prévu. En tant que telle, elle peut prendre plusieurs formes que sont : L’évaluation
normative, l’évaluation qualitative, l’évaluation quantitative, l’évaluation a priori,
l’évaluation en cours d’exécution, évaluation a posteriori, l’évaluation interne et
l’évaluation externe.
L’évaluation normative
L’évaluation normative vise s’assurer si le projet a pris ou non un certain nombre
de standard. Le respect de l’environnement, le respect du genre, l’inclusion des
minorités, voir le respect des use et coutume.
L’évaluation qualitative
Elle vise à mesurer le degré de satisfaction du destinataire et autre partis prenante
des politiques publiques, plus concrètement il s’agit de mener des enquêtes
d’opinions pour s’assurer de la satisfaction ou l’insatisfaction des partis prenante.
L’évaluation quantitative
Elle vise à s’assurer si les pouvoirs publics ont tenu parole ou non, par rapport à la
quantité et nombre promis dans l’exécution d’une politique publique.
L’évaluation a priori
L’évaluation à priorise intervient même avant le démarrage du projet, elle vise à
s’assurer de la faisabilité du projet à en mesurer l’impact sur l’homme et
l’environnement (étude d’impact sociale, environnementale et économique). Il
s’agit d’une évaluation par anticipation qui est guidé par les soucis de procéder à un
recadrage avant l’exécution du projet.
L’évaluation en cours d’exécution (in itinere)
L’évaluation en cours d’exécution des politiques publiques permet de s’assurer de
la réalisation ou non des objectifs intermédiaires, des objectifs d’étape fixés. Cette
évaluation repose sur des techniques de monitoring, c’est-à-dire veille stratégique.
Elle a l’avantage d’aider à corriger les disfonctionnements constatés durant
l’exécution d’un projet, d’une politique publique. Lorsqu’elle intervient au juste
milieu du projet l’on parle d’évaluation à mi-parcours.
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L’évaluation a posteriori
L’évaluation à posteriori est l’évaluation finale ou l’évaluation sommative, en tant
que tel elle vise de s’assurer de la réalisation ou non de l’objectif stratégique. En
tant que tel elle se veut holistique, c’est-àdire à même d’offrir un bilan d’ensemble.
Elle a l’avantage d’aider les pouvoirs publics à tirer les enseignements de leurs
échecs et autres disfonctionnements. Les aspects positifs seront capitalisés pour
d’ultérieurs projets (compétences acquises).
L’évaluation interne
L’évaluation interne est une évaluation visée par ceux qui ont exécuté le projet. Elle
répond à des considérations d’ordre économique, stratégiques voir sécuritaire.
L’évaluation externe
Une évaluation externe est une évaluation réalisée par des personnes extérieures au
projet. Elle a l’avantage d’être rigoureuse et objective. Il peut s’agir d’une mission
d’évaluation de la BAD ou du FMI en Côte d’Ivoire.
Il faut, en définitive, retenir des politiques publiques qu’en tant que levier de
gouvernance des systèmes politiques elles sont assujetties à des exigences d’ordre
managérial que sont la formulation, l’exécution et l’évaluation. En tant que telles,
les politiques publiques permettent d’apprécier la vitalité des systèmes politiques.
3. Relations internationales
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Emmanuel Kant. L’analyse des relations internationales prenait, alors, une posture
essentiellement normative et ontologique. Le tournant épistémologique devra
intervenir beaucoup plus tard avec l’institutionnalisation des relations
internationales. Cette institutionnalisation a, du coup, donné lieu à un débat
interparadigmatique entre normativistes et positivistes. Cette confrontation d’ordre
méthodologique donnera lieu à l’émergence de deux obédiences chez les
théoriciens des relations internationales. On a, d’une part, les internationalistes
d’obédience grotienne et kantienne et d’autre part les internationalistes souscrivant
à la vision de Thucydide et Clausewitz. Cette opposition influencera l’évolution de
la réflexion théorique au sein de cette discipline. L’ouvrage de référence de
Relations internationales, paru en 1936, fut d’Alfred Zimmern et s’intitulait The
League of Nations and the Rule of Law. 1918 – 1935. L’évolution de cette sous-
discipline enregistrera l’émergence de théories aussi diverses que variées.
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Pour les néo-fonctionnalistes, toute politique d’intégration ne peut s’expliquer que
par l’existence de buts économiques convergents entre les différents acteurs
impliqués dans le processus d’intégration. Ici, ce ne sont ni les chancelleries ni les
élites politiques des États-nation qui impulsent la dynamique d’intégration, mais
plutôt les technocrates issus de ces États. Hostiles à la création d’instances
supranationales à l’instar des inter-gouvernementalistes, ils souscrivent à la primauté
de l’intégration économique et monétaire. Pour ce faire, ils s’appuient sur la
bureaucratie, l’industrie ou encore le marché. Le néo-fonctionnalisme s’inscrit
donc dans une logique bottom up. Ernst Haas et David Mitrany en sont les
principaux précurseurs.
L’institutionnalisme
La vision institutionnaliste des Relations internationales part du postulat que la
politique internationale ne serait pas le lieu de l’anarchie comme le prétendent les
néoréalistes. Elle est, bien au contraire, régie par des règles, des normes et des
conventions. Les institutions internationales représentent un ensemble de règles
durables qui prescrivent le comportement des acteurs, définissent leur champ
d’action et génèrent des attentes. Il existe trois types d’institutions internationales :
Les organisations internationales, les régimes internationaux et les conventions
internationales. Par organisations internationales, il faut entendre tous les
organismes intergouvernementaux et tous les organismes transnationaux non-
gouvernementaux. Les régimes internationaux sont, quant à eux, des ensembles de
règles acceptées par les États et portant sur un domaine technique spécifique des
relations internationales. On pourrait, à titre illustratif, citer le régime monétaire
international de Bretton Woods de 1944. Les conventions internationales sont des
ensembles de règles explicites ou implicites, ratifiées ou simplement reconnues par
les États, qui régissent le comportement de ceux-ci et qui génèrent des attentes chez
ces États. À la différence des régimes internationaux, elles sont de portée plus
politique que technique.
L’institutionnalisme a donné naissance à l’institutionnalisme néolibéral. Pour les
institutionnalistes néolibéraux – ou néo-institutionnalistes –, les régimes
internationaux ont l’avantage de faciliter la coopération et de réduire, par là-même,
l’incertitude inhérente aux relations internationales. On gagne mieux à coopérer
qu’à faire cavalier seul. Les régimes internationaux permettent, enfin, aux États de
rompre avec le cercle vicieux de l’anarchie pour s’inscrire dans le cercle vertueux
de la coopération. À la différence de l’institutionnalisme classique qui, lui, porte
sur les organisations internationales, le néo-institutionnalisme s’intéresse aux
régimes internationaux, c’est-à-dire à des arrangements internationaux ayant une
portée sectorielle bien définie tels que les régimes relatifs au contrôle
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des armes, à la protection de l’environnement, aux droits
humains ou encore à la régulation des relations commerciales et financières à
l’échelle globale. Robert Keohane et John Ruggie en sont de valables représentants.
Le constructivisme
Le constructivisme est une théorie qui a fait son entrée en Relations internationales
vers la fin des années 80. Les constructivistes partent du postulat que les êtres
humains sont, d’abord et avant tout, des êtres sociaux. Pour eux, l’identité n’est rien
d’autre qu’un construit social ; c’est-à-dire quelque chose qui n’existe que par la
seule volonté de personnes appartenant à une même sphère, à une même entité
géographique. Il en va, par exemple, de même de l’argent, de la souveraineté ou
encore des droits. Tous ces éléments n’existent que parce qu’un ensemble de
personnes ont, à un moment donné de leur vie, décidé de leur conférer la valeur
qui est la leur aujourd’hui. Pour les constructivistes, la réalité qui est perçue ici et
maintenant n’est rien d’autre qu’un construit social. Entant que construit social,
l’identité revêt, à leurs yeux, une importance capitale dans la constitution ou la
formulation des intérêts d’une société ainsi que dans la mise en œuvre de tout projet
de société.
Pour éviter tout risque de subjectivité, les constructivistes trouvent en
l’intersubjectivité une porte de sortie. Ils postulent, en effet, que seules les croyances
qui auront été intersubjectivement validées ont valeur de vérité. Au niveau
méthodologique, les constructivistes rejettent l’empirisme ainsi que la soi-disant
neutralité axiologique qui la caractériserait. Pour eux, l’Homme ayant subi un
formatage social ne peut répondre de façon satisfaisante à une telle exigence de
neutralité dans la pratique de la science. Tout ce qu’il sait a déjà une charge
idéologique et tout ce qu’il cherche à savoir est, de ce fait, forcément influencé.
Appliqué aux relations internationales, le constructivisme se révèle une remise en
question du postulat néoréaliste de l’anarchie qui serait la marque distinctive de la
scène internationale. Pour les défenseurs du constructivisme, l’anarchie n’est, en
fait, rien d’autre que ce que les États décident d’en faire. Autrement dit, les États,
désireux de défendre leurs intérêts égoïstes sur la scène internationale, se prévalent
de l’existence de l’anarchie. A l’opposé, les constructivistes souscrivent à l’existence
de règles et de normes sociales qui influencent en permanence le comportement
des acteurs sociétaux. Ces normes existent aussi bien à l’intérieur de l’État-nation
que sur la scène internationale. L’État est, entant qu’acteur, influencé aussi bien par
les normes en vigueur en son sein que par celles en vigueur dans la structure que
constitue la scène internationale. Ils en arrivent à la conclusion que l’acteur et la
structure entretiennent une relation d’influence mutuelle. L’acteur influence la
structure par ses propres normes et valeurs. En retour, les normes, les conventions
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et autres régimes internationaux influencent l’acteur. Alexander Wendt en est un
illustre représentant. À la différence des constructivistes, les adeptes de la vision
transnationaliste identifieront des acteurs autres que l’État-nation sur la scène
internationale.
Le transnationalisme
La vision transnationaliste des relations internationales est une théorie non stato-
centrée. Elle se situe au niveau d’analyse de l’individu. Pour les défenseurs de cette
approche, les individus et autres organisations non gouvernementales sont devenus
des acteurs efficaces de la diplomatie. Et ce à la faveur des changements et
bouleversements ayant modifié les relations internationales à la fin des années 80.
Les transnationalistes considèrent, en effet, cette période comme le point de départ
de l’ère post-internationale ou encore postindustrielle, justement parce qu’elle a
enregistré l’émergence d’acteurs autres que les acteurs classiques que sont les États-
nation sur la scène internationale. Les individus, les organisations de la société civile
internationale, les firmes multinationales et bien d’autres organisations privées
s’engagent désormais directement sur la scène internationale avec ou sans l’onction
de leurs États d’origine. Ces acteurs sont liés par une sorte de solidarité
extraterritoriale, transnationale au détriment de toutes les formes d’allégeances
consacrées dans les paradigmes stato-centrés. Les individus seraient devenus des
sovereignty-free actors, c’est-à-dire des acteurs affranchis de la souveraineté de leurs
États d’origine. Le fondement majeur de cette mise en réseau au niveau global n’est
rien d’autre que la convergence des idéaux qui sous-tendent l’action de ces acteurs
indépendamment de leur situation géographique. D’où la métaphore de la toile
d’araignée (cobweb model) consacrée dans la vision transnationale des relations
internationales. Le transnationalisme est donc une véritable remise en question de
la qualité de l’État-nation entant qu’acteur exclusif de la scène internationale. Parmi
les théoriciens ayant contribué de façon décisive à l’émergence et à la promotion
de la vision transnationaliste, on pourrait citer James Rosenau et Ariel Colonomos.
3.2.3. Les théories d’obédience marxiste
Les théories d’obédience marxiste ont pour projet de dénoncer toute forme
d’injustice sur la scène internationale. Entre autres théories de cette obédience, l’on
peut citer la théorie du système-monde, la théorie de la dépendance et le
féminisme.
La théorie du système-monde
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Les précurseurs de la théorie du système-monde avaient pour objectif la critique de
la mondialisation du capitalisme. L’impérialisme est une politique hégémonique
d’élargissement de la sphère d’influence d’un État donné. Cette politique de
domination politique, économique, militaire et culturelle peut aussi prendre la
forme d’un élargissement territorial. Ayant émergé vers 1880, l’impérialisme
classique se caractérisait par la conquête et l’exploitation d’autres territoires, ainsi
que l’ont démontré les exemples des impérialismes européen, nippon ou
américain. Souscrivant aux principes du capitalisme, l’impérialisme a donné lieu à
la division internationale du travail et à des rivalités entre puissances impériales.
Cette dynamique de conquête et d’exploitation s’est poursuivie jusqu’à la vague de
décolonisation des années 1960. Aux yeux des critiques de l’impérialisme, cette
évolution formelle n’aurait eu aucune incidence notable sur la nature des relations
internationales. Ce qu’ils qualifient de néoimpérialisme aurait, dans le contexte
actuel de la mondialisation ultralibérale, libre cours dans le cadre d’accords
commerciaux, d’accords de militaires ainsi que sous forme d’octroi de prêts au
niveau bilatéral ou par les institutions de financières multilatérales. Les théoriciens
de l’impérialisme sont, entre autres, John Hobson, Rosa Luxemburg et Vladimir
Lénine. À l’instar des théoriciens de l’impérialisme, les théoriciens de la
dépendance auront un ancrage marxiste dans leur analyse des relations
internationales.
La théorie de la dépendance
La théorie de la dépendance ou dependencia, du fait de la déterminante
contribution de théoriciens latino-américains, analyse les relations internationales à
partir de deux sphères que sont le centre et la périphérie du système que représente
le monde. Pour les théoriciens de la dépendance, le sous-développement des pays
de la périphérie ne serait pas lié à des facteurs endogènes à ces pays, mais plutôt à
des facteurs exogènes inhérents à la nature asymétrique des relations économiques
et commerciales internationales. L’exploitation de la périphérie par le centre ne
vise qu’à garantir le bien-être et la prospérité des riches et puissants au détriment
des pauvres et des plus faibles. Cette exploitation se fait avec la complicité d’une
bourgeoisie dans les pays de la périphérie. La dependencia est un tiers-mondisme
dont les principaux théoriciens sont Raùl Prebisch, Enzo Faletto, Immanuel
Wallerstein et Henrique Fernando Cardoso. Contrairement à eux, d’autres
théoriciens voient en l’interdépendance une chance pour les relations
internationales.
Le féminisme
Depuis la fin des années 60, le mouvement féministe a connu un regain de vitalité.
Cette dynamique s’inscrit dans le champ plus vaste des mouvements sociaux ayant
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contribué à une évolution qualitative de la pensée et de la pratique politique.
L’ultime objectif de cette vision est de mettre fin à la marginalisation et au manque
de visibilité de la femme sur la scène politique et parvenir, par là-même, à
l’instauration d’un nouvel ordre politique consacrant l’égalité entre l’homme et la
femme. Il s’agit, en réalité, d’une remise en question de certaines certitudes et de
certains paradigmes de la pensée politique. Cette remise en question touche à tous
les construits sociaux tendant à conférer à l’homme une supériorité sur la femme.
Appliqué aux Relations internationales, le féminisme s’érige contre le machisme
qui aura, jusque-là, marqué l’évolution de la politique internationale. Le fait
qu’aujourd’hui la promotion du genre occupe une place de choix dans les
programmes de tous les organismes multilatéraux n’est rien d’autre que la résultante
de cet engagement féministe. Au niveau épistémologique, les féministes opèrent un
changement de cap en prenant une posture post-positiviste. Cela se traduit par le
rejet des postulats consacrés dans le néoréalisme, à savoir l’anarchie du système
international, la neutralité axiologique et le positionnement de l’État comme acteur
rationnel en matière de politique étrangère. Le machisme méthodologique inhérent
au paradigme néoréaliste consacre la force, l’agressivité et la rationalité, des
spécificités propres à l’homme et qui seraient des facteurs déterminants en relations
internationales. Les approches méthodologiques auxquelles les féministes
souscrivent sont : L’analyse du discours avec pour toile de fond la critique
généalogique et la coopération empathique. Les théoriciennes féministes les plus
établies sont, entre autres, Cynthia Enloe, Christine Sylvester et Ann Tickner.
Outre les subdivisions classiques que sont la théorie politique, la politique
comparée et les Relations internationales, la science politique a vu émerger un
certain nombre de subdivisions qui, elles, procèdent de l’interdisciplinarité.
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CONCLUSION GÉNÉRALE
L’on peut globalement retenir de la science politique qu’elle est une discipline
académique appartenant au grand ensemble des sciences sociales. En tant que telle,
elle mobilise un certain nombre de ressources épistémologiques et paradigmatiques
en vue d’irriguer la recherche et l’enseignement. Ce faisant, elle vise à impacter la
gouvernance aussi bien au sein des États que sur la scène internationale. Pour y
parvenir, la science politique se structure autour de sous-disciplines classiques que
sont la théorie politique, la politique comparée et les Relations internationales.
Tandis que la théorie politique s’évertue à revisiter le travail de théorisation et de
conceptualisation dont la politique a pu faire l’objet de l’Antiquité à nos jours, les
systèmes politiques ont une vocation beaucoup plus pratique et chercher à analyser
la vie au sein de diverses entités telles que les États et les collectivités. Quant aux
Relations internationales, elles visent à rendre compte d’interactions multiformes
et multisectorielles marquant la vie internationale. Et ce, à partir de paradigmes
consacrés.
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BIBLIOGRAPHIE
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