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Installation des réacteurs à eau sous pression

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30/09/2008

Installation générale des réacteurs


à eau sous pression

par Maurice KAERCHER


Ancien élève de l’École Polytechnique
Ingénieur de l’École supérieure d’Électricité
Chargé de mission à Électricité de France

1. Organisation fonctionnelle ................................................................... BN 3 260 - 2


1.1 Îlot nucléaire................................................................................................. — 2
1.2 Îlot classique ................................................................................................ — 2
2. Principes généraux d’installation........................................................ — 2
2.1 Exigences de sûreté..................................................................................... — 2
2.2 Exigences fonctionnelles ............................................................................ — 5
2.3 Exigences d’exploitation ............................................................................. — 6
2.4 Regroupement des équipements dans les bâtiments .............................. — 7
2.5 Critères de séparation des équipements ................................................... — 8
3. Localisation des principaux équipements. Plan de masse........... — 8
3.1 Contraintes spécifiques au site................................................................... — 8
3.2 Implantation des ouvrages ......................................................................... — 8
3.3 Calages en niveaux...................................................................................... — 9
4. Installation générale des bâtiments ................................................... — 9
4.1 Bâtiment réacteur (BR) ................................................................................ — 9
4.2 Bâtiment combustible (BK) ......................................................................... — 12
4.3 Bâtiment électrique et des auxiliaires de sauvegarde (BAS/BL).............. — 12
4.4 Bâtiment des auxiliaires nucléaires (BAN) ................................................ — 12
4.5 Salle des machines...................................................................................... — 13
4.6 Station de pompage .................................................................................... — 13
4.7 Bâtiment des groupes électrogènes .......................................................... — 13
4.8 Bâtiment du réservoir de stockage d’eau de la piscine (PTR).................. — 13
4.9 Bâtiment de traitement des effluents (BTE) .............................................. — 13
5. Le concept européen EPR...................................................................... — 13
5.1 Concept à quatre trains ............................................................................... — 13
5.2 Prévention des accidents graves................................................................ — 13
5.3 Dose collective annuelle ............................................................................. — 13

’installateur conçoit l’aménagement des équipements, la forme et la dispo-


L sition des bâtiments pour permettre l’insertion de la centrale dans le site,
sa construction, son exploitation (y compris maintenance et inspection) et son
démantèlement en fin de vie.
Depuis les premiers tracés d’avant-projet jusqu’aux plans de réalisation, il
conduit, en liaison étroite avec les équipes chargées du dimensionnement des
matériels et des circuits, un travail itératif d’établissement, puis de revue des
plans d’installation dans les locaux et bâtiments, ainsi que du plan de masse.
En particulier, il se préoccupe de définir les interfaces entre équipements et
génie civil, ainsi que les dispositions propres à assurer la sûreté de l’installation.
Enfin, il conduit sa mission en recherchant constamment l’optimum écono-
mique, lequel correspond généralement à la plus grande compacité compatible

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avec la satisfaction des critères de sûreté et d’exploitation. En répartissant le


coût des études d’installation générale sur l’ensemble du palier technique, la
standardisation appliquée en France a permis d’y affecter des moyens impor-
tants afin de parvenir à cet optimum.
L’article présente les critères d’installation appliqués au standard français
le plus récent : le palier N4 - 1 450 MWe, bénéficiant du retour d’expérience
d’exploitation des paliers précédents, 900 et 1 300 MWe.

1. Organisation fonctionnelle 2. Principes généraux


d’installation
La centrale est constituée de plusieurs tranches opérationnelle-
ment indépendantes(1). Chacune comporte un îlot nucléaire et un
îlot classique. Les bâtiments suivants : bâtiments administratifs, 2.1 Exigences de sûreté
ateliers-magasins, bâtiments des auxiliaires généraux, de traite-
ment des effluents et la station de pompage, sont communs à L’installation doit, en premier lieu, satisfaire aux critères de
toutes les tranches du site (figure 1). sûreté nucléaire.
(1) Les réalisations actuelles du palier N4 sont multitranches. La centrale pourrait tou-
tefois ne comporter qu’une seule tranche.
Elle est conçue de sorte qu’une défaillance initiale fortuite (par
exemple une rupture de tuyauterie, un incendie ou une inondation)
ne puisse pas se propager ou contribuer à l’apparition d’une situa-
1.1 Îlot nucléaire tion accidentelle inacceptable pour la sûreté nucléaire.
La réglementation française énonce les principes de sûreté du
Pour une description détaillée des équipements et systèmes du réacteur et dresse la liste des événements initiateurs à prendre en
réacteur, le lecteur pourra se reporter à l’article [B 3 100] Réacteur compte (cf. article sur la Réglementation de la sûreté nucléaire).
à eau ordinaire sous pression. Description. Ceux-ci se répartissent en trois catégories : les agressions internes,
les agressions externes et l’application du critère de défaillance
L’îlot nucléaire comprend :
unique qui est un critère conventionnel d’étude.
— le bâtiment réacteur (BR) contenant le réacteur et l’ensemble
des circuits d’eau primaire sous pression ;
— le bâtiment combustible (BK) abritant les installations de 2.1.1 Fonctions de sûreté du réacteur
stockage et de manutention du combustible neuf et irradié ;
— le bâtiment des auxiliaires de sauvegarde et des locaux élec- Les fonctions de sûreté du réacteur assurent le maintien de
triques (BAS/BL) ; l’intégrité du circuit primaire, sa mise et son maintien en arrêt sûr
— le bâtiment des autres auxiliaires nucléaires (BAN) ; et la limitation des conséquences radiologiques en cas d’agression
susceptible d’entraîner des rejets radioactifs hors des limites du
— le bâtiment d’exploitation (BW).
site. Les systèmes et équipements assurant les fonctions de sûreté
sont classés « importants pour la sûreté ». Ce sont :
1.2 Îlot classique — l’arrêt d’urgence ;
— le refroidissement du combustible et l’évacuation de la puis-
Les équipements de l’îlot classique fournissent l’énergie électri- sance résiduelle :
que au réseau à partir de la vapeur produite dans l’îlot nucléaire. • alimentation de secours des générateurs de vapeur,
La détente de la vapeur s’effectue dans le corps haute pression du • refroidissement à l’arrêt,
groupe turboalternateur puis, après séchage et resurchauffe, dans • injection de secours et aspersion enceinte,
les trois corps basse pression. • refroidissement de la piscine de stockage du combustible usé ;
La vapeur part ensuite au condenseur. L’eau récupérée est — le confinement :
réchauffée à environ 220 oC et un système de pompage assure son • isolement du circuit primaire et isolement de l’enceinte,
transfert au BR pour alimenter les générateurs de vapeur. • contrôle de la teneur en hydrogène,
• mise en dépression de l’espace interenceintes,
L’îlot classique se compose : • ventilation de la salle de commande (fonction mise en sur-
— de la salle des machines abritant le groupe turboalternateur et pression et filtration de l’air extérieur),
ses auxiliaires ; • stockage et traitement des effluents liquides ou gazeux.
— de la station de pompage ;
— des réfrigérants atmosphériques ;
— des bâtiments annexes. 2.1.2 Agressions d’origine interne
Concernant l’îlot classique, l’article se limite à la présentation Les agressions d’origine interne conditionnant l’installation
des critères d’installation devant être respectés pour assurer sa sont : les projectiles, l’incendie, les ruptures d’équipements ou de
compatibilité avec l’îlot nucléaire. canalisations sous pression par fatigue ou corrosion, l’inondation
La conception de l’îlot classique vise à prévenir toute agression et la chute d’objets au cours de manutentions.
des structures et équipements de l’îlot nucléaire en toute situation. En règle générale, l’installation fait appel à la séparation phy-
Des dispositions d’installation sont prises pour éviter l’endomma- sique des équipements, réalisée par une structure de protection
gement de l’îlot nucléaire en situation accidentelle, notamment en adaptée au risque (cloison coupe-feu, cloison étanche, obstacle
cas de séisme, d’éclatement du rotor du groupe turboalternateur paramissile) ou l’éloignement géographique, comme résumé au
ou d’incendie. tableau 1.

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27

20

La Meuse
7 9

3 2 6 11

10
4 14 15
5 8
13

28 21 22

7 9

3 1 6 11
20
29 10
4 14 15
5 8
12
13

10 Portique de manutention
16
11 Salle des machines
25 18 12 Bâtiment des auxiliaires généraux
23 13 Transformateur auxiliaire
24 14 Plate-forme stockage CO2 et H2
15 Transformateur principal
16 Bâtiment de traitement des effluents
26 17 Station de pompage - tranche 1-2
18 Déminéralisation
17 19 Prise d'eau en Meuse
20 Réfrigérant atmosphérique
1 Bâtiment réacteur - tranche 1 21 Sous-unité de contrôle
2 Bâtiment réacteur - tranche 2 22 Sous-unité de contrôle
3 Bâtiment combustible 23 Poste d'accès principal
4 Bâtiment des auxiliaires nucléaires 24 Bâtiment de sécurité
5 Bâtiment d'exploitation 25 Sous-unité technique
6 Bâtiment électrique et 26 Sous-unité technique
19 des auxiliaires de sauvegarde 27 Poste CERT
7 Réservoir PTR 28 Bâtiment intertranche
8 Bâtiment du groupe électrogène voie A 29 Bâtiment arrêt de tranche
La Meuse 9 Bâtiment du groupe électrogène voie B

Figure 1 – Plan de masse : site de Chooz

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de graissage de machines, huiles des transformateurs, fioul des


Tableau 1 – Agressions d’origine interne. groupes électrogènes de secours, câbles et équipements élec-
Dispositions d’installation triques.
Les équipements nécessitant des quantités importantes de
Risque Dispositions d’installation combustible sont placés à l’extérieur ou dans des bâtiments indé-
Disposition géographique, mur de protection, pendants.
Missile éloignement, installation en dehors des trajec- Des secteurs de feu sont aménagés dans les zones à risque
toires potentielles significatif afin de limiter la propagation de l’incendie. Ils sont
Séparation physique ou éloignement munis de parois et de portes coupe-feu. C’est le cas pour la caisse
Incendie à huile de la salle des machines.
Isolement des charges calorifiques
Les voies redondantes d’un système important pour la sûreté
Implantation en casemate
Rupture susceptibles d’être endommagées par l’incendie sont implantées
de tuyauterie Protections mécaniques par cadre antifouette- dans des secteurs de feu différents. Lorsque ce n’est pas possible,
ment
il est alors constitué des zones de feu.
Inondation Séparation physique, seuils de rétention, cuve- Les matériels redondants sont installés dans des zones de feu
d’origine interne lage
séparées dont les parois, non nécessairement étanches, ni coupe-
Chute Cinématique à faible hauteur de levage feu, et les moyens de lutte contre l’incendie, limitent l’extension de
Maintien d’un espacement entre les assembla- l’incendie et évitent l’endommagement simultané des deux voies.
Criticité ges combustibles en piscine C’est la solution retenue pour le BR dont le compartimentage ne
serait pas souhaitable, car il est nécessaire de disposer d’un grand
volume d’expansion en cas de rupture d’une tuyauterie d’eau ou
de vapeur sous pression.
2.1.2.1 Projectiles
Les projectiles considérés ici sont d’origine interne au site : élé- 2.1.2.3 Rupture de tuyauterie
ments de réservoir ou de tuyauterie sous pression, de machine La rupture d’une tuyauterie contenant de la vapeur ou de l’eau
tournante ou missile secondaire suite à l’impact d’un projectile. Le sous pression, pourrait, par effets mécaniques, endommager des
circuit primaire sous pression et le groupe turboalternateur peu- tuyauteries adjacentes ou des organes d’isolement de la ligne
vent générer des projectiles. rompue.
■ Bâtiment réacteur (BR) Le type de protection adopté consiste généralement à mettre en
Tous les équipements ou portions d’équipement du BR suscep- place des structures de protection (fourreaux, casemates en béton,
tibles, à la suite d’une défaillance quelconque, d’être projetés dans cadres de maintien antifouettement) dans le BR et sur le toit du BL.
l’espace par libération de leur énergie potentielle (pression du L’installation doit aussi tenir compte des surpressions induites
fluide contenu ou vitesse de rotation) sont considérés comme étant par la vaporisation des fluides s’échappant des tuyauteries rom-
susceptibles d’atteindre des équipements vitaux. pues. Ainsi, des fourreaux métalliques doublent la tuyauterie à la
La protection utilisée consiste soit à les implanter dans des case- traversée des deux enceintes du BR pour éviter la mise sous pres-
mates en béton armé, supprimant ainsi tout risque de propagation sion accidentelle de l’espace entre ces enceintes.
de missile en direction des autres équipements ou de l’enceinte
interne, soit à disposer des écrans coupant les trajectoires des mis- 2.1.2.4 Inondation d’origine interne
siles potentiels.
Une inondation dite d’origine interne peut être la conséquence
Exemple : un mécanisme de commande de grappe de contrôle de d’une rupture de tuyauterie et concerner plus particulièrement les
la réactivité serait, en cas de rupture de sa fixation sur le couvercle de niveaux inférieurs des bâtiments. Des dispositions d’installation
la cuve, un projectile dangereux pour l’enceinte de confinement en rai- sont prises pour éviter que l’inondation n’affecte simultanément
son de la pression élevée régnant dans la cuve (155 bar). Une barrière, les deux voies redondantes d’une même fonction de sûreté.
constituée d’une tôle de 130 mm d’épaisseur reliée par des tirants au
Les équipements des voies redondantes étant séparés physi-
couvercle de la cuve et au génie civil a donc été disposée pour faire
quement, des dispositifs de drainage ou de rétention (seuils,
écran en direction de l’enceinte étanche.
murets, plans inclinés, obturation des trémies et des traversées de
■ Groupe turboalternateur voiles) sont mis en place pour éviter que l’eau ne puisse se pro-
pager d’une voie vers l’autre.
Des projectiles résultant de l’éclatement du groupe turboalterna-
teur pourraient endommager l’enceinte de confinement, les circuits Exemple : les pompes RIS (réacteur : injection de sécurité) et EAS
importants pour la sûreté ou contenant des produits radioactifs(2). (enceinte de confinement : aspersion - recirculation de l’aspersion)
(2) En France, une centrale thermique classique (Porcheville : 600 MWe) a connu une sont installées dans des locaux séparés adjacents (une pompe par
rupture de turbine projetant des débris dans l’espace, dont un de 2 t. local), rendus étanches les uns par rapport aux autres par un cuvelage
Les trajectoires des missiles susceptibles d’être émis par le métallique.
groupe turboalternateur peuvent être déterminées par le calcul. On
exclut l’installation d’équipements vitaux au voisinage des trajec- La protection peut aussi être assurée par surélévation des équi-
toires les plus probables. En particulier, les groupes sont disposés pements lorsque le local dispose d’un exutoire.
radialement par rapport au réacteur, afin que les trajectoires des
missiles, produits en cas de rupture d’un corps basse pression [en 2.1.2.5 Chute
référence à la Règle fondamentale de sûreté (RFS) no 1.2.b] ne
Le risque de chute pouvant entraîner une situation accidentelle
soient pas dirigées vers l’enceinte de confinement ou vers d’autres
existe surtout lors de manutentions de charges telles qu’un assem-
équipements vitaux.
blage combustible ou un château de transport.
L’assemblage combustible est généralement déplacé suspendu à
2.1.2.2 Incendie
un grappin. Dans cette configuration, sa chute peut entraîner la
Les risques significatifs d’incendie sont limités aux installations rupture d’aiguilles, un relâchement des produits de fission et une
qui contiennent des charges combustibles importantes : huiles contamination dans la zone de travail. L’installateur doit alors

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concevoir la cinématique de manutention pour que l’énergie tions sont adaptées aux caractéristiques et mouvements présumés
potentielle qui serait libérée pendant la chute, soit la plus faible du sol pour assurer la stabilité des ouvrages. Le mode de fixation
possible. L’assemblage est transporté à un niveau le plus bas pos- et le spectre d’excitation des points d’ancrage des matériels impor-
sible tout en évitant qu’il puisse heurter d’autres équipements. tants pour la sûreté (cuve du réacteur, générateurs de vapeur,
L’évacuation du combustible usé fait appel au concept d’évacua- pompes, réservoirs) sont déterminés par des études de simulation.
tion sous fosse. L’emballage de transport (château) est placé direc- (3) Le SMS se déduit du séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) par la
relation donnée par la Règle fondamentale de sûreté (RFS) no 1.2.c :
tement sous la piscine de stockage. L’accostage réalisé est
ISMS = ISMHV + 1 (en unité d’intensité MSK)
étanche ; l’intérieur du château étant mis en communication avec
le fond de la piscine de stockage, un dispositif de transfert descend Par ailleurs, il est vérifié que les équipements non calculés au
alors directement l’assemblage dans le château de transport, au séisme ne peuvent pas, par leur ruine ou leur chute, agresser des
travers du plancher d’un compartiment de la piscine. On évite ainsi équipements importants pour la sûreté.
d’avoir à lever le château au niveau du plancher de service de la
piscine, à l’y plonger, puis à effectuer la manœuvre inverse avec un Exemple : la ruine de la salle des machines, lors d’un séisme, ne
château chargé d’assemblages usés. L’évacuation sous fosse sup- doit pas empêcher la fermeture des vannes d’isolement sur l’eau d’ali-
prime donc le risque de chute, réduit la capacité du pont de manu- mentation des GV et sur la vapeur.
tention et allège les structures du BK.
2.1.3.3 Chute d’avions

2.1.3 Agressions d’origine externe La parade à la chute d’avion est l’éloignement des équipements
redondants pour éviter leur endommagement simultané. Pour les
Les agressions d’origine externe (tableau 2) à prendre en équipements non redondants (enceinte de confinement, salle de
compte dépendent du site, lequel peut être plus particulièrement commande), les calculs de résistance prennent en compte la chute
soumis à un risque d’origine naturelle (séisme, inondation, tasse- d’un avion de l’aviation générale du type Cessna 210 monomoteur
ment, cyclone, vent extrême) ou humaine (circulation terrestre, de 1,5 t ou Lear Jet 23 bimoteur de 5,7 t (en référence à la RFS
aérienne ou fluviale, exploitation industrielle dangereuse à proxi- no 1.2.a).
mité).
2.1.3.4 Protection contre les actes de malveillance
Des clôtures spécifiques sont prévues pour séparer les diffé-
Tableau 2 – Agressions d’origine externe. rentes zones, de sorte qu’il faudrait franchir plusieurs barrières
Dispositions d’installation surveillées avant d’arriver au contact d’un matériel sensible (équi-
pement électrique par exemple) et les accès sont contrôlés. De
Risque Dispositions d’installation requises plus, selon la sensibilité des locaux à une agression, une protection
spécifique peut être mise en œuvre.
Inondation ............................. Calage hors d’eau du niveau de la
plate-forme
2.1.4 Critère de défaillance unique
Séisme................................... Calcul des structures
Pour s’assurer que la conception d’un système important pour la
Chute d’avion........................ Éloignement des bâtiments les uns sûreté est suffisamment homogène et robuste, on applique succes-
des autres, murs épais sivement, à chaque équipement de ce système ou des systèmes
Malveillance .......................... Séparation des zones et contrôle auxiliaires nécessaires à son fonctionnement, une défaillance uni-
des accès que et on vérifie que la fonction de sûreté demeure assurée(4).
(4) Pour la définition complète du critère de défaillance unique et son application,
conformes à la réglementation, le lecteur se reportera à la RFS no 1.3.a.

Dans la définition d’un standard, il est considéré une enveloppe Ce critère conduit, a minima, à doubler systématiquement les
des risques économiquement acceptables pour le palier technique. fonctions de sûreté du réacteur et à concevoir l’installation de telle
Des dispositions techniques particulières sont prises, le cas manière qu’un défaut sur une voie ne puisse se propager à l’autre
échéant, pour tout site qui présenterait un risque plus élevé. voie.

2.1.3.1 Inondation 2.1.5 Protection contre le risque de criticité


Dans la majorité des cas, l’inondation proviendrait d’une crue ou L’installation participe à la protection contre le risque de criticité
d’une tempête, mais elle pourrait aussi avoir pour origine la rup- dans le cœur en assurant la séparation physique des eaux bori-
ture d’un barrage hydraulique en amont. quées et des eaux non boriquées.
Le principe de la protection des centrales est la mise hors d’eau Au cours des manutentions, des assemblages combustibles ne
des bâtiments ou des locaux contenant des matériels importants se retrouvent regroupés qu’en piscine. Le respect des règles
pour la sûreté par un calage adéquat du niveau des plates-formes. d’espacement imposées par le pas des alvéoles de stockage
Le niveau choisi est au moins égal à la cote majorée de sécurité (cf. § 4.2.1) garantit alors l’installation contre le risque de criticité.
soit, pour les sites fluviaux, le plus haut des deux niveaux suivants
[en référence à la Règle fondamentale de sûreté (RFS) no 1.2.e] :
— niveau atteint par la crue millénale majoré de 15 % ; 2.2 Exigences fonctionnelles
— niveau atteint par la conjonction des ondes de la plus forte
crue connue ou de la crue centennale si elle est plus importante et L’installation générale doit permettre d’assurer le bon fonction-
de l’effacement de l’ouvrage de retenue le plus contraignant. nement de chaque système dans toutes les situations.

2.1.3.2 Séisme
2.2.1 Installation du circuit primaire principal
Le séisme majoré de sécurité(3) (SMS) du site servant de base au
dimensionnement des bâtiments est déduit des études géologi- L’évacuation de la puissance résiduelle générée par le cœur à
ques, géophysiques et sismotectoniques. En particulier, les fonda- l’arrêt du réacteur en l’absence de fonctionnement des pompes

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primaires demande que les générateurs de vapeur soient installés La réglementation de la radioprotection (tableau 3) demande
à une hauteur suffisante par rapport à la cuve, pour que la circula- notamment que les matériels et procédés soient conçus et exploi-
tion de l’eau primaire puisse s’établir par thermosiphon. tés, et le travail organisé de sorte que les expositions profession-
nelles restent inférieures aux limites prescrites et aussi basses que
raisonnablement possible.
2.2.2 Installation des groupes de pompage
Le fonctionnement correct des pompes aspirant de l’eau à une
température proche de l’ébullition nécessite qu’elles soient instal-
lées à une cote bien inférieure à celle du réservoir dans lequel elles Tableau 3 – Radioprotection - Dispositions d’installation
aspirent [critère de NPSH : Net Pressure Suction Head (hauteur
de charge nette à l’aspiration)]. Les pompes aspirant dans des Risques Dispositions d’installation requises
volumes situés au niveau le plus bas des bâtiments (puisards,
Zones de radioprotection
condenseur) sont ainsi installées dans des puits et les tuyauteries
de liaison sont courtes pour éviter les pertes de charges à l’aspira- Rayonnement Protection biologique par écrans et murs épais
tion. Manutention sous eau

Confinement des équipements dans l’enceinte


2.2.3 Installation du tube de transfert BR/BK Contamination Limitation de la circulation du fluide primaire à
l’extérieur du BR
L’assemblage combustible étant fragile, il est transporté soit en
position verticale, soit en appui sur une surface non déformable. Le
transfert horizontal a été retenu entre les piscines du BR et du BK
dont les niveaux inférieurs sont mis en correspondance. Les ■ Principales sources de radioactivité
dimensions de l’orifice de passage sont ainsi réduites au minimum
Dans la centrale, les principales sources de radioactivité sont le
pour ne pas affecter la résistance de l’enceinte de confinement.
cœur du réacteur, le circuit primaire, les circuits auxiliaires nuclé-
aires, les assemblages combustibles usés et les installations de
2.2.4 Installation des tuyauteries traitement des effluents radioactifs.

Le tracé et le supportage des tuyauteries sont déterminés en ■ Zones de radioprotection


fonction des sollicitations mécaniques (poids, dilatation thermique, Deux zones de radioprotection sont définies :
séisme) auxquelles elles doivent résister. En règle générale, — la zone contrôlée qui inclut les locaux dans lesquels le débit
l’implantation des points fixes est déterminée de manière à mini- de dose moyen est susceptible de dépasser en exploitation normale
miser les efforts sur les tuyauteries et sur les matériels. 0,007 5 mSv/h, ou dans lesquels il existe un risque permanent de
contamination des surfaces ou de l’air ;
■ Pentes
— la zone surveillée et gardiennée qui est située entre la clôture
Les réseaux de tuyauteries respectent des pentes voisines de du site et la zone contrôlée ; le débit d’équivalent de dose y est
5 mm/m pour faciliter la vidange et l’évacuation de l’eau conden- inférieur à 0,007 5 mSv/h.
sée. La pente est portée à 10 mm/m pour les tuyauteries contenant
des fluides radioactifs, afin de permettre leur vidange complète ■ Zone contrôlée
pour les opérations de maintenance. La zone contrôlée d’une tranche comprend l’ensemble des
locaux de l’îlot nucléaire pouvant être contaminés : bâtiment réac-
■ Purge des tuyauteries de vapeur teur, bâtiment des auxiliaires nucléaires, locaux des auxiliaires de
Lors du conditionnement des tuyauteries principales avant mise sauvegarde, et une partie du bâtiment combustible et des locaux
en service, le volume d’eau condensée représente une part notable d’exploitation.
(environ 12 %) du volume de l’ensemble des circuits. Le point d’accès à la zone contrôlée d’une tranche en fonction-
Des purgeurs installés aux points bas évitent l’entraînement de nement est unique. Le bâtiment périphérique, par lequel on y
gouttelettes ou de paquets d’eau provoqués par la condensation. arrive, contient les équipements nécessaires à l’habillage et au
Afin de diminuer le nombre de purgeurs, le tracé des tuyauteries contrôle des personnels.
est réalisé de sorte que l’on n’ait pas de points bas ou que leur La zone contrôlée est subdivisée en sous-zones repérées par un
nombre soit réduit au minimum. code de couleur (tableau 4) : vert, jaune, orange et rouge, corres-
pondant à un risque radiologique croissant.
■ Vibrations
(0)
Des vibrations des réseaux de tuyauteries peuvent se produire à
l’aval des pompes ou des organes de détente. L’amplitude des
vibrations peut être importante sur les piquages de tuyauteries de Tableau 4 – Zonage de radioprotection
faible diamètre comportant des vannes en porte-à-faux (par exem-
ple piquages d’instrumentation). On veille dans ce cas à choisir la Nature Débit de dose
longueur du piquage pour que sa fréquence de résonance soit suf- Conditions d’accès Balisage
de la zone (mSv/h)
fisamment élevée pour être hors du spectre d’excitation vibratoire.
Zone non Gardienné D < 0,007 5
contrôlée
2.3 Exigences d’exploitation Permanent 0,007 5 < D < 0,025 Vert

0,025 < D < 2 Jaune


2.3.1 Radioprotection Zone
Réglementé
contrôlée
Le lecteur trouvera un exposé des méthodes de calcul des 2 < D < 100 Orange
protections contre le rayonnement dans l’article traitant l’activation
et la protection. Exceptionnel D > 100 Rouge

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Exemple : les zones vertes sont à accès permanent : il n’est pas 2.4 Regroupement des équipements
nécessaire d’en contrôler le temps de séjour, ni de prendre des mesu-
res particulières de protection ; le débit de dose y est inférieur à dans les bâtiments
0,025 mSv/h. Les zones rouges sont, sauf cas exceptionnel, interdites
d’accès ; elles sont signalées par un balisage d’interdiction et L’affectation des équipements dans les bâtiments et dans les
condamnées physiquement. différents locaux est fondée sur des exigences de confinement et
de regroupement fonctionnel.
■ Impact de la radioprotection sur l’installation
Au cours des études de conception et d’installation des maté- 2.4.1 Confinement
riels, il est vérifié que les voies d’accès et les zones de travail sont
situées dans des zones à faible débit de dose. Des écrans de pro- Les circuits fortement radioactifs sont implantés dans le BR qui
tection biologique sont mis en place si les équipements ne peuvent assure le confinement des matières radioactives, notamment en
pas être déplacés. cas d’accident.
Les systèmes de ventilation desservant la zone contrôlée sont Dans les autres bâtiments, les matériels susceptibles d’être
séparés de ceux desservant les zones non contrôlées. En zone contaminés (robinetteries présentant un risque de fuite le long de
contrôlée, le flux d’air circule des locaux les moins contaminés la tige) sont rassemblés dans des locaux particuliers équipés d’une
vers les locaux les plus contaminés avant d’être aspiré, filtré puis ventilation spécifique. C’est en particulier le cas :
rejeté après contrôle. — pour la partie hors pression du circuit de contrôle volumé-
trique et chimique implanté dans le BAN ;
— pour les circuits de pompage et de refroidissement du fluide
2.3.2 Accessibilité primaire en situation accidentelle, implantés dans le BAS. La réin-
jection, dans le BR, des effluents actifs collectés en cas de fuite est
prévue.
Les locaux à accès contrôlé sont regroupés géographiquement
pour faciliter les formalités de contrôle et d’accès.
Un compromis est recherché entre une circulation facile, permet- 2.4.2 Regroupement fonctionnel
tant la réduction des temps d’intervention, et les contraintes résul-
tant du confinement ou de l’implantation en casemates destinés à Le regroupement dans un même bâtiment, des composants et
limiter la propagation de la contamination atmosphérique et le des circuits participant à une même fonction permet de diminuer
débit de dose. la longueur des liaisons et donc les coûts ; les opérations de mise
en service, d’exploitation et de maintenance sont aussi facilitées
Pour permettre la surveillance et l’exploitation des équipements, (pour les équipements électriques par exemple). Le regroupement
les bâtiments sont toujours accessibles, à l’exception du BR qui ne est systématique, sous réserve qu’il ne s’oppose pas à l’application
l’est qu’à l’arrêt du réacteur(5). Dans une même centrale, toutes les d’un critère de sûreté (critère de séparation par exemple).
tranches sont identiques, se déduisant l’une de l’autre par transla-
tion de manière à reproduire à l’identique les conditions d’accès et Certaines fonctions particulières occupent un bâtiment complet,
d’intervention sur les équipements. comme le bâtiment de traitement des effluents (BTE), la station de
pompage et l’huilerie.
(5) Rendre le BR accessible en service aurait été techniquement possible, mais aurait
présenté des risques pour le personnel. La solution retenue est plus satisfaisante pour la
sûreté du confinement.
2.4.3 Contrôle-commande centralisé
La législation du travail impose des règles de conception pour
les itinéraires d’accès et de dégagement : hauteur et largeur de Pour garantir les conditions d’ambiance nécessaires à leur bon
passage, nombre et longueur maximale des itinéraires. La section fonctionnement, en faciliter la maintenance et la protection contre
de passage minimale est de 2 m × 0,8 m. Le passage ne doit pas les agressions et actes de malveillance, les matériels électriques
être entravé par des tuyauteries circulant au sol, des câbles électri- sont installés, de préférence, dans des locaux spécialisés. En
ques, des volants de vannes, des pièces de supportage ou autres contrepartie, cette disposition impose un volume de câblage
obstacles qui pourraient causer des blessures. En conséquence, les important entre les équipements dispersés dans la centrale et le
tuyauteries cheminent de préférence au voisinage des parois. bâtiment électrique.
Lorsqu’elles croisent un itinéraire d’accès, elles sont alors instal-
lées au plafond. Les itinéraires de circulation dans les bâtiments ne 2.4.3.1 Installation des équipements électriques
doivent pas franchir de limites entre zones contrôlée et non
contrôlée. On s’efforce de les rendre aussi courts que possible. Les équipements électriques sont installés, par type de matériel,
dans des locaux séparés à l’intérieur du bâtiment électrique.
Pour limiter les risques de propagation d’incendie, les câbles
2.3.3 Maintenance pénètrent dans les armoires par le bas, ce qui conduit à disposer
les entreponts de câblage directement sous ces locaux. Les orifices
de passage des câbles dans les parois sont obturés par un maté-
L’optimisation de la maintenance au niveau du plan de masse
riau coupe-feu.
concerne essentiellement l’aménagement des voies de circulation
et la disposition des moyens de manutention pour le convoyage
des gros composants. 2.4.3.2 Installation des câbles
Au niveau des bâtiments, la maintenance impose des aires de Pour limiter le risque de propagation d’incendie vers d’autres
démontage. équipements, les câbles électriques sont regroupés pour former
des axes de câblage qui sont installés de préférence dans des
Exemple : aires pour le tubage d’un condenseur, ou la dépose du locaux séparés : gaines techniques, galeries ou entreponts. Les
couvercle de la cuve. tablettes sont spécialisées et affectées à un seul type de câble.
L’affectation ordonnée pour un chemin de câblage horizontal,
Lorsque l’exploitant est amené à soulever une charge supérieure considérée du bas vers le haut est la suivante : câbles de puissance
à 25 kg, l’installation sur ces aires d’un moyen de manutention fixe moyenne tension, puis basse tension, services généraux, contrôle
est à envisager. et mesures.

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Pour éviter la perte simultanée de fonctions de sûreté, les câbles


et les équipements électriques des systèmes redondants (fonctions 3. Localisation des principaux
de sûreté, câbles de mesures des chaînes de protection du réac-
teur) sont séparés physiquement des câbles des systèmes redon-
équipements.
dants par des parois coupe-feu. Plan de masse
L’optimisation et la gestion des modifications du câblage néces-
sitent l’utilisation de fichiers informatiques en garantissant l’identi-
Le plan de masse (figure 2) détermine la position géographique
fication.
des bâtiments et ouvrages, dans le respect des principes d’instal-
lation et des contraintes spécifiques au site tout en optimisant les
2.4.3.3 Passage des câbles au travers de l’enceinte coûts.
Le passage des câbles au travers de l’enceinte ne doit pas dimi-
nuer ses propriétés de confinement. Le passage direct des câbles
à travers l’enceinte interne n’est pas autorisé. Les câbles sont 3.1 Contraintes spécifiques au site
regroupés par catégorie et un équipement particulier, la traversée
électrique, assure la continuité électrique et l’étanchéité à la pres- Les caractéristiques locales des sols peuvent intervenir dans le
sion. L’encombrement des traversées est important et détermine la positionnement des ouvrages, dans la mesure où les ouvrages les
surface de contact entre le BR et le BL, compte tenu des sépara- plus lourds sont implantés dans les zones où les caractéristiques
tions nécessaires entre voies. des sols sont les meilleures.
Le type de source froide (mer, rivière ou fleuve) conditionne en
2.4.3.4 Salle de commande partie la nécessité de tours de réfrigération.
La salle de commande constitue une zone de convergence dans L’impact sur l’environnement intervient également dans le choix
laquelle les voies redondantes se côtoient. C’est pourquoi des des options.
précautions particulières (capotage, séparation par écrans) sont
prises pour limiter les risques d’agression et empêcher qu’un Exemple : la température de rejet pourra être limitée, grâce à l’utili-
défaut (notamment court-circuit ou propagation d’un incendie) sation de tours de réfrigération, afin de ne pas perturber la vie aqua-
puisse affecter à la fois les voies A et B ou se répercuter d’une voie tique.
aux autres.
Sont ainsi exclus de la salle de commande, les équipements à
haute énergie tels que disjoncteurs, transformateurs, sources pos- 3.2 Implantation des ouvrages
sibles de projectiles ou de fouettement de tuyauteries, telles que
les canalisations d’air comprimé. Il n’y a, en salle de commande,
que des circuits de contrôle-commande, de mesure et d’éclairage. 3.2.1 Implantation des bâtiments
autour de l’enceinte de confinement
Les bâtiments de l’îlot nucléaire sont regroupés autour de
2.5 Critères de séparation l’enceinte de confinement de manière à diminuer la longueur des
des équipements liaisons (tuyauteries et câbles) et à faciliter l’accès de l’exploitant
aux matériels.
En général, la séparation des équipements augmente les coûts. Le BK est implanté contre le BR pour assurer la continuité du
La séparation peut être requise pour assurer la protection contre tube de transfert.
les agressions d’origine interne ou externe, ou pour la radioprotec- Le BAS/BL nécessite une grande surface de contact avec
tion. l’enceinte de confinement pour l’implantation des traversées des
liaisons électriques (cf. § 2.4.3) et mécaniques. Il est donc implanté
côté opposé au BK. Cette disposition place naturellement la salle
2.5.1 Protection contre les agressions de commande au centre des bâtiments de la tranche. Les groupes
de pompage RIS/EAS implanté au niveau inférieur du BAS sont
L’installateur implante les matériels dans des locaux physique- situés au plus près du BR de manière à minimiser les longueurs
ment séparés pour : des tuyauteries d’aspiration dans les puisards du BR.
— séparer les voies et les équipements redondants ; Le BAN, nécessitant des liaisons avec le circuit primaire pour les
— isoler les charges calorifiques importantes dans des secteurs circuits de contrôle volumétrique et chimique, est disposé en inter-
de feu, par exemple, les matériels contenants de l’huile ; face avec le BAS/BL et le BK.
— séparer les circuits d’eau non boriquée (réfrigération et incen-
die) des circuits contenant de l’eau boriquée (piscines) pour éviter Un secteur de l’enceinte est occupé par le portique de manuten-
les risques de dilution et de criticité ; tion des charges lourdes situé au droit du sas matériel. Ce secteur
est proche du BK de manière à utiliser le même itinéraire pour le
— séparer les circuits haute énergie véhiculant des fluides sous
transport de toutes les charges lourdes
pression et à température élevée, des autres circuits importants
pour la sûreté. Le bâtiment PTR (traitement et refroidissement d’eau des pisci-
nes) abritant le réservoir d’eau de remplissage de la piscine du
réacteur et l’appoint du circuit primaire en situation accidentelle,
2.5.2 Séparation requise pour la radioprotection occupe le dernier secteur disponible contre l’enceinte.
Les bâtiments des groupes électrogènes sont séparés et implan-
Le regroupement de matériel actif et inactif dans une même tés au plus près du BL.
casemate exposerait le personnel lors des interventions sur le
matériel non actif. Il faut donc installer les matériels contaminés ou Les locaux d’exploitation (BW) sont implantés contre le BL et le
susceptibles de l’être (filtres, pompes) et les matériels qui ne le BAN pour faciliter les liaisons avec la salle de commande et le
sont pas (commandes de vannes) dans des casemates différentes. BAN.
En principe, on veillera à implanter dans une casemate des maté- La salle des machines est implantée contre le BL, radialement
riels dont les débits de dose sont tous du même ordre de grandeur. par rapport au BR.

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Le bâtiment de traitement des effluents, la station de pompage


et les ouvrages d’eau connexes sont communs aux tranches
implantées sur un même site.
Les réfrigérants atmosphériques sont disposés par rapport aux
vents dominants, de manière à éviter la recirculation du panache
d’un réfrigérant sur lui-même et la dispersion sur les autres tran-
ches et sur les bâtiments administratifs.

T
3.3 Calages en niveaux
Salle des machines
Le niveau de la plate-forme principale est fixé de sorte que la
centrale soit protégée de la crue maximale définie par application
des critères de sûreté (cf. § 2.1.3). Le choix définitif du niveau vise
J aussi à réaliser l’équilibre déblais-remblais. Les bâtiments de l’îlot
Z nucléaire sont calés de manière invariante par rapport à la plate-
forme.
V
La salle des machines peut avoir un calage variable d’un site à
l’autre par rapport à l’îlot nucléaire. Son niveau est essentiellement
fonction de la source froide : rivière, mer ou aéroréfrigérants.

D
A A
L Voie A 4. Installation générale
W
des bâtiments
D
Voie B
L’organisation des bâtiments est présentée sur les figures 3 et 4.

PTR R
N
4.1 Bâtiment réacteur (BR)
Le stockage des assemblages usés n’a pas été implanté dans le
bâtiment réacteur, car l’enceinte étanche aurait alors été d’un dia-
mètre plus important et donc nettement plus coûteuse. Il aurait
N
fallu aussi rendre ce bâtiment normalement accessible pendant le
K fonctionnement du réacteur pour permettre les actions de sur-
veillance et d’exploitation à réaliser sur le combustible usé.

4.1.1 Principes d’installation


Îlot nucléaire Le cœur contenu dans la cuve du réacteur et le circuit primaire
A Tours d'accès
D Diesels voies A et B
principal (CPP) sont disposés à l’intérieur de l’enceinte de
K Bâtiment combustible confinement étanche du BR.
L Bâtiment électrique et des auxiliaires de sauvegarde (BAS) L’enceinte est d’un volume et d’une résistance à la pression suf-
N Bâtiment des auxiliaires nucléaires
PTR Réservoir, traitement et refroidissement d'eau de piscines
fisants pour assurer le confinement, y compris en cas de rupture
R Bâtiment réacteur d’une tuyauterie libérant un grand volume de vapeur.
W Bâtiment d'exploitation Les équipements du CPP (pompes primaires, générateurs de
Ensemble production d'énergie
vapeur, pressuriseur) sont disposés en position verticale, dans des
J Transformateur auxiliaire casemates dont les cloisons réalisent une protection vis-à-vis des
T Transformateur principal agressions mutuelles (projectiles) et contre le rayonnement. Cette
V Bâtiment des auxiliaires généraux protection permet d’accéder dans le bâtiment pour les opérations
Z Stockage des gaz de maintenance à l’arrêt du réacteur.
Pour assurer les opérations de chargement-déchargement du
combustible sous la protection biologique de l’eau, le niveau de la
Figure 2 – Plan de masse bride de cuve est calé au niveau du fond de la piscine.
L’accès au BR est prévu par trois ouvertures : l’une est destinée
au passage des gros composants, les deux autres sont pour le per-
Les tuyauteries principales eau et vapeur cheminent sur le toit sonnel et pour les petits matériels.
du BL pour en réduire la longueur. Le BR n’étant pas accessible en fonctionnement du réacteur, les
opérations d’exploitation et de conduite sont réalisées par des dis-
positifs automatiques à partir de la salle de commande.
3.2.2 Implantations des bâtiments sur les sites
à quatre tranches 4.1.2 Enceinte de confinement
Les quatre tranches sont séparées et se déduisent l’une de L’enceinte de confinement est à double paroi : sa paroi interne
l’autre par translation. est en béton précontraint et sa paroi externe en béton armé.

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Bâtiment BAS/BL

Salle de
commande

Équipements Bâtiment d'exploitation


électriques
Locaux batteries de contrôle-
commande

Accumulateurs RIS

Pompes primaires

Générateurs
de vapeur

Générateurs
de vapeur
Bâche Cuve Zone A
PTR

Préssuriseur

Pompes primaires

Accumulateurs RIS

Zone B
Compartiment
désactivation

Compartiment
transfert

Bâtiment des auxiliaires nucléaires

Zone d'ouverture des conteneurs


du combustible neuf
Bâtiment combustible

Figure 3 – Organisation des bâtiments : vue en plan niveau 15,12

Un espace de 1,80 m de large sépare ces deux parois et permet En cas d’accident sur la chaudière nucléaire, et tout particu-
la récupération des fuites de la paroi interne par mise en dépres- lièrement, en cas de perte de refroidissement primaire (APRP),
sion. Ce procédé constitue un confinement dynamique. l’enceinte assure la protection de l’environnement extérieur en
La paroi externe protège la paroi interne (épaisse et résistant à constituant une barrière étanche aux produits radioactifs solides,
la pression) des intempéries et des variations d’ensoleillement. Elle liquides et gazeux libérés au cours de l’accident. Des organes
peut être dimensionnée pour participer à la résistance aux agres- d’isolement sont disposés sur toutes les traversées (tuyauteries
sions externes (chute d’avion). ou gaines de ventilation). En cas d’accident, ces traversées sont

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Bâtiment combustible Bâtiment réacteur Bâtiment électrique


et des auxiliaires de sauvegarde

Générateur de vapeur Système de


ventilation

Équipements Salle de Échangeur


de contrôle- commande RRI
commande
Stockages Stockages
internes internes
Tube de transfert BR/BK inférieurs supérieurs

Piscine de
stockage

Équipements
électriques
du
combustible

Cuve

Équipements
mécaniques
Réservoir de Échangeur RRA Casemates des Entreponts Équipements
décharge du pompes RIS et EAS de cablage électriques
pressuriseur 6,6 kV
et 380 V

Figure 4 – Organisation des bâtiments : coupe longitudinale

fermées de manière à reconstituer la continuité de la barrière de annexes en situations normales et accidentelles. Réalisées en
confinement. béton d’un mètre d’épaisseur, elles permettent au personnel
d’accéder au bâtiment (cf. § 4.1.1). La « jupe » des structures inter-
nes constitue la barrière de protection de l’enceinte de confine-
4.1.3 Circuit primaire du réacteur ment contre les missiles qui seraient émis par le circuit primaire.

Le lecteur trouvera une description détaillée, ainsi que des sché-


mas des circuits de fluides et des appareils à l’article [B 3 100] 4.1.5 Piscine du réacteur
Réacteur à eau ordinaire sous pression - Description.
La piscine du bâtiment réacteur permet le déplacement, réacteur
La conception du circuit primaire principal est modulaire. La à l’arrêt, des équipements internes supérieur et inférieur du cœur
cuve contenant le cœur du réacteur est raccordée à quatre boucles (cf. [B 3 100] Réacteur à eau ordinaire sous pression - Description ),
comportant chacune un générateur de vapeur et une pompe pri- et leur stockage dans deux compartiments distincts sous la protec-
maire. La cuve est placée au centre du bâtiment et constitue le tion biologique de l’eau. Cette disposition permet de classer le
point fixe du circuit ; le pressuriseur est raccordé à l’une des bou- plancher de service en zone verte de radioprotection.
cles. Les deux circuits de refroidissement du réacteur à l’arrêt,
comportant chacun un échangeur et une pompe, sont raccordés La piscine est desservie par une machine de chargement qui réa-
aux boucles primaires. lise les opérations de renouvellement du combustible sous eau. La
profondeur de la piscine est telle que la manutention d’un assem-
blage combustible irradié se fait avec une garde d’eau de 3,2 m.
4.1.4 Structures internes du bâtiment réacteur Les éléments combustibles usés, déchargés verticalement, sont
évacués sous eau, après basculement en position horizontale, par
Les structures internes assurent la séparation physique et le sup- l’intermédiaire d’un tube de transfert vers la piscine de désactiva-
portage des matériels de la chaudière nucléaire et des matériels tion du bâtiment combustible.

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4.2 Bâtiment combustible (BK) 4.3 Bâtiment électrique et des auxiliaires


de sauvegarde (BAS/BL)
Le bâtiment combustible abrite principalement les installations
nécessaires au stockage et à la manutention des assemblages des Le bâtiment abrite :
combustibles neufs et usés. — d’une part, les auxiliaires de sauvegarde en sa partie inférieure
(sur deux niveaux) ;
— d’autre part, les matériels électriques de la tranche en sa partie
4.2.1 Principe d’installation supérieure (sur quatre niveaux).
Ces deux parties ne communiquent pas entre elles.
Au cours de la manutention et du stockage en piscine des
assemblages usés, l’intégrité de la gaine contenant les pastilles
d’uranium irradié est particulièrement importante, car les barrières 4.3.1 Principes d’installation
que constituaient la cuve et l’enceinte étanche ne sont plus là pour
Le bâtiment et les matériels qu’il abrite sont protégés contre les
assurer le confinement.
effets des projectiles, explosions, séismes et ruptures de tuyaute-
Le BK est équipé d’une ventilation séparée redondante, pourvue ries. La toiture du bâtiment est constituée d’une dalle de protection
d’une filtration de l’iode radioactif, assurant le confinement par dite « antimissile ».
maintien en dépression du bâtiment et limitant les conséquences Les voies redondantes sont séparées physiquement.
sur l’environnement d’un accident éventuel.
Il supporte en toiture les tuyauteries principales eau et vapeur
Toutes les opérations de manutention sont réalisées sous eau. cheminant entre le bâtiment réacteur et la salle des machines.
Les dimensions de la piscine de stockage sont définies :
— en surface, par le nombre d’assemblages combustibles à stoc- 4.3.2 Locaux de sauvegarde
ker en tenant compte des possibilités d’évacuation et de la nécessité
de disposer en permanence d’alvéoles libres pour un déchargement Côté BR, les locaux contiennent des matériels du circuit d’injec-
d’urgence du cœur ; tion de sécurité (RIS) et du circuit d’aspersion de l’enceinte (EAS).
— en hauteur par deux fois la longueur de l’assemblage augmen- Le calage du niveau inférieur est déterminé par l’implantation des
tée d’une garde d’eau d’environ 3,2 m pour la protection biologique pompes qui aspirent l’eau dans les puisards du bâtiment réacteur.
du personnel. Côté salle des machines, les locaux contiennent le circuit de
Le pas des alvéoles de stockage (chacune ne pouvant contenir refroidissement intermédiaire (RRI), ainsi que les matériels néces-
qu’un seul assemblage) est choisi suffisamment large pour que le saires à la ventilation. Ces locaux sont physiquement séparés des
risque de criticité soit écarté. locaux RIS et EAS qui sont susceptibles d’être contaminés.
La piscine de stockage est surélevée pour assurer l’horizontalité
du tube de transfert et le même niveau d’eau dans le réacteur et 4.3.3 Locaux électriques
dans la piscine du BK lors de leur mise en communication.
Le bâtiment électrique rassemble l’ensemble des moyens de
Un circuit particulier de refroidissement disposé sous la piscine
commande de la tranche :
assure en permanence l’évacuation de la puissance résiduelle des
assemblages usés. Pour éviter tout risque de perte de refroidisse- — la salle de commande et les locaux d’exploitation, occupés en
ment, aucune tuyauterie ne traverse les parois de la piscine au-des- permanence par du personnel ;
sous du niveau des têtes d’assemblages et il n’y a pas de bonde — les alimentations électriques (puissance et sources de contrôle-
de vidange en fond de piscine. Toutes les tuyauteries sont munies commande) ;
de casse-siphons. La vidange de la piscine n’est possible qu’après — le contrôle-commande de la tranche.
l’installation volontaire d’équipements particuliers (manchettes Les équipements électriques sont groupés par type et installés
démontables). principalement sur deux niveaux :
— équipements 6,6 kV, 380 V, relayage controbloc et électro-
magnétique, sources auxiliaires électriques ;
4.2.2 Composition des locaux — salle de commande, calculateurs, armoires électroniques,
centrales de ventilation, batteries.
Le bâtiment combustible (BK) est contigu au bâtiment réacteur et Les équipements les plus lourds (6,6 kV) sont au niveau inférieur.
mitoyen avec le BAN et le portique de manutention du BR. Il Les liaisons électriques desservant ces équipements sont dispo-
communique avec le BR par l’intermédiaire du tube transfert. sées dans les deux niveaux situés directement sous les équipe-
Le BK comporte essentiellement : ments (entreponts de câblage).
— les installations liées au combustible : piscine de désactivation
des éléments combustibles irradiés, compartiment de transfert des
éléments vers le bâtiment réacteur, local de stockage du combus- 4.4 Bâtiment des auxiliaires nucléaires
tible neuf, postes d’examen des éléments combustibles neufs et
irradiés, hall de chargement des conteneurs de combustibles
(BAN)
irradiés ;
— les matériels du circuit de refroidissement et de traitement des Le BAN est contigu au bâtiment réacteur et mitoyen avec le bâti-
eaux de piscines (PTR) ; ment d’exploitation et le bâtiment combustible. Ce bâtiment
contient les matériels des auxiliaires nucléaires qui sont groupés
— les matériels du circuit d’eau alimentaire de secours des géné-
suivant deux zones A et B.
rateurs de vapeur (ASG) : bâche, motopompes, turbopompes et
turboalternateur d’alimentation de secours de la pompe de test La zone A contient les matériels des circuits :
RCV ; — de contrôle chimique et volumétrique (RCV) ;
— des matériels annexes : centrale de ventilation (DVK), circuits — de traitement des effluents gazeux (TEG) ;
de mini-balayage de l’enceinte (ETY) et de mise en dépression de — de traitement des effluents primaires (TEP) ;
l’espace entre les parois de l’enceinte (EDE). — d’acide borique (REA).

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Elle contient également la centrale de ventilation des auxiliaires ment à l’alimentation des circuits de sauvegarde RIS et EAS en cas
nucléaires. d’accident sur le réacteur.
La zone B contient : Pour limiter la longueur de la liaison avec les pompes RIS et
— des matériels du circuit de traitement des effluents primaires EAS, ce bâtiment est situé à côté du BAS, contre le BR.
(TEP) ;
— des purges de générateurs de vapeur (APG) ;
— des réservoirs intermédiaires ou de contrôle. 4.9 Bâtiment de traitement des effluents
(BTE)
4.5 Salle des machines Le BTE, commun à toutes les tranches, regroupe :
— les installations de traitement des effluents liquides usés (TEU)
Le groupe turboalternateur est constitué d’une turbine tournant
et des effluents solides (TES) ;
à 1 500 tr/min entraînant directement le rotor d’un alternateur tri-
phasé de puissance nominale apparente de 1 650 MVA. — les systèmes de rejet des effluents liquides (KER, TER, SEK) ;
— l’atelier de décontamination ;
La turbine comporte : — la laverie ;
— quatre admissions de vapeur vive (avec chacune vanne d’arrêt — des systèmes auxiliaires (réfrigération intermédiaire TRI et
et robinet d’admission séparés) disposées coté BR pour diminuer ventilation DVQ, engins de manutention).
la longueur des tuyauteries vapeur ;
— un corps haute pression à double flux ; Il comprend également des locaux électriques et des vestiaires
— trois corps basse pression à double flux ; d’accès.
— six soutirages vapeur pour l’alimentation des réchauffeurs et
de la bâche alimentaire du poste d’eau ;
— deux séparateurs-surchauffeurs utilisés pour le séchage et la
surchauffe de la vapeur sortant du corps haute pression avant son
admission dans les corps basse pression. 5. Le concept européen EPR
L’axe du groupe turboalternateur est orienté vers le BR pour limi-
ter, d’une part, les risques d’impacts sur le BR et, d’autre part, les
Le concept européen EPR (European Pressurized Water Reactor )
efforts sur les barillets vapeur - les tuyauteries principales vapeur
a été développé conjointement par les industriels et les électriciens
ayant alors un tracé symétrique.
français et allemands pour répondre aux spécifications des électri-
ciens des deux pays en satisfaisant aux exigences des autorités de
sûreté de France et d’Allemagne (cf. article [BE 3 102] Réacteurs à
4.6 Station de pompage eau ordinaire sous pression. Le projet EPR du présent traité).
La station de pompage assure la prise d’eau, sa filtration et son De nouvelles propositions sont faites concernant l’installation.
pompage.
L’implantation et la cote des circuits d’eau doivent permettre
d’assurer l’alimentation en eau, une bonne dilution thermique et 5.1 Concept à quatre trains
une dilution des effluents.
Les fonctions de sauvegarde du réacteur sont assurées par qua-
tre trains physiquement indépendants, mais de capacité moindre
4.7 Bâtiment des groupes électrogènes que dans le concept à deux trains (4 × 50 % en général au lieu de
2 × 100 %). Dans ce concept, au moins deux trains doivent rester
L’alimentation électrique des auxiliaires importants pour la opérationnels, ce qui conduit à des dispositions d’installation
sûreté est réalisée, en cas de perte du réseau électrique, par deux différentes : ainsi, le plan de masse propose une disposition à qua-
groupes électrogènes à moteur Diesel situés chacun dans un bâti- tre bâtiments BAS disposés autour de l’enceinte de confinement.
ment. Les deux bâtiments spécifiques à une tranche sont géogra- Les matériels électriques sont installés dans les niveaux supérieurs
phiquement séparés et implantés de part et d’autre du BL. de chacun des BAS.
Les bâtiments Diesel ont leurs fondations et leurs structures
indépendantes de celles des bâtiments adjacents. 5.2 Prévention des accidents graves
Pour la protection contre l’incendie, chaque bâtiment est divisé
en deux parties : Une chambre de récupération est disposée sous la cuve du réac-
— une fosse étanche et enterrée contenant la citerne de teur afin d’assurer le confinement d’un cœur fondu (corium) qui
combustible (autonomie 3,5 jours) et une bâche de recueil des aurait percé la cuve du réacteur.
égouttures ; Le fond du BR est un réservoir d’eau disponible pour le remplis-
— le groupe électrogène, le local électrique et un réservoir sage de la piscine (correspondant au réservoir PTR). Cette eau est
journalier de stockage (autonomie 70 min à pleine puissance). Sur également disponible pour le refroidissement du corium.
la toiture-terrasse sont disposés les aéroréfrigérants et les silen-
cieux d’échappement des gaz, protégés par une structure en béton
armé. 5.3 Dose collective annuelle
Pour améliorer les conditions d’exploitation et de maintenance
4.8 Bâtiment du réservoir de stockage des équipements actifs, l’objectif de la dose collective annuelle a
d’eau de la piscine (PTR) été fixée à 0,50 (homme × Sv)/an. Cette contrainte forte a initié
l’étude de systèmes automatiques faisant appel à la robotique,
Ce bâtiment contient le réservoir métallique de stockage de l’eau pour réaliser des taches complètes de contrôle et de maintenance
de la piscine du bâtiment réacteur. Cette réserve d’eau sert égale- sur un équipement primaire (cuve ou générateur de vapeur).

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© Techniques de l’Ingénieur, traité Génie nucléaire BN 3 260 − 13

Dossier délivré pour


DOCUMENTATION
30/09/2008

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