Introduction à la Procédure Civile
Introduction à la Procédure Civile
Introduction :
En règle générale, les règles de droit privé se réalisent sans l’intervention d’un juge
pour différentes raisons notamment la peur. Mais un conflit peut surgir de chaque règle
de droit, la plupart du temps parce que les individus se querellent leurs droits
subjectifs, ce règlement des litiges a d’abord donné lieu à une justice privée ou plutôt
une vengeance privée, le but étant de faire subir au coupable un mal supérieur a celui
subi. Il n’y avait pas à cette époque d’autorité supérieure dont la mission était de
trancher le différend. Lorsque des formes d’état se sont imposés, les gouvernants on
institué des juges afin de trancher ces litiges. Tout état de droit aujourd’hui a
nécessairement un service public de la justice que les citoyens peuvent saisir pour
obtenir une décision de justice. En parallèle, on a posé des règles de procédure,
notamment au justiciable à qui l’on a enseigné comment saisir le juge, comment poser
ses prétentions, d’autre part à l’égard du juge lui-même afin de baliser son activité et
faire en sorte qu'il rende une justice de qualité. Cependant la procédure civile ne
réglemente que ce qui tourne autour du procès et non les exécutions des décisions de
justice.
C'est une règle de procédure par opposition à une règle de fond du droit et cette
procédure est civile par opposition au pénal et à l’administratif. Elle regroupe
l’ensemble des règles relatives aux litiges nés entre personnes privées. L’opinion
publique voit dans la procédure une sorte d’imbroglio obscur qui au final ne satisfait
personne, d’où sa faible côte de popularité. On la considère même comme secondaire
dans les universités par rapport aux matières nobles que sont le droit civil ou le droit
administratif. Ca qui lui donne un rôle essentiel en matière de droits fondamentaux.
La procédure est un droit dépendant et un droit auxiliaire.
A. Un droit dépendant :
Parce qu'elle permet de vérifier la régularité ou la non régularité d’une situation. Elle
ne crée pas de droits, elle n’est qu’un réalisateur de droits.
B. Un droit auxiliaire :
Elle se définit par rapport au droit fondamental qui la qualifie et elle s’adapte à la
branche du droit qu'elle doit servir et elle est conditionnée par cette dernière. En effet,
on peut constater que les règles propres à certaines matières déteignent sur la
procédure.
Cela prouve bien que c'est un droit auxiliaire.
Traditionnellement, on est tous d’accord pour dire que la procédure civile est une
branche du droit privé. Mais il ne faut pas oublier que c'est un pouvoir judiciaire a la
disposition des [Link] lui confère un caractère formaliste et un caractère
impératif.
A. Formaliste :
Cela semble aller de soi puisque la définition même de la procédure est d’accomplir
des actes dans certaines formes et dans certains délais. Ce formalisme vise à assurer au
justiciable une totale sécurité juridique et à le protéger contre des manœuvres dilatoires
de l’adversaire ou contre l’arbitraire du juge. Par exemple, le délai qui permet au
défendeur de préparer sa défense. Ce formalisme n’est donc qu'une technique aux
services de principes supérieurs, et c'est donc un gage de sécurité. Son inconvénient
principal est son caractère excessif, en effet dans cette hypothèse, il devient un facteur
de rigidité. On essaie de combattre ce facteur par des réformes.
B. Caractère impératif :
§1 La naissance de ce litige :
A. L’origine du litige :
Il va résulter d’au moins deux prétentions antagonistes, un sujet de droit prétend une
chose que lui conteste un autre sujet de droit. Sur le plan procédural cette matière se
définit par deux éléments : l’objet et la cause.
Elle est nécessaire parce qu'il n’est pas logique de réclamer une chose sans cause.
Pourtant aucune disposition d’ensemble n’est consacrée à cette notion dans le nouveau
code de procédure civile. Opposition sur les contours et le contenu de cette notion. On
n’est pas d’accord sur la nature de ce fondement, pour certains il s’agirait d’une règle
juridique.
Exemple : si vous intentez une action pour obtenir des dommages et intérêts : vous
devez alors vous fonder sur une règle de droit. L’article 565 du code civil semble
soutenir cette définition.
Mais pour d’autres auteurs, la cause n’est constituée que des circonstances de fait qui
sont invoquées pour établir le droit subjectif allégué. Exemple : une action en
résolution de contrat en fondant sa prétention sur le fait que l’autre contractant a eu un
comportement abusif.
L’article 6 du nouveau code de procédure civile explique bien que les parties ont la
charge d’alléguer les faits propres à fonder leurs prétentions. Alors, qui a raison ? En
réalité derrière la controverse doctrinale se cache une question plus pernicieuse : celle
de la répartition des tâches entre les parties et le juge. Il est rare qu'une partie se
contente d’alléguer les faits sans citer la règle de droit qu'elle entend invoquer et le fait
que le juge puisse requalifier les faits allégués par les parties suppose bel et bien que
les parties ont le pouvoir de lier le juge par leur qualification. En réalité, cela montre
bien que faits et droits sont très liés.
Pour en revenir à la cause : c'est l’ensemble des faits juridiquement qualifiés.
C. Les protagonistes :
Les tiers : il y tout d’abord les tiers qui vont chercher à intervenir et à influencer la
décision du juge, ce sont les tiers intervenants qui deviennent partiellement partie à
l’action. D’un autre coté, on trouve les tiers qui sont là pour témoigner, ce sont les tiers
extérieurs.
Elle consiste tout simplement pour le juge à appliquer le droit aux faits qu'on lui
présente. Le juge est investi du pouvoir de juridictio et de celui d’imperium autrement
dit il tranche et il ordonne que sa décision soit appliquée.
Il y a plusieurs façons de trancher le litige : par le juge mais autrement que par des
règles de droit : il arrive que la loi l’autorise à statuer en équité ou en amiable
compositeur. Cette mission d’amiable composition peut même être confiée à un arbitre
et donné naissance à une justice arbitrale. Si le procès a normalement vocation à
donner au litige une solution judiciaire, il peut également donner lieu à un accord, ce
sont les modes amiables de règlement des conflits.
Il y a donc d’une part la voie contentieuse et d’autre part la voie amiable.
A. la voie contentieuse :
Il existe cependant des différences : si les parties sont libres de recourir aux
juridictions étatiques ou non, le législateur impose parfois de recourir à un juge. En
outre, l’arbitrage n’est pas autorisé dans toutes les matières. C'est surtout autorisé en
droit des affaires et en contentieux immobilier ou de succession… Le secteur d’activité
n’est pas le même et l’arbitrage participe de la nature d’une convention puisque les
parties doivent nécessairement décider de recourir à l’arbitrage d’un commun accord.
On distingue deux types de conventions : - la clause compromissoire : c'est la
convention par laquelle les parties a un contrat décident de recourir à l’arbitrage si un
litige venait à survenir dans le cadre de l’exécution du contrat. Pour être efficace, cette
clause compromissoire doit être écrite dans le document principal ou dans un
document auquel celui-ci réfère, elle doit prévoir les arbitres ou leur modalité de
désignation sous peine d’être réputée non écrite.
L’un est un juge public nommé par l’état dont l’investiture est officielle et la mission
durable, ce juge est doté d’un double pouvoir juridictio et imperium, c'est-à-dire qu'il
détient une fraction de la puissance publique. L’autre est un juge privé d’investiture
conventionnelle et sa mission est temporaire d’une durée légale de 6 mois si le
compromis ou la clause compromissoire n’a pas prévu de délai plus long ou plus bref.
Enfin cette clause est consentie, c'est-à-dire, qu'elle s’épuise une fois le litige achevé.
La sentence a bien autorité de la chose jugée mais pas force exécutoire parce qu’on
suppose que si les parties se sont mises d’accord pour recourir à un arbitre, elles
accepteront sa sentence. Cependant si celle-ci n’est pas acceptée il faudra recourir à un
juge.
Les parties ont décidé de recourir à une solution, qui procède de leur volonté, ce qui
confère à ce mode de règlement le titre d’amiable. On parle aussi de modes alternatifs
parce qu'il est de l’essence de ce type de règlement d’être une alternative à un procès.
Dans ce cas là, on pourrait penser que l’arbitrage est un mode alternatif de règlement
des conflits. Cependant les modes alternatifs de règlement des conflits n’englobent que
les modes extrajudiciaires de résolution des conflits par un tiers neutre à l’exception de
l’arbitrage. Quelles sont les raisons du succès des modes alternatifs de règlement des
conflits, tout d’abord la rapidité ensuite leur faible coup et surtout la consensualité qui
les animent. On privilégie le dialogue à l’application stricte de la loi. Ces modes
alternatifs de règlement des conflits peuvent prendre plusieurs formes : un contrat,
c'est le cas de la transaction.
1°) La transaction :
Qu'est-ce que la transaction ? C’est un contrat conclu par les parties a un litige né ou à
naître pour y mettre fin ou le prévenir par des concessions réciproques. En tant que
contrat tout d’abord, la transaction va obéir aux conditions de validité du contrat. En
tant que mode de résolution des conflits, la transaction possède un certain nombre de
particularités, elle doit être écrite, son objet doit être déterminée, il s’agit de régler un
litige né ou à naître. La transaction entraîne nécessairement l’abandon d’une action.
On ne peut transiger sur des droits dont on n’a pas l’entière disposition ni sur ce qui
concerne l’ordre public. Ne peuvent transiger les mineurs et les majeurs incapables.
L’essence de la transaction est la réciprocité des sacrifices, il ne peut y avoir
transaction que s’il y a concessions réciproques et mutuelles. Une fois la transaction
établie, l’état la considère comme une solution similaire au jugement. Ça lui confère
d’une part un effet extinctif et accessoirement un effet obligatoire pour les obligations
qui sont prises en contrepartie de cette renonciation. Celle-ci comme le jugement va
être dotée de l’autorité de la chose jugée par contre elle n’a pas en elle même force
exécutoire. On distingue deux hypothèses, si la transaction intervient au cours du
procès, il appartient au juge saisi de donner force exécutoire à l’accord conclu en ou en
dehors sa présence. Si la transaction intervient hors procès, c'est au TGI de lui donner
force exécutoire et l’article 17 du nouveau code de procédure civile permet aux
personnes qui s’estiment lésées par cet accord de former un recours.
2°) La conciliation :
On la définit comme un mode de règlement des litiges par lequel les parties font appel
à un tiers pour rapprocher leur point de vue afin d’éteindre le litige. Elle présente
plusieurs visages. Elle peut se réaliser dans un cadre judiciaire, en effet le juge a reçu
en plus de sa mission traditionnelle une mission de conciliation (article 21 du nouveau
code de procédure civile). S’il décide d’y recourir, il doit convoquer les parties, à ce
moment là, soit elle aboutit et elle entraîne un procès-verbal signé par les parties et le
juge dont on peut délivrer des extraits ayant force exécutoire. Si la conciliation échoue,
le juge va immédiatement la trancher. Une phase de conciliation obligatoire ou
facultative a été intégrée à la procédure devant certaines juridictions et dans certaines
matières. Elle est obligatoire préalablement au procès devant le conseil des
prud’hommes, de même en droit de la famille. Dans toutes les autres juridictions, cette
tentative est purement facultative. En second lieu, il faut savoir que les pouvoirs
publics ont créé des institutions spécialisées dans la conciliation. C’est le conciliateur
de justice institué par un décret du 20 Mars 1978 mais qui n’a véritablement pris son
essor qu'après la loi du 8 février 1995. Ce sont des personnes bénévoles nommées pour
un an renouvelables pour deux ans, ils sont nommés par le premier président de la cour
d’appel avec avis du procureur général et sur proposition du juge d’instance.
Leur mission a évolué, leur mission initiale était de faciliter en dehors de tout
processus judiciaire le règlement des conflits portant sur des droits dont les personnes
avaient l’entière disposition mais le décret de 1998 leur a aussi conféré la mission de
procéder aux tentatives préalables de conciliation prescrites par la loi sauf en matière
de divorce et de séparation de corps. Le conciliateur peut faire l’objet de deux saisines,
tout d’abord d’une saisine des parties en dehors de toute procédure et d’une saisine par
le juge qui peut renoncer à concilier personnellement les parties et déléguer cette
mission au conciliateur de justice. Mais lorsque le juge décide de faire intervenir un
conciliateur, il doit tout d’abord en aviser les parties et obtenir ensuite leur acceptation
sur le principe de l’intervention d’un conciliateur. Quel que soit le mode de saisine, le
déroulement de la conciliation devant le conciliateur de justice est le même, il
bénéficie d’un délai d’un mois, ses parties doivent se présenter en personne devant lui,
elles peuvent être assistées mais aucunement représentées. Il faut en effet instaurer un
dialogue qui permettra la confrontation des points de vue et le dégagement de la
solution. En ce qui concerne ses pouvoirs, le conciliateur peut se rendre sur les lieux
du conflit avec l’accord des parties et il peut aussi entendre des tiers avec accord des
parties. La liberté de parole est totale puisque tout ce qui est dit ne pourra être utilisé
dans une instance ultérieure sans l’accord des parties et le conciliateur est tenu à une
obligation de secret. A l’expiration de la conciliation, le conciliateur informe le juge
du résultat positif même si partiel, dans ce cas on établit un constat d’accord signé par
les parties et le conciliateur, il s’agit à ce stade d’une convention qui n’a ni autorité de
la chose jugée ni la force exécutoire attachée au jugement. Pour assurer l’effectivité de
cet accord, il faudra le transmettre au juge pour qu'il soit homologué. La conciliation
peut échouer, on dressera alors un procès-verbal de non conciliation et le greffe
préviendra les parties qu'elles peuvent saisir la juridiction de jugement.
3°) La médiation :
A l’origine, c'est une invention du tribunal de commerce qui n’hésitait pas à nommer
un tiers pour le charger de trouver une solution, cette pratique prétorienne n’était pas
très conforme à l’article 21 du nouveau code de procédure civile, du coup, une réforme
est venue instituer la médiation en parallèle de la conciliation le 8 février 1995. La
médiation se définit par le pouvoir du juge de charger une tierce personne de réunir les
parties de confronter leurs points de vue et de proposer une solution contre
rémunération. Si l’on s’en tient au respect du code, il est difficile de faire la différence
entre médiation et conciliation. La Cour de Cassation est venue expliquer que la
médiation était une modalité d’appréciation de la conciliation. S’il s’agit de mode
conventionnel de mêmes natures, ils n’ont pas le même degré, les différences tiennent
essentiellement aux domaines respectifs et à la méthode suivie par l’un et par l’autre
mode. Par exemple, le médiateur élabore la solution et s’il ne peut l’imposer, il en est
l’unique auteur alors que dans la conciliation, la solution émane des parties. De même
le médiateur peut être nommé en tout état de cause, c'est-à-dire à tous les stades de la
procédure mais uniquement dans le cadre d’une procédure. Si le rôle du médiateur
peut paraître plus actif, il n’a pas plus de pouvoir qu'un conciliateur et son intervention
reste amiable. Le médiateur est désigné par le juge avec l’accord des parties, il s’agit
d’une personne physique qui dispose de compétences techniques et de qualités
personnelles qui lui permettent de remplir cet office. Il est rémunéré et à cette fin, le
juge doit déterminer la provision à valoir sur sa rémunération qui est consignée des le
départ par les parties. La médiation peut être imposée par le tribunal ou elle peut être
proposée par les parties. La médiation doit comporter certaines mentions la durée de la
mission du médiateur (3 mois maximum), mention de la date a laquelle l’affaire
reviendra devant le juge, le montant de la provision et le délai de consignation. Une
fois, la décision émise, il convient que le médiateur accepte sa mission. Il doit ensuite
convoquer les parties dans le cadre de cette mission, il n’a pas de pouvoir
d’instruction, il peut seulement avec l’accord des parties, entendre les tiers. En cas de
difficultés, le médiateur doit en informer le juge car ce dernier n’est pas dessaisi et
garde la maîtrise du déroulement de la médiation à laquelle il peut mettre fin
prématurément. Le médiateur va se présenter comme un intermédiaire confidentiel
entre les parties et à ce titre est tenu d’une obligation de secret. Lorsque l’échange
renseigne suffisamment le médiateur, celui-ci élabore un accord. Il peut donner lieu à
deux situations : soit il satisfait les parties et le jour où l’affaire revient devant le juge,
cet accord est homologué, soit l’accord est rejeté par les parties et le jour où l’affaire
revient devant le juge et si elle est en état d’être jugé, le jugement intervient.
La plupart des sources sont écrites cependant il existe des sources non écrites comme
la coutume qui prend la forme d’usage d’origine locale qui constitue des habitudes
suivies par les praticiens d’un lieu et qui conduit à l’élaboration d’un style du palais.
Ces styles sont de forces obligatoires inégales. Ces pratiques peuvent aussi venir
combler des lacunes de la loi et se développer de deux manières soit praeter legem
c'est-à-dire en complément de la loi, c'est ainsi que certaines juridictions vont adapter
les règles de procédure afin de s’adapter à la densité des affaires. Ces pratiques
peuvent aussi se développer contra legem quand on n’utilise pas volontairement des
règles de procédure, ces règles sont alors bien sûr dépourvues de force obligatoire.
Une autre source non écrite est la jurisprudence qui est en pleine extension notamment
celle du Conseil Constitutionnel , de la cour européenne des droits de l'homme et de la
cour de justice des communautés européennes. Enfin, la doctrine, elle a contribué à
certaines grandes réformes de la procédure civile.
Nous allons essentiellement nous intéresser aux sources écrites.
Ce sont tout d’abord les sources législatives et réglementaires car en procédure civile
lorsqu’on invoque la loi c'est au sens large (parlementaire comme réglementaire).
Depuis la constitution de 1958, la procédure civile est marqué par une distinction, les
matières qui relèvent du domaine législatif et celles qui relèvent du domaine
réglementaire. Relèvent en vertu de l’article 34 de la constitution le statut des
magistrats ou encore les lois d’exécution. Relèvent en vertu de l’article 37, toute la
compétence judiciaire et la procédure au sens strict à condition de ne pas enfreindre de
grands principes. Ces règles de procédure civile se trouvent essentiellement dans deux
codes : le nouveau code de procédure civile entré en vigueur en 1976. Il fut élaboré en
plusieurs étapes, une commission a d’abord abouti à la création de quatre décrets qui
ont ajouté deux livres dans le code de procédure civile : le livre I et le livre II. Dans
une seconde étape, ce nouveau code de procédure civile a été complété par un décret
du 12 Mai 1981 qui a mis en place le livre III et le livre IV. Le livre V est resté vide,
celui-ci était destiné à accueillir les lois d’exécution qui constitue une matière
législative. Le législateur a donc réformé les lois d’exécution par une loi du 9 Janvier
1991 mais celle-ci n’a pas été intégrée dans le nouveau code de procédure civile alors
même que sa place était prévue. On pense aujourd’hui à intégrer ces voies d’exécution
dans un éventuel code de l’exécution qui n’a pas été créé. On se retrouve donc avec un
peu plus de 400 articles qui se retrouvent autonomes. Le nouveau code de procédure
civile s’avère donc inachevé.
A coté de ce code, on trouve celui de l’organisation judiciaire qui résulte un décret du
19 Mars 1978 qui traite de l’organisation et du fonctionnement des juridictions de
l’ordre judiciaire.
Lorsque les textes de procédure prévoient des dispositions transitoires dans l’attente de
nouvelles réglementations. Il n’y a alors pas de problème puisque ces mesures
transitoires prévoient l’entrée en vigueur de la loi nouvelle.
La situation est plus complexe s’il n’y a pas de mesure transitoire, il faut alors se
référer à l’article 2 du code civil qui dispose qu'une loi ne dispose que pour l’avenir et
qu'elle n’a point d’effet rétroactif. Cela signifie tout d’abord qu'un texte nouveau ne
peut remettre en cause ce qui a été définitivement jugé ou permettre l’annulation
d’actes qui ont été régulièrement accomplis antérieurement. Cela signifie aussi que les
lois de procédure sont d’effet immédiat, c'est-à-dire qu'elle concerne toutes les
procédures en cours et tous les actes à intervenir. Néanmoins ce principe d’application
immédiate de la loi doit être nuancé, il est vrai que le texte s’applique à l’organisation
judiciaire et à sa compétence mais il est abandonné dans ce domaine en cas de transfert
de compétence à la survie de la loi ancienne. Ce principe de l’immédiateté de la loi est
également écarté lorsque le texte porte sur les conditions de recevabilité du recours.
C'est ainsi qu'en matière de surendettement la loi du 8 Février 1995 qui restreignait la
possibilité de faire appel des décisions des juges du surendettement ne s’est pas
appliqué à tous les jugements rendus acquis sous la loi ancienne. Il est aussi écarté
lorsque la loi change les modes de preuve.
PREMIERE PARTIE
LES ELEMENTS FONDAMENTAUX DE LA PROCEDURE
CIVILE
Le droit substantiel est le fondement de l’action qui se concrétise dans une demande en
justice. On affirme ainsi l’autonomie de l’action qu'il reste à qualifier et dont on doit
préciser les caractères.
§ 1 L’autonomie de l’action :
Au début, les deux droits étaient confondus mais l’action était définie comme le droit
en temps de guerre en temps de crise. C'est un héritage du droit romain. On doit rejeter
aujourd’hui cette confusion d’une part parce qu'il existe des actions sans droit et
d’autre part, il existe des droits sans actions, c'est l’exemple de l’obligation naturelle. Il
n’y a pas identification entre l’action et le droit substantiel mais il existe tout de même
des liens entre eux qui tiennent au fait que l’action va réaliser la jonction entre le droit
substantiel et la procédure pour en assurer la sanction. On classe ainsi les actions selon
la nature du droit mis en œuvre.
Les actions réelles portent sur des droits réels. L’action personnelle tend à permettre
l’assomption d’un droit de créance.
L’action mixte : elle a pour caractéristique que son titulaire est dans une situation qui
lui permet d’invoquer en même temps un droit personnel et un droit réel qui ont leur
source dans la même opération juridique. On en distingue deux catégories :
- D’une part les actions tendant à l’exécution d’un acte qui a transféré ou créé un
droit réel immobilier tout en donnant naissance à un droit de créance. Par exemple,
l’acheteur qui réclame la délivrance de l’immeuble agit a la fois en qualité de créancier
de livraison (action personnelle) mais comme il est devenu propriétaire dès l’échange
des consentements, il agit aussi en tant que propriétaire (action réelle).
- Tous les actes transmissifs ou restitutifs de droits réels sur un bien mobilier ou
immobilier. L’objectif de ces actions est l’anéantissement d’un acte en raison d’une
inexécution (action personnelle) et comme il y aura restitution d’un bien, l’action a
également un caractère réel.
Le principal intérêt de cette classification est de déterminer la juridiction compétente
territorialement. En matière personnelle, l’action est portée devant le tribunal du lieu
où demeure le défendeur alors qu'en matière réelle immobilière c'est la juridiction du
lieu de situation de l’immeuble qui est compétent. En cas d’action mixte, le demandeur
bénéficie d’une option.
L’action mobilière tend à assurer la sanction d’un droit portant sur un meuble
néanmoins on sait que la liste des immeubles est limitative donc tout ce qui n’y figure
pas est nécessairement qualifié de meuble. Par conséquent, l’action destinée à en
assurer la sanction sera mobilière. C'est ainsi, par exemple, que l’obligation
d’accomplir des travaux sur un immeuble est mobilière. Toutes les obligations de faire
ou de ne pas faire sur un immeuble sont mobilières. Ne pourra être immobilière que
l’action qui a directement pour objet un immeuble, par exemple l’action en récision
d’une vente d’immeuble pour lésion est nécessairement immobilière. Cette distinction
est nécessaire en ce qui concerne la compétence d’attribution, le TGI ayant une
compétence exclusive pour connaître des actions immobilières pétitoires alors que le
tribunal d’instance connaît des actions immobilières possessoires. Et ces deux
juridictions en matière mobilière se partagent la compétence puisqu’elles ont un taux
de compétence différente. En ce qui concerne la compétence territoriale, les actions
immobilières sont jugées par le tribunal du lieu de situation de l’immeuble alors que
les actions mobilières relèvent du tribunal du lieu de la demeure du défendeur.
Cet intérêt se mesure au préjudice aussi bien patrimonial que moral subi par celui dont
le droit a été bafoué. L’idée est de n’accorder la protection judiciaire qu'à celui qui
démontre qu'il retirera de l’action un avantage pratique. Autrement dit, il faut que le
jugement soit de nature à faire cesser le trouble. Mais cet intérêt ne doit pas être
quelconque mais caractérisé.
§ 1 Un intérêt légitime :
C'est un intérêt juridique fondé sur un droit qui ne peut protéger que des situations
légitimes. Cet article 31 ne fait ici que reprendre une condition jurisprudentielle qui
parlait d’intérêt légitime juridiquement protégé. Et c'est justement sur le fondement sur
le défaut d’intérêt légitime que jusqu’en 1970 les tribunaux ne reconnaissaient pas
d’action à la concubine qui demandait réparation pour le préjudice éprouvé par la mort
du concubin dans un accident de la route. Le concubinage n’était pas en effet à cette
époque un lien légitime donc l’action ne pouvait pas être légitime non plus. On trouve
une autre application de cette idée dans la règle selon laquelle on ne peut pas se
prévaloir de sa propre turpitude. La critique que font certains auteurs sur cette
exigence d’un intérêt légitime, c'est que quand on en vient à aborder la question de la
légitimité de l’intérêt, on aborde le fond du droit alors que le juge ne devrait ne
s’intéresser qu'à la recevabilité. Néanmoins il est toujours exigé.
§ 2 Un intérêt né et actuel :
Cela veut dire que l’ordre doit être troublé pour qu'il soit permis de recourir au juge.
Ce juge, d’ailleurs, ne peut trancher que des litiges nés c'est-à-dire qui existent au
moment où la demande est formée. Il est certain que cet intérêt est né et actuel lorsque
le demandeur souffre d’un trouble et que sa demande tend justement à obtenir des
mesures propres soit à faire cesser ce trouble soit à réparer les conséquences de ce
trouble. Les faits constitutifs de ce trouble sont divers, l’essentiel étant qu'ils
constituent une atteinte effective qu'ils constituent vraiment une modification patente à
une situation antérieure. A l’opposé, cela sous entend que l’on ne pourra jamais
s’appuyer sur un intérêt hypothétique puisque pour apprécier la réparation adéquate, il
faut connaître le préjudice or s’il est hypothétique on ne peut le réparer. Le problème,
c'est qu'entre intérêt né et actuel et intérêt hypothétique s’intercalent des actions plus
délicates à qualifier. On a admis des actions dans lesquelles l’intérêt n’était
qu’éventuel ou encore futur. La loi a accordé une action alors que l’intérêt est incertain
puisque le préjudice n’est pas réalisé mais la menace est réelle. C'est-à-dire que si on
n’intervient pas, sa réalisation est possible.
On a par exemple :
- Les actions déclaratoires : on a un intérêt à dissiper une menace dont la
survenance est possible, par exemple : un couple non marié qui se sépare alors que la
femme est enceinte. Il y a de grandes chances que la paternité soit un jour ou l’autre
l’objet d’un conflit. Si ce père se sait pertinemment non père de l’enfant, il peut faire
une action déclaratoire de désaveu préventif.
- Les actions possessoires : on intervient en effet en prévision de préjudice
patrimoniaux.
Dans certains cas, on admet des actions qui ne sont que futures, l’article 145 du
nouveau code de procédure civile autorise en matière de la preuve des mesures
d’instructions futures. Celles-ci sont accordées s’il existe un motif légitime de
conserver ou d’établir la preuve de fait dont pourrait dépendre la solution d’un procès
éventuel. Par exemple, lorsque des dégâts sont causés par un accident, on a intérêt à
faire un constat de manière à se ménager une preuve future. De la même manière, les
actions interrogatoires par lesquelles on va obliger une personne de prendre parti
durant le terme qui lui est accordé sont interdites. De même les actions provocatoires
contre des personnes titulaires d’un droit qu’elles le prouvent immédiatement.
La qualité, c'est le titre légal en vertu duquel une personne a le pouvoir de figurer dans
un procès. Généralement, cette qualité ne soulève pas de difficultés car elle se ramène
à l’obligation de justifier d’un intérêt direct et personnel. Autrement dit, la notion de
qualité est absorbée par la notion d’intérêt direct et personnel. Lorsqu’on lit l’article 31
du nouveau code de procédure civile, on comprend que l’action est ouverte à tous ceux
qui ont un intérêt. On parle alors d’action banale en ce qu'elle est attribuée à tout
intéressé en tant que tel. Pourtant la qualité à agir est bien une condition autonome de
l’ouverture de l’action. Pour cela, il faut évoquer deux articles, tout d’abord l’article
122 du nouveau code de procédure civile qui évoque parmi les causes d’irrecevabilité
à la fois le défaut d’intérêt mais aussi le défaut de qualité ce qui implique qu'il s’agit
de deux choses différentes. On comprend mieux dans la suite de l’article 31 qui tout
simplement réserve des cas dans lesquels la loi attribue le droit d’agir aux seules
personnes qu'elle qualifie (actions attitrées). Par opposition à l’action banale, on a
aussi des actions attitrées qui tiennent à ce que la loi réserve dans certains cas la seule
action aux personnes qu'elle qualifie et ces actions peuvent être réservées soit à la
défense d’intérêts personnels spéciaux soit à la défense de l’intérêt des tiers.
La loi ouvre ici une action à des personnes qui ont un intérêt défini. Cette attribution
de la qualité s’inscrit le plus souvent dans un ensemble de mesures qui, le plus
souvent, enferme l’action dans un régime restrictif. On peut trouver ces actions
attitrées tout d’abord en matière familiale et plusieurs exemples peuvent être donnés :
o L’action en divorce n’est donnée qu’aux seuls époux.
o L’action en recherche de paternité naturelle n’est donnée qu'à l’enfant.
Toutes les actions qui tendent à invoquer un intérêt exclusif d’un contractant sont des
actions attitrées. On peut par exemple faire rentrer dans cette catégorie toutes les
actions en nullité pour vice du consentement : c'est la victime du vice qui a seule
qualité pour agir en nullité sur ce fondement.
Il s’agit d’une personne qui n’a pas par nature d’intérêts personnels et directs et se
voit pourtant donner qualité à agir par la loi.
Certaines personnes se voient reconnaître qualité pour défendre les intérêts personnels
d’un tiers. Par exemple, l’action ut singuli. C'est en fait une action que l’on donne aux
associés d’une société pour demander réparation du préjudice subi par la société du
fait du comportement des dirigeants. On a bien des associés qui vont défendre l’intérêt
personnel d’une autre personne : la société (personne morale).
L’action de substitution des syndicats entre dans la même catégorie, par exemple, en
matière d’inégalité professionnelle, ils peuvent intervenir dans l’intérêt personnel du
salarié victime de l’inégalité professionnelle.
Les personnes qui ont qualité pour la défense d’intérêts collectifs : la notion d’intérêts
collectifs est multiple, on peut avoir un intérêt collectif privé. Par exemple, le
représentant des créanciers dans le cadre d’une procédure collective s’est vu
reconnaître qualité à agir pour défendre l’intérêt de tous les créanciers. Il s’agit bien
d’un intérêt collectif mais il est bel et bien privé. Il est possible de défendre un intérêt
public dans ces aspects généraux. C'est ainsi qu'on reconnaît au ministère public un
droit d’action. Enfin, une action peut être attribuée pour la défense des aspects
spéciaux d’un intérêt collectif public. On évoque ici en fait l’action des syndicats et
des ordres professionnels ainsi que l’action des associations. Néanmoins, il ne faut pas
confondre les deux situations entre syndicats et associations, il y a tout de même des
nuances. Les syndicats et ordres professionnels sont largement autorisés à défendre
l’intérêt collectif de la profession qu'ils représentent en vertu d’un texte fondamental :
l’article 411-11 du code du travail. Néanmoins si on investit par cette disposition
générale les syndicats d’une large qualité à agir, il faut quand même que le préjudice
invoqué soit d’ordre professionnel, qu'il intéresse la profession exercée par les
membres du syndicat et il faut qu'il soit fait état d’un trouble ressenti par toute la
profession. En ce qui concerne les associations, la grande différence, c'est qu'il n’existe
aucun texte de portée générale qui leur confère le droit d’agir au nom de l’intérêt
collectif pour la défense duquel elles se sont constituées. En réalité, il existe
uniquement des textes spéciaux qui sous certaines conditions donnent qualité à agir à
certaines associations pour lé défense d’intérêts collectifs. Par exemple, les
associations de consommateurs qui ont été agréés ont qualité à agir en matière de
clauses abusives pour défendre l’intérêt collectif des consommateurs. Ce moyen
d’action pèse plus sur les rédacteurs de contrats que si un consommateur tout seul se
plaignait des clauses abusives mais ça implique qu'en dehors de textes spéciaux, la
jurisprudence n’admet pas l’action qui tend à la défense de grandes causes
objectivement envisagées. On évoque ici un concept anglo-saxon qu'on appelle la class
action, ce concept n’existe pas en France, c'est une action qui est exercée par une
personne physique ou morale pour représenter en justice un groupe inorganisé de
personnes qui sont placées dans une même situation juridique. Cette class action n’est
pas transposable en France à cause d’un adage comme quoi « nul ne plaide par
procureur ». Cela signifie que celui qui agit, le mandataire, doit nécessairement faire
figurer dans la procédure le nom de tous les mandants qu'il représente. On ne veut pas
que la personnalité du mandant ne soit substituée par celle du mandataire. Le
deuxième obstacle à cette transposition est le principe selon lequel « la chose jugée n’a
qu’une autorité relative entre les parties au procès ». Or l’intérêt d’un jugement rendu
à la suite d’une class action va avoir des effets vis-à-vis de tous ceux qui se seraient
trouvés dans la même situation juridique et qui ne se seraient pas manifestés au début
de la procédure. On a cependant, en France, des actions qui conduisent au même
résultat et on constate aussi que la jurisprudence a parfois tendance à reconnaître
qu'une action d’une association puisse être engagé pour défendre une grande cause. On
a admis que l’association de lutte contre l’alcoolisme pouvait demander des dommages
et intérêts du fait d’une publicité illicite en faveur de l’alcool. On a considéré qu'en
raison de son but qui est de lutter contre l’alcoolisme, elle avait qualité à agir sur des
publicités qui, abusivement, incitaient à la consommation d’alcool. C'est cependant un
exemple relativement isolé, la jurisprudence rejette en général ce type d’action. Par
exemple, lors d’une interview de Fidel Castro par PPDA qui était en réalité truquée, on
a rejeté la demande d’une association de téléspectateurs.
Chapitre III : L’exercice de l’action en justice :
Si on peut dire que toute personne qui prend part à une instance agit, il faut cependant
distinguer suivant la manière dont sont présentées les prétentions des plaideurs et on
distingue pour cela d’un coté les demandes, de l’autre, les défenses.
La demande en justice, c'est l’acte juridique par lequel une personne saisit le juge
d’une prétention. On peut constater qu’à partir de cette définition générale, il existe
une grande diversité de demandes qu'il importe de distinguer en raison de plusieurs
intérêts.
A. A l’égard du juge :
La demande est à l’origine d’un lien juridique d’instance entre les parties et le juge qui
crée à la charge de chacun d’eux des obligations. La demande a aussi un effet
interruptif de la prescription et des délais à agir. Enfin, la demande veut mise en
demeure et elle produit des effets différents selon que le défendeur est débiteur d’une
somme d’argent. Dans ce cas, la demande fait courir les intérêts moratoires. Si le
défendeur est débiteur d’un corps certain, la demande met la chose à ses risques. Si le
défendeur détient une chose frugifère, il est comptable des fruits de cette chose à
compter de la demande.
Section II : Les défenses :
Au sens large, on peut dire que la défense, c'est tout simplement la contradiction à la
demande. C'est la raison pour laquelle on parle au pluriel de moyens de défense, c'est-
à-dire de tous les procédés qui permettent de réagir à une attaque. On distingue tout
d’abord la défense au fond.
§ 1 La défense au fond :
Elle est définie à l’article 71 du nouveau code de procédure civile comme « tout
moyen qui tend à faire rejeter comme non justifié après examen du fond la prétention
de l’adversaire ». autrement dit, dans la défense au fond, le défendeur accepte le
combat sur le terrain où le demandeur a porté la contestation et son objectif et de faire
juger que la prétention du demandeur est mal fondée tant en droit qu'en fait. Imaginons
qu'on intente contre nous une action en paiement d’une somme d’argent et que nous
avons le récépissé du remboursement de cette somme, notre défense consistera à dire
qu'on a remboursé cette somme.
§ 2 L’exception de procédure :
Il s’agit d’un moyen de défense par lequel le défendeur soutient que la demande est
irrecevable car l’une des conditions de sa recevabilité fait défaut. Là encore, on ne
touche pas au fond du droit mais on conteste l’existence même du droit d’agir du
demandeur.
Cette fin de non recevoir ressemble à la défense au fond en ce qu'elle va entraîner un
échec définitif de la demande telle qu'elle a été formulée et en même temps, elle
ressemble à une exception de procédure puisqu’elle paralyse la demande sans entrer
ouvertement en conflit avec elle.
TITRE II LA JURIDICTION
Dans l’activité quotidienne du juge, tout n’est pas juridictionnel, il prend des actes
administratifs à forme judiciaire aussi. Encore faut-il pouvoir tracer la frontière entre
ce qui est juridictionnel et ce qui ne l’est pas.
Un des premiers problèmes a été de trouver le critère des actes juridictionnel et même
une fois ce critère constaté, on constate la dualité de ces actes.
La principale caractéristique d’un jugement est d’être doté d’une autorité spécifique
qui consiste dans l’impossibilité de remettre en cause le point sur lequel le tribunal a
tranché. Cette autorité est reconnue par l’article 1351 du code civil au titre de la
preuve. C'est un caractère attribué par la loi au contenu du jugement. On lui attache
une présomption de vérité. Faut-il encore déterminer clairement le domaine et les
conditions de cette autorité.
A. Le domaine :
B. Les conditions :
Il faut tout simplement se référer à l’article 1351 qui dispose que : « l’autorité de la
chose jugée n’a lieu qu'à l’égard de ce qui a fait l’objet du jugement. Il faut que la
chose demandée soit la même, que la demande soit fondée sur la même cause, que la
demande soit entre les mêmes parties et formée par elles et contre elles en même
qualité.» Cela veut dire que l’on opposera à une personne l’autorité de la chose jugée
que lorsqu’il y aura une triple identité de parties, d’objet et de cause. Autrement dit,
une demande avec le même objet fondée sur la même cause et formée entre les mêmes
parties ne pourra pas prospérer si une décision a déjà été rendue. Prenons un exemple
pratique : une action en revendication de la propriété d’un terrain entre François d’un
côté et Philippe de l’autre. Imaginons que le juge ait décidé que Philippe était le
propriétaire du terrain. François ne peut en aucun cas exercer une action dans le même
but que la précédente. Mais si François a été débouté de sa revendication de la
propriété d’un terrain, rien ne s’oppose à ce qu'il revendique dans le cadre d’un autre
procès la construction présente sur ce même terrain. De la même manière, si François a
été débouté de son action en nullité de la vente sur le fondement d’un vice du
consentement, rien ne lui interdit de former une nouvelle demande en invoquant par
exemple un vice de violence. Enfin, si Philippe a été reconnu propriétaire, rien
n’interdit à un troisième intervenant, Mathieu, d’agir en revendication de la propriété
du terrain. Autrement dit, cette autorité de la chose jugée est soumise à une triple
condition.
C. La portée :
La portée de cette autorité de la chose jugée, elle s’impose aux parties à un double
point de vue, en ce qui concerne le fond du droit, l’autorité de la chose jugée implique
que le plaideur dont le droit a été reconnu peut se prévaloir du jugement. Le fait que le
juge se soit prononcé en sa faveur est acquis. A l’inverse, pour celui qui a perdu le
procès, il lui est désormais interdit de soumettre à un même tribunal ce qui a déjà été
jugé. En ce qui concerne la procédure, ce jugement va bénéficier d’une double
présomption de validité et de régularité. Mais au lendemain du jugement, cette
présomption a une force provisoire qui ira en se fortifiant au fur et à mesures que les
voies de recours seront utilisées ou au contraire auront fait l’objet d’une renonciation.
Plusieurs distinctions :
- Lorsque le jugement est rendu, il a autorité de la chose jugée ce qui implique
que lorsque l’exécution provisoire est possible, il peut être exécutoire mais il n’a pas
encore force de chose jugée. Ce jugement ne va acquérir force de chose jugée que
lorsqu’il n’est plus susceptible d’aucun recours suspensif.
- Lorsque ce jugement a force de chose jugée, il est exécutoire mais il n’est pas
encore irrévocable. En effet, un jugement n’est irrévocable que lorsque les délais des
voies de recours extraordinaires sont expirés ou qu'il en a été fait usage sans succès.
L’autorité de la chose jugée n’est que relative à l’égard des tiers. Le jugement ne peut
créer de droits ou d’obligations à leur encontre. Néanmoins, les tiers ne peuvent pas
ignorer l’existence de la situation juridique née du jugement, le jugement leur est donc
opposable. Enfin, cette autorité de la chose jugée va produire son effet à l’égard du
juge auquel on interdit de connaître à nouveau de la même affaire.
§2 Le dessaisissement du juge :
A. Le principe :
C. Les dérogations :
Cette compétence se détermine d’un double point de vue, il faut déterminer quel type
de juridiction saisir, c'est la question de la compétence d’attribution. Il faudra
également localiser géographiquement la juridiction compétente, c'est la question de la
compétence territoriale.
§1 La compétence d’attribution :
Elle définit l’étendue des pouvoirs d’une juridiction par rapport à deux critères :
- Le montant des intérêts en jeu dans une affaire : c'est-à-dire la valeur du litige
- La nature du litige : c'est-à-dire son objet
A. La valeur du litige :
§2 La compétence territoriale :
Parmi les juridictions de même nature et de même degré, il va falloir choisir celle qui
localement peut connaître du procès. Cette localisation ne concerne que les juridictions
du premier degré puisqu’en appel, la cour d’appel compétente est tout simplement
celle dans le ressort de laquelle se trouve le tribunal qui a rendu la décision attaquée.
Ce n’est que par exception que certains recours sont portés par exemple devant la cour
d’appel de Paris. Ces règles ont été aménagées dans un double souci, dans celui du
plaideur et dans celui du défendeur que l’on veut préserver en lui épargnant un
déplacement. Mais souci également d’ordre pratique.
C'est une règle traditionnelle héritée du droit romain qui veut que le demandeur porte
son action devant le tribunal du défendeur. C'est à celui qui prend l’initiative du procès
d’en supporter la gêne éventuelle et jusqu’à ce que le demandeur ait été déclaré fondé
dans son action, le défendeur n’est sensé ne rien lui devoir. Ce principe est repris dans
l’article 42 du nouveau code de procédure civile. L’article 43 du nouveau code de
procédure civile vient préciser les modalités de ce principe :
Pour la personne physique, le lieu où elle demeure est son domicile ou sa résidence en
sachant que la résidence est un lieu plus précaire que le domicile. En l’absence de
domicile connu, le demandeur peut saisir la juridiction du lieu où il demeure et s’il
demeure à l’étranger, il choisira la juridiction qu'il veut. Pour les gens du voyage ou
les forains, ils possèdent un carnet d’immatriculation qui nomme la commune à
laquelle ils ont souhaité leur rattachement et qui vaut domicile. En cas de pluralité de
défendeurs, le demandeur peut assigner devant le tribunal du domicile de n’importe
lequel des défendeurs à sa discrétion. En ce qui concerne les personnes morales, on
retient le critère du siège social, c'est en général celui inscrit dans les statuts de la
société mais il arrive que le siège social réel comprenant les organes de direction
diffère du siège social statutaire, dans ce cas là, le demandeur possède une option.
Les plus grandes sociétés avaient leur siège social à Paris pour des raisons de prestige
mais leurs activités d’étendaient sur la totalité du territoire par l’intermédiaire de
succursales et d’agence, or à chaque fois qu'un accident survenait, il y avait de fortes
chances que les affaires remontent devant la juridiction parisienne. Pour contrer cela,
la jurisprudence a pris un arrêt des gares principales, en cas d’accident de chemins de
fer, le demandeur peut assigner la SNCF devant la gare principale la plus proche du
lieu de l’accident. Cette jurisprudence a été étendue a toutes les sociétés ; on peut
assigner une banque devant le tribunal d’une agence ou d’une succursale à la condition
qu'il y ait dans cette succursale quelqu’un capable d’engager l’établissement et qu'il y
ait un rapport entre la succursale et le litige.
B. Les exceptions :
Ce sont les hypothèses dans laquelle la loi impose au demandeur de saisir un tribunal
déterminé à l’exclusion de tout autre. Cette règle tient à la nature de l’affaire ou à des
raisons pratiques. Par exemple, en matière réelle immobilière, l’article 44 déclare
compétente la juridiction du lieu de situation de l’immeuble. Cette exception est
fondée sur la nature des choses, on considère qu'il vaut mieux que ce juge soit
compétent, ne serait-ce que pour lui permettre de se rendre sur les lieux ou tout
simplement parce que la connaissance des pratiques locales est importante. L’article
45 prévoit que la juridiction compétente est celle du lieu d’ouverture de la succession,
c'est-à-dire le tribunal du lieu de décès du défunt. On veut centraliser par là même les
opérations de partages de la succession là où l’on va pouvoir trouver tous les titres et
biens à partager.
En matière de contrat de travail, une distinction doit être faite selon que le travail a lieu
dans un établissement, dans ce cas le conseil des prud’hommes compétent est celui du
lieu de cet établissement, dans le cas contraire, il faudra saisir le tribunal du domicile
du salarié.
Cet aménagement est possible dans certaines limites. En effet le législateur a parfois
institué des règles de compétence dans un but d’intérêt général ou parfois dans un but
d’intérêt privé. Pour répondre à ces deux exigences, le législateur peut admettre des
aménagements de compétence mais dans certaines limites. On distingue trois
aménagements possible : le législateur autorise les parties à saisir à titre principal une
juridiction normalement incompétente sur le plan territorial ou d’attribution pour
connaître de leur litige : c'est la prorogation conventionnelle. Ensuite le législateur
autorise le juge à renvoyer un litige dont il est saisi à une autre juridiction qui
normalement n’a pas compétence territorialement ou matériellement : c'est la
prorogation judiciaire. Enfin, le législateur étend parfois la compétence d’un juge saisi
régulièrement d’une demande principale à la connaissance de moyens de défense ou de
demandes incidentes présentées à l’occasion du procès mais pour lesquelles il n’est pas
normalement compétent : c'est la prorogation légale.
A. La prorogation judiciaire :
La compétence d’une juridiction est étendue dans des conditions définies par la loi à
des causes étrangères à sa compétence normale par une simple décision émanant d’une
autre juridiction. Tel est le cas lorsqu’une juridiction renvoie la connaissance d’une
affaire à une autre juridiction. Ce renvoi judicaire peut se décliner de trois manières :
- Renvoi après cassation ordonné par la Cour de Cassation
- Renvoi par une juridiction hiérarchiquement supérieure à une autre juridiction
que celle initialement saisie pour cause de suspicion légitime ou de récusation : par
exemple, un époux est dans une instance de séparation de biens avec sa femme,
malheureusement pour lui, le président du tribunal qui doit trancher son affaire est son
beau-frère…
- Renvoi ordonné par un juge qui statue sur sa compétence et estime que l’affaire
relève de la compétence d’une autre juridiction qu'il désigne. Cette désignation va
alors s’imposer aux parties et à la juridiction désignée.
B. La prorogation conventionnelle :
Il s’agit de la situation dans laquelle les parties s’accordent ab initio pour saisir une
juridiction d’une demande principale à l’égard de laquelle elle n’est pas normalement
compétente. Cette prorogation doit intervenir à la suite d’un accord entre les parties
avant ou après la survenance du litige et peut prendre diverses formes. Ça peut être une
clause attributive de compétence ou l’abstention du défendeur attrait devant la
juridiction incompétente. En principe, il faut tout de même savoir que ces conventions
sont nulles aussi bien sur le plan matériel que territorial mais il existe des exceptions
dans les deux cas. En ce qui concerne la compétence d’attribution : on distingue en
fonction du type de règles auxquelles la convention de compétence déroge. On
considère que les clauses qui portent sur l’ordre de juridiction ou sur le degré de
juridiction ne sont pas autorisées dès lors que les règles en jeu sont qualifiées d’ordre
public. C'est ainsi qu'il est interdit de prévoir qu'une juridiction pénale sera compétente
pour trancher un litige civil. Il est aussi interdit de convenir d’instaurer un double
degré de juridiction là où la loi l’a interdit.
Les clauses portant sur la nature des juridictions, dans ce cas, la prorogation
conventionnelle de la compétence d’une juridiction du premier degré au profit d’une
autre juridiction de même degré est admise à la condition que la règle de compétence à
laquelle il est dérogé ne soit pas d’ordre public. De cette règle, découlent plusieurs
situations :
- Il est admis que les parties puissent proroger la compétence du TGI au
détriment d’une autre juridiction dès lors que la matière litigieuse ne relève pas de la
compétence d’ordre public de cette juridiction. Par exemple, le TGI peut très bien être
saisi d’un litige commercial dès lors que la question n’entre pas dans la compétence
exclusive du tribunal de commerce or on ne lui connaît que deux compétences
exclusives en matière de litiges relatifs aux actes de commerce par la forme et en
matière de procédures collectives. Ce qui signifie qu'en dehors de ces litiges le TGI
peut connaître de tous les litiges relevant normalement du tribunal de commerce
- Les parties ne peuvent pas proroger la compétence d’une juridiction
d’exception au détriment d’une autre juridiction d’exception. Cette règle s’applique
que la matière relève ou non de la compétence exclusive. On ne pourra donc jamais
demander à un tribunal de commerce de statuer en matière de contrat de travail.
toutefois, il existe quand même un cas de prorogation de compétence du tribunal de
commerce au détriment du tribunal d’instance dans tous les actes mixtes. Cette
exception tient au fait que la compétence va varier selon la partie qui prend l’initiative
du procès. Si le demandeur est commerçant, il doit saisir le TGI ; si le défendeur est
commerçant, le demandeur a une option de compétence.
- Régime particulier concernant la compétence respective du TGI et du tribunal
d’instance en matière civile, personnelle ou mobilière. L’article 41 autorise les parties
à donner compétence au tribunal qui a priori ne l’est pas par application des règles
relatives au taux de compétence. Il faut remplir deux conditions : que les parties se
soient mises d’accord et que le litige ne soit né qu'après leur accord. C'est ainsi que le
tribunal d’instance pourra connaître d’un litige d’une valeur supérieure à 7600€.
La prorogation conventionnelle peut aussi concerner la compétence territoriale,
l’article 48 du nouveau code de procédure civile interdit toute clause qui déroge
directement ou indirectement aux règles territoriales en alinéa réputant non écrite.
Cette solution s’explique par la volonté de protéger le contractant le plus faible, par
exemple, le consommateur adhérant à un contrat préétabli qui subirait en cas de conflit
les frais de déplacement devant une juridiction éloignée. Néanmoins, à titre
d’exception, l’article 48 admet la validité des clauses dérogatoires à la condition que la
clause concerne deux parties ayant la qualité de commerçant, que la clause ait été
passé dans l’intérêt de leur commerce et que la clause soit spécifiée dans l’engagement
de manière apparente.
C. La prorogation légale :
Il est fréquent que des questions préalables se posent n’entrant pas dans la compétence
de la juridiction saisie de la demande principale. Lorsque une juridiction est saisie
d’une demande principale relevant de sa compétence, la question se pose de savoir si
elle peut connaître d’une question accessoire posée dans un moyen de défense, dans
une demande incidente, ou lors d’un incident de compétence qui de toutes les manières
ne relève pas de sa compétence. La réponse tient compte de deux impératifs, d’une
part, il faut éviter de morceler le procès et de perdre du temps. Ce qui commande
d’étendre la compétence du juge saisi de la demande principale aux questions
accessoires. D’un autre coté, il ne faut pas que cette extension permette à n’importe
quelle juridiction de statuer sur n’importe quelle question. C'est en tenant compte de
cette nécessite que le législateur a précisé les conditions et les limites de cette
prorogation légale aux articles 49 à 51 du nouveau code de procédure civile. Le
législateur a distingué plusieurs hypothèses :
- Pour les incidents de l’instance : l’article 50 prévoit qu'ils sont tranchés par la
juridiction devant laquelle se déroule l’instance qu'ils affectent. Il semble donc que le
juge devant lequel se déroule l’instance puisse statuer sur tous les incidents qui
peuvent suspendre ou modifier l’instance pendante devant lui. Il peut s’agir d’un
incident relatif à la preuve ou bien encore d’une interruption pure et simple dans des
circonstances prévues par le code.
- En ce qui concerne les moyens de défense et les demandes incidentes : il parait
souhaitable que le juge puisse connaître de tous ces points qui ne relèvent pas de sa
compétence mais dont la solution préalable commande son jugement sur la demande
principale. La loi a donc admis la prorogation de compétence mais elle l’a encadrée de
manière différente selon qu'il s’agit de moyens de défense ou de demandes incidentes.
- En ce qui concerne la prorogation de compétence aux moyens de défense :
l’article 49 a repris un adage selon lequel « le juge de l’action est le juge de
l’exception ». cet adage signifie que le juge de la demande initiale est aussi le juge de
tous les moyens de défense qui sont soulevé devant lui par le défendeur. L’article 49
du nouveau code de procédure civile reprend cet adage dans des termes un peu plus
modernes en disposant que toute juridiction saisie d’une demande de sa compétence
connaît même s’ils exigent l’interprétation d’un contrat de tous les moyens de défense.
Cette solution est nécessaire d’un double point de vue : d’un point de vue pratique, elle
permet d’éviter le morcellement du procès et surtout réduit le risque d’avoir des
jugements contradictoires. D’un point de vue théorique, la solution est aussi nécessaire
car une décision sur le bien-fondé d’une prétention ne peut être rendue qu’après
examen des moyens de défense qui lui sont opposés et qui constituent des questions
préalables. En principe, cette solution va s’appliquer à toutes les juridictions, qu'il
s’agisse de juridictions de droit commun ou de juridictions d’exception. Néanmoins,
l’article 49 a porté une limite a cette prorogation en réservant les moyens de défense
qui soulèvent une question relevant de la compétence exclusive d’une autre juridiction.
Dans cette hypothèse, la question n’est plus dite préalable mais préjudicielle et à ce
titre ne peut être tranchée que par la juridiction ayant compétence exclusive. Le juge
saisi de la demande initiale doit donc surseoir à statuer jusqu’à ce que la juridiction
compétente ait statué sur cette question préjudicielle qui relève de sa compétence
exclusive. En ce qui concerne ces questions préjudicielles, il en existe deux catégories,
des questions préjudicielles générales, c'est-à-dire commune à toutes les juridictions de
l’ordre judiciaire privé, elles concernent en fait tous les moyens de défense qui
relèvent de la compétence exclusive d’une juridiction de l’ordre administratif, pénal ou
bien encore de la cour de justice des communautés européennes. La deuxième
catégorie, c'est tout simplement les questions préjudicielles spéciales qui se posent à
l’intérieur de l’ordre civil, elles concernent des moyens de défense qui relèvent de la
compétence exclusive d’une autre juridiction de l’ordre civil que celle saisie du procès.
En principe, il n’y a pas lieu de distinguer selon que la question préjudicielle relève de
la compétence du TGI ou relève de la compétence exclusive d’une autre juridiction
d’exception et soit présentée devant le TGI ou une autre juridiction. Il faut y apporter
deux nuances, le tribunal d’instance peut connaître d’une question de nature
immobilière pétitoire qui relève en principe de la compétence exclusive du TGI en
vertu de l’article R.321-22 du code de l’organisation judiciaire ; la deuxième nuance à
apporter, c'est que si les compétences spéciales du TGI sont toutes exclusives, il n’en
va pas de même des compétences spéciales des juridictions d’exception et à chaque
compétence spéciale, il faudra vérifier si en plus, elle est exclusive ou pas.
- En ce qui concerne la prorogation de compétence aux demandes incidentes :
l’article 51 opère une distinction entre le TGI et les juridictions d’exception. En ce qui
concerne le TGI : le principe est qu'il peut connaître de toutes les demandes incidentes
qui ne rentrent pas dans la compétence exclusive d’une autre juridiction. En effet,
l’article 51 pose un principe de prorogation légale de la compétence de ce TGI. En ce
qui concerne les juridictions d’exception, elles ne peuvent connaître que des demandes
incidentes entrant dans leur compétence d’attribution. Le principe ici est celui d’une
absence de prorogation légale de compétence d’attribution puisque la juridiction
d’exception ne pourra statuer sur la demande incidente que si elle entre dans sa
compétence d’attribution. Par contre, en ce qui concerne la compétence territoriale, il
n’y a aucun souci, les prorogations légales sont totalement possibles.
1° L’initiative de l’incident :
Ce contentieux peut-être soulevé par l’une des parties au moyen d’une exception de
procédure, elle décline la compétence de la juridiction saisie et lui demande le renvoi
de la cause devant le juge compétent. Cette exception vient en général du défendeur
mais il peut venir du demandeur par l’intermédiaire d’une demande reconventionnelle
ou d’une demande en intervention. Pour prospérer, cette exception d’incompétence
doit remplir deux conditions, elle doit être soulevée simultanément aux autres
exceptions et avant toute défense au fond ou fin de non recevoir. La partie qui soulève
l’exception doit la motiver et faire connaître dans tous les cas devant quelle juridiction
elle désire que la cause soit portée. Le plaideur va donc participer à la recherche du
tribunal compétent. Le contentieux peut venir du juge lui même qui peut procéder à la
vérification de sa propre compétence dans les cas prévus par la loi, on parle alors
d’incompétence relevée d’office. Ce pouvoir de relever d’office son incompétence va a
priori de soi, pourtant, il n’existe que dans des cas limités, en outre ce n’est qu'une
faculté et non une obligation. Ce relevé d’office varie selon qu'il s’agit de relever une
incompétence d’attribution ou une incompétence territoriale. L’article 92 du nouveau
code de procédure civile prévoit que l’incompétence d’attribution peut être prononcée
d’office :
- Lorsqu’elle résulte de la violation d’une règle de compétence d’attribution
d’ordre public
- Lorsque le défendeur ne comparait pas puisque seul le juge est là pour faire en
sorte que l’on respecte le principe du contradictoire.
- Son exercice est limité devant la cour d’appel et devant la Cour de Cassation.
Ces juges ne peuvent soulever leur incompétence que si l’affaire relève de la
compétence d’une juridiction administratives, répressive ou si elle échappe à la
compétence d’une juridiction française.
L’article 93 prévoit quant à lui des règles différentes au sujet de l’incompétence
territoriale selon que l’on se trouve en matière gracieuse ou contentieuse. En matière
gracieuse, le juge peut toujours relever d’office son incompétence territoriale. En
matière contentieuse, le juge ne peut relever d’office son incompétence territoriale
que :
- Si le litige est relatif à l’état des personnes
- Dans les cas où la loi attribue une compétence exclusive à une autre juridiction
- Lorsque le défendeur n’a pas comparu.
2° Le règlement de l’incident :
Là encore, on doit concilier des impératifs contradictoires, il faut laisser au juge d’un
coté le temps nécessaire pour résoudre l’incident ; d’un autre coté, il ne faut pas que
cet incident ne soit un moyen de retarder le terme du procès. Le juge a deux
possibilités, la première consiste à se déclarer incompétent ; l’article 96 du nouveau
code de procédure civile oblige alors le juge à deux choses :
- Si la juridiction qu'il estime compétente est répressive, administrative, arbitrale
ou étrangère, le juge doit renvoyer les parties à mieux se pourvoir.
- Si la juridiction n’est pas dans la liste ci-dessus, le juge doit renvoyer devant la
juridiction compétente qu'il désigne de manière expresse. Cette désignation s’impose
aux parties et à la juridiction de renvoi.
Le juge peut également se déclarer compétent et décider de statuer sur le fond du litige
dans un seul et même jugement. Pour cela, l’article 76 exige qu'il mette les parties
préalablement en demeure de conclure au fond et il doit statuer dans le dispositif par
deux dispositions distinctes sur la compétence et sur le fond. Le règlement de
l’incident est concomitant à la décision. Il est possible aussi que le juge se prononce
uniquement sur la compétence sans statuer sur le fond, il choisit donc de procéder au
règlement préalable de l’incident de compétence.
3° Les voies de recours :
Sachant que la diversité des jugements exercent une influence directe sur ces voies de
recours. La voie de recours de droit commun, c'est l’appel. Il est ouvert contre tous les
jugements par lesquels le juge s’est déclaré compétent et a statué sur le fond du litige.
Mais il y a des nuances à apporter :
- Si le jugement a été rendu en dernier ressort, seule la compétence peut faire
l’objet de l’appel. Mais pas le fond du droit. La cour d’appel peut confirmer la
compétence du juge du premier degré, le jugement va alors produire pleinement effet
sur le fond sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation. La cour d’appel peut aussi
infirmer la décision sur la compétence du juge du premier degré, le jugement est alors
sans valeur et la cour d’appel devra désigner la juridiction devant laquelle l’affaire doit
être reprise.
- Si le tribunal a statué en premier ressort, son jugement peut être frappé d’appel
dans son ensemble. Quant à la cour d’appel, elle peut confirmer la décision des
premiers juges et statuer à son tour sur le fond en vertu de l’effet dévolutif de l’appel.
Mais la cour d’appel peut aussi infirmer la décision en ce qui concerne la compétence.
il faut distinguer alors selon que la cour d’appel est la juridiction d’appel du tribunal
qui a son avis est compétent. Dans ce cas là, la cour d’appel est alors saisie du litige et
elle est obligée à son tour de statuer sur le fond en vertu toujours de l’effet dévolutif de
l’appel. Si par contre la cour d’appel n’est pas la juridiction d’appel du tribunal qu'elle
estime compétent, elle doit renvoyer l’affaire devant la juridiction d’appel du tribunal
à qui revenait la compétence.
Le contredit est une voie de recours spécifique à l’incident de compétence. C'est la
seule voie de recours contre une décision statuant uniquement sur la compétence que
le juge la décline ou la reconnaisse. L’article 80 prévoit aussi que le contredit est
possible contre un jugement dans lequel le juge a du trancher une question de fond
dont dépend la compétence. il n’a pas en réalité statué au fond, il a juste évoqué une
question de fond. Par exemple, il arrive qu'on ne puisse résoudre l’incident de
compétence qu'après avoir fait une appréciation sur le fond telle qu'une opération de
qualification. Par exemple, pour savoir si le conseil des prud’hommes est compétent, il
faut savoir si le contrat en cause est ou non un contrat de travail. Ce contredit est une
voie de recours un peu particulière puisqu’il doit être formé dans les quinze jours à
compter de la date du jugement. Il doit être motivé pour autant l’auteur n’a pas
l’obligation de désigner la juridiction qu'il estime compétente. Ce contredit a le même
effet que l’appel, il est suspensif. LA cour d’appel a alors deux solutions :
- Elle peut trancher l’incident et conclure soit à la compétence du juge saisi et
elle renvoie l’affaire à ce juge pour qu'il statue au fond.
- Elle peut aussi conclure à l’incompétence de la juridiction saisie en première
instance et elle désigne la juridiction compétente et renvoie l’affaire devant elle.
Contre cet arrêt que l’on qualifie d’arrêt de contredit, un pourvoi en cassation peut
encore être intenté. La cour d’appel a aussi une autre solution, elle statue sur le
contredit et use de sa faculté d’évocation prévue à l’article 49 du nouveau code de
procédure civile et tranche le litige au fond. La cour d’appel tranche l’incident,
considère que la juridiction est bien compétente mais au lieu de lui renvoyer l’affaire,
elle tranche elle même le litige au fond. Cette procédure permet de gagner du temps
mais on sacrifie alors au principe du double degré de juridiction puisque cette affaire
n’a jamais été évoquée au fond par le premier juge. Cette procédure d’évocation est
donc soumise à certaines conditions, il faut que la cour d’appel soit compétente et que
les parties aient été mises en demeure de constituer avoués, enfin il faut bien entendu
que les parties soient invitées à s’expliquer sur leurs prétentions.
Ces deux termes évoquent un conflit de compétence entre deux juridictions civiles
différentes et toutes les deux compétentes.
La litispendance, il s’agit d’une même affaire qui est pendante devant deux juridiction
également compétente, c'est souvent le cas lorsque la loi offre au demandeur une
option de compétence. Elle doit être invoquée soit par une partie, soit d’office par le
juge devant la juridiction qui a été saisie la dernière en date si ces juridictions
appartiennent au même degré. La solution est simple, la juridiction saisie en second
doit tout simplement se dessaisir. Dans le cas où les juridictions seraient de degrés
différents, cette exception doit être portée devant la juridiction de degré inférieur qui
doit se dessaisir.
Dans une première approche, on considère l’instance comme une suite d’actes de
procédure qui s’étalent de la demande jusqu’au jugement irrévocable. Ces actes sont
accomplis par les parties ou par leurs représentants ou bien encore par le juge. Ils ont
des formes variables et des contenus très différents. Néanmoins, ils forment un tout
cohérent puisqu’ils ponctuent le cours du procès.
Dans une seconde approche, on s’est rendu compte que l’instance était une réalité
vivante, un processus qui provoque la naissance d’un rapport juridique particulier entre
les plaideurs qui perdure tout au long du procès. On s’est rendu compte que cette
instance doit en tant que telle être encadrée par des principes dont le point commun est
d’assurer un déroulement du procès conforme aux garanties fondamentales d’une
bonne justice. Si on réunit ces deux approches, on constate que l’instance est
doublement encadrée, elle est encadrée sur le plan processuel par des principes et sur
un plan formel par des règles de formalisme et de délai qui partagent le même but, la
protection des libertés fondamentales.
CHAPITRE I : LE CADRE PROCESSUEL DE L’INSTANCE
Sur le plan théorique, on considère que tout état de droit doit assurer la réalisation de
la justice dans la société et à cette fin, chaque état de droit doit mettre en place un
service public de la justice auquel tout justiciable doit pouvoir accéder pour être jugé
équitablement. Cet objectif passe par l’affirmation de deux principes : le droit à un
tribunal et le droit à une justice de qualité.
§1 Le droit à un tribunal :
Sur le plan interne, l’accès à la justice n’est reconnu expressément par aucun texte
constitutionnel. Néanmoins, le conseil constitutionnel a rendu plusieurs décisions dans
lesquelles on a qualifié le droit de recourir à un juge de droit fondamental consacré par
un principe de valeur constitutionnelle. Cet avis est partagé par le Conseil d’Etat qui
considère le droit d’accès à un juge comme une liberté fondamentale, de son coté, la
Cour de Cassation a également admis le caractère fondamental de ce droit au juge dans
le fameux arrêt du 30 juin 1995 dans lequel elle a affirmé que l’exécution effective de
la défense exige que soit assuré l’accès de chacun avec l’assistance d’un défenseur au
juge chargé de statuer sur sa prétention. Sur le plan international, ce droit d’accès à un
juge a été reconnu de manière allusive dans la convention européenne des droits de
l'homme à l’article 13, on affirme que toute personne dont les droits reconnus par la
convention et ont été violés a droit a l’octroi à un recours effectif devant une instance
nationale. L’article 5 § 4 énonce beaucoup plus précisément le droit à un recours mais
sur la privation de liberté et la détention arbitraire mais c'est sur le fameux article 6 § 1
que la cour a reconnu le droit a un recours juridictionnel dans un premier arrêt (Golder
du 21 février 1975). Pour la cour européenne des droits de l'homme, le droit d’accès à
un tribunal est un élément inhérent au droit à ce que sa cause soit entendue
équitablement qui est un droit expressément reconnu par l’article 6 § 2 concernant ce
droit d’accès à un juge, il faut tenir compte de ce que ce droit se dédouble. C'est non
seulement le droit à ce que sa cause soit entendue par un premier juge mais on devrait
aller plus loin en considérant qu'il englobe aussi le droit à un recours contre la décision
juridictionnelle. A ce sujet, les choses sont incertaines, la cour européenne des droits
de l'homme s’est montré très exigeante a l’égard des états membres en ce qui concerne
le droit d’accès a un premier juge, en revanche, elle ne s’est pas prononcé sur le droit à
un second degré ou a un pourvoi en cassation. Au contraire, la cour considère que ce
droit à un recours peut être librement aménagé par les parties. Cependant, la cour
considère que ce recours doit respecter toutes les exigences de l’article 6 § 1 et elle
considère que ce droit à un recours doit être proportionné. La cour de justice des
communautés européennes a elle aussi reconnu le droit à un recours, il faut
simplement attendre son interprétation de l’article 47 de la charte des droits
fondamentaux de l’Union Européenne qui affirme le droit à un recours effectif devant
un tribunal.
La cour a imposé aux états l’adoption de mesures d’ordre matériel et d’ordre normatif.
Sur le plan matériel, la mesure consiste tout simplement dans l’aide juridique.
1° L’aide juridique :
Cette expression n’est pas spécifique au droit européen et n’est pas nouvelle, elle était
déjà exprimée à l’article 10 de la déclaration universelle des droits de l’homme de
1948 mais cette déclaration n’a de valeur qu'idéal et aucun organe de contrôle n’en
assure le respect. On la trouve aussi à l’art14 § 1 du pacte international relatif aux
droits civils et politiques de 1966. Ici l’importance est réelle puisque ce pacte est auto
exécutoire et est doté d’un organe de contrôle : le comité des droits de l’homme de
l’ONU. Mais ce droit a surtout pris son essor dans la jurisprudence de la cour
européenne des droits de l'homme qui a su faire de cette notion évoquée à l’article 6-1
de la convention européenne des droits de l'homme un instrument autonome. Cette
dénomination de droit à un procès équitable désigne l’ensemble des garanties
procédurales énoncées à l’article 6 § 1 mais la référence à l’équité présente aussi une
autonomie propre. En effet, la cour européenne des droits de l'homme ne se contente
jamais d’un simple examen formel de toutes les garanties énumérées à l’article 6-1
pour conclure que le procès est équitable. Il lui est arrivé de sanctionner un procès
alors même que toutes les garanties formelles auraient été respectées. Ce droit à un
procès équitable est en fait un instrument qui sert à juger l’ensemble de la procédure
pour en juger la régularité ; a ce titre, l’équité a un sens très précis. L’équité se
comprend dans son sens d’égalité, d’équilibre. On évoque en fait le terme d’equity qui
en fait la qualité d’être loyal. Ce que vérifie la cour européenne des droits de l'homme
est que le procès dans son ensemble a assuré à chacun un traitement égal. C'est ainsi
que la cour européenne des droits de l'homme peut sanctionner tout procès qui se
déroulerait dans des conditions de nature à placer injustement une partie dans une
situation désavantageuse par rapport à une autre. C'est en se fondant sur ce droit au
procès équitable que la cour a consacré des droits qui ne sont pas comme tels exprimés
dans la convention. En ce qui concerne la procédure civile, on peut regrouper ces
droits dans trois catégories essentielles :
- L’égalité des armes : la cour européenne des droits de l'homme considère que
l’égalité des armes constitue une exigence essentielle du procès équitable et elle la
définit comme la possibilité pour chaque partie d’exposer sa cause dans des conditions
qui ne la désavantage pas d’une manière appréciable par rapport à la partie adverse.
- Le principe du contradictoire : la contradiction implique pour une partie la
faculté de prendre connaissance des observations ou des pièces produites par l’autre
ainsi que d’en discuter.
- Le droit à la motivation : la cour européenne des droits de l'homme considère
que l’énoncé des motifs est seul de nature à permettre au justiciable de vérifier que le
juge a bien examiné ses prétentions et donc qu'il a été entendu. Cette notion de
motivation obligatoire est très importante, elle a donné lieu a trois condamnations de la
France dans trois affaires : l’affaire Fouquet du 12 octobre 1994 et 31 janvier 1996,
l’affaire Higgins du 19 février 1998 et l’affaire Dulaurans du 21 mars 2000. trois
condamnations pour défaut de motivation.
C'est ainsi que la Cour de Cassation dans un arrêt du 6 novembre 1998 a estimé qu'un
juge des référés qui avait accordé une provision sur le fondement de l’article 809
alinéa 2 du nouveau code de procédure civile relatif à une obligation non sérieusement
contestable ne peut pas ensuite siéger dans la juridiction qui traitera du fond de
l’affaire. En effet, lorsqu’il a décidé en tant que juge des référés d’accorder une
provision parce que l’obligation n’était pas contestable, il a déjà formé une opinion.
§1 Le principe accusatoire :
Il suffit de partir des articles 1 et 2 du nouveau code de procédure civile dans lesquels
il est clairement dit que les parties ont la direction du procès au stade de l’introduction
de l’instance, dans son déroulement et dans son extinction. « Seules les parties
introduisent l’instance hors les cas où la loi en dispose autrement » article 1. Cet article
évoque ce que la doctrine appelle un principe d’initiative, d’impulsion ou tout
simplement accusatoire. Les parties ont en principe le monopole de l’introduction de
l’instance, ce n’est que par dérogation, la loi a prévu des hypothèses dans lesquelles le
juge peut se saisir d’office. Par exemple, en matière de mesures d’assistance éducative,
des matières de tutelle ou dans des matières économiques telles que des procédures
collectives.
En ce qui concerne la conduite de l’instance, l’article 2 prévoit que les parties
conduisent l’instance sous les charges qui leur incombent. A ce titre, il leur appartient
d’accomplir les actes de la procédure dans les formes et les délais requis. Il découle de
ce texte que les parties donnent le rythme à l’instance, elles maîtrisent le déroulement
de l’instance dès lors qu'elles respectent certaines formes et certains délais. Ce qui
constitue des limites assez dérisoires à la liberté des parties.
En ce qui concerne l’extinction de l’instance, il suffit de reprendre la lecture de
l’article 1 pour y apprendre que les parties ont la liberté d’y mettre fin avant qu'elle ne
s’éteigne par l’effet du jugement ou en vertu de la loi. La liberté de mettre fin à
l’instance est le corollaire de la liberté d’introduire l’instance mais la symétrie est
imparfaite puisque ici, on n’évoque pas d’exclusivité, au contraire, on explique que si
les parties ont la faculté de mettre fin à l’instance, celle-ci peut prendre fin pour
d’autres causes. Les parties peuvent également suspendre l’instance, en effet, le décret
du 26 décembre 1998 a consacré une pratique jurisprudentielle consistant pour les
parties à demander ensemble que l’affaire soit tout simplement retirée du registre des
affaires en cours. Pour quelle raisons ? Pour éventuellement tenter une dernière
conciliation. Cette technique est qualifiée de retrait conventionnel du rôle.
Il est très important car il permet d’accélérer le cours de la justice parce qu'il est
évident qu'un plaideur qui sait qu'il va perdre son procès a intérêt à freiner des deux
pieds. Article 54-4 décret 2001
L’article 3 confie au juge le soin de veiller au bon déroulement de l’instance. Le juge
est ainsi investi d’une mission de régulation de l’instance qui se manifeste à deux
moments.
Tout d’abord, au cours de l’instruction afin de veiller à la mise en l’état de l’affaire. Ce
juge dit juge de la mise en état a des pouvoirs spéciaux qui lui permettent de rythmer
l’instruction. Il peut ainsi imposer des délais aux parties pour conclure. Il peut imposer
des délais pour l’échange des pièces. Il peut intervenir pour obliger une partie à mettre
en conformité ses écritures aux exigences légales. Ce rôle est d’autant plus important
que le juge peut sanctionner un comportement négligent de l’une des parties en
décidant tout simplement le renvoi de l’affaire telle quelle et donc aux risques et périls
du plaideur négligent. Il peut même décider de radier l’affaire.
Au stade terminal de l’instruction, c'est le juge qui appréciera si ou non l’affaire est en
état d’être jugée.
§2 Le principe dispositif :
Il appartient tout d’abord aux parties de faire connaître leurs prétentions et donc l’objet
du litige. L’objet du litige est selon l’article 4 déterminé par l’acte introductif
d’instance et les conclusions en défense. Le décret du 26 décembre 1998 est venu
considérablement renforcer le rôle des parties dans la détermination de l’objet du litige
en énonçant trois règles. La première tient à ce que les parties ont l’obligation
d’annexer à leurs conclusions un bordereau énumérant les pièces justifiant leurs
prétentions. Les parties doivent formuler expressément les moyens de faits et de droit
sur lesquelles leurs prétentions sont fondées ; c'est ainsi que l’on exige que leurs
assignations ou conclusions soient qualificatives. Cette obligation de rédiger des
conclusions qualificatives était déjà une obligation déontologique reprise par le décret
pour lui donner plus de force. Les parties ont un rôle à jouer dans la présentation de
leur affaire au juge. Mais la portée de cette obligation est quand même limitée car elle
ne vaut que pour l’assignation or il existe bien d’autres modes d’introduction de
l’instance. Les parties et leurs représentants ont désormais l’obligation de reprendre
dans leurs dernières conclusions les prétentions et les moyens successivement
présentés dans leurs conclusions antérieures. On exige en fait des conclusions
récapitulatives. Cette exigence répond seulement à une réalité, c'est qu'il peut y avoir
plusieurs jeux d’écriture entre les parties avec beaucoup de moyens différents
invoqués. La partie qui se soustrait à cette obligation est réputée avoir abandonné
toutes les prétentions et moyens qu'elle ‘na pas repris dans ses conclusions
récapitulatives. Les juges ne statueront donc que sur les dernières conclusions. Il existe
un dernier rappel de faire des conclusions récapitulatives.
Une certaine stabilité doit s’imposer à l’égard des parties et à l’égard du juge. On a
donc exposé deux principes. Le premier principe est celui de l’immutabilité du litige
qui veut que les parties ne puissent pas tout au long du procès modifier l’objet du
litige ; ce principe est largement vidé de son contenu par de nombreuses exceptions.
Notamment avec les demandes incidentes.
La question se pose aussi dans le cadre plus large du procès qui nécessite qu'on tienne
compte des voies de recours et là il faut distinguer selon que la voie de recours est un
appel ou un pourvoi en cassation. Normalement, quand un appel est exercé, la
juridiction saisie a compétence pour réexaminer l’affaire en fait et en droit. C'est le
principe de l’effet dévolutif propre à l’appel. Et normalement, le juge de la cour
d’appel doit revoir ce qui a été jugé en première instance. Dans cette hypothèse, il
semble qu'aucun élément nouveau par rapport à l’instance de premier degré ne puisse
être introduit en appel. C'est ainsi que l’article 564 interdit les demandes nouvelles.
Mais la réalité est plus complexe.
Aujourd’hui, on considère moins l’appel comme une voie de réformation que comme
une voie d’achèvement du procès or cette exigence d’achèvement du procès conduit à
admettre qu'on puisse recevoir de nouveaux moyens en appel et c'est cette règle
qu’exprime l’article 563 qui autorise les parties a introduire de nouveaux moyens de
droit. En outre, pour élargir la possibilité d’entendre un élément nouveau, la
jurisprudence a donné une définition très étroite à la notion de demande nouvelle. En
effet, on ne considère comme nouvelle que des demandes qui tendent à des fins
différentes, du coup, on peut accueillir un grand nombre de demandes. Dès lors que la
fin est la même, on peut accueillir de nouveaux fondements juridiques. Devant la Cour
de Cassation, la possibilité d’évolution est beaucoup plus réduite pour la simple raison
qu'il y a une véritable rupture entre l’instance des juges du fond et l’instance de
cassation qui ne juge que du droit. Ce qui explique que seule est admise devant la Cour
de Cassation la demande en intervention volontaire formée a tire accessoire, c'est ce
qui explique que les moyens nouveaux ne sont pas recevables devant la Cour de
Cassation. Par contre, il y a des exceptions, sont recevables les nouveaux moyens de
pur droit et les moyens nés de la décision attaquée.
C'est un principe qui résulte de la combinaison des articles 4 et 5 du nouveau code de
procédure civile, c'est le principe d’indisponibilité du litige qui implique que les juges
du fond sont liés par les conclusions des parties. Ils sont enfermés dans le cadre tracé
par les parties et ne peuvent pas modifier l’objet du litige. Néanmoins, ce principe
connaît quelques exceptions, tout d’abord, la jurisprudence a adopté une conception
restrictive de l’objet du litige ce qui du coup ouvre une large marge de manœuvre au
juge. On considère que tant que l’intervention du juge ne modifie pas le résultat
recherché par les parties, il n’y a pas de modification de l’objet du litige. Une autre
exception tient à l’obligation qui pèse sur le juge de rechercher le véritable objet du
litige lorsque les parties ont mal indiqué l’objet de leur demande.
Les parties ont la maîtrise des faits : L’article 6 explique que les parties doivent réunir
les faits pertinents, c'est-à-dire ceux qui sont fondés sur une règle de droit et qui sont
de nature à convaincre le juge. A cela, l’article 9 ajoute que chaque partie qui allègue
un fait au succès de sa prétention doit le prouver. Cette attribution légale de la charge
de la preuve ne dépend pas de la qualité de demandeurs ou de défendeurs au procès,
elle concerne tout plaideur qui allègue un fait que ce soit en défense ou en demande.
Dans cet apport de la preuve, les parties ont deux principes à respecter, un principe de
légalité et une obligation de loyauté. En effet, on ne peut utiliser qu'un mode de preuve
prévu par la loi et non des modes de preuves qu'on a obtenu déloyalement.
Le rôle des partes par rapport au droit : les parties jouent seulement un rôle subsidiaire
qui se manifeste de trois manières :
- L’article 12 alinéa 3 du nouveau code de procédure civile permet aux parties de
lier le juge à leur qualification à deux conditions. Il faut que le droit litigieux soit à leur
libre disposition et il faut que les parties aient conclu un accord exprès. Dans ces
conditions, le juge ne pourra plus changer le fondement juridique qui lui est imposé
par les parties.
- A l’occasion d’un litige né, les parties peuvent conférer au juge la mission de
statuer en amiable compositeur ce qui le dispense de l’application du droit.
- L’article 13 du nouveau code de procédure civile dispose que le juge peut
demander lui-même aux parties de s’expliquer sur le droit ce qui est une matière de
solliciter leur opinion juridique.
Il dispose d’une certaine initiative. L’article 8 permet au juge d’inviter les parties à
fournir les explications de fait qu'il estime nécessaire à la solution du litige ; c'est un
article important parce qu'en invitant les parties à fournir certaines explications de fait,
le juge peut faire entrer dans le débat des faits qui jusqu’à présent n’avaient pas été
pris en compte. L’article 10 lui permet de ne pas se contenter de la présentation
spontanément faite par les parties des faits puisqu’il a la possibilité d’ordonner des
mesures d’instruction. Ces mesures peuvent être prises d’office ou bien à la demande
d’une partie. Bien évidemment, ces mesures d’instruction vont permettre d’élargir le
champ des informations de fait. Pour assurer l’efficacité de ces mesures, l’article 11
impose aux parties d’apporter leur concours aux mesures d’instruction. A défaut, le
juge pourrait tirer toutes les conséquences d’une abstention ou d’un refus. Enfin,
l’article 7 alinéa 2 autorise le juge à prendre en considération des faits que les parties
n’auraient pas spécialement invoqués au soutien de leurs prétentions mais qui se
trouvent dans les éléments du débat. Le juge va pouvoir exploiter les pièces mêmes
des parties en mettant l’index sur un fait que les parties auraient passé sous silence
parce que pour elles ce n’était pas utile. Ce sont des fait adventices soient allégués par
les parties mais dont elles n’ont tiré aucune conséquence juridique soit des faits qui
peuvent être trouvés dans le dossier. Contrairement à cette idée préconçue qui veut que
le juge n’ait aucun pouvoir sur les faits.
Le juge tranche les faits compte tenu des règles de droit qui lui sont applicables (article
12 alinéa 1 du nouveau code de procédure civile). Lorsque les parties n’ont pas précisé
le fondement juridique sur lequel repose leurs prétentions, il appartient au juge de
rechercher à partir des éléments de fait fournis par les parties la règle de droit
applicable ; cette situation est amenée à se raréfier avec l’obligation maintenant de
conclusion qualificative mais celle-ci ne concerne que l’assignation donc dans tous les
autres modes d’introduction de l’instance, le juge a un rôle à jouer. En outre, à
l’occasion du décret de 1998, on a expliqué que cette obligation de conclusion
qualificative n’était qu'une aide pour le juge et n’avait aucune influence sur son rôle à
jouer par rapport au droit. De toutes les manières, lorsque le fondement juridique a été
précisé parles parties, le juge doit au moins vérifier les conditions d’application de la
règle invoquée. La suite de l’article 12 nous apprend alors comment le juge va
procéder. Selon l’article 12 alinéa 2, il est précisé que le juge doit donner ou restituer
leur exacte qualification aux faits et actes litigieux sans s’arrêter à la dénomination que
les parties en aurait proposé. Cet article donne au juge un pouvoir de qualification et
de requalification qui peut s’exprimer à plusieurs stades.
L’alinéa 3 de l’article 12 confère au juge le pouvoir de soulever d’office les moyens de
droit. Le conseil d’Etat a cependant supprimé cet alinéa mais il est toujours utilisé en
pratique. L’article 12 du nouveau code de procédure civile pose des problèmes en ce
qu’il évoque un devoir de requalification dans son premier alinéa alors que l’alinéa 3
évoque un simple pouvoir de relever d’office.
On a droit à une profusion de solutions différentes en jurisprudence. On a tendance en
principe à considérer qu'il y a une obligation de requalification mais on reconnaît que
parfois il ne s’agit que d’une faculté de requalification. Quant au relevé d’office, on a
des arrêts qui évoquent la faculté de relever d’office mais on considère que dans
certaines circonstances, il existe une obligation de soulever d’office. Il faut tenir
compte de la nature du moyen en question. Si le moyen est de pur droit, le juge a
l’obligation de le requalifier ou de le relever pour la simple raison que le juge ne peut
pas ignorer des faits expressément invoqués par les plaideurs. Cette obligation
recouvre trois hypothèses :
- Si les parties ont invoqué des faits sans les qualifier, le juge a le devoir de les
qualifier.
- Si les parties ont invoqué des faits en les qualifiant de manière inexacte, le juge
a l’obligation de les requalifier.
- Si les parties n’ont pas invoqué des faits à l’appui de leurs prétentions mais que
le juge est allé les chercher spontanément, il doit aussi les qualifier.
Si le moyen est mélangé de droit et de faits, le juge a une simple faculté de le relever
ou de le requalifier.
Ces pouvoirs connaissent de toutes les manières certaines limites. Tout d’abord, le
juge quand il a l’obligation de requalifier ou de relever d’office doit nécessairement
respecter le principe du contradictoire en provoquant l’explication des parties.
Le juge doit toujours respecter l’objet du litige, sa requalification ne doit donc pas le
modifier.
Il n’y a pas de requalification possible dans le cas d’un ordre public de protection, par
exemple, on ne peut pas requalifier un contrat à durée déterminée en contrat à durée
indéterminée car les dispositions relatives à ces contrats ont été édictées dans le seul
but de protéger le salarié, s’il n’intervient pas lui-même, le juge ne peut pas le faire à
sa place.
Le juge a l’obligation de relever d’office les moyens de pur droit qui seraient en outre
d’ordre public. Que cet ordre public résulte plutôt d’une énonciation de la loi ou qu'il
interprète la loi en ce sens.
§ 3 le principe du contradictoire :
Le premier devoir des parties évoqué à l’article 14 est celui d’être présent et le second
invoqué à l’article 15 est celui d’être en mesure de défendre ses intérêts en se faisant
mutuellement connaître les moyens de droit de fait et de preuve. Chaque adversaire est
à la fois créancier et débiteur de la contradiction. Cette contradiction se manifeste au
début de l’instance et postule un face à face des parties ou de leurs représentants
devant le juge. Ainsi, avant d’être jugées, les parties doivent être entendues, pour cela,
il faut que le demandeur ait régulièrement appelé son adversaire et que ce dernier
ne se soit pas dérobé. La contradiction va naître de la comparution des adversaires. Le
terme de comparution est susceptible de deux interprétations, il a un sens technique
devant les juridictions où la représentation est obligatoire, elle consiste à constituer
avocat ou avoué ; elle a un sens usuel devant les juridictions devant lesquelles la
représentations n’est pas obligatoire, elle consiste dans la simple présence à
l’audience. Cependant, si la contradiction est un impératif, ce n’est pas un absolu, en
effet, l’article 14 dispose que nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou
appelée. Autrement dit, cet article n’exige pas que la contradiction soit effective, il faut
seulement qu'elle soit rendue possible. L’intéressé doit avoir été mis en mesure de
s’exprimer. Par conséquent, si une personne a été régulièrement appelée et qu'elle est
donc informée de cette procédure mais qu'elle ne vient pas pour être entendue, elle
pourra tout de même être jugée. Son défaut, même s’il est gênant parce qu'on va
l’avoir condamné sans l’avoir entendue n’est pas un obstacle au cours de la justice. Ce
serait trop facile de ne pas venir pour échapper au jugement. Ce défaut a suscité la
réflexion des rédacteurs du nouveau code de procédure civile et on a plus précisément
envisagé deux types de défaut :
Le défaut de comparution : c'est-à-dire que la partie ne comparait pas au sens
technique ou usuel ou bien alors, après avoir comparu, la partie n’accomplit pas les
actes de la procédure dans les délais. On parle alors de défaut faute de diligence.
Le défaut de comparution peut émaner du demandeur, ce défaut n’est valable que
quand la comparution a un sens usuel, elle n’est pas concevable dans les domaines
dans lesquels la comparution a un sens technique, le demandeur lance une procédure et
pense que l’action va suffisamment impressionner son adversaire pour que celui-ci
s’exécute. Il arrive donc que le demandeur ne se présente pas à l’audience. Il arrive
aussi qu'il soit empêché physiquement de comparaître. L’article 468 prévoit une
possibilité pour le défendeur d’obtenir un jugement sur le fond qui sera dit
contradictoire avec toutes les conséquences qui en découlent mais pour cela, il faut
deux conditions : il suffit que le défendeur fasse une demande en ce sens et il faut que
le défaut de comparution du demandeur ne soit pas justifié par un motif légitime. En
cas de motif légitime, tel que par exemple, une hospitalisation, le juge peut renvoyer
l’affaire. Le défendeur a également la possibilité de demander au juge qu'il prononce la
caducité de la citation prévue à l’alinéa 2 de l’article 468. Cette solution sera en
général préférée par le défendeur qui estimera que le jugement sur le fond risque de lui
être défavorable.
Ce défaut de comparution peut également être celui du défendeur et c'est le cas le plus
fréquent. Il suffit que le défendeur reste passif face au demandeur en ne constituant pas
avocat ou en ne se présentant pas à l’audience ; l’article 471 prévoit la possibilité
d’une nouvelle citation si la première n’a pas été délivrée en personne mais ce n’est
qu'une possibilité. L’article 472 autorise aussi le juge à statuer sur le fond après avoir
vérifié que le défendeur n’est plus dans les délais pour comparaître et après avoir
vérifié que la demande est régulière, recevable et bien fondé ; ce jugement va être
qualifié différemment selon les circonstances. Il sera réputé contradictoire s’il est
susceptible d’appel ou si la citation a été délivrée à la personne du défendeur. Ce
jugement sera rendu par défaut s’il est en dernier ressort ou si la citation n’a pas été
remise à la personne du défendeur.
Autre type de défaut, c'est le défaut d’accomplissement des actes de la procédure, il
peut être le fait d’une seule partie, l’article 469 condamne cette inertie procédurale en
autorisant le juge à statuer au vu des seuls éléments dont il dispose et son jugement
sera contradictoire. Néanmoins, la jurisprudence considère que cette sanction est
sévère et ne doit pas conduire à une condamnation par surprise. Le juge demande donc
en général d’abord à la partie négligente de s’exécuter. De même, lorsque le défaut
émane du demandeur, le défendeur peut avoir intérêt à éviter un jugement sur le fond
et il est autorisé à demander au juge qu'il prononce simplement la caducité de la
citation. Lorsque la carence émane des deux parties, l’article 470 prévoit que le juge
peut d’office radier l’affaire après avoir adressé un dernier avis aux parties ou à leurs
mandataires ; cette radiation qui est une sanction va suspendre l’instance qui ne
reprendra que sur justification de l’accomplissement d’un acte de procédure de l’une
des deux parties.
En cas de défaut, l’exigence de contradiction est tout de même largement écornée
pourtant, elle n’est absolument pas réduite à néant, d’une part parce qu'avant d’en
arriver au jugement, le juge a la possibilité de renvoyer l’affaire si le demandeur ne
comparait pas ou d’inviter le défendeur à comparaître si il fait défaut. D’autre part,
lorsque le jugement est rendu, on laisse une chance à la contradiction de s’instaurer
mais sur recours. Il faut savoir que l’appel ou le pourvoi est possible si le jugement est
réputé contradictoire et l’opposition est possible si le jugement est rendu par défaut.
On aura donc une contradiction mais différée. Ce n’est en fait que dans des
circonstances exceptionnelles que la loi peut autoriser un demandeur à ne pas appeler
le défendeur. En effet, l’article 17 admet que dans certaines circonstances
exceptionnelles, un mesure puisse être prise à l’insu de l’adversaire mais cette
possibilité n’et offerte que lorsque la loi le permet ou lorsque la nécessité le
commande. En outre, les mesures qui seraient prises dans le cadre d’une telle
procédure en sont que provisoires ce qui implique qu'en référé, l’adversaire non
prévenu pourrait demander au juge de se rétracter. A ce stade, on a encore une
contradiction décalée.
Cette contradiction se manifeste sinon tout au cours de l’instance. Au cours de
l’instance, on va assister à une discussion contradictoire entre les parties, l’article 15
organise cette contradiction en prévoyant que les parties doivent se faire connaître en
temps utile les moyens de preuve, les moyens de faits et les moyens de droit afin que
chacune soit à même d’organiser sa défense. Cet article impose en fait une obligation
de communication entre les parties. Communication qui doit réunir plusieurs qualités,
tout d’abord, elle est mutuelle, chaque partie la supporte, elle doit s’effectuer en temps
utile, c'est-à-dire que chaque partie doit disposer d’un laps de temps suffisant pour
prendre connaissance des éléments communiqués et préparer la discussion. Cette
mesure de temps utile sera affaire de circonstances, c'est une question de fait appréciée
par le juge mais c'est sur ce fondement que le juge pourra rejeter du débat des pièces
tardivement communiquées à moins qu'il décide de révoquer par exemple
l’ordonnance de clôture afin de permettre une réponse à ces pièces fournies en extrême
limite. Cette communication doit ensuite être spontanée, si ce n’est pas le cas, il y a
deux solutions possibles : l’adversaire peut ne pas réagir immédiatement et demander
au moment des débats que le juge écarte ces pièces qui n’ont pas fait l’objet d’une
communication. Il est aussi possible que l’adversaire décide immédiatement de réagir
en provoquant un incident de procédure et en demandant au juge qu'il ordonne la
communication forcée d’une pièce qui a été évoquée mais n’a pas été fournie. Cette
communication est fondamentale puisqu’elle est à la base même de la contradiction,
on considère que cette communication est présumée régulière, cette régularité est
facilement prouvée dans la procédure écrite grâce aux bordereaux de communication
des pièces, dans la procédure orale, on considère que tant qu'il n’y a pas de
contestation, cela veut dire que les pièces ont été régulièrement soumise au débat
jusqu’à preuve du contraire.
Le juge est en dehors de cette contradiction mais il n’est pas en dessous d’elle ;
l’article 16 précise que le juge en toutes circonstances doit faire observer et observer
lui-même le principe du contradictoire. Il découle de ce texte que le juge est garant de
la contradiction à deux titres, d’une part, il doit faire observer la contradiction, il
exerce donc un contrôle sur la bonne exécution par les parties de leurs obligations et ce
contrôle peut s’exercer en toutes circonstances. L’efficacité de ce contrôle va tenir tout
d’abord en ce que le juge peut ordonner une communication ou une restitution et en ce
qu'il peut écarter des pièces non communiquées. D’autre part, le juge doit lui-même
respecter la contradiction et l’article 16 nous explique dans quelles circonstances, dans
son alinéa 2, il est précisé que le juge ne peut retenir dans sa décision les moyens,
explications ou documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été
à même d’en débattre contradictoirement. Autrement dit, il est fait interdiction au juge
de retenir au soutien de sa décision des éléments qui n’ont pas été soumis à la
contradiction, en aucun cas, il ne pourra fonder sa décision dessus. Mais cette
obligation n’est pas absolue puisque la loi n’exige pas que tout est été discuté entre les
parties, il suffi que la discussion ait été possible. En outre, il est tout à fait possible
pour le juge de réintégrer dans le débat des éléments qui n’ont pas été débattus
contradictoirement afin de pouvoir prendre sa décision. Dans son alinéa 3, l’article 16
nous précise aussi que le juge ne peut fonder sa décision sur les moyens de droit qu'il a
relevés d’office sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations.
Le juge a donc l’obligation de se soumettre à la contradiction lorsqu’il relève d’office
des moyens de droit, il peut au cours des débats solliciter l’avis des parties, ou même,
rouvrir les débats afin que les parties lui adressent des notes sur ces moyens. Certaines
initiatives du juge pourtant ne sont pas soumises à la contradiction, le juge n‘est pas
tenu de provoquer la contradiction lorsque les moyens qu'il relève ne le sont pas
d’office, lorsqu’il ne s’agit pas de moyens de droit et surtout lorsque les moyens sont
tirés de la violation des droits de la défense.
Il n’y a pas de définition officielle, on peut cependant considérer que cette expression
vise tous les actes se rattachant à l’instance, qu'ils soient l’œuvre des parties, de leurs
représentants, du juge ou bien encore des auxiliaires de justice. Ce qui implique une
très grande diversité d’actes. Ces actes de procédure peuvent revêtir plusieurs formes,
le plus souvent,ils sont écrits et les conditions de leur rédaction sont même
déterminées par la loi mais dans d’autres circonstances, les actes de procédure peuvent
être simplement oraux mais l’oralité n’implique pas l’absence de forme. Par exemple,
il arrive que pour certains actes, la loi exige un prononcé verbal et puis ensuite une
rédaction ou bien encore, une rédaction et une lecture. L’essentiel du formalisme
réside dans une formalité, celle par laquelle l’acte est communiqué. C'est tout
simplement la question de la notification qui permet aux actes de procédure de
produire leurs effets ou du moins d’être susceptibles d’exécution forcée.
On en distingue deux :
- La notification en la forme ordinaire qui se fait par voie postale ou par remise
de l’acte à son destinataire contre émargement ou récépissé. Elle n’est soumise à
aucune condition de jour et d’heures.
- La signification : c'est tout simplement une notification faite par acte d’huissier.
Ce modifier de notification est considéré comme le procédé le plus noble comme la
voie royale puisque la signification s’impose en l’absence de dispositions contraires. Il
y a une raison à cela qui tient au fait que l’huissier de justice est un professionnel qui
doit s’investir dans sa mission de notification et qu'il doit procéder à toutes les
investigations nécessaires pour que cette signification soit faite à personne. La
signification à personne, c'est le procédé prioritaire. L’idée est tout simplement de
remettre à la personne même de l’intéressé l’acte à l’endroit où il est possible de le
joindre. Il existe des procédés subsidiaires dans le cas où la signification à personne est
impossible. On a par exemple la signification à domicile qui consiste pour l’huissier à
remettre la signification à toute personne présente au domicile de l’intéressé à
condition que cette dernière accepte cette signification (elle n’y est pas obligée) et
qu'elle fournisse à l’huissier son identité. Autre type de signification, c'est la
signification au parquet. En effet, si l’acte est signifié à une personne qui réside dans
un territoire d’outre mer ou à l’étranger, la signification est faite au parquet.
Dans le nouveau code de procédure civile, on distingue deux catégories de nullité, les
nullités de forme et les nullités de fond.
Elles sont prévues dans les articles 113 à 116 du nouveau code de procédure civile, les
causes sont très vastes. On peut citer l’absence de signature de l’huissier sur un ace
signifié ou bien encore l’absence de mention de la date d’audience sur une assignation.
C'est la plus fréquente. Cette nullité ne peut être prononcée que si trois conditions sont
remplies.
La nullité doit être expressément prévue par la loi à moins que la formalité méconnue
soit essentielle ou d’ordre public. Il faut que celui qui invoque la nullité formelle
prouve un grief que lui cause cette irrégularité. Il faut démontrer que le vice de forme a
causé un préjudice. La nullité ne doit pas avoir été régularisée. Il ne faut pas avoir
complété l’acte ou en avoir eu la possibilité.
Cette nullité doit être soulevée par une exception de procédure, ce qui par conséquent
exclut que le juge puisse soulever ce moyen. Cete nullité peut être invoquée au
moment de l’accomplissement de l’acte. Il faut en tous cas intervenir rapidement pour
que cette exception puisse prospérer. Avant de faire valoir ses défenses au fond ou ses
fins de non recevoir. Si on dispose de plusieurs moyens de nullité, il faut les invoquer
simultanément.
Cette nullité a des effets restreints à l’acte de procédure attaqué, l’acte est alors sensé
n’avoir jamais existé. Dans certaines hypothèses, cette nullité pourra même s’étendre à
tous les actes accomplis sur le fondement de l’acte annulé.
Il s’agit ici des nullités les plus graves et les plus énergiques, on envisage l’acte de
procédure en tant que manifestation de volonté et c'est justement cette manifestation de
volonté qui est viciée. On trouve à l’article 117 une énumération des irrégularités
susceptibles d’affecter la validité au fond des actes de procédure. Dans cette liste, on
trouve par exemple, le défaut de capacité pour agir, on trouve également le défaut de
pouvoir d’une personne figurant par exemple comme représentant d’une personne
morale. Cette liste n’est cependant pas limitative, c'est ce que confirme l’article 119
qui envisage l’hypothèse où la nullité pour irrégularité de fond ne résulterait d’aucune
disposition expresse. Autrement dit il y a d’autres hypothèses dans lesquelles
l’irrégularité peut être qualifiée d’irrégularité de fond suffisamment rave pour tomber
sous le couperet de l’article 117.
Le régime est un peu différent que pour la nullité de forme. Tout d’abord, l’article 118
précise que ces nullités peuvent être prononcées sans texte et sans que celui qui les
invoque ait à justifier d’un grief. Ces nullités peuvent être proposées en tout état de
cause à condition néanmoins d’éviter toute manœuvre dilatoire. De même, cette nullité
ne doit pas avoir été couverte puisque dans cette hypothèse, la nullité ne pourra pas
être prononcée par le juge. C'est ce que prévoit l’article 121 qui autorise la
régularisation donc il y a pas de forclusion.
La sanction est plus énergique puisque la nullité est valable.
En outre, dans certaines hypothèses, il peut même y avoir perte du droit même. Par
exemple, l’annulation d’un acte d’appel peut entraîner l’expiration du délai d’appel et
ainsi priver d’appel celui qui est à l’origine de la nullité.
Si on tente de cerner quelles sont les différentes sortes de délais possibles, on distingue
les délais selon la fonction qu'ils assument.
En effet, il existe des délais de réflexion ou d’attente avant l’accomplissement d’un
acte. Ces délais d’attente permettent d’assurer la protection des droits de la défense en
évitant toute précipitation. Par exemple, on offre au défendeur un délai pour constituer
avocat. Ce délai va offrir un laps de temps au défendeur pour organiser sa défense en
toute sérénité puisque pendant ce délai, on interdit au demandeur de poursuivre la
procédure ; à l’inverse, il y a des délais qui au contraire visent à accélérer
l’accomplissement d’un acte, le plus souvent dans l’intérêt d’une bonne administration
de la justice. C'est ainsi par exemple qu'on fixe un délai d’accomplissement d’une voie
de recours.
On peut aussi distinguer les délais selon un autre critère qui tient à leur nature ; c'est
ainsi que l’on a des délais légaux qui s’opposent à des délais judiciaires, c'est à dire
des délais fixés par le juge au cours de l’instance. Par exemple, le juge de la mise en
l’état fixe aux avocats des délais pour déposer leurs conclusions.
L’article 640 pose le principe que le délai court du jour de l’acte ou de sa notification.
Généralement, le jour à partir duquel le délai commence à courir qu'on appelle le dies
a quo, est en principe inclus dans le décompte sauf lorsque le délai est en jours. Dans
cette hypothèse, le délai ne commence à courir que le jour suivant à 0 heure. Une
assignation délivrée le 5 novembre ne fait courir le délai de comparution qu'à partir du
6 novembre.
En ce qui concerne le dies at quem, jour auquel tend le délai : on parle de délais francs
ou non francs ; lorsque le délai est non franc, le dernier jour est inclus dans le délai. A
l’inverse, le délai est franc lorsque le dernier jour ne compte pas. En réalité, la majorité
des délais de procédure ne sont pas francs.
§3 La modification des délais de procédure :
La modification peut être judiciaire : la loi peut autoriser un juge à réduire un délai ou
à le proroger.
Ou la modification peut être légale : les articles 643 et 644 mentionnent que les délais
varient selon les distances, par exemple, les délais de comparution sont augmentés
d’un mois pour les personnes demeurant dans un département d’outre mer et de deux
mois pour celles qui résident à l’étranger.
Lorsque la loi fixe un délai, l’inobservation de cette règle est si grave qu'elle entraîne
la déchéance. C'est-à-dire que le droit lui même est perdu et l’acte qui lui même devait
être accompli dans un certain délai ne peut plus l’être utilement lorsque le délai est
expiré. Cette déchéance constitue une fin de non recevoir que le juge peut relever
d’office lorsqu’elle a un caractère d’ordre public. Il n’y a que l’article 540 qui organise
un relevé de forclusion dans les cas où un jugement a été rendu par défaut ou est
réputé contradictoire.
DEUXIEME PARTIE : LE DEROULEMENT DE L’INSTANCE
On peut préciser dès maintenant qu'il n’existe pas qu'une seul sorte d’instance destinée
à se dérouler invariablement ; l’instance peut varier selon les types de procédure. Il
faut savoir que le code fait déjà une distinction majeure entre la procédure
contentieuse et la procédure gracieuse. Mais au sein même de la procédure
contentieuse, il y a des variantes que l’on connaît déjà : l’hypothèse où les adversaires
sont présents, on aura donc une procédure contradictoire. Mais il peut y avoir un autre
type de procédure,la procédure par défaut, dans laquelle au moins l’un des adversaire
est absent. De même, on distingue la procédure définitive, c'est-à-dire la procédure qui
débouche sur un jugement qui tranche au fond et on la distingue par exemple de la
procédure de référé qui ne conduit qu'à une décision provisoire. Sans oublier
l’ordonnance sur requête qui est une procédure ni contradictoire ni définitive. D’autre
part, il peut y avoir des instances simples, il y en a d’autres qui sont sujettes à des
incidents et par conséquent perturbe le schéma idéal que l’on peut avoir de l’instance.
En ce qui concerne les procédures suivies devant les juridictions de première instance,
le code fait une distinction fondamentale entre la juridiction de droit commun que
constitue le TGI et les juridictions d’exceptions.
CHAPITRE 1 : LES PROCEDURES SUIVIES DEVANT LE TGI,
JURIDICTION DE DROIT COMMUN
En réalité, c'est le plus important car cette procédure est considérée comme le modèle
de la procédure de l’instance civile.
Il existe des procédures spéciales qui peuvent être suivies soit devant le TGI lui-même
soit devant le président du TGI qui a été investi au fil du temps d’une fonction
juridictionnelle propre. Ces procédures spéciales, leur principal intérêt, c'est qu'elles
sont nées de la pratique pour alimenter des besoins ponctuels pour améliorer le
système.
Il faut partir de l’article 750 qui propose plusieurs modes d’introduction de l’instance
parmi lesquels, on doit nettement dégager l’assignation qui constitue le mode normal
de l’introduction de l’instance devant le TGI. C'est un acte d’huissier par lequel le
demandeur cite son adversaire à comparaître devant le juge compétent. Ici, le terme de
comparaître a un sens technique, il s’agit pour le défendeur de constituer avocat. Cette
assignation doit comporter un certain nombre de mentions énoncées aux articles 56 et
752 à peine de nullité pour vice de forme. Cette assignation va établir un lien entre le
demandeur et le défendeur.
B. La comparution du défendeur :
Lorsque le juge de la mise en l’état l’a décidé, il ordonne de clore l’instruction. Cette
mesure cristallise le litige, par conséquent, à compter de son prononcé il est interdit de
produire de nouvelles conclusions ou de nouvelles pièces.
Cette règle sévère est tempérée dans certains cas : on peut dans certains cas rouvrir
l’instruction ou révoquer l’ordonnance. L’article 784 permet aussi de révoquer
l’ordonnance en cas de cause grave survenue depuis la clôture. De même, pour essayer
de ne pas prendre les avocats par surprise, il est possible de retarder le prononcé de
cette ordonnance de clôture, c'est toute la question du report de l’ordonnance de
clôture. Concrètement, lorsque le juge de la mise en l’état estime l’affaire prête envoie
un bulletin aux avocats pour les prévenir de la date de clôture de l’instruction. Si au
cours de cette période, une des parties fait un nouvel acte de procédure, il faut que le
juge laisse répondre l’autre partie en repoussant au besoin l’audience.
§3 Les débats :
Cette phase de débats précède le jugement. Elle est gouvernée par deux notions
essentielles : le respect du principe du contradictoire et les plaidoiries. Ceci étant, la
réalité est bien différente. Faute de temps, les plaidoiries commencent à s’étioler. Et
dans le pire des cas, on va même se contenter de remettre un dossier de plaidoirie. Ce
dépérissement des plaidoiries est favorisé par le nouveau code de procédure civile qui
permet d’effectuer des plaidoiries devant le juge de la mise en l’état qui rendra compte
devant son collègue qui doit statuer.
Elle a lieu au cours d’une audience dont on aura préalablement fixé la date et l’heure
conformément à l’article 432. Cette ouverture des débats va produire des effets
importants. Tout d’abord, elle va dessaisir le juge de la mise en l’état. C'est à ce stade
que l’on va apprécier la composition du tribunal. C'est ce que prévoit l’article 430 qui
dispose qu'en cas de contestation sur la question, il faut intervenir dès l’ouverture des
débats.
B. Le déroulement des débats :
- Les débats ont lieu en langue française qui est la langue de la république :
cependant, si le juge maîtrise la langue de l’une des parties, il peut parfaitement se
passer d’un interprète. Ces débats sont oraux et publics.
- Ils sont dirigés par le président qui seul a le pouvoir de donner la parole aux uns
et aux autres.
- C'est également le président qui détient le pouvoir de « police », c'est tout
simplement le fait qu'il puisse imposer une attitude de dignité et de respect des juges
aussi bien aux parties qu'aux public. A ce sujet, on voit certaines audiences perturbées
par les parties et par le public et l’autorité de la justice s’en ressent considérablement
même s’il est vrai que cela concerne prioritairement les juridictions pénales.
- Dès lors qu'il y a un incident, celui-ci va être répertorié sur le registre
d’audience. En théorie, ces débats devraient s’achever lors de la première audience
mais l’article 432 prévoit qu'ils peuvent être poursuivis au cours d’audiences
ultérieures dont on planifie les dates.
Le président arrête les débats, sa décision vaut clôture. Néanmoins, l’article 444
autorise à rouvrir les débats à titre facultatif si un élément nouveau et décisif est porté
à sa connaissance et à titre obligatoire lorsque les parties n’ont pas été à même de
s’expliquer contradictoirement ou en cas de changement survenu dans l composition
de la juridiction au cours de ces débats.
Une ois les débats clos, c'est le délibéré de l’affaire durant lequel les parties ne peuvent
plus déposer aucune note sauf exception invoqué à l’article 445 ; c'est le cas lorsque le
ministère public a pris la parole en dernier et que les avocats veulent lui répondre. Le
tribunal peut lui même solliciter une note explicative sur certains points de la part des
parties. Ce délibéré est secret et s’achève par le prononcé du jugement. Ce délibéré
peut prendre plus ou moins deux temps. Il peut avoir lieu sur le siège,case les juges se
concertent à voix basse sans quitter la salle ou alors se retirent quelques instants en
chambre du conseil mais dans les deux cas, le jugement est rendu le jour même,on
parle alors de jugement sur le champ. On peut aussi renvoyer à plus tard et c'est au
président de décider de la date à laquelle le prononcé est renvoyé.
Le code distingue les procédures spéciales devant le tribunal lui même ou devant le
président du tribunal.
On distingue deux catégories : les procédures subordonnées à l’accord des parties ou
les procédures accélérées.
L’idée est de suivre un autre chemin que la procédure classique par une option
expresse ou implicite. L’option expresse, c'est la procédure sur requête conjointe.
Elle témoigne d’une volonté de coopération des parties puisqu’elle offre à ces parties
la possibilité d’introduire l’instance ensemble. Cete requête v être le résultat d’un
accord des parties sur les limites de leur désaccord. Les parties s’entendent en réalité
sur ce qui les oppose. Par exemple, en matière d’assurance, il est courant que l’on soit
d’accord sur l’obtention d’une indemnité mais que l’on ne s’entende pas sur le
montant.
Cette requête s’effectue facilement mais dans la mesure où elle constitue un acte
introductif d’instance, elle doit contenir u certain nombre de mentions énoncées à
‘article 57. Le plus important étant de retenir que cette requête vaut conclusion. On
doit y trouver les éléments de fait, de droit et de preuve. Elle doit mentionner la
constitution d’avocats et être signés par ceux-ci. Il n’y a pas d’obligation de délai,
aucune obligation d’enrôlement dans les 4 mois. La saisine du tribunal s’opère par la
simple remise de la requête au greffe. L’affaire en suite suivra la procédure ordinaire.
1° Le Circuit Court :
Le président va regarder l’affaire. Si il constate quelle est en état d’être jugé au seul
échange des conclusions il peut renvoyer à l’affaire de l’audience des plaidoiries sans
autre forme d’instruction.
Cette possibilité existe parce que l’assignation vaut conclusion et parce qu’un délai
plus ou moins long peut s’écouler entre l’assignation est le jour où l’affaire est
appelée. Ce qui implique que des deux cotés les avocats et leurs clients ont eut le
temps de préparer leur dossier.
Suppose que l’affaire soit simple
2° Procédure d’urgence à jour fixe :
Le jour de l’audience l’affaire peut être plaidée sur le champ si le défendeur a déjà un
avocat et cela même si il n’a pas déposé de conclusion.
Si il n’a pas constitué d’avocat il encourt le risque d’être condamné au vue du dossier
fournit par le demandeur.
Il peut être le prélude d’une instance au fond devant le tribunal, il peut mettre
intervenir au court d’une instance au fond. Comme il peut aussi intervenir en dehors de
tous litiges.
Mais pour qu’il soit possible il faut qu’il existe un cas d’ouverture à référé.
1° Cas d’ouverture à référé :
Cas général :
Article 808 : Permet au Tribunal de Grande Instance d’intervenir dans tous les cas
d’urgence.
Question de fait qui est appréciée souverainement par le président du tribunal et qui est
malléable. Mais l’article 808 prévoit que le président ne peut intervenir que si la
mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
En réalité ce que l’on veut éviter c’est que le juge puisse trancher une question qui
relève du domaine du fond. Il ne doit pas avoir besoin d’interpréter ou de qualifier un
acte pour autoriser la mesure. Ce faisant, il empièterait forcément sur le fonds.
Les mesures qu’il peut autoriser sont celles permettant d’éviter des effets irréparables
pour la partie qui sollicite ces mesures d’urgence.
Mais si le juge constate l’urgence, mais qu’il constate aussi l’existence d’une
contestation sérieuse, il pourra alors accorder la mesure sollicitée s’il peut constater
l’existence d’un différent.
Cette existence va permettre d’éliminer l’obstacle de l’existence d’une contestation
sérieuse.
Cas Spéciaux :
Article 808 qui autorise toutes mesures alors que l’article 809 n’autorise que les
mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent.
L’article 145, lui, n’évoque que des mesures d’instruction. Mais l’amplitude est large :
nomination d’un expert, d’un administrateur provisoire, conciliation…
Le point commun de ces mesures c’est qu’elles ne doivent pas être de nature à
empiéter sur le fond. On ne pourrait pas par exemple prendre une mesure de
destruction, car ce serait irréversible et que donc on empiète sur le fond.
Article 485 : Introduit par assignation, ou référé sur Placet qui consiste dans la remise
au greffe d’une copie de cette assignation pour que l’affaire soit placée à l’audience
des référés qui se tient à jour fixe dans chaque juridiction.
Décision provisoire donc elle n’a pas au principal d’Autorité de Chose Jugée et que le
juge des référés peut la faire modifier en cas de circonstances nouvelles.
Il n’en demeure pas moins qu’elle est exécutoire de plein droit à titre provisoire. Le
juge peut prononcer une astreinte pour faciliter l’exécution. Il peut même ordonner une
exécution sur Minute, c'est-à-dire au seul vu de l’original de la décision sans avoir
besoin de signification.
Article 493 : C’est une décision provisoire rendue non contradictoirement dans les cas
où le requérant est fondé à ne pas appeler la partie adverse.
Cette procédure appartient à tous les chefs de juridiction.
Néanmoins, le président du Tribunal de Grande Instance est le seul à pouvoir statuer
sur requête en toutes matières et même au-delà de sa compétence d’attribution.
1° Domaine de la procédure :
Article 812 qui distingue un cas général de compétence. L’alinéa 2 précise que le
président du Tribunal de Grande Instance est compétent si l’urgence le justifie.
Il peut ainsi prendre une ordonnance sur requête lorsqu’il craint que la partie adverse
face disparaître les preuves.
Il faut savoir que la rectification d’état civil se fait selon la procédure sur requête.
Donc certaines choses ne se font que par la procédure de requête.
Exigence commune : Nécessité de ne pas appeler l’adversaire, soit parce qu’on ne veut
pas qu’il soit présent ou parce qu’on ne peut pas l’identifier
Mais recours spécifique offert à l’adversaire qui permet de rétracter la décision : C’est
le contredit.
2° La procédure :
Articles 25 et suivants mais aussi des règles particulières déterminées par la matière de
chaque juridiction.
§1 Le domaine de la procédure :
§2 Le déroulement de la procédure :
Demande introduite par une requête qui est nécessairement présentée par un avocat ou
un officier public.
Cette requête est transmise au président du tribunal qui désigne un juge rapporteur
dont les pouvoirs sont extrêmement importants.
D’office il va vérifier sa compétence, la validité de la saisine et procéder à l’examen au
fonds de l’affaire.
A cette occasion il se présente comme le contradicteur légitime du requérant.
Le jugement :
Son prononcé a lieu hors de la présence du public en raison de la spécificité des
matières concernées.
Ce n’est qu’à titre exceptionnel que la loi impose un prononcé en audience publique.
C’est le cas par exemple en matière de jugement prononçant une adoption.
CHAPITRE II : LES PROCEDURES DEVANT LES JURIDICTIONS
D’EXCEPTION
Il est plus difficile de définir la spécialité du tribunal d’instance qui a suscité des
réflexions doctrinales. C'est une juridiction chargée de régler les litiges de la vie
quotidienne. Elle est aujourd’hui concurrencée sur ce terrain par la juridiction de
proximité compétente sur des plus petits litiges encore dont la valeur ne dépasse pas
1500€.
Le fonds du droit est le même que devant le tribunal de grande instance, la différence
ne tenant qu'au taux de compétence. La première originalité que présente la procédure
suivie devant le tribunal d'instance, c'est que c'est une procédure simplifiée dominée
par l’oralité. C'est l’oral qui domine, de ce fait le ministère d’avocat n’est pas
obligatoire. Les parties peuvent se défendre elles-mêmes devant le juge et cette oralité
et l’absence de ministère d’avocat fait que cette procédure est simple et moins
onéreuse. La seconde originalité est qu'on distingue la procédure ordinaire dérivant de
la procédure suivie devant le tribunal de grande instance avec quelques aménagements
et on distingue des procédures spéciales qui pour certaines d’entre elles marquent le
particularisme de ce tribunal d'instance.
§1 La procédure ordinaire :
Elle est marquée par l’esprit de conciliation puisqu’on a aménagé une phase de
conciliation avant la phase contentieuse. Tout d’abord la phase de conciliation, ensuite
la phase contentieuse.
A. La phase de conciliation :
Elle s’explique parce qu’elle est l’héritière des juges de paix. Pour faciliter cette
conciliation, le législateur a choisi de la rendre facultative et l’a envisagée sous deux
angles. Cette conciliation peut être tentée préalablement à l’instance contentieuse, elle
peut aussi intervenir au cours de l’instance contentieuse et être donc intégrée.
Pour qu'il y ait une tentative préalable de conciliation, il faut que le demandeur ait saisi
le tribunal d'instance d’une demande de conciliation, c'est donc une demande
spontanée de sa part. le juge peut alors hésiter entre deux choix. Le premier consiste à
désigner avec l’accord des parties un conciliateur. Les parties sont donc informées que
la conciliation sera menée par un conciliateur et elles doivent donner leur accord sur
cette conciliation. En réalité, les parties ont tout d’abord la possibilité de répondre
qu'elles sont d’accord sur le principe d’une conciliation, le défendeur accepte l’idée
d’une conciliation, il faut aussi qu'elles acceptent que cette conciliation soit menée
sous l’égide d’un conciliateur. Si le défendeur rejette toute idée de conciliation,
l’affaire pourra être immédiatement jugée si les parties y consentent.
Si le défendeur ou même le demandeur ne sont pas d’accord sur le fait que cette
conciliation ait été confiée à un conciliateur, le juge devra procéder lui-même à cette
conciliation.
A la fin de sa mission, soit on a un constat d’accord signé par les parties qui sera
transmis aux juges pour être homologué, soit la conciliation est un échec, les parties
sont avisées de cet échec et de la possibilité qui leur est offerte si elles y consentent à
ce que l’affaire soit immédiatement jugée. Cette conciliation peut aussi être menée par
le juge lui-même à une date et une heure fixée par le greffier, les parties sont
convoquées à une audience de conciliation. Bien entendu, les parties doivent être
présentes et elles peuvent être assistées.
En cas de succès, on dresse un procès-verbal de conciliation, en cas d’échec, l’affaire
peut être immédiatement jugée si les parties y consentent.
Il est possible aussi que cette conciliation soit dès le départ intégrée à l’instance
contentieuse.
L’assignation à toutes fins dont l’objet est à la fois d’obtenir du juge une conciliation
si cela est possible ou à défaut, d’obtenir un jugement.
La requête conjointe dont la finalité est d’introduire ensemble l’instance en exposant
leurs prétentions au juge.
La présentation volontaire des parties, les parties se présentent ensemble à l’instance
pour qu'il soit statué sur leurs différends.
La déclaration au greffe : c'est le procédé le plus récent et le plu utilisé, elle permet au
demandeur de s’adresser directement au greffe qui enregistre sa déclaration qui doit
préciser l’objet de sa demande et l’identification des parties. Ces parties seront
convoquées par lettre recommandée avec accusé de réception à une audience où le
juge commencera par les concilier et à défaut, tranchera le différend.
B. La phase contentieuse :
§3 La juridiction de proximité :
C'est donc une nouvelle juridiction créée par la loi du 9 septembre 2002, c'est une loi
organique du 26 février 2003 qui a défini le statut de ces juges non professionnels. En
application de ces textes, le décret du 23 juin 2003 est venu déterminer les règles
d’organisation et de fonctionnement de cette nouvelle juridiction. Cette juridiction est
nouvelle mais elle est indéniablement dépendante du tribunal d'instance sur plusieurs
plans. Tout d’abord, en ce qui concerne son organisation, il faut savoir que cette
juridiction partage le greffe du tribunal d'instance et c'est au magistrat chargé de la
direction et de l’administration du tribunal d'instance à installer les juges de proximité.
C'est en effet à lui par exemple de fixer les audiences, c'est lui également qui sera le
destinataire du rapport d’activités que devra dresser le juge de proximité. Sur la
compétence, il y a aussi une imbrication notable, la compétence territoriale est
déterminée selon les règles applicables au tribunal d'instance. En ce qui concerne la
compétence d’attribution, sur le plan civil, l’article L331-2 du code de l’organisation
judiciaire confère compétence aux juges de proximités pour les actions personnelles et
mobilières jusqu’à 1500€ introduites par une personne physique pour els besoins de sa
vie non professionnelle. Le décret est venu réaménager cette compétence pour éviter
des chevauchements. Les pouvoirs de la juridiction de proximité sont identiques à
deux différences près. La juridiction de proximité ne peut pas connaître des demandes
incidentes, des exceptions et moyens de défense impliquant une interprétation du
contrat,en outre,elle ne peut statuer si l’exception ou le moyen défense implique
l’examen d’un question de nature immobilière pétitoire. La juridiction de proximité
peut aussi connaître des procédures d’injonction de payer ou de faire dans la limite de
sa compétence fixée à 1500€. Enfin, sur le plan de la procédure, il y a une véritable
identité entre ces deux juridictions, le pouvoir réglementaire a d’ailleurs choisi de
fusionner dans un nouveau titre II du livre II du code les règles applicables au tribunal
d'instance et aux juridictions de proximité. Les deux seules exception à ce sujet étant
les procédures de référé et de requête et pour souligner l’étroite dépendance des
juridictions de proximité à l’égard du tribunal d'instance, l’article L.311-4 du code de
l’organisation judiciaire a prévu un mécanisme de renvoi de l’affaire devant le tribunal
d'instance par le juge de proximité lorsqu’il se heurte à une difficulté juridique
sérieuse.
Les incidents, ce sont tout simplement des facteurs de complication de l’instance qu'il
faut résoudre dans le cadre de l’instance. Il existe plusieurs sortes d’incidents : des
incidents de compétences, des incidents relatifs au personnel judiciaire. Il existe aussi
des incidents relatifs à la preuve qu'il faut absolument résoudre puisqu’il appartient
aux parties de prouver les faits au succès de leurs prétentions. Le juge néanmoins
dispose de pouvoirs en la matière.
Enfin, il y a des incidents relatifs au cours de l’instance elle-même, il arrive en effet
que des incidents provoquent des retournements de situation et modifient le cours
normal d’une instance.
CHAPITRE I : LES INCIDENTS RELATIFS A LA PREUVE
Les principes directeurs consacrés à la preuve sont énoncés aux articles 9 et 10, ils
découlent de ces principes qu'il existe en fait deux moyens de preuve : les preuves
préconstituées, ce sont celles qui sont fournies par les plaideurs au soutien de leurs
prétentions, c'est ainsi que le titre 7 du nouveau code de procédure civile sur la
question de la preuve commence par traiter de la question des pièces. Mais il y a une
deuxième catégorie de preuves, ce sont celles qui se cherchent au cours de l’instance,
qui doivent être ordonnées par le juge et mise en œuvre sous son contrôle. Il s’agit des
mesures d’instruction qui sont réglementées aux articles 143 à 284-1 du code.
A. La communication volontaire :
Celui qui fait état d’une pièce doit la communiquer à l’autre partie à l’instance sinon
elle ne pourra pas être produite aux débats, c'est-à-dire invoquée devant le juge
(article 132 du nouveau code de procédure civile). L’article 132 cause aussi certains
critères de qualité de cette obligation en évoquant le fait que cette communication soit
globale et soit effectuée en temps voulu. Quant à la preuve de la communication, elle
résultera du bordereau que chaque avocat établit en énumérant les pièces, l’original
étant laissé à la partie adverse et une copie tant donnée au tribunal. Malgré tout, la
jurisprudence a du poser des présomptions de communication pour ne pas écarter du
débat des pièces qui ont été régulièrement communiquées mais dont aucune preuve
directe de cette communication ne peut être faite.
Lorsque les pièces dont la communication est contestée ont été visées dans les
conclusions de l’une des parties, que ces conclusions ont été signifiées et qu'aucune
contestation n’a été élevée à propos de leur production, il est présumé que ces
documents ont été régulièrement versées aux débats contradictoires.
Dans l’hypothèse où ces pièces ne sont pas visées par les conclusions mais que les
juges se sont appuyés sur ces documents dont la production au débat n’a donné lieu à
aucune contestation devant eux, ces pièces bénéficient d’une présomption de régularité
en ce qui concerne leur communication et leur production.
B. La production forcée :
Si la communication n’est pas volontaire, la partie qui en est victime peut demander au
juge d’enjoindre à son adversaire d’effectuer la communication. Cette demande
d’injonction de communiquer doit être précise, c'est-à-dire qu'il faut désigner la pièce
réclamée et cette demande doit être pertinente. C'est-à-dire que la pièce réclamée doit
être en relation suffisante avec les faits de l’espèce. Elle doit en tous cas permettre ou
favoriser la solution du litige. Le juge appréciera bien entendu cette demande et il
s’assurera aussi de l’absence d’obstacle à la communication de la pièce.
Effectivement, la partie qui ne communique pas la pièce peut se prévaloir d’un intérêt
invoqué par exemple que le document contient des éléments protégés par le secret
professionnel ou contient des éléments qui relèvent de a vie privée. C'est au juge à
apprécier ici la nature de l’obstacle. Sinon, le juge fixe librement les modalités de la
communication au besoin sous astreinte. L’idéal étant que la partie s’exécute devant
l’injonction en cas de défaut de communication, les pièces devront être écartées du
débat par le juge. Et si jamais le juge venait à les utiliser, le jugement pourrait être
frappé de nullité pour violation des droits de la défense.
Il n’est pas rare en effet que des pièces soient détenues par un tiers personne physique
ou morale de droit privé ou public. Les articles 138 à 141 reconnaissent au juge un
pouvoir d’injonction vis-à-vis des tiers. Il suffit qu'une des parties présente une
demande au juge indiquant la pièce qu'il cherche à obtenir et son lien de rattachement
avec la cause et il faut convaincre le juge qu'il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir cette
pièce qui est indispensable à la manifestation de la vérité. Après avoir reçu cette
demande, le juge vérifiera l’absence d’empêchement légitime conformément à l’article
11. En effet, l’existence d’un empêchement légitime donne droit aux tiers de contester
la validité de cette injonction. Si au final, le juge estime la demande ondée, il
ordonnera la délivrance de la pièce et son ordonnance est exécutoire à titre provisoire.
Le tiers a quand même la possibilité d’intenter un recours contre cette ordonnance,
recours en rétractation devant le juge qui l’a ordonné et il peut encore faire appel de la
décision qui sera rendue sur la demande en rétractation.
La vérification d’écriture permet à un plaideur qui suspecte l’origine d’un acte que son
adversaire produit en justice de aire établir la sincérité de l’origine de l’acte ou
l’authenticité de la signature. Cette demande en vérification d’écriture peut être
présentée à l’occasion d’un procès, elle est alors dite incident, elle peut être présentée
directement sans attendre le procès, elle est dite principale. Dans les deux cas, ce sont
les mêmes règles qui s’appliquent, celles qui découlent de l’article 298 du nouveau
code de procédure civile. Sinon il doit personnellement procéder à la vérification et si
les éléments en sa possession ne suffisent pas, il peut ordonner des mesures
d’instruction, plus particulièrement une expertise graphologique éventuellement.
Si il s’avère que cette pièce a bien été écrite par celle qui l’a signée, il peut y avoir
amende civile et dommages et intérêts.
B. La demande en faux :
Le faux peut être matériel, l’acte a été altéré ou fabriqué de toute pièces. On peut aussi
avoir un faux intellectuel, c'est-à-dire que les énonciations de l’acte sont fausses. Là
encore, la demande en faux peut être faite incidemment ou à titre principale. Elle peut
concerner un acte sous seing privé comme un acte authentique. Lorsque le faux est un
acte sous seing privé, on applique les règles de compétence de la vérification
d’écriture. C'est-à-dire qu'à titre principal, c'est le tribunal de grande instance qui est
compétent. Qu'il soit à titre principal ou incident, la fausseté de l’écrit pourra être
établie par tous moyens et la procédure suivie est similaire à celle de la vérification
d’écriture. Lorsque le faux est un acte authentique, les articles 303 à 316 ont organisé
une procédure particulière en raison de la gravité de la situation. Tout d’abord, seules
les juridictions de droit commun sont compétentes, c'est-à-dire tribunal de grande
instance ou Cour d'appel. En outre, cette procédure donne lieu à communication au
ministère public. Lorsque ce faux est demandé à titre principal, l’assignation doit être
précédée d’une inscription de faux, c'est-à-dire de la remise au greffe du tribunal de
grande instance d’un acte dans lequel le demandeur expose ses moyens pour établir le
faux. Si le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de l’acte inscrit en faux, le juge
en prend acte et les choses peuvent s’arrêter là. Si le défendeur ne comparaît pas ou
déclare vouloir se servir de l’acte, la procédure est engagée et la preuve se fait par tous
moyens. La preuve se fait également par tous moyens quand la procédure est engagée
de manière incidente.
Le jugement qui déclare le faux sera mentionné en marge de l’acte reconnu faux avec
toutes les sanctions éventuelles qui en découleraient. Si le faux n’est pas retenu, le
demandeur succombera et sera condamné à une amende civile.
1) Les conditions
Article 10 et 154 du nouveau code de procédure civile. Les conditions doivent être
ordonnées par le juge soit que les parties en ait fait la demande, soit que le juge l’ait
décidé d’office.
Caractère subsidiaire de ces mesures, soulignés par l’article 146 en précisant que ces
mesures ne peuvent être ordonnées en vue de suppléer la carence des parties dans
l’administration de la preuve.
Ces mesures d’instructions peuvent être ordonnées en tout état de cause au court de
l’instance, c'est-à-dire à tous moments entre l’instant où l’affaire s’engage jusqu’au
jour de la mise en délibérée.
Cette condition ne concerne pas les mesures d’instruction, in futurum pouvant être
ordonnée avant tout procès dès lors qu’il existe un motif légitime de conserver ou
d’établir la preuve de fait dont pourrait dépendre la solution du litige.
2) Décision du juge
Mais l’article 147 lui commande de limiter le choix de la mesure a ce qui est suffisant
pour la solution du litige, et lui commande aussi de ne retenir que la mesure la plus
simple et la moins onéreuse.
Cette décision ne dessaisie pas le juge. Il peut donc revenir et à tous moments
restreindre ou accroître l’étendu des mesures d’instructions. Il peut même statuer au
fonds avant leur exécution si il s’estime au final suffisamment informé.
Elles sont mises à exécution à l’initiative du juge ou de l’une des parties et peuvent
être exécutées sur le champ.
Lorsque plusieurs mesures ont été ordonnées, leur exécution peut être simultanée.
Lorsqu’elles doivent être exécutées devant une juridiction, elles le seront en audience
publique ou en chambre du conseil selon les règles applicables au débat sur le fond.
Le juge joue un rôle prépondérant dans leur exécution. Si le juge ne procède pas lui
même à la mesure d’instruction, elle est dans tous les cas exécutée sous son contrôle.
Aucune mesure ne peut être exécutée indépendamment du juge.
Contrôle par le juge qui a ordonné cette mesure…Mais si mesure ordonnée par une
juridiction collégiale, contrôle par le juge chargé de l’instruction, à défaut par un juge
de la formation auquel le contrôle est attribué, et sinon au président de cette formation
collégiale.
Les tiers doivent apporter leur concours afin de respecter le principe du contradictoire.
Et le défaut de convocation est durement sanctionné puisqu’il entraîne la nullité de la
mesure d’instruction.
Le code énumère les différentes mesures en distinguant selon les personnes qui
fournissent l’information.
A- Les vérifications personnelles du juge
Le juge, afin de vérifier les faits litigieux, peut en prendre en toutes matières une
connaissance personnelle.
En gros et en français cela veut dire que le juge peut procéder aux constations, aux
évaluations, aux reconstitutions qu’il estime nécessaire en se transportant au besoin sur
les lieux.
Cette dernière caractéristique explique que cette vérification personnelle était
assimilée à une descente sur les lieux.
Ces vérifications sont effectuées en présence des parties ou du moins après les avoir
appelées.
Article 184 : Le juge peut faire comparaître personnellement les parties ou l’une d’elle.
Cette comparution a changé d’esprit avec le temps. A l’origine elle visait surtout à
obtenir l’aveu des parties, aujourd’hui elle sert surtout à établir un contact direct avec
elles, de manière à ce que le juge puisse se faire une opinion en leur posant des
questions.
Les parties doivent venir en personne.
Elles doivent répondre personnellement aux questions posées sans pouvoir lire un
texte préparé d’avance.
L’interrogatoire se fait en présence de toutes les parties et la comparution ne vise
qu’une seule d’entre elle à moins qu’il n’existe des motifs justifiant des comparutions
séparées.
Lorsque a preuve testimoniale est admissible le juge peut recevoir des tiers des
déclarations de nature à l’éclairer sur les faits litigieux dont ces tiers ont une
connaissance personnelle.
On distingue deux formes de déclarations :
- Celles écrites : Attestations rédigées à la main du témoin, signées et datées par
lui dans laquelle il va relater les frais auxquels il a personnellement assisté. Cette
attestation doit aussi mentionner qu’il est au courrant qu’elle est établie en vue de sa
comparution en justice et qu’il est au courant des sanctions en cas de fausse attestation.
- Celles orales : Ce qui implique qu’il y a eut enquête. Sur le champ (et dans la
ville ensuite…merci Anne-Claire…), c’est le cas lorsque l’enquête est faite sur le vif ;
Enquête ordinaire qui organise l’audition de témoin sur des faits qui ont été
préalablement déterminés.
1) Dispositions communes
Article 232 à 248 : Le juge peut choisir le technicien sur une liste d’experts ou se
départir de cette liste, sauf dans les cas où la profession est strictement réglementée.
Personne morale ou personne physique….
Faut un agrément du juge si pas assermenté.
Le technicien peut solliciter le juge. Lorsque par exemple il est confronté à un refus de
communication.
Rémunération fixée par le juge puisque l’article 248 interdit au technicien de recevoir
d’une partie une quelconque rémunération.
A la fin, il donne un avis sur les points qui lui ont été soumis. Il ne doit faire état que
des informations légitimement recueillies et qui sont seules de nature à éclairer la
question litigieuse.
De toutes les manières cet avis ne lie pas le juge qui peut très bien ne pas le suivre, nez
en moins il est très rare qu’un juge ne suive pas l’avis d’un technicien.
Le code de procédure civil a adapté les mesures d’intervention du technicien pour les
adapter aux besoins.
2) Les modalités d’intervention
La constatation :
La consultation :
Question purement technique mais qui nécessite plus qu’un constat, une interprétation
des faits.
En réalité la constatation et la consultation obéissent aux mêmes règles puisqu’on a
fait que remplacer le mot.
L’Expertise :
Depuis le décret de 98, les parties peuvent même être sanctionnées en cas de défaut de
communication de pièces aux experts.
Il doit rendre des comptes et tenir le juge informé de ses opérations et des diligences
qu’il accomplis.
L’expert doit respecter le principe du contradictoire et doit appeler les parties lorsqu’il
réalise une expertise.
Elles doivent dans le meilleur des cas être présentes.
L’avis ne lie pas le juge (et parfois le juge ne lit pas l’avis…facile…).
Mais il doit quand même le suivre…c’est du moins préférable.
CHAPITRE II : LES INCIDENTS RELATIFS AU COURS DE L’INSTANCE :
§1 Les conditions :
Elles sont énoncées dans deux articles, tout d’abord l’article 369 qui dénombre trois
cases d’interruption de plein droit qui sont cumulatifs :
- La survenance de la majorité d’une des parties
- La cessation des fonctions d’avocat de l’une des parties alors que la
représentation est obligatoire.
- La survenance d’un jugement de redressement ou de liquidation judiciaire qui
emporte assistance ou dessaisissement du débiteur.
L’article 370 prévoit trois autres causes d’interruption subordonnées à la notification à
l’autre partie:
- La cessation des fonctions de celui qui représente légalement un incapable
- Le recouvrement ou la perte par l’une des parties de sa capacité d’agir en justice
- Le décès de l’une des parties.
§2 Les effets :
Tous les actes à l’encontre du bénéficiaire de cette interruption sont réputés non
avenus. Mais la partie bénéficiaire de l’interruption peut s’il y va de son intérêt
confirmer ces actes.
Pour que l’audience reprenne, il faut qu'un acte de reprise soit accomplie, toute partie
peut en prendre l’initiative, elle peut émaner de la partie bénéficiaire de l’interruption
par conclusions devant le tribunal de grande instance ou par simple réclamation orale
devant les juridictions d’exception. Elle peut émaner de la partie adverse par citation.
Dans la mesure où l’audience n’est qu'interrompue, le juge n’est pas dessaisi et peut
inviter les parties à reprendre l’audience.
Section 2 : la suspension de l’instance :
§1 Le sursis à statuer :
Le sursis à statuer est défini à l’article 378 comme la période de l’instance pendant
laquelle l’audience est suspendue par suite d’une décision de la juridiction pour le
temps ou jusqu’à la survenance d’un événement qu'elle détermine. L’exemple le plus
simple est le souci nécessité par le règlement d’une question préjudicielle. Lorsque la
solution d’un litige suppose le règlement d’une question qui relève de la compétence
exclusive d’une autre juridiction, le juge doit suspendre l’instance jusqu’à ce que le
juge compétent ait statué sur cette question. Il est des cas où le sursis à statuer est
imposé de manière impérative, tantôt il revient aux juges du fons d’ordonner ou non le
sursis en prenant comme critère l’intérêt d’une bonne justice. Le sursis à statuer va
suspendre l’audience provisoirement ce qui implique que le juge n’est pas dessaisi
pendant cette période. A l’expiration du sursis l’instance va donc naturellement se
poursuivre à la diligence du juge ou à celle des parties.
Ils doivent être abordés ensemble car dans les deux cas, il s’agit de mesures
d’administration judiciaire qui mettent l’instance sur une voie de garage puisque dans
l’immédiat, l’affaire est retirée du rang des affaires en progression mais elle reste
inscrite au rang des affaires sur lesquelles la juridiction doit statuer. Malgré tout, leur
esprit est totalement différent, la radiation a pour but de permettre au magistrat saisi de
sanctionner toutes leurs parties de leur défaut de diligence. L’article 381 subordonne la
radiation à deux conditions, l’inaction doit prévenir de toutes les parties. Ensuite, il
faut qu'il y ait un non accomplissement des actes de la procédure dans les formes et les
délais requis. Cette décision ne peut être prise qu'à l’initiative du juge, l’instance est
mise sur une voie de garage mais n’a pas disparu, ce qui implique que tous les actes
antérieurs produisent leurs effets et que tous les actes produits pendant la période de
radiation produisent aussi leurs effets. D’ailleurs, pour que l’instance reprenne son
cours, il suffit qu'une seule des parties accomplisse un acte de procédure et qu'elle en
justifie.
En ce qui concerne le retrait du rôle, l’esprit est ici radicalement différent puisqu’il
s’agit pour les parties d’un commun accord de demander une radiation conventionnelle
afin éventuellement de se concilier. Cette radiation conventionnelle a été reconnue par
l’assemblée plénière dans un arrêt du 24 novembre 1989 et le décret du 28 décembre
1998 a entériné cette pratique. Tout simplement parce que cela permet d’évacuer du
rôle une affaire encours alors que celle-ci peut peut-être se résoudre à l’amiable. Cela
facilité la conciliation et cela désencombre le tribunal qui en attendant peut statuer sur
d’autres affaires. ce retrait du rôle ne eut être ordonné que si toutes les parties en font
la demande écrite et motivée. Il appartient au juge de contrôler le sérieux de cette
demande de retrait du rôle qu'il peut accorder ou refuser, dernière option rare car cela
lui permet d’alléger son emploi du temps.
Cette extinction de l’instance est en principe la conséquence d’un jugement sur le fond
réglant le litige mais il peut aussi y avoir une extinction de l’instance accessoirement à
l’action par l’acquiescement , il peut aussi y avoir une extinction de l’instance à titre
principal par l’effet de la péremption, du désistement d’instance, ou de la caducité de
la citation.
§1 La péremption :
§2 Le désistement d’instance :
§3 La caducité de la citation :
C'est l’état d’un acte introductif d’instance qui a été créé valablement mais qui se
trouve privé d’effet en raison de la survenance d’un fait postérieurement à sa création.
Cette caducité qui est prévue à l’article 406 ne peut être prononcée que dans les cas et
conditions déterminées par la loi. Autrement dommages et intérêts, pas de caducité
sans texte. En principe, les cas de caducité sont dus à une carence des parties et visent
à démasquer des citations qui seraient faites à titre purement conservatoires. Comme
cas de caducité, on peut citer le défaut de placement de l’affaire dans le délai de 4 mois
au greffe du tribunal de grande instance, ou encore le défaut de comparution du
demandeur. Cette caducité fait l’objet d’un incident qui va être réglé par la juridiction
saisie du fond qui est aussi juge de la régularité de la saisine. Lorsque ce cas de
caducité est constatée, l’instance est éteinte et tous les actes postérieurs à cette caducité
deviennent sans effet. Néanmoins, cette caducité peut être rapportée par le juge qui l’a
prononcée en cas d’erreur de fond.
§4 L’acquiescement :
C'est le fait de la part d’un plaideur de se soumettre aux prétentions de l’autre à deux
moments différents, dès sa demande, on parlera alors d’acquiescement à la demande ce
qui implique que le plaideur abandonne son droit de discuter le bien-fondé de la
prétention émise contre lui. Et acquiescement peut se faire aussi après un jugement, on
parle alors d’acquiescement au juge ment et s’exprime tout simplement dans le fait que
le plaideur renonce à exercer une voie de recours en laissant le délai de son exercice
s’écouler. Cet acquiescement est dans tous les cas conformément à l’article 410 un
acte unilatéral , il doit être certain, il doit aussi émaner d’une personne capable.
Lorsqu’il s’agit d’un acquiescement à la demande, il faut que els droits litigieux soient
à la libre disposition des parties. Par contre, l’acquiescement au jugement peut avoir
lieu en toutes matières.
L’article 408 précise les effets de l’acquiescement à la demande, il emporte
reconnaissance du bien-fondé des prétentions de l’adversaire et renonciation par
l’acquiescant à son droit d’agir. Quant à l’acquiescement au jugement, il produit deux
effet,s tout d’abord, il y a soumission à tous les chefs principaux comme accessoires
du jugement, donc la partie se soumet à tout ce qui a été jugé et surtout, il y a
renonciation aux voies de recours. L’article 409 prévoit cependant que si
postérieurement à cet acquiescement au jugement, une autre partie forme
régulièrement un recours, les effets de cet acquiescement se trouvent anéantis et la
personne qui a acquiescé retrouve la possibilité de se défendre mais pour cela, il faudra
que la partie auteur du recours défende des intérêts qui sont opposés à l’auteur de
l’acquiescement.
LE dénouement du procès est prévu à l’article 384 qui présente le jugement qui
présente le jugement comme la cause d’extinction normale de l’instance. Néanmoins,
ce jugement peut encore être remis en cause par l’exercice de voies de recours. On va
donc s’intéresser dans un titre premier au jugement et dans un titre deux aux voies de
recours.
TITRE I : LEJUGEMENT
Le jugement est ici défini dans un sens large comme l’acte par lequel le juge se
prononce sur une situation de fait par application des règles de droit. Pour que ce
jugement soit régulier et efficace, on doit tout d’abord envisager les conditions de son
élaboration et ensuite, celles de son exécution. On traitera un chapitre premier
consacré à l’élaboration du jugement et un dans chapitre deux la question de
l’exécution.
Pour qu'un jugement soit régulier, il doit remplir certaines conditions dont le respect
permet de vérifier que les intérêts des parties ont été sauvegardés lorsque la justice a
fait son œuvre. En cas de violation de ces conditions, la sanction encourue est sévère
puisqu’il s’agit de la nullité du jugement.
§1 La rédaction du jugement :
Le jugement sur le fond est élaboré lors du délibéré mais il reste à en faire un acte
solennel qui à ce titre doit contenir un certain nombre de mentions. Tout d’abord, le
jugement doit contenir les mentions formelles énoncées à l’article 454 du nouveau
code de procédure civile. Ce sont tout d’abord des mentions relatives à la juridiction
auteur du jugement, c'est ainsi qu'on doit trouver dans le jugement l’indication de la
juridiction, le nom des juges qui ont délibéré, le nom des représentants du ministère
public s’il a assisté aux débats ainsi que le nom du secrétaire ; en outre, l’article 456
exige plus spécifiquement la signature du président ainsi que celle du secrétaire. Cette
mention des signatures est en fait ce qui va conférer au jugement son caractère d’acte
authentique. Comme autre mention formelle, on trouve aussi la date du jugement qui
est celle de son prononcé ainsi que des mentions relatives aux parties. En effet, ces
parties doivent être identifiées de même que leurs représentants ou les personnes qui
les ont assisté. Ce jugement doit outre les mentions formelles comporter des mentions
de fond prévues à l’article 455. on trouve tout d’abord l’exposé des prétentions et des
moyens des parties, cette mention est en effet essentielle pour vérifier qu'il n’y a pas eu
dénaturation et que le juge n’a pas statué ni au-delà ni en deçà de ce qui était demandé.
Malgré tout, le décret du 28 décembre1998 a remis en cause cette mention en
autorisant les juges à procéder par simple visa des prétentions des parties. Deuxième
mention de fond, la motivation, les juges doivent exposer les raisons de droit et de fait
qui ont déterminé la décision. Cette exigence de motivation est véritablement un
rempart contre l’arbitraire du juge puisque la motivation permet de vérifier que le juge
a bien raisonné et cette motivation doit permettre aux plaideurs de comprendre cette
solution sachant que la Cour de Cassation exerce son contrôle sur cette motivation.
Parce que la motivation ne doit pas seulement exister,elle doit aussi être suffisante,
précise, rationnelle et complète. Cette exigence de motivation, on s’est longtemps
interrogé sur sa valeur, il semblerait que le conseil constitutionnel lui ait conféré une
valeur constitutionnelle. Ce qui est certain, c'est que la convention européenne des
droits de l'homme y accorde une grande importance car elle le considère comme un
fondement du procès équitable. La France a d’ailleurs été condamné à trois reprises
pour insuffisance de motivation dans les arrêts Fouquet, Higgins et Dulaurens.
Le dispositif : C'est la partie la plus importante du jugement car elle énonce d’une part
la solution du litige et d’autre part les dépens et les condamnations à d’éventuels
dommages et intérêts. Concernant ces dépens, il s’agit de frais répétibles, c'est-à-dire
de frais récupérables sur le procès à l’encontre de son adversaire. L’article 696 met
ces frais à la charge de la partie qui a perdu le procès, néanmoins, le juge peut en
décider autrement en laissant une partie de ces frais ou leur totalité à la charge du
gagnant. Ces dépens doivent être distingués des frais irrépétibles qui restent en
principe à la charge de la partie qui les a engagés et son énumérés par l’article 700.
néanmoins, le juge peut en décider autrement en tenant compte de l’équité et de la
situation économique de la partie condamnée. Une fois ce jugement rédigé, il ne reste
plus qu'à le prononcer.
§2 Le prononcé du jugement :
Un jugement n’existe véritablement en tant que tel qu'à compter de son prononcé qui
consiste tout simplement dans la lecture à haute voix de la décision ou uniquement du
dispositif obligatoirement dans certains cas ou facultativement dans d’autres. Lorsque
les décisions sont contentieuses, elles sont prononcées publiquement par contre
lorsqu’elles sont gracieuses, elles sont prononcées en chambre du conseil. L’article
451 permet pour des raisons de faciliter et de rapidité qu'un seul juge prononce le
jugement sans la présence de tous les autres. Quant à la présence des parties elles-
mêmes, quand le président a indiqué la date du prononcé, le président n’a pas à
convoquer les parties, leur présence n’est pas nécessaire. L’essentiel étant de les avoir
informés.
Section 2 : La sanction de la violation des règles d’élaboration du jugement :
A. Le domaine de la nullité :
C'est l’article 458 qui énonce les prescriptions devant être observées à peine de nullité,
elles concernent aussi bien le délibéré et par exemple, la règle de l’identité des juges.
Elle concerne aussi la rédaction en la forme du jugement et plus spécifiquement la
mention du nom des juges ayant délibéré, elles concernent aussi le prononcé du
jugement et plus particulièrement son caractère public ou non. Il faut savoir cependant
que la jurisprudence n’a pas hésité à étendre cette liste des cas de nullité en se fondant
sur la notion de formalités d’ordre public ou sur le caractère substantiel de la formalité
violée. Ce qui implique que cette liste de l’article 458 est loin d’être limitative.
B. Le régime de la nullité :
Il est là encore précisé par l’art458 dans son alinéa 2 qui impose de soulever la nullité
touchant aux règles de prononcé du jugement ou à l’identité des juges au moment
même du prononcé du jugement par simple observation. Il en va de même pour le juge
qui peut relever cette nullité d’office. Dans tous les autres cas, la nullité doit être
soulevée après que la décision a été prononcée ce qui exige de mettre en œuvre la
nullité par l’exercice d’une voie de recours. Malgré tout, le législateur là encore s’est
montré soucieux de limiter les nullités de procédure, à cette fin il avance deux moyens,
d’une part des présomptions de régularité de la décision, c'est dans cet esprit qu'à partir
de certaines indications du jugement, la jurisprudence présume que la prescription
légale qui a été omise a néanmoins été observée. D’autre part, dans certains cas, il est
possible de faire la preuve de la régularité de certaines mentions omises en recourant à
des éléments extrinsèques au jugement, par exemple, en s’aidant du registre
d’audience.
Pour être efficace, le jugement doit être notifié et peut faire l’objet de publicité.
§1 La notification :
Pour pouvoir faire exécuter un jugement et pour pouvoir exercer un recours contre ce
jugement, il faut qu'il ait été notifié. Cette notification doit intervenir dans un délai de
droit commun de trente ans pour les jugements contradictoires et de 6 mois pour les
jugements rendus par défaut ou réputés contradictoires. L’article 675pose que cette
notification se fait par la voie de la signification sauf exception dans les cas où la loi
où dispose autrement et pour les décisions gracieuses. L’article 677 pose ensuite une
règle de bon sens en ce qui concerne les destinataires de cette notification qui sont les
parties elles-mêmes et chaque partie impliquée dans le procès ; mais l’article 678
ajoute une précision importante, lorsque la représentation est obligatoire, la
notification du jugement doit être préalablement faite au représentant des parties dans
une forme simplifiée. Ne serait-ce que pour qu'il puisse prévenir leur client du résultat
de leur affaire et qu'il puisse sur le vif les prévenir sur l’exercice éventuel d’un recours.
L’article 679 prévoit enfin que les décisions gracieuses doivent aussi être notifiées aux
tiers dont elles risquent d’affecter les intérêts ainsi qu'au ministère public lorsqu’un
recours lui est ouvert. Quant au contenu précis de cette notification, il est précisé à
l’article 680 et focalise surtout l’attention des destinataires sur le délai d’exercice d’un
recours et les modalités d’exercice des voies de recours ouvertes.
L’exécution normale est en réalité une exécution différée. C'est-à-dire que le prononcé
du jugement ne suffit pas à le rendre exécutoire, la loi en effet, impose le respect de
conditions de forme et de conditions de fond.
On en distingue deux.
1° La formule exécutoire :
Pour qu'un jugement puisse être exécuté, l’article 502 du nouveau code de procédure
civile exige qu'il soit revêtu de la formule exécutoire. Cette formule exécutoire dont le
contenu actuel est défini par le décret du 12 juin 1947 constitue tout simplement un
ordre donné aux personnes compétentes de prêter main-forte pour faire exécuter la
décision. Cette formule se retrouve sur l’expédition, néanmoins l’article 502 réserve
des cas où la loi n’exige pas la formule exécutoire. C'est ainsi par exemple, que la
formule exécutoire n’est pas exigée sur la minute.
2° la notification du jugement :
L’article 503 indique qu'à défaut d’exécution volontaire, un jugement ne peut pas être
exécuté contre celui auquel il est opposé s’il n’a pas été notifié revêtu de la formule
exécutoire. Cette notification préalable se justifie par le respect des droits de la
défense, avant de mettre à exécution forcée, une décision, il faut informer l’adversaire
du contenu de la décision et de ses possibilités d’attaquer cette décision. Dans certains
cas, l’exécution peut avoir lieu sans notification. Les mesures d’instruction exécutée à
l’initiative du juge sans signification au vu d’un extrait ou d’une copie certifiée
conforme du jugement (article 154).
Pour pouvoir être exécuté, le jugement doit être passé en force de chose jugée.
Conformément à l’article 501, le jugement est exécutoire à partir du moment où il
passe en force de chose jugée à moins que le débiteur ne bénéficie d’un délai de grâce
ou que le créancier ne bénéficie de l’exécution provisoire. En principe, le jugement
doit être passé en force de chose jugée, c'est-à-dire qu'il ne doit plus être susceptible
d’un recours suspensif d’exécution. Plus précisément, l’article 500 attribue cette force
de chose jugée dans son alinéa 1 au jugement qui n’est susceptible d’aucun recours
suspensif d’exécution. Cet article 500 attribue aussi cette force de chose jugée dans
son alinéa 2 au jugement qui n’est plus susceptible d’un recours d’exécution. Il faut
bien distinguer deux situations, il n’est plus susceptible de recours suspensif parce que
le recours n’a pas été exercé dans le délai imparti et l’expiration de ce délai confère au
jugement la force de chose jugée ou bien le jugement n’est plus susceptible d’un
recours suspensif parce que le recours a été exercé et jugé et donc épuisé, dans cet
hypothèse,’effet suspensif se poursuit jusqu’à ce que la décision soit rendue. Ce qui
importe donc de retenir c'est qu'en principe, le recours par voie ordinaire et le délai
ouvert pour son exercice sont suspensifs de l’exécution. Cela concerne l’appel,
l’opposition et exceptionnellement le pourvoi en cassation en matière de nationalité.
Ce qui implique que le recours par une voie extraordinaire et le délai ouvert pour
l’exercer ne sont pas suspensifs de l’exécution. Il faut donc bien dissocier ces deux
types de recours. Donc en ce qui concerne le pourvoi en cassation, on a même un
article 1009-1 du nouveau code de procédure civile qui prévoit des mesures coercitives
pour contraindre le perdant demandeur au pourvoi à respecter le caractère exécutoire
de la décision qu'il attaque. Le président peut en effet à la demande du défendeur au
pourvoi décider le retrait du rôle de l’affaire lorsqu’il apparaît que le demandeur au
pourvoi ne justifie pas avoir exécuté en totalité les condamnations prononcées contre
lui. L’article 1009-3 du nouveau code de procédure civile prévoit que la réinscription
de l’affaire ne s’effectuera que sur justification de l’exécution de la décision attaquée.
L’exécution normale est donc une exécution conditionnée, pour bénéficier d’une
exécution immédiate, il faut bénéficier d’une exécution provisoire.
Ce domaine est extrêmement vaste, à tel point qu'en pratique, l’exécution provisoire a
fini par absorber le principe de l’effet suspensif auquel il est sensé déroger. En
pratique, la majorité des décisions de justice bénéficient d’un exécution provisoire. A
un point tel que lors du rapport Coulomb, des voix se sont fait entendre pour renverser
la tendance, le rapport tendance a compte tenu de la pratique, a préconisé d’admettre
un principe d’exécution immédiate des décisions de première instance quel que soit le
recours ouvert. Ce rapport visait à mettre en harmonie la théorie et la pratique. On
avait un souci de renforcer l’effectivité des décisions de justice, ce rapport a prospéré
puisque le gouvernement a posé un principe d’exécution immédiate du jugement en
l’assortissant de limites protectrices. Mais ce projet a suscité un débat tellement vif
qu'il a été enterré.
Ce principe est prévu aux articles 514 à 526 du nouveau code de procédure civile et on
distingue trois situations. L’exécution de droit ou légale, l’exécution provisoire est
attachée automatiquement à la décision par le seul effet de la loi, autrement dit, la
partie qui en bénéficie n’a pas à la demander et le juge n’a pas à l’ordonner. Certains
jugements comportent la mention « jugement exécutoire de plein droit » mais cela n’a
aucune portée. Les ordonnances de référé, les jugements de mise en état accordant une
provision ou encore les jugements du conseil des prud’hommes sont dans ce cas.
L’exécution peut également être interdite. Il arrive en effet que la loi interdise
expressément l’exécution provisoire pour que le juge ne puisse pas la prononcer. On a
commerciale premier exemple l’article 515 alinéa 2 du code à propos de la
condamnation aux dépens.
L’exécution peut également être provisoire ordonnée par le juge, on parle alors
d’exécution judiciaire ou facultative. Ce sont tous les cas qui ne relèvent pas des cas
précédents dans lesquels le juge a le pouvoir d’accorder cette exécution provisoire à
deux conditions . L’exécution provisoire doit être compatible avec la nature de
l’affaire et elle ne peut être prononcée que si elle est nécessaire (article 516 du
nouveau code de procédure civile). L’article 516 précise en outre que la mesure
nécessaire ne peut être ordonnée que par la décision qu'elle est destinée à rendre
exécutoire, on doit donc respecter la règle de la simultanéité, c'est en rendant sa
décision que le juge ordonne l’exécution provisoire mais par dérogation expresse à
cette règle de la simultanéité, le juge d’appel peut ordonner après coup l’exécution
provisoire dans trois cas :
- Lorsque l’exécution provisoire a été refusée par le premier juge, le gagnant peut
alors demander au premier président statuant en référé de lui accorder l’exécution
provisoire à condition de former appel et à condition qu'il y ait urgence (article 525).
- Si le premier juge n’a pas statué sur l’exécution provisoire car elle ne lui a pas
été demandée.
- Si le premier juge n’a pas statué sur l’exécution provisoire alors même qu'elle
lui avait été demandée.
Cela implique que l’effet suspensif de l’effet de l’appel ou de l’opposition est tout
simplement restauré et l’exécution forcée ne peut plus être engagée. Mais la loi a
adopté une conception restrictive des moyens ouverts aux juridictions compétentes
pour arrêter l’exécution provisoire. En ce qui concerne la compétence, l’article 524du
nouveau code de procédure civile dispose que cette compétence appartient aux
premiers présidents des cours d’appel et qu'elle est subordonnée à un appel préalable.
Le plaideur condamné avec exécution provisoire commence par faire appel du
jugement et immédiatement après, il assigne son adversaire en référé devant le premier
président de la cour d’appel aux fins d’arrêt de l’exécution provisoire. L’arrêt 524
investit expressément en cas d’opposition l’auteur de la décision d’un pouvoir
identique à celui du premier président pour arrêter l’exécution provisoire. Il faut aussi
envisager en réalité la compétence indirecte d’autres juges, par exemple, le juge de
l’exécution (JEX) est incompétent en principe pour arrêter l’exécution provisoire mais
l’exécution forcée relève de sa compétence exclusive et il est tout à fait compétent
pour trancher les difficultés touchant à l’exécution forcée résultant d’une décision
exécutoire à titre définitif ou provisoire.
Les moyens de restaurer l’effet suspensif sont limités en cas d’exécution provisoire
judiciaire et exceptionnel en cas d’exécution provisoire de droit. En ce qui concerne,
l’exécution provisoire judiciaire, l’article 524 alinéa1° ne permet aux juges d’arrêter
l’exécution que dans deux cas. Si elle est interdite par la loi, si elle risque d’entraîner
des conséquences manifestement excessives. Le premier cas ne soulève pas de
difficultés mais le deuxième dans sa référence aux circonstances manifestement
excessive soulève quelques interrogations, la Cour de Cassation a du trancher que le
premier président ne peut arrêter l’exécution provisoire que si elle implique pour la
partie condamnée des conséquences manifestement excessives compte tenu de ses
facultés de paiement et des facultés de remboursement de l’adversaire.
En matière d’exécution provisoire de droit, le principe est simple, tout arrêt par le
premier président de cette exécution est exclu quel que soit les critiques encourus par
la décision attaquée. Dans la pratique, certains premiers résidents confrontés à des
décisions exécutoires de droit contenant des erreurs grossières et de nature à voiler des
droits de la défense n’ont pas hésiter à arrêter l’exécution provisoire de droit. Ce
comportement a été sanctionné par la Cour de Cassation qui systématiquement casse
leur décision mais il n’empêche que les premiers présidents ont en quelque sorte réussi
leur coup car leur ordonnance est valable jusqu’à ce qu'elle soit cassée…
B. L’aménagement de l’exécution provisoire :
Il permet au juge de limiter au juge les risques pour le débiteur en prescrivant des
mesures qui vont le garantir contre la future insolvabilité éventuelle des créanciers. Si
l’aménagement de l’exécution judiciaire est assez largement ouvert alors que ceux de
l’exécution provisoire de droit n’est possible qu'à titre exceptionnel.
L’article 517 du nouveau code de procédure civile permet au juge de subordonner
l’exécution provisoire à la constitution d’une garantie réelle ou personnelle suffisante
pour répondre de toute restitution ou réparation. Lorsque cette garantie est ordonnée
par le juge qui a accordé l’exécution provisoire, elle prend souvent la forme d’un
cautionnement bancaire. Cette garantie est minutieusement réglementée par les articles
518 à523 du nouveau code de procédure civile. Permet au juge la substitution à la
garantie primitive d’une garantie équivalente. Autre texte important, l’article 521 du
nouveau code de procédure civile aux termes duquel il est prévu que la partie
condamnée au paiement de sommes autres que des aliments. Des rentes indemnitaires
ou des provisions peut éviter que l’exécution provisoire soit poursuivie par le biais
d’une consignation. Autrement dit, sr autorisation du juge, la partie condamnée va
concéder les espèces ou valeurs suffisantes pour garantir en principal le montant de la
condamnation. Les biens devant être consignés sont déterminés par le juge. En cas de
versement d’un captal en réparation d’un dommage corporel, le juge eut ordonner que
ce capital soit versé à un séquestre qui versera au fur et à mesure une part que le juge
déterminera.
L’aménagement de l’exécution provisoire de droit n’est possible que dans deux
circonstances. L’article 489 qui concerne les ordonnances de référé qui prévoit que les
ordonnances de référé peuvent être subordonnées à la constitution d’une garantie et
qu'une consignation est possible sauf lorsqu’il s’agit d’une décision accordant une
provision
Les articles 521 et 522 relatifs aux garanties affirment qu'il est possible de prendre des
garanties à l’exclusion de la consignation.
Ces voies de recours existent car l’erreur comme l’injustice sont humaines et qu'il faut
permettre aux parties un examen nouveau de leur affaire. Les voies de recours se
présentent ici comme une garantie contre ces risques d’erreur et d’injustice et constitue
une garantie de bonne justice. En provoquant un nouvel examen du procès, la loi
permet la rectification à la fois d’erreurs formelles et permet en outre de remettre en
cause le bien jugé du procès quant au fond. La technique utilisée est celle de la voie de
recours dont le code ne donne aucune définition générique puisqu’il procède à une
simple énumération. Ces recours sont le seul moyen d’attaquer u acte juridictionnel
puisque selon un adage qui a été repris par l’article 460 du nouveau code de procédure
civile, il n’existe pas de voie de nullité principale contre un jugement. Autrement dit,
lorsqu’on conteste la régularité formelle d’un jugement, on n’a pas d’autre moyen que
d’intenter un recours au fond.
A partir du moment où le recours entraîne un nouvel examen de la question ayant
donné lieu à la décision attaquée, on pourrait voir dans l’exercice d’une voie de
recours le prolongement naturel du droit d’agir en justice. Néanmoins, la cour
européenne des droits de l'homme n’a pas fait du recours un élément du procès
équitable au sens de l’article 6-1 de la convention européenne des droits de l'homme
puisqu’elle n’impose pas aux états l’obligation d’organiser des recours ni celle
d’instituer des juridictions supérieures. Le droit à un recours n’est véritablement
reconnu qu'en matière pénale. On pouvait cependant concevoir une évolution vers une
reconnaissance du droit à un recours en matière civile aussi si l’on s’en tient à une
recommandation du conseil des ministres du conseil de l’Europe de 1995 qui prévoyait
que toute décision d’un tribunal inférieur devrait être soumis au contrôle d’une
juridiction supérieure. En outre, il faut aussi tenir compte de ce que la cour européenne
des droits de l'homme impose le respect des exigences du procès équitable lorsque des
recours ont été prévus par les états. En France, ce droit fondamental à un recours
juridictionnel est assez largement reconnu, on n’a pas de décisions franches du conseil
constitutionnel mais néanmoins, deux décisions affirment le caractère fondamental du
droit au retour. Tout d’abord la décision du 17 janvier 1989ds laquelle le conseil
constitutionnel a affirmé que els autorités administratives indépendantes ne pouvaient
infliger de sanctions pécuniaires à la double condition qu'elles soient et que soit
préserver l’exercice d’une droit de recours de nature juridictionnelle.
La seconde décision du 18 janvier 1985 dans laquelle le conseil constitutionnel s’est
fondé sur le principe d’égalité pour estimer que les justiciables devaient se voir
reconnaître un égal accès aux voies de recours. Mais ce droit fondamental est surtout
consacré par la jurisprudence à travers la théorie des recours nullités que l’on appelle
encore les retours autonomes.
LE droit fondamental à un recours est très largement consacré par la jurisprudence à
travers la théorie des recours nullité que l’on qualifie aussi de recours autonomes.
Dans cette théorie, on est confronté à la situation suivante : il arrive que le législateur
dans le but d’accélérer certaines procédures et particulièrement dans le domaine des
procédures collectives décide de supprimer tout recours au fonds. En matière de
procédures collectives, on en objectif d’assurer la survie des entreprises et des emplois
qui lui sont liés. Le jugement qui va décider de l’adoption d’un plan est important, on
va donc éviter d’ébranler sa stabilité en permettant des recours des créanciers. La
jurisprudence est allé contre cette prohibition légale en ouvrant tout de même des
recours dans des conditions cependant stricteS. Cette intervention jurisprudentielle ne
fait que tenir compte de ce que la nullité d’un jugement ne peut être demandée que par
la voie d’un recours au fond puisque l’article 460 interdit l’action en nullité principale
contre un jugement. Or lorsque les juges du fond commettent un excès de pouvoir ou
une grave irrégularité de procédure, il n’y a aucun moyen à la disposition du
justiciable pour remédier à la situation puisqu’il n’y a plus de support juridique pour
faire constater la nullité du jugement. C'est un risque que l’on ne peut accepter, c'est la
raison pour laquelle la jurisprudence a développé cette théorie des recours autonomes.
On parle de recours en nullité parce que le recours ne vise qu'à l’annulation du
jugement. On parle de recours autonome lorsqu’il n’est pas subordonné à l’exercice de
voies de recours mais au contraire lorsqu’il existe parce que tel recours a été supprimé
par la loi. Cette jurisprudence initialement a concerné principalement l’appel puis s’est
étendu à la tierce opposition à l’opposition et même au pourvoi en cassation. Dans tous
les as, les conditions sont identiques, il faut qu'un texte est expressément supprimé un
degré de juridiction. Il faut qu'un vice grave affecte la décision insusceptible de
recours et la Cour de Cassation ne reconnaît qu'il n’y a vice grave que dans deux cas,
lorsqu’un excès de pouvoir a été commis ou lorsqu’un principe fondamental de
procédure a été violé. Enfin, il faut qu'aucun recours autre ne soit ouvert et pas surtout
le pourvoi en cassation.
Le régime de ces recours en nullité a été fixé par la jurisprudence, ces recours
échappent à des règles traditionnelles comme par exemple ils échappent à l’obligation
d’indiquer dans l’acte de notification du jugement le délai du recours puisque a priori,
celui qui notifie pense qu'aucun recours n’est ouvert. Selon les matières, il existe des
variantes. Par exemple, le délai pour intenter un appel nullité en matière de procédure
collective n’obéit pas au délai de droit commun mais au délai spécifique prévu en
matière de procédure collective. Ces recours sont là pour pallier les inconvénients
d’une fermeture de toutes les voies de recours par le législateur et ces recours sont en
réalité le seul moyen d’assurer au tribunal un accès au tribunal et c'est ce qui fait du
droit au recours un c'était fondamental que le législateur au bout du compte ne saurait
supprimer totalement. Dans toutes les hypothèses, il existera toujours un droit
fondamental du justiciable de critiquer un jugement irrégulier.
Si l’on revient au code, il ne donne pas de définition générique des voies de recours
mais procède à une énumération que l’on a tout de m tenter de classer.
La première classification a consisté à distinguer les voies de rétractation des voies de
réformation.
Les voies de rétractation sont celles qui permettent de s’adresser à la juridiction même
qui a rendu la sentence attaquée en lui demandant de revenir sur sa décision. Tel est le
cas de l’opposition ou bien encore du recours en révision.
Les voies de réformation permettent de s’adresser à une juridiction hiérarchiquement
supérieure à celle qui a rendu la décision en lui demandant de réformer la décision, tel
est le cas de l’appel.
Cette classification ne permet pas d’aborder toutes les voies de recours puisque le
pourvoi en cassation ne correspond ni à une voie de réformation ni à une voie de
rétractation. La Cour de Cassation ne rejuge pas l’affaire mais n’a pour rôle que de
vérifier si la règle de droit a bien été appliqué et le cas échéant de casser la décision.
C'est donc vers une seconde classification que l’on va se tourner, celle retenue par
l’article 527 du code qui distingue les voies de recours ordinaires des voies de recours
extraordinaire.
Les voies de recours ordinaires sont des voies toujours ouvertes sauf texte contraire
exprès et on les qualifie d’ordinaire parce qu'elle corresponde à la vision naturelle que
l’on a du procès dominé par deux principes : le principe qui veut que l’on puisse voir
juger son procès deux fois par des juges différents de qui correspond à l’appel. et
ensuite celui qui veut que l’on puisse être jugé contradictoirement si l’on n’a été
défaillant, tel est le cas de l’opposition ; quant aux voies de recours extraordinaires, ce
sont celles qui sont exceptionnellement ouvertes dans des cas spécifiés par la loi. Elles
ont donc un caractère exceptionnel qui tient plusieurs raisons. On considère par
exemple qu'il est exceptionnel qu'un tiers à une instance ait à se plaindre d’un
jugement au point de l’attaquer mais si c'est le cas, il doit pouvoir le faire, c'est ce qui
explique la tierce opposition. D’autre part, il est exceptionnel que des éléments de
fraude ou de tromperie aient pu déterminer la décision du juge, si c'est le cas, le
recours en révision doit permettre de réparer l’outrage. Enfin, il est aussi exceptionnel
que les juges spécialistes du droit puissent se tromper, néanmoins, il faut permettre à
une juridiction de sanctionner un jugement qui ne serait pas conforme au droit, tel est
le cas du pourvoi en cassation ; cette classification présente des intérêts pratiques, tout
d’abord, elle explique certaines règles comme celle qui fait qu'on ne peut accéder à
l’exercice des voies de recours extraordinaires que si l’on a d’abord épuisé les voies de
recours ordinaires. Autrement dit, il ne peut y avoir de coexistence entre ces deux
catégories de recours, la tierce opposition mise à part. Le régime de ces voies n’est pas
identique, le délai pour exercer les voies de recours ordinaires et l’exercice de ces
voies suspendent l’exécution sauf si il y a exécution provisoire. A l’inverse, le délai
pour exercer els voies de recours extraordinaires et l’exercice de ces voies ne sont pas
suspensifs d’exécution sauf cas exceptionnels.
Au-delà de ces distinctions, ces voies de recours poursuivent tout de même la finalité
commune de corriger le jugement et Cour de Cassation ce qui explique qu'elles soient
soumises dans un premier temps à des dispositions communes exposées aux articles
528 à 537 du nouveau code de procédure civile.
Il y a tout d’abord celles qui concernent le délai de recours et plus spécifiquement son
point de départ. Aux termes de l’article 528, il est précisé qu'en principe, le délai des
voies de recours court à compter de la notification régulière du jugement faite à la
partie auteur du recours. L’absence de notification dans un délai de deux ans à compter
du prononcé du jugement empêche la partie qui a comparu d’exercer à titre principal
un recours. Cependant, il faut tenir compte des hypothèses exceptionnelles dans
lesquelles le délai commence à courir en vertu de la loi dès la date du jugement. Ce
délai peut être interrompu, son inobservation constitue une fin de non recevoir que le
juge doit relever d’office. Ce non respect du délai est important puisqu’il entraîne la
forclusion, c'est-à-dire l’irrecevabilité d’un recours qui serait formé tardivement même
s’il existe des relevés de forclusion (conditions strictes).
A priori, les voies de recours suscitent un rebondissement du procès, la question qui se
pose alors. Les débats qui s’ouvrent sur une voie de recours constituent-ils une
continuation de l’instance primitive ou une instance nouvelle ; en cas d’opposition ou
de recours en révision, on considère que c'est la même instance qui continue tandis que
pour els autres voies de recours, c'est une instance nouvelle qui s’ouvre.
L’exercice abusif d’une voie de recours est sanctionné.
Les titulaires du recours, en application du principe de l’autorité relative de la chose
jugée, seules les personnes qui ont été parties ou représentées à l’instance doivent
pouvoir remettre en cause le jugement, cette règle de base est cependant tempérée par
deux règles, à travers la tierce opposition, la loi ouvre aux tiers auxquels u jugement
fait grief une possibilité de le contester. Deuxième règle, il faut savoir que celui qui
représentait légalement une partie peut s’il cesse ses fonctions et s’il a un intérêt
personnel exercer le recours ouvert à cette partie en son nom propre, de la même
manière, ce recours est aussi ouvert contre lui.
CHAPITRE I : LES VOIES DE RECOURS ORDINAIRES
Section 1 :L’appel :
Sa définition est donnée par l’article 542 :l’appel tend tout simplement à faire réformer
ou annuler par la Cour d'appel un jugement rendu par une juridiction du premier degré.
Cette voie de recours présente plusieurs caractères. Tout d’abord, c'est une voie de
recours de droit commun, en effet, l’appel est à la dispositions de tous les justiciables.
Le deuxième degré de juridiction est de droit sauf exceptions. C'est une voie de
réformation dans la mesure où l’appel vise à contrôler le bien ou mal jugé en droit et
en fait et ainsi à permettre de réparer es erreurs intellectuelles des premiers juges. C'est
une voie d’annulation en ce qu'elle permet d’annuler un jugement irrégulier. Enfin, un
dernier caractère se dégage et tient à l’évolution contemporaine de cet appel, il est de
plus en plus appréhendé commerciale une voie d’achèvement du procès. De
nombreuses règles actuelles manifestent clairement une volonté de développer la
procédure d’appel afin de vider tout simplement le conflit à ce stade de l’instance. La
valeur de l’appel. le Conseil d'Etat considère que cette règle du double degré de
juridiction est un principe général du droit ce qui implique que seul le législateur peut
y déroger. Mais le conseil constitutionnel tout en accordant une grande attention à ce
principe du double degré de juridiction ne lui reconnaît pas la valeur d’un principe
général du droit mais indéniablement la juridiction constitutionnelle lui confère tout de
même une valeur para-constitutionnelle dans la mesure où si le législateur est maître
de l’abroger totalement, il ne peut pas en développer le contenu ou le domaine
d’application sans l’accord du conseil constitutionnel. Sur le plan européen, la
situation est beaucoup plus nette, il n’y a aucun droit de faire appel d’un jugement en
matière civile, en tous cas, il ne figure pas au nombre des droits reconnus par la
convention européenne des droits de l'homme et la jurisprudence de la cour
européenne des droits de l'homme sur ce point a été très peu audacieuse. La seule
chose, c'est que lorsque cette voie de recours est prévue, elle est soumise aux
exigences du procès équitable mais il n’y a pas d’obligation positive à la charge des
états.
§1 Les conditions de l’appel :
L’article 543 consacre un principe général du droit de faire appel de tout jugement en
toutes matières rendu en première instance sauf si la loi en dispose autrement. Cette
recevabilité de l’appel est indépendante de la qualification donnée à son jugement par
le premier juge. Une telle décision ne serait pas possible contre un jugement qualifié à
tort en dernier ressort, par contre, il ne serait pas possible contre une décision
qualifiée à tort de jugement en premier ressort.
Il découle de cet article 543 qui ne sont pas des jugements, l’appel est également
impossible à l’encontre des jugements rendus en premier et en dernier ressort qui son
soit des jugements statuant sur des litiges de faible importance soit des jugements pour
lesquels le législateur a écarté l’appel pour gagner du temps tel qu'en matière de
procédure collective. Il faut aussi tenir compte du fait que l’appel de certains
jugements peut être différé. Certains jugements en effet ne sont susceptibles d’appels
qu'avec la décision sur le fond, il en est ainsi des jugements avant dire droit qui ne
tranchent dans leur dispositif aucune partie du principal et se limitent à ordonner une
mesure d’instruction ou à prescrire une mesure provisoire. L’irrecevabilité de cet appel
immédiat est d’ordre public et doit être relevé d’office par la Cour d'appel. cependant,
il faut aussi tenir compte du fait que des limites sont apportées à cette interdiction de
l’appel immédiat, tout d’abord, à l’article 545 qui envisage des exceptions prévues par
la loi. C'est ainsi que les décisions qui statuent sur les mesures provisoires en matière
de divorce ou de séparation de corps sont susceptibles d’appel dans les 15 jours
suivants leur notification. C'est ainsi que les jugements ordonnant une expertise
peuvent être frappés d’un appel immédiat avec autorisation du premier président de la
Cour d'appel s’il est justifié d’un motif grave et légitime. Il en est aussi ainsi des
décisions de sursis à statuer. Ensuite, il faut aussi tenir compte que la jurisprudence est
venue décider qu'un appel immédiat est ouvert même si la loi l’interdit lorsque le juge
a commis un excès de pouvoir ou a méconnu un principe fondamental de procédure,
c'est le cas de l’appel nullité.
Les conditions relatives aux parties : l’appel concerne normalement les parties
présentes en première instance mais il faut tenir compte des articles 554 et 555 qui
envisagent aussi que des tiers puissent intervenir volontairement au stade de l’appel ou
qu'ils fassent même l’objet d’une intervention forcée si l’évolution du litige implique
leur mise en cause. Le cercle des parties en appel est donc relativement large. L’appel
est donc tout d’abord ouvert à ceux qui étaient parties en première instance. En réalité,
les exigences relatives aux parties en appel varient selon la personne dont l’appel
émane et selon le moment où l’appel est interjeté. C'est ainsi que l’on distingue l’appel
principal des appels incidents ou provoqués.
Pour interjeter appel principal, il faut tout d’abord remplir les conditions générales des
actions, puisque l’appel n’est que l’exercice d’une action en justice, il faut donc avoir
qualité, intérêt à agir et aussi la capacité. Ensuite, l’article 546 énonce les conditions
de recevabilité de l’appel, en disposant que l’appel appartient à toute partie qui y a
intérêt si elle n’y a pas renoncé. La qualité de partie est en fait attribuée à celui qui a
été partie ou représenté en première instance, en matière contentieuse, l’appel est
dirigé par l’appelant contre l’intimé qui est le défendeur dans l’instance d’appel. En
matière gracieuse, l’appel est également ouvert aux tiers auxquels le jugement a été
notifié.
L’appelant doit justifier d’un intérêt ce qui implique quelle jugement rendu en
première instance lui fasse grief. Il doit avoir succombé ne serait-ce que partiellement
en première instance. L’appelant ne doit pas avoir renoncé à l’appel et sur ce plan
plusieurs textes réglementent la renonciation à l’appel, tout d’abord l’article 41 qui
évoque un cas particulier de renonciation conventionnelle. Les parties après la
naissance du litige et par un accord exprès, pour les droits dont elles ont la libre
disposition peuvent décider que le différend sera jugé sans appel même si le montant
de la demande est supérieur au taux du dernier ressort.
Les articles 556 et 558 évoquent quant à eux la renonciation unilatérale qui doit
émaner d’une personne capable pour des droits dont elle peut disposer et i doit être
exprimée après la naissance du litige. Par contre, elle peut toujours intervenir après le
prononcé du jugement avec cependant un précision, si cette renonciation unilatérale
était effectuée et qu'ensuite une partie interjette régulièrement appel, cette renonciation
unilatérale ne serait plus valable. En ce qui concerne maintenant l’appel provoqué et
l’appel incident, leur recevabilité est étroitement liée à l’existence de l’appel principal
mais ils doivent respecter aussi des conditions spécifiques énoncées aux articles 549 et
suivants. Il faut envisager à quelle situation correspondent ces appels. En réalité, ils
correspondent à des situations plus complexes que l’hypothèse d’un appel principal ;
dans le cas d’un appel incident, il faut envisager qu'une partie n’obtienne que
partiellement satisfaction et introduise un appel principal. Son adversaire qui lui aussi
n’est que partiellement satisfait peut alors être désireux de ne pas se contenter de la
place d’intimé et peut à son tour relever appel pour obtenir pleinement satisfaction.
Comme l’article 548, l’appel incident est celui qui émane de l’intimé seulement, c'est-
à-dire de celui contre lequel l’appel principal est dirigé.
L’hypothèse de l’appel provoqué est encore différente, il faut cette fois envisager que
le litige de première instance met en cause une pluralité de parties. Un appel est dirigé
contre l’une des parties à l’instance primitive seulement, l’autre partie qui n’est pas
explicitement visée par cet appel et qui n’est donc pas intimée peu très bien souhaiter
participer à cette nouvelle phase du procès,elle le fera par la technique de l’appel
provoqué. En fait, l’appel provoqué n’est qu'une variante de l’appel incident.
Ces appels incidents et provoqués soulèvent une question délicate liée à leur
dépendance à l’appel principal. La question se pose de savoir ce que vont devenir ces
appels si l’appel principal disparaît suite à une annulation ou tout simplement par
désistement de l’appelant.
En réalité, la réponse varie selon la situation, en ce qui concerne la question de savoir
si l’efficacité de l’appel incident ou provoqué est liée ou non à l’appel principal et à sa
validité, il faut se reporter à l’article 550. Cet article 550 dispose que l’appel incident
ou provoqué peut être formé en tout état de cause alors même que celui qui
l’interjetterai serait forclos pour agir à titre principal. Dans ce dernier cas, l’article
précise qu'il ne sera pas toutefois pas reçu si l’appel principal n’est pas lui-même
recevable. Cet article 550 a fat l’objet d’une interprétation a contrario qui a permis de
dire qu'un appel incident peut se greffer sur un appel principal irrecevable dès lors qu'il
a été formé dans le délai utile pour former appel principal. Concrètement,cet article
550 conduit à distinguer deux cas, si l’appel incident provoqué est postérieur à
l’expiration du délai pour former appel principal, la recevabilité de l’appel incident ou
provoqué est liée à celle de l’appel principal.
Si l’appel incident ou provoqué a été interjeté dans le délai d’appel principal, il doit
être considéré comme un appel se suffisant à lui-même.
Autre phénomène de dépendance, en cas de désistement de l’appel principal. On a tout
d’abord la certitude, si l’appel incident provoqué a déjà été interjeté au moment où
intervient le désistement de l’appel principal, ce dernier ne fait pas perdre à l’intimé le
bénéfice de l’appel incident sauf si elle accepte le désistement de l’appel. il arrive que
l’appel incident soit formé le même jour que l’appel principal, dans cette hypothèse,
les juges du fond doivent rechercher pour le déclarer recevable si l’appel incident est
antérieur au désistement. A l’autre extrémité, lorsqu’au moment du désistement de
l’appel principal, l’appel incident ou provoqué n’a pas encore été formé, la partie à
l’égard de laquelle le désistement de l’appel principal est fait ne peut plus interjeter un
appel incident. On considère que l’instance appartient exclusivement à l’appelant tant
que l’intimé n’a pas accepté le débat.
Autre intervenant possible comme partie en appel, les tiers. Le décret du 28 août 1972
à travers les articles 554 et 555 ont marqué la volonté d’élargir la seconde instance à
des personnes qui n’avaient pas été parties à la première phase procédurale. Cet
élargissement du cercle des parties en appel s’explique par la volonté d’éviter des
procès en chaîne.
Première possibilité d’intervention,elle permet à des tiers en première instance, à
condition d’y avoir intérêt,d’intervenir volontairement dès lors que l’affaire est
pendante en son entier devant la Cour d'appel.
L’article 555 quant à lui envisage l’intervention forcée de façon assez restrictive, en
tous les cas, cet article permet de mettre en cause devant la Cour d'appel et aux fins de
condamnation des tiers qui n’ont été ni parties ni représentés en première instance.
B. les conditions de forme :
§2 La procédure d’appel :
Cette variété des formes d’appel cache une multiplicité de procédures, le code en effet
propose plusieurs types de procédures devant la Cour d'appel, le code distinguant les
procédures se déroulant devant la formation collégiale et celles se déroulant devant le
premier président. Devant la formation collégiale, on distingue aussi selon la matière
et selon le caractère obligatoire ou non de la constitution d’avoué. En plus des
procédures ordinaires, on a aussi constitué des procédures rapides à jour fixe ou
procédures contraintes.
A. L’effet suspensif
L’article 539 édicte que le délai d’appel et l’exercice de l’appel suspende l’exécution
du jugement à moins que la décision ne bénéficie de l’exécution provisoire de droit ou
qu'elle n’ait été accordée par le juge. Ainsi, tout acte d’exécution qui serait accompli
sur le fondement d’un jugement déféré à la Cour d'appel est nul. Mais l’effet suspensif,
ne prive pas cette première décision de toute efficacité, il est admis qu'une décision
frappée d’appel puisse justifier des mesures conservatoires. En outre, l’effet suspensif
peut être remis en cause pour sanctionner la carence ce l’avoué de l’appelant qui dans
la procédure ordinaire avec représentation obligatoire ne dépose pas ses conclusions
dans les 4 mois de la déclaration d’appel. On a vu que l’article 915 disposait que
l’affaire est alors radiée du rôle des affaires en cours or cette radiation prive aussi
l’appel de toute effet suspensif hors les cas où la loi interdit l’exécution provisoire.
Même si l’affaire est rétablie sur justification du dépôt des conclusions, l’appel restera
privé de tout effet suspensif.
B. L’effet dévolutif :
L’article 561 dispose que par l’acte d’appel, le litige est transporté des premiers aux
seconds juges dans toutes ces questions de fait et de droit pour qu'il soit à nouveau
statué. Ce principe de l’effet dévolutif commande toute une série de conséquences
quant aux pouvoirs et aux prérogatives du juge d’appel. la première conséquence est
que l’appel entraîne la saisine de la Cour d'appel qui a un caractère impératif. En effet,
la Cour d'appel a l’obligation de statuer elle-même sur le litige qui lui a été dévolu et
parallèlement, il en découle une deuxième conséquence, c'est que la saisine de la Cour
d'appel entraîne nécessairement le dessaisissement des premiers juges et des pouvoirs
qui leur appartenait jusque là. C'est ainsi que si des mesures d’exécution provisoire ont
été prise.
Les juges d’appel devant lesquels le litige est remis en question sont investis des pleins
pouvoirs pour statuer comme les premiers juges en fait et en droit. Ils bénéficient
d’une plénitude de juridiction qui peut très bien les conduire à ordonner par exemple
de nouvelles mesures d’instruction. Tout est repris en quelque sorte à 0.
La saisine de la Cour d'appel remet en question la chose jugée. Pour qu'il soit comme
l’indique l’article 561 statué à nouveau en droit et en fait ce qui implique qu'en
principe, la dévolution est totale et complète. Mais cette dévolution totale et complète
se trouve en réalité limitée par deux autres règles, tout d’abord, la première limite
apportée à l’effet dévolutif tient à ce qu'il n’est dévolu qu’autant qu'il est jugé. Seule la
chose jugée par les premiers juges est remise en question et non les points non encore
tranchés conformément au principe du double degré de juridiction. L’appel doit
permettre à la cour de vérifier que les juges du premier degré ont correctement
apprécié les faits et le droit ce qui implique nécessairement que le contrôle s’exerce sur
des éléments déjà jugés. C'est ainsi qu'on interdit de former en appel des prétentions
nouvelles. C'est-à-dire qui n’auraient pas été soumises au premier juge. Plus
précisément, l’article 564 prohibe comme étant nouvelle toute prétention qui modifie
l’objet de la demande de même que celle qui ne tend pas aux mêmes fins que la
demande initiale, ou bien encore, celles qui changent les parties ou leur qualité. En
réalité, le strict respect de ce principe de prohibition des prétentions nouvelles
s’accommode mal avec la volonté d’accélérer le cours de la justice qui nécessite de
grouper en un seul procès tous les éléments relatifs à un litige donné. Ces dernières
années, on constate une nette évolution de la voie d’appel qui devient une véritable
voie d’achèvement du procès qui ne permet pas seulement la transmission à un second
juge des éléments identiques mais qui permet aussi de poursuivre en appel le débat
engagé en première instance. C'est ce qui explique que l’article 563 atténue le principe
de prohibition des prétentions nouvelles en permettant aux parties de produire en appel
des pièces nouvelles ou en leur permettant de produire des preuves nouvelles pour
justifier les prétentions qu'elles avaient soumises en premier instance. En outre, cet
article autorise la présentation de la formulation de moyens nouveaux or la frontière
entre prétentions et moyens nouveaux est parfois bien difficile à tracer. Plus
radicalement encore, cette prohibition légale des prétentions nouvelles connaît de
véritables exceptions dans trois textes. Tout d’abord, l’article 564, qui admet des
prétentions nouvelles dès lors qu'elles sont destinées à opposer la compensation, à faire
écarter les prétentions adverses, à faire juger les questions nées de l’intervention d’un
tiers, ou encore à faire juger les questions nées de la survenance ou de la révélation
ultérieure d’un fait.
L’article 566 admet les prétentions ayant pour but d’expliciter les prétentions soumises
aux premiers juges ou d’ajouter à celles-ci. Enfin, l’article 567 admet quant à lui en
appel les demandes reconventionnelles.
Deuxième limite apportée au principe de la dévolution totale et complète, cette
deuxième limite tient qu'à ce qu'il n’est dévolu qu'autant qu'il est appelé, l’article 562
dispose que l’appel ne défère à la cour que la connaissance des chefs du jugement qu'il
critique expressément ou implicitement et de ceux qui en dépendent. Mais il ne s’agit
ici que de l’alinéa 1° de l’article 562 qui prévoit dans son 2° alinéa trois exceptions à
cette règle que l’effet dévolutif de l’appel est limité par l’acte d’appel.
Première exception assez logique, l’article rappelle que lorsque l’appel n’est pas limité
à certains chefs et que les conclusions critiquent en général les dispositions du
jugement, nécessairement, la dévolution s’opère pour le tout ;
Deuxième exception, la dévolution s’opère pour le tout lorsque l’appel tend à
l’annulation du jugement, on évoque ici l’appel nullité.
La dévolution s’opère pour le tout lorsque l’objet du litige est indivisible.
C. La faculté d’évocation :
Cette évocation est prévue à l’article 568 qui l’évoque comme une faculté qui
appartient au juge d’appel saisi de l’appel de certains jugements de première instance
de s’emparer de l’affaire et de statuer sur le tout, c'est-à-dire l’appel et le fond, dans
une seule et même décision. Cette évocation est doublement intéressante car elle
s’oppose à l’effet dévolutif puisqu’elle permet de statuer sur des points non jugés en
première instance alors que l’effet dévolutif ne transmet à la cour que les chefs du
jugement. Cette évocation s’oppose à l’effet dévolutif et constitue aussi une entorse au
double degré de juridiction puisque certains points seront jugés en appel alors qu'ils
n’ont pas été tranchés en première instance. Le texte de base en la matière est ‘article
568 qui évoque l’évocation de droit commun. Cette évocation que l’on pourrait
qualifier de droit commun n’est possible qu'à l’encontre de certains jugements de
première instance. En effet l’article 568 prévoit deux cas, le jugement déféré doit avoir
ordonné une mesure d’instruction ou le jugement déféré doit avoir statué sur une
exception de procédure mettant fin à l’instance. Cet article 568 pose aussi une
condition en disposant que la cour ne peut évoquer l’affaire que si elle estime qu'il est
de bonne justice de donner à l’affaire une solution définitive. Ce faisant, on apprend
aussi une chose dans cet article, c'est que l’évocation n’est pas une obligation pour la
Cour d'appel mais une simple faculté.
A coté de cette évocation de droit commun, il faut se remémorer un autre cas
d’évocation, l’article 89 qui est particulier à la procédure sur incident de compétence.
Dans cet article 89, il faut se rappeler du contexte, on a nécessairement un premier
juge qui a statué seulement sur la compétence et sur la question qui commandait le
fond qui quant à lui n’a pas été abordé. C'est alors par la voie du contredit qu'il faut
critiquer ce jugement. Normalement, le rôle de la Cour d'appel est de désigner la
juridiction compétente mais si la cour se trouve être la juridiction d’appel relativement
au tribunal dont elle estime qu'il aurait du connaître de l’affaire. Elle a la faculté sur le
fondement de l’article 89 d’évoquer le fond.
Il faut bien distinguer ce cas du cas où le tribunal a le droit en vertu de l’article 78 de
statuer à la fois sur la compétence et sur le fond suite à un recours qui est
nécessairement un appel. lorsque la décision aura été rendue en premier et dernier
ressort,cet appel ne portera que sur la compétence, en revanche, il pourra porter sur
l’ensemble de la décision quand celle-ci sera en premier ressort ; dans cette dernière
hypothèse, si la Cour d'appel infirme le jugement sur la compétence et si elle est une
juridiction d’appel. Par rapport au tribunal qu'elle estime compétent, elle peut statuer
sur le fond mais ici, il ne s’agit pas d’une évocation. Il s’agit d’une extension légale de
l’effet dévolutif, la cour à cette occasion ne fait qu'exercer sa plénitude de juridiction
que consacre l’article 79.
Section 2 : L’opposition :
Cette opposition, c'est une voie de recours de droit commun prévue à l’article 571 qui
permet à une partie défaillante de faire rétracter un jugement qui a été rendu par défaut
et par l’effet de laquelle l’affaire revient devant le tribunal qui a statué la première fois.
L’opposition permet de rétablir la contradiction au profit du défendeur qui n’a pas
comparu lors de l’instance éteinte par le jugement. Cette opposition, c'est en réalité
une voie de recours en voie de disparition tout simplement parce que les hypothèses
dans lesquels un jugement sera rendu par défaut se raréfient.
§1 La recevabilité de l’opposition :
Les conditions de fond sont donc énoncées à l’article 571 qui prévoit que cette voie de
recours n’est ouverte qu'à l’encontre de jugement rendus par défaut dans les conditions
de l’article 473 du nouveau code de procédure civile. Il faut tenir compte du fait que
beaucoup de dispositions légales écartent l’opposition à l’égard de certains nombres de
jugements pourtant rendus par défaut.
L’opposition n’est ouverte qu'aux défaillants, c'est-à-dire qu'à une partie à l’instance
qui a abouti à un jugement rendu par défaut et qui ne s’est pas laissé jugé une seconde
fois par défaut comme l’exige l’article 578.
Cette partie défaillante doit bien entendu avoir un intérêt à agir, ce qui conduit à exiger
que le jugement rendu lui fasse grief au moins partiellement.
Elles tiennent à l’exigence d’un délai et dans le respect des formes de l’acte
d’opposition.
Elle doit être formée dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement
par défaut au défaillant qui désire faire opposition. C'est un délai extrêmement court,
c'est la raison pour laquelle le président de la juridiction a le pouvoir de relever
l’opposant de sa forclusion lorsque ce dernier n’a pu agir dans le délai sans faute de sa
part soit parce qu'il n’a pas eu connaissance du jugement en temps utile, soit parce
qu'il a été dans l’impossibilité d’agir. Quant à l’exigence de forme de l’opposition,
l’opposition est formée devant la juridiction qui a rendu le jugement attaqué. Cette
opposition doit être formée dans les formes prévues pour chaque type de juridiction.
Cela peut être une assignation devant le tribunal de grande instance ou une citation
devant le tribunal d’instance.
§ La procédure d’opposition :
La première exigence est posée par l’article 574 qui dispose que l’opposition doit être
motivée et qu'elle doit également indiquer les moyens du défaillant. Cette obligation
est essentielle car le défaut de motivation constitue un vice de forme entraînant une
nullité s’il existe un grief. C'est la même instance qui se poursuit, l’opposition étant
porter devant les mêmes juges. L’affaire est donc jugée selon les règles applicables de
la juridiction primitivement saisie. Bien entendu, le juge va commencer par vérifier la
recevabilité de l’opposition et ensuite vérifier la recevabilité des prétentions des parties
et cela, en fonction de la demande initiale ce qui signifie que chaque partie conserve la
qualité processuelle qu'elle avait dans l’instance primitive. Le défaillant auteur de
l’opposition reste le défendeur tandis que le demandeur primitif conserve cette qualité
et tout ce qui en résulte sauf si, bien entendu, il y a modification du contenu des
écritures par la formulation de demandes incidentes. Sinon, a ce stade, le tribunal va
tout simplement procéder à un examen nouveau et complet au fond. Au final, le
jugement rendu peut-être de deux natures ou du moins peut adopter deux solutions :
- Tout d’abord, il peu déclarer l’opposition irrecevable ou non fondé, le premier
jugement va alors s’appliquer, le jugement rendu sur opposition redonne au premier
jugement son efficacité provisoirement tenue en suspens par l’opposition et les effets
du jugement ainsi rendus remontent donc au jour du premier jugement.
- Le tribunal peut avoir déclaré l’opposition bine fondé, l’article 572 alinéa 2
dispose alors que le jugement rendu sur opposition rétracte le premier jugement qui est
anéanti.
Si le défaillant se laisse juger une seconde fois par défaut, l’article 578 lui ferme la
possibilité de former une nouvelle opposition, on applique la règle selon laquelle :
« opposition sur opposition ne vaut ».
L’opposition a un effet suspensif du jugement rendu par défaut de même que son délai
à moins que l’exécution provisoire n’ait été accordée et dans cette dernière hypothèse,
si le jugement est rétracté, il faudra revenir sur les actes d’exécution accomplis et
envisager la question de la réparation envers le défaillant.
L’opposition a un effet dévolutif, l’article 572 alinéa 1 dispose que le jugement
primitif est remis dans son entier à l’appréciation des juges et du même juge qui se voit
déférer tous els points jugés par défaut pour qu'il soit statué à nouveau en fait et en
droit. Ce qui implique aussi qu'aucun chef de prétention nouveau ne peut être présenté.
Enfin, dans l’hypothèse où il y aurait une pluralité de défaillants, l’opposition formée
par l’un d’entre eux ne profite qu'à l’opposant et ne profite ni ne nuit aux autres.
CHAPITRE II : LES VOIES DE RECOURS EXTRAORDINAIRES :
Il s’agit de voies de recours qui ne sont ouvertes que dans les cas spécifiés par la loi et
n’ont pas en principe d’effet suspensif.
L’article 605 prévoit que le pourvoi n’est ouvert qu'à l’encontre d’une décision
contentieuse ou gracieuse rendue en dernier ressort, il peut s’agir de jugement définitif
sur le fond mais aussi de décisions qui dans leur dispositif tranchent une partie du
principal et ordonnent une mesure d’instruction ou provisoire. Il peut encore s’agir de
jugements qui statuent sur des exceptions de procédure, des fins de non recevoir ou
tout autre incident mettant fin à l’instance. Le recours en cassation peut aussi être
différé, c'est le cas en ce qui concerne le jugement avant dire droit qui peut être frappé
d’un pourvoi avec le jugement sur le fond sous la réserve d’un excès de pouvoir ou
d’une violation d’un principe fondamental de procédure qui ouvre une cassation
immédiate grâce à un pourvoi nullité.
En ce qui concerne le pourvoi à titre principal, l’article 609 dispose de façon générale
que toute partie qui y a intérêt est recevable à se pourvoir en cassation, il faut donc
avoir été partie à l’instance du jugement attaqué ou y avoir été représenté, il faut bien
entendu être capable et ensuite justifier d’un intérêt, c'est-à-dire avoir succombé
partiellement ou totalement et les mêmes conditions doivent être réunies en la
personne du défendeur. Néanmoins, ce texte prévoit aussi qu'une partie peut se
pourvoir même si la disposition du jugement qui lui est défavorable ne profite pas à
son adversaire ce qui implique que, en matière contentieuse, il importe peu que la
condamnation ait été prononcée à l’encontre ou au profit d’une personne qui n’était
pas partie à l’instance. Quant à la matière gracieuse, il convient de signaler l’article
610 qui précise logiquement que le pourvoi en cassation est recevable même en
l’absence d’adversaire. En ce qui concerne le pourvoi incident ou provoqué, l’article
614 prévoit en fait de se référer aux règles prévues pour l’appel incident ou provoqué
avec quelques particularités mentionnées à l’article 1010. Quant à l’intervention de
tiers, elle est soumise à des conditions restrictives puisque seule est admis
l’intervention volontaire formée à titre accessoire dès lors qu'elle est justifiée par des
circonstances exceptionnelles.
Le ministère public peut se pourvoir en cassation contre la décision rendue si il a été
partie principale mais même s’il n’a pas été partie principale, le ministère public peut
se pourvoir en cassation dans deux cas :
- Tout d’abord, il peut se pourvoir en cassation dans l’intérêt de la loi alors même
que le jugement rendu n’est pas attaqué par les parties. Ce pourvoi prévu à l’article 17
de la loi du 3 juillet 1967 vise à faire cesser une violation de la loi et se trouve réservé
au procureur général près de la Cour de Cassation. Il peut être formé contre toute
décision même exécutée même rendue en premier ressort sans qu'aucun délai ne soit
prévu. L’originalité de ce pourvoi tient à ce qu'il ne vise qu'à protéger l’intérêt général,
par conséquent, il ne peut pas affecter la situation des parties entre lesquelles le
jugement existe et qui ne peuvent pas s’en prévaloir pou éluder l’exécution de la
décision qui serait cassée.
- LE ministère public peut aussi se pourvoir en cassation pour faire sanctionner
un excès de pouvoir, ce pourvoi est prévu par l’article 18 de la loi du 3 juillet 1967, il
est toujours formé par le procureur général près de la Cour de Cassation mais sur
prescription du garde des sceaux. Ce pourvoi est ouvert chaque fois qu'un juge
méconnaît le principe de séparation des pouvoirs, s’attribue une prérogative que la loi
ne lui accorde pas ou bien encore, viole un principe fondamental de procédure. Aucun
délai n’est prévu, par contre, les parties mises en cause disposent d’un délai pour
déposer leur mémoire sachant qu'ici, le ministère d’avocat n’est pas obligatoire. Les
enjeux sont importants car si la Cour de Cassation casse l’acte du juge qui peut être
juridictionnel ou non,cette annulation va avoir un effet ergua omnes et les parties
pourront s’en prévaloir.
L’article 604 tend à faire condamner la non-conformité du jugement qu'il attaque aux
règles de droit. Cette formule a pour mérite de mettre en valeur la fonction essentielle
de la Cour de Cassation qui est d’assurer l’interprétation des règles de droit, par contre,
elle ne donne aucune précision sur ce qu'il faut considérer comme une violation de la
loi or celle-ci peut prendre de multiples formes comme le sous entend l’article 978 qui
prévoit que le mémoire du demandeur au pourvoi contienne les moyens de droit
invoqués, chaque moyen devant préciser le cas d’ouverture à cassation ce qui implique
qu'il en existe plusieurs.
Ce sont les auteurs qui ont dressé la liste de ces cas, on en distingue en principe 7 :
Le premier cas le plus classique est la violation de la loi comprise comme la mauvaise
interprétation d’une règle de droit mais aussi comme un mauvaise application du droit
aux faits sachant que le terme de loi est ici prise dans un sens extensif quels que soit la
source et l’objet même de la loi.
Le deuxième cas réside dans l’excès de pouvoir qui au sens large se définit comme le
fait pour un juge se s’arroger des pouvoirs qu'il n’a pas, de porter atteinte à des
principes fondamentaux de procédure ou bien encore d’émettre des appréciation
outrageantes pour une personne déterminée sans utilité pour le litige. Un excès de
pouvoir négatif est également possible lorsque le juge refuse d’utiliser un pouvoir qui
lui est attribué.
Le troisième cas est l’incompétence, les parties ne pouvant jamais l’invoquer pour la
première fois devant le juge de cassation puisque l’exception d’incompétence s’exerce
avant toute défense. L’incompétence ne peut être relevée d’office que si l’affaire
relève d’une juridiction administrative, répressive ou échappe à la compétence des
tribunaux français. Quant à l’incompétence territoriale, elle peut toujours être relevée
d’office en matière gracieuse et uniquement lorsque l’affaire concerne l’état des
personnes en matière contentieuse ou quand la loi réserve expressément l’affaire à une
juridiction.
L’inobservation des formes, il s’agit des formes prescrites à peine de nullité soit dans
les actes de procédure soit dans les jugements. Ce cas d’ouverture est en réalité peu
utilisé car le nombre de formalités sanctionnées par la nullité est de plus en plus
réduite et il existe aussi une procédure de réparation des erreurs et omissions
matérielles.
La contrariété de jugement, elle peut prendre deux formes évoquées aux articles 617 et
618. L’article 617 envisage d’annuler un jugement rendu en méconnaissance d’une
décision ayant statué avec autorité de la chose jugée. Lorsque la contrariété est
constatée, la décision la plus récente est cassée. L’article 618 envisage une autre
éventualité, celle de deux décisions inconciliables et susceptibles ni l’une ni l’autre de
recours ordinaires.
§2 La procédure du pourvoi :
En réalité, il faut distinguer selon que la procédure est avec ou sans représentation
obligatoire par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation. Le point commun
de ces procédures est leur caractère essentiellement écrit, ce qui oblige à accomplir les
actes de procédure dans les formes et dans les délais requis à peine d’irrecevabilité du
recours.
En ce qui concerne tout d’abord l’absence d’effet suspensif, il convient de rappeler que
la mise en œuvre du pourvoi en cassation n’interdit pas l’exécution de la décision
frappée du pourvoi ce qui implique que quand cette décision est cassée, il y a lieu à
restitution mais celle-ci ne pourra être imputée à faute et les intérêts des sommes
restituables ne courront qu'à compter de la mise en demeure du débiteur qui résulte
tout simplement de la notification de l’arrêt de cassation.
LE pourvoi n’est pas un obstacle à l’exécution de la décision critiquée, bien au
contraire, si l’on se réfère à l’article 1009-1 du nouveau code de procédure civile, cette
exécution est même une condition du pourvoi, en effet, cet article dispose qu'hors les
matières ou le pourvoi empêche l’exécution de la décision attaquée, le premier
président peut décider à la demande du défendeur et après avis du procureur général et
observations des parties, le retrait du rôle d’une affaire lorsque le demandeur ne
justifie pas avoir exécuté la décision frappée du pourvoi.
Exceptionnellement, des dispos particulières peuvent conférer au pourvoi un effet
suspensif, c'est le cas en matière d’état des personnes, de nationalité, de divorce ou de
séparation de biens.
Le pourvoi n’est pas une voie de dévolution car la chose jugée n’est pas remise en
cause pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit, le pourvoi ne vise qu'à
permettre l’annulation de décisions contraires aux règles de droit. La Cour de
Cassation ne connaît donc que des questions de droit et dans la limite des moyens de
cassation qui lui sont proposés. Ce qui veut dire que l’étendue de la saisine de la Cour
de Cassation est délimitée par les moyens de cassation qui lui sont soumis.
Néanmoins, il ne faut pas oublier que la saisine de la Cour de Cassation au regard des
questions de droit peut s’étendre naturellement. Ne serait-ce que tout d’abord parce
que le défendeur peut étendre la saisine à d’autres chefs que ceux invoqués par le
demandeur, en outre, la Cour de Cassation a le pouvoir de soulever d’office les
moyens de cassation, moyens de pur droit ou d’ordre public, qui sont par hypothèse
des moyens de droit à condition qu'elle ait invité les parties à présenter leurs
observations.
Cette Cour de Cassation est juge du jugement critiqué et non de l’affaire, c'est ce qui
explique la règle de l’article 619 alinéa 1 qui déclare les moyens nouveaux
irrecevables. Le moyen nouveau est défini comme celui que la partie aurait pu
soulever devant les juges du fond mais qui ne l’a pas été. Cette règle connaît cependant
deux exceptions, tout d’abord, des moyens nouveaux peuvent être invoqués pour la
première fois devant la Cour de Cassation s’il s’agit de moyens de pur droit ou de
moyens nouveaux touchant à l’ordre public dès lors qu'il résulte de pièces déjà
produites devant les premiers juges.
Des moyens nouveaux tirés de la décision elle-même peuvent invoqués pour la
première fois devant la Cour de Cassation. Il en résulte en fait que le litige n’est pas
aussi figé qu'on le croit devant la Cour de Cassation, qu'il peut évoluer à l’initiative de
la cour mais seulement sur les éléments de droit
Section 2 : la tierce opposition :
Elle est régie par les articles 589 à 592, elle tend à faire rétracter ou réformer un
jugement au profit d’un tiers qui l’attaque parce que ce jugement, en modifiant la
situation juridique de l’une de parties, a lésé les intérêts de ce tiers. Ce dernier est alors
habilité à remettre en question les points jugés pour défendre ses droits.
Tantôt une voie de rétractation tantôt une voie de réformation, si la tierce opposition
est formée à titre principal, elle est jugée par la juridiction qui a rendu la décision
attaquée et le nouveau code de procédure civile prévoit que le jugement peut alors être
rendu pares mêmes juges qu'il s’agit de faire revenir sur leur position. Si la tierce
opposition est formée à titre incident, elle peut être soit une voie de rétractation, soit
une voie de réformation. Elle peut être tout d’abord une voie de rétractation dans
l’hypothèse suivante : le juge saisi du principal doit renvoyer l’examen de la tierce
opposition incidente au juge qui a rendu la décision attaquée soit parce que ce dernier
est de degré supérieur au sien, soit parce qu'il bénéficie d’une compétence exclusive.
Cette tierce opposition incidente est une voie de réformation dans l’hypothèse
suivante : le juge saisi de la tierce opposition incidente à la contestation principale peut
statuer sur un jugement rendu par une autre juridiction dès lors qu'il est de degré
supérieur à celui qui a statué ou s’il est de degré égal parce qu'aucune règle de
compétence n’y fait obstacle.
On distingue en fait trois points forts, tout d’abord les décisions susceptibles de tierce
opposition, les titulaires et enfin, le respect du délai.
En ce qui concerne les décisions susceptibles de tierce opposition, l’article 585 confère
à la tierce opposition un domaine général, en matière contentieuse, tout jugement est
susceptible de tierce opposition quelle que soit la juridiction qui a statué ou la
qualification du jugement sauf disposition légale expresse, on en trouve en matière de
filiation et de séparation des biens. En cas d’excès de pouvoir ou de violation d’un
principe fondamental de la procédure, la tierce opposition nullité est ouverte.
En matière gracieuse, on distingue selon que la décision est rendue en premier ressort.
La tierce opposition n’est alors ouverte qu'aux tiers auxquels la décision n’a pas été
notifiée. Lorsque la décision est rendue en dernier ressort, au premier comme au
second degré, la tierce opposition est ouverte aux tiers même si la décision leur a été
notifiée.
Il arrive que certains tels que les créanciers d’une partie, par conséquent, représentés
puissent former tierce opposition si par exemple, le jugement a été rendu en fraude de
leur droit ou s’ils peuvent invoque des moyens qui leur sont propres. Concernant la
condition du délai, tout d’abord, en ce qui concerne la tierce opposition principale, le
délai de prescription est de trente ans à compter du jugement sauf exception légale et
sous réserve que la décision n’est pas été notifiée aux tiers car dans cette hypothèse, le
délai est abrégé à deux mois. Quant à la tierce opposition incidente, elle peut être
formée sans limitation de temps dès lors que le procès est pendant. Tant que le procès
est en coure, la tierce opposition incidente peut être formée.
En ce qui concerne la tierce opposition principale, elle est formée comme une
demande principale dans la forme requise par la juridiction qui a rendu la décision. La
juridiction est nécessairement celle qui a rendu le jugement attaqué composée
différemment ou non mais peu importe. Quant à la tierce opposition incidente, elle est
formée de la même manière que les demandes incidentes devant le juge saisi du
principal ou comme demande de la même manière que la demande principal devant le
juge compétente, dans toutes les hypothèses où la tierce opposition constitue une voie
de réformation. Lorsque la tierce opposition est compétente, la juridiction est en
principe celle saisie de l’instance en cours. Néanmoins, la prorogation de compétence
est doublement opérée, d’une part parce que si l’instance en cours se déroule devant
une juridiction inférieure à celle dont le jugement est attaquée, la tierce opposition doit
nécessairement être portée devant la juridiction dont émane ce jugement et si ces
juridictions sont de rang égal, la tierce opposition doit être portée devant celle dont la
compétence est exclusive. L’instance elle-même se déroule conformément à la
procédure de droit commun applicable à la juridiction qui doit statuer, l’issue de la
tierce opposition est double. Le juge peut admettre la tierce opposition, la décision
attaquée devient alors inopposable aux tiers sur les chefs qui lui faisaient grief. Par
contre, elle conserve ses effets entre les parties, même sur les chefs annulés sauf
indivisibilité.
Le juge peut rejeter la tierce opposition, débouter le tiers opposant et le jugement aura
alors autorité de la chose jugée à son égard.
En ce qui concerne les voies de recours sur ce jugement rendu sur tierce opposition,
l’article 592 prévoit que ce jugement est susceptible des mêmes recours que les
jugements de la juridiction dont il émane.
Tout d’abord, il faut noter l’absence d’effet suspensif, la tierce opposition ne suspend
pas l’exécution du jugement critiqué, toutefois, il est possible pour le juge saisi de la
tierce opposition de suspendre cette exécution lorsque celle-ci risque d’être
dommageable au tiers opposant. Cette possibilité d’un effet suspensif judiciaire est
prévue à l’article 579.
La tierce opposition a par contre un effet dévolutif exprimé à l’article 582 qui dispose
que la tierce opposition remet en cause les points jugés qu'elle critique pour qu'il soit à
nouveau statué en fait et en droit. Il n’est cependant pas question de formuler de
nouvelles demandes.
Il est défini à l’article 593 comme le recours qui tend à faire rétracter un jugement
passé en force de chose jugée pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit.
Les conditions concernent tout d’abord les cas d’ouverture de ce recours, les titulaires
de ce recours, les décisions susceptibles de ce recours et le délai.
Il est réservé aux personnes qui étaient parties ou représentées au jugement dès lors
qu'elles sont aussi capables et qu'elles ont un intérêt à agir.
Quant aux décisions susceptibles de ce recours, il s’agit de toute décision quelle que
soit la juridiction qui a statué et la matière objet du jugement à condition que le
jugement soit passé en force de chose jugée.
D. Le délai :
§2 La procédure :
Dans le cadre de ce recours, il s’agit de revenir devant le juge qui a statué initialement,
si cette décision est demandée à titre principal, elle doit être formée par citation, si elle
est sollicitée à titre incident, elle est formée par voie de conclusions si cette demande
est dirigée contre un jugement produit au cours d’une instance et devant la juridiction
dont émane le jugement. Ou alors par citation, si la révision est sollicitée à l’occasion
d’une instance pendante devant une autre juridictions.
Dans cette procédure, toutes les parties doivent être appelées à l’instance, ainsi que le
ministère public auquel le recours a été communiqué. Lors de cette révision, le juge
doit tout d’abord examiner la recevabilité du recours et peut dans le même jugement
statuer sur le fond du litige.
Ils sont invoqués à l’article 579 et 599. Tout d’abord, le recours en révision n’a pas
d’effet suspensif à l’égard du jugement suspecté de fraude. Néanmoins, quand un
plaideur déclare qu'il va exercer ce recours contre un jugement produit dans une
instance pendante devant une juridiction autre que celle qui l’a rendue. Cette
juridiction peut soit passer outre soit surseoir à statuer jusqu’à l’intervention de la
décision sur la révision.
CE recours en révision a en revanche un effet dévolutif puisqu’il remet en cause la
chose jugée pour qu’il soit à nouveau statué en droit et en fait, cette révision peut ne
porter que sur un ou plusieurs chefs u jugement attaqué et ils seront alors seuls
rétractés à moins que tous les chefs soient en étroites dépendance et dans ce cas, le
jugement est anéanti dans sa totalité.
Le jugement qui rétracte la décision attaquée va alors se substituer à elle et la
rétractation va aussi par voie de conséquence entraîner l’annulation e toutes les
décisions rendues en application du jugement rétracté.
Ce jugement qui statue en révision ne peut pas être attaqué par cette voie sauf si une
cause de révision se révèle ultérieurement. En principe, ce jugement qui statue en
révision peut être attaqué par les voies de recours traditionnellement ouvertes.