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Rapport de Capitalisation Version Finale 2024 - FAO LRI

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CAPITALISATION DES ACQUIS DU PROJET

« APPUI A LA STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT


AGRICOLE A MADAGASCAR »
(TCP/MAG/3808)

RANDRIANARISON Narilala
Consultant en capitalisation des acquis de projet

Février
2024
SOMMAIRE

3. LISTE DES FIGURES

4. LISTE DES TEMOIGNAGES

5. RESUME

7. INTRODUCTION

9. METHODOLOGIE

11. Renforcement de capacité technique et organisationnelle du LRI : réhabilitation de la


pédothèque, rénovation des matériels, formation du personnel sur les mesures de
sécurité au laboratoire, pour une meilleure efficacité dans la recherche scientifique
15. Identification de pratiques agricoles durables, efficientes et appropriées aux contextes
des Hautes Terres malgaches et conception de paquets technologiques, pour une
meilleure valorisation des résultats de la recherche scientifique
21. Mise en place de parcelles de démonstration pour l’application en milieu paysan et
la diffusion des paquets technologiques conçus, pour une amélioration durable des
revenus et des conditions de vie des producteurs
40. CONCLUSION

41. Propositions de mise à l’échelle des bonnes pratiques établies dans le cadre de ce
projet
44. ANNEXE

2
LISTE DES FIGURES

12. Figure 1 : Ordinateurs dotés au LRI

13. Figure 2 : Pédothèque, LRI

14. Figure 3 : Laboratoire des radioisotopes, Antananarivo

17. Figure 4 : Schéma conceptuel des méthodes adoptées pendant l’identification des
paquets technologiques

21. Figure 5 : Variété « japonais »

22. Figure 6 : Variété CAL98 (vangamena)

23. Figure 7 : Formation des producteurs à Mahitsy

24. Figure 8 : Agroforesterie – cultures de Haricot


Figure 9 : Assocation de cultures : Haricot et Maïs

25. Figure 10 : Dispositif en billons en cours du cycle de culture de tomate à Mahitsy


Figure 11 : Dispositif en planches au début de plantation à Imerintsiatosika

27. Figure 12 : Produits phytosanitaires utilisés pour la lutte chimique


Figure 13 : Réception, matériels à Imerintsiatosika
Figure 14 : Réception, matériels à Mahitsy

31. Figure 15 : Détérioration de la qualité de tomates, attaquées par les bioagresseurs à


Mahitsy
35. Figure 16 : ROBJAONA Alain Bruno, Point Focal à Mahitsy

35. Figure 17 : RASOLOFOMANANA Jean Baptiste, Point Focal à Imerintsiatosika

3
LISTE DES TEMOIGNAGES

13. Pr. RAZAFIMBELO Tantely, Directeur du LRI.

34. Producteurs de haricot, bénéficiaires du projet à Mahitsy

34. Producteurs de haricot, bénéficiaires du projet à Imerintsiatosika

34. TOLOJANAHARY Hajaniaina Luc Marius, point focal à Behenjy

35. Producteurs de tomate, bénéficiaires du projet à Mahitsy (lors des entretiens focus
group)
35. RASOLOFOMANANA Jean Baptiste, producteur de tomates à Imerintsiatosika

4
RESUME

Dans les pays en développement et agricoles comme Madagascar, la valorisation des résultats de la
recherche scientifique revêt une importance capitale pour atteindre les Objectifs de Développement
Durable (ODD) dont principalement l’ODD1 : « Eliminer la pauvreté » à travers l’augmentation de
revenu engendrée par la mise en place de nouvelles pratiques plus productives et résilientes ;
l’ODD2 : « Eliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir
l’agriculture durable » à travers l’amélioration de la production agricole et la mise en place des
pratiques agricoles durables ; l’ODD13 : « Prendre d’urgences des mesures pour lutter contre les
changements climatiques et leurs répercussions » à travers la diffusion de pratiques agricoles et
modes de gestion durable. C’est dans cette optique que la FAO en collaboration avec le Ministère
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESupReS) à travers le Laboratoire
des RadioIsotopes (LRI) ont conçu le projet d’appui à la stratégie de développement agricole de
Madagascar.
Ce projet, qui s’est focalisé sur les Hautes Terres malgaches dont Mahitsy (Région Analamanga),
Behenjy (Région Vakinankaratra) et Imerintsiatosika (Région Itasy), avait pour objectif de
valoriser les résultats de la recherche scientifique, qui sont peu connus et sous-utilisés, pour une
amélioration durable des revenus et des conditions de vie des producteurs. L’atteinte de cet objectif
s’appuyait principalement sur deux composantes dont le renforcement de capacité technique et
organisationnelle du LRI et la mise en application auprès des producteurs de pratiques agricoles
durables, efficientes et appropriées leur permettant d’améliorer durablement la production agricole.
Le présent rapport vise à capitaliser les acquis dans le cadre de ce projet. La méthodologie de
capitalisation adoptée comportait trois étapes successives dont l’identification et la caractérisation,
la description et l’analyse des expériences réussies. La collecte de données a été organisée en
deux étapes, à savoir la revue des documents de projet disponibles et les entretiens individuels et
en focus group avec les acteurs impliqués. Le traitement et l’analyse des données et informations
obtenues mais aussi la considération des diverses réalisations dans le cadre de ce projet ont
permis de ressortir les trois (3) expériences ci-après :
Le renforcement de capacité technique et organisationnelle du LRI via la réhabilitation de la
pédothèque, la rénovation des matériels utilisés et la formation du personnel sur les règles de
sécurité à respecter en laboratoire, a permis d’améliorer le fonctionnement dans la conduite des
activités de recherche tout en s’orientant davantage vers la mise en place d’une démarche qualité.
L’identification de pratiques agricoles durables, efficientes et adaptées aux contextes des Hautes
Terres malgaches et la conception de paquets technologiques ont conduit à une meilleure valorisation
des résultats de la recherche scientifique, en proposant diverses possibilités techniques pouvant
permettre d’augmenter la production et ainsi les revenus des producteurs, répondre à certains

5
aspects problématiques du changement climatique et contribuer à l’effort pour la mise en place
d’une agriculture durable mais aussi l’amélioration de la nutrition et de la sécurité alimentaire.
La mise en place de parcelles de démonstration pour l’application en milieu paysan et la diffusion
des paquets technologiques conçus a permis d’observer l’acceptabilité des pratiques identifiées,
transférer des nouvelles compétences techniques à l’endroit des producteurs, nourrir la recherche
par l’intermédiaire de démarche de co-construction impliquant les bénéficiaires, repérer de
nouvelles pistes de recherche et enfin contribuer à l’amélioration durable des revenus et des
conditions de vie des producteurs.
Pour la mise à l’échelle concernant la diffusion des bonnes pratiques, il est recommandé de
s’appuyer sur des structures locales, de préférence des groupements de producteurs déjà
existants et fonctionnels voire formels (incluant les groupements villageois d’épargne et de crédit).
Cette option n’écarte pas la possibilité d’en créer d’autres, c’est-à-dire des nouveaux groupements
de producteurs, qui doivent être in fine autonomes et capables de pérenniser les actions de
développement mises en œuvre grâce notamment à des renforcements de capacité. La mise en
place de paysans leader est aussi recommandée à condition de bien faire le choix, le suivi et
l’accompagnement et ensuite d’organiser des renforcements de capacité en termes de leadership,
d’organisation des activités et d’animation. Pour la diffusion proprement dite, il peut être envisagé
la mobilisation de l’outil Champ-Ecole Paysan (CEP), qui est un espace de concertation locale,
de partage, d’échange et de diffusion des pratiques éprouvées auprès des producteurs membres
ou non (incluant ainsi la diffusion spontanée). Des renforcements de capacité technique, avec
utilisation de supports de formation appropriés pour les producteurs, sont aussi conseillés en
matière de lutte intégrée pour promouvoir une agriculture durable. Enfin, la mise en œuvre de
ces diverses recommandations émises peut être confiée à des organismes non-gouvernementaux
(ONGs) intervenant localement, qui avant de s’engager doivent être impliqués dans un atelier de
partage et d’échange sur les acquis dans le cadre de ce projet, avec la contribution de la FAO et
du LRI mais aussi les acteurs potentiellement impliqués dans le cadre de la mise à l’échelle de la
diffusion des bonnes pratiques établies.

6
INTRODUCTION

Dans les pays en développement et agricoles comme Madagascar, la valorisation des résultats de la
recherche scientifique revêt une importance capitale pour atteindre les Objectifs de Développement
Durable (ODD) dont en particulier l’ODD 1 : « Eliminer la pauvreté » à travers l’augmentation de revenu
engendrée par la mise en place de nouvelles pratiques plus productives et résilientes ; l’ODD 2 : «
Eliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir l’agriculture
durable » à travers l’amélioration de la production agricole et la promotion de pratiques agricoles
durables et l’ODD 13 : « Prendre d’urgences des mesures pour lutter contre les changements
climatiques et leurs répercussions » à travers la diffusion de pratiques agricoles et modes de
gestion durables. C’est justement dans cette optique que la FAO en collaboration avec le Ministère
de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESupReS) à travers le Laboratoire
des RadioIsotopes (LRI) ont développé le projet d’appui à la stratégie de développement agricole
de Madagascar.
Ce projet, qui s’est focalisé sur les Hautes Terres malgaches, avait pour objectif de mettre à
l’échelle les résultats de la recherche scientifique pour une amélioration durable des revenus
et des conditions de vie des producteurs. L’atteinte de cet objectif s’appuyait principalement sur
deux composantes dont (i) le renforcement de capacité technique et organisationnelle du LRI via la
réhabilitation de la pédothèque, la rénovation des matériels utilisés et la participation du personnel
à une formation sur les mesures de sécurité à respecter au laboratoire et (ii) la mise en application
auprès des producteurs de pratiques agricoles durables, efficientes et appropriées leur permettant
d’améliorer durablement la production agricole.
La mise en œuvre de ce projet s’appuyait sur les résultats de recherche disponibles au sein du LRI
mais aussi d’autres organismes nationaux et internationaux d’enseignement, de recherche et/ou
de développement (ESSA, FOFIFA, GSDM, CIRAD, etc.). Les données socio-économiques mobilisées
ont été puisées dans le cadre d’autres projets de recherche et de développement comme le Projet
SECURE.
Généralement, les résultats de recherche disponibles portent sur des problématiques essentielles
liées au développement agricole des Hautes Terres malgaches. Cependant, ils sont encore perçus
comme étant sous-utilisés et peu connus par les utilisateurs finaux, c’est-à-dire les producteurs.
Par conséquent, il a été mené dans le cadre de ce projet l’identification et la conception de paquets
technologiques durables, efficients et appropriés aux contextes des Hautes Terres malgaches
suivies de la mise en application dans les trois sites d’intervention choisis dont Mahitsy (Région
Analamanga), Behenjy (Région Vakinankaratra) et Imerintsiatosika (Région Itasy).

7
Le présent rapport vise à capitaliser les expériences réussies dans le cadre du projet. Il s’agit de
documenter les bonnes pratiques, partager les connaissances, c’est-à-dire les résultats, impacts
et leçons apprises, auprès des organismes de recherche et/ou de développement intervenant dans
le développement agricole de Madagascar. La méthodologie de capitalisation adoptée comportait
trois étapes successives dont l’identification et la caractérisation, la description et l’analyse des
expériences réussies. La collecte de données a été organisée en deux étapes, à savoir la revue
des divers documents de projet et les entretiens individuels et en focus group avec les acteurs
impliqués dans le cadre du projet.
Les expériences considérées sont énoncées ci-après :
• Renforcement de capacité technique et organisationnelle du LRI : réhabilitation de la pédothèque,
rénovation des matériels, formation du personnel sur les mesures de sécurité au laboratoire, pour
une meilleure efficacité dans la recherche scientifique.
• Identification de pratiques agricoles durables, efficientes et appropriées aux contextes des Hautes
Terres malgaches et conception de paquets technologiques, pour une meilleure valorisation des
résultats de la recherche scientifique.
• Mise en place de parcelles de démonstration pour l’application en milieu paysan et la diffusion
des paquets technologiques conçus, pour une amélioration durable des revenus et des conditions
de vie des producteurs.

8
METHODOLOGIE

Processus de capitalisation des acquis


Les étapes successives du processus de capitalisation des acquis considérées dans le cadre de
cette étude sont présentées ci-après :
Etape 1 : Identification et caractérisation des expériences réussies
La première étape du processus de capitalisation consiste à identifier et à caractériser les
expériences réussies dans le cadre du projet. Il s’agit de sélectionner les expériences réussies et
de déterminer les éléments de base faisant leur identité, y compris leur nom (titre de l’expérience)
mais aussi leurs objectifs (objectifs de l’expérience). La caractérisation consiste aussi à bien cadrer
et délimiter chaque expérience réussie. La délimitation, incluant le cadrage spatio-temporel (zone
de couverture, date de début, durée de l’expérience, etc.), permet de mieux se concentrer sur
chaque expérience réussie identifiée.
Etape 2 : Description des expériences
La seconde étape du processus de capitalisation consiste à décrire les expériences réussies
identifiées dans le cadre du projet. C’est un approfondissement du travail de caractérisation par
une description détaillée des différentes étapes identifiées constituant l’expérience (étapes de
l’expérience). Il sera abordé toutes les actions/activités, qui s’articulent et entrent dans le cadre
de la mise en œuvre de chaque étape de l’expérience, mais aussi leurs aspects techniques et/ou
organisationnels (procédés techniques/organisationnels). Les résultats atteints (les réalisations),
les impacts, les externalités et les contraintes/difficultés rencontrées seront également considérés.
Etape 3 : Analyse de l’expérience
L’analyse de l’expérience consiste à expliquer comment et pourquoi les actions/activités ont conduit
aux résultats obtenus ainsi qu’à l’objectif global du projet. Il s’agit aussi d’identifier les facteurs clés
de succès. La prise en compte des facteurs limitant le succès (c’est-à-dire les facteurs empêchant
l’amélioration des résultats) est également importante car cela mène souvent à des meilleures
conclusions. En effet, comprendre clairement l’expérience, c’est-à-dire connaître les raisons pour
lesquelles elle a abouti ou non, est la meilleure façon pour tirer des leçons mais aussi formuler
des recommandations. L’analyse examine également les liens entre les différents facteurs qui ont
façonné l’expérience

9
Méthodologie de collecte des informations
Revue de documents : Consultation de divers documents du projet en utilisant des grilles
d’organisation des informations.
Entretiens avec les acteurs impliqués plus ou moins directement dans la mise en œuvre du projet
dans les 3 sites d’intervention :
• Entretiens individuels avec les responsables techniques auprès de la FAO et du LRI.
• Entretiens focus group auprès des producteurs et entretiens individuels auprès des points
focaux.
Suivi des réalisations sur terrain, prise de photos et mise à jour des informations concernant les
résultats obtenus dans le cadre du projet.
Les détails concernant la méthodologie peuvent être consultés en annexes.

10
Renforcement de capacité technique et organisationnelle du
LRI : réhabilitation de la pédothèque, rénovation des matériels,
formation du personnel sur les mesures de sécurité au
laboratoire, pour une meilleure efficacité dans la recherche
scientifique

Contexte :
Le LRI est un organisme de recherche qui œuvre pour l’amélioration de la production agricole à
Madagascar. Il dispose avec ses différents partenaires nationaux et internationaux d’une panoplie
de résultats de recherche pertinents et adaptés au contexte malgache. Cependant, comme la plupart
des organismes de recherche publics, le LRI est souvent face à diverses contraintes d’ordres
matériel, organisationnel et fonctionnel. Des appuis de divers ordres sont ainsi nécessaires.
Le projet vise à fournir les appuis nécessaires au LRI pour le soutenir dans la réalisation de son
objectif premier qui est d’être au service de l’enseignement, de la recherche et du développement.

Approches et bonnes pratiques


Lors de la formulation des activités du projet, les responsables de chaque partie prenante, c’est-à-
dire de la FAO et du LRI, ont discuté pour déterminer les appuis à réaliser auprès du LRI. Durant cet
échange, le LRI a clairement exprimé ses besoins et a établi ensuite une liste prioritaire des appuis
cruciaux pour le laboratoire. Cette identification des besoins a permis d’assurer la pertinence des
activités d’appuis.
Parmi ces activités d’appuis nécessaires figure la dotation en matériels informatiques notamment
des ordinateurs afin de résoudre les problèmes de matériels qui limitent l’efficacité des activités
de recherche. En effet, la disposition d’ordinateurs performants dotés de licence permet non
seulement d’améliorer l’efficacité par rapport aux activités de traitement et d’analyse des données
mais aussi de réduire le risque de perte éventuelle des données. Cette dernière a été soulignée
comme préoccupante dans les activités de recherche.
La mise en place d’une pédothèque suivant les normes internationales pour l’archivage des
échantillons a été également considérée comme essentielle pour un laboratoire d’analyse de sol
comme le LRI. La pédothèque, qui offre un espace pour ranger et archiver les échantillons de
sol, permet d’avoir une rigueur dans le suivi du circuit d’analyse de ces échantillons, ce qui limite
largement les erreurs. Ainsi, le risque de perte et de confusion sur les échantillons peut être
réduit. L’existence de cette pédothèque permet également d’accélérer les activités de recherche.
Après la réhabilitation de la pédothèque, une optimisation du fonctionnement et du mode de
gestion du laboratoire a été envisagée via le renforcement de capacité des personnels. Cette
activité de renforcement de capacité s’avère essentielle pour améliorer l’organisation des activités
et les conditions de travail à travers l’obtention de la consigne de sécurité. Dans le cadre de cette
11
activité, le projet a fait appel à un expert pour des étagères a été proposée par LRI, ce qui
l’offre de formation afin d’assurer la qualité de permet d’obtenir des matériels convenables
la formation et la pertinence du contenu. à leur besoin. Dorénavant, le LRI dispose
d’une meilleure structure pour accueillir
les échantillons du sol, c’est-à-dire de plus
Résultats et effets d’espace pour l’archivage des échantillons,
Grâce à la dotation d’ordinateurs, les chercheurs ce qui réduit le risque de perte d’échantillons
n’auront plus de soucis sur la défaillance de et facilite la traçabilité. Ainsi, le laboratoire
batterie et pourraient travailler efficacement peut dès lors garantir la rigueur dans le suivi
vue la coupure fréquente du courant. De plus, de l’analyse des échantillons, réduisant les
des analyses et des traitements de données erreurs, et s’orienter vers une démarche de
plus rigoureux pourront être effectués grâce à qualité. Grâce à la réhabilitation, le laboratoire
la performance de ces ordinateurs. Une licence pourrait s’aligner aux normes internationales et
de Microsoft Office a été fournie avec les pourrait envisager de meilleure collaboration
ordinateurs mais cette dernière ne fonctionne avec d’autres institutions de recherche tant au
pas. Espérant que le fournisseur répond niveau national qu’international.
favorablement, la possession de cette licence Après la réfection de la pédothèque, le LRI et
authentique permettrait d’assurer la sécurité la FAO ont convenu d’embaucher un expert
des données et d’éviter les bugs. Grâce à la pour soutenir le LRI dans l’amélioration de la
licence, les usagers des ordinateurs peuvent gestion et de l’organisation de ses activités au
aussi probablement récupérer les données niveau du laboratoire. La formation d’une durée
en cas de suppression accidentelle. Il est à de 5 jours s’est déroulée du 18 au 22 décembre
noter que cette collaboration avec la FAO est 2023. Les participants étaient constitués des
le premier projet qui a alloué un budget à la responsables de labo et des techniciens. La
dotation des matériels au laboratoire selon la formation s’est surtout focalisée sur les normes
responsable du LRI et cette initiative est très incluant les consignes de sécurité. Selon les
appréciée. participants, le contenu de la formation était
La pédothèque est réhabilitée et équipée clair et correspond à leurs attentes malgré la
d’étagères, de caissons et de boîtes pour la durée jugée courte. Cette formation a permis
conservation des échantillons de sol. De plus,
les responsables du labo ont été impliqués • Huit ordinateurs adaptés aux activités
dans la rénovation. Par exemple, la dimension de laboratoire acquis.
• Pédothèque réhabilitée et équipée
: étagères, caissons, boîtes pour la
conservation des échantillons de sol.
• Personnels ayant bénéficié de
renforcement de capacité sur le mode
de gestion et de fonctionnement
du laboratoire ainsi que sur les
consignes de sécurité au niveau du
laboratoire.
Figure 1 : Ordinateurs dotés au LRI
12
aux personnels de labo d’acquérir de nouvelles norme exige des infrastructures plus étendues
connaissances comme le rangement des et aérées, ce qui nécessite un investissement
produits chimiques selon le type en lisant pour le laboratoire. A part ces blocages,
l’étiquette afin de limiter l’occurrence de certaines exigences ne sont pas adaptées aux
danger lié à ces produits chimiques. A part la contextes locaux comme l’installation des gaz
séance théorique, le formateur a également dans la cour à cause de l’insécurité. En somme,
visité le laboratoire, examiné ce qui est fait au les connaissances acquises durant la formation
niveau du labo, expliqué ce qui ne correspond permettront aux participants d’améliorer leur
pas aux normes et a donné des conseils pour condition de travail afin de s’aligner aux normes
l’amélioration. La séance théorique combinée malgré les différents obstacles. L’existence
avec la visite du labo permet aux participants de ces obstacles illustre l’importance des
de comprendre concrètement ce qui devrait appuis pour le laboratoire. A part les normes
être fait et amélioré pour suivre les normes. et les consignes de sécurité, un manuel de
Toutefois, le laboratoire fait face à différents procédure sur la gestion et le fonctionnement
obstacles qui ne leur permet pas d’atteindre de la pédothèque a été également attribué aux
les normes. Le principal blocage concerne personnels du labo concernant le mode de
l’inexistence de centre de traitement des déchets gestion et de fonctionnement de la pédothèque.
contenant des produits chimiques issus du labo. L’expert pourrait continuer d’échanger avec
En effet, les déchets (liquide) sont versés dans les personnels en cas de besoin, pour les
les égouts et les verres sont jetés à la poubelle accompagner dans le remplissage du manuel
selon les personnels, ce qui présente un grand de procédure afin d’optimiser le mode de gestion
risque de pollution de l’environnement. Outre et de fonctionnement du labo.
l’absence de centre de traitement de déchets, la En somme, les appuis du projet au sein du LRI
pourraient donner une nouvelle relance aux
activités de recherche.

Témoignage
« Il faut dire que nous, on apprécie l’appui, j’aimerais
que ça soit bien montré (…) Je pense que c’est
important qu’ils appuient un peu les organismes de
recherche car ce sont aussi à la base des activités de
développement. (…) Que ce type d’activités continue
car ça aide LRI…On sait dans quelles conditions
vivent les laboratoires de recherche et les chercheurs
à Madagascar. Si les laboratoires fonctionnent, c’est
à cause de la volonté des chercheurs à faire tourner
le laboratoire. A cause des flops administratives, de
manque d’appui…je pense que ce type de programme,
même si c’est un peu petit, aide les laboratoires ».
RAZAFIMBELO Tantely, Directeur du LRI.

Figure 2 : Pédothèque, LRI

13
5. Leçons apprises et recommandations
L’existence de discussions et d’échanges entre le responsable du LRI et le représentant de la FAO
lors de la formulation du projet, l’alignement des objectifs des deux institutions, l’existence de réels
besoins d’amélioration au niveau du LRI et l’identification de ces besoins ainsi que l’initiative née
entre les deux institutions sont les principaux facteurs clés de réussite de cette expérience.
Les échanges et partages entre les institutions œuvrant dans le développement permettent de
formuler et de réaliser des appuis répondant aux besoins du laboratoire. En effet, l’implication du
bénéficiaire dans la conception du projet assure la pertinence des activités à mettre en œuvre et
constitue une motivation pour chaque partie prenante dans le respect de leur engagement respectif.
La complémentarité des appuis, c’est-à-dire la réhabilitation de la pédothèque suivie du renforcement
de capacité des personnels sur les modes de gestion et de fonctionnement du laboratoire, permet
de pérenniser les effets voulus de la rénovation en termes d’efficacité et d’efficience. Il a été
recommandé par le responsable que le renforcement de capacité soit réalisé en groupe pour
s’assurer que les personnels reçoivent les mêmes informations et soient au fait des nouvelles
pratiques et procédures en même temps.
Cette expérience montre l’importance de soutenir les laboratoires de recherche afin d’améliorer
leur efficacité et leur efficience dans la mise en œuvre de leurs activités. En effet, les appuis
insufflent une nouvelle dynamique aux activités de recherche du LRI. Il est à noter que ce dernier
est à la base des activités de développement en proposant des pratiques agricoles efficaces et
prouvées scientifiquement à diffuser auprès des producteurs.
Néanmoins, des contraintes liées aux procédures administratives freinent la réalisation des
activités du projet. Le déblocage des fonds suit une procédure lourde, entraînant des retards dans
la mise en œuvre des activités. En outre, le plan de construction de la pédothèque a été déjà
finalisé et recommencé, ce qui a entravé la progression de la mise en œuvre du projet.
Concernant la dotation en matériels informatiques, la clé de licence fournie par le prestataire ne
fonctionne pas. Les ordinateurs ne sont donc pas pour le moment dotés d’une suite bureautique avec
une licence valide. Il est recommandé de vérifier les matériels et fournitures avec le fournisseur
lors de la livraison afin d’éviter une telle situation.
A part la dotation en matériels informatiques, le laboratoire solliciterait un soutien en fournitures et
consommables si possible. Les fournitures et consommables constituent d’importantes dépenses
dans les laboratoires comme le LRI.

Figure 3 : Laboratoire des radioisotopes, Antananarivo

14
Identification de pratiques agricoles durables, efficientes et
appropriées aux contextes des Hautes Terres malgaches et
conception de paquets technologiques, pour une meilleure
valorisation des résultats de la recherche scientifique

Contexte
La pauvreté et l’insécurité alimentaire frappent les ménages ruraux à Madagascar incluant ceux
des Hautes Terres. Différents facteurs sont à l’origine de cette situation parmi lesquels figurent la
saturation des bas-fonds conduisant à l’exploitation des tanety et la productivité faible liée à fertilité
du sol et au changement climatique. Afin de proposer des solutions relatives à ces contraintes,
le Laboratoire des Radio-Isotopes (LRI) réalise des travaux de recherche sur le domaine de
l’agronomie. Ses axes de recherche se focalisent sur 3 piliers dont sols et changement climatique,
biodisponibilité des nutriments, et biologie du sol. Plusieurs résultats fructueux ont été publiés au
niveau national et international. Cependant, ces résultats sont éparpillés dans divers documents et
peu connus par les organismes chargées de la diffusion des innovations et des utilisateurs finaux.
Le projet vise à inventorier et identifier les pratiques agricoles efficientes et adaptées aux contextes
des Hautes Terres en vue d’un transfert des bonnes pratiques auprès des producteurs dans les
activités ultérieures.

Approches et bonnes pratiques


L’identification des paquets technologiques efficientes transférables en milieu paysan consiste
en la mobilisation des résultats de recherche issus du LRI et la confrontation de ces résultats de
recherche aux contextes locaux et aux savoirs des agriculteurs. Elle vise ceux qui sont applicables
sur terrain et ce qui répondent aux problématiques de la nutrition, la sécurité alimentaire et du
changement climatique. Les techniques prennent ainsi en compte les dimensions techniques,
sociales et environnementales.
Pour identifier les pratiques agricoles efficientes et adaptées aux Hautes Terres, différentes étapes
ont été suivies. Ces étapes incluent l’inventaire des pratiques agricoles efficientes, c’est-à-dire
productives, améliorant la qualité du sol et atténuant le changement climatique, issues des travaux
de recherche du LRI puis l’identification des pratiques efficientes et adaptées aux contextes des
Hautes Terres et enfin la hiérarchisation. Il est à noter que les pratiques agricoles pour les cultures
en grande saison et en contre-saison sont prises en compte.
Inventaire des pratiques efficientes
Afin d’inventorier les différentes pratiques efficientes, la base d’informations du LRI a été
consultée. Elle est constituée de documents d’habilitation à diriger de la recherche, de thèses de

15
doctorat, de mémoires de fin d’étude, d’articles et revues scientifiques, et de documents de projets
de recherches conduits au niveau du LRI. Des documents des autres institutions de recherche
(DP SPAD, CIRAD, FOFIFA, etc.) et des organismes non gouvernementaux (ONG) œuvrant dans
le domaine de l’agroécologie (AVSF, Agrisud International, GSDM, etc.), relatifs aux résultats de
recherche du LRI ont été également mobilisés comme compléments d’informations. En effet, la
recherche réalisée au sein du LRI est plus orientée aux cultures en grande saison et manque
d’études socio-économiques, ce qui a suscité la mobilisation d’autres sources d’informations.
Ainsi, pour obtenir les informations concernant les cultures en contre-saison, des documents des
autres institutions comme le journal de l’agroécologie du GSDM ont été consultés. A ces documents
s’ajoutent l’article de Wesel (2014) qui présente certaines pratiques agricoles des pays tempérés et
qui peuvent être adaptées sur les Hautes-Terres et des documents de recherche menée en Afrique
sub-saharienne.
A part la consultation des documents disponibles, des personnes ressources au sein du LRI ont
été contacté, ce qui a facilité l’obtention des informations complémentaires sur les rapports des
projets et/ou les documents inaccessibles.
Il est à noter que les pratiques ont été inventoriées selon le type de culture en raison de la variabilité
de l’effet des pratiques sur les plantes cultivées.
Identification des pratiques efficientes et adaptées aux contextes des Hautes Terres
Après l’inventaire, la performance de chaque pratique agricole a été évaluée selon différents
critères afin d’identifier celles qui sont efficientes et adaptées aux contextes des Hautes Terres.
Pour apprécier l’efficience et l’adaptabilité de chaque pratique, leur performance agronomique et
écologique ainsi que la disponibilité et l’accessibilité des ressources mobilisées figurent parmi
les critères de sélection. Concernant la performance agronomique, ce critère est surtout lié aux
conditions édaphiques qui sont souvent caractérisées par des sols de type ferrallitique jugés
pauvres en éléments nutritifs. Ainsi, la performance agronomique n’est pas limitée au rendement
mais renseigne également sur la capacité de la pratique à améliorer le sol pour assurer la durabilité
de l’activité productive. La performance écologique est relative à l’adaptabilité de la pratique dans
l’atténuation des effets du changement climatique. En effet, les pratiques efficientes et adaptées
devraient contribuer dans la lutte contre le changement climatique. Enfin, la disponibilité et
l’accessibilité des ressources nécessaires renseignent sur la possibilité de la mise en application
en milieu paysan.
Les informations concernant les performances agronomiques et écologiques de chaque pratique
sont disponibles au niveau du LRI. Par contre, il manque les informations sur la disponibilité
et l’accessibilité des ressources. Par conséquent, les résultats de recherche issus du projet
SECuRE, mis en œuvre par le LRI en partenariat avec le FOFIFA et le CIRAD, ont été mobilisés
afin de combler le manque en étude socio-économique. Ce projet a mené une étude dans les
Régions Itasy et Vakinankaratra sur les modes de fertilisation et de restauration de la fertilité
du sol pratiqués par les agriculteurs. Durant ce projet, une évaluation des pratiques agricoles
selon la disponibilité et l’accessibilité des ressources a été également réalisée. Ces informations
s’avèrent indispensables pour apprécier la performance de chaque pratique. En outre, le journal
agroécologique du GSDM présente les différentes pratiques adoptées par les agriculteurs dans
16
les Hautes Terres. Ainsi, l’analyse de la performance des pratiques agricoles tient en compte les
aspects technique (agronomique), environnemental (écologique) et socio-économique à travers la
disponibilité et l’accessibilité des ressources, ce qui garantit la durabilité de la pratique.
Hiérarchisation et sélection des pratiques efficientes
Pour la sélection finale, une hiérarchisation des pratiques efficientes a été réalisée. Pour ce faire, deux
critères ont été pris en compte dont le niveau d’intégration de la pratique et le potentiel d’adoption.
Ces critères notamment le niveau d’intégration s’avèrent déterminants car ils renseignent sur
l’adaptabilité de la pratique aux contextes locaux. En effet, les innovations incrémentales, c’est-
à-dire une amélioration de ceux qui sont déjà pratiqués, sont plus susceptibles d’être adoptées et
appropriées par les agriculteurs.

Figure 4 : Schéma conceptuel des méthodes adoptées pendant l’identification des paquets technologiques

Résultats et effets
Culture pluviale
En culture pluviale, l’assemblage de matières fertilisantes et l’agroforesterie ont été considérés
comme pratiques efficientes et adaptées aux contextes des Hautes Terres.
Assemblage de matières fertilisantes
L’assemblage de matières fertilisantes est proposé comme base de la fertilisation en culture
pluviale. De point de vue agronomique, cet assemblage permet de combler la carence multiple en
éléments nutritifs des sols de « tanety » pour améliorer la fertilité du sol afin d’assurer une meilleure
nutrition, croissance et production de la culture. De plus, cette pratique possède à la fois un niveau
d’intégration et un potentiel d’adoption élevés. Elle est classée parmi les pratiques déjà appliquées
par les agriculteurs, ce qui suggère la disponibilité et l’accessibilité des fertilisantes organiques au

17
niveau des exploitations agricoles. L’utilisation
des matières fertilisantes d’origine animal
est également favorisée par les opérations Les paquets technologiques efficients
d’échanges (troc, achat, vente) entre les adaptés aux contextes des Hautes
agriculteurs. Ainsi, les contextes des Hautes Terres de Madagascar
Terres sont favorables pour la promotion de
En culture pluviale
l’assemblage de matières fertilisantes afin
d’améliorer la production, ce qui contribue dans Assemblage de matières fertilisantes
l’augmentation du revenu des producteurs et Selon la disponibilité et accessibilité des
l’amélioration de leurs conditions de vie. matières fertilisantes :
Culture intercalaire d’arbre : agroforesterie (i) Fertilisation organo-minérale : fumier de
Concernant l’agroforesterie, son niveau porc (3 t MS/ha) + cendre de balles de riz
d’intégration actuel est moyen tandis qu’une (500 kg MS/ha).
potentielle d’adoption future élevée est espérée. (ii) Assemblage de fertilisantes organiques
Cette pratique possède une performance : fumier de bovin (2t MS/ha) + compost (2t
écologique intéressante en termes de MS/ha) + lombricompost (2t MS/ha) + fiente
séquestration de carbone et de valorisation de volailles (500 kg MS/ha).
des espèces forestières et permet d’optimiser
Culture intercalaire d’arbre : agroforesterie
l’espace en installant des cultures annuelles
entre les pieds d’arbres. Grâce à l’association Association des arbres et des cultures
de l’arbre avec une culture annuelle, le annuelles (fertilisation des cultures
producteur peut obtenir deux produits différents annuelles basée sur l’assemblages de
permettant ainsi de diversifier ses sources matières fertilisantes).
de revenu. Dans ce système, la fertilisation à En culture irriguée
base de l’assemblage de matières fertilisantes
P-dipping
est également à appliquer. Le choix de la
culture annuelle à intégrer dans le système Dose : 6,52 g TSP/m2.
agroforestier dépend de la saison culturale Rotation culturale riz-tomate
comme le riz pluvial en grande saison et le Fertilisation de la culture de tomate basée
haricot en intersaison. sur le lombricompost : 15,5t MS/ha avec
Culture irriguée 3 apports fractionnés (au moment de la
En culture irriguée, le P-dipping, qui permet transplantation, en début de floraison et
d’optimiser le rendement en riz irrigué, et la pendant la fructification).
rotation culturale riz irrigé – tomate ont été
considérés comme des pratiques efficientes et
adaptées aux contextes des Hautes Terres.

18
P-dipping
En culture irriguée, le P-dipping est conseillé élevés. La rotation culturale riz irrigué-tomate
notamment pour la riziculture irriguée. Cette est un système de culture déjà adopté par la
pratique consiste à tremper les racines des plupart des agriculteurs dans les Hautes Terres
jeunes touffes de riz dans un mélange composé en installant la tomate en culture de contre
de boue, d’eau et d’engrais phosphaté (Triple saison après la récolte du riz. Il est à noter que
Super Phosphate : TSP) avant le repiquage afin la tomate figure parmi les cultures maraîchères
d’améliorer l’efficience des engrais phosphatés ayant une valeur marchande élevée. Pour la
pour assurer une meilleure production rizicole fertilisation, le lombricompost sera utilisé
par la suite. Bien que son niveau d’intégration avec 3 apports fractionnés. L’utilisation
actuel demeure faible, un potentiel d’adoption du lombricompost permet non seulement
future élevé est espéré grâce au niveau de d’augmenter le rendement mais contribue
technicité requis pour l’adoption faible, facilitant également dans l’amélioration de la qualité
ainsi sa mise en application, et à ses avantages nutritionnelle de la tomate. Couplée à la pratique
sur la production rizicole. En outre, des activités du P-dipping dans la riziculture, cette rotation
de diffusion de cette pratique sont en cours de culture s’avère intéressante pour améliorer
dans les Hautes Terres. le revenu grâce à l’amélioration du rendement
de tomate et la sécurité alimentaire en raison
Rotation culturale : riz irrigué-tomate
de l’augmentation de la production rizicole au
La rotation culturale figure pami les niveau des ménages. En outre, la pratique du
pratiques agricoles les plus appliquées par P-dipping entraîne un raccourcissement du
les producteurs. En effet, cette pratique est cycle du riz, ce qui facilite la gestion du temps
bénéfique que ce soit sur le plan agronomique de travaux pour l’installation de la culture de
ou économique et possède à la fois un niveau tomate.
d’intégration et un potentiel d’adoption future

Leçons apprises et recommandations


La disponibilité des résultats de recherche au niveau de LRI concernant les performances
écologiques et agronomiques, l’adoption d’une bonne méthodologie de sélection des pratiques
efficientes et adaptées, la mobilisation de différentes sources d’informations permettant de
compléter les données concernant le niveau d’intégration et le potentiel d’adoption des pratiques
et la disponibilité des outils au niveau de LRI constituent les principaux facteurs clés de réussite
de cette expérience.
Le recensement des résultats de recherche s’avère crucial et pertinent car il permet d’identifier
les pratiques efficientes permettant de résoudre les problèmes de changement climatique et
d’insécurité alimentaire actuels. De plus, l’efficacité de chaque pratique a été déjà testée et prouvée
scientifiquement. Sans valorisation, les efforts et les ressources déployés dans la mise en œuvre
des activités de recherche constitue une perte économique en raison de l’inexistence de retour
d’investissement.

19
La mobilisation de plusieurs sources d’informations issues de différentes institutions a permis
non seulement d’obtenir des informations plus complètes concernant les pratiques agricoles
efficientes dans les Hautes Terres mais aussi de ressortir les pratiques ayant fait ses preuves
scientifiquement et celles déjà diffusées par les organismes non gouvernementaux et adoptées
par les producteurs. De plus, les documents issus des projets mis en œuvre renseignent sur les
réalités en milieu paysan, les expériences réussies ainsi que les difficultés rencontrées, ce qui
constituent des informations indispensables pour la sélection des pratiques efficientes.
Le partenariat avec d’autres institutions dans la mise en œuvre des activités de recherche
s’avère très importante. En effet, la complémentarité des compétences de chaque institution
permet d’obtenir de meilleurs résultats grâce à la considération des différentes dimensions qui
garantissent la durabilité d’une pratique (aspect économique incluant l’activité de production,
environnemental et social). En outre, la collaboration ne devrait pas être limitée au niveau des
institutions de recherche mais développée avec les organismes qui diffusent les bonnes pratiques
au niveau des producteurs. L’existence d’échanges entre ces deux types d’acteurs permet de mieux
orienter les activités de recherche en tenant en compte la réalité sur terrain lors de la diffusion.
Ainsi, une telle initiative favoriserait l’obtention de résultats de recherche pertinents, répondant
aux besoins et adaptés aux contextes.
L’adoption d’une évaluation multicritère, c’est-à-dire par rapport aux performances agronomique et
écologique, la disponibilité et l’accessibilité des ressources et le niveau d’intégration et le potentiel
d’adoption future, lors de la sélection des pratiques efficientes et adaptées aux contextes des
Hautes Terres garantie la durabilité de ces pratiques. En effet, les aspects techniques incluant la
production, environnemental, social et économique sont pris en compte. En outre, la confrontation
des résultats issus de la recherche à celles déjà adoptées par les producteurs et la considération
de la perception paysanne de la pratique sont essentielles pour sélectionner des pratiques
innovantes ayant un potentiel d’adoption élevé.
Par contre, le manque d’études socio-économiques constitue une faille dans le processus
d’identification des pratiques efficientes et adaptées dans les Hautes Terres. Bien que les
informations issues du projet SECuRE (sur les régions Vakinankaratra et Itasy) étaient mobilisées,
la représentativité demeure moyenne. Ainsi, l’exploitation d’autres données issues d’autres projets
conduits dans d’autres zones est recommandé lors de la reproduction d’une telle expérience. Lors
de l’application future des résultats, la prise en compte de la diversité des contextes spécifiques
aux sites d’application est également suggérée.

20
Mise en place de parcelles de démonstration pour l’application
en milieu paysan et la diffusion des paquets technologiques
conçus, pour une amélioration durable des revenus et des
conditions de vie des producteurs

Contexte Approches et bonnes pratiques


A cause de la faiblesse de la production, qui Choix des cultures
est étroitement liée à la fertilité des sols, la La première étape de la mise en place de la
disponibilité, l’accessibilité ainsi que la stabilité parcelle de démonstration consiste à définir
des produits agricoles sont négativement les cultures. Le choix s’appuie sur des critères
affectées. Ainsi, les ménages agricoles sont incluant l’adaptation de la culture à la période
frappés par l’insécurité alimentaire. Pour le d’installation des paquets et sa convenance à la
cas des Hautes Terres, la carence multiple fertilisation issue des résultats de recherches.
en éléments nutritifs des sols notamment
Pour la grande saison, la culture de haricot
des tanety est l’une des contraintes majeures
sur tanety a été sélectionnée en mobilisant
de cette faible productivité. Pour améliorer la
l’assemblage de matières fertilisantes à
production agricole, plusieurs recherches ont
cause de l’adaptation de la culture à la période
été menées au niveau du Laboratoire des Radio-
d’installation des paquets. Ce choix repose
Isotopes (LRI) afin de proposer des pratiques
également sur la faculté de cette culture
agricoles efficientes, durables et adaptées au
à améliorer la qualité du sol en tant que
changement climatique. Les résultats sont
légumineuse et la valeur nutritionnelle du
surtout axés sur la fertilisation du sol qui figure
haricot en tant que source de protéine végétale,
parmi les bases den la production agricole.
Cependant, les pratiques agricoles efficientes
en termes de production, d’amélioration de la
qualité des sols et de potentiel d’atténuation du
Figure 5 : Variété « japonais »
changement climatique sont peu connues par
les producteurs. Afin de mettre à l’échelle les
résultats de la recherche du LRI auprès des
producteurs, le projet d’appui à la stratégie de
développement agricole de Madagascar a mis
en place des parcelles de démonstration au
niveau de trois sites dans les Hautes Terres.

21
fiente de volailles, et leur accessibilité, mais
aussi la possibilité de mise en œuvre des
paquets technologiques comme l’existence
d’arbres pour l’agroforesterie. Une fois les
paquets technologiques conçus, trois sites
ont été choisis : Behenjy, Imerintsiatosika et
Mahitsy. Behenjy et Imerintsiatosika figurent
parmi les zones d’intervention du LRI, ce qui
a facilité la mise en place de la parcelle de
démonstration. Pour le cas de Mahitsy, le choix
repose sur la réputation de la zone concernant
l’approvisionnement en grande partie du marché
du capital en haricot. En outre, c’est une zone
Figure 6 : Variété CAL98 (vangamena) productrice de tomate, qui est la culture prévue
en contre-saison. En grande saison, bien que le
contribuant à l’amélioration de la sécurité
haricot soit la culture principale, ce dernier a été
alimentaire. La variété CAL98 du FOFIFA,
associé au maïs fourrage à Mahitsy en raison
connue sous le nom vernaculaire « vangamena
du développement de la culture fourragère
» a été choisie après une discussion entre la FAO
suite à l’appui de la filière lait par le Malagasy
et le LRI. Le « vangamena » est réputé pour sa
Dairy Board. L’association culturale permet non
richesse nutritionnelle par rapport aux autres
seulement d’obtenir une production de deux
variétés de haricot disponibles localement. En
cultures différentes mais limite également
outre, une forte demande de cette variété a
l’attaque des ennemis de culture. Il est à noter
été observée lors du FIER Mada 2022, ce qui
que l’association de culture n’est pas une
pourrait motiver les producteurs à cultiver cette
pratique nouvelle pour les producteurs. Pour
dernière. En contre saison, la culture de tomate
Behenjy, la culture du haricot a été implantée
a été choisie et les producteurs seront libre de
sur un terrain arboré, notamment des arbres
choisir la variété. L’utilisation du lombricompost
fruitiers. L’agroforesterie permet de diversifier
en tant que principale matière fertilisante pour
les sources de revenus des producteurs. Pour
la culture en contre-saison est à l’origine de ce
Imerintsiatosika, une culture pure de haricot
choix. En effet, les résultats de la recherche
a été installée faute de disponibilité de terrain
ont montré que le lombricompost ait un fort
pour la mise en place d’un système agroforestier
potentiel d’amélioration de la production et de la
à base d’eucalyptus. La prise en compte de la
qualité des produits maraîchers en particulier
diversité des contextes spécifiques aux trois
les tomates.
sites constituerait un paramètre important
Choix des sites concernant l’adaptation des pratiques dans
La deuxième étape de la mise en place de la d’autres zones. En outre, la répartition des
parcelle de démonstration concerne le choix sites dans différentes localité d’Analamanga,
des sites. Les critères de choix portaient c’est-à-dire Behenjy au sud suivant le RN7,
principalement sur la disponibilité des matières Imerintsiatosika à l’ouest suivant le RN1 et
fertilisantes dans les sites, notamment de la Mahitsy au Nord suivant le RN4, suggère une

22
meilleure représentativité des Hautes Terres. contraintes de l’agriculture sur les Hautes-
La culture de tomate a été mise en place dans 2 Terres de Madagascar, notamment la carence
sites dont Mahitsy et Imerintsiatosika. multiple en éléments nutritifs du sol, suivi des
Identification des points focaux alternatives pour faire face aux problèmes.
La solution proposée concerne la fertilisation
Le choix des sites a été suivi de l’identification
avec un focus sur l’assemblage de matières
des points focaux, qui sont les interlocuteurs
fertilisantes. Les avantages de chaque matière
avec le projet, et du choix de la parcelle de
fertilisante mais aussi de l’assemblage et la
démonstration. Ces points focaux sont des
dose ont été également expliqués. A part la
producteurs propriétaires de la parcelle, ce qui
fertilisation, les avantages nutritionnels de
facilite la mise en place. Ils sont chargés du choix
la variété CAL 98 a été mentionné. Pour la
de la parcelle et des 09 autres bénéficiaires
culture de tomate, la formation s’est focalisée
; qui vont l’aider dans la mise en place des
sur le lombricompost. Durant la formation,
paquets technologiques et dans la réalisation
la lombriculture a été introduite incluant les
des activités d’entretiens et de récolte ; et
vers de terre utilisés et leur nourriture. Les
du suivi de la parcelle. Comme Behenjy et
avantages du lombricompost notamment
Imerintsiatosika sont des zones d’intervention
par rapport à la lutte contre les ravageurs et
du LRI, les points focaux sont des producteurs
maladie des cultures mais aussi à la qualité des
ayant déjà collaboré avec eux. Pour Mahitsy, le
produits obtenus (47 fois riches en vitamine C,
point focal est un président d’une association
moins périssables) ont été également mis en
de producteurs, ce qui peut faciliter la diffusion
exergue. Lors de la formation, des papiers craft
des pratiques de manière informelle au sein de
et de tableau blanc ont été utilisés pour inscrire
son groupement via les échanges. Les autres
les informations clés à retenir. La mobilisation
bénéficiaires sont des agriculteurs, intéressés
de ces outils a permis aux bénéficiaires de
par l’innovation agricole. Concernant le choix
suivre l’explication et de comprendre les
de la parcelle de démonstration, les critères
informations. En outre, les producteurs de
portaient principalement sur la superficie,
Mahitsy ont mentionné la distribution de cahier
qui est de de 2 ares, le terroir (sur tanety) et
et de stylo pour la prise de note. La formation
l’existence d’arbre pour l’agroforesterie. Pour
a été directement suivie par la pratique pour la
la sélection finale, l’équipe de la FAO et du LRI
mise en place des paquets technologiques, ce
a effectué une prospection des sites proposés
qui a facilité la compréhension des participants.
par le point focal et la délimitation. Avant la
mise en place des paquets technologiques,
Figure 7 : Formation des producteurs à Mahitsy
l’équipe de la FAO et du LRI a réalisé une visite
de courtoisie auprès des autorités locales,
notamment des fokontany, pendant laquelle les
objectifs du projet ont été exposés.
Formations des bénéficiaires
Avant l’installation proprement dite des
paquets technologiques, les points focaux et
leurs équipes ont reçu des formations. Pour la
culture de haricot, le formateur a introduit les
23
Figure 8 : Agroforesterie – cultures de Haricot

Activités aux champs : culture de haricot puis 2 rangs de maïs, a été choisie. Pour
haricot le maïs, les poquets ont été distants de 40 cm
sur chaque ligne et de 40 cm entre les rangs.
Les activités aux champs ont débuté par
Pour respecter la distance entre les poquets,
l’assemblage des matières fertilisantes. Les
des cordes marquées à l’avance tous les 20 cm
matières fertilisantes utilisées sont constituées
ont été utilisées. Pour Behenjy, le semis a été
de fumier de bovin (2t MS/ha), de compost (2t
fait en courbe de niveau afin de réduire l’érosion.
MS/ha), de lombricompost (2t MS/ha) et de
Après la trouaison, 2 graines (de haricot ou de
fiente de volailles (0,5t MS/ha). L’assemblage
maïs) par poquet ont été semées. La mise en
a été réalisé manuellement ou en utilisant
place de la culture s’est terminée par l’apport
l’angady. Ensuite, les semences ont été triées
d’engrais par poquet à raison d’une poignée.
et traitées avec un produit phytosanitaire ayant
comme matière active l’imidaclopride et le
thirame avec une dose de 4g/kg afin de lutter
contre les attaques des insectes terricoles et
les maladies défavorisant la levée des jeunes
plantes. Pour la culture de haricot, la fiche
technique du FOFIFA a été mobilisée. Lors de
la trouaison, un espacement de 20 cm entre
les poquets sur chaque ligne et 40cm entre les
rangs a été adopté. Pour le cas de l’association
haricot et maïs à Mahitsy, la méthode 2 :4 :2,
c’est-à-dire 2 rangs de maïs suivi de 4 rangs de
Figure 9 : Assocation de cultures : Haricot et Maïs
24
Le planning et la réalisation des activités
d’entretien ont été assignés aux points focaux.
Ces derniers communiquent l’organisation
de ces activités d’entretien auprès des
autres bénéficiaires. Ces activités d’entretien
comprennent le sarclage, le traitement
phytosanitaire, le buttage et l’arrosage. Le
traitement phytosanitaire est appliqué selon
l’attaque des ravageurs. Le buttage a été
réalisée afin de renforcer la tige et éviter la
chute des graines. Les points focaux possèdent
une certaine autonomie dans la mise en œuvre Figure 11 : Dispositif en planches au début de
des activités d’entretien de culture par exemple plantation à Imerintsiatosika
sur le planning du sarclage et du buttage,
l’utilisation du ady gasy, etc. Toutefois, ils Activités au champ : culture de tomate
sont incités à informer l’équipe de la FAO sur
Pour l’ensemble des 2 zones (Mahitsy et
les activités réalisées sur la parcelle. En cas
Imerintsiatosika), la tomate a été cultivée en
d’attaque d’ennemis et de ravageurs de culture,
contre-saison après le riz. La fertilisation
les points focaux doivent appeler l’équipe
durant la culture de tomate permet d’améliorer
de la FAO avant l’application des produits
la fertilité du sol et engendre un effet cumulé
phytosanitaires afin d’obtenir les instructions
lors de la culture de riz en grande saison, ce qui
et les consignes sur les produits à utiliser, la
affecterait la production rizicole. Dans les deux
dose préconisée et les précautions à prendre.
sites, les tomates ont été plantées en poquets.
Après chaque incident, le responsable au sein
Concernant les pratiques culturales, l’équipe
de la FAO devrait faire une descente sur terrain
de la FAO a discuté avec les points focaux, ce
pour voir l’état de la culture. Durant la période
qui suggère une orientation vers la démarche
de culture, les points focaux doivent également
de co-construction pour mieux responsabiliser
rapporter sur l’état de la culture auprès de
les producteurs. En effet, une différence est
l’équipe de la FAO surtout en cas d’occurrence
observée sur le mode de culture dans les deux
d’une situation problématique.
sites après la discussion avec les points focaux.
Le semis direct a été appliqué à Imerintsiatosika
alors que les jeunes plantes ont été transplantés
à Mahitsy. Les parcelles ont été aménagées en
buttes (plates-bandes surélevées) séparées
par des canaux d’irrigation de 40cm de largeur
dans les deux sites. Ce type d’aménagement
facilite le drainage vu que la culture en contre-
saison est installée sur une rizière. Les poquets
sont distants de 20 cm entre les lignes. A
Mahitsy, la transplantation a été effectuée un
mois après la mise en pépinière et un jour après

Figure 10 : Dispositif en billons en cours du cycle de


25
culture de tomate à Mahitsy
la trouaison. Le semis a été effectué au début du mois de mai dans les deux sites. La fertilisation,
à base de lombricompost, a été apportée en trois fractions selon la prévision initiale. Toutefois,
le nombre d’apport a été modifié à Imerintsiatosika suite à la décision du point focal. En effet, le
lombricompost a été apporté 4 fois en raison des incidences climatiques (forte pluie et grêles) afin
de maintenir une meilleure production selon le point focal. Ce comportement montre l’adaptation
continue des pratiques innovantes par les producteurs pour la gestion des risques, ce qui suggère
l’importance du renforcement de leurs capacités et de leur implication dans la conception des
paquets technologiques. A Mahitsy, la superficie de la parcelle dépassait 2 ares, ce qui a entraîné
l’insuffisance du lombricompost. Pour combler ce manque, le point focal a ajouté des fumiers de
bovin et des fientes de volailles. Cette initiative suggère que la logique d’assemblage de matières
fertilisantes appliquées durant la mise en place de culture en grande saison est appropriée par le
point focal. Toutefois, la dose préconisée de lombricompost n’a pas été respectée, ce qui pourrait
engendrer un biais sur les résultats (la production).
Les tableaux suivants présentent le moment d’apport et la quantité de fertilisant apportée dans
chaque site :
Tableau 1 : Quantité et moment d’apport de lombricompost à Mahitsy

Moment 5 mai (pépinière) 23 juin 24 juillet 25 août


(transplantation)
Quantité 3 sacs de 25 kg 11 sacs de 25 kg 11 sacs de 25 kg 10 sacs de 25 kg

Tableau 2 : Quantité et moment d’apport de lombricompost à Imerintsiatosika

Moment 5 mai (semis) 24 juin 25 juillet 25 août 10 septembre

Quantité 2 sacs de 25 4 sacs de 25 4 sacs de 25 8 sacs de 25 14 sacs de 25


kg kg kg kg kg
Concernant les activités d’entretiens, le point focal à Imerintsiatosika a enlevé certaines feuilles
lors de l’apport d’engrais. Selon ce point focal, cette pratique permet d’atténuer l’attaque des
bioagresseurs étant donné que ces derniers se cachent derrière les feuilles.
Les activités de lutte contre les ennemis de culture ont été menées par le point focal dans les deux
sites. La méthode de lutte était principalement chimique car les « ady gasy » ont été jugés peu
efficaces. A Imerintsiatosika, le traitement phytosanitaire a été réalisé au début du développement
végétatif des plantes même si aucune attaque n’a été observée. Selon le point focal, cela permet
d’augmenter la résistance de la plante aux maladies et à l’attaque de bioagresseurs dès son plus
jeune âge. À ce stade, une seule matière active a été utilisée tous les 15 jours. Au stade de floraison,
le traitement est effectué généralement une fois par semaine, en utilisant différentes matières
actives à chaque intervention. Toutefois, la fréquence de traitements dépend de l’attaque des
bioagresseurs, qui est appréciée visuellement. Dès la première récolte, le point focal a mélangé
les substances actives dans le but d’obtenir des fruits robustes et bien colorés. À Mahitsy, un
traitement chimique est effectué par semaine à partir du quinzième jour après la transplantation.
Cependant, le résultat n’était pas satisfaisant et l’attaque des ennemis de culture a persisté et
son intensité a accru. Ainsi, le point focal a augmenté la fréquence de traitement en appliquant
26
Fourniture d’intrants et matériels
Pour la mise en place des paquets
technologiques, le projet a fourni les
intrants nécessaires incluant les semences,
les matières fertilisantes, les produits
phytosanitaires ainsi que les matériels comme
angady, arrosoirs, cuvettes (pour mélanger
les matières fertilisantes), etc. La conformité
de ces intrants et matériels à la spécification
technique demandée a été évaluée lors de la
Figure 12 : Produits phytosanitaires utilisés pour la livraison.
lutte chimique
des matières actives différentes tous les deux
jours pour éviter les attaques soudaines. La
succession des différents types de matières
actives utilisés pour le traitement a permis
d’éviter la résistance des bioagresseurs. Dans
les deux sites, cinq produits phytosanitaires ont
été utilisés par les producteurs à savoir trois
insecticides, un acaricide et un fongicide.
L’irrigation a été effectuée en utilisant les canaux
entre les plates-bandes à Imerintsiatosika, ce
qui allégé les tâches du point focal concernant
Figure 13 : Réception, matériels à Imerintsiatosika
l’arrosage et a permis d’éviter le tassement
du sol et les dommages aux cultures pendant
l’arrosage. Bien que le même dispositif ait
été mis en place à Mahitsy, le point focal était
contraint d’arroser à cause de manque d’eau.
(cf. Figure 10)
La récolte a été réalisée par les points focaux.
La récolte s’effectue généralement quatre mois
après le semis (semis direct) à Imerintsiatosika
mais les agriculteurs à Mahitsy n’ont effectué la
récolte qu’après presque six mois après la mise
en pépinière. Cela est dû au prolongement du
cycle de la culture provoquée par le climat. Il ne
faut pas attendre que le murissement soit trop
avancé pour effectuer la récolte pour éviter le Figure 14 : Réception, matériels à Mahitsy
périssement des tomates.

27
Résultats et effets
Après le choix de culture et des sites, trois parcelles de démonstration ont été implantées afin
de transférer les paquets technologiques auprès des producteurs. La prise en compte de la
spécificité de chaque zone a entraîné la mise en place de différents systèmes de culture dans
chaque parcelle de démonstration. En effet, la culture du haricot a été associée à la culture de
maïs fourrage à Mahitsy en raison du développement de la filière lait dans la zone. A Behenjy,
un système agroforestier composé de culture de haricot et d’arbre fruitier a été adopté, ce qui
est non seulement bénéfique sur les plans économique et environnemental mais également sur
l’amélioration de la sécurité alimentaire. Pour Imerintsiatosika, une culture pure de haricot a été
installée en raison de l’indisponibilité de parcelle adéquate pour l’agroforesterie.
Pour les activités de suivi, un point focal a été identifié dans chaque site. Ces points focaux sont
les propriétaires de la parcelle sauf à Behenjy. Dans ce site, le propriétaire est souvent absent et a
assigné les activités d’entretien à un personnel. Pour Mahitsy, une cohésion entre les bénéficiaires
est observée grâce à la mise en œuvre collective des activités d’entretiens. En outre, la récolte a été
partagée, selon la décision des bénéficiaires. De même, les autres bénéficiaires ont été impliqués
dans les activités d’entretiens à Imerintsiatosika sauf que la récolte revenait au propriétaire de la
parcelle. Par contre, cette implication des autres bénéficiaires dans les autres activités n’a pas eu
lieu à Behenjy. En effet, les autres bénéficiaires ont participé seulement à la mise en place des
paquets technologiques.
Pour la mise en place des paquets technologiques, les bénéficiaires ont reçu deux sessions de
formation qui ont été réalisées avant chaque installation de culture. Ces formations ont permis
non seulement aux bénéficiaires d’acquérir des connaissances de base sur le sol et la fertilisation
mais également de renforcer leur capacité technique. Durant la formation et la mise en place, les
bénéficiaires ont découvert de nouvelles pratiques efficaces comme le traitement de semences,
qui a été souligné par les producteurs d’Imerintsiatosika. Selon ces producteurs, le traitement de
semences permettra de réduire la quantité de semences utilisée, ce qui constituerait un gain, vu
que le nombre de graine par poquet est réduit.
Grâce aux intrants et matériels fournis par le projet, les producteurs ont pu bien mener les
activités. En effet, ils ont reçu des semences, des matières fertilisantes et des matériels. Toutefois,
les bénéficiaires ont réclamé sur la qualité des intrants notamment des semences non triées et
des engrais organiques faiblement décomposés.

28
Tableau 3 : Liste des matériels et intrants reçus par les bénéficiaires

Mahitsy Behenjy Imerintsiatosika

Semences (kg) Maïs 2


Haricot 3 3 3

Fertilisation (kg de Fumier de bovin 142 113 94,5


matière fraîche)
Compost 121 118,5 156

Lombricompost 204 102,5 97

46 39 38

Matériels agricoles Cuvette plastique 3 3 3


(unité) Angady 2 2 2

Soubique 5 5 5

Sacs 10 10 10

Ficelle (rouleau 10m) 1 1 1

Produits phytosanitaire Imidaclopide + 5 3 3


(unité) thirame
Gants 2 2 2

Tableau 4 : Liste des pesticides reçus par les bénéficiaires pour le traitement phytosanitaire durant
la culture de tomate
Nom commercial (Quantité Types Matière active
offerte)
Indoxan 50 EC (1 flacon de 1 Insecticide Indoxacarbe 50 g/L
litre)
Pyrivert 480 EC (1 flacon de 1 Insecticide Chlorpyriphos-Ethyl 480 g/L
litre)
Cypvert 240 EC (2 flacons de Insecticide Cypermethrin 240 g/L
250 ml)
Mancovert 80 WP (1 kg) Fongicide Mancozèbe 80 g/kg (80%)

Acarius 018 EC (2 flacons de Insecticide (acaricide) Abamectin 18 g/L


250 ml)

29
Tableau 3 : Liste des matériels et équipements phytosanitaires reçus par les bénéficiaires

Matériels et équipements phytosanitaires

Séringue 10 unités

Fût 1 unité

Pulvérisateurs 2 unités

Masques 1 boîte de 50 pièces

Botte 1 paire

Bidon 6 unités

Entonnoir 3 unités

Gant 1 boîte de 100 pièces


Haricot
Par rapport à la culture, un taux de germination Rendements de la culture de haricot
élevé a été observé selon les producteurs. • Mahitsy : 1,78 t/ha.
De plus, ils ont mis en exergue le bon
• Imerintsiatosika : 1,70 t/ha.
développement végétatif des plantes. Leur
appréciation a été basée sur le nombre et la • Behenjy : 0,71 t/ha.
couleur des feuilles. Cependant, la succession
de pluie intense durant quelques jours entre pente dans les deux autres sites. En outre, les
la fin du mois de mars et le début du mois bénéficiaires à Mahitsy ont mentionné que le sol,
d’avril a entraîné l’apparition de tâches sur ayant une texture plus sableuse, était propice à
les feuilles, ce qui aurait limité la production la culture de haricot. Ainsi, la fertilité naturelle
selon les bénéficiaires dans les trois sites. En du sol a influencé le rendement. Le point focal
outre, le retard dans l’application du traitement à Behenjy a également mentionné l’occurrence
phytosanitaire aurait aggravé la situation. Les d’une divagation bovine, ce qui aurait une
points focaux ont informé le responsable et répercussion négative sur le développement
attendu les consignes et instructions avant des plantes dans ce site.
d’appliquer le traitement phytosanitaire. De A Mahitsy, le rendement moyen s’élevait à 1,78 t/
plus, les produits n’ont pas été à la disposition ha mais le rendement par pied varie entre 1,07t/
des producteurs. ha et 2,40t/ha. Il est à noter que les semences
Par rapport aux rendements, une différence a issues du fournisseur étaient hétérogènes et
été observée dans les trois sites. Le rendement durant la période de floraison, une pluie intense
le plus élevé a été obtenu à Mahitsy, soit 1,78t/ s’est produite, ce qui a impacté négativement
ha, tandis que le plus faible a été recensé la culture. Durant la récolte, l’équipe de
à Behenjy, soit 0,71t/ha. Plusieurs facteurs la FAO avec les bénéficiaires ont observé
auraient engendré cette différence incluant le que le haricot appelé par les producteurs
système de culture, le terroir et le type de sol. « menakelin’Antsirabe » portaient plus de
En effet, le haricot a été cultivé sur « tanety » gousses et de graines. Ainsi, les bénéficiaires
dominé par un sol ferrallitique à Behenjy alors ont pensé que cette variété est plus rustique
que la culture a été installée sur le bas de mais la CAL 98 est sensible aux pluies. Ceci peut
30
être à l’origine de cette différence de rendement Par rapport au contenu des paquets
par pied. Il en est de même à Imerintsiatosika. technologiques, notamment concernant
Le rendement par pied varie entre 0,84t/ha et l’assemblage de matières fertilisantes, les
2,21 t/ha. A Behenjy, le rendement par pied varie entretiens ont montré que les producteurs
entre 0,47t/ha et 3,80t/ha. Il a été observé que de Mahitsy et Imerintsiatosika sont habitués
les pieds d’haricot implantés près des arbres ont à cette pratique, ce qui n’est pas le cas pour
produit ce rendement de 3,80t/ha. Ce résultat Behenjy. En effet, chaque matière fertilisante
requiert un approfondissement sur l’interaction est apportée séparément à Behenjy selon la
entre la culture de haricot et l’arbre. Malgré culture : les fientes de volailles sont destinées à
cette hétérogénéité du rendement par pied, la fertilisation des rizières et le fumier de bovin
les bénéficiaires ont considéré le rendement est utilisé dans la culture de haricot. Pour le cas
comme satisfaisant grâce à l’utilisation de de Mahitsy et Imerintsiatosika, la composition
l’assemblage de matières fertilisantes. de l’assemblage dépend de la disponibilité des
Au niveau de la parcelle de démonstration à matières fertilisantes. Les matières fertilisantes
Mahitsy, les maïs portaient des épis, ce qui ne recensées lors des entretiens auprès des
serait plus possible en cas d’application des producteurs comprennent le fumier de bovin,
techniques traditionnelles à cause du retard les fientes de volailles, le fumier de porc et
du semis selon les producteurs. Ainsi, les le cendre. Ainsi, les matières fertilisantes
bénéficiaires sont convaincus de l’efficacité de nécessaires utilisées dans le cadre de la mise
l’assemblage de matières fertilisantes et de son en place de parcelle de démonstration sont
intérêt. Durant les entretiens en focus group, il a disponibles localement sauf le lombricompost.
été évoqué que l’assemblage permet d’apporter Concernant le compost, son utilisation varie
une quantité d’engrais plus faible mais riche en selon le site. A Mahitsy, les producteurs ont
apport grâce à la complémentarité entre les été déjà formés sur le compostage grâce à
différentes matières fertilisantes. l’intervention des projets antérieurs. Cependant,
son application demeure faible selon les
Par rapport à la variété CAL98, les producteurs
producteurs interviewés. Pour Imerintsiatosika,
de Mahitsy l’ont déjà cultivé en collaboration
le niveau de connaissance du compostage
avec FOFIFA mais en contre saison. Selon leur
varie selon la localité. Les entretiens en focus
expérience, ils ont observé que la variété est
group ont ressorti cette différence. En effet, les
sensible aux fortes pluies et donne un rendement
producteurs d’Imerintsiatosika sont familiers
intéressant en contre-saison. L’inexistence
avec le compostage ce qui n’est pas le cas pour
de débouché a été avancée comme principal
les producteurs de Katsaoka où la parcelle de
facteur ayant conduit à l’abandon de la variété
démonstration a été mise en place. Bien que
dans le passé. Actuellement, la forte demande
les producteurs de Mahitsy soient habitués
en CAL98 sur le marché incite les producteurs
à l’assemblage de matières fertilisantes, une
à cultiver cette variété. Pour Behenjy, certains
différence sur la pratique est observée. En
producteurs cultivent cette variété bien que les
effet, les producteurs de Mahitsy appliquent le
semences ne soient pas encore disponibles
compostage pour la maturation des différentes
localement. Durant les entretiens avec les
matières fertilisantes (fumier de bovin, fiente
producteurs, il a été également constaté qu’ils
de volailles, etc.) et n’apportent que le compost
sont conscients de l’intérêt nutritionnel de la
obtenu aux champs.
variété.
31
Tomates
Parmi les bénéficiaires, certains à Mahitsy ont Globalement, les producteurs ont bien apprécié
essayé d’appliquer l’assemblage de matières les paquets technologiques dans les deux sites.
fertilisantes dans d’autre culture notamment En général, l’application du paquet technologique
le haricot vert. Le même résultat que sur le a conduit à une amélioration de la production.
haricot a été observé sur le bon développement Le point focal à Imerintsiatosika estime que la
végétatif de la plante. En outre, les producteurs quantité produite est abondante et supérieure à
ont précisé que dès la mise en culture jusqu’au celle obtenue des parcelles voisines en utilisant
moment où les entretiens en focus group ont été des engrais NPK seulement ou des fumiers de
menés, aucun traitement phytosanitaire n’a été bovin seulement. Les bénéficiaires à Mahitsy
appliqué. Ce résultat suggère un effet positif ont affiché la même appréciation. Selon les
de l’assemblage de matières fertilisantes sur bénéficiaires à Imerintsiatosika, l’utilisation de
la santé des plantes selon le point de vue des lombricompost a bien amélioré la production.
bénéficiaires. De plus, l’application des traitements
phytosanitaires de manière préventive ainsi
Les producteurs non impliqués dans la mise
que l’ensemble des méthodes de lutte chimique
en place de la parcelle de démonstration ont
contre les bioagresseurs ont bien réussi à
été attirés par le bon développement végétatif
protéger les cultures et à obtenir des fruits de
des plantes selon les bénéficiaires quel que
qualité selon le point focal. Malgré les difficultés
soit le site. En effet, ces autres producteurs
rencontrées liées à la gestion des ennemis de
ont demandé aux bénéficiaires les techniques
culture et au manque d’eau, qui ont impacté sur
appliquées. Toutefois, les producteurs à Behenjy
la croissance et développement de la plante
considèrent la pratique comme consommant
ainsi que la qualité des fruits à Mahitsy, la
du temps et sont peu convaincus selon le
récolte obtenue peut être considéréee comme
point focal. Ce dernier a également insisté que
améliorée. Néanmoins, ils n’obtiendraient pas
les producteurs ne vont pas investir sur une
une telle production s’ils n’utilisaient pas les
nouvelle parcelle « tany vao » où la parcelle de
paquets technologiques vu ces conditions selon
démonstration a été installée. A Mahitsy, les
le point focal. En outre, l’utilisation de fumier de
producteurs non bénéficiaires ont pensé au
bovin a permis d’améliorer la croissance des
début que l’installation de culture de haricot était
plantes selon le point de vue du point focal.
très en retard et le rendement sera médiocre.
Ceci montre l’importance de la gestion de Concernant le rendement, une différence a
risque auprès des exploitations agricoles, qui été observée dans les deux sites, 55t/ha à
peut être un blocage pour l’adoption de nouvelle Imerintsiatosika contre 26t/ha à Mahitsy. En
pratique. Cependant, le bon développement de effet, le rendement obtenu à Imerintsiatosika
la culture, qui prouve l’efficacité de la pratique, est le double de celui à Mahitsy. Les incidences
peut attirer la curiosité de ces producteurs climatiques, notamment la sécheresse à
favorisant l’adoption de la pratique en entière Mahitsy, la difficulté dans la lutte contre les
ou partiellement. ennemis de culture ainsi que le non-respect de
la dose de lombricompost préconisé auraient
entraîné cet écart. En outre, une perte de 30% sur
la production a été enregistrée à Mahitsy suite
à la non-maîtrise du traitement phytosanitaire.
32
Rendements de la culture de tomate
a influencé les autres producteurs. En effet,
• Imerintsiatosika : 55t/ha (récolte les autres agriculteurs manifestent un intérêt
échelonnée sur 9 périodes). pour les techniques de culture de tomates
• Mahitsy : 26t/ha (récolte échelonnée sur et la production de lombricompost. Ils
8 périodes). s’interrogent sur la performance agronomique
du paquet technologique et veulent obtenir des
La formation sur la fertilisation notamment informations sur la méthode utilisée. En outre,
le lombricompost et l’assemblage de l’utilisation de lombricompost a eu un impact
matières fertilisantes a eu d’impact au niveau positif tant sur la production que sur la lutte
des producteurs. À Imerintsiatosika, les pour la réduction des effets des bioagresseurs.
fertilisants appliqués en cultures de tomate Grâce à l’utilisation de lombricompost, les
étaient exclusivement le lombricompost. fruits de tomate sont devenus volumineux et
Grâce à la connaissance des avantages du la plante est plus résistante aux attaques des
lombricompost, un producteur est arrivé à bioagresseurs.
produire du lombricompost en grande quantité
Sur le plan économique, la culture de tomate est
(2t). À Mahitsy, il est observé que la logique sur
considérée comme rentable et peut constituer
le mélange de matières fertilisantes est bien
une source de revenu intéressante pour un
appropriée par les bénéficiaires. L’assemblage
ménage agricole. Les agriculteurs de Mahitsy
du fumier de bovin et des fientes de volailles
arrivent à vendre leurs tomates sur le marché
avec le lombricompost, pour combler le manque
local à un prix de 60 000 Ariary par caisse. Outre
en matière fertilisante, illustre ce fait. En outre,
les acheteurs habituels au niveau du marché
les bénéficiaires de Mahitsy, ont affirmé lors
local, des transformateurs de produits à base
des entretiens en focus group que l’utilisation de
de tomates achètent les récoltes. Les produits
fientes de volailles est avantageuse car ce type
de qualité médiocre ou pourris sont soient jetés
de fertilisants conserve la chaleur et convient
dans le bac à lombricompostage, soit donnés
mieux aux cultures de tomates surtout pendant
comme aliments aux bœufs, aux porcs, etc., ce
les premiers jours après la transplantation.
qui suggère la valorisation des fruits pourris.
Selon les informations issues des entretiens
Quant au point focal à Imerintsiatosika, il vend
en focus group, certains bénéficiaires de
ses tomates récoltées à Tamatave
Mahitsy ont réussi à élever les vers de terre
en mélangeant des matières disponibles
localement pour les nourrir. Ces bénéficiaires
réalisent également des échanges de
techniques de fabrication de lombricompost, ce
qui a favorisé la consolidation des expériences
entre les producteurs. A titre d’exemple, il arrive
que certains producteurs demandent à d’autres
producteurs bénéficiaires les techniques
simples et efficaces comme pour la collecte de
vers de terre endogène disponible sur le milieu
local, la composition de la nourriture des vers,
l’utilisation de matières fertilisantes… Grâce à
ces échanges, la solidarité des bénéficiaires
33
Figure 15 : Production de tomates à Imerintsiatosika
Temoignages
Producteurs de haricot, Bénéficiaires du projet
à Mahitsy
l’attention des producteurs passant la route. Ils ont
« « Dès que nous avons semé le haricot et le maïs,
été également attirés par la culture en ligne comme
les autres producteurs nous ont traité de bête car la
dans la culture de riz pluvial. »
saison de pluie était terminée. Mais une fois que les
plantes ont commencé à germer et verdir, ils nous
ont demandé ce que nous avons fait. Les gens qui TOLOJANAHARY Hajaniaina Luc Marius, point
ont vu la parcelle de loin nous ont demandé quelle focal à Behenjy
culture est-ce ? et ils étaient curieux. Même les maïs
« Après la germination, les plantes se sont bien
ont porté des épis ce qui est impossible vu la période
développées. Mais avant la floraison, les feuilles
de la mise en place de la culture. Ainsi, nous sommes
se sont enroulées et les plantes ont été traitées. Je
convaincus de la technique transmise concernant
crois que l’assemblage de matières fertilisantes est
l’assemblage de matière fertilisante. »
à l’origine de ce bon développement des plantes car
les engrais apportés sont complémentaires, ce qui
Producteurs de haricot, Bénéficiaires du projet favorisent le développement de la culture. Les engrais
à Imerintsiatosika utilisés dans la parcelle de démonstration sont utilisés
par les producteurs locaux mais ils ne les assemblent
« Au début, les plantes se sont bien développées
pas. Les fientes de volailles sont principalement
et nous avons bien vu la différence que c’est une
utilisées dans la riziculture tandis que les fumiers
culture suivant les techniques améliorées mais la
sont appliqués sur les tanety (…) L’indisponibilité du
pluie intense a entrainé l’apparition de tâches sur les
lombricompost limiterait l’adoption de ces pratiques
feuilles, ce qui a limité son développement. (…) Lors
dans la zone. De plus, les producteurs ont l’habitude
de la culture, nous avons observé que même si on n’a
d’installer le haricot dans des sols plus fertiles.»
utilisé que 2 graines par poquet, elles ont tous germé.
Nous croyons que si les graines ont tous germé et la Producteurs de tomate, Bénéficiaires du projet
culture a été en bonne santé avant la pluie intense, à Mahitsy (lors des entretiens focus group)
c’était grâce au traitement de semence. Ceci est « Les pratiques que nous avons apprises ont permis
nouveau pour nous. Les producteurs ont l’habitude de d’augmenter la production, et les fruits sont devenus
mettre 4 à 8 graines par poquet (…) Le traitement de très volumineux malgré les difficultés causées par
semence peut réduire la quantité de semence utilisée. l’attaque des bioagresseurs dans la culture de tomates.
De plus, moins de graines par poquet est mieux. En plus, le manque d’eau, ce qui nous a empêchés de
(…) Concernant la fertilisation, nous avons déjà lutter efficacement contre les bioagresseurs et a eu un
l’habitude de mélanger les matières fertilisantes selon impact négatif sur la production. Il serait préférable
les engrais disponibles. Nous voudrons appliquer la de recevoir une formation spécifique sur le traitement
technique mais le lombricompost n’est pas disponible des bioagresseurs et les techniques de culture des
localement et nous avons du mal à respecter les doses. tomates avant de débuter la plantation. (…) Nous
Nous avons besoin d’informations plus précises envisageons d’augmenter la superficie de culture de
comme une soubique d’engrais pour combien de tomates en appliquant les connaissances acquises, à
poquets (…) Le développement des plantes a attiré condition de recevoir un soutien supplémentaire pour
34
l’achat de matières actives utilisées pour le traitement,
ainsi que pour les engrais et le lombricompost. (…)
Nous n’aurions pas obtenu une telle production si ces
paquets technologiques n’étaient pas appliqués. Vu
l’augmentation de surface, le lombricompost a aidé
à maintenir un niveau de production satisfaisant ».

RASOLOFOMANANA Jean Baptiste, producteur


de tomates à Imerintsiatosika
« Pour réussir dans la culture de tomates, il est
essentiel d’effectuer un traitement préventif avant
même que les bioagresseurs n’attaquent. Il ne faut
pas attendre que l’attaque soit importante pour
commencer la lutte. Il est nécessaire d’augmenter la
dose d’engrais pour renforcer la résistance de la plante
face aux ennemis. En résumé, l’entretien régulier et
le traitement opportun sont les clés de la réussite de
la culture (…) La production est satisfaisante, et il est
Figure 16 : ROBJAONA Alain Bruno, Point Focal à
préférable de semer directement plutôt que de passer
Mahitsy
par l’étape de la pépinière, car cette dernière nécessite
beaucoup de travail et de temps (…) L’apport de
lombricompost s’est avéré très efficace. Il améliore
la croissance et le développement des plantes tout Figure 17 : RASOLOFOMANANA Jean Baptiste, Point
en renforçant leur résistance face aux bioagresseurs Focal à Imerintsiatosika
et aux maladies. Cependant, la fabrication de
lombricompost demande un investissement en
temps et en argent considérable (…) Les principaux
obstacles à la réussite de l’agriculture comprennent
les ressources limitées des agriculteurs, le manque
de connaissances qui les empêche de gérer les risques
liés aux maladies et aux bioagresseurs, le manque de
moyens financiers pour acheter les intrants tels que
les produits actifs contre les ennemis et les engrais,
ainsi que les défis liés aux conditions climatiques
imprévisibles».

35
Leçons apprises et recommandations
La collaboration entre les deux institutions LRI et FAO, les points focaux, l’offre de formations, les
dotations de matériels et intrants ainsi que l’appropriation et l’adaptation des paquets technologiques
par les producteurs sont les principaux facteurs clés de réussite de cette expérience. L’appréciation
de la méthode de co-construction par les producteurs est positive, car ils estiment que les
chercheurs peuvent mieux comprendre la réalité du terrain grâce à cette approche.
La localisation des sites, c’est-à-dire Behenjy se trouvant dans l’axe de la RN7 (au Sud),
Imerintsiatosika suivant la RN1 vers l’Ouest et Mahitsy suivant le RN4 vers le Nord-Ouest, suggère
une meilleure représentativité des Régions Analamanga, Itasy et Vakinankaratra malgré le
nombre limité des parcelles de démonstration mises en place. En effet, cette répartition permet
de voir la diversité des contextes spécifiques de chaque site et de tester l’adaptabilité des paquets
technologiques conçus.
Le choix des cultures orienté vers des produits habituellement cultivés par les producteurs leur
permet de comparer les résultats issus de la parcelle de démonstration avec ceux issus des
techniques appliquées localement. Ces résultats concernent non seulement le rendement mais
également la quantité d’intrants mobilisée, la qualité du sol, la santé des plantes, l’adaptation au
changement climatique, etc. En effet, l’expérience des producteurs sert d’élément de référence pour
la comparaison. Toutefois, il est recommandé d’insérer une parcelle témoin où la pratique locale
est appliquée afin de prouver l’efficacité des paquets technologiques proposés. Cette méthode
permet aux bénéficiaires d’apprécier directement la différence en regardant le développement de
la culture et en quantifiant le rendement. L’appréciation visuelle constitue un élément important
pour l’adoption des pratiques.
La sensibilisation sur la valeur nutritionnelle durant l’offre de formation et la coïncidence du
moment d’introduction de la variété CAL98 avec l’accroissement de la demande en ce produit sur le
marché pourrait encourager les producteurs à cultiver cette variété de haricot. Toutefois, la non-
disponibilité de la semence sur le marché local dans les trois sites pourrait limiter leur motivation.
En outre, l’opportunité de marché concernant cette variété de haricot demeure peu connue par
les producteurs des autres sites notamment à Behenjy et Imerintsiatosika. Ainsi, l’introduction
de la variété devrait être accompagnée par des informations concernant l’approvisionnement en
intrants et le marché.
Les points focaux tiennent un rôle important dans la réussite de la mise en place des parcelles
de démonstration comme ils sont impliqués dans différentes activités (choix de la parcelle et des
autres bénéficiaires, suivi de la culture, organisation et mise en œuvre des activités d’entretiens).
De plus, c’est l’interlocuteur du projet. En effet, leur profil, motivation et dynamisme conditionnent
la réussite du transfert des pratiques auprès des producteurs. Le cas observé à Mahitsy illustre
ce fait. Le point focal qui est un président d’une organisation de producteurs possède une bonne
capacité à animer et organiser les activités. Ces éléments influencent non seulement la volonté
et la motivation des autres bénéficiaires dans la mise en œuvre des différentes activités mais
aussi leur conviction à adopter la pratique introduite. Ainsi, il est important de bien choisir le point
focal, qui devrait avoir le profil d’un leader. Cette identification nécessite du temps et une bonne

36
stratégie surtout dans les zones où des organisations de producteurs sont quasi-inexistantes.
Pour l’identification du point focal, une prise de contact auprès du chef fokontany ou fokonolona est
recommandé. Le trait de personnalité et la fiabilité figurent parmi les critères de choix à considérer.
Il est également préférable que le point focal soit le propriétaire de la parcelle pour s’assurer qu’il
s’implique activement dans les activités de suivi et d’entretien des cultures.
L’implication des bénéficiaires dans la mise en place des paquets technologiques, le suivi et la
réalisation des activités d’entretien pourrait développer le sens de responsabilité et contribuer
à l’appropriation des pratiques. L’essai en milieu paysan permet aux producteurs de vivre de
nouvelles expériences durant lesquelles ils apprennent et perçoivent les résultats. Toutefois,
l’accompagnement via la descente sur terrain et le suivi réalisés par l’équipe du projet est nécessaire
pour renforcer ce processus d’apprentissage grâce aux discussions et conseils pratiques fournis
surtout en cas de situation problématique. Pour assurer cet accompagnement, une intervention à
temps et organisée selon le cycle de développement de la culture est recommandée. Cependant,
les contraintes et difficulté en agriculture demeurent imprévisibles, nécessitant une certaine
flexibilité concernant la descente sur terrain. Ainsi, la procédure pour la descente sur terrain
devrait être adaptée à ce contexte.
L’emplacement de la parcelle de démonstration, influençant sa visibilité, importe également. Grâce
à cet emplacement, les autres producteurs peuvent voir le développement de la culture et apprécier
l’efficacité de la pratique, ce qui pourrait attirer leur attention et susciter leur intérêt.
L’offre de formation théorique suivie directement de la séance pratique est bien appréciée par les
bénéficiaires. La complémentarité entre ces activités et la facilitation de la compréhension et de
la mémorisation ont été avancées comme raisons. En outre, l’implication directe des bénéficiaires
dans la mise en place de la parcelle de démonstration leur permet déjà d’apprécier la charge
de travail nécessaire et le niveau de complexité des pratiques et de donner un feed-back. Il est
suggéré de demander ces feed-back et de les valoriser pour améliorer les pratiques proposées.
L’appui matériels et en intrants motive les producteurs dans la mise en place de parcelle de
démonstration. Toutefois, la qualité de ces intrants et matériels doit être assurée car elle peut
entraîner un biais sur les résultats. En outre, les producteurs utilisent ces éléments pour juger le
professionnalisme et la fiabilité de l’entité qui intervient, pouvant influencer la volonté à adopter
les pratiques. Ce cas surgit quand les producteurs possèdent des expériences importantes et/
ou un niveau de connaissance assez élevé. Ainsi, une amélioration doit être apportée concernant
l’approvisionnement et la vérification des matériels et des intrants. Pour ce faire, il est suggéré que
les personnels qui connaissent la spécification technique des intrants et matériels procèdent à la
vérification avant la livraison dans les sites.
Malgré l’efficacité de l’assemblage de matières fertilisantes perçue par les producteurs,
l’indisponibilité du lombricompost demeure un facteur limitant dans les trois sites. L’offre de
formation concernant le lombricompostage pourrait remédier à ce problème vue la cherté du
lombricompost. En outre, les matières fertilisantes disponibles localement comme les cendres
devraient être valorisées. Ainsi, une équivalence entre les matières fertilisantes devrait être
établie pour une meilleure adoption des pratiques.

37
Bien que la fertilisation soit une pratique courante dans les trois sites, le respect des doses
demeure peu maitrisé. Ce problème limite l’optimisation de l’utilisation des engrais. Pour résoudre
ce problème, la conception et/ou l’utilisation de matériels adaptés au contexte est suggérée.
Ces matériels devraient être accessibles et disponibles en milieu rural comme les soubiques ou
charrette (en précisant la dimension) pour la dose totale et les gobelets pour l’épandage.
Une attention particulière est nécessaire pour la culture de tomates notamment sur la lutte
contre les bioagresseurs. La tomate possède une grande sensibilité aux ravageurs alors que les
agriculteurs ne disposent pas des connaissances requises en matière de traitement phytosanitaire.
Tout retard dans le traitement des cultures accroît l’étendue des dommages et les conséquences
des attaques.
Il est recommandé de prêter attention aux impacts du climat. La mise en place d’un système
rigoureux permettant aux agriculteurs de se prémunir contre les effets des aléas climatiques est
cruciale. L’apparition de forte pluie accompagnée de grêle a causé de dommages aux cultures.
Un élément essentiel à prendre en compte est le marché. Cette saison, la mise en place de la
culture de la tomate est bien planifiée, et les producteurs à Imerintsiatosika ont bénéficié de prix
avantageux.
Pour reproduire cette expérience dans d’autres localités, la considération du contexte local,
notamment lié à la disponibilité des matières fertilisantes, et des pratiques locales s’avère
importante. Cette prise en compte du contexte facilite non seulement l’insertion de l’innovation
dans la pratique habituelle mais aussi l’appropriation par les producteurs. En outre, leur
implication dès la conception de la technique est hautement recommandée afin de comprendre
leur logique et l’origine de leurs pratiques. La technique co-construite est plus adaptée et acceptée
par les producteurs. Il est également important de bien choisir l’emplacement de la parcelle de
démonstration et le point focal qui figurent parmi les facteurs de réussite de la mise en place de
parcelle de démonstration.
L’effort déployé pour diffuser les résultats de recherche en milieu paysan améliore considérablement
la visibilité du LRI. Ce projet a permis au LRI d’adopter une nouvelle approche pour la conduite
de ses activités de recherche, en favorisant la co-construction avec les producteurs dans une
perspective de vulgarisation. L’appréciation des producteurs représente une source potentielle
d’inspiration pour de futures activités de recherche. D’autres projets, tels que le projet Innov’Earth,
se sont inspirés de cette démarche de co-construction avec les producteurs.
Le budget alloué au projet était limité, ce qui a restreint la capacité du LRI à travailler sur plusieurs
zones. Il aurait été préférable de couvrir plusieurs zones pour obtenir des résultats statistiquement
significatifs. L’idée initiale était d’établir un champ école paysan, mais en raison des contraintes
budgétaires, cette approche n’a pas pu être adoptée, tout comme la mise en place de paysans
pilotes. En outre, il aurait été plus avantageux si la durée du projet s’était étalée sur plus de deux
ans. Deux ans pour couvrir l’ensemble des saisons culturales sont contraignants pour ce projet,
d’autant plus que la première année a été principalement consacrée à la conception des paquets

38
technologiques. Le LRI a peu de résultats exploitables en ce qui concerne les cultures de contre-
saison, se concentrant principalement sur les cultures pluviales. Il aurait donc été préférable de
prolonger la durée du projet, même si le budget n’a pas été augmenté.
La démarche administrative ainsi que les procédures suivies sont rigides, lourdes et parfois
inadaptées à la mise en œuvre d’activités sur le terrain. L’organisation de missions et les frais
de déplacement, par exemple en cas d’attaque de maladies imprévisible, incombent au personnel
du LRI. Cette situation implique un investissement en termes de temps et d’argent de la part du
LRI pour prévenir les dommages aux cultures, sans qu’il ait la garantie d’un remboursement. Un
autre exemple de la non-flexibilité des démarches à suivre s’aperçoit au niveau des producteurs.
Pendant la transplantation de tomate à Mahitsy, la transplantation a été faite un jour après la
trouaison alors que le sol était encore trop humide, ce qui entraînait une répercussion sur la
production. Il fallait attendre que le sol soit séché mais les producteurs ont proclamé avoir reçu
une demande pour commencer la transplantation.
.

39
CONCLUSION

La capitalisation des acquis a mis en évidence l’efficacité des interventions mises en œuvre dans
le cadre du projet d’appui à la stratégie de développement agricole à Madagascar. Compte tenu
de son objectif de mettre à l’échelle les résultats de recherche pour une amélioration durable de
conditions de vies et des revenus des producteurs, le projet a réussi à initier différentes actions
concrètes dans les Hautes Terres de Madagascar.
Le renforcement de capacité technique du LRI a porté ces fruits par l’acquisition de nouveaux
ordinateurs, ce qui permettra d’éviter des accidents de travail comme la perte de données et
accélèrera le traitement et analyse des données. Grâce à la réhabilitation de la pédothèque, le
laboratoire pourra assurer une mise en place, suivi et contrôle efficace des échantillons permettant
de réduire largement les erreurs, la perte d’échantillons et d’orienter vers une démarche de qualité.
L’appui de l’aide d’un expert a permis de conscientiser les personnels sur les consignes de sécurité
en laboratoire et d’améliorer le mode fonctionnement de fonctionnement et gestion du laboratoire
grâce au manuel de procédure. L’identification de pratiques agricoles efficientes principalement
basées sur l’assemblage de matières fertilisantes constitue un résultat remarquable. D’autres
utilisateurs, chercheurs ou mêmes des acteurs de développement pourront ainsi explorer
une base de connaissances précieuse sur le développement agricole des Hautes Terres et à
l’amélioration des pratiques agricoles pour une agriculture durable. La mise en place de parcelles
de démonstration de l’association de culture haricot-maïs, tomates et agroforesterie dans trois
sites dont Mahitsy, Behenjy et Imerintsiatosika, a permis l’application des paquets techniques
identifiés. Les bénéficiaires ont tiré de nouvelles compétences qu’ils pourront adapter à leur
contexte, notamment le principe d’assemblage de matières fertilisantes accessibles et disponibles
localement ainsi que l’apprentissage de techniques de lombricompostage et de l’agroforesterie. Ils
ont également bénéficié d’appuis matériel et technique. En plus, le projet a aidé à augmenter leur
revenu. Par ailleurs, cet effort de mise en place a également alimenté les pistes potentielles de
recherche envisageable au niveau du LRI. Ce dernier a perçu l’importance de ce type de projet qui
aide les institutions de recherche dans la réalisation de ces activités. L’aide de l’équipe de la FAO
dans la mise en œuvre des activités a apaisé les lourdes tâches habituellement attribuées au LRI.
En vue d’une amélioration d’interventions futures, le suivi de démarches et procédures plus
flexibles adaptées aux activités de terrains est souhaitable. La prise en compte de la disponibilité
et accessibilité des ressources locales est importante, il doit alors conduire des études propres
aux sites d’intervention avant la mise en œuvre des actions.

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Propositions de mise à l’échelle des
bonnes pratiques établies dans le
cadre de ce projet

Pour la mise à l’échelle concernant la diffusion des bonnes pratiques, et considérant les acquis
dans le cadre de ce projet, il est vivement recommandé de s’appuyer sur des structures locales,
de préférence des groupements de producteurs déjà existants et fonctionnels voire formels
(institutionnalisation des actions collectives), selon l’expérience observée à Mahitsy. Cependant,
cette option n’écarte pas la possibilité d’en créer d’autres, c’est-à-dire des nouveaux groupements
de producteurs, en optant pour la démarche qui consiste à informer / communiquer, concerter
et organiser les producteurs, et en faisant attention au choix des critères de regroupement, qui
doivent permettre de favoriser la cohésion sociale des membres / adhérents. A part cela, il importe
aussi de considérer les phases normales d’évolution des groupements de producteurs (phase de
préparation et de mise en place, phase opérationnelle, phase de consolidation) pour s’assurer de
leur autonomie mais aussi de leur capacité à pérenniser les actions de développement mises en
œuvre grâce notamment à des renforcements de capacité.
Par rapport à cette première recommandation, l’essentiel est de pouvoir s’appuyer sur les fonctions
d’ordres technique, social et économique de la structuration des producteurs. Parmi les fonctions
d’ordre technique, le regroupement des producteurs facilite l’organisation et la mise en œuvre des
activités (incluant les formations) tout en permettant l’atteinte des objectifs attendus, favorise la
concertation locale, le partage de connaissances et l’échange souvent à l’origine de processus
d’apprentissage entre les membres / adhérents et d’une large diffusion des bonnes pratiques
établies et éprouvées (diffusion spontanée). En touchant plus de producteurs, il permet en même
temps de réaliser une économie d’échelle par rapport aux coûts des diverses activités prévues.
Ensuite, parmi les fonctions d’ordres social et économique, le regroupement des producteurs
permet d’améliorer leur pouvoir de négociation, notamment par rapport au prix, à travers les
achats et les ventes groupés effectués. Les achats groupés concernent les intrants, comme les
engrais organiques et les produits de traitement phytosanitaire, ainsi que les matériels agricoles.
Par contre, les ventes groupées portent sur la commercialisation auprès des collecteurs. Il ressort
ainsi logiquement que la mise en place des groupements des producteurs est susceptible de faciliter
non seulement l’accès aux intrants ainsi qu’aux matériels agricoles mais aussi la commercialisation
de la production agricole. Enfin, la création des groupements villageois d’épargne et de crédit peut
être aussi envisagée car cela permet aux membres / adhérents de recourir plus facilement au
crédit en cas de besoins, pour acquérir les intrants et matériels agricoles nécessaires (crédit de
campagne, crédit équipement, etc.).

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La mise en place de paysans leader (c’est diffusion des pratiques éprouvées auprès des
l’équivalent des points focaux dans le cadre producteurs membres ou non (incluant ainsi
de ce projet) s’avère aussi judicieuse. Ces la diffusion spontanée). En outre, le CEP, qui
paysans leader sont membres ou non de favorise l’apprentissage par la pratique, permet
groupements de producteurs. Cependant, ils aux producteurs de participer pleinement au
sont souvent impliqués dans divers projets processus de co-construction des pratiques
de recherche et/ou de développement, ce qui innovantes, ce qui est important pour leur
peut constituer des avantages compte tenu de appropriation mais aussi leur amélioration
l’effet cumulatif du processus d’apprentissage, progressive selon les contextes. Par ailleurs,
mais aussi des inconvénients en raison de lors de la mise en œuvre des activités au
leur faible disponibilité (et donc leur faible niveau des CEP, les membres de bureau au
implication dans le cadre d’un autre projet sein des groupements de producteurs et/
éventuel). Par conséquent, il est fortement ou les paysans leader peuvent jouer le rôle
recommandé de bien faire les choix. Pour leur d’animateur et d’organisateur. Ensuite, bien
identification, il peut être ainsi envisagé de que les paysans leader soient sélectionnés, le
consulter préalablement les autorités locales suivi, les conseils (de manière informelle ou
voire traditionnelles (les chefs de fokontany, sous forme de formation) et l’accompagnement
les notables, les ray aman-dreny, etc.) mais par des techniciens constituent toujours des
aussi éventuellement les membres / adhérents éléments clés pour la réussite de l’intervention,
des groupements de producteurs auxquels ils ce qui conduirait aussi à une interaction plus
appartiennent, pour choisir efficacement les ou moins régulière avec les producteurs. Enfin,
personnes à qui les responsabilités peuvent la solution expérimentée avec la parcelle de
être attribuées. Le trait de personnalité, la démonstration mise en place à Mahitsy, qui
curiosité et la crédibilité mais aussi la capacité consiste à partager la récolte (notamment pour
à partager des connaissances et la disponibilité le haricot) avec une part relativement plus
sont autant de critères de choix des paysans importante pour le propriétaire de la parcelle
leader pouvant être considérés. Ensuite, après et selon le degré d’implication des producteurs,
l’identification, il est aussi conseillé d’organiser semble appropriée et inspirante pour s’assurer
des renforcements de capacité en termes de la participation et motiver les membres dans
de leadership, d’organisation des activités le cadre des CEP.
et d’animation afin qu’ils puissent assurer Les résultats obtenus dans le cadre de ce projet
pleinement leurs rôles. ont mis en évidence les difficultés rencontrées
Pour la diffusion proprement dite, il peut être par les producteurs concernant la lutte contre
envisagé la mobilisation d’un outil particulier les ennemis de culture. Par conséquent, des
comme le Champ-Ecole Paysan (CEP, qui est renforcements de capacité technique, avec
l’équivalent de la parcelle de démonstration utilisation de supports de formation appropriés
dans le cadre de ce projet). Cet outil, qui doit pour les producteurs, sont conseillés en
être mobilisé de préférence à l’échelle d’un matière de traitements phytosanitaires. En
groupement de producteurs, est un espace de effet, pour promouvoir une agriculture durable,
concertation locale, de partage, d’échange et de l’utilisation de matières fertilisantes organiques

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ne suffit pas mais devant être accompagnée de Pour terminer, la mise en œuvre de ces
la promotion de la lutte intégrée. Or, comme cet diverses recommandations peut être confiée
aspect exige des connaissances spécifiques, à des organismes non-gouvernementaux
une collaboration avec les établissements (ONGs) intervenant localement, qui avant
d’enseignement et de recherche ou les de s’engager doivent être impliqués dans un
organismes ministériels comme la Direction atelier de partage et d’échange sur les acquis
de la Protection des Végétaux (DPV) pour un dans le cadre de ce projet, avec la contribution
approfondissement de la lutte intégrée, incluant de la FAO et du LRI mais aussi les acteurs
notamment les pratiques locales « ady gasy », potentiellement impliqués (par exemple les
est fortement recommandée. acteurs mentionnées plus haut) dans le cadre
de la mise à l’échelle de la diffusion des bonnes
pratiques établies.

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ANNEXE : NOTE METHODOLOGIQUE
La présente méthodologie répond aux TDR de la FAO concernant la réalisation d’une étude portant
sur la capitalisation des acquis dans le cadre du projet d’appui à la stratégie de développement
agricole de Madagascar.
L’étude vise principalement à répertorier et puis à caractériser les expériences réussies dans le
cadre du projet dans le but d’un partage de connaissances et de bonnes pratiques. Il s’agit plus
précisément de :
• identifier et caractériser les expériences réussies (incluant les bonnes pratiques) dans le cadre
du projet ;
• mettre à jour les informations sur les réalisations du projet;
• décrire et puis analyser les expériences réussies. Il s’agit en particulier d’apprécier les
changements induits en matière de renforcement de la stratégie de développement agricole
de Madagascar en mettant en exergue le processus ayant abouti aux résultats obtenus dans le
cadre du projet ;
• dégager les leçons apprises en mettant en évidence les facteurs clés de réussite (mais aussi
les limites), les éléments d’apprentissage (les enseignements tirés) et les conditions de
reproductibilité des expériences réussies.

1. Différentes étapes du processus de capitalisation des acquis


Les différentes étapes du processus de capitalisation des acquis considérées dans le cadre de
cette étude sont présentées ci-après :
1.1. Identification et caractérisation des expériences réussies
La première étape du processus de capitalisation consiste à identifier et à caractériser les
expériences réussies dans le cadre du projet. Il s’agit de sélectionner les expériences réussies et
de déterminer les éléments de base faisant leur identité, y compris leur nom (titre de l’expérience)
mais aussi leurs objectifs (objectifs de l’expérience). La caractérisation consiste aussi à bien cadrer
et délimiter chaque expérience réussie. La délimitation, incluant le cadrage spatio-temporel (zone
de couverture, date de début, durée de l’expérience, etc.), permet de mieux se concentrer sur
chaque expérience réussie identifiée.
Les expériences choisies sont les actions/activités (ou ensemble d’actions/activités) menées avec
succès, c’est-à-dire ayant contribué à la résolution des problèmes identifiés initialement pour
lesquels le projet a été initié mais aussi à l’atteinte de l’objectif global, des objectifs spécifiques, des
résultats attendus compte tenu des moyens mobilisés dans le cadre du projet. Le travail consiste
alors à vérifier la cohérence entre d’une part, les actions/activités (ou ensemble d’actions/activités)
menées et d’autre part, l’objectif global, les objectifs spécifiques et les résultats attendus, en tenant
compte des initiatives antérieures pour résoudre ces problèmes. Il importe aussi de considérer la
cohérence entre les objectifs de l’expérience et les objectifs global et spécifiques du projet.

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Chaque expérience est mise en œuvre par un ensemble d’acteurs plus ou moins liés ayant des
rôles et des stratégies particuliers.
L’appréciation du succès dans la réalisation des actions/activités sera aussi appuyée en mobilisant
les indicateurs objectivement vérifiables du projet.
Les expériences réussies doivent améliorer la situation par rapport à un contexte problématique
spécifique. Elles doivent être éprouvées (ayant fait ses preuves), c’est-à-dire considérées comme
moyens efficaces pour atteindre les objectifs spécifiques du projet. C’est la pertinence stratégique.
Les expériences réussies doivent être aussi adoptées et/ou appropriées par les bénéficiaires.
L’adoption suggère que les expériences réussies soient :
• techniquement réalisables, c’est-à-dire non seulement des connaissances relativement
faciles à acquérir (acquisition des connaissances) mais également des pratiques relativement
simples à mettre en œuvre (mise en œuvre des pratiques) ;
• sensibles au genre, c’est-à-dire prenant en compte les diverses catégories des populations
vulnérables ;
• les résultats d’un processus participatif en termes de prise de décision et de mise en
œuvre. C’est une condition nécessaire et importante facilitant l’adoption/l’appropriation des bonnes
pratiques par les bénéficiaires ;
• reproductibles et adaptables, c’est-à-dire pouvant être adaptées dans des contextes
différents.
Les expériences réussies doivent permettre de renforcer la résilience des producteurs en
contribuant à la réduction des risques de catastrophes/crises. La durabilité parmi les critères
d’identification des expériences réussies suggère la prise en compte des impacts futurs possibles
des actions/activités (ou ensemble d’actions/activités) menées en tenant compte des dimensions
économique, sociale, environnementale et institutionnelle.
La caractérisation implique la prise en compte du contexte économique, social, environnemental,
institutionnel et/ou politique ayant eu une influence majeure sur le déroulement des expériences
réussies.
Pour terminer la caractérisation, chaque expérience doit être subdivisée en quelques étapes
montrant l’articulation des différentes actions/activités mises en œuvre. Les différentes étapes
peuvent être définies de plusieurs manières, c’est-à-dire selon les activités principales, les
thématiques ou les phases de l’expérience.
La grille d’organisation des informations suivante sera utilisée pour identifier et caractériser les
expériences réussies dans le cadre de cette étude.
Tableau 1 : Grille d’organisation des informations pour l’identification et la caractérisation des
expériences réussies
Titre de l’expérience
Zone/lieu
Date et durée de la mise en œuvre
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Contexte initial
Problèmes à résoudre
Initiatives précédentes
Objectifs (de l’expérience)
Acteurs principaux/ rôles
Stratégie/ approche
Composantes (comment les activités de l’expérience ont été organisées et mises en œuvre ?)
Résultats (de l’expérience par rapport à la problématique initiale, aux objectifs global et spécifiques,
à l’amélioration de la résilience des bénéficiaires)
Impacts de l’expérience (positifs ou négatifs sur les moyens d’existence des bénéficiaires ; sont-ils
plus résilients ; prise en compte de la dimension genre)
Niveau d’adoption/adhésion à l’expérience
- est-ce efficace, en ayant fait ses preuves ?
- est-ce techniquement réalisable ? (acquisition de connaissance, mise en œuvre des
pratiques)
- est-ce sensible au genre ?
- est-ce résultant d’un processus participatif ?
- est-ce reproductible et adaptable ?
Durabilité aux niveaux environnemental, économique et social de l’expérience

1.2. Description des expériences


La seconde étape du processus de capitalisation consiste à décrire les expériences réussies
identifiées dans le cadre du projet. C’est un approfondissement du travail de caractérisation par
une description détaillée des différentes étapes identifiées constituant l’expérience (étapes de
l’expérience). Il sera abordé toutes les actions/activités, qui s’articulent et entrent dans le cadre
de la mise en œuvre de chaque étape de l’expérience, mais aussi leurs aspects techniques et/ou
organisationnels (procédés techniques/organisationnels). Les résultats atteints (les réalisations),
les impacts, les externalités et les contraintes/difficultés rencontrées seront également considérés.
Les étapes de l’expérience peuvent être déterminées selon les activités principales, les thématiques
ou les phases de l’expérience. Elles reflètent l’organisation logique de l’expérience dans le temps.
Chaque étape de l’expérience comporte une ou plusieurs actions/activités qui sont mises en
œuvre par un ou plusieurs acteurs plus ou moins liés ayant des rôles particuliers. Les procédés
techniques/ organisationnels reflètent la manière dont les actions/activités sont mises en œuvre
concrètement.
Les résultats/ réalisations, qui peuvent être quantitatifs et/ou qualitatifs, sont ceux des actions/
activités menées dans le cadre de chaque étape de l’expérience. Ils doivent être identifiés en ayant
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à l’esprit les objectifs de l’expérience considérée.
Les contraintes/difficultés rencontrées sont celles qui ont influé sur la réalisation des actions/
activités et/ou empêché de réaliser davantage de résultats (ou d’améliorer les résultats). Les
stratégies mobilisées ayant permis de faire face à ces contraintes/difficultés doivent être également
précisées.
Les impacts sont ceux des actions/activités menées dans le cadre de chaque étape de l’expérience.
Il peut s’agir des impacts des actions/activités menées sur le déroulement de l’expérience, les
autres acteurs impliqués et les bénéficiaires finaux de l’expérience.
Les effets imprévus (positifs ou négatifs) sont les résultats non visés spécifiquement au début du
projet, mais qui se sont révélés importants en ayant finalement contribué à l’atteinte des objectifs
de l’expérience.
Les impacts et les effets imprévus doivent être considérés non seulement à l’échelle de chaque
étape de l’expérience mais aussi à l’échelle globale de l’expérience.
La grille d’organisation des informations suivante sera utilisée pour décrire les différentes étapes
de l’expérience identifiée dans le cadre de cette étude.
Tableau 2 : Grille d’organisation des informations pour la description des différentes étapes de
l’expérience identifiée
Etapes de l’expérience Activités (avec les acteurs)
Procédés techniques/ organisationnels Résultats / réalisations Contraintes/ Difficultés
(stratégies de contournement et de résolution déployées) Impacts (de chaque étape de
l’expérience) :
Sur autres acteurs impliqués dans la mise en œuvre de l’expérience,les bénéficiaires finaux
de l’expérience, sur l’expérience elle-même en tant que processus, c’est-à-dire sur les étapes
suivantes) Effets imprévus (positifs ou négatifs)

a)
b)
c)

1.3. Analyse de l’expérience


L’analyse de l’expérience consiste à expliquer comment et pourquoi les actions/activités ont conduit
aux résultats obtenus. Il s’agit aussi d’identifier les facteurs clés de succès. La prise en compte
des facteurs limitant le succès (c’est-à-dire les facteurs empêchant l’amélioration des résultats)
est également importante car cela mène souvent à des meilleures conclusions. L’analyse examine
également les liens entre les différents facteurs qui ont façonné l’expérience.

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2. Méthodologie de collecte des informations
2.1. Revue des documents
L’identification et la caractérisation des expériences réussies se fera via les divers documents de
projet (proposition de projet, cadre logique, différents rapports).
Tout au long du processus de capitalisation des expériences, une documentation sera effectuée
pour rassembler les informations disponibles et identifier les informations manquantes à demander
lors des entretiens.

2.2. Collecte d’informations


Entretiens avec les acteurs impliqués dans l’expérience
Lors de l’identification des expériences réussies, des entretiens seront menés auprès des
parties prenantes et des bénéficiaires pour confirmer la réussite de l’expérience. Les étapes de
description et d’analyse, faisant appel à la compréhension de la réalité et l’expression des points
de vue des acteurs impliqués dans l’expérience, nécessitent également des entretiens avec les
différentes parties prenantes pour compléter les informations issues de la revue des documents.
Ces entretiens seront effectués auprès des responsables du projet, des points focaux et des
bénéficiaires (incluant le LRI). Ces acteurs, jouant des rôles importants dans la mise en œuvre du
projet, ont vécu le déroulement de l’expérience et fait partie de l’expérience elle-même et détiennent
les informations importantes sur la réalité sur terrain, notamment pour la mise en application des
paquets technologiques.
Entretien individuel auprès du responsable technique de la FAO
Les informations à collecter auprès du responsable technique de la FAO seront focalisées sur
l’objectif du projet, les différentes étapes suivies pour la conception des paquets technologiques,
les résultats obtenus, les contraintes, les facteurs ayant facilité la conception des paquets
technologiques, les facteurs clés de succès de la conception des paquets technologiques adaptés
dans les Hautes-Terres ainsi que les conditions de reproductibilité des paquets dans des contextes
similaires. Le contenu des paquets techniques sera également évalué par rapport aux différents
critères caractérisant les bonnes pratiques agricoles tels que l’efficacité, la faisabilité de la
technique, la sensibilité au genre, la reproductibilité et l’adaptabilité, la mobilisation de l’approche
participative, la durabilité et le renforcement de la résilience des producteurs (FAO, 2013).
La mise en application des paquets techniques via la mise en place de parcelle de démonstration
sera également discutée. Sur cet aspect, l’entretien sera orienté sur les activités réalisées pour le
test des paquets technologiques, les résultats obtenus, les contraintes et difficultés rencontrées
qui peuvent aussi constituer d’obstacles dans la mise à l’échelle des paquets, les facteurs ayant
favorisé la mise en œuvre des activités, les facteurs clés de succès de la mise en application
ainsi que les leçons apprises. Les résultats obtenus du test serviront de preuve de l’efficacité des
paquets technologiques.

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Concernant la formation, les informations à collecter porteront sur les objectifs, le contenu, la
conduite de formation, les matériels utilisés, les résultats (si on peut l’apprécier), les contraintes,
les facteurs ayant facilité l’offre de formation, les facteurs clés de réussite ainsi que les leçons
apprises.
Concernant le renforcement du laboratoire LRI, le responsable au sein de la FAO sera mené
à expliquer les objectifs, les activités réalisées, les résultats, les contraintes et difficultés
rencontrées mais aussi les facteurs ayant facilité la réalisation des activités d’appui, les facteurs
clés de réussite permettant d’obtenir les résultats et d’atteindre les objectifs ainsi que les leçons
apprises. L’implication des responsables du LRI dans la formulation des appuis sera demandée.
Entretien individuel auprès du responsable du LRI
Les informations à collecter auprès du responsable du LRI concerneront les objectifs et les
appuis reçus dans le cadre du projet, la pertinence des appuis (incluant la qualité des matériels et
leur utilité), les résultats et les effets sur les activités de recherche, les contraintes (notamment
technique, s’il y en a). Le responsable sera également demandé sur leur implication dans la
formulation des appuis et le degré de cette implication.
Entretien en focus group auprès des bénéficiaires et entretien individuel auprès des points
focaux
Les informations à collecter auprès des bénéficiaires du projet concerneront leur appréciation
de la formation offerte dans le cadre du projet. Toutefois, comme ces bénéficiaires ont participé
dans la mise en place des paquets sur la parcelle de démonstration et ont vu l’état de la culture,
leur appréciation sur le contenu des paquets technologiques, l’adaptation de la pratique aux
conditions édaphiques et climatiques et aux contextes socio-économiques dans la zone (incluant
la disponibilité des ressources) mais aussi les contraintes pouvant empêcher l’adoption des
pratiques seront demandées. Le degré de leur implication dans la mise en place des paquets
technologiques sera également évalué. Les bénéficiaires seront aussi demandés d’apprécier le
contenu des paquets technologiques par rapport aux critères de bonnes pratiques agricoles dont :
l’efficacité, la faisabilité de la technique, la sensibilité au genre, la reproductibilité et l’adaptabilité,
la mobilisation de l’approche participative, la durabilité et le renforcement de la résilience des
producteurs. La connaissance de ces appréciations s’avère indispensable car elles reflètent déjà
le potentiel d’adoption des paquets dans la zone. Leur appréciation sera ensuite valorisée dans la
proposition de recommandation pour la mise à l’échelle des paquets technologiques.
Des guides inspirées des grilles d’organisation des informations seront élaborées pour la réalisation
des entretiens.

REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE
• FAO, 2013. Les bonnes pratiques à la FAO : Une démarche de capitalisation d’expériences pour
un apprentissage commun. Note conceptuelle externe. p. 12.

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Février 2024

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