Admin,+7 FATHI
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Résumé :
En 2006, le Maroc a mis en place une nouvelle politique industrielle afin de rendre l’industrie
une source de croissance économique. La diversification de l’offre industrielle marocaine, une
meilleure attractivité des investissements étrangers et l’amélioration de la compétitivité
internationale de l’industrie nationale sont les principaux axes définis pour moderniser du tissu
industriel national.
Dix sept ans après où en est l’industrie marocaine ?D’un côté l’analyse documentaire réalisée
nous a permis de dresser le chemin d’industrialisation parcouru par le Maroc en particulier les
deux dernières décennies. D’un autre côté, l’analyse chiffrée des données statistiques montre
que la richesse crée par l’industrialisation, la structure de la production industrielle, la valeur
ajoutée créée, n’ont pas atteint les ambitions désirées. Par contre l’offre logistique et les
mesures d’attractivité pour les investissements étrangers, ont contribué à la réussite du
décollage des nouveaux métiers du Maroc dans l’automobile et l’aéronautique.
Abstract
In 2006, Morocco defined an industrial policy with the aim of making industry a source of
economic growth. The objective of modernizing the industrial fabric includes diversifying the
Moroccan industrial offering, enhancing foreign investment attractiveness, and improving the
international competitiveness of the national industry. Seventeen years later, where does the
Moroccan industry stand? The objective of the article is to study the industrialization of
Morocco through two aspects: the first concerns the path of industrialization undertaken by
Morocco, especially in the last two decades; the second involves analyzing the results achieved
by the new industrial policy by examining the statistical data. the emergence of new industries
in Morocco, such as automotive and aerospace. However, the wealth created by
industrialization, the structure of industrial production, and the value added generated have not
reached the desired ambitions.
Depuis longtemps, des Etats, à travers leurs gouvernements, sont préoccupés par l’émergence,
la croissance, la compétitivité et le développement de leurs économies. Ils réfléchissent sur la
manière et les mesures à prendre pour améliorer ou maintenir au meilleur taux déjà atteint, ces
indicateurs. Ces préoccupations, les mènent à définir des politiques adéquates, à mettre en
place des stratégies adaptées, à identifier des actions convenables et à fixer les outils
appropriés.
Dans ce contexte, l’industrialisation des pays a changé, elle n’est plus telle qu’elle était
auparavant. L’intervention directe ou indirecte, des Etats dans la sphère industrielle est une
pratique ancienne et répandue. Par contre, pour tenir compte de l’évolution de
l’environnement international, les gouvernements se sont orientés vers l’adoption de nouvelles
mesures et stratégies.
Pour y faire face et rendre l’industrie un secteur créateur de richesse, une politique industrielle
a été définie et revue à partir de 2006. Dix sept ans après où-en est l’industrie marocaine ?
Pour répondre à cette question nous procédons à d’abord à l’analyse documentaire et ensuite à
l’analyse chiffrée des données statistiques. Ainsi dans la première section nous présentons
l’approche conceptuelle de la politique industrielle. Ensuite, la seconde section est consacrée à
la nouvelle politique industrielle adoptée par le Maroc. La dernière section nous permet
L’industrialisation est un processus de long terme caractérisé par une triple transformation :
transformation de la base productive des économies qui sont à l’origine agricole et rurale,
transformation de l’organisation productive initialement artisanale et transformation de la
structure de la production et des exportations vers les produits à forte valeur ajoutée1.
L’industrialisation associée à l’ouverture sur l’extérieur conduit à l’intégration à la chaîne de
valeur internationale par le biais des délocalisations sous forme d’investissement direct étranger
ou sous-traitance internationale2. Les déterminants de cette intégration sont principalement liés
à la politique commerciale et d’investissement, à la logistique, à l’infrastructure, aux ressources
humaines disponibles et aux institutions.
Ainsi, le rôle de l’Etat dans le processus industriel vient compléter celui du marché. Ce dernier,
bien qu’il dispose d’outils efficaces pour répondre à la complexité de l’économie résultant de la
mondialisation et des nouvelles approches d’industrialisation, il est rare qu’il soit parfait. De ce
fait, l’Etat intervient, par le moyen de la politique industrielle pour réguler le marché et
optimiser son efficacité.
Dans une conception large, la politique industrielle désigne « toute intervention qui déplace les
incitations loin de la neutralité politique »4.
Plus précisément, pour Yve Morvan la politique industrielle inclut des orientations précises et
des objectifs clairs pour créer le développement d’une industrie florissante, robuste et saine par
le moyen d’un ensemble de pratiques décidées par les pouvoirs publics. Ces mesures ont pour
objectifs d’influencer sur la prise de décision des acteurs économiques5. Ces actions
comprennent par exemples des allégements fiscaux pour les investisseurs étrangers, la
1
LECTARD, P, Piveteau, A (2015). Les voies inattendues de l’industrialisation tardive : variété des profils
exportateurs et discontinuité du changement structurel en Asie de l’est, Monde en développement, Vol. 1, No.169,
p. 13-30.
2
LAM’HAMMDI, H. MAKHTARI. (Janvier,2020), L'intégration du Maroc dans les Chaînes de Valeur Mondiales : Le cas
du secteur aéronautique. Revue AME Vol 2, N 1 PP 270-288.
3
BELLEHUMEUR, A. (1994), L’organisation industrielle au Canada , Quebec , .GAETANE, MPRIN.P 150.
4
HARISSON, A. (14 septembre 2009), «Seminar: Industrial Policy and the Role of the State in Promoting Growth».
Séance de discussion avec W. Aestorly, [Link] et [Link] organisée par le Groupe de la Banque Mondiale pour le
développement (DECRG), New york.
5
MORVAN, Y. (1991), Fondements d’économie industrielle, Paris, ECONOMICA. p 425.
Dans ce sens, il paraît que la notion de politique industrielle est d’inspiration dirigiste. Elle tend
vers le concept d’économie administrée, où les responsables publics et l’Etat imposent une
intervention dominante dans l’activité économique et dans la vie des entreprises. Cette
intervention peut devenir directe sur les entreprises, en particulier lorsque le marché manifeste
des défaillances6. Pour éliminer ces dernières, l’intervention directe des pouvoirs publics peut se
traduire par de nombreuses mesures telles que le soutien financier par l’injection du capital
public dans certaines entreprises privées, la protection des firmes ou l’élargissement de leur
taille lorsqu’elles exercent dans un secteur stratégique pour le développement économique du
pays…. Ces outils sont dénommés selon Yves Morvan de « tactiques d’action », la commande
publique.
Selon [Link] et J.NIOSI7, la politique industrielle vise à donner naissance à des industries, à
créer des avantages construits, à développer la production industrielle, et à la diffuser, par des
outils d’intervention directs ou indirects.
Aussi, ces outils peuvent être implicites ou clairement formulées par les pouvoirs
publics ; peuvent concernées toutes ou seulement une catégorie d’entreprises, peuvent
apportées un seul accompagnement ou plusieurs simultanés (juridique, financiers, gestion…).
A ce propos, lorsqu’il s’agit d’un Etat à économie fermée, la politique industrielle adoptée est
autocentrée qui protège l’industrie naissante et qui favorise l’indépendance industrielle. Les
instruments utilisés concernent particulièrement la substitution aux importations par le moyen
des droits de douanes, les subventions, et les quotas d’importation.
Les Etats à économie ouverte par contre, se basent sur la libéralisation des échanges en
s’orientant vers l’extérieur et en promouvant les exportations. La politique industrielle utilise
des instruments axés sur l’exportation et la valorisation des exportations.
6
En cas de défaillance de marché, la main invisible ne fonctionne pas de façon optimale. La substitution de la
décision publique collective au jeu du marché vient pour instituer un mécanisme d’élimination ou de correction de
l’inefficience. Externalités, asymétrie de l’information, coût de transaction, rendement décroissant sont des
exemples de défaillance de marché.
7
BELLON, B, NIOSI. (1995), « Les mutations de l’action industrielle de l’Etat », Revue d’Economie Industrielle, No
71, p 9-16.
8
RAINELLI, M. (1998), Economie industrielle, Paris, DALLOZ. P 146.
Ainsi la politique industrielle est variable en fonction du contexte et des choix étatiques. Par
contre, son fondement axé sur trois principes, est immuable :
• Principe 1 : l’objectif de la politique industrielle est de réaliser la croissance, assurer le
développement et créer les emplois. L’Etat intervient dans l’environnement des
entreprises en tant que bâtisseur, facilitateur, et incitateur;
• -principe 2 : pour atténuer les insuffisances du marché, créer les conditions d’une
concurrence loyale et réagir aux contraintes environnementales, sécuritaires et de
justice sociale, l’Etat intervient en tant que régulateur;
• principe 3 : le développement du progrès technique est lié au soutien à l’innovation à la
technologie et aux politiques de formation.
En Allemagne, la politique industrielle est réalisée par le soutien des Landers10 aux petites et
moyennes entreprises et les établissements à taille intermédiaire. Les banques et les caisses
d’épargne financent les actions de la politique industrielle.
Au Japon, la politique industrielle , a évolué en deux temps. Au 19 ème siècle pendant l’ère
MEIJI, l’intervention de l’Etat était accès sur le développement de ressources humaines pour
servir de base à un État industrialisé. Ensuite pendant la période de reconstitution (après 1945),
le gouvernement à travers le ministère du Commerce international et de l’Industrie (MITI) a
orienté l’industrie vers les technologies de pointe comme l’électronique et l’informatique,
l’automobile et vers l’innovation dans le management des entreprises11. En tirant profit de
9
COHEN, E, 2022 , Souverainetéindustrielle vers un nouveau modèle productif, Odile Jacob
10
Les Etats fédérés d’Allemagne. Chaque Etat dispose d'une constitution, d'une assemblée élue et
d'un gouvernement.
11
Les cercles de qualité
L’industrie a depuis l’indépendance du Maroc, était présente dans les axes de la politique
économique. Entre 1956 et 1983, le développement économique du Maroc s’organisait par la
planification. Nous pouvons citer trois remarques du développement industriel pendant cette
période :
D’abord, La priorité accordée à l’industrie dépendait des objectifs définis par les différents
plans. Par exemple, si les ambitions du plan quinquennal de 1960-1964 étaient axées dans leur
majorité sur le secteur industriel, pour créer les jalons d’un début d’industrialisation du Maroc,
le plan triennal 1965-1967 a placé le développement industriel en quatrième place après le
secteur agricole, le secteur touristique et la formation des cadres.
Ensuite, les objectifs industriels étaient discontinuent. De la volonté initiale de créer une
industrie de base solide, les responsables politiques ont par la suite visé la création d’une
industrie nationale capable de satisfaire la demande interne, pour préconiser dans un autre plan
le marché extérieur par la diversification des exportations et les industries de transformation.
Malgré la volonté industrialiste de certains plans, l’industrie est restée trente ans après
l’indépendance marginalisée. Sa part dans le PIB variait entre 14% et 16%12 .
De plus, les efforts déployés pendant les années soixante et soixante-dix fut anéantit par la
conjoncture défavorable qui a causé la régression économique et sociale du pays. Pour remédier
à cette situation, le mode de développement économique par la planification sur la base de
plans quinquennaux ou triennaux, fut écartée au profit de Programme d’ajustement structurel
(PAS). Ce programme a préconisé l’ouverture des frontières pour la libéralisation des échanges
commerciaux, la promotion des exportations, l’allégement de la protection du marché national,
et le retrait de l’Etat des activités productives par le moyen de la privatisation des entreprises
publiques. Durant la période du PAS, l’objectif industriel n’apparaissait que dans les objectifs
macro-économiques et les mesures de libéralisation13, et n’a pas été mentionné explicitement.
Au milieu des années 2000, les orientations de l’économie marocaine ont subit plusieurs
changements puisque chaque secteur de l’économie marocaine est considéré, dorénavant, un
12
Mohammed Said SAADI « Quelques limites de la stratégie industrielle marocaine », in « L’économie marocaine en
question », Ed. AL BAYANE. Casablanca. 1985. pp 91-102.
13
[Link], « Concurrence et compétitivité industrielle au Maroc ». Publication du CERAB. Aout 1997. p 65,66
Le projet de la mise en place d’une politique industrielle au Maroc a été entamé en 2004 par
l’étude approfondie du secteur secondaire
L’échec répétitif de l’industrie marocaine à s’imposer comme secteur qui crée de la valeur et la
richesse a poussé le gouvernement dit des « technocrates »15 de 2002 à procéder à l’évaluation
de la compétitivité industrielle du Maroc en élaborant un diagnostic de 12 filières et 77
branches, dont l’objectif est de relever les forces et les faiblesses de l’industrie marocaine.
L’étude publiée en fin 200516, a permis de relever les principaux atouts du Maroc.
C’est ainsi que quatre forces ont été identifiées : la proximité logistique de l’Union Européenne
par la présence d’une bonne connectivité aérienne et maritime ; la qualification moyenne de la
main d’œuvre ouvrière à un coût relativement faible ; l’accès aux marchés facilité par
l’intégration internationale du Maroc dans l’économie mondiale à travers, par exemple, les
accords de libre-échange ; la qualité de la vie est également un atout pour le Maroc à travers le
coût de la vie, le climat, le paysage
D’un autre côté, la même étude a permis de ressortir trois grandes familles de faiblesses ;
L’environnement structurel tel que le développement galopant de l’économie informelle ; Les
freins liés aux facteurs et coûts de production. ; Les handicaps structurels au développement
industriel se rapportent aux acteurs et à la structure du tissu industriel. Tel que la petite taille et
la fragmentation des unités de production.
Pour compléter cette étude, en l’inscrivant dans le cadre de la matrice SWOT17, qui est un outil
d’analyse qui consiste à prendre en compte les facteurs internes et externes dans la prise de
décision et l’étude la situation actuelle d’un secteur ou d’un établissement. Nous avons relevé
14
La stratégie agricole, la stratégie touristique, la stratégie énergétique, la stratégie halieutique, la stratégie
industrielle.
15
. Celui de Driss Jettou comme premier ministre, Rachid Talbi Alami ministre de l’industrie, et à partir de 2004,
Mezouar comme ministre de l’industrie et des nouvelles technologies.
16
. PROGRAMME «EMERGENCE» Une politique volontariste et ciblée au service de l’Essor de l’Économie Nationale.
Salah Eddine Mezouar, Casablanca 23 novembre 2005.
17
La méthode SWOT : Strengths, Weaknesses, Opportunites, Threats
Par contre, les menaces qui peuvent atténuer voire bloquer le développement industriel sont :
la concurrence étrangère, les menaces liées au terrorisme, la corruption et les crises
économiques, financières, sanitaires nationales et internationales18.
18
Après l’expérience du covid 2019, les menaces liées la sécurité sanitaire s’ajoutent aux crises économiques et
financières.
Ensuite, plus d’un an et demi, depuis l’arrivée du nouveau gouvernement en 200719, des
discussions entre le gouvernement et la confédération marocaine des entreprises du Maroc
(CGEM) se déroulaient autour du ficelage « du livre blanc de l’industrie ».
A partir de 2009, deux ans après l’arrivée du nouveau gouvernement20, on ne parle plus de plan
ou programme émergence mais du « Pacte National pour l’Emergence Industrielle » (PNEI). Ce
dernier ne marque aucune rupture avec le premier, et il ne s’agit pas de dispositif d’urgence. En
effet, le nouveau gouvernement adopte la politique industrielle mise en ouvre en 2006 par le
gouvernement précédent. Le PNEI représente la continuité du plan émergence21 raison pour
laquelle les nouveaux responsables publics parlaient au début, de plan émergence II.
Depuis l’ouverture sur l’extérieur, la proximité géographique et la main d’œuvre bon marché
ont représenté les deux principaux facteurs de la compétitivité de l’économie marocaine.
Depuis 2006, la nouvelle logique pour drainer les investissements industriels au Maroc est basée
sur l’offre compétitive et la logistique.
La construction d’une vision industrielle en adéquation avec les ambitions du pays introduit une
nouvelle dynamique au secteur industriel, puisqu’elle vise la consolidation des acquis, la
correction des erreurs, l’adaptation à la conjoncture et la présentation d’une stratégie de mise
en œuvre concrète.
A son début, la politique industrielle était guidée par trois idées fondatrices : la première est de
focaliser les efforts sur les sept métiers mondiaux du Maroc; la deuxième est de venir en aide
aux autres branches du secteur industriel en les dotant d’atouts compétitifs dans l’objectif de
diversité de la production et la sauvegarde des emplois ; la troisième est de mettre en place une
organisation institutionnelle assurant la mise en œuvre efficace et efficiente des programmes.
19
. Celui de Abbas El Fassi comme premier ministre, et Ahmed Reda Chami comme ministre de l’industrie et des
nouvelles technologies.
20
. Gouvernement de 2007 est celui de Abbas El Fassi comme premier ministre, et Ahmed Reda Chami comme
ministre de l’industrie et des nouvelles technologies.
21
.Ahmed Réda CHAMI déclare « Nous avons enrichi la stratégie Emergence en plan d’action…»
- D’un autre côté le secteur privé qui est représenté par la confédération générale des
entreprises du Maroc (CGEM) et du groupement professionnel des banques du Maroc.
La politique industrielle du Maroc à ce stade devient une affaire au-dessus des sensibilités et des
contingences momentanées. A la volonté politique de doter le Maroc d’une industrie solide et
compétitive, la politique industrielle devient une priorité royale « explicite », puisque le Roi a
exprimé la nécessité de développer le secteur industriel marocain22. De plus, le palais et le
gouvernement ont placé le PNEI sous l’égide du souverain. C’est ainsi que les textes sont signés
devant le roi, et des assises de l’industrie sont présidées par le roi et organisées presque
annuellement depuis 2010.
Une année avant l’achèvement du PNEI prévu en 2015, le nouveau gouvernement23 a entrepris
l’accélération industrielle du Maroc sur la période 2014-2020. Le Programme d’accélération
Industrielle « PAI » capitalise sur les réalisations et les acquis atteints par le PNEI. Le programme
élargie l’action en faveur de l’ensemble des filières du tissu industriel : En plus des MMM, le
programme réintègre les industries classiques, créatrices d’emploi dans le cas du Maroc.
D’autres moyens nouveaux sont déployés afin de créer un environnement compétitif pour les
investisseurs marocains et étrangers : La transformation industrielle par la création
d’écosystèmes ; Le soutien à l’industrie par le Fond de développement industriel ; L’intégration
de l’industrie marocaine dans la sphère internationale en particulier en Afrique.
Dans la présente section, nous analysons des données statistiques relatives à l’industrie
marocaine pour relever les différents effets de la politique industrielle entre 2005 et 201824.
Au niveau méthodologique, l’analyse des résultats a nécessité d’abord la collecte des données
auprès des établissements ministériels : Haut commissariat au plan, l’office des changes, ensuite
leur représentation graphique pour décrire leur évolution et tendance.
3.1. Etat des lieux
22
. Le Roi Mohammed VI, « Discours adressé à la nation à l’occasion de la fête du Trône », 30 juillet 2008. « (…)
Parallèlement, nous appelons le gouvernement à adopter une nouvelle stratégie dédiées au secteur de l’industrie et
des services et au développement des nouvelles technologies. Cette stratégie devrait être axée sur l’exploitation
optimale des opportunités induites par la mondialisation en matière de flux d’investissement. Outre la consolidation
de l’entreprise marocaine et l’encouragement de l’investissement industriel porteur d’une valeur ajoutée, cette
stratégie devrait avoir pour vocation d’ouvrir la voie devant l’économie marocaine pour qu’elle puisse investir dans
de nouveaux créneaux industriels faisant appel à des technologies novatrices et disposant de marchés prometteurs
pour écouler ses produits et ses services ».
23
. Moulay Hafid El Alamy, devient le nouveau ministre de l’industrie du commerce et des nouvelles technologies en
2013 et présente la troisième vague de politique industrielle en mars 2014.
24
. Nous avons choisi de collecter les données jusqu’à l’année 2018, pour que l’analyse des résultats n’intègre pas
les effets négatifs engendrés par la crise sanitaire de Covid19.
Tableau 2- La part du PIB industriel dans le PIB national entre 2005 et 2018
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
15% 15% 13% 13% 14% 14% 14% 15% 16% 17% 16% 16% 16% 16%
Source : calcul fait par l’auteure à partir des données du HCPGénéralement, la production
industrielle en valeur évolue de manière ascendante. Entre 2007 et 2018 elle a augmenté de
37,4%. Son taux de croissance depuis 2012 est stable, modéré et fluctue autour de 3,55%. Par
contre, le taux de croissance instable enregistrés en 2009, 2010 et 2011 s’explique par la crise
financière internationale, et la reprise de l’industrie nationale.
Source : HCP Source : calcul réalisé par l’auteure à partir des données du HCP
La valeur ajoutée industrielle créée par cette production, tend aussi vers la hausse. Entre 2007
et 2018 la valeur ajoutée a augmenté de 44,3%. Toutefois depuis 2012, le taux de croissance de
cette valeur ajoutée est irrégulier.
Source : HCP Source : calcul réalisé par l’auteure à partir des données du HCP
La région casablanca-Settat est celle qui crée le plus valeur ajoutée, mais entre2012 et 2018 elle
n’a progréssé que de 2%. Par contre la valeur ajoutée créée par la région de Tanger-Tétouan-Al
houceima, a évolué de 6% . Dans les dix autres régions, la valeur ajoutée s’est stabilisé ou a
baissé.
Source : HCP
Par rapport à la structure de la production industrielle sur la période 2007-2018, la part la plus
importante de la production industrielle est réalisée par l’industrie alimentaire et tabac dont la
valeur ajoutée a évolué de 9%, suivi de l’industrie mécanique, métallurgique électronique. Par
contre, la part de l’industrie textile et cuir aussi bien dans la production que dans la création de
valeur ajoutée, a régressé respectivement de 4% et de 6% pour céder la place à l’industrie
chimique et parachimique.
Source : HCP Source : calcul réalisé par l’auteure à partir des données du HCP
Les exportations industrielles ont une tendance croissante et rapide. En effet entre 2011 et 2018
elles ont augmenté de 55%.
Source : Office des changes Source : calcul réalisé par l’auteure à partir des données de l’office
des changes
La structure des exportations est marquée par des modifications : Si en 2007 la valeur des
produits du textile et cuire représente 34% des exportations globales, en 2018 les exportations
de cette branche ont baissé de la moitié. Par contre, la valeur des exportations de l’industrie
3.2. Constat
Sur la base de l’analyse des données chiffrées, on constate que la concrétisation de l’émergence
et l’accélération industrielles :
- ont généré une faible croissance de la contribution de la part de l’industrie dans le PIB
marocain.
25
DAHMANY, A. et BENAMAR, F. Stratégie d’industrialisation et croissance économique : Le cas de l’automobile
marocain, Revue AME Vol 4, No 2 (Avril, 2022) 622-639
- ont permis aux exportations industrielles de croître rapidement, et leur structure s’est
modifiée en faveur des industries mécanique métallurgique électronique et chimique et
parachimique.
Conclusion :
L’analyse des données, nous a permis de relever des effets positifs liés à l’évolution croissante et
positive de la trajectoire de la production, de la valeur ajoutée, et des exportations industrielles.
Mais le point d’inflexion au niveau de cette trajectoire industrielle et de rupture avec l’ancienne
tendance tarde à se produire.
Références bibliographiques
BELLON, B. et NIOSI. (1995). Les mutations de l’action industrielle de l’Etat, Revue d’Economie
Industrielle, No. 71, pp. 9-16.
HARISSON, A. (14 septembre 2009). Seminar: Industrial Policy and the Role of the State in
Promoting Growth. Séance de discussion avec W. Aestorly, [Link] et [Link] organisée par le
Groupe de la Banque Mondiale pour le développement (DECRG), New york
Ministère des finances, Division des prévisions et des études financières (DPEF) « Compétitivité
des exportations marocaines : quel bilan ? », 2013.