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Prise en charge des parodontites en urgence

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Prise en charge des parodontites apicales aiguës en

urgence : description des pratiques professionnelles au


sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine
Pénélope Flore Manon Vienne

To cite this version:


Pénélope Flore Manon Vienne. Prise en charge des parodontites apicales aiguës en urgence : descrip-
tion des pratiques professionnelles au sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine. Sciences
du Vivant [q-bio]. 2019. �dumas-02060390�

HAL Id: dumas-02060390


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Submitted on 7 Mar 2019

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U.F.R. D’ODONTOLOGIE
 

Année 2019               Thèse n°

 
THESE POUR L’OBTENTION DU

DIPLOME D’ETAT de DOCTEUR EN CHIRURGIE


DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement

Par VIENNE, Pénélope Flore Manon

Née le 19/11/1993 au Port

Le 28 Février 2019

Prise en charge des parodontites apicales aiguës en urgence :


description des pratiques professionnelles au sein des chirurgiens-
dentistes de Nouvelle-Aquitaine
 
Sous la direction de :
Docteur Wallid BOUJEMAA AZZI
Membres du jury :

Président Mme. BOILEAU Marie-José Professeur des Universités


Directeur M. BOUJEMAA AZZI Wallid Assistant Hospitalo-Universitaire
Rapporteur Mme. ARRIVE Élise Maître de Conférences des Universités
Assesseur M. DELBOS Yves Maître de Conférences des Universités

 
U.F.R. D’ODONTOLOGIE
 

Année 2019 Thèse n°

THESE POUR L’OBTENTION DU

DIPLOME D’ETAT de DOCTEUR EN CHIRURGIE


DENTAIRE

Présentée et soutenue publiquement

Par VIENNE, Pénélope Flore Manon

Née le 19/11/1993 au Port

Le 28 Février 2019

Prise en charge des parodontites apicales aiguës en urgence :


description des pratiques professionnelles au sein des chirurgiens-
dentistes de Nouvelle-Aquitaine

Sous la direction de :
Docteur Wallid BOUJEMAA AZZI
Membres du jury :

Président Mme. BOILEAU Marie-José Professeur des Universités


Directeur M. BOUJEMAA AZZI Wallid Assistant Hospitalo-Universitaire
Rapporteur Mme. ARRIVE Élise Maître de Conférences des Universités
Assesseur M. DELBOS Yves Maître de Conférences des Universités

1    
 
UNIVERSITE DE BORDEAUX
MAJ 01/11/2018

Président M. TUNON DE LARA Manuel


Directeur de Collège des Sciences de la Santé M. PELLEGRIN Jean-Luc

COLLEGE DES SCIENCES DE LA SANTE


UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE DES SCIENCES ODONTOLOGIQUES

Directrice Mme BERTRAND Caroline 58-01

Directeur Adjoint à la Pédagogie Mr DELBOS Yves 56-01

Directeur Adjoint – Chargé de la Recherche M. FRICAIN Jean-Christophe 57-01


Directeur Adjoint – Chargé des Relations
M. LASSERRE Jean-François 58-01
Internationales

ENSEIGNANTS DE L'UFR

PROFESSEURS DES UNIVERSITES

Mme Caroline BERTRAND Prothèse dentaire 58-01


Mme Marie-José BOILEAU Orthopédie dento-faciale 56-01
M Sylvain CATROS Chirugie orale 57-01
M Raphaël DEVILLARD Odontologie restauratrice et endodontie 58-01
Mme Véronique DUPUIS Prothèse dentaire 58-01
M. Bruno ELLA NGUEMA Sciences anatomiques et physiologiques - Biomatériaux 58-01
M. Jean-Christophe FRICAIN Chirurgie buccale – Pathologie et thérapeutique 57-01

MAITRES DE CONFERENCES DES UNIVERSITES

Mme Elise ARRIVÉ Prévention épidémiologie – Economie de la santé – Odontologie légale 56-02

Mme Cécile BADET Sciences biologiques 57-01


M. Etienne BARDINET Orthopédie dento-faciale 56-01
M. Michel BARTALA Prothèse dentaire 58-01
M. Cédric BAZERT Orthopédie dento-faciale 56-01

M. Christophe BOU Prévention épidémiologie – Economie de la santé – Odontologie légale 56-02

Mme Sylvie BRUNET Chirurgie buccale – Pathologie et thérapeutique 57-01


M. Jacques COLAT PARROS Sciences anatomiques et physiologiques 58-01
M, Jean-Christophe COUTANT Sciences anatomiques et physiologiques 58-01
M. François DARQUE Orthopédie dento-faciale 56-01
M. François DE BRONDEAU Orthopédie dento-faciale 56-01
M. Yves DELBOS Odontologie pédiatrique 56-01
M, Emmanuel D'INCAU Prothèse dentaire 58-01
M. Dominique GILLET Odontologie conservatrice – Endodontie 58-01
M. Jean-François LASSERRE Prothèse dentaire 58-01
M. Yves LAUVERJAT Parodontologie 57-01
Mme Odile LAVIOLE Prothèse dentaire 58-01
M. Jean-Marie MARTEAU Chirurgie buccale – Pathologie et thérapeutique 57-01
Mme Javotte NANCY Odontologie pédiatrique 56-01
M. Adrien NAVEAU Prothèse dentaire 58-01
M. Jean-François PELI Odontologie restauratrice – Endodontie 58-01

M. Philippe POISSON Prévention épidémiologie – Economie de la santé – Odontologie légale 56-02

2    
 
 
 

3    
 
REMERCIEMENTS

4    
 
A notre Présidente de thèse :

Madame le Professeur Marie-José BOILEAU,


Professeur des Universités-Praticien Hospitalier
Sous-section Orthopédie Dento-Faciale 56-01

Vous me faites un grand honneur en acceptant la présidence de cette thèse. Je vous


remercie pour l’enseignement que vous m’avez apporté au sein du service de l’hôpital
Pellegrin ainsi qu’en cours et pour votre écoute auprès des étudiants.
Je vous prie d’accepter, Madame, l’expression de ma sincère gratitude et l’assurance de mes
sentiments respectueux.

5    
 
A notre Directeur de thèse :

Monsieur le Docteur Wallid BOUJEMAA AZZI,


Assistant Hospitalo-Universitaire
Sous-section Odontologie Conservatrice – Endodontie 58-01

Je vous remercie infiniment d’avoir accepté de diriger cette thèse et de m’avoir


accompagné tout au long de sa rédaction. J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à travailler
avec vous à l’hôpital, et suis reconnaissante que vous ayez accepté d’être le directeur de mon
travail. Vous avez su me conseiller depuis le choix du sujet à la rédaction de la thèse. Je vous
remercie pour la gentillesse avec laquelle vous avez su répondre à mes sollicitations, et pour
le temps que vous m’avez consacré. Veuillez trouver ici l’expression de toute ma sympathie et
l’assurance de mes sentiments respectueux.

6    
 
A notre Rapporteur de thèse :

Madame le Docteur Élise ARRIVE


Maître de Conférences des Universités- Praticien Hospitalier
Sous-section Prévention épidémiologie - Économie de la Santé - Odontologie
Légale 56-02

Je vous remercie de l’honneur que vous me faites en acceptant de juger cette thèse et
d’en être le rapporteur. Je vous suis reconnaissante pour le temps que vous m’avez accordé
et pour votre enseignement qui m’a été d’une aide précieuse. Veuillez trouver ici, l’expression
de mon profond respect.

7    
 
A notre Assesseur :

Monsieur le Docteur Yves DELBOS


Maître de Conférences des Universités- Praticien Hospitalier
Sous-section Odontologie Pédiatrique 56-01

Je vous remercie d’avoir accepté de juger ce travail. La qualité de vos enseignements


tant théoriques que cliniques au sein de l’hôpital Pellegrin a été particulièrement enrichissante.
Votre investissement auprès des étudiants et le plaisir que vous prenez à enseigner nous ont
guidé lors de nos études et nous ont permis de devenir les jeunes dentistes que nous sommes.
Acceptez mes remerciements les plus sincères et toute ma reconnaissance.

8    
 
Au Docteur Dominique ORIEZ,

C’est à vous que je dois cet attrait pour l’endodontie. Votre absence en ce jour
m’attriste, mais je garderai en souvenir votre présence bienveillante tout au long de mes
études. Je vous remercie infiniment de tout ce que vous m’avez apporté, l’enseignement
théorique et pratique, mais également des souvenirs que je garde avec beaucoup de
tendresse.

9    
 
A mes parents, pour votre soutien tout au long de ces études, mais aussi dans chaque projet
personnel et professionnel que j’entreprends.

A ma sœur, Agathe, pour ton aide lors de cette thèse et pour tout le reste. Je suis fière de toi
et ai de la chance de t’avoir comme exemple, tu as mis la barre suffisamment haute pour que
j’en arrive là.

A Ninique, tu nous as toujours encouragé à faire des études et avoir un bon métier, voilà qui
est fait ! Merci d’avoir toujours été là pour Agathe et moi, de l’apprentissage de l’alphabet à
maintenant.

A Julia, ces années d’études partagées avec toi seront probablement mes meilleurs souvenirs,
même si je sais que nous en créeront pleins d’autres ensemble. Tu restes mon pilier quelle que
soit la distance qui nous sépare.

A Amaury, tu m’as aidé et t’es investi tout au long de cette thèse. Tes conseils et ta patience
m’ont été précieux ! Malgré le travail qui était nécessaire, l’écrire en ta compagnie, en
découvrant tous ces pays, a été une période merveilleuse.

A Mouty, merci pour ton accueil à Carantec où j’ai fini cette thèse et où on fêtera les
nombreux bons moments qui restent à venir !

A Bon-Papa, tu nous as soutenu et encouragé dans nos projets et nos études, merci pour
toutes tes histoires qui rendent tes petits enfants admiratifs de leur grand-père.

A Faty, je t’ai toujours vu très impliqué dans nos résultats scolaires et nos études, je sais que
tu aurais été fier aujourd’hui et c’est avec tendresse que je pense à toi en ce jour.

A Bonne-Maman, tu m’as donné l’envie d’être une femme forte comme tu l’as été. Le coté
manuel que je retrouve et que j’affectionne dans mon travail vient très probablement de toi et
je suis heureuse de ce côté artistique que tu nous as transmis.

A tous mes oncles, tantes, cousins, et leurs pièces rapportées pour notre plus grand
plaisir. Merci à ceux qui le peuvent d’être la aujourd’hui.

10  
 
 
A Lydie, Marine, Fanny et Alexa, pour m’avoir accompagné dans les meilleurs moments. A
toutes ces soirées, WEI, Grands Ouest Dentaire et j’en passe. A ces TPs, parfois stressants
mais qui resteront parmi mes meilleurs souvenirs. A toutes ces expériences que nous avons
vécues ensemble et qui nous ont construites. Vous avez rendu ces années incroyables.
A Fanny, on est arrivé dans ces études ensemble, et avons vécu tant de choses. Tu as
toujours été là dans les moments importants. Merci pour cette année de garde qui reste un bon
souvenir, et surtout merci pour tout le reste.
A Marine, ma sista, pour ces anniversaires fêtés ensemble. A ta gentillesse et tes
principes que je respecte et affectionne.
A Lydie, pour tous ces moments que nous avons partagés, le ski, la Réunion, le
Cambodge et à ceux à venir.
A Alexa, à toutes ces soirées « Céline » qui ont marqué nos années dentaires et à tout
le reste.

A Thomas, mon copain depuis toujours, ma famille presque, avec qui on a traversé toutes ces
études.

A Alfred, Alix, Sicard et JL, pour ces galas, skis, rallyes, déménagements et trips.

A Caroline, ma première binôme, pour ton amitié si précieuse. Un grand merci pour ton aide
pour cette thèse.

A Floriane, pour cette année à Xavier-Arnozan que j’ai adoré et surtout à notre amitié.

A Léa Bouquillard, on a commencé ces études ensemble, et ta rencontre a été précieuse.


Merci pour tous ces moments et ces fous rires que tu m’as offert.

A Séléna, à ces retours de soirées en P2, et à tous ces moments que nous partageons encore.
Ne change pas, ta gentillesse égaie la vie des gens.

A tous mes amis de dentaire, avec qui j’ai passé les meilleures années : Pauline, Camille C.,
Rozen etc..

11  
 
 
A Jordan, Fabien et Adrien, pour vos conseils tout le long de ces études mais aussi les
soirées que nous avons partagées. Merci tout particulièrement à toi Fabien pour ton aide
précieuse lors du CSCT et depuis le début de cette thèse.

A mes amies d’enfance, qui m’ont presque toutes rejoint à Bordeaux et avec qui j’ai pu
partager ces années étudiantes Manon, Lou, Léa, Roxanne, Camille, et Cécile et Priss qui
venaient nous voir.

A Léa, pour tous les moments importants que nous avons vécus et qui nous ont fait grandir.
Merci d’être là !

A Margaux, même si j’ai longtemps espéré que tu choisisses dentaire, égoïstement, je sais
que tu seras un excellent médecin. Merci pour tous ces moments à la Réunion et à Bordeaux.

A tous mes amis de la Réunion, avec qui j’ai grandi et profité de ce début de vie d’adulte, à
Bordeaux notamment. Je ne peux pas faire de liste exhaustive tant vous êtes nombreux, mais
vous vous reconnaitrez.

A Etienne et Rodolphe, pour votre aide sur Excel, et surtout pour tous ces moments passés à
Paris. Votre accueil a été précieux !

Au Docteur Dominique Naboulet et à tout le cabinet, merci à vous tous pour cet accueil.

A Marine Blanc, un grand merci pour votre patience et votre gentillesse lors de
l’organisation de cette thèse. Vous avez su être aidante et conciliante dans toutes ces
démarches qui me semblaient si difficiles.

12  
 
 
TABLE  DES  MATIERES  
INTRODUCTION  ...............................................................................................................  15  
I.   ETAT DES CONNAISSANCES  ..............................................................  16  
1.   Définition  ............................................................................................................................  17  
1.1.   Étiologies des parodontites apicales  ..........................................................................................  17  
1.2.   Parodontite apicale d’origine infectieuse  ...................................................................................  17  
1.3.   Mécanismes de développement  ................................................................................................  18  
1.4.   Signes cliniques des pathologies péri-apicales...........................................................................  18  
2.   Recommandations de prise en charge en urgence  .............................................................  22  
2.1.   Prise en charge des pathologies péri-apicales aiguës : recommandations françaises  ...................  22  
2.2.   Intérêt d’une prescription de traitement antibiotique  ..................................................................  26  
2.3.   Prescription d’antibiotiques dans le monde pour la prise en charge des parodontites apicales
aigues    ................................................................................................................................................  26  
2.4.   La surconsommation d’antibiotiques dans le monde : risques individuels et collectifs  ...............  27  
II.   ETUDE : ANALYSE DE LA PRISE EN CHARGE DES
PARODONTITES APICALES AIGUËS EN URGENCE EN NOUVELLE-AQUITAINE  28  
1.   Objectifs de l’étude  ............................................................................................................  29  
2.   Matériel et méthode  ...........................................................................................................  29  
2.1.   Schéma d’étude  ........................................................................................................................  29  
2.2.   Population d’étude  ...................................................................................................................  29  
2.3.   Élaboration du questionnaire  ....................................................................................................  30  
Les premières questions (Annexe1) ont été posées afin de cibler le profil du praticien interrogé. Celles-ci
ont permis de connaitre son sexe, l’université au sein de laquelle il a effectué son cursus initial et son
année de diplôme, ainsi que son lieu, son type et son mode d’exercice.  ...................................................  30  
2.4.   Diffusion du questionnaire  .......................................................................................................  30  
2.5.   Analyse des données recueillies  ................................................................................................  31  
3.   Résultats  .............................................................................................................................  32  
3.1.   Description de l’échantillon  ......................................................................................................  32  
3.2.   Gestion des cas cliniques  ..........................................................................................................  34  
3.3.   Suivi des recommandations  ......................................................................................................  47  
3.4.   Formation des praticiens...........................................................................................................  48  
3.5.   Association entre la réalisation de formation continue en endodontie et le suivi des
recommandations ANSM  .......................................................................................................................  49  
3.6.   Association entre le besoin de formation ressenti par les chirurgiens-dentistes et le suivi des
recommandations.  ..................................................................................................................................  49  
3.7.   Association entre le fait d’avoir consulté les dernières recommandations de l’ANSM datant de
2011 et le fait de répondre en accord avec les recommandations.  ............................................................  49  
4.   Discussion  ...........................................................................................................................  50  
CONCLUSION    .................................................................................................................  56  
BIBLIOGRAPHIE  ..............................................................................................................  57  
ANNEXE    .................................................................................................................  61  
Annexe 1: Questionnaire  ............................................................................................................  62  
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences endodontiques et des
prescriptions d’antibiotiques (1/2)  .............................................................................................  70  
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences endodontiques et des
prescriptions d’antibiotiques (2/2)  .............................................................................................  71  
 

13  
 
 
 
 
 
 
 
 

INDEX DES FIGURES


Figure 1: Distribution géographique des chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine n=3715
et dans notre échantillon N=133  ...........................................................................................  32  
Figure 2: Ville de diplôme des praticiens N=133  ..................................................................  33  
Figure 3: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°1 n=102  ...............................................  34  
Figure 4: Choix de la molécule antibiotique pour le cas n°1 n=109.......................................  35  
Figure 5: Prescription d'antalgiques pour le cas n°1 N=133  ..................................................  36  
Figure 6: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°1 N=133  .....................................  36  
Figure 7: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°2 n=100  ..............................................  38  
Figure 8: Choix de la molécule antibiotique cas n°2 n=116  ..................................................  39  
Figure 9: Prescription d'antalgiques pour le cas n°2 N=133  ..................................................  39  
Figure 10: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°2 N=133  ...................................  40  
Figure 11: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°3 n=108  .............................................  41  
Figure 12: Choix de la molécule antibiotique cas n°3 n=123  ................................................  42  
Figure 13: Prescriptions d'antalgiques pour le cas n°3 N=133  ...............................................  43  
Figure 14: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°3 N=133  ...................................  43  
Figure 15 : Suivi des recommandations par les praticiens de l’échantillon N=133  ................  47  

INDEX DES TABLEAUX


Tableau 1: Les signes et symptômes des affections pulpaires et parodontales.  ......................  21  
Tableau 2: Les différentes indications de supplémentation par traitement antibiotiques en
endodontie(36)  .....................................................................................................................  24  
Tableau 3: Principaux antibiotiques prescrits en endodontie(36)  ..........................................  25  
Tableau 4: Prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires (N=133)  ..............................  44  
Tableau 5: Association entre la prescription d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques  ...........  45  
Tableau 6: Réalisation d’un acte et prescription d’un traitement antibiotique (N=133)  .........  46  
Tableau 7: Association entre la réalisation d’un acte et la prescription d’antibiotiques..........  46  
 
 
 
 

14  
 
 
INTRODUCTION
 
Alors que la population mondiale ne cesse de croître, le recours aux antibiotiques
augmente, et le développement de résistance bactérienne s’accélère. La lutte contre le
développement de ce type de résistance est donc devenue une priorité. (1) Dans ce contexte, un
usage abusif ou un mésusage des antibiotiques peut avoir des conséquences individuelles et
collectives graves.(2) De grandes organisations telles que l’Organisation Mondiale de la Santé
(OMS) ou l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) mettent en
place des plans d’actions afin de sensibiliser chacun à ce problème d’ordre mondial.(1,3)

Le rôle du chirurgien-dentiste dans ce domaine, comme tout praticien dans le domaine de la


santé est primordial.(4,5) Un rapport réalisé par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament
(ANSM) a montré que les beta-lactamines, antibiotiques largement prescrits en odontologie,
représentaient 65,2% de la consommation d’antibiotiques totale en ville en 2016. (6)
Les parodontites apicales aiguës (PAA) sont des urgences récurrentes dans les cabinets
dentaires et donnent régulièrement lieu à la prescription d’antibiotiques. La conduite à tenir lors
de la prise en charge des PAA a fait l’objet de nombreuses publications, et le recours aux
antibiotiques ne doit pas être systématique.(2,7) Pourtant, la littérature internationale rapporte
un recours inapproprié et excessif de ces derniers comme solution thérapeutique d’urgence.
(5,8–10) En effet, bien que cette pathologie soit le plus souvent d’origine infectieuse, une prise
en charge locale par un traitement mécanique est généralement suffisante. La prescription
d’antibiotiques est donc rarement justifiée.(11–14)

Notre hypothèse est que la prescription d’antibiotiques lors de la prise en charge des PAA en
urgence par les praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine est trop fréquente, ainsi, l’objectif
de cette étude est de faire un état des lieux de ces prises en charge et de les comparer aux
recommandations établies par l’ANSM en 2011 concernant la prescription d’antibiotiques en
pratique bucco-dentaire.(15) Avant cela, il convient de faire un rappel sur les différentes
formes de parodontites apicales ainsi que leur prise en charge en urgence.

15  
 
 
I.   ETAT DES CONNAISSANCES

16  
 
 
1.   Définition

La parodontite apicale aiguë est une inflammation aiguë du péri-apex due à une irritation qui
peut être d’origine chimique, physique ou infectieuse.(16)

1.1.   Étiologies des parodontites apicales


 
La parodontite apicale aiguë est donc la réaction de défense de l’hôte face à une agression.
-chimique : principalement d’origine médicamenteuse, irritation due aux produits utilisés
lors du traitement endodontique de la dent.
-physique : traumatisme sur la dent, dépassement d’instruments au niveau du péri-apex
ou extrusion de débris dans le péri-apex lors du traitement endodontique.
-infectieuse : initiée par des bactéries présente dans le canal ou au niveau parodontal.(17)

1.2.   Parodontite apicale d’origine infectieuse


 
La principale étiologie des parodontites apicales est infectieuse. (18) Lorsque la pulpe est
exposée, les bactéries présentes dans la carie, dans la cavité buccale ou au niveau parodontal
infectent et colonisent le tissu pulpaire auparavant stérile, via les tubuli dentinaires. Les
bactéries présentes dans le canal, associées aux produits de décomposition du tissu pulpaire et
au fluide stagnant dans le canal de la dent irritent alors les tissus péri-apicaux en regard du ou
des foramina apicaux et latéraux des canaux infectés.(19)

Pour se défendre l’hôte déclenche un processus immunologique afin de contrer l’agression des
bactéries du canal, ce qui aboutit à la formation d’une lésion inflammatoire peri-radiculaire
d’origine endodontique (LIPOE) ou parodontite apicale aiguë (PAA).(20)

A la suite de cette réponse initiale aiguë de l’hôte, plusieurs évolutions sont possibles :
-­   guérison spontanée, seulement dans le cas d’inflammation aseptique.(18)
-­   exacerbation de l’inflammation : transformation de la PAA en un abcès apical aigu
(AAA). Celui-ci peut évoluer en fistulisation et se drainer, ce qui entraine une
diminution des symptômes. Cependant, en l’absence de traitement, l’infection localisée
peut devenir diffuse : des signes cliniques de cellulites et des signes généraux tels que
fièvre et adénopathies peuvent alors apparaitre.(2,18)
17  
 
 
-­   évolution vers la chronicité : parfois, un équilibre s’installe entre les défenses de l’hôte et
les attaques bactériennes.(21) La lésion péri-apicale prend alors la forme de lésion
encapsulée sous forme de granulome voire de kyste. Ce fragile équilibre peut se rompre,
ce qui provoque une poussée inflammatoire aiguë au sein de la phase chronique : l’abcès
secondaire.(18,19)

1.3.   Mécanismes de développement


 
Dans un premier temps des bactéries dites « pionnières » envahissent le canal. Puis
l’infection progresse, et s’en suit alors un changement de l’environnement canalaire, la présence
d’oxygène et de nutriments diminue ce qui entraine des modifications de la composition de la
flore bactérienne, les bactéries à gram positif anaérobies facultatives laissent place à des espèces
principalement anaérobies.(17,22) Au niveau apical, on retrouve une flore agressive
protéolytique, anaérobie, pouvant survivre avec un faible apport nutritif, et plus difficile à
éliminer que celle présente dans la partie coronaire du canal infecté.(18,19,23) Le type
d’espèces retrouvées, leur virulence, leur nombre et leur synergisme sont variables d’une PAA
à une autre. (22) Cette infection initie des réactions immunitaires innées ou acquises dans le
parodonte péri-radiculaire.
 
1.4.   Signes cliniques des pathologies péri-apicales

Les signes cliniques résultant de l’inflammation péri-apicale sont variés et dépendent de


nombreux facteurs parmi lesquels l’état des défenses de l’hôte (24), l’importance de la réponse
inflammatoire (25) et la virulence des pathogènes infectant le canal. (17,22,26)

•   La parodontite apicale aiguë primaire

Les signes cliniques généralement retrouvés chez les patients atteints de PAA sont :
 
-­   des douleurs modérées à sévères pouvant être spontanées et continues, exacerbées par
la percussion et les contacts occlusaux de la dent infectée (16,27)  
-­   une vitalité souvent négative de la dent(16,28,29)  
-­   un élargissement desmodontal ou une image apicale radio-claire (30)  
-­   la présence d’une voie de contamination de la pulpe (fêlure, fracture, carie ou
restauration non étanche) (30)
18  
 
 
•   L’abcès apical aigu
 
Lorsque la parodontite apicale aiguë évolue en abcès apical aigu, le tableau clinique est
généralement le suivant :
-­   Un œdème se crée au niveau des tissus formant parfois une tuméfaction (« pus » sous
periosté ou sous muqueux). Cette accumulation de liquide crée une surpression
souvent extrêmement douloureuse et peut provoquer une légère extrusion de la dent,
ce qui augmente les contacts occlusaux sur celle-ci.
-­   Une douleur amplifiée notamment à la palpation apicale de la dent
-­   Une pression à la mastication devenant intolérable. (13)

Si l’abcès parvient à se drainer, le phénomène de surpression diminue et les douleurs peuvent


disparaitre. C’est le cas lorsqu’une fistule se forme. Une forme chronique de lésion apicale se
met alors en place.(30)
 

•   La parodontite apicale chronique


 
Le stade de parodontite apicale chronique, lui, est souvent asymptomatique. Le diagnostic du
granulome ou du kyste se fait souvent par découverte fortuite par la présence d’une image radio-
claire de lyse osseuse au niveau de l’apex de la dent sur une radiographie, ou un changement
de teinte de la dent nécrosée. On retrouve un test de vitalité négatif et un test de percussion
parfois positif. La lyse osseuse peut entrainer une mobilité ou une version des dents.(31)

•   L’abcès phœnix
 
Lors de cette phase chronique, une recrudescence de l’inflammation peut avoir lieu et les
symptômes de l’abcès apical aigu sont retrouvés.

Les signes et symptômes des affections pulpaires et parodontales ont été recensés et classés
dans un tableau par Woda et al. 1999. (Tableau 1)(7)

19  
 
 
 

Maladie et synonymes Critères diagnostiques

-Parodontite apicale aiguë ; -Existence d’une contamination parodontale


-Parodontite apicale aiguë non suppurée ; d’origine bactérienne issue de l’endodonte ;
-Parodontite apicale symptomatique. -Réponse négative aux tests de sensibilité
pulpaire ;
-Douleur spontanée et exacerbée par la
percussion ou la pression ;
-Absence de douleur à la palpation apicale.

-Abcès apical aigu ; -Existence d’une contamination parodontale


-Parodontite apicale aiguë suppurée ; d’origine bactérienne issue de l’endodonte ;
-Parodontite péri-apicale aiguë suppurée ; -Réponse négative aux tests de sensibilité
-Abcès alvéolaire aigu ; pulpaire ;
-Cellulite collectée ; -Douleur spontanée et exacerbée par la
-Abcès sous-periosté. percussion ou la pression ;
-Douleur à la palpation apicale due à la présence
d’une tuméfaction sous-periostée ou sous-
muqueuse possible.

-Parodontite apicale chronique ; -Dent asymptomatique ;


-Granulome apical ; -Réponse négative aux tests de sensibilité
-Kyste radiculo-dentaire. pulpaire ;
-Image radio-claire d’une lésion osseuse
d’origine endodontique.

-Abcès secondaire ; -Existence d’une contamination parodontale


-Abcès Phoenix ; d’origine bactérienne issue de l’endodonte ;
-Abcès récurrent ; -Réponse négative aux tests de sensibilité
-Abcès recrudescent ; pulpaire ;
-Abcès apical chronique. -Douleur spontanée et exacerbée par la
percussion ou la pression ;
-Douleur à la palpation apicale due à la présence
d’une tuméfaction sous-periostée ou sous-
muqueuse possible ;

20  
 
 
-Image osseuse radio-claire de lésion d’origine
endodontique.

-Fistule ; Présence d’un ostium fistulaire dont la relation


-Parodontite apicale chronique purulente ; avec la dent causale est objectivée à la
-Parodontite péri-apicale chronique radiographie par l’introduction d’un cône de
suppurée ; gutta.
-Parodontite alvéolaire chronique.

Tableau 1: Les signes et symptômes des affections pulpaires et parodontales.

21  
 
 
2.   Recommandations de prise en charge en urgence

Les PAA et AAA font partie des principales urgences rencontrées par les chirurgiens-dentistes.
En effet, 90% des urgences dentaires sont d’origine endodontique, et deux patients sur trois
consultent en urgence pour causes de douleurs.(13,32) La bonne gestion de ces pathologies
péri-apicales est donc très importante.

2.1.   Prise en charge des pathologies péri-apicales aiguës :


recommandations françaises

•   Drainage

Le traitement de première intention est un traitement mécanique. Le but est le nettoyage


et la désinfection canalaire afin d’éliminer les bactéries et les produits de nécrose pulpaire qui
provoquent une irritation, et donc de diminuer l’inflammation des tissus péri-apicaux.(12,13)
La mise en sous occlusion de la dent est conseillée afin de diminuer les douleurs lors de la
mastication notamment.(11)
En cas de collection suppurée, un drainage par voie canalaire, voire transmuqueux, doit
être réalisé afin de réduire la pression résultant de cette accumulation de pus. (13) Une irrigation
du canal avec un produit de désinfection tel que l’hypochlorite de sodium à 5% est conseillée
dans le but de diminuer la charge bactérienne et les débris de tissu pulpaire présents dans le
canal. Ces actes d’urgence peuvent considérablement soulager le patient.(13)

Le traitement endodontique complet sera à réaliser par la suite par le chirurgien-dentiste.

En France, des études faites par la Haute Autorité de Santé en 2008 ont montré
l’importance d’un traitement endodontique bien réalisé selon les concepts cliniques actuels
dans l’éradication des bactéries, et la guérison des lésions inflammatoires.(33)

22  
 
 
•   Traitement antibiotique

2.1.1.   Indications

Des recommandations mises en place et actualisées en 2011 par l’ANSM sur la


prescription d’antibiotiques dans la pratique bucco-dentaire définissent clairement les
indications de prescriptions des antibiotiques.(15)

Deux types d’antibiothérapie peuvent être mis en place :


-­   L’antibiothérapie prophylactique, dont le but est de prévenir une infection. Elle
s’adresse à des patients immunodéprimés, que ce soit dû à une pathologie systémique
ou à la prise d’un traitement qui minimise les défenses, ou à des patients à risque
d’endocardite infectieuse. Une dose de 2 grammes d’amoxicilline doit alors être
délivrée une heure avant l’acte considéré comme invasif pour ces
populations.(14,34,35)
-­   L’antibiothérapie curative. Celle-ci doit se montrer exceptionnelle. Sa mise en place
ne doit « ni différer, ni se substituer au traitement étiologique non médicamenteux, en
particulier chirurgical, du foyer infectieux », elle n’est indiquée que lorsque des signes
systémiques sont diagnostiqués, « en présence d’une infection accompagnée de
fièvre, trismus, adénopathie ou œdème persistant ou progressif, toujours en
complément du traitement local adéquat. »(15)

Les indications de prescriptions d’antibiotiques en endodontie sont réunies dans le tableau


issu de l’article de Segura-Egea et al. et repris par la ESE (European Society of
Endodontology).(14,36) (Tableau 2)

23  
 
 
État pulpaire et péri-apical Données cliniques et radiographiques Antibiotiques
en
complément
Pulpite irréversible -Douleur NON
symptomatique -Pas d’autres symptômes et signes d’infection
Nécrose pulpaire -Dent non vitale NON
-Élargissement desmodontal
Abcès apical aigu -Douleur NON
-Douleur à la percussion et lors de la morsure
-Elargissement desmodontal

Abcès apical Chronique -Dent avec abcès fistulisé NON


-Image radioclaire peri apicale
Abcès apical aigu sans signes -Écoulement de pus et gonflement localisé NON
systémiques
Abcès apical aigu chez le -Écoulement de pus et gonflement localisé OUI
patient immunodéprimé -Patient avec pathologies systémiques
provoquant un déficit d’immunité
Abcès apical aigu avec signes -Écoulement de pus et gonflement localisé OUI
systémiques -Élévation de la température corporelle (>38°)
-Malaise
-Lympho-adenopathie
-Trismus

Infection progressive -Survenue rapide d’une infection grave (moins OUI


de 24 heures)
-Cellulite ou infection diffuse
-Ostéomyelite
Infection persistante -Abcès chronique ne se résolvant pas par un OUI
traitement canalaire mécanique et une simple
médication
 
Tableau 2: Les différentes indications de supplémentation par traitement antibiotiques
en endodontie(36)

24  
 
 
2.1.2.   Choix de molécule et posologie

Une flore poly-microbienne est retrouvée au niveau apical des dents infectées. La
quantité et virulence des bactéries présentes, un éventuel synergisme bactérien et la formation
d’un biofilm sont des variables pouvant modifier l’efficacité des antibiotiques.(22,37) L’idéal
avant toute prescription serait donc de réaliser un test bactérien d’un prélèvement au niveau
canalaire. Cependant pour des raisons de temps notamment, celui-ci est rarement utilisé.(37)

Il est donc utile d’avoir des « consensus » de prescriptions. Des études telles que celle de
Baumgartner et al. (2003) ont évalué l’efficacité des principaux antibiotiques utilisés en
chirurgie dentaire afin de contrer les bactéries présentes dans le pus d’abcès péri-apicaux.
Il en ressort que l’antibiothérapie de choix afin d’éradiquer une infection en première intention
est l’amoxicilline.
Une association avec de l’acide clavulanique ou du métronidazole visant à optimiser l’efficacité
de l’amoxicilline sera indiquée mais en seconde intention, en cas de persistance de l’infection.
(15,37)

L’European Society of Endodontology (ESE) conseille une prise d’amoxicilline trois fois par
jour soit 500mg toutes les 8 heures afin d’assurer la quantité suffisante de la molécule en
permanence. Cependant il n’y a pas d’indication précise quant à la durée de prescription, et
celle-ci est souvent de 3 à 7 jours.(14,36,38) (Tableau 3)

Molécule Dose d’attaque Dose d’entretien

Penicilline VK 1000 mg 500 mg q*4-6h

Amoxicilline avec ou sans 1000 mg 500 mg q8 h or


acide clavulanique 875 mg q12h

Clindamycine 600 mg 300 mg q6 h

Azithromycine 500 mg 250 mg q24 h

Metronidazole 1000 mg 500 mg q6 h

Tableau 3: Principaux antibiotiques prescrits en endodontie(36)


*q= quaque= toutes (exemple : quaque sex hora : toutes les six heures)

25  
 
 
•   Analgésiques
 
Une prescription d’antalgiques peut être indiquée en cas de douleurs pour les formes
aiguës de pathologies péri-apicales.(11)

•   Urgences vitales
 
Dans certains cas, cellulites, gonflements importants ou trismus peuvent gêner la
respiration et le patient doit être adressé aux urgences auprès de spécialistes.(39)

2.2.   Intérêt d’une prescription de traitement antibiotique

De nombreuses études confirment l’inefficacité de la prescription d’antibiotiques de


manière systématique.(34)
Les études de Fouad et al. (1996) et Henry et al. (2001) ont montré une diminution rapide
des gonflements suite à un traitement endodontique adéquat mais pas de différence significative
entre les signes cliniques ressentis chez les patients bénéficiant d’un traitement antibiotique et
ceux prenant un placebo suite au soin.(12,40,41)
D’autres études se sont intéressées aux bénéfices apportés par une prise d’antibiotiques avant
traitement en prévention des douleurs post-opératoires et des « flare-up » , terme désignant une
flambée inflammatoire ou infectieuse pouvant faire suite au traitement.(42) Les résultats de ces
études montrent qu’il n’y a pas eu de différence significative d’apparition de « flare-up » et de
douleurs post opératoire entre les patients soumis à un traitement antibiotique et ceux prenant
un placebo avant le traitement endodontique.(34,43,44)
Plusieurs études mettent en évidence le fait que les antibiotiques ne sont efficaces que lors d’une
dissémination des bactéries dans les tissus environnants (2,12,38,40,41,45)

2.3.   Prescription d’antibiotiques dans le monde pour la prise en charge des


parodontites apicales aigues
 
Plusieurs études ont été réalisées à l’international afin d’analyser les habitudes de prise
en charge des PAA par les praticiens, et leur usage des antibiotiques pour ces pathologies. Les
résultats de ces études ont été réunis dans le tableau disponible en annexe 2.
Dans l’une de ces enquêtes, réalisée en 1999, Yingling et al. ont interrogé les membres de
l’American Association of Endodontists (AAE) sur leurs habitudes de prescription
26  
 
 
d’antibiotiques. Ils ont reporté que plus de 53% des chirurgiens-dentistes américains interrogés
prescrivaient couramment des antibiotiques en cas de nécroses pulpaires et abcès péri-apicaux
en l’absence de gonflement. (5)
En 2016, cette étude a été reconduite afin de comparer les réponses à celles obtenues auparavant
et a montré la persistance de prescriptions inappropriées chez plus de 43% des praticiens
interrogés lors de la prise en charge de nécroses pulpaires, avec pathologies péri-apicales
symptomatiques, et sans gonflement.(9)

2.4.   La surconsommation d’antibiotiques dans le monde :


risques individuels et collectifs

Un recours abusif ou un mésusage des antibiotiques engendre des risques :


-­   Individuels : effets secondaires tels que dérèglements intestinaux , développement de
mycoses orales ou génitales et allergies (allant de simples démangeaisons à des chocs
anaphylactiques pouvant causer la mort du patient).(4,40) Selon l’AAE, environ 8%
des américains ayant eu des soins de santé seraient allergiques à la pénicilline.(38)
-­   Collectifs : Le risque majeur étant le développement de résistances bactériennes
rendant les infections persistantes et difficilement traitables.(9,37,46,47)
Les prescriptions excessives dans la prise en charge des pathologies endodontiques sont donc
responsables de développement de résistances bactériennes aux antibiotiques couramment
utilisés comme les betalactamines. (37,48,49).On estime qu’entre 5 et 20% des bactéries
présentes dans les abcès péri-apicaux seraient résistantes à la pénicilline, antibiotique
majoritairement utilisé pour traiter ces infections.(37)

La surconsommation d’antibiotiques est un problème de santé publique mondial. Or près


de 10% des prescriptions d’antibiotiques sont faites par des chirurgiens-dentistes. Ces praticiens
ont donc un rôle important à jouer pour diminuer l’impact de leur prescription sur le
développement de résistances bactériennes.(4,5)

Ces chiffres préoccupants nous ont conduit à nous demander si les chirurgiens-dentistes
en France, et plus particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, respectaient les recommandations
établies par l’ANSM concernant la prescription d’antibiotiques en pratique bucco-dentaire lors
de la prise en charge des PAA en urgence.

27  
 
 
 

II.   ETUDE : ANALYSE DE LA PRISE EN


CHARGE DES PARODONTITES APICALES
AIGUËS EN URGENCE EN NOUVELLE-
AQUITAINE

28  
 
 
 
1.   Objectifs de l’étude
 
Les objectifs de l’étude étaient de décrire la prise en charge des PAA en urgence par les
chirurgiens-dentistes de Nouvelle Aquitaine et d’évaluer l’écart avec les recommandations
actuelles en France quant aux indications de prescriptions d’antibiotiques en endodontie.
 
 

2.   Matériel et méthode
 

2.1.   Schéma d’étude


 
Nous avons réalisé une étude descriptive transversale des pratiques de prise en charge des PAA
en urgence basée sur un auto-questionnaire en ligne auprès des chirurgiens-dentistes de
Nouvelle-Aquitaine.

2.2.   Population d’étude


 

•   Critères d’inclusion
 
Tous les praticiens diplômés exerçant en Nouvelle-Aquitaine pouvaient être inclus dans
l’étude.

•   Critères d’exclusion
 
Les praticiens non diplômés et ceux exerçant dans des régions autres qu’en Nouvelle-
Aquitaine ont été exclus de notre échantillon.

29  
 
 
2.3.   Élaboration du questionnaire

Les premières questions (Annexe1) ont été posées afin de cibler le profil du praticien
interrogé. Celles-ci ont permis de connaitre son sexe, l’université au sein de laquelle il a
effectué son cursus initial et son année de diplôme, ainsi que son lieu, son type et son mode
d’exercice.
Il leur a également été demandé s’ils prenaient ou non des urgences au sein de leur cabinet.
 
Trois cas cliniques décrivant les principaux types de PAA rencontrées en urgence étaient
proposés. Pour chaque cas, les symptômes, le diagnostic ainsi qu’une radiographie retro-
alvéolaire étaient donnés. (Annexe1)

Les praticiens devaient pour chaque cas clinique choisir la thérapeutique qu’ils auraient mis en
place.

Des questions concernant leur formations dans ce domaine leur ont été posées. (Annexe1)

2.4.   Diffusion du questionnaire


 
Le questionnaire (Annexe 1) a été réalisé sur « GoogleForms » afin de faciliter le
recueil des données.
La version finale du questionnaire a été obtenue en Juillet 2018 et a été diffusée à partir de fin
Aout 2018, fin de la période de vacances scolaires afin d’augmenter le nombre de répondants.
Il a été analysé et validé par des enseignants hospitaliers universitaires de Bordeaux.

La diffusion du questionnaire s’est faite par internet (groupe Facebook de chirurgiens-dentistes


en Nouvelle Aquitaine : SFE Aquitaine et Dentiste de la Nouvelle-Aquitaine) et par mail via
les conseils de l’ordre des départements concernés.
Une demande de partage du questionnaire aux 12 conseils de l’ordre de la région Nouvelle-
Aquitaine a été faite.
Seul le conseil de l’ordre de la Charente-Maritime (17) a répondu positivement. Pour les
autres il y a eu soit une absence de réponse pour ceux de Charente (16), Corrèze (19), Creuse
(23), Dordogne (24), Gironde (33), Landes (40), Lot-et-Garonne (47), Deux-Sèvres (79),
30  
 
 
Vienne (86), Haute-Vienne (87), ce qui ne nous permet pas de savoir s’ils ont diffusé le
questionnaire, soit un refus de la part du conseil de l’ordre des Pyrénées Atlantiques (64) pour
raisons logistiques.
Le recueil des réponses a été clôturé le 1er Novembre 2018.

2.5.   Analyse des données recueillies

Des fréquences et pourcentages ont été calculés pour les variables qualitatives. Pour les
variables quantitatives, la médiane, 1er et 3ème quartile, moyenne, écart-type, minimum et
maximum ont été calculés.
Afin d’évaluer la représentativité de notre échantillon face à la population de chirurgien-
dentiste de Nouvelle-Aquitaine, nous avons comparé nos résultats aux données
démographiques du Ministère de la Solidarité et de la Santé accessibles en ligne. Ces données
élaborées par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des
statistiques) regroupent les praticiens diplômés enregistrés dans le répertoire ADELI ou dans le
répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) et sont datées du 1 er Janvier 2018. Les
comparaisons ont été faites à l’aide du test du Chi2 pour le sexe et graphiquement pour le
département d’exercice.
Pour chaque cas clinique, le suivi des recommandations de l’ANSM en 2011 (35) a été défini
de la façon suivante : pour les cas 1 et 2 : réalisation d’un acte local (parage canalaire) sans
prescription d’antibiotiques ; pour le cas 3 : réalisation d’un acte local et prescription
d’antibiotiques.
L’association entre le suivi des recommandations et la réalisation d’une formation dans le
domaine de l’endodontie lors des 7 dernières années, le besoin ressenti de se former davantage,
et la consultation de ces recommandations depuis 2011 a été étudié, de même que l’association
entre la réalisation d’un acte et la prescription d’antibiotiques, à l’aide des tests de Chi 2 et de
Fisher. Le test de Fisher était utilisé lorsque les conditions d’application du test du Chi2
n’étaient pas respectées (effectifs théoriques <5).
Une p-value inférieure à 0,05 objectivait pour ces deux tests une association statistiquement
significative entre nos valeurs comparées.
La saisie des données a été réalisée directement sur « Google Forms ». Les données ont été
exportées avec le logiciel Excel version 16.16.5 et analysées avec Epi-info 7. Les
représentations graphiques ont été réalisées avec Excel.

31  
 
 
3.   Résultats

3.1.   Description de l’échantillon

Cent-quarante-deux réponses ont été obtenues. Parmi celles-ci, 9 réponses ont été exclues
car les praticiens répondant n’exerçaient pas en Nouvelle-Aquitaine.
Ainsi, 133 réponses ont donc été analysées, ce qui correspond à un taux de réponse proche de
4% de la population de chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine : n=3715.

•   Sexe

Le pourcentage de répondants féminins (n=58) de notre échantillon était de 44%, résultat


semblable à celui du pourcentage de praticiens féminins exerçant en Nouvelle-Aquitaine de
45% (p-value=0,552).

•   Distribution géographique

35%

30%

25%

20%

15%

10%

5%

0%
Nouvelle-­‐Aquitaine  n=3715 Echantillon  N=133
Départements  de  Nouvelle-­‐Aquitaine

-­‐33 -­‐64 -­‐17 -­‐40 -­‐24 -­‐86 -­‐87 -­‐16 -­‐47 -­‐79 -­‐19 -­‐23
 
Figure 1: Distribution géographique des chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine n=3715
et dans notre échantillon N=133

32  
 
 
Les départements ayant eu le plus fort taux de réponses étaient la Gironde (33%) et la
Charente-Maritime (33%) (Figure 1)

Le nombre de praticiens répondant à notre étude, installés en Charente-Maritime (17), était


plus élevé que dans la population de chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine.
Une différence de répartition entre notre échantillon et la population de dentistes de Nouvelle-
Aquitaine a été constatée concernant la Vienne (86) et la Creuse (23). (Figure 1)

•   Année de diplôme et lieu de formation initiale


 
Les praticiens ont été diplômés entre 1976 et 2018.
La médiane était 2009 et le 1er et 3ème quartile étaient respectivement 1997 et 2015,
avec une moyenne de 2005 + /- 12,2.
 
 

70%
62%
60%

50%

40%

30%

20% 18%
15%

10%
5%

0%
Bordeaux Nantes Toulouse Autres

Figure 2: Ville de diplôme des praticiens N=133


Parmi les répondants, 62% ont été formés à Bordeaux, contre 15% à Nantes, et 5%
àToulouse. Quinze villes de diplômes différentes ont été recensées : Bordeaux,
Nantes, Toulouse, Paris, Nancy, Strasbourg, Rennes, Reims, Montpellier, Lyon, Nice,
Lille, Clermont-Ferrand et même Bruxelles et Leuvin en Belgique. (Figure 2)

33  
 
 
•   Type et mode d’exercice

Notre échantillon était composé de 128 omnipraticiens (96%) et 5 spécialistes en


endodontie (4%).
La majeure partie travaillait en libéral : 128 (96%) dont 3 étaient également
hospitalo-universitaires. Un seul praticien était exclusivement hospitalo-
universitaire (1%) et 4 praticiens salariés (3%).

•   Prise en charge des urgences


 
Tous les praticiens ont répondu recevoir des urgences.

3.2.   Gestion des cas cliniques


3.2.1.   Gestion du cas clinique numéro 1
 
[Link].   Réalisation d’un acte.

1% 1%

7%
Parage canalaire

Traitement endodontique
de la dent

Drainage par voie


muqueuse

91%
Avulsion

Figure 3: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°1 n=102

•   Pour ce cas n°1, 102 praticiens soit 77% des chirurgiens-dentistes interrogés ont
répondu réaliser un acte (N=133).

34  
 
 
•   Parmi eux, 91% réalisaient un parage canalaire, 7% le traitement endodontique
dans la séance, 1% le drainage par voie muqueuse et 1% l’avulsion de la dent
(n=102). (Figure 3)

[Link].   Prescription d’antibiotiques


 
•   Lors du traitement de cette urgence, 109 soit 82% des chirurgiens-dentistes ont
prescrit des antibiotiques (N=133).

[Link].   Choix de l’antibiotique

70% 64%
60%

50%

40%

30%

20%
12% 11%
10% 5% 6%
2,00% 1%
0%
e

le
es

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n

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illi

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illi

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ox

ac

ici
Am

ox
Am

 
Figure 4: Choix de la molécule antibiotique pour le cas n°1 n=109

•   L’amoxicilline a été très majoritairement choisie dans 64% des cas lorsqu’une
antibiothérapie était mise en place (N=109). (Figure 4)

35  
 
 
[Link].   Prescription d’antalgiques
 

100%

90%

80%

70%

60%

50% Palier  2
40% Palier  1
30%

20%

10%

0%

Oui  (n=120) Non  (n=13)


 
Figure 5: Prescription d'antalgiques pour le cas n°1 N=133

•   Plus de 90% (n=120) des chirurgiens-dentistes ont répondu prescrire un antalgique


(N=133). (Figure 5)
•   On constate que 75 d’entre eux (63%) ont préféré un antalgique de palier 1.

[Link].   Prescription d’anti-inflammatoires

90%

80%

70%

60%

50% AINS
40%

30%
AIS

20%

10%

0%

OUI  (n=24) NON  (n=109)


 
Figure 6: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°1 N=133
36  
 
 
•   On constate que 82% (n=109) n’ont pas prescrit d’anti-inflammatoires en
complément (N=133). (Figure 6)
•   Seul 24 praticiens ont prescrit des anti-inflammatoires, dont près de 80% (n=19)
d’entre eux des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

[Link].   Réalisation d’une conduite


supplémentaire
 
•   Vingt-trois praticiens (soit 17% des 133 praticiens interrogés) ont répondu réaliser
un acte supplémentaire.
- Mise en sous occlusion de la dent (n=13 soit 57%)
- Prescription de bain de bouche (n=5 soit 22%)
- Mise en sous-occlusion et prescription de bain de bouche (n=1 soit 4%)
- Un praticien a complété le soin par une désinfection laser (n=1 soit 4%)
- Deux des praticiens ont prescrit des antibiotiques en prévention, à prendre dans le cas
où les douleurs ne diminueraient pas (n=1 soit 4%) ou lorsque la perméabilité apicale n’a pas
été retrouvée. (n=1 soit 4%).
- Enfin un praticien a expliqué prescrire de l’homéopathie en première intention, puis
des antibiotiques en cas de persistance des douleurs. (n=1 soit 4%)

37  
 
 
3.2.2.   Gestion du cas clinique numéro 2
 
[Link].   Réalisation d’un acte

Parage canalaire
7%
Drainage par voie
24% muqueuse
Traitement endodontique
de la dent
69%
Avulsion

 
Figure 7: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°2 n=100

•   Pour 75% des praticiens (n=100) la thérapeutique consistait à réaliser un acte local.
•   Parmi eux, 69% ont réalisé un parage canalaire, 24% un drainage par voie muqueuse
et 7% le traitement endodontique dans la séance. (Figure 7)

[Link].   Prescription d’antibiotiques


 
•   Plus de 87% (n=116) des chirurgiens-dentistes ont prescrit des antibiotiques.

38  
 
 
[Link].   Choix de l’antibiotique
 
70% 64%
60%
50%
40%
30%
20% 12%
9% 9%
10% 2% 3% 1%
0%

ue

e
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illi

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llin
ox

ac

ici
Am

ox
Am

Figure 8: Choix de la molécule antibiotique cas n°2 n=116

•   L’amoxicilline a été majoritairement choisie en cas d’antibiothérapie, dans 64% des


cas. Puis c’est l’association Macrolides-Métronidazole (12%) et l’association
Amoxicilline-Acide clavulanique (9%) ou Amoxicilline-Métronidazole (9%) qui ont
été les plus prescrites. (Figure 8)

[Link].   Prescription d’antalgiques


 
100%
90%
80%
70%
60%
50% Palier  1
40%
30% Palier  2
20%
10%
0%

Oui  n=119 Non  n=14

 
Figure 9: Prescription d'antalgiques pour le cas n°2 N=133

39  
 
 
•   On constate que 89% (n=119) des chirurgiens-dentistes ont prescrit des antalgiques
dans ce cas (N=133). (Figure 9)
•   Parmi ces 119 prescripteurs, près de la moitié a décidé de prescrire un palier 2 (n=58
soit 49%).

[Link].   Prescription d’anti-inflammatoires


 
90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%
Oui  n=29 Non  n=104
AINS AIS

Figure 10: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°2 N=133

•   A la question de prescrire des anti-inflammatoires, près de 22% ont répondu


positivement (n=29) dont la plupart a choisi des AINS (n=24 soit 83% des
prescripteurs d’anti-inflammatoires). (Figure 10)

[Link].   Réalisation d’une conduite


supplémentaire
 
•   Dans notre échantillon,13 praticiens soit 10% ont souhaité réaliser une conduite
complémentaire.
- Parmi ces praticiens près de la moitié a mis la dent en sous occlusion (n=6, 46%), et
4 praticiens pont prescrit du bain de bouche (n=4, 31%).
- L’un des praticiens a complété l’acte par une désinfection laser (n=1 ,8%)
- L’un des praticiens a prescrit des antibiotiques à titre préventif, à prendre au cas où
les douleurs ne diminueraient pas (n=1, 8%)

40  
 
 
- Enfin un praticien a mentionné surveiller le patient en le contactant à trois jours afin
de vérifier si les douleurs ont diminué (n=1, 8%)

3.2.3.   Gestion du cas clinique numéro 3


[Link].   Réalisation d’un acte
 
1% 1%

12% Parage  canalaire

Traitement
endodontique
Drainage  par  voie
muqueuse
Avulsion
86%

 
Figure 11: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°3 n=108

•   Plus de 81% (n=108) des praticiens ont réalisé un acte local en urgence.
•   Parmi ces derniers, 86% (n=93) ont choisi le parage canalaire, 12% (n=13) le
traitement endodontique, 1% (n=1) le drainage par voie muqueuse et 1% l’avulsion de
la dent (n=1). (Figure 11)

[Link].   Prescription d’antibiotiques


 
•   On constate que 92% (n=123) des praticiens interrogés ont prescrit des
antibiotiques.

41  
 
 
[Link].   Choix de l’antibiotique
 
40% 38%
35%
30% 28%
25% 23%
20%
15%
10% 7%
5% 1% 2% 1%
0%

… e

e
e

e
es

id

in
ol
ol
n

ol
lid

Ac
illi

yc
z
z
z

da
da
da
ro
ic

e-­‐

m
ox

ni
ni
ni
ac

da
illi
ro
ro

ro
Am

in
ic
ét
ét

ét

Cl
ox
-­‐M
M
M

Am
e-­‐

es
n

lid
illi

ro
ic
ox

ac
Am

 
Figure 12: Choix de la molécule antibiotique cas n°3 n=123

•   Le choix du type d’antibiotique fut varié (Figure 12)


-­   amoxicilline seule (38%, n=47)
-­   association amoxicilline-acide clavulanique (28%, n=35)
-­   -association amoxicilline-métronidazole (23%, n=28)
-­   association macrolides-métronidazole (7%, n=9)
-­   les autres praticiens (4%) ont prescrit du métronidazole seul, des macrolides ou de la
clindamycine.

42  
 
 
[Link].   Prescription d’antalgiques
 
100%
90%
80%
70%
60%
50%
Palier  1
40%
30% Palier  2
20%
10%
0%
Oui  n=123 Non  n=10

 
Figure 13: Prescriptions d'antalgiques pour le cas n°3 N=133

•   Plus de 92% (n=123) des praticiens ont prescrit des antalgiques dont la moitié un
palier 2. (Figure 13)

[Link].   Prescription d’anti-inflammatoires


 
80%

70%

60%

50%

40%
AINS
30%

20% AIS

10%

0%
Oui  n=41 Non  n=92

Figure 14: Prescription d'anti-inflammatoires pour le cas n°3 N=133

43  
 
 
•   A la question de la prescription d’anti-inflammatoires, 31% des 133 praticiens
interrogés ont répondu positivement (n=41) dont 78% d’entre eux ont prescrit un
AINS (n=32). (Figure 14)

[Link].   Réalisation d’une conduite


supplémentaire
 
•   On constate que 25 praticiens (19%) ont souhaité ajouter un complément à leur
thérapeutique, parmi eux :
-36% ont mis la dent en sous-occlusion
-12% ont prescrit un bain de bouche
-8 praticiens (32%) ont indiqué surveiller le patient dans les jours qui suivent dont
2 ont ajouté adresser le patient aux urgences si les signes systémiques ne diminuaient pas.
-­   Trois praticiens ont adressé le patient aux urgences directement (12%) ;
-­   Un praticien a désinfecté la dent au laser en complément (4%) ;
-­   Un praticien a conseillé d’appliquer une vessie froide du côté de la dent infectée (4%).

3.2.4.   Prescription d’antidouleurs et association entre la


prescription d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques.

Cas n°1 Cas n°2 Cas n°3 Tous les cas


Antalgiques 90% n=120 89% n=119 92% n=123 83% n=111
Anti- 18% n=24 20% n=29 31% n=41 10,5% n=14
Inflammatoire
Tableau 4: Prescription d’antalgiques et d’anti-inflammatoires (N=133)

•   Pour les trois cas cliniques, 83% des praticiens ont prescrit des antalgiques.
•   Pour les trois cas cliniques, 10,5% (n=14) des praticiens ont prescrit des anti-
inflammatoires. (Tableau 4)

44  
 
 
 

  Prescription   Pas  de   p-­‐value  


d’anti-­‐ prescription  
inflammatoires   d’anti-­‐
inflammatoires  
N   ATB   N   ATB  
n   %   n   %  
Cas  1   24   24   100   109   85   78   0,007  
 
Cas  2   29   28   97   104   88   85   0,119  
 
Cas  3   41   37   90   92   86   93   0,497  
 
Tous  les  cas   14   12   86   82   58   71   0,469  
Tableau 5: Association entre la prescription d’anti-inflammatoires et d’antibiotiques

•   De manière globale, parmi les praticiens prescrivant des anti-inflammatoires dans tous
les cas, 86% (n=12) ont également prescrit des antibiotiques, contre 71% chez les
praticiens ne prescrivant pas d’anti-inflammatoires. (p-value=0,469). Il n’y a pas de
différence statistiquement significative de prescription d’antibiotiques entre les
praticiens prescripteurs d’anti-inflammatoires et les autres. (Tableau 5)

•   Néanmoins, pour le cas 1, 100% des praticiens ayant prescrit des anti-inflammatoires
ont également prescrit des antibiotiques contre 78% des praticiens n’ayant pas prescrit
des anti-inflammatoires (p=0,007). (Tableau 5)

45  
 
 
3.2.5.   Prescription d’antibiotiques et association avec la
réalisation d’un acte.
 
Cas n°1 Cas n°2 Cas n°3 Cas n°1 et Tous les
n°2 cas
Acte 77% n=102 75% n=100 81% n=108 60% n=80 51% n=68
Antibiotiques 82% n=109 87% n=116 92% n=123 78% n=104 73% n=97
Acte et 59% n=78 62% n=83 74% n=98 43% N=58 35% n=46
Antibiotiques
Tableau 6: Réalisation d’un acte et prescription d’un traitement antibiotique (N=133)

  Réalisation  d’un   Absence  d’acte   p-­‐value  


acte  
N   ATB   N   ATB  
n   %   n   %  
Cas  1   102   78   76   31   31   100   0,003  
 
Cas  2   100   83   83   33   33   100   0,007  
 
Cas  3   108   98   91   25   25   100   0,2  
 
Tous   68   46   68   5   5   100   0,323  
les  
cas  
Tableau 7: Association entre la réalisation d’un acte et la prescription d’antibiotiques

•   Au total, 73% (n=97) des praticiens ont prescrit des antibiotiques pour les trois cas
cliniques (N=133). (Tableau 6)
•   Dans notre échantillon, 68 praticiens, soit 51% des 133 répondants ont réalisé un acte
lors de chaque cas clinique. (Tableau 6). Parmi ces praticiens,68% (n=46) ont
complété cette thérapeutique en prescrivant des antibiotiques. Au total, 35% des

46  
 
 
praticiens de notre échantillon a réalisé un acte et prescrit des antibiotiques dans
chacun des cas (N=133). (Tableau 6 et 7)
•   5 praticiens ont fait le choix de ne pas réaliser d’acte pour les trois cas cliniques, 100%
d’entre eux (n=5) ont prescrit des antibiotiques en complément. (Tableau 7)

•   Cas n°1 (p-value=0,003) et Cas n°2 (p-value=0,007) Il y avait statistiquement plus de


praticiens qui prescrivaient des antibiotiques chez les praticiens ne réalisant pas d’acte
que chez ceux en réalisant. (Tableau 7)  
•   Cas n°3 (p-value=0,2) Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre le
nombre de praticiens prescrivant des antibiotiques chez les praticiens réalisant un acte
et ceux n’en réalisant pas. (Tableau 7)  
•   Il n’y a pas de différence statistiquement significative   entre le nombre de praticiens
prescrivant des antibiotiques chez les praticiens réalisant un acte pour tous les cas et
ceux n’en réalisant pas. (p=0,323) (Tableau 7)  

3.3.   Suivi des recommandations

80,00%
74,00%

70,00%

60,00%

50,00%

40,00%

30,00%

20,00% 18,00%
13,00%
9,00% 8,00%
10,00%

0,00%
Cas  1 Cas  2 Cas  3 Cas  1  et  2 Tous  les  cas
 
Figure 15 : Suivi des recommandations par les praticiens de l’échantillon N=133

3.3.1.   Cas n°1


•   Selon les recommandations définies par l’ANSM en 2011, la conduite à tenir dans ce
cas était la réalisation d’un acte local (parage canalaire) sans prescription
d’antibiotiques.
47  
 
 
•   18% (n=24) ont suivi ces recommandations. (Figure 15)

3.3.2.   Cas n°2.


•   Les recommandations conseillent également de réaliser un acte local sans prescription
antibiotiques complémentaire dans cette situation.
•   13% (n=17) des praticiens ont respecté ces recommandations. (Figure 15)

3.3.3.   Cas n°3


•   Pour le cas n°3, une antibiothérapie complémentaire à l’acte local était requise.
•   74% des praticiens (n=98) ont suivi ces recommandations. (Figure 15)

•   On constate que 8% (n=10) des praticiens ont suivi les recommandations pour les trois
cas cliniques. (Figure 15)

3.4.   Formation des praticiens


 
3.4.1.   Formation dans le domaine de l’endodontie lors des 7
dernières années.
 
•   Parmi les 133 praticiens, 56% (n=75) ont répondu s’être formés dans le domaine de
l’endodontie durant les 7 dernières années (N=133).

3.4.2.   Besoin de formation complémentaire


 
•   71% des praticiens (n=94) ont ressenti la nécessité d’approfondir leurs
connaissances dans le domaine de l’endodontie en participant à des formations
complémentaires (N=133).  

3.4.3.   Consultation des dernières recommandations


 
•   79% des chirurgiens-dentistes (n=105) ont consulté les dernières recommandations
de l’ANSM sur les prescriptions d’antibiotiques en odontologie (N=133).

48  
 
 
3.5.   Association entre la réalisation de formation continue en
endodontie et le suivi des recommandations ANSM

•   Parmi les 10 praticiens ayant suivi les recommandations pour ces trois cas cliniques, 70%
(n=7) avaient suivi une formation continue dans le domaine de l’endodontie durant ces
7 dernières années, contre 55% chez ceux n’ayant pas suivi les recommandations (p-
value=0,512). Il n’y a pas de lien statistiquement significatif entre le fait de répondre en
accord avec les recommandations et le fait de s’être formé durant les 7 dernières années.

3.6.   Association entre le besoin de formation ressenti par les


chirurgiens-dentistes et le suivi des recommandations.

•   Parmi les 10 praticiens répondants en accord avec les recommandations pour ces trois
cas, 60% (n=6) ressentent le besoin de se former davantage, contre 72% chez ceux
n’ayant pas suivi les recommandations. (p-value= 0,478). Statistiquement il n’y a donc
pas plus de praticiens ressentant le besoin de se former davantage chez ceux n’ayant pas
suivi les recommandations que chez ceux ayant suivi les recommandations.  
 

3.7.   Association entre le fait d’avoir consulté les dernières


recommandations de l’ANSM datant de 2011 et le fait de
répondre en accord avec les recommandations.

•   Parmi les 10 praticiens ayant suivi les recommandations pour les trois cas clinique, 100%
(10) les avaient lues depuis 2011, contre 77% chez ceux n’ayant pas suivi les
recommandations (p-value=0,12), statistiquement il n’y a pas plus de praticiens ayant
lu les recommandations parmi ceux ayant suivi ces recommandations et ceux n’ayant
pas suivi ces recommandations.

49  
 
 
4.   Discussion

L’objectif principal de cette étude était de décrire la prise en charge des PAA en urgence
par les chirurgiens-dentistes de Nouvelle Aquitaine et d’en évaluer le suivi des
recommandations actuelles en France quant aux indications de prescriptions d’antibiotiques en
endodontie établies par l’ANSM en 2011.

Nos résultats ont montré que seulement 8% des praticiens respectaient les recommandations
établies et que l’usage des antibiotiques dans la prise en charge des PAA en urgence était
courant chez 73% des dentistes de notre échantillon. (Figure 15) (Tableau 6)

Cependant notre objectif n’a été que partiellement atteint de par les quelques biais qu’elle
présente.

Nous avons choisi de diffuser notre questionnaire par internet (groupe Facebook) et via les
conseils de l’ordre de cette région. La première voie de diffusion via les réseaux sociaux
(Facebook), a pu avoir une répercussion sur notre population avec un échantillon plus jeune et
plus cyber connecté. En moyenne, les praticiens de notre échantillon ont été diplômés
récemment (2005). Cependant nous n’avons pu obtenir la moyenne d’année de diplôme des
praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, et ne pouvons donc pas la comparer à celle de notre
échantillon. Concernant la deuxième voie de diffusion, via les conseils de l’ordre des
départements de Nouvelle-Aquitaine, tous n’ont pas accepté de transmettre le questionnaire à
leurs praticiens membres. Nous constatons que la distribution géographique des répondants
n’est pas représentative de celle des chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine. En effet, le
pourcentage de praticiens installés en Charente-Maritime est élevé comparativement à celui de
la population cible. Ceci peut s’expliquer par la transmission du questionnaire par le conseil de
l’ordre de Charente-Maritime. Il en va de même pour la Vienne et la Creuse. (Figure 1). Ces
premiers éléments constituent un biais de sélection.

Une diffusion du questionnaire par voie postale en utilisant une liste exhaustive des praticiens
exerçant en Nouvelle-Aquitaine aurait réduit ce biais, mais pour des raisons de coût et de temps
cette démarche a été exclue. De plus cela ne nous aurait pas garanti un meilleur taux de réponse.

Nous avons cependant obtenu un échantillon représentatif de population générale de


chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine dans la répartition des sexes.
50  
 
 
Le taux de réponse de 4% de la population de praticiens de cette région aurait pu être supérieur
en utilisant d’autres techniques de diffusion, ce qui aurait permis de donner plus de puissance
à notre étude.

Nous avons choisi de réaliser un questionnaire (Annexe 1) présentant des cas cliniques
illustrés par des radiographies rétro-alvéolaires. Les signes cliniques et le diagnostic précis ont
été donnés dans l’intitulé de chaque cas afin d’observer la prise en charge de chaque praticien
pour le même diagnostic, sans risque d’ambiguïté, et limiter les biais d’information.

Une enquête rétrospective sur les pratiques réelles des chirurgiens-dentistes en cabinet aurait
limité certains biais, notamment le biais de déclaration et celui de désirabilité sociale : le risque
que les praticiens répondent « ce qu’ils pensent falloir faire, plutôt que ce qu’ils font réellement
en pratique » est présent. Néanmoins le choix de diffuser le questionnaire par internet et qu’il
soit anonyme a pu diminuer ce biais et encourager les praticiens à répondre de façon honnête.

D’autre part, le fait que ces cas cliniques soient théoriques rend la mise en situation faiblement
représentative d’une urgence reçue en cabinet. Le temps imparti pour recevoir l’urgence n’est
pas précisé alors que celui-ci oriente considérablement la prise en charge des praticiens. C’est
pour cette raison que l’on observe une grande variabilité dans les réponses données, certains
praticiens décidant de ne réaliser qu’une prescription lorsque d’autres décident d’exécuter le
traitement endodontique complet de la dent. De manière générale, une étude transversale par
questionnaire a un faible niveau de preuve scientifique.

Cette étude a donc des limites et ses résultats doivent être interprétés avec prudence.
Néanmoins, nous avons observé des tendances de prises en charge des PAA en urgences par
les praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, et des résultats similaires à d’autres études
réalisées.

Notre étude avait comme objectif principal de décrire la thérapeutique des praticiens de
Nouvelle-Aquitaine lors de la prise en charge de PAA en urgence et de comparer leurs habitudes
de prescription d’antibiotiques aux recommandations établies par l’ANSM. Les
recommandations de l’ANSM ont été utilisées comme référence car elles établissent les

51  
 
 
indications de prescription des antibiotiques en odontologie, notamment en endodontie. Elles
excluent la prescription d’antibiotiques en absence de signes systémiques chez le sujet sain.

La thérapeutique recommandée de prise en charge des cas n°1 et 2 était donc de réaliser un acte
local (de drainage) sans prescrire d’antibiotiques en complément. Pour le cas n°3 la présence
de signes systémiques justifiait la prescription d’antibiotiques en complément de l’acte local.
Au total, seulement 8% des praticiens ont effectué la thérapeutique recommandée dans le
traitement de ces trois cas de PAA. Nous notons cependant une différence entre ceux ayant
suivi les recommandations pour le cas n°1 et n°2 (9%) et ceux pour le cas n°3 (74%). (Figure
15) Ce dernier chiffre peut s’expliquer par différentes raisons : la présence de signes
systémiques, preuve d’un stade plus grave de la pathologie, a pu inciter les praticiens à réaliser
un acte en urgence, et la prescription d’antibiotique, souvent réalisée par les praticiens était
conforme aux recommandations pour ce cas.

Cette étude avait également pour but d’objectiver les habitudes de prescription
d’antibiotiques des chirurgiens-dentistes. Lors de la prise en charge de ces pathologies péri-
radiculaires, on note que 73% des praticiens prescrivent des antibiotiques pour chacun des cas,
et 78% le font pour le cas n°1 et n°2 où la prescription n’est pas indiquée. (Tableau 6) Nos
résultats semblent cohérents avec ceux des études similaires. En Espagne, l’étude de Segura
Egea et al. publiée en 2010 a montré que 71% des praticiens interrogés prescrivaient des
antibiotiques lors de la prise en charge d’abcès apicaux aigus avec gonflement localisé ou sans
gonflement. (36) L’étude rétrospective publiée en 2009 de Mainjot et al. analysant les
prescriptions d’antibiotiques faites par les chirurgiens-dentistes Belges sur une période de deux
semaines a montré que 63,3% des patients atteints d’abcès péri-apicaux ont été mis sous
antibiotiques, et dans plus de 90% de ces cas en absence de signes généraux.(50) (Annexe 2)
Notre étude montre donc un recours excessif aux antibiotiques de la part les praticiens
exerçant en Nouvelle-Aquitaine lors de la prise en charge de PAA et des résultats similaires
aux études réalisées dans d’autres pays européens.

De plus, 35% des praticiens interrogés prescrivent des antibiotiques en complément


d’un acte local pour les trois cas cliniques. (Tableau 6) Ces données font écho aux études de
Fouad et al. et (1996) de Henry et al. (2001) dans lesquelles les auteurs ont démontré
l’inefficacité des antibiotiques en complément d’un acte local en l’absence de signes
systémiques.(40,41)

52  
 
 
Un tiers de notre échantillon prescrit donc de manière excessive et inappropriée des
antibiotiques lors de la prise en charge de PAA en urgence. Plusieurs hypothèses à cette sur-
prescription seront évoquées plus loin dans cette discussion. Néanmoins, il semble pertinent
d’évoquer dès à présent l’hypothèse selon laquelle la prescription d’antibiotiques par certains
praticiens entre dans le cadre d’une association avec celle d’anti-inflammatoires, par prévention
d’une recrudescence de l’infection. En effet, la proportion de praticiens prescrivant des anti-
inflammatoires dans chacun des cas s’est révélée faible (10,5% des 133 praticiens), (Tableau
4) mais la quasi-totalité des prescripteurs d’anti-inflammatoires a également prescrit des
antibiotiques (86% des prescripteurs d’anti-inflammatoires). (Tableau 5) Cependant, les tests
statistiques réalisés ne montrent pas de différence significative entre le nombre de prescription
d’antibiotiques chez les prescripteurs d’anti-inflammatoires et chez les autres, sauf pour le cas
1 (p=0,007). Nos effectifs restant faibles, des réserves sont à émettre quant à ces résultats.

L’amoxicilline a été l’antibiotique majoritairement choisi pour les deux premiers cas
(64% des praticiens prescripteurs). (Figure 4 et 8). Ce choix est en accord avec les
recommandations et les études menées sur l’efficacité des molécules antibactériennes telle que
celle de Baumgartner et al. (37). Les nombreuses études s’intéressant aux habitudes de
prescription d’antibiotiques par les chirurgiens-dentistes de différents pays ont également
montré une forte utilisation de l’amoxicilline. (8,46,50–53) (Annexe 2)
Au contraire, en présence de signes systémiques (cas n°3), plus de la moitié des praticiens
(51%) décident de prescrire des antibiotiques qui sont recommandés uniquement en cas d’échec
d’efficacité de l’amoxicilline seule (association amoxicilline-acide clavulanique ou association
amoxicilline-métronidazole). (Figure 12). Cette sur-prescription de molécules, réservées
normalement aux traitements de seconde intention, a également été retrouvée dans des études
similaires réalisées à l’international. (50) En effet, le nombre de praticiens prescrivant en
première intention l’association amoxicilline/acide-clavulanique en cas d’infection diffuse est
de de 41,8% pour l’étude de Rodriguez – Núñez et al. et de 61% pour l’étude similaire de
Segura-Egea et al. Par comparaison, nos résultats semblent donc pertinents.(51,52) (Annexe 2)

Il a été montré que l’association amoxicilline-acide clavulanique fait partie des antibiotiques
critiques, c’est-à-dire un antibiotique qui doit être utilisé en dernier recours notamment car il
est responsable de nombreuses résistances bactériennes, or cet antibiotique représente 25% des
antibiotiques consommés en ville en France en 2016. Nos résultats concernant le choix de la
molécule d’antibiotiques par les praticiens de notre échantillon confirment l’usage injustifié de
ce type d’antibiotique.(6)
53  
 
 
Ces résultats montrent donc un usage excessif, mais également un mésusage : mauvaise
indication et mauvais choix de molécule chez une grande partie de notre échantillon.

Parmi les répondants, 56% ont suivi une formation dans le domaine de l’endodontie
durant les 7 dernières années. Cependant, cette question ne précise pas si la formation portait
sur la prise en charge des PAA et si les dernières recommandations ont été rappelées. Par
ailleurs, il n’y a pas eu de lien statistiquement significatif entre le fait de s’être formé et le suivi
des recommandations (p-value=0,512).
Le fait que la majorité des praticiens (79%) ait lu les dernières recommandations est
encourageant, mais statistiquement il n’y a pas plus de praticiens ayant lu les recommandations
chez ceux ayant suivi ces recommandations que chez ceux n’ayant pas suivi ces
recommandations. Le nombre de praticiens répondant en accord avec les recommandations
étant faible, cela a pu entrainer un manque de puissance au niveau des tests comparant ce groupe
avec celui des praticiens n’ayant pas suivi les recommandations.

Notre étude révèle donc une proportion particulièrement faible de praticiens répondant
selon les recommandations ainsi qu’un recours excessif aux antibiotiques. Il aurait été
intéressant d’enquêter sur les raisons de ces mauvaises pratiques dans notre questionnaire. Des
études réalisées au Royaume-Uni ont cherché à identifier ces raisons et mettent en exergue
plusieurs hypothèses (8) :
-­   Un doute sur le diagnostic serait une des causes de sur-prescriptions.
-­   Les sollicitations du patient par crainte que les douleurs ne diminuent pas en absence
d’antibiotiques ont été cités. Néanmoins, dans l’étude de Palmer et al., cette raison n’est
pas considérée comme l’une des principales causes de prescription d’antibiotiques.
-­   Un manque de consensus et de guide précis de prise en charge des PAA a été incriminé.
C’est également le cas dans l’étude de Vessal et al., où la posologie, fréquence et durée
de traitement étaient très variables d’un praticien à un autre (46). Pour notre enquête, il
était intéressant de déterminer le pourcentage de praticiens suivant les
recommandations. Or, ces recommandations ont été établies en fonction de celles de
l’ANSM, portant sur les indications de prescription d’antibiotiques en odontologie, et
en fonction des données de la littérature faisant état de l’intérêt de réaliser un drainage
en urgence. Mais la réalisation de cette étude nous a permis de remarquer un manque
de guide précis de prise en charge des PAA en urgence. De plus, en Europe, il n’y a, à

54  
 
 
ce jour, pas de consensus concernant la posologie (durée et fréquence du traitement)
recommandée des antibiotiques.
-­   Un manque de formation continue a également été relaté dans les études de Palmer et
al. réalisées au Royaume-Uni. Ces auteurs ont enquêté sur l’intérêt de réaliser des
initiatives éducatives auprès des chirurgiens-dentistes et de leur fournir des guides de
prise en charge réalisés par la FGDP (Faculty of General Dental Practitioners). Ils ont
montré une nette augmentation du nombre de prescriptions conformes suites à ces
démarches.(53,54) Ce besoin de se former davantage a été manifeste dans notre étude,
plus de 70% des praticiens le ressentent, qu'ils aient suivi les recommandations ou pas
dans le cadre de notre étude.
-­   Un manque de temps conduirait les praticiens à réaliser une prescription plutôt que
d’entreprendre un drainage local. Nous avons constaté lors de notre étude que 4% (n=5)
des praticiens ont choisi pour les trois cas de ne pas réaliser d’acte local en urgence et
tous ont prescrit un traitement antibiotique au patient. Cette prise en charge n’est pas la
thérapeutique recommandée par l’ANSM lors de la prise en charge des urgences
endodontiques, mais il est probable qu’elle soit plus proche des pratiques des
chirurgiens-dentistes effectivement réalisées en urgence. Dans l’étude de Palmer et al.
30% des praticiens interrogés ont répondu prescrire des antibiotiques par manque de
temps pour réaliser un acte local lorsqu’ils reçoivent un patient en urgence. En effet, ces
patients sont souvent reçus entre deux rendez-vous, c’est pourquoi il est rare que le
praticien ait le temps de faire le traitement endodontique complet lors de cette séance,
et il arrive qu’il n’ait pas le temps de réaliser le drainage non plus.(8)

Ainsi, les résultats que nous avons obtenus lors de cette étude ont confirmé notre postulat
de départ sur la tendance des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine à sur-prescrire des
antibiotiques lors de la prise en charge des PAA en urgence. Deux données nous paraissent
particulièrement importantes : moins de 10% des praticiens répondants réalisent la
thérapeutique recommandée pour l’ensemble des cas cliniques, et près des trois quarts des
praticiens de cet échantillon prescrivent des antibiotiques dans chacun de ces cas de PAA.
La présence de certains biais rend délicate la généralisation de ces résultats à la population
globale de praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, cependant, ils semblent cohérents aux
vues des études similaires réalisées à l’international.

55  
 
 
CONCLUSION
 
 
Le mauvais usage des antibiotiques et/ou leur recours excessif par les chirurgiens-
dentistes participent à « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité
alimentaire et le développement » selon l’OMS (Février 2018).(1) Il est du devoir de chacun,
patients, mais surtout praticiens, d’intervenir afin de diminuer le développement de résistances
bactériennes.
En 2007, Dellit et al. (49) proposent des moyens de réduire et d’améliorer l’utilisation des
antibiotiques dans le but de diminuer la mortalité et morbidité causées par ceux-ci ainsi que le
coût global de santé. Nous pouvons citer l’éducation des praticiens, l’édition de guides précis
de prescription selon les situations, le choix de posologies et durées adaptées à chaque patient,
l’utilisation des avancées technologiques et informatiques afin d’aider à choisir la bonne
molécule et d’éviter des interactions médicamenteuses et effets indésirables en fonction du
dossier patient ainsi que l’utilisation de tests bactériens et de méthodes de biologie moléculaire
pour le choix des antibiotiques. (37,49)
Un changement de paradigme en faveur de prescriptions de doses plus faibles, pendant des
périodes plus courtes, est en cours et pourrait se montrer efficace.(46)

Le traitement mécanique et antiseptique seul, lorsqu’il est possible, reste bien sûr la meilleure
prise en charge des PAA et AAA, que ce soit en première intention, mais également dans la
prévention du développement des bactéries résistantes aux antibiotiques.(48)
La molécule et la posologie adéquates sont nécessaires lors de la prescription d’antibiotiques.
Une connaissance suffisante du processus infectieux et des traitements antibiotiques est donc
la clé dans la diminution des émergences et transmissions de résistances bactériennes.(49)
L’éducation et le recours à la formation des dentistes est donc une des principales mesures à
mettre en place.(53)
Si les antibiotiques sauvent des vies, leur utilisation inappropriée peut être fatale, à chaque
prescription le ratio bénéfice pour le patient/risque individuel est collectif doit être pesé.(48)

56  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

BIBLIOGRAPHIE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
   

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60  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

ANNEXE
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

61  
 
 
Annexe 1: Questionnaire

Prise  en  charge  des  parodontites  apicales  aiguës  en  


urgence,  en  première  intention,  en  Nouvelle  Aquitaine.  
Description  des  pratiques  professionnelles  en  Nouvelle  -­‐‑  Aquitaine.  
Thèse  réalisée  avec  le  Dr  Wallid  Boujemaa  -­‐‑  AHU  Odontologie  Conservatrice  et  Endodontique  à  Bordeaux  -­‐‑  
Directeur  de  thèse.  

Dans  le  cadre  de  ma  thèse  d'exercice,  j'étudie  la  prise  en  charge  des  parodontites  apicales  aiguës  en  
urgence,  sur  dents  non  traitées  endodontiquement.    
Ce  questionnaire  est  anonyme,  le  compléter  vous  prendra  3  à  5  minutes.  

Je  vous  remercie  par  avance  de  toute  l'aide  que  vous  apporterez  à  ma  thèse.  

*  Réponse  requise  
Vous  êtes  :  *  
Une  seule  réponse.  
§    Homme  
§    Femme  
Année  de  diplôme  *  
Lieu  de  diplôme  *  
Lieu  d'exercice  *  
Type  d'exercice  *  
Une  seule  réponse.  
§    Omnipratique  
§    Exercice  limité  à  l'endodontie  
§    Autre  :    
Mode  d’exercice  :  *  
Plusieurs  réponses  possibles.  
§    Libéral  
§    Salarié  
§    Hospitalo-­Universitaire  
§    Autre  :    
Prenez-­vous  des  urgences  au  sein  de  votre  cabinet  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  
§    Non  

 
Trois  cas  cliniques  

62  
 
 
Cas  1  

Un  patient  en  bonne  santé  générale  se  présente  en  urgence  pour  des  douleurs  situées  
secteur  4.  Sa  douleur  est  évaluée  à  5-­6  sur  l'Échelle  Numérique  de  la  douleur  (EN).  Les  
examens  cliniques  et  radiographiques  conduisent  au  diagnostic  de  parodontite  apicale  aiguë  
sur  la  dent  47.  En  urgence,  quelle  est  votre  attitude  thérapeutique  ?  

Dent  47  

 
Vous  réalisez  un  acte  clinique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 9.  
§    Non  Passer à la question 10.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Traitement  endodontique  de  la  dent  47  
§    Parage  canalaire  
§    Drainage  par  voie  muqueuse  
§    Avulsion  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antibiotique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 11.  
§    Non  Passer à la question 12.  
Dans  le  cas  où  vous  prescrivez  des  antibiotiques,  quel  est  votre  choix  en  première  
intention  et  en  l'absence  d’allergies  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Amoxicilline  
63  
 
 
§    Macrolides  
§    Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Métronidazole  
§    Association  Macrolides-­Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Acide  Clavulanique  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antalgique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 13.  
§    Non  Passer à la question 14.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Palier  1  (Paracétamol)  
§    Palier  2  (Paracétamol  +  Codéine/Tramadol)  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d'anti-­inflammatoire  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 15.  
§    Non  Passer à la question 16.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    AINS  (Anti-­inflammatoire  non  stéroïdien)  
§    AIS  (Anti-­inflammatoire  stéroïdien)  
§    Autre  :    
Autre  conduite  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 17.  
§    Non  Passer à la question 18.  
Si  oui,  laquelle  ?  *  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
       

64  
 
 
Cas  2  

Un  patient  en  bonne  santé  générale  se  présente  en  urgence  pour  des  douleurs  situées  
secteur  1.  Sa  douleur  est  évaluée  à  7  sur  l'Échelle  Numérique  de  la  douleur  (EN).  Les  
examens  cliniques  et  radiographiques  conduisent  au  diagnostic  de  parodontite  apicale  aiguë  
abcédée  sur  la  11.  En  urgence,  quelle  est  votre  attitude  thérapeutique  ?    

Dent  11  

 
 
 
Vous  réalisez  un  acte  clinique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 19.  
§    Non  Passer à la question 20.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Traitement  endodontique  de  la  dent  11  
§    Parage  canalaire  
§    Drainage  par  voie  muqueuse  
§    Avulsion  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antibiotique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 21.  
§    Non  Passer à la question 22.  
Dans  le  cas  où  vous  prescrivez  des  antibiotiques,  quel  est  votre  choix  en  première  
intention  et  en  l'absence  d’allergies  ?  *  
65  
 
 
Une  seule  réponse.  
§    Amoxicilline  
§    Macrolides  
§    Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Métronidazole  
§    Association  Macrolides-­Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Acide  Clavulanique  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antalgique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 23.  
§    Non  Passer à la question 24.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Palier  1  (Paracétamol)  
§    Palier  2  (Paracétamol  +  Codéine/Tramadol)  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d'anti-­inflammatoire  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 25.  
§    Non  Passer à la question 26.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    AINS  (Anti-­inflammatoire  non  stéroïdien)  
§    AIS  (Anti-­inflammatoire  stéroïdien)  
§    Autre  :    
Autre  conduite  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 27.  
§    Non  Passer à la question 28.  
Si  oui,  laquelle  ?  *  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
66  
 
 
 

Cas  3  

Un  patient  en  bonne  santé  générale  se  présente  en  urgence  pour  des  douleurs  situées  
secteur  3.  Sa  douleur  est  évaluée  à  7  sur  l'Échelle  Numérique  de  la  douleur  (EN).  Les  
examens  cliniques  et  radiographiques  conduisent  au  diagnostic  de  parodontite  apicale  aiguë  
sur  la  dent  35  associée  à  des  signes  généraux  :  fièvre  et  adénopathies.  En  urgence,  quelle  
est  votre  attitude  thérapeutique  ?    
 

Dent35  

 
 
Vous  réalisez  un  acte  clinique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 29.  
§    Non  Passer à la question 30.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Traitement  endodontique  de  la  dent  35  
§    Parage  canalaire  
§    Drainage  par  voie  muqueuse  
§    Avulsion  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antibiotique  ?  *  
Une  seule  réponse.  

67  
 
 
§    Oui  Passer à la question31.  
§    Non  Passer à la question 32.  
Dans  le  cas  où  vous  prescrivez  des  antibiotiques,  quel  est  votre  choix  en  première  
intention  et  en  l'absence  d’allergies  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Amoxicilline  
§    Macrolides  
§    Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Métronidazole  
§    Association  Macrolides-­Métronidazole  
§    Association  Amoxicilline-­Acide  Clavulanique  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d’antalgique  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 33.  
§    Non  Passer à la question 34.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Palier  1  (Paracétamol)  
§    Palier  2  (Paracétamol  +  Codéine/Tramadol)  
§    Autre  :    
Vous  réalisez  une  prescription  d'anti-­inflammatoire  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 35.  
§    Non  Passer à la question 36.  
Si  oui,  lequel  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    AINS  (Anti-­inflammatoire  non  stéroïdien)  
§    AIS  (Anti-­inflammatoire  stéroïdien)  
§    Autre  :    
Autre  conduite  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  Passer à la question 37.  
§    Non  Passer à la question 38.  
Si  oui,  laquelle  ?  *  
   
Avez-­vous  participé  à  des  formations  continues  concernant  le  domaine  de  
l'endodontie  durant  les  7  dernières  années  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  
§    Non  

68  
 
 
Ressentez-­vous  le  besoin  de  vous  former  davantage  dans  le  domaine  de  
l’endodontie  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  
§    Non  
Avez-­vous  consulté  les  dernières  recommandations  de  l'afssaps  (agence  
française  de  sécurité  sanitaire  des  produits  de  santé)  concernant  la  prescription  
d'antibiotiques  en  pratique  bucco-­dentaire,  sorties  en  Juillet  2011  ?  *  
Une  seule  réponse.  
§    Oui  
§    Non  
 
 
 

69  
 
 
Etudes Palmer'et'al. Afzalifar'et'al. Karki'et'al. Mainjot'et'al.
2000 2015 2011 2009
(8) (52) (4) (49)

Pays*étudié Royaume@Uni Royaume@Uni Pays'de'Gales Belgique


Matériel*et*méthode Questionnaire'adressé'à'1544'praticiens' Analyse'de'55'prescriptions'd’antibiotiques' Analyse'des'prescriptions'enregistrées' Étude'sur'les'prescriptions'réalisées'lors'
sur'leurs'habitudes'de'prescriptions' réalisées'dans'deux'cliniques'du'nord@'Est' entre'2007'et'2008 des'deux'dernières'semaines'par'des'
d’antibiotiques de'l’Angleterre'et'comparaison'aux'guides' dentistes'Belges
cliniques'réalisés'par'la'FGDP

Résultats @Taux'de'réponse':'60% @Seulement'30%'des'prescriptions'en' @9%'des'antibiotiques'prescrits'au'niveau' @Seulement'4,2%'des'patients'vus'les'deux'


@69%'prescrivent'des'antibiotiques'avant' accord'avec'la'FGDP. national'sont'prescrits'par'les'chirurgiens@ dernières'semaines'ont'reçu'ATB.
le'drainage'lors'du'traitement'd’abcès' @Seuls'ATB'prescrits': dentistes @Indication'la'plus'fréquent'de'mise'sous'
apicaux'et'23%'après'le'drainage. Amoxicilline'et'Métronidazole @Augmentation'de'1,3%'des'prescriptions' ATB':'abcès'péri@apical':'51.9%
@72.5'%'prescrivent'des'antibiotiques's’ils' entre'2007'et'2008 @63,3%'des'patients'atteints'd’abcès'péri@
doivent'différer'le'soin'local'et'30%'par' @Pénicilline'(67%)'et'métronidazole' apical'ont'été'mis'sous'ATB'dont'92%'des'
manque'de'temps. majoritairement'prescrits prescriptions'faites'en'absence'de'fièvre'
@1/3'prescrivent'des'antibiotiques'lors' et'signes'généraux

 
 
d’abcès'avec'gonflement'localisé. @54,2%'des'prescriptions'faites'en'absence'

70  
@'antibiotique'majoritaire': de'soin'local
Amoxicilline' @ATB'prescrits':'amoxicilline,'association'
amoxicilline'et'acide'clavulanique'et'
clindamycine

Discussion @Surconsommation'd’antibiotiques @Prescriptions'inappropriées':'mauvaise' @Plus'd’un'patient'sur'4'ressort'avec'une' Nombre'de'prescription'par'semaine'


,'prescription'lorsque'le'soin'local'suffirait. indication,'posologie'ou'durée':'manque' prescription'd’antibiotiques':'donc' plutôt'faible,'semblable'aux'études'faites'
endodontiques et des prescriptions d’antibiotiques (1/2)

@Besoin'de'lignes'directives'claires'en' de'connaissances'concernant'les'ATB beaucoup'de'prescriptions'inappropriées en'


termes'de'prescription'd’ATB @Besoin'de'guides'cliniques'et' Angleterre,'mais'mauvaises'indications'de'
d’encourager'les'dentistes'à'se'former'et' prescriptions'et'mauvaises'prises'en'
prescrire'selon'les'recommandations' charge'des'abcès'péri@apicaux
établies
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences
Etudes Rodriguez*et*al. Segura6Egea*et*al. Yingling*et*al. Vessal*et*al.
2009 2010 2002 2011
(50) (51) (5) (45)

Pays*étudié Espagne Espagne Etats6*Unis hiraz,*Iran


Matériel*et*méthode Questionnaire*envoyé*aux*membres*de*la* Questionnaire*envoyé*aux*membres*de*la* Questionnaire*envoyé*aux*membres*de* Questionnaire*inspiré*de*celui*de*l’étude*
Spanish*Endodontic*Society*AEDE*sur*les* société*espagnole*de*chirurgie*orale* l’AAE*:*American*Association*of* de*Palmer*et*al.*en*2000
habitudes*de*prescription*des*praticiens (SECIB)*:*portant*sur*leur*prescription*dans* Endodontists (8)*envoyé*à*450*dentistes*des*environs
6*différents*cas*de*pathologies*pulpaires*
ou*peri6apicales.

Résultats 6140*réponses*soit*un*taux*de*réponse*de* 6200*questionnaires,*127*réponses*(64%). 6Taux*de*réponse*:*50%.*(1606*réponses) 6Taux*de*réponse*:*48,6%*soit*219*


31,1% 6>86%*prescrivent*ATB*dans*le*cas*de* 6>53%*prescrivent*ATB*pour*traiter*des* réponses.
6Situations*pour*lesquelles*ATB*ont*été* pulpites*irréversibles nécroses*pulpaires*ou*abcès*apicaux*en* 680%*prescrivent*ATB*en*cas*de*signes*
prescrits*: 6>71%*dans*le*cas*de*pulpe*nécrosée*ou* l’absence*de*gonflements. généraux
6Pulpite*irréversibles*>40% abcès*apical*sans*gonflement 6>*16%*prescrivent*ATB*pour*traiter*des* 640%*prescrivent*des*antibiotiques*pour*
6nécrose*pulpaire,*abcès*apical*sans* 660%*en*cas*de*parodontite*apicale* pulpites*irréversibles traiter*un*abcès*apical*avec*gonflement*
gonflement*>52% chronique. localisé,*là*où*le*soin*local*suffirait
6ATB*majoritairement*prescrits*:* 6>60%*prescrivent*Pénicilline*V,*500MG*4* 6Un*tiers*des*praticiens*prescrivent*des*

 
 
6ATB*utilisés*:*Amoxicilline*>86%*des*cas,* amoxicilline*dans*90%*des*cas*:* fois*par*jour.* ATB*pour*des*infections*péri6apicales*

71  
associé*ou*non*avec*acide.*clavulanique,* amoxicilline*+*acide*clavulanique*(61%)*ou* 6Durée*de*traitement*variable*:*5*à*10* chroniques.
ou*métronidazole*ou*clindamycine seul*(34%).* jours 6ATB*le*plus*prescrit*:*Amoxicilline
6Durée*moyenne*de*traitement*7+/_*1*jour 6Durée,*posologie,*fréquence*variable*:*
entre*6*à*10*jours
10%*ont*choisi*une*durée*de*traitement*de*
plus*de*4*semaines*d’amoxicilline
endodontiques et des prescriptions d’antibiotiques (2/2)

Discussion 6Choix*de*la*bonne*molécule*mais* 6Choix*de*la*bonne*molécule*mais* 6Bon*choix*d’antibiotiques. 6Beaucoup*de*chirurgien6dentiste*utilisent*


mauvaise* indications*inappropriées*et*sur6 6Mais*beaucoup*de*prescriptions* des*antibiotiques*là*où*le*traitement*local*
indication. prescriptions Inappropriées de*drainage*est*indiqué*et*serait*suffisant.*
Sur6prescription*d’antibiotiques* Ils*participent*donc*à*la*création*de*
résistances*bactériennes
6Manque*de*recommandations*précises*
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences

sur*posologie*fréquence*et*durée*de*
traitement*lorsqu’il*est*indiqué.
Pas*de*guides*établis*en*République*
Islamique*d’Iran
Vu, Le Président du Jury,
Date, Signature :

Vu, la Directrice de l’UFR des Sciences Odontologiques,


Date, Signature :

Vu, le Président de l’Université de Bordeaux


Date, Signature :

72  
 
 
 
 
73  
 
 
Titre : Prise en charge des parodontites apicales aigues en urgence : description
des pratiques professionnelles au sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-
Aquitaine

Résumé :

L’usage des antibiotiques par les chirurgiens-dentistes représente 10% des prescriptions mondiales
d’antibiotiques. Leur rôle est donc important dans le développement de résistances bactériennes décrit par
l’OMS en 2018. Des solutions sont mises en place afin de diminuer ce risque. Des recommandations de
prescriptions d’antibiotiques sont disponibles depuis 2011 sur le site de l’ANSM afin d’inciter et d’aider les
praticiens dans le choix de l’indication, de la molécule et de la posologie adaptée à chaque cas. Objectifs de
l’étude : observer le respect des recommandations de prescription d’antibiotiques lors de la prise en charge des
Parodontites Apicales Aigues (PAA) en urgence au sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine.
Matériel et méthode : Un questionnaire a été diffusé via internet et les conseils de l’ordre aux praticiens de
Nouvelle-Aquitaine les interrogeant sur leur prise en charge de différents cas de PAA en urgence. Résultats :
seuls 8% des praticiens ont suivi les recommandations lors de la prise en charge des PAA en urgence. Un usage
abusif d’antibiotiques a été constaté : 73% des praticiens en prescrivent dans chacun des cas, ce qui n’est pas
justifié. Conclusion : un non-respect des recommandations a été remarqué, des formations complémentaires sur
l’utilisation des antibiotiques ainsi que sur l’importance de diminuer leur usage et de restreindre cette menace de
santé mondiale seraient nécessaires.

Mots clés : Parodontite Apicale Aigue ; Antibiotiques ; Urgence Dentaire ; Pratiques Professionnelles ;
Nouvelle-Aquitaine

Title: Treatment of Acute Apical Periodontitis in Emergency: A Description of


Nouvelle-Aquitaine Dentists Practices

Abstract:

Antibiotics use by dentists represents 10% of antibiotics prescriptions worldwide. Therefore, the role of dentists
may be major in bacterial resistance development as described by the World Health Organization (WHO) in
2018. Solutions have been set up to reduce this issue. The French National Agency for Drugs and Health
Products Security (ANSM) provided recommendations for antibiotics prescription on its website since 2011 to
encourage and help practitioners to pick the best indication, molecule and posology for each case. Aim of the
study: To monitor the following of national recommendations upon antibiotics prescription in the treatment of
Acute Apical Periodontitis (AAP) within dentists of Nouvelle-Aquitaine. Materials and methods: A
questionnaire was distributed to practitioners of Nouvelle-Aquitaine through the internet or via local dentist
associations to test their handling toward different AAP cases in emergency situation. Results: Only 8% of
respondents followed the recommendations in every case. An abusive use of antibiotics was observed: 73% of
practitioners prescribed antibiotics in each case, which is unjustified. Conclusion: A lack of respect for
recommendations was observed which would justify further training on the prescription of antibiotics and
highlights the necessity to reduce their use so as the threat bacterial resistance threat for the global health.

Keywords : Acute Apical Periodontitis ; Antibiotics ; Dental Emergency ; Professional Practices ; Nouvelle-
Aquitaine

Université de Bordeaux
Collège  des  Sciences  de  la  Santé  UFR  des  Sciences  Odontologiques  
146  Rue  Léo  Saignat  
33000  BORDEAUX
 
74  
 
 

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