Prise en charge des parodontites en urgence
Prise en charge des parodontites en urgence
U.F.R. D’ODONTOLOGIE
THESE POUR L’OBTENTION DU
Le 28 Février 2019
U.F.R. D’ODONTOLOGIE
Le 28 Février 2019
Sous la direction de :
Docteur Wallid BOUJEMAA AZZI
Membres du jury :
1
UNIVERSITE DE BORDEAUX
MAJ 01/11/2018
ENSEIGNANTS DE L'UFR
Mme Elise ARRIVÉ Prévention épidémiologie – Economie de la santé – Odontologie légale 56-02
2
3
REMERCIEMENTS
4
A notre Présidente de thèse :
5
A notre Directeur de thèse :
6
A notre Rapporteur de thèse :
Je vous remercie de l’honneur que vous me faites en acceptant de juger cette thèse et
d’en être le rapporteur. Je vous suis reconnaissante pour le temps que vous m’avez accordé
et pour votre enseignement qui m’a été d’une aide précieuse. Veuillez trouver ici, l’expression
de mon profond respect.
7
A notre Assesseur :
8
Au Docteur Dominique ORIEZ,
C’est à vous que je dois cet attrait pour l’endodontie. Votre absence en ce jour
m’attriste, mais je garderai en souvenir votre présence bienveillante tout au long de mes
études. Je vous remercie infiniment de tout ce que vous m’avez apporté, l’enseignement
théorique et pratique, mais également des souvenirs que je garde avec beaucoup de
tendresse.
9
A mes parents, pour votre soutien tout au long de ces études, mais aussi dans chaque projet
personnel et professionnel que j’entreprends.
A ma sœur, Agathe, pour ton aide lors de cette thèse et pour tout le reste. Je suis fière de toi
et ai de la chance de t’avoir comme exemple, tu as mis la barre suffisamment haute pour que
j’en arrive là.
A Ninique, tu nous as toujours encouragé à faire des études et avoir un bon métier, voilà qui
est fait ! Merci d’avoir toujours été là pour Agathe et moi, de l’apprentissage de l’alphabet à
maintenant.
A Julia, ces années d’études partagées avec toi seront probablement mes meilleurs souvenirs,
même si je sais que nous en créeront pleins d’autres ensemble. Tu restes mon pilier quelle que
soit la distance qui nous sépare.
A Amaury, tu m’as aidé et t’es investi tout au long de cette thèse. Tes conseils et ta patience
m’ont été précieux ! Malgré le travail qui était nécessaire, l’écrire en ta compagnie, en
découvrant tous ces pays, a été une période merveilleuse.
A Mouty, merci pour ton accueil à Carantec où j’ai fini cette thèse et où on fêtera les
nombreux bons moments qui restent à venir !
A Bon-Papa, tu nous as soutenu et encouragé dans nos projets et nos études, merci pour
toutes tes histoires qui rendent tes petits enfants admiratifs de leur grand-père.
A Faty, je t’ai toujours vu très impliqué dans nos résultats scolaires et nos études, je sais que
tu aurais été fier aujourd’hui et c’est avec tendresse que je pense à toi en ce jour.
A Bonne-Maman, tu m’as donné l’envie d’être une femme forte comme tu l’as été. Le coté
manuel que je retrouve et que j’affectionne dans mon travail vient très probablement de toi et
je suis heureuse de ce côté artistique que tu nous as transmis.
A tous mes oncles, tantes, cousins, et leurs pièces rapportées pour notre plus grand
plaisir. Merci à ceux qui le peuvent d’être la aujourd’hui.
10
A Lydie, Marine, Fanny et Alexa, pour m’avoir accompagné dans les meilleurs moments. A
toutes ces soirées, WEI, Grands Ouest Dentaire et j’en passe. A ces TPs, parfois stressants
mais qui resteront parmi mes meilleurs souvenirs. A toutes ces expériences que nous avons
vécues ensemble et qui nous ont construites. Vous avez rendu ces années incroyables.
A Fanny, on est arrivé dans ces études ensemble, et avons vécu tant de choses. Tu as
toujours été là dans les moments importants. Merci pour cette année de garde qui reste un bon
souvenir, et surtout merci pour tout le reste.
A Marine, ma sista, pour ces anniversaires fêtés ensemble. A ta gentillesse et tes
principes que je respecte et affectionne.
A Lydie, pour tous ces moments que nous avons partagés, le ski, la Réunion, le
Cambodge et à ceux à venir.
A Alexa, à toutes ces soirées « Céline » qui ont marqué nos années dentaires et à tout
le reste.
A Thomas, mon copain depuis toujours, ma famille presque, avec qui on a traversé toutes ces
études.
A Alfred, Alix, Sicard et JL, pour ces galas, skis, rallyes, déménagements et trips.
A Caroline, ma première binôme, pour ton amitié si précieuse. Un grand merci pour ton aide
pour cette thèse.
A Floriane, pour cette année à Xavier-Arnozan que j’ai adoré et surtout à notre amitié.
A Séléna, à ces retours de soirées en P2, et à tous ces moments que nous partageons encore.
Ne change pas, ta gentillesse égaie la vie des gens.
A tous mes amis de dentaire, avec qui j’ai passé les meilleures années : Pauline, Camille C.,
Rozen etc..
11
A Jordan, Fabien et Adrien, pour vos conseils tout le long de ces études mais aussi les
soirées que nous avons partagées. Merci tout particulièrement à toi Fabien pour ton aide
précieuse lors du CSCT et depuis le début de cette thèse.
A mes amies d’enfance, qui m’ont presque toutes rejoint à Bordeaux et avec qui j’ai pu
partager ces années étudiantes Manon, Lou, Léa, Roxanne, Camille, et Cécile et Priss qui
venaient nous voir.
A Léa, pour tous les moments importants que nous avons vécus et qui nous ont fait grandir.
Merci d’être là !
A Margaux, même si j’ai longtemps espéré que tu choisisses dentaire, égoïstement, je sais
que tu seras un excellent médecin. Merci pour tous ces moments à la Réunion et à Bordeaux.
A tous mes amis de la Réunion, avec qui j’ai grandi et profité de ce début de vie d’adulte, à
Bordeaux notamment. Je ne peux pas faire de liste exhaustive tant vous êtes nombreux, mais
vous vous reconnaitrez.
A Etienne et Rodolphe, pour votre aide sur Excel, et surtout pour tous ces moments passés à
Paris. Votre accueil a été précieux !
Au Docteur Dominique Naboulet et à tout le cabinet, merci à vous tous pour cet accueil.
A Marine Blanc, un grand merci pour votre patience et votre gentillesse lors de
l’organisation de cette thèse. Vous avez su être aidante et conciliante dans toutes ces
démarches qui me semblaient si difficiles.
12
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION ............................................................................................................... 15
I. ETAT DES CONNAISSANCES .............................................................. 16
1. Définition ............................................................................................................................ 17
1.1. Étiologies des parodontites apicales .......................................................................................... 17
1.2. Parodontite apicale d’origine infectieuse ................................................................................... 17
1.3. Mécanismes de développement ................................................................................................ 18
1.4. Signes cliniques des pathologies péri-apicales........................................................................... 18
2. Recommandations de prise en charge en urgence ............................................................. 22
2.1. Prise en charge des pathologies péri-apicales aiguës : recommandations françaises ................... 22
2.2. Intérêt d’une prescription de traitement antibiotique .................................................................. 26
2.3. Prescription d’antibiotiques dans le monde pour la prise en charge des parodontites apicales
aigues ................................................................................................................................................ 26
2.4. La surconsommation d’antibiotiques dans le monde : risques individuels et collectifs ............... 27
II. ETUDE : ANALYSE DE LA PRISE EN CHARGE DES
PARODONTITES APICALES AIGUËS EN URGENCE EN NOUVELLE-AQUITAINE 28
1. Objectifs de l’étude ............................................................................................................ 29
2. Matériel et méthode ........................................................................................................... 29
2.1. Schéma d’étude ........................................................................................................................ 29
2.2. Population d’étude ................................................................................................................... 29
2.3. Élaboration du questionnaire .................................................................................................... 30
Les premières questions (Annexe1) ont été posées afin de cibler le profil du praticien interrogé. Celles-ci
ont permis de connaitre son sexe, l’université au sein de laquelle il a effectué son cursus initial et son
année de diplôme, ainsi que son lieu, son type et son mode d’exercice. ................................................... 30
2.4. Diffusion du questionnaire ....................................................................................................... 30
2.5. Analyse des données recueillies ................................................................................................ 31
3. Résultats ............................................................................................................................. 32
3.1. Description de l’échantillon ...................................................................................................... 32
3.2. Gestion des cas cliniques .......................................................................................................... 34
3.3. Suivi des recommandations ...................................................................................................... 47
3.4. Formation des praticiens........................................................................................................... 48
3.5. Association entre la réalisation de formation continue en endodontie et le suivi des
recommandations ANSM ....................................................................................................................... 49
3.6. Association entre le besoin de formation ressenti par les chirurgiens-dentistes et le suivi des
recommandations. .................................................................................................................................. 49
3.7. Association entre le fait d’avoir consulté les dernières recommandations de l’ANSM datant de
2011 et le fait de répondre en accord avec les recommandations. ............................................................ 49
4. Discussion ........................................................................................................................... 50
CONCLUSION ................................................................................................................. 56
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................. 57
ANNEXE ................................................................................................................. 61
Annexe 1: Questionnaire ............................................................................................................ 62
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences endodontiques et des
prescriptions d’antibiotiques (1/2) ............................................................................................. 70
Annexe 2 : Études sur les habitudes de prise en charge des urgences endodontiques et des
prescriptions d’antibiotiques (2/2) ............................................................................................. 71
13
14
INTRODUCTION
Alors que la population mondiale ne cesse de croître, le recours aux antibiotiques
augmente, et le développement de résistance bactérienne s’accélère. La lutte contre le
développement de ce type de résistance est donc devenue une priorité. (1) Dans ce contexte, un
usage abusif ou un mésusage des antibiotiques peut avoir des conséquences individuelles et
collectives graves.(2) De grandes organisations telles que l’Organisation Mondiale de la Santé
(OMS) ou l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) mettent en
place des plans d’actions afin de sensibiliser chacun à ce problème d’ordre mondial.(1,3)
Notre hypothèse est que la prescription d’antibiotiques lors de la prise en charge des PAA en
urgence par les praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine est trop fréquente, ainsi, l’objectif
de cette étude est de faire un état des lieux de ces prises en charge et de les comparer aux
recommandations établies par l’ANSM en 2011 concernant la prescription d’antibiotiques en
pratique bucco-dentaire.(15) Avant cela, il convient de faire un rappel sur les différentes
formes de parodontites apicales ainsi que leur prise en charge en urgence.
15
I. ETAT DES CONNAISSANCES
16
1. Définition
La parodontite apicale aiguë est une inflammation aiguë du péri-apex due à une irritation qui
peut être d’origine chimique, physique ou infectieuse.(16)
Pour se défendre l’hôte déclenche un processus immunologique afin de contrer l’agression des
bactéries du canal, ce qui aboutit à la formation d’une lésion inflammatoire peri-radiculaire
d’origine endodontique (LIPOE) ou parodontite apicale aiguë (PAA).(20)
A la suite de cette réponse initiale aiguë de l’hôte, plusieurs évolutions sont possibles :
- guérison spontanée, seulement dans le cas d’inflammation aseptique.(18)
- exacerbation de l’inflammation : transformation de la PAA en un abcès apical aigu
(AAA). Celui-ci peut évoluer en fistulisation et se drainer, ce qui entraine une
diminution des symptômes. Cependant, en l’absence de traitement, l’infection localisée
peut devenir diffuse : des signes cliniques de cellulites et des signes généraux tels que
fièvre et adénopathies peuvent alors apparaitre.(2,18)
17
- évolution vers la chronicité : parfois, un équilibre s’installe entre les défenses de l’hôte et
les attaques bactériennes.(21) La lésion péri-apicale prend alors la forme de lésion
encapsulée sous forme de granulome voire de kyste. Ce fragile équilibre peut se rompre,
ce qui provoque une poussée inflammatoire aiguë au sein de la phase chronique : l’abcès
secondaire.(18,19)
Les signes cliniques généralement retrouvés chez les patients atteints de PAA sont :
- des douleurs modérées à sévères pouvant être spontanées et continues, exacerbées par
la percussion et les contacts occlusaux de la dent infectée (16,27)
- une vitalité souvent négative de la dent(16,28,29)
- un élargissement desmodontal ou une image apicale radio-claire (30)
- la présence d’une voie de contamination de la pulpe (fêlure, fracture, carie ou
restauration non étanche) (30)
18
• L’abcès apical aigu
Lorsque la parodontite apicale aiguë évolue en abcès apical aigu, le tableau clinique est
généralement le suivant :
- Un œdème se crée au niveau des tissus formant parfois une tuméfaction (« pus » sous
periosté ou sous muqueux). Cette accumulation de liquide crée une surpression
souvent extrêmement douloureuse et peut provoquer une légère extrusion de la dent,
ce qui augmente les contacts occlusaux sur celle-ci.
- Une douleur amplifiée notamment à la palpation apicale de la dent
- Une pression à la mastication devenant intolérable. (13)
• L’abcès phœnix
Lors de cette phase chronique, une recrudescence de l’inflammation peut avoir lieu et les
symptômes de l’abcès apical aigu sont retrouvés.
Les signes et symptômes des affections pulpaires et parodontales ont été recensés et classés
dans un tableau par Woda et al. 1999. (Tableau 1)(7)
19
20
-Image osseuse radio-claire de lésion d’origine
endodontique.
21
2. Recommandations de prise en charge en urgence
Les PAA et AAA font partie des principales urgences rencontrées par les chirurgiens-dentistes.
En effet, 90% des urgences dentaires sont d’origine endodontique, et deux patients sur trois
consultent en urgence pour causes de douleurs.(13,32) La bonne gestion de ces pathologies
péri-apicales est donc très importante.
• Drainage
En France, des études faites par la Haute Autorité de Santé en 2008 ont montré
l’importance d’un traitement endodontique bien réalisé selon les concepts cliniques actuels
dans l’éradication des bactéries, et la guérison des lésions inflammatoires.(33)
22
• Traitement antibiotique
2.1.1. Indications
23
État pulpaire et péri-apical Données cliniques et radiographiques Antibiotiques
en
complément
Pulpite irréversible -Douleur NON
symptomatique -Pas d’autres symptômes et signes d’infection
Nécrose pulpaire -Dent non vitale NON
-Élargissement desmodontal
Abcès apical aigu -Douleur NON
-Douleur à la percussion et lors de la morsure
-Elargissement desmodontal
24
2.1.2. Choix de molécule et posologie
Une flore poly-microbienne est retrouvée au niveau apical des dents infectées. La
quantité et virulence des bactéries présentes, un éventuel synergisme bactérien et la formation
d’un biofilm sont des variables pouvant modifier l’efficacité des antibiotiques.(22,37) L’idéal
avant toute prescription serait donc de réaliser un test bactérien d’un prélèvement au niveau
canalaire. Cependant pour des raisons de temps notamment, celui-ci est rarement utilisé.(37)
Il est donc utile d’avoir des « consensus » de prescriptions. Des études telles que celle de
Baumgartner et al. (2003) ont évalué l’efficacité des principaux antibiotiques utilisés en
chirurgie dentaire afin de contrer les bactéries présentes dans le pus d’abcès péri-apicaux.
Il en ressort que l’antibiothérapie de choix afin d’éradiquer une infection en première intention
est l’amoxicilline.
Une association avec de l’acide clavulanique ou du métronidazole visant à optimiser l’efficacité
de l’amoxicilline sera indiquée mais en seconde intention, en cas de persistance de l’infection.
(15,37)
L’European Society of Endodontology (ESE) conseille une prise d’amoxicilline trois fois par
jour soit 500mg toutes les 8 heures afin d’assurer la quantité suffisante de la molécule en
permanence. Cependant il n’y a pas d’indication précise quant à la durée de prescription, et
celle-ci est souvent de 3 à 7 jours.(14,36,38) (Tableau 3)
25
• Analgésiques
Une prescription d’antalgiques peut être indiquée en cas de douleurs pour les formes
aiguës de pathologies péri-apicales.(11)
• Urgences vitales
Dans certains cas, cellulites, gonflements importants ou trismus peuvent gêner la
respiration et le patient doit être adressé aux urgences auprès de spécialistes.(39)
Ces chiffres préoccupants nous ont conduit à nous demander si les chirurgiens-dentistes
en France, et plus particulièrement en Nouvelle-Aquitaine, respectaient les recommandations
établies par l’ANSM concernant la prescription d’antibiotiques en pratique bucco-dentaire lors
de la prise en charge des PAA en urgence.
27
28
1. Objectifs de l’étude
Les objectifs de l’étude étaient de décrire la prise en charge des PAA en urgence par les
chirurgiens-dentistes de Nouvelle Aquitaine et d’évaluer l’écart avec les recommandations
actuelles en France quant aux indications de prescriptions d’antibiotiques en endodontie.
2. Matériel et méthode
• Critères d’inclusion
Tous les praticiens diplômés exerçant en Nouvelle-Aquitaine pouvaient être inclus dans
l’étude.
• Critères d’exclusion
Les praticiens non diplômés et ceux exerçant dans des régions autres qu’en Nouvelle-
Aquitaine ont été exclus de notre échantillon.
29
2.3. Élaboration du questionnaire
Les premières questions (Annexe1) ont été posées afin de cibler le profil du praticien
interrogé. Celles-ci ont permis de connaitre son sexe, l’université au sein de laquelle il a
effectué son cursus initial et son année de diplôme, ainsi que son lieu, son type et son mode
d’exercice.
Il leur a également été demandé s’ils prenaient ou non des urgences au sein de leur cabinet.
Trois cas cliniques décrivant les principaux types de PAA rencontrées en urgence étaient
proposés. Pour chaque cas, les symptômes, le diagnostic ainsi qu’une radiographie retro-
alvéolaire étaient donnés. (Annexe1)
Les praticiens devaient pour chaque cas clinique choisir la thérapeutique qu’ils auraient mis en
place.
Des questions concernant leur formations dans ce domaine leur ont été posées. (Annexe1)
Des fréquences et pourcentages ont été calculés pour les variables qualitatives. Pour les
variables quantitatives, la médiane, 1er et 3ème quartile, moyenne, écart-type, minimum et
maximum ont été calculés.
Afin d’évaluer la représentativité de notre échantillon face à la population de chirurgien-
dentiste de Nouvelle-Aquitaine, nous avons comparé nos résultats aux données
démographiques du Ministère de la Solidarité et de la Santé accessibles en ligne. Ces données
élaborées par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des
statistiques) regroupent les praticiens diplômés enregistrés dans le répertoire ADELI ou dans le
répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) et sont datées du 1 er Janvier 2018. Les
comparaisons ont été faites à l’aide du test du Chi2 pour le sexe et graphiquement pour le
département d’exercice.
Pour chaque cas clinique, le suivi des recommandations de l’ANSM en 2011 (35) a été défini
de la façon suivante : pour les cas 1 et 2 : réalisation d’un acte local (parage canalaire) sans
prescription d’antibiotiques ; pour le cas 3 : réalisation d’un acte local et prescription
d’antibiotiques.
L’association entre le suivi des recommandations et la réalisation d’une formation dans le
domaine de l’endodontie lors des 7 dernières années, le besoin ressenti de se former davantage,
et la consultation de ces recommandations depuis 2011 a été étudié, de même que l’association
entre la réalisation d’un acte et la prescription d’antibiotiques, à l’aide des tests de Chi 2 et de
Fisher. Le test de Fisher était utilisé lorsque les conditions d’application du test du Chi2
n’étaient pas respectées (effectifs théoriques <5).
Une p-value inférieure à 0,05 objectivait pour ces deux tests une association statistiquement
significative entre nos valeurs comparées.
La saisie des données a été réalisée directement sur « Google Forms ». Les données ont été
exportées avec le logiciel Excel version 16.16.5 et analysées avec Epi-info 7. Les
représentations graphiques ont été réalisées avec Excel.
31
3. Résultats
Cent-quarante-deux réponses ont été obtenues. Parmi celles-ci, 9 réponses ont été exclues
car les praticiens répondant n’exerçaient pas en Nouvelle-Aquitaine.
Ainsi, 133 réponses ont donc été analysées, ce qui correspond à un taux de réponse proche de
4% de la population de chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine : n=3715.
• Sexe
• Distribution géographique
35%
30%
25%
20%
15%
10%
5%
0%
Nouvelle-‐Aquitaine n=3715 Echantillon N=133
Départements de Nouvelle-‐Aquitaine
-‐33 -‐64 -‐17 -‐40 -‐24 -‐86 -‐87 -‐16 -‐47 -‐79 -‐19 -‐23
Figure 1: Distribution géographique des chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine n=3715
et dans notre échantillon N=133
32
Les départements ayant eu le plus fort taux de réponses étaient la Gironde (33%) et la
Charente-Maritime (33%) (Figure 1)
70%
62%
60%
50%
40%
30%
20% 18%
15%
10%
5%
0%
Bordeaux Nantes Toulouse Autres
33
• Type et mode d’exercice
1% 1%
7%
Parage canalaire
Traitement endodontique
de la dent
91%
Avulsion
Figure 3: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°1 n=102
• Pour ce cas n°1, 102 praticiens soit 77% des chirurgiens-dentistes interrogés ont
répondu réaliser un acte (N=133).
34
• Parmi eux, 91% réalisaient un parage canalaire, 7% le traitement endodontique
dans la séance, 1% le drainage par voie muqueuse et 1% l’avulsion de la dent
(n=102). (Figure 3)
70% 64%
60%
50%
40%
30%
20%
12% 11%
10% 5% 6%
2,00% 1%
0%
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n
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zo
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illi
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M
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id
e
Ac
n
lid
illi
e-‐
ro
ic
llin
ox
ac
ici
Am
ox
Am
Figure 4: Choix de la molécule antibiotique pour le cas n°1 n=109
• L’amoxicilline a été très majoritairement choisie dans 64% des cas lorsqu’une
antibiothérapie était mise en place (N=109). (Figure 4)
35
[Link]. Prescription d’antalgiques
100%
90%
80%
70%
60%
50% Palier 2
40% Palier 1
30%
20%
10%
0%
90%
80%
70%
60%
50% AINS
40%
30%
AIS
20%
10%
0%
37
3.2.2. Gestion du cas clinique numéro 2
[Link]. Réalisation d’un acte
Parage canalaire
7%
Drainage par voie
24% muqueuse
Traitement endodontique
de la dent
69%
Avulsion
Figure 7: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°2 n=100
• Pour 75% des praticiens (n=100) la thérapeutique consistait à réaliser un acte local.
• Parmi eux, 69% ont réalisé un parage canalaire, 24% un drainage par voie muqueuse
et 7% le traitement endodontique dans la séance. (Figure 7)
38
[Link]. Choix de l’antibiotique
70% 64%
60%
50%
40%
30%
20% 12%
9% 9%
10% 2% 3% 1%
0%
ue
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n
ol
zo
zo
lid
iq
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Ac
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lid
illi
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ro
ic
llin
ox
ac
ici
Am
ox
Am
Figure 9: Prescription d'antalgiques pour le cas n°2 N=133
39
• On constate que 89% (n=119) des chirurgiens-dentistes ont prescrit des antalgiques
dans ce cas (N=133). (Figure 9)
• Parmi ces 119 prescripteurs, près de la moitié a décidé de prescrire un palier 2 (n=58
soit 49%).
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Oui n=29 Non n=104
AINS AIS
40
- Enfin un praticien a mentionné surveiller le patient en le contactant à trois jours afin
de vérifier si les douleurs ont diminué (n=1, 8%)
Traitement
endodontique
Drainage par voie
muqueuse
Avulsion
86%
Figure 11: Type d'acte réalisé par les praticiens cas n°3 n=108
• Plus de 81% (n=108) des praticiens ont réalisé un acte local en urgence.
• Parmi ces derniers, 86% (n=93) ont choisi le parage canalaire, 12% (n=13) le
traitement endodontique, 1% (n=1) le drainage par voie muqueuse et 1% l’avulsion de
la dent (n=1). (Figure 11)
41
[Link]. Choix de l’antibiotique
40% 38%
35%
30% 28%
25% 23%
20%
15%
10% 7%
5% 1% 2% 1%
0%
… e
e
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e
es
id
in
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ol
n
ol
lid
Ac
illi
yc
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e-‐
m
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ni
ni
ni
ac
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ro
Am
in
ic
ét
ét
ét
Cl
ox
-‐M
M
M
Am
e-‐
es
n
lid
illi
ro
ic
ox
ac
Am
Figure 12: Choix de la molécule antibiotique cas n°3 n=123
42
[Link]. Prescription d’antalgiques
100%
90%
80%
70%
60%
50%
Palier 1
40%
30% Palier 2
20%
10%
0%
Oui n=123 Non n=10
Figure 13: Prescriptions d'antalgiques pour le cas n°3 N=133
• Plus de 92% (n=123) des praticiens ont prescrit des antalgiques dont la moitié un
palier 2. (Figure 13)
70%
60%
50%
40%
AINS
30%
20% AIS
10%
0%
Oui n=41 Non n=92
43
• A la question de la prescription d’anti-inflammatoires, 31% des 133 praticiens
interrogés ont répondu positivement (n=41) dont 78% d’entre eux ont prescrit un
AINS (n=32). (Figure 14)
• Pour les trois cas cliniques, 83% des praticiens ont prescrit des antalgiques.
• Pour les trois cas cliniques, 10,5% (n=14) des praticiens ont prescrit des anti-
inflammatoires. (Tableau 4)
44
• De manière globale, parmi les praticiens prescrivant des anti-inflammatoires dans tous
les cas, 86% (n=12) ont également prescrit des antibiotiques, contre 71% chez les
praticiens ne prescrivant pas d’anti-inflammatoires. (p-value=0,469). Il n’y a pas de
différence statistiquement significative de prescription d’antibiotiques entre les
praticiens prescripteurs d’anti-inflammatoires et les autres. (Tableau 5)
• Néanmoins, pour le cas 1, 100% des praticiens ayant prescrit des anti-inflammatoires
ont également prescrit des antibiotiques contre 78% des praticiens n’ayant pas prescrit
des anti-inflammatoires (p=0,007). (Tableau 5)
45
3.2.5. Prescription d’antibiotiques et association avec la
réalisation d’un acte.
Cas n°1 Cas n°2 Cas n°3 Cas n°1 et Tous les
n°2 cas
Acte 77% n=102 75% n=100 81% n=108 60% n=80 51% n=68
Antibiotiques 82% n=109 87% n=116 92% n=123 78% n=104 73% n=97
Acte et 59% n=78 62% n=83 74% n=98 43% N=58 35% n=46
Antibiotiques
Tableau 6: Réalisation d’un acte et prescription d’un traitement antibiotique (N=133)
• Au total, 73% (n=97) des praticiens ont prescrit des antibiotiques pour les trois cas
cliniques (N=133). (Tableau 6)
• Dans notre échantillon, 68 praticiens, soit 51% des 133 répondants ont réalisé un acte
lors de chaque cas clinique. (Tableau 6). Parmi ces praticiens,68% (n=46) ont
complété cette thérapeutique en prescrivant des antibiotiques. Au total, 35% des
46
praticiens de notre échantillon a réalisé un acte et prescrit des antibiotiques dans
chacun des cas (N=133). (Tableau 6 et 7)
• 5 praticiens ont fait le choix de ne pas réaliser d’acte pour les trois cas cliniques, 100%
d’entre eux (n=5) ont prescrit des antibiotiques en complément. (Tableau 7)
80,00%
74,00%
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00% 18,00%
13,00%
9,00% 8,00%
10,00%
0,00%
Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 1 et 2 Tous les cas
Figure 15 : Suivi des recommandations par les praticiens de l’échantillon N=133
• On constate que 8% (n=10) des praticiens ont suivi les recommandations pour les trois
cas cliniques. (Figure 15)
48
3.5. Association entre la réalisation de formation continue en
endodontie et le suivi des recommandations ANSM
• Parmi les 10 praticiens ayant suivi les recommandations pour ces trois cas cliniques, 70%
(n=7) avaient suivi une formation continue dans le domaine de l’endodontie durant ces
7 dernières années, contre 55% chez ceux n’ayant pas suivi les recommandations (p-
value=0,512). Il n’y a pas de lien statistiquement significatif entre le fait de répondre en
accord avec les recommandations et le fait de s’être formé durant les 7 dernières années.
• Parmi les 10 praticiens répondants en accord avec les recommandations pour ces trois
cas, 60% (n=6) ressentent le besoin de se former davantage, contre 72% chez ceux
n’ayant pas suivi les recommandations. (p-value= 0,478). Statistiquement il n’y a donc
pas plus de praticiens ressentant le besoin de se former davantage chez ceux n’ayant pas
suivi les recommandations que chez ceux ayant suivi les recommandations.
• Parmi les 10 praticiens ayant suivi les recommandations pour les trois cas clinique, 100%
(10) les avaient lues depuis 2011, contre 77% chez ceux n’ayant pas suivi les
recommandations (p-value=0,12), statistiquement il n’y a pas plus de praticiens ayant
lu les recommandations parmi ceux ayant suivi ces recommandations et ceux n’ayant
pas suivi ces recommandations.
49
4. Discussion
L’objectif principal de cette étude était de décrire la prise en charge des PAA en urgence
par les chirurgiens-dentistes de Nouvelle Aquitaine et d’en évaluer le suivi des
recommandations actuelles en France quant aux indications de prescriptions d’antibiotiques en
endodontie établies par l’ANSM en 2011.
Nos résultats ont montré que seulement 8% des praticiens respectaient les recommandations
établies et que l’usage des antibiotiques dans la prise en charge des PAA en urgence était
courant chez 73% des dentistes de notre échantillon. (Figure 15) (Tableau 6)
Cependant notre objectif n’a été que partiellement atteint de par les quelques biais qu’elle
présente.
Nous avons choisi de diffuser notre questionnaire par internet (groupe Facebook) et via les
conseils de l’ordre de cette région. La première voie de diffusion via les réseaux sociaux
(Facebook), a pu avoir une répercussion sur notre population avec un échantillon plus jeune et
plus cyber connecté. En moyenne, les praticiens de notre échantillon ont été diplômés
récemment (2005). Cependant nous n’avons pu obtenir la moyenne d’année de diplôme des
praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, et ne pouvons donc pas la comparer à celle de notre
échantillon. Concernant la deuxième voie de diffusion, via les conseils de l’ordre des
départements de Nouvelle-Aquitaine, tous n’ont pas accepté de transmettre le questionnaire à
leurs praticiens membres. Nous constatons que la distribution géographique des répondants
n’est pas représentative de celle des chirurgiens-dentistes en Nouvelle-Aquitaine. En effet, le
pourcentage de praticiens installés en Charente-Maritime est élevé comparativement à celui de
la population cible. Ceci peut s’expliquer par la transmission du questionnaire par le conseil de
l’ordre de Charente-Maritime. Il en va de même pour la Vienne et la Creuse. (Figure 1). Ces
premiers éléments constituent un biais de sélection.
Une diffusion du questionnaire par voie postale en utilisant une liste exhaustive des praticiens
exerçant en Nouvelle-Aquitaine aurait réduit ce biais, mais pour des raisons de coût et de temps
cette démarche a été exclue. De plus cela ne nous aurait pas garanti un meilleur taux de réponse.
Nous avons choisi de réaliser un questionnaire (Annexe 1) présentant des cas cliniques
illustrés par des radiographies rétro-alvéolaires. Les signes cliniques et le diagnostic précis ont
été donnés dans l’intitulé de chaque cas afin d’observer la prise en charge de chaque praticien
pour le même diagnostic, sans risque d’ambiguïté, et limiter les biais d’information.
Une enquête rétrospective sur les pratiques réelles des chirurgiens-dentistes en cabinet aurait
limité certains biais, notamment le biais de déclaration et celui de désirabilité sociale : le risque
que les praticiens répondent « ce qu’ils pensent falloir faire, plutôt que ce qu’ils font réellement
en pratique » est présent. Néanmoins le choix de diffuser le questionnaire par internet et qu’il
soit anonyme a pu diminuer ce biais et encourager les praticiens à répondre de façon honnête.
D’autre part, le fait que ces cas cliniques soient théoriques rend la mise en situation faiblement
représentative d’une urgence reçue en cabinet. Le temps imparti pour recevoir l’urgence n’est
pas précisé alors que celui-ci oriente considérablement la prise en charge des praticiens. C’est
pour cette raison que l’on observe une grande variabilité dans les réponses données, certains
praticiens décidant de ne réaliser qu’une prescription lorsque d’autres décident d’exécuter le
traitement endodontique complet de la dent. De manière générale, une étude transversale par
questionnaire a un faible niveau de preuve scientifique.
Cette étude a donc des limites et ses résultats doivent être interprétés avec prudence.
Néanmoins, nous avons observé des tendances de prises en charge des PAA en urgences par
les praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, et des résultats similaires à d’autres études
réalisées.
Notre étude avait comme objectif principal de décrire la thérapeutique des praticiens de
Nouvelle-Aquitaine lors de la prise en charge de PAA en urgence et de comparer leurs habitudes
de prescription d’antibiotiques aux recommandations établies par l’ANSM. Les
recommandations de l’ANSM ont été utilisées comme référence car elles établissent les
51
indications de prescription des antibiotiques en odontologie, notamment en endodontie. Elles
excluent la prescription d’antibiotiques en absence de signes systémiques chez le sujet sain.
La thérapeutique recommandée de prise en charge des cas n°1 et 2 était donc de réaliser un acte
local (de drainage) sans prescrire d’antibiotiques en complément. Pour le cas n°3 la présence
de signes systémiques justifiait la prescription d’antibiotiques en complément de l’acte local.
Au total, seulement 8% des praticiens ont effectué la thérapeutique recommandée dans le
traitement de ces trois cas de PAA. Nous notons cependant une différence entre ceux ayant
suivi les recommandations pour le cas n°1 et n°2 (9%) et ceux pour le cas n°3 (74%). (Figure
15) Ce dernier chiffre peut s’expliquer par différentes raisons : la présence de signes
systémiques, preuve d’un stade plus grave de la pathologie, a pu inciter les praticiens à réaliser
un acte en urgence, et la prescription d’antibiotique, souvent réalisée par les praticiens était
conforme aux recommandations pour ce cas.
Cette étude avait également pour but d’objectiver les habitudes de prescription
d’antibiotiques des chirurgiens-dentistes. Lors de la prise en charge de ces pathologies péri-
radiculaires, on note que 73% des praticiens prescrivent des antibiotiques pour chacun des cas,
et 78% le font pour le cas n°1 et n°2 où la prescription n’est pas indiquée. (Tableau 6) Nos
résultats semblent cohérents avec ceux des études similaires. En Espagne, l’étude de Segura
Egea et al. publiée en 2010 a montré que 71% des praticiens interrogés prescrivaient des
antibiotiques lors de la prise en charge d’abcès apicaux aigus avec gonflement localisé ou sans
gonflement. (36) L’étude rétrospective publiée en 2009 de Mainjot et al. analysant les
prescriptions d’antibiotiques faites par les chirurgiens-dentistes Belges sur une période de deux
semaines a montré que 63,3% des patients atteints d’abcès péri-apicaux ont été mis sous
antibiotiques, et dans plus de 90% de ces cas en absence de signes généraux.(50) (Annexe 2)
Notre étude montre donc un recours excessif aux antibiotiques de la part les praticiens
exerçant en Nouvelle-Aquitaine lors de la prise en charge de PAA et des résultats similaires
aux études réalisées dans d’autres pays européens.
52
Un tiers de notre échantillon prescrit donc de manière excessive et inappropriée des
antibiotiques lors de la prise en charge de PAA en urgence. Plusieurs hypothèses à cette sur-
prescription seront évoquées plus loin dans cette discussion. Néanmoins, il semble pertinent
d’évoquer dès à présent l’hypothèse selon laquelle la prescription d’antibiotiques par certains
praticiens entre dans le cadre d’une association avec celle d’anti-inflammatoires, par prévention
d’une recrudescence de l’infection. En effet, la proportion de praticiens prescrivant des anti-
inflammatoires dans chacun des cas s’est révélée faible (10,5% des 133 praticiens), (Tableau
4) mais la quasi-totalité des prescripteurs d’anti-inflammatoires a également prescrit des
antibiotiques (86% des prescripteurs d’anti-inflammatoires). (Tableau 5) Cependant, les tests
statistiques réalisés ne montrent pas de différence significative entre le nombre de prescription
d’antibiotiques chez les prescripteurs d’anti-inflammatoires et chez les autres, sauf pour le cas
1 (p=0,007). Nos effectifs restant faibles, des réserves sont à émettre quant à ces résultats.
L’amoxicilline a été l’antibiotique majoritairement choisi pour les deux premiers cas
(64% des praticiens prescripteurs). (Figure 4 et 8). Ce choix est en accord avec les
recommandations et les études menées sur l’efficacité des molécules antibactériennes telle que
celle de Baumgartner et al. (37). Les nombreuses études s’intéressant aux habitudes de
prescription d’antibiotiques par les chirurgiens-dentistes de différents pays ont également
montré une forte utilisation de l’amoxicilline. (8,46,50–53) (Annexe 2)
Au contraire, en présence de signes systémiques (cas n°3), plus de la moitié des praticiens
(51%) décident de prescrire des antibiotiques qui sont recommandés uniquement en cas d’échec
d’efficacité de l’amoxicilline seule (association amoxicilline-acide clavulanique ou association
amoxicilline-métronidazole). (Figure 12). Cette sur-prescription de molécules, réservées
normalement aux traitements de seconde intention, a également été retrouvée dans des études
similaires réalisées à l’international. (50) En effet, le nombre de praticiens prescrivant en
première intention l’association amoxicilline/acide-clavulanique en cas d’infection diffuse est
de de 41,8% pour l’étude de Rodriguez – Núñez et al. et de 61% pour l’étude similaire de
Segura-Egea et al. Par comparaison, nos résultats semblent donc pertinents.(51,52) (Annexe 2)
Il a été montré que l’association amoxicilline-acide clavulanique fait partie des antibiotiques
critiques, c’est-à-dire un antibiotique qui doit être utilisé en dernier recours notamment car il
est responsable de nombreuses résistances bactériennes, or cet antibiotique représente 25% des
antibiotiques consommés en ville en France en 2016. Nos résultats concernant le choix de la
molécule d’antibiotiques par les praticiens de notre échantillon confirment l’usage injustifié de
ce type d’antibiotique.(6)
53
Ces résultats montrent donc un usage excessif, mais également un mésusage : mauvaise
indication et mauvais choix de molécule chez une grande partie de notre échantillon.
Parmi les répondants, 56% ont suivi une formation dans le domaine de l’endodontie
durant les 7 dernières années. Cependant, cette question ne précise pas si la formation portait
sur la prise en charge des PAA et si les dernières recommandations ont été rappelées. Par
ailleurs, il n’y a pas eu de lien statistiquement significatif entre le fait de s’être formé et le suivi
des recommandations (p-value=0,512).
Le fait que la majorité des praticiens (79%) ait lu les dernières recommandations est
encourageant, mais statistiquement il n’y a pas plus de praticiens ayant lu les recommandations
chez ceux ayant suivi ces recommandations que chez ceux n’ayant pas suivi ces
recommandations. Le nombre de praticiens répondant en accord avec les recommandations
étant faible, cela a pu entrainer un manque de puissance au niveau des tests comparant ce groupe
avec celui des praticiens n’ayant pas suivi les recommandations.
Notre étude révèle donc une proportion particulièrement faible de praticiens répondant
selon les recommandations ainsi qu’un recours excessif aux antibiotiques. Il aurait été
intéressant d’enquêter sur les raisons de ces mauvaises pratiques dans notre questionnaire. Des
études réalisées au Royaume-Uni ont cherché à identifier ces raisons et mettent en exergue
plusieurs hypothèses (8) :
- Un doute sur le diagnostic serait une des causes de sur-prescriptions.
- Les sollicitations du patient par crainte que les douleurs ne diminuent pas en absence
d’antibiotiques ont été cités. Néanmoins, dans l’étude de Palmer et al., cette raison n’est
pas considérée comme l’une des principales causes de prescription d’antibiotiques.
- Un manque de consensus et de guide précis de prise en charge des PAA a été incriminé.
C’est également le cas dans l’étude de Vessal et al., où la posologie, fréquence et durée
de traitement étaient très variables d’un praticien à un autre (46). Pour notre enquête, il
était intéressant de déterminer le pourcentage de praticiens suivant les
recommandations. Or, ces recommandations ont été établies en fonction de celles de
l’ANSM, portant sur les indications de prescription d’antibiotiques en odontologie, et
en fonction des données de la littérature faisant état de l’intérêt de réaliser un drainage
en urgence. Mais la réalisation de cette étude nous a permis de remarquer un manque
de guide précis de prise en charge des PAA en urgence. De plus, en Europe, il n’y a, à
54
ce jour, pas de consensus concernant la posologie (durée et fréquence du traitement)
recommandée des antibiotiques.
- Un manque de formation continue a également été relaté dans les études de Palmer et
al. réalisées au Royaume-Uni. Ces auteurs ont enquêté sur l’intérêt de réaliser des
initiatives éducatives auprès des chirurgiens-dentistes et de leur fournir des guides de
prise en charge réalisés par la FGDP (Faculty of General Dental Practitioners). Ils ont
montré une nette augmentation du nombre de prescriptions conformes suites à ces
démarches.(53,54) Ce besoin de se former davantage a été manifeste dans notre étude,
plus de 70% des praticiens le ressentent, qu'ils aient suivi les recommandations ou pas
dans le cadre de notre étude.
- Un manque de temps conduirait les praticiens à réaliser une prescription plutôt que
d’entreprendre un drainage local. Nous avons constaté lors de notre étude que 4% (n=5)
des praticiens ont choisi pour les trois cas de ne pas réaliser d’acte local en urgence et
tous ont prescrit un traitement antibiotique au patient. Cette prise en charge n’est pas la
thérapeutique recommandée par l’ANSM lors de la prise en charge des urgences
endodontiques, mais il est probable qu’elle soit plus proche des pratiques des
chirurgiens-dentistes effectivement réalisées en urgence. Dans l’étude de Palmer et al.
30% des praticiens interrogés ont répondu prescrire des antibiotiques par manque de
temps pour réaliser un acte local lorsqu’ils reçoivent un patient en urgence. En effet, ces
patients sont souvent reçus entre deux rendez-vous, c’est pourquoi il est rare que le
praticien ait le temps de faire le traitement endodontique complet lors de cette séance,
et il arrive qu’il n’ait pas le temps de réaliser le drainage non plus.(8)
Ainsi, les résultats que nous avons obtenus lors de cette étude ont confirmé notre postulat
de départ sur la tendance des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine à sur-prescrire des
antibiotiques lors de la prise en charge des PAA en urgence. Deux données nous paraissent
particulièrement importantes : moins de 10% des praticiens répondants réalisent la
thérapeutique recommandée pour l’ensemble des cas cliniques, et près des trois quarts des
praticiens de cet échantillon prescrivent des antibiotiques dans chacun de ces cas de PAA.
La présence de certains biais rend délicate la généralisation de ces résultats à la population
globale de praticiens exerçant en Nouvelle-Aquitaine, cependant, ils semblent cohérents aux
vues des études similaires réalisées à l’international.
55
CONCLUSION
Le mauvais usage des antibiotiques et/ou leur recours excessif par les chirurgiens-
dentistes participent à « l’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité
alimentaire et le développement » selon l’OMS (Février 2018).(1) Il est du devoir de chacun,
patients, mais surtout praticiens, d’intervenir afin de diminuer le développement de résistances
bactériennes.
En 2007, Dellit et al. (49) proposent des moyens de réduire et d’améliorer l’utilisation des
antibiotiques dans le but de diminuer la mortalité et morbidité causées par ceux-ci ainsi que le
coût global de santé. Nous pouvons citer l’éducation des praticiens, l’édition de guides précis
de prescription selon les situations, le choix de posologies et durées adaptées à chaque patient,
l’utilisation des avancées technologiques et informatiques afin d’aider à choisir la bonne
molécule et d’éviter des interactions médicamenteuses et effets indésirables en fonction du
dossier patient ainsi que l’utilisation de tests bactériens et de méthodes de biologie moléculaire
pour le choix des antibiotiques. (37,49)
Un changement de paradigme en faveur de prescriptions de doses plus faibles, pendant des
périodes plus courtes, est en cours et pourrait se montrer efficace.(46)
Le traitement mécanique et antiseptique seul, lorsqu’il est possible, reste bien sûr la meilleure
prise en charge des PAA et AAA, que ce soit en première intention, mais également dans la
prévention du développement des bactéries résistantes aux antibiotiques.(48)
La molécule et la posologie adéquates sont nécessaires lors de la prescription d’antibiotiques.
Une connaissance suffisante du processus infectieux et des traitements antibiotiques est donc
la clé dans la diminution des émergences et transmissions de résistances bactériennes.(49)
L’éducation et le recours à la formation des dentistes est donc une des principales mesures à
mettre en place.(53)
Si les antibiotiques sauvent des vies, leur utilisation inappropriée peut être fatale, à chaque
prescription le ratio bénéfice pour le patient/risque individuel est collectif doit être pesé.(48)
56
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42. Tsesis I, Faivishevsky V, Zukerman O et al. Flare-ups after Endodontic Treatment: A
59
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43. Pickenpaugh L, Reader A, Peterson L et al. Effect of Prophylactic Amoxicillin on
Endodontic Flare-Up in Asymptomatic, Necrotic Teeth. Journal of Endodontics.
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44. Lindeboom JAH, Frenken JWH, Van den Akker HP et al. The role of preoperative
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Prescribing by Raising Awareness of the Faculty of General Dental Practice (UK) Guidelines.
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54. Palmer NAO, Dailey YM, Martin MV. Can audit improve antibiotic prescribing in
general dental practice? British Dental Journal. 2001;191(5):3.
60
ANNEXE
61
Annexe 1: Questionnaire
Dans
le
cadre
de
ma
thèse
d'exercice,
j'étudie
la
prise
en
charge
des
parodontites
apicales
aiguës
en
urgence,
sur
dents
non
traitées
endodontiquement.
Ce
questionnaire
est
anonyme,
le
compléter
vous
prendra
3
à
5
minutes.
Je vous remercie par avance de toute l'aide que vous apporterez à ma thèse.
* Réponse requise
Vous êtes : *
Une seule réponse.
§ Homme
§ Femme
Année de diplôme *
Lieu de diplôme *
Lieu d'exercice *
Type d'exercice *
Une seule réponse.
§ Omnipratique
§ Exercice limité à l'endodontie
§ Autre :
Mode d’exercice : *
Plusieurs réponses possibles.
§ Libéral
§ Salarié
§ Hospitalo-Universitaire
§ Autre :
Prenez-vous des urgences au sein de votre cabinet ? *
Une seule réponse.
§ Oui
§ Non
Trois cas cliniques
62
Cas 1
Un patient en bonne santé générale se présente en urgence pour des douleurs situées
secteur 4. Sa douleur est évaluée à 5-6 sur l'Échelle Numérique de la douleur (EN). Les
examens cliniques et radiographiques conduisent au diagnostic de parodontite apicale aiguë
sur la dent 47. En urgence, quelle est votre attitude thérapeutique ?
Dent 47
Vous réalisez un acte clinique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 9.
§ Non Passer à la question 10.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Traitement endodontique de la dent 47
§ Parage canalaire
§ Drainage par voie muqueuse
§ Avulsion
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antibiotique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 11.
§ Non Passer à la question 12.
Dans le cas où vous prescrivez des antibiotiques, quel est votre choix en première
intention et en l'absence d’allergies ? *
Une seule réponse.
§ Amoxicilline
63
§ Macrolides
§ Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Métronidazole
§ Association Macrolides-Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Acide Clavulanique
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antalgique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 13.
§ Non Passer à la question 14.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Palier 1 (Paracétamol)
§ Palier 2 (Paracétamol + Codéine/Tramadol)
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d'anti-inflammatoire ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 15.
§ Non Passer à la question 16.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ AINS (Anti-inflammatoire non stéroïdien)
§ AIS (Anti-inflammatoire stéroïdien)
§ Autre :
Autre conduite ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 17.
§ Non Passer à la question 18.
Si oui, laquelle ? *
64
Cas 2
Un patient en bonne santé générale se présente en urgence pour des douleurs situées
secteur 1. Sa douleur est évaluée à 7 sur l'Échelle Numérique de la douleur (EN). Les
examens cliniques et radiographiques conduisent au diagnostic de parodontite apicale aiguë
abcédée sur la 11. En urgence, quelle est votre attitude thérapeutique ?
Dent 11
Vous réalisez un acte clinique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 19.
§ Non Passer à la question 20.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Traitement endodontique de la dent 11
§ Parage canalaire
§ Drainage par voie muqueuse
§ Avulsion
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antibiotique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 21.
§ Non Passer à la question 22.
Dans le cas où vous prescrivez des antibiotiques, quel est votre choix en première
intention et en l'absence d’allergies ? *
65
Une seule réponse.
§ Amoxicilline
§ Macrolides
§ Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Métronidazole
§ Association Macrolides-Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Acide Clavulanique
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antalgique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 23.
§ Non Passer à la question 24.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Palier 1 (Paracétamol)
§ Palier 2 (Paracétamol + Codéine/Tramadol)
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d'anti-inflammatoire ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 25.
§ Non Passer à la question 26.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ AINS (Anti-inflammatoire non stéroïdien)
§ AIS (Anti-inflammatoire stéroïdien)
§ Autre :
Autre conduite ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 27.
§ Non Passer à la question 28.
Si oui, laquelle ? *
66
Cas 3
Un patient en bonne santé générale se présente en urgence pour des douleurs situées
secteur 3. Sa douleur est évaluée à 7 sur l'Échelle Numérique de la douleur (EN). Les
examens cliniques et radiographiques conduisent au diagnostic de parodontite apicale aiguë
sur la dent 35 associée à des signes généraux : fièvre et adénopathies. En urgence, quelle
est votre attitude thérapeutique ?
Dent35
Vous réalisez un acte clinique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 29.
§ Non Passer à la question 30.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Traitement endodontique de la dent 35
§ Parage canalaire
§ Drainage par voie muqueuse
§ Avulsion
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antibiotique ? *
Une seule réponse.
67
§ Oui Passer à la question31.
§ Non Passer à la question 32.
Dans le cas où vous prescrivez des antibiotiques, quel est votre choix en première
intention et en l'absence d’allergies ? *
Une seule réponse.
§ Amoxicilline
§ Macrolides
§ Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Métronidazole
§ Association Macrolides-Métronidazole
§ Association Amoxicilline-Acide Clavulanique
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d’antalgique ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 33.
§ Non Passer à la question 34.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ Palier 1 (Paracétamol)
§ Palier 2 (Paracétamol + Codéine/Tramadol)
§ Autre :
Vous réalisez une prescription d'anti-inflammatoire ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 35.
§ Non Passer à la question 36.
Si oui, lequel ? *
Une seule réponse.
§ AINS (Anti-inflammatoire non stéroïdien)
§ AIS (Anti-inflammatoire stéroïdien)
§ Autre :
Autre conduite ? *
Une seule réponse.
§ Oui Passer à la question 37.
§ Non Passer à la question 38.
Si oui, laquelle ? *
Avez-vous participé à des formations continues concernant le domaine de
l'endodontie durant les 7 dernières années ? *
Une seule réponse.
§ Oui
§ Non
68
Ressentez-vous le besoin de vous former davantage dans le domaine de
l’endodontie ? *
Une seule réponse.
§ Oui
§ Non
Avez-vous consulté les dernières recommandations de l'afssaps (agence
française de sécurité sanitaire des produits de santé) concernant la prescription
d'antibiotiques en pratique bucco-dentaire, sorties en Juillet 2011 ? *
Une seule réponse.
§ Oui
§ Non
69
Etudes Palmer'et'al. Afzalifar'et'al. Karki'et'al. Mainjot'et'al.
2000 2015 2011 2009
(8) (52) (4) (49)
d’abcès'avec'gonflement'localisé. @54,2%'des'prescriptions'faites'en'absence'
70
@'antibiotique'majoritaire': de'soin'local
Amoxicilline' @ATB'prescrits':'amoxicilline,'association'
amoxicilline'et'acide'clavulanique'et'
clindamycine
6ATB*utilisés*:*Amoxicilline*>86%*des*cas,* amoxicilline*dans*90%*des*cas*:* fois*par*jour.* ATB*pour*des*infections*péri6apicales*
71
associé*ou*non*avec*acide.*clavulanique,* amoxicilline*+*acide*clavulanique*(61%)*ou* 6Durée*de*traitement*variable*:*5*à*10* chroniques.
ou*métronidazole*ou*clindamycine seul*(34%).* jours 6ATB*le*plus*prescrit*:*Amoxicilline
6Durée*moyenne*de*traitement*7+/_*1*jour 6Durée,*posologie,*fréquence*variable*:*
entre*6*à*10*jours
10%*ont*choisi*une*durée*de*traitement*de*
plus*de*4*semaines*d’amoxicilline
endodontiques et des prescriptions d’antibiotiques (2/2)
sur*posologie*fréquence*et*durée*de*
traitement*lorsqu’il*est*indiqué.
Pas*de*guides*établis*en*République*
Islamique*d’Iran
Vu, Le Président du Jury,
Date, Signature :
72
73
Titre : Prise en charge des parodontites apicales aigues en urgence : description
des pratiques professionnelles au sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-
Aquitaine
Résumé :
L’usage des antibiotiques par les chirurgiens-dentistes représente 10% des prescriptions mondiales
d’antibiotiques. Leur rôle est donc important dans le développement de résistances bactériennes décrit par
l’OMS en 2018. Des solutions sont mises en place afin de diminuer ce risque. Des recommandations de
prescriptions d’antibiotiques sont disponibles depuis 2011 sur le site de l’ANSM afin d’inciter et d’aider les
praticiens dans le choix de l’indication, de la molécule et de la posologie adaptée à chaque cas. Objectifs de
l’étude : observer le respect des recommandations de prescription d’antibiotiques lors de la prise en charge des
Parodontites Apicales Aigues (PAA) en urgence au sein des chirurgiens-dentistes de Nouvelle-Aquitaine.
Matériel et méthode : Un questionnaire a été diffusé via internet et les conseils de l’ordre aux praticiens de
Nouvelle-Aquitaine les interrogeant sur leur prise en charge de différents cas de PAA en urgence. Résultats :
seuls 8% des praticiens ont suivi les recommandations lors de la prise en charge des PAA en urgence. Un usage
abusif d’antibiotiques a été constaté : 73% des praticiens en prescrivent dans chacun des cas, ce qui n’est pas
justifié. Conclusion : un non-respect des recommandations a été remarqué, des formations complémentaires sur
l’utilisation des antibiotiques ainsi que sur l’importance de diminuer leur usage et de restreindre cette menace de
santé mondiale seraient nécessaires.
Mots clés : Parodontite Apicale Aigue ; Antibiotiques ; Urgence Dentaire ; Pratiques Professionnelles ;
Nouvelle-Aquitaine
Abstract:
Antibiotics use by dentists represents 10% of antibiotics prescriptions worldwide. Therefore, the role of dentists
may be major in bacterial resistance development as described by the World Health Organization (WHO) in
2018. Solutions have been set up to reduce this issue. The French National Agency for Drugs and Health
Products Security (ANSM) provided recommendations for antibiotics prescription on its website since 2011 to
encourage and help practitioners to pick the best indication, molecule and posology for each case. Aim of the
study: To monitor the following of national recommendations upon antibiotics prescription in the treatment of
Acute Apical Periodontitis (AAP) within dentists of Nouvelle-Aquitaine. Materials and methods: A
questionnaire was distributed to practitioners of Nouvelle-Aquitaine through the internet or via local dentist
associations to test their handling toward different AAP cases in emergency situation. Results: Only 8% of
respondents followed the recommendations in every case. An abusive use of antibiotics was observed: 73% of
practitioners prescribed antibiotics in each case, which is unjustified. Conclusion: A lack of respect for
recommendations was observed which would justify further training on the prescription of antibiotics and
highlights the necessity to reduce their use so as the threat bacterial resistance threat for the global health.
Keywords : Acute Apical Periodontitis ; Antibiotics ; Dental Emergency ; Professional Practices ; Nouvelle-
Aquitaine
Université de Bordeaux
Collège des Sciences de la Santé UFR des Sciences Odontologiques
146 Rue Léo Saignat
33000 BORDEAUX
74