Cours de Mécanique des Milieux Continus – Master 1 - Université Polytechnique de Bobo Dioulasso 2016-2017
Chapitre : Principes Fondamentaux de la
thermodynamique
5.1 Etat thermodynamique
Le système le plus simple auquel on puisse appliquer la thermodynamique est une
substance homogène. Dans ce cas, pour préciser l’état thermodynamique du système, il
faut donner la description complète de son contenu (quantité de chaque espèce
chimique distincte) et il faut en outre préciser d’autres grandeurs comme le volume, la
viscosité, la densité, la pression, etc.
Pour décrire l’état thermodynamique d’un système non homogène, il faut le décomposer
en parties homogènes appelées phases. Chaque phase est alors décrite par l’inventaire
de son contenu et un nombre suffisant de propriétés, ce nombre suffisant de propriétés
étant toujours supérieur de l’unité au nombre correspondant du système strictement
physique correspondant.
Dans certains cas la description complète de l’état thermodynamique du système exige
qu’il soit décomposé en une infinité de phases infiniment petites. Ce procédé ne
présentera pas de difficulté si les propriétés physiques varient de façon continue dans
des domaines macroscopiques. Une haute colonne de gaz dans un champ de gravitation
illustre ce cas. Si par contre, les propriétés physiques présentent des discontinuités
nombreuses dans des domaines finis, il sera difficile sinon impossible de donner une
description complète de l’état thermodynamique du système. C’est le cas d’un
écoulement turbulent de gaz à travers un orifice. Pour étudier les propriétés des
surfaces de séparation de deux milieux, il faut définir des phases extrêmement minces et
parallèles à ces surfaces.
En résumé, la description de l’état thermodynamique d’un système exige la description
complète de chacune des phases homogènes qui sont en nombre quelconque, fini ou
infini. Par rapport à la description strictement physique ne s’intéressant pas aux
variations des propriétés entre un état chaud et un état froid, la description
thermodynamique d’une phase exige la spécification d’une propriété supplémentaire.
5.2 Parois adiabatiques et processus adiabatiques
Une paroi séparant deux systèmes est dite adiabatique si elle jouit des propriétés
suivantes :
- Lorsqu’un système en complet équilibre interne est entièrement entouré de parois
adiabatiques, aucune modification ne peut être apportée au système par un agent
extérieur, exceptions faites pour le déplacement de la paroi, ou d’une partie de la
paroi, et pour le mouvement de corps extérieurs électriquement chargés (actions
magnétiques).
- Lorsqu’un système est entouré de parois adiabatiques il est dit thermiquement isolé
et tout processus qui y nait est appelé processus adiabatique.
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5.3 Parois thermiquement conductrices et équilibre thermique
Une paroi séparant deux systèmes est dite thermiquement conductrice si elle jouit des
propriétés suivantes. Si deux systèmes distincts, chacun étant en complet équilibre
interne, sont mis en contact à travers une paroi thermiquement conductrice, ils ne sont
généralement pas en équilibre l’un avec l’autre, mais ils « s’ajustent » l’un à l’autre. Dès
qu’ils arrivent à un équilibre mutuel, on n’observe évidemment plus aucune
modification de l’ensemble. On dit alors que les deux systèmes sont en équilibre
thermique. On dit d’autre part que deux ou plusieurs systèmes séparés par une paroi
thermiquement conductrice sont en contact thermique.
5.4 Le premier principe
5.4.1 Principe de conservation de l'énergie
C'est l'hypothèse fondamentale à la base du premier principe : L'énergie totale d'un
système isolé se conserve.
Le premier principe consiste à reformuler la conservation de l'énergie en distinguant les
termes qui affectent l'ensemble d'un système, comme la pesanteur, et les termes
caractérisant les degrés de liberté internes au système, liés à son volume, sa composition
chimique, sa température, etc. La mécanique classique s'intéresse en général aux
premiers, et la thermodynamique plutôt aux seconds, qu'on va grouper quand ce sera
possible dans une énergie dite interne.
5.4.2 L’énergie interne U
On peut distinguer deux types d’énergies d’un système :
• l’énergie interne (parfois appelée microscopique) : elle est la somme des énergies de
toutes les particules qui composent le système, dans le référentiel du centre de
masse du système. Son origine peut être :
- l’énergie cinétique des particules individuelles : translation, rotation, vibration pour
des molécules...
- l’énergie potentielle d’interaction entre particules. Elle met en général en jeu des
processus qu’on peut décrire grâce à la mécanique quantique. Exemples : liaisons
covalentes, forces de Van der Waals, liaisons ioniques, liaisons métalliques...
- l’énergie de masse des particules (mc2)
- l’énergie potentielle des particules lorsqu’elles sont soumises à une force extérieure.
• l’énergie macroscopique : c’est l’énergie cinétique de l’ensemble du système lorsque
son centre de masse n’est pas immobile.
En général, en thermodynamique, on se placera dans le référentiel du centre de masse,
de sorte à pouvoir éliminer les équations d’énergie cinétique macroscopique. Par contre,
si le système est soumis à des forces extérieures, on ne peut pas à priori les éliminer, et
elles se manifestent via l’énergie potentielle des particules individuelles. Cependant, si le
système est suffisamment petit par rapport à la distance sur laquelle la force considérée
varie, alors toutes les particules subissent approximativement la même force et le même
potentiel. Dans ce cas, on peut écrire :
E
>?@? = >BCD + >G@?
E
+H
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et on appelle H l’énergie interne. Par contre, si, à l’échelle du système, la force peut
varier significativement, alors il faudra l’intégrer dans l’énergie interne et son calcul.
Par exemple, la gravité terrestre peut être intégrée à l'énergie interne quand on traite de
l'atmosphère car elle varie significativement d'un point à l'autre du système considéré.
Mais on peut ne pas en tenir compte par exemple pour un moteur de voiture, car elle
agit à peu près de façon identique en tout point du moteur.
5.4.3 Conservation de l’énergie
La description de l'énergie d'un système uniquement avec la notion de travail n'est pas
suffisante d'où la nécessité d'exprimer la conservation de l'énergie en introduisant la
notion de chaleur et le premier principe. La variation de l’énergie interne H d’un
système est égale à l’énergie qu’il a reçue sous forme de travail ou de chaleur :
JH = KL + KM
JH est ici une différentielle totale. L’énergie interne est une fonction d’état.
On peut aussi formuler ce premier principe pour une transformation : si un système
fermé reçoit au cours d’une transformation une chaleur M (comptée algébriquement) et
un travail L alors la variation de son énergie interne s’écrit :
∆H = L + M
On note que si l’on ne se place pas dans le référentiel du centre de masse, ce principe se
réécrit :
E
JH + J>BCD + J>G@?
E
= KL + KM
ou
E
∆H + ∆>BCD + ∆>G@?
E
=L+M
Où > E est l’énergie mécanique déjà évoquée.
Autre formulation
On peut également formuler ce premier principe de façon plus formelle via la définition
de l'énergie interne U par le postulat suivant:
Postulat
Pour un système macroscopique, il existe des états d’équilibre entièrement caractérisés
par l’énergie interne U, le volume V, le nombre de particule N de chaque espèce
chimique.
Si le système contient plusieurs espèces chimiques, on introduira différents Ni.
A partir de ce postulat qui suppose U bien défini, on peut définir le flux de chaleur KM qui
passe dans un système fermé, c’est à dire sans échange de matière, comme
KM = JH − KL
où JH est la différence d’énergie entre état initial et final de la transformation
considérée, et KL le travail associé à cette transformation. On retrouve ici la première
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loi de la thermodynamique mais où on définit la chaleur à partir de H et L plutôt que
d’énoncer à priori
JH = KL + KM
L'intérêt de cette formulation est de mieux faire apparaître la démarche de base de la
thermodynamique classique : s’occuper d’états définis par des variables bien choisies,
sans se soucier de l’origine passée qui a mené à ces états, puis décrire comment ces états
vont se transformer selon ce qu’on leur fera subir. Il ne peut s’appliquer que si on a bien
défini le système qu’on étudie et la façon dont il est séparé du reste de l’univers lors des
transformations qu’il subira et qu’on étudiera.
5.5 Le second principe et l’entropie
5.5.1 Le second principe
Le premier principe est incomplet, insuffisant et ne peut pas répondre à certains
problèmes et à certaines questions. En effet le premier principe étudie les échanges de
travail W et de chaleur Q d’un système avec le milieu extérieur au cours d’une
transformation sans savoir si cette transformation est possible ? Peut se produire
réellement ? Dans quel sens ? Dans quelles conditions ? Ainsi, d’après le premier
principe, on a : ∆H = L + M = 0 pour un cycle (pour une transformation cyclique) ce
qui implique deux cas possible :
- Si W>0 alors Q<0 ; la transformation de W en Q est possible intégralement.
Exemple : W mécanique peut être transformé en chaleur de frottement.
W >0
Système
- Q<0
- Si W<0 alors Q>0 ; la transformation de la chaleur en travail n’est possible que dans
certaines conditions.
Q >0
Système
- W<0
Le second principe répond aux questions précédentes et prévoit les transformations
possibles : le second principe est donc un principe d’évolution.
5.5.2 L’entropie
[Link] Définition
Pour une transformation infinitésimale au cours de laquelle le système échange la
quantité de chaleur δQ la variation élémentaire d’entropie est
KM
J[ =
\
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[Link] Propriétés de la fonction entropie
L’unité de l’entropie est le J.K-1 (éventuellement la cal.K-1). La fonction entropie est une
fonction d’état définie à une constante additive près et a un caractère extensif. Seules
peuvent être mesurées les variations d’entropie.
Une transformation au cours de laquelle l’entropie du système reste constante est dite
isentropique : si une transformation est adiabatique et réversible, à tout instant, dS est
nul puisque alors KM l’est aussi et l’entropie au cours d’une transformation finie est
constante. Par conséquent une transformation adiabatique réversible est isentropique
(∆[ = 0).
[Link] Transformations irréversibles
L’entropie a été définie uniquement sur une transformation réversible. Si la
transformation faisant passer d’un état initial A à un état final B n’est pas réversible, on
ne peut pas calculer la variation d’entropie sur cette transformation. On est alors amené
à imaginer une transformation réversible faisant passer du même état initial A au même
état final B que la transformation irréversible et à calculer alors, sur cette
transformation réversible imaginaire, la variation d’entropie S(B) – S(A).
Dans le cas d’un système polytherme avec des sources de chaleur ayant des
températures réparties de manière discontinue, on a vu que pour une transformation
irréversible :
D
MC
` <0
\C
Cab
Soit alors une transformation infinitésimale au cours de laquelle le système échange
irréversiblement avec une source de chaleur la quantité de chaleur
Soit dS la variation d’entropie élémentaire du système au cours de la même
transformation élémentaire supposée cette fois – ci réversible. On peut écrire :
KMCcc
< J[
\
Pour une transformation finie d → f irréversible, on aura donc :
h
KMCcc
g < [(f) − [(d)
\
i
Conséquence : système thermique isolé
Un système thermique isolé n’échange pas de chaleur avec le milieu extérieur : il est
donc le siège de transformations adiabatiques, c'est-à-dire qu’à tout instant KM=0
Si le système isolé thermiquement subit une transformation irréversible finie d → f on
aura donc ∆[ = [(f) − [(d) > 0 soit [(f) > [(d).
Conclusion : l’entropie d’un système thermiquement isolé, subissant une évolution
irréversible, ne peut qu’augmenter. L’univers est un système thermiquement isolé. Son
évolution est essentiellement irréversible ; l’entropie de l’univers ne peut donc
qu’augmenter.
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[Link] Expression analytique du second principe
La fonction entropie a été introduite par un raisonnement logique découlant du second
principe. On peut se servir de cette fonction pour exprimer analytiquement le second
principe.
L’entropie étant une fonction d’état définie sur une transformation réversible, pour une
telle transformation, dS est une différentielle totale et exacte. Ceci se traduit de la
manière suivante : si x, y et z sont les variables d’état du système, supposons que l’on ait
pu mettre dS sous la forme suivante : J[ = d(j, k, l)Jj + f(j, k, l)Jk + m(j, k, l)Jl
Le fait que dS soit une différentielle totale et exacte peut s’écrire par :
n p = of
od n p ; od n p = om n p ; ofn p = om n p
ok qr oj sr ol qs oj sr ol qs ok qr
Pour une transformation réversible on a :
KM
J[ =
\
et on en déduit l’expression différentielle de l’énergie interne :
JH = KL + KM ⇒ JH = −uJv + \J[
Nous en déduisons également l’expression de l’enthalpie pour une transformation
infinitésimale réversible (ou même quasi – statique) :
n Jw = JH + J(uv) x ⟹ Jw = \J[ + vJu
JH = −uJv + \J[
Exemple de calcul d’entropie
- Echange de chaleur réversible : (en admettant la chaleur massique du corps
constant)
|}
KM J\ J\ \•
KM = z{J\ ⟹ J[ = = z{ ⟹ ∆[ = z{ g = z{ ln
\ \ \ \b
|~
- Transformation isotherme réversible d’un gaz parfait
KM
J[ =
\
Pour un gaz parfait H = H(\) ⟹ JH = KM + KL = 0 (\ = {€•)
D’où
KL uJv
KM = −KL = uJv ⟹ J[ = − =
\ \
De plus
‚ƒ\
uv = ‚ƒ\ ⟹ u =
v
D’où
Jv
J[ = ‚ƒ
v
Finalement
„}
Jv v• ub
∆[ = ‚ƒ g = ‚ƒ ln = ‚ƒ ln
v vb u•
„~
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5.6 Energie libre – Enthalpie libre
5.6.1 Fonctions d’état énergie libre F et enthalpie libre G : Cas des
transformations quasi – statique.
[Link] L’énergie libre F
Soit un système subissant des transformations quasi – statiques isothermes à la
température T, en échangeant avec le milieu extérieur un travail W et une quantité de
chaleur Q entre les instants (1) et (2) ; on a :
H• − Hb = L + M
Et
M L = H• − Hb − \([• − [b ) n
[• − [b = ⇒ ‡
\ L = (H• − \[• ) − (Hb − \[b )
On défini ainsi la fonction d’état F appelée énergie libre et définie par :
ˆ = H − \[
Ainsi le travail W peut s’écrire sous la forme :
L = ˆ• − ˆb
Pour une compression isotherme, la variation de F est :
∆ˆ = ∆H − \∆[
Or ∆H ‰eprésente l’énergie totale emmagasinée et la quantité \∆[ ‰eprésente une
énergie inutilisable ; ∆ˆ apparaît alors comme l’énergie utile (libre d’être transformée
intégralement en travail)
[Link] L’enthalpie libre G.
De même qu’à la fonction U on a associé la fonction w = H + uv, de même on associe à F
dans le cas d’un système en équilibre de pression et de température la fonction
Š = ˆ + uv = H + uv − \[ ⇒ Š = w − \[
G est l’enthalpie libre du système.
Entre les états (1) et (2), on a :
w• − wb = L + M
Soit
w• − wb = L + \([• − [b )
D’où
L = Š• − Šb
Dans une transformation quasi – statique isobare et isotherme la variation d’enthalpie
libre est égale au travail W autre que celui des forces de pression
5.6.2 Expression différentielles de F et de G : Cas des transformations quasi
statiques.
[Link] Fonction énergie libre F
En différentiant ˆ = H − \[, On a : Jˆ = JH − J(\[) = JH − \J[ − [J\
Avec
JH = KM − uJv
Et
KM = \J[
On aura
Jˆ = \J[ − uJv − \J[ − [J\
Soit Jˆ = −uJv − [J\
dF s’écrit encore :
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oˆ oˆ
Jˆ = n p × Jv + n p × J\
ov | o\ |
par identification, on a :
oˆ oˆ
u = −n p et [ = − n p
ov | o\ „
ˆ = H − \[ s’écrit :
•Œ
Œ−• =Ž×n p ‘’“”•–—˜ ™’ š’“›œ—“••
•Ž •
si la transformation est isotherme et isochore, Jv = 0, J\ = 0, Jˆ = KL ⇒ ˆ• − ˆb = L
On retrouve que le travail fourni au système est égal à la variation de l’énergie.
[Link] Fonction enthalpie libre G
Š = w − \[ ⇒ JŠ = Jw − \J[ − [J\ = J(H + uv) − \J[ − [J\
JŠ = KL − uJv + KM + uJv + vJu − \J[ − [J\
Et comme
KM = \J[
Il vient
JŠ = vJu − [J\ + KL
• Si KL est nul ⇒ JŠ = vJu − [J\
oŠ oŠ oŠ oŠ
JŠ = n p × Ju + n p × J\ J Ÿ ù v = n p •€ [ = − n p
ou | o\ ž ou | o\ ž
En reportant dans Š = w − \[, on obtient :
•¡
¡ − ¢ = Ž × n p ‘’“”•–—˜ ™’ ¤–¥¥¦
•Ž £
• Si la transformation est isobare et isotherme, JŠ = KL, ce qui conduit à la relation
Š• − Šb = L
5.6.3 Enthalpie libre d’un gaz parfait
En l’absence de travail KL autre que celui des forces de pression, JŠ = vJu − [J\.
Ceci montre que l’enthalpie libre est une fonction G(P,T) de la pression et de la
température.
La dérivée partielle de G(P,T) par rapport à P est :
oŠ
=v
ou
En utilisant l’équation d’état pour n moles, uv = ‚ƒ\ il vient :
oŠ ‚ƒ\
=
ou u
et par intégration par rapport à P,
Š(u, \) = §(\) + ‚ƒ\ ln u
K(T) étant une fonction quelconque de la température.
Déterminons K(T) à l’aide de l’état (T, P0)
Š(u¨ , \) = §(\) + ‚ƒ\ ln u¨
Nous obtenons par différence
u
Š(u, \) = Š(u¨ , \) + ‚ƒ\ ln
u¨
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Pour le gaz parfait, l’état standard à la température T est l’état du gaz sous la pression
P0=1,013.105 Pa. On convient de choisir P0 comme unité c'est-à-dire de mesurer la
pression en atmosphères.
L’enthalpie libre dans l’état standard Š(u¨ , \) est notée Š(u¨ , \) = Š ¨ (\)
Compte tenu du choix de l’unité de P, il vient
u
Š(u, \) = Š ¨ (\) + ‚ƒ\ ln
u¨
Le gaz parfait étant un corps pur, toutes les molécules sont identiques. Toutes les
fonctions d’états sont proportionnelles au nombre de moles.
On pose alors :
Š(u, \) = ‚©(u, \), Š ¨ (\) = ‚© ¨ (\)
Les fonctions ©(u, \) et © ¨ (\) sont respectivement le potentiel chimique dans l’état
(P,T) et le potentiel chimique dans l’état standard à la température T, les pressions étant
mesurées en atmosphères. On a la relation ©(u, \) = © ¨ (\) + ƒ\ ln u
5.6.4 Les échanges de chaleur d’un fluide homogène, coefficients
calorimétriques
Un fluide homogène subit une transformation quasi statique le faisant passer de l’état P,
V, T à l’état P+dP, V+dV, T+dT au cours de laquelle la chaleur fournie est :
oH oH
KM = JH + uJv = J\ + ª + up Jv
o\ ov
Nous disposons de deux expressions de
ow ow
KM = Jw − vJu = J\ + ª − vp Ju
o\ ou
Nous avions défini les capacités thermiques relatives à une masse m du système par :
oH ow
m„ = et mž =
o\ o\
Posons
oH ow
+ u = « et −v =ℎ
ov ou
l et h comme Cv et Cp sont relatifs à une masse m du système monophasé.
On obtient les nouvelles expressions de KM données par :
KM = m„ J\ + «Jv
KM = mž J\ + ℎJu
Les quatre coefficients CV, CP, l et h sont les coefficients calorimétriques du système
homogène ; ils ne sont pas indépendants ; en effet KM = mž J\ + ℎJu peut s’écrire :
ou ou ou ou
KM = mž J\ + ℎ ª Jv + J\p = ℎ Jv + ℎ ª + mž p J\
ov o\ ov o\
Par identification avec KM = m„ J\ + «Jv on obtient :
ou
«=ℎ
ov
et
ou
m„ = mž + ℎ
o\
d’où l’on tire
o\ o\
ℎ = −(mž − m„ ) , « = (mž − m„ )
ou ov
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Les expressions de KM données ici utilisent les couples de paramètres T et V, ou T et P. Si
l’on choisit les deux paramètres indépendants P et V, on obtient pour KM l’expression du
type
KM = -Ju + ©Jv
- et © étant également des coefficients calorimétriques.
5.6.5 Relations entre coefficients calorimétriques et l’équation
d’état du système monophasé.
[Link] Les variables indépendantes sont V et T
Pour un système monophasé subissant une transformation quasi statique les
expressions de KM et KL sont données par KL = −uJv et KM = m„ J\ + «Jv ⇒ JH =
m„ J\ + (« − u)Jv ; JH étant une différentielle, on a la relation suivante :
om„ o(« − u) o« ou
= = −
ov o\ o\ o\
A partir de l’entropie, on a de même
KM m„ «
J[ = = J\ + Jv
\ \ \
dS étant aussi une différentielle totale et exacte, on a :
om„ m„ o «
ª p= ª p
ov \ o\ \
V et T étant les deux variables indépendantes, on a :
om„ o« «
= −
ov o\ \
(1) et (2) conduisent à
« ou ou
= •€ « = \
\ o\ o\
d’où d’après (2)
om„ o ou ou ou o • u ou om„ o •u
= ª\ p − = +\ •− •€ =\ •
ov o\ o\ o\ o\ o\ o\ ov o\
[Link] Les variables indépendantes sont P et T
Des calculs analogues à ceux qui viennent d’être développés sont effectués sur dH et dS.
Jw = KM + vJu avec KM = mž J\ + ℎJu d’où Jw = mž J\ + (v + ℎ)Ju
Comme dH est une différentielle totale, on a :
o omž omž ov oℎ
(v + ℎ) = ⇒ = +
o\ ou ou o\ o\
Et
KM mž ℎ
J[ = = J\ + Ju
\ \ \
On obtient l’égalité
o ℎ o mž omž oℎ ℎ
ª p= ª p; = −
o\ \ ou \ ou o\ \
D’où les deux relations
ov omž o •v
ℎ = −\ •€ = −\ •
o\ ou o\
[Link] Application : étude des variations des capacités thermiques
Nous avons établit les relations
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o\
« = (mž − m„ )
ov
et
ou
«=\
o\
Or
o\ 1 ou ov
= ⇒ mž − m„ = \ ×
ov ov o\ o\
o\
Valable pour une masse m quelconque du système monophasé.
[Link] Cas des gaz parfaits
ov ‚ƒ ou ‚ƒ
uv = ‚ƒ\ ⇒ = •€ =
o\ u o\ v
d’où
ou ‚ƒ
«=\ =\
o\ v
Soit
«=u
ov ‚ƒ
ℎ=− = −\
o\ u
Soit
ℎ = −v
ou ov (‚ƒ)•
mž − m„ = \ × =\
o\ o\ uv
Soit
mž − m„ = ‚ƒ (Relation de Maye‰)
°} ž °} „ °± °±
Comme °| } et °| } sont nuls, °ž² et °„³ sont nuls : les capacités thermiques des gaz
parfaits sont indépendantes respectivement de la pression et du volume : elles ne
dépendent que de la température.
5.7 Exercices
Exercice 5.1
Une couche liquide capillaire est caractérisée par sa surface libre µ et sa température T.
Pour augmenter µ de Jµ, il faut fournir un travail KL = dJµ, où A est la « tension
superficielle ».
On suppose d’autre part qu’une transformation élémentaire (Jµ, J\) s’accompagne
d’un échange de chaleur :
KM = mJ\ + ¶Jµ
°±
1) Evaluer k et °¸ en fonction de A et de ses dérivées.
2) On suppose A indépendant de µ. Montrer que l’énergie interne est alors de la forme
H(µ, \) = ¹(\) + µº(\)
Exprimer g en fonction de A.
i¸
3) On suppose au contraire A et µ reliés par l’équation d’état = m ‚»€¼‚€•. Montrer
|
que l’énergie interne ne dépend alors que de T.
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Exercice 5.2
Un fluide a pour équation d’état ½¾ = ¿H(\, ¾) où α est une constante. Son énergie
interne U et son entropie S s’expriment sous la forme :
H = ¾ ÁÂ Φ(\¾ Â ) et [ = Ψ(\¾ Â )
1) Quelle sont les dimensions de α ?
2) Quelle relation existe – t – il entre les fonctions φ et Ψ ?
Æ
3) Dans le cas du rayonnement du corps noir : = µ\ È et Φ(\¾ Â ) = µ(\¾ Â )È , µ étant
Ç
une constante.
Déterminer α dans ce cas.
4) En déduire l’entropie du corps noir
Exercice 5.3
On considère une transformation quelconque amenant une mole de gaz parfait de l’état
(u, v, \) l’état infiniment voisin (u + Ju, v + Jv, \ + J\).
1) Calculer la variation d’énergie interne dU et le travail δW. En déduire que la chaleur
mise en jeu s’écrit
KM = mÇ J\ + uJv
2) Montrer qu’on a aussi les relations :
1
KM = mG J\ − vJu =
Ém vJu + mG uJvÊ
ƒ Ç
3) De la dernière relation déduire l’équaion d’une adiabatique.
Exercice 5.4
Un système évolue d’un état 1 (P, T1) à un état 2 (P, T2).
1) Exprimer la variation d’entropie ∆S12
2) Faire une application numérique en prenant T1 = 10°C et T2=80°C sachant que la
masse ainsi que la capacité calorifique du système sont données par : m = 1 kg et
cp = 1 cal.g-1.K-1.
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