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J.O. N° 2955 Du 14 Février 2005, Page 2477

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DECRET N° 2005-022 du 17 janvier 2005

portant ratification de l’Accord entre le Gouvernement de la République de Madagascar et


le Gouvernement de la République française
sur l’encouragement et la protection réciproques des investissements.
(J.O. n° 2955 du 14 février 2005, page 2477)

Le Président de la République,
Vu la Constitution,
Vu la loi n° 2004-043 du 14 janvier 2005 autorisant la ratification de l’Accord signé le 25 juillet 2003 entre le Gouvernement
de la République de Madagascar et le Gouvernement de la République française sur l’encouragement et la protection
réciproques des investissements.
Vu le décret n° 2003-007 du 12 janvier 2003 portant nomination du Premier Ministre, Chef du Gouvernement,
Décrète :

Article premier. - Est ratifié par la République de Madagascar, l’Accord signé le 25 juillet 2003 entre le Gouvernement de
la République de Madagascar et le Gouvernement de la République française sur l’encouragement et la protection
réciproques des investissements dont le texte figure en annexe.

Art.2. - Le présent décret sera publié au Journal officiel de la République.

Fait à Antananarivo, le 17 janvier 2005.


Marc RAVALOMANANA

Par le Président de la République :

Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement,


Jacques SYLLA.

ACCORD ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE DE MADAGASCAR


ET LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
SUR L’ENCOURAGEMENT ET LA PROTECTION RECIPROQUES DES INVESTISSEMENTS

Le Gouvernement de la République de Madagascar et le Gouvernement de la République française, ci-après dénommés


« les Parties contractantes ».
Désireux de renforcer la coopération économique entre deux Etats et créer des conditions favorables pour les
investissements français à Madagascar et malgaches en France,
Persuadés que l’encouragement et la protection de ces investissements sont propres à stimuler les transferts de capitaux
et de technologie entre les deux pays, dans l’intérêt de leur développement économique,
Etant entendu que les avoirs concernés par le présent accord doivent être ou avoir été investis conformément à la
législation et la réglementation de la Partie contractante sur le territoire ou dans la zone maritime de laquelle
l’investissement est effectué, avant ou après l’entrée en vigueur du présent accord, à l’exclusion des investissements
couverts par l’accord particulier du 1er octobre 1998 et ses avenants.
Sont convenus des dispositions suivantes :

Article premier
Définitions

Pour l’application du présent accord :


1. Le terme « investissement » désigne tous les avoirs, tels que les biens, droits et intérêts de toutes natures et, plus
particulièrement mais non exclusivement :
a. Les biens meubles et immeubles, ainsi que tous autres droits réels tels que les hypothèques, privilèges,
usufruits, cautionnements et tous droits analogues ;
b. Les actions, primes d’émission et autres formes de participation, même minoritaires ou indirectes, aux sociétés
constituées sur le territoire de l’une des Parties contractantes ;
c. Les obligations, créances et droits à toutes prestations ayant valeur économique ;
d. Les droits de propriété intellectuelle, commerciales et industrielle tels que les droits d’auteurs, les brevets
d’invention, les licences, les marques déposées, les modèles et maquettes industrielles, les procédés techniques,
le savoir-faire, les noms déposés et la clientèle ;
e. Les concessions accordées par la loi ou en vertu d’un contrat, notamment les concessions relatives à la
prospection, la culture, l’extraction ou l’exploitation de richesses naturelles, y compris celles qui se situent dans la
zone maritime des Parties contractante.

Aucune modification de la forme d’investissement des avoirs n’affecte leur qualification d’investissement, à condition
que cette modification ne soit pas contraire à la législation de la Partie contractante sur le territoire ou dans la zone
maritime de laquelle l’investissement est réalisé.
2. Le terme de « nationaux » désigne les personnes physiques possédant la nationalité de l’une des Parties
contractantes.

3. Le terme de « société » désigne toute personne morale constituée sur le territoire de l’une des Parties
contractantes, conformément à la législation de celle-ci et y possédant son siège social, ou contrôlée directement ou
indirectement par des nationaux de l’une des Parties contractantes, ou par des personnes morales possédant leur
siège social sur le territoire de l’une des Parties contractantes et constituées conformément à la législation de celle-ci.

4. Le terme de « revenus » désigne toutes les sommes produites par un investissement, tels que bénéfices,
redevances ou intérêts, durant une période donnée. Les revenus de l’investissement et, en cas de réinvestissement,
les revenus de leur réinvestissement jouissent de la même protection que l’investissement.

5. Le présent accord s’applique au territoire de chacune des Parties contractantes ainsi que la zone maritime de
chacune des Partie contractantes, ci-après définie comme zone économique et le plateau continental que s’étendent
au-delà de la limite des eaux territoriales de chacune des Parties contractantes et sur lesquels elles ont, en conformité
avec le Droit international, des droits souverains et une juridiction aux fins de prospection, d’exploitation et de
préservation des ressources naturelles.

6. Aucune disposition du présent Accord ne sera interprétée comme empêchant l’une des Partie contractantes de
prendre toute disposition visant à régir les investissements réalisés par des investisseurs étrangers et les conditions
d’activités desdits investisseurs, dans le cadre de mesures destinées à préserver et à encourager la diversité culturelle
et linguistique.

Article 2
Champ de l’accord

Chacune des Parties contractantes encourage et admet, dans le cadre de sa législation et des dispositions du présent
accord, les investissements effectués par les nationaux et sociétés de l’autre Partie sur son territoire et dans la zone
maritime.
Pour l’application du présent Accord, il est entendu que les Parties contractantes sont responsables des actions ou
omissions de leurs collectivités publiques, et notamment de leurs Etats fédérés, régions, collectivités locales ou de toute
autre entité sur lesquels la Partie contractante exerce une tutelle, la représentation ou la responsabilité de ses relations
internationales ou sa souveraineté.

Article 3
Traitement juste et équitable

Chacune des Parties contractantes s’engage à assurer, sur son territoire et dans sa zone maritime, un traitement juste et
équitable, conformément aux principes du Droit international, aux investissements des nationaux et sociétés de l’autre
Partie et à faire en sorte que l’exercice du droit ainsi reconnu ne soit entravé ni en droit, ni en fait.
En particulier, bien que non exclusivement, sont considérées comme des entraves de droit ou de fait au traitement juste et
équitable toute mesure particulière pouvant affecter directement ou indirectement les investissements des nationaux ou
sociétés de l’une ou l’autre des Parties, toute restriction à l’achat et au transport de matières premières et de matières
auxiliaires, d’énergie et de combustibles, ainsi que de moyens de production et d’exploitation de tout genre, toute entrave à
la vente et au transport des produits à l’intérieur du pays et à l’étranger, ainsi que toutes autres mesures ayant un effet
analogue.
Les Parties contractantes examineront avec bienveillance, dans le cadre de leur législation interne, les demandes d’entrée
et d’autorisation de séjour, de travail, et de circulation introduites par des nationaux d’une Partie contractante, au titre d’un
investissement réalisé sur le territoire ou dans la zone maritime de l’autre Partie contractante.

Article 4
Traitement national et traitement de la Nation la plus favorisée

Chaque Partie contractante applique, sur son territoire et dans sa zone maritime, aux nationaux ou sociétés de l’autre
Partie, en ce qui concerne les investissements et activités liées à ces investissements, un traitement non moins favorable
que celui accordé à ses nationaux ou sociétés, ou le traitement accordé aux nationaux ou sociétés de la Nation la plus
favorisée, si celui-ci est plus avantageux. A ce titre, les nationaux autorisés à travailler sur le territoire et dans la zone
maritime de l’une des Parties contractantes doivent bénéficier des facilités matérielles existantes et appropriées pour
l’exercice de leurs activités professionnelles.
Ce traitement ne s’étend toutefois pas aux privilèges qu’une Partie contractante accorde aux nationaux ou sociétés d’Etat
tiers, en vertu de sa participation ou de son association à une zone de libre échange, une union douanière, un marché
commun ou toute autre forme d’organisation économique régionale.
Les dispositions de cet article ne s’applique pas aux questions fiscales.

Article 5
Dépossession et indemnisation
1. Les investissements effectués par des nationaux ou sociétés de l’une ou l’autre Partie contractantes bénéficient, sur
le territoire et dans la zone maritime de l’autre Partie contractante, d’une protection et d’une sécurité pleines et
entières.

2. Les Parties contractantes ne prennent pas de mesures d’expropriation ou de nationalisation ou toutes autres
mesures dont l’effet est de déposséder, directement ou indirectement, les nationaux et sociétés de l’autre Partie des
investissements leur appartenant, sur leur territoire et dans leur zone maritime, si ce n’est pour cause d’utilité publique
et à condition que ces mesures ne soient ni discriminatoire, ni contraire à un engagement particulier.
Toutes les mesures de dépossession, notamment, mais non exclusivement, d’expropriation et d’envoi en possession
immédiate, qui pourraient être prises doivent donner lieu au paiement d’une indemnité prompte et adéquate.
Cette indemnité, son montant et ses modalités de versement sont fixés au plus tard à la date de dépossession et, à
défaut d’accord amiable, par voie judiciaire. Cette indemnité est effectivement réalisable, versée sans retard et
librement transférable. Elle produits, jusqu’à la date de versement, des intérêts calculés au taux d’intérêt de marché
approprié.
Le montant de l’indemnité, égal à la valeur réelle des investissements concernés, doit être évalué par rapport à une
situation économique normale et antérieure à toute menace de dépossession.

3. Les nationaux ou sociétés de l’une des Parties contractantes dont les investissements auront subi des pertes dues
à la guerre ou à tout autre conflit armé, révolution, état d’urgence national ou révolte survenu sur le territoire ou dans
la zone maritime et l’autre Partie contractante, bénéficieront, de la part de cette dernière, d’un traitement non moins
favorable que celui accordé à ses propres nationaux ou sociétés ou à ceux de la nation la plus favorisée.

Article 6
Libre transfert

Chaque Partie contractante, sur le territoire ou dans la zone maritime de laquelle des investissements ont été effectués par
des nationaux ou sociétés de l’autre Partie contractante, accorde à ces nationaux ou sociétés le libre transfert :
a. Des intérêts, dividendes, bénéfices et autres revenus courants ;
b. Des redevances découlant des droits incorporels désignés au paragraphe 1, lettres d) et e) de l’article premier ;
c. Des versements effectués pour le remboursement des emprunts régulièrement contractés ;
d. Du produit de la cession ou de la liquidation totale ou partielle d’investissement, y compris les plus-values du capital
investi ;
e. Des indemnités de dépossession ou de perte prévues à l’article 5, paragraphe 2 et 3 ci-dessus.

Les nationaux de chacune des Parties contractantes qui ont été autorisés à travailler sur le territoire ou dans la zone
maritime de l’autre Partie contractante, au titre d’un investissement agréé, sont également autorisés à transférer dans leur
pays d’origine une quotité appropriée de leur rémunération.
Les transferts visés aux paragraphes précédents sont effectués sans retard au taux de change normal officiellement
applicable à la date du transfert.
En cas de difficultés exceptionnelles de la balance des paiements, chaque Partie contractante peut exercer des restrictions
au libre transfert pour une période limitée, soit d’une durée inférieures à six mois, soit pour un autre délai si les restrictions
s’inscrivent dans le cadre d’un programme avec le Fonds Monétaire International. Ces restrictions doivent être mises en
œuvre d’une façon équitable, non discriminatoire et de bonne foi.

Article 7
Règlement des différents entre un investisseur et une Partie contractante

Tout différend relatif aux investissements entre l’une des Parties contractantes et un national ou une société de l’autre
Partie contractante est réglé à l’amiable entre les deux parties concernées.
Si un tel différend n’a pu être réglé dans un délai de six mois à partir du moment où il a été soulevé par l’une ou l’autre des
parties au différend, il est soumis à la demande de l’une ou l’autre de ces parties à l’arbitrage du Centre International pour
le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI), créé par la Convention pour le règlement des différends
relatifs aux investissements entre Etats et ressortissants d’autres Etats, signée à Washington le 18 mars 1965.

Article 8
Garantie et subrogation

1. Dans la mesure où la réglementation de l’une des Parties contractantes prévoit une garantie pour les investissements
effectués à l’étranger, celle-ci peut-être accordée, dans le cadre d’un examen cas par cas, à des investissements, effectués
par des nationaux ou sociétés de cette Partie sur le territoire ou dans la zone maritime de l’autre Partie.

2. Les investissements des nationaux et sociétés de l’une des Parties contractantes sur le territoire ou dans la zone
maritime de l’autre Partie ne pourront obtenir la garantie visée à l’alinéa ci-dessus que s’ils ont, au préalable, obtenu
l’agrément de cette dernière Partie.

3. Si l’une des Parties contractantes, en vertu d’une garantie donnée pour un investissement réalisé sur le territoire ou dans
la zone maritime de l’autre Partie, effectue des versements à l’un de ses nationaux ou à l’une de ses sociétés, elle est, de
ce fait, subrogée dans les droits et actions de ce national ou de cette société.
4. Lesdits versements n’affectent pas les droits du bénéficiaire de la garantie à recourir au CIRDI ou à poursuivre les
actions introduites devant lui jusqu’à l’aboutissement de la procédure pour réparation intégrale du préjudice sans que ces
actions puissent donner lieu à une double indemnisation.

Article 9
Engagement spécifique

Les investissements ayant fait objet d’un engagement particulier de l’une des Parties contractantes à l’égard des nationaux
et sociétés de l’autre Partie contractante sont régis, sans préjudice des dispositions du présent accord, par les termes de
cet engagement dans la mesure où celui-ci comporte des dispositions plus favorables que celles qui sont prévues par le
présent accord.

Article 10
Règlement des différends entre Parties contractantes

1. Les différends relatifs à l’interprétation ou à l’application du présent accord doivent être réglés, si possible, par la oie
diplomatique.

2. Si dans un délai de douze mois à partir du moment où il a été soulevé par l’une ou l’autre des Parties contractantes, le
différend n’est pas réglé, il est soumis, à la demande de l’une ou l’autre Partie contractante, à un tribunal d’arbitrage.

3. Ledit tribunal sera constitué pour chaque cas particulier de la manière suivante : chaque Partie contractante désigne un
membre, et les deux membres désignent, d’un commun accord, un ressortissant d’un Etat tiers qui est nommé Président
du tribunal par les deux Parties contractantes. Tous les membres doivent être nommés dans un délai de deux mois à
compter de la date à laquelle une des Parties contractante a fait part à l’autre Partie contractante de son intention de
soumettre le différend à arbitrage.

4. Si les délais fixés au paragraphe 3 ci-dessus n’ont pas été observés, l’une ou l’autre Partie contractante, en l’absence de
tout autre accord, invite le Secrétaire de l’Organisation des Nations Unies à procéder aux désignations nécessaires. Si le
Secrétaire général est ressortissant de l’une ou l’autre Partie contractante ou si, pour une autre raison, il est empêché
d’exercer cette fonction, le Secrétaire général adjoint le plus ancien et ne possédant pas la nationalité de l’une des Parties
contractantes procède aux désignations nécessaires.

5. Le tribunal d’arbitrage prend ses décisions à la majorité des voix. Ces décisions sont définitives et exécutoires de plein
droit pour les Parties contractantes.
Le tribunal fixe lui-même son règlement. Il interprète la sentence à la demande de l’une ou l’autre Partie contractante. A
moins que le tribunal n’en dispose autrement, compte tenu de circonstances particulières, les frais de procédure arbitrale, y
compris les vacations des arbitres, sont répartis également entre les Parties contractantes.

Article 11
Entrée en vigueur et durée

Chacune des Parties notifiera à l’autre l’accomplissement des procédures internes requises pour l’entrée en vigueur du
présent accord, qui prendra effet un mois après le jour de réception de la dernière notification.
L’accord est conclu pour une durée initiale de dix ans. Il restera en vigueur après ce terme, à moins que l’une des Parties
ne le dénonce par voie diplomatique avec préavis d’un an.
A l’expiration de la période de validité du présent accord, les investissements effectués pendant qu’il était en vigueur
continueront de bénéficier de la protection de ses dispositions pendant une période supplémentaire de quinze ans.

Fait à Saint-Denis de la Réunion, le 25 juillet 2003,


En deux originaux en langue française.

Pour le Gouvernement de la République de Madagascar :

Pour le Gouvernement de la République française :

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