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Enée et la fondation de Rome

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Addendum tertium

Ab urbe condita

Germain Teilletche-méthode audio orale d’enseignement


des LCA
La fondation de Rome : un destin au fil du glaive

Objectifs de la séquence
Synthèse casuelle : maniement de l’ensemble des couleurs

L’ Histoire de Rome vue par les latins eux mêmes : l’importance du


fatum et du combat.

Supports
Peintures antiques, textes originaux, peintures « modernes »

Activités
Lectures à trous
Commentaires de documents en articulation avec une approche
audio orale.
Compréhension de textes latins avec repérages simples.
Trouve la couleur du mot
Prima pars : Enée, les armes pour destin souligné et entoure les verbes
!
Virgile raconte dans son Enéide, comment son Enée quittera Troie pour fonder le peuple latin. Voici les premiers mots de l’épopée…

Italia, ae, f. : Italie


Juno, onis, f. : Junon
Arma virumque cano, Troiae qui primus Lauinia, ae, f. : Lavinia
ab oris Troia, ae, f. : Troie
Italiam, fato profugus, Laviniaque venit ab, prép. : + Abl. : à partir de
altum, i, n. : haute mer, le large
litora, multum ille et terris iactatus et cano, is, ere, cecini, cantum : 1. chanter,
alto fatum, i, n. : le destin,
vi superum saevae memorem Iunonis ob iactatus, us, m. : agité
ille, illa, illud : ce, cette, celui-ci, celle-ci,
iram ira, ae, f. : colère
litus, oris, n. : rivage
memor, oris, +gén. : qui a le souvenir de
multum, adv. : beaucoup
ob, prép. + acc : à cause de
ora, ae, f. : bord, limite, lisière, côte
primus, a, um : premier
profugus, a, um : fuyant
saeuus, a, um : cruel
superus, a, um : qui est au dessus
uenio, is, ire, ueni, uentum : venir
uis, -, f. : force
Prima pars : Enée, les armes pour destin

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris

Italiam, fato profugus, Laviniaque venit

litora, multum ille et terris iactatus et alto

vi superum saevae memorem Iunonis ob iram


Lecture de texte à trous
Prima pars : Enée, les armes pour destin
(voir addendum primum)

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris Retrait nominatifs Arm…. vir…..que cano, Troiae qui prim… ab oris

Italiam, fato profugus, Laviniaque venit Itali……, fato profug…, Laviniaque venit

litora, multum ille et terris iactatus et alto litora, multum ille et terris iactatus et alto

vi superum saevae memorem Iunonis ob iram Retrait accusatifs vi super… saevae memor….. Iunonis ob ir…..

Retrait génitifs Retrait ablatifs

Retrait
désinences
Arm…. vir…..que can… Troi…. qui prim… ab oris Arm…. vir…..que cano, Troi…. qui prim… ab oris

Itali……, fat… profug…, Laviniaque veni… Itali……, fat… profug…, Laviniaque venit

litora, multum ille et terr… iactatus et alt… litora, multum ille et terr… iactatus et alt…

vi super… saev…. memor….. Iunon…. ob ir….. vi super… saev…. memor….. Iunon…. ob ir…..
Prima pars : Enée, les armes pour destin

Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris

Italiam, fato profugus, Laviniaque venit

litora, multum ille et terris iactatus et alto

vi superum saevae memorem Iunonis ob iram


Ubi Aeneas uiuebat ? Quo adiuit ? Per quos Ubi Latini erunt ?
locos ?

Cui ira Junonis fuit ? Quis fuit saeuus ? Cur Aeneas fugit ?
Prima pars : Enée, à l’origine mythologique de
la latinité Quid habet Troianus
Quis est dea ? Aeneas ?
Quid habent alii Troiani ?

Quem militem Cuius deae Aeneas


medicus curat ? filius est ?

Quibus militibus
Quid agit medicus ?
haec dea fauet ?

Quibus rebus milites pugnant ?

Fresque représentant Enée (Naples)


Troianus, a, um : troyen
deus, i, m. : le dieu
medicus, i, m. : médecin
filius, ii, m. : fils
Mater, matris, f : la mère

pilum, i, n : javelot
scutum, i, n. : le bouclier
galea, ae, f : le casque
sagitta, ae, f : la flèche

faueo, es, ere, faui, fautum : être favorable à


Curo, as, are : soigner
pareo, es, ere, ui, itum : paraître, apparaître, se montrer; obéir
tollo, is, ere : retirer
Secunda pars : Enée, un héritage sanglant

Après avoir quitté Troie en flammes, Enée est arrivé à Carthage, au nord de l'Afrique. Il y rencontre la reine de Carthage, qui se nomme Didon. C'est à elle qu'il va raconter comment s'est déroulée la
dernière nuit de Troie.

Décrire le tableau en latin

amo, as, are : aimer, être amoureux


amoenus, a, um : agréable, charmant
animal, alis, n. : être vivant, animal
ante, prép. +acc. : devant, avant ; adv. avant
audio, is, ire, iui, itum : écouter
fabula, ae, f. : histoire
formosus, a, um : beau
galea, ae, f. : le casque
iaceo, es, ere, cui, citurus : être étendu, s'étendre
narro, as, are : conter, raconter
regina, ae, f : la reine
sedeo, es, ere, sedi, sessum : 1. être assis 2. siéger
sella, ae, f. : chaise
seruus, i, m. : l'esclave
statua, ae, f. : statue
templum, i, n. : temple

Enée et Didon d'après N. Guérin


Secunda pars : Enée, un héritage sanglant
Enée poursuit son récit : les Archéens vont bientôt prendre Troie…
Rappelons que le roi de Troie est un vieil homme et se nomme Priam, père d'Hector et de Pâris. Les Achéens viennent de sortir du cheval de bois où ils étaient dissimulés. Hector a été tué par Achille.
Extrait de l’ Enéide, de Virgile

Mais voici que Politès, un des fils de


Priam, échappe au massacre de Quand enfin Politès arrive près de ses parents, il tombe sous leurs yeux
Pyrrhus, traverse les flèches et les et rend l'âme dans une mare de sang. Alors Priam, bien que déjà à moitié possédé par la mort,
rangs ennemis, fuit par les longs ne peut se contenir ni s'empêcher de crier sa colère :
portiques et franchit les cours
désertes ; il est blessé ; le fougueux "Pour ce crime, pour ces forfaits si audacieux,
Pyrrhus, de son arme menaçante, puissent les dieux, si au ciel quelque justice se soucie de ces choses,
te faire payer un digne châtiment, et t'octroyer le salaire mérité,
le poursuit et déjà sa main le tient, toi qui m'as fait voir de mes yeux la mort de mon enfant,
déjà sa lance le presse. et qui as souillé par son massacre les regards d'un père."

[Pyrrhus] entraîne vers les autels in multo lapsantem sanguine nati


Priam tremblant…
implicuit (...) comam (...)
n multo lapsantem sanguine nati
implicuit (...) comam (...) extulit ac lateri (...) tenus abdidit ensem.
extulit ac lateri (...) tenus abdidit ensem.

lexique
implico, is, ere, plic(a)ui, plic(i ou a)tum : prendre
coma, ae, f. : chevelure, cheveux
extulit vient de effero, fers, ferre, extuli, elatum : porter dehors, emporter
tenus, prép. :jusqu'à (ou + Abl.)
latus, eris, n. : le côté
abdo, is, ere, didi, ditum : placer loin de, écarter, cacher
ensis, is, m. : l'épée, le glaive

Ciuis filius Pyrrhus Quae sunt arma Quae arma Polites Quibus armis
est ? Politae ? habet ? Polites utitur ?
Tertia pars : Pomoerium
I. La naissance de Romulus et II. La version de tite-Live (I, 4 cc)
Rémus, selon Virgile Mais les destins devaient sans doute au monde la
naissance d'une ville si grande, et l'établissement
Vénus, pour protéger son fils Enée, de cet empire, le plus puissant après celui des
demande à Vulcain de lui fabriquer un dieux. Devenue par la violence mère de deux
bouclier. En l'examinant, Enée se rend enfants, soit conviction, soit dessein d'ennoblir sa
faute par la complicité d'un dieu, une Vestale
compte que d'étranges histoires y sont attribue à Mars cette douteuse paternité. Mais
représentées... ni les dieux ni les hommes ne peuvent soustraire
la mère et les enfants à la cruauté du roi : la
Il avait représenté, couchée dans prêtresse, chargée de fers, est jetée en prison, et
l'antre verdoyant de Mars, l'ordre est donné de précipiter les enfants dans le
une louve qui venait d'avoir des petits ; fleuve. Ces lieux n'étaient alors qu'un vaste
des jumeaux, désert. S'il faut en croire ce qu'on rapporte, les
jouaient suspendus à ses mamelles, eaux, faibles en cet endroit, laissèrent à sec le
berceau flottant qui portait les deux enfants :
tétant leur mère, sans nulle crainte ; une louve altérée, descendue des montagnes
elle, tournant vers l'arrière sa souple d'alentour, accourut au bruit de leurs
encolure, les caressait vagissements, et, leur présentant la mamelle,
l'un et l'autre, modelant leurs corps oublia tellement sa férocité, que l'intendant des
avec sa langue. troupeaux du roi la trouva caressant de la
langue ses nourrissons.

III. Le combat : « colorier » les passages, les comprendre,


les remettre dans l’ordre.
1. Ita solus potitus imperio Romulus Romulus, i, m. : Romulus

2. in turba ictus Remus cecidit ad, prép. + Acc. : vers, à, près de


numerus, i, m. : le nombre

ostendo, is, ere, tendi, tentum : tendre, montrer


3. duplex numerus Romulo se ostendit appello (2), as, are : appeler
potior, iris, iri, potitus sum : s'emparer de
4. Remus novos transiluit muros cado, is, ere, cecidi, casum : tomber
prior, oris : d'avant, précédent
5. certamine irarum ad caedem vertuntur caedo, is, ere, cecidi, caesum : abattre, tuer
remus, i, m. : la rame; Remus, i, : le Rème ou Rémus (frère de Romulus)
6. Appellauit urbem conditoris nomine. caedes, is, f. : meurtre, massacre
se, pron. réfl. : se, soi
7. Priori Remo uenerunt sex uoltures; certamen, inis, n. : le combat, la lutte, le conflit
sex, adj. num. : six
conditor, oris, m. : le fondateur
solor, aris, ari : réconforter, adoucir
duplex, icis : double
solus, a, um : seul
ico, is, ere, ici, ictum : frapper
transilio, is, ire, iui, - : traverser, sauter au-dessus de
ictus, us, m. : le coup, le choc
turba, ae, f. : foule, désordre, émoi
1. Ita solus potitus imperio est Romulus imperium, ii, n. : pouvoir (absolu)
turbo, as, are : troubler
2. in turba ictus Remus cecidit in, prép. : (acc. ou abl.) dans, sur, contre
uenio, is, ire, ueni, uentum : venir
3. duplex numerus Romulo se ostendit ira, ae, f. : colère
uerto, is, ere, uerti, uersum : tourner, changer, traduire
4. Remus novos transiluit muros ita, adv. : ainsi, de cette manière ; ita... ut, ainsi que
uoltur, uris, m. : le vautour
5. certamine irarum ad caedem vertuntur murus, i, m. : mur
urbs, urbis, f. : ville
6. Appellauit urbem conditoris nomine. nouus, a, um : nouveau

7. Priori Remo uenerunt sex uoltures


Quarta pars : Horatius Coclès, un pont trop loin
Deux cent cinquante ans environ après la fondation légendaire de Rome, Porsenna , roi de la lexique
puissante cité étrusque de Clusium, assiège Rome et affame la ville par un blocus. Lors de cette uado, is, ere : aller cogo, is, ere, egi, actum : pousser de force, forcer
guerre plusieurs combattants romains s'illustrent par leur courage physique et leur inde, adv. : de là, donc circumfero, fers, ferre, tuli, latum : porter autour
dévouement à la patrie... dont une femme. aditus, us, m. : accès trux, trucis : farouche, sauvage
pons, pontis, m. : le pont minaciter, adv. : de manière menaçante
À l'arrivée des Étrusques chacun quitte les champs pour la Ville ; la Ville elle-même, on ipse, a, um : (moi, toi, lui,...) même
obstupefacio, is, ere, feci, factum : surprendre
oculus, i, m. : oeil
proceres, um, m. : les personnages éminents, les grands
l'entoure de postes. Sur certains points les murs, sur les autres le Tibre semblaient former une hostis, is, m. : ennemi Etruscus, a, um : étrusque
barrière solide. Pourtant le pont Sublicius eût peut-être livré passage aux ennemis, si un duo, ae, o : deux singuli, ae, a : pl. chacun en particulier, chacun un
homme, Horatius Coclès, n'eût été à lui seul, en ce jour, le rempart de la fortune de Rome. Il se tamen, adv. : cependant prouoco, as, are : appeler dehors, provoquer, exciter, rivaliser ; en
trouvait de garde au pont. Ayant vu enlever, par un assaut soudain, le Janicule, d'où les cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec appeler , prendre partie
ennemis descendaient au pas de course, et la foule agitée de ses soldats abandonner leurs pudor, oris, m. : honte increpo, is, ere, crepui, crepitum : insulter
teneo, es, ere, ui, tentum : 1. tenir, diriger, atteindre 2. tenir, omnis, e : tout
armes et leurs rangs, il les arrête un à un, leur barre la route, prend à temoin les dieux et occuper 3. tenir, garder 4. maintenir, soutenir, retenir 5. lier 6. seruitium, i, n. : la servitude, la condition d'esclave, l'esclavage
les hommes, leur atteste qu'en vain ils abandonnent leur poste et fuient : si, après avoir retenir, retarder, empêcher rex, regis, m. : le roi
traversé ce pont, ils le laissent intact derrière eux, bientôt il y aura plus d'ennemis sur le ambo, ambae, o : les deux ensemble superbus,a, um : orgueilleux
Palatin et le Capitole que sur le Janicule. Ainsi, il les avertit, il les prévient de couper ce pont, clarus, a, um : célèbre libertas, atis, f. : la liberté
par le fer, par le feu, par tous les moyens de destruction possible ; pour lui, il soutiendra genus, eris, n. : race, origine, espèce immemor, oris : oublieux
l'attaque ennemie, autant qu'un seul homme peut s'y opposer. facio, is, ere, feci, factum : faire uenio, is, ire, ueni, uentum : venir
factum, i, n. : le fait acies, ei, f. : la ligne de bataille; le regard
Vadit inde in primum aditum pontis, ipso miraculo audaciae obstupefecit hostes. Duos tamen procella, ae, f. : la tempête commoueo, es, ere, moui, motum : mettre en mouvement,
cum Horatio pudor tenuit, Sp. Larcium ac T. Herminium, ambos claros genere factisque. Cum periculum, i, n. : le danger, le péril déplacer, remuer.
his primam periculi procellam parumper sustinuit; deinde eos quoque ipsos exigua parte pontis parumper, adv. : un peu, pour un instant, momentanément unus, a, um : un seul, un
in tutum coegit. Circumtulit inde truces minaciter oculos ad proceres Etruscorum, singulos sustineo, es, ere, tinui, tentum : soutenir, supporter hostis, is, m. : ennemi
prouocauit, increpauit omnes: dixit eos seruitia regum superborum, suae libertatis immemores deinde, adv. : ensuite telum, i, n. : trait (javelot ou flèche)
uenire. Cunctati aliquamdiu sunt, dum alius alium circumspectant; pudor deinde commouit quoque, adv. : aussi conicio, is, ere, coneci, conectum : se jeter sur
exiguus, a, um : exigu, petit
aciem, et undique in unum hostem tela coniciunt. pars, partis, f. : partie, côté
TITE LIVE, Histoire Romaine, II, 10

Quibuscum horatio pugnat ?


Vadit inde in primum aditum pontis, ipso miraculo audaciae obstupefecit
hostes. Duos tamen cum Horatio pudor tenuit, Sp. Larcium ac T. Herminium,
ambos claros genere factisque. Cum his primam periculi procellam
parumper sustinuit; deinde eos quoque ipsos exigua parte pontis in tutum
Quae est uis Horatii ?
coegit. Circumtulit inde truces minaciter oculos ad proceres Etruscorum,
singulos prouocauit, increpauit omnes: dixit eos seruitia regum
superborum, suae libertatis immemores uenire. Cunctati aliquamdiu sunt,
dum alius alium circumspectant; pudor deinde commouit aciem, et
Que sunt arma militum ?
undique in unum hostem tela coniciunt.

Traduction
Quarta pars : Horatius Coclès, un pont trop loin, le glaive à la main

Décrire le tableau en latin

Mercurius, i, m : Mercure
Horatius, ii, : Horace
Aliquis : quelqu’un
Turba, ae, f :la foule
Miles, militis, m : soldat
Hostis, is, m: l’ennemi
Gladius, i, m : le glaive
Galea, ae, f : le casque
Scutum, i, n : le bouclier.
Pons, pontis, f : le pont
destruo, is, ere : détruire
Corona, ae, f : la courone
Caput, capitis, n : la tête
Pons, pontis, m : le pont
Ruo, is, ere : détruire
Salio, is, ere : sauter
Supero, as, are : surpasser
Pugno, as, are : combattre
do, das, dare : donner

Horatius défendant le pont Sublicius, peinture à l'huile de Charles Le Brun,


Quinta pars : Cloelia, sans coup férir…

1. La version de Tite-Live
Dans son Histoire Romaine Tite-Live nous raconte les exploits
de Clélie face au roi Porsenna. Au moment où commence le récit,
Porsenna a obtenu des otages romains. L'une d'entre elles s'appelle
Clélie... Cloelia, cum uidit castra Etruscorum haud procul esse a ripa Tiberis,
Cloelia, cum uidit castra Etruscorum haud procul esse a frustrauit custodes, duxit agmines uirgines inter tela hostium, natauit
ripa Tiberis, frustrauit custodes, duxit agmines uirgines inter tela Tiberim, sospitesque omnes Romam ad propinquos restituit.
hostium, natauit Tiberim, sospitesque omnes Romam ad propinquos
restituit.
D'après Tite-Live, II, 13
Qui sunt hostes Cloeliae ?
À la nouvelle de cette évasion, le roi, indigné, envoie à Rome
pour réclamer Clélie, sans paraître tenir beaucoup aux autres;
mais bientôt, passant de la colère à l'admiration, il déclare que si
on ne lui rend pas son otage, il regardera le traité comme rompu ; Unde / Quo ducit uirgines ?
mais que si on la remet en son pouvoir, il la renverra à ses
concitoyens sans lui faire essuyer aucun mauvais traitement.
On tint parole de part et d'autre : les Romains,
conformément au traité, rendirent à Porsenna les gages de la
paix; et de son côté, le roi des Étrusques voulut que non seulement
la vertu fût en sûreté auprès de lui, mais qu'elle y fût même
honorée. Après avoir donné des éloges à Clélie, il lui fit présent
d'une partie des otages, et lui en abandonna le choix. Lorsqu'on les
eut tous amenés en sa présence, elle choisit, dit-on, les plus jeunes, et
elle obtint, à cet égard, l'entier consentement des otages eux-mêmes.
La paix rétablie, les Romains récompensèrent, par un genre
Traduction
d'honneur extraordinaire, un courage aussi extraordinaire dans
une femme; on lui décerna une statue équestre; et l'on plaça au
haut de la voie sacrée l'image de Clélie à cheval.
2. La version de Plutarque Décrire le tableau en latin
Porsenna mit fin à la guerre, à condition que les Romains se
retirent de la partie de l'Etrurie qu'ils avaient occupée et que,
récupérant eux-mêmes leurs transfuges, ils renverraient les
prisonniers. En garantie de ces conditions, les Romains livrèrent Cloelia, ae, f
comme otages dix jeunes gens revêtus de la robe prétexte et choisis
dans les familles patriciennes, et autant de jeunes filles, parmi Mulier, is, f : femme
lesquelles se trouvait une fille de Publicola, Valeria.
Sur ces entrefaites, alors que Porsenna, confiant dans le Equus, i, m : cheval
traité, avait déjà renoncé à tout appareil de guerre, les jeunes
filles romaines descendirent pour se baigner au fleuve, dans un Duco, is, ere :
endroit où la rive, incurvée en forme de croissant, formait comme
un bassin où les eaux étaient le plus tranquilles et le plus calmes. chevaucher
Ne voyant là aucun garde, ni d'ailleurs aucun passant, ni
personne qui naviguât sur la rivière, elles eurent tout à coup Nudus, a, um : nu
envie de nager vers le gros du courant et les tourbillons profonds.
Quelques-uns disent que l'une d'elles, nommée Clélie, traversa le Flumen, fluminis, n :
fleuve à cheval et qu'elle encouragea les autres, qui nageaient, et
leur communiqua sa hardiesse.
Mais, lorsqu'elles furent arrivées saines et sauves devant
rivière
Publicola, celui-ci, loin de les admirer et de les approuver, en fut
contrarié, à la pensée qu'il paraîtrait moins fidèle à ses
Transeo, is, ere :
engagements que Porsenna, et que l'acte audacieux des jeunes filles
serait reproché aux Romains comme une perfidie. C'est pourquoi il
traverser
les fit arrêter et les renvoya à Porsenna.
Les Romains dressèrent une embuscade à ceux qui Miles, militis, m :
reconduisaient les jeunes filles et les attaquèrent au passage du
fleuve avec une troupe supérieure en nombre. Ils se défendirent soldat
néanmoins, et la fille de Publicola, Valérie, s'élançant à travers
les combattants, réussit à s'enfuir grâce à trois serviteurs qui Sagitta, ae, f : flèche
s'échappèrent avec elle et la sauvèrent.
Les jeunes filles furent menées à Porsenna. Quand il les vit, il Mitto, is, ere :
demanda quelle était celle qui avait pris l'initiative de leur
évasion et qui avait encouragé les autres. Ayant appris qu'elle se envoyer
nommait Clélie, il la regarda d'un air bienveillant et radieux, et
il fit amener des écuries royales un cheval magnifiquement Ad (avec acc) : vers
caparaçonné, qu'il lui donna.

Rubens
Sexta pars : Titus Manlius Torquatus, la romanité comme glaive !
I. Un héritage paternel qui tranche
Titus Manlius est le fils de Lucius Manlius Torquatus, nommé dictateur en temps de crise (il y avait la peste à Rome). Il prit la défense de son père, à qui le tribun de la plèbe Marcus Pomponius
avait reproché ses excès de sévérité. Pourtant, lui-même venait d'être chassé de la maison paternelle...

Le père de Titus Manlius lui avait interdit de paraître au forum et au grand jour, ou de fréquenter les camarades de son âge, et l'avait
condamné à mener une vie d'esclave. Quel était son tort ? Il parlait mal et avait la langue bien pendue ; le devoir d'un père, s'il avait quelque
sentiment humain, était-il de soigner ce défaut naturel ou de le punir et d'attirer l'attention sur par des vexations ?
Ces accusations choquèrent plus l'opinion publique que le jeune homme lui-même : fâché de figurer parmi les raisons qui poussaient à détester
ou à dénoncer son père, sans rien dire à personne, il passa un poignard à sa ceinture et arriva de bonne heure à Rome ; après avoir franchi la
porte, il alla tout droit chez les tribun Marcus Pomponius ; il déclara au gardien qu'il avait besoin de rencontrer immédiatement le maître de
maison ; il demanda à parler sans témoins. Tous furent invités à se retirer ; il tira son poignard et, se tenant au-dessus du lit l'arme pointée sur le
tribun, il menaça de la transpercer s'il ne jurait pas de répéter mot pour mot le serment de ne jamais traduire son père devant l'assemblée du
peuple.
Ce que la plèbe trouva surtout exemplaire, c'était que la sévérité de son père n'ait pas détruit dans le coeur du jeune homme l'affection qu'il
lui devait.
Tite-Live, Ab urbe condita
Devenu père à son tour, Manlius, vient d’apprendre
que son fils lui a désobéi

Titus Manlius Torquatus, i, m


Filius, ii, m : fils
Caput, capitis, n : la tête
Pater, patris, m : le père
Miles, militis, m : soldat
Equus, i, m : cheval
Quia : parce que
Teneo, es, ae : tenir
Occido, is, ere : tuer
Caedo, is, ere : couper
Pareo, es, ere : obéir
Sedeo, es, ere : être assis
Circumsto, as, are : entourer
Specto, as, are : regarder
Sexta pars : Titus Manlius, la romanité comme glaive !
II. Titus Manlius, le romain face aux Gaulois
Titus Manlius vint à combattre contre les Gaulois afin de sauver Rome. Un gigantesque Gaulois se dresse alors devant lui. Un combat singulier s'engage alors : le camp du
vaincu devra s'incliner.

Titus Manlius est armé par ses amis; il prend un bouclier d'infanterie, et ceint un glaive espagnol, commode pour combattre de près. Ainsi
armé et équipé, ils le conduisent en face du Gaulois, qui, dans sa stupide joie (c'est un trait que les anciens ont cru digne de mémoire), tirait la
langue par raillerie. Ils regagnent leur poste, et les deux rivaux sont laissés seuls au milieu, où ils semblent plutôt donner un spectacle que subir
une loi de la guerre.

Titus Manlius Le Gaulois

media statura modicaque in armis Corpus Galli magnitudine eximium est,


habilibus ; non armorum agitatio uersicolori ueste pictisque et auro
uana sed pectus animorum iraeque caelatis refulgens armis
tacitae plenum
corpus, oris, n. : corps
medius, a, um : qui est au milieu, en son Gallus, i, m. : Gaulois
milieu
statura, ae, f. : taille
modicus, a, um : moyen
magnitudo, dinis, f. : grande taille
eximius, a, um : sortant de l'ordinaire,
remarquable, rare
« colorier » les passages,
arma, orum, n. : les armes
habilis, e : bien adapté
uanus, a, um : vide, creux, vain, sans
uersicolori : de diverses couleurs
pictus : peint
uestis, is, f. : vêtement
pour les comprendre
consistance
plenus, a, um : plein
sed, conj. : mais
aurum, i, n. : or
caelatus: orné
refulgens : brillant
et les résumer.
pectus, oris, n. : la poitrine, le coeur, arma, orum, n. : les armes
l'intelligence
animus, i, m. : le coeur, la sympathie, le
courage, l'esprit
ira, ae, f. : colère
taceo, es, ere, cui, citum : se taire
tacitus, a, um : muet
cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec uenter, tris, m. : le ventre
scutum, i, n. : le bouclier atque, conj. : et, et aussi
imus, a, um : le plus profond de, le fond de inguen, inis, n. : le bas-ventre
Quand ils sont en présence entre les deux armées, entre ces rangs où battent percello, is, ere, culi, culsum : renverser, haurio, is, ire, hausi, haustum : vider
tant de coeurs d'hommes suspendus par la crainte et l'espérance, le Gaulois, culbuter spatium, ii, n. : la distance, l'espace (lieu o
comme une masse géante prête à tout écraser, tend son bouclier de la main totus, a, um : tout entier temps)
gauche, et, du tranchant de son épée, frappe avec un bruit horrible, mais sans corpus, oris, n. : corps ingens, entis : immense, énorme
succès, les armes de l'ennemi qui s'avance. insinuadeo,es,ere, insuassi, insuassum : porrigo, is, ere, rexi, rectum : diriger en
s'insinuer avant, étendre, étirer
Romanus, cum scuto scutum imum perculit totoque corpore insinuassit se inter, prép. + Acc. : parmi, entre, à hostis, is, m. : ennemi
inter corpus armaque, subinde ictu uentrem atque inguina hausit et in l’intérieur defigo, is, ere, defixi, defixum : planter,
spatium ingens porrexit hostem. Defixit pauor cum admiratione Gallos: corpus, oris, n. : corps clouer
arma, orum, n. : les armes pauor, oris, m. : peur
subinde, adv. : vite, bientôt Gallus, i, m. : Gaulois
ictus, us, m. : le coup d'épée
Sexta pars : Titus Manlius, la romanité comme glaive !
II. Titus Manlius, le romain face aux Gaulois
Titus Manlius vint à combattre contre les Gaulois afin de sauver Rome. Un gigantesque Gaulois se dresse alors devant lui. Un combat singulier s'engage alors : le camp du
vaincu devra s'incliner.

Titus Manlius est armé par ses amis; il prend un bouclier d'infanterie, et ceint un glaive espagnol, commode pour combattre de près. Ainsi
armé et équipé, ils le conduisent en face du Gaulois, qui, dans sa stupide joie (c'est un trait que les anciens ont cru digne de mémoire), tirait la
langue par raillerie. Ils regagnent leur poste, et les deux rivaux sont laissés seuls au milieu, où ils semblent plutôt donner un spectacle que subir
une loi de la guerre.
Titus Manlius Le Gaulois
Cui pugnat Manlius ?
media statura modicaque in armis Corpus Galli magnitudine eximium est,
habilibus ; non armorum agitatio uana uersicolori ueste pictisque et auro
sed pectus animorum iraeque tacitae
plenum
caelatis refulgens armis Quem pugnat Manlius ?
corpus, oris, n. : corps
medius, a, um : qui est au milieu, en son milieu Gallus, i, m. : Gaulois
statura, ae, f. : taille magnitudo, dinis, f. : grande taille
modicus, a, um : moyen eximius, a, um : sortant de l'ordinaire, Quis est magnus ? Quis est grauis ?
arma, orum, n. : les armes remarquable, rare
habilis, e : bien adapté uersicolori : de diverses couleurs
uanus, a, um : vide, creux, vain, sans
consistance
pictus : peint
uestis, is, f. : vêtement
Qualia uestimenta Gallus/Manlius habet ?
plenus, a, um : plein aurum, i, n. : or
sed, conj. : mais caelatus: orné
pectus, oris, n. : la poitrine, le coeur, refulgens : brillant
l'intelligence arma, orum, n. : les armes Quocum Manlius ad Gallum
animus, i, m. : le coeur, la sympathie, le
courage, l'esprit appropinquat ?
ira, ae, f. : colère
taceo, es, ere, cui, citum : se taire
tacitus, a, um : muet

Quand ils sont en présence entre les deux armées, entre ces rangs où battent tant de cum, inv. :1. Préposition + abl. = avec uenter, tris, m. : le ventre
coeurs d'hommes suspendus par la crainte et l'espérance, le Gaulois, comme une scutum, i, n. : le bouclier atque, conj. : et, et aussi
masse géante prête à tout écraser, tend son bouclier de la main gauche, et, du imus, a, um : le plus profond de, le fond de inguen, inis, n. : le bas-ventre
tranchant de son épée, frappe avec un bruit horrible, mais sans succès, les armes de percello, is, ere, culi, culsum : renverser, culbuter haurio, is, ire, hausi, haustum : vider
l'ennemi qui s'avance. totus, a, um : tout entier spatium, ii, n. : la distance, l'espace (lieu ou temps)
corpus, oris, n. : corps ingens, entis : immense, énorme
insinuadeo,es,ere, insuassi, insuassum : s'insinuer porrigo, is, ere, rexi, rectum : diriger en avant, étendre,
Romanus, cum scuto scutum imum perculit totoque corpore insinuassit se inter inter, prép. + Acc. : parmi, entre, à l’intérieur étirer
corpus armaque, subinde ictu uentrem atque inguina hausit et in spatium ingens corpus, oris, n. : corps hostis, is, m. : ennemi
porrexit hostem. Defixit pauor cum admiratione Gallos: arma, orum, n. : les armes defigo, is, ere, defixi, defixum : planter, clouer
subinde, adv. : vite, bientôt pauor, oris, m. : peur
ictus, us, m. : le coup d'épée Gallus, i, m. : Gaulois
Septimo pars : Brutus, le poignard de Lucrèce
I. Un génie sous couverture (Abbé Lhomond (1727-1794), De Viris illustribus)

Lucius Junius Brutus, fils d'une sœur de Tarquin le Superbe, craignant d'éprouver le même sort que son frère, qui avait été tué par son oncle, à cause de ses
richesses et de sa prudence, contrefit l'insensé; ce qui lui fit donner le surnom de Brutus. Lorsque les jeunes fils du roi allèrent à Delphes, on leur adjoignit, par
dérision, Brutus, qui offrit en présent au dieu une baguette d'or cachée dans un bâton de sureau. Dès que l'oracle eut répondu que celui-là aurait à Rome le
pouvoir suprême, qui, le premier, embrasserait sa mère, Tunc Brutus perinde atque casu prolapsus, terram osculatus est, quod ea communis sit mater omnium
mortalium.

atque, conj. : et, et aussi


brutus, a, um : lourd, brute, sans raisonnement
casu, inv. : par hasard
casus, us, m. : le hasard, le malheur, la chute osculor, aris, ari : baiser, embrasser
communio, is, ire, iui, itum : fortifier, construire (un fort), renforcer perinde, adv. : pareillement, de la même manière
communis, e : 1. commun 2. accessible à tous, affable prolabor, eris, i, lapsus sum : glisser (en avant ou vers le bas)
ea, 1. ablatif féminin singulier, nominatif ou accusatif neutres pluriels de is, ea, id (ce, cette, le, la...) 2. adv. : par cet endroit terra, ae, f. : terre
is, ea, id : ce, cette ; celui-ci, celle-ci tunc, adv. : alors
mater, tris, f. : mère
mortalis, e : mortel
omnis, e : tout

I. Un génie sous couverture (Abbé Lhomond (1727-1794), De Viris illustribus)

Lucius Junius Brutus, fils d'une sœur de Tarquin le Superbe, craignant d'éprouver le même sort que son frère, qui avait été tué par son oncle, à cause de ses
richesses et de sa prudence, contrefit l'insensé; ce qui lui fit donner le surnom de Brutus. Lorsque les jeunes fils du roi allèrent à Delphes, on leur adjoignit, par
dérision, Brutus, qui offrit en présent au dieu une baguette d'or cachée dans un bâton de sureau. Dès que l'oracle eut répondu que celui-là aurait à Rome le
pouvoir suprême, qui, le premier, embrasserait sa mère, Tunc Brutus perinde atque casu prolapsus, terram osculatus est, quod ea communis sit mater omnium
mortalium.

II. Mort au roi ! (Tite-Live, ab Urbe condita, I, 58-59)


Tarquin Collatin, fils d'une soeur de Tarquin le Superbe, se trouvait, au siège d'Ardée, dans la même tente que les jeunes princes du sang royal : là,
comme chacun d'eux, dans un festin où la licence était grande, se plaisait à relever les vertus de sa femme, on résolut de faire une épreuve. Les
princes montent donc à cheval, et se rendent à Rome. Ils surprennent les belles-filles du roi dans le luxe d'un somptueux banquet. De là, ils vont à
Collatie. Ils trouvent Lucrèce, au milieu de ses servantes, occupée à filer de la laine : elle est aussitôt proclamée la plus chaste des femmes. Pour la
séduire, Sextus Tarquin retourne, la nuit même, à Collatie; par droit de parenté, il entre chez Collatin, se précipite dans la chambre à coucher de
Lucrèce, et triomphe de sa pudeur par la violence. Le lendemain, Lucrèce mande son père et son époux, leur expose le fait, et se tue en se frappant
d'un poignard qu'elle avait caché sous sa robe. Ses parents jurent tous aussitôt la perte des rois, et vengent par leur exil le meurtre de Lucrèce.
Lucrèce, succombant sous le poids de son malheur, envoie un messager à Rome et à Ardée, avertir son père et son mari qu'ils se hâtent de venir
chacun avec un ami sûr; qu'un affreux événement exige leur présence. (6) Spurius Lucrétius arrive avec Publius Valérius, fils de Volésus, et Collatin
avec Lucius Iunius Brutus. [...] (7) Ils la trouvent assise dans son appartement, plongée dans une morne douleur. À l'aspect des siens, elle pleure; et à
son mari lui demandant si tout va bien : "Non, répond-elle; car, quel bien reste-t-il à une femme qui a perdu l'honneur ? Collatin, les traces d'un
étranger sont encore dans ton lit. Cependant le corps seul a été souillé; le coeur est toujours pur, et ma mort le prouvera. Mais vous, jurez-moi
que l'adultère ne sera pas impuni. (8) C'est Sextus Tarquin, c'est lui qui, cachant un ennemi sous les dehors d'un hôte , est venu la nuit dernière ravir,
les armes à la main, un plaisir qui doit lui coûter aussi cher qu'à moi-même, si vous êtes des hommes." (9) Tous, à tour de rôle , lui donnent leur
parole, et tâchent d'adoucir son désespoir, en rejetant toute la faute sur l'auteur de la violence; ils lui disent que le corps n'est pas coupable quand
le coeur est innocent, et qu'il n'y a pas de faute là ou il n'y a pas d'intention. (10) -- C'est à vous, reprend-elle, à décider du sort de Sextus. Pour moi, si
je m'absous du crime, je ne m'exempte pas de la peine. Désormais que nulle femme, survivant à sa honte, n'ose invoquer l'exemple de Lucrèce !" (11) À ces
mots, elle s'enfonce dans le coeur un couteau qu'elle tenait sous sa robe, et, tombant sur le coup, elle expire. Son père et son mari poussent des cris.
59] (1) Tandis qu'ils s'abandonnent à la douleur, Brutus retire de la blessure le fer tout dégoûtant de sang et, le tenant levé : "Je jure, dit-il, et vous
prends à témoin, ô dieux ! par ce sang, si pur avant l'outrage qu'il a reçu de l'odieux fils des rois; je jure de poursuivre par le fer et par le feu, par
tous les moyens qui seront en mon pouvoir, l'orgueilleux Tarquin, sa femme criminelle et toute sa race, et de ne plus souffrir de rois à Rome, ni eux,
ni aucun autre." (2) Il passe ensuite le fer à Collatin, puis à Lucrétius et à Valérius, étonnés ( stupentibus ) de ce prodigieux changement chez un
homme qu'ils regardaient comme un insensé. Ils répètent le serment qu'il leur a prescrit, et, passant tout à coup de la douleur à tous les sentiments
de la vengeance, ils suivent Brutus, qui déjà les appelait à la destruction de la royauté. (3) »
Septima pars : Brutus, le poignard de Lucrèce

LUCA
GIORDANO, La
mort de Lucrèce

Lucretia, ae, f : Lucrèce


Tarquinus, I, m : Tarquin
Brutus, I, m : Brutus
Senex, senis, m : vieil
homme
Ferrum, I, n : le poignard
Teneo, es, ere : tenir
Occido, is, ere, occidi,
occisum : tuer
Se : soi, soi-même
Mortuus, a, um : mort
Jaceo, es, ere : être étendu
Sto, as, are : être debout
Cogito, as, are : réfléchir
Moneo, es, ere : conseiller,
avertir.
Quelques compléments culturels :
-les Romains, le fatum et les signa
-L’armée romaine
-Les sites romains
Signa
Sibylle (« la prophétesse »en grec) : une belle
jeune fille vivant à Cumes, près de Naples. Apollon
lui avait accordé un vœu : celui de vivre autant
d’années qu’elle avait de gains d sable dans la
main… mais elle a oublié de demandé de rester
jeune !

Les livres sybillins

Détail de la chapelle sixtine


Signa
Augurium : « qui augmente », « qui favorise », c’est le signe, la volonté
(« numen ») envoyé par les dieux avant une bataille, une élection politique,
une décision politique pour encourager les hommes… ou les dissuader. C’est
l’augure qui les observe : usage du « templum » et de l’ « auspicium »
(« auis » et aspicere »), observation des éclairs… On reconnaît l’augure à son
bâton courbé

Sesterce (sous
Vespasien)

Vel Saties prend les auspices avec son serviteur, le nain Arnza
Signa

L’ Haruspex : une tradition plutôt


étrusque (peuple au nord de Rome
ayant participé à sa fondation). Il
observe les entrailles des animaux,
en particulier la place du cœur et l’
état du foie, ainsi que des difformités
(animaux à cinq pattes, albinos etc…)
et les interprète comme
« monstrum » ou prodigium ». Il est
capable de prédire précisément
l’avenir. Le foie demouton en bronze
(IIIème siècle avant jc), prsente une
carte : à chaque case un dieu. Si une
« case » pose problèe, c’est que le
dieu en question envoie un
avertissement.
Après les Signa : Les sacrifices des « hostiae » (pour apaiser la colère Releif en marbre venant du
des dieux) et des « uictimae » (pour les remercier de leurs faveurs). champ de Mars

Une suovetaurilies : sus (porc), ouis (bélier), taurus (taureau) sont sacrifiés devant l’autel (ara); après que leur tête a été
recouverte de « mola salsa », de farine mêlée de sel.
Le sacrifice lui-même

Le victimaire avec sa hache

L’haruspice

Une partie de l’animal est


brûlée pour les dieux, le reste
est partagé entre le prêtre et
le public.
Legio, onis, f :
Centuria : 100 la légion
légionnaires, dirigés par
le primipilus
Turnae : les escadrons
d’ equites (cavaliers)

Manipulus : 2
centuries

Cohors : trois
manipules ainsi
réparties :
-1ere ligne : les
hastati (les plus
jeunes)
-2ème ligne : les
principes.
-3eme ligne : les
triarii : les vétérans
LE SITE DE ROME
ROME SE SITUE DANS LA PROVINCE AGRICOLE DU LATIUM, EN
ITALIE CENTRALE, ENTRE DEUX CONTRÉES DE COLLINES
VOLCANIQUES. NI TROP LOIN DE LA CÔTE (POUR PERMETTRE
L’ACHEMINEMENT DES DENRÉES VENANT DE LA MER) NI TROP PRÈS
(POUR ÉVITER LES RAZZIAS DES PIRATES). ROME SE TROUVE EN
EFFET À 25 KMS ENVIRON DE LA MER. ELLE ÉTAIT ORIGINELLEMENT
ENTIÈREMENT SITUÉE SUR LA RIVE GAUCHE DU TIBRE, ET
COMPOSÉE DE VILLAGES PERCHÉS SUR SEPT COLLINES.
LE PALATIN (QUI TIRE SON NOM DE LA DÉESSE PALÈS, PROTECTRICE DES
BERGERS) EST LE BERCEAU DE LA ROME PRIMITIVE BÂTIE PAR ROMULUS.
IL FUT D’ABORD HABITÉ PAR DES PARTICULIERS JUSQU’À LA FIN DE LA
RÉPUBLIQUE ; PUIS LES CONSTRUCTIONS IMPÉRIALES S’Y ÉLEVÈRENT.

[Link]
v=vSwbP1Zla9Y
Le Capitole était le centre religieux de la Rome antique, où se dressait le temple de Jupiter
(6e siècle av. J.-C.). C’est là que les généraux vainqueurs venaient recevoir les honneurs
du triomphe. Au pied du rocher situé à la base du Capitole se trouvait la prison
(le Tullianum) où fut enfermé et mourut, entre autres, Vercingétorix. Sur le flanc du Capitole
se trouve l’escalier des Gémonies où les corps des condamnés à mort étaient exposés
avant d’être jetés dans le Tibre. Sur l’un des sommets du Capitole se trouvait la Roche
Tarpéienne d’où l’on précipitait les condamnés à mort (d’où le proverbe : "la roche
tarpéienne est proche du Capitole").

La roche tarpéienne
Forum en 3D : [Link]

Au pied du Capitole et du Palatin s’étend le Forum. Il se trouvait primitivement en dehors de l’enceinte de la


ville (d’où son nom) et servait de nécropole aux villages. C’était d’ailleurs une vallée marécageuse et malsaine.
Quand les villages se fédérèrent, ce "forum" devint leur lieu de réunions et d’échanges. Des opérations de
drainage furent donc faites par les successeurs de Romulus (grand égout collecteur appelé Cloaca
Maxima, en partie encore visible de nos jours. C’est là que s’assemblaient, au temps de la République, le
Sénat (dans le bâtiment appelé Curie) et le peuple devant la tribune aux harangues (les Rostres, parce qu’elle
était ornée d’éperons de navires.
On y construisit sur le forum plusieurs sanctuaires, temples et basiliques ( = salles destinées
aux réunions publiques) et de nombreuses boutiques s’y installèrent ; c’était vraiment le centre
de la vie et de l’activité urbaines. On peut y voir encore les trois colonnes du temple des
Dioscures (= Castor et Pollux), où étaient conservés les étalons des poids et mesures, le
temple rond de Vesta et la maison des Vestales, totalement autonome.

[Link]
La Via sacra trace la cité de Rome, et reste empruntable
aujourd’hui sur le site du forum.
Pour occuper ses loisirs, le citoyen pouvait trouver à Rome des Thermes (= bains publics) qui se développent surtout sous
l'empire et deviennent de plus en plus luxueux, avec salles de réunions, bibliothèques, etc. On peut voir encore aujourd'hui
les plus monumentaux, ceux construits par l'empereur Caracalla (3e siècle) sur l’Aventin.

[Link]
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