Fiabilité des Systèmes de Production
Fiabilité des Systèmes de Production
23 – Taux de défaillance :
On définit le taux de défaillance de la manière suivante :
nombre de défaillants sur un intervalle de temps
l (t)=
nombre de survivants au début de la période x intervalle de temps
On définit :
• N0 le nombre initial de dispositifs
• Ns(t) est le nombre de dispositifs survivants à l’instant t
• Ns(t + Δt) est le nombre de dispositifs survivants à l’instant t + Δt
Au niveau d’une défaillance, 2 cas peuvent se produire :
• Les défaillants sont remplacés
• Les défaillants ne sont pas remplacés
Les défaillants sont remplacés : Ns(t) sera toujours égal à N0 :
On nomme C(Δt) le nombre de défaillants durant Δt.
C( Dt )
D’après la formule générale du taux de défaillance, on a : l (t)= .
N 0.Dt
Ns(t ) - Ns(t + Dt )
Les défaillants ne sont pas remplacés : l (t)=
Ns (t ).Dt
Ce taux de défaillance est une valeur moyenne sur une période Δt connue. Or, au même titre que F(t) et R(t), il est
intéressant de connaître l’évolution de λ(t) au cours du temps.
C’est le taux de défaillance instantané :
On fait tendre Δt è dt et (Ns(t) – Ns(t + Δt)) è dN. dN sera précédé du signe « - » car il y a moins de survivants à (t +
Δt) qu’à t.
-dN -dN
l (t)= è l (t).dt=
N (t ).dt N (t )
l (t).dt est appelé probabilité conditionnelle de défaillance sur [t, t+dt].
Applications :
Cas N°1 : les défectueux sont remplacés. Une étude a été
menée sur 70 véhicules pendant une période allant de 80000km C( Dt ) 41
l (t ) = = = 0,585.10 -4 panne / km
à 90000km. 41 défaillances ont été réparées. Déterminer le taux No.Dt 70.(90000 - 80000)
de défaillance pour cette période.
f(t)
l (t)=
R(t)
Synthèse :
t t dF (u ) t t -dF (u )
ò l(u ).du = ò 1 - F (u ) Þ -ò l(u ).du = ò 1 - F (u )
0 0 0 0
- ò l (u ).du = ln(1 - F (t )) Þ e ò0
t - l ( u ).du
= 1 - F (t ) = R (t )
0
On obtient donc les expressions générales des lois de fiabilité :
t
R(t ) = e ò0
l ( u ).du
-
F (t ) = 1 - R(t ) = 1 - e ò0
l ( u ).du
-
t
dF (t )
= l (t ).e ò0
- l ( u ).du
f (t ) =
dt
¥
MTBF = E (T ) = ò t .f (t ).dt
0
La MTBF est définie comme étant l’espérance mathématique de la VA T.
IV – LOIS DE COMPOSITION EN FIABILITE : ASSOCIATIONS DE MATERIELS :
Le problème qui se pose à la maintenance au niveau de la fiabilité est son amélioration constante. Il peut pour cela
intervenir sur la technologie du composant, agencer les composants ou sous-systèmes de manière à les rendre plus
fiables par l’utilisation de redondances dont on distingue 3 grandes catégories :
• Les redondances actives
• Les redondances passives ou « stand-by »
• Les redondances majoritaires
41 – Redondance active :
Une redondance active est réalisée par la mise en parallèle d’éléments assurant les mêmes fonctions et
travaillant en même temps.
On a donc à faire à un système appelé par les fiabilistes « système parallèle ».
Hypothèses de départ :
• Les défaillances sont indépendantes les unes des autres
• La fiabilité de chaque sous-système ou de chaque élément a été déterminée
E1 E2 Ei En
n
Rs = P (S ) = P (S1 Ç S 2 Ç ... Ç Si Ç ...Sn ) = P (S1).P (S 2)....P (Si )....P (Sn ) è Rs = Õ Ri
i =1
Cette association est caractéristique des équipements en ligne de production.
Système // :
On dit qu’un système est un système // d’un point de vue fiabilité si, lorsqu’un ou plusieurs de ses éléments tombent en
panne, le système ne tombe pas en panne.
Pour calculer la fonction fiabilité d’un système // à n éléments, ils est plus aisé de passer par la
E1 fonction défaillance F.
F = 1 - R = 1 - P (S ) = P (S )
E2 F = P (S1).P (S 2)....P (Si )....P (Sn ) = F1.F 2....Fi ....Fn
F = (1 - R1).(1 - R 2)....(1 - Ri )....(1 - Rn )
Ei Rs = 1 - (1 - R1).(1 - R 2)....(1 - Ri )....(1 - Rn )
n
En
Rs = 1 - Õ (1 - Ri )
i =1
Dans un système //, la fiabilité du système est plus grande que la plus grande des fiabilités des éléments composant le
système. On utilise ce fait pour améliorer la fiabilité ; cela réalise une redondance active.
Si on désire effectuer un calcul en fonction du temps, on doit introduire la fonction R(t).
n
Si R (t ) = e - lt , alors Rs = 1 - Õ (1 - e l ) .
i =1
- t
42 – Redondance passive :
Dans ce cas, un seul élément fonctionne, les autres sont en attente. Ceci a l’avantage de
diminuer ou de supprimer le vieillissement des éléments ne travaillant pas. En contrepartie,
on a l’inconvénient d’être obligé d’avoir un organe de détection des pannes et de
commutation d’un système sur un autre.
Le calcul d’un système à redondance passive ou « stand-by » se fait en tenant compte de la
variable temps. Il faut donc connaître au préalable, pour chaque composant, son taux de
défaillance λ(t) et sa loi de fiabilité R(t).
E1 Hypothèse : le taux de défaillance des éléments E1 et E2 est constant et est égal à le1 et le 2 .
Cette hypothèse a pour conséquence que les lois de fiabilité sont de type exponentiel :
Re1(t ) = e - le1t et Re 2 (t ) = e - le 2t
DC
E2 On fait aussi l’hypothèse que la fiabilité de l’organe DC est égale à 1.
Il sera facile par la suite de la prendre en compte par la suite dans le calcul, cet organe étant en série avec le système
{E1, E2}.
Re1(t ) = e - le1t et R e 2 (t ) = e - le 2t
fe1(t ) = le1e - le1t et fe 2 (t ) = le 2e - le 2t
Le système fonctionnera avec E1 ou E2, ces événements étant mutuellement exclusifs (E1 sans E2 ou E2 sans E1,
mais jamais les 2 en même temps).
Rs ( t ) = 1xe - le1t + (ò
0
t
le1e - l T .dT xe - l
e1
) e 2 ( t -T )
0
t
= e - le1t + le1.ò e - le1T .dT xe - le 2 .t xe le 2 .T
t t
Rs ( t ) = e - le1t + le1.e - le 2 .t .ò e - le1T .e le 2 .T .dT = e - le1t + le1.e - le 2 .t .ò e -( le1 -le 2 )T .dT
0 0
t
t é e -( le1 -le 2 )T ù
Rs ( t ) = e - le 1t
+ le1.e - le 2 .t
.ò e - ( le 1 - le 2 )T
.dT = e - le 1t
+ le1.e - le 2 .t
.ê ú
ë -(le1 - le 2 ) û 0
0
- le 1t é e -( le1 -le 2 )t
- le 2 .t 1 ù
Rs ( t ) = e + le1.e .ê - ú
ë -(le1 - le 2 ) -(le1 - le 2 ) û
- le 2 .t é 1 - e ù
- ( le 1 - le 2 )t
Rs ( t ) = e - le1t + le1.e .ê ú
ë (le1 - le 2 ) û
le1.e - l t - le 2 .e - l t + le1.e - l .t - le1.e - l .t .e -( l
e1 e1 e2 e2 e 1 - le 2 )t
Rs ( t ) =
le1 - le 2
le1.e - l t - le 2 .e - l t + le1.e - l .t - le1.e - l
e1 e1 e2 e 2 .t - le 1 .t + le 2 .t
Rs ( t ) =
le1 - le 2
le1.e - l t - le 2 .e - l t + le1.e - l
e1 e1 e 2 .t
- le1.e - le1.t le1.e - l .t - le 2 .e - l
e2 e 1t
Rs ( t ) = =
le1 - le 2 le1 - le 2
Si on prend en compte l’élément de détection et de commutation DC, on obtient alors :
- lDC .t le1.e - l .t - le 2 .e - l
e2 e 1t
Rs ( t ) = e .
le1 - le 2
Remarque : si on considère que tous les éléments ont le même taux de défaillance λ, on obtient alors l’expression
suivante : Rs ( t ) = e - lDC .t .e - l .t .(1 + l.t )
é i =n -1 (l.t )i ù
Pour n éléments de taux de défaillance identiques montés en //, on trouve : Rs ( t ) = e -( lDC + l ).t . ê å ú
ë i =0 i ! û
T1
M2 M3 M4 M5 T2 T3
M1 T1
0,99 0,99 0,99 0,99 0,99 0,99
M1 T1
R(t ) = e ò0 R(t ) = e - l .t
- l ( u ).du
et comme l (u ) = cte = l
t
è
R(t ) = e ò0
l .du
- t
= éëe - l .u ùû = e - l .t
0
Dr
oit
ed
ep
en
0,1 te
l/2
,3
1/e=0,368
m=1/l lt ou t
t
2,3/l
AXE a
AXE A
AXE b
AXE B
AXE A
• Axe A : axe des temps sur lequel on porte les valeurs ti des TBF
• Axe B : valeurs des probabilités de défaillance Fi calculées par la méthode des rangs moyens ou des rangs
médians. On estime R(t) par R(t) = 1 – F(t)
• Axe a : axe des temps en logarithmes népériens : ln(t)
• Axe b : axe qui permet l’évaluation de β
64 – Détermination graphique des paramètres de la loi :
1. Préparation des données : détermination des couples (ti, Fi) par les rangs moyens ou les rangs médians
2. Tracé du nuage de points
3. Tracé de la droite de Weibüll
4. Détermination de β, η, γ
5. Détermination des équations de la loi de Weibüll
6. Calcul de la MTBF
7. Exploitation des données issues de la loi
η=770 heures
β=1,4
D2 D1
æ 1ö ¥
La MTBF est aussi une fonction de η et β : MTBF = h.G ç 1 + ÷ avec G = ò0 e .t .dt qui est une fonction
- t a -1
è bø
mathématique complexe.
æ 1ö
Si on pose x =
q P
et r = , alors
C 2(q ) p + P (1 - R(q )) MTBF
= . devient :
C 2( x )
=
(
1+ r 1- e- x
b
) G ç1+ ÷
. è
bø
h p C1 m(q ) p+P C1 x b
1+ r
ò 0
e - t .dt
C 2( x )
On constate que le rapport est dépendant de 2
C1
paramètres : β qui caractérise la forme de la distribution et r,
paramètre économique, qui caractérise le rapport des coûts
indirects / directs (criticité des défaillances).
C 2( x )
Exploitation du rapport :
C1
En plus des 2 paramètres cités précédemment, le rapport fait
aussi intervenir le temps. On trace alors sur un graphique une
C 2( x )
série de courbes = f ( x ) pour des valeurs successives
C1
de θ et de r. On obtient alors des abaques (appelées abaques
de KELLY) tels que celle ci-contre :
Défaillance
q q q q q q q
t1 t2 t3 t4 t5 t6 t7
durée<q
Gestion collective en maintenance préventive systématique : en cas de défaillance résiduelle, le remplacement du
composant défaillant ne modifie pas l’échéancier prévu.
Défaillance
q q q q q
t1 t2 t3 t4 t5 t6
q
Cette notion de gestion des équipements nous intéresse dans le cas de l’optimisation d’une période de remplacement,
puisqu’elle nous conduit à l’obtention de 2 abaques.
Exposé de la méthode :
Cette détermination nécessite un nombre important de données sur une période relativement longue de la vie des
matériels. Si ce n’est pas le cas, seule une partie de la courbe sera mise en évidence.
La méthode utilisée est celle de l’actuariat qui consiste à faire des calculs de probabilités à partir de renseignements
statistiques.
Il s’agit donc de déterminer expérimentalement le taux de défaillance l (t ) qui correspond à la probabilité d’avoir une
défaillance dans les intervalles de temps constituant la vie du matériel étudié. Une estimation de l (t ) par tranche de
temps est déterminée par le calcul suivant :
ni
lˆ(t i ) =
Ni .Dt i
• ni le nombre de défaillant durant Dt i ,
• Ni le nombre de survivants au début de la tranche t i
• Dt i = t i +1 - t i l’intervalle de temps observé
La détermination du nombre de classes doit être telle que la courbe ne soit pas trop déformée. Ce nombre dépend du
nombre total de défaillants. On peut déterminer le nombre de classes « r » tel que :
r= ån i
ou r = 1 + 3,3.log ån
i
Le nombre de classes ainsi déterminé, il reste à construire la courbe en baignoire à partir des données.
La synthèse de la méthode est donnée ci-après :
Phase 1 : choix des classes :
Ex : on a 112 défaillances au bout de 1000 heures de fonctionnement. On choisit k = 10 classes de 100 heures.
Phase 2 : tableau :
Classe Nombre de machines en Cumul des temps de Nombre de Taux moyen de
fonctionnement fonctionnement défaillances défaillance
Phase 3 : exploitation :
Ce tableau permet de tracer l’histogramme des
défaillances (répartition dans le temps) et de tracer la
courbe en baignoire l(t) :
Application :
Soit un bien non réparable sur lequel ont été réalisés des essais sur 55 matériels, depuis l’instant t0, pendant une
durée totale de 3490 heures.
N0 Ns(t1) Ns(t1+ Dt)
t0 t1 t1+ Dt
t
t+Dt l(t+Dt)
Nd
Détermination du t NdDt Ns(t)
nombre de
classes : 0- 500 3 55 1,09E-4 l (t + Dt ) = Dt
i ån i
N0 - N i N
On estime Fˆ (t i ) la fonction de défaillance cumulée par : Fˆ (t i ) = å f (t i ).Dt i = 0
= = 1- i
0 N0 N0 N0
N
On estime Rˆ (t i ) la fonction de fiabilité par : Rˆ (t i ) = 1 - Fˆ (t i ) = i
N0
ni ni
ni N .Dt N .Dt fˆ(t i )
On peut calculer alors lˆ(t i ) par : lˆ(t i ) = = 0 i = 0 i =
Ni .Dt i Ni .Dt i Ni Rˆ (t i )
N0 .Dt i N0
fˆ(t i ) fˆ(t i )
è lˆ(t i ) = et lˆ(t i ).Dt i = .Dt i (relations servant au calcul des lois de fiabilité)
Rˆ (t i ) Rˆ (t i )
¥ ¥
ni 1
On peut aussi calculer la MTBF par : MTBF = å t i .f (t i ).Dt i =å t i . = ( n1t1 + n2t 2 + ... + ni t i + ... + n¥t ¥ )
0 0 N0 N0
car en général t0=0
E[ N (t + dt ) - N (t )] d
z (t ) = lim = E[ N (t )]
dt ® 0 dt dt
Le ROCOF est la limite (si elle existe), du quotient de l’espérance mathématique du nombre de
défaillances d’une entité réparée, pendant un intervalle de temps [t, t + dt] par la durée de l’intervalle
de temps lorsque cette durée tend vers 0.
Détérioration du matériel
Nombre cumulé de
défaillances
Durée de vie indépendante
Amélioration du matériel
Temps cumulé
Nb de Heures de
Années
défaillances fonctionnement
1999 8 2956
2000 8 3021
2001 5 2895
2002 2 1800
2003 4 2905
2004 3 2896
2005 1 1600
2006 2 3135
2007 2 3296
On construit un tableau ayant le trame Nb de Dt
Années z(t) Sni
suivante : Défaillances ni (heures)
• z(t) : intensité de défaillance (estimateur du ROCOF) : z(t) = ni / ∆t
• ∑ni : nombre de défaillances cumulées (Graphe de Nelson Aalen)
On aboutit donc au tableau suivant :
Nb de ∆t
Années z(t) ∑ni
défaillances (heures)
1999 8 2956 2,71E-03 8
2000 8 3021 2,65E-03 16
2001 5 2895 1,73E-03 21
2002 2 1800 1,11E-03 23
2003 4 2905 1,38E-03 27
2004 3 2896 1,04E-03 30
2005 1 1600 6,25E-04 31
2006 2 3135 6,38E-04 33
2007 2 3296 6,07E-04 35
XI – SYNTHESE :