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Calcul Sismique et Dynamique des Structures

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Dynamique des structures

& Calcul sismique

Jaouad EL FARISSI
2020/2021
Table des matières
Chapitre 1: Dynamique d'un oscillateur simple .................................................................... 4
I-Introduction .......................................................................................................................... 4
II-Mouvements ....................................................................................................................... 4
III-Définitions ......................................................................................................................... 5
IV-Dynamique d'un oscillateur simple ................................................................................... 7
IV.1-Les paramètres qui influencent la période propre de l'oscillateur simple .................. 8
IV.2-Oscillations non amorties (Force d'amortissement est nulle) ................................... 10
IV.3-Oscillations amorties (Force d'amortissement est non nulle) ................................... 11
IV.4-Oscillations entretenues ou forcées .......................................................................... 14
IV.5-Réponse à une charge arbitraire ............................................................................... 17
Chapitre 2: Excitation par déplacement d'appui Cas-Oscillateur simple ........................ 18
I-Excitation par déplacement d’appui d’un oscillateur simple de type console encastrée ... 18
II-Spectre de réponse d'une structure vis-à-vis le séisme ..................................................... 20
II.1-Généralités ................................................................................................................. 20
II.2-Les types de spectre de réponse ................................................................................. 22
III-Comment utiliser les spectres de réponse ....................................................................... 24
III.1-Spectre de réponse élastique en déplacement ........................................................... 24
III.2-Spectre de réponse élastique en accélération ............................................................ 26
III.3-Spectre de réponse élastique du code parasismique (Eurocode 8) ........................... 27
III.4-Du spectre de réponse élastique 𝑺𝒆(𝑻) au spectre de calcul 𝑺𝒅(𝑻) ........................ 28
IV-Etablissement des spectres de réponse de l’Eurocode 8 ................................................. 33
IV.1-Spectre élastique 𝑺𝒆(𝑻) horizontal de réponse en accélération .............................. 33
IV.2-Spectre de calcul 𝑺𝒅𝑻 horizontal de réponse en accélération .................................. 33
IV.3-Spectre de réponse élastique en déplacement ........................................................... 34
IV.4-Spectre de réponse en accélération élastique vertical............................................... 34
IV.5-Spectre de calcul vertical de réponse en accélération. ............................................. 35
IV.6-Déplacement de calcul du sol 𝒅𝒈. ............................................................................ 35
Chapitre 3: Dynamique d'un oscillateur multiple ............................................................... 36
I-Introduction ........................................................................................................................ 36
II-Mise en équation ............................................................................................................... 36
II.1-Cas d'oscillations libres non amorties ........................................................................ 37
II.2-Cas d'oscillations forcées ........................................................................................... 39
Chapitre 4: Excitation d’un oscillateur multiple par mouvements des appuis. ............... 41
I-Introduction ........................................................................................................................ 41
II-Mise en équation ............................................................................................................... 42
III-Cumulation des sollicitations des divers modes. ............................................................. 46
III.1-Moyenne quadratique (SRSS) .................................................................................. 46
III.2-Cumulation CQC ...................................................................................................... 47
III.3-Addition. ................................................................................................................... 48
IV-Conditions relatives aux masses modales. ...................................................................... 48
V-La méthode d’analyse par forces latérales ....................................................................... 49
V.1-Principe ...................................................................................................................... 49
V.2-Estimation de la période fondamentale 𝐓𝟏................................................................ 49
V.3-Distribution verticale des forces sismiques horizontales. .......................................... 51
V.4-Distribution des forces horizontales d’étage 𝐹𝑖 dans les contreventements ............. 51
Chapitre 1: Dynamique d'un oscillateur simple

I-Introduction
Un des mouvements les plus importants observés dans la nature est le mouvement oscillatoire, en
particulier le mouvement harmonique : oscillations d’un pendule, d’une masse attachée à un ressort,
d’un gratte-ciel, etc.
Dans le cas des oscillations des systèmes mécaniques conservatifs isolés, on parle d’oscillations libres ;
en présence de frottement, l’amplitude des oscillations décroît et on observe des oscillations amorties.
Si les oscillations sont entretenues par une action extérieure, on parle d’oscillations forcées. Dans ce
dernier cas, on verra apparaître de nouveaux phénomènes tels que la résonance, qui peut avoir des
conséquences catastrophiques. Cependant, la plupart des problèmes observés (mis à part les
tremblements de terre) sont liés à des critères d’aptitude au service. Ceux-ci demandent une
connaissance précise du comportement linéaire des structures.

II-Mouvements
Une structure sollicitée par une charge subit un certain mouvement ; dans le cas d’une sollicitation
uniquement en traction, le mouvement sera translationnel et, dans le cas d’une flexion, celle-ci
imprimera à la structure un mouvement translationnel et rotationnel.
Le mouvement oscillatoire d’une structure, dont le lieu géométrique est connu (dans un système de
coordonnées déterminé) est caractérisé par un régime oscillatoire dépendant de la rigidité, de la masse
et de l’amortissement de la structure.
Les différents types de régime d’un mouvement oscillatoire sont le régime harmonique, le régime
périodique et le régime transitoire.
 Régime harmonique : décrit un mouvement oscillatoire au voisinage d’une position d’équilibre stable
(ex. masse accrochée à un ressort).

Figure 1. 1- Charge harmonique

 Régime périodique : décrit le même mouvement de manière périodique (ex. un piéton sur une
passerelle).

4
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure 1. 2- Charge périodique

 Régime transitoire : décrit un mouvement à caractère aléatoire (ex. trafic, séisme).

Figure 1. 3- Charge quelconque

III-Définitions
Ce paragraphe est dédié à la définition de quelques grandeurs dynamiques.
Pulsation propre:

𝑘
𝜔𝑛 = √𝑚 [rad/s] (1.1)

Où : 𝑘 : Rigidité de l’élément [N/m]


𝑚 : Masse de l’élément [kg]
Période propre :
2𝜋
𝑇𝑛 = 𝜔 [s] (1.2)
𝑛

Fréquence ou fréquence propre :


1
𝑓𝑛 = 𝑇 [s –1] ou [Hz] (1.3)
𝑛

Remarque : Ces trois grandeurs (pulsation, période et fréquence) portent la dénomination « propre » car
il s’agit de propriétés qui sont propres à l’oscillateur, dépendant uniquement de la masse et de la rigidité
de celui-ci.
Rigidité de la structure

5
Dynamique des structures et calcul sismique
La rigidité d’une structure, 𝑘 (en [N/m]), dépend des dimensions géométriques de celle-ci et du module
d’élasticité du matériau qui la compose. La rigidité équivaut à la force qu’il faut exercer sur l’élément
pour induire un déplacement unitaire. Il est à noter que ce cours se limite à l’utilisation de matériaux
élastiques linéaires, la rigidité est donc constante tout au long des analyses. La rigidité vaut :
𝐹
𝑘=𝑥 (1.4)

Où :

 𝑥 est un déplacement unitaire;


 𝐹 est la force qui permet d’induire le déplacement unitaire 𝑥;

Exemples de raideurs de quelques structures élémentaires

Raideur d'une poutre console


Soumise à une charge concentrique l'extrémité libre

Raideur d'une poutre bi-encastrée


Soumise à une charge concentrique à mi- portée

Raideur d'une poutre bi-articulée


Soumise à une charge concentrique à mi- portée

6
Dynamique des structures et calcul sismique
Raideur d'un portique (Nœuds flexibles à gauche-Nœuds rigides à droite) soumis à un effort
concentrique au niveau du nœud.

Avec
L: la hauteur des poteaux
I: la somme d'inertie des 2 poteaux

Rigidité équivalente d’un système


Dans le cas d’un système, une rigidité équivalente est définie comme suit:
Système (de ressorts) en série :

Figure1. 4- Système en série

Système (de ressorts) en parallèle :

Figure1. 5-Système en parallèle

IV-Dynamique d'un oscillateur simple


La dynamique des structures a pour objet d'étudier le comportement dynamique des structures
mécaniques.
Pour étudier ces systèmes on a fait recours à des modèles simplifiés constitué de solides indéformables,
de ressorts et des amortisseurs.
Système mécanique≡Masse, Ressort et Amortisseur

7
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure1. 6- Système mécanique

Rappel: un degré de liberté est un variable qui caractérise le mouvement de solide dans l'espace.
Exemple d'un portique considéré comme oscillateur simple

IV.1-Les paramètres qui influencent la période propre de l'oscillateur simple

L’observation de paires de maquettes (caractérisées comme des oscillateurs simples : quatre poteaux
semblables et masse rassemblée dans le plancher infiniment rigide au regard des poteaux, un degré de
liberté) oscillant librement après application d’une force en translation permet de mettre aisément en
évidence les paramètres de la période propre d’oscillation. On utilise des paires de maquettes semblables
en faisant varier un seul paramètre. On déplace leur « plancher » de sa position d’origine, on relâche et
on peut mesurer (au moins comparé visuellement) la période d’oscillation de chacune.
1ère Expérience: masses différentes
Les deux maquettes sont semblables : même hauteur de
poteaux, même section de poteaux, même matériau des
poteaux, même type de liaisons (encastrements), mais la
masse fixée sur le plancher diffère.
On observe que la maquette dont la masse est plus
importante a une période propre d’oscillation plus longue.

8
Dynamique des structures et calcul sismique
2éme Expérience: hauteurs différentes
Les deux maquettes sont semblables : même section
de poteaux, même matériau des poteaux, même type
de liaisons (encastrements), même masse sur le
plancher, mais la longueur des poteaux diffère.
On observe que la maquette dont les poteaux sont plus
élancés a une période propre d’oscillation plus longue.
3éme Expérience: sections différentes
Les deux maquettes sont semblables : même hauteur de
poteaux, même matériau des poteaux, même type de
liaisons (encastrements), même masse sur le plancher,
mais la section des poteaux diffère.
On observe que la maquette dont la section des poteaux est moindre (moindre inertie) a une période
propre d’oscillation plus longue.
4éme Expérience : liaisons au support différentes
Les deux maquettes sont semblables : même hauteur de
poteaux, même section de poteaux, même matériau des
poteaux, même masse sur le plancher, mais le type de
liaisons en pied diffère. On observe que la maquette
articulée en pied a une période propre d’oscillation plus
longue que la maquette encastrée en pied.

5éme Expérience: matériaux différents


Les deux maquettes sont semblables : même hauteur de
poteaux, même section de poteaux, même type de
liaisons (encastrements), même masse sur le plancher
mais le matériau des poteaux diffère.
On observe que la maquette dont matériau a un module
de déformation moins élevé a une période propre
d’oscillation plus longue.

9
Dynamique des structures et calcul sismique
IV.2-Oscillations non amorties (Force d'amortissement est nulle)
On parle d’oscillations non amorties quand
l’amortissement est nul, c’est-à-dire c=0. Avec
c : constante d’amortissement [Ns/m] ou
[kg/s].
Un système non amorti peut être modélisé, à sa
position d’équilibre et à sa position déformée,
comme présenté à la figure ci-contre.

Figure1. 7-Système mécanique non amorti


Les 5 hypothèses de base du modèle sont :
- le ressort a un comportement force/déformation linéaire ;
- le ressort est sans masse ;
- il n’y a aucune friction provenant des rouleaux ;
- la masse est indéformable;
- la résistance de l’air est négligée.
Remarque : En réalité, dans les applications du génie civil, ces hypothèses ne sont jamais satisfaites.
Toutefois, l’utilisation d’un tel modèle est très utile car elle permet de saisir les interrelations entre les
différentes grandeurs du système ainsi que les tendances associées.
Ainsi, selon la Loi de Newton :
̈
∑ 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚𝑥(𝑡)
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙 = 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒
̈
−𝑘𝑥(𝑡) = 𝑚𝑥(𝑡)
̈ + 𝑘𝑥(𝑡) = 0
𝑚𝑥(𝑡)

𝑘 Figure1. 8- Forces présentes dans un système non amorti


On posant 𝜔𝑛 = √𝑚 , l'équation devient:

̈ + 𝜔𝑛 2 𝑥(𝑡) = 0
𝑥(𝑡) (1.5)
La solution générale de l’équation est: 𝑥(𝑡) = 𝐴𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑛 𝑡) + 𝐵𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑛 𝑡)
Pour 𝑥(0) = 𝑥0
Et 𝑥 ′ (0) = 𝑉0
𝑉
D’où 𝑥(𝑡) = 𝜔0 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑛 𝑡) + 𝑥0 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑛 𝑡) (1.6)
𝑛

10
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure1. 9- Réponse en oscillation libre non amortie

IV.3-Oscillations amorties (Force d'amortissement est non nulle)


On parle d’oscillations amorties quand l’amortissement n’est pas nul, c’est-à-dire quand
𝑐 ≠ 0.
La figure ci-dessous illustre un modèle d’un système amorti, modélisé à sa position d’équilibre.

Figure1. 10- Système amorti

Ainsi, selon la Loi de Newton, l’équation du mouvement s’écrit :


̈
∑ 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚𝑥(𝑡)
𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙 + 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑎𝑚𝑜𝑟𝑡𝑖𝑠𝑠𝑚𝑒𝑛𝑡 = 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒
̈
−𝑘𝑥(𝑡) − 𝑐𝑥′(𝑡) = 𝑚𝑥(𝑡)
On peut écrire:
𝑥 ′′ + 2𝜆𝑥 ′ + 𝜔𝑛 2 𝑥 = 0
𝑐
Avec 2𝜆 = 𝑚

Figure1. 11- Forces présentes dans un système


amorti

11
Dynamique des structures et calcul sismique
La solution de l’équation de type : 𝑥(𝑡) = 𝐴𝑒 𝑟𝑡 = 𝐶1 𝑒 𝑟1𝑡 + 𝐶2 𝑒 𝑟2𝑡 (1.7)

𝑟1 = −𝜆 + √𝜆2 − 𝜔𝑛 2
Avec {
𝑟2 = −𝜆 − √𝜆2 − 𝜔𝑛 2
𝑟1 et 𝑟2 sont les solutions de l'équation caractéristique suivante:
𝑟 2 + 2𝜆𝑟 + 𝜔𝑛 2 = 0 (1.8)
Trois cas d’amortissements du système peuvent alors se présenter, la figure illustre ces trois niveaux
d’amortissement.
- un amortissement faible,
𝜆 𝑐
- un amortissement critique 𝜉 = 𝜔 = 2𝑚𝜔
𝑛 𝑛
- un amortissement fort

Figure1. 12- Niveaux d'amortissement

L’amortissement faible constitue le régime le plus dangereux pour les structures du génie civil.
Cas 1-Amortissement faible: 𝜆 < 𝜔𝑛
Pour 0 ≤ 𝜉 < 1 le système oscille autour d'une position d'équilibre avec une amplitude décroissante. Le
déplacement du solide suit le profil de la courbe ci-dessous:

Figure1. 13- : Réponse d'un système sous-amortie

12
Dynamique des structures et calcul sismique
Dans ce cas, les racines 𝑟1 et 𝑟2 sont complexes car 𝜆2 − 𝜔𝑛 2 est négatif ; celles-ci peuvent alors s’écrire
de la manière suivante :
𝑟1 = −𝜆 + 𝑖𝜔𝐷
Avec 𝜔𝐷 =√𝜔𝑛 2 − 𝜆2 pulsation amortie ou pseudo pulsation [rad/s]
𝑟2 = −𝜆 − 𝑖𝜔𝐷
D’où l'équation devient:

𝑥(𝑡) = 𝐶1 𝑒 (−𝜆+𝑖𝜔𝐷)𝑡 + 𝐶2 𝑒 (−𝜆−𝑖𝜔𝐷)𝑡


𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [(𝐶1 + 𝐶2 ) cos(𝜔𝐷 𝑡) + 𝑖(𝐶1 − 𝐶2 ) sin(𝜔𝐷 𝑡)] (1.9)
𝐶 = 𝐶1 + 𝐶2
On pose {
𝐷 = 𝑖(𝐶1 − 𝐶2 )
L'équation devient:
𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [𝐶 cos(𝜔𝐷 𝑡) + 𝐷 sin(𝜔𝐷 𝑡)] (1.10)
𝑥 = 𝑥0  𝐶 = 𝑥0
A 𝑡=0 { 𝑉0 +𝜆𝑥0
𝑥 ′ = 𝑉0  𝐷= 𝜔𝐷

Donc
𝑉0 +𝜆𝑥0
𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [𝑥0 cos(𝜔𝐷 𝑡) + sin(𝜔𝐷 𝑡)] (1.11)
𝜔𝐷

Les valeurs du coefficient d’amortissement 𝜉 pour le béton et l’acier


sont présentées dans le tableau ci-contre. On constate que ce
coefficient vaut pour le béton environ le triple de celui caractérisant
l’acier. La plupart des structures de génie civil ont un coefficient
d’amortissement 𝜉 compris entre 0 et 0.2.
De par ces valeurs, pour les applications du génie civil, la différence entre la pulsation propre ωn et la
pulsation amortie 𝜔𝐷 est négligeable.
Cas 2-Amortissement fort: 𝜆 > 𝜔𝑛
Dans ce cas, les racines de l’équation caractéristique sont réelles et le système s’approche lentement de
sa position d’équilibre plutôt que de vibrer.

Figure1. 14- Mouvement Libre amortie

13
Dynamique des structures et calcul sismique
Cas 3-Amortissement critique: 𝜆 = 𝜔𝑛
Ce cas représente la frontière entre les deux régimes précédents. Cette fois-ci, les racines de l’équation
sont égales à 𝜆 ; le système ne vibre pas et s’approche rapidement de sa position d’équilibre.

Figure1. 15- Réponse en oscillation libre à amortissement critique

IV.4-Oscillations entretenues ou forcées


La figure ci-dessous illustre le modèle d’un système amorti sollicité par des oscillations forcées ou
entretenues. Ce modèle s’applique à des cas tels que des ouvrages pour piétons (ex. : passerelle), des
ponts (sous l’effet du trafic), l’effet du vent sur des ponts haubanés et suspendus, etc. Une force
perturbatrice périodique est appliquée sur ce système.

Figure1. 16- Système amorti sollicité par des oscillations forcées

Ainsi, selon la Loi de Newton, l’équation du mouvement s’écrit:


𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙 + 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′ 𝑎𝑚𝑜𝑟𝑡𝑖𝑠𝑠𝑚𝑒𝑛𝑡 + 𝐹(𝑡) = 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑒𝑟𝑡𝑖𝑒
̈
−𝑘𝑥(𝑡) − 𝑐𝑥 ′ (𝑡) + 𝐹(𝑡) = 𝑚𝑥(𝑡)
̈ + 𝑐𝑥 ′ (𝑡) + 𝑘𝑥(𝑡) = 𝐹(𝑡)
𝑚𝑥(𝑡)
𝐹0
𝑥 ′′ + 2𝜆𝑥 ′ + 𝜔𝑛 2 𝑥 = sin(𝜔𝑡) (1.12)
𝑚

Figure1. 17- Forces présentes dans un système


amorti sous oscillations forcées
La solution de l’équation est constituée d’une
solution homogène 𝑥ℎ (𝑡), qui représente le mouvement oscillatoire de la structure (solution de

14
Dynamique des structures et calcul sismique
l’équation du mouvement du même système oscillatoire sans oscillations forcées) et d’une solution
particulière 𝑥𝑝 (𝑡) , représentant l’effet de la force périodique appliquée sur la structure. Pour un
temps t suffisamment grand, seule l’oscillation forcée persiste ; à noter que celle-ci ne dépend pas des
conditions initiales.
𝑥ℎ (𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [𝐶 cos(𝜔𝐷 𝑡) + 𝐷 sin(𝜔𝐷 𝑡)] (1.13)

𝑥𝑝 (𝑡) = 𝑋𝑠𝑖𝑛(ω𝑡 − 𝑏) (1.14)

Afin de déterminer les constantes, nous insérons la solution particulière dans l’équation (1.12) et
obtenons ceci:
𝐹0
−𝑋𝜔2 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − 𝑏) + 2𝜆𝑋𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡 − 𝑏) + 𝜔𝑛 2 𝑋𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 − 𝑏) = sin(𝜔𝑡)
𝑚
Ce système peut être écrit de la manière suivante :
𝐹0
𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡)[−𝑋𝜔2 cos(𝑏) + 2𝜆𝑋𝜔𝑠𝑖𝑛(𝑏) + 𝜔𝑛 2 𝑋𝑐𝑜𝑠(𝑏) − ] + 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡)[𝑋𝜔2 sin(𝑏) + 2𝜆𝑋𝜔𝑐𝑜𝑠(𝑏)
𝑚
− 𝜔𝑛 2 𝑋𝑠𝑖𝑛(𝑏) = 0
Afin de satisfaire cette équation, il faut que les deux crochets soient nuls, ce qui implique:

−𝑋(𝜔𝑛 2 − 𝜔2 ) sin(𝑏) + 2𝜆𝑋𝜔𝑐𝑜𝑠(𝑏) = 0


{ 𝐹0
𝑋(𝜔𝑛 2 − 𝜔2 ) cos(𝑏) + 2𝜆𝑋𝜔𝑠𝑖𝑛(𝑏) =
𝑚
2𝜆𝜔
𝑏 = arctan((𝜔 2 −𝜔2 )
𝑛
On peut tirer que { 𝐹0
𝑚
𝑋= 2 −𝜔2 )2 +4𝜆2 𝜔2
√(𝜔𝑛

A noter que l’expression de X peut aussi s’écrire :


𝐹0
𝑘
𝑋= (1.15)
2 2 2 2
√(1− 𝜔 2 ) +4 𝜆 2 𝜔 2
𝜔𝑛 𝜔𝑛 𝜔𝑛

𝐹0
Avec = 𝑥(𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒) est le déplacement statique
𝑘
1 1
Et = = 𝑅𝑑 est le facteur d'amplification dynamique
2 2 2 2 2 2 2
√(1− 𝜔 2 ) +4 𝜆 2 𝜔 2 √(1− 𝜔 2 ) +4𝜉 2 𝜔 2
𝜔𝑛 𝜔𝑛 𝜔𝑛 𝜔𝑛 𝜔𝑛

La solution générale de l’équation, s’obtenant par addition des solutions homogène et particulière, est la
suivante :

𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [𝐶 cos(𝜔𝐷 𝑡) + 𝐷 sin(𝜔𝐷 𝑡)] + 𝑥(𝑠𝑡𝑎𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒)𝑅𝑑 𝑠𝑖𝑛(ω𝑡 − 𝑏) (1.16)


a-Amortissement faible
Lorsque l’amortissement 𝜆 tend vers 0, la pulsation amortie 𝜔𝐷 tend vers la pulsation propre ωn et la
solution générale devient de la forme :

15
Dynamique des structures et calcul sismique
𝐹0

𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 [𝐶 cos(ωn 𝑡) + 𝐷 sin(ωn 𝑡)] + 𝑘


𝜔2
sin(𝜔𝑡) (1.17)
1− 2
𝜔𝑛

Lorsque t devient suffisamment grand (𝑒 −𝜆𝑡 →0, pertes d’énergie dues au frottement) seule persiste
l’oscillation forcée, qui dépend uniquement de la situation dans laquelle se trouve la structure. C’est
ainsi que la solution particulière devient la solution d’équilibre :
𝐹0
𝑘
𝑥(𝑡) = 𝜔2
sin(𝜔𝑡) (1.18)
1− 2
𝜔𝑛

1
Alors, le facteur d’amplification devient : 𝑅𝑑 = 𝜔2
1−
𝜔𝑛 2

𝐹
Le déplacement de la masse sous une force statique 𝐹0 étant 𝑘0 .
𝐹0
Le déplacement maximal de la masse est 𝑅𝑑.
𝑘

Remarque:
- En cas d’amortissement faible, le facteur d’amplification tend
vers l’infini si la fréquence propre de la structure ωn s’approche de
la fréquence de sollicitation 𝜔. C’est ce qu’on appelle le phénomène
de résonance.
- Si 𝜔 ≪ ωn , on observe une amplification du mouvement, qui
tend vers 1 (𝑅𝑑 ≥ 1) et, si 𝜔 ≫ ωn on observe une amplification du
mouvement tendant vers 0 (𝑅𝑑 →0).
b-Avec amortissement Figure1. 18- Variation du facteur
d’amplification
Lorsque l’amortissement n’est pas nul, le coefficient 𝜆 n’étant pas
nul, la solution générale est de la forme :
𝐹0
𝑥(𝑡) = 𝑒 −𝜆𝑡 𝐶 cos(ωn 𝑡) + 𝐷 sin(ωn 𝑡) + 𝑘 sin(𝜔𝑡 − 𝑏)
2
√(1 − 𝜔2 𝜆2 𝜔2
) +4
𝜔𝑛 2 𝜔𝑛 2 𝜔𝑛 2

Remarque :
On constate, sur la figure, que, contrairement au cas sans
amortissement, l’effet de résonance maximal ne se trouve plus à
𝜔
l’endroit où ω = 1.
n

Figure1. 19- Variation du facteur


d’amplification pour différents coefficients
d’amortissement

16
Dynamique des structures et calcul sismique
IV.5-Réponse à une charge arbitraire
Les cas précédents traitent des systèmes dont la perturbation extérieure est harmonique. Considérons le
cas plus général où l’excitation a une allure quelconque.
Le tableau suivant présente les charges dynamiques typiques appliquées sur des ouvrages de génie civil:

Force quelconque
Considérons une charge 𝐹(𝑡) telle que montrée à la figure ci-dessous où l’excitation a une allure
quelconque. Cette charge arbitraire est décomposée en une série de charges impulsionnelles de durée 𝑑𝜏
d afin d’en déduire la réponse.

Figure1. 20- Charge arbitraire

Pour une charge arbitraire, le déplacement engendré par une infinité d’impulsions de durée d se
produisant durant l’intervalle de temps 0 à t s’obtient par sommation des réponses de chaque impulsion.
Selon le principe de superposition des systèmes linéaires, l’équation du mouvement pour un système
amorti soumis à une charge quelconque est donnée par l’intégrale de Duhamel:
1 𝑡
𝑥(𝑡) = 𝑚𝜔 ∫0 𝐹( 𝜏)𝑒 −𝜆(𝑡−𝜏) sin[𝜔𝐷 (𝑡 − 𝜏)]𝑑𝜏 (1.19)
𝐷

17
Dynamique des structures et calcul sismique
Chapitre 2: Excitation par déplacement d'appui Cas-
Oscillateur simple

I-Excitation par déplacement d’appui d’un oscillateur simple de type


console encastrée
Un tremblement de terre impose au point A d'encastrement de la console verticale un déplacement
dg(t) -Figure ci-dessous. Les déplacements dg(t) sont considérés dans un repère absolu. Pour
connaître les effets du séisme dans la structure de l’oscillateur, on considère les déplacements
relatifs 𝑢(𝑡) par rapport au point A, car ils permettent le calcul des grandeurs liées à la déformation
du solide "oscillateur" :

Figure 2. 1- Excitation d’une console encastrée par déplacement horizontal de son appui

- la force de rappel 𝐹1 = − 𝑘 𝑢(𝑡)


- la force d'amortissement 𝐹2 = − 𝑐 𝑢′ (𝑡)
L'équation fondamentale de la dynamique s'écrit ici :

∑ 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚. 𝑑′′(𝑡)

𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙 + 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑 ′ 𝑎𝑚𝑜𝑟𝑡𝑖𝑠𝑠𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 = 𝐹𝑜𝑟𝑐𝑒 𝑑′𝑖𝑛𝑟𝑡𝑖𝑒


− 𝑘 𝑢(𝑡) − 𝑐 𝑢′ (𝑡) = 𝑚𝑑′′(𝑡)
𝑚𝑑′′ (𝑡) + 𝑘 𝑢(𝑡) + 𝑐 𝑢′ (𝑡) = 0
Or 𝑑(𝑡) = 𝑑𝑔 (𝑡) + 𝑢(𝑡)

𝑑′′(𝑡) = 𝑑 ′′𝑔 (𝑡) + 𝑢′′(𝑡)

18
Dynamique des structures et calcul sismique
Alors l'équation de mouvement devient:
𝑚𝑢"(𝑡) + 𝑘 𝑢(𝑡) + 𝑐 𝑢′ (𝑡) = −𝑚𝑑 ′′𝑔 (𝑡)

On pose 𝑝(𝑡) = −𝑚𝑑 ′′𝑔 (𝑡) Alors on obtient l'équation suivante:

𝑢(𝑡)′′ + 2𝜆𝑢(𝑡)′ + 𝜔𝑛 2 𝑢(𝑡) = 𝑝(𝑡) (2.1)


𝑐
Avec 2𝜆 = 𝑚

Cette équation est similaire à l'équation (1.12) correspondante à un oscillateur simple soumis à une
force extérieure imposée.
L'étude de l'oscillateur simple soumis à un déplacement imposé du monde extérieur auquel il est
fixé est un problème mathématique identique à celui de l'oscillateur simple considéré dans le repère
relatif mobile fixé à sa liaison au monde extérieur et soumis à une force fictive

𝑝(𝑡) = − 𝑚 𝑑𝑔″(𝑡) proportionnelle à l'accélération absolue 𝑑𝑔″(𝑡) de sa liaison au sol.


3𝐸𝐼
Lorsque 𝑢(𝑡) est calculé, on trouve 𝐹1 (𝑡) = − 𝑘𝑢(𝑡) = − 𝑢(𝑡)
ℎ3

Les efforts internes (𝑀, 𝑉, 𝑁) dans la console se déduisent de 𝐹1 (𝑡).


Pour trouver le déplacement 𝑢(𝑡) il faut résoudre l'intégrale de Duhamel
1 𝑡
𝑢(𝑡) = 𝜔 ∫0 𝑑 ′′𝑔 (𝜏) 𝑒 −𝜆(𝑡−𝜏) sin[𝜔𝐷 (𝑡 − 𝜏)]𝑑𝜏 (2.2)
𝐷

Compte tenu de la définition de la pulsation 𝜔 = √(𝑘 / 𝑚), on peut écrire la relation de la force
de rappel sous la forme 𝐹1 (𝑡) = − 𝑘𝑢(𝑡) = − 𝑚 𝜔2 𝑢(𝑡) = −𝑚 𝛽(𝑡) et dire que le résultat est
similaire à celui obtenu lorsque la masse m est soumise à une "pseudo accélération"
𝛽(𝑡) = 𝜔2 𝑢(𝑡) (2.3)
Avec cette simplification au lieu de considérer que l'oscillateur est soumis à un déplacement
d'appui 𝑑𝑔 (𝑡), on suppose que cet oscillateur est soumis à une force 𝐹 = 𝑚 𝛽(𝑡).

Figure 2. 2- Définition de la force statique de séisme

19
Dynamique des structures et calcul sismique
On voit au paragraphe suivant que cette formulation permet une présentation simple du calcul de
l'oscillateur soumis à un tremblement de terre.

II-Spectre de réponse d'une structure vis-à-vis le séisme


II.1-Généralités
Un signal sismique est complexe et aléatoire. Il peut être représenté comme la superposition d’ondes
(des différents types) de fréquences variées dont l’amplitude est plus ou moins importante. Un
certain nombre de paramètres, dépendant de la source et des sols traversés conditionnent la nature
du signal sismique en un lieu. L’enjeu sera d’identifier les fréquences très énergétiques des signaux
sismiques possibles sur le site à construire.

Figure 2. 3- Décomposition d'un signal complexe

La concordance entre les périodes de grande amplitude des oscillations pour un sol donné sous
l’effet d’un séisme donné et les périodes propres d’oscillation d’une construction créent des
phénomènes de résonance qui peuvent multiplier les accélérations que subit la structure par 2 ou
plus.

C’est un des principaux facteurs de ruine s’il n’est pas pris en considération par le concepteur et le
bureau d’études. L’un des objets de la sismologie appliquée est d’associer à chaque site un outil
de travail, appelé « spectre de réponse », qui permet à l’ingénieur d’évaluer la possible amplification
des ondes arrivant sur le site par le bâtiment, en raison d’une mise en résonance de la structure. La
première étape pour y parvenir est d’enregistrer les séismes des différents types de site pour en
décomposer le signal.
Enregistrement de signal sismique
Il existe 3 types de capteurs:
Sismomètres ________________________ Déplacements
Vélocimétries _______________________ Vitesses
Accéléromètres _____________________ Accélérations

On utilise plus communément les accélérogrammes, enregistrements à partir desquels on peut


retrouver la vitesse et le déplacement par calcul intégral.

Accélération (exprimée en m/s2 ou en % de g, g = 9,81m/s2)

20
Dynamique des structures et calcul sismique
On mesure les accélérations du sol dans les trois
directions en fonction du temps. La recherche des
pics d’accélération possibles sur une région donnée
est le premier élément de l’évaluation du
mouvement sismique pour l’application des règles
de calcul réglementaire.

Les accélérations, « en réponse » au séisme, de la


structure conditionnent les forces d’inertie qui vont Figure 2. 4- – Exemple d’accélérogramme
s’appliquer à la structure et auxquelles elle devra
résister (Forces d’inertie = Masse de la structure x Accélération).

Vitesse (exprimée en m/s)

On mesure les vitesses du sol dans les trois directions en fonction du temps. La vitesse en réponse
au séisme est un paramètre du comportement dynamique des structures.
La vitesse à laquelle se font les déformations dans une structure conditionne l’amortissement de
l’énergie dynamique sous forme de chaleur (Forces amorties = Coefficient propre au matériau x
Vitesse).

Figure 2. 5- Exemple de vélocigramme

Cette dissipation de l’énergie dynamique réduit le niveau de contraintes dans la structure, donc ses
déformations.

Déplacement (exprimé en m)

On mesure les déplacements du sol dans les trois directions en fonction du temps. Une structure
flexible peut subir des niveaux d’accélérations et des forces d’inertie acceptables au regard de son
dimensionnement, mais ses déformations peuvent être trop importantes à différents égards.

Figure 2. 6- Exemple de sismogramme

21
Dynamique des structures et calcul sismique
Les déplacements (déformations de la structure « en réponse » au séisme) possiblement importants
sur les structures flexibles doivent être évalués et équilibrés par les forces de rappel (Forces de
rappel = coefficient de raideur de la structure x déplacement).
Il faut raidir (ou amortir, voir ci-dessus) les structures dont la flexibilité provoquerait des
déformations inacceptables.

Interaction site-structure

Chaque système (défini par ses matériaux et sa géométrie) a une période propre d’oscillation : c’est
celle de ses oscillations libres, jusqu’à arrêt du mouvement, après une action unique le déplaçant
(déformant) de sa position d’origine. La durée de cette période propre au système dépend de sa
raideur, de sa masse et de la nature des liaisons entre ses éléments et avec le sol d’implantation.

Ainsi, chaque site, caractérisé par ses données physiques (matériaux, géométrie des accidents
topographiques et/ou géométrie des couches de sol meuble sur le substratum), est un système qui va
amplifier (ou atténuer) les différentes périodes qui composent le signal sismique qui lui parvient
depuis la source, en le filtrant. Chaque site aura donc un signal propre en réponse à un séisme donné.

De même, chaque structure est un système qui possède une (ou plusieurs) période propre
d’oscillation et qui va amplifier (ou atténuer) les différentes composantes du signal propre au site.

La « réponse » d’une structure est caractérisée par le niveau d’amplification ou d’atténuation du


mouvement sismique que le sol lui transmet. Les constructions dont une période propre d’oscillation
correspond à celle(s) qui est (sont) amplifiée(s) par le site vont entrer en résonance avec le
mouvement propre du site d’implantation, et leur mouvement « en réponse » pourra être multiplié
par 3 et plus par rapport au mouvement de référence au rocher. C’est un des principaux facteurs de
ruine totale en cas de séisme.

II.2-Les types de spectre de réponse


Il existe 3 types de spectre de réponse

 Le spectre de réponse d’un site à un séisme donné;


 Le spectre de réponse d’un site aux différents séismes régionaux possibles;
 Le spectre de réponse réglementaire;
1-Le spectre de réponse d’un site à un séisme donné

Le « spectre de réponse » des structures d’un site pour un séisme identifie les périodes du signal de
ce séisme que ce site a amplifié (ou atténué).

Ce spectre se présente sous la forme d’un « graphique » sur lequel on va lire le coefficient
d’amplification (par mise en résonance) ou de dé-amplification (par non concordance des périodes
sol-bâtiment) des paramètres du mouvement sismique (déplacement, vitesse, accélération),mesurés

22
Dynamique des structures et calcul sismique
au sol, par les différentes structures. Ainsi, on lira sur le spectre de réponse, la réponse de la structure
au signal du site en fonction de sa « période propre d’oscillation » et de son taux d’amortissement.
Exemple

Quatre « courbes » pour chaque paramètre,


correspondant à quatre taux d’amortissement
du mouvement par des structures différents

On repère sur l'axe des cordonnées la période


propre d’oscillations libres de l’oscillateur
étudié (structure s’il s’agit de constructions) et
on lit en ordonnée le niveau de réponse de cet
oscillateur.

Figure 2. 7- Spectre de réponse en accélération,


vitesse et déplacement d'un site donné pour un
séisme donné

2-Le spectre de réponse d’un site aux différents séismes régionaux possibles
En termes de prévention, la connaissance du spectre de réponse d’un site pour un seul séisme n’est
pas suffisante. En effet, les domaines fréquentiels des signaux parvenant d’une source proche ou
lointaine ne sont pas les mêmes, on produira donc des spectres qui tiennent compte des différents
signaux pouvant arriver sur le site.

Il permet de calculer avec des méthodes assez simples l’action d’un séisme avec une très bonne
fiabilité (spectre propre au site) ou une assez bonne fiabilité (spectre de réponse réglementaire)

23
Dynamique des structures et calcul sismique
Exemple
Spectres enveloppes pour un site.

A partir des spectres de réponse sur


un site pour plusieurs séismes de
sources différentes (signaux
différents), on détermine des
spectres de calcul qui enveloppent,
les différents pics des spectres réels.
On peut alors les utiliser pour le
calcul des structures en lisant sur
l’ordonnée un niveau
d’amplification qui est peut être
surestimé, mais en principe pas trop
sous-estimé.

Figure 2. 8- Spectres enveloppes pour un site

3-Le spectre de réponse réglementaire


Lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre une réglementation applicable à tout le monde à l’échelle d’un
territoire national, quelques spectres de réponse doivent permettre de représenter l’enveloppe des
différents séismes possibles sur tous les sites, de façon à faciliter les études de dimensionnement
des structures courantes.

III-Comment utiliser les spectres de réponse


Le mot spectre désigne une courbe qui présente (Déplacement, Accélération ou vitesse) de
l'oscillateur en fonction du temps.
Dans une zone géographique donnée où un accélérogramme dg″(t)
représentatif des mouvements sismiques en base de la fondation de
la structure étudiée est connu, on peut penser à simplifier la vie des
ingénieurs auteurs de projet en résolvant une fois pour toutes
l’ensemble des cas des divers oscillateurs simples possibles. A cette
fin, on effectue n fois l'opération suivante.
III.1-Spectre de réponse élastique en déplacement
A noter que le déplacement 𝑢(𝑡) dépend que de 𝜔 et ξ Figure 2. 9- Accélération du sol
1 𝑡 ′′
𝑢(𝑡) = ∫ 𝑑 (𝜏) 𝑒 −𝜆(𝑡−𝜏) sin[𝜔𝐷 (𝑡 − 𝜏)] 𝑑𝜏
𝜔𝐷 0 𝑔
On considère un oscillateur composé d'une masse 𝑚1 , située à une hauteur ℎ1 d'une poutre console
d'inertie 𝐼1 et de module d'élasticité 𝐸1 . La constante de rappel 𝑘1 de la console « ressort » est égale
3𝐸1 𝐼1
à : 𝑘1 = . La période propre 𝑇1 de l’oscillateur ainsi constitué vaut:
ℎ13

24
Dynamique des structures et calcul sismique
𝑚1 ℎ13
𝑇1 = 2𝜋√
3𝐸1 𝐼1

En résolvant l'intégrale de Duhamel, on établit la valeur du déplacement relatif 𝑢(𝑡) de la masse 𝑚1


par rapport l'encastrement A de sa console support. L'amplitude du déplacement 𝑢(𝑡) de la masse
par rapport à la base est influencée par l'amortissement du système ; on attribue à ce dernier plusieurs
valeurs.
En faisant varier les paramètres qui définissent la console de référence (autres masses m, autres
raideurs k, qui correspondent à d'autres périodes fondamentales T= T1, T2, …), on établit un
ensemble de spectres de réponse.
On construit les spectres de réponse en déplacement correspondant à (𝜔𝑖 ; 𝜉𝑖 )

Figure 2. 10- Exemples de spectres de réponse en déplacement correspondant à (ωi;ξi)

On retient la valeur maximale de 𝑢(𝑡) sur la durée du tremblement de terre, et on l’on associe à la
période 𝑇1 , soit 𝑢(𝑇1 ) = 𝑚𝑎𝑥 𝑢(𝑡). On reporte 𝑢(𝑇1 ) dans un diagramme (𝑢(𝑇), 𝑇).
On obtient le spectre de réponse en déplacement.

25
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure 2. 11- Spectre de réponse en déplacement

Apres l'établissement du spectre de réponse en déplacement, on calcule la période propre 𝑇 de la


structure et on détermine le coefficient d'amortissement critique, on lit directement sur le spectre la
valeur de déplacement 𝑢(𝑇) ensuite on calcule la force maximale équivalente de séisme 𝐹𝑚𝑎𝑥 =
𝑘𝑢(𝑇).
III.2-Spectre de réponse élastique en accélération
Pour le calcul des structures, on utilise souvent des spectres d'accélération, pour établir ce dernier,
il suffit de convertir le spectre de déplacement en spectre d'accélération.
On sait que la pseudo-accélération 𝛽(𝑡) = 𝜔2 𝑢(𝑡) .
On calcule pour chaque période propre 𝑇𝑖 (𝑚𝑖 ; 𝑘𝑖 ) la pseudo-accélération 𝛽(𝑇𝑖 ) = 𝜔𝑖2 𝑢(𝑇𝑖 ).
La valeur de 𝑢(𝑇𝑖 ) est extraite du spectre de déplacement, ensuite on trace la fonction
(𝛽(𝑇), 𝑇)

Figure 2. 12- Spectre de réponse en accélération

26
Dynamique des structures et calcul sismique
La force maximale équivalente de séisme 𝐹𝑚𝑎𝑥 = 𝑚𝛽(𝑇)
Conclusion
La résolution itérative de l'intégrale de Duhamel suite aux différentes valeurs de (𝜔𝑖 ; 𝜉𝑖 ), nous a
permis d'établir différents spectre de réponse (déplacement, accélération et vitesse).
Dorénavant il suffit d'évaluer la valeur de la période propre et de l'amortissement pour calculer
l'effort sismique à partir duquel la structure sera dimensionnée.

III.3-Spectre de réponse élastique du code parasismique (Eurocode 8)


Des incertitudes affectent la connaissance de l'accélérogramme qui sera mesuré à un endroit donné
lors du prochain tremblement de terre. Le "spectre de réponse en accélération β " établi comme
indiqué ci-dessus correspond à un seul accélérogramme (spectre de réponse d’un site à un séisme
donné) et ne peut pas bien représenter la séismicité de la région.
On rencontre les incertitudes quant aux
prochains séismes en établissant plusieurs
spectres de réponse β(T) qui correspondent à
plusieurs accélérogrammes (spectre de
réponse d’un site aux différents séismes
régionaux) et en retenant comme spectre pour
le code parasismique une "moyenne" de tous
ces spectres (spectre de réponse
réglementaire).
Figure 2. 13- Définition d’un spectre « moyen » Se (T) de code
parasismique

Le spectre "moyen" résulte d'une approche statistique, associée à un "jugement d'ingénieur" et au


souci d'un confort d'utilisation du spectre normatif, de sorte que la forme du spectre de réponse de
projet Se(T) est plus schématique que celle de chaque spectre de réponse β(T).
On présente sur la figure ci-dessous, le spectre de réponse élastique Se(T) de l'Eurocode 8, où on
distingue des périodes de coin (𝑇𝐵 , 𝑇𝐶 et 𝑇𝐷 ). Les codes parasismiques définissent généralement une
seule schématisation de base pour le spectre de réponse élastique en accélération de référence.
3𝐸𝐼
L'évaluation de la déformée et des sollicitations d'une console de masse 𝑚 et de raideur est

effectuée comme expliqué précédemment et la force horizontale F maximale vaut:
𝐹𝑚𝑎𝑥 = 𝑚 𝑆𝑒(𝑇).
Si on peut établir que l'amortissement est différent de la valeur standard de 5 % (béton armé), le
spectre de réponse élastique peut être corrigé par un coefficient 𝜂.
L’examen d’un spectre de réponse élastique en accélération met en évidence plusieurs faits :
- pour une structure très raide (T ≈ 0 s), la pseudo-accélération Se(T) est égale à l’accélération
maximale 𝑎𝑔 = 𝑑𝑔″(𝑡) du sol (si on construit sur le bedrock, S=1); c’est logique, car une structure
infiniment raide suit exactement les mouvements du sol, sans avoir de déformée propre.

27
Dynamique des structures et calcul sismique
- la réponse dynamique des structures
modérément flexibles (𝑇 compris entre 𝑇𝐵 et 𝑇𝐶 ,
ordre de grandeur 0,25s et 0,8s) entraîne à une
amplification des accélérations par rapport à
l’accélération du sol; la pseudo accélération Se(T)
est de l’ordre de 2,5 fois l’accélération maximale
𝑆𝑎𝑔 = 𝑆𝑑𝑔″(𝑡) du sol ; le contenu fréquentiel
des accélérogrammes, qui est plus important dans
cette gamme de périodes, favorise un aspect «
résonance » dans la réponse de la structure.
- les structures très flexibles sont les moins
sollicitées en terme de force, car elles fléchissent
de telle sorte que 𝑢(𝑡) ≈ 𝑑𝑔(𝑡) et « ne voient
pas passer » le séisme.
On conclut que les effets d'un tremblement de Figure 2. 14- Spectre de réponse élastique en accélération
terre sur une structure dépendent de sa rigidité: Se(T) de l’Eurocode 8
une structure plus rigide (période propre T faible)
subit des forces plus élevées qu’une structure flexible.
III.4-Du spectre de réponse élastique 𝑺𝒆(𝑻) au spectre de calcul 𝑺𝒅(𝑻)
D'autres facteurs que ceux considérés dans l'établissement du spectre de réponse élastique Se(T)
interviennent dans la réponse des structures aux tremblements de terre. Les spectres de calcul pour
l'analyse élastique 𝑆𝑑(𝑇) prennent en compte ces facteurs additionnels, qu'on définit aux
paragraphes suivants.
1-Importance de la construction.
La définition de l'accélération maximale de calcul 𝑎𝑔 résulte d'un processus statistique et correspond
à l'acceptation d'un certain niveau de risque. Il en découle que l'accélération maximale de calcul 𝑎𝑔
devrait être plus grande pour les structures considérées comme plus précieuses ou plus importantes
à divers points de vue (social, économique, environnemental..).
Dans l'Eurocode 8, on définit une accélération de référence 𝑎𝑔𝑅 correspondant à un niveau standard
de risque accepté ; 𝑎𝑔𝑅 est compris entre 0,05 𝑔 (0,5 𝑚/𝑠²) dans les zones très faiblement sismiques
et 0,4 𝑔 (4 𝑚/𝑠²) dans les zones très sismiques.
L'accélération maximale de calcul 𝑎𝑔 est trouvée en multipliant 𝑎𝑔𝑅 par γ𝐼 , "coefficient
d'importance" de la structure considérée : 𝑎𝑔 = γ𝐼 𝑎𝑔𝑅 . On donne au tableau ci-dessous les valeurs
de γ𝐼 recommandées dans l'Eurocode 8 pour différentes catégories d'importance de bâtiments.

28
Dynamique des structures et calcul sismique
Tableau 2. 1- Catégories d'importance de bâtiments et valeurs recommandées de 𝛾𝐼

2-Séisme proche, séisme lointain.


Une accélération de pointe 𝑎𝑔𝑅 donnée à un endroit donné peut être engendrée par différents types
de séisme : un fort séisme dont l'épicentre est éloigné ou un séisme plus faible dont l'épicentre est
proche. Le séisme réel affectant une zone est fonction de la géologie, proche et lointaine. Mais les
spectres de réponse correspondant aux deux types de séisme mentionnés sont différents, parce que
des ondes propagées de loin ou de près produisent des effets différents. Dans l'Eurocode 8, cette
possibilité est considérée et des formes de spectres de types l et 2 sont définies.
 Le type 1 correspond à des séismes lointains de magnitude suffisante (MS ≥ 5,5) pour engendrer
au site de construction des accélérations significatives dont la contribution est prépondérante dans
le risque sismique.
 Le type 2 est à considérer si des tremblements de terre de magnitude MS < 5,5 constituent le
facteur prépondérant de risque.
Dans certaines régions, le spectre de calcul résulte d'une combinaison des spectres de type 1 et 2.
3-Sols et sites
Les couches de sol présentées entre le rocher sous-jacent et la fondation d'un bâtiment modifient la
forme et les amplitudes du spectre de réponse élastique ou "alea", établies au niveau du rocher. Un
paramètre de sol 𝑆 prend en compte cette influence, de sorte que l'accélération maximale à la
fondation est égale à 𝑎𝑔 .

Les sites sont classifiés en types 𝐴, 𝐵, 𝐶, 𝐷, 𝐸, 𝑆1 𝑒𝑡 𝑆2 selon des profils stratigraphiques et des
valeurs de paramètres caractérisant les sols. Le tableau ci-dessous définit les valeurs de 𝑆
associées à ces types de sols et sites.

29
Dynamique des structures et calcul sismique
Tableau 2. 2- Paramètres de l'Eurocode 8 tenant compte des conditions de sol et site

On
voit que l'influence sur le mouvement en base de la structure est significative, puisque 𝑆 est
compris entre 1 (sur le rocher) et 1,8 (sol très meuble).
De plus, les valeurs des périodes "de coin" 𝑇𝐵 et 𝑇𝐶 , assez différentes selon les sites et sols et visibles
à la figure ci-dessous, influencent significativement le spectre. En examinant la figure on constate
que:

Figure 2. 15- Spectres de calcul Se(T) de l'Eurocode 8 pour les tremblements de terre des types 1 et 2 et pour
différentes conditions des sols et site

30
Dynamique des structures et calcul sismique
- plus les couches sont meubles (origine du mot « meuble » : mobile…), plus l’amplification est
élevée à période égale.
- l’amplification relative du site 𝐷 par rapport au site 𝐴 atteint pratiquement 3 pour des oscillateurs
(bâtiments, château d’eau, etc.) de période égale à 1𝑠.
- la période 𝑇𝐶 de « coin » du spectre se déplace vers la droite quand on passe de sol rocheux à sol
meuble.
Il apparaît clairement qu'ignorer les conditions de sol et site peut conduire à de grandes sous-
estimations de l'action sismique.
4-Ductilité de la structure
Les forces d'inertie générées par l’action sismique dans les éléments de la structure, résultent des
actions transmises par les liaisons de ces éléments. Les déformations qui leur correspondent peuvent
atteindre un niveau pour lequel la ruine est inévitable par instabilité plastique ou par rupture fragile.
Lorsque les matériaux (et leur mise en œuvre) présentent une capacité importante de déformation
plastique avant rupture il est possible d'obtenir une sécurité acceptable en autorisant des incursions
significatives dans le domaine plastique (post-élastique). La ductilité ainsi définie se traduit par une
augmentation des déformations sans élévation notable du niveau de contraintes dans la structure.
On dit "ductile" une structure qui peut subir sans perte de résistance des déformations plastiques
alternées. La ductilité peut avoir une influence positive sur l'économie d'un projet, car :
- la structure ductile est capable de subir avec succès le même déplacement qu'une structure qui
répondrait de façon purement élastique, mais elle atteint ce résultat avec des éléments structuraux
de section moindre ;
- les sollicitations à la fondation sont réduites.
Cette capacité à se déformer plastiquement sans perte
de résistance est traduite par l'attribution d'un
"coefficient de comportement", 𝑞 dans l'Eurocode 8,
dont la valeur dépend du type de structure résistante.
Le coefficient de comportement 𝑞 est définit comme
rapport entre le niveau de contraintes que subit une
construction pour une déformation donnée sans
dommage (déformation élastique) et le niveau de
contraintes pour une même déformation avec
incursions dans le domaine plastique, avant la
rupture.

Figure 2. 16- Définition du coefficient de


Le coefficient q intervient comme réducteur du comportement q
spectre élastique 𝑆𝑒(𝑇) lors de la définition du spectre
de calcul 𝑆𝑑(𝑇). La réduction est comprise entre 1,5 pour les structures peu dissipatives et 6 pour
les structures très dissipatives.

31
Dynamique des structures et calcul sismique
Le facteur 𝑞 permet de tenir compte de la capacité de déformation plastique d'une structure tout en
effectuant une analyse purement élastique sous un spectre 𝑆𝑑(𝑇).
Exemples de spectres de calcul.
Lorsqu'on tient compte de tous les facteurs définis aux paragraphes précédents, c'est toute une
famille de spectres de calcul 𝑆𝑑(𝑇) qui apparaît au départ d'un spectre de réponse élastique 𝑆𝑒(𝑇).

 𝑆𝑒(𝑇) est fonction de 𝑎𝑔𝑅 , γ𝐼 et 𝑇.


 𝑆𝑑(𝑇) est fonction de 𝑆𝑒(𝑇), 𝑞 et des conditions de sol et site.
On présente à la figure ci-dessous quelques exemples de spectres de calcul correspondant à une zone
sismique où 𝑎𝑔 = 2m/s², où le risque sismique correspond à un tremblement de terre de type 1, pour
des structures caractérisées par 𝑞 = 1,5 construites sur des sols de type A et C et pour des structures
caractérisées par 𝑞 = 4 construites sur un sol de type 𝐶.

Figure 2. 17- Exemples de spectre de calcul pour divers sites et coefficient de comportement, en
regard de quelques structures caractérisées par leurs périodes

32
Dynamique des structures et calcul sismique
IV-Etablissement des spectres de réponse de l’Eurocode 8
IV.1-Spectre élastique 𝑺𝒆 (𝑻) horizontal de réponse en accélération
La représentation de base de l’action sismique en un point donné de la surface du sol est exprimée
par un spectre de réponse élastique en accélération. L’aléa est caractérisé par le paramètre «
accélération maximale de référence 𝑎𝑔𝑅 au niveau d’un sol de classe A (bedrock) ». Cette
accélération vaut pour les structures auxquelles on attribue un coefficient d’importance γ𝐼 = 1.
Pour les autres catégories d’importance, l’accélération de calcul au niveau d’un sol de classe A
vaut 𝑎𝑔 = γ𝐼 𝑎𝑔𝑅 . Ceci revient à considérer pour ces structures d’autres périodes de retour que la
période de référence TNCR. Les catégories d'importance γ𝐼 des bâtiments recommandées par
l’Eurocode 8 sont données au tableau 2.1.
Le spectre de réponse élastique horizontal 𝑆𝑒 (𝑇) est formulé mathématiquement de façon unique
pour l’Europe, à l’aide des paramètres suivants :
 𝑇𝐵 Limite inférieure des périodes correspondant au palier d’accélération spectrale constante.
 𝑇𝐶 Limite supérieure des périodes correspondant à ce palier.
 𝑇𝐷 Valeur définissant le début de la branche à déplacement spectral constant.
 𝑆 paramètre du sol, dont les valeurs sont définies au tableau 2.2.
 𝜂 coefficient de correction de l’amortissement
o η = 1 pour 5 % d’amortissement visqueux
10
o 𝜂 = √5+ξ où ξ est le coefficient d’amortissement visqueux, en %

 𝑎𝑔 = γ𝐼 𝑎𝑔𝑅 avec 𝑎𝑔𝑅 : accélération maximale de référence au niveau d’un sol de classe A
𝑇
0𝑠 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 : 𝑆𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. [1 + 𝑇 . (2.5𝜂 − 1)]
𝐵

𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 : 𝑆𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. 2.5. 𝜂
𝑇
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 : 𝑆𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. 2.5. 𝜂. [ 𝑇𝐶 ]
𝑇𝐶 𝑇𝐷
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 ≤ 4𝑠 : 𝑆𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. 2.5. 𝜂. [ ]
𝑇2

IV.2-Spectre de calcul 𝑺𝒅 (𝑻) horizontal de réponse en accélération


Le spectre de calcul horizontal 𝑆𝑑 (𝑇) est la représentation de l’action sismique la plus couramment
utilisée dans l’analyse des ossatures de bâtiments. Il est basé sur le spectre élastique 𝑆 𝑒 (𝑇), mais il
intègre aussi l’influence de certains aspects de la réponse des structures, en particulier, la capacité
de dissipation d’énergie de la structure dans des déformations plastiques, via le « coefficient de
comportement 𝑞 ».
Le spectre de calcul 𝑆𝑑 (𝑇) horizontal de réponse en accélération est formulé de façon unique pour
l’Europe, à l’aide des paramètres suivants :

 𝑆, 𝑇𝐵 , 𝑇𝐶 , 𝑇𝐷 , donnés au tableau 2.2.


 𝛽 est un coefficient fixant la limite inférieure des ordonnées du spectre (valeur
recommandée 𝛽 = 0,2).

33
Dynamique des structures et calcul sismique
 𝑎𝑔 = γ𝐼 𝑎𝑔𝑅 avec 𝑎𝑔𝑅 : accélération maximale de référence au niveau d’un sol de classe A
(bedrock).
2 𝑇 2.5 2
0𝑠 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 : 𝑆𝑑 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. [3 + 𝑇 . ( 𝑞 − 3)]
𝐵

2.5
𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 : 𝑆𝑑 (𝑇) = 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑞

2.5 𝑇
= 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑞 . [ 𝑇𝐶 ]
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 : 𝑆𝑑 (𝑇) {
≥ 𝛽𝑎𝑔
2.5 𝑇𝐶 𝑇𝐷
= 𝑎𝑔 . 𝑆. .[ ]
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 ≤ 4𝑠 : 𝑆𝑑 (𝑇) { 𝑞 𝑇2
≥ 𝛽𝑎𝑔

IV.3-Spectre de réponse élastique en déplacement


Jusqu’à la période de contrôle 𝑇𝐸 , les ordonnées du spectre de réponse élastique en déplacement
𝑆𝐷𝑒 (𝑇) sont obtenues à partir des expressions du spectre de réponse élastique en accélération
𝑇
𝑆𝐷𝑒 (𝑇) = 𝑆𝑒 (𝑇)( )2
2𝜋

Pour des périodes de vibration au-delà de 𝑇𝐸 , les ordonnées du spectre de réponse élastique en
déplacement sont données par:
𝑇−𝑇𝐸
𝑇𝐸 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐹 : 𝑆𝐷𝑒 (𝑇) = 0.025 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑇𝐵 . 𝑇𝐶 [2.5𝜂 + 𝑇 . (1 − 2.5𝜂)]
𝐹 −𝑇𝐸

𝑇 ≥ 𝑇𝐹 : 𝑆𝐷𝑒 (𝑇) = 𝑑𝑔

 𝑆, 𝑇𝐵 , 𝑇𝐶 , donnés au tableau 2.2


 𝑑𝑔 déplacement de calcul
 𝑇𝐸 , 𝑇𝐹 voir tableau ci-dessous

Tableau 2. 3- Périodes TE et TF du spectre de déplacement

IV.4-Spectre de réponse en accélération élastique vertical


La composante verticale de l’action sismique est représentée par un spectre de réponse élastique
𝑆𝑣𝑒 (𝑇) est donnée par:

34
Dynamique des structures et calcul sismique
𝑇
0𝑠 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐵 : 𝑆𝑣𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑣𝑔 . [1 + 𝑇 . (3𝜂 − 1)]
𝐵

𝑇𝐵 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐶 : 𝑆𝑣𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑣𝑔 . 3. 𝜂


𝑇
𝑇𝐶 ≤ 𝑇 ≤ 𝑇𝐷 : 𝑆𝑣𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑣𝑔 . 3. 𝜂. [ 𝑇𝐶 ]
𝑇𝐶 𝑇𝐷
𝑇𝐷 ≤ 𝑇 ≤ 4𝑠 : 𝑆𝑣𝑒 (𝑇) = 𝑎𝑣𝑔 . 3. 𝜂. [ ]
𝑇2

L’accélération verticale 𝑎𝑣𝑔 est une fraction de l’action horizontale, définie au tableau suivant:

Tableau 2. 4- Valeurs recommandées des paramètres décrivant le spectre de réponse élastique vertical

IV.5-Spectre de calcul vertical de réponse en accélération.


Le spectre de réponse vertical de calcul est donné par les expressions du spectre horizontal de
calcul avec :

 l’accélération de calcul du sol dans la direction verticale 𝑎𝑣𝑔 à la place de 𝑎𝑔


 S = 1,0
 q ≤ 1,5 pour tous les matériaux et tous les systèmes structuraux.
IV.6-Déplacement de calcul du sol 𝒅𝒈 .
Le déplacement de calcul au niveau du sol 𝑑𝑔 , correspondant à l’accélération de calcul au niveau
du sol, peut être estimé par :
𝑑𝑔 = 0.025 𝑎𝑔 . 𝑆. 𝑇𝐵 . 𝑇𝐶

35
Dynamique des structures et calcul sismique
Chapitre 3: Dynamique d'un oscillateur multiple

I-Introduction
Un système réel comprend généralement plusieurs masses reliées entre elles par des éléments
de types ressort et amortisseur.
Le nombre de paramètres indépendants nécessaires pour déterminer la position relative de
chaque masse est appelé « nombre de degrés de liberté » ; un système comportant N masses
susceptibles de se déplacer dans un plan possède donc 2N degrés de liberté.
Pour chaque degré de liberté, on établira les conditions d’équilibre, comportant les effets dus à
l’accélération et ceux dus aux autres actions extérieures du système (Newton), au point
considéré.
 La figure 1 présente un exemple d’un système à 3 degrés de liberté.
 La figure 2 présente un exemple d’un système à 5 degrés de liberté
 La figure 3 présente un exemple d’un système à 6 degrés de liberté
 La figure 4 présente un exemple d’un système à 18 degrés de liberté

figure 1 figure 2 figure 3 figure 4

Figure 3. 1- Exemples des systèmes à plusieurs degrés de liberté

II-Mise en équation
Un oscillateur multiple est composé de plusieurs masses reliées entre elles
et une base fixe par des ressorts et amortisseurs.
Considérons un système de 3 masses (𝑚1 ; 𝑚2 ; 𝑚3 ) reliées entre elles avec
des ressorts de rigidité(𝑘1 ; 𝑘2 ; 𝑘3 )et chaque masse est soumises à une
force extérieure 𝑝𝑖 (𝑡).
𝑢𝑖 Représentent les déplacements de chaque solide par rapport à la
position du système lorsqu'il est à l'équilibre.
1-Equation de mouvement de la masse 1: Figure 3. 2- Oscillateur
̈ triple
∑ 𝐹𝑒𝑥𝑡 = 𝑚𝑥(𝑡)

36
Dynamique des structures et calcul sismique
𝑝1 (𝑡) + 𝐹𝑟1 = 𝐹𝑖1
𝑝1 (𝑡) − 𝑘1 (𝑢1 − 𝑢2 ) = 𝑚1 𝑢"1
𝑚1 𝑢"1 + 𝑘1 (𝑢1 − 𝑢2 ) = 𝑝1 (𝑡) (3.1)
2-Equation de mouvement de la masse 2:
𝑝2 (𝑡) + 𝐹𝑟2 − 𝐹𝑟1 = 𝐹𝑖2
𝑚2 𝑢"2 + 𝑘2 (𝑢2 − 𝑢3 ) − 𝑘1 (𝑢1 − 𝑢2 ) = 𝑝2 (𝑡) (3.2)
3-Equation de mouvement de la masse 3:
𝑝3 (𝑡) + 𝐹𝑟3 − 𝐹𝑟2 = 𝐹𝑖3
𝑚3 𝑢"3 + 𝑘3 𝑢3 − 𝑘2 (𝑢2 − 𝑢3 ) = 𝑝3 (𝑡) (3.3)
On peut écrire ces équations différentielles sous forme matricielle.

𝑚1 0 0 𝑢"1 𝑘1 −𝑘1 0 𝑢1 𝑝1 (𝑡)


(0 𝑚2 0 ) (𝑢"2 ) + (−𝑘1 𝑘1 + 𝑘2 𝑢
−𝑘2 ) ( 2 ) = ( 𝑝2 (𝑡))
0 0 𝑚3 𝑢"3 0 −𝑘2 𝑘2 + 𝑘3 𝑢3 𝑝3 (𝑡)
[𝑀]{𝑈"} + [𝐾]{𝑈} = {𝑃} (3.4)
De façon générale les oscillations d'un système mécanique au voisinage d'une position
d'équilibre sont décrites par une équation de type:
[𝑀]{𝑈"} + [𝐶]{𝑈′} + [𝐾]{𝑈} = {𝑃} (3.5)
Avec

 [𝑀]: Matrice de masse (symétrique)


 [𝐶]: Matrice d'amortissement (symétrique)
 [𝐾]: Matrice de rigidité (symétrique)
 {𝑈"}: Vecteur d'accélération
 {𝑈′}: Vecteur de vitesse
 {𝑈}: Vecteur de déplacement
 {𝑃}: Vecteur des forces extérieures
II.1-Cas d'oscillations libres non amorties
En oscillation libre [𝐶] = [0] et {𝑃} = {0}
L'équation de mouvement devient:
[𝑀]{𝑈"} + [𝐾]{𝑈} = 0 (3.6)
Les matrices [𝑀] et [𝐾] sont définies positives, la solution de l'équation est de la forme:
𝑈(𝑡) = ∑𝑛𝑗=1 𝑎𝑗𝐷𝑗 𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑗 𝑡 + 𝜃𝑗 ) Pour j = 1, n si n est le nombre de modes de vibration.

Le mouvement global est la somme de n mouvements sinusoïdaux appelés "modes de


vibrations" et dont chacun est caractérisé par les paramètres suivants :

37
Dynamique des structures et calcul sismique
- une pulsation 𝜔𝑗 et donc une période propre 𝑇𝑗 = 2π / 𝜔𝑗 .
- un vecteur déformation 𝐷𝑗 appelé "déformée modale".
- un coefficient 𝑎𝑗 qui fixe l'amplitude des déplacements.
- un déphasage 𝜃𝑗

Exemple
La figure ci-dessous correspond à un oscillateur de 3 degrés de liberté.

Figure 3. 3- Modes de vibration

Le déplacement de la masse k est donné par:


𝑈𝑘 = 𝑎1 𝑑𝑘1 𝑠𝑖𝑛 (𝜔1 𝑡 + 𝜃1 ) + 𝑎2 𝑑𝑘2 𝑠𝑖𝑛 (𝜔2 𝑡 + 𝜃2 ) + 𝑎3 𝑑𝑘3 𝑠𝑖𝑛 (𝜔3 𝑡 + 𝜃3 )
Calcul de pulsations propres et vecteurs de déformations
La solution de l'équation [𝑀]{𝑈"} + [𝐾]{𝑈} = 0 est 𝑈 = 𝑎𝐷𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 + 𝜃)
On dérive la solution deux fois et on remplace 𝑈 et 𝑈" par leurs expressions dans l'équation
(3.6). On obtient
(−𝜔2 𝑀𝐷 + 𝐾𝐷)𝑎𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡 + 𝜃) = 0 (3.7)
L'équation trouvée doit être vérifiée quel que soit 𝑡 donc:
(−𝜔2 𝑀 + 𝐾)𝐷 = 0 (3.8)
Le vecteur 𝐷 est différent de vecteur 0 (sinon on n'a pas de déplacement) donc:
|−𝜔2 𝑀 + 𝐾| = 0 (3.9)
Si on développe ce déterminant, on trouve une équation de degré 𝑛 en 𝜔2 , la résolution de
cette équation permet de trouver les 𝑛 pulsations (𝜔1 ; 𝜔2 ; … ; 𝜔𝑗 ; … 𝜔𝑛 ).

Le vecteur de déformation 𝐷𝑗 = (𝑑𝑗1 ; 𝑑𝑗2 ; … ; 𝑑𝑗𝑘 ; … 𝑑𝑗𝑛 ) qui correspond au mode de vibration
j de pulsation 𝜔𝑗 et de période 𝑇𝑗 est donné par:
(𝐾 − 𝜔𝑗 2 𝑀)𝐷𝑗 = 0 (3.10)

Le déplacement est donné par la superposition des différents modes:

38
Dynamique des structures et calcul sismique
𝑈(𝑡) = ∑𝑛1 𝑎𝑗𝐷𝑗 𝑠𝑖𝑛 (𝜔𝑗 𝑡 + 𝜃𝑗 ) (3.11)

Propriété Fondamentale (orthogonalité des modes propres):


𝐷𝑗𝑡 𝑀𝐷𝑖 = 0 Si 𝑗 ≠ 𝑖 (3.12)

𝐷𝑗𝑡 𝐾𝐷𝑖 = 0 Si 𝑗 ≠ 𝑖 (3.13)


𝐷 𝑡 𝐾𝐷𝑖
𝜔𝑗 = 𝐷𝑗𝑡𝑀𝐷 (3.14)
𝑗 𝑖

𝐷𝑗𝑡 étant le vecteur transposé de vecteur 𝐷𝑗 .

II.2-Cas d'oscillations forcées


Lorsque l'oscillateur multiple est soumis à un vecteur de forces extérieures variables 𝑃(𝑡),
L'équation de mouvement est définie par la relation: [𝑀]{𝑈"} + [𝐶]{𝑈′} + [𝐾]{𝑈} = {𝑃}
L'équation différentielle matricielle représente un système de 𝑛 équation différentielle. Chacune
des équations fait intervenir tous les déplacements.
Pour résoudre le système de n équation différentielle on décompose le vecteur 𝑈 selon les n
modes de vibrations 𝑈 = ∑𝑛𝐼=1 𝑦𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 (3.15)
Les 𝑦𝐼 (𝑡) fixent les amplitudes des diverses déformées modales Dj intervenant dans la déformée
globale.
Le problème se ramène au calcul des coefficients 𝑦𝐼 .
On a 𝑈 = ∑𝑛𝐼=1 𝑦𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 𝑈′ = ∑𝑛𝐼=1 𝑦′𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 𝑈" = ∑𝑛𝐼=1 𝑦𝐼 "(𝑡)𝐷𝐼
L'équation de mouvement (3.6) s'écrit:
𝑀 ∑𝑛𝐼=1 𝑦"𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 + 𝐶 ∑𝑛𝐼=1 𝑦𝐼 ′(𝑡)𝐷𝐼 + 𝐾 ∑𝑛𝐼=1 𝑦𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 = 𝑃(𝑡) (3.16)
On multiplie les 2 membres de l'équation (3.16) par le vecteur 𝐷𝑗𝑡
𝑛 𝑛 𝑛

𝐷𝑗𝑡 𝑀 ∑ 𝑦"𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 + 𝐷𝑗𝑡 𝐶 ∑ 𝑦𝐼 ′(𝑡)𝐷𝐼 + 𝐷𝑗𝑡 𝐾 ∑ 𝑦𝐼 (𝑡)𝐷𝐼 = 𝐷𝑗𝑡 𝑃(𝑡)


𝐼=1 𝐼=1 𝐼=1

Or 𝐷𝑗𝑡 𝑀𝐷𝑖 = 0 Si 𝑗 ≠ 𝐼

𝐷𝑗𝑡 𝐾𝐷𝑖 = 0 Si 𝑗 ≠ 𝐼

𝐷𝑗𝑡 𝐾𝐷𝐽
𝜔𝑗 =
𝐷𝑗𝑡 𝑀𝐷𝐽

On suppose que aussi 𝐷𝑗𝑡 𝐶𝐷𝑖 = 0 Si 𝑗 ≠ 𝑖

On obtient 𝐷𝑗𝑡 𝑀𝐷𝑗 𝑦"𝑗 + 𝐷𝑗𝑡 𝐶𝐷𝑗 𝑦′𝑗 + 𝐷𝑗𝑡 𝐾𝐷𝑗 𝑦𝑗 = 𝐷𝑗𝑡 𝑃(𝑡) (3.17)

On définit les nouveaux paramètres relatifs au mode 𝑗

39
Dynamique des structures et calcul sismique
- 𝑀𝑗 = 𝐷𝑗𝑡 𝑀𝐷𝑗
- 𝐾𝑗 = 𝐷𝑗𝑡 𝐾𝐷𝑗
𝐾
- 𝜔𝑗 = √𝑀𝑗
𝑗

- 𝐶𝑗 = 𝐷𝑗𝑡 𝐶𝐷𝑗 = 2𝜉𝑗 𝜔𝑗 𝑀𝑗


- 𝑃𝑗 (𝑡) = 𝐷𝑗𝑡 𝑃(𝑡)

L'équation de mouvement (3.6) s'écrit:


𝑃(𝑡)
𝑦"𝑗 + 2𝜉𝑗 𝜔𝑗 𝑦′𝑗 + 𝜔𝑗 2 𝑦𝑗 = (3.18)
𝑀𝑗

Cette équation en 𝑦𝑗 est analogue à l'équation de mouvement d'un oscillateur simple qui est de
𝑃(𝑡)
la forme 𝑢" + 2𝜉𝜔𝑢′ + 𝜔2 𝑢 = 𝑚

La solution de l'équation de mouvement est donnée par l'intégrale de Duhamel.


1 𝑡
𝑦𝑗 (𝑡) = 𝑀 ∫0 𝑃𝑗 ( 𝜏)𝑒 −𝜉𝑗𝜔𝑗(𝑡−𝜏) sin[𝜔𝐷𝑗 (𝑡 − 𝜏)]𝑑𝜏 (3.19)
𝑗 𝜔𝐷𝑗

Le vecteur de déplacement 𝑈(𝑡) est obtenu par la superposition de toutes les réponses modales:
𝑛

𝑈(𝑡) = ∑ 𝑦𝑗 (𝑡)𝐷𝑗
𝑗=1

Conclusion
L'étude d'un oscillateur multiple de n degrés de liberté se ramène à l'étude de n oscillateur
simple.

40
Dynamique des structures et calcul sismique
Chapitre 4: Excitation d’un oscillateur multiple par
mouvements des appuis.
I-Introduction
On effectue des développements similaires à ceux résumés en cas d'un oscillateur simple excité
par mouvements des appuis. La translation d'ensemble de la base est unique et le repère relatif
lié à cette base également, dans la mesure où on ne considère pas de déformabilité de la base
dans la direction parallèle au mouvement. On note que cette hypothèse est réaliste pour des
bâtiments, au prix de quelques précautions relatives à la continuité des fondations, mais qu'elle
ne correspond pas au cas des structures à appuis séparés comme les ponts.

Figure 4. 1- Excitation d'un oscillateur multiple par déplacement d'appui

Avec
𝑑𝑔 (𝑡): Déplacement d'appui.

𝑢𝑘 (𝑡): Déplacement relatif du nœud 𝑘


𝑣𝑘 (𝑡): Déplacement absolu du nœud 𝑘
La position de la masse 𝑚𝑘 pendant le mouvement est définie par:
 Son déplacement relatif 𝑢𝑘 (𝑡).
 Son déplacement absolu 𝑣𝑘 (𝑡).
Le déplacement total de de la masse 𝑚𝑘 vaut: 𝑣𝑘 (𝑡) = 𝑢𝑘 (𝑡) + 𝑑𝑔 (𝑡)𝛿

𝛿 = 1: Pour les degrés de liberté correspondant à une translation de même direction que la base.
𝛿 = 0: Pour les autres degrés de liberté, dans ce cas le déplacement relatif et le déplacement
absolu sont égaux.

41
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure 4. 2- Déplacement horizontal et vertical

II-Mise en équation
La formulation matricielle du problème s'exprime par :
La loi fondamentale de la dynamique: 𝐹𝑟 + 𝐹𝑎 = 𝑀𝑉"
Avec

 𝐹𝑟 = −𝐾𝑈 Force de rappel


 𝐹𝑎 = −𝐶𝑈′ Force d'amortissement
 𝑉=U + dg(t). ∆ Déplacement absolu
On obtient [𝑀]{𝑈"} + [𝐶]{𝑈′} + [𝐾]{𝑈} = −[𝑀]dg(t)∆= {𝑃(𝑡)} (4.1)
Avec ∆ : Est un vecteur composé de 0 et de 1. Les 0 correspondent aux lignes où le
déplacement 𝑢𝑘 (𝑡): n'est pas une translation parallèle à la base.
C'est une équation d'un oscillateur multiple soumis à un vecteur de forces variables dans le
temps.
La solution de l'équation de mouvement est donnée par les équations suivantes:
𝑈(𝑡) = ∑𝑛𝑗=1 𝑢𝑗 (𝑡)𝜙𝑗 (4.2)

Avec
−1 𝑡
𝑢𝑗 (𝑡) = 𝜔 ∫0 𝑑"𝑔 ( 𝜏)𝑒 −𝜉𝑗𝜔𝑗(𝑡−𝜏) sin[𝜔𝐷𝑗 (𝑡 − 𝜏)]𝑑𝜏 (4.3)
𝐷𝑗

𝜙𝑗 = 𝑎𝑗𝐷𝑗 (4.4)
𝐷 𝑡 𝑀∆
𝑎𝑗 = 𝐷𝑡𝑗𝑀𝐷 (4.5)
𝑗 𝑗

𝐷𝑗: est le vecteur « déformée modale » du mode j.


𝑎𝑗: est appelé « facteur de participation modale du mode j »; il fixe l'importance de la
participation de la déformée modale 𝐷𝑗 en fonction de la distribution des masses dans la
structure ; ce coefficient peut être positif ou négatif ; sa valeur en module, comparée aux 𝑎𝑗 des

42
Dynamique des structures et calcul sismique
autres modes donne une idée de l’importance relative de la contribution des différents modes à
la configuration déformée de la structure.
Remarques:
1-On préfère travailler avec des vecteurs 𝐷𝑗 normalisée; c-à-d le max(𝐷𝑗1 ; 𝐷𝑗2 ; … . ; 𝐷𝑗𝑛 ) = 1
𝜙11 + 𝜙12 + ⋯ + 𝜙1𝑛 = 1
𝜙 + 𝜙22 + ⋯ + 𝜙2𝑛 = 1
2- ∑𝑛𝑗=1 𝜙𝑖𝑗 = 1 → { 21
𝜙𝑘1 + 𝜙𝑘2 + ⋯ + 𝜙𝑘𝑛 = 1
𝜙𝑛1 + 𝜙𝑛2 + ⋯ + 𝜙𝑛𝑛 = 1
Pour le calcul de la réponse selon le mode j on se ramène à l'étude d'un oscillateur simple de
pulsation 𝜔𝑗 et de coefficient d'amortissement 𝜉𝑗 (Conclusion du chapitre précédant).

En utilisant le spectre de réponse en déplacement, on peut calculer le déplacement maximal


correspond au mode j par la relation suivante:
𝑈𝑗 = 𝑢𝑗 𝜙𝑗 (4.6)

Avec 𝑢𝑗 est la valeur tirée de spectre de déplacement correspondant à une pulsation 𝜔𝑗 et de


coefficient d'amortissement 𝜉𝑗 .

En utilisant le spectre de réponse en accélération, on peut calculer la pseudo-accélération


correspond au mode j par la relation suivante:
Г𝑗 = 𝛾𝑗 𝜙𝑗 (4.7)

Avec 𝛾𝑗 est la valeur tirée de spectre d'accélération correspondant à une pulsation 𝜔𝑗 et de


coefficient d'amortissement 𝜉𝑗 .

Exemple
Soit un système de 3 masses (𝑚1 ; 𝑚2 ; 𝑚3 ) reliées entre elles par des éléments de
rigidités (𝑘1 ; 𝑘2 ; 𝑘3 ).
1-On détermine les matrices de masses [𝑀] et de rigidités [𝐾].
2-On calcule les pulsations propres (𝜔1 ; 𝜔2 ; 𝜔3 ) et on déduit les périodes propres
(𝑇1 ; 𝑇2 ; 𝑇3 )(Voir l'équation (3.9))
3-On calcule les vecteurs de déformée modale (𝐷1 ; 𝐷2 ; 𝐷3 ) (Voir l'équation (3.10))
4-On détermine les facteurs de participation modale (𝑎1 ; 𝑎2 ; 𝑎3 ). (Voir l'équation
(4.5))

43
Dynamique des structures et calcul sismique
Figure 4. 3- Calcul des déformées modales et périodes
propres
5-On utilise le spectre de
calcul en accélération correspond à
l'accélérogramme dg″(t) représentatif des
mouvements sismiques en base de la
fondation de la structure étudiée.

Figure 4. 4- Lecture du spectre

6-On déduit les valeurs des pseudo-accélérations (𝛾1 ; 𝛾2 ; 𝛾3 )

Pour le mode 1: 𝛾1 = 𝑆𝑑 (𝑇1 )


𝑎11 𝐷11 Г11
𝐷 Г
Г1 = 𝛾1 𝜙1 = 𝛾1 𝑎1 𝐷1 = 𝛾1 (𝑎21 ) ( 21 ) = ( 21 )
𝑎31 𝐷31 Г31

Pour le mode 2: 𝛾2 = 𝑆𝑑 (𝑇2 )


𝑎12 𝐷12 Г12
Г2 = 𝛾2 𝜙2 = 𝛾2 𝑎2 𝐷2 = 𝛾2 (𝑎22 ) (𝐷22 ) = (Г22 )
𝑎32 𝐷32 Г32

Pour le mode 3: 𝛾3 = 𝑆𝑑 (𝑇3 )


𝑎13 𝐷13 Г13
Г3 = 𝛾3 𝜙3 = 𝛾3 𝑎3 𝐷3 = 𝛾1 (𝑎23 ) (𝐷23 ) = (Г23 )
𝑎33 𝐷33 Г33

44
Dynamique des structures et calcul sismique
7-On calcule l'effort sismique statique.

Figure 4. 5- Réponses modales

Pour le mode 1:
L'effort sismique statique
𝑚1 𝑚1 Г11 𝐹11
𝑚 𝑚 Г 𝐹
𝐹𝑖1 = Г1 𝑀𝑖 = Г1 ( 2 ) = ( 2 21 ) = ( 21 )
𝑚3 𝑚3 Г31 𝐹31

Pour le mode 2:
𝑚1 𝑚1 Г12 𝐹12
𝑚 Г 𝐹
𝐹𝑖2 = Г2 𝑀𝑖 = Г2 (𝑚2 ) = ( 2 22 ) = ( 22 )
𝑚3 𝑚3 Г32 𝐹32

Pour le mode 3:
𝑚1 𝑚1 Г13 𝐹13
𝑚 Г 𝐹
𝐹𝑖3 = Г3 𝑀𝑖 = Г3 (𝑚2 ) = ( 2 23 ) = ( 23 )
𝑚3 𝑚3 Г33 𝐹33

8-On calcule le déplacement des masses

Pour le mode 1:
Г11 𝑈11
1 1 Г
𝑈𝑖1 = 2 Г1 = 2 ( 21 ) = (𝑈21 )
𝜔1 𝜔1 Г31 𝑈31

Pour le mode 2:
Г12 𝑈12
1 1 Г
𝑈𝑖2 = 2 Г2 = 2 ( 22 ) = (𝑈22 )
𝜔2 𝜔2 Г32 𝑈32

45
Dynamique des structures et calcul sismique
Pour le mode 3:
Г13 𝑈13
1 1 Г
𝑈𝑖3 = 2 Г3 = 2 ( 23 ) = (𝑈23 )
𝜔3 𝜔3 Г33 𝑈33

III-Cumulation des sollicitations des divers modes.


Le problème.
Les valeurs des pseudo-accélérations 𝑆𝐷𝑒 (𝑇𝑗 ) données par le spectre de réponse sont des
maxima dans chaque mode et il est peu probable que ces maxima surviennent au même instant
𝑡. Une addition pure et simple des efforts internes correspondant aux valeurs maximales de
déformation dans chaque mode est donc l’hypothèse la plus pessimiste et on n'y a recours que
dans des cas particuliers. Différentes méthodes de cumulation sont utilisées, en regard des
données particulières à chaque problème.
III.1-Moyenne quadratique (SRSS)
La pratique de cumulation la plus courante consiste à effectuer une moyenne quadratique des
effets des différents modes. La moyenne quadratique est la racine carrée de la somme des carrés
des contributions de chaque mode (en anglais SRSS, Square Root of the Sum of the Squares).
Chaque fois que toutes les réponses modales prises en compte peuvent être considérées comme
indépendantes les unes des autres, la valeur maximale EE de l’effet d’une action sismique peut
être prise égale à: 𝐸𝐸 = √∑𝑛𝑖=1 𝐸𝐸𝑖
2
(4.8)


 𝐸𝐸 : Est l’effet de l’action sismique considéré (force, déplacement, etc.) ;
 𝐸𝐸𝑖 : Est la valeur de cet effet de l’action sismique due au mode de vibration i.
Dans l’Eurocode 8, on considère que les réponses de deux modes de vibration i et j (y compris
les modes de torsion et de translation) peuvent être prises comme indépendantes l’une de l’autre
si leurs périodes 𝑇𝑖 et 𝑇𝑗 satisfont à la condition suivante: 𝑇𝑗 ≤ 0.9 𝑇𝑖 ) (avec 𝑇𝑗 ≤ 𝑇𝑖 ).

Exemple
Prenant les résultats de l'exemple précédant
1-Les efforts sismiques appliqués sur les masses dans chaque mode sont:
Mode 1 Mode 2 Mode 3
𝐹11 𝐹12 𝐹13
(𝐹21) (𝐹22 ) (𝐹23 )
𝐹31 𝐹32 𝐹33

Si 𝑇2 ≤ 0.9 𝑇1 et 𝑇3 ≤ 0.9 𝑇2 , on peut utiliser la cumulation SRSS.

46
Dynamique des structures et calcul sismique
L'effort sismique résultant appliqué à chaque masse est donné par:

𝐹1 = √𝐹11 2 + 𝐹12 2 + 𝐹13 2

𝐹2 = √𝐹21 2 + 𝐹22 2 + 𝐹23 2

√ 2 2 2
{𝐹3 = 𝐹31 + 𝐹32 + 𝐹33
2-Les déplacements des masses dans chaque mode sont:
Mode 1 Mode 2 Mode 3
𝑈11 𝑈12 𝑈13
(𝑈21 ) (𝑈22 ) (𝑈23 )
𝑈31 𝑈32 𝑈33

Si 𝑇2 ≤ 0.9 𝑇1 et 𝑇3 ≤ 0.9 𝑇2 , on peut utiliser la cumulation SRSS.


Le déplacement résultant de chaque masse est donné par:

𝑈1 = √𝑈11 2 + 𝑈12 2 + 𝑈13 2

𝑈2 = √𝑈21 2 + 𝑈22 2 + 𝑈23 2

√ 2 2 2
{𝑈3 = 𝑈31 + 𝑈32 + 𝑈33

III.2-Cumulation CQC
La cumulation CQC est une évaluation à caractère général du maximum probable de la réponse,
dont la moyenne quadratique n’est qu’un cas particulier.
Cette méthode est recommandée lorsque les réponses modales prises en compte peuvent être
considérées comme dépendantes (𝑇𝑗 ≥ 0.9 𝑇𝑖 ).

𝑛 𝑛

𝐸𝐸 = √∑ ∑ 𝑒𝑖𝑗 𝐸𝐸𝑖 𝐸𝐸𝑗


𝑖=1 𝑖=1

n : Nombre de modes.
𝑒𝑖𝑗 : Coefficients de corrélation des fréquences et des coefficients d’amortissement des modes
i et j.

𝐸𝐸𝑖 𝐸𝐸𝑗 : Réponse spectrale aux modes 'i' et 'j'

47
Dynamique des structures et calcul sismique
III.3-Addition.
Une addition pure et simple des efforts internes correspondant aux valeurs maximales de
déformation dans chaque mode donne les sollicitations maximales possibles. Elle se justifie si
on a des raisons de craindre la simultanéité des effets maximum dans chaque mode. C’est par
exemple le cas si un mode de période très grande (quelques s) est cumulé à un mode de période
très courte.

IV-Conditions relatives aux masses modales.


Les réponses de tous les modes de vibration contribuant de manière significative à la réponse
globale doivent être prises en compte. Dans l’Eurocode 8, on considère cette condition comme
réalisée si la somme des masses modales effectives pour les modes considérés atteint au moins
90% de la masse totale de la structure et si tous les modes dont la masse modale effective est
supérieure à 5% de la masse totale sont pris en compte. Si ceci ne peut pas être vérifié (par
exemple, dans le cas de bâtiments où la contribution du mode de torsion est significative), il
convient de considérer, lors d’une analyse spatiale, un nombre minimal k de modes satisfaisant
aux conditions:𝑘 ≥ 3√𝑛 et 𝑇𝑘 ≤ 0.20𝑠

 𝑘 est le nombre de modes à considérer,


 𝑛 le nombre de niveaux au-dessus des fondations ou du sommet d’un soubassement
rigide
 𝑇𝑘 la période de vibration du mode k.
Calcul de pourcentage de participation d'un mode.
La masse participante dans un mode j est donnée par:
2
(∑𝑛
𝑖=1 𝑚𝑖 𝜙𝑖𝑗 )
𝑀𝑗 = ∑𝑛 2 (4.9)
𝑖=1 𝑚𝑖 𝜙𝑖𝑗

Le pourcentage de la masse participante dans le mode j est égal:


𝑀𝑗
% = ∑𝑛 (4.10)
𝑖=1 𝑚𝑖

Exemple
Prenant les données de l'exemple précédant.
La masse participante dans un mode 1 est donnée par:
2
(∑3𝑖=1 𝑚𝑖 𝜙𝑖1 )
𝑀1 =
∑1𝑖=1 𝑚𝑖 𝜙𝑖1 2

(𝑚1 𝜙11 + 𝑚2 𝜙21 + 𝑚3 𝜙31 )2


𝑀1 =
𝑚1 𝜙11 2 + 𝑚2 𝜙21 2 + 𝑚3 𝜙31 2
Le pourcentage de la masse participante dans le mode 1 est égal:

48
Dynamique des structures et calcul sismique
𝑀1 𝑀1
%= =
∑3𝑖=1 𝑚𝑖 𝑚1 + 𝑚2 + 𝑚3
On suit les mêmes démarches pour les modes 2 et 3.

V-La méthode d’analyse par forces latérales


V.1-Principe
Dans les structures dont la réponse est constituée essentiellement du 1er mode de vibration, on
peut trouver de façon approchée les sollicitations sismiques en ne considérant que le seul
premier mode. L’effort tranchant sismique à la base 𝐹𝑏 est déterminé par :
𝐹𝑏 = 𝑆𝑑 (𝑇1 )𝑚𝜆 (4.10)
 𝑆𝑑 (𝑇1 )est l’ordonnée du spectre de réponse en accélération de calcul pour la période 𝑇1
, période fondamentale (= 1er mode) de vibration du bâtiment pour le mouvement de
translation dans la direction considérée ;
 𝑚 est la masse « sismique » du bâtiment, au-dessus des fondations ou du sommet d’un
soubassement rigide;
 𝜆 (≤ 1) est un coefficient de correction qui traduit le fait que la masse modale effective
du premier mode est inférieure à la masse totale m du bâtiment, de sorte que considérer
𝜆 = 1 conduirait à une surestimation de la résultante de cisaillement. Dans l’Eurocode
8, 𝜆 = 0,85 si 𝑇1 ≤ 2 𝑇𝑐 et si le bâtiment a plus de 2 étages. Sinon 𝜆 = 1,0.
Cette méthode de calcul statique des sollicitations dynamique est ce qu’on appelle, dans
l’Eurocode 8, la « méthode d’analyse par forces latérales ». Elle était précédemment
appelée « méthode de la force statique équivalente » ou « analyse dynamique simplifiée ».

Figure 4. 6- Analyse par forces latérales « équivalentes »

V.2-Estimation de la période fondamentale 𝐓𝟏


Au départ d’un projet, un problème se pose: l'action sismique 𝑆𝑑 (𝑇1 ), dont découle l’effort
tranchant sismique à la base 𝐹𝑏 , et les sollicitations de la structure dépendent de la période 𝑇1 ,

49
Dynamique des structures et calcul sismique
qui est inconnue car elle est fonction des raideurs des éléments structurels non encore
dimensionnés. On résout ce problème :
- soit par essai et erreur, en partant d’une estimation de 𝑇1 ; on donne au Tableau ci desous des
formules de calcul ou d’estimation de la période de divers solides.
- soit en considérant pour 𝑆𝑑 (𝑇1 ) l’ordonnée maximum du spectre 𝑆𝑑 (𝑇), qui correspond au
palier compris entre les périodes 𝑇𝐵 et 𝑇𝐶 , ce qui donne une estimation en sécurité de 𝐹𝑏 .
Remarque:
1-Unités cohérentes: masse : 𝐾𝑔 force : 𝑁 longueur : 𝑚 temps (période 𝑇1 ) : 𝑠
2-Dans les structures en béton, on considère E=E/2 pour prendre en compte la fissuration.

Tableau 4. 1- Estimation de la période fondamentale T1

50
Dynamique des structures et calcul sismique
V.3-Distribution verticale des forces sismiques horizontales.
Pour définir la distribution sur la hauteur du bâtiment des forces horizontales équivalentes à
l’action sismique, il faut calculer la déformée du mode fondamental dans chaque direction
d’analyse horizontale du bâtiment. On peut faire ce calcul :
- à l’aide de méthodes de dynamique des structures (mais alors on perd la simplicité, principal
avantage de la méthode).
- de manière approchée, en supposant que les déplacements horizontaux (et donc les
accélérations et donc les forces d’étage) croissent linéairement avec la hauteur du bâtiment
(déformée linéaire).
Les effets de l’action sismique sont déterminés en appliquant, dans les deux modèles plans, des
forces horizontales Fi à tous les étages.
ℎ 𝑖 𝑊𝑖
Dans le cas où on établit la déformée, on a : 𝐹𝑖 = 𝐹𝑏 ∑𝑛 (4.11)
𝑖=1 ℎ𝑖 𝑊𝑖

 𝐹𝑖 est la force horizontale agissant au niveau i ;


 𝐹𝑏 est l’effort tranchant à la base;
 ℎ𝑖 est la hauteur de niveau 𝑖 à partir de fondation ou soubassement rigide;
 𝑊𝑖 est la masse du niveau 𝑖;

ℎ4 𝑊4
𝐹4 = 𝐹𝑏
ℎ1 𝑊1 + ℎ2 𝑊2 + ℎ3 𝑊3 +ℎ4 𝑊4
ℎ3 𝑊3
𝐹3 = 𝐹𝑏
ℎ1 𝑊1 + ℎ2 𝑊2 + ℎ3 𝑊3 +ℎ4 𝑊4
ℎ2 𝑊2
𝐹4 = 𝐹𝑏
ℎ1 𝑊1 + ℎ2 𝑊2 + ℎ3 𝑊3 +ℎ4 𝑊4
ℎ1 𝑊1
𝐹4 = 𝐹𝑏
ℎ1 𝑊1 + ℎ2 𝑊2 + ℎ3 𝑊3 +ℎ4 𝑊4

Figure 4. 7- Distribution verticale des forces Fi

V.4-Distribution des forces horizontales d’étage 𝑭𝒊 dans les contreventements


Les forces horizontales 𝐹𝑖 d’étage se distribuent dans les contreventements de façon suivante:
 Si les planchers constituent des diaphragmes rigides dans leur plan (pourcentage des
ouverture ≤ 15% de la surface totale du plancher), les Fi se distribuent entre les divers
contreventements au prorata des raideurs de ces derniers.
 Si les planchers ne constituent pas des diaphragmes rigides dans leur plan, l’analyse de
la structure doit en tenir compte et la méthode simplifiée ne peut pas être appliquée.

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Dynamique des structures et calcul sismique
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Dynamique des structures et calcul sismique

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