Chapitre I
Respect des règles d'éthique et d'intégrité
INTRODUCTION
L'objectif de ce cours est de sensibiliser les étudiants aux principes éthiques et les initier aux règles qui
régissent la vie et dans le monde du travail".
Textes Referentiels
1. Sur le rôle, les fonctions et les missions de l’institution universitaire, détaillées dans la
déclaration mondiale de l’UNESCO du 09 octobre 1998, validée en 2009.
2. Charte de Déontologie et d’Ethique Universitaires. MESRS (Mise à Jour:2021)
Définitions:
1). Ethique
"L'éthique est une partie de la philosophie qui définit l'ensemble des normes morales d'un
individu" . En d'autres termes, l'éthique est l'ensemble des règles (valeurs et principes) qui
définissent la bonne conduite d'un individu.
.2). Déontologie
La déontologie est une branche de l'éthique qui définit l'ensemble des règles et des
devoirs qui régissent une profession donnée. La déontologie est donc l'éthique appliquée au
monde professionnel et elle permet d'établir une série de règles et devoirs. On parle alors de
déontologie professionnelle.
Exemples : Code de la déontologie médicale, code de la déontologie de la police, code de
déontologie des avocats, … etc.
.3). Morale
La morale est l'ensemble de règles de conduite. Ces règles constituent une pratique de
conduite personnelle ou d'un groupe de personnes ; elles définissent à cette personne
ou à un groupe de personnes une façon d'agir ou de se comporter d'une manière absolue ou
par rapport à sa (leur) vision de la vie. Dns la morale, on peut voir ou sentir une relativité
des actions ou des comportements ; c'est- à-dire que les pratiques d'un individu (ou d'un
groupe d'individus) peuvent varier d'un individu à un autre et peuvent également varier
d'une époque à une autre.
II). Respect des principes de l'éthique dans l'enseignement et la recherche
Une des principales composantes de la charte nationale d'éthique et de déontologie universitaires est
l'enseignant. Ce dernier a pour vocation deux missions indissociables et complémentaires :
l'enseignement et la recherche. Ces missions doivent être menées en conformité avec les normes
éthiques et professionnelles tout en évitant toute dérive vers un endoctrinement quelconque ou une
éventuelle propagande.
Mission d'enseignement: l'enseignant est tenu de dispenser une instruction pédagogique de
qualité tout en offrant à ses étudiants le libre échange d'idées et un accompagnement à la hauteur pour
leur donner une assise de confiance et de volonté de parfaire leurs connaissances. Il est entendu que
cette tâche doit être menée dans une équité totale et de justice sans aucune distinction.
M i s s i o n d e la recherché: l'enseignant est tenu d'effectuer ses travaux de recherche avec sincérité
et une impartialité de son raisonnement. Par ailleurs, l'enseignant est amené très souvent à interagir
avec d'autres enseignants et doctorants sur un projet donné de recherche. Sur ce point, l'enseignant
doit adopter une conduite responsable et doit discerner ce qui est acceptable de ce qui ne l'est
pas ; et il doit également veiller aux responsabilités des autres sur le projet en question.
II.1). Responsabilité dans le travail d'équipe
La question de la responsabilité de l'enseignant chercheur dans un travail d'équipe comporte en
général plusieurs dimensions.
La première dimension : concerne les questions d'éthique de la recherche, notamment le respect
de la propriété intellectuelle et le plagiat.
La seconde dimension : concerne l'égalité professionnelle de traitement. Ainsi, l'enseignant est tenu
d'éviter toute discrimination en rapport avec le statut social, le genre, la nationalité,…etc.
L'enseignant est tenu de mener ses recherches dans une équité totale, garder dans son esprit l'intérêt
général de sa tâche de recherche et agir en conséquence avec compétence, intégrité et indépendance
pour servir au mieux son institution universitaire.
Le questionnement éthique dans le contexte universitaire algérien remonte aux années 90,
marquée par des bouleversements politiques et socio-culturels.
Dans ce contexte, un avant-projet de décret portant création d’un Conseil d’éthique et de
déontologie universitaires, qui devait être présidé par Monsieur le Ministre de l’Enseignement
Supérieur, initié en 1993 n’a pas abouti, contrairement à celui du code de déontologie
médicale, promulgué en 1992.
La nécessité d’élaborer et de publier une charte de l’éthique et de la déontologie
universitaires a été rappelée avec force dans le rapport de la Commission nationale de réforme du
système éducatif en 2001.
En 2004 fut créé par décret exécutif N° 04-180 du 23 juin le Conseil National d’Ethique et de
Déontologie de la Profession Universitaire.
En avril 2010 fut élaborée la charte de l’éthique et de la déontologie de la profession
universitaire par le Conseil national susmentionné.
II) Pourquoi une charte d’éthique et de déontologie ? Elle a pour buts de :
« Responsabiliser la communauté universitaire dans ses fonctions, ses missions et ses rôles ;
Agir collégialement afin de renforcer la confiance entre les enseignants/étudiants/corps
administratif et surtout entre l’institution universitaire et son environnement ».
La présente charte actualise celle de 2010 et s’applique à la communauté universitaire,
publique ou privée et à l’ensemble de ses acteurs (enseignants-chercheurs, chercheurs
permanents, enseignants associés ou invités, étudiants, responsables administratifs
ministériels et des établissements universitaires, personnels administratifs, techniques et de
service).
III) Fondements Ethiques
III -1) Liberté académique
Les activités universitaires d’enseignement et de recherche ne peuvent se concevoir sans la
liberté d’expression et le libre exercice de la raison, constitutifs du fondement des libertés
académiques. Les libertés académiques garantissent, dans le respect d’autrui et en toute
conscience professionnelle, l’expression d’opinions critiques sans risque de censure ni
contrainte.
III- 2) Respect des franchises universitaires
Toutes les parties prenantes de la communauté universitaire contribuent, dans tous leurs
comportements, au rehaussement des libertés universitaires de telle sorte que soient garanties leur
spécificité et leur immunité. Elles s’interdisent de favoriser ou d’encourager les situations et les
pratiques qui peuvent porter atteinte aux principes, aux libertés et aux droits de l’université.
Par ailleurs, elles doivent s’abstenir de toute activité politique partisane au sein de tous les espaces
universitaires.
III-3) Exigence de vérité scientifique,objectivité et esprit critique .
La quête et la possibilité de l’interrogation des savoirs que l’université produit et transmet ont
pour principes fondamentaux la recherche de la vérité scientifique et l’esprit critique.
L’exigence de vérité scientifique oblige à la compétence, à l’observation critique des faits, à
l’expérimentation, à la confrontation et au respect des points de vue, à la pertinence et la
citation des sources, à la rigueur intellectuelle, à la créativité et l’innovation.
III- 4) Responsabilité et compétence
La responsabilité, consubstantielle des libertés académiques, est directement liée à la compétence.
Elles se développent grâce à une gestion démocratique et éthique de l’université. Elles
nécessitent la séparation des compétences pédagogique et scientifique de la responsabilité
administrative. Cette dernière est toujours exercée au service de l’enseignement et de la recherche.
La compétence des enseignants doit servir et promouvoir l’autonomie des étudiants en tant que
futurs professionnels et citoyens.
In fine, cet esprit de responsabilité et de dignité devra accompagner les enseignants et les
chercheurs dans et à l’occasion de l’exercice de leur fonction ainsi qu’après leur départ à la
retraite.
III- 5) Intégrité et honnêteté
L’intégrité et l’honnêteté, qui résultent de la compétence, exigent des membres de la communauté
universitaire qu’ils s’interdisent toutes formes de corruption, de plagiat et toutes situations de conflits
d’intérêts.
L’intégrité se manifeste aussi à l’occasion de l’utilisation avisée que la communauté universitaire
fait des ressources humaines, matérielles et financières, mises à sa disposition.
III- 6) Respect mutuel
Le respect de l’autre se fonde sur le respect de soi.
Tous les membres de la communauté universitaire doivent s’interdire toutes formes de
violence (symbolique, verbale ou physique), de harcèlement (moral ou sexuel), de discrimination,
de partialité.
La diversité préexistante dans l’université et la société exige la discrétion, l’esprit d’ouverture et de
tolérance, conditions sine qua none pour le vivre ensemble..