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Fruits Vol .

20, n o 9, 1965 — 43 5

La mouche des fruits malgach e


(Ceratitis malagassa MUNRO)

et autres insectes des agrumes, pêchers et prunier s


à Madagasca r

par Jean DUBOI S


Institut de Recherches Agronomiques Tropicales et des Cultures Vivrières .

LA MOUCHE DES FRUITS MALGACHE


ET AUTRES INSECTES DES AGRUMES ,
PÊCHERS ET PRUNIERS A MADAGASCA R
par J. Dum:ms, I . R . A . T .
Fruits, octobre 1965, Vol . 20, no 9, p . 435 à 460 .

RÉSUMÉ . — Parmi les insectes nuisibles aux cultures fruitière s


de Madagascar, et plus particulièrement aux agrumes, pêchers e t
pruniers, il en est un, la Mouche des fruits, Ceratitis malagass a
Munro, qui cause chaque année entre 5o et 7o de dégâts au x
agrumes et plus encore aux pêchers et pruniers .
L'inventaire des différentes espèces de Trypetidae nuisibles au x
cultures a été effectué . Parmi la quarantaine d'espèces connue s
trois sont des insectes d'importance économique : Cerneau malagass a
Munro qui s'attaque aux agrumes, pêches, prunes, poires et pommes ,
Pardalaspi .s crancscems Bezzi qui infeste les tomates et les auber-
gines et Daims cmmerezi Bezzi qui détruit les cucurbitacées culti-
vées : melon, courges et concombres .
Les Trypetidae de Madagascar ont peu d'ennemis naturels puis -
qu'on ne connaît qu 'un seul parasite de Parrialaspis clruaescens
Opius(Austroopius) insignipcnnis Granger . En plus on peut signale r
comme prédateurs, une araignée mimétique, de la famille des Salti-
cidae qui se nourrit de diverses espèces de Trypetidae et des acarien s
qui infestaient un élevage de Pardalaspi .s rosira Walk.
Dans l'étude spéciale consacrée à Ceratitis malagassa, on a recher-
ché la séquence annuelle des fruits hôtes et les conséquences pra-
tiques que l'on peut en tirer si l'on envisage des moyens de lutt e
préventive .
L'étude de la biologie de Ccratitis rnalagassa a été menée dans la
nature et au laboratoire et son élevage artificiel a été mis au poin t
en adaptant la méthode utilisée par la Station de Zoologie agricol e
et de Lutte biologique d'Antibes (France) pour l 'élevage de Cera-
titis capitate Wied .
Quant aux moyens de lutte, cette étude envisage différentes mé-
thodes, à savoir :
r° Les mesures préventives au moment de la création de nouveau x
vergers d'agrumes par l'exclusion dans et autour de ces vergers d e
tout arbre fruitier dont la maturation des fruits précède de quatre à
cinq mois celle de l'espèce favorisée .
2° La destruction bi-hebdomadaire de tous les fruits infestés .
3° Le piégeage en tant que système d'avertissement . Parmi les
différentes substances essayées, c'est l'essence de graines d'angé-
lique qui attire le plus Ceratitis inalapasse tandis que le Cue-Lure
s'est montré un attractif intéressant vis-à-vis de Dacus emmerezi .
4° La lutte chimique, d'une part pour les agrumes en projetan t
PHOTO I . — Oranger dans la région de Tananarive . grossièrement une bouillie contenant un insecticide (malathion )
I
436 — Fruits -- Vol . 20, n o 9, 196 5

+ un attractif (hydrolisat de protéines), d'autre part pour les fruits


à noyaux au moyen de pulvérisations de Fenthion (Lebaycid) +
adhésif ou Diméthoate (Rogor) + adhésif .
5° La lutte biologique . Dans cette partie, on relate les différente s
tentatives d ' introduction d'Opius concolor Sz ., O . longicaudatu s
Full ., O . oophilus Siv . et de Dirhinus gi`'ardii Silv . Les élevages
d'Opius concolor et O . longicaudatus ont été effectués avec plus ou
moins de succès, tandis qu'avec O . oophilus on n'a pas pu dépasse r
la première génération .
Les chances d'implantation de ces parasites sont examinées et les
premières observations faites dans la nature au sujet d'Opius oophi-
lus sont commentées .
Dans une dernière partie, l'auteur donne quelques renseignement s
sur d'autres insectes généralement moins connus, nuisibles aux
arbres fruitiers : pucerons, cochenilles et leurs parasites, ;llastodon-
Iodera nodicollis Klug, Goniotorna erratica Diak, Othreis imperato r
Boisd et les acariens .
Ce travail se termine par une liste des principaux insectes nuisible s
aux agrumes, pêchers et pruniers à Madagascar .

La culture des arbres fruitiers constitue une production assez importante à Madagascar . En 1:96o
M . MONTAGNAC estimait à près de 4 millions le nombre d'arbres fruitiers en production, et en 1963
M . PRALORAN évaluait à i million le nombre de pieds d'agrumes . Depuis ces dates, les bananier s
ont pris un essor important dans la région de Tamatave par suite de l'organisation du marché e n
vue de leur exportation .
Le Gouvernement de la République malgache a actuellement le souci de définir une politiqu e
précise de création et d'amélioration des productions fruitières . Rien que pour l'agrumiculture, l e
but à atteindre serait de ro 00o à i5 000 hectares .
C'est dans la perspective de ce développement que le Gouvernement de la République malgach e
et l'Institut français de Recherches fruitières Outre-Mer ont demandé à l'Institut de Recherche s
Agronomiques Tropicales et des Cultures Vivrières d'étudier les insectes nuisibles aux agrumes e t
particulièrement des mouches des fruits dans la région des Hauts-Plateaux et dans la Préfectur e
de Brickaville . Cette demande a fait l'objet du marché de gré à gré n 0 20 entre l'État malgache et
l'Institut de Recherches Agronomiques Tropicales et des Cultures vivrières .

La culture des arbres fruitiers à Madagascar répond à différentes caractéristiques dont certaine s
ont une influence directe ou indirecte sur la faune entomologique de ces cultures .
Ces caractéristiques dont les répercussions entomologiques seront relevées au cours de cette étud e
sont les suivantes :
1" Le grand nombre d'espèces fruitières cultivées ou subspontanées, par suite de la variété de s
climats permettant la culture des arbres fruitiers tropicaux et tempérés . Il y a actuellement plus d e
4o espèces d'arbres fruitiers cultivés à Madagascar, provenant d'ailleurs toutes d'introduction s
d'origine souvent incertaine . La fructification de ces espèces s'échelonne tout au long de l'année .
20 Éparpillement des cultures fruitières et des arbres fruitiers subspontanés .
30 Multiplicité des exploitations .
En effet . si l'on excepte quelques cantons où la concentration des cultures fruitières est plu s
importante, la plupart des arbres fruitiers sont entre les mains d'une multitude de propriétaires d e
i à 5o arbres . Chacune de ces « exploitations » comprend généralement plusieurs espèces fruitière s
différentes .
40 Mauvais état sanitaire des arbres fruitiers par suite de conditions édaphiques défavorable s
(sol et eau), de carences et du manque de soins (taille et nettoyage du sol notamment) .
5° Organisation de la vente .
Actuellement les producteurs sont exploités par les collecteurs . Ceux-ci font un bénéfice d'a u
moins 100 , sur le commerce des fruits et légumes .
La récolte est, en général, achetée sur pied, au moment de la floraison .
Le planteur dans le besoin, vend parfois plusieurs années de récolte à la fois .
Ce système de commercialisation, très préjudiciable au planteur, va à l'encontre de toute amé-
lioration culturale . On comprend en effet, que dans ces conditions, le producteur ne fasse pas toujours
Fruits -- Vol . 20, n o 9, 1965 — 43 7

l'effort nécessaire, pour améliorer sa culture, soit par son travail, soit par des apports de fumure
ou de pesticides coûteux .
6 o Mise sur le marché de fruits attaqués par les insectes et transport de quantités importantes d e
fruits d'espèces diverses d'une région de l'île à l'autre, tout au cours de l'année .

Remarque :

Le travail effectué a été principalement orienté vers l'étude de la mouche des fruits malgache ,
dans la région des Hauts-Plateaux et dans la Préfecture de Brickaville .
Cependant, il a paru intéressant de fournir dans ce rapport des renseignements non connus o u
mal connus, soit sur d'autres insectes des arbres fruitiers de ces régions, soit sur des insectes atta-
quant les agrumes dans d ' autres régions de Madagascar .
Bien que cette étude n'ait pas la prétention de reprendre des sujets trop connus, surtout s'ils sont
d'intérêt secondaire tels ceux des Papilio demodocus et P . epiphorbas, il a paru tout de même util e
de présenter à la fin de ce rapport une liste des principaux insectes nuisibles aux agrumes, pêcher s
et pruniers à Madagascar.

INVENTAIRES DES TRYPETIDAE MALGACHES,


DE LEURS FRUITS HOTE S
ET DE LEURS PRÉDATEURS ET PARASITE S

A. Famille des Trypetidae . C. Importance économique de ces différente s


mouches des fruits .
Ceratitis malagassa est un diptère de la famille des
Trypetidae . Cette famille est composée de mouche s 10 Ceratitis malagassa Munr o
de taille moyenne à petite dont la nervure costale des La plus nuisible : voir plus loin .
ailes a deux fractures placées entre la nervure humé- 20 Ceratitis capitata Wied .
rale et l' apex de la radiale ciliée . Les ailes sont trans- Trouvée pour la première fois en 1962, et en un seu l
parentes et souvent pourvues de taches jaunes o u exemplaire, la redoutable mouche méditerranéenn e
brunes . Les femelles sont munies d ' un ovipositeur trè s n ' a aucune importance économique jusqu' à présent .
caractéristique, dur et aplati, qui leur donne un abdo- 3 e Pterandrus nov . sp .
men pointu à l ' extrémité . Les larves sont blanches , En janvier et février 1962, cette espèce nouvelle-
lisses et apodes . Elles sont effilées antérieurement e t ment signalée, avait une certaine importance écono-
tronquées à leur partie postérieure . mique dans la région de Tananarive . Ses larves y
Cette famille comprend au moins 40 espèces à minaient les pêches et les prunes en même temps qu e
Madagascar . Certaines n ' ont été trouvées qu ' en u n celles de Ceratitis malagassa . Son rôle est toutefoi s
seul exemplaire, à l ' état adulte, et leur biologie es t minime en comparaison de celui joué par la mouch e
inconnue . des fruits malgache dont la population dans les ver-
Parmi les autres, 13 espèces ont des larves mineuses gers était 20 à 30 fois plus nombreuse, d'après le s
de fruits charnus et 24 espèces forment des galles renseignements obtenus par piégeage et prise direct e
dans les tiges et fleurs de Composées . au filet .
Les espèces galligènes présentent peu d ' intérêt pour 40 Les 3 autres espèces de Pterandrus .
cette étude . Le rôle éventuel qu ' elles peuvent jouer Elles n ' ont jamais été obtenues de fruits ayant un e
sera mentionné au paragraphe « Prédateurs et para - valeur commerciale .
sites des Mouches des Fruits» . 5 o Pardalaspis cyanescens Bezzi .
Cette mouche pond ses oeufs dans les tomate s
B. Inventaire des mouches des fruits et de leur s encore vertes . Ses dégâts sont importants notam-
fruits hôtes . ment dans la région du lac Alaotra à la fin de la sai-
son sèche . A ce moment on peut trouver 15 à 20 larves
Voir tableau page suivante . par fruit .
438 Fruits — Vol. 20, n o 9, 196 5

Inventaire des (Mouches des fruits et de leurs nits hôtes .

ESPÈCES FRUITS HÔTES LIEUX DE RÉCOLT E

Ceratitis inala asses Munro Oranges et mandarines Tananarive, Ambositra, Brickaville, Am -


banja, Tuléar, Ambilobe, Moramanga .
Pêches et prune s 'Tananarive, Antsirabé, Ambositra .
Pommes roses (Eugenia Jambos ) Tananarive .
Avocats (Persea gratissima ) Tamatave .
Macouba (Eugenia malaccensis ) Brickaville .
Letchi chevelu (Nephelium lappaceum ) Ivoloina, Tamatave .
Goyaves (Psidium guajava ) Tananarive, Brickaville .
Goyaves de Chine (Psidium cattleianum ) Tananarive, Brickaville .
Strychnos spinosa Ambila est .
Pommes et poires Tananarive .
Poupartia caffra Bètioky, Soalara .
Ceratitis capitata Wied . Attrapée sur Strychnos spinosa en un seu l Ambila est .
exemplaire
Pterandrus nov . sp . Pêches et prunes Tananarive .
Pterandrus sp . Strychnos spinos a Ambila est .
Pterandrus sp . Attrapée dans pièges attractifs dans u n Antiirabé.
verger (le pêchers et pruniers .
Pterandrus sp . (? ) Prise au filet dans un verger de pêcher s ~ Ambalavao .

Pardalaspis cyanescens Bezzi Tomates Tananarive, lac Alaotra, Behara (sud), mon-
tagne d'Ambre, 1)iégo-Suarez, Antalaha ,
V'ohémar, Ambato-Boeni, Nossi-Bé.
Solanum auriculatu m Tananarive .
Solanum erythracanthu m Tananarive .
Aubergines ITananarive .
Bibace (Eriobotrva japonica ) Tananarive (exceptionnellement) .
Pardalaspis cosyva Walk . Poupartia caffra Tuléar, Bezaha .
Kumquat (Fortunella Margarita ) Tuléar .
Pomme cythère (Spondias dulcis ) Tuléar .
Pardalapsis sp . Strychnos spinos a Ambila est .

Pardalapsis sp . Prise au filet sur mandarinier s Brickaville .

Pardalaspis giffardii Bezz i


? (Nosy Komba .
Tririthvum manganum Munr o Caf é Tananarive .

Dacus enrmerezi Bezzi Melon, courges, concombres (Tananarive, Sakav, Tamatave, Tuléar .

60 Pardalaspis cosyva Walk . 80 Triritlarum manganum Munro .


Espèce de régions chaudes à faible pluviosité . Ell e Cette espèce a été obtenue de baies de caféiers su r
ne s ' attaque qu ' à des fruits de valeur commercial e les Hauts-Plateaux . Les larves se nourrissent des suc s
très réduite . Les (, kumquat s sont très fortemen t contenus dans la pulpe des fruits et se logent le plu s
attaqués par cette espèce . souvent entre les deux graines qui ne subissent aucu n
70 Pardalaspis gi,f}ardii Bezzi et les 2 autres espèce s déga .
de Pardalaspis sp . q0 Dacus entruerezi Bezzi .
Ces espèces n'ont jamais été obtenues de fruit s Cette espèce est très nuisible aux différentes curcu-
ayant une valeur commerciale . bitacées cultivées .
Fruits Vol . 20, n o 9, 1965 — 43 9

D . Parasites et prédateurs des mouches de s des mouches des fruits sont identiques en forme, des -
fruits . sins et couleurs . Enfin, la taille des araignées et cell e
des mouches de fruits sont comparables .
On ne connaît qu ' un parasite et deux prédateur s Ces araignées progressent par petits sauts et bon -
de mouches des fruits à Madagascar . Ils sont relative - dissent sur leurs proies avec une grande précision .
ment rares et ne parviennent pas à limiter les popu- La capture des mouches des fruits par ces araignée s
lations de mouches des fruits de façon appréciable , est facilitée du fait que les mouches se méprennen t
aussi leur effet bénéfique est probablement insigni- et ont vis-à-vis de leur prédateur le même comporte -
fiant . ment qu ' envers une mouche de leur espèce ou d ' un e
Les parasites et prédateurs des Trypetidae galli- espèce voisine .
gènes ne sont pas connus . Ils n ' ont d ' ailleurs que pe u En effet, lorsq u' une mouche des fruits vient se pose r
d ' intérêt . à moins d ' une dizaine de centimètres de ces araignées ,
Par contre les Trypetidae galligènes pourraien t les premières séquences du comportement sexuel s e
éventuellement servir d ' hôtes de relais aux parasite s déclenchent chez la mouche et l ' araignée n ' a plu s
introduits, pour la lutte biologique . qu'à bondir sur sa proie .
Le parasite et les 2 prédateurs de mouches de s L ' étude du comportement sexuel de Ceratitis capi-
fruits sont : tata Wied a été faite par M . FERON (1962) . Ce t
Opius (Austroopius) insignipennis Granger. auteur a pu prouver que la brillance des parties noires
Cet hyménoptère de la famille des Braconidae es t du thorax intervenait principalement dans le déclen-
le seul parasite de mouches des fruits connu à Mada- chement de la seconde séquence du comportemen t
gascar . sexuel, c ' est-à-dire celle commençant au moment o ù
Il pond ses oeufs dans les larves de Pardalaspi s deux mouches se trouvent à moins de 10 cm l ' une d e
cyanescens Bez . uniquement . l ' autre . Or la ressemblance entre le céphalothorax d e
Bien que cette mouche s ' attaque à 4 espèces de l ' araignée et le thorax de la Ceratite est frappante .
fruits, on n ' a rencontré et obtenu ces parasites qu e Bien que n ' étant pas rares, ces araignées sont diffi-
de pupes de P . cyanescens dont les larves avaien t cilement aperçues car elles se tiennent dissimulée s
évolué à l'intérieur de fruits de Solanum erythracan- au milieu du feuillage ou à l ' intérieur de leurs nids
them . Environ 3o °,o des larves de P . cyanescens étaien t soyeux disposés sur de jeunes feuilles . Elles sont faciles
parasitées par Optes insignipennis dans ces fruits e n à garder en élevage où il suffit de les placer dans un e
novembre 1961 à Tananarive . cage contenant des mouches des fruits .
2° Salticidac . L ' apport d ' un nombre assez important de ces arai-
Des araignées de la famille des Salticidae, group e gnées sur des orangers à fruits proches de la maturité
des Unidentati sont fréquemment rencontrées su r pourrait être tenté afin de voir si leur présence per -
les Agrumes, les pêchers, les Strychnos spinosa e t mettrait de limiter de façon appréciable les dégât s
les caféiers au moment où leurs fruits sont attaqué s dus aux Ceratites .
par les Trypetidae . 30 Acariens .
Ces araignées ont été trouvées à Tananarive, la c Les Pardalaspis cosyra obtenus à partir de fruits
Alaotra, Tamatave, Brickaville et Ambila-Est . de kumquat provenant de Tuléar, étaient infesté s
Le mimétisme entre ces araignées et les mouche s par des acariens recouvrant leurs ailes, leurs patte s
des fruits, en particulier Ceratitis malagassa, est frap- et leurs yeux .
pant . Chaque mouche était envahie par plusieurs cen-
Le céphalothorax de ces Salticides et le thorax de s taines d' acariens et mourrait après 2 ou 3 jours .
Ceratitis ont les mêmes couleurs, la même brillance , Dans de petites tagettes, des_ adultes de Ceratiti s
et les dessins sont composés chez les uns comme chez malagassa ont été mélangés à ceux de Pardalaspi s
les autres de taches noires séparées par de fines ligne s cosyra, mais les acariens ne se sont pas portés sur les
d ' un jaune doré . L ' abdomen de ces araignées et celui Ceratitis même après la mort des Pardalaspis .
440 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

LA MOUCHE DES FRUITS MALGACHE, CERATITIS MALAGASSA MUNRO

1 . HISTORIQU E A partir de décembre 1963 et jusque fin octobr e


1964, la mouche des fruits devint rare, et ce n'est qu e
Ceratitis malagassa Munro a été signalée pour l a par des récoltes abondantes de fruits tombés que l ' o n
première fois en 1914 par le D r LEGENDRE . A c e a pu obtenir quelques larves . Au cours de cette périod e
moment, elle était d ' ailleurs confondue avec Gera - le pourcentage de fruits infestés fut nul pour les pêches
titis capitata \Vied . et les prunes et au maximum 10 % pour les orangers .
Au début novembre 1964, dès l' apparition des pre-
mières pluies, 30 % des oranges encore nombreuses
à Ambohijafy furent infestées par les larves de Cerati-
tis malagassa . Vers le 20 novembre, les pêches de l a
variété Peento furent à leur tour attaquées . Les autres
variétés de pêches et les prunes furent ensuite trè s
sévèrement infestées en janvier et février 1965 . Excep-
tionnellement, les pommes furent attaquées dès la mi -
février et l ' infestation des oranges débuta très préco-
cement au début mars .

II . RÉPARTITION GÉOGRAPHIQU E

PHOTO 2 . — Ceralitis malagassa Munro.


Ceratitis malagassa est une espèce n'existant qu' à
Madagascar . Même dans les îles voisines, elle n ' a
Le D r LEGENDRE estimait que 8o % des pêches jamais été rencontrée . Par contre, elle y est remplacé e
arrivant à maturité en janvier étaient détruites par soit par Ceratitis capitata Wied . à la Réunion, soit pa r
cette mouche . Ceratitis catoiri Guer. et Ceratitis capitata Wied à
De 1928 à 1930, C . FRAPPA ne parvient pas à l a Maurice . A l ' intérieur de Madagascar Ceratitis mala-
retrouver malgré de fréquentes tournées et de nom- gassa paraît répandue partout . Elle a été observé e
breux élevages de fruits véreux, dont il n ' obtient que dans la région des Hauts-Plateaux depuis le la c
Drosophila repleta Woll . Alaotra jusqu'à Ambositra, sur la côte est depui s
En 1937, dans un rapport sur les insectes des arbre s Tamatave jusque Vatomandry, sur la côte ouest elle
fruitiers à Madagascar, il ne parle toujours pas de a été rencontrée à Ambilobe, Ambanja, Tuléar et
Ceratitis sp . Néanmoins, il semble qu ' elle a été retrou- Retioky . On manque de renseignements sur les région s
vée peu après puisque son identification exact e de Diégo-Suarez et de Fort-Dauphin .
(C . malagassa Munro) et sa description datent de 1 939 •
La provenance de ces mouches n ' est pas connue . C e
n' est qu ' à partir de 1948 que l'on trouve des échantil-
III . DESCRIPTION .
lons de Ceratitis malagassa dans les collections scien-
tifiques de Madagascar . En 1948 et 1949, elle fut obte-
nue de goyaves dans la région de Tananarive ; en 195 1 A . Adulte . — Mouche de la taille de la mouch e
on la trouve à Soalara et Ambila ; en 1953 à Mora- domestique, à tête jaune assez grosse et yeux d'u n
manga . vert émeraude chez l' insecte vivant .
De 1 954 à 1957, elle a commis de gros dégâts dans Sur le dessus, le thorax et l'écusson sont d'un noi r
les vergers d ' agrumes et de pêchers de la région d e brillant avec de fins dessins jaune doré, le dessous es t
Tananarive notamment . Les renseignement manquen t jaune . Les segments de l ' abdomen sont alternative -
sur les années 1958-1959-1960, mais à partir de fi n ment brun orangé et gris . L ' abdomen de la femelle
1961 jusqu ' en mai 1963, les dégâts furent très impor- est terminé par une tarière . Les pattes sont jaunes .
tants tant sur les pêchers et pruniers que sur le s Les ailes sont bariolées de taches orangées et fumée s
agrumes, principalement dans la région des Hauts - dont 3 bandes transverses dans la région distale .
Plateaux . Les soies orbitales du mâle sont allongées, blanches
Fruits — Vol . 20, n o 9, 1965 — 44 1

et terminées par une spatule blanche, étroite, plus goyaves et de mai à décembre dans les oranges et le s
longue que large et tronquée à l'extrémité . mandarines . De plus, exceptionnellement comme en
B. (Ruts . — Blancs, d ' environ i mm de long e t 1965, les pommes peuvent être fortement infestées e n
0,25 mm de large. Ils sont elliptiques, mais légèremen t février et mars .
convexes d'un côté et concaves de l' autre . Ils ne Il apparaît d ' ailleurs, que les adultes, en se nour-
portent pas d'appendices . rissant de jus de fruits ou de miellat sécrété par le s
C. Larves . — Ce sont des asticots blancs pouvan t pucerons et les cochenilles, peuvent survivre pendan t
atteindre 7 à 9 mm . Elles sont pointues à la partie plus de 3 mois, tout en gardant leur capacité de ponte .
antérieure et tronquées à la partie postérieure . Arri- Lors des années d ' infestation normale, les mouche s
vées à leur complet développement, elles peuven t sont abondantes à tout moment, excepté de juin à
se replier sur elles-mêmes, et par une détente brusque , octobre, par suite des conditions climatiques défa-
exécuter des sauts de to à 20 cm . vorables .
D. Pupes . — D 'un brun doré, elliptiques et mesu- Les facteurs favorisant cette séquence annuell e
rant 5 mm de long sur 2,5 mm de large . continue sont :
Remarque . — Trop souvent, les oeufs, les larve s 10 Présence de fruits hôtes toute l'année .
et les adultes de Ceratitis malagassa sont confondu s 20 Éparpillement des cultures fruitières et des
avec ceux de drosophiles, qui sont de petites mouches fruits subspontanés .
pondant leurs oeufs dans les fruits présentant un débu t 30 Mélange d ' espèces fruitières en un même lieu .
de fermentation, à la suite d'une piqùre, d'une bles- 4° Échelonnement de la récolte des agrumes d e
sure ou d ' affections cryptogamiques et autres . mai à décembre . La prolongation de la récolte jusq u' a u
Il semble donc utile de donner les caractéristique s mois de décembre, c'est-à-dire bien au-delà de l'époqu e
de cette mouche . optimum de maturité, est due au fait que le march é
Adulte . L ' insecte parfait est une mouche de petit e local ne pourrait assurer l ' écoulement de toutes les
taille . La longueur du corps ne dépasse pas 4 mm . S a oranges et mandarines si elles étaient récoltées nor-
coloration est gris orangé . Deux lignes longitudinale s malement de mai à septembre .
dorsales blanches, bordées de noir, allant de l ' avant d e 5° Transport et vente sur les marchés de fruits
la tête jusqu ' à l ' extrémité de l ' écusson et une bande véreux provenant de toutes les régions de Madagas-
identique de chaque côté du thorax sont caractéris- car, principalement des Hauts-Plateaux et de la côt e
tiques . est .
La tête porte des yeux rouges et les ailes sont trans - Rappelons à ce propos qu ' en décembre 1961, plu s
parentes, sans taches . de 50 % des oranges achetées sur le marché de Tana-
Œufs . Blancs et portant à une de leurs extrémités , narive contenaient des larves de Ceratitis malagass a
2 prolongements filiformes de o,5 mm de long, c ' est - et que d ' un seul fruit on a pu extraire 35 larves .
à-dire presque aussi long que l ' oeuf lui-même . Pour la région de Tananarive, la séquence annuell e
Larves . Elles portent sur le dernier segment d e des fruits hôtes peut donc se résumer dans le tablea u
courts prolongements en forme de doigts . suivant :
A leur complet développement, elles mesurent 5 m m
de long . I
J FM A M J J A S O N l
~ ~ ~ ~

IV . SÉQUENCE ANNUELL E Pommes X X


DES FRUITS HOTE S Pêches X X X X X
DANS LA RÉGION DES HAUTS PLATEAUX Prunes X X X
Pommes roses ~ X X X
Goyaves ordinaires X X X X
Les femelles de Ceratitis malagassa ont tout e Goyaves de Chine X X
Oranges et manda -
l ' année à leur disposition, des fruits mûrs dan s rines X X X X X X X X X X
lesquels elles peuvent déposer leurs pontes et assure r Apports de fruits cô -
ainsi l ' avenir de la génération suivante . tiers divers X X X X X X X X X X X X

De fin novembre ou début décembre (suivant le s


années), jusq u ' à mars les larves de mouches des fruit s
minent les pêches et les prunes, et partiellement le s L ' examen de ce tableau montre que des moyen s
pommes-roses ; d ' avril à juillet, on les trouve dans les de protection pourraient être envisagés au momen t
442 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

de la création de centres agrumicoles orientés ver s le suggèrent ou de comportement de ponte (( à vide b


une production destinée à l ' exportation . peu importe, les mouches peuvent se nourrir en pi -
Ces mesures de protection sont : quant les fruits, même en l ' absence de ponte .
1° Monoculture d ' agrumes et exclusion des pêchers Dans la nature, on les rencontre également au
et pruniers en culture ou dans les jardins . A la rigueur , milieu des colonies de pucerons, de cochenilles ou d e
et seulement en culture surveillée, on pourrait admettr e psylles où elles se nourrissent du miellat sécrété par
des variétés hâtives de pêchers dont la récolte serait ces insectes . Ce miellat contient des hydrates de car -
terminée à la mi-novembre . bone, des hydrolysats de protéines et des vitamines B .
2° Récolte de la totalité des oranges et des man- Il convient donc très bien à leur alimentation et per -
darines entre mai et fin septembre . mettrait aux mouches de survivre sans hôte pendan t
3° Suppression des pommes-roses à l ' intérieur e t une période de plus de 3 mois .
aux alentours des centres . Ces arbustes subspontané s Il est à noter que les colonies de pucerons et d e
sont heureusement beaucoup moins répandus qu e cochenilles sont abondantes toute l' année et notam-
les goyaviers . (Il y aurait d' ailleurs tout intérêt à ment en fin de saison sèche (septembre à novembre) ,
limiter également cette espèce . ) c ' est-à-dire au moment où les fruits charnus son t
4 0 Contrôle phytosanitaire des fruits introduit s moins fréquents .
dans les centres (un contrôle analogue existe à Mada- b) Proportion des sexes . En élevage, la propor-
gascar pour éviter la propagation de la maladie d e tion des sexes est sensiblement égale . Sur 134 2
Fidji de la canne à sucre) . mouches, on a obtenu 48,8 °o de mâles et 51,2 % d e
Ces mesures préventives si elles ne résistent pa s femelles .
à la critique la plus serrée présenteraient néanmoin s c) Comportement sexuel . — En élevage, les pre-
l'avantage de rendre les infestations pratiquemen t miers accouplements sont généralement remarqué s
négligeables . après 5 jours ; ensuite on en voit régulièrement jus -
qu ' au 71 e jour . Dans un de ces élevages, 141 accou-
plements ont été observés pour 10o femelles . (Dan s
V. BIOLOGIE DES ADULTE S la nature, on pense que les femelles de Trypetidae n e
s ' accouplent qu ' une seule fois . )
a) Préoviposition . — Les mouches des fruits, nou- Le comportement sexuel de Ceratitis malagass a
vellement écloses, n ' ont pas atteint leur maturit é est identique à celui de Ceratitis ça pitata Wied, qui
sexuelle . La période de préoviposition dure au mini - a été décrit par M . FERON (1962) et dont nous emprun -
mum 4 jours et varie généralement de 6 à 14 jours . tons une partie de son résumé . « Le mâle émet un appe l
Chez des femelles alimentées convenablement , odorant . Cet appel attire la femelle qui se pose à
elle varie en fonction de la température . En élevage , proximité du mâle . Ce dernier oriente alors son appe l
la période de préoviposition est de : vers la femelle . La femelle s ' approche du mâle
Au paragraphe consacré aux prédateurs et parasites ,
14 jours à 18° C (température moyenne) on a pu voir comment des araignées mimétiques d e
6 jours à 22° C Ceratitis sp . exploitaient les particularités de compor-
4-7 lours à 25-26° C tement sexuel .
9 jours à 28-30° C d) Ponte . En général, si les conditions clima-
tiques sont favorables, les femelles commencent à
Les mâles atteignent leur maturité sexuelle avan t déposer leurs oeufs, très peu de temps après la fécon-
les femelles et les premières manifestations de leu r dation . En élevage, on obtient les premiers oeufs l e
comportement sexuel sont généralement remarquée s lendemain des premiers accouplements .
4 à 5 jours après l ' éclosion . Les femelles déposent leurs oeufs par paquets d e
Pour acquérir leur maturité sexuelle, les mouche s 1 à 6 à l'intérieur des fruits, dans une petite cavit é
doivent se nourrir, notamment de substances sucrée s faite par leur oviscapte . Plusieurs mouches peuven t
et de protéines, qu ' elles trouvent soit dans les fruits utiliser la même cavité . L ' examen de prunes atta-
déjà piqués ou blessés par d ' autres mouches ou d'autre _ quées donnait une moyenne de 3,5 oeufs par trou d e
animaux (insectes, oiseaux, chauve-souris fructivores , ponte (1 à 9 oeufs par trou), un examen sur pêche s
etc .), soit en piquant elles-mêmes un fruit au moye n donnait 5,02 oeufs par fruit, dans les oranges, on peu t
de leur tarière en provoquant l ' écoulement de jus . trouver jusqu ' à 36 asticots dans un seul fruit .
S'agit-il de piqûres nutriciales, comme certains auteurs Dans nos élevages, le nombre moyen d ' oeufs pon-
Fruits -- Vol . 20, n o 9, 1965 — 44 3

dus par femelle varie de 83 à 246 . Des oeufs sont encore


pondus par des femelles âgées de 103 jours et le maxi - Î 5°° o 10 0
1 MORTALIT É DE MORTALIT É
ÉLEVAGE N' DE
mum d'oeufs pondus par une seule femelle en un e APRÈS APRÈS
journée fut de 12 . La période de forte ponte se situ e
entre le 14 et le 64 e jour . Ces données ont toujour s
été assez variables d ' une cage à l ' autre, aussi elles n e Mâles 34 j our s T07 jours
2 27 92
peuvent donner qu ' une idée approximative du poten-
tiel de reproduction de Ceratitis nmalagassa .
La ponte est sous l ' influence de certaines condition s Femelles 46 II 2
2 52 94
météorologiques . Ceratitis malagassa, insecte à pho-
totropisme fortement positif, ne pond pas lorsqu e
l' intensité- lumineuse est faible . De même on n e
remarque jamais de mouches sur les fruits par temp s VI . BIOLOGIE DES ŒUFS ,
froid ou pluvieux . Dans les gobe-mouches, on n ' obtien t LARVES ET PUPE S
aucune prise lorsque la pluviosité dépasse 10 mm e n
24 h . a) (Eu fs . — Les oeufs sont déposés dans le fruit à
Les signaux qui orientent le vol des mouches ver s 1-5 mm de profondeur . A tout moment, ils ont besoi n
les fruits hôtes sont mal connus . Pour certains auteurs , d ' une forte humidité sinon, ils se dessèchent rapide -
il semble que le signal lointain soit d ' ordre olfactif e t ment .
le signal à courte distance d ' ordre optique . Il ne nous En élevage, l ' incubation des oeufs peut être prati-
semble pas que l ' odorat et la vue soient à eux seul s quée dans l' eau pure, les jeunes larves qui y éclosen t
suffisants pour expliquer le répérage à distance . peuvent également y séjourner plus de 24 h .
En élevage par contre, on peut obtenir des ponte s La mortalité des oeufs en élevage est très faibl e
dans toute surface sèche où les mouches peuvent per- (moins de Io %) . Par contre, d ' après BODENHEIME R
cevoir au moyen de leur trompe, une saturation sous- (1951), cette mortalité peut être très important e
jacente en vapeur d ' eau (M . FERON, 1962) . Différente s notamment dans certaines variétés d'oranges don t
possibilités pour obtenir ce type de surface seron t le pourcentage de cellules d'huile essentielle est élevé .
exposées au chapitre consacré à l' élevage des mouche s Dans les prunes et les pêches, la mortalité des oeuf s
de fruits . est très faible, les oeufs étant déposés directemen t
On peut noter également que le comportement de dans la pulpe .
ponte est indépendant du comportement sexuel e t La durée d'incubation varie en fonction de la tem-
qu ' en élevage des femelles vierges déposent des oeuf s pérature, elle est de 9 jours à 150 C et de 65-75 h à
dans les pondoirs artificiels . Ces oeufs non fécondé s 240 C .
ne se développent pas . b) Larves . -- Dès la sortie de l'oeuf, les larve s
e) Longévité des adultes . Les mouches privées de s ' enfoncent dans la pulpe du fruit dont elle se nourrit .
nourriture et d' eau meurent après 4 ou 5 jours . Celle s Le milieu nutritif des larves peut être presque liquide ,
ayant à leur disposition de l'eau sucrée et de la pulpe au moins les 4-5 premiers jours de leur vie larvaire .
de banane ont une vie très longue . La durée de la période larvaire varie en fonctio n
La longévité des femelles est supérieure à celle de s de la température et de la qualité de la nourriture .
mâles . Les résultats obtenus dans 2 élevages d e Vers 25-27 0 C, cette durée est donnée dans le tablea u
50 couples sur la demi-mortalité et la durée de vi e suivant pour différents milieux nutritifs .
maximum sont rassemblés dans le tableau suivant . Dans la nature, comme les variations de tempé-
Ces données sont intéressantes car elles montren t rature à l'intérieur d'un fruit doivent être assez faibles ,
que des femelles âgées de 3 mois peuvent être le poin t la qualité de la nourriture doit être le facteur déter-
de départ d ' une nouvelle infestation . minant la durée de vie larvaire . Lorsqu ' elles on t
Les élevages de môuches placés à des température s atteint leur complet développement, les l arves enfon-
moyennes de 25-27 0 C ont une durée de vie plu s cées dans la pulpe reviennent à la surface du fruit, s e
courte que ceux disposés à des températures de 2 1 0 C . recourbent en arc de cercle, et par une détent e
A Madagascar, les mouches de fruits ont donc théo- brusque, se laissent tomber à terre et s ' enfoncen t
riquement une durée de vie plus longue en saiso n dans le sol pour se nymphoser .
froide, c ' est-à-dire, au moment où il y a le moins d e D ' après BODENHEIMER (1951), la mortalité de s
fruits-hôtes disponibles dans la nature . larves peut être importante dans certains fruits e t
2
444 — Fruits -- Vol . 20, n o 9, 196 5

Une immersion de 2 h 30 ne les gêne d ' aucune façon .


DURÉF.
DE L A Une immersion de 4 h 30 retarde l ' éclosion de s
MILIEU\ NUTRITIFS
PÉRIODE LARVAIRE adultes de 24 h mais ne provoque aucune mortalité ,
A 25-27 0 C
pour autant que les larves soient placées par aprè s
sur un sol peu humide .
Poudre de carotte + levure de bière . q-IOjour s L'humidité du sol au moment de la pupaison déter-
Agar + banane 9 jours
Agar + levure -i- sucre Io jours mine pour une certaine part la mortalité des pupes .
Bananes (voir note ci-dessous) Io à 16 jour s Si l' humidité est trop faible, il y a formation de l a
Carottes râpées à 16 jour s
pupe suivie d'un dessèchement complet ; les pupe s
11

Pêches 12à 15 Jour s


Oranges 13 à Tb jours sont vides .
Prunes 13à 19 Jour s Si l ' humidité est excessive, il y a formation de l a
Agar + sucre Croissance très lente
pupe et même de l ' adulte jusqu' à un stade avancé ,
mais aucune éclosion ne se produit .
Si l' humidité est vraiment trop forte, il y a malfor-
faibles dans d ' autres . De même, pour une mêm e mation des pupes ou mort des larves .
espèce de fruit, la mortalité des larves varie suivant Le pourcentage de mortalité des pupes en fonctio n
l ' état de maturation . C ' est ainsi que dans les pommes du pourcentage d ' eau dans le sol au moment de l a
pH = 3,3 nous avons pu constater zoo % de mortalit é pupaison est le suivant :
chez les larves à peine écloses (le pH du milieu nutritif
des larves de Ceratitis Malagassa ne pouvant êtr e D ' EAU DANS LE SOL MORTALIT É
inférieur à 4,4 .
La mortalité des larves âgées a été constatée fré-
o 99
quemment surtout dans les fruits de Strychno s 0,2 49
spinosa qui à certaines époques de l ' année contien- 0 ,4 35
nent presque tous des cadavres de larves arrivées 0,6 Io
o,8 II
à leur complet développement . I,o 7
Note : Dans la nature, Ceratitis naalagassa n e 2,0 6
4,0
s ' attaque pas aux bananes . En élevage, les femelle s 8,o
-4 3

50
ne pondent que dans des bananes dont l ' épicarpe a 16,o
94
été percé de nombreux trous à l ' aide d ' une aiguille 1

assez grosse .
Pupes . — La larve s ' enfonce dans le sol jusqu ' à c e La durée de la pupaison varie en fonction de la tem-
qu ' elle trouve des conditions d ' humidité favorable s pérature . Au laboratoire à la température de 25-27° C ,
à la pupaison . elle est de 9-10 jours .
La profondeur de pupaison dépasse rarement 10 c m Dans la nature, cette durée a été observée entr e
et se situe généralement â moins de .{ cm de la surface . les mois de juin et décembre 1963 en essayant de s e
La facilité de pénétration des larves dans le so l rapprocher le plus possible des conditions naturelles .
dépend de la nature et de la texture du sol . Dans la figure présentée ci-après, on voit qu e
Plus la texture est fine, plus la pénétration de s cette durée varie entre 13 et 36 jours, qu ' elle est liée
larves est difficile . Un sol motteux ou granuleux con - aux variations de la température moyenne mensuelle e t
vient donc très bien à la pénétration des larves . qu ' elle semble être en étroite relation avec les tem-
Si le sol est poussiéreux ou trop tassé, les larve s pératures maxima absolue, pour les mêmes périodes
s ' empupent en surface, où elles se dessèchent, à moin s considérées .
qu' elles ne soient placées à l ' abri du soleil (ombrage) Au cours de cet essai, on a pu observé que l ' humi-
dans une ambiance contenant une assez forte humi- dité et principalement les précipitations ont eu un e
dité relative . influence sur le taux de mortalité . Ce taux s ' élève for-
Dans le sable, la pénétration est plus ou moin s tement à partir d ' octobre au moment de la reprise de s
aisée, suivant la rugosité des arêtes des cristaux, elle précipitations ; en novembre et décembre, la morta-
est beaucoup plus rapide dans un sable calcareu x lité des pupes est très élevée .
que dans un sable siliceux . Les adultes éclosent dans le sol et remontent immé-
L' immersion des larves avant leur pénétratio n diatement à la surface où avant de pouvoir s ' envoler ,
dans le sol les tue si celle-ci dépasse 12 h . ils doivent achever de déployer leurs ailes et les sécher .
Fruits — Vol . 20, n o 9, 1965 — 44 5

ECNELLEa VIII . NATURE DES DÉGAT S


OUREE DE LA PUPA/SON EN FONCTION DE
a b c LA TEMPERATURE

14— 23 Dès leur éclosion, les larves s ' enfoncent dans la


b profondeur du fruit qu ' elles minent parfois entière -
\Température
ment .
15 — 24~ c
\ moyenne en "'G
\\Température \
32 - a \maximum
31 - 16— 25— \ absO/ue
30- \ \ n -'C
29-
\
1
28- 17— 26— 1
27-- \\ I
26- Durée moyenne
25- 18— 27— de kpupaisan
en jours
24-
23- 1\1 I
22- 19— 28
21 -
20 -

19-
18-
20— 29— \
\
L~ / 1`\
17- /

16- 21— 30
15-
14- 11
1
13- 22— 51— V
PHOTO 3 . -- Orange attaquée par les farces de (e rififis rnala ;assa M .
A D N D

Au début, l'attaque est assez difficile à observer ,


Bien que certains auteurs ont démontré que le s mais en un point quelconque de leur surface, l ' on sent
adultes de Ceratitis capitata Wied pouvaient fran- au toucher le ramollissement de la peau et la décom-
chir une épaisseur de sol de 45 cm, la distance maxi - position du mésocarpe sous-jacent .
mum parcourue par un jeune adulte de Ceratitis mala. • Sur les prunes, de petits affaissements de la cuticule
gassa n'a pas dépassé 16 cm . Il est vrai que la struc- correspondant aux endroits de ponte sont visibles à
ture et la texture du sol doivent avoir une grand e la loupe, sur les pêches se forment de petits cratère s
importance dans ce phénomène . mais qui ne sont généralement pas visibles, su r
oranges vertes, les trous de ponte se présentent sou s
forme d ' un point décoloré .
VII . NOMBRE DE GÉNÉRATION S Dès que la pulpe est atteinte, soit au moment d u
ET SEUIL DE DÉVELOPPEMEN T dépôt des oeufs, soit par après par les jeunes larves ,
un début de fermentation se manifeste, attirant un e
D ' après les données précédentes, le nombre annue l faune secondaire (Drosophilidae, Nitidulidac, etc .), qu i
de générations dans la région des Hauts-Plateaux déposent à l' endroit du trou de ponte, en plus de leur s
serait de 8 à q . oeufs, des spores de champignons qui provoquent la
En effet, suivant les époques de l ' année, la durée pourriture du fruit .
des différents stades varie de : L ' exploitation du fruit par les larves s ' effectu e
quartier par quartier dans les oranges ; dans les
(Eufs 3 — 4 jours pêches, les larves pénètrent directement jusqu ' a u
Larves 13 19 -- noyau et exploitent le fruit du centre vers l ' extérieur .
Pupaison 13 36 Enfin, dans les prunes, le début de l'attaque du frui t
Préoviposition . . . . 4—1 4 a lieu dans la zone où les oeufs ont été pondus .
33 73 jours . Aussi autour du trou de ponte apparaît bientô t
une tache de décoloration qui va en s ' agrandissant ,
D ' après la théorie de BLUNCK-BODENHEIJMER, l e devient une zone de meurtrissure qui brunit ; pour
seuil de développement de Ceratitis malagassa serait finir, le fruit pourrit . Certains fruits tombent préma-
voisin de 80 C . turément, tandis que d'autres manifestent leur s
446 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

dégâts après la cueillette seulement . Dans les pêche s 3 0 Pruniers . — Les variétés précoces (par exempl e
et les prunes, ce processus se déclenche à partir de l a la Metley) ne sont généralement pas attaquées .
ponte ; sur les oranges au contraire il débute généra- Les variétés non précoces, mûrissant en janvie r
lement avec les jeunes larves, car les oeufs sont le plu s sont fortement attaquées (7o à 8o % les années d ' in-
souvent pondus dans la cuticule . Si les oeufs pondus festation normale) .
dans la cuticule n ' éclosent pas, il ne se manifeste 4° Orangers .— En 1963, 70 % des fruits furent atta-
aucun dégât . qués . Les attaques sont néanmoins fort variable s
suivant les variétés et le pourcentage donné ci-dessu s
représente une moyenne pour un choix de variétés .
IX . IMPORTANCE DES DÉGAT S
B . Autres régions de Madagascar .
A . Région des Hauts-Plateaux .
1° Côte est . Les oranges sont également atta -
10 Remarque . Comme nous l ' avons déjà vu , quées, mais les dégâts sont beaucoup moins impor-
d ' une année à l ' autre, l' importance des dégâts peu t tants que sur les Hauts-Plateaux . Lorsque les orange s
être fort variable . Il existe des années où l'on n e sont récoltées en mai, les dégâts sont insignifiants .
trouve pratiquement pas de mouches des fruits e t 2 0 Région d ' Ambanja et d'Ambilobe . Infestatio n
d ' autres où les dégâts sont très importants . Par contre , des oranges très importante, mais non estimée .
on n ' entend pas parler d' années où l ' importance de s 3° Région de Tuléar . — Infestation des orange s
dégâts est moyenne . Dans le même verger d'agrume s peu importante en 1962, 1963 et 1964 .
en 1963, 70 °jO de dégâts alors qu ' en 1964 il n ' y eu t
que 0 , 0 33 % de dégâts (examen de 5 938 fruits tom-
bés) . Les causes de ces fluctuations restent inexpli- X . ÉLEVAGE PERMANEN T
quées . Les variations climatiques à elles seules ne son t DE CERATITIS MALAGASSA .
pas suffisantes pour justifier un tel phénomène .
D ' autre part, le manque de renseignements préci s
sur l' importance des attaques avant 196o ne permet pa s Les élevages permanents effectués au laboratoir e
d ' effectuer des comparaisons intéressantes de facteurs avaient un double but : a) Préciser certains aspect s
qui pourraient intervenir dans ces fluctuations . de la biologie de la mouche des fruits .
2° Pêchers . — Les variétés précoces, récoltées e n b) Permettre les essais de multiplication de para-
sites importés .
novembre sont rarement attaquées par les mouches
des fruits . En général, les premières mouches ne sont Ces élevages ont été pratiqués sur fruits naturel s
observées sur les pêchers qu ' à partir des premiers et sur milieux artificiels .
jours de décembre, mais exceptionnellement comm e
1° Élevages sur fruits naturels .
en 1964, il peut se faire qu ' elles y arrivent vers l e
20 novembre et bien que commettant assez peu d e Ces élevages ont réussi sur pêches, prunes, pommes -
dégâts aux pêches, elles sont néanmoins très néfaste s roses et bananes . (Pour permettre la ponte dans le s
car elles sont le point de départ des pullulations dan s bananes, de nombreux trous avaient été effectué s
les pêchers et les pruniers . dans leur épicarpe .) La technique de ce type d ' éle-
A la fin du mois de novembre 1964, Ceratitis enala- vage est la suivante : les mouches sont placées dan s
gassa attaqua la variété Peento en fin de récolte, tan - une cage bien éclairée, elles sont nourries de rondelle s
dis qu ' au même moment, la variété Valdo resta intacte . de banane et d ' eau sucrée, on leur offre des fruit s
Les variétés d ' Europe, mûrissant tardivement son t mûrs dans lesquels les femelles pondent leurs oeufs .
fortement attaquées (entre 80-95 % les années d'infes- Les fruits sont laissés 24 h dans la cage, puis placés à
tation normale) . 25-28° C sur un lit de sable .
Les pêches de la variété dite Malgache, mûres e n Les larves arrivées à leur complet développemen t
février-mars sont attaquées à So % environ . Ce s quittent le fruit et s ' enfoncent dans le sable pour s e
pêchers tardifs, matériel usé, donnant des fruits de pupéfier .
faible valeur, devraient être renouvelés . Malheureuse - A Madagascar, où le problème de l' approvisionne-
ment beaucoup de ces pêchers, sont actuellemen t ment en fruits ne se pose à aucun moment de l ' année ,
disséminés dans la nature, et poussent à l ' état sau- les deux inconvénients majeurs de cette méthod e
vage, perdus au milieu de la végétation naturelle . sont : l' encombrement de l ' élevage pour un rende-
Fruits - - Vol . 20, n o 9, 196 5

ment assez faible et la pourriture des fruits avant l e leurs neufs dans les pondoirs où la mixture saturée en
complet développement des larves . vapeur d ' eau contenait de la levure de bière .
Pour 2 pondoirs déposés dans la même cage, l e
2° Élevages sur milieux artificiels . nombre d'oeufs déposés fut :
A titre expérimental, des élevages de larves ont ét é 1° Mixture de poudre de carotte : 290 oeufs déposés .
pratiqués avec succès sur : 2° Mixture de poudre de carotte + levure de bière :
a) agar + sucre + levure de bière en poudre dan s 490 oeufs déposés .
les proportions de (6o + 20 + 2o) . c) Incubation des (culs et vie larvaire . Au sortir des
b) carottes râpées crues levure de bière en poudr e pondoirs, les oeufs sont placés par groupe de r o00
+ acide benzoïque dans les proportions de (300 + 4 dans des bacs en matière plastique contenant le milie u
+ 1)ou(3oo-h 1+ 1 ) . nutritif suivant :
c) carottes râpées crues + levure de bière en poudre
+ acide benzoïque + acide chlorhydrique 2 N dan s Poudre de carotte 8o g
les proportions de (300 + 6 + 2,4 + 2) . Levure de bière en poudre . . . . 16 g
La réussite de ces élevages était d ' environ 5o °,'() , Acide benzoïque à 2 %o 240 cm 3
mais ces milieux présentaient l ' inconvénient d ' un e
Les oeufs, une fois déposés sur ce milieu, sont vapo -
manipulation lente et étaient favorables à l' appari-
tion de fermentations . risés avec de l'eau (ce qui augmente de 40 % le tau x
d ' éclosion), puis les bacs sont fermés à l ' aide d' u n
Pour finir, seule, a été retenue la méthode d ' éle-
vage de Ceratitis capitula décrite par M . FERON , couvercle plein pendant 3 jours, jusqu ' au momen t
P . DEL ANODE et F . SORIA en 1958, et que nous résu-
de l' éclosion des larves . Ensuite on remplace le cou-
vercle plein par un couvercle percé d' un trou mun i
mons ci-dessous, avec les quelques modifications qu i
y ont été apportées . d ' une toile fine pour empêcher la sortie des larves .
a) Adultes . — Placés par lots de i o0o dans de s Les bacs d ' élevage des larves sont placés dans un e
étuve à 25-26° C et 8o °,/o d ' humidité relative .
cages éclairées à 25-28° C et 70 à 8o % d 'humidit é
relative . Leur alimentation est constituée de rondelle s Le substrat permet aux larves néonates de s'ali-
de bananes suspendues et changées tous les jours . Dan s menter dès l ' éclosion mais il est rapidement épuisé .
la cage, on ajoute une boîte de Petri contenant u n Dès le 4e jour de vie larvaire, on complète leur ali -
mentation par un apport de 14 cc du liquide nutriti f
tampon de coton hydrophile imbibé d ' eau légèremen t
sucrée . suivant :
b) Obtention des (Tufs . -- Ils sont obtenus dan s
Sucre en poudre 15o g
des boîtes en plastique mou percées de nombreu x Levure de bière 70 g
trous . Les boîtes utilisées étaient jaunes ou blanches .
Sol . acide benzoïque à 2 %O . . 50o cm 3
Ces récipients sont enduits intérieurement d ' une fin e
couche de la mixture suivante : A ce milieu, on ajoute, une cuillerée à soupe de so n
de coque d ' arachide afin d ' obtenir un milieu pas tro p
Farine de carotte 40 g liquide . Le 6 e jour, on rajoute encore 3 à 4 cuillerée s
Levure de bière en poudre . . 8 g de ce son et on dispose les bacs dans les boîtes de pupai -
Sol . acide benzoïque à 2 %° . no cm 3 son .
d) I'upaison . Les larves arrivées à leur comple t
Sous le couvercle on place une éponge imbibée d' ea u développement quittent le milieu nutritif et effectuent
pour maintenir une forte humidité à l ' intérieur d u des sauts de 5-10 cm . Aussi, on place les bacs dans un e
pondoir . caisse de pupaison dans laquelle les larves ayant saut é
Ces pondoirs restent 24 h dans les cages, après quo i hors de leur bac d ' élevage sont guidées par des plan s
les oeufs sont récoltés et placés sur le milieu nutritif inclinés vers un tiroir contenant du sable où elle s
des larves . Plus de 400 000 oeufs ont été obtenus d e peuvent se pupéfier . Une fois par jour, on recueill e
cette façon en 1963 . Comme l'a prouvé M . FERO N les pupes dans les tiroirs et on les dispose clans de s
(2958) pour Ceratitis capitata, le stimulus essentiel boîtes entre 2 couches de sable légèrement humidifié
induisant la ponte à travers une surface perforée es t (environ 2 % d 'eau) .
une saturation en vapeur d'eau à l'intérieur de cett e A partir du 9 e jour ces boîtes sont placées dans de s
surface . Nos observations ont montré qu ' à côté de c e cages pour adultes . Le rendement global de cett e
stimulus, les mouches des fruits préféraient déposer méthode d ' élevage se situe entre 70 et 75 °,~ .
448 — Fruits - - Vol . 20, n o 9, 196 5

XI . MÉTHODES DE LUTTE . les pommes-roses et les goyaves (ces derniers dans l a


mesure du possible) .
la Mesures préventives . Par contre sur la Côte Est, du fait de la grand e
diversité des fruits cultivés ou subspontanés, cett e
Ces mesures ne sont à envisager qu ' au moment d e mesure serait d ' application très difficile .
la création de nouveaux centres de production frui- b) Contrôle de l ' importation des fruits à l ' intérieur
tière . Comme nous l ' avons déjà signalé, elles consis- des centres et dans une zone de plusieurs kilomètres
sistent : aux alentours pour éviter la création de nouveau x
a) A favoriser une seule espèce fruitière en excluan t foyers .
toutes les autres espèces susceptibles d ' être attaquées ,
principalement celles dont l ' époque de maturatio n 2 . Destruction des fruits véreux .
se situe dans les 4 à 5 mois précédant celle d e
l ' espèce favorisée . Le ramassage et la destruction par enfouissement de s
A Madagascar, où l' on envisage la création sur les fruits véreux sont des pratiques simples, à la porté e
Hauts-Plateaux de vergers d ' agrumes pour la pro- de tous, et susceptibles de produire une forte diminu-
duction de fruits d ' exportation, cette mesure consis- tion des dégâts . Cependant, elle n ' a de valeur pra-
terait à n ' y tolérer aucune espèce fruitière suscep- tique que si elle est généralisée dans une région, sino n
tible d ' être attaquée par les mouches des fruits et les fruits véreux des propriétaires négligents servent
dont la maturation se situerait entre mi-novembr e de foyers de réinfestation tout au cours de la saison
et fin avril . Les fruits ainsi visés seraient : les pêches , de récolte . Aussi, seule une discipline générale est
les pommes et prunes sauf les variétés très précoces , susceptible de produire une amélioration véritable .
Cette mesure, qui a fait ses preuves en Australi e
et en Argentine, consiste à cueillir sur les arbres et sur -
tout à ramasser sur le sol, journellement, tous les
fruits véreux et à les détruire immédiatement en le s
enterrant à une profondeur minimum de 0,50 M . Ell e
est basée sur le fait que les larves n ' ont généralemen t
pas achevé leur développement au moment où le fruit
tombe sur le sol ou du moins présente des symptôme s
d ' infestation (zone de meurtrissure jaunâtre, puis bru-
nâtre, ou zone de ramollissement sensible au toucher) .
D ' autre part, les pupes qui se formeront profondé-
ment dans le sol donneront des adultes qui ne par -
viendront pas à rejoindre la surface .
Enfin, il est utile de signaler que les premières géné-
rations de mouches sont les plus utiles à combattre
parce qu ' elles sont encore peu importantes . Aussi le
ramassage des fruits doit-il commencer 3 à 4 semaine s
avant l ' époque de maturation .
En 1964, près de Tananarive, cette mesure a ét é
appliquée intégralement par nous dans un verge r
isolé comprenant 16o orangers et mandariniers . Deu x
fois par semaine, tous les fruits tombés étaient ra-
massés et emmenés au laboratoire où ils étaien t
soigneusement examinés avant d ' être détruits . Nou s
avons trouvé des larves dans 2 fruits seulement entr e
les 23 et 27 avril, ce qui correspond à la ponte d ' un e
première génération très peu importante . Duran t
tout le reste de la campagne, plus aucune attaque n ' a
été constatée .
Dans les vergers d ' Ambohijafy (Zoo ha en tout)
PHOTO 4 . — Ramassage et enfouissement des fruits véreux . cette mesure n ' est pas appliquée . Bien qu ' en 1964
Fruits — Vol . 20, n o 9, 1965 — 44 9

les attaques furent peu importantes, on a p u Pterandrus nov . sp . Il n ' attire que les mouches mâles .
trouver entre i et 10 % de fruits véreux à chacun e Cependant nous avons constaté que les première s
de nos visites hebdomadaires . Ceux-ci ont permis d e prises de mouches dans les gobe-mouches munis d e
maintenir durant toute la campagne une population Cerafor ne précédaient pas les premières pontes de s
de mouches . A la fin octobre, lorsque les condition s femelles dans les fruits . Aussi son intérêt comme sys-
climatiques furent à nouveau favorables, cette popu- tème d ' avertissement semble réduit .
lation a soudainement augmenté et 30 % des fruit s 4) l' essence de graines d'angélique attire 6 à 7 fois
encore non récoltés furent infestés . plus les mâles de Ceratitis malagassa que le Cerafor .
5) Le Trimedlure a un pouvoir attractif sensible-
3 . Piégeage . ment égal à celui du Cerafor vis-à-vis des mâles .
6) le méthyl Eugénol n ' attire pas Ceratitis mala-
Si l' emploi de produits attractifs n ' est plus consi- gassa .
déré actuellement comme moyen de lutte contre le s 7) Le Cue-Lure est un attractif très intéressantvis- à -
mouches des fruits, ces substances sont néanmoin s vis des mâles de Dacus emmerezi, la mouche des cucur -
intéressantes comme système d ' avertissement . bitacées .
Une substance attractive efficace permet de déter-
miner le début de l'infestation d'un verger, les fluc-
4 . Lutte chimique .
tuations des populations au cours du temps, et perme t
de mesurer l ' efficacité des traitements insecticides .
A . — Essais réalisés à Madagascar .
Plusieurs substances attractives ont été testées à
Madagascar contre Ceratitis malagassa . Plusieurs essais ont été réalisés depuis 1962 pour
r) le phosphate d' ammonium bibasique et triba- lutter contre Ceratitis malagassa . Malheureusement, l a
sique à 5 % et l ' essence de girofle n ' ont donné aucun plupart de ces essais ont été réalisés en des endroit s
résultat ; ou à des saisons ois l ' infestation des fruits fut trè s
2) le Cératène à 0,7 %, substance à base d 'hydro- faible . Nous présentons ci-dessous les caractéristiques .
lysat de protéines a montré un certain pouvoir attrac-
tif, pouvoir toutefois insuffisant en intensité et dan s a) Brickaville en mai 1962 . Verger d ' agrumes de
l ' espace . Seules les femelles sont attirées par ce pro - la Station d ' Arboriculture fruitière (côte est) .
duit ; Ce verger devait être traité tous les 15 jours à par -
3) le Cerafor, produit de synthèse, a un pouvoi r tir du début des infestations avec du Lebaycid à l a
attractif puissant vis-à-vis de Ceratitis malagassa et dose de 0,2 % m . a .

PHOTO 5 .-Piégeage de Ceratitis malagassa M .


au moyen d'un gobe-mouches .
450 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

Malheureusement dans les régions de Tananariv e


et d' Antsirabé, il n ' y eut aucun dégât de mouches de s
fruits durant l'époque de maturation des pêches e t
des prunes . D ' ailleurs aucune mouche ne fut attra-
pée dans les gobe-mouches disposés dans les 7 vergers .

d) Verger d ' agrumes à Tananarive, mai à octobr e


1964 .
Afin d ' éviter les infestations en provenance de
l' extérieur, le verger choisi était isolé de toute autr e
plantation d ' agrumes . Néanmoins, les années d ' infes-
tations normales, il était fortement attaqué par le s
mouches des fruits : en 1962 et 1963 notamment on a
pu évalué à 50-70 % la perte de récolte due à.Ceratiti s
malagassa .
'
PHOTO 6 . — Essai de pulvéristaion d orangers dans la région d e
La superficie du verger traité était d ' environ 30 ares ;
Tananarive . 114 arbres comprenant diverses variétés d ' orangers et
de mandariniers portaient des fruits à cette époqu e
et la production totale du verger a été évaluée à
Aucun traitement insecticide n ' eut lieu parce que ,
24 000 fruits .
durant la saison de récolte, 14 mouches seulemen t
Ce verger devait être traité en projetant sur le s
furent attirées dans les 6 gobe-mouches (munis d e
Cerafor) disposés dans le verger et que, entre le ter e t
arbres une bouillie contenant un insecticide (mala-
thion) et un attractif (hydrolysat de protéines) . E n
le 31 mai, sur les 946 fruits tombés sous 30 arbres préa -
même temps, le ramassage intégral de tous les fruit s
lablement choisis, aucun ne contenait des oeufs o u
véreux était pratiqué deux fois par semaine .
des larves de Ceratitis malagassa .
Les produits et les doses utilisés furent :
Le nombre important de fruits tombant quoti-
diennement sur le sol, déjà 2 à 3 mois avant la récolte ,
Zithiol liquide (malathion à 5o % m . a .) . 50o cm3
montre que les agrumes de ce verger souffrent d ' affec- Cératène (hydrolysat de protéines) 50o cm 3
tions physiologiques ou pathologiques, d ' ailleurs signa - Eau 5 1
lées par J . C . PRALORAN (1963) .
Cette bouillie placée dans un seau était projeté e
b) Tananarive, mai-juin 1963 . Verger d ' agrumes . sur une face de chaque arbre à l ' aide d'un petit balai .
Un test d ' efficacité insecticide du Lebaycid sur Dès la première manifestation d ' infestation, soit l e
oranges montre que ce produit n ' atteint pas les larves 23 avril un premier traitement eut lieu, suivi de
même jeunes à l 'intérieur de ces fruits contrairemen t 2 autres à s jours d'intervalle . La dernière manifes-
à ce qui se passe chez les pêches et les prunes . tation d ' attaque fut observée le 27 avril . En tout ,
deux fruits contenaient des larves de Ceratitis mala-
c) Vergers de pêchers et pruniers dans les région s gassa .
de Tananarive et Antsirabé, décembre-janvier 1964 . Bien qu ' en 1964, dans la région de Tananarive il n' y
Sept points d ' essais (2 à Tananarive et 5 à Antsirabé ) eut tout au cours de la saison de récolte que de faible s
avaient été choisis pour tester l ' efficacité du Lebaycid , attaques de mouches des fruits, on put néanmoin s
du Dimethoate et du DDT additionnés d ' adhési f dans les vergers non traités, trouver à chaque visit e
1 à 10 % de fruits véreux jusqu ' au mois de sep-
contre Ceratitis malagassa . En effet, les traitement s
effectués précédemment par des particuliers ou les Ser- tembre et 30 % au cours des mois d ' octobre et no-
vices Agricoles avec le Dimethoate et d ' autres insec- vembre .
ticides avaient donnés des résultats peu satisfaisants .
En plus de leur déclenchement tardif et de leur irré- e) En 1965, cet essai fut renouvelé dans le mêm e
gularité, on pouvait se demander si les pluies quas i verger et suivant le même protocole .
journalières durant l ' époque de maturation des pêche s L'attaque des agrumes par les mouches des fruit s
et des prunes ne lessivaient pas très rapidement le s débuta au début mars, c ' est-à-dire avec plus d ' un
insecticides . L' addition d ' adhésif devait normalemen t mois d ' avance par rapport aux années précédentes .
prolonger la persistance des produits . Aussi, au moment du ter traitement, le 16 mars, de
Fruits — Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 1

nombreux fruits étaient déjà infestés par les larves d e Aussi dans le cas où une dernière pulvérisation es t
Ceratitis malagassa . encore nécessaire 8 jours avant la récolte, on peu t
Néanmoins, en pratiquant le ramassage bi-heb- effectuer un dernier traitement avec du Dimethoate à
domadaire des fruits tombés et en effectuant 6 traite- la dose de 30 cm 3 M . a . par hectolitre d ' eau . Ce dernie r
ments au moyen (le l 'insecticide + attractif à un e produit ne peut être utilisé moins de 7 jours avant l a
semaine d ' intervalle, les attaques furent réduites pen- récolte .
dant la période de fortes infestations d ' avril-mai et Pour les pêchers et les pruniers, comme la matu-
stoppées à la fin mai . 462 fruits ramassés sur le so l ration des fruits est assez rapide et que les mouche s
contenaient des larves de mouches des fruits, soit un e ne pondent leurs œufs que dans des fruits ayan t
perte de récolte d ' environ 2 % contre 5 0 à 70 0/ s i atteint un état de maturation assez avancé, 2 à 3 pul-
cette méthode de lutte n ' avait pas été pratiquée . Rap - vérisations à 8-zo jours d ' intervalle seront suffisantes
pelons que le verger où cet essai a eu lieu est tout à pour protéger les fruits (toutes les variétés ne doiven t
fait isolé et ne subit donc que peu d ' infestations e n donc pas être traitées en même temps, mais seulemen t
provenance de l ' extérieur . lorsque leur maturation est suffisamment avancée) .
Enfin il est difficile de préciser dans cette méthod e D ' autre part, comme la maturation de ces fruits a
de lutte l ' efficacité respective des traitements chi- lieu en pleine saison des pluies, il est indispensabl e
miques et des traitements agronomiques . d ' ajouter à la solution insecticide un adhésif à la dos e
de 0,1 % de la solution .
La pulvérisation devra être soignée de façon qu e
B. Conclusion de cette série d ' essais .
la répartition des gouttelettes soit régulière et aussi
totale que possible tant sur les fruits que sur les feuilles .
Pêchers et pruniers .
La face inférieure des feuilles doit également êtr e
En l'absence de résultats positifs obtenus à Mada- recouverte d ' un film continu de gouttelettes car c ' est
gascar du fait de l ' incidence faible des infestations a u là que les mouches vont se poser lorsque l ' intensit é
moment des essais, on peut tout de même, en atten- lumineuse est forte ; c ' est d' ailleurs cette face qui
dant de nouvelles expérimentations, se référer au x sera la moins facilement lessivée par les fortes pluies .
résultats les plus intéressants obtenus dans des pay s Les pulv érisations n ' excluent pas le ramassage et
voisins au cours de ces dernières années . la destruction des fruits véreux, ces pratiques cultu-
La lutte chimique au moyen d' une bouillie insec- rales seront d ' autant moins nombreuses et pénible s
ticide + atractif en projection sur les arbres n ' est pas qu ' elles auront débuté très tôt et que la premièr e
applicable sur les pêchers et les pruniers pour deu x pulvérisation aura été effectuée dès l ' apparition de s
raisons : la première est qu' à Madagascar, les pêches premières mouches dans le verger .
et les prunes mûrissent en pleine saison des pluies e t
la bouillie serait rapidement délavée par les fortes Agrumes .
précipitations quasi journalières, deuxièmement l ' at-
tractif utilisé provoque des taches et des brûlures sur Dans les vergers d ' agrumes, nous avons dû recher-
le feuillage et les fruits . cher une méthode qui tout en étant à la portée du
A l'île Maurice et en Afrique du Sud des résultat s cultivateur malgache s ' adapte aux caractéristiques
très intéressants ont été obtenus récemment grâce à locales de cette production .
l' utilisation du Lebaycid (FENTHION) à la dose d e Il fallait en effet limiter l ' appareillage au maximum
zoo cm 3 in . a . par hectolitre d ' eau . Ce produit tue les car le paysan n ' a pas le moyen d ' acheter des pulvé-
adultes par contact, et les larves par ingestion à l' inté- risateurs coûteux et cependant du fait de la taill e
rieur des fruits (pêches ou prunes) . élevée des arbres (4 à 8 mètres) il n ' est possible d ' effec -
En Afrique du Sud, dans des parcelles d ' essais tuer des traitements corrects qu ' avec des appareil s
où au moment du traitement les fruits étaient déj à d 'une certaine puissance donc relativement chers .
attaqués, 66,8 % de fruits sains ont été obtenu s Enfin, du fait des cultures vivrières en mélange ave c
dans les parcelles traitées , contre 5,3 ° ;, seulement les arbres fruitiers et des fossés de drainage ou d ' irri-
dans les non traitées . gation qui sillonnent les plantations, le matériel de
L ' analyse des résidus montra qu ' à l'intérieur de s pulvérisation aurait dû être portatif .
fruits, il ne restait plus que 3 p . p . in . d 'insecticide Devant ces exigences inconciliables, nous avon s
après 15 jours . Cependant le Lebaycid ne peut êtr e été séduits par la méthode qui consiste à projete r
utilisé moins de 15 jours avant la récolte . sur le feuillage des arbres un mélange constitué pa r
452 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

un insecticide et un attractif alimentaire . Ce procéd é mouches, soit par dissection des fruits véreux pour y
de lutte chimique utilisé notamment aux îles Hawai i rechercher les larves (et ne pas confondre adultes o u
s'effectue en projetant d'une façon rudimentaire au larves de Ceratitis avec ceux de Drosophiles ou d e
moyen d ' un petit balai, une bouillie contenant u n Nitidulidae) .
hydrolysat de protéines et un insecticide organo- b) Il ne faut traiter que les variétés dont les fruit s
phosphoré (malathion) . Comme nous l'avons vu, les ont atteint un certain état de maturation permettan t
mouches avant de pondre doivent se nourrir et son t le développement des larves de Ceratitis .
attirées par certaines susbtances sucrées ou contenan t c) Il faut interrompre les traitements lorsque le s
des acides aminés . Les hydrolysats de protéines on t infestations sont redevenues insignifiantes .
un certain pouvoir attractif vis-à-vis des mouche s d) Il faut veiller au ramassage régulier et A. la des-
des fruits . Celles-ci se posent sur le support traité, y truction des fruits tombés, tout au cours de la saiso n
stationnent et sont tuées par l'insecticide . de récolte, même si à certains moments, les attaque s
En raison du pouvoir attractif de l ' hydrolysat d e paraissent insignifiantes ou nulles .
protéines il n' est pas nécessaire de traiter toute l a 2) Les traitements insecticides et le ramassage de s
surface de l ' arbre et dans les essais que nous avon s fruits d ' un verger ne seront efficaces que si les verger s
réalisé, un seul côté de chaque citrus bénéficia d e voisins subissent les mêmes traitements, car le s
1 à 2 aspersions de la bouillie . mouches des fruits ne restent pas en place et passen t
Un seul homme muni d ' un seau et d ' un petit balai d ' un verger à l' autre . Tout verger négligé, au milie u
peut traiter un hectare en 2 h, et pour des arbres d e de vergers traités et soignés, sert de foyer de réinfes-
taille moyenne (4 A. 6 m), io 1 de bouillie sont suffi- tation .
sants pour traiter un hectare de Citrus .
Les produits et doses que nous avons utilisés étaient : 5 . Lutte biologique .

Zithiol liquide à 5o % m . a (malathion) . . . . 50o cm 3 a) Intérêt de l ' introduction des parasites .


Cératène (hydrolysat de protéines) 50o cm 3
Eau 51 . Comme nous l ' avons déjà dit précédemment, o n
ne connaît à Madagascar q u ' un seul parasite de mouch e
des fruits : Austroopius insignipennis Granger qui
Comme l ' époque de maturation des oranges dan s
pond ses oeufs dans les larves de Pardalaspis cyanes-
la région des Hauts-Plateaux se situe pendant la sai-
cens Bezzi .
son sèche, la bouillie n ' est pas délavée par les pluies
La lutte biologique, procédé qui consiste à intro-
et les traitements peuvent être espacés d ' une dizain e
duire un ennemi naturel de l ' espèce nuisible, présen-
de jours . Ils doivent débuter dès la première manifes-
terait l ' avantage de réduire d ' une façon générale et
tation des mouches dans le verger (généralement fi n
sans discrimination, la population de mouches que c e
avril) .
soit dans les vergers cultivés, les jardins, ou dans le s
Ils seront répétés à to jours d ' intervalle tant qu e
fruits plus ou moins sauvages qui actuellemen t
des manifestations d ' attaques sont observées ; ensuite
servent de foyers d ' infestation en dehors des période s
ils seront interrompus, quitte à être repris par l a
de maturation des fruits commercialisables .
suite au moment de nouvelles manifestations . (Rap -
Ces introductions peuvent présenter un gran d
pelons qu ' entre juin et fin septembre, il y a très peu
intérêt à condition que ces nouvelles espèces :
d ' infestations dans les vergers) .
1° s ' acclimatent dans les régions où Ceratitis mata-
Suite à ces traitements, nous n ' avons pas constaté
gassa infestent les fruits ;
de brûlures du feuillage .
2° parasitent Ceratitis malagass a
Enfin signalons que les fruits ne peuvent être con -
3° ne soient pas détruites par des insectes ou autres
sommés que 3 jours après le dernier traitement .
organismes existant à Madagascar .

c) Remarques . b) Introductions et lâchers effectués .


t° Pour être efficace et rentable, ces moyens d e 1) En 1962 et 1963, le Laboratoire de la Divisio n
lutte chimique exigent d ' être appliqués intelligem- d ' Entomologie agricole de 1'IRAM a introduit et
ment, c ' est-à-dire : relâché quatre espèces de parasites provenant d e
a) Il faut déceler l ' apparition des infestations, soi t France et des îles Hawaii . Il s' agissait de 3 Braco-
par examen des arbres pour rechercher les premières nidae : Opius concolor Sz ., O . oophilus Silv . et 0 . ion-
Fruits -- Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 3

gicaudatus Full . ainsi que d ' un Chalcididac : Dirhi -


nus gifjardii Silv . NOMBR E
D ' OOPHILU S LACHER S
Le tableau ci-dessous résume le programme des DATE VIVANT S (NOMBRE ET LIEI'?i)
introductions et des lâchers effectués . REÇITS

RÉCEP- 20-I-1965 2
ESPÈCES 1>ATE LACHER S 27-I-1965 3 67
TIONS
2 9- 1 - 1 9 6 5 300 (Nanisana, Tananarive )
5- 2 - 1 9 6 5 1 2 47 I 163 (Nanisana . Tananarive )
16-2-1965 5 12 2
Opius concolar 30-5-1962 60 0 17-2-1965 4 700 Fenoariv o
19-6-1962 1 50 0 2 5- 2 - 1 9 6 5 2 76 2
28-6-1962 200 (Fenoarivo ) 26-2-1965 2 762 Brickaville (côte est)
30-1-1963 3 40 0 T-3-1965 1 059
6-2-1963 ; 20 0 2-3-1965 1 6 35 1 059 Brickaville (côte est)
22-2-1963 4 00 0 1 635 Brickaville (côte est)
4-3- 1 9 65
3- 1 9 63 2 000 (Tananarive ) 11-3-1965 92 5
12-3- 1 9 63 70 (l3rickaville )
( .\mpasimbe-côt e 13 119 II 61 9
14-3 - 1 9 63 300
est)
3 0 - 10- 1 963 2 000
9- 11 - 1 9 6 3 2 50 0
r 9-II -1963 1 00 0
La recherche systématique des fruits hôtes de Cera-
titis malagassa n ' a pas permis d ' en découvrir de plu s
Opius oophi- début jui n I0 0 50 (Fenoarivo) petits que les goyaves et les pommes-roses . Aucu n
luS 196 2
28- 6-196 2 100 ioo (Fenoarivo ) Opius concolor n' a été retrouvé dans la nature .
2 0 Opius longicaudatus Full . pourrait donner de s
résultats plus intéressants parce qu ' il est mieux
()pins longi- début juin 1000 500 (Fenoarivo )
caudatus 196 2 adapté au parasitisme des larves dans des fruits d e
28- 6-1962 I loo 1 100 (Fenoarivo ) dimensions plus importantes . En élevage, nous l ' avon s
26- 7-1962 35 0 35 0 vu effectuer des tentatives de ponte dans des orange s
28- 2-1963 500
véreuses .
Provenant de régions à climat chaud et humide, i l
Dirhinals gif - début juin 500 200 (Fenoarivo ) se pourrait qu ' il ne s ' adapte que dans la zone côtière
fardii 196 2
28- 6-1962 700 700 (Fenoarivo ) est de Madagascar . , Jusqu ' à présent, aucun Opiu s
26- 7 -1962 1 400 1 400 longicaudatus n'a été retrouvé .
3 0 Opius oophilus Silv . pourrait également donne r
des résultats intéressants car il s ' agit d ' une espèc e
2) En 1965, suite à une demande officielle du Gou- parasite d ' oeufs ou de jeunes larves . Comme dan s
vernement malgache auprès du Département d ' Éta t n ' importe quel fruit hôte, les oeufs sont pondus à
américain, une importante introduction d ' Opius oophi- 2-5 mm de profondeur, la dimension du fruit import e
lus a pu être réalisée . L' Entomology Research Divisio n peu .
of the Hawaii Fruit Flv Investigation, chargée de cett e Il se pourrait également que son aire d ' extensio n
introduction a pu nous envoyer 19 912 Opius oophilu s soit limitée pour des raisons climatiques .
adultes dont 13 119 arrivèrent vivants à Mada- Suite aux lâchers effectués en 1965 nous avons
gascar . néanmoins la preuve que cette espèce a parasité, dan s
Le tableau ci-après résume le programme de ce s la nature, des oeufs ou des jeunes larves de Ceratiti s
introductions et des lâchers effectués . malagassa infestant les pêches de Nanisana-Tanana-
3) Observations et remarques sur ces introduction s rive .
et ces lâchers . En effet, dans le verger oil nous avions effectué le
Dès à présent, il semble que, parmi ces insectes : 5 février un lâcher de 1 163 Opius oophilus, nous avons
Opius concolor Szpl . ne pourra pas donner d e vu le 9 février une femelle d ' Opius en train de pondr e
résultats intéressants . En effet, cette espèce est adap- dans une pêche infestée par des œufs ou des jeunes
tée au parasitisme des larves de mouches des fruits s e larves de Ceratitis malagassa . De ce fruit, ramené a u
trouvant dans des fruits de petites dimensions (olive) , laboratoire nous avons obtenu 5 Opius oophilus fe-
car la femelle n ' est pourvue que d ' une courte tarière . melles entre le I1 et le 17 mars .
454 — Fruits — Vol . 20, nu 9, 196 5

Cela prouve que les femelles d'Opius oophilus ac- XII . ÉLEVAGE EXPÉRIMENTA L
ceptent les oeufs ou les jeunes larves de Ceratitis mala - DE PARASITES DE MOUCHES DES FRUITS .
gassa comme milieu de ponte et que Ceratitis mala-
gassa à l' état larvaire est un hôte convenable pour l e a) Opius concolor et ()piafs longicandatus .
développement d' Opius oophilus .
Seulement d ' autres éléments nous sont encore in - Des tentatives d ' élevage artificiel de ces différent s
connus, Parmi ceux-ci on peut noter : parasites ont été entreprises au laboratoire, et nou s
i° Les femelles d' Opius oophilus qui ont pondu à avons réussi ceux d ' Opius concolor et d ' Opius longi-
Madagascar avaient peut-être été fécondées aux îles caudatus . La méthode utilisée est celle employée à l a
Hawaii, et il n ' est pas dit que la première génératio n Station de Zoologie agricole et de Lutte biologiqu e
née à Madagascar y trouve les conditions nécessaires d ' Antibes pour l ' élevage d ' Opius concolor qui a ét é
pour le rapprochement des sexes, notamment si cett e décrite par P . DELANOUE (1961) .
première génération est peu nombreuse . Comme le souligne cet auteur, trois points son t
2° le climat des îles Hawaii est assez différent d e essentiels pour la réussite de cet élevage :
celui de Madagascar principalement dans la région de s 1° Réhydratation des larves parasitées avant la
hauts plateaux entre les mois de mai et octobre . Il pupaison ,
n ' est pas dit qu ' Opius oophilus puisse s ' adapter à ces 2° l;viter la formation des moisissures sur les pupe s
conditions climatiques assez rigoureuses . parasitées par trempage des larves parasitées dans u n
3° Une fois introduite à Madagascar, Opius oophilu s fongicide . (Captane à o,6 %) .
entre dans un nouvel équilibre biologique et à prior i 3° Maintien des pupes, dès leur formation, à un e
nous ne pouvons savoir si celui-ci lui sera favorable o u forte hygrométrie proche de la saturation .
défavorable . Ces élevages n' ont pas pu être maintenus indéfini -
De nombreuses collectes de fruits infestés par Cera- ment ; après un certain temps, les adultes complète -
titis malagassa devront être effectuées à partir de dé- ment formés, mouraient dans la pupe avant de par-
cembre 1965 dans les différents endroits de lâcher s venir à sortir de cette dernière .
afin de voir si l ' espèce Opius oophilus est parvenue à
s ' implanter dans ces régions .
b) Opius oophilus .
4° Dirhinus gigardii Silv ., parasite des pupe s
serait très intéressant en cas d ' acclimatation, à con-
Nous avons également tenté l' élevage d ' Opius oophi-
dition qu ' il ne soit pas hyperparasite d ' autres insecte s
lus en présentant aux adultes des oeufs ou de trè s
utiles .
jeunes larves de Ceratitis malagassa, soit déposés dan s
des fruits, soit provenant de notre élevage artificie l
de la mouche des fruits malgache .
Nous ne sommes parvenus à obtenir des ponte s
d'Opius oophilus que dans des oeufs déposés dans de s
bananes . De cet élevage nous avons obtenu 36 mâle s
et 6 femelles . Par la suite, cette première génératio n
n ' a pas trouvé en élevage les conditions favorables à
l ' accouplement .

XIII . COMPORTEMEN T
DES OPIUS CONCOLO R
ET OPIUS LONGICAUDATUS EN ÉLEVAGE .

Les adultes nouvellement éclos s'accouplent rapi-


dement, dès le premier jour .
La ponte commence à partir du 2 e ou 3e jour .
La durée de développement larvaire est à peu prè s
FIG . 8 . — Opius concolor Sg (d ' après Bodenheimer, Citrus Ento-
semblable pour les 2 espèces . A 26-27° C et 8o
mology, 1951) . d'humidité relative la durée du cycle est :
Fruits Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 5

En général, la proportion des sexes n ' est pas éloi-


0 . longicaudatus 0 . concolor gnée de 1 : 1 . Pour Opius longicaudatus, dans l' en -
semble nous avons obtenu 57,1 % de mâles et 4 2 , 9
d d de femelles .

Minimum 14 14 [j Cependant dans les élevages, ces pourcentage s


Maximum 22 21 L9 peuvent varier d' un jour à l' autre, les extrêmes obte-
nus ont été :

Les femelles sont encore capables de pondre aprè s 1) 66 mâles et 7 femelles .


20 jours . 2) 76 mâles et 128 femelles .

AUTRES INSECTES DES ARBRES FRUITIER S

1 . PUCERON S II . COCHENILLE S

Les pucerons présentés dans la liste ci-dessou s Dans les plantations saines de Citrus, les coche-
formaient des colonies sur arbres fruitiers . Leurs nilles ne commettent généralement que peu de dégâts ,
dégâts sont cependant assez limités, si ce n ' est par - si ce n ' est pendant les périodes de sécheresse prolon-
fois à certaines époques de l ' année, notamment à la fi n gée .
de la saison sèche . Leur importance diminue d ' ail- Par contre sur les arbres malades ou âgés, carencé s
leurs avec le retour des pluies . ou souffrant de la sécheresse, on peut rencontrer de s
colonies de cochenilles très prospères .
Les espèces les plus nuisibles sont LePidosaj5he s
ILOTES PUCERON S beckii New . et Chrysomphalus ficus Ashm .
Dans les plantations de pêchers, la cochenille Pseu-
Citru s Aphis gossypii Glove r daulacaspis pentagona Targ . peut commettre d ' impor-
Macrosiphum solanifolii Ashm . tants dégâts principalement avant la période de matu-
Toxoptera aurantii B . d . F .
Pommie r Eviosoma lanigerum Hausm . ration des fruits .
Prunier Rhopalosiphum nynipheae L .
Bananie r Pentalonia nigvonervosa Coq .
Bibassie r Aphis eriobothryae Schout .
Aphis gossypii Glover COCHENILLE S HOT E S
Toxoptera aurantii B . de F .
Macrosiphum sp .
Lepidosaphes beckii Newm . Citrus .
Pseudaulacaspis pentagona Targ . Pêcher, prunier, pom -
Rappelons que les 3 espèces de pucerons rencon- mier, goyavier .
Chrysomphalus ficus Ashm . Citrus, bananier.
trées sur Citrus sont des vecteurs possibles, mai s Hemiberlesia lataniae Sign . Vigne, pommier, goya -
assez théoriques de la Tristeza . vier .
Deux autres espèces de pucerons, théoriquemen t Hemiberlesia rapax Comst . Goyavier .
Pseudaonidia trilobiti formis Green . Citrus, avocatier .
vecteurs de la Tristeza existent à Madagascar, mai s Pseudaonidia duplex Ckll . Citrus .
n ' ont pas été découvertes sur Citrus ; il s ' agit d'Aphi s Selenaspidus articulatus Morg . Citrus .
craccivora Koch et de Myzus persicae Sulz ., cett e Icerya seychellarum Westw . Citrus, arbre à pain ,
pommier .
dernière espèce transmettant dans certaines parties Icerya sp . (purchasi ? Mask) . Citrus .
du monde le complexe Woody-Gallvein enation , Aonidiella aurantii Mask . Poirier .
Parlatoria ziziphi Lucas . Oranger .
virose à laquelle le Rough Lemon est particulièrement Phenacaspis sp . (dilatata ? Green ) Manguier .
sensible (Praloran 1963) . Aulacaspis sp . (cinnamomi ? Manguier .
Par contre, Toxoptera citricidus, qui est le vecteur Newst .) .
Aulacaspis sp . (rosae ? Bouché) . Manguier .
le plus efficace du virus de la Tristeza n'a pas encor e Ceroplastes sp . (sinensis ? del G .) . Citrus .
été découvert à Madagascar .
456 — Fruits - - Vol . 20, n° 9, 196 5

Le moyen le plus efficace pour lutter contre le s dies et des méthodes de nettoyage et de taille conve-
cochenilles consiste à favoriser l ' état sanitaire de s nables .
arbres fruitiers, par l ' irrigation, l ' apport de fumure , Nous présentons à la page précédente la liste de s
la suppression des adventices, la lutte contre les mala - cochenilles rencontrées sur les arbres fruitiers, établi e
par la division d' entomologie de l'I . R . A . M .
D ' autre part, la liste des parasites et prédateur s
HOTES PARASITES OU PRÉDATEUR S
des cochenilles des arbres fruitiers a été poursuivie .
Afin de pouvoir multiplier différents parasites d e
Pseudaulacaspis pen- Arrheniphagus chionaspidis Auriv . cochenilles dont l'introduction à Madagascar a ét é
tagona Targ . (Encyrtidae) . effectuée ou est envisagée, M . BRENIÈRE, directeur
Aphytis opuntiae Risb . (-gphelini - de la Division d ' Entomologie agricole de l' IRAM a
(l ae) .
Coccophagus pauliani Risb . (Aphe- mis au point les élevages d ' Hemiberlesia lataniae et
linidae) . de Pseudaulacaspis pentagona sur pomme de terre et
Prospaltella diaspidicola Silv . (Aphe-
linidae) . de 1 ' Icerya sp . (purchasi) sur mimosas . Ces élevages
Prospaltella berlesei How (introdui t sont en cours depuis plus d ' un an et ont précédé le s
en 1963) . introductions de Prospaltella berlesei .
Prospaphelinus madagascariensi s
( Aphelinidae) . Des lâchers de ce parasite ont été effectués e n
Icerya seychellarurn Tetrastichus stictococci Silv . (Eulo- 1964 et 1965, mais leur acclimatation n ' a pas encor e
West . phidae) . pu être prouvée .
Cryptochaetum monophlebi Skus e
( A gromyzidae) .
Rodolia cardinalis Muls (Coccinelli-
dae), introduit . III . MASTODONTODER A
Rodolia alluaudi Sicard (Coccinel-
lidae) . NODICOLLIS KLU G
Platynaspis capicola subsp . mada-
gascariensis (Coccinellidae) .
Dès la fin du mois de novembre, les variétés hâtive s
Heniiberlesia lataniae Aphytis sp . (type proclla Walk)
Sign . (Aphelinidae) . de pêchers ont leurs fruits attaqués par un Ceram-
Aphytis maculicornis Masi (Apheli- bycidae d' assez grande taille (2o à 25 mm) . Il pass e
nidae) .
A spidiotiphagus sp . (Aphelinidae) .
Marietta exitiosa Compère (Apheli-
nidae) .
Diversinervus silvestrii West (En-
cyrtidae) .
Lepidosaplies beck i i Metaphycus sp . (Encyrtidae) .
Newm .
Tetrastichus sp . (Eulophidae) .
Selenaspidus articu- Adelencyrtus ficusae Risb . (Encyr-
latus Morg . tidae) .
Chrysornphalus ficus Aspidiotiphagus citrinus Cra w
Ashm . ( Aphelinidae) .
Aspidiotiphagus lounsburyi B . et P .
(Aphelinidae) .
Aphytis sp . (Aphelinidae) .
Prospaltella sp . (Aphelinidae) .
Limacis opuntiae Rist) . (Lymae-
nonidae) .
Habrolepis rouxi Comp . (Encyrti-
dae) .
Adelencyrtus ficusae Rist) . (Encyr-
tidae) .
Conzperiella bifasciata H . (Encyrti-
dae) .
Aonidiella auranti i Aphytis sp. (type proclia Walk)
Mask . (Aphelinidae) .
Aspidiotiphagus citrinus Craw .
(Aphelinidae) . PHOTO 9 . - -
Aspidiotiphagus lounsburyi B . et P . Mastodon1o-
( Aphelinidae) . dera nodicol-
lis Klug.
Fruits -- Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 7

ensuite d ' une variété à l ' autre suivant l ' état de matu- Ces chenilles vivent également dans les inflores-
ration des fruits . Ces longicornes ont la tête, le tho- cences du ricin . Elles sont vertes, parfois un peu bru-
rax, la base des élytres, le dessous du corps et un e nâtres, avec une ligne blanche dorso-latérale . Déran-
partie des fémurs noirs, tandis que la plus grand e gées, elles se tortillent et se laissent tomber .
partie des élytres, l ' extrémité des fémurs, les tibias ,
les tarses et les antennes sont couleur fauve à rouille .
Ces insectes, aux mandibules puissantes, creusen t V. OTHREIS IMPERATOR BOISD .
un trou dans les pêches et se nourrissent de pulpe .
Les blessures qu ' ils y provoquent sont ensuite fré- Lors d' une tournée dans la région de Diégo-Suarez ,
quentées par des drosophiles qui, en plus de leur s on a pu assister à une violente attaque des orange s
oeufs, y déposent des spores de champignons causan t par des « Fruit Piercing Moths o . L'espèce attrapée
la pourriture du fruit . était : Othreis imperator Boisd .
Au stade larvaire, les Mastodontoder sp . vivent à Ces papillons appartiennent à la famille des Noc-
l ' intérieur de diverses essences forestières dont il s tuidae, sous-famille des Othreinae (Ophiderinae) .
forent les troncs et les branches . Plusieurs espèces d ' Othreinae sont connues à Mada-
A l' état adulte, on les voit en nombre sur les fleur s gascar, mais leurs dégâts n ' avaient jamais été signa-
de fenouil (Foeniculum vulgare), ombellifère pluri - lés ni même soupçonnés et étaient confondus ave c
annuelle qui fleurit à partir de la fin novembre . Cette ceux de la mouche des Fruits .
plante pourrait éventuellement servir de plante piège . Othreis immerafor est un papillon d ' assez forte taill e
(7 à 9 cm d ' envergure) à ailes antérieures brunâtre s
ou brun grisâtre, chargées de dessins variés mai s
IV . GONIOTORNA ERRATICA DIA K sombres et à ailes postérieures orangées bordées d ' un e
large bande brunâtre, en plus à l ' intérieur de la partie
Sur les Hauts-Plateaux, les jeunes oranges son t orangée de l' aile il existe une grande tache plus o u
attaquées par les chenilles du Tortricidae : Goniotorn a moins réniforme, reliée souvent à la bande brun e
erratica Diak . marginale .
La nuit, ces robustes papillons viennent se pose r
sur les oranges mûres et les perforent pour se nourri r
en se servant de leur trompe dont l ' extrémité es t
pourvue de saillies dentées .
On peut à ce moment les apercevoir facilement e n
éclairant les arbres car l ' on aperçoit leurs gros yeu x
scintiller sous l ' effet de la lumière . La piqûre du fruit
correspond à une ouverture circulaire de 1/2 à 3/4 mm
de diamètre, perpendiculaire à la surface du fruit e t
située dans la zone équatoriale .
Sous l' épicarpe, à l ' endroit de la piqûre, on re -
marque une zone nettement asséchée .
Les chenilles de ces papillons vivent sur des liane s
PHO'ro Io . -- Gouiotonea erra/ka Diak .
de la famille des Menispermacées et parfois sur de s
érythrines . Nous n' avons pas eu l ' occasion de le s
Ces chenilles vivent protégées par un tissu soyeu x rechercher dans la région de Diégo-Suarez .
collé à une feuille, tissent un réseau de soies entre l e Qu ' un fruit soit piqué artificiellement au moyen
fruit et une feuille, puis commence à miner la pelur e d ' une aiguille, ou naturellement par les mouches de s
du fruit sans toucher à la pulpe . fruits ou les papillons du genre Othreis, il évolue d e
Par suite de cette attaque, les fruits jaunissen t la même façon .
prématurément, se détachent de leur pédoncule mai s Il mûrit prématurément, montre une zone d e
restent accrochés à l ' arbre par le réseau de soies le s meurtrissure jaune puis brunâtre qui va en s ' agran-
reliant à une feuille . dissant, pourrit et tombe . Ce processus n ' est pas d û
Au début de l ' année 1962, 7 à io % des oranges d e uniquement à l ' action mécanique de ces insectes ,
la région de Tananarive ont été détruites par ce Tor- mais bien à un phénomène d ' inoculation de spores d e
tricidae. champignons ou de bactéries, soit par les papillons ou
458 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

les Trypetidae eux-mêmes, soit par d ' autres insecte s


attirés par l'odeur sucrée, puis fermentée, du jus qu i
s ' échappe d ' un fruit piqué . (Drosophilidae et Niti -
dulidae . )
Les dégâts dus à ces papillons étaient très impor-
rr tants dans le verger visité .

VI . ACARIEN S

Des acariens de la famille des Eriophyidae pro-


voquent le brunissement de l ' épiderme des oranges
au moment de leur maturation, principalement dan s
la région Est de Madagascar où ce Rust-Mite est
généralisé (8o % des oranges en sont atteintes) .
A la Station agronomique du lac Alaotra, de s
I2 traitements insecticides précoces et répétés, à has e
d' esters dithiophosphoriques favorisent la pullula-
tion de ces acariens, probablement par la destructio n
de leurs ennemis naturels .
A la loupe, on peut observer des acariens piriforme s
blanchâtres, d ' un dixième de millimètre de longueu r
et vivant en colonies très nombreuses .
Ces acariens piquent les cellules épidermiques d e
l ' épicarpe ; comme leurs colonies sont très impor-
tantes, la portion externe de cette assise est détruite ,
les oranges prennent un aspect grisâtre lorsqu ' elles
ne sont pas mûres et brunâtres au moment de l a
maturation .
La dimension des fruits et leur qualité ne sont pro-
bablement que peu affectées, mais la rouille que ce s
acariens provoquent à la surface du zeste nuit beau -
PHOTO 14 . — Otkreis
imfierntor 13 . coup à leur présentation .

Pno'ro Dégâts d'Otlnris /ullonica L .


(espèce africaine n ' existant pas h Mada -
gascar) .

PHOTO 12 et 13 . Chenille et chrysa-


lides d'Otlin'is Jrrllonica .
Fruits — Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 9

D ' autre part, il semble que ces fruits dont la por- un certain nombre d ' espèces qui feront l ' objet d ' un e
tion externe du zeste devient dure et sèche, soien t publication d ' ici quelques mois .
moins attaqués par les mouches des fruits . D ' ores et déjà, il nous a signalé la présence et les
M . GUTIERREZ, spécialiste de 1 ' ORSTOM en aca- dégâts d ' Hernitarsonemus lattas Banks à 1 ' Ivoloina -
riologie, actuellement à Madagascar, a bien voulu se Tamatave, sur Rough Lemon, où il provoque des défor -
charger de l'inventaire des acariens des cultures frui- mations des feuilles et des bourgeons . De même, i l
tières . nous a signalé la présence de Tetranychus telariaa s
Les recherches qu ' il a entreprises depuis peu de Roch et Tetranvchus neocaledonicus André sur Citru s
temps, lui ont déjà permis de découvrir et d' identifier dans toute l ' île .

CONCLUSIO N

Avec M . PRALORAN (1963) nous estimons que la situation sanitaire des agrumes à Madagascar n ' est ni
plus mauvaise, ni meilleure que celle de bien d ' autres pays producteurs et exportateurs .
Pour ne retenir que le problème des mouches des fruits sur les Hauts-Plateaux, nous avons vu que ce s
insectes grèvent lourdement la production fruitière, mais qu ' une très nette amélioration de cette situation
pouvait âtre attendue par des mesures préventives et la destruction des fruits véreux, grâce au nombr e
restreint de fruits hôtes de Ceratites dans cette région .
Par ailleurs, les traitements insecticides que nous avons recommandés, s ' ils sont effectués à bon escient per -
mettraient, tout en étant rentables, de réduire les infestations à des proportions souvent négligeables, s ' ils sont
combinés avec les mesures préventives et agronomiques préconisées ci-dessus .
Quant à la lutte biologique, nous avons estimé que les efforts devaient être poursuivis, mais que les chances d e
réussite ne pouvaient être préjugées, parce que trop d ' inconnues sont encore à résoudre sur l ' acclimatation de
parasites, en particulier sur les Hauts-Plateaux .
D ' autre part, nous avons vu que cette amélioration ne peut être réelle que si une action collective est menée ,
car tout effort individuel ne donnerait que de piètres résultats si les vergers voisins sont négligés .
Aussi, nous estimons que la base de l ' amélioration de la production fruitière doit être recherchée dan s
l' organisation de cette production et dans ce sens nous pensons notamment :
1 0 que les producteurs doivent être conseillés sur les soins à donner .
2 0 qu ' un service d' avertissement doit les renseigner sur l ' opportunité des soins et des traitements à effectuer ,
3 0 qu' une certaine pression puisse être exercée contre les planteurs négligents, responsables de l' échec des
soins apportés par les producteurs consciencieux .
40 qu ' à la méthode anarchique de vente de la production fruitière se substitue un système de commerciali-
sation assurant un bénéfice juste au producteur : lorsque celui-ci comprendra que son effort est rentable, le s
chances de voir cet effort se réaliser augmenteront certainement .
Ce travail a été réalisé principalement dans la perspective du développement de l ' agrumiculture en
vue de l' exportation envisagée par le Gouvernement malgache .
Il est certain que les pays importateurs n ' accepteront des marchés qu ' à la condition que les fruits soien t
impeccables au point de vue présentation et indemnes de maladies et de dépréciateurs qu ' ils ont la chance de
ne pas avoir chez eux, mais qui risqueraient de s ' y installer . A ce titre, Ceratitis malagassa, qui n ' existe qu ' à
Madagascar, présenterait un grand danger, si elle est introduite dans toute région à climat méditerranéen . I l
est d' ailleurs probable que les expéditions de fruits vers ces pays devront être précédées de traitements radicau x
soit par le froid soit au dibromoéthylène .
Il est bien entendu que si, dans l ' avenir, par suite de l ' intensification des cultures fruitières et de la modi-
fication de leur structure, on évolue vers une arboriculture du type industriel comparable à celles d ' Afrique du
Nord ou d ' Afrique du Sud, il sera possible d ' utiliser des méthodes de lutte plus modernes faisant appel à
des appareils mécanisés traitant de grandes surfaces en peu de temps, avec des insecticides à action de contac t
rapide .

I . R . A . M ., Division d'enthonmlogie agricole, Tananarive, 1965 .


3
460 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5

APPENDIC E

LISTE DES PRINCIPAUX INSECTE S IL PÊCHERS .


NUISIBLES AUX AGRUMES , Polycleis africanus 01 . (Curculionidac) .
PÊCHERS ET PRUNIER S Euproctis producta Walk . (Lymantriidae) .
Euproctis fervida Walk . (Lymantriidae) .
Alcides convexus 01 . (Curculionidae) .
I . CITRUS . Deborrea nialagassa Heyl . (Psychidae) .
Boroceras ntadagascariensis Boisd . (Lasiocampidae) .
Papilio dentodocus Esp . (Papilionidae) . Boroceras marginepunctatus Guen . (Lasioealnpidae) .
Papilio epiphorbas Boisd . (Papilionidae) . Ceratitis malagassa Munro (Trypetidae) .
Anoplocnentis madagascariensis Sign . (Coreidae) . Pterandrus nov . sp . (Trypetidae) .
Ceratitis malagassa Munro (Trypetidae) . Pseudaulacaspis pentagona Targ . (Diaspidinae) .
Goniotorna erratica Diak. (Tortricidae) . Ptyelus goudoti Benn . (Cercopidae) .
Othreis imperator Boisd . (Noctuidae) . Ibtastodontodera nodicollis Klug . (Cerambycidae) .
Aphis gossypii Glover (Aphididae) . Bricoptis variolosa G . et P . (Cetonidae) .
IliIacrosiphum solanifolii Ashm . (Aphididae) .
Toxoptera aurantii B . d . F . (Aphididae) .
Lepidosaphes beckii Newm . (Diaspidinae) . III . PRUNIERS .
Chrysomphalus ficus Ashm . (Aspidiotinae) .
Pseudaonidia trilobitiformis Green (Diaspidinae) . Polycleis africanus 01 . (Curculionidae) .
Pseudaonidia duplex Gall . (Diaspidinae) . Euproclis producta Walk . (Lyrnantriidae) .
Selenaspidus articulatus Morg . (Aspidiotinae) . Deborrea malagassa Heyl . (Psychidae) .
Icerya seychellarum Westw . (Ortheziidae) . Boroceras marginepurtctatus Guen . (Lasiocampidae) .
Icerya sp . (purchasi ? Mask .) (Ortheziidae) . Boroceras madagascariensis Boisd . (Lasiocampidae) .
Parlatoria ziziphi Lucas (Parlatoriinae) . Ceratitis malagassa Munro (Trypetidae) .
Ceroplastes sp . (sinensis ? del G . ) (Lecaniidae) . Pterandrus nov . sp . (Trypetidae) .
Spanioza erythreae del G . (Psyllidae) . Rhopalosiphum nympheae L . (Aphididae) .
Eriophyidae (Acariens) . Pseudaulacaspis pentagona Targ . (Diaspidinae) .
Hemitarsonemus latus Banks (Acariens) . Bricoptis variolosa G . et P . (Cetonidae) .

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