Document 457904
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La culture des arbres fruitiers constitue une production assez importante à Madagascar . En 1:96o
M . MONTAGNAC estimait à près de 4 millions le nombre d'arbres fruitiers en production, et en 1963
M . PRALORAN évaluait à i million le nombre de pieds d'agrumes . Depuis ces dates, les bananier s
ont pris un essor important dans la région de Tamatave par suite de l'organisation du marché e n
vue de leur exportation .
Le Gouvernement de la République malgache a actuellement le souci de définir une politiqu e
précise de création et d'amélioration des productions fruitières . Rien que pour l'agrumiculture, l e
but à atteindre serait de ro 00o à i5 000 hectares .
C'est dans la perspective de ce développement que le Gouvernement de la République malgach e
et l'Institut français de Recherches fruitières Outre-Mer ont demandé à l'Institut de Recherche s
Agronomiques Tropicales et des Cultures Vivrières d'étudier les insectes nuisibles aux agrumes e t
particulièrement des mouches des fruits dans la région des Hauts-Plateaux et dans la Préfectur e
de Brickaville . Cette demande a fait l'objet du marché de gré à gré n 0 20 entre l'État malgache et
l'Institut de Recherches Agronomiques Tropicales et des Cultures vivrières .
La culture des arbres fruitiers à Madagascar répond à différentes caractéristiques dont certaine s
ont une influence directe ou indirecte sur la faune entomologique de ces cultures .
Ces caractéristiques dont les répercussions entomologiques seront relevées au cours de cette étud e
sont les suivantes :
1" Le grand nombre d'espèces fruitières cultivées ou subspontanées, par suite de la variété de s
climats permettant la culture des arbres fruitiers tropicaux et tempérés . Il y a actuellement plus d e
4o espèces d'arbres fruitiers cultivés à Madagascar, provenant d'ailleurs toutes d'introduction s
d'origine souvent incertaine . La fructification de ces espèces s'échelonne tout au long de l'année .
20 Éparpillement des cultures fruitières et des arbres fruitiers subspontanés .
30 Multiplicité des exploitations .
En effet . si l'on excepte quelques cantons où la concentration des cultures fruitières est plu s
importante, la plupart des arbres fruitiers sont entre les mains d'une multitude de propriétaires d e
i à 5o arbres . Chacune de ces « exploitations » comprend généralement plusieurs espèces fruitière s
différentes .
40 Mauvais état sanitaire des arbres fruitiers par suite de conditions édaphiques défavorable s
(sol et eau), de carences et du manque de soins (taille et nettoyage du sol notamment) .
5° Organisation de la vente .
Actuellement les producteurs sont exploités par les collecteurs . Ceux-ci font un bénéfice d'a u
moins 100 , sur le commerce des fruits et légumes .
La récolte est, en général, achetée sur pied, au moment de la floraison .
Le planteur dans le besoin, vend parfois plusieurs années de récolte à la fois .
Ce système de commercialisation, très préjudiciable au planteur, va à l'encontre de toute amé-
lioration culturale . On comprend en effet, que dans ces conditions, le producteur ne fasse pas toujours
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l'effort nécessaire, pour améliorer sa culture, soit par son travail, soit par des apports de fumure
ou de pesticides coûteux .
6 o Mise sur le marché de fruits attaqués par les insectes et transport de quantités importantes d e
fruits d'espèces diverses d'une région de l'île à l'autre, tout au cours de l'année .
Remarque :
Le travail effectué a été principalement orienté vers l'étude de la mouche des fruits malgache ,
dans la région des Hauts-Plateaux et dans la Préfecture de Brickaville .
Cependant, il a paru intéressant de fournir dans ce rapport des renseignements non connus o u
mal connus, soit sur d'autres insectes des arbres fruitiers de ces régions, soit sur des insectes atta-
quant les agrumes dans d ' autres régions de Madagascar .
Bien que cette étude n'ait pas la prétention de reprendre des sujets trop connus, surtout s'ils sont
d'intérêt secondaire tels ceux des Papilio demodocus et P . epiphorbas, il a paru tout de même util e
de présenter à la fin de ce rapport une liste des principaux insectes nuisibles aux agrumes, pêcher s
et pruniers à Madagascar.
Pardalaspis cyanescens Bezzi Tomates Tananarive, lac Alaotra, Behara (sud), mon-
tagne d'Ambre, 1)iégo-Suarez, Antalaha ,
V'ohémar, Ambato-Boeni, Nossi-Bé.
Solanum auriculatu m Tananarive .
Solanum erythracanthu m Tananarive .
Aubergines ITananarive .
Bibace (Eriobotrva japonica ) Tananarive (exceptionnellement) .
Pardalaspis cosyva Walk . Poupartia caffra Tuléar, Bezaha .
Kumquat (Fortunella Margarita ) Tuléar .
Pomme cythère (Spondias dulcis ) Tuléar .
Pardalapsis sp . Strychnos spinos a Ambila est .
Dacus enrmerezi Bezzi Melon, courges, concombres (Tananarive, Sakav, Tamatave, Tuléar .
D . Parasites et prédateurs des mouches de s des mouches des fruits sont identiques en forme, des -
fruits . sins et couleurs . Enfin, la taille des araignées et cell e
des mouches de fruits sont comparables .
On ne connaît qu ' un parasite et deux prédateur s Ces araignées progressent par petits sauts et bon -
de mouches des fruits à Madagascar . Ils sont relative - dissent sur leurs proies avec une grande précision .
ment rares et ne parviennent pas à limiter les popu- La capture des mouches des fruits par ces araignée s
lations de mouches des fruits de façon appréciable , est facilitée du fait que les mouches se méprennen t
aussi leur effet bénéfique est probablement insigni- et ont vis-à-vis de leur prédateur le même comporte -
fiant . ment qu ' envers une mouche de leur espèce ou d ' un e
Les parasites et prédateurs des Trypetidae galli- espèce voisine .
gènes ne sont pas connus . Ils n ' ont d ' ailleurs que pe u En effet, lorsq u' une mouche des fruits vient se pose r
d ' intérêt . à moins d ' une dizaine de centimètres de ces araignées ,
Par contre les Trypetidae galligènes pourraien t les premières séquences du comportement sexuel s e
éventuellement servir d ' hôtes de relais aux parasite s déclenchent chez la mouche et l ' araignée n ' a plu s
introduits, pour la lutte biologique . qu'à bondir sur sa proie .
Le parasite et les 2 prédateurs de mouches de s L ' étude du comportement sexuel de Ceratitis capi-
fruits sont : tata Wied a été faite par M . FERON (1962) . Ce t
Opius (Austroopius) insignipennis Granger. auteur a pu prouver que la brillance des parties noires
Cet hyménoptère de la famille des Braconidae es t du thorax intervenait principalement dans le déclen-
le seul parasite de mouches des fruits connu à Mada- chement de la seconde séquence du comportemen t
gascar . sexuel, c ' est-à-dire celle commençant au moment o ù
Il pond ses oeufs dans les larves de Pardalaspi s deux mouches se trouvent à moins de 10 cm l ' une d e
cyanescens Bez . uniquement . l ' autre . Or la ressemblance entre le céphalothorax d e
Bien que cette mouche s ' attaque à 4 espèces de l ' araignée et le thorax de la Ceratite est frappante .
fruits, on n ' a rencontré et obtenu ces parasites qu e Bien que n ' étant pas rares, ces araignées sont diffi-
de pupes de P . cyanescens dont les larves avaien t cilement aperçues car elles se tiennent dissimulée s
évolué à l'intérieur de fruits de Solanum erythracan- au milieu du feuillage ou à l ' intérieur de leurs nids
them . Environ 3o °,o des larves de P . cyanescens étaien t soyeux disposés sur de jeunes feuilles . Elles sont faciles
parasitées par Optes insignipennis dans ces fruits e n à garder en élevage où il suffit de les placer dans un e
novembre 1961 à Tananarive . cage contenant des mouches des fruits .
2° Salticidac . L ' apport d ' un nombre assez important de ces arai-
Des araignées de la famille des Salticidae, group e gnées sur des orangers à fruits proches de la maturité
des Unidentati sont fréquemment rencontrées su r pourrait être tenté afin de voir si leur présence per -
les Agrumes, les pêchers, les Strychnos spinosa e t mettrait de limiter de façon appréciable les dégât s
les caféiers au moment où leurs fruits sont attaqué s dus aux Ceratites .
par les Trypetidae . 30 Acariens .
Ces araignées ont été trouvées à Tananarive, la c Les Pardalaspis cosyra obtenus à partir de fruits
Alaotra, Tamatave, Brickaville et Ambila-Est . de kumquat provenant de Tuléar, étaient infesté s
Le mimétisme entre ces araignées et les mouche s par des acariens recouvrant leurs ailes, leurs patte s
des fruits, en particulier Ceratitis malagassa, est frap- et leurs yeux .
pant . Chaque mouche était envahie par plusieurs cen-
Le céphalothorax de ces Salticides et le thorax de s taines d' acariens et mourrait après 2 ou 3 jours .
Ceratitis ont les mêmes couleurs, la même brillance , Dans de petites tagettes, des_ adultes de Ceratiti s
et les dessins sont composés chez les uns comme chez malagassa ont été mélangés à ceux de Pardalaspi s
les autres de taches noires séparées par de fines ligne s cosyra, mais les acariens ne se sont pas portés sur les
d ' un jaune doré . L ' abdomen de ces araignées et celui Ceratitis même après la mort des Pardalaspis .
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II . RÉPARTITION GÉOGRAPHIQU E
et terminées par une spatule blanche, étroite, plus goyaves et de mai à décembre dans les oranges et le s
longue que large et tronquée à l'extrémité . mandarines . De plus, exceptionnellement comme en
B. (Ruts . — Blancs, d ' environ i mm de long e t 1965, les pommes peuvent être fortement infestées e n
0,25 mm de large. Ils sont elliptiques, mais légèremen t février et mars .
convexes d'un côté et concaves de l' autre . Ils ne Il apparaît d ' ailleurs, que les adultes, en se nour-
portent pas d'appendices . rissant de jus de fruits ou de miellat sécrété par le s
C. Larves . — Ce sont des asticots blancs pouvan t pucerons et les cochenilles, peuvent survivre pendan t
atteindre 7 à 9 mm . Elles sont pointues à la partie plus de 3 mois, tout en gardant leur capacité de ponte .
antérieure et tronquées à la partie postérieure . Arri- Lors des années d ' infestation normale, les mouche s
vées à leur complet développement, elles peuven t sont abondantes à tout moment, excepté de juin à
se replier sur elles-mêmes, et par une détente brusque , octobre, par suite des conditions climatiques défa-
exécuter des sauts de to à 20 cm . vorables .
D. Pupes . — D 'un brun doré, elliptiques et mesu- Les facteurs favorisant cette séquence annuell e
rant 5 mm de long sur 2,5 mm de large . continue sont :
Remarque . — Trop souvent, les oeufs, les larve s 10 Présence de fruits hôtes toute l'année .
et les adultes de Ceratitis malagassa sont confondu s 20 Éparpillement des cultures fruitières et des
avec ceux de drosophiles, qui sont de petites mouches fruits subspontanés .
pondant leurs oeufs dans les fruits présentant un débu t 30 Mélange d ' espèces fruitières en un même lieu .
de fermentation, à la suite d'une piqùre, d'une bles- 4° Échelonnement de la récolte des agrumes d e
sure ou d ' affections cryptogamiques et autres . mai à décembre . La prolongation de la récolte jusq u' a u
Il semble donc utile de donner les caractéristique s mois de décembre, c'est-à-dire bien au-delà de l'époqu e
de cette mouche . optimum de maturité, est due au fait que le march é
Adulte . L ' insecte parfait est une mouche de petit e local ne pourrait assurer l ' écoulement de toutes les
taille . La longueur du corps ne dépasse pas 4 mm . S a oranges et mandarines si elles étaient récoltées nor-
coloration est gris orangé . Deux lignes longitudinale s malement de mai à septembre .
dorsales blanches, bordées de noir, allant de l ' avant d e 5° Transport et vente sur les marchés de fruits
la tête jusqu ' à l ' extrémité de l ' écusson et une bande véreux provenant de toutes les régions de Madagas-
identique de chaque côté du thorax sont caractéris- car, principalement des Hauts-Plateaux et de la côt e
tiques . est .
La tête porte des yeux rouges et les ailes sont trans - Rappelons à ce propos qu ' en décembre 1961, plu s
parentes, sans taches . de 50 % des oranges achetées sur le marché de Tana-
Œufs . Blancs et portant à une de leurs extrémités , narive contenaient des larves de Ceratitis malagass a
2 prolongements filiformes de o,5 mm de long, c ' est - et que d ' un seul fruit on a pu extraire 35 larves .
à-dire presque aussi long que l ' oeuf lui-même . Pour la région de Tananarive, la séquence annuell e
Larves . Elles portent sur le dernier segment d e des fruits hôtes peut donc se résumer dans le tablea u
courts prolongements en forme de doigts . suivant :
A leur complet développement, elles mesurent 5 m m
de long . I
J FM A M J J A S O N l
~ ~ ~ ~
50
ne pondent que dans des bananes dont l ' épicarpe a 16,o
94
été percé de nombreux trous à l ' aide d ' une aiguille 1
assez grosse .
Pupes . — La larve s ' enfonce dans le sol jusqu ' à c e La durée de la pupaison varie en fonction de la tem-
qu ' elle trouve des conditions d ' humidité favorable s pérature . Au laboratoire à la température de 25-27° C ,
à la pupaison . elle est de 9-10 jours .
La profondeur de pupaison dépasse rarement 10 c m Dans la nature, cette durée a été observée entr e
et se situe généralement â moins de .{ cm de la surface . les mois de juin et décembre 1963 en essayant de s e
La facilité de pénétration des larves dans le so l rapprocher le plus possible des conditions naturelles .
dépend de la nature et de la texture du sol . Dans la figure présentée ci-après, on voit qu e
Plus la texture est fine, plus la pénétration de s cette durée varie entre 13 et 36 jours, qu ' elle est liée
larves est difficile . Un sol motteux ou granuleux con - aux variations de la température moyenne mensuelle e t
vient donc très bien à la pénétration des larves . qu ' elle semble être en étroite relation avec les tem-
Si le sol est poussiéreux ou trop tassé, les larve s pératures maxima absolue, pour les mêmes périodes
s ' empupent en surface, où elles se dessèchent, à moin s considérées .
qu' elles ne soient placées à l ' abri du soleil (ombrage) Au cours de cet essai, on a pu observé que l ' humi-
dans une ambiance contenant une assez forte humi- dité et principalement les précipitations ont eu un e
dité relative . influence sur le taux de mortalité . Ce taux s ' élève for-
Dans le sable, la pénétration est plus ou moin s tement à partir d ' octobre au moment de la reprise de s
aisée, suivant la rugosité des arêtes des cristaux, elle précipitations ; en novembre et décembre, la morta-
est beaucoup plus rapide dans un sable calcareu x lité des pupes est très élevée .
que dans un sable siliceux . Les adultes éclosent dans le sol et remontent immé-
L' immersion des larves avant leur pénétratio n diatement à la surface où avant de pouvoir s ' envoler ,
dans le sol les tue si celle-ci dépasse 12 h . ils doivent achever de déployer leurs ailes et les sécher .
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PHOTO 3 . -- Orange attaquée par les farces de (e rififis rnala ;assa M .
A D N D
dégâts après la cueillette seulement . Dans les pêche s 3 0 Pruniers . — Les variétés précoces (par exempl e
et les prunes, ce processus se déclenche à partir de l a la Metley) ne sont généralement pas attaquées .
ponte ; sur les oranges au contraire il débute généra- Les variétés non précoces, mûrissant en janvie r
lement avec les jeunes larves, car les oeufs sont le plu s sont fortement attaquées (7o à 8o % les années d ' in-
souvent pondus dans la cuticule . Si les oeufs pondus festation normale) .
dans la cuticule n ' éclosent pas, il ne se manifeste 4° Orangers .— En 1963, 70 % des fruits furent atta-
aucun dégât . qués . Les attaques sont néanmoins fort variable s
suivant les variétés et le pourcentage donné ci-dessu s
représente une moyenne pour un choix de variétés .
IX . IMPORTANCE DES DÉGAT S
B . Autres régions de Madagascar .
A . Région des Hauts-Plateaux .
1° Côte est . Les oranges sont également atta -
10 Remarque . Comme nous l ' avons déjà vu , quées, mais les dégâts sont beaucoup moins impor-
d ' une année à l ' autre, l' importance des dégâts peu t tants que sur les Hauts-Plateaux . Lorsque les orange s
être fort variable . Il existe des années où l'on n e sont récoltées en mai, les dégâts sont insignifiants .
trouve pratiquement pas de mouches des fruits e t 2 0 Région d ' Ambanja et d'Ambilobe . Infestatio n
d ' autres où les dégâts sont très importants . Par contre , des oranges très importante, mais non estimée .
on n ' entend pas parler d' années où l ' importance de s 3° Région de Tuléar . — Infestation des orange s
dégâts est moyenne . Dans le même verger d'agrume s peu importante en 1962, 1963 et 1964 .
en 1963, 70 °jO de dégâts alors qu ' en 1964 il n ' y eu t
que 0 , 0 33 % de dégâts (examen de 5 938 fruits tom-
bés) . Les causes de ces fluctuations restent inexpli- X . ÉLEVAGE PERMANEN T
quées . Les variations climatiques à elles seules ne son t DE CERATITIS MALAGASSA .
pas suffisantes pour justifier un tel phénomène .
D ' autre part, le manque de renseignements préci s
sur l' importance des attaques avant 196o ne permet pa s Les élevages permanents effectués au laboratoir e
d ' effectuer des comparaisons intéressantes de facteurs avaient un double but : a) Préciser certains aspect s
qui pourraient intervenir dans ces fluctuations . de la biologie de la mouche des fruits .
2° Pêchers . — Les variétés précoces, récoltées e n b) Permettre les essais de multiplication de para-
sites importés .
novembre sont rarement attaquées par les mouches
des fruits . En général, les premières mouches ne sont Ces élevages ont été pratiqués sur fruits naturel s
observées sur les pêchers qu ' à partir des premiers et sur milieux artificiels .
jours de décembre, mais exceptionnellement comm e
1° Élevages sur fruits naturels .
en 1964, il peut se faire qu ' elles y arrivent vers l e
20 novembre et bien que commettant assez peu d e Ces élevages ont réussi sur pêches, prunes, pommes -
dégâts aux pêches, elles sont néanmoins très néfaste s roses et bananes . (Pour permettre la ponte dans le s
car elles sont le point de départ des pullulations dan s bananes, de nombreux trous avaient été effectué s
les pêchers et les pruniers . dans leur épicarpe .) La technique de ce type d ' éle-
A la fin du mois de novembre 1964, Ceratitis enala- vage est la suivante : les mouches sont placées dan s
gassa attaqua la variété Peento en fin de récolte, tan - une cage bien éclairée, elles sont nourries de rondelle s
dis qu ' au même moment, la variété Valdo resta intacte . de banane et d ' eau sucrée, on leur offre des fruit s
Les variétés d ' Europe, mûrissant tardivement son t mûrs dans lesquels les femelles pondent leurs oeufs .
fortement attaquées (entre 80-95 % les années d'infes- Les fruits sont laissés 24 h dans la cage, puis placés à
tation normale) . 25-28° C sur un lit de sable .
Les pêches de la variété dite Malgache, mûres e n Les larves arrivées à leur complet développemen t
février-mars sont attaquées à So % environ . Ce s quittent le fruit et s ' enfoncent dans le sable pour s e
pêchers tardifs, matériel usé, donnant des fruits de pupéfier .
faible valeur, devraient être renouvelés . Malheureuse - A Madagascar, où le problème de l' approvisionne-
ment beaucoup de ces pêchers, sont actuellemen t ment en fruits ne se pose à aucun moment de l ' année ,
disséminés dans la nature, et poussent à l ' état sau- les deux inconvénients majeurs de cette méthod e
vage, perdus au milieu de la végétation naturelle . sont : l' encombrement de l ' élevage pour un rende-
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ment assez faible et la pourriture des fruits avant l e leurs neufs dans les pondoirs où la mixture saturée en
complet développement des larves . vapeur d ' eau contenait de la levure de bière .
Pour 2 pondoirs déposés dans la même cage, l e
2° Élevages sur milieux artificiels . nombre d'oeufs déposés fut :
A titre expérimental, des élevages de larves ont ét é 1° Mixture de poudre de carotte : 290 oeufs déposés .
pratiqués avec succès sur : 2° Mixture de poudre de carotte + levure de bière :
a) agar + sucre + levure de bière en poudre dan s 490 oeufs déposés .
les proportions de (6o + 20 + 2o) . c) Incubation des (culs et vie larvaire . Au sortir des
b) carottes râpées crues levure de bière en poudr e pondoirs, les oeufs sont placés par groupe de r o00
+ acide benzoïque dans les proportions de (300 + 4 dans des bacs en matière plastique contenant le milie u
+ 1)ou(3oo-h 1+ 1 ) . nutritif suivant :
c) carottes râpées crues + levure de bière en poudre
+ acide benzoïque + acide chlorhydrique 2 N dan s Poudre de carotte 8o g
les proportions de (300 + 6 + 2,4 + 2) . Levure de bière en poudre . . . . 16 g
La réussite de ces élevages était d ' environ 5o °,'() , Acide benzoïque à 2 %o 240 cm 3
mais ces milieux présentaient l ' inconvénient d ' un e
Les oeufs, une fois déposés sur ce milieu, sont vapo -
manipulation lente et étaient favorables à l' appari-
tion de fermentations . risés avec de l'eau (ce qui augmente de 40 % le tau x
d ' éclosion), puis les bacs sont fermés à l ' aide d' u n
Pour finir, seule, a été retenue la méthode d ' éle-
vage de Ceratitis capitula décrite par M . FERON , couvercle plein pendant 3 jours, jusqu ' au momen t
P . DEL ANODE et F . SORIA en 1958, et que nous résu-
de l' éclosion des larves . Ensuite on remplace le cou-
vercle plein par un couvercle percé d' un trou mun i
mons ci-dessous, avec les quelques modifications qu i
y ont été apportées . d ' une toile fine pour empêcher la sortie des larves .
a) Adultes . — Placés par lots de i o0o dans de s Les bacs d ' élevage des larves sont placés dans un e
étuve à 25-26° C et 8o °,/o d ' humidité relative .
cages éclairées à 25-28° C et 70 à 8o % d 'humidit é
relative . Leur alimentation est constituée de rondelle s Le substrat permet aux larves néonates de s'ali-
de bananes suspendues et changées tous les jours . Dan s menter dès l ' éclosion mais il est rapidement épuisé .
la cage, on ajoute une boîte de Petri contenant u n Dès le 4e jour de vie larvaire, on complète leur ali -
mentation par un apport de 14 cc du liquide nutriti f
tampon de coton hydrophile imbibé d ' eau légèremen t
sucrée . suivant :
b) Obtention des (Tufs . -- Ils sont obtenus dan s
Sucre en poudre 15o g
des boîtes en plastique mou percées de nombreu x Levure de bière 70 g
trous . Les boîtes utilisées étaient jaunes ou blanches .
Sol . acide benzoïque à 2 %O . . 50o cm 3
Ces récipients sont enduits intérieurement d ' une fin e
couche de la mixture suivante : A ce milieu, on ajoute, une cuillerée à soupe de so n
de coque d ' arachide afin d ' obtenir un milieu pas tro p
Farine de carotte 40 g liquide . Le 6 e jour, on rajoute encore 3 à 4 cuillerée s
Levure de bière en poudre . . 8 g de ce son et on dispose les bacs dans les boîtes de pupai -
Sol . acide benzoïque à 2 %° . no cm 3 son .
d) I'upaison . Les larves arrivées à leur comple t
Sous le couvercle on place une éponge imbibée d' ea u développement quittent le milieu nutritif et effectuent
pour maintenir une forte humidité à l ' intérieur d u des sauts de 5-10 cm . Aussi, on place les bacs dans un e
pondoir . caisse de pupaison dans laquelle les larves ayant saut é
Ces pondoirs restent 24 h dans les cages, après quo i hors de leur bac d ' élevage sont guidées par des plan s
les oeufs sont récoltés et placés sur le milieu nutritif inclinés vers un tiroir contenant du sable où elle s
des larves . Plus de 400 000 oeufs ont été obtenus d e peuvent se pupéfier . Une fois par jour, on recueill e
cette façon en 1963 . Comme l'a prouvé M . FERO N les pupes dans les tiroirs et on les dispose clans de s
(2958) pour Ceratitis capitata, le stimulus essentiel boîtes entre 2 couches de sable légèrement humidifié
induisant la ponte à travers une surface perforée es t (environ 2 % d 'eau) .
une saturation en vapeur d'eau à l'intérieur de cett e A partir du 9 e jour ces boîtes sont placées dans de s
surface . Nos observations ont montré qu ' à côté de c e cages pour adultes . Le rendement global de cett e
stimulus, les mouches des fruits préféraient déposer méthode d ' élevage se situe entre 70 et 75 °,~ .
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les attaques furent peu importantes, on a p u Pterandrus nov . sp . Il n ' attire que les mouches mâles .
trouver entre i et 10 % de fruits véreux à chacun e Cependant nous avons constaté que les première s
de nos visites hebdomadaires . Ceux-ci ont permis d e prises de mouches dans les gobe-mouches munis d e
maintenir durant toute la campagne une population Cerafor ne précédaient pas les premières pontes de s
de mouches . A la fin octobre, lorsque les condition s femelles dans les fruits . Aussi son intérêt comme sys-
climatiques furent à nouveau favorables, cette popu- tème d ' avertissement semble réduit .
lation a soudainement augmenté et 30 % des fruit s 4) l' essence de graines d'angélique attire 6 à 7 fois
encore non récoltés furent infestés . plus les mâles de Ceratitis malagassa que le Cerafor .
5) Le Trimedlure a un pouvoir attractif sensible-
3 . Piégeage . ment égal à celui du Cerafor vis-à-vis des mâles .
6) le méthyl Eugénol n ' attire pas Ceratitis mala-
Si l' emploi de produits attractifs n ' est plus consi- gassa .
déré actuellement comme moyen de lutte contre le s 7) Le Cue-Lure est un attractif très intéressantvis- à -
mouches des fruits, ces substances sont néanmoin s vis des mâles de Dacus emmerezi, la mouche des cucur -
intéressantes comme système d ' avertissement . bitacées .
Une substance attractive efficace permet de déter-
miner le début de l'infestation d'un verger, les fluc-
4 . Lutte chimique .
tuations des populations au cours du temps, et perme t
de mesurer l ' efficacité des traitements insecticides .
A . — Essais réalisés à Madagascar .
Plusieurs substances attractives ont été testées à
Madagascar contre Ceratitis malagassa . Plusieurs essais ont été réalisés depuis 1962 pour
r) le phosphate d' ammonium bibasique et triba- lutter contre Ceratitis malagassa . Malheureusement, l a
sique à 5 % et l ' essence de girofle n ' ont donné aucun plupart de ces essais ont été réalisés en des endroit s
résultat ; ou à des saisons ois l ' infestation des fruits fut trè s
2) le Cératène à 0,7 %, substance à base d 'hydro- faible . Nous présentons ci-dessous les caractéristiques .
lysat de protéines a montré un certain pouvoir attrac-
tif, pouvoir toutefois insuffisant en intensité et dan s a) Brickaville en mai 1962 . Verger d ' agrumes de
l ' espace . Seules les femelles sont attirées par ce pro - la Station d ' Arboriculture fruitière (côte est) .
duit ; Ce verger devait être traité tous les 15 jours à par -
3) le Cerafor, produit de synthèse, a un pouvoi r tir du début des infestations avec du Lebaycid à l a
attractif puissant vis-à-vis de Ceratitis malagassa et dose de 0,2 % m . a .
nombreux fruits étaient déjà infestés par les larves d e Aussi dans le cas où une dernière pulvérisation es t
Ceratitis malagassa . encore nécessaire 8 jours avant la récolte, on peu t
Néanmoins, en pratiquant le ramassage bi-heb- effectuer un dernier traitement avec du Dimethoate à
domadaire des fruits tombés et en effectuant 6 traite- la dose de 30 cm 3 M . a . par hectolitre d ' eau . Ce dernie r
ments au moyen (le l 'insecticide + attractif à un e produit ne peut être utilisé moins de 7 jours avant l a
semaine d ' intervalle, les attaques furent réduites pen- récolte .
dant la période de fortes infestations d ' avril-mai et Pour les pêchers et les pruniers, comme la matu-
stoppées à la fin mai . 462 fruits ramassés sur le so l ration des fruits est assez rapide et que les mouche s
contenaient des larves de mouches des fruits, soit un e ne pondent leurs œufs que dans des fruits ayan t
perte de récolte d ' environ 2 % contre 5 0 à 70 0/ s i atteint un état de maturation assez avancé, 2 à 3 pul-
cette méthode de lutte n ' avait pas été pratiquée . Rap - vérisations à 8-zo jours d ' intervalle seront suffisantes
pelons que le verger où cet essai a eu lieu est tout à pour protéger les fruits (toutes les variétés ne doiven t
fait isolé et ne subit donc que peu d ' infestations e n donc pas être traitées en même temps, mais seulemen t
provenance de l ' extérieur . lorsque leur maturation est suffisamment avancée) .
Enfin il est difficile de préciser dans cette méthod e D ' autre part, comme la maturation de ces fruits a
de lutte l ' efficacité respective des traitements chi- lieu en pleine saison des pluies, il est indispensabl e
miques et des traitements agronomiques . d ' ajouter à la solution insecticide un adhésif à la dos e
de 0,1 % de la solution .
La pulvérisation devra être soignée de façon qu e
B. Conclusion de cette série d ' essais .
la répartition des gouttelettes soit régulière et aussi
totale que possible tant sur les fruits que sur les feuilles .
Pêchers et pruniers .
La face inférieure des feuilles doit également êtr e
En l'absence de résultats positifs obtenus à Mada- recouverte d ' un film continu de gouttelettes car c ' est
gascar du fait de l ' incidence faible des infestations a u là que les mouches vont se poser lorsque l ' intensit é
moment des essais, on peut tout de même, en atten- lumineuse est forte ; c ' est d' ailleurs cette face qui
dant de nouvelles expérimentations, se référer au x sera la moins facilement lessivée par les fortes pluies .
résultats les plus intéressants obtenus dans des pay s Les pulv érisations n ' excluent pas le ramassage et
voisins au cours de ces dernières années . la destruction des fruits véreux, ces pratiques cultu-
La lutte chimique au moyen d' une bouillie insec- rales seront d ' autant moins nombreuses et pénible s
ticide + atractif en projection sur les arbres n ' est pas qu ' elles auront débuté très tôt et que la premièr e
applicable sur les pêchers et les pruniers pour deu x pulvérisation aura été effectuée dès l ' apparition de s
raisons : la première est qu' à Madagascar, les pêches premières mouches dans le verger .
et les prunes mûrissent en pleine saison des pluies e t
la bouillie serait rapidement délavée par les fortes Agrumes .
précipitations quasi journalières, deuxièmement l ' at-
tractif utilisé provoque des taches et des brûlures sur Dans les vergers d ' agrumes, nous avons dû recher-
le feuillage et les fruits . cher une méthode qui tout en étant à la portée du
A l'île Maurice et en Afrique du Sud des résultat s cultivateur malgache s ' adapte aux caractéristiques
très intéressants ont été obtenus récemment grâce à locales de cette production .
l' utilisation du Lebaycid (FENTHION) à la dose d e Il fallait en effet limiter l ' appareillage au maximum
zoo cm 3 in . a . par hectolitre d ' eau . Ce produit tue les car le paysan n ' a pas le moyen d ' acheter des pulvé-
adultes par contact, et les larves par ingestion à l' inté- risateurs coûteux et cependant du fait de la taill e
rieur des fruits (pêches ou prunes) . élevée des arbres (4 à 8 mètres) il n ' est possible d ' effec -
En Afrique du Sud, dans des parcelles d ' essais tuer des traitements corrects qu ' avec des appareil s
où au moment du traitement les fruits étaient déj à d 'une certaine puissance donc relativement chers .
attaqués, 66,8 % de fruits sains ont été obtenu s Enfin, du fait des cultures vivrières en mélange ave c
dans les parcelles traitées , contre 5,3 ° ;, seulement les arbres fruitiers et des fossés de drainage ou d ' irri-
dans les non traitées . gation qui sillonnent les plantations, le matériel de
L ' analyse des résidus montra qu ' à l'intérieur de s pulvérisation aurait dû être portatif .
fruits, il ne restait plus que 3 p . p . in . d 'insecticide Devant ces exigences inconciliables, nous avon s
après 15 jours . Cependant le Lebaycid ne peut êtr e été séduits par la méthode qui consiste à projete r
utilisé moins de 15 jours avant la récolte . sur le feuillage des arbres un mélange constitué pa r
452 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5
un insecticide et un attractif alimentaire . Ce procéd é mouches, soit par dissection des fruits véreux pour y
de lutte chimique utilisé notamment aux îles Hawai i rechercher les larves (et ne pas confondre adultes o u
s'effectue en projetant d'une façon rudimentaire au larves de Ceratitis avec ceux de Drosophiles ou d e
moyen d ' un petit balai, une bouillie contenant u n Nitidulidae) .
hydrolysat de protéines et un insecticide organo- b) Il ne faut traiter que les variétés dont les fruit s
phosphoré (malathion) . Comme nous l'avons vu, les ont atteint un certain état de maturation permettan t
mouches avant de pondre doivent se nourrir et son t le développement des larves de Ceratitis .
attirées par certaines susbtances sucrées ou contenan t c) Il faut interrompre les traitements lorsque le s
des acides aminés . Les hydrolysats de protéines on t infestations sont redevenues insignifiantes .
un certain pouvoir attractif vis-à-vis des mouche s d) Il faut veiller au ramassage régulier et A. la des-
des fruits . Celles-ci se posent sur le support traité, y truction des fruits tombés, tout au cours de la saiso n
stationnent et sont tuées par l'insecticide . de récolte, même si à certains moments, les attaque s
En raison du pouvoir attractif de l ' hydrolysat d e paraissent insignifiantes ou nulles .
protéines il n' est pas nécessaire de traiter toute l a 2) Les traitements insecticides et le ramassage de s
surface de l ' arbre et dans les essais que nous avon s fruits d ' un verger ne seront efficaces que si les verger s
réalisé, un seul côté de chaque citrus bénéficia d e voisins subissent les mêmes traitements, car le s
1 à 2 aspersions de la bouillie . mouches des fruits ne restent pas en place et passen t
Un seul homme muni d ' un seau et d ' un petit balai d ' un verger à l' autre . Tout verger négligé, au milie u
peut traiter un hectare en 2 h, et pour des arbres d e de vergers traités et soignés, sert de foyer de réinfes-
taille moyenne (4 A. 6 m), io 1 de bouillie sont suffi- tation .
sants pour traiter un hectare de Citrus .
Les produits et doses que nous avons utilisés étaient : 5 . Lutte biologique .
RÉCEP- 20-I-1965 2
ESPÈCES 1>ATE LACHER S 27-I-1965 3 67
TIONS
2 9- 1 - 1 9 6 5 300 (Nanisana, Tananarive )
5- 2 - 1 9 6 5 1 2 47 I 163 (Nanisana . Tananarive )
16-2-1965 5 12 2
Opius concolar 30-5-1962 60 0 17-2-1965 4 700 Fenoariv o
19-6-1962 1 50 0 2 5- 2 - 1 9 6 5 2 76 2
28-6-1962 200 (Fenoarivo ) 26-2-1965 2 762 Brickaville (côte est)
30-1-1963 3 40 0 T-3-1965 1 059
6-2-1963 ; 20 0 2-3-1965 1 6 35 1 059 Brickaville (côte est)
22-2-1963 4 00 0 1 635 Brickaville (côte est)
4-3- 1 9 65
3- 1 9 63 2 000 (Tananarive ) 11-3-1965 92 5
12-3- 1 9 63 70 (l3rickaville )
( .\mpasimbe-côt e 13 119 II 61 9
14-3 - 1 9 63 300
est)
3 0 - 10- 1 963 2 000
9- 11 - 1 9 6 3 2 50 0
r 9-II -1963 1 00 0
La recherche systématique des fruits hôtes de Cera-
titis malagassa n ' a pas permis d ' en découvrir de plu s
Opius oophi- début jui n I0 0 50 (Fenoarivo) petits que les goyaves et les pommes-roses . Aucu n
luS 196 2
28- 6-196 2 100 ioo (Fenoarivo ) Opius concolor n' a été retrouvé dans la nature .
2 0 Opius longicaudatus Full . pourrait donner de s
résultats plus intéressants parce qu ' il est mieux
()pins longi- début juin 1000 500 (Fenoarivo )
caudatus 196 2 adapté au parasitisme des larves dans des fruits d e
28- 6-1962 I loo 1 100 (Fenoarivo ) dimensions plus importantes . En élevage, nous l ' avon s
26- 7-1962 35 0 35 0 vu effectuer des tentatives de ponte dans des orange s
28- 2-1963 500
véreuses .
Provenant de régions à climat chaud et humide, i l
Dirhinals gif - début juin 500 200 (Fenoarivo ) se pourrait qu ' il ne s ' adapte que dans la zone côtière
fardii 196 2
28- 6-1962 700 700 (Fenoarivo ) est de Madagascar . , Jusqu ' à présent, aucun Opiu s
26- 7 -1962 1 400 1 400 longicaudatus n'a été retrouvé .
3 0 Opius oophilus Silv . pourrait également donne r
des résultats intéressants car il s ' agit d ' une espèc e
2) En 1965, suite à une demande officielle du Gou- parasite d ' oeufs ou de jeunes larves . Comme dan s
vernement malgache auprès du Département d ' Éta t n ' importe quel fruit hôte, les oeufs sont pondus à
américain, une importante introduction d ' Opius oophi- 2-5 mm de profondeur, la dimension du fruit import e
lus a pu être réalisée . L' Entomology Research Divisio n peu .
of the Hawaii Fruit Flv Investigation, chargée de cett e Il se pourrait également que son aire d ' extensio n
introduction a pu nous envoyer 19 912 Opius oophilu s soit limitée pour des raisons climatiques .
adultes dont 13 119 arrivèrent vivants à Mada- Suite aux lâchers effectués en 1965 nous avons
gascar . néanmoins la preuve que cette espèce a parasité, dan s
Le tableau ci-après résume le programme de ce s la nature, des oeufs ou des jeunes larves de Ceratiti s
introductions et des lâchers effectués . malagassa infestant les pêches de Nanisana-Tanana-
3) Observations et remarques sur ces introduction s rive .
et ces lâchers . En effet, dans le verger oil nous avions effectué le
Dès à présent, il semble que, parmi ces insectes : 5 février un lâcher de 1 163 Opius oophilus, nous avons
Opius concolor Szpl . ne pourra pas donner d e vu le 9 février une femelle d ' Opius en train de pondr e
résultats intéressants . En effet, cette espèce est adap- dans une pêche infestée par des œufs ou des jeunes
tée au parasitisme des larves de mouches des fruits s e larves de Ceratitis malagassa . De ce fruit, ramené a u
trouvant dans des fruits de petites dimensions (olive) , laboratoire nous avons obtenu 5 Opius oophilus fe-
car la femelle n ' est pourvue que d ' une courte tarière . melles entre le I1 et le 17 mars .
454 — Fruits — Vol . 20, nu 9, 196 5
Cela prouve que les femelles d'Opius oophilus ac- XII . ÉLEVAGE EXPÉRIMENTA L
ceptent les oeufs ou les jeunes larves de Ceratitis mala - DE PARASITES DE MOUCHES DES FRUITS .
gassa comme milieu de ponte et que Ceratitis mala-
gassa à l' état larvaire est un hôte convenable pour l e a) Opius concolor et ()piafs longicandatus .
développement d' Opius oophilus .
Seulement d ' autres éléments nous sont encore in - Des tentatives d ' élevage artificiel de ces différent s
connus, Parmi ceux-ci on peut noter : parasites ont été entreprises au laboratoire, et nou s
i° Les femelles d' Opius oophilus qui ont pondu à avons réussi ceux d ' Opius concolor et d ' Opius longi-
Madagascar avaient peut-être été fécondées aux îles caudatus . La méthode utilisée est celle employée à l a
Hawaii, et il n ' est pas dit que la première génératio n Station de Zoologie agricole et de Lutte biologiqu e
née à Madagascar y trouve les conditions nécessaires d ' Antibes pour l ' élevage d ' Opius concolor qui a ét é
pour le rapprochement des sexes, notamment si cett e décrite par P . DELANOUE (1961) .
première génération est peu nombreuse . Comme le souligne cet auteur, trois points son t
2° le climat des îles Hawaii est assez différent d e essentiels pour la réussite de cet élevage :
celui de Madagascar principalement dans la région de s 1° Réhydratation des larves parasitées avant la
hauts plateaux entre les mois de mai et octobre . Il pupaison ,
n ' est pas dit qu ' Opius oophilus puisse s ' adapter à ces 2° l;viter la formation des moisissures sur les pupe s
conditions climatiques assez rigoureuses . parasitées par trempage des larves parasitées dans u n
3° Une fois introduite à Madagascar, Opius oophilu s fongicide . (Captane à o,6 %) .
entre dans un nouvel équilibre biologique et à prior i 3° Maintien des pupes, dès leur formation, à un e
nous ne pouvons savoir si celui-ci lui sera favorable o u forte hygrométrie proche de la saturation .
défavorable . Ces élevages n' ont pas pu être maintenus indéfini -
De nombreuses collectes de fruits infestés par Cera- ment ; après un certain temps, les adultes complète -
titis malagassa devront être effectuées à partir de dé- ment formés, mouraient dans la pupe avant de par-
cembre 1965 dans les différents endroits de lâcher s venir à sortir de cette dernière .
afin de voir si l ' espèce Opius oophilus est parvenue à
s ' implanter dans ces régions .
b) Opius oophilus .
4° Dirhinus gigardii Silv ., parasite des pupe s
serait très intéressant en cas d ' acclimatation, à con-
Nous avons également tenté l' élevage d ' Opius oophi-
dition qu ' il ne soit pas hyperparasite d ' autres insecte s
lus en présentant aux adultes des oeufs ou de trè s
utiles .
jeunes larves de Ceratitis malagassa, soit déposés dan s
des fruits, soit provenant de notre élevage artificie l
de la mouche des fruits malgache .
Nous ne sommes parvenus à obtenir des ponte s
d'Opius oophilus que dans des oeufs déposés dans de s
bananes . De cet élevage nous avons obtenu 36 mâle s
et 6 femelles . Par la suite, cette première génératio n
n ' a pas trouvé en élevage les conditions favorables à
l ' accouplement .
XIII . COMPORTEMEN T
DES OPIUS CONCOLO R
ET OPIUS LONGICAUDATUS EN ÉLEVAGE .
1 . PUCERON S II . COCHENILLE S
Les pucerons présentés dans la liste ci-dessou s Dans les plantations saines de Citrus, les coche-
formaient des colonies sur arbres fruitiers . Leurs nilles ne commettent généralement que peu de dégâts ,
dégâts sont cependant assez limités, si ce n ' est par - si ce n ' est pendant les périodes de sécheresse prolon-
fois à certaines époques de l ' année, notamment à la fi n gée .
de la saison sèche . Leur importance diminue d ' ail- Par contre sur les arbres malades ou âgés, carencé s
leurs avec le retour des pluies . ou souffrant de la sécheresse, on peut rencontrer de s
colonies de cochenilles très prospères .
Les espèces les plus nuisibles sont LePidosaj5he s
ILOTES PUCERON S beckii New . et Chrysomphalus ficus Ashm .
Dans les plantations de pêchers, la cochenille Pseu-
Citru s Aphis gossypii Glove r daulacaspis pentagona Targ . peut commettre d ' impor-
Macrosiphum solanifolii Ashm . tants dégâts principalement avant la période de matu-
Toxoptera aurantii B . d . F .
Pommie r Eviosoma lanigerum Hausm . ration des fruits .
Prunier Rhopalosiphum nynipheae L .
Bananie r Pentalonia nigvonervosa Coq .
Bibassie r Aphis eriobothryae Schout .
Aphis gossypii Glover COCHENILLE S HOT E S
Toxoptera aurantii B . de F .
Macrosiphum sp .
Lepidosaphes beckii Newm . Citrus .
Pseudaulacaspis pentagona Targ . Pêcher, prunier, pom -
Rappelons que les 3 espèces de pucerons rencon- mier, goyavier .
Chrysomphalus ficus Ashm . Citrus, bananier.
trées sur Citrus sont des vecteurs possibles, mai s Hemiberlesia lataniae Sign . Vigne, pommier, goya -
assez théoriques de la Tristeza . vier .
Deux autres espèces de pucerons, théoriquemen t Hemiberlesia rapax Comst . Goyavier .
Pseudaonidia trilobiti formis Green . Citrus, avocatier .
vecteurs de la Tristeza existent à Madagascar, mai s Pseudaonidia duplex Ckll . Citrus .
n ' ont pas été découvertes sur Citrus ; il s ' agit d'Aphi s Selenaspidus articulatus Morg . Citrus .
craccivora Koch et de Myzus persicae Sulz ., cett e Icerya seychellarum Westw . Citrus, arbre à pain ,
pommier .
dernière espèce transmettant dans certaines parties Icerya sp . (purchasi ? Mask) . Citrus .
du monde le complexe Woody-Gallvein enation , Aonidiella aurantii Mask . Poirier .
Parlatoria ziziphi Lucas . Oranger .
virose à laquelle le Rough Lemon est particulièrement Phenacaspis sp . (dilatata ? Green ) Manguier .
sensible (Praloran 1963) . Aulacaspis sp . (cinnamomi ? Manguier .
Par contre, Toxoptera citricidus, qui est le vecteur Newst .) .
Aulacaspis sp . (rosae ? Bouché) . Manguier .
le plus efficace du virus de la Tristeza n'a pas encor e Ceroplastes sp . (sinensis ? del G .) . Citrus .
été découvert à Madagascar .
456 — Fruits - - Vol . 20, n° 9, 196 5
Le moyen le plus efficace pour lutter contre le s dies et des méthodes de nettoyage et de taille conve-
cochenilles consiste à favoriser l ' état sanitaire de s nables .
arbres fruitiers, par l ' irrigation, l ' apport de fumure , Nous présentons à la page précédente la liste de s
la suppression des adventices, la lutte contre les mala - cochenilles rencontrées sur les arbres fruitiers, établi e
par la division d' entomologie de l'I . R . A . M .
D ' autre part, la liste des parasites et prédateur s
HOTES PARASITES OU PRÉDATEUR S
des cochenilles des arbres fruitiers a été poursuivie .
Afin de pouvoir multiplier différents parasites d e
Pseudaulacaspis pen- Arrheniphagus chionaspidis Auriv . cochenilles dont l'introduction à Madagascar a ét é
tagona Targ . (Encyrtidae) . effectuée ou est envisagée, M . BRENIÈRE, directeur
Aphytis opuntiae Risb . (-gphelini - de la Division d ' Entomologie agricole de l' IRAM a
(l ae) .
Coccophagus pauliani Risb . (Aphe- mis au point les élevages d ' Hemiberlesia lataniae et
linidae) . de Pseudaulacaspis pentagona sur pomme de terre et
Prospaltella diaspidicola Silv . (Aphe-
linidae) . de 1 ' Icerya sp . (purchasi) sur mimosas . Ces élevages
Prospaltella berlesei How (introdui t sont en cours depuis plus d ' un an et ont précédé le s
en 1963) . introductions de Prospaltella berlesei .
Prospaphelinus madagascariensi s
( Aphelinidae) . Des lâchers de ce parasite ont été effectués e n
Icerya seychellarurn Tetrastichus stictococci Silv . (Eulo- 1964 et 1965, mais leur acclimatation n ' a pas encor e
West . phidae) . pu être prouvée .
Cryptochaetum monophlebi Skus e
( A gromyzidae) .
Rodolia cardinalis Muls (Coccinelli-
dae), introduit . III . MASTODONTODER A
Rodolia alluaudi Sicard (Coccinel-
lidae) . NODICOLLIS KLU G
Platynaspis capicola subsp . mada-
gascariensis (Coccinellidae) .
Dès la fin du mois de novembre, les variétés hâtive s
Heniiberlesia lataniae Aphytis sp . (type proclla Walk)
Sign . (Aphelinidae) . de pêchers ont leurs fruits attaqués par un Ceram-
Aphytis maculicornis Masi (Apheli- bycidae d' assez grande taille (2o à 25 mm) . Il pass e
nidae) .
A spidiotiphagus sp . (Aphelinidae) .
Marietta exitiosa Compère (Apheli-
nidae) .
Diversinervus silvestrii West (En-
cyrtidae) .
Lepidosaplies beck i i Metaphycus sp . (Encyrtidae) .
Newm .
Tetrastichus sp . (Eulophidae) .
Selenaspidus articu- Adelencyrtus ficusae Risb . (Encyr-
latus Morg . tidae) .
Chrysornphalus ficus Aspidiotiphagus citrinus Cra w
Ashm . ( Aphelinidae) .
Aspidiotiphagus lounsburyi B . et P .
(Aphelinidae) .
Aphytis sp . (Aphelinidae) .
Prospaltella sp . (Aphelinidae) .
Limacis opuntiae Rist) . (Lymae-
nonidae) .
Habrolepis rouxi Comp . (Encyrti-
dae) .
Adelencyrtus ficusae Rist) . (Encyr-
tidae) .
Conzperiella bifasciata H . (Encyrti-
dae) .
Aonidiella auranti i Aphytis sp. (type proclia Walk)
Mask . (Aphelinidae) .
Aspidiotiphagus citrinus Craw .
(Aphelinidae) . PHOTO 9 . - -
Aspidiotiphagus lounsburyi B . et P . Mastodon1o-
( Aphelinidae) . dera nodicol-
lis Klug.
Fruits -- Vol . 20, n o 9, 1965 — 45 7
ensuite d ' une variété à l ' autre suivant l ' état de matu- Ces chenilles vivent également dans les inflores-
ration des fruits . Ces longicornes ont la tête, le tho- cences du ricin . Elles sont vertes, parfois un peu bru-
rax, la base des élytres, le dessous du corps et un e nâtres, avec une ligne blanche dorso-latérale . Déran-
partie des fémurs noirs, tandis que la plus grand e gées, elles se tortillent et se laissent tomber .
partie des élytres, l ' extrémité des fémurs, les tibias ,
les tarses et les antennes sont couleur fauve à rouille .
Ces insectes, aux mandibules puissantes, creusen t V. OTHREIS IMPERATOR BOISD .
un trou dans les pêches et se nourrissent de pulpe .
Les blessures qu ' ils y provoquent sont ensuite fré- Lors d' une tournée dans la région de Diégo-Suarez ,
quentées par des drosophiles qui, en plus de leur s on a pu assister à une violente attaque des orange s
oeufs, y déposent des spores de champignons causan t par des « Fruit Piercing Moths o . L'espèce attrapée
la pourriture du fruit . était : Othreis imperator Boisd .
Au stade larvaire, les Mastodontoder sp . vivent à Ces papillons appartiennent à la famille des Noc-
l ' intérieur de diverses essences forestières dont il s tuidae, sous-famille des Othreinae (Ophiderinae) .
forent les troncs et les branches . Plusieurs espèces d ' Othreinae sont connues à Mada-
A l' état adulte, on les voit en nombre sur les fleur s gascar, mais leurs dégâts n ' avaient jamais été signa-
de fenouil (Foeniculum vulgare), ombellifère pluri - lés ni même soupçonnés et étaient confondus ave c
annuelle qui fleurit à partir de la fin novembre . Cette ceux de la mouche des Fruits .
plante pourrait éventuellement servir de plante piège . Othreis immerafor est un papillon d ' assez forte taill e
(7 à 9 cm d ' envergure) à ailes antérieures brunâtre s
ou brun grisâtre, chargées de dessins variés mai s
IV . GONIOTORNA ERRATICA DIA K sombres et à ailes postérieures orangées bordées d ' un e
large bande brunâtre, en plus à l ' intérieur de la partie
Sur les Hauts-Plateaux, les jeunes oranges son t orangée de l' aile il existe une grande tache plus o u
attaquées par les chenilles du Tortricidae : Goniotorn a moins réniforme, reliée souvent à la bande brun e
erratica Diak . marginale .
La nuit, ces robustes papillons viennent se pose r
sur les oranges mûres et les perforent pour se nourri r
en se servant de leur trompe dont l ' extrémité es t
pourvue de saillies dentées .
On peut à ce moment les apercevoir facilement e n
éclairant les arbres car l ' on aperçoit leurs gros yeu x
scintiller sous l ' effet de la lumière . La piqûre du fruit
correspond à une ouverture circulaire de 1/2 à 3/4 mm
de diamètre, perpendiculaire à la surface du fruit e t
située dans la zone équatoriale .
Sous l' épicarpe, à l ' endroit de la piqûre, on re -
marque une zone nettement asséchée .
Les chenilles de ces papillons vivent sur des liane s
PHO'ro Io . -- Gouiotonea erra/ka Diak .
de la famille des Menispermacées et parfois sur de s
érythrines . Nous n' avons pas eu l ' occasion de le s
Ces chenilles vivent protégées par un tissu soyeu x rechercher dans la région de Diégo-Suarez .
collé à une feuille, tissent un réseau de soies entre l e Qu ' un fruit soit piqué artificiellement au moyen
fruit et une feuille, puis commence à miner la pelur e d ' une aiguille, ou naturellement par les mouches de s
du fruit sans toucher à la pulpe . fruits ou les papillons du genre Othreis, il évolue d e
Par suite de cette attaque, les fruits jaunissen t la même façon .
prématurément, se détachent de leur pédoncule mai s Il mûrit prématurément, montre une zone d e
restent accrochés à l ' arbre par le réseau de soies le s meurtrissure jaune puis brunâtre qui va en s ' agran-
reliant à une feuille . dissant, pourrit et tombe . Ce processus n ' est pas d û
Au début de l ' année 1962, 7 à io % des oranges d e uniquement à l ' action mécanique de ces insectes ,
la région de Tananarive ont été détruites par ce Tor- mais bien à un phénomène d ' inoculation de spores d e
tricidae. champignons ou de bactéries, soit par les papillons ou
458 — Fruits — Vol . 20, n o 9, 196 5
VI . ACARIEN S
D ' autre part, il semble que ces fruits dont la por- un certain nombre d ' espèces qui feront l ' objet d ' un e
tion externe du zeste devient dure et sèche, soien t publication d ' ici quelques mois .
moins attaqués par les mouches des fruits . D ' ores et déjà, il nous a signalé la présence et les
M . GUTIERREZ, spécialiste de 1 ' ORSTOM en aca- dégâts d ' Hernitarsonemus lattas Banks à 1 ' Ivoloina -
riologie, actuellement à Madagascar, a bien voulu se Tamatave, sur Rough Lemon, où il provoque des défor -
charger de l'inventaire des acariens des cultures frui- mations des feuilles et des bourgeons . De même, i l
tières . nous a signalé la présence de Tetranychus telariaa s
Les recherches qu ' il a entreprises depuis peu de Roch et Tetranvchus neocaledonicus André sur Citru s
temps, lui ont déjà permis de découvrir et d' identifier dans toute l ' île .
CONCLUSIO N
Avec M . PRALORAN (1963) nous estimons que la situation sanitaire des agrumes à Madagascar n ' est ni
plus mauvaise, ni meilleure que celle de bien d ' autres pays producteurs et exportateurs .
Pour ne retenir que le problème des mouches des fruits sur les Hauts-Plateaux, nous avons vu que ce s
insectes grèvent lourdement la production fruitière, mais qu ' une très nette amélioration de cette situation
pouvait âtre attendue par des mesures préventives et la destruction des fruits véreux, grâce au nombr e
restreint de fruits hôtes de Ceratites dans cette région .
Par ailleurs, les traitements insecticides que nous avons recommandés, s ' ils sont effectués à bon escient per -
mettraient, tout en étant rentables, de réduire les infestations à des proportions souvent négligeables, s ' ils sont
combinés avec les mesures préventives et agronomiques préconisées ci-dessus .
Quant à la lutte biologique, nous avons estimé que les efforts devaient être poursuivis, mais que les chances d e
réussite ne pouvaient être préjugées, parce que trop d ' inconnues sont encore à résoudre sur l ' acclimatation de
parasites, en particulier sur les Hauts-Plateaux .
D ' autre part, nous avons vu que cette amélioration ne peut être réelle que si une action collective est menée ,
car tout effort individuel ne donnerait que de piètres résultats si les vergers voisins sont négligés .
Aussi, nous estimons que la base de l ' amélioration de la production fruitière doit être recherchée dan s
l' organisation de cette production et dans ce sens nous pensons notamment :
1 0 que les producteurs doivent être conseillés sur les soins à donner .
2 0 qu ' un service d' avertissement doit les renseigner sur l ' opportunité des soins et des traitements à effectuer ,
3 0 qu' une certaine pression puisse être exercée contre les planteurs négligents, responsables de l' échec des
soins apportés par les producteurs consciencieux .
40 qu ' à la méthode anarchique de vente de la production fruitière se substitue un système de commerciali-
sation assurant un bénéfice juste au producteur : lorsque celui-ci comprendra que son effort est rentable, le s
chances de voir cet effort se réaliser augmenteront certainement .
Ce travail a été réalisé principalement dans la perspective du développement de l ' agrumiculture en
vue de l' exportation envisagée par le Gouvernement malgache .
Il est certain que les pays importateurs n ' accepteront des marchés qu ' à la condition que les fruits soien t
impeccables au point de vue présentation et indemnes de maladies et de dépréciateurs qu ' ils ont la chance de
ne pas avoir chez eux, mais qui risqueraient de s ' y installer . A ce titre, Ceratitis malagassa, qui n ' existe qu ' à
Madagascar, présenterait un grand danger, si elle est introduite dans toute région à climat méditerranéen . I l
est d' ailleurs probable que les expéditions de fruits vers ces pays devront être précédées de traitements radicau x
soit par le froid soit au dibromoéthylène .
Il est bien entendu que si, dans l ' avenir, par suite de l ' intensification des cultures fruitières et de la modi-
fication de leur structure, on évolue vers une arboriculture du type industriel comparable à celles d ' Afrique du
Nord ou d ' Afrique du Sud, il sera possible d ' utiliser des méthodes de lutte plus modernes faisant appel à
des appareils mécanisés traitant de grandes surfaces en peu de temps, avec des insecticides à action de contac t
rapide .
APPENDIC E
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