Introduction aux Transistors FET et Bipolaires
Introduction aux Transistors FET et Bipolaires
Cédric KOENIGUER
2005-2006
Table des matières
2
Chapitre 1
I Vtrans
Vlong
En effet, on peut agir soit sur le type de porteurs, soit sur le type de contrôle du
3
canal, soit sur l’état du canal au repos (existence du canal ou non à Vtrans = 0V ).
Le tableau ci-dessous résume les différentes possibilités :
Nous développerons dans la suite essentiellement le transistor MOS, qui est le plus
utilisé à l’heure actuelle dans l’industrie des semiconducteurs.
Drain (D)
Grille
Substrat (Sub)
(G)
Source (S)
4
le type du canal et l’état du canal hors tension) :
NMOS
PMOS
Fig. 1.3 – Symboles des 4 types de transistors MOS. La convention Grille, Drain,
Source et Substrat est celle décrite par la figure 1.2.
La figure 1.3 représente les symboles associés à chaque type de transistor MOS.
Le type de canal est donné par le sens de la flèche sur le substrat et l’état du canal
est représenté par la barre verticale à droite (trait plein ou pointillés).
Dans la suite du polycopié, on développera plus particulièrement le transistor MOS
canal N, Normally OFF.
5
– la grille qui correspond à la partie Métal, au centre
– le drain, qui est un semiconducteur dopé N
– la source, également dopée N
– le substrat, qui est relié à la source
On a représenté sur cette figure les tensions de polarisation : la tension VGS permet
le contrôle du canal (via la capacité MOS) et la tension VDS permet le passage des
électrons à travers le canal.
VDS
Source
Métal Drain
Oxyde
N N
Canal (N)
VGS
P
Substrat
Fig. 1.4 – Structure d’un transistor NMOS. La tension Vlong correspond à la tension
VDS . La tension de ”contrôle” du canal (Vtrans ) correspond à la tension VGS
6
P N
U
Fig. 1.5 – Constitution et symbole d’une diode à jonction (PN).
et P) accolés. La figure 1.5 représente la constitution d’une diode avec son symbole.
La diode est un composant à 2 broches. Sa caractéristique courant tension est donnée
par la relation suivante :
I = Is eU/UT − 1 (1.1)
Ainsi, ce composant possède un degré de liberté : une tension U imposée à ses bornes
fixe le courant circulant dans le composant.
Le transistor quand à lui a un fonctionnement plus complexe. Les caractéristiques
sont plus compliquées et il possède deux degrés de liberté. On s’interesse plus parti-
culièrement à 3 grandeurs : le courant qui circule dans le canal IDS , la tension VDS
et la tension VGS 2 . Nous allons maintenant voir les variations de ces grandeurs. On
n’étudiera que deux caractéristiques : IDS en fonction de VDS à VGS fixée et IDS en
fonction de VGS dans une utilisation particulière (en saturation).
Nous allons voir que l’étude de ces caractéristiques permet de retrouver les différents
régimes de fonctionnement du transistor.
7
section du canal augmente : sa résistance diminue et donc le courant circulant dans
ce canal augmente. L’effet inverse se produit lorsqu’on diminue la tension Grille-
source. Ainsi, il existe une tension (ici positive) pour laquelle on a apparition du
canal : cette tension de seuil sera notée VT .
IDS IDS
VGS>VT
VGS<VT
VDS VT VGS
(i) (ii)
Fig. 1.6 – Caractéristiques d’un NMOS Normally OFF (i) Caractéristique IDS =
f (VDS ) (ii) Caractéristique IDS = k(VGS ) dans la zone de pincement
– Une zone pour laquelle, le courant IDS augmente linéairement avec la tension
VDS . Il s’agit de la zone ohmique. Le transistor (au niveau du canal) se
comporte comme une résistance. La valeur de la résistance dépend de la valeur
de la tension VGS :
VDS = RDSON (VGS )IDS (1.2)
3
avec
1
RDSON (VGS ) = (1.3)
K(VGS − VT )
– Une zone pour laquelle le courant ne varie pas avec la tension VDS (toujours à
VGS fixée). Il s’agit de la zone de pincement du transistor, ou encore zone de
saturation (du courant). Le transistor (vu entre le drain et la source) se com-
porte alors comme une source de courant. La valeur du courant correspondant
dépend de la valeur de la tension VGS . On a donc réalisé une source de courant
(ici idéale) commandée par une tension (VGS ).
Remarque : La zone ”source de courant” est appelée zone de pincement car elle
correspond à un régime pour lequel le canal est ”pincé”, c’est à dire qu’il disparait
localement. La figure 1.7 montre la situation pour une tension VDS ≥ VDSsat . La
3
la constante K dépend des paramètres, entre autre géométriques, du transistor. Il ne s’agit pas
d’une constante empirique.
8
disparition locale du canal justifie le fait qu’on quitte le régime linéaire : la jonction
drain-source ne se comporte plus comme une simple résistance. Le courant est alors
limité par la diffusion des électrons dans la zone P. Ce pincement apparait en premier
lieu du côté du drain.
La tension VDS pour laquelle on quitte le régime linéaire pour passer en régime de
saturation (tension notée VDSsat ) correspond à la tension qu’il faut appliquer pour
avoir la disparition du canal (pincement) au niveau du drain. Au niveau du drain,
la tension appliquée à la jonction MOS vaut : VM OS = VGS − VDS . On a disparition
du canal si VM OS = VT . D’où :
Pincement du canal
Source
VMOS Drain
N Canal (N) N
VGS
VDS
P
Substrat
9
Remarque : on a vu précédemment qu’à la limite régime ohmique/régime de pince-
ment on avait la relation VGS − VDSsat = VT . D’où :
2
K 2 VDSsat
IDSsat = VDSsat = IDSS (1.6)
2 VT
La courbe séparant les deux régimes est donc une parabole. Les différentes zones
sont regroupées sur le schéma de la figure 1.8.
Zone ohmique
IDS
Zone de pincement
VDS
Fig. 1.8 – les deux zones correspondant aux deux grandes applications d’un tran-
sistor MOS.
PMOS, Normally OFF Ce transistor est équivalent au premier type étudié. Les
signes des courants et tensions sont inversés.
10
IDS IDS
VDS VT VGS
IDS IDS
VGS<VT
VT<0
VDS VGS
IDS IDS
VT<0
VGS>VT VDS VGS
PMOS, Normally OFF
IDS IDS
VT>0
VGS>VT VDS VGS
VGS=0
PMOS, Normally ON
11
1. Lorsqu’on est dans la zone de saturation et que la tension Drain-source aug-
mente, il existe un quatrième régime pour lequel le courant augmente bruta-
lement. Cette zone est dûe à un effet d’avalanche. Il faut veiller alors à ne pas
détruire le composant.
2. La zone de saturation est en réalité caractérisée par une pente et donc par
une résistance. Cette résistance est de très forte valeur. Aussi, on la néglige
souvent. La source de courant ainsi réalisée n’est donc pas parfaite.
12
IDS IDS Droite de charge
Droite d'attaque
Fig. 1.10 – Réseau de caractéritiques d’un transistor NMOS Normally OFF avec la
droite d’attaque et la droite de charge statique du montage.
Remarques :
1. L’étude de la polarisation effectuée ici ne concerne que les transistors utilisés
dans la zone de saturation ; l’utilisation de la caractéristique IDS =k(VGS ) du
transistor n’est valable que si le transistor est en régime de pincement.
2. On peut aussi utiliser une méthode hybride : on peut déterminer certains
paramètres de polarisation par le calcul et d’autres par les graphiques.
Les différents montages classiques utilisés pour polariser un transistor seront étudiés
en TD et en TP et ne sont pas abordés dans ce polycopié.
5
nous constaterons en effet que les signaux variables appliqués sur un montage à transistor
verront une droite de charge éventuellement différente, appelée droite de charge dynamique.
6
en régime statique, les composants équivalents sont des résistances
13
1.2.4 Etude du régime dynamique
Introduction
L’étude de la polarisation concernait l’étude des signaux constants. Nous allons
maintenant effectuer l’étude des signaux variables. Il s’agit de superposer aux signaux
constants (signaux pouvant avoir des valeurs élevées, utiles à la polarisation) des
signaux variables, liés au transport d’une information utile. Il faut bien se rendre
compte de l’existence de deux types de signaux dans les montages à transistor : ceux
servant à se placer dans des conditions favorables (la polarisations permet d’utiliser
certaines caractéristiques du transistor, caractéristiques voulues par l’utilisateur) et
ceux utilisant directement ces conditions pour véhiculer l’information (généralement
de faible amplitude).
Nous allons revenir sur un cas plus simple : la diode. Nous avons globalement deux
approches pour comprendre les rôles de ces deux types de signaux : une approche
”mathématique” et une approche ”graphique”, plus intuitive.
Approche mathématique : la diode est caractérisée par la relation courant-tension
donnée par l’équation 1.1. Supposons que nous polarisions la diode au point (I0 ,U0 )
avec U0 > 0. La relation précédente devient :
I0 = IS eU0 /UT − 1 ≈ IS eU0 /UT (1.7)
Supposons que la tension U soit la somme d’une tension constante U0 et d’un signal
variable u : U = U0 + u. Prenons comme hypothèse supplémentaire : u UT . Alors :
I = I0 + i (1.8)
= IS e(U0 +u)/UT (1.9)
= IS eU0 eu/UT (1.10)
= IS eU0 (1 + u/UT ) (1.11)
u
= I0 + IS (1.12)
U
| {z T}
i
U − U0
= I0 + IS (1.13)
UT
Ainsi, une petite variation de la tension autour du point de fonctionnent se traduit
par une petite variation de courant dans la diode. Si la variation de tension est liée
à une information, cette information se retrouvera dans la variation de courant as-
sociée. Tout repose ici sur un développement limité au premier ordre. Il faut donc
que les amplitudes de ces signaux variables soient faibles devant celles des signaux
constants. C’est pourquoi on qualifie ces signaux de petits signaux. Dans ces condi-
tions, il y a proportionalité entre la ”petite” tension variable et le ”petit” courant
variable : on dit que l’on a linéarisé la caractéristique de la diode autour du point
de fonctionnement. Il y a bien linéarité entre ”la sortie” (le courant) et ”l’entrée”
(la tension).
14
I
le régime petit signal autour du point de polarisation. Cela signifie que le point de
fonctionnement du système va se déplacer de part et d’autre du point de polarisa-
tion, le déplacement étant relatif à l’amplitude de la tension variable appliquée.
Si l’amplitude des petits signaux est faible, on peut localement assimiler la ca-
ractéristique courant-tension de la diode à une portion de droite, passant par le
point de fonctionnement et tangent à la caractéristique : on dit que l’on a linéarisé
cette caractéristique. Pour les petits signaux, tout se passe comme s’ils ne voyaient
que cette droite 7 . Le courant est alors une image de la tension d’entrée : les varia-
tions du courant sont proportionnelles aux variations de tension.
Dans le cas d’une linéarisation, on peut alors définir la résistance dynamique : il s’agit
de la résistance vue par les petits signaux au point de polarisation. Sur l’exemple
précédent, on aurait : rd = ui = ∂U
∂I
= UIST . Dans le cas général, on définit la résistance
dynamique autour de (I0 ,U0 ) par :
∂U
rd = (1.14)
∂I (I0 ,U0 )
Le schéma équivalent à la diode pour les petits signaux est alors une simple résistance
(au premier ordre).
La figure 1.12 montre, au niveau des caractéristiques du MOS, les fluctuations
du point de fonctionnement autour de sa valeur d’équilibre. De petites fluctuations
de VGS (autour de VGS0 ) entrainent des fluctuations du courant IDS (autour de IDS0 )
et de même pour la tension VDS . Sous l’hypothèse de faible amplitude (régime de
petits signaux), on peut linéariser les caractéristiques. Toutes les fluctuations sont
donc linéaires par rapport à la grandeur d’entrée.
7
pour les petits signaux, tout se passe comme si on avait une translation de l’origine du repère
vers le point de polarisation. Dans ce nouveau repère la caractéristique courant-tension est assimilée
à une droite passant par la nouvelle origine : ces petits signaux ne ”voient” donc qu’une résistance.
15
IDS
VGS>VT
VT VGS VDS
Fig. 1.12 – Etude des petits signaux sur les caractéristiques d’un transistor NMOS
Normally OFF.
D’où :
∂IDS ∂IDS
ids = vds + vgs (1.17)
∂VDS VGS0
∂VGS VDS0
| {z } | {z }
1/RDS gm
16
Le premier terme est homogène à l’inverse d’une résistance. Si on est dans la zone
ohmique, il s’agit de l’inverse de la pente de la caractéristique. Cette résistance
dépend du point de polarisation car la pente dépend de la tension Grille-source.
Si on est dans la zone de saturation du courant (zone de pincement), la pente de
la caractéristique est quasiment nulle et donc la résistance RDS très grande 8 . Le
second terme est un peu plus difficile à modéliser. Lorsque l’on est dans la zone de
pincement, on connait la carctéristique (IDS , VGS ). Connaissant le point de polarisa-
tion, on en déduit que la dérivée partielle de ce terme correspond à la linéarisation
de cette caractéristique autour du point de polarisation (comme dans une diode).
On note gm la conductance 9 associée à cette linéarisation. Ce second terme traduit
le fait que la joncion Drain-source se comporte comme une source de courant idéale,
la valeur du courant étant proportionnelle à la tension vgs et à la conductance gm .
Finallement, la jonction drain-source est, pour les petits signaux, une source de cou-
rant : elle correspond à une source de courant idéale commandée en tension avec
éventuellement en parallèle une résistance. La résistance correspond au caractère
non idéal de la source de courant réalisée.
La jonction Grille-Source se comporte comme un condensateur (dont la capacité est
de très faible valeur). Aux basses fréquences, le courant variable igs est alors nul (il
se comporte comme un signal constant arrivant sur une plaque d’un condensateur).
Aux basses fréquences (dans la bande passante du transistor) l’impédance associée
à cette capacité est très grande devant les impédances des autres éléments. On peut
donc la considérer comme infinie et la remplacer par un circuit ouvert.
Le schéma équivalent vu par les petits signaux (valable dans la zone de pince-
ment) est représenté sur la figure 1.13.
G D
S
Fig. 1.13 – Schéma équivalent petits signaux d’un transistor MOS en basse fréquence
Il faut bien avoir à l’esprit les origines de ce schéma petits signaux. La figure 1.14
résume les équations du schéma petit signal.
8
cette résistance est très grande mais finie : l’effet Early introduit en effet une légère pente de la
carctéristique courant-tension dans la zone de saturation. Mais souvent on la néglige, considérant
ainsi une résistance dynamique associée infnie.
9
ie l’inverse d’une résistance
17
G D
gm VGS rDS
S
Zone saturée Inverse de
IDS la pente
IDS
Pente
VGS
VDS
18
l’amplitude de ces variations reste suffisamment faible, les variations seront linéaires.
En regardant les caractéristiques des transistors, nous pouvons comprendre que si
l’amplitude de ces variations augmente trop, nous risquons de perdre toute notion de
linéarité. Le point de fonctionnement, en se déplaçant sur une caractéristique, ne sui-
vra plus une droite. Nous ne sommes alors plus en régime linéaire. Mathématiquement,
cela revient à considérer que le développement limité au premier ordre n’est plus
suffisant. Expérimentalement, si on augmente l’amplitude des signaux variables, les
signaux de sortie vont se déformer au fur et à mesure que les amplitudes augmentent.
G CGD D
gmVGS
VGS CGS rDS
S
Fig. 1.15 – Schéma petits signaux valable en haute fréquence.
Remarque : il existe aussi une capacité ”Drain-Source”. Cette dernière est souvent
négligeable devant les deux autres et est peu prise en compte.
19
1.2.5 Utilisation en résistance commandée et en interrup-
teur.
Fonctionnement en résistance.
Nous avons vu qu’un transistor MOS se comporte comme une résistance com-
mandée pour de faibles valeurs de la tension VDS . Cette valeur de la résistance peut
être choisie à l’aide de la tension VGS . Ainsi, on peut réaliser une résistance com-
mandée par la tension VGS .
De telles résistances sont utilisées soit dans des montages d’électronique intégrée soit
dans des applications d’électronique analogique (contrôle automatique de gain, par
exemple).
Fonctionnement en interrupteur.
Considérons un transistor NMOS. Lorsque la tension de commande oscille entre
deux états (on considère un échelon de tension au niveau de la grille), il est possible
de réaliser un interrupteur entre le drain et la source :
– lorsque, par exemple VGS < VT , le canal n’existe pas : l’interrupteur est ouvert.
– lorsque VGS > VT , le canal existe. Le courant drain-source est positif : l’inter-
rupteur sera fermé.
Dans le cas d’un interrupteur fermé, on est en mesure de déterminer la résistance
RON de cet interrupteur. Cette résistance à l’état passant dépend de la tension
VS . Si cette tension varie, la résistance de l’interrupteur n’aura plus les mêmes ca-
ractéristiques, ce qui peut perturber les montages. La figure 1.16 présente les va-
riations de la résistance en fonction de la tension Va = VS . Afin de minimiser ces
variations, on place en parallèle entre le drain et la source un transistor PMOS dont
la commande VGS2 est complémentaire de la tension VGS1 . Ce transistor aura des va-
riations de résistance inverse de celles du transistor NMOS (mais la résistance d’un
PMOS est supérieure à celle d’un NMOS , d’où l’assymétrie de la résistance totale).
La résistance globale de l’interrupteur ainsi formé sera la résistance équivalente aux
deux résistances en parallèle. Finalement, les variations sont atténuées. La résistance
est en outre minimisée et diminue ainsi la consommation des circuits type commu-
tateur.
20
RON
PMOS NMOS
NMOS//PMOS
VS
Fig. 1.16 – Résistance à l’état passant d’un transistor NMOS, PMOS et de l’asso-
ciation des deux transistors.
et dans des circuits nécessitant des composants faibles bruit 10 . Ils sont peu présents
dans les circuits intégrés, contrairement au MOS, en raison d’une plus grande diffi-
culté technologique d’intégration et d’une consommation en courant plus élevée.
D G D
G
S S
Caractéristiques statiques
On retrouve les allures des MOSFET (cf figure 1.18). Selon le type du canal,
les signes des tensions et des courants changent. En outre, on retrouve les deux
10
On peut en effet montrer que les JFET génèrent moins de bruit que les MOSFET.
21
IDS IDS
VGS
grandes zones : une zone linéaire (résistance commandée ou interrupteur) pour des
tensions drain-source faibles et une zone de pincement ou de saturation (utilisation
en amplificateur).
Pour JFET canal N, il faut bien veiller à avoir une tension VGS < 0 : si la jonction
PN est polarisée en direct, des courants trop importants circuleront : un claquage
de la jonction peut détruire le composant.
La figure 1.19 donne les caractéristiques d’un transistor JFET canal N (2N4416). Le
courant maximal est de l’ordre de 10 mA.
22
2N4416 / 2N4416A / PN4416
2N4416/PN4416 -30
BVGSS Gate-Source Breakdown Voltage IG = -1µA, VDS = 0
2N4416A -35
V
2N4416/PN4416 -6
VGS(off) Gate-Source Cutoff Voltage VDS = 15V, ID = 1nA
2N4416A -2.5 -6
Common-Source Output
goss 75 100 µS VDS = 15V, VGS = 0 (Note 1)
Conductance
Common-Source Forward
gfs 4000
Transconductance
G D G CGD D
S S
(i) (ii)
Fig. 1.20 – Schémas petits signaux utiles pour les JFET : (i) basses fréquences (ii)
en hautes fréquences
23
Chapitre 2
2.1 Introduction
Les transistors bipolaires ont été les premiers transistors crées. Leur importance
a diminuée avec l’apparition des transistors à effet de champ, en raison de leur plus
grande difficulté d’intégration et de leur caractéristiques moins adaptées à la com-
mutation.
Ils sont adaptés à l’électronique analogique (amplification essentiellement), en basse
et en haute fréquence. Ils ont caractérisés par des gains en courant important.
Les transistors bipolaires reposent sur l’exploitation des deux types de porteurs
(électrons et trous). De telles structures sont constituées d’un empilement de trois
couches de semiconducteurs de types différents : NPN ou PNP. Ils sont constitués
de trois bornes : la base, l’émetteur et le collecteur.
Les symboles des deux types de transistors sont représentés sur la figure 2.1.
C C
B B
E E
(i) (ii)
Fig. 2.1 – Symboles des transistors bipolaires : (i) transistor NPN ; (ii) transistor
PNP
La figure 2.2 représente un modèle simple des transistors bipolaires. Il faut ce-
pendant garder à l’esprit que ce modèle unidimensionnel est loin de la réalité. La
structure réelle des transistors bipolaire est planaire et donc ces transistors fonc-
tionnent en trois dimensions. Ce modèle linéaire simpliste permet cependant de
comprendre aisément le principe.
24
E C E C
N P N P N P
B B
(i) (ii)
Fig. 2.2 – Modèle unidimensionnel d’un transistor bipolaire : (i) transistor NPN ;
(ii) transistor PNP
25
– régime saturé. En première approximation, on peut assimiler le transistor sa-
turé comme étant équivalent à un court circuit. Les trois bornes sont court-
circuitées 5
– régime bloqué. Les trois bornes sont équivalentes à des circuits ouverts.
26
IC
IB
IB VCE
VT
VCE
Fig. 2.3 – Caractéristiques d’un transistor bipolaire NPN
de cette source se fait à l’aide du courant de base. Or, ce courant est donné par la
caractéristique courant-tension de la jonction Base-Emetteur. Nous verrons plus loin
que cette source de courant pourra donc être commandée en tension (via la tension
VBE ).
La figure 2.4 représente le schéma équivalent du transistor en fonctionnement
normal.
C
Ic=β IB
B
IB
E
Fig. 2.4 – Schéma équivalent d’un transistor NPN en régime de fonctionnement
normal
27
IC = βIB
IB = IS eVBE /UT − 1 (2.1)
≈ IS eVBE /UT
Remarque : on peut également faire l’approximation : VBE = 0.6V (ou une autre
tension de seuil selon les caractristiques du transistor).
En outre, on a les relations suivantes entre les courants :
IE = I C + I B
= βIB + IB (2.2)
= (β + 1) IB
Le gain en courant β étant très grand (typiquement compris entre 100 et 300), on
simplifie généralement l’équation 2.2 : IE ≈ βIB ≈ IC
En outre, on peut également écrire :
IE = I C + I B
= IC + β1 IC
β+1 (2.3)
= IC
β
| {z }
1/α
C
C
B B
E E
(i) (ii)
Fig. 2.5 – Transistor en régime saturé : (i) modèle sans seuils ; (ii) modèle avec
seuils.
28
allure de résistance (cf figure 2.6).
IC
IB
VCE
Fig. 2.6 – Caractéristique courant tension du transistor en régime saturé : trait gras
continu : modèle simple (diodes sans seuils) ; trait gras pointillé : modèle avec seuils.
Schéma global
Les fonctionnements des trois grands régimes vus précedemment peuvent se re-
trouver sur le schéma équivalent du transistor de la figure 2.7 (i) . Ce schéma 10
porte le nom de schéma d’Ebers-Moll. Nous allons montrer comment on retrouve les
trois grands régimes dans le cas d’un transistor NPN.
29
C IC
C
ICS α IES
Ic=α IE
IB B
B
IB
αi ICS IES IE
E
E IE
(i) (ii)
Fig. 2.7 – (i) Schéma d’Ebers-Moll (ii) Schéma d’Ebers-Moll simplifié (en régime
de fonctionnement normal).
30
– le gain en courant (β), varie beaucoup avec la température. Il en découle que
les caractéristiques d’un montage (gain de l’amplificateur, point de polarisation
etc...) pourront varier en fonction de la température. Il faudra donc tenter de
trouver des montages qui dependent faiblement des paramètres fluctuant avec
la température 11 .
– le second effet de la température est la variation de la tension de seuil de la
diode base-emetteur. En régime normal, cette diode est polarisée en direct.
La tension Vbe est alors à peu près constante, égale à la tension de seuil de la
diode considérée (aux alentours de 0.6 V). Or, cette tension de seuil varie avec
la température. on peut retenir l’ordre de grandeur de cette variation 12 :
∂Vbe
≈ − 2 mV /K (2.4)
∂T
IC
IB
VCE
VA
Fig. 2.8 – Effet Early dans un transistor bipolaire.
11
nous verrons que certains montages amplificateurs présenteront un gain dépendant peu du gain
en courant β, rendant ainsi le montage peu dépendant des fluctuations de température
12
Cette variation peut être gênante pour la stabilité des montages. Mais elle peut aussi s’avérer
utile : on exploite couramment cette propriété pour en faire des capteurs de température.
13
L’effet Early traduit en fait les modulations de la zone neutre de la base, modulations dûes
à la polarisation des deux jonctions. Ces polarisations modulent en effet la largeur de la zone de
charge d’espace et donc la largeur de la base.
31
2.3 Etude de la polarisation
2.3.1 Principe et méthodes
La polarisation d’un transistor bipolaire est analogue à la polarisation d’un tran-
sistor MOS. On dispose également de deux méthodes : une méthode analytique et
une méthode graphique.
Méthode analytique .
Il s’agit de résoudre le système suivant :
IB = f (VBE ) (droite d0 attaque) 14
VBE ≈ 0.6 V (fonctionnement normal) 15
(2.5)
IC = βIB
IC = g(VCE ) (droite de charge statique)
Remarque : il est très courant de tenir compte de l’importance du gain en courant
(on considèrera généralement que β + 1 ≈ β).
Méthode graphique :
On peut également entièrement résoudre ce système de manière graphique, en faisant
apparaitre sur les caractéristiques du transistor les droites de charge et d’attaque.
La figure 2.9 montre un exemple de résolution graphique. Une méthode hybride peut
bien sûr être adoptée.
32
IC
IB
IC0
Droite de charge
IB0
IB VCE
VCE0
VBE0
VBE
Droite d'attaque
∂Vbe
rbe = (2.6)
∂Ib
1
= (2.7)
∂Ib /∂Vbe
UT
≈ (2.8)
Ib0
βUT
≈ (2.9)
Ib0
(2.10)
B ib C
Fig. 2.10 – Schéma de Giacoletto valable pour les petits signaux, dans la bande
passante.
33
Le transistor en régime normal se comporte comme une source de courant. Les
petits signaux sont aussi amplifiés de la même manière que les grands signaux. D’où :
ic = βib . On peut définir comme dans le cas du transistor MOS une transconduc-
tance, permettant ainsi de relier la source de courant à une commande en tension :
ic = gm vbe . On a alors l’égalité βib = gm vbe , d’où : β = gm vibeb . Or, le rapport de la
tension vbe par le courant ib correspond à la définition de la résistance dynamique
précédemment calculé :
β = gm rbe (2.11)
Remarque : on peut tenir compte de l’effet Early pour ce schéma petits signaux.
Il suffit lors de rajouter une résistance rce en parallèle sur la source de courant,
comme l’indique la figure 2.11. En outre, on peut également tenir compte d’une
résistance supplémentaire : la résistance d’accès à la base, résistance qui correspond
à la réalisation du contact au niveau de la base 16 . Cette résistance est généralement
notée rbb0 .
B ib C
rbb'
rbe β ib rc e
16
cette résistance d’accès au niveau de la base est en effet plus importante que les autres
résistances d’accès. Pour avoir un grand gain, la base doit être mince (beaucoup moins longue
les autres régions). Il en résulte que la surface de contact 42la0 Td
r´ 859842 0 Td (plus)Tj 2090334 0 Tdp(v)Tj 759123 0 Td (itune)T
Cbc
B C
35