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Modélisation du dégivrage aéronautique

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THÈSE

Pour obtenir le grade de


DOCTEUR DE LA COMMUNAUTE UNIVERSITE
GRENOBLE ALPES
Spécialité : Génie Electrique
Arrêté ministériel : 25 mai 2016

Présentée par

Melissa ESTOPIER CASTILLO

Thèse dirigée par Édith CLAVEL,


codirigée par Nicolas GALOPIN et Frédéric WURTZ

préparée au sein du Laboratoire de Génie Electrique de


Grenoble, G2Elab
dans l'École Doctorale Electrotechnique Electronique
Automatique et Traitement du Signal, EEATS

Modélisation et analyse d’un


système de dégivrage en
aéronautique

Thèse soutenue publiquement le 23 Octobre 2018,


devant le jury composé de :
M. Hubert PIQUET
Professeur, Laboratoire Laplace Toulouse, Rapporteur
M. Patrick KUO-PENG
Professeur, Université Fédérale de Santa Catarina, Rapporteur
M. Claude MARCHAND
Professeur, Laboratoire GeePs Paris, Président
M. Éric BELOT
Ingénieur, Zodiac Aerospace, Examinateur
Mme. Édith CLAVEL
Maître de Conférences, Université Grenoble Alpes, Directrice de thèse
M. Nicolas GALOPIN
Maître de Conférences, Université Grenoble Alpes, Codirecteur de thèse
M. Frédéric WURTZ,
Directeur de Recherche, CNRS, Codirecteur de thèse
A mi tan querida familia :
Ma. Antonieta, Vicente, Jesús
Remerciements

Je voudrais commencer par mes trois encadrants de thèse, Edith, Nicolas et Fred,
merci pour les années passées à échanger sur ces recherches et pour l’opportunité et la
confiance que vous m’avez donnée en m’acceptant dans votre équipe. Je garderais une
grande leçon et le souvenir des moments positifs et agréables du projet. Merci à vous
d’avoir partagé vos connaissances avec moi, pour avoir fait preuve d’engagement et
patiente jusqu’à la dernière phase de la thèse.

Ma reconnaissance à l’organisme CONACyT, Mexique, pour son apport lors des


démarches de mon intégration en France, son soutient a été un facteur important pour mon
séjour dans ce pays.

Merci à l’équipe de R&D de Zodiac Aerospace pour votre contribution à ce projet.


Spécialement à M. Stéphane LeGarrec et M. Éric Belot. Vous avez toujours été à disposition
pour mes questionnements. Votre participation fait partie de la richesse de mon expérience
de thèse.

Un remerciement spécial à M. Jean Paul Ferrieux pour avoir soutenu mes


candidatures dans la recherche d’un projet de thèse, et même avant, pour mon entrée en
M2R à l’ENSE3 en 2011. En tant qu’étrangère, inconnue des institutions françaises, c’est
grâce à vous que j’ai eu l’énorme chance d’intégrer G2Elab, je vous serais toujours
reconnaissante. Merci également à M. Yves Lembeye pour votre encadrement de grande
qualité pendant de mon premier stage en 2012 à G2Elab, je garde un agréable souvenir de
nos échanges. Votre grande vocation en tant qu’enseignants, votre qualité humaine, et
votre éthique professionnelle rare, ont définitivement contribué à confirmer mon désir de
me lancer dans l’aventure de la recherche.

Je tiens à remercier M. Olivier Chadebec pour votre soutien et conseil lors des CSI
de fin de ma thèse, avec ceux de Yves Lembeye, vos remarques et propositions si
pertinentes ont été un élément clé pour l’aboutissement de mes travaux de rédaction.

Je ne pourrais pas oublier de mentionner M. Pedro Bañuelos Sanchez, mon premier


menteur en électronique de puissance. À travers votre exemple, vous m’avez inspirée à
suivre ce chemin de découvertes et défis. Gracias por haber creído en mí y por su amistad!

À tous les membres de l’équipe EP, enseignants, doctorants, stagiaires, post doc
des différentes générations que j’ai pu croiser : merci pour ce partage ! j’ai toujours passé
des super moments dans la bonne ambiance qui règne chez nous, là où ça sent le
composant cramé oui.
Merci à l’ensemble du laboratoire G2Elab, à l’équipe informatique et technique, mes
copines du service RH et du service financier (petite pensée pour Florence, Nadine, Cathy
et pour toi ma Lili <3), merci pour votre écoute et votre travail dévoues.

Un souvenir spécial pour les grandes amitiés que j’ai pu cultiver au long de ces
années au labo : Manel, Geneviève, Johan, Fabien, Gatien, Guillaume, Ekaitz, Antoine,
Selle, Stéphane, Jeremy, Victor, Yafang, Hakim, Max, Clem, Guillerme, Antho, Bob,
Vincent, Vihn, mon cousin Farshid, Yunxia, Nils, Sandrine, Olivier, Thibaut, Long, Becka,
Badr ma chérie, Andrés, Clara, Olga, Zaki, Baoling….. ufff vous êtes nombreux, j’ai de la
chance ! vous êtes le plus grand trésor que je garderais de cette expérience de 5 ans.

À toi aussi mon Benny, parce que tu as su m’accompagner et m’écouter à la toute


fin de ma thèse (quand c’est moins évident hein ?), pour tes mots toujours pertinents, pour
ton positif, pour ton sourire qui m’a aidé à garder un esprit de réussite pendant les derniers
moments de stress. Merci <3

Mais c’est avant tout grâce à Dieux/l’Univers qui m’a concédé la santé, la force, la
musique, la paix et l’occasion de vous rencontrer tous, que je peux maintenant dire avec
joie et fierté que cet objectif est accompli. Une nouvelle étape se profile dans le
paysage…merci pour le souffle de vie.
Table des matières

Introduction : Enjeux de l’avion plus électrique................................................................... 2

Projet CORAC-GENOME ............................................................................................... 4


La problématique du givre en aéronautique.................................................................... 5
Présentation de la solution ZODIAC Aerospace ............................................................. 6
Objectifs de la thèse et la stratégie adoptée ................................................................... 6
Structure du manuscrit ................................................................................................... 7

Chapitre 1 : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies ......................................... 9

I.1 Introduction ........................................................................................................ 11


I.2 Etat de l’art des dispositifs d’antigivrage et de dégivrage ................................... 12
I.2.a Fluides antigivrages ....................................................................................... 12

I.2.b Boudins pneumatiques ................................................................................... 13

I.2.c Flux d’air chaud .............................................................................................. 15

I.2.d Systèmes électrothermiques .......................................................................... 17

I.2.e Systèmes électromécaniques ......................................................................... 18

I.2.f Autres technologies en développement .......................................................... 21

I.3 Description de la technologie proposée ............................................................. 24


I.3.a Principes physiques de fonctionnement ......................................................... 25

I.3.b Conditions de fonctionnement du dispositif..................................................... 26

I.3.c Définition géométrique et matérielle du démonstrateur Zodiac ....................... 28

I.3.d Tests : Courbes d’alimentation et déformation................................................ 32

I.4 Cahier des charges ............................................................................................ 36


I.5 Conclusion ......................................................................................................... 37

Chapitre 2 : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique...................................... 41

II.1 Introduction ........................................................................................................ 43


II.2 Définition du problème ....................................................................................... 43
II.3 Modélisation électromagnétique ........................................................................ 45
II.3.a Calcul de la force de Laplace ...................................................................... 49
II.3.b Modèle électromagnétique retenu et outil de calcul retenu pour l’approche
quasi statique ............................................................................................................ 54

II.4 Conclusions sur la modélisation électromagnétique ........................................... 63

Chapitre 3 : Modélisation mécanique ............................................................................... 65

III.1 Introduction ............................................................................................................ 67


III.2 Cadre théorique de l’étude mécanique .................................................................. 67
III.2.a Mécanique des milieux continus et mécanique des structures .................... 68

III.2.b Comportement élastique ............................................................................. 68

III.2.c Relations d’équilibre .................................................................................... 70

III.3 Modèle poutre ........................................................................................................ 71


III.3.a Cinématique d’Euler-Bernoulli ..................................................................... 73

III.3.b Conditions aux limites ................................................................................. 74

III.3.c Prise en compte d’une discrétisation le long de la poutre ............................ 76

III.3.d Prise en compte de l’hétérogénéité de la structure via le calcul d’une rigidité


équivalente................................................................................................................ 77

III.3.e Prise en compte du feuilletage des conducteurs ......................................... 79

III.3.f Conclusions sur l’approche « poutre » ........................................................ 84

III.4 Modèle plaque ....................................................................................................... 85


III.4.a Plaques de Kirchhoff - Love ........................................................................ 85

III.4.b Equations d’équilibre ................................................................................... 86

III.4.c Résolution par la méthode des bandes ....................................................... 87

III.4.d Modélisation du tapis de dégivrage ............................................................. 92

III.4.a Conclusions .................................................................................................. 100

Chapitre 4 : Etude énergétique et modèle électrique ...................................................... 103

IV.1 Introduction ......................................................................................................... 105


IV.2 Analyse énergétique ............................................................................................ 105
IV.3 Modélisation électrique ........................................................................................ 106
IV.3.a Equation du circuit électrique et modélisation du courant d’alimentation ... 107
IV.3.b Calcul de l’inductance du serpentin........................................................... 108

IV.3.c Estimation de l’impédance de la charge mécanique ................................. 109

IV.3.d Evaluation du modèle électrique ............................................................... 110

IV.3.e Analyse des pertes par courants de Foucault parasites au niveau de la surface
à dégivrer ................................................................................................................ 111

IV.5 Assemblage des modèles et approche statique avec boucle de calcul................ 114
IV.6 Conclusions sur la modélisation électrique .......................................................... 116

Chapitre 5 : Analyse dynamique et résultats .................................................................. 119

II.5 Introduction ...................................................................................................... 121


II.6 Synthèse des analyses de sensibilité réalisées au cours du projet sur la base des
modèles numériques développés ............................................................................... 122
V.2.a Etude de sensibilité aux paramètres topologiques et géométriques à partir du
modèle statique ...................................................................................................... 123

V.2.b Etude de sensibilité avec la définition des éléments plots ......................... 131

V.2.c Principaux résultats des analyses de sensibilité........................................ 136

II.7 Analyse du comportement dynamique du déplacement ................................... 137


V.3.a Essai expérimental 1 : identification d’un déplacement en régime forcé et en
régime libre ............................................................................................................. 138

V.3.b Essai expérimental 2 : le déplacement est imposé par les forces générées au
niveau des lignes des conducteurs ......................................................................... 139

II.8 Proposition d’une approche par différence finie ............................................... 142


V.4.a Développement d’un modèle de résolution par différences finies en vue de la
prise en compte des dynamiques mécaniques........................................................ 143

V.5 Conclusions ..................................................................................................... 146

Conclusion générale et perspectives.............................................................................. 149

Perspectives ............................................................................................................... 154


Table des illustrations

Figure i - Répartition de la consommation énergétique d’un avion commercial A330. ........ 3


Figure ii - Givre blanc a) et verglas b) [7]............................................................................ 5
Figure 1-1. Application d’un fluide antigivrant [2]. ............................................................. 12
Figure 1-2. Boudins pneumatiques dégivrants en caoutchouc sur le bord d’attaque d’une
aile [6]. ............................................................................................................................. 13
Figure 1-3 Boudins pneumatiques en néoprène en position initiale-dégonflés a) et actionnés
b) [7]................................................................................................................................. 14
Figure 1-4. Evolution de la taille des avions [11]............................................................... 15
Figure 1-5. Système de circulation d’air chaud dans le bord d’attaque des ailes implanté sur
des avions Airbus, Dassault et Boeing [15] [16]................................................................ 16
Figure 1-6. Depuis le B787 de Boeing, antigivrage par tapis électrothermique [15]. ......... 17
Figure 1-7. Avion de petite taille à usage particulier turbo propulsé avec protection
antigivrage hybride. .......................................................................................................... 18
Figure 1-8. Configuration du dégivreur électromécanique conçu par Cox & Company, Inc
[19]. .................................................................................................................................. 19
Figure 1-9. Schématiques du dégivreur électro expulsif attaché, conçu par Goodrich
Corporation [20]. .............................................................................................................. 20
Figure 1-10. Exemple de la nouvelle génération d’actionneurs pour le dégivrage [29]...... 21
Figure 1-11. Principe d’expulsion de la glace proposé par l’équipe R&D de Zodiac
Aerospace [31]. ................................................................................................................ 24
Figure 1-12. Disposition des pistes conductrices pour la génération des efforts mécaniques
[33]. .................................................................................................................................. 25
Figure 1-13. Domaine des conditions givrantes rencontrées par un avion commercial selon
FAR25 [31]. ...................................................................................................................... 26
Figure 1-14. Taille de goutte en fonction de l’humidité pour quatre températures [31]. ..... 27
Figure 1-15. Assemblage du tapis expérimental de dégivrage développé par Zodiac [33].
......................................................................................................................................... 29
Figure 1-16. Vue en coupe latérale A|A avant vulcanisation [33]. ..................................... 31
Figure 1-17. Vue en coupe latérale AA après vulcanisation [33]....................................... 31
Figure 1-18. Plaque en aluminium et points de mesure, le tapis expulse est situé en-dessous
[38]. .................................................................................................................................. 33
Figure 1-19. Courant et tension d’alimentation pour une activation du tapis dégivrant [38].
......................................................................................................................................... 34
Figure 1-20. Déplacement en fonction du temps mesuré sur le point B pour un cycle
d’activation [38]. ............................................................................................................... 34
Figure 1-21. Déplacement en fonction du temps mesuré au point C pour un cycle d’activation
[38]................................................................................................................................... 34
Figure 1-22. Déformation de la plaque d’aluminium (Zodiac), pour t = 0,0712 ms [39]. .... 35
Figure 1-23. Déformation de la plaque d’aluminium (Zodiac),pour t = 0,4722 ms [39]. ..... 36
Figure 2-1. Vue supérieure, plan XY, du serpentin en cuivre à modéliser. ....................... 44
Figure 2-2. Vue latérale, plan YZ ; du serpentin en cuivre à modéliser et sa vue en détail.
........................................................................................................................................ 44
Figure 2-3. Vue en section d’une ligne conductrice avec les lamelles fusionnées. ........... 45
Figure 2-4. Disposition des conducteurs massifs du serpentin. ........................................ 45
Figure 2-5. Coupe transversale du serpentin sur un plan YZ (pour une valeur d’abscisse
constante). ....................................................................................................................... 46
Figure 2-6. Modèle de conducteur filiforme infiniment long, à section nulle a) et à section
circulaire non nulle b). ...................................................................................................... 47
Figure 2-7. Induction magnétique pour un conducteur filiforme et à section rectangulaire et
les simulations InCa3D. ................................................................................................... 48
Figure 2-8. Simplification de la géométrie du serpentin pour le modèle électromagnétique.
........................................................................................................................................ 49
Figure 2-9. Géométrie simulée sur InCa3D, vue isométrique et plan XZ. ......................... 51
Cette valeur de courant correspond à l’amplitude maximale atteinte par l’impulsion de
courant (Figure 1-10). La force résultante est en conséquence importante, et reste purement
indicative. ......................................................................................................................... 51
Figure 2-11. Composants de la force produite sur trois périodes. .................................... 54
Figure 2-12. Définition 3D de la géométrie sur McMMems, deux conducteurs parallèles. 57
Figure 2-13. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction du courant
d'alimentation. .................................................................................................................. 58
Figure 2-14. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I =
500 A). ............................................................................................................................. 59
Figure 2-15. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I =
3500 A). ........................................................................................................................... 60
Figure 2-16. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I =
7000 A). ........................................................................................................................... 60
Figure 2-17. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I =
500 A). ............................................................................................................................. 61
Figure 2-18. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I =
3500 A). ........................................................................................................................... 62
Figure 2-19. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I =
7000 A). ........................................................................................................................... 62
Figure 3-1. Définition du domaine, frontières, efforts et déplacements d’un milieu continu.
......................................................................................................................................... 68
Figure 3-2. Exemple d’un tronçon de poutre et représentation des projections de la force de
réaction. ........................................................................................................................... 70
Figure 3-3. Motif élémentaire pour l’analyse de poutres, réduction du domaine d’étude par
symétrie ¼. ...................................................................................................................... 71
Figure 3-4. Réactions et convention d’axes pour l‘élément poutre. ................................... 72
Figure 3-5. Déplacement analytique pour un chargement uniforme d’une poutre bi-appuyée
(à gauche) ou bi-encastrée (à droite). .............................................................................. 75
Figure 3-6. Représentation graphique des modèles d’une poutre discrétisée en n-éléments,
appui et encastrement. ..................................................................................................... 76
Figure 3-7. Déformation pour une poutre bi-encastrée et une poutre bi-appuyée, pour un
seul élément poutre a) et avec une discrétisation en 3 éléments b), avec le modèle discrétisé
pour un chargement non uniforme et des conditions aux limites d’appui c) ou d’encastrement
d)...................................................................................................................................... 77
Figure 3-8. Section de la poutre 3D, segment de blindage en aluminium (suffixe alu) et
conducteur longitudinal en cuivre (suffixe cui). ................................................................. 78
Figure 3-9. Décomposition des conducteurs du modèle en deux lamelles par ligne. ........ 79
Figure 3-10. Mise en évidence d’une interférence entre les conducteurs C2 et C3,
déplacement avec conditions aux limites du type appui a) et du type encastrement b). ... 83
Figure 3-11. Instantané du film fourni par ZODIAC montrant le déplacement de la structure
à l’instant .......................................................................................................................... 85
Figure 3-12. Définitions des bandes et poutres dans le modèle mécanique plaque.......... 89
Figure 3-13. Plaque chargée sur plusieurs lignes // Oy. ................................................... 92
Figure 3-14. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 des 5 situations – application du
théorème de superposition. .............................................................................................. 93
Figure 3-15. Déformation de la plaque en 3D du cas 1..................................................... 94
Figure 3-16. Données d’entrée pour l’évaluation du modèle plaque avec 4 chargements
linéiques et 4 poutres en cuivre. ....................................................................................... 94
Figure 3-17. Déformations issues du modèle plaque avec 4 chargements sans a) et avec b)
des poutres en cuivre et 4 encastrements comme conditions aux limites. ........................ 95
Figure 3-18. Position des plots de rappel par rapport, vue supérieure sur le plan XY. ...... 95
Figure 3-19. Comparaison pour la prise en compte des plots par des ressorts équivalents :
l’approche analytique à gauche, modèle COMSOL® à droite. .......................................... 96
Figure 3-20. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne au
niveau des conducteurs. .................................................................................................. 97
Figure 3-21. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne au
niveau des plots. .............................................................................................................. 97
Figure 3-22. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne
transversale au milieu du dispositif. ................................................................................. 98
Figure 3-23. Déplacement sur une ligne au niveau des plots en fonction du nombre de
termes dans la somme. .................................................................................................... 99
Figure 3-24. Déplacement sur une ligne au niveau des conducteurs en fonction du nombre
de termes dans la somme ................................................................................................ 99
Figure 3-25. Nombre d’inconnues en fonction du nombre de terme de la série. ............. 100
Figure 4-1. Pertes présentes dans système réel. ........................................................... 106
Figure 4-2. Schéma électrique équivalent du dispositif étudié. ....................................... 107
Figure 4-3. Evolution des caractéristiques parasites du serpentin en fonction de la
fréquence. ...................................................................................................................... 109
Figure 4-4. Courant de décharge – Comparaisons mesures, modélisation. ................... 110
Figure 4-5. Distribution des courants de Foucault [A/m2] induites sur la plaque pour le
premier harmonique à 625 Hz. ....................................................................................... 112
Figure 4-6. Algorithme de résolution pas à pas dans le temps. ...................................... 115
Figure 4-7. Evolution du déplacement de 5 points du tapis (Figure 0-8) en fonction du temps.
...................................................................................................................................... 116
Figure 5-1. Géométrie initiale a), modifiée b). ................................................................ 124
Figure 5-2. Déformation pour la configuration à 6 conducteurs. ..................................... 125
Figure 5-3. Géométrie initiale a), modifiée à droite b). .................................................... 126
Figure 5-4. Déformation pour 4 conducteurs plus larges (cas 2). ................................... 126
Figure 5-5. Déformation dans le cas 3. .......................................................................... 128
Figure 5-6. Déformation dans le cas d’un tapis moins large (cas 4). .............................. 129
Figure 5-7. Déformation dans le cas de conducteurs plus longs (cas 5)......................... 130
Figure 5-8. Déformation dans le cas de conducteurs plus longs (cas 5bis). ................... 130
Figure 5-9. Déformation le long d’une ligne au niveau d’un conducteur en fonction du nombre
de plots. ......................................................................................................................... 132
Figure 5-10. Déplacement maximal en fonction du nombre de plots, avec m = 14. ........ 133
Figure 5-11. Relation entre le nombre de plots, la densité de force et le courant
d’alimentation garantissant une valeur de déplacement imposée ( = 0,0044 ). 134
Figure 5-12. Comparaison pour la prise en compte des plots comme des ressorts : approche
analytique, modèle Comsol à droite. .............................................................................. 135
Figure 5-13. Déplacement maximal en fonction du module d’Young du matériau du plot
élastomère. .................................................................................................................... 135
Figure 5-14. Déplacement maximal en fonction du diamètre des plots. .......................... 136
Figure 5-15. Déplacement d’une ligne au droit des plots en fonction du temps. ............. 138
Figure 5-16. Déplacement d’une ligne au droit d’un conducteur en fonction du temps. .. 139
Figure 5-17. Emplacement des points de mesure sur le tapis. ....................................... 140
Figure 5-18. Position des points de mesure sur le dispositif de dégivrage (conducteurs et
plots), plan XY du système. ............................................................................................ 140
Figure 5-19. Déplacement des points B et D (conducteurs) et courant en fonction du temps.
....................................................................................................................................... 141
Figure 5-20. Déplacement des points A, C et E (plots) et courant en fonction du temps. 141
Figure 5-21. Algorithme de résolution par la méthode aux différences finies [2]. ............ 143
Figure 5-22. Evolution du déplacement obtenu par la méthode aux différences finies. ... 144
Figure 5-23. Evolution du déplacement avec la méthode par différences finies et la force de
contact. .......................................................................................................................... 145
Liste de Tableaux

Tableau 1-1. Classement de taille de cabine d’un avion selon la FAA [9]. ........................ 14
Tableau 1-2. Comparatif des technologies existantes. ..................................................... 23
Tableau 1-3. Descriptif de la constitution du tapis par couches matérielles [33]. .............. 30
Tableau 1-4. Propriétés des matériaux de construction pour le démonstrateur [33]. ........ 32
Tableau 1-5. Cahier de charges. ...................................................................................... 37
Tableau 2-1. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques des
premières simulations pour la force.................................................................................. 51
Tableau 2-2. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 1er
scenario. .......................................................................................................................... 58
Tableau 2-3. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 2ème
scenario. .......................................................................................................................... 59
Tableau 2-4. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 3ème
scenario. .......................................................................................................................... 61
Tableau 3-1. Traduction des conditions aux limites au niveau des grandeurs mécaniques.
........................................................................................................................................ 75
Tableau 3-2. Calcul comparatif de différents ∙ pour un nombre d’éléments n. ........... 79
Tableau 3-3. Description des trois cas comparatifs pour l’étude du feuilletage des
conducteurs. .................................................................................................................... 80
Tableau 3-4. Données géométriques pour l’analyse de l’impact du feuilletage des
conducteurs. .................................................................................................................... 81
Tableau 3-5. Cas étudiés pour la décomposition des conducteurs en multiples lamelles. 82
Tableau 3-6. Conditions de continuité pour une arête = . ......................................... 90
Tableau 3-7. Conditions aux limites au niveau des arêtes = et = . ..................... 91
Tableau 4-1. Bilan des énergies dans le système. ......................................................... 109
Tableau 4-2. Pertes totales dans la plaque dues aux courants induits liées à l’impulsion de
courant........................................................................................................................... 112
Tableau 4-3. Energie et pertes au niveau de la surface à dégivrer. ................................ 113
Tableau 4-4. Résume sur l’analyse énergétique de l’ensemble du système................... 113
Tableau 5-1. Comparaison entre la configuration initiale et la structure avec 6 conducteurs.
...................................................................................................................................... 124
Tableau 5-2. Comparaison entre le cas initial et la structure avec conducteurs de largeur
double. ........................................................................................................................... 126
Tableau 5-3. Comparaison entre le cas initial et la structure avec moins de plots. ......... 127
Tableau 5-4. Comparaison entre le cas initial et la structure avec un tapis moins large. 128
Tableau 5-5. Comparaison entre le cas initial et la structure avec des conducteurs plus
longs. ............................................................................................................................. 129
Tableau 5-6. Récapitulatif des résultats obtenus avec le modèle statique. ................... 1310
Notations

Modèle électromagnétique
𝐵 Induction magnétique [T]
𝐼 Courant électrique [A]
𝐹 Force de Laplace [N]

Modèle mécanique
𝛺 Domaine d’un milieu continu
𝑆 Déformation
𝜎 Contrainte
𝑢, 𝑤 Déplacement [m]
𝐶 Tenseur d’élasticité
𝜆∗ , 𝜇∗ Coefficients de Lamé
𝑅 Réaction
𝑁 Effort normal
𝑉 Effort tranchant
𝑀 Moment de torsion ou de flexion [°/m]
𝜌 Masse volumique [kg/m]
𝑝⃗ Force appliqué par unité de longueur [N/m]
Γ⃗ Couple par unité de longueur [N·m]
𝐼𝑧 Moment quadratique [m4]
𝜃 Angle de rotation [°]
𝐺𝑥𝑦 Coefficient de cisaillement
𝑊 Déformation d’une plaque [m]

Modèle électrique
𝑊, 𝐸 Énergie [J]
𝑉 Potentiel électrique [V]
𝐼 Courant électrique [A]
𝑃 Puissance [W]
𝐶 Capacité [F]
𝑅 Résistance [Ohm]
𝐿 Inductance [H]
𝑍 Impedance [Ω]
𝑇 Période [s-1]
Paramètres physiques
𝜇0 Constante de perméabilité magnétique dans le vide 4πx10-7 (H/m)
𝐸 Module d’Young
𝜐 Coefficient de Poisson
Introduction :
Enjeux de l’avion plus électrique
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

Projet CORAC-GENOME .............................................................................................. 4

La problématique du givre en aéronautique ................................................................... 5

Présentation de la solution ZODIAC Aerospace ............................................................ 6

Objectifs de la thèse et la stratégie adoptée .................................................................. 6

Structure du manuscrit ................................................................................................... 7


Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

Dans une époque où on s’intéresse à l’utilisation consciente et raisonnable des


ressources énergétiques, l’industrie aéronautique est mobilisée pour concevoir l’avion de
demain, l’avion plus électrique.

Actuellement, dans le fonctionnement d’un avion commercial, deux types d’énergie


sont employées : électrique et mécanique (hydraulique, pneumatique). L’estimation de
leur répartition est montrée sur la figure i, pour l’exemple d’un avion A330 [1].

Figure i - Répartition de la consommation énergétique d’un avion commercial A330.

La conception d’un avion plus électrique entraine l’élimination d’une partie importante des
tuyaux liés aux systèmes mécaniques, ce qui conduit à une réduction de poids et volume
et ainsi que de la consommation énergétique [2]. En contrepartie, remplacer les dispositifs
classiques par des dispositifs électriques implique la gestion des problèmes liés à la CEM,
ainsi que la recherche de solutions de stockage d’énergie et le développement de
convertisseurs beaucoup plus performants, nécessaires pour répondre aux nouveaux
besoins énergétiques.

Le développement durable des transports aériens est un objectif ambitieux tant


technique qu’économique. Pour l’atteindre, la recherche collaborative s’avère un élément
clé. Pendant la conférence sur le climat de 2009 à Copenhague, les acteurs du secteur
aérien ont adopté le compromis d’améliorer l’efficacité énergétique de 1.5% par an et de
stabiliser le volume de CO2 émis jusqu’en 2020, et diviser par deux ces émissions pour
2050. Les progrès de l’aéronautique ces cinquante dernières années sont loin d’être
négligeables : diminution de 80 % de la consommation de kérosène, bruit à la source
amoindri de 20dB, émissions d’oxydes d’azote divisées par 4, hydrocarbures imbrûlés

3
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

pratiquement éliminés, diminution du taux des victimes par passager par km d’un facteur
10 [3].

Les principaux axes d’amélioration qui intéressent actuellement la filière aérienne


concernent l’augmentation de la performance, la réduction de la consommation de
carburant, la baisse des coûts d’opération, la diminution des émissions, du bruit et
d’autres impacts sur le climat, le renforcement de la sécurité et la robustesse. Le sujet de
recherche de cette thèse répond aux besoins d’accroitre l’efficacité énergétique et la
sécurité.

Le projet concerne l’étude de faisabilité d’une nouvelle solution pour le dégivrage


du bord d’attaque des ailes des avions. Les dispositifs de dégivrage actuellement
répandus présentent une efficacité énergétique basse et sont très volumineux. Dans
l’optique de l’avion plus électrique et sobre en consommation, il est donc légitime de
s’intéresser à cet organe de sécurité incontournable. Les activités développées dans cette
thèse sont l’analyse technique approfondie d’une solution proposée par le partenaire
industriel, sa modélisation multiphysique et l’identification des éléments conduisant à
l’optimisation des paramètres de conception.

Projet CORAC-GENOME
La France, historiquement acteur clé de la recherche aéronautique, a lancé en 2013 le
projet Gestion Optimisée de l’Energie «GENOME». GENOME est un projet national de
grande envergure développé au sein du Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile
«CORAC», organisme qui réunit les principaux acteurs de l’industrie aéronautique
française [4].

CORAC mène également d’autres projets en recherche et développement tels que


EPICE (Engin Propulsif Intégrant des Composantes Environnementales), Aérostructures
en composite, AME (Avionique Modulaire Etendue), SEFA (Systèmes Embarqués et
Fonctions Avancées), entre autres [3]. Les solutions retenues comme résultat de ces
recherches devront répondre à la fois aux besoins de robustesse, fiabilité, facilité de
contrôle et d’autres contraintes que le milieu aéronautique impose. Les propositions sont
des ruptures technologiques réétudiées, qui seront poussées au niveau TRL 6 (TRL :
Technology demonstrated in Relevant environment, level 6) [5].

A l’intérieur du projet GENOME, un axe de recherche concerne la protection


contre le givre : ses techniques, ses solutions, ses améliorations. L’objectif principal est

4
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

d’analyser les solutions technologiques permettant le dégivrage électrique à faible


consommation. La présente thèse s’inscrit dans ce cadre.

La problématique du givre en aéronautique


La formation de givre sur le fuselage et les ailes des aéronefs est un phénomène très
préjudiciable pour la sécurité de vol. C’est une problématique bien identifiée et largement
étudiée par des organismes spécialisés tel que le Laboratoire International des Matériaux
Antigivre « LIMA » au Québec ; certains résultats de ses recherches ont servi de base
pour la définition des objectifs de cette thèse.

En fonction de sa densité, la glace cumulée est classifiée en deux types : givre


blanc (rime ice) et verglas (glaze ice). Sur la figure ii des exemples de ces deux types de
givre sont observés. L’accumulation du givre peut s’avérer une réelle menace à cause de
l’ajout important de poids qu’il représente et son impact néfaste sur l’aérodynamique,
pouvant nuire au fonctionnement des dispositifs de navigation. De la même façon, si le
givre est formé aux rebords de l’entrée d’air des turbines, un grand morceau de glace
solide peut se décrocher, entrer dans la turbine et endommager gravement les pales.

a) b)
Figure ii - Givre blanc a) et verglas b) [6].

Pour se prémunir de ces effets, il existe des dispositifs de dégivrage au sol et des
dispositifs de protection qui opèrent pendant le vol. Les premiers consistent généralement
en un bain de substances chimiques qui altèrent le point de solidification de l’eau,
notamment le propylène glycol, avec une action qui dure encore quelques minutes après
le décollage, le temps que les systèmes d’antigivrage et de dégivrage en vol soient actifs.

Le projet présenté dans ce document, s’occupe de l’étude d’une nouvelle


technologie de dégivrage en vol qui vise à identifier les lignes d’amélioration possibles qui
permettraient d’augmenter les performances et l’intégration de la technologie. Le cahier
des charges a été conçu par notre partenaire industriel pour s’adapter aux différents types
de givre à partir d’études sur la glace.

5
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

Présentation de la solution ZODIAC Aerospace


Ce projet, de la plateforme GENOME, est mené entre le partenaire académique G2elab,
Laboratoire de Génie Electrique de Grenoble, en collaboration avec le partenaire
industriel Zodiac Aerospace, entreprise française spécialiste dans le développement et
production d’équipementier aéronautique tel que : systèmes de sécurité, structures et
intérieur de cabines pour les avions commerciaux et militaires.

Zodiac propose une nouvelle technologie électromécanique, dédiée au dégivrage


des bords d’attaque des ailes des avions commerciaux. Le principe de fonctionnement de
cette technologie repose sur la génération de la déformation élastique d’une surface par
des efforts électromagnétiques de haute intensité. L’action électro-expulsive du dispositif
va venir déformer le blindage en aluminium de l’aile, surface sur laquelle la glace s’est
accrétée. Le mouvement brutal, conduira à briser la glace qui sera finalement balayée
par le flux d’air [7].

Objectifs de la thèse et la stratégie adoptée


A partir des travaux préliminaires de prototypage et essais, réalisés par l’équipe de R&D
de Zodiac, les objectifs fixés pour cette thèse sont :

- modéliser le système et comparer les résultats aux tests sur les prototypes,
- à partir du modèle validé, identifier les paramètres de conception,
- trouver des pistes pour optimiser le dispositif (explorer les degrés de libertés
géométriques, proposer des stratégies de commande pour la source
d’alimentation, adaptation du modèle pour une future optimisation).

Ces travaux sont au carrefour de plusieurs disciplines :

- l’électromagnétisme,
- la mécanique,
- l’électronique de puissance.

Pendant les trois années de la thèse, le travail développé s’est principalement concentré
sur la compréhension approfondie du phénomène de déformation élastique par action des
efforts électromagnétiques afin d’aboutir à un modèle multiphysique adapté permettant
d’identifier des paramètres d’optimisation.

La stratégie tout au long de ce projet a été de s’appuyer sur un nombre


d’hypothèses définies à partir des résultats d’expériences antérieures, et attaquer l’étude
des différents phénomènes physiques. De cette manière il a été possible de décortiquer la

6
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

complexité du problème, d’enrichir les modèles dans un second temps selon les
précisions des résultats obtenus et le développement de l’analyse.

Les phénomènes physiques ont donc été étudiés séparément, créant des modèles
indépendants. Une deuxième étape a porté sur l’assemblage de ces blocs comme
éléments constitutifs d’une chaine de calcul. L’assemblage, achevé dans un premier
temps en statique, a permis ainsi de valider la cohérence de leur couplage. L’aspect
dynamique ajouté dans un second temps, a mis en évidence la difficulté liée à cette
modélisation multiphysique très contraignante.

La modélisation du dispositif a été détaillée sous différents aspects :

- modélisation électromagnétique,

- modélisation mécanique,

- modélisation électrique.

Structure du manuscrit
Le manuscrit de thèse se divise en cinq chapitres :

 le chapitre 1 présente un état de l’art des technologies de dégivrage, décrit la


technologie étudiée et présente le cahier des charges.
 le chapitre 2 aborde l’analyse du principe de fonctionnement de la technologie et
comprend la définition du modèle électromagnétique.
 le chapitre 3 montre la démarche de développement du modèle mécanique retenu.
 le chapitre 4 présente le circuit électrique équivalent du système et contient une
étude énergétique permettant d’établir un modèle électrique de la charge.
 le chapitre 5 fait une analyse sur l’intérêt de la prise en compte des relations
dynamiques et présente les résultats des différentes études de sensibilité
réalisées ainsi que les résultats finaux obtenus avec la modélisation retenue.

Une conclusion générale termine ce manuscrit en rappelant l’ensemble des résultats


obtenus et présente des perspectives à ces travaux.

7
Introduction générale : Enjeux de l’avion plus électrique

[1] Airbus, “Specifications avion A330-200.” .


[2] X. Roboam, B. Sareni, and A. Andrade, “More Electricity in the Air: Toward Optimized
Electrical Networks Embedded in More-Electrical Aircraft,” IEEE Industrial
Electronics Magazine, pp. 6–17, 2012.
[3] V. SNECMA, “Présentation des axes de recherche et des démonstrateurs
technologiques de l’avion du futur.” 23-Oct-2014.
[4] CORAC, “Le COnseil pour la Recherche AéronautiqueCivile (CORAC), Historique-
Missions-Travaux.” .
[5] NASA, “Technology Readiness Level,” 28-Oct-2012. .
[6] Zodiac Aerospace France, “Recherche de Nouveaux Actionneurs Recherche de
Nouveaux Actionneurs pour un Dégivrage Electro Mécanique,” Plaisir France, 17-
May-2013.
[7] E. Belot, “Dossier technique de définition d’un actionneur expulse,” Zodiac Aerospace,
Plaisir, France, 7N–17211, Apr. 2013.

8
Chapitre 1 :
Le dégivrage en aéronautique et
ses technologies
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

I.1 Introduction ....................................................................................................... 11

I.2 Etat de l’art des dispositifs d’antigivrage et de dégivrage .................................. 12

I.2.a Fluides antigivrages ....................................................................................... 12

I.2.b Boudins pneumatiques .................................................................................. 13

I.2.c Flux d’air chaud ............................................................................................. 15

I.2.d Systèmes électrothermiques.......................................................................... 17

I.2.e Systèmes électromécaniques ........................................................................ 18

I.2.f Autres technologies en développement ......................................................... 21

I.3 Description de la technologie proposée............................................................. 23

I.3.a Principes physiques de fonctionnement ......................................................... 24

I.3.b Conditions de fonctionnement du dispositif .................................................... 25

I.3.c Définition géométrique et matérielle du démonstrateur Zodiac ...................... 27

I.3.d Tests : Courbes d’alimentation et déformation ............................................... 31

I.4 Cahier des charges ........................................................................................... 36

I.5 Conclusion ........................................................................................................ 37


Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

I.1 Introduction

L’indésirable phénomène de givrage lève une problématique dans le domaine de


l’aéronautique. La croissance de givre sur les surfaces d’un avion vient notamment modifier
l’aérodynamique des ailes et des gouvernes arrières, rajouter un poids important à
l’ensemble de l’aéronef et altérer le fonctionnement de ses dispositifs de navigation,
compromettant son fonctionnement et son contrôle. Historiquement, ces complications sont
la source d’accidents que l’on cherche à éviter.

Au fil des années, l’industrie aéronautique a développé plusieurs méthodes contre


le givrage. Ces dispositifs sont souvent classifiés en deux types : antigivrage et dégivrage.
Les systèmes d’antigivrage sont des dispositifs qui vont empêcher la formation de la glace
sur l’avion ; tandis que les systèmes de dégivrage sont des solutions qui vont venir éliminer
la glace lorsque celle-ci est déjà formée.

Dans ce premier chapitre on retrouve un résumé des multiples solutions


actuellement utilisées, ainsi qu’un petit aperçu des technologies en voie de développement.
Comme spécifié dans le cadre du projet, on se focalise principalement sur les solutions
destinées aux avions de ligne en mode vol. Parmi les solutions contre le givre en vol les
plus populaires sont :

 les substances d’antigivrage,


 les boudins pneumatiques,
 la circulation de flux d’air chaud,
 les systèmes électrothermiques,
 les systèmes électromécaniques.

Dans la suite, nous allons présenter un résumé de ces solutions pour essayer de mieux
comprendre leur mode de fonctionnement. Les industriels sont conscients que la solution
optimale pourrait se trouver dans un système hybride combinant plusieurs d’entre elles. Le
choix de la solution sera ainsi un compromis entre les différents critères : technologiques,
disponibilité des matières premières, coût, impact écologique, modularité et maintenance,
sécurité, robustesse, entre autres.

Dans la seconde partie de ce chapitre (I.3), on présente le principe d’opération de la


nouvelle technologie proposée et le cahier des charges imposé. Ces spécifications ont été
définies à partir d’une analyse des conditions givrantes réalisée par le partenaire industriel,
ainsi que d’une maquette construite et testée. Ces données serviront de base pour expliquer
les hypothèses initiales qui ont permis d’aborder les travaux réalisés pour cette thèse.
11
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

I.2 Etat de l’art des dispositifs d’antigivrage et de dégivrage

I.2.a Fluides antigivrages

Cette solution consiste à traiter les surfaces susceptibles d’être givrées avec des
substances qui empêchent la glace de s’y fixer, appliqués au chaud. Il s’agit souvent de
fluides à base de glycol visant à se mélanger avec les particules d’eau en contact avec la
surface et modifier leur point de fusion vers une température beaucoup plus basse [1].

Figure 1-1. Application d’un fluide antigivrant [2].

Usuellement on utilise des mécanismes externes à l’avion pour appliquer ces substances à
pression sur l’ensemble des surfaces de l’avion, mais principalement au niveau des bords
d’attaque des ailes, la dérive et aux rebords des turbines comme illustré sur la Figure 1-1.

L’utilité principale des fluides d’antigivrage est d’empêcher le givrage pendant la


phase de décollage, moment pendant lequel les dispositifs d’antigivrage en vol ne sont pas
encore 100% opérationnels ; surtout en cas de conditions météorologiques givrantes
comme la neige, la grêle et le brouillard. Quant aux substances dégivrantes, elles sont plus
communément utilisées pour effectuer le dégivrage au sol et garantir un avion propre juste
avant le décollage. Néanmoins, il existe aussi des implantations avec des membranes
transpirantes installées au niveau des ailes et ailerons fournissant des fluides d’antigivrage
tout au long du vol.

Ces fluides contiennent des glycols, de l’eau et des substances anticorrosion. Par
ailleurs, pour le cas des fluides antigivrants, ils peuvent être mélangés avec des polymères

12
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

pour leur conférer une meilleure viscosité ; ce qui se traduit par une meilleure tenue sur les
surfaces malgré les changements de pression.

Selon la Société d’Ingénieurs Automobiles (SAE), spécialisée dans la caractérisation


des fluides mécaniques, les substances antigivrantes/dégivrantes sont classifiées en 4
types. Les Type I ne contenant pas de polymères, newtoniens1, sont d’application simple
mais tenue plus courte. Les Type II, III et IV, selon la génération, sont des fluides non-
newtoniens qui offrent une meilleure et plus longue tenue, mais aussi nécessitent un
nettoyage profond des surfaces avant application pour une adhésion correcte, et de la
même manière, ils sont plus difficiles à retirer [3].

Des normes ISO 11078 :2007 et AMS1428G définissent les standards actuels de
sécurité, qualité et emploi pour ces produits [4] [5]. Ces solutions sont combinées aux autres
méthodes pour accroitre leur efficacité. Il n’en demeure pas moins important de prendre en
considération la pollution liée à la synthèse et l’utilisation de telles substances.

I.2.b Boudins pneumatiques

Les boudins pneumatiques sont une solution mécanique de dégivrage. Connectés à


un système d’actionnement pneumatique et contrôlés par un système de capteurs, les
boudins sont disposés sur le bord d’attaque des ailes d’un avion comme le montre la Figure
1-2.

Figure 1-2. Boudins pneumatiques dégivrants en caoutchouc sur le bord d’attaque d’une aile [6].

En présence de conditions givrantes, les boudins sont gonflés pendant quelques instants
pour expulser la couche de glace indésirable à travers le choc mécanique généré au
moment de son expansion. La Figure 1-3 représente les deux positions possibles.

1En aéronautique, un fluide dit Non-newtonien c’est quand il est mélangé avec des polymères pour
altérer ça viscosité, et Newtonien quand il ne contient pas des polymères ajoutés.
13
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

a) b)
Figure 1-3 Boudins pneumatiques en néoprène en position initiale-dégonflés a) et actionnés b) [7].

Cette technologie est une des premières solutions contre le givre imaginées et elle est
utilisée encore de nos jours [8]. Cependant, cette solution est plus adaptée aux avions
turbopropulsés de taille petite à moyenne à cause des contraintes volumiques imposés par
le système pneumatique. On peut consulter le Tableau 1-1 pour voir le classement par taille
de cabine selon l’Administration Fédérale d’Aviation américaine.

Tableau 1-1. Classement de taille de cabine d’un avion selon la FAA [9].

Nombre de passagers en cabine Classement FAA

≥71 Grand

30-70 Moyen

5-29 Petit

Dans des conditions de fonctionnement optimales, cette technologie a démontré son


efficacité et sa robustesse. Par contre, cette solution rencontre plusieurs limitations :

 pas adaptée pour dégivrer les ailerons et gouvernes arrières ; les contraintes de
volume et de poids imposées en aéronautique rendent cette solution inadaptée pour
être utilisée au niveau des surfaces sensibles au givrage autres que les ailes de
l’avion,
 interférence avec l’aérodynamique ; au moment de son activation, le pilote peut
sentir une perturbation dans le contrôle de la direction de l’aéronef,
 problèmes de blocage mécanique ; il est arrivé que sous conditions de givrage
extrêmes les boudins restent bloqués à cause de la glace, soit en position initiale,
soit en position d’activation ; dans ces situations il est impossible de récupérer le
fonctionnement normal ; situation rare mais très dangereuse,
 non viable pour les avions à turboréacteurs à double flux (turbine) ; quand on parle
des avions commerciaux, d’une taille au-delà de 100 tonnes, le système n’est plus
envisageable car le poids et la taille du compresseur et des connexions nécessaires

14
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

pour le système pneumatique deviendraient trop importants comparés à la solution


de flux d’air chaud disponible pour les avions à propulsion par turbine.

Ces désavantages limitent l’utilisation des boudins pneumatiques à des avions privés de
propulsion à turbo moteur et moteur à pistons. Les tendances en termes d’avions de ligne
sont de concevoir des avions de tailles modérées à grandes [10], comme mis en évidence
sur la Figure 1-4. D’où la nécessité de trouver des solutions nouvelles.

Figure 1-4. Evolution de la taille des avions [11].

Cette technologie démontre néanmoins qu’une action mécanique est très efficace pour
réaliser le travail de dégivrage. Plusieurs études sur la glace portent sur les effets des efforts
mécaniques sur les surfaces givrées [12]. Ces faits appuient la recherche de nouvelles
solutions hybrides avec action mécanique.

I.2.c Flux d’air chaud

Méthode d’antigivrage réservée aux avions de propulsion à turbine, elle consiste à


faire circuler de l’air chaud, prélevé de la turbine, tout au long de l’intérieur creux de l’aile et
des ailerons de l’avion, afin de garantir que la température de la surface externe du blindage
soit toujours supérieure à 0°C de façon à éviter la formation de givre.

15
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

C’est une solution très fiable même sous conditions givrantes sévères, l’idée a eu
ses origines dans les années 1920 [13], depuis l’apparition des avions à turboréacteurs à
double flux, et a été largement répandue vers les années 1940 [14]. On trouve cette
technologie dans pratiquement tous les avions commerciaux contemporains. La Figure 1-5
représente une vue transversale de l’aile dans laquelle la direction du flux d’air est montrée.

Figure 1-5. Système de circulation d’air chaud dans le bord d’attaque des ailes implanté sur des avions
Airbus, Dassault et Boeing [15] [16].

L’air chaud est conduit vers les tuyaux, surfaces et systèmes givrés. Le matériau du blindage
du bord d’attaque de l’aile est souvent un alliage d’aluminium ; les conduits d’air chaud en
titane ou acier inoxydable sont typiquement isolés avec de la fibre de verre, résistant au feu
et hautement isolant. En fonctionnement, la température externe des parties protégées par
le système antigivrage est de 60°C. La température maximale de sécurité est de 180°C du
coté intérieur et de 100°C du côté extérieur de l’aéronef [16]. La pression est aussi un
paramètre très surveillé dans ces systèmes.

16
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Bien que cette technique soit très performante pour le travail d’antigivrage, la solution reste :

 hautement énergivore,
 exclusivement adaptée aux avions à turbine.

Elle impose de surdimensionner les turbines et entraine une augmentation importante de la


consommation de carburants. L’objectif est alors de trouver des alternatives adaptées à
l’avion plus électrique.

I.2.d Systèmes électrothermiques

Les systèmes électrothermiques, ou ETIPS pour Electro Thermal Ice Protection


System, sont des dispositifs électriques d’antigivrage avec le même objectif que la solution
antérieure, garder une température extérieure du blindage supérieure à 0°C. On trouve
souvent ces systèmes sous forme de tapis fins situés sous le blindage des ailes et autres
surfaces de l’avion comme illustré sur la Figure 1-6.

Figure 1-6. Antigivrage par tapis électrothermique, pour le B787 de Boeing [15].

Les ETIPS peuvent intégrer une des deux technologies suivantes pour augmenter la
température : résistive ou par induction. La technologie résistive utilise une configuration
d’éléments résistifs qui vont chauffer via la circulation d’un courant continu, contrôlé
électroniquement et transférer la chaleur par conduction vers la surface à dégivrer. La
technologie inductive repose sur la circulation de courants induits pour chauffer directement
la surface à dégivrer. Le contrôle des champs électromagnétiques est également effectué
électroniquement. L’utilisation de cette technologie nécessite une modélisation rigoureuse,
les courant électriques et les charges électromagnétiques pouvant interférer avec les autres
dispositifs.

17
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Les principaux désavantages des ETIPS sont :

 ajout important de poids, dès lors que ce type de système doit couvrir l’intégralité de
la surface des ailes et des ailerons,
 énergivores, ce sont des systèmes indépendants, dédiés, non intégrés aux autres
fonctions de l’avion qui absorbent une grande quantité d’énergie pour réaliser le
travail. Leur consommation énergétique n’est pas optimale,
 besoin d’une source d’alimentation dédiée.

Les avions turbopropulsés, comme celui de la Figure 1-7, sont un exemple d’avion utilisant
une combinaison de systèmes électrothermiques et boudins pneumatiques pour la
protection contre le givre. De cette façon, on trouve un bon compromis entre la
consommation énergétique et l’efficacité de la protection antigivrage [6].

Figure 1-7. Avion de petite taille à usage particulier turbo propulsé avec protection antigivrage hybride.

I.2.e Systèmes électromécaniques

Il s’agit de systèmes de dégivrage avec un principe de fonctionnement


électromécanique. Les solutions par forces mécaniques appliquées pour le dégivrage ont
prouvé leur efficacité (voir I.2.b), et les systèmes électromécaniques apportent un
rendement énergétique intéressant [12] [17] [18]. Malheureusement, dans le passé ces
idées ont souvent été abandonnées à cause des contraintes d’intégration, de poids et de
volume.

La Figure 1-8 suivante détaille un premier exemple. Il s’agit de la technologie de


dégivrage par expulsion électromagnétique proposée en 1998 par la Cox & Company, Inc.
Elle emploie des actionneurs électromagnétiques montés sur la face interne du blindage de
l’aile, fabriqués à partir de bandes conductrices, isolées par un diélectrique, enroulées sur
elles-mêmes et alimentées à basse tension. Le principe consiste à générer un mouvement
expansif pour réaliser le travail de déformation conduisant au dégivrage de la surface de
l’aile.

18
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Figure 1-8. Configuration du dégivreur électromécanique conçu par Cox & Company, Inc [19].

Comme deuxième exemple, nous pouvons citer le brevet déposé en 2003 par la Goodrich
Corporation, compagnie spécialisée dans les systèmes de dégivrage et antigivrage. Cette
fois on peut se rendre compte, sur la Figure 1-9, qu’il s’agit d’une structure de dégivreur plus
compacte, qui est aussi fixée sous le blindage de l’aile. Il est prévu d’espacer les actionneurs
pour couvrir une surface plus importante de dégivrage.

19
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Figure 1-9. Schématiques du dégivreur électro expulsif attaché, conçu par Goodrich Corporation [20].

Le principe de ces technologies est d’injecter des courants de forte intensité et de sens
contraire, à travers les spires conductrices, de sorte à générer une force de répulsion entre
les spires, qui va venir s’appliquer à l’aile pour réaliser le dégivrage.

La principale contrainte pour l’implantation de ces technologies est le poids ajouté et


la faible capacité d’intégration du système. Dans le cas de l’exemple de la Figure 1-8, les
dispositifs doivent être installés tout au long de l’aile et autres parties de l’avion à dégivrer
car cette solution n’a pas une surface d’action assez importante. Pour le cas de l’exemple
de la Figure 1-9, l’actionneur en lui-même est de taille modérée, mais le poids et la taille de
la source d’alimentation nécessaire pour activer le dispositif sont inadaptés selon les
contraintes aéronautiques.

Au cours des dernières années, l’électronique n’a cessé d’évoluer et aujourd’hui les
systèmes électriques sont de taille plus réduite. Si en plus on cherche à repenser et
optimiser le mode de fonctionnement de ce type de solutions, il peut être intéressant de
reprendre cette technologie pour arriver à la conception d’un dispositif performant et
compatible avec l’avion plus électrique.
20
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

I.2.f Autres technologies en développement

De nombreuses solutions sont imaginées, mais elles nécessitent une validation pour
évaluer leur faisabilité, performance, consommation énergétique et intégrabilité. Les efforts
pour arriver à la conception de l’avion électrique poussent ces recherches vers l’avant. Dans
cette section, on présente une liste non exhaustive des technologies prometteuses qui sont
en voie de test et développement, parallèlement à la technologie étudiée dans cette thèse
(Figure 1-10).

Figure 1-10. Exemple de la nouvelle génération d’actionneurs pour le dégivrage [21].

Surfaces hydrophobiques et glacephobiques. - Il s’agit d’une solution passive qui


propose l’utilisation de matériaux avec des caractéristiques moléculaires spécifiques pour
diminuer l’adhérence des particules d’eau. Selon le type de matériaux, ils pourront être
appliqués comme revêtement, tel qu’une couche imperméabilisante sur le blindage de
l’avion, directement alliés aux matériaux métalliques du blindage ou bien par traitement des
matériaux des lamelles constituant le blindage [22] [23]. Cette solution est très intéressante
si on pense à la coupler avec une solution électromécanique car elle pourrait minimiser la
quantité d’énergie nécessaire pour le dégivrage [24]. Néanmoins ce type de solution ne peut
pas être autonome, car les études sur la glace ont montré que même dans le cas de surfaces
complètement hydrophobes, les conditions de vol telles que la température, la vitesse et
l’humidité peuvent favoriser la solidification instantanée de particules d’eau infimes et ainsi
démarrer le phénomène de givrage [25].

21
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Matériaux piézoélectriques et électrostrictifs. – Ces matériaux présentent la propriété de


se déformer avec l’action d’un champ électrique. Ces comportements ont fait l’objet de
nombreuses études et différents types de matériaux ont été conçus. Bien que les
déformations obtenues avec ces matériaux restent relativement faibles, comparativement
aux déformations générées par la technologie pneumatique, des technologies
d’amplification mécanique peuvent être mises en œuvre. Cette solution présente également
l’avantage de pouvoir fonctionner à haute fréquence et d’être peu consommatrice du point
de vue énergétique [26].

Peintures chauffantes. - L’idée est d’envelopper une série d’électrodes fines entre deux
couches de peinture de l’avion. Ces électrodes sont ensuite alimentées électriquement
conduisant à un échauffement par effet Joule [27]. Cela présenterait l’avantage d’un
système intégré dans la structure d’origine, avec un poids réduit.

Amélioration des tapis électrothermiques. – Il s’agit principalement ici de chercher à


diminuer les contraintes précédemment mentionnées, liées à la solution (§ I.2.d). Une
proposition consiste à intégrer les composants chauffants directement dans la plaque
métallique du blindage, de sorte à optimiser le transfert de chaleur, éviter les interférences
avec l’aérodynamique et réduire le poids net du système [28].

Dispositifs de dégivrage électromécanique améliorés. - La solution de dégivrage


électromécanique est très prometteuse et plusieurs acteurs et centres de recherche étudient
ces alternatives. Souvent, il s’agit d’améliorations technologiques qui font appel à l’évolution
des matériaux et des composants électroniques. Il s’agit aussi souvent de systèmes
hybrides (électrothermique et électromécanique). Par exemple, un système
électrothermique d’antigivrage partiel qui sous conditions givrantes extrêmes assure de
conserver l’eau à état liquide, sans forcément la vaporiser comme dans le cas des ETIPS
classiques. Cette eau formera une fine couche de liquide qui entourera l’aile et les ailerons
de l’avion sans nuire à l’aérodynamisme. Une fois les conditions de givrage extrêmes
passées, le système chauffant électrothermique est désactivé pour permettre à la glace de
se solidifier. Le système de dégivrage électromagnétique est ensuite activé pour expulser
la fine plaque solide de glace restante. Ce dernier aura à fournir un moindre effort en
comparaison à un système électromécanique classique en charge du dégivrage complet
[29].

Les recherches pointent donc vers l’intégration des technologies pour concevoir des
systèmes hybrides capables de fournir une somme d’avantages en essayant de minimiser
les inconvénients. Pour récapituler, le Tableau 1-2 permet de visualiser qualitativement les

22
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

points forts et points faibles des principales technologies contre le givre actuellement
employées.

Tableau 1-2. Comparatif des technologies existantes.


Intégrabilité Rendement Efficacité du
Technologie Volume / poids Autonomie
électrique énergétique dégivrage
Fluides
d’antigivrage K J K J L
Boudins
pneumatiques L K J L K
Flux d’air
chaud L K J L J
Systèmes
électrothermiques J L K L K
Systèmes
électromécaniques J J J K K
Surfaces
hydrophobes J J K J L
Pour concevoir l’avion plus électrique, il est donc pertinent de choisir et de
développer les technologies à haute intégration électrique. En complément, il sera important
de prendre en considération l’impact écologique intrinsèque à chacune de ces solutions, car
l’objectif ultime de tous ces efforts menés par l’industrie aéronautique est celui de retenir les
solutions les moins polluantes. Il convient ensuite de cibler l’efficacité énergétique,
paramètre de première importance. C’est de cette façon que l’on justifie la pertinence de ce
projet de thèse.

L’objectif de la thèse est donc d’expliciter les phénomènes en jeu, pour déterminer
les fonctions de sensibilité permettant d’ajuster la conception de la technologie. Le dispositif
de dégivrage imaginé par Zodiac, repose sur une action électromécanique. On posera les
bases de sa modélisation en vue de dégager des pistes vers l’optimisation de cette
technologie. Les détails de ce principe et le dispositif imaginé sont présentés dans le
paragraphe suivant.

I.3 Description de la technologie proposée

Cette thèse s’attache à l’étude de faisabilité d’une solution de dégivrage


électromécanique, basée sur le principe d’une interaction électromagnétique qui aura une
action expulsive de la glace. Le dispositif imaginé est inspiré des multiples brevets déposés
antérieurement mais dont différents obstacles technologiques ont limité la réalisation [30].

23
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

L’intention est de développer une nouvelle technologie électromécanique de dégivrage qui


sera adaptée aux besoins actuels, en l’occurrence aux contraintes de l’avion plus électrique.

A travers un long travail d’analyse et de modélisation multiphysique de cette nouvelle


technologie, on posera les bases pour l’optimisation d’un système qui se veut plus
performant. Ce dispositif sera dédié au dégivrage du bord d’attaque des ailes d’avions et la
solution pourrait éventuellement être incorporée dans un système hybride.

Les besoins sont d’assurer [15]:

 un haut rendement énergétique,


 un dégivrage optimal,
 une haute intégrabilité à l’avion tout électrique.

Pour respecter ces conditions, le principe choisi consiste à générer un effort mécanique à
partir d’un phénomène électromagnétique. Cet effort sera appliqué à la surface à dégivrer
pour induire la rupture de la pellicule de glace et l’éliminer complètement à l’aide de la
pression aérodynamique qui viendra naturellement la balayer. La Figure 1-11 montre la
procédure envisagée.

Figure 1-11. Principe d’expulsion de la glace proposé par l’équipe R&D de Zodiac Aerospace [31].

Le système est placé dans l’espace compris entre la structure rigide de l’aile de l’avion et le
blindage extérieur en aluminium qui la recouvre, au niveau des bords d’attaque. Autrement
dit, la structure de l’aile sera le support sur lequel le système va reposer et le blindage sera
la surface sur laquelle le travail mécanique sera appliqué. Il faut toutefois veiller à ne pas
affecter les caractéristiques mécaniques du blindage pour ne pas générer une déformation
permanente qui pourrait nuire à l’aérodynamique des ailes de l’avion.

I.3.a Principes physiques de fonctionnement

Le principe de fonctionnement de la technologie étudiée repose sur l’interaction


électromagnétique entre conducteurs, en l’occurrence la génération de forces de Laplace.

Deux conducteurs parallèles sont disposés en vis-à-vis et parcourus par un courant


𝐼 de haute intensité et de circulation opposée. Ceci génère des champs magnétiques B

24
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

autour des conducteurs. Les conducteurs sont alors le siège d’efforts mécaniques, les forces
de Laplace, liées à l’interaction des courants électriques et du champ magnétique [32]. Les
efforts agissent de manière opposée sur chaque conducteur, selon la configuration illustrée
dans la Figure 1-12.

Figure 1-12. Disposition des pistes conductrices pour la génération des efforts mécaniques [33].

Le conducteur inferieur correspond à la Piste inf et le conducteur supérieur correspond à la


Piste sup. La distance entre conducteurs est très faible de sorte que chaque conducteur se
retrouve soumis au champ électromagnétique généré par son homologue, Binf et Bsup.

Pour fournir l’effort surfacique nécessaire au travail de dégivrage, ce motif sera


répété plusieurs fois sur le plan 𝑋𝑌 grâce à un circuit en forme de serpentin (§ I.3.c). Le
principe de fonctionnement de la technologie, sous-tend que la disposition des éléments du
circuit va orienter la manière dont la déformation se réalisera. Les paramètres géométriques
seront donc à optimiser.

I.3.b Conditions de fonctionnement du dispositif

Les paramètres liés à la croissance de la glace tels que la rapidité de formation,


l’épaisseur et le type de glace, sont définis par des facteurs comme la température, la
vitesse, l’humidité et l’altitude de navigation.

Conformément à la norme FAR 25 Appendice C [34] un dispositif contre le givre doit


être capable de garantir la protection dans tout le domaine des conditions de vol, ce qui

25
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

comprend un panel de températures et d’altitudes variées. La Figure 1-13 caractérise le


nuage gros cumulo nimbus, continu ou intermittent, qu’un avion de ligne rencontre
typiquement pendant son vol.
AMBIENT TEMPERATURE
(°C)
0

intermittent maximum
-5 (JAR-25 Appendix C)
continuous maximum
(JAR-25 Appendix C)
-10

-15

-20

-25

-30

-35

-40
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
PRESSURE ALTITUDE (ft)

Figure 1-13. Domaine des conditions givrantes rencontrées par un avion commercial selon FAR25 [31].

Pour le domaine des conditions atmosphériques contenu dans le graphique ci-


dessus, la quantité d’eau peut aller de 0,2 à 0,8 g/m3 et le diamètre des gouttes de 15 à 40
µm, comme illustre sur la Figure 1-14.

Figure 1-14. Taille des gouttes en fonction de la quantité d’eau liquide pour quatre températures [31].

26
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

En fonction de la variation de ces paramètres, la glace pourra prendre des aspects


différents, englobés dans deux grandes catégories :

- verglas ou glaze ice : il s’agit d’un type de glace qui se forme quand la température
au moment de l’impact de l’eau sur l’aile est positive ; dans ce cas, une fraction d’eau
gèle lors de l’impact, le reste de la goutte ruisselle et gèle au long de sa trajectoire
formant un verre de glace dense et transparent,
- givre blanc ou rime ice : ce type de glace se forme quand la température ambiante
est négative au moment de l’impact des particules de glace contre le profil de l’aile ;
l’eau gèle alors instantanément et forme un givre blanc et opaque, peu dense.

Le verglas, quand la couche est peu épaisse, est plus facile à briser avec une action
mécanique, car il présente une rigidité plus prononcée. Le givre blanc a plus d’élasticité. Il
absorbe donc les efforts mécaniques ce qui le rend plus difficile à expulser par l’application
de forces [17].

Un autre facteur environnemental à considérer pour la conception d’un dispositif


électronique en aéronautique est l’altitude. A une altitude de vol, en moyenne de 9 km pour
un vol commercial, la densité de l’air est jusqu’à 4 fois plus faible qu’au niveau du sol 2. Pour
des tels conditions, il faut tenir compte de la dépendance entre la densité du milieu gazeux
et le niveau maximal de tension électrique toléré. La loi de Paschen définit le niveau de
tension propice pour l’apparition d’un arc électrique en fonction de la densité du milieu
gazeux et la distance entre les électrodes [34-36]. Pour des questions de sécurité, il ne
faudra pas dépasser une tension de rupture calculée pour une altitude de 16 800 m.

I.3.c Définition géométrique et matérielle du démonstrateur


Zodiac

Un démonstrateur a été conçu et testé par l’équipe Zodiac Aerospace en 2013. Les
informations présentées dans les paragraphes 1.3.c et 1.3.d ont été fournis et sont propriété
de la société Zodiac Aerospace.

Le dispositif construit par l’entreprise a été imaginé avec la forme d’un tapis
parallélépipédique d’épaisseur faible pour faciliter l’intégration. La Figure 1-15, représente
l’assemblage final du tapis expulse ayant servi pour les premiers essais en soufflerie de la
technologie. On y trouve la description des différentes couches constitutives. Comme

2Cette altitude est convenable pour diminuer la résistance de l’air, minimiser la consommation du carburant et
éviter les zones de haute précipitation.

27
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

mentionné dans la description du principe physique, l’axe Z sera l’axe de référence pour
définir la direction de déplacement principale pour le dégivrage [31].

Figure 1-15. Assemblage du tapis expérimental de dégivrage développé par Zodiac [33].

Les pistes en rouge sont les conducteurs, disposés en forme de serpentin, qui vont se
déformer sous l’action des forces de Laplace. Les plots en polyamide auront le rôle de
ressorts mécaniques pour assurer le retour des éléments conducteurs à leur position initiale
après chaque activation. Le reste des éléments sont des matériaux de structure et de
conditionnement qui vont néanmoins avoir un impact sur le comportement mécanique du
système complet.

La source d’alimentation et les connectiques ne sont pas illustrées sur la Figure 1-15,
seulement l’actionneur. Le Tableau 1-3 contient la description plus détaillée et les

28
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

caractéristiques de cet assemblage. On distingue 5 couches différentes, marquées par les


lettres C1, C2, C3, C4 et C5 respectivement.

Tableau 1-3. Descriptif de la constitution du tapis par couches matérielles [33].

COUCHES ELEMENTS DEFINITION / FONCTIONS MATERIAUX DIMENSIONS

L’actionneur est le résultat de l’assemblage du


Parallélogramme
circuit (1), de l’écran (2), des supports supérieur et inférieur (3), les
C1 à C5 Actionneur à 31° de 231mm
bandes inter-piste (4) ainsi que des plots de rappels (5). Il transforme
x 89mm
l’énergie électrique en énergie mécanique de translation dans l’axe Z.

Le circuit, ou plus exactement circuit électromagnétique, correspond à


l’intégration des réseaux électriques une fois reliés. Ici nous avons Cuivre +
C2 et C4 (1) Circuit deux réseaux, un réseau inférieur et un réseau supérieur. Il transforme brasure
la combinaison des champs magnétiques de chaque réseau en un étain/plomb
déplacement mécanique de translation selon Z.

Le réseau correspond à l’association de plusieurs pistes Cuivre +


C2 ou C4 Réseau longitudinales et de plusieurs pistes latérales suivant un motif brasure
déterminé. Il détermine la topologie de la déformée. étain/plomb

Les pistes sont constituées de deux lamelles conductrices


superposées, non isolées et soudées entre elles. Elles sont de deux
Cuivre +
Piste longitudinale catégories : les pistes dites longitudinales et les pistes dites latérales.
C2 ou C4 brasure
et latérale Elles ont pour fonction de propager avec le minimum de perte l’énergie
étain/plomb
électrique dans tout le circuit. Leur nombre est fonction de la
configuration de réseau choisi (pas mécanique de la déformée).

Une lamelle longitudinale est l’élément unitaire d’une piste longitudinale


Lamelle et est découpée dans une feuille de cuivre de 75µm. Ce sont surtout 223mm x 3mm x
C2 ou C4 Cuivre
longitudinale ces lamelles qui sont considérées comme «motrices» au sein du 75µm
tapis car leur rayon d’action est plus important.

Une lamelle latérale est l’élément unitaire d’une piste latérale et est
découpée dans une feuille de cuivre de 100µm. Elles permettent
24mm x 5mm x
C2 ou C4 Lamelle latérale l’ajustement de la valeur de la résistance finale du réseau. Elles ne Cuivre
100µm
participent que très peu au déplacement et sont donc considérées
comme immobile (pertes).
Constitué de deux plis d’isolants électriques eux mêmes percés de 30
trous de diamètre 2mm permettant le collage des plots de rappel sur
Polyimide 227mm x 84mm x
C3 (2) Ecran les bandes inter-piste. Il a pour fonction le rappel mécanique de la
(Kapton) 25µm
couche supérieur C5 et l’isolation électrique des deux réseaux
inférieur et supérieur.
(3) Support Feuille de polyimide découpée à la forme d’un parallélogramme avec
Polyimide 231mm x 89mm x
C1 ou C5 inférieur et un angle de 31°. Joue le rôle de support mécanique et d’isolant
(Kapton) 25µm
supérieur électrique vis-à-vis de l’extérieur.
L’inter-piste est l’espace compris entre deux pistes successives.
Dans le cas présent il est constant. Par extension, la bande inter-piste
(4) Bandes inter- Gomme
C1 ou C5 est le matériau résilient collé dans cette espace. Il garantit à la fois 250µm
piste élastomère
l’isolement électrique entre pistes et délimite leur jeu mécanique
latéral. Ce sont sur ces bandes que sont collés les plots de rappel.
Disposés en matrice de 3x10 et réalisés dans un morceau de tapis
élastomère sous forme de plot de 3mm de diamètre. Essentiellement
Gomme
C3 (5) Plots de rappel destinés à maintenir le réseau supérieur en position de repos. Ils 2 x 250µm
élastomère
agissent comme un ressort afin de ramener la partie supérieure de
l’actionneur dans son état initial.
Le motif ou topologie impose les emplacements de liaison des pistes
Motif / Topologie (connexion électrique), l’interpiste ainsi que la largeur de celles-ci. Il
détermine la longueur d’onde de la déformation mécanique.

29
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

La configuration finale du tapis est réalisée par compression et vulcanisation de l’ensemble


des couches. La Figure 1-16 montre la coupe latérale (plan AA de la Figure 1-15) avec les
positions et épaisseurs des matériaux pour l’empilement réel des éléments.

Figure 1-16. Vue en coupe latérale A|A avant vulcanisation [33].

Le dispositif est vulcanisé dans l’intérêt de rapprocher les lignes de conducteurs pour
minimiser l’écart entre eux et maximiser l’amplitude des forces de Laplace générées, mais
aussi pour garantir sa robustesse face aux déformations consécutives. En conséquence,
les plots élastomères sont également comprimés. Sur la Figure 1-17 on peut apprécier le
sens d’application de la pression pendant la vulcanisation.

Figure 1-17. Vue en coupe latérale AA après vulcanisation [33].

30
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

La compression est réalisée sans vide d’air afin de ne pas réduire la déformation du
dispositif. La face en contact avec la face interne du blindage en aluminium correspond au
côté plat de la tôle de vulcanisation.

Les valeurs des épaisseurs après vulcanisation sont estimées, mais aucune mesure
n’a été réalisée après vulcanisation. Il faut aussi noter que ces informations sont valables
sous la condition qu’aucun élément ne s’est déplacé pendant la procédure de vulcanisation.

Tous les éléments élastomères sont collés avec de la colle néoprène. Un tissu
polyamide calandré recouvre les lamelles latérales pour assurer une meilleure isolation
électrique. La contribution de ces lamelles à la déformation est minime, elles ont
principalement pour but d’assurer la continuité du circuit électrique entre les lignes de
lamelles longitudinales.

Pour finaliser, le Tableau 1-4 résume les propriétés des matériaux utilisés pour la
fabrication de ce tapis démonstrateur.

Tableau 1-4. Propriétés des matériaux de construction pour le démonstrateur [33].

MATERIAUX / PROPRIETES Cuivre 25 µm Polyimide Gomme élastomère


Resistance diélectrique @ 25µm Rd (kV/mm) 300
Electrique Résistivité @ 20°C ρ ( Ω∙m) 1,7·10 -8
1,5∙1019
Conductivité @ 20°C σ (%IACS) 100
Coeff. de T° de 0 à 100°C K (10-3/°C) 3,9 20·10-3
Thermique Specific Heat (J/kg/K) 385 1090 2176
Conductivité @ 20°C η(W/m/k) 389 0,12 0,192
Masse volumique @ 20°C δ (kg/dm3) 8,92 1,42 1,25
Coefficient de Poisson σp 0,31 0,34 0,499
Module d’Young E (Gpa) 115 2,5@23°C 0,004
Mécanique
Module de cisaillement G (Gpa) 44 0,93@23°C 0,0025
Limite élastique (Mpa) 60-440 230@23°C
Allongement à la rupture A (%) 55 72@23°C

I.3.d Tests : Courbes d’alimentation et déformation

L’équipe de Zodiac Aerospace a mené une série d’expériences sur le démonstrateur,


pour donner un nombre de conclusions préliminaires et valider le fonctionnement du principe
technologique. Le paramètre de référence est le déplacement selon l’axe Z, noté 𝑣(𝑧) par
la suite, lié à la déformation mécanique principale du tapis.

Le tapis électro-expulse est installé sous une plaque en aluminium type 2024 de 0.5
mm d’épaisseur qui simule le blindage de l’avion [37]. Pendant les tests, le système n’est
pas chargé avec du givre. Il opère alors à vide. Les mesures du déplacement sont réalisées
avec un capteur laser aptes à mesurer le déplacement sur une position à la fois. Pour

31
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

réaliser ces mesures, des points de référence ont été définis. Les coordonnées de ces points
A, B, C, D, E, qui se trouvent au milieu de la longueur du tapis, sont définis sur la Figure
1-18.

Figure 1-18. Plaque en aluminium et points de mesure, le tapis expulse est situé en-dessous [38].

Les points B et D sont alignés avec la position des lamelles conductrices du serpentin du
tapis. Les points A, C et E sont alignés avec la position des plots de rappel décrits sur la
Figure 1-15.

Le tapis expulsant est raccordé à une source d’alimentation électrique. Un banc de


condensateurs préalablement chargés à une tension comprise entre 400 V et 800 V, fournit
une impulsion de courant entre 4 kA et 10 kA. La source est provisoire et a été utilisée à
des fins pratiques pour mener les expériences. Une source d’alimentation dédiée doit être
conçue, avec les caractéristiques nécessaires à une application aéronautique. Il convient
tout de même de rester vigilants aux contraintes électriques à ne pas dépasser pour des
raisons de faisabilité électronique, tels que : le volume, poids, tensions (loi de Paschen),
rayonnement électromagnétique et énergie disponible entre autres.

La Figure 1-19 contient les formes d’onde des courbes de tension et courant pour
un cycle d’activation d’une période estimée de T = 1,6 ms.

32
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Figure 1-19. Courant et tension d’alimentation pour une activation du tapis dégivrant [38].

La Figure 1-20 montre les résultats de mesure du déplacement au point B (0,-1), position
d’une ligne de plots de rappel, consécutif à un cycle d’alimentation. La Figure 1-21 montre
les résultats de mesure pour le déplacement au niveau du point central C (0,0)
correspondant à la position d’une lamelle du serpentin.

Figure 1-20. Déplacement en fonction du temps mesuré sur le point B pour un cycle d’activation [38].

33
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Figure 1-21. Déplacement en fonction du temps mesuré au point C pour un cycle d’activation [38].

On observe un déplacement au niveau des conducteurs, pour le point B, plus important


qu’au niveau des plots du point C ; ce qui est conforme avec l’action des forces de Laplace.
On peut également apprécier que le pic de déformation ne se passe pas au même moment
que le pic de courant, cela signifie qu’il existe un décalage entre l’excitation du circuit
électrique et la déformation mécanique, qui correspond au temps de réponse du système à
la sollicitation envoyée.

L’équipe Zodiac a créé une animation de la déformation, à partir de la matrice de


résultats de mesures, qui permet de mieux visualiser la forme et l’évolution de la déformation
de l’ensemble de la plaque d’aluminium. La Figure 1-22 présente la déformation obtenue
pour l’instant 𝑡 = 0,0712 𝑚𝑠 et la Figure 1-23 à l’instant 𝑡 = 0,4722 𝑚𝑠. La composition
des deux figures montre une déformation ondulée, ainsi qu’un régime forcé où les efforts
électromagnétiques imposent la déformation du tapis, et un régime libre où les forces
électromagnétiques ne sont plus suffisantes pour s’opposer aux efforts de rigidité
structurelle et correspondent à une réponse amortie de la déformation.

34
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Figure 1-22. Déformation de la plaque d’aluminium (Zodiac), pour t = 0,0712 ms [39].

Figure 1-23. Déformation de la plaque d’aluminium (Zodiac),pour t = 0,4722 ms [39].

Ces tests ont permis d’illustrer le principe physique et d’obtenir des premiers
résultats pour démontrer la faisabilité de la technologie. Mais pour valider sa faisabilité et
35
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

obtenir un système performant et optimisé, il est nécessaire d’établir une modélisation du


tapis de dégivrage.

Celle-ci doit s’appuyer sur une description multiphysique afin d’identifier les
paramètres sensibles de conception adaptés aux travaux d’optimisation pour déterminer le
futur de la technologie.

I.4 Cahier des charges

Le retour d’expérience de Zodiac conduit aux constats suivants :

- l’effet de dégivrage obtenu avec de multiples actionneurs rapprochés est plus


important que celui d’un seul actionneur avec plus de puissance,
- les différentes conditions environnementales font varier les caractéristiques de la
couche de glace formée
- une glace trop épaisse ou trop fine est plus difficile à enlever,
- plus la température est élevée plus il est difficile de réaliser le dégivrage.

A partir de ces constats s’impose le cahier des charges suivant (Tableau 1-5):

Tableau 1-5. Cahier de charges.

Matériel du bord d’attaque de l’aile Aluminium 6060-T5

Epaisseur du blindage 0.5-2 mm

Energie disponible 0.9 J/cm2

Epaisseur maximale de givre 2 mm

Déplacement à fournir 0.3-1 mm

Durée du cycle d’actionnement 45 s

Epaisseur maximale de l’actionneur 3mm

En plus de s’adapter au cahier des charges, l’actionneur devra respecter des critères
de masse, de volume et de durée de vie, être modulaire pour ne pas impacter le Mean Time
Between Failure ou taux de panne, de telle sorte que la solution reste intégrable.

36
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

Dans cette thèse nous allons donc nous focaliser sur la modélisation d’un dispositif
de dégivrage et l’identification des paramètres de conception sensibles qui permettront
d’atteindre les objectifs imposés par le cahier des charges.

I.5 Conclusion

Dans la première partie de ce chapitre les différentes possibilités technologiques


pour répondre aux besoins du dégivrage aéronautique ont été présentées. On y trouve des
solutions mécaniques, électriques, chimiques, thermiques, hybrides. Ces solutions
présentent des avantages et des limitations particulières.

Les tendances actuelles de l’aéronautique visent la recherche de nouvelles solutions


moins énergivores, plus efficaces et de haute intégration avec l’avion plus électrique. Dans
cette optique, on s’intéresse à l’étude de faisabilité d’une technologie électromécanique
basée sur la génération d’une déformation mécanique, qui serait intéressante du point de
vue intégration, efficacité énergétique et robustesse.

La solution a été décrite dans la deuxième partie du présent chapitre, elle a été
évaluée au préalable par le partenaire industrielle Zodiac à travers la construction et le test
d’un démonstrateur. Les données expérimentales issues de ce prototype appuient les
travaux d’analyse et de modélisation dans une perspective d’optimisation du dispositif. On
présume qu’avec une correcte conception de cette solution, la quantité d’énergie utilisée
peut être optimisée.

Pour ce faire, un modèle multiphysique du dispositif est nécessaire. L’objectif est de


développer un modèle de nature multiphysique pour le démonstrateur expérimental, qui une
fois validé, pourra servir pour l’identification des paramètres sensibles de conception,
l’évaluation de la performance de la solution, et l’analyse de la faisabilité technologique
notamment en terme énergétique.

Etant donnée la complexité du problème, la stratégie adoptée a été de décortiquer


les étapes de modélisation pour commencer à identifier les enjeux principaux. Les modèles
de nature physique différente seront au début développés indépendamment, pour
finalement être intégrés un par un dans une chaine de modélisation pour constituer le
système complet. C’est-ce qu’on a appelé une stratégie de complexification progressive.

Cette démarche est intéressante dans la mesure où elle devrait permettre d’assurer
l’obtention d’un modèle le plus simple possible, avec le minimum de paramètres nécessaires
pour représenter les phénomènes et la construction du dispositif, sans pour autant être

37
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

moins adapté à la représentation de son comportement ou compromettre la précision des


résultats.

Dans le chapitre 2 les travaux de modélisation électromagnétique seront présentés.


On aborde la description de forces de Laplace, qui est liée tant au comportement
magnétique que mécanique.

38
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

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39
Chapitre I : Le dégivrage en aéronautique et ses technologies

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40
Chapitre 2 :
Analyse du dégivreur et modèle
électromagnétique
Chapitre 2 : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

II.1 Introduction ............................................................................................................43

II.2 Définition du problème ...........................................................................................43

II.3 Modélisation électromagnétique .............................................................................45

II.3.a Calcul de la force de Laplace ..........................................................................49

II.3.b Modèle électromagnétique retenu et outil de calcul retenu pour l’approche quasi
statique 54

II.4 Conclusions sur la modélisation électromagnétique ...............................................63


Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

II.1 Introduction

Le fonctionnement du tapis de dégivrage repose sur la génération d’une déformation


mécanique de la surface à dégivrer. Cette déformation est obtenue par la répulsion entre
conducteurs électriques. Le calcul des efforts de répulsion, forces de Laplace, nécessite le
calcul du champ magnétique généré par l’impulsion de courant.

Ce chapitre aborde l’analyse des principes physiques au cœur du fonctionnement


et s’attache à expliquer la modélisation électromagnétique du dispositif; ainsi que la
méthode de résolution retenue. Le modèle est validé vis-à-vis des résultats expérimentaux
obtenus par le partenaire industriel Zodiac.

Le phénomène de forces de Laplace est la base de la technologie sélectionnée pour


la tache de dégivrage ; il va induire une relation entre des grandeurs de l’électromagnétisme
et de la mécanique. A partir du modèle électromagnétique on va alors obtenir les
expressions nécessaires pour donner suite à l’étude mécanique du système que l’on
présente dans le chapitre 3.

Dans la perspective d’optimisation du dispositif, une modélisation simple mais


suffisamment précise est mise en place, permettant de piloter les paramètres sensibles
identifiés. Au long de ce chapitre on va expliquer comment l’étude électromagnétique a
conduit à des hypothèses simplificatrices intéressantes.

Deux approches ont été abordées. La première est une approche harmonique pour
prendre en compte la dynamique du signal électrique d’alimentation, qui va être
abandonnée pour des raisons qui seront expliquées. Une deuxième approche, de type
calcul en statique, a été retenue. Celle-ci a été intégrée dans une plateforme adaptée pour
un calcul quasi-statique qui permettra la prise en compte partielle de la dynamique des
phénomènes électromagnétiques. Cette plateforme acceptera, dans un deuxième temps,
l’intégration du modèle multiphysique complet final.

II.2 Définition du problème

D’un point de vue électromagnétique, il s’agit de déterminer l’amplitude, la direction


et le sens de la force de Laplace subie par les conducteurs du serpentin du dispositif, liée
au courant de décharge circulant dans les conducteurs. Cet effort représente la réponse du
modèle électromagnétique et une donnée d’entrée pour le modèle mécanique.

43
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Le domaine d’étude est constitué de deux séries de conducteurs en forme de


serpentin disposées en face à face. La Figure 2-1 montre une vue supérieure du serpentin,
et la Figure 2-2 une vue latérale permettant d’apprécier la superposition des couches
conductrices et de ses jonctions aux extrémités.

Figure 2-1. Vue supérieure, plan XY, du serpentin en cuivre à modéliser.

Figure 2-2. Vue latérale, plan YZ ; du serpentin en cuivre à modéliser et sa vue en détail.

Ces serpentins sont alimentés par une impulsion de courant d’amplitude suffisamment
importante pour que la force de répulsion engendrée entre les conducteurs puisse les
déformer, et en conséquence, déformer aussi la surface à dégivrer. La déformation
mécanique doit rester dans le domaine élastique des matériaux, de façon à ce que la glace
accrétée sur le bord d’attaque de l’aile de l’avion puisse être expulsée à chaque activation
du dégivreur [1].

44
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

II.3 Modélisation électromagnétique

Pour mener la modélisation électromagnétique, des hypothèses sont posées pour


simplifier la modélisation de la structure, tout en veillant à atteindre une précision suffisante.

Hypothèse 1 : Conducteurs massifs


Chacun des deux conducteurs du serpentin du prototype est constitué de deux
lamelles soudées aux extrémités. En première approximation, les deux lamelles d’un tour
du serpentin, sont réduites à une seule lamelle conductrice d’épaisseur le double d’une
lamelle (Figure 2-3).

Figure 2-3. Vue en section d’une ligne conductrice avec les lamelles fusionnées.

La Figure 2-4 montre la géométrie de l’ensemble de conducteurs du circuit constitué selon


cette l’hypothèse. Dans cette géométrie, d est la distance totale entre le centre des
conducteurs aux extrémités, et e est l’écart entre les serpentins supérieur et inférieur.

Figure 2-4. Disposition des conducteurs massifs du serpentin.

45
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

La Figure 2-5 indique la direction du courant (signalée avec un point ou une croix pour des
sens contraires de circulation du courant) ainsi qu’un exemple de la force et de l’induction
magnétique produite par l’interaction entre deux conducteurs quelconques dans le plan YZ.

Figure 2-5. Coupe transversale du serpentin sur un plan YZ (pour une valeur d’abscisse constante).

Selon la convention d’axes retenue, il ressort que c’est la composante Y du champ B qui
va créer la composante Z de la force qui induira la déformation de la structure (ANNEXE
A). L’induction magnétique totale vue pour un conducteur résulte de la contribution de tous
les courants associés aux conducteurs selon la disposition de la Figure 2-5.

Il conviendra de vérifier la pertinence de cette hypothèse pour les analyses


mécanique et dynamique.

Hypothèse 2 : Section des conducteurs


La section originale des conducteurs du démonstrateur est rectangulaire. La mise
en équation pour une telle géométrie peut s’avérer complexe sans apporter un bénéfice
important sur la solution en change obtenue. Des hypothèses simplificatrices sur la section
sont donc posées.

Sous l’hypothèse de conducteurs infiniment longs (Figure 2-6.a), l’induction


magnétique, créée à une distance r du conducteur parcouru par une densité de courant
uniforme, est décrite par :

𝜇0 ∗ 𝐼
𝐵= (2-1)
2𝜋 ∗ 𝑟

où 𝜇0 est la constante de perméabilité magnétique dans le vide 4πx10-7 [H/m], 𝑟 est la


distance entre le point d’analyse et la source qui génère le champ [m].

46
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-6. Modèle de conducteur filiforme infiniment long, à section nulle a) et à section circulaire
non nulle b).

Une évaluation plus précise de l’induction magnétique implique la prise en compte de la


section des conducteurs. Il convient donc de distinguer deux zones, selon que l’on se trouve
à l’intérieur ou à l’extérieur du conducteur, Figure 2-6.b. On obtient la relation suivante :

𝜇𝑜 ∙ 𝐼 ∙ 𝑟
( 2
) 𝑠𝑖 0 ≤ 𝑟 ≤ 𝑅
𝐵(𝑟) = { 2𝜋 ∙ 𝑅 (2-2)
𝜇𝑜 ∙ 𝐼
( ) 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑟 > 𝑅
2𝜋 ∙ 𝑟

Cependant, la section des conducteurs du dispositif étudié n’est pas circulaire mais
rectangulaire, et la densité de courant n’est pas uniforme du fait des effets peau et de
proximité. L’approche analytique s’avère donc insuffisante. Pour la suite des modélisations
électromagnétiques un modèle semi-analytique est mise en œuvre. La méthode de
résolution PEEC (Partial Element Equivalent Circuit), ou résolution par intégration
d’éléments partiels d’un circuit électrique, est utilisée. Cette modélisation repose sur une
résolution harmonique pour le calcul rapide de circuits impédants [2].

Le logiciel InCa3D, (co-développé par l’entreprise Cedrat et le G2Elab est devenu


Flux PEEC après son rachat par Altair Engineering Inc.), implémentant la méthode PEEC,
a été choisi. Grâce à cet outil, un modèle conforme aux géométrie et disposition réelles des
conducteurs du serpentin a été défini. La méthode permet de calculer les grandeurs
électromagnétiques avec plus de finesse que par l’approche analytique de conducteurs
circulaires (Equation 2-2). Pour des informations additionnelles concernant la construction
du modèle et les tests menés sur InCa3D, on pourra consulter l’ANNEXE B.

47
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

L’induction magnétique évaluée avec le modèle analytique de fils filiformes et par le


logiciel de simulation InCa3D prenant en compte la section rectangulaire des conducteurs,
constitués d’une seule lamelle massive selon l’hypothèse 1, est représentée Figure 2-7. La
position des conducteurs est indiquée par des rectangles en couleur cuivre.

Figure 2-7. Induction magnétique pour un conducteur filiforme et à section rectangulaire et les
simulations InCa3D.

La différence d’amplitude pour le champ magnétique 𝐵 entre les deux modélisations


s’explique principalement par le fait que dans un cas on fait l’hypothèse de conducteurs
filiformes. L’induction au droit des conducteurs n’évolue pas en 1/r (r étant la distance entre
le point de calcul et le conducteur) mais selon une évolution beaucoup plus faible et non
singulière. La caractéristique 3D des conducteurs est donc prise en compte plus finement
dans la modélisation avec InCa3D.

Par ailleurs, la simulation InCa3D présente les résultats seulement pour le premier
harmonique (f= 625 Hz) du courant d’alimentation. La prise en compte de l’effet peau et de
proximité a été effectuée pour cette fréquence uniquement. La comparaison des ordres de
grandeur entre les deux approches n’a pas d’intérêt, cependant son évolution permettrait
de valider la direction et le sens du champ magnétique de ces deux approches.

Ces résultats (Figure 2-7) permettent surtout de conclure que l’influence du


conducteur en vis-à-vis est prépondérante dans le calcul du champ d’induction magnétique
rayonné sur un élément conducteur. En effet, la contribution d’un conducteur sur un autre
situé sur une même ligne d’ordonnée Y est quasi-nulle du fait d’une distance de séparation
trop importante.

48
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Hypothèse 3 : Réduction par symétrie de l’espace à modéliser


À la vue des résultats de l’étude précédente, du point de vue électromagnétique, il
est tout à fait légitime de simplifier la géométrie étudiée en ne considérant qu’un conducteur
et son voisin en vis-à-vis appartenant à l’autre serpentin. Ce constat simplificateur est
valable de la même manière pour le reste des grandeurs électromagnétiques dépendantes
de l’induction magnétique, notamment pour le calcul des efforts entre conducteurs. Il
conviendra de s’assurer que cette hypothèse reste toujours valable dans les autres phases
de modélisation du système.

La présence du reste des conducteurs dans l’évaluation du champ magnétique peut


donc être négligée, ce qui réduit le domaine d’étude à une ligne de conducteurs soit ¼ du
serpentin original (Figure 2-8).

Figure 2-8. Simplification de la géométrie du serpentin pour le modèle électromagnétique.

Cependant, le calcul de 𝐵 n’est que le point de départ dans l’analyse électromagnétique. In


fine, c’est bien la force de Laplace entre les deux conducteurs qui nous intéresse.

II.3.a Calcul de la force de Laplace

Dans ce paragraphe, la force de Laplace entre les deux serpentins conducteurs est
évaluée. La force électromécanique permet le travail mécanique à l’origine du dégivrage.
Elle représente l’effort fourni par le système, et sera une donnée d’entrée pour le
développement du modèle mécanique.

Dans un conducteur électrique soumis à un champ magnétique B, les charges


électriques parcourant le conducteur sont affectées par des forces. La contribution des

49
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

efforts au niveau microscopique conduit, au niveau macroscopique, aux forces de Laplace


définies par [3] :

𝑑𝐹⃗ = 𝐼 ∗ ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗
𝑑𝑙 ∧ 𝐵 (2-3)

où 𝑑𝐹⃗ représente la densité de Force de Laplace par unité de longueur en [N/m], 𝐼

correspond au courant électrique en [A], ⃗⃗⃗⃗


𝑑𝑙 représente une élément de longueur en [m] et
⃗⃗ est l’induction magnétique en [T].
𝐵

Le calcul des forces de Laplace, à partir de l’obtention de l’induction magnétique, va


être illustré pour deux cas :

- une modélisation pour un courant constant,

- une modélisation pour l’impulsion de courant alimentant le dispositif, ce qui implique


la prise en compte de la dynamique électrique.

Cas d’un courant constant


La force, calculée à partir du champ d’induction électromagnétique B, est obtenue
via le calcul PEEC pour un courant d’alimentation constant.

Comme signalé dans l’hypothèse 1, un seul conducteur d’épaisseur 150 µm par


couche est considéré au lieu de deux conducteurs d’épaisseur 75 µm par couche. La Figure
2-9 montre la géométrie simulée, correspondant à une ligne de deux conducteurs
longitudinaux du dispositif.

50
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-9. Géométrie simulée sur InCa3D, vue isométrique et plan XZ.

Le Tableau 2-1 indique les données d’entrée de cette modélisation ainsi que le résultat
obtenu. Ce résultat correspond à la force moyenne par conducteur pour un circuit alimenté
avec un signal de courant DC.

Tableau 2-1. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques des premières
simulations pour la force.

Paramètres d'entrée Description


I = 6000 A Courant continu
Ecart = 75 µm Séparation selon l’axe Z entre les deux conducteurs
Long = 223 mm Longueur des conducteurs selon l’axe X
Larg = 3 mm Largeur des conducteurs selon l’axe Y
Epcui = 150 µm Epaisseur des conducteurs en cuivre
F = 1397,19 N Force moyenne par conducteur, calculée avec FluxPEEC

Cette valeur de courant correspond à l’amplitude maximale atteinte par l’impulsion de


courant (Figure 1-19). La force résultante est en conséquence importante, et reste
purement indicative.

51
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Cas d’un courant impulsionnel


La forme d’onde du courant d’alimentation du dispositif résulte de la décharge de
condensateurs dans le circuit électrique formé par les serpentins. La simulation doit être
capable de fournir la réponse complète intégrant toutes les composantes spectrales du
signal.

Le spectre harmonique de l’impulsion du courant d’alimentation est continu, alors


que l’outil PEEC choisi (InCa3D) réalise un calcul spectral discret. Une analyse
mathématique est nécessaire pour vérifier que les composants issus de l’interaction entre
les harmoniques du signal de courant soient correctement représentés dans la réponse du
logiciel.

Décomposition harmonique
Comme précédemment indiqué, InCa3D réalise une modélisation harmonique.
Aussi, pour travailler dans le domaine fréquentiel la transformée de Fourier rapide (FFT) du
signal du courant est effectuée. La procédure appliquée est la suivante : chaque
harmonique de courant est utilisé comme courant d’alimentation dans la modélisation
PEEC et le principe de superposition est utilisé pour reconstruire la réponse dans sa totalité.
Une transformée inverse (FFT-1) est ensuite appliquée pour revenir à une description
temporelle.

Une analyse spectrale de la composition de la réponse est nécessaire. Pour un


signal constant ou purement sinusoïdal, on est en mesure de calculer la densité de force
de Laplace intégrant deux termes : le premier est la composante moyenne du résultat et le
deuxième est la composante appelée pulsatoire. L’outil InCa3D offre la possibilité de
calculer ces deux valeurs.

Limites et impossibilités de l’approche harmonique


Pour le cas d’un courant 𝐼(𝑡) non sinusoïdal, comportant donc une certaine richesse
harmonique, la décomposition harmonique du courant s’écrit :

𝐼(𝑡) = 𝐼0 + ∑√2𝐼𝑘 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑘 𝑡 + 𝜑𝑘 ) (2-4)


𝑘=1

52
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

où k est le nombre d’harmoniques de la série. Le calcul de l’effort élémentaire, selon le


principe de l’équation 2.3, fait intervenir le produit des harmoniques. Par exemple pour k=2,
les équations 2-3 et 2-4 conduisent à l’expression de l’équation 2-5, à un coefficient près3.

Les composantes continues (en rouge) et pulsatoire (en bleu) sont bien calculées
par InCa3D, mais les autres termes (en vert), faisant intervenir deux harmoniques différents
simultanément, ne sont pas pris en compte dans InCa3D.

𝑑𝐹(𝑡) = 𝐼𝑜 2 + 𝐼1 2 + 𝐼2 2
+𝐼1 2 cos(2𝜔1 𝑡 + 2𝜑1 ) + 𝐼2 2 cos(2𝜔2 𝑡 + 2𝜑2 )
+2√2𝐼𝑜 𝐼1 cos(𝜔1 𝑡 + 𝜑1 ) + 2√2𝐼𝑜 𝐼2 cos(𝜔2 𝑡 + 𝜑2 )
+𝟐𝑰𝟏 𝑰𝟐 [𝐜𝐨𝐬((𝝎𝟏 + 𝝎𝟐 )𝒕 + 𝝋𝟏 + 𝝋𝟐 ) + 𝐜𝐨𝐬((𝝎𝟏 − 𝝎𝟐 )𝒕 + 𝝋𝟏 − 𝝋𝟐 )] (2-5)

La décomposition de Fourier de l’impulsion de courant de l’alimentation comporte un grand


nombre d’harmoniques. Il en résulte que l’interaction entre ces harmoniques, origine des
composantes autres, s’avèrent avoir un impact sur la réponse totale qui n’est pas calculée
par la méthode PEEC de l’outil InCa3D.

Pour compléter cette analyse, une décomposition harmonique de l’impulsion de


courant a été réalisée et uniquement les deux premiers harmoniques plus la composante
continue sont retenus pour ce calcul de l’expression précédente. Les valeurs de l’amplitude
pour les trois composantes ont été normalisées tel que 𝐼𝑜 = 1 𝐴 pour ainsi évaluer
l’influence de chaque terme. Sur la Figure 2-10 les formes d’onde sont présentées, sur trois
périodes, pour les différentes composantes qui constituent le signal de force totale
(Equation 2-5).

3
𝜇0 ∙𝑑𝑙
Le coefficient , devant chacune des composantes, a été mis à 1 pour plus de simplicité et clarté dans
2𝜋∙𝑟
la comparaison.

53
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-10. Composants de la force produite sur trois périodes.

Pour des conducteurs alimentés par des courants de sens contraire et constitués
d’un fondamental et de deux harmoniques, il est possible d’apprécier le terme d’interaction
entre harmoniques. La Figure 2-10 indique clairement que cette interaction entre
harmoniques ne peut pas être négligée dans le calcul de la force magnétique. Le modèle
PEEC intégré dans l’outil InCa3D ne peut pas être retenu pour la modélisation
électromagnétique. Une solution pour contourner cette difficulté repose sur l’utilisation
d’une modélisation statique dans un schéma itératif dans le temps.

II.3.b Modèle électromagnétique retenu et outil de calcul retenu


pour l’approche quasi statique

Les développements précédents ont permis de conclure que malgré l’impossibilité


d’établir les expressions mathématiques exactes du phénomène électromagnétique étudié
pour la configuration du dispositif de dégivrage, il est tout à fait pertinent de s’appuyer sur
des solutions numériques pour mener ces travaux.

Le choix d’un modèle harmonique décrivant la dynamique du courant d’alimentation


a été abandonné. Un modèle analytique statique est dérivable. Il permettra de réduire le
temps de calcul dans une perspective d’optimisation.

Dans un second temps, il sera nécessaire de trouver une solution pour reconsidérer
la dépendance au temps. Comme il est indiqué dans le chapitre 4, une méthode de
résolution itérative, pas à pas dans le temps, a été mise en œuvre.

54
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Modèle numérique et méthode de résolution


La création d’un modèle à travers un logiciel numérique pour un problème si
imbriqué comme le dégivreur étudié, offre l’avantage de pouvoir représenter la géométrie
de façon plus précise que par une approche purement analytique sujette à plusieurs
hypothèses simplificatrices (approche imaginée pour cette application dans un premier
temps).

Une méthode de calcul numérique est proposée pour la résolution des équations
mathématiques pour le système. La résolution du modèle sera en mode quasi-statique.

Choix d’un outil pour le calcul statique de la force


Pour la résolution numérique du problème les logiciels McMMems + CADES ont été
retenus. Cette combinaison apporte une solution pour l’optimisation
permettant particulièrement :

- de calculer les gradients des sorties du modèle, et en particulier des forces, ce


qui pourrait être utile pour une optimisation de type déterministe,
- de générer des composants logiciels pilotables dans d’autres plate-forme
(MATLAB, EXCEL, …) important pour les futurs travaux d’intégration des
modèles de nature différente construits pour l’application étudiée,
- à la différence d’une approche de type harmoniques, de choisir une approche
temporelle de type quasi statique.

McMmems est un logiciel de simulation en électromagnétisme statique développé


au G2ELab, spécialement conçu pour la simulation de microsystèmes magnétiques MEMS
et il est aussi bien adapté au calcul de force de Laplace. Le logiciel a été développé dans
le cadre de la thèse de H. L. Rakotoarison, pour la conception et la simulation de micro-
actionneurs [4]. Il est basé sur la méthode des moments magnétiques MoM [5] qui permet
d’évaluer la sensibilité magnétique et les zones actives identifiées. Seules ces dernières
sont maillées et un modèle léger représenté par les dérivées des expressions formelles des
comportements magnétiques est obtenu. Des algorithmes d’optimisation du type gradient
peuvent ainsi être appliqués par la suite [6].

L’interface de ce logiciel permet de définir une géométrie rapidement et de remonter


à un ensemble d’interactions électromagnétiques entre conducteurs, conducteurs et
aimants, etc. Il est également possible de travailler avec des paramètres pour piloter la
modélisation et obtenir, tout comme pour InCa3D, une étude de sensibilité.

55
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

CADES est un ensemble de solutions de calcul et édition multiphysique, conçu au


G2Elab, qui permet de réaliser le dimensionnement et l’optimisation grâce à une définition
formelle des équations [7]. Le logiciel CADES permet de calculer de manière exacte le
Jacobien de toutes les sorties du modèle en fonction des entrées. Ceci fournit un calcul de
sensibilité formel qui permettra de faire des optimisations avec des algorithmes
d’optimisation déterministes, de type gradient, autorisant des optimisations avec un grand
nombre de paramètres et de contraintes. En plus, ses différentes plateformes donnant
accès aux étapes de définition d’équations, édition de code, définition des valeurs d’entrée,
répondent aux besoins spécifiques des diverses applications tels que le dégivreur modélisé
pour cette thèse.

Le model retenu est créé à l’aide des logiciels de simulations dédiés énoncés
antérieurement et ensuite décrits plus en détail.

Mise en œuvre
Le modèle électromagnétique retenu est construit à partir de la définition
géométrique de deux conducteurs, motif élémentaire extrait du serpentin original (§ II.3
Hypothèse 3), et réalisée avec le logiciel McMMems.

La procédure de résolution est la suivante. Les formulations pour la force de Laplace


moyenne et la densité de Force de Laplace sont insérées dans le logiciel par l’utilisateur.
Une fois le code généré pour le modèle géométrique avec ses équations pour le calcul des
grandeurs électromagnétiques, il est exporté vers le logiciel CADES qui réalise sa
conversion en composant logiciel (extension *.icar). Il s’agit d’un composant contenant
toutes les équations nécessaires pour les calculs électromagnétiques et des densités de
force de Laplace. Cette approche facilitera l’intégration du modèle final et l’éventuelle
implémentation des algorithmes d’optimisation futurs. Plus de détails concernant la chaine
de calcul sont indiqués sur ANNEXE C.

Validation de la modélisation et son implémentation


Pour tester la modélisation et l’implémentation proposée, une étude pour vérifier la
cohérence des résultats pour la force générée a été mise en place.

A partir du modèle électromagnétique retenu, une étude de sensibilité a été lancée


pour commencer à analyser l’influence des paramètres intervenant dans le phénomène de
génération des forces de Laplace. A cet état de développement, le modèle contient des
paramètres de nature géométrique et électrique.

Trois scénarii sont définis, au cours desquels est évalué l’impact :

56
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

- du courant (pour un écart entre conducteurs et une épaisseur des conducteurs


fixes),

- de l’écart entre les conducteurs (pour plusieurs valeurs du courant),

- de l’épaisseur des conducteurs (pour plusieurs valeurs du courant).

Pour cette première étude, la description des conducteurs reste très simple : le changement
de position généré par la déformation mécanique n’est pas pris en compte, un seul
conducteur massif non déformable est défini. Les calculs ont été comparés à ceux de
InCa3D dans le cas d’un courant d’amplitude constante et validés avec des pourcentages
d’erreur négligeables pour le calcul de la force (erreur<0.1%).

La Figure 2-11 montre la géométrie simulée. Elle représente deux conducteurs


longitudinaux du dispositif, massifs et parallèles.

Figure 2-11. Définition 3D de la géométrie sur McMMems, deux conducteurs parallèles.

Scénario 1
Le Tableau 2-2 contient les données d’entrée du premier scénario. Les résultats
pour la force par conducteur en fonction de la variation du courant DC d’alimentation du
circuit sont présentés sur la Figure 2-12.

Tableau 2-2. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 1 er scenario.

57
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Paramètres d'entrée Description


I = 500 A à 7000 A Courant continu, varié par pas de 500 A
Ecart = 75 µm Séparation selon l’axe Z entre les deux conducteurs
Long = 223 mm Longueur des conducteurs selon l’axe X
Larg = 3 mm Largeur des conducteurs selon l’axe Y
Epcui = 150 µm Epaisseur des conducteurs en cuivre

Figure 2-12. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction du courant d'alimentation.

La convergence des résultats obtenus avec les deux logiciels, InCa3D et CADES Calculator
avec le composant *.icar valide la modélisation développée. Comme attendu, l’amplitude
de la force de Laplace est proportionnelle au produit carré de l’intensité du courant
d’alimentation, pendant que le sens de la force est contraire entre les deux conducteurs.
Une première piste pour l’optimisation de la conversion d’énergie serait alors de réduire
l’impédance de notre dispositif pour avoir un courant maximal.

Scénario 2
Le Tableau 2-3 indique les données d’entrée du deuxième scénario pour la
géométrie du cas étudié. La force par conducteur en fonction de l’écart entre conducteurs
a été calculée pour 3 valeurs du courant d’alimentation. Les résultats pour un courant de I
= 500 A, I = 3500 A et I = 7000 A, sont représentés sur les Figure 2-13, Figure 2-14 et
Figure 2-15 respectivement.

Tableau 2-3. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 2 ème scenario.

58
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Paramètres d'entrée Description


I = 500 A, 3500 A et 7000 A Courant continu DC d’alimentation du circuit
Ecart = 25 µm à 200 µm Variable par pas de 25 µm
Long = 223 mm Longueur des conducteurs selon l’axe X
Larg = 3 mm Largeur des conducteurs selon l’axe Y
Epcui = 150 µm Epaisseur des conducteurs en cuivre

Figure 2-13. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I = 500 A).

Figure 2-14. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I = 3500 A).

59
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-15. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’écart (avec I = 7000 A).

L’écart entre conducteurs est un paramètre qui a beaucoup d’influence sur


l’amplitude de la force résultante disponible pour effectuer le travail de dégivrage.

Scénario 3
Le Tableau 2-4 indique les données d’entrée du troisième scénario. Comme pour le
scenario 2, 3 valeurs du courant d’alimentation ont été testées. Les résultats concernant la
force par conducteur en fonction de la variation de l’épaisseur des conducteurs en cuivre
sont représentés sur les Figure 2-16, Figure 2-17 et Figure 2-18.

Tableau 2-4. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques du 3ème scenario.

Paramètres d’entrée Description


I = 500 A, 3500 A et 7000 A Courant continu DC d’alimentation du circuit
Ecart = 75 µm Séparation selon l’axe Z entre les deux conducteurs
Long = 223 mm Longueur des conducteurs selon l’axe X
Larg = 3 mm Largeur des conducteurs selon l’axe Y
Epcui = 25 µm à 200 µm Epaisseur variable par pas de 25 µm

60
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-16. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I = 500 A).

Figure 2-17. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I = 3500 A).

61
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

Figure 2-18. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction de l’épaisseur (I = 7000 A).

Conclusions
Le dispositif étudié est alimenté par le courant de décharge d’un condensateur. La
conséquence en est la création d’efforts de répulsion électromagnétiques entre les
différents conducteurs qui le constituent. Un modèle qui permet d’évaluer les efforts
électromagnétiques entre les conducteurs de ce dispositif pour une valeur de courant
donnée a été mis en place.

Des hypothèses simplificatrices pour les calculs électromagnétiques sont retenues,


et un modèle analytique en quasi-statique a été mis en place. Ce modèle est construit avec
le logiciel McMMems et résolu avec une méthode de résolution en quasi-statique utilisant
la plateforme CADES, qui sont des logiciels en développement. Un ensemble de tests a
permis de valider ce modèle pour l’évaluation des grandeurs électromagnétiques. On
observe que :

- l’effort entre les conducteurs augmente de façon parabolique avec le courant,


(Figure 2-12).

- l’effort décroît lorsqu’on éloigne les deux conducteurs,

- l’effort décroit quand la section des conducteurs augmente.

La méthode de résolution par une décomposition harmonique à partir du logiciel InCa3D a


été abandonnée du fait de l’approximation réalisée pour le type de signal électrique de cette
application. Toutefois, les résultats pour une valeur de courant constante avec le modèle
construit sur InCa3D sont précis et ont servi pour le calcul de l’impédance du serpentin car

62
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

la géométrie fidèle du dispositif est reprise pour générer un modèle statique qui a été évalué
et a permis de valider les résultats obtenus avec les logiciels expérimentaux.

On a in fine expliqué et justifié le choix de la solution semi analytique pour ce


modèle, et on a retenu la solution développée avec les logiciels McMMems et CADES.

II.4 Conclusions sur la modélisation électromagnétique

Ce chapitre a posé la modélisation électromagnétique mise en œuvre pour l’étude


du dispositif de dégivrage. L’objectif étant de parvenir au calcul de l’interaction entre les
conducteurs, décrite par la force de Laplace. A cette fin, il a préalablement été effectué une
résolution magnétostatique par l’approche PEEC, dans l’objectif d’identifier le champ
d’induction magnétique produit par la circulation des courants dans le serpentin de
conducteurs.

Une stratégie de résolution mettant en œuvre une décomposition harmonique, a été


proposée. Cependant, des limitations de l’outil utilisée, liées à la prise en compte du terme
pulsatoire multi-harmonique, n’ont pas permis de valider cette approche. La stratégie
retenue met en œuvre une approche temporelle reposant sur une résolution quasi-statique.
Il est ainsi possible de remonter aux densités de force agissant sur les conducteurs. Cette
densité constituera le terme source de la modélisation mécanique, qui fera l’objet du
chapitre suivant.

La modélisation électromagnétique a validé l’hypothèse de simplification conduisant


à la considération d’un seul motif élémentaire. Ce motif est constitué de deux conducteurs
en vis-à-vis, au lieu de l’intégralité du serpentin (simplification par symétrie). Par ailleurs, la
constitution en lamelle des conducteurs a été réduite à un conducteur massif. Cette
hypothèse devra faire l’objet d’une vérification au chapitre 3.

Une première analyse a permis d’identifier quelques paramètres sensibles. Une


analyse plus complète reste cependant à mener, notamment de par le couplage avec la
mécanique et le circuit d’alimentation électrique.

63
Chapitre II : Analyse du dégivreur et modèle électromagnétique

[1] E. Belot, “Dossier technique de définition d’un actionneur expulse,” Zodiac Aerospace,
Plaisir, France, 7N–17211, Apr. 2013.
[2] E. Clavel, “Vers un Outil de Conception de Câblage : Le Logiciel InCa.,” Electric power,
Institut National Polytechnique de Grenoble, France, 1996.
[3] J. D. Jackson, Classical Electrodynamics. New York, USA: John Wiley & Sons, 1962.
[4] H. L. RAKOTOARISON, “Méthode et outil de génération automatique de modèle pour
l’optimisation fortement contrainte des microsystèmes magnétiques,” Université Joseph
Fourier, Grenoble France, 2007.
[5] H. L. Rakotoarison, V. Ardon, O. Chadebec, B. Delinchant, and S. Guérin, “Formal
Sensitivity Computation of Magnetic Moment Method.,” IEEE Transac- tions on
Magnetics, Institute of Electrical and Electronics Engineers, pp. 1014–1017, Jun-2008.
[6] H. L. Rakotoarison, F. Wurtz, B. Stephanek, and O. Cugat, “Integration of the volume
segmentation method into an optimization process: application to the sizing of a micro-
actuator for deformable mirrors,” presented at the IEEE Transactions on Magnetics, vol.
42, pp. 1163–1166.
[7] P. PHAM-QUANG, “Modélisation magnéto-mécanique d’un nano commutateur.
Optimisation sous contraintes de fiabilité par dérivation automatique des programmes
en Java,” Ph.D. Génie Electrique, Université de Grenoble, Grenoble France, 2011.

64
Chapitre 3 :
Modélisation mécanique
Chapitre 3 : Modélisation mécanique
III.1 Introduction ........................................................................................................... 67

III.2 Cadre théorique de l’étude mécanique ................................................................. 67

III.2.a Mécanique des milieux continus et mécanique des structures ................... 68

III.2.b Comportement élastique ............................................................................ 69

III.2.c Relations d’équilibre ................................................................................... 71

III.3 Modèle poutre ....................................................................................................... 71

III.3.a Cinématique d’Euler-Bernoulli .................................................................... 73

III.3.b Conditions aux limites ................................................................................ 74

III.3.c Prise en compte d’une discrétisation le long de la poutre ........................... 76

III.3.d Prise en compte de l’hétérogénéité de la structure via le calcul d’une rigidité


équivalente............................................................................................................... 78

III.3.e Prise en compte du feuilletage des conducteurs ........................................ 80

III.3.f Conclusions sur l’approche « poutre » ....................................................... 84

III.4 Modèle plaque ...................................................................................................... 85

III.4.a Plaques de Kirchhoff - Love ....................................................................... 86

III.4.b Equations d’équilibre .................................................................................. 86

III.4.c Résolution par la méthode des bandes ...................................................... 88

III.4.d Modélisation du tapis de dégivrage ............................................................ 92

III.5 Conclusions .................................................................................................... 100


Chapitre III : Modélisation mécanique

III.1 Introduction

Ce chapitre concerne la modélisation mécanique du dispositif de dégivrage. Tout


d’abord, on présente un résumé des concepts en mécanique nécessaires à cette étude.
Ensuite, la définition des modèles et sa progression sont expliquées, pour finalement
présenter les performances du modèle mécanique résultant.

Le modèle électromagnétique a permis d’évaluer les efforts électromagnétiques


agissant sur les conducteurs. Le travail de modélisation mécanique consiste à définir la
relation entre l’effort appliqué et les paramètres liés à la déformation de la surface à
dégivrer. Il s’agit d’une analyse de mécanique des milieux continus.

Inspirés des hypothèses simplificatrices validées dans le chapitre précèdent, la


première approche de modélisation mécanique a été realisée à partir d’une analyse de
déformation des poutres. On constate par la suite que ce premier modèle s’avère trop
simpliste ; les hypothèses simplificatrices valables en electromagnétisme ne sont pas
toutes assimilables pour le comportement mécanique. Toutefois, le modèle poutre a
permis de réaliser une analyse qualitative et d’atteindre une meilleure compréhension du
phénomène mécanique.

Un deuxième modèle pour l’analyse de la déformation d’une plaque est étudié et


retenu. La définition du modèle plaque a été enrichie au fur et à mesure, en ajoutant des
éléments au modèle pour prendre en compte plus de détail et de précision, jusqu’à
l’obtention d’une réponse satisfaisante pour le modèle mécanique final.

Tout comme dans le cas de la modélisation électromagnétique, la stratégie a été


d’enrichir progressivement la description du modèle selon la pertinence. Notamment, on
verra que la cinématique 3D se ramène à une cinématique 1D, pour le cas de la poutre ;
et l’équivalent aboutit avec le modèle plaque où la définition d’un solide 3D est réduite à
un comportement en 2D [1]. Cette démarche est présentée et justifiée dans ce qui suit.

III.2 Cadre théorique de l’étude mécanique

Dans cette partie, le cadre de l’étude et les notions de mécanique des milieux
continus et de mécanique des structures sont rappelés. Ces notions sont la base pour
l’étude de la déformation de la plaque à modéliser. Sous les hypothèses de déformation

67
Chapitre III : Modélisation mécanique

élastique linéaire et de petites déformations pour un élément de matériau homogène, un


modèle idéalisé de la structure est défini pour l’étude ; le degré d’idéalisation sera mis en
regard de la précision du résultat.

III.2.a Mécanique des milieux continus et mécanique des


structures

La mécanique des milieux continus s’attache à définir le comportement plastique


de solides ou fluides (au sens des milieux continus) soumis à des sollicitations extérieures
(forces volumique 𝑓⃗ ou surfacique ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑓 𝑠 , déplacement ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢 𝑠 ). Le milieu continu est associé à un
domaine 𝛺 (Figure 3-1), dont les frontières (𝜕𝛺) sont en contact avec l’extérieur. Dans le
cas des solides, ces contacts peuvent être des déplacements imposés (sur 𝜕𝛺𝑢 ) ou des
efforts imposés (sur 𝜕𝛺 𝑓 ). Des équations d’équilibre décrivent alors l’équilibre de tout
élément de matière du domaine 𝛺. En présence de milieux élastiques, des relations de
comportement lient les déformations 𝑆(𝑥⃗) et les contraintes 𝜎(𝑥⃗) en tout point du

domaine 𝛺.

Figure 3-1. Définition du domaine, frontières, efforts et déplacements d’un milieu continu.

La mécanique des structures est la mécanique des solides de dimensions finies. Elle
découle de la mécanique des milieux continus et exploite une caractéristique essentielle
des structures : une dimension au moins est faible devant les autres. En d’autres termes,
les trois dimensions d’une structure ne sont pas du même ordre de grandeur. Les
géométries les plus communes sont les poutres (1D), les plaques et les coques (2D). La
contrepartie à cette simplification est une perte de généralité : la mécanique des
structures donne une représentation satisfaisante sous conditions qu’un certain nombre
d’hypothèses soient satisfaites. La définition de ces hypothèses cinématiques est la

68
Chapitre III : Modélisation mécanique

principale difficulté. Elle doit être suffisamment riche pour décrire tous les phénomènes
observés et assez simple pour permettre des résolutions analytiques.

III.2.b Comportement élastique

Pour toute étude, des milieux continus homogènes et isotropes sont considérés.
Le tenseur de Green-Lagrange définit les changements relatifs de longueur du domaine 𝛺
par rapport à un état de référence. Dans le cas de petites perturbations avec de petits
déplacements, ce tenseur définit une relation linaire entre les déplacements et les
déformations :

1 𝜕𝑢𝑖 𝜕𝑢𝑗
𝑆𝑖𝑗 = ( + ) 𝑖, 𝑗 = 1,2,3. (3-1)
2 𝜕𝑥𝑗 𝜕𝑥𝑖

Le tenseur de déformation ne prend en compte que les aspects géométriques de la


déformation et ne tient pas compte des aspects mécaniques, puisque sa définition n’inclut
aucune caractéristique mécanique du milieu considéré. Son dual, le tenseur de
contraintes 𝜎 caractérise en tout point du domaine 𝛺 les efforts intérieurs mis en jeu entre
les portions déformées du milieu. La relation entre le tenseur de déformation 𝑆 et le

tenseur de contraintes 𝜎 définit le comportement du milieu. Cette étude se place dans le

cadre de l’élasticité linéaire. La relation contraintes-déformations, est donc définie par la


loi de Hooke généralisée :

𝜎 = 𝐶: 𝑆 , (3-2)

Où 𝐶 est un tenseur d’ordre 4 qui spécifie les coefficients élastiques du matériau.

Du fait des propriétés de symétrie, le tenseur 𝐶 peut-être représenté (notation de

Voigt) sous la forme d’une matrice 6x6 où les directions représentent les directions de
déformation. Dans le cas des milieux isotropes, le tenseur d’élasticité est défini à partir
des coefficients de Lamé 𝜆∗ et 𝜇∗ :
𝐶𝑖𝑗𝑘𝑙 = 𝜆∗ 𝛿𝑖𝑗 𝛿𝑘𝑙 + 2𝜇 ∗ 𝛿𝑖𝑘 𝛿𝑗𝑙 , (3-3)

𝜐∙𝐸 𝐸
où : 𝜆∗ = 𝜇∗ =
(1+𝜐)(1−2𝜐) 2(1+𝜐)

avec 𝐸 le module d’Young (Pa) et 𝜐 le coefficient de Poisson du matériau.

69
Chapitre III : Modélisation mécanique

En mécanique des structures, plutôt que de travailler avec le tenseur de


contraintes (une grandeur locale), des grandeurs macroscopiques sont utilisées. Ces
grandeurs macroscopiques, au sens où elles ne dépendent pas de la position dans une
section donnée, sont dénommées efforts intérieurs. Les efforts intérieurs sont les
projections des efforts de réaction 𝑅 (Equation 3-4) et 𝑀 (Equation 3-5) dans un repère
orthogonal (𝑒⃗⃗⃗⃗,
1 𝑒⃗⃗⃗⃗,
2 𝑒 ⃗⃗⃗⃗)
3 lié à une abscisse curviligne Υ (Figure 3-2). Ils se décomposent en

contraintes généralisées de membrane (Equation 3-4) et de flexion (Equation 3-5) issues


respectivement de l’intégration des contraintes sur la section et de l’intégration des
contraintes prenant en compte l’éloignement du point considéré par rapport au centre de
gravité de la section.

𝑅 = (∫ (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑠)
𝑒1 𝑒1 + (∫ (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑠)
⃗⃗⃗⃗ 𝑒2 𝑒2 + (∫ (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑠)
⃗⃗⃗⃗ 𝑒3 𝑒3
⃗⃗⃗⃗ (3-4)
∑ ∑ ∑

N Vy Vz

(𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑒1
𝑜
𝑀 = ∫ (𝑦) ⋀ (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑒2 𝑑𝑠
∑ 𝑧

((𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗


𝑒3 )

= (∫ (𝑦 (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗
𝑒3 − 𝑧 (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗)
𝑒2 𝑑𝑠) ⃗⃗⃗⃗
𝑒1 + (∫ (𝑧 (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗)
𝑒1 𝑑𝑠) ⃗⃗⃗⃗
𝑒2
∑ ∑

Mx My

+ (∫ (−𝑦 (𝜎 ∙ 𝑛⃗⃗) ∙ ⃗⃗⃗⃗)


𝑒1 𝑑𝑠) ⃗⃗⃗⃗
𝑒3 (3-5)

Mz

Les efforts intérieurs se décomposent en effort normal 𝑁, efforts tranchants 𝑉𝑦 et 𝑉𝑧


respectivement dans les directions 𝑦 et 𝑧, moment de torsion 𝑀𝑥 et moment de flexion 𝑀𝑦
et 𝑀𝑧 respectivement selon les directions 𝑦 et 𝑧.

70
Chapitre III : Modélisation mécanique

Figure 3-2. Exemple d’un tronçon de poutre et représentation des projections de la force de réaction.

III.2.c Relations d’équilibre

Dans le cadre de la mécanique des milieux continus, l’équilibre de tout élément de


volume est défini par le principe fondamental de la dynamique :

𝑑 2 𝑢(𝑥⃗, 𝑡)
𝜌 = 𝜌𝑓⃗(𝑥⃗, 𝑡) + ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑖𝑣 𝜎(𝑥⃗, 𝑡) ∀ 𝑥⃗ ∈ ℜ (3-6)
𝑑𝑡 2

Cette relation d’équilibre est complétée par des conditions aux limites cinématiques
(Equation 3-7) et des contraintes (Equation 3-8) :

⃗⃗(𝑥⃗, 𝑡) = ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢 𝑢 𝑠 (𝑥⃗, 𝑡) ∀ 𝑥⃗ ∈ 𝜕Ω𝑢 (3-7)

𝜎𝑖𝑗 (𝑥⃗, 𝑡)𝑛𝑗 (𝑥⃗) = ⃗⃗⃗⃗⃗


𝑓𝑖𝑠 (𝑥⃗, 𝑡) ∀ 𝑥⃗ ∈ 𝜕Ω 𝑓 (3-8)

III.3 Modèle poutre

Lors de la modélisation électromagnétique, un motif élémentaire constitué de deux


conducteurs en vis-à-vis a été identifié (Figure 3-3). Le motif correspond à une seule ligne
de conducteurs longitudinaux du serpentin du dispositif.

Figure 3-3. Motif élémentaire pour l’analyse de poutres, réduction du domaine d’étude par symétrie ¼.

71
Chapitre III : Modélisation mécanique

Le conducteur inférieur, collé à la structure rigide de l’aile de l’avion, reste


immobile, pendant que le conducteur supérieur, fixé uniquement à ses extrémités, subit
une déformation élastique sur sa longueur induite par les forces de répulsion
électromagnétiques.

Les conducteurs électriques étant long comparativement à leur largeur et


épaisseur, un modèle de type poutre est considéré dans un premier temps. Seul le
conducteur supérieur est considéré ici car c’est ce dernier qui est mobile et en contact
avec la surface à dégivrer et qui réalisera donc le travail d’expulsion de la glace non-
désirée.

Une poutre est un élément de structure allongé, de section réduite, avec un centre
de gravité G sur la longueur, soumise à des conditions à ses extrémités. La section de la
⃗⃗ et l’état de
poutre est petite face à sa longueur, de sorte que le champ de déplacement 𝑈

contrainte 𝜎 du solide peuvent être approchés uniquement par la valeur de sa


composante en direction de la ligne moyenne du corps. Les déplacements, déformations
et rotations seront considérés petits.

De cette façon, le calcul de la déformation des conducteurs se réduit à un


problème de poutres droites à plans moyen chargées dans un plan. Selon la Figure 3-4,
les efforts internes en tout point d’abscisse x, contenus dans le plan du chargement sont :

 une réaction 𝑅⃗⃗ dans le plan 𝑂𝑥𝑦 ,

 ⃗⃗⃗ dirigé selon 𝑂𝑧 .


un moment 𝑀

La réaction 𝑅⃗⃗ se décompose en un effort normal 𝑁


⃗⃗ [N] et un effort tranchant 𝑇
⃗⃗ [N],
⃗⃗⃗ est un moment de flexion [N∙m].
tandis que le moment 𝑀

Figure 3-4. Réactions et convention d’axes pour l‘élément poutre.

72
Chapitre III : Modélisation mécanique

Les déplacements de tout point de la poutre sont définis par :

- le vecteur déplacement de la fibre moyenne 𝑢


⃗⃗ dans le plan 𝑂xy . Les deux
composantes non nulles de 𝑢
⃗⃗ sont notés 𝑢𝑥 = 𝑢 (déplacement normal) et 𝑢𝑦 = 𝑣
(flèche),
- le vecteur rotation 𝛾⃗ de section selon 𝑂𝑧 , dont la composante non nulle est notée
𝛾𝑧 = 𝜃 (rotation).

Les équations d’équilibre de la poutre s’écrivent :

𝑁 ′ (𝑥) + 𝑝𝑥 (𝑥) = 0 (3-9)

𝑇 ′ (𝑥) + 𝑝𝑦 (𝑥) = 0 (3-10)

𝑀′ (𝑥) + 𝑇(𝑥) + Γ𝑧 (𝑥) = 0 (3-11)

avec 𝑝𝑥 et 𝑝𝑦 les composantes de l’effort 𝑝⃗ (force par unité de longueur) et Γ𝑧 la

composante non nulle du couple Γ⃗ (couple par unité de longueur), constituant le


chargement réparti sur la fibre moyenne de la poutre.

III.3.a Cinématique d’Euler-Bernoulli

La géométrie des conducteurs, de grande longueur comparativement à leur


section, conduit à adopter la cinématique de Bernoulli. Dans cette cinématique, le
déplacement de tout point 𝑚 de la section est une combinaison des déplacements plans
du centre de gravité (𝑢(𝑥), 𝑣(𝑥)) de la section et de la rotation (𝜃(𝑥)) de cette section.
Dans la cinématique de Bernoulli les sections restent normales à la ligne moyenne et le
cisaillement n’est pas pris en compte. Le déplacement d’un point 𝑚 est donc défini par la
cinématique suivante :

𝑑𝑣(𝑥)
𝑢𝑚 (𝑥, 𝑦) = 𝑢(𝑥) − 𝑦 (3-12)
𝑑𝑥

𝑣𝑚 (𝑥, 𝑦) = 𝑣(𝑥) (3-13)

𝑑𝑣(𝑥)
avec : = 𝜃(𝑥)
𝑑𝑥

73
Chapitre III : Modélisation mécanique

Dans le cadre de cette cinématique, les relations d’équilibre (Equation 3-6 à 3-8) que
doivent vérifier le déplacement de tout point 𝑚 d’une section, se réduisent à l’équation
d’Euler-Bernoulli4 [2].

𝑑2 𝑑2 𝑣(𝑥)
(𝐼 ∙ 𝐸 ∙ ) = 𝑝𝑦 (𝑥) (3-14)
𝑑𝑥 2 𝑧 𝑑𝑥 2

Avec 𝐸 le module d’Young du matériel et 𝐼𝑧 le moment quadratique de la section 𝑠 par


rapport à 𝑂𝑧 défini par :

𝐼𝑧 = ∫ 𝑦 2 𝑑𝑠 ( 3-15)
𝑠

Considérant un matériau homogène et isotrope, linéique et élastique, la flèche de la


poutre vérifie l’équation d’équilibre :

𝑑4 𝑣(𝑥)
𝐼𝑧 ∙ 𝐸 ∙ = 𝑝𝑦 (𝑥) (3-16)
𝑑𝑥 4

III.3.b Conditions aux limites

La poutre est soumise à des conditions aux limites à ses extrémités (𝑥 = 0 et 𝑥 =


𝑙). Les conditions aux limites naturelles portent sur les déplacements, rotations, efforts et
moments fléchissant, imposés aux extrémités conformément aux relations (Equations 3-
15 et 3-18 à 3-20) [2]:

𝑑 𝑑 2 𝑣(𝑥)
(𝐼𝑧 ∙ 𝐸 )| = 𝑇 (3-17)
𝑑𝑥 𝑑𝑥 2 𝑥 0

𝑑2 𝑣(𝑥)
𝐼𝑧 ∙ 𝐸 | =𝑀 (3-18)
𝑑𝑥 2 𝑥
0

𝑑𝑣(𝑥)
| = 𝜃(𝑥0 ) (3-19)
𝑑𝑥 𝑥0

avec 𝑥0 = {0, 2}

Les conditions aux limites s’écrivent d’une manière générale :

4 L’étude de cette équation d’équilibre repose sur le fait que la contribution du terme de cisaillement est
inférieur au terme de rotation 𝜃(𝑥) lors du calcul de la flèche 𝑣(𝑥) et peut donc être négligé.

74
Chapitre III : Modélisation mécanique

⃗⃗1 = 𝐹𝑑1
𝑢 = 𝑢𝑑 𝑜u 𝑛⃗⃗ ∙ 𝑁 (3-20)

⃗⃗2 = 𝐹𝑑2
𝑣 = 𝑣𝑑 𝑜u 𝑛⃗⃗ ∙ 𝑁 (3-21)

𝜃 = 𝜃𝑑 𝑜u 𝑛⃗⃗ ∙ 𝑇 = 𝑀𝑑𝑥 (3-22)

⃗⃗⃗ = 𝑀𝑑𝑧
𝑣1𝑥 = 𝜃𝑑 𝑜u 𝑛⃗⃗ ∙ 𝑀 (3-23)

Dans le cadre du problème traité ici, la constitution de la structure du tapis de


dégivrage rend délicate la définition des conditions aux limites. Aussi, pour ce premier
modèle simple dont l’objectif est de permettre de visualiser l’interférence de différents
paramètres, nous considérons deux types de conditions aux limites qui permettront de
définir un encadrement de la solution :

- une poutre bi-appuyée, qui va représenter le cas du déplacement maximal ;


- une poutre bi-encastrée, qui sera équivalente au cas du déplacement minimal.

Le Tableau 3-1 définit les conditions aux limites associées à ces deux types de
comportement.

Tableau 3-1. Traduction des conditions aux limites au niveau des grandeurs mécaniques.

Appui simple Encastrement

Déplacement nul aux Déplacement nul aux


𝑣(x0 ) = 0 𝑣(x0 ) = 0
extrémités extrémités

Moment fléchissant nul Flexion nulle aux


𝑣′′(x0 ) = 0 𝑣′(x0 ) = 0
aux extrémités extrémités

Le traitement de l’équation 3-13 tenant compte de ces conditions aux limites respectives
pour ces deux cas, conduit aux solutions analytiques du déplacement pour une poutre bi-
appuyée (Equation 3-24) et bi-encastrée (Equation 3-25) :

𝑃𝑦
v(𝑥) = (𝑥 4 − 2𝐿𝑥 3 + 𝐿3 𝑥) (3-24)
24 ∙ 𝐸 ∗ 𝐼𝑧

1
v(𝑥) = (𝑥 4 − 𝐿𝑥 3 + 𝐿2 𝑥 2 ) (3-25)
24 ∙ 𝐸 ∗ 𝐼𝑧

75
Chapitre III : Modélisation mécanique

La Figure 3-5 illustre le déplacement d’une poutre de longueur unitaire pour ces
deux types de conditions aux limites.

Figure 3-5. Déplacement analytique pour un chargement uniforme d’une poutre bi-appuyée ou bi-
encastrée.

On observe clairement que pour une donnée d’entrée du chargement de la même


amplitude, les conditions plus restrictives dues à l’encastrement résultent en un
déplacement plus petit par rapport au cas de l’appui. Notre résultat sera en effet encadré
par ces deux cas, malgré la méconnaissance du type d’encastrement réel.

III.3.c Prise en compte d’une discrétisation le long de la poutre

La modélisation électromagnétique montre que l’effort électromagnétique agissant


sur le conducteur n’est pas distribué uniformément en fonction du temps. Le déplacement
sur chaque point est variable selon la position x sur la poutre, ce qui veut dire que l’écart
sur chaque point n’est pas uniforme et donc, l’effort électromagnétique résultant est non
uniforme aussi. Cette non-uniformité est par ailleurs accentuée au cours de l’évolution de
la déformation des conducteurs. Une décomposition de la poutre en un ensemble
d’éléments plus petits permet la prise en compte de cette non-uniformité du chargement
Figure 3-6.

76
Chapitre III : Modélisation mécanique

Figure 3-6. Représentation graphique des modèles d’une poutre discrétisée en n-éléments, appui et
encastrement.

La condition de passage d’un élément à un autre sur le moment fléchissant


(Equation 3-19), l’effort tranchant (Equation 3-18), l’angle (Equation 3-20) et le
déplacement, assure la continuité de la déformation d’un élément à un autre sur la même
poutre. Le traitement des équations dérivées pour tous les éléments est effectué par
résolution d’un système matriciel (ANNEXE D).

La Figure 3-6 illustre la prise en compte de cette discrétisation de la poutre avec


des conditions aux limites de type encastrement et appui-simple. Dans le cas d’un
chargement uniforme, la solution est identique au cas non discrétisé Figure 3-7 a) et b).
Pour le cas du chargement non-uniforme, avec une régularité suffisamment proche du
problème traité ici, la convergence vers la solution est obtenue avec peu d’éléments.

a) b)

c) d)

Figure 3-7. Déformation pour une poutre bi-encastrée et une poutre bi-appuyée, pour un seul élément
poutre a) et avec une discrétisation en 3 éléments b), avec le modèle discrétisé pour un chargement
non uniforme et des conditions aux limites d’appui c) ou d’encastrement d).

77
Chapitre III : Modélisation mécanique

Sur la Figure 3-7 c) et d) on observe les courbes de déformation obtenues avec des
chargements non-uniformes pour les deux types de condition aux limites considérés, on
constate une continuité des courbes liée à une correcte prise en compte des conditions
de continuité.

III.3.d Prise en compte de l’hétérogénéité de la structure via le


calcul d’une rigidité équivalente

La structure complexe du dispositif de dégivrage (Figure 1.10), n’est pas prise en


compte dans cette approche. Il est cependant possible de tenir compte de la charge
mécanique, qui représente la plaque en aluminium à dégivrer, agissant sur le conducteur
en établissant un produit 𝐸 ∙ 𝐼𝑧 équivalent (produit module de Young et moment
quadratique).

Pour cela, une section du blindage, plaque de revêtement en aluminium, est


disposée au-dessus du conducteur en cuivre (Figure 3-8). La fine couche de matériau
isolant, d’environ 25 µm, positionnée entre le conducteur et la plaque n’est pas prise en
compte.

Figure 3-8. Section de la poutre 3D, segment de blindage en aluminium (suffixe alu, i = 1) et
conducteur longitudinal en cuivre (suffixe cui, i=2).

Pour chaque élément 𝑖 constituant l’empilement de la poutre, la procédure suivante est


appliquée.

1) Calcul des largeurs équivalentes :

𝐸𝑖
𝑌𝑒𝑞 𝑖 = 𝑌𝑖 (3-26)
𝐸𝑟𝑒𝑓

2) Calcul de la ligne neutre :

78
Chapitre III : Modélisation mécanique

∑𝑛𝑖=1 𝑍𝑝 𝑖 ∙ 𝑌𝑒𝑞 𝑖 ∙ 𝑍𝑖
𝑍𝑛 = (3-27)
∑𝑛𝑖=1 𝑌𝑒𝑞 𝑖 ∙ 𝑍𝑖

3) Calcul des moments quadratiques :

𝐼𝑛 𝑖 = 𝐼𝑧 𝑖 + 𝑆𝑖 ∙ 𝑑𝑖2 (3-28)

avec :
𝑌𝑒𝑞 𝑖 ∗ 𝑍𝑖3
𝐼𝑧 𝑖 = (3-29)
12

𝑑𝑖 = |𝑍𝑛 − 𝑍𝑝 𝑖 | (3-30)

𝑆𝑖 = 𝑌𝑒𝑞 𝑖 ∗ 𝑍𝑖 (3-31)

4) Et finalement, calcul de la valeur 𝐸𝐼𝑒𝑞 de la poutre :

𝐸 ∙ 𝐼𝑒𝑞 = 𝐸𝑟𝑒𝑓 ∗ ∑ 𝐼𝑛𝑒𝑢𝑡𝑟𝑒 𝑖 (3-32)


𝑖=1

Le produit 𝐸 ∙ 𝐼𝑧 évolue énormément selon l’hypothèse considérée (Tableau 3-2). C’est un


facteur important pour l’évolution du déplacement. Pour cette approche, seuls des
aspects qualitatifs pourront donc être analysés.

Tableau 3-2. Calcul comparatif de différents 𝑬 ∙ 𝑰𝒛 pour un nombre d’éléments n.

Données Valeur résultante


Poutre simple Cuivre 𝐸𝐼 = 9,703 x10-5
(𝑛 = 1) Ecui = 115 GPa
Ycui = 3 mm
Zcui = 150 µm
Poutre chargée Cuivre Aluminium 𝐸𝐼𝑧 = 0,021
(𝑛 = 2) Ecui = 115 GPa Ealu = 71 GPa
Ycui = 3 mm Ecart = 125 µm
Zcui = 150 µm Yalu = 21 mm
Zpcui = 137,5 µm Zalu = 0,5 mm
Zpalu= 462,5 µm

79
Chapitre III : Modélisation mécanique

III.3.e Prise en compte du feuilletage des conducteurs

Les conducteurs du serpentin ne sont pas massifs mais constitués de deux


lamelles (Figure 3-9). Dans ce paragraphe, la pertinence de l’hypothèse 1 proposée dans
le chapitre 1, en relation au comportement mécanique est analysée.

Figure 3-9. Décomposition des conducteurs du modèle en deux lamelles par ligne.

Le découpage est voulu par le partenaire Zodiac pour les raisons suivantes :

- la disponibilité du matériau, certaines épaisseurs de lamelle ne sont pas


commercialisées,
- la diminution de la rigidité du conducteur pour augmenter la déformation,
- la diminution des courants induits, grâce à la diminution de l’épaisseur des
conducteurs.

Ce feuilletage des conducteurs va conduire à des déformations différentes entre les


lamelles. Ce fait est lié d’une part à des champs magnétiques d’intensité différentes
agissant sur les lamelles, et d’autre part à une charge mécanique différente entre les
conducteurs. Une conséquence est une possible mise en contact mécanique des deux
lamelles, ce qui affecterait le comportement mécanique du dispositif.

Dans le but d’identifier si le contact a lieu, trois cas sont considérés par la
suite (Tableau 3-3).

Tableau 3-3. Description des trois cas comparatifs pour l’étude du feuilletage des conducteurs.

Cas 1.- Conducteur inferieur et supérieur


massifs.

80
Chapitre III : Modélisation mécanique

Cas 2.- Conducteur inferieur massif et


conducteur supérieur décomposé en 2
lamelles.

Cas 3.- Conducteur inferieur et supérieur


décomposés en 2 lamelles.

C1, C2, C3, C4, sont les conducteurs.

Pour le cas 2, le conducteur 2 subit des interactions issues des conducteurs 1 et 3


qui s’ajoutent, tandis qu’elles s’opposent pour le conducteur 3. Il en ressort un effort
résultant moindre agissant sur le conducteur 3 que sur le conducteur 2. Pour le cas 3, les
mêmes analyses et conclusions peuvent être établies.

A ce stade, on est en droit de se demander si le gain obtenu sur la souplesse des


conducteurs n’est pas contrebalancé par la réduction des efforts électromagnétiques
agissant sur les conducteurs due à son opposition.

Pour l’évolution de ces trois cas, les données géométriques sont indiquées dans le
Tableau 3-4. Les données des matériaux sont celles du Tableau 3-2.

Tableau 3-4. Données géométriques pour l’analyse de l’impact du feuilletage des conducteurs.

Données
𝐼 courant d’alimentation par couche/spire/niveau 5800 A
Epaisseur du conducteur massif 150 µm
Epaisseur d’une lamelle 75 µm
Ecart entre les deux conducteurs massifs ou entre les deux 125 µm
lamelles intérieures
Brasure (écart entre les deux lamelles du même conducteur) 25 µm
Longueur 223 mm
Largeur 3 mm
Epaisseur du blindage en aluminium 0,5 mm

81
Chapitre III : Modélisation mécanique

Largeur du blindage en aluminium de la bande au-dessus d’une 21 mm


ligne conductrice

Le Tableau 3-5 recueille les résultats du bilan des efforts pour les trois cas,
calculés à l’aide du modèle électromagnétique final construit sur les logiciels McMMems
et CADES.

Tableau 3-5. Cas étudiés pour la décomposition des conducteurs en multiples lamelles.

Cas 1 Cas 2 Cas 3

Conducteur supérieur : Conducteur supérieur Conducteur supérieur


interne : interne :
(+) 𝐷𝐹𝐶2 = 5662 𝑁/𝑚 (+) 𝐷𝐹𝐶2 = 4497 𝑁/𝑚 (+)𝐷𝐹𝐶3 = 4475 𝑁/𝑚

(+) 𝐹𝐶2 = 1263 𝑁 (+) 𝐹𝐶2 = 1003 𝑁 (+) 𝐹𝐶3 = 998 𝑁


Efforts

Conducteur supérieur Conducteur supérieur


externe : externe :
(+) 𝐷𝐹𝐶3 = 1122 𝑁/𝑚 (+)𝐷𝐹𝐶4 = 1103 𝑁/𝑚

(+)𝐹𝐶3 = 250 𝑁 (+) 𝐹𝐶4 = 246 𝑁


Déplacemen

Modèle 𝑢𝑧𝐶2 = 8,79 𝑚 𝑢𝑧𝐶2 = 6,98 𝑚 𝑢𝑧𝐶3 = 6,94 𝑚


ts

appui 𝑢𝑧𝐶3 = 1,74 𝑚 𝑢𝑧𝐶4 = 1,71 𝑚

82
Chapitre III : Modélisation mécanique

𝑢𝑧𝐶2 = 1,76 𝑚 𝑢𝑧𝐶2 = 1,40 𝑚 𝑢𝑧𝐶3 = 1,39 𝑚


Modèle
𝑢𝑧𝐶3 = 0,35 𝑚 𝑢𝑧𝐶4 = 0,34 m
encastre-
ment

On observe que du fait de phénomènes contraires et de l’ajout d’une couche qui


contribue à augmenter l’écart avec la source de la force de répulsion, les efforts subis par
les différentes lamelles sont diminués quand on compare les cas 2 et 3 par rapport au cas
1 (Tableau 3-5). Quand le conducteur est feuilleté, chaque sous-élément du conducteur
subit une force moindre.

Le calcul de la déformation des conducteurs est effectué avec une discrétisation


en 5 éléments. On considère le cas 2 comme référence pour la suite, dû à un bon rapport
entre précision et complexité.

a)

83
Chapitre III : Modélisation mécanique

b)

Figure 3-10. Mise en évidence d’une interférence entre les conducteurs C2 et C3, déplacement avec
conditions aux limites du type appui a) et du type encastrement b).

Les résultats montrent que l’effort appliqué sur la lamelle intérieure, conducteur
C2, est suffisant pour qu’elle entre en contact avec la lamelle extérieure, conducteur C3
(Figure 3-10). Le déplacement calculé pour la lamelle supérieure interne est plus
important que celui de la lamelle supérieure externe. Il n’est physiquement pas possible
que le déplacement de la lamelle intérieure soit plus important que celui de la lamelle
extérieure. Une contrainte est manquante pour définir l’interaction mécanique entre les
lamelles des conducteurs à partir du moment où elles entrent en contact.

On observe aussi que les déplacements obtenus avec ce modèle sont de l’ordre
du mètre; très éloignés des déplacements mesurés lors des expériences menées par le
partenaire Zodiac donnant une valeur approchée du millimètre. Ces valeurs témoignent
des limitations de ce modèle et de la difficulté à prendre en compte les conditions aux
limites réellement en jeu dans le fonctionnement du dispositif.

Notons finalement qu’il n’y a pas d’isolation électrique (autre que l’air) entre les
deux lamelles. Il est difficile de connaitre les conséquences électriques et mécaniques de
ce contact car pour l’instant il n’est pas possible de déterminer le moment précis où le
contact s’établit.

III.3.f Conclusions sur l’approche « poutre »

La modélisation traitée ici repose sur la théorie des poutres qui favorise une
direction principale. Bien que les résultats ne soient pas exploitables, d’un point de vue
quantitatif liés aux hypothèses sous-jacentes à cette approche, cette première approche
simpliste permet une analyse qualitative du comportement du dispositif.

84
Chapitre III : Modélisation mécanique

Il a notamment pu être mis en avant l’importance du feuilletage des conducteurs et


leur interaction mécanique. La structure complexe du dispositif et la définition des
conditions aux limites sont les principales limitations. Une cartographie de la déformation
du dispositif effectuée par le partenaire Zodiac met en avant une surface déformée,
faisant apparaitre des crêtes à l’emplacement des conducteurs et des vallées à
l’emplacement des plots en élastomère (Figure 3-11).

Figure 3-11. Instantané du film fourni par ZODIAC montrant le déplacement de la structure à l’instant
t = 0,185 ms, vmax(x,y) = 0,35 mm [3] .

Ceci nous conduit à adopter pour la suite de la modélisation une approche de type
plaque et la présence d’efforts de rappel imposés par les plots élastomères.

III.4 Modèle plaque

Une plaque est un corps solide dont une des dimensions, l’épaisseur, est petite
devant les autres. Cela correspond, typiquement, à un rapport de la taille caractéristique
𝐿
de la plaque sur l’épaisseur ℎ
> 5. La surface de la plaque, ou feuillet moyen, est plane.

Comme dans le cas des poutres, les grandeurs ne sont plus définies en 3D, mais selon
l’épaisseur et le plan de la plaque. On définit alors des caractéristiques des forces par
unité de longueur (des contraintes intégrées sur l’épaisseur de la plaque).

85
Chapitre III : Modélisation mécanique

III.4.a Plaques de Kirchhoff - Love

Par la suite, on considère que l’épaisseur de la plaque est supposée très petite
devant la taille caractéristique de la plaque. Il en découle que le cisaillement transverse
est négligé et les hypothèses suivantes sont ajoutées :

- le feuillet moyen ne subit pas de déformation dans son plan, seul le déplacement
transversal noté 𝑤(𝑥, 𝑦) des points du feuillet moyen est considéré,
- les sections normales au feuillet moyen restent normales lors de la déformation
(du fait que le cisaillement est négligé),
- hypothèse des petites déformations.

Il en découle que les hypothèses cinématiques de la plaque de Kirchhoff – Love sont


absolument similaires à celles relatives aux poutres de Bernoulli. Ainsi, le déplacement de
tout point de la plaque de position (𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑡 s’exprime par :

𝑢𝑚 𝑢(𝑥, 𝑦) + 𝑧 𝜃𝑦 (𝑥, 𝑦)
𝑢 𝑣
⃗⃗𝑚 = ( 𝑚 ) = (𝑣(𝑥, 𝑦) − 𝑧 𝜃𝑥 (𝑥, 𝑦)) (3-33)
𝑤𝑚 𝑤(𝑥, 𝑦)

𝜕𝑤 𝜕𝑤
avec : 𝜃𝑥 = et 𝜃𝑦 = − 𝜕𝑥
𝜕𝑦

III.4.b Equations d’équilibre

Les relations d’équilibre d’une plaque orthotrope dans le cadre de la théorie de


Kirchhoff – Love s’écrivent :

membrane :

𝜕𝑁𝛼𝛽 (𝑥𝑚 )
+ 𝑝𝛼 (𝑥𝑚 ) = 0 (3-34)
𝜕𝛽

flexion :

𝜕 2 𝑀𝛼𝛽 (𝑥𝑚 )
+ 𝑝(𝑥𝑚 ) = 0 (3-35)
𝜕𝛼 𝜕𝛽

avec (𝛼, 𝛽) = {𝑥, 𝑦}, 𝑝𝛼 (𝑥𝑚 ) les efforts répartis dans le plan de la plaque, 𝑝(𝑥𝑚 ) la
pression et les relations de comportement pour une plaque orthotrope linéaire :

86
Chapitre III : Modélisation mécanique

𝐸𝑥 ∙ ℎ
∙ (𝜀𝑥𝑥 + 𝜐𝑦𝑥 + 𝜀𝑦𝑦 )
ℎ/2 1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥
𝑁𝛼𝛽 = ∫ 𝜎𝛼𝛽 𝑑𝑧 = 𝐸𝑦 ∙ ℎ (3-36)
−ℎ/2 ∙ (𝜀𝑦𝑦 + 𝜐𝑥𝑦 + 𝜀𝑥𝑥 )
1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥
{ 2 ∙ 𝐺𝑥𝑦 ∙ ℎ ∙ 𝜀𝑥𝑦

𝐸𝑥 ∙ ℎ3
∙ (𝑘𝑥𝑥 + 𝜐𝑦𝑥 + 𝑘𝑦𝑦 )
12(1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥 )
ℎ/2
𝐸𝑦 ∙ ℎ3
𝑀𝛼𝛽 = ∫ 𝑧 ∙ 𝜎𝛼𝛽 𝑑𝑧 = ∙ (𝑘𝑦𝑦 + 𝜐𝑥𝑦 + 𝑘𝑥𝑥 ) (3-37)
−ℎ/2 1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥
2 ∙ 𝐺𝑥𝑦 ∙ ℎ3
{ ∙ 𝑘𝑥𝑦
12

avec :

1 𝜕𝑢𝛼 𝜕𝑢𝛽 1 𝜕 2𝑤
𝜀𝛼𝛽 = ( + ) et 𝑘𝛼𝛽 = ( );
2 𝜕𝑥𝛽 𝜕𝑥𝛼 2 𝜕𝑥𝛼 𝜕𝑥𝛽

𝐸𝑥 et 𝐸𝑦 sont les modules d’Young (Pa) selon les directions x et y respectivement, 𝜐𝑥𝑦 et
𝜐𝑦𝑥 les coefficients de Poisson entre les directions 𝑥 et 𝑦, 𝐺𝑥𝑦 le coefficient de cisaillement
et ℎ l’épaisseur de la plaque (m).

En injectant les relations de comportement dans les équations d’équilibre, ces


derniers s’expriment en fonction des déplacements uniquement et correspondent aux
équations de Navier. Dans le cas de la flexion pure, la relation d’équilibre s’écrit :

𝜕 4 𝑤(𝑥, 𝑦) ′
𝜕 4 𝑤(𝑥, 𝑦) 𝜕 4 𝑤(𝑥, 𝑦)
𝐷𝑥 + 2(2𝐷𝑥𝑦 + 𝐷 𝑥𝑦 ) + 𝐷𝑦 + 𝑝(𝑥𝑚 ) = 0 (3-38)
𝜕𝑥 4 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑦 4

avec :

𝐸𝑥 ∙ ℎ3 𝐸𝑦 ℎ3 𝐺𝑥𝑦 ∙ ℎ3 𝜐𝑦𝑥 ∙ 𝐸𝑥 ∙ ℎ3
𝐷𝑥 = ; 𝐷𝑦 = ; 𝐷𝑥𝑦 = ; 𝐷′𝑥𝑦 =
12(1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥 ) 12(1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥 ) 12 12(1 − 𝜐𝑥𝑦 𝜐𝑦𝑥 )

Dans le cas d’un matériau isotrope, l’équation s’écrit :

−𝐷 ∙ Δ2 𝑤(𝑥, 𝑦) + 𝑝(𝑥𝑚 ) = 0 (3-39)

𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦) 𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦) 𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦)


avec : Δ2 𝑤(𝑥, 𝑦) = +2 +
𝜕𝑥 4 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑦 4

87
Chapitre III : Modélisation mécanique

E∙ℎ3
et 𝐷= la rigidité de flexion.
12(1−υ2 )

III.4.c Résolution par la méthode des bandes

La résolution de (Equation 3-40) pour le calcul de la déformation d’une plaque


soumise à une répartition linéique de charge, sans cisaillement et à des conditions aux
limites aux bords, peut être obtenue par différentes méthodes analytiques ou numériques.
Dans les méthodes analytiques, la solution de Navier repose sur une double
décomposition en série trigonométrique pour calculer la déformation d’une plaque
soumise à un chargement quelconque. Cette méthode transforme donc l’équation
différentielle en équation algébrique. Elle reste cependant limitée à des conditions aux
limites de type appui simple.

La méthode de Levy utilise une décomposition de la solution en une solution


homogène et une solution particulière. La solution particulière est présupposée via
l’écriture d’une décomposition en série trigonométrique dont les coefficients sont calculés
pour satisfaire l’équation d’équilibre et les conditions aux limites. Comparativement à la
méthode de Navier, la méthode de Levy peut résoudre des problèmes avec des
conditions aux limites plus compliquées. Elle reste cependant limitée aux plaques ayant
au moins deux conditions aux limites de type appui simple.

La méthode de Ritz peut être utilisée pour déterminer une solution approchée pour
des conditions aux limites plus générales, tant que des fonctions d’approximation
appropriées peuvent être trouvées pour le problème. La principale limitation de la
méthode de Ritz est que la solution converge lentement, à moins que la complexité des
fonctions d’approximation ne soit augmentée.

Les méthodes numériques, différences finies et éléments finis, sont également


utilisées pour résoudre ce type de problème. Elles reposent sur la résolution d’un système
d’équations algébriques linéaires. Les résultats obtenus par ces méthodes sont
suffisamment précis dès lors qu’un maillage relativement fin est utilisé.

Une méthode analytique, Analytical Strip Method (ASM) [4], a été retenue. Cette
méthode analytique permet l’analyse de plaques soumises à différents types de
chargement (ponctuel, linéique, partiellement uniforme, surfacique, non uniforme). Elle
repose sur une décomposition de la plaque en bandes, dont le nombre dépend des
discontinuités géométriques, du type et de la localisation des chargements.

88
Chapitre III : Modélisation mécanique

La méthode repose sur une séparation des variables, où la solution pour chaque
bande de la plaque est exprimée par une décomposition en série de Fourier et les
charges sont exprimées par une série correspondante. Le principal avantage de la
méthode est que, contrairement aux méthodes numériques, la précision du résultat ne
dépend pas de la discrétisation du système, mais du nombre de modes considérés dans
la série de Fourier. Le nombre d’équations et la difficulté de calcul sont fortement réduits
grâce à cette solution semi-analytique.

Dans le cadre de l’approche ASM, la configuration de la plaque et des


chargements associés est présentée Figure 3-12. La plaque peut être chargée de
manière ponctuelle ou uniforme, le long de lignes ou d’une surface partielle [5].

Figure 3-12. Définitions des bandes et poutres dans le modèle mécanique plaque.

La prise en compte de ces chargements repose sur une discrétisation de la plaque en


éléments bande. Pour la bande 𝑖, la solution générale de (Equation 3-40) peut s’écrire :

𝑊𝑖 (𝑥, 𝑦) = 𝑊ℎ𝑖 (𝑥, 𝑦) + 𝑊𝑝𝑖 (𝑥, 𝑦) (3-40)

avec la solution homogène 𝑊ℎ𝑖 (𝑥, 𝑦) et 𝑊𝑝𝑖 (𝑥, 𝑦) la solution particulière qui dépend
directement du type de chargement appliqué à la bande 𝑖. Toutes les solutions possibles
pour 𝑊ℎ𝑖 (𝑥, 𝑦) sont données en ANNEXE E. On y trouve aussi les solutions particulières
𝑊𝑝𝑖 (𝑥, 𝑦) pour les chargements les plus courants. Si la bande 𝑖 est soumise à une

89
Chapitre III : Modélisation mécanique

combinaison de chargements, la méthode de superposition est employée pour déterminer


la solution particulière :

𝑊𝑝𝑖 (𝑥, 𝑦) = ∑ 𝑊𝑝𝑖𝑗 (𝑥, 𝑦) (3-41)


𝑗

où k représente le nombre total de chargements appliqués à la bande 𝑖.

Prise en compte des supports


Les appuis intermédiaires, autres que les conditions aux limites, sont représentés
par des poutres. Dans le problème traité, ces éléments poutres sont associés aux
conducteurs sous la plaque. Cela implique un découpage en bandes et la prise en compte
d’équations différentielles supplémentaires. Pour la poutre 𝑗 localisée sur la ligne 𝑥 = 𝑥𝑖 ,
la rotation axiale est supposée totalement retenue aux extrémités de la poutre (𝑦 = 0 et
𝑦 = 𝑏). L’équilibre de la poutre, considérant la flexion, la torsion et les contraintes de
déformation, conduit aux deux équations différentielles pour la poutre 𝑗 :

𝑑 4 𝑊𝑝𝑗
𝑄𝑝𝑗 = 𝐸𝑝𝑗 𝐼𝑝𝑗 (3-42)
𝑑𝑦 4

𝑑2 θ𝑝𝑗 𝑑 4 θ𝑝𝑗
𝑇𝑏𝑗 = 𝐺𝑝𝑗 𝐽𝑝𝑗 ∙ + 𝐸𝑝𝑗 C𝑝𝑗 ∙ (3-43)
𝑑𝑦 2 𝑑𝑦 4

où 𝑄𝑝 et 𝑇𝑝 représentent, respectivement, le chargement latéral et le moment de torsion


par unité de longueur, 𝑊𝑝 et θ𝑝 la déformation et l’angle de torsion, 𝐸𝑝 𝐼𝑝 la rigidité de

flexion de poutre, 𝐺𝑝 𝐽𝑝 la rigidité de torsion et 𝐸𝑝 𝐶𝑝 la rigidité de déformation.

Conditions de continuité et aux limites


Le découpage en bandes de la plaque impose d’assurer la continuité des grandeurs
physiques entre bandes. Dans le Tableau 3-6 sont définies les conditions de continuité
pour une arête 𝑥𝑖 entre deux bandes. Les conditions aux limites sont définies sur le
Tableau 3-7.

Tableau 3-6. Conditions de continuité pour une arête 𝒙 = 𝒙𝒊 .

Sans présence de poutre Avec présence de poutre


𝑊𝑝𝑗 = 𝑊𝑖 = 𝑊𝑖+1
𝑊𝑖 = 𝑊𝑖+1

90
Chapitre III : Modélisation mécanique

𝜕𝑊𝑖 𝜕𝑊𝑖+1
= 𝜕𝑊𝑖 𝜕𝑊𝑖+1
𝜕𝑥 𝜕𝑥 θ𝑝𝑗 = − =−
𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑀𝑥𝑖 = −𝑀𝑥(𝑖+1) 𝑄𝑝𝑗 = 𝑅x(i+1) − 𝑅𝑥𝑖 + 𝐽𝑚𝑖
𝑅𝑥𝑖 = 𝑅𝑥(𝑖+1) 𝑇𝑝𝑗 = 𝑀𝑥(𝑖+1) − 𝑀𝑥𝑖

Tableau 3-7. Conditions aux limites au niveau des arêtes 𝒙 = 𝟎 et 𝒙 = 𝒙𝑵 .

Arête Appui simple Encastrement Libre Présence de poutre

𝒙=𝟎 𝑊1 = 0 𝑊1 = 0 𝑀𝑥1 = 0
𝑊𝑝1 = 𝑊1
𝑀𝑥1 = 0 𝜕𝑊1 𝑅𝑥1 = − 𝐽𝑚0 𝜕𝑊1
=0 θ𝑝1 = −
𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑄𝑝1 = 𝑅𝑥1 + 𝐽𝑚0
𝑇𝑝1 = − 𝑀𝑥1

𝑊𝑁 = 0 𝑊𝑁 = 0 𝑀𝑥𝑛 = 0
𝑊𝑝𝑆 = 𝑊𝑁
𝒙 = 𝒙𝑵 𝜕𝑊𝑁
𝑀𝑥𝑁 = 0 𝑅𝑥𝑁 = −𝐽𝑚𝑛 𝜕𝑊𝑁
=0 θ𝑝𝑆 = −
𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝑄𝑝𝑆 = −𝑅𝑥𝑁 + 𝐽𝑚𝑛
𝑇𝑝𝑆 = −𝑀𝑥𝑁

Les chargements ponctuels et linéiques contribuent au découpage de la plaque en


poutres. Ces chargements, exprimés par une décomposition en séries de Fourier, sont
introduits dans la solution comme une discontinuité dans l’effort de cisaillement le long de
la ligne

La superposition est employée quand une crête est soumise à une combinaison
du chargement afin de déterminer la fonction de chargement sur l’arête :

𝐽𝑚𝑖 (𝑦) = ∑ 𝐽𝑚𝑖𝑗 (𝑦) (3-44)


𝑗=1

où 𝑝 représente le nombre de chargements appliqués à l’arête 𝑥 . Le calcul des


coefficients 𝐽𝑚𝑖 est détaillé dans l’ ANNEXE E.

91
Chapitre III : Modélisation mécanique

III.4.d Modélisation du tapis de dégivrage

Le modèle et son implémentation ont été soumis à différents cas test pour
validation pour ensuite adapter le modèle au cas du dispositif étudié.

Plaque chargée sur plusieurs lignes


On considère une plaque soumise à quatre chargements linéiques (Figure 3-13).
Les dimensions de la plaque correspondent à celle du tapis de dégivrage.

𝒂 = 0,084 m
𝒃 = 0,223 m
𝒉 = 500 µm
x1 = a/5
x2 = 2a/5
x3 = 3a/5
x4 = 4a/5
𝑬𝒙 = 𝑬𝒚 = 71 GPa
𝝏𝒙 = 𝝏𝒚 = 0,3
𝑮 = 25,8 GPa
𝑳𝒚𝟏 = 1000/b N/m
𝑳𝒚𝟐 = 500/b N/m
𝑳𝒚𝟑 = 1500/b N/m
𝑳𝒚𝟒 = 200/b N/m

Figure 3-13. Plaque chargée sur plusieurs lignes // Oy.

Le calcul de la déformation de la plaque peut se faire de deux façons :

- calcul avec une discrétisation en bandes et quatre charges définies au niveau des
quatre arêtes (cas 1),
- application du principe de superposition sur les déformations obtenues par le
calcul des quatre sous-problèmes :
o chargement sur 𝑳𝒚𝟏 , 2 bandes et 4 appuis, (cas 2),
o chargement sur 𝑳𝒚𝟐 , 2 bandes et 4 appuis, (cas 3),
o chargement sur 𝑳𝒚𝟑 , 2 bandes et 4 appuis, (cas 4),
o chargement sur 𝑳𝒚𝟒 , 2 bandes et 4 appuis, (cas 5).

La résolution par superposition des déformations des sous-problèmes conduit à 32 𝑥 𝑚


inconnues, tandis que la résolution du système global avec cinq bandes et quatre
chargements implique 20 𝑥 𝑚 inconnues.

92
Chapitre III : Modélisation mécanique

On constate que les déformations obtenues avec ces deux méthodes, Figure 3-14
𝑏
pour une ligne en 𝑦 = 2, sont identiques. Par la suite, la méthode de calcul de la

déformation de la plaque dans son ensemble sera retenue, car moins couteuse en temps
de calcul.

Figure 3-14. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 des 5 situations – application du théorème de
superposition.

La Figure 3-15 représente la déformation de la plaque pour le chargement défini sur la


Figure 3-13. Dans ce cas, la déformation de la plaque peut être qualifiée de plan uniforme
du fait de l’absence de plots de rappel.

93
Chapitre III : Modélisation mécanique

Déformation de la plaque

0.14
0.2
0.12
X: 0.042
Y: 0.1115
Z: 0.1588
0.15
0.1
W(m)

0.1
0.08

0.05
0.06

0
0 0.04
0.02
0.25
0.04 0.2 0.02
0.06 0.15
0.1
X(m) 0.08
0.05 Y(m)
0.1 0

Figure 3-15. Déformation de la plaque en 3D du cas 1.

Plaque chargée avec poutres


On considère la plaque de la section précédente à laquelle ont été associées quatre
poutres représentant les conducteurs du dispositif de dégivrage original (Figure 3-16).

Plaque Poutre
𝑎 = 0,084 m 𝑎 = 3 mm
𝑏 = 0,223 m 𝑏 = 0,223 m
ℎ = 500 µm ℎ = 75 µm
𝐸𝑥 =𝐸𝑦=71GPa 𝐸𝑐𝑢𝑖𝑣𝑟𝑒 =115 GPa
𝜕𝑥 = 𝜕𝑦 = 0,3
𝐺= 25,8 GPa
𝐿𝑦𝑛 = 5761 N/m

Figure 3-16. Données d’entrée pour l’évaluation du modèle plaque avec 4 chargements linéiques et 4
poutres en cuivre.

La plaque est soumise à quatre chargements linéiques, et des conditions aux limites de
type encastrement ont été définies sur les quatre bords de la plaque. Il est visible (Figure
3-17) que la prise en compte des conducteurs sur le calcul de la déformation de la plaque
ne modifie que très légèrement le déplacement maximal obtenu.

94
Chapitre III : Modélisation mécanique

0.04 0.04

0.035 0.035

0.03 0.03
X: 0.042 X: 0.042
0.05 Y: 0.1115
0.05 Y: 0.1115
0.025
Z: 0.04445 0.025 Z: 0.04422

0.04 0.02 0.04 0.02


0.03 0.015 0.03 0.015
W(m)

W(m)
0.02 0.01 0.02 0.01

0.01 0.005 0.01 0.005

0 0
0 0.25
0.25 0
0.02 0.02 0.2
0.2
0.04 0.15 0.04 0.15
0.06 0.1 0.06 0.1
Y(m)
X(m) 0.08 0.05 Y(m) X(m) 0.08 0.05
0.1 0 0.1 0

a) Sans poutre à l’emplacement des b) Avec poutre à l’emplacement des


conducteurs W max = 4.44 cm conducteurs W max = 4.42 cm

Figure 3-17. Déformations issues du modèle plaque avec 4 chargements sans a) et avec b) des
poutres en cuivre et 4 encastrements comme conditions aux limites.

La rigidité faible des conducteurs, vis-à-vis de celle de la plaque, explique le peu


d’influence de la modélisation mécanique des conducteurs sur la déformation totale.

Plaque chargée et plots de rappel


Les plots de rappel présents dans la structure du tapis de dégivrage (Figure 3-18)
sont maintenant pris en compte dans le calcul de la déformation du tapis.

Figure 3-18. Position des plots de rappel, vue supérieure sur le plan XY.

Pour ce faire, chaque plot est assimilé à un ressort dont la raideur équivalente est
obtenue à l’aide des caractéristiques des plots. La force élastique résultante est ajoutée
dans la fonction de chargement 𝐽𝑚𝑖 (Equation 3-44) comme force ponctuelle.

𝐹𝑝 (w) = 𝑘𝑒𝑞 ∙ 𝑤(𝑥𝑝 , 𝑦𝑝 ) (3-45)

95
Chapitre III : Modélisation mécanique

𝑆∙𝐸
avec 𝑘𝑒𝑞 =
𝑙

où 𝑆 est la section du plot, 𝑙 la longueur du plot et 𝐸 le module d’Young du plot.

La modélisation de la plaque, avec la configuration de conducteurs et de plots de


rappel du tapis de dégivrage, est comparée à une modélisation éléments finis issue du
logiciel COMSOL® multiphysique. Les conditions de sollicitation (𝐿𝑦𝑖 = 5400 N/m) et les
conditions aux limites de type encastrement sont identiques pour les deux approches.

La distribution du champ de déplacement 𝑤(𝑥, 𝑦) obtenue pour ces deux


approches est représentée dans la Figure 3-19.

-3
x 10
0.22
4
0.2

0.18 3.5

0.16
3
0.14
2.5
Y(m)

0.12

0.1 2

0.08 1.5

0.06
1
0.04
0.5
0.02

-0.05 0 0.05 0.1 0.15


X(m)

Figure 3-19. Comparaison pour la prise en compte des plots par des ressorts équivalents : l’approche
analytique à gauche, modèle COMSOL® à droite.

Les résultats sont très proches, avec un déplacement maximal de 4,5 mm pour l’approche
éléments finis et de 4,4 mm avec l’approche analytique.

Les Figure 3-20 à Figure 3-22 donnent des détails de ces résultats le long des lignes :

- au niveau des conducteurs (Figure 3-20),


- au niveau des plots (Figure 3-21),
- sur une ligne transversale (Figure 3-22).

96
Chapitre III : Modélisation mécanique

-3
x 10
4.5

3.5
Méthode analytique
Méthode FEM
3

2.5

W (m)
2

1.5

0.5

0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
Y (m)

Figure 3-20. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne au niveau des
conducteurs.

-3
x 10
3.5

2.5
Méthode analytique
Méthode FEM
2
W (m)

1.5

0.5

0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
Y(m)

Figure 3-21. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne au niveau des
plots.

97
Chapitre III : Modélisation mécanique

-3
x 10
4.5

3.5

3
Méthode analytique
Méthode FEM
2.5

W (m)
2

1.5

0.5

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09
X (m)

Figure 3-22. Comparaison approche éléments finis et semi-analytique sur une ligne transversale au
milieu du dispositif.

Les résultats mettent en avant l’importance des plots dans la déformation de la plaque,
via l’action de rappel qu’ils exercent sur la plaque.

Performances de la modélisation analytique


La modélisation analytique développée ici repose sur le calcul d’une somme infinie
dans l’évolution des contraintes et du déplacement. D’après les tests avec plusieurs
valeurs pour le paramètre 𝑚 et en fonction de son impact sur le résultat, il a été démontré
la possibilité de limiter le nombre de termes de cette somme (𝑚 = 5) sans perdre en
précision. Ceci rend alors particulièrement rapide la résolution du modèle
comparativement aux approches numériques. Les Figure 3-23 et Figure 3-24 illustrent
l’influence du nombre de termes dans la somme infinie.

Il en ressort que si le nombre de termes est insuffisant, le déplacement est


maximisé. L’augmentation du nombre de terme s’accompagne de la convergence vers
une solution du problème. La forme de déformation résulte en une ondulation, similaire à
la forme de la déformation rencontré lors des essais du partenaire Zodiac (Figure 3-11),
avec des crêtes et des vallées.

98
Chapitre III : Modélisation mécanique

-3
x 10
3.5

m=5
3 m=6
m=7
m=8
2.5 m=9
m=10
m=11
2 m=12
W(m)

m=13
m=14
1.5

0.5

0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
Y(m)

Figure 3-23. Déplacement sur une ligne au niveau des plots en fonction du nombre de termes dans la
somme.

-3
x 10
5
m=5
4.5 m=6
m=7
4 m=8
m=9
m=10
3.5
m=11
m=12
3
m=13
W(m)

m=14
2.5

1.5

0.5

0
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
Y(m)

Figure 3-24. Déplacement sur une ligne au niveau des conducteurs en fonction du nombre de termes
dans la somme

La contrepartie liée à l’augmentation du nombre de termes est l’augmentation du nombre


d’inconnues lors de la résolution (Figure 3-25). Cependant, ce nombre reste en deçà de
celui associé à une résolution par éléments finis.
99
Chapitre III : Modélisation mécanique

450

400

Nombre d'inconnues
350

300

250

200

150
5 6 7 8 9 10 11 12 13 14
m

Figure 3-25. Nombre d’inconnues en fonction du nombre de terme de la série.

III.5 Conclusions

Une approche progressive de résolution du problème mécanique a été mise en place.

Dans un premier temps, étant donné qu’un motif élémentaire constitué d’un seul
conducteur (avec son vis-à-vis comme source d’effort) avait pu être mis en évidence lors
de la modélisation électromagnétique, c’est ce dernier qui a guidé la modélisation
mécanique vers une approche poutre. Les hypothèses simplificatrices de cette
modélisation, n’ont pas permis de converger vers des résultats exploitables en terme de
déplacement. Néanmoins, cette approche a permis de mettre en avant l’impact du
feuilletage du conducteur en deux lamelles.

Une approche de type plaque a ensuite été mise en œuvre. Une modélisation
analytique reposant sur un découpage en bandes a été retenue et progressivement
enrichie. Comparativement à une résolution éléments finis, il a été mis en avant que
l’approche analytique reproduit bien le comportement mécanique du tapis de dégivrage.
Seulement, l’amplitude des déplacements obtenue reste éloignée des mesures effectuées
par le partenaire Zodiac (ceci est également vrai avec la solution éléments finis). Il
convient cependant de noter que tous les calculs ont été effectués avec la valeur
maximale du courant de décharge (courant pic de 5800 A) en statique. Comme il sera
montré par la suite, la dynamique du système met en avant un fort contraste entre les
constantes de temps électrique et mécanique. Le différentiel entre les constantes de

100
Chapitre III : Modélisation mécanique

temps montre donc la limite de l’approche statique et guide la suite de la modélisation


vers la prise en compte des comportements dynamiques.

Un second point de difficulté concerne la définition des conditions aux limites


s’exerçant aux bords du tapis. Celles-ci ne sont pas bien définies et impactent fortement
les déplacements obtenus.

101
Chapitre III : Modélisation mécanique

[1] S. Drapier and R. Fortunier, “Méthodes numériques d’approximation et de résolution


en mécanique.” MINES Saint-Etienne, ENISE, 13-Jan-2015.
[2] S. P. Timoshenko and J. N. Goodier, Theory of Elasticity, 3rd ed. McGraw Hill
Publishing Company, 1970.
[3] Eric Belot pour Zodiac Aerospace France, BA_HY_EI1_LargeAngle Animation du
résultat des mesures de déplacement pour le démonstrateur de l’actionneur expulse.
2013.
[4] Issam E. Harik, Ghassan L. Salamoun, and A. M. ASCE, “Analytical Strip Solution to
Rectangular Plates,” Journal of Engineering Mechanics, KY USA, pp. 105–118, 1986.
[5] Issam E. Harik and Ghassan L. Salamoun, “The analytical strip method of solution for
stiffened rectangular plates,” Computers & Strucutres, vol. 29, no. 2, pp. 288–291,
1988.

102
Chapitre 4 :
Etude énergétique et modèle
électrique
Chapitre 4 : Etude énergétique et modèle électrique
IV.1 Introduction..............................................................................................................105

IV.2 Analyse énergétique ................................................................................................105

IV.3 Modélisation électrique ............................................................................................106

IV.3.a Equation du circuit électrique et modélisation du courant d’alimentation .......108

IV.3.b Calcul de l’inductance du serpentin ...............................................................108

IV.3.c Estimation de l’impédance de la charge mécanique ......................................109

IV.3.d Evaluation du modèle électrique ...................................................................110

IV.3.e Analyse des pertes par courants de Foucault parasites au niveau de la surface
à dégivrer ....................................................................................................................111

IV.4 Assemblage des modèles et approche statique avec boucle de calcul ....................113

IV.5 Conclusions sur la modélisation électrique ..............................................................115


Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

IV.1 Introduction

Le dispositif étudié met en jeu des phénomènes magnétiques (génération de


forces de Laplace), mécaniques (déplacement, déformation) et électrique. Afin de
représenter ces derniers, il est habituel de rechercher un schéma électrique. Via cette
représentation, l’alimentation du tapis, ainsi que les différentes pertes pourront être
modélisées.

A ce stade, il est important de recenser les différents éléments à modéliser :

 la source d’alimentation qui va générer l’impulsion de courant,


 les imperfections des éléments du dispositif qui vont générer des pertes,
 la charge couplée.

Les éléments disponibles pour modéliser le circuit électrique sont :

 des données géométriques pour définir le chemin de conduction,


 des données électriques de certains composants (source),
 des mesures qui vont nous permettre d’identifier la charge.

Lors du fonctionnement du démonstrateur testé, ce dernier est alimenté avec un courant


variant en fonction du temps. L’énergie est transmise aux conducteurs du serpentin, où la
déformation mécanique est produite. De cette façon, dans le fonctionnement du dispositif
étudié, deux formes d’énergie se manifestent : électrique et mécanique.

IV.2 Analyse énergétique

Le cahier des charges fait mention d’un niveau d’énergie de 0,9 𝐽/𝑐𝑚² nécessaire
pour obtenir un déplacement de 350 µ𝑚 [3]. Cette donnée a été calculée en prenant en
compte l’énergie totale fournie pendant les essais en entrée et ramenée à la surface
totale du tapis. En d’autres mots, c’est le rendement global du dispositif.

Les dimensions du tapis étudié sont de 89 𝑚𝑚 𝑥 231 𝑚𝑚, soit une surface de
205.6 𝑐𝑚². L’énergie théorique totale 𝑊 stockée dans les condensateurs d’alimentation
peut être calculée à partir de l’équation 4-1 :

1
𝑊 = 𝐶𝑉 2 (4-1)
2

105
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

où 𝐶 et 𝑉 représentent la capacité des condensateurs et la tension de charge des


condensateurs.

Pour le prototype réalisé la valeur de la capacité du banc de condensateurs de la


source est de 𝐶 = 2000 µ𝐹, tandis que la tension à pleine charge s’élève à 𝑉 = 600 𝑉 . A
partir de ces données on obtient une énergie totale de 360 𝐽 soit 1.75 𝐽/𝑐𝑚². Cette valeur
est bien plus élevée que l’estimation de notre partenaire industriel. Cette énergie
disponible est transformée selon le schéma bien connu suivant (Figure 4-1) :

Figure 4-1. Pertes présentes dans système réel.

Les pertes proviennent essentiellement des éléments parasites électriques (capacitance


entre conducteurs, inductance du serpentin, caractéristiques des éléments électriques) et
des pertes mécaniques par frottement (constitution interne du tapis dégivrant construit).

L’enjeu de cette partie est d’arriver à estimer la part des différentes énergies dans
le but de savoir si :

- le prototype réalisé n’est pas surdimensionné,


- les pertes pourront être optimisées en identifiant précisément leurs provenances et
la sensibilité du fonctionnement vis-à-vis du(des) paramètre(s) associé(s).

Pour ce faire, un schéma électrique équivalent va être recherché pour permettre :

- de prendre en compte les pertes,


- de modéliser les formes d’onde (en courant).

IV.3 Modélisation électrique

Le circuit électrique génère une impulsion de courant durant 1ms avec des crêtes
de 4 kA à 10 kA (de durée 40 µs à 50 µs), issue de la décharge de condensateurs de
capacité 800 µF-2000 µF préalablement chargé sous une tension de 400 VDC à 800 VDC
[5].

106
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

La décharge se fait dans un serpentin constitué de conducteurs de cuivre disposés


en deux couches en vis-à-vis.

Ainsi, il est possible de proposer le schéma électrique de la Figure 4-2 sur lequel
apparaissent les éléments parasites du serpentin, le modèle du condensateur ainsi que la
charge du système. Cette charge, modélisée à l’aide d’une impédance équivalente, traduit
l’énergie mécanique consommée nécessaire à la déformation.

Figure 4-2. Schéma électrique équivalent du dispositif étudié.

La nature de cette impédance peut être exprimée par l’association d’un élément résistif en
série avec une inductance : la résistance représente les pertes, l’inductance représente la
dynamique du dispositif.

Concernant la fonction condensateur, deux condensateurs de chez Leclanché


(référence EC1000μ900d116136) ont été connectés en parallèle. D’après les données du
constructeur, ils présentent une résistance série ( 𝑟𝑐 ) très faible comparée à celle du
serpentin et une inductance série négligeable (mise égale à 0 pour cette modélisation).

Dans une logique de conception d’un modèle viable pour les démarches
d’optimisation, une expression analytique des grandeurs électriques est recherchée.

107
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

IV.3.a Equation du circuit électrique et modélisation du courant


d’alimentation

Les caractéristiques de l’impulsion du courant d’alimentation sont étroitement liées


au circuit électrique du dispositif et à la charge, notamment :

- aux caractéristiques des condensateurs,


- aux caractéristiques parasites des conducteurs,
- au modèle de la charge.

Le schéma électrique équivalent du système établi (Figure 4-2) conduit à une équation
différentielle du second ordre pour le courant :

𝑑2 𝑖(𝑡) 𝑑𝑖(𝑡)
(𝑙𝑠 + 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒)𝐶 + (𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 + 𝑟𝑠 + 𝑟𝑐)𝐶 + 𝑖(𝑡) = 0 (4-2)
𝑑𝑡 2 𝑑𝑡

Par intégration de l’équation 4-2, l’expression de la forme d’onde du courant peut être
obtenue. La résolution analytique est atteignable pour l’équation qui régit ce circuit, la
solution analytique de (Equation 4-2) pour ce circuit est définie par (Equation 4-3) :

𝑉0 − 𝑉𝑇
𝑖(𝑡) = (𝑒 𝛼1𝑡 − 𝑒 𝛼2𝑡 ) (4-3)
(𝑙𝑠 + 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒)(𝛼1 − 𝛼2)

avec les racines de la solution s’exprimant :

1
𝛼1 = −
√(𝑙𝑠 + 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒)𝐶

2
−(𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 + 𝑟𝑠 + 𝑟𝑐)𝐶 − √(𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 + 𝑟𝑠 + 𝑟𝑐)𝐶 − 4(𝑙𝑠 + 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒)𝐶
𝛼2 =
2(𝑙𝑠 + 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒)𝐶

où 𝑉0 correspond à la valeur de pré-charge des condensateurs et 𝑉𝑇 à la chute de tension


à l’état passant du thyristor.

IV.3.b Calcul de l’inductance du serpentin

Pour le serpentin, les éléments parasites (résistance (𝑟𝑠) et inductance (𝑙𝑠))


peuvent être évalués à l’aide d’une modélisation PEEC. La Figure 4-3 donne l’évolution
en fonction de la fréquence des caractéristiques parasites du serpentin.

108
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Figure 4-3. Evolution des caractéristiques parasites du serpentin en fonction de la fréquence.

Pour la gamme de fréquences d’intérêt, ces paramètres ont une valeur : 𝑟𝑠 = 72 mΩ 𝑙𝑠 =


95 nH. L’inductance parasite 𝑙𝑠 est très faible, ce qui est conforme à la constitution du
dispositif qui utilise largement le phénomène de self/anti-self. Ceci conduit à profiter de
l’effet mutuel entre les conducteurs parcourus par des courants en sens opposé pour
limiter la valeur de l’inductance de la boucle ainsi constituée.

IV.3.c Estimation de l’impédance de la charge mécanique

Pour modéliser la charge, les valeurs des mesures disponibles (tension et courant
d’alimentation), issues des essais effectués par notre partenaire industriel, sont utilisées.
Pour compléter l’analyse énergétique, on s’appuie aussi des résultats de modélisation
précédents.

Une intégration numérique permet d’estimer l’énergie obtenue et l’énergie dissipée


par effet Joule. La différence des deux donne une estimation de l’énergie mécanique
développée dans le dispositif. Les résultats obtenus pour un pas de temps constant Δ𝑡 =
1µ𝑠 (fréquence d’échantillonnage des mesures) sont détaillés dans le Tableau 4-1.

Tableau 4-1. Bilan des énergies dans le système.

L’énergie absorbée par le tapis : 𝐸𝑎𝑏𝑠 = ∑ 𝑉(𝑖∆𝑡) ∗ 𝐼(𝑖∆𝑡) ∗ ∆𝑡 𝐸𝑎𝑏𝑠 = 283 J soit 1,38 J/cm²
𝑖

L’énergie consommée par effet


𝐸𝐽𝑜𝑢𝑙𝑒𝑠 = ∑ 𝑅 ∗ 𝐼 2 (𝑖∆𝑡) ∗ ∆𝑡 𝐸𝐽𝑜𝑢𝑙𝑒𝑠 = 262,5 J
Joule dans les conducteurs : 𝑖

L’énergie mécanique disponible


𝐸𝑚𝑒𝑐𝑎 = 𝐸𝑎𝑏𝑠 − 𝐸𝐽𝑜𝑢𝑙𝑒𝑠 𝐸𝑚𝑒𝑐𝑎 = 20,5 J
pour sa transformation :

109
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Du Tableau 4-1, il ressort que pour une énergie absorbée de 283 J soit 1,38 J/cm²,
une énergie mécanique de 20,5 J est obtenue. Ramenée à la surface totale du tapis, cela
correspond à une densité de 0,1 J/cm². Donc, 0,1 J/cm² d’énergie mécanique ont été
suffisants pour assurer la fonction désirée du système, c’est-à-dire, la déformation de la
surface du tapis.

En supposant que la puissance mécanique est définie comme 𝑃𝑚𝑒𝑐𝑎 = 𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 ∙

𝐼 2 on obtient 𝑅𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 = 5.7 mΩ, à noter que la valeur de la résistance électrique de la


charge mécanique est une estimation et pas une donnée connue. Pour la partie inductive,
une régression des courbes issues des mesures et du calcul conduit à obtenir 𝐿𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 =
600 nH.

Ces quelques calculs montrent qu’une très grosse partie, 93 %, de l’énergie


absorbée est dissipée dans les résistances parasites du dispositif. Cette grandeur est
donc très intéressante à évaluer car, dans une optique de développement de la
technologie, une minimisation des pertes amènera un meilleur rendement de la structure.

IV.3.d Evaluation du modèle électrique

La Figure 4-4 présente la forme d’onde théorique du courant obtenue grâce à


l’évaluation de l’expression du circuit obtenue, en comparaison avec la forme d’onde du
courant d’alimentation fournie par la source réelle.

Figure 4-4. Courant de décharge – Comparaisons mesures, modélisation.

110
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Il est montré que la modélisation effectuée est satisfaisante. Les équations pour le modèle
électrique sont validées.

A noter que l’impédance de la charge ainsi obtenue, quoique convenable, ne


pourra pas être utilisée dans un processus d’optimisation car pour l’instant aucun lien
n’est fait entre la valeur obtenue et les caractéristiques mécaniques du tapis. En effet,
cette impédance totale varie avec la déformation du tapis car l’inductance est dépendante
de la distance entre les conducteurs. Le modèle de Zcharge adopté, issu d’une
identification sur les mesures réalisées en position initiale, ne permet pas la prise en
compte de sa variation avec le déplacement de la structure.

IV.3.e Analyse des pertes par courants de Foucault parasites au


niveau de la surface à dégivrer

L’étude énergétique a montré que l’énergie totale fournie au dispositif se scinde en


deux parties. Une grande partie est dissipée dans les éléments parasites du serpentin et
des composants, tandis que le reste va être transformé en énergie mécanique.

Pour compléter l’étude énergétique, il s’avère nécessaire d’évaluer les pertes par
courants de Foucault induites sur le blindage en aluminium. Ce dernier, étant à proximité
du dispositif de dégivrage, est affecté par le rayonnement du champ électromagnétique.

Des simulations pour la plaque en aluminium soumise au champ magnétique


généré par le courant circulant dans les conducteurs ont été menées à l’aide du logiciel
InCa3D. La décomposition harmonique du signal d’alimentation, montre que la prise en
compte de 33 harmoniques est suffisante pour donner une bonne représentation de la
réponse, voir ANNEXE G. La Figure 4-5 montre la répartition des courants induits dans la
plaque par les conducteurs alimentés (non visible sur la figure) pour une valeur de
fréquence de 625 Hz pour la période 𝑇 = 1.6𝑚𝑠 de la forme d’onde du spectre des
mesures.

111
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Figure 4-5. Distribution des courants de Foucault [A/m2] induites sur la plaque pour le premier
harmonique à 625 Hz.

Le Tableau 4-2 liste les valeurs des pertes issues des courants induits dans la plaque
pour chaque harmonique.

Tableau 4-2. Pertes totales dans la plaque dues aux courants induits liées à l’impulsion de courant.

No. Fréquence Pertes dans No. Fréquence Pertes dans


Harmonique [Hz] plaque [W] Harmonique [Hz] plaque [A]
1 625 9,25712E-07 18 11250 1,48E-08
2 1250 8,82729E-07 19 11875 1,16E-08
3 1875 6,76E-07 20 12500 8,82E-09
4 2500 4,98E-07 21 13125 6,78E-09
5 3125 3,70E-07 22 13750 5,00E-09
6 3750 2,77E-07 23 14375 3,48E-09
7 4375 2,11E-07 24 15000 2,46E-09
8 5000 1,64E-07 25 15625 1,81E-09
9 5625 1,28E-07 26 16250 1,10E-09
10 6250 9,92E-08 27 16875 6,79E-10
11 6875 7,84E-08 28 17500 4,55E-10
12 7500 6,16E-08 29 18125 2,03E-10
13 8125 4,95E-08 30 18750 9,01E-11

112
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

14 8750 3,93E-08 31 19375 5,08E-11


15 9375 3,10E-08 32 20000 2,26E-11
16 10000 2,43E-08 33 20625 2,26E-11
17 10625 1,89E-08

A partir de cette décomposition harmonique des pertes par courant de Foucault, il est
possible d’estimer l’énergie associée sur un cycle de fonctionnement (Tableau 4-3).

Tableau 4-3. Energie et pertes au niveau de la surface à dégivrer.

Pertes au niveau du blindage pour la section à dégivrer


Puissance perdue par courants de Foucault 4,591E-06 W
Energie totale perdue
7,34565 x10-9 J
(pour une période de décharge T = 1.6 µs)

On observe qu’au niveau de la zone à dégivrer, les pertes associées aux courants
de Foucault développées dans la plaque sont négligeables. Elles ne représentent donc
pas une grandeur pertinente à considérer en vue d’une optimisation de la consommation
du dispositif.

Tableau 4-4. Résumé sur l’analyse énergétique de l’ensemble du système.

Répartition de l’énergie consommée en entrée du système


Énergie absorbée à la source 283 J
Pertes Joule (au niveau des conducteurs) 262,5 J
Pertes par courants de Foucault (au niveau du
7,34565 x10-9 J
blindage)
Énergie mécanique 20,499 J

IV.4 Assemblage des modèles et approche statique avec


boucle de calcul

A ce stade, des modèles indépendants permettant de calculer les grandeurs


électromagnétiques, mécaniques et électriques sont disponibles. Pour obtenir un modèle
intégral du comportement du dégivreur, il est pertinent de les assembler pour obtenir un
modèle multiphysique unique.

113
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Une première approche repose sur une succession d’états statiques dans une
boucle temporelle, selon le schéma proposé Figure 4-6. Boucle évaluée n fois, avec n le
nombre d’échantillons de la courbe de courant.

𝑛 =0; 𝑤 =0

𝑡𝑛+1 = 𝑡𝑛 +△ 𝑡

Calcul de l’amplitude du
courant

𝐼(𝑡𝑛+1 )

Evaluation de l’effort
électromagnétique (calcul CADES)

𝐹(𝑡𝑛+1 )

Calcul de la déformation avec


un chargement constant

𝑤(𝑡𝑛+1 )

Actualisation de la position des


conducteurs

Figure 4-6. Algorithme de résolution pas à pas dans le temps.

La mise en œuvre de cette stratégie est techniquement réalisable et ne représente en soi


pas un verrou. La seule question est le choix du pas de temps, qui permette de converger
en un temps raisonnable, ainsi que l’impact lié au calcul de la déformation. Cette
approche conduit à résoudre en statique en réactualisant à la fois la valeur du courant et
celle de la position des conducteurs au cours du temps. C’est une méthode peu adaptée
à être incluse dans un processus d’optimisation.

Elle a été mise en œuvre sur la géométrie initiale du dispositif. Les résultats
obtenus sont présentés dans la Figure 4-7 et montrent que cette approche permet de
retrouver les premiers résultats pour la valeur du déplacement.

114
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

Avec cette approche, il est observé que la dynamique de la déformation suit celle
du courant. Ceci est conforme à l’utilisation d’une approche statique, ne prenant pas en
compte la dynamique de la réponse mécanique pour le déplacement. Ainsi, on observe
que cette approche ne reflète pas totalement la réalité puisque le retard de la réponse
mécanique (l’inertie mécanique), par rapport à la sollicitation électrique, n’apparait pas. Il
s’en suit une sur évaluation du déplacement obtenu.

-3
x 10
1.2
Point A
Point B
1 Point C
Point D
Déplacements(m)

0.8 Point E

0.6

0.4

0.2

0
0 1 2 3 4 5 6
temps(s) x 10
-4

Figure 4-7. Evolution du déplacement en fonction du temps pour les 5 points de référence sur le tapis
(d’après la Figure 1-8).

IV.5 Conclusions sur la modélisation électrique

Ce chapitre a présenté l’identification du circuit électrique équivalent du système


constitué par l’association du tapis de dégivrage électromagnétique et de la source
d’alimentation. Cette identification a reposée sur une approche énergétique afin de définir
les éléments du circuit et de la charge associée à la conversion électromagnétique.

Le modèle électrique conçu peut être couplé au reste des modèles précédemment
développés.

L’analyse des pertes a mis en évidence la possibilité d’une optimisation


énergétique. Cette optimisation pourrait améliorer la conversion électromécanique pour
obtenir un rendement plus adapté aux contraintes de l’aéronautique.

115
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

A ce stade, l’origine de ces pertes ne peut pas être identifiée avec plus de
précision mais elle pourrait se trouver au niveau des pertes Joule dans les conducteurs,
ou encore, être liées aux restrictions mécaniques issues de la constitution structurelle du
tapis dégivreur.

Les valeurs des éléments du circuit électrique équivalent ont été obtenues à l’aide
des mesures. La principale limitation reste sur l’identification des éléments équivalents de
la plaque qui ne tient pas compte du développement des conducteurs lors d’un cycle
d’activation.

116
Chapitre IV : Etude énergétique et modèle électrique

[1] S. L. Garrec, E. Belot, and A. Delehelle, “Spécification d’un Actionneur


Electromécanique,” Zodiac Aerospace, Intertechnique 7N–17079, Oct. 2013.

117
Chapitre 5 :
Analyse dynamique et résultats
Chapitre 5 : Analyse dynamique et résultats

V.1 Introduction ..........................................................................................................121

V.2 Synthèse des analyses de sensibilité réalisées au cours du projet sur la base des
modèles numériques développés....................................................................................122

V.2.a Etude de sensibilité aux paramètres topologiques et géométriques à partir du


modèle statique ...........................................................................................................123

V.2.b Etude de sensibilité avec la définition des éléments plots .............................131

V.2.c Principaux résultats des analyses de sensibilité ............................................136

V.3 Analyse du comportement dynamique du déplacement .......................................137

V.3.a Essai expérimental 1 : identification d’un déplacement en régime forcé et en


régime libre .................................................................................................................137

V.3.b Essai expérimental 2 : le déplacement est imposé par les forces génères au
niveau des lignes des conducteurs ..............................................................................139

V.4 Proposition d’une approche par différence finie ....................................................141

V.4.a Développement d’un modèle de résolution par différences finies en vue de la


prise en compte des dynamiques mécaniques ............................................................142

V.5 Conclusions..........................................................................................................145
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

V.1 Introduction

La modélisation des dispositifs de dégivrage a été détaillée dans les précédents


chapitres, que ce soit la partie électromagnétique, mécanique ou électrique. Dans le
chapitre précédent, l’assemblage de ces trois modèles en un seul modèle multiphysique
est détaillé avec un calcul itératif à pas de temps fixe. Ceci a mis en évidence la nécessité
d’une meilleure prise en compte de la dynamique du comportement mécanique.

Jusqu’alors, la modélisation effectuée et l’étude qui a suivi se sont focalisées sur


une succession de cas statiques à vide. En effet, la charge mécanique et électrique que
représente la glace sur le dispositif à dégivrer n’a pas été prise en compte. De ce fait, les
déplacements obtenus avec cette modélisation ne peuvent être que des déplacements
maximisés.

Etant donnée la nature multiphysique de notre problème, dans un premier temps,


le choix s’est porté vers une modélisation simple en régime statique. Maintenant que tous
ces aspects ont été décortiqués et une certaine compréhension sur le comportement
électromagnétique et mécanique du dispositif a été atteinte, il est possible d’aborder
l’étude du comportement dynamique.

Il est essentiel de considérer les aspects dynamiques pour évaluer l’impact de la


dynamique sur les phénomènes physiques et leur interaction en jeu dans le
fonctionnement du dispositif.

Dans un premier temps, des études de sensibilité, menées en utilisant les modèles
précédemment établis, sont présentés. Par la suite une analyse des données
expérimentales fournies par Zodiac va permettre de visualiser l’évolution des grandeurs
en fonction du temps et cerner les détails du comportement du déplacement en fonction
du temps.

Il sera donc possible d’aborder la prise en compte de la dynamique dans le


modèle final, en cherchant une solution qui apporte un équilibre entre les contraintes
d’implémentation, les besoins de précision de la modélisation et la complexité du modèle
final adapté aux démarches d’optimisation futures.

En conclusion de ce chapitre un bilan sur les résultats du modèle complet retenu


est donné.

121
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

V.2 Synthèse des analyses de sensibilité réalisées au


cours du projet sur la base des modèles numériques
développés

Des études de sensibilité ont été lancées au cours du projet avec les différents
modèles indépendamment : électromagnétique, mécanique, électrique. Le but étant
d’avoir des premières analyses de sensibilité.

L’approche semi-analytique développée dans ce travail a le gros avantage de


naturellement faciliter l’étude de sensibilité sur certains paramètres. Dans ce cadre, il est
beaucoup plus rapide d’effectuer des plans d’expérience que via une approche numérique
type éléments finis.

Il s’avère utile d’identifier les enjeux qui peuvent avoir de l’importance dans la
définition des grandeurs optimales de conception pour le dispositif. Une typologie des
paramètres de l’espace de recherche d’optimisation est proposée :

Paramètres topologiques
- Le nombre de lignes de conducteurs,
- la densité de plots,
- définition du type de jonction aux extrémités du tapis,
- disposition du circuit serpentin.

Paramètres géométriques
- Les dimensions géométriques du tapis,
- les dimensions géométriques des conducteurs et des plots,
- l’épaisseur du blindage en aluminium.

Paramètres physiques
- Caractéristiques mécaniques, tels que le module de Young ou le module de
cisaillement, des matériaux des conducteurs, du blindage, des élastomères.

Paramètres d’excitation
- Forme d’onde du courant : amplitude, temps de montée, temps de descente,
- stratégie de commande : une seule impulsion, plusieurs impulsions, etc.

Les études de sensibilité suivantes s’attaquent à l’analyse du comportement d’un ou


plusieurs de ces paramètres.

122
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

V.2.a Etude de sensibilité aux paramètres topologiques et


géométriques à partir du modèle statique

Une question légitime est de savoir comment faire évoluer la géométrie du tapis
pour à la fois optimiser la consommation énergétique et s’assurer de fournir l’énergie
demandé, de 0.1 J/cm², pour la transformation mécanique.

D’un point de vue topologique, pour une surface totale du tapis fixe, il est possible de faire
varier :

- le nombre de conducteurs (cas 1),


- la largeur des conducteurs (cas 2),
- le nombre de plots (cas 3).

Pour une surface variable du tapis, il est possible de :

- diminuer la largeur du dispositif (cas 4),


- augmenter la longueur des conducteurs (cas 5 et cas 5bis).

Le but est de trouver les paramètres influents en vue d’identifier des pistes pour
l’optimisation du dispositif.

Dans tous les cas, on cherche comment va évoluer la déformation du tapis, ainsi
que les circuits équivalents et la force électromagnétique résultante.

Pour le modèle électrique utilisé dans les tests suivants, une forme d’onde de
courant avec un modèle, ne prenant pas en compte l’élément impédance de charge
couplé, est utilisé.

Cette étude préliminaire a été effectuée avant la définition d’un modèle électrique
final mais elle est toutefois utile dans les objectifs d’analyse du fonctionnement. Elle
permet en effet d’apprécier les variations directement liées aux modifications
géométriques imaginées pour le dispositif.

Cas 1 : Augmentation du nombre de conducteurs


Augmenter le nombre de conducteurs aura pour conséquence d’augmenter
l’impédance équivalente parasite du dispositif. Le courant résultant va donc diminuer et la
résistance équivalente augmenter. Etant donné que les pertes Joules sont directement
liés à la définition géométrique du serpentin, il est pertinent de vérifier ici l’évolution des
valeurs électriques selon les modifications du patron conducteur.

123
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Deux conducteurs supplémentaires sont insérés, comme illustré sur la Figure 5-1.
Par ailleurs, pour une même surface de tapis, dans cette configuration, le nombre de
lignes de chargement mécanique est augmenté, ainsi que le nombre de lignes de plots de
rappel.

a) b)

Figure 5-1. Géométrie initiale a), modifiée b).

Une modélisation InCa3D a permis d’évaluer les nouvelles valeurs du schéma électrique
équivalent du dispositif : 𝑅𝑠𝑒𝑟𝑝𝑒𝑛𝑡𝑖𝑛 = 105 𝑚𝛺 et 𝐿𝑠𝑒𝑟𝑝𝑒𝑛𝑡𝑖𝑛 = 138 𝑛𝐻, valeurs considérées
constantes pour la gamme de fréquences étudiée.

Avec ces nouvelles valeurs, la réponse électrique du circuit a été évaluée et le


courant obtenu a servi de donnée d’entrée à la chaine de modélisation. Dans le Tableau
5-1, les valeurs maximales du courant et du déplacement sont présentées. Les éléments
résistifs et inductifs indiquées sont les éléments propres du serpentin et n’incluent pas le
couplage avec la charge mécanique.

Tableau 5-1. Comparaison entre la configuration initiale et la structure avec 6 conducteurs.

Paramètres Tapis original Cas 1


Surface du tapis [cm²] 205,6 205,6
Nombre de plots 3 lignes de 10 plots 5 lignes de 10 plots
Résistance : 𝑅 [m𝛺] 71,95 105,1
Inductance : 𝐿 [nH] 94,75 138,2
Courant max : 𝐼𝑚𝑎𝑥 [A] 5360 3720
Déplacement max : 𝑊𝑚𝑎𝑥 [mm] 1,02 0,53

Le courant a logiquement diminué par rapport à la configuration de référence du fait de


l’augmentation de l’impédance du serpentin. Un calcul d’énergie montre également une
diminution de l’énergie absorbée par cm². Cette valeur, plus faible comparée au cas de
référence du fait de la diminution du courant, laisse présager une non-amélioration des
performances.

124
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Le modèle mécanique constitué de 6 chargements linéiques et de 5 rangées de


plots donne un déplacement maximal de 0,53 mm comparé au 1,02 mm pour le tapis
original. Sur la Figure 5-2, le déplacement de différents points pris le long d’une ligne au
milieu du dispositif (Figure 5-1 b, au niveau des conducteurs ou des plots) est tracé en
fonction du temps.

Figure 5-2. Déformation pour la configuration à 6 conducteurs.

Cas 2 : Augmentation de la largeur des conducteurs


Dans cette configuration, la variation de la largeur des conducteurs impacte
directement la section des conducteurs. L’augmenter aura pour conséquence de diminuer
la résistance et ainsi d’augmenter le courant. Pour ce test la largeur des conducteurs a
été doublée. Elle passe de 3 mm à 6 mm (Figure 5-3).

a) b)

Figure 5-3. Géométrie initiale a), modifiée à droite b).

125
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Le Tableau 5-2 présente les principaux résultats obtenus pour cette configuration.

Tableau 5-2. Comparaison entre le cas initial et la structure avec conducteurs de largeur double.

Paramètres Tapis original Cas 2


Surface du tapis [cm²] 205,6 205,6
Nombre de plots 3 lignes de 10 plots 3 lignes de 10 plots
Résistance : 𝑅 [m𝛺] 71,95 36,1
Inductance : 𝐿 [nH] 94,75 51,1
Courant max : 𝐼𝑚𝑎𝑥 [A] 5360 10220
Déformation max : 𝑊𝑚𝑎𝑥 [mm] 1,02 1,98

Figure 5-4. Déformation pour 4 conducteurs plus larges (cas 2).

La Figure 5-4 présente le déplacement des différents points pris le long d’une ligne
au milieu du dispositif (Figure 5-1 b) en fonction du temps. Du fait du courant plus élevé,
la force électromagnétique est plus grande et donc le déplacement plus important. Cette
configuration est donc très intéressante. L’inconvénient majeur réside dans
l’augmentation de la masse de cuivre nécessaire, qui serait intéressant d’évaluer.

Cas 3 : Diminution du nombre de plots


Dans cette configuration, le nombre de plots de rappel entre les conducteurs est
diminué à 5 plots par ligne.

126
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Comme attendu, moins il y a de plots plus la déformation maximale est importante


(Figure 5-5 et Tableau 5-3). La diminution du nombre de plots réduit les efforts de rappel
et conduit à une structure plus souple.

Cette configuration est intéressante mais il faudra veiller à ne pas trop diminuer le
nombre de plots dont la présence a un intérêt pour la structure, qui est de garantir le
retour des conducteurs à leur position initiale après chaque activation du dégivreur.

Tableau 5-3. Comparaison entre le cas initial et la structure avec moins de plots.

Paramètres Tapis original Cas 3


Surface du tapis [cm²] 205,6 205,6
Nombre de plots 3 lignes de 10 plots 3 lignes de 5 plots
Résistance : 𝑅 [m𝛺] 71,95 71,95
Inductance : 𝐿 [nH] 94,75 94,75
Courant max : 𝐼𝑚𝑎𝑥 [A] 5360 5360
Déformation max : 𝑊𝑚𝑎𝑥 [mm] 1,02 1,6

Figure 5-5. Déformation dans le cas 3.

Cas 4 : Réduction de la largeur du tapis


Réduire la largeur du tapis et conserver le nombre de conducteurs pour le même
signal d’excitation électrique, aura pour conséquence d’augmenter la densité d’effort
électromécanique surfacique disponible. Cette réduction conduit au rapprochement des
lignes des conductrices. Dans le cas traité, il a été choisi de diminuer la largeur du tapis
d’un tiers, (Tableau 5-4).

127
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Tableau 5-4. Comparaison entre le cas initial et la structure avec un tapis moins large.

Paramètres Tapis original Cas 4


Surface du tapis [cm²] 205,6 137
Nombre de plots 3 lignes de 10 plots 3 lignes de 10 plots
Résistance : 𝑅 [m𝛺] 71,95 70,4
Inductance : 𝐿 [nH] 94,75 92,8
Courant max : 𝐼𝑚𝑎𝑥 [A] 5360 5430
Déformation max : 𝑊𝑚𝑎𝑥 [mm] 1,02 0,92

Dans ce cas, le déplacement maximal (Figure 5-6) a diminué car le fait de réduire la
surface du tapis rend la structure plus rigide. Certes, par rapport au tapis original les
pertes ont diminué mais l’augmentation de la densité d’énergie surfacique n’a pas été
suffisante pour contrecarrer l’augmentation de la rigidité. Aussi, la valeur de la densité
d’énergie surfacique n’est pas le seul indicateur de la possible adéquation du tapis réalisé
au cahier des charges.

Figure 5-6. Déformation dans le cas d’un tapis moins large (cas 4).

Cas 5 : Augmentation de la longueur des conducteurs


Au vue des résultats précédents, un dernier test porte sur l’augmentation de la
longueur des conducteurs. Cela aura pour conséquence de rendre le tapis plus souple
pour se déformer.

Néanmoins, du point de vue électrique il faut noter que l’augmentation de la


longueur conduit à augmenter l’impédance ainsi que les pertes, réduisant le courant

128
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

maximal. Le test mise en œuvre propose de vérifier si la souplesse gagnée compense les
pertes énergétiques pour une longueur de conducteurs augmentée de 50 %. Le Tableau
5-5 montre les principaux résultats obtenus.

Tableau 5-5. Comparaison entre le cas initial et la structure avec des conducteurs plus longs.

Paramètres Tapis original Cas 5 Cas 5bis


Surface du tapis [cm²] 205,6 308,4 308,4
Nombre de plots 3 lignes de 10 plots 3 lignes de 10 plots 3 lignes de 15 plots
Résistance : 𝑅 [m𝛺] 71,95 106 106
Inductance : 𝐿 [nH] 94,75 140 140
Courant max : 𝐼𝑚𝑎𝑥 [A] 5360 3700 3700
Déformation max : 𝑊𝑚𝑎𝑥 [mm] 1,02 0,83 0,62

Tout d’abord le nombre de plots est resté constant (cas 5, Figure 5-7). Dans ce
cas, le tapis est plus souple, non seulement parce qu’il est rallongé mais aussi car il y a
moins de plot rapportés à la surface. Le cas 5bis représente la même configuration mais
avec une densité de plots constante (Figure 5-8).

Figure 5-7. Déformation dans le cas de conducteurs plus longs (cas 5).

129
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Figure 5-8. Déformation dans le cas de conducteurs plus longs (cas 5bis).

La souplesse gagnée en allongeant le tapis n’a pas permis de contrecarrer la diminution


du courant et donc de la force électromagnétique subie par les conducteurs.

Récapitulatif des résultats

Le Tableau 5-6 récapitule les principaux résultats. La première ligne


correspondant aux valeurs pour le tapis original, sera considérée comme la référence de
comparaison.

Tableau 5-6. Récapitulatif des résultats obtenus avec le modèle statique.

Cas analysé Résultats Observations


Tapis original avec 4 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 5360 A Données de référence. Cette structure
conducteurs 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 1,02 mm a permis en essai de casser la glace.

6 conducteurs (surface 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 3720 A Moins de courant donc déformation


inchangée) 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 0,53 mm moindre.
4 conducteurs section 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 10220 A Plus de courant donc déformation plus
double (surface 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 1,98 mm importante.
inchangée)
4 conducteurs et moins 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 5360 A Tapis plus souple, déformation plus
de plots (surface 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 1,6 mm importante (attention à la limite
inchangée) élastique).
4 conducteurs 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 5430 A Tapis plus étroit donc plus rigide,
rapprochés 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 0,92 mm déformation moindre.
4 conducteurs plus 𝐼𝑚𝑎𝑥 = 3690 A Tapis plus long, plus souple mais
longs 𝑊𝑚𝑎𝑥 = 0,83 mm & 0,62 mm moins de courant donc déformation
moindre.

130
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Il est observé une influence importante sur les valeurs de déplacement pour le
changement de la taille du tapis et pour le nombre de plots. La géométrie des
conducteurs reste aussi un paramètre de poids parce qu’elle est directement liée aux
grandeurs électriques telles que la résistance et en conséquence le courant.

V.2.b Etude de sensibilité avec la définition des éléments plots

Une série de calculs afin d’étudier la sensibilité en fonction des paramètres


caractérisant la définition des plots a été effectuée. Trois études ont été choisies et sont
présentées dans la suite.

Pour cette étude, le modèle mécanique présenté dans le paragraphe III.4.d, est
pris en compte. Les calculs sont effectués pour une densité de force linéique fixe (𝐿𝑦𝑖 =
5400 N/m) et des conditions aux limites de type encastrement sur les 4 bandes de la
plaque sont considérées.

Influence du nombre de plots


L’influence du nombre de plots sur la valeur du déplacement est analysée dans un
premier temps afin de pouvoir optimiser ce paramètre.

Pour une géométrie et un matériau donnés, le nombre de plots par ligne varie de 3
à 10, les plots sont disposés de manière uniforme sur 3 lignes parallèles pour un nombre
de termes m dans la somme de l’équation 3-34, suffisamment élevé pour s’affranchir
d’une quelconque erreur liée à ce facteur a été pris en compte (m=14). Sur la Figure 5-9,
les résultats pour le déplacement le long d’une ligne au niveau d’un conducteur sont
représentés.

131
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

-3
x 10
16
3 plots
14 4 plots
5 plots
6 plots
12
7 plots
8 plots
10 9 plots
10 plots
8
W(m)

-2
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25
Y(m)

Figure 5-9. Déformation le long d’une ligne au niveau d’un conducteur en fonction du nombre de plots.

Il est constaté que plus le nombre de plots est important, plus le déplacement est faible.
La force de rappel exercée par les plots limite le déplacement. Le déplacement maximal
obtenu en fonction du nombre de plots confirme ce résultat (Figure 5-10)

Ceci justifie que pour maximiser le déplacement il est nécessaire de minimiser le


nombre de plots. Le nombre de plots est un paramètre dit sensible pour l’optimisation et la
réalisation du dispositif de dégivrage selon la technologie étudiée.

0.016

0.014

0.012
Wmax (m)

0.01

0.008

0.006

0.004
3 4 5 6 7 8 9 10
Nombre de plots

Figure 5-10. Déplacement maximal en fonction du nombre de plots, avec m = 14.

132
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Cependant, si le nombre de plots est trop réduit, la force de rappel permettant au tapis de
retrouver sa forme d’origine ne sera pas suffisante. Cela pourrait impacter la fiabilité du
dispositif après plusieurs cycles d’activation.

Il convient donc de trouver un compromis entre le nombre des plots de rappel et la


densité de force nécessaire pour effectuer le déplacement, dans le but d’optimiser la
valeur du courant d’alimentation demandé par le système. La Figure 5-11 trace l’évolution
du courant et de la densité de force nécessaires pour obtenir une même amplitude du
déplacement fixe (𝑊𝑚𝑎𝑥 = 0,0044 𝑚 ) en fonction d’un nombre de plots.

Figure 5-11. Relation entre le nombre de plots, la densité de force et le courant d’alimentation
garantissant une valeur de déplacement imposée ( 𝑾𝒎𝒂𝒙 = 𝟎, 𝟎𝟎𝟒𝟒 𝒎 ).

Une relation de proportionnalité est clairement apparente : pour assurer une valeur de
déplacement Wmax donnée, le courant d’alimentation doit être d’autant plus élevé que le
nombre de plots est grand. La relation directe entre le courant d’alimentation et la densité
de force s’explique facilement du fait de l’équation de force de Laplace (Equation 2-3).

133
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Influence du matériau des plots


Pour réaliser cette analyse, la valeur du module de Young du matériau constituant
les plots a été modifiée. L’objectif est de mieux comprendre son influence sur les résultats
de déplacement.

Une comparaison a été effectuée une nouvelle fois avec COMSOL® pour
confirmer la fiabilité du comportement du modèle développé. La Figure 5-12 montre
clairement l’impact des plots sur la déformation du tapis, avec la présence d’une surface
ondulée.

Figure 5-12. Comparaison pour la prise en compte des plots comme des ressorts : approche
analytique, modèle Comsol à droite.

Sur la Figure 5-13, l’évolution du déplacement maximal en fonction du module de Young


du matériau des plots est représentée. Plus le module d’Young des plots est élevé, plus la
rigidité des plots augmente. Cela a pour conséquence une réduction du déplacement
maximal atteint.

134
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

-3
x 10
4.5

3.5

3
Wmax (m)

2.5

1.5

0.5
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
Module d'Young du matériau élastomère (Pa) x 10
7

Figure 5-13. Déplacement maximal en fonction du module d’Young du matériau du plot élastomère.

Influence du diamètre des plots


Pour un nombre de plots donné et un matériau donné, il est également possible de
faire varier le diamètre des plots. Le déplacement maximal a été tracé en fonction de ce
paramètre sur la Figure 5-14. Le diamètre de référence est de 3 mm (Tableau 1-3).

0.015

0.01
Wmax (m)

0.005

0
1 2 3 4 5 6 7 8 9
Diamètre des plots (m) x 10
-3

Figure 5-14. Déplacement maximal en fonction du diamètre des plots.

135
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Il est observé une diminution importante du déplacement liée à l’augmentation du


diamètre des plots. Ceci a du sens car la force de rappel exercée par les plots est
directement proportionnelle à la surface des plots et devient alors plus
importante/grande ; cette force s’oppose à la déformation du tapis.

V.2.c Principaux résultats des analyses de sensibilité

Les paramètres géométriques et structurels du dispositif ont un rôle important


dans le comportement dynamique. Cela a été remarqué depuis le début quand il a été mis
en évidence l’incapacité de représenter le système et sa complexité avec un problème de
déformation des poutres 1D. Les paramètres topologiques et d’excitation (alimentation
électrique) sont étroitement liés. Seuls les paramètres physiques (géométries, propriétés
des matériaux et caractéristiques structurelles) peuvent être considérés indépendants, et
dans ce cas-là, les contraintes de réalisation (telles que les matériaux adaptés aux
applications aéronautiques, les restrictions de volume et de masse) s’imposent.

Ces études de sensibilité ont permis d’éliminer certaines variables, soit parce
qu’elles se sont avérées avoir peu d’influence soit parce qu’elles sont déjà fixées à leur
valeur optimale ou à cause des contraintes de fabrication. Seule une optimisation à
travers les deux modèles résultants (modèle électrique et modèle électro-magnétique-
mécanique), permettra de faire une définition plus précise des grandeurs optimales pour
les variables déjà identifiées.
Il a été observé que l’amplitude du courant est un paramètre important : plus celle-
ci est élevée, plus l’effort sera important et donc le déplacement également, moyennant
de bien prendre en compte les pertes.
De la même façon, l’écart entre conducteurs est un paramètre de grand impact sur
le déplacement.
Il est à noter que les différentes analyses de sensibilité sur les paramètres du tapis
ont été effectuées avec un modèle d’impédance de charge 𝑍𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒 constant, déduit de
l’identification à partir des mesures (et sans prise en compte de la charge 𝑍𝑐ℎ𝑎𝑟𝑔𝑒
équivalente dans le cas des études de sensibilité du paragraphe V.2.a). Les paramétres
des conducteurs sont pris en compte dans le modèle PEEC (𝐿𝑠𝑒𝑟𝑝𝑒𝑛𝑡𝑖𝑛 , 𝑅𝑠𝑒𝑟𝑝𝑒𝑛𝑡𝑖𝑛 ) pour
toutes les études de sensibilité présentées. Cependant, à ce stade l’impact de la
déformation du tapis sur l’impédance de charge, qui traduirait le couplage
électromagnétique, n’est pas pris en compte.

136
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

V.3 Analyse du comportement dynamique du


déplacement

A partir des résultats des expériences réalisées avant la thèse, et dans le but de
mieux cerner les caractéristiques du comportement dynamique de la réponse mécanique
et sa relation avec le signal électrique d’alimentation, deux séries d’essais effectuées par
le partenaire Zodiac sont reprises ici.

- Essai 1 : Une matrice de points sur un tapis a été créée et le déplacement de


chacun de ces points a été enregistré suite à une sollicitation en courant.
- Essai 2 : Sur une ligne transverse au centre du tapis dégivreur, le déplacement de
5 points a été mesuré suite à une sollicitation en courant.

Ces deux essais ont été faits à vide, c’est-à-dire en l’absence de glace, afin de pouvoir
mesurer le déplacement maximal fourni par le dispositif. Les résultats complets issus de
ces essais sont disponibles dans les documents de référence et rapports, propriétés de
Zodiac Aerospace.

V.3.a Essai expérimental 1 : identification d’un déplacement en


régime forcé et en régime libre

La procédure de collecte de ces valeurs a été la suivante. A l’aide d’un laser, le


déplacement de chaque point a été enregistré indépendamment. Il y a donc autant de
décharges de condensateur que de points de mesure (soit 207). Ceci a eu pour
conséquence une certaine fatigue mécanique du prototype et des offsets pour certains
relevés car le tapis n’a pas toujours repris sa position initiale.

Compte tenu des imprécisions dans la procédure de mesure, pour cette première
série d’essais, seul le comportement de la déformation est analysé. Les valeurs de
déplacement obtenu ne sont pas considérées pour le moment.

Sur la Figure 5-15 et Figure 5-16, le déplacement d’une ligne au droit des plots et
des conducteurs a été tracé en fonction du temps.

137
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Figure 5-15. Déplacement d’une ligne au droit des plots en fonction du temps.

Figure 5-16. Déplacement d’une ligne au droit d’un conducteur en fonction du temps.

Ces deux courbes mettent en évidence deux phases de fonctionnement présentes


tant au niveau des conducteurs qu’au niveau des lignes de plots de rappel :

- à l’exception des extrémités les déplacements sont uniformes, tous les points
de la ligne se déplacent de la même quantité. Temporellement cela se produit
pendant la phase de croissance du courant. Il s’agit donc d’un régime forcé de
déformation,
- par la suite, les points de la ligne se déplacent de façon plus aléatoire. Le courant
décroit jusqu’à s’annuler. Il s’agit d’un régime libre au cours duquel la structure
libère l’énergie emmagasinée.

138
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

V.3.b Essai expérimental 2 : le déplacement est imposé par les


forces générées au niveau des lignes des conducteurs

Une autre série d’essais a été effectuée de manière plus précautionneuse sur 5
points d’une même ligne transversale (Figure 5-17 et Figure 5-18). Les points A, C et E se
situent au niveau de lignes de plots alors que les points B et D sont au niveau des
conducteurs internes du dispositif. Pour cet essai, une série de 5 décharges identiques de
deux condensateurs en parallèle chargés sous 600 VDC a été réalisée.

Figure 5-17. Emplacement des points de mesure sur le tapis.

A
B
C
D
E

Figure 5-18. Position des points de mesure sur le dispositif de dégivrage (conducteurs et plots), plan
XY du système.

Les Figure 5-19 et Figure 5-20 présentent les courbes de déplacement obtenues
pour les 5 points en fonction du temps. Au niveau des conducteurs, une certaine symétrie
est observée. Au niveau des plots, cette symétrie est moins marquée pour deux des trois
points, A et E (points aux extrémités). Le point C qui est au milieu du tapis a un
déplacement maximal moindre comparé à celui des points B et D au niveau des lignes de
conducteurs, ce qui est cohérent compte tenue de la conception du tapis.

139
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Il est constaté une plus grande cohérence et plus d’uniformité dans les courbes
relevées à partir de ces essais. Pour cette raison, les résultats de cet essai serviront de
référence afin de valider les hypothèses émises et alimenter les analyses.

Figure 5-19. Déplacement des points B et D (conducteurs) et courant en fonction du temps.

Figure 5-20. Déplacement des points A, C et E (plots) et courant en fonction du temps.

A la lecture de ces courbes, lors de la phase en régime forcé, un retard au


démarrage entre la courbe d’excitation électrique et la courbe de la réponse mécanique
est clairement observé pour tous les points. En effet, tant que la force électromagnétique

140
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

liée au courant de décharge qui augmente progressivement n'est pas suffisante pour
contrer la résistance mécanique imposée par la plaque, les conducteurs ne se déplacent
pas.

En régime libre, le déplacement du tapis évolue en fonction de l’énergie élastique


emmagasinée dans la structure, de la rigidité de la structure et des forces de rappel. Cette
seconde phase de la déformation du tapis pourra être étudiée dans un second temps, si
par exemple une stratégie de décharge particulière pour créer une onde pouvait s’avérer
utile pour la continuité de l’expulsion de la glace résiduelle et pour éviter que les particules
s’accrochent à nouveau sous certaines conditions de givrage particulières.

V.4 Proposition d’une approche par différence finie

Les analyses précédentes mettent en évidence que les caractéristiques


électriques ne dictent pas la dynamique de la réponse en déformation du tapis. En effet,
comme dans tout système de conversion électromécanique, c’est la constante de temps
mécanique, paramètre proportionnel à la masse du système, qui fixera la dynamique de la
réponse mécanique. Cela se traduira par un retard de la réponse mécanique vis-à-vis de
la sollicitation électromagnétique, qui se répercutera également par une réduction de
l’amplitude maximale du déplacement.

Jusqu’alors le modèle électro-magnéto-mécanique développé repose sur une


approche statique. La prise en compte de la dynamique électrique et mécanique implique
l’introduction du paramètre temps dans les équations qui régissent le déplacement.

Si l’on tient compte de la dynamique, l’expression complète de la relation


d’équilibre pour la plaque s’écrit [1]:

𝜕 2 𝑤(𝑥, 𝑦, 𝑡)
𝐷 ∙ Δ2 𝑤(𝑥, 𝑦, 𝑡) + 𝛾ℎ − 𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑡) = 0 (5-1)
𝜕𝑡 2

𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦𝑡) 𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦𝑡) 𝜕4 𝑤(𝑥,𝑦𝑡)


Avec : Δ2 𝑤(𝑥, 𝑦) = +2 +
𝜕𝑥 4 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑦 4

où 𝑤(𝑥, 𝑦, 𝑡) est la déflexion normale de la plaque en fonction du temps (m), 𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑡) le


chargement variable du dispositif (N), 𝛾 la densité de masse (kg/m3), ℎ l’épaisseur de la
plaque (m) et 𝐷 la rigidité de flexion de la plaque.

Cette nouvelle expression inclut un terme quadratique fonction du temps. Pour


résoudre cette équation, deux stratégies se dégagent :
141
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

 stratégie 1 : Résolution analytique de l’équation différentielle contenant le terme


quadratique qui inclut la relation avec le temps,
 stratégie 2 : Résolution à l’aide des différences finies et le schéma de Newmark.

La solution analytique n’étant pas abordable, la stratégie retenue est la résolution par
différences finies.

V.4.a Développement d’un modèle de résolution par


différences finies en vue de la prise en compte des dynamiques
mécaniques

Dans la stratégie abordée jusqu’à présent, la boucle de calcul statique, très facile
à mettre en œuvre, ne permet pas de résoudre l’équation 5.1. Pour pallier ce défaut, une
autre stratégie est d’utiliser une résolution numérique basée sur la méthode des
différences finies avec un maillage spatial bidimensionnel et un algorithme de Newmark
dû à la présence d’une équation différentielle d’ordre 2 en temps.

La procédure d’implémentation peut être consultée dans l’ANNEXE H. Le


processus de résolution appliqué est présenté Figure 5-21.

142
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Figure 5-21. Algorithme de résolution par la méthode aux différences finies [2].

Cette procédure a été mise en œuvre sur le dispositif Zodiac étudié et les résultats
obtenus pour les déplacements des mêmes 5 points (A, B, C, D, et E) sont présentés sur
la Figure 5-22.

143
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Figure 5-22. Evolution du déplacement obtenu par la méthode aux différences finies.

Les courbes montrent l’apparition d’un retard au démarrage lié au terme temporel de
l’équation 5.1. Comparativement aux résultats expérimentaux, l’allure des courbes
obtenues au début du cycle est satisfaisante. Il existe une symétrie de la réponse entre
les points A-E et B-C, ces courbes se superposent.

Par la suite, au cours de l’évolution de la déformation, des valeurs négatives de


déplacement apparaissent, ce qui montre que certaines contraintes sont manquantes. Il
convient de signaler qu’un déplacement négatif n’est physiquement pas permis, due à la
position fixe d’une moitié du serpentin (éléments statiques fixés à la structure de l’aile de
l’avion). Ceci met en évidence la nécessité de la prise en compte de contraintes sur le
déplacement (contraintes de contact) dans la modélisation adoptée.

Complément au modèle complet- Restriction du déplacement


négatif
Afin d’éviter l’apparition de déplacements négatifs, une force de contact a été
ajoutée. Cette force, agit dans le sens positif de l’axe Z et son amplitude augmente au fur
et à mesure que le déplacement négatif s’approche de la valeur de l’espacement entre
conducteurs mobiles et fixes.

144
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Par ailleurs, concernant les problèmes de discrétisation, une modélisation avec


une FDTD à pas variable a été développée ANNEXE H. La Figure 5-23 montre l’effet de
l’intégration de ces deux compléments sur le résultat du déplacement obtenu. De la
même manière que la courbe antérieure, une symétrie de la réponse entre les points A-E
et B-C est constatée.

Figure 5-23. Evolution du déplacement avec la méthode par différences finies et la force de contact.

Une augmentation de la valeur du déplacement maximal est constatée. Ceci peut être dû
au changement dans la discrétisation.

V.5 Conclusions

La mise en place de la modélisation complète tenant compte de la variation


temporelle de la sollicitation électrique a été entreprise à partir d’une résolution par
différences finies. Ceci a permis d’obtenir une forme d’onde qui reproduit les ondulations
de la déformation dues au retard de la réponse mécanique. Néanmoins, elle a également
mis en évidence des imperfections (déplacement négatif, imprécision dans la valeur du
déplacement maximale). La prise en compte d’un effort de contact restreint les
déplacements admissibles et une déformation en fonction du temps plus réaliste du tapis
est ainsi obtenue.

145
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

Concernant l’ordre de grandeur du déplacement, si l’on compare le déplacement


maximal mesuré pendant les expériences (valeurs de référence autour de 0,4 mm) et on
le compare aux valeurs obtenus avec le dernier modèle plus détaillé, (résultat
déplacement maximal autour de 3 mm) il y a une différence notable avec un écart d’un
facteur 10.

Vis-à-vis du déplacement maximal obtenu, la comparaison entre les résultats


expérimentaux (autour de 0,4 mm) et de modélisation (autour de 3 mm) met en évidence
une différence notable d’un facteur 10. Pour le premier modèle intégré multiphysique
montré dans le chapitre 4, avec une résolution d’une équation de déformation de plaque
en statique et une implémentation dynamique en boucle de calcul pour la prise en compte
du courant, des résultats plus proches en termes d’ordre de grandeur (1 mm) ont été
obtenus. Néanmoins, il est évident, au regard des formes d’onde de la réponse en
déplacement, que la résolution est moins adaptée et moins précise que la résolution de
l’équation avec le terme quadratique qui décrit la dynamique mécanique.

146
Chapitre V : Analyse dynamique et résultats

[1] I. E. Harik, X. Liu, and N. Balakrishnan, “Analytic solution to free vibration of


rectangular plates,” Journal of Sound and Vibration, KY USA, pp. 51–62, 1992.
[2] A.R. Tavakolpour, I. Z. M. Darus, and M. Mailah, “Numerical Simulation of a Flexible
Plate System for Vibration Control,” WSEAS TRANSACTIONS on SYSTEMS and
CONTROL, vol. 4, no. 5, Mar-2009.

147
Conclusion générale et
perspectives
Conclusions et perspectives

152
Conclusions et perspectives

Au long de ce manuscrit de thèse, la démarche de modélisation multiphysique pour


une nouvelle technologie de dégivrage dédiée à l’aéronautique a été présentée. Le modèle
final obtenu est probant, malgré certaines imprécisions.

Le chapitre 1 introduit la problématique du givre en aéronautique. L’état de l’art des


technologies de dégivrage justifie la pertinence de l’étude entreprise pour la technologie
proposée dans cette thèse. Cette dernière envisage une plus grande efficacité énergétique
comparée aux solutions traditionnelles et une meilleure intégrabilité en termes électronique
et électrique. Dans la deuxième partie de ce premier chapitre, le principe de fonctionnement
du dispositif ainsi que ses caractéristiques structurelles ont été présentés. Son
fonctionnement est basé sur la génération d’une onde de déformation mécanique de la
surface à dégivrer, de façon à briser et éliminer la glace non désirée. Les résultats des
essais développés par le partenaire industriel sur un démonstrateur sont présentés ainsi
que le cahier des charges imposé. Ceux-ci ont servi de guide et d’instrument de validation
pour les modélisations développées.

Le chapitre 2 traite les aspects électromagnétiques du fonctionnement du dégivreur.


Des hypothèses simplificatrices posent une première modélisation. Grâce à une stratégie
d’enrichissement progressif, un modèle électromagnétique pour définir la génération des
efforts électromagnétiques a été atteint. Ces premiers travaux ont permis une
compréhension plus approfondie du phénomène électromagnétique en jeu. A partir de
l’expression des forces de Laplace et la description géométrique et physique du dispositif,
des modèles analytiques sont présentés pour une première approche. Néanmoins, ces
modèles sont basés sur des hypothèses simplificatrices très restrictives et de ce fait,
conduisent à une grande imprécision de calcul. Les modélisations numériques offrent
comme avantage la possibilité d’une description détaillée de la géométrie du dispositif
analysée. Une modélisation numérique, basée sur la méthode PEEC, a ensuite été
proposée. Une contrainte d’adaptation à l’application étudié avec l’outil de modélisation
PEEC a été relevée. Une modélisation numérique par un outil qui offre une description
semi-analytique du modèle traité, a finalement été retenue. Le modèle final pour la
description électromagnétique, portant sur une stratégie de résolution quasi-statique, a été
validé. Ce premier modèle représente seulement un bloc dans la chaine de modélisation
multiphysique imaginée. Sa sortie, l’amplitude de l’effort magnétique, est la donnée d’entrée
pour la modélisation mécanique.

Dans le chapitre 3, une approche de modélisation progressive du comportement


mécanique a été présentée. La première approche de type poutre, a mis en évidence la
nécessité d’une prise en compte globale pour le déplacement du dispositif et du feuilletage

151
Conclusions et perspectives

des conducteurs. Les résultats qualitatifs ont permis de conclure que les hypothèses
simplificatrices applicables et validées pour la modélisation électromagnétique ne sont pas
toutes transférables pour la description mécanique. Une approche de modélisation
analytique par déformation de plaques avec une discrétisation en bandes, a ensuite été
développée. Des résultats plus satisfaisants ont conduit à sélectionner cette approche et
continuer les travaux de définition du modèle; celui-ci a été enrichi avec la définition
d’éléments structurels du tapis. Ces calculs restent cependant dans un cadre statique.

La modélisation mécanique a soulevé deux problématiques :

- Le différentiel entre les constantes de temps électrique et mécanique


indique la nécessité d’une prise en compte dynamique des phénomènes pour
achever une représentation adaptée du fonctionnement du dispositif.

- La définition des conditions aux limites mécaniques est


problématique et compromet la modélisation et les résultats.

Une modélisation dynamique a donc été entreprise à la fin des travaux de


modélisation, dans la phase d’intégration des modèles. Le chapitre 4 porte sur les travaux
de modélisation électrique et de l’analyse énergétique. Le circuit équivalent pour le dispositif
de dégivrage est identifié, les paramètres d’impédance de charge pour la surface à dégivrer
et le serpentin sont estimés. De la même façon, une étude concernant les pertes par
courants induits sur la surface du blindage à dégivrer a été entreprise. Ce chapitre présente
en conclusion une analyse énergétique qui montre la possibilité d’une optimisation des
pertes. Due à l’approximation liée à certains éléments de ce modèle, notamment la charge
couplée, la source de ces pertes ne peut pas être identifiée intégralement; mais les résultats
conduisent à conclure que ces dernières sont présentes notamment au niveau des
conducteurs du serpentin et des restrictions structurelles pour le déplacement mécanique.
Le modèle électrique final est de nature analytique, mais présente comme désavantage la
non prise en compte de la relation des paramètres électriques avec les changements
structurels dues à l’évolution de la déformation mécanique au cours d’un cycle d’activation.
Finalement, l’intégration de l’ensemble des modèles est achevée. Un modèle multiphysique
en statique est présenté à la fin de ce chapitre.

Comme premier pas vers l’optimisation, dans le chapitre 5 une série d’études de
sensibilité est présentée. Parmi les paramètres topologiques sensibles identifiés, on trouve
la section des conducteurs, le nombre de lignes de charge, la densité et diamètre des plots
de rappel. Des études de sensibilité concernant les paramètres dits d’extraction ont aussi

152
Conclusions et perspectives

montré le grand impact de l’écart entre les conducteurs et du courant d’alimentation sur les
résultats.

Le besoin d’une prise en compte de la dynamique est mise en évidence avec une
étude sur le comportement des formes d’onde de déformation mesurées lors des essais
réalisés précédemment à la thèse. Pour répondre à ce besoin, une modélisation complète
basée sur une résolution par la méthode des différences finies a été implémentée. Elle
permet la prise en compte de la variation temporelle de la sollicitation électrique et de la
réponse mécanique. Grâce à cette procédure, une réponse dynamique plus proche des
essais a été obtenue. Pour compléter ces travaux de modélisation, une contrainte de
contact pour limiter le déplacement en cohérence avec la structure du dispositif a été
ajoutée.

En ce qui concerne le paramètre de référence, le déplacement maximal, une


différence d’un facteur 10 (déplacement issu des expériences autour de 0,4mm contre un
déplacement maximal autour de 3mm calculé par le modèle final) a été observé. Il est très
difficile de définir précisément le type de condition aux limites mécaniques aux extrémités
du dispositif. Ceci impact fortement la modélisation associée. Par ailleurs, il n’est pas
certain qu’il n’existe pas de contraintes additionnelles provoquées involontairement au
cours du processus de collage et vulcanisation des éléments du tapis. Les caractéristiques
physiques des matériaux élastomères ont simplement été estimés. L’impact de ces
paramètres sur le calcul de la déformation a montré qu’une part de l’écart obtenue en
modélisation peut être associée à une relative mauvaise définition des paramètres
matériaux. Malgré le fait que des modèles intermédiaires ont pu présenter de meilleurs
résultats en terme de précision sur le déplacement maximal, le modèle plaque final retenu,
avec résolution temporelle et spatiale par différences finies reste le plus adapté du fait d’une
meilleure prise en compte de la dynamique mécanique.

L’étude réalisée dans ces travaux de thèse permet d’affirmer la pertinence d’une
technologie électromécanique pour le dégivrage aéronautique. Malgré une modélisation
multiphysique complexe, cette solution permet d’estimer les caractéristiques de
déformation obtenue pour l’action de dégivrage. Si une optimisation est mise en œuvre,
l’efficacité énergétique de cette solution électromécanique pourrait aussi s’avérer meilleure
que celle des solutions traditionnelles, du fait que l’énergie est directement transformée et
appliquée à la surface à traiter. Néanmoins, il reste à évaluer les possibilités en termes de
solutions d’alimentation adaptées à la fois aux contraintes aéronautiques et aux fortes
intensités de courant demandées par cette solution.

153
Conclusions et perspectives

Perspectives

Pour la suite à donner au développement de cette technologie, il serait pertinent de


s’attaquer à :

- Une définition correcte des conditions aux limites : la non


identification des caractéristiques précises pour le type de liaison qui existe au bords
du tapis démonstrateur a été problématique pour la modélisation et a de ce fait
entrainée une imprécision sur les résultats du déplacement. Il faudrait pouvoir
effectuer des tests destructifs sur le dispositif afin d’identifier les vraies conditions
structurelles. Il est de même en ce qui concerne les matériaux élastomères utilisés
pour la construction des plots et la couche de vulcanisation ; des caractérisations
mécaniques de ces matériaux permettraient d’identifier précisément leur
comportement.
- Développer un modèle dynamique (semi-analytique ou numérique)
du système, couplant les résolutions électrique, électromagnétique et mécanique :
la modélisation actuelle ne permet pas de considérer l’évolution de la structure
mécanique (déplacement et déformation des conducteurs en fonction du temps au
long d’un cycle d’actionnement) dans la réponse électrique. Cette modélisation
devrait permettre de relier les dynamiques propres de chaque phénomène
physique, pour autoriser l’identification des paramètres sensibles en vue d’une
optimisation.
- Faire une analyse de sensibilité sur les paramètres d’excitation avec
un modèle électrique dynamique : il sera possible de faire des études de sensibilité
pour faire une sélection d’une forme d’onde de courant d’excitation la plus adaptée
pour obtenir un déplacement maximal. Il est soupçonné que l’inertie mécanique
pourrait empêcher le système de répondre au pic d’alimentation électrique maximal,
et que la réponse mécanique correspondrait plutôt à une valeur de courant sur la
pente descendante de la courbe d’excitation. En d’autres mots, que la dynamique
mécanique n’est pas capable de suivre la dynamique électrique. Il ne serait peut-
être pas nécessaire d’avoir un pic de courant d’excitation si haut, mais plutôt une
forme d’onde de courant avec un plateau et une valeur maintenue pendant une
période de temps plus longue. Il s’agirait d’une analyse qui vise à optimiser la
puissance d’entré en maximisant le déplacement.
- L’amplification mécanique : des solutions d’amplification mécanique
peuvent être développées. Il conviendra de tenir compte du compromis entre la
masse additionnelle et le déplacement supplémentaire apporté.

154
Conclusions et perspectives

- Travailler avec une autre structure de conducteurs : l’idée initiale est


d’obtenir une configuration reposant sur des structures conductrices élémentaires,
de topologie à identifier grâce à l’optimisation des modèles développés, reposant
sur la surface totale à dégivrer. Associée à une stratégie de commande de chaque
élément, il serait possible d’optimiser le fonctionnement de la technologie vis-à-vis
de la déformation produite
- L’optimisation globale du système de dégivrage : il serait pertinent
d’implémenter une optimisation de la formulation du modèle final. Quelques essais
d’optimisation non concluants, non présentés dans cette thèse, nous ont permis de
voir que la surface de réponse pour l’expression du déplacement est bruitée et serait
adaptée à l’application d’un algorithme de type génétique. Ceci est possible grâce
à la nature semi- analytique du modèle permettant de calculer les gradients pour les
paramètres à optimiser. Outre l’optimisation de la structure mécanique pour
développer le maximum de déformation, l’optimisation énergétique du système est
importante pour aller vers un avion plus électrique et plus sobre.

155
Annexes
Annexes

ANNEXE A - Mise en évidence d’un motif élémentaire ............................................... 159

ANNEXE B – Implémentation du modèle électromagnétique par la méthode PEEC


utilisant le logiciel InCa3D .......................................................................................... 164

ANNEXE C – Implémentation de la modélisation utilisant les outils McMMems et


CADES ....................................................................................................................... 169

ANNEXE D - Développement matriciel pour la solution du modèle statique de la poutre


................................................................................................................................... 176

ANNEXE E - Solutions homogène et particulière selon le cas, pour l’approche plaque


................................................................................................................................... 178

ANNEXE F - Implémentation du modèle mécanique plaque ....................................... 182

ANNEXE G - Décomposition spectrale de Fourier ...................................................... 203

ANNEXE H – Résolution par différences finies, détail d’implémentation ..................... 204


Annexes

ANNEXE A - Mise en évidence d’un motif élémentaire


A partir du calcul de l’induction magnétique B les objectifs de cette étude sont de :

 évaluer l’influence du nombre de conducteurs, son écart et son interaction sur le


déplacement du système,
 analyse de sensibilité de certains paramètres géométriques.

On considère les hypothèses suivantes :

 deux serpentins en vis-à-vis identiques parcourus par un courant de même


amplitude mais de sens opposé,
 calcul de B pour le cas d’un fil infiniment long de section nulle,
 nombre de fils (ou tours du serpentin) et emplacement variable.

i(

Figure A-1. Vues du système.

On continu par étudier l’influence du nombre des fils du serpentin sur l’induction
électromagnétique B, paramètre directement proportionnel à la déformation de notre
surface à dégivrer.

La Figure A-2 présente les premiers trois cas à analyser, avec la définition des
paramètres d (distance entre conducteurs extérieures selon l’axe Y) et e (écart sur l’axe Z
entre les deux serpentins). Dans un premier instant, on augmente le nombre de fils en
respectant toujours la taille totale du tapis (donc les fils s’approchent quand leur nombre
augmente), dans la deuxième analyse, on augmente le nombre de fils mais on va faire
varier la taille du tapis (la distance entre conducteurs reste égale).

159
Annexes

Situation 1 : 4 fils Situation 2 : 5 fils Situation 3 : 6 fils

Coupe
X=>cte
Figure A-2. Augmentation du nombre de fils conducteurs pour une même valeur d.

Avant de passer aux équations, il est nécessaire d’établir la convention des axes,
directions et variables à utiliser, ainsi que la géométrie du système et le sens des
courants.
Tableau A-1. Description des données et variables d’étude.

Symbol Grandeur Valeur (Unités)

Btot Induction magnétique totale/résultant (T)

By Composant Y de l’induction magnétique (T)

Ftot Force totale/résultante (N)

Fz Composante Z de la force (N)

I Courant maximal d’entrée 5800 (A)

d Distance entre les conducteurs aux extrémités (m)

e Ecart entre les spires dans le sens de l’axe Z (m)

r Distance entre le champ et un fil analysé (m)

µ0 Constante de perméabilité magnétique dans l’air 4πx10-7(T*m/A)

y Position sur l’axe Y (m)

Si l’on se repère sur la Figure 2-5, on souhaite analyser la force qui va générer un
déplacement dans la direction Z. De ce fait c’est la composante Y du champ magnétique B
d’intérêt. Remarquer que la contribution By de n’importe quel élément situé à la même
position Z sera nulle (θ=90°, cos θ=0) ; l’induction électromagnétique By sur un fil
conducteur sera donc celle créée par la contribution des champs de tous les fils placés
dans une position Z différente au fil analysé, en autres termes la force subie par le
serpentin du haut n’est due qu’au champ B créé par les conducteurs du serpentin du bas

160
Annexes

et vice-versa. Pour établir l’expression de l’induction, on fait l’hypothèse de conducteurs


infinis et filiformes parcourus par un courant I.

A partir de l’expression de l’équation 2-1, le calcul de l’induction magnétique totale


vue par un conducteur du serpentin est effectué dans les trois situations présentées.
L’amplitude obtenue est comparée afin de savoir s’il est judicieux d’augmenter le nombre
d’allers retours ou non. Suivent les expressions du champ B en fonction de y sur le
serpentin du haut.

Situation #1

  d y 
µ  I µ I   3  µ I
 cos   y 
0 0 0
By 1( y )   arctan      cos  arctan     cos
2 2   e  2   e  2
2   y  e  d  y   e2  2 d  y   e2
2     2    
3   3 

  d y    2 d  y 
  3  µ I   3  µ I
d y
 cos   
0 0
s  arctan     cos  arctan     arctan  
  e  2   e  2 2   e 
2    2 d  y   e2 2   ( d  y )  e
 
 3 

Situation #2

  d y  
µ  I µ I   4  µ I 
 cos   y 
0 0 0
By 2( y )   arctan      cos  arctan     cos  ar
2 2   e  2   e  2 
2   y  e  d  y   e2  2 d  y   e2
2     2    
4   4 
  d y    2 d  y    3 d  y 
  4  µ I
0   4  µ I
0   4  µ I
0
s  arctan     cos  arctan     cos  arctan   
  e  2   e  2   e  2
2    2 d  y  e2  3 d  y  e2 2   ( d  y ) 
  2    
 4   4 
 3 d  y  
 4   µ I
ctan    
0
 cos   d  y 
 arctan  
 e   2 2   e 
2   ( d  y )  e

Situation #3

  d y  
µ  I µ I   5  µ I 
 cos   y 
0 0 0
By 3( y )   arctan      cos  arctan     cos  arct
2 2   e  2   e  2 
2   y  e  d  y   e2  2 d  y   e2
2     2    
5   5 

  d y    2 d  y    3 d  y 
  5  µ I
0   5  µ I
0   5  µ I
0
os  arctan     cos  arctan     cos  arctan    c
  e  2   e  2   e  2
2    2 d  y  e2  3 d  y  e2  4 d  y  e2
  2     2    
 5   5   5 

161
Annexes

 3 d  y    4 d  y 
 5  µ I   5  µ I
d y
 cos  arctan  
0 0
n    cos  arctan    
 e  2   e  2 2   e 
2    4 d  y   e2 2   ( d  y )  e
 
 5 

Les expressions précédentes montrent une dépendance de l’induction magnétique avec


les paramètres d et e. Pour une position Y donnée, on retrouve toujours le même premier
terme qui correspond au conducteur situé sous le conducteur analysé (à la position Y) puis
viennent le reste des termes liés aux autres conducteurs du serpentin plus éloignés.

Sur la Figure A-3, on montre les valeurs de l’induction magnétique By calculées


selon la position du conducteur pour les trois cas analysés. On constate que le fait
d’augmenter le nombre de fils ne va pas forcement garantir une augmentation du champ
magnétique total sur la composante Y pour aucun conducteur.

Figure A-3. Courbes résultantes pour les trois situations étudiées (By1 Induction magnétique pour le
cas de 4 fils, By2 pour le cas de 5 fils, By3 pour le cas au 6 fils).

Il peut être remarqué que le fait d’augmenter le nombre de fils n’assure pas une
modification de l’induction magnétique générée. En effet, l’induction magnétique est trop
faible et s’annule entre les conducteurs, ce qui tend à penser que l’influence du
conducteur le plus proche est prépondérante.

162
Annexes

Sur la Figure A-4, on observe l’induction au niveau d’un seul conducteur isolé, celui au
bord du tapis dans les 3 cas précédents et on rajoute le premier terme de ces expressions.
On confirme bien que c’est uniquement le conducteur le plus proche qui contribue de
manière significative à l’induction. On peut alors négliger non seulement les conducteurs
qui se trouvent à la même position sur l’axe Z mais aussi tous les conducteurs qui
appartiennent à un autre tour du serpentin.

Ce résultat est très intéressant car il permettra sans doute de simplifier la


modélisation mécanique du dispositif pour évaluer ensuite le déplacement suite à la force
de Laplace générée avec les conditions et caractéristiques des matériaux de notre
structure.

Figure A-4. Comparaison induction magnétique pour tout le système avec la contribution de la spire
plus proche.

163
Annexes

ANNEXE B – Implémentation du modèle électromagnétique par la méthode


PEEC utilisant le logiciel InCa3D
Dans ce qui suit, on rentre plus dans le détail de la géométrie en utilisant InCa3D et en
calculant :

 l’impédance des différentes configurations d’une part afin que l’on puisse savoir si la
demande énergétique varie avec les paramètres géométriques,
 l’induction magnétique pour les situations 1, 2 et 3 pour faire la comparaison avec les
calculs analytiques.

On va utiliser InCa3D sur les géométries précédentes afin d’évaluer l’écart entre le cas
théorique (conducteurs filiformes de longueur infinie) et la géométrie réelle.

Pour le calcul de l’impédance Z l’impédance totale du serpentin (Figure A-5) en


fonction de la fréquence est évaluée.

Figure A-5. Schéma pour l’impédance de la spire.

La Figure A-6 présente une superposition des cinq courbes résultantes pour la valeur de
l’impédance des différentes situations en prenant la configuration initiale comme référence.

164
Annexes

Figure A-6. Valeurs de l’impédance pour les cinq géométries analysées en fonction de la fréquence.

On montre la variation des valeurs de l’impédance du système en fonction du nombre des


spires, son écart et la taille totale. On remarque une légère croissance en fonction de la
fréquence. En référence à la situation 1, le reste des situations est ramenée à celle-là. Il peut
être conclu que si on augmente le nombre de spires, l’impédance augmente et donc si on
veut un même courant il faudra une tension d’alimentation plus élevée.

L’hypothèse de conducteurs filiformes (ie section nulle) engendre des valeurs


maximales pour l’induction irréalistes (au droit des conducteurs près de 6T !). Plus on
s’éloigne des conducteurs, plus cette hypothèse peut être appliquée. Mais effectivement
proche du conducteur voire dedans, le calcul analytique avec cette hypothèse de section
nulle est faux.

Prenons comme exemple la Figure A-7 qui montre une coupe au milieu du serpentin,
les iso valeurs montrées appartiennent au calcul de la densité de force de Laplace. On peut
clairement remarquer que cette distribution n’est pas uniforme sur toute la section, en
conséquence l’induction magnétique ne l’est pas non plus.

165
Annexes

Figure A-7. Distribution de la force de Laplace sur une coupe du système.

Effectivement, dans le cas d’une section non nulle avec une densité de courant uniforme il
est aisé d’exprimer l’induction pour un conducteur de longueur infinie.

Finalement voici un exemple de courbes 3D qu’on peut obtenir à l’aide de la toute


nouvelle version du logiciel InCa3D. Il y a des nouveaux outils qui permettent d’automatiser
la procédure de résolution des projets, mais on ne pourra passer aux études de sensibilité
que quand on aura établi les paramètres d’entrée pour le signal du courant et de ses
harmoniques.

166
Annexes

Figure A-8. Edition du scénario de résolution, possibilité de piloter les paramètres géométriques établis
comme variables pendant la création de la géométrie.

Figure A-9. Modification de la géométrie conseillée par les concepteurs InCa3D.

167
Annexes

Figure A-10. Exemple de l’évaluation de la Densité de Force volumique sur une grille avec une courbe 3D.
Composant 3 => Axe Z de notre système.

Figure A-11. Possibilité de passer aux courbes 2D pour plus de simplicité et de clarté dans la
présentation des résultats.

168
Annexes

ANNEXE C – Implémentation de la modélisation utilisant les outils


McMMems et CADES

Dans cette partie, on présente un exemple de l’analyse comparative exhaustive réalisée


entre les deux procédures de simulation proposées : InCa3D et McMMems+CADES. Le but
a été de valider les grandeurs électromagnétiques obtenues avec McMMems+CADES en
utilisant InCa3D comme référence. La grandeur sélectionnée pour l’évaluation est la force
moyenne sur un conducteur. L’erreur de calcul entre les deux logiciels a été calculée avec
l’équation suivante :
𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝐼𝑛𝐶𝑎3𝐷 −𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝐶𝐴𝐷𝐸𝑆
%𝐸𝑅𝑅𝐸𝑈𝑅 = 𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝐼𝑛𝐶𝑎3𝐷
∗ 100% ………… (A-1)

Grâce aux résultats des études précédentes, où on démontrait l’impact prépondérant des
conducteurs plus proches pour les calculs électromagnétiques, on a pris en compte
uniquement une section du système originalement construit par ZODIAC : deux conducteurs
longitudinaux alimentés par le même courant en sens opposé. En vue de simplifier la
modélisation mécanique vers l’analyse d’une poutre 2D, on a commencé à considérer un
seul conducteur d’épaisseur 150µm par couche au lieu de deux conducteurs d’épaisseur
75µm par couche soudés aux extrémités du dispositif original.

Finalement on a défini trois géométries à simuler avec trois scenarios d’évaluation,


dont on montre ici un seul exemple. Les mêmes modélisations ont été effectuées sur les
deux logiciels, selon trois scénarii au cours desquels il a été évalué l’impact :

 du courant pour une distance entre conducteurs donnée,


 de l’écart entre les conducteurs (pour plusieurs valeurs du courant),
 de l’épaisseur des conducteurs (pour plusieurs valeurs du courant).

Cas d’analyse 1vs5 : Deux conducteurs parallèles, le premier constitué d’un seul élément et le
deuxième divisé en 5 éléments

Comme il a été expliqué dans la section d’analyse mécanique de ce rapport, il est


intéressant de discrétiser la longueur des conducteurs pour tenir compte du déplacement du
conducteur dans le champ. La Figure A-12 montre la géométrie simulée dans ce cas. Un des
conducteurs n’est pas maillé alors que le deuxième conducteur est divisé en 5 éléments sur
sa longueur, les éléments sont connectés électriquement.

169
Annexes

Conducteur_5 Conducteur_6 Conducteur_7 Conducteur_8 Conducteur_9

Conducteur_0

a) Géometrie InCa3D. Deux conducteurs parallèles alimentés, un d’entre eux discretisé en


5 éléments.

b) Géométrie McMmems. Deux conducteurs parallèles alimentés, dont un discretisé en 5


éléments.

Figure A-12. Géométrie simulé pour le cas #2 : a) InCa3D vue 3D et plan XZ b) McMmems vue 3D.

Sur le Tableau A-2 on trouve les données d’entrée du premier scenario pour la géométrie du
cas 1vs5. Les résultats sont montrés sur les graphiques de Figure A-13 et Figure A-14. La
force par conducteur en fonction de la variation du courant DC d’alimentation du circuit est
présentée, ainsi que le pourcentage d’erreur estimé entre les deux approches de simulation.

170
Annexes

Tableau A-2. Valeurs d’entrée pour les paramètres géométriques et physiques des simulations (Cas
1vs5, 1er scenario).

Paramètres d'entrée Description

I=500A à 7000A Courant continu variable par pas de 500A

Séparation selon l’axe Z entre les lignes des


Ecart=0,000075m
conducteurs

Long=0,223m Longueur des conducteurs selon l’axe X

Larg=0,003m Largeur des conducteurs selon l’axe Y

Epcui=0,00015m Epaisseur des conducteurs en cuivre

171
Annexes

Figure A-13. Force de Laplace produite sur les conducteurs en fonction du courant d'alimentation (Cas #2. 1vs5, 1er scenario).
Annexes

Figure A-14. Pourcentage d’erreur entre les calculs des deux logiciels (Cas #2. 1vs5, 1er scenario).

Cet ensemble de tests a permis de valider l’utilisation du logiciel McMmems et de la


plateforme CADES pour l’évaluation des grandeurs électromagnétiques à la place du
logiciel InCa3D.

Les avantages sont la facilité pour définir la géométrie, la vitesse de calcul, la


récupération des résultats de forme plus accessible, mais principalement la possibilité de
faire des calculs multiphysique grâce à l’accès aux équations générées avec le code *.sml.

Les risques sont la manipulation de plusieurs fichiers pour passer d’un outil de la
plateforme à l’autre. La création des dossiers n’est pas automatisée et peut favoriser les
erreurs humaines.

L’utilisation des McMmems+CADES est une alternative plus avantageuse pour


notre problème de simulation, sous réserve de vérifier rigoureusement la chaine des
fichiers, les données, les coefficients de conversion et vérifier régulièrement la grandeur
des résultats grâce à des calculs sur InCa3D par exemple. Cela reste tout de même un
calcul en statique à chaque fois.

Pour plus de clarté, la nouvelle séquence de simulation peut être décrite suivant les
étapes énoncées ci-dessous (Tableau A-3):

- Création d’un fichier XML (extension *.xml) avec le logiciel McMmems. Dans ce
document on détermine la géométrie et les paramètres du système à évaluer ainsi
que des équations additionnelles si on le souhaite.
- Depuis la même interface McMmems, on exporte le modèle vers un fichier SML
(extension *.sml), code contenant une série d’équations auto générée.

173
Annexes

- Édition du code et compilation à l’aide du Generator de la plateforme CADES.


Quand on compile ce dernier, on va obtenir un élément ICAR (extension *.icar), qui
est un composant définissant de manière détaillée le modèle.
- Pilotage du composant ICAR. En ce qui concerne l’insertion des valeurs d’entré
d’un scénario, lancer la résolution des équations et l’obtention de la solution, 2
options existent : a) Composant Calculator de la plateforme CADES, où on peut
créer un fichier VAL (extension *.val avec les entrées, lancer l’évaluation des
calculs intégrés sur le composant ICAR, ou même tracer des courbes des sorties
en fonction des paramètres d’entrée choisis. b) Plug-in Matlab pour appeler le
composant ICAR depuis une fonction Matlab.
Tableau A-3. Synthèse de la procédure de simulation McMMemsCADESMatlab.

Logo et
ordre de 1 2 Densité
de Force
chainage

Plate-
McMMems CADES Generator CADES Calculator Matlab
forme

Exten-
sion du *.sml *.icar
*.xml *.m
compo- *.icar *.val
sant

Interface pour
l’édition du code qui Interface pour la
Logiciel pour le
Interface pour la définit la géométrie, définition des valeurs
codage des
définition de la ses paramètres, d’entrée des
fonctions de calcul
géométrie, ses unités, équations et paramètres
mathématique
caractéristiques variables de sortie. précédemment
diverses. A l’aide
Descrip- physiques et Sa compilation définis, lancer des
d’un plug-in dédié,
tion énonciation des origine les calculs, et tracer des
il est possible de
calculs requis. Une composants ICAR courbes. Les
piloter les
fois compilé, on qui pourront ensuite données d’entrée
composants ICAR
génère le composant être lus par la sont sauvegardées
et récupérer ses
SML. calculette CADES en forme de fichier
sorties.
ou par un VAL.
programme Matlab.

174
Annexes

L’avantage du logiciel McMMems est de permettre de calculer de manière exacte le


gradient (Jacobien) de toutes les sorties du calcul en fonction des entrées. Ceci fournit un
calcul de sensibilité formel qui permettra de faire des optimisations avec des algorithmes
d’optimisation déterministes, du type gradient, autorisant des optimisations avec un grand
nombre de paramètres et de contraintes. Autres avantages de cette stratégie sont la
rapidité de définition de la géométrie, la possibilité d’ajouter les équations désirés pour
faire des simulations en multiphysique, l’accès aux logiciels par des futurs utilisateurs.

Il est envisagé d’utiliser cette procédure pour la suite du projet. Néanmoins,


McMMems et CADES ne sont pas des outils commerciaux et il faudra valider son
utilisation à chaque étape ; et on pourra alors revenir à faire des calculs sur InCa3D pour
comparer les résultats des calculs en statique. Du fait de la gestion de plusieurs fichiers,
cette procédure nécessite aussi beaucoup de rigueur et une constante surveillance des
équations et coefficients générés entre les différents logiciels pour assurer une exactitude
des calculs.

175
Annexes

ANNEXE D - Développement matriciel pour la solution du modèle statique


de la poutre

Le développement matriciel de ces expressions, pour le cas d’un appui :

176
Annexes

Pour des conditions d’encastrement aux limites :

177
Annexes

ANNEXE E - Solutions homogène et particulière selon le cas, pour


l’approche plaque

Tableau A-4. Solution homogène WHI(x,y)

178
Annexes

Tableau A-5. Solution particulière WPI(x,y)

Les coefficients Cm1, Cm2, Cm3, Cm4, détaillés dans les Tables A-4 et A-5, dépendent du
type de conditions aux limites sur les deux arêtes (y = 0 et y = b) et de la valeur de m
(nombre de termes de la somme infinie). Ces coefficients, la fonction Gm(y) et g2m sont
déterminés à partir du Tableau A-6.

179
Annexes

Tableau A-6. Fonction Gm(y) et g2m

180
Annexes

Tableau A-7. Fonction de chargement sur arête

Les coefficients Cm1, Cm2, Cm3, Cm4 et la fonction Gm(y) sont aussi déterminés à partir du
Tableau A-6.

181
Annexes

ANNEXE F - Implémentation du modèle mécanique plaque

Cas test 1 : plaque chargée ponctuellement

Le cas d’une plaque chargée ponctuellement a été traité ici. Dans un premier temps, ce ne
sont pas les valeurs exactes des déplacements qui seront observées mais plutôt le
comportement de ce modèle et la vérification de certains cas particuliers pour valider la
cohérence des résultats.

Chargement au centre sans poutre

Un chargement de valeur de 1000 N a été appliqué au centre de la plaque rectangulaire


déformable qui elle est tenue par 4 appuis simples sur ses 4 côtés. Le Tableau A-8 liste
les valeurs des différents paramètres d’entré définis pour ce cas test et montre une image
avec sa représentation dans l’espace.
Tableau A-8. Une plaque chargée ponctuellement au centre et données d’entrée.

Données d’entrée Disposition géometrique

a = 0,084 m

b = 0,223 m

Epaisseur = 5x10-4 m

Ex = Ey = 71x109 Pa

µx= µy = 0,3

G = 25,8x109 Pa

P = 1000 N

L’expression de la déformation fait apparaître des sommes infinies. La convergence a été


obtenue pour un nombre relativement restreint de termes de la série (m=5). La
déformation a été évaluée le long des deux lignes centrales x = a/2 et y = b/2 et les
résultats sont montrés sur la Figure A-15.

182
Annexes

Figure A-15. Déplacement de la plaque soumise à une charge ponctuelle au niveau des lignes (x= a/2 et
y = b/2), 4 appuis.

On observe la forme en cloche de la déformée qui correspond à la ligne centrale parallèle


à l’axe Y (sur la longueur de la plaque rectangulaire) et une courbe de déformation
parabolique pour la ligne centrale parallèle à l’axe X (sur la largeur de la plaque
rectangulaire). Plus tard on va démontrer que cette variation est causée par la différence
des mesures des côtés de la plaque rectangulaire (a et b) et en aucun moment par une
erreur de la définition mathématique du modèle.

Le tracé du résultat pour la surface de déformation en 3D est montré sur la Figure


A-16. On peut y apprécier l’effet des conditions aux limites de type appui sur les bords de
la plaque avec un déplacement maximal de 0,14m pour les valeurs des donnés d’entrée
citées.

Déformation de la plaque

0.12
X: 0.042
Y: 0.1115
Z: 0.14
0.14
0.1
0.12

0.1
0.08
0.08
W(m)

0.06 0.06
0.04

0.02 0.04

0
0
0.02 0.25 0.02
0.2
0.04 0.15
0.06 0.1
X(m) 0.08 0.05 Y(m)
0.1 0

Figure A-16. Déformation de la plaque en 3D soumise à une charge ponctuelle de 1000 N, 4 appuis.

183
Annexes

On dispose de deux références bibliographiques [1] et [2], pour lesquelles ce cas a été
traité, le premier à l’aide d’une approche éléments finis utilisant l’outil numérique Abaqus
et le deuxième article avec une approche analytique. On s’est servi de ces deux
références pour faire une comparaison avec notre modèle et vérifier que l’implémentation
a été bien réalisée. Le Tableau A-9 résume les résultats pour ce cas test traité avec les
trois approches différentes.
Tableau A-9. Résultats pour le déplacement maximal de la plaque chargée ponctuellement sur le centre
résolu avec 3 méthodes différentes.

Notre approche analytique (avec m =5) FEM [6] Autre approche analytique [7]

Wmax(m) 0,140 0,149 0,143

Afin de vérifier la symétrie de l’approche, on a refait les calculs avec les mêmes données
d’entre mais maintenant pour une plaque carrée (a = b = 0,223 m). On prend encore une
fois comme référence le tracé pour la déformation de la plaque sur deux lignes centrales.
Les résultats de ce cas sont présentés sur la Figure A-17.

0.8
Déformation de la ligne y = b/2
en fonction de x
0.7 Déformation de la ligne x = a/2
en fonction de y

0.6

0.5
W(m)

0.4

0.3

0.2

0.1

0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25


x(m) ou y(m)

Figure A-17. Déformation sur deux lignes centrales d’une plaque carrée (a = b = 0,223 m), charge
ponctuelle de 1000 N, 4 appuis.

Les deux courbes sont identiques ce qui met en évidence la symétrie de la déformation
entre les deux axes X et Y. On conclut alors que les différences rencontrées entre les
courbes de déformation trouveés pour la plaque rectangulaire de la Figure A-15 sont en

184
Annexes

effet liées à la différence entre les mesures a≠b, et non à une erreur de représentation du
modèle. De cette façon, on valide ce premier modèle et son implémentation.

Chargement au centre avec l’inclusion d’un élément poutre

La notion de poutre est nécessaire dans ce modèle car elle sert à définir l’endroit où un
effort linéique est appliqué. Pour notre dégivreur, les poutres seront indispensables pour la
définition des efforts linéiques génères au niveau des lignes de conducteurs du serpentin.

Ce cas, issu d’une référence bibliographique [3] a été sélectionné pour caler
l’implémentation des éléments poutre. Cette fois, sur deux côtés opposés de la plaque
carré, on définit deux poutres pour remplacer les conditions aux limites.

Le chargement a été localisé au centre de la plaque. Le Tableau A-10 résume la


géométrie, les paramètres et les valeurs maximales des déplacements pour ce cas, en
fonction des conditions aux limites (CL) adoptées.
Tableau A-10. Plaque carrée, avec chargement ponctuel et 2 poutres.

CL Wmax(m) Reference [5]

CC 0,4322 0,4344

CS 0,5400 0,5446

SS 0,7106 0,7098

Effectivement, notre modélisation converge avec les résultats de la littérature, ce qui veut
dire que les caractéristiques physiques des poutres ont bien été prises en compte.

Influence de la discrétisation en éléments « bande »

On utilise le premier modèle de plaque rectangulaire avec les mêmes données d’entrée du
Tableau A-8. Sur ce cas simple, on veut maintenant regarder l’impact du découpage en
bandes au niveau de la nouvelle arête ainsi définie.

Sur la Figure A-18, pour le cas de discrétisation de la plaque en 2 et 4 bandes, la


continuité de la fonction est respectée au niveau des arêtes et on observe que le résultat
ne dépend pas du nombre de bandes car les courbes son identiques. Il y a une

185
Annexes

convergence des résultat par rapport au premier l’analyse pour la plaque rectangulaire non
discrétisée de la Figure A-15. L’implémentation de la discrétisation est alors validée.

Figure A-18. Déformation au niveau des lignes (x= a/2 et y = b/2) pour une plaque avec une charge
ponctuelle au centre de 1000 N, discrétisation en 2 et 4 bandes, CL= 4 appuis.

Il faut noter que le nombre d’inconnues augmente proportionnellement au nombre de


bandes. En effet, le nombre d’inconnues est déterminé par la relation :

𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑’𝑖𝑛𝑐𝑜𝑛𝑛𝑢𝑒𝑠 = 4 ∗ 𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑏𝑎𝑛𝑑𝑒𝑠 ∗ 𝑚

Avec :

𝑚 ; nombre de termes de la série.

Ici la valeur est fixée à 𝑚 = 5. Chaque bande a 4 inconnues : AmI, BmI, CmI et DmI (voir
Table A3 de l’ANNEXE F). Pour les cas de notre exemple, le nombre d’inconnues est :

- Cas 1, 2 bandes : 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑’𝑖𝑛𝑐𝑜𝑛𝑛𝑢𝑒𝑠 = 4 ∗ 2 ∗ 5 = 40


- Cas 2, 4 bandes : 𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑’𝑖𝑛𝑐𝑜𝑛𝑛𝑢𝑒𝑠 = 4 ∗ 4 ∗ 5 = 80

On rappelle que le dégrée de précision du résultat pour cette méthode ne dépend pas du
nombre d’éléments de discrétisation ou bandes mais du nombre de termes de la série
considères 𝑚 . On a alors intérêt à limiter le nombre de bandes de discrétisation au
minimum nécessaire pour la définition de toutes les charges et autres caractéristiques de
notre système.

Influence des conditions aux limites

On continue avec le modèle plaque rectangulaire avec charge centrale ponctuelle, sauf
que pour ce cas de test les conditions aux limites de la plaque seront modifiées. L’objectif
de cette étude est d’évaluer la relation entre le type d’ancrage et la déformation de la
plaque.

186
Annexes

Les deux cas extrêmes identifiés pour encadrer le résultat sont l’appui simple et
l’encastrement. Sur les Figure A-19 à Figure A-23, les résultats de la déformation sont
montrés pour différentes positions sur la plaque.

Déformation au niveau de la ligne y = b/2


0.16
4 appuis
4 encastrements
0.14 2 appuis (y=0, y=b),
2 encastrements (x=0, x=a)
2 encastrements (y=0, y=b),
2 appuis (x=0, x=a)
0.12

0.1
W(m)

0.08

0.06

0.04

0.02

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09
X(m)

Figure A-19. Déformation de la plaque pour différentes conditions aux limites pour les deux axes
d’analyse y=b/2 et x=a/2.

187
Annexes

Figure A-20. Déformation de la plaque en 3D du cas : Charge ponctuelle P = 1000 N, 2 appuis (sur deux
arêtes y = 0 et y = b) + 2 encastrements (sur deux arêtes x = 0 et x = a)

Figure A-21. Déformation de la plaque en 3D du cas : Charge ponctuelle P = 1000 N, 2 encastrements


(sur deux arêtes y = 0 et y = b) + 2 appuis (sur deux arêtes x = 0 et x = a).

188
Annexes

Figure A-22. Déformation sur des lignes proches des bords, charge ponctuelle P = 1000 N, 2 appuis
(arêtes y = 0 et y = b) + 2 encastrements (arêtes x = 0 et x = a).

-4 -7
x 10 x 10
3 3
ligne y = 0
ligne x = 0
ligne y = b/5000
ligne x = a/5000
2.5 2.5 ligne y = b/4000
ligne x = a/4000
ligne y = b/3000
ligne x = a/3000
ligne y = b/2000
ligne x = a/2000
2 2

1.5 1.5
W(m)
W(m)

1 1

0.5
0.5

0
0

-0.5
-0.5 0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09
0 0.05 0.1 0.15 0.2 0.25 X(m)
Y(m)

Figure A-23. Déformation des lignes proches des bords, charge ponctuelle P = 1000 N, 2
encastrements (sur deux arêtes y = 0 et y = b) + 2 appuis (sur deux arêtes x = 0 et x = a).

Les images courbes 3D sont très parlantes. Pour tous le cas, le changement des
conditions aux limites a bien été pris en compte. On peut conclure que pour le modèle
actuel on sait contrôler et définir les conditions aux limites.

À partir de ces résultats en 2D et en 3D, on constate que le changement des


conditions aux limites va influencer fortement la déformation de la plaque et qu’il est donc
de grande importance de bien identifier dans quel cas le dispositif étudié se situe.

Influence de la position du chargement

Afin de vérifier qu’il n’y a aucune erreur masquée par la symétrie du cas test traité, cette
fois on va faire varier la position du chargement ponctuel sur la plaque pour tester si la

189
Annexes

forme de la réponse est cohérente. Les deux cas test du Tableau A-11 ont été évalués
pour le modèle de plaque rectangulaire.
Tableau A-11. Changement de la position du chargement ponctuel sur la plaque.

Cas 1 Cas 2

Pour le premier cas : La déformation de la


Pour le deuxième cas : La déformation de la
plaque est symétrique autour de la ligne x= a/2.
plaque n’est pas symétrique.

On observe sur les Figure A-24 et Figure A-25, la forme de la surface de réponse pour les
déformations engendrées dans les deux cas. Le sens physique est bien conservé, ce qui
démontre la bonne utilisation de cette approche.

Déformation de la plaque
0.11
0.1
0.12 0.09
0.08
0.1
0.07
0.08 0.06
W(m)

0.06 0.05
0.04
0.04
0.03
0.02 0.02

0 0.01
0
0.02
0.25
0.04 0.2
0.06 0.15
X(m) 0.08 0.1
0.05 Y(m)
0.1 0

Figure A-24. Déformation de la plaque en 3D pour une charge ponctuelle de 1000 N au point (x = a/2, y
= b/5), 4 appuis

190
Annexes

Déformation de la plaque

0.06

0.05
0.08
0.04
0.06

0.04 0.03
W(m)

0.02 0.02
0
0.01
-0.02
0.25 0
0.2 0.1
0.15 0.08
0.06
0.1
Y(m) 0.04
0.05 0.02
X(m)
0 0

Figure A-25. Déformation de la plaque en 3D pour une charge ponctuelle de 1000 N au point (x = a/5, y
= b/5), 4 appuis

Cas test 2 : plaque chargée sur une ligne

Maintenant que le modèle de plaque rectangulaire crée a passé tous les tests de
vérification avec un chargement concentré sur un point, il est temps d’augmenter la
complexité de la définition de la charge, vers une charge de type linéique. Pour ce faire, on
va se servir de la définition d’éléments poutre car c’est à travers eux qu’on peut
représenter les efforts mécaniques appliqués sur une ligne.

Chargement sur une ligne complète

Dans cette configuration, Figure A-26, le type de chargement est modifié. On conserve la
même force totale de 1000 N pour cette occasion elle est répartie de façon uniforme le
long d’une ligne centrée, Ly=1000 N/m.

Données d’entrée Disposition géometrique

a = 0,084 m, b = 0,223 m,

Epaisseur = 5E-4 m

Ex = Ey = 71E9 Pa

µx= µy = 0,3

G = 25,8E9 Pa

Ly = 1000/b N /m

Figure A-26. Une plaque chargée uniformément sur la ligne x = a/2.

191
Annexes

La déformation a été évaluée le long des deux lignes x = a/2 et y = b/2 tel que pour la
batterie de cas de test 1, ces résultats sont présentés sur les courbes de la Figure A-27.
Les tapis de déformation 3D des figures Figure A-28 et Figure A-29 correspondent aux
résultats pour les analyses avec des conditions aux limites de type appuis simples ou
encastrement respectivement.

Figure A-27. Déformation de la plaque soumise à une charge uniformément répartie sur la ligne x=a/2,
au niveau des lignes centrées

Déformation de la plaque
0.06

X: 0.042 0.05
0.07 Y: 0.1115
Z: 0.06193

0.06
0.04
0.05

0.04
W(m)

0.03
0.03

0.02
0.02
0.01

0 0.25
0 0.2 0.01
0.02 0.15
0.04
0.06 0.1
0.08 0.05
X(m) 0.1 0
Y(m)

Figure A-28. Déformation de la plaque pour une charge de 1000/b N/m sur la ligne x = a/2, 4 appuis.

192
Annexes

Déformation de la plaque x 10
-3

16

14
0.02
X: 0.042 12
Y: 0.1115
Z: 0.01739

0.015 10

8
W(m)

0.01
6
0.005
4

0 2
0
0.02 0.25
0.04 0.2
0.06 0.15
X(m) 0.1
0.08 0.05 Y(m)
0.1 0

Figure A-29. Déformation de la plaque pour une charge de 1000/b N /m sur la ligne x = a/2, 4
encastrements.

Chargement sur une ligne partielle

Les trois types de chargements de la plaque existent avec la méthode de résolution


choisie : ponctuel, sur une ligne partielle ou sur une ligne complète. Les types de
chargements conditionnent les termes Jmi. La question soulevée par ces trois expressions
concerne la continuité entre les formulations trouvées et la convergence de l’approche
entre la définition de charge sur une ligne et charge ponctuelle.

Afin d’analyser ceci, une charge de 1000N uniformément répartie est appliquée,
mais cette fois uniquement sur un segment de la longueur totale 2∆L sur la ligne x = a/2
comme le montre la Figure A-30. Quand ∆L tend vers zéro on tend vers la configuration
d’un chargement ponctuel et quand ∆L tend vers b/2 on se rapproche du chargement sur
une ligne complète.

Figure A-30. Chargement de la plaque sur une ligne partielle : définition des grandeurs

193
Annexes

S’il y a convergence de cette approche avec ces deux cas extrêmes de charge ponctuelle
et charge linéique antérieurement traités on peut alors imaginer n’utiliser que le cas de
chargement partiel sur une ligne pour définir tous les cas.

Déformation au niveau de la ligne y = b/2


0.14
Charge ponctuelle centrée
Charge Ly, L = b/2
Charge Ly, L = b/4
0.12 Charge Ly, L = b/8
Charge Ly, L = b/32
Charge Ly, L = b/50
Charge Ly avec Jmi
0.1 de la ligne complète

0.08
W(m)

0.06

0.04

0.02

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09
X(m)

Figure A-31. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 : Charge Ly = 1000/(2∆L) N/m sur le morceau 2∆L
de la ligne x = a/2

Les résultats du test montrés sur la Figure A-31 confirment la continuité obtenue grâce à
cette formulation unique d’une charge uniforme sur une ligne partielle.

Chargement sur une ligne partielle, ajout de poutres

Dans ce paragraphe, tout comme dans le cas du chargement ponctuel l’ajout de poutres
pour remplacer deux conditions aux limites a été effectué. Dans [5], le cas présenté a été
traité et les valeurs maximales des déplacements sont donc comparées sur le tableau ci-
après. Notre modélisation converge avec les résultats de [5].

CL Wmax(m) Ref.

CC 0,0328 0,0334

CS 0,0426 0,0423

SS 0,0572 0,0559

Figure A-32. Plaque carrée, chargement sur une ligne partielle, 2 poutres.

194
Annexes

Influence de la position du chargement de la charge linéique

Dans cette partie, la position du chargement est modifiée pour supprimer la symétrie du
problème et éliminer d’éventuelles erreurs d’application de la méthode. Les charges sont
appliquées uniformément sur la ligne complète aux trois positions différentes : x = a/4, x =
a/2 et x = 3a/4. Les résultats sont présentés sur les Figure A-33 et Figure A-34 pour une
évaluation de la déformation sur des lignes centrées pour différents types de chargement.
Les Figure A-35 et Figure A-36, présentent la déformation en 3D.

Figure A-33. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 avec 3 positions de charge sur une ligne
complète : x = a/4, x= a/2 et 3a/4.

195
Annexes

Figure A-34. Déformation au niveau de la ligne x = a/2 avec 3 positions de charge sur une ligne
complète : x = a/4, x= a/2 et 3a/4.

Déformation de la plaque

0.045
0.04
0.04

0.035
X: 0.042
0.035
0.03 Y: 0.1115
Z: 0.0424

0.025
W(m)

0.03
0.02

0.015
0.025
0.01

0.005
0.02
0
0.25
0.015
0.2

0.15 0.01

0.1
Y(m) 0.005
0.05 0.09
0.07 0.08
0.05 0.06
0.03 0.04
0 0.02
0 0.01
X(m)

Figure A-35. Déformation de la plaque : 4 appuis, Ly = 1000/b (N/m) sur x = a/4.

196
Annexes

Déformation de la plaque x 10
-3

0.01
8
0.008
7
0.006
W(m)

X: 0.042
Y: 0.1115
0.004 Z: 0.008673 6

0.002
5
0
0.25 4

0.2 3
0.15
2
Y(m) 0.1
1
0.1
0.05 0.08
0.06
0.04
0 0.02
0
X(m)

Figure A-36. Déformation de la plaque : 4 encastrements, Ly = 1000/b (N/m) sur x = a/4.

A la vue de ces résultats, la physique du phénomène semble bien évaluée.

Influence des conditions aux limites avec une charge linéique

Pour ce cas d’évaluation, on va changer les conditions aux limites qui sont définies sur les
arêtes au bord de la plaque, tel que sur le cas 1, à la différence que cette fois on ne vas
pas appliquer une charge ponctuelle mais la charge linéique. Les résultats de leur
influence sont montrés sur les Figure A-37 à la Figure 40.

Figure A-37. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 en fonction des conditions aux limites de la
plaque, Ly = 1000/b (N/m) sur x = a/2.

197
Annexes

Figure A-38. Déformation au niveau de la ligne x = a/2 en changeant les conditions aux limites de la
plaque, Ly = 1000/b (N/m) sur x = a/2.

Déformation de la plaque

0.055
X: 0.042
0.06 Y: 0.1115
0.05
Z: 0.05737

0.05 0.045

0.04
0.04
0.035
W(m)

0.03
0.03

0.02 0.025

0.02
0.01
0.015
0
0 0.01
0.25
0.05 0.2 0.005
0.15
X(m) 0.1
0.05
0.1 0 Y(m)

Figure A-39. Déformation de la plaque : 2 encastrements (y=0 et y=b) et 2 appuis (x=0 et x=a), Ly =
1000/b (N/m) sur x = a/2.

198
Annexes

Déformation de la plaque x 10
-3

16

0.02
14

X: 0.042

0.015 Y: 0.1115
Z: 0.01733
12

10
W(m)

0.01
8
0.005
6

0 4
0.4
0.3 0.1
0.08 2
0.2 0.06
0.1 0.04
Y(m) 0.02
0 0
X(m)

Figure 40. Déformation de la plaque : 2 appuis (y=0 et y=b) et 2 encastrements (x=0 et x=a), Ly = 1000/b
(N/m) sur x = a/2.

Les résultats confirment que, pour ce cas aussi, le changement des conditions aux limites
influence fortement la déformation de la plaque. Le type de sujétion définie pour les
extrémités de notre système reste un paramètre fortement sensible. Paramètre que
d’ailleurs on ne connaît pas avec certitude.

Influence d’un chargement non uniforme

Dans cette partie, l’influence d’un chargement non uniforme sera évaluée. Pour y parvenir
il faut une définition par segments sur la longueur de la ligne.

Comme on a vu précédemment, il est possible de considérer un chargement sur


une ligne partielle. Maintenant, pour modéliser un chargement non uniforme on fait
succéder des chargements partiels de valeur différente sur des segments d’une même
ligne, selon un découpage de la longueur comme montré sur la Figure A-41.

199
Annexes

Figure A-41. Définition du par segments pour un chargement linéique non uniforme.

Si les valeurs des chargements uniformes s’égalisent, les résultats convergent vers le cas
d’une seule charge sur la ligne complète. On peut ainsi faire une comparaison des
résultats avec ceux du cas de charge uniforme sur toute la ligne et valider cette nouvelle
implementation.

Il faut noter que quand l’arête xi est soumise à une combinaison de charges, la
méthode de superposition est utilisée pour déterminer la fonction 𝐽𝑚𝑖 .
𝒑
𝑱𝒎𝒊 (𝒚) = ∑𝒄=𝟏 𝑱𝒎𝒊𝒄 (𝒚) (A-2)

Où :

𝒑 ; est le nombre de charges appliquées sur l’arête xi.

Les trois tests ci-dessous sont évalués avec les valeurs d’entré suivants :

 Situation 1 : y0 = 0, y1 = b/3, y2 = 2b/3, y3 = b ;


Ly1 = 2000/b, Ly2 = 1000/b, Ly3 = 500/b
 Situation 2 : y0 = 0, y1 = b/3, y2 = 2b/3, y3 = b ;
Ly1 = 1000/b, Ly2 = 1000/b, Ly3 = 1000/b
 Situation 3: y0 = 0, y1 = b; Ly1 = 1000/b.

Les résultats obtenus sont présentés sur les Figure A-42 à Figure A-45 pour les 3 cas en
2D et en 3D. On vérifie que le cas 1 tend vers le cas 3 quand les valeurs des charges non
uniformes s’homogénéisent ; comme espéré.

200
Annexes

Figure A-42. Déformation au niveau de la ligne y = b/2 pour les 3 cas considérés.

Figure A-43. Déformation au niveau de la ligne x = a/2 pour les 3 cas considérés.

201
Annexes

Déformation de la plaque

0.09

0.08
0.1

X: 0.042
0.07
Y: 0.1115
W(m)

Z: 0.08733
0.05
0.06

0.05
0
0 0.04
0.02
0.03
0.04
0.02
X(m) 0.06 0.25
0.2 0.01
0.08 0.15
0.1
0.05 Y(m)
0.1 0

Figure A-44. Déformation de la plaque en 3D du cas 1.

Déformation de la plaque

0.06

0.07 X: 0.042
Y: 0.1115
Z: 0.06193 0.05
0.06

0.05
0.04
0.04
W(m)

0.03
0.03
0.02

0.01
0.02
0
0
0.25
0.02 0.2 0.01
0.04 0.15
0.06 0.1
X(m) 0.08 0.05 Y(m)
0.1 0

Figure A-45. Déformation de la plaque en 3D du cas 2.

A ce stade on sait définir tous les types d’éléments dont on a besoin pour commencer à
définir la mécanique du système qu’on souhaite évaluer. On peut maintenant procéder à
l’adaptation de ce modèle pour l’application technologique du dégivreur électromécanique.

202
Annexes

ANNEXE G - Décomposition spectrale de Fourier

Calcul de la FFT :

Ts  0.0016

1
Fs 
Ts

Ne  300

Ts
T e 
Ne

Ne
k  0 1 
2

1
Fe 
Te

Ne 1
 I( n  Te)  exp  i 2   k  n  
D( k )  Te  




Ne  
n 0

Evaluations de la fondamentale et le dernier harmonique retenu :

harmonique  1 harmonique  33

arg( D( harmonique ) )  41.125 deg arg( D( harmonique ) )  49.671 deg

D( harmonique )  0.969 3
D( harmonique )  2.066  10

La valeur pour l’amplitude de chaque harmonique sera une fraction de la valeur de


l’amplitude de la forme fondamentale. Il en ressort que les 33 premiers harmoniques sont
les plus importants pour une bonne évaluation du signal de courant d’entrée. De cette
façon on choisit de négliger les harmoniques suivants pour les calculs.

203
Annexes

ANNEXE H – Résolution par différences finies, détail d’implémentation

Pour résoudre l’équation 3-39, une stratégie est d’utiliser une résolution numérique basée
sur la méthode des différences finies avec un maillage spatial bidimensionnel et un
algorithme de Newmark dû à la présence d’une équation différentielle d’ordre 2 en temps
(ou un algorithme Euler implicite pour une équation différentielle du premier ordre).

La première étape est de transformer l’équitation. 3-39 et pour cela les variables x,
y et t sont redéfinies comme suit, faisant ainsi apparaître les compteurs de boucles
spatiales (i et j) et temporelle (k) : x = ix ; y = jy ; t = kt.

Les éléments différentiels deviennent alors :

𝜕𝑤 𝑤𝑖+1,𝑗,𝑘 − 𝑤𝑖−1,𝑗,𝑘 𝜕2𝑤 𝑤𝑖+1,𝑗,𝑘 − 2𝑤𝑖,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗,𝑘


( ) = ; ( 2 ) =
𝜕𝑥 𝑖,𝑗,𝑘 2∆𝑥 𝜕𝑥 𝑖,𝑗,𝑘 ∆𝑥 2

𝜕4𝑤 𝑤𝑖+2,𝑗,𝑘 − 4𝑤𝑖+1,𝑗,𝑘 + 6𝑤𝑖,𝑗,𝑘 − 4𝑤𝑖−1,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖−2,𝑗,𝑘


( 4 ) =
𝜕𝑥 𝑖,𝑗,𝑘 ∆𝑥 4

𝜕4𝑤
( )
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝑖,𝑗,𝑘

4𝑤𝑖,𝑗,𝑘 − 2(𝑤𝑖+1,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖,𝑗+1,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖,𝑗−1,𝑘 ) + 𝑤𝑖+1,𝑗+1,𝑘 + 𝑤𝑖+1,𝑗−1,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗−1,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗+1,𝑘


=
∆𝑥 2 ∆𝑦 2

En remplaçant toutes ces définitions dans Eq. 3-39 on obtient Eq. A-1 :

𝐷∆𝑡 2
𝑤𝑖,𝑗,𝑘+1 = − 𝜌
(𝑃𝑤𝑖,𝑗,𝑘 + 𝑄(𝑤𝑖+1,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗,𝑘 ) + 𝑅(𝑤𝑖,𝑗+1,𝑘 + 𝑤𝑖,𝑗−1,𝑘 ) +

𝑆(𝑤𝑖+1,𝑗+1,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗+1,𝑘 + 𝑤𝑖−1,𝑗−1,𝑘 + 𝑤𝑖+1,𝑗−1,𝑘 ) + 𝑇(𝑤𝑖+2,𝑗,𝑘 + 𝑤𝑖−2,𝑗,𝑘 ) +


∆𝑡 2 𝑞𝑖,𝑗
𝑈(𝑤𝑖,𝑗+2,𝑘 + 𝑤𝑖,𝑗−2,𝑘 )) + 2𝑤𝑖,𝑗,𝑘 − 𝑤𝑖,𝑗,𝑘−1 + 𝜌
(A-1)

avec :

6 8 6 4 4 4 4
𝑃= 4
+ 2 2+ 4 ; 𝑄=− 4− 2 2 ; 𝑅=− 4− 2 2 ;
∆𝑥 ∆𝑥 ∆𝑦 ∆𝑦 ∆𝑥 ∆𝑥 ∆𝑦 ∆𝑦 ∆𝑥 ∆𝑦
2 1 1
𝑆 = ∆𝑥 2 ∆𝑦2 ; 𝑇 = ∆𝑥 4 ; 𝑈 = ∆𝑦4

Les conditions aux limites du déplacement et de sa première dérivée en fonction des


variables d’espace sont adoptées :

𝑤|𝑥=0,𝑎 = 0 ; 𝑤|𝑦=0,𝑏 = 0

𝜕𝑤 𝜕𝑤
| =0; | =0
𝜕𝑥 𝑥=0,𝑎 𝜕𝑦 𝑦=0,𝑏

204
Annexes

Dans un premier temps, ce processus a été testé sur un exemple trouvé dans la littérature
afin de valider son implantation [4].

L’exemple traité est présenté Figure A-46 [8]. Il s’agit d’une plaque rectangulaire
avec un chargement ponctuel q.

Figure A-46. Algorithme de résolution de la méthode aux différences finies.

Figure A-47, les résultats obtenus sont comparés à ceux de l’exemple trouvé dans la
référence bibliographique mentionnée. Il y a des différences en raison du choix de la
discrétisation dans le temps et dans l’espace, ce qui semble avoir une influence sur la
valeur maximale. Pour gérer la discrétisation en temps et dans l’espace on joue sur les
paramètres ∆𝑥, ∆𝑦 et ∆𝑡. Il faut aussi respecter la condition de convergence suivante ainsi
que le nombre de pas de temps qui gère la durée de la simulation (kmax=10000) :

1 𝐷∆𝑡 2 ∆𝑦 2 ∆𝑥 2
0≤𝑐≤ 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑐 = ( ) (2 + + )
4 𝜌∆𝑥 2 ∆𝑦 2 ∆𝑥 2 ∆𝑦 2

205
Annexes

Figure A-47. Comparaison sur un exemple : à gauche la littérature, à droite notre calcul.

Par la suite dans cet article, une FFT est réalisée. La comparaison des résultats est
présentée Figure A-48.

Figure A-48. Comparaison sur un exemple : FFT : à gauche la littérature, à droite notre calcul.

Des différences subsistent dues au fait que la durée de la simulation n’est pas suffisante.
Mais cet exemple permet tout de même de valider la démarche.

Pour finir il a été mis en œuvre sur le dispositif Zodiac étudié et les résultats
obtenus sont présentés Figure A-49. Le retard au démarrage lié au terme temporel dans
l’équation 3-39 est bien pris en compte et l’allure des courbes obtenues au début du cycle
sont satisfaisantes. Par la suite, lorsque le temps augmente des valeurs négatives de
déplacement apparaissent, ce qui montre que certaines contraintes n’ont pas été prises en
compte. Son analyse se poursuit.

206
Annexes

Figure A-49. Evolution du déplacement avec la méthode aux différences finies.

En parallèle, pour réaliser l’optimisation sur le modèle dynamique différences finies, un


effort a été réalisé. Cette première tentative a permis de constater que :

- une optimisation sur le modèle différences finies à maillage géométrique régulier


ne permet pas de paramétrer le modèle en fonction de la position des
conducteurs : faire varier la position des conducteurs amènerait à ce qu’ils se
retrouvent en des endroits non compatibles avec le maillage. Ainsi la Figure A-50
montre les conducteurs, les plots, avec leurs positions respectives.

207
Annexes

Figure A-50. Position des conducteurs et plots dans la plaque.

Comme le montre par ailleurs la Figure A-51 ci-après, les conducteurs doivent
nécessairement se retrouver sur une ligne de discrétisation du maillage du modèle
différences finies : changer la position des conducteurs va nécessiter de modifier le
maillage.

208
Annexes

Figure A-51. Index pour construction du maillage en relation à la position des conducteurs et des plots.

Cela amené à développer une formulation avec un maillage déformable, dite approche par
différences finies à pas de discrétisation variable. Le modèle représente un préalable
nécessaire pour aller vers une optimisation se montrant quantitativement et
qualitativement plus réaliste. Un programme Matlab a été réalisé dans ce but.

Un des derniers verrous à lever en vue d’aller vers une optimisation du dispositif,
est de pouvoir s’appuyer sur un schéma électrique équivalent, dans lequel le tapis est
modélisé par une charge équivalente dont les paramètres dépendent des paramètres de la
structure en général, et du tapis en particulier.

209
Annexes

[1] Amar Khennane, Introduction to Finite Elements Analysis using Matlab and Abaqus.
CRC Press, 2013.
[2] S. Timoshenko and S. Woinowsky-Krieger, Theory of plates and shells. McGraw Hill,
1959.
[3] Issam E. Harik and Ghassan L. Salamoun, “The analytical strip method of solution for
stiffened rectangular plates,” Computers & Strucutres, vol. 29, no. 2, pp. 288–291,
1988.
[4] A.R. Tavakolpour, I. Z. M. Darus, and M. Mailah, “Numerical Simulation of a Flexible
Plate System for Vibration Control,” WSEAS TRANSACTIONS on SYSTEMS and
CONTROL, vol. 4, no. 5, Mar-2009.

210
FR - Modélisation et analyse d’un système de dégivrage en aéronautique

Ce manuscrit de thèse aborde les travaux de modélisation d’une nouvelle technologie électromécanique pour le
dégivrage en aéronautique en mode vol.

Le principe de fonctionnement de la technologie étudiée repose sur la déformation mécanique des surfaces à dégivrer
à partir d’efforts électromagnétiques générés par une excitation en courant électrique de forte intensité. La solution
imaginée par le partenaire industriel Zodiac Aerospace, a conduit à un démonstrateur dont les premiers essais ont
été lancés préalablement à cette thèse. À partir des résultats obtenus, l’objectif de ces travaux de thèse a été d’obtenir
un modèle adapté pour les futures démarches d’optimisation dans le but ultime d’aller vers une solution de dégivrage
plus électrique que les solutions existantes, performante, et plus efficace en termes de rendement énergétique.

Une modélisation multiphysique a été réalisée. Cette modélisation est constitué de plusieurs sous modèles
analytiques qui ont été intégrés sur une plateforme de résolution numérique. La modélisation mécanique met en
œuvre une approche de type plaque par éléments bande, qui a été résolu en fonction du temps par une méthode
de différences finies. Le modèle mécanique résultant est dit semi-analytique. La modélisation électromagnétique
repose sur une définition analytique et a présenté comme difficulté la complexité de la définition géométrique du
démonstrateur. Un circuit électrique équivalent du dispositif complet a été identifié et les équations du modèle
électrique ont été définies ; ceci a permis de réaliser une analyse énergétique pour comprendre la transformation des
forces de nature différente et mettre en évidence la possibilité d’une future optimisation.

Les résultats de simulation à partir du modèle final représentent assez bien la dynamique de la déformation
mécanique observée expérimentalement mais présentent en revanche des limitations en termes de précision.

Mots clé : Dégivrage électromécanique, aéronautique, modélisation multiphysique, déformation de


plaques, force de Laplace.

EN - Modeling and analysis of an electromechanical de-icing system in aeronautics

This thesis report explains the modeling procedure of a new electromechanical de-icing technology in aeronautics for
in-flight application.

The operation principle of the technology resides in the mechanical deformation of the working surface caused by the
effect of electromagnetic forces generated from a high-intensity current source.

The industrial partner Zodiac Aerospace conceived this solution they carried out the construction of a demonstrator
and a series of tests prior to this Ph.D. Based on the obtained results, the aim of this project was to achieve an
adequate model of the de-icing system that should be suitable for further optimization of the device, such that a more
electric de-icing solution will be proposed, with good performance and with higher energetic efficiency.

A multiphysiscs model was developed, which comprises multiple analytical submodels that where integrated into a
numerical resolution platform. The mechanical submodel implements a strip approach for plates solved via a finite
differences method that permits time dependence evaluation, and can be defined as semi analytical. Another
submodel is based on the mathematical definition of the electromagnetic behavior, the main complication of which
was to consider the complex geometrical definition of the demonstrator. An equivalent electric circuit for the whole
system was identified and the equations for an electrical submodel where then established. This allowed the study of
the energy transformation and repartition, and reveals the possibility of future optimization.

Simulation results from the final model properly reproduce the dynamics of the mechanical deformation response as
were observed during the previous experiments, but also reveals some minor accuracy problems.

Key words : Electromechanical de-icing, aeronautics, multiphysics modeling, deformation of plates,


Laplace force.
Les Alpes

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