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Compléments alimentaires pour troubles gynécologiques

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La santé des femmes en France : les compléments

alimentaires à utiliser pour lutter contre les troubles


gynécologiques les plus fréquents à l’officine
Lauréline Scarfo

To cite this version:


Lauréline Scarfo. La santé des femmes en France : les compléments alimentaires à utiliser pour lutter
contre les troubles gynécologiques les plus fréquents à l’officine. Sciences pharmaceutiques. 2023.
�dumas-04529821�

HAL Id: dumas-04529821


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License
UNIVERSITE DE MONTPELLIER

UFR des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques

LA SANTÉ DES FEMMES EN FRANCE : LES COMPLÉMENTS


ALIMENTAIRES À UTILISER POUR LUTTER CONTRE LES TROUBLES
GYNÉCOLOGIQUES LES PLUS FRÉQUENTS À L’OFFICINE

Thèse

présentée à la Faculté de Pharmacie de Montpellier

en vue d'obtenir

le Diplôme d'Etat de Docteur en Pharmacie

par

Lauréline SCARFO

soutenue le jeudi 28 septembre 2023

Présidente : Mme Margout-Jantac Delphine (Maître de Conférences - HDR)

Assesseurs : Mme Laurent-Matha Valérie (Maître de Conférences)

Mme Oiry-Cuq Catherine (Enseignant chercheur – Professeur – Pharmacien)

Mme Belliard Marie (Pharmacien)

1
Remerciements

À Madame Magout-Jantac Delphine, ma directrice et présidente de thèse. Merci sincèrement


de m’avoir accompagnée depuis le commencement, de m’avoir fait l’honneur de diriger et
d’encadrer cette thèse. Merci tout particulièrement pour votre disponibilité à toute épreuve,
vos conseils enrichissants et votre grande gentillesse. Merci pour votre confiance et votre
soutien constant. Merci d’avoir cru en moi. Ce fût un réel plaisir de travailler avec vous cette
année.

À Madame Laurent-Matha Valérie et Madame Oiry-Cuq Catherine, membres du jury. Merci


d’avoir accepté d’apporter vos avis éclairés à propos de ce sujet et de me faire l’honneur de
participer à mon jury. Merci pour votre temps et pour l’intérêt que vous avez porté à mon
travail.

À Madame Belliard Marie, membre de mon jury. Un merci tout spécial pour ton soutien sans
faille depuis le début où j’ai eu cette idée de thèse. Merci d’avoir été disponible et présente
pour m’apporter tes conseils tout au long de ces durs mois de labeur. Merci également pour
toutes ces merveilleuses années de pharma ensemble, ABBA, cupcakes, escalade, soirées thés,
manades et compagnies, merci pour toutes les années qui sont passées depuis et merci pour
toutes celles à venir. Tu restes une de mes plus belles rencontres durant mes études.

À tous les enseignants et intervenants de la faculté. Merci pour la transmission de leur savoir
à travers toutes ces années d’études.

2
À ma maman. Merci pour ce travail intense de relecture, je te dédie entièrement cette thèse.
Tu m’as sauvée précisément au moment où j’en avais le plus besoin. Merci pour ton soutien
sans faille et surtout merci pour ta fierté constante. Je suis heureuse et fière d’être
pharmacienne grâce à toi.

À ma sœur. Merci pour ton soutien et tes encouragements incessants depuis ta naissance.
Merci également de savoir me rebooster, comme seule toi sait le faire, quand cela est
nécessaire. La distance n’a pas d’emprise tu es toujours aussi proche dans mon cœur.

À ma mamie. Merci pour ton aide et ton soutien quotidien. Merci pour ton amour et ta fierté.
Je suis tellement heureuse d’avoir vécu tous ces merveilleux moments en ta compagnie. Que
de joie, de bonheur et d’amour.

A mi amor. Merci pour tes heures et même week-end entiers passés à relire ma thèse. Et
surtout merci pour ta patience pendant ces longs mois. Merci de m’avoir soutenue, tu as été
mon pilier pour tenir tout au long de ce parcours du combattant. J’ai hâte de voir ce que
l’avenir nous réserve.

A tous mes amis rencontrés grâce à ces années de pharmacie. Merci pour tous ces beaux
moments passés avec vous. Je suis très chanceuse pour toutes ces rencontres formidables.
Merci pour cette amitié qui perdure au-delà de la faculté. A toutes nos années à venir
ensemble.

A mon papy. J’aurai rêvé pouvoir t’annoncer que j’ai enfin réussi à passer une thèse en
pharmacie. J’imagine la fierté que tu aurais eu. Merci, pour ta passion que tu m’as transmise,
je ferai tout mon possible pour te rendre fier tout au long de ma vie professionnelle. Je ne
t’oublie pas.

3
Table des matières
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................................. 2
TABLE DES MATIERES ....................................................................................................................................... 4
LISTE DES ABREVIATIONS ................................................................................................................................. 5
TABLE DES FIGURES .......................................................................................................................................... 7
INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................................................. 8
1ERE PARTIE. ÉTUDE DE LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ DES FEMMES ............................................................ 10
1. Etat de santé des femmes de l’antiquité à aujourd’hui ...................................................................... 10
2. Spécificités biologiques liées au sexe ................................................................................................. 16
2.1. Maladies dites féminines .......................................................................................................................... 19
2.1.1. Variations en fonction de l’âge ............................................................................................................ 20
3. Politiques de santé liées la prise en charge de la santé des femmes ................................................. 28
2EME PARTIE. PHYSIOPATHOLOGIE DES DEUX TROUBLES GYNÉCOLOGIQUES LES PLUS FRÉQUENTS À L’OFFICINE
.......................................................................................................................................................................... 31
1. Troubles liés au cycle menstruel ......................................................................................................... 31
1.1. Physiologie du cycle menstruel................................................................................................................. 31
1.2. Aménorrhées et oligoménorrhées............................................................................................................ 37
1.3. Dysménorrhées......................................................................................................................................... 38
1.4. Ménorragie ............................................................................................................................................... 40
1.5. Syndrome prémenstruel ........................................................................................................................... 41
1.6. Facteurs influençant le cycle menstruel ................................................................................................... 43
2. Troubles vaginaux .............................................................................................................................. 45
1.1. Physiologie du vagin ................................................................................................................................. 45
1.2. Sécheresse vaginale .................................................................................................................................. 47
1.3. Mycoses .................................................................................................................................................... 49
1.4. Vaginose ................................................................................................................................................... 50
3EME PARTIE. ACCOMPAGNEMENT DE LA PRISE EN CHARGE DES TROUBLES GYNÉCOLOGIQUES LES PLUS
FRÉQUENTS DES FEMMES NON MENOPAUSÉES PAR LES COMPLÉMENTS ALIMENTAIRES .............................. 54
1. Compléments alimentaires en France ................................................................................................ 54
1.1. Généralités ............................................................................................................................................... 54
1.2. Composition et utilisation......................................................................................................................... 56
1.3. Intérêt des compléments alimentaires ..................................................................................................... 57
2. Accompagnement de la prise en charge par les compléments alimentaires des troubles
gynécologiques les plus fréquents en officine ............................................................................................. 59
2.1. Traitements pour lutter contre les troubles liés au cycle menstruel ................................................................. 59
2.1.1. Aménorrhées et oligoménorrhées ............................................................................................................ 59
2.2.2. Dysménorrhées ......................................................................................................................................... 62
2.2.3. Ménorragie ................................................................................................................................................ 66
2.2.4. Syndrome prémenstruel ...................................................................................................................... 69
2.2.5. Quelques exemples de produits commercialisés en France pour accompagner la prise en charge des
troubles du cycle menstruel ................................................................................................................................ 73
2.3. Traitements pour lutter contre les troubles vaginaux .............................................................................. 74
2.2.1. Sécheresse vaginale .................................................................................................................................. 74
2.2.2. Mycoses..................................................................................................................................................... 77
2.2.3. Vaginose .................................................................................................................................................... 81
2.2.4. Quelques exemples de produits commercialisés en France pour accompagner la prise en charge des
troubles vaginaux ................................................................................................................................................ 84

CONCLUSION .................................................................................................................................................. 85
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................................................... 87

4
Liste des abréviations

OMS Organisation Mondiale de la Santé

FSH Folliculostimulating Hormone

LH Luteinizing Hormone

hCG Human Chorionic Gonadotropin

DALY Disability Adjusted Life Years - Années de vie ajustées sur l’incapacité

ALD Affection de Longue Durée

IST Infections Sexuellement Transmissibles

IVG Interruption Volontaire de Grossesse

OMS Organisation Mondiale de la Santé

TMS Troubles Musculosquelettiques

VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine

HPV Papillomavirus Humain

INED Institut national d’études démographiques

CNRS Centre national de la recherche scientifique

INSERM Institut national de la santé et de la recherche médicale

NIH National Health Institute

FDA Food and Drug administration

CGP Cellules Germinales Primordiales

IMC Indice de Masse Corporelle

SPM Syndrome Prémenstruel

TDPM Trouble Dysphorique Prémenstruel

GABA Acide γ-aminobutyrique

5
AH Acide Hyaluronique

ALA Acide Alpha-Lipoïque

DGCCRF Direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

UE Union Européenne

6
Table des figures

FIGURE 1 : CARYOTYPE SPECTRAL D’UN INDIVIDU DE SEXE FEMININ PAR PHOTOGRAPHIE DE L'ETALEMENT
CHROMOSOMIQUE APRES HYBRIDATION. EN INSERT : LE CARYOGRAMME OBTENU APRES IDENTIFICATION ET
CLASSEMENT DES CHROMOSOMES. (CRÉDIT PHOTO AU NATIONAL HUMAN GENOME RESEARCH
INSTITUTE/WIKIMEDIA COMMON/CC0) .................................................................................... 16

FIGURE 2 : TAUX DE PERSONNES EN ALD PAR CLASSE D’AGE ET SEXE EN 2011 .......................................... 27

FIGURE 3 : PRINCIPALES PHASES DU CYCLE OVARIEN ............................................................................. 32

FIGURE 4 : MODIFICATIONS CYCLIQUES REPRESENTEES PAR LES VARIATIONS DE TEMPERATURE CORPORELLE , DES
SECRETIONS CERVICALES ET DE L'ENDOMETRE UTERIN EN RELATION AVEC LES NIVEAUX CIRCULANTS
D'ŒSTRADIOL-17Β ET DE PROGESTERONE ................................................................................... 35

FIGURE 5 : EPITHELIUM NORMAL DE LA MICROFLORE VAGINALE. ............................................................. 46

FIGURE 6 : REPRESENTATION SCHEMATIQUE DE L'EPITHELIUM VAGINAL PENDANT UNE VAGINOSE BACTERIENNE 52

7
Introduction générale

Depuis l'Antiquité, la santé des femmes a toujours été une préoccupation centrale
dans les sociétés à travers le monde et toutes cultures confondues. Ainsi, les écrits médicaux
et historiques des civilisations anciennes témoignent de l'attention portée aux particularités
de la physiologie féminine ainsi qu'aux défis spécifiques auxquels les femmes étaient
confrontées à différentes étapes de leur vie. Par la suite, les connaissances sur la santé des
femmes ont évolué parallèlement avec les croyances culturelles, les avancées scientifiques et
les pratiques médicales de chaque époque.

Dans les traités médicaux de l'Antiquité, tels que le Corpus Hippocratique grec, des
descriptions détaillées des affections gynécologiques, des troubles menstruels et de la
grossesse étaient déjà évoquées. Ces sources anciennes reflétaient une compréhension
précoce des cycles hormonaux, des menstruations et de la fertilité. Ces différents canaux
présentaient également des tentatives pour traiter divers symptômes à l'aide de remèdes à
base de plantes et de rituels spécifiques.

Cependant, malgré cette reconnaissance de la complexité de la santé féminine, les


traitements et les recommandations préconisés étaient souvent empreints de croyances
culturelles, religieuses et parfois superstitieuses. Ces perspectives ont alors façonné les
approches de traitement et ont parfois entravé le développement d'une compréhension
scientifique plus approfondie de ce sujet.

Avec le temps, et à mesure que les siècles ont avancé, la médecine a évolué en
conséquence. En effet, les progrès scientifiques de la Renaissance ont jeté les bases d'une
approche plus rationnelle de la santé. Ainsi, les débuts de la recherche scientifique ont ouvert
la voie à une meilleure compréhension des mécanismes biologiques, néanmoins la santé des
femmes demeurait encore trop souvent incomprise, voire stigmatisée.

L'émergence de la médecine moderne a finalement permis une exploration plus


approfondie de la santé féminine. En effet, la découverte des hormones, les progrès en
obstétrique et la diffusion des savoirs médicaux ont contribué à une connaissance plus précise
des troubles gynécologiques et de leurs implications. Cependant, malgré ces avancées, de

8
nombreux défis restent à relever dans la compréhension, la prise en charge et le traitement
des troubles gynécologiques qui continuent encore d'affecter la qualité de vie des femmes.

Par conséquent, la santé de la femme est une composante cruciale et constitue un


domaine d'étude multidisciplinaire en constante évolution. Les troubles gynécologiques, et
plus particulièrement les troubles du cycle et les troubles vaginaux, exercent une influence
significative sur la qualité de vie des femmes. Face à ces défis spécifiques de santé, les
compléments alimentaires ont suscité un intérêt croissant en tant qu'approche pour soutenir
la santé féminine et atténuer les symptômes associés aux troubles gynécologiques.

Cette thèse aborde de manière détaillée après un première chapitre qui pose les bases
historiques et scientifiques, le rôle émergent des compléments alimentaires en tant
qu'approche complémentaire ou alternative destinée à la santé de la femme et notamment
dédiée à la gestion des troubles gynécologiques. En considérant la complexité de la
physiologie et physiopathologie féminine, nous évaluerons l'impact potentiel des
compléments alimentaires sur celles-ci. Enfin, cette recherche se penchera également sur
l'état actuel des connaissances scientifiques, sur les preuves cliniques et sur les implications
pratiques de l'utilisation des compléments alimentaires pour améliorer la santé de la femme
et atténuer les troubles du cycle ainsi que les troubles vaginaux.

9
1ère partie. ÉTUDE DE LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ DES
FEMMES

L’objectif général de cette première partie consiste à établir ce qui est à ce jour, le meilleur
moyen de prendre en charge la santé des femmes dans leur globalité. A cette fin, nous
reviendrons tout d’abord sur les prémices de la prise en charge des femmes depuis l’Antiquité.
Nous développerons ainsi pas à pas son évolution. Pour comprendre les spécificités relatives
aux femmes, nous reviendrons ensuite sur les caractéristiques particulières liées au sexe
biologique. Nous démontrerons également ces spécificités au travers de maladies dites
féminines. Enfin, la lutte contre les inégalités sociales en matière de santé est, aujourd’hui, un
enjeu majeur des politiques publiques. En effet, les représentations sociales du féminin sont
devenues des sujets davantage au cœur des autorités de santé. Pour terminer, nous
insisterons particulièrement sur les lacunes dont font preuve encore de nombreux
professionnels de santé à ce sujet.

1. Etat de santé des femmes de l’antiquité à aujourd’hui

Les premières inégalités concernant la prise en charge de la santé chez les femmes ont
été rapportées depuis l’Antiquité. Zoé Dubus, historienne de la médecine et membre du
« GeFeM », groupe de recherche universitaire sur le genre, explique ce fait par une culture
patriarcable héritée de la médecine antique. Ainsi, la médecine était dirigée à cette époque
uniquement par des hommes. La femme était considérée comme le « sexe faible », exclue des
savoirs officiels (1). Elle n’était ni prise comme un sujet ni même comme un objet de l’histoire
(2). Son rôle était limité en tant qu’épouse et mère.

Nahema Hanafi, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l’université


d’Angers, le souligne en précisant qu’il existait une vision hiérarchisée du corps entre le
féminin et le masculin. Le corps de la femme était, à cette époque, perçu comme une
dérivation du corps masculin. Ainsi, la femme était même reconnue comme un « homme
manqué ». Un côté négatif et déprécié la représentait (3).
10
De plus, à cette époque les médecins définissaient les identités sexuées et non les
anatomistes. C’est pourquoi, le tempérament était le concept majeur sur lequel se basaient la
médecine et la philosophie. En effet, il représentait la conformation interne du corps humain,
décomposée en plusieurs humeurs. Chacune possédait des propriétés propres telles que le
froid, le chaud, l’humidité et la sécheresse (4). Le sang était considéré comme l’humeur la plus
parfaite et par la suite, la bile puis le flegme et enfin la bile noire. Pour avoir une santé perçue
comme idéale, il fallait un équilibre et un mélange de toutes ces humeurs. L’équilibre parfait
n’existant pas, le tempérament sanguin a été défini comme l’exemple sain. Ce dernier a été
associé typiquement au comportement masculin. Effectivement, les hommes présentaient un
corps plutôt chaud et sec. A l’inverse, la maladie correspondait à un excès voire un défaut de
l’une de ces humeurs. Elle s’apparentait à un tempérament plutôt flegmatique, considéré
comme pathogène. Ce comportement a été associé aux femmes. Avec un corps plus froid et
humide, leur physique était plus faible et plus maladif.

Par la suite, Hippocrate et le galénisme, ont associé les femmes à des personnes
incapables de se maîtriser elles-mêmes, ni même leur propre corps. Un corps capable de
couler, de s’engorger et d’agoniser (4). Cette pensée a perduré au fil des siècles.

À partir du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe siècle, les traités ne parlaient
uniquement que de maladies relatives aux femmes. Les hommes n’étaient associés à aucune
maladie. Autrement dit, le corps masculin et tout ce qui avait trait à la masculinité n’étaient
pas liés à un facteur pathogène. Une opposition était créée entre la perfection masculine et
la pathogénicité féminine (4). Étaient évoquées notamment : les maladies des femmes, les
maladies des femmes en surpoids, en post-partum, les maladies des jeunes filles, les maladies
des femmes à l’arrêt des règles, etc. C’étaient les prémices de ce qui n’a été défini que bien
plus tard dans les années 1830, comme la gynécologie et l’obstétrique (4).

À partir du milieu du XVIIIe siècle, un certain nombre de médecins commencèrent à


s’intéresser aux affections féminines d’une manière différente. Ainsi, Elsa Dorlin, philosophe
française à la faculté de Paris Sorbonne, propose alors de parler de « nosopolitique ». En effet,
le terme « nosologie » s’apparente à « une partie de la médecine qui étudie et qui classe les

11
maladies d'après leurs caractères distinctifs » selon le Centre National des Ressources
Textuelles et Lexicales. A ce terme s’ajoute la notion de politique de santé. Effectivement, la
politique nataliste était au cœur des préoccupations au cours du XVIIIe siècle. Or, les femmes
étant considérées comme des êtres maladifs, de fortes inquiétudes ont été ressenties
concernant la santé des enfants auxquels elles donnaient naissance. Toute la nation aurait pu
être considérée comme malade, plus menacée et surtout plus vulnérable. En d’autres termes,
la domination du genre masculin a été maintenue à l’époque par un soutien médical et une
théorie basée sur les tempéraments. Mais, cette théorie ainsi que la naturalisation de
l’inégalité des sexes ont commencé à créer de vives tensions politiques. Ainsi, la vision des
femmes a commencé à évoluer et à se modifier à cette période. Un intérêt grandissant a été
porté à la grossesse et l’accouchement. L’utérus, aussi nommé « matrice », était au centre des
préoccupations. De ce fait, des métiers dédiés à l’utérus et notamment spécialisés dans
l’accouchement ont été créés : les médecins-accoucheurs et les sage-femmes (3).
L’amélioration des conditions sanitaires devenait ainsi une priorité évidente. L’accouchement
devait être moins dangereux et surtout moins morbide. Cela était nécessaire pour toute la
Nation et pour sa bonne régénérescence.

À partir de 1760, un tournant s’opéra. Les traités se focalisèrent principalement sur


l’accouchement. La grossesse n’était plus considérée comme une maladie. Dorénavant deux
critères majeurs de la santé féminine ont été définis : la grossesse et les menstruations. « Être
mère » s’est changé en un type physiologique considéré comme sain, comme une nouvelle
norme de santé (4). D’autre part, la santé des femmes devenues mères était nécessaire pour
préserver et conserver le bien -être de l’enfant qu’elles portaient (5).

Pour résumer, le fait de “devenir mère “ a évolué dans les mentalités au fil du temps.
Nous sommes passés progressivement du tempérament flegmatique au caractère maladif.
Puis, à une échelle de tempéraments pour aboutir à une norme positive signe de bonne santé.
Cependant, les conséquences liées à la théorisation des corps ont tout de même entraîné des
répercussions significatives jusqu’au début du XIXe siècle.

12
Ainsi, pour illustrer ce propos nous pouvons prendre pour exemple l’évolution tardive
de la prise en charge des femmes à l’hôpital et le soulagement de la douleur à l’accouchement.
Ce n’est qu’à partir du XIXe siècle que les premières tentatives de soulagements chimiques
apparurent à l’hôpital (6). Avant ce siècle la problématique de la douleur chez les femmes,
que ce soit à l’accouchement ou pendant les menstruations, n’était pas prise en compte. La
douleur, selon Nahema Hanafi, était considérée comme naturelle. La tradition culturelle,
portée par la religion à l’époque, était de laisser les femmes dans leur souffrance pour expier
le péché d’Eve. En 1853, les premières tentatives d’accouchement sans douleur ont été
soutenues par la reine Victoria qui avait accouché de son huitième enfant sous chloroforme.
La révolution de la péridurale n’arriva qu’au début des années 1980 dans les hôpitaux français.
En 2012, 99 % des accouchements ont eu lieu à l’hôpital, dont 76 % sous péridurale (6).

La fin de la Seconde Guerre Mondiale, a marqué un tournant dans la prise en compte de


la santé. De nouveaux enjeux mondiaux ont fait alors leur apparition. Le maintien de la paix
et de la sécurité internationale est devenu une nouvelle priorité. C’est à ce moment-là que se
sont manifestées également les notions de santé et de bien-être. À la conférence de San
Francisco en 1945, l'inclusion de la santé dans les domaines de compétence des Nations unies
était abordée. Une organisation spécialisée dans ce domaine a été créée : l’Organisation
Mondiale de la Santé, l’OMS. En 1946, une commission technique a rassemblé des experts de
certains pays ainsi que des représentants d'autres organisations de santé déjà en place. Cette
année-là, une conférence internationale a mis en place la Constitution de l'OMS. De cette
façon, elle a été adoptée à New York par la conférence mondiale de la santé le 22 juillet 1946.
Les représentants de 60 pays ont signé sa charte, dont la France.

Ainsi est née la définition actuelle de la santé. Le Préambule de la constitution de l’OMS,


définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste
pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (7). La qualité de vie, le bien-être,
ont été associés petit à petit à la santé. Pour l’OMS, la santé est l’une des premières conditions
du bien-être.

Par ailleurs, c’est à ce moment-là qu’un changement de paradigme dans le modèle


médical surgit. Ce n’était plus uniquement l’absence de maladie qui était traitée. Ce concept

13
était révolu. Le problème n’était plus exclusivement vu comme un problème organique
pouvant être diagnostiqué puis traité. L’approche actuelle est plus ouverte et englobe les
déterminants sociaux de la santé, c’est-à-dire « les circonstances dans lesquelles les individus
naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent ainsi que les systèmes mis en place pour
faire face à la maladie » (7). Les dimensions socio-économiques et environnementales sont à
prendre en compte lors de l’évaluation de la santé d’un individu.

D’autre part, la santé représente selon l’OMS, « l’un des droits fondamentaux de tout
être humain, quelles que soit sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition
économique ou sociale » (7). C’est un droit face auquel nous sommes tous égaux, homme ou
femme. Or, cette lutte contre les inégalités n’était pas présente avant sa mise en lumière par
l’OMS.

Aujourd’hui, différentes instances travaillent ardemment pour rétablir l'égalité entre


femmes et hommes, aussi bien dans le traitement des maladies que du point de vue de la
recherche. De trop nombreuses inégalités existent encore entre les femmes et les hommes
dans notre société. Les inégalités dans la prise en charge médicale et l’accès aux soins entre
les femmes et les hommes est un sujet qui reste encore à creuser. De plus en plus, le statut
économique ainsi que l’environnement social et culturel sont davantage mis en lumière. La
lutte contre les inégalités sociales en matière de santé est devenue aujourd’hui un enjeu
majeur des politiques publiques.

En 1995, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a notamment créé le département


Genre et santé de la femme. Suivi en France, par le CNRS qui a lancé en 2001 une mission pour
promouvoir les femmes dans les sciences. En 2013, le Comité d'éthique de l'Inserm s’est doté
du groupe de travail Genre et recherche en santé. Suivi en parallèle par l'Agence nationale de
santé publique (aujourd'hui Santé publique France) et la Haute Autorité de santé qui se sont
engagées à lutter contre les inégalités liées au genre. Enfin, en 2020, un rapport parlementaire
au sujet des menstruations a été rendu public dans le but de diminuer les inégalités entre les
femmes et les hommes. L’objectif de ce rapport est de dresser un panorama aussi complet
que possible pour lever les principales problématiques rencontrées par les femmes au cours
de leur vie. Les filles doivent être informées au mieux dès leur plus jeune âge avec un

14
apprentissage de la vie du corps dans le respect le plus total. Beaucoup d’interrogations ont
aussi été relevées concernant les protections menstruelles, dont certaines étant considérées
à risque (8).

15
2. Spécificités biologiques liées au sexe

Pour prendre en charge le plus justement possible la santé de la femme il est important
de reconnaître les spécificités biologiques relatives à leur sexe.

Le terme « sexe » correspond selon la définition officielle du Larousse au « caractère


physique permanent de l'individu humain, animal ou végétal, permettant de distinguer, dans
chaque espèce, des individus mâles et des individus femelles ; ensemble de ces individus mâles
ou femelles ». Plus précisément, il concerne les caractéristiques biologiques qui différencient
les hommes des femmes.

Ce sont les chromosomes sexuels qui vont déterminer le « sexe biologique » d'un individu.
Dans le caryotype de l’espèce humaine, il existe 46 chromosomes divisés en 23 paires. Sur la
23ème paire, deux chromosomes sexuels sont présents : X et Y. Les femmes possèdent deux
chromosomes X alors que les hommes ont un chromosome X et un chromosome Y.
Contrairement aux 44 autres chromosomes autosomes, les chromosomes sexuels ne sont pas
homologues. C’est la présence des chromosomes sexuels qui caractérise l’espèce sexuée. La
répartition des chromosomes sexuels se transmet par les parents. La mère transmet
automatiquement un chromosome X, tandis que le père peut transmettre soit un
chromosome Y, soit un X. C’est donc le spermatozoïde qui va déterminer le sexe du bébé.

Figure 1 : Caryotype spectral d’un individu de sexe féminin par photographie de l'étalement
chromosomique après hybridation. En insert : le caryogramme obtenu après identification et
classement des chromosomes. (Crédit photo au National Human Genome Research
Institute/Wikimedia Common/CC0)

16
Jusqu’à la 6ème ou 7ème semaine de grossesse, l’embryon est sexuellement
indifférencié. Par la suite, les chromosomes sexuels agissent sous l’action du gène SRY, présent
sur le chromosome Y pour différencier les gonades asexuées en organes génitaux masculins
ou féminins (9). Le « sexe anatomique », aussi appelé « sexe d’assignation », détermine à la
naissance le sexe déclaré officiellement de l’enfant. Pour les hommes cela correspond à la
présence d’un pénis, pour les femmes celle d’un vagin (10). Ainsi, l’appareil génital se
différencie pour produire des gamètes (gamétogenèse des cellules germinales) et synthétiser
des hormones (stéroïdogenèse). Sous l’effet de cette différenciation les tractus interne et
externe vont évoluer pour permettre l’accouplement et la reproduction de l’individu.

Concernant la production d’hormones sexuelles, chez la femme, elles sont de deux


types soit protéiques ou stéroïdes. Les gonadotrophines et la prolactine appartiennent aux
hormones protéiques. D’une part, les gonadotrophines sont produites par l’hypophyse
antérieure, aussi appelée adénohypophyse ou antéhypophyse. Leur fonction principale est la
régulation de la fonction des gonades, chez la femme tels que les ovaires. Les gonadotrophines
hypophysaires comprennent la FolliculoStimulating Hormone (FSH), la Luteinizing Hormone
(LH). Ainsi que la Human Chorionic Gonadotropin (hCG) qui présente des analogies avec cette
dernière. En effet, la LH et la hCG ont été considérées comme biologiquement équivalentes
en raison de leurs similitudes structurelles et de leur liaison au même récepteur, le LH/CGR.
Cependant, des preuves de plus en plus nombreuses suggèrent que LH/CGR répond
différemment aux deux hormones, déclenchant une signalisation intracellulaire et une
stéroïdogenèse.

D’autre part, la prolactine a pour principale fonction le contrôle du développement mammaire


et la lactation.

A partir de leur forme active dans le sang circulant, forme non liée, les hormones
stéroïdiennes (œstrogènes, progestérone et testostérone) stimulent les organes cibles de
l'appareil reproducteur (utérus, vagin) et les glandes mammaires. Une de leurs fonctions est
aussi généralement de moduler la sécrétion d’autres hormones, c’est à dire d’inhiber la
sécrétion des gonadotrophines, appelée aussi rétroaction négative. Parfois, dans certaines
situations, elles ont également un effet stimulant, comme au moment de l'ovulation.

17
La variation des taux d’hormones sexuelles pour les hommes et les femmes est à
l’origine de la différenciation entre les deux sexes. En effet, à 20 ans, l’homme possède un
taux moyen de testostérone de 3 à 8 microgrammes/litre alors que la femme en possède 0,1
à 0,9 microgrammes/litre (µg/l). Ce profil hormonal définit le « sexe hormonal ». Notamment
depuis 2011, il constitue le critère déterminant pour séparer les compétitions féminines des
masculines.

Enfin, ces hormones induisent également des différences anatomiques spécifiques


aux femmes dès la naissance et qui se développent surtout lors de la puberté (11).Une des
plus importe différenciation concerne le développement de la glande mammaire. Il est
spécifique aux femmes car il est stimulé par les hormones sexuelles fabriquées par les ovaires
(œstrogènes et progestérone) (12).

D’autre part la pilosité diffère entre les deux sexes. Les poils du pubis, des aisselles, du
visage et les cheveux sont influencés par les hormones. Notamment, les poils de la barbe sont
spécifiques aux hommes. De plus, les syndromes masculinisant provoquent très fréquemment
un hirsutisme chez la femme (13). Également, la production de sébum est dépendante des
hormones androgéniques. Les hommes produisent plus de sébum que les femmes et
possèdent des pores de plus grande taille (14). Ils transpirent aussi plus sous la stimulation
d’un exercice physique que les femmes (800 ml/h versus 450 ml/h) (15). En conséquence, le
pH de la peau des femmes est moins acide que celui des hommes (5.6 +/-0.4 versus 4.6 +/-
0.4) (16).

Après la ménopause, la peau des femmes est 10% plus fine qu’avant. Après 50 ans,
l’hydroxyproline diminue considérablement. Cet acide aminé possède un rôle majeur dans la
construction de la protéine de collagène. Cette protéine, responsable de la fermeté et de
l’épaisseur de la peau (17).

Les hommes et les femmes ont des propriétés tactiles et sensorielles différentes. Les
hommes ont moins de sensibilité à la douleur et aux températures extrêmes (18).Les hommes
ont plus de masse maigre et moins de masse grasse (19). Les femmes ont en moyenne une
masse corporelle inférieure de 20%, une masse graisseuse supérieure de 14%, une masse
maigre inférieure de 33%, mais une surface inférieure de 18% à celle des hommes (20). Elles

18
ont également tendance à stocker beaucoup plus de graisse viscérale. Elles possèdent ainsi
une quantité plus importante de graisse sous-cutanée (21). La graisse corporelle à tendance à
se loger surtout dans les hanches et les cuisses chez la femme. Alors que chez l’homme elle a
tendance à se déposer autour de l’abdomen. De surcroît, le taux de production de protéines
musculaires devient 30% inférieur chez les femmes âgées de 65 à 80 ans (22).

Par conséquent, à ce stade, ces spécificités biologiques ne prédéfinissent pas de maladies


spécifiques aux femmes.

2.1. Maladies dites féminines

La prise en charge de la santé des femmes doit être spécifique. En effet, cette
spécificité a été prise en compte différemment au cours des siècles.

Au XVIIIe siècle, les médecins ont résumé la nature féminine par une nature moins
gâtée que les hommes. Notamment avec des os plus petits, une cage thoracique plus étroite,
les tissus des organes spongieux et humides censés s’enflammer aisément, une peau plus
fragile, un cerveau plus petit, etc (3)… Depuis, après maints combats pour l’évolution des
mentalités, les priorités mondiales en matière de santé des femmes ont évolué, passant d'une
focalisation étroite sur la santé maternelle, reproductive et infantile au cadre plus large et au
concept global de la santé des femmes. Cette approche est fondée sur le parcours de vie de la
femme.

De plus, à cause des préjugés sociaux ancrés depuis des siècles, les femmes sont
exclues de la construction de grands problèmes de santé publique. Certaines maladies sont
ainsi sous-diagnostiquées chez les femmes, car considérées comme des maladies d’hommes.
C’est le cas par exemple du VIH, de l’alcoolisme, des toxicomanies ou des maladies cardio-
vasculaires, voire des cancers, puisqu’elles auraient leurs « cancers spécifiques » (23).

Pourtant, leur espérance de vie est maintenant sensiblement plus élevée que celle des
hommes 84,8 ans en France en 2012, soit l’une des plus élevées d’Europe, contre 78,4 ans
pour les hommes. Cependant, ce vieillissement et les déterminants sociaux de la santé ont
19
accru leur taux de morbidité. Outre cela, elles vivent un plus grand nombre d’années avec des
incapacités, et plus souvent en situation d’isolement (24).

2.1.1. Variations en fonction de l’âge

La morbidité et la mortalité des femmes évoluent différemment en fonction de leur âge


et en fonction du monde. Nous allons développer ci-dessous en fonction des différentes
tranches d’âge, les causes majeurs de morbidité et mortalité retrouvées partout dans le
monde et les particularités supplémentaires en France.

- Enfants de 0 à 13 ans

Dans le monde

Au cours du premier mois de vie, trois causes principales de mortalité sont retrouvées : la
prématurité, l’asphyxie à la naissance et les infections. Ces trois causes ont une prévalence
identique pour les deux sexes. Il est toutefois notable que certaines cultures vont engendrer
des discriminations envers les filles. On observe ainsi des pratiques telles que l’avortement
sélectif et l’infanticide féminin (25). De plus, une estimation précise que 18 % des filles
subissent des abus sexuels au cours de leur enfance, alors que ce chiffre est de 8% chez les
garçons (26). Enfin, cette discrimination engendre aussi pour certaines filles, un accès aux
vaccins, aux services de soins et à une alimentation équilibrée plus difficile par rapport aux
garçons. De surcroît, la préférence des fils à la place des filles peut provoquer une réduction
de la période d’allaitement exclusif pour les filles (27).

En France

Aucune donnée autre n’a été rapportée.

20
- Adolescentes (14-19 ans)

C’est à l’adolescence que la différence entre les sexes devient plus marquée et que les
normes commencent à apparaître.

Dans le monde

Concernant la morbidité, premièrement, dès l’âge de 14 ans et jusqu’à l’âge de 51 ans,


les besoins en fer de la femme sont plus importants que ceux de l’homme. En effet, les femmes
ont une perte sanguine importante liée aux menstruations (28). L’anémie ferriprive est
responsable d’une part significative des années de vie ajustées sur l’incapacité (Disability
Adjusted Life Years - DALY) chez les adolescentes. Les DALY, est un bon indicateur pour
exprimer l'impact d'une maladie en années de vie perdues.

Par ailleurs, les problèmes nutritionnels pendant l’enfance et l’adolescence sont de plus en
plus fréquents. Ils entraînent notamment surpoids et obésité. Ce sont deux pathologies qui
peuvent augmenter le risque de décès prématuré et de handicap à l’âge adulte (29). Les filles
souffrent aussi plus de troubles du comportement alimentaire, notamment d’anorexie
mentale. En effet, c’est le trouble le plus fréquemment retrouvé avec le taux de mortalité le
plus élevé parmi l’ensemble des troubles mentaux (30).

De même, les femmes et notamment celles âgées entre 15 et 24 ans représentent la majorité
des personnes vivant avec le VIH. Les adolescentes et les jeunes femmes correspondent à deux
nouveaux cas sur trois d’infections à VIH dans le monde (31).

De plus, elles sont davantage victimes d’abus sexuels et sujettes à des pratiques comme le
mariage « forcé » des enfants et à des mutilations sexuelles féminines. Effectivement, la
majorité des filles deviennent sexuellement actives pendant cette période. Elles sont alors
souvent contraintes ou forcées d’avoir des relations sexuelles et sont victimes d’autres formes
de violence sexiste (25). Chaque année, environ 15 millions de filles sont mariées avant l’âge
de 18 ans (32). Leur mariage à un si jeune âge, a de lourdes conséquences sur leur niveau
scolaire et sur celui de leurs enfants (33). Chaque année également, environ 16 millions de
filles de 15 à 19 ans et environ 1 million de moins de 15 ans donnent naissance à un enfant,

21
notamment dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. De ce fait, une estimation décrit 3
millions d’avortements non sécurisés chaque année (25).

En outre, la consommation de tabac, d’alcool et autres drogues ont baissé ces dernières
années auprès des adolescentes. De 15 à 24 ans, 22,6% des filles consommaient du tabac en
2010 contre 17% en 2015. En 2025, les estimations donnent une consommation plus faible,
soit 14,2%. Le nombre de consommatrices demeure toutefois important. Les répercussions
sur leur santé se font ressentir pendant cette période de leur vie et surtout dans leur vie
ultérieure, impactant également la santé de leurs enfants (34).

Concernant la mortalité, à l’échelle mondiale, les causes principales provoquant le


décès chez la globalité des adolescents tout sexe confondu, sont les accidents de la route, les
conduites auto-agressives et la noyade (25). Chez les filles, particulièrement entre 15 et 19
ans, les principales causes de décès sont les affections maternelles, les conduites auto-
agressives, les accidents de la route, les maladies diarrhéiques et les infections des voies
respiratoires inférieures (35). Les adolescentes sont généralement fragiles au niveau nerveux
avec des troubles dépressifs pouvant conduire à des auto-agressions voire au suicide.

En France

Concernant les morbidités, durant cette période, de profonds changements sur les
plans physique, social et affectif rendent les adolescents vulnérables à des comportements
dangereux pour leur santé.

Comme dans le reste du monde, les filles en France peuvent aussi être confrontées aux
troubles psychiatriques durant l’adolescence, notamment les troubles du comportement
alimentaire. L’anorexie mentale touche environ 35 000 personnes, dont 90 % de femmes.
Deux pics de fréquence sont retrouvés autour de 14 ans et de 18 ans. Durant cette période,
les filles souffrent principalement de perfectionnisme et d’une trop faible estime de soi.
L’anorexie mentale compte parmi les pathologies psychiatriques ayant la plus forte mortalité,
soit par complications somatiques, soit par suicide (36).

Un des principaux comportements dangereux pour leur santé est notamment la


consommation de produits psychoactifs. Entre 2000 et 2005, la prévalence du tabagisme

22
féminin a diminué parmi les 12-15 ans de 18 % à 11 %. Parmi les 16-25 ans, la prévalence est
passée de 44 % à 38 %. En revanche, l’alcool est le produit psychoactif le plus largement
consommé. La consommation régulière (supérieure à 10 fois par mois) est plutôt rare à cette
période. Cependant les comportements des filles tendent à rejoindre les conduites
masculines. L’ivresse alcoolique est particulièrement en forte augmentation entre 2002 et
2006. 41 % des élèves de 15 ans déclarent avoir déjà été ivres contre 30 % en 2002 (44 % des
garçons et 38 % des filles âgés de 15 ans). D’un autre côté, la consommation de cannabis est
la drogue illicite la plus consommée en France. De même les comportements sont similaires
entre les filles et les garçons (le ratio est passé de 1,4 à 1,1 de 2002 à 2006). Une tendance à
la polyconsommation des produits psychoactifs, associés à des médicaments (notamment des
anxiolytiques dont l’usage est plus répandu chez les femmes que chez les hommes) est
également en augmentation.

Concernant la mortalité, lors de l’adolescence, il y a un taux de mortalité et de décès


peu élevés. Les accidents, notamment de la circulation, se trouvent en être la cause
majoritaire. Ce sont les garçons qui sont davantage affectés que les filles. Les accidents de la
circulation sont la première cause de mortalité pour les 15-24 ans avec environ 13,5% pour
les femmes.

- Femmes (20-59 ans)

Dans le monde

Concernant la mortalité, les maladies non transmissibles constituent toujours la plus


grande cause de décès chez les femmes au niveau mondial, provoquant 18,9 millions de décès
en 2015. Les maladies cardiovasculaires sont notamment la première cause de décès. Cela
peut s’expliquer par le fait que les femmes ont tendance à être diagnostiquées et soignées
plus tardivement que les hommes, et de manière moins active. La deuxième cause principale
de décès chez les femmes âgées de 15 à 29 ans, en 2015, est due à ces conduites agressives
envers elles-mêmes (37). Les femmes sont susceptibles de présenter des conduites auto-
agressives, pouvant mener jusqu’au suicide, et ce peu importe leur âge.

Concernant les cancers, les plus fréquemment retrouvés sont ceux du col de l’utérus
et du sein. On retrouve également le cancer colorectal et de l’estomac. Le cancer qui cause le
23
plus de décès est celui du poumon. Les causes principales de DALY chez les femmes entre 45
et 59 ans sont la lombalgie, la cardiopathie ischémique, l’accident vasculaire cérébral et les
troubles dépressifs majeurs (25).

Autrement, chaque jour, environ 830 femmes subissent un décès à cause de


conséquences évitables à la suite d’une grossesse ou d’un accouchement. Elles souffrent
fréquemment de conséquences comme les affections maternelles, plus particulièrement la
dépression périnatale et/ou post-partum, la fistule obstétricale et d’autres complications liées
aux actes obstétricaux (38).

En plus, chez les femmes entre 15 et 49 ans, le VIH et la tuberculose sont des
pathologies à risques majeurs (25).

Concernant les morbidités, les femmes sont notamment plus sensibles aux maladies
auto-immunes et inflammatoires. La polyarthrite rhumatoïde est quatre fois plus fréquente
chez les femmes (39) et le lupus systémique est quant à lui neuf fois plus fréquent (40). Les
maladies nerveuses sont aussi un point faible. Elles sont en effet plus sujettes à la dépression
et à l’anxiété, 5,1 % pour les femmes contre 3,6 % pour les hommes (41).

Enfin, les femmes sont très à risque de subir des violences physiques et/ou sexuelles.
Cela touche une femme sur trois dans le monde (25). Et particulièrement de violence
conjugale qui est la plus répandue. Les conséquences sont importantes sur leur santé
physique, sexuelle, reproductive et mentale (42).

En France

De manière générale les femmes ont un comportement plus favorable à leur santé.
Elles ont moins d’attitudes agressives et dangereuses envers elles-mêmes. Les hommes ont
ainsi un taux de mortalité par mort violente supérieur de 2,3 à celui des femmes (43).

Concernant les conduites à risques, les femmes consomment moins d’alcool et de


tabac. La consommation à risque d’alcool est deux à trois fois moins fréquente chez les
femmes. La proportion de fumeuses quotidiennes (26 % des 15-75 ans) est également
inférieure à celle des fumeurs quotidiens (32 %). Huit décès par tumeurs du larynx, de la
trachée, des bronches ou des poumons sur dix concernent des hommes. Cependant, Il est

24
aussi observé dans cette tranche d’âge une tendance au rapprochement des comportements
masculin et féminin. En effet, la prévalence du tabagisme a été divisée par deux en quarante
ans pour les hommes, alors qu’elle est restée stable pour les femmes. De plus, le taux de
mortalité pour les pathologies liées au tabagisme diminue pour les hommes et augmente
fortement pour les femmes (respectivement -20 % et +100 % depuis 1990 pour les taux
standardisés) (24).

D’autre part, concernant les morbidités, de façon générale, les hommes ont tendance
à rejeter la maladie, considérée pour eux comme un signe de faiblesse, alors que les femmes
sont plus proches du système de santé. Elles consultent plus facilement des médecins
généralistes en particulier pour leur suivi gynécologique. Elles consomment aussi plus de
médicaments, pour la plupart des classes thérapeutiques (24). Cela se ressent également dans
leur alimentation. Les femmes sont généralement plus attentives et souffrent moins de
surpoids : 24 % contre 41 % pour les hommes. Elles sont en revanche légèrement plus
touchées par l’obésité, avec une proportion de 18 % contre 16 %. De plus, les femmes sont le
plus souvent insatisfaites de leur image corporelle (44).

En ce qui concerne leur sexualité, les femmes en France sont celles qui utilisent le plus
de contraceptions réversibles au niveau mondial telle que la pilule ou le stérilet. Pourtant, le
taux d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) se situe parmi les plus élevés d’Europe
occidentale. Plus d’un tiers des femmes ont effectué un IVG au moins une fois dans leur vie
(24). De surcroît, les infections sexuellement transmissibles (IST) progressent régulièrement
chaque année depuis le début des années 2000. Elles atteignent majoritairement les hommes,
mais le nombre de femmes atteintes est en augmentation. Cela se traduit par un relâchement
global des comportements de prévention. Ainsi, il existe un risque d’accélération de la
transmission du VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine).

De plus, l’âge moyen de la maternité, augmente régulièrement au fil des années. En 2012,
il s’établit à 30,1 ans et un quart des naissances concernent aujourd’hui des femmes âgées de
35 ans ou plus (contre un cinquième en 2002). Ainsi les femmes ont de plus en plus de
difficultés à concevoir, encouragées aussi par une évolution des mentalités et une part de
travail dans leur vie quotidienne plus importante. De cette manière, les grossesses à risque
augmentent. Il en va de même pour les grossesses extra-utérines et les décès liés à la

25
maternité évitables qui demeurent encore trop fréquents. Le recours aux techniques d’aide
médicale à la procréation augmente, et concerne environ 6 % des naissances en 2010 (24).

- Femmes de plus de 60 ans

Dans le monde

De manière générale il est admis que les femmes vivent plus longtemps que les
hommes. En 2016, l’espérance de vie mondiale à la naissance était de 74,2 ans pour les
femmes et de 69,8 ans pour les hommes. Par la même, les premières causes de mortalité chez
les femmes appartenant à cette tranche d’âge sont les cardiopathies, les accidents vasculaires
cérébraux et les pneumopathies chroniques.

Par ailleurs, les femmes de plus 65 ans souffrent de traumatismes, telles que les chutes,
de manière plus importante que les hommes. En effet, elles sont atteintes de pathologies telle
que l’ostéoporose. La démence est également plus fréquente (25).

En France

De même, la ménopause est un moment décisif pour la santé des femmes. Ainsi, de
nombreux problèmes apparaissent, c’est le cas par exemple de l’ostéoporose ou de
l’incontinence urinaire. La dépression est plus fréquente aussi car beaucoup de femmes
souffrent d’isolement. Cette proportion progresse significativement après 45 ans (24).

D’autre part, les femmes sont moins souvent en Affection de Longue Durée (ALD) si
quel que soit leur âge. Elles représentent même seulement la moitié des personnes en ALD
alors qu’elles vivent plus longtemps que les hommes (24). Cependant, elles possèdent plus de
limitations fonctionnelles que les hommes, à âge égal. Ainsi, l’espérance de vie supérieur des
femmes doit être relativisée, car elle s’accompagne d’un plus grand nombre d’années vécues
avec des incapacités (46)

26
Figure 2 : Taux de personnes en ALD
par classe d’âge et sexe en 2011

Champ : France entière, hors régime social


des indépendants (RSI).

Sources : Système national d’information


inter-régimes de l’Assurance maladie
(SNIIRAM) et Mutualité sociale agricole (MSA).

A partir de 49 ans, on remarque que la courbe représentant le taux d’ALD au sein des femmes,
est toujours inférieure à celle des hommes.

Concernant leurs morbidités, les femmes sont particulièrement vulnérables aux


maladies cardiovasculaires dont la prévalence et le risque augmentent avec l’âge. De 65 à 74
ans, 65 % de femmes souffrent d’hypertension artérielle (36). Elles sont aussi très sensibles et
davantage touchées par la maladie d’Alzheimer, et notamment après 80-85 ans, 50% chez les
plus de 90 ans (36).

27
3. Politiques de santé liées la prise en charge de la santé des femmes

Aujourd’hui, l’égalité femmes-hommes, la santé des femmes et la lutte contre les


inégalités sociales en matière de santé deviennent des enjeux majeurs pour les politiques
publiques. C’est un sujet qui se développe davantage pour le grand public mais également
pour les professionnels de santé.

Au niveau mondial, les premières initiatives ont été nord-américaines vers le début des
années 1990. Par la suite, en 2002, l’OMS a adopté une approche politique sur les questions
d’équité entre les sexes et selon les genres. Les principaux sujets visaient à résoudre les enjeux
sanitaires autour de la sexualité, la maternité, la prévention contre les violences, les maladies
cardiovasculaires, le cancer, le diabète, la démence, l’obésité et les infections sexuellement
transmissibles. Un point d’honneur a également été mis pour réduire les facteurs de risque
sur la santé, pour promouvoir la santé mentale et physique par le biais d’initiatives spécifiques
et enfin pour améliorer la vie des femmes handicapées (25).

Ce n’est qu’à partir des années 2000 que les organismes de recherche français se sont
emparés du sujet, tels que L’Institut national d’études démographiques (INED), le Centre
national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut national de la santé et de la recherche
médicale (INSERM). En 2013, le Comité d’Ethique de l’INSERM a créé un groupe de travail sur
le thème « Genre et recherche en santé ». Son objectif est de travailler la sensibilisation des
chercheurs et médecins de l’institut concernant les inégalités de santé liées au sexe et au
genre et à prendre en compte ces spécificités dans le diagnostic clinique et la recherche (48).
En 2017, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, a écrit un rapport au sujet
de l’urgence pour la prise en charge de la santé des femmes et l’accès aux soins de celles en
situation de précarité. Ainsi, les femmes économiquement pauvres ont une santé plus fragile.
En 2018, un nouveau rapport a mis en exergue les actes sexistes durant le suivi gynécologique
et obstétrical. Enfin en 2020, un dernier rapport a été rédigé pour mettre en avant la nécessité
de prendre en compte le sexe et le genre du patient pour mieux soigner. Ce rapport met en
avant quatre axes : la question des maladies dites féminines ou masculines, l’état des
recherches sur le sexe et le genre dans la santé, le rôle des conditions de vie et de

28
l’environnement dans les inégalités de santé, enfin les questions de la formation médicale sur
le genre dans la santé et l’accès à la gouvernance (47).

Le nouveau plan d’action interministériel 2023-2027 en France, pour l’égalité femmes-


hommes, positionne la santé des femmes au cœur des priorités. Il s’articule autour de trois
grands sujets stratégiques : améliorer la santé sexuelle et reproductive, mieux prendre en
compte les spécificités de la santé de la femme et renforcer leur accès aux soins. Aujourd’hui,
des discussions sont toujours en cours pour lutter contre la précarité menstruelle avec
notamment la délivrance gratuite de préservatifs féminins et de protections périodiques. Dans
la même lignée que l’annonce du 8 décembre 2022 pour le remboursement des préservatifs
masculins, le gouvernement français souhaite ainsi renforcer le partage de la charge
contraceptive. Le volet santé insiste sur la nécessité d’un accompagnement de prévention
pour les femmes pendant la préménopause et la ménopause. D’autre part, une campagne de
sensibilisation ciblée dédiée aux professionnels de santé doit être mise en place concernant
les symptômes et les risques cardiovasculaires chez les femmes. Enfin, le gouvernement vise
une campagne de vaccination gratuite et généralisée pour toutes les collégiennes dès la 5ème
contre le papillomavirus humain (HPV) (49). De même, l’éducation à la sexualité est aussi une
mission de santé publique. L’Etat est donc concerné pour coordonner les différents
intervenants participant à cette éducation au moyen d’approches pédagogiques différentes
et complémentaires (36).

De nos jours, les politiques de santé évoluent toujours vers une prise en compte de la
santé plus globale de la femme en incluant son sexe et son genre. Néanmoins, les
professionnels de santé manquent encore de formation et de mise en pratique concernant ce
sujet.

En remontant le temps, quatre siècles avant Jésus-Christ, Hippocrate avait déjà ses
propres réflexions sur les « maladies des femmes ». Selon lui, les femmes « par ignorance ou
par pudeur » hésitaient à parler de leurs maux. Les médecins de leur côté, les
méconnaissaient, le plus souvent. « Les maladies des femmes diffèrent beaucoup de celles
des hommes. Tous les accidents arrivent de préférence aux femmes qui n’ont pas eu d’enfant
; pourtant ils surviennent souvent aussi chez celles qui en ont eu. Ils sont graves (…) et difficiles

29
à comprendre. Parfois elles ne savent pas elles-mêmes quel est leur mal, avant d’avoir
l’expérience des maladies provenant des menstrues et d’être plus avancées en âge. Alors, la
nécessité et le temps leur enseignent la cause de leurs maux » (50).

A notre époque, les maladies des femmes sont de plus en plus prises en compte en
tant que maladies féminines. Il est reconnu que les hommes et les femmes ne sont pas égaux
devant la maladie et doivent bénéficier d’un traitement personnalisé. Cependant, il est
toujours courant pour des professionnels de santé de ne pas lier la biologie à l’environnement
social.

Pour ces raisons, le Haut Conseil à l’Egalité a élaboré tout un axe de recommandations
afin de former le corps médical, y compris les étudiants et les chercheurs, au genre et à la
santé. Un accent est mis également sur la santé sexuelle et reproductive. Un point important
est vivement souligné concernant le dépistage systématique des violences lors des
consultations médicales.

Cependant, l’évolution des mentalités longue car il existe encore des disparités au sein
même de la profession. Effectivement, la parité n’est toujours pas respectée lors de l’accès à
des postes à hautes responsabilités relatives aux professions de santé et de recherche. En
effet, les femmes sont fortement présentes dans les postes médicaux et pourtant peu d’entre
elles ont obtenu un poste à responsabilité. En médecine notamment, 48% de femmes ont un
poste médical, dont seulement 17% en tant que cheffes d’établissement et directrices
générales adjointes de CHU (47).

En résumé, nous avons analysé tout au long de cette première partie les raisons pour
lesquelles il est important de prendre en charge la santé de la femme dans la globalité de son
sexe et de son genre. Cependant, une des problématiques spécifiques importantes
concernant de nombreuses femmes tout genre confondu, est celle des troubles
gynécologiques. Nous allons ainsi étudier plus en détail ce sujet dans la deuxième partie.

30
2ème partie. PHYSIOPATHOLOGIE DES DEUX TROUBLES
GYNÉCOLOGIQUES LES PLUS FRÉQUENTS À L’OFFICINE

L’objectif général de cette deuxième partie consiste à étudier les troubles gynécologiques,
couramment retrouvés chez les femmes non ménopausées. A cette fin, nous examinerons la
physiopathologie et les signes cliniques des deux troubles gynécologiques les plus retrouvés
en officine : les troubles du cycle menstruel et les troubles vaginaux.

De nombreuses femmes souffrent au cours de leur vie de troubles gynécologiques. Les


maladies de l'appareil génital féminin sont considérées comme l'un des plus grands défis de
la médecine moderne. Nous développerons ici le physiopathologie des deux troubles
gynécologiques les plus fréquents : 1. les troubles du cycle menstruel et 2. les troubles
vaginaux. Les pathologies abordées seront celles couramment retrouvées en officine et qui
ont la possibilité d’être prises en charge par les compléments alimentaires. L’accent ne sera
porté uniquement que sur les femmes actives, en âge de procréer et non ménopausées.

1. Troubles liés au cycle menstruel

Les problèmes les plus couramment rencontrés par les femmes et mentionnés dans la
littérature, sont liés au cycle menstruel (57).

1.1. Physiologie du cycle menstruel

Le rôle principal des ovaires est de libérer des ovules matures, fécondables par les
spermatozoïdes. Cette libération s’effectue de manière cyclique, tout au long de la vie
reproductive et fertile de la femme. Cela se nomme le cycle ovarien. Parallèlement, l’utérus
subit également un cycle utérin. Ces deux cycles forment ensemble le cycle menstruel,
pendant lequel s’opèrent à la fois des changements physiques dans divers organes ainsi

31
qu’une sécrétion d’hormones (52). On définit le début du cycle menstruel par le premier jour
de saignement. Il dure ainsi jusqu’à la période menstruelle suivante. Un cycle menstruel a une
durée moyenne entre 24 et 35 jours.

Un cycle ovarien dure en moyenne entre 24 et 35 jours. Cependant, on admettra ci-


dessous qu'il s'agit d'un processus d'environ 28 jours. Durant ce cycle l'un des follicules
achèvera complètement sa maturation. L'ovulation se produisant au milieu du cycle, au 14ème
jour. Le premier jour du cycle correspond au premier jour des saignements menstruels.

Figure 3 : Principales phases du cycle ovarien (52).

Dans le panneau supérieur se situent le développement folliculaire, l'ovulation et la


formation du corps jaune. La partie inférieure montre la relation entre les phases folliculaire
et lutéale en relation avec le développement folliculaire.

Le cycle menstruel est composé de 2 phases principales, la phase folliculaire et la phase


lutéale qui sont sous le contrôle des hormones. Ces 2 phases encadrent l’ovulation au milieu
du cycle.

Tout d’abord, la phase folliculaire, correspond aux 12 premiers jours du cycle ovarien.
Le cycle commence avec le follicule pré-antral qui mature tout au long de cette phase et finit
par entrer en stade antral.

Le follicule antral, se forme après l’acquisition de récepteurs pour les hormones par
ses cellules. Les cellules de la granulosa développent des récepteurs pour les œstrogènes et la
FSH hypophysaire, tandis que les cellules thécales développent des récepteurs pour la LH

32
hypophysaire. Chaque étape qui va suivre est sous le contrôle hormonal. Il existe toujours
plusieurs follicules qui possèdent les récepteurs aux hormones. C’est pourquoi tous les
follicules appropriés entreront dans le stade antral. Ceux qui ne développeront pas des
récepteurs entreront en atrésie, on les appelle les follicules atrétiques. Ce sont les
gonadotrophines hypophysaires antérieures, la FSH et la LH, qui provoquent la conversion des
follicules pré-antraux en antraux. Le follicule antral se développera pendant environ 10 jours.
Cela permettra aux couches de la granulosa et de la thèque de s’épaissir.

Le follicule de De Graaf, correspond à la fin de maturation du follicule antral. Sa taille


est de 2 cm de diamètre, l'ovocyte a toujours un diamètre de 120 μm. Il fait saillie au niveau
de l'apex, à la surface de l'ovaire.

Puis, vient la phase pré-ovulatoire. Elle correspond aux 24 à 48 heures qui précèdent
le stade d'ovulation. Elle dure environ 36 heures. Ainsi, un follicule De Graaf est arrivé à
maturation. Il doit répondre à une décharge d’hormones gonadotropes hypophysaires, en
particulier la LH. Peu après l'augmentation de LH circulante, l'ovocyte va terminer sa première
division méiotique. La quasi moitié des chromosomes et la quasi-totalité du cytoplasme se
situent dans l’ovocyte secondaire, soit dans une seule cellule. Les chromosomes restants sont
éliminés et forment le premier corps polaire. La méiose est ensuite à nouveau interrompue
en métaphase II. La fin de la méiose ne se produit que sous l’action de la fécondation de
l’ovocyte II.

L’ovulation, se produit à mi-cycle, au 14ème jour. L'ovulation implique toutes les


transformations qui vont aboutir à la rupture du follicule et ainsi à la libération de l’ovocyte
secondaire dans une des deux trompes de Fallope. A la fin du stade pré-ovulatoire, le follicule
est gorgé de liquide folliculaire. L’ovocyte est tenu à l’extérieur des cellules de la granulosa
par une tige mince. Influencé par la LH et très probablement la FSH, et sous l’action de la
sécrétion d’acide hyaluronique, le cumulus se rompt et libère l’ovocyte. Il est entouré de
quelques cellules folliculaires dans le liquide folliculaire. De plus, il semblerait que la LH
stimule la synthèse des prostaglandines, particulièrement la PGE2 pour participer à la rupture
du follicule.

33
C’est la fin de la première moitié du cycle ovarien.

Enfin, la phase lutéale prend le relais pendant 10 à 14 jours. Elle survient dans les
premières heures qui suivent l'expulsion de l'ovule. Après la phase d’ovulation, le follicule
forme un corps jaune sous le contrôle de la LH. A la suite de l’expulsion de l'ovocyte et du
liquide folliculaire, le reste du follicule s'effondre dans l'espace laissé. Un caillot de sang se
forme dans la cavité. Le follicule post-ovulatoire est formé d’un noyau de fibrine entouré de
couches affaissées de cellules de la granulosa. Le tout est enfermé dans la capsule thécale
fibreuse. Ce follicule collabé va se transformer en corps jaune.

Pendant le processus de lutéinisation, les cellules folliculaires augmentent de taille et


produisent des inclusions lipidiques. Ces inclusions apportent une couleur jaunâtre. Le corps
jaune atteint une taille de 15 à 30 mm environ 8 jours après l'ovulation. Ce stade correspond
à sa capacité de sécrétion maximale. Ses cellules possèdent d’importantes quantités
d'appareil de Golgi, de réticulum endoplasmique et de protéines mitochondriales.

S’il n’y a pas de fécondation, le corps jaune s'involue et régresse au bout de 10 à 14


jours. Il formera un corpus albicans, aussi appelé corps blanc ou bien corps fibreux. Il est formé
à la suite de la dégénérescence fibro-hyaline du follicule couplée à une lyse cellulaire et une
très intense synthèse de fibres de collagène. On appelle ce processus la lutéolyse.

Le début des saignements menstruels à la fin du cycle marquera le premier jour du


prochain cycle de 28 jours.

34
De plus, le cycle utérin est influencé en parallèle par les hormones sexuelles.

Figure 4 : Modifications cycliques représentées par les variations de température corporelle,


des sécrétions cervicales et de l'endomètre utérin en relation avec les niveaux circulants
d'œstradiol-17β et de progestérone (52).
La barre rouge dans le panneau inférieur intitulée « m » indique la période de menstruation.

Pendant la phase folliculaire, les œstrogènes dominent. Ils augmentent lentement et


stimulent la prolifération de l'endomètre. Ils s’intensifient lentement et préparent l'appareil
reproducteur pour la fécondation et l’implantation. Le jour 10 du cycle, leur concentration
augmente rapidement en pic, puis baisse subitement. Vers le 21ème jour la concentration
augmente doucement de nouveau pour s’affaisser complètement en fin de cycle. La
progestérone, intervient et s’accroit au cours de la phase lutéale. Elle s’affaisse elle aussi en
fin de cycle.

En effet, les niveaux élevés d'œstrogènes au cours de cette phase, accentuent l'activité
contractile et ciliaire dans les trompes de Fallope. Ces changements ont pour objectifs de
récupérer l’ovule après l’ovulation et de le transporter vers l’utérus.

Pendant la phase proliférative, le stroma endométrial prolifère, la surface de


l'épithélium de surface augmente et les cellules épithéliales préparées avec des œstrogènes
sécrètent un liquide aqueux alcalin. Conjointement, les artères spirales qui pénètrent dans le
stroma commencent à s'agrandir. Pendant l'ovulation, l'épaisseur de l'endomètre a augmenté

35
d'environ 10 mm. L'utérus est prêt à recevoir un blastocyste. De même, les œstrogènes
stimulent le développement de récepteurs à la progestérone sur les cellules de l'endomètre
pour qu’il soit prêt à répondre à la progestérone.

En parallèle, les œstrogènes augmentent l'excitabilité du muscle lisse du myomètre


utérin pour soutenir le transport du spermatozoïde dans l’utérus.

Concernant la progestérone, elle intervient notamment au cours de la phase lutéale.


Elle est sécrétée par le corps jaune pour optimiser les conditions d'implantation dans l'utérus.
Elle participe à l’implantation de l’embryon dans l’endomètre et à la formation du placenta.
Ainsi qu’au repos du myomètre pendant la gestation pour éviter l'expulsion prématurée du
fœtus. La concentration de progestérone augmente progressivement pendant cette phase. La
prolifération stromale se poursuit et les artères spiralées se développent pleinement.

Si la fécondation n’a pas lieu, le corps jaune régresse au bout de 10 à 14 jours. La


production de stéroïdes chute également rapidement et provoque un effondrement de
l’endomètre. Les artères spiralées se rompent et le sang est libéré. On passe en phase de
menstruations. La contraction des artères spiralées peut entraîner la douleur ressentie par
certaines femmes au début de la menstruation (dysménorrhées). Les saignements perdurent
pendant 3 à 7 jours, avec une perte totale de sang entre 30 et 200 ml.

A la fin des menstruations, l'épithélium de l'endomètre est restauré.

D’autre part, l’activité cellulaire et endocrine de l’ovaire est aussi contrôlée par les
concentrations plasmatiques de FSH et de LH. La FSH et la LH sont elles-mêmes régulées par
les stéroïdes ovariens par un contrôle négatif et positif. Des niveaux d'œstrogènes faibles ou
modérés (d'œstradiol-17β principalement) vont inhiber leur sécrétion. C’est le rétrocontrôle
négatif. Alors que des concentrations élevées pendant plusieurs jours vont stimuler leur
production. La progestérone a un rétrocontrôle opposé.

Au début de la phase folliculaire, la FSH augmente et stimule le développement de quatre


à cinq follicules par ovaire. Ils secrètent alors de l'œstradiol, qui s’ lentement. Une inhibition
de la sécrétion de GnRH est provoquée qui se répercute sur la FSH et la LH. Cette diminution

36
de FSH bloque la croissance de tous les follicules sauf un. Le follicule dominant sera le plus
sensible à la FSH.

Pendant la deuxième partie de la phase folliculaire, la FSH induit l'expression des


récepteurs pour la LH sur les cellules de la granulosa de ce follicule. La FSH et la LH ont une
synergie d’action qui soutient l’augmentation brutale d’œstradiol. C’est le pic pré-ovulatoire.
La sécrétion de progestérone débute.

Une fois la concentration d’œstradiol assez haute, les cellules gonadotropes augmentent
leur sensibilité de manière accrue ce qui entraîne la libération de FSH et de LH. L’augmentation
brutale de LH qui déclenche l'ovulation. Notamment car elle induit la libération massive des
prostaglandines.

Pendant la phase lutéale, le corps jaune se développe et secrète des quantités croissantes
de progestérone et d'œstrogènes principalement. Son activité est maximale sept à huit jours
après l'ovulation. Dès lors, la sécrétion de GnRH, de FSH et de LH sont inhibées.
Progressivement en suivant la diminution de LH, le corps jaune régresse et dégénère. Par la
suite, la sécrétion de progestérone et d'œstradiol diminue. Puis les hormones
antéhypophysaires reprennent leur sécrétion, de la FSH en premier lieu. Enfin, la diminution
des hormones sexuelles entraîne la constriction des artérioles spiralées et l'expression d'une
collagénase qui déclenche les règles.

1.2. Aménorrhées et oligoménorrhées

Les irrégularités menstruelles constituent l'un des problèmes gynécologiques les plus
fréquents. De ce fait, elles peuvent affecter plusieurs aspects de la santé des femmes,
notamment leur santé physique, mentale et sociale.

L'oligoménorrhée se définit comme un flux sanguin menstruel irrégulier et incohérent


chez une femme. Une certaine variation du flux menstruel est normale au moment de la
ménarche, du post-partum ou de la périménopause. Mais si une femme signale que la durée
de son cycle menstruel est supérieure à 35 jours ou qu'elle a entre quatre et neuf cycles

37
menstruels par an, on parle alors d'oligoménorrhée. Sa prévalence est de 13,5% dans la
population générale (58).

L'aménorrhée est déterminée par l'absence de menstruations pendant les années de


reproduction de la vie d'une femme. Des états physiologiques d'aménorrhée sont observés,
le plus souvent pendant la grossesse et l'allaitement. L’aménorrhée non physiologique a une
prévalence d’environ 1%. L'aménorrhée peut être classée en deux catégories : l'aménorrhée
primaire et l'aménorrhée secondaire. L'aménorrhée primaire correspond à l'absence de règles
à l'âge de 15 ans chez des patientes qui ont une croissance normale et des caractères sexuels
secondaires. L'aménorrhée secondaire consiste en l'absence de règles pendant 3 mois en cas
de cycles menstruels réguliers ou pendant une période supérieure ou égale à 6 mois en cas de
règles irrégulières (59).

La physiopathologie pour ces deux troubles est liée à une perturbation du mécanisme
hormonal et physiologique normal ou à des anomalies anatomiques féminines. Le mécanisme
physiologique normal fonctionne en équilibrant les hormones et en assurant une rétroaction
entre l'hypothalamus, l'hypophyse, les ovaires et l'utérus. Toute anomalie à un niveau
quelconque de cette physiologie normale de la femme peut provoquer l'aménorrhée ou
l’oligoménorrhée.D'autre part, une déviation de l'anatomie normale des organes
reproducteurs d'une femme peut également provoquer une de ces deux pathologies (60).

1.3. Dysménorrhées

Historiquement, les douleurs menstruelles ont très peu été prises en compte. La douleur
a souvent été attribuée aux états émotionnels ou psychologiques des femmes ou à des idées
fausses sur la sexualité et les comportements sexuels. Or, on sait aujourd’hui que la
dysménorrhée peut affecter plus de 50 % des femmes (entre 45 et 95 %) (61). En effet, elle
est considérée comme l'un des troubles gynécologiques les plus courants chez les femmes en
âge de procréer (62). On caractérise ce trouble par des crampes sévères et fréquentes pendant
les règles. La douleur se situe dans le bas-ventre mais peut s'étendre au bas du dos et aux
cuisses. La dysménorrhée est généralement qualifiée de primaire ou de secondaire. La forme

38
primaire atteint son maximum à la fin de l'adolescence et au début de la vingtaine. L'incidence
diminue avec l'augmentation de l'âge et de la parité (63).

La dysménorrhée primaire se caractérise par des crampes provoquées par les règles.
Les crampes proviennent des contractions de l'utérus et sont généralement plus intenses en
cas de saignements abondants. Les données actuelles suggèrent que la pathogenèse de la
dysménorrhée primaire soit due à la prostaglandine F2α (PGF2α), un puissant stimulant
myométrial et vasoconstricteur, situé dans l'endomètre sécrétoire (62). Les prostaglandines
endométriales sont multipliées par trois entre la phase folliculaire et la phase lutéale, et
progressent encore pendant les règles. Cette augmentation des prostaglandines entraîne un
accroissement du tonus myométrial et une contraction utérine excessive.

D’autre part, les leucotriènes semblent également développer la sensibilité des fibres
de la douleur dans l'utérus. Des quantités substantielles de leucotriènes ont été mises en
évidence dans l'endomètre de femmes souffrant de dysménorrhée primaire ne répondant pas
au traitement par antagonistes de la prostaglandine.

De même, la vasopressine, hormone de l'hypophyse postérieure, peut être impliquée


dans l'hypersensibilité myométriale, la réduction du flux sanguin utérin et la douleur dans la
dysménorrhée primaire. Son rôle dans l'endomètre peut être lié à la synthèse et à la libération
des prostaglandines (63).

En outre, une hypothèse neuronale a été préconisée pour la pathogenèse de la


dysménorrhée primaire. Les neurones de la douleur de type C sont stimulés par les
métabolites anaérobies générés par un endomètre ischémique. Les femmes souffrant de
dysménorrhée semblent avoir une sensibilité accrue à la douleur par rapport aux femmes ne
souffrant pas de dysménorrhée, et ce même pendant les phases du cycle menstruel au cours
desquelles elles ne ressentent pas de douleurs menstruelles (61).

La dysménorrhée secondaire est une douleur liée aux règles qui accompagne une autre
condition médicale ou physique, comme l'endométriose ou les fibromes utérins.

39
1.4. Ménorragie

Les saignements menstruels abondants sont un problème gynécologique courant qui a un


impact négatif sur la qualité de vie des femmes. Au quotidien, cela se traduit par des troubles
de la sexualité, de l'absentéisme et de la gêne sociale. Cette pathologie touche notamment
30% des femmes actives dans le monde (64).

La ménorragie est caractérisée par des saignements plus abondants et durant plus
longtemps que la normale. Ils interviennent pendant la période de menstruations. La
ménorragie se définit généralement par des règles qui durent plus de 7 jours et par une perte
de sang supérieure à 80 mL par cycle (65).

La ménorragie d’origine fonctionnelle peut survenir dans un contexte de cycles ovulatoires


ou être associée à des cycles anovulatoires. Au cours de cycles ovulatoires, le saignement est
habituellement régulier. Il existe en revanche, une anomalie de l’hémostase endométriale
locale.

Le contrôle par l'endomètre en apport d'acide arachidonique pour la synthèse des


prostaglandines est altéré. L'endomètre ménorragique incorpore l'acide arachidonique dans
les lipides neutres dans une mesure beaucoup plus élevée que la normale, avec une
incorporation inférieure à la normale dans les phospholipides. La libération plus accrue d'acide
arachidonique pendant les règles entraîne une production plus sensible de prostaglandines
de la série 2. Par conséquent, il a été démontré en particulier un ratio entre les
prostaglandines PG-F2 alpha/PG-E2 abaissé. D’autre part, le niveau des prostaglandines PG-I2
est notablement élevé.

Il existe également un phénomène d’augmentation de la fibrinolyse locale. Chez les


patientes avec des cycles anovulatoires, les mécanismes en cause sont d’origine systémique.
Les saignements sont habituellement irréguliers et non prévisibles. Sans ovulation le corps
jaune ne se forme pas ce qui n’engendre pas de sécrétion de progestérone. Ainsi, l’anovulation
est à l’origine d’une hyperœstrogénie qui va surstimuler l’utérus et favoriser le
développement d’une hyperplasie endométriale. L’utérus excède finalement sa capacité de

40
vascularisation, se desquame incomplètement et saigne, irrégulièrement et parfois
abondamment ou pendant de nombreux jours.

Les causes de cette anovulation sont variables et nombreuses, le syndrome des ovaires
polykystiques (SOPK) étant probablement l’entité le plus fréquemment à l’origine de ces
anomalies (66).

Une complication fréquemment retrouvée est une anémie ferriprive. Si les saignements
utérins anormaux sont dus à un dysfonctionnement ovulatoire, une infertilité peut également
être présente.

1.5. Syndrome prémenstruel

Le syndrome prémenstruel (SPM) est une combinaison à la fois de symptômes physiques


et émotionnels que de nombreuses femmes ressentent pendant la phase lutéale du cycle
menstruel. Il est l'un des troubles les plus courants chez les femmes en âge de procréer.
Effectivement, des enquêtes épidémiologiques ont estimé une proportion jusqu'à trois
femmes sur quatre en âge de procréer présentant certains symptômes attribués au SPM. Plus
de 200 symptômes physiques et psychologiques ont été rapportés. La plupart des femmes
sont capables de gérer ces symptômes relativement légers. En revanche, environ 3 à 8 % des
femmes en âge de procréer font état de symptômes prémenstruels beaucoup plus graves. Ces
symptômes interfèrent gravement avec leur mode de vie, leurs activités quotidiennes et leurs
relations interpersonnelles. Ainsi, la vie personnelle et sociale de ces femmes peut être
considérablement altérée chaque mois, souvent pendant plusieurs années. Les symptômes
sévères du SPM peuvent être le signe d'un trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) (67).

Les symptômes ont tendance à se répéter selon un schéma prévisible. Mais les
changements physiques et émotionnels peuvent varier de peu perceptible à très intense. En
effet, le SPM risque d’arriver plus facilement si par exemple la personne ressent un fort niveau
de stress ou si elle se trouve dans une période de dépression.

41
Les chercheurs pensent que le syndrome prémenstruel survient dans les jours qui suivent
l'ovulation, engendré par des niveaux d'œstrogènes et de progestérone qui commencent à
chuter brutalement. Les causes exactes du syndrome prémenstruel ne sont pas connues, mais
plusieurs hypothèses ressortent dans la littérature.

Tout d’abord, les symptômes évoluent en fonction de la concentration en progestérone.


Les femmes dont les cycles normaux ont été bloqués par l'administration d'un analogue de
l'hormone de libération de la gonadotrophine (GnRHa) et qui ont ensuite reçu de la
progestérone exogène, présentent davantage de symptômes. Surtout, pendant les cycles
anovulatoires, lorsque le corps jaune ne se forme pas, les symptômes ne sont pas observés.
Les femmes ayant subi une ovariectomie bilatérale n'ont pas non plus de SPM. Il disparait
aussi avec la grossesse et la ménopause (68).

De plus, les neurotransmetteurs, en particulier l’acide γ-aminobutyrique (GABA) et la


sérotonine semblent être impliqués dans les manifestations du SPM. De même, le principal
neurotransmetteur inhibiteur du cerveau est le GABA. C'est le récepteur GABA-A qui constitue
le site d'action d’une part d’agents endogènes comme les stéroïdes neuroactifs dérivés de la
progestérone ou synthétisés de novo dans le système nerveux central, et d’autre part d’agents
exogènes comme les progestatifs. Dans l'ovaire et le cerveau, la progestérone est métabolisée
pour former de puissants stéroïdes neuroactifs qui agissent comme des modulateurs
allostériques positifs du système transmetteur GABA à l’intérieur du cerveau. De plus, la
sérotonine également présente dans le cerveau est impliquée dans la modulation de
l'humeur, de l'alimentation, de l'éveil et des rythmes circadiens. On pense généralement
qu'elle contribue aux sentiments de bien-être et de bonheur. Il a été démontré que la fonction
sérotoninergique est altérée pendant la phase lutéale du cycle menstruel chez les femmes
souffrant du SPM. De fait, la progestérone et ses métabolites accroissent l'activité de la
monoamine oxydase, diminuant ainsi la disponibilité de la 5-HT. L'épuisement de la sérotonine
conduit à l'anxiété et à des symptômes de type dépressif (68).

Les antécédents familiaux ont aussi une importance dans l’accentuation des signes, en
particulier en ce qui concerne la dépression et l’anxiété.

42
Enfin, une étude a également prouvée que le SPM est deux fois plus prononcé chez les
femmes ayant un indice de masse corporelle (IMC) normal que chez les femmes ayant un IMC
≥ 25 kg/m2 (69).

Plus de 200 symptômes différents ont été répertoriés au fil des différentes études
bibliographiques menées. Une des études a mis en lumière ceux les plus fréquemment
retrouvés (70). D’une part, les symptômes somatiques (physiques) regroupent ainsi, par ordre
de fréquence, les douleurs articulaires et musculaires, les mictions fréquentes, l’augmentation
du poids, les douleurs dans le bas du dos, l’acné, les nausées, les flatulences, les douleurs ou
la sensibilité des seins, les douleurs abdominales, les maux de tête. D’autre part, les
symptômes des troubles affectifs (humeur) qui comprennent, par ordre de fréquence,
l’anxiété, les variations d’humeur, une colère stable et plus d’implication personnelle, une
humeur dépressive, un sentiment d'immersion ou de perte de contrôle, un changement
d’appétit (boulimie ou anorexie), des difficultés à dormir, des difficultés de concentration, une
fatigue voire une léthargie prononcée, un manque d’intérêt envers les relations et le travail.

Pour certaines femmes, la douleur physique et le stress émotionnel sont suffisamment


graves pour affecter leur vie quotidienne. Ainsi, un petit nombre de ces dernières atteintes du
syndrome prémenstruel présentent des symptômes invalidants tous les mois. Cette forme de
syndrome prémenstruel (SPM) est appelée trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Quelle que soit la gravité des symptômes, les signes et les manifestations disparaissent
généralement dans les quatre jours suivant le début des règles pour la plupart des femmes.

1.6. Facteurs influençant le cycle menstruel

Pour finir ce chapitre, il est intéressant de noter que d’autres facteurs peuvent perturber le
cycle en provoquant la libération de peptides opioïdes qui inhibent l'axe hypothalamo-
hypophysaire (54).

Le régime alimentaire et le poids corporel peuvent influencer le cycle. Les femmes ayant
un faible indice de masse corporelle (IMC), ainsi que les femmes à fort IMC, sont plus

43
susceptibles de souffrir de troubles menstruels. De même, les femmes ayant des pratiques
alimentaires très restrictives sont plus susceptibles de présenter un dérèglement menstruel
par suppression de l'axe hypothalamo-hypophysaire-gonadique. La consommation de fruits,
de poissons et de légumes, a un effet protecteur qui semble être dû aux acides gras oméga-3.
Pendant la menstruation, cet acide gras entre en compétition avec les acides gras oméga-6
pour la production de prostaglandines et de leucotriènes. Les prostaglandines générées par
les acides gras oméga-3 entraînent une diminution de la contraction du myomètre et de la
vasoconstriction.

La pratique d’exercice physique de manière intensive influence également le cycle. Une


étude a mis en avant qu’une activité sportive quotidienne intense est associée à une
augmentation de la variabilité et de la longueur du cycle. Il en va de même pour l'exercice
récréatif, qui est aussi associé à une augmentation de la longueur moyenne du cycle.

Les effets du stress entraînent une irrégularité menstruelle. De nombreuses femmes ont
connu, au moins une fois dans leur vie une absence de règles ou des règles tardives ou
précoces pendant une période particulièrement difficile. Il existe des preuves de l'existence
de liens entre les processus socio-émotionnels et le fonctionnement menstruel. Les
mécanismes n'ont pas été entièrement expliqués. On soupçonne tout de même que les
perturbations psychogènes centrales provoquent des changements dans l'hypothalamus. Cela
affecte les niveaux de prolactine et d'opiacés endogènes. Le stress entraîne aussi une réponse
physiologique systémique provoquant des niveaux élevés de cortisol basal et, par conséquent,
des altérations de la réponse hypothalamique et des changements dans la LH avec une
fréquence pulsatile réduite.

44
2. Troubles vaginaux

Le deuxième trouble fréquemment évoqué dans la littérature et souvent abordé au


comptoir, porte sur les troubles vaginaux.

1.1. Physiologie du vagin

La flore vaginale, compose la première ligne de défense contre les micro-organismes


pathogènes. On parle d’un phénomène prénommé « résistance à la colonisation » pour
empêcher le développement d’infections. Les micro-organismes de la flore vivent dans une
relation mutualiste avec le vagin de l'hôte. Plusieurs facteurs entraînent une évolution de la
flore vaginale. Notamment, l’âge (à l’âge pré-pubertaire les microbes anaérobies sont
dominants, à l’âge de la reproduction il est plutôt riche en Lactobacillus), les hormones et le
cycle menstruel (les œstrogènes sont notamment connus), l’utilisation de contraceptifs, les
changements physiologiques (la grossesse et le cycle menstruel) et les changements
pathologiques (les vaginoses bactériennes, les infections urinaires et les maladies
sexuellement transmissibles).

Une dysbiose peut être physiologique ou pathologique en fonction de l'interaction des


facteurs métaboliques et microbiens. On considère une flore vaginale normale comme
dominée par les Lactobacillus. Il a été démontré que L. iners, L. crispatus, L. gasseri et L.
jensenii prédominent chez les femmes en bonne santé et en âge de procréer, dans des
proportions variables. On récence environ 120 espèces de Lactobacillus dont 20 connus dans
le vagin. Un microbiote vaginal en bonne santé est défini comme possédant une ou deux
espèces de lactobacilles.

Cependant, les récentes avancées dans les approches indépendantes de la culture, ont
révélé une diversité et une variabilité concernant la composition d'un microbiome vaginal
sain. Tout le tractus vaginal sain contient plus de 50 espèces microbiennes non pathogènes. Il
existe en outre des groupes bactériens différents en fonction des groupes ethniques.
Etonnamment, plusieurs bactéries anaérobies dominantes ont été découvertes. Ainsi la

45
dominance des Lactobacillus n'est pas une caractéristique nécessaire pour une flore vaginale
saine. D'autre part, on peut définir des genres bactériens associés à une flore anormale tels
que Prevotella, Atopobium, Gardnerella, Megasphaera et Mobiluncus.

Il est intéressant de noter que bien que le microbiome vaginal varie beaucoup, il s'avère
qu'il est plus stable que d'autres habitats corporels tels que la cavité buccale, la peau et
l'intestin. Les Lactobacillus présents dans le vagin forment une relation mutuelle finement
réglée qui leur permet de protéger la muqueuse vaginale contre les particules infectieuses
étrangères grâce à la production d'acide lactique. Ils participent à l’acidification du pH vaginal
à 3,5-4,5. Un pH acide protège la muqueuse contre les agents viraux, bactériens et
parasitaires. Les Lactobacillus produisent également des substances antimicrobiennes
appelées bactériocines. Elles ont une action bactéricide sur la croissance d'autres bactéries.
Certaines espèces sont aussi connues pour produire du peroxyde d'hydrogène du fait de son
un effet antimicrobien. Des études ont révélé que les espèces de Lactobacillus produisant du
peroxyde sont plus protectrices que celles qui n'en produisent pas (55).

Figure 5 : Epithélium normal de la microflore vaginale (56).

Un épithélium normal possède une abondance de Lactobacillus spp, une présence faible de
Candida spp et une minorité de bactéries telles que Gardnerella vaginalis et Prevotella spp.

D’autre part, le vagin produit de nombreuses sécrétions. Les sécrétions vaginales sont
créées par des glandes situées au fond du vagin au niveau du col de l'utérus. Elles ont vocation
à maintenir un environnement humide et légèrement acide dans le vagin. Ces sécrétions
contribuent également à préserver le bon équilibre entre les différentes bactéries peuplant le
vagin et à prévenir les infections. Enfin, elles éliminent les cellules mortes et les bactéries

46
indésirables pour nettoyer le vagin au mieux. Elles fluctuent au cours du cycle menstruel pour
aider (au moment de l’ovulation) ou au contraire empêcher (pendant le reste du cycle) le
déplacement des spermatozoïdes. La lubrification qui se produit avant un rapport sexuel est
différente. Elle est issue des glandes de Bartholin situées de part et d’autre de l’ouverture du
vagin. Ces glandes produisent constamment des sécrétions mais sont particulièrement
stimulées en cas d’excitation sexuelle afin de protéger la membrane sensible du vagin pendant
la pénétration.

1.2. Sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale est caractérisée par une baisse ou un arrêt de la lubrification qui
permet au vagin de rester humide. Elle est la complication la plus commune qui se rapporte
aux femmes ménopausées. Cependant, d’autres causes peuvent affecter la lubrification
vaginale au cours de la vie d’une femme, bien avant la ménopause. La sécheresse vaginale
peut de cette façon profondément affecter la qualité de vie d'une femme. (71).

Celle-ci engendre essentiellement des douleurs ou des démangeaisons dans le vagin ou


dans la vulve (dont le clitoris et l’ouverture de l’urètre), une douleur ou une gêne pendant les
rapports sexuels (dyspareunie), une sensibilité importante pendant une activité physique, une
envie d’uriner plus souvent et le développement fréquent d'infections des voies urinaires et
des infections vaginales.

En conséquence, la paroi du vagin peut devenir plus mince et des fissures peuvent
apparaître après un rapport sexuel. Cet amincissement provoque les brûlures et
l’amplification du développement des infections. De même, la muqueuse du vagin s’atrophie.

La sécheresse vaginale résulte généralement d'une baisse du taux d'œstrogènes. En effet,


les ovaires produisent des œstrogènes, qui jouent un rôle clef dans le cycle menstruel et la
grossesse. Les œstrogènes contribuent alors à maintenir les tissus du vagin épais, hydratés et
sains. Lorsque les niveaux diminuent, la muqueuse devient plus fine, plus sèche et moins

47
élastique. Ces changements sont connus sous le nom d'atrophie vaginale. Il est à noter que les
taux d'œstrogènes commencent à diminuer à l'approche de la ménopause.

Ces derniers peuvent aussi diminuer pour diverses autres raisons, comme l'ablation
chirurgicale des ovaires, l'accouchement et l'allaitement, les traitements contre le cancer, y
compris la chimiothérapie et la radiothérapie, ainsi que les médicaments anti-œstrogènes
pour le traitement du cancer du sein ou de l'endométriose. En outre, les pilules contraceptives
ou toute autre forme de contraception à base d'hormones peuvent provoquer également une
sécheresse vaginale. De surcroit, elles augmentent la globuline liant les hormones sexuelles,
réduit la testostérone libre et arrête la production ovarienne d'androgènes. Il en résulte une
réduction des taux d'androgènes circulants, qui peut induire une perte de collagène et de
capacité de rétention d'eau de la vulve et du vagin.

La sécheresse vaginale peut avoir aussi d'autres origines comme le syndrome de Sjögren,
celle-ci étant une maladie auto-immune entraînant une inflammation des glandes salivaires
et lacrymales.

Certains médicaments entrainent eux aussi une sècheresse vaginale comme effet
secondaire. On retrouve, en outre l'utilisation d'antihistaminiques, qui permettent de gérer
les symptômes du rhume et des allergies en asséchant les sécrétions. Les antidépresseurs
impliquent parfois des effets secondaires également sur la sexualité, la sécheresse vaginale,
la baisse de la libido et la difficulté à avoir un orgasme.

Le stress et l'anxiété, peuvent affecter la libido et la lubrification vaginale avec une


diminution de l'irrigation sanguine du vagin.

Le syndrome de Flammer, quant à lui, modifie les vaisseaux sanguins qui réagissent de
manière inhabituelle à des stimuli tels que le froid et le stress. De même le tabac est un
élément déclencheur de sécheresse.

De plus, de nombreuses personnes utilisent des savons, des produits de lavage et des
vaporisateurs parfumés dans ou autour du vagin ce qui irrite et assèche la muqueuse vaginale.
Un microbiote déséquilibré peut donc entraîner un défaut de lubrification. Enfin, un simple
manque d'excitation sexuelle peut engendrer une absence de lubrification (71).

48
1.3. Mycoses

Des millions de femmes dans le monde souffrent de la candidose vulvovaginale. Des


études de prévalence ponctuelle ont établi la présence d'une colonisation vaginale
asymptomatique par Candida spp chez environ 10 à 55 % des femmes adultes en bonne santé.
La plupart des chercheurs estiment cependant que l'incidence est plus proche de 15 à 20 %.
Des études considèrent tout de même que 70% des femmes développeront une mycose au
moins une fois au cours de leur vie. Et environ 8% des femmes souffrent de mycose
récidivante.

La limite des études de prévalence ponctuelle est l'incapacité à prédire l'histoire naturelle
du portage vaginal asymptomatique de levures. Dans le cadre d'études limitées, le portage
asymptomatique a persisté pendant au moins 4 semaines. Il est concevable, voire probable,
qu'il se poursuive dans le temps. Ainsi, le nombre cumulé de femmes colonisées au cours de
leur vie pendant des périodes variables est inconnu à ce jour. En revanche, nous savons que
l'incidence de la candidose vulvovaginale est en constante augmentation.

La cause de cette augmentation n'est pas bien définie, mais elle est probablement le
résultat de multiples facteurs. Par exemples, un traitement antibiotique, un affaiblissement
du système immunitaire, un traitement thérapeutique vaginal inadéquate, la grossesse, la
prise de pilule contraceptive, le diabète, la pratique abusive de douches vaginales, ou le port
de vêtements et de sous-vêtements synthétiques. Les bains dans les jacuzzis et les piscines
mal désinfectés peuvent également favoriser la transmission de ces infections vaginales (73).
D’autre part, il semble que lorsque l'équilibre entre les micro-organismes existant dans le
microbiote vaginal est perturbé, la prolifération de Candida est facilitée (74). Certaines
femmes ne souffrent jamais de candidose vulvovaginale, d'autres ont des épisodes peu
fréquents et une troisième sous-population a des épisodes récurrents qui entraînent une
morbidité et une souffrance considérables.

Les chercheurs sont confrontés à deux questions fondamentales non élucidées encore : le
mécanisme par lequel la colonisation asymptomatique se transforme en maladie

49
symptomatique et l'explication insaisissable des récidives fréquentes de la candidose
vulvovaginale (72).

Bien que plusieurs facteurs aient été identifiés comme prédisposant à la candidose
vulvovaginale récurrente, la majorité des femmes présentant une candidose vulvovaginale
récurrente ne possèdent pas de facteurs prédisposants reconnaissables.

Au cours des dernières années, différents mécanismes pathogènes ont été mis en
évidence chez certaines patientes pour être à l'origine d'un éventail de manifestations
cliniques. Les mycoses, ou candidoses, vaginales entraînent des démangeaisons ainsi qu’une
inflammation de la vulve et du vagin. Parfois, on observe également des écoulements épais et
blanchâtres, des pertes blanches ou des pertes jaunes. Lorsque les pertes vaginales prennent
une odeur désagréable, lorsqu’elles ont un aspect mousseux, jaunâtre ou verdâtre, ou
lorsqu’elles sont grumeleuses comme du lait caillé, il est préférable de consulter rapidement
son médecin, ces signes pouvant indiquer le développement d’une infection locale par des
champignons microscopiques.

Ces symptômes résultent de levures qui vivent habituellement sur les muqueuses
génitales sans provoquer de manifestations. Un groupe de champignons en particulier est
responsable des mycoses des muqueuses. En effet, les levures (Candida albicans par exemple)
peuvent toucher la peau, les ongles et les muqueuses (buccale ou génitale). Elles sont
responsables de 80 % de candidoses vaginales.

1.4. Vaginose

Parmi les différents types de vaginose, la vaginose bactérienne est la plus fréquente, avec
une incidence rapportée de 10 à 66 % (56). C’est la forme la plus courante d'infection vaginale
chez les femmes en âge de procréer. Elle peut être symptomatique ou asymptomatique. Cette
pathologie est la cause la plus fréquente de pertes vaginales anormales. Aussi nommée
dysbiose vaginale, c’est l'une des affections vaginales les plus courantes associée à des
modifications aberrantes du microbiome vaginal. Bien qu'il existe des options thérapeutiques

50
efficaces, comme le métronidazole ou la clindamycine, ces méthodes se sont révélées
inefficaces à long terme. Les taux de récidive sont élevés, environ 80 % trois mois après un
traitement efficace. En outre, dans certains cas, le traitement est inefficace et la vaginose
bactérienne persiste (75).

La forme symptomatique touche approximativement 50% des femmes et se caractérise


également par des troubles vaginaux : une mauvaise odeur, des pertes vaginales, une
irritation, une inflammation, une augmentation du pH et des démangeaisons.

La vaginose bactérienne est associée à des niveaux élevés d'organismes anaérobies qui
peuvent endommager l'épithélium vaginal et augmenter le risque d'infection par le
papillomavirus. Des recherches récentes ont également mis en évidence le rôle du
microbiome vaginal. Les modifications de la composition bactérienne du microbiome vaginal
peuvent entraîner une vaginose bactérienne. En effet Lactobacillus iners semblerait être plus
fréquent chez les femmes infectées alors que Lactobacillus crispatus, serait plus fréquent chez
les femmes ayant un microbiote vaginal sain. De plus, Atopobium, Prevotella et Mycloplasma
hominis seraient plus fréquents chez les femmes atteintes de vaginose bactérienne.
Gardnerella vaginalis est l'espèce active la plus abondante dans la vaginose bactérienne. Il est
rapporté que Gardnerella sécrète l'enzyme sialidase qui dégrade les sialoglycoprotéines dans
la couche de mucus. De l'acide sialique est libéré puis dégradé par les aldolases et les lyases
des bactéries. Les sialoglycoprotéines de la couche de mucus ont pour fonction d'empêcher
tout contact étroit avec les bactéries pathogènes. L'activité hydrolytique des enzymes de
Gardnerella entraîne la dégradation du mucus, ouvrant ainsi la voie à la formation de biofilms
et à l'inflammation. L'ampleur de l'activité sialidase dans le vagin a été utilisée pour le
diagnostic de la VB. La présence de bactéries commensales par exemple Atopobium vaginae
active les récepteurs de reconnaissance des formes comme TLR2, TLR4 dans l'épithélium
vaginal. Il se déclenche ainsi une génération de cytokines pro-inflammatoires comme IL-6, IL-
8, qui conduisent à l'inflammation. Gardnerella forme initialement un biofilm primaire avec
des espèces de Prevotella. Une couche secondaire d'Atopobium vaginae et d'autres agents
pathogènes colonisent la couche initiale pour former un biofilm épais.

51
La formation d'un biofilm est considérée comme un facteur majeur dans l’acquisition par
les bactéries pathogènes d'une résistance aux médicaments. En particulier, Gardnerella
vaginalis et Atopobium vaginae présentent une coopération métabolique spécifique qui rend
le traitement de la vaginose bactérienne plus difficile (56).

Figure 6 : Représentation schématique de l'épithélium vaginal pendant une vaginose


bactérienne (56).

Lors de la vaginose bactérienne une dysbiose est créée avec une forte présence de bactéries
pathogènes sous forme de biofilms comme Gardnerella vaginalis qui produit des sialidases,
ou encore Atopobium vaginae ou Prevotella spp. La barrière de mucus est aussi altérée.

L'hôte réagit à la vaginose bactérienne en produisant des cytokines pro-inflammatoires


comme les interleukines IL-1α, IL-1β et la protéine induite par l'interféron γ (IP-10). Il est
intéressant de noter que Gardnerella en elle-même n'entraîne pas de réponse pro-
inflammatoire, la réponse de l'hôte étant plutôt provoquée par le consortium polymicrobien
secondaire. La présence de sperme dans le vagin peut également augmenter le risque de
vaginose car elle peut diminuer le nombre de Lactobacilles et induire une réponse cytokinique
pro-inflammatoire.

Les causes entraînant cette dysbiose peuvent être dues à un changement de mode de vie,
aux méthodes de douches vaginales, au cycle menstruel, à la grossesse ou à d'autres troubles.

L'infection est également transmissible à partir d'une personne infectée. Ce trouble peut
de surcroît augmenter le risque de contracter de nombreuses infections sexuellement
transmissibles telles que le virus de l'immunodéficience humaine, Neisseria gonorrhea,

52
Chlamydia trachomatis, Trichomonas vaginalis et le virus de l'herpès simplex-2. La littérature
fait le lien également avec le papillomavirus humain.

Les recherches disponibles suggèrent que la récurrence peut être causée par une
réinfection ou une rechute de l'infection. La réinfection peut se produire par deux
mécanismes, soit de manière endogène, soit par le biais d'une infection par un partenaire qui
a été colonisé par des micro-organismes. La rechute peut être imputable à l'incapacité de
rétablir une flore vaginale dominée par les lactobacilles ou à l'inefficacité du traitement (75).

En résumé, nous avons étudié tout au long de cette deuxième partie la physiologie et la
physiopathologie des troubles du cycle menstruel et vaginaux, couramment retrouvés chez
les femmes non ménopausées et leurs causes principales. Nous allons développer à présent
l’accompagnement de ces troubles en officine grâce aux compléments alimentaires.

53
3ème partie. ACCOMPAGNEMENT DE LA PRISE EN CHARGE DES
TROUBLES GYNÉCOLOGIQUES LES PLUS FRÉQUENTS DES
FEMMES NON MENOPAUSÉES PAR LES COMPLÉMENTS
ALIMENTAIRES

L'objet général de cette troisième partie consiste à étudier la prise en charge, grâce au
soutien des compléments alimentaires, des deux troubles gynécologiques, couramment
retrouvés chez les femmes non ménopausées : les troubles du cycle menstruel et les troubles
vaginaux. Pour répondre à cet objectif, dans un premier temps, nous reviendrons sur la
définition et l’environnement des compléments alimentaires. Puis, dans un deuxième temps,
nous introduirons les principaux actifs pour soutenir la prise en charge de ces troubles
gynécologiques. Pour terminer chacun de ces deux sujets, quelques exemples de
compléments alimentaires commercialisés en France seront proposés.

1. Compléments alimentaires en France

Afin de bien comprendre les actifs proposés pour prendre en charge les troubles
gynécologiques, il convient tout d’abord de définir le contexte actuel de la consommation des
compléments alimentaires.

1.1. Généralités

Un régime alimentaire adapté et varié apporte normalement l’ensemble des nutriments


nécessaires à notre bon développement et à notre maintien dans un bon état de santé. Les
importants déficits et carences en nutriments sont plutôt rares dans la population générale.
Et pourtant, les compléments alimentaires, concentrés de nutriments, de plantes ou d’autres
substances, sont de plus en plus consommés en France. En effet, en raison d’un mode de vie

54
particulier ou pour divers motifs (visée amincissante, anti-stress, revitalisante,
accompagnement sportif, problème de santé, beauté), la population souhaite se
supplémenter davantage. Ainsi, l’objectif de la micronutrition est de compléter un régime
alimentaire normal dont les apports nutritionnels peuvent varier, ne plus correspondre aux
besoins précis de l’organisme, ou même présenter certaines déficiences.

Les compléments alimentaires sont définis, d’après le décret n°2006-352 (76), comme
« des denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui
constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet
nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés… » (Directive 2002/46/CE du Parlement
européen, transposée par le décret n°2006-352 du 20 mars 2006). À travers cette définition,
ces produits ont été placés par les autorités dans le domaine des aliments. Les mêmes règles
que les produits nutritionnels leur sont donc imposées. Les compléments alimentaires sont
donc rattachés au code de la consommation. Ils subissent des contrôles stricts de la Direction
de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Le complément alimentaire n’est pas un médicament, il ne peut donc, par


définition, revendiquer aucun effet thérapeutique. Les allégations portent sur le bénéfice
pour le bien-être et la santé. Par ailleurs, les allégations nutritionnelles et de santé,
susceptibles d’être indiquées sur les produits, sont strictement encadrées par la
réglementation européenne. A ce jour, un nombre limité d’allégations santé est autorisé, la
liste peut être consultée sur le site de la Commission européenne.

Ainsi, ces produits sont vendus sans ordonnance et sont largement distribués dans les
pharmacies, les grandes surfaces, les magasins spécialisés en diététique, ou bien sur internet.

L'industriel est responsable de la conformité des compléments alimentaires mis sur le


marché avec les dispositions réglementaires en vigueur, tant en matière de sécurité que
d’information au consommateur.

55
1.2. Composition et utilisation

Ces produits sont destinés à être pris par voie orale et sont conditionnés en doses, comme
les comprimés, les gélules, les pastilles, les poudres ou encore les préparations liquides (les
ampoules, les flacons). Les formes gélules comportent des avantages supplémentaires et sont
les plus largement retrouvées car leur concentration en actifs est plus élevée. De plus, elles
peuvent être parfois gastro-résistantes, leur dosage est plus précis et la galénique est sans
odeur ni goût et facile à avaler pour la majorité de la population.

Plusieurs dispositions réglementaires aux niveaux européen et national établissent la liste


des ingrédients autorisés dans les compléments alimentaires. Les doses journalières
maximales à ne pas dépasser pour les vitamines et les minéraux sont aussi définies par les
autorités.

D’après le décret n°2006-352 du 20 mars 2006 (76), les compléments alimentaires peuvent
contenir :

• Des nutriments : vitamines, minéraux (calcium, sélénium, potassium, …), oligo-


éléments (magnésium, …), acides gras essentiels, acides aminés et protéines
• Des substances à but nutritionnel ou physiologique : substances chimiquement
définies, à l’exception des substances pharmacologiques, par exemple la
mélatonine
• Des plantes et préparations de plantes : sont exclues de ce cadre les plantes
destinées à un usage exclusivement thérapeutique et sont également inclus les
algues, les champignons et les lichens
• Des ingrédients dont l'utilisation en alimentation humaine est traditionnelle ou
reconnue comme telle au sens du règlement du 25 novembre 2015 : par exemples
des ferments et des levures probiotiques ou des ingrédients d’origine animale
comme la gelée royale ou la propolis
• Des ingrédients autorisés conformément au règlement du 25 novembre 2015 :
Novel food inscrits sur la liste de l’Union européenne (UE)

56
• Des additifs, des arômes et des auxiliaires technologiques (support d’additifs) dont
l'emploi est autorisé en alimentation humaine

1.3. Intérêt des compléments alimentaires

Un complément alimentaire est un produit de santé naturel. Il constitue un levier de


prévention pour contribuer au bien-être et à la bonne santé des individus. La santé naturelle
vise à restaurer l’équilibre physiologique de l’organisme, à le maintenir en bonne santé et à
prévenir l’apparition de maladies.

Trois axes d’actions principaux sont retrouvés :

• Combler les déficiences alimentaires

Notre mode de vie contemporain et notre écosystème ne favorisent pas toujours une
alimentation suffisamment variée, équilibrée et saine. Plusieurs enquêtes menées en
France ont d’ailleurs révélé des déficiences notables en micronutriments chez les Français.
Sources de nutriments, certains compléments alimentaires pallient les déficiences
alimentaires. Sans se substituer à un régime équilibré, ils répondent aussi aux besoins
spécifiques de certaines populations (femmes enceintes, personnes âgées, végétariens,
sportifs).

• Éliminer ou atténuer les inconforts du quotidien

Au cours de la vie, pendant certaines périodes, de nombreux inconforts sont susceptibles


d’apparaître. Des personnes en bonne santé, sans situation pathologique particulière,
peuvent souffrir de sommeil difficile, d’inconforts articulaires, de digestion délicate, de
stress, de mauvais cholestérol élevé, de carences en vitamines et minéraux essentiels…
Les compléments alimentaires sont dans ces situations une réponse mesurée, efficace et
naturelle contre ces désagréments du quotidien.

57
• Prévenir et maintenir en bonne santé

Les actifs naturels présents dans les compléments alimentaires agissent sur la diminution
des facteurs de risques de maladies (baisse du cholestérol, renforcement de la densité
minérale osseuse…) tout en maintenant l’équilibre physiologique du corps. D'une manière
générale, ils présentent de nombreux bienfaits (par exemple sur les défenses naturelles,
les articulations, la vitalité ou encore la digestion...).

58
2. Accompagnement de la prise en charge par les compléments
alimentaires des troubles gynécologiques les plus fréquents en
officine

Pour les patientes, l’officine est un lieu dans lequel elles peuvent être en présence
facilement et rapidement d’un professionnel de santé. Le rôle des pharmaciens, au-delà de la
dispensation des médicaments, est d’apporter un conseil et un accompagnement à chaque
femme. C’est un acteur actif dans les domaines de la prévention, du suivi, et dans la prise en
charge de certaines maladies. Pour toutes ces raisons, le pharmacien est l’acteur idéal pour
soutenir et prendre en charge les troubles gynécologiques des femmes grâce aux
compléments alimentaires.

Généralement, les compléments alimentaires contribuent à atténuer efficacement les


troubles féminins. Il peut être utile de consommer des suppléments pour soutenir le
traitement allopathique ou en prévention des différents symptômes décrits dans la 2ème partie
de ce manuscrit.

2.1. Traitements pour lutter contre les troubles liés au cycle menstruel

2.1.1. Aménorrhées et oligoménorrhées

La thérapie hormonale, à base d'œstrogènes et de progestérone, est le pilier du traitement


des aménorrhées et des oligoménorrhées. Or, en raison de certaines complications liées à
l'hormonothérapie, de nombreuses femmes envisagent de recourir aux médecines
alternatives et complémentaires. Cinq plantes ont été fortement mises en lumière dans la
littérature. Les résultats de ces études peuvent servir de base à de futures études
complémentaires relatives aux plantes pour être jugées comme efficaces en médecine
conventionnelle et complémentaire. Le traitement en phytothérapie peut être divisé en deux
parties : provoquer le cycle menstruel et rétablir un équilibre hormonal.

59
De nombreuses plantes médicinales sont utilisées dans la composition des compléments
alimentaires pour lutter efficacement contre ces troubles. Selon la pathologie, plusieurs
plantes sont proposées.

1) Provoquer le cycle menstruel

Le fenouil (Foeniculum vulgare), est une plante à fleurs de la famille des Apiaceae utilisée
comme plante médicinale en raison de ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires,
œstrogéniques, diurétiques, emménagogues, antithrombotiques et antihypertensives
connues (78). Cette plante s'est avérée efficace pour induire les menstruations après
l'utilisation de l'acétate de médroxyprogestérone par rapport au groupe témoin (79).

La menthe à feuilles longues (Mentha longifolia), est l'un des nombreux membres de
la famille des Lamiaceae qui est utilisé dans les domaines pharmaceutiques et industriels.
Cette plante médicinale est utilisée depuis de nombreuses années pour soulager les troubles
gastro-intestinaux et gynécologiques. Il a été démontré que l'utilisation d'extraits de Mentha
longifolia induit la menstruation et régule les cycles menstruels (80). Il a également été indiqué
que cet extrait diminue la FSH et induit la menstruation chez les patientes souffrant
d'insuffisance ovarienne primaire.

Le sésame (Sesamum indicum L.), est une plante à fleurs du genre Sesamum et de la
famille des Pedaliaceae. Cette plante médicinale a été utilisée pour augmenter la libido et
induire les saignements menstruels. Le sésame est reconnu pour permettre des
menstruations sans effets secondaires importants chez les femmes souffrant
d'oligoménorrhée sévère (81).

2) Rétablir un équilibre hormonal

La pivoine de Chine (Paeonia lactiflora), est une plante médicinale utilisée au Japon,
en Corée, en Chine et en Iran depuis 1 200 ans. Elle a été utilisée pour soigner les maux

60
d'estomac, les maux de tête, l'hépatite, la dysménorrhée et les irrégularités du cycle
menstruel. Il a déjà été rapporté qu'un mélange d'extraits de Paeonia lactiflora et de
Glycyrrhiza glabra était efficace pour normaliser les cycles menstruels et l'équilibre hormonal
chez les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques (78).

Le gattilier (Vitex agnus-castus), appartenant à la famille des Lamiaceae, est utilisé


comme médicament courant pour le traitement des irrégularités menstruelles et de
l'infertilité depuis 2 000 ans. Les effets d'une faible dose d'œstrogènes comparée au Vitex
agnus-castus sur la normalisation du cycle menstruel et sur les taux sériques de prolactine et
de testostérone libre, chez les femmes souffrant du syndrome des ovaires polykystiques, sont
similaires (82). Le dosage le plus courant retrouvé est de 40mg par jour pendant 6 mois.

Cette plante possède néanmoins de nombreuses interactions médicamenteuses avec toutes


les pilules oestro-progestatives et risque de limiter leurs effets. Il est conseillé d’utiliser une
protection contraceptive supplémentaire type préservatif pour éviter toute grossesse
indésirable. Il est aussi déconseillé de prendre du gattilier avec tous les traitements
interagissant avec la dopamine comme les antipsychotiques, les médicaments contre la
maladie de Parkinson et le métoclopramide.

- Conseils à l’officine

Il est essentiel d’avoir une alimentation saine. Pour cela, il faut limiter les aliments
transformés et consommer des aliments contenant des graisses insaturées plutôt que des
graisses saturées. Également, éviter la caféine et l'alcool. Consommer davantage de céréales
complètes, de légumes et d'acides gras oméga-3 présents dans les poissons d'eau froide, les
noix et les graines. Ainsi, les régimes très pauvres en graisses peuvent augmenter le risque
d'aménorrhée.

61
2.2.2. Dysménorrhées

De nombreuses plantes ont été proposées comme étant efficaces pour la dysménorrhée
primaire et secondaire tels que l'actée à grappes noires (Actea racemosa), le gattilier, le dong
quai ou encore surnommé le « Ginseng féminin » (Angelica sinensis), l'écorce de viorne noire
(Virburnum prunifolium) et l'écorce de crampon (Viburnum opulus). Toutes les plantes de
cette liste n'ont pas fait l'objet d'essais cliniques randomisés pour étayer leur utilisation, mais
certaines d'entre elles (l’écorce de viorne noire et l'écorce de crampon) ont fait l'objet de
données animales indiquant un effet relaxant sur l'utérus, qui pourrait être bénéfique chez la
femme. Néanmoins, l’écorce de viorne noire contient de l'acide oxalique et ne doit pas être
utilisée chez les femmes ayant des antécédents de calculs rénaux.

Toutefois, nous allons développer ci-dessous les suppléments qui bénéficient d’études
plus prometteuses (83). Les recherches peuvent être divisées en deux parties : soulager les
crampes et réduire l’inflammation.

1) Soulager les crampes

Les graines et l’huile essentielle de fenouil sont proposées en cas de règles douloureuses.
Elles contiennent de la fenchone, qui serait responsable des propriétés antispasmodiques du
fenouil ; elles permettraient ainsi de combattre les spasmes douloureux au cours des règles.
Pour prévenir les effets toxiques de certaines substances contenues dans le fenouil, il est
recommandé de ne pas prendre plus de 7 g de fruits séchés par jour et de ne pas poursuivre
le traitement plus de deux semaines d’affilée.

La camomille allemande (Matricaria chamomilla) est un antispasmodique et un anti-


inflammatoire efficaces dans le traitement des troubles menstruels et des troubles
intestinaux. Il a été démontré que les extraits aqueux de camomille augmentent le tonus
utérin dans des échantillons isolés d'utérus d'animaux. L'activité antispasmodique de la
camomille a été attribuée à un certain nombre de glycosides de flavonol. L'apigénine est le
plus mentionné des 20 flavonoïdes. Il est actuellement considéré comme l'agent

62
antispasmodique le plus efficace de la matricaire. Des études allemandes ont montré que les
flavonoïdes de la camomille sont un antispasmodique plus fort que la papavérine, issue du
pavot à opium. La camomille est également un nervin fiable, utilisé comme sédatif léger. Elle
est donc particulièrement utile dans le traitement de la dysménorrhée accompagnée de
diarrhée, de ballonnements et de gaz, ainsi que d'anxiété et d'irritabilité. Certains la
recommande déjà en thé chaud pour réduire rapidement les crampes menstruelles. Elle n'est
pas considérée comme l'un des antispasmodiques utérins les plus importants ; cependant, elle
constitue un excellent complément aux préparations (54,85).

Le calcium possède lui aussi une efficacité dans la réduction des douleurs utérines
cycliques. La supplémentation en calcium s'est avérée efficace dans le cadre d'un essai clinique
prospectif, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo, en groupes parallèles et
multicentrique portant sur le syndrome prémenstruel. Les sujets, au nombre de 497, ont reçu
1 200 mg de calcium ou un placebo par jour, pendant trois cycles menstruels. Des échelles
d'évaluation subjective (17 symptômes relevés) ont révélé des scores significativement plus
bas pour toutes les mesures de la douleur dans le groupe de traitement, pendant la phase
lutéale du troisième cycle menstruel. Alors que les scores n'ont pas changé de manière
significative chez les témoins. De plus, dans un essai prospectif, randomisé, en double aveugle
et croisé visant à étudier le syndrome prémenstruel, la supplémentation en carbonate de
calcium (1 000 mg/jour pendant 3 mois) s'est avérée efficace pour réduire les douleurs
menstruelles par rapport au placebo (54).

2) Réduire l’inflammation

Le rhizome de gingembre (Z. officinale Roscoe) est utilisé comme plante médicinale
depuis au moins 2000 ans. Les principaux composants actifs, le 6-gingérol et le 6-shogaol, ont
un certain nombre d'activités pharmacologiques, notamment des activités antinauséeuses,
anti-inflammatoires, carminatives et antiémétiques. Dans un essai clinique réalisé par Shirvani
et al. (2015), l'effet du gingembre sur la dysménorrhée a été démontré. Les causes de la
douleur de la dysménorrhée primaire sont la contraction utérine et l'ischémie résultant de la
production excessive de prostaglandines dans l'endomètre pendant l'ovulation. Le gingembre

63
soulage la dysménorrhée en inhibant l'activité des thromboxanes et des prostaglandines.
L'effet du gingembre sur la dysménorrhée se produit par l'intermédiaire de ses composés
gingérols et gingerdiones (84).

La supplémentation en magnésium réduit les symptômes du syndrome prémenstruel


tels que les douleurs, la dépression, l'irritabilité, les sautes d'humeur et la rétention d'eau. Le
magnésium aide à détendre les tissus musculaires lisses. Un essai ouvert, portant sur un petit
groupe de femmes souffrant de dysménorrhée primaire, et ayant reçu 4,5 mg de pidolate de
magnésium par voie orale 7 jours avant le début des règles et jusqu'au 3ème jour des règles, a
montré une réduction de la dysménorrhée, sans effets secondaires signalés. Le magnésium a
également eu un effet thérapeutique sur les douleurs dorsales et abdominales basses au cours
des 2ème et 3ème jours du cycle menstruel, chez les femmes souffrant de dysménorrhée
primaire. Le magnésium est un cofacteur de la delta-6 désaturase impliquée dans la synthèse
des prostaglandines anti-inflammatoires (PGE1) et exerce un effet relaxant sur les crampes
squelettiques et lisses.

Le magnésium est contre-indiqué en cas de bloc cardiaque et de maladie rénale grave. La dose
recommandée varie entre les différentes études mais elle est généralement de 300 à 600 mg
trois fois par jour pendant plusieurs jours avant l'apparition des règles. Une précaution est à
prévoir concernant les doses excessives qui peuvent entraîner une toxicité grave (54).

La thiamine (vitamine B1) possède un essai clinique randomisé important à ce jour


concernant la dysménorrhée. L'essai a été mené auprès de 556 jeunes femmes (âgées de 12
à 21 ans) vivant en Inde et présentant des symptômes modérés à très sévères. Les femmes
ont reçu un placebo pendant 2 mois ou 100 mg de thiamine par jour pendant 3 mois dans le
cadre d'une étude croisée. À la fin de l'étude, l'amélioration des symptômes sous l'effet de la
thiamine était supérieure à 90 %, contre moins de 1 % sous placebo. Cependant, aucune
preuve n’a été apportée chez les femmes européennes, dont la génétique, le régime
alimentaire et la culture sont différents. La faible réponse au placebo jette également un
doute sur la validité de ces résultats (86).

La vitamine E a été étudiée dans le cadre de trois essais cliniques randomisés. Son
mécanisme d'action n'est pas clair, mais il pourrait impliquer une réduction de la formation
de prostaglandines en inhibant la libération d'acide arachidonique. L'essai le plus récent a

64
porté sur 278 femmes âgées de 15 à 17 ans. Elles ont reçu 400 UI/jour de vitamine E ou un
placebo, 2 jours avant et 3 jours pendant les règles, pendant quatre cycles. L'intensité et la
durée de la douleur ainsi que la perte de sang ont été significativement réduites (P < 0,001)
dans le groupe vitamine E après 2 et 4 mois (P < 0,001). Comme la vitamine E peut avoir des
propriétés antiplaquettaires, elle doit être utilisée avec prudence chez les femmes qui
prennent des anticoagulants. La vitamine E est disponible sous forme naturelle (d-alpha-
tocophérol ou RRR-tocophérol) (83).

Les acides gras oméga-3 sont assez peu présents dans notre alimentation. Or,
certaines données épidémiologiques indiquent qu'une alimentation riche en acides gras
oméga-3 peut réduire les règles douloureuses en diminuant la production des
prostaglandines. Un petit essai contrôlé randomisé portant sur 42 adolescentes a démontré
une diminution significative des douleurs menstruelles et du besoin d'ibuprofène chez celles
qui prenaient de l'huile de poisson (1,8 g d'acide eicosapentanoïque et d'acide
docosahexanoïque par jour), pendant 2 mois, par rapport au placebo (P < 0,004).

Les acides gras oméga-3 ayant des propriétés antiplaquettaires, ils doivent être utilisés avec
prudence chez les personnes prenant des anticoagulants. Les acides gras oméga-3 ont peu
d'effets secondaires, mais ils peuvent provoquer une mauvaise haleine, des maux d'estomac
et des selles molles (83).

- Conseils à l’officine

Pour apporter un conseil associé à l’ordonnance, il est important de demander à la


patiente qui vient se fournir en anti-inflammatoires ou en contraception si elle souffre de
douleurs de règles. Rare sont les personnes qui viennent directement en officine afin de
demander un conseil pour cette problématique.

Toutefois, des conseils nutritionnels peuvent être prodigués. Les aliments à forte teneur
glycémique sont connus pour augmenter les niveaux de substances chimiques inflammatoires
dans l'organisme, y compris le PGF2. Il est donc important de consommer des aliments ayant
une activité anti-inflammatoire ou de suivre un régime anti-inflammatoire. De ce fait, il est

65
préférable d’éviter les glucides raffinés, les aliments sucrés et le sucre transformé. Il convient
également de privilégier les céréales complètes comme l'avoine, le millet, le riz brun, le
quinoa, etc. Il est recommandé aussi de ne consommer que 3 portions de céréales au
maximum par jour. De même, il est souhaitable de remplacer le sucre par des quantités très
limitées de miel ou d'agave voire de stévia comme édulcorant. Il a lieu d’envisager également
d'éliminer les produits laitiers qui sont congestionnant pour l'organisme, ou de consommer
uniquement des produits laitiers biologiques afin d'éviter les hormones ajoutées. En effet, de
nombreux médecins ont constaté une réduction des douleurs liées aux crampes menstruelles
chez les femmes qui éliminaient les produits laitiers. Réduire la consommation de viande
rouge et de jaune d'œuf à 2 ou 3 fois par semaine au maximum, qui sont riches en acide
arachidonique (85).

Par ailleurs, l'application de chaleur sur le bas-ventre est le moyen le plus simple de
contrôler les crampes menstruelles. En effet, la chaleur aide à détendre les muscles contractés
de l'utérus. On peut ainsi placer un coussin chauffant sur la partie inférieure de l'abdomen et
le bas du dos ou utiliser une bouteille en plastique remplie d'eau chaude afin de permettre le
soulagement rapide de la douleur.

De plus, ajouter une activité physique régulière à sa routine habituelle est essentiel pour
favoriser la circulation du sang dans le corps. Un manque d'exercice peut augmenter la gravité
et la durée des symptômes associés à la dysménorrhée. La natation peut également réduire
le flux menstruel et atténuer les crampes.

2.2.3. Ménorragie

Les missions majeures de la supplémentation sont de contrôler les saignements, prévenir


et traiter l'anémie et enfin rétablir un schéma menstruel acceptable (65). Le traitement peut
être divisé en trois parties : rétablir un équilibre hormonal, limiter l’hémorragie et traiter
l’anémie ferriprive.

66
1) Réguler les hormones

Le gattilier (Vitex agnus castus) est probablement la plante la plus connue en Europe pour
le traitement des déséquilibres hormonaux et des saignements anormaux chez les femmes. Il
agit sur l'hypothalamus et l'hypophyse avec un effet semblable à celui de la progestérone, en
augmentant l'hormone lutéinisante et en inhibant la libération de FSH. Cette action entraîne
une modification du rapport entre les œstrogènes et la progestérone. Une étude a mis en
relief l’efficacité de 15 gouttes d'extrait liquide, prises quotidiennement. Le gattilier n'est pas
une plante à action rapide et il est nécessaire d’attendre plusieurs mois pour obtenir des
résultats.

2) Limiter l’hémorragie

Le rhizome de gingembre (Zingiber officinale) peut avoir un effet bénéfique sur la


régulation du cycle menstruel. Dans une étude clinique, l’efficacité a été démontrée pour
traiter la ménorragie, avec 250 mg de poudre de gingembre à prendre le jour avant les
menstruations jusqu’au 3ème jour du cycle. L'inhibition de la formation de prostaglandines et
de leucotriènes pourrait expliquer l'utilisation traditionnelle du gingembre comme agent anti-
inflammatoire. De fait, les anti-inflammatoires sont efficaces pour réduire le flux des
menstruations abondantes (87).

La bourse à pasteur (Capsella Bursa-Pastoris) a la capacité de réduire rapidement les


saignements abondants. En effet, les plantes astringentes comme les tanins sont utilisées pour
réduire les pertes de sang. Parmi ces plantes, la bourse à pasteur est utilisée depuis longtemps
pour prévenir ou arrêter les hémorragies gynécologiques. Dans la plupart des cas, ces plantes
sont utilisées en association pendant des semaines, voire des mois, pour être efficaces. Une
étude a prouvé son efficacité pour 640 mg à prendre toutes les 12H, pendant la totalité des
menstruations (88).

L’Achillée millefeuille (Achillea millefolium) est une plante traditionnelle, utilisée depuis
l'époque médiévale pour traiter les plaies hémorragiques. Cette plante possède des propriétés

67
hémostatique et antihémorragique. Les sage-femmes et les herboristes considèrent l'infusion
d'achillée comme l'un des hémostatiques utérins à base de plantes les plus fiables disponibles.
Une étude clinique a mis en avant une efficacité avec la prise de 500 mg toutes les 12 heures,
à partir du premier jour des menstruations, jusqu’à la fin de celles-ci (89).

La spiruline, est une exceptionnelle source naturelle de fer assimilable par l’organisme.
Elle contient aussi de nombreux autres nutriments comme des vitamines (A, E, D, K, B1, B2,
B3, B6, B8, B9 et B12), des minéraux, des protéines et des acides gras essentiels. À ce titre,
elle peut influer sur les menstruations, leurs symptômes et leurs douleurs. Elle a également
une action sur la régulation des flux sanguins des règles abondantes. Elle présente également
des vertus naturellement anti-inflammatoires.

De plus, les carences en vitamines A, B, C et K peuvent être des facteurs contribuant à la


ménorragie. En cas de carence en complexe vitaminique B, le foie perd sa capacité à inactiver
les œstrogènes. Ainsi, certains cas de ménorragie sont dus à l'effet d'un excès d'œstrogènes
sur l'endomètre. La vitamine C et les bioflavonoïdes permettent de réduire les saignements
abondants en renforçant les capillaires et en les empêchant de se fragiliser. De plus, la
vitamine C peut également aider les femmes souffrant d'une carence en fer due à la
ménorragie grâce à l’augmentation de la capacité d'absorption du fer.

Enfin, le magnésium agit pour défatiguer et aider les muscles à se relaxer. Il permet
également de meilleures sécrétions de la progestérone en phase lutéale.

3) Traiter l’anémie

L'une des principales causes de l'anémie ferriprive est la perte de sang, mais inversement la
carence chronique en fer peut également être une cause de ménorragie (65).

Age Femme active Grossesse Lactation

19–50 ans 18 mg 27 mg 9 mg

Tableau I : Apports journaliers recommandés (AJR) pour le fer (90)

68
La supplémentation en fer est souvent nécessaire, soit une dose journalière de 60 à 120
mg. Quand le taux d’hémoglobine est revenu à la normale, il est important de continuer le
traitement pendant 3 mois pour compléter les réserves de l’organisme en fer (91).

Si une personne est anémiée on peut aussi lui conseiller de la vitamine B12. Cette vitamine
est nécessaire à la formation des cellules sanguines matures.

- Conseils à l’officine

Il est important d’utiliser les programmes sur plusieurs mois afin d’avoir une efficacité
réelle et majeure. Les plantes pour la limitation des hémorragies peuvent être utilisées
uniquement pendant la période des menstruations.

Concernant le régime alimentaire, il est conseillé d’adopter une alimentation pauvre en


graisses animales et en produits sucrés, mais riche en huiles de poisson et en acides
linolénique et linoléique. Deux aliments ont été mentionnés à plusieurs reprises dans la
littérature : les graines de lin et les protéines de soja. Les légumes verts et surtout les épinards
sont aussi bénéfiques. De plus, une attention particulière doit être portée aux personnes
végétariennes qui nécessitent une supplémentation en fer 1,8 fois supérieure à la normale.

Enfin, les personnes souffrant de ménorragies suivent souvent un traitement hormonal


par le biais d’un stérilet à la progestérone ou de progestatifs par voie orale. L’utilisation des
compléments alimentaires va agir en synergie avec le traitement hormonal afin de soulager la
personne et limiter sa prise de médicaments anti-inflammatoires.

2.2.4. Syndrome prémenstruel

L’objectif du traitement contribue à réduire et gérer les différents symptômes. De


manière générale les plantes et minéraux manquent d’études cliniques concernant la prise en
charge du SPM. En revanche, ce qui nous intéressera ci-dessous porte plus distinctement sur
les effets divers démontrés et prouvés sur les symptômes qui sont aspécifiques au SPM. Le

69
traitement peut être divisé en deux parties : rétablir un équilibre hormonal et réduire les
différents symptômes comportementaux.

1) Rétablir un équilibre hormonal

Le gattilier (Vitex agnus castus) est la plante la plus testée dans la littérature, car son usage
est traditionnel et couramment utilisé en Europe et aux Etats-Unis. Et pourtant tous les
auteurs ne sont pas totalement unanimes concernant son efficacité. Une source potentielle
de différence d'efficacité entre les essais pourrait provenir du manque d’hétérogénéité de
contenu et de dosage du produit testé dans chaque essai (92). Cependant, son efficacité
semble avoir été suffisamment démontrée par plusieurs études dans la réduction des
symptômes du SPM et dans le traitement du trouble dysphorique prémenstruel. Pour obtenir
une meilleure efficacité une dose de 120mg par jour est recommandée pendant toute la durée
du cycle (93). Cependant Le gattilier contient tout de même des composés dopaminergiques,
qui sont cliniquement importants. Les baies sont la partie la plus utilisée de la plante et
contiennent une large gamme de composants potentiellement actifs, notamment des huiles
essentielles, des iridoïdes et des flavonoïdes (54).

2) Réduire les différents symptômes comportementaux

Le millepertuis est prescrit pour les symptômes dépressifs du SPM ou du trouble


dysphorique prémenstruel. Des essais ont montré des résultats favorables dans la dépression.
Le millepertuis a été comparé favorablement à un placebo et à d'autres antidépresseurs. Une
étude pilote évaluant les effets du millepertuis sur le syndrome prémenstruel a démontré une
amélioration significative de toutes les mesures de résultats, plus des deux tiers de
l'échantillon ayant connu une diminution d'au moins 50 % de la gravité des symptômes. Le
millepertuis semble être plus efficace lorsqu'il est pris tout au long du mois. Ces dernières
années, de nombreux essais randomisés en double aveugle ont été menés pour évaluer
l'efficacité du millepertuis par rapport à un placebo. Bien qu'une étude n'ait pas réussi à

70
trouver un avantage par rapport au placebo, de nombreuses autres ont montré que le
millepertuis était une plante efficace et bien tolérée pour le traitement des troubles dépressifs
légers à modérés (92).

Le Ginkgo (Ginkgo biloba L.) n’a pas démontré significativement son efficacité encore
précisément sur le SPM. Ses preuves avérées se portent sur ses mécanismes d’action. Le
ginkgo élimine donc les radicaux libres et arrête les dommages oxydatifs. Le ginkgo améliore
l'humeur et les symptômes comportementaux (dépression) car il inhibe la MOA et la
méthylestérase TXA2. De plus, il augmente les neurotransmetteurs des catécholamines et
diminue la recapture de ces molécules. Il augmente également la circulation sanguine en
maintenant l'équilibre de la prostacycline. Ses bioflavonoïdes ont une activité anti-
inflammatoire, car ils inhibent la cyclooxygénase et la lipoxygénase (importantes pour la
production de prostaglandines inflammatoires) et sont des modulateurs du stress. En outre,
la molécule bioactive de quercétine présente dans le Ginkgo est un puissant inhibiteur de la
libération d'histamine.

Ses effets suggèrent fortement un rôle important pour la prise en charge du SPM. Il manque
certaines d’études cliniques pour le SPM précisément (94).

La curcumine offre également un certain potentiel pour le traitement du SPM. Diverses


études scientifiques ont reconnu que la curcumine pouvait contrôler les neurotransmetteurs
(norépinéphrine, dopamine, sérotonine et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau BDNF)
garants de la régulation du comportement et de l'humeur. Il procure également un effet anti-
inflammatoire reconnu (94).

La lavande est une plante excellente pour l'anxiété, l'irritabilité, l'insomnie et la


dépression, syndromes du SPM. L'huile essentielle de lavande constitue 1 à 3 % des
composants actifs. Il a été démontré qu'elle suscitait des sentiments de bonheur. Elle peut
être prise en complément d’une supplémentation, en huile essentielle, inhalée indirectement
à travers un diffuseur, dans un bain, par application sur l'oreiller, ou diluée pour être utilisée
dans une huile de massage (54).

Le zinc est connu pour ses multiples effets bénéfiques, notamment anti-inflammatoires,
antioxydants et antidépresseurs. Dans l'ensemble, une supplémentation en zinc pendant 12
semaines chez les femmes souffrant du syndrome prémenstruel a eu un impact positif notoire

71
sur les symptômes physiques et psychologiques, la capacité antioxydante totale et le facteur
neurotrophique dérivé du cerveau de celles-ci. Cependant, les données sur les effets de la
supplémentation en zinc sur les biomarqueurs de l'inflammation, le stress oxydatif et l'impact
antidépresseur chez les jeunes femmes souffrant du syndrome prémenstruel sont rares (95).

La supplémentation en magnésium est considérée comme efficace pour prévenir la


dysménorrhée, le syndrome prémenstruel et la migraine menstruelle. Une combinaison de
magnésium et de vitamine B6 peut réduire efficacement le stress prémenstruel, et la vitamine
B6 peut également réduire considérablement l'anxiété chez les femmes plus âgées (96).

- Conseils à l’officine

Le SPM est long à traiter. Il est fortement conseillé de suivre les programmes pendant au
moins deux mois, et pas uniquement pendant la semaine prémenstruelle. De plus, il est
recommandé de les accompagner par un modèle alimentaire sain, dans lequel les aliments
frais et non transformés prédominent. Au même titre, il est préconisé d'éviter les aliments
riches en glucides ou en graisses raffinées, le sel, l'alcool et les boissons stimulantes. La gestion
du stress est également un facteur important dans la prévention.

72
2.2.5. Quelques exemples de produits commercialisés en France pour accompagner
la prise en charge des troubles du cycle menstruel

Ci-dessous quelques exemples non exhaustifs de produits commercialisés en France :

NOM CYCLE CONFORT OLIGOBS®


FEMININ MENSTRUEL Règles difficiles
LABORATOIRE TERRAVITA MIUM LAB CDD
POSITIONNEMENT Confort menstruel Confort menstruel Confort menstruel
COMPOSITION et Antispasmodique : Antispasmodique et Antispasmodique :
ACTIONS Camomille matricaire régulateur Camomille matricaire
750 mg hormonal : 187,5 mg
Grande camomille 50 mg Gattilier 15 mg Antispasmodique :
Antispasmodique : Confort digestif : Fenouil 60 mg
Fenouil 120 mg Mélisse 25 mg Diminution de la fatigue :
Antihémorragique : Equilibre hormonal : Magnésium 300 mg
Alchémille 100 mg Vitamine B6 1,4 mg Zinc 15 mg
Draineur : Vitamine E 12 mg Bien être :
Poudre de pissenlit 80 mg Vitamine D 10 µg Gingembre 187,5 mg
Gestion du stress : Equilibre hormonal :
Safran Safr'InsideTM 30 mg Vitamine B6 1,4 mg
Equilibre hormonal :
Vitamine B6 1,4 mg
POSOLOGIE 3 gélules par jour, 10 jours 2 gummies par jour, 3 comprimés par jour,
avant le début des règles 7 jours avant les dès le 1er jour des règles,
et 5 jours pendant règles, pendant 3 pendant 5 jours
semaines

NOM CLARICYCLE SO CUP OLIGOBS®


Règles abondantes
LABORATOIRE CLARIPHARM SO CUP CDD
POSITIONNEMENT Ménorragie Ménorragie SPM
COMPOSITION et Limitation de Limitation de Equilibre émotionnel et
ACTIONS l’hémorragie : l’hémorragie : relaxation :
Potentille 1000mg Bourse à pasteur 500mg Safran 102 mg
Gingembre 93,75mg Achillée millefeuilles Réduction
Traitement de 300mg gonflements :
l’anémie : Ortie piquante 75mg Petit houx 138 mg
Fer 14mg Hamamélis 37,5mg Diminution de la
Vitamine K 22,9µg fatigue :
Magnésium 300 mg
Zinc 15 mg
Equilibre hormonal :
Vitamine B6 1,4 mg
POSOLOGIE 3 comprimés 3 jours 2 gélules par jour pendant 3 comprimés par jour,
avant les règles et 2 3 semaines à partir du 10 jours avant les
jours après les règles 14ème jour du cycle règles

73
NOM CYCLADYS

LABORATOIRE NHCO
POSITIONNEMENT Dysménorrhée
COMPOSITION et ACTIONS Antispasmodique :
PEA (PalmitoylEthanolAmide) 300 mg
N-Acétyl-L-Cystéine 300 mg
Fenouil 200 mg
Antihémorragique :
Achillée 150 mg
Alchémille 100 mg
Gattilier 10 mg
Diminution de la fatigue et du stress :
Magnésium 75 mg
Vitamine B6 1,4 mg
POSOLOGIE 2 ou 3 comprimés par jour

2.3. Traitements pour lutter contre les troubles vaginaux

Le deuxième trouble fréquemment abordé dans la littérature et souvent évoqué au


comptoir, concerne les troubles vaginaux.

2.2.1. Sécheresse vaginale

La sécheresse vaginale, la dyspareunie ainsi que les troubles sexuels représentent des
difficultés importantes pour les femmes ménopausées. C ‘est ainsi que de nombreuses études
ont analysé la place des phytoœstrogènes dans le traitement de ces pathologies (92).
Malheureusement, les femmes en âge de procréer ne sont pas toujours en mesure d’utiliser
les mêmes produits ou dispositifs que les femmes ménopausées. En outre, il n'existe pas de
lignes directrices claires relatives à la prise en charge des troubles sexuels chez les femmes en
âge de procréer. Nous allons toutefois développer ci-après quelques pistes. Le traitement peut
être divisé en deux parties : soulager la sécheresse et traiter les causes favorisant la
sécheresse.

74
1) Soulager la sécheresse

Des publications récentes ont fait état d'excellents résultats sur la fonction dermique
avec des composés biologiquement actifs administrés par voie orale (tels que les
antioxydants). Cela a conduit au développement de suppléments nutritionnels pour la peau
humaine endommagée (98,99).

Une étude prometteuse a démontré l’efficacité d'un nutraceutique contenant de


l'acide hyaluronique, du collagène, du sulfate de glucosamine, du sulfate de chondroïtine, de
l'acide alpha-lipoïque, du méthylsulfonylméthane et des vitamines sur la sécheresse vaginale
chez les jeunes femmes (100). Pendant 2 mois, 28 patientes ont pris le complément
quotidiennement. A la fin de l’étude, 87% des femmes ont montré une amélioration des
symptômes et ont fait le constat d'une rémission complète. Pour conforter ces résultats, ce
traitement doit être renouvelé tous les 4 mois.

L'acide hyaluronique (AH) est un glycosaminoglycane distribué de manière ubiquitaire


dans la matrice extracellulaire . Cette molécule possède un très fort pouvoir hydratant car elle
est capable de lier jusqu’à 1000 fois son poids en eau.

Le sulfate de glucosamine et la chondroïtine sont des sucres complexes fortement


présents dans la matrice extracellulaire.

Il existe de nombreuses preuves dans la littérature des bienfaits des compléments


nutraceutiques à base de collagène hydrolysé sur la peau humaine (101,102). Le faible poids
moléculaire des peptides bioactifs de collagène et/ou de l'acide hyaluronique favorise leur
absorption systémique et leur distribution dans les différents tissus après administration
orale.

L'acide alpha-lipoïque (ALA) est un puissant antioxydant et intervient dans le


métabolisme énergétique. La supplémentation en ALA s'est avérée bénéfique pour la
protection contre l'oxydation et l'inflammation.

Le méthylsulfonylméthane (MSM), est un solvant puissant utilisé dans le traitement


de la cystite interstitielle et dans la cicatrisation de la peau.

75
La vitamine A est une vitamine liposoluble qui joue un rôle antioxydant important, en
réduisant l'inflammation et en combattant les dommages causés par les radicaux libres.

La vitamine C, est une vitamine hydrosoluble qui agit comme un antioxydant en


neutralisant les radicaux libres et en réduisant le risque d'inflammation et de maladie. Elle est
essentielle à la production de collagène, la protéine structurelle du tissu conjonctif qui
contribue à la cicatrisation des plaies.

La vitamine E améliore également l'hydratation et l'élasticité de la peau. Elle agit


comme un antioxydant contre les dommages causés par le tabagisme ou les rayons ultraviolet
(103).

2) Traiter les causes favorisant la sécheresse

Enfin, la sécheresse vaginale étant très généralement favorisée par l’anxiété ou le stress,
des plantes anxiolytiques à l’efficacité prouvée peuvent être conseillées telles que le poivre
kava (Piper methysticum), l’Ashwagandha aussi connu sous le nom de « Ginseng indien »
(Withania somnifera), la valériane (Valeriana officinalis), le millepertuis (Hypericum
perforatum) ou la passiflora (Passiflora caerulea).

- Conseils à l’officine

Certains conseils associés au comptoir sont possibles lorsque les patientes se présentent
pour leur contraception. La sècheresse intime n’est cependant pas une problématique
évoquée en premier lieu. Et pourtant, elle concerne encore de nombreuses femmes. Il est
alors essentiel d’approfondir ce sujet par le biais de questions ciblées.

De plus, en complément d’un programme administré par voie orale, un traitement par
voie locale comme un hydratant vaginal, une crème à base d’AH, un gel ou un ovule peut être
associé. En outre, un certain nombre de topiques font l’objet d’études sérieuses dont les bases
sont la camomille, la gelée royale ou les vitamines D et E, et d’AH (97).

76
Cependant, lors d’un rapport sexuel il est fortement préconisé l’usage d’un lubrifiant à
base d’eau plutôt qu’à base d’huile. En effet, ces derniers sont susceptibles de provoquer une
irritation supplémentaire et induire la rupture du préservatif. Ainsi, le lubrifiant ne traite pas
la sécheresse vaginale mais il soulage les symptômes d’inconfort lors des rapports sexuels.

Néanmoins, un apport de molécules hydratantes sans apport d’eau exogène ne sera pas
utile. En effet, il est important en complément de boire au moins 1,5L voire 2L d’eau par jour.

Enfin au niveau de l’hygiène intime, comme nous l’avons vu précédemment, il est


nécessaire d’éviter les produits d’hygiène contenant des parfums et l’hygiène intime trop
fréquente.

2.2.2. Mycoses

D’autre part, un grand nombre de patients subissent des échecs thérapeutiques. Il existe
également souvent une résistance importante aux levures face aux traitements antifongiques,
en particulier pour les candidoses chroniques. C’est pourquoi l’activité de diverses plantes a
été explorée grâce à de nombreux essais positifs in vitro (104,105). Le traitement peut être
divisé en deux parties : apporter un antifongique et rétablir la flore vaginale.

1) Apporter un antifongique

L’allicine est considérée comme l'un des composés antimicrobiens à large spectre les
plus puissants de l'ail fraîchement coupé ou écrasé. Il se combine avec les groupes
moléculaires contenant du soufre dans les acides aminés et les protéines. Ceci entraîne
l'inhibition des enzymes thiols comme l'ARN polymérase, interférant ainsi avec le
métabolisme cellulaire, la transcription et la traduction. L’allicine possède donc une action
hautement sélective pour les enzymes thiol fongiques.

Le grenadier (Punica granatum), cette plante appartenant à la famille des Punicaceae,


est présentée dans une étude comme une avancée substantielle car elle est la première à

77
découvrir les effets antifongiques du composé Galloyl-HHDP-Glucose. Cette étude met aussi
en évidence une synergie d’action entre le grenadier et ses composés glucidiques avec le
fluconazole, traitement de base d’une candidose (106).

Le giroflier ou le clou de girofle (Syzygium aromaticum), est une plante médicinale


aromatique de la famille des Myrtacées. L'huile de clou de girofle détient des propriétés
antifongiques, antibactériennes, antivirales et insecticides grâce à la présence de composés
phytoactifs tels que l'eugénol, l'acétate d'eugényle et le β-caryophyllène. L'activité
antifongique de S. aromaticum a été établie dans plusieurs études. Il pourrait donc être utilisé
comme un agent antifongique naturel, sûr et efficace. De même, il pourrait être conseillé
comme substitut aux azolés utilisés dans le traitement de la vaginite candidosique. Il
éliminerait les effets secondaires importants associés à ces agents chimiques, surtout pour les
femmes enceintes. Il est possible également de l’utiliser en prévention.

La busserole (Arctostaphylos uva ursi), de la famille des Ericaceae, comporte quant à


elle des propriétés antibactériennes et antifongiques démontrées in vitro sur Candida
albicans. Ces propriétés anti-infectieuses sont dues à la présence d'hétérosides phénoliques
dérivées de l'hydroquinol (arbutoside, methylarbutoside, piceoside). Son principe actif majeur
est l'arbutoside. Ses feuilles renferment au minimum 7% d'arbutoside. La busserole étant
traditionnellement utilisée pour les infections urinaires, il n’existe pas d'étude démontrant
son efficacité clinique sur les mycoses génitales. La busserole est contre indiquée chez la
femme enceinte et allaitante car elle possède des propriétés ocytociques (107).

2) Rétablir la flore vaginale

De même, les traitements par probiotiques ont pour but théorique de rétablir la flore
vaginale protectrice et d'éviter les récidives de mycoses. Celles-ci sont effectivement le plus
souvent dues à un écosystème vaginal défaillant. Ainsi, les probiotiques vont remplacer la
flore vaginale naturelle et permettre sa reconstitution. Or, les preuves cliniques sont très
controversées selon les différents auteurs. Des preuves de très faible qualité démontrent que,
comparativement au traitement conventionnel, l'utilisation de probiotiques en tant que
thérapie adjuvante pourrait augmenter le taux de guérison clinique et mycologique à court
78
terme. Le taux de rechute tomberait également à un mois. Pour autant, la fréquence de
guérison clinique ou mycologique à long terme n’a pas été plus élevée. De même, certaines
études in vitro et certains essais cliniques ont présenté des résultats positifs concernant
l'efficacité de certaines souches spécifiques de lactobacilles contre C. albicans. Toutefois, la
plupart des essais portaient sur un petit échantillon de femmes ou sur des femmes ne
présentant pas d'épisodes confirmés de candidose, ou même certaines n'étaient pas
contrôlées par placebo. En outre, des différences demeuraient entre les essais concernant la
souche du probiotique testé, son dosage et la durée du traitement.

Il convient de souligner que les diverses souches de probiotiques présentent des propriétés et
des effets différents sur le Candida. Par conséquent, les résultats des études testant une
souche ne peuvent pas être extrapolés à d'autres souches. Dès lors, il est délicat de tirer des
conclusions fiables provenant des études existantes.

De plus, les probiotiques, en particulier L. acidophilus, L. rhamnosus GR-1 et L. fermentum RC-


14, peuvent être considérés comme des agents préventifs empiriques potentiels chez les
femmes qui souffrent d'épisodes fréquents de mycoses (plus de trois épisodes par an). En
effet, les effets secondaires de leur utilisation restent rares, en particulier lorsque l'utilisation
d'agents antifongiques est contre-indiquée ou associée à des effets indésirables. Toutefois, il
conviendrait de réaliser davantage d'essais randomisés, en double aveugle et contrôlés par
placebo sur un échantillon plus important. Ceci permettrait de déterminer si l’utilisation des
probiotiques peut être efficace et sûre pour la prophylaxie des épisodes récurrents.

- Conseils à l’officine

Les champignons se développent dans les milieux chauds et humides, il est donc
souhaitable d’éviter au maximum la macération. Cela passe ainsi par l’éviction des endroits
humides et des bains prolongés en piscine ou dans les jacuzzis. Il est préférable également de
prendre une douche plutôt qu’un bain. De même, Les muqueuses génitales doivent être
soigneusement séchées. Enfin, il est opportun de privilégier le port de vêtements amples, en
coton ou en matière naturelle.

79
De surcroit, les mycoses ne sont pas considérées comme une infection sexuellement
transmissible, cependant utiliser des préservatifs semblerait limiter la propagation de la
levure.

D’autre part, l'excès d'hygiène est une problématique à éviter. Effectivement, le vagin
bénéficie d’une action auto nettoyante ce qui nécessite une toilette biquotidienne
uniquement externe avec des produits au pH neutre ou alcalin si un début de mycose est
suspecté. Il est recommandé d’éviter les produits décapants, les douches et les injections
vaginales à l'aide de poires. L'utilisation de savons ou de gel douche est à proscrire. En outre,
l'emploi du savon de Marseille est à écarter, car celui-ci est trop détergent. De même,
l’utilisation de lingettes, serviettes protectrices quotidiennes, protège slips, de gélules et
autres poudres désodorisantes est à supprimer. De plus, une attention particulière à la lessive
et aux adoucissants utilisés pour le lavage des sous-vêtements est à adopter. En effet, en cas
de rinçage insuffisant, ces derniers modifient la flore vaginale. Des produits d'hygiène
inadaptés, déséquilibrent la flore vaginale et occasionnent des irritations et des
démangeaisons indépendamment de toute prolifération pathologique de champignons.
L’utilisation d’un savon à pH neutre ou alcalin est fortement suggérée car le pH acide favorise
le développement des Candida.

Par ailleurs, le sang demeure un excellent milieu de culture pour les Candida. Il est donc
préférable d’utiliser des serviettes hygiéniques plutôt que des tampons et de les changer
régulièrement. En cas d'utilisation de ceux-ci, ils sont à changer toutes les 3h. Les serviettes et
tampons comme Cotton touch de la marque Saugella® sont recommandés. En effet ce sont
des serviettes en coton imprégnées de microcapsules de thym aux effets antiseptiques afin de
limiter les risques d'infection. Un gel antiseptique peut aussi accompagner des traitements
antimycosiques.

En cas de candidose récidivante, il est préconisé d’éviter l'excès de consommation de sucre.


Celui-ci crée effectivement une acidité vaginale propice au développement des Candida à
l’origine de l’entretien de la mycose. Ainsi, le sucre nourrit les champignons.

Enfin, une consultation médicale est impérative en cas de : fièvre, frissons, douleurs
pelviennes, pertes vaginales très abondantes de couleurs jaune-verte et d'odeur
nauséabonde. De ce fait, il peut s'agir d'une infection par Trichomonas, caractérisée par des

80
pertes vaginales grisâtres et malodorantes à odeur de poisson. Il peut s'agir également d'une
infection par Gardnerella vaginalis, infection bactérienne nécessitant un traitement par
antibiotiques. Il est judicieux de consulter médicalement aussi en cas de grossesse.

2.2.3. Vaginose

Il est observé que le traitement par antibiotiques engendre un taux d'échec important ce
qui implique un taux de récurrence élevé des dysbioses bactériennes. Sont en cause, la
résistance aux antibiotiques, l'incapacité d'éradiquer les biofilms polymicrobiens, l'échec du
rétablissement du pH acide et l’état de la flore commensale dominée par les lactobacilles.

Le soutien des compléments alimentaires dans la santé des femmes, permet d’explorer
d’autres stratégies alternatives afin de les associer avec les antibiotiques. Ces actions aideront
à prévenir et traiter les problématiques plus efficacement. Des stratégies alternatives locales
comprennent des substances antimicrobiennes (autres antimicrobiens, antiseptiques et
composés naturels) ou des substances visant à rétablir l'environnement vaginal physiologique
(probiotiques, prébiotiques et agents acidifiants) tout en améliorant la réponse immunitaire
locale.

Uniquement, par voie orale, les seuls compléments alimentaires dont l’efficacité est
prouvée à ce jour concernant la vaginose sont les probiotiques. Ainsi, les substances
antimicrobiennes ne bénéficient d’essais que sur des galéniques locales du type gel ou crème.
Le traitement est donc divisé en une seule partie : rétablir la flore vaginale.

1) Rétablir la flore vaginale

Une méta-analyse a révélé que les probiotiques jouent un rôle actif en tant que traitement
adjuvant de l'antibiothérapie conventionnelle pour la vaginose bactérienne. Les résultats ont
montré que le taux de guérison des traitements associant des probiotiques, notamment des
souches de Lactobacillus spp, associés aux antibiotiques est meilleur que celui des

81
antibiotiques seuls. D’autre part, il n’existe pas de différence entre le taux de guérison des
probiotiques seuls et celui des antibiotiques seuls. Enfin, l'efficacité des probiotiques seuls
dans les traitements est meilleure que celle du placebo.

En ce qui concerne leur utilisation, les probiotiques oraux sous forme de complément
alimentaire ont une meilleure efficacité que le mode par administration vaginale.
Effectivement, au niveau du vagin, selon certaines études, la barrière de mucus vaginal
empêche le traitement local d'atteindre l'épithélium vaginal plissé, ce qui affecte l'effet
thérapeutique des traitements locaux. Ainsi, les probiotiques oraux restaurent efficacement
et de manière stable la microflore vaginale et maintiennent une flore vaginale normale
pendant plus longtemps.

Le mécanisme d’action des probiotiques oraux est quant à lui controversé. L'effet contre
la vaginose de la prise orale de Lactobacillus rhamnosus HN001 (L1), Lactobacillus acidophilus
GLA-14 (L2) et la Lactoferrine RCXTM (PM ; RECETA ®) peut être dû à la régulation de la
réponse immunitaire à travers le tractus gastro-intestinal par ces probiotiques plutôt qu'à
l'achèvement ou qu’à l'élimination de la vaginose à travers le vagin.

L'efficacité des produits probiotiques dépend du nombre de cellules vivantes par


administration. Ainsi, plus la dose est importante et plus les effets seront positifs. Les résultats
de cette étude ont prouvé également que l'effet de L. rhamnosus n'était statistiquement
significatif que lorsqu'il était administré par voie orale. En effet, c’est un Lactobacillus commun
isolé du tractus gastro-intestinal. Il a aussi été démontré que L. rhamnosus HN001 pouvait
survivre dans des conditions gastro-intestinales défavorables et adhérer à la muqueuse
intestinale. Cette souche a établi sa capacité à réguler la composition du microbiote intestinal,
mais n'a pas eu d'effet significatif sur la diversité et la richesse du microbiote intestinal
(108,109).

D’autre part, les prébiotiques favorisent la croissance des Lactobacilles. Il s'agit


généralement des fructo-oligosaccharides, des galacto-oligosaccharides, de l'inuline et du
raffinose. Une étude récente a analysé diverses molécules d'hydrates de carbone par rapport
à un panel de Lactobacilles. Elle a alors démontré l'efficacité du lactulose en tant que
prébiotique. Celui-ci a restauré le pH vaginal grâce à une augmentation de la production

82
d'acide lactique. Il est intéressant de noter que le lactulose n'a pas stimulé la croissance et la
prolifération de Candida albicans, ce qui indique son efficacité à compenser la dysbiose due à
la vaginose. De plus, un autre prébiotique a été étudié pour favoriser la croissance des
Lactobacillus. Il s’agit du glycogène. En effet, Lactobacillus est unique et remarquable pour sa
capacité à utiliser le glycogène comme source de carbone (56).

- Conseils à l’officine

En outre, des conseils pharmaceutiques sont souhaitables lors d’une prescription


d’antibiotiques afin de les associer à des probiotiques.

Afin de conserver leur arrivée intacte dans les intestins, il est préférable de consommer
les probiotiques lorsque l’estomac est vide, idéalement à jeun, ou 30 min avant le repas, ou 2
heures après. Ainsi, leur contact avec l’acidité gastrique sera court. Il n’est pas recommandé
également de les accompagner d’une boisson très chaude car les ferments lactiques sont
détruits au-delà de 45 °C.

83
2.2.4. Quelques exemples de produits commercialisés en France pour
accompagner la prise en charge des troubles vaginaux

Ci-dessous quelques exemples non exhaustifs de produits commercialisés en France :

NOM EXPERT AIL GRENADE


HYALURONIC 500 mg
LABORATOIRE FORTEPHARMA VITALL + PRANAROM
POSITIONNEMENT Hydratant et revitalisant Système immunitaire
du laboratoire et antioxydant
COMPOSITION et Hydratant : Antifongique : Antifongique :
ACTIONS Acide hyaluronique 300 Ail 500 mg Huile végétale de
mg grenade vierge 750 mg
Peau saine :
Vitamines CA E
Antioxydant:
Alchémille 100 mg

POSOLOGIE 1 gélule par jour 1 capsule par jour 2 à 3 capsules par jour

NOM FEMINABIANE

LABORATOIRE PILEJE
POSITIONNEMENT du laboratoire Confort intime
COMPOSITION et ACTIONS Lactiplantibacillus plantarum, L. helveticus, L. gasseri dosés à 20
.109 UFC (Unités Formant les Colonies)
Vitamine B2 2,8 mg
POSOLOGIE 2 gélules par jour

84
Conclusion

Pour conclure, nous avons pu constater que les représentations sociales du féminin et
du masculin intervenaient généralement pour engendrer des inégalités de santé et ce, au-delà
des différences de santé liées au sexe biologique. En outre, le genre d’une personne se réfère
à la construction sociale des identités et des rapports sociaux entre les sexes. Or, l’influence
du genre constitue un facteur de risque de discriminations entre les sexes dans la prise en
charge médicale. C’est ainsi que les codes sociaux liés aux genres féminin et masculin
impactent l’expression des symptômes, le rapport au corps et le recours aux soins de la part
des malades.

Concernant les médecins et les personnels soignants, les préjugés liés au genre sont
susceptibles de se répercuter sur l’interprétation des signes cliniques et la prise en charge des
pathologies. Les recherches cliniques et biomédicales sont également imprégnées de
stéréotypes liés au sexe, qui peuvent induire des biais dans les expérimentations et les
applications médicales.

Par conséquent, la prise en charge de la santé des femmes souffre encore actuellement
d’un manque de connaissances médicales important. Cependant, les politiques de santé sont
en pleine évolution sur le sujet et de meilleures perspectives restent à venir.

D’autre part, concernant les troubles gynécologiques chez la femme, leur traitement par
de nouvelles alternatives naturelles se développe intensément. Les troubles du cycle
menstruel et les troubles vaginaux se sont quant à eux particulièrement distingués.

Ainsi, l’appréhension de ces troubles par les compléments alimentaires est un secteur en
pleine genèse. Nous avons très certainement besoin d'un plus grand nombre d'essais
contrôlés randomisés de haute qualité et standardisés sur un large échantillon afin de vérifier
l'efficacité des principes actifs. Cependant, c’est un secteur qui met en évidence d’importantes
perspectives d’évolution. En effet, nous disposons déjà de connaissances essentielles issues
de l'usage traditionnel des extraits végétaux. De plus, les alternatives naturelles permettent
de soutenir et de diminuer les doses de médicaments allopathiques, ce qui limite les effets

85
indésirables et les résistances qu’ils comportent. De plus, l’évolution de la science avance elle
aussi vers une synergie d’action entre les médicaments et les compléments alimentaires.

De nouveaux espoirs significatifs sont donc permis concernant le soulagement des


troubles gynécologiques de la femme. De même, l’accompagnement en officine des patientes
commence déjà à être très prometteur. Dans ce but, le pharmacien reste le professionnel de
santé de choix, grâce à son importante proximité avec les patientes.

Il aide ainsi ces dernières à les faire évoluer vers de nouveaux horizons.

86
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97
RESUME DE LA THESE EN FRANCAIS

Chaque cadre doit contenir un résumé de 1700 caractères maximum, espaces compris. En
cas de dépassement, la coupure sera automatique.

Pour les modalités pratiques, contactez votre bibliothèque.

Depuis l'Antiquité, la santé des femmes a toujours été une préoccupation centrale dans les
sociétés à travers le monde. Ainsi, les écrits médicaux et historiques des civilisations
anciennes témoignent de l'attention portée aux particularités de la physiologie féminine
ainsi qu'aux défis spécifiques auxquels les femmes étaient confrontées à différentes étapes
de leur vie. Avec le temps, et à mesure que les siècles ont avancé, la médecine a évolué en
conséquence. L'émergence de la médecine moderne a finalement permis une exploration
plus approfondie de la santé féminine. Par conséquent, la santé de la femme est une
composante cruciale et constitue un domaine d'étude multidisciplinaire en constante
évolution. Les troubles gynécologiques, et plus particulièrement les troubles du cycle et les
troubles vaginaux, exercent une influence significative sur la qualité de vie des femmes.
Face à ces défis spécifiques de santé, les compléments alimentaires ont suscité un intérêt
croissant en tant qu'approche pour soutenir la santé féminine et atténuer les symptômes
associés aux troubles gynécologiques. Cette thèse aborde de manière détaillée après un
première chapitre qui pose les bases historiques et scientifiques, le rôle émergent des
compléments alimentaires en tant qu'approche complémentaire ou alternative destinée à
la santé de la femme et notamment dédiée à la gestion des troubles gynécologiques. Enfin,
cette recherche se penchera également sur l'état actuel des connaissances scientifiques,
sur les preuves cliniques et sur les implications pratiques de l'utilisation des compléments
alimentaires pour améliorer la santé de la femme.

TITRE DE LA THESE EN ANGLAIS : (obligatoire) Transcrire en toutes lettres les symboles


spéciaux

WOMEN'S HEALTH IN FRANCE: DIETARY SUPPLEMENTS TO COMBAT THE MOST COMMON


GYNAECOLOGICAL DISORDERS IN PHARMACIES

99
RESUME DE LA THESE EN ANGLAIS (facultatif)

Since ancient times, women's health has been a central preoccupation of societies the
world over. The medical and historical writings of ancient civilizations bear witness to the
attention paid to the particularities of women's physiology and the specific challenges
they faced at different stages of their lives. Over time, and as the centuries progressed,
medicine evolved accordingly. The emergence of modern medicine finally enabled a more
in-depth exploration of women's health. As a result, women's health is a crucial
component and constantly evolving field of multidisciplinary study. Gynaecological
disorders, and in particular cycle and vaginal disorders, exert a significant influence on
women's quality of life. Faced with these specific health challenges, dietary supplements
have attracted growing interest as an approach to supporting women's health and
alleviating symptoms associated with gynaecological disorders. Following an initial
chapter setting out the historical and scientific background, this thesis looks in detail at
the emerging role of dietary supplements as a complementary or alternative approach to
women's health, and in particular to the management of gynaecological disorders. Finally,
this research will also look at the current state of scientific knowledge, clinical evidence
and practical implications of using dietary supplements to improve women's health.

PROPOSITION DE MOTS-CLES :

(ces termes décrivant le contenu de la thèse seront saisis dans le Sudoc).

SANTE DES FEMMES

COMPLEMENTS ALIMENTAIRES

TROUBLES GYNECOLOGIQUES

TROUBLES DU CYCLE

TROUBLES VAGINAUX

PHARMACIEN

PHARMACIE

100
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