Cours - Analyse 2
Cours - Analyse 2
1 Calcul Intégral . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1 L’intégrale de Riemann 5
1.1.1 Fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.2 Intégrale d’une fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.3 Propriétés de l’intégrale d’une fonction en escalier . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.4 Sommes de Darboux, Intégrale au sens de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.5 Familles de fonctions intégrables au sens de Riemann . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 Propriétés de l’intégrale de Riemann 13
1.3 Primitives et Intégrales 14
1.3.1 Le théorème fondamental de l’analyse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.2 Intégration par parties . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.3 Changement de variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.4 Intégration de fraction rationnelles 20
1.5 Intégration des fonctions trigonométriques 22
1.6 Intégration des fonctions rationnelles en ex 23
2 Intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1 Nature d’une intégrale généralisée 25
2.1.1 Fonctions localement intégrables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.1.2 Convergence/Divergence d’une intégrale généralisée . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.3 Propriétés des intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.1.4 Intégrale doublement généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.5 Intégrales faussement généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4
3 Séries Numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.1 Généralités 37
3.1.1 Séries géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.1.2 Séries télescopique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.1.3 Condition nécessaire pour la convergence des séries . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.1.4 Opérations sur les séries convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2 Séries à termes positifs 40
3.2.1 Convergence par les sommes partielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.2.2 Convergence par comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.3 Convergence par les équivalents . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.4 Comparaison avec une intégrale généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.2.5 Séries de Riemann- Série de Bertrand . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.6 Critère de D’Alembert . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.2.7 Critère de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.3 Séries à termes quelconques 45
3.4 Séries absolument convergente 45
3.4.1 Critere d’Abel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.4.2 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
4 Equations différentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.1 Équations différentielles du premier ordre 49
4.1.1 Équation différentielle à variables séparées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.1.2 Équation différentielle linéaire du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2 Équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients constants 54
4.2.1 Résolution de l’équation différentielle sans second membre . . . . . . . . . 54
4.2.2 Équation avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4.2.3 Recherche d’une solution particulière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
1. Calcul Intégral
δ (σ ) = max |xi+1 − xi |
0≤i≤n−1
F IGURE 1.1 – Exemple d’une fonction en escalier et d’une division de l’intervalle [a, b]
• La fonction f1 est en escalier sur [0, 4] dont une subdivision adaptée est σ1 =
{0, 2, 4}.
• Le choix d’une subdivision adaptée à une fonction en escalier n’est pas unique. Par
exemple, la subdivision σ2 = {0, 2, 3, 4} est une autre subdivision adaptée à f1 . Elle
est est aussi adaptée à la fonction en escalier f2 .
1.1 L’intégrale de Riemann 7
R Si σ est adaptée à f , alors toute subdivision σ 0 plus fine que σ est encore adaptée à
f . On en déduit que si f et g sont deux fonctions en escalier, avec des subdivisions
adaptées respectives σ et σ 0 , alors σ ∪ σ 0 est une subdivision adaptée aux deux
fonctions f et g à la fois.
Proposition 1.1.1 l’ensemble E ([a, b]) de toute les fonctions en escaliers sur [a, b] est un
sous espace vectoriel de F ([a, b]) des fonctions définies sur [a, b]. Autrement dit,
∀α, β ∈ R, ∀ f , g ∈ E (I) , α f + β g ∈ E (I) .
a
f (x)dx = ∑ ci (xi+1 − xi)
i=0
et s’appelle intégrale de f sur [a, b].
F IGURE 1.2 – ab f (x)dx correspond à l’aire algébrique comprise entre l’axe des abscisses,
R
Exercice 1.1
Rb Rc Rb
• Relation de Chasles. Pour tout c ∈ ]a, b[, a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx.
Proposition 1.1.4 Soient f , g ∈ E ([a, b]).Si f = g, sauf en un nombre fini de points de
Rb Rb
[a, b], alors a f (x)dx = a g(x)dx.
À partir de ces grandeurs on définit les deux fonctions en escaliers fn et Fn sur [a, b] comme
suit.
lim (Sn − sn ) = 0.
n→∞
On notera R ([a, b]) l’ensemble des fonctions Riemann-intégrables sur [a, b].
F IGURE 1.3 – Somme de Darboux inférieur (hachurée) et supérieur (hachurée plus blanc)
d’une fonction f pour une subdivision uniforme de pas b−a
4 .
2i 2(i + 1)
mni = inf f (x) = f (xi ) = , Min = sup f (x) = f (xi+1 ) = .
x∈]xi ,xi+1 [ n x∈]xi ,xi+1 [ n
Alors, les sommes de Darboux inférieur et supérieur associées a f sont définies par :
n−1 n−1
1 2i 2 n(n − 1)
sn = ∑ n = n2 ∑i= ,
n i=0 i=0 n2
n−1 n−1 n
1 2(i + 1) 2 2 n(n + 1)
Sn = ∑ n = n2 ∑ (i + 1) = ∑ j= .
n i=0 i=0 n2 i=1 2n
Ainsi
lim sn = lim Sn = 1.
n→∞ n→∞
D’autre part, on a
2 em − 1 2
lim n e − 1 = lim 2 ×
n =2 m= ,
n→∞ m→0 m n
2
em − 1 −2
lim n 1 − e− n = lim 2 × =2 m= .
n→∞ m→0 m n
Il s’ensuit que
lim sn = lim Sn = e−1 1 − e−2 = e−1 − e−3 .
n→∞ n→∞
Z 3
Ainsi f est Riemann-intégrable sur [1, 3], et ona f (x)dx = e−1 − e−3 .
1
Alors, les sommes les sommes de Darboux inférieur et supérieur associées a f sont données
par :
sn = 0, Sn = 1 ∀n ∈ N∗ .
On en déduit que lim sn 6= lim Sn . Ainsi la fonction f n’est donc pas Riemann-intégrable.
n→∞ n→∞
b − a n−1 b−a n
Z b
b−a b−a
f (x)dx = lim ∑ f a + i n = n→∞ lim ∑ f a+i n . .
a n→∞ n n i=1
i=0
Démonstration. Pour fixer les idées, nous supposerons que f est croissante sur [a, b], car
le cas où f est décroissante se traiterait de manière similaire. Alors, sur chaque intervalle
partielle ]xi , xi+1 [ de la subdivision uniforme σn de [a, b], on a pour tout i = 0, 1, ..., (n − 1)
n b−a
mi = inf f (x) = f (xi ) = f a + i ,
x∈]xi ,xi+1 [ n
n b−a
Mi = sup f (x) = f (xi+1 ) = f a + (i + 1) .
x∈]xi ,xi+1 [ n
Alors, la différence entre les sommes de Darboux inférieur et supérieur associées a f sont
données par :
b − a n−1
0 ≤ Sn − sn = ∑ [ f (xi+1) − f (xi)]
n i=0
b−a
= [ f (b) − f (a)] .
n
Ce qui entraine que lim (Sn − sn ) = 0. Par suite, f est Riemann-intégrable. De plus on a
n→∞
Z b n−1
b−a b−a
f (x)dx = lim ∑ f a+i n ,
a n→∞ n
i=0
b − a n−1 n
Z b
b−a b−a b−a
f (x)dx = = lim ∑ f a + (i + 1) . = lim ∑ f a+i n . .
a n→∞ n n n→∞ n
i=0 i=1
Exercice 1.2 Montrer que les fonctions x 7→ x2 + 2x est intégrales sur l’intervalle [0, 2],
R2 2
puis calculer en utilisant la définition, l’intégrale 0 x + 2x dx.
Proposition 1.1.7 — Fonctions continues. Une fonction continue sur [a, b] est Riemann-
intégrable. De plus, on a
Z b n−1 n
b−a b−a b−a b−a
f (x)dx = lim ∑ f a+i = lim ∑ f a+i n . .
a n→∞ n n n→∞ n
i=0 i=1
1.2 Propriétés de l’intégrale de Riemann 13
b − a n−1 b−a n
b−a b−a
R Les sommes ∑ f a + i n et n ∑ f a + i n sont appelées les
n i=0 i=1
somme de Riemann associées à f et la subdivision uniforme de [a, b] de pas b−a
n .
Proposition 1.2.5 — Relation de Chasles. Soit f ∈ R ([a, b]). Pour tout c ∈ ]a, b[, on a
Z b Z c Z b
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
a a c
Avec ces conventions, l’on a, pour tous u, v, w dans [a, b] la relation de Chasles :
Z v Z w Z v
f (x)dx = f (x)dx + f (x)dx.
u u w
Théorème 1.2.7 — Théorème de la moyenne. Soit f ∈ C ([a, b]) une fonction conti-
nue. Alors, il existe c ∈ [a, b] tel que
Z b
1
f (x)dx = f (c).
b−a a
Une conséquence immédiate du Théorème des Accroissement Finis est qu’une primitive,
lorsqu’elle existe, est unique à une constante additive prés. Plus précisément, nous avons
la proposition suivante.
Proposition 1.3.1 Soient F et G deux primitives de f : I → R, alors F − G est constante
sur I.
Théorème 1.3.2 Soit f ∈ R ([a, b]). Si F est une primitive de f sur [a, b]. Alors, on a
Z b
f (x)dx = F(b) − F(a).
a
Théorème 1.3.3 Soient f : [a, b] → R une fonction continue et x0 ∈ [a, b]. Pour tout
x ∈ [a, b], on pose Z x
F(x) = f (t)dt.
x0
Alors, F est dérivable sur [a, b] et F 0 = f . Autrement dit, F est la primitive de f sur [a, b]
qui s’annule au point x0 .
Le théorème ci-dessus relie deux types d’opérations a priori sans rapport : l’intégrale
qui via le calcul d’aire est une notion d’origine géométrique et la dérivation qui est
une notion analytique. Le théorème indique donc que ces deux opérations sont inverses.
Les paragraphes qui suivent donnent des méthodes fondamentales pour la recherche des
primitives et calculer des intégrales des fonctions continues.
Z Z
Notation 1.2. On notera toute primitive de f par f (x) dx. On dit aussi que f (x) dx
Z b
est l’intégrale indéfinie de f , alors que f (x) dx s’appelle intégrale définie.
a
Exemple 1.6
1.3 Primitives et Intégrales 15
• La fonction → x14 + x√ 1
x
est définie et continue sur ]0, +∞[, donc elle admet des
primitives sur cet intervalle et on a
Z
1 1 1 −3 1 2
Z
−3
−4 − 21
+ √ dx = x + x 2 dx = − x − 2x +C = − − √ +C.
x4 x x 3 3x3 x
• En remarquant que sin x + cos x = cos x − π4 , il est facile de voir que la fonction
x → sin x−cos x
3π
sin x+cos x est définie et continue sur chaque intervalle I ⊂ R \ 4 + kπ, k ∈ Z .
Ainsi elle admet des primitive sur cet intervalle données par :
• La fonction
π x → tan2 x étant définie et continue sur chaque intervalle I de l’ensemble
R \ 2 + kπ, k ∈ Z , elle admet donc des primitive sur cet intervalle données par :
Z Z Z
2
1 + tan x − 1 dx = (tan x − x)0 dx = tan x − x +C.
2
tan xdx =
Exemple 1.7
1 n n2
• Calculons la limite de la suite définie par : Sn = ∑ (n + k)2 .
n k=1
1 n n2 1 n 1 1 n k
Sn = ∑ = ∑ = ∑ f ( ),
n k=1 (n + k)2 n k=1 (1 + nk )2 n k=1 n
1
où f (x) = . Donc Sn est la somme de Riemann associée à f et la subdivision
(1 + x)2
uniforme de [0, 1]. Comme f est continue sur [0, 1], alors elle intégrable sur [0, 1], et
on a
1 1 1
Z 1
1
lim Sn = 2
dx = − = .
n→∞ 0 (1 + x) 1+x 0 2
n−1
1
• Calculons la limite de la suite définie par : Tn = ∑ √n2 + 2kn .
k=0
1 n−1 1 1 n 1 1 2 n k
Tn = ∑ q = ∑ k
= × ∑ g( ),
n k=0 1 + 2k n k=1 (1 + n )2 2 n k=1 n
n
1
où g(x) = √ . Comme f est continue sur [0, 2], alors on a
1+x
1
Z 2
1 h√ i1 √
lim Sn = √ dx = 1 + x = 2 − 1.
n→∞ 2 0 1+x 0
16 Chapitre 1. Calcul Intégral
1√
Exercice 1.3 Soit f la fonction définie sur [0, ∞[ par f (x) = 3 . On définit la F
2+ x2
Z x2 +x
par F(x) = √ f (t)dt. Montrer que F est dérivable sur [0, ∞[ et calculer F 0 (x).
x
Solution : La fonction f est définie et continue sur [0, ∞[, soit ϕ une primitive de f sur
[0, ∞[. Alors, pour x ∈ [0, ∞[, on a
√
F(x) = ϕ(x2 + x) − ϕ( x).
1
Par définition ϕ est dérivable sur [0, ∞[ telle que ϕ 0 (x) =
√3
. Ainsi, F est dérivable
2 + x2
sur [0, ∞[ comme composé et différence de fonctions dérivables. De plus, on a
√ √
F 0 (x) = ϕ 0 (x2 + x) × (x2 + x)0 − ϕ 0 ( x) × ( x)0 ,
2x + 1 1
= p − √ √
2 + (x2 + x)2 2 x (2 + 3 x)
3
On pose
1
f (x) = arctan x =⇒ f 0 (x) = ,
1 + x2
g0 (x) = x =⇒ g(x) = 1 x2 .
2
Alors
Z √3
I = x arctan xdx
1
√3 Z √3
x2
1 2 1
= x arctan x − dx
2 1 12 1 + x2
Z √3
3π 1 1
= − 1− dx
8 2 1 1 + x2
3π 1 π
= − [x − arctan x]02
8 2 √
5π 1 3
= + −
12 2 2
1.3 Primitives et Intégrales 17
Z 2
x
Exemple 1.9 Calculons l’intégral dx. Effectuons le changement de variable
0 1 + x4
u = x2 .
Donc
du = 2dx,
x = 0 =⇒ u = 0,
x = 2 =⇒ u = 4.
Théorème 1.3.6 Soit f : [a, b] → R une fonction continue et soit φ [α, β ] → [a, b] une
application de classe C1 bijective. Alors
Z b Z φ −1 (b)
f (x)dx = f (φ (u)) φ 0 (u)du.
a φ −1 (a)
18 Chapitre 1. Calcul Intégral
Z 1p
Exemple 1.10 • Calculons 1 − x2 dx. On pose le changement de variable sui-
0
vant :
x = sint ⇐⇒ t = arcsin x.
Donc
dx = cos u du
x = 0 =⇒ t = 0,
x = 1 =⇒ t = π2 .
Alors
Z 1p Z π q
2
1 − x2 dx = 1 − sin2 (t) cost dt
0 0
Z π
2
= cos2 (t)dt
0
π
1
Z
2
= 1 + cos(2t)dt
2 0
π
1 1 2
= t + sin(2t)
2 2 0
π
= .
4
1
• Déterminons les primitives de la fonction f : x → . La fonction f est définie
e2x + ex R
et continue sur R, donc elle admet une primitive de la forme f (x)dx. En posant le
changement de variable t = ex on a x = ln u et dx = 1t dt et on obtient
1 1
Z Z Z
f (x) dx = dt = dt. (1.1)
t (t 2 + t) t 2 (t + 1)
1
D’autre part, la fraction rationnelle t 2 (t+1) se décompose en éléments simples comme
suite :
1 a b c
2
= + 2+ . (1.2)
t (t + 1) t t t +1
Pour obtenir b :
1 ct 2
— on multiplie l’égalité (1.2) par t 2 : = at + b + .
(t + 1) t +1
— Puis on remplace t par 0 et on obtient b = 1.
Pour obtenir c :
1 a(t + 1) b(t + 1)
— on multiplie l’égalité (1.2) par t + 1 : 2 = + + c.
t t t2
— Puis on remplace t par −1 et on obtient c = 1.
Pour obtenir a :
1 b ct
— on multiplie l’égalité (1.2) par t : = a+ + .
t(t + 1) t (t + 1)
— En calculant la limite quand t → ∞, on obtient 0 = a + c. D’où a = −1.
Donc
1 1 1 1
2
=− + 2+ . (1.3)
t (t + 1) t t t +1
1.3 Primitives et Intégrales 19
Z
1 1 1 1
Z
f (x) dx = − + 2+ dt = − ln |t| − + ln |t + 1| +C.
t t t +1 t
1
Z
f (x) dx = − ln ex − + ln (ex + 1) +C = −x − e−x + ln (ex + 1) +C.
ex
Z 2x
dt
Exercice 1.4 Soit F la fonction définie par F(x) = √ .
x 1 + t4
1. Déterminer D le domaine de définition de F.
2. Montrer que F est impaire.
0
3. Montrer que F est dérivable sur D et F (x)
calculer
1
4. Montrer que ∀x ∈ R∗ , F(x) = F .
2x
5. Déduire la limite de F en +∞.
6. Dresser le tableau de variations de F.
Z 1 √
Exercice 1.5 Pour n ∈ N, on pose In = xn 1 − xdx
0
1. Calculer I0 et I1 .
2. Etablir une relation liant In et In−1 .
Solution :
1.
Z 1√
I0 = 1 − xdx
0
Z 1
1
= (1 − x) 2 dx
0
Z 1
1
= − (1 − x) 2 (1 − x)0 dx
0
1
2 3
= − (1 − x) 2
3 0
2
= .
3
20 Chapitre 1. Calcul Intégral
Z 1 √
I1 = x 1 − xdx
0
Z 1
1
= (1 − (1 − x)) (1 − x) 2 dx
0
Z 1 Z 1
1 3
= (1 − x) 2 dx − (1 − x) 2 dx
0 0
Z 1
3
= I0 + (1 − x) (1 − x)0 dx
2
0
1
2 2 5
= + (1 − x) 2
3 5 0
4
= .
15
0
√
1 2 3
2. Soit n ∈ N∗ . On intègre par parties en remarquant que 1 − x = (1 − x) 2 = − (1 − x) 2 .
3
On obtient alors
Z 1 √
In = xn 1 − xdx
0
Z 1 0
n 2 3
= x − (1 − x) 2 dx
0 3
1 Z 1
2 n 3 2n 3
= − x (1 − x) 2 + xn−1 (1 − x) 2 dx
3 0 3 0
Z 1
2n 1
= xn−1 (1 − x) (1 − x) 2 dx
3 0
2n 1 n−1
Z √
= x − xn 1 − xdx
3 0
2n 1 n−1 √ 2n 1 n √
Z Z
= x 1 − xdx − x 1 − xdx
3 0 3 0
2n 2n
= In−1 − In .
3 3
2n 2n 2n
Ainsi 1 + In = In−1 . Par suite In = In−1 .
3 3 2n + 3
dx αx + β
Z Z
k
et k
dx.
(x − x0 ) (ax2 + bx + c)
1
• Primitive de .
(x −Z x0 )k
dx
• Si k = 1 alors = ln |x − x0 | +C.
(x − x0 )
dx (x − x0 )−k+1
Z
• Si k ≥ 2 alors = +C.
(x − x0 )k −k + 1
αx + β
• Primitive de k
. Tout d’abord, on écrit cette fraction sous la forme
(ax2 + bx + c)
αx + β 2ax + b δ
k
=λ k
+ k
(ax2 + bx + c) (ax2 + bx + c) (ax2 + bx + c)
2ax + b
Z
• Si k = 1 alors dx = ln ax2 + bx + c +C.
ax2 + bx + c −k+1
2ax + b ax2 + bx + c
Z
• Si k ≥ 2 alors k
dx = +C.
(ax2 +Zbx + c) −k + 1
dx
Il reste seulement a calculer k
.
2
(ax + bx + c)
• Si k = 1 alors, par un changement de variable u = px + q on se ramène à
1
Z
calculer une primitive du type du = arctan u +C.
1 + u2
• Si k ≥ 2 alors, on effectue un changement de variable u = px + q pour se
1
Z
ramener au calcul de k
du . Une intégration par parties permet de
(1 + u2 )
passer de Ik à Ik−1 .
Exemple 1.11
1 1 1 1 1 1 x+1
• f (x) = = = × = × où u = √ .
x2 + 2x + 3 (x + 1)2 + 2 2 2 2 u2 +1
x+1
√ +1 2
√ 2
Alors dx = 2du et on a
√ Z √ √
2 du 2 2 x+1
Z
f (x)dx = = arctan u +C = arctan √ +C.
2 u2 + 1 2 2 2
du
Z
• Pour déterminer I2 = 2
on utilise une intégration par parties en partant de
(u2 + 1)
du
Z
I1 = = arctan u. En effet, on a
u2 + 1
du 1 u u2 u u2 + 1 − 1
Z Z Z Z
I1 = = (u)0 du = +2 2
du = +2 2
du.
u2 + 1 u2 + 1 u2 + 1 (u2 + 1) u2 + 1 (u2 + 1)
22 Chapitre 1. Calcul Intégral
Ainsi
u
I1 = + 2I1 − 2I2 .
u2 + 1
Ce qui donne
u 1
I2 = + arctan u +C.
2(u2 + 1) 2
1 − t2 2t 2t 2dt
cos x = , sin x = , tan x = , dx = .
1 + t2 1 + t2 1 − t2 1 + t2
Alors
1 − t 2 2t
2dt
Z Z
F (cos x, sin x) dx = F , .
1 + t2 1 + t2 1 + t2
• Les règles de Bioche sont assez efficaces mais ne fonctionnent pas toujours. On note
w(x) = f (x)dx. Donc
dt −dx dx dx
= 2
=− 2
= .
cost sint x sin t x (1 − x ) x (x + 1) (x − 1)
1 1 1 1
=− + + .
x (x + 1) (x − 1) x 2 (x + 1) 2 (x − 1)
1.6 Intégration des fonctions rationnelles en ex 23
Ainsi
√
3
1 1 1
Z
2
I = − +
√ + dx
x 2 (x + 1) 2 (x − 1)
2
2
√
3
1 1 2
= − ln x + ln (x + 1) + ln (1 − x) √
2 2 2
2
ln 3
= − .
2
• Pour le changement de variable y = sint, on a dy = cost dt et
dt dy dy
= = .
cost sint y cos t y (1 − y2 )
2
on sait que
1 1 tan2 t z2
cos2 t = 2
= , sin2 t = = .
1 + tan t 1 + z2 1 + tan2 t 1 + z2
1
1 1 + z2 √
3 dz ln 3
Z
Ce qui implique que = . Par suite, I = =− .
cost sint z 1 z 2
• Pour le changement de variable u = tan 2t . Un simple calcul en utilisant le fait que
π √ π √
tan = 2 − 1 et tan = 2 − 3, conduit à
12 12
Z tan π Z tan π
1 + u2
12 12 1 1 1 ln 3
I= 2
= − − du = − .
tan π8 u(1 − u ) tan π8 u (u + 1) (u − 1) 2
dt
Z Z
x
F(e )dx = F(t) .
t
e2x
Exemple 1.13 La valeur moyenne de la fonction x → f (x) = sur I = [0, ln 2)]
2ex − 1
24 Chapitre 1. Calcul Intégral
e2x
Z ln 2 2
1 1 t
Z
x
dx = dt t = ex
ln 2 0 2e − 1 ln 2 1 2t− 1
Z 2
1 1
= 1+ dt
2 ln 2 1 2t − 1
2
1 1
= t + ln (2t − 1)
2 ln 2 2 1
2 + ln 3
= .
4 ln 2
2. Intégrales généralisées
Dans le chapitre précèdent, on a présenté et étudié l’intégrale de Riemann pour les fonctions
bornées définies sur des intervalles fermés et bornés. Dans le présent chapitre, nous
proposons de généraliser cette notion au cas des fonctions bornées ou non bornées définies
sur des intervalles qui ne sont pas nécessairement des segments. Plus précisément, si f est
une fonction définie sur [a, b[ et Riemann-intégrable sur tout intervalle [a, c] ⊂ [a, b[ (où b
peut éventuellement être +∞ ), on va étudier quand est ce que et comment peut- on donner
Z b
un sens à l’intégrale f (x)dx. Lorsque cela sera possible on parlera alors d’intégrale
a
généralisée ( ou impropre).
Soit f ∈ Rloc ([a, b[) où −∞ < a < b ≤ +∞. Nous notons alors
Z x
F(x) = f (t)dt ∀x ∈ [a, b[.
a
Elle est bien définie car f est Riemann-intégrable sur [a, x]. F est appelée la fonction
intégrale de f sur [a, b[.
26 Chapitre 2. Intégrales généralisées
Exemple 2.1 Z +∞ Z x
1 1
• L’intégrale généralisée 2
dt est convergente. En effet, dt = arctan x.
Z +∞ 0 Z1 + t 0 1 + t2
1 x 1 π
Alors 2
dt = lim 2
dt = .
0 1+t x→∞ 0 1+t 2
Z π Z π
• L’intégrale généralisée costdt diverge. En effet, costdt = − sin x. qui n’ad-
−∞ x
met pas de limite lorsque x tend vers −∞.
Z 4
1
Z 4
1 √
• L’intégrale généralisée √ dt converge. En effet, √ dt = 4 − 2 x. qui
0 t Z 4 x t
1
converge vers 4 lorsque x tend vers 0+ . D’où √ dt = 4.
Z +∞ 0 tZ
1 x1
• L’intégrale généralisée dt diverge. En effet, dt = ln x − 1. qui converge
e t e t
vers +∞ lorsque x tend vers +∞.
Z 2
• L’intégrale généralisée ln (2 − t) dt est convergente. En effet, par une intégration
1
par partie on obtient
Z x Z x
ln (2 − t) dt = − (2 − t)0 ln (2 − t) dt
1 1 Z x
= − (2 − x) ln (2 − x) + dt
1
= − (2 − x) ln (2 − x) + x − 1.
Z x
Comme lim (2 − x) ln (2 − x) = lim y ln y = 0, alors lim ln (2 − t) dt = 1. Par
x→2− y→0+ x→2− 1
Z 2
suite, ln (2 − t) dt = 1.
1
alors Z b Z c Z b
f (t)dt = f (t)dt + f (t)dt. (2.1)
a a c
Les résultats suivants sont une conséquence immédiate de la linéarité des intégrales usuelles
et des limites.
Proposition 2.1.2 Soient f , g ∈ Rloc ([a, b[) et α, β ∈ R. On a les propriétés suivantes :
• Linéarité. Si les intégrales généralisées ab f (t)dt et ab g(t)dt convergent, alors
R R
Rb
a (α f (t) + β g(t)) dt converge et
Z b Z b Z b
(α f (t) + β g(t)) dt = α f (t)dt + β g(t)dt.
a a a
Rb
• Positivité. Si f ≥ 0 (i.e. : ∀x ∈ [a, b[, f (x) ≥ 0) et l’ intégrale généralisée a f (t)dt
converge, alors
Z b
f (x)dx ≥ 0.
a
• Croissance. Si f ≥ g (i.e. : ∀x ∈ [a, b[, f (x) ≥ g(x)) et si les intégrales généralisées
Rb Rb
a f (t)dt et a g(t)dt convergent, alors
Z b Z b
f (t)dt ≥ g(t)dt.
a a
Exemple 2.2 Z +∞
• L’intégrale e−|t| dt est convergente. En effet, on choisit c = 0. Alors
−∞
Z 0 Z 0 Z +∞ Z +∞
−|t| t −|t|
e dt = e dt, e dt = et dt.
−∞ −∞ 0 0
Z 0 Z 0
Pour x < 0, et dt = 1 − ex −→ 1 alors, e−|t| dt = 1
x→−∞ −∞
Zx x Z +∞
−t −x
Pour x > 0, e dt = 1 − e −→ 1 alors, e−|t| dt = 1.
0 x→+∞ 0
Z +∞ Z 0 Z +∞
−|t| −|t| −|t|
Ainsi e dt = e dt + e dt = 2.
−∞ Z −∞ 0
+∞ dt
• L’intégrale contient deux points incertains 1 et +∞, et elle est diver-
1 (t − 1)2
gente. En effet, au voisinage de 1 on a
−1 2
Z 2
dt 1
2
= = − 1 −→ = +∞.
x (t − 1) t −1 x x−1 x→1+
Démonstration.
Z b Rx
• Si g(t)dt converge, la fonction intégrale a g(t)dt est majorée. Or
a
Z x Z x
f (t)dt ≤ g(t)dt, (2.3)
a a
alors ax f (t)dt est également majorée. De plus f est positive, il résulte du Théorème
R
Exemple 2.4 Z +∞
2
• Étudions la convergence de e−t dt. Comme nous l’avons déjà vu, la conver-
0
gence de l’intégrale ci-dessus ne dépend pas de la borne de gauche de l’intervalle.
De plus, on a
2
0 ≤ e−t ≤ e−t ∀t ≥ 1.
Z +∞ Z +∞
−t −1 2
Comme e dt = e alors, par comparaison e−t dt converge, ce qui
1 Z +∞ 1
−t 2
entraîne que l’intégrale généralisée e dt est aussi convergente.
0
π
1
Z
4
• L’intégrale dx est divergente. En effet, on sait que pour tout x ∈]0, π4 ]
0 sin x
0 < sin x ≤ x. Ainsi
1 1 π
≥ >0 ∀x ∈]0, ].
sin x x 4
Z π Z π Z π
4 1 4 1 1
π 4
Comme dx diverge dx = ln − lnt −→ +∞ , alors dx
0 x t x 4 t→0+ 0 sin x
diverge d’après le théorème de comparaison.
Théorème 2.2.3 Soient f , g ∈ Rloc ([a, b[). Si f et g sont positives et si f ∼ g alors les
b
Z b Z b
intégrales f (t)dt et g(t)dt sont de même nature.
a a
R La condition du signe dans les théorèmes de comparaison Ret des équivalents est
essentielle. Par exemple, pour tout t ≥ 1, on a − 1t < t12 , mais 1+∞ −dt
t diverge même
R +∞ dt
si 1 t 2 converge. Notons que dans le cas ou f ∼ g, il suffit que f (ou g ) soit de
b
signe constant au voisinage de b.
Démonstration. Par définition, f ∼ g signifie qu’il existe une fonction h définie dans un
b
voisinage de b telle que
f (x) = h(x)g(x), lim h(x) = 1. (2.4)
x→b
1
Alors, il existe un voisinage Vb de b, tel que pour tout x ∈ Vb on a |h(x) − 1| ≤ , ou bien
2
1 3
≤ h(x) ≤ . Ce qui donne en multipliant par g(x) ≥ 0 et en utilisant (2.4), que pour tout
2 2
1 3
x ∈ Vb , g(x) ≤ f (x) ≤ g(x). Donc le résultat du Théorème 2.2.3 est une conséquence
2 2
immédiate du théorème de comparaison.
2.2 Intégrales généralisées des fonctions positives 31
Z +∞
1 1
Exemple 2.5 Étudions la convergence de l’intégrale sin dt.
2 t t
1 1 1 1 1 1
Lorsque t → +∞ alors 1t → 0. Donc sin ∼ . D’où sin ∼ 2 . Comme 2 > 0
t +∞ t t t +∞ t t
Z +∞ Z +∞
dt 1 1 1
et 2
= , alors il résulte du théorème des équivalents que sin dt est
2 t 2 2 t t
convergente.
Comme on peut le voir dans les exemples précédents, pour étudier la convergence des
intégrales généralisées, on utilise les théorèmes de comparaison et des équivalents afin de
les réduire à des intégrales dont la nature est connue. Les plus classiques sont les intégrales
de Riemann et Bertrand.
Donc (
Z t a1−α
dx α−1 si α > 1,
lim =
t→+∞ 1 xα +∞ si α ≤ 1.
Z +∞
dx
Alors converge si et seulement si α > 1. En suivant les mêmes étapes, nous
a xα
obtenons les deux dernières équivalences du proposition.
Comme conséquence du théorème de comparaison et de l’intégrale de Riemann, on a les
critères de convergence suivants.
Proposition 2.2.5 — Critère de Riemann. soient a > 0 et α, b ∈ R.
• En +∞ : Z +∞
• Si lim xα f (x) = 0 et α > 1 alors f (x)dx converge.
x→+∞ aZ
+∞
• Si lim xα f (x) = +∞ et α ≤ 1 alors f (x)dx diverge.
x→+∞ a
• En 0 : Z a
α
• Si lim x f (x) = 0 et α < 1 alors f (x)dx converge.
x→0 0Z
a
• si lim xα f (x) = +∞ et α ≥ 1 alors f (x)dx diverge.
x→0 0
32 Chapitre 2. Intégrales généralisées
• En b : Z a
• si lim (x − b)α f (x) = 0 et α < 1 alors f (x)dx converge.
x→b bZ
a
• si lim (x − b)α f (x) = +∞ et α ≥ 1 alors f (x)dx diverge.
x→b b
Exemple 2.6
Z 1
• Convergence de l’intégrale (lnt)2 dt. Le point incertain est 0, et on a
0
lim t 2 (lnt)2 = lim (t lnt)2 = 0. Alors, d’après le critère de Riemann (α = 2), on
t→0
Z 1 t→0
déduit que (lnt)2 dt converge.
0
ex
Z +∞
• Convergence de l’intégrale dx. Le point incertain est +∞, et on a
0 1 + x2
ex ex
1+x2 ∼ x2 . Donc x× ∼ −→ +∞. Alors, d’après le critère de Riemann
+∞ + x2 +∞ x x→+∞
Z1 +∞
ex
(α = 1), on déduit que dx diverge.
0 Z1 + x2
+∞ 1
• Convergence de l’intégrale √ dx. On deux points incertains : 0 et
0 x (1 + x2 )
+∞. Z 1
1 1 1
• Au voisinage de 0 : √ 2
∼ √ . Alors √ dx converge.
x (1 + x ) 0+ x 0 x (1 +Z x2 )
1 1 1 +∞ 1
• Au voisinage de +∞ : √ ∼ √ = 3 . Alors √ dx
x (1 + x2 ) 0+Z xx2 x 2 1 x (1 + x2 )
+∞ 1
converge. Par suite l’intégrale généralisée √ dx est convergente.
0 x (1 + x2 )
Comme k < 1 et pour tout x > e α 1 β > 0 alors, d’après le critère de Riemann
Z 0 x ln x
dx
diverge.
1 α β
e x ln x
• Si α = 1. Pour chaque t ∈ [e, +∞[, on a
(lnt)1−β −1
Z t Z t
(
dx −β 0 1−β si β 6= 1,
β
= (ln x) (ln x) =
e x ln x e ln(lnt) si β = 1.
Donc (
Z t 1
dx β −1 si β > 1,
lim =
t→+∞ e β
x ln x +∞ si β ≤ 1.
Ce qui termine la démonstration de la première équivalence. La seconde équivalence se
déduit de la première par le changement de variable u = 1x .
Le théorème suivant est souvent utilisé pour montrer la convergence d’une intégrale
généralisée d’une fonction f à signe variable en montrant la convergence de la fonction
positive | f |.
Z b
Théorème 2.3.1 Soit f ∈ Rloc ([a, b[). Si l’intégrale f (x)dx est absolument conver-
a
gente, alors elle est convergente, et on a
Z b Z b
f (x)dx ≤ | f (x)| dx. (2.5)
a a
Quand on étudie des questions de convergence, il est très utile de disposer des critères per-
mettant de vérifier que la limite existe sans avoir besoin de calculer la limite explicitement.
Comme pour les suites, le critère de Cauchy est un outil, essentiellement théorique, très
important. Sur le plan pratique, ce sont ses diverses conséquences qui sont le plus souvent
utilisées.
Z x
F(x) − F(x0 ) = f (t).
x0
Théorème 2.3.3 Soient f , g ∈ Rloc ([a, b[). Supposons que les deux conditions sui-
vantes sont satisfaites :
2.3 Intégrale absolument convergente 35
qui se démontre en utilisant le critère de Cauchy pour les suite numérique (voir TD
d’analyse 1). Soit k ∈ N∗ , pour tout t ∈ [(k − 1)π, kπ], on a
sint |sint| 1
= ≥ |sint| .
t t kπ
2 n 1
Z nπ
sint
dt ≥ ∑ k.
π t π k=2
Le but de ce chapitre est d’étudier les sommes comportant une infinité dénombrable de
nombres réels. Plus précisément, étant donné une suite numérique (un )n∈N , quel sens
peut-on attribuer à l’expression u0 + u1 + u3 + u4 + u5 + u6 .... Il est naturel de commencer
par former les sommes partielles :
n
Sn = u0 + u1 + ... + un = ∑ uk (3.1)
k=0
3.1 Généralités
Définition 3.1.1 Soit (un )n∈N une suite numérique.
• On appelle série de terme générale un et l’on note ∑ un la suite des sommes
partielles (Sn )n∈N définie par (3.1).
• On dit que la série ∑ un converge si la suite de ses sommes partielles (Sn )n∈N
est convergente. On dit qu’elle diverge dans le cas contraire. Dans le cas de la
convergence, on note
+∞
∑ uk = n→+∞
lim Sn .
k=0
+∞
Le nombre complexe ∑ uk s’appelle la somme de la série ∑ un.
k=0
• Dans le cas de la convergence, le reste de la série d’ordre n est défini par
+∞ +∞
Rn = ∑ uk − Sn = ∑ uk .
k=0 k=n+1
38 Chapitre 3. Séries Numériques
Exemple 3.1
• Si un = 1 pour tout n ∈ N, alors la somme partielle d’ordre n
Sn = n −→ +∞.
n→+∞
Il en résulte que la suite (Sn ) converge si et seulement si |q| < 1, ce qui achève la démons-
tration.
∑ (an+1 − an) .
Cette série est convergente si et seulement si lim an = l ∈ R. Dans ce cas, on a
n→+∞
+∞
∑ (an+1 − an) = l − a0.
n=0
Démonstration. La somme partielle d’ordre n associée a la suite an+1 − an est donnée par
n
Sn = ∑ ak+1 − ak = a1 − a0 + a2 − a1 + ... + an − an−1 + an+1 − an = an+1 − a0.
k=0
Alors
De plus, si (an )n CV on a
+∞
∑ (an+1 − an) = n→+∞
lim Sn = lim (an+1 − a0 ) = lim an − a0 .
n→+∞ n→+∞
n=0
−1
Exemple 3.2 Étudions la convergence la série ∑ n(n+1) . On a
−1 1 1
= − = an+1 − an ,
n(n + 1) (n + 1) n
−1
où an = 1n . Comme lim an = 0, alors ∑ n(n+1) est une série télescopique convergente de
n→+∞
+∞
−1
somme lim an − a1 = −1.
∑ n(n + 1) = n→+∞
n=1
40 Chapitre 3. Séries Numériques
∀n > n0 un ≤ vn . (3.2)
Comme un , vn ≥ 0, les suites des sommes partielles (Sn ) et (Tn ) sont croissantes. De plus,
il découle de (3.2) que
∀n ≥ 0, Sn ≤ Tn . (3.3)
Maintenant, si ∑ vn converge, alors la suite (Tn ) est majorée par M, et d’après (3.3) la
suite croissante (Sn ) est aussi majorée par M, donc elle converge, et ainsi la série ∑ un
converge aussi. Inversement, si ∑ un diverge, alors la suite (Sn ) tend vers +∞, et il en est
de même pour (Tn ), c’est-à-dire ∑ vn diverge.
1
Exemple 3.4 La série ∑ sin est convergente. En effet, on sait que
2n
∀x ∈ R |sin x| ≤ |x| .
1 1
De plus, pour n assez grand 2n est proche a 0. Donc sin n ≥ 0, et on a
2
1 1
sin n ≤ n pour tout n assez grand.
2 2
1
Donc la convergence de ∑ sin n résulte par comparaison de celle de la série géomé-
2
1
trique convergente ∑ n .
2
2. Prouver que la série ∑ un vn est aussi convergente. En déduire que ∑ u2n est
convergente.
Théorème 3.2.3 — critère des équivalents. Soient (un ) et (vn ) deux suites à termes
strictement positifs. Si un ∼ vn alors les séries ∑ un et ∑ vn sont de même nature.
n→+∞
un 1
Démonstration. Par definition, un ∼ vn signifie que lim = 1. Alors, pour ε = 2 il
n→+∞ n→+∞ vn
existe n0 tel que
un 1
∀n ≥ n0 , −1 ≤ .
vn 2
ou bien
1 3
∀n ≥ n0 , vn ≤ un ≤ vn .
2 2
1
∑ un converge, alors par le critère de comparaison, ∑ 2 vn converge, donc ∑ vn également.
1
Réciproquement, si ∑ un diverge, alors ∑ vn diverge, et ∑ vn aussi.
2
−2n
Exemple 3.5 Étudions la convergence de la série ∑ tan e . On a
lim e−2n = 0, tan x ∼ x.
n→+∞ x→0
Donc n
tan e−2n ∼ e−2n = e−2
.
n→+∞
La série géométrique ∑ e−2n de raison 0 < e−2 < 1 est convergente. Alors, le critère des
équivalents implique que ∑ tan e−2n converge aussi.
Exemple 3.9
2 − cos n
• La série ∑ est absolument convergente. En effet, on sait que |cos n| ≤ 1,
1 + n4
alors
2 − cos n |2 − cos n| 2 + |cos n| 3
4
= 4
≤ 4
≤ 4.
1+n 1+n n n
46 Chapitre 3. Séries Numériques
1
Comme la série de Riemann ∑ converge (α = 4 > 1), par le théorème de compa-
n4
2 − cos n
raison, ∑ converge aussi.
1 + n4
Un cas particulier fréquemment rencontré est celui où bn = (1)n . On parle alors de série
alternée.
Théorème 3.4.3 — Critère de Leibniz pour les séries alternées. Si la suite (an )n
est décroissante de réels positifs et tend vers 0. Alors, la série alternée ∑(1)nan et
+∞
convergente. De plus, on a la majoration du reste Rn = ∑ suivante :
n+1
|Rn | ≤ un+1 .
(−1)n
Exemple 3.10 D’après le critère de Leibniz, la série harmonique alternée ∑
n
est convergente. Mais, elle n’est pas absolument convergente car la série harmonique de
(−1)n 1
Riemann ∑ = ∑ diverge.
n n
(−1)n
Exercice 3.3 Soit (vn ) la suite de terme général vn = √ .
n
1. Vérifie que ∑ un ou un = vn+1 − vn n’est pas absolument convergente.
2. Montrer cependant que ∑ un converge.
Une équation différentielle d’ordre n est une équation faisant intervenir une fonction y
ainsi que ses dérivées y(k) √
jusqu’a l’ordre n. Par exemple :
• xy0 − 3(1 − x)2 y = 3 x est une équation différentielle d’ordre 1 où x est la variable
indépendant et x → y(x) est la fonction inconnue.
• (E) : y00 − 2y0 + y = 0 est une équation différentielle d’ordre 2. Il est facile de vérifier
que la x → y1 (x) = ex et x → y2 (x) = xex sont des solutions de l’équation (E).
Le but de ce chapitre est de fournir des méthodes pour trouver toutes les solutions de
certaines classes d’équations différentielles.
y0 = F (x, y) (4.1)
√ 0 2 √ 2
y y = ex , y0 = x3 y − ln x, (x2 + 1)y0 − xy − 5 = 0, y0 + ex y − = 0,
x
sont des équations différentielles du premier ordre.
50 Chapitre 4. Equations différentielles
Définition 4.1.2 Une équation différentielle, du premier ordre à variables séparées est
une équation qui peut se mettre sous la forme :
g(y) y0 = f (x)
dy
g(y) y0 = f (x) ⇐⇒ g(y) = f (x),
dx
⇐⇒ g(y)dy = f (x)dx,
Z Z
⇐⇒ g(y)dy = f (x)dx,
⇐⇒ G(y) = F(x) +C,
Exemple 4.2
dy
y0 − 2xy = 0 ⇐⇒ = 2xy,
dx
dy
⇐⇒ = 2xdx,
y
dy
Z Z
⇐⇒ = 2xdx,
y
⇐⇒ ln |y| = x2 +C,
2 +C
⇐⇒ |y(x)| = ex ,
x2
⇐⇒ y(x) = ±eC e ,
2
⇐⇒ y(x) = Kex , k = ±eC ∈ R.
4.1 Équations différentielles du premier ordre 51
• Trouver la solution sur ]0, +∞[ de l’équation x(x + 1)y0 + 1 = y vérifiant y(1) = 0.
dy
x(x + 1)y0 + 1 = y ⇐⇒ x(x + 1) = y − 1,
dx
dy dx
⇐⇒ = ,
y − 1 x(x + 1)
dy dx
Z Z
⇐⇒ = ,
y−1 x(x + 1)
Z
dy 1 1
Z
⇐⇒ = − dx,
y−1 x x+1
x
⇐⇒ ln |y − 1| = ln +C,
x+1
x
⇐⇒ |y − 1| = eC ,
x+1
Kx
⇐⇒ y−1 = K = ±eC ∈ R,
x+1
Kx
⇐⇒ y(x) = 1 + K ∈ R.
x+1
D’autre part,
K
y(1) = 0 ⇐⇒ 1 + = 0 ⇐⇒ k = −2.
2
Alors, la solution de x(x + 1)y0 + 1 = y vérifiant y(1) = 0 est donnée par :
2x
y(x) = 1 − ∀x ∈]0, +∞[.
x+1
Théorème 4.1.1 Soit (E0 ) une équation différentielle de premier ordre linéaire sans
second membre :
y = Ke−F(x)
R b(x)
où K est une constante quelconque et F(x) = a(x) dx une primitive de la fonction ba .
Exemple 4.3
• Résoudre sur l’intervalle ]0, +∞[ l’équation différentielle (E) : xy0 − 2y = x.
(i) On commence par rechercher les solutions de l’équation homogène associée à
(E), (E0 ) : xy0 − 2y = 0.
dy
(E0 ) ⇐⇒ x = 2y,
dx
dy 2dx
⇐⇒ = x > 0,
y x
dy 2dx
Z Z
⇐⇒ = dx,
y x
⇐⇒ ln |y| = 2 ln |x| +C = ln x2 +C,
⇐⇒ |y| = eC x2 ,
⇐⇒ y = ±eC x2 .
En posant K = ±eC , la solution générale de (E0 ) est
y0 = Kx2 K ∈ R.
(ii) On cherche une solution particulière y p de l’équation (E) par la méthode de la
variation de la constante. On pose y p (x) = K(x)x2 et on cherche la fonction K.
0
xy0p − 2y p = x ⇐⇒ x K(x)x2 − 2K(x)x2 = x,
⇐⇒ x x2 K 0 (x) + 2xK(x) − 2K(x)x2 = x,
⇐⇒ x3 K 0 (x) = x x ∈ R∗ ,
1
⇐⇒ K 0 (x) = x ∈ R∗ ,
x
⇐⇒ K(x) = ln x, x > 0.
(ii) Ainsi, la solution générale de (E) est obtenue par superposition des solutions :
y = y0 + y p = Kx2 + ln x x > 0, K ∈ R.
• Résoudre l’équation différentielle (E) : y0 − 3y = − 1+e3−3x .
(i) Équation sans second membre, (E0 ) : y0 − 3y = 0.
dy
(E0 ) ⇐⇒ x = 3y,
dx
dy
⇐⇒ = 3dx,
y
dy
Z Z
⇐⇒ = 3dx,
y
⇐⇒ ln |y| = 3x +C
⇐⇒ |y| = eC e3x ,
⇐⇒ y = ±eC e3x .
En posant K = ±eC , la solution générale de (E0 ) est
y0 = Ke3x K ∈ R.
54 Chapitre 4. Equations différentielles
y = y0 + y p = Ke3x + ln 1 + e−3x
K ∈ R.
Si y1 est une solution de (E1 ) et y2 est une solution de (E2 ) alors, y = y1 + y2 est une
solution de (E)
Corollaire 4.2.3 Si y0 est la solution generale de l’équation sans second membre (E0 )
et y p st une solution particulière de l’équation avec second membre (E). Alors, la
solution générale y de (E) est les fonctions définies sur R par
y = y0 + y p .
(i) Second membre du type f (x) = eαx Pn (x) avec α ∈ R et Pn un polynôme de degré n.
Alors on cherche une solution particulière sous la forme
(ii) Second membre du type f (x) = eαx Pn (x) cos(β x) avec α, β ∈ R et Pn un polynôme
de degré n. Alors on cherche une solution particulière sous la forme
y0 = λ e2x + µe3x λ , α ∈ R.
• On cherche une solution particulière à (E) sous la forme y p = (A1 x + A0 )ex . Alors
00
y0p = (A1 x + A0 + A1 )ex , y p = (A1 x + A0 + 2A1 )ex .