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Traitements Tertiaires Des Effluents Industriels: Alain TRUC

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DOCUMENTATION
27/09/2008

Traitements tertiaires
des effluents industriels

par Alain TRUC


Ingénieur en génie des procédés
Responsable de projets chez Ondeo Industrial Solutions

1. Nature de la pollution à traiter et technologies applicables ....... G 1 310 - 3


2. Amélioration du traitement des paramètres classiques ............... — 3
2.1 Cas d’application.......................................................................................... — 3
2.2 Traitement par lagunage ............................................................................. — 4
2.3 Traitement par biofiltration ......................................................................... — 4
3. Traitement du phosphore....................................................................... — 5
3.1 Cas d’application.......................................................................................... — 5
3.2 Réactions chimiques de précipitation ........................................................ — 5
3.3 Mise en œuvre de la déphosphatation physico-chimique ....................... — 6
4. Traitement de l’azote .............................................................................. — 7
4.1 Formes d’azote présentes ........................................................................... — 7
4.2 Traitement biologique de l’azote ................................................................ — 7
4.3 Exemples de traitement tertiaire biologique de l’azote ............................ — 8
4.4 Autres traitements possibles ...................................................................... — 9
5. Réduction poussée des MEST et de la DCO colloïdale.................. — 9
5.1 Cas d’application.......................................................................................... — 9
5.2 Traitement par séparateurs physico-chimiques ........................................ — 10
6. Réduction de la DCO dure ..................................................................... — 11
6.1 Définition et origine de la DCO dure .......................................................... — 11
6.2 Traitement d’oxydation de type destructif................................................. — 11
6.3 Traitement de type séparatif ....................................................................... — 12
7. Décoloration .............................................................................................. — 15
8. Désinfection............................................................................................... — 16
8.1 Pourquoi désinfecter ? ................................................................................. — 16
8.2 Désinfectants usuels en eaux résiduaires .................................................. — 17
8.3 Désinfection par ultraviolets ....................................................................... — 17
9. Traitement de composés spécifiques ................................................. — 18
9.1 Traitement des métaux et métalloïdes....................................................... — 18
9.2 Traitement de certains anions .................................................................... — 19
9.3 Traitement de composés spécifiques organiques .................................... — 19
10 - 2007

Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. G 1 310

une façon générale, les eaux résiduaires industrielles subissent un trai-


D’ tement complémentaire (appelé tertiaire lorsque l’effluent a subi un
G 1 310

traitement primaire physico-chimique, voir dans les Techniques de l’Ingénieur


le dossier [G 1 270] et un traitement secondaire biologique [G 1 300]), pour
améliorer la qualité de leur épuration.

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TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS __________________________________________________________________________________

L’un ou l’autre des objectifs suivants est poursuivi sur les eaux traitées :
– soit leur réutilisation dans un usage industriel (lavage de sols ou de pro-
duits, systèmes d’incendie, circuits de refroidissement, eau de procédé, voire
alimentation de chaudières), agricole (irrigation) ou municipal (arrosage de
golfs, de pelouses ou de terrains de jeu....) ou leur recyclage (partiel ou total)
vers les ateliers de fabrication d’où elles proviennent (aspect traité dans le
dossier [G 1 330]) ;
– soit une simple amélioration de leur qualité pour respecter des normes de
rejet en perpétuelle évolution et de plus en plus sévères (surtout dans les
zones sensibles), ce qui est l’objet du présent article.
Les deux objectifs peuvent conduire à la mise en place de traitements
similaires.
Il faut, de plus, tenir compte du fait que le traitement tertiaire peut être :
– soit conçu au sein d’une nouvelle ligne de traitement où les étapes pri-
maires et secondaires sont d’emblée optimisées ;
– soit mis en place en aval d’une ligne de traitement existante, parfois
vieillissante, dont les performances d’épuration sur les paramètres classiques
(MEST, DBO5 , DCO) restent à améliorer et où le traitement de l’azote peut être
mal intégré.
Ainsi, le traitement tertiaire s’applique aux deux cas suivants :
– amélioration de l’épuration sur les paramètres classiques : MEST, DBO5 et
DCO ;
– action spécifique sur des paramètres qui ne sont que peu ou pas touchés
par les traitements classiques en amont.
La plupart des technologies de traitement des eaux, hormis les traitements
dits préliminaires (décrits dans le dossier [G 1 250]) sont applicables dans ce
domaine. Leur utilisation, seule ou agencé en une filière de traitement tertiaire,
sera illustrée par quelques exemples pris dans diverses industries.

Tableau des sigles et abréviations Tableau des sigles et abréviations

ADN, ARN acide désoxyribonucléique et acide ribonucléi- MF microfiltration


que
NF nanofiltration
AOX composés organohalogénés adsorbables sur
charbon actif NF - EN - norme française – european norm –
ISO international standards organization
BIOFOR C, biofiltre commercialisé par Degrémont et Ondeo
N, DN Industrial Solutions NGL azote global
BIOSTYR biofiltre commercialisé par OTV N-NH4 azote ammoniacal
BRMO bioréacteur à membrane organique N-NO2 azote sous forme de nitrite
CAG, CAP charbon actif en grain, charbon actif en poudre N-NO3 azote sous forme de nitrate
DBO = DBO5 demande biochimique en oxygène
NTK azote Kjeldahl
DCO demande chimique en oxygène
OI osmose inverse
DCO dure DCO non ou très difficilement biodégradable
OTV société Omnium de Traitement et de Valorisa-
ENH potentiel d’oxydoréduction par rapport à l’élec- tion
trode normale d’hydrogène
OVH oxydation en voie humide
HAP hydrocarbures aromatiques polycycliques
PT phosphore total
IRH Environ- société d’ingénieurs conseil
nement UF ultrafiltration

MEST matières en suspension totales UV rayon(s) ultraviolet(s)

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__________________________________________________________________________________ TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS

Tableau 1 – Procédés et technologies applicables en traitement tertiaire


(D’après Degrémont - Mémento technique de l’eau 10e édition) [2]
Techniques utilisées
Paramètres
Résines ou
éliminés ou Adsorption Séparation
Traitement absorbants
traitement Oxydation Membranes (1) sur charbon physico-
biologique spécifiques
actif chimique (2)
(1)

O3 , H 2 O2 ,
O3 + UV, O3 ,
catalyti- UF NF/OI
biologie Cl2
que

DBO résiduelle •

Phosphore • •

Azote •

MEST et DCO • •
colloïdale

DCO dure • • • • •

AOX • • • •

Décoloration • • • • •

Désinfection •

Anions, cations • • •

Métaux, • • • •
métalloïdes

(1) L’utilisation de membranes ou de résines présente l’avantage de produire une eau traitée de parfaite qualité mais impose des prétraitements adaptés et,
surtout, produit des concentrats salins qu’il faut gérer (évacuation pour traitement extérieur ou retraitement sur site)
(2) Décantation, flottation à l’air dissous et filtration sur matériau granulaire, après tout ou partie des étapes de neutralisation, coagulation, floculation.

1. Nature de la pollution 2. Amélioration


à traiter et technologies du traitement
applicables des paramètres classiques
Suivant la nature de l’effluent, la ligne de traitement globale à
concevoir et l’objectif de qualité fixé, le traitement tertiaire consiste 2.1 Cas d’application
à effectuer une ou plusieurs des opérations suivantes :
– amélioration de l’élimination des paramètres classiques MEST, La question de l’amélioration du traitement des paramètres clas-
DBO5 et DCO ; siques MEST, DBO5 et DCO se pose dans le cas d’une station exis-
– déphosphatation (précipitation par des sels ferriques ou d’alu- tante dont les données d’entrée (caractéristiques de l’effluent à
minium, plus rarement par de la chaux) ; traiter) et/ou de sortie (normes de rejet) ont changé depuis sa réa-
– élimination de l’azote subsistant après les étapes principales lisation.
du traitement (nitrification et/ou dénitrification) ;
– réduction poussée des MEST et de la DCO colloïdale ; Cette question se pose aussi, lors de la conception d’une nou-
– réduction de la DCO dure ; velle ligne de traitement, lorsqu’un traitement biologique par
– décoloration (par exemple, pour l’industrie textile) ; boues activées ([G 1 300], [J 3 942] et [C 5 220] dans les Tech-
– désinfection au chlore, à l’ozone et/ou aux UV ; niques de l’Ingénieur) ne permet pas, seul, d’atteindre les normes
– élimination de composés spécifiques : métaux, métalloïdes, de rejets imposées sur les paramètres classiques.
certains anions, pesticides (insecticides, algicides, fongicides...),
détergents, hydrocarbures solubles, dérivés halogénés, nitrés ou La mise en œuvre d’un traitement tertiaire en aval des boues
sulfonés... activées peut être préférée à celle d’un traitement biologique à
haute performance intégrant une séparation membranaire ou bio-
Le tableau 1 résume les différents procédés et technologies les réacteur à membrane (dossiers [G 1 330] et [C 5 220] des Tech-
mieux adaptés à la pollution spécifique à traiter. niques de l’Ingénieur).

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Parmi les raisons technico-économiques de ce choix, deux cas


usuels sont cités à titre d’exemples :
– cas où les risques potentiels de colmatage ou d’usure des Boues
membranes sont avérés ; de lavage
– cas de forts débits à traiter où le coût unitaire des membranes
pénalise économiquement cette technique. Eau Air Eau traitée

En réhabilitation ou en station neuve, plusieurs types d’effluents Eau de


Air process lavage
peuvent se présenter, que nous pouvons toutefois scinder comme (oxygénation)
suit : Entrée
Air de lavage effluent
– effluents à pollution résiduelle à majorité particulaire ou colloï-
dale, sans pollution soluble préjudiciable au respect des normes Buselures Aération
Oxazur
de rejet (ce cas sera traité au paragraphe 5) ;
– effluents à pollution résiduelle soluble significative :
• pollution soluble difficilement ou non biodégradable (DCO Figure 1 – Principe du BIOFOR® aéré
dure) (paragraphe 6) ;
• pollution soluble biodégradable : un traitement biologique
tertiaire est applicable, objet du présent paragraphe.
On peut distinguer les traitements biologiques extensifs, de type
lagunage, et intensifs, de type biofiltration. Débit 4 800 m3/j

Traitement
2.2 Traitement par lagunage physico-chimique
DCO 1 200 mg/L
Le lagunage [J 3 942] met en jeu des phénomènes d’autoépura-
DBO5 600 mg/L
tion naturelle complexes, dépendants des conditions climatiques MEST 100 mg/L
(les performances augmentent avec les températures) et dont les
équilibres ne sont pas toujours aisément maîtrisables. Boues activées
Il requiert des surfaces au sol importantes et des caractéristiques
de terrain spécifiques comme l’imperméabilité. DCO 350 mg/L
DBO5 60 mg/L
Les lagunes nécessitent en général peu d’équipements électro- MEST 50 mg/L
mécaniques et sont réputées pour leur rusticité et leur capacité
Biofor C
d’adaptation aux variations de charges organiques et hydrauli- nombre : 4
ques. Toutefois, les moyens d’intervention sur le procédé restent surface unitaire : 17,6 m2
limités sauf sur le lagunage aéré. DCO 150 à 250 mg/L
Cette technique est peu répandue en traitement tertiaire lorsqu’il DBO5 5 à 18 mg/L
s’agit d’une nouvelle station, d’autant plus que la qualité du rejet MEST 10 à 20 mg/L
est altérée en MEST (biomasse algale).
Cependant, lorsqu’une sécurisation poussée du rejet est recher- Figure 2 – BIOFOR C en tertiaire. Usine de fabrication de papier cou-
chée et que le terrain le permet, l’installation d’un lagunage de ché 190 000 t/an (Allemagne)
maturation à microphytes (microalgues) peut contribuer au polis-
sage des effluents avant rejet, tout en assurant, si un volume de
marnage est prévu, une capacité tampon qui offre de la souplesse – application aux effluents dilués et éventuellement froids ;
d’exploitation. C’est pour ces raisons que, dans le cadre d’une – très haute qualité de l’eau traitée notamment sur les MEST
réhabilitation ou de l’amélioration d’un traitement par lagunage, il (fonction de filtre) ;
est parfois conservé tout ou partie des lagunes en traitement ter-
– absence de phénomènes de lessivage de la biomasse ;
tiaire pour accomplir cette fonction.
– couverture aisée permettant la maîtrise du bruit et des odeurs ;
Le long temps de séjour et la surface importante d’échange avec
l’air dans une lagune permettent un refroidissement naturel des – constructions modulaires ;
effluents avant rejet qui peut être appréciable dans certaines appli- – automatisation simple.
cations.
Ils en font un outil particulièrement pertinent en traitement ter-
tiaire.
2.3 Traitement par biofiltration À titre d’exemple, on peut citer parmi de nombreuses références
deux mises en place de BIOFOR® (Degrémont, Ondeo Industrial
La biofiltration, par opposition au lagunage, constitue une solu- Solutions), dont on peut voir le principe et le schéma de fonction-
tion technologique et maîtrisée de traitement tertiaire de la pollu- nement sur la figure 1, en traitement tertiaire en papeterie pour
tion carbonée biodégradable. faire face à une évolution des normes de rejet et des flux polluants
Les grandes lignes de la biofiltration et la description de diffé- des stations d’épuration (figure 2, figure 3 et figure 4).
rents appareils sont données dans les dossiers [C 5 220], [G 1 300]
et [J 3 942] des Techniques de l’Ingénieur. Le deuxième exemple est particulièrement intéressant dans le
cas d’une réhabilitation de station. Il démontre que, lorsque le trai-
Les avantages de cette technologie d’épuration biologique en tement biologique existant devient insuffisant par rapport à des
cultures bactériennes fixées sont multiples : données d’entrée et/ou de sortie qui varient, celui-ci peut être amé-
– absence de la clarification nécessaire aux cultures bactériennes lioré soit par un traitement tertiaire objet du présent dossier, soit
libres ; par un traitement en amont, ici l’ajout d’un traitement biologique
– compacité (faible emprise au sol) ; forte charge (MÉTÉOR®), ou par les deux (en deux étapes succes-
– bonne adaptation aux variations de charges ; sives dans le présent exemple).

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__________________________________________________________________________________ TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS

Première augmentation de capacité : mise en place de BIOFOR

Débit : 6 000 m3/j


250 (420) m3/h

Traitement
physico-chimique
DCO 600 mg/L
DBO5 300 mg/L
MEST 100 mg/L

Boues activées

DCO 170 (240) mg/L


DBO5 13 (40) mg/L
MEST 10 (20) mg/L
Biofor C
nombre : 3
surface unitaire : 17,5 m2
DCO < 135 (180) mg/L Figure 4 – BIOFOR C en tertiaire. Usine de production de papier
DBO5 < 10 (20) mg/L d’emballage (Allemagne)
MEST < 7 (15) mg/L

Un traitement biologique du phosphore est possible (voir


Deuxième augmentation de capacité : mise en place de MÉTÉOR [C 5 220] pour la description du mécanisme). Il demeure peu mis
(MÉTÉOR : traitement forte charge aérobie) en œuvre, et particulièrement sur des effluents industriels, car il
nécessite la présence d’une quantité suffisante et continue de
Débit : 7 200 m3/j matières organiques facilement assimilables dans l’eau à traiter et
s’accommode mal de la variabilité habituelle de ce type
Traitement d’effluents. Par ailleurs, il ne permet pas d’atteindre seul des
physico-chimique niveaux de rejet faibles tels que 1 ou 2 mg/L en PT (phosphore
total) exigés pour les exutoires en zones dites « sensibles ».
DCO 1 800 mg/L
DBO5 720 mg/L Le traitement physico-chimique du phosphore est ainsi plus
MEST 100 mg/L répandu. S’il est possible de réaliser la précipitation dans l’étape
MÉTÉOR primaire de séparation physico-chimique et/ou dans l’étape secon-
2 réacteurs 550 m3 daire de traitement biologique (co-précipitation), il est souvent mis
en série en place, lors d’un traitement tertiaire car :
DCO 900 mg/L
DBO5 130 mg/L – les valeurs de rejets faibles ne sont pas toujours atteignables
MEST 400 mg/L par les étapes primaires et secondaires seules ;
– une limitation de la consommation de réactifs et de la produc-
Boues activées tion de boues physico-chimiques est réalisée en multipliant les
étapes de précipitation ;
DCO 180 à 250 mg/L
DBO5 10 à 20 mg/L
– le traitement tertiaire permet, en même temps que le traite-
MEST 20 à 30 mg/L ment du phosphore, d’améliorer le traitement des autres para-
Biofor C
mètres et par là même de sécuriser la qualité du rejet.
nombre : 3
surface unitaire : 17,5 m2
Le phosphore total PT correspond à la somme du phosphore
DCO 150 à 200 mg/L contenu dans les orthophosphates, les polyphosphates et les
DBO5 5 à 10 mg/L phosphates organiques.
MEST 5 à 10 mg/L Le traitement physico-chimique du phosphore relève de la précipi-
tation de l’ion orthophosphate PO 3− ; il s’agit d’une déphosphatation.
4
Figure 3 – BIOFOR C en tertiaire. Usine de production de papier
d’emballage (Allemagne) Le traitement physico-chimique du phosphore sera donc d’autant
plus poussé que la proportion en ion orthophosphate est élevée
dans la composition du phosphore total. Les réactions biologiques
de l’étape secondaire permettent généralement d’amener le phos-
3. Traitement du phosphore phore sous cette forme, par dégradations successives des molé-
cules complexes. C’est un point dont il faut cependant s’assurer.

3.1 Cas d’application


3.2 Réactions chimiques de précipitation
Les normes de rejet sur le phosphore sont de plus en plus
sévères pour limiter les phénomènes d’eutrophisation, dus aux Les réactions de déphosphatation :
phosphates, dans les lacs et les cours d’eau. ■ Déphosphatation par la chaux
Dans un effluent industriel, le phosphore est en excès lorsque, Pour obtenir des solubilités résiduelles de l’ordre du mg/L, il est
une fois retranché le phosphore éliminé par assimilation bacté- impératif de travailler à un pH basique compris entre 9 et 12. La
rienne (anabolisme) avec les boues produites qui accompagnent réaction de précipitation peut s’exprimer par :
l’épuration biologique, le phosphore résiduel demeure supérieur à
2 H3PO 4 + 3 Ca (OH)2 → Ca3 (PO 4 )2 + 6 H2O
la norme de rejet. Dans ce cas un traitement spécifique du phos-
phore s’impose.

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TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS __________________________________________________________________________________

phosphore, une correction du pH n’est habituellement pas


Tableau 2 – Dosage de sel de fer en fonction nécessaire.
du rendement d’élimination en phosphate
Les dosages réellement requis pour la précipitation sont supé-
Rendement rieurs aux prévisions théoriques de la stœchiométrie. Le rapport
Rapport molaire Fe/P-PO4
(%) molaire sel métallique/P-PO4 croît de façon polynomiale avec le
60 0,9 rendement d’élimination en ion phosphate (tableau 2).

75 1,5 Les sels les plus utilisés sont le chlorure ferrique, le chlorosul-
fate ferrique et le sulfate d’alumine.
90 2,5
Les valeurs résiduelles en PT obtenues peuvent être inférieures
au mg/L moyennant les doses de sels adéquates et la mise en
œuvre dans un séparateur physico-chimique performant.
La présence de magnésium influe sur la solubilité du phosphate
tricalcique et son action est favorable pour un pH supérieur à 10.
Cette voie de précipitation est cependant évitée en traitement 3.3 Mise en œuvre de la déphosphatation
tertiaire car elle nécessite une neutralisation de l’effluent avant son
rejet ce qui la rend économiquement rédhibitoire.
physico-chimique
■ Déphosphatation par des sels d’aluminium (Al 3+) et ferriques Après l’adjonction de réactifs, le phosphore se retrouvant essen-
(Fe3+) tiellement dans les matières en suspension (MEST), il est impor-
La précipitation du phosphate métallique s’accompagne de la tant que le séparateur apporte un excellent rendement
précipitation de l’hydroxyde métallique. Les réactions de précipita- d’abattement des MEST. Les différents séparateurs physico-chimi-
tion peuvent s’exprimer par : ques, applicables en traitement de l’eau, sont abondamment
• Pour le sel d’aluminium décrits dans les dossiers [C 5 199], [G 1 170], [G 1 270] et [J 3 451].
La phase de précipitation constitue, dans le cas de la déphos-
Al3+ + PO 34− → AlPO 4 phatation chimique, la phase de coagulation.
Al3+ + 3 HCO −3 → Al(OH)3 + 3 CO 2 La phase de floculation permet l’agglomération des flocs
d’hydroxydes métalliques et de précipités colloïdaux de phos-
• Pour le sel ferrique phate.
La séparation peut être réalisée :
Fe3+ + PO 34− → FePO 4 – par décantation, les décanteurs lamellaires à recirculation de
Fe3+ + 3 HCO −3 → Fe (OH)3 + 3 CO 2 boues seront à privilégier pour leur optimisation de la floculation,
leur compacité et leur capacité à épaissir les boues (exemple du
DENSADEG® (Degrémont, Ondeo Industrial Solutions), tableaux 3
Les précipités AlPO4 et FePO4 , très peu solubles, sont à l’état
et 4 et figure 5 ;
colloïdal et sont éliminés par adsorption sur un excès d’hydro-
xydes métalliques. – par flottation à l’air dissous (ou aéroflottation) ;
– plus rarement par filtration (sauf dans des cas particuliers, par
Les coréactions de précipitation d’hydroxydes métalliques amè- exemple en présence d’une faible quantité de phosphore résiduel
nent une consommation d’alcalinité et une baisse du pH. à piéger) ; les MEST physico-chimiques liées à la précipitation du
En traitement tertiaire, donc en aval d’un traitement biologique, phosphate s’ajoutent aux MEST qui s’échappent naturellement du
ces phénomènes sont généralement sans conséquence. Sauf à traitement biologique secondaire or la filtration est souvent mal
avoir à précipiter une quantité de plusieurs dizaines de mg/L de adaptée à une quantité importante de MEST à retenir.

Tableau 3 – DENSADEG® tertiaire sur un effluent combiné de levurerie et malterie (France)


Paramètres moyen maximum
Débit à traiter .................................................................. m3/h 216 239
Surface lamellaire...............................................................m2 12 12
Vitesse lamellaire.................................................... (m3/h)/m2 18,0 19,9
FeCl3 commercial injecté (double injection) (1)........... mg/L 25 à 85 25 à 85
Polymère floculant injecté au niveau du DENSADEG mg/L 1 1
Entrée traitement secondaire (2) Sortie traitement tertiaire
Polluants
moyen maximum moyen maximum valeur cible
MEST................................................................................ mg/L 6 12 30
DCO .................................................................................. mg/L 59 76 80
DBO5 ................................................................................ mg/L 150 170 4 7 15
PT ..................................................................................... mg/L 4 6 0,3 0,7 1
(1) Le FeCl3 commercial est injecté en amont du clarificateur (60 %) et en amont du DENSADEG (40 %)
Le traitement primaire est un prétraitement biologique par méthanisation
(2) Le traitement secondaire est un traitement biologique en boues activées avec clarification par décanteur

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Tableau 4 – DENSADEG® tertiaire sur un effluent de fromagerie (France)


Paramètres moyen maximum
Débit à traiter .................................................................. m3/h 60 80
Surface lamellaire .............................................................. m2 4 4
Vitesse lamellaire....................................................(m3/h)/m2 15 20
FeCl3 commercial injecté en amont du flottateur .......mg/L 120 à 120 à 470
470
FeCl3 commercial injecté en amont du DENSADEG...mg/L 80 à 320 80 à 320
Polymère floculant injecté au niveau du DENSADEG mg/L 1 1
Entrée station Entrée Sortie traitement tertiaire
Polluants traitement valeur
moyen maximum tertiaire moyen maximum
cible
MEST................................................................................mg/L 476 800 30 60 11 18 20
DCO ..................................................................................mg/L 1 980 2 970 54 75 23 45 50
DBO5.................................................................................mg/L 1 015 1 520 6 9 15
PT......................................................................................mg/L 30 45 9 13 0,6 1 1
Le traitement secondaire est un traitement biologique en boues activées avec clarification par flottateur
En amont du traitement biologique se trouvent un filtre statique et un bassin tampon aéré

De plus en plus, elles portent sur tout ou partie des formes de


l’azote :
– NTK (azote Kjeldahl) : quantité (exprimée en mgN /L) corres-
pondant aux formes réduites de l’azote soit à l’azote organique et
ammoniacal ;
– N-NH4 : quantité (exprimée en mgN/L) en azote ammoniacal ;
– N-NO3 : quantité (exprimée en mgN/L) sous forme d’ions
DENSADEG® nitrates ;
– N-NO2 : quantité (exprimée en mgN/L) sous forme d’ions
nitrites.
Les formes de l’azote présentes dans un effluent varient énormé-
ment en fonction du type d’industrie.
Un effluent peut être carencé en azote, c’est-à-dire que de l’azote
doit lui être apporté pour que l’assimilation bactérienne nécessaire
à l’épuration biologique puisse être réalisée. Dans ce cas, il n’y a
pas de traitement d’azote à proposer.
Figure 5 – Station sur effluent de fromagerie (France) À l’opposé, un effluent peut contenir un excès d’azote :
et son DENSADEG® tertiaire
– sous forme de NTK (une fois retranché l’azote éliminé par
l’assimilation bactérienne) ;
Comme il apparaît clairement au travers des exemples des – sous forme de N-NO3 et/ou N-NO2 .
tableaux 3 et 4, la déphosphatation, en tant que traitement ter- Sauf si l’effluent contient des composés toxiques, le traitement
tiaire se réalisant dans un séparateur physico-chimique associé à privilégié de l’azote sera biologique.
une coagulation et à une floculation, offre l’avantage de s’accom-
pagner d’une réduction poussée des MEST et de la DCO parti-
culaire et colloïdale. 4.2 Traitement biologique de l’azote
La dégradation bactérienne de la pollution azotée s’effectue en
plusieurs étapes qui sont rappelées dans la figure 6.
4. Traitement de l’azote Il n’est pas possible de se contenter d’une nitrification seule
pour satisfaire les normes sur l’azote.
4.1 Formes d’azote présentes Sans revenir sur ces étapes et leur mise en œuvre possible
décrites dans les dossiers [J 3 942] et [C 5 220], rappelons que le
Le traitement de l’azote s’impose pour respecter les normes de traitement biologique de l’azote est étroitement lié au traitement
rejet sur cet élément qui, comme le phosphore, participe aux de la DBO5 : les bactéries dénitrifiantes sont hétérotrophes et
phénomènes d’eutrophisation. nécessitent donc la présence d’une source carbonée organique. On
pourra retenir qu’il faut généralement de l’ordre de 3 g de DBO5
Les normes de rejet peuvent s’exprimer en azote global (NGL) : par gramme de N-NO3 à dégrader (pour 80 à 90 % de rendement
quantité exprimée en mgN /L correspondant à l’azote organique et d’élimination) et que ce rapport tend vers l’infini quand le rende-
ammoniacal et aux formes oxydées de l’azote (nitrites et nitrates). ment tend vers 100 %.

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+
NH4 (eau brute) Substrat
carboné

NO2- NO3- NO2-


+
NH4 N2
Traitement biologique Nitrification(1) Dénitrification
secondaire
Ammonification Nitrification Dénitrification
Traitement tertiaire de l'azote
N organique Assimilation (1)
(eau brute) La nitrification peut éventuellement avoir lieu pour partie ou
(azote partant dans les boues en excès) complètement dans l'étape secondaire

Figure 6 – Les différentes étapes de la métabolisation Figure 7 – Principe du traitement tertiaire biologique de l’azote
de la pollution azotée

Aussi, face à un problème d’azote sur une station à concevoir ou 4.3 Exemples de traitement tertiaire
sur une station existante dont les performances sur ce paramètre biologique de l’azote
doivent être améliorées, la valeur de la DBO5 renseigne sur la
démarche à suivre. Par leur faculté à sélectionner et donc à séparer les colonies bac-
tériennes, les technologies en cultures fixées sur support sont les
• Si la DBO5 de l’effluent est suffisante pour dénitrifier les
plus pertinentes en traitement tertiaire. Les biofiltres tels le BIO-
nitrates initialement présents et/ou produits par la nitrification, on
FOR® (Degrémont, Ondeo Industrial Solutions) en nitrification et
privilégiera son utilisation seule par les mises en œuvre suivantes :
dénitrification, ou le BIOSTYR® (OTV) en nitrification, sont parti-
– bassin de prédénitrification en amont de l’aération ou « anoxie culièrement adaptés grâce à leur capacité complémentaire de
en tête » ; filtration, comme on peut le voir sur l’exemple de la figure 8 ; la
– aération séquencée ou « dénitrification mixte » ; figure 9 montre un autre exemple de BIOFOR® appliqué en dénitri-
– et, dans une moindre mesure, compte tenu des volumes fication.
importants mis en jeu, la « dénitrification endogène » en aval de
On peut citer aussi, des développements industriels récents
l’aération.
dans le traitement biologique de l’azote, qui consistent à court-
• Dans le cas contraire, l’apport d’un substrat carboné est indis- circuiter l’étape d’oxydation des nititres NO −2 en nitrates NO −3
pensable et on parle de traitement tertiaire de l’azote lorsque, par les nitrobactéries, afin de promouvoir la réaction bactérienne :
après un traitement biologique secondaire qui permet éventuelle-
ment un abattement partiel des formes azotées, une étape de nitri-
NH+4 + NO −2 → N2 + 2 H2O
fication et/ou de dénitrification avec apport de substrat carboné est
mise en place (figure 7).
La société Paques dispose avec ANAMMOX® d’un appareil fonc-
Le méthanol est communément utilisé en tant que substrat car- tionnant suivant ce schéma réactionnel et adapté aux concentra-
boné. D’autres alcools ou composés (acétate...) sont possibles, tions élevées en N-NH4 (> 200 mg/L).
compte tenu de leur disponibilité et des contraintes de stockage
Les avantages de cette voie sont :
sur le site.
– limitation de la consommation énergétique (moindre consom-
Le pH et l’alcalinité influencent les réactions de nitrification et
mation d’oxygène) ;
dénitrification. Si la première en consomme, la deuxième en four-
nit, le bilan étant déficitaire lorsque les deux réactions se – pas d’utilisation de substrat carboné ;
succèdent. – limitation de la production de boues.

Isopropanol

Prétraitements BIOFOR C BIOFOR N BIOFOR DN


physico-chimiques 3 filtres de 21 m2 3 filtres de 21 m2 3 filtres de 17,5 m2

Primaire Secondaire Tertiaire

Débit 4 920 m3/j DCO 100 mg/L


DCO 183 mg/L MEST 15 mg/L
MEST 30 mg/L N-NH4 1,5 mg/L
N-NH4 48 mg/L N-NO3 5 mg/L
N-NO3 6 mg/L

Figure 8 – BIOFOR C, puis N et DN en tertiaire. Industrie de la microélectronique (France)

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Tableau 5 – Comparatif de solutions de traitement


Méthanol physico-chimique des nitrates
Prétraitement Traitement Avantages Inconvénients
Boues activées
- tamisage
- tampon N/DN
Résines • Emploi d’une • Utilisation de réactifs
échangeuses résine anionique chimiques
Débit 2 500 m3/j DCO 80 mg/L
d’ions • Substitution de l’ion
DCO 1 200 mg/L N-NO3 60 mg/L nitrate dans l’effluent traité
N-NH4 250 mg/L N-NH4 0,5 mg/L (par l’ion Cl– générale-
ment)
• Élimination d’autres
anions ( SO 2−
4
, HCO −3 ...)
Rejet
BIOFOR DN Aéroflottation • Production d’un éluat
concentré non valorisable
donc à détruire
DCO 60 mg/L
• Faible taux de conversion
DBO5 < 10 mg/L
MEST < 10 mg/L
N-NO3 < 10 mg/L Osmose • Très peu de • Désalinisation poussée et
N-NH4 < 0,5 mg/L inverse réactifs non sélective
• Rétentat concentré
Traitement biologique par boues activées en faible charge avec pré- à évacuer après traitement
dénitrification suivi d'une postdénitrification sur filtration biologique complémentaire éventuel
BIOFOR permettant l'élimination de plus de 96 % des composés • Faible taux de conversion
azotés (sur chacun des deux étages un ajout de méthanol permet
le maintien du rapport C/N suffisant)
Électrodialyse • Peu de réactifs • Saumure concentrée à
• Utilisation évacuer après traitement
Figure 9 – BIOFOR DN en tertiaire. Usine de production de lysine d’une mem- complémentaire éventuel
(Italie). (D’après Degrémont – Mémento technique de l’eau 10e édition) [2]
brane sélective
• Bon taux de
conversion
4.4 Autres traitements possibles
En présence de toxiques, surtout pour les réactions de nitrifica- Pour des effluents difficilement biodégradables, donc avec un
tion, si leur élimination est impossible en traitement biologique, on talon de DCO soluble élevé en sortie de traitement biologique, il
pourra appliquer : peut être nécessaire de pousser l’élimination de la pollution inso-
– des solutions de stripping pour éliminer l’azote ammoniacal luble pour atteindre la valeur limite exigée par les autorités sur le
après avoir remonté le pH car c’est la forme NH3 qui est entraî- paramètre DCO.
nable au gaz ; Il n’existe pas d’analyse normalisée des colloïdes. Les colloïdes
– des solutions du même type que celles applicables pour d’un effluent sont généralement définis comme l’ensemble des
l’élimination de la DCO dure (paragraphe 6) dans le cas d’azote solides très finement divisés de taille comprise entre 0,01 µm et
organique. 5 µm.
Pour éliminer des nitrates sans passer par un traitement biologi- La DCO colloïdale correspond à la DCO de cette fraction colloï-
que, des solutions de concentration sont envisageables (tableau 5) dale des MEST qui s’exprime parfois par les matières en sus-
avec toutefois des contraintes très fortes. Ces techniques sont pension non décantables en deux heures, d’un échantillon
d’ailleurs essentiellement appliquées sur des eaux claires donc représentatif. Cette durée est arbitraire mais correspond à de
nécessitent un prétraitement extrêmement poussé des MEST. bonnes conditions de décantation de la fraction grossière et dense
des particules.
À la sortie de l’étape de clarification d’un traitement biologique,
même très bien conçu, il subsiste forcément des MEST colloïdales
5. Réduction poussée et non colloïdales. En effet, le clarificateur est un ouvrage hydrau-
lique industriel dont le rendement de séparation ne peut être de
des MEST et de la DCO 100 %, même sur des particules non colloïdales. Par ailleurs,
même si les flocs de micro-organismes ont une capacité à agglo-
colloïdale mérer les matières colloïdales de l’effluent (phénomène de bioflo-
culation), celle-ci n’est pas absolue et la dégradation des micro-
organismes engendre aussi une part de DCO colloïdale.
5.1 Cas d’application La nécessité d’une réduction poussée des MEST et de la DCO
Les valeurs générales de rejets, fixées par l’arrêté du 2 février colloïdale peut apparaître sur une installation existante (vieillisse-
1998, sur les paramètres MEST et DCO sont les suivantes : ment des équipement et/ou nouvelles normes) ou sur une installa-
tion nouvelle lorsqu’il ressort, suivant les phénomènes décrits
– MEST  35 mg L pour un flux de pollution rejeté supérieur à ci-dessus, que l’effluent en sortie du clarificateur ne peut satisfaire
15 kg/j ; aux normes exigées. Dans ce deuxième cas, la conception de la
– DCO 125 mg L pour un flux de pollution rejeté supérieur à clarification intégrera avantageusement une ultime étape de sépa-
100 kg/j ; ration physico-chimique ; les vitesses de décantation pourront être
Des valeurs différentes et plus contraignantes sur les MEST choisies parmi les valeurs hautes des fourchettes de dimensionne-
peuvent être exigées dans le cas de milieu récepteur sensible. ment habituelles.

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FeCl3 commercial 60 mg/L

Polymère 1 à 2 mg/L

Décantation Bassin Clarification


Bassins primaire biologique 2 clarificateurs Coagulation Aéroflottateur
tampons Turbocirculator 25 000 m3 diamètre 60 m3 diamètre 12 m
diamètre 22 m unitaire 35 m

Débit 12 000 à 14 000 m3/j DCO 240 à 320 mg/L DCO 160 à 240 mg/L
DCO 45 à 65 t/j MEST 70 à 150 mg/L MEST 10 à 30 mg/L
PT 1 à 2,5 mg/L PT < 0,5 mg/L

Figure 10 – Traitement tertiaire par aéroflottation. Usine de reconstitution de feuilles de tabac (France). (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]

5.2 Traitement par séparateurs


physico-chimiques
Les différents séparateurs physico-chimiques décrits dans les
dossiers [C 5 199], [G 1 170], [G 1 270] et [J 3 451] sont applicables
au cas présent.
Les phases de coagulation et de floculation sont des étapes pré-
pondérantes à réaliser avec soin pour mener à bien une séparation
efficace.
La coagulation à l’aide d’un sel métallique (de fer ou d’alumi-
nium), avec adjonction d’un polymère de floculation, est une solu-
tion très répandue. Il peut être nécessaire d’effectuer des essais de
type jar test sur des effluents particuliers ou dans un souci d’opti-
misation afin de déterminer les réactifs les plus efficaces ainsi que
leur dosage. Figure 11 – Aéroflottateur en tertiaire. Usine de reconstitution
de feuilles de tabac (France). (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]
■ La séparation peut être réalisée par décantation ou par flottation
à l’air dissous appelée aussi aéroflottation (figure 10 et figure 11).
Les décanteurs lamellaires à recirculation de boues et les aéroflot- classique par boues activées, mais plutôt en tant que clarification
tateurs possèdent les avantages suivants : des boues biologiques, ainsi :
– acceptation de concentrations en MEST importantes (jusqu’à
plusieurs centaines de mg/L) ; – pour une installation nouvelle, il y a mise en place d’un bio-
– production de boues relativement épaissies (de 20 à réacteur à membrane en tant que traitement biologique ([G 1 300]
50 gMEST/L) ce qui facilite leur traitement avec les autres types de [G 1 330] [C 5 220]) ;
boues de la station. – pour une installation existante, la clarification sur membranes
d’une partie plus ou moins importante de l’effluent décharge le
■ La filtration sur matériau granulaire trouve son application sur clarificateur. On peut parler de traitement biologique hybride :
des concentrations en MEST plus réduites (jusqu’à 60 à 100 mg/L). boues activées classiques/bioréacteur à membrane.
Par rapport aux techniques précédentes, elle permet d’atteindre des
valeurs en MEST plus basses au rejet, de l’ordre de 5 à 10 mg/L Il s’agit plus d’un traitement secondaire à haute performance
contre 10 à 20 mg/L. que d’un traitement tertiaire à proprement parler ;
Les filtres à lavage périodique produisent épisodiquement des
• Dans le second cas, les membranes d’UF sont installées en
flux hydrauliques importants d’eaux de lavage qu’il faut pouvoir
aval de la clarification associée au traitement biologique classique
tamponner en tête de station pour ne pas perturber les autres trai-
par boues activées. Il peut même y avoir une filtration granulaire
tements. Les filtres à lavage continu produisent un débit constant
intermédiaire.
d’eau de lavage plus facile à gérer. Les boues retenues par les
filtres sont donc redistribuées avec les eaux de lavage en tête de
Les flux membranaires peuvent être jusqu’à 2 à 3 fois plus
station et piégées soit dans l’étape de traitement primaire, soit au
importants car la quantité de MEST sur les membranes est nette-
niveau du clarificateur secondaire.
ment plus faible. Ainsi, le coût membranaire est bien moindre
■ Parmi les techniques membranaires, c’est l’ultrafiltration (UF) dans le deuxième cas.
qui est la mieux adaptée à la réduction poussée des MEST et de la
D’un point de vue économique, l’application des membranes
DCO colloïdale.
d’UF par rapport à une séparation plus classique est réservée aux
Deux cas sont possibles [W 4 120] : cas où les objectifs de traitement sont particulièrement sévères,
• Dans le premier cas, les membranes d’UF ne sont pas instal- notamment lorsqu’une désinfection est recherchée en plus de la
lées en aval de la clarification associée au traitement biologique réduction poussée des MEST et de la DCO colloïdale.

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6. Réduction de la DCO dure


off gas O2 réutilisé en biologie
6.1 Définition et origine de la DCO dure 11 < pH < 12

La DCO et la DBO sont des paramètres complémentaires. Traitement Décarbonatation


biologique sur Ozonation
La DCO (demande chimique en oxygène) renseigne sur la N/DN DENSADEG
totalité des matières oxydables mais ne donne aucun rensei-
gnement sur leur biodégradabilité.
Méthanol O3 à partir d'O2
La DBO (demande biochimique en oxygène) indique la quan-
tité de matières biodégradables d’un effluent. 2 à 3 kg d'O3
consommé par kg
Le rapport DCO/DBO permet de qualifier la biodégradabilité Débit 20 m3/h de DCO éliminé
d’un effluent : DCO 1 400 mg/L
– DCO/DBO < 2 : effluent facilement biodégradable ; DBO 170 mg/L DCO 150 mg/L
NTK 700 mg/L N-NO3 20 mg/L
– 2 < DCO/DBO < 4 : effluent moyennement biodégradable ;
MEST 30 mg/L MEST 30 mg/L
– DCO/DBO > 4 : effluent difficilement biodégradable.
Cependant, il ne renseigne pas sur sa fraction de DCO non
ou très difficilement biodégradable qu’on appelle DCO dure. On
parle aussi de DCO réfractaire ou DCO ultime. Figure 12 – Ozonation à pH basique. Traitement de la DCO dure
en tertiaire. Lixiviats de décharge (France).
(Document Ondeo Industrial Solutions) [1]
Il existe sept protocoles, normalisés par l’AFNOR, sur l’évalua-
tion de la biodégradabilité aérobie ultime (fiche documentaire
[G 1 310]). La chimie de l’ozone dans l’eau est gouvernée par deux types de
Dans la pratique, le suivi, au cours du temps, de la DCO après réaction : il peut soit agir directement sous sa forme moléculaire,
filtration d’un échantillon aéré, ensemencé en boues épuratrices, soit être décomposé par différents mécanismes, conduisant à la
permet d’atteindre au bout d’une dizaine à une quinzaine de jours formation du radical hydroxyde OHo, agent oxydant plus puissant
une concentration asymptotique qui correspond à la DCO ultime que l’ozone lui-même (potentiel d’oxydoréduction de 2,80 V/ENH
de l’effluent. dans le cas de OHo, 2,08 V/ENH dans le cas de O3 ).
La DCO dure est généralement due à la présence de molécules Ainsi, sont développés aujourd’hui des procédés dits d’oxyda-
organiques difficiles à dégrader. Elles sont le plus souvent issues tion avancée dont le principe commun est la promotion de la for-
de la chimie de synthèse : phénols, composés organohalogénés mation du radical hydroxyle.
(AOX), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), huiles On peut citer :
minérales, pesticides, détergents, colorants, solvants, ou encore
– l’ozonation à pH basique (exemple industriel figure 12) ;
tensioactifs. Cette liste n’est pas exhaustive et les substances de
ces familles ne posent pas toutes des problèmes de biodégradabi- – le couplage O3 / H2O2 ;
lité. Par ailleurs, la DCO réfractaire peut être d’origine naturelle. – l’activation photochimique par l’irradiation ultraviolette cou-
Par exemple dans l’industrie de la pâte à papier, la DCO dure plée aux oxydants O3 et/ou H2O2 ;
émane pour beaucoup de la présence de lignine, constituant orga- – l’activation catalytique avec :
nique principal du bois. La DCO dure peut également être due à la • le procédé le plus anciennement développé représenté par le
présence dans l’effluent de composés qui inhibent les fonctions système de Fenton (Fe2+/ H2O2) ;
métaboliques des micro-organismes : métaux lourds ou principes
• les procédés d’ozonation catalytique parmi lesquels TOC-
actifs des biocides par exemple.
CATA® (Degrémont) ou TECHNAVOX® (société Technavox) ;
Les techniques d’abattement de la DCO dure peuvent être clas-
• un procédé catalytique à base d’hypochlorite, ACCENT®, mis
sées en deux catégories :
au point par IRH Environnement et Johnson Matthey Cata-
– les techniques chimiques, dites destructives, qui reposent sur lyst.
l’oxydation des composés à l’origine de la DCO dure ;
– les techniques physiques, dites séparatives, qui permettent L’ozonation catalytique permet d’obtenir des abattements de
d’extraire de l’effluent les substances responsables de la DCO dure DCO dure supérieurs à ceux de l’ozonation seule tout en limitant
pour un traitement ultérieur. significativement la consommation d’ozone et augmentant les
cinétiques réactionnelles.
Économiquement, il faut limiter les MEST de l’effluent à traiter
6.2 Traitement d’oxydation de type car celles-ci sont consommatrices d’ozone. Ainsi, une unité de
destructif séparation physico-chimique est souvent placée en amont de
l’ozonation afin de minimiser cette consommation.
Parmi les oxydants disponibles, l’ozone est l’un des plus puis- Une voie de rationalisation de la consommation d’ozone réside
sants [G 1 330]. Son utilisation en désinfection d’eaux naturelles dans l’ozonation partielle couplée à un traitement biologique. Les
pour des applications en eaux de procédé [G 1 171] ou eaux de doses d’ozone appliquées sont jusqu’à 5 fois inférieures à celles
distribution [C 5 200], [W 5 500] est largement répandue. Le dos- nécessaires pour atteindre l’abattement désiré en ozonation seule.
sier [G 1 171] balaie par ailleurs les différentes technologies d’ozo- Cette ozonation partielle permet de transformer une partie de la
neurs. DCO réfractaire en DCO biodégradable. Il faut alors coupler l’ozo-
L’ozone est aussi très bien adapté au cas présent de traitement nation à un traitement biologique en série pour atteindre les per-
tertiaire de la DCO dure. formances recherchées (exemple sur la figure 13).
C’est de loin le réactif le plus usuel dans cette application ; le Quel que soit le système utilisé, le réacteur d’ozonation est
peroxyde d’hydrogène (H2O2), par exemple, s’utilise rarement extrapolé à partir d’études cinétiques menées en continu ou dis-
seul. continu en laboratoire.

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LIGNE
AMIDONNERIE Prétraitement Évent
- tampon Boues activées
faible charge Gaz

Eau motrice
- neutralisation ozoné
Hydroéjecteur
DCO 3 000 mg/L
NTK 20 mg/L
Sortie
d'eau
LIGNE
FERMENTATION Prétraitement
- tampon Boues activées
- neutralisation N/DN
Entrée
DCO 2 600 mg/L Diffuseur
d'eau radial
NTK 600 mg/L off gas O2
réutilisé en biologie

Gaz
Rejet
Aéroflottation
BIOFOR Ozonation
tertiaire
Liquide

DCO < 60 mg/L DCO 120 mg/L


DBO5 < 5 mg/L MEST 15 mg/L
O3 à partir d'O2
MEST < 10 mg/L
< 5 mg/L 0,5 kg d'O3 consommé/kg Hydroéjecteur Jet turbulent
NTK
de DCO à traiter

Traitement biologique avec traitement de finition ozone + BIOFOR, Figure 15 – Ozonation. Réacteur avec diffuseur radial
permettant l'obtention de rendements d'épuration très élevés en et hydroéjecteur (d’après Degrémont – Mémento technique de l’eau
DCO (dont environ 50 % de la DCO dure) et en composés azotés. 10e édition) [2]

Figure 13 – Couplage ozonation-traitement biologique par BIOFOR.


Traitement tertiaire sur un effluent d’amidonnerie/glucoserie – oxydation en voie humide (OVH) qui peut être réalisée, soit
(France) (d’après Degrémont – Mémento technique de l’eau 10e édition) [2] dans des conditions de température et pression inférieures à celles
du point critique de l’eau (374 oC et 22,1 MPa), soit en eau super-
critique. Des solutions catalytiques sont en voie de développement
pour limiter les contraintes des conditions opératoires.

6.3 Traitement de type séparatif


Arrivée
d'eau Sortie d'eau
ozonée
6.3.1 Adsorption sur charbon actif
L’adsorption utilise des charbons actifs en grain (CAG)
Arrivée d'air (figure 16) ou en poudre (CAP), plus rarement des résines, qui se
ozoné
caractérisent par une très grande surface spécifique (porosité) et
par la présence de sites actifs qui fixent les molécules dissoutes et
les éliminent ainsi du milieu à traiter.
Les phénomènes physico-chimiques de l’adsorption sur CAP ou
CAG et les principes de leur mise en œuvre sont décrits de
Figure 14 – Ozonation. Tour de contact avec turbine (d’après Degré- manière générale dans les dossiers [J 2 730] et [J 2 731] et l’appli-
mont – Mémento technique de l’eau 10e édition) [2] cation au traitement des eaux dans les articles [C 5 200], [G 1 171]
et [G 1 271].
Il faut noter que si les doses d’ozone sur des eaux naturelles Le charbon actif, outre son application tertiaire de fixation des
sont de l’ordre du mg/L, elles peuvent atteindre la centaine voire le composés organiques dissous de la DCO dure, peut être employé
millier de mg/L en traitement tertiaire de la DCO. lorsque l’effluent n’est pas biodégradable ou lorsqu’il contient des
éléments toxiques. Dans ce cas, il permet de retenir sélectivement
Ainsi, les diffuseurs de gaz de type poreux utilisés en eaux natu- les éléments toxiques et, par suite, de retrouver un effluent norma-
relles sont souvent remplacés par des diffuseurs qui autorisent lement biodégradable (s’il n’est pas tertiaire, cet emploi participe
une dispersion du flux gazeux plus importante par unité de volume aussi au traitement de la DCO dure). Les deux applications sont
de réacteur : utilisées dans l’exemple de la figure 17.
– turbine avec pales radiales qui aspire l’eau à traiter et la Le charbon actif en poudre se présente sous forme de particules
refoule à proximité du flux de gaz ozoné tout en cisaillant les bul- de dimensions comprises entre 10 à 50 µm et est le plus souvent
les de gaz (figure 14) ; utilisé en combinaison avec un traitement de clarification tertiaire
– diffuseur radial qui éjecte un jet turbulent gaz ozoné/eau créé (exemple de traitement du phénol et, par là même, de DCO dure,
par un hydroéjecteur (figure 15) ; dans ce dernier le gaz est aspiré, figure 24, paragraphe 9).
entraîné et dispersé dans l’eau recirculée au moyen d’une pompe. Introduit en continu dans l’effluent avec le réactif de floculation,
D’autres procédés d’oxydation existent mais ils trouvent difficile- il se trouve inséré dans les flocs et est ensuite extrait de l’effluent
ment leur place en traitement tertiaire car sont plutôt dédiés à des avec eux (boues).
débits faibles, fortement concentrés en DCO : Les avantages du CAP sont définis par :
– oxydation électrolytique ; – son moindre coût par rapport au CAG ;

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FeCl3

Bassin Membranes Adsorption sur


Tamisage Bassin organiques
biologique CAG
tampon immergées
N/DN d'ultrafiltration 2 unités mobiles

Bioréacteur à membranes organiques


ou BRMO
Débit 150 à 200 m3/j DCO < 5 mg/L
DCO 3 000 à 3 300 mg/L DCO 20 à 40 mg/L DBO < 5 mg/L
DBO 1 700 à 1 960 mg/L MEST < 1 mg/L MEST < 1 mg/L
MEST 660 à 733 mg/L NGL < 10 mg/L
NTK 70 à 80 mg/L PT < 2 mg/L
DCO 71 à 80 mg/L

L'effluent est facilement biodégradable. Le BRMO donne une eau de très belle qualité.
Cependant, le milieu naturel récepteur est particulièrement sensible et un traitement tertiaire
sur CAG est nécessaire pour satisfaire les normes de rejet sévères, notamment sur la DCO.
Garanties exigées :

DCO < 25 mg/L


DBO < 5 mg/L
MEST < 30 mg/L
NGL < 10 mg/L
PT < 2 mg/L

Figure 16 – Adsorption tertiaire sur CAG après BRMO. Effluents d’un centre international de recherche en agroalimentaire (produits laitiers)
(France). (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]

– son dosage en quantité réglable, qui peut suivre la concentra-


tion en polluants si elle est connue ;
Effluents
– son emploi qui ne nécessite qu’un investissement réduit ; il de procédé Physico-chimique
suffit de prévoir un simple poste de dosage de charbon actif ; - coagulation
Bacs tampons
– la rapidité de sa cinétique d’adsorption, une grande surface - floculation
- décantation
étant directement accessible.
Ce type d’adsorption présente aussi certains inconvénients : DCO 6 000 mg/L
– il est impossible de régénérer le CAP lorsqu’il est récupéré en Débit 30 m3 /j Matières actives(1) 4 500 mg/L
mélange avec les boues, par ailleurs, il accroît la quantité de boues DCO 30 000 mg/L MEST 30 mg/L
Matières
à évacuer ;
actives(1) 15 000 mg/L Effluents sanitaires
– il est difficile d’éliminer les dernières traces d’impuretés sans
MEST 8 000 mg/L Débit 35 m3 /j
addition d’un excès de charbon actif ;
DCO 1 000 mg/L
– pour utiliser le charbon lors des pointes de pollution, il est
indispensable d’avoir les moyens de détecter ces pointes ;
Filtres : Boues Filtres :
– on utilise donc essentiellement le CAP à l’occasion de dosages Rejet - sable activées - sable
discontinus ou de faible importance, sinon l’économie pousse à - charbon faible - charbon
utiliser des charbons actifs en grains. actif charge actif
Le CAG est employé sous forme de lit filtrant. Outre l’adsorption
qui est son rôle essentiel, le lit filtrant de CAG remplit les fonctions Débit 65 m3 /j
suivantes : DCO 70 mg/L DCO 250 mg/L DCO 1 500 mg/L
Matières Matières
– filtration : cette fonction doit être minimisée pour éviter le col- actives(1)
0,2 mg/L actives(1) 2 mg/L
matage physique du lit (les lavages de filtre à CAG sont moins MEST 10 mg/L
énergétiques donc moins efficaces que les lavages de filtre sable).
On recommande donc une filtration préalable de l’effluent (généra- (1)
Matières actives des produits finis
lement sur sable, exemple présenté figure 17, mais elle peut être
Traitement très poussé comportant quatre étages dont deux filtrations
effectuée par membranes suivant l’exemple de la figure 16 ; sur charbon actif (l'un en protection du biologique, l'autre en traitement
– support bactérien : ce phénomène participe à l’épuration de de finition), et permettant d'obtenir des résultats remarquables (rende-
l’effluent mais doit être maîtriser par une bonne gestion des ment supérieur à 99,8 % en DCO, matières actives < 0,2 mg/L soit un
lavages. Il est parfois mis à profit en traitement d’eau potable. En rendement supérieur à 99,998 %)
traitement tertiaire d’effluent industriel, son impact est difficile-
ment quantifiable ;
Figure 17 – Double mise en œuvre d’adsorption sur CAG
– action réductrice : pour mémoire, si on désire une désinfection dont tertiaire en chimie fine (France) : production de 12 500 tonnes/
avec effet rémanent de l’oxydant, elle doit toujours suivre la filtra- an de pesticides (fongicides, herbicides).
tion sur CAG. (D’après Degrémont – Mémento technique de l’eau 10e édition) [2]

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TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS __________________________________________________________________________________

Lorsqu’il est saturé, le CAG doit être régénéré. Les régénérations Les membranes se distinguent en particulier par leur seuil de
sur site ne sont qu’exceptionnelles. Dans la plupart des cas, les coupure qui les classe de la manière suivante ([G 1 330]) :
charbons font l’objet d’un contrat de régénération à façon proposé – microfiltration (seuil de coupure de 0,1 à 10 µm) : la MF arrête
par les producteurs. Il est même assez fréquent que ceux-ci pro- tout ou partie des bactéries et colloïdes, partiellement les virus.
posent, lorsque les débits à traiter le permettent, des prestations Elle a tendance à céder du terrain à l’ultrafiltration ;
de location d’unités mobiles de filtration qui sont facilement dépla- – ultrafiltration (seuil de coupure de 0,001 à 0,1 µm) : l’UF arrête
cées par camion. Quand le charbon est saturé, le camion revient tout ou partie des virus et certains composés organiques à haute
avec un second adsorbeur contenant une nouvelle charge et le masse moléculaire. Ainsi, elle peut permettre de traiter une partie
premier, après drainage, repart chez le producteur pour régénéra- de la DCO dure ;
tion. L’un des avantages de ce système est qu’il permet d’estimer – nanofiltration (seuil de coupure de l’ordre de 0,001 µm) : la NF
les besoins à long terme d’un traitement avant d’investir dans une
retient les ions multivalents et les composés organiques de masse
installation fixe.
molaire au-delà de 250 à 300 g/mol. Elle permet ainsi de traiter une
En effet, le ratio de consommation de charbon actif, classique- bonne partie des composés qui constituent la DCO dure comme
ment de 2 à 4 kg de charbon actif par kilogramme de DCO les pesticides ;
adsorbé, peut parfois être bien plus élevé. Les abattements de – osmose inverse (seuil de coupure de 0,0001 à 0,001 µm) : l’OI
DCO peuvent être estimés par des isothermes d’adsorption réali- ne laisse passer idéalement que les molécules d’eau. Elle retient
sés sur échantillons réels, la consommation de charbon est plus donc, outre les sels dissous, les composés organiques de faible
difficilement quantifiable avec précision. masse molaire. L’OI nécessite l’application de pression de l’ordre
Les lits de CAG ont des hauteurs de charbon qui peuvent varier de 20 à 80 bar suivant la salinité de l’effluent. Elle constitue une
entre 1 et 6 m. Les critères de dimensionnement donnent des excellente barrière physique à la DCO dure.
charges volumiques généralement comprises entre 0,5 et 3 volumes Un bioréacteur à membrane n’est pas un traitement tertiaire à
d’effluent par volume de charbon et par heure. proprement parler, comme déjà indiqué au paragraphe 5.2, mais
c’est un traitement secondaire qui fournit la même qualité
6.3.2 Traitement membranaire d’effluent qu’une filtration tertiaire sur membrane MF ou UF.
Ce n’est pas un traitement de la DCO dure stricto sensu non
Depuis les années 1970, les procédés de séparation par plus, notamment du fait de la barrière physique de la membrane
membranes n’ont cessé de se développer et en particulier dans le d’ultrafiltration associée qui ne retient pas la totalité des composés
domaine du traitement des eaux. Ils ont d’abord été appliqués sur les organiques.
eaux propres (eaux de distribution, eaux de procédé, dessalement
d’eau de mer) puis à partir des années 1990, sur les eaux résiduaires : Cependant, par rapport à un traitement par boues activées clas-
sique, le bioréacteur à membrane permet une meilleure élimina-
– en traitement tertiaire généralement en vue de la réutilisation et/
tion de la DCO difficilement biodégradable pour au moins deux
ou du recyclage de ces eaux résiduaires urbaines et industrielles ;
raisons :
– en bioréacteur à membrane, en couplant un bioréacteur avec
des membranes MF ou UF, organiques ou minérales, séparées ou – l’âge des boues généralement plus élevé (du fait d’une concen-
intégrées, immergées ou sous pression [G 1 300]. tration plus forte en biomasse) permet de développer des souches
bactériennes à faible taux de croissance, adaptées à des molécules
Actuellement, les projets associant des membranes sont de plus
difficilement biodégradables ;
en plus nombreux et de forte taille, notamment dans les régions à
– certaines macromolécules sont retenues par les membranes,
fort stress hydrique, en dessalement et en traitement d’eaux rési-
et les micro-organismes disposent de plus de temps pour les
duaires.
dégrader.
Les différents types de membranes et principes de mise en
œuvre sont largement décrits dans différents documents des Tech- C’est donc la nanofiltration et l’osmose inverse qui sont les tech-
niques de l’Ingénieur. On pourra se reporter aux articles généraux niques membranaires tertiaires plus spécifiquement dédiées à la
sur le traitement des eaux ([G 1 171], [G 1 271] et [C 5 200]), aux séparation de la DCO dure. Ces techniques nécessitent des prétrai-
dossiers [G 1 300] et [C 5 220] pour les bioréacteurs à membrane, à tements poussés et sont généralement associées à une ultrafiltra-
l’article [W 4 120] dédié uniquement à la filtration membranaire tion en amont. Leur utilisation doit, pour être rentable,
des eaux, et au dossier [G 1 330] pour la réutilisation et le recy- s’accompagner d’un recyclage ou d’une réutilisation de l’eau trai-
clage. On trouvera aussi tous les principes et applications des tée qui est d’excellente qualité.
membranes dans la référence [2]. C’est le cas des exemples présentés dans les figures 18 et 19.

Prétraitements par Osmose inverse


Bioréacteur à membranes 2 passes Eau qualité
décarbonatation à la chaux Membranes organiques alimentation
sur DENSADEG et stripping Éliminateur de
d'UF immergées CO2 entre chaudière
d'ammoniaque

Débit 15 m3/h Débit 15 m3/h Débit 10 m3/h


DCO 25 à 40 000 mg/L DCO < 400 mg/L DCO < 10 mg/L
DBO 7 à 10 000 mg/L DBO < 10 mg/L DBO < 1 mg/L
MEST 35 000 mg/L MEST < 1 mg/L MEST < 1 mg/L
NTK 2 000 mg/L NTK 50 à 100 mg/L NTK < 10 mg/L
PT 300 mg/L PT 50 mg/L PT < 1 mg/L
Salinité totale 21 000 mg/L Salinité totale < 5 mg/L

Figure 18 – Osmose inverse tertiaire sur digestats de déchets organiques (Belgique). 150 000 tonnes/an de déchets issus du traitement
de la pomme de terre et d’autres industries agroalimentaires. (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]

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__________________________________________________________________________________ TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS

Membranes
Bassin tampon organiques Bassin Biofiltration Prétraitements
eau ultrafiltrée immergées tampon
d'ultrafiltration

Débit 550 m3/h


Salinité totale 20 000 mg/L
DCO 80 mg/L
DBO 10 mg/L
MEST 10 mg/L
BTEX 300 µg/L
MTBE 1 200 µg/L
n-hexane 400 µg/L

BTEX : benzène, toluène, éthylbenzène, xylènes (ortho, méta et para)


MTBE : méthyl tertiobutyl éther

Osmose inverse Osmose inverse


1re passe 2e passe
Utilisation en
Bassin tampon
désionisation
eau osmosée
existante

Débit 350 m3/h


Salinité totale 10 mg/L

Bassin tampon Traitement sur


double étage Rejet en mer
eau concentrée de CAG

Débit 200 m3/h


Salinité totale 55 000 mg/L
DCO 160 mg/L
DBO 40 mg/L
MEST 80 mg/L
BTEX 50 µg/L
MTBE 500 µg/L
n-hexane 100 µg/L

Figure 19 – Ultrafiltration et osmose inverse en tertiaire sur effluent de raffinerie (Italie). (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]

Dans le cas des digestats de la figure 18, la DCO résiduelle, de rejet en DCO. Il est nécessaire que la DCO dure soit suffisamment
400 mg/L en sortie du bioréacteur à membrane, ne permet pas un sous forme colloïdale pour être piégée avec une coagulation de
rejet en milieu naturel. L’élimination de cette DCO dure sur OI bonne qualité, sachant qu’en parallèle une partie de DCO pure-
permet de produire une eau de qualité pour l’alimentation des ment soluble peut être adsorbée sur les flocs. Dans la pratique,
chaudières. seuls des essais de type jar test permettent de valider l’efficacité
Dans le cas des effluents de raffinerie de la figure 19, le traite- du traitement et de définir les doses de réactifs à mettre en œuvre.
ment tertiaire par UF puis OI produit une eau de qualité adaptée à
une désionisation sur une unité existante. Par ailleurs, l’association
de filtres à charbon actif sur les concentrats limite les rejets de
polluants organiques en milieu naturel.
7. Décoloration
6.3.3 Autres traitements
La couleur vraie après filtration est due à la présence de subs-
Parmi les autres procédés séparatifs existants, on peut citer, tances dissoutes (matières organiques, dérivés nitrés) ou colloïda-
pour mémoire, l’évapo-concentration. Cependant, celle-ci trouve les (pigments, sulfures). Il n’y a pas toujours de relation entre la
difficilement sa place en traitement tertiaire car elle est plutôt couleur et la concentration en matières organiques. Elle est mesu-
réservée à de faibles débits fortement concentrés en DCO. rée par comparaison à une solution de référence (platine-cobalt)
Dans un autre ordre d’idée, il peut arriver qu’un traitement ter- dont l’unité de concentration, exprimée en mgPt-Co/L, est aussi
tiaire physico-chimique soit suffisant pour satisfaire la norme de appelée degré Hazen (méthode normalisée : NF EN ISO 7887).

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TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS __________________________________________________________________________________

L’arrêté du 2 février 1998, relatif aux émissions de toute nature


des installations classées pour la protection de l’environnement
Prétraitement
soumises à autorisation, fixe que la modification de la couleur du - tamisage
milieu récepteur, mesurée en un point représentatif de la zone de - dessablage/
mélange, ne dépasse pas 100 mgPt-Co/L. dégraissage Boues activées
- tampon O2 pur
Les industries textiles et papetières sont les plus concernées par - neutralisation
le traitement de la couleur de leurs effluents. - décantation
Le traitement biologique des eaux usées élimine une partie de la Débit 15 000 m3 /j DCO 180 mg/L
couleur par biodégradation et par adsorption des colorants sur les DCO 780 mg/L DBO5 15 mg/L
boues floculées (40 à 50 % sur effluents textiles) ce qui n’est géné- DBO5 210 mg/L MES 40 mg/L
ralement pas suffisant. off gas O2
MES 80 mg/L réutilisé en biologie
Il existe divers types de colorants, parmi lesquels les colorants
acides, métallifères, dispersés, directs, au soufre, cationiques, de
cuve, réactifs... Rejet
Ozonation Filtres à sable
Ainsi, la composition des eaux résiduaires est extrêmement
variable en qualité et quantité suivant les types de colorants utili-
sés et leur degré d’épuisement, ainsi que la nature des différentes DCO 60 mg/L
opérations consommatrices d’eau (vidange de bains, lavage, DBO5 10 mg/L
rinçage). MEST 12 mg/L O3 à partir d'O2
Couleur 25 mg Pt-Co/L 25 g/m3 d'eau
Le choix de la technique de traitement doit bien évidemment
tenir compte de cette composition.
- Importante station centralisée traitant les rejets de douze usines
La séparation physico-chimique intégrant coagulation et flocula- textiles + rejets urbains
tion est réservée aux colorants au soufre et dispersés. - Utilisation de techniques performantes :
* Boues activées à l'O2 pur
Les techniques membranaires sont possibles mais se heurtent à * Ozonation de l'eau traitée (réduction de la DCO dure et surtout de
des problèmes de colmatage. Elles peuvent trouver un intérêt fort la couleur résiduelle : < 25 mg Pt-Co/L)
dans l’optique du recyclage du colorant, il faut alors ségréger
l’effluent qui contient le colorant.
Figure 20 – Décoloration. Effluents mixtes usines textiles et urbains
Les colorants cationiques, métallifères et acides sont très bien (France) (d’après Degrémont - Mémento technique de l’eau 10e édition) [2]
décolorés par adsorption sur charbon actif.
Les colorants directs, au soufre, dispersés et réactifs sont
moyennement décolorés ou le sont avec des doses massives en
charbon actif. Traitements tertiaires :
Les colorants de cuve sont mal adsorbés. filtration + ozonation

L’utilisation du charbon actif en poudre dans un séparateur


physico-chimique tertiaire ou dans le traitement biologique secon-
daire peut être notamment une application intéressante en tant
que solution discontinue, lorsque les effluents sont temporaire-
ment colorés. La mise en œuvre de charbon actif en grains sous
forme de lit filtrant est aussi une possibilité [G 1 271].
L’oxydation est une autre possibilité, et l’ozone a fait ses preu-
ves depuis la réalisation industrielle par Degrémont pour la ville
du Prato en Italie, dont l’effluent est issu à 70 % de teintureries et à
30 % de rejets urbains ([G 1 330] et [4]).
Avec l’ozone, la décoloration est en général bonne et assez
rapide sauf pour les colorants dispersés et de cuve. Un exemple en Figure 21 – Station de traitements d’effluents mixtes
(usines textiles et rejets urbains) : décoloration par filtration
est donné sur la figure 20 et la figure 21. et ozonation (France) (d’après Degrémont - Mémento technique de l’eau
10e édition) [2]

8. Désinfection – en réutilisation pour des opérations de lavage (sols,


camions...) ;
– en réutilisation pour des eaux de refroidissement ;
8.1 Pourquoi désinfecter ? – en recyclage en tant qu’eau de procédé.

La désinfection des eaux résiduaires est une nécessité dans le Nota : suivant l’arrêté du 13 décembre 2004, relatif aux installations de refroidisse-
ment par dispersion d’eau dans un flux d’air soumises à autorisation au titre de la
cas de rejets à proximité de prises d’eau pour la production d’eau rubrique no 2921 de la nomenclature des installations classées, et suivant les prescrip-
potable, de zones de baignade, de zones sensibles vis-à-vis de tions générales pour les installations du même type soumises à déclaration, l’eau
l’environnement ou d’établissements piscicoles et conchylicoles. d’appoint doit respecter les limites suivantes :
Legionella sp. < seuil de quantification de la
Elle s’impose aussi dans le cas de la réutilisation d’eaux traitées technique normalisée utilisée
en irrigation, cas de plus en plus souvent rencontré pour les Numération de germes aérobies revivifiables à 37 oC < 1 000 germes/mL
effluents urbains dans des zones à fort stress hydrique. MEST < 10 mg/L

A fortiori elle peut s’imposer en milieu industriel, notamment La désinfection permet d’éliminer les micro-organismes patho-
pour protéger les opérateurs qui peuvent être en contact avec gènes de l’eau. Quelques germes banals peuvent cependant
l’eau ou des aérosols : subsister, car la désinfection n’est pas une stérilisation (stérilisa-
– en réutilisation pour des opérations d’arrosage ; tion = destruction de tous les germes présents dans un milieu).

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La désinfection des eaux implique deux effets différents Par contre, ce traitement ne présente pas d’effet rémanent et
[W 5 500] : doit être couplé avec le chlore, par exemple, lorsque cet effet est
– effet bactéricide : capacité de destruction des germes ; recherché. Il est possible toutefois de s’en passer lorsque le réseau
– effet rémanent : effet du désinfectant qui se maintient dans l’eau de distribution jusqu’au point d’utilisation est court et bien entre-
et qui permet de garantir sa qualité bactériologique jusqu’à son lieu tenu. Le couplage avec le chlore est intéressant pour la réutilisa-
de distribution : c’est à la fois un effet bactériostatique contre les tion en eaux de refroidissement : traitement aux UV de l’eau
reviviscences bactériennes et un effet bactéricide contre des pollu- d’appoint et chloration du circuit fermé.
tions faibles et ponctuelles pouvant survenir dans le réseau.
Les micro-organismes présents dans les eaux résiduaires après 8.3 Désinfection par ultraviolets
traitement secondaire sont :
Le terme « UV » est utilisé pour les radiations du spectre électro-
– les espèces microbiennes présentes dans les eaux usées et dont
magnétique de longueurs d’onde situées entre le visible et les
l’élimination est loin d’être complète dans les étapes primaires et
rayons X, soit de 100 à 400 nm.
secondaires. Lorsque la désinfection des eaux est recherchée, il peut
être intéressant de séparer les effluents purement industriels de l’usine La région entre 200 et 400 nm est divisée en 3 parties :
des effluents sanitaires, à diriger vers le réseau de collecte urbain, pour – les UVA, de 320 à 400 nm ;
limiter la présence des micro-organismes d’origine fécale ; – les UVB, de 290 à 320 nm ;
– les espèces microbiennes apportées par l’environnement exté- – les UVC, de 200 à 290 nm : l’action germicide des UV est prin-
rieur (oiseaux, air ambiant...) ; cipalement rencontrée dans cette plage de longueurs d’onde, avec
– les micro-organismes épurateurs qui s’échappent inévitable- une efficacité maximale à 254 nm.
ment, même en faible quantité, de l’eau traitée soit au sein des L’action germicide des ultraviolets est essentiellement localisée
flocs rejetés avec l’effluent soit sous forme dispersée dans la au niveau des molécules d’ADN et d’ARN. Cela conduit à un blo-
phase soluble de l’effluent pour les bactéries. cage de la réplication du matériel génétique, à l’arrêt de la multipli-
Ceci n’est cependant pas vrai avec le bioréacteur à membrane cation cellulaire et à la mort des cellules. Si un micro-organisme
(paragraphe 6.3.3). Parmi les traitements secondaires, avec la mise ne peut pas se reproduire, il est considéré comme mort.
en place de membranes d’ultrafiltration de seuil de coupure de Les sources lumineuses utilisées en désinfection par UV sont
0,01 µm environ, le bioréacteur à membrane permet d’assurer l’éli- des lampes à vapeur de mercure, métal choisi car il présente une
mination totale (désinfection physique) des bactéries, des proto- raie de résonance à 253,7 nm, ce qui est très proche de la bande
zoaires et des virus. Il faut toutefois pouvoir vérifier en d’efficacité optimale pour la désinfection.
permanence l’intégrité des membranes. L’apparence et le fonctionnement des lampes UV sont similaires à
Hormis ce cas, il faut donc mettre en place une désinfection. ceux de lampes fluorescentes. Chaque lampe est placée dans une
gaine de quartz, transparente aux rayonnements UV. Une décharge
électrique entre les deux électrodes de la lampe provoque l’excita-
8.2 Désinfectants usuels tion des atomes de mercure, qui émettent des radiations.
en eaux résiduaires Il existe essentiellement deux types de lampes utilisés en traite-
ment de désinfection des eaux résiduaires : les lampes basse pres-
Le tableau 6 rappelle les qualités de chacun des désinfectants sion et les lampes moyenne pression. La puissance UVC dissipée
les plus communs sur des eaux résiduaires traitées. par une lampe moyenne pression est plus importante que celle
fournie par une lampe basse pression, mais son rendement (puis-
■ Le chlore est de moins en moins employé seul car il exige une sance UVC/puissance consommée) est moindre.
bonne qualité d’eau quant à la teneur en matières organiques et Les lampes peuvent être disposées à l’horizontale ou à la verti-
un temps de contact de trente minutes environ. Par ailleurs, il peut cale par rapport à l’écoulement de l’eau.
générer des sous-produits nocifs. Il reste cependant utile lorsque Les réacteurs de mise en œuvre sont de deux types :
l’effet rémanent est recherché. Dans ce sens il s’impose quasiment
– fermés sous forme de chambre sous pression : ils sont réser-
toujours pour la réutilisation en irrigation. Pour limiter ses
vés aux eaux potables ou résiduaires avec une très bonne trans-
inconvénients, il peut être avantageusement couplé aux UV en
mittance (supérieure à 85 %),
intervenant en aval pour accomplir cet effet.
– ouverts en canal (figure 22), ces réacteurs comprennent un ou
■ L’ozone a un meilleur pouvoir germicide que le chlore, mais n’a plusieurs canaux parallèles ; plusieurs modules sont disposés en
pas d’effet rémanent. Il génère aussi des sous-produits nocifs et se série et en parallèles dans les canaux ; chaque module comprend
consomme sur les matières organiques résiduelles. Malgré son une série de lampes et gaines de quartz (figure 23). Ce sont les
excellent pouvoir germicide, son utilisation dans l’application réacteurs les plus souvent utilisés en eaux résiduaires.
d’une désinfection seule est assez peu développée car elle néces- Il est nécessaire de prévoir systématiquement un système de
site des investissements importants. nettoyage mécanique des gaines de quartz, et de le compléter par
un nettoyage chimique périodique. Dans le cas des réacteurs
■ La désinfection UV présente les avantages suivants : ouverts, un nettoyage à l’air surpressé facilite l’entretien des
– faible temps nécessaire à l’inactivation des pathogènes ; canaux et des modules.
– quasi-absence de sous-produits ;
– très large gamme de pathogènes concernés ; La transmittance UVC est le rapport de l’irradiance (flux UVC
– pas de produit chimique à introduire et donc pas de stockage reçu par une surface infinitésimale) transmise à l’irradiance
de produits dangereux. incidente à travers une lame d’eau de 1 à 5 cm.

Tableau 6 – Qualités de désinfection Afin d’assurer une bonne efficacité du traitement de désin-
fection par ultraviolets, l’effluent à traiter doit avoir les caracté-
Effet O3 Cl2 UV ristiques suivantes en entrée :
Bactéricide + virulicide +++ ++ ++ – MEST < 30 mg/L voire 10 lorsque les exigences sont
poussées ;
Kyste de protozoaire + 0 +++ – transmittance (sur échantillon non filtré) > 45 % ;
Rémanence 0 + 0 – fer total < 1 mg/L.

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Portique

Module relevé
pour entretien

Réacteurs

Écoulement des canaux


Figure 22 – Système de désinfection Aquaray 40 (Ozonia). Station
d’épuration urbaine (USA - Californie)

Figure 23 – Module Aquaray HO 40 (Ozonia). Lampes UV verticales


de nouvelle génération, basse pression et haute densité
La désinfection UV sera d’autant plus efficace et économique
que la DCO sera faible et le taux de MEST peu élevé.
Un traitement de filtration tertiaire peut être nécessaire en
amont du traitement UV. Les rôles de la filtration tertiaire avant UV
9. Traitement de composés
sont les suivants : spécifiques
– réduction de la turbidité et donc de l’absorbance de l’effluent,
évitant un surdimensionnement du traitement UV ;
– rétention des matières en suspension permettant un lavage
9.1 Traitement des métaux
moins fréquent des lampes UV ; et métalloïdes
– rétention d’agents pathogènes non affectés par un traitement
UV, tels les œufs d’helminthe (vers parasites chez l’homme). La nécessité d’un traitement tertiaire de métaux ou métalloïdes
en aval d’un traitement primaire physico-chimique et secondaire
Le tableau 7 présente un cas de traitement sur effluent urbain. biologique est assez peu fréquente.

Tableau 7 – Désinfection UV (Ozonia) sur station côtière


de traitement d’eaux résiduaires urbaines (France) (1)
En amont du chenal de désinfection En aval du chenal de désinfection Abattement
(U/100mL) (U/100mL) (u log) (2)
Strepto- Strepto- Strepto-
Coliformes Coliformes Coliformes Coliformes Coliformes Coliformes
Bactéries coques coques coques
totaux fécaux totaux fécaux totaux fécaux
fécaux fécaux fécaux
moyenne
6,8e4 3,0e4 5,7e3 121 31 120 2,8 3,1 2,8
arithmétique
minimum 1,5e4 8,0e3 1,2e3 8 2 1 1,9 1,9 2,0
maximum 2,0e5 7,5e4 1,3e4 500 120 60 4,1 3,8 3,8
(1) Débit moyen 500 m3/h.
Équipement Aquaray 40 vertical (Ozonia).
Nombre de lampes 200.
Type de lampes moyenne pression.
Type de montage en canal ouvert.
Arrangement 5 modules en série.
Module 40 lampes verticales disposées en quinconce.
Dose UVC 35 mJ/cm2.
(2) u log : unité logarithmique.

( )
abattement u log = log
nombre de germes avant traitement
nombre de germes après traitement

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__________________________________________________________________________________ TRAITEMENTS TERTIAIRES DES EFFLUENTS INDUSTRIELS

Généralement, les effluents qui nécessitent un traitement des composés organiques. Pour l’élimination des métalloïdes (arsenic,
métaux et/ou métalloïdes sont issus d’industries les utilisant antimoine, bore) il faut avoir recours à des filtrations sur adsor-
comme matières premières : bants spécifiques de type oxydes métalliques tels que les alumines
– métallurgie et hydrométallurgie ; activées ou les oxyhydroxydes de fer, pour une bonne efficacité.
– traitement de surface ;
– industries automobile et mécanique ; ■ NF ou OI
– industries minières.
Ces techniques de séparation membranaire sont évidemment
Ces effluents ne subissent usuellement pas de traitement bio- applicables mais elles ne constituent pas un traitement spécifique.
logique. Par conséquent, on ne peut parler de traitement tertiaire Elles nécessitent, par ailleurs, un prétraitement adapté.
comme on l’entend dans cet article.
Toutefois, après des étapes élémentaires d’oxydation, de réduc-
tion, de neutralisation puis de précipitation, la séparation s’effec- 9.2 Traitement de certains anions
tuant le plus souvent dans un décanteur, les quantités résiduelles
en métaux et/ou métalloïdes sont faibles mais peuvent néanmoins
nécessiter un traitement complémentaire. À titre d’exemple, des solutions de traitement des ions nitrates
NO −3 , non biologiques, sont présentées dans le tableau 5
Les techniques applicables sont des techniques séparatives. (paragraphe 4.4).
■ Filtration tertiaire Pour d’autres anions, même s’ils sont séparables par précipita-
Pour réduire les concentrations en métaux rejetés, il faut éli- tion comme les ions sulfates SO 2−4 , s’il faut atteindre des valeurs
miner totalement les MEST qui, la plupart du temps, sont des très basses, la séparation par nanofiltration bien que non spécifi-
hydroxydes desdits métaux. Il peut aussi être nécessaire de dimi- que est possible ; il en est de même pour l’échange d’ions.
nuer préalablement la fraction soluble de ces métaux par adjonc-
tion d’un produit chimique insolubilisant (sulfures organiques,
phosphates...). La filtration sur sable, sous pression, donne alors 9.3 Traitement de composés spécifiques
de très bons résultats. Une coagulation sur filtre peut être néces-
saire. organiques
■ Résines échangeuses d’ions de finition Les composés spécifiques organiques réfractaires au traitement
Cette technique se met en place comme la filtration tertiaire, et biologique constituent la DCO dure des effluents dont le traitement
souvent derrière un filtre à sable pour éviter tout colmatage pré- tertiaire est exposé au paragraphe 6.
maturé des résines. Il s’agit de piéger les métaux résiduels
solubles sur des résines spécifiques (en général cationiques). On Dans la figure 17 (paragraphe 6.3.3), on a vu un cas de traite-
emploie alors deux échangeurs en série afin d’obtenir la capacité ment des pesticides (fongicides, herbicides) par deux étages
maximale de concentration des métaux sur le premier et une d’adsorption sur CAG.
bonne finition sur le second. Les éluats de régénération sont Les détergents sont notamment présents dans les industries tex-
retournés en tête de station. On peut ainsi obtenir des rejets de tiles et leur traitement par l’ozone est effectif dans l’exemple de la
quelques ppb, quels que soient les métaux concernés. figure 20 (paragraphe 7). Une adsorption sur CAG serait égale-
■ Adsorption ment envisageable.
Certains métaux lourds comme le zinc ou le cuivre sont adsor- Un cas de traitement d’hydrocarbure soluble, le phénol, est
bés sur charbon actif, parfois parallèlement à l’adsorption des donné dans la figure 24.

Bassin Traitement secondaire Traitement tertiaire


Traitement primaire
tampon Boues activées avec Flottation avec
Flottation
clarificateur injection de CAP

CAP 100 à 200 mg/L


30 minutes
de temps de contact

Phénols 8 à 24 mg/L MEST 10 à 500 mg/L MEST < 35 mg/L


Phénols 2 à 6 mg/L Phénols < 0,3 mg/L

Débit 100 m3/h

Figure 24 – Adsorption tertiaire sur CAP mis en œuvre sur une aéroflottation. Effluents d’industrie chimique -
fabrication d’additifs pétroliers (France). (Document Ondeo Industrial Solutions) [1]

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