INTRODUCTION
INTRODUCTION GENERALE
GENERALE
1. Contexte et justification du thème
Dans la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), le
Cameroun est le pays dont le système bancaire est le plus étoffe en termes d'établissements
bancaires. Les banques commerciales Camerounaises jouent un rôle important dans la
mobilisation de l’épargne et l’allocation des ressources financières d’une manière efficiente à
travers leurs activités traditionnelles et leurs fonctions d’intermédiations qu’elles occupent
entre les dépositaires et les emprunteurs. Selon A. VEYRENC (1997), « la banque apparaît
comme le trait d'union entre le travail en quête de capitaux pour produire, et le capital en quête
de travail pour fructifier ». Pour Philippe GARSUALT et Stéphanie PRIAMI (1999), « sont
regroupées dans la catégorie des banques, l'ensemble des personnes morales qui effectuent à
titre de profession habituelle les opérations suivantes : la réception des dépôts de la clientèle,
accorder des crédits à tout type de clientèle et pour toute durée, mettre en place et gérer les
moyens de paiement, effectuer des opérations connexes à leur activité principale : change,
conseils et gestion en matière de patrimoine pour les particuliers, conseils et gestion au service
des entreprises ». Ainsi elles se trouvent au centre du circuit financier et influencent d’une
manière directe et indirecte le développement de l’économie nationale.
En effet, les réformes introduites par le comité de BALE en 1988 et le règlement COBAC
R-2001/07 relatif aux établissements de crédits, ont orienté l’économie Camerounaise vers une
amélioration du système financier en générale et du système bancaire en particulier pour non
seulement aboutir à une économie réelle moderne, libérale et efficace mais aussi assurer une
croissance économique forte et durable.
Dans le cadre de ces réformes, des stratégies ont été menées par les banques
Camerounaises visant à renforcer le rôle de la « banque prêteuse » afin d’offrir à la clientèle les
crédits les plus adaptés à ses besoins de financement. Ces stratégies si elles sont bien traitées,
et managées, permettraient aux établissements de crédits de réaliser des rendements élevés tout
en respectant les règles prudentielles fixées par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale
(BEAC) en termes de solvabilité du système bancaire, sont une condition critique pour le bon
fonctionnement du système financier.
En outre, il faut noter que l’opération d’octroi de crédit constitue le métier de base d’un
établissement de financier selon Charles Petit – Dutaillis (2002) « faire crédit c’est faire
confiance, mais c’est aussi donner librement la disposition effective et immédiate d’un bien réel
ou d’un pouvoir d’achat, contre la promesse que le même bien ou l’équivalence vous sera
restitué dans un certain délai, le plus souvent avec la rémunération du service rendu et du danger
couru, danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service ».
Néanmoins, toute opération de crédit présente des risques dont le plus saillant est celui
d’insolvabilité appelé risque de crédit ou de contrepartie c’est-à-dire la possibilité que le client
emprunteur ne respecte pas ses engagements pour des raisons diverses. Le risque de crédit
réside donc au cœur des préoccupations bancaires. NALLEAU Gérard et ROUACH Michel
(1998) désignent le risque comme « un engagement portant une incertitude dotée d’une
probabilité de gain et de préjudice, que celui-ci soit une dégradation ou une perte ». La banque
doit donc veiller à ce que tout risque liés à son activité de crédit soit identifier, géré et maitrisé,
pour garantir sa rentabilité et par conséquent sa pérennité.
Ainsi, la finalité de chaque établissement financier étant de dégager des gains à partir du
crédit qu’il octroie ; il se doit donc de bien gérer cette opération pour qu’elle soit rentable. De
ce fait, le banquier doit mener une étude efficace, prudente et préalable avant d’accorder le
crédit à sa clientèle. Par conséquent, la méthode d’étude diffère d’un type de crédit à un autre
mais en général tous ces types de crédit s’appuient le même principe prudentiel. De ce fait, la
marge d'intermédiation constitue une composante non négligeable de la rentabilité des banques.
Dans ces conditions, le déterminant de la stabilité du système bancaire se ramène en dernière
analyse à optimiser l'octroi de crédit ; cette activité pourvoyeuse de ressources est par excellence
source de risque. En effet, faire du crédit génère des risques de contrepartie que les
établissements de crédit camerounais doivent évaluer à leur juste valeur et les gérer afin
d'atteindre leurs objectifs de rentabilité qui est son aptitude à dégager de son exploitation des
gains suffisants, après déduction des couts nécessaires à cette exploitation, pour poursuivre
durablement son activité et d'assurer leurs pérennités.
2. Problématique
Dans le but de jouer efficacement leur rôle dans l’économie, les établissements bancaires
doivent être rentables. Cette rentabilité est importante car elle permet aux banques d’assurer
convenablement leur mission d’intermédiation et contribue aux renforcements de leur solidité
financière et à la stabilité du système financier. D’une manière très pratique, Nouy (1993)
considère que la rentabilité d’un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de
son activité d’exploitation des gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette
exploitation, pour poursuivre durablement son activité.
La théorie de rentabilité développée par Ho et Saunders (1981) mettant en avant le
comportement de maximisation de profit des banques, considère que la rentabilité est inhérente
aux banques et déterminante dans leurs prises de décisions. C’est dans ce sillage qu’en principe,
les banques ne s’engagent qu’à soutenir financièrement les projets d’investissement et à faire
une planification de leurs activités sur lesquelles elles espèrent tirer un profit maximum, Duport
et al, (2010).
Dans la littérature économique, plusieurs facteurs sont à l’origine de l’évolution de la
rentabilité d’une banque, il s’agit des facteurs aussi bien internes qu’externes aux banques. Les
facteurs qui sont internes aux banques relèvent de leurs conditions de fonctionnement or les
facteurs externes sont liés à l’environnement dans lequel évolue la banque. Dans leur étude,
Mansouri et Afroukh (2009) considère trois types de facteurs : organisationnel ou managériaux
bancaires, macro-financier et macro-économique.
Afin d’atteindre leurs objectifs de rentabilité, les décideurs au sein de la banque doivent
être à même d’appréhender les variables qui influent sur leurs rentabilités, de mesurer leurs
grandeurs, de prévoir leur évolution et de contrôler les résultats. L’activité bancaire est
confrontée à une multitude de risques qui peuvent affecter sa rentabilité, tels que le risque de
marché, le risque de liquidité, le risque de crédit, le risque de taux d’intérêt, de change, juridique
etc… Celui qui fait l’objet de notre étude ici c’est le risque de crédit.
Une banque qui prête à un état risqué, une personne physique ou une personne morale
risquée, prend le risque de ne pas récupérer l’intégralité du principal de son prêt. On peut dès
lors se demander :
Quelle est la stratégie adoptée par une banque commerciale au Cameroun en matière
de gestion de risque de crédit pour assurer sa rentabilité ?
Cette problématique principale sous-entend plusieurs problématiques afin d’approfondir
en détail le sujet :
Quels sont les différents types de crédits accordés à la clientèle bancaire et les risques
inhérents ?
Quelles sont les différents déterminants qui permettent d’évaluer la rentabilité
bancaire ?
Quels sont les impacts des stratégies de gestion du risque de crédit sur la rentabilité
bancaire ?
3. Objectifs et Hypothèses
De ce fait, l’objectif du choix de notre thème se situe à trois niveaux :
• Tout d’abord connaitre la relation banque client en matière d’octroi de crédit au
sein d’une banque commerciale,
• ensuite, connaitre l’importance du portefeuille client des banques, qui est l’un des
principaux facteurs de leurs performance,
• et enfin évaluer l’impact de la gestion des crédits sur la rentabilité au sein d’une
banque commerciale.
Pour pouvoir atteindre les différents objectifs suscités, nous formulons l’hypothèse principale
selon laquelle :
H : Une bonne gestion du risque de crédit assure la rentabilité bancaire au Cameroun. De cette
hypothèse découlent deux hypothèses secondaires à savoir :
• H0 : Plus une banque met en œuvre des pratiques de gestion du risque de crédit
sophistiquées et rigoureuses, plus sa rentabilité est susceptible d'être élevée.
• H1 : L'adoption de politiques de crédit strictes et d'une surveillance proactive du
portefeuille de crédit contribue à réduire les pertes sur prêts et à améliorer la rentabilité
bancaire.
4. Intérêt de la recherche
L’intérêt de notre recherche se reparti en trois points essentiels :
• En premier lieu, sur le plan scientifique ce qui nous permettra d’avoir davantage
des connaissances sur le fonctionnement bancaire et la relation banque-client ;
• en second lieu sur le plan professionnel ce qui nous permettra de savoir mettre en
pratique nos différentes connaissances et de les inscrire dans le contexte dans
lequel nous nous trouvons ;
• enfin sur le plan social ce qui va nous permettre d’avoir une vue sur la vie en
entreprise afin de pouvoir s’y intégrer facilement.
5. Méthodologie
Ainsi pour mener à bien notre recherche afin d’apporter les réponses aux questions ci-
dessus, nous allons utiliser un certain nombre d’outils :
Pour mobiliser et analyser les données, nous avons utilisé différentes techniques, pour
collecter des informations afin de mieux comprendre le milieu de la gestion du risque de crédit.
Nous avons à la fois rassemblé des données théoriques et pratiques, pour obtenir une vue
d’ensemble globale afin de mener une analyse claire et précise. Pour mobiliser les informations,
nous avons choisi de nous concentrer sur quatre méthodes :
• L’entretien,
• l’observation,
• l’analyse documentaire,
• l’analyse descriptive et analytique,
• et le questionnaire.
Ces éléments sélectionnés semblent être les plus pertinents pour obtenir une quantité
d’informations suffisante et fiable (Voir annexe 1).
L’entretien aussi appelé interview, est la méthode qui nous a permis de collecter le plus
de données pour répondre à nos interrogations. Selon LEMANT OLIVIER (1995) « Il s’agit
d’une technique de recueil d’informations qui permet l’explication et le commentaire, et donc
apporte une plus-value importante à la collecte des informations factuelles et des éléments
d’analyse ». Les réponses très intéressantes obtenues lors des entretiens apportent des
précisions sur des situations concrètes vécues par le personnel.
L’observation permet de voir sur le terrain les différents incidents rencontrés
quotidiennement par la banque. « Cette technique se définit comme la constatation de la réalité
instantanée de l’existence et du fonctionnement d’un processus, d’un bien, d’une transaction ou
d’une valeur. Elle consiste essentiellement en la vérification détaillée d’un descriptif donné.
Elle doit permettre de porter un avis sur l’état physique et/ou du fonctionnement apparent d’un
bien à l’instant de l’observation » selon LEMANT OLIVIER (1995).
La méthode documentaire qui nous présentera les indicateurs de gestion des crédits, de la
rentabilité afin de démontrer les liens qui les rattachent. L’analyse documentaire passe par la
collecte des différents documents internes à la banque afin de comprendre son organisation dans
la gestion du risque de crédit. Le regroupement de ces informations, nous donne des
connaissances globales pour mieux appréhender le processus de gestion des risques. Certaines
données ont un caractère confidentiel ce qui limite l’exploitation des informations sensibles au
niveau bancaire.
La méthode descriptive et analytique qui nous permettra d’observer, de décrire et
d’analyser l’évolution des différents indicateurs de rentabilité au sein de la BGFI Bank
Cameroun.
Le questionnaire est un outil permettant d’avoir le point de vue des audités afin de trouver
des pistes d’améliorations ou de consolidations. A travers ces résultats les forces et les
faiblesses de l’organisation deviennent identifiables. La finalité de cette technique permet
d’analyser les opérations qui reflètent un degré de risque et d’établir un diagnostic par rapport
aux données collectées.
6. Plan de travail
A cet effet, nous allons faire une présentation en trois grands chapitres.
Le chapitre 1 élucider les crédits bancaires et leur méthode de gestions appliquée
quotidiennement dans le milieu bancaire dans lequel nous commencerons d’abord par une
approche générale du fonctionnement bancaire, ensuite une approche générale du crédit
bancaire et leur méthode de gestion enfin les risques liés à l’octroi des crédits bancaires et leur
moyen de couverture,
Le chapitre 2 visera à montrer l’effet de la gestion du risque de contrepartie sur la rentabilité
bancaire. Ceci va nécessiter une présentation et définition de la rentabilité dans son aspect
économique et financier, ses différents déterminants et enfin pour pouvoir déterminer l’impact
de la gestion du risque de crédit, nous avons effectué une étude comparative de deux grandes
banques privées Camerounaise à savoir BGFI Bank Cameroun et Afriland First Bank Cameroun
sur une période de 2020 à 2022,
Le chapitre 3 sera élaboré autour d’une recherche empirique au niveau de la BGFI Bank
Cameroun où nous avons commencé par présenter cette banque, détailler sa stratégie de gestion
des crédits avec l’illustration d’une demande d’un crédit d’exploitation par une personne morale
et enfin déterminer son impact sur sa rentabilité durant la période de 2022 à 2023.