Cours d’hydrogéologie
Cycle hydrologique et bilans en eau d’un bassin: Ière partie
Plan du cours
Notions de cycle hydrologique
Mesure des paramètres clés du bilan hydrologique
I. Notions de cycle hydrologique
1/6. Généralités
Cycle hydrologique global décrivant la série de processus et d’états affectant l’eau
Précipitations
Stockages
Evaporation
Ruissèlement
Infiltration
I. Notions de cycle hydrologique
2/6. Paramètres clés ...
Précipitations
Evaporation Météorologie
Interception
Evapotranspiration Hydrologie de surface
Ruissèlement
Infiltration dans les sols
Ecoulement des eaux dans le sol
Zone non saturée Hydrogéologie/hydrologie
Zone saturée des eaux souterraines
+ Transport de contaminants
Bilan sur un bassin
I. Notions de cycle hydrologique
3/6. Influence anthropique…..
Cycle hydrologique : réseau complexe d’écoulements et d’accumulation ….. Influencé
par l’action de l’homme
Problème Cause du changement Impact et signification
Changement climatique Emission de gaz à effet de serre Climat changé + variabilité + multiples effets
variés
Changement du bilan en eau à Climat changé, déforestation, Surexploitations, réutilisations, intrusions
l’échelle d’un bassin drainages, évaporations, pertes et d’eaux salées, sécheresse et érosion
transferts
Régulation du débit des rivières Barrages, transferts, écluses, Multiples impacts sur écosystèmes
canalisations, digues et urbanisation biologiques, vitesses d’écoulement affectés
Flux de sédiments Erosion en amont, retenues des Pertes de fertilités, érosion des côtes
sédiments dans le réservoir
Pollution chimique Industrialisation sans épuration Pertes faunes, flores, écosystèmes et
adéquates biodiversité
Pollution microbiologique Contaminations fécales augmentées Conditions sanitaires détériorées
Changement dans la Pollution agricoles et introduction Perte de biodiversité
biodiversité d’espèces exotiques
I. Notions de cycle hydrologique
4/6. Bilan hydrologique
Bilan hydrologique
Inflow = Outflow +/- stokage variations
Entrées = Sorties +/- variations de stocks
En un point (sur une surface) : P = E + R + I
Dans un bassin P = E + Qgw + R + ΔQRes Variations
de réserves
Débit de base
Bilan applicable sur quel bassin?
II. Mesure des paramètres clés du bilan
1/13. Les précipitations
Pluviomètres (rain gauge)
Surface réceptrice limitée par une collecte cylindrique, l’eau traversant cette surface est dirigée
par un entonnoir vers un seau récepteur. Si durant un intervalle Δt on a récupéré un volume V
(m3) à travers la surface réceptrice S la hauteur de pluie HΔt (m) tombée est :
V
H t
S
II. Mesure des paramètres clés du bilan
2/13. Les précipitations
Dans la pratique :
Eprouvette graduée adjointe à chaque pluviomètre lecture directe de HΔt en 1/10ième de mm.
Appareil le plus répandu : pluviomètre « association » de 400 cm2 de surface disposée sur un
pied de 1.5 m du sol, d’aucuns préconisent à 1 m du sol
Mesures variables du fait de :
Changement de hauteur
Changement de matériaux : tôle --- plastique
II. Mesure des paramètres clés du bilan
3/13. Les précipitations
Pluviomètres au sol ou pluviomètre type snowdown
Pluie mesurée au sol > pluie mesurée à 1m ou 1.5m du sol dues aux effets aérodynamiques qui
affectent le pluviomètre
A) Construction d’un pluviomètre de B) Pluviometre de type snowdown et
type snowdown pluviographe
II. Mesure des paramètres clés du bilan
4/13. Les précipitations
Pluviographe
Enregistre en continue la pluie qui tombe en fonction du temps. Constituée :
d’une bague réceptrice (400 cm² ou 2000 cm²)
d’un mécanisme de mesure et d’enregistrement,
d’un seau de contrôle.
Deux principaux types
Les pluviographes à augets basculeurs
Les pluviographes à siphons
Le mécanisme de mesure le plus utilisé sont les augets basculeurs :
II. Mesure des paramètres clés du bilan
5/13. Les précipitations
Fonctionnement des augets basculeurs
l’auget bascule pour 20cm3 soit 0.5 mm pour une bague de 400 cm2
Les bagues de 400 cm2 et 1000 cm2 de surfaces sont celles préconisées par l’OMM.
La lecture au sceau permet de corriger les erreurs systématiques (par exemple pluie non
comptée)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
6/13. Les précipitations
Fonctionnement des augets basculeurs
Enregistrements mécaniques
Chaque basculement provoque le déplacement d’une roue dentée. La rotation de cette roue
entraine celle d’un stylet inscripteur sur un cylindre entrainé lui-même par un mouvement
d’horlogerie
La vitesse d’entraînement du tambour est variable : 1jour, une semaine, un mois,…
Enregistrements numériques
Mémoire locale ou télétransmise (mesure en temps réel)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
7/13. Les précipitations
Exemple d’enregistrement
Il faut 100 mouvements de bas en haut du papier
H = 50 mm pour une bague de 400 cm2
H = 100 mm pour une bague de 2000 cm2
H = 20 mm pour une bague de 1000 cm2
II. Mesure des paramètres clés du bilan
8/13. Les précipitations
Erreur systématique
Perte d’eau lors du basculement des augets ou de la récupération dans le seau
Erreur d’observation : erreur due à une lecture ratée, approximative voire faussée du
technicien. : lecture sur l’éprouvette 15mm au lieu de 1.5mm, erreur due à
l’évaporation, à des débordements du pluviomètres, à la vitesse du vent influençant la
stabilité des appareils, équipements défectueux: entonnoir, seau percé, ou encombré,
papier mal ajusté, système de rotation des tambours défectueux, perte d’eau lors du
transvasement, ….
Erreur de transcription ou de calcul
Erreur dans le calcul, la lecture du pluviogramme….
Erreur d’impression
Contrôle des pluviogrammes
En cas de différence sensible entre les valeurs de pluie totale sur le pluviogramme et
au seau (PSeau - Ppluviogramme)/PSeau > 2%, apporter une correction aux valeurs trouvées
en multipliant par un coefficient K
Pseau
K
Ppluviogramme
II. Mesure des paramètres clés du bilan
1/23. L’Evaporation : définitions
Evaporation
Quantité d’eau soustraite par vapeur d’eau
Quantité évaporée par surface → m3/m2 ou m ou mm
Moyennes dans le temps : mm/j; mm/mois, mm/an
Attention aux valeurs lissées
→ L’évaporation existe dans tous les compartiments du cycle de l’eau. Elle
dépend des:
Conditions atmosphériques
Température de l’air
Humidité de l’air
vent
Nature et propriétés des objets sur lesquels l’évaporation se produit:
Rugosité des surfaces
Taux d’humidité
Température de la surface
II. Mesure des paramètres clés du bilan
2/23. L’Evaporation : définitions
Evaporation
Evaporation au sol
Evaporation de l’eau interceptée : feuilles des plantes
Très difficiles à calculer estimer/calculer par évaporomètres
Valeurs moyennes en fonction
du temps
Et de l’espace
Si possible
Mesures fréquentes et régulières
Et beaucoup d’endroits différentes
Variations dans l’espace Variations dans le temps
influencée par: influencée par:
Climat et exposition Températures
Utilisation du sol Climat
Surface libre d’eau Anciens climats
II. Mesure des paramètres clés du bilan
3/23. L’Evaporation : définitions
Transpiration
= Flux d’évaporation via les racines des plantes et les pores des feuilles
Consommation des plantes souvent plus importante que prévue
Egalement très difficile à évaluer
Variable dans l’espace en fonction du type de :
Plante
Sol
Climat
Variable dans le temps en fonction du type de:
Climat
Cycle des plantes
Maturité et âge des plantes
II. Mesure des paramètres clés du bilan
4/23. L’Evaporation : définitions
Evapotranspiration
= flux total d’évaporation dans une zone avec couverture
végétale
= Évaporation au sol + interception + transpiration
→Evapotranspiration potentielle (ETP ou PEvT)
= calculée avec l’hypothèse qu’il y’a toujours de l’eau disponible
(pluviométrie + humidité du sol)
→Evapotranspiration réelle (AEvT ETR)
Calculée en tenant compte de la disponibilité réelle de l’eau
→ETP>ETR
II. Mesure des paramètres clés du bilan
5/23. L’Evaporation : appareils de mesures
Mesures par bac
Bac A du Weather
bureau (USA)
Bac Colorado
Bac A : vitesse d’évaporation
II. Mesure des paramètres clés du bilan
6/23. L’Evaporation : appareils de mesures
Mesures par Evaporomètre
Evaporomètre piche Evaporomètre de Livingstom
Ces appareils sont situés dans des abris météo et ne sont pas perturbés par les précipitations
En région tropicale l’évaporation peut atteindre 1500mm/an à 3000mm/an
II. Mesure des paramètres clés du bilan
7/23. L’Evaporation : résumé
Evapotranspiration de référence (ET0) ou évapotranspiration
potentielle (ETP) : ∑ pertes en eau par évaporation et transpiration d’une surface
gazonnée de hauteur connue et uniforme, couvrant totalement la zone étudiée, en
pleine période de croissance, recouvrant complètement le sol et abondamment
pourvue en eau
Evapotranspiration maximale (ETM) : concerne une culture donnée, elle est
définie à différentes stades du développement végétatif de la culture, lorsque l’eau est
en quantité suffisante et que les conditions agronomiques sont optimales : sol fertile,
bon état sanitaire de la culture
Evapotranspiration réelle (ETR): somme des quantités des quantités de
vapeurs d’eau évaporées par le sol et par les plantes quand le sol est à son humidité
spécifique actuelle et que la plante est à un stade de développement physiologique et
sanitaire réel
II. Mesure des paramètres clés du bilan
8/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Turc
→ Prise en compte du rayonnement moyen mensuel
Tm
ETP 0.4 ( I g 50) K
Tm 15
ETP : évapotranspiration potentielle (mm/mois)
Tm: température moyenne mensuelle (°C)
Ig : rayonnement moyen mensuel (cal/cm2/j)
0.4 valable pour les périodes de 30-31 jours et 0. 37 pour février
K est un coefficient égal à 1 si l’humidité relative est > 50%. Dans le cas contraire, K
est donnée par:
50 hr
K 1
70
hr: humidité relative (%)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
9/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Turc
→ Prise en compte du rayonnement moyen mensuel
Si la radiation globale Ig n’est pas mesurée on pourra l’évaluer à partir de la
durée d’insolation h par la formule:
h
I g I g A 0.18 0.62
H
IgA : Radiation globale théorique cal/cm2/jour
H : durée théorique des jours du mois
Les abaques ci-après permettent d’évaluer IgA et H en fonction de la latitude et
du mois dans les mêmes unités (cosinus d’angle en °) et en numérotant les mois
de 1 (janvier) à 12 (décembre)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
10/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Turc
II. Mesure des paramètres clés du bilan
11/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Penman Montheih FAO56
Formule complexe avec plusieurs paramètres physique à quantifier.
II. Mesure des paramètres clés du bilan
12/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Penman Montheih FAO56
Formule complexe avec plusieurs paramètres physique à quantifier.
II. Mesure des paramètres clés du bilan
13/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Penman
Formule complexe avec plusieurs paramètres physique à quantifier.
II. Mesure des paramètres clés du bilan
14/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formule de Serra
1 m 2 0.0644.Tm
ETP 22.5 * 1 * e
0.25 1000
→ Ajout de l’influence mensuelle de l’humidité de l’air
ETP : évapotranspiration potentielle, moyenne mensuelle en mm
Tm: température moyenne mensuelle de l’air (°C)
: demi-amplitude de l’intervalle entre températures extrêmes mensuelles
: degré d’humidité de l’air moyen mensuel
Formule de Thornthwaite
a
10Tm
ETP 16 * N m *
I
→ Corrélation entre ETP mensuelle et température moyenne mensuelle
ETP : évapotranspiration potentielle, moyenne mensuelle en mm
Tm: température moyenne mensuelle de l’air (°C)
I: Indice de chaleur de l’année I = ∑ Im avec Im = (Tm/5)3/2 avec m = 1, 2, 3,….12
Nm : facteur de correction tenant compte du nombre d’heure de jours
a = (492390 + 17920 *I – 771*I² + 0.675*I³). 10-6
II. Mesure des paramètres clés du bilan
15/23. L’Evaporation : calcul de l’ETP
Formules de Turc, Serra, Thornthwaite, …. Totalement
empiriques
De nombreuses autres formules
Plus de méthodes avec différents degrés de complexité mais si le :
Le nombre de paramètres est grand le nombre de données
nécessaires est grand
….. Pour certaines conditions particuliers la topographie, le climat,
l’occupation du sol, etc… jouent une influence importante
Bibliographie de référence: Physical hydrology, Dingman, 1994
II. Mesure des paramètres clés du bilan
16/23. L’Evaporation : calcul de l’ETR
Encore plus complexe d’estimer ETR
Si suffisamment d’eau disponible (P + humidité dans le sol): ETR =
ETP
Si moins d’eau disponible ETR<ETP
Formule de Turc
Calcul empirique d’ETR moyenne annuelle (valable pour tous les
climats) P
ETR
P2
0.9 2
L
L 300 25Tm 0.005Tm
3
P : précipitations annuelles (mm/an)
Tm: température moyenne de l’air pour l’année (°C)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
17/23. L’Evaporation : calcul de l’ETR
Utilisation d’un modèle conceptuel simplifié pour estimer ETR et Iw
Hypothèses Justification
Humidité dans le sol considéré Ecoulements en zone non-
comme un stock rechargeable saturée trop (très) complexes à
étudier en détails
Valeur maximale du stock connue
et fixée À partir d’une quasi-saturation,
le ruissellement augmente et donc
L’infiltration ne peut se produire peu d’entrée d’eau supplémentaire
que si stock = stomax possible
Ce n’est que quand la zone non
saturée est quasi saturée qu’une
infiltration vers la nappe peut se
produire
II. Mesure des paramètres clés du bilan
18/23. L’Evaporation : calcul de l’ETR
II. Mesure des paramètres clés du bilan
1 9/23. L’Evaporation : calcul de l’ETR
En réalité:
Problèmes avec les valeurs moyennes dans le temps
Souvent sous-estimation du ruissellement
Surestimation de la pluie efficace
Surestimation d’ETR
Effet sur Iw estimé
Chaque cas est un cas particulier
II. Mesure des paramètres clés du bilan
20/123. L’Evapotranspiration: Exemple du bassin du Kou
Données et méthodes
4/7 stations fonctionnelles dans le bassin
Paramètres mesurés : T°, P,V, Hr, Point de rosée
Méthode d’interprétation : Algorithme de Thornthwaite
(Code Water Budget de l’Ulg)
Paramètres Période Données utilisées
Précipitations 1961-2010 Valeurs mesurées à la station de
Journalières Bobo Dioulasso et Nasso
Valeurs mensuelles calculées par la
formule de THORNTHWIATE
ETP 1961 - 2010
Valeurs journalières calculées par
la formule de PENMAN
Températures 1961 - 2010 Valeurs journalières enregistrées
Capacité de stockage en eau des sols de la 250 mn (D’après Ndiaye., 2008)
plaine alluviale (Sols à gley et pseudo-gley)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
21/23. L’Evaporation : Exemple du bassin du Kou
Evolution annuelle de l’évapotranspiration potentielle dans le bassin du Kou selon les méthodes de FAO 56 de Penman
Montheih (ETPp) et Thornthwaite (ETPth) de 1961 à 2010 (Sauret 2013)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
22/23. L’Evaporation : Exemple du bassin du Kou
Statistiques ETP-Thornthwaite (mm) ETP-FAO 56 de Penman Montheih (mm)
Moyenne 1035.5 1959.7
Minimum 1007.9 1729.4
Maximum 1061.2 2391.7
Ecart type (Std) 12.7 129.2
Paramètres statistiques de l’ETP-Thornthwaite et l’ETP FAO 56 de Penman Montheih
dans le bassin du Kou de 1960 – 2010 (Sauret 2013)
II. Mesure des paramètres clés du bilan
23/23. L’Evaporation : Exemple du bassin du Kou
Evolution mensuelle de l’évapotranspiration potentielle moyennedans le bassin du Kou
selon les méthodes de FAO 56 de Penman Montheih (ETPp) et Thornthwaite (ETPth)
comparée aux précipitations de 1961 à 2010 (Sauret 2013)
Merci de votre attention