FICHE n°1
LA CESSATION DES PAIEMENTS
I) Contrôle de connaissances
1) Donnez les éléments constitutifs de la cessation des
paiements.
Selon l’article 1-3 AUPCAP, la cessation des paiements est « l'état où
le débiteur se trouve dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec
son actif disponible, à l'exclusion des situations où les réserves de crédit ou les
délais de paiement dont le débiteur bénéficie de la part de ses créanciers lui
permettent de faire face à son passif exigible ». Il ressort de ce texte que les
éléments constitutifs de la cessation des paiements sont au nombre de 3 :
Le passif exigible : c’est le passif échu (et non le passif qui doit être
payé à très court terme). Autrement dit, la créance dont le paiement est exigé
doit être certaine, liquide et exigible. Par conséquent, les dettes, même à très
court terme, ne peuvent être prises en compte. De même, les dettes qui n’ont pas
pour objet une somme d’argent ou qui sont sérieusement contestées dans leur
montant ou dans leur existence ne sont pas concernées.
L’actif disponible : il s’agit de sommes dont l’entreprise peut
disposer immédiatement soit parce qu’elles sont liquides, soit parce que leur
conversion est possible à tout moment. Constituent l’actif disponible :
Les sommes en caisse ;
Les effets de commerce à vue, le solde créditeur des
comptes bancaires ;
Les valeurs mobilières négociables à vue.
L’impossibilité de faire face : c’est l’inadéquation du passif exigible
et de l’actif disponible. Le débiteur doit être dans l’impossibilité d’honorer ses
échéances parce que sa situation l’en empêche. Peu importe cet état. En fait,
l’impossibilité peut se traduire par l’arrêt du service caisse. Le débiteur n’étant
pas en mesure de payer par exemple, les traites. Il émet des chèques sans
provision ou ferme son entreprise. L’impossibilité de faire face au passif
exigible s’illustre également par le fait que le débiteur poursuive les paiements
par l’emploi de moyens ruineux.
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2) Comment fait-on la preuve de la cessation des paiements ?
Relativement à la preuve, il y a lieu de distinguer entre la charge de la
preuve et le mode de preuve :
Concernant la charge de la preuve de la CP, il faut dire que la
preuve de la CP est faite par celui qui sollicite cette CP. Ce peut être le débiteur,
les créanciers, le Procureur de la R. ou encore la juridiction compétente qui
peut se saisir d’office. Ils peuvent s’appuyer sur :
L’importance des dettes échues ;
La pluralité des créanciers ;
Les poursuites d’exécution restées infructueuses etc.
Relativement aux modes de preuve, il y a lieu de préciser que la
preuve de la CP se fait par tout moyen. Elle peut donc être faite par l’aveu du
débiteur, par le dépôt de bilan, par la preuve des tentatives infructueuses d’un
créancier de recouvrer ses fonds, par le rejet de chèques sans provision, par la
pluralité de créanciers impayés ou enfin par la preuve de l’arrêt de l’activité du
débiteur.
3) Que savez-vous de la date de la cessation des paiements ?
La date de la CP est fixée souverainement par la juridiction compétente
selon l’article 34 AUPCAP. Et selon ce même article, à défaut pour la
juridiction compétente de l’avoir fait, la date est réputée être celle du jour de la
décision de CP. Dans tous les cas, elle ne peut être antérieure de plus de 18 mois
au prononcé de la décision de la CP.
Enfin, il faut préciser que la date fixée n’est jamais définitive, elle est
toujours provisoire et peut être modifiée après connaissance plus complète du
dossier. Cette modification peut se faire d’office ou sur demande d’un
représentant des syndics ou du liquidateur ou du PR mais jamais sur demande
du débiteur car « nul ne peut invoquer sa propre turpitude ».
4) M. TOGOLA exploite une entreprise de vente de charbon de bois
depuis un peu plus de 20 ans. Les affaires ont toujours été florissantes. Mais,
depuis la floraison des stations de pompes à essence en Côte d’Ivoire, l’on
assiste à la distribution massive de bouteilles de gaz à la population, à des
prix défiant toute concurrence. Les affaires de M. Togola ont périclité. Ses
comptes se sont vidés. C’est à peine si les hauts fourneaux fonctionnent
encore. Les commandes sont rares. Après mises en demeure infructueuses,,
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les créanciers de M. Togola menacent de le déclarer en cessation des
paiements, bien qu’ils craignent de ne pas pouvoir apporter la preuve de sa
situation. Par conséquent, plusieurs questions se posent :
a) M. Togola est-il en cessation des paiements ?
b) Ses créanciers ont-ils la saisine ?
c) Que peut faire Togola pour sauver son entreprise ?
SOLUTIONS
a) M. Togola est-il en cessation des paiements ? En l’espèce, la
réponse affirmative s’impose car la preuve de la CP peut être établie par ses
créanciers, par un certain nombre d’indice visibles. Il s’agit notamment de ses
comptes qui sont vides ou des mises en demeure infructueuses à lui adressées.
b) Ses créanciers ont-ils la saisine ? Selon l’article 28 AUPCAP
« La procédure de redressement judiciaire ou de liquidation des biens peut être
ouverte à la demande d'un créancier, quelle que soit la nature de sa créance, à
condition qu'elle soit certaine, liquide et exigible. A cet effet, la demande du
créancier doit préciser la nature et le montant de sa créance et viser le titre sur
lequel elle se fonde ». Il ressort donc de ce texte que les créanciers ont la saisine,
c’est-à-dire qu’ils ont la possibilité de saisir le tribunal compétent pour déclarer
Togola en CP. Seulement le texte ^précise que leur créance doit être certaine,
liquide et exigible.
c) Que peut faire Togola pour sauver son entreprise ? Selon
l’article 25 al.3 AUPCAP « Le débiteur qui est en cessation des paiements doit
faire une déclaration aux fins d'obtenir l'ouverture d'une procédure de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens quelle que soit la nature de
ses dettes ». Au regard de cet alinéa, Togola doit faire une déclaration de CP
aux fins d’obtenir soit un RJ, soit une LB. Et l’alinéa 3 de l’article 25 dit que «
La déclaration de cessation des paiements doit être faite par le débiteur au plus
tard dans les trente (30) jours qui suivent la cessation des paiements et déposée
au greffe de la juridiction compétente contre récépissé ».
III) Commentaire de l’article 25 AUPCAP « La procédure de redressement
judiciaire ou de liquidation des biens est ouverte à tout débiteur en état de
cessation des paiements. La cessation des paiements est l'état où le débiteur se
trouve dans l'impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif
disponible, à l'exclusion des situations où les réserves de crédit ou les délais de
paiement dont le débiteur bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent
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de faire face à son passif exigible. Le débiteur qui est en cessation des paiements
doit faire une déclaration aux fins d'obtenir l'ouverture d'une procédure de
redressement judiciaire ou de liquidation des biens quelle que soit la nature de
ses dettes. La déclaration de cessation des paiements doit être faite par le
débiteur au plus tard dans les trente (30) jours qui suivent la cessation des
paiements et déposée au greffe de la juridiction compétente contre récépissé.
Sans préjudice des dispositions de 1 'article 33 ci-dessous, le débiteur précise
dans sa déclaration s'il demande l'ouverture d'une procédure de redressement
judiciaire ou de liquidation des biens ».
I) LA CONDITION DE FOND DU REDRESSEMENT
JUDICIAIRE ET DE LA LIQUIDATION DES BIENS :
LA CESSATION DES PAIEMENTS
A) La nécessité d’une impossibilité d’apurer un passif
avec un actif
B) L’absence de recours aux réserves et aux délais consentis
II) LA PROCÉDURE D’OBTENTION DU RJ et DE LA LB
A) L’exigence d’une déclaration préalable de CP
Le délai de la déclaration de CP
Le contenu de la déclaration de CP
L’organe de réception de la déclaration de CP
B) Le sort de la déclaration de CP
La ratification du choix de la procédure dans la
déclaration du débiteur
L’imposition de la procédure idoine par la juridiction
compétente