Trump
Trump
Célébrité médiatique dès les années 1980, il est très impliqué dans le secteur
télévisuel. De 2004 à 2015, il est notamment l'animateur de l'émission de
téléréalité The Apprentice, qui bat des records d'audiences et dans laquelle il
popularise l'expression « Vous êtes viré » (« You're fired! »).
Alors que sa campagne n'est à ses débuts pas prise au sérieux par les observateurs,
il remporte la désignation du Parti républicain aux primaires présidentielles de
2016. Se présentant comme un adversaire de l'establishment et du politiquement
correct, il emploie un ton belliqueux et multiplie les déclarations controversées.
Il s'engage notamment à réduire l'immigration. Son discours est alors souvent
qualifié de populiste, nationaliste, protectionniste et climatosceptique. Sa
victoire à l'élection présidentielle face à la démocrate Hillary Clinton, qui le
devance toutefois largement dans le vote populaire, déjoue la quasi-totalité des
pronostics.
Au début de l'année 2020, accusé d'avoir abusé de son pouvoir pour faire pression
sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky afin qu'il lui fournisse des
informations sur son concurrent à la présidentielle Joe Biden, il subit une
première procédure de destitution à la suite de laquelle il est acquitté par le
Sénat. Peu après, sa gestion de la pandémie de Covid-19 est très contestée et il
retire notamment durant cette période les États-Unis de l’Organisation mondiale de
la santé (OMS).
Candidat à l’élection présidentielle de 2020, il est battu par Joe Biden. Refusant
de concéder sa défaite, il engage des recours juridiques, qui sont quasiment tous
rejetés, et retarde la transition présidentielle. Le 6 janvier 2021, l’assaut du
Capitole par certains de ses partisans notamment venus de l'ultra-droite, qui s'est
déroulé après qu'il a tenu un discours incendiaire, est considéré comme une
insurrection ou une tentative de coup d'État, ainsi qu'un épisode de violence
politique sans précédent dans une démocratie avancée. Fait inédit pour un président
américain, une seconde procédure de destitution est alors lancée contre lui,
toujours sans succès. Il refuse d'assister à l'investiture de son successeur. Les
universitaires et historiens le classent comme l’un des pires présidents de
l'histoire américaine2,3,4.
Le 13 juillet 2024, il est victime d'une tentative d'assassinat lors d'un meeting
de campagne présidentielle à Butler, en Pennsylvanie.
Origines et jeunesse
Famille
Article connexe : Famille Trump.
Donald John Trump (/ˈdɑnəld d͡ ʒɑn tɹʌmp/)a naît le 14 juin 1946 dans le quartier de
Jamaica, dans l'arrondissement du Queens à New York. Il est baptisé et confirmé
dans l'église presbytérienne de son quartier5. Quatrième d'une famille de cinq
enfants, il est le fils de Fred Trump (1905-1999) et de son épouse Mary Anne Trump
née MacLeod (1912-2000)6,7.
La famille paternelle de Donald Trump est d'origine allemande tandis que sa famille
maternelle est originaire d'Écosse. Ses grands-parents paternels venaient de
Kallstadt. Frederick Trump, grand-père de Donald Trump, a fait fortune en gérant
des restaurants et des pensions dans les villes champignons de Seattle et du
Klondike. Fred Trump, père de Donald, né dans le Bronx, fait carrière comme
promoteur immobilier sur la côte Est9,10 tandis que Mary Anne Trump est née à Tong,
sur l'île écossaise de Lewis11. Donald Trump est par ailleurs le neveu du
scientifique John George Trump, qui a joué un grand rôle dans le développement de
la radiothérapie12.
Scolarité
Il est ensuite élève de l'université Fordham, dans le Bronx, à compter d'août 1964
et pendant deux ans. Par la suite, il s'inscrit à la Wharton School de l'université
de Pennsylvanie, qui est à l'époque l'un des rares établissements américains à
proposer un cursus spécialisé dans l'immobilier17,18. Pendant ses études, il
travaille pour l'entreprise familiale, Elizabeth Trump & Son (voir The Trump
Organization), qui porte le nom de sa grand-mère paternelle19. Il obtient en mai
1968 une licence (bachelor aux États-Unis) en économie18,20,21.
Trump n'est pas envoyé sous les drapeaux pendant la guerre du Viêt Nam22. Durant
ses études, de 1964 à 1968, il obtient quatre reports d'incorporation23. Puis,
après avoir été jugé bon pour le service en 1966, il est réformé en octobre 196824.
Dans une interview accordée en 2015, il affirme avoir été réformé en raison d'une
épine calcanéenne au talon25. En 1969, il obtient un chiffre élevé à la loterie
organisée pour la conscription aux États-Unis, ce qui lui aurait, de toute manière,
permis d'échapper au service24,26,27.
Un de leurs avocats est alors Roy Cohn35 qui devient pour Donald Trump un
conseiller et un mentor36. Dans une interview accordée à Newsweek en 1979, Trump
dit de lui : « si vous avez besoin de quelqu'un qui peut devenir vicieux contre vos
opposants, vous faites appel à Roy »37.
En 1988, Trump acquiert pour 400 millions de dollars le Plaza Hotel, dont il confie
la gestion et la rénovation à son épouse de l'époque, Ivana47,48. Bien
qu'importantes, les rentrées d'argent de l'hôtel s'avèrent insuffisantes pour
compenser les dettes liées au coût des travaux49. En 1995, Trump le revend pour 325
millions de dollars au prince saoudien Al-Walid ben Talal Al Saoud50.
Au fil des années, Donald Trump construit ou rachète de nombreux autres bâtiments —
immeubles de logements ou de bureaux, hôtels de luxe et autres — y compris en
dehors de New York (Trump World Tower, Trump Building, Trump International Hotel
and Tower, Old Post Office Pavilion, etc.)51.
En 1988, toujours à Atlantic City, Trump achète le casino Taj Mahal, alors en
construction58. L'établissement, rebaptisé Trump Taj Mahal, rouvre en avril 1990
après un chantier dont le coût s'est élevé à un milliard de dollars, ce qui en fait
à l'époque le casino le plus cher jamais construit59,60. Financé à hauteur de 675
millions par des junk bonds61 avec un taux d'intérêt à 14 %, l'établissement dépose
le bilan l'année suivante62. En outre, le Trump Plaza comme le Trump's Castle sont
victimes de la concurrence du Trump Taj Mahal, et doivent négocier en 1991 une
restructuration financière avec leurs créanciers63.
Le Taj Mahal redresse sa situation en octobre 1991 lorsque Trump cède 50 % de ses
parts à ses créanciers, en échange d'une réduction de ses taux d'intérêt et d'un
délai pour payer ses dettes64. Il est également contraint de vendre sa compagnie
aérienne Trump Shuttle, ainsi que son yacht Trump Princess qu'il cède à son ami le
prince Al-Walid ben Talal pour 20 millions de dollars61,65,66. L'établissement est
racheté en 1996 et réorganisé sous la bannière de Trump Hotels & Casino Resorts66
(rebaptisé ensuite Trump Entertainment Resorts), une filiale que Trump préside de
mi-1995 à début 2009, et dont il occupe le poste de PDG de 2000 à 200567. Trump
Entertainment Resorts dépose le bilan en 2004 avec 1,8 milliard de dettes, puis à
nouveau en 2009 avec 500 millions de dettes. Un nouveau plan de restructuration
permet à Donald Trump de conserver 10 % des parts du Trump Taj Mahal et de ses
autres casinos66 : il continue en échange à accorder aux établissements
l'utilisation de la marque Trump68.
Le Trump Marina Hotel Casino est revendu en 2011 au groupe Landry's69. Victime de
la crise du secteur des casinos d'Atlantic City, le Trump Plaza ferme ses portes en
septembre 201470. Après des années d'exploitation déficitaire, le Trump Taj Mahal
est revendu en février 2016 à Carl Icahn, qui doit le fermer en octobre de la même
année71.
Terrains de golf
En 2012, il acquiert à Miami le Doral Golf Resort & Spa, qu'il rénove et rebaptise
Trump National Doral ; ce terrain accueille le WGC-Cadillac Championship, tournoi
annuel des World Golf Championships82. En 2015, il déclare qu'il s'agit de l'une de
ses entreprises les plus rentables : le chiffre d'affaires du Trump National Doral
est estimé, pour l'année 2014, à 49,4 millions de dollars83.
En avril 2014, Trump fait l'acquisition du complexe sportif Trump Turnberry, dans
l'Ayrshire en Écosse, qui accueille régulièrement l'Open britannique hommes84,85.
Après un important chantier de rénovation, le complexe rouvre en juin 201686.
Autres investissements
Sports
Donald et Melania Trump avec l'équipe américaine des Jeux olympiques spéciaux de
2019.
En septembre 1983, Trump fait l'acquisition des Generals du New Jersey, une équipe
de football américain membre de l'United States Football League (USFL). Trump
essaie alors de faire une concurrence directe à la National Football League et de
forcer une fusion entre les deux championnats pour augmenter la valeur de ses
investissements87. Après la saison de 1985, son équipe fusionne avec l'équipe des
Gamblers de Houston, mais connaît d'importants problèmes financiers. L'USFL finit
par cesser ses activités en 198688.
Malgré son échec dans le football américain, Trump continue d'investir dans les
sports, notamment dans le golf88. Il accueille par ailleurs plusieurs matchs de
boxe au Trump Plaza d'Atlantic City, parmi lesquels, en 1988, le combat de Michael
Spinks contre Mike Tyson, dont il est pendant un temps conseiller
financier88,89,90.
En 1989 et 1990, Trump donne son nom au Tour de Trump, une course cycliste qu'il
voudrait équivalente au Tour de France et au Tour d'Italie. Il abandonne après la
seconde édition, du fait des difficultés financières que connaissent alors ses
principales entreprises. La course continue pendant plusieurs années sous le nom de
Tour DuPont91,92.
En 2014, il tente sans succès d'acheter l'équipe des Bills de Buffalo après la mort
de leur précédent propriétaire, Ralph Wilson93.
Concours de beauté
De 1996 à 201594, Trump a été le propriétaire des concours de beauté Miss Univers,
Miss USA, et Miss Teen USA95. Insatisfait des conditions de diffusion de ses
concours sur CBS, il les transfère en 2002 sur NBC96,97.
Agence de mannequins
Donald Trump crée en 1999 une agence de mannequins, Trump Model Management,
domiciliée dans le quartier de SoHo à Manhattan105. En liaison avec une autre
société de son groupe, Trump Management Group LLC, l'agence fait venir après 2000
près de 250 mannequins étrangers pour les employer dans l'industrie américaine de
la mode106. Dans le courant de l'année 2016, Trump Model Management traverse de
graves difficultés, plusieurs mannequins et collaborateurs la quittant au moment de
la campagne présidentielle de Donald Trump. La Trump Organization finit par fermer
cette filiale en avril 2017107.
Transports aériens
En 1989, Trump lance la compagnie aérienne Trump Shuttle, qui propose à ses clients
un service de luxe108. L'entreprise ne parvient cependant pas à devenir
bénéficiaire109. Dès 1992, il doit revendre cette filiale, en raison notamment des
difficultés financières du casino Trump Taj Mahal108. En 2008, la Trump
organization s'associe à la compagnie Sentient Flight Group pour proposer un
service de jets privés.
Université Trump
Article détaillé : Université Trump.
En 2005, Donald Trump crée avec ses associés Michael Sexton et Jonathan Spitalny un
institut de formation professionnelle, Trump University LLC, qui propose des cursus
dans l'immobilier110 facturés entre 1 500 et 35 000 dollars111,112. L'État de New
York lui ayant enjoint de cesser d'utiliser l'appellation « université », la
société est rebaptisée en 2010 Trump Entrepreneurial Institute113. Trump est en
outre personnellement mis en cause pour n'avoir pas demandé la licence nécessaire à
l'ouverture d'une école114.
En 2013, l'État de New York lance une procédure en justice en réclamant 40 millions
de dollars à la Trump Entrepreneurial Institute pour publicité mensongère113,115.
Deux actions collectives en justice sont parallèlement lancées contre Trump
Entrepreneurial Institute par d'anciens étudiants qui estiment avoir été floués116.
Pendant sa campagne présidentielle, Trump proteste plusieurs fois contre le
magistrat chargé des dossiers, le juge Gonzalo P. Curiel, qu'il accuse de
partialité en raison de ses origines mexicaines117,118,119. Il revient ensuite sur
ses déclarations en expliquant que ses doutes sur l'impartialité de Curiel sont dus
non pas aux origines de ce dernier, mais à son traitement de l'affaire120,121.
Faillites
Donald Trump ne s'est jamais déclaré en faillite personnelle, mais six de ses
hôtels et casinos ont fait faillite entre 1991 et 2009130,131. Il s'agit du Trump
Taj Mahal en 1991 (voir Hard Rock Hotel & Casino Atlantic City), du Trump Plaza
Hotel and Casino en 1992, du Plaza Hotel en 1992, du Trump Castle Hotel and Casino
en 1992, du Trump Hotels and Casino Resorts en 2004 et du Trump Entertainment
Resorts en 2009132,133,134. Les entreprises de Donald Trump ont utilisé les
dispositions du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce qui leur a
permis de continuer leurs activités pendant les négociations. Trump a revendiqué en
2011 avoir joué des possibilités légales en matière de faillite, afin de réduire
ses dettes135,136.
Le Trump Hotel à Las Vegas, dont les vitres sont teintées d'or à 24 carats139.
En 2015, les déclarations controversées de Trump sur les immigrés clandestins lui
font perdre, selon Forbes, pour environ 125 millions de dollars de contrats avec
des entreprises comme NBCUniversal, Univision Network, ou Macy's144. Sa campagne
présidentielle a également un impact négatif sur son patrimoine, certains
consommateurs boycottant les produits et services de ses sociétés pour marquer leur
opposition à sa candidature145. La fréquentation des hôtels et des casinos détenus
par Trump baisse fortement en 2016146,147.
En novembre 2016, Forbes estime son patrimoine personnel à 3,7 milliards de dollars
et le classe 324e plus grande fortune mondiale et 113e fortune américaine148.
En octobre 2016, les médias américains révèlent que Donald Trump a déclaré aux
impôts en 1995 avoir perdu 916 millions de dollars. Causées par les faillites de
trois de ses casinos et de sa compagnie aérienne, ainsi que par le rachat hasardeux
du Plaza Hotel à Manhattan, ces pertes financières cumulées lui ont permis une
déduction fiscale, échelonnée sur une période de dix-huit ans sur ses revenus
imposables. Il a pu ainsi réduire fortement, voire annuler, les sommes qu'il devait
à l'administration fiscale152. Trump a reconnu la véracité de cette information,
mais a refusé d'indiquer quelles années étaient concernées153. Interrogé pendant un
débat présidentiel sur la déduction fiscale dont il a bénéficié, il répond que le
fait d'avoir eu recours à cette disposition prouve son intelligence154.
En mars 2017, MSNBC publie les deux pages principales de la déclaration de revenus
du couple Trump pour l'année 2005. Celles-ci indiquent qu'il a payé 38 millions de
dollars d'impôt fédéral sur le revenu cette année-là, soit un taux effectif de plus
de 25 %155, en raison de l'application de l'« alternative minimum tax » (impôt
minimum de remplacement), visant à empêcher que des contribuables profitent de
niches fiscales pour payer peu ou pas d'impôt, et que Donald Trump souhaite faire
supprimer156. Cette information ne répond toutefois que très partiellement aux
interrogations soulevées dans les médias pendant la campagne présidentielle,
concernant l'opacité maintenue par Trump sur sa situation fiscale pour 18 années
consécutives157.
Le 2 octobre 2018, le New York Times publie une enquête selon laquelle, loin de la
qualité de « self-made-man » qu'il revendique, Donald Trump aurait tiré le début de
sa fortune personnelle de manœuvres d'évasion fiscale initiées par son père. Selon
le quotidien, Donald Trump et ses frères et sœurs auraient, depuis leur enfance,
bénéficié de versements par l'entremise d'une société écran créée par Fred Trump
dans le but de dissimuler au fisc les dons à ses enfants. L'enquête conclut que les
sommes versées à Donald Trump par son père, loin de se limiter à un prêt d'un
million de dollars pour se lancer en solo, se monteraient à 413 millions de dollars
dont une partie aurait été perçue dans le cadre d'une évasion fiscale. Le service
des impôts de l'État de New York annonce l'ouverture d'une enquête. Les faits,
s'ils sont établis, ne relèvent pas du pénal en raison de la prescription des
faits, mais ils pourraient entraîner une amende au civil158,159.
En 2022, il est condamné à une amende de 10 000 dollars par jour pour ne pas avoir
présenté à l'administration fiscale des documents relatifs à une enquête visant le
groupe Trump Organization débutée en 2019. Il finira par payer 110 000 dollars
d'amende le 19 mai 2022160.
Par la suite, sa notoriété lui vaut entre autres de faire des apparitions dans
douze longs-métrages de cinéma et quatorze séries télévisées163, généralement dans
son propre rôle. On le voit ainsi dans des films comme Maman, j'ai encore raté
l'avion ! (1992), Celebrity de Woody Allen en 1998, ou Zoolander (2001), ainsi que
dans des épisodes du Prince de Bel-Air (1996), de Sex and the City (1999), etc. Il
a également joué un rôle secondaire dans le film Les Chenapans (1994) où il
interprète un magnat du pétrole. Ses rôles lui ont permis de devenir membre de la
Screen Actors Guild et de recevoir une pension annuelle de plus de 110 000
dollars164,165. Fréquemment imité et parodié par les humoristes et caricaturistes
américains, il anime par ailleurs pendant un temps sa propre émission de radio,
intitulée Trumped!166,167.
The Apprentice
En 2009, Vince McMahon annonce qu'il vend RAW à Donald Trump176 ; ce dernier
devient alors propriétaire du spectacle de catch WWE Raw, qu'il rebaptise TRUMP
RAW. Cependant, la semaine suivante, McMahon rachète Monday Night Raw le double du
prix vendu. En 2013, Trump devient membre du WWE Hall of Fame en reconnaissance de
son rôle dans la promotion de la World Wrestling Entertainment177. En 2016, Linda
McMahon, épouse de Vince McMahon et longtemps directrice de la WWE, verse 6
millions de dollars à Donald Trump pour sa campagne présidentielle. Elle se voit
nommée à la tête de la Small Business Administration (SBA) après sa victoire178.