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Fiscalité

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Université Paris Dauphine

Economie Publique
F. Bien
Chapitre 8
L’incidence de la fiscalité
Tiré de Bien et Meritet (2014)
Les défaillances de marché, Pearson

Le marché n’aurait pu exister spontanément sans que l’Etat ne permette son


développement et délimite sa place. Pour Guesnerie (2006), le marché ne peut exister
sans l’existence de règles de droit nécessaire pour garantir l’échange et sans monnaie.
Ces deux institutions sont du ressort de l’Etat. Etat et marché sont donc imbriqués. La
prépondérance du marché est critiquable car le marché n’est pas lié à une norme
éthique, ni à des critères de justices sociales. C’est pour cette raison que l’intervention
de l’Etat dans la vie économique est souhaitable et légitimée. L’instauration d’une
norme, l’application d’une taxe et d’une subvention unitaire modifie les stratégies en
quantités des agents. L’Etat peut également se substituer en quelque sorte au marché
lorsqu’il détermine le prix d’échange. Ces interventions étatiques à objectif social
doivent être évaluées d’un point de vue d’efficacité. Un arbitrage apparaît donc : justice
sociale versus inefficacité.
Dans un premier temps, nous montrons que le marché conduit à une allocation
d’équilibre efficace. Cette efficacité est mesurée par la notion de surplus défini comme
le gain monétaire réalisé grâce à l’échange. L’efficacité n’étant pas liée à la justice
sociale, nous détaillons dans un second temps, des mécanismes d’interventions étatiques
et analysons leur impact en termes d’inefficacité.
1. Efficacité du marché

Nous retenons une analyse d’équilibre partiel. En concurrence pure et parfaite,


l’équilibre partiel est défini comme l’équilibre sur un marché d’un bien en supposant
que les prix des autres marchés sont invariants (Marshall, 1890). Lesdites actions sont
dénommées respectivement offre individuelle et demande individuelle. L’offre globale,
notée 𝑆 𝑝 , est égale à la somme des offres individuelles et s’énoncent :

𝑆 𝑝 = 𝑠! (𝑝)
!

avec 𝑠! 𝑝 l’offre individuelle et 𝑝 le prix d’équilibre du bien considéré. Cette dernière


dépend de la technologie de production, des prix des facteurs de production et du prix
dudit bien.
La demande globale, notée 𝐷 𝑝 , est égale à la somme des demandes individuelles et
s’énoncent :

𝐷 𝑝 = 𝑑! (𝑝)
!

avec 𝑑! 𝑝 l’offre individuelle. Cette dernière dépend des préférences des agents, du
revenu et du prix dudit bien.
A l’équilibre partiel, il existe un prix d’équilibre positif, noté 𝑝∗ tel que l’offre globale
est égale à la demande globale :
𝑆 𝑝∗ = 𝐷(𝑝∗ )

Figure 8.1 : L’équilibre partiel


5.1!

!
p
D-1(p) S-1 (p)
excédent
p1

p*

pénurie
p2

Le prix 𝑝∗ définit une situation dans laquelle les entreprises produisent une quantité de
biens égale à la quantité que les consommateurs souhaitent acquérir. En concurrence
pure et parfaite, ce prix 𝑝∗ est tel qu’aucun agent n’a intérêt à modifier ses choix
économiques. A ce même prix, les agents sont libres de produire ou de ne pas produire
et d’acheter ou de ne pas acheter.
Ce modèle de concurrence pure et parfaite est peu répandu dans la vie économique
moderne. Cependant, ce modèle permet de fournir une norme qui justifie
l’intensification de la concurrence comme le prônent la Commission européenne et les
agences de régulations étatiques.
L’équilibre de concurrence pure et parfaite est recherché car il conduit à une allocation
efficiente des ressources, c’est-à-dire qu’elles sont utilisées de manière optimale. Par
exemple, pour une quantité de facteurs de production, le niveau de production atteint est
le plus élevé possible. L’efficience traduit une affectation sociale des ressources
économiques. L’état 1 est jugé plus efficient que l’état 2 si tous les agents préfèrent
l’état 1 à l’état 2. Ce critère d’efficience se confond avec le critère de Pareto puisqu’une
situation efficiente a épuisé tous les gains liés aux échanges. En situation d’équilibre
partiel, le surplus est la notion qui permet d’évaluer l’efficacité des échanges réalisés.
Pour analyser les effets économiques de l’échange à l’équilibre et mesurer l’efficacité
dudit équilibre, nous utilisons la notion de surplus qui ne peut être utilisé qu’en
équilibre partiel. Le surplus d’un agent est défini comme le gain qu’il réalisé en
participant à l’échange. Pour le consommateur, le surplus s’apparente à des économies
réalisées et pour le producteur à un profit.
Le surplus du consommateur
Pour simplifier les calculs, nous considérerons toujours une demande de type linéaire.
La demande individuelle s’énonce 𝐷! 𝑝 = 𝑎 − 𝑏𝑝. Posons que le prix de vente du bien
!
est égal à 𝑐 avec 𝑏𝑐 < 𝑎. Le prix maximal que l’individu 𝑖 est prêt à payer, noté 𝑝!"# ,
! ! ! !
est défini par 𝐷! 𝑝!"# = 0 ⟺ 𝑝!"# = ! . Comme ! > 𝑐 ⟺ 𝐷! 𝑝 = 𝑎 − 𝑏𝑐 > 0. Le

surplus du consommateur 𝑖 est donc égal graphiquement à la surface striée


verticalement de la figure 8.2, c’est-à-dire l’aire d’un triangle. Le surplus de ce
!
consommateur, noté 𝑆!"#$ est défini de la manière suivante :
!
!
𝑝!"# −𝑝 ∗𝑞
𝑆!"#$ =
2
Pour cette application, le surplus du consommateur 𝑖 est donc égal à :
𝑎
− 𝑐 ∗ 𝑎 − 𝑏𝑐 𝑎 − 𝑏𝑐 !
𝑆!"#$ = 𝑏
!
= >0
2 2𝑏
Figure 8.2 - Surplus du consommateur

!
p
D-1(p)

a-bc q

Le surplus des producteurs


!
Le surplus d’une entreprise 𝑗, noté 𝑆!"#$ , mesure le gain monétaire net retiré de la
production d’une quantité 𝑞 :
!
𝑆!"#$ = 𝜋 𝑞 − 𝜋 0 = 𝑝𝑞 − 𝐶𝑉 𝑞 − 𝐶𝐹 + 𝐶𝐹 = 𝑝𝑞 − 𝐶𝑉 𝑞 = 𝜋 𝑞 + 𝐶𝐹
Par définition de l’intégrale 𝜋 𝑞 , 𝜋 𝑞 − 𝜋 0 se réécrit :
!
!
𝑆!"#$ = 𝜋 𝑞 − 𝜋 0 = 𝑝 − 𝑐! 𝑥 𝑑𝑥
!
! !
!
𝑆!"#$ = 𝑝𝑞 − 𝑐! 𝑥 𝑑𝑥 = 𝑝𝑞 − 𝑂!! 𝑥 𝑑𝑥
! !

ce qui représente la différence entre l’aire située sous la recette en bien 𝑥 et la fonction
d’offre, c’est-à-dire le triangle strié verticalement de la figure 8.3 si nous considérons
une offre inverse linéaire, c’est-à-dire un coût marginal linéaire.
Figure 8.3 - Surplus du producteur

!
p
0-1(p)

-d+ec q

Dans un tel cadre, l’offre individuelle de type linéaire s’énonce 𝑂 ! 𝑝 = −𝑑 + 𝑒𝑝.


Posons que le prix de vente du bien est égal à 𝑐 avec 𝑒𝑐 > 𝑑. Le prix minimal auquel
! !
l’entreprise 𝑗 est prête à produire le bien, noté 𝑝!"# , est défini par 𝑂 ! 𝑝!"# = 0 ⟺
! ! !
𝑝!"# = ! . Comme ! < 𝑐 ⟺ 𝑂 ! 𝑝 = 𝑒𝑐 − 𝑑 > 0. Le surplus du producteur 𝑗 est donc

égal graphiquement à la surface hachurée de la figure 1.5, c’est-à-dire l’aire d’un


!
triangle. Le surplus de ce producteur, noté 𝑆!"#$ est défini de la manière suivante :
!
! 𝑝 − 𝑝!"# ∗ 𝑞
𝑆!"#$ =
2
Pour cette application, le surplus du producteur 𝑗 est donc égal à :
𝑑
!
𝑐 − 𝑒 ∗ 𝑒𝑐 − 𝑑 𝑒𝑐 − 𝑑 !
𝑆!"#$ = = >0
2 2𝑒

Le surplus collectif
Le surplus collectif, noté 𝑆!"## représente le gain net pour la collectivité ou l’économie
des échanges, c’est-dire la somme du surplus total des consommateurs et des
producteurs. Si l’Etat intervient, nous ajoutons alors le surplus de l’Etat appelé budget
de l’Etat et noté 𝐵𝐸.
𝑆!"## = 𝑆!"#$ + 𝑆!"#$ + 𝐵𝐸
Si 𝐵𝐸 = 0 alors
! !
𝑆!"## =   𝐷!! 𝑥 𝑑𝑥 − 𝑂!! 𝑥 𝑑𝑥
! !

Si la demande et l’offre sont linéaires et sans discontinuité, le surplus collectif est défini
par l’expression suivante :
𝑝!"# − 𝑝!"# ∗ 𝑞
𝑆!"## =
2
et est représenté sur la figure 8.4 par l’aire du triangle strié verticalement.
Figure 8.4 - Surplus collectif

!
p
D-1(p) 0-1(p)

p*

q* q

Le surplus collectif est maximal lorsque le marché atteint l’équilibre concurrentiel :


! !
!!
𝑆!"## =   𝐷 𝑥 𝑑𝑥 + 𝑂!! 𝑥 𝑑𝑥
! !
𝜕𝑆!"##
= 0 ⟺ 𝐷!! 𝑥 = 𝑂!! 𝑥 = 𝑝 ⟺ 𝑐𝑚 𝑞 = 𝑝
𝑆!

2. Analyse de l’intervention de l’Etat

La notion de surplus permet d’évaluer les conséquences de politiques économiques


menées par l’Etat et le coût pour la collectivité est défini comme la perte sèche ou
charge morte. Elle mesure la variation de surplus collectif qui résulte de l’intervention
étatique. Une variation négative du surplus collectif est appelée charge neutre ou perte
sèche. Une variation nulle de surplus collectif stipule que l’intervention de l’Etat est
neutre, c’est-à-dire que le surplus des agents n’est pas modifié. Les mécanismes peuvent
être ainsi catégorisés en deux ensembles : ceux efficaces qui ne génèrent pas de perte
sèche et ceux inefficaces qui produisent une charge morte.

Mécanismes efficaces
Par souci de redistribution, l’Etat décide d’appliquer une taxe forfaitaire, dont le
montant est est noté F, c’est-à-dire qu’elle est indépendante des quantités consommées
ou produites selon le type d’agent auquel elle s’impose. Son caractère forfaitaire
implique une absence de modification des décisions optimales des agents. Elle
s’appréhende comme une simple redistribution du surplus d’un type d’agent vers un
autre type d’agent. Par exemple, l’Etat met en place une politique de soutien de l’offre.
La taxe est supportée par les consommateurs et est redistribuée aux producteurs sans
que les décisions des agents ne soient modifiées. L’intervention de l’Etat est donc
neutre. Cette taxe forfaitaire est une redistribution de surplus des consommateurs vers
les producteurs. Elle est représentée par un rectangle grisé sur la figure 8.5. Le surplus
des consommateurs est représenté par des stries horizontales et le surplus des
producteurs par des stries verticales.
Figure 8.5 - Instauration d’une taxe forfaitaire
1.7!

!
p
D-1(p) 0-1(p)

p*

q* q

Mécanismes inefficaces
Un mécanisme est dit distorsif lorsqu’il conduit à une modification du prix et de la
quantité par rapport aux valeurs d’équilibre. La modification de la quantité d’équilibre
génère une perte sèche car le surplus collectif est maximal lorsque le prix est déterminé
par l’égalité entre l’offre et la demande dans un environnement sans intervention
étatique. Un mécanisme distorsif est donc inefficace lorsque l’équilibre avec mécanisme
ne conduit plus à l’optimum social.
Supposons qu’une taxe proportionnelle à la production, notée t, soit instaurée pour
inciter l’entreprise à réduire sa production par principe de précaution. Cette taxe
surenchérit le coût marginal de production de l’entreprise qui réduit donc sa production.
La répercussion dans le prix de vente d’une partie de la taxe augmente le prix
d’échange. Par conséquent, la demande diminue. Les surplus des consommateurs et des
producteurs diminuent car les consommateurs achètent moins de bien à un prix plus
élevé et les entreprises produisent moins de biens à un prix plus faible. Cette diminution
de la somme du surplus des consommateurs et des producteurs n’est partiellement que
compensée par les recettes fiscales de l’Etat. Ainsi, le surplus collectif a diminué (figure
8.6).
Figure 8.6 - Perte sèche d’une taxe unitaire sur la production
1.9!

!
p
cm+t

cm
t
pe

p*

pe - t

qe q* q

Le niveau de la perte sèche générée par le caractère distorsif du mécanisme dépend de


l’élasticité prix de l’offre et de la demande. Plus l’élasticité de l’offre est faible plus le
dénominateur est grand et donc plus la perte sèche est faible. Si les entreprises
réagissent faiblement à une taxe en ne répercutant pas ou prou la taxe sur le prix de
vente aux consommateurs, alors les prix et quantités d’équilibres varient peu ce qui
génère une charge morte faible.

Taxation ou subvention
Par une incitation financière, l’Etat modifie les comportements des agents. Toutefois,
une taxe peut-être appréhendée comme une subvention et une subvention comme une
taxe. Présentons des mécanismes complexes de taxes et de subvention appliqués aux
entreprises. Notons 𝑞! une norme qui permet de définir la redistribution réalisée par le
mécanisme de subvention et de taxation. Ledit mécanisme modifie la condition
d’optimalité de l’entreprise car si la production est marginalement subventionnée alors
l’entreprise produit davantage ou si la production est marginalement taxée alors
l’entreprise produit moins. Toutefois par le biais d’un mécanisme de taxe ou de
subvention, l’Etat peut inciter l’entreprise à réaliser la même action productive et ce
quel que soit le mécanisme proposé. Supposons que l’Etat souhaite que l’entreprise
réduise sa production par principe de précaution.
L’Etat taxe l’entreprise pour qu’elle réduise sa production avec le mécanisme suivant :
𝑇(𝑞) = 𝑡(𝑞 − 𝑞! )
avec t le taux de taxe unitaire. Ce mécanisme est un dispositif marginal de taxation car
toute augmentation marginale de production augmente la taxe que verse l’entreprise :
𝜕𝑇(𝑞)
=𝑡>0
𝜕𝑞
Ledit mécanisme est globalement une taxe si l’entreprise produit davantage que la
norme :
𝑞 > 𝑞! ⟹ 𝑇 > 0
Par contre, il est globalement une subvention si l’entreprise produit moins que la
norme car une taxe négative est un crédit d’impôt :
𝑞 < 𝑞! ⟹ 𝑇 < 0
L’Etat subventionne l’entreprise pour qu’elle réduise sa production avec le mécanisme
suivant :
𝑆(𝑞) = 𝑠(𝑞! − 𝑞)
avec s le taux de subvention unitaire.
Ce mécanisme est un dispositif marginal de taxation car toute augmentation marginale
de production diminue la subvention que reçoit l’entreprise :
𝜕𝑆(𝑞)
= −𝑠 > 0
𝜕𝑞
Ledit mécanisme est globalement une subvention si l’entreprise produit moins que la
norme car une taxe négative est un crédit d’impôt :
𝑞 < 𝑞! ⟹ 𝑆(𝑞) > 0
Par contre, il est globalement une taxation si l’entreprise produit plus que la norme car
une subvention négative est une taxe :
𝑞 > 𝑞! ⟹ 𝑆(𝑞) < 0
Les deux mécanismes de taxation et de subvention sont marginalement équivalents car
ils conduisent l’entreprise à réaliser la même variation négative de production. Taxer
une unité supplémentaire produite est équivalent à perdre une subvention sur une unité
supplémentaire produite. La norme 𝑞! permet de tenir compte de l’acceptabilité du
mécanisme. Toute entreprise accepte une réforme qui l’incite à produire différemment
si son profit ne diminue pas. Avant l’instauration du mécanisme l’entreprise produisait
une quantité 𝑞! et le profit s’élevait à 𝜋! . Le mécanisme incitatif est accepté par
l’entreprise si
𝜋(𝑞) ≥ 𝜋!
 

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