Modèle Conceptuel du Contrôle Interne Bancaire
Modèle Conceptuel du Contrôle Interne Bancaire
ISSN 2789-049X
Int. J. Econ. Stud. Manag. 3, No.3 (MAY-2023)
Résumé : Le système de contrôle interne bancaire constitue un moyen de concilier atteinte des
objectifs et maîtrise des risques. Piloté par la direction d’un établissement, il est étroitement lié
au gouvernement d’entreprise qui s’avère atypique dans la banque. La réglementation baloise
récente impose les banques à développer un dispositif de contrôle interne tourné vers la prise
en compte des risques opérationnels en lien avec le gouvernement d’entreprise. Cette relation a
suscité des travaux complémentaires par les chercheurs selon lesquels l’effectivité du système
de contrôle interne des risques opérationnels via la pratique de la discipline de la gouvernance,
améliorait l’efficience bancaire. L’objet de ce travail est de proposer un modèle qui relie le
risque opérationnel, la pratique de contrôle interne dans la maitrise des risques opérationnels et
la performance. La conception du modèle s’apparente à une logique positiviste fondée sur un
raisonnement hypothético déductif. Une attention sera prêtée aux modèles développés dans la
littérature, faisant l’objet d’une opérationnalisation des concepts, et une identification des
hypothèses.
Mots-clés : Contrôle interne, gouvernance, risque opérationnel, performance, banque
1. Introduction
Le contrôle interne est un processus, mis en œuvre par le conseil d’administration d’une entité,
par ses dirigeants et par d’autres employés, conçu pour fournir une assurance raisonnable quant
à l’atteinte des objectifs en l’efficacité et l’efficience des opérations ; la fiabilité du reporting
financier et le respect des lois et des règlements COSO (1992). L’identification et la réduction
des risques se réalisent grâce à la mise en place de procédures de contrôle interne formelles ou
informelles. Ces procédures sont d’ailleurs un des éléments caractéristique et fondateur des
organisations dans leur distinction par rapport au marché Ebondo et Pigé (2002).
Dans le monde bancaire, le contrôle semble revenir aux mécanismes internes de gouvernance
qui minimisent les risques encourus Salas et Saurina, (2003). Le conseil d’administration est
appelé à contrôler la prise de risque par les dirigeants en fixant les orientations opérationnelles
et en assurant la solidité de la banque Greuning et Bratanovic, (2004).
L’importance du contrôle interne dans les banques a été reformée avec l’entrée en vigueur, en
janvier (2007), de la réforme « Bâle II », suivant la survenance de la crise de la subprime qui a
émergée plusieurs débats par les académiciens, les praticiens et les législateurs sur la manière
de transposer en pratique les normes de contrôle de risque opérationnel. Dès lors le régulateur
renvoie au rôle du conseil d’administration pour aider à assurer la sécurité et la solidité bancaire,
par la prise en compte d’un nouveau risque celui des risques opérationnels.
Le contrôle interne ne se limite pas seulement au facteur consommateur des ressources qui
serait catonné à la réduction des erreurs liées aux processus d’exploitation ou de traitement de
l’information mais également une source directe de création de valeur à travers l’identification
des opportunités que l’organisation peut saisir (Mohamed Hmazaoui 2008, Éric Lamarque
2009). Par conséquent notre article présume que la gestion des risques est positivement associée
à la pratique du contrôle interne par l’organisation d’où son effet sur ca performance.
Le présent travail a pour objectif de développer un modèle de recherche qui examine le lien
entre le système de contrôle interne bancaire et la performance en termes de gestion des risques
[Link] 815
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
A ce propos, ce travail vise à proposer un modèle conceptuel qui lie la pratique de contrôle
comme variable dépendante et la performance bancaire comme variable à expliquer
(indépendante). Une telle pratique qui sera vérifiée via des interactions (variable modératrice)
du système de contrôle bancaire avec les parties de l’organisation bancaire.
La première partie de cet article mène une revue de littérature, sur le contrôle interne ainsi que
son application dans le domaine bancaire compte tenu des limites soulevées dans différents
travaux. La seconde partie expose la méthodologie adopté pour de la recherche. La troisième
partie présente une opérationnalisation des variables de la recherche pour, enfin, exposé notre
modèle et les hypothèses qui en découlent.
Le système de contrôle interne est un sujet centré sur la bonne gouvernance financière, pour
laquelle un groupe d’actionnaires essaie d’identifier un système de contrôle économique
adéquat bénéfique pour tous les associés. Or le système de contrôle peut-être défini comme
étant un système favorable à l’organisation lui permettant la suppression du conflit de l’agence
privilégié dans le cadre de la théorie de l’agence évoquée par (Jensen, 1993).
En effet (Jensen, Meckling, (1976),) ont initiés les premiers travaux sur le contrôle, ces
chercheurs confirment que le contrôle constitue ainsi une manifestation de ces coûts d’agence.
Les chercheurs démontrent à travers la théorie de l’agence, la délégation décisionnelle à l’agent
par le principal l’importance du contrôle afin de délibéré de l’agent de faire valoir ses propres
intérêts au détriment des objectifs fixés par le principal.
Dans la mesure où les dirigeants ne sont pas eux-mêmes des propriétaires, ils cherchent la
maximisation de leur rémunération et leur stabilité même au détriment des actionnaires, Fama
et Jensen (1983) repèrent trois mécanismes de contrôle au sein des firmes complexes : (1) La
hiérarchie formelle (ou les niveaux supérieurs contrôlent les niveaux inférieurs) ; (2) Les
[Link] 816
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
systèmes de surveillance mutuelle (moins formels que les modes de coordination précédents,
sont générés par les interactions interindividuelles) et (3) Le conseil d’administration (exerce
la fonction de contrôle des dirigeants).
Ce constat est rejoint par Charreaux (1997) qui propose un ensemble de mécanismes
organisationnels qui ont pour effet de délimiter les pouvoirs et d’influencer les décisions des
dirigeants, autrement dit, qui gouvernent leur conduite et définissent leur espace discrétionnaire.
Pigé (2008) confirme que les mécanismes organisationnels contribuent à aligner la réalité du
fonctionnement d’une organisation sur les objectifs qui lui sont assignés. Pour ce faire la
fonction de direction étant dévolue à des dirigeants permanant, et la fonction de contrôle des
dirigeants restant acquise à un conseil d’administration convoqué épisodiquement au cours de
l’année.
Ces conclusions sont en ligne avec les recherches antérieures, cependant, les chercheurs
proposent un modèle de mesure du système de contrôle basé sur deux variables que nous
empruntons dans notre propos : l’organe du conseil d’administration et l’organe de direction.
Par ailleurs, le système de contrôle influe positivement sur la performance en matière de gestion
des ressources organisationnelles.
Les travaux de Fama et Jensen vont être repris par Charreaux donnant naissance à un nouveau
paradigme, celui de la finance organisationnelle faisant l’objet d’une théorie s’intéressant aux
systèmes de contrôle organisationnels et leur contribution à la performance des entreprises. En
ce sens Charreaux (2001) représente deux courants de la recherche dans les systèmes de
contrôle.
Dans la version actionnariale, contrôler une entreprise dépend de deux mécanismes : (1) les
mécanismes de surveillance (discipline les choix de gestion du dirigeant) et (2) les mécanismes
d’incitation (alignement des choix du dirigeant sur des critères de maximisation de la
performance actionnariale de l’entreprise). La performance (efficience) dépend par conséquent
en la capacité de l’entreprise à préserver les intérêts des apporteurs de capitaux en sécurisant
principalement les investissements des actionnaires, d’autre part d’appui du contrôle exercé par
le principal sur le dirigeant.
Amann, Charreaux, (1999), constatent, les droits de propriété étant considérés comme diffus au
sein de l’organisation, le dirigeant se retrouve par conséquent dans une position dyadique, agent
[Link] 817
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
dans certaines relations contractuelles, principal dans d’autres, ouvrant un courant partenarial
au sein du paradigme actionnarial dominant.
En effet ces contrat relient la firme aux différents individus (dirigeants, actionnaires, salariés,
clients, fournisseurs, Etat, collectivités…). Chaque contrat définit les droits de gestion et de
contrôle que peut exercer chaque individu, le dirigeant étant considéré comme au centre de cette
combinaison contractuelle, donc en lien avec chacun d’eux.
La délégation de certaines décisions par le dirigeant à différents centres décisionnaires engendre
par nature une asymétrie informationnelle ex ante, compte tenu des connaissances détenues par
les parties impliquées et ex post, en raison des informations produites dans le cadre de l’activité.
De son tour, Charreaux (2001) identifie deux modèles du système de contrôle au sein de
l’entreprise : (1) L’examen des caractéristiques de la répartition de contrôle et de gestion à
l’intérieur de l’entreprise, (2) combinaison avec le système de contrôle incarné par le système
de gouvernance disciplinaire incitatif (évaluation et sanction).
Les mécanismes de gouvernance assument la même fonction d’alignement des intérêts entendus
cependant au sens large des partenaires de la coalition.
2.2 Le système de contrôle interne du risque opérationnel bancaire
Dans l’industrie bancaire, les problèmes d’agence sont plus complexes qu’ailleurs car
l’asymétrie d’information ne touche pas seulement la relation entre les actionnaires et le
dirigeant mais aussi Alexandre, Bouaiss, (2008) :
Pour instaurer un climat de confiance entre la banque et les déposants, lutter contre le risque
de défaillance et préserver à la fois les intérêts de la banque et de ceux des actionnaires tout en
luttant contre les conflits d’intérêts potentiels, le comité de Bâle en 2006 a fait l’objet d’une
réforme de la norme portant sur deux éléments essentiels : (1) Intégration du risque
opérationnel et (2) Elargissement des mesures de contrôle sur trois piliers (Pilier 1: Exigences
minimales en fonds propres ; Pilier 2: Processus de surveillance prudentielle ; Pilier 3:
Discipline de marché).
Le règlement 97-02 du Bâle indique que les établissements bancaires doivent se doter d’un
contrôle interne qui comprend : Le dispositif de maitrise des risques opérationnels complète
[Link] 818
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
activement ces grands principes en permettant une mesure de certains risques qui étaient
jusqu’alors peu ou mal appréhendés.
De ça part, la circulaire éditée par Bank al Maghrib sur la gestion des risques opérationnels,
fixant ainsi les conditions et principes dans lesquelles les établissements de crédits dotés d’un
organe central doivent organiser leur système de contrôle interne des risques opérationnels
confrontés en coordination avec cet organe Article n°6 circulaire BAM 30 octobre 2014 .
La gestion du risque opérationnel bancaire d’après le comité de Bâle II, doit comporter les
éléments fondamentaux suivants : (1) Politiques et procédures destinées à garantir que la
banque identifie, mesure et notifie tous les risques importants ; (2) Processus mettant en relation
les fonds propres et le niveau des risques ; (3) Processus qui formule des objectifs stratégique
de la banque et de son plan d’activité ; (4) Processus de contrôle interne, de vérification et
d’audit visant à garantir l’intégrité du processus global de gestion. (Tableau n°1)
Les travaux de Bâle sont en ligne avec celle d’Anthony, Besson (2000) selon lesquelles, le rôle
de la direction générale et du conseil d’administration dans l’application, la surveillance de
l’efficacité et la culture de contrôle est primordial.
De ça part, Ospital, (2006), suggère que l’instauration d’une politique de gestion des risques
opérationnels nécessite de développer une approche culturelle du risque soit un environnement
où la variable risque est une composante du processus de décision.
Edwards, Wolfe (2006) soutiennent l’idée selon laquelle une culture du risque est nécessaire
pour le calcul et la collecte de données historiques sur les risques et confirme que la diffusion
de cette approche culturelle suppose une vision partenariale de la norme de contrôle, laquelle
n’est pas nécessairement incompatible avec une recherche de conformité aux normes.
C’est dans cette perspective que les recherches post-crise sur le Risk Management insistent sur
le rôle des managers, et de la gouvernance d’entreprise, dans la diffusion de principes et de
zones d’enjeu prioritaire mais aussi des limites de risques acceptables Buehler, (2008).
En outre l’étude réalisée en 2003 par l’Association Internationale des professionnels du Risk
Management (PRIMA) sur le déploiement des dispositifs des risques opérationnels confirme
pour 90% des établissements de crédit interrogés les relais dans les différents métiers et les
différentes filiales de la fonction gestion des risques en indiquant ainsi un nombre variable de
personnes (fonction groupes et correspondants) exerçant un suivi des risques opérationnels,
ajoutant à ce que les établissements interrogés renvoient le plus souvent sur le soutien de la
direction générale ; la mobilisation des équipes ; la prise en charge de ces projets par les métiers
[Link] 819
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Tableau n°1 : Mise en place du dispositif du contrôle interne des risques opérationnels par la BAM
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5
Surveillance des risques Système d'identification, de Contrôle du système Plan de continuité Reporting destiné à
opérationnels par les mesure, de suivi, de maîtrise et de gestion des risques de l'activité Bank Al-Maghrib
organes d'administration d'atténuation des opérationnel
et de risques
direction
[Link] 820
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Pour cette raison une approche risque axée sur les pratiques opérationnelles et les
comportements aura plus d’efficacité qu’une approche par le reporting et l’auto-déclaration
selon Stulz, (2009).
En effet il existe des débats récurrents sur la manière d’intégrer et de transposer en pratique la
norme de contrôle du risque opérationnel, Wahlström (2009). Cependant la prolifération de
normes sur ce sujet amène les banques à se concentrer sur le « comment mettre en œuvre » en
pratique cette régulation plutôt que sur la question du « pourquoi » développer celle-ci Cordel
(2016).
L’examen des recherches antérieures suggère que les interactions des systèmes de contrôle dans
les apprentissages est le seul moyen de faire face aux évolutions de l’environnement Simons
(1995) ; Kloot (1997). Ces observations confirment celles de Simons (1995) : les organisations
disposent généralement d’un système de contrôle appelé interactif qui, par le débat et le
dialogue, doit permettre l’émergence de nouvelles idées, de nouvelles stratégies.
L’efficacité du système de contrôle est variable selon la latitude managériale octroyée par le
système de contrôle organisationnel. Cette dernière est l’ensemble de possibilités décisionnelles
en matière stratégique permises ou privilégiées par le système de contrôle.
[Link] 821
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
En effet Charreaux réalise deux niveaux d’analyses de la latitude managériale dans un système
de contrôle : (1) les interactions avec l’environnement de contrôle (mécanismes de contrôle) et
(2) les interactions avec les individus (les acteurs de système).
Selon lui, il existe trois effets possibles sur la latitude : (1) la discipline, (2)
l’habilitation (reconnaissance du conflit et harmonisation pour soutenir la décision stratégique
la plus satisfaisante et (3) comportemental (cognitif : une première boucle de rétroaction de la
latitude managériale et une seconde boucle de rétroaction de performance). Ces interactions
offrant trois situations possibles : (1) situation n°1 interaction des mécanismes disciplinaires
avec les acteurs donnant lieu à un système de contrôle disciplinaire ; (2) situation n°2 interaction
des mécanismes habilitants avec les acteurs donnant lieu à un système de contrôle partenarial ;
(3) situation n°3 interaction des mécanismes comportementaux avec les acteurs du système
donnant lieu à un système de contrôle cognitif.
Dans une approche contractuelle, la performance de l’entreprise est mesurée par une capacité à
maximiser une fonction objective (le profit, le cours de la bourse, le chiffre d’affaires…) Les
indicateurs de performance financiers restent néanmoins les indicateurs privilégiés des
approches contractuelles de la firme et du gouvernement d’entreprise.
En effet, le processus de création de valeur est ignoré puisque seule compte la manière dont la
répartition de la valeur sera organisée afin d’être suffisamment incitative pour maximiser la
performance financière et non financière et donc la valeur de l’entreprise Charreaux, (2006).
En somme, la performance de l’entreprise peut avoir des acceptions différentes revoyant aux
objectifs de gestion prédéfinis par l’entreprise. Or la reconnaissance de l’ensemble des leviers
non seulement disciplinaires par les entreprises, permettent d’influencer positivement sur la
[Link] 822
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
création de la valeur. D’ailleurs une telle reconnaissance suppose une démarche statique pour
une maitrise efficiente des coûts supportés par les entreprises en matière de contrôle, mais
semble insuffisante selon les recherches récentes compte tenu de la dynamique des entreprises.
Ces conclusion sont en ligne avec celles de C. Jimenez ; P Merlier (2004) qui confirment que
la construction d’un dispositif suscite aux entreprises de réfléchir à la gestion des risques
opérationnels comme clé de la performance opérationnelle, dont l’objectif est de favoriser la
création de la valeur. Cet objectif peut être atteint par l’engagement des instances dirigeantes
dans une politique de maîtrise des risques efficaces, privilégiant la transparence à tous les
niveaux de l’entreprise.
Batac. J 2003 dans son étude sur les interactions du système de contrôle opérationnel dans une
banque de détail démontre la conséquence positive de son influence perçue sur la performance
; cette mobilisation apparaît pour l’ensemble des systèmes de contrôle.
[Link], [Link] 2015 démontrent dans leurs étude de mise en place d’un outil de
performance interactif l’importance de l’implication de la direction à explorer de nouvelles
opportunités stratégiques à travers des relations. Les différents résultats théoriques issus de cette
étude suscitent des implications managériales.
3. Méthodologie
Le choix d’un paradigme épistémologique, dans lequel le chercheur inscrit sa recherche, est un
acte fondateur et fondamental dans le sens où il conditionne la validité et la légitimité de la
recherche. Compte tenu de la nature du sujet de la recherche, de sa complexité et du cadre
théorique mobilisé qui requiert la contextualisation du concept et l’interaction avec le terrain
de recherche, le choix s’est porté sur le raisonnement déductif. Il s’agit d’explorer, observer et
tester en ligne avec le paradigme de positivisme présenté par (Yin, 2009). Notre objectif est
donc de contribuer à l'enrichissement des hypothèses et des modèles théoriques déjà existants.
[Link] 823
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Chaque sujet de recherche implique des notions abstraites qu'il faut traduire en mesures
concrètes. Cette démarche est appelée opérationnalisation ou traduction (Facult et al., 2014).
Pour rendre mesurables les concepts théoriques tels que le système de contrôle interne des
risques opérationnels, interactions avec les acteurs du système de contrôle des risques
opérationnels et la performance, il est nécessaire de les opérationnaliser. Cela implique
l'identification des composants de chaque concept et de leurs attributs, ainsi que la proposition
d'une méthode pour désigner les liens entre ces différents concepts afin de construire le modèle
conceptuel approprié.
Pour opérationnaliser les trois concepts théoriques mentionnés, nous nous basons sur la
littérature existante et les théories et modèles reconnus pour les évaluer par déduction. Cette
approche nous permettra de décortiquer les concepts et les relations à retenir.
En plus, nous incluons la proposition de C. Jimenez ; P Merlier (2004), d’une démarche projet
de mise en œuvre d’un dispositif de contrôle des risques opérationnels dans le milieu bancaire.
En fin nous introduisons les directives des circulaires relatives à la gestion du risque
opérationnel (2007) et au contrôle interne de Bank Al- Maghrib (2014), comme un moyen
d'identifier les sources potentielles de tels risques et d'en assurer la mesure, le suivi et le contrôle
(Tableau 2).
[Link] 824
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Source : Auteur
[Link] 825
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
volonté de s’engager dans une politique de maitrise des risques efficace, privilégiant la
transparence a tous les niveaux de la banque, y compris aux niveaux les plus élevés.
En se basant sur le modèle élaborée par Chiappello (1996), qui propose d’étudier le contrôle
mis au point par le management et celui qui émerge des interactions, ainsi que la démarche
proposée par [Link] et P. Merlier (2004) d’organisation d’un dispositif de contrôle des
risques opérationnels, nous retenons cinq dimensions d'analyse des modes de contrôle en
organisation.
[Link] 826
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
L’examen des recherches antérieures sur les relations des systèmes de contrôle avec la
stratégie organisationnelle et les dispositifs de contrôle suggère que les systèmes de contrôles
interactifs sont toujours reconnus comme étant des leviers de l’évolution de la performance.
Cependant cette contribution ne peut se réaliser que si le système de contrôle organisationnel
développerait un ensemble de pratiques appropriés.
En particulier, nous considérons les propositions de Julien Batac (2011) qui visent à étudier
les interactions au niveau des systèmes de contrôle opérationnels dédiés à la gestion des
risques bancaires, par, l’introduction d’un ensemble de pratiques individuelles et
organisationnelles comme l’intégration de l’expérience individuelle et sa mobilisation au
niveau organisationnel.
[Link] 827
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Finalement, nous soutenons qu’une mobilisation des pratiques individuelles face à la gestion
des risques à l’ensemble du système de contrôle interne des risques opérationnels (niveau
global) conduisant à de meilleures performances.
Dans les recherches sur la performance des systèmes de contrôle organisationnels, les
indicateurs du tableau de bord prospectif (balanced scorecard) sont toujours reconnus comme
les principaux indicateurs de mesure de performance à la fois multidimensionnelle et élargie
Alin finet (2009).
Le tableau de bord prospectif, a ainsi été conçu pour intégrer, de manière balancée, à la fois
des variables financières significatives « axe financier » et des indicateurs de performance
opérationnels (non financiers) mesurant la satisfaction de la clientèle de l’entreprise « axe
client », l’efficacité des processus interne « axe processus interne » et l’aptitude de
l’organisation innover et à apprendre « axe innovation et apprentissage ».
Nous nous limitons dans la mesure de l’impact du système de contrôle des risques
opérationnels sur la performance bancaire, à deux niveaux : « axe financier » et « l’axe
innovation et apprentissage », nous retenons sept indicateurs les plus utilisés pour mesurer la
performance bancaire. (Tableau 5)
Source : Auteur
[Link] 828
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
En somme le contrôle exercé par la banque pour la maîtrise de ces risques opérationnels, via
le dispositif débouche sur certains types de résultats. La mesure de ses résultats permettra de
vérifier l’effet d’éventuelles pratiques du système de contrôle dans la gestion du risque
opérationnel.
Notre modèle conceptuel propose une relation entre le système de contrôle interne des risques
opérationnels et la performance, à travers les pratiques partenariales organisationnelles
bancaires. Cette relation est supposée être modérée par les interactions du système de contrôle
interne à la banque (figure n°1)
H1 H3
Système de Pratique Performance
contrôle des risques partenariale
opérationnel
H2
Interactions
Hypothèse n°1 : Le système de contrôle des risques opérationnels est un système à dimension
partenariale positivement lié à la maitrise du risque opérationnel
Hypothèse n°2 : La pratique du système de contrôle interne des risques opérationnels impacte
positivement l’interaction entre acteurs du dispositif de contrôle des risques
opérationnels
6. Conclusion
[Link] 829
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
[Link] 830
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
Notre analyse procède ainsi, à la fois, a une confrontation de nos hypothèses et propositions
théoriques avec le contexte empirique à des fins de corroborations tout en laissant la
possibilité a des construits ou propositions théoriques nouvelles d’émerger.
7. Bibliographie
[1] Alain FINET , Gouvernance d’entreprise Nouveaux défis financiers et non financiers,
Boeck. 2009
[2] BATAC, J , Les interactions contrôle/apprentissage organisationnel : proposition d'une
grille d'analyse , Congrès de l'Association Française de Comptabilité. (AFC) 2003
[3] B Pigé , Gouvernance, contrôle et audit des organisations Economica, 2008
[4] Besson, P., “ Risques organisationnels et dynamique de contrôle ”, in Encyclopédie de
Comptabilité, de Contrôle de Gestion et d’Audit, dirigée par B. Colasse, Paris, Economica.
2000
[5] CHRISTIAN Jimenez, Prévention et Gestion des risques opérationnels Broché 30 septembre
2004
[6] CHARREAUX G., La théorie positive de l’agence : lectures et relectures, in KOENIG G.,
De nouvelles théories pour gérer l’entreprise du XXIe siècle, Economica, 1999.
[7] Charreaux G , « La théorie positive de l'agence: positionnement et apports », Revue
d'économie industrielle, 2000,
[8] Charreaux, G, Les théories de la gouvernance : de la gouvernance des entreprises à la
gouvernance des systèmes nationaux. Dans Gouvernance des entreprises nouvelles perspectives
(Eds Charreaux, G., Wirtz, P.), Paris: Economica,2006
[9] Charreaux G, Wirtz P, Discipline ou compétence ? L'apport des perspectives cognitives et
comportementales à la compréhension des mécanismes de gouvernance d'entreprise, Revue
française de gouvernance,2007
[10] CHEMLAL, M. ., BENAZZOU, L. ., MRABET, A. ., & GHARIB, B. L’impact de la
gestion des risques opérationnels sur la performance financière des banques marocaines cotées
en bourse. Revue Internationale Du Marketing Et Management Stratégique, 2(2). Consulté à
l’adresse [Link] 2021
[11] Circulaire relative au contrôle interne des établissements de crédit C N° 4/ W/2014 Bank
Al Maghrib
[12] CORDEL. F. ,CHARRIE. L. . Gestion des risques et contrôle interne : de la conformité à
l’analyse décisionnelle. Vuibert.2016
[13] COMITE DE BALE SUR LE CONTROLE BANCAIRE, « Principe pour un contrôle
bancaire efficace. » Banque des règlements internationaux, octobre 2006.
[14] COMITE DE BALE SUR LE CONTROLE BANCAIRE, « Vue d’ensemble du nouvel
accord de Bâle sur les fonds propres ». Document soumis à consultation. Banque des règlements
internationaux, janvier 2001.
[15] COMITE DE BALE SUR LE CONTROLE BANCAIRE, « sains pratiques pour le contrôle
du risque opérationnel », Banque des règlements internationaux, février 2003.
[Link] 831
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
[Link] 832
International Journal of Economic Studies and Management (IJESM) – ISSN 2789 – 049X
[Link] 833