Introduction à l'OMC et ses principes
Introduction à l'OMC et ses principes
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Introduction à lʹOrganisation
mondiale du commerce (OMC),
ses principes de base et ses règles
relatives à lʹaccès aux marchés
DURÉE ESTIMÉE: 4 heures
OBJECTIFS DU MODULE 1
L'OMC est la seule organisation internationale qui s'occupe des règles multilatérales du commerce entre les
pays. Au cœur de l'Organisation se trouvent les accords du Cycle d'Uruguay, qui ont été négociés et signés par
les gouvernements et ratifiés par les parlements respectifs.
GATT et OMC
Le sigle "GATT" signifie Accord général sur l es tarifs douaniers et le commerce. Le GATT est un accord
international conclu en 1947. Il énonce les règles et obligations qui ont régi pendant près de 50 ans le
commerce des marchandises entre les nations qui l'ont signé et ratifié et qui étaient normalement appelées
"les parties contractantes". Jusqu'à la création de l'OMC en 1995, le GATT a c onstitué le cadre juridique
régissant l'essentiel du commerce mondial.
Les parties contractantes ont organisé huit cycles de n égociations entre 1947 e t 1994. Le pl us long
(1986-1994) et le plus étendu de ces cycles a été le Cycle d'Uruguay, qui a comporté des négociations sur les
services et la propriété intellectuelle. Le s parties contractantes ont conclu le Cycle en adoptant l'"Acte final
reprenant les résultats des négociations commerciales multilatérales du Cycle d'Uruguay". L'Acte final contient
l'"Accord de Marrakech instituant l'Or ganisation mondiale du comm erce" ("l'Accord sur l'OMC") et s es quatre
annexes (annexes 1 (1A, 1B, 1C), 2, 3 et 4).
L'Accord sur l'OMC est donc l'accord constitutif qui a institué une nouvelle organisation, l'Organisation mondiale
du commerce. En conséquence, l'OMC a vu le jour en 1995 et, bien qu'elle soit juridiquement distincte du
"GATT", il existe entre eux des liens étroits. L'OMC est chargée d'administrer les Accords du Cycle d'Uruguay.
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I.B. OBJECTIFS DE L'OMC
Dans le Préambule de l'Accord de Mar rakech instituant l'OMC ("l'Accord sur l'OMC"), les parties à l' Accord
reconnaissent certains objectifs qu'elles souhaitent atteindre au moyen du système commercial multilatéral:
à réalisation du plein-emploi;
à réalisation d'un niveau élevé et toujours croissant du revenu réel et de la demande effective; et
Le Préambule de l'Accord reconnaît en outre qu'il est nécessaire de faire "des efforts positifs pour que les pays
en développement, et en particulier les moins avancés d'entre eux, s'assurent une part de la croissance du
commerce international qui corresponde [à] … leur développement économique".
EN BREF
à fournir une aide aux pays en développement pour les questions de politique commerciale au moyen de
programmes d'assistance technique et de formation; et
L'article III de l'Accord sur l'OMC énonce les fonctions de l'Organisation. Les paragraphes 1 et 2 font référence
à son rôle en t ant qu'enceinte institutionnelle permanente pour les négociations commerciales entre ses
Membres. Ces négociations peuvent porter sur des questi ons déjà visées par les Ac cords de l'OMC ou sur d e
"nouvelles questions" devant faire l'objet de disciplines dans le cadre de ces accords.
Le paragraphe 3 de l'ar ticle III de l'Accord sur l'OMC di spose que l'OMC administrera le Mémorandum d'accord
sur les règles et procéd ures régissant le règl ement des di fférends ("Mémorandum d'accord") qui fi gure à
l'annexe 2 de l'Accord sur l'OMC. Il fait référence au rôle de l'OMC en tant qu'enceinte pour le règlement des
différends entre ses Membres conformément aux disciplines et procédures énoncées dans le Mémorandum
d'accord.
Le paragraphe 4 de l'article III de l'Accord sur l'OMC dispose que l'OMC administrera le Mécanisme d'examen
des politiques commerciales ("MEPC") prévu à l'annexe 3 de l'Ac cord. Cette fonction souligne le rôle de l'OMC
dans le mécanisme de transparence élaboré par les Membres au cours du Cycle d'Uruguay. Le MEPC é tait l'un
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des rares éléments de l'Accord sur l'OMC qui faisait partie des "premiers résultats" obtenus avant la fin d u
Cycle d'Uruguay, c'est-à-dire lorsque, à la Réunion ministérielle d'"examen à mi parcours", tenue à Montréal en
1988, les parties contractantes du GATT s ont convenues que certains résultats des négociations, qui faisaient
clairement l'objet d'un consensus, entreraient en vigueur immédiatement mais à t itre provisoire. A utrement
dit, certains résultats (des négociations) seraient "mis en œuvre plus tôt".
Le dernier paragraphe de l'article III de l'Accord s ur l'OMC, le paragraphe 5, énonce le "ma ndat sur la
cohérence", selon lequel l'OMC devrait coopérer avec d'autres organismes mu ltilatéraux (Banque mondiale,
Fonds monétaire international, etc.).
CONSEIL
Les droits et obligations prévus dans le cadre de l'OMC constituent le sy stème commercial multilatéral
("SCM") qui régit la pl upart des tra nsactions commerciales internationales. D'autres organisations et
accords touchent aussi au commerce.
Par exemple, les règles du Fonds monétaire international ("FMI") ont une incidence sur les é changes
commerciaux entre les pays.
EXERCICES:
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I.D. STRUCTURE ORGANISATIONNELLE DE L'OMC
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I.D.1. LA CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE
La Conférence ministérielle est l'organe décisionnel suprême de l'OMC. Elle doit se réunir au moins une fois
tous les deux ans. Elle traite de toutes les questions relevant des Accords de l'OMC.
Le Conseil général a a utorité sur le Comité des négociations commerciales ("CNC") qui est chargé des
négociations prescrites par le Programme de Doha pour le dév eloppement. De plus, le Conseil général se
réunit:
à en tant qu'Organe d'examen des po litiques commerciales ("OEPC"), avec son propre président, pour
procéder à l'examen des politiques commerciales prescrit par le Mécanisme d'examen des po litiques
commerciales (annexe 3 de l'Accord sur l'OMC);
à en tant qu'Organe de règlement des différends ("ORD"), avec son propre président, pour administrer le
Mémorandum d'accord sur l es règles et proc édures régissant le règlement des différends
("Mémorandum d'accord sur le règlement des d ifférends"). L'ORD a le pouvoi r d'établir des grou pes
spéciaux, d'adopter les rapports des group es spéciaux et de l'Organe d'appel, de surv eiller la mise e n
œuvre des dé cisions et re commandations et d'autor iser la susp ension de conc essions et d'au tres
obligations découlant des accords pour le squels les différends peuvent être réglés conformément au
Mémorandum d'accord sur le règlement des différends – les "accords visés."
à le Conseil du commerce des marchandises (le "CCM"), qui supervise toutes les questions relatives aux
Accords sur le commerce des marchandises;
à le Conseil du commerce des services (le "Conseil de l'AGCS"), qui supervise toutes les questions
relatives à l'AGCS;
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à le Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (le "Conseil des
ADPIC"), qui administre l'Accord sur les ADPIC.
Le Conseil du commerce des marchandises et le Conseil de l'AGCS ont des organes subsidiaires.
Le Conseil du commer ce des marchan dises compte on ze comités travaillant chacun sur un suje t spécifique
(agriculture, accès aux marchés, subventions, mesures antidumping, etc.). To us ces comités sont composés
de représentants de tous les Membres.
Les organes subsidiaires du Conseil du commerce des services s'occupent des services financiers, de la
réglementation intérieure, des règles de l'AGCS et d es engagements spécifiques. Ce Co nseil n'a pas un
nombre fixe d'organes subsidiaires. Par exemple, le Groupe de négociation sur les télécommunications de base
a été dissous en février 1997 lorsque ses travaux ont pris fin.
Plusieurs autres organes, chargés de questions spécifiques, relèvent du Con seil général. Ces organes,
généralement appelés comités ou groupes de travail, sont les suivants:
EXERCICES:
a) Conseil général
d) Conférence ministérielle
a) Conférence ministérielle
b) Conseil général
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I.E. PRISE DE DÉCISIONS DANS LE CADRE DE L'OMC
Consensus ou ...
L'OMC est u ne organisation conduite par ses Me mbres où les dé cisions sont prises par cons ensus. Le
consensus est défini à l'article IX (note de bas de page 1) de l'Accord sur l'OMC, qui dispose ce qui suit:¨
"L'Organe concerné sera réputé avoir pris une décision par consensus sur une question dont il a été saisi si
aucun Membre, présent à la réunion au cours de laquelle la décision est prise, ne s'oppose formellement à
la décision proposée."
... Vote
Lorsqu'un consensus n'est pas possible, l'Accord sur l'OMC prévoit la possibilité de mettre la question aux voix
– la décision est alors prise à la majorité des votes émis, chaque Membre disposant d'une voix. L'Accord sur
l'OMC envisage le vote dans les quatre cas suivants:
à la Conférence ministérielle ou le Conseil général peuvent adopter une interprétation d'un a ccord
commercial multilatéral à la majorité des trois quarts des Membres de l'OMC;
à la Conférence ministérielle peut décider, à la ma jorité des trois quarts, d'accorder à un Membre une
dérogation à une obligation imposée par un accord multilatéral;
à la décision d'amender des dispositions d'un accord multilatéral peut être prise par tous les Membres ou
à la majorité des deux tiers (en fonction de la disposition concernée). Toutefois, les amendements ne
s'appliquent qu'aux Membres de l'OMC qui les acceptent; et;
à la décision d'admettre un nouveau Membre peut être prise par la Conférence ministérielle, ou par le
Conseil général dans l'intervalle entre les réunions de la Conférence, à la majorité des deux tiers.
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II. LES ACCORDS DE L'OMC
INTRODUCTION
EN BREF
Les Accords de l'OMC résultent des négociations du Cy cle d'Uruguay (1986-1994) qui ont abouti à leur
signature à la Réunion ministérielle de Marrakech en avril 1 994. Il y a environ 6 0 Accords et Décisions,
représentant 550 pages au total. Les négociations ont aussi comporté une révision majeure du texte initial
du GATT. Les négociations menées par la suite ont produit d'autres textes juridiques, tels que l'Accord sur
les technologies de l'information, les protocoles concernant les services et les protocoles d'accession.
EN DÉTAIL
L'Acte final du Cyc le d'Uruguay a é té signé en 1994 à Marrake ch. Il constitue en quelque sorte un t exte
d'introduction pour tous les Accords de l'OMC, qui lui sont annexés dans les pages suivantes.
Il est suivi de l'Accord de Marrakech instituant l'Organisation mondiale du commerce ("l'Accord sur l'OMC"), qui
constitue un a ccord-cadre. L'Accord sur l'OMC renferme des di spositions concernant la créa tion, le champ
d'action, les fonctions et la structure de l'OMC. Il définit les relations de l'OMC avec d'autres orga nisations,
établit son Secrétariat et contient des dispositions relatives au budget et aux contributions, au statut juridique
et aux procéd ures de pr ise de décisions et d'amendements (y co mpris les procédures spéciales de vote). De
plus, il donne des renseignements sur la définition des Membres originels, et contient des dispositions
concernant l'accession, la non-application, l'acceptation, l'entrée en vigueur et le dépô t, et le r etrait, ainsi que
des dispositions finales.
L'Accord sur l'OMC a quatr e annexes. Les an nexes 1, 2, et 3 contiennent les "Accords commerciaux
multilatéraux" et l'annexe 4 contient les "Accords commerciaux plurilatéraux":
à l'annexe 1C (Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce);
L'annexe 2 c ontient le Mémorandum d'accord sur les règ les et procédures régissant le règlement des
différends;
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Les listes d'engagements font également partie de l'ensemble des décisions du Cycle d'Uruguay.
Les Accords commerciaux multilatéraux (annexes 1, 2 et 3) s'appliquent à tous les Membres et sont donc
considérés comme un "engagement unique", ce qui diffère de l'approche adoptée dans le cadre du GATT.
Une approche différente a été adoptée dans le cadre du Cycle d'Uruguay: il a ét é décidé que les accords
multilatéraux négociés devaient être acceptés en bloc. Le GATT, l'Accord sur l'agriculture, l'Accord sur les
aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, l'Accord général sur le commerce des
services et la plupart des autres accords négociés pendant le Cycle d'U ruguay font partie de cet "engagement
unique".
Il existe cependant quatre accords commerciaux plurilatéraux (Accords du Cycle d'Uruguay) qui ne sont
contraignants que pour les Membres qui les ont négociés. Il s'agit de l'Accord sur le commerce des aéronefs
civils, de l'Accord sur les marchés publics, de l' Accord international sur le s ecteur laitier et d e l'Accord
international sur la viande bovine. Ces deux derniers accords ont expiré à la fin de 1997.
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POUR EN SAVOIR PLUS
Pour plus de renseignements sur l'AGCS, il exist e un module d'autoformation sur le site de l'OMC à
l'adresse suivante: http://www.wto.org/french/tratop_f/serv_f/cbt_course_f/signin_f.htm
Pour plus de r enseignements sur le Mé morandum d'accord sur l e règlement des différends, il ex iste un
module d'autoformation sur le site de l'OMC à l'adresse suivante:
http://www.wto.org/french/tratop_f/dispu_f/disp_settlement_cbt_f/signin_f.htm
EXERCISES:
6. Qu'est-ce que l'Accord sur l'OMC et qu'est-ce qui est visé par ses annexes?
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III. NON-DISCRIMINATION
Comme vous le savez, la non-discrimination est u n concept clé du sys tème commercial multilatéral. Ell e est
fondée sur la clause de la nation la plus favorisée (NPF) et le principe du traitement national.
Le principe de la nation la plus favorisée (NPF) interdit toute discrimination entre les importations quelle que
soit leur origine ou leur destination et exige que chaque Membre accorde à tou s les autres Membres un
traitement non moins favorable que celui qu'il accorde aux importations en prov enance de tout autre pays.
S'agissant des marchandises, cette obligation figure à l'article I:1 du GATT:
"Tous avantages, faveurs privilèges ou i mmunités accordés par une partie contractante à un pr oduit
originaire ou à destination de tout autre pays seront, immédiatement et sans condition, étendus à tout
produit similaire originaire ou à d estination du territoire de tous les autres Membres. Cette disposition
concerne les droits de douane et les impositions de toute nature perçus à l'importation ou à l'exportation ou
à l'occasion de l'importation ou de l'exportation, ainsi que ceux qui frappent les transferts internationaux de
fonds effectués en règlement des importations ou des exportations, le mode de perception de ces droits et
impositions, l'ensemble de la réglementation et des formalités afférentes aux importations ou aux
exportations ainsi que toutes les questions qui font l'objet des paragraphes 2 et 4 de l'article III."
EXERCICES:
7. L'article I:1 du GATT di spose ce qu i suit: "Tous avantages … ac cordés par [un M embre] à u n produit
originaire ou à destination de tout autre PAYS seront, immédiatement et sans condition, étendus … etc. …
Cette disposition concerne les droits de douane …"
Pourquoi les rédacteurs de l'article I:1 du GATT ont-ils fait référence à "tout autre PAYS" et non à "tout
autre MEMBRE"?
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III.B. LE TRAITEMENT NATIONAL DANS LE CADRE DU GATT
À l'instar du principe NPF, le principe du traitement national s'applique au commerce des marchandises, au
commerce des services et aux aspects des droits de pr opriété intellectuelle qui touchent au commerce. I l
interdit à un M embre de favoriser les marchandises d'origine nationale (ainsi que les services et les droits de
propriété intellectuelle tels que le s brevets ou les dr oits d'auteur) par rapport aux marchandises importées
originaires d'autres Membres.
Le traitement national est régi par l'article III du GATT pour le commerce des marchandises:
1. Les Membres reconnaissent que les taxes et autres impositions intérieures, ainsi que les lois, règlements
et prescriptions affectant la vente, la mise en vente, l'achat, le transport, la distribution ou l'utilisation de
produits sur le marché intérieur et les réglementations quantitatives intérieures prescrivant le mélange,
la transformation ou l 'utilisation en quantités ou en prop ortions déterminées de certains produits ne
devront pas être app liqués aux produits importés ou nationaux de manière à prot éger la produ ction
nationale.
2. Les produits du territoire de tout Membre importés sur le territoire de tout autre Membre ne seront pas
frappés, directement ou indirectement, de taxes ou a utres impositions intérieures, de quelque nature
qu'elles soient, supérieures à celles qui frappent, directement ou indirectement, les produits nationaux
similaires. En outre, aucun Membre n'appliquera, d'autre façon, de taxes ou autres impositions
intérieures aux produits importés ou nationaux d'une manière contraire aux principes énoncés au
paragraphe premier. ...
4. Les produits du territoire de tout Membre importés sur le territoire de tout autre Membre ne seront pas
soumis à un traitement moins favorable q ue le tra itement accordé aux produits similaires d'origine
nationale en ce qui concerne toutes lois, tous règlements ou tout es prescriptions affectant la v ente, la
mise en vente, l'achat, le transport, la distribution et l'utilisation de ces produits sur le marché intérieur.
Les dispositions du présent paragraphe n'interdiront pas l'application de tarifs différents pour les
transports intérieurs, fondés exclusivement sur l'utilisation économique des moyens de transport et non
sur l'origine du produit.
Premièrement, les impositions intérieures ainsi que les lois, règlements et prescriptions affectant la vente de
produits importés "… ne devront pas être appliqués aux produits importés ou nationaux de manière à protéger
la production nationale". Autrement dit, l'application des lois, règlements, etc., affectant la vente de produits
importés ne devrait pas être discriminatoire. Si la loi (les règlements) est la même pour les produits nationaux
et les produits importés mais que son application est discriminatoire, elle est quand même contraire à cette
disposition car elle peut être considérée comme appliquée de manière à "protéger la production nationale".
Deuxièmement, les taxes et impositions intérieures qui frappent les produits des pays Membres ne seront pas
"supérieures à celles qu i frappent, dir ectement ou indirectement, les produits nationaux similaires". En c lair,
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les produits importés devraient être soumis aux mêmes taxes que les produits nationaux. Ces impositions ne
doivent en aucun cas servir à protéger la production nationale.
Troisièmement, le pr incipe s'applique aux "produits similaires". Q u'entend-on par "produits nationaux
similaires?" Habituellement, la "similarité" doit être déterminée sur la base d'u ne analyse au cas par ca s,
fondée notamment, mais pas exclusivement, sur les critères suivants:
à les goûts et les habitudes des consommateurs, et/ou leur perception des produits et leur comportement
à l'égard de ces produits; et
EXERCICES:
8. Le pays A interdit la publicité pour les montres étrangères. Cette mesure est-elle compatible avec
le GATT?
9. Un nouveau règlement du pays A exige que les montres vendues dans le pays aient une teneur en
produits locaux d'au moin s 10 po ur cent, c'est-à-dire que l es matériaux originaires du pa ys A
représentent au moins 10 pour cent de leur valeur. Cela est-il compatible avec le GATT?
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IV. RÈGLES RELATIVES À L'ACCÈS AUX MARCHÉS
IV.A. INTRODUCTION
L'accès aux marchés pour les marchandises, les services et la propriété intellectuelle peut être entravé de
nombreuses façons. Les deux principales catégories d'obstacles à l'accès aux marchés pour les marchandises
sont 1) les obstacles tarifaires et 2) les obstacles non tarifaires.
Note importante
La réduction des obstacles tarifaires et non tarifaires à l'accès aux marchés constitue, avec le principe de la
non-discrimination, le principal instrument dont dispose l'OMC pour atteindre ses objectifs. L es différents
Accords de l'OMC énoncent des règles relatives à l'accès aux marchés.
L'agriculture, qui r eprésente une so us-catégorie de marchandises, fait l'objet de règles spécifiques en
matière d'accès aux marchés, qui seront étudiées dans le module 4.
EN BREF
Les droits de douane, aussi appelés "tarifs", sont l'obstacle le plus courant et le plus répandu à l'accès aux
marchés pour les marchandises. Un droit de douane es t une impos ition sous la forme d'un e taxe perçue à
l'importation. Des droits de douane peuvent aussi être imposés à l'exportation.
EN DÉTAIL
Les droits de douane confèrent un avantage en matière de prix aux produits locaux similaires et accroissent les
recettes publiques, l'accès aux marchés étant subordonné au paiemen t de ces dro its. En outre, ils peuvent
être utilisés pour favoriser la répartition rationnelle des maigres ressources en devises.
Les droits de douane peuv ent être spécifiques, ad valorem ou mixtes. U n droit spécifique est calculé sur la
base du poids, du volume o u de la quantité de marchandises, par ex emple, 7 do llars EU par kg. Un dro it
ad valorem est perçu en pourcentage de la valeur. Par ex emple, un droit de 7 pour c ent sur une automobile
d'une valeur de 7 000 dollars EU serait de 490 dollars EU. Un droit mixte, ou composite, se compose d'un droit
spécifique et d'un droit ad valorem.
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IV.B.1. NÉGOCIATIONS SUR LES RÉDUCTIONS TARIFAIRES
L'OMC n'interdit pas le recours aux droits de douane, mais il est admis que ce ux-ci constituent souvent un
obstacle au commerce, d'où l'obligation pour les Membres de mener des négociations visant à les réduire. Le
mandat initial pour ces négo ciations figure à l 'article XXVIIIbis du GATT de 1947. Les négoci ations menées
actuellement dans le cadre du Programme de Doha pour le développement sont centrées sur la réduction des
tarifs pour les produits agricoles et sur l'accès aux marchés pour les produits non agricoles (AMNA).
L'un des ré sultats du Cyc le d'Uruguay a ét é notamment que les pays se sont engag és à réduire l es droits de
douane et à "consolider" leurs taux de droits. Les règles spéciales relatives aux tarifs agricoles sont expliquées
dans le module 3.
Note importante
Un droit de d ouane "consolidé" est un dr oit qu'un Membre s'est enga gé juridiquement à n e pas relever
au-delà du niveau consolidé. Le dr oit consolidé est le niveau maximal de droit de do uane exigible sur les
produits importés dans un pays. Chaque Membre doit négocier ses consolidations (niveaux maximaux des
droits à percevoir à la frontière).
Les "niveaux consolidés" sont convenus lors de "n égociations sur l'accès aux mar chés", qui sont souvent
bilatérales, mais qui sont parfois déterminées par des "niveaux cibles" ou des objectifs de réduction devant
être atteints par le biais de "réductions tarifaires". Les niveaux consolidés pour chaque position sont inscrits
dans la l iste de concessions de chaq ue Membre. La bibliothèque contient un exemple de l iste de
concessions; celle-ci peut être imprimée.
Le droit co nsolidé peut être différent du droit appliqué car un M embre peut appliquer un droit a utre (plus
faible) que celui qu'il s'est engagé à appliquer en ta nt que droit max imal. Les M embres peuvent appliquer
des droits de douane plus faibles ("niveau des droi ts effectivement appliqués"), mais pas des droits
supérieurs à ceux qui sont indiqués dans leurs listes de concessions tarifaires.
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IV.B.3. LISTE DE CONCESSIONS (ARTICLE II)
EN BREF
Les concessions tarifaires ou "consolidations" de ch aque Membre de l'OMC fig urent dans sa Liste de
concessions tarifaires. Tou s les Membres ont une liste, sauf ceux qui font partie d'une union douanière;
ceux-ci partagent parfois une liste avec l es autres membres de l'u nion. Les l istes de conc essions tarifaires
pour le commerce des marchandises sont régies par l'article II du GATT.
EN DÉTAIL
"Les produits repris dans la première partie de la liste d'un Membre et qui sont les produits du territoire
d'autres Membres ne seront pas soumis, à leur importation sur le territoire auquel se rapporte cette liste et
compte tenu des conditions ou clauses spéciales qui y sont stipulées, à des dro its de douane proprement
dits plus élevés que ceux de cette liste. …"
Les listes de concessions sont des listes de produits, identifiés par u n code et une désignation généralement
conformes au Système harmonisé de désignation et de codification des marchandises (SH), pour lesquels le
Membre de l'O MC concerné est convenu d'un droit de do uane maximal applicable, qui représente le niveau
"consolidé" du droit de douane.
L'article II du GATT s'applique aux produits importés. Les opérateurs économiques sont assurés que le droit de
douane proprement dit qui sera perçu sur les produits importés ne sera pas supérieur a u niveau indiqué
comme "niveau consolidé" dans la liste de concessions tarifaires du Membre importateur.
Les listes de concessions sont des instruments juridiques qui sont annexés à l'Accord de Marrakech – par l e
biais du "Protocole de Marrakech" – et qui font partie intégrante des engagements juridiquement contraignants
contractés par les Membres de l'OMC.
Une lecture approfondie de la liste – y compri s des notes de ba s de page et des notes introductives – es t
nécessaire pour bien comprendre ce dont le Me mbre de l'OMC con cerné est convenu précisément. De s
limitations spécifiques ou ce rtaines conditions particulières peuvent faire l'objet d'un accord pen dant les
négociations et peuvent être inscrites dans la liste en tant qu'éléments ou limitation des engagements.
Note importante
Rappel: Le Tarif douanier d'un Membre, o u Tarif national, comprend les droits appliqués pour une année
spécifique. La Liste de concessions tarifaires, ou Liste, de ce même Membre, comprend ses droits consolidés
et d'autres engagements en matière d'accès aux marchés.
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IV.B.4. RENÉGOCIATION DES CONCESSIONS/MODIFICATION DES
LISTES
La renégociation des concessions est régie par l'article XXVIII du GATT. Si un Membre souhaite revenir sur un
de ses en gagements et imposer un dro it de douane à un taux supérieur au taux co nsolidé, deux possibilités
s'offrent à lui:
à l'obligation de respecter le niveau "consolidé" peut faire TEMPORAIREMENT l'objet d'une "dérogation"
lorsque le Membre concerné a ob tenu, dans des circonstances exceptionnelles, une autorisation
spéciale de tous les autres Membres, pour une durée limitée;
à le niveau de la concession tarifaire peut être modifié (abaissé ou relevé) de façon PERMANEN TE. Une
telle modification entraîne un déséquilibre entre les droits et les concessions d'un Membre vis-à-vis des
autres Membres. En outre, cela occasionne – ou d u moins peut occasionner – des pertes pour les
Membres qui exportent des marchandises soumises à d es droits de douane plus élevés qu'avant la
modification de la concession.
C'est pourquoi la renégo ciation d'une co ncession tarifaire nécessite l'octroi d'une co mpensation aux Membres
exportateurs. Doivent participer à la renégociation:
à les principaux fournisseurs-Membres ayant un intérêt comme principal fournisseur; et les Membres
ayant des "droits de négociateur primitif".
Les Membres détenant des "droits de nég ociateur primitif" sont ceux avec l esquels les concessions ont é té
négociées initialement au niveau bilatéral. Le Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article XXVIII du
GATT explique que tout Membre ayant un intérêt comme principal fournisseur dans une concession devant être
modifiée ou r etirée sera réputé avo ir un droit de négociateur primitif. Selon le Mémo randum d'accord, le
Membre pour lequel le rapport entr e les exportations visées par la con cession (c'est-à-dire les exportations du
produit vers le marché du membre modifiant ou retirant la concession) et ses exportations totales est le plus
élevé sera réputé avoir un intérêt comme principal fournisseur s'il n'a pas déjà un droit de négociateur primitif
ou un intérêt comme principal fournisseur aux termes du paragraphe 1 de l'article XXVIII.
Cette renégociation est régie par les règ les et d ispositions des articles XXVIII e t XXVIIIbis du GA TT et d u
Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l 'article XXVIII du GATT de 1994 ainsi que d e la no te
Ad article XXVIII.
En somme, le principe est très simple: le "taux consolidé" indiqué dans la liste de concessions tarifaires
représente le droit de doua ne maximal que le M embre de l'OMC con cerné s'est en gagé à percev oir sur le s
produits provenant des autres Membres, en vertu des règles générales de l'OMC.
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D'"autres droits et impositions" (ADI) peuvent être imposés en plus des "droits d e douane proprement dits".
Dans de tels cas, les impositions peuvent être supérieures au "niveau consolidé" indiqué dans la liste de
concessions tarifaires. Cep endant, pour être applicables, les A DI doivent être inscrits dans la l iste, et ne pa s
dépasser le niveau indiqué dans la liste. Les autres droits et impositions sont régis par
l'article II:1b - deuxième phrase.
Le Mémorandum d'accord sur l'interprétation de l'article II.1.b du GATT, qui est annexé à l' Accord sur l'OMC,
vise à préciser les types de droits et impositions pouvant être perçus en plus des "droits de douane proprement
dits". Voici quelques exemples d'autres droits et impositions:
à une surtaxe à l'importation, c'est-à-dire un droit imposé sur un produ it importé en sus des droits de
douane proprement dits;
Il y a des exceptions à la règle selon laquelle on ne peut pas imposer d'autres droits et impositions supérieurs
au niveau indiqué dans la liste. En dépit des obligations découlant de l'article II:1 b), les Membres peuvent
percevoir sur des produits importés:
à une imposition n'excédant pas la taxe intérieure frappant un produit national similaire;
à des droits antidump ing, des droits de sauv egarde ou des droits co mpensateurs conformes aux règ les
de l'OMC;
à des redevances ou autres droits correspondant au coût des services rendus (voir aussi l'article VIII:1 a)
du GATT de 1994).
Il s'agit, par exemple, des redeva nces et impositions relatives: aux form alités consulaires (factures et
certificats consulaires), aux r estrictions quantitatives, aux licences, au contrôle des changes, aux services de
statistique, aux analyses et aux vérifications, à la quarantaine, à l'inspection sanitaire et à la désinfection.
Des taxes intérieures, des droits antidumping et compensateurs et des redevances douanières perçus en sus
du droit consolidé doivent aussi respecter les règles spécifiques énoncées à l'article III du GATT (taxes
intérieures), à l'article VI du GATT (et accords u ltérieurs) (droits antidumping, subventions et mesures
compensatoires) et à l'article VIII du GATT (redevances douanières).
19
EXERCICES:
11. D'après la Liste de concessions tarifaires de Tristat, le droit consolidé applicable aux téléviseurs est de
10 pour cent. Tristat peut-il appliquer un taux de droit différent de celui qui est indiqué dans sa liste?
12. Lire l'article XXVIIIbis du GATT de 1947. Quels sont les principes fondamentaux et les règles régissant les
négociations tarifaires?
13. Le droit de douane "consolidé" est-il la seule imposition que Tristat peut percevoir sur les téléviseurs
importés?
20
IV.C. OBSTACLES NON TARIFAIRES
IV.C.1. INTRODUCTION
Les obstacles non tarifaires peuvent également restreindre l'accès aux marchés des mar chandises. Il s
comprennent les restrictions quantitatives (comme les contingents) et d'autres obstacles non tarifaires (comme
le manque de transparence de la r églementation commerciale, l'application inéquitable et arbitraire de cet te
réglementation, les formalités douanières, les obstacles techniques au commerce et les pratiques en matière
de marchés publics).
EN BREF
Qu'est-ce qu'une restriction quantitative? Les Me mbres sont i ls autorisés à appl iquer des re strictions
quantitatives?
Il n'existe pas de déf inition explicite de l'expression "restriction quantitative" dans les Accords de l'OMC.
L'article XI:1 du GATT e n donne une définition implicite en interdisant toute prohibition ou restriction autre
que des droits de douan e, taxes ou au tres impositions, que l'application en so it faite au mo yen de
contingents, de licences d'importation ou d'exportation ou de tout autre procédé.
EN DÉTAIL
Dans une décision de 1996 ( G/L/59, annexe), le Conseil du commerce des marchandises a établi la liste des
restrictions quantitatives: prohibition; prohibition, sauf dans des conditions définies; contingentement global;
contingentement global réparti par pa ys; contingentement bilatéral (contingentement qui se s itue en deç à
d'un contingentement global); régim e de licences automatiques; ré gime de licences non automatiques;
restriction quantitative du fait d'un commerce d'Éta t: réglementation concernant les mélanges; systè me de
prix minima, dont le non-respect déclenche une restriction quantitative et "autolimitation" des exportations.
EN BREF
Les restrictions quantitatives consistent en une interdiction des importations ou des exportations après l'entrée
sur le territoire d'une quantité déterminée (le contingent). Conformément aux dispositions de
l'article XI du GATT, les Membres de l' OMC ne do ivent pas maintenir de telles restrictions. Ce tte interdiction
21
signifie que seuls les droits d'importation peuvent être utilisés pour réguler le commerce des marchandises à la
frontière.
L'"élimination générale des restrictions quantitatives" est régie par l'article XI du GATT (pour le commerce des
marchandises) et par l'article XVI de l'AGCS (pour le commerce des services).
EN DÉTAIL
Aucun Membre de l'OMC ne peut en principe imposer des interdictions ni des restrictions en termes de quantité
ou de v aleur, à l' importation ou à l' exportation des produits en provenance ou à destination d'un autre
Membre. Les seules mesures de protection pouvant être instituées ou maintenues par les Membres de l'OMC
sont des "droits de douane, taxes ou autres impositions" compatibles avec les règles pertinentes du GATT, que
nous avons déjà examinées. Par con séquent, les "restrictions quantitatives", qu'elles prennent la f orme de
"contingents, de licences d' importation ou d'exportation ou de tout au tre procédé", sont contraires à la règl e
énoncée à l'article XI.
La formule employée dans la dispo sition ci-dessus indique que la liste des procédés n'est pas e xhaustive.
Ainsi, un pr océdé dont l'effet serait analogue à ce lui des procédés mentionnés dans cette disposition pourrait
être prohibé au titre de l'article IX et, partant, ne peut pas être appliqué.
L'interdiction générale des restrictions quantitatives s'applique également à l'importation et à l' exportation. Il
est interdit aussi aux entr eprises commerciales d'État (article XVII) d'imposer des rest rictions quantitatives.
Enfin, il faut noter l'article XIII du GATT qui tra ite de l'application non discriminatoire des restrictions
quantitatives.
1. Aucune prohibition ou restriction ne sera appliquée par un Me mbre à l'impor tation d'un produit
originaire du territoire d'un autre Membre ou à l'exportation d'un produit destiné au territoire d'un autre
Membre, à m oins que des prohibitions ou des r estrictions semblables ne so ient appliquées à
l'importation du produit similaire originaire de tout pays tiers ou à l'exportation du pr oduit similaire à
destination de tout pays tiers.
En principe, lorsqu'elles sont autorisées par le GATT , les restrictions quantitatives doivent être appliquées de
façon non discriminatoire. Autrement dit, le pays Membre qui impose de telles restrictions quantitatives n'est
pas autorisé à choisir les pays auxquels elles s'appliqueront. Il est censé les appliquer à tous les pays.
2. Dans l'application des restrictions à l'importation d'un produit quelconque, les Membres s'efforceront de
parvenir à une répartition du commerce de ce produit se rapprochant dans toute la mesure du possible
de celle que, en l'absence de ces restrictions, les divers Membres seraient en droit d'attendre ...
Cette disposition porte essentiellement sur la répartition des contingents entre les Membres exportateurs et
elle vise à garan tir que les restrictions quantitatives imposées ne faussent pas les courants d'échanges
ordinaires. Autrement dit, les contingents devraient être appliqués de la même faço n aux produits de toutes
origines et leur répartition devrait correspondre autant que possible à la r épartition du co mmerce qui aurait
22
existé en l'abs ence de contingents. Des accords entre le Membre importateur et ses principaux fournisseurs
sont néanmoins possibles.
Exceptions spécifiques
Les exceptions spécifiques à l'interdiction générale des restrictions quantitatives visent à:
1) prévenir une situation critique due à une pénurie de produits alimentaires ou d'autres produits
essentiels (article XI:2 a) du GATT);
2) résorber un excédent temporaire d'un pr oduit national similaire auquel le produit importé peut être
substitué directement (article XI:2 b) du GATT);
Les rédacteurs du GATT se sont rendu compte que, dans cer taines circonstances (pénurie ou exc édent de
produits d'origine nationale), il fallait pouvoir déroger au principe de l'interdiction des restrictions quantitatives
afin de prévenir des situations critiques ou d'y faire face.
L'exception énoncée à l'art icle XI:2 c) du GATT, qui crée une dérogation qua si générale pour les politiq ues
agricoles et les mesures relatives aux produits de la pêche, constitue la principale disposition qui a conduit au
"traitement spécial" pour l'agriculture.
L'"exception agricole" a pris fin lors de l' entrée en vigueur en 1995 de l'Accord de l'OMC sur l'agriculture, qui
remplace désormais l'article XI:2 c) du GA TT. L'arti cle 4 de l'Accord sur l'agriculture prévoit, entre autres
choses, que les contingents doivent être convertis en droits de douane (processus appelé "tarification").
Par conséquent, dans le cadre de l'OMC , les restrictions quantitatives restent possibles uniquement pour les
produits de la pêche.
Il convient ici de faire une distinction entre les contingents – q ui sont généralement interdits – e t les
contingents tarifaires. Ces derniers consistent en quantités déterminées de produits pouvant être importées à
un taux de dr oit "préférentiel" ("taux de droit contingentaire"). Une fois le co ntingent tarifaire utilisé, le
produit peut encore être importé sans limitation – il ne s'agit donc pas d'une restriction quantitative au sens de
l'article XI du GATT – mais à un taux plus élevé ("taux de droit hors contingent"). Le "t aux de droit hors
contingent" est généralement le taux NPF, mais dans un contingent tarifaire, des quantités spécifiques de
produits peuvent être importées à des taux différents.
La répartition des co ntingents tarifaires est soumise aux disciplines énoncées à l'article XIII du GATT
(Application non discriminatoire des restrictions quantitatives) qui exige que les contingents tarifaires soient
appliqués de la même manière aux pr oduits de toutes origines mais que leur répartition corresponde dans
toute la mesure du possible à la réparti tion du commerce qui aurait existé en l'absence de contingents. Il est
possible aussi de conclure un accord avec les fournisseurs principaux.
23
Voici comment se présente un contingent tarifaire:
Les importations effectuées entrant dans le cadre du contingent tarifaire (jusqu'à 1 000 tonnes) so nt
généralement passibles d'un droit de 10 pour cen t. Les importa tions hors contingent sont a ssujetties à u n
droit de 80 po ur cent. Conformément à l'Accord du Cycle d'Uruguay, les 1 000 tonnes sont basées sur les
importations effectives pendant la période de base ou sur une formule convenue d'"accès minimal".
ILLUSTRATION
L'article XI:1 du GATT exige que le s Membres éliminent les restrictions quantitatives appliquées au moyen de
contingents, de licences d'importation ou d'exportation ou de tout autre procédé. Une v iolation de cet te
disposition du GATT peut donc se produire de plusieurs façons.
En général, il peut y avoir violation lorsqu'un Membre importateur cherche à l imiter la quan tité d'une
marchandise entrant sur so n territoire, généralement pour protéger une branche de produc tion nationale
concurrente. Par exemple, si Alba estimait que le marché potentiel des montres sur son territoire était de
1 million d'unités par an et décidait de limiter à 400 000 le nombre de montres pouvant être importées de
Vanin, afin d'assurer la pr imauté de la br anche de pr oduction nationale, cela constituerait une violation de
l'article XI:1.
On pourrait cependant établir une distinction entre les contingents interdits et les contingents tarifaires. Dans
l'exemple précédent, Alba pourrait au contraire autoriser l'importation de 400 000 montres originaires de Vanin
à un taux de droit préfér entiel et percevoir des droits p lus élevés sur les montres importées au-delà de cette
limite (sans toutefois dépasser le taux consolidé). C ela serait autorisé par l'article XI car la quantité de
montres pouvant être importée ne serait soumise à aucune limitation numérique effective. Le gouvernement
d'Alba accorde simplement un meilleur accès au marché au moyen d'u n droit préfér entiel pour une certaine
quantité de produits importés (de 1 à 400 000 montres). Le taux de droit normal est appliqué aux
importations hors contingent, c'est-à-dire à part ir de la 400 001ème montre importée. Il n'y a donc pas de
restriction au commerce.
24
Il est cependant possible d'appliquer des restr ictions quantitatives pour les produits de la pêche. Ainsi, Alba
pourrait contingenter les importations de saumons, en ouvrant par exemple un contingent de 10 tonnes. Dans
ce cas, les importateurs ne peuvent pas importer plus de 10 tonnes de saumons par an.
EXERCICES:
14. Mediatia veut imposer un contingent d'importation pour le thon frais et un autre pour la viande d'agneau
congelée.
15. Tristat applique un contingent tarifaire de 1 million de tonnes au papier. Qu'est-ce que cela signifie?
25
IV.D. AUTRES OBSTACLES NON TARIFAIRES
Outre les droits de douane et les autr es impositions (obstacles tarifaires), et les restrictions quantitatives, le
commerce des marchandises peut être entravé par des obstacles non tarifaires qui limitent l'accès aux
marchés. Il s' agit, par exe mple, 1) des ob stacles techniques au commerce, qui comprennent a) l es mesures
sanitaires et phytosanitaires visées par l'Accord sur l'application des mesures sanitaires et phytosanitaires
("Accord SPS"), b) la catégorie générale des obstacles techniques au commerce visée par l'Accord sur l es
obstacles techniques au commerce ("Accord OTC"), 2) des formalités et procédures douanières, et 3 ) des
pratiques en matière de marchés publics.
Le manque de transparence, l'application inéquitable et arbitraire des mesures commerciales, les formalités et
procédures douanières et les autres mesures ou actions, telles que l'inspection avant expédition, les marques
d'origine et les mesures relatives aux expéditions en transit, et, parfois, l'absence d'action (non-communication
en temps utile de renseignements précis sur les lois, règlementations, procédures et pratiques commerciales)
peuvent constituer un obstacle au commerce.
L'Accord OTC vise à fair e en sorte que les règlements, normes et pro cédures d'essai et d'ho mologation ne
créent pas d'obstacles non nécessaires au commerce. L'Accord OTC reconnaît le droit des Membres de l'OMC
d'adopter les normes qu'ils jugent appropriées, par exemple pour protéger la santé et la vie des per sonnes et
des animaux, préserver les végétaux, protéger l'environnement ou défendre d'autres intérêts des
consommateurs. Il n'empêche pas les Membres d'adopter les mesures nécessaires pour faire re specter leurs
normes.
L'Accord SPS est entré en vigueur en 1995 et complète les dispositions de l'article XX b) du GATT de 1994. Il
va au-delà du principe g énéral de no n-discrimination. L 'Accord SPS se fonde sur les précédentes règles du
GATT pour limiter le r ecours à des m esures sanitaires et phytosanitaires injustifiées à des f ins de p rotection
commerciale et il énonce les règles fondamentales concernant la sécurité sanitaire des produits alimentaires et
les normes relatives à la santé des animaux et à la préservation des végétaux.
L'Accord SPS reconnaît que les gouvernements ont le droit d e prendre des mesures sanitaires et
phytosanitaires. Il permet encore aux pays d'utiliser des normes et des méthodes d'inspection des produits
26
différentes. Mais il cherche à faire en sorte que les droits souverains ne soien t pas utilisés à des fins
protectionnistes et ne créent pas des obstacles non nécessaires au commerce international. L'Accord dispose
en outre qu e les règ lements doivent ê tre fondés sur de s principes scientifiques et qu'ils ne doiv ent être
appliqués que dans la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie des personnes et des animaux ou
préserver les végétaux. D e plus, les mesures SPS n e doivent pas établir de d iscrimination arbitraire ou
injustifiable entre les pays où existent des conditions identiques ou similaires.
L'Accord SPS et l'Accord OTC s'excluent mutuellement de leur champ d'application. L'Accord OTC vise tous
les produits, notamment les produits industriels et agricoles, mais pas l es mesures relevant de
l'Accord SPS.
Les deux accords prescrivent aux Membres de l'OMC d'adopter les normes inte rnationales, mais, aux
termes de l'Accord SPS, les Membres sont tenus d'utiliser ces normes à moins qu'ils ne puissent fournir une
justification scientifique fondée sur l'évaluation du risque potentiel. En revanche, les Membres peuvent
prendre des mesures OTC q ui s'écartent des normes internationales pour d'autres raisons, notamment en
raison de difficultés technologiques ou de facteurs géogra phiques. En outre, les mesures SPS ne peuvent
être appliquées que "dan s la mesure nécessaire pour protéger la santé et la vie d es personnes et des
animaux ou pour préserver les végétaux, à condition qu'elles soient fondées sur des principes scientifiques
et ne soient pas maintenues sans preuves scientifiques suffisantes" (articles 2 et 3.4 de l'Accord SPS), alors
que les mesures OTC p euvent être appliquées et maintenues pour d'a utres raisons, notamment pour des
considérations liées à la sécurité nationale ou à la prévention de pratiques de nature à i nduire en erreur
(voir l'article 2, paragraphe 2, de l'Accord SPS et l'article 2, paragraphe 2, de l'Accord OTC).
27
IV.D.3. MANQUE DE TRANSPARENCE, APPLICATION INJUSTE ET
ARBITRAIRE DE MESURES COMMERCIALES
Pour éliminer les obstacles à l'accès aux marchés liés au manque de transparence et à l'application injuste et
arbitraire de mesures commerciales, et afin de faciliter les formalités et procédures douanières, l'article X:3 a)
du GATT stipule que:
"chaque partie contractante appliquera d'une manière uniforme, impartiale et raisonnable, tous les
règlements, lois, décisions judiciaires et administratives visés au paragraphe 1 du présent article."
Il s'ensuit que l'application des lois, règlements, décisions judiciaires et admi nistratives doit être uniforme,
impartiale et raisonnable.
à l'article VIII 1 c), qu i dispose que les Membres de l'OMC reconnaissent la nécessité de réduire au
minimum les effets et la complexité des formalités d'importation et d' exportation et de rédu ire et de
simplifier les exigences en matière de documents requis à l'importation et à l'exportation; et
à l'article VIII 3, qui dispos e qu'"aucun Membre n'imposera de pén alités sévères pour de lég ères
infractions à la réglementation ou à la pr océdure douanières. En par ticulier, les pénalités pécuniaires
imposées à l' occasion d'une omission ou d'une e rreur dans l es documents présentés à la douan e
n'excéderont pas, pour l es omissions ou er reurs facilement réparables et ma nifestement dénuées de
toute intention frauduleuse ou ne co nstituant pas une négligence grave, la so mme nécessaire pour
constituer un simple avertissement".
L'Accord reconnaît que l es principes et obligations énoncés dans le GATT s'appliquent aux ac tivités des
organismes d'inspection avant expédition prescrites par les gouvernements. L es gouvernements utilisateurs
doivent, entre autres choses, veiller à c e que la no n-discrimination, la t ransparence et la protection des
renseignements commerciaux confidentiels soient assurées, à ce q ue des directives spécifiques soient
appliquées pour procéder à la vérification des prix et à ce que les organismes d'inspection avant expédition
évitent les retards indus et les conflits d'intérêts.
28
Les parties contractantes exportatrices sont notamment tenues envers les utilisateurs de fa ire en sorte que
leurs lois et réglementations soient appliquées d'une manière non discriminatoire et publiées dans les moindres
délais, et de fournir une assistance technique si demande leur en est faite.
L'Accord établit en outre une procédure d'examen indépendant – administrée conjointement par une
organisation représentant les organismes d'inspection avant expéd ition et un e organisation représentant les
exportateurs – pour réso udre les d ifférends entre un exportateur et un organisme d'inspection avant
expédition.
Jusqu'à ce que le programme d'harmonisation soit achevé, les parties contractantes doivent veiller à c e que
leurs règles d'origine soient transparentes; à ce qu' elles n'aient pas d'effets de restriction, de distorsion ou de
désorganisation du commerce international; à ce qu 'elles soient administrées d'une manière cohérente,
uniforme, impartiale et raisonnable; et à ce qu'elles soient fondées sur un critère positif (en d'autres termes
elles devraient énoncer ce qui confère effectivement l'origine et non ce qui ne la confère pas).
En ce qui concerne l'administration des contingents tarifaires, l'Accord indique sept méthodes principales. Les
Membres de l'OMC sont tenus de notifier à l'OMC les contingents tarifaires indiqués dans leur tarif douanier et
la façon dont ils sont administrés. Pour de plus amples informations, voir la Note d'information du Secrétariat
intitulée "Méthodes d'administration des contingents tarifaires et utilisation des con tingents tarifaires",
G/AG/NG/S/8.
29
V. RÉSUMÉ
V.A. L'OMC
L'objectif de l'OMC, résumé dans le Préambule de l'Accord sur l'OMC, est d'améliorer le bien-être
des populations des pays Membres (niveau de vie, emploi, revenu, etc.) par l'accroissement de la
production et du commerce de marchandises et de services.
à faciliter la mise en œuvre, l'administration et le fonctionnement des Accords de l'OMC (y compr is les
accords plurilatéraux) et favoriser la réalisation de leurs objectifs;
à coopérer avec le FM I et la BIRD (Banque mondiale), entre autres, afin de r endre plus cohérente
l'élaboration des politiques économiques au niveau mondial.
Conférence ministérielle
|
Conseil général (aussi ORD et OEPC)
|
Conseils du commerce des marchandises, du commerce des services
et des droits de propriété intellectuelle
|
Comités
|
Sous-Comités
Il existe aussi de nombreux accords dans le cadre de l'OMC. L'Accord sur l'OMC, qui est un accord-cadre,
comporte quatre annexes – les annexes 1, 2, 3 et 4.
Les annexes 1, 2 et 3 contiennent les "Accords commerciaux multilatéraux". L'annexe 1 est divisée en trois
parties:
à annexe 1C (Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce).
30
L'annexe 4 contient les "Accords commerciaux plurilatéraux." Ces a ccords sont co ntraignants UNIQUEMENT
pour les Membres qui les ont acceptés.
Nous étudierons plus loin deux princ ipes du sys tème de l'OMC: le principe de la nation la plus favorisée
(principe NPF), qui interdit toute discrimination entre les importations quelle que soit leur origine ou leur
destination, et le principe du traitement national, qui interdit toute discrimination entre les produits importés
et les produits locaux.
V.B. PRINCIPES
Comme nous l'avons vu, le principe NPF et le principe du traitement national sont les deux principes
essentiels de la non- discrimination. Le principe NPF interdit toute discrimination entre les importations
quelle que soit leur origine ou leur destination, tandis que le pr incipe du traitement national interdit toute
discrimination entre les produits importés et les produits locaux.
Dans le ca dre du GAT T, le traitement NPF s'applique aux marchandises; dan s le cadre d e l'AGCS, il
s'applique aux services ou a ux fournisseurs de s ervices; et, da ns le cadre de l'Accord sur les A DPIC, le
traitement NPF s'applique aux "ressortissants". S'agissant des services, le principe NPF oblige les Membres
de l'OMC à accorder "... immédiatement et sans condition aux services et fournisseurs de services de tout
autre Membre un traitement non moins favorable que celui qu'il accorde aux services similaires et
fournisseurs de services similaires de tout autre pays".
Le principe NPF pour les marchandises figure à l'article premier du GATT; pour la propriété intellectuelle, il
est exprimé à l'article 4 de l'Accord sur les ADPIC et, en ce qui concerne les services, il figure à l'article II:1
de l'AGCS.
Alors que le principe NPF vise à faire en sorte qu'un Membre de l'OMC ne fasse pas de discr imination entre
des produits similaires originaires ou à destination des pays Membres de l'OMC, le principe du traitement
national interdit à un Membre de favoriser ses produits nationaux par rapport aux produits importés d'autres
Membres.
Le principe du traitement national (ainsi que les dispositions relatives à l'accès aux marchés) engage les
Membres à accorder aux services et fournisseurs de services étrangers un traitement qui ne sera pas moins
favorable que celui prévu dans les colonnes pertinentes de leurs Listes.
S'agissant des ADPI C, le principe du traitement national interdit à un pays d'accorder aux ressorti ssants
étrangers un traite ment moins favorable que ce lui qu'il accorde à s es ressortissants dans le cadre de
l'application des lois ou règlements nationaux et internationaux en matière de propriété intellectuelle.
Le traitement national est régi pa r l'article III du GATT pour les marchandises, par l' article XVII de l'AGCS
pour les services et par l'article 3 de l'Accord sur les ADPIC pour les ADPIC.
31
Il importe de signa ler qu'outre les exceptions spécifiques que vous avez vues et qui concernent les
marchandises les services et l es droits de propri été intellectuelle il existe d'autres exceptions de nature
horizontale qui constituent u ne dérogation aux autres règ les. Ces except ions horizontales et m esures de
protection qui comprennent par exemple les exceptions générales et d e sécurité seront examinées dans l e
module 2.
Les Membres de l'OMC sont tenus de respecter les taux consolidés indiqués dans leurs listes de concessions
tarifaires. Le s règles de l' OMC interdisent l'adoption ou le ma intien de r estrictions quantitatives. Le s
Membres de l'OMC peuvent cependant modifier leurs listes de concessions tarifaires selon les procédures
décrites à l'article XXVIII du GATT pour le commerce des marchandises.
L'obligation de respecter le niveau des droits consolidés est énoncée aux articles II, XXVIII et XXVIIIbis du
GATT et da ns le Mé morandum d'accord sur l 'interprétation de l 'article XXVIII. Les règl es relatives aux
restrictions quantitatives figurent aux art icles XI e t XIII. Les se ules restrictions à la liberté des é changes
autorisées par l'OMC sont les droits, les taxes ou autres impositions, et les sauvegardes ou les mesures
d'urgence prises dans certaines circonstances.
Pour le commerce des services, chaque Membre de l'OMC est tenu d'avoir une liste d'engagements
spécifiques indiquant les services pour lesquels il garantit l'accès aux marchés et le traitement national, ainsi
que toutes limitations s'y rapportant.
En vertu des articles XVI (Accès aux marchés) et XVII (Traitement national) de l'AGCS, les Membres
s'engagent à accorder aux services et fournisseurs de services étrangers un traitement non moins favorable
que celui qui est prévu dans les colonnes correspondantes de leur Liste. Les engagements garantissent ainsi
un niveau de traitement minimal, mais ils n'e mpêchent pas l es Membres d'être plus ouverts (ou moins
discriminatoires) dans la pratique. Les Membres peuvent en outre modifier leur Liste conformément aux
dispositions de l'article XXI de l'AGCS.
32
RÉPONSES PROPOSÉES:
La réalisation du plein-emploi
(ii) transformation des codes plurilatéraux (accords) du Tokyo Round en accords multilatéraux;
(iv) incorporation des nouvea ux accords sur le commerce des services et sur les aspects des droits de
propriété intellectuelle qui touchent au commerce.
3. L'Acte final (Acte final reprenant les résultats des négociations commerciales multilatérales du Cycle
d'Uruguay) est en quelque sorte un text e d'introduction. Signé en 1994, c'est l'accord que l es
participants aux négociations commerciales multilatérales du Cycle d'Uruguay ont adopté pour conclure le
Cycle. L'Acte fi nal comprend l'"Accord de Marrakech instituant l'Organisation mondiale du co mmerce"
("l'Accord sur l'OMC") et ses annexes.
4. a) Conférence ministérielle;
b) Conseil général;
5. La Conférence ministérielle est l'autorité suprême de l'OMC. Elle peut prendre des décisions sur toutes les
questions relevant de tous les accords commerciaux multilatéraux.
Au deuxième rang, il y a le Conseil général qui pr end toutes les décisions au nom de la Confér ence
ministérielle dans l'intervalle entre s es sessions. Il se réunit régulièrement (en principe une fois par
mois), généralement au siège de l'OMC, à Genève et il fait rapport à la Conférence ministérielle.
À l'échelon suivant se trouve le Conseil du commerce des marchandises ("CCM") qui supervise la mise en
œuvre des ac cords multilatéraux sur le commerce des marchandises (annexe 1A de l'Accord de
Marrakech) et qui fait rapport au Conseil général.
Le Comité de l'agriculture est l'un des organes subsidiaires du CCM. Il est chargé de la mise en œuvre de
dispositions et accords spécifiques tels que l'Accord sur l'agriculture.
Tous les Membres participent aux travaux de tous les organes de l'OMC.
33
6. L'Accord sur l'OMC est l'Accord de Marrakech instituant l'OMC. Il a quatre annexes.
L'annexe 1 contient les accords commerciaux multilatéraux. Elle est divisée en trois parties:
à l'annexe 1C (Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce).
L'annexe 2 contien t le Mé morandum d'accord sur le s règles et proc édures régissant le règ lement des
différends (le "Mémorandum d'accord sur le règlement des différends"). El le est consacrée aux rè gles
régissant le système de règlement des différends dans le cadre de l'OMC.
L'annexe 3 renferme les règles régissant le Mécanisme d'examen des politiques commerciales ("MEPC")
dans le cadre de l'OMC.
7. Si le texte faisait référence à tout autre MEMBRE, cela voudrait dire que les Membres doivent seulement
veiller à ce que le m eilleur traitement accordé aux produi ts originaires de l'un de s Membres soit étendu
aux autres Membres.
Cela pourrait donc signifier qu'un Membre A pourrait accorder un avantage aux produ its originaires d'un
pays qui n'est pas Membre de l'OMC (pay s M) sans devoir étendre ce traitement "plus favorable" aux
autres Membres de l'OMC. Autrement dit, Alba devrait appliquer le traitement du "Membre le plus
favorisé" mais pas comme cela est stipulé à l'article I:1 du GATT.
Les avantages accordés aux produits originaires de pays non Membres de l'OMC doivent être étendus aux
produits originaires de tous les Membres de l'OMC. Par conséquent, les Membres de l'OMC bénéficient du
meilleur traitement, sauf en cas de dérogations autorisées par les Accords de l'OMC.
8. Aux termes de l'article III:4 du GATT, l'interdiction de la publicité constitue une mesure "affectant la
vente (…) sur le marché intérieur" de "produits similaires" importés.
Cette mesure serait contraire à l'article III:4 si les montres étrangères et les montres nationales sont des
"produits similaires" au sens de l'article III:4, car l'interdiction de la publicité pour les montres étrangères
revient à acco rder aux produits im portés un traitement moins favorable que ce lui qui est appliqué aux
produits nationaux "similaires".
9. Dans la mesure où l es montres importées et les montres nationales sont des "produits similaires", les
montres importées ne peuvent pas recevoir un traitement moins favorable que celui qui est accordé aux
montres nationales et, inversement, les montres nationales ne peuvent pas recevoir un traite ment plus
favorable que celui qui est accordé aux montres importées.
Un traitement discriminatoire serait contraire à l'ar ticle III:4, qui interdit le s règlements intérieurs
favorisant la production nationale.
Étant donné que le nouv eau règlement du pays A fa voriserait la production nationale de matériaux
servant à la fabrication de montres (en forçant les fabricants étrangers de montres à utiliser une quantité
minimale de matériaux d'origine nationale), il est contraire à l'article III:4 du GATT.
Il faut noter qu'en général, et à moins que le Membre ne bénéficie d'une période de transition au titre de
l'Accord sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (Accord sur les MIC), toute
forme de pr escription relative à la t eneur en produits d'origine nationale est contraire à l' article III:5
du GATT.
34
10. 1) Conférer un avantage en matière de prix aux produits locaux similaires;
11. Oui. Tristat peut appliquer un taux de droit différent de celui qui est indiqué dans deux cas:
1) Tristat peut avoir un taux de droit appliqué inférieur à c elui qui est indiqué dans sa liste. Mais s'il
applique ce taux à Vanin, par exemple, il doit l'appliquer à tous les pays;
2) Tristat peut appliquer un taux de dro it supérieur au taux consolidé indiqué dans sa liste à to ut non
Membre, comme Ruritania, étant donné que les obligations contractées dans le cadre de l'OMC ne
s'appliquent pas aux non Membres.
13. Non. Outre les droits de douane, Tristat peut aussi appliquer:
à des mesures commerciales correctives (par exemple, des droits compensateurs ou des droits
antidumping);
14. Medatia peut imposer un contingent d'importation pour le thon frais. Les produits de la pêche constituent
une exception à l'article XI qui interdit les restrictions quantitatives à l'importation.
Cependant, depuis le Cycle d'Uruguay, Medatia ne peut pas imposer de restrictions quantitatives à
l'importation de produits agricoles comme la viande d'agneau congelée.
Aux termes de l'article XI:2 c) du GATT de 1947, les produits agricoles n'étaient pas visés par
l'interdiction des r estrictions quantitatives, mais c ette disposition a été r emplacée par l'article 4 de
l'Accord sur l'agriculture, qui interdit les restrictions quantitatives visant les produits agricoles.
15. Les contingents tarifaires permettent d'établir deux niveaux dans l'administration des droits de doua ne.
Une quantité déterminée d'un produit donné peut être importée à un ta ux "préférentiel". Les
importations additionnelles effectuées en dépassement de cette quantité sont assujetties à un taux plus
élevé (généralement le taux NPF ou le tau x "consolidé"). En fait, la quantité de marchandises pouvant
être importée ne fait l'objet d'aucune limitation.
Dans notre exemple, Tristat applique un contingent tarifaire de 1 million de tonnes au papier. Jusqu'à
concurrence de 1 million de tonnes, le papier peut être importé à un taux préférentiel de 2 pour cen t par
exemple (taux contingentaire consolidé). Une fois que le contingent de 1 million de tonnes a été utilisé,
le papier est importé au taux NPF de 10 pour cent (taux consolidé hors contingent). La quantité de papier
importée n'est cependant pas limitée.
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