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Guide Stages Sensibilisation Drogues

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Père Delaunay
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Mission Ministère de la Justice

M ILDT
interministérielle
de lutte contre la drogue DIRECTION DES AFFAIRES CRIMINELLES

Comment mettre en place les stages de sensibilisation aux dangers et la toxicomanie ET DES GRÂCES

de l’usage de produits stupéfiants, créés par la loi du 5 mars 2007 ?


Telle est la question à laquelle le présent guide méthodologique apporte une
réponse simple et concrète, illustrée de nombreux exemples et suggestions
pratiques. Il est conçu pour un public d’acteurs de terrain, magistrats chargés
de la lutte contre la toxicomanie, directeurs départementaux de la protection
judiciaire de la jeunesse, administration pénitentiaire, chefs de projets MILDT,
associations. Rédigé par des praticiens d’origines diverses rassemblés dans
le cadre d’un partenariat entre la Direction des affaires criminelles et des
grâces du ministère de la Justice et la Mission interministérielle de lutte
contre la drogue et la toxicomanie, cet ouvrage se veut l’illustration de leur
action concertée.
À travers quatre chapitres décrivant les étapes clés du montage du dispositif,
enrichies des bonnes pratiques ayant prouvé leur efficacité et des annexes
proposant un certain nombre de modèles, le lecteur est accompagné pas
à pas dans la mise en place de cette nouvelle approche de la lutte contre
stage
la toxicomanie.
Ce guide est l’instrument indispensable pour positionner les stages de sensi-
de sensibilisation
bilisation au cœur de la réponse pénale à l’usage de stupéfiants. aux dangers
de l’usage de produits
stupéfiants

G uide méthodologique
Conception : studio grphique - La Documentation française

Imprimé en France
DF : 5HC14780
La Documentation française
29-31, quai Voltaire
75344 Paris Cedex 07
La
Téléphone : 01 40 15 70 00 documentation
Française
Télécopie : 01 40 15 72 30
[Link]
éditorial
C’est une approche renouvelée de la lutte contre la toxicoma-
nie qui a inspiré l’institution des stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits
stupéfiants, telle qu’elle résulte de la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 et de son décret
n° 2007-1388 du 26 septembre 2007. Sanction d’un genre nouveau, le stage de sensi-
bilisation, situé entre le suivi médical et la poursuite pénale ordinaire, ressort clairement
des attributions du ministère public, dont il élargit la palette des choix pour un traitement
différencié et individualisé de l’usage de stupéfiants. Il doit conduire à conforter la place
centrale qu’occupe le parquet dans la réponse à ce que la loi définit clairement comme une
infraction.
Le stage de sensibilisation appelle donc nécessairement un investissement du ministère
public pour impulser la mise en place de cette nouvelle réponse, assurer la coordination
des services impliqués dans le montage des stages, et assurer le suivi de ces mesures. L’am-
bition de ce guide méthodologique est de proposer un « mode d’emploi » complet et
détaillé à tous les magistrats concernés, notamment au procureur de la République chargé
de la lutte contre les stupéfiants dans son ressort.
À politique nouvelle, communication nouvelle. Le présent ouvrage est le fruit d’une politi-
que de communication innovante entreprise par la Direction des affaires criminelles et des
grâces dans le cadre d’un partenariat dynamique avec la Mission interministérielle de lutte
contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) qui a accepté par ailleurs de financer ce pro-
jet. Ce travail n’aurait pas été complet sans l’apport précieux de l’expertise de magistrats
de terrain. À l’image de la collaboration active des responsables de terrain que souhaite
le législateur pour la mise en place des stages de sensibilisation, la DACG et la MILDT
ont initié au niveau national une coordination durable qui décline désormais des actions
concrètes de formation et des outils de communication.
Le dispositif ne peut pleinement réussir que si les orientations nationales qui relèvent de
notre mission sont nourries par un échange permanent avec les parquets. C’est pourquoi
la DACG sera très attentive aux retours d’expérience de la mise en place de ces stages.
Un dialogue constructif doit s’établir qui conduira à l’amélioration constante de ce guide
méthodologique au fil d’éditions successives.
Nous formons enfin le vœu que cet ouvrage réponde à vos attentes et participe au plein
succès de cette réponse pénale innovante au véritable fléau que constitue la toxicomanie.

Jean-Marie HUET Étienne APAIRE


Directeur des affaires criminelles et des grâces Président de la MILDT
som m a ire

1. Le dispositif. ............................................................. 1
Rappel des dispositions légales..................................................... 1
Le public cible.............................................................................. 3
1• Le dispositif
2. L’association porteuse du stage. .......... 5
Le choix de l’association............................................................... 5
Le choix des prestataires............................................................... 5
Rappel des dispositions légales
La fixation du prix du stage........................................................... 6
Les modalités de paiement du stage.............................................. 7
Les textes
Le rôle des chefs de projet MILDT et des CIRDD............................. 8
• la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance dans
ses dispositions concernant la toxicomanie, qui confirme le principe de pénalisation
3. Le stage................................................................................ 9 de l’usage affirmé par la loi du 31 décembre 1970 tout en prévoyant une réponse
à caractère pédagogique par la création du stage de sensibilisation aux dangers
Le déroulement du stage.............................................................. 9
de l’usage de produits stupéfiants
Le contenu du stage..................................................................... 11 • le décret n° 2007-1388 du 26 septembre 2007, qui fixe les modalités du stage
Les modalités d’animation............................................................ 12 figurant aux articles R. 131-46 et R. 131-47 du code pénal par renvoi aux arti-
cles relatifs aux stages de citoyenneté (R. 131-36 à R. 131-44 du code pénal)
Le financement du stage.............................................................. 12 • la circulaire du 9 mai 2008 relative à la lutte contre la toxicomanie et les dépen-
dances, qui porte les orientations de la politique pénale pour une réponse judi-
ciaire systématique, rapide et individualisée
4. Le dispositif d’évaluation............................ 15
Évaluation individuelle.................................................................. 15
Le champ d’application
Évaluation du stage...................................................................... 15
du stage de sensibilisation
Évaluation de l’impact de la législation.......................................... 15
Il est extrêmement large. Cette mesure peut être prononcée à tous les stades de
la procédure.
Annexes...................................................................................................... 17
Par le procureur de la République
Exemple de convention................................................................ 17
• dans le cadre des alternatives aux poursuites (article 41 du code de procédure
Exemple de programme de stage.................................................. 19 pénale)
Fiche pratique à remettre au stagiaire............................................ 20 • dans le cadre de la composition pénale (article 41-2 du code de procédure pénale)
2 3

Par les magistrats du siège


• dans le cadre de l’ordonnance pénale (article 495-4° du code de procédure
Le public cible
pénale)
Nombre de consommateurs de cannabis
• à titre de peine complémentaire (article 131-35-1 du code pénal)
• au stade de l’instruction préparatoire selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)

Le cahier des charges ➜ 12,4 millions d’expérimentateurs


Il a été élaboré par la MILDT en concertation avec la DACG (voir chapitre 3). ➜ 1,2 million d’usagers réguliers dont 10,8 % de jeunes de 17 ans
➜ 550 000 usagers quotidiens
Mais aussi
Liens utiles
➜ 1,1 million d’expérimentateurs de cocaïne, 900 000 d’ecstasy,
Intranet du ministère de la Justice
360 000 d’héroïne
www. [Link] (site de la DACG) ➜ 113 000 interpellations pour usage simple par an
[Link] (site de la MILDT)
[Link]
Le profil du stagiaire
L’usager de produits stupéfiants
• l’usager « ni-ni » : ni dépendant, ni récidiviste
• l’usager occasionnel : tout usager qui n’a pas fait l’objet d’une première
condamnation pour usage de stupéfiants, non dépendant, même s’il peut être
un usager régulier
• le consommateur de produits stupéfiants lors de rassemblements collectifs de
toute nature (rave parties, discothèques, Teknival…)
• toute personne faisant l’objet d’une interpellation pour une autre infraction mais dont
l’audition révèle un usage occasionnel de produits stupéfiants
Le stage s’adresse aux personnes socialement insérées, disposant d’un revenu leur
permettant d’en assumer les frais.
Les bonnes pratiques Même si le stage comporte bien évidemment une composante « informa-
tion sanitaire » (voir chapitre 3), le bénéficiaire ne doit pas être celui qui
Afin que l’usager prenne pleinement conscience de l’importance devrait faire l’objet d’un suivi sanitaire. Dès que l’usager montre des signes de
de la mesure mise en place, il est recommandé de lui remettre dépendance, l’orientation procédurale choisie devra privilégier l’injonction
une fiche pratique dès le prononcé de la mesure (voir le modèle en thérapeutique, le classement sans suite avec orientation vers une structure
sanitaire, ou une obligation de soin imposée dans le cadre d’un sursis avec
annexe et le site de la DACG) comportant tous les renseignements
mise à l’épreuve par exemple.
concrets : date et lieu du stage, rappel du prix à payer à l’associa-
tion prestataire avant d’effectuer le stage. Il peut ne pas être judicieux de proposer un stage à un usager trop désocia-
lisé ou en situation précaire (personne sans domicile fixe). D’autres réponses
Un modèle de procès-verbal de remise de cette fiche pratique ainsi pénales pédagogiques telles que le rappel à la loi ou le classement avec orien-
qu’un courrier de saisine du délégué du procureur figurent sur tation sont envisageables dans ce cas. Il est important, lorsque la mesure est
le site du PEE à la rubrique trame parquet. proposée en alternative aux poursuites, que le procureur de la République
4

s’assure que ces différents paramètres sont pris en considération, la dispense


de paiement étant très exceptionnelle.
Le stage est une sanction qui intervient comme un mode de prévention envers :
• les usagers majeurs
• les usagers mineurs devant avoir atteint l’âge de 13 ans, conformément au texte
en vigueur pour cette catégorie de justiciables

Le comportement pris en compte


La réponse pénale étant ciblée sur l’usager et non sur le produit, il ne faut pas faire
de distinction entre usage de cannabis, de cocaïne, d’héroïne, d’amphétamines 2• L’association
porteuse du stage
ou d’autres produits. Le raisonnement consistant par exemple à ne proposer un
stage qu’aux seuls usagers de cannabis serait réducteur.
Dès lors que la quantité saisie sur la personne interpellée est faible et peut être
considérée comme n’étant que pour son usage personnel sans être révélatrice
d’un trafic, même limité, le stage pourra être utilement proposé.
Le choix de l’association
Le procureur de la République ou le directeur départemental de la protection judi-
ciaire de la jeunesse peuvent recourir :
• soit à des associations éligibles au dispositif : personnes privées dont l’activité
est d’assister ou d’aider les usagers de stupéfiants, telles que les associations de
Les bonnes pratiques lutte contre la toxicomanie et le trafic de stupéfiants
• soit à des associations n’entrant pas dans ce champ, telles que les associations
Pour les usagers ne disposant pas de moyens financiers suffisants mais de contrôle judiciaire
pour qui une information sur la problématique des addictions s’avère Pour être recevable, l’association doit avoir déposé ses statuts depuis au moins
nécessaire, les mesures autres, telles que le classement sans suite avec cinq ans.
La convention de stage sera conclue entre le procureur de la République, l’asso-
orientation vers une structure sanitaire, demeurent adaptées.
ciation et le directeur départemental de la PJJ si la convention vise des mineurs.
Par ailleurs, le procureur de la République peut négocier avec l’asso- D’autres intervenants sont aussi invités à la signer, mais leur présence n’est légalement
ciation un volant de places gratuites pour l’usager. pas indispensable.

Une juridiction a pu organiser une mesure comprenant d’une part


un travail non rémunéré et d’autre part un module d’information sur Le choix des prestataires
la drogue organisé, sous le contrôle du procureur de la République,
Il apparaît nécessaire d’écarter toutes les démarches empreintes d’un opportunisme
avec le soutien des douanes et de la gendarmerie. suspect et de s’assurer des compétences et de la fiabilité des associations candida-
Certaines juridictions ont fait le choix d’ordonner un stage après tes. À cet égard, le réseau des CIRDD et des associations bénéficiant d’agréments
publics ainsi que la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les
un seul rappel à la loi, lequel intervient dès le premier usage.
dérives sectaires (MIVILUDES) pourraient être utilement consultés afin d’identifier
Toutefois, il convient de privilégier le stage sur le rappel à la loi. les associations susceptibles de répondre au présent cahier des charges.
6 7

Le service prestataire élabore le contenu du stage conformément au cahier des


charges de la MILDT (voir chapitre 3).
Les modalités de paiement du stage
Les maquettes de stages, proposées à la validation des autorités judiciaires, devront L’association responsable de la mise en œuvre s’assurera du paiement des frais de
répondre à un ensemble de critères portant sur le contenu, l’organisation, le profil des stage avant qu’il ne commence.
intervenants, les modalités d’animation, l’évaluation. C’est l’association porteuse du stage, et uniquement elle, qui encaisse le paiement
du stage versé par l’usager. Accepter le stagiaire en l’absence du versement du
montant du stage pourrait mettre en danger l’équilibre financier de l’association
La validation des projets en cas de non-paiement.
• Pour les usagers majeurs, le procureur de la République valide le projet après
L’association doit signaler au procureur de la République si l’usager ne règle pas
avis du président du tribunal de grande instance.
les frais du stage avant l’exécution du stage ou s’il ne se présente pas au début de
• Pour les usagers mineurs, le procureur de la République valide les modules après la session.
avis du juge des enfants et du directeur départemental de la protection judiciaire
de la jeunesse.

L’autorité responsable
• Pour les usagers majeurs, les stages sont placés sous le contrôle du délégué du Les bonnes pratiques
procureur de la République ou du service pénitentiaire d’insertion ou de proba-
tion du lieu d’exécution de la peine.
• Pour les usagers mineurs, les stages sont placés sous le contrôle du délégué du
Des accords ont été trouvés dans certains départements entre les
procureur de la République ou du service de la protection judiciaire de la jeunesse représentants des forces de l’ordre et le parquet pour faire interve-
en cas de peine complémentaire et dans le cadre de la composition pénale. nir des gendarmes ou des policiers dans le cadre de la composante
« drogue et loi ».
La qualité des intervenants Il est conseillé le cas échéant et de façon non systématique
Les prestataires retenus au terme de la convention avec le parquet feront interve- de s’adresser au commandant de groupement de gendarmerie et
nir, pour chacune des composantes du stage, un professionnel du champ sanitaire, au directeur départemental de la sécurité publique qui pourront
judiciaire et sociétal. L’organisateur veillera à la cohérence entre les composantes. orienter les recherches d’intervenants vers leur personnel.
Compte tenu de l’importance de l’aspect pédagogique du stage, il est essentiel de Certaines associations acceptent d’organiser le stage sur les jour-
faire intervenir des professionnels qualifiés : l’amateurisme des intervenants anni- nées du vendredi et du samedi afin d’éviter aux usagers de perdre
hilerait les objectifs poursuivis. une journée de travail ou de scolarité.
Du fait de la vulnérabilité du public et afin d’éviter toute dérive sectaire, il faut D’autres, relevant souvent du champ sanitaire, n’acceptent pas
observer la même vigilance pour le choix des intervenants et celui des prestataires.
d’être payées directement par l’usager. Pour pallier cette difficulté,
un certain nombre de juridictions ont :
La fixation du prix du stage • soit choisi une autre association porteuse
• soit conventionné avec une association de contrôle judiciaire
À ce jour, les frais du stage sont toujours compris entre 150 et 250 euros sans assurant le portage du stage et rémunérant uniquement la prestation
excéder 450 euros. Le prix doit prendre en compte plusieurs aspects :
de l’intervenant sanitaire
• le coût réel pour l’association porteuse du stage : les frais de fonctionnement,
Des associations ont fait le choix de minorer fortement le montant
la rémunération des intervenants ainsi que le coût du quota de stagiaires
dispensé de paiement du stage pour les usagers mineurs afin de le rendre plus accessi-
• la situation économique et sociale locale ble : entre 100 et 150 euros.
8

Le rôle des chefs de projet


MILDT et des CIRDD
Connaissance locale interinstitutionnelle
Les chefs de projet départementaux
Afin de mettre en œuvre les stages de sensibilisation, le parquet peut se mettre
en relation avec le chef de projet départemental de son ressort, qui pourra lui

3• Le stage
indiquer les ressources associatives de lutte contre la toxicomanie et le trafic de
stupéfiants susceptibles de remplir la prestation.
Les chefs de projets coordonnent, sous l’autorité du préfet, les actions des servi-
ces déconcentrés sur l’ensemble du champ des drogues. Il est demandé à chaque
chef de projet d’élaborer un programme départemental pluriannuel et interminis-
tériel fixant les axes prioritaires à mettre en œuvre dans chaque département au
regard des orientations du plan gouvernemental et du contexte local. Le déroulement du stage
Une délégation annuelle de crédits de la MILDT permet ainsi aux chefs de projet
de financer l’application au plan départemental des orientations du nouveau plan Une prise en charge individualisée
gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies.
Le stage se déroule en présence continue d’un représentant du service prestataire.

Connaissance régionale interministérielle Préalablement à la mise en œuvre du stage, le service prestataire qui en a la
charge reçoit l’usager, mineur ou majeur, et lui en expose les objectifs. Il lui précise
Les centres d’information régionale les conséquences du non-respect des obligations résultant du stage.
sur les drogues et les dépendances (CIRDD)
Pour les mineurs, cet entretien se déroule en présence des parents ou des repré-
Onze CIRDD sont implantés dans des capitales régionales et à proximité de sentants légaux titulaires de l’autorité parentale et civilement responsables. Il est
pôles universitaires et de recherche et constituent les maillons d’un réseau natio- conforté, en fin de stage, par un second entretien afin de faire un bilan du dérou-
nal de haut niveau piloté selon les principes de l’interministérialité et de la prise en lement du stage et de vérifier que ses objectifs ont été atteints.
compte de la dimension régionale.
Ouverts aux institutionnels (services déconcentrés de l’État, collectivités locales) et
aux professionnels spécialisés (universitaires, chercheurs, personnels des services La durée du stage
déconcentrés de l’État, étudiants de 3e cycle…), les CIRDD se positionnent comme
Le déroulement du stage peut être proposé sous forme fractionnée dans le
soutien au service des chefs de projets départementaux, des acteurs de la politi- temps, l’activité journalière étant limitée à six heures. La durée préconisée pour
que publique de lutte contre la drogue, des professionnels de la prévention, de cette sanction est de deux jours répartis sur une période qui ne saurait excéder
la lutte contre le trafic, de l’application de la loi et de la prise en charge sanitaire. deux mois.
Par leur connaissance croisée de l’ensemble des acteurs intervenant dans le Il convient de prendre en considération les obligations familiales, profession-
champ des drogues et de la toxicomanie, les CIRDD constituent ainsi une aide nelles ou scolaires de l’usager pour fixer la date d’exécution de la mesure, cette
précieuse ; ils sont donc une source intéressante dans le processus de mise en dernière devant être effectuée dans les six mois suivant la décision judiciaire.
place des stages de sensibilisation.
Pour les mineurs de moins de 16 ans, le stage sera obligatoirement proposé durant
les congés scolaires.
10 11

Le nombre de stagiaires Le contenu du stage


Il convient de distinguer les attentes des deux catégories d’usagers – ceux qui Le cahier des charges de la MILDT rappelle que le contenu du stage doit :
exécutent le stage en réponse à l’infraction d’usage de produits stupéfiants et
ceux qui l’exécutent en réponse à une infraction autre que le délit d’usage –
et de constituer, dans la mesure du possible, des groupes homogènes de sept
Être adapté
à douze stagiaires. à l’âge et à la personnalité de l’usager

De même, il est conseillé de ne pas mélanger les majeurs et les mineurs.


S’inscrire
dans une pédagogie collective

S’appuyer
sur le concept de « conduites addictives »
Le stage doit présenter les conduites de consommation de l’ensemble
des substances psychoactives, qu’elles soient d’usage, d’usage nocif, de
dépendance.
Il doit les présenter comme résultant de la combinaison de divers facteurs :
un choix délibéré de la personne, au départ, mais aussi des facteurs liés à
la composition des produits, à la personnalité du consommateur, à son envi-
ronnement économique et social.

Diffuser uniquement des informations


validées scientifiquement
La MILDT ouvre sur son site internet ([Link]) un espace dédié
à ces stages : elle y met à disposition directement ou en lien des informa-
tions sur les drogues et leurs effets sur les comportements. Elle propose aux
intervenants, parmi les outils validés en commission nationale de validation
des outils de prévention, ceux qui peuvent utilement servir de supports pour
Les bonnes pratiques ces stages.

Certaines juridictions prévoient d’inclure dans l’organisation du Comporter trois composantes


stage proprement dit, une demi-journée supplémentaire, qui prend sanitaire, judiciaire, sociétale
place un mois après la fin des deux journées de sensibilisation. Ces composantes pourront être formalisées en modules (objectifs, contenus,
Ce nouveau regroupement permet de reprendre certaines notions durée, supports et modalités d’animation en privilégiant la pédagogie collective).
avec ce recul et donne l’occasion d’une première évaluation de Quelle que soit la durée choisie ou la répartition dans le temps, l’équilibre entre
l’impact de la mesure prononcée. ces trois composantes est nécessaire.
12 13

composante sanitaire : drogue et santé Enfin, il ne faut pas éluder non plus la dimension internationale en termes
d’atteinte à la personne humaine.
Il s’agit de mettre en évidence les « avantages » d’un comportement favorable
à la santé : la santé sera présentée comme un concept positif mettant en valeur
les ressources socioculturelles et individuelles ainsi que les capacités des person-
nes à répondre efficacement au stress et aux pressions de la vie, à résister aux Les modalités d’animation
pressions du groupe. Approche participative et interactive
Au-delà de la présentation obligatoire des dommages sanitaires liés à la prise
de produits illicites et à la polyconsommation (notamment d’un stupéfiant
associé à l’alcool), il sera opportun d’apporter un éclairage sur l’utilité des Faire intervenir le stagiaire
divers tests d’autoévaluation de sa consommation et sur des dispositifs de soins L’usager pourra ainsi s’approprier les contenus et les confronter aux représenta-
et d’accompagnement. tions qu’il se fait des produits, de leur dangerosité, des divers usages et comporte-
À l’issue du stage, pourront également être fournies des informations utiles ments, de sa responsabilité.
sur les dispositifs de consultation auprès de spécialistes à même de les aider à En aucun cas, l’animation ne s’apparentera à un exercice de thérapie de type
évaluer leur niveau de dépendance et à leur proposer, éventuellement, un suivi groupes de paroles.
dans un centre spécialisé.

Forger un comportement responsable


composante judiciaire : drogue et loi
À la fin de chaque module, l’intervenant permanent, chargé de la continuité et de
On fera réfléchir l’usager sur le fondement de la loi, sa nature, son évolution, son la cohérence, s’assurera de la bonne compréhension des usagers.
application. On lui fera comprendre que la loi exprime la position de la société, En cas contraire, une adaptation des modules s’avérera peut-être nécessaire.
dont il est membre à part entière, face aux problèmes posés par la consommation
et le trafic de drogues.
À partir des questions les plus fréquemment posées, seront traitées les raisons
de l’interdit, les conséquences judiciaires de l’usage, de l’usage-revente, du trafic, Le financement du stage
les notions de récidive, de casier judiciaire. Lire les articles du code pénal et du
code de la santé publique est opportun. Une sanction pécuniaire
Il s’agit d’une sanction pédagogique pécuniaire à la charge de l’usager. Les frais de
composante sociétale : drogue et société stage, lorsqu’ils sont mis à la charge du condamné, ne peuvent excéder 450 euros.
Ils sont réglés préalablement au commencement du stage.
Il s’agit de permettre au stagiaire d’acquérir les connaissances visant à une plus Quand le stage est ordonné dans le cadre d’une mesure alternative aux poursui-
grande responsabilisation sociétale et les savoir-vivre en société. Il s’agit d’attirer tes ou quand la mesure est prononcée dans le cadre des nouvelles aggravations
son attention sur la nécessité de se préserver de risques pour soi, de risques pour prévues par la loi du 5 mars 2007 (conduite sous l’empire de produits stupéfiants,
autrui, de risques pour le groupe, de risques pour la société. usage dans le cadre de dépistage au sein des entreprises de transport, usage
Il est indispensable d’aborder, dans ce module, ce que l’on qualifie d’« envers aux abords d’une administration ou d’un établissement recevant des mineurs),
du décor », à savoir l’économie souterraine, les violences liées au trafic ou à la la dispense de paiement est impossible.
consommation.
Pour les personnes dispensées du paiement (stage en tant que peine complémen-
Doivent ainsi être traitées les questions relatives aux violences routières, fami- taire ou prononcé à titre de composition pénale), il convient de faire en sorte que
liales, environnementales et à la consommation de produits stupéfiants dans les conventions passées prennent en compte l’obligation pour les associations
le monde de l’entreprise. prestataires d’assurer sur l’année un quota d’accueil gratuit de quelques usagers.
14

Il est souhaitable que les procureurs généraux veillent à éviter des distorsions
de coût significatives dans le ressort de leur cour d’appel.
En toute hypothèse, le financement de ce type de stage ne relève pas des frais
de justice.

4• Le dispositif
d’évaluation
Évaluation individuelle
En cours de stage, tout incident doit être signalé par l’association : non-paiement,
absentéisme, mauvais comportement…
À la fin du stage, un rapport est transmis par l’association au procureur de
la République.
L’association remet à l’issue du stage une attestation à l’intéressé ou aux person-
nes responsables du mineur, à charge pour lui ou pour elles de l’adresser à l’auto-
rité judiciaire.

Évaluation du stage
Afin de disposer d’éléments d’évaluation, la collaboration du ministère de la Justice,
Les bonnes pratiques des intervenants et des stagiaires sera requise. Étant principalement à destination du
parquet, l’évaluation devra permettre de rendre compte de la capacité du nouveau
Le financement de la fiche pratique ainsi que du fonds documen- dispositif judiciaire à apporter une réponse systématique, adaptée et rapide aux
simples usagers, auteurs d’infraction à la législation sur les stupéfiants. Par ailleurs,
taire nécessaire à l’exécution du stage pourra s’effectuer par le
l’évaluation devra apporter des éléments d’éclairage sur la conformité des stages
biais du fonds de concours issu du trafic de stupéfiants. mis en œuvre par rapport aux exigences du cahier des charges (voir chapitre 3).
Pour ce qui concerne la documentation, il sera opportun d’exploi- Complétés par une appréciation sur la capacité des stages de sensibilisation
ter les fiches éditées par la MILDT, l’OFDT, l’Institut national de à améliorer la connaissance des stagiaires sur les risques sanitaires, judiciaires et
prévention et d’éducation à la santé (INPES), ainsi que les informa- sociétaux, ces éléments seront étudiés par la MILDT qui proposera des évolutions
tions qui figurent sur les sites des CIRDD. adaptées.
16 17

Certaines juridictions réunissent l’ensemble des partenaires après le premier stage EXEMPLE DE CONVENTION
puis de façon régulière pour améliorer, par un bilan, la mise en œuvre du dispositif.
DÉPARTEMENT DE...
CONVENTION RELATIVE A LA MISE EN ŒUVRE
Évaluation de l’impact DES STAGES DE SENSIBILISATION
AUX DANGERS DE L’USAGE DES DROGUES
de la législation
- le Président du Tribunal de Grande Instance de...
Même si des mesures autres que le stage, qui peuvent constituer des bonnes
- le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de...
pratiques, sont prononcées, seuls les stages de sensibilisation tels que prévus - le Président de l’Association...
par la loi du 5 mars 2007 doivent être enregistrés dans le dispositif statistique - le Chef de projet départemental MILDT
informatique. - le Directeur départemental de la protection judiciaire de la jeunesse (si mineur)

L’application a été conçue pour être aussi aisée et conviviale que possible. Néan- Conviennent de ce qui suit :
moins, en cas de difficulté pour renseigner le dispositif informatique, une aide en Préambule
ligne, en première page du dispositif, est immédiatement visible et accessible. La loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance, a introduit de nouvelles dispositions ten-
dant à apporter une meilleure réponse aux infractions à la législation sur les stupéfiants. Parmi celles-ci figure
La restitution par les juridictions est maintenant directement accessible par les en particulier le stage de sensibilisation aux dangers de l’usage des drogues.
parquets généraux qui pourront ainsi avoir connaissance du nombre de mesures Ce stage a pour objectif de « faire prendre conscience au condamné des conséquences dommageables pour la
santé humaine et pour la société de l’usage de produits stupéfiants » (art. R. 131-46 du code pénal). Il s’agit,
prononcées dans les juridictions du ressort. sur un mode collectif, d’un stage d’information éducationnelle. Le contenu, les modalités de mise en œuvre
sont définis en référence au cahier des charges (annexe 1).
La présente convention a pour objet la mise en œuvre de ces stages dans le ressort des tribunaux de grande
instance de... et de...
Article 1 - Mise en œuvre du stage de sensibilisation
Le procureur de la République peut proposer le stage de sensibilisation à l’auteur des faits dans le cadre des
alternatives aux poursuites (art. 41-1 2° du CPP) et dans celui de la composition pénale (art. 41-2 15° du CPP).
Il peut le proposer à tout auteur majeur ainsi qu’aux mineurs âgés d’au moins treize ans.
Ce stage peut aussi être ordonné dans le cadre de l’ordonnance pénale et à titre de peine complémentaire
lorsqu’elle est encourue (art. 131-35-1 du code pénal).
Les stages sont organisés et mis en œuvre conjointement par l’..., l’..., et l’... dénommés ci-après « le presta-
taire ». Un modèle de programme de stage figure en annexe 2.
Article 2 - Délai de mise en œuvre du stage
Conformément aux dispositions de l’article 131-35-1 du code pénal, il doit être exécuté dans un délai de six mois
à compter de la date de la décision judiciaire. Pour les mineurs de moins de seize ans, le stage doit être réalisé
durant les congés scolaires.
Article 3 - L’autorité responsable
Pour les publics majeurs, les stages sont placés sous le contrôle du délégué du procureur de la République, dans
le cadre des alternatives aux poursuites et de la composition pénale, ou du service pénitentiaire d’insertion et
de probation (SPIP) dans le cadre d’une ordonnance pénale ou d’une peine complémentaire.
Pour les publics mineurs, les stages sont placés sous le contrôle du délégué du procureur de la République ou
du service de la protection judiciaire de la jeunesse (DDPJJ) en cas de peine complémentaire et dans le cadre
de la composition pénale.
Le délégué du procureur de la République, le service pénitentiaire d’insertion et de probation ou le service de
la protection judiciaire de la jeunesse qui reçoivent les condamnés ou mis en cause avant la mise à exécution,
les informent des objectifs du stage. Ils précisent également les conséquences du non-respect des obligations
résultant de la décision judiciaire. Ces services transmettent à l’issue de cet entretien les dossiers à l’..., laquelle
convoque ensuite les intéressés aux fins de paiement des frais de stage, et de notification des dates de stages.
Pour les mineurs, cet entretien se déroule en présence des parents ou des représentants légaux titulaires de
l’autorité parentale et civilement responsables. Ces derniers déchargent le prestataire de toute responsabilité
en dehors des heures effectives de stage, notamment dans le cadre de la pause méridienne. Cet entretien est
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conforté, en fin de stage, par un second entretien afin de faire un bilan du déroulement du stage et de vérifier Exemple de programme de stage
que ses objectifs ont été atteints.
Article 4 - Rôle du prestataire
L’..., l’..., et l’... établissent un calendrier prévisionnel des stages (annexe 3). Ces stages seront mis en œuvre
1re demi-journée : module « drogue et loi »
sous réserve d’un minimum de 10 stagiaires payants. 9h00-9h30 Accueil des stagiaires et présentation du module
Le calendrier pourra être revu en fonction des besoins exprimés par les juridictions. Réflexion autour de quelques mots clés
Le prestataire s’assure du paiement intégral des frais de stage avant sa mise en œuvre. 9h30-10h45 La loi, ses fondements, son évolution
Il signale tout incident, notamment toute absence, au délégué du procureur, au SPIP ou à la DDPJJ.
Échanges
Il s’engage à ne révéler à quiconque, et en aucun cas, s’il en avait connaissance, les motifs pour lesquels
les stagiaires ont été condamnés à participer aux stages. 10h45-11h00 Pause
Il remet aux participants qui ont satisfait à l’obligation et accompli le stage, une attestation, à charge pour eux 11h-12h15 Les réponses judiciaires
de l’adresser à l’autorité judiciaire. Échanges
Article 5 - Contenu des stages 12h15-14h00 Pause déjeuner
Les stages comportent trois modules :
- un module « sanitaire » mettant en évidence les dommages sanitaires provoqués par l’usage de produits 2e demi-journée : module « drogue et société »
stupéfiants et informant sur les divers tests d’autoévaluation et les dispositifs de soins et d’accompagnement ; 14h00-15h30 Les produits, les effets, les tests toxicologiques et leur analyse
- un module « judiciaire » rappelant les conséquences judiciaires de l’usage et du trafic de produits stupéfiants ;
- un module « sociétal » relatif aux risques pour la société (sécurité routière, violences familiales, économie Échanges
souterraine, etc.). 15h30-17h15 Cannabis et alcool, les risques pour soi, les risques pour autrui, les incidences socioéco-
Le contenu des stages doit répondre aux principes suivants : nomiques, les incidences sur le plan de la sécurité routière, dans la vie sociale, familiale
- être adapté à l’âge ; et professionnelle
- être fondé sur des informations validées scientifiquement. Échanges
La durée des stages est de deux jours. L’activité journalière est limitée à 6 heures. Les repas ne sont pas pris
en charge. 3e demi-journée : modèle « drogue et santé »
Article 6 - Groupes de stagiaires 9h00-9h30 Reprise d’informations
Les groupes comportent, dans la mesure du possible, entre 10 et 14 stagiaires. 9h30-10h45 Remise de test de personnalité aux fins d’évaluer les facteurs de risques individuels aux
Des groupes spécifiques sont constitués pour les condamnés ou les mis en cause mineurs qui ne peuvent addictions et de dépister d’éventuelles consommations autothérapeutiques
exécuter leur peine au sein d’un groupe comportant des condamnés ou mis en cause majeurs.
Description de la notion de santé et identification des consommations (analyse des résul-
Article 7 - Frais de stage tats des questionnaires)
Les frais de stage sont mis à la charge du condamné ou mis en cause. Ils s’élèvent à 250 euros. Échanges
Les frais de stage sont versés par les stagiaires ou leurs représentants légaux intégralement à l’... qui répartit 10h45-11h00 Pause
ensuite cette somme entre les divers intervenants, suivant la production d’une facture relative à leur intervention. 11h-12h15 Définition de l’usage, de l’abus et de la dépendance ; facteurs de risques de consomma-
L’... ouvre un compte spécifique aux stages de sensibilisation et tient une comptabilité particulière retraçant tion ; impact du cannabis sur la santé ; motivation au changement de comportement
les recettes et les dépenses.
Échanges
Article 8 - Évaluation 12h15-14h00 Pause déjeuner
Le prestataire transmet annuellement un rapport d’évaluation à l’ensemble des signataires de cette convention.
Ce rapport d’évaluation pourra être enrichi des éléments d’évaluation proposés par la Mission interministé- 4e demi-journée : module « les perspectives de changement »
rielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).
Les parties signataires de la présente convention se réunissent chaque année pour réaliser un bilan pédagogi- 14h-16h Changement dans les modes de vie ; les solutions alternatives
que et financier des stages. Échanges
Article 9 - Durée de la convention 16h-16h15 Pause
La durée de la présente convention est d’un an. Elle est renouvelable par tacite reconduction. 16h15-17h15 Évaluation individuelle et collective ; remise de brochures
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FICHE pratique à remettre au stagiaire Si je ne viens pas au stage, que se passe-t-il ?


Le procureur de la République ou le magistrat qui aura ordonné la mesure en sera immé-
LE STAGE DE SENSIBILISATION AUX DANGERS diatement informé. Vous risquez alors de devoir comparaître devant un tribunal qui vous
DE L’USAGE DES PRODUITS STUPÉFIANTS jugera sur les faits que l’on vous reproche à l’occasion de votre interpellation et audition
par les gendarmes ou les policiers.
… Pour qui ?… Pourquoi ?… Comment ?… Si j’ai des problèmes financiers pour régler le coût du stage, que se passe-t-il ?
Il est toujours préférable d’en avertir votre référent (délégué du procureur ou toute autre
Pourquoi ce stage ? personne habilitée par la justice) afin de trouver une solution. La mise en place d’un échéan-
Selon les dernières statistiques, le nombre des consommateurs de cannabis est estimé à plus cier peut être envisagée. En tout état de cause, vous devrez vous acquitter du montant avant
de 12 millions de personnes, dont plus de 550 000 usagers quotidiens. que le stage ne débute. Le procureur de la République ou le tribunal peut, dans certains cas
Ce stage s’adresse aux consommateurs occasionnels et non dépendants, c’est-à-dire aux usa- prévus par la loi, en fonction de vos ressources financières, vous exonérer partiellement
gers ne montrant pas de signes de dépendances réelles. ou totalement du coût du stage. Votre référent vous l’indiquera alors lors de l’entretien
Un usage même à l’occasion de rassemblements collectifs de type rave party ou d’une simple individuel.
soirée entre amis est punissable de cette sanction. Est-ce que je peux refuser le stage ?
Ce stage est destiné à vous sensibiliser sur les dangers de la consommation de cannabis, d’en La loi vous permet de ne pas accepter le principe du stage. Dans ce cas, le procureur de la
prévenir la récidive en vous aidant, par votre adhésion, à stopper toute consommation grâce République ou le tribunal feront le choix de prononcer ou requérir une autre mesure qui peut,
à une information complète. cependant, vous conduire, en cas de carence de votre part, devant un tribunal.
Il s’inscrit dans le cadre d’une décision de justice, dont le non-respect peut entraîner une
poursuite devant un tribunal.

à RETENIR
LE GUIDE PRATIQUE DU STAGE
BON à SAVOIR
… Comment ça fonctionne ?…
Le simple usage de cannabis, par exemple, même occasionnel (lors d’une soirée, ou avant de
se coucher…) est puni d’une peine d’un an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende (article COÛT DU STAGE : ... €
L. 3421-1 du code de la santé publique). Le montant devra être intégralement payé avant que le stage débute, sauf si vous bénéficiez d’une
exonération partielle ou totale décidée par la justice.
Même pour quelques « joints » ?
La drogue présente des dangers au plan de la santé, et contribue à alimenter les trafics en DATES RETENUES :
achetant le produit dans la rue, au lycée, au travail ou ailleurs. Le… à ... heures (6 heures)
Le… à ... heures (6 heures)
Et mon casier judiciaire ?
LIEU DU STAGE : ......................................................................
Il faut savoir qu’une condamnation inscrite sur un casier judiciaire ou sur les fichiers de police
STIC (système de traitement des infractions constatées) et JUDEX (système judiciaire de COORDONNÉES DU RÉFÉRENT : ..............................................
documentation et d’exploitation de la gendarmerie) peut vous empêcher d’exercer certaines
professions, notamment dans la fonction publique (policier, infirmier, militaire…). Si vous CONTENU DU STAGE : 3 thèmes seront traités
respectez le stage, en payant le montant demandé, et en y participant, le dossier sera automa- - Drogues et santé (présentation des risques encourus, informations utiles sur les dispositifs
tiquement classé si le stage est prononcé avant que le procureur de la République n’engage de consultation auprès de spécialistes à même d’aider à évaluer le niveau de dépendance et à
de poursuite. Le magistrat pourra aussi faire retirer les inscriptions des fichiers. proposer, éventuellement, un suivi)
- Drogues et loi (faire comprendre la loi face aux problèmes que posent la consommation et les trafics
Si je ne peux pas me rendre au stage, que se passe-t-il ? de stupéfiants)
Il est dans votre intérêt de le faire savoir lors de l’entretien individuel avec votre référent - Drogues et société (il s’agit d’attirer l’attention de l’usager sur la nécessité de se préserver
(délégué du procureur ou toute autre personne habilitée par la justice), ou de le contacter avant des risques pour soi-même, des risques pour autrui, des risques pour la société)
que le stage débute. Vous serez automatiquement reconvoqué à une autre date.
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CLÔTURE DU STAGE

Pour les mineurs, le stage est finalisé par un second entretien, en présence des parents, entre le
référent et le consommateur afin de faire un bilan sur le déroulement de la mesure et vérifier
que les objectifs ont été atteints.
À la fin du stage, un rapport est transmis au procureur de la République et au juge pour enfants dans
le cas d’un stage « mineurs ». Le référent remet également une attestation de suivi à l’intéressé
qui devra, ensuite, le transmettre à l’institution judiciaire.
Si le stage s’est bien déroulé et qu’il est prononcé avant toute poursuite par le procureur de
la République, votre dossier est classé sans suite.

Renseignements utiles
Pour toute information complémentaire :

Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG)


13, place Vendôme – 75001 PARIS
Françoise BAÏSSUS
Chef du bureau de la santé publique, du droit social et de l’environnement
Tél. : 01 44 77 60 84 – Fax : 01 44 77 60 71
Courriel : [Link]@[Link]

Mission interministérielle de lutte contre la drogue


et la toxicomanie (MILDT)
7, rue Saint-Georges – 75009 Paris
Catherine KATZ
Magistrate, coordonnatrice du pôle Application de la loi
Tél. : 01 44 63 20 93 – Fax : 01 44 63 21 01
Courriel : [Link]@[Link]
Sylvie VELLA
Chargée de mission Prévention et protection judiciaire de la jeunesse
Tél. : 01 44 63 20 54 – Fax : 01 44 63 21 01
Courriel : [Link]@[Link]

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