0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
44 vues13 pages

Introduction

fiujh

Transféré par

ilyass.sadik
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
44 vues13 pages

Introduction

fiujh

Transféré par

ilyass.sadik
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction

Depuis des siècles, les villes se développent et leur surface est de plus en plus encombrée, ce qui
génère de nombreux problèmes de mobilité. Pour remédier à ce problème, il apparaît nécessaire de
développer des infrastructures urbaines adaptées. Les solutions souterraines (voirie souterraine,
métro, réseaux divers, parkings) permettent de pallier ces problèmes tout en répondant aux besoins
et aux contraintes des populations urbaines ([Link], 1987). De fait, les évolutions technique et
sociologique des pays développés ont eu pour conséquence une accélération considérable du rythme
de construction des tunnels (CETu, 2005). De nos jours la quasi-totalité des grandes métropoles du
monde comptent avec des réseaux de transport étendus et ont pour la plupart satisfait leurs besoins
de construction d’ouvrages souterrains (Sandrone, 2008).

L'inspection du génie civil des tunnels routiers est un aspect essentiel de la gestion des
infrastructures de transport. Pour garantir la sécurité des usagers, ainsi que l'intégrité structurelle et
opérationnelle des tunnels, des inspections régulières sont menées.

Ces inspections impliquent l'évaluation minutieuse de divers éléments tels que la stabilité
structurelle, l'état des revêtements, la qualité de l'éclairage, la fonctionnalité des systèmes de
ventilation, et la conformité aux normes de sécurité en vigueur. Les ingénieurs spécialisés dans le
génie civil des tunnels utilisent des techniques avancées, telles que l'inspection visuelle, les capteurs
de surveillance, et les technologies d'imagerie, pour évaluer l'état des tunnels de manière exhaustive.

Les résultats de ces inspections orientent les décisions de maintenance, de réparation et


d'amélioration des tunnels routiers. En somme, l'inspection du génie civil des tunnels routiers est un
processus vital qui contribue à assurer la sûreté des infrastructures de transport, tout en garantissant
une mobilité fiable et sécurisée pour les usagers de la route.

Dans Ce document exhaustif a été conçu pour offrir une compréhension approfondie des procédures
d'inspection essentielles pour assurer la sécurité et la performance des tunnels routiers. Dans cette
présentation, nous allons explorer les principaux aspects de l'inspection, fournissant des informations
précieuses aux ingénieurs, aux professionnels du génie civil et à tous les acteurs impliqués dans la
gestion des infrastructures de transport.
1. Généralités
1.1Tunnels :
De manière générale, on peut définir un tunnel comme une galerie souterraine percée à travers une
montagne, sous un cours d’eau ou dans le sous-sol des villes, permettant le passage d’une voie de
communication (chemin de fer, route, canal ou chemin piétonnier).

Un tunnel est composé de différentes parties principales. A savoir : la structure de l’ouvrage


(revêtement), le terrain environnant (ou terrain encaissant) et leur interface de contact
(interaction sol/structure). Ces trois composantes sont intimement liées et gouvernent le
comportement global de l’ouvrage. La Figure 1-1 fournit deux exemples de configuration d’un
tunnel et les principales parties les constituant.

Figure 1-1 Exemples de profils de tunnels routiers et ferroviaires

Les ouvrages souterrains peuvent se classer selon différents critères. Parmi les plus importants, on
peut citer : la fonctionnalité, la profondeur, la forme du profil ou le type de revêtement. Ainsi le
diagramme de la Figure 1-2 fournit une classification générale des ouvrages souterrains à partir de
cinq critères principaux.

Ouvrages
Souterrains

Profondeur Fonction Profil Emplacemen Revêtemen

A ciel ouvert Communication Profil circulaire Béton


Tunnels ruraux
- ferroviaires
Profil Eléments
Faible - routiers Tunnels préfabriqués
profondeur
Transport Profil
Tunnels rectangulaire Tunnels Maçonneri
-Adductions d’eau
profonds internationaux
-Galeries hydrauliques

Stockage
- Parkings
- Dépôts

Figure 1-2 Les différents types d’ouvrages souterrains (Idris,


2007)
1.2 Pourquoi entretenir les tunnels ?

Figure 1-3 : entretenir les tunnels

L’entretien s’inscrit dans une politique de gestion du patrimoine, en complément des actions de
surveillance, d’évaluation de l’état de l’ouvrage et de réparation. Il consiste à intervenir, soit de
manière préventive, soit aussi vite que possible lorsqu’une dégradation est amorcée. Les actions
d’entretien d’un tunnel sont nécessaires pour assurer la sécurité des usagers et de l’ouvrage. Elles
aident à maintenir l’état et la valeur du patrimoine. Pour les tunnels neufs, certaines opérations
d'entretien doivent démarrer dès la fin de la construction du génie civil.

2. Les opérations d’entretien et leur organisation


2.1 Les différents types d'entretien
La pérennité des ouvrages est en bonne partie assurée par la qualité de l'entretien. On distingue
communément :

• l'entretien courant, action systématique demandant peu de moyens et peu de technicité ; il


doit être réalisé de façon régulière en lien étroit avec la surveillance du réseau ;

• l'entretien spécialisé, opération demandant des moyens particuliers et la mise en œuvre de


techniques spéciales ; il peut nécessiter une analyse préalable par un spécialiste et être réalisé en
sous-traitance.

Les actions d'entretien quelles qu'elles soient doivent être distinguées des actions de réparation qui
visent à remédier à des désordres susceptibles de mettre en cause la pérennité et le niveau de
service de l’ouvrage ou la sécurité des usagers.

La consistance des actions d'entretien découle généralement des actions de surveillance continue et
périodique. La pertinence et l'efficacité des opérations d'entretien courant sont généralement
validées à travers ces actions de surveillance, qu'elles soient continues ou périodiques. Par ailleurs,
les opérations d'entretien spécialisé vont souvent être déclenchées à la suite de ces actions de
surveillance.
2.2Organisation du maître d’ouvrage gestionnaire
Avant de préciser les actions spécifiques à l'entretien d'un tunnel routier, il convient d'évoquer
l'organisation générale de la maîtrise d'ouvrage gestionnaire, et les niveaux de responsabilités et de
compétences requis pour garantir la qualité de ses missions.

Une organisation structurée, basée sur une bonne utilisation des compétences humaines, est un
préalable nécessaire à la définition et à la mise en œuvre d'une politique d'entretien d'un patrimoine
de tunnels routiers. Dans ce cadre, il faut garantir de manière systématique la réalisation de chaque
intervention d'entretien par des personnes suffisamment qualifiées et informées pour que les
résultats soient conformes aux objectifs fixés.

Dans la suite du guide, nous précisons systématiquement les interventions qui nécessitent une
compétence particulière afin que chaque maître d'ouvrage puisse s'organiser, en interne ou en faisant
appel à des compétences extérieures.

2.2.1 Le niveau décisionnel :


Le niveau décisionnel est constitué par la direction de la maîtrise d’ouvrage gestionnaire. Garant de la
politique de gestion de son patrimoine, il décline la politique définie dans l'ITSEOA en tenant compte
des contraintes liées à la sécurité des personnes et à l'exploitation.

En ce qui concerne les actions d'entretien, il doit les prioriser à partir d'une analyse intégrant, en
particulier, les priorités techniques, la logique d'itinéraire, les contraintes d'exploitation et la gêne à
l'usager. Afin de répondre aux objectifs qu'il a fixés, le niveau décisionnel prévoit les moyens humains
et financiers nécessaires à leur bonne réalisation en les adaptant à la valeur et l'importance de son
patrimoine.

2.2.2 Le niveau organisationnel :


Le niveau organisationnel met en œuvre la politique définie par le niveau décisionnel et propose à ce
dernier les amendements qu’il juge utile d’apporter.

En ce qui concerne les actions d'entretien, il élabore des propositions de programmation


pluriannuelles. Il définit notamment le programme et pilote des actions d'entretien spécialisé, il
contrôle la bonne exécution des actions décidées.

La capitalisation de l'expérience acquise est mise à profit, d'une part, pour l'actualisation des
dossiers d'ouvrages et, d'autre part, pour proposer des dispositions constructives pour les nouveaux
ouvrages afin de réduire les désordres constatés sur les ouvrages existants.

2.2.3 Le niveau opérationnel :


Le niveau opérationnel a pour mission d’intervenir sur les ouvrages, notamment pour réaliser ou
contrôler les opérations d’entretien. Il organise également les mesures relatives à l’exploitation
(restriction de circulation, signalisation temporaire, arrêtés de circulation, etc.) afin d’en permettre le
bon déroulement et assurer la sécurité des personnes.

Il a à sa charge l'organisation et, le plus souvent, la réalisation des opérations d'entretien courant, et
rend compte de ces actions. Il assure également le suivi de certaines opérations d’entretien
spécialisé. Toutes les interventions pratiquées sur le terrain doivent se traduire par un constat écrit et
daté. Ce constat doit faire l’objet d’un suivi ultérieur quand il conduit à prescrire des actions
spécifiques. La synthèse de ces interventions remonte au niveau organisationnel.
2.3Organisation des opérations d’entretien
2.3.1 Organisation de l'entretien courant :
Comme indiqué plus haut, l’entretien courant est une action systématique demandant peu de
technicité et, généralement, peu de moyens. Il ne concerne que des interventions non structurelles.

Il doit être réalisé de façon régulière en liaison étroite avec la surveillance du réseau routier. Il est à
réaliser ou à organiser par le service opérationnel.

Il est préférable que l’entretien courant soit assuré préalablement à toute intervention réalisée dans
le cadre des opérations de surveillance telles que le contrôle annuel. Le contrôle annuel peut aussi
être effectué à l'occasion de l'entretien courant, notamment au cours des opérations de nettoyage de
l'ouvrage, de la chaussée et des équipements

. Pour être bien conduit, l'entretien courant doit être effectué :

 Par une équipe compétente, habituée à ce genre de travaux, encadrée par un chef d'équipe
ayant acquis une bonne connaissance des tunnels par expérience (pratique de contrôles
annuels, par exemple) ou suite à des formations spécifiques ;
 Par une équipe disposant d'un matériel adapté
 Suivant un programme préétabli par itinéraire ou par nature d'intervention.

Le nettoyage des ouvrages peut avantageusement trouver sa place en fin d'hiver ou à l'automne, et
permettre notamment la vérification des dispositifs d'évacuation d'eau. Il est aussi intéressant de
mener certaines opérations (par exemple, des opérations de dévégétalisation) avant les visites de
surveillance, telles que les inspections détaillées périodiques.

Les opérations d’entretien courant sont :

 Soit programmées sur la base des consignes recommandées pour l’entretien (en principe,
définies dans le dossier d’ouvrage) ou des constatations faites lors des actions de surveillance
 Soit réalisées dès que possible, lorsque cela s’avère nécessaire pour garantir les conditions
de sécurité et d’exploitation.

2.3.2 Organisation de l'entretien spécialisé


Comme indiqué plus haut, l’entretien spécialisé est une opération demandant des moyens
particuliers et la mise en œuvre de techniques spéciales.

L’entretien spécialisé porte pour l’essentiel sur les désordres mineurs de la structure qui ne remettent
pas en cause la résistance de l’ouvrage.

Les opérations d’entretien spécialisé, contrairement à celles relevant de l’entretien courant :

 Nécessitent des moyens particuliers dont ne dispose généralement pas le maître


d'ouvrage gestionnaire, tant pour leur exécution que pour la protection du chantier
(lavage des piédroits, hydrocurage des réseaux de drainage par exemple) ;
 Relèvent de techniques spéciales (traitement d’étanchéité, rejointoiement, scellement de
moellons désolidarisés, ragréages limités, etc.) ;
 Requièrent souvent une analyse préalable par un spécialiste (définition des purges dans
un tunnel non revêtu par exemple).
Concernant les sections de tunnels non revêtues, les opérations d'entretien spécialisé doivent être
réalisées avec la plus grande circonspection car elles peuvent conduire à déstabiliser certains
éléments structuraux et mettre en cause la sécurité des personnes dans l’ouvrage. Les opérations
d’entretien spécialisé sont généralement prévisibles et doivent faire l’objet de programmes
pluriannuels. Elles peuvent également être déclenchées par les interventions liées à la surveillance.
Ces opérations sont souvent réalisées par des entreprises spécialisées.

2.4 Conditions de réalisation des opérations d’entretien


2.4.1 Formalisation d’un programme d’entretien :
Dans le cadre d'une formalisation d’un programme d’entretien, le service opérationnel (pour
l'entretien courant) et le service organisationnel (pour l'entretien spécialisé) doivent notamment
spécifier :

 Les tâches d'entretien à réaliser en régie,


 Les tâches d'entretien à confier à des entreprises spécialisées,
 Les périodicités,
 Les points d'attention particuliers (objectifs, matériels, contraintes, risques, …),
 Les conditions prévisibles d’interventions.

En corollaire, le service décisionnel assure les moyens humains, matériels et financiers nécessaires à
la réalisation efficace de ces programmes.

Enfin, le programme d’entretien spécialisé peut être adapté par le service organisationnel en fonction
des observations réalisées au cours des divers actes de surveillance. Dans ce cadre, des interventions
non programmées initialement peuvent être réalisées suite à l'observation de désordres particuliers
nécessitant une intervention urgente (venues d'eau créant une gêne à l'usager, risques de chutes de
matériaux sur la chaussée, etc.).

Même les opérations d’importance modeste sont à programmer et à réaliser dans les conditions
conformes aux consignes de protection et de sécurité prévues au dossier des interventions
ultérieures sur l'ouvrage (DIUO).

Les travaux doivent être préparés et exécutés avec beaucoup de soin, sous couvert d’un plan qualité
(PQ) et avec les contrôles inhérents à chaque nature d’intervention. Ces contrôles, même sommaires,
s'avèrent nécessaires dans tous les cas.

L’exécution des travaux peut être l’occasion de constater des anomalies qui auraient échappé à la
surveillance. Dans ce cas, elles doivent être consignées dans le relevé permanent d’événements.

2.4.2 Réalisation du programme d’entretien


Certaines opérations d’entretien peuvent être réalisées en régie, notamment pour celles qui
concernent l’entretien courant, d’autres peuvent être sous-traitées, notamment pour celles qui
concernent l’entretien spécialisé. Si besoin, le maître d’ouvrage gestionnaire peut s’entourer des
conseils de spécialistes.

Dans le cas d’une réalisation en régie, rappelons qu’il est fortement recommandé que les
interventions soient exécutées par une équipe dirigée par un chef d’équipe compétent ayant une
bonne connaissance des tunnels. Dans la mesure du possible, d’une intervention à l’autre, cette
équipe doit comprendre les mêmes agents ayant une bonne pratique des travaux couramment
exécutés. La composition de l’équipe dépend de la nature et de l’importance des travaux.
Dans le cas d’une sous-traitance, le choix de l’entreprise intervenante se fera généralement dans le
cadre d’une consultation donnant l’ensemble des informations relatives à l’état de l’ouvrage et aux
conditions d’intervention afin que les réponses des entreprises puissent être appropriées. D’une
manière générale, les interventions d’entretien en tunnel doivent être effectuées par des entreprises
aux qualifications adaptées et disposant d’expériences sur des interventions similaires. Suivant la
nature des interventions, un plan qualité peut être demandé à l’entreprise.

Chaque opération d’entretien doit faire l’objet d’un compte rendu, sous la responsabilité du service
opérationnel. Le compte rendu doit permettre aux services opérationnel et organisationnel de
s’assurer de la conformité de la réalisation au programme établi, pour vérifier son efficacité et
l’adapter le cas échéant.

Le compte rendu comprend les éléments suivants :

• identification de l’ouvrage,

• identification du tronçon ou de la zone ayant fait l’objet de l’intervention d’entretien,

• date de l’intervention,

• nature de l’intervention,

• conditions d’intervention,

• moyens utilisés (matériel et personnel),

• anomalies constatées et conséquences éventuelles.

L’intervention est consignée dans le relevé permanent d’évènements quelle que soit la nature de
l’entretien ; les opérations d’entretien spécialisé doivent faire, en plus, l’objet d’un constat annexé au
dossier d’ouvrage. Ce constat contradictoire peut nécessiter l’intervention d’une personne spécialisée
auprès du commanditaire.

2.4.3 Conditions de travail


Les interventions en tunnels creusés comportent généralement des dangers supérieurs aux
interventions à l’air libre : travail généralement en hauteur, amplification des risques liés au
confinement (qualité de l’air, bruit,…), exiguïté du poste de travail, travail sous lumière artificielle,
conditions d’exploitation, etc.

Les conditions de sécurité à respecter lors des actions d’entretien sont précisées dans l’annexe 1 du
Fascicule 40 « conditions de sécurité à respecter lors des actions de surveillance et d’entretien
programmées – difficultés spécifiques d’intervention ».

De plus, les dispositions à prévoir et les dispositions légales générales d’hygiène et de sécurité qui
régissent la réglementation spécifique mise en place pour réduire les risques d’accidents sont
présentées dans l’annexe 7 du fascicule 2 de l’ITSEOA.

Sur la base de ces documents, les points suivants sont à traiter avec attention :

• Conditions d’interventions :

L’accès à l’ensemble de l’ouvrage, y compris les ouvrages connexes, doit être assuré. Une attention
particulière devra être portée aux sujétions de circulation ; les restrictions de circulation (alternat,
fermeture, réduction de la vitesse) doivent être accompagnées de la signalisation adéquate.
Il est à noter que, lors des opérations d’entretien, et pour des raisons d’hygiène et de sécurité, il est
très fortement recommandé que le tube soit totalement fermé à la circulation.

Par ailleurs, il convient de préparer avec soin toute intervention en coactivité, notamment au travers
d’un plan général de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (PGCSPS).

• Moyens matériels :

Les moyens matériels et équipements de protection individuels utilisés pour les interventions
d’entretien doivent être adaptés aux opérations à réaliser. Ils doivent être conformes à la
réglementation et aux normes en vigueur (certifications, contrôles techniques, etc.).

3. LES OPÉRATIONS D’ENTRETIEN COURANT


Comme indiqué précédemment, l'entretien courant concerne les actions systématiques demandant
peu de moyens et peu de technicité ; il doit être réalisé de façon régulière en lien étroit avec la
surveillance de l’itinéraire.

Les indications et les préconisations données ci-après sont issues du guide « Entretien des ouvrages
d'art – Guide à l'usage des subdivisions » édité par le SETRA en janvier 2000, du guide technique «
Surveillance et entretien courant des ouvrages d’art routiers » édité par le SETRA en juillet 2011 et du
guide édité en 2004 par l'Administration fédérale des autoroutes des États-Unis d'Amérique (Federal
Highway Administration – FHWA) « Highway and rail transit tunnel maintenance and réhabilitation
manuel ».

Elles sont adaptées au contexte particulier des tunnels et complétées par les connaissances issues
des retours d'expérience effectués par le CETU sur l'entretien. Afin de permettre la bonne
compréhension des recommandations suivantes, la définition des éléments constitutifs d’un tunnel
est présentée en annexe 3 du présent guide.

3.1Végétation
La végétation prend naissance dans les endroits encombrés de salissures (terre, sable, boue, etc.).
Elle peut alors :

 Créer des zones privilégiées de rétention d'humidité ;


 Obstruer des évacuations d'eaux ;
 Porter atteinte à l'étanchéité ;
 Exercer une action chimique d'affaiblissement des liants et des matériaux de revêtement ;
 Provoquer des éclatements de béton ou de pierres et la dislocation des parements par
l'action des racines ;
 Diminuer la visibilité de l’éventuelle signalisation présente aux têtes ;
 Empêcher la surveillance de l’ouvrage dans de bonnes conditions.
Figure 3.1 : Végétation sur un ouvrage de tête

Il
convient donc d'éradiquer régulièrement la végétation présente sur l'ouvrage pour éviter tout risque
de dégradation. En ce qui concerne les tunnels, la végétation se développe surtout sur les murs-
tympans, sur les fausses têtes servant de chambre d'éboulis et dans les barbacanes.

Il faut, par conséquent, ne pas laisser la végétation se développer, en éliminant toute végétation
naissante et tout dépôt de matériaux et en procédant, si nécessaire, au débouchage des dispositifs
d'évacuation des eaux.

L'éradication de la végétation peut se faire par des moyens, de préférence, mécaniques ou


chimiques. Les moyens mécaniques sont les mêmes que ceux employés pour l'entretien des ponts.
Ainsi, un nettoyeur à eau sous haute pression peut être utilisé. Il convient toutefois de limiter la
pression à 8 MPa lors du nettoyage de maçonnerie de moellons.

L’utilisation de produits phytosanitaires doit être réduite et limitée à des endroits où le fauchage
n’est pas possible.

Pour éviter de recourir à ce type de produit dont les conditions d'utilisation sont contraignantes et
très polluantes, il est préférable d'entretenir les zones favorables à l’apparition de la végétation de
manière préventive.

Pour effectuer cet entretien dans les meilleures conditions, il est recommandé de procéder à une
visite annuelle pendant la période de pleine végétation (fin mai à début septembre) ; cette visite
permet par ailleurs de détecter les végétaux dont le développement est préjudiciable à la bonne
tenue du tunnel.

Par ailleurs, l’élimination de végétation parasite, notamment sur les maçonneries, doit généralement
être suivie d’une opération de rejointoiement.
3.2 Entretien courant des systèmes d’évacuation des eaux

3.2.1 Canalisations (collecteurs et caniveaux à fente)


Les canalisations sont souvent les lieux où se forment des dépôts. Or, ceux-ci constituent des
obstacles à l'écoulement des eaux.
Grille avaloir PMR, réglable Dispositif pour caniveau siphoïde
Dispositif sécurisé, étanche et
assisté à l’ouverture

L'entretien courant a donc pour objet de vérifier le bon fonctionnement du système d'évacuation (en
déversant de l'eau et en vérifiant que son évacuation s'effectue correctement ou en profitant d’un
épisode pluvieux) ; lorsque l'eau présente des difficultés à s'écouler, il convient de vérifier qu'elle est
bien collectée dans les avaloirs ou les caniveaux, et que leurs exutoires ne sont pas colmatés.

Il est aussi utile de repérer tous les exutoires, de les maintenir en état par l'enlèvement des dépôts et,
éventuellement, par un débroussaillage soigné (si les collecteurs se rejettent dans des bassins ou des
fossés filtrants engazonnés). Pour cela, il convient de maintenir ou de créer des facilités d'accès.

En cas de dysfonctionnement, une opération d’entretien spécialisé devra être programmée.

3.2.2 Caniveaux
Les caniveaux sont des ouvrages préfabriqués ou maçonnés destinés à recueillir et à écouler les eaux
superficielles le long de la chaussée. Ils sont soit indépendants, soit jumelés à une bordure de trottoir.
Encombré L'entretien courant consiste à :

 Observer leur fonctionnement et repérer les zones avec faible pente longitudinale ;
 Nettoyer par balayage en évacuant systématiquement les matériaux.
Selon l'importance, le balayage peut se faire manuellement ou être réalisé à l'aide d'une balayeuse-
aspiratrice. Les zones à faible pente doivent faire l’objet d’une fréquence d’entretien plus élevée.

3.2.2 Regards, avaloirs et caniveaux à grilles


Les regards, les avaloirs et les caniveaux à grilles sont des ouvrages préfabriqués ou maçonnés
ouverts en partie supérieure et recouverts soit d'un tampon, soit d'une grille en fonte ou en béton.

L'entretien courant vise à maintenir et à améliorer toutes les fonctions de ces ouvrages. Il consiste à :

 Dégager les grilles en y enlevant les déchets (végétaux, cailloux, etc.) qui réduisent la surface
de passage de l'eau ;
 Pour les grilles des caniveaux, veiller à leur orientation (les fentes doivent être
perpendiculaires à la circulation afin de réduire le risque pour les deux-roues) ;
 Garantir la possibilité d’ouvrir les tampons et dispositifs de fermeture, qu’ils soient
verrouillables ou non ;
 Nettoyer le fond des regards, des avaloirs ou des caniveaux ;
 Surveiller le fonctionnement des avaloirs et des regards en s'assurant que l'eau s'y écoule
bien ;
 Procéder au nettoyage et, éventuellement au graissage adapté au type de tampon.

Toujours dans le cadre de l'entretien courant, il faut observer régulièrement le fond des ouvrages
en procédant à l'enlèvement des dépôts éventuels. La présence fréquente de dépôts, dans un
avaloir ou un regard, peut révéler un problème de fonctionnement à l'amont.

De plus, lorsque le tunnel est équipé de regards siphoïdes, il convient de s’assurer qu’ils sont
maintenus « en eau » afin qu’ils assurent leur fonction coupe-feu (vérification ou alimentation
régulière).

Selon l'importance des travaux, le nettoyage pourra être effectué soit manuellement (avec une
pelle adaptée), soit à l'aide d'une hydrocureurs avec aspiration (il s’agira alors d’une opération
d’entretien spécialisé).

Figure 3.2.2 : Nettoyage d'un regard

Par ailleurs, les ouvrages dégradés situés en bordure immédiate de la chaussée doivent être signalés
provisoirement dès la constatation du désordre, et leur remise en état doit intervenir dès que
possible. Les ouvrages sur chaussée doivent, quant à eux, faire l'objet d'une intervention d'urgence
dès la constatation du désordre.

3.2.3 Drains en extrados ou enterrés

Les drains, comme leurs regards de visite, sont des lieux potentiels de dépôts de calcite
souvent importants. Par définition, ces drains ne sont visibles qu'à leur sortie à l'air libre
ou dans un regard. Il faut donc :
◆ Observer le fonctionnement du drain en s'assurant que l'eau s'écoule (soit en
permanence, soit après un épisode pluvieux important) et s'évacue correctement
◆ Observer la chaussée au droit du drain (affaissement, faïençage...) et l'accotement
(trottoir) ;
◆ Vérifier la stabilité des regards et l'état des raccords du drain aux regards ;
◆ Nettoyer les regards selon une fréquence à déterminer par l'observation (par
exemple, en surveillant la quantité de calcite et la vitesse à laquelle elle se
dépose après un premier nettoyage).

3.2.4 Drains en intrados


Ces drains, mis en place à l’intrados, concernent principalement les tunnels
conçus sans étanchéité totale en extrados. Ils ont pour rôle de pallier les
problèmes liés aux arrivées d'eau qui s'avèrent préjudiciables à l'exploitation. Ils
sont mis en place généralement après la construction de l'ouvrage, sur les joints
entre anneaux et sur certaines fissures ou désordres ponctuels.
L'entretien courant comprend, dans la mesure du possible :
◆ L’observation du fonctionnement du drain afin de s'assurer que l'eau s'écoule
(soit en permanence, soit après un épisode pluvieux important) et qu'elle
s'évacue correctement ;
◆ La vérification de l'état des raccords du drain aux regards ;
◆ Le nettoyage des regards selon une fréquence à déterminer par
l'observation (par exemple, en surveillant la quantité de calcite et la vitesse à
laquelle elle se dépose après un premier nettoyage).
3.2.5 Barbacanes
Les barbacanes sont des canalisations qui traversent le revêtement. Elles sont souvent mises
en place dans les tunnels ne possédant pas de dispositif d'étanchéité en extrados et sont
destinées à l'écoulement de l'eau.
Ces barbacanes doivent être maintenues en parfait état de fonctionnement pour éviter
toute accumulation d'eau en extrados de l'ouvrage pouvant générer des contraintes et
des pressions dommageables pour la structure.
L'entretien courant comprend :
◆ L’observation régulière du fonctionnement des barbacanes,
◆ Le nettoyage ponctuel en cas de besoin.
L'entretien courant doit surtout comprendre l'organisation d'un entretien préventif
systématique afin de réduire les interventions ponctuelles. Sa fréquence se détermine à
partir des observations réalisées sur site mais doit être au moins annuelle. Pour les
barbacanes situées en hauteur, l’utilisation d’un moyen de levage sera nécessaire.
Le nettoyage consiste à décoller et à enlever les matériaux à partir de l'aval en
dégageant la totalité de la barbacane. Pour cela, une barre à mine ou tout autre outil
adapté peuvent être utilisés, en prenant soin de ne pas abîmer ou percer l'éventuelle
protection filtrante (géotextile ou autre). Si des difficultés apparaissent pour retirer les
matériaux, l'utilisation d'un nettoyeur à haute pression peut s'avérer nécessaire. Il
convient cependant de limiter la pression à 8 MPa (80 bars). Les matériaux doivent être
systématiquement évacués.

Vous aimerez peut-être aussi