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Classiques & Cie collège • Victoire la Rouge (978-2-401-10462-4) • guide pédagogique

GEORGES (GEORGINA) DE PEYREBRUNE


Victoire la Rouge (1883)
GUIDE PÉDAGOGIQUE
établi par Céline Macquet

 Pourquoi faire lire Victoire la Rouge ? 2


 Comment est organisée l’édition « Classiques & Cie collège ? » 3
 L’iconographie au fil du texte 4
Quels partis pris ? 4
Quelles pistes d’exploitation ? 4

 Les lectures actives : pour découvrir l’œuvre 5


Lecture active 1 : Une enfant peu chanceuse (page 31) 5
Lecture active 2 : Une jeune fille naïve (page 53) 5
Lecture active 3 : Une proie facile (page 86) 6
Lecture active 4 : La réprouvée (page 121) 6
Lecture active 5 : La fugitive (page 131) 7
Lecture active 6 : Un monde hostile (page 157) 7
Lecture active 7 : Une fin malheureuse (page 179) 8

 Le parcours : pour approfondir sa lecture 9


Repère • Qu’est-ce qu’un roman réaliste ou naturaliste ? (page 183) 9
Étape 1 • Découvrir une anti-héroïne (pages 186-187) 9
Étape 2 • Analyser la satire (pages 188-189) 11
Étape 3 • Étudier l’évolution du personnage (pages 190-191) 13
Étape 4 • Identifier les caractéristiques d’un récit naturaliste (pages 192-193) 15
Étape 5 • Analyser la description de la vie rurale (pages 194-195) 17
Étape 6 • Étudier la fin tragique (pages 196-197) 19
Ateliers (pages 198-199) 20

 Le groupement Textes & Images 21


As-tu bien observé ? (page 206) 21
Questions sur les documents (pages 210-211) 21

 L’enquête 24
Arrêt sur image n° 1 (page 218) 24
Arrêt sur image n° 2 (page 222) 24

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Classiques & Cie collège • Victoire la Rouge (978-2-401-10462-4) • guide pédagogique

Pourquoi faire lire Victoire la Rouge ?


Nos valeurs, nos codes, notre culture se construisent notamment à partir de ce que nous lisons.
Or, il apparaît clairement que les textes dits « classiques » sont essentiellement des textes d’auteurs
masculins et il nous semble important d’ouvrir les classes à ce qu’Aurore Évain nomme
« matrimoine ». Notre parti pris est ainsi de promouvoir la littérature féminine et de la hisser au
même rang que la littérature masculine.
Victoire la Rouge (1883) est un roman digne d’être étudié en classe à bien des égards. Son autrice,
Georges de Peyrebrune (née Mathilde-Marie Georgina Élisabeth de Peyrebrune), fut hautement
reconnue de son vivant, elle fit partie du premier jury du prix Femina et deux de ses romans
furent couronnés par l’Académie française. Victoire la Rouge est considéré comme le pré-texte du
Journal d’une femme de chambre (1900) d’Octave Mirbeau. Roman populaire, qui rappelle à bien des
égards les romans zoliens, il retrace le chemin de croix d’une paysanne courageuse et naïve,
malmenée par la vie. Réaliste et cruel, le récit peut se lire comme un cri – cri du peuple, cri des
femmes – et pourra être un excellent support pour une séquence liée aux objets d’étude suivants :
« Regarder le monde, inventer des mondes : la fiction pour interroger le réel » ou « Individu et
société : confrontation des valeurs ».

Le roman peut être étudié en classe à travers des problématiques de séquences aussi riches que
variées, dont voici quelques exemples :
 En quoi ce roman témoigne-t-il de la société rurale de la fin du XIXe siècle tout en en dénonçant
l’hypocrisie, les faux-semblants et la cruauté ?
 Quels risques court-on à ne pas vivre en conformité avec les valeurs collectives ?
 Peut-on être seul(e) contre tous ?
 La société représente-t-elle un refuge ou un enfer ?
 Comment le roman témoigne-t-il d’une société implacable ?
 Peut-on s’intégrer sans adhérer ?
 Comment le roman met-il en scène la confrontation des valeurs pour faire évoluer la société ?
 La littérature peut-elle faire évoluer les mentalités ?
 Comment ce roman nous permet-il d’interroger le conflit entre nature et culture ?

Outre la dimension naturaliste du roman (personnages issus du peuple, vie aux champs, misère,
déterminisme social, prédominance des besoins physiologiques), on peut envisager d’en étudier
également la dimension polémique et engagée qui fait aussi la valeur de ce récit. Victoire la Rouge
dénonce une société qui ne répond à la misère que par l’exclusion et la répression, qui montre
comment la détresse engendre le désespoir et le crime, comment la violence de la société entraîne
une surenchère de la violence. Le parcours de Victoire devient donc exemplaire. Le lecteur est
invité, à partir d’un parcours individuel, celui de Victoire, à réfléchir aux dysfonctionnements de
la société soi-disant bien-pensante dont les valeurs révèlent ici toutes leurs limites, comme a pu
en témoigner Victor Hugo dans certains de ses romans (Les Misérables, Claude Gueux). Georges de
Peyrebrune est en particulier une autrice qui s’engage pour la cause des femmes et qui pointe
dans son roman le triste sort qui leur est réservé : femmes peu éduquées, femmes battues, filles-
mères au sein d’une société patriarcale où les hommes, tout-puissants, évoluent en toute
impunité.

© éditions Hatier 2024 Page 2 sur 25


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Comment est organisée l’édition Classiques & Cie collège ?


Spécialement conçu pour des élèves complémentaire (« Ta mission ») destiné à
de collège, en lien avec les objets d’étude faire percevoir, à travers une activité
« La fiction pour interroger le réel » et concrète, les enjeux du passage étudié ou à
« Individu et société : confrontation des élargir des notions évoquées.
valeurs ? », cet ouvrage comprend six
éléments clés. 4. Le parcours de lecture
Le parcours de lecture débute par deux
1. L’avant-texte repères : le premier rappelle ce qu’est un
L’avant-texte doit permettre à l’élève roman réaliste ou naturaliste ; le deuxième
d’entrer facilement dans la lecture du texte. présente le thème des femmes dans le
Les personnages principaux apparaissant roman du XIXe siècle.
dans le récit sont présentés rapidement, Il se poursuit avec six étapes d’analyse
et de nombreuses illustrations aident permettant d’approfondir la lecture de
à se représenter mentalement les l’œuvre et de s’initier au commentaire de
protagonistes et l’histoire. Quelques texte. Viennent ensuite deux ateliers
éléments biographiques à propos de destinés à prolonger le travail sur le texte, à
l’autrice et des repères historiques travers des activités différentes et
permettent également, de façon synthétique, complémentaires : un atelier oral qui
propose de mettre en scène un procès ;
de situer l’œuvre dans son contexte.
un atelier recherche documentaire pour
réaliser un document informatif sur le travail
2. Le texte
des enfants.
Le texte proposé est réparti en 21 chapitres,
donnés d’un seul tenant. L’élève peut ainsi 5. Le groupement
terminer la lecture des différents chapitres Textes & Images
sans être interrompu(e). Cependant, des
notes et des explications, situées en bas de Le groupement de documents s’intitule :
page, éclairent la lecture et lèvent les « Être fille-mère au XIXe siècle ».
difficultés pouvant être liées notamment à Il met en parallèle cinq documents (textes
des expressions lexicales spécifiques, à des ou peintures) du XIXe siècle ainsi qu’un
précisions géographiques ou à des éléments article scientifique récent et permet de
culturels inconnus des élèves. rendre compte du sort des femmes tombées
Des iconographies insérées au fil du texte enceintes hors mariage à cette époque.
apportent un éclairage supplémentaire,
permettent de mieux se représenter les faits 6. L’enquête
racontés et enrichissent la culture artistique
des élèves. Consacrée à la peinture du peuple au
XIXe siècle, l’enquête revient sur l’apparition
3. Les lectures actives du peuple dans la peinture, dans des scènes
de la vie quotidienne : au travail, dans ses
Insérées au fil des chapitres, des « lectures moments de loisirs ou encore dans l’intimité.
actives » rythment la lecture de l’ouvrage. Elle rend compte de l’évolution picturale de
Chacune d’entre elles se compose d’une série la peinture classique à la peinture réaliste,
de questions de compréhension simple puis impressionniste et enfin post-
(« As-tu bien lu ? ») suivies d’un exercice impressionniste.

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L’iconographie au fil du texte

Quels partis pris ?


On trouve dans l’ouvrage, insérées au fil du texte, un certain nombre d’images qui ont pour but
non seulement d’illustrer des passages choisis, mais aussi d’amener les élèves à analyser ces
images et à les faire entrer en résonance avec le texte, tout en acquérant des repères en histoire de
l’art.
Le parti pris a été de mettre en avant un certain nombre d’artistes féminines reconnues de leur
vivant mais souvent oubliées dans les manuels scolaires. On trouvera ainsi des œuvres de
peintresses (ce féminin du mot « peintre », qui reste de nos jours très peu usité, a été employé
pour désigner une femme peintre du XVIe au XVIIIe siècle) proches du mouvement réaliste : Rosa
Bonheur (1822-1899), sculptrice, dessinatrice, peintre, spécialisée dans la peinture animalière ;
Virginie Demont-Breton (1859-1935), peintre et femme de lettres, engagée dans la cause des
artistes, en particulier pour l’égalité d’accès à la formation artistique ; Marie Petiet (1854-1893),
qui s’intéresse à la représentation des femmes issues du peuple (en particulier les ouvrières et les
lingères), ou encore Marie Bashkirtseff (1858-1884), peintre, écrivaine, sculptrice, mais aussi
critique pour la revue féministe La Citoyenne d’Hubertine Auclert. On trouvera également des
femmes peintres parmi les impressionnistes : Berthe Morisot (1841-1895), cofondatrice
du mouvement impressionniste ; Mary Cassatt (1844-1926), peintre, photographe et graveuse
proche des impressionnistes ; et encore Marie Bracquemond (1840-1916), peintre, graveuse et
céramiste impressionniste.

Quelles pistes d’exploitation ?


Plusieurs activités peuvent être mises en place autour de ces illustrations :
• demander aux élèves de faire des recherches sur les images (biographie de l’artiste, histoire de
l’œuvre, de son contexte, etc.) ;
• faire analyser les images par les élèves : composition, couleurs, lumière, traits, effet, etc. ;
• demander aux élèves de comparer l’image avec le passage auquel elle est associée (points
communs, différences, etc.), puis de donner leur avis sur cette association ;
• demander aux élèves de chercher des images susceptibles d’illustrer des extraits du roman et de
réaliser un livret dans lequel ils colleront leur sélection et recopieront les extraits (pour éviter
l’éparpillement, il est conseillé de sélectionner au préalable un petit nombre d’extraits, cinq par
exemple) ;
• demander aux élèves de faire une recherche sur les conditions de travail des femmes artistes
au XIXe siècle, leurs difficultés d’accéder à des formations, leur éviction des prix, leurs restrictions
dans le domaine de la peinture, etc.

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Les lectures actives : pour découvrir l’œuvre

Lecture active 1 : Une enfant peu chanceuse (page 31)

❶ Comment Victoire est-elle décrite ? Parmi les adjectifs suivants, entoure les
trois qui la caractérisent.
Victoire apparaît comme : lourde – rousse – gourmande.

❷ Quel est son travail chez les Jameau ?


La jeune fille est chargée de s’occuper des brebis et de bêcher les vignes. Il était aussi possible de
cocher la case « tricoter » dans la mesure où l’on ne sait pas si Victoire tricote pour elle-même ou
s’il s’agit d’une tâche exigée par les Jameau.

❸ Pourquoi les villageois la surnomment-ils « la Rouge » à la fin du chapitre 2 ?


Ce sobriquet moqueur fait référence à sa « crinière rouge » (p. 30, ligne 136) – sa chevelure – qui
s’échappe de son fichu lors de sa danse qui provoque les rires des villageois.

❹ Victoire a été élevée à l’hospice.


L’hospice recueillait les enfants indigents, les enfants abandonnés, les enfants orphelins ou encore
les enfants naturels, nés hors mariage, que les mères ne pouvaient pas garder généralement en
raison de leur précarité financière.
Victoire a probablement été abandonnée à la naissance.

Lecture active 2 : Une jeune fille naïve (page 53)

❶ Qui est Périco ?


Périco est un garçon de ferme sournois et malveillant qui la viole.

❷ Quel rôle Victoire doit-elle jouer lors de la procession ?


Victoire doit porter la bannière blanche, symbole de pureté et de virginité, lors de la procession
organisée pendant le mois de Marie.

❸ Pourquoi les Jameau la renvoient-ils ?


Les Jameau la renvoient parce qu’ils découvrent qu’elle est enceinte.

❹ Victoire s’identifie à Marie.


Dans la religion catholique, Marie est la mère de Jésus, qu’elle a eu de Dieu, par l’entremise du
Saint-Esprit, et sans perdre sa virginité. Ainsi, Dieu se fait homme en Jésus. Marie est également
considérée comme la mère de Dieu (selon le dogme de la « Sainte Trinité », le Père, le Fils et le
Saint-Esprit ne font qu’un).
Marie symbolise la pureté, la virginité et l’amour maternel.
Victoire, qui porte en ses flancs un enfant, se sent proche de Marie, en qui elle voit peut-être aussi
une figure maternelle de substitution.

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Lecture active 3 : Une proie facile (page 86)

❶ Que doit faire Victoire chez les Maleyrac ?


Victoire est engagée comme domestique : elle doit s’occuper de l’entretien de la maison (laver,
récurer, raccommoder) et du service de la famille (cuisiner, servir), mais aussi du travail de la terre
(bêcher, semer, sarcler, couper) et des bêtes (les nourrir, au besoin les saigner, les plumer, etc.).

❷ Quelle est la phrase que Mme Maleyrac utilise le plus quand elle s’adresse
à elle ?
« Vite, vite, dépêchez-vous ! »

❸ De qui Victoire tombe-t-elle enceinte ?


Victoire tombe enceinte du « beau dragon » de la noce, le frère du marié, qui la viole le soir des
festivités.

❹ Que risque-t-elle si les Maleyrac apprennent qu’elle est enceinte ?


Elle sera renvoyée et ne sera plus embauchée nulle part.

 Victoire ne sait pas lire.


Victoire a été élevée à l’hospice et y a reçu une instruction très limitée. On apprend au début du
livre par la mère supérieure qu’« elle n’avait pu apprendre à lire » (p. 17), probablement faute de
capacité ou de volonté.
En 1878, 600 000 enfants ne sont pas scolarisés. Il faut attendre les lois Jules Ferry (1881-1882)
pour que l’école devienne obligatoire pour tous les enfants (garçons et filles) de 6 à 13 ans.

Lecture active 4 : La réprouvée (page 121)


❶ Fais le point.
a. Combien de temps s’est-il écoulé entre la fin du chapitre 11 et le début du chapitre 12 ?
b. Qu’a fait Victoire pendant cette période ?
Depuis son arrestation, il s’est passé un peu plus de cinq ans : Victoire a d’abord subi son procès
aux assises qui se sont tenues à Périgueux, puis a accompli cinq années de travaux forcés dans la
maison centrale de Montpellier. Elle y exerçait des travaux de couture.

❷ Parmi les sentiments suivants, entoure les deux qui animent le plus Victoire.
Victoire est partagée entre deux sentiments très forts : la crainte d’être reconnue et le bonheur
de retrouver la campagne.

❸ Parmi ces qualités, entoure celles qui lui permettent de se faire embaucher
par le maire de Chancelade.
Ce sont sa force et sa vaillance qui conduisent Victoire à se faire embaucher par le maire de
Chancelade.

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❹ Jean Valjean
Comme Jean Valjean, personnage central des Misérables de Victor Hugo, Victoire a été
condamnée aux travaux forcés, et comme lui, elle reste sous surveillance : elle doit présenter aux
gendarmes qui le lui demandent un document attestant de sa détention passée et la présentant
donc comme criminelle. Et comme lui, elle n’a pas le droit de quitter le département pendant les
cinq années à venir.
Cependant, Jean Valjean avait trouvé du secours en la personne d’un homme d’Église,
M. Bienvenu Myriel, alias Monseigneur Bienvenu. L’évêque de Digne avait non seulement
hébergé Jean Valjean, mais il l’avait aussi couvert face à la police du vol d’objets donc il s’était
rendu coupable envers lui. Ce geste de miséricorde de la part du clergé (auquel fait écho celui de
la femme du maire au chapitre 15) apparaît totalement absent dans Victoire la Rouge, l’héroïne ne
recevant l’aide de personne à sa sortie de détention.

Lecture active 5 : La fugitive (page 131)

❶ Pour quelle raison Victoire doit-elle fuir ?


Elle est reconnue et dénoncée pour ses fautes passées.

❷ Pourquoi la femme du maire tremble-t-elle devant son mari ?


La femme du maire craint son mari qui la bat et peut se montrer particulièrement violent.

❸ Qu’offre-t-elle à Victoire ?
Son chapelet et sa miséricorde.

❹ Le jugement des employeurs


Le maire estime que le crime de Victoire les déshonore et qu’ils doivent pour cette raison la
renvoyer. À l’inverse, sa femme prône le pardon et souhaite accorder une seconde chance à
Victoire en la gardant à leur service.
La justice est représentée avec un bandeau sur les yeux qui symbolise l’impartialité. Elle tient une
balance qui symbolise l’équité. Elle tient enfin un glaive dans la main qui rappelle que son rôle est
également de sanctionner.

Lecture active 6 : Un monde hostile (page 157)

❶ Parmi les adjectifs suivants, entoure les trois qui correspondent à la description
des habitants du Périgord noir.
Les habitants du Périgord noir sont décrits comme rustiques, superstitieux et analphabètes.

❷ Qui est le Sauvage ?


Le Sauvage est un homme mal famé (de mauvaise réputation), soupçonné d’avoir tué pour
s’enrichir. Tout le monde le craint aux alentours.

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❸ Le chantage de l’employeur : quel dilemme le Sauvage impose-t-il à Victoire ?


Relie les éléments qui constituent les deux options laissées à Victoire.
Rester travailler chez lui mais partager son lit et peut-être un jour l’épouser.
OU
Conserver sa pudeur et sa réputation mais aller dormir dehors avec les loups et perdre son
emploi.

Victoire n’a donc pas vraiment le choix : si elle veut survivre, elle n’a pas d’autre alternative
que de se soumettre à la violence du Sauvage, qui reste impitoyable face à sa situation de femme
isolée et sans ressources.

❹ Victoire, victime de son employeur


Il y a viol lorsqu’un acte de pénétration sexuelle ou un acte bucco-génital est commis sur une
personne, avec violence, contrainte, menace ou surprise, c’est-à-dire sans son consentement.
Le viol est considéré, dans le droit français, comme un crime (et non plus un délit) depuis 1980.

Lecture active 7 : Une fin malheureuse (page 179)

❶ Qui le Sauvage choisit-il d’épouser ?


Le Sauvage choisit d’épouser « la fille à Giraud », qui vient d’hériter de trois mille écus, ce choix
n’étant certainement dicté que par sa grande cupidité.

❷ Comment réagit-il quand Victoire lui annonce qu’elle est enceinte ?


Il s’emporte contre elle, la secoue et menace de la tuer.

❸ Vrai ou faux ?
Après le départ du Sauvage, Victoire :
• casse tout dans la maison et part en emportant les économies du Sauvage.  faux
• nettoie l’étable et nourrit les animaux.  vrai
Son comportement, au moment de son départ, montre à quel point Victoire est attachée à la
nature et aux animaux dont elle prend le plus grand soin. C’est aussi une manière de leur dire
adieu car elle sait qu’elle ne reviendra jamais plus dans cette ferme.

❹ Victoire n’a pas de dot.


Traditionnellement, la dot désigne l’apport de biens par la famille de la fiancée au patrimoine du
nouveau ménage à l’occasion d’un mariage. Inscrite dans le cadre d’une société patriarcale, cette
dot matrimoniale est tombée en désuétude à partir de la fin du XIXe siècle.
Le Sauvage est montré dans toute sa cupidité ; on peut donc penser que si Victoire avait eu une
dot, cela aurait pu convaincre le Sauvage de l’épouser.

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Le parcours : pour approfondir sa lecture

Repère • Qu’est-ce qu’un roman réaliste ou naturaliste ? (page 183)

• As-tu bien lu ?
Les romans réalistes et naturalistes veulent montrer avant tout le réel, la réalité, dans son
entièreté, dans sa beauté mais également dans sa laideur quand elle existe.

Étape 1 • Découvrir une anti-héroïne (pages 186-187)


Support Chapitres 1 et 2, avant-texte et repère p. 182.
Objectif Repérer les caractéristiques du personnage naturaliste.

• Analyse l’extrait
❶ Une enfant trouvée (chap. 1)
a. Victoire a été élevée à l’hospice. Elle n’a pas dû recevoir beaucoup d’affection comme
l’indiquent les expressions suivantes : « La mère supérieure se débarrassait ainsi d’une non-
valeur, d’une sorte de propre à rien […] » (p. 17, l. 8-9).
b. Les Jameau l’emmènent pour qu’elle accomplisse chez eux des tâches domestiques et des
travaux de ferme.

❷ Une enfant mal dégrossie (chap. 1)


a. La mère supérieure considère Victoire comme une « non-valeur » car elle ne sait ni lire ni
coudre et ne peut donc rien apporter aux activités commerciales du couvent.
b. Les Jameau se moquent de Victoire qui leur paraît ignorante, naïve et peu dégourdie ;
très différente des autres jeunes filles de son âge. Victoire est également ingrate
physiquement et très gourmande.
c. Victoire ne semble pas souffrir des moqueries ou de la malveillance des gens : « Elle
n’aimait rien, personne ne l’aimait. Elle ne comprenait même pas bien ce que ça voulait
dire. » (l. 101-103). Les besoins naturels (manger, dormir) sont ses seules préoccupations.

❸ Une enfant de la nature (chap. 1 et 2)


a. Le terme bête désigne un animal au sens propre. Au sens figuré, le terme désigne ce qui,
dans l’homme, le rapproche de la bête : les sens, les instincts, les appétits matériels. Par
extension, il peut désigner également, toujours au sens figuré, une personne stupide, crédule,
dotée de peu d’esprit, voire privée de bon sens.
b. Les deux métaphores assimilent Victoire à un animal :
Comparé Comparant Point commun
Victoire bovin « beuglement » (le cri de Victoire : mêmes
sonorités ?)
Victoire cheval « crinière » (chevelure : couleur, aspect,
consistance ?)

• Donne ton avis



a. Les élèves pourront s’indigner de l’absence de bienveillance, voire de la malveillance
des personnages à l’égard de Victoire. Ceux-ci n’hésitent pas à la houspiller et à se moquer

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d’elle. À la fin du chapitre 2, ils l’affublent du sobriquet peu enviable de « la Rouge ». La


notion de « harcèlement » pourra être discutée.
b. Victoire n’est pas attachante au début du récit. Les élèves peuvent néanmoins éprouver
de l’empathie pour ce personnage que la vie n’a pour le moment pas gâté.

• Fais le bilan
❺ Un incipit réaliste
Victoire est une enfant que la vie n’a pas gâtée et qui n’attire la sympathie ni des autres
personnages, ni du lecteur. Les comparaisons et métaphores la rapprochent davantage des
animaux et de la nature car elle semble chercher uniquement à satisfaire ses besoins corporels :
manger et dormir.
Le roman réaliste ou naturaliste s’intéresse aux petites gens, issus du peuple : ordinaires, peu
instruits, souvent pauvres.

• Écris à ton tour


❻ Le choix de l’héroïne
a. Demi-dieu (il a un parent d’origine divine) dans l’Antiquité, issu de lignage royal au Moyen
Âge, le héros joue un rôle civilisateur : il combat la barbarie et l’humanité sauvage au nom
d’un peuple ou plus généralement de l’humanité. Le héros est donc fort, courageux,
orgueilleux. Au sens moderne, un héros est celui qui risque sa vie pour une cause supérieure
(la patrie, l’honneur, la liberté, la justice, etc.). Au sens strictement littéraire, le héros est le
personnage principal d’un roman ou d’une pièce de théâtre.
Un anti-héros est, par opposition, le personnage d’une œuvre littéraire aux caractéristiques
contraires à celles du héros traditionnel ; c’est un personnage pleutre, médiocre, sans
confiance en lui, sans talent particulier ou sans valeur à défendre.
b. Héros : Achille, Hercule, Ulysse, Thésée, Roland, Lancelot…
Héroïnes : Cassandre, Didon, Iphigénie, Polyxène, Médée, Psyché, Mélusine, les
personnages féminins des lais de Marie de France…
Anti-héros : Perceval, Naruto Uzumaki (dans le manga Naruto), le Joker (personnage
d’Arthur Fleck dans l’univers DC Comics) ; Georges Duroy dans Bel-Ami (Maupassant),
Claude Lantier dans L’Œuvre (Zola)…
Anti-héroïnes : Jeanne dans Une vie (Maupassant), Emma Bovary dans Madame Bovary
(Flaubert)…
c. Victoire apparaît comme une anti-héroïne : sans talent ni charisme, sans valeur ni idéal.
Elle semble subir son destin d’un bout à l’autre du récit, sans espoir d’y échapper si ce n’est
par la mort.

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Étape 2 • Analyser la satire (pages 188-189)


Support Chapitre 5.
Objectif Étudier la dénonciation d’une société de faux-semblants.

• Observe le texte
❶ La satire des villageois
Ce qu’ils semblent être Ce qu’ils sont en réalité Figure(s) de style
utilisée(s)
les deux porteurs de « Deux mauvais gars morveux  métaphore
l’encensoir, « propres et petits et pillards » (l. 68-69)
saints » (l. 69)
l’un des quatre notables qui « passait pour un fieffé  comparaison
portent pieusement les dais coquin, ladre et méchant  énumération
(l. 72-74) payeur, détourneur d’héritage
et accapareur du bien
d’autrui, hypocrite et
sournois, qui trompait le bon
Dieu lui-même et aurait
vendu son âme pour un écu. »
(l. 74-77)
les « dévotes confites » « la lèvre en avant, le  métaphore
(l. 79) chapelet dans les griffes,  comparaison
l’œil de travers pour  énumération
compter les absentes et
surveiller les autres » (l. 79-
80)
« comme des chiens galeux
dans la meute d’un roi »
(l. 82-83)

❷ La description de Victoire
a. À partir de la ligne 98 (p. 48), la scène est décrite à travers le regard de la Jameau : « la
voyant venir », « se frotta les yeux », « avoir mal vu », « attacha ses yeux », « fixité terrible »,
« ce qu’elle voyait », « elle ne voyait plus » (l. 98-102). Différents procédés rendent cette scène
comique : l’exagération de la grosseur du ventre, la personnification et la synecdoque (« ce
ventre s’avançait ») qui traduisent la surprise et l’indignation de la Jameau : il y a un comique
de geste dans l’attitude de la Jameau (« se frotta les yeux », « une fixité terrible ») et un
comique de situation dans le décalage d’une part entre le geste de Victoire (qui porte la
bannière des vierges) et son état (enceinte) ; d’autre part entre le geste de dévotion pieuse de
la Jameau (qui garde le reposoir) et sa réaction horrifiée.
b. La Jameau vient de comprendre que Victoire est enceinte : elle voit en ce ventre non
seulement un état de grossesse avancé, mais surtout la honte et le déshonneur que cette
grossesse va représenter pour elle et sa famille.

❸ Les réactions et les paroles rapportées


a. Les Jameau s’indignent et la renvoient.
Les villageois rient et s’indignent.

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b. La Jameau lui reproche d’avoir porté la honte dans sa maison : « lui disant qu’elle avait
porté la honte dans sa maison et qu’il fallait qu’elle fût une bien effrontée coquine pour avoir
osé promener ainsi son infamie par tout le village. » (l. 127-130).
Le discours indirect libre (l. 137-140) traduit l’ironie de la narratrice : « Comment, elle n’en
avait pas ? Elle se livrait donc au premier venu, comme cela, sans savoir ? Alors elle ne savait
pas qui l’avait mise en cet état ? Mais quelles horreurs avait-elle donc commises ? »

• Analyse le personnage
❹ Victoire, un personnage sincère et candide ?
a. Victoire s’identifie à Marie qui porte elle aussi un enfant. Cependant la situation n’est pas
la même : Marie est fiancée à Joseph et surtout elle reste vierge pour les catholiques, malgré
la conception de l’enfant et l’accouchement.
b. « Aussi, lorsqu’elle pleurait sur les remontrances et les reproches de la Jameau, c’étaient
plutôt ses nerfs, tendus par la fatigue de la grossesse, qui la rendaient sensible, que le
sentiment d’une honte réelle pour une faute dans laquelle elle ne comprenait pas bien quelle
était sa part de responsabilité. » (l. 179-183).
c. Le terme candide désigne étymologiquement ce qui est d’un blanc, d’une pureté absolue.
L’adjectif peut caractériser Victoire qui, dans ce passage, apparaît particulièrement innocente
et sans péché malgré sa grossesse : les principes hypocrites de bien-pensance et de
bienséance de la société bourgeoise n’ont pas encore entaché sa candeur.

• Fais le bilan
❺ La confrontation entre Victoire et les villageois permet à Georgina de Peyrebrune de faire la
satire d’une société hypocrite qui ne s’intéresse qu’aux apparences et qui se révèle impitoyable.
La critique est accentuée par le regard naïf, comme étranger, de Victoire qui met en question
les valeurs et les comportements de la société et fait réfléchir le lecteur.

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Étape 3 • Étudier l’évolution du personnage (pages 190-191)


Support Chapitre 9 et repère p. 184.
Objectif Comprendre le désarroi de Victoire et sa solitude.

• Analyse l’extrait
❶ Le désespoir de Victoire (p. 77-79, l. 1 à 66)
a.
Citation Temps et valeur Sentiment
« Une stupeur lui vint » (l. 2) passé simple stupeur
 action de premier plan
« Oui, mais ensuite, bientôt, conditionnel présent inquiétude
quand ça se verrait ? » (l. 9-  futur dans le passé
10)
« Puis elle se remettait imparfait fureur
subitement à l’ouvrage, dans  action qui se répète
des à-coups de fureur » (l. 13- dans le passé
14)
« Comme ils auraient été conditionnel passé regret
heureux ensemble ».  hypothèse dans le
passé
b. Les pensées de Victoire sont rapportées au discours indirect libre. C’est ici la focalisation
interne qui est utilisée.
c. Ce passage peut susciter l’empathie, voire la compassion du lecteur. Le registre est
pathétique : ponctuation forte, vocabulaire du désespoir et de la souffrance.

❷ Un personnage combatif (p. 79-85, l. 69-238)


a. Victoire a évolué depuis sa première grossesse. Elle est désormais consciente de ce qu’elle
risque si sa grossesse est découverte. C’est pourquoi elle refuse la fatalité et ne s’avoue pas
vaincue. Elle fait preuve de détermination et même d’obstination au point de parcourir
25 km aller et retour pour se rendre à pied à Ribérac afin de savoir où se trouve le dragon.
Elle parvient habilement à obtenir, de la fille Maleyrac, l’information selon laquelle le dragon
est à Versailles. Elle surmonte sa honte face au placier et bien que ne sachant pas écrire, elle
trouve le moyen de se faire aider pour rédiger la lettre et l’envoyer à Versailles. Elle fait
preuve de courage et d’autonomie, de détermination et d’habileté (ruse).
b. Elle demande au dragon de lui venir en aide, de lui porter assistance : elle est enceinte par
son fait à lui ; elle risque de se faire renvoyer et n’aura aucun endroit où aller, n’ayant pas de
famille. Elle ne peut donc compter que sur lui, lui qui est responsable de cette situation et lui
qui a prononcé tant de « bonnes paroles » (promesses ?) le jour de la noce…
c. La première occurrence du mot faute désigne la grossesse de Victoire (« un grand malheur
[…] ce n’est pas de ma faute », l. 182-184) ; la deuxième désigne les conséquences néfastes
que cette grossesse pourrait avoir sur Victoire (« par votre faute, je pourrais m’en aller mourir
comme un chien », l. 196-197). Victoire tient le dragon pour responsable de la faute passée et
de l’éventuelle faute future.

• Donne ton avis


❸ « Maintenant, tout le malheur était pour elle. » (p. 78, l. 48-49)
Le malheur est pour elle seule. En effet, c’est à elle qu’il revient d’assumer les conséquences
du viol qu’elle a subi puisqu’elle n’est pas mariée au dragon et que ce dernier s’est
« évaporé ». Elle porte physiquement sa « faute », dont la conséquence, très concrète, sera la

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naissance d’un enfant, qu’elle ne pourra pas cacher. Elle risque de perdre une nouvelle fois
son travail, et comme elle le dit, de se retrouver sans ressource ni foyer. Le dragon au
contraire n’est en rien inquiété.

• Fais le bilan
❹ L’évolution du personnage
Victoire a tiré des leçons de sa première grossesse : elle sait désormais ce qui l’attend ; elle est
capable de se projeter dans le passé et dans l’avenir. Seule et entravée, elle agit pour tenter
d’améliorer son sort et satisfaire son besoin d’amour. Sa situation désespérée sert le registre
pathétique.

• Écris à ton tour


❺ Transposer au discours direct
« C’est donc vrai ! Je suis retombée en plein malheur, comme autrefois, chez les Jameau, au
village du Grand-Change. Il va falloir recommencer à souffrir tout bas en serrant à les crever
mes flancs robustes qui, tous les jours, gonflent. Oui, mais ensuite, bientôt, quand ça se
verra ? »

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Étape 4 • Identifier les caractéristiques d’un récit naturaliste


(pages 192-193)
Support Chapitre 11, avant-texte et repères.
Objectif Analyser le regard cru sur une réalité violente et sordide, et s’interroger sur la visée
de l’autrice.

• Analyse l’extrait
❶ La saignée du cochon (p. 95-96, l. 33-54)
a. Le vocabulaire de la souffrance : « cris déchirants », « bête égorgée », « un couteau
planté dans la gorge », « frissons terribles », « supplice », « porc égorgé », « râler ».
Le vocabulaire de la frayeur : « cri aigu, lamentable », « terrible », « avait jeté un silence »,
« basse-cour effrayée », « l’effroi de la mort », « angoisse ».
b. Cette scène produit une réaction de terreur chez les autres animaux. Victoire au contraire
affiche une sérénité glaçante, en décalage avec l’acte qu’elle est en train d’accomplir :
« chantonnait distraitement », « tranquille », « n’avait pas un émoi », « l’engourdissait dans un
bien-être », « volupté », etc. L’habitude de mettre à mort les animaux de la basse-cour, la
répétition de ce qui n’est devenu pour elle qu’un travail, une corvée, peuvent expliquer cette
absence de sensibilité.

❷ Le récit de Victoire (p. 101-102, l. 185-227)


a. Victoire se compare à une bête : « comme une bête en son trou » ; sa situation évoque la
saignée du cochon : « Les douleurs lui tordaient les entrailles » (cf. « ses flancs se tordaient
avec des frissons terribles », l. 36-37) ; « Elle n’avait pas crié » (cf. « les cris déchirants », l. 33).
b. Elle compare le nouveau-né à « un serpent […] roulé autour de son pied » (l. 212). C’est la
peur d’être découverte qui suscite son geste : elle cherche non pas à tuer l’enfant mais à
étouffer ses cris.

❸ L’effacement du narrateur
a. Le narrateur rapporte les paroles de Victoire au discours indirect (« elle disait qu’elle était
venue là […] », l. 185), puis au discours indirect libre (« elle lui voulait du mal, bien
certainement […] », l. 195).
b. En utilisant le discours rapporté, le narrateur s’efface derrière le récit de Victoire pour
permettre au lecteur d’assister à la scène sans filtre, sans un quelconque jugement du
narrateur. La narration apparaît plus neutre et objective.
c. Les paysans ont rejoint les Maleyrac regroupés autour des gendarmes et de Victoire, et
tous assistent à la scène. Champ lexical de la vue : « suivaient », « regardaient », « voir »,
« bien en vue », « regardèrent », « trouvant », « voyait » (p. 102-103, l. 234-249). Victoire est
au centre des regards : ceux des autres personnages du récit comme ceux des lecteurs.

• Donne ton avis


❹ La littérature doit-elle tout montrer ?
Cette question peut faire l’objet d’un débat et d’une confrontation d’arguments ; la littérature peut être conçue
comme le moyen pour le lecteur de se confronter au réel ou à des réalités inconnues de lui ; elle peut même avoir une
visée plus engagée quand elle dénonce des dysfonctionnements de la société. Mais les élèves peuvent aussi voir dans la
littérature le moyen au contraire de s’évader vers un monde plus onirique. L’idée est avant tout de laisser les
sensibilités s’exprimer après la lecture d’un passage très dur, celui de l’infanticide.

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• Fais le bilan
❺ Complète le texte avec les mots suivants.
Le narrateur naturaliste veut montrer fidèlement la réalité dans sa nudité, parfois laide. Il
s’efforce de la restituer de façon objective, sans prendre parti, sans donner de leçon. Pour cela,
il peut choisir de s’effacer derrière les personnages.

• Écris à ton tour


❻ Un article de presse
Les élèves peuvent choisir d’écrire un article de façon neutre ou empathique ou, au contraire, un article à charge,
comme suit :

Ce lundi 26 avril 1875, dans la petite commune des Andrives, les gendarmes ont procédé à
l’arrestation de Mlle Marie-Eugénie Victoire, accusée d’avoir commis un abominable infanticide.
La prévenue était justement en train de saigner un porc dans la propriété de ses employeurs,
quand les gendarmes se sont présentés. De nombreux témoignages attestent de la grossesse
dissimulée de la prévenue dont les employeurs, des personnes éminemment respectables, se
trouvent en état de choc. Après avoir vainement tenté de nier les faits, la jeune femme aurait
fini par avouer avant de conduire les gendarmes sur les lieux du crime pour déterrer la dépouille
du nourrisson.
La Dépêche du matin, 28 avril 1875

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Étape 5 • Analyser la description de la vie rurale (pages 194-195)


Support Chapitre 14, avant-texte et repère p. 182.
Objectif Découvrir la vie aux champs et la dimension documentaire du récit naturaliste.

• Observe le texte
❶ Vivre au rythme de la nature (p. 115-118, l. 1 -64)
a. Le chapitre s’ouvre sur une indication temporelle : « la Saint-Jean » (l. 1) qui correspond au
24 juin. C’est le début de l’été au moment de la fenaison, de la récolte du foin.
b. Le temps dominant est l’imparfait qui exprime des actions se répétant dans le passé.
c.
Moment de la journée Indication temporelle Activité associée
le matin « le matin » (l. 18) l’étalée
le soir « le soleil s’en allait chargement du foin dans les
tombant derrière les charrettes
collines » (l. 41)
le début de la nuit « loin dans la nuit » retour à la ferme en
(l. 62) chantant

❷ Un tableau évocateur : le travail aux champs (p. 115-118, l. 18-64)


a. Le vocabulaire technique témoigne du travail de documentation de l’autrice et participe
du réalisme de la description : « l’étalée », « fourchée », « écartait », « faneuses », « séchée »,
« aiguillon », « râtelaient », « bien peignées », « râteau », « piquaient les bœufs ».
b. Tous les sens sont convoqués et permettent au lecteur de vivre la scène, d’en éprouver
les sensations :
• La vue : l’herbe « verdie », « faire passer l’air et le soleil », « on la voyait aller et venir »,
« l’écume abondante et blanche comme neige », « la nuée noire des taons », « le soleil s’en
allait tombant derrière les collines », « leurs chapeaux de paille rousse », « l’on voyait leurs
cheveux qui pendaient sous le fichu défait », « sa bouche rouge aux dents éclatantes », « bien
peignées ».
• L’odorat : « sentir sa bonne odeur de foin coupé », « l’odeur grisante des foins
embaumés ».
• Le toucher : l’herbe « molle et mouillée », le foin « déjà sec », « appuyées sur leurs
fourches », « suantes », « piquaient », « tapaient », « battaient », « se collaient à la nuée noire »,
la bouche « sensuelle », « cou musculeux tout mousseux », « toison fauve et crêpelée », « faire
jouer et craquer ses muscles », « l’outil sur l’épaule ».
• L’ouïe : « un bruit sourd », « mouches bourdonnantes », « elle criait : Hop ! », « l’on
chantait, à pleine gueulée, la chanson monotone et traînante aux notes aiguës qui s’en allaient
loin dans la nuit ».
c. L’intensité du travail est soulignée par différents procédés : l’énumération des actions
(propositions juxtaposées), l’utilisation du participe présent qui indique la simultanéité des
gestes, le recours à des intensifs (« à pleine fourchée » ; « on l’écartait encore », « toujours
tournant et retournant », « si bien qu’elle »), le rythme ternaire (« les bras lassés, suantes et
essoufflées »).

• Analyse le personnage
❸ Une métamorphose physique et morale (p. 118-120, l. 71-119)
a. Victoire est transformée : elle est heureuse ; elle est bien traitée et peut tourner la page
de ses malheurs passés ; elle reprend du poids et des couleurs. Son comportement honnête
et vertueux lui attire la considération de tous.

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b. Chapitre 12, p. 107, l. 38-40 : « Elle vivait intimement avec la terre, dont elle prenait souci
comme du sein qui l’aurait engendrée et nourrie. » Son bonheur est aussi lié à la vie qu’elle
mène en plein air, en osmose avec la nature.

• Fais le bilan
❹ Complète le texte avec les mots suivants.
L’auteur naturaliste fait un important travail d’enquête et de recherches documentaires avant
d’écrire son roman qui se charge alors d’une dimension sociologique. Les personnages
apparaissent ancrés dans leur milieu et font corps avec la nature.

• Écris à ton tour


❺ Une chanson
On attend ici des élèves qu’ils rédigent une chanson en vers, sur un air connu ou non. L’accent peut être mis sur la
forme versifiée, les rimes ou encore sur le lexique des travaux des champs.

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Étape 6 • Étudier la fin tragique (pages 196-197)


Support Chapitre 20 (p. 171-172) et l’ensemble du roman.
Objectif Étudier la composition de l’œuvre ; s’interroger sur la portée et le sens du
dénouement.

• Analyse l’extrait
❶ L’explicit (p. 171-172, l. 87-137)
a. Victoire fuit le Sauvage qui l’a menacée. Enceinte sans être mariée, elle a une conscience
aiguë des malheurs qui l’attendent (renvoi, bannissement, misère) ; d’autant que le Sauvage a
l’intention de l’emmener à Limoges alors qu’elle n’a pas le droit de quitter le département de
la Dordogne. Elle ne voit pas d’autre issue que la mort : « Cette fois, elle ne voyait point
d’issue. Elle ne voulait pas recommencer à tuer son enfant pour être encore traînée en
prison. Alors quoi ? » (p. 165, l. 194-196).
b. Du haut de la colline, Victoire observe l’horizon (le paysage), qui apparaît comme une
métaphore de sa vie, de son parcours.
c. La jeune femme repense à son premier enfant qu’elle a aimé, au meurtre du second, qu’elle
regrette, elle repense à l’épouse du maire.

❷ Une apothéose héroïque


a. Victoire est très attachée à la nature dont le spectacle l’émeut et la grise. Elle veut voir
l’aube, ce passage de la nuit à la lumière qui symbolise son passage de la vie à la mort, qu’elle
voit comme une délivrance : « Elle regardait sa vie, en bas, derrière elle, toute, d’un seul coup
d’œil, de cette hauteur où elle était maintenant parvenue, comme au terme d’un dur voyage,
et n’ayant plus qu’un pas à faire pour entrer dans l’éternité bienheureuse, par cette porte
blanche de l’horizon qui allait tout à coup s’ouvrir, là-haut. » (p. 172, l. 121-126). Et plus
loin : « attendant pour mourir d’avoir encore vu se lever le jour » (l. 136-137). Son
attachement à la nature est montré également dans le soin qu’elle apporte aux animaux avant
de partir, la relation maternelle qu’elle a développée vis-à-vis d’eux.
b. Les métaphores architecturales (« colonnade », « chapiteaux de palmes », « péristyle »,
« temple », « coupole », « colonne ») confèrent une dimension spirituelle, presque sacrée à la
scène ; Victoire apparaît comme une prêtresse, une vestale, gardienne du temple de la nature.
Sa mort s’apparente à une apothéose.

❸ Un personnage prédestiné
a. Victoire attribue d’abord ses malheurs à son statut de « bâtarde » (l. 108), c’est-à-dire
« maudit » (l. 119). Selon elle, sa vie ne pouvait donc qu’être malheureuse. En cela, elle
apparaît comme un personnage tragique qui aura lutté en vain contre la malédiction de son
sort.
b. « jetée sur terre comme une bête abandonnée, pour servir, pâtir et souffrir » (p. 171, l. 108-
109). La tournure passive présente le sujet comme subissant les actions ; l’énumération des
infinitifs, selon un rythme ternaire en gradation, enferme son parcours dans une destinée
tragique.

• Observe la composition du récit



a. La première partie (chapitres 1 à 5) s’ouvre sur son arrivée chez les Jameau et se clôt
sur son renvoi, à cause de sa grossesse. La deuxième (chapitres 6 à 11) s’ouvre sur son
arrivée chez les Maleyrac et se clôt sur son arrestation, à la suite de l’infanticide. La troisième
partie se compose de deux mouvements : le premier (chapitres 12 à 15) raconte sa sortie de

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prison et son embauche par le maire : période de bonheur qui prend fin quand elle est
reconnue puis renvoyée en raison de ses fautes passées (sa grossesse chez les Jameau). Le
second mouvement (chapitres 16 à 21) raconte son arrivée chez le Sauvage et se clôt encore
une fois sur son renvoi, à cause de sa nouvelle grossesse, et son suicide. La faute est toujours
liée à la grossesse et aux conséquences de celle-ci, qui s’avèrent de plus en plus graves :
renvoi, puis infanticide, puis suicide.
b. Cette composition circulaire introduit une dimension de fatalité tragique : les événements
se reproduisent sans que Victoire ne puisse presque s’y opposer.
c. L’origine du problème est, à chaque fois, la grossesse de Victoire. Le ventre apparaît
comme source de tous les maux.

• Donne ton avis



a. Les élèves pourront exprimer leur ressenti sur cette fin terriblement triste qui peut déranger également en ce
qu’elle présente le suicide de l’héroïne comme un acte libérateur, voire poétique.
b. L’autrice cherche probablement à dénoncer la condition des femmes, qui sont victimes
de nombreuses violences de la part des hommes sans que la société ne fasse quoi que ce soit
pour les protéger.

• Fais le bilan
❻ Victoire est un personnage tragique : elle est prisonnière de son corps et tente
vainement de lutter contre les malheurs qui s’abattent sur elle. L’explicit met en scène un
évènement négatif qui clôt la destinée de l’héroïne. Il invite à relire l’ensemble du récit à la
lumière de cette fin, et à réfléchir sur la portée de la trajectoire du personnage.

• Écris à ton tour


❼ Une fin alternative
On pourra s’inspirer de la nouvelle de Maupassant : « Histoire d’une fille de ferme », dans laquelle
le mari, qui se désole de n’avoir pas d’enfant et le reproche à sa femme, se montre fou de joie
quand celle-ci lui apprend qu’elle en a un, fruit d’une infortune passée, caché et mis en nourrice
depuis six ans.

Ateliers (pages 198-199)


Ces ateliers permettent aux élèves de mobiliser différentes compétences :
• pour l’atelier « mettre en scène un procès » : capacité à travailler en commun, à mobiliser
des arguments, à s’exprimer à l’oral, travail de recherches et de mise en scène, découverte
du fonctionnement de la justice ;
• pour l’atelier de recherche documentaire : capacité à trouver et à sélectionner des
informations, entraînement à l’oral, conception d’un diaporama.

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Le groupement Textes & Images

As-tu bien observé ? (page 206)

• Doc. 4
Les émotions que traduisent les visages des différents personnages du tableau sont les suivantes :
• la colère  le père ;
• la honte  le jeune homme appuyé sur la table, la tête dans les bras ; la jeune fille derrière le
père qui se cache le visage et joint les mains en signe de malheur ;
• la supplication  la fillette tentant de retenir le père ;
• la résignation  la jeune femme sur le pas de la porte, son enfant dans les bras ;
• le désespoir  la mère, que la jeune femme derrière elle essaie de soutenir (de réconforter ?).

• Doc. 5
Le comportement de la femme souligne son attachement pour l’enfant qu’elle est sur le point
d’abandonner : son attitude courbée sur l’enfant, en signe de protection et de tendresse, ses yeux
fermés comme pour mieux mesurer l’instant, le peau à peau des joues qui se touchent. Comme
l’indique le titre de l’œuvre (Le Dernier Baiser), il s’agit d’un geste d’affection très solennel puisque
ce sera le tout dernier entre la mère et l’enfant, qui ne se reverront sans doute jamais plus.

Questions sur les documents (pages 210-211)

• Décris les documents



Doc. Titre de l’œuvre Nature Avant ou après
du document la naissance
de l’enfant ?
1 Germinie Lacerteux extrait de roman avant
2 Le Calvaire des femmes extrait de roman avant
3 Les Misérables extrait de roman après
4 La Réprouvée tableau après
5 Le Dernier Baiser tableau après
6 « Les filles-mères article universitaire avant et après
au XIXe siècle »

❷ Document 1
a. C’est la joie qui domine ; Germinie s’oppose en cela aux autres femmes qui, dans la même
situation, se trouvent rongées par l’angoisse et la peur du scandale.
b. Le narrateur adopte d’abord un point de vue interne, avant de prendre de la hauteur pour
comparer la réaction de Germinie à celle, plus commune, des autres femmes qui se
retrouvent enceintes hors mariage. Il met ainsi l’accent sur la spécificité du personnage de
Germinie – et sur son inconscience ? – et sur les nombreuses difficultés que connaissent les
femmes.

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❸ Document 2
a. Les répliques de Geneviève traduisent une émotion forte : les points de suspension (l. 2, 3,
6, 11), les interrogations (l. 6, 8) et les exclamations (l. 13). C’est l’angoisse (de la réaction de
Lionel quand il comprendra qu’elle est enceinte, mais également de la réaction de son père)
qui domine.
b. Ce qui est révélé, c’est la grossesse de Geneviève. Le mot n’est pas prononcé, d’une part
parce qu’il apparaît comme évident dans le contexte, et Lionel comprend très bien de quoi il
s’agit. D’autre part, les points de suspension qui précèdent laissent penser que Geneviève est
incapable de prononcer ces mots qui vont officialiser son état et précipiter son malheur.
c. Lionel réagit de façon froide et brutale : il change de ton et passe du tutoiement au
vouvoiement pour marquer de la distance vis-à-vis de Geneviève et lui faire croire qu’il
doute de sa paternité. Ce qui n’est pourtant pas le cas, comme le narrateur l’indique, à travers
un point de vue omniscient.

❹ Document 3
a. Fantine est seule (« abandon », l. 3 ; « seule », l. 8 ; « isolée », l. 9), proche de la détresse
(l. 16). Elle a perdu son amant, Tholomyès, le père de son enfant, mais également ses amies
et son travail. Elle se retrouve donc sans ressources. À l’isolement et à la pauvreté s’ajoute,
comme c’est indiqué à la fin du texte, une dégradation de sa santé physique (l. 35-36).
b. Le narrateur intervient abondamment dans son récit (utilisation des guillemets « la bonne
farce », l. 1 ; interpellation du lecteur avec question et réponse l. 2 ; commentaire entre tirets
l. 8-9 : « hélas, ces ruptures-là sont irrévocables », etc.). Il porte un jugement positif et plein
d’empathie sur Fantine (« Elle avait commis une faute ; mais le fond de sa nature, on s’en
souvient, était pudeur et vertu. » l. 14-15). Il la hisse au rang d’héroïne (« farouche bravoure
de la vie » et « vaillamment », l. 24 ; « sainte », l. 27).

• Compare les documents


❺ Documents 1, 2, 3 et 4
Une femme qui a un enfant hors mariage risque d’être rejetée par toute la société : par son amant,
le père de l’enfant, d’abord (doc. 2 et 3), par son employeur (doc. 1), par sa famille (doc. 2 et 4).
Elle risque ainsi de se retrouver totalement isolée et mise au ban de la société, sans moyen de
subvenir à son existence et à celle de son enfant (doc. 3). Il en résulte le plus souvent un profond
désespoir (doc. 1, 2 et 3) qui peut conduire la malheureuse femme à avoir des idées suicidaires
(doc. 1).

❻ Documents 5 et 6
Le Code Napoléon interdisant la recherche de paternité, la mère ne peut légitimement
revendiquer aucun appui de la part du père. Sa grossesse est considérée comme une infamie
qui rejaillit sur son entourage et l’isole du monde. Elle se trouve dès lors seule et sans aucune
ressource. Certaines essaient d’avorter, au péril de leur vie (doc. 6) ; d’autres abandonnent
leur enfant, dans des tours d’abandon (doc. 5) ou des bureaux d’accueil. Certains enfants
sont placés en nourrice. L’infanticide, enfin, est également répandu à cette époque (doc. 6).

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• Donne ton avis


❼ La figure du père
a. Les pères apparaissent peu présents dans les documents, probablement parce qu’ils ne sont
que peu inquiétés par la grossesse de leur maîtresse et se sentent donc très peu concernés. Le
document 6 rappelle que la recherche de paternité était alors interdite. La réaction de Lionel dans
le document 2 laisse deviner qu’il ne soutiendra Geneviève en aucune façon.
b. Les élèves peuvent s’étonner de cette injustice. On peut les inviter à faire des propositions
pour changer les choses et/ou leur demander si la situation est la même aujourd’hui.

• Écris à ton tour


❽ Le Planning familial
Créée en 1956 sous le nom « La maternité heureuse » dans l’objectif de diffuser l’information
sur le contrôle des naissances, cette association devient, en 1960, le « Mouvement français
pour le Planning familial », et se développe sur l’ensemble du territoire national, en métropole
et à l’outre-mer. Le Planning familial est un mouvement militant qui prend en compte toutes les
sexualités, défend le droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité. Il se
déploie à travers des centres d’accueil sur tout le territoire.

© éditions Hatier 2024 Page 23 sur 25


Classiques & Cie collège • Victoire la Rouge (978-2-401-10462-4) • guide pédagogique

L’enquête

Arrêt sur image n° 1 (page 218)

• As-tu bien observé ?


❶ Les teintes de blanc, de vert et de bleu dominent dans ce tableau ; ce sont des dégradés aux
nuances pastel.

❷ L’application par petites touches permet de restituer le mouvement et la lumière à travers un


jeu d’ombres.

Arrêt sur image n° 2 (page 222)

• As-tu bien observé ?


❶ Les vêtements usagers, en particulier les chaussures, indiquent que les enfants sont issus des
classes populaires. La palissade de bois, les graffitis et les affiches déchirées renforcent cette
impression : la scène semble se dérouler à proximité d’un terrain vague.

❷ Le titre évoque une réunion populaire qui a pour but de délibérer sur des sujets politiques.
Mais ce sont des enfants qui sont représentés. On peut deviner le regard amusé de la peintre qui
transpose dans le monde enfantin des préoccupations d’adultes, ce que renforcent la mine
sérieuse et le regard concentré des participants. On peut également s’interroger sur la dimension
militante du tableau : la petite fille qui s’éloigne à l’arrière-plan, comme exclue de la réunion
exclusivement masculine, n’est peut-être présente sur le tableau que pour dénoncer cette mise à
l’écart des femmes dans la politique à cette époque.

© éditions Hatier 2024 Page 24 sur 25


Classiques & Cie collège • Victoire la Rouge (978-2-401-10462-4) • guide pédagogique

Bibliographie sur l’œuvre de Georges de Peyrebrune

DE HARO HERNANDEZ Lydia :


 « Georges de Peyrebrune et la cause des femmes », 2016, Universitad de Murcia.
 « Mots, couleurs et sens : la palette de Georges de Peyrebrune », in Anales de Filologia Francesa,
2015, n°23 ; Universitad de Murcia.

PIERRE Chantal, « Viols naturalistes : « commune histoire » ? ou « épouvantable aventure » ? »,


© Revue Tangence, 2017, n°114, p. 61-78.

SANCHEZ Nelly, « Victoire la Rouge : source méconnue du Journal d'une femme de chambre » ;
Cahiers Octave Mirbeau, 2006, n° 13, p. 113-126.

SOCARD Jean-Paul Socard, « Georges de Peyrebrune, itinéraire d'une femme de lettres, du


Périgord à Paris », étude préfacée par Michael Finn, © Éditions Arka, 2011.

© éditions Hatier 2024 Page 25 sur 25

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