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Sujet 1: Pour Philosopher, Faut-Il Douter de Tout ? 1-Analyse Des Concepts

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DEVOIR DU PREMIER SEMESTRE (LYAGO-C)

PHILOSOPHIE / CORRIGE – TYPE CLASSE DE TLE D & C

Sujet 1: Pour philosopher, faut-il douter de tout ?

1- Analyse des concepts


- Pour philosopher : pour rechercher perpétuellement la vérité, être à la quête permanente
de la vérité
- Faut-il : doit-on, convient-on
- Douter : mettre en question, action de renverser la connaissance antérieure enfin de
découvrir la vérité
- Tout : l’ensemble des éléments, l’univers
2- Reformulation
(Sujet)
3- Problème
La démarche philosophique
- La méthode philosophique
- L’attitude philosophique
4- Problématique
- Certains pensent que tout va de soi et il faut se comporter à l’égard du monde comme si
tout était évident
- Or l’attitude philosophique consiste à remettre en question tout ce qui parait évident

Question

(Sujet)

Plan détaillé

I- L’attitude philosophique selon certain comme l’acceptation de tout sans remise


en question
- Selon le sens commun, l’attitude philosophique consiste à se comporter à l’égard du
monde comme si tout allait de soit
- Pour le vulgaire les évidences établies, les préjugés, les habitudes sont des vérités.

Antonio GRAMSCI partage dans une certaine mesure ce point de vue et pense que « tous les
hommes sont philosophes »
DEVOIR DU PREMIER SEMESTRE (LYAGO-C)
PHILOSOPHIE / CORRIGE – TYPE CLASSE DE TLE D & C

- Pour l’opinion commune, la connaissance se trouve dans le monde sensible. Pour


philosopher on n’a pas besoin de douté de tout.

La philosophie consiste à accepter pour vrai, le vraisemblable. La philosophie n’a pas d’habitude
propre. Pour PROTAGORAS « l’homme est la mesure de toute chose ».

La connaissance nous vient de la sensation.

II- L’attitude philosophique comme la remise en question de tout

- Philosopher c’est penser pour rompre avec le cercle des évidences établies, c’est réfléchir,
c’est critiquer.

Pour le philosophe rien ne va de soi, derrière les apparences se cachent l’essence des choses.
Pour le philosophe il ne suffit pas que les choses soient, il faut qu’elle soit comprise.

Nos sens nous trompent, la vérité ne se trouve pas dans le monde sensible c’est pourquoi pour
philosopher il faut douter de tout.

Olivier REBOUL « la philosophie commence lorsque les choses qui allaient de soi cesse de
l’être »

L’attitude philosophique exige une remise en cause des habitudes, des opinions reçues.

-Edmond HUSSERL « quiconque veut vraiment devenir philosophe devra une fois dans sa vie se
replier sur soi-même et au-dedans de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu’ici
et tenter de les reconstruire »

Le philosophe dit non, il se distingue du vulgaire par le doute, il doute mais pas de façon naïve.

ESSERTIER « le vrai philosophe est celui qui voit le problème là où le commun des mortels
n’en voit pas ou nie qu’il y en ait »

L’attitude philosophique consiste dans le refus de tenir pour vrai ce qui paraît évidents, ce qui
saute aux yeux n’est pas ce qui est vrai, ce qui est évident.

JANKELEVITCH philosopher revient exactement à ceci : « Se comporter à l’égard du monde


comme si rient n’allait de soi »
DEVOIR DU PREMIER SEMESTRE (LYAGO-C)
PHILOSOPHIE / CORRIGE – TYPE CLASSE DE TLE D & C

DESCARTES « je pense qu’il fallait que je rejetasse comme absolument faux tout ce à quoi je
pourrais imaginer le moindre doute afin de voir s’il me resterait après cela quelque chose en ma
créance qui fut entièrement indubitable »

III- Discussion

Si philosopher c’est douter de tout, il faut éviter de douter même de ce qui résiste aux assauts du
doute pour verser dans le scepticisme.

Il faut distinguer le doute philosophique qui est l’esprit critique du doute sceptique qui est
l’esprit de critique qui instruit.

KANT « les sceptiques sont les nomades sans domicile fixent »

DESCARTES « Non que j’imitasse pour cela les sceptiques, qui ne doutent que pour douter, et
affectent d'être toujours irrésolus ».

Conclusion

Les apparences, les idées reçus et les préjugées ne sont pas la vérité. Pour philosopher il faut
douter de tout, pour découvrir la vérité mais il faut éviter de douter de l’indubitable pour ne pas
verser dans le scepticisme.

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Sujet 2 : Ebenezer N’Joh-Mouelle disait : « La philosophie n’est pas, ne saurait être cette
spéculation brumeuse détachée de la réalité et des problèmes concrets des hommes. »

Qu’en pensez-vous ?

1-Explication des concepts

- La philosophie : discipline critique

- Ne saurait être : ne peux pas être

- Spéculation brumeuse : pensée abstraite

- Détaches : séparé, éloigne.

2-Reformulation du sujet
DEVOIR DU PREMIER SEMESTRE (LYAGO-C)
PHILOSOPHIE / CORRIGE – TYPE CLASSE DE TLE D & C

Peut-on soutenir avec N’Joh Mouelle que la philosophie ne nous éloigne pas de la société ?

3-Problème du sujet :

Valeur de la philosophie ou Rapport entre la philosophie et la société

4- Problématique

OG : On pense généralement que la réflexion philosophique est une spéculation sur les choses
abstraites.

Ou

Il est souvent admis que la philosophie nous éloigne des préoccupations réelles de la société.

Constat : Or, le constat fait par Mouelle est que la philosophie s’intéresse aux problèmes des
hommes et de la société.

Question : Peut-on soutenir que la réflexion philosophique est indétachable des préoccupations
pratiques des hommes ?

Devoir entièrement rédiger

Introduction

La philosophie est une discipline intellectuelle dont le degré d’abstraction à toujours


interrogateur. De ce fait la société ne cesse de la harceler à prouver son importance. Ainsi notre
sujet pose le problème du rapport entre la philosophie et la société. Face à ce problème, il est
souvent admis que la philosophie nous éloigne des préoccupations réelles de la société. Or, force
est de constater à la suite de N’Joh Mouelle que la philosophie s’intéresse aux préoccupations
des hommes. Résoudre une telle contradiction, nous amènera à répondre à la question suivante :
Peut-on soutenir que la réflexion philosophique est indétachable des préoccupations pratiques
des hommes ?

I- Présupposé de la pensée de l’auteur : la philosophie nous détache du monde


DEVOIR DU PREMIER SEMESTRE (LYAGO-C)
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L’analyse du problème du rapport entre la philosophie et la société amène plus d’un à dire
que la réflexion philosophique nous détache du monde, elle n’est pas préoccupée par les réalités
sociales, elle est abstraite.

La réflexion philosophique, si l’on considère l’allégorie de la caverne de Platon, consiste


à s’élever, à contempler, à saisir les idées du monde intelligible. Cette contemplation
philosophique est perçue par le commun des mortels comme une pure spéculation qui ferait
abstraction des préoccupations réelles des hommes. Ainsi la réduit-on à une activité inutile,
oiseuse, secondaire. Elle semble alors ne jouer aucun rôle dans la vie pratique des hommes car
les philosophes ne produisent rien de concret qui puisse véritablement servir l’humanité ; ils ne
donnent aucune réponse précise et définitive aux problèmes qui se posent aux hommes. C’est
que soutient Louis-Marie Morfaux lorsqu’il écrit : « le philosophe ... apparait comme un
personnage à part, qui n’a pas les pieds sur terre, qui vit en tant que tel en dehors de la vie
ordinaire ». Autrement dit, dans la compréhension de Morfaux, le philosophe ne s’intéresse à la
réalité sensible. Cette vie que le philosophe semble mener en dehors de la vie ordinaire pour
Morfaux se comprend chez Laurent Ankudé comme une fuite du philosophe des soucis du
monde. C’est à cet effet qu’il écrit que le philosophes serait quelqu’un qui « abandonnerait le
concret au profit de l’abstrait en prenant congés des embarras de la vie ».

Il est clair que les questionnements philosophiques et le comportement scandaleux de


certains philosophes éloignent les hommes de la réalité et des préoccupations pratiques.
Aristophane écrit dans Nuées que le philosophe est celui qui « Voyage dans les airs et médite sur
le soleil ». C’est aussi le cas de Diogène le cynique qui dormait dans un tonneau et qui se
promenait en plein jour avec une lampe allumée disant qu’il cherche l’homme. Il est donc clair
que le comportement philosophique n’apporte aucun réconfort aux hommes.

Transition : Il est à retenir de ce qui précède que la réflexion philosophique est une pure
abstraction et inutile pour la société. Cependant, est-il acceptable d’interpréter l’élévation
philosophique dans l’incapacité à résoudre les problèmes de la société ?

II- Explication de la pensée de l’auteur : la philosophie ne nous détache pas du


monde
Pour E. N’Joh Mouelle, on ne peut que répondre négativement à cette
interrogation car pour lui : « la philosophie n’est pas, ne saurait être cette spéculation
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brumeuse détachée de la réalité et des problèmes concrets des hommes ». Il est donc clair
pour cet auteur que la philosophie s’intéresse au vécu des hommes. C’est pourquoi il
souligne que « l’initiative philosophique est indétachable des préoccupations pratiques ».
La philosophie n’est donc pas un discours sur des choses qui n’ont aucun rapport avec la
vie des hommes. C’est la raison pour laquelle il écrira ailleurs que « le philosophe est en
effet celui qui doit se mettre à l’écoute du monde pour tenter de dégager les significations
encore cachées dans les ruines de la vision du monde qui s’écroule ». Il n’y a donc pas
pour cet auteur aucun sujet philosophique qui ne soit en quête de solution pour les
problèmes concrets des hommes.
Partageant cette vision de Mouelle sur la philosophie, Vergez et Huisman montre que « la
philosophie authentique, bien d’ignorer le monde matériel, réfléchira à partir de ce monde
qui conditionne toutes nos pensées ». Par ailleurs sur le plan social et politique, la
philosophie, par la lumière, la science et la clairvoyance qu’elle est censée apporter au
roi, au gouvernant, peut mettre fin aux maux de la société. Platon (427-347 av. J-C) à ce
sujet est intrangisant : « Tant que les philosophes ne seront pas rois dans les cités ou ceux
qu’on appelle aujourd’hui souverains ne seront pas vraiment et sérieusement philosophes
(…), il n’y aura de cesse (…) aux maux des cités ni à ceux du genre humain ». La
réflexion philosophique est donc une réflexion sur le monde et pour le monde.

Conclusion

Cette réflexion autour de la problématique de la position de la philosophie par rapport à


la réalité du monde nous a amené à un résultat mitigé. On a vu qu’à cause de sa nature
spéculative, la philosophie donne souvent l’allure d’une fuite de la réalité se traduisant par des
méditations distantes du vécu des hommes. Seulement ce détachement opéré par le philosophe ne
doit pas simplement être entendu au sens péjoratif. Car par rapport aux exigences de la
connaissance de la vérité, il est requis de libérer du monde des apparences et des illusions. Pour
conclure, nous disons avec E. N’Joh Mouelle que par l’esprit critique que la philosophie
développe en nous, elle ne nous détache pas du monde ; elle nous engage plutôt à résoudre les
problèmes de la société.

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Sujet 3 : L’homme est-il un être naturel ou culturel ?

1- Analyse des concepts

-L’homme : tout être humain, être pensant et social, animal raisonnable

-Est-il : se définit-il comme

Etre naturel : être prédéfini, être achevé essentiellement

Etre culturel : être social, animal politique

2- Reformulation

Sujet

3- Problème

Définition de la nature humaine

4- Problématique

OG : On pense généralement que l’homme à une nature prédéterminée, c’est-à-dire qu’il est
définit par essence.

Constat : Or, le constat fait qu’à la naissance l’homme n’est rien, il est le produit de son
éducation, de sa culture.

Question : sujet

Plan

I- L’homme, être naturel ou biologique

Pour les essentialistes « l’essence précède l’existence » c’est-à-dire que l’homme est
prédéterminé à la naissance, il a une essence, une nature spécifique posée au départ qui fait de lui
ce qu’il est. Il a une essence qui résiste à toutes les influences culturelles. L'homme a un
programme de vie préétabli avant sa naissance, l’existence n’est que l’exécution de ce
programme de vie sans aucune modification. ARISTOTE déclarait que : « Toute essence est dite
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nature. » de même DESCARTES affirme que : « l’homme naît déjà avec lui un certain nombre
de vérités premières. »

Certains biologistes pour définir l'homme se contentent de l'hérédité. C’est ainsi que Alexis
CARREL dans L’homme cet inconnu affirmait : « La répartition de la population d’un pays en
différentes classes n’est pas l'effet du hasard ni de conventions sociales. Elle a une base
biologique profonde car elle dépend des propriétés physiologiques et mentales des individus. ».

II- L’homme, être culturel

La thèse culturaliste s’érige contre l’idée d'une nature humaine complètement biologique où
les comportements humains seront uniquement héréditaires. Pour les culturalistes l’homme naît
prématuré, sa nature est inachevée. À la naissance, l’homme n’est rien. Il ne possède que des
virtualités ou des potentialités que la culture ou la société peut valoriser. Lucien MALSON dans
Les Enfants Sauvages reconnaît que « Avant la rencontre d'autrui ou du groupe, l’homme n'est
rien d'autre que des virtualités aussi légères qu'une transparente vapeur. Toute condensation
suppose un milieu c'est-à-dire le monde des hommes. »

Pour les sociologues, l’homme est entièrement déterminé par la société dans laquelle il vit.
La nature de l’homme résulte donc des composantes sociales. Telle est la position du sociologue
français Émile DURKHEIM. Dans son ouvrage Éducation Morale, il écrit : « Lorsque la
conscience parle, c’est la société qui parle en nous. »

Pour les existentialistes, l’homme n’a pas de nature posée au départ qu’on puisse appeler son
essence. Pour Sartre l’homme est non seulement tel qu'il se conçoit mais tel qu’il se veut. (…)
l’homme n’est rien d'autre que ce qu'il se fait ; c’est dire que, c’est l’homme lui-même qui est
l’artisan de son destin. Ainsi pour l’existentialisme : « l’existence précède l’essence ».

III- L’homme, être bioculturel

Pour les bioculturalistes, l’homme n’est ni le produit de sa nature biologique pure, ni le


produit de la culture pure ; il est le résultat des deux. Autrement dit l’homme provient d’une
interaction entre les faits naturels et culturels. Chercher à distinguer le biologique de l’artificiel,
l’inné de l’acquis n’a pas de sens. C’est pourquoi MOSCOVICI affirme : « La coupure effective
de la société vis-à-vis de la nature est une illusion. » La nature biologique, le programme
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génétique de l'individu met en place des possibilités que la culture exploite, développe, actualise
pour façonner l'homme. L'homme est alors une ''uni-dualité'', car pour François JACOB : « c'est
par une interaction constante du biologique et du culturel que peuvent mûrir et s’organiser les
performances mentales. » ( Le Jeu des Possibles). De même NIETZSCHE soutient qu’en
l’homme, « les qualités naturelles et les qualités proprement humaines sont indissociablement
mêlées. »

Conclusion

En définitive, il faut retenir qu’on ne saurait réduire l’homme à sa seule nature ou à sa seule
culture. Il faut le saisir comme un être à la fois naturel et culturel.

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