Code des Devoirs des Architectes au Maroc
Code des Devoirs des Architectes au Maroc
PROJET
DE
Novembre 2023
1
TABLE DES MATIERES
Préambule
I. Dispositions générales
-VIII – SANCTIONS
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PREAMBULE
Le cadre bâti est le reflet et l’expression d’une civilisation à laquelle participe l’architecte, en tant
qu’acteur essentiel. L’architecture, acte de liberté, d’innovation et de créativité est ainsi, également,
acte de responsabilité envers l’histoire eu égard à son rôle ancestral dans la structuration de l'identité
d'un peuple.
Dans le message adressé en 2006 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI Que Dieu l’Assiste, aux
participants à la journée Nationale de l’architecte qui commémorait le vingtième anniversaire du
Discours historique de Feu Hassan II prononcé en 1986 devant les représentants des architectes, le
Souverain , qui entoure la profession de Sa « constante sollicitude », a souligné que « les opérateurs
du secteur, particulièrement les architectes, qu'ils exercent leur art dans le public ou dans le privé,
ont un rôle central à jouer dans l'édification et la modernisation de la qualité du cadre bâti dans notre
pays et dans la préservation et l'amélioration de son patrimoine architectural, pour un
développement économique et social durable ».
L’accomplissement de cette noble mission impose un sens élevé de la responsabilité assumée dans
la dignité, l’intégrité, l’objectivité, l’honorabilité, la probité, la compétence et la diligence
professionnelles. Responsabilité d’autant plus élevée que les missions dévolues à l’architecte sont
d’une complexité notoire qui le placent au carrefour des savoirs de son temps et exigent de lui des
connaissances à la fois larges et polyvalentes accompagnées d’une capacité confirmée de synthèse,
de coordination et d’arbitrage pour solutionner les différentes contraintes et gérer au mieux enjeux
urbains imposés sur divers sites d’intervention.
L’Ordre National des Architectes a pour mission de défendre les intérêts des architectes dans
l’exercice de leur profession et leur permettre d’accomplir au mieux leur noble mission, dans le
respect des dispositions légales en vigueur. Parallèlement, la loi n° 016-89 relative à l'exercice de la
profession d'architecte et à l'institution de l’Ordre National des architectes confie aux instances
professionnelles élues, Conseil National et Conseils régionaux, la mission d'assurer la sauvegarde
des principes et traditions de moralité, de dignité, de probité qui font l'honneur de la profession
d'architecte et de veiller au respect par ses membres des lois, règlements et usages qui régissent
l'exercice de la profession.
Conformément à l’article 35 de la loi 16/89, et pour la mise en œuvre de ses articles 65 et 71, est
établi le présent code des devoirs professionnels qui détermine les devoirs et obligations dont doit
s’acquitter tout membre de l’Ordre National des Architectes. Dans la mesure où la planification et
la construction sont des œuvres collectives partagées entre des institutions et des professionnels, ces
devoirs et obligations sont assumées par l’architecte dans la limite des responsabilités qui sont les
siennes.
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-I-
DISPOSITIONS GENERALES
ARTICLE 1
DEFINITION
Le présent code des devoirs professionnels énonce, en application de l’article 35 de la loi n° 016-89
relative à l'exercice de la profession d'architecte et à l'institution de l’Ordre National des architectes,
les obligations et devoirs spécifiques à la profession d’architecte, telles qu’elles sont définies dans
les lois en vigueur et dans le règlement intérieur de l’Ordre National des Architectes.
Il détermine les règles et principes de tradition, de moralité, de dignité et de probité qui font
l’’honneur de la profession d’architecte et qui consacrent les usages et les coutumes véhiculées par
la profession.
L’Ordre National des Architectes, Conseil National et Conseils Régionaux, veille à l’application du
présent code.
ARTICLE 2
CHAMP D’APPLICATION
Les dispositions du présent code des devoirs professionnels s'imposent à tout architecte inscrit au
tableau de l’Ordre National des Architectes. Sans préjudice de sanctions judiciaires, les violations
de ces dispositions relèvent des instances disciplinaires de l’Ordre National des Architectes.
Les dispositions du présent code des devoirs professionnels régissent le mode d'exercice de la
profession d’architecte dans ses différentes catégories à savoir :
- Les architectes exerçant, à titre privé, sous forme indépendante ou en qualité d’associés ;
- Les architectes exerçant dans le secteur privé en qualité de salariés chez un architecte
indépendant, une société d’architectes ou toute autre entité privée ou organisme ;
Le présent code précise également les devoirs assumés par l’architecte dans le cadre du contrat de
stage conformément à la loi 16/89 relative à l’exercice de la profession d’architecte et à l’institution
de l’Ordre National des architectes, au décret du 1er octobre 1993 pris en application de la loi
susvisée et au contrat-type de stage.
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ARTICLE 3
L’inscription au tableau de l’Ordre National des Architectes est obligatoire pour tout architecte
autorisé à exercer au Maroc.
L’architecte non inscrit au tableau de l’Ordre ne peut accomplir l’un des actes professionnels qui
lui sont réservés sous peine des sanctions encourues en cas d’exercice illégale de la profession.
Dans le cadre de l’actualisation annuelle du tableau de l’Ordre National des Architectes, tout
architecte – quel que soit le mode d’exercice de sa profession – doit saisir le Conseil Régional dont
il dépend, au plus tard le 31 Janvier de chaque année, pour son inscription au tableau de l’Ordre de
l’année suivante.
L’architecte tient informé le Conseil Régional de tout arrêt provisoire ou définitif d’exercice de la
profession quels qu’en soient les motifs.
L’inscription au tableau de l’Ordre n’est pas reconduite en cas de non-paiement des cotisations.
Sans préjudice des dispositions de l’article 23 de la loi 16.89, toute société d’architecte doit, pour
son inscription au tableau de l’Ordre, communiquer au Conseil Régional les statuts de la société et
la liste de ses associés ainsi que toute modification apportée à ces statuts et à cette liste.
ARTICLE 4
LA PRESTATION DE SERMENT
L’architecte doit prêter serment de manière solennelle devant le Conseil National lors de son
inscription au tableau de l’Ordre et avant l’exercice de la profession.
Ce serment est considéré comme partie intégrante du présent code et de la pratique professionnelle.
و أال أقوم بأي عمل يتعارض، أن أكون مخلصا في مهنتي وأن أرعي مصالح المتعاقدين معي و أن أحافظ علي أسرارهم،"أقسم باهلل العظيم
و أن أكون مآزرا لكل زميل لي في،مع أخالقيات المهنة أو قوانين التعمير و العمارة أو ضوابط البناء وال أشارك فيه و ال أتغاضى عنه
و أن أثابر على طلب المعرفة و متابعة تقدم تقنيات، و أن أحترم من علمني و أن أعلم من يصغرني، و أال أتعرض لشخصه بتجريح،المهنة
." وهللا شهيد علي في سري و عالنيتي،البنيان والعمران و تطوير أساليب العمل مع الحفاظ على المقومات الحضارية المغربية في المعمار
L’Ordre des architectes délivre un certificat daté et signé par le président du Conseil National attestant que
l’architecte concerné a prêté serment.
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ARTICLE 5
L’ARCHITECTE ET L’ARCHITECTURE
Il incombe à l’architecte dans l'exercice de son métier de prêter son concours aux actions d’intérêt général,
de respecter son statut, sa profession, ses consœurs et confrères, son employeur ainsi que le maitre
d’ouvrage. Les dimensions environnementales et la contribution à la valorisation spatiale des territoires et
du cadre de vie pour le mieux vivre ensemble doivent se situer au centre de ses préoccupations.
ARTICLE 6
L’architecte ne doit pas utiliser son nom, son cachet et sa signature pour des travaux ou des missions qu’il n’a
pas effectuées lui-même. Le cachet et la signature physique ou électronique, sont des instruments personnels
de l’architecte. Il doit les utiliser lui-même et sous son entière responsabilité.
Pour apposer sa signature sur les documents produits par lui dans le cadre de l’exercice de sa profession,
l’architecte mentionne sa qualité en tant qu’architecte écrite avec un ’‘A ’‘majuscule, suivie de son nom.
Toute délégation ou procuration de l’utilisation de ces instruments à des tierces personnes sont passibles de
sanctions disciplinaires.
L’architecte doit disposer des moyens humains, matériels et informatiques nécessaires pour pouvoir signer
numériquement les documents qui lui sont soumis, conformément aux lois et réglements qui régissent la
dématérialisation des procédures administratives.
ARTICLE 7
FORMATION-INFORMATION
L’architecte entretient et améliore sa compétence. A cet effet, il se doit de contribuer et de participer à des
activités d’information, de formation et de perfectionnement, notamment celles initiées par l’Ordre National
des architectes.
Il est tenu également de prendre connaissance et d’être à jour des lois et règlements concernant sa profession.
Il doit être ouvert sur les courants mondiaux et les recherches scientifiques qui concernent sa profession.
ARTICLE 8
IMPARTIALITE ET PROBITE
L’architecte doit agir avec tout le soin nécessaire et s’acquitter de ses obligations professionnelles avec
compétence, impartialité, intégrité et probité. Il doit respecter les textes en vigueur et les règles de l’art. Il
doit s’abstenir d’exercer sa profession dans des conditions qui sont de nature à compromettre la qualité de ses
services ou la dignité de la profession.
ARTICLE 9
Un architecte sollicité ou missionné pour donner une appréciation sur un confrère ou sur son travail ne doit
se prononcer qu'en pleine connaissance de cause et avec impartialité.
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Les missions de contrôle, de conseil ou de jugement doivent exclure toute attitude arbitraire .Les décisions,
avis ou jugements doivent toujours être clairement exprimés et motivés et leur auteur doit s'affranchir de ses
conceptions subjectives ou de ses intérêts personnels.
ARTICLE 10
L'architecte est tenu au respect des instances de l’Ordre National des Architectes et de leurs représentants.
Il s’abstient de tout acte ou déclaration publique de nature à porter atteinte à la crédibilité ou à la dignité des
instances de l’Ordre National des Architectes et de leurs représentants.
Le respect des instances ne doit en aucun cas interférer sur la liberté de commenter et de critiquer les actions
menées par les élus, dans le cadre et le respect des us et coutumes de la profession en la matière.
L’architecte qui est appelé, dans l’exercice de sa profession, à répondre à des poursuites administratives ou
judiciaires doit en informer le président du conseil régional, qui juge s’il est nécessaire de lui prêter soutien
et assistance.
ARTICLE 11
Les décisions de l’Ordre National des Architectes, prises dans le cadre de la loi 16-89, du règlement intérieur
et du présent code, s’imposent à tous les architectes.
L’architecte est tenu au respect et à l’exécution des décisions de l’Ordre National des Architectes.
Il est tenu de prendre en compte les correspondances qui lui sont adressées par ses instances.
Il est tenu de répondre à toute demande explicative, émanant de l’Ordre National des Architectes, au sujet de
toute violation des dispositions du présent code des devoirs professionnels et ce dans le délai qui lui est
imparti à cet effet.
ARTICLE 12
L’Ordre National des Architectes est tenu de protéger les intérêts de tout architecte dans l’exercice
de ses missions et ses fonctions. Il est garant des actes professionnels respectueux des textes de loi
et règlements en vigueur et du présent code des devoirs professionnels.
L’Ordre National des Architectes assiste l’architecte et le protège contre tout abus ou injustice de
quelque nature que ce soit.
D’une manière générale, l’Ordre National des Architectes soutient tout architecte dans le cadre de
l’exercice de sa profession et du respect des textes de loi et règlements en vigueur.
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ARTICLE 13
L’ARCHITECTE ELU
Les architectes élus exercent leurs missions ordinales avec impartialité, objectivité, probité et
loyauté.
Ils sont tenus au secret professionnel pour tout ce qui se rapporte aux délibérations en matière
disciplinaire. Ils veillent au respect du droit d’accès à l’information dans conditions et limites
prévues par la loi 31-13 relative au droit d’accès à l’information.
- Défendre les intérêts de l’ordre National des Architectes, consolider ses acquis, renforcer
son autonomie et promouvoir son image ;
- De ne jamais nuire, par déclarations ou actes, aux intérêts du Conseil ou ses membres ;
- De s’investir, dans la limite de leurs capacités, dans les activités et travaux initiés par l’Ordre
National des Architectes et de travailler dans la transparence totale vis-à-vis de leurs
collègues et confrères ;
- De faire prévaloir l’intérêt public dont ils ont la charge et qu’ils représentent, sur toute
considération d’intérêt personnel ou familial et de ne pas user de leur mandat pour en tirer
indûment avantage dans leur exercice professionnel ou dans leurs relations avec leurs
consœurs et confrères.
Dans un souci d’équité, toute plainte à l’encontre d’un élu, émanant d’un architecte ou de toute
personne concernée, sera soumise au Conseil Régional qui décidera de la suite à lui donner dans le
respect des dispositions et procédures légales en vigueur.
ARTICLE 14
Tout architecte doit s’interdire d’utiliser ou d’autoriser une personne tierce à utiliser les biens de
l’Ordre des architectes à des fins personnelles ou contraires aux bonnes mœurs, ou en violation des
objectifs de l’Ordre, ou contraires aux dispositions du présent code des devoirs professionnels.
Tout dépassement est considéré comme un manquement aux obligations et aux devoirs
professionnels.
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ARTICLE 15
LIBERTE D’EXPRESSION
Le présent code des devoirs professionnels ne restreint pas le droit d’un architecte d’émettre une
critique sur un projet, un travail ou une mission réalisée par un autre architecte, dans le cadre d’un
débat culturel respectueux des formes et des pratiques d’usage.
ARTICLE 16
BIENSEANCE
Par son comportement, ses expressions ou interventions orales et écrites et ses rapports avec ses
interlocuteurs, l’architecte doit refléter l’honorabilité, l’image de sa profession et les valeurs qu’elle
incarne.
-II-
VOCATION DE L’ARCHITECTE
ARTICLE 17
Les sociétés d’architectes s’interdisent, d’établir et de présenter, lors de leur constitution ou à tout
moment de leur vie sociétaire, des statuts dont l’objet social dépasserait la vocation et les missions
de l’architecte telles que décrites dans le présent code.
ARTICLE 18
Outre l’exécution des missions qui lui sont dévolues par les textes de lois et règlements en vigueur,
l’architecte peut être chargé d’accomplir toute autre mission compatible avec son savoir sur les
plans opérationnel, culturel et de recherche.
Sur les plans ci-dessous et qui relèvent de ses missions, l’architecte assume leur exécution dans le
respect des lois et règlements en vigueur et du présent code de déontologie.
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-a- Sur le plan Opérationnel :
- Les expertises judiciaires auprès des tribunaux en termes d’Architecture et des domaines
relevant de sa compétence.
- La maîtrise de l’espace urbain en vue, entre autres, de la restructuration des tissus urbains
sous-équipés et mal organisés ;
- La décoration et l’ameublement ;
- Les images de synthèse et création d’ambiances ;
- La maquette de projet ;
- Le relevé de l’existant ;
- Le diagnostic de l’existant ;
- Le conseil et l’expertise ;
- La participation aux jurys de concours, consultations, etc., ;
- Toutes autres prestations se rapportant à sa compétence.
Il est également attendu de l’architecte qu’il contribue aux grands chantiers nationaux tant par la
réflexion et l’orientation que par la conception et l’encadrement de la réalisation.
-III-
DISPOSITIONS RELATIVES AU STAGE
ARTICLE 19
DU STAGE
La loi 16/89 prévoit dans son article 4 l’obligation d’effectuer un stage professionnel, après l’obtention de
son diplôme, condition sine-qua-non pour l’obtention de l’autorisation d’exercer. Les modalités du stage sont
clairement définies par la loi. Tout architecte désireux d’exercer doit s’inscrire auprès du conseil de l’ordre
de sa région en vue de la désignation de son maitre de stage.
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ARTICLE 20
Les maitres de stage sont tenus aux obligations leur incombant en vertu du contrat type de stage. Ils doivent
s’engager personnellement dans la formation du stagiaire et veiller à leur bonne conduite conformément au
présent code.
Dans la mesure des moyens humains et matériels dont il dispose, l’architecte doit notamment initier le
stagiaire aux études, aux travaux du cabinet d’architecte, aux visites de chantier aux démarches
administratives ainsi qu’à tous les actes de sa profession.
Le maitre de stage s’engage à renseigner en toute objectivité le Conseil Régional et le Conseil National de
l’Ordre des architectes sur le comportement professionnel du stagiaire et signaler en temps utile tout
manquement aux obligations du stage et toute interruption dans l’accomplissement de celui-ci.
Le maitre de stage s’engage à établir après deux ans un rapport de fin de stage motivé. Il s’engage à répondre
à toute demande concernant le stagiaire, formulée par le Conseil National ou la commission de stage désigné
par le Conseil Régional et à accepter leur contrôle.
-IV-
DEVOIRS PROFESSIONNELS DE L’ARCHITECTE
DANS LE SECTEUR PRIVE
ARTICLE 21
EXERCICE DE LA PROFESSION
L’architecte indépendant et l’architecte associé d’une "société d’architectes" sont soumis aux mêmes
dispositions vis-à-vis de la loi 16.89.
L’architecte doit s’acquitter des devoirs professionnels qui lui sont confiés par le maitre d’ouvrage, avec
compétence, intégrité et probité et dans le respect des lois et règlements en vigueur.
Il doit faire preuve d’objectivité dans les rapports qu’il entretient avec les autres professionnels : ingénieurs
géomètres topographes, ingénieurs spécialisés, entrepreneurs, fournisseurs et autres collaborateurs au projet.
L’exercice des missions de l’architecte et ses obligations s’apprécient en fonction des devoirs des différents
intervenants et de leur respect des lois et règlements en vigueur.
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ARTICLE 22
Tout architecte se doit de prêter son concours aux actions d'intérêt général en faveur de l'architecture. Il doit
en particulier être disposé à contribuer à l’élaboration des propositions destinées à être transmises à
l’administration, relatives à la pratique et l’exercice de l'architecture ou concernant l’assistance architecturale
conformément aux disposition de la loi 16.89.
Le contrat relatif aux projets qui s’inscrivent dans le cadre de « l’Assistance Architecturale », est établi par
l’Ordre National des Architectes qui y précise les missions de l’architecte, ses obligations, ses droits et le
détail de sa rémunération.
ARTICLE 23
INCOMPATIBILITE
Lorsqu'un architecte est amené à pratiquer plusieurs activités de natures différentes, celles-ci doivent être
parfaitement distinctes et indépendantes. Toute confusion d'activités ou de responsabilités dont l'ambiguïté
pourrait entraîner méprise ou tromperie, ou procurer à l’architecte des avantages matériels à l'insu du maitre
d’ouvrage ou toute autre entité, dans le cadre de l’exercice de ses devoirs professionnels, est interdite.
L’architecte ne peut monnayer ses services auprès des autres intervenants (ingénieurs spécialisés, entreprises,
fournisseurs de matériaux ou toute autre intervenant sur le projet) au détriment des intérêts de son maitre
d’ouvrage.
Il ne doit pas accepter de percevoir de commissions ou d’effectuer des services en dehors de son contrat avec
le maitre d’ouvrage, d’une quelconque entreprise ou d’un fournisseur intervenant sur l’un des chantiers dont
il a la charge.
ARTICLE 24
SECRET PROFESSIONNEL
Les architectes sont tenus au secret professionnel envers leurs clients pour tous les faits ayant un caractère
de confidentialité.
ARTICLE 25
INTERDICTION DU PLAGIAT
Est considéré comme plagiat toute utilisation à des fins professionnelles d’une œuvre conçue par un autre
architecte, sans le consentement de son auteur. Tout acte de plagiat ainsi défini est passible de sanctions
disciplinaires nonobstant les lois de protection des droits d’auteur et de propriété intellectuelle.
Toute réclamation dans ce sens est soumise à l’arbitrage de l’Ordre National des Architectes avant la saisine
de la juridiction compétente.
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ARTICLE 26
Tout architecte est amené à délivrer à la demande du maitre d’ouvrage ou d’un intervenant tiers ayant exécuté
des travaux de construction ou toute autre prestation liée au projet architectural dont il est l’auteur et dont il
a contrôlé la réalisation, une attestation portant sur l’appréciation, la conformité ou la quantité des travaux
exécutés. Toute attestation doit être sincère, justifiée et précise.
ARTICLE 27
L’architecte garantit l’authenticité et la sincérité de tout acte ou document sur lequel il appose sa signature.
ARTICLE 28
OBLIGATION D’ASSURANCE
L’architecte exerçant à titre individuel sous forme libérale, ou en tant qu’associé d’une société d’architecte,
doit :
- Fournir chaque année au conseil régional de l’Ordre National des Architectes dont il relève les
attestations d’assurance en application des lois en vigueur.
- Fournir, pour les travailleurs non-salariés les justificatifs d’adhésion au régime d’assurance maladie
obligatoires et au régime des retraites de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, ou tout autre régime
ou organisme.
ARTICLE 29
Tout litige entre architectes doit être préalablement soumis au conseil régional de l’Ordre des Architectes
pour avis et à des fins de conciliation ou d’arbitrage. A défaut les parties concernées doivent recourir auprès
du Conseil National de l’Ordre des Architectes avant la saisine éventuelle de la juridiction compétente.
Tous les documents nécessaires à l’instruction du dossier seront communiqués aux instances de l’Ordre des
Architectes.
Le conseil régional et le conseil national disposent, chacun, d’un délai de deux mois maximum pour émettre
leurs avis respectifs.
ARTICLE 30
Les Conseils régionaux de l’Ordre des architectes peuvent effectuer ou autoriser toute publicité qu’ils jugent
utile dans l’intérêt de la profession et de tous les architectes sans exceptions. Les détails et les modalités
d’application de cette disposition sont réglés, cas par cas, par décision du Conseil National.
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L’architecte ou la société d’architecte est autorisé à installer une plaque d’information posée à l’entrée de
son domicile professionnel, ladite plaque ne doit comporter que les informations nécessaires pour identifier
et contacter l’architecte ou la société d’architecte.
Ne sont pas considérées comme publicités faites par un architecte celles portant sur :
- Ses écrits pour offres de service, présentation de références et réalisations, sites web, ou tout autre support;
- Les annonces professionnelles liées à des actions de formation ou de recrutement.
Tout litige ou réclamation est soumis à l’arbitrage de l’Ordre National des architectes avant la saisine de la
juridiction compétente.
ARTICLE 31
DISPONIBILITE ET COLLABORATION
L’architecte doit répondre dans les meilleurs délais à toute correspondance provenant de l’Ordre des
Architectes et ce dès qu’il en prend connaissance. Il est également tenu, dans la mesure de ses possibilités,
de collaborer avec l’Ordre National des architectes toutes les fois que l’intérêt de la profession l’exige.
ARTICLE 32
Il est du devoir de l’architecte de s’acquitter du paiement de la cotisation annuelle composée des cotisations
fixes et complémentaires telles que détaillées dans le règlement intérieur de l’Ordre National des Architectes.
ARTICLE 33
Tout architecte, exerçant à titre individuel ou en société d’architecte, est tenu de déposer au conseil régional
de l’Ordre des Architectes du lieu du projet, une copie du contrat qui le lie au maitre d’ouvrage accompagnée
d’une note de présentation relative au projet qui lui est confié. Cette note de présentation doit porter sur la
nature, l’importance, la localisation du projet, sur le maitre d’ouvrage et sur l’étendue et les modalités de la
mission qui lui est confiée.
L’architecte est tenu de déposer le contrat définitif accompagné des plans architecturaux, avec la liste des
pièces exigées par l’Ordre National des Architectes avant tout dépôt de dossier d’autorisation.
À la demande de son conseil régional ou du conseil national de l’Ordre des Architectes, l’architecte est
tenu de fournir la liste détaillée des moyens humains et matériels ainsi que toutes les garanties dont il
dispose pour accomplir ses missions et honorer ses engagements contractuels.
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ARTICLE 34
CONTRAT D’ARCHITECTE
Avant de fournir ses services professionnels, l’architecte doit conclure avec le maitre d’ouvrage un contrat
fixant notamment l’étendue de sa mission, les responsabilités de chaque partie, les rapports avec les autres
intervenants ainsi que les montants et les modalités de rémunération.
Avant la conclusion du contrat, un mémorandum d’entente préliminaire peut être dressé entre l’architecte et
le maitre d’ouvrage.
Outre les avis et conseils qu’il prodigue au maitre d’ouvrage, l’architecte doit lui fournir les explications
nécessaires à la compréhension et à l’appréciation des services professionnels qu’il lui rend.
Sous réserve des dispositions particulières librement et valablement convenues entre les parties, le contrat à
établir entre l’architecte et son maitre d’ouvrage concernant les missions qui lui sont dévolues par les lois et
règlements en vigueur, doit obligatoirement être conforme aux contrats types établis par l’Ordre National des
Architectes.
Dans le cas de maitre d’ouvrage spécifique ou lorsqu’il s’agit d’une entité ou d’un organisme privé,
l’architecte peut soumettre le contrat à l’appréciation du conseil régional de l’Ordre des Architectes.
Dans tous les cas, les rapports entre l’architecte et son maitre d’ouvrage doivent être transparents et
formalisés.
Le modèle de contrat type et du mémorandum d’entente sont élaborés par l’Ordre National des Architectes.
ARTICLE 35
DE LA RESILIATION ET DU DESISTEMENT
L’architecte doit interrompre immédiatement la prestation de ses services professionnels si son contrat est
résilié. Cette interruption est effective et prend effet le jour même où elle intervient afin de permettre au
maitre d’ouvrage de prendre ses dispositions pour assurer la continuité dans le suivi des travaux.
L’architecte a l’obligation d’informer immédiatement et par écrit avec accusé de réception le conseil régional
dont il relève ainsi que l’administration qui a délivré l’autorisation de construire ou de lotir de toute résiliation
du contrat d’architecte.
L’architecte doit veiller à ce que l’acte écrit de résiliation soit visé par les deux parties, indiquer la liquidation
et la cession, ou pas, des droits d’auteur tels que protégés par la loi.
En cas de travaux en cours, l’acte doit être accompagné d’une situation détaillée et documentée de l’état des
travaux au moment de la résiliation, elle même visée par les deux parties engagées dans le contrat à résilier.
En l’absence d’un accord anticipé des parties ou de la rédaction d’un avenant de résiliation, l’architecte
s’interdit de résilier unilatéralement le contrat le liant au maitre d’ouvrage en l’absence de justes motifs tels
un conflit d’intérêts, une perte de confiance ou une violation d’une disposition contractuelle.
L’architecte appelé́ à remplacer un confrère s’interdit d’accepter la mission sans en avoir informé́ celui-ci et
s'être assuré de la résiliation du contrat initial. Il s’interdit d’agir dans les conditions contraires à la
confraternité́ .
L’architecte s’assure du désistement de son confrère pour la reprise du projet selon les deux cas ci-dessous :
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- Demande de désistement avant l’autorisation du projet.
- Dans le cas où le projet objet du contrat est achevé, réceptionné et livré, le désistement n’est plus
valable, sauf en cas de précision sur le contrat.
En cas de mésentente ou de litige, le conseil régional de l’Ordre des Architectes doit être saisi aux fins de
conciliation amiable entre les concernés, avant la saisine de la juridiction compétente.
ARTICLE 36
L’architecte doit s’abstenir de participer à tout concours ou consultation dont les conditions et clauses sont
contraires aux lois et règlements en vigueur, aux décisions de l’Ordre National des Architectes et aux règles
de moralité et de probité de la profession.
L’architecte doit aviser l’Ordre de tout manquement, anomalie, infraction constatée de non transparence ou
tout acte d’irrégularité pouvant orienter le maitre d’ouvrage pour la désignation d’un candidat.
ARTICLE 37
L’architecte est appelé à garder à son domicile professionnel les archives des projets qui lui ont été
commandés.
Ces archives, sur support papier ou dématérialisé sont constituées d’au moins :
ARTICLE 38
L’architecte est tenu à une concurrence loyale fondée sur les valeurs de probité, d’honorabilité et de dignité.
Est interdite toute action de nature à porter atteinte aux dispositions de la loi n° 104-12 relative à la liberté́
des prix et de la concurrence.
Les missions confiées à l’architecte, au groupement ou société d’architectes en matière de construction, de
lotissement, d’études urbanistiques doivent notamment être :
- Conformes aux contrats unifiés types établis et validés à cet effet par l’Ordre National des
Architectes et le conseil de la concurrence ;
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- Exécutées conformément aux dispositions de l’article 8 de la loi susvisée qui prohibent les offres de
prix abusivement pas par rapport aux couts de production, qui ont pour objet ou peuvent avoir pour
effet d’éliminer à terme d’un marché ou d’empêcher d’accéder à un marché, une entreprise ou l‘un
de ses produits.
ARTICLE 39
SOUS TRAITANCE
L architecte, dans tous les cas, demeure le maitre de l œuvre et maintient, à ce titre, sa responsabilité envers
son client, et pour l’ensemble de sa mission.
ARTICLE 40
L utilisation de la clé électronique est réservée à l architecte pour authentifier qu il est bien l auteur de l acte
signé électroniquement. Il est strictement interdit de confier cette clé à une tierce personne, même parmi les
salariés.
ARTICLE 41
COLLABORATION ENTRE ARCHITECTES
En cas de collaboration pour une même mission entre deux ou plusieurs architectes qui ne sont pas liés de
façon permanente, une convention doit préciser les tâches respectives ainsi que le partage des frais et
rémunérations entre eux.
Cette convention doit préciser que, l’architecte est tenu de soumettre à l’Ordre National des Architectes toute
difficulté née de son application, aux fins de médiation entre les concernés. , et ce, avant de pouvoir saisir la
juridiction compétente.
L’architecte, appelé à collaborer avec un architecte non autorisé, s’interdit de déléguer à ce dernier tout ou
partie des missions qui lui sont légalement dévolues. Il en est ainsi en particulier, lorsque le collaborateur,
n’est pas autorisé à exercer, à titre privée, la profession d’architecte au Maroc, conformément aux dispositions
légales en vigueur. En l’absence d’autorisation, ce dernier s’interdit également d’accomplir, à quelque titre
que ce soit, tout ou partie des actes entrant dans le cadre de la profession, même limités à un projet spécifique.
Il s’interdit également de toute publicité de nature à induire en erreur sur sa qualité et son statut.
ARTICLE 42
L’architecte, appelé à remplacer un confrère dans un projet, doit demander la résiliation du contrat avec
l’architecte initial dudit projet, et ce après avoir informé le conseil régional de l’Ordre des Architectes, du
lieu du projet.
En cas de litige, d’impossibilité de résiliation ou d’absence de l’architecte, le Conseil Régional de l’Ordre
des architectes est saisi, aux fins de conciliation amiable entre les concernés, avant toute action devant la
juridiction compétente.
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Si un architecte est appelé à succéder à un confrère décédé, il est appelé à se conformer aux dispositions de
l’article ci-dessous.
ARTICLE 43
En cas de décès d’un architecte exerçant dans le secteur privé, à titre indépendant, le conseil régional dont il
relève désigne un huissier de justice en vue d’établir un constat de l’ensemble des contrats en cours et ce, en
présence des ayants droit ou leur représentant légal et du nouvel ou des nouveaux architectes désignés pour
chaque contrat passé avec l’architecte décédé.
Ce constat doit être communiqué aux représentants du conseil régional concerné, qui veilleront à la régularité
de la procédure et aux intérêts des ayants droit.
Tout architecte appelé à succéder à un confrère décédé sur un projet, doit tenir compte du constat
préalablement établi. Il doit sauvegarder les intérêts des ayants droit, conformément aux lois et règlements
en vigueur. Il doit se conformer à la procédure établie par l’Ordre National des Architectes.
ARTICLE 44
L’architecte exerce les missions qui lui sont dévolues dans le respect des textes et des règlementations en
vigueur. Il peut être chargé d’accomplir toute autre mission entrant dans le cadre de ses compétences
professionnelles.
Pendant la durée des travaux, le maitre d’ouvrage s’interdit de donner des ordres directement aux entreprises
et autres intervenants sur le projet, sans l’avis de l’architecte.
ARTICLE 45
L’architecte ou société d’architecte doit disposer de toutes les données techniques ou administratives
nécessaires pour accomplir sa mission, que le maitre d'ouvrage doit lui remettre.
L’architecte ou société d’architectes est tenu de demander au maitre d’ouvrage le programme détaillé de
l’opération projetée.
Il doit aviser le maitre d’ouvrage en cas d’incompatibilité avec le terrain et la réglementation en vigueur.
Avant d’offrir ses services, l’architecte doit conclure avec le maitre d’ouvrage une entente quant à l’ampleur
et aux modalités des services requis et quant aux conditions de leur rémunération.
Il doit, librement avec le maitre d’ouvrage, fixer le montant de ses honoraires en ayant connaissance des
éléments importants lui permettant de les établir.
ARTICLE 46
Pour les opérations de construction, les architectes ou sociétés d’architectes sont tenus au respect des phases
suivantes :
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- a- Etablissement des études préliminaires
L’architecte ou société d’architectes définit le parti général architectural proposé et établi une estimation
sommaire du projet au mètre carré, sur la base de calcul des surfaces et application d’un prix unitaire
approprié.
Cette phase est consacrée à la mise au point des choix détaillés architecturaux et techniques, ainsi que la
définition de la nature et de la qualité des matériaux à utiliser.
Les études de l’APD peuvent commencer après l’approbation de l’APS par le maitre de l’ouvrage, elles se
fondent sur l’APS.
L’architecte remettra au maitre de l’ouvrage les documents suivants :
- Le Plan de masse, les Plan des bâtiments, les Plans des différents niveaux, les coupes et les façades
des différentes composantes du projet à l’échelle appropriée, y compris les plans de terrasse et de
couverture, il remet les Plans des menuiseries, l’implantation des foyers lumineux et prises, le plan
de positionnement des appareils sanitaires, les plans des différents calepinage, les détails des
différents revêtements, ou tout autre document graphique et technique.
- Un mémoire descriptif général précisant les choix définitifs sur la nature des matériaux, fournitures
et appareillages à employer, lot par lot, pour tous les ouvrages du projet.
L’architecte veille à la conformité des études techniques, réalisées par les ingénieurs spécialisés, avec les
plans architecturaux autorisés.
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-e- Etablissement du Projet d’Exécution (P.E):
Le Projet d’Exécution a pour objectif de déterminer dans le détail, sous forme écrite et graphique, les
dispositions architecturales et techniques nécessaires pour l’exécution des ouvrages du projet.
· les plans d’A.P.D., avec report des éléments de la structure porteuse, étant entendu que ces
éléments de structure ont préalablement fait l’objet d’études et de plans mis au point par les
ingénieurs spécialisés, choisis par le maitre de l’ouvrage,
· les plans de détails spécifiques,
· les plans de second œuvre avec les détails aux échelles appropriées , complétant ceux de
l’A.P.D., afin de permettre aux entreprises une bonne compréhension du projet et son
exécution,
· les plans sur lesquels seront reportés les raccordements des ouvrages du projet aux divers
réseaux extérieurs existants (voirie, eau, électricité, égouts, téléphone, incendie) étant entendu
que ces raccordements ont préalablement fait l’objet d’études et de plans mis au point par les
ingénieurs spécialisés, choisis par le maitre de l’ouvrage,
· le report des implantations ou réservations de tous les équipements spéciaux éventuels
telles que définies avec l’ingénieur spécialisé qui les a préalablement étudiées et mises au
point,
· le Cahier de Prescriptions Spéciales (C.P.S.), relatif aux lots architecturaux.
L’architecte apporte son assistance au maitre d’ouvrage pour le Dossier de Consultation des Entreprises
(D.C.E). Le maitre de l’ouvrage porte son choix sur le type et la forme dont les documents écrits doivent être
présentés : au forfait sous ses diverses formes, au métré, au mètre carré couvert, au rabais ou toute autre
formule compatible avec la législation en vigueur en la matière. Il décide également si le marché est établi
en lot unique ou séparé, avec prix fermes ou révisables.
L’architecte apporte son assistance au maitre de l’ouvrage pour la préparation des D.C.E. et notamment la
décomposition en lots.
L’établissement du D.C.E. comprend les documents graphiques et les pièces écrites du P.E., auxquels sont
joints les plans techniques, fournis par les ingénieurs spécialisés, qui permettent aux entreprises de présenter
leurs offres de prix.
L’architecte assure le suivi de l’exécution des travaux dans les cas prévus par la loi.
A la demande de son maitre d'ouvrage, l’architecte contrôle la sincérité des mémoires dressés par les
entreprises ; il vérifie alors et vise les métrés des travaux exécutés ainsi que les décomptes provisoires et
définitifs établis par les entreprises.
Dans le cadre du suivi de l’exécution des travaux, l’architecte est tenu d’assurer :
- Les prestations aussi bien générales que spécifiques (réception des implantations, fixation des côtes
de seuil, contrôle de conformité des ouvrages avec les plans autorisés, avis sur les cas litigieux,
propositions de directives au maitre de l'ouvrage pour la bonne réalisation des ouvrages) ;
21
- La rédaction de rapports sur l'avancement des travaux et les visites de chantier.
- La vérification de la conformité avec les plans autorisés, des plans techniques établis par l’ingénieur
spécialisé compétent, qui doit assurer le suivi des travaux techniques le concernant.
- L'élaboration des plans de détail ou modificatifs relatifs aux plans architecturaux, apparus
nécessaires lors de l’exécution de ces travaux ;
- La vérification de la conformité des travaux avec les plans autorisés, les pièces du marché, y compris
le respect des délais contractuels.
Pendant toute la durée des travaux, l’architecte sera, avec le (ou les) ingénieur(s) spécialisé(s) en ce qui
concerne leur domaine d’intervention, le seul interlocuteur des entreprises. Il leur fournira toutes explications
ou tous détails nécessaires à une bonne exécution des ouvrages.
L’architecte assiste le maitre d’ouvrage pour l’obtention du permis d’habiter ou du certificat de conformité
et délivre à cet effet une attestation de conformité attestant du parfait achèvement des travaux.
ARTICLE 47
Pour les opérations de Lotissement, l’architecte ou société d’architecte est tenu de veiller en l’établissement
de :
- a- Etudes Préliminaires (E.P)
Il comporte : le parti d’aménagement, le bilan provisoire des superficies par type de lots- Le Plan de
Lotissement doit indiquer l’affectation des lots (logements, commerces, équipements, etc…).
Il porte sur la délimitation définitive des lots et les dispositions d’ordre Architectural des constructions
(alignement, recul, mitoyenneté)
Le cahier de Charge du Lotissement
Il est établi conformément au 4ème alinéa de l’art.4 de la loi 25-90 et à l’article 5 du décret n°2-92-833.
L’architecte assiste le maitre d’ouvrage dans la préparation du dossier de demande d’autorisation de lotir
conformément aux dispositions des lois en vigueur.
L’architecte lorsqu’il est désigné par le Maitre d’ouvrage comme coordonnateur ; doit veiller à la bonne
exécution des travaux.
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Il est appelé à l’instar des autres intervenants (géomètre topographe, ingénieurs spécialisés au tout autre
intervenant) dans le cadre de sa mission, de vérifier la conformité des travaux réalisés aux plans autorisés, et
au cahier des charges du lotissement.
L’achèvement des travaux doit faire l’objet d’un procès –verbal de réception des travaux.
La Réception Provisoire des Travaux est établie par l’architecte avec ou sans réserves au vu des PV de
réception établis par les ingénieurs spécialisés et l’ingénieur géomètre topographe, relatifs au suivi de la
réalisation des travaux se rapportant aux études techniques effectuées par eux, en présence du maitre
d’ouvrage, des entreprises concernées.
La Réception Définitive des Travaux est prononcée par l’architecte après un délai d’une année et après la
levée des réserves éventuelles en présence du maitre d’ouvrage, des ingénieurs spécialisés et des entreprises
concernées.
ARTICLE 48
A la demande du maitre d’ouvrage, l’architecte contrôle la sincérité des mémoires dressés par les entreprises.
Il vérifie alors et vise les métrés des travaux exécutés ainsi que les décomptes provisoires et définitifs établis
par les entreprises.
Il s'assure que ceux-ci sont conduits conformément aux plans et aux documents descriptifs qu'il a établis et
aux moyens d'exécution qu'il a prescrits.
Il les vérifie et les remet au maitre d’ouvrage en lui faisant, d'après l'état d'avancement des travaux et
conformément aux conventions passées, des propositions de versement d'acomptes et de paiement du solde.
ARTICLE 49
En ce qui concerne les missions rendues obligatoires par les lois en vigueur, à l'égard des personnes privées,
physiques ou morales, la rémunération de l’architecte est déterminée d’un commun accord entre les parties,
sous réserve des dispositions de l’article 37 du présent code.
L’architecte doit s’abstenir de recevoir, à l’exception des remerciements d’usage et des cadeaux de valeur
modeste, toute gratification, ristourne ou commission relative à l’exercice de sa profession. De même, il ne
doit pas verser, offrir de verser ou s’engager à verser une telle gratification, ristourne ou commission.
ARTICLE 50
Dans le respect du principe de la liberté des prix, l’architecte doit demander et accepter pour ses services
professionnels des honoraires justes et raisonnables et s’interdire de pratiquer ou d’accepter des prix
abusivement bas en infraction à la loi sur la liberté des prix et la concurrence. Les honoraires justes et
raisonnables sont ceux qui tiennent compte
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- Du temps consacré à l’exécution des services professionnels,
- La difficulté et l’importance des services ;
- La prestation des services inhabituels ou exigeant une compétence ou une célérité exceptionnelle.
- L’importance de la responsabilité assumée ;
-V-
DEVOIRS PROFESSIONNELS DE L’ARCHITECTE SALARIE
ARTICLE 51
DEVOIR D’EXCLUSIVITE
L’architecte salarié ne peut exercer sa profession qu'au profit de son employeur et dans la limite de l'usage
exclusif de ce dernier.
ARTICLE 52
Etant membre de plein droit de l’Ordre National des Architectes, l’architecte salarié se doit de respecter les
principes et traditions de moralité, de dignité, de probité qui font l'honneur de la profession d'architecte et de
se conformer aux lois et règlements en vigueur et de se soumettre aux dispositions du présent code.
L’architecte salarié sert en toute conscience les intérêts de son employeur, dans la mesure où ils ne sont pas
en contradiction avec la loi, avec l’intérêt général et avec les dispositions du présent code des devoirs
professionnels.
L’architecte salarié doit à son employeur respect et loyauté. Il est tenu au secret professionnel au même titre
que son employeur envers ses clients.
ARTICLE 53
Tout engagement professionnel de l’architecte en tant que salarié doit faire l’objet d’un contrat qui le lie à
son employeur visé par le conseil régional de l’Ordre dont il dépend.
Ce contrat doit préciser :
Lorsque l’architecte salarié ne peut plus remplir ses missions dans les conditions requises par le présent code
des devoirs professionnels, il en informe son employeur et le conseil régional de l’Ordre dont il relève.
L’architecte salarié peut faire état des références acquises chez son employeur après avoir obtenu une
attestation de travail de la part de celui-ci.
L’attestation précise la part apportée par l’architecte salarié, l'accomplissement des missions auxquelles il a
collaboré.
L’architecte salarié s'interdit de quelque manière que ce soit, de prendre attache avec les clients de son
employeur pour des projets en cours ou futurs et ce sans l'autorisation de son employeur.
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Tout architecte ou société d’architecte employeur désireux de recruter un salarié étranger doit obtenir une
autorisation de l’autorité gouvernementale chargée du travail et veiller au respect des formalités légales.
Tout litige ou réclamation entre l’architecte salarié et son employeur est soumis à la médiation du conseil
régional avant la saisine de la juridiction compétente.
ARTICLE 54
Les architectes salariés de personnes physiques ou morales, de droit public ou privé, perçoivent un salaire ou
traitement correspondant aux prestations fournies en leur qualité d'architecte. Un contrat liant le salarié à son
employeur doit être établi. Il définit les modalités de rémunérations, en conformité avec les lois en vigueur
en la matière, notamment le code du travail (cotisations sociales, congés payés, primes diverses).
-VI-
DISPOSITIONS RELATIVES
A L’EXERCICE DANS LE SECTEUR PUBLIC
ARTICLE 55
STATUT
L’architecte du secteur public a des engagements vis-à-vis de son employeur. Il assume ses fonctions avec
compétence et loyauté. Il porte la responsabilité de représenter valablement l’honorabilité de la profession.
ARTICLE 56
Les architectes en fonction dans les services de l'État, des collectivités territoriales, des établissements publics
et semi publics , membres de plein droit de l’Ordre des architectes, se doivent de respecter les principes et
traditions de moralité, de dignité, de probité qui font l'honneur de la profession d'architecte et de se conformer
aux lois et règlements en vigueur applicables dans leur domaine d’intervention.
Ils sont assujettis aux dispositions du présent code au même titre que les architectes du secteur privé.
ARTICLE 57
DISPONIBILITE ET COLLABORATION
L’architecte est tenu de collaborer avec l’Ordre National des architectes s’il est, notamment, appelé à agir
comme conseiller professionnel ou à contribuer, dans la mesure de ses possibilités, à l’avancement de la
profession notamment par l’échange de ses connaissances et de son expérience avec le public, les autres
architectes et les architectes en formation.
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ARTICLE 58
L’architecte du secteur public est tenu de contribuer à la bonne marche et à la réussite des projets initiés par
ses confrères. Il doit pour cela faire preuve d’ouverture sur les architectes et les instances ordinales, proposer
et initier des démarches tendant à résorber tout blocage ou interprétation qui retardent les procédures, et
encourager toute évolution des règlements en vigueur.
Il se doit de respecter ses consœurs et confrères dans le secteur public, les soutenir et les assister pour
l’accomplissement de leurs missions selon les moyens dont il dispose.
L’architecte du secteur public se doit d’éviter toute action concertée, entente ou coalition lorsqu’elles tendent
à limiter ou défavoriser la promotion professionnelle d’un architecte dans le même secteur ou son accès à un
poste de responsabilité.
ARTICLE 59
INCOMPATIBILITE
L’architecte du secteur public ne peut exercer la profession d’Architecte à titre indépendant, ou s’associer de
manière directe ou indirecte à un architecte qui exerce la profession à titre indépendant ou lui accorder un
traitement de faveur en violation des lois et règlements en vigueur ou en violation des dispositions du présent
code. L’architecte du secteur public s’interdit de s’immiscer dans la conception architecturale de ses
confrères exerçant à titre libéral.
Il s’interdit d’accepter de gratifications en échange de ses services ou d’effectuer des services incompatibles
avec ses fonctions.
ARTICLE 60
Tout conflit entre architectes ou en relation avec l’exercice de leurs fonctions dans le secteur public peut être
soumis à la médiation ou l’arbitrage du conseil régional de l’Ordre des Architectes conformément aux
dispositions du présent Code des devoirs professionnels.
-VII–
ARTICLE 61
CHAMP D’INTERVENTION
Les architectes enseignants encadrent et forment les étudiants inscrits dans les écoles d’architecture. Leurs
compétences englobent l’enseignement proprement dit, l’encadrement pédagogique, la recherche et
l’approfondissement des connaissances à travers l’encadrement des travaux de fin d’études et des
doctorants.
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ARTICLE 62
Les architectes enseignant dans les établissements d’enseignement supérieur d’architecture, membres
de plein droit de l’Ordre des architectes, se doivent de respecter les principes et traditions de moralité, de
dignité, de probité qui font l'honneur de la profession d'architecte et de se conformer aux lois et règlements
en vigueur.
Outre l’aspect pédagogique, les architectes enseignants se doivent de nouer avec leurs étudiants des
relations de confraternité et de solidarité et les accompagner durant leur cursus, grâce au soutien et à
l’assistance des instances professionnelles.
-VIII –
SANCTIONS
ARTICLE 63
Tout architecte qui commet un acte en violation des dispositions du présent Code des devoirs Professionnels
est passible des sanctions prévues par la législation en vigueur relevant de la juridiction disciplinaire de
l’Ordre National des Architectes sans préjudice des sanctions civiles, pénales ou administratives qui
seraient prononcées par les juridictions compétentes.
-IX –
DISPOSITIONS FINALES
ARTICLE 64
DATE D’EFFET
Le présent code prend effet à compter de la date de sa publication au Bulletin Officiel.
ARTICLE 65
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