Notions de droit appliqué
Section : Assistant de direction
Année 2023-2024
Caroline PIRE
Objectifs du cours :
Aux termes de l’UE de notions de droit appliqué, l’étudiant sera capable:
- De s’approprier des connaissances générales en droit civil et
économique ;
- D’analyser et de résoudre des problèmes juridiques simples en
matière de contrats civils et commerciaux ;
- D’appliquer la législation spécifique en matière du marché et de
protection du consommateur ;
- D’appliquer la législation de base relative au domaine des TIC.
Comment parvenir aux objectifs :
- Support écrit complet avec des notes de synthèse aux termes de
chaque partie ;
- Cours oral agrémenté d’exemples concrets
- Exercices pratiques – lecture de textes
Modalités d’examen :
- Cas pratique de la vie de tous les jours sous forme de QCM
- Cas pratique de la vie de tous les jours sous forme de VRAI ou FAUX
avec justification
- Question ouverte de type réflexion – cas pratique à résoudre
(importance du raisonnement)
En cas de questions :
Je reste bien évidemment à votre disposition pendant les pauses et
avant/après les cours, mais également par mail :
Table des matières
1. C’est QUOI le droit ?..........................................................................................................................5
2. OÙ peut-on trouver le droit : quelles sont les sources du droit ?...................................12
A. La loi..................................................................................................................................................12
B. La jurisprudence..........................................................................................................................19
C. La doctrine......................................................................................................................................20
D. La coutume et les usages..........................................................................................................20
E. Le contrat ou l’acte juridique unilatéral...............................................................................21
3. QUI sont les acteurs du droit ? Qui applique le droit ?.......................................................21
4. OÙ applique-t-on le droit ? Les juridictions de l’ordre judiciaire belge.........................24
En synthèse.....................................................................................................................................................25
Bibliographie....................................................................................................................................................27
Première partie: qu’est-ce que le
droit ?
Cette première partie a pour objectifs de vous faire découvrir ce qu’est le
droit en répondant aux questions suivantes :
1. Concrètement, c’est quoi le droit et à quoi cela sert ?
(Notions+définitons)
2. Où peut-on trouver le droit ?
3. Qui sont les acteurs du monde juridique ?
4. Où fait-on appliquer le droit ?
1. C’est QUOI le droit ?
Pour démarrer, commençons par un petit brainstorming... Lorsqu’on
évoque le mot droit, que vous vient-il à l’esprit ?
Nous sommes, tous les jours et parfois inconsciemment, confrontés au
droit.
À notre naissance, un acte de naissance est établi et nous acquérons des
droits (le premier étant notamment le droit à la vie, mais il y en a d’autres
comme le droit à une vie de famille, la liberté d’expression,...). Au cours
de notre vie, nous acquérons ensuite des obligations (obligation d’aller à
l’école, de payer un loyer, de travailler si on signe un contrat de
travail,....). Puisque nous vivons en société, nous nouons des relations
avec d’autres personnes et de ces relations naissent des droits et des
obligations (droits parentaux, obligations alimentaires, droit de vote,...).
Le droit se poursuit après notre décès puisqu’il va également régler les
modalités de notre succession.
Durant toute notre vie, nous allons être soumis à des règles, tantôt
légales (le code civil, le code pénal,...), tantôt sociales et culturelles
(l’éducation de nos parents, le règlement d’ordre intérieur d’une école,...).
Le droit est donc une notion très vaste, car il va
couvrir aussi bien les règles légales que toutes
les autres règles culturelles, sociales, éthiques,
déontologiques,... S’il fallait définir le droit, on
peut dire qu’il s’agit d’un mode de régulation
des relations sociales comprenant tantôt des
règles légales, tantôt des règles d’autres natures
(sociales, culturelles,...).
L’importance et l’intérêt du droit sont donc assez évidents, que ce soit
pour modaliser les règles du vivre ensemble en société (par le droit pénal
par exemple qui interdit les agressions ou par le droit international public
qui interdit les agressions entre Etats) ou pour organiser les relations de
travail (le contrat du travail va déterminer ce que l’on peut/doit faire au
travail), le déroulement des cours (grâce au règlement d’ordre intérieur)
ou encore pour organiser la famille (quelles règles souhaitons-nous
appliquer si on se marie, si on se sépare,...).
Si on s’en tient aux règles légales (on met donc volontairement de côté les
règles sociales, culturelles et autres), le mot droit peut avoir plusieurs
sens. Le terme droit peut-être synonyme de règles, de normes ou
encore de prérogatives. Le droit, issu des institutions étatiques,
concerne donc l’ensemble des règles contraignantes qui émanent
des pouvoirs publics ou dont l’efficience est garantie par ceux-ci.
Ces règles contraignantes font partie du droit positif qui comprend
l’ensemble des normes en vigueur dans un Etat ou une communauté à un
moment donné. Le droit positif varie dans le temps et l’espace. Il
comprend les normes de droit objectif et de droit subjectif.
1. Le droit objectif concerne l’ensemble des règles juridiques
obligatoires qui visent à organiser le vivre ensemble au sein d’une
société et à réguler les relations sociales entre les individus quelle
qu’en soit la source. Le droit objectif est formulé de manière
générale et impersonnelle pour s’adresser à toutes les personnes qui
composent la société.
Exemple : le code civil, le code pénal, la loi sur le contrat de
travail,...
2. Le droit subjectif comprend les règles de droit qui protègent des
intérêts légitimes des individus en particulier (et non l’ensemble de
la société sans distinction). Ces droits subjectifs octroient un pouvoir
d’action pour l’individu qui en dispose. Celui-ci peut exiger une
prestation ou une abstention d’une autre personne. Le droit subjectif
trouve son fondement dans le droit objectif. L’inverse n’est pas
toujours vrai, toute règle de droit objectif n’implique pas
nécessairement un droit subjectif.
Exemple: si on me vole mon téléphone, on contrevient à une norme
de droit objectif (l’article 3.50 du nouveau Code civil sur la
propriété). Je dispose dès lors du droit subjectif d’exiger du voleur
qu’il me restitue mon téléphone ou qu’il m’indemnise pour le
préjudice subi. A contrario, la Constitution prévoit que le Parlement
fédéral est composé de la Chambre des représentants et du Sénat,
cette règle ne confère aucun droit subjectif aux citoyens de manière
individuelle, il s’agit uniquement d’une norme de droit objectif.
Tout comme les spécialités en médecine (médecine interne, chirurgie
abdominale, ophtalmologie, ...), le droit positif peut contenir différentes
catégories de droit.
En premier lieu, on peut distinguer le droit national du droit international.
Chaque Etat dispose de son propre droit national, c'est-à-dire un droit
qui ne s’appliquera que sur le territoire de cet Etat. En vertu du
principe de souveraineté, un Etat ne peut pas se voir imposer de règles
émises par un autre Etat, car chaque Etat décide pour lui-même.
Le droit international a vocation à concerner tous les Etats. Il ne
s’appliquera cependant pas nécessairement dans chaque Etat en vertu du
principe de souveraineté qui implique, pour chaque Etat, le droit de
décider s’il souhaite ou non être soumis à la règle proposée sur le plan
international.
Exemple : chaque Etat décide s’il souhaite ou non adhérer au Pacte
migratoire, au C.E.T.A., au T.F.U.E., ...
La deuxième catégorie que l’on peut faire porte sur la distinction entre,
d’une part, le droit public, et d’autre part, le droit privé. C’est ce que l’on
appelle dans notre droit tel que nous le connaissons actuellement la
summa divisio.
Le droit public vise à protéger l’intérêt général et concerne l’ensemble
des règles qui organisent le statut de l’Etat et de ses démembrements
(Régions, Provinces, …) ainsi que tous les rapports entre l’Etat, les
collectivités fédérées et les citoyens.
Il comprend :
Le droit constitutionnel qui est la branche du droit public
qui fixe la forme de l’Etat, modalise le statut des pouvoirs
publics et les droits fondamentaux des individus.
Le droit administratif qui régit les rapports entre les
autorités administratives et les particuliers, l’organisation et
les activités de celles-ci.
Le droit fiscal qui règle la matière de l’établissement et de
la collecte de l’impôt ainsi que les opérations liées.
Le droit de la sécurité sociale qui concerne les règles de
protection contre les risques sociaux et autres situations de
précarité (maladie, chômage, revenu de remplacement,…).
Ce sont toutes les assurances prévues par l’Etat en cas de
perte de revenus ou d’augmentation des charges dans des
situations spécifiques.
Le droit pénal et le droit de la procédure pénale qui
sont les branches du droit public qui vont créer, modifier et
supprimer les infractions (contraventions, délits, crimes) et
les peines correspondantes ainsi que la manière dont ces
infractions seront recherchées et établies. Il existe un
aspect particulier du droit pénal dans le monde du travail, il
s’agit du droit pénal social qui sanctionne les infractions
aux règles du droit du travail et de la sécurité sociale
(exemples : infractions en matière de temps de travail, aux
conditions de travail, de travail non déclaré, ...).
Le droit privé protège les intérêts des particuliers et concerne les règles
régissant les relations entre ceux-ci.
Le droit privé comprend : µ
Le droit civil qui règle les rapports entre les particuliers
(famille, biens, obligations, successions, donations, vente,
bail,…).
Le droit de l’entreprise (anciennement droit
commercial) qui règle les rapports/relations entre
entreprises. Le droit des sociétés, quant à lui, concerne
toutes les règles relatives à la constitution et la gestion des
différents types de société.
Le droit judiciaire qui règle les aspects procéduraux du
contrôle d’un droit subjectif devant les juridictions
compétentes.
Le droit international privé qui est la branche du droit
qui concerne les situations présentant un élément
d’extranéité afin de connaitre le droit applicable à la
situation et les juridictions compétentes.
Le droit du travail qui est la branche du droit qui règle les
rapports de travail entre les travailleurs et les employeurs
dont notamment les contrats de travail. Il comprend toutes
les règles relatives aux relations de travail, à savoir les
règles sur le temps de travail, les obligations de
l’employeur et du travailleur, les documents régissant les
relations de travail, mais aussi toutes les mesures
spécifiques de protections des travailleurs.
Ces distinctions permettent de s’y retrouver plus clairement dans toutes
les règles qui existent et fondent, notamment, la classification des
différentes juridictions et la différence entre la procédure civile et la
procédure pénale.
Quelle différence entre ces deux types de procédures ?
Après voir visionné les vidéos suivantes, répondez aux questions (exercice
proposé sur le site questions-justice.be).
Vidéo 1 : https://www.youtube.com/watch?v=Xk78urI9w-
I&feature=youtu.be
Vidéo 2 :
https://www.youtube.com/watch?
v=SQVqLmEDFBo&ab_channel=QuestionsJustice
Vidéo 3 : https://www.youtube.com/watch?
v=SDER72RzEJU&feature=youtu.be
Pour chaque vidéo, répondez aux questions suivantes :
1) De quel genre d’affaire s’agit-il ?
A. D’une infraction commise (un comportement interdit par la loi)
B. Les droits d’une ou de plusieurs personnes n’ont pas été respectés,
il existe un conflit entre deux adversaires qu’on appelle des parties.
2) Quelles sont les personnes que vous reconnaissez à
l’audience en dehors du juge, du greffier et de l’avocat ?
A. Un procureur du Roi ;
B. Une personne qui demande quelque chose au juge ;
A. Un suspect qui tente de se défendre face aux accusations du
procureur du roi (qui représente la société) ;
B. Une personne qui se défend fac eaux demandes d’une autre
personne.
3) Quels sont les acteurs présents :
A. Un suspect face au procureur du Roi.
B. Une personne (le demandeur) face à une autre personne (le
défendeur) ;
4) Quel est le rôle du Procureur du Roi (ou Ministère public), s’il
y en a un, à l’audience ?
A. Il demande, au nom de la société, que le suspect soit déclaré
coupable et condamné à une peine qu’il estime appropriée.
B. Il n’y a, en principe, pas de Procureur du Roi.
5) Quel est le rôle du juge à l’audience ?
A. Entendre les explications des différents intervenants et poser
différentes questions au suspect afin de vérifier si la personne est
coupable. Si elle est coupable, sanctionner le suspect en le
condamnant à une peine.
B. Entendre les explications des différents intervenants, tenter de
concilier les parties et, en cas d’échec, les départager en
appliquant les règles de droit.
Après avoir répondu aux questions, calculez le nombre de réponses A et
de réponses B que vous avez entouré pour chacune des affaires.
Pour chaque affaire, si vous obtenez une majorité de A, il s’agit d’une
affaire pénale. Si vous obtenez une majorité de B, il s’agit d’une affaire
civile.
Enfin, pour clarifier les différences entre les procédures et
vous aider à réaliser un tableau de synthèse, vous pouvez
visionner la vidéo réalisée par Me Wyns :
https://www.youtube.com/watch?
v=7MbfZgz9rdQ&ab_channel=AlexianeWyns
%2Cledroitpourleswebentrepreneurs
Procédure civile Procédure pénale
Enjeux :
Les parties :
Les demandes :
Les procédures pénales s’effectueront devant des juridictions pénales
(Tribunal de police, Tribunal correctionnel, Tribunal de la jeunesse, Cour
d’appel, Cour d’assises). Les procédures civiles s’effectueront devant des
juridictions civiles (Justice de paix, Tribunal de police – devant la chambre
civile-, Tribunal du travail, Tribunal de l’entreprise, Tribunal de première
instance, Tribunal de la famille, Cour du travail, Cour d’appel).
2. OÙ peut-on trouver le droit : quelles sont les sources du droit ?
Si lorsqu’on parle de droit, on peut spontanément penser à la loi, ce n’est
cependant pas le seul endroit où l’on peut trouver du droit. Celui-ci peut
avoir plusieurs autres sources, c'est-à-dire que l’on peut le trouver à
plusieurs endroits.
A. La loi
Il s’agit d’une source formelle générale de droit.
Le sens du mot loi peut être entendu de manière large ou restreinte.
De manière large, la loi constitue l’ensemble des règles de droit
édictées (la Constitution, le code pénal, les lois particulières, les
ordonnances, les arrêtés royaux,…) par les différents législateurs (le
législateur fédéral, les parlements des Communautés, des Régions,…).
La Belgique est un état fédéral au sein duquel des entités fédérées ont été
créées (Communautés et Régions). Ces entités fédérées, au même titre
que l’Etat fédéral, peuvent créer des textes législatifs qui s’appelleront des
décrets ou des ordonnances.
L’Etat fédéral et les entités fédérées se partagent diverses compétences
pour lesquelles ils seront seuls compétents pour légiférer (c'est-à-dire
adopter des lois, des décrets ou des ordonnances).
L’Etat fédéral gère les matières qui concernent le pays dans son
ensemble comme la justice, la sécurité sociale, l’immigration ou l’armée.
Chaque citoyen, qu’il soit domicilié à Arlon ou à Ostende sera donc soumis
aux mêmes règles dans ces domaines de compétences.
Les communautés ont été créées à la demande principalement de la
population néerlandophone pour protéger leur identité culturelle.
Elles sont en charge, par exemples, de l’enseignement, de la culture
(théâtre, bibliothèques, audio-visuel), l’emploi des langues, la politique de
santé, l’aide aux personnes (l’aide à la jeunesse, l’aide sociale, l’accueil
des immigrés) ou de la recherche scientifique.
Les régions, quant à elles, ont été créées à la demande principale de la
population francophone pour mieux gérer les disparités économiques de
certains territoires notamment en raison du vieillissement de l’industrie du
charbon et de l’acier et de l’émergence d’une nouvelle industrie en
Flandre.
Elles sont en charge, par exemple, de l’économie, de l’agriculture, de
l’énergie, de l’emploi, des routes et de l’aménagement du territoire.
Les citoyens des différentes régions et communautés ne seront donc pas
tous soumis aux mêmes décrets ou ordonnances selon la région ou la
communauté où ils se trouvent.
Dans un sens restreint, la loi sera la règle générale et abstraite édictée
par le législateur fédéral. Les textes législatifs adoptés par les
entités fédérées vont s’appeler des décrets en ce qui concerne la
Région wallonne, la Région flamande, la Communauté française, la
Communauté flamande et la Communauté germanophone. Concernant les
actes adoptés par la Région de Bruxelles-Capitale, ceux-ci sont
appelés des ordonnances.
Toutes les normes sont hiérarchisées et représentées sous forme
schématique par la pyramide de Kelsen :
Les normes de valeur législative sont issues du pouvoir législatif et sont
donc adoptées par un parlement (fédéral ou fédéré).
Les normes de valeur réglementaire sont issues du pouvoir exécutif afin
de mettre en application les normes législatives.
Dans cette pyramide, tous les textes des échelons inférieurs doivent
respecter les règles des échelons supérieurs et tous doivent, au final, être
conformes à la constitution.
Cette structure traduit le principe de la séparation des pouvoirs énoncé
par le philosophe anglais John Locke (1632-1704) et par Montesquieu
(1689-1755). C’est un principe selon lequel les trois grandes fonctions de
l’Etat (la fonction législative, exécutive et judiciaire) doivent chacune être
exercée par un organe ou une instance différentes (ce sont les pouvoirs
législatif, exécutif et judiciaire). Le contrôle que chacun des trois pouvoirs
exerce sur les autres est censé préserver les citoyens des atteintes à leurs
droits fondamentaux.
Le pouvoir législatif concerne l’ensemble des organes de l’Etat exerçant
la fonction législative, soit la fonction de créer, interpréter ou modifier
des lois. Il s’agit du Parlement, du Sénat ou des autres assemblées
nationales, fédérales ou Régionales.
Attention que le gouvernement peut également participer à la fonction
législative, car il dispose d’un droit d’initiative (il peut proposer des projets
de lois ou des amendements aux propositions de lois) et d’un pouvoir de
sanction (une loi ne peut entrer en vigueur qu’après avoir été votée au
parlement et sanctionnée par le Roi et ses ministres).
Comment se déroule le processus d’adoption d’une loi ?
https://www.youtube.com/watch?
v=9Vs7YHeqP8s&ab_channel=LaChambreBE
Le pouvoir exécutif exerce la fonction administrative ou exécutive qui
consiste à gérer l’Etat, à veiller à l’application des lois et à l’exécution des
décisions de justice. Cette fonction est exercée par le gouvernement et le
chef de l’Etat. Le pouvoir exécutif dirige l’administration, l’armée, la
police, nomme les fonctionnaires, mène la diplomatie et négocie les
traités.
Le pouvoir judiciaire est composé des Cours et Tribunaux qui exercent
la fonction juridictionnelle consistant à trancher les litiges opposant les
particuliers entre eux ou entre ces derniers et une autorité publique.
Quelles sont les caractéristiques de la règle de droit ?
- La règle de droit est générale et impersonnelle, elle s’adresse à
toutes les personnes en général ou à une catégorie d’entre elles,
sans désignation d’individus en particulier.
- La règle de droit est abstraite en ce qu’elle vise des hypothèses
abstraitement définies et a vocation à s’appliquer à des situations
générales.
- La règle de droit est permanente, elle s’applique de son entrée en
vigueur jusqu’à son éventuelle abrogation.
- La règle de droit est obligatoire, elle doit être respectée à défaut
de quoi une sanction pourra être prononcée.
- La règle poursuit une finalité sociale dans le but d’organiser le
vivre ensemble.
Quelle est la force normative d’une loi ? Doit-on toujours la respecter à la
lettre sans pouvoir faire autre chose ?
La densité normative d’une règle de droit est sa force contraignante, elle
se classe en trois catégories : la règle supplétive, la règle impérative
et la règle d’ordre public.
Les règles d’ordre public sont des règles dont ne peut jamais déroger
(on ne peut jamais faire autre chose que ce que la règle dit), car elles
tendent à préserver les intérêts de la société. L’ordre public et les bonnes
mœurs sont concernés par ces règles.
Qu’est-ce que l’ordre public et les bonnes mœurs ?
Il s’agit de concepts flous qui ne font l’objet d’aucune définition en raison
de leur caractère fluctuant. En l’absence d’une définition précise, ces
concepts peuvent plus facilement s’adapter à l’évolution de la société. Ces
concepts seront généralement interprétés par la jurisprudence.
L’ordre public concerne la protection des bases juridiques d’une société
en vue d’éviter l’anarchie.
Exemple: les règles du Code pénal : on ne pourrait pas créer un contrat
de tueur à gage, car le Code pénal sanctionne toutes atteintes à l’intégrité
physique d’autrui.
Les bonnes mœurs constituent le minimum de moralité nécessaire au
bon fonctionnement d’une société.
Exemple : avant, porter un pantalon, pour les femmes, était contraire aux
bonnes mœurs. Heureusement, ce n’est plus le cas !
Les règles impératives sont des règles présentant un caractère
autoritaire, elles s’imposent dans un but de protection, généralement de la
partie considérée comme la plus faible ou la plus vulnérable. Elles visent
donc des intérêts privés (contrairement aux normes d’ordre public qui
concernent des intérêts publics). Les normes impératives s’imposeront aux
parties même si elles ont prévu autre chose dans leur convention. La
partie la plus faible (celle qui est protégée et uniquement elle) pourra,
dans certains cas, renoncer à cette protection et une dérogation sera donc
permise.
Exemple: la protection des consommateurs ou la loi sur le bail de
résidence principale qui protège les locataires. Ceux-ci pourraient
renoncer à une des protections reprises dans la loi sur le bail de résidence
principale et, par exemple, accepter de verser une garantie locative de 4
mois au lieu de 2.
Une règle impérative sera sanctionnée différemment d’une règle d’ordre
public. Si les deux sanctions frapperont l’acte de nullité, la première règle
(norme impérative) sera sanctionnée de nullité relative tandis que la
seconde (norme d’ordre public) sera sanctionnée de nullité absolue. Cela
signifie que dans les deux cas, l’acte frappé de nullité sera considéré
comme inexistant à la différence que, dans la première situation, la nullité
pourra être couverte, c’est-à-dire que les parties pourront réparer l’acte
pour le rendre conforme tandis que dans la seconde situation, l’acte sera
irrévocablement nul et donc inexistant.
Les règles supplétives visent toutes les autres règles qui existent. Elles
s’imposent à défaut pour les parties de prévoir d’autres modalités dans
leur convention. Les parties disposent donc d’une certaine marge de
manœuvre (elles peuvent décider de faire autre chose que ce qui est
prévu), mais si elles ne prévoient rien dans un contrat, les règles
supplétives prendront le relai et rempliront le silence des parties.
Exemple: les dispositions en matière de vente, on peut vendre son
téléphone sans faire de contrat de vente, dans ce cas, les normes qui
encadreront la vente seront celles du Code civil.
En droit social, il existe une source de droit propre au droit du travail :
les conventions collectives de travail (CCT). Il s’agit d’accords conclus
entre une ou plusieurs organisations syndicales et une ou plusieurs
organisations patronales ou un ou plusieurs employeurs, fixant les
relations individuelles et collectives de travail entre employeurs et
travailleurs d’entreprises ou d’une branche d’activité et réglant les droits
et devoirs des parties contractantes.
B. La jurisprudence
La jurisprudence est constituée de l’ensemble des décisions des cours et
tribunaux de notre Etat. C’est le juge qui va dire le droit dans un cas
particulier qui lui est soumis, il tiendra évidemment compte des lois en
vigueur pour dire le droit. Il s’agit d’une source particulière de droit dans
la mesure où une décision judiciaire n’a pas de portée obligatoire pour
tous, mais uniquement pour les parties au litige. La jurisprudence ne crée
par de règle générale, les juges ne sont jamais tenus par les décisions
rendues précédemment. Il s’agit cependant d’une bonne indication sur la
manière dont les juges vont appliquer ou interpréter la loi.
Les décisions prononcées par les Tribunaux sont appelées des
jugements tandis que les décisions prononcées par une Cour s’appellent
des arrêts.
La partie qui introduit la demande sera appelée partie demanderesse en
première instance, et partie appelante en deuxième instance. La partie
contre qui la demande est formée s’appellera la partie défenderesse en
première instance et la partie intimée en degré d’appel.
En fonction des différentes branches du droit, nous pourrons donc
retrouver de la jurisprudence en droit familial, en droit civil, en pénal,…
Cette source du droit n’est pas liante pour le juge, celui-ci peut toujours
s’écarter de ce qu’un autre juge a dit préalablement dans un autre
dossier. Il n’existe pas de règle du précédent comme en droit anglais
(c'est-à-dire que le juge est lié par ce qui a déjà été jugé par d’autres
juges).
C. La doctrine
La doctrine concerne toutes les théories juridiques des différents auteurs.
Ces théories sont reprises dans des ouvrages, des articles ou des revues.
La doctrine peut aider le juge, lorsqu’il se trouve confronté à une loi peu
claire ou difficile à interpréter, à y voir plus clair et à trancher le litige qui
lui est soumis en se ralliant à l’avis des auteurs de doctrine les plus
éminents. Tout comme la jurisprudence, la doctrine va permettre aux
acteurs judiciaires, dont notamment les avocats, d’appuyer la thèse qu’ils
défendent.
Il ne s’agit pas officiellement d’une source de droit contraignante. La
valeur et l’influence d’un ouvrage de doctrine sont entièrement liées à la
qualité scientifique de l’écrit ou à l’autorité personnelle de son auteur.
D. La coutume et les usages
La coutume est la réalisation d’une pratique collective ancienne, continue
et constante, réalisée par des personnes qui, sur un plan moral, ont le
sentiment de devoir se conformer à cette pratique (obligation). Si la
pratique se répète dans la durée, c’est parce que ses destinataires sont
convaincus qu’elle s’impose à eux et qu’elle est contraignante.
Exemple : pour une femme, il est de coutume de porter le nom de son
mari après le mariage.
Les usages sont des gestes posés habituellement. A la différence de la
coutume, la notion d’obligation est différente, il n’y a pas la même
intensité de conviction ou de répétition que dans la coutume.
Exemple : les usages bancaires, la constitution d’une garantie locative de
6 mois en cas de bail commercial,…
E. Le contrat ou l’acte juridique unilatéral
Le contrat est générateur de droit. Il s’agit d’obligations créées par et pour
deux ou plusieurs personnes. L’acte juridique unilatéral est créé, quant à
lui, que par une seule personne (testament, reconnaissance de dettes ou
d’enfant).
Ce ne sont cependant pas des sources formelles puisqu’ils proviennent des
parties. Nous les analyserons plus en détail dans la suite du cours.
3. QUI sont les acteurs du droit ? Qui applique le droit ?
A côté des justiciables (c'est-à-dire nous, toutes les personnes pour qui le
droit a été créé), il existe d’autres acteurs qui vont faire appliquer le droit
d’une certaine manière.
Nous ne les verrons pas tous, mais voici les principaux :
- Les magistrats
https://www.youtube.com/watch?
v=LUpouQ3O2aw&t=42s&ab_channel=AlainDESMARETS
Il existe deux types de magistrats : les magistrats du siège et les
magistrats de parquet.
Les magistrats du siège sont les juges chargés de trancher les litiges.
Ils peuvent soit siéger seul, soit en collège de trois en fonction du type de
dossier.
Ils ont nécessairement une formation juridique et ont accompli un stage
judiciaire de type long (trois ans).
Dans certains juridictions (Tribunal du travail et Tribunal de l’entreprise),
les magistrats peuvent être assistés de juges consulaires qui sont des
juges provenant des milieux concernés par le litige (commerçants,
employés, employeurs,…). Ces juges consulaires n’ont donc pas de
formation juridique.
Les magistrats de parquet représentent le Ministère public et siègent
debout lorsqu’ils font leur réquisitoire. Les magistrats du parquet
représentent la société et ses intérêts, ils poursuivent notamment les
auteurs d’infractions et veillent aux intérêts de la société et des enfants
dans certaines procédures. Ils ne siègent pas nécessairement dans chaque
juridiction. En matière de droit du travail, le Procureur du Roi portera le
nom d’Auditeur du travail (son Office s’appelle l’Auditorat du travail).
Les Magistrats de parquet répondent aussi au nom de Parquet, Ministère
Public, Procureur du Roi, Substitut du Procureur du Roi.
- Les greffiers
Le greffier est la personne qui aide le juge. Tout comme le magistrat, il
est un fonctionnaire public, membre de l’ordre judiciaire.
Le Greffier va assister le juge dans sa fonction. Il va se charger de
prépare l’audience, d’élabore les dossiers de procédure, d’authentifier
les actes du juge et de dresser les procès-verbaux de l’audience.
Le greffier accompagne donc le magistrat dans tous ses déplacements et
notamment lors d’une vue des lieux, d’une reconstitution,... Cette règle
reçoit exception en cas d’urgence lorsque le président d’une juridiction
doit siéger chez lui pour cause d’extrême urgence qu’on appelle « référé
d’hôtel ».
Le greffier est le témoin permanent de l’activité du juge à l’audience.
C’est une garantie pour le justiciable, car cela empêche le juge de
travailler en secret.
Les greffiers sont nommés par le Roi et sont soumis à l’autorité
disciplinaire du Procureur du Roi. Ils ne dépendent donc pas du juge
pour qui ils travaillent.
- Les avocats
Les avocats ont pour mission d’aider les parties en leur donnent les
conseils juridiques adéquats.
Dans le cadre d’une procédure, ils représentent leur client en justice et
défendent leurs intérêts.
Ils bénéficient d’un quasi-monopole de représentation des justiciables
devant les tribunaux : mis à part quelques exceptions où certains
membres de la famille pourront être les représentants du justiciable devant
certaines juridictions ou les délégués syndicaux devant les juridictions
du travail), les avocats sont les seuls à pouvoir représenter valablement
un justiciable devant un tribunal.
Ils sont inscrits à un Ordre professionnel : l’Ordre des avocats de leur
Barreau, et sont soumis à une déontologie stricte, destinée notamment
à assurer leur indépendance par rapport à leur client.
Ils sont soumis au secret professionnel et encourent des sanctions pénales
en cas de méconnaissance de cette obligation.
Les avocats sont indépendants. Ils ne sont pas nommés par le pouvoir
exécutif. Ils sont simplement tenus de suivre une formation en début de
carrière (le stage).
- Les huissiers
L’huissier de justice est un officier ministériel et public chargé de
fonctions relatives à l’introduction du procès, son instruction et
l’exécution des titres exécutoires (judiciaires ou non judiciaires).
Un officier ministériel est une personne titulaire d’un office rattaché à
l’administration de la justice. Un officier public est une personne titulaire
d’un office non rattaché à l’administration de la justice. L’huissier de
justice cumule ces deux casquettes : il est un officier ministériel lorsqu’il
effectue des tâches liées à une procédure judiciaire (signification d’une
citation, d’un jugement, constat à la demande du juge, saisie) et il est
un officier public lorsqu’il effectue des constats sans lien spécifique avec
une procédure judiciaire (constat d’adultère, constat de nuisance, ...).
En leur qualité d’officiers ministériels et publics, ils confèrent également
l’authenticité aux actes qu’ils accomplissent dans l’arrondissement dans
lequel ils sont nommés (ils ne peuvent pas agir au-delà d’une certaine
délimitation territoriale).
Les huissiers sont, comme les notaires, des indépendants qui ont reçu
l’autorisation d’exercer leur mission par le biais d’une nomination par le
Roi. Ils appartiennent à un ordre professionnel, la chambre des huissiers
de justice, et sont soumis à une discipline. Ils sont soumis au secret
professionnel.
- Les notaires
Le notaire est un officier ministériel qui peut informer les parties sur leurs
droits, devoirs et sur les conséquences juridiques et fiscales d’un
engagement. Ils sont les seuls autorisés à passer des actes de vente pour
des biens immobiliers. Ils s’occupent également des successions et de
toute une série d’autres actes (constitution d’une société, planification
successorale,...).
Il existe évidemment de nombreuses autres acteurs ou personnes
concernées par le droit. On peut notamment citer les justiciables, qui
sont les personnes convoquées devant un tribunal ou encore les policiers
chargés d’enquêter sur des affaires pénales, recueillir des plaintes, ... Il
existe également, en matière sociale, des inspecteurs sociaux qui sont
des fonctionnaires placés sous l’autorité des ministres de l’emploi, du
travail et de la sécurité sociale. Leurs missions portent sur la surveillance
du respect des dispositions de la législation sociale (et notamment du
code pénal social).
4. OÙ applique-t-on le droit ? Les juridictions de l’ordre judiciaire belge
En synthèse
Au terme de cette première partie, l’étudiant sera capable de :
Définir avec ses mots le concept de droit
Citer et expliquer les différentes sources du droit
Donner des exemples des sources de droit
Expliquer la différence entre les normes d’ordre public, les
normes impératives et les normes supplétives
Expliquer la différence entre la constitution, une loi, un décret,
un règlement, une convention collective de travail.
Expliquer l’intérêt de faire une distinction entre les différents
types de droit (public, privé, constitutionnel, familial,...)
Décrire les différents acteurs du droit et expliquer,
succinctement, leurs rôles
Exemples de questions d’examen :
1. La jurisprudence consiste en :
a. Toutes les décisions des parlements
b. Toutes les décisions des cours
c. Tous les arrêtés royaux
d. Toutes les décisions du Ministère public
2. Le Ministère public condamne les auteurs d’infraction à des
peines de prison.
VRAI/FAUX
Justification :
3. Les règles supplétives n’ont aucune force obligatoire, on ne
doit jamais les respecter.
VRAI/FAUX
Justification :
4. J’ai créé, il y a quelques années, une société avec mon
associé. Nous ne sommes plus d’accord sur la suite de nos
activités et souhaiterions liquider la société. Nous hésitons
entre plusieurs procédures. Nous avons vu qu’une procédure
très facile se basait sur la fin de l’affectio societatis. Nous ne
savons pas très bien ce que cela signifie et la loi ne donne
aucune explication à ce sujet. Où pourrions-nous trouver des
informations concernant la notion d’affectio societatis en
dehors de la loi ?
Mon lexique :
- Obligation :
- Prérogative :
- Objectif :
- Subjectif :
- Ordre normatif :
- Principe de souveraineté :
- État fédéral :
- Entité fédérée :
- Abstraite :
- Supplétif :
- Nullité relative :
- Jurisprudence:
- Doctrine :
- Convention collective de travail:
Bibliographie
M. PÂQUES, Droit public élémentaire en quinze leçons, coll. De la
Faculté de droit de l’Université de Liège, Larcier,2005.
F. DEHOUSSE, Introduction au droit public, Ed. Collection
scientifique de la Faculté de Droit de Liège, 1995.
J.HANSENNE, Introduction au droit privé,Story Scientia,Kluwer,
1994.
Syllabus de Me Arnaud OLLIVIER « Partie 1 : introduction aux
concepts du droit et aux institutions », année 2022-2023.
www.vocabulairepolitique.be (Site du CRISP)
www.belgium.be (site du gouvernement fédéral)
https://questions-justice.be
Emission d’RTL TVI « Face au Juge »
Youtube – chaîne d’Alexiane WYNS