Protection Des Droits Des Enfants
Protection Des Droits Des Enfants
Au travers les lignes qui suivent, nous allons nous atteler en présenter en outre
comment ce concept a été pris en charge dans notre législation moderne et ainsi que son
application expérimentale par les nouvelles juridictions de l’enfant instituées par la loi du 19
janvier 2009.
Ce chapitre ne saurait être abordé qu'en donnant les notions générales sur l’enfant
et droits et types de protection de l’enfant organisés en Droit congolais
(section 1ère) et les organes chargés de la protection (section 2ème).
Dans cette section nous allons pouvoir donner les différentes définitions des concepts
relatifs à l’enfant
1
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
2
L'enfant: la loi de 2009 portant protections de l'enfant définit l'enfant comme étant
toute personne âgée de moins de 18 ans2.
L'enfant déplacé: l'enfant non accompagné de ses parents ou de son tuteur qui a
été contraint de quitter son milieu de vie suite à la guerre, aux catastrophes
naturelles ou à d'autres événements graves et s'est installé dans un autre endroit à
l'intérieur du pays où il réside3.
L'enfant réfugié : l'enfant qui a été contraint de fuir son pays en franchissant une
frontière internationale et qui demande le statut de réfugié ou toute autre forme de
protection internationale4.
L'enfant en situation difficile: l'enfant qui ne jouit pas de ses droits fondamentaux
et qui n'a pas accès aux services sociaux de base tels que la santé, le logement,
l'alimentation et l'éducation5.
L'enfant en situation exceptionnelle: l'enfant en situation de conflit armé, de
tension ou troubles civils, de catastrophes naturelles ou de dégradations sensibles
et prolongées des conditions socio-économiques6.
L'enfant vivant avec handicap physique ou morale: l'enfant se trouvant dans une
situation qui peut constituer un obstacle ou une difficulté à l'expression normale
de toutes ses facultés physiques ou morales, notamment les fonctions
intellectuelles et cognitives, le langage, la motricité et les performances sociales 7.
L'enfant séparé: l'enfant séparé de son père et de sa mère ou de la personne qui
exerçait sur lui l'autorité parentale. Notons qu'il n'est pas nécessairement séparé
d'autres membres de sa famille8.
L’enfant en conflit avec la loi: l’enfant âgé de quatorze à moins de dix-huit ans
qui commet un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale.9
L’enfant arrêté, détenue ou interné : c’est tout enfant ayant commis sur un
territoire une infraction au droit pénal ou s’est livré à des actes portant atteinte à la
sécurité puissance occupante.
2
Article 2 aliéna 1er de la loi portant protection de l’enfant
3
Article 2 aliéna 2ème de la loi portant protection de l’enfant
4
Article 2 aliéna 3ème de la loi portant protection de l’enfant
5
Article 2 aliéna 4ème de la loi portant protection de l’enfant
6
Article 2 aliéna 5ème de la loi portant protection de l’enfant
7
Article 2 aliéna 6ème de la loi portant protection de l’enfant
8
Article 2 aliéna 7ème de la loi portant protection de l’enfant
9
Article 2 aliéna 9ème de la loi portant protection de l'enfant.
3
La protection exceptionnelle
La protection exceptionnelle de l'enfant signifie réprimer l'enrôlement et l'utilisation
de l'enfant dans les forces et groupes armés ainsi que dans la police.
L'Etat doit tout faire en vue d'assurer la sortie de tous les enfants qui sont victimes de telles
pratiques. Il doit en plus assurer la réinsertion immédiate dans leurs familles ou communautés
ou encore les orienter vers les structures d'encadrement transitoire. Les enfants dont on n'a pas
encore retrouvé la famille ou dont la réunification n'est pas possible sont dirigés vers le milieu
alternatif de vie notamment familles d'accueil, foyers autonomes (individuels ou en groupes).
L'Etat est dans l'obligation de garantir l'éducation et les soins nécessaires aux enfants affectés
par les conflits armés, les tentions ou troubles civils, spécialement à ceux trouvés et non
4
identifiés par rapport à leur milieu familial. L'enfant déplacé par suite d'une catastrophe
naturelle doit aussi bénéficier de cette protection. 10
B. La protection juridique
La protection juridique de l'enfant signifie faire intervenir le droit pour protéger
l'enfant contre tout danger imminent ou réel qui le guette ou contre les influences mauvaises
de la société. La protection et l'encadrement de l'enfant ont intéressé l'autorité législative
depuis l'époque fort reculée à travers certains instruments juridiques, par nous fouillés.
Le pouvoir constituant élargie le domaine de protection de l'enfant en tenant compte
des abus sexuels, de la maltraitance et des effets de la guerre. En effet, conformément à
l'article 41 de la constitution, outre les droits reconnus à l'enfant de connaître les noms de ses
parents, de la jouissance, de la protection familiale, sociale et étatique, les trois derniers
alinéas disposent : « l'abandon et la maltraitance de l'enfant notamment la pédophilie, les abus
sexuels ainsi que l'accusation de sorcellerie sont prohibés et punis par la loi. Les parents ont le
devoir de prendre soin de leurs enfants et d'assurer leur protection contre tout acte de violence
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du foyer. Les pouvoirs publics ont l'obligation d'assurer une
protection aux enfants en situation difficile et déférer devant la justice les auteurs et les
complices des actes de violence à l'égard des enfants. Toutes les autres formes d'exploitation
d'enfants sont punies par la loi »11
SECTION 2. LES ORGANES CHARGES DE LA PROTECTION
DE L'ENFANT
Après avoir parcouru toutes les notions sur la protection de l'enfant, il nous parait
judicieux de dire un mot sur les organes chargés de cette protection.
Pour y parvenir, nous jetterons un coup d'œil sur le parlement et comité d'enfants
(§1), la brigade spéciale de protection de l'enfant (§2), ainsi que le corps des assistants
sociaux et le conseil national de l'enfant (§3).
§1. Le Parlement et le Comité d'Enfants
La brigade spéciale est une structure technique du ministère ayant les affaires
intérieures dans ces attributions. C'est ce dernier qui fixe l'organisation de la brigade spéciale
de protection de l'enfant.
Aux termes de l'article 77 du nouveau code de protection de l'enfant, la brigade
spéciale de protection de l'enfant relève du ministère ayant la police dans ces attributions. Elle
a comme mission de surveillance des enfants ainsi que la prévention générale.
§3. Le Corps des Assistants Sociaux et le Conseil National de l'Enfant
C’est une structure technique du ministère des affaires sociales. Cet organe est chargé
des enquêtes sociales sur les enfants, de la guidance psycho-sociale et de la réunification
familiale de ces derniers.
B. Le conseil national de l'enfant :
C’est un organe conseil du gouvernement qui relève du ministère ayant la
famille et l'enfant dans ses attributions. Conformément à l'article 2 du comité national de
l’enfant, cet organe a pour mission :
Veiller à la mise en œuvre de la politique nationale en matière
de protection de l'enfant ;
Servir l'organe conseil du gouvernement. Il est appelé à exercer
les fonctions ci-après :
Elaborer les indicateurs de suivi et évaluation du plan d'action
nationale pour l'enfant ;
Assurer le suivi et l'évaluation du plan d'action nationale ;
Présenter au gouvernement un rapport annuel sur la situation de l'enfant en RDC
Les droits de l’enfant sont des droits humains. Ils ont pour vocation de protéger
l’enfant en tant qu’être humain. Tout comme les droits de l’homme de manière
générale, les droits de l’enfant sont constitués de garanties fondamentales et de droits
humains essentiels. Spécifiquement adaptés à l’enfant, ils tiennent compte de sa
fragilité, de ses spécificités et des besoins propres à son âge.
6
Les droits de l’enfant sont regroupés en quatre principaux domaines. Il s’agit : (a) du
droit à la survie, (b) du droit à la participation, (c) du droit au développement et (d) du
droit à la protection.
Les droits de l’enfant sont regroupés en quatre principaux domaines. Il s’agit : (a) du
droit à la survie, (b) du droit à la participation, (c) du droit au développement et (d) du
droit à la protection.
1. Droit à la survie : il faut entendre ici l’ensemble des dispositions légales protégeant
l’enfant au point que lorsqu’elles ne sont pas respectées ou mises en mal, l’enfant risque
de mourir.
Pour tout enfant, le droit à la vie, c’est la chance de pouvoir vivre sa vie d’enfant
et avoir la possibilité de grandir, se développer et devenir adulte. Ce droit comporte deux
aspects essentiels : le droit d’avoir sa vie protégée dès la naissance et le droit de pouvoir
survivre et se développer convenablement.
12
Principales Caractéristiques du Scoutisme » - Document de la Stratégie,
(BMS, Genève, sept. 1998), pp. 4-5
7
Ce droit est inhérent à chaque personne. Dès sa naissance en effet, l’individu est
considéré comme un être vivant qui doit être protégé. Le caractère humain implique que la
dignité de la personne doit être respectée, ce qui passe, avant tout, par la protection de son
droit de vivre. Donc, dès la naissance, tous les enfants ont le droit d’avoir leur vie
protégée.
Le droit à la vie signifie aussi le droit de ne pas être tué. C’est l’interdiction
formelle de causer intentionnellement la mort d’une personne. Pour les enfants, ce droit
implique, d’une part, que les pays ne pratiquent pas la peine de mort pour les enfants
délinquants, mais également que les pays protègent efficacement la vie des enfants afin de
lutter et de condamner les actes d’infanticides.
Le droit à la vie de l’enfant passe aussi par la nécessité d’assurer aux enfants la
possibilité de grandir et de se développer dans un cadre favorable. Il est donc
nécessaire pour les enfants de pouvoir bénéficier des soins de santé appropriés, d’une
alimentation équilibrée, d’une éducation de bonne qualité, ainsi que de pouvoir vivre
dans un environnement sain.
L’enfant n’est pas un sous homme, il trouve sa place dans la communauté comme
l’adulte et a sa part dans le concert universel. Ce type de droit garantie à tout enfant la
possibilité de bénéficier de toute la considération possible comme tout humain. Dans cette
catégorie s’égrène en différents types de droit. Nous avons notamment :
le droit à la liberté qui comprend entre autre les libertés d’opinion (art. 7, LPE),
d’expression (art. 27, LPE), de circulation, de pensée, de conscience, de religion
(art. 26, LPE), le droit d’association et de réunion pacifique (art. 29, LPE) et le
droit à la vie privée (art. 30);
le droit à l’éducation et d’être scolarisé (art.38, LPE) ;
le droit d’être entendu sur les questions qui l’intéresse (art. 32, LPE) ;
le droit à l’identité par voie d’enregistrement à l’état-civil (art. 16, LPE;
le droit de garder des relations personnelles avec ses parents et les autres membres
de sa famille (art. 35, LPE) ;
le droit à la pension alimentaire (art. 25, LPE) et
notamment le droit aux activités sportives, culturelles, manuelles et récréatives (art. 44,
LPE).
et d’exploitation. Sous cette rubrique se regroupe toutes les dispositions qui créent un
cadre protecteur pour l’enfant. Ce sont : 13
Notons que certaines dispositions reviennent dans tous les quatre domaines ci-dessus dans
la mesure où les droits protégés se retrouvent compris dans ces domaines.
13
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
10
C'est la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant qui règlemente
actuellement le problème de la déviance juvénile. Cette loi abroge le décret du 06 décembre
1950 sur l'enfance.
Cette loi a créé une juridiction spécialisée dénommée '' tribunal pour enfants''
conformément à l'article 149, alinéa 5 de la constitution.
Le tribunal pour enfants est composé de la première instance et la chambre d'appel. Il
compte un ou plusieurs greffiers et est doté d'au moins un assistant social. Il est seul
compétent pour connaître des matières dans lesquelles se trouve impliqué l'enfant en conflit
avec la loi. Il connaît également des matières le rapprochant à l'identité, la capacité,
l'adoption et la parenté. 14
Le législateur de 2009 a prévu une procédure spéciale devant le tribunal pour enfants
et portant sur les matières suivantes : la saisine, des garanties procédurales, des mesures
préventives (mesures provisoires), l'instruction, la décision et l’exécution de la décision. De
même, il prévoit une procédure extra-judiciaire concernant l'enfant en conflit avec la loi, en
l'occurrence, la méditation.
Parmi les mesures provisoires susceptibles d'être prises à l'égard de l'enfant en conflit
avec la loi, on peut citer : le placement sous l'autorité des parents, le placement auprès d'un
couple de bonne moralité, d'une institution publique ou privée agréée à caractère social. Et des
décisions (mesures définitives) dont peut faire l'objet l'enfant en conflit avec la loi sont les
suivantes : la réprimande et la remise aux parents, le placement dans une institution privée
agréée, dans une institution publique à caractère social, dans un établissement de garde et
d'éducation de l'État ou dans un établissement de rééducation de l'État.
§2. Institution
L'article 84 de la loi portant protection de l'enfant dispose qu'il est créé, dans chaque
territoire et dans chaque ville, une juridiction spécialisée dénommée tribunal pour enfants
14
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
11
Il ressort de l'exposé des motifs de la loi portant protection de l'enfant que la condition
de l'enfant en raison de sa vulnérabilité, de sa dépendance par rapport au milieu, de son
manque de maturité physique, intellectuelle et émotionnelle nécessitent de soins spéciaux et
une protection particulière.
Le décret n° 11/01 du 05 janvier 2011 fixe les sièges ordinaires et ressorts des
tribunaux pour enfants dont celui de Lubumbashi.
Le tribunal pour enfants de Lubumbashi n'a commencé à fonctionner effectivement
que le 21avril 2011.
Le tribunal pour enfants est composé de deux chambres. Il est, pour son
fonctionnement doté, des magistrats, des greffiers et des assistants sociaux.
Chambre
Le tribunal pour enfants est composé de la première instance et de la chambre d'appel
Les deux chambres sont indépendantes l'une de l'autre quant à leur fonctionnement.22
Magistrats
Le tribunal pour enfants est composé, d'un président et des juges, tous affectés par le
Conseil Supérieur de la Magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et
manifestants de l'intérêt dans le domaine de l'enfance.22
Ces juges sont nommés par le chef de l'État sur proposition du Conseil Supérieur de la
Magistrature.
En cas d'absence ou d'empêchement, le président est remplacé par le juge le plus
ancien d'après l'ordre de nomination.
Greffiers
Le greffier titulaire coordonne les activités des adjoints et des autres agents de l'ordre
judiciaire œuvrant au sein de son greffe.
Ainsi, c'est à lui que revient la tâche de distribuer le travail de vérifier si chacun
s'acquitte correctement de ses responsabilités et d'assurer la discipline.
Il repartit les adjoints entre les chambres et désigne un greffier responsable de chaque
chambre.
A l'audience, le rôle du greffier est de rédiger les procès-verbaux d'audience qu'il signe
conjointement avec le juge.
En dehors de l'audience, il assure l'enrôlement des affaires ainsi que la bonne
conservation des documents administratifs.
12
Assistants sociaux
Un assistant social est agent de l'État ou d'un organisme agréé, spécialisé dans la
résolution des problèmes liés aux relations humaines afin d'améliorer le bien-être général.
Assistants Il est chargé des enquêtes sociales sur l'enfant, de la guidance
psychosocial et de la réunification familiale de ces derniers
L'article 92 prescrit que le tribunal pour enfants doit être doté d'au moins un assistant
social affecté par les services provinciaux ayant les affaires sociales dans leurs attributions.
L'assistant social intervient à plusieurs étapes de la procédure en matière de
justice pour enfants. Il est habilité à :
Saisir le tribunal pour enfants (article 102.5 de la loi portant protection de l’enfant) ;
Mener l'enquête sociale sur les enfants en conflit avec la loi (article 109 de la loi portant
protection de l’enfant) ;
Assister en cas de besoin à l'interrogatoire de l'enfant (article 104.8 de la loi portant protection
de l’enfant) ;
SECTION 5. DE LA COMPETENCE DU TRIBUNAL POUR ENFANTS
Cette matière est régie par les articles 94 à 101 de la loi portant protection de
l'enfant, lesquels déterminent la compétence personnelle, la compétence matérielle, la
compétence territoriale du tribunal pour enfants.
C'est ainsi que le tribunal pour enfants est toujours compétent à l'égard de l'enfant,
quel que soit le fait que le demandeur ou le défenseur soit un adulte pourvu que la personne
faisant l'objet de procédures soit un enfant, c'est a dire une personne âgée de moins de dix-huit
ans.
§ 1. Compétence Personnelle
Le principe est que le tribunal pour enfants n'est compétent qu'à l'égard des
personnes âgées de moins de dix-huit ans, ce ressort même de l'article 94 de la loi portant
protection de enfant.
Mais il faut dire que cette compétence personnelle est limitée par l'âge des
enfants de moins de 14 ans lesquels au regard de l'article 95 de la loi portant protection de
l'enfant, jouissent de la présomption irréfragable d'irresponsabilité.
Ces enfants âgés de moins de 14 ans même ayant commis un manquement,
ne peuvent être désignés sous le vocable « enfant en conflit avec la loi », mais plutôt «
enfant en cause ».
13
§2 : Compétence Matérielle
d'infraction par la loi pénale. Il y'a une différence à ce niveau, entre cette juridiction
spécialisée et les autres juridictions de droit commun dont la compétence matérielle est
déterminée par rapport aux taux des peines prévues pour chaque infraction.
consacré à l'article 1 du code pénal livre 1, traduit par le Maxime : « Nullum crimen Nulla
Les manquements doivent être prévus par des textes légaux en vigueur dans
matière civile.
§3 : Compétence Territoriale
L'article 102 de la loi portant protection de l'enfant prévoit sept modes de saisine
du tribunal pour enfants à savoir:
En effet, il n'y a pas d'instruction pré-juridictionnelle dans les dossiers des enfants
en conflit avec la loi.
Une fois ces éléments réunis dans le procès-verbal, le ministère public adresse au
président du tribunal pour enfants une lettre par laquelle il lui transmet le dossier du mineur
pour disposition. En d'autres termes, la lettre du ministre public ne devrait pas consister en
une requête aux fins de fixation d'audience. Le ministère public ne prend aucune décision en
l'endroit de l'enfant.
B. La requête de l'officier de police judiciaire
L'officier de police judiciaire peut directement saisir le tribunal pour enfants. Il
adressera à celui-ci une lettre dans les mêmes conditions que le ministère public, après avoir
identifié l'enfant, déterminé les faits répréhensibles qui lui sont reprochés et informé la
personne qui exerce l'autorité parentale où qui a la garde de l'enfant. Il n'y a pas de décision à
prendre sur le fond du dossier.
Et donc, comme l'officier de police judiciaire exercice ses attributions sous le
contrôle du ministère public, l'officier de police judiciaire réservera une copie de sa requête à
l'officier du ministère public dont il dépend.
C. La requête de la victime
Lorsque le manquement qualifié d'infraction commise par un enfant a porté
préjudice à une tierce personne, celui-ci à la possibilité de saisir directement le tribunal pour
enfants compétent aux fins d'obtenir réparation sur base de l'article 119 de la loi portant
protection de l'enfant et de disposition de l'article 260 du Code civil congolais.
15
Cependant devant le silence de la loi, nous pensons qu'il s'agit de tout assistant
social de la résidence habituelle de l'enfant, de ses parents ou tuteurs, du lieu où il aurait été
trouvé, et ce conformément à l'article 104 de la loi organique nº 13/011-B du 13 avril 2013
portant organisation fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire.
Le juge des enfants qui a connaissance des faits répréhensibles commis par un
enfant, soit en tant que témoin oculaire soit informé par des tiers, peut de sa propre initiative
§ 3. De l'instruction
Ici, notre étude va se focaliser sur les spécificités de la procédure devant le juge
pour enfants prévu aux articles 110 à 112 de la loi portant protection de l'enfant.
17
Aux fins de l'instruction de la cause, le juge peut à tout moment convoquer l'enfant
et les personnes qui exercent sur lui l'autorité parentale.
Le juge pour enfants décrété le huis clos, tout au long de la procédure. Le huis clos
est une expression consacrée signifiant < toutes portes fermées> utiliser pour désigner soit
l'audience à laquelle le public n'est pas admis par exception au principe de la publicité de
débats soit la décision prise par le juge de ne pas admettre le public. Ne peuvent participer à
l'audience de huis clos devant le juge pour enfants que les personnes concernées dans la cause
pendante devant le juge où convoquer par ce dernier.
Dans l'intérêt de l'enfant, le juge peut décider du Déroulement des plaidoiries hors
la présence de l’enfant.
Le juge pour enfants, avant de statuer sur le fond, prendre par voie d’ordonnance
l’une des mesures provisoires prévues à l’article 106 de la loi portant protection de l’enfant.
Avant de prendre des mesures définitives le juge des enfants peut prendre au cours
de l’enquête des mesures provisoires.
Au cours de l’instruction, le juge des enfants prendre par voie d’ordonnance l’une
des mesures provisoires suivantes:
Le choix par le juge pour enfants des mesures provisoires privilégie autant que
possible le maintien de l’enfant dans un environnement familial. Le placement dans une
institution publique ou privée agréée à caractère social ne peut être envisage que comme une
mesure de dernier recours. L’assistant social assure le suivi des mesures provisoires prises par
le juge.
Le juge informe immédiatement ou si ce n’est pas possible dans le plus bref délai;
les parents, le tuteur ou la personne qui en a la garde et d’éducation de l’Etat.
Si les mesures prévues à l’article 106 ne peuvent être prises par ce que l’enfant est
présumé dangereux et qu’aucun couple ou aucune institution n’est en mesure de l’accueillir,
l’enfant peut être placé dans un établissement de garde et d’éducation de l’Etat pour une durée
ne dépassant pas deux moi.
A sa dix-huitième année d’âge, l’Intéressé devra être séparé des enfants, au sein
du même établissement de garde et d’éducation d’Etat sur décision du juge, à la demande de
l’autorité de l’établissement de garde.
L’enfant qui n’a pas fait l’objet de placement dans l’une des hypothèses prévues
aux articles 113 à 117 de la loi portant protection pour l’enfant ou dont le placement a été levé
est, soumis, jusqu’à sa dix-huitième année d’âge au régime de la liberté surveillée.
20
A cet effet, le juge visite le lieu de placement de l’enfant, il statue sur la demande
de révision dans les huit jours qui suivent sa saisine.
Et donc, les décisions même définitives prises par le juge, qu’elles aient fait ou non
l’objet d’appel, ne dessaisissent pas le juge, qui doit constamment revoir les mesures prises au
bout d’un certain temps dans l’intérêt de l’enfant.
Selon l’article 123 de la loi portant protection de l’enfant, les décisions du juge
A. De l’opposition
Il faut rappeler que le tribunal pour enfants siège à juge unique, et toujours avec le
concours du ministère public et que la procédure par défaut n’est pas admise à l’égard de
l’enfant. Donc l’opposition est exclue pour le ministère public et l’enfant concerné.
21
L’opposition est dès lors ouverte à toutes les autres parties notamment les parents
ou les personnes qui exercent l’autorité parentale et les victimes du fait Infractionnel, ces
Cette opposition est formée par la déclaration actée au greffe du tribunal qui a
B. De l’appel
L’appel est souvent au ministère public ainsi qu’à toutes les parties à la cause,
en occurrence: les parents, les tuteurs ou les personnes qui ont la garde de l’enfant et la
victime.
L’appel est formé par déclaration actée soit au greffe du tribunal qui a
rendu la décision soit au greffe de la chambre d’appel dans 10 jours à dater du jour ou
Par ailleurs, des frais de justice sont mis à la charge de civilement responsables ; et
il en est de même de dommages-intérêts.
exécutoire sur minute, dès le prononcé en ce qui concerne la mesure prise à l’endroit de
l’enfant ».
Et l’article 129 de la loi près citée enchaine que le juge veille à l’exécution de
toutes les mesures qu’il a prises à l’égard de l’enfant, il est aidé par l’assistant social
territorialement compétent.
D’où il convient de passe en revue les rôles de ces différents intervenants avant de
passe à l’exécution effective desdites mesures.
A. Le juge
Conformément à l’article 129 LPE, le juge veille à l’exécution des mesures prises,
et en assure leur suivi.
B. L’assistant social
L’assistant social jouit des prérogatives très étendue dans l’exécution des décisions
rendues par le juge pour enfant.
A l’égard du juge, il vient en appui dans toutes les décisions
qu’il prend envers l’enfant ;
A l’égard de l’enfant, son rôle consiste à prendre des mesures
d’accompagnement visant la garde de l’ordre public et la sécurité de l’enfant en
tenant compte de la réparation du préjudice causé16.
C. Le ministère public
Le ministère public peut faire révise les mesures prises à l’égard de l’enfant
(article 125 LPE).
15
L’article 125 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant
16
L’article 96 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant
23
Signalons que la LPE n’a pas fixé l’organisation et le fonctionnement de toutes les
institutions. Seul l’établissement de garder et d’éducation de l’état continue à être régi par
l’ordonnance n°13/140 du 23 avril 1954.
Concernant le placement de l’enfant en conflit avec la loi dans une prison, la LPE
reste muette alors que dans la pratique, les enfants continuent à être placés dans les quartiers
spéciaux des prisons.
17
L’article 130 alinéa 1 de la même loi
24
Cependant nous soulignons qu’elle vise a protéger les personnes et leurs biens,
de maintenir et de rétablir l’ordre public ainsi que d’assurer la protection rapprochée des
hautes autorités. La surveillance connue du territoire national en vue de faire respecter les
lois et les règlements de la république constitue l’essence même de sa mission.
Les missions ordinaires sont celles qui s’opèrent journellement ou à des époques
déterminées, sans qu’il soit besoin d’aucun réquisition de la part des autorités.
Les missions extraordinaires sont celles dont l’exécution n’a lieu qu’en vertu
des réquisitions ou de demande de concours.
Dans le cadre des missions spéciales, des effectifs de la police nationale peuvent être
détachés auprès des Organismes spécialités en la matière.
Les agents de la police nationale, même isolés, sont qualifiés pour intervenir et
agir à tout moment pour l’accomplissement des missions qui leur sont assignées.
Néanmoins, ils doivent prouver leur qualité d’agent de la police nationale. 19
Tout agent de la police nationale peut, lorsqu’il est attaqué dans l’exercice de sa
mission, requérir l’assistance des personnes présentes sur les lieux. Ces personnes sont
18
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et
fonctionnement de la police nationale congolaise Art6.
19
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police nationale
congolaise a son Art 7.
26
Lorsque les violences ou voies de fait sont exercées contre eux-mêmes ou contre autrui.
Sans préjudice des dispositions de l’alinéa 1er du présent article, les agents de
la police nationale peuvent, lorsqu’ils sont chargés, dans l’exercice de leurs fonctions, de
disperser les attroupements ou de réprimer des émeutes, faire usage, en cas d’absolue
nécessité, d’armes blanches sans réquisition préalable; mais ils ne peuvent faire usage
d’armes à feu que sur réquisition préalable de l’autorité légalement responsable du
maintien de l’ordre.
Avant tout usage d’arme à feu, cette autorité fera trois sommations formulées
dans les termes suivants:
«Obéissance à la Loi;
20
Art 13 du DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police
nationale congolaise
27
Elle recherche les personnes dont l’arrestation a été légalement ordonnée et les
met à la disposition de l’autorité compétente. Elle agit de même pour les objets dont la
saisie est prescrite.
En brousse. Ces différents services sont organisés de telle manière que tous les
lieux placés sous leur couverture soient régulièrement surveillés.
c. infractions qui, soit par leurs fréquences, soit par les circonstances dans
lesquelles elles se sont produites, soit encore par la qualité des personnes en cause, ont
suscité de l’émotion, le l’inquiétude dans les régions ou nécessitent des mesures spéciales,
telles que les faits de banditisme, les attentats contre les fonctionnaires publics;
28
21
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police nationale
congolaise
29
Les enfants de la rue ont également commencé à rôder aux alentours des
universités, mendiant de la nourriture ou de l'argent en échange de travaux domestiques
Au cours des trantes cinq dernières années, de nombreux facteurs socio-économiques,
complexes et étroitement liés, ont conduit à une explosion du nombre d'enfants de la rue
en RDC. Ces facteurs sont notamment mais pas exclusivement: la guerre civile, qui a fait
un nombre incalculable d'orphelins et d'enfants abandonnés; l'énorme quantité de
personnes déplacées; une nette détérioration des services publics essentiels, qui a entraîné
un accroissement de la pauvreté et du chômage; une urbanisation rapide et le
démantèlement des structures traditionnelles de soutien que procurait la famille étendue
en Afrique; la difficulté pour certaines femmes de prendre en charge une famille
monoparentale et de certains enfants plus âgés d'assumer en tant que chefs de famille;
l'impact du VIH/SIDA sur la société; et l'impossibilité pour les parents ou les tuteurs de
payer les frais de scolarité et autres frais connexes. Bien que leur nombre exact demeure
inconnu.
Les nombreux adultes et enfants vivant dans les rues des villes partout dans le
pays constituent une sous-classe urbaine croissante, avec ses propres dirigeants adultes
qui exercent un contrôle étroit sur de grands groupes, parfois concurrents, de gens de la
rue, et avec un langage propre, qui comprend des termes et un lexique qui ne sont utilisés
que par elle.
30
Dans la rue, leur situation est précaire. Les enfants de la rue vivent dans la
saleté et l'insécurité totale. Ils n'ont pas de droits et n'ont pas accès à l'éducation, aux soins
de santé ou à la sécurité. Ils sont victimes de différents types de violence ils sont battus et
reçoivent des coups de pied, ils sont victimes de violence sexuelle, tant les garçons que les
filles, et ils sont confrontés au risque d'exploitation économique. Les bandits et les gangs,
la police et l'armée usent et abusent de ces enfants. Les filles sont particulièrement
exposées au viol et aux agressions sexuelles des militaires et des sentinelles qui gardent
les bureaux et les bâtiments la nuit.
Certains policiers aident à réinsérer les enfants de la rue dans leur famille et les
protègent de la violence des adultes. Logiquement la Police et ces agents, dans la
Protection des Enfants doivent jouai un rôle positif (voir plus loin). Mais de nombreux
enfants de la rue vivent dans la crainte des forces qui sont censées les protéger, eux et tous
les autres civils. Des membres de la police ordinaire, de la police militaire et de l'armée
les menacent, les volent, les battent et les harcèlent pendant la journée ainsi que la nuit
lorsqu'ils dorment. Menacés d'être arrêtés et emprisonnés, les enfants sont forcés de
remettre leur argent ou des biens matériels à des hommes en uniforme.
Pire encore, les policiers recrutent des enfants pour voler et piller et en
échange, ils reçoivent une partie du butin ou une petite somme d'argent. 22 Plus
généralement, la police utilise les enfants de la rue pour les aider dans des coups montés,
pour assurer la surveillance sur les lieux d'un cambriolage ou pour servir d'appâts. Les
enfants sont aussi forcés de fournir des informations sur d'autres enfants de la rue ou
d'autres personnes soupçonnées de délits. Les enfants qui effectuent ces tâches pour la
police risquent d'être emprisonnés ou d'être battus s'ils n'obtempèrent pas.
22
Entretiens de human Rights watch, Goma, 13-15 septembre 2005, Lubumbashi, 16-18 septembre, Mbuji
mayi, 21-22 septembre 2005
31
finissaient par parler des viols et des violences sexuelles qu'elles subissaient dans la rue
mais il fallait du temps et de l'aide. Beaucoup ressentent de la honte à décrire les
circonstances des violences sexuelles subies et elles ne donnent pas le nom des policiers
ou des soldats coupables de ces actes, soit parce qu'elles ne connaissant pas les auteurs,
soit parce qu'elles craignent des représailles, ou les deux. Selon ces conseillères, les filles
qui se trouvent à leur centre, dont certaines ont à peine dix ans, parlent régulièrement de
soldats, de policiers et d'hommes en uniforme qui violent les filles de la rue, leur
réclament des rapports sexuels en échange de leur protection ou de leur libération
lorsqu'elles sont en garde à vue, ou ils leur offrent un peu d'argent pour avoir des relations
sexuelles avec elles.23
Les études réalisées à propos des abus sexuels commis sur les filles et les
femmes en RDC étayent ce constat. L'une de ces études, menée à Lubumbashi en 2003, a
révélé que les cinquante filles de la rue interrogées avaient dénoncé des violences
sexuelles. Elles ont désigné des soldats et des policiers entre autres responsables des viols.
L'auteur de l'étude en concluait que les filles vivant dans la rue jouissaient de peu de
protection ou de recours face aux abus et que les auteurs de ces viols tiraient profit de leur
vulnérabilité.25 Une autre étude effectuée dans l'Est de la RDC mentionnait de nombreux
23
Entretiens de human Rights watch, avec Emmenuel, centre pour enfant de la rue, Goma, 14 septembre
2005
24
Entretiens de human Rights watch, avec Mm kabera Mujijima bora, Lubumbashi, 16 septembre 2005
25
Bashizi Mulangala, le resultats de l’enquete sur les abus et violences sexuelles a lubumbashi, mars 2003,
p. 4 voir aussi Mulangala, exploitation sexuelles des enfants et des femmes a lubumbashi, Mythe ou realié ?
2004, p .3
32
exemples de viol et autres actes de violence sexuelle perpétrés par des soldats et des
policiers à Goma et dans d'autres villes de l'Est.26
Les enfants de la rue qui sont ramassés lors d'opérations de police ou qui sont
accusés de délits peuvent être forcés d'effectuer des travaux pendant leur détention:
certaines rafles semblent même être menées dans le but délibéré d'obtenir de la main
d'œuvre gratuite pour des tâches de domestiques. Par exemple, les enfants disent qu'ils
sont souvent forcés de creuser des latrines et de nettoyer les cellules lorsqu'ils sont
détenus dans les postes de police. Un garçon qui passait son temps à l’époque au rond-
point de l'Etoile à Mbuji-Mayi nous a raconté qu'en août 2005, lui et ses amis avaient été
emmenés par la police et obligés de creuser des latrines à la prison centrale. Selon lui, dix-
huit garçons de dix à dix-sept ans ont été attachés, emmenés à pied jusqu'à la prison et
forcés de creuser trois fosses pour les latrines, travail qui leur a pris toute la journée. A la
fin de la journée, le commandant de la police leur a donné à chacun 200 francs congolais
(0,40$) pour qu'ils s'achètent du savon pour se laver.
Les enfants de la rue sont également recrutés pour aider la police à recueillir
des informations et pour participer à des opérations policières. C’est par exemple René,
qui vivait au Kasaï Oriental, nous expliquant qu'au début du mois de septembre 2005,
deux enfants de la rue volaient de la nourriture la nuit dans un entrepôt. La police
soupçonnait les enfants du quartier et en a interrogé beaucoup à propos de l'incident. René
dit avoir été recruté pour se promener aux alentours de l'entrepôt et alerter la police la
prochaine fois que les garçons tenteraient de cambrioler l'entrepôt. En échange de sa
coopération, on lui avait promis 1.000 francs congolais (2$) mais il n'a jamais reçu
l'argent. Selon René, “il n'y a pas moyen de refuser ce travail; si nous refusons, nous
pouvons être accusés et arrêtés.”27
Pire encore, des policiers et des soldats utilisent des enfants de la rue pour
dévaliser et voler les civils. En échange de leur assistance dans des activités illégales, les
enfants peuvent recevoir une part du butin et peut-être aussi être protégés par certains
policiers. Selon des membres du personnel d'une organisation pour enfants de la rue de
26
Entretiens de human Rights watch, the war within the war, sexual violence Against women and girls in
Eastern congo(New york ; human Rights watch, 2002) , pp 52-63, ( EN ligne) http ://www.Hrw.
ORG/2002/drc
27
Entretien de human rights watch avec René, Mbuji-mayi, 25 septembre 2005
33
Lubumbashi, plusieurs cas leur ont été rapportés au début de l'année 2005 concernant des
enfants de la commune de Kenya qui étaient utilisés par la police pour monter la garde et
faire le guet lorsque la police pénétrait dans des magasins et volait des marchandises. Ils
ont indiqué que ces enfants recevaient une partie des marchandises volées ou un peu
d'argent de la police après ces vols.28
Les forces de police opèrent des rafles et emprisonnent des groupes d'enfants de
la rue lorsque des délits sont commis dans les quartiers où l'on sait qu'ils se rassemblent.
Ces rafles arrivent surtout lorsque les victimes du délit ont des liens avec les personnes au
pouvoir ou lorsque des sommes d'argent considérables sont volées. A d'autres occasions,
des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur ou des conseils de sécurité urbains
ordonnent des rafles générales d'enfants de la rue pour nettoyer les quartiers de leur
présence. Lorsqu'ils sont arrêtés dans ces circonstances, les enfants ne sont pas inculpés
de délits; les rafles sont opérées en vertu d'une loi datant de l'époque coloniale qui
assimile le vagabondage ou la mendicité des enfants à un délit. 30 Aux termes de la loi, les
enfants doivent comparaître devant un juge qui tentera de les réinsérer dans leur famille
ou les placera dans des institutions privées ou publiques.
La plupart des enfants de la rue qui sont arrêtés sont simplement remis à la rue
après plusieurs jours. Même dans les quelques cas où les enfants sont déférés devant un
juge, souvent aucun membre de la famille capable d'assumer la responsabilité de l'enfant
ne peut être identifié et il ne se trouve souvent aucune institution de l'Etat qui convienne
pour placer l'enfant. Le juge relâche simplement l'enfant dans les rues
28
Entretien de human rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue,
Lubumbashi, 16 septembre 2005
29
Entretiens de human rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue, Mbuji-
mayi 21-22 septembre 2005.
30
Decret du 6 decembre 1950 relatif a l’enfence delinquente, completé par l’ordonnance Loi n°78/016 du 4
juillet 1978, Art 1ér Dans la plupart des cas, les enfants de la rue ne sont pas arretés et inculpés du delit
vagabondage L’existence de cette loi fournit plutôt aux autorités un pretexte pour arreter et emprisonner des
enfants de la rue a l’occasion de rafles
34
Un enfant de la rue a été arrêté et par la suite il a dit à la police que j'étais parmi
les garçons qui avaient volé un sac de chaussures dans la chambre d'un mineur. On a été
arrêtés à dix le même jour. On nous a frappés sur les pieds et le derrière avec du bambou.
D'autres ont reçu des coups sur les pieds avec des morceaux de caoutchouc appelés
‘boyo.’ La police a fait cela pendant l'interrogatoire mais aucun de nous n'était au courant
du vol. A la fin, nous avons été relâchés.
31
Entretien de human Rights watch avec
32
35
Les enfants de la rue sont souvent les premiers à être soupçonnés lorsque de
l'argent ou des biens sont volés dans un quartier où ils se rassemblent. La police emmène
des groupes d'enfants de la rue soupçonnés de délits et les maintiens en détention aux fins
d'une enquête. Dans certains cas, les policiers battent les enfants pendant les
interrogatoires pour arracher des informations ou des aveux à propos d'un délit et ensuite,
ils réclament de l'argent en échange de leur libération. Selon quelques enfants interrogés
pour le présent travail. Raphael, un orphelin de Lubumbashi, nous a raconté qu'en 2018,
la police avait effectué une rafle et emmené des enfants de la rue qui passaient du temps
sur tunnel parce que 150$ avaient été volés à un marchand. 12 enfants ont été arrêtés,
interrogés et, dans le cas de ceux qui ne pouvaient pas payer de pot-de-vin, incarcérés
trois jours au poste de police près du marché. pendant l'interrogatoire, la police l'avait
frappé dans le dos et sur le derrière avec un bâton. 36 Pierre, de Lubumbashi, est parti de
chez lui parce qu'il espérait que la vie serait meilleure dans la rue il n'avait pas assez à
33
Entretiens de human Rights watch, avec raphael, Game 13 septembre 2005
34
Entretiens de PAUL kadima alexis , avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
35
Entretiens de Paul kadima alexis avec israel, sur marché rail le 12 juin 2024
36
Entretiens de PAUL kadima alexis, avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
36
manger à la maison et il ne pouvait pas aller à l'école parce que sa mère n'était pas en
mesure de lui payer l'enseignement primaire. Il a dit qu'un jour au début de 2019, il avait
été arrêté parce qu'il jouait sur une place avec d'autres gamins de la rue. La police lui a
réclamé 55000 francs congolais en échange d'une libération immédiate. Il n'avait pas cet
argent et a été mis au cachot pendant plusieurs jours. Selon Pierre, les policiers lui ont
donné des coups de pied pendant sa détention.37
Rébecca, dix-sept ans, nous a raconté qu'en 2005, “quelques enfants volaient sur
le marché et la police a arrêté tout un groupe de gosses de la rue dans le quartier. Il y avait
une vingtaine d'enfants dans une petite salle du poste. On nous a fouettés sur le derrière
avec une corde en plastique. Les enfants pleuraient et criaient. Mes amis ont payé 40000
francs aux policiers pour qu'ils arrêtent.”39
d'effectuer des travaux pour eux en échange d'une somme raisonnable. Mais d'autres tirent
profit d'eux, les payant moins que des adultes car ils savent que ces enfants n'ont guère le
choix.
Certains conseillers psychologiques qui travaillent avec des enfants nous ont
expliqué que ces derniers pouvaient facilement être exploités, par exemple en acceptant
des travaux que les adultes refusent ou en portant de lourdes charges moyennant des
sommes inférieures à celles que les adultes recevraient normalement. Ils ont mis en
lumière la vulnérabilité des enfants de la rue, donnant l'exemple d'enfants qui avaient été
piégés par une femme qui vendait de la marijuana. Après en avoir vendu un peu à
quelques garçons, elle avait ensuite menacé de les dénoncer s'ils n'acceptaient pas d'en
vendre pour elle. Ils ont commencé à vendre de la marijuana en ville et quelques-uns ont
été arrêtés par la suite.40
Nicolas nous a dit être partir de chez sa tante lorsque les violences lui sont
devenues insupportables. Il a trouvé du travail dans un restaurant; il nettoyait et balayait,
allait chercher de l'eau et transportait les bacs de bière du distributeur au restaurant et
inversement. En échange de son travail, il était autorisé à dormir par terre dans le
restaurant la nuit et il était nourri pendant la journée. Nicolas a volé de l'argent à son
patron et a quitté le restaurant après quelques mois. Il avait dix ans à l'époque.41
Les enfants de la rue qui vivent dans des zones urbaines situées à proximité des mines se
livrent à des activités minières illégales; ils cherchent des diamants, cobalt, cuivre et
autres pierres précieuses et aident à d'autres travaux liés à la mine. Bien que la loi
congolaise interdise l'utilisation d'enfants dans les mines, dans la pratique, des milliers
d'enfants, dont des enfants de la rue, se livrent à des activités minières. Ils peuvent par
exemple être envoyés dans de petites galeries et creuser pour y trouver des pierres
précieuses. D'autres sont chargés de laver les graviers et de filtrer les pierres précieuses.
D'autres encore sont employés pour peser, vendre et pour d'autres activités autour des
comptoirs de vente.
40
Entretien de human Rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue, goma,
13 septembre 2005
41
Entretien de human Rights watch avec Nicolas, onze ans, lubumbashi, 17 septembre 2005
38
Plusieurs enfants de la rue que nous avons interrogés se livrent à des activités minières.
Deux garçons qui vivaient à Mbuji-Mayi nous ont expliqué qu'ils lavaient souvent les
graviers apportés par les chercheurs de diamants pour trouver des fragments de diamant
ou des pierres. Un autre garçon âgé de douze ans, Mathieu, a travaillé quelque temps avec
une équipe d'adultes, cherchant illégalement des diamants dans une concession à Mbuji-
Mayi. La tâche de Mathieu était de passer au tamis les graviers qui étaient recueillis. Il
nous a confié, “Ce travail était très fatigant. J'avais mal au dos à devoir me pencher toute
la journée pour filtrer les cailloux et chercher des pierres précieuses. J'avais tout le temps
peur de me faire repérer et tuer par les gardes.” Un jour, des membres des milices
chargées de la sécurité à la mine ont découvert le groupe dans la concession et ont
commencé à tirer sur eux. Mathieu s'en est sorti indemne mais il a perdu son tamis alors
qu'il s'enfuyait et après cela, il a abandonné son travail à la mine.42
§1 CAS PRATIQUES
J'ai eu des problèmes avec la police. Il y avait eu un vol d'huile de cuisine à l'usine près du
marché. Je ne sais pas qui était impliqué. Mais la police était là et elle nous a emmenés au
poste de police sur le marché. On m'a frappé sur les pieds avec un grand bâton utilisé pour
faire du foufou (repas de maïs ou de farine de manioc). Pendant qu'ils me battaient, j'avais
les chevilles et les bras attachés. Les autres garçons ont donné un peu d'argent à la police
et ils ont été relâchés immédiatement. Moi, j'ai passé plusieurs jours au poste.43
Rébecca, dix-sept ans, nous a raconté qu'en 2005, “quelques enfants volaient sur le
marché et la police a arrêté tout un groupe de gosses de la rue dans le quartier. Il y avait
une vingtaine d'enfants dans une petite salle du poste. On nous a fouettés sur le derrière
avec une corde en plastique. Les enfants pleuraient et criaient. Mes amis ont payé 400
francs (0,80$) aux policiers pour qu'ils arrêtent. J'ai été libérée ce jour-là.”44
§2 CRIRIQUES ET SUGGESSIONS
42
43
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC, avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
44
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC , avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
39
A. CRITIQUES
Il ne suffit pas seulement de donner des avis contraires en ce qui concerne la critique il faut
être mettre en revis de la lumière. Critiquer signifie aussi être en désaccord ce par la, au
terme de la protection de l’enfant et de la formation professionnel des policiers en RDC
constatons, en déficit barbare, il est constaté dans plusieurs villes du pays un désespoir de voir
une police professionnelle.
Dans la ville de Lubumbashi nous remarquons que certains policier sont collaborateurs de
certains enfants de la rue et les envoient a volé de l’argent c’est le cas au centre-ville de
Lubumbashi les junafec peuvent voler l’argent d’un marchand sous la vue d’un agent de
police sans réaction confinée de la part de ce dernier.
Mais aussi certains policier maltraite les enfants et les exploitants a leurs fins. C’est le cas de
tribunaux pour enfants dont certains juges ont du mal a inséré les enfants dans les centres quel
que décréter par la loi cadre de 2009
B. SUGGESSION
Sans être imprécis, les institutions a la matière en RDC sont très et bel bien la,
mais la grande difficulté est la mise en applications de dispositions qui fait défaut.
Que dire ? La RDC doit renforcer des dispositions de recrutements des agents de
polices pour éviter les rafles dans le service. Veiller à la création de centres publics pour
l’insertion des enfants dans le cadre familial