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Protection Des Droits Des Enfants

Protection des droits des enfants

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1

CHAPITRE Ier: APERÇU GÉNÉRAL SUR LA PROTECTION DE


L'ENFANT

On ne peut traiter les questions des interactions des enfants de la


rue avec les agents de la police sans faire état de l’organisation de la justice pour enfants
en RD-Congo, ni parler de cette justice sans présenter les mécanismes de protection de
l’enfant. Ceci ne se peut non plus sans présenter l’enfant et ses droits.1

Dans un sursaut remarquable, le constituant de la III ème République a consacré pas


moins de cinq articles aux droits et à la protection de l'enfant. Il s'agit des articles 40, 41
alinéa 1er, 2ième et 7ième, articles 42, 43 et 45 alinéa 3 de la constitution. En même temps, il est
prévu à l'article 123 point 16 de la constitution, que la loi détermine les principes
fondamentaux concernant la protection des groupes vulnérables, dont celui-ci font partie les
enfants.

Au travers les lignes qui suivent, nous allons nous atteler en présenter en outre
comment ce concept a été pris en charge dans notre législation moderne et ainsi que son
application expérimentale par les nouvelles juridictions de l’enfant instituées par la loi du 19
janvier 2009.

Ce chapitre ne saurait être abordé qu'en donnant les notions générales sur l’enfant
et droits et types de protection de l’enfant organisés en Droit congolais
(section 1ère) et les organes chargés de la protection (section 2ème).

SECTION l. NOTIONS GENERALES SUR L’ENFANT

Dans cette section nous allons pouvoir donner les différentes définitions des concepts
relatifs à l’enfant

§1. Définitions des concepts

Dans ce paragraphe, il sera question de donner les définitions des concepts


relatifs à enfant tel qu'entendu par le législateur Congolais.

1
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
2

 L'enfant: la loi de 2009 portant protections de l'enfant définit l'enfant comme étant
toute personne âgée de moins de 18 ans2.
 L'enfant déplacé: l'enfant non accompagné de ses parents ou de son tuteur qui a
été contraint de quitter son milieu de vie suite à la guerre, aux catastrophes
naturelles ou à d'autres événements graves et s'est installé dans un autre endroit à
l'intérieur du pays où il réside3.
 L'enfant réfugié : l'enfant qui a été contraint de fuir son pays en franchissant une
frontière internationale et qui demande le statut de réfugié ou toute autre forme de
protection internationale4.
 L'enfant en situation difficile: l'enfant qui ne jouit pas de ses droits fondamentaux
et qui n'a pas accès aux services sociaux de base tels que la santé, le logement,
l'alimentation et l'éducation5.
 L'enfant en situation exceptionnelle: l'enfant en situation de conflit armé, de
tension ou troubles civils, de catastrophes naturelles ou de dégradations sensibles
et prolongées des conditions socio-économiques6.
 L'enfant vivant avec handicap physique ou morale: l'enfant se trouvant dans une
situation qui peut constituer un obstacle ou une difficulté à l'expression normale
de toutes ses facultés physiques ou morales, notamment les fonctions
intellectuelles et cognitives, le langage, la motricité et les performances sociales 7.
 L'enfant séparé: l'enfant séparé de son père et de sa mère ou de la personne qui
exerçait sur lui l'autorité parentale. Notons qu'il n'est pas nécessairement séparé
d'autres membres de sa famille8.
 L’enfant en conflit avec la loi: l’enfant âgé de quatorze à moins de dix-huit ans
qui commet un manquement qualifié d'infraction à la loi pénale.9
 L’enfant arrêté, détenue ou interné : c’est tout enfant ayant commis sur un
territoire une infraction au droit pénal ou s’est livré à des actes portant atteinte à la
sécurité puissance occupante.

2
Article 2 aliéna 1er de la loi portant protection de l’enfant
3
Article 2 aliéna 2ème de la loi portant protection de l’enfant
4
Article 2 aliéna 3ème de la loi portant protection de l’enfant
5
Article 2 aliéna 4ème de la loi portant protection de l’enfant
6
Article 2 aliéna 5ème de la loi portant protection de l’enfant
7
Article 2 aliéna 6ème de la loi portant protection de l’enfant
8
Article 2 aliéna 7ème de la loi portant protection de l’enfant
9
Article 2 aliéna 9ème de la loi portant protection de l'enfant.
3

 L’enfant et la peine de mort : il s’agit d’une limite absolue qui s’oppose à


l’exécution de la peine capitale, même si les conditions qui rendent cette peine
applicable se trouvent réunies. Elle répond à des dispositions que l’on retrouve
dans le code pénal de nombreux pays, lesquelles procèdent de l’idée qu’avant dix-
huit ans, l’individu n’est pas entièrement capable de discernement, qu’il ne
mesure pas toujours la portée de ses actes et agit souvent sous l’influence d’autrui,
si ce n’est sous la contrainte.
2. La protection ordinaire et protection spéciale de l’enfant.

A. La protection ordinaire de l'enfant.


On entend par protection ordinaire, une attitude ou un comportement qui consiste à
mettre à l'abri quelqu'un ou quelque chose contre un danger immense ou réel, contre les
influences mauvaises dans la société.

B. La protection spéciale de l'enfant.


En revanche, la protection spéciale est bénéfique à une certaine catégorie d'enfant,
notamment l'enfant rejeté, abandonné, l'enfant en conflit avec la loi, exposé à la négligence ou
au vagabondage ou ce qui se livre habituellement à la mendicité ; l'enfant qui, par sa mauvaise
conduite ou son indiscipline, donne des graves sujets de mécontentement à ses parents, tuteurs
ou son entourage ; l'enfant exploité économiquement ou sexuellement ; l'enfant accusé de
sorcellerie, l'enfant porteur d'une grossesse et qui devient objet de maltraitance de la part de
Sa mère.
§ 3. La protection exceptionnelle, juridique.

La protection exceptionnelle
La protection exceptionnelle de l'enfant signifie réprimer l'enrôlement et l'utilisation
de l'enfant dans les forces et groupes armés ainsi que dans la police.
L'Etat doit tout faire en vue d'assurer la sortie de tous les enfants qui sont victimes de telles
pratiques. Il doit en plus assurer la réinsertion immédiate dans leurs familles ou communautés
ou encore les orienter vers les structures d'encadrement transitoire. Les enfants dont on n'a pas
encore retrouvé la famille ou dont la réunification n'est pas possible sont dirigés vers le milieu
alternatif de vie notamment familles d'accueil, foyers autonomes (individuels ou en groupes).
L'Etat est dans l'obligation de garantir l'éducation et les soins nécessaires aux enfants affectés
par les conflits armés, les tentions ou troubles civils, spécialement à ceux trouvés et non
4

identifiés par rapport à leur milieu familial. L'enfant déplacé par suite d'une catastrophe
naturelle doit aussi bénéficier de cette protection. 10
B. La protection juridique
La protection juridique de l'enfant signifie faire intervenir le droit pour protéger
l'enfant contre tout danger imminent ou réel qui le guette ou contre les influences mauvaises
de la société. La protection et l'encadrement de l'enfant ont intéressé l'autorité législative
depuis l'époque fort reculée à travers certains instruments juridiques, par nous fouillés.
Le pouvoir constituant élargie le domaine de protection de l'enfant en tenant compte
des abus sexuels, de la maltraitance et des effets de la guerre. En effet, conformément à
l'article 41 de la constitution, outre les droits reconnus à l'enfant de connaître les noms de ses
parents, de la jouissance, de la protection familiale, sociale et étatique, les trois derniers
alinéas disposent : « l'abandon et la maltraitance de l'enfant notamment la pédophilie, les abus
sexuels ainsi que l'accusation de sorcellerie sont prohibés et punis par la loi. Les parents ont le
devoir de prendre soin de leurs enfants et d'assurer leur protection contre tout acte de violence
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du foyer. Les pouvoirs publics ont l'obligation d'assurer une
protection aux enfants en situation difficile et déférer devant la justice les auteurs et les
complices des actes de violence à l'égard des enfants. Toutes les autres formes d'exploitation
d'enfants sont punies par la loi »11
SECTION 2. LES ORGANES CHARGES DE LA PROTECTION
DE L'ENFANT

Après avoir parcouru toutes les notions sur la protection de l'enfant, il nous parait
judicieux de dire un mot sur les organes chargés de cette protection.
Pour y parvenir, nous jetterons un coup d'œil sur le parlement et comité d'enfants
(§1), la brigade spéciale de protection de l'enfant (§2), ainsi que le corps des assistants
sociaux et le conseil national de l'enfant (§3).
§1. Le Parlement et le Comité d'Enfants

Il est important de noter que le parlement et les comités des enfants


permettent à ces derniers d'exercer leur liberté d'association. Ils ont pour mission de rendre
effective la participation des enfants aux initiatives de la communauté nationale dans les
questions qui les concernent.
10
Joséphine idzumbuir assop, les lois de la protection de l’enfant en république démocratique du Congo ;
difficultés de mise en œuvre , kinshasa, droit et societé DES, 2017
11
Joséphine idzumbuir assop, les lois de la protection de l’enfant en république démocratique du Congo ;
difficultés de mise en œuvre , kinshasa, droit et societé DES, 2017
5

En effet, un arrêté interministériel ayant la famille et l'enfant ainsi que


l'enseignement primaire, secondaire et professionnel dans leurs attributions fixe l'organisation
et le fonctionnement du parlement et le comité des enfants.
§2. La Brigade Spéciale de la Protection de l'Enfant

La brigade spéciale est une structure technique du ministère ayant les affaires
intérieures dans ces attributions. C'est ce dernier qui fixe l'organisation de la brigade spéciale
de protection de l'enfant.
Aux termes de l'article 77 du nouveau code de protection de l'enfant, la brigade
spéciale de protection de l'enfant relève du ministère ayant la police dans ces attributions. Elle
a comme mission de surveillance des enfants ainsi que la prévention générale.
§3. Le Corps des Assistants Sociaux et le Conseil National de l'Enfant

A. Le Corps des Assistants Sociaux :

C’est une structure technique du ministère des affaires sociales. Cet organe est chargé
des enquêtes sociales sur les enfants, de la guidance psycho-sociale et de la réunification
familiale de ces derniers.
B. Le conseil national de l'enfant :
C’est un organe conseil du gouvernement qui relève du ministère ayant la
famille et l'enfant dans ses attributions. Conformément à l'article 2 du comité national de
l’enfant, cet organe a pour mission :
 Veiller à la mise en œuvre de la politique nationale en matière
de protection de l'enfant ;
 Servir l'organe conseil du gouvernement. Il est appelé à exercer
les fonctions ci-après :
 Elaborer les indicateurs de suivi et évaluation du plan d'action
nationale pour l'enfant ;
 Assurer le suivi et l'évaluation du plan d'action nationale ;
Présenter au gouvernement un rapport annuel sur la situation de l'enfant en RDC

SECTION 3 : Les différents droits de l’enfant

Les droits de l’enfant sont des droits humains. Ils ont pour vocation de protéger
l’enfant en tant qu’être humain. Tout comme les droits de l’homme de manière
générale, les droits de l’enfant sont constitués de garanties fondamentales et de droits
humains essentiels. Spécifiquement adaptés à l’enfant, ils tiennent compte de sa
fragilité, de ses spécificités et des besoins propres à son âge.
6

Les droits de l’enfant tiennent compte de la nécessité du développement de ce dernier. Les


enfants ont donc le droit de vivre et de se développer convenablement tant physiquement,
intellectuellement, émotionnellement, socialement que spirituellement. Ils prévoient ainsi
de satisfaire les besoins essentiels à son bon développement, sachant que chaque enfant
est un individu:

 complexe qui tire en partie son identité propre de l’interaction et de la relation


entre toutes les dimensions d’un même individu (physique, intellectuelle,
émotionnelle, sociale et spirituelle) entre cet individu et le monde extérieur et, au-
delà de tout cela, entre cette personne et une Réalité spirituelle.
 unique, chacun ayant sa propre personnalité, ses propres caractéristiques, des
besoins et des capacités différentes des autres, un rythme de développement qui
lui est propre 12

Les droits de l’enfant sont regroupés en quatre principaux domaines. Il s’agit : (a) du
droit à la survie, (b) du droit à la participation, (c) du droit au développement et (d) du
droit à la protection.

Les droits de l’enfant sont regroupés en quatre principaux domaines. Il s’agit : (a) du
droit à la survie, (b) du droit à la participation, (c) du droit au développement et (d) du
droit à la protection.

1. Droit à la survie : il faut entendre ici l’ensemble des dispositions légales protégeant
l’enfant au point que lorsqu’elles ne sont pas respectées ou mises en mal, l’enfant risque
de mourir.

Pour tout enfant, le droit à la vie, c’est la chance de pouvoir vivre sa vie d’enfant
et avoir la possibilité de grandir, se développer et devenir adulte. Ce droit comporte deux
aspects essentiels : le droit d’avoir sa vie protégée dès la naissance et le droit de pouvoir
survivre et se développer convenablement.

12
Principales Caractéristiques du Scoutisme » - Document de la Stratégie,
(BMS, Genève, sept. 1998), pp. 4-5
7

Ce droit est inhérent à chaque personne. Dès sa naissance en effet, l’individu est
considéré comme un être vivant qui doit être protégé. Le caractère humain implique que la
dignité de la personne doit être respectée, ce qui passe, avant tout, par la protection de son
droit de vivre. Donc, dès la naissance, tous les enfants ont le droit d’avoir leur vie
protégée.

Le droit à la vie signifie aussi le droit de ne pas être tué. C’est l’interdiction
formelle de causer intentionnellement la mort d’une personne. Pour les enfants, ce droit
implique, d’une part, que les pays ne pratiquent pas la peine de mort pour les enfants
délinquants, mais également que les pays protègent efficacement la vie des enfants afin de
lutter et de condamner les actes d’infanticides.

 Le droit à la vie de l’enfant passe aussi par la nécessité d’assurer aux enfants la
possibilité de grandir et de se développer dans un cadre favorable. Il est donc
nécessaire pour les enfants de pouvoir bénéficier des soins de santé appropriés, d’une
alimentation équilibrée, d’une éducation de bonne qualité, ainsi que de pouvoir vivre
dans un environnement sain.

 Le législateur congolais a consacré ce droit dans la Loi n° 09/001 du 10 janvier 2009


portant protection de l’enfant. Ce droit comprend notamment:
 le droit à la vie (art. 13-17, LPE) ;
 le droit à l’identité dès sa naissance et à un enregistrement à l’état-civil (art. 14 à 16,
LPE) ;
 le droit à un milieu familial, cadre idéal pour son épanouissement (art. 17, LPE) ;
 le droit à la santé (art. 21) et aux soins médicaux spécifiques (art. 42, LPE);
 le droit à une alimentation saine, suffisante, équilibrée et variée (art. 21) et
 le droit à la pension alimentaire (art. 25, LPE) ;

2. Droit à la participation : Ce droit regroupe l’ensemble des dispositions légales qui


reconnaissent à tout enfant la possibilité de s’intégrer et de participer à la vie
communautaire en tant que membre à part entière. L’enfant est appelé à s’intégrer dans la
société et à être considéré comme une personne ressource nécessaire de qui dépend aussi
l’épanouissement générale de cette dernière.
8

L’enfant n’est pas un sous homme, il trouve sa place dans la communauté comme
l’adulte et a sa part dans le concert universel. Ce type de droit garantie à tout enfant la
possibilité de bénéficier de toute la considération possible comme tout humain. Dans cette
catégorie s’égrène en différents types de droit. Nous avons notamment :

 le droit à la liberté qui comprend entre autre les libertés d’opinion (art. 7, LPE),
d’expression (art. 27, LPE), de circulation, de pensée, de conscience, de religion
(art. 26, LPE), le droit d’association et de réunion pacifique (art. 29, LPE) et le
droit à la vie privée (art. 30);
 le droit à l’éducation et d’être scolarisé (art.38, LPE) ;
 le droit d’être entendu sur les questions qui l’intéresse (art. 32, LPE) ;
 le droit à l’identité par voie d’enregistrement à l’état-civil (art. 16, LPE;
 le droit de garder des relations personnelles avec ses parents et les autres membres
de sa famille (art. 35, LPE) ;
 le droit à la pension alimentaire (art. 25, LPE) et

3. Droit au développement : Ce droit regroupe l’ensemble des dispositions légales qui


favorisent le développement intégral de la personne de l’enfant, englobant les aspects
émotionnel, intellectuel, spirituel, physique et social de son être et de toute sa personne.
Dans cette catégorie figurent :

 le droit à l’information (art. 28, LPE) ;


 le droit à la pension alimentaire (art. 25, LPE) ;
 le droit à l’éducation et d’être scolarisé (art.38, LPE) ;
 le droit aux libertés évoquées ci-haut (art. 7, 26, 27, 29 et 30, LPE) ;

Le droit à un environnement sain et propice à son épanouissement intégral :

notamment le droit aux activités sportives, culturelles, manuelles et récréatives (art. 44,
LPE).

4. Droit à la protection : Cette catégorie de droit regroupe l’ensemble des dispositions


légales qui sécurisent la survie et l’épanouissement de tout enfant. Il s’agit en fait du droit
pour chaque enfant à bénéficier d’un environnement protecteur pour préserver son bien-
être. Il a le droit d’être protégé contre toutes les formes de maltraitance, de discrimination
9

et d’exploitation. Sous cette rubrique se regroupe toutes les dispositions qui créent un
cadre protecteur pour l’enfant. Ce sont : 13

 le droit à l’identité qui est la reconnaissance officielle de son existence et de ses


droits, lequel est cristallisé par l’enregistrement dans les 90 jours qui suivent sa
naissance (art. 16, LPE) ;
 le droit à la sécurité sociale organisée conformément à la loi et à l’assistance
sociale mise en service par l’État (art. 22 et 36, LPE) ;
 le droit à l’assistance humanitaire (art. 41, LPE) ;
 le droit au respect de sa vie privée (art. 30, LPE) ;
 le droit de vivre avec ses parents ou avec les personnes exerçant sur lui l’autorité
parentale (art. 31, LPE) ;
 le droit dans une procédure judiciaire d’être entendu à huis clos, en présence de
son conseil (art. 32-33, LPE) ;
 le droit à la réunification familiale (art.36, LPE) ;
 le droit d’être protégé contre le déplacement et/ou la rétention illicite à l’étranger
(art. 37, LPE) ;
 le droit contre toute forme de discrimination (art.39, LPE) ;
 le droit à la protection sanitaire, physique, morale, psychique et psychologique, à
l’assistance sociale et éducative adaptée à son âge, son sexe, ses capacités et sa
personnalité chaque fois qu’il fait l’objet de placement dans toute institution (art.
40, LPE) ;
 le droit à un statut de réfugié, à l’encadrement et à l’assistance humanitaire en cas
de besoin (art. 41, LPE),
 le droit de ne pas être employé avant 16 ans, de n’être engagé que pour
l’exécution des travaux légers et salubres et de ne pas travailler plus de quatre
heures par jour (art. 50, 54-55, LPE).

Notons que certaines dispositions reviennent dans tous les quatre domaines ci-dessus dans
la mesure où les droits protégés se retrouvent compris dans ces domaines.

SECTION 4. DE LA PROTECTION JUDICIAIRE DE L'ENFANT

13
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
10

C'est la loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l'enfant qui règlemente
actuellement le problème de la déviance juvénile. Cette loi abroge le décret du 06 décembre
1950 sur l'enfance.
Cette loi a créé une juridiction spécialisée dénommée '' tribunal pour enfants''
conformément à l'article 149, alinéa 5 de la constitution.
Le tribunal pour enfants est composé de la première instance et la chambre d'appel. Il
compte un ou plusieurs greffiers et est doté d'au moins un assistant social. Il est seul
compétent pour connaître des matières dans lesquelles se trouve impliqué l'enfant en conflit
avec la loi. Il connaît également des matières le rapprochant à l'identité, la capacité,
l'adoption et la parenté. 14
Le législateur de 2009 a prévu une procédure spéciale devant le tribunal pour enfants
et portant sur les matières suivantes : la saisine, des garanties procédurales, des mesures
préventives (mesures provisoires), l'instruction, la décision et l’exécution de la décision. De
même, il prévoit une procédure extra-judiciaire concernant l'enfant en conflit avec la loi, en
l'occurrence, la méditation.
Parmi les mesures provisoires susceptibles d'être prises à l'égard de l'enfant en conflit
avec la loi, on peut citer : le placement sous l'autorité des parents, le placement auprès d'un
couple de bonne moralité, d'une institution publique ou privée agréée à caractère social. Et des
décisions (mesures définitives) dont peut faire l'objet l'enfant en conflit avec la loi sont les
suivantes : la réprimande et la remise aux parents, le placement dans une institution privée
agréée, dans une institution publique à caractère social, dans un établissement de garde et
d'éducation de l'État ou dans un établissement de rééducation de l'État.

§1. DU TRIBUNAL POUR ENFANTS

L'organisation et le fonctionnement du tribunal pour enfants sont définis par les


articles 84 à 93 ainsi que des dispositions transitoires prévues à cet effet.
Il s'agit de présenter l'institution et les structures du tribunal pour enfants.

§2. Institution
L'article 84 de la loi portant protection de l'enfant dispose qu'il est créé, dans chaque

territoire et dans chaque ville, une juridiction spécialisée dénommée tribunal pour enfants

conformément à l'article 149, alinéa 5 de la constitution

14
La loi n° 09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant a été publiée dans le Journal Officiel de
la RD-Congo, numéro spécial, du 25 mai 2009.
11

Il ressort de l'exposé des motifs de la loi portant protection de l'enfant que la condition
de l'enfant en raison de sa vulnérabilité, de sa dépendance par rapport au milieu, de son
manque de maturité physique, intellectuelle et émotionnelle nécessitent de soins spéciaux et
une protection particulière.
Le décret n° 11/01 du 05 janvier 2011 fixe les sièges ordinaires et ressorts des
tribunaux pour enfants dont celui de Lubumbashi.
Le tribunal pour enfants de Lubumbashi n'a commencé à fonctionner effectivement
que le 21avril 2011.

§3. Structure du tribunal pour enfant

Le tribunal pour enfants est composé de deux chambres. Il est, pour son
fonctionnement doté, des magistrats, des greffiers et des assistants sociaux.

Chambre
Le tribunal pour enfants est composé de la première instance et de la chambre d'appel
Les deux chambres sont indépendantes l'une de l'autre quant à leur fonctionnement.22

Magistrats
Le tribunal pour enfants est composé, d'un président et des juges, tous affectés par le
Conseil Supérieur de la Magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et
manifestants de l'intérêt dans le domaine de l'enfance.22
Ces juges sont nommés par le chef de l'État sur proposition du Conseil Supérieur de la
Magistrature.
En cas d'absence ou d'empêchement, le président est remplacé par le juge le plus
ancien d'après l'ordre de nomination.
Greffiers
Le greffier titulaire coordonne les activités des adjoints et des autres agents de l'ordre
judiciaire œuvrant au sein de son greffe.
Ainsi, c'est à lui que revient la tâche de distribuer le travail de vérifier si chacun
s'acquitte correctement de ses responsabilités et d'assurer la discipline.
Il repartit les adjoints entre les chambres et désigne un greffier responsable de chaque
chambre.
A l'audience, le rôle du greffier est de rédiger les procès-verbaux d'audience qu'il signe
conjointement avec le juge.
En dehors de l'audience, il assure l'enrôlement des affaires ainsi que la bonne
conservation des documents administratifs.
12

Assistants sociaux
Un assistant social est agent de l'État ou d'un organisme agréé, spécialisé dans la
résolution des problèmes liés aux relations humaines afin d'améliorer le bien-être général.
Assistants Il est chargé des enquêtes sociales sur l'enfant, de la guidance
psychosocial et de la réunification familiale de ces derniers
L'article 92 prescrit que le tribunal pour enfants doit être doté d'au moins un assistant
social affecté par les services provinciaux ayant les affaires sociales dans leurs attributions.
L'assistant social intervient à plusieurs étapes de la procédure en matière de
justice pour enfants. Il est habilité à :
Saisir le tribunal pour enfants (article 102.5 de la loi portant protection de l’enfant) ;
Mener l'enquête sociale sur les enfants en conflit avec la loi (article 109 de la loi portant
protection de l’enfant) ;
Assister en cas de besoin à l'interrogatoire de l'enfant (article 104.8 de la loi portant protection
de l’enfant) ;
SECTION 5. DE LA COMPETENCE DU TRIBUNAL POUR ENFANTS

Cette matière est régie par les articles 94 à 101 de la loi portant protection de
l'enfant, lesquels déterminent la compétence personnelle, la compétence matérielle, la
compétence territoriale du tribunal pour enfants.
C'est ainsi que le tribunal pour enfants est toujours compétent à l'égard de l'enfant,
quel que soit le fait que le demandeur ou le défenseur soit un adulte pourvu que la personne
faisant l'objet de procédures soit un enfant, c'est a dire une personne âgée de moins de dix-huit
ans.
§ 1. Compétence Personnelle

Le principe est que le tribunal pour enfants n'est compétent qu'à l'égard des
personnes âgées de moins de dix-huit ans, ce ressort même de l'article 94 de la loi portant
protection de enfant.
Mais il faut dire que cette compétence personnelle est limitée par l'âge des
enfants de moins de 14 ans lesquels au regard de l'article 95 de la loi portant protection de
l'enfant, jouissent de la présomption irréfragable d'irresponsabilité.
Ces enfants âgés de moins de 14 ans même ayant commis un manquement,
ne peuvent être désignés sous le vocable « enfant en conflit avec la loi », mais plutôt «
enfant en cause ».
13

§2 : Compétence Matérielle

Le tribunal pour enfant est compétent à l'égard des manquements qualifiés

d'infraction par la loi pénale. Il y'a une différence à ce niveau, entre cette juridiction

spécialisée et les autres juridictions de droit commun dont la compétence matérielle est

déterminée par rapport aux taux des peines prévues pour chaque infraction.

A ce sujet, la question ne soustrait nullement pas de la règle d'or du droit pénal

consacré à l'article 1 du code pénal livre 1, traduit par le Maxime : « Nullum crimen Nulla

poena sine lège... ».

Les manquements doivent être prévus par des textes légaux en vigueur dans

notre pays, ceci pour limiter l'arbitraire.

Ainsi donc, le tribunal pour enfants connaît les matières se rapportant à

l'identité, à la capacité, à la filiation, à l'adoption et la parenté ainsi qu'à la garde de l'enfant en

matière civile.

§3 : Compétence Territoriale

La compétence territoriale est fixée par le décret N⁰ 11/01 du 05 janvier 2011


fixant les sièges ordinaires et ressorts des Travaux pour enfants.
La loi portant protection de l'enfant détermine la compétence territoriale de
tout tribunal pour enfants d'une manière générale, en son article 101.
Cette disposition porte en effet que : « Est territorialement compétent le
tribunal de la résidence habituelle de l'enfant, de ses parents ou tuteur, du lieu des faits, du
lieu où l'enfant aura été trouvé, ou du lieu où il a été placé, à titre provisoire ou défini. »
SECTION 6. DE LA PROCÉDURE DEVANT LE TRIBUNAL POUR
ENFANTS

Ici, il sera question de la procédure devant le tribunal pour enfants. Cette


procédure consiste en la saisine, des garanties procédurales, des instructions, des mesures
provisoires et définitives, des voies de recours et l'exécution des mesures prises à l'égard de
l'enfant
14

§ 1. De la saisine du tribunal pour enfants

L'article 102 de la loi portant protection de l'enfant prévoit sept modes de saisine
du tribunal pour enfants à savoir:

A. La requête de l'officier du ministère public


Lorsque l'enfant en conflit avec la loi a été appréhendé par le parquet ou s'il a été
transféré au parquet par l'officier de police judiciaire, le parquet ouvert le dossier qu'on
appelle registre d'enfant en conflit avec la loi (RECL) procédé à l'identification de l'enfant, en
obtenant des éléments ci-après: le nom, le sexe, l'âge, l'adresse, la personne qui exerce sur
l'autorité parentale. Il détermine également les faits répréhensibles qui sont reprochés à
l'enfant.

En effet, il n'y a pas d'instruction pré-juridictionnelle dans les dossiers des enfants
en conflit avec la loi.
Une fois ces éléments réunis dans le procès-verbal, le ministère public adresse au
président du tribunal pour enfants une lettre par laquelle il lui transmet le dossier du mineur
pour disposition. En d'autres termes, la lettre du ministre public ne devrait pas consister en
une requête aux fins de fixation d'audience. Le ministère public ne prend aucune décision en
l'endroit de l'enfant.
B. La requête de l'officier de police judiciaire
L'officier de police judiciaire peut directement saisir le tribunal pour enfants. Il
adressera à celui-ci une lettre dans les mêmes conditions que le ministère public, après avoir
identifié l'enfant, déterminé les faits répréhensibles qui lui sont reprochés et informé la
personne qui exerce l'autorité parentale où qui a la garde de l'enfant. Il n'y a pas de décision à
prendre sur le fond du dossier.
Et donc, comme l'officier de police judiciaire exercice ses attributions sous le
contrôle du ministère public, l'officier de police judiciaire réservera une copie de sa requête à
l'officier du ministère public dont il dépend.
C. La requête de la victime
Lorsque le manquement qualifié d'infraction commise par un enfant a porté
préjudice à une tierce personne, celui-ci à la possibilité de saisir directement le tribunal pour
enfants compétent aux fins d'obtenir réparation sur base de l'article 119 de la loi portant
protection de l'enfant et de disposition de l'article 260 du Code civil congolais.
15

La requête de la victime peut prendre la forme d'une plainte. En revanche, il


ne s'agit en aucun cas d’une citation directe en usage de procédure pénale pour forcer le
ministère public à exercer les poursuites.

D. requête de parents ou tuteurs


Le père et mère ou la personne qui exerce l'autorité tutélaire sur l'enfant
peuvent porter à la connaissance du tribunal pour enfants le manquement commis par l'enfant
qui est sous leur autorité.
E. La requête de l'assistant social

Si un assistant social a connaissance des faits répréhensibles commis par un


enfant, il peut saisir le tribunal pour enfants compétent.

Toutefois, la loi ne précise pas si cette prérogative appartient à tout assistant


social ou uniquement celui œuvrant au sein du tribunal pour enfants compétent

Cependant devant le silence de la loi, nous pensons qu'il s'agit de tout assistant
social de la résidence habituelle de l'enfant, de ses parents ou tuteurs, du lieu où il aurait été
trouvé, et ce conformément à l'article 104 de la loi organique nº 13/011-B du 13 avril 2013
portant organisation fonctionnement et compétences des juridictions de l'ordre judiciaire.

F. La déclaration spontanée de l'enfant

L'enfant suspecte où accusé d'avoir commis des manquements, peut de lui-


même se rendre au tribunal.

Dans ce cas, il sera reçu par le greffier et orienter vers le président de la


juridiction en raison de disposition et compétences.

G. La saisine d'office du juge

Le juge des enfants qui a connaissance des faits répréhensibles commis par un

enfant, soit en tant que témoin oculaire soit informé par des tiers, peut de sa propre initiative

faire ouvrir par le greffier un dossier à charge de l'enfant.

Le président du tribunal pour enfants veillera à ce que les parents ou


responsables de l'enfant soient informés de la procédure ainsi initiée.
16

§ 2. Des garanties procédurales

En matière de l'enfant en conflit avec la loi, le législateur du 10 janvier 2009 a


prévu des garanties fondamentales dont la plupart sont déjà consacrées aux articles 17 à 21 de
la constitution et participent à la protection efficace des droits de l'enfant traduit en justice.

Parmi les garanties procédurales, l'on peut citer :

1. La droit à a présomption d'innocence et à un procès équitable


(article 104 alinéa 1 de la loi portant protection de l'enfant);
2. La présence au procès (article 104 alinéa 2 de la loi portant
protection de l'enfant);
3. Le droit d'être informé, dans le plus bref délai, dans une langue
qu'il comprend et de matière détaillée, de la nature et de motifs de l'accusation
porté contre lui (article 104 alinéa 3 de la loi portant protection de l'enfant) ;
4. Le droit à l'assistance par un conseil de son choix ou désigné
d'office par le Juge (article 104 alinéa 4 de la portant protection de l'enfant);
5. Le droit de voir son affaire être jugée dans un délai raisonnable
(article 104 alinéa 5 de la loi portant protection de l'enfant);
6. Le droit à un interprète (article 104 alinéa 6 de la loi portant
protection de l'enfant);
7. Le droit au respect de sa vie privée à toutes les étapes de la
procédure (article 104 alinéa de la loi portant protection de l'enfant);
8. Le droit d'être entendu en présence des parents, du tuteur, de la
personne qui en a la garde ou de l'assistant social (article 104 alinéa 8 de la loi
portant protection de l'enfant);
9. Le droit de ne pas être contraint de plaider coupable (article 104
alinéa 9 de la loi portant protection de l'enfant);
10. Le droit d'interroger ou de faire interroger des témoins à charge
et à obtenir la comparution et l'interrogatoire des témoins à décharge dans les
mêmes conditions (article 104 alinéa 10 de la loi portant protection de l'enfant).

§ 3. De l'instruction

Ici, notre étude va se focaliser sur les spécificités de la procédure devant le juge
pour enfants prévu aux articles 110 à 112 de la loi portant protection de l'enfant.
17

Aux fins de l'instruction de la cause, le juge peut à tout moment convoquer l'enfant
et les personnes qui exercent sur lui l'autorité parentale.

Le juge vérifié l'identité de l'enfant. En cas de doute sur l'âge, la présomption de la


minorité prévaut. Le greffier notifie la date de l'audience à la partie lésée. La procédure par
défaut est exclue.

Le juge pour enfants décrété le huis clos, tout au long de la procédure. Le huis clos
est une expression consacrée signifiant < toutes portes fermées> utiliser pour désigner soit
l'audience à laquelle le public n'est pas admis par exception au principe de la publicité de
débats soit la décision prise par le juge de ne pas admettre le public. Ne peuvent participer à
l'audience de huis clos devant le juge pour enfants que les personnes concernées dans la cause
pendante devant le juge où convoquer par ce dernier.

Dans l'intérêt de l'enfant, le juge peut décider du Déroulement des plaidoiries hors
la présence de l’enfant.

Le juge pour enfants, avant de statuer sur le fond, prendre par voie d’ordonnance
l’une des mesures provisoires prévues à l’article 106 de la loi portant protection de l’enfant.

§ 4. Mesures provisoires à l’égard de l’enfant

Avant de prendre des mesures définitives le juge des enfants peut prendre au cours
de l’enquête des mesures provisoires.

Par ailleurs, toutes ces mesures peuvent faire l’objet de révision.

A. Des mesures provisoires (article 106-109 de la loi portant


protection)

Au cours de l’instruction, le juge des enfants prendre par voie d’ordonnance l’une
des mesures provisoires suivantes:

 L’enfant sous l’autorité de ses père et mère ou de ceux qui en ont la


garde ;
 Assigner à résidence l’enfant sous la surveillance de ses père et
mère ou de ceux qui en ont la garde;
18

 Soustraire l’enfant de son milieu et le confier provisoirement à un


couple de bonne moralité ou à une institution publique ou privée agréée à
caractère social.

Dans la pratique, cette ordonnance de mesure provisoire est prise en dehors de


l’audience et souvent dans le cabinet du juge.

Par couple, on entend deux personnes de sexes opposes légalement mariées.

Le choix par le juge pour enfants des mesures provisoires privilégie autant que
possible le maintien de l’enfant dans un environnement familial. Le placement dans une
institution publique ou privée agréée à caractère social ne peut être envisage que comme une
mesure de dernier recours. L’assistant social assure le suivi des mesures provisoires prises par
le juge.

Le juge informe immédiatement ou si ce n’est pas possible dans le plus bref délai;
les parents, le tuteur ou la personne qui en a la garde et d’éducation de l’Etat.

Si les mesures prévues à l’article 106 ne peuvent être prises par ce que l’enfant est
présumé dangereux et qu’aucun couple ou aucune institution n’est en mesure de l’accueillir,
l’enfant peut être placé dans un établissement de garde et d’éducation de l’Etat pour une durée
ne dépassant pas deux moi.

B. Les mesures définitives (article 113-122 de la loi portant protection


de l’enfant)
Une fois l’instruction termine, le juge pour enfants prend le dossier en délibéré
pour se prononcer dans le délai de huit jours.

Le délibéré, la rédaction et la motivation de la décision ainsi que son prononcé se


déroule conformément au code de procédure pénale.

Par ailleurs, la décision du juge doit être prononcée en l’audience publique. Le


juge peut prendre trois sortes de décisions:

1. Les jugements définitifs sur l’incidence qui se produisent


en cours d’instance ; jugement d’incompétence, jugement déclarant la
saisine irrégulière, etc…
19

2. Les jugements d’acquittement et

3. Les jugements de condamnation: dans ce cas le juge des


enfants déclare que le manquement est établi, et par conséquent prend
une des mesures prévues à l’article 113 de la loi portant protection de
l’enfant et condamne le civilement responsable aux frais. En cas de
condamnation, le juge prend à l’égard de l’enfant l’une des mesures
suivantes:

 Réprimander l’enfant et le mettre à ses parents ou aux


personnes qui exerçaient sur lui l’autorité parentale en leur enjoignant de
mieux le surveiller à l’avenir;
 Le confier à un couple de bonne moralité ou à une
institution privée agréée à caractère social pour une période ne dépassant
pas sa dix-huitième année d’âge;
 Le mettre dans une institution publique à caractère social
pour une période ne dépassant pas sa dix-huitième année d’âge;
 Le placer dans un centre médical ou médico-éducatif
approprié;
 Le mettre dans un établissement de garde et d’éducation
de l’Etat pour une période de la mesure prévue au point 3 ne s’applique
pas à l’enfant âgé de plus de seize ans.

Si l’enfant a commis un manquement punissable de plus de cinq ans de servitude


pénale et qu’il n’est pas punissable de la peine de mort ou de la servitude pénale à perpétuité,
le juge peut prolonger cette mesure pour un terme qui ne peut dépasser sa vingt-deuxième
année d’âge.

A sa dix-huitième année d’âge, l’Intéressé devra être séparé des enfants, au sein
du même établissement de garde et d’éducation d’Etat sur décision du juge, à la demande de
l’autorité de l’établissement de garde.

L’enfant qui n’a pas fait l’objet de placement dans l’une des hypothèses prévues
aux articles 113 à 117 de la loi portant protection pour l’enfant ou dont le placement a été levé
est, soumis, jusqu’à sa dix-huitième année d’âge au régime de la liberté surveillée.
20

Le frais d’entretien et d’éducation de l’enfant résultant des mesures prononcées par


le tribunal sont à la charge des personnes qui lui doivent des aliments, si elles sont solvables.
Ils sont à charge de l’Etat.

§ 5. De la révision des mesures provisoires et définitives (articles 125-127 de la


loi portant protection de l’enfant)

Le juge peut, en tout temps, soit spontanément, soit à la demande du ministère


public, de l’enfant, des parents ou représentants légaux, ou de toute personne intéressée, soit
sur rapport de l’assistant social, rapporter ou modifier les mesures prises à l’égard de l’enfant.

A cet effet, le juge visite le lieu de placement de l’enfant, il statue sur la demande
de révision dans les huit jours qui suivent sa saisine.

Et donc, les décisions même définitives prises par le juge, qu’elles aient fait ou non
l’objet d’appel, ne dessaisissent pas le juge, qui doit constamment revoir les mesures prises au
bout d’un certain temps dans l’intérêt de l’enfant.

Cependant, les condamnations aux frais et aux dommages-intérêts à charge des


civilement responsables revêtent un caractère de l’autorité de la chose jugée et le juge ne peut
y déroger, sauf en cas d’opposition ou d’appel.

§ 6. Des voies de recours

Selon l’article 123 de la loi portant protection de l’enfant, les décisions du juge

sont susceptibles d’opposition ou d’appel.

A. De l’opposition

Il faut rappeler que le tribunal pour enfants siège à juge unique, et toujours avec le

concours du ministère public et que la procédure par défaut n’est pas admise à l’égard de

l’enfant. Donc l’opposition est exclue pour le ministère public et l’enfant concerné.
21

L’opposition est dès lors ouverte à toutes les autres parties notamment les parents

ou les personnes qui exercent l’autorité parentale et les victimes du fait Infractionnel, ces

personnes disposent de 10 jours et c’est délai court à partir de la signification de la décision.

Cette opposition est formée par la déclaration actée au greffe du tribunal qui a

prononcé la décision. La chambre de la première instance, siégeant en opposition dispose de

15 jours à dater de sa saisine pour se prononcer sur la cause.

B. De l’appel

L’appel est souvent au ministère public ainsi qu’à toutes les parties à la cause,

en occurrence: les parents, les tuteurs ou les personnes qui ont la garde de l’enfant et la

victime.

L’appel est formé par déclaration actée soit au greffe du tribunal qui a

rendu la décision soit au greffe de la chambre d’appel dans 10 jours à dater du jour ou

l’opposition n’est pas recevable ou dans 10 jours de la décision rendue contradictoirement.

La chambre d’appel statue dans les trente jours à dater de sa saisine.

section 7. de l’execution des mesures provisoires et


definitives prise par le tribunal pour enfant. (article 128 de la
loi portant protection)

Au paragraphe 4 de ce chapitre, nous avons fait état des mesures provisoires et


définitives susceptible d’être prise par le juge à l’égard de l’enfant en conflit avec la loi.

Par ailleurs, des frais de justice sont mis à la charge de civilement responsables ; et
il en est de même de dommages-intérêts.

Concernant l’exécution de ces décisions, l’article 128 alinéa 1 e de la loi portant


protection de l’enfant dispose : « A moins que le juge n’en décide autrement, la décision est
22

exécutoire sur minute, dès le prononcé en ce qui concerne la mesure prise à l’endroit de
l’enfant ».

Et l’article 129 de la loi près citée enchaine que le juge veille à l’exécution de
toutes les mesures qu’il a prises à l’égard de l’enfant, il est aidé par l’assistant social
territorialement compétent.

D’où il convient de passe en revue les rôles de ces différents intervenants avant de
passe à l’exécution effective desdites mesures.

§ 1. Intervenants dans l’exécution de décisions du juge et leurs missions

A. Le juge
Conformément à l’article 129 LPE, le juge veille à l’exécution des mesures prises,
et en assure leur suivi.

Par ailleurs, il dispose d’une pouvoir de révision de ces mesures à la lumière de


l’article 125 LPE. Pour ce faire, il a l’obligation de visiter le lieu de placement de l’enfant 15.

B. L’assistant social
L’assistant social jouit des prérogatives très étendue dans l’exécution des décisions
rendues par le juge pour enfant.
 A l’égard du juge, il vient en appui dans toutes les décisions
qu’il prend envers l’enfant ;
 A l’égard de l’enfant, son rôle consiste à prendre des mesures
d’accompagnement visant la garde de l’ordre public et la sécurité de l’enfant en
tenant compte de la réparation du préjudice causé16.

Par ailleurs l’assistant social en procédant à la collecte des informations


concernant la conduite et le comportement de l’enfant (article 109 LPE), peut saisir le juge en
vue de la révision des mesures prises à l’égard de l’enfant (article 125 LPE).

C. Le ministère public
Le ministère public peut faire révise les mesures prises à l’égard de l’enfant
(article 125 LPE).

15
L’article 125 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant
16
L’article 96 alinéa 2 de la loi portant protection de l’enfant
23

Il a le pouvoir de demander au juge pour enfants le transfert de l’enfant placé dans


un établissement de garde et d’éducation de l’état ayant atteint 18 ans17.

Par ailleurs, il exerce de poursuites judiciaires contre le père, la mère, tuteur ou


toute personne qui soustrait l’enfant à la procédure intentée contre lui (article 131 LPE). Aussi
il assure l’exécution des dommages-intérêts prononcé d’office (article 109 du code de
procédure pénale).
D. Le greffier
La loi portant protection de l’enfant reste muette sur le rôle du greffier concernant
l’exécution du juge.

§ 2. De l’exécution effective des décisions prises par le juge


Il a lieu de rappeler que la décision prises par le juge à l’égard de l’enfant peut
comporter deux volets :
 Le premier volet, porte sur les mesures de garde, d’éducation et
de préservation prise par le juge l’égard de l’enfant ; et
 Le second volet porte sur la condamnation au frais et
éventuellement aux restitutions et aux dommages-intérêts à charge des parents
civilement responsable.

Signalons que la LPE n’a pas fixé l’organisation et le fonctionnement de toutes les
institutions. Seul l’établissement de garder et d’éducation de l’état continue à être régi par
l’ordonnance n°13/140 du 23 avril 1954.

Concernant le placement de l’enfant en conflit avec la loi dans une prison, la LPE
reste muette alors que dans la pratique, les enfants continuent à être placés dans les quartiers
spéciaux des prisons.

A. Du placement des enfants au sein des établissements de garde


d’éducation de l’état
La loi portant protection de loi n’a pas apporté de modifications à l’organisation et
au fonctionnement des établissements de garde et d’éducation de l’Etat, qui sont toujours regi
par l’ordonnance n°13/140 du 23 avril 1954.

17
L’article 130 alinéa 1 de la même loi
24

A ce sujet, l’article 199 LPE dispose : « en attendant l’organisation des structures


appropriées de la protection de l’enfant, celle-ci est assurée conformément aux mécanismes
en vigueur non contraire à la présente loi.
B. Du placement au sein de la prison
Le décret du 06 décembre 1950 sur l’enfance délinquante, abrogée par la LPE,
prévoyait clairement, en son article 17, la possibilité de placé dans une prison dans le cas où
les mineurs est vicieux ou nul institution ne peut l’accueillir.
Cette tendance est confirmée dans la pratique car dans la majorité de prison de la
RDC, l’on compte toujours les quartiers réservés aux enfants, en l’occurrence le quartier
spécial pour enfant de la prison centrale de Kasapa.

CHAPITRE 2. DE LA PROTECTION DE L’ENFANT IMPLIQUER DANS LES


VIOLENCES AVEC LES AGENTS DE LA POLICE

SECTION 1. Mission de l’unité de la protection de la police

Ouvre les opérations de maintien de l’ordre, auxquelles elle concourt, en


particulier avec la sécurité publique, elle participe a la sécurisation de la population dans
les zones sensibles ainsi qu’à l’aide aux personnes (sécurité routière, en mer et en
montagne)
25

Cependant nous soulignons qu’elle vise a protéger les personnes et leurs biens,
de maintenir et de rétablir l’ordre public ainsi que d’assurer la protection rapprochée des
hautes autorités. La surveillance connue du territoire national en vue de faire respecter les
lois et les règlements de la république constitue l’essence même de sa mission.

Les missions de la police nationale ont un caractère à la fois préventif et


répressif. Elles se divisent en missions ordinaires et en missions extraordinaires.18

Les missions ordinaires sont celles qui s’opèrent journellement ou à des époques
déterminées, sans qu’il soit besoin d’aucun réquisition de la part des autorités.

Les missions extraordinaires sont celles dont l’exécution n’a lieu qu’en vertu
des réquisitions ou de demande de concours.

Les missions spéciales sont celles qui s’exécutent au titre de suppléance,


d’appui ou de concours à des services spécialement institués à cet effet.

Dans le cadre des missions spéciales, des effectifs de la police nationale peuvent être
détachés auprès des Organismes spécialités en la matière.

Les agents de la police nationale, même isolés, sont qualifiés pour intervenir et
agir à tout moment pour l’accomplissement des missions qui leur sont assignées.
Néanmoins, ils doivent prouver leur qualité d’agent de la police nationale. 19

Les agents de la police nationale des catégories d’emploi de commandement et


de collaboration, jusqu’à la catégorie de sous-officier de police judiciaire à compétence
générale. Tous les autres sont des agents de police judiciaire. Ils sont tous soumis aux
conditions légales fixées pour l’exercice des fonctions d’officier ou d’agent de police
judiciaire.

Tout agent de la police nationale peut, lorsqu’il est attaqué dans l’exercice de sa
mission, requérir l’assistance des personnes présentes sur les lieux. Ces personnes sont

18
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et
fonctionnement de la police nationale congolaise Art6.

19
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police nationale
congolaise a son Art 7.
26

tenues d’obtempérer. En cas de refus, elles sont punissables conformément aux


dispositions légales en vigueur.

Dans l’exercice de leurs fonctions, les agents de police peuvent, en cas


d’absolue nécessité, employer la force des armes blanches ou des armes à feu:

Lorsqu’ils ne peuvent défendre autrement le lieu qu’ils occupent, les


établissements, les postes ou les personnes qui leur sont confiées;

Lorsque les violences ou voies de fait sont exercées contre eux-mêmes ou contre autrui.

Sans préjudice des dispositions de l’alinéa 1er du présent article, les agents de
la police nationale peuvent, lorsqu’ils sont chargés, dans l’exercice de leurs fonctions, de
disperser les attroupements ou de réprimer des émeutes, faire usage, en cas d’absolue
nécessité, d’armes blanches sans réquisition préalable; mais ils ne peuvent faire usage
d’armes à feu que sur réquisition préalable de l’autorité légalement responsable du
maintien de l’ordre.

Avant tout usage d’arme à feu, cette autorité fera trois sommations formulées
dans les termes suivants:

«Obéissance à la Loi;

On va faire usage d’armes à feu;

Que les bons citoyens se retirent».

1§. des missions ordinaires

La police nationale est chargée de prévenir les infractions, de les rechercher,


d’en saisir les auteurs de la manière et dans les formes prévues par la loi. Elle veille
particulièrement au respect et à l’exécution des lois et règlements de la République. Elle
recherche et saisit les personnes surprises en flagrant délit ou poursuivies par la clameur
publique.20

20
Art 13 du DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police
nationale congolaise
27

Elle recherche les personnes dont l’arrestation a été légalement ordonnée et les
met à la disposition de l’autorité compétente. Elle agit de même pour les objets dont la
saisie est prescrite.

La police nationale exécute ses missions ordinaires déterminées par le présent


décret-loi, plus particulièrement au cours des tournées, les patrouilles, par les services de
recherche et de séjour

En brousse. Ces différents services sont organisés de telle manière que tous les
lieux placés sous leur couverture soient régulièrement surveillés.

À l’occasion de ses services, la police se renseigne auprès des autorités locales


et auprès de toute personne digne de foi, sur les infractions qui auraient été commises, sur
les faits de nature à troubler l’ordre public, sur le lieu de retraite des individus signalés ou
poursuivis par la clameur publique, de même que sur tout fait de nature à porter atteinte à
l’ordre public et à la sûreté de l’État.

Les événements de nature à motiver l’établissement et l’envoi des rapports


spéciaux peuvent être rangés dans les catégories suivantes:

a. événement ayant le caractère d’un véritable sinistre et qui nécessite des


mesures promptes et décisives, soit pour porter secours aux personnes, soit pour protéger
les personnes et les biens, telles que les inondations, les éboulements, les accidents de
chemin de fer, les naufrages, les explosions, les incendies;

b. événements ayant une importance sérieuse au point de vue de l’ordre public ou


de la sûreté de l’État et nécessitant des mesures spéciales pour maintenir l’ordre, telles que
les grèves, les émeutes populaires, les attentats anarchiques, les complots, la provocation à
la révolte, la découverte des dépôts d’armes ou de munitions, d’ateliers clandestins de
fabrication d’explosifs;

c. infractions qui, soit par leurs fréquences, soit par les circonstances dans
lesquelles elles se sont produites, soit encore par la qualité des personnes en cause, ont
suscité de l’émotion, le l’inquiétude dans les régions ou nécessitent des mesures spéciales,
telles que les faits de banditisme, les attentats contre les fonctionnaires publics;
28

d. actes et manœuvres intéressant la défense nationale tels que le fait


d’espionnage, les attaques contre les postes ou sentinelles, l’incitation des policiers ou des
militaires à l’indiscipline ou à la désertion.

2§ .des missions spéciales

La police nationale est spécialement chargée de la garde et de la sécurité des


chefs des corps constitués ainsi que des hautes personnalités. La police nationale est
chargée des opérations anti-terroristes sous toutes ses formes.

La police nationale apporte aux organes et services spécialisés compétents en la


matière son concours à la surveillance des points de pénétration sur le territoire national, à
la recherche des immigrés clandestins ainsi que les usurpateurs de la nationalité
congolaise.21

Elle participe à la lutte contre la fraude, la contrebande, le braconnage, la


corruption et le vol des substances précieuses en apportant son appui et son concours aux
organes et services spécialisés compétents en la matière. Elle assiste les entreprises
minières dans la protection de leurs patrimoines.

Elle soutient la protection de l’environnement et les initiatives visant la


conservation de la nature, en apportant son appui et son concours aux organes et services
spécialisés compétents en la matière.

SECTION 2. CONSEQUENCES ET INTERACTIONS DES INTERACTIONS


Les enfants vivant et travaillant dans la rue, dépourvus de l'attention et de la
protection de leurs parents, constituent un phénomène relativement récent en RDC,
comme dans de nombreux pays d'Afrique sub-saharienne. Les militants congolais qui
luttent pour la protection des enfants, les juristes et les spécialistes familiarisés avec les
problématiques liées aux enfants de la rue nous ont déclaré, lors d'entretiens, qu'avant les
années 1970, la RDC ne comptait peu, voire pas du tout d'enfants vivant en permanence
dans la rue. Jusque là, les enfants vagabonds étaient rapidement déférés devant un juge et
ensuite, ils retrouvaient leur famille ou étaient placés dans des institutions privées ou
publiques pour enfants connues sous le nom d'Etablissements de Garde et d’Education de

21
DÉCRET-LOI N° 002-2002 portant institution, organisation et fonctionnement de la police nationale
congolaise
29

l’Etat (EGEE). Selon Floribert Kingeleshi du bureau du Ministère de la Justice chargé de


la délinquance juvénile, la réponse de l'Etat face au problème des enfants vulnérables et
dans le besoin a changé dans les années 1970 et 80, moment où les ressources disponibles
pour payer la police, le personnel judiciaire et pour financer les institutions
gouvernementales ont diminué. La police a cessé d'arrêter systématiquement les enfants
pour vagabondage et les institutions gouvernementales chargées de s'en occuper sont
tombées en ruines et en désuétude.2 A la même époque, le déclin de l'économie
congolaise, conjugué à une augmentation du chômage, a rendu l'école inabordable pour
beaucoup de parents congolais pauvres. Certains enfants, souvent encouragés par leur
famille, ont commencé à chercher du travail dans la rue ou à mendier sur les marchés, aux
arrêts de bus ou autres lieux publics. Pour la première fois, de petits groupes d'enfants ont
commencé à passer la majeure partie de leur temps à vivre et à travailler dans la rue

Les enfants de la rue ont également commencé à rôder aux alentours des
universités, mendiant de la nourriture ou de l'argent en échange de travaux domestiques
Au cours des trantes cinq dernières années, de nombreux facteurs socio-économiques,
complexes et étroitement liés, ont conduit à une explosion du nombre d'enfants de la rue
en RDC. Ces facteurs sont notamment mais pas exclusivement: la guerre civile, qui a fait
un nombre incalculable d'orphelins et d'enfants abandonnés; l'énorme quantité de
personnes déplacées; une nette détérioration des services publics essentiels, qui a entraîné
un accroissement de la pauvreté et du chômage; une urbanisation rapide et le
démantèlement des structures traditionnelles de soutien que procurait la famille étendue
en Afrique; la difficulté pour certaines femmes de prendre en charge une famille
monoparentale et de certains enfants plus âgés d'assumer en tant que chefs de famille;
l'impact du VIH/SIDA sur la société; et l'impossibilité pour les parents ou les tuteurs de
payer les frais de scolarité et autres frais connexes. Bien que leur nombre exact demeure
inconnu.

Les nombreux adultes et enfants vivant dans les rues des villes partout dans le
pays constituent une sous-classe urbaine croissante, avec ses propres dirigeants adultes
qui exercent un contrôle étroit sur de grands groupes, parfois concurrents, de gens de la
rue, et avec un langage propre, qui comprend des termes et un lexique qui ne sont utilisés
que par elle.
30

Dans la rue, leur situation est précaire. Les enfants de la rue vivent dans la
saleté et l'insécurité totale. Ils n'ont pas de droits et n'ont pas accès à l'éducation, aux soins
de santé ou à la sécurité. Ils sont victimes de différents types de violence ils sont battus et
reçoivent des coups de pied, ils sont victimes de violence sexuelle, tant les garçons que les
filles, et ils sont confrontés au risque d'exploitation économique. Les bandits et les gangs,
la police et l'armée usent et abusent de ces enfants. Les filles sont particulièrement
exposées au viol et aux agressions sexuelles des militaires et des sentinelles qui gardent
les bureaux et les bâtiments la nuit.

§1. Violences policières et militaires

Certains policiers aident à réinsérer les enfants de la rue dans leur famille et les
protègent de la violence des adultes. Logiquement la Police et ces agents, dans la
Protection des Enfants doivent jouai un rôle positif (voir plus loin). Mais de nombreux
enfants de la rue vivent dans la crainte des forces qui sont censées les protéger, eux et tous
les autres civils. Des membres de la police ordinaire, de la police militaire et de l'armée
les menacent, les volent, les battent et les harcèlent pendant la journée ainsi que la nuit
lorsqu'ils dorment. Menacés d'être arrêtés et emprisonnés, les enfants sont forcés de
remettre leur argent ou des biens matériels à des hommes en uniforme.

Pire encore, les policiers recrutent des enfants pour voler et piller et en
échange, ils reçoivent une partie du butin ou une petite somme d'argent. 22 Plus
généralement, la police utilise les enfants de la rue pour les aider dans des coups montés,
pour assurer la surveillance sur les lieux d'un cambriolage ou pour servir d'appâts. Les
enfants sont aussi forcés de fournir des informations sur d'autres enfants de la rue ou
d'autres personnes soupçonnées de délits. Les enfants qui effectuent ces tâches pour la
police risquent d'être emprisonnés ou d'être battus s'ils n'obtempèrent pas.

§2. Abus sexuels sur les filles

Certains policiers et soldats profitent de la vulnérabilité des filles de la rue pour


les violer et les agresser sexuellement. Beaucoup de ces filles ont déjà été victimes de
viols, souvent répétés, commis par des civils, hommes et garçons vivant aussi dans la rue.
Les conseillères psychologiques d'un centre pour filles de la rue ont expliqué que les filles

22
Entretiens de human Rights watch, Goma, 13-15 septembre 2005, Lubumbashi, 16-18 septembre, Mbuji
mayi, 21-22 septembre 2005
31

finissaient par parler des viols et des violences sexuelles qu'elles subissaient dans la rue
mais il fallait du temps et de l'aide. Beaucoup ressentent de la honte à décrire les
circonstances des violences sexuelles subies et elles ne donnent pas le nom des policiers
ou des soldats coupables de ces actes, soit parce qu'elles ne connaissant pas les auteurs,
soit parce qu'elles craignent des représailles, ou les deux. Selon ces conseillères, les filles
qui se trouvent à leur centre, dont certaines ont à peine dix ans, parlent régulièrement de
soldats, de policiers et d'hommes en uniforme qui violent les filles de la rue, leur
réclament des rapports sexuels en échange de leur protection ou de leur libération
lorsqu'elles sont en garde à vue, ou ils leur offrent un peu d'argent pour avoir des relations
sexuelles avec elles.23

Une fonctionnaire de la Division provinciale Femme et Famille a déclaré que


la vaste majorité des filles de la rue étaient victimes de viol, notamment de viols collectifs
répétés. Elle a indiqué qu'en dehors des civils, les soldats et les policiers étaient aussi
responsables d'abus sexuels sur les filles de la rue. Dans le cadre de son travail, elle a
découvert qu'au moment de leurs méfaits, les auteurs utilisaient rarement, voire jamais, de
préservatifs, faisant ainsi courir le risque aux filles de contracter des maladies
sexuellement transmissibles, notamment le VIH/SIDA. A ses yeux, les violences sexuelles
à l'égard des filles compliquent davantage encore leur réhabilitation et rend d'autant plus
difficile une réinsertion réussie au sein de leur famille, en particulier lorsque les filles ont
des enfants nés d'un viol. Les victimes de viol peuvent être âgées d'à peine huit ans.24

Les études réalisées à propos des abus sexuels commis sur les filles et les
femmes en RDC étayent ce constat. L'une de ces études, menée à Lubumbashi en 2003, a
révélé que les cinquante filles de la rue interrogées avaient dénoncé des violences
sexuelles. Elles ont désigné des soldats et des policiers entre autres responsables des viols.
L'auteur de l'étude en concluait que les filles vivant dans la rue jouissaient de peu de
protection ou de recours face aux abus et que les auteurs de ces viols tiraient profit de leur
vulnérabilité.25 Une autre étude effectuée dans l'Est de la RDC mentionnait de nombreux

23
Entretiens de human Rights watch, avec Emmenuel, centre pour enfant de la rue, Goma, 14 septembre
2005
24
Entretiens de human Rights watch, avec Mm kabera Mujijima bora, Lubumbashi, 16 septembre 2005
25
Bashizi Mulangala, le resultats de l’enquete sur les abus et violences sexuelles a lubumbashi, mars 2003,
p. 4 voir aussi Mulangala, exploitation sexuelles des enfants et des femmes a lubumbashi, Mythe ou realié ?
2004, p .3
32

exemples de viol et autres actes de violence sexuelle perpétrés par des soldats et des
policiers à Goma et dans d'autres villes de l'Est.26

SECTION 3. Exploitation des enfants de la rue par la police

Les enfants de la rue qui sont ramassés lors d'opérations de police ou qui sont
accusés de délits peuvent être forcés d'effectuer des travaux pendant leur détention:
certaines rafles semblent même être menées dans le but délibéré d'obtenir de la main
d'œuvre gratuite pour des tâches de domestiques. Par exemple, les enfants disent qu'ils
sont souvent forcés de creuser des latrines et de nettoyer les cellules lorsqu'ils sont
détenus dans les postes de police. Un garçon qui passait son temps à l’époque au rond-
point de l'Etoile à Mbuji-Mayi nous a raconté qu'en août 2005, lui et ses amis avaient été
emmenés par la police et obligés de creuser des latrines à la prison centrale. Selon lui, dix-
huit garçons de dix à dix-sept ans ont été attachés, emmenés à pied jusqu'à la prison et
forcés de creuser trois fosses pour les latrines, travail qui leur a pris toute la journée. A la
fin de la journée, le commandant de la police leur a donné à chacun 200 francs congolais
(0,40$) pour qu'ils s'achètent du savon pour se laver.

Les enfants de la rue sont également recrutés pour aider la police à recueillir
des informations et pour participer à des opérations policières. C’est par exemple René,
qui vivait au Kasaï Oriental, nous expliquant qu'au début du mois de septembre 2005,
deux enfants de la rue volaient de la nourriture la nuit dans un entrepôt. La police
soupçonnait les enfants du quartier et en a interrogé beaucoup à propos de l'incident. René
dit avoir été recruté pour se promener aux alentours de l'entrepôt et alerter la police la
prochaine fois que les garçons tenteraient de cambrioler l'entrepôt. En échange de sa
coopération, on lui avait promis 1.000 francs congolais (2$) mais il n'a jamais reçu
l'argent. Selon René, “il n'y a pas moyen de refuser ce travail; si nous refusons, nous
pouvons être accusés et arrêtés.”27

Pire encore, des policiers et des soldats utilisent des enfants de la rue pour
dévaliser et voler les civils. En échange de leur assistance dans des activités illégales, les
enfants peuvent recevoir une part du butin et peut-être aussi être protégés par certains
policiers. Selon des membres du personnel d'une organisation pour enfants de la rue de
26
Entretiens de human Rights watch, the war within the war, sexual violence Against women and girls in
Eastern congo(New york ; human Rights watch, 2002) , pp 52-63, ( EN ligne) http ://www.Hrw.
ORG/2002/drc
27
Entretien de human rights watch avec René, Mbuji-mayi, 25 septembre 2005
33

Lubumbashi, plusieurs cas leur ont été rapportés au début de l'année 2005 concernant des
enfants de la commune de Kenya qui étaient utilisés par la police pour monter la garde et
faire le guet lorsque la police pénétrait dans des magasins et volait des marchandises. Ils
ont indiqué que ces enfants recevaient une partie des marchandises volées ou un peu
d'argent de la police après ces vols.28

La police récompense les enfants en leur donnant de l'argent ou des


marchandises, parfois en les protégeant des civils en colère ou en accusant à tort de ces
vols d'autres enfants de la rue.29

§1. Rafles et arrestations arbitraires

Les forces de police opèrent des rafles et emprisonnent des groupes d'enfants de
la rue lorsque des délits sont commis dans les quartiers où l'on sait qu'ils se rassemblent.
Ces rafles arrivent surtout lorsque les victimes du délit ont des liens avec les personnes au
pouvoir ou lorsque des sommes d'argent considérables sont volées. A d'autres occasions,
des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur ou des conseils de sécurité urbains
ordonnent des rafles générales d'enfants de la rue pour nettoyer les quartiers de leur
présence. Lorsqu'ils sont arrêtés dans ces circonstances, les enfants ne sont pas inculpés
de délits; les rafles sont opérées en vertu d'une loi datant de l'époque coloniale qui
assimile le vagabondage ou la mendicité des enfants à un délit. 30 Aux termes de la loi, les
enfants doivent comparaître devant un juge qui tentera de les réinsérer dans leur famille
ou les placera dans des institutions privées ou publiques.

La plupart des enfants de la rue qui sont arrêtés sont simplement remis à la rue
après plusieurs jours. Même dans les quelques cas où les enfants sont déférés devant un
juge, souvent aucun membre de la famille capable d'assumer la responsabilité de l'enfant
ne peut être identifié et il ne se trouve souvent aucune institution de l'Etat qui convienne
pour placer l'enfant. Le juge relâche simplement l'enfant dans les rues

28
Entretien de human rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue,
Lubumbashi, 16 septembre 2005
29
Entretiens de human rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue, Mbuji-
mayi 21-22 septembre 2005.
30
Decret du 6 decembre 1950 relatif a l’enfence delinquente, completé par l’ordonnance Loi n°78/016 du 4
juillet 1978, Art 1ér Dans la plupart des cas, les enfants de la rue ne sont pas arretés et inculpés du delit
vagabondage L’existence de cette loi fournit plutôt aux autorités un pretexte pour arreter et emprisonner des
enfants de la rue a l’occasion de rafles
34

Un enfant de la rue a été arrêté et par la suite il a dit à la police que j'étais parmi
les garçons qui avaient volé un sac de chaussures dans la chambre d'un mineur. On a été
arrêtés à dix le même jour. On nous a frappés sur les pieds et le derrière avec du bambou.
D'autres ont reçu des coups sur les pieds avec des morceaux de caoutchouc appelés
‘boyo.’ La police a fait cela pendant l'interrogatoire mais aucun de nous n'était au courant
du vol. A la fin, nous avons été relâchés.

§2. L'unité de protection spéciale de la police

A Goma et quelques autres villes de l'Est de la RDC, une unité spéciale, la


Police Spéciale pour la Protection des Enfants (PSPE), a été mise sur pied pour s'occuper
des enfants en conflit avec la loi. Des organisations non gouvernementales, des
fonctionnaires du gouvernement et des citoyens congolais ordinaires ont loué le travail de
la PSPE, estimant que cette unité traitait mieux les enfants que la police ordinaire ou
l'armée. Deux policiers de la PSPE ont expliqué à Human Rights Watch qu'ils avaient
reçu une formation spécialisée dans les cas impliquant des enfants et qu'ils n'arrêtaient les
enfants qu'en dernier ressort (et dans ce cas, ils les gardaient séparés des adultes). Ils ont
déclaré que les enfants de la rue se plaignaient auprès d'eux des brutalités commises par
d'autres policiers mais ils avaient le sentiment que grâce à la formation et à la mise sur
pied d'unités pour enfants dans d'autres villes, la violence pouvait être réfrénée.31

Des responsables du gouvernement et de la justice dans d'autres villes ont


mentionné le besoin de créer des unités de police spéciale pour enfants à la fois pour
veiller à ce que les affaires soient portées à leur connaissance plus rapidement et
également pour que les enfants puissent bénéficier d'un meilleur traitement et de la
protection de la police. Un magistrat de Lubumbashi nous a dit que les accusations de
détention prolongée ou illégale et les violences policières ne se limitaient pas aux enfants
mais auraient aussi été dénoncées plus généralement dans l'ensemble de la population. A
ses yeux, les maigres rémunérations des policiers, les retards dans le paiement des salaires
et le peu d'incitations à la prévention des délits ont contribué à une partie des problèmes
existants.32

§3. Extorsion à l’endroit des enfants

31
Entretien de human Rights watch avec
32
35

La possibilité qu'un enfant de la rue échappe aux violences physiques ou à


l'arrestation peut dépendre de l'argent qu'il fournit à la police 33. En RDC, les enfants
trouvés dans la rue peuvent être inculpés de vagabondage, déférés devant un juge et, aux
termes de la loi, ils devraient soit retrouver leur famille, soit être placés dans une
institution publique ou privée. En fait, cela arrive très rarement. Il est plus fréquent que la
police les menace d'arrestation ou de détention prolongée pour extorquer de l'argent aux
enfants.

Selon ISRAEL, un garçon de 14 ans, “Près du marché rail auprès de nous il


dit, l'argent que nous avons est souvent volé par des membres de la police militaire. Ils
viennent nous malmener, menaçant de nous battre ou de nous arrêter si nous ne leur
donnons pas ce que nous avons. a perdu ses parents suite à une maladie. La nuit, il dort
avec un groupe de garçons de son âge sous de vieux sacs ou des boîtes en carton aplaties,
sous des porches.34 Un ex-garçon de la rue, Benjamin, nous a confié que lorsqu'il vivait
dans la rue, il ne dormait jamais trop de nuits d'affilée au même endroit car la police le
harcelait. “La nuit, la police venait et nous devions nous enfuir. S'ils nous attrapaient, ils
prenaient ce que nous avions dans nos poches et puis nous laissaient partir. Ils nous
donnaient des coups de poing et nous intimidaient.”35

Les enfants de la rue sont souvent les premiers à être soupçonnés lorsque de
l'argent ou des biens sont volés dans un quartier où ils se rassemblent. La police emmène
des groupes d'enfants de la rue soupçonnés de délits et les maintiens en détention aux fins
d'une enquête. Dans certains cas, les policiers battent les enfants pendant les
interrogatoires pour arracher des informations ou des aveux à propos d'un délit et ensuite,
ils réclament de l'argent en échange de leur libération. Selon quelques enfants interrogés
pour le présent travail. Raphael, un orphelin de Lubumbashi, nous a raconté qu'en 2018,
la police avait effectué une rafle et emmené des enfants de la rue qui passaient du temps
sur tunnel parce que 150$ avaient été volés à un marchand. 12 enfants ont été arrêtés,
interrogés et, dans le cas de ceux qui ne pouvaient pas payer de pot-de-vin, incarcérés
trois jours au poste de police près du marché. pendant l'interrogatoire, la police l'avait
frappé dans le dos et sur le derrière avec un bâton. 36 Pierre, de Lubumbashi, est parti de
chez lui parce qu'il espérait que la vie serait meilleure dans la rue il n'avait pas assez à
33
Entretiens de human Rights watch, avec raphael, Game 13 septembre 2005
34
Entretiens de PAUL kadima alexis , avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
35
Entretiens de Paul kadima alexis avec israel, sur marché rail le 12 juin 2024
36
Entretiens de PAUL kadima alexis, avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
36

manger à la maison et il ne pouvait pas aller à l'école parce que sa mère n'était pas en
mesure de lui payer l'enseignement primaire. Il a dit qu'un jour au début de 2019, il avait
été arrêté parce qu'il jouait sur une place avec d'autres gamins de la rue. La police lui a
réclamé 55000 francs congolais en échange d'une libération immédiate. Il n'avait pas cet
argent et a été mis au cachot pendant plusieurs jours. Selon Pierre, les policiers lui ont
donné des coups de pied pendant sa détention.37

Pour Frédéric, un garçon de quinze ans de Lubumbashi, nous a confié:

J'ai eu des problèmes avec la police. Il y avait eu un vol d'huile de cuisine à


l'usine près du marché. Je ne sais pas qui était impliqué. Mais la police était là et elle nous
a emmenés au poste de police sur le marché. On m'a frappé sur les pieds avec un grand
bâton utilisé pour faire du foufou (repas de maïs ou de farine de manioc). Pendant qu'ils
me battaient, j'avais les chevilles et les bras attachés. Les autres garçons ont donné un peu
d'argent à la police et ils ont été relâchés immédiatement. Moi, j'ai passé plusieurs jours au
poste.38

Rébecca, dix-sept ans, nous a raconté qu'en 2005, “quelques enfants volaient sur
le marché et la police a arrêté tout un groupe de gosses de la rue dans le quartier. Il y avait
une vingtaine d'enfants dans une petite salle du poste. On nous a fouettés sur le derrière
avec une corde en plastique. Les enfants pleuraient et criaient. Mes amis ont payé 40000
francs aux policiers pour qu'ils arrêtent.”39

§4. Le travail des enfants

La survie de beaucoup d'enfants de la rue dépend de leur capacité à trouver du


travail pour gagner de quoi s'acheter à manger. Certains transportent des marchandises,
vendent de la nourriture, travaillent dans des restaurants et des maisons, chargent et
déchargent des bus affectés au transport des passagers ou effectuent d'autres travaux
temporaires en échange d'argent ou de nourriture. D'autres se livrent à des activités
dangereuses ou illégales telles que le travail à la mine, la prostitution ou encore la vente
de drogue et d'alcool. Certains adultes ont pitié de ces enfants et leur permettent
37
Entretiens de ngolowoto coordonateur de la l’association front des jeunes pour l’emergence et le
developpement du congo, avec Emmanuel sur marché moise le 27, juin 2023
38
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC, avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
39
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC , avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
37

d'effectuer des travaux pour eux en échange d'une somme raisonnable. Mais d'autres tirent
profit d'eux, les payant moins que des adultes car ils savent que ces enfants n'ont guère le
choix.

Certains conseillers psychologiques qui travaillent avec des enfants nous ont
expliqué que ces derniers pouvaient facilement être exploités, par exemple en acceptant
des travaux que les adultes refusent ou en portant de lourdes charges moyennant des
sommes inférieures à celles que les adultes recevraient normalement. Ils ont mis en
lumière la vulnérabilité des enfants de la rue, donnant l'exemple d'enfants qui avaient été
piégés par une femme qui vendait de la marijuana. Après en avoir vendu un peu à
quelques garçons, elle avait ensuite menacé de les dénoncer s'ils n'acceptaient pas d'en
vendre pour elle. Ils ont commencé à vendre de la marijuana en ville et quelques-uns ont
été arrêtés par la suite.40

Nicolas nous a dit être partir de chez sa tante lorsque les violences lui sont
devenues insupportables. Il a trouvé du travail dans un restaurant; il nettoyait et balayait,
allait chercher de l'eau et transportait les bacs de bière du distributeur au restaurant et
inversement. En échange de son travail, il était autorisé à dormir par terre dans le
restaurant la nuit et il était nourri pendant la journée. Nicolas a volé de l'argent à son
patron et a quitté le restaurant après quelques mois. Il avait dix ans à l'époque.41

Les enfants de la rue qui vivent dans des zones urbaines situées à proximité des mines se
livrent à des activités minières illégales; ils cherchent des diamants, cobalt, cuivre et
autres pierres précieuses et aident à d'autres travaux liés à la mine. Bien que la loi
congolaise interdise l'utilisation d'enfants dans les mines, dans la pratique, des milliers
d'enfants, dont des enfants de la rue, se livrent à des activités minières. Ils peuvent par
exemple être envoyés dans de petites galeries et creuser pour y trouver des pierres
précieuses. D'autres sont chargés de laver les graviers et de filtrer les pierres précieuses.
D'autres encore sont employés pour peser, vendre et pour d'autres activités autour des
comptoirs de vente.

40
Entretien de human Rights watch avec un membre du personnel d’un centre pour enfants de la rue, goma,
13 septembre 2005
41
Entretien de human Rights watch avec Nicolas, onze ans, lubumbashi, 17 septembre 2005
38

Plusieurs enfants de la rue que nous avons interrogés se livrent à des activités minières.
Deux garçons qui vivaient à Mbuji-Mayi nous ont expliqué qu'ils lavaient souvent les
graviers apportés par les chercheurs de diamants pour trouver des fragments de diamant
ou des pierres. Un autre garçon âgé de douze ans, Mathieu, a travaillé quelque temps avec
une équipe d'adultes, cherchant illégalement des diamants dans une concession à Mbuji-
Mayi. La tâche de Mathieu était de passer au tamis les graviers qui étaient recueillis. Il
nous a confié, “Ce travail était très fatigant. J'avais mal au dos à devoir me pencher toute
la journée pour filtrer les cailloux et chercher des pierres précieuses. J'avais tout le temps
peur de me faire repérer et tuer par les gardes.” Un jour, des membres des milices
chargées de la sécurité à la mine ont découvert le groupe dans la concession et ont
commencé à tirer sur eux. Mathieu s'en est sorti indemne mais il a perdu son tamis alors
qu'il s'enfuyait et après cela, il a abandonné son travail à la mine.42

SECTION 4. CAS PRATIQUES ET SUGESSIONS

§1 CAS PRATIQUES

Pour Frédéric, un garçon de quinze ans de Lubumbashi, nous a confié:

J'ai eu des problèmes avec la police. Il y avait eu un vol d'huile de cuisine à l'usine près du
marché. Je ne sais pas qui était impliqué. Mais la police était là et elle nous a emmenés au
poste de police sur le marché. On m'a frappé sur les pieds avec un grand bâton utilisé pour
faire du foufou (repas de maïs ou de farine de manioc). Pendant qu'ils me battaient, j'avais
les chevilles et les bras attachés. Les autres garçons ont donné un peu d'argent à la police
et ils ont été relâchés immédiatement. Moi, j'ai passé plusieurs jours au poste.43

Rébecca, dix-sept ans, nous a raconté qu'en 2005, “quelques enfants volaient sur le
marché et la police a arrêté tout un groupe de gosses de la rue dans le quartier. Il y avait
une vingtaine d'enfants dans une petite salle du poste. On nous a fouettés sur le derrière
avec une corde en plastique. Les enfants pleuraient et criaient. Mes amis ont payé 400
francs (0,80$) aux policiers pour qu'ils arrêtent. J'ai été libérée ce jour-là.”44

§2 CRIRIQUES ET SUGGESSIONS
42
43
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC, avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
44
Entretiens de PAUL kadima alexis vice coordonateur de l’association front des jeunes pour l’emergence et
le developpement de la RDC , avec Noah, lubumbashi 10 juin 2024
39

A. CRITIQUES

Il ne suffit pas seulement de donner des avis contraires en ce qui concerne la critique il faut
être mettre en revis de la lumière. Critiquer signifie aussi être en désaccord ce par la, au
terme de la protection de l’enfant et de la formation professionnel des policiers en RDC
constatons, en déficit barbare, il est constaté dans plusieurs villes du pays un désespoir de voir
une police professionnelle.

Dans la ville de Lubumbashi nous remarquons que certains policier sont collaborateurs de
certains enfants de la rue et les envoient a volé de l’argent c’est le cas au centre-ville de
Lubumbashi les junafec peuvent voler l’argent d’un marchand sous la vue d’un agent de
police sans réaction confinée de la part de ce dernier.

Mais aussi certains policier maltraite les enfants et les exploitants a leurs fins. C’est le cas de
tribunaux pour enfants dont certains juges ont du mal a inséré les enfants dans les centres quel
que décréter par la loi cadre de 2009

B. SUGGESSION

Sans être imprécis, les institutions a la matière en RDC sont très et bel bien la,
mais la grande difficulté est la mise en applications de dispositions qui fait défaut.

Que dire ? La RDC doit renforcer des dispositions de recrutements des agents de
polices pour éviter les rafles dans le service. Veiller à la création de centres publics pour
l’insertion des enfants dans le cadre familial

L’Etat congolais doit inscrire au programme déontologique des policiers un cours


d’éducations civiques intitulé, le patriotisme et tenir compte également du critère niveau
d’études pour être policier.
40

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