Bonté envers les parents en Islam
Bonté envers les parents en Islam
FRANÇAIS
فــــرنســـــي
معالم في بر الوالدين
بقلم الشيخ
عبد العزيز السدحان
ترجمة
أبي هريرة عبد الله الفرنسي
مراجعة
قسم الترجمة الفرنسي لدار اﻹسالم
هـ1438 ،ح املكتب التعاوين للدعوة واإلرشاد و توعية الجاليات بالربوة
فهرسة مكتبة امللك فهد الوطنية أثناء النرش
عبد العزيز بن محمد،السدحان
. عبد العزيز بن محمد السدحان/ .معامل يف بر الوالدين – اللغة الفرنسية
هـ1438 ، الرياض-
سم21 x سم16 ، ص44
978-603-90969-7-9 : ردمك
العنوان. . االسالم أ-1
1438/8565 210 ديوي
1438/8565 :رقم االيداع
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Ô vous les enfants…Etant donné que les gens se différencient les uns les
autres dans leurs droits en fonction de la force des attaches [qui les lient]
et de leur proximité ou leur éloignement, l’Islam a établi des règles, des
droits et des devoirs en fonction de ces liens et de leur nature.
Ô vous les enfants…Il existe, parmi les liens les plus importants entre les
hommes, un lien que l’Islam a mentionné de manière particulièrement
prononcée, en allant même jusqu’à ordonner son maintien de manière
bienfaisante dans les circonstances les plus difficiles, et a mis en garde
contre le fait de porter atteinte à ses ayants-droits, ne serait-ce qu’avec la
moindre petite parole. Ce lien est celui qui relie chacun d’entre nous à sa
source, celle qu’Allah a établie comme cause de notre existence. Ce lien
est le lien qui unit l’enfant à sa mère et à son père: le lien de parenté, ô
chers enfants !
Les parents occupent une place immense, et leur droit est vraiment d’une
très grande importance:
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Allah a dit:
﴿ ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜ ﮝ ﮞﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ ﮥ ﮦ ﮧ
9 ﮨﮩ ﮪﮫﮬﮭﮮﮯ ﮰﮱﯓ ﯔﯕﯖﯗﯘﯙﯚ
﴾ﯛ ﯜ ﯝ ﯞ ﯟ
« Et ton Seigneur a décrété: « N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté
envers les père et mère. Si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la
vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas,
mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse
pour eux l’aile de l’humilité, et dis: « ô mon Seigneur, fais-leur, à tous
deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit2 ! » »
L’imam Ibn Kathîr a dit au sujet de ce verset:
« Et pour cette raison, Il a fait suivre Son adoration par la bonté envers les
parents, en disant:
« N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère ».
« Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est
la destination3 ».
Sa parole: (et ne les brusque pas) signifie: « qu’il n’y ait pas d’acte ignoble
venant de ta part à leur encontre ».
c
Atâ’ Ibn Abî Rabâh a dit à propos de Sa parole: (et ne les brusque pas)
Allah a dit:
﴿ﯵ ﯶ ﯷﯸ ﯹ ﯺ ﯻ ﯼ ﯽ ﯾ ﯿ ﰀ ﰁ ﰂ ﰃﰄ
﴾ﰅ ﰆ ﰇ ﰈ ﰉ ﰊ ﰋ ﰌ ﰍ
« Ils t’interrogent: « Qu’est-ce qu’on doit dépenser ? » Dis: « Ce que
vous dépensez de bien devrait être pour les père et mère, les proches, les
orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents. Et tout ce que vous faites
de bien, vraiment Allah le sait4 ».
Et Il a dit:
﴿ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜﮝ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ
ﮥ ﮦ ﮧ ﮨ ﮩ ﮪ ﮫ ﮬ ﮭ ﮮ ﮯﮰ ﮱ ﯓ ﯔ
﴾ﯕﯖ ﯗﯘﯙﯚ
4 Sourate « La vache », verset 215.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers
(vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin,
le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre
11
possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant5 »
Et Il a dit:
﴿ﮱ ﯓ ﯔ ﯕ ﯖ ﯗ ﯘﯙ ﯚ ﯛ ﯜ ﯝﯞ ﯟ ﯠﯡ ﯢ ﯣ
ﯤ ﯥ ﯦﯧ ﯨ ﯩ ﯪﯫ ﯬ ﯭ ﯮ ﯯ ﯰ ﯱ ﯲ ﯳﯴ
﴾ﯵ ﯶ ﯷ ﯸ ﯹ ﯺ ﯻ ﯼﯽ ﯾ ﯿ ﰀ ﰁ ﰂ ﰃ
« Dis: «Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui
associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas
vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme
eux. N’approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez
qu’en toute justice la vie qu’Allah a faite sacrée. Voilà ce qu’Allah vous a
recommandé de faire ; peut-être comprendrez-vous6 »
Et Il a dit:
﴿ﭶ ﭷ ﭸ ﭹ ﭺ ﭻ ﭼ ﭽ ﭾ ﭿ ﮀ ﮁ ﮂ ﮃ ﮄ
﴾ﮅ ﮆ ﮇ
« Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et
mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage
a lieu à deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes
parents. Vers Moi est la destination7 ».
Et Il a dit:
« Nous avons enjoint à l’homme de la bonté envers ses père et mère: sa
mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché; et sa gestation
et sevrage durent trente mois; puis quand il atteint ses pleines forces et
5 Sourate « Les femmes », verset 36.
6 Sourate « Les bestiaux », verset 151.
7 Sourate « Luqmân », v. 14-15.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
« Et Nous avons enjoint à l’homme de bien traiter ses père et mère, et si ceux-
ci te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucun savoir, alors ne leur obéis pas.
Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez9 ».
que je fasse une bonne œuvre que Tu agrées. Et fais que ma postérité soit
de moralité saine. Je me repens à Toi et je suis du nombre des soumis10 ».
Ces deux nobles versets ainsi que d’autres font référence - textuellement
ou de manière implicite - au droit des parents.
bonté envers les parents sont très nombreux. On retrouve à titre d’exemple:
Le hadith rapporté par cAbdullah Ibn Mascûd dans lequel il dit:
13 - « Je demandai au messager d’Allah : « Quelles sont les œuvres les
plus aimées par Allah le Très-Haut ? »
- Il répondit: « L’accomplissement de la prière dans son temps »
- Je dis: « Et ensuite ? »
- Il dit: « La bonté envers les père et mère »
- J’ajoutai: « Et ensuite ? »
- Il dit: « Le combat dans le sentier d’Allah11 » ».
ainsi que leur rang élevé, les prophètes d’Allah – que la paix et les bénédictions
d’Allah soient sur eux – comptaient parmi les gens les plus dévoués envers
leurs parents. Ils leur vouaient l’obéissance s’ils étaient croyants, et faisaient
15
preuve de pitié et les conseillaient s’ils étaient mécréants.
﴾﴿ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ
« Et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux16. »
Ibn Kathîr a dit: « C’est-à-dire: « Il m’a ordonné d’être bon envers ma
mère ». Il a mentionné cela après l’obéissance à Son Seigneur car Allah fait
souvent suivre l’ordre de Lui vouer l’adoration par celui de l’obéissance
envers les parents » - fin de citation.
Et ce qui était vrai pour Jésus concernant sa bonté envers sa mère l’était
également pour Yahyâ vis-à-vis de ses deux parents:
﴾﴿ ﭢ ﭣ ﭤ ﭥ ﭦ ﭧ ﭨ
« Et bon envers ses père et mère; et ne fut ni violent ni désobéissant17 ».
15 Sourate « Noé », verset 28.
16 Sourate « Marie », verset 32.
17 Sourate « Marie », verset 14.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
﴿ﭧ ﭨ ﭩ ﭪﭫ ﭬ ﭭ ﭮ ﭯ ﭰ ﭱ ﭲ ﭳ ﭴ ﭵ ﭶ ﭷ ﭸ ﭹ ﭺ ﭻ ﭼ
ﭽﭾﭿﮀﮁ ﮂﮃﮄﮅﮆﮇﮈﮉﮊﮋﮌ ﮍﮎﮏ
ﮐ ﮑ ﮒﮓ ﮔ ﮕ ﮖ ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜ ﮝ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ
﴾ﮢﮣﮤﮥ
« Et mentionne dans le Livre Ibrâhîm. C’était un très véridique et un
prophète. Lorsqu’il dit à son père: « ô mon père, pourquoi adores-tu ce
qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? Ô mon père, il m’est venu
de la science que tu n’as pas reçue; suis-moi, donc, je te guiderai sur une
voie droite. Ô mon père, n’adore pas Satan, car Satan désobéit au Tout
Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu’un châtiment venant du Tout
Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié de Satan18 » ».
discours à gagner son cœur et à le toucher. C’est ainsi qu’il a dit: « ô mon
père, il m’est venu de la science que tu n’as pas reçue ». Il n’a pas désigné
son père en évoquant son ignorance excessive alors qu’il en était pourtant à
17 17
son degré le plus extrême. Il ne s’est pas non plus décrit comme détenteur
d’un savoir supérieur alors que cela était bel et bien le cas. Il s’est plutôt
présenté à lui en manifestant sa mansuétude à son égard…»
L’imam Ibn Al-Jawzî fait partie de ceux qui ont écrit à ce sujet. Il a par
exemple cité dans son livre « Al-Birr wa As-Silah » l’énoncé suivant:
« Ensuite, j’ai remarqué que des jeunes de notre époque ne prêtaient
pas attention à la piété filiale, et ne la considéraient pas comme une
observance impérative de la religion. Ils élèvent leurs voix contre leurs
pères et leurs mères, comme s’ils ne considéraient pas le fait de leur obéir
comme obligatoire. Ils rompent les liens de parenté qu’Allah a ordonnés
de maintenir et sévèrement interdits de rompre dans le Coran. Il arrive
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Ô Allah, soulage leurs poitrines, facilite leurs affaires, et reprend nos âmes
19 ainsi que les leurs alors que Tu es satisfait de nous.
La bonté envers les parents est la clé de tout bien et la porte fermée à tout
mal. Il y a en cela une obéissance à Allah de même qu’une obéissance à
Son prophète .
20 Ô génération d’enfants…Il est clair que l’affaire des parents est d’une très
grande importance. Comment en serait-il autrement alors que ces derniers
préfèrent leur enfant à leur propre bien-être, et qu’ils se rendent malades
pour sa maladie et s’attristent de sa tristesse, au point de ne pas pouvoir
fermer l’œil tant que celui de leur enfant ne l’est pas complètement. Il ne
faut pas oublier tout ce qu’ils prennent sur eux-mêmes, leur abnégation de
soi dans leur maladie et le délaissement de ce qui les rend heureux, tout
cela afin de remplir leur enfant de joie et de bien-être.
Un poète a dit:
« Ta mère a un droit si grand sur toi, si seulement tu savais.
Ce que tu considères comme beaucoup est si peu en comparaison.
Et combien de nuits s’est elle plainte de ta lourdeur [dans son ventre].
Et son chagrin lui causait gémissement et soupir.
Et lors de l’accouchement si seulement tu pouvais imaginer quelle fut sa peine.
De par ses tourments, le cœur pourrait chavirer.
Et combien de tes immondices a-t-elle nettoyé de sa main droite ?
Et son giron n’était autre qu’un lit pour toi.
De sa propre vie elle ferait le sacrifice pour t’éviter les nuisances.
Et de son sein [sort] une boisson qui t’est délicieuse.
Et combien de fois fut elle prise par la faim et t’a t’elle donné de ses provisions.
Par compassion et pitié alors que tu n’étais encore que tout petit. »
Ils ont espéré que tu puisses trouver la quiétude, en dépensant tout ce dont
ils étaient capables.
Ô Allah fais de nous des gens de bien envers nos parents. Ô Allah fais de
nous une cause de soulagement et de réjouissance.
Ô toi qui t’es montré ingrat envers tes parents ou envers l’un d’eux et qui leur
a fait goûter l’amertume du tourment, ne vas-tu donc pas craindre Allah ?
Imagine que quelqu’un t’ait rendu un service sans que tu en aies besoin, ne
vois-tu pas qu’il t’a accablé d’un bienfait dont tu te sentiras redevable, pour
lequel tu le remercieras et pour lequel tu essaieras de lui rendre la pareille ?
Alors qu’en serait-il si tu étais dans le besoin le plus absolu de recevoir
son service et qu’il te l’ait rendu avec plaisir, n’aurait-il pas conquis ton
cœur de par son bienfait sur toi et son aide, ne serait-ce que pour un seul
bienfait ? Et il se peut qu’au fond de lui-même, il n’ait pas eu envie de
t’aider, mais malgré cela, tu n’as pas d’autre choix que de reconnaître son
bienfait sur toi et de le remercier chaleureusement.
Comme ton cas est surprenant, toi l’ingrat envers tes parents ! Pour un
seul service, tu remercies matin et soir celui qui te l’a rendu, et pour une
montagne de services venant de tes parents, tu renies et te montres ingrat !
Ô vous les enfants… Parmi les faits qui sont désagréables à entendre et
durs à prononcer, on retrouve tout ce que l’on constate, entend ou lit à
propos de ces indociles qui ont renié leurs parents et ont fait semblant
de ne plus les connaître. Cela est d’autant plus abominable et détestable
lorsque certains d’entre eux font partie de ceux qui accomplissent la prière
du vendredi et celle en congrégation.
Aussi, toi qui accomplis ta prière ! Ne crains-tu pas Allah au sujet de
tes parents ? N’as-tu pas réfléchi à leur cas ? Ta prière ne t’a-t-elle pas
détourné du mal que tu commets à leur encontre? Leurs cheveux ont
blanchi et leurs visages ont pali lorsqu’ils ont constaté ton déni de leur
droit et ton ingratitude du bien qu’ils ont accompli.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
23 Qu’Allah soit bienfaisant envers vous dans votre consolation, ô vous les parents,
et qu’Il augmente votre récompense face à l’immensité de votre calamité.
Et quant à toi ingrat que tu es, ton cas est remis à plus tard mais n’est pas
oublié ! Et la roue tourne entre les gens.
LA TROISIÈME FORME
La troisième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à élever
la voix sur eux, ou à leur couper la parole en les réprimandant, ou à
leur imposer un point de vue. Ceci indique bien qu’une personne qui
se comporte ainsi est humiliée et délaissée [par Allah]. Et c’est auprès
d’Allah que se trouve le refuge !
LA QUATRIÈME FORME
La quatrième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à les regarder
de travers en les fixant de manière appuyée. Et une telle caractéristique est
le reflet et l’incarnation même d’une rage bouillonnante au fond de soi.
Et comme est étonnante la situation d’une telle personne ! La miséricorde
a-t-elle été retirée de son cœur ?
Mujâhid a dit: « Celui qui fixe du regard ses parents n’a pas été bon envers eux ».
Qu’Allah soit glorifié et purifié d’un tel individu qui a retiré le vêtement
de la pudeur de son visage et a mis de côté le droit de ses parents. De plus,
ceux-ci ne se contentent pas d’une telle attitude, ils échangent le meilleur
26
pour le moins bon en haussant le ton et en appuyant leur regard. Il est à
craindre pour ce type d’individu que le châtiment de cette vie les atteigne
avant celui de l’au-delà.
LA CINQUIÈME FORME
La cinquième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à « trainer
les pieds » lorsqu’il s’agit d’assouvir leur besoins. Ce qui est réprimable
dans cela est de voir le père ou la mère demander à leur enfant pour
un besoin dont ils l’ont chargé [et de voir] qu’il cherche toutes sortes
d’excuses puis remet à plus tard l’exécution de cet ordre…Et cela se répète
continuellement jusqu’à ce qu’ils se lassent de lui demander son aide.
LA SIXIÈME FORME
La sixième forme d’ingratitude consiste, lorsque le père ou la mère appelle
son enfant de vive voix ou au téléphone, à ne pas leur répondre, de manière
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Et cet avis, bien qu’il soit rejeté par certains gens de science du fait qu’il
est interdit de parler pendant la prière, a tout de même le mérite de clarifier
l’importance de l’appel des parents à leur enfant.
LA SEPTIÈME FORME
La septième forme d’ingratitude consiste à insulter ses [propres] parents.
Ceci est causé par le fait qu’une personne insulte les parents d’une autre
– ce qui fait partie des péchés majeurs – et qu’en conséquence, ce dernier
insulte à son tour les parents de cet individu.
Ceci fait partie de l’impiété envers les parents car l’enfant qui a proféré
des insultes a été une cause pour que ses propres parents se soient fait
insulter et maudire. Comme l’a dit le prophète :
- « Parmi les péchés majeurs, on compte le fait d’insulter ses parents ».
- On lui dit alors: « Est-il possible qu’un homme insulte ses propres parents ?! »
- Il dit: « Oui. Il insulte le père d’un homme, qui insulte son père [à son
tour]. Ou bien il insulte sa mère et celui-ci insulte sa mère [à son tour]19 ».
Pour résumer, on peut affirmer que tout ce qui peut causer du tort aux
parents ou les rendre tristes est une sorte d’ingratitude [à leur encontre] – à
19 Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Puisqu’il en est ainsi, [beaucoup de] gens ont pu constater cela d’eux-
mêmes. Et certains individus désobéissants envers leurs parents ont ainsi
20 Rapporté par Al-Bukhârî.
21 Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.
22 Rapporté par An-Nassâ’î, Al-Bazzâr et Al-Hâkim, qui l’a considéré comme authentique. Al-
Mundhirî a considéré sa chaine de transmission comme bonne.
23 Rapporté par l’imam Ahmad.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
su et ont été forcés d’admettre que dans la majeure partie des cas, cette
calamité qui les avait atteints n’était autre qu’une rétribution de ce qu’ils
avaient commis en bafouant le droit de leurs parents ou de l’un d’entre eux.
29
Un fils qui expulse son père ! Un autre qui frappe le sien ! Et un troisième
qui le maltraite verbalement et physiquement ! Un quatrième qui élève la
voix contre sa mère !
Aussi, parmi les choses étonnantes qui ont été rapportées à propos de la
punition de celui qui désobéit à ses parents, on retrouve ce qu’a mentionné
Ibn Abî Ad-Dunyâ dans « Kitâb al-Qubûr » et qu‘a repris Ibn Al-Qayyim
dans « Kitâb ar-Rûh ».
Abû Qazcah le rapporte en ces termes: « Nous étions en train de passer par un
point d’eau sur notre chemin vers Al-Basrâ [en Iraq] lorsque nous entendîmes
le braiement d’un âne. Nous dîmes alors aux gens [qui s’y trouvaient]:
- « Qu’est-ce que ce braiement ? »
- Ils répondirent: « C’est le [bruit] d’un homme qui était parmi nous et qui,
lorsque sa mère s’adressait à lui, lui répondait: « Braies ! » Plus tard, lorsque
cet homme mourut, on entendit un braiement de sa tombe toutes les nuits24 ».
Sunnah qui ordonnent de donner leur droit aux parents, et qui interdisent
de ne pas leur accorder l’intérêt qu’ils méritent et de violer leur statut.
Et comment en serait-il autrement alors que les prophètes d’Allah et Ses messagers
– que la paix et les bénédictions soient sur eux – ainsi que les réformateurs et les
bienfaisants étaient parmi les premiers à se préoccuper de leurs parents ?
Quant à la piété filiale après leur mort, elle présente de multiples facettes
dont notamment: faire des invocations en leur faveur, régler leur dettes et
maintenir de bonnes relations avec ceux dont ils aimaient la compagnie.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
31 LE MARIAGE
Lorsque tu te maries ô fils, ô fille, c’est [précisément] là que la piété filiale
doit s’intensifier. En effet, le départ du fils ou de la fille vers son foyer
conjugal laisse un vide au domicile des parents et une tristesse dans leur
cœur. Aussi, il incombe à vous, fils et filles, de multiplier vos invocations
envers vos parents, de les appeler fréquemment, leur rendre visite souvent,
et de ne pas rompre les liens avec eux.
LE VOYAGE
Lorsque l’un des deux parents part en voyage, la bonté envers celui qui
est resté doit être multipliée. En effet, même si les parents s’accommodent
bien de tenir la conversation à leurs enfants, leur discussion lorsqu’ils se
tenaient compagnie mutuellement remplissait leur temps des leçons et
enseignements de la vie. C’est donc pour cela que si l’un d’entre eux part en
voyage, l’autre ressent un vide que la bonté de ses enfants envers lui et leurs
assises prolongées à ses côtés combleront probablement en grande partie.
LA MALADIE
Lorsque l’un d’entre eux tombe malade, il convient de faire preuve de plus
de bonté à son égard et de multiplier les invocations en sa faveur ainsi que
les efforts pour le rendre heureux. Il faut aussi partager avec lui sa douleur
et ne pas se montrer irrité du fait de rester avec lui à l’hôpital ou de lui
rendre des visites à répétition.
LE DÉCÈS
Cette situation est la plus grave: lorsque l’un des deux parents décède,
alors la bonté se dirige exclusivement vers celui des deux qui est resté en
vie. L’enfant doit se soucier de susciter la joie dans son cœur, rester en sa
compagnie, plus particulièrement lorsque des manifestations de tristesse
se font ressentir. Il doit aussi s’empresser d’accomplir ou de prononcer des
paroles susceptibles d’atténuer la peine du parent veuf.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Ô communauté d’enfants…
Et dans le même ordre d’idée, on trouve ce qui a été rapporté dans les
deux Sahîhs [Al-Bukhârî et Muslim] à propos des trois compagnons de la
grotte. Dans ce récit, on voit bien comment la bonté de l’un d’entre eux
envers ses parents a permis d’éloigner les calamités.
A la lecture des textes précédents ainsi que d’autres, une image claire des
fruits de la piété filiale apparaît. Parmi les principaux d’entre eux:
- Elle est parmi les œuvres les plus aimées d’Allah.
- Elle suscite la bénédiction d’Allah envers les bienfaiteurs, qu’elle soit
dans la subsistance ou la durée de vie.
- Elle permet d’avoir ses invocations exaucées.
- Elle permet d’éloigner les calamités.
- Son empreinte se reflète sur les enfants des personnes bienfaisantes,
car leurs enfants les traiteront d’une aussi belle manière que celle avec
laquelle ils auront traité leurs parents.
Tous ces exemples, ainsi que les manifestations évidentes des bénéfices
cités sont mentionnés dans des textes authentiques et explicites. C’est
pourquoi nous demandons à Allah qu’Il fasse de nous tous des individus
ayant traité leurs parents avec bonté et dont les enfants en auront fait de
même avec eux.
25 Rapporté par Al-Bukhârî.
26 NdR: Uways Al-Qaranî a été désigné par le prophète comme le meilleur des tâbicînes (la
génération qui a reçu la science des compagnons). En effet, celui-ci vivait au Yémen au temps du
prophète. Il désirait se rendre à Médine pour venir le rencontrer mais il était occupé par la prise
en charge de sa mère. Aussi, le prophète avait conseillé à cUmar ibn Al-Khattâb de demander à
Uways qu’il invoque Allah en sa faveur si jamais il le rencontrait, ce qu’il fit.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Etant donné que la bonté envers les parents est un acte pieux de très grande
importance, acte pour lequel les serviteurs d’Allah parmi les prophètes,
les messagers et les pieux ont concouru27, il convient de mentionner à ce
stade quelques éléments de description de la bonté des savants très versés
dans la science envers leurs parents. Nous souhaitons que ceci soit un
moyen de stimuler et de décupler la ferveur des jeunes gens vertueux en
particulier, ou bien du grand public de manière plus générale.
Parmi cela, on relate au sujet de l’imam Abû Hanîfah que sa mère lui
ordonnait de l’emmener aux cours de cUmar Ibn Dharr afin qu’elle puisse
l’interroger sur un sujet qui ne lui était pas clair, bien que son fils était
l’imam de son époque. Malgré cela, Abû Yûsuf [son élève] rapporte: « J’ai
vu Abû Hanîfah porter sa mère à dos d’âne jusqu’à l’assise de cUmar Ibn
Dharr, car il lui était détestable de devoir rejeter sa demande ».
Et Al-Hasan Ibn Zyâd a dit: La mère d’Abû Hanîfah fit le vœu de faire
quelque chose puis ne put l’accomplir. Elle demanda à Abû Hanîfah de lui
délivrer un verdict religieux. C’est donc ce qu’il fit mais elle n’en fut point
satisfaite et dit: « Je ne me satisfais que de l’avis de Zurcah Al-Qâss ». Abû
Hanîfah l’emmena auprès de Zurcah. Ce dernier dit alors en s’adressant à
la mère d’Abû Hanîfah: « Dois-je te délivrer un avis religieux alors que tu
es en compagnie de l’érudit d’Al-Kûfah [en Iraq] ?! Abû Hanîfah dit alors:
« Dis-lui ce qu’elle doit faire au sujet de ceci et cela ». C’est-ce qu’il fit et
elle en fut satisfaite.
27 Un aperçu de cela a certes déjà été évoqué dans un passage précédent.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS
Quant à Haywah Ibn Shurayh – qui comptait parmi les très grands savants
– il avait l’habitude de prendre place dans son cercle d’enseignement afin
d’instruire les gens. C’est alors que sa mère venait lui dire: « Lève-toi,
ô Haywah et va donner le grain aux poules ! », sur quoi il se levait et
délaissait l’enseignement.
Ô toi qui t’es montré bon à l’égard de tes parents et qui t’es dévoué pour eux
avec compassion et respect, qu’Allah augmente ton profond attachement
[envers eux] ! Attelle-toi à cela et sois-y constant, tu trouveras – de la part
36
de ton Seigneur – de quoi réjouir tes yeux et libérer ta poitrine.
Ô toi qui a désobéi à tes parents ou à l’un d’eux, crains Allah au plus
profond de ton âme. Ne sais-tu donc pas que la désobéissance envers les
parents est une charge qui te retombera dessus à coup sûr ?
Et qu’as-tu dans le cœur pour avoir laissé tes deux parents ou bien l’un
d’entre eux verser des larmes de tristesse et d’accablement ?! N’as-
tu pas su qu’à cause de cela, tu courrouces ton Seigneur et que tu
commets du mal envers toi-même ? Aussi, crains Allah et implore le
pardon pour ton péché, rachète ta faute en t’empressant d’être bon
à leur égard et en demandant leur pardon. Il se peut qu’Allah nous
pardonne ainsi qu’à toi.
Ô Allah, accorde-nous la bonté envers nos parents, et fais que nos enfants
soient bons envers nous.
Notre Seigneur déverse Ses bienfaits sur qui Il veut de par Sa grâce, et Il
37 punit qui Il veut de part Sa justice, et Il n’est injuste envers personne.
Plus tard, j’ai vu de mes propres yeux les enfants de ce fils bienfaisant qui
lavait les pieds de son père. Je les ai vus se concurrencer entre eux pour le
traiter avec bonté malgré le grand nombre de ses domestiques. J’ai même
vu un de ses enfants lui mettre ses chaussures et l’aider à bien mettre sa
Ghutrah et son cIqâl28, tout ceci de bon cœur et avec joie.
Je dis alors à cet homme: « Réjouis toi ! Voici [la récompense du] bien que tu
as fait à ton père. J’ai eu écho de ta bonté envers lui de mes propres oreilles et
j’ai constaté la bonté de tes enfants à ton égard de mes propres yeux.
et interdit le blâmable afin de leur rendre une visite. Durant celle-ci, des
enfants du quartier vinrent voir le directeur afin de l’avertir qu’une femme
était en train de crier dans la rue et que les gens se tenaient autour d’elle en
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cercle. C’est alors qu’une équipe sortit du centre de la brigade religieuse, et
que son chef demanda à ce que je l’accompagne dans son véhicule privé.
Je me dirigeai vers les lieux de la scène et j’aperçus alors des gens amassés
autour d’une femme portant un nourrisson contre sa poitrine. Le chef de la
brigade me demanda d’engager la conversation avec elle et je lui demandai
ainsi ce qui se passait. Elle me montra une maison se situant en face et où un
enfant d’une quinzaine d’années environ se tenait assis. Puis elle dit: « Ceci
est ma maison, et mon enfant m’en a expulsé en brandissant un couteau sur
moi jusqu’à ce que je sorte … » jusqu’à la fin de l’histoire.
L’élément à retenir de cette histoire est qu’un soldat qui se trouvait avec
nous durant cette nuit m’a informé qu’il connaissait la mère de cette
femme, et que celle-ci s’était plainte au commissariat de police à l’époque
que cette femme avait expulsé la sienne de la maison !
Aussi, je recommande à ceux parmi les mères et les pères qui sont tombés
dans de telles choses de craindre Allah pour eux-mêmes et leurs enfants.
Je demande à Allah que ces mères et ces pères obtiennent la réussite et que
leur soit accordée la bonté de leurs enfants.
Et Il (I) est certes Celui qui entend et qui répond [aux invocations].
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