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Bonté envers les parents en Islam

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Bonté envers les parents en Islam

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‫‪FRENCH‬‬

‫‪FRANÇAIS‬‬
‫فــــرنســـــي‬

‫معالم في بر الوالدين‬
‫بقلم الشيخ‬
‫عبد العزيز السدحان‬
‫ترجمة‬
‫أبي هريرة عبد الله الفرنسي‬
‫مراجعة‬
‫قسم الترجمة الفرنسي لدار اﻹسالم‬
‫هـ‬1438 ،‫ح املكتب التعاوين للدعوة واإلرشاد و توعية الجاليات بالربوة‬
‫فهرسة مكتبة امللك فهد الوطنية أثناء النرش‬
‫ عبد العزيز بن محمد‬،‫السدحان‬
.‫ عبد العزيز بن محمد السدحان‬/ .‫معامل يف بر الوالدين – اللغة الفرنسية‬
‫هـ‬1438 ،‫ الرياض‬-
‫سم‬21 x ‫سم‬16 ،‫ ص‬44
978-603-90969-7-9 : ‫ردمك‬
‫ العنوان‬. .‫ االسالم أ‬-1
1438/8565 210 ‫ديوي‬
1438/8565 :‫رقم االيداع‬
978-603-90969-7-9 : ‫ردمك‬

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Au nom d’Allah, L’Infiniment Miséricordieux, Le Très
Miséricordieux

TABLE DES MATIERES


Introduction de son Eminence le Mufti d’Arabie Saoudite
Introduction de l’Auteur
Quelques leçons sur la bonté envers les parents
Les formes d’ingratitude envers les parents
Quelques formes de bonté
Quelques fruits de la bonté envers les parents
Le comportement des savants érudits envers leurs parents
Histoires réelles de bonté et de désobéissance envers les parents
Quelques erreurs des parents
Table des matières
INTRODUCTION DE SON EMINENCE LE
MUFTI D’ARABIE SAOUDITE
5
La louange est à Allah seul, et que la paix et les bénédictions soient sur le
dernier des prophètes.
Nous avons bien pris connaissance du livre « La bonté envers les parents »
du noble Sheikh cAbdulazîz ibn Muhammad As-Sadhân – qu’Allah lui
accorde la réussite – et l’avons trouvé, en dépit de sa petite taille, rempli de
science solide, d’orientation et de conseils qui encouragent à la bonté envers
les parents (piété filiale) et qui clarifient ses différentes formes.
L’auteur y a facilité l’accès [à sa mise en pratique] grâce à la mention des
moyens qui permettent d’y parvenir. Il a également abordé la désobéissance
aux parents et en a décrit les conséquences malheureuses. Il a par ailleurs
mentionné différentes formes de désobéissance et leur mauvaise fin dans
cette vie d’ici bas – en illustrant par des exemples vécus – sans parler de
celle de l’au-delà qui est autrement plus fatale. Et nous demandons à Allah
la rémission de nos péchés et le salut.
Il n’y a pas de doute que ceci représente un gros investissement, une œuvre
pieuse, ainsi qu’une contribution à un sujet dans lequel le conseil mutuel est
indispensable, et dont tout le monde à besoin: petit, grand, homme ou femme.
Qu’Allah soit loué pour avoir inspiré le Sheikh cAbdulazîz d’écrire à propos
de ce sujet et lui a permis de le présenter sous cette forme.
Enfin, je demande à Allah qu’Il lui accorde la justesse dans ses paroles, dans
ses actes, qu’Il dirige bien ses pas, qu’Il le fasse tirer profit de cet effort ainsi
que des autres efforts et qu’Il le lui mette de côté pour le jour de Sa rencontre.
Et que la prière, le salut et la bénédiction soient sur notre prophète
Muhammad, ainsi que sur sa famille et sur tous ses compagnons.
cAbdulazîz ibn cAbdillah Âli Ash-Sheikh,
Mufti Général du Royaume d’Arabie Saoudite.
INTRODUCTION DE L’AUTEUR
Au nom d’Allah, L’infiniment Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
7
La louange est à Allah le Seigneur des mondes, et que la bénédiction et le
salut soient sur le messager d’Allah, ainsi que sur sa famille, ses compagnons
et ses alliés. Ô Allah, rien n’est facile si ce n’est-ce que Tu as rendu facile, et
Tu es certes Celui qui facilite les difficultés quand Tu le veux.
Ô Allah, nous cherchons refuge auprès de Toi contre une science qui n’est
pas utile, contre un cœur qui ne s’humilie pas, contre un œil qui ne pleure
pas et contre une âme qui ne se contente pas.
Ô Allah, guide-nous vers les meilleurs caractères, car nul n’y guide en
dehors de Toi, et éloigne de nous les mauvais, car nul ne [peut] nous en
éloigner en dehors de Toi.
Ô Allah, bénis nous dans nos œuvres, nos vies, nos descendances et dans
toutes nos affaires.
Voici une série de conseils et de directives qui concernent le droit des parents.
Et la louange est à Allah par le biais duquel les bonnes œuvres s’accomplissent.
c
Abdulazîz As-Sadhân,
Le 23/07/1425 de l’Hégire.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

QUELQUES LEÇONS SUR LA BONTÉ


ENVERS LES PARENTS
8
Ô vous les enfants…Allah a établi l’humanité en nations et en peuples afin
qu’ils s’entre-connaissent. Et cette connaissance se renforce ou s’affaiblit
en fonction du lien qui les unit. Aussi, les liens qui unissent les gens sont
nombreux et variés: l’Islam est le lien général mais l’on trouve également
d’autres liens de nature plus spécifique, comme les liens de famille, de
mariage, de voisinage, d’amitié ...

Ô vous les enfants…Etant donné que les gens se différencient les uns les
autres dans leurs droits en fonction de la force des attaches [qui les lient]
et de leur proximité ou leur éloignement, l’Islam a établi des règles, des
droits et des devoirs en fonction de ces liens et de leur nature.

Ainsi, il a ordonné de maintenir le lien de parenté de manière perpétuelle


et a mis en garde contre le fait de le rompre. De même, il a instauré le lien
de voisinage qui implique que le voisin soit traité avec respect et non pas
de manière outrageuse, et qu’on soit bienfaisant à son égard sans lui nuire,
et qu’on doit lui accorder la préséance sur les autres.

Ô vous les enfants…Il existe, parmi les liens les plus importants entre les
hommes, un lien que l’Islam a mentionné de manière particulièrement
prononcée, en allant même jusqu’à ordonner son maintien de manière
bienfaisante dans les circonstances les plus difficiles, et a mis en garde
contre le fait de porter atteinte à ses ayants-droits, ne serait-ce qu’avec la
moindre petite parole. Ce lien est celui qui relie chacun d’entre nous à sa
source, celle qu’Allah a établie comme cause de notre existence. Ce lien
est le lien qui unit l’enfant à sa mère et à son père: le lien de parenté, ô
chers enfants !

Les parents occupent une place immense, et leur droit est vraiment d’une
très grande importance:
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Allah a dit:
‫﴿ ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜ ﮝ ﮞﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ ﮥ ﮦ ﮧ‬
9 ‫ﮨﮩ ﮪﮫﮬﮭﮮﮯ ﮰﮱﯓ ﯔﯕﯖﯗﯘﯙﯚ‬
﴾‫ﯛ ﯜ ﯝ ﯞ ﯟ‬
« Et ton Seigneur a décrété: « N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté
envers les père et mère. Si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la
vieillesse auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!» et ne les brusque pas,
mais adresse-leur des paroles respectueuses. Et par miséricorde, abaisse
pour eux l’aile de l’humilité, et dis: « ô mon Seigneur, fais-leur, à tous
deux, miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit2 ! » »
L’imam Ibn Kathîr a dit au sujet de ce verset:
« Et pour cette raison, Il a fait suivre Son adoration par la bonté envers les
parents, en disant:
« N’adorez que Lui; et (marquez) de la bonté envers les père et mère ».

De même qu’Il a dit dans un autre verset:


﴾‫﴿ ﮁ ﮂ ﮃ ﮄ ﮅ ﮆ ﮇ‬

« Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est
la destination3 ».

Et Sa parole: « (Si l’un d’eux ou tous deux doivent atteindre la vieillesse


auprès de toi, alors ne leur dis point: «Fi!») signifie: « Ne leur fais pas
entendre une mauvaise parole, ne serait-ce qu’un soupir, qui est [pourtant]
considéré comme un degré moindre de mauvaise parole ».

Sa parole: (et ne les brusque pas) signifie: « qu’il n’y ait pas d’acte ignoble
venant de ta part à leur encontre ».
c
Atâ’ Ibn Abî Rabâh a dit à propos de Sa parole: (et ne les brusque pas)

2 Sourate « Le voyage nocturne », v. 23-24.


3 Sourate « Luqmân », v. 14.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

qu’elle signifiait: « ne lève pas ta main sur eux ».

Tandis qu’Allah a interdit de proférer une parole ignoble ou de commettre


10 un acte vil, Il a ordonné dans le même temps d’adresser des paroles
respectueuses et d’agir avec bonté. Il a dit: (mais adresse-leur des paroles
respectueuses ). C’est-à-dire: « douces, bonnes et gracieuses, avec
politesse, respect et considération ».

Sa parole: (Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité)


signifie: « sois humble envers eux par tes actes ».

Et Sa parole: (et dis: «ô mon Seigneur, fais-leur, à tous deux, miséricorde


comme ils m’ont élevé tout petit ») signifie: « durant leur vieillesse et au
moment de leur mort » - fin de citation d’Ibn Kathîr.

Ô vous les enfants… Allah a longuement évoqué le cas des parents et a


rendu la bienfaisance à leur égard obligatoire, du fait de leur mérite et de
l’immense service qu’ils ont rendu à leur enfant.

Allah a dit:
‫﴿ﯵ ﯶ ﯷﯸ ﯹ ﯺ ﯻ ﯼ ﯽ ﯾ ﯿ ﰀ ﰁ ﰂ ﰃﰄ‬
﴾‫ﰅ ﰆ ﰇ ﰈ ﰉ ﰊ ﰋ ﰌ ﰍ‬
« Ils t’interrogent: « Qu’est-ce qu’on doit dépenser ? » Dis: « Ce que
vous dépensez de bien devrait être pour les père et mère, les proches, les
orphelins, les pauvres et les voyageurs indigents. Et tout ce que vous faites
de bien, vraiment Allah le sait4 ».

Et Il a dit:
‫﴿ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜﮝ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ‬
‫ﮥ ﮦ ﮧ ﮨ ﮩ ﮪ ﮫ ﮬ ﮭ ﮮ ﮯﮰ ﮱ ﯓ ﯔ‬
﴾‫ﯕﯖ ﯗﯘﯙﯚ‬
4 Sourate « La vache », verset 215.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

« Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers
(vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin,
le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre
11
possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant5 »
Et Il a dit:
‫﴿ﮱ ﯓ ﯔ ﯕ ﯖ ﯗ ﯘﯙ ﯚ ﯛ ﯜ ﯝﯞ ﯟ ﯠﯡ ﯢ ﯣ‬
‫ﯤ ﯥ ﯦﯧ ﯨ ﯩ ﯪﯫ ﯬ ﯭ ﯮ ﯯ ﯰ ﯱ ﯲ ﯳﯴ‬
﴾‫ﯵ ﯶ ﯷ ﯸ ﯹ ﯺ ﯻ ﯼﯽ ﯾ ﯿ ﰀ ﰁ ﰂ ﰃ‬
« Dis: «Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit: ne Lui
associez rien ; et soyez bienfaisants envers vos père et mère. Ne tuez pas
vos enfants pour cause de pauvreté. Nous vous nourrissons tout comme
eux. N’approchez pas des turpitudes ouvertement, ou en cachette. Ne tuez
qu’en toute justice la vie qu’Allah a faite sacrée. Voilà ce qu’Allah vous a
recommandé de faire ; peut-être comprendrez-vous6 »

Et Il a dit:
‫﴿ﭶ ﭷ ﭸ ﭹ ﭺ ﭻ ﭼ ﭽ ﭾ ﭿ ﮀ ﮁ ﮂ ﮃ ﮄ‬
﴾‫ﮅ ﮆ ﮇ‬
« Nous avons commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et
mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage
a lieu à deux ans. « Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes
parents. Vers Moi est la destination7 ».

Et Il a dit:
« Nous avons enjoint à l’homme de la bonté envers ses père et mère: sa
mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché; et sa gestation
et sevrage durent trente mois; puis quand il atteint ses pleines forces et
5 Sourate « Les femmes », verset 36.
6 Sourate « Les bestiaux », verset 151.
7 Sourate « Luqmân », v. 14-15.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

atteint quarante ans, il dit: « ô Seigneur! Inspire-moi pour que je rende


grâce au bienfait dont Tu m’as comblé ainsi qu’à mes père et mère, et pour
que je fasse une bonne œuvre que Tu agrées. Et fais que ma postérité soit
12
de moralité saine. Je me repens à Toi et je suis du nombre des soumis8 ».

Ô vous les enfants…Parmi les preuves de la place primordiale qu’occupent


les parents [en religion], on retrouve le fait que la bienfaisance et la
douceur à leur égard soient obligatoires, furent-ils polythéistes. Toutefois,
il ne faut pas leur obéir dans un acte de désobéissance.

Le Très-Haut a dit à ce sujet:


‫﴿ﭞ ﭟ ﭠ ﭡﭢ ﭣ ﭤ ﭥ ﭦ ﭧ ﭨ ﭩ ﭪ ﭫ ﭬ ﭭﭮ ﭯ ﭰ‬
﴾‫ﭱ ﭲ ﭳ ﭴ ﭵ‬

« Et Nous avons enjoint à l’homme de bien traiter ses père et mère, et si ceux-
ci te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucun savoir, alors ne leur obéis pas.
Vers Moi est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez9 ».

« Nous avons enjoint à l’homme de la bonté envers ses père et mère: sa


mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché; et sa gestation
et sevrage durent trente mois; puis quand il atteint ses pleines forces et
atteint quarante ans, il dit: « ô Seigneur! Inspire-moi pour que je rende
grâce au bienfait dont Tu m’as comblé ainsi qu’à mes père et mère, et pour

que je fasse une bonne œuvre que Tu agrées. Et fais que ma postérité soit
de moralité saine. Je me repens à Toi et je suis du nombre des soumis10 ».

Ces deux nobles versets ainsi que d’autres font référence - textuellement
ou de manière implicite - au droit des parents.

D’autre part, les hadiths de la Sunnah prophétique qui mentionnent la


8 Sourate « Al-Ahqâf », verset 15.
9 Sourate « L’araignée », verset 8.
10 Sourate « Al-Ahqâf », verset 15.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

bonté envers les parents sont très nombreux. On retrouve à titre d’exemple:
Le hadith rapporté par cAbdullah Ibn Mascûd dans lequel il dit:
13 - « Je demandai au messager d’Allah : « Quelles sont les œuvres les
plus aimées par Allah le Très-Haut ? »
- Il répondit: « L’accomplissement de la prière dans son temps »
- Je dis: « Et ensuite ? »
- Il dit: « La bonté envers les père et mère »
- J’ajoutai: « Et ensuite ? »
- Il dit: « Le combat dans le sentier d’Allah11 » ».

D’après Abû Hurayrah, un homme vint auprès du messager d’Allah


et lui dit:
- « Ô messager d’Allah, quelle est la personne la plus en droit de recevoir
ma bonne compagnie ? »
- Il dit: « Ta mère ».
- Il dit: « Et ensuite ? »
- Il dit: « Ta mère ».
- Il dit: « Et ensuite ? »
- Il dit: « Ta mère »
- Il dit: « Et ensuite ? »
- Il dit enfin: « Ton père12 ».

D’après Abû Hurayrah: « Le prophète a dit:


- « Qu’il soit humilié ! Qu’il soit humilié ! Qu’il soit humilié, celui dont les
parents – ou l’un d’eux – atteignent la vieillesse et n’entre pas au Paradis13. ».
L’imam An-Nawawî a dit: « Sa parole « Qu’il soit humilié » a pour
signification: « qu’il soit couvert de honte ». Son sens originel est « que son
nez soit traîné dans la poussière », qui vient de l’arabe: « ar-righâm », qui est
un mélange de terre et de sable ». Il a aussi dit que ce terme désignait toute
11 Hadith reconnu authentique à l’unanimité.
12 Hadith reconnu authentique à l’unanimité.
13 Rapporté par Muslim
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

chose pouvant atteindre le nez et lui être nuisible. Ce hadith contient un


encouragement à la piété filiale et [démontre] la récompense énorme qui en
découle. Sa signification est que d’être bon envers les père et mère lorsqu’ils
14
sont âgés et faibles, d’être à leur service ou de subvenir à leurs besoins etc.
est un moyen d’entrer au Paradis. Ainsi, quiconque faillit à ce devoir en sera
privé et donc Allah l’humiliera ». Fin de la parole d’An-Nawawî .

D’après cAbdullah Ibn cAmr:


« Un homme se rendit auprès du prophète et lui dit:
- « Je te prête serment d’allégeance pour émigrer et combattre sur le sentier
d’Allah en espérant la récompense d’Allah le Très-Haut ».
- Il lui dit alors: « L’un de tes parents est-il encore en vie ? »
- Il dit: « Les deux ».
- Il dit: « Veux-tu la récompense auprès d’Allah le Très-Haut ? »
- Il dit: « Oui ».
- Il dit: « Alors retourne auprès d’eux et porte leur bonne compagnie14 ».
Et dans une version rapportée par Abû Dâwûd:
- « Un homme dit: « Je suis venu te prêter serment d’allégeance pour émigrer
[à tes côtés] et j’ai laissé mes parents derrière moi en pleurs ».
- Il dit alors: « Retourne auprès d’eux et fais-les rire comme tu les as
fait pleurer ».
Et dans une version communément rapportée par Muslim et Abû Dâwûd:
« Un homme se rendit auprès du prophète et lui demanda la permission
pour partir à la guerre, ce sur quoi il répondit:
- « Est-ce que tes parents sont encore en vie ? ».
- Il dit: « Oui ».
- Il dit alors: « C’est auprès d’eux que se trouve ton combat [NdT:
c’est-à-dire dans le fait d’être bienfaisant à leur égard] ».

Ô vous les enfants… Etant donnée l’importance considérable des parents


14 Hadith reconnu authentique à l’unanimité. Cette forme est celle de Muslim.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

ainsi que leur rang élevé, les prophètes d’Allah – que la paix et les bénédictions
d’Allah soient sur eux – comptaient parmi les gens les plus dévoués envers
leurs parents. Ils leur vouaient l’obéissance s’ils étaient croyants, et faisaient
15
preuve de pitié et les conseillaient s’ils étaient mécréants.

Et Allah nous a informé de l’histoire de certains de ces élus en démontrant


à quel point ils étaient les meilleurs des enfants et les plus obéissants
envers leurs parents.

Ainsi était Noé lorsqu’il demandait spécifiquement le pardon en faveur


de ses parents. Comme Allah nous en a informé:
﴾‫﴿ﰁ ﰂ ﰃ ﰄ ﰅ ﰆ ﰇ ﰈ ﰉ ﰊ ﰋ ﰌ ﰍ ﰎ ﰏ ﰐ‬
« Seigneur ! Pardonne-moi, à mes père et mère et à celui qui entre dans ma
demeure croyant, ainsi qu’aux croyants et croyantes15. »

Il en est ainsi au sujet de Jésus fils de Marie comme Allah nous en a


informé lorsqu’Il a fait mention de sa piété filiale envers sa mère:

﴾‫﴿ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ ﮢ ﮣ ﮤ‬
« Et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux16. »
Ibn Kathîr a dit: « C’est-à-dire: « Il m’a ordonné d’être bon envers ma
mère ». Il a mentionné cela après l’obéissance à Son Seigneur car Allah fait
souvent suivre l’ordre de Lui vouer l’adoration par celui de l’obéissance
envers les parents » - fin de citation.
Et ce qui était vrai pour Jésus concernant sa bonté envers sa mère l’était
également pour Yahyâ vis-à-vis de ses deux parents:

﴾‫﴿ ﭢ ﭣ ﭤ ﭥ ﭦ ﭧ ﭨ‬
« Et bon envers ses père et mère; et ne fut ni violent ni désobéissant17 ».
15 Sourate « Noé », verset 28.
16 Sourate « Marie », verset 32.
17 Sourate « Marie », verset 14.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Ibn Kathîr a dit: « Lorsque le Très-Haut a mentionné l’adoration [de


Yahyâ] envers son Seigneur - et le fait qu’Il l’ait créé plein de miséricorde,
de pureté et de piété - Il a fait suivre cela par la mention de son obéissance
16
envers ses père et mère, son dévouement et son absence d’ingratitude à
leur égard, que ce soit par l’action ou la parole, sans manquer aux ordres
ou encore enfreindre les interdictions » - fin de citation.
Ô vous les enfants…Quant au cas du rapproché d’Allah avec son père,
de la prêche qu’il lui a faite et de l’amour qu’il lui a témoigné, il s’agit
bien d’une affaire qui a atteint le sommet de la piété, de la compassion et
la tendresse, bien que son père fut mécréant.

‫﴿ﭧ ﭨ ﭩ ﭪﭫ ﭬ ﭭ ﭮ ﭯ ﭰ ﭱ ﭲ ﭳ ﭴ ﭵ ﭶ ﭷ ﭸ ﭹ ﭺ ﭻ ﭼ‬
‫ﭽﭾﭿﮀﮁ ﮂﮃﮄﮅﮆﮇﮈﮉﮊﮋﮌ ﮍﮎﮏ‬
‫ﮐ ﮑ ﮒﮓ ﮔ ﮕ ﮖ ﮗ ﮘ ﮙ ﮚ ﮛ ﮜ ﮝ ﮞ ﮟ ﮠ ﮡ‬
﴾‫ﮢﮣﮤﮥ‬
« Et mentionne dans le Livre Ibrâhîm. C’était un très véridique et un
prophète. Lorsqu’il dit à son père: « ô mon père, pourquoi adores-tu ce
qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? Ô mon père, il m’est venu
de la science que tu n’as pas reçue; suis-moi, donc, je te guiderai sur une
voie droite. Ô mon père, n’adore pas Satan, car Satan désobéit au Tout
Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu’un châtiment venant du Tout
Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié de Satan18 » ».

Al-Qâdhî Abû As-Sacûd a dit à propos de la conversation tenue par le


rapproché [d’Allah] à son père: « Il a adopté dans sa prêche la meilleure
méthodologie et le plus droit des chemins. Il a argumenté avec lui de la plus
merveilleuse des manières en faisant preuve d’un bon comportement et d’une
belle moralité, afin que [son père] ne soit pris d’orgueil et d’obstination.
Puis il l’a appelé à le suivre afin qu’il le guide vers la vérité manifeste – étant
donné qu’il n’avait pas eu le privilège de recevoir de la science d’Allah
ni d’avoir une juste vision des choses – en recherchant au début de son
18 Sourate « Marie », v.41-45.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS SHEIKH CABDULAZIZ AS-SADHAN

discours à gagner son cœur et à le toucher. C’est ainsi qu’il a dit: « ô mon
père, il m’est venu de la science que tu n’as pas reçue ». Il n’a pas désigné
son père en évoquant son ignorance excessive alors qu’il en était pourtant à
17 17
son degré le plus extrême. Il ne s’est pas non plus décrit comme détenteur
d’un savoir supérieur alors que cela était bel et bien le cas. Il s’est plutôt
présenté à lui en manifestant sa mansuétude à son égard…»

En ce qui concerne notre prophète Muhammad alors cela est encore


plus étonnant. Il était bienfaisant envers son oncle Abû Tâlib – qui était
comme un père pour lui – et il l’accompagnait partout. Il lui témoignait
toute son affection en l’invitant [à Allah] avec les meilleures paroles qui
soient, et ce jusqu’aux derniers instants de sa vie. Ainsi, il appelait Son
oncle avec douceur en disant: « Ô mon oncle, dis « Il n’y a pas de divinité
digne d’être d’adorée en dehors d’Allah », je témoignerai de cette parole
en ta faveur auprès d’Allah ».

Et ceci est un des plus beaux exemples de la bonté du prophète envers


Son oncle.

Ô vous les enfants…Puisque le thème de la piété filiale compte parmi les


plus importants, les savants l’ont fréquemment évoqué. Ces derniers ont
composé des ouvrages qui traitent exclusivement de ce sujet, sans parler
des livres qui traitent des vertus, des bonnes manières et du comportement
et qui ne manquent pas de consacrer un chapitre, un sous-chapitre ou bien
une partie sur les parents.

L’imam Ibn Al-Jawzî fait partie de ceux qui ont écrit à ce sujet. Il a par
exemple cité dans son livre « Al-Birr wa As-Silah » l’énoncé suivant:
« Ensuite, j’ai remarqué que des jeunes de notre époque ne prêtaient
pas attention à la piété filiale, et ne la considéraient pas comme une
observance impérative de la religion. Ils élèvent leurs voix contre leurs
pères et leurs mères, comme s’ils ne considéraient pas le fait de leur obéir
comme obligatoire. Ils rompent les liens de parenté qu’Allah a ordonnés
de maintenir et sévèrement interdits de rompre dans le Coran. Il arrive
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

même qu’ils ajoutent à cela de l’indifférence ou qu’ils coupent les relations


ouvertement [en public]… »

18 Puis, il a commencé à énumérer les textes et les différents récits en


ajoutant: « Et que celui qui est bon envers ses parents sache que quelque
soit le niveau de bienfaisance qu’il atteint, il ne pourra jamais les remercier
comme il se doit. D’après Zurcah Ibn Ibrâhîm, un homme s’est rendu
auprès de cUmar et lui a dit:
- « J’ai une mère très âgée qui ne va pas faire ses besoins sans que mon dos
soit courbé à son service, et je la lave également tout en détournant mon
visage d’elle [par respect]. Me suis-je acquitté de mon devoir envers elle ? »
- Il dit: « Non ».
- Il dit: « Ne l’ai-je pas portée sur mon dos et ne me suis-je pas épuisé à
son service?!
- cUmar a répondu: « Elle faisait cela en espérant te voir grandir et vivre;
tandis que toi, tu le fais en attendant qu’elle s’en aille [NdT: c’est-à-dire
qu’elle meure]! ».
Et un homme s’est rendu auprès de cAbdullah Ibn cUmar et a dit:
- « J’ai porté ma mère sur mon dos depuis Khurâsân [NdR: région en actuelle
Iran] jusqu’à [La Mecque] et j’ai accompli avec elle les rites [du pèlerinage],
est-ce que tu penses que je l’ai rétribuée comme elle le mérite ? »
- Il dit: « Non, pas même pour une seule des contractions qu’elle a
ressenties ! … ».
Puis, l’auteur [Ibn Al-Jawzî] a dit après cela: « Se montrer bon envers eux
consiste à leur obéir dans ce qu’ils ordonnent tant qu’il ne s’agit pas d’un
interdit, à leur donner la préséance sur les actes surérogatoires, à éviter de
commettre ce qu’ils ont interdit, à dépenser pour eux, à satisfaire leurs désirs,
à s’investir pleinement lorsqu’on leur rend un service, à leur manifester de
la politesse et de la considération sans lever sa voix [sur eux], sans les fixer
du regard, sans les appeler par leur prénom, en marchant derrière eux et en
patientant lorsqu’une chose venant de leur part nous déplait » - fin de citation.

Nous te demandons, ô Allah, que Tu nous accordes la piété envers nos


père et mère, morts ou vivants.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Ô Allah, fais de nous la joie de leurs yeux.

Ô Allah, soulage leurs poitrines, facilite leurs affaires, et reprend nos âmes
19 ainsi que les leurs alors que Tu es satisfait de nous.

Ô vous les enfants…Les paroles évoquées dans les pages précédentes


à propos de la piété filiale ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan.
Beaucoup de textes religieux sont venus renforcer la place immense des
parents ainsi que leur rang élevé. Quoi qu’il en soit, la bonté envers les
parents est un acte pieux parmi les grandes œuvres de bien pour lesquelles
sont entrés en compétition les vertueux. Aussi, les prophètes et les
messagers d’Allah étaient à la tête de ces derniers, et Allah a relaté le cas
de certains d’entre eux en décrivant leur compassion, leur immense bonté
et leurs actes grandioses envers leurs parents.

La bonté envers les parents est la clé de tout bien et la porte fermée à tout
mal. Il y a en cela une obéissance à Allah de même qu’une obéissance à
Son prophète .

Elle est également un investissement de la personne bienfaisante qui lui


sera conservé et rendu par ses enfants. Celui-ci verra les fruits de sa bonté
arriver à maturité dans sa propre descendance, ses yeux se réjouiront, sa
poitrine sera épanouie et il regrettera même de ne pas avoir été meilleur
envers ses parents, du fait de ce qu’il peut déjà constater et ressentir
comme bonté de la part de ses enfants.

Ô toi l’enfant…Retrousse tes manches, précipite-toi vers tes parents,


prête-leur une oreille attentive, abaisse pour eux l’aile de l’humilité et
dis: « Mon Seigneur, fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé lorsque
j’étais petit ».

Et sache – qu’Allah te garde – que quoique tu accomplisses ou accompliras


comme œuvre, tu ne pourras jamais les rétribuer pleinement de leur droit.
Comment arriverais-tu à leur rembourser leur dette alors qu’ils ne font
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

que la multiplier [chaque jour] de par leur invocation en ta faveur, la peur


qu’ils éprouvent pour toi et l’amour qu’ils te témoignent ?!

20 Ô génération d’enfants…Il est clair que l’affaire des parents est d’une très
grande importance. Comment en serait-il autrement alors que ces derniers
préfèrent leur enfant à leur propre bien-être, et qu’ils se rendent malades
pour sa maladie et s’attristent de sa tristesse, au point de ne pas pouvoir
fermer l’œil tant que celui de leur enfant ne l’est pas complètement. Il ne
faut pas oublier tout ce qu’ils prennent sur eux-mêmes, leur abnégation de
soi dans leur maladie et le délaissement de ce qui les rend heureux, tout
cela afin de remplir leur enfant de joie et de bien-être.
Un poète a dit:
« Ta mère a un droit si grand sur toi, si seulement tu savais.
Ce que tu considères comme beaucoup est si peu en comparaison.
Et combien de nuits s’est elle plainte de ta lourdeur [dans son ventre].
Et son chagrin lui causait gémissement et soupir.
Et lors de l’accouchement si seulement tu pouvais imaginer quelle fut sa peine.
De par ses tourments, le cœur pourrait chavirer.
Et combien de tes immondices a-t-elle nettoyé de sa main droite ?
Et son giron n’était autre qu’un lit pour toi.
De sa propre vie elle ferait le sacrifice pour t’éviter les nuisances.
Et de son sein [sort] une boisson qui t’est délicieuse.
Et combien de fois fut elle prise par la faim et t’a t’elle donné de ses provisions.
Par compassion et pitié alors que tu n’étais encore que tout petit. »

Et un autre a dit en décrivant les deux parents:


« Ta dette envers eux t’a encerclé, tant ils t’ont fait don de l’amour le plus pur,
Ils n’ont vu en toi que de la chétiveté, ils s’affligeaient de ce dont tu te
plaignais et cela leur était pénible,
A l’entente de tes cris, ils n’ont fait que verser leurs larmes avec chagrin
et cela leur était pénible,
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Ils ont espéré que tu puisses trouver la quiétude, en dépensant tout ce dont
ils étaient capables.

21 Réjouis-toi si seulement tu as agis vertueusement envers eux, et si tu t’es


acquitté d’une partie du droit qui est le leur.
Ô vous les enfants… En dépit de l’abondance des textes et des récits qui
démontrent l’importance des parents ainsi que leur rang élevé, on trouve
malgré tout des individus chez lesquels Satan a trouvé une route toute
tracée vers leurs cœurs !
Comme est étonnant le cas des parents ! Et comme est étonnant le cas de
leur enfant !
Comme est étonnant le cas de la mère dont le ventre contenait son enfant,
et dont le sein l’abreuvait, qui se rend malade lorsque son enfant l’est, et
qui se réjouit lorsqu’il se réjouit !
Et comme est étonnante l’affaire du père qui travaille dur de jour comme
de nuit pour gagner sa subsistance et avoir un toit. Et lorsque ses enfants
pleurent quand ils ont besoin de quelque chose, il ne trouve pas le repos et
ne peut avoir l’esprit tranquille tant qu’il n’a pas satisfait à leur demande
s’il en a les capacités.
Et gloire à Allah ! Comme est étonnant le cas des parents dans leur
miséricorde et leur compassion. Ils sont tels une ombre pour leur enfant:
ils se déplacent là où il va, et ils se posent là où il s’arrête.
Et ce qui est plus incroyable que tout cela réuni et dont l’on ne cesse de
s’étonner: le déni de leur bel agissement, l’ingratitude à leur égard et le
fait de se comporter avec eux de la plus dure et la pire des manières !!
Ô vous les enfants… Comme sont nombreuses les histoires d’impiété
verbale ou physique [envers les parents] que les gens ont entendu, lu ou vu se
dérouler sous leur yeux, et qui donnent des sueurs froides et fendent le cœur.
Une mère qui se fait humilier ! Un père qui se fait battre ! Et un autre qui
se fait jeter dans une maison de retraite !
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Nous demandons protection à Allah contre l’avilissement et l’ignominie


dans cette vie et dans l’au-delà. Ô Allah mets-nous à l’abri du mal de nos
âmes et de celui du diable, accorde-nous le remerciement de Ta grâce, fais
22
que nous œuvrions selon ce qui Te satisfait et bonifie notre descendance.

Ô Allah fais de nous des gens de bien envers nos parents. Ô Allah fais de
nous une cause de soulagement et de réjouissance.

Ô toi qui t’es montré ingrat envers tes parents ou envers l’un d’eux et qui leur
a fait goûter l’amertume du tourment, ne vas-tu donc pas craindre Allah ?
Imagine que quelqu’un t’ait rendu un service sans que tu en aies besoin, ne
vois-tu pas qu’il t’a accablé d’un bienfait dont tu te sentiras redevable, pour
lequel tu le remercieras et pour lequel tu essaieras de lui rendre la pareille ?
Alors qu’en serait-il si tu étais dans le besoin le plus absolu de recevoir
son service et qu’il te l’ait rendu avec plaisir, n’aurait-il pas conquis ton
cœur de par son bienfait sur toi et son aide, ne serait-ce que pour un seul
bienfait ? Et il se peut qu’au fond de lui-même, il n’ait pas eu envie de
t’aider, mais malgré cela, tu n’as pas d’autre choix que de reconnaître son
bienfait sur toi et de le remercier chaleureusement.

Comme ton cas est surprenant, toi l’ingrat envers tes parents ! Pour un
seul service, tu remercies matin et soir celui qui te l’a rendu, et pour une
montagne de services venant de tes parents, tu renies et te montres ingrat !
Ô vous les enfants… Parmi les faits qui sont désagréables à entendre et
durs à prononcer, on retrouve tout ce que l’on constate, entend ou lit à
propos de ces indociles qui ont renié leurs parents et ont fait semblant
de ne plus les connaître. Cela est d’autant plus abominable et détestable
lorsque certains d’entre eux font partie de ceux qui accomplissent la prière
du vendredi et celle en congrégation.
Aussi, toi qui accomplis ta prière ! Ne crains-tu pas Allah au sujet de
tes parents ? N’as-tu pas réfléchi à leur cas ? Ta prière ne t’a-t-elle pas
détourné du mal que tu commets à leur encontre? Leurs cheveux ont
blanchi et leurs visages ont pali lorsqu’ils ont constaté ton déni de leur
droit et ton ingratitude du bien qu’ils ont accompli.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Les parents déplorent la perte de leur bonheur, consolent leurs âmes et


goûtent à une ingratitude bien plus amère encore que la coloquinte !

23 Qu’Allah soit bienfaisant envers vous dans votre consolation, ô vous les parents,
et qu’Il augmente votre récompense face à l’immensité de votre calamité.

Et quant à toi ingrat que tu es, ton cas est remis à plus tard mais n’est pas
oublié ! Et la roue tourne entre les gens.

Malheureux que tu es ! Dupé en réalité ! Tu dors tranquillement sur tes deux


oreilles alors que tu as laissé tes parents affaiblis en train d’avaler à petites doses
leurs tourments à cause de [ton] ingratitude. Nous cherchons refuge auprès
d’Allah contre l’ignominie de cette vie et contre le châtiment de l’au-delà.

Ô Allah, met nous à l’abri du mal de la passion et du diable, et donne nous


la constance dans la droiture et le succès dans notre œuvre.

LES FORMES D’INGRATITUDE ENVERS


LES PARENTS
LA PREMIÈRE FORME
Parmi les formes d’ingratitude envers les parents, on retrouve que certains
enfants donnent priorité à leurs épouses par rapport à leurs parents. Ainsi,
[l’un d’entre eux] obéira en priorité à sa femme et donnera préférence au
bien-être de cette dernière au désavantage de celui de ses parents. Il arrive
même qu’il provoque la colère de ceux-ci en cherchant à satisfaire son
épouse. Et l’affaire peut prendre une tournure pire si l’épouse est faible
d’esprit et aide le diable contre son mari.

Et comme il est fréquent d’entendre parler d’une mauvaise épouse qui a


séparé une personne de ses parents ou de l’un d’entre eux. Dans la vie de
tous les jours, ces personnes peuvent sortir avec leurs épouses, arpenter
avec elles de nombreux sentiers et parcourir divers endroits pleins de joie
et de bonheur sans éprouver la moindre lassitude ou ennui. Tandis que si
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

leurs parents ou l’un d’entre eux venaient à leur demander de satisfaire un


de leurs besoins – qu‘il s‘agisse de voyager avec eux ou d’aller se divertir
– ils ne cesseraient de changer d’avis et de se défiler, en prétextant toutes
24
sortes d’excuses. Ce qui est encore plus terrible et amer est que certains
détestent leur tenir compagnie et que cela leur pèse au fond d’eux-mêmes.
Mais ils auraient du, en premier lieu, donner préséance à leurs parents sur
leurs épouses et leur offrir ce qui les aurait rempli de joie, sans toutefois
porter préjudice à leur épouse.
Etre proche des parents est un acte de piété et s’en éloigner engendre la
colère d’Allah. On sait aussi que la piété filiale est une cause indispensable
pour obtenir la bénédiction dans toutes ses affaires: au niveau financier, de
la santé physique ou de l’équilibre psychologique. Et combien de familles
ont vu leur condition s’améliorer et ont reçu la bénédiction grâce à la
bonté de leurs membres envers leurs pères et leurs mères ? Et combien se
sont divisés et désunis à cause de l’ingratitude ?
Ô Allah, accorde nous la bonté envers nos pères et nos mères, et bénis-
nous dans nos vies et nos enfants. Ô Allah, fais que nous remercions Ton
bienfait. Ô Allah, apaise nos poitrines et facilite nos affaires.
LA DEUXIÈME FORME

La deuxième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à manifester


de la mauvaise humeur [ou à froncer les sourcils] lorsqu’on les rencontre. Or
ces mêmes enfants, lorsqu’ils rencontrent leurs amis, s’empressent de leur
sourire et de leur manifester de la joie, et font tout ce qu’ils peuvent pour être
les premiers à le faire. Et voilà que cette bonne mine disparaît totalement ou
en grande partie lorsqu’ils rencontrent leurs parents ou l’un d’entre eux.
Le prophète a dit: « Que tu rencontres ton frère avec un visage radieux
est une bonne action ».
Et il a également dit: « Ton sourire envers ton frère est une aumône ».
Et si le fait de sourire aux musulmans est une aumône, alors en faire de même
avec les parents est une aumône, un acte de piété et de bonté envers eux.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

En outre, il est incompréhensible de voir que certains simulent et exagèrent


leur sourire aux autres lorsqu’ils les rencontrent, alors que cela leur pèse
lorsqu’il s’agit de leurs parents. Or ils auraient du s’appliquer à les rendre
25
heureux par quelque moyen que ce soit. Et il est probable que le sourire et
la bonne humeur soient parmi les facteurs les plus enclins à susciter la joie
dans l’esprit des parents.

LA TROISIÈME FORME
La troisième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à élever
la voix sur eux, ou à leur couper la parole en les réprimandant, ou à
leur imposer un point de vue. Ceci indique bien qu’une personne qui
se comporte ainsi est humiliée et délaissée [par Allah]. Et c’est auprès
d’Allah que se trouve le refuge !

De fait, la grandeur d’esprit d’un individu et son intégrité l’empêchent et


lui interdisent d’élever la voix sur quiconque se trouve en sa compagnie,
et à fortiori de les interrompre avant même qu’ils n’aient fini de parler.

Et de tels traits caractères – élever sa voix et couper la parole – sont


blâmables et désapprouvés par toute personne raisonnable. Alors qu’en
est-il lorsque ceux-ci sont dirigés envers les parents ?! Il n’y a pas de
doute que l’affaire n’en est que plus abominable et atroce, et que cela ne
fait qu’augmenter le péché et la transgression de leurs auteurs.

LA QUATRIÈME FORME
La quatrième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à les regarder
de travers en les fixant de manière appuyée. Et une telle caractéristique est
le reflet et l’incarnation même d’une rage bouillonnante au fond de soi.
Et comme est étonnante la situation d’une telle personne ! La miséricorde
a-t-elle été retirée de son cœur ?

Mujâhid a dit: « Celui qui fixe du regard ses parents n’a pas été bon envers eux ».

Et d’autre ont même dit: « Il n’est pas convenable pour l’enfant de


repousser son père s’il le frappe ».
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Qu’Allah soit glorifié et purifié d’un tel individu qui a retiré le vêtement
de la pudeur de son visage et a mis de côté le droit de ses parents. De plus,
ceux-ci ne se contentent pas d’une telle attitude, ils échangent le meilleur
26
pour le moins bon en haussant le ton et en appuyant leur regard. Il est à
craindre pour ce type d’individu que le châtiment de cette vie les atteigne
avant celui de l’au-delà.

LA CINQUIÈME FORME
La cinquième forme d’ingratitude [envers les parents] consiste à « trainer
les pieds » lorsqu’il s’agit d’assouvir leur besoins. Ce qui est réprimable
dans cela est de voir le père ou la mère demander à leur enfant pour
un besoin dont ils l’ont chargé [et de voir] qu’il cherche toutes sortes
d’excuses puis remet à plus tard l’exécution de cet ordre…Et cela se répète
continuellement jusqu’à ce qu’ils se lassent de lui demander son aide.

On trouve même que certains ingrats ne se contentent pas seulement de ne


manifester aucun égard pour l’accomplissement du besoin de leurs parents.
Ceux-ci s’irritent même de ce qu’on leur impose. Ceci est d’autant plus
observable lorsqu’ils ont d’autres frères et sœurs. L’un d’entre eux s’irrite de
l’ordre que lui ont donné ses parents à l’exclusion de ses frères et il se peut
même qu’il cherche à négocier avec eux en disant: « Pourquoi est-ce que tu
n’as pas chargé mon frère untel de faire cela ? Et pourquoi est-ce que mon frère
untel n’y va pas à ma place ? Et pourquoi est-ce que c’est toujours moi qui
doit faire des allers-retours et pas eux ? »...ou d’autres paroles similaires que la
religion et la noblesse de caractère n’autorisent nullement envers les parents.

Or à cause de cela, il se prive d’un très grand bien et commet un immense


péché. Il aurait dû se montrer satisfait de ce dont ses parents l’ont chargé
et se mettre à leur disposition en faisant don de soi, de son temps et de son
argent pour les servir et prendre soin de leurs affaires. Et ceci est certes
d’une meilleure et plus grande récompense.

LA SIXIÈME FORME
La sixième forme d’ingratitude consiste, lorsque le père ou la mère appelle
son enfant de vive voix ou au téléphone, à ne pas leur répondre, de manière
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

délibérée. Or, se comporter de la sorte avec une personne quelconque est


en soi considéré comme étant un acte honteux et ignoble. Qu’en est-il
alors lorsqu’il s’agit des parents ? Qu’Allah nous en protège !
27
Certains jurisconsultes ont opté pour l’avis que même lorsqu’une personne
accomplit une prière surérogatoire et que son père ou sa mère l’appelle, il
doit lui répondre par respect et considération pour le rang des parents. La
preuve de cela réside selon eux dans le hadith qui rapporte l’histoire de
Jurayj, qui se trouve dans Sahîh de Muslim.

Et cet avis, bien qu’il soit rejeté par certains gens de science du fait qu’il
est interdit de parler pendant la prière, a tout de même le mérite de clarifier
l’importance de l’appel des parents à leur enfant.

LA SEPTIÈME FORME
La septième forme d’ingratitude consiste à insulter ses [propres] parents.
Ceci est causé par le fait qu’une personne insulte les parents d’une autre
– ce qui fait partie des péchés majeurs – et qu’en conséquence, ce dernier
insulte à son tour les parents de cet individu.

Ceci fait partie de l’impiété envers les parents car l’enfant qui a proféré
des insultes a été une cause pour que ses propres parents se soient fait
insulter et maudire. Comme l’a dit le prophète :
- « Parmi les péchés majeurs, on compte le fait d’insulter ses parents ».
- On lui dit alors: « Est-il possible qu’un homme insulte ses propres parents ?! »
- Il dit: « Oui. Il insulte le père d’un homme, qui insulte son père [à son
tour]. Ou bien il insulte sa mère et celui-ci insulte sa mère [à son tour]19 ».

Ô génération d’enfants…Le discours à propos des formes d’ingratitude


envers les parents et leur énumération est particulièrement long, tant elles
sont nombreuses et variées, qu’elles soient verbales, physiques ou bien les
deux en même temps.

Pour résumer, on peut affirmer que tout ce qui peut causer du tort aux
parents ou les rendre tristes est une sorte d’ingratitude [à leur encontre] – à
19 Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

moins qu’ils n’ordonnent de désobéir à Allah. Et le péché qui en résulte


pour son auteur est proportionnel au degré de nuisance et de préjudice qui
est causé aux parents.
28

Ô génération d’enfants… Dû à l’immensité du crime que représente


l’ingratitude envers les parents, beaucoup de textes sont venus mettre en
garde contre l’issue d’une telle affaire. Par exemple, Al-Mughîrah Ibn
Shucbah a rapporté que « Le messager d’Allah avait dit:
« Allah vous a certes interdit l’ingratitude envers vos mères20 » ».

Aussi, Abû Bakrah a dit: « Le Messager d’Allah a dit à trois reprises:


- « Ne vous informerai-je à propos des plus grands péchés ? »
- Nous avons alors répondu: « Oui, ô messager d’Allah ».
- Il dit: « Donner un associé à Allah, désobéir aux parents…21».

Ibn cUmar a dit: « Le messager d’Allah a dit: « Il y a trois personnes


qu’Allah ne regardera pas le jour du Jugement: celui qui désobéit à ses
parents, celui qui s’adonne continuellement à la boisson, celui qui énumère
ses bienfaits aux gens […]22 » ».

Ô génération d’enfants… [Et dû à l’immensité du crime que représente


l’ingratitude envers les parents], le châtiment réservé à celui qui leur
désobéit ne se fait pas attendre ici-bas. En effet le prophète a dit: « Il
n’y a pas de péché plus susceptible de faire qu’Allah hâte le châtiment de
son auteur dans la vie d’ici-bas – en plus de ce qu’Il lui réserve dans l’au-
delà – que la transgression et la rupture des liens de parenté23 ».

Puisqu’il en est ainsi, [beaucoup de] gens ont pu constater cela d’eux-
mêmes. Et certains individus désobéissants envers leurs parents ont ainsi
20 Rapporté par Al-Bukhârî.
21 Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim.
22 Rapporté par An-Nassâ’î, Al-Bazzâr et Al-Hâkim, qui l’a considéré comme authentique. Al-
Mundhirî a considéré sa chaine de transmission comme bonne.
23 Rapporté par l’imam Ahmad.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

su et ont été forcés d’admettre que dans la majeure partie des cas, cette
calamité qui les avait atteints n’était autre qu’une rétribution de ce qu’ils
avaient commis en bafouant le droit de leurs parents ou de l’un d’entre eux.
29

Un fils qui expulse son père ! Un autre qui frappe le sien ! Et un troisième
qui le maltraite verbalement et physiquement ! Un quatrième qui élève la
voix contre sa mère !

Or, tu seras traité de la même manière que tu te comportes avec autrui, et


ton Seigneur n’est injuste envers personne.

Aussi, parmi les choses étonnantes qui ont été rapportées à propos de la
punition de celui qui désobéit à ses parents, on retrouve ce qu’a mentionné
Ibn Abî Ad-Dunyâ dans « Kitâb al-Qubûr » et qu‘a repris Ibn Al-Qayyim
dans « Kitâb ar-Rûh ».

Abû Qazcah le rapporte en ces termes: « Nous étions en train de passer par un
point d’eau sur notre chemin vers Al-Basrâ [en Iraq] lorsque nous entendîmes
le braiement d’un âne. Nous dîmes alors aux gens [qui s’y trouvaient]:
- « Qu’est-ce que ce braiement ? »
- Ils répondirent: « C’est le [bruit] d’un homme qui était parmi nous et qui,
lorsque sa mère s’adressait à lui, lui répondait: « Braies ! » Plus tard, lorsque
cet homme mourut, on entendit un braiement de sa tombe toutes les nuits24 ».

Nous demandons protection à Allah contre l’avilissement et l’ignominie !


Ainsi, vous, communauté d’enfants … Ce qui précède n’est qu’un court
extrait à propos des parents, du danger que représente le fait de leur
désobéir, de l’immensité du crime de quiconque agit ainsi envers eux et du
châtiment qui est susceptible de s’abattre sur eux dans cette vie avant l’au-
delà. Aussi, il existe un nombre abondant de textes tirés du Livre et de la
24 Et Al-Mundhirî a mentionné cette histoire dans « At-targhîb wa at-tarhîb » dans des termes
proches puis a dit: « Al-Asbahânî et d’autres que lui l’ont rapporté ». Et Al-Asbahânî a dit:
« Abû Al-cAbbâs le malentendant l’a rapporté et dicté [dans la ville de] Naysâbûr en présence de
plusieurs savants ayant mémorisé beaucoup de hadiths et ils ne lui ont rien reproché.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Sunnah qui ordonnent de donner leur droit aux parents, et qui interdisent
de ne pas leur accorder l’intérêt qu’ils méritent et de violer leur statut.

30 D’autre part, comme vu précédemment, beaucoup de textes sont venus


pour montrer le mérite de la bonté envers les père et mère. Et toute cette
multiplication de preuves sous leurs formes les plus diverses et variées, qui
mettent soit en garde contre la désobéissance aux parents, ordonnent de
bien les traiter, de maintenir les liens avec eux, ou qui mettent en évidence
leur rang élevé démontrent clairement l’importance des parents.

Et comment en serait-il autrement alors que les prophètes d’Allah et Ses messagers
– que la paix et les bénédictions soient sur eux – ainsi que les réformateurs et les
bienfaisants étaient parmi les premiers à se préoccuper de leurs parents ?

Ô génération d’enfants… Les formes sous lesquelles se manifeste la piété


filiale sont certes très nombreuses. De manière générale, il s’agit de leur
obéir dans ce qui n’est pas un acte de rébellion envers Allah. Al-Hasan al
Basrî a dit à ce propos: « La bonté envers les parents consiste à ce que tu
obéisses dans tout ce qu’ils t’ordonnent tant qu’il ne s’agit pas d’un acte
de désobéissance à Allah » - fin de citation.

QUELQUES FORMES DE BONTÉ


La piété filiale revêt de nombreuses formes:
Abaisser l’aile [de l’humilité] envers eux.
Leur embrasser la tête.
Faire des invocations en leur faveur.
Les évoquer en bien.
S’empresser à satisfaire leurs besoins.

Quant à la piété filiale après leur mort, elle présente de multiples facettes
dont notamment: faire des invocations en leur faveur, régler leur dettes et
maintenir de bonnes relations avec ceux dont ils aimaient la compagnie.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Et voici quatre situations dans lesquelles la piété filiale est exigée de


manière encore plus marquée:

31 LE MARIAGE
Lorsque tu te maries ô fils, ô fille, c’est [précisément] là que la piété filiale
doit s’intensifier. En effet, le départ du fils ou de la fille vers son foyer
conjugal laisse un vide au domicile des parents et une tristesse dans leur
cœur. Aussi, il incombe à vous, fils et filles, de multiplier vos invocations
envers vos parents, de les appeler fréquemment, leur rendre visite souvent,
et de ne pas rompre les liens avec eux.

LE VOYAGE
Lorsque l’un des deux parents part en voyage, la bonté envers celui qui
est resté doit être multipliée. En effet, même si les parents s’accommodent
bien de tenir la conversation à leurs enfants, leur discussion lorsqu’ils se
tenaient compagnie mutuellement remplissait leur temps des leçons et
enseignements de la vie. C’est donc pour cela que si l’un d’entre eux part en
voyage, l’autre ressent un vide que la bonté de ses enfants envers lui et leurs
assises prolongées à ses côtés combleront probablement en grande partie.

LA MALADIE
Lorsque l’un d’entre eux tombe malade, il convient de faire preuve de plus
de bonté à son égard et de multiplier les invocations en sa faveur ainsi que
les efforts pour le rendre heureux. Il faut aussi partager avec lui sa douleur
et ne pas se montrer irrité du fait de rester avec lui à l’hôpital ou de lui
rendre des visites à répétition.

LE DÉCÈS
Cette situation est la plus grave: lorsque l’un des deux parents décède,
alors la bonté se dirige exclusivement vers celui des deux qui est resté en
vie. L’enfant doit se soucier de susciter la joie dans son cœur, rester en sa
compagnie, plus particulièrement lorsque des manifestations de tristesse
se font ressentir. Il doit aussi s’empresser d’accomplir ou de prononcer des
paroles susceptibles d’atténuer la peine du parent veuf.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

QUELQUES FRUITS DE LA BONTÉ


ENVERS LES PARENTS
32
Ô communauté de fils et de filles…
L’acte de bienfaisance accorde un bénéfice ici-bas à celui qui l’accomplit,
et lui fait obtenir une récompense dans l’au-delà. La piété filiale fait partie
des œuvres pour lesquelles les bénéfices les plus grandioses sont obtenus
dans cette vie. Quant à l’au-delà, ce qui est auprès d’Allah est meilleur et
plus durable encore.

Ô communauté de fils et de filles…


Je vais vous énumérer certains bénéfices que récolte celui qui se montre
bienfaisant envers ses parents. Parmi ceux-ci:
- Le fait qu’il obéisse en cela à Allah.
- Le fait qu’il obéisse en cela au messager .
- Quiconque a été bon envers ses parents trouvera ses enfants bienfaisants
envers lui.
- Cela permet d’obtenir la bénédiction dans la durée de vie et dans la
subsistance.
- Cela permet que les invocations soient exaucées. Ce fut par exemple
le cas dans le récit des trois compagnons sur lesquels la grotte s’est
refermée.
- La réussite et le succès dans les affaires de sa vie.

Ô communauté d’enfants…

L’une des manifestations de la bénédiction engendrée par la bonté envers


les parents se retrouve dans le fait qu’elle permet d’obtenir de nombreux
bénéfices. Et même la réussite dans la religion réside en cela, que ce soit
ici-bas ou dans l’au-delà. Aussi, de très nombreux textes rapportés ont fait
état de bonnes annonces et de récompenses pour quiconque se montre bon
envers ses parents.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Abû Hurayrah a dit: « Le messager d’Allah a dit: « Que quiconque


souhaite qu’on élargisse pour lui sa subsistance et qu’on lui accorde une
vie plus longue maintienne ses liens de parenté25 » ».
33
Et il a été rapporté dans « Sahîh Muslim » à propos de Uways Al-Qaranî
qu’il était le meilleur de la génération des Tâbicînes, ceci étant du en partie
à la bonté qu’il manifestait envers sa mère26.

Et dans le même ordre d’idée, on trouve ce qui a été rapporté dans les
deux Sahîhs [Al-Bukhârî et Muslim] à propos des trois compagnons de la
grotte. Dans ce récit, on voit bien comment la bonté de l’un d’entre eux
envers ses parents a permis d’éloigner les calamités.

A la lecture des textes précédents ainsi que d’autres, une image claire des
fruits de la piété filiale apparaît. Parmi les principaux d’entre eux:
- Elle est parmi les œuvres les plus aimées d’Allah.
- Elle suscite la bénédiction d’Allah envers les bienfaiteurs, qu’elle soit
dans la subsistance ou la durée de vie.
- Elle permet d’avoir ses invocations exaucées.
- Elle permet d’éloigner les calamités.
- Son empreinte se reflète sur les enfants des personnes bienfaisantes,
car leurs enfants les traiteront d’une aussi belle manière que celle avec
laquelle ils auront traité leurs parents.
Tous ces exemples, ainsi que les manifestations évidentes des bénéfices
cités sont mentionnés dans des textes authentiques et explicites. C’est
pourquoi nous demandons à Allah qu’Il fasse de nous tous des individus
ayant traité leurs parents avec bonté et dont les enfants en auront fait de
même avec eux.
25 Rapporté par Al-Bukhârî.
26 NdR: Uways Al-Qaranî a été désigné par le prophète comme le meilleur des tâbicînes (la
génération qui a reçu la science des compagnons). En effet, celui-ci vivait au Yémen au temps du
prophète. Il désirait se rendre à Médine pour venir le rencontrer mais il était occupé par la prise
en charge de sa mère. Aussi, le prophète avait conseillé à cUmar ibn Al-Khattâb de demander à
Uways qu’il invoque Allah en sa faveur si jamais il le rencontrait, ce qu’il fit.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Ô Allah, conduis-nous vers les meilleurs caractères, nul n’y conduit en


dehors de Toi. Et éloigne-nous des mauvais caractères, nul n’en éloigne
en dehors de Toi.
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LE COMPORTEMENT DES SAVANTS


ÉRUDITS ENVERS LEURS PARENTS
Ô communauté d’enfants…

Etant donné que la bonté envers les parents est un acte pieux de très grande
importance, acte pour lequel les serviteurs d’Allah parmi les prophètes,
les messagers et les pieux ont concouru27, il convient de mentionner à ce
stade quelques éléments de description de la bonté des savants très versés
dans la science envers leurs parents. Nous souhaitons que ceci soit un
moyen de stimuler et de décupler la ferveur des jeunes gens vertueux en
particulier, ou bien du grand public de manière plus générale.

Parmi cela, on relate au sujet de l’imam Abû Hanîfah que sa mère lui
ordonnait de l’emmener aux cours de cUmar Ibn Dharr afin qu’elle puisse
l’interroger sur un sujet qui ne lui était pas clair, bien que son fils était
l’imam de son époque. Malgré cela, Abû Yûsuf [son élève] rapporte: « J’ai
vu Abû Hanîfah porter sa mère à dos d’âne jusqu’à l’assise de cUmar Ibn
Dharr, car il lui était détestable de devoir rejeter sa demande ».

Et Al-Hasan Ibn Zyâd a dit: La mère d’Abû Hanîfah fit le vœu de faire
quelque chose puis ne put l’accomplir. Elle demanda à Abû Hanîfah de lui
délivrer un verdict religieux. C’est donc ce qu’il fit mais elle n’en fut point
satisfaite et dit: « Je ne me satisfais que de l’avis de Zurcah Al-Qâss ». Abû
Hanîfah l’emmena auprès de Zurcah. Ce dernier dit alors en s’adressant à
la mère d’Abû Hanîfah: « Dois-je te délivrer un avis religieux alors que tu
es en compagnie de l’érudit d’Al-Kûfah [en Iraq] ?! Abû Hanîfah dit alors:
« Dis-lui ce qu’elle doit faire au sujet de ceci et cela ». C’est-ce qu’il fit et
elle en fut satisfaite.
27 Un aperçu de cela a certes déjà été évoqué dans un passage précédent.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Par ailleurs, on retrouve le récit de Muhammad Ibn Bishr Al-Aslamî qui


a dit: « Il n’y avait personne de meilleur envers sa mère dans Al-Kûfah
que Mansûr Ibn Al-Muctamir et Abû Hanîfah. Et Mansûr Ibn Al-Muctamir
35
enlevait les poux de la tête de sa mère. »

Quant à Haywah Ibn Shurayh – qui comptait parmi les très grands savants
– il avait l’habitude de prendre place dans son cercle d’enseignement afin
d’instruire les gens. C’est alors que sa mère venait lui dire: « Lève-toi,
ô Haywah et va donner le grain aux poules ! », sur quoi il se levait et
délaissait l’enseignement.

Et Muhammad Ibn Al-Munkadir a dit: « Mon frère cUmar a passé la nuit


en prière tandis que j’ai passé la mienne à masser le pied de ma mère. Et je
ne considérais pas que sa nuit était meilleure que la mienne ».

Et Hajar Ibn Al-Adbar touchait le lit de sa mère avec sa main et s’y


retournait dedans afin de s’assurer de son moelleux et de son confort, puis
il y alitait [sa mère].

Et quant à l’imam Ibn cAsâkir, le grand Hâfidh, la référence de la région


du Shâm en matière de hadith, on lui demanda quelle était la cause de son
arrivée tardive dans la région d’Ispahan. Il dit alors: « Car ma mère ne
m’en a pas donné l’autorisation ».

Quant à l’historien de l’Islam, l’imam Adh-Dhahabî, il a dit en retraçant


la vie d’un des imams [de la ville] d’Alexandrie: « Je brûlais d’envie de le
rencontrer et m’attristais de ne pas pouvoir le faire, mais mon père ne m’a
pas donné la possibilité de voyager [pour aller le voir]».

Et il a dit en retraçant la vie d’un des imams de Baghdâd: « Je désirais


ardemment me mettre en route pour aller à sa rencontre mais je ne m’y
risquais pas par crainte de mon père, qui me l’avait interdit ».

Et à une occasion, un imam a voyagé puis a dit: « J’avais promis à mon


père et lui avait juré que je ne me lancerais pas dans cette expédition plus
de quatre mois, et [je suis donc rentré] par crainte de lui désobéir...»
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

Ô toi qui t’es montré bon à l’égard de tes parents et qui t’es dévoué pour eux
avec compassion et respect, qu’Allah augmente ton profond attachement
[envers eux] ! Attelle-toi à cela et sois-y constant, tu trouveras – de la part
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de ton Seigneur – de quoi réjouir tes yeux et libérer ta poitrine.

Ô toi qui a désobéi à tes parents ou à l’un d’eux, crains Allah au plus
profond de ton âme. Ne sais-tu donc pas que la désobéissance envers les
parents est une charge qui te retombera dessus à coup sûr ?

Et qu’as-tu dans le cœur pour avoir laissé tes deux parents ou bien l’un
d’entre eux verser des larmes de tristesse et d’accablement ?! N’as-
tu pas su qu’à cause de cela, tu courrouces ton Seigneur et que tu
commets du mal envers toi-même ? Aussi, crains Allah et implore le
pardon pour ton péché, rachète ta faute en t’empressant d’être bon
à leur égard et en demandant leur pardon. Il se peut qu’Allah nous
pardonne ainsi qu’à toi.

Ô Allah, met-nous à l’abri du mal de l’âme [incitatrice] et de la passion.

Ô Allah, fais-nous parmi ceux qui, lorsqu’ils entendent une parole, la


suivent de la plus belle façon.

Ô Allah, accorde-nous la bonté envers nos parents, et fais que nos enfants
soient bons envers nous.

Ô Allah, honore-nous d’un bienfait dans ce monde et d’un bienfait dans


l’au-delà et préserve-nous du supplice du feu.

HISTOIRES RÉELLES DE BONTÉ ET DE


DÉSOBÉISSANCE ENVERS LES PARENTS
Avant de conclure cet essai et ce conseil que je vous adresse – ô vous fils et
filles – je tiens à vous faire part de deux histoires réelles que j’ai vues de mes
propres yeux et au travers desquelles plusieurs choses se sont manifestées:
- Le bienfait d’Allah: dans la récompense qu’Il attribue à quiconque s’est
montré bienfaisant envers ses parents,
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

- Sa justice à l’encontre de celui qui s’est mal comporté à leur encontre.

Notre Seigneur déverse Ses bienfaits sur qui Il veut de par Sa grâce, et Il
37 punit qui Il veut de part Sa justice, et Il n’est injuste envers personne.

La première histoire est un exemple de piété filiale et la seconde de


désobéissance aux parents.
LA PREMIÈRE HISTOIRE
J’ai eu écho du cas d’un homme noble, de bonne famille et d’un haut rang
qui était connu pour son adoration et sa vertu chez beaucoup de gens de
science et de vertu et qui, lorsqu’il parvint au terme de sa vie, fut frappé
par la maladie. Ses enfants le traitèrent avec bonté durant sa vie, mais l’un
d’entre eux se démarquait particulièrement des autres au point où il lavait
même les pieds de son père alors qu’il était cloué dans son lit d’hôpital,
jusqu’à ce qu’Allah reprenne son âme.

Plus tard, j’ai vu de mes propres yeux les enfants de ce fils bienfaisant qui
lavait les pieds de son père. Je les ai vus se concurrencer entre eux pour le
traiter avec bonté malgré le grand nombre de ses domestiques. J’ai même
vu un de ses enfants lui mettre ses chaussures et l’aider à bien mettre sa
Ghutrah et son cIqâl28, tout ceci de bon cœur et avec joie.

Je dis alors à cet homme: « Réjouis toi ! Voici [la récompense du] bien que tu
as fait à ton père. J’ai eu écho de ta bonté envers lui de mes propres oreilles et
j’ai constaté la bonté de tes enfants à ton égard de mes propres yeux.

Et il louait beaucoup Allah, et Le remerciait abondamment.


LA SECONDE HISTOIRE
Elle concerne un cas de désobéissance aux parents. Une nuit, je me trouvais
dans un des centres de la brigade religieuse qui ordonne le convenable
28 NdT: allusion à l’habit traditionnel des habitants du Golfe. Le morceau de tissu qui couvre la tête
et les épaules est appelé « ghutrah » ou « shimâgh » tandis que le bracelet circulaire que l’on pose
par-dessus pour le tenir est appelé « ciqâl ».
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

et interdit le blâmable afin de leur rendre une visite. Durant celle-ci, des
enfants du quartier vinrent voir le directeur afin de l’avertir qu’une femme
était en train de crier dans la rue et que les gens se tenaient autour d’elle en
38
cercle. C’est alors qu’une équipe sortit du centre de la brigade religieuse, et
que son chef demanda à ce que je l’accompagne dans son véhicule privé.
Je me dirigeai vers les lieux de la scène et j’aperçus alors des gens amassés
autour d’une femme portant un nourrisson contre sa poitrine. Le chef de la
brigade me demanda d’engager la conversation avec elle et je lui demandai
ainsi ce qui se passait. Elle me montra une maison se situant en face et où un
enfant d’une quinzaine d’années environ se tenait assis. Puis elle dit: « Ceci
est ma maison, et mon enfant m’en a expulsé en brandissant un couteau sur
moi jusqu’à ce que je sorte … » jusqu’à la fin de l’histoire.

L’élément à retenir de cette histoire est qu’un soldat qui se trouvait avec
nous durant cette nuit m’a informé qu’il connaissait la mère de cette
femme, et que celle-ci s’était plainte au commissariat de police à l’époque
que cette femme avait expulsé la sienne de la maison !

Or, l’individu se fait traiter de la manière dont il traite les gens.

QUELQUES ERREURS DES PARENTS


Ô vous communauté de mères et de pères…
La bonté à votre égard est un droit qui vous est acquis et qu’Allah et Son
prophète ont rendu obligatoire. Aussi, votre place est primordiale et votre
rang sacré. La mention de votre droit est apparue dans de nombreux versets
et hadiths. Néanmoins, il se peut que certaines mères et que certains pères
soient à l’origine de la perte d’une partie du droit qui est le leur. Et il se peut
même qu’ils obtiennent un péché en plus de cela à cause de certaines choses
qu’ils accomplissent à l’encontre de leurs enfants, comme par exemple:
- Privilégier certains de leurs enfants par rapport à d’autres de manière
injustifiée.
LA BONTE ENVERS LES PARENTS

- Faire beaucoup d’invocations contre leurs enfants, allant parfois même


jusqu’à l’insulte et à l’injure pour la moindre raison.
- Se mettre en colère et s’irriter lorsque leurs enfants leur demandent
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certaines choses dont ils ont besoin.
- Priver ses enfants de choses que les proches et les voisins donnent aux
leurs, alors que celles-ci ne revêtent aucun interdit légal.
- Commettre des actes de désobéissance devant leurs enfants, voire même
au grand jour aux yeux de tous.
- S’absenter constamment du foyer et négliger la situation des enfants et
de sa famille.
- Se montrer avare et restreindre les dépenses pour les membres du foyer.
- Beaucoup critiquer, se moquer, être cynique et tourner en dérision les
enfants avec des sobriquets outrageux.

Aussi, je recommande à ceux parmi les mères et les pères qui sont tombés
dans de telles choses de craindre Allah pour eux-mêmes et leurs enfants.

Car de tels comportements détruisent et ne construisent pas, ils créent le


désordre et n’arrangent pas, et conduisent à la perte. Vous serez privés, ô
vous les parents, de la bonté et du respect qui vous sont dus et vous serez
alors la cause du péché de vos enfants qui vous désobéiront.

Je demande à Allah que ces mères et ces pères obtiennent la réussite et que
leur soit accordée la bonté de leurs enfants.

Et Il (I) est certes Celui qui entend et qui répond [aux invocations].
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