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Introduction à la stratigraphie en biologie

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République de Côte d’Ivoire

Union - Discipline – Travail

Ministère de l’Enseignement Supérieur


Et de la Recherche Scientifique

STRATIGRAPHIE
LICENCE 1 BIOLOGIE

MONDE Sylvain
Professeur titulaire
sylvain.monde54@[Link]
SOMMAIRE

Chapitre 1 : Généralités sur la stratigraphie


I - Intérêt
II- Aperçu historique
III - Principes de base

Chapitre 2 : Lithostratigraphie
I - Terminologie
II- Organisation spatiale des formations sédimentaires.

Chapitre 3 : Biostratigraphie
I - Généralités
II - Fossiles stratigraphiques
III - Biozones
IV- Relation biostratigrphie, lithostratigraphie, chronologie

Chapitre 4 : Méthodes d'étude en stratigraphie


I- Identification des strates par leurs constituants
II- Méthodes analytiques
III- Méthodes paléontologiques
IV- Méthodes diagraphiques
V- Méthodes sismiques

Chapitre 5 : Stratigraphie et Chronologie


I- Chronologie relative
II- Etablissement des coupures
III- Autres problèmes de chronologie relative
IV- Chronologie absolue
V- Comparaison entre chronologie relatives et absolues
VI- Chronologie magnétique

Chapitre 6 : Stratigraphie et paléoécologie


I- Notion de faciès sédimentaire
II- Les faciès dans l'espace et dans le temps
III- Les différents faciès
IV- Interprétation des faciès
V- Limites des bassins sédimentaires
VI- Faciès et orogenèse
VII- Faciès et climat
VIII- Répartition des bassins sédimentaires
CHAPITRE 1: GENERALITES
Introduction
La stratigraphie est l'étude des couches ou strates constituant l'écorce
terrestre. L'étymologie du mot vient du grec: Stratos qui signifie couche et graphein
c'est-à-dire écrire.
Le plus souvent, ces roches stratifiées sont d'origine sédimentaire, du
moins à l'origine car elles peuvent être devenues plus ou moins métamorphiques on
parle de métasédiments. C'est ainsi qu'une grande partie du socle de la Côte d'Ivoire est
constituée de tels métasédiments (peu métamorphisés si bien que les figures
sédimentaires originelles sont encore conservées). Des roches éruptives peuvent parfois
s'interstratifier ou recouper des séries sédimentaires, elles peuvent faire l'objet d'études
stratigraphiques, ce terme étant alors pris au sens large.
Les études stratigraphiques s'appuient sur la connaissance des milieux
marins et continentaux actuels. Elles se proposent de comprendre la genèse et la
signification historique des diverses formations.
L'analyse stratigraphique porte en premier lieu sur l'aspect et la
composition des couches ainsi que sur leur répartition géographique. Dans le premier
cas, on parle de lithostratigraphique, dans le second cas de paléogéographie. Mais le but
principal est d'établir la succession chronologique des évènements qui sont à l'origine
du dépôt des couches étudiées, en déterminant leur âge relatif grâce surtout à la
paléontologie ou leur âge absolu grâce notamment aux méthodes radiochronologiques.
La stratigraphie fait appel à de nombreuses autres disciplines de la géologie:
Paléontologie, Géologie structurale, Pétrologie, Géochimie, Sédimentologie, Gîtologie,
Volcanologie etc... Le but final étant, après coordination des résultats de situer dans le
temps et l'espace les évènements géologiques et leurs évolutions.

I - Intérêts de la Stratigraphie
Trois buts principaux sont poursuivis par les stratigraphes:
- buts pratiques (appliquésou economiques
- scientifiques
- historiques (Géologie historique)

1 - Les buts pratiques


Il s'agit surtout de recherche de gisements économiques parmi lesquels on
peut citer:
a) la recherche d'eau
C'est le domaine de l'hydrogéologie: recherche des nappes phréatiques,
établissement de forages, de puits etc... liés à certains niveaux stratigraphiques,
b) la recherche d'hydrocarbures
Exemples:- mise en évidence et reconnaissance de l'important réservoir
pétrolier des grès de l'Ordovicien supérieur du Sahara algérien,
:- établissement de la stratigraphie d'un bassin sédimentaire pour
pouvoir distinguer et dater les roches réservoirs des pièges à pétrole. Par exemple en
Côte d'Ivoire, le réservoir du gisement Bélier est d'un âge différent de celui du champs
Espoir. De même, les sables bitumineux de la région d'Adiaké ont un âge différent de
ceux d'Eboïnda.
c) la recherche de minerais
Uranium, fer, cuivre, argent, plomb, or, diamant; si beaucoup de ces
minerais sont liés à des gisements de roches éruptives ou métamorphiques, ils peuvent
se retrouver dans des roches sédimentaires ou des métasédiments où ils ont pu se
concentrer.
Exemples:
-les Itabirites de l'Archéen de la région de Man,
- les diamants alluvionnaires de la région de Tortiya ou Séguela,
- les placers d'or dans diverses régions de Côte d'Ivoire (Yaouré, Issia etc..)
- les gisements d'Uranium sédimentaire aux USA, au Canada au Gabon
d) la recherche d'autres matériaux
- les phosphates (pour engrais); Exemples: Sénégal, Togo, Maroc, Sahara
Occidental où ilS se trouvent dans des terrains Crétacé Supérieur/Eocène.
- le gypse (pour plâtre). Exp: Bassin de Paris, bassins côtiers marocains.
- le calcaire (pour cimenterie)
-les graviers, sables pour travaux publics etc...
e) la réalisation de grands travaux
Exemples. Fondations d'ouvrages d'art (présences d'argiles fluantes)
Autoroutes, barrages, tunnels, ports etc...
2 - Les buts scientifiques
Ils visent à la compréhension des phénomènes ayant abouti à la formation
des strates et de leur succession. Il y a du reste le plus souvent une liaison entre les buts
pratiques et scientifiques.
3 - Les buts historiques
Ils visent à reconstituer l'histoire de la terre à partir des faits d'observation.
Des couches ou strates sont en effet de véritables archives géologiques.
Exemples:- existence d'une calotte glaciaire au Sahara à l'Ordovicien
supérieur,
- existence d'un énorme fossé de rift en Afrique Occidentale suivi de
la formation d'une lagune salifère (deux fois plus grande que l'actuelle Mer rouge) avant
la séparation de l'Afrique et de l'Amérique du Sud,
- existence en Afrique du Nord d'un rift au Permo-Trias, situé à
l'emplacement actuel de la chaîne de l'Atlas,
- évolution de la terre et des êtres vivants à partir des formes les plus
primitives jusqu'à l'apparition de l'homme.

II - Aperçu historique
La notion de Stratigraphie s'est dégagée progressivement au cours des siècles:
1 - PYTHAGORE 6è siècle avant J.C constate l'existence de
coquilles marines dans les roches et a fait le premier raisonnement stratigraphique en
supposant la présence de la mer autrefois sur le continent actuel.
2 - HERODOTE 5è siècle avant J.C. observe des fossiles en Egypte
et en conclue à l'accroissement du delta du Nil
3 - LEONARD DE VINCI (1452-1519) et BERNARD PALLISSY
(1510-1590) reconnaissent des fossiles comme des vestiges d'êtres vivants du passé.
4 - NIELS STENSEN (NICOLAS STENO) (1638-1686) Ce savant
danois installé à Florence peut être considéré comme le premier stratigraphe, il est en
effet à l'origine des notions telles que:
- la sédimentation marine
- le principe de superposition des couches
- la postériorité des plis par rapport aux couches
- transgression et régression
5 - James HUTTON (1726-1797) savant écossais a introduit les
concepts suivants:
- le rôle du temps en géologie
- l'érosion
- les forces orogéniques
- les roches ignées
- les discordances
- l'uniformitarisme
C'est à lui que l'on doit par exemple la reconnaissance de la discordance du Dévonien
(vieux grès rouges) sur le Silurien. Il a démontré que le basalte était à l'état fondu à
l'origine et surtout que les processus géologiques actuels et passés étaient identiques "le
présent est la clé du passé" idées qui seront reprises par Lyell (1797-1875).
6 - WILLIAM SMITH (1769-1839) Cet éminent savant anglais,
géomètre de formation est considéré comme le fondateur de la géologie historique.
C'est lui qui a montré le premier que les fossiles peuvent être utilisés pour
l'identification et donc la corrélation des strates. Il a publié la carte géologique de
l'Angleterre et du Pays de Galles.
7 - Au XIXème siècle et au XXè siècle. On assiste à l'éclatement de
la géologie en spécialités multiples. C'est en 1893 que Albert de LAPPARENT propose
la première échelle stratigraphique mondiale. Aujourd'hui, il existe un code
stratigraphique mondial et un lexique stratigraphique international comportant de
nombreux volumes subdivisés régionalement. Afin d'avoir un minimum de concertation
se tient tous les 4 ans un Congrès géologique international. 28 ont eu lieu, le dernier
s'est tenu à Washington D.C en Juillet 1989.

III - Principes de base de la stratigraphie


1 - Le principe de superposition
Il est la base de la chronologie relative. Il dit que dans une succession normale de
couches, toute couche superposée à une autre est plus récente et inversement, toute
couche située sous une autre est plus ancienne. Ce principe s'applique:
- aux roches sédimentaires,
- aux projections volcaniques
- aux coulées de lave.

La chronologie relative ainsi établie permettra de situer les évènements les


uns par rapport aux autres mais sans pouvoir les dater de façon absolue.
2 - Le principe de continuité. Une même couche possède le même âge
sur toute son étendue. Ceci même si la nature pétrographique de la strate subit des
variations.

3 - Le principe d'identité paléontologique. Deux strates contenant la


même faune ou flore sont contemporaines. Les terrains sédimentaires sont divisés en
zones basées sur des données paléontologiques. La biozone est l'extension verticale d'un
genre ou d'une espèce.
4 – Le principe de recoupement ou des relations d’intersection :
Tout objet (faille, pli, pluton, magma…) recoupant un terrain géologique est plus
récent que ce terrain.

5 – Le principe d’inclusion
6 Le principe de l'actualisme. On l'appelle également uniformitarisme
ou principe des causes actuelles. C'est à dire que les phénomènes anciens, sont de même
nature que les phénomènes actuels. "Le présent est la clé du passé" écrivait Lyell en
1830. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Toutefois, l'intensité des causes
est variable dans le temps. Tout ceci doit être modulé par la notion de durée et d'échelle.
En effet, bien des phénomènes ne peuvent pas être perçus à l'échelle de la
vie humaine. Exemple: un cycle orogénique, une pénéplation, la séparation
Afrique/Amérique: 1cm/an. Ainsi, le stade actuel du globe est un état passager d'une
longue évolution qui se poursuit. Cependant ce principe doit être nuancé, en effet
certains facteurs ayant une influence sur les phénomènes géologiques ou
paléontologiques ont évolué au cours du temps. Exemple: la Composition de
l'atmosphère; au Précambrien supérieur a débuté la vie algaire et donc la photosynthèse
entraînant la production d'oxygène.

- Conclusion
Ces différents principes aboutissent à la mise en oeuvre de méthodes adaptées:
- lithologiques lithostratigraphie
- paléontologiques biostratigraphie.
La biostratigraphie a un domaine d'application plus vaste que la lithostratigraphie car
elle permet de constituer une échelle chronologique (Fig.1 : Echelle
chronostratigraphique) relative à usage général puisqu'elle intéresse toute la surface du
globe pendant tout le phanérozoïque. La lithostratigraphie est beaucoup plus tributaire
de variations locales notamment de faciès. D'autres méthodes indirectes se sont
développées surtout en prospection pétrolière grâce au progrès technologique. Citons
les diagraphies différées ou la sismostratigraphie.
CHAPITRE 2 LITHOSTRATIGRAPHIE
Comme indiqué dans l’introduction, la première démarche stratigraphie est
la description macroscopique des couches. Elle commence donc par le relevé des
caractères de chacune d’elles: nature lithologique, pétrographique, caractères physiques:
épaisseur, compaction, coloration..., Caractères biologiques: fossiles, caractères
sédimentologiques (figures...). Tous ces renseignements définissent le faciès d’un dépôt
et caractérisent son milieu d’origine.
I - Terminologie formelle
La hiérarchie des unités lithostratigraphiques s’établit comme suit:
1 - Le groupe
C’est une unité lithostratigraphique à valeur régionale, à son nom est attaché
un lieu géographique. Un groupe est composé de plusieurs formations que l’on va
définir ci-dessous. Un groupe peut comporter des formations à lithologie différente
voire des roches intrusives et sédimentaires. La composition d’un groupe peut ne pas
comporter toujours les mêmes formations (variations latérales de faciès: lentilles). Le
groupe peut parfois se réunir en super groupe.
2 - La formation
C’est l’unité fondamentale de la lithostratigraphie. La colonne
stratigraphique peut être subdivisée en autant de formations qu’il y aura d’unités bien
définies et homogènes. Le degré de variabilité dans la lithologie requis pour créer une
formation distincte d’une autre n’obéit pas à des règles strictes, elle dépend de la
complexité de la région et de la somme des informations nécessaires pour décripter son
histoire géologique. De même certaines formations feront moins d’un mètre, d’autres
plusieurs milliers de mètres selon la taille des unités nécessaires pour rendre compte de
la stratigraphie de la région (ex: séries condensées, ou au contraire taux de
sédimentation très élevé). Pratiquement, de bonnes coupes de référence et une
reconnaissance facile sur le terrain sont requises pour définir une formation, laquelle
porte comme le groupe, un nom géographique. Ex: formation de Fresco. Les anciens
auteurs avaient souvent coutume de désigner les formations par le fossile
stratigraphique qui s’y trouvait. C’était quelquefois pratique mais souvent ennuyeux car
la biozone du fossile était souvent différente des limites de la formation.
3 - Le membre
C’est la subdivision que l’on peut créer à l’intérieur d’une formation lorsque
le besoin s’en fait sentir (exemple: différences lithologiques significatives). Le membre
fait toujours partie intégrante d’une formation.
4 - Le banc (ou lit)
C’est la couche ou strate élémentaire dans la hiérarchie lithostratigraphique.
Les anglo-saxons parlent de “bed”. Un banc se définit par sa base et son sommet: ce
sont des surfaces de stratification, le sommet du banc porte le nom de toit, la base du
banc celui de mur. L’épaisseur d’un banc peut être très variable (quelques centimètres
à plusieurs mètres). Lorsque les bancs ou lits sont très peu épais, on parle de lamines.
D’autres termes moins formels peuvent se rencontrer. Exemple: niveau, on parle de
niveau repère pour désigner un banc particulier facilement identifiable dont on se sert
pour se recaler dans la stratigraphie d’une formation affleurant en différents endroits.
Le terme horizon est souvent employé pour désigner un banc particulier. Pour exprimer
certaines discontinuités à l’intérieur d’un banc, on peut parler de passées. Lorsque le
banc s’interrompt et devient discontinu, on peut parler de lentilles ou de langues.

II - Organisation spatiale des formations sédimentaires


1 - Dans le plan vertical : la stratification
Dans le cas général, les strates sont horizontales (il existe toutefois des
stratifications obliques cf. cours de Sédimentologie) et séparées par des surfaces de
stratification. On appelle joints de stratification ou inter-strate (Fig.2) les fins niveaux
argileux pris entre deux bancs. Exemple: grès ou calcaire. Les modifications des
conditions de sédimentation qui induisent les différences lithologiques au sein d’une
formation peuvent être progressives ou au contraire brutales en provoquant des
discontinuités sédimentaires.
a) modifications progressives
La figure 3 illustre ce phénomène en a,b,c,d. On assiste au passage de
niveaux fins marneux à des niveaux calcaires ou de niveaux gréseux à des niveaux
argileux. Dans les zones de passage alternent, plus ou moins, des petits lits assurant la
transition entre les deux formations. L’exemple d montre la succession de trois
formations: S1, S2, S3, la limite supérieure de S2 est mieux marquée (plus étroite) que
la limite inférieure.

b) Discontinuités sédimentaires
Elles sont dues à une interruption de la sédimentation durant une période
plus ou moins longue, avec ou sans changement de la nature des sédiments. Les durées
de ces interruptions peuvent aller de quelques années à plusieurs millions d’années.
Elles peuvent être dues à des phénomènes mineurs:: variation du cours d’un fleuve,
migration d’un delta par exemple, ou procéder au contraire de phénomènes plus
importants dans le temps et dans l’espace, c’est-à-dire des phénomènes majeurs. On
sera donc amené à distinguer des discontinuités mineures et des discontinuités
majeures.
Les discontinuités mineures séparent des sédiments de nature plus ou moins
semblable. Elles peuvent présenter des figures de surface de banc (bedforms en anglais)
exemple: rides, figures d’érosion, fentes de dessication, traces d’activité d’organismes
etc...
Les discontinuités majeures ont en général une extension régionale
importante et sont accompagnées le plus souvent d’une lacune stratigraphique
significative. Elles correspondent à une limite de cycle sédimentaire (transgression,
sédimentation, régression) ou de cycle orogénique (phases tectoniques).
Les couches de part et d’autre de la discontinuité peuvent être en
concordance mais néanmoins séparées par un “hard-ground” ou surface durcie.
Exemple: le hard ground souvent rencontré à la limite Crétacé/Eocène (caractérisée par
la présence de nodules phosphatés).
Les couches peuvent et c’est plus fréquent, être discordantes. On distingue
classiquement la discordance angulaire de la discordance cartographique. La première
se met bien en évidence en coupe où l’on observe que les couches n’ont pas le même
pendage de part et d’autre de la discontinuité (fig.4b). La surface de discordance peut
être plane comme dans cet exemple ou au contraire se présenter comme une surface
irrégulière correspondant au relief existant au moment de la mise en place de la couche
discordante, on parle de paléorelief (fig.4d). La discordance cartographique comme son
nom l’indique est mise en évidence en plan c’est-à-dire sur la carte. Elle est facile à
reconnaître car le contour de la couche (ou des couches) discordante repose sur des
terrains d’âges différents. Il est fréquent qu’une discordance recoupe des structures
géologiques qu’elle peut masquer partiellement (fig.4d). Une couche sédimentaire peut
être discordante sur une série de couches sédimentaires ou sur le socle( Ex: Fig.5).
Certaines discontinuités peuvent être confondues avec des discordances
stratigraphiques. Ce sont par exemple: les remplissages de chenaux (rivière, delta) qui
par migration successive de leurs cours forment des stratifications entrecroisées. (Il n’y
a pas eu interruption de la sédimentation mais déplacement de l’axe de celle-ci( fig.4
bis a). L’interruption d’une schistosité dans un banc plus compétent peut être confondue
sur le terrain avec une discordance:( Fig. 4 bis b ; nécessité dans ce cas de retrouver la
stratification S0). Ce peut être enfin un contact anormal par faille (cisaillement,
chevauchement) qui peut en plan comme en coupe être confondu avec une discordance:
(Fig.4 bis c ; nécessité de rechercher les critères structuraux: marqueurs, stries etc...).
Enfin un autre type de discontinuité qui n’est pas toujours une discordance
stratigraphique: c’est le ravinement (que l’on doit préférer au terme de discordance de
ravinement) s’il s’agit du creusement pendant le dépôt de la couche de dépressions ou
chenaux (exemple: par les courants marins) remplis aussitôt après par le même
sédiment (Fig.6). Ces ravinements n’ont jamais une grande extension horizontale et les
couches ont le même pendage de part et d’autre. Il peut demeurer une certaine
ambiguïté dans le cas particulier où existe entre deux couches de même nature
lithologique (exemple: calcaire) une discordance stratigraphique réelle mais non
évidente en coupe (exemple: discordance cartographique). Les couches étant en
accordance (c’est-à-dire en concordance apparente): couches horizontales par exemples.
Le ravinement acquiert dans ce cas précis une valeur de discordance stratigraphique cf.
ci-dessous:
Eocène Miocène

La confirmation de la discordance pourra être apportée par la paléontologie,


les faunes étant différentes de part et d’autre. Il y a souvent à la base d’une discordance
des phénomènes de ravinement.

2 - organisation horizontales des formations sédimentaires


Ceci nous amène à introduire la notion de corps sédimentaire qui se définit
comme étant un volume de sédiment homogène ou non, sans discontinuité majeure,
présentant un ensemble de caractères qui permettent de le distinguer de ses voisins.
Il procède d’un mécanisme unique de mise en place. Exemple: vasière de
décantation en arrière du littoral, barre de sable progradant sur des vases lagunaires.
L’organisation horizontale des strates est donc liée aux limites d’extension
des corps sédimentaires.
Un corps sédimentaire peut se limiter par pincement ou biseau (Fig.7 a).
C’est le cas général des transgressions, par indentation “effilochage” en lentilles (Fig.7
b), par modification latérale progressive des caractères pétrographiques .
Certaines limites sont courbes à concavités plus ou moins marquées. C’est
le cas des corps sédimentaires résultant d’une mise en place par progradation ou
accrètion latérale des dépôts ( Fig.8).
CHAPITRE 3 : BIOSTRATIGRAPHIE
La biostratigraphie comme on l’a vu au-paravent, a pour but la datation relative
des terrains sédimentaires à partir de l’étude de leurs contenus en fossiles. Ceci est
rendu possible grâce à l’utilisation de fossiles stratigraphiques répartis en différentes
biozones.
Des indications autres que strictement stratigraphiques peuvent être retirées de
l’étude des fossiles. Ce sont des indications sur l’environnement et le milieu. La figure
9 montre la répartition de certains groupes en fonction de la profondeur. De même, les
traces fossiles (paléo-ichnologie) peuvent être de bons indicateurs (fig.10). Tous ces
aspects seront développés dans le cours de paléontologie générale
I - Les fossiles stratigraphiques
Le fossile stratigraphique est également appelé fossile repère. Les anglais
parlent ”d’index fossil”. Les qualités d’un bon fossile stratigraphique sont: (cf. T.P.)
- une existence brève dans le temps (évolution rapide du groupe)
- une extension géographique importante
- une indépendance vis à vis du milieu
- une relative abondance
- une détermination facile
Les figures 11 et 12 montrent les principaux groupes d’invertébrés et de
microfossiles utilisés en biostratigraphie (on doit rapprocher ces figures du tableau vu
en T.P.). La figure 13 montre la répartition des familles d’Ammonoïdés du Secondaire
très utilisées pour la stratigraphie de cette ère.
II - Les biozones
Elles sont la base de la biostratigraphie que l’on appelle également stratigraphie
zonale. Il existe de nombreux types de biozones dont les deux principales sont les zones
d’association et les zones d’extension (cf cours de paléontologie)
1 - Les zones d’association : “assemblage zone”
Ces zones correspondent à un ensemble de couches dont le contenu en fossile
constitue une association naturelle d’individus ayant vécu en même temps. (Elles sont
capitales en paléoécologie).
Exemple
Zone C
Zone B
Zone C
La zone d’association A comporte les fossiles:1,2,4,6
La zone d’association B comporte les fossiles:1,2,3,5,6
La zone d’association C comporte les fossiles:3,5,7,8
2 - Les zones d’extention:”range zone”
Une biozone d'extension est un ensemble de strates représentant l'extension
stratigraphique totale d'un élément choisi dans l'ensemble des fossiles; cet élément
pouvant être:
- un taxon (espèce, genre...) on parle alors de zone d'extension du taxon
("Taxon Range zone") représentant l'extension verticale du taxon choisi. Exemple: zone
à Parkinsonia parkinsoni du Bajocien (Jurassique moyen). La zone d'extension peut se
représenter ainsi:
___________ fin du taxon

___________ début du taxon


Un exemple concret, celui des zones de graptolites du Silurien inférieur est
représenté à la figure 14. Les fossiles de zones correspondant à la définition ci-dessus
sont les n° 11, 43 et 51 dont deux sont représentés
- Une zone d'extension concommitante qui se définit comme étant celle où
coexistent simultanément plusieurs taxons, elles ont par définition une extension
moindre que chacun des taxons pris isolément
_________

Zone B
_________
_________ Zone A/B
Zone A
_________
Si on se reporte à l'exemple de la figure 14, on peut trouver pour la
Sedgwickii zone définie par le fossile 43, la zone d'extension concommitante du 25 et
du 44 qui recouvrent la même période.
- Une zone d'extension en relais "consécutive range zone", ce type de zone
se caractérise par l'apparition ou la disparition d'un taxon l'un à la suite de l'autre. Ils
peuvent coexister avant ou après la limite de zone en fonction des deux cas
envisageables.
cas n°1

____________ Zone comprise entre


L’apparition de A et
____________ celle de B
L'exemple de la figure 14 permet de définir des zones d'extension en relais.
Exemple: les graptolites 2 et 10 caractérisent aussi bien la zone Argenteus que le fait le
n°3. La présence consécutive du 2 et du 10 limite la base (apparition du 2) et le sommet
(apparition du 10) de la zone. Le même raisonnement peut être fait par exemple avec le
8 et le 25 pour la même zone.
cas n°2
____________
Zone comprise entre la
disparition de A et
____________ de B

L'exemple de la figure 14 montre que le 23 et le 8 par exemple ont même


signification que le 43 [Link] zone

3 - Zones d'apogée ou d'abondance ("Acme zone)


Une zone d'abondance est un ensemble de strates ou un taxon est représenté
à son développement maximum (apogée) cette zone est forcément plus réduite que celle
du taxon.
___________
Zone Zone d'abondance
d'ext de A
de A___________

II -Relations entre biostratigraphie, lithostratigraphie et chronologie


Nous avons vu que la biostratigraphie permettait de définir une échelle
stratigraphique découpée en biozone, étage, série, système. Cette échelle se parallélise
avec les unités géologiques chronologiques (géochronologiques) qui se suivent sans
lacunes et sans recouvrement.. Ces unités doivent être valables partout, leurs limites
clairement définies et isochronones. Elles sont subdivisées en chron (ou chronozone)
âge, époque, et période. Les relations entre ces 2 échelles sont évidentes: les roches du
système Jurassique se sont déposées pendant la période Jurassique. Dans le langage
courant, la distinction entre les deux n'est pas respectée. On parle d'ailleurs d'unités
chrono-stratigraphiques. Une unité chronostratigraphique sera représentée par toutes les
roches qui se sont formées pendant une tranche de temps déterminée. Donc ces unités
pourront très bien et c'est souvent le cas des roches de nature variées en fonction de la
géographie du dépôt. Il est aisé de comprendre qu'à la période actuelle se dépose par
exemple des vases, en lagune, des sables sur le littoral, des calcaires sur le plateau
continental. Ils constitueront par la suite des unités lithologiques différentes mais
déposées pendant le même laps de temps.
Inversement on peut voir des unités lithologiques bien définies qui peuvent
se déplacer dans le temps d'une localité à l'autre. Exemple: fig.15. Cet exemple pris
dans les Alpes françaises montre le décalage qui existe dans le temps pour des dépôts
de même lithologie (ceci est fréquent au cours de transgressions). Se baser ici
uniquement sur la lithostratigraphie (succession calcaire, argiles, grès) aurait conduit à
de graves erreurs chronostratigraphiques car les terrains lithologiquement semblables ne
sont pas du tout synchrone.
C'est ainsi que l'on est parfois amené à distinguer des unités
chronolithostratigraphiques qui est la partie d'une unité lithologique qui s'est déposée
pendant un intervalle de temps donné. C'est donc l'intersection d'une unité lithologique
et d'une unité chronologique. La figure 16 illustre cette notion; 3 terrains (I, II, III)
déposés pendant les périodes (A, B, C) permettent de déterminer 5 unités chrono-
lithologiques.
CHAPITRE 4 : METHODES D'ETUDES EN
STRATIGRAPHIE
I- Méthodes d'identification des strates par leurs constituants
macroscopiques
Identifier les couches géologiques d'après leurs constituants les plus
importants ou les plus spectaculaires fut la manière la plus simple de procéder; celle des
carriers et des mineurs. Ainsi le Carbonifère est nommé ainsi par sa richesse en
charbon, le Trias d'après sa triple subdivision en Europe en grès bigarrés
(Buntsandstein) en calcaire coquillier (Muschelkalk) et en marnes irisées (Keuper). Le
terme Crétacé est basé sur la présence massive de craie dans ces terrains.
Indépendamment de ces grandes subdivisions, la stratigraphie descriptive
utilise de nombreux critères directement accessibles à l'observation tels la composition
minéralogique principale, la couleur, la texture, la taille des éléments etc... Dans ce
domaine, l'étude des micro-faciès a beaucoup apporté. Ainsi un calcaire détritique peut
être brèchique s'il est formé d'éléments anguleux, bioclastiques si les éléments qui le
constitue proviennent de la fragmentation de squelettes d'organismes, graveleux si les
éléments sont arrondis, oolithique si les éléments de petites tailles ont une structure
concentrique.
Ces méthodes basées sur l’observation directe sont évidemment utilisées en
tout premier lieu mais des études analytiques complémentaires sont généralement
nécessaires pour rendre compte de la diversité des strates et les caractériser.
II - Méthodes analytiques
Les méthodes de laboratoire vont permettre de préciser certains caractères
ou propriétés. Les principales sont:
1- Méthodes granulométriques
C’est une des méthodes analytiques de base de la sédimentologie, elle
consiste à étudier la répartition de la taille des grains d’un sédiment. Les résultats sont
exprimés sous forme d’histogrammes de fréquences et de courbes cumulatives. A partir
de ces dernières, des paramètres sont déterminés, ils permettent d’une part de
caractériser le sédiment et donc de permettre comparaisons et corrélations et d’autre
part d’en déterminer l’origine. La figure 17 donne quelques exemples de données
granulométriques. Des compléments seront vu en cours de sédimentologie et en T.P.
2 - Dosage des carbonates
a) la calcite
Celui-ci permet de tracer des courbes de calcimétrie traduisant les teneurs
en CaCO3 . Ces données sont utilisées notamment dans les sondages et dans les
interprétations des milieux de dépôt. Elles permettent de faire des comparaisons entre
couches à faibles distance et de mettre en évidence d’éventuelles variations de teneur
traduisant des changements dans l’environnement.
Le principe des calcimètres est fort simple. On mesure le volume de gaz
dégagé lorsque l’on verse une quantité dosée d’acide chlorhydrique sur une quantité
déterminée de poudre de roche (Fig.19).
b) la dolomite
La dolomite est un carbonate double de Ca et Mg. La dolomimétrie est une
méthode plus délicate que la précédente, elle est fondée sur la mesure de conductivité
électrique d’une solution de sulfate de magnésium. La conductivité est proportionnelle à
la concentration. Le dosage se fait en deux temps: attaque chimique par l’acide
sulfurique qui libère du gaz carbonique et fait précipiter le sulfate de calcium, le sulfate
de Mg reste lui en solution. C’est lui que l’on va doser. La réaction est la suivante:
MgCa(CO3)2 + H2SO4 CaSO4 + MgSO4 + 2CO2 + 2H2O
La mesure de la conductivité se fait par l’intermédiaire de deux électrodes
plongeant dans un bain thermostaté (Fig.20).
Une autre méthode par une voie chimique existe c’est le dosage au
Versénate. On dose Ca et Mg puis Ca tout seul et on fait la différence.
3 - L’analyse par diffraction X
Ce sont surtout les diagrammes de poudre qui sont utilisés. Ils permettent de
déterminer sur les diffractogrammes, la minéralogie des sédiments (carbonates, sulfates,
sulfures, quartz etc...) ils sont particulièrement précieux pour identifier les minéraux
argileux (Kaolinite, Montmorillonite, Illite etc...) ou leur mélange après traitement
approprié de l’échantillon (chauffage à 550° glycerolage). Certains de ces minéraux
peuvent être de bons marqueurs stratigraphiques en l’absence de fossiles et ils peuvent
en outre renseigner sur les conditions du milieu au moment du dépôt.
4) L’analyse des minéraux lourds
Ce sont les minéraux dont la densité est supérieure à 2,9. Pour séparer des
autres (les légers). On les verse dans du bromoforme liquide dont la densité est 2,9. Les
minéraux lourds tombent au fond du récipient, les légers (quartz, feldspath, calcite...)
flottent à la surface:
Leur étude dans les roches détritiques permet d’obtenir des renseignements
sur les provinces d’alimentation et de s’en servir pour des corrélations. Exemple: le
passage Secondaire/Tertiaire dans les formations du Sahara occidental se marque par
des teneurs élevées en épidote (30 à 40%). Certains minéraux lourds comme le zircon
ont servi dans plusieurs domaines. La typologie des zircons est différente suivant le
type de roche où il se forme donc on peut remonter assez facilement à la roche
d’origine.
5 - La morphoscopie des quartz
C’est une méthode utilisée principalement pour l’étude et la comparaison de
sédiments sableux. Elle comporte deux aspects:
- en premier lieu, l’appréciation de la forme propre des grains de quartz, elle
se fait à partir d’une fraction granulométrique déterminée. Ces formes vont depuis des
grains anguleux (ou non usés) jusqu’à des grains arrondis ou ronds en passant par des
formes intermédiaires que sont les grains émoussés. Ce stade est en fait l’estimation du
degré d’usure du grain de quartz.
- en second lieu c’est à l’état de surface des grains que l’on s’intéressera.
Ces surfaces pourront ne comporter aucune modification par rapport au grain dans la
roche mère initiale, ou bien être lisse et brillante (luisant) ou encore être mate c’est-à-
dire dépolie.
- La combinaison de ces deux caractères a conduit à la constitution de
plusieurs catégories de grains qui permettent de déterminer les environnements de
dépôt. Exemple:les grains émoussés luisants, si dans un sédiment on trouve plus de
25% d’émoussés luisants on peut en conclure que le milieu de dépôt est marin. De
même une forte proportion de ronds mats est un indicateur de milieu éolien.
L’utilisation du microscope électronique a balayage pour l’étude des
surfaces des grains a apporté beaucoup à cette méthode en particulier pour déceler les
corrosions chimiques post-dépôt. (Exoscopie).
6) Les méthodes isotopiques
On connaît l’importance de ces méthodes pour les datations absolues.
14
Exemple: U/Pb, Rb/Sr ou C mais d’autres méthodes fondées sur l’étude des isotopes
stables traduisant les équilibres chimiques réalisés au moment de la formation d’un
composé naturel. Une méthode qui vient de connaître de grands développements est
16 17 18
celle de l’étude des isotopes de l’oxygène O, O, O dont le coefficient de partage
dans les argiles de néoformation ou dans les organismes fossiles est directement lié à la
température; on aura ainsi de bons renseignements sur les paléoclimats. D’autre part,
18
l’eau douce étant plus pauvre en O que l’eau de mer, on pourra déterminer si
certaines formations (par exemple des évaporites ou argilites) sont d’origine
continentale ou marine.
13 12
D’autres isotopes stables comme le C/ C sont aussi des indicateurs. En
12
effet on trouve un enrichissement en C dans les eaux douces et un enrichissement en
13 16 18
C dans la mer. Les isotopes Deutérium/Hydrogène en complément de O/ O sont
utilisés notamment en hydrogéologie pour savoir si un aquifère est fossile ou s’il se
recharge en eau de pluie actuelle.
La proportion Magnésium/Strontium dans les carbonates fixés par les
organismes permet de déterminer aussi les paléotempératures, le taux de Sr augmentant
avec la température (doublement de ce taux quand on passe de 10° à 26°C).
7 - La thermoluminescence
C’est pour un minéral ou une roche, la faculté d’émettre une énergie
lumineuse (de faible intensité) lorsqu’on le porte à une température plus ou moins
élevée. L’origine est la conséquence de la désintégration d’éléments radioactifs libérés
par le chauffage. On peut provoquer une thermoluminescence artificielle en bombardant
60
le minéral ou la roche grâce à une source radioactive (généralement le Cobalt )
émettrice de photons très énergétiques. L’application principale est la détermination des
provinces d’origine des matériaux détritiques par l’utilisation de ces propriétés sur les
quartz ou les feldspaths, cette méthode permet aussi de savoir s’ il y a eu une ou
plusieurs sources de matériel. En prospection minière, la thermoluminescence a été
utilisée avec succès pour localiser des gisements. Exemple: sables titanifères.
III -Méthodes paléontologiques
Elles sont fondées sur l’utilisation des fossiles stratigraphiques dont on va
rappeler les principaux groupes dans le temps ( Fig.11, 12, T3)
1 - Au Paléozoïque
Sont utilisés: les Trilobites (au Paléozoïque inférieur et moyen), les
Graptolites (Ordovicien, Silurien), les Goniatites (Dévonien, Carbonifère), les
Brachiopodes, les Archéocyathes pour le Cambrien (inférieur et moyen). Les
microfossiles: Ostracodes (notamment au Silurien) les Conodontes (depuis
l’ordovicien) et les Foraminifères.
2 - Au Mésozoïque
Les Ceratites (au Trias) les Ammonites (Jurassique et Crétacé) les
Belemnites (Jurassique et Crétacé), les Oursins, Polypiers et Reptiles peuvent être
localement utilisés. Comme microfossiles on retrouve les Foraminifères planctoniques
(Globotruncanidés, Orbitolines).
3 - Au Cénozoïque
Les bons macrofossiles sont relativement rares car tous les phylums ont
acquis leur aspect moderne plus tôt, il faut néanmoins signaler les Gastéropodes et
Lamellibranches utilisables localement, et pour les domaines continentaux: les
Mammifères. Les microfossiles sont de ce fait très précieux et les Foraminifères
planctoniques très utilisés. D’une part parce qu’ils sont plus faciles à trouver et en bon
état avec une répartition plus uniforme que les macrofossiles, et d’autre part parce qu’ils
ont évolué très vite. La palynologie est également très utilisée, elle joue un rôle
primordial dans l’étude stratigraphique des sondages.
IV - Les méthodes diagraphiques
Ces méthodes parfois très sophistiquées s’appliquent aux forages. On
appelle diagraphie, l’enregistrement continu de divers paramètres physiques en fonction
de la profondeur. Les mesures sont effectuées grâce à des sondes électriques ou
radioactives descendues dans le forage à l’extrémité d’un câble électrique. On distingue
deux types de diagraphies: les diagraphies instantanées où les résultats sont obtenus en
cours de forage; exemple: vitesse de forage, profondeur, teneur en gaz etc... et les
diagraphies différées c’est-à-dire obtenues lors d’un arrêt dans le forage ou au terme de
son exécution. C’est l’étude des digraphies différées qui va surtout retenir notre
attention.
1 - Les diagraphies électriques
La figure 21 schématise l’installation du système.
a) Mesure de la résistivité (R)
La résistivité mesure la plus ou moins grande facilité avec laquelle un
courant électrique émis par la sonde traverse une couche de terrain. Elle est fonction de
la nature lithologique du terrain, de la porosité et la nature du fluide qui l’imprègne.
Exemples: un calcaire compact ou un quartzite auront une forte résistivité; une roche
poreuse à 10% sera 10 fois plus résistante qu’une roche poreuse à 30%. Un grès dont
les pores seront remplis d’eau salée sera bon conducteur donc aura une faible résistivité,
s’ il est au contraire rempli d’hydrocarbure (mauvais conducteur) sa résistivité sera
élevée. La figure 22b est un exemple de diagraphie de résistivité.
b ) Polarisation spontanée (P.S.)
Elle mesure la différence de potentiel entre une électrode de référence fixe
en surface et une électrode se déplaçant dans le trou de forage. Elle mesure en fait la
différence de potentialité entre la boue de forage et les fluides imprégnant les couches.
La P.S. est mesurée en millivolts. Elle permet:
- la détection des zones perméables,
- la détermination des interfaces de couches
- la détermination des résistivités des fluides interstitiels.
La P.S. des argiles sert de ligne de base (la boue de forage étant en général
faite avec de l’eau douce, la courbe dévie vers la gauche, comme on le voit sur la figure
22a. Un autre exemple est illustré à la figure 23, il montre différents types de terrains et
de fluide et les diagraphies R et P.S. correspondantes:
- les shales A1, A2, A3, A4, A5, A6 ont des P.S.= 0 et des faibles
résistivités.
- le calcaire D, une P.S. nulle mais une forte résistivité,
- le sable argileux B, une résistivité moyenne et une P.S. moyenne,
- l’eau douce, une forte résistivité et une P.S. devenue + par rapport à la
référence,
- l’huile (pétrole brut) présente une résistivité assez grande et une P.S.
fortement négative,
- l’eau salée, une très faible résistivité et une P.S. fortement négative.
c) Le laterolog (L.L.)
C’est une mesure électrique où le courant est forcé à se diriger latéralement
dans la couche (au lieu d’être réparti de façon sphérique) à l’aide d’aimants. Le résultat
est que la résolution est bien meilleure et plus sensible aux variations que les mesures
de résistivité classique (Fig.26).
d) Diagraphies ou log à induction
Il consiste à envoyer un courant alternatif à haute fréquence (20 000
cycles/seconde) par une bobine primaire émettrice ; le champ magnétique créé induit
des courants secondaires coaxiaux autour du trou récupérés par une bobine réceptive.
Les signaux de la bobine sont proportionnels à la conductivité des formations. Cette
méthode comme la précédente est plus performante que les mesures de résistivité
classique. Elle est particulièrement utile pour les boues isolantes (à base d’huile par
exemple).
e) Pendagemétrie
C’est une méthode qui couple plusieurs dispositifs électriques répartis sur la
sonde à différents niveaux.. Ces électrodes sont montés sur des patins qui s’appliquent
contre les parois du trou. Un dispositif permet le recupérage par rapport au Nord et de
corriger les azimuts en fonction de l’inclinaison du trou. Les différences ou similitudes
entre les deux parois permettent de déterminer ce pendage. La pendagemétrie est
particulièrement précise pour les interprétations tectoniques et sédimentologiques des
sondages.
2 - Les diagraphies utilisant la radioactivité
Il s’agit ,soit de la radioactivité naturelle des corps sédimentaires qui est
mesurée, soit l’utilisation de la radioactivité induite par un bombardement de neutrons à
partir de la sonde. Ces méthodes ont le gros avantage de pouvoir être réalisées à travers
le tubage du sondage.
a) Diagraphie de rayonnement gamma
En anglais: gamma- ray-log, il mesure la radioactivité naturelle des roches,
il détecte les éléments radioactifs tels le Potassium, l’Uranium.
Les gamma-ray-logs sont très sensibles pour détecter la présence de minces
lits radioactifs comme les hard-grouds: surfaces durcis souvent phosphatées, les
projections de cendres volcaniques qui pourraient échapper aux autre méthodes
d’investigation et qui constituent des horizons repères très fiables ( Fig.24).
b) Diagraphie de radioactivité induite
Elles s’obtiennent par un bombardement de neutrons émis à partir de la
sonde, ces neutrons sont capturés par les composés riches en hydrogène comme les
hydrocarbures et les eaux interstitielles. Ce sont des méthodes destinées à mesurer la
porosité; plus la porosité est grande dans une roche plus elle contiendra de fluide et
donc plus elle absorbera de neutrons. Il existe de nombreuses autres méthodes
nucléaires (basées sur l’utilisation de neutrons) citons parmi d’autres les diagraphies de
densité de formation par bombardement de gamma-ray à haute énergie. Cette méthode
sert encore à la détermination de la porosité (Fig.25).
3 - Les diagraphies acoustiques
Mesurent le temps de propagation d’un ébranlement dans les roches. Il se
mesure en microsecondes par mètre (ou par pied pour les anglo-saxons). Cette vitesse
varie en fonction de la qualité de la roche et de sa porosité.
V - Les méthodes sismiques
La sismique réflexion est une méthode très utile en stratigraphie car elle permet
un contrôle des corrélations des unités sédimentaires dans les zones non échantillonnées
par sondage, dont elle constitue le plus souvent l’étape préalable. Elle est
particulièrement utile pour mettre en évidence la présence de failles, de plis ou de
discontinuités.
Les ondes sismiques sont provoquées par diverses sources qui vont de
l'explosion de dynamite (à terre), de flexotir en mer, à l'implosion de bulles de vapeur
d'eau provoquées par de puissantes étincelles émises entre deux électrodes immergées
(Etincelleur ou "sparker"). Ces ondes pénètrent dans le sédiment et se réfléchissent sur
des surfaces de discontinuités qui peuvent être dues à des différences lithologiques, à
des surfaces de discordance, à des fractures etc... Dans le cas de sismique en mer, la
première reflexion est le fond de l'océan (Fig.27).
Des récepteurs ou géophones, enregistrent sur un même graphique tous les
échos ou ondes réfléchies. On aboutit à des enregistrements fort complexes du fait de la
nature même des ondes longitudinales ou transversales qui se déplacent à des vitesses
différentes. La figure 28 montre le type d'enregistrement obtenu. Il faut ensuite filtrer
ces enregistrements, ceci est maintenant réalisé en routine par ordinateur. Le résultat
final (Fig.28 bas) est comparable à la coupe réelle du sous-sol étudié.
Des forages peuvent alors être entrepris en toute connaissance de cause si des
pièges potentiels ont pu être identifiés.

I-3-3 Méthodes physiques :


- Analyse aux rayons X : Méthode appliquée aux sédiments fins et
qui permet d'identifier des couches de même horizon géologique. Cette
identification se fait souvent grâce au minéraux argileux(Illite, Kaolinite,
Montmorillonite…).
- Les méthodes de datation qui sont le fondement de la
radiochronologie (cf. Stratigraphie et chronologie)
- les méthodes magnétiques ou magnéstratigraphie basée sur le
changement périodique de polarité des minéraux comme la magnétite.*
CHAPITRE 5: STRATIGRAPHIE ET
CHRONOLOGIE
Le problème de la chronologie en géologie présente deux aspects: il faut d'une
part situer les évènements géologiques les uns par rapport aux autres dans le temps
(chronologie relative) et d'autre part, d'en évaluer la durée (chronologie absolue). Il est
bien évident que dans l'un et l'autre cas, les méthodes d'approche seront différentes. On
abordera d'abord les méthodes de la chronologie relative et les problèmes concrets qui
se posent pour évoquer ensuite celles de la chronologie absolue.
I - Chronologie relative des terrains sédimentaires
1 - Les principes fondamentaux (rappels)
a) Principe de superposition (STENO)
b) Principe de continuité
Une couche possède le même âge sur toute son étendue même si elle subit des
variations lithologiques (passage latérale de faciès: fig.29) . Deux dépôts synchrones
peuvent avoir des faciès différents fonctions des conditions de milieu. A l'inverse, des
faciès lithologiques analogues ne sont pas forcément de même âge (Fig.15). Ce
phénomène que l'on appelle diachronisme est fréquemment rencontré au cours des
transgressions. Un autre exemple: la figure 30 illustre ce phénomène. Cet exemple
montre à 3 endroits différents A,B et C la succession des terrains: conglomérat à la
base, marnes puis grès, la lithostratigraphie aurait tendance à relier ces niveaux
homologues (tiretés) mais un moyen de vérification a été fourni par des cendres
volcaniques (cinérites) émises lors de deux éruptions volcaniques (figuré noir) elles
sont instantanées et donc bons marqueurs chronologiques, la transgression marquée par
des conglomérats n'a atteint la localité C qu'après la première éruption. Dans les régions
ayant subit des déformations tectoniques, les corrélations sont souvent difficiles car la
continuité des couches est souvent interrompue par des contacts anormaux: failles,
chevauchement, charriage où des phénomènes de répétition de série voire d'inversions
se produisent. Ces difficultés peuvent souvent être surmontées grâce aux données
paléontologiques.
c) Principe de l'identité paléontologique
Ce principe qui consiste à admettre qu'un ensemble de strate contenant le même
assemblage de fossiles stratigraphiques est de même âge gouverne toute la chronologie
relative. Il a conduit à la création des biozones dont on a vu les différents types. Si ce
principe est simple et son application facile, il y a cependant certains cas qui sont plus
délicats que d'autres à traiter. Ce sont les corrélations à distance. On ne trouve pas
toujours dans une formation marine des espèces repères ayant une valeur générale ou
encore on peut trouver des faunes sans rapport directs entre elles (ex: provinces
faunistiques différentes). Le même genre de problèmes se posent pour les corrélations
entre faciès lagunaires ou saumâtres et faciès marins. Il est nécessaire de rechercher
d'éventuelles zones de transition entre les milieux ou de rechercher par exemple les
palynomorphes qui eux peuvent se trouver dans les deux milieux. Ce genre de problème
est illustré dans l'exemple de la figure 31 où l'on tente à partir de 3 affleurement A, B, C
une corrélation avec la colonne stratigraphique établie ailleurs. On constate qu'il y a
zone à recouvrement et à lacune.

II - L'établissement des coupures


Les coupures chronologiques sont souvent marquées par des lacunes ou des
discordances stratigraphiques: discontinuités sédimentaires majeures.
1 - Les lacunes
Les lacunes se mettent en évidence soit par la paléontologie: manquent certaines
biozones, soit par des critères sédimentologiques indiquant une sédimentation a peu
près nulle; exemple: les hard-grounds ou surfaces durcies, les surfaces corrodées, les
niveaux de calcaires ferruginisés ou encore les faciès remaniés. L'exemple de la figure
32-33 pris dans les Alpes illustre ce phénomène où tout le Secondaire est réduit à
quelques bancs (série condensée) dans la série Briançonnaise où l'on voit que les
lacunes de sédimentation entre Trias et Jurassique se marquent par une surface
corrodée, on note le même phénomène entre le Jurassique et le Crétacé où c'est un hard-
ground qui s'observe.
2 - Les discordances
Un groupe ou un étage correspondent très souvent à un cycle sédimentaire,
avant d'en détailler le mécanisme il est bon de rappeler les principaux passages latéraux
de faciès en allant du domaine continental au domaine marin, c'est l'objet de la figure
36. En A des dépôts continentaux (ex: cordons de galets) en B dépôts sableux plus ou
moins coquilliers en C dépôts néritiques (calcaires organiques) D et E domaines plus
profonds à sédimentation plus fine (à dominance argileuse).
Un cycle sédimentaire débute par une transgression, se poursuit par un temps de
stabilisation où la sédimentation est active et finit par une régression (retrait de la mer).
Dans une transgression les différents faciès précédemment évoqués vont
prograder sur le continent en débordant sur les couches du dessous. C'est ce qui est
illustré à la figure 37 où ont été figurés trois transgressions marquées par 3 rivages R 1,
R2, R3. Le rivage R1 marque l'extension de la transgression 1. L'sochrone I1 est une
ligne qui rejoint tous les dépôts (de natures différentes) mais sédimentés en même
temps: synchrones, elle aboutit au rivage R1, même chose pour les autres. Sur cette
figure est indiqué par le symbole SF une ligne qui rejoint les faciès homologues (en fait
une surface). Dans une transgression ces surfaces d'isofaciès sont inclinées vers le
domaine continental. Elles ne sont jamais synchrones. La figure 38 montre un cycle
transgression-régression dans un cas particulier (récif barrière). En A régression avec
des surfaces d'isofaciès inclinées vers le domaine océanique, en B c’est l’inverse: les
surfaces d’isofaciès sont inclinées vers le continent caractérisant la transgression. La
figure C illustre une succession trangression-régression. La limite (en pointillé) passe
par les points d'inflexion de ces surfaces.
Une transgression se marque généralement par une discordance, celle-ci peut
être angulaire lorsqu'un évènement orogénique sépare les terrains transgressés des
terrains transgressifs. La figure 39 montre d'une part la transgression du Trias tr sur des
3
séries précambiennes plissées puis celle du lias L et du Jurassique moyen JIV et d'autre
part une discordance plus ancienne, celle du Cambrien Sap sur le Précambrien. Tout le
Paléozoïque du Cambrien au Silurien est plissé, l'âge de ce plissement est postérieur au
Silurien et antérieur à L3 le Lias (il est en fait Hercycien) l'âge des failles est postérieur
au plissement mais antérieur au L3 qui n'est pas affecté. L'identification d'une
discordance n'est pas forcément évidente en coupe sur le terrain où peuvent se produire
localement des phénomènes de concordance apparente des couches (accordance) en
fonction par exemple du lieu d'observation, c'est ce qu'illustre la figure 34 avec
l'exemple d'un pli dissymétrique ou encore la figure 35. En dépit de leur identification
parfois délicate en coupe, les discordances qu'elles soient angulaires ou non se
reconnaissent bien au niveau cartographique puisque régionalement une couche
transgressive discordante repose sur des terrains d'âges différents.
III - Autres problèmes de chronologie relative
a) cas où il n'y a pas de rapport avec les terrains sédimentaires datés
Ce sont le cas par exemple de massifs de granite intrusifs. La règle est simple
lorsque deux massifs se coupent, celui qui traverse l'autre est plus récent: VOIR TD
b) massifs éruptifs en contact avec des roches sédimentaires datables
Dans ce cas, le massif est bien entendu postérieur au terrain traversé qu'il
métamorphise. Si une couche discordante recouvre ce massif elle lui est postérieure car
non métamorphisée, elle contient souvent en plus des galets du massif sous-jacent
(Fig.40).
c) Age relatif de phénomènes tectoniques
Dans le cas d'un contact anormal tel qu'un chevauchement, (fig.41) l'âge de
celui-ci est postérieur à la couche chevauchée. L'âge sera d'autant plus précis que
l'intervalle de temps entre couche chevauchée et couche chevauchante sera court. Pour
les temps phanérozoïques, les chevauchements sont en général datables grâce aux
fossiles. Pour les temps précambriens, c'est beaucoup plus délicat sauf s’il existe une
différence d'âge considérable entre l'autochtone et l'allochtone auquel cas la
géochronologie peut apporter une réponse.

d) Age relatif de cycles géologiques VOIR TD

IV - Chronologie absolue
1 - Rappels sur la radioactivité
Le phénomène de la radioactivité a été découvert par Henri Becquerel en
1895. Un certain pourcentage (faible) d'éléments naturels possèdent la propriété de se
désintégrer de façon spontannée et constante pour se transformer en un autre élément de
nature différente. C'est ce que l'on appelle la transmutation. Elle peut donner un autre
élément lui même radioactif pour aboutir en fin de chaîne à un élément stable. Ces
transmutations s'accompagnent d'une émission d'énergie sous forme de rayonnement.
Rappelons que chaque atome est caractérisé par deux nombres:
1) le numéro atomique qui indique le nombre de protons dans le noyau. Il
est égal au nombre d'électrons orbitaux dans le cas ou l'atome n'est pas ionisé,
2) la masse atomique qui est le total des neutrons et protons du noyau.
16
Ex: O n° atomique :8
8
masse atomique : 16
à côté des éléments stables existent des isotopes. Ce sont des éléments qui
ont le même numéro atomique mais des masses atomiques différentes.
Ex: Le carbone C
12
C représente 98,8% mais existe aussi le
6
13 14
C et le C
L'oxygène O
16
O représente 99,8% mais existe aussi

17 18
O et O

le Potassium K
39
K représente 93,1% mais existe aussi
40 41
K K

l'Uranium U
238 235 234
U qui représente 99,3% de l'U mais existe aussi U et U

Donc, comme on l'a dit plus haut, certains de ces isotopes sont radioatifs,
c'est-à-dire qu'ils vont se transformer en un autre élément par modification du noyau,
celle-ci s'accompagne d'émissions de rayons α, β, γ. Les alpha sont des noyaux
d'Hélium, ils ont une charge positive et sont peu pénétrants:
Ex: l'U
238 234
U α Th
Le noyau d'uranium a perdu 2 unités de charge et 4 unités de masse
4 2+
He
Les rayons β sont des électrons ils ont une charge négative et sont
pénétrants, ils ont une masse négligeable: la masse atomique ne sera donc pas touchée:
234 234 -λΤ
ex: Th β Pa β: e
proactinium
Le noyau radioactif lui par contre gagne une charge (proton supplémentaire)
Les rayons γ sont des rayons très pénétrants (comme les rayons X) jusqu'à
20cm de Pb; ce sont des particules sans masse de type photon.
2 - Utilisation des radioisotopes en chronologie
Les désintégrations successives ne sont pas tributaires des facteurs
physiques environnants mais seulement du facteur temps, ce qui se traduit par la
formule :
- λT qui est une fonction exponentielle décroissante où N est la quantité d'un
N = No e

élément radioactif présent au bout du temps t, N la quantité de cet élément à l'origine , λ la constante
o
de désintégration propre à l'élément. On a appellé Période (sous entendu de demi-vie) le temps
nécessaire pour que la quantité d'un élément radioactif soit réduit de moitié.
Pour qu'un élément radioactif perde la moitié de sa masse, il faut un temps T tel que:

N -λT -λΤ
o = Noe soit 1 = e
2 2

ou λΤ = Ln2 le log népérien de 2 étant égal à 0,6931


il vient T= 0,6931
λ (période de une demi de vie)
pour tout élément radioactif on aura une courbe de désintégration de ce
type:

La courbe tend asymptotiquement

Chaque élément radioactif aura donc sa propre période. Il suffira de doser la


quantité d'un élément radioactif par rapport à son produit de désintégration pour
connaître le temps écoulé depuis sa formation. Les isotopes les plus utilisés en datations
absolues sont figurés dans le tableau ci-dessous

Chacune de ces méthodes donne des âges qui ne sauraient dépasser deux
limites: l’une inférieure imposée par la quantité restante de produit qui ne doit pas être
trop faible pour être dosée efficacement, l’autre supérieure au dé-là de laquelle c’est la
quantité de produits de désintégration qui devient trop faible. Le carbone 14 permet de
remonter au maximum à 50 000 ans: 10 périodes de une demi vies se sont écoulées
pendant ce laps de temps. - 100 ans est la limite supérieure. Le carbone 14 présent dans
l’atmosphère où il se forme sous l’influence des rayons cosmiques à partir de l’azote N
de façon constante en se combinant avec l’oxygène de l’air il sera absorbé par les êtres
vivants (plantes, animaux), la quantité de carbone radioactif est mesurée par un
compteur Geiger qui compte le nombre de désintégration /seconde. Pour les temps plus
anciens les méthodes les plus utilisées sont Uranium-Plomb, Potassium-Argon; pour
des périodes très anciennes, le Rubidium-Strontium donne de bons résultats.
Notamment en utilisant la méthode des isochrones où sont portés sur une droite
plusieurs échantillons ou minéraux avec des compositions isotopiques différentes. La
pente de la droite obtenue est fonction de l’âge. Ex: isochrone d’un granite:
3 - Intérêts et limites de la radiochronologie
L’intérêt est évident, il permet de connaître l’âge réel des roches étudiées,
elles sont des méthodes irremplaçable pour la datation des terrains du Précambrien.
Les limites de ces méthodes sont de plusieurs natures. La première est
financière car ces méthodes nécessitent un appareillage extrêmement onéreux: le
spectromètre de masse qui est l’appareil capable de séparer les particules de masse
différente (par bombardement d’électrons), elles subissent une déflection
proportionnelle à leur masse grâce à un champs magnétique intense, le tout étant
effectué sous vide. Seule la méthode au carbone 14 est plus abordable car elle ne
nécessite qu’un compteur Geiger mais son domaine d’application est malheureusement
le plus limité (100 à 50 000 ans). La deuxième limite est parfois la précision. Chaque
mesure est entachée d’une certaine, imprécision qui est fonction de la méthode utilisée,
du matériel de départ, de la quantité d’isotopes présents etc... Donc chaque âge absolu
doit être présenté avec sa fourchette d’incertitude:
exemple: une datation de 11 460 ans au carbone 14 a une incertitude de plus
ou moins 250 ans;
une datation de roche volcanique du Dévonien par la méthode Rb/Sr qui
donne un âge de 395 a une incertitude de plus ou moins 6 millions d’années.
4 - Méthode de chronologie n’utilisant pas la radioactivité
a) les varves
Elle n’a qu’un domaine d’application très restreint mais possède une très
bonne précision, il s’agit de l’utilisation des dépôts varvés des régions périglaciaires.
Les varves sont des dépôts rythmiques saisonniers qui s’effectuent dans des lacs. Il
existe une nette différence entre les lits déposés l’été qui sont de teinte claire et de
granulométrie grossière et ceux déposés l’hiver qui sont de teinte sombre et plus fins
comme le montre la figure 42. Ils ont aussi une épaisseur plus importante en été (dégel)
qu’en hiver (fig.44). Pour chaque site étudié, il est possible d’établir une chronologie
absolue des varves (l’unité de compte est l’année) à partir d’un repère connu et
d’effectuer des corrélations de proche en proche (fig.43). Il est bien évident qu’avec ce
type de méthode, on ne peut dater que les évènements récents, le maximum a été - 16
000 ans. Ce sont des méthodes utilisées surtout en archéologie et dans l’étude du
Quaternaire très récent.
b) la dendrochronologie
C'est une méthode qui interesse les anneaux de croissance des arbres.
On part d'un arbre vivant, serié ou foré, que l'on compare à des bois de charpente
ou de fortification anciens, ou encore à des arbres enfouis sous une coulée
volcanique. A partir des anneaux de croissance de Pinus ponderosa, on a calculé
que l'éruption du Sunset crater (Arizona) s'était produite entre l'été 1064 et l'été
1065 de notre ère. On peut compter ainsi jusqu'à 6 millénaires avec une très
grande précision.
c) La téphrochronologie
Il s'agit de datation plutôt historique que géologique. Elle consiste à
détecter dans un sédiment, les cendres d'une éruption volcanique connue et si
possible suffisament violente pour que les minéraux tel que la hornblende, l'augite
ou l'olivine aient été dispersés sur une aire étendue ou même sur toute la surface
de la terre comme ce fut le cas pour le Krakatoa (Indonesie) en 1883.
d) Stries d'accroissement des invertébrés marins (WELLS)
VI - Comparaisons entre les chronologies relatives et absolues
Les méthodes de chronologie relative se fondent essentiellement sur l’étude
des roches sédimentaires. Celles de la chronologie absolue portent surtout sur les roches
éruptives et métamorphiques car il faut que l’élément radioactif incorporé dans la roche
ou le minéral soit contemporain de la formation à dater. Ceci peut difficilement se
rencontrer dans les roches sédimentaires mis à part les cas du carbone et aussi celui du
potassium qui peut être mesuré dans les minéraux argileux de néoformation comme les
glauconies (c’est un minéral argileux formé en domaine marin, le Paléocène de Fresco
en est très riche) mais certains contestent la précision des datations sur glauconie.
VII - Chronologie magnétique
C’est une méthode de datation qui procède à la fois de la chronologie
absolue et relative, elle est fondée sur la mesure du paléomagnétisme c’est-à-dire du
champ magnétique existant dans le passé.
1 -Rappels de magnétisme
Le magnétisme est la possibilité qu’ont tous les corps placés dans un champ
magnétique, d’acquérir une aimantation.
Cette aimantation peut être permanente dans les corps ferromagnétiques (ce
sont les corps attirés par un champ de faible intensité) que sont le fer, le nickel, le cobalt
ou certains minéraux comme la magnétite, l’hématite ou l’ilménite. Ces minéraux
enregistrent le champ régnant au moment de leur formation ou plus précisément au
moment où leur température de refroidissement atteint leur point de Curie. En dessous
de cette température, le champ ambiant est sans influence. Le point de Curie du fer est
de 750°C, celui de la magnétite 578°C, celui de l’hématite 675°C, celui ce l’ilménite
150°C. Cette aimantation peut être temporaire, c’est le cas général, la majorité des
matériaux étant paramagnétiques (attirables par un fort champ magnétique: électro-
aimant) ou bien encore: diamagnétiques c’est-à-dire non attirés par un champ
magnétique même de forte intensité (ex: diamant, quartz). Ce sont les corps
ferromagnétiques qui seuls seront utiles en paléomagnétisme.
2 - Le paléomagnétisme
Dans les roches volcaniques le champ est fossilisé directement au moment
ou la température des minéraux ferromagnétiques qu’elles contiennent passe au dessous
du point de curie.
Dans les roches sédimentaires, le champ est fossilisé indirectement par
orientation des particules ferromagnétiques dans le champ magnétique régnant au
moment du dépôt.
Les données du paléomagnétisme sont de deux ordres:
- les directions du champ qui renseigne sur la position du pôle. On a ainsi
pu établir pour un continent donné une courbe de dérive des pôles. Cette dérive
apparente est en fait provoquée par le déplacement réel lui, du continent. C’est ainsi que
pour l’Afrique et l’Amérique du Sud on a trouvé des valeurs en longitude et en latitude
différentes, ce qui fut un argument pour prouver la dérive des continents (fig.45);
- le sens du champ ; le sens des champs magnétiques enregistré est soit de
même sens que le champ actuel soit de sens opposé. On dit que le champ est normal ou
inverse par référence à l’actuel.
3 - Paléomagnétisme et chronologie
C’est l’étude des fonds océaniques notamment au niveau des dorsales qui a
ouvert la voie à l’utilisation du paléomagnétisme en chronologie. On avait en effet
constaté que les matériaux émis au niveau des dorsales se disposaient en bandes
allongées symétriquement par rapport à la dorsale. En mesurant leur magnétisme
rémanent on s’est aperçu que l’on retrouvait une même alternance d’anomalies
magnétiques positives (champ résiduel s’ajoutant au champ normal) et d’anomalies
magnétiques négatives (indiquant par là un champ résiduel de sens opposé : fig.46). En
comparant ces différentes anomalies avec celles de roches du continent datées , il a été
possible d’établir une échelle magnétostratigraphique. La figure 46bis est une
illustration de ceci. On constate le grand nombre d’inversion du champ au cours des
derniers 70 millions d’années. Le paléomagnétisme a d’autre part permis de chiffrer la
vitesse de déplacement des plaques et de déduire les positions respectives des
continents; l’exemple de la figure 46 ter pris en Atlantique nord montre un certain
nombre de bandes dont les âges ont été déterminés. On notera la symétrie par rapport à
la ride médio-océanique et l’âge croissant des laves au fur et à mesure que l’on
s’éloigne d’elle. La distance actuelle entre New York et Marrakech est d’environ 7 000
km si l’on met en coïncidence à 81 millions d’années on en déduit une distance
d’environ 4 500 km ce qui implique un déplacement moyen d’environ 3 cm/an.
L’Amérique du Sud et l’Afrique du Sud s’éloignent l’un de l’autre à une vitesse
d’environ 4 cm/an. Les 2 masses continentales étaient collées il y a 150 millions
d’année c’est-à-dire au Jurassique, on en a d’ailleurs des preuves paléontologiques et
stratigraphiques.
CHAPITRE 5 : STRATIGRAPHIE ET
PALEOGEOGRAPHIE
I - Notion de faciès sédimentaire
Le faciès d’une roche sédimentaire est l’ensemble de ses caractères
lithologiques et paléontologiques. Les “lois” portaient sur la répartition horizontale des
faciès, leur répartition verticale et les interprétations des faciès suivant leur proximité
des rivages. Lorsque les caractères utilisés sont macroscopiques, on parle simplement
de faciès, quand ils sont microscopiques, on parle de micro-faciès. Les caractères
lithologiques font appel à toutes les distinctions pétrographiques: nature: calcaire,
siliceuse, argileuse... structure, texture etc... Les roches détritiques terrigènes sont
divisées en trois classes d’après la taille de leurs éléments :
rudites > 2 mm
arénites entre 2 mm et 63 μm

lutites < 63 μm
Les roches calcaires sont divisées en 2 grandes classes :
- les micrites ( à ciment microcristallin)
- les sparites (à ciment de calcite spathique)
On y ajoute un préfixe évoquant la nature des éléments pris dans le ciment
(dits allochems) intra pour les intraclastes, oo pour les oolithes, pel pour les pellets
etc... Exemple: oomicrite, pelsparite (cf. T.P.).
Le faciès fait aussi référence au contenu faunistique de la roche. Si les
fossiles stratigraphiques sont les piliers de la chronologie relative, il en est d’autres qui
sans avoir un interêt majeur pour les datations de terrain n’en renseigne pas moins sur le
milieu dans lesquels ils vivaient. Un bon exemple de fossiles de faciès est ceux que l’on
trouve associés aux récifs, et tout d’abord les coraux, mais aussi des éponges, des
Lamellibranches (ex: Rudistes) des Brachiopodes, des Echinodermes etc...
II - Les facies dans l’espace et le temps
1 - Dans l’espace
On a vu que des couches de même âge peuvent passer latéralement à des
faciès différents (voir figure 29). On observe des passages latéraux de faciès entre le
continent et le domaine marin; disposition que l’on retrouvait lors des transgressions
(figure 36). La reconnaissance des passages latéraux se fait par l’application du principe
de l’identité paléontologique, de celui de superposition et de continuité.
2 - Dans le temps VOIR TD
III - Les différents faciès
1- Les faciès continentaux
Ils sont les plus faciles à étudier, car plus faciles à identifier directement. On
reconnaîtra aisément par exemple:
- des faciès glaciaires: par la présence de roches moutonnées; par des
moraines avec des galets striés, des argiles à blocaux, des tillites etc..
- des faciès éoliens par la présence de galets à facettes “ Drei kanter “, par
la morphoscopie des sables: exemple pourcentage élevé de ronds mats
- des faciès fluviatiles par la présence d’un matériel particulier, de
séquences typiques ( fleuves en tresses, fleuves en méandres).
2- Les faciès marins
La reconstitution des domaines marins est plus compliquée que celle des
domaines continentaux. Il faut en effet dans un premier temps, prouver l’existence de la
mer dans une région; ensuite , préciser ses limites d’extension ( rivages) et enfin
rechercher la nature de ces milieux marins ( profondeur , sédimentation etc..).
Les profondeurs marines sont naturellement difficilement accessibles à
l’observation et à la reconstitution des processus sédimentaires encore que
l’océanographie ait fait au cours de ces quinze dernières années, des progrès
considérables grâce aux programmes de recherches international tel le D.S.D.P ( Deep
Sea Drilling Projects) ou l’I.P.O.D.( International Program of Ocean Drilling) qui ont
implanté de par le monde entier, des centaines de sondages profonds qui se révèlent être
des sources irremplaçables pour la connaissance de l’histoire des fonds marins. Les
plongées en submersibles habités ou non ont également fourni de précieux
renseignements sur les fonds marins, les conditions de la sédimentation, les
morphologies des dorsales médio-océaniques, les faunes profondes etc...
Les composants des dépôts marins ont trois origines principales:
1) terrigènes
Ce sont les matériaux provenant de l’érosion du continent qui sont apportés
par les agents dynamiques externes que sont les eaux courantes, les glaciers ou les
vents. La nature de ces terrigènes est essentiellement silico-argileuse
2) benthiques:
Matériaux résultant de l’activité d’organismes vivant sur le fond ou de leurs
restes ( récifs, coquilles , algues etc...).
3) pélagiques:
Matériaux produits par l’activité des organismes vivant en pleine eau
( essentiellement leurs restes) mais aussi des matériaux apportés par le vent et
sédimentés par simple décantation( Fig.57)
Le domaine marin est classiquement découpé en un certain nombre de zones
qui sont:
- la zone néritique
C’est le domaine du plateau continental. La limite inférieure de cette zone
est le début du talus ou pente continentale, elle se situe à une profondeur voisine de -
200 mètres. C’est en quelque sorte le prolongement du continent en mer, il est parfois
très réduit. La limite supérieure s’appelle la zone littorale ou zone de battement des
marées. On subdivise cette zone littorale en trois sous-zones qui sont la zone
supralittorale qui n’est atteinte qu’aux grandes marées, par la mer (la zone s’appelle
également supra-tidale), la zone médio-littorale ou intertidale qui se situe entre les
hautes et basses mer normales, la zone infra-littorale ou infratidale se situe en dessous
des basses mers normales, elle peut être exceptionnellement découverte (en partie) lors
des grandes marées.
- La zone bathyale
C’est une zone qui inclue la pente continentale donc de -200 m à environ
3000 et s’arrête au niveau des plaines abyssales.
- La zone abyssale
C’est le domaine marin profond avec une sédimentation essentiellement
planctonique. Les plaines abyssales sont parfois parcourues par des fossés océaniques
encore plus profonds jusqu’à 8000 m et même au dé-là (10 000 m).
De tous ces domaines marins, c’est naturellement le domaine néritique qui
est de loin le plus riche en faune. Toutes ces zones sont illustrées à la figure 55.
IV - Interprétation des faciès
L'interprétation des faciès du milieu continental est , on l'a vu beaucoup plus
facile à faire car beaucoup plus accessible à l'observation. Les modèles actuels de
sédimentations éolienne, fluviatile, glaciaire sont évidemment autant de références
irremplaçables pour l'interprétation des milieux anciens.
Le milieu marin se prête un peu moins bien aux reconstitutions surtout les
milieux profonds. Mais on est arrivé au cours de ces dernières années à accumuler un
nombre de données substantielles concernant principalement ,il est vrai le domaine
néritique.
1 - Exemple de reconstitution en domaine néritique: l'environnement récifal
Les faciès organogènes sont facilement reconnaissables et donc d'analyse
assez facile. On a pu ainsi reconstituer le milieu récifal au cours des temps géologiques.
La figure 56 illustre un récif du type barrière très fréquent autour des côtes
du Pacifique. Le récif s'individualise en plusieurs zones qui sont numérotées de 1 à 7:
1: partie active du récif où les organismes constructeurs sont en position de
vie; c'est ce que l'on appelle le Bioherme principal
2: une partie satellite du Bioherme principal
3: partie non active du récif constituée par l'amoncellement de restes
d'organismes constructeurs; c'est le Biostrome
4: en avant du récif, brèches récifales résultant de la destruction sporadique
par vagues du Bioherme et du Biostrome qu'elles protègent
5: glissement et épandages de boues organiques calcaires issues du lagon et
entraînées dans les passes entaillant le Bioherme
6: sédiments de haute mer plus ou moins mélangés de débris du récif
7: sédiments du lagon, sédimentation détritique et chimique (calcaire,
dolomie) plus ou moins terrigène suivant les apports des cours d'eau.
Cette disposition classique se retrouve par exemple au Crétacé où l'on
retrouve à la figure 58 une disposition tout à fait similaire. L'organisme constructeur est
ici le rudiste. On observe une zone où les rudistes sont en position de vie, c'est le
Bioherme correspondant à la zone récifale (S.S) en avant de cette zone, les rudistes
couchés forment le Biostrome et l'on retrouve face au large, la zone de brèche récifale.
Dans la zone interne au récif, ce sont des sédiments de type marnes qui traduisent une
zone de faible turbulence. Dans cet exemple, ont été figurées les microfaunes associées:
Globotruncana en haute mer et orbitoïdes en zone subrécifale.
En dehors du domaine récifal qui est un biotope bien particulier, les milieux
néritiques anciens sont relativement facile à identifier d'une part grâce aux faunes
benthiques fossiles qu'elles contiennent d'autre part grâce aux microfaciès et structures
sédimentaires qu'elles renferment.
2 - Le milieu bathyal
C'est à dire un milieu où la sédimentation est surtout pélagique (mais pas
uniquement : cf les turbidites). Leur interprétation est plus délicate et se pose
essentiellement le problème de la profondeur. On sait qu'elle est supérieure à celle du
milieu néritique (> 200 m) mais sans pouvoir dire combien et dans le cas où la
sédimentation est terrigène fine comme dans les plaines abyssales, le domaine
d'incertitude est encore plus grand (on ne sait si on est à -500 ou à -5000 m). Toutefois,
les faunes et en particulier les microfaunes peuvent donner certaines indications.
Faute de connaître la profondeur avec précision, on peut avoir des
indications sur la pente du fond.
Par la présence de brèches de flancs qui se forment par gravité, elles sont
intraformationnelles et monogéniques (contrairement aux vraies brèches qui sont
hétérogènes et polygéniques). Elles se trouvent au niveau du glacis continental. On peut
avoir localement des glissements intraformationnels sous-marins: ce sont les slumps
(phénomène de slumping); ils sont fréquents dans les séries terrigènes au niveau du
talus continental, ils se reconnaissent des plis car ils sont toujours dissymétriques, ne
développent jamais de schistosité, ni de fentes de tension. La figure 62 montre un
exemple de slumping en A , on en déduit que le glissement s'est fait vers la gauche. Une
couche possédant des slumps peut ultérieurement être plissée. On reconnait toujours la
dissymétrie initiale due aux slumps qui est toujours dans le même sens. Si ces microplis
avaient été induits par le plissement ils seraient tous de même plan axial que le grand
plis. Bien entendu le sens du glissement synsédimentaire antérieur au plissement n'a
rien à voir avec le pendage des couches après plissement.
Les glissements intraformationnels sous-marins peuvent avoir une extension
régionale plus étendue et être liés à des phénomènes tectoniques. Ils aboutissent à des
brèches chaotiques appelées olistostrome dans le cas où ce sont de très gros blocs qui
ont glissé , on désigne ces blocs sous le nom de klippes sédimentaires ou d'olistolihes.
Certains sont de taille énorme ,de la taille d'une colline. La figure 59 montre le départ à
partir d'un horst d'un klippe sédimentaire ayant glissé au niveau de la plaine alluviale
avec des alluvions de piedmont plus ou moins bréchiques; l'ensemble forme un
olistostrome. Ce glissement est le resultat du fonctionnement de la faille normale en
pied de horst. La figure 60 et la figure 61 montrent la formation d'un olistostrome sous
l'action d'autres mouvements tectoniques: l'avancée d'une nappe de charriage , les blocs
éboulés, les klippes se mêlent à la sédimentation marine et constituent l'olistostrome.
Un autre élément fondamental dans l'étude des milieux marins est l'examen
des structures sédimentaires en particulier celles liées au courant: rides de
courant ,linéations de délit, flute casts, stratifications obliques etc... (cf: cours de
sédimentologie). La figure 65 est un tableau de répartition des différentes structures
sédimentaires en fonction du milieu. Leur utilisation dans les reconstitutions de bassin
(sens des apports, morphologie du bassin etc...) est universelle.
Dans certains cas la nature même du sédiment peut apporter des
renseignements précieux sur l'environnement du dépôt. C'est ce qui est illustré à la
figure 64. La présence de glauconie par exemple implique un milieu marin franc.
3 - Le milieu abyssal
La définition de ce milieu repose sur l'interprétation de faciès pélagiques
francs. Certains faciès comme les radiolarites formés uniquement de l'accumulation des
tests siliceux de radiolaires est en général un bon indicateur de milieu très profond
(plaines et fosses abyssales). Mais tous les sédiments siliceux même s’ils contiennent
des radiolaires ne sont pas forcément des sédiments profonds (certaines manifestations
d'un volcanisme acide produisent des sédiments d'apparence semblable). Mais on a vu
qu'il ne pouvait exister de calcaire en équilibre avec l'eau de mer à des profondeurs
supérieures à 4000 m (lysocline) donc un sédiment fin siliceux est à priori un faciès
profond surtout s’ il contient des radiolaires, les boues à radiolaires étant en effet les
sédiments profonds actuels que l'on remonte des grands fonds océaniques.
V - Limites des bassins sédimentaires
L'un des objets essentiels de la paléogéographie est la définition des limites
entre zones émergées et immergées. En général, on ne dispose que de quelques
affleurements.
1 - Les plages
Lorsque par chance on peut reconnaître des dépôts de plage; le problème
des recherches des lignes de rivage est résolu. La morphologie d'une plage est rappelée
à la figure 63. Les structures sédimentaires associées aux plages commencent à être
bien connues et répertoriées ce qui facilite leur reconnaissance (ex: tempestites, laisses
de marées, microstratifications obliques, bird eyes, rill marks etc...). Les faunes
intertidales fossiles peuvent également être d'un apport déterminant pour l'identification
des différentes zones.
Le fait de trouver des évaporites (sel, gypse) indique un domaine peu
profond soumis à l'évaporation mais n'indique pas forcément la proximité de la plage.
Ex : les dépôts salifères rencontrés dans le Mésozoïque entre l'Angola et le Sud-Est du
Cameroun et qui font plusieurs centaines de mètres se sont déposés dans une "lagune"
considérablement plus grande que l'actuelle mer rouge. De même au Permo-Trias en
Europe et en Afrique du Nord de très vastes étendues d'évaporites se sont formées,
certaines occupant des dépressions fermées à l'intérieur des continents.
2 - Transgressions-regressions
Elles témoignent des variations des lignes de rivage et sont d'une
importance fondamentale pour les reconstitutions paléogéographiques. Nous avons vu
au chapitre 5, la définition de ces termes. La transgression se reconnaît sur le plan
géométrique par le fait qu'elle est discordante sur des couches ou structures sous-
jacentes (discordance angulaire) parfois la discordance ne peut être visible en coupe
(couches sub-horizontales par exemple) mais l'est sur la carte (discordance
cartographique). La transgression se reconnaît aussi sur le plan des faciès car la base
d'une transgression correspond au remaniement de ce qui affleure à la surface de la
région émergée. Parfois ce sont les galets du cordon littoral qui se trouvent remaniés, on
observera donc fréquemment à la base d'une série transgressive un poudingue. Mais ce
n'est pas une obligation. On a vu également qu'une transgression était progressive
(fig.37) et se caractérisait par des surfaces d'isofaciès (fig.38b) qui étaient inclinées vers
le continent. Chaque faciès se termine en biseau comme, on le remarque sur la figure
37.
La régression se caractérise sur le plan géométrique par le fait que les
terrains régressifs ont une extension moins grande que les terrains antérieurs. Sur le
plan des faciès, elle se reconnait par le fait qu'ils évoluent d'une manière inverse de
ceux d'une transgression, ils deviennent moins profonds, puis lagunaires, puis
continentaux. Les surfaces d'isofaciès sont inclinées vers le large (Fig.38a)
VI - Faciès et orogenèse
outre que l'analyse des faciès peut mettre en évidence une discordance, il
existe certains faciès particuliers qui sont liés aux évènements orogéniques . Exemple :
le flysch caractérisé par des alternances de petits lits (décimétriques) gréso-pélitiques
agencés suivant un rythme régulier que l'on a détaillé à la figure 50. Ces flysch dus à
des courants de turbidité marquent le comblement d'un bassin sédimentaire où il se
dépose comme conséquence de l'orogenèse d'une zone immédiatement voisine. De
même après la surrection de la chaîne on observe l'accumulation très rapide de
puissantes séries dites molasses (alternances de bancs métriques d'un matériel détritique
souvent très grossier en base de séquence) qui se dépose dans les fosses situées en avant
de la chaîne (avant fosses) ou en arrière (arrière fosses) parfois même à l'intérieur
(intra-fosse).
VII - Faciès et climat
1 - Lithologie
Les caractères lithologiques permettent parfois de caractériser les climats
régnant au moment de la formation du sédiment. Les sédiments glaciaires sont
évidemment les plus démonstratifs (argiles à blocaux, tillites, sols polygonaux,
moraines, galets striés etc...). Les sédiments éoliens témoignent d'un climat sub-
désertique ou désertique. L'étude des minéraux argileux apporte aussi sa contribution à
la connaissance du climat; par exemple la formation d'illite est favorisée sous climat
tempéré, la kaolinite est favorisée par des climats intertropicaux et équatoriaux. La
couleur rouge pour les sédiments détritiques témoigne de conditions climatiques
comparables à celles rencontrées dans les zones sub-arides à saisons contrastées
responsables des formations latéritiques ou des Terra Rosa. Le milieu est oxydant et
contient des oxydes de fer ferrique en milieu moins oxydant, ce sont des oxydes de fer
ferreux qui seront dominant (couleur verte) en milieu réducteur, ce sont surtout des
sulfures qui domineront. Tous les sédiments de couleur rouge ne sont pas
systématiquement continentaux ou mixtes, il existe des sédiments (mais de
granulométrie fine) constitués de marnes rouges à microfaunes pélagiques et qui sont
marins profond (Fig.64).
Les dépôts salifères: gypse et sel sont souvent considérés comme lagunaires
mais toutes les évaporites ne sont pas forcément liées à des lagunes. On trouve
actuellement des évaporites en marges des déserts sub-polaires en haute latitude et des
déserts intra-continentaux sous toutes les latitudes. Les évaporites ne peuvent donc être
à elles seules caractéristiques d'un climat.
2 - Les caractères paléontologiques
Fournissent aussi des renseignements . Le biotope de certains animaux et
végétaux étant connus, on admet, en appliquant le principe de l'uniformitarisme, que ce
biotope était identique dans le passé. Les refroidissements du climat ont été souvent mis
en évidence par les variations des flores qui de tropicales deviennent tempérées ou
tempérées boréales. La présence de bois de printemps et d'automne témoigne de plantes
vivant dans les régions à saisons marquées (zone tempérée ou méditerranéenne). Dans
les zones équatoriales le bois a une pousse continue. Ce qui était le cas des forêts du
Carbonifère. Chez les animaux des raisonnements analogues peuvent être faits. Par
exemple, les coraux constructeurs de récifs sont des indicateurs d'eaux chaudes; on a
donc supposé que les récifs anciens avaient sur ce plan la même signification. On a
étendu cela au récif à rudistes et même à tous les organismes possédant un test épais.
Ces hypothèses ont été confirmées par la géochimie notamment les rapports isotopiques
16 18
de l'oxygène O/ O. L'explication de la répartition et de l'évolution des paléoclimats
(zones désertiques subtropicales, calottes glaciaires, glaciations permo-carbonifères par
exemple) ont trouvé grâce à la tectonique des plaques une explication satisfaisante.
VIII - Répartition des bassins sédimentaires
Les bassins sédimentaires sont directement liés aux phénomènes tectoniques
et en particulier à la tectonique des plaques. On peut diviser les bassins sédimentaires
en plusieurs types:
1- Bassins intracratoniques
Ils sont eux-même subdivisés en deux groupes: les bassins de plate-forme et
ceux d'effondrement:
a) Bassins de plate-forme
Ce sont des aires sédimentaires de vastes dimensions, les faciès pouvant y
être marins ou continentaux. Parmi les nombreux exemples existants, nous pouvons
citer en Europe, le bassin de Paris, en Amérique du Sud ceux de Panama et de
l'Amazone, en Afrique celui de Taoudéni. L'épaisseur des sédiments dépasse rarement
les 5000 m. Les faciès carbonatés sont fréquemment interstratifiés avec des faciès plus
continentaux correspondant à des périodes de régressions. Ces grands bassins ont subi à
maintes reprises les cycles transgression/régression intéressant les plate-formes
cratoniques où une certaine subsidence existait.
b) Bassins d'effondrement
Ce sont des aires généralement allongées dont l'histoire a comporté des
périodes d'intense subsidence liée à des effondrements par failles normales ou par
flexure bordière. Leur largeur peut être faible en regard de leur longueur. La profondeur
peut atteindre 10 000 m. Un exemple célèbre est celui du fossé du Rhin entre la France
et l'Allemagne; les failles profondes sont disposées en marches d'escalier et ont un
volcanisme associé (Fig.66A et B). Autre exemple: celui de la Bénoué au Nigeria. Dans
ce type de bassin, les faciès sont essentiellement détritiques et continentaux , mais une
invasion marine est possible comme en Bénoué.
2 - Bassins péricratoniques
Ce sont des bassins qui comme leur nom l'indique, sont disposés autour des
cratons dans les zones mobiles. Parmi les bassins anciens, on peut citer les Alpes qui
ont mobilisé les sédiments déposés sur la bordure de la Téthys. La figure 67 montre une
coupe schématique d'un système péricontinental en cours de subduction. On distingue:
a) Les bassins de marge inactive
Dans un tel bassin, on observe un bloc continental surélevé pourvoyeur de
matériel sédimentaire terrigène et un bassin océanique nouvellement formé et dans
lequel une partie au moins de ce matériel va se trouver piégé. L'évolution d'une marge
inactive peut se résumer ainsi (Fig.69).
1er stade: rifting ,failles profondes (ex: rift valley)
2è stade: océanisation, création de croûte océanique (ex: Mer rouge)
3è stade: océan restreint, formation d'une croûte de transition (C.T.) par
assimilation réciproque (Fig.68).
4è stade: océan ouvert, accrètion au niveau de la marge avec une subsidence
importante à cet endroit.
En dernier lieu, un bassin de marge inactive peut fort bien évoluer en bassin
de marge active.
b) Les bassins de marge active
Se caractérisent par une convergence de plaque avec subduction. Ces
bassins dessinent des zones arquées complexes péricontinentales ou intraocéaniques
avec épaississement de croûte magmatique associé. Les bassins se trouvent soumis dans
ce cas à un métamorphisme régional de type HP. Les figures 67 et 70 illustrent ces
phénomènes. Dans le cas où il s'agit de la subduction d'une croûte océanique qui
s'enfonce sous une croûte continentale, on distingue, la fosse, la zone de subduction, un
sillon interne, un système d'arc insulaire avec éventuellement sillon sédimentaire intra-
arc et enfin un sillon externe à sédimentation de type molasse. Le devenir des bassins de
marge active est à terme d'être impliqué dans une orogenèse.

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