Analyse Du Cycle de Vie: Réalisation de L'inventaire
Analyse Du Cycle de Vie: Réalisation de L'inventaire
Réalisation de l’inventaire
parBruce H. KUSKO
et William E. FRANKLIN
Franklin Associates, Ltd.
Version française mise au point par Delphine VILLARD, Ingénieur de projet, ICF Environnement
L ’analyse du cycle de vie (ACV) est un outil qui peut être utilisé pour évaluer
les impacts environnementaux d'un système c’est-à-dire de l'ensemble des
opérations se rapportant à un produit, un procédé ou une activité. La méthodo-
logie de l’ACV est décomposée en quatre étapes : la définition des objectifs,
l’inventaire du cycle de vie (ci-après « ICV »), l’évaluation des impacts sur l’envi-
ronnement et la recherche d’améliorations. Une analyse du cycle de vie est
complète lorsqu’elle comprend ces quatre éléments.
■ Au cours de l’étape de définition des objectifs, le but de l’étude, les frontières
du système étudié, les hypothèses de travail et les utilisations envisagées des
résultats de l'étude sont définis. Cette étape a toujours fait partie intégrante des
études d’ACV, car la définition des frontières et des systèmes étudiés constitue
une phase essentielle. Durant les cinq dernières années, l’accroissement de
l’intérêt porté à cette étape par les praticiens a joué un rôle important dans l'éla-
boration d'un cadre de travail plus clair.
■ La deuxième étape de la réalisation d’une ACV est l’inventaire du cycle de vie.
L’inventaire quantifie les flux de matières et d'énergie entrant et sortant du sys-
tème. Lorsque le système étudié est un produit, par exemple, toutes les étapes
du cycle de vie de chacun de ses composants doivent être considérées dans
l’étude. Ces étapes comprennent : l'extraction des matières premières et des res-
sources énergétiques, la transformation des matières premières en composants
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1. Définition des objectifs L'identification des différents choix potentiels aide à la définition
des objectifs de l’ACV. Des choix complexes nécessitent une analyse
approfondie et parfois une ACV complète (incluant l’évaluation des
impacts). Des choix plus simples peuvent être faits à partir des infor-
mations fournies par un simple inventaire du cycle de vie des diffé-
1.1 Définition des objectifs de l’étude rents systèmes en concurrence.
Ainsi, un emballage de boissons gazeuses peut être comparé à un
L’objectif de l’étude doit être défini avant la réalisation d’une ACV. emballage concurrent, conçu pour fournir au consommateur une
En général, les études d’ACV sont effectuées pour répondre à des quantité égale de liquide. Si l’un des emballages consomme moins
questions spécifiques, la nature de ces questions déterminant les d’énergie et produit des émissions moindres dans l’air, l’eau et le sol
objectifs de l’étude. pour tous les paramètres considérés, alors un simple inventaire suf-
Les études d’ACV sont généralement des études comparatives de fit à montrer que cet emballage est préférable d’un point de vue
produits ou de phases du cycle de vie : l’entreprise, le particulier, ou environnemental.
l’organisme public, qui demande une ACV, recherche des éléments L’approche sera différente pour un objet plus complexe : un
de choix pour une prise de décision. tableau de bord pour automobile par exemple. En réalisant
Pour les entreprises, il peut s’agir de la création ou de la promo- l’inventaire d’un tableau de bord, composé d’une variété
tion d’un nouveau procédé ou d’un nouveau produit ou du choix importante de pièces métalliques et plastiques, il est peu probable
d’un type d’emballage différent pour ce produit. Pour les consom- que l’on réussisse à montrer que l’un de ces deux objets est
mateurs, il peut s’agir d’analyser un choix que l’industrie ou le préférable du point de vue environnemental. L’un d’eux pourra
gouvernement cherche à présenter comme profitable pour l’envi- générer des émissions inférieures pour certains des polluants ;
ronnement. Enfin, un organe législatif peut chercher à déterminer l’autre des émissions inférieures pour des catégories différentes
s’il faut encourager ou non l’usage de certains matériaux ou pro- de polluants. Dans ce cas, une évaluation des impacts sera
duits de substitution. nécessaire.
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Une fois que toutes les opérations incluses dans les limites du
1.2.1 Détermination des frontières du système système ont été identifiées, le praticien peut choisir de simplifier
l'ACV en excluant certaines d’entre elles du champ de l’étude.
Une fois que les objectifs généraux et le but de l’ACV sont identi-
fiés, les frontières de l’étude doivent être fixées. Toutes les activités Cette étape nécessite la plus grande précaution et un examen
humaines qui font partie du cycle de vie du produit, du procédé préalable du système dans sa globalité.
ou de l’activité étudiée entrent dans les frontières de ce que l’on ap-
pelle « le système étudié ». Ce système est entouré par « l’environ-
nement ». Les flux entrants du système sont des ressources La règle générale veut qu’une étape ne peut être exclue d’un sys-
naturelles, notamment des ressources énergétiques. Les flux sor- tème que si cette exclusion ne modifie pas les conclusions de
tants du système sont les rejets dans l’environnement (air, eau, sols). l’étude. Pour déterminer si une opération affecte ou non les conclu-
Dans le cas de l’ACV d’un produit, les limites sont souvent illus- sions d’une étude donnée, le praticien doit procéder à suffisamment
trées sur un diagramme des flux de matières (« du berceau à la de recherches préliminaires pour appréhender la contribution
tombe », figure 1), appelé « arbre des procédés ». Les frontières potentielle de chaque opération ou sous-système au système glo-
définies englobent l’acquisition des matières premières, la fabrica- bal. Par exemple, des calculs préliminaires indiquent que, dans le
tion des matériaux intermédiaires, la fabrication du produit étudié, cas de produits industriels, les consommations et les rejets liés à la
l’utilisation de ce produit et son élimination finale. Le recyclage ou la fabrication des équipements de production et des bâtiments n’affec-
réutilisation du produit sont également intégrés à l’analyse. L’utilisa- tent généralement pas les résultats de l’ACV. En effet, un grand
tion d’énergie, illustrée pour chaque étape sur la figure 1, intègre les nombre de produits peut être fabriqué par les mêmes équipements
flux entrants de la consommation en ressources énergétiques, ainsi de production et dans les mêmes bâtiments. Les charges associées
que les flux entrants et sortants nécessaires à leur transformation en à la fabrication des équipements de production et des bâtiments
combustibles utilisables. Les flux entrants et les sortants pour le deviennent donc généralement négligeables lorsque leur affectation
transport des matériaux d’une étape de transformation vers la sui- est réalisée sur l’ensemble des produits qu’ils servent à fabriquer. La
vante sont visualisés par les flèches indiquant les flux de matière fabrication des équipements de production et la construction des
entre les étapes. bâtiments peuvent être exclues du système étudié.
Suivant que l’étude est une ACV complète ou que seul un inven-
Par définition, les systèmes étudiés par une ACV sont des systè-
taire est réalisé, les possibilités d’exclusion des étapes sont différen-
mes complexes. Dans un projet classique, entre quarante et cin-
tes. Alors qu’il est possible d’exclure certaines étapes lors de la
quante procédés distincts doivent être étudiés. Les praticiens gèrent
réalisation d’un inventaire sans en affecter les conclusions, cela
la complexité des ACV en isolant des sous-systèmes autonomes
n’est pas toujours le cas lors de la réalisation d’une évaluation des
« fermés ». Les sous-systèmes « fermés » prennent en compte tou-
impacts (voir article G 5605 dans ce volume).
tes les étapes depuis l’acquisition des matières premières jusqu’à la
fabrication d’un produit utilisable, mais pas la phase d’utilisation du Les objectifs de l’étude font également partie des facteurs à pren-
produit et les éventuels problèmes posés par la fin du cycle de vie, dre en compte lorsque l’on envisage d’exclure certaines étapes du
tels que la réutilisation, le recyclage ou l’élimination. Bien qu’il ait système. Ainsi, dans une ACV comparative, l’hypothèse qui consiste
été dit précédemment que toutes les activités humaines contribuant à exclure les opérations communes aux produits étudiés est logi-
au cycle de vie du produit devaient être incluses dans l'étude d’ACV, que.
il apparaît clairement que les frontières d’un système ne peuvent Exemple : Prenons le cas d'une comparaison entre plusieurs
pas être « infinies ». emballages de produits réfrigérés. Si la phase de stockage réfrigéré est
Dans certains cas, des calculs itératifs doivent être utilisés pour identique pour tous les emballages, une comparaison valable peut être
résoudre les problèmes liés aux boucles. Par exemple, des consom- effectuée sans étudier l’étape du stockage réfrigéré. Cependant, la
mations de combustibles pour produire l’électricité sont nécessaires décision d’exclure cette dernière étape peut interdire l’utilisation de
pour l'extraction et le raffinage de ces mêmes combustibles (char- l’étude pour tout autre objectif que la comparaison spécifiée. Ainsi, une
bon, pétrole, gaz naturel et uranium, …). Se pose alors un problème évaluation des impacts ne pourra pas être effectuée alors qu’une étape
du type bouclage, qui ne peut être résolu que par des itérations. très importante du cycle de vie de chaque système a été exclue.
Traitement
Acquisition Fabrication Utilisation en fin de vie :
Fabrication mise en décharge,
des matières des produits du produit ou
du produit incinération,
premières intermédiaires consommation
recyclage ou
réutilisation
Réutilisation
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Les praticiens de l’ACV s’intéressent actuellement au développe- d’un produit, d’un processus ou d’une activité donnée. C’est dans ce
ment de méthodes de simplification des études. Cette simplification contexte que les limites géographiques doivent être évaluées.
peut se faire en réduisant l’analyse par des méthodes prédéfinies.
Par exemple, des tentatives de simplification ont été faites en ■ Les limites temporelles sont également importantes car les prati-
excluant certaines étapes, en début ou en fin du cycle de vie. Bien ques industrielles, les exigences législatives et les habitudes de
que la simplification puisse être souhaitable pour différentes raisons consommation varient également avec le temps. Cependant, les
– contrôle des coûts, respect des délais ou encore manque de don- études d’ACV nécessitant de grandes quantités de données de diffé-
nées –, elle peut conduire, lorsqu’elle est réalisée sans recherche rentes natures, il est peu probable que toutes les données relatives
préalable, à des conclusions erronées. à chaque opération aient été collectées au cours de la période
appropriée. Le praticien doit donc évaluer si des données collectées
pour une période différente de celle choisie pour l’étude restent
Les ACV sont complexes et requièrent généralement des pri- représentatives. Si une recherche complémentaire révèle que les
ses de décisions importantes au cours de l'étude ; elles se prê- procédés ont été modifiés depuis la collecte initiale des données
tent donc difficilement au développement d’une méthodologie d’ACV, de nouvelles données doivent alors être collectées. Les pro-
simplifiée. grammes d'économie d’énergie, les changements technologiques
et les nouvelles exigences législatives en matière d’environnement
constituent autant d’exemples de facteurs qui peuvent entraîner
De plus, comme cela a été exposé plus haut, la simplification par l’obsolescence des données.
exclusion de certaines étapes du cycle de vie ne constitue pas une
approche acceptable, sauf s'il a été démontré que cette exclusion
n’affecte pas l’étude. La revue International Journal of Life Cycle
Assessment va publier [8] une étude approfondie, menée par Fran- 2. Méthodologie d’inventaire
klin Associates pour l’agence américaine de protection de l’environ-
nement EPA (Environmental Protection Agency ), portant sur dix
méthodes de simplification des ACV. 2.1 Présentation générale
L’objectif de cette étude était d’identifier les méthodes simplifiées
susceptibles d’aboutir à des résultats similaires à ceux d’une ACV Un examen historique de quelques-uns des inventaires réalisés
complète. L’étude a montré qu’au moins dans la moitié des cas, les révèle qu'au cours des vingt dernières années, la méthodologie
résultats des analyses faites à l’aide de méthodes simplifiées abou- d’inventaire est restée globalement cohérente. Cette cohérence
tissaient à des conclusions différentes de celles d’une ACV existait d’ailleurs avant même que la SETAC (Society of Environ-
complète. La simplification induit donc toujours un risque. Si un cer- mental Toxicology and Chemistry ) et d’autres organisations ne
tain niveau de risque peut être considéré comme acceptable, il s’intéressent à la formalisation de la méthodologie.
importe néanmoins de respecter un certain nombre de règles géné- La méthodologie utilisée est dictée en grande partie par la logique
rales de simplification pour éviter des erreurs importantes dans le scientifique et les praticiens indépendants ont tous, en respectant
résultat. Parmi les méthodes simplifiées étudiées, on trouve : les règles élémentaires de la science et de l’ingénierie, développé
— l’exclusion totale ou partielle des étapes amont ; des techniques de réalisation des inventaires identiques. La métho-
— l’exclusion des étapes aval ; dologie de l’ICV repose sur des bilans matière et énergie réalisés
— l’exclusion des étapes amont et aval ; pour chaque opération (sous-système) effectuée au sein du sys-
— l’utilisation des données qualitatives. tème, puis pour l’ensemble du système.
Dans le rapport écrit contenant les résultats d’une étude, la men- Cependant, quelques décisions prises au cours de la réalisation
tion de toutes les étapes exclues de l’étude et l'explication du raison- d'un inventaire ne sont pas dictées par la même logique. Ces déci-
nement ayant conduit à leur exclusion doivent apparaître. Ces sions, qui sortent de la logique scientifique, génèrent des variations
informations permettent à l’utilisateur du rapport de mieux com- dans la méthodologie d’inventaire utilisée. Ces variations sont une
prendre le sens des conclusions de l’étude et garantissent que les source de problèmes pour les utilisateurs qui tentent d’exploiter des
résultats de l’étude seront utilisés dans le contexte approprié. études menées par des praticiens différents.
Les praticiens doivent prendre trois types de décisions impor-
tantes :
1.2.3 Définition des limites temporelles
— affectation des flux entrants et sortants d’une opération indus-
et géographiques trielle aux différents produits fabriqués (coproduits) ;
— traitement des systèmes avec recyclage ;
En plus de la détermination des opérations entrant dans les fron- — traitement de l’énergie contenue dans des produits entrant ou
tières du système étudié, le praticien doit définir des frontières dans sortant du système étudié.
le temps et l’espace. Il convient de s'assurer, par la suite, que les
données relatives à chaque opération et à chaque sous-système Un exposé des différentes étapes d’un ICV utilisant la méthodolo-
sont représentatives des limites temporelles et géographiques choi- gie communément acceptée est présenté ci-après. Deux domaines
sies. dans lesquels les méthodes peuvent varier, à savoir l’affectation aux
coproduits et le traitement des recyclages, sont examinés en détail
■ Les limites géographiques sont importantes car les pratiques dans la partie suivante (se reporter également à l’article G 5 550).
industrielles, les exigences législatives et les habitudes des consom-
mateurs varient d’un endroit à l’autre, en fonction des villes, des
régions et des pays. De même, les caractéristiques environnementa- 2.2 Étapes de l’inventaire
les peuvent changer d'un endroit à un autre. L’effet de ces variations
climatiques sur les résultats d’une ACV peut être considérable. Dans du cycle de vie (ICV)
certains cas, des données collectées dans le cadre d'opérations réa-
lisées en un lieu donné peuvent être utilisées pour représenter des Une étude d’ICV comprend cinq principales étapes :
opérations effectuées dans un autre lieu. Mais cette pratique peut — la construction du cadre de travail ;
aussi parfois conduire à des conclusions erronées. De plus, il est — la collecte des données ;
parfois nécessaire de regrouper les données d’opérations effectuées — la construction d'un modèle informatique ;
en différents endroits pour modéliser plus précisément les flux réels — l’analyse des résultats de la modélisation et la réalisation d'un
de matière. L’objectif de l’ACV est de modéliser aussi précisément rapport de présentation de ces résultats ;
que possible ce qui se produit réellement au cours du cycle de vie — l’interprétation des résultats et les conclusions.
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2.2.1 Construction du cadre de travail tème. Ainsi, les opérations nécessaires à la fabrication de chaque
composant entrant dans la constitution de chaque système de pro-
Cette étape de l’inventaire constitue le prolongement de l’étape duit sont-elles déterminées. Cette méthode se poursuit jusqu'à ce
de définition des objectifs exposée plus haut. Au cours de l’étape de que toutes les opérations nécessaires depuis l’extraction des matiè-
définition des objectifs, l’objectif de l’étude ainsi que les systèmes à res premières jusqu'à l’élimination finale du produit et de tous les
étudier ont été déterminés et diverses options géographiques, tem- matériaux associés soient définies et quantifiées.
porelles, etc., ont été choisies. Lors de la construction du cadre de
travail, d’autres informations relatives aux systèmes à étudier doi-
vent être obtenues. Par exemple, dans le cas de l’ACV d’un produit, 2.2.2 Collecte de données
le poids de chaque composant du produit doit être déterminé, de
même que celui de tout emballage associé. L’unité fonctionnelle (ou ■ Une première phase de collecte de données est généralement
les unités fonctionnelles), c’est-à-dire l’unité de sortant à laquelle les réalisée lors de la construction du cadre de travail : une recherche
résultats de l'inventaire seront ramenés, doit être choisie. Enfin, bibliographique suffit en principe à identifier les différentes opéra-
dans le cas d’une étude comparative, le ratio « utilisation équiva- tions entrant dans le système, depuis l’acquisition des matières pre-
lente » doit également être calculé. mières jusqu’à la fabrication de chaque composant d’un produit.
Pour illustrer cette première étape de la réalisation d’un inven- L’identification de tous les procédés au sein du système étudié
taire, considérons l’étude comparative de deux produits A et B. Dans constitue donc la première étape de collecte des données.
un premier temps, des échantillons de chaque produit et de leurs ■ La seconde phase de collecte nécessite ensuite de grandes quan-
emballages respectifs sont collectés. Le produit A est constitué de tités de données relatives aux procédés. La consommation en
deux composants (c’est-à-dire que sa formule utilise deux ingré- matières premières et en énergie, le mode d’affectation aux copro-
dients différents) et il est emballé dans une boîte en carton. La pesée duits et les rejets dans l’environnement doivent être quantifiés pour
de chaque composant du produit A indique un poids de 0,5 kg pour chaque étape du système. Souvent, aucune donnée bibliographique
le composant 1 et de 0,4 kg pour le composant 2. L’emballage pèse n’est disponible et le praticien doit collecter des données directe-
0,2 kg. Le produit B est constitué de trois composants, tous diffé- ment auprès d’industriels.
rents des composants du produit A. Il est emballé dans un sac en
polyéthylène haute densité (PE-HD). Le composant 1’ du produit B Cette collecte n’est d’ailleurs possible que lorsque ceux-ci voient
pèse 0,1 kg, le composant 2’ pèse 0,4 kg et le composant 3 pèse un intérêt dans la réalisation de l’étude. C’est le cas d’une entreprise
0,6 kg. L’emballage en PE-HD pèse 0,05 kg. commanditaire d'un ICV de ses produits : les données qu'elle pos-
sède ainsi que celles de ses fournisseurs sont généralement dispo-
Les recherches effectuées ont montré que, pour remplir la même
nibles.
fonction, les consommateurs utilisent 1,5 unité du produit A
lorsqu’ils utilisent 1 unité du produit B. Le ratio « utilisation équiva- Des données spécifiques à un site particulier peuvent être néces-
lente » des produits A et B est donc de 1,5/1,0. saires. Il peut s’agir de données relatives à la fabrication d’un pro-
duit spécifique à partir de matériaux fournis par un nombre limité de
L’unité fonctionnelle est de :
fournisseurs. Dans d’autres cas, les données collectées vont être des
— 15 000 unités emballées pour le produit A ; données moyennes ou des données génériques.
— 10 000 unités emballées pour le produit B ;
Exemple : un inventaire portant sur des sacs de supermarché en
et les résultats doivent donc être présentés sur cette base. plastique nécessite la collecte des données moyennes ou des données
Pour chacun de ces systèmes, les résultats seront donc établis sur génériques représentatives du sac plastique type distribué en super-
une base équivalente et pourront donc être directement comparés marché. Des données obtenues auprès d'un seul fabricant de sacs
lorsqu'ils seront présentés dans le rapport. ou d'un seul fabricant d’une résine plastique spécifique ne seraient
pas représentatives de tous les sacs en plastique disponibles sur le
Il est primordial de définir le produit, le procédé ou l’activité pour
marché.
laquelle l’inventaire est réalisé en termes quantifiables (par exem-
ple, masse des matériaux constitutifs). Les données nécessaires à la fabrication des combustibles, à la
L’inventaire comparatif des produits A et B présentés ci-dessus production d’électricité et à l’extraction de certains produits miniers
évalue deux systèmes de produits précisément définis : sont également des exemples pour lesquels des données généri-
ques sont nécessaires. Dans de tels cas, le consommateur achète
généralement les matériaux sur le marché sans connaître leur ori-
Produit A Produit B gine exacte.
(15 000 unités) (10 000 unités) Les données concernant la production d’électricité posent un pro-
blème particulier. En effet, les centrales produisent de l’électricité à
Composant 1 . . . . . . . . 7 500 kg Composant 1’ . . . . . . . . 1 000 kg
partir de cinq principales sources d’énergie : le pétrole, le gaz natu-
Composant 2 . . . . . . . . 6 000 kg Composant 2’ . . . . . . . . 4 000 kg rel, le charbon, l’énergie nucléaire et l’énergie hydraulique. Un faible
Boîtes en carton . . . . . 3 000 kg Composant 3 . . . . . . . . 6 000 kg pourcentage de l’électricité est également produit à partir de sour-
Sacs en PE-HD. . . . . . . . . 500 kg ces, telles que la biomasse, l’énergie solaire, les sources géothermi-
ques et l’énergie éolienne. Des profils énergétiques, représentatifs
de l’utilisation réelle des combustibles, doivent être développés
pour chaque pays impliqué dans l’étude, afin d’affecter correcte-
Chacun de ces produits est constitué d’une quantité précise de ses ment l’électricité produite aux sources de combustibles ou à l’éner-
composants et il est conditionné dans des quantités précises de gie hydraulique utilisées pour sa production. Ces profils peuvent
matériaux d’emballage. Les résultats de l’inventaire réalisé ne sont reposer sur des moyennes statistiques nationales et sont alors bien
applicables qu’aux deux produits décrits dans l’étude. Toute modifi- adaptés à des études portant sur une aire géographique importante.
cation de l’un des systèmes modifie les résultats de l’inventaire. Par contre, les études portant sur des industries très spécifiques ou
Une fois définis les composants du système à évaluer, une recher- sur une étendue géographique limitée peuvent nécessiter l’utilisa-
che complémentaire est généralement nécessaire pour définir les tion de profils régionaux plutôt que nationaux, ou l’incorporation de
frontières s’appliquant à l’étude. Les recommandations sur la défini- combustibles utilisés pour l’électricité autoproduite (production
tion des frontières précisent que toutes les opérations influant de marginale d'électricité). Le choix est fait au cas par cas. En Europe,
manière non négligeable sur le cycle de vie du produit, du procédé ces calculs doivent également intégrer l’import/export d’électricité
ou de l’activité concernée sont comprises dans les limites du sys- entre les pays.
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La manière dont la production de l’électricité est traitée dans ■ Lors de la modélisation du système, les données relatives à cha-
l’étude affecte les résultats de l’inventaire. Dans certaines études, il que étape doivent être exprimées dans la même unité fonctionnelle,
est envisageable d’utiliser une moyenne nationale ou européenne par exemple 1 000 kg de produit fabriqué. Sur un diagramme des
représentative d’un mélange des combustibles utilisés pour la pro- flux de matière (arbre de procédés), on pourra alors indiquer la
duction de l’électricité. En effet, lorsque les installations de produc- quantité de matière issue de chaque étape du système à l’étude. La
tion sont suffisamment réparties sur l’aire géographique retenue, le figure 5 présente, en guise d’illustration, un diagramme des flux de
mélange moyen de combustibles suffit souvent à représenter la pro- matières pour la production de polyéthylène haute densité (PE-HD).
duction globale d’électricité utilisée par le système étudié. Lorsque Les installations de production fabriquent généralement plusieurs
ce n’est pas possible, les sites de production doivent être identifiés produits utilisables. Or, en général, seul un des produits fabriqués
et des mélanges de combustibles relatifs aux régions des sites de entre dans le système étudié. Une méthode doit donc être utilisée
production peuvent être utilisés. Des détails complémentaires sur pour répartir les différents flux entrants et sortants de l’installation
les centrales électriques sont notamment nécessaires lorsqu’une de production entre ces différents produits. Ce processus est appelé
évaluation de leurs impacts est réalisée à la suite de l’inventaire. « affectation aux coproduits ». Celle-ci est effectuée le plus souvent
■ Les données collectées dans le cadre d’un inventaire doivent en fonction de la masse de produits associés. Les méthodes d’affec-
être présentées de manière uniforme. Pour guider la collecte et tation aux coproduits seront examinées de manière détaillée dans
l’organisation des données, il est recommandé au praticien d’utili- l'article G 5 500.
ser un questionnaire de collecte de données et des schémas expli- En résumé, la collecte de données d’inventaire doit être réalisée
catifs. La figure 2 présente un schéma de collecte de données. Un de manière à pouvoir modéliser, aussi précisément que possible, ce
questionnaire complet est généralement adapté au procédé particu- qui se passe réellement au cours du cycle de vie du produit, du pro-
lier étudié. En fin d’article sont reproduites deux pages des six cédé ou de l’activité. Toutes les décisions relatives à la collecte des
constituant le questionnaire complet établi par Franklin Associates données doivent être prises dans cet objectif.
(figures 3 et 4 (p. 8)).
L’utilisation par les praticiens de questionnaires et de schémas
explicatifs pour la collecte de données est discutée dans le docu- 2.2.3 Construction d'un modèle informatique
ment de l’EPA intitulé Life-Cycle Assessment : Inventory Guidelines
and Principles (EPA/600/R-92/245), ainsi que dans le document inti- Les premiers inventaires ont été réalisés sans l’aide de l’informa-
tulé Standard Z760-94 Life Cycle Assessment de la CSA (Canadian tique. Cependant, le nombre important de calculs nécessaires pour
Standards Association). Il est également recommandé d’inclure obtenir des résultats font de l’informatique un outil idéal. La modé-
dans les questionnaires des informations sur la qualité des données lisation informatique peut s’effectuer au moyen de tableurs ou d’un
et de collecter ces informations en même temps que les données. logiciel de base de données (cf. article spécialisé dans ce volume).
Ces informations se révéleront utiles lors de l'évaluation de l’incerti- L’objectif du modèle est de combiner et de compiler les flux entrants
tude sur les résultats de l’inventaire. et les flux sortants de chacune des étapes du système. Les résultats
Les critères d’affectation des indicateurs de qualité retenus doi- peuvent être présentés avec plus ou moins de détails, en fonction
vent être énoncés dans la phase de définition des objectifs de des objectifs de l’étude.
l’étude.
Une fois collectées les données pour chaque opération du sys-
tème analysé, des calculs sont nécessaires pour les convertir au for- 2.2.4 Analyse des résultats de la modélisation
mat désiré en vue de leur intégration dans un modèle informatique. et réalisation d'un rapport de présentation
Les données relatives aux matières premières et à l’énergie sont
souvent exprimées en termes de production annuelle ou mensuelle. 2.2.4.1 Analyse des résultats
Les émissions dans l’air sont souvent exprimées en termes de quan-
tité annuelle et les émissions dans l'eau en termes d’unités de pol- Une fois la modélisation informatique réalisée, les résultats des
luants par unité d’eau déversée. Ces données doivent toutes être calculs doivent être analysés et faire l’objet d’un rapport présenté
converties en unités (généralement en livres ou en kilogrammes) d'une manière adaptée, pour véhiculer toutes les informations
pour une quantité donnée de produit. Cette quantité de produit rete- issues de l’inventaire. Le mode de présentation des résultats de
nue correspond à l'unité fonctionnelle. l’inventaire est très important et doit être décidé très en amont.
Cette planification permet, lors de la collecte des données et de la
mise au point du modèle informatique, de n’oublier aucune infor-
mation importante et de véhiculer ensuite celles-ci de manière adé-
quate.
Les objectifs de l’étude influent sur le choix de la présentation la
Besoins Eau industrielle plus pertinente des résultats de l’inventaire. Une entreprise de pro-
en énergie (eau de procédé) duits de consommation qui essaie de faire un choix entre plusieurs
emballages peut avoir intérêt à opter pour une présentation basique
des résultats. Par contre, une entreprise qui envisage différentes
Matière première A Produit options de procédés peut exiger une présentation très détaillée,
Unité indiquant la contribution de chaque étape du système au profil envi-
Matière première B de Coproduit A ronnemental global. Un groupe ou une agence gouvernemental(e)
production de protection de l’environnement, qui décide d’encourager l’utilisa-
Matière première C Coproduit B tion d’un produit plutôt qu’un autre, peut également avoir intérêt à
retenir une présentation détaillée pour aider à la prise de décision et
à demander un résumé des résultats pour leur présentation au
Rejets Déchets public. Dans tous les cas, les rapports doivent être accompagnés
gazeux solides des données relatives aux flux entrants et sortants à chaque étape
et liquides
Émissions du (des) système(s) étudié(s).
dans l'eau La présentation des résultats de l’inventaire doit également être
organisée de telle sorte qu’aucune information importante ne soit
oubliée. Des décisions prises à la seule vue des résultats globaux de
Figure 2 – Flux entrants et flux sortants d’une unité de production l’inventaire peuvent être différentes de celles prises après l’examen
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réchauffement global de la planète, ces émissions apparaissent à par leur mise en décharge et leur incinération, un matériau épandu
présent dans de nombreuses études. La distinction entre les émis- sur les sols de manière responsable n'aggravera pas les problèmes
sions de dioxyde de carbone résultant de l’utilisation de combus- liés à l’élimination et à la mise en décharge des déchets solides. De
tibles fossiles et celles issues de la combustion ou de la même, un matériau concassé et stocké pour être éventuellement
décomposition de matériaux non fossiles (comme le brûlage du retourné vers son site d’origine n'aggravera pas les problèmes de
bois) est importante. En effet, les émissions de dioxyde de carbone mise en décharge. Par contre, d’autres rejets dans l’environnement
« non fossiles » font partie du cycle normal du carbone et ne cons- liés à une élimination par épandage ou stockage à l’air libre, tels que
tituent pas forcément des rejets à long terme dans l’environne- les polluants déversés dans l’eau par écoulement, doivent être éva-
ment. Par contre, les émissions de dioxyde de carbone « fossiles » lués dans le cadre de l’inventaire.
constituent un apport supplémentaire dans le cycle du carbone. La
Il est recommandé de faire état des déchets solides en terme de
distinction entre les deux types d’émissions de dioxyde de carbone
volume occupé dans la décharge et en terme de masse. En effet, des
se révèle également utile lorsqu’une évaluation des impacts est
produits très denses donc lourds prennent moins d’espace dans une
réalisée.
décharge que des déchets de produits de substitution moins
■ Émissions dans l'eau compressibles et plus légers. L'une des manières de déterminer le
volume que les matériaux occuperont dans une décharge consiste à
Les résultats de l’inventaire peuvent lister plus de 50 rejets diffé-
échantillonner le volume de matériaux extraits de décharges. Une
rents dans l'eau. Comme pour les émissions atmosphériques, les
autre méthode consiste à simuler les conditions de mise en
rejets dans l’eau comprennent des substances répertoriées comme
décharge, puis à mesurer le volume occupé par des types spécifi-
polluantes. Les valeurs rapportées doivent représenter la quantité
ques de matériaux et de produits. Très peu d’études portant sur les
de polluants encore présente dans les eaux rejetées après leur trai-
volumes de mise en décharge ont été réalisées.
tement (s’il est effectué), et donc les rejets dans le milieu récepteur.
Les rejets associés à l’utilisation de combustibles pour la production Très peu d’études portant sur le volume de mise en décharge ont
d’énergie de transformation et pour la production d’autres combus- été réalisées et leurs résultats sont fortement soumis à controverse
tibles, ainsi que les rejets des procédés, sont inclus dans les résul- [16].
tats de l’inventaire. Parmi les rejets dans le milieu aquatique les plus
fréquemment listés figurent :
— la DBO (demande biochimique en oxygène) ; 2.2.5 Interprétation des résultats et conclusions
— la DCO (demande chimique en oxygène) ;
— les composés halogénés organiques adsorbables (AOX) ;
— les matières en suspension totales (MST) ; Une fois les résultats de l’inventaire présentés dans le format
— le fer, les acides et l’ammoniaque. désiré, ceux-ci peuvent être interprétés et des conclusions peuvent
être établies. Les conclusions tirées des inventaires sont spécifiques
au produit, au procédé ou à l’activité analysée. Elles ne sont valables
L’analyse des émissions dans l'atmosphère et dans l’eau dans que dans une situation particulière.
le cadre d’un inventaire de type comparatif est complexe et
débouche rarement, pour l’un des deux produits, sur la mise en On note parfois une tendance à l’extrapolation des conclusions
évidence de rejets plus importants de tous les types de pol- tirées des inventaires bien au-delà de ce que les résultats de l’étude
luants dans l’eau ou dans l'atmosphère. Les praticiens se retrou- expriment. La volonté d’utiliser un inventaire pour comparer des
vent donc souvent face à une réelle difficulté et une évaluation matériaux de base au lieu des produits en est un exemple. Considé-
des impacts est souvent souhaitable. rons un inventaire comparant une pièce d’automobile en acier avec
une pièce d’automobile en aluminium sur la base d’une utilisation
équivalente. L’étude peut faire apparaître que la pièce en acier utilise
■ Déchets solides et assimilés moins d’énergie, crée moins de déchets solides et engendre des
niveaux de pollutions de l’air et de l’eau inférieurs pour la plupart
L’inventaire fait état des déchets solides produits par toutes les des polluants. Cela ne signifie pas que, dans tous les cas, l’acier en
sources. Est considéré comme un déchet solide toute substance tant que matériau soit préférable à l’aluminium en termes de respect
solide rejetée par le système et envoyée en décharge ou éliminée de l’environnement. Les résultats ne sont applicables qu’aux pro-
de manière potentiellement nuisible pour l’environnement. Les duits spécifiques étudiés. Une étude portant sur des pièces différen-
déchets solides comprennent les cendres issues de l’incinération tes en aluminium et en acier peut très bien, en fonction de la nature
des déchets. Ils ne prennent pas en compte les déchets recyclés ou de l’application, produire des résultats différents.
compostés. Lorsqu’un produit est évalué en fonction de critères
environnementaux, l’attention est souvent focalisée sur les déchets Il est également important de noter que la comparaison de diffé-
générés par la consommation des produits. Or, alors qu'il est très rents produits est faite sur la base d’une unité fonctionnelle corres-
important de les prendre en compte, les déchets industriels générés pondant, pour chaque produit étudié, à une utilisation similaire ou,
lors de la fabrication du produit sont parfois examinés de manière dans le cas des emballages, à une même quantité de produit
succincte. Les déchets industriels solides comprennent les boues emballé. L’unité fonctionnelle inclut des facteurs tels que la durée de
issues du traitement des eaux usées, les solides collectés dans les vie, les performances, le nombre d’utilisations (produit réutilisable
dispositifs de traitement des émissions atmosphériques, les chutes ou non), etc.
et les déchets non recyclés des matériaux issus des opérations de Les résultats d’un inventaire listent l’utilisation des ressources et
fabrication, les résidus de combustion tels que les cendres générées de l’énergie, ainsi que les rejets dans l’environnement (air, eau et
par la combustion du charbon ou du bois, ainsi que les déchets pro- sols). A ce stade de l’ACV, aucune tentative n’est faite pour détermi-
venant de l’extraction des produits miniers. ner l’impact relatif de chacun de ces facteurs sur l’environnement ou
Dans quelques cas rares, les productions solides d’un système sur la santé humaine. Aussi, les conclusions et l’analyse des amélio-
peuvent être définies comme des sortants neutres et non comme rations sont limitées à la recherche de la diminution de l’énergie et
déchets solides. Par exemple, le fumier animal épandu peut, dans des ressources utilisées, ainsi qu'à l’abaissement des niveaux de
certains cas, être défini comme une substance neutre. De même, le rejets dans l’environnement. La question est de savoir si les émis-
terrain sus-jacent issu de l'exploitation minière peut également être sions de gaz à effet de serre ou avec destruction d’ozone sont pires
considéré comme une substance neutre dans le cas où il retourne à pour l’environnement que les pesticides et les métaux lourds dans
la mine. Toutes ces hypothèses sont établies en vue de rendre les les lacs et les rivières. Cette question ne peut être résolue par un
résultats de l’inventaire pertinents. Si la recherche de données sur inventaire de cycle de vie. Seule une évaluation des impacts peut
les déchets solides est effectuée en raison de la charge représentée apporter une réponse adéquate.
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