UNIVERSITÉ DE TOAMASINA
FACULTÉ DE DROIT, DES SCIENCES ÉCONOMIQUES,
DE GESTION ET DES MATHÉMATIQUES,
INFORMATIQUE ET APPLICATIONS
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FORMATION OUVERTE ET À DISTANCE (FOAD)
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MENTION DROIT
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METHODOLOGIE JURIDIQUE /
DISSERTATION JURIDIQUE
Floriane Michela TELY
Niveau : L1 www.foadfacdegmia.org
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SOMMAIRE
METHODE GENERALE/ GENERALITE
PREMIERE PARTIE: DEFINITION DU DROIT
CHAPITRE I: LE DROIT OBJECTIF
SECTION 1: VOACTION CLASSIQUE DU DROIT OBJECTIF
SECTION 2: VOCATION NOUVELLE EN DROIT OBJECTIF
SECTION 3: LES REGLES DU DROIT
SECTION 4: LE DROIT COUTUMIER
CHAPITRE II: LES DROIT SUBJECTIFS
SECTION 1: DEFINITION DES DROITS SUBJECTIFS EN TANT QUE PREROGATIVES
SECTION 2: RELATION ENTRE LES PREROGATIVES ET L’INDIVIDU
CHAPITRE III: LA VOCATION PARTICULIERE DU DROIT CIVIL
SECTION 1: L’ANTERIORITE DU DROIT CIVIL ET SON INFLUENCE SUR LES AUTRES
DISCIPLINES JURIDIQUES
SECTION 2: LE DEMEMBREMENT DU DROIT CIVIL
SECTION 3: LA SURVIVANCE ET LA PERMANENCE DU DROIT CIVIL
CHAPITRE IV: LES DISCIPLINES CLASSIQUES
SECTION 1: LE DROIT PUBLIC
SECTION 2: LE DROIT PRIVE
DEUXIEME PARTIE: LE DROIT UNE SCIENCE
CHAPITRE I: LES TECHNIQUES JURIDIQUES
SECTION1: LE LANGUAGE JURIDIQUE
SECTION 2: LE ROLE DU DROIT DANS LA VIE ET LA PENSEE DE L’HOMME
SECTION 3: LA POLITIQUE LEGISLATIVE
CHAPITRE II: LES DISCIPLINES COMPLEMENTAIRES DU DROIT
SECTION1: LA NOTION D’INTERDISCIPLINAIRE EN DROIT
SECTION 2: LA SOCIOLOGIE ET SES BRANCHES
SECTION 3: L’ART DU LANGUAGE
SECTION 4: ECONOMIE ET GESTION-INFORMATIQUE
SECTION 5: LE DROIT COMPARE
SECTION 6: LE DROIT ET LES COMPORTEMENTS PATHOLOGIQUES DE L’HOMME
CHAPITRE III: EXEMPLE DE NOUVELLES CLASSIFICATIONS DES DISCIPLINES
JURIDIQUES
TROISIEME PARTIE: LA FORMATION DU DROIT
CHAPITRE 1: SURVOL HISTORIQUE DE L’EVOLUTION DU DROIT MALGACHE
SECTION 1: LE TEMPS DES TRADITIONS
SECTION 2: L’AUTONOMIE DES SYSTEMES JURIDIQUES
SECTION 3: L’INTERPRETATION DES DROITS
SECTION 4: LES INFLUENCES ETRANGERES
SECTION 5: LE DROIT COLONIAL
SECTION 6: LES TENDANCES NOVATRICES
SECTION 7: L’ETAT ACTUEL DU DROIT POSITIF MALGACHE
CHAPITRE II: DU DROIT COLONIAL AU DROIT DU DEVELOPPEMENT
CHAPITRE III: LES FORCES CREATRICES DU DROIT
CHAPITRE IV: LE DROIT ET LA PHILOSOPHIE
CHAPITRE V: LE DROIT ET LES SECTEURS INFORMELS
QUATRIEME PARTIE: LE DROIT DANS SES RAPPORTS AVEC LA SOCIETE
CHAPITRE I: DROIT ET VIE INTERNATIONALE
SECTION 1: LE DROIT INTERNATIONAL PUBLIC
SECTION 2: LE DROIT COMMERCIAL INTERNATIONAL
SECTION 3: LE DROIT DE LA COOPERATION
SECTION 4: LE DROIT HUMANITAIRE-LES ASPECTS JURIDIQUES DE LA DEFENSE
NATIONALE ET DE LA SECURITE INTERNATONALE
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CHAPITRE II: LE DROIT ET LES COLLECTIVITES PUBLIQUES
SECTION 1: LE DROIT CONSTITUTIONNEL
SECTION 2: LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES
SECTION3: LES DOITS DES CITOYENS
CHAPITRE III: LE DROIT ET LA FAMILLE
SECTION1: LE GROUPE FAMILIAL ET LE COUPLE
SECTION 2: JUSTICE ET FAMILLE
SECTION 3: BIENS ET FAMILLE
CHAPITRE IV: LE DROIT DE L’ENTREPRISE
CHAPITRE V: LE DROIT ET L’ETHIQUE
SECTION1: LE DROIT ET LA MORALE
SECTION 2: LE DROIT ET LA RELIGION
SECTION 3: LE DROIT ET LA DEONTOLOGIE
SECTION 4: L’ETAT DE DROIT
CINQUIEME PARTIE: RECEPTION ET EFFECTIVITE DU DROIT
CHAPITRE I: DEFINITION DE L’EFFECTIVITE
CHAPITRE II: LA RECEPTION DU DROIT
SECTION 1: DANS LES PAYS DEVELOPPES
SECTION 2 ET 3: DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT EN GENERALE ET A
MADAGASCAR
CHAPITRE III: VOCATION DES JURISTES DANS LA DIFFUSION DES CONNAISSANCES DU
DROIT
ANNEXE
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METHODE GENERALE
La réussite d’un devoir juridique (une dissertation, commentaire d’arrêt de cas pratique), dépend du
suivi et d’une bonne maîtrise de la méthodologie. Un devoir juridique sera en effet réussi s’il répond à
l’objectif à atteindre: la formation de l’esprit juridique. Il faut rappeler que dans un devoir juridique, on
ne demande pas à un étudiant de faire une récitation, mais une démonstration. Cela sous-entend que
l’étudiant devra préalablement savoir parfaitement son cours et que dans sa démonstration, il devra
utiliser tous les éléments des cours utiles pour traiter le sujet. Mais il ne s’agit pas de réciter, il faut
avant tout démontrer une idée. Dans une dissertation, on démontre une thèse, ou pour le moins, en
première année, une argumentation orientée autour d’une ou deux idées centrales.
La démonstration doit être claire, cohérente, rigoureuse, car l’objet du travail de l’étudiant est
d’expliquer un problème juridique et de convaincre que la solution proposée est la plus pertinente. Dans
le cadre de construction de l’introduction, le plus difficile est d’apprendre à formuler une
problématique ; il s’agit de démontrer quel est le problème juridique majeur qui se pose pour tel sujet.
Cette problématique impose un choix méthodologique : « c’est parce que le problème majeur se
présente de tel façon qu’à convient de l’étudier de tel manière ». Ceci est très important dès la première
année et devient capital aux niveaux des travaux de recherche que ce soit en mémoire ou en thèse. La
problématique devra être « amenée », expliquée, formulée dans l’introduction, puis tout le plan sera
articulé autour de sa démonstration. L’étudiant cherchera toujours à s’exprimer de manière simple et
claire, en partant du principe de l’auditeur, le lecteur ou le correcteur ignore tout de cette question, sans
quoi l’on risque de négliger des aspects fondamentaux de la question, en croyant qu’ils sont trop évident
pour devoir être rappelés, mais le correcteur, voyant que l’essentiel n’est pas abordé, pensera que vous
l’ignorer ou que ne l’avez pas compris.
Concernant la construction de votre plan, organisez votre argumentation avec logique et cohérence,
autour d’un plan structuré, et en guidant le raisonnement du lecteur au moyen de transitions entre
chacune des parties. Sans pour autant « le prendre pour un imbécile », prenez –le par la main pour lui
expliquer pourquoi et comment vous allez de tel argument à tel autre. Faites preuve de rigueur, tant
dans le raisonnement et les analyses que dans les références citées (article de la Constitution ; numéro et
date de textes de loi de décret ; nom et date des arrêts d’une telle ou telle juridiction ; nom d’un auteur,
etc.). Il s’agit d’expliquer un problème juridique en s’appuyant sur des définitions et des références de
textes, de jurisprudence, et des doctrines qui soient précises et rigoureuses. Pour juger une copie
d’examen, on prend avant tout en compte la qualité du raisonnement. Mais celui-ci doit être fondé sur
des circonstances solides. Aussi, on attend de l’étudiant qu’il cite toutes les références doctrinales
essentielles sur tel ou tel sujet. Dans un devoir, on place ces références entre parenthèses, dans un
mémoire ou une thèse, on les met dans des notes de bas de page. Suivant une approche critique et
synthétique, on doit expliquer au lecteur les différentes argumentations en présence ou envisageables,
en démontrant les éléments qui plaident pour ou contre chacune d’elles, et en justifiant la position que
l’on défend.
Tout travail juridique (dissertation, commentaire d’arrêt et cas pratique) peut être décomposé en quatre
phrase successives (ARPE) ;
▪ Analyse du sujet ;
▪ Recherche d’idée et de documents ;
▪ Plan (élaboration de la solution et construction) ;
▪ Exposé écrit ou oral.
I. Analyse du Sujet et ébauche de l’introduction
Il est conseillé à l’étudiant de ne rédiger l’introduction qu’en dernier lieu, C’est-à-dire après qu’il ait
fait au brouillon le plan très détaillé du devoir. Cependant, il doit faire l’ébauche de l’introduction
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dès le départ, car elle permet de définir et de délimiter strictement le sujet. Rappelons que très
souvent les mauvaises notes s’expliquent par le fait que l’étudiant a mal cerné le sujet. La
préparation d’un devoir part toujours du premier contact à faire avec le sujet et de l’esquisse de
l’introduction.
1. Premier contact avec le sujet
C’est la phase primordiale. L’étudiant doit lui consacrer au moins un quart d’heure pour un
examen et plusieurs jours ou semaines pour un mémoire ou une thèse.
❖ Lecture du Sujet
Comment lire le Sujet ?
❖ Lire le Sujet assez rapidement, pour en avoir une compréhension synthétique
❖ Relire le Sujet paragraphe par paragraphe pour en détacher les idées majeures
❖ Lire à nouveau le sujet, mot à mot cette fois, afin de s’interroger sur la portée de
chaque mot.
La lecture du sujet nécessite également que l’on souligne les idées importantes. C’est ici que s’exerce,
en premier lieu, votre esprit d’analyse, disséquez le texte et décortiquez chacun de ses éléments.
Parallèlement ou ensuite, esquissez une première synthèse en regroupant des éléments épars autour
d’une ou plusieurs idées.
2. Esquisse de l’introduction
L’introduction ne doit être rédigée que lorsque vous aurez fini de préparer votre devoir, en
particulier lorsque vous aurez élaboré un plan détaillé. Mais vous devez rédiger très tôt
l’esquisse de votre introduction, car cela vous contraindra à bien réfléchir à ce que l’on
vous demande de faire. La fonction première d’une introduction est de définir, de délimiter
le sujet et surtout de construire la problématique. Dans la délimitation du sujet, on veillera
à éviter les hors-sujets partiellement traités, et l’on précisera quels sont les problèmes dont
on ne parlera pas dans le corps du texte, en se justifiant sur ce point, il s’agit de situer et de
relativiser le sujet :
❖ Dans le temps ; de quelle époque doit-on parler, que se passait-il auparavant,
comment la situation a-t-elle évolué ?
❖ Dans l’espace ; même type de questions, mais pour replacer la question dans son
contexte spatial ; qu’en est-il dans d’autres pays, dans d’autres communes, etc. ?
❖ Sur le fond, en théorie et en pratique : quel est ici le problème juridique posé ? A
quels autres thèmes juridiques peut-il être rattaché ? Quels éléments théoriques et
pratiques peut-on évoquer ?
Mais il faut noter que la méthode de l’introduction varie de manière assez substantielle selon que le type
d’exercice porte, soit sur un sujet théorique (sujet de dissertation), soit sur un sujet de commentaire de
texte ou d’arrêt.
a) La constitution de l’introduction d’une dissertation juridique (ou de sujet, théorique) selon
la technique du « D.L.A.C.H.A.I.T » qui se lit comme suit :
L’abréviation « D.L.A.C.H.A.I.T » se lit comme suit :
- D comme définition du sujet ;
- L comme Limite du sujet ;
- A comme actualité ;
- C comme Droit Compare ;
- H comme historique ;
- A comme Annonce du plan ;
- I comme intérêt du sujet ;
- T comme théorie.
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Pour une dissertation juridique, l’introduction est très importante. La construction d’un
devoir est toujours l’occasion du premier contact du candidat avec le lecteur ou le
correcteur. Par conséquent, vous devez éveiller, accrocher son attention dès la première
phrase. La première erreur à éviter dès la rédaction de la première phrase de l’introduction
ce sont les formules du type » dans toute société, etc. » De telles formules ont un effet
soporifique immédiat.
Il est conseillé à tout candidat de construire l’introduction en forme de losange : la phrase
d’attaque est pointue, elle aborde directement le cœur du sujet, puis on élargit l’approche
pour situer relativiser le sujet dans le temps, dans l’espace et sur le fond afin de construire
la problématique, et enfin on revient au cœur du sujet pour annoncer le plan enfin
d’introduction.
Ensuite, l’introduction est capitale en ce qu’elle a pour objet de vous permettre de
construire la problématique, c’est-à-dire l’idée que vous allez démontrer tout au long du
devoir, il est conseillé au candidat d’utiliser la technique du « D.L.A.C.H.A.I.T ». Cette
technique, de par cette appellation est un moyen mnémotechnique permettant de se
souvenir de tous les éléments qui doivent figurer dans une bonne introduction. Pour être en
mesure de bien traiter un sujet, il est indispensable de le cerner. C’est seulement après avoir
défini le sujet après l’avoir relativisé dans le temps, dans l’espace et sur le fond, et après en
avoir précisément défini les limites, que le candidat pourra expliquer quel est le problème
majeur du sujet et comment et pourquoi il convient de le traiter de telle manière.
La méthode proposée dans la façon de poser la problématique va contraindre le candidat à
se poser de nombreuses questions du type : depuis quand cette question de droit se pose-t-
elle ? Est-elle analysée de la même manière dans tous les pays ? Pose-t-elle de problème
concrets et / ou théoriques ? A-t-elle actuellement une grande importance ? Est-elle liée à
d’autres questions de droit ? Les théoriciens ont-ils proposé des éléments de réflexion
pertinents ? Ne pourrait-on aborder la question sous un angle différent, etc. Bref, C’est en
lui posant toutes ces questions et en établissant un lien entre elles que le candidat pourra
construire une problématique.
D’ores et déjà, tout candidat à un examen doit savoir que la plupart des notes inférieures
qu’il aurait obtenus sur telle ou telle épreuve écrite s’explique soit par une grave erreur, soit
par des connaissances très insuffisantes, soit surtout par une mauvaise délimitation du sujet.
Les deux premiers problèmes peuvent être réglés par le candidat seul. Le troisième ne peut
l’être que par la technique « D.L.A.C.H.A.I. T ». Grâce à cette technique, le candidat sera
obligé de définir et de délimiter très strictement le sujet, ce qui lui permet d’éviter
normalement les hors-sujets et les devoirs ne traitant qu’une partie du sujet. Dans tous les
cas, l’ébauche de l’introduction, et donc le brouillon du « D.L.A.C.H.A.I.T »., doit
absolument l’être fait au début de la réflexion du candidat, dans le cadre de l’analyse du
sujet, avant d’élaborer le plan détaillé.
Pour illustrer ce propos, on prendra comme exemple de sujet : Le régime parlementaire et
la République malgache ».
b) L’emploi de la technique du « D.L.A.C.H.A.I.T »
D : Définition du sujet :
-Dans cette exemple de sujet, il faut procéder par la définition des termes du sujet mot à mot tout
d’abord. La définition est très importante car elle permet de comprendre le sujet, et incite à
réfléchir aux différentes conceptions possibles.
- « Le » : le choix de ce terme montre que l’objet de votre dissertation consiste à évoquer le
concept général et les applications du régime parlementaire à Madagascar,
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- « régime » : ce conceptpeut être entendu au sens large au sens strict, et doit une acceptation
rigoureuse, être distingué de celui de « système ». On entendra ici par « régime » (politique)
« l’ensemble » à établir des dispositions juridiques qui organisent les institutions.
- « parlementaire » : qui est relatif au Parlement
- « et » : ce tout petit mot a souvent une influence importante, il implique que l’on étudie d’une
manière systématique, toutes les relations possibles et imaginables entre le régime parlementaire
et la République malgache. Le régime parlementaire est-il important à Madagascar ? Cela peut-il
favoriser la construction de la République malgache, ou au contraire la freiner ? Est-ce le
Régime politique établi par les institutions malgaches ? Peut-il le devenir ? La République
(malgache) : de quelle République parle-t-on ? Il ne peut s’agir que celle qui succède de la 1ère et
à la 2ème République, ou la troisième République. Il est capital que la délimitation du sujet soit
justifiée.
-Définition des groupes des mots
« Régime Parlementaire » Puisqu’il y a des controverses doctrinales sur la définition du régime
parlementaire, il convient de dire précisément à quelle définition on se réfère. On peut par
exemple le définir comme un régime dans lequel le gouvernement est responsable devant le
Parlement. Mais on peut tout aussi bien se référer à une autre conception, pourvu que l’on soit
précis et cohérent. La définition choisie devra être justifiée et appliquée rigoureusement par la
suite Définition du sujet dans son ensemble (à la fin de l’élaboration du « D.L.A.C.H.A.I.T »).
L : Limites du sujet
Il est indispensable de traiter tout le sujet, dans tous ses aspects, mais rien que le sujet. Par
exemple, concernant le sujet, ci-dessus, il se pourrait que certains candidats puissent être amenés
à ne traiter que l’aspect historique, c’est-à-dire l’origine du régime parlementaire sous la IIIème
République. Même si à ce niveau, il pourrait faire un très bon devoir, ils auraient pourtant une
mauvaise note. Cela est bien justifiée. Car il n’aurait traité qu’une petite partie du sujet. Pur
traité ce genre de sujet dans ses aspects, les candidats devraient également analysés les questions
des modalités d’organisation et de fonctionnement du régime parlementaire sous la IIIème
République malgache, et ce jusqu’à son emplacement par un autre régime à travers la révision
constitutionnelle. Autrement dit, il fallait traiter des modalités d’organisation et du
fonctionnement du régime parlementaire dans tous les temps de la même République et dans
toute la vie politique du pays. Il est donc important de de bien préciser comment doit se faire
cette délimitation.
-Dans le temps : En l’absence de précision dans les termes même du sujet, il est toujours
indispensable a priori de traiter le sujet dans la délimitation la plus large, c’est-à-dire dans tous
les temps. C’est seulement lorsque des éléments objectifs, comme le programme étudié en cours,
se limitent à tel aspect, que vous pourrez le traiter de manière plus étroite. Par exemple, si cours
ne traitait que du régime politique malgache de l’époque de l’Etat moderne, alors vous
expliquerez en introduction que votre étude se limitera pour cette raison à l’étude de cette
période. Sinon, vous devrez traiter du régime politique malgache dans tous les temps.
-Dans l’espace : pour cela, les mêmes principes s’imposent ;
-Sur le fond : en l’absence de précision, il faut aussi traiter tous les aspects du sujet dans le sens
le plus large. Mais là encore, il ne faut aussi traiter que le sujet.
Par exemple dans le sujet suivant :
« L’apport de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme à la protection des droits et
libertés à Madagascar », lorsque certains étudiants ou candidats évoquent dans la première partie
du développement de leur dissertation, le contenu de la Déclaration Universelle et dans la
deuxième partie, l’influence de la Déclaration sur la protection des droits et libertés à
Madagascar, Il est clair que toute leur première partie est hors sujet, le sujet n’étant
véritablement abordé qu’à la deuxième partie.
Ce qui mérite une très mauvaise note.
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D’autres étudiants passent à côté du sujet tout au long du devoir en traitant dans la première
partie, le contenu de la Déclaration Universelle, dans la deuxième partie, l’application de la
déclaration. Nulle part, leurs titres ni les développements du devoir ne traitent véritablement du
sujet concernant l’apport de cette Déclaration.
Leurs copies méritent donc aussi une mauvaise note pour pouvoir bien traiter ce thème, il aura
fallu s’interroger sur chacun du terme du sujet et en particulier sur cet apport. En quoi consiste-t-
il ? S’agit-il d’un apport dans le contenu des normes, dans les méthodes de leur interprétation,
dans le mécanisme juridictionnel mis en place pour garantir sous cet aspect ? Est-il réel,
illusoire ? Est-il important, mineur ? Est-il démesuré, limité ? Est-il récent, ancien, positif,
négatif ? A-t-il été facilement accepté, sinon pourquoi ? Est-il spécifique à Madagascar par
rapport aux autres pays etc. ? Là encore, le sujet n’apportant pas de précision, il faut traiter de
tous les aspects de cet apport, dans tous les domaines. Dans les titres, puis tout au long du
développement, la réflexion doit êtrecentrée sur cet apport, le reste étant hors.
Parfois plusieurs délimitations du sujet semblant possibles. Il convient alors de procéder à un choix
rationnel et justifié entre elles. Vous devez expliquer, quelles sont toutes les délimitationsenvisageables
et surtout pourquoi celle que vous choisissez est la plus pertinente. C’est par exemple ici le cas pour la
« République malgache ». C’est en fonction du programme des enseignements et du sujet que vous
expliquerez qu’il faut traiter de la troisième République malgache. Mais il faut être prudent, car votre
choix n’est aucun cas libre et arbitraire. Vous ne pouvez pas opter n’importe quelle délimitation du sujet
en fonction de vos connaissances ou du temps qui vous sera nécessaire pour faire des recherches.
Lorsque le sujet ne comporte pas de délimitation expresse dans le temps, dans l’espace ou sur le fond,
c’est que vous devez le traiter dans son acception plus large. Sans cela vous risquerez de n’en traiter
qu’une partie. Autre exemple : si le sujet est « Le juge constitutionnelle, garant des libertés
fondamentales ? dans ce cas, vous devez traiter cette question dans tous les pays, et dans tous les temps,
vous ne pouvez pas vous permettre à priori d’évoquer seulement la Haute Cour Constitutionnelle
malgache et/ou quelques autres juridictions. En revanche, si, en cours et en travaux dirigés, vous n’avez
traité que de la Haute Cour Constitutionnelle à Madagascar sous la IIIème République, le sujet pourra
sans difficultés être limité à la situation malgache contemporaine.
Réciproquement, si le sujet est « La Haute Cour Constitutionnelle, la juridiction Constitutionnelle
malgache étant la seule à porter ce nom dans les pays étudiés, par exemple, en première année, il ne
faudra parler dans vos développements que de cette institution à Madagascar sous la IIIème République.
Vous pourrez utilement la comparer à des institutions semblables dans d’autres temps ou d’autres lieux
d’abord en introduction, puis sur tel ou tel point précis, dans les développements, mais en aucun cas
vous ne devrez consacrer aux autres cours constitutionnels une partie ou une sous-partie entière, car elle
serait alors hors-sujet. Ce qui serait également sanctionné par une mauvaise note. En délimitant
attentivement le sujet, vous évitez les accidents majeurs que sont les hors sujets et le sujet partiellement
traité.
A : Actualité
Chaque fois que c’est possible, il est souhaitable de présenter en introduction les éléments de l’actualité
qui se rapportent au sujet. Cela peut d’ailleurs souvent permettre une entrée en matière assez percutante.
D : Droit comparé
Il est très important de situer, de relativiser un sujet dans l’espace. Notons qu’il n’est pas toujours facile
de trouver des éléments de droit comparé, en droit administratif en particulier. Une nouvelle fois, on
procédera selon la technique »de l’entonnoir », c’est-à-dire en partant de la conception la plus large
pour terminer par la plus étroite. On commencera donc par situer la pratique constitutionnelle de
Madagascar par rapport, soit à celle de tous les pays du monde, soit à celle des pays africains. Puis, on
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situera par exemple le changement de régimes à Madagascar par rapport à ce qui se passe en Europe (en
l’occurrence en France) et en Afrique. On peut aussi présenter ces éléments de droit comparé en
fonction de critères politiques : que représente le régime parlementaire dans les démocraties
pluralistes ? Le problème n’est évidemment pas le même selon que le régime parlementaire a été adopté
par la plupart des pays d’Europe ou certains pays d’Afrique. Le régime parlementaire revêt-il un
caractère spécifique en Europe ? Le contre-exemple peut se trouver par exemple, à l’île Maurice.
Toutefois, l’on ne devra pas consacrer une partie entière au droit comparé car elle serait hors sujet.
H : Historique
Il est également indispensable de relativiser le sujet dans le temps. Les institutions, les règles de droit,
ont la plupart du temps, une histoire qui détermine leur structure. On ne peut pas comprendre leur
configuration actuelle si l’on n’a pas analysé leur histoire. Chacune des Constitutions malgache a été
adoptée en réaction par rapport à la précédente, et l’on ne peut pas analyser correctement la IIIème
République si l’on ignore le poids exagérément énorme de l’idéologie dans l’organisation et le
fonctionnement du régime socialiste sous la IIème République. Ici non plus, on ne doit pas consacrer
une partie ou une sous-partie à l’historique de la question.
A : Annonce du plan
Elle est extrêmement importante, car elle énonce la problématique. LA thèse que vous avancez sur ce
sujet doit ainsi, être formulée en une seule phrase, sobre et claire. Par exemple, « C’est parce que le
régime parlementaire peut être considéré comme la voie qui mène vers l’équilibre de pouvoirs à
Madagascar que l’on peut envisager d’établir sur ce modèle le régime politique d’avenir pour la grande
île ».
I : INTERET DU SUJET
Si vous voulez être intéressant, commencez par être intéressé. Pour être convaincant, il faut être
convaincu. Ne vous contentez pas d’affirmer que le sujet est passionnant sans le démontrer, car cette
affirmation banale n’abuserait personne et révélerait le caractère hâtif et superficiel de votre analyse.
Vous devez trouver et démontrer en quoi le sujet est intéressant, en particulier sur le plan :
-Intérêt pratique : exemple : dans quelques armées, la République de Madagascar aura
probablement évolué vers une structure où la séparation des pouvoirs sera le même que celle des
grandes démocraties modernes.
T : Théorie
Evoquez d’une part les grands problèmes théoriques que peut poser ou susciter le sujet, et d’autre part,
les positions de grands théoriciens sur ces points. Ainsi, par exemple, en droit constitutionnel, on ne
peut pas évoquer la notion de souveraineté sans parler de Rousseau, ni parler de séparation des pouvoirs
sans citer Montesquieu. En droit administratif, on ne peut parler de la notion de puissance publique sans
parler de Duguit.
II : L’ELABORATION DU PLAN
Le plan n’est en aucun cas une finalité en lui-même, c’est simplement un instrument, un moyen
facilitant l’accession à une fin : une démonstration claire et cohérente. Le plan ne vaut que s’il permet
de donner une articulation logique du sujet à traiter. Ainsi, l’organisation générale du plan est-elle
déterminée par l’objectif majeur du travail juridique : la démonstration d’une idée cohérente, tandis que
les exigences formelles du plan s’expliquent par des objectifs sous-jacents : la rigueur et la clarté de
cette démonstration.
1-L’organisation générale du plan ou la démonstration d’une idée
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Les principes guidant l’organisation générale du plan
a) Idées directrices
Le plan est l’armature, le « squelette » de la pensée. Il structure la démonstration, lui donne de la
tenue. N’importe quelle question juridique, aussi complexe soit-elle, peut être traitée dans une
démonstration organisée autour d’une idée centrale. Le plan ne doit être collé artificiellement sur
le sujet, mais c’est le sujet lui-même et surtout l’approche que l’on en a, qui va imposer le plan,
il est l’ossature et le reflet de votre réflexion sur le sujet. Il sera tout entier orienté sur la
démonstration de votre problématique. Les meilleurs plans sont les plans construits autour d’une
idée.
b) Organisation pratique
A partir des réflexions menées jusque-là, on formule une thèse en une phrase. Ensuite, on essaie
de la démontrer en deux ou trois grandes parties ou sous-parties. Enfin, on teste le plan pour voir
s’il tient la route, en faisant un plan détaillé, dans lequel on note toutes les subdivisions, pour
vérifier que cette approche permet de traiter tout le sujet, d’éviter les répétitions et les hors
sujets.
2- es principaux types de plans
a) La meilleure solution : le plan d’idée
L’idée centrale doit être imposée par le sujet ou l’approche que l’étudiant peut en avoir. Si ce
n’est le cas, il faut encore qu’il pose des questions, simples et fondamentales. Par exemple : « à
quoi ça sert ? », d’où l’idée « telle institution a été créée dans tel objectifs, mais tel élément a
déterminé son fonctionnement dans un sens contraire ». Très souvent, c’est autour d’un
paradoxe ou de la remise en cause d’idées reçues que l’on peut construire un plan percutant.
Exemple : « crée pour être le cerbèrede l’exécutif (Partie i), le Conseil Constitutionnel en France
s’est retourné contre son maître (Partie ii) ». Cependant, le plan doit être clair et simple, non
confus et non prétentieux.
b) La « route de secours » : le plan « bateau »
C’est le type de plan modeste et sécuritaire. Il convient parfaitement aux débutants. C’est un
plan classique et il a pour avantage d’être solide et pour inconvénient d’être banal.
Exemples : « organisation (Partie I) ; fonctionnement (Partie II) » ; « avantages (Partie I) ;
Inconvénients (Partie II) ».
Il est fait recours au plan classique ou plan bateau lorsque l’on ne parvient pas à trouver un plan
d’idée. Mais il faut quand même trouver des titres expressifs pour montrer que l’approche n’est
pas purement descriptive.
Exemple : « avantages-Inconvénients », on formulera : « un régime intéressant par son
originalité (Partie I) ; mais qui peut s’avérer dangereux (Partie II).
INTRODUCTION A L’ETUDE DROIT « APPROCHE TECHNIQUE DU DROIT »
(GENERALITES-CONSTANTES)
PREFACE
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Le présent cours est destiné à apporter des éléments complémentaires à l’introduction générale à l’étude
de droit. Chaque enseignant dans le cadre de la liberté qui lui est donné d’organiser son cours, peut en
effet le faire précéder d’une introduction facilitant la compréhension de son enseignement.
« L’approche technique du droit n’a donc pas la prétention de se substituer aux introductions de cours
mais de préparer les étudiants, quel que soit leur choix pour l’avenir de leurs études et plus tard de leur
profession, à une approche pratique, pragmatique des études juridiques ». La première année du droit
est une année fondamentale pour l’étudiant quittant le domaine de l’enseignement secondaire ou pour le
professionnel ayant acquis de l’expérience valant science et qui souhaite aller plus loin ou acquérir de
nouvelles connaissances.
La rupture est importante et souvent complète entre le cycle d’études secondaires et celui des études
supérieures, comme entre l’expérience acquise en cours d’emploi et des études qui peuvent paraître
théoriques, doctrinales et parfois éloignées des réalités du travail et des responsabilités quotidiennes.
A l’un comme, à l’autre, une grande liberté d’exercer sa pensée et d’acquérir des
connaissancesnouvelles est donnée par l’approche technique du droit et laisse une impression exaltante
d’un avenir à construire ou à faire progresser par des efforts personnels. Là est d’ailleurs l’une des
vocations du télé –enseignement.
Mais cette Sibérie implique une discipline personnelle et peut ainsi, livrer l’étudiant à un sentiment de
désarroi, d’abandon et de solitude, face à un langage nouveau, à la nécessité de s’imposer de travail et à
l’acquisition d’habitude intellectuelle de clarification ou de reclassement des idées.
L’étudiant doit également savoir rapidement surmonter les difficultés de compréhension dues à des
lacunes et d’une insuffisante maîtrise des langues d’enseignement, dont il ne porte pas entièrement la
responsabilité, mais qu’il doit dépasser par ses propres efforts, et notamment par la lecture approfondie
des documents qui lui parviennent ou peuvent arriver entre ses mains.
Il ne doit pas être à l’avance découragé par la différence de niveau existant entre les enseignements du
cycle secondaire et les matières relevant de l’enseignement juridique.
Il n’est pas utile de rappeler les principaux éléments qui constituent les études de droit : Cette
énumération, qui n’est pas complète, mais qui est donnée à titre d’information, ne doit pas contribuer à
décourager à l’avance l’étudiant, mais plutôt à renforcer sa volonté de s’engager dès le début de ses
études, à le poursuivre jusqu’au bout, avec la volonté d’acquérir et de maîtriser des connaissances le
menant à un choix réfléchi de carrière.
Droit civil-Droit constitutionnel-Histoire des institutions-Relations internationales-Economie Politique-
Finances publiques-Droit administratif-Droit pénal et procédure pénale-Comptabilité-Droit du travail-
Droit international publique et privé-Droit commercial-Droit maritime-Droit économique-Procédure
civile, etc.
En mesurant l’effort à fournir, l’étudiant pourra s’engager avec plus de clarté esprit et de volontéréelle
de continuité dans la voie du choix d’une carrière. Et il ne peut la faire que s’il sait où le mène le droit, à
quel métier il se destine,quelle est sa véritable vocation, quelle est l’orientation qu’il doit donner à ses
études ou à son perfectionnement personnel.
C’est le sens de l’expression du titre « Approche technique du Droit ».
I-NOTE SUR L’UTILISATION DU PRESENT COURS
L’approche qui vous est proposée dans ce cours est le fruit d l’étude d’ouvrage de base, principalement
français et anglais et dont la plupart ont paru dans les dix dernières années.
Mais surtout, il résulte d’une réflexion partagée avec des collègues enseignant dans les disciplines
juridiques les plus diverses et d’une expérience acquise durant trente années d’enseignement au cours
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desquelles le privilège nous a été donnée de connaître plusieurs générations d’étudiants, depuis les
personnes se perfectionnant en cours d’emploi malgré le handicap de l’âge et l’inexistence durant leur
jeunesse, d’un enseignement supérieur, jusqu’aux étudiants plus jeunes, ayant commencé leurs études
universitaires après l’acquisition du baccalauréat.
Aussi, avons-nous constamment pensé, à titre égal, aux personnes soucieuses de se perfectionner et aux
étudiants débutants.
Après chaque ensemble cohérent de développement, figurent des termes de réflexion que chaque
étudiant considéra comme une obligation morale à son égard de traiter, sans toutefois les considérer
comme des devoirs à soumettre à l’enseignant.
L’organisation et la nature des épreuves universitaires sanctionnent le présent enseignement seront
précisées ultérieurement.
II-DEFINITION PRELIMINAIRE ET PROVISOIRE DU DROIT
En général, le Droit se définit comme l’ensemble des règles qui régissent l’organisation et le
fonctionnement d’une société donnée. Toutes formes de société nécessitent une organisation qui doit la
préserver de résoudre et de l’anarchie et remplir une double vocation :
- Guider le comportement des êtres humains qui la composent ;
- Protéger ces êtres humains contre toute atteinte pouvant affecter leur sécurité physique,
leur personnalité et les droits qu’ils possèdent.
Ces règles peuvent revêtir les formes les plus diverses ; les conventions internationales ratifiées
régulièrement par les autorités légales ayant autorité sur la société donnée (la Nation-l’Etat étant « la
Nation organisée »), la loi, le décret, l’arrêt, les principes généraux de droit ayant valeur de loi. D’une
manière générale, ces règles constituent le Droit parce que leur mise en œuvre ou leur violation est
sanctionnée par l’Etat.
Cette définition est encore une définition préliminaire qui sera approfondie dans des développements
ultérieurs. Mais déjà, elle nous permet de mieux comprendre la signification de l’expression : Droit
En premier lieu, le Droit est un ensemble de règles ; ces règles revêtent les formes les plus diverses ;
quelques exemples viennent d’être cités, mais bien d’autres règles existent : par
exemple, une coutume orale, certaine, bien établie et ne faisant pas obstacle à la bonne organisation de
la société (ce que l’on appelle « ordre public ») et aux bonnes mœurs est considérée comme une loi.
Un ensemble de décision judiciaires portant sur la même matière juridique et faisant ressortir la même
règle émise par le juge constitue la « jurisprudence » qui vaut la loi.
Des principes généraux inscrits dans des textes solennels (par exemple la Constitution) ont valeur de loi
et s’imposent aux juges.
Enfin, certains principes généraux, inscrits nulle part, mais universellement acceptés, constamment
admis par la société, parfois issus de la tradition et des coutumes malgaches, s’appliquent dans les
mêmes conditions et à l’égard de la loi. Une précision terminologique qui sera analysé plus loin, mérite
d’être mentionnée dans cette préface : le terme « loi » sera souvent utilisé.
Il a en deux significations :
- Une signification stricte : la loiest la forme que revêt la règle de droit élaborée par le
pouvoir législatif (Parlement, Assemblée législative) dans un régime démocratique ;
- Une signification plus large ; toute règle s’imposant dans l’organisation de la vie d’une
société et sanctionnée par la puissance publique, est communément appelée : « la loi »,
alors même qu’elle revêtirait l’une des diverses formes que nous avons citées plus haut.
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En second lieu, ces règles de droit régissent la vie en société. Toute société a besoin, pour vivre
en harmonie (c'est le fiaraha -rnonina, dans la civilisation malgache) d'un minimum de règles
qui s’imposent sans discrimination ni privilèges, å tous les êtres humains » constituant la
Nation.
Cependant, ces règles sont juridiquement sanctionnées » et par conséquent, doivent être clairement
distinguées des autres règles qui régissent également la vie en société, mais ne sont pas sanctionnées
par le droit, ayant un caractère privé, social, et non juridique : telles sont les règles de bienséances les
fomban-drazana observés dans les circonstances familiales traditionnelles, règles enseignées par les
religions qui ont une valeur morale mais qui ne sont sanctionnées par le Droit.
En troisième lieu, la connaissance du Droit permet non seulement de distinguer ce qui est sanctionné
ou non par te Droit, mais également d'acquérir une approche, nouvelle pour certains de la société
dans laquelle on vit. Par exemple, {étude du droit civil de {a famille permet de mieux comprendre la
signification de certaines coutumes familiales, de mieux saisir le sens de certaines revendications
formulées notamment en faveur de la femme, de l'épouse, de l’enfant.
C'est en particulier une manière pratique de mieux comprendre la portée des conventions
internationales sur tes droits de l’enfant ou les droits de la femme.
L’étude du droit des affaires permet non seulement d'acquérir des connaissances de synthèse sur le
droit commercial, le droit fiscale, le droit du travail, le droit pénal des affaires, etc. mais également de
mieux comprendre le fonctionnement d'une société donnée, d'une entreprise du commerce
international etc.
L’étude des branches plus complexes de droit, telles que le droit du transfert de technologie, le
droit des investissements permet non seulement d’acquérir des connaissances, spécialisées
mais également de connaitre des domaines ignorés par les non-initiés.
Le droit n’est pas une fin, mais un ensemble de moyens permettant d'acquérir des connaissances, de
maîtriser des matières techniques et de mieux comprendre la société au te milieu dans lequel on vit.
En quatrième lieu, le droit permet au citoyen qu'est l'étudiant, une meilleure compréhension du cadre
juridique dans lequel il vit cadre Institutionnel (la Constitution et son application), cadre de ta vie
administrative (les relations de l'individu avec l'administration et les Collectivités), cadre économique
(environnement Juridique de t'intervention des organismes économiques étatiques, Internationaux ou
privés), cadre de la vie sociale (la séparation des Eglises et de l’Etat, vie des Associations, cadre
juridique des actions en faveur de la qualité de la vie, de la santé, de la culture), cadre juridique la
protection de l'environnement etc.
En cinquième lieu, il convient de rappeler d'une manière plus précise la définition du Droit, On sait
qu'il s'agit d'un ensemble de règles guidant le comportement des personnes qui constituent la société
et aménageant fonctionnement de cette société. Ces règles se traduisent par diverses catégories de
textes qui ont pour objet, soit de définir les éléments de la société, soit d'expliciter les et les devoirs
de Etat ou des individus, soit encore d'émettre des dispositions impératives. Mais dans tous les cas,
ces divers textes sont sanctionnés juridiquement.
Nous donnons ci-dessous quelques exemples tirés de la Constitution de la République de
MADAGASCAR. La Constitution occupe l'une des premières places dans la hiérarchie des textes
législatifs et réglementaires. Elle n'en est pas moins une loi. Les exemples que nous donnons
concernent l’orgaisation de la famille, les rôles respectifs de I ‘Etat et des parents, dans la protection
et l'éducation des enfants
L'article 20 de la Constitution dispose que la famille, élément naturel et fondamental de la
société est protégé par l'Etat. Tout individu a le droit de fonder une famille et de transmettre
en héritage ses biens personnels. (mêmearticle que laconstitution de la IV République)
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Cet article fait de ta famille la base de la société malgache, mais il impose à l'Etat te
devoir de la protéger.
Par ailleurs, il accorde à tout individu te droit de fonder une famille (ce qui n'a jamais été
refusé ni par la tradition ni par les coutumes ni par les principes généraux du Droit) ; mais il
réarme également le droit à tout individu de transmettre en héritage ses biens personnels droit qui
n'est toujours reconnu dans d'autres systèmes juridiques étrangers. L'article 21, assigne à l'Etat des
directives pour la protection de ta famille : cette protection doit avoir pour objet son libre
épanouissement. Mais l'article 21 précise que ce libre épanouissement doit intéresser
particulièrement la mère et l'enfant. La Constitution ne pouvant pas tout régler, l'article 21 renvoi.
à des lois particulières et à la création "d'institutions sociales appropriées" l'application de ces
directives.
L'article 22 indique la direction que doivent prendre les efforts de l'Etat pour assurer le
développement Intellectuel de tout individu.
On constate ainsi que le Droit n'est pas nécessairement impératif ; il peut être indicatif en ce
sens qu'il oriente des actions ou donne des recommandations
L’article 23 attribue à tout enfant des droits : droit à l'instruction et à l'éducation, droit à la
formation professionnelle.
- Les article s24 et 25 donnent à l'Etat, la mission d’organiser un enseignement public gratuit et
accessible à tous et un enseignement primaire obligatoire, tandis que l'article 25 reconnaît aux
citoyens le droit à l'enseignement privé.
On constate ainsi l'extrême variété du rôle du Droit ainsi que l'extension de son domaine L'exemple
vient d'être brièvement commenté illustre t'aptitude du Droit à imposer des obligations, à donner des
droits, à définir des orientations générales et à guider t'action du législateur dans les lois particulières.
En sixième lieu, le Droit peut être un instrument d'incitation et un cadre dynamique pour le
développement : il peut par exemple aménager un cadre juridique qui n'est pas nécessairement
autoritaire et coercitif pour la participation de la population en général à l’œuvre de développement
(création de structures, mise sur pied d'organisations non Gouvernementales à caractère économique,
assouplissement du régime foncier, etc.). Le Droit contribue également à mettre de l’ordre dans les
actions de développement, à définir le rôle respectif des autorités étatiques, des entreprises publiques ou
privées et des individus, à aménager un environnement accueillant, sécurisant et assurant une égalité de
chances à chacun dans le domaine du développement de l'économie d'entreprise,
On parle beaucoup de développement mais il ne faut pas perdre de vue qu9 une action
rationnelle, rapide et efficace en faveur du développement implique la mise en place d'un cadre
juridique constituant non pas un obstacle par ses complications et ses lourdeurs mais un
instrument rénové de progrès et d'incitation.
Les développements qui suivront permettront de revenir plus amplement sur ces explications
préliminaires mais on comprend mieux que les études de Droit ne doivent pas être seulement
une mode, un refuse ou une solution de facilité mais surtout une approche technique et
globale, gage d’une meilleure préparation de l'avenir de chacun.
III.LES NOUVELLES ORIENTATIONS DE L'ENSEIGNEMENT OU DROIT
Des reformes de l'enseignement du Droit sont envisagées, décidées ou déjà mises en place. Il nous a
apparu prématuré d’en parier dans une approche introductive.
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Cependant, il n'est pas inutile de rappeler par quelles principales étapes l'enseignement juridique a
élargi ses horizons. Par ailleurs, quelle que soit la portée des réformes, les objectifs de l'enseignement
juridique à l’intention des générations actuelles doivent être rappelés
L’enseignement du Droit a été pendant longtemps fortement marqué par la prépondérance du Droit
Civil cette prépondérance a été notamment illustrée par l’importance que les Facultés de Droit
donnaient aux anciens Droits des Civilisations occidentales (notamment le Droit Romains le Droit
Germanique) à l'unicité donnée aux études de licence (il n'y avait qu’une seule Licence dominée par les
études de Droit Civil qui fournissait à toutes tes autres branches leurs règles fondamentales ou leur
méthodologie), et par une moindre importance donnée à des enseignements tels que l'Economie
la Législation Financière ou le Droit Public.
A cette conception devenu peu à peu étriquée et conservatrice s'est substituée, selon le rythme et
l'ampleur des mutations politiques, sociales et économiques, une double tendance
L'Introduction et le développement de matières nouvelles plus spécialisées et plus
pragmatiques : le droit des affaires, les sciences économiques spécialisées, les sciences
sociales auxiliaires du Droit$ le droit de l'environnement, etc.
La notion interdisciplinarité de l'enseignement juridique, Des cloisons entre des
enseignements proches par leur centre d'intérêt ou leurs objectifs ont été supprimées. C'est
ainsi, par exemple qu'est née ta notion de Droit Economique où qu'autour de la notion
d'entreprise se sont regroupées des discipline juridiques diverses mais se complétant (Droit
commercial, Droit Fiscal, Droit Civil des Obligations, Droit du Travail, Droit Pénal
Économique, Droit de la concurrence, Droit de distribution, Droit de ia consommation, etc
)
De nouvelles classifications des matières juridiques sont apparues et contribuent à guider les
réformes de I'enseignement juridique. Mais sil est surtout important de retenir quet quelles que
soient les orientations nouvelles données à l'enseignement du droit, les qualités que cet
enseignement doit donner aux étudiants restent constantes.
Le bon juriste n'est pas seulement celui qui connait le Droit et sait où se trouve le Droit. Le juriste
doit être méthodique. Il doit acquérir ta maîtrise de l'expression orale et du style juridique qui est
un style de ciarté et de synthèse.
Il doit se distinguer par la rapidité et ia sûreté avec laquelle il appréhende les questions essentielles,
tes liens entre problèmes apparemment très différents.
IL doit égalernent acquérir un sens de l'organisation et savoir transmettre à autrui ses connaissances
aussi bien que les qualités qu'elles engendrent.
En acquérant ainsi le savoir et le savoir faire, te juriste peut devenir directement opérationnel. On
reproche souvent aux juristes d'être compliqués dans leurs raisonnements, pointilleux et trop
théoriques La maîtrise de liinterdisciptinaire et l'acquisition des qualités que nous venons
d'énumérer devraient permettre aux juristes d'éviter ces reproches et d'élargir leur champ d'action
par ia conquête de nouvelles vocations : un bon privatiste peut devenir un bon gestionnaire des
ressources humaines, un bon publiciste peut maîtriser une entreprise privée. Les exemptes peuvent
se multiplier. Tel est l'objectif le plus important de cette introduction "approche technique"
redonner confiance en luÁnême au futur juriste tout en ne dissimulant pas l'ampleur et tes
contraintes du Droit,
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"Approche technique" ne signifie pas que dès l'introduction, l'étudiant acquerra des connaissances
précises. IL s'agira plutôt d'une technique d'acquisition des connaissances futures : l'étudiant doit
notamment apprendre à situer des connaissances techniques éparses dans un ensemble cohérent
(une institution juridique, un ensemble de matières regroupées autour d'un thème.).
L’ étudiant doit acquérir la maîtrise de matières très diverses mais menant à une profession à
laquelle on croit et dans l'exercice de laquelle on espère être opérationnel, efficace et constamment
perfectible
IV.QUELQUES EXEMPLES DE DISCIPLINES JURIDIQUES A LA
RECHERCHE DE LEUR AUTONOMIE
Il a été exposé que le Droit Privé, et en particulier le Droit Civil, avait constitué ia base des
connaissances de droit Mais depuis plusieurs années, et en particulier à l'occasion des
profondes transformations sociales et économiques dans le monde avec la fin du conflit
mondial 193CM 945, la naissance de nouveaux pays à la recherche de leur développement
économique et l'émergence de 'a notion de nouvel ordre économique international, des
disciplines juridiques nouvelles ont fait leur apparition tandis que des matières juridiques
auparavant intégrées dans le Droit traditionnellement enseigné devenaient autonomes.
Prenons des exempies
La famille a toujours constitué le groupement de base de toute société. Notre nouvelle
Constitution le réaffirma d’ailleurs Mais l'évolution sociale, l'essor démographique
i'élargissement du groupe familial et les mouvements de population encouragés par ta
multiplication des moyens de communication et les mutations économiques ont
contribué à disperser les membres de la grande famille et à les éloigner tes uns des
autres, à rendre plus fragile et puis précaire la protaction des femmes ou des enfants en
raison de leur plus grande vulnérabilité, et ont aidé à promouvoir le couple faisant de
la grande famille une structure plus fâche mais un groupe de réserve intervenant cas de
défaillance du couple, il en est résulté une évolution rapide du DROIT DE LA
FAMILLE comportant des matières tels que le mariage, l'union libre, l'adoption, la
tutelle, les régimes matrimoniaux, les successions et testaments, la protection sociale
de la famille. Certes, ces différentes matières font partie intégrante du Droit Civil.
Mais en raison de ses particularités et son impottancecroissantet le Droit de la famille
est en voie d'acquérir une autonomie lui permettant d’intégtrer des éléments nouveaux
ou pouvant être étudiés selon une approche technique différente. Par exemple, le Droit
des biens familiaux (y compris le droit du tombeau) l’intervention dans le Droit
national des Conventions Internationales, sous réserve qu'elles aient été approuvées et
ratifiées par notre Gouvernement : Convention sur les droits de l'enfant, Convention
tes droits de la femme mariée, Convention sur le consentement au mariage, l'âge
minimum du mariage ou fentegistrement du mariage, Convention sur la discrimination
contre les femmes, Convention sur les droits politiques de la Convention concernant la
protection de la maternité, convention sur le nationalité de la femme mariée, Pacte
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international relatif aux droits civils et politiques ou encore la protection sociale
accordée aux femmes et aux enfants qui travaillent par la législation sociale.
- Autre exernple : les différentes règles réparties auparavant dans la législation sur les
eaux et forêts sur les feux de végétations, sur la protection des espèces animales ou
végétales en voie de disparitions sur la conservation de la nature, sur les réserves
naturelles interdites à la construction ou à l'exploitation, etc, sont désormais
regroupées dans le DROIT DE L'ENVIRONNEMENT.
Autre exemple : le développement des entreprises privées, les difficultés pour les
entrepreneurs à maîtriser les règles qui régissent l'Entreprise et qui sont aussi diverses
que le Droit Maritime, le Droit Rural, le Droit Commercial, le Droit Fiscal le Droit
Administratif économique (les marchés publics), le Droit des Obligations (matières de
Droit Civil mais constamment appliquées dans les rapports commerciaux, le Droit de
la concurrence, le Droit de la consommation, le Droit des investissements, le Droit
Pénal International, etc). sont maintenant à l'origine d'un regroupement autour de la vie
de l'entreprise des règles de droit contenues dans ce qu'on appelle maintenant le
DROIT DES AFFAIRES
V.FAITS NOUVEAUX DANS L’EVOLUTION DU DROiT
Le Droit dans ses constantes et dans ses généralités évolue tout naturellement selon
l'évotutionpoiitique, sociale et économique.
Cependant, des éléments nouveaux sont apparus et se sont ajoutés à l'évolution naturelle que le
Droit doit connaître.
Nous aurons l'occasion de souligner que le Droit ne doit pas être statique et ne doit pas
constituer une gêne, un obstacle ou des contraintes excessives empêchant une évolution
normale constituant le cadre du développement culturel, économique et social de l'homme,
On peut citer des exemples d'élèments nouveaux s'ajoutant à l'évolution naturelle du Droit.
L'exemple de l’entreprise est l'un des plus caractéristiques : l’entreprise publique comme
l'entreprise privée se sont développées d'une manière si complexe et si rapide que non
seulement il a été nécessaire de procéder à des enquêtes sur les différentes catégories
d’entreprises afin d'y remettre de l'ordre mais ta création de règles nouvelles s’est
révélée indispensable.
A l'heure actuelles des entreprises ne correspondent pas à des catégories reconnues par
le Droit (entreprises unipersonnelles simplement enregistrées, sociétés d'Etat obéissant
à des règ!es spécifiques, ONG faisant des actes de commerce, etc.)
Le législateur fait des efforts pour remettre de l'ordre dans cette situation, il est connu
qu’une grande partie des entreprises de moyennes ou de petites dimensions exercent
leurs activités dans ce que l’on appelle le secteur informel,
Autre exemple : des établissements ou institutions obéissent à des statuts dans lesquels on
trouve pêle„mêle des règles de Droit Public et de Droit Privé.
Autre exemple : la notion de patrimoine (ensemble des biens et des obligations d'une
personne envisagée comme une masse ayant des éléments actifs et des éléments passifs
et comme dans le Droit classique), Mais cette expression de « Patrimoine » a connu
diverses extensions par exemple, une ordonnance NO 82 029 du 6 Novembre 1982
réglemente te sauvegarde, la protection et la conservation du patrimone Nationale. Ce
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patrimoine national comprend un patrimoine naturel (monuments naturels constitués
par des zones constituant des formations physiques ou biologiques dignes d'être
protégées, des sites, des monuments ou zones pittoresques, Il comporte également un
patrimoine culturel (créations culturelles, œuvres architecturales de sculpture ou de
peinture, biens importants concernant l'histoire de la technique, l’histoire de l’art, toute
création artistique et littéraire ayant valeur historique ou dune grande importance, etc.).
Par ailleurs, en Droit international public, est née la notion de "Patrimoine commun de
l'humanite qui permet l'internationalisation de certains espaces qui présentent un intérêt global
pour toute l'hurnanité. Cette nouvelle nation est importante pour la République de
MADAGASCAR qui est une île. Or la zone des fonds marins a été déclarée "Patrimoine
commun de "humanité" (Convention Intternationale de 1967, 1970 et 1982 sur le Droit de la
Mer).
Autre exemple : révolution naturelle du Droit est considérablement gênée par le désordre
dans lequel s’opèrent les réformes de Droit à Madagascar de nombreuses règles de
droit proviennent en réalité de l’ancien Droit français introduit pendant colonisation et
que je législateur pas eu le temps ou Popportunité de modifier.
A ces règles anciennes se sont ajoutées des règles nouvelles, souvent en contradiction
avec le Droit existant, De nouvelles lois ont été prises hâtivement sous l'effet des
circonstances et sans tenir compte de la règlementation antérieure. La hiérarchie des
lors en général n'a pas toujours été respectée (cette hiérarchie est constituée dans
l’ordre de préeminence par les Conventions internationales, règles constitutionnelles,
les lois et ordonnances, les décrets puis les arrêtés).
Cette situation confuse oblige les juristes à effectuer des recherches longues et
fastidieuses sur le Droit réellement applicable et nécessite a une refonte, dans un ordre
de priorité encore à définir du Droit malgache.
Autre exernple : le rôle de la jurisprudence
PREMIERE PARTIE
DEFENITION DU DROIT
Une première définition préliminaire et provisoire du Droit déjà donnée dans la Préface.
Il convient matntenant d'approfondir cette définition, d'expliciter la vocation et le contenu de
la notion deDroit, de revenir sur la vocation particulière du Droit Civii et d'énumérer les
disciplines juridiques dont les étudiants auront à étudier les éléments durant leurs études, qu'ils
se consacrent au Droit Privé ou au Droit Public„
CHAPITRE I : LE DROIT OBJECTIF
L’expression "droit" a plusieurs significations. Il peut désigner l'ensemble des règles
juridiques qui s'applique aux actes sanctionnés par ces règles et aux faits accomplis par
les hommes. Ce droit se manifeste dans des sources telles que la loi ou les coutumes.
On désigne communément ce droit sous l'appellation de « droit objectif ».
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Mais l'expression "droit" peut s'appliquer par ailleurs aux prérogatives attribuées à un
individu dans son intérêt ou pour la protection de sa personne ou de ses biens. En
d'autres termes, l'expression désigna une faculté accordée à une personne diaccomplir
un acte déterminé dans le respect de la loi qui s’agit alors de « droit subjectif ».
Alors, que le droit objectif est une notion générale s'appliquant à toutes les règles de droit, te
droit subjectif s'applique à l'individu. Aussit invoque-t-on non pas un droit subjectif mais des
droits subjectifs : le droit de réclamer le prix d'une chose que l'on a vendue est un droit
subjectif. Le droit de reconnaître un enfant né hors mariage est un droit subjectif. Le droit de
recueillir des fruits récoltés sur un terrain dont on n’est pas propriétaire mais dont on a la
jouissance est également en droit Subjectif.
Si l'on étudie d'abord 'le droit objectif, il convient de le caractériser selon des notions
ctassiques, Mais nous avons déjà vu que le droit évolue selon que la société elle-même évolue
et à une définition classique du droit objectif nous ajouterons, non pas une définition nouvelle
mais des vocations qui ce sont ajoutées à ta vocation classique du droit objectif.
SECTION 1 : VOCATION CLASSIQUE DU DROIT OBJECTIF
Il a été expliqué que le droit objectif est une notion générate qui recouvre l'ensemble des règles
souvernant la vie en société. Mais ces règles, pour faire partie du droit objectif, doivent être
"sanctionnées par la puissance publique" : les règles contenues dans les fois qui punissent les
crimes (par exemple te meurtre), tes atteintes au droit de propriété (par exemple la violation de
domicile) ou qui sanctionnent par l'annulation un acte accompli sous respecter la loi (se marier une
seconde fois alors qu'on est encore engagé dans les liens d'un premier mariage) sont des règles qui
relèvent du droit objectif dès lors que leur inobservation ou ieur violation est sanctionnée par la
puissance publique (les autorités judiciaires, fes administrations investies de pouvoirs légaux).
En revanche, le droit objectif que l'on appelle également "droit positif (droit applicable selon
les lois et règlements qui existent dans un pays donné : à une période donnée), doit être
distingué à d'autres notions plus vagues et plus incertaines que te droit objectif strict. Il doit
par exemple s'opposer à ce que l'on appelle le droit naturel. Le droit naturel est difficile à
définir d’une manière précise. Il peut s'agir de la notion du "juste" de l'équitable", de ce que
l'homme de raison et de bon sens considère come universellement admis (le droit de vivre, le
droit à la santé), Mais il peut également s’agir de principes généraux nés de la raison et
comportant des règles de conduite se rapprochant du droit positif, Les principes généraux du
Droit prennent leur source le plus souvent dans le droit nature: (par exemple : la fraude
corrompt" tout ce qu'ette affecte en latin « frausomniacorrumpit » Autre exemple : une erreur
collective peut, être à l'origine d'un droit ; en tatin "errorcommunisfacit jus ».- Autre exemple
: qui fait l'enfant le nourrit, principe général qui est à la base de l'obligation alimentaire à
l'égard d'un enfant dont on est l'auteur.
Le droit positif doit être également distingué des usages de la société et des règles morales,
Par exemple, dans la vie diplomatique ou dans les cérémonies officielles existent des règles
protocolaires qui ne relèvent pas du droit objectif. Les règles de politesse, qui varient
d'ailleurs d'une société à l'autre dans un même pays ne relèvent pas non plus du droit objectif.
Les règles morales ne relèvent pas du droit objectif, mais elles peuvent inspirer ou influencer
les auteurs des textes de lois.
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SECTION 2 : VOCATION NOUVELLE EN DROIT OBJECTIF
A la vérité, il n’y a pas vocation nouvelle du droit objectif qui demeure une notion générale et
qui conserve toujours la vocation de gouverner les rapports des hommes entre eux et de
s'imposer à eux par les contraintes sociales, le droit objectif est général et impersonnel.
Cependant, la société ne reste plus immuable. Selon les pays, selon les influences extérieures,
selon les changements économiques et sociaux qui affectent la sociétét, le droit objectif évolue
et ses orientations peuvent se modifier. Nous insisterons plus particulièrement sur l’évolution du
droit objectif ayant eu à l'origine une unicité de sources : la loi, la coutume, la jurisprudence, les
principes généraux de droit qui en faisaient un système juridique unique, dominé par le Droit
Civil.
Le Droit Civil avait vocation à réagir les rapports entre les personnes et constituait le droit
commun de la vie en société.
La société, dans son évolution s'est organisée ; la Nation qui rassemblait l’ensernble des
citoyens a créé des instructions ayant vocation à régir son organisation. L'Etat est né avec ses
démembrements, et des rapports de droit nouveaux sont apparus, gouvernant les relations
entre les citoyens et les autorités publiques
Cest ainsi que le droit objectif a connu une division, devenue maintenant une division classique
fondée sur la nature des rapports juridiques, comporte ainsi le Droit Privé qui réglemente les
rapports entre les personnes physiques ou morales de droit privé (l'homme est évidemment une
personne physique de droit privé une association est une personne morale de droit privé, il en
est de même d'une société commerciale),
Le Droit public est constitué par l'ensemble des règles gouvernant le fonctionnement des
institutions de l'Etat et régissant leurs rapports avec les citoyens ou les relations entre ces
institutions elles-mêmes.
Cette distinction fondamentale elle-rnême n'est pas figée, Le Droit actuel comporte des
règies qui puisent leurs sources aussi bien dans te Droit Pubåic que dans le Droit Privé. Par
exemple : un établissement public à caractère industriel et commercial (les anciennes Caisses
de stabiíisation, une imprimerie d'Etat, une entreprise de transport créée et gérée par l'Etat,
etc.). est régi aussi bien par des règles de Droit Public que par des règles de Droit privé.
Une étude plus détaillée de cette division fondamentale et de son évolution la plus récente sera
abordée plus loin.
SECTION 3 : LES REGLES DE DROIT
Nous avons déjà retenu que le Droit est rensembie des règles qui régissent le fonctionnement
d'une société donnée. Ces règles peuvent régir les relations des individus ou de personnes
morales entre eux (Droit Privé) Elies peuvent également gouverner les rapports entre Ses
autorités publiques et les citoyens (Droit Public),
Mais ces règles de Droit tirent leur origine de diverses sources qu'il convient maintenant
d'énumérer
D'une manière générale, la source primordiale, apparemment exclusive du Droit, est la loi.
Mai encore faut-il savoir quelle est ta définition exacte de la son domaine d'extension et ses
différentes formes.
l. Définition large de la loi, source de droit
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Dans une définition souple et générale. La loi signifie toute règie de droit crééepar sanctionriée par
la contrainte publique.
C'est donc une régie générale qui peut revêtir des formes diverses, mais dont la caractéristique
principale est qu'elle s'impose à tous tes citoyens, sans distinction ni discrimination. Sa violation
est sanctionnée par ta contrainte sociaie.
La contrainte sociele peut revêtir diverses formes : injonctions des forces de !'ordre, caractère
exécutoire d'un jugement, sanctions pénales telles que l'emprisonnement ou l'amende, sanction
discipliinaire, sanctiortfiscaletannutation d'un acte accompli en violation de la foi.
A MADAGASCAR comme dans les pays où coexistent un droit traditionnel oral et un droit écrit,
la question doit se poser de savoir si les coutumes sont équivalentes à la ioi en générai, à cette
question, doit être donnée une réponse préliminaire mais qui sera nuancée par la suite. La
coutume est équivalente à la loi en général mais sous certaines conditions qui seront définies.
II. Les sources du droit
La loi au sens large est la source principate. Mais ilexpression "loi" doit faire l’objet de deux
définitions différentes la définition donnée plus haut est une définition large qui englobel'ensemble
des règles de droit. Mas dans une définition plus stricte, la loi est la règle dedroit, qui émane des
institutions de l'Etat auxquelles est dévolu le pouvoir Législatif. Ces institutions sont limitativement
énumérées par la Constitution. L'une des bases de la démocratie est la règle de la séparation des
pouvoirs judiciaire (les tribunaux), exécutif (l'administration) et législatif (Parlement avec deux
Chambre ou Assemblée Nationale).
A. Au sens strict la loi est donc l'une des sources de droit émanant directement des
institutions auxquelles appartient le pouvoir législatif.
Mais compte tenu de l'ampleur des tâches de législation qui devraient incomber au pouvoir
législatif s'il devait être seul à créer la loi, les Constitutions prévoient en général :
-d'une part, que la loi tantôt "fixe les règles" tantôt "détermine les principes fondamentaux".
Dans le premier cas, la loi ne se borne pas à donner un cadre général, elle entre dans le détail
de la règlementation.
-dans second cas, elle donne des lignes directives et renvoie les modalités d'application à
d'autres catégories de textes (décret ou arrêté).
-d'une part, dans des circonstances exceptionnelles ou pour la réalisation d'un programme
économique et social précis, le pouvoir législatif peut être gélégué au Gouvernement qui est la
plus haute autorité détenant le pouvoir exécutif dans ce cas et dans les limites imparties par le
pouvoir législatif, le Gouvernement légifère par voie d'ordonnances.
Toutefois, cette catégorie d'ordonnance a été supprimée à l’issue de l'amendement de la
Constitution de la IIIème République en Avril 2007.
L'ordonnance équivaut à loi ou sens strict. Dans cataines Constitutions, l'ordonnance doit être
ratifiée par le pouvoir législatif avant d'être considéré comme véritable loi. Il en est notamment
ainsi des ordonnances qui sont prises entre deux sessions du Parlement.
B. Le pouvoir réglementaire
Au sens strict, la loi est la règle de droit émanant du pouvoir législatif. Mais généralement, les
constitutions, afin d’alléger la tâche du pouvoir législatif définisse un domaine de la loi.
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Tout ce qui est pas contenu dans le domaine de la loi relève du pouvoir réglementaire du
Gouvernement qui prend des décrets ou des arrêtés. Généralement, l’arrêté a une valeur moindre
que le décret et peut être pris par un seul Ministre, alors que le décret est en principe adopté en
Conseil du Gouvernement.
Des développements qui précèdent, on peut donc en déduire qu’il ya deux sortes de décrets.
-les décrets pris en application d’une loi qui ne comporte que des principes fondamentaux,
renvoyant au pouvoir réglementaire le sin de définir les modalités,
-les décrets pris par le pouvoir éxécutif en vertu de la Constitution, c’est-à-dire dans les domaines
qui n’ont pas été réservés à la seule loi.Art 97 de la Constitution de la IV ème République.
C.La jurisprudence
Le pouvoir judiciaire est investi par la Constitution de la prérogative de dire le droit dans un cas
particulier qui lui est soumis, il ne s'agit donc pas d'une règle générale mais de l’application, par une
juridiction d'une règle de droit impersonnelle, et issue du droit positif applicable dans le pays.
Dans cette mesure le jugement, bien qu'il ne soit valable que pour un cas unique, est
une source de droit puisqu'il est rendu en application des règles de droit,
Cependant, il ne faut pas réduite la fonction judiciaire à la simple application des règles de
droit en vigueur. Le juge n'est pas un simple interprète. Il détient un pouvoir de créer le
droit dès lors que la loi, au sens large, n'a pas prévu de règles devant s'appliquer à l'espèce
qui lui est soumise A l’aide de sa raison, de son bon sens et de la liberté de recherche qui
lui est est donnée dans l’exercice du pouvoir judiciaire qu'il détient, le juge peut créer une
règle de droit, l’article 11 de "ordonnance N O 62-041 du 19 septembre 1962 (JORM du 28
septembre 1989) dispose clairement qu'aucun juge ne peut refuser de juger un différend qui
lui est soumis, sous quelque prétexte que ce soit ; en cas de silence, d'insuffisance ou
d'obscurité de la loi, le juge peut s'inspirer des principes généraux du droit et, le cas
échéant, des coutumes et traditions des parties en cause, à condition que ses coutumes et
traditions soient certaines, parfaitement établies et ne heurtent en rien l'ordre public et les
bonne mœurs".
Il résulte de cette disposition fondamentale qu'en présence d'un cas d’espèce pour le
règlement duquel la loi n'est d'aucun secours ou n'offre que des solutions insuffisantes, ou
encore est obscure, le juge doit faire œuvre de création en s'inspirant des principes généraux
de droit ou le cas échéant des coutumes et traditions.
Si une règle de droit ainsi créée par te juge est reprise par d'autres jugements, elle devient
ainsi une régle jurisprudentielle qui n'est pas à proprement parler une règle de droit, mais a
une autorité privilégiée pouvant être invoqué pour d'autres cas d'espèces. C'est dans cette
mesure que la jurisprudence peut être considérée comme une source de droit. Les grands
arrêts rendus par les Cours d'Appel, ou la Cour Suprême et qui règlent des cas d'espèce
importants deviennent des arrêts de principe, source de droÿt ayant une autorité
privilégiée, et pouvant être invoqués comme des règles ayant autorité
La liberté de recherche du juge est par ailleurs confirmée par l'article 12 de la même
ordonnance précitée du 19 septembre 1962 qui dispose que "pour rechercher les mobiles
et l'esprit de l’acte qui lui est soumis en apprécier les suites comme les résultats, le juge
appelé à trancher un différend, peut également s'inspirer des coutumes et traditions
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Cependant, il faut toujours avoir présent à l'esprit la règle fondamentale de la séparation
des pouvoirs. Si l’autorité judiciaire est indépendante et peut faire preuve de création dans
l’exercice de ses pouvoirss elle ne peut pas rendre ce que l'on appelle des arrêts de
règlement, c'est-à-dire des décisions judiciaires ayant la valeur et la portée d'une loi.
D. La coutume
Dans le droit malgache, la coutume comme source de droit joue un rôle important. Le
droit traditionnel malgache était d'ailleurs fondé sur les coutumes et le droit écrit ancien
n'était que la mise en forme des usages traditionnels.
Dans le droit positif malgache, il convient de distinguer le domaine du droit écrit et celui
des coutumes orales.
Le domaine écrit comporte les règles de droit codifiées, promulguées et publiées selon les
règles officielles. Mais il arrive souvent que le législateur renvoie certaines règles à la
coutume.
En raison de son caractère particulier, notamment dans le Droit malgache actuel, le Droit
coutumier fera l'objet dune Section 4.
E. Les principes généraux de droit
Dans l'article 11 de la loi du 19 septembre 1962 que nous avons cit plus haut, la loi
malgache dispose que… « le juge peut s'inspirer des principes généraux de droit ».
L'une des sources de droit est la règle écrite que nous trouvons dans la loi ou ses modes
d'application (décret-arrêté). Mais la loi elle-même est le plus souvent inspiré, non pas de la
seule autorité du pouvoir législatif mais également des règles générales, universellement
admises, ne se trouvant pas nécessairement sous une forme écrite mais que la morale, la raison,
le bon sens, le sentiment de l'équité imposent au législateur. Ce sont ces règles que nous avons
d’ail!eurs déjà évoquées en expliquant ce qu'est le droit naturel, que l’on appelle : "Les principes
généraux de Droit". Outre les exemples de principes généraux déjà cités, ajoutons-en d'autres
pour mieux comprendre l'importance des principes généraux dans un Droit encore à compléter
comme l’est le Droit malgache.
Lorsque le juge constate que l'application d'une loi aboutit à une injustice flagrante, il a le
devoir de s'efforcer de faire coïncider loi et équité. Dans la procédure qui régit la Cour
Suprême malgache, il est d'ailleurs prévu que le Ministère Public, en présence d'une décision
Judiciaire aboutissent manifestement à une iniquité ou une solution contraire au bon sens, a
la possibilité d'exercer un pourvoi "dans l'intérêt de la loi" afin d'éviter la Cour Suprême à
réexaminer une telle décision. Ce problème est complexe car il peut être à la source d'un
conflit entre le sens populaire de l’équité et l’application de la loi.
-D’autres principes concernent le Droit de la famille : dans le domaine du mariage. Toute
promesse de mariage est nulle par elle-même dans la mesure où elle porte atteinte à la liberté
illimitée régissant la formation du lien conjugal. Le Droit romains par l'intermédiaire du
Droit français a introduit dans le Droit malgache la règle de la présomption de paternité. En
latin "Pater is est quem nuptiaedemonstrant' (l’enfant qui est né du mariage a pour père le
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mari) : dans ce dernier exemple, la principale conséquence que l'on tire de ce principe est que
le père présumé qui veut nier sa paternité doit désavouer l'enfant qui est présumé être de lui
par une procédure en justice entourée de toutes tes garanties pour défendre la situation
juridique de l'enfant.
- Un autre principe général est celui qui domine une grande partie du Droit économique, nul ne
peut s'enrichir injustement aux dépens d'autrui : de ce principe déroulent les règles qui
sanctionnent l'enrichissement sans cause.
On chercherait vainement une liste des principes généraux de droit : une liste
exhaustive n'existe pas. Les principes généraux de droit sont contenus dans la morale
générale, la raison et le sens du juste qui devraient dominer le droit dans toute société.
Le juge n'a pasà les inventer. Ils sont tout naturellement inspirés des grandes règles
morales et de bon sens qui font partie des règles de civilisation, Chaque peuple, dans
son identité, a sa propre civilisation qui puise ses règles dans les traditions ancestrales
tes plus respectées et dans les principes universels qu'il a intégrés dans son propre
Droit.
Dans le Droit malgache des successions, le principe général selon lequel toute personne peut
disposer par voie testamentaires de ses biens, en toute liberté était un principe général de
Droit que l'ancienne loi écrite malgache n'a jamais expressément formulé majs qui faisait
partie intégrante de la civilisation malgache. Ce principe dit du "masi-mandidy" n'a été
intégré formellement dans le droit positif malgache que dans la loi n 068 012 du 4 juillet 1968
relative aux successions, testaments et donations.
En revanche, le principe « à l'impossible nul n'est tenu" est un principe général et universel
admis par tous les systèmes juridiques et que le Droit malgache a assimilé en raison de son
caractère d’évidence.
F. La doctrine
On entend par « doctrine" les éléments théoriques de droit qui sont dans les manuels
juridiques, dans les ouvrages et dans les résultats des recherches juridiques publiés dans des
Revues sous forme d'articles de notes ou de commentaires par exemple les commentaires de
décisions judiciaires »
La doctrine constitue donc une littérature impottante que l'on trouve selon divers modes
d’expression. A Madagascar, la doctrine se trouve dans les idées fondamentales exprimées par
les enseignants dans leurs cours, dans les articles ou études parus dans les Revues spécialisées
(JURECO ANNALES DE L'UNIVERSITE DE MADAGASCAR CAHIERS des différents
Centres comme le Centre des coutumes, etc.) Malheureusement, les difficultés matérielles ont
mis fin à la parution de la plupart de ces ouvrages dont il faut souhaiter la réapparition. En
l'état actuel de la documentation juridique, on peut trouver des éléments de doctrine dans les
thèses de doctorat en Droit ou cie doctorat de 3ème cycle publiés, dans les cours magistraux
polycopiés, dans les Revues qui continuent à apparaître (notamment JURECO). Par ailleurs,
les Revues et Annales ou Manuels déjà parus comportent des éléments de doctrine toujours
d'actualité.
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Enfin, les étudiants qui ont le privilège d'avoir accès à des bibliothèquesi peuvent lire et étudier
des ouvrages français ou autres qui peuvent enrichir leur culture juridique et leur fournir des
éléments de doctrine universelle.
La doctrine est-elle une source de Droit ? La réponse doit être négative dans la mesure
où la doctrine exprime des opinions ou des commentaires libres,
Mais la doctrine peut inspirer le praticien du droit. Certains ouvrages ont de l'autorité et
éclairent l'interprétation des lois écrites. Sans perdre de vue le droit écrit malgache en son état
actuel, le juriste malgache enrichit ses connaissances et peut découvrir de nouveaux aspects
du droit positif par des recherches de Droit étranger, et notamment de Droit français, Il faut
en particulier signaler que dans des domaines importants comme le Droit des Affaires ou le
Droit de la famille, le Droit français a considérablement évolué dans les vingt dernières
années alors que le Droit malgache est resté statique.
G. Mesures d'application des lois
Les règles de droit et leurs sources ont été étudiées jusqu'à présent comme si le Droit était
directement applicable dès sa conception et sa rédaction sous forme de textes.
Mais au moins deux problèmes importants doivent être étudiés concernant l'application, dans la
pratique du Droit :
-dune part, celui des modalités d'application de la loi,
- d'autre part, celui de la réception de la loi : ce second problème sera étudié dans un chapitre
postérieur car il concerne l'ensemble des fois ; comment les lois sont-elles comprises, acceptées,
reçues ou au contraire rejetées par la population,
Dans cette section consacrée aux Règles de droit, nous nous bornerons à donner quelques
indications sur mesures pratiques d'application du droit. Ces mesures sont de deux sortes :
- des mesures de publication et de diffusion,
-des mesures d'application complémentaire.
1-Les mesures de publication
Pour qu'une loi soit applicable, il faut qu'elle soit portée à la connaissance des citoyens.
L'ordonnance n°62 041 du 19 septembre 1962 relative aux dispositions générales de Droit et
de Droit international privé énumère les règles de publication et de diffusion des lois et
décrets.
Pour avoir force exécutoires, lois et décrèts doivent être insérés au Journal Officiel de la
République. Ils deviennent obligatoires un jour franc après l'arrivée du Journal Officiel
constatée à la circonscription ou à la collectivité administrative concernée.
S'agissant des actes réglementaires autres que les décrets essentiellement les arrêtés là loi
prévoit quJils deviennent obligatoire un jour franc après la date à laquelle ils ont reçu une
publicité suffisante.
Il est évident que ces dispositions peuvent assez facilement recevoir application dans
les centres urbains, mais il en est tout autrement dans les zones rurales où l'arrivée du
Journai Officiel pose des problèmes de transport et d'acheminement,
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Depuis que le Journal Officiei est bilingue, le problème de la compréhension en
langue malgache est moins aigu, Toutefois, question peut se poser de savoir si
chaque citoyen peut avoir accès au Journal Officiel et lire le malgache tel qu'il
résulte des versions des lois dans notre langue nationale. C'est le tout le
problème de la langue juridique malgache et de la compréhension de cette
langue.
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Les autorités publiques s’efforcent de mieux faire connaître le Droit par de moyens tels que
la presse ou la radio.
Par ailleurs, l'Ordonnance du 19 septembre 1962 prévoit qu en cas d’urgence et à titre
supplétif, toute loi ou décret peut être affiché sur les tableaux dés actes administratifs ou
peut être porté à la connaissance du public par des émissions radiodiffusées (on ajouterait
aujourd'hui la téléviston), par kabary, insertion dans la presse ou dans les
dinampokonolona.
Ces mesures ont été prévues en 1962. Le temps semble largement venu pour prévoir
d'autres moyens s'y ajoutant, dans le même temps que l'atphabétisation ferait des progrès.
La démocratie n’aurait aucun sens 80%des citoyens tenus dans l'ignorance de la loi, c'est-à-
dire de leurs devoirs mais aussi et surtout de leurs droits.
2-Les mesures d'application complémentaire
Il s’agit plus particulièrement de l'application des lois et décrets et autres règlements par les
autorités de les faire appliquer
Par eux-mêmes, les lois, les décrets ou les arrêtés pourraient nécessiter des éclaircissements à
l'intention des personnes chargées de les appliquer. C'est l’objet des circulaires d'application
ou des instructions gouvernementaies diffusées par correspondances administratives.
Mais en aucun cas, ces circulaires ou instructions ne peuvent avoir pour objet de suspendre
l’application d’un texte ayant force exécutoire, d'interpréter faussement la loi ou de
dénaturer et de détourner l’objectif du législateur, C'est la une règle essentielle afin que
règne, dans la démocratie, un Etat de droit
H. Le droit international
Une place à part doit être réservée aux Traités et Conventions internationaux auxquels le pays a
adhéré et qui ont été ratifiés selon les règles du Droit international public.
Traités et Convention ont une vaieur supérieure à la loi et deux hypothèses peuvent se
présenter : -ou bien le texte de Droit international est suffisamment explicite pour être
directement appliqué comme interne
- ou bien des dispositions légts\atives de droit interne sont prises par les autorités compétentes
(loi ou décret) en application du tratté ou de la Convention,
SECTION 4 : LE DROIT COUTUMIER
Nous avons déjà exposé que dans le Droit malgache, la coutume joue un rôle important comme source
de droit.
Cette source peut être une source populaire. Dans les domaines qui n'ont pas été réglementés par la
loi, la coutume peut perpétrer des traditions equivalentes à des lois .
Ces coutumes peuvent revêtir des formes diverges :
- elles peuvent être simplement orales et s'imposer par leur seule autorité traditionnelle et leur
caractère de répétition.
- elles peuvent être contenues dans les conventions de fokonolona et leur violation est sanctionnée
par loi. Le Code pénal prévoit en son article 473 des peines de contravention à regard de "ceux qui
ne se seraient pas conformes aux conventions de fokonolona régulièrement approuvées"
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Ceux qui auront appliqué, fait apptiquer ou tenté d'appliquer ou le faire appliquer une
convention de fokonolona qui n’aura pas été régulièrement approuvées", elles peuvent résulter
d'un renvoi de la loi. Par exemple, la loi du 1er octobre 1962 prevoit que la prohibition du
mariage entre certains proches parents "obéit aux règles coutumières ».La même Loi maintient
en faveur de la femme mariée le droit du misintaka« dans les formes et conditions prévus par la
coutume"
La Loi du 20 Novembre 1963 qui règlemente notamment la tutelle des enfants mineurs prévoit qu’
en cas du décès du père et de la mère, « la tutelle est exercée par la personne qui selon la loi ou la
coutume a autorité sur le mineur.
La Loi du 04 juillet 1968 sur les successions testaments et donations prévoit que les lacunes de
cette loi101 peuvent être comblées par la coutume.
D'autres exemples peuvent être cités
Mais les coutumes et traditions ne peuvent être appliquées que si elles sont certaines, parfaitement
établies et ne sont pas contraires à l'ordre public et tes bonnes mœurs.
Aux côtés des coutumes, doit être étudié le cas des usages. Il s'agit de pratiques ayant valeur de droit
mais ne tirant pas nécessairement leur origine de la civilisation traditionnelle ou des coutumes
ancestrales. Dans le Droit malgache, on trouve des usages, par exemple dans le Droit foncier ou dans le
Droit commercial.
Certes, ces usages tendent à disparaître à mesure que s'étend le domaine du droit écrit mais, en l'état
actuel du Droit malgache, subsistent encore des usages équivalents a des règles juridiques. Par ailleurs,
selon un consensus des praticiens, des usages se créent quand il y défaillance obscurité ou inexistence
de la loi et constituent un droit « informel », toléré par les autorités compétentes. Ceci est notamment
valable pour le Droit des Affaires.
CHAPITRE Il : LES DROITS SUBJECTIFS
IL a été déjà succinctement expliqué que l'expression "Droit" désigne l'ensemble des règles
juridiques qui s'appliquent aux actes et aux accomplis par les hommes et sanctionnés par ces
règles, Il s'agit du Droit objectif.
Mais avait été précisé que l'expression "Droit" s’applique également aux prérogatives que les
règles juridiques donnent à l'individu.
Il convient donc de distinguer sous l’appelation
«Droit » le Droit objectif
-les Droits subjectifs,
SECTION 1 : DEFINITION DES DROITS SUBJECTIFS EN TANT QUE PREROGATIVES
Les Droits subjectifs sont des pouvoirs, des prérogatives attribuées par la loi à un Individu ou à
une personne morale — droits individuels que le Droit objectif reconnaît aux sujets de droit
(l'Individu, la personne morale) sous la protection des autorités publiques, elles-mêmes se
conformant à la loi en général. Individus ou personnes morales possèdent des droits qu'ils peuvent
faire prévaloir dans leurs rapports avec les autres individus ou personnes morales ou avec les
pouvoirs publics. individus ou personnes morales sont Sujets de Droit (ils en sont titulaires et
peuvent les exercer aussi appelle-t-on les prérogatives qui en découlent les Droits Subjéctifs?
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Nous sommes dans un Etat de droit et il ne peut y avoir des prérogatives que dans la mesure où le
Droit subjectif les à définies, en a délimité les frontières et en a donné le cadre, tant dans le domaine
du Droit privé que celui du Droit public
I.La naissance des droits subjectifs
Garantis et protégés par l'Etat, les Droits subjectifs sont de véritables pouvoirs dont
l'individu est titulaire.
On remarque cependant que ces pouvoirs ne sont pas toujours des pouvoirs relevant du
Droit objectif, il existe des pouvoirs de fait qu'en principe la loi ne protège pas.
Exemple : Les pouvoirs nés de la possession d'une chose, Une personne est en possession
d'un domaine agricole : elle exerce sur ce domaine des prérogatives de propriétaire. Elle
cultive, récotte les créé des installations, vend les produits. Mais en réalité, cette personne
n'est pas propriétaire de ce domaine ; elle n'en est que le possesseur et tes prérogatives
qu'elle exerce à ce titre ne devraient pas être considérés comme des pouvoirs protégés par la
loi comme étant des Droits subjectifs, les véritables Droits subjectifs sont les prérogatives
qui naissent du droit de propriété.
Cependant, le simple fait de possession produit des conséquences juridiques : le possesseur
vend des produits et a donc, avec l'acheteur des relations juridiques qui doivent être
protégées par la loin. Cette loi opérera une distinction entre le possesseur de bonne foi et le
possesseur de mauvaise foi. Si le possesseur est de bonne foi, il bénéficie d'une certaine
protection de la loi. Les prerogatives qu'à exercer en toute bonne foi en se croyant
propriétaire sont protégées par la loi qui prend en considération ta bonne foi du possesseur.
En revanche, si le possesseur est de mauvaise foi, c'est-à•direquiil sait parfaitement qu'il
n'est pas propriétaire du domaine agricole concerné, la protection de la loi et moindre est
même peut lui être retirée. Par ailleurs, si le propriétaire réel réclame en justice le
rétablissement de son droit de propriété, le possesseur ne peut plus bénéficier de la
protection de la loi, la loi le fera bénéficier de certains avantages (par exemple dans un
procès sur le droit de propriété, le possesseur est présumé être propriétaire jusqu'à ce que le
véritable propriétaire ait à preuve contraire). Mais en définitive, le droit de propriété, droit
subjectif né du droit objectif, doit prévaloir sur la possession qui n'est pas qu’un simpåe fait
se situant en dehors du cadre tracé par le droit objectif.
Il est cependant nécessaire, par la simple étude de ces exemples de ge rendre compte que
l'étude du droit en général ne doit pas être rigide mais exige une approche technique souple
qui peut mettre en cause des règles que l'on croit intangibles ; la possession est un fait
contraire au Droit, et pourtant, en raison des conséquences qu'elle produit, la loi a prévu
dans une certaine mesure de protection du possesseur. De même, l’apparence, c’est-à-dire un
ensemble de manifestation qui font croire à l'existence de véritables Droits subjectifs, créé
des situations qui sont contraires aux Droits objectifs. Par exemple, une personne se conduit
en apparence comme un véritable héritier et exerce les prérogatives que lui donne ce titre ;
or ; il se révète qu'il existe de véritables héritiers de droit et que l'héritier qui a exercé des
prérogatives en tant que tel, n'est qu'un héritier apparent. L'application stricte de la notion de
Droit subjectif devrait amener à enlever à cet héritier apparent toute protection légale.
Cependant, le Droit prenant en considération soir la bonne foi de l'héritier apparent,
Soit les conséquences juridiques des actes qu'il a accomplis, a prévu des modalités de protection
de cette apparence.
L’expiication générale qui doit être donnée à cette situation un fait contraire au Droit
possession ou apparence et portant protégé par la loi est la suivante : le Droit a pour vocation
de protégé à titre égal l'individu et la Société. Une telle protection est destinée à préserver la
paix et la tranquillité publique. Si la pure 'logique Juridique doit conduire à un trouble social ou
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à des attentes à la paix des familles ou de la communauté, la tranquillité soctaie devrait être
préférée à une trop stricte logique juridique.
Les Droits subjectifs naissent de rapports de Droit entre des personnes ou entre des
personnes et des choses,
Dans les Droits subjectifs, on distingue des droits personnels et des droits réels.
A- Droits subjectifs personnels
Les droits personnels sont les droits dont dispose une personne qui peut exiger d'une autre
personne une prestation. L'exécution dune obligation de donner, de faire ou de ne pes faire
quelque chose
Le sujet de Droit aun droit de créancesur une personne qui est tenu de respecter une
obligation. Dans une approche plus large orq devrait considèrer que les Droits subjectifs ne
peuvent pas être réduits à une division entre droits réels et droits personnels.
Dans la catégorie des droits personnels, il faudrait introduire deux catégories de droits
subjectifs propres à l'individu et dont l’exercice ne rattache à personnalité Juridique.
Il convient tout d'abord d'évoquer une notion que l’on trouve dans tout le Droit Civil celle
du patrimoine.
Le patrimoine est constitué par Pensemb\e des biens et des obligations d'une personne, fl
doit être considéré comme urge unité ensemble juridique. Il comporte des éléments actifs
susceptibles d'être appréciés en valeur pécuniaires et des élernents passifs représentés par
les dettes de la personne.
La notion de « patrimoine » est à l’origine d'une distinction plus large des Droits subjectifs de
l’individu
-Les droits patrimoniaux que l'individu exerce que son patrimoine et qui lui procurent des
avantages matériels (par exemples, les droits qu'il exerce sur un immeuble un meuble
qui lui appartiennent).
-Les droits expatrimoniaux, qui ne sont pas appréciables en argent et qui donnent à l'individu,
des prérogatives directement rattachées à sa personne : ce sont les droits extrapatrimoniaux.
Les droits expatrimoniaux sont des droits subjectifs personnels qui sont aussi bien public que
privés.
Parmi les droits privés expatrimoniaux, il faut comprendre les droits exercés au sein de la
famille par exemple, l’autorité des pères et mères, les prérogatives respectives, de l’épou et de
l’épouse dans le mariage, le droit de désavouer une paternité, le droit de faire reconnaitre en
justice une paternité, le droit d’exercer tutelle sur un enfant mineur orphélin.
En outre, il faut intégrer les droits de la personnalité à mésure que le droit a progressé et s’est
affiné, la personnalité juridique de chaque individu a été reconnue et renforcée et des Pactes
internationaux, des Déclarations Universelles sur les droits de l’Homme, des dispositions de
plus en plus nombreuses des lois nationales ont attribué à chaque individu des prérogatives,
des droits individuels et des libertés fondamentales. Par éxemple, l’article 9 de la Constitution
du 18 septembre 1992 dispose que l’exercice et la protéction des droits individuels et des
libertés fondamentales sont organisé par la loi. L’article 13 de la même Constitution édicté que
« tout individu est assuré de l’inviolabilité de sa personne, de son domicile et du secret de sa
correspondance. L’article 18 de l’Ordonnance n°62.041 du 19 septembre 1962 relatives aux
dispositions générale de Droit prévoit que « toute atteinte illicite à la personnalité donne à
celui qui le subit le droit de demander qu’il y soit mis fin sans préjudice de la responsabilité
qui peut en résulter pour so auteur ».
Ces droits de la personnalité prennent de plus en plus d’importance ; le droit à l’honneur, droit
à l’intégriter corporelle, droit à protéction à son nom, de son image, des protéctions de l’esprit,
etc.
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Les droits extrapatrimoniaux sont des droits subjectifs personnels qui sont aussi
bien publics que privés.
Parmi les clrr:åits "Drivés extrapatrimoniaux, faut comprendre les droits exercés au
sein de la famille pat exempte, l'autorité des père et mère, tes prérogatives respectives,
de l'épous et de itépouse dans le mariage. le droit de désavouer une paternitéð je droit
de faire reconnaître en justice une paternité, te droit d'exercer une tuteiie sur un enfant
mineur orphelin,
En outre, il faut intégrer les droits de la personnalité à mesure que te Droit a progres½é
et s'est affiné, la personne!ité juridique de chaque indivjdu a été reconnue et renforcée,
et des Pactes internationaux, des Déc\arations Universelles sur les droits de l'homme,
des dispositions de pius en plus nombreuses des lois nationales ont attribué à chaque
individu des prérogatives, des droits individuels et des libertés fonC1arnentaies. Par
exemple, l'article 9 de la Constitution du 18 septembre 1992 dispose que 'l'exercice et la
protection des droits individuels et des libertés fc,ndamentales sont ()rganisés par la joilt.
Varticle 13 de la même Constitution édicté que *'tout individu est assuré de
l'inviolabilité de sa personne, de son domicile et du secret de sa correspondance".
L'articie 18 de l'Ordonnance no 62,041 du 19 septembre 1962 relatives aux dispositions
générales de Droit prévoit que "toute atteinte illicite à la personnalité donne à celui qui
le subit {e droit de demander qu'il y soit mis fin sans préjudice de la responsabilité qui
peut en résulter pour son auteur" Ces droits de la personnalité prennent de plus en plus
d'importance ; le droit à l'honneurt droit à l'intégrité corporelle, droit à protection de son
nom, de son image* des protections de l'esprit, etc.
B- Droits subjectifs réels
Les Droits subjectifs réels sont les prérogatives exercées sur des choses, c'est-à-dire
des biens qui peuvent être des meubles ou des immeubles. Les meubles sont des
choses mobiles, ils peuvent aussi être considérés comme meubles par définition de la
loi, par exernpie, des valeurs mobilières sont considérées comme meubles.
Par leur nature, les immeubles sont constitués par le soi et les bâtiments, mais la loi
détermine également des éléments considérés comme immeubles en raison de leurs liens
avec un immeuble naturel : par exemple, un troupeau de bœuf faisant parti intégrante d'une
exploitation agricole peut être considéré comme un immeuble en raison de caractère
accessoire à la propriété immobilière principale dont il est parti intégrante.
Les Droits subjectifs réels ont pour objet essentiel l'utilisation directe des choses sur lesquelles
l'individu exerce des prérogatives. Citons notamment le droit de propriété qui se décompose en
trois prérogatives principales le droit d'utiliser la chose (usus), le droit de bénéficier des avantages
matériels, de la chose sous forme de loyer, de récoltes, d'intérêts, etc. (fructus), et ie droit de vendre
la chose (abusus),
D'autres réels constituent des accessoires de créances. Mais on les considère comme des
droits réels en raison de leurs tiens avec la valeur en argent des biens que le titulaire d'un
droit de propriété possède, avec toutes les prérogatives du propriétaire dès lors qu'il est un débiteur :
par exemple, une hypothèque et/ou/ un gage pesant sur un bien réel sont considérés eux-même
comme des droits réels s'ils constituent la garantie dune créance.
II.L'effective des droits subjectifs
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Les droits subjectifs sont des prérogatives et doivent donc, pour être réellement utiles, être exercés avec
la perspective d’aboutir à un résultat : le respect de ces Droits subjectifs.
C’est ici qu'interviennent les autorités judiciaires.
On doit en effet distinguer deux grandes hypothèses de réalisation des Droits subjectifs
- d'une part, ces Droits subjectifs peuvent être exercés sans qu'ii y ait intervention des autorités
judiciaires. Un droit de propriété peut être exercé en toute liberté dans le cadre du Droit
objectif par le propriétaire, Un droit d'opposition peut être utilisé par toute personne qui en
bénéficie grâce au Droit objectif.
Cependant, ce libre exercice des Droits subjectifs n'a pas été pleinement admis par le Droit
malgache. Celui-ci, s'inspirant de la théorie de l'abus de Droit estime que les Droits subjectifs
doivent êtrenormatemergt exercés, c'est-à-dire selon des normes raisonnables, Si l'exercice
dun Droit subjectif excède ces normes dictées par la raison et le respect de ia paix socialet la
protection de ia loi n'est plus assurée.
Tel est le sens qu'il faut donner à f'afinéa 1 er de l'Ordonnance n0 62.041 du 19 septembre 1962
: "Tout acte ou tout fait qui excède manifestement par l'intention de son auteur, par son objet ou
par les circonstances dans lesquelles il est intervenu. L’exercice normal d'un droit, nsest pas
protégé par la loi et peut engager la responsabilité de son auteur
- D’autre part, si l'exercice d'un Droit subjectif se heurte à des résistances (refus. contestation,
inaction de la personne qui a l'obligation d'obéir à la loi et donc de se plier au devoir de faire
droit à la demande, du titulaire du Droit subjectif), une action en justice est nécessaire. Nul ne
peut se faire justice à lui même et toute personne dont le Droit subjectif est ainsi contesté doit
intenter un proces ; les règles d'un tel procès obéissent au code de Procédure Civile
SECTION 2 : RELATIONS ENTRELES PREROGATIVES ET L'INDIVIDU
Il a été précédemment exposé que les Droits subjectifs impliquent des prérogatives que toute
personne peut exercer afin d'assurer le respect de sa personnalité.
Il existe donc des relations étroites entre les Droits subjectifs et l'individu.
Celui-ci peut faire respecter ses droits sort dune manière non contentieuse, sans l'intervention des
autorités judiciaires, soit en introduisant une instance auprès des Tribunaux compétents, dans le cas où il
n'obtient pas le respect de ses prérogatives selon les simples règles de la vie sociale.
Par exemple, les pouvoirs des parents sur les enfants mineurs relèvent de Vautorité parentale qui
s'exerce tout naturellement au sein de la famille.
Mas la réalisation des Droits subjectifs ou en d3autres termes, le respect de prérogatives de
{'individu, peut être obtenue par divers modes d'actions qui ne sont pas pleinement contentieusest
c'est-à-dire relevant de l'autorité judiciaire. IL faut citer trois modes particuliers d'actions,
l'intervention du médiateur, l’arbitrage, la conciliation
I. Quelques modalités de t'exercice des Droits subjectifs sans intervention des autorités
Judiciaires
A. L’intervention du médiateur
Il faut préciser au préalable que les Droits subjectifs peuvent être constitués par des prérogatives
de Droit Privé ou de Droit Public.
S'agissant plus particulièrement des relations entre l'individu et l'Etat dans l'exercice de ses attributions
(fonctionnement des Administrations, des Collectivités publiques territoriales ; des Etablissements
publics et de tout autre Organisme investi d'une mission de Service public), l'individu, en sa qualité de
citoyen ayant sa personnalité juridique et disposant de prérogatives, peut estimer qu'à l'occasion d'une
affaire le concernant. Le Service Public n'a pas fonctionné selon les règles découlant de l'Etat de Droit
: la Constitution de la République Malgache du 18 septembre 1992, tout en réaffirmation dans l'article
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40 que "l'Etat garantit la neutralité politique de l'Administration, des Forces Armées, de la Justice, de
la Polices de l'Enseignement et de l'Education", a créé un organisme chargé de la protection des Droit
de l'homme, Droits subjectifs relevant du Droit Il Sagit du Médiateur créé par l'Ordonnance no 92012
du 29 Avril 1992. Le Médiateur est une personnalité indépendante, ne recevant d'instruction d'aucune
autorité et qui a pour mission d'examiner les réclamations individuelles formulées par ies citoyens et
faire toutes recommandations qui lui paraissent de nature à régler les difficultés dont il est saisi.
Il peut exiger une réponse satisfaisante de 1’Administration concernée et, le cas échéant, faire parvenir
aux autorités de l'Etat des rapports rendus publics.
Le Médiateur n'est donc pas une autorité judiciaire. Mais il dispose d'une autorité morale assortie de
modes d'actions susceptibles de provoquer des sanctions disciplinaires ou même des poursuites
judiciaires si des infractions sont découvertes à l'occasion de son intervention.
B. L'arbitrage
L’arbitrage est un mode de règlement de différends dans le domaine de la réalisation des Droits
Subjectifs en Droit Privé. Il est presque exclusivement utilisé dans le Droit des Affaires et en matière
de conflit collectifs de travails
Par exemple, des commerçants concluant un contrat peuvent convenir qu'en cas de litige ils le
soumettront à un arbitrer
L’arbitre peut être une personne choisie pour sa réputation d'intégrité ou pour ses qualifications
professionelles.
Les parties ou litige peuvent également constituer elles-mêmes une juridiction arbitrale ou avoir
recours, à des Cours d'Arbitrage permanentes. Ces juridictions arbitrales existent notamment à
Paris ou à Londres.
Les parties évitent ainsi de recourir aux Tribunaux judiciaires. Mais cela signifie-t-il que la
réalisation des Droits subjectifs par arbitrage peut être qualifiée de "non contentieuse'? . La réponse
doit être nuancée car, s'il est vrai que l'arbitrage évite le recours aux Tribunaux jtidiciaires, il
présente cependant des caractères qui le rapprochent de procédure contentieuse. En effet, la
juridiction arbitrale rend une véritable sentence arbitrale dont l'exécution dépend de la volonté des
parties. Pour donner aux sentences arbitraies une force exécutoire, les parties peuvent soumettre ces
décisions arbitraies à la sanction des jundictions de Pordre judiciaire. Dans ta pratiqueÿ la sentence
arbitraåe est soumiss à un juge professionnel quilui donne force exécutoire par une procédure
appelée "exequatur". Mais le juge n'a pas à reexaminerI’affaire réglée par sentence arbitrale, il ne
peut qu’examiner si les règles légales concernant l’arbitrage ont été respectées (article 439 à 464 du
Code de Procédure Civile
Malgache).
C. La conciliation
Diverses lois malgaches prévoient que préalablement à tout recours aux Tribunaux les parties en
litige peuvent avoir recours à une procédure de conciliation. Dans certains cas, cette procédure est
obligatoire (par exemple en matière de divorce).
De la procédure de conciliation expressément prévue par Code de Procédure Civile, il faut
distinguer les procédures traditionnelles de conciliation devant des Collectivités obéissant à des
règles coutumières (notamment le FokonoionaL)
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II. L'intervention des tribunaux judiciaires
L'action en justice est la voie de droit normale par laquelÌe une personne s adresse au juge
pour obtenir reconnaissance ou la protection d'un Droit subjectif,
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I 'exercice de cette voie de droit aboutir à un procès civil dont le règles sont déterminées par
le Code de Procédure Civile.
Le procès Civil obéit des règles fondamentales, qui ne peuvent être détaillées dans l'approche
technique du Droit,
On peut cependant citer les règles fondamentales suivantes
tous les citoyens sont légaux devant la loi et plaident en toute liberté et dans les mêmes
forme devant les Tribunaux
tout individu peut présenter et expliciter sa demande une justice : le recours à l'Avocat, à un
Agent d'affaires ou à un Huissier n'est pas obligatoire
tout procès civil est contradictoire, c’est-à-dire que le juge doit entendre celui qui réclame
son Droit (le demandeur) aussi bien que celui contre lequel cette réclamation est dirigée (le
défendeur)
dans tout procès civil, le principe de la protection de la défense doit être respecté. Il
appartient au demandeur de rapporter de son bon Droit, et le défendeur a le droit de, présenter
sa défense en dernier lieu dans le débat
le juge doit être neutre ; toutefois dans l’esprit du code de Procédure malgache, le juge civil a
de larges possibilités de mener tes débats librement afin de parvenir à une solution ala fois
juste et équitable. Il n'a pas un rôle purement passif mais dispose de prérogatives qui
pourraient l'assimiler à un véritable Juge d’lnstruction civil
les débats sont publics et oraux : pour des raisons d'ordre public, le juge peut ordonner que
les débats aient lieu à huis clos. Par ailleurs, Le principe de l'oralité des débats signifie que les
parties ont la faculté de développer oralement leurs conclusions écrites
dans tout procès civil, plaideurs ont droit* en règle générale, à un double degré de
juridiction (droit de faire appel sauf exception prévues par la loi);
le pourvoi en cassation n'est pas une voie mènant à un 3ème degré de juridiction, mais un
recours tendant à faire examiner par la Cour Suprême s'il y a eu une correcte application du
Droit aux é\éments de fait, objet du procès toute décision judiciaire ne pouvant pius faire
l'objet de recours et donc jugée définitivement, est revêtue par {a juridiction publique d'une
force paticutièrel'autorité de la chose Jusée qui interdit de remettre en question un litige
définitivement jugé.
SECTION 3 : LES CARACTERES DES DROITS SUBJECTIFS
Les droits subjectifs ont été jusqu'à présent, présentés comme des prérogatives appartenant à un
individu, une personne physique mais les caractères de cette personne physique doivent maintenant
être précisés.
Il existe également une catégorie de personnes disposant de prérogatives mais ayant des
caractères particuliers par rapport à la personne physique ce sont les personnes morales
I. Caractéristique de la personne physique
La personne physique est l'être humain, vivant, ayant une aptitude à être sujet de droits par
l'acquisition d'une personnalité.
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A. L'existence de la personne physique
La personne physique apte à avoir des Droits Subjectifs est la personne vivante, présente et
ayant la possibilité intellectuelle de réaliser ses Droits Subjectifs.
Cette définition peut être discutée mais facilite la compréhension des règles de l'existence de ia
personne physique.
1- La personne physique doit être vivante : cela signifie notamment que diverses
questions doivent être posées concernant la définition de personne vivante
- l'enfant simplement conçu est.il un être vivant ? La réponse doit être affirmative car
s'il est évident, que l'être n'est pas encore né ne peut pas se prévaloir de ses
prérogatives, il n'en est pas moins en être vivant qui, par exempte, a déjà les
prérogatives d'un enfant bénéficiant d'une filiation : "l'enfant simplement conçu est
tenu comme étant né, donc être vivant (la règle héritée du Droit Romain est devenue
principe Général de droit "infansconceptus pro natohabeturl »
la personne dont l'état physique est tel qu'ou peut la considérer comme morte n'est-
elle plus une personne ayant des Droits Subjectifs. La réponse doit être négative. Tant
qu'une personne est en elle pas perdu sa personnalité juridique et a toujours des Droits
Subjectifs.
2. La personne disparue doit-elle considérée comme ayant perdu sa personnalité
juridique
Cette question complexe est réglée par l'Ordonnance n o 62.003 du 24 juillet 1962 qui régit
notamment la matière de l'absence ; dans les conditions précisées par la loi* une personne
absente ou disparues dont on peut penser qu'elle est en réalité morte, ne peut perdre sa
personnalité juridique qu'à le suite d'une décision judiciaire constatant son absence ou sa
disparition et permettant l'ouverture de sa succession.
Cette décision judiciaire est précédée d'une période et d'investigation ayant pour objet de
sauvegarder les intérêts de l'absent ou du disparu s'il vient à réapparaître.
3. La personne physique n'ayant pas le discernement suffisant pour exercer ses prérogatives
de personnalité juridique doit-elle être cependant considérée comme une personne physique ayant
des Droits Subiectifs ?
Les réponses doivent être nuancées.
La personne qui a perdu la raison (aliénée) est protégée par la toi qui prévoit, selon le cas,
de mesures d'internement ou de mise en tutelle. Mais un afiéné peut avoir des moments
de lucidité, il peut être égaiement considéré comme un malade qui peut guérir ou, au
moins, récupérer en partie ses facultés mentales.
L’enfant peut-il être considérée comme une personne physique ayant des Droits
Subjectifs et pouvant les réaliser ?
La Convention relative aux Droits de l'enfant qui été d'ailleurs intégrée dans le Droit
positif malgache par la Constitution du 18 septembre 1982 permet de répondre clairement
à cette question : tout être humain âgé de moins de 18 ans a des Droits Subjectifs relevant
du Droit privé ou du Droit Public = droit à l'identité, doit au nom, droit d'exprimer
librement son opinion sur toute question t'intéressant, droit à la liberté d'expression, droit à
la liberté de conscience et de religion droit de bénéficier de la Sécurité Sociate, droit à un
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niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel,
moral et social, etc.
B. De quelques droits de la personne physique
Il n'est pas possibie d'énumérer tous les Droits Subjectifs de la personne physique
et nous nous bornerons à évoquer quelques attributs importants.
1. L'identification de la personne physique
Toute personne physique a droit de disposer de tous les modes prévus par la loi
devant permettre son identification
Le nom : le droit au nom, et d'une manière générale, à l'identification est important à
Madagascar en raison de l'essor démographique et des insuffisances de l'Administration
de l'état-civil. Selon ta (du 9 octobre 1961 sur tes actes de civil. Les déclarations de
naissance sont obligatoires et doivent être effectuées dans un délai prescrit par la loi. Or,
en raison de l'éloignement, de {ignorance de ta population rurale, des faiblesses de
l'organisation de t'Etat civil, de nombreux enfants ne sont pas déclarés à t'état civil. Les
parents ne s'en aperçoivent que s'agit d'inscrire dans une école.
Par ailleurs, un nombre non négligeable d'adultes n'ont jamais été enregistrés à
l'étatcavil et rencontrent de nombreuses difficultés iorsqu'ils doivent prouver leur
identité afin de réaliser un Droit Subjectif.
le dornicile : tout Individu physique doit avoir un domicile. Au sens juridique de
Pexpression, te domicile permet de situer la personne physique, de iaretrouven de
permettre de faire vaioir ses droits La toi malgache définit ie domicile de toute personne
physique comme étant le lieu de sa résidence principale droit à ia nationalité
conformément à réglementation de la Communauté internationales toute personne
physiqueR a droit à une nationalité, L'apatridie qui est la situation dans se trouve une
personne qui n'a pas de nationalité, est une situation exceptionnelle dans le Droit
international20 Les libertés indWid¿telies
Tout individu a ia liberté d'aller et de venin
Son domicile estinviolable
Tout individu peut vivre en toute liberté selon le mode d'existence qu'il a choisi (sauf
abus pouvant porter atteinte aux Droits Subjectifs des autres individus),
Tout individu a le droit de protéger ou de faire protéger sa vie intime. Tout individu a le
droit de protéger son honneur
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II. Caractéristique de la personne morale
Le personne morale en sens juridique du terme est l'être humain, sujet de droit et pouvant exercer les
prérogatives ou Droits Subjectifs que le Droit Objectif lui donne
Nous venons de décrire les caractères de ta personne physique, ayant une personnalité
juridique mais nous avons là, également qu'il existe une autre catégorie de personne ayant ta
capacité juridique les personnes morales.
Dans la vie sociale, les personnes physiques peuvent se regrouper et constituer des communautés
d'individus ayant des intérêts collectifs.
Ces communautés forment chacune un ensemble dont l'identité et l'activité sont distinctes des parties
qui les composent, c’est-à-dire individus il peut s'agir d’associations, de groupements de partis
politiques, de Sociétés. et également des entités de Droit Public
Ces groupements ou communautés ont une vie propre et doivent en conséquence pouvoir exercer des
droits, accomplir des actes juridiques, être débiteurs ou créanciers d'obligations et particulièrement
être titulaires de Droits Subjéctifs
La doctrine distingue 2 catégories de personnes morales
- lespersonnes morales de Droit Public parmi lesquelles se placent Etat, les collectivités
territoriales ou les Etablissements publics
- les personnes morales de Droit privé qui sont essentiellement les Société (civiles ou
commerciales), les Associations et des groupements ayant un statut particulier mais qui
possèdent personnalité juridique,
Nous nous préoccuperons surtout des personnes morales de Droit Privé.
Définition de personne morale ayant la capacité juridique
Tous les groupements d'individus ne constituent pas nécessairement des personnes morales ;
une simple amicalet la communauté constituée par les descendants d'un même ancêtre ou une
Société exerçant ses activités d’une manière informelle n’ont pas la personnalité juridique, et
par conséquent ne peuvent pas être titulaire de Droits Subjectifs.
Seuls constituent des personnes morales ayant la capacité juridique les groupements organisés
selon tes prescriptions de la loi,
On peut citer comme exemple les Sociétés crées conformément à législation commerciale,
Associations constituées conformément la loi (Ordonnance du 3 octobre 1960 sur
Associations)
Dès lors que ces groupements ou communautés ont été créés et sont organisés conformément
aux et règlements qui doivent les régir, ils sont pratiquement assimilés à une personne
physique, sujets de Droits et pouvant exercer les prérogatives que le Droit Objectif leur
accorde, par l'intermédiaire de leurs représentants.
Cette définition est importante à retenir à Madagascar où, dans l'ignorance de la loi ou en
raison de confusion volontairement ou involontairement entretenues, foisonnent
d'innombrables groupements de fait exerçant des activités se situant du Droit ou qui sont
contraires aux objectifs légaux qu'ils devraient avoir si leur Constitution étant conforme au
Droit. De nombreux exemples peuvent être cités une Association familiale composée de
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descendants d'un même auteur vend une terre indivise inscrite encore au nom de leur auteur
La vente ne peut être valable car d’une part, l’Association familiale est une association de fait
n’ayant pas la capacité juridique et n'étant pas propriétaire de la terre, d'autre part, ta terre ne
peut être vendue que par les véritable héritiers de I t auteur propriétaire, agissant chacun en
leur nom propre.
Autre exemple une Association cible organisée conformément à l'Ordonnance du 3
octobre 1960 sur les Associations ne peut pas exercer des activés commerciales car
L’Ordonnance du 3 octobre 1960 interdit toute activité lucrative au profit de ses membres
aux Associations civiles. Ces activités sont réservées aux Sociétés commerciales.
Autre exemple : une Association civile ne devrait pas exercer des activités politiques ou
syndicales. Les parties politiques ou les syndicats sont régis par des lois différentes.
On cite souvent l'appellation "Organisation Non Gouvernementale" en réalité ; il n'existe
pas de catégorie particulière de personne morale portant ce nom.
L'appellation"Organisation Non Gouvernementale" (ONG) est une appellation
commode pour désigner des Associations ayant des objectifs divers mais régies par
l'Ordonnance 60.133 du 3 octobre 1960,
Les personnes morales de Droit Privé
Ce sont des variétés d'Association ou de Groupement ayant chacun une condition juridique
particulière
Sans entrer dans les détails que les étudiants retrouveront tout au long de leurs études,
on peut distinguer à Madagascar les catégories suivantes de personnes morales de Droit
Privé.
1- Les sociétés qui sont des personnes morales mettant des moyens en commun en vue de
partager les bénéfices qui pourraient en résulter. Ce sont des sociétés de commerce qui
portent des noms divers selon leur type d'organisation : Société anonyme, société à
responsabilité limitée en nom collectif.
Si une société n'a pas pour objet d'accomplir des actes de commerces elle constitue une
Société civile, généralement créée pour la maintenance et l’exploitation de biens
immobiliers.
Il faut se garder de confondre la Société civile ainsi définie et régie par la loi avec
appellation "Société civile" utilisée dans le monde politique pour distinguer les partis
politiques des personnes qui se regroupent sans vouloir appartenir à un parti.
2- Les Associations qui sont des groupements dont les membres ont un objectif commun
autre que celui de partager des bénéfices. Ces Associations ont généralement un objectif
social, culturel ou économique. Pour obtenir la capacité juridique, et donc le droit
d'exercer des prérogatives en tant que titulaire de Droits Subjectifs (par exemple droit de
propriété), une Association doit toujours se conformer à la règlementation édictée dans
l’Ordonnance 60.133 du 3 octobre 1960 qui prévoit notamment des formalités de
déclaration auprès de l'autorité administrative,
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Une Association non déclarée n'est pas illégale mais elle ne possède aucune capacité
juridique.
Une Association déclarée peut accéder à la qualité d'Association reconnu d'utilité publique
par Décret, L'Association reconnue d'utilité punique a une capacité plus étendue que
l’Association simplement déclarée,
3- Les Syndicats : ce sont des groupements régis par une réglementation particulière qui ont
pour objet la défense d'intérêts professionnels.
4- Les congrégations religieuses : Compte-tenu de la diversité des religions et de
l'évolution de leur histoire à Madagascar, les Communautés religieuse sont très variées.
On distingue notamment les grandes Eglises (Eglise Catholique, FJKM, FLM, Eglise
Anglicane, …), les Associations culturelles régies par l'Ordonnance du 1 er octobre
1962 mais qui peuvent accéder au statut d'Eglise.
Une ordonnance no 62.117 du 1 er octobre 1962 relative au régime des Cultes réglemente la
création et l'organisation des Eglises et des Associations culturelles.
Les Eglises dont l’existence juridique et la personnalité morale sont reconnues par l'Etat
et dont la liste figure dans l'Ordonnance du 1er octobre 1962, sont pleinement capables et
ont des prérogatives très étendues,
Les Associations culturelles sont soumises à une réglementation plus stricte et acquièrent la
personnalité morale par leur reconnaissance de l'autorité publique.
Mais en marge des dispositions de l'Ordonnance du 1er octobre 1962, existe de
nombreuses Sectes Chrétiennes ou non chrétiennes et des Congrégations religieuses non
chrétiennes dont l'existence est tolérées par tes pouvoirs publics mais qui n'ont pas la
personnalité morale à moins de se conformer à la réglementation des Associations
culturelles.
Les groupements religieux chrétiens ou non ne bénéficiant d'aucun statut peuvent librement
exercer des activités religieuses Mais ils n'ont pas la personnalité morale.
5- Les parties politiques régis par une loi particulière.
Ordonnance N 090.001 du 09 Mars 1990 et abrogée par la loi N O 2011-012 du 09 septembre
2011 relative aux partis politiques et également la loi N02011-013 portant statut de
l'opposition de la même date.
CHAPITRE III : LA VOCATION PARTICULIERE DU DROIT CIVIL
Dans une approche technique de l'étude des différentes disciplines, te Droit Civil occupe une place
particulière et privilégiée, Rappelons que le Droit Civil est l’ensemble des règles régissant les
rapports entre particuliers et fait partie intégrante du groupe des 'matières juridiques qui constitue le
Droit Privé, l'autre groupe constituant le Droit Public.
Le Droit public règlemente l'organisation de I IEtat de ses démembrements (Gouvernement central
Collectivités administratives, Institutions faisant partie des 3 Pouvoirs Législatif, Exécutif et
Judiciaire).
Le Droit privé constitue le cadre juridique des rapports des citoyens entre eux, des rapports entre Ses
Collectivités publiques, et les particuliers, et d'une manière générale, les règles de droit applicables
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devant Tribunaux judiciaires (par opposition aux Tribunaux de l'ordre administratif). Dans une
première analyse, on peut donc dire que le Droit Civil est une des parties du Droit Privé qui comprend
les lois relatives à l'Etat et à la capacité des personnes à la famille, au patrimoine, à la transmission
des biens, aux contrats et obligations,
Font aussi partie du Droit Civil malgache les lois concernant l'état civil le nom, le domicile et
l’absence, le mariage, la filiation, successions et testaments, les régimes matrimoniaux, le droit clé,
propriété, les contrats et obligations,
C’est ainsi que les étudiants auront à aborder l'étude des lois suivantes, dont nous donnons une liste
non exhaustive
- l’Ordonnance n o 62.041 du 19 septembre 1962 portant dispositions générales de Droit Privé
(N.B. " cette loi a une portée générale et s'applique aussi bien à toutes tes dispositions de Droit
Privé qu'à diverses lois qui relèvent du Droit public).
- La loi no 61.025 du 9 octobre 1961 sur les actes de "état civil, complétée par des règles
d'application (Décrets ou Circulaires), modifiée par la loi n° 90.015 du 20 juillet 1990.
- L'Ordonnance n o 62.003 du 24 juillet 1962 sur le nom, fe domicile et l'absence, modifiée
par la loi ne 90.012 du 18 juillet 1990 ;
- L’ordonnance no 62.089 du 1er octobre 1962 relative au mariage, modifiée par la loi
N°90,013 20 juillet 1990 et la loi N°2007-022 du 20 Août 2007
- La loi no 63.022 du 20 novembre 1993 sur la filiation, l’adoption, rejet et la tutelle,
- La loi n o 67 030 du 18 décembre 1967 sur les régimes matrimoniaux, modifiés par une loi du 20
juillet 1990.
- La loi no 68 012 du 4 juillet 1968 relative aux successions, testaments et dona ions.
- La Loi sur la théorie Générale des Obligations (LTCO) de 1966
- La Législation Foncière actuelle : cette législation est plus complexe à présenter car elle
comporte plusieurs lois, les unes très anciennes les autres contemporaines ou postérieures à
l’indépendance et par ailleurs contiennent des dispositions de Droit Public et de Droit Privé.
Il faut citer notamment
- La Loi no 60.004 du 15 février 1960 au domaine privé national.
- La Loi n° 2005-019 du 14 Octobre 2005 fixant les principes régissant les statuts des terres.
- La Loi n o 2006-031 du 24 Novembre 2006 fixant le régime juridique de la propriété non titrée.
- La Loi no 2006-014 du 23 Juillet 2008 sur le Domaine privé de l'Etat des collectivités
décentralisées et des personnes morales de Droit Public.
- La Loi n°2008-013 23 Juillet 2008 sur le domaine public.
Par ailleurs, en raison de la complexité de la matière, les lacunes et les insuffisances étaient
inévitables. Aussi, les Tribunaux judiciaires sont-ils parfois contraints d'avoir recours au Code Civil
français tel qu'il était applicable à Madagascar à ta veille de l'indépendance et tant que des
modifications Introduites par le législateur malgache ne sont pas intervenues, certes, on peut objecter
que le principe de la "continuité du Droit" consacrée per les Accords Franco-malgachesde 1960 a été
implicitement abrogé lors de la dénonciation de ces Accords en 1973» Mais ayant l'obligation de
juger, le magistrat saisi peut "en cas de silence, d'insuffisance ou d'obscurité de s'inspirer des
principes généraux du Droit et le cas échéant des coutumes et traditions" (Article de l'Ordonnance n o
62,041 du 19 septembre 1962).
Sous réserve de l'appréciation souveraine des Tribunaux, et dans la mesure où ceux-ci ne veulent pas
se référer Code Civil français, ils peuvent considérer comme "principe général de Droit" ce que l'on
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appelle "la raison écrite", c'est-à-dire des règles de Droit ne faisant pas partie intégrante de la loi
nationale dont le juge peut s'inspirer.
SECTION 1 : L'ANTERIORITE DU DROIT CIVIL ET SON INFLUENCE SUR LES
AUTRES DISCIPLINES JURIDIQUES
Nous venons de situer la place et le contenu du Droit Civil à l'intérieur du Droit Privé,
Mais en réalité, le Droit civil a depuis longtemps exercé une forte influence sur les autres disciplines
juridiques.
Cette influence est d’abord due à son antériorité aux autres systèmes de Droit. Dans l'histoire
universelle du Droit Civil s'est toujours confondu avec le Droit Privé. Pendant des siècles, le Droit
Privé alors, synonyme de Droit Civil, était le seul Droit connu des civilisations modernes ou
traditionnelles.
Ensuite, en raison même de son origine et de son antériorités le Droit Civil a étendu son
domaine, approfondi ses concepts ou idées générales et précisé ses règles,
Il en résulte que les autres disciplines juridiques, tout en conquérant peu à peu leur indépendance, ont
très souvent emprunté au Droit Civil ses analyses, ses règles, ses théories,
SECTION 2 : LE DEMEMBREMENT DU DROIT CIVIL
A mesure que les relations juridiques entre les particuliers ou ente collectivités publiques se
perfectionnaient et devenaient plus complexes, le Droit Civil, origine en tant quelque sorte "ancêtre"
des autres branches de Droit, n'a plus constitué la seule base des règles juridiques. Des branches
nouvelles sont apparues, ont acquis leur autonomie et sont devenues des disciplines indépendantes.
Des disciplines non juridiques se sont rapprochées du Droit soit pour apporter les résultats de leurs
recherches, soit au contraire pour retirer des enseignements ou des disciplines juridiques.
Le Droit Public a été ta première discipline à acquérir son indépendance et en fait, l'histoire
universelle du Droit enseigne que le Droit Public et te Droit Privé ont été les deux premières grandes
divisions du Droit général.
Des exemples illustrent cette évolution des disciplines juridiques qui s'est étendue en fait sur
plusieurs siècles
Dès la mise en place d’institutions étendues, aussi dans les grands Empires du continentafricain
que dans pays de tradition roman-germanique (Droit Romain et Droit Germanique), la grande
division de base Droit Public et Droit Privé s’est instaurée.
Dès la naissance des échanges commerciaux internationaux, les règles de Droit Civil ont paru
trop lourdes et trop complexes, Le commerce nécessitait une réglementation souple, rapide et
facile à pratiquer : ce fut la naissance et te développement du Droit Commercial. Dès la
naissance des premières "manufacture » (usines, entreprises artisanales importantes, etc.), Il a
fallu créer une législation particulière réglementant les relations entre tes travailleurs et les
patrons, la sécurité dans les entreprises et l’équilibre entre l'intérêt du simple citoyen et des
possédants : ce fut la naissance du Droit industriels, des Lois sur les investissements et plus
récemment de ce que l'on appelle maintenant le Droit Economique. La vie économique dans tes
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campagnes a acquis une originalité et des particularités qui ont donné naissance à un Droit
Foncier (droit de la terre) ou au Droit Rural
Beaucoup plus récemment des disciplines juridiques ont connu un développement rapide comme
le Droit de la Mer, le Droit Aérien, le Droit de !'Environnement.
Le Droit de la Famille lui-même, qui est par excellence une matière relevant du Droit Civil
connaît des divisions qui peuvent donner naissance à des disciplines autonomes : le Droit de
la femme, le Droit de l'enfant.
SECTION 3 : LA SURVIVANCE ET LA PERMANENCE DU DROIT CIVIL LE
DROIT PRIVE
Mais le Droit Civil demeure toujours la source principale de tous systèmes juridiques autonomes.
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C'est ainsi notamment que le rapport entre le Droit Civil et le Droit Commercial sont étroits : un
contrat commercial obéit à la fois, selon sa nature et les actes qui en découlent à des règles de Droit
Commercial et des règles de Droit Civil il faut donc considérer le Droit Civil non pas comme un
Droit supérieur et créateur d’autres disciplines, mais comme un Droit.
- qui touche de très près à la vie personnelle de l'individu
- qui sert de recours et de référence pour tes autres disciplines juridiques ;
- qui contribue le plus efficacement à la formation de l'esprit juridique un esprit non
dogmatique, mais pragmatique, proche de la réalité, mettant entre les mains de l'étudiant des
instruments d'analyse et des méthodes de travail , qui donne un esprit de rigueur, une plus
grande facilité pour ordonner le raisonnement, donner un esprit de synthèse et classifier tes
connaissances,
Ces observations sont valables aussi bien pour le Droit Civil lui-même et ses démembrements que
pour toutes tes autres disciplines juridiques.
CHAPITRE IV : LES DISCIPLINES JURIDIQUES CLASSIQUES
A la lumière des explications précédentes, on doit considérer que dans le Droit Malgache, la division
fondamentale entre le Droit Public et le Droit Privé demeure la base de distinction entre ces deux
grands groupes de discipline,
SECTION 1: LE DROIT PUBLIC
Le Droit Constitutionnel, le Droit Administratif e le Droit des Finances Publiques constituent les
principales disciplines du Droit Public auxquelles s'ajoutent cependant d'importantes comme le Droit
International Public et les libertés publiques.
SECTION 2 : LE DROIT PRIVE
Le Droit Privé comporte le Droit Civil, te Droit Commercial, le Droit du travail, le Droit
International
Privé. La Procédure civile, le Droit Rural,
D'autres disciplines comportent des matières mixte (de Droit Public et de Droit Privé) que le
Droit Economique et le Droit Pénal
DEUXIEME PARTE : LE DROIT, UNE SCIENCE
CHAPITRE I : LES TECHNIQUES JURIDIQUES
Li
Quelles que soient les branches choisies par les étudiants (Droit Public ou Droit Privé), le Droit
doit être considéré comme une véritable science qui comporte des techniques que tout juriste doit
s’efforcer non seulement d'acquérir, mais de maîtriser pleinement.
Il ne s’agit pas seulement d'apprendre son cours et d'accumuler des connaissances, mais de
dominer des techniques que tout publiciste ou privatiste doit posséder tout comme le médecin,
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l'ingénieur ou le chercheur scientifique maîtrisent des techniques tout en ayant des connaissances
sûres.
Dans la présente introduction, nous nous bornerons à insister sur 3 éléments essentiels : le
langage, droit et la vie de tous les jours et la politique législative,
SECTION 1 : LE LANGAGE JURIDIQUE
Le Droit en tant que science a pour objet de classer, de rassembler et de compléter les dispositions
juridiques les unes par les autres. Les auteurs exposent que le Droit est une séance de
systématisation, aboutissant à un ordonnancement de tout raisonnement et même de toute activité.
C’est également une science d'interprétation qui fait appel à la déduction à partir de principes à
bonne connaissance des définitions et des catégories juridiques,
La science du Droit permet également de dégager la nature juridique d'une institution (exemples :
la notion de patrimoine, le mariage ,la société de faits etc.)
Les étudiants rencontreront ces différents problèmes durant toutes leurs études, Notre projet n'est
donc pas de tes étudier ici ce serait pratiquement impossible mais d'insister sur l'instrument qui
doit permettre la maîtrise du Droit en tant que science de systématisation, de classification et
d’interprétation. C’est le langage.
Le langage juridique n'est pas langage compliqué et hermétique comme on veut parfois le faire
croire. Mais c’est un langage qui exige une rigueur des termes\ une exactitude des mots utilisés,
une sobriété dans le style et une protection dans l'utilisation de chaque expression.
Ces différentes qualités doivent être acquises dès la 1ére Année et perfectionnées dans les
années suivantes
Il ne faut pas se dissimiler que le problème est complexe pour un étudiant malgache
particulièrement celui qui a fait ses études à Madagascar
Notre Intention n’est pas d'ouvrir un débat sur le problème de la langue malgache comme langue
d'enseignement mais de constater un fait : l'enseignement du Droit est dispensé en français. Les
quelques ouvrages dont les étudiants peuvent disposer ainsi que cours polycopiés qu'ils peuvent
avoir entre les mains sont en français.
Or, on constate dans les copies et dans les interrogations orales une baisse inquiétante du
niveau de français et une difficulté d'expression aux épreuves orales.
Ce fait porte un préjudice considérable aux qualités du langage juridique que nous venons
d'énumérer rapidement. Les définitions sont mal exprimées. Des expressions sont utilisées pour
d'autres et n'ont donc plus de sens, De nombreuses confusions laissent penser que l'étudiant n'a
pas maîtrisé suffisamment ses connaissances. Le style à l'écrit manque de sobriété, de précision
et de correction,
Chaque étudiant doit comprendre que le style et le langage Juridique exigent une parfaite maîtrise
dans l'intérêt même de l'étudiant.
Il ne s'agit pas seulement des examens universitaires, mais de tests que chacun subira pour un
emploi, des exigences de la profession ou des fonctions auxquelles l'étudiant se destine (rédaction
d'une note de contentieux dans une Société, plaidoirie devant un Tribunal, rédaction d'un
jugement ou de conclusions d'Avocat, participation à des conférences internationales au cours
desquelles les exigent une expression et une précision indispensables car la moindre erreur ou
maladresse d'expression ne pardonne pas).
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Nous n'ignorons nullement les origines de cette situation (problèmes de la langue malgache
malgachisation, passage d'une tangue à l'autre, difficulté à créer une véritable langue juridique
malgache, caractère international de la langue française ou anglaise, etc.).
Pour l'étudiant malgaches le problème est de surmonter les difficultés les difficultés d'expression,
de et d’une manière générale, de tangage), solutions ne sont pas faciles mais sont praticables
tout d'abord une lecture assidue. Cette lecture ne porte pas nécessairement sur les ouvrages du
programme, mais surtout ouvrage général de Droit pourvu qu'il soit bien écrit. La lecture doit se
faire stylo à la main pour recopier certaines phrases qui attirent l'attention et qui peuvent par suite
être relues, le suivi attentif des cours.
La constitution de petites équipes s’astreignant à relire les cours dans la langue d'enseignement
afin de s'habituer à s'exprimer.
Le problème du langage juridique est loin d'être facile à dominer, mais il est incontournable.
SECTION 2 : LE ROLE OU DROIT DANS LA VIE ET A PENSEE DE
L'HOMME
A plusieurs reprises, nous avons défini le Droit comme étant I ’ensemble des règles qui
gouvernent tes relations entre les personnes, tes relations entre tes personnes et les pouvoirs
publics et les relations entre tes institutions de l'Etat (Droit Privé et Droit Public). Nous avons
également énuméré les principales sources du Droit.
Dans une société industrialisée et en plein développement, la politique législative peut avoir pour
objet de mettre de l'ordre dans le Droit des Affaires et d'équilibrer le développement industriel, le
développement agricole, tout en protégeant l'environnement.
CHAPITRE 2 : LES DISCIPLINES COMPLEMENTAIRES DU DROIT
SECTION 1 : LA NOTION D’INTERDISCIPLlNAlRE EN DROIT
Les disciplines juridiques que nous ayons précédemment énumérées ne sont pas indépendantes les
unes des autres.
La multiplication des matières juridiques a amené progressivement les
juristes ;
- à ne pas isoler les matières des autres
Par exemple, le Droit Civil et le Droit Commercial ont de nombreux points communs. Le Droit
Foncier a des relations étroites avec le Droit Fiscal.
D'une manière généralet tout étudiant en Droit doit pouvoir situer une question juridique par
rapport, non pas à une seule discipline mais également aux autres disciplines qui peuvent,
directement ou indirectement, la concerner.
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Par exemple, l'étude d'un contrat international me en jeu les règles de Droit Civil) de Droit
Commercial, de Droit International Privé, de Droit Commercial international. En outre, il doit
être dans son contexte socio-économique et dans celui des relations entre les pays concernés.
- à amoindrir et même parfois à supprimer les barrières qui séparent les disciplines ; un
publiciste doit connaître les règles essentielles du Droit Privé. Un privatiste doit maîtriser les
notions principales de Droit Public Economique. Un gestionnaire doit avoir des même
élémentaires de toutes les disciplines Juridiques constituant le Droit des Affaires,
SECTION 2 : LA SOCIOLOGIE ET SES BRANCHES
La vocation principale du Droit étant de régir les relations au sein de la société ; il est normal
que la sociologie, sans constituer une branche du Droit, apporte constamment aux juristes ses
observations, ses enseignements et même ses prévisions.
La sociologie comporte plusieurs branches : en particulier le juriste peut recevoir une aide
efficace} élargissant ses horizon, des branches telles que la Sociologie juridique; la Sociologie
religieuse, la Sociologie industrielle, la Sociologie politique et ce, en fonction du problème
juridique étudié
SECTION 3 : L’ART DU LANGAGE
Les problèmes concernant le langage juridique (2 èmepartie Chap. Section 1) ayant déjà été
étudiés, l’objet de la présente section est essentiellement de mettre en garde l'étudiant contre les
confusions de langage.
Grâce à l'interdisciplinaire du Droit et de la culture générale que tout juriste doit acquérir par ses
lectures, le langage utilisé par le juriste s'enrichit et complote le raisonnement Juridique
Mais juriste doit s'efforcer constamment de conserver la rigueur, l'exactitude et la sobriété du
style juridique.
Une dissertation juridique n’est ni une dissertation philosophique, ni un devoir littéraire ni un
exposé socio-économique.
SECTION 4 : ECONOMIE ET GESTION -INFORMATIQUE
Dans les pays en voie de développement, le juriste ne doit pas se cantonner à la maîtrise des
connaissances de Droit Privé ou de Droit Public.
De plus en plus les problèmes économiques et de gestion sont Intimement liés aux problèmes
juridiques
L’orientation générale des études juridiques est conçue dans ce sens et tout juriste doit saisir
toute occasion pour acquérir des connaissances d'économie et de gestion.
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L’expérience enseigne qu’un privatiste peut parfaitement assumer des responsabilités
Importantes dans une entreprise Industrielle ou commerciale s'il a su joindre ses connaissances
juridiques des connaissances d i économe et de gestion
L’observation vaut pour les connaissances dans le domaine de t'informatique
Les connaissances en Informatique constituent toujours une chance supplémentaire dans le
déroulement d'une carrière.
Par ailleurs, les applications de l’informatique dans le domaine du Droit sont de plus en plus
nombreuses notamment en matière de données juridique de mise en fiches, de
nomenclature.
SECTION 5 : LE DROIT COMPARE
Bien que chaque société soit maitre de son Droit. L’histoire du Droit enseigne que les grands
systèmes juridiques regroupés en familles de Droit le Droit Musulman le Droit Anglo-saxon le
Droit Roman-Germanique dans lequel nous retrouvons le Droit Francophone qui a fortement
marqué le Droit Malgache.
Aussi, tout juriste doit ils'intéresser aux différents systèmes juridiques autres que
Francophone.
Cet intérêt peut être l’origine de découvertes dans des recherches juridiques ; d'innovations et
d’améliorations.
L'étude du Droit comparé peut également être une aide précieuse pour l'étudiant qui se destine à
une carrière de Droit international ou à l'étude de questions juridiques internationales.
Mais dans ce domaine, il faut également éviter les confusions car tout grand système juridique est
cohérent et obéit à des règles spécifiques.
SECTION 6 : LE DROIT ET LES COMPORTEMENTS PATHOLOGIQUES DE
L'HOMME
Le Droit régit les relations entre individus doués de raison et ayant un comportement normal.
Mais l'homme peut avoir des comportements pathologique, c'est-à-dire anormaux, marginaux
par rapport aux autres individus (déficience de la raison, faiblesse d'esprit, tendance agressive
etc.)
Le rôle du Droit étant de maintenir l’harmonie dans les relations interindividuelles, il est appelé à
intervenir
- Soit pour protéger la société et les individus contre les comportements pathologiques
- Soit pour protéger l'individu au comportement pathologique contre toute atteinte injuste de la
part de la société ou bien des Individus eux-mêmes
Les modalités d'intervention de la loi sont diverses et seront étudiées dans les années à venir
Par ailleurs, l'homme peut se trouver dans une situation pathologique, c'est-à-dire anormale par
rapport aux situations normales au sein de la société.
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Par exemple l'état de mariage est une situation normale, l'exécution des devoirs qu'implique l'état
de mariage (respect mutuel, contribution aux charges du ménage, entretien et éducation des
enfants) s'effectuent tout normalement grâce à la vie commune : la situation est normale. Mais si
des conflits surgissent au sein de la famille et compliquent ou même rendant impossible
l'application normale des règles de Droit régissant le mariage, la situation devient pathologique,
et des règles particulières de Droit interviennent pour rétablir un équilibre social au sein du
groupe familial ou à défaut, contribuer à créer une situation nouvelle, rééquilibrée.
Le Droit prévoit dans ces différentes hypothèses de situations pathologiques, l'intervention du
pouvoir voire judiciaire.
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CHAPITRE III : EXEMPLES DE NOUVELLES CLASSIFICATIONS DES
DISCIPLINES JURDIQUES
Ce chapitre III devrait être destiné à passer en revue des disciplines juridiques qui ne sont pas
nouvelles mais qui acquièrent par leur importance croissante, une autonomie née d'un
regroupement de plusieurs disciplines plus classiquement connues.
En raison des multiples explications qui ont été données précédemment, des développements sur
chacune des sections énumérées dans ce chapitre risqueraient de créer des répétitions.
Aussi, en résumé, exposerons-nous les exemples suivants
- le Droit des affaires est constitué par "ensemble des règles régissant entreprises et
comporte donc notamment le Droit commercial, le Droit Fiscal, le Droit Civil des contrats
et des biens, le Droit du Travail, le Droit Pénal des Affaires. Le Droit de la concurrence,
le Droit de distribution.
- le droit de l’environnement contient en particulier les règles, qui protègent les forêts, les
eaux, l’atmosphère, la salubrité et l’hygiène urbaines, l'impact des implantations
industrielles sur le milieu physique et social.
- les Droits de l'Enfant rassemblent les dispositions de Droit International de Droit Civil, de
Droit et de Procédure Pénale, de Droit du Travail concernant les jeunes de moins de 18
ans.
- le Droit Economique est une appellation qui se rapproche de celle du Droit du
Développement et du Droit des Affaires, il s’y ajoute les règles de Droit Constitutionnel et
de Droit Administratif ayant des Incidences économiques, le Droit public des affaires, le
Droit de la concurrence, le Droit de la consommation, le Droit de distribution.
- le droit de la terre est une appellation moins connue que les autres, elle tend à rassembler
le Droit de la Propriété Foncière, le Droit régissant les organisations agricoles, le Droit des
Eaux et Forêts,
Pour chacune des rubriques, l'énumération n’ est pas exhaustive et est complétée à mesure qu’un
nouvel ensemble de lois est suffisamment cohérent pour constituer une nouvelle discipline.
Par ailleurs, les exemples donnés sont loin de recouvrir tout le Droit. Il existe le Droit Aérien, le
Droit de la Construction, le Droit de la Coopération. etc.
L’essentiel pour l’étudiant en Droit est de se rendre compte de la très grande diversité des disciplines
juridiques et de retrouver comment ces disciplines se complètent où se recoupent.
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TROISIEME PARTIE : LA FORMATION DU DROIT
CHAPITRE I : SURVOL HISTORIQUE DE L’EVOLUTION DU DROIT
MALGACHE
Les étudiants, auront encore l’occasion d'étudier l’histoire du Droit Malgache, et les
développements qui vont suivre ne constituent qu’un aperçu très bref permettant de reclasser dans
son ensemble les grandes tendances de l’Histoire du Droit Malgache.
SECTION 1 L.E TEMPS DES TRADITIONS
Les recherches sur les origines du peuplement de Madagascar et en conséquence sur les premières
règles qui ont régi la société traditionnelle à l’origine sont encore insuffisantes pour connaître les
débuts du Droit Malgache.
Ce que l’on peut retenir, c’est que tous les premiers habitants avaient déjà une organisation très
primitive mais qui n’a très certainement jamais entièrement disparu.
Terre d’immigration, Madagascar a connu plusieurs vague de pénétrations qui ont été probablement
à l’origine de la formation des premiers royaumes et de la création de nouvelles traditions .Il y a eue
des apports arabes africains, indonésiens, et d’une manière générale islamiques. Des coutumes se
sont créés et se sont imposées.
Il est difficile de fixer l'époque de ces coutumes mais il est certain qu'elles étaient bien antérieures
aux kabary d'Andrianampoinimerina que beaucoup considèrent comme la source du Droit Malgache,
alors que des traditions beaucoup plus anciennes existent déjà.
SECTION 2 : L'AUTONOME DES SYSTEMES JURIDIQUES
A mesure que les populations s'installaient, prenaient possession de leurs territoires respectifs et
s’organisaient, les coutumes, par leur application répétée et par l’autorité que leur conféraient les
souverains devenaient le Droit positif de chaque groupe social.
Ainsi sont nés des systèmes juridiques traditionnels et autonomes dont certains se sont imposés soit
par le mélange des populations, soit par les conquêtes.
C’est ainsi notamment que le Droit Merina, mis en forma dans les kabary d'Andrianamponimerina
s’est perfectionné sur les Hautes Terres et s'est imposé dans les régions conquises par
Andrianampoinimerina et les monarques qui lui ont succédé.
Mais d'autres systèmes juridiques se sont également formé, par exemple dans le Sud-est, dans les
royaumes Sakalava et en pays Tsimihety
SECTION 3 : L'INTERPRETATION DES DROITS
Terre d'immigration, Madagascar état également une terre de migration les déplacements de
population faisant suite aux guerres Intestines ou à des migrations saisonnières ont contribué à
rapprocher les coutumes, à mélanger les traditions et parfois à imposer à des populations qui avaient
leurs propres coutumes un droit introduit à la suite de conquêtes militaires a été notamment te cas du
Droit Merina dont les 2 derniers textes avaient été le code des 305 articles de 1881 le règlement des
gouvernements de Imerina de 1889.
SECTIOIN 4 : LES INFLUENCES ETRANGERES
Avant la conquête de Madagascar et même durant le Protectorat français de 1885 à 1895, l’influence
des droits étrangers a été minime : ni les Anglais très influents par le biais de leur assistance militaire
et la présence des missions religieuses, ni les Français, qui avaient exercé un Protectorat de plusieurs
années, n’ont cherché à imposer leur système juridique. Tout au plus une telle influence étrangère
s'est traduite dans le domaine du Droit Pénal par un adoucissement des peines et dans le domaine de
législation foncière par quelques règles qui avaient pour objet inavoué de préparer l'installation de
colons.
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SECTION 5 LE DROIT COLONIAL
Au lendemain de la perte de l’indépendance de Madagascar, la situation était la suivante :
-dans les domaines qui intéressaient directement l'Administration française, le Droit français a été
introduit dans le territoire de Madagascar et appliqué par des Tribunaux français par exemple
ledécret du 28 décembre 1895 portant organisation de la justice à Madagascar , art 2
prévoyait qu’en toute matière les Tribunaux français appliquent les Lois françaises.
Ces Lois françaises sont et demeurent promulguées à Madagascar .
Il en était ainsi notamment du Droit Commercial, du Droit Pénal, du Droit Civil, etc.
-Mais une telle application ne concernait que les citoyens français. Les coutumes demeuraient
applicables à ceux qui ne l’était pas.
-Cette situation n’a pas manqué d'introduire une grande confusion dans le Droit Colonial et post-
cvolonial, il existait en fait deux catégories des citoyens soumis à des lois différentes .
Par exemple le Code Civil français était applicable aux citoyens français d'origine malgache
,alors que les lois et coutumes traditionnelles s’appliquaient aux citoyens malgaches qui
n’avaient pas pu obtenir la citoyenneté française.
-S'agissant des lois et coutumes traditionnelles, les juridictions coloniales connaissant mal les
coutumes orales et différentes selon les groupes sociaux appliquaient les Codes écrits
Merina, même dans les régions où ils n’avaient jamais été appliqués avant l’arrivée des
Français .
Le retour de l’indépendance a permis d'introduire un peu plus d’ordre dans cette confusion.
-de 1960 à 1968 le Législateur malgache a mis sur pied une législation civile unique, a unifié
l'organisation judiciaire, a promulgué des codes uniques pour l’ensemble du pays et des
personnes y habitant Procédure Civile Travail, Droit Pénal et Procédure notamment.
-Pour assurer la continuité du Droit, les Accords de Coopération franco-malgache de 1960 ont
prévu "qu’ à défaut de textes malgaches, les dispositions réglementaires de Droit Français en
vigueur à Madagascar à la date des Accords, continuent à être appliquées par les juridictions
malgaches ».
SECTION 6 : LES TENDANCES NOVATRICES
La situation d’indépendance a ainsi permis au Législateur malgache de se consacrer à une rénovation
du Droit Malgache et à une plus grande adaptation aux nouvelles situations politiques économiques
et sociales nées de l'Indépendance.
Cette possibilité de rénovation a été largement utilisée particulièrement dans domaine économique et
dans l'unification ou harmonisation des lois civiles.
SECTION 7 : L'ETAT ACTUEL DU DROIT POSITIF MALGACHE
L’analyse des développements précédents nous conduit à décrire l’état actuel du Droit Malgache de
la manière suivante :
-Lorsque le Législateur malgache promulgue une loi nouvelle ; il abroge nécessairement les règles
antérieures et en particulier les lois et coutumes traditionnelles que les lois et règlements de Droit
Français encore applicables en vertu du principe de la continuité du Droit.
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-Lorsque le Législateur malgache n’a pas légiféré dans certaines matières, les accords franco-
malgaches de 1960 devraient en principe permettre l'application du Droit Français tel qu'il était
en vigueur lois du retour à l'Indépendance
-Cependant, cette situation n'est pas claire car les Accords franco-malgaches de 1980 ont été non
seulement abrogés mais dénoncés en 1973. Il pourrait donc y avoir dans des matières assez
nombreuses, pour le moment régies par le Droit Français, un Vide Juridique.
Le Juge malgache ne peut pourtant refuser de juger même en l'absence d'une règle de Droit. Il doit
alors avoir recours aux principes généraux de Droit et, le cas échéant, aux coutumes.
CHAPITRE Il : DU DROIT COLONIAL AU DROIT DU DEVELOPPEMENT
Durant la période de la colonisation, le législateur a opéré une distinction entre un secteur
traditionnel et un secteur moderne constitués par les entreprises industrielles es commerciales
coloniales. L’Administration Centrale placée sous l'autorité de la puissance publique françaises
l’enregistrement de type français.
A ce secteur moderne, étaient rattachées des catégories de personnes qui relevaient du Droit Français
applicable à la date de la mise en vigueur dans le Territoire, Par exemple, en Droit Commercial, le
Code de Commerce a été rendu applicable 28 Décembre 18955 mais lorsque la puissance
colonisatrice l'estimait utile, des modifications à ce Code ainsi que de nouvelles règles propres à
Madagascar ont été Introduites et promulguées. Il existait donc un Droit du secteur moderne
applicable à la Vie des affaires aux nationaux français et aux citoyens ayant acquis la citoyenneté
française
Quant au secteur traditionnel il était constitué par les régions rurales, les citoyens ayant gardé leur
statut personnel de malgache tout en étant des "sujets" français et le secteur économique traditionnel
qui était informel et comportant le petit commerce.
Cette distinction n’était pas toujours très claire .
Certes, Il existait deux sortes de tribunaux : les tribunaux de Droit Commun destinés aux nationaux
ou citoyens français, et des tribunaux dits "indigènes" et plus tard de "Droit traditionnel" destiné à la
catégorie des citoyens ayant gardé leur statut Malgache. Mais il ne demeurait pas moins une certaine
confusion dans la juxtaposition de deux systèmes juridiques et de deux catégories de citoyens.
Cette situation a heureusement pris fin lorsque Madagascar a recouvré son indépendance, et par
conséquent, à mettre sur Pied un système judiciaire unique et un Droit tendant à l'unification
Dans le même temps, comme tous les pays au Tiers Monde, Madagascar avait à se préoccuper
essentiellement ce sa croissance économique et de son plein développement.
Dans cette perspective, le législateur malgache redevenu indépendant, a entrepris et continue à
entreprendre de moderniser le Droit Malgache, de rajeunir et de le rénover sans toutefois rejeter les
coutumes et les traditions.
La période du Droit du Développement" était ouverte et le législateur malgache avait à répondre à
trois préoccupations, qui demeurant toujours les siennes actuellement .
2. Le Droit, doit contribuer à la promotion économique en allégeant les procédures, en adaptant les
règles de Droit internationalement reconnu et en rejetant les lois trop anciennes et inutiles.
3. Le Droit, doit être un moyen d'incitation, un support efficace pour une politique globale de
développement et non pas un ensemble confus et lourd de règles périmées, inadaptées ou au
contraire trop en avance parce que simplement imitées de l'extérieur
4. Le Droit doit aider à définir les objectifs d'une action pour le développement économique et
social, à modifier les schémas de projets, à constituer un environnement de textes commodes et
pragmatiques pour l'essor économique brefs devenir un cadre juridique du développement.
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CHAPITRE : LES FORCES CREATRICES DU DROIT
Il a été déjà exposé que le Droit est l'œuvre du pouvoir législatif.
Mais ce pouvoir ne découle pas du simple fonctionnement des Institutions de l'Etat, Il est également
le reflet de la volonté de l'homme. Le Droit est créé par l'homme lui-même et chaque peuple a le droit
qu'il se donne.
Or le peuple n’est pas une simple entité statique, il comporte des tendances, des intérêts, des
idéologies qui peuvent être conservatrices ou au contraire réformatrices.
Des situations de fait influencent également la volonté populaire des situations d'après-guerre une
crise économique profonde des conflits entre groupes sociaux peuvent être à l'origine de
mouvements populaires réclamant et imposant la modification des lois.
Dans d'autres circonstances, le pouvoir est exercé par des personnes qui tiennent à y rester, et donc à
maintenir ou à créer un système juridique destiné à protéger leur situation.
Entre des groupes sociaux qui possèdent la richesse et d’autres groupes qui possèdent le savoir , il
peut y avoir conflit pour la conquête du pouvoir-l ‘exercice du pouvoir permettant de modifier les
lois.
On peut également se trouver dans une situation où des groupes sociaux qui ne sont pas au pouvoir
ont la volonté de modifier la loi .
-ils peuvent utiliser la violence. Mais cette attitude est fondamentalement antidémocratique
-ils peuvent créer des mouvements politiques se donnant pour objectif de conquérir le pouvoir par
des voies démocratiques
-ils peuvent créer un environnement politique et social qui a pour objet d’exercer une influence sur le
pouvoir en place c'est par exemple l’objectif que se donnent forces syndicales ou les groupes de
pression.
Une loi n'est donc pas seulement l'œuvre de juristes travaillant dans un cadre institutionnel, elle est
également le fruit d’une lutte d’influence entre des Intérêts divergents ou des influences en conflit —
les unes étant conservatrices, les autres réformatrices ou révolutionnaires.
Il existe ainsi des forces créatrices du droit (cette appellation est d'ailleurs le titre d'un ouvrage
célèbre « Les forces créatrices » du Droit de M. Georges Ripert, ancien doyen de la Faculté de Droit
de Paris).
CHAPITRE IV : LE DROIT ET LA PHILOSOPHIE
La règle de droit est une règle de conduite, aussi bien pour les hommes que pour les Etats. Cette
règle de conduite a des sources que nous avons étudiées. Mais elle est également dictée par les
raisonnements et les recherches sur les hommes en société, c'est-à-dire la philosophie elle-même.
La philosophie a notamment pour objet l'étude de Droits et des devoirs individuels de l’homme, la
recherche de ce qui est juste, conforme à l'équité et à toutes les modalités de conduite de l'homme
que l'on appelle le Droit Naturel.
La philosophie constitue ainsi un rempart, une défense naturelle contre les lois injustes, contre le
droit fondé sur la violence ou sur la force
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CHAPITRE V : LE DROIT ET LES SECTEURS INFORMELS
Dans la Vie sociale actuelle, s’est opérée une distinction que le législateur n’as pas instituée, ni
voulue, mais qui existe de fait :
- Un secteur formel
- Un secteur Informel.
Ces expressions sont surtout utilisées dans le domaine des affaires (industrie, agro-industrie,
commerce, services, etc.).
Dans cet important domaine de la vie en société, le secteur formel est celui qui est directement atteint
par le Droit, par les règlementations spécifiques à chaque domaine. C’est ainsi par exemple qu'une
entreprise est régie par le Droit Commercial, le Droit Social, le Droit Fiscal, le Droit Administratif
des Affaires, etc.
Mais à côté du secteur formel, existe un secteur informel constitué par la multitude des activités
économiques de toutes sortes. Ces activités échappent au Droit en raison de leur petite dimensionet
de la nature insaisissable et difficile à identifier de leurs activités (par exemples un plombier, le petit
commerce, le transport individuel, le petit artisanat, etc.
Le secteur économique informel constitue, dans les pays en voie de développement le secteur le plus
important par le nombre de personne qui l'occupent et variété de ses activités
L’expression « secteur informel" ou « formel » pourrait également s’appliquer aux relations entre
individus par exemple,le mariage est un état formel, régi par la loi, alors que le concubinage n’est pas
reconnu par la loi et se trouve être dans une situation informel.
Normalement, toutes les personnes devraient avoir un état Civil, on peut les considérer comme étant
dans une situation de droit- situation formelle.
Mais d’autres personnes n’ont pas d’état civil (non inscrites lors de la naissance, n’ayant pas
d’identité précise). On pourrait les considérer comme étant hors du secteur formel constitué par les
citoyens encadrés par l’Administration.
La question pourrait se poser au législateur, faut-il ou non déployer des efforts pour réglementer les
secteurs informels.
Cette question nous mènerait dans une simple introduction et nous nous bornerons à signaler
l’existence de ce problème.
QUATRIEME PARTIE : LE DROIT DANS SES RAPPORTS AVEC CA SOCIETE
Dans son sens le plus large, la société comporte aussi bien la société internationale que la société
nationale et familiale. Elle concerne également l'entreprise en général et les règles qui la gouvernent
dans le domaine de la morale
Nous abordons en fait, dans cette 4eme partie, des domaines aussi importants par leur ampleur que par
les problèmes Juridiques qu'ils soulèvent
Il ne peut donc être question de les étudier même succinctement, car ils feront l'objet des
enseignements des prochaines années.
Il a paru cependant souhaitable que l'étudiant sache moins situer ces différentes disciplines à
l’intérieur du Droit.
CHAPITRE I : DROIT ET VIE INTERNATIONALE
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SECTION : LE DROIT INTERNATIONAL PUBLIC
La Communauté Internationale est constituée par des Etats qui sont Souverains et dont la
souveraineté repose sur la maîtrise totale d'un espace terrestre.
Le Droit International Public comporte toutes les règles qui gouvernent.
- d'une part, la définition leslimites et la portée de la souveraineté des Etats et de la constitution
de leur Territoire.
- d'autre part, les dispositions qui régissent leurs relations juridiques et qui sont supérieurs aux
volontés individuelles de chaque Etat.
En raison de la complexité croissante des relations internationales, le Droit International Public
comporte également les règles qui régissent les organisations Internationales.
SECTION 2 LE DROIT COMMERCIAL INTERNATIONAL
L’existence d'Etats indépendante mais ayant des relations implique nécessairement des règles de
relation commerciales internationales
Ces règles concernent notamment :
- les relations commerciales internationales entre le pays développés
- les rotations commerciales entre pays développés et pays en voie de développement. Ces
relations commerciales présentent des particularités en raison des nécessaires inégalités entre
ces 2 catégories de pays et d'un nouvel ordre économique commercial international qui devrait
en découler . Ce nouvel ordre commercial international tire sa source de ses devoirs qui
s'imposent aux pays nantis d'apporter leur aide au développement des pays en voie
d'émergence.
SECTION 3 : LE DROIT DE LA COOPERATION
C'est précisément l'apparition progressive de la notion d’obligation morale des pays riches à l'égard
des pays en voie de développement, qui a contribué à la création d'un Droit de la coopération.
Ce Droit est essentiellement constitué par les Chartes Internationales concernant les droits et devoirs
des Etats (en particulier la Charte internationale sur les droits et les devoirs économique des Etats),
par les Conventions inter-Etats ou les Conventions bilatérales entre deux Etats
Par ailleurs le droit de la Coopération comporte des dispositions qui devraient favoriser les pays les
moins développés dans le domaine du commerce des produits de base
SECTION 4 : LE DROIT HUMANITAIRE- LES ASPECTS JURIDIQUES DE LA
DEFENSE NATIONALE ET DE LA SECURITE INTERNATIONALE
A la suite des conflits armés les plus importants (1914-1918, 1939-1945), un Droit de portée
Internationale a été mis en forme par les Organisations Internationales afin de protéger en cas de
conflit armé les combattant, les victimes de la guerre et les populations civiles.
Il a été inspiré des préoccupations, essentiellement humanitaires, et a été incorporé dans plusieurs
Conventions internationales dont une Convention de la Haye de 1907 et 4 Convention de Genève de
1940
Le Droit humanitaire met en œuvre les Organisations Internationales et aménage l’intervention de
pays et d'organismes afin de protéger en cas ce conflit armé entre Etats ou à l’intérieur d’un Etat plus
particulièrement les populations civiles.
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En matière de défense nationale, il existe des règles concernant les conflits armés, les garanties
prévues à l'égard des personnes qui ne participent pas à ces conflits et les individus directement
impliqués dans une guerre mais qui ont droit à un traitement règlementé par le Droit humanitaire.
S’agissant de la sécurité Internationale la matière relève surtout de la politique Internationale
Néanmoins, un Droit de la sécurité Internationale est né des différents Traités concernant le
désarmement, la dénucléarisation, l'interdiction des armes bactériologiques et d'autres conventions
moins connues aménageant les moyens de réduire et de contrôler l'usage des armes chimiques,
bactériologiques et nucléaires dans les conflits armés.
EXERCICES DE REVISION CORRIGES
1- EXPOSE SUR UNE COUTUME
INTRODUCTION
Parmi les sources du Droit, figure la coutume.
Rappeler qu’à Madagascar l’étude de l'histoire des institutions enseigne que l’ancien Droit écrit ne
s'étendait pas à l'ensemble du pays et que des coutumes orales ont été appliquées là ou où il n’y avait
de Droit écrit. Durant la colonisation, le Droit écrit des Hautes Terres centrales a été étendu à
l'ensemble de Madagascar, mais cette extension s’est heurtée à la résistance de certaines coutumes
orales.
n l’ état actuel du Droit civil, le Droit écrit aménage un espace juridique pour les coutumes orales
encore vivantes
Rappeler rapidement les conditions d'application de ces coutumes caractère certain s'y établi,
application ancienne coutumes non contraires à l'ordre public et aux bonnes mœurs.
On peut illustrer cette situation par un ou plusieurs exemples
1èrepartie
Exemple de coutumes toujours applicables en l'absence de Droit écrit :
- dans le Droit des contrats, contrat de "fehivava
- dans le Droit de la Famille, le rôle d'autorité de tutelle joué par l'oncle maternel (zama) au
décès du père
- dans le Droit commercial informel, les échanges en nature effectués entre personnes qui ne se
rencontrent pas et qui ne passent aucun contrat, même oral c'est le "commerce silencieux"
(silenttrade), se traduisant par le dépôt des produits à vendre dans un endroit donné, la venue
postérieure des acheteurs qui prennent les produits et ont l’obligation traditionnelle de
déposer d’autres produits comme éléments d’échange et d’achat.
Il s’agit d'un espace de relations sociales informelles, mais toujours respecté pourvu que les
conditions précisées dans l'introduction soient observées, s’agissant des coutumes
2ème partie
Exemples de coutumes applicables par renvoi du Droit écrit lui-même.
Même rendu applicable à l'ensemble du Territoire malgache, le Droit écrit renvoie certaine règles
d'application de Va Loi à la coutume
L’article 128 de la Loi n o 68/012 du 4 juillet 1968 relative aux successions, testaments et
donations précise que toutes les règles successorales, testamentaires ou relatives aux
donations qui n’ont pas été expressément écrites dans la Loi demeurent applicables pourvu
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qu'il s'agisse de coutumes et traditions certaines, parfaitement établies et ne heurtant en rien
l'ordre public et les bonnes mœurs.
- Dans les règles concernant la filiation hors mariage, l'enfant conçu ou né durant une union célébrée
selon les coutumes bénéficie d'une présomption de paternité à l'égard du père naturel. En d'autres
termes, l'union célébrée selon les coutumes produit des conséquences juridiques. Dans ce domaine,
les coutumes sont donc sources de Droit .
2. MISE EN APPLICATION D'UNE LOI
Introduction
Lorsqu’une loi a été adoptée par le pouvoir législatif ou qu'une disposition juridique d’ordre
international est considérée comme étant directement applicable comme loi nationale, d'autres
problèmes d'application pratique doivent être examinés et solutionnés, Ces problèmes sont d'ordre
juridique ou simplement pratique et concernent les modalités d'application et les mesures de
publication.
1 ère partie : Les modalités d'application
a) Les dispositions d'ordre International applicables
- Rappeler que toutes Convention internationale ratifiée par la puissance est supérieure à la loi,
par conséquent, doit être en principe immédiatement applicable. Cependant pour plus
d'efficacité, le législateur promulgue des Lois, des Décrets ou même des Arrêtés pour préciser
les modalités d'application de la Convention.
- Dans d'autres cas le législateur déclare expressément que la Convention Internationale est
directement intégrée dans la Loi nationale. Exemple Convention sur les Droits de l’enfant
(Préambule de la Constitution de 1992).
b) Les lois ou Ordonnances nationales
- Certaines Lois ou Ordonnances adaptés par le pouvoir législatif se suffisent à elles-mêmes et
sont directement et pratiquement applicables
- D'autres Lois ou Ordonnances éditent des règles qui nécessitent des textes
d'application Décrets ou Arrêtés.
- En outre, le pouvoir exécutif peut estimer nécessaire de rédiger des circulaires expliquant
comment une Loi et ses textes d'application doivent être mis en œuvre dans la pratique.
Mais dans tous les cas, ni un Décret, ni un Arrêté, ni une Circulaire d'application ne peuvent
être contraire à la loi ou l’ordonnance à appliquer.
2èmepartie : La publication
Le principe
Aucun texte législatif ou réglementaire ne peut être appliqué s'il n’est pas porté à la connaissance
des citoyens :
- publication par Journal Officiel
- en cas d'urgence, publication par affichage
- dans les cas exceptionnels, émission radiodiffusée, kabary ou insertion dans la presse.
Les difficultés :
- les distances
- les communications postales
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-le problème de la compréhension intellectuelle
-Le langage à utiliser
3. L’ABUS DE DROIT
Introduction
Tout individu, dans les limites du droit objectif, a des prérogatives qu'il peut exercer librement
(Droits subjectifs).
Mais cette liberté est-elle limitée ?
1ère partie : le principe
La liberté n’est pas illimité et le citoyen doit exercer ses droits de telle sorte qu'il n’y ait pas excès ,
abus ou injustice
2ème partie : Les manifestations de l'abus
Dans l’exercice d’un Droit, il peut y avoir excès
- par l'intention de l'auteur (méchanceté, mauvaise foi)
- par l'objet (violence, création d'une situation injuste)
par les circonstances (brutalité ou violence, production de fausses pièces, usage illicite de la
force publique)
Dans ces cas, il y a abus de Droit. La Loi ne protège pas celui qui exerce abusivement son Droit.
Celui-ci peut encourir des sanctions civiles ou même pénales.
Exception
Certaines prérogatives, généralement en Droit Civil, sont exercées d'une manière discrétionnaire.
(Exemple : renoncer à une succession). En cas d'exercice d'une prérogative à caractère
discrétionnaire, il ne peut y avoir abus de Droit.
CHAPITRE Il : LE DROIT ET LES COLLECTIVITES PUBLIQUES
Nous l’avons déjà répété à plusieurs reprises : le Droit est l'ensemble des règles qui régissent la vie en
société, il doit comporter en conséquence les règles qui gouvernent les relations entre les hommes
ainsi que les relations entre les pouvoirs publics et citoyens. Ces relations ont un caractère obligatoire
et leur violation est l'objet de sanctions d'ordre disciplinaire, civil (annulation d’acte, privation de
droits ou amende Civile) ou pénal (peine de simple police, délictuelle ou criminelle.
Mais l'application de ce Droit d'organisation sociale est elle-même limitée par les lois et règlements
émanant des pouvoirs publics exerçant légalement leurs attributions de pouvoir exécutif (Décret ou
Arrêté), législatif (Lois ou ordonnances) et judiciaire (décision des Tribunaux).
Par ailleurs, ce Droit d'organisation sociale s’exerce dans le cadre défini par la Loi elle-même des
Institutions et des Collectivités que la Nation, par voie démocratique et par le choix de ces citoyens,
s’est donnée elle-même.
Aussi, est-il nécessaire dès le début de l’étude du Droit en général, de posséder quelques notions
élémentaires sur le cadre juridique et le cadre administratif qui constituent les domaines du Droit
d'organisation sociale et politique
C'est pourquoi nous consacrons un chapitre à l’exercice du Droit dans les collectivités publiques,
cette dernière expression est prise dans un sens général. Il s’agit des cellules administratives
géographiquement limitées, dotées de certaines prérogatives administratives mais soumises du Droit
Positif.
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Avant l’annexion de Madagascar, il s’agissait notamment des fokonolona. Durant la colonisation
s’agissait des provinces, régions ou districts ou postes administratifs. Durant la première République,
nous avons connu les provinces, les préfectures et les sous-préfectures. Depuis 1975 et jusqu’à un
prochain découpage de nouvelles circonscriptions administratives sous la 3erne République, nous
avons le faritany, fivondronana, firaisana et fokontany.
Mais quelle que soit l’appellation de la cellule administrative, des règles précisées par le Droit positif
régissent les relations sociales et politiques au sein des collectivités.
Ces règles seront étudiées en détail dans les années à venir. Aussi, nous bornerons à mentionner trois
ensembles de règles parmi les plus importantes.
SECTION 1 : LE DROIT CONSTITUTIONNEL
C'est l'ensemble des règles juridiques relatives aux institutions et aux Collectivités à lequel les
pouvoirs publics exercent leur autorité .
A Madagascar, le texte fondamental qui est la source du Droit Constitutionnel est la constitution de
la IVème République.
Rappelons que cette Constitution comporte
a) un préambule : qui donne les orientations générales de l'organisation sociale et
politique
Nation, respect des libertés fondamentales, séparation et équilibre des pouvoirs
- Respect de la démocratie et participation des citoyens à l’exercice du pouvoir
- instauration d’un Etat de droit et d'une Justice Indépendante
- unité nationale et décentralisation effective
b) des titres qui énumèrent les droits et les devoirs des citoyens
c) un titre qui répartit les pouvoirs entre le Président de la République et le gouvernement
d) un titre qui organise le pouvoir législatif
e) un titre qui règlemente le pouvoir judiciaire et l'organisation des hautes juridictions
f) un titre qui définit les responsabilités et les principes d'autonomie effective des
collectivités décentralisées.
L’étudiant est également un citoyen qui a le devoir plus que d'autres en raison de ses connaissances
de connaître de Droit Constitutionnel. Aussi, ne cesserons-nous de recommander la lecture attentive
de la constitution, en même temps que le Droit Constitutionnel qui est étudié dans ses détails au
cours des années à venir.
SECTION 2 : LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES
Le Droit Constitutionnel donne les règles générales qui gouvernent les institutions et les
Collectivités,
A tous les niveaux de ces institutions et de ces Collectivités, la gestion des affaires publiques, c'est-
à-dire la mise en œuvre concrète des principes généraux assurant l’ordre public, le bien-être et la
garantie des libertés de citoyens, est assurée par des lois particulières.
Prenons des exemples :
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- La Loi définit les pouvoirs du Président de République dans la nomination des hauts
emplois de Etat, dans la proclamation de la situation d’urgence ou de l’Etat de
nécessité nationale et dans la saisine des organes de contrôle de l'Administration
- La Loi définit les pouvoirs du Premier Ministre qui dirige l'action du gouvernement et est
responsable de la coordination des activités des Départements ministériels.
- La loi fixe les domaines respectifs de la loi et du Règlement
- La loi précise dénomination, les niveaux et les délimitations des collectivités territoriales et
répartit les compétences respectives de l'Etat et des collectivités territoriales (sécurité
publique, aménagement du territoire, développement, protection de l'environnement
amélioration du cadre de vie).
SECTION 3 : LES DROITS DES CITOYENS
Dans la communauté universelle des conventions internationales ont octroyé des droits
fondamentaux à chaque citoyen, Rappelons qu'il a été déjà fait mention de la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme, de la charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de
la Convention relative aux droits des enfants, du Pacte international relatif aux droits civils et
politiques, des diverses conventions sur droits de la femme
Mais ces droits ne doivent pas rester à l’état de simples déclarations d'intention. Ils doivent être
réellement mis en œuvre.
La constitution du 18 Septembre 1902 énumère les libertés, les droits et les devoirs des citoyens et
donne déjà des modalités d'application.
Plusieurs autres Lois, encore applicable ou en préparation, édictent les modalités des droits et des
devoirs du citoyen.
En un mot, le Droit ne doit pas être seulement considéré comme un moyen d'affirmer des principes
qui ne seront jamais appliqués ou de donner au monde extérieur une image flatteuse mais irréelle de
la protection des libertés fondamentales de l'homme, mais doit être un instrument efficace de la
sauvegarde effective des droits du citoyens
CHAPITRE : LE DROIT ET LA FAMILLE
Si les institutions et les Collectivités publiques constituent le cadre Juridique des relations entre les
hommes, elles complètent et en même temps protègent l’action de la cellule naturelle au sein de
laquelle les relations entre les êtres humains se développent le groupe familial.
La famille constitue le milieu naturel, traditionnel et permanent dans lequel les êtres humains mènent
leur vie quotidienne.
Mais le Droit Intervient également au sein de la famille. Les relations existant entre parents et
enfants, entre frères et sœurs ou entre parents adoptifs obéissent, d'une manière très schématique à
deux sortes de règles
- des règles traditionnelles héritées des coutumes et des usages, que nous n'avons pas à
étudier dans un cours de Droit
- des règles juridiques qui permettent de faire la paix familiale et d'uniformiser la condition des
personnes au sein des familles telles sont les règles sur le mariage ,la filiation, les régimes
matrimoniaux, les successions qui sont gouvernées par le Droit civil de la famille .
Ces règles font l'objet d’un enseignement spécialisé qui n’a pas sa place dans la présente
introduction. Cependant trois problèmes méritent d’être soulevés dès maintenant dans les sections
qui suivent.
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SECTION 1 : LE GROUPE FAMILIAL ET LE COUPLE
Lorsqu’on étudie le Droit de la Famille malagasy, on constate que le législateur réduisant peu à peu
le rôle prépondérant de la famille étendue (fianakaviam-be), a porté ses efforts sur le renforcement
du couple (femme nomme et enfants).
Cette tendance qui s’accentue, n'est d'ailleurs par œuvre aes rédacteurs des textes de lois, elle est le
fruit d'une évolution naturelle qui a dispersé la grande famille, a relâché le lien au sein des grands
groupes familiaux.
- sauf dans les circonstances exceptionnelles telles deuils, les famadihana, les mariages, les
réunions périodiques des familles étendues.
En revanche, lacellule la plus vivante est la famille étroite composée d’un couple et des enfants.
L’expression "couple" a été volontairement utilisée car le plan sociologue ,le couple n’est pas
seulement celui qui est constitué par le mari et la femme unis par les liens légaux du mariage mais
peut être également issu de l’union de fait entre un homme et une femme engagés dans une vie
commune selon les traditions.
Le Droit ne reconnaît pas l’état de concubinage mais tire les conséquences Juridiques qui en découle.
Il donne un statut àl’enfant et considère qu’en cas de séparation les biens du couple dont l'union n’a
pas été consacrée légalement doivent être équitablement partagés comme pour une société de fait.
On peut en déduire que d'une manière générale, le Droit peut ignorer des situations non conformes à
la loi mais prendre en considération les conséquences de fait qui en découlent.
SECTION 2 : JUSTICE ET FAMILLE
un Droit Intervient ainsi dans la vie de la famille et plus particulièrement dans les familles en
situation de crise ou dans les situations que nous avons qualifiées précédemment de
« Pathologique »
Tels sont les cas de conflits au sein des couples, de litiges concernant le statut d'un enfant, les
problèmes de succession.
Dans tous les cas, l’intervention du Droit se traduit par "accès aux Tribunaux qui tranchent les litiges
par décision de justice.
SECTION 3 : BIENS ET FAMILLE
Parmi les litiges qui nécessitent l’intervention des juridictions figurent les conflits sur les biens
mobiliers et immobiliers.
L’attention est particulièrement attiré sur les biens immobiliers dont le principal n’est autre que la
terre -la terre ancestrale, ou la propriété ou la propriété acquise .
Pour la tradition malagasy, la terre qui est la source des richesses, le berceau de la Nature et le lieu
où les ancêtres sont ensevelis, à un caractère d'une très grande importance
Les problèmes fonciers et les conflits qui s’y rattachent ont très souvent des liens étroits avec les
problèmes familiaux.
On peut même constater que dans certaines régions abandonnées par leurs populations pour des
raisons économiques ou sociales, des problèmes de développement rural apparaissent car les terres
sont abandonnées, mais elles ne peuvent être mises en valeur, étant propriétés familiales
régulièrement immatriculées.
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CHAPITRE IV : LE DROIT ET L'ENTREPRISE
Les relations entre les individus ne sont pas seulement d'ordre social. Ce sont également des
relations d'ordre économique qui s'organisent par l'intermédiaire de cellules économiques de toutes
sortes telles que les sociétés, les industries, les maisons de commerce, les établissements publics à
caractère industriel et commercial, etc.
D’une manière générale, ces cellules sont appelés « entreprise ». Une entreprise est :
-une cellule de la production de la société, qui assure la circulation des biens dans les circuits du
système économiques,
-un centre de décision qui définit un objectif économique,
-une organisation qui permet la coordination des différents éléments qui la composent,
-le lieu de rencontre et de combinaison de facteurs de production.
En raison de ses fonctions, et de son rôle dans l’économie, l’entreprise est soumise à des règles de
Droit qui ont notamment pour objet d’assurer une harmonisation et une bonne coordination des
activités économiques.
Ce droit a déjà mentionné : il est composé de plusieurs disciplines dont le Droit commercial, le
Droit du travail, le Droit fiscal, le Droit des contrats pour ne pas citer que les principales disciplines.
C’est cet ensemble de matières qui constitue l’environnement juridique de l’entreprise.
CHAPITRE V : LE DROIT ET L'ETHIQUE
Dans les relations sociales, des règles élémentaires de conduite doivent être observées. L’éthique est
le produit de la morale est constituée par des principes de base tirés de la religion en particulier du
christianisme — de la sagesse traditionnelle malagasy et des règles culturelles et morales
universellement admises .
Lorsque l'étudiant abordera l'étude du Droit Pénal, il constatera que le Droit Pénal a pour objet de
sanctionner les violations de toutes les normes régissant les relations sociales.
SECTION 1 : LE DROIT ET LA MORALE
(Pour mémoire car nous en avons parlé à plusieurs reprises)
SECTION 2 : LE DROIT ET LA RELIGlON
Bien que les relations entre le Droit et la Religion aient été déjà évoquées à plusieurs reprises, il est
nécessaire de rappeler que les liens entre Droit les Religions doivent être distingués selon la
religion concernée.
Par exemple le Droit issu des pays européens est un Droit fortement marqué par la religion
Chrétienne .
En revanche, les pays de Droit Musulman obéissent à des règles par la morale et les règles d'éthique
islamique
Dans le pays de tradition coutumière, le Droit peut s’inspirer des coutumes ancestrales.
Par ailleurs, le domaine où l'on constate les relations les plus étroites entre les religions et le Droit
ne recouvre pas toutes les disciplines juridiques. En général, le domaine principalement concerné est
celui de la famille, de la propriété ancestrale et de certains usages de commerce Intérieur.
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Mais dès que l’on aborde les domaines du Droit des relations Internationales ou celui du Droit des
Affaires, l'influence des religions y est minime.
Dans ces derniers domaines, on doit plutôt s’orienter vers les différentes entre les grands systèmes
juridiques contemporains (Droit d'inspiration francophone, Droit anglo-saxon et américain
notamment).
SECTION 3 : LE DROIT ET LA DEONTOLOGIE
Dans les relations sociales, l'exercice d'une profession ou d'une action se situant dans un secteur
particulier obéit à des règles qui relèvent à la fois de l'éthique et des usages courants, cette éthique et
ces usages constituent là de la profession ou du secteur particulier.
Par exemple, l’exercice de la profession de médecin ou d'avocat est soumis à des règles de
déontologie particulière qui s’ajoutent aux règles de "Droit positif" communes.
Dans le monde des affaires, le Droit est complété par une Déontologie qui est respectée par tous les
hommes d’affaires et qui est la traduction en normes d'une morale sectorielle : le Droit n’intervient
qu’accidentellement. En revanche cette morale sectorielle s'impose tous les hommes d’affaires.
SECTION 4 : L'ETAT DE DROIT
Le Préambule de notre constitution dispose qu’une des conditions de développement harmonieux de
la Nation est l’instauration d’un Etat de Droit dans lequel le peuple et les pouvoirs publics sont
soumis aux mêmes normes Juridiques .
En d’autre terme, les relations entre les hommes et les relations entre pouvoirs publics et les hommes
sont placées sous un régime strict de Droit. La loi est la même pour tous et le Droit Positif a pour
objet essentiel d’aménager des devoirs du citoyen et de protéger leurs droits fondamentaux.
A la vérité, cette instauration d'un Etat de Droit n'est pas nouvelle. Mais sa réaffirmation dans le
constitution de 1992 rappelle d'une manière salutaire que l’instauration d'un Etat de Droit doit
éliminer, au besoin à l'aide des sanctions pénales .
- les détournements de la Loi : c’est le fait de favoriser les minoritaires au moyen des lois et
règlement, exemple : des cigarettes et du Whisky d'importation qui requiert des mentions
obligatoires pour pouvoir être vendu à Madagascar- exemple : les pratiques de la concurrence
déloyale
- les abus de Droit
- la confiscation de certaines règles de Droit par des groupes privilégiés,
- les abstentions ou les manœuvres frauduleuses tendant à échapper aux règles de Droit : dont
la fraude fiscal
- les actions des autorités publiques tendant à favoriser la non-transparence des Lois de telle
sorte que les citoyens ignorent et n’en profitent pas
L'Etat de non droit se trouve de rigueur dans les pays sous-développés bien que leur dirigeant
clament un Etat de Droit, Ce sont :
- l'Etat voyou concrétisé par des abus illégaux par les dirigeants eux-mêmes.
- l'Etat sauvage ou tout le monde fait ce qu'il veut (fanjakan'baroa)
- l'Etat défaillant concrétisé par l'impuissance de l’ Etat à assurer sa vocation
CINQUIEME PARTIE
RECEPTION ET EFFECTIVITE DU DROIT
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CHAPITRE 1 : DEFINITION DE L'EFFECTIVITE
En imaginants d’une manière idéale que toutes les conditions ont été réunies pour que les nouvelles
lois, répondent aux exigences que nous énumérons adéquations aux contingences locales, conformité
avec idéologie choisi et bonne intégration dans le corps des lois nationales, rédaction claire et mûrie,
on n'aura pas encore résolu les problèmes posés par la création du Droit du développement : car ce
droit, pour être effectif, doit être réellement appliqué.
De nombreuses dispositions législatives nouvelles n'ont pas reçu application, malgré tout le soin que
le législateur a apporté à leur mise au point et à leur adéquation aux réalités locales.
Avant d'en analyser les causes, il nous paraît utile de citer quelques exemples tirés de mise en
vigueur de la législation civile malagasy,
Le législateur malagasy a déployé tous ses efforts pour faire entrer dans les mœurs l'inscription à
l'état Civil des évènements qui marquent la vie familiale, mariage, décès, naissance, changement de
noms notamment. Des dispositions spéciales à caractère exceptionnel avaient été prises pour inciter
ce recours à l’administration de l'état civil or 54 années après la loi du 9 octobre 1961, règlementant
l'état civil, il sembleque mises à certaines zones urbaines, non seulement aucun progrès n'a été
enregistré dans le recours à l’état Civil, mais qu’il y même en régression dans les inscriptions des
naissances et des décès
Le nouveau législateur malagasy avait également introduit dans l'ordonnance du 1er octobre 1962
relative au mariage un nombre important de dispositions ayant pour objetet non seulement de
promouvoir le mariage et de combattre la polygamie résiduelle mais également d'inciter à faire
constater dans un acte public l’établissent du lien matrimonial, particulièrement dans les zones
rurales. Or il n’y a eu aucun progrès notable dans les villes et les dispositions permettant
l'enregistrement des mariages célébrés selon les coutumes ne paraissent avoir reçu en pratique
aucune application
D'importantes dispositions législatives ont aménagé la condition juridique de la femme et ont donné
aussi bien à la femme mariée l'héritière de sexe féminin des Droits que la tradition lui avait refusés.
Dans de nombreux domaines, ces dispositions ont été ignorées ou délibérément écartées
CHAPITRE Il LA RECEPTION DU DROIT
SECTION 1 : DANS LES PAYS DEVELOPPES
Cette réception est réalisée grâce à l’intensité et à l'abondance des moyens de communication
(médias)
SECTION 2 ET 3 : DANS LES PAYS EN VOIE DE DEVELOPPEMENT EN
GENERALE ET A MADAGASCAR
1- Les difficultés de la réception de la loi
Plusieurs études de doctrine ont été consacrées, durant ces quinze dernières années aux
difficultés de réception de la loi nouvelle dans les pays en voie de développement, Nous nous
bornerons à résumer les principales observations faites, auxquelles nous avons ajouté celles
tirées de la pratique administrative et Judiciaire
S'agissant de la réception matérielle de la loi, il est connu que dans les pays en voie de
développement, la simple insertion au Journal Officiel de la loi nouvelle ne suffit pas pour
diffuser 1a loi et en faciliter l’application réelle, les textes nouveaux sont rédigés dans une
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langue que le citoyen non averti ne connaît pas ou ne pratique pas suffisamment, La langue
juridique elle-même â trop souvent un caractèreésotérique qui rebute le lecteur. L’observation
vaut aussi bien pour les pays qui diffusent leurs nouvelles lois dans une langue occidentale
(anglais ou français) que pour ceux qui ont la possibilité d’étudier leurs textes dans la langue
nationale.C'est ainsi notamment à Madagascar le Journal Officiel est édité en malagasy et en
français. Mais il faut reconnaître que la compréhension parfaite de ces textes -- dans l'une
comme dans l’autre langue nécessite un minimum de connaissances juridiques et un
consensus sans équivoque sur l'interprétation des termes .
Par ailleurs, le Journal Officiel n’est pas à la portée de tous les citoyens.
L'inexistence à cet égard des relais de diffusion et de popularisation des lois constitue dans les
pays en voie de développements une difficulté fondamentale pour la réception matérielle des lois
nouvelles.
Les remèdes à cette situation peuvent être trouvés grâce à une meilleure utilisation des
collectivités décentralisées. A Madagascar, par exemple, la diffusion des nouvelles lois pourrait
se faire à travers les conseils municipaux ou conseils régionaux des collectivités et lors de
"kabary » (discours en réunion de concertation) dans les assemblées générales des collectivités de
base, les "fokontany ».
En revanche, les difficultés de la réception intellectuelle de la loi peuvent être plus sérieuses, le
nouveau droit surtout dans ses dispositions concernant le famille est parfois en avance sur l'état
social et économique, modifie des institutions coutumières existantes ou propose des structures
inconnues de la majorité de la population tant que la population ne perçoit par les avantages tirés
des nouvelles dispositions, elle répugnera aux changements.
La solution facile de la sanction de toute violation de la loi est inadéquate dans les pays en voie de
développement. En outre, elle est contraire à l'esprit du nouveau Droit malagasy qui veut que la
règle émane de la population elle-même, soit discutée et élaborée au sein de la population et soit
spontanément appliquée.
D’autres difficultés résultent de la carence ou de ta défaillance des pouvoirs publics dans de
nombreux cas. L’application réelle de la loi nouvelle dépend de l'action et des initiatives des
agents publics (autorités administratives, officiers de l'état civil, responsables de collectivités
décentralisées, fonctionnaires), parfois des juges eux-mêmes,
2 Le rejet de la loi :
Mais dans de nombreux cas, on constate que l'efficacité de la loi est que, non pas à des difficultés
de réception mais à une réelle Indifférence sinon au refus de la population
Ce refus peut revêtir plusieurs formes :
- L’hostilité ouverte se manifestant par le refus d’appliquer des dispositions même Impératives
l'indifférence
- L’indifférence se manifestant par l’abstention
- la continuation des pratiques périmées ou interdites par la nouvelle loi. Deux remèdes, parmi
d'autres peuvent être proposés.
-Tout gouvernement se trouvant en présence d'une abstention délibérée qui ne serait pas
principalement due à une carence de l’administration pourrait avoir recours à des sondages
d'opinion ou à des enquêtes sociologiques, soit sur l’ensemble du territoire national, soit sur
une région déterminée afin de déterminer les causes de l’hostilité ou de l’indifférence et de
trouver les solutions adéquates. Ce recours aux sciences humaines n’est pas nouveau dans
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les pays développés. Il est insuffisamment connu dans les pays d'Afrique où trop souvent, le
législateur considère sa tâche comme terminée dès lors que la loi est publiée dans un journal
officiel
- Par ailleurs, il faudrait associer de plus en plus étroitement population à l'élaboration des tas,
Certes, la très grande majorité des pays d'Afrique sont régis par une loi fondamentale
prévoyant les modes d'exercice du pouvoir le législatif appartenant au peuple souverain
Mais si l'on voit bien quitter le terrain du droit constitutionnel pour s'en tenir à des
considérations concrètes et pragmatiques, il faut convenir que l’association réelle de toutes
les couches de la population à la création de la règle de droit n’est pas nécessairement
assurée par seule vertu d'une constitution .
A Madagascar, une notion nouvelle paraît aider à mieux associer la population à la mise en place
d’une législation renouvelée celle du pouvoir populaire exercé au sein des collectivités
décentralisées.
CHAPITRE III : VOCATION DES JURISTES DANS LA DIFFUSION DES
CONNAISSANCES DU DROIT
L’effectivité au droit nécessite une large diffusion des connaissances juridiques. Dans les pays
développés, cette diffusion est assurée par de nombreux moyens :
- une large diffusion par l'Etat des textes officiels,
- la diffusion par I ‘Etat de documents, vendus à bas prix, sur les nouvelles Lots,
- L’action desmass-médias
- l'action des "corps intermédiaires" Associations Syndicats. Groupement d’intérêts,
Associations professionnelles ayant leur propre publication
Il est évident que les pays en voie de développement n'ont pas les mêmes moyens. Des efforts
peuvent être accomplis dans le domaine des mass-médias et des corps intermédiaires.
Mais les personnes qui ont un devoir particulier dans la diffusion des connaissances de droit sont les
juristes.
Il ne s’agit pas seulement des professionnels du Droit mais de toute personne pratiquant le Droit ou
l'étudiant.
C'est par cet appel à une mobilisation pour une meilleure connaissance du Droit que nous terminons
cette introduction générale
LES PERSONNES
Il convient de distinguer deux catégories de personnes d’une part, les personnes physiques, c’est-à-
dire les êtres humains et d'autre part, les personnes morales constituées par les collectivités et
groupements divers.
TITRE 1 : LES PERSONNES PHYSIQUES
CHAPITRE : LA DETERMINATION DES PERSONNES PHYSIQUES
Les personnes physiques constituent des sujets de droit. Elles sont considérées comme dotées de la
personnalité juridique.
Pour envisager efficacement cette personnalité juridique, il convient donc de déterminer avec
précision les dates extrêmes de l’existence de la personnalité à savoir la naissance et la mort de la
personne physique.
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Mais à côté des questions relatives à ces dates limites, une incertitude quant à l'existence de la
personne physique peut produire des conséquences sur sa personnalité.
SECTION 1 : L’APPARITION DE LA PERSONNALITE
1- Le principe
La personnalité s'acquiert à la naissance. Une précision importante est cependant
immédiatement apportée : l'enfant doit naître vivant et viable. Ces deux conditions
s'entendent cumulativement Elles supposent donc que l'enfant doit non seulement être en vie
au moment de la naissance, mais qu'il soit également doté des organes nécessaires pour
continuer à vivre.
Dans le cas contraire, la personnalité est n’avoir jamais existé. Cette solution du droit
malgache a été implicitement héritée du droit français.
2. Conséquence
La détermination du moment exacte de l'apparition de la personnalité juridique est importante
car elle permet de fixer l’attribution de droits à la personne nouvellement apparues.
Ainsi, par exemple dans le domaine de la succession selon l'art. 6 al. 1 de la loi 68-012 du 4
juillet 1968 relative aux successions, testaments et donations : "Ne peut être appelé à
succéder l'enfant non encore conçu au moment de l'ouverture de la succession.
L'interprétation de ce texte permet de faire admettre un enfant conçu mais non encore né au
titre d'héritier de son père si ce dernier venait à décéder avant la naissance de l’enfant,
On constate donc que la personnalité juridique de l'enfant né vivant et viable rétroagit au
moment de sa conception.
SECTION 2 : L'EXTINCTION DE LA PERSONNALITE
I. Le principe
La personnalité juridique prend normalement fin avec le décès de l’individu, il n’existe
cependant pas de définition légale de la mort.
Dans les grandes villes, le certificat de décès ne peut être délivré que par un médecin. C'est
donc le corps médical qui, sous responsabilité morale, fixe les critères permettant de conclure
à la mort et d'en déterminer le moment.
Dans les campagnes le décès est directement déclaré aux autorités administratives (fokontany
et communes).
Même si la personnalité juridique prend fin avec la mort , l’existence passée de la personne
produit des conséquences qui se traduisent par des droits et des devoirs pour les survivants.
Ainsi, la loi pénale sanctionne diffamation ou l'injure comme la mémoire des morts.
L’antériorité de la personnalité peut également expliquer la reconnaissance de la valeur
juridique d'un testament.
L’extinction de la personnalité Juridique ne dispense toutefois pas du respect au corps
humain. Ce dernier principe a longtemps constitué un obstacle aux prélèvements d'organes
sur les cadavres aux fins de transplantation. Mais de nos jours, la législation a été assouplie
sur ce point dans les pays ou de telles opérations sont effectuées .
II. Cas particuliers
La personnalité juridique prend donc fin en principe lors du décès de la personne physique.
Il existe cependant des cas particuliers où cette personnalité est diminuée,
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En effet certaines peines pénales interdisent aux condamnés l’exercice de différents droits
attribués à toute personne dotée de la personnalité (interdiction légale d’échéance civique )
L’étendue de l’atteinte à la personnalité juridique est dans ce cas en fonction de la peine
prononcée,
SECTION 3 : LES INCERTITUDES QUANT A L'EXISTENCE DE LA
PERSONNALITE
Sans que le décès d'une personne soit tenu comme certain, un doute peut s’attacher à son existence.
Cette hypothèse recouvre deux notions bien distinctes : l'absence et disparition
1. L'absence
A. L'absence en droit malgache
L’art. 14 de l’ordonnance 62-003 du 24 juillet 1962 modifié par la lot N 090.003 du 20.07.90
définit l'absence comme "la situation d'une personne éloignée de son domicile et dont l’existence
est rendue incertaine par manque de nouvelles"
Une incertitude entoure donc le sort de cette personne dont nul n’a plus de nouvelles depuis un
certain temps.
L’hypothèse de l’absence présente trois phases successives :
a) 1ère phase : l'attente
L’individu n'est plus présent mais ne peut encore être considéré comme absent. L’incertitude sur
son existence est ici légère. C'est le cas de la personne n'ayant pas donné de ses nouvelles depuis
moins d'un an ou moins de 4 ans si avant son départ elle a laissé une procuration se rapportant à
ses biens,
Si aucune disposition particulière a été prévus par l’intéressé avant son départ, nul ne peut
administrer ses biens,
b) 2éme phase la présomption d'absence
Il y a présomption d'absence lorsque les dernières nouvelles données par la personne remontent à
plus d'un an ou à plus de 4 ans s'il avait laissé une procuration sur ses biens avant son départ. C'est
une présomption puisque la preuve contraire pourra toujours être rapportée
Sur le bien patrimonial, la présomption d'absence permet de demander sur simple requête au juge
de prononcer des mesures conservatoires voire même de désigner un administrateur provisoire.
Il est important de souligner qu’en principe dans cette phase, seuls des actes d'administration
(exemple : entretien d’un immeuble de l'intéressé, conclusion d'un contrat de location) et de
conservation seront autorisé à l’exclusion des actes de disposition (exemple vente). Il ne pourra
être procédé à ces derniers qu’en cas d'urgence et de necéssité, sur autorisation de juge (art 20)
L’ordonnance de 24 juillet 1962 permet non seulement aux membres de la famille et au ministère
public de juger du domicile du présumé absent mais également à quiconque y aura un "intérêt
direct sérieux et légitime » (art, 16 al.1)
Sur le plan extrapatrimonial : le mariage s'il y e a un, n’est pas dissous
c) phase la déclaration d'absence
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Huit ans au moins après la constatation judiciaire de la présomption d'absence, si l'on est toujours
sans nouvelles de la personne "absence peut être déclarée par Jugement de tribunal, après enquête
Les personnes admises à demander cette déclaration sont les mêmes que celles recevables à faire
constater la présomption d'absence.
un extrait de jugement ordonnant l'enquête contradictoire du ministère public sur la réalité de
l’absence sera diffusé (affichage au domicile et résidence de l'intéressé ainsi qu’à la mairie ,
publication). Cette diffusion répond à un double objectif.
Tout d'abord permettre au présumé absent de se manifester éventuellement, ou à toute personne
détenant des informations sur son existence de le faire ensuite, permettre aux personnes ayant en
leur possession des actes de l'absent portant disposition testamentaire de les remettre entre les mains
du juge.
Le jugement de déclaration d'absence interviendra donc dans un délai de 6 mois après cette
diffusion, un extrait de jugement déclaratif sera ultérieurement affiché et publié
Sur le pan patrimonial, il sera prononcé à l’envoi en possession des biens de l’absent au
profit du ou des héritiers. Les pouvoirs de celui qui a administré le bien durant la
présomption d’absence cesseront à compter de l'entrée en possession effective par les ayants
droit.
Celui qui recevra le bien sera donc possesseur mais non propriétaire car le droit de propriété n’est
pas transmis.
La possession ne sera effective que 6 mois après la publication du jugement déclaratif d'absence
Sur le plan extrapatrimonial, le mariage contracté par l'absent avant son départ subsiste.
Le jugement de déclaration d'absence peut être annulé si l'absent réapparaît ou si son existence est
prouvée ultérieurement .
Dans cette hypothèse, l'absence reprend ses biens sous réserve de droits nés au profit des tiers de
bonne foi (art, 30 et 31).
B. absence en droit comparé
Le régime de l'absence en droit français est comparable à celui du droit malgache. Il existe
cependant quelques points de dissociation.
Les articles 112 et suivants du Code Civil français traitent du régime de l'absence.
Deux périodes doivent être distinguées
a) 1ère phase :la présomption d'absence
Tout intéressé peut faire constater par le juge des tutelles que l'on est sans nouvelles d'une
personne depuis un certain temps. Aucun délai minimum n’est donc strictement fixé par la loi
Si avant son départ, le présumé absent a désigné un représentant chargé de ses intérêts, celui-
ci exercera ses pouvoirs.
Dans le cas contraire, s'il est marié, le conjoint pourra administrer son patrimoine en application du
régime matrimonial.
Si le présumé absent n'est pas marié et s'il n'a désigné aucun représentant, le juge organise sa
représentation et l'administration de ses biens selon des modalités analogues à celles prévues pour
les incapables.
Les mesures de représentation et d’administration des biens du présumé absent cessent si
celui-ci réapparait ou si son décès est prouvé.
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Dans le premier cas, l’individu reprend ses biens, dans le second, il est procédé à l'ouverture de la
succession à la date du décès. Il faut cependant souligner que les droits acquis par le tiers de bonne
foi sur le fondement de la présomption d'absence ne sont remis en cause.
b) 2ème phase : la déclaration d'absence
Si, 10 ans au moins après la constatation judicaire de l'absence ou demeure sans nouvelles de la
personne, l'absence peut être déclarée par le tribunal de grande instance.
L’art. 12 du code civil précise qu'il est possible de faire déclarer l’absence bien qu'aucune décision
judiciaire de présomption d'absence ne soit intervenue, il faut dans ce cas qu'aucune nouvelle n ’ait
été obtenue depuis au moins 20 ans.
La requête demandant la déclaration d'absence peut être introduite 1 an avant l'achèvement des délais
exigés. Tout comme en droit malgache, elle doit faire l'objet d'une publicité pour susciter les
réactions de la personne visée, ou de ceux qui détiennent des informations sur son sort.
Le jugement déclaratif d'absence interviendra 1 an après cette publication. Ce jugement fera
également l'objet d'une publicité .
La déclaration d'absence produit tous les effets du décès. La personnalité juridique disparait donc, en
droit français avec la déclaration d'absence. En conséquence, la succession s'ouvre et le mariage est
dissous.
Le jugement prononçant l'absence peut être annulé si l'absent réapparait ou si son existence est
prouvée.
L'absent reprend alors ses biens (ou ce qui en reste car ses héritiers ont valablement en
disposer). Mais son mariage demeure dissous, un second mariage contracté par son conjoint,
durant son absence reste de ce fait valable.
La comparaison de la législation malgache et française sur ce point révèle des différences
importantes non seulement au niveau des délais requis faire constater des différentes phases de
l’absence mais aussi concernant les effets de cette situation
Mais dans les deux pays le législateur s’est entouré d’un maximum de précautions avant de
conclure à l'absence d’une personne (intervention du juge, mesures de publicité).
L'absence doit être distinguée d'une autre situation dans laquelle l’existence d'une personne ne
peut être matériellement rapportée ta disparition.
2. La disparition
La disparition peut être définie comme mort probable d'un individu qui, lorsqu’ on l’a vu pour la
dernière fois, était dans une situation mettant sa vie en péril.
C'est le cas lorsqu’un naufrage survient et que les corps des passagers ne sont pas retrouvés. Le
législateur malgache n’emploie pas le terme "disparition". Ceci ne signifie nullement qu'il n’a
pas réglementé cette hypothèse.
En effet, l'art. 40 de l' Ordonnance du 24 juillet 1962 dispose que tout intéressé pourra faire
prononcer la déclaration judicaire du décès d'une personne lorsque son absence se sera produite
dans des circonstances de nature à mettre sa vie en danger .
L’intervention du juge s’avère donc nécessaire pour qu’une personne disparue soit considérée
comme décédée. Cette exigence a été dictée par la gravité de la demande.
La loi ne pose aucune condition de délai. Le juge se prononcera ainsi en fonction des
circonstances de la disparition
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Jusqu’à ce que le décès soit considéré comme acquis, le régime de l'absence sera appliqué
au patrimoine du disparu (art. 40).
L’absence et la disparition font donc peser une incertitude sur l’existence d’une personne. Dans
le cas de la disparition, cette incertitude se transforme en quasi-certitude quant au décès de
l'intéressée.
A côté de ces deux situations, il existe ce qu'il convient d'appeler « la non présence ». C'est le cas
d'une personne dont l’existence est certaine mais qui se trouve pour un certain délai éloigné de
son domicile. Elle ne peut de ce fait administrer directement son patrimoine.
L’art.39 de l'ordonnance de 1962 prévoit la possibilité de faire nommer par le Juge un
administrateur provisoire dans les mêmes conditions que l’absence.
CHAPITRE II : LINDIVIDUALISATION DES PERSONNES PHYSIQUES
Trois institutions réglementées par la loi ont pour but de saisir et préciser l'individualité personnes en
vue de satisfaire aux besoins pratiques de la vie sociale. Il s’agit :
- Du nom qui identifie l’individu,
- Du domicile qui le localisera dans l’espace
- Des actes de l’état civilqui la situent dans le temps et le qualifie
SECTI0N 1 : LE NOM
Le nom se définit comme l’appellation spécifique qui sert à individualiser et à désigne rune
personne.
L'utilisé ainsi que l'indispensabilité du nom sont incontestables. Il distingue une personne d’une
autre, mais permet également d'exercer son activité sans risquer d'être confondue avec les autres
individus.
1- La détermination du nom
A- Les éléments du nom
En règle générale le nom comprend deux éléments distincts " nom patronymique d’une part, et ou
les prénoms d'autre part.
Le nom patronymique est communément appelé le nom de famille. Dans la plupart des pays
le nom patronymique se transmet héréditairement. Il est donc le lien visible par lequel
l'enfant se rattache à une famille .
A Madagascar, l’art. 2 de l'Ordonnance du 24 Juillet 1962 prévoit que l’adoption d'un nom
patronymique est facultative.
Cette situation est la conséquence d’une coutume observée dans tous lestribus de l'île.
Le nom patronymique est insuffisant pour identifier précisément une personne car il peut être
commun à plusieurs personnes voire à tous, dans une même famille. De plus, peut-être, par le
fruit du hasard, commun à différents individus n’appartenant pas à une même famille
(phénomène d'homonyme) D’où la nécessite d'un ou plusieurs prénoms afin d’individualiser
chacun.
L’adjonction de prénom est cependant facultative en droit malgache (art. 3 ordonnance du 24
juillet 1962). Mais lorsque les parents décident d'y procéder, le choix du prénom demeure
libre.
En droit comparé, la législation française ne prévoit pas ce caractère facultatif. De plus, elle
limita le choix des prénoms attribuables aux « noms en usage dans les différents calendriers
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et ceux des personnages connus dans l’Histoire ancienne » (Art. let de la du 11geminel an
XI).
Une circulaire de 1966 recommande cependant une interprétation souple de cette disposition
afin de permettre "utilisation de prénoms nouveaux ».
Une remarque mérite d’être effectuée concernant deux accessoires possibles du nom ,le surnom et
le pseudonyme.
Ces deux notions se situent en dehors de la réglementation légale, Elles existent cependant en
pratique.
Le surnom est généralement l'œuvre du public.Il a pour but de mieux individualiser une personne
Le pseudonyme, quant à est librement par l’intéressé, il sert à masquer la véritable identité Civile de
son titulaire. C'est le cas lorsque la personne exerce dans le milieu artistique et littéraire.
B- Les modes d'acquisition du nom
a) La filiation
En droit malgache, étant donné que le nom patronymique n’est pas obligatoire, le père tout
comme la mère peut donner son nom à l'enfant.
Il est cependant observé en pratique un accroissement de la transmission de père en fils (ou fille).
L’absence du caractère obligatoire du nom patronymique rend inutile une réglementation du nom
des enfants naturels, reconnus ou des enfants adultérins ou incestueux, et des enfants trouvés ou
abandonnés. Le nom de l’enfant sera alors librement fixé.
Ni le rejet ni l'adoption n’entraîne de changement obligatoire de nom chez la personne concernée.
L'adoptée garde le nom qu'il portait antérieurement. Si à sa majorité, il veut changer de nom et prendre
celui de son parent adoptif, il suivra la procédure de changement de nom.
b) Le mariage
Par son mariage, la femme peut acquérir l’usage du nom du mari, il n’y a donc pas juridiquement
de changement de nom.
Ce remplacement de fait du nom de jeune fille par le nom du mari n’est cependant pas définitif
L'art, 72 de la loi N°2007-022 du 20 Août 2007 relatif au mariage interdit strictement à l’époux
divorcé d'utiliser le nom du conjoint. Etant donné que la pratique malgache, seule la femme prend
le nom du mari après le mariage, et non l'inverse, cet article est donc directement applicable.
En droit comparé, la législation française par exemple permet à la femme d'adjoindre le nom du
mari à son nom de jeune fille. L’usage de ce nom double est aussi possible pour le mari. Les noms
accolés du mari et de la femme ne se transmettent cependant pas aux enfants issus du mariage. Ces
derniers porteront uniquement le nom du mari.
De plus,à la différence du droit malgache, en cas de divorce, la femme pourra selon les
circonstances garder l'usage du nom du mari même après la dissolution du mariage.
c) Le libre choix
Le choix du nom est libre en droit malgache, Ceci permet de respecter les coutumes existantes dans
différentes réglons de l'île.
Ainsi, on peut attribuer le nom des grands-parents ou tout autre nom en fonction de la coutume
(ainsi dans certaines régions on attribuera un nom à l'enfant en fonction de son horoscope)
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2. Les caractères du nom
a) Caractère obligatoire
Le patronymique et le prénom rte sont pas obligatoires. Mais le nom est obligatoire (art, 1
ordonnance du 24 juillet 1962).
Toute personne doit donc avoir un nom qui permet de te distinguer des autres individus.
b) Imprescriptibilité
Selon l'art. 5 de l'ordonnance de 1962 "les noms ou le prénom ne s’acquiert ni ne se perd par
prescription", c'est-à-dire par l'écoulement d'un certain délai.
c) Inaliénabilité
Le nom est un attribut essentiel de la personnalité, il est de fait normal qu'il soit considéré comme
inhérent à la personne
Ainsi, lorsqu'un individu utilise son nom pour désigner une entreprise ou un produit, il peut céder à
un successeur dans son activité le droit d'utiliser ce nom aux mêmes fins, mais le cédant conserve son
nom pour se faire désigner,
d) Non immuabilité
En droit malgache, le nom est non Immuable
L'atte 4 de l'ordonnance de 1962 prévoit cette faculté de changer de nom. Le texte limite la
possibilité pour les majeures à un seul changement et renvoi pour la procédure à l’art 38 et suivants
de la loi du 9 octobre 1961
La procédure à suivre pour changer de nom est relativement souple. La voie judiciaire a été
volontairement écartée par législateur
Une déclaration faite par l'intéressé à l’Officier d'Etat Civil de sa résidence habituelle en présence de
cinq témoins est suffisante, Cette déclaration, dit l'art. 39 est inscrite sur "le registre de l'acte de
naissance en cours". Mais l'art. 11 de la loi du 8 octobre 1961 sur l'Etat Civil prévoit un registre
distinct pour les changements de nom. En conséquence les déclarations de changement de nom seront
consignées dans ce registre spécial.
Celui qui veut changer de nom doit justifier de son identité actuelle pour éviter les fraudes
(Présentation d'une expédition de son acte de naissance ou un jugement supplétif). L’opération
sera mentionnée en marge de l’acte de naissance de l'intéressé .
L’art. 6 édicte que le changement de nom ne peut être préjudiciable aux droits antérieurement
acquis par les tiers de bonne foi.
Il faut souligner que toutes les législations n'adoptent pas le principe du non Immuabilité au nom,
Ainsi en droit français le changement n’est admis qu à titre exceptionnel et se fait par décret.
3. La protection juridique du nom
A. L’opposition au changement de nom
Aucun texte ne prévoit spécifiquement la possibilité de s’opposer à un changement de nom d'une
personne.
Toutefois, le droit malgache connaît le principe de l'opposition à un acte juridique. C'est une
mesure préventive efficace contre l'accomplissement d'un acte juridique préjudiciable.
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L’opposition au changement de nom d’une personne est donc envisageable.
B. La protection judiciaire du nom
a) L’action en usurpation
On suppose qu’une personne se fait désigner, dans les actes de la vie civile, par un nom qui n’est
pas le sien mais celui d'un autre.
Le titulaire du nom victime de l’usurpation peut agir en justice pour faire cesser l'usage illégitime
du nom.
Cette action peut être délicate dans pays où la notion de nom patronymique, hérite de père en fils
est absente.
b) L’action contre les atteintes à la réputation
Dans cette hypothèse, le nom d'une personne est utilisé par un tiers, non pour se désigner lui-
même mais pour un personnage de roman, de film de théâtre ou un produit quelconques. Le
titulaire du nom peut demander au juge de faire cesser cet usage de son nom et éventuellement
obtenir des dommages-intérêts, li doit cependant prouver le risque de confusion dans l’esprit du
public et le préjudice qu'il subit.
SECTION 2 : LE DOMICILE
Plusieurs critères sont concevables pour fixer la notion de domicile. Il peut être fait appel au lieu
d'origine d'une personne, celui où elle se trouve habituellement, ou encore là où elle exerce sa
profession,
Selon l’art. 7 de l'ordonnance du 24 juillet 1962 « le domicile de toute personne se trouve au
lieu de sa résidence principale ».
En droit malgache, le domicile est donc le lieu où une personne demeure effectivement. C'est le
critère matériel qui prévaut .
Il convient donc de préciser la détermination du domicile ainsi que ses effets.
1. La détermination du domicile
A. Le domicile volontaire
C’est le cas général. La personne fixe librement son domicile, dans un lieu dicté par son choix
particulier, selon ses propres impératifs.
Le logement effectif sera ainsi pris en compte. Les personnes habitant dans un endroit doivent
d'ailleurs faire une déclaration au "fokontany" des lieux ; ce qui permet de recenser les
personnes y demeurant réellement.
Il y aura changement de domicile dès lors qu'il se produira un changement de la résidence
habituelle.
Le critère de la résidence principale est donc un élément matériel qui présente l'avantage de la
simplicité.
Une personne peut être domiciliée à un endroit puisqu'elle vit effectivement là mais peut avoir
une résidence dans un autre lieu. La résidence est ici assimilée à un endroit où la personne se
trouve occasionnellement .
B- Le domicile fixé par la loi
a. Domicile légal fixé en raison de la situation de dépendance
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La loi attribue d'autorité un domicile aux personnes en situation de dépendance vis-à-vis d'une
autre .
- Ainsi, le mineur non émancipé est domicilié chez ses parents ou chez la personne exerçant le
droit de garde (art 9 ordonnance de 1962).
- Celui de l'interdit judiciaire ou légal se trouve chez son tuteur (art. 9 al. 2).
-La femme mariée a en principe son domicile chez son mari. Cependant elle peut être légalement
ou judiciairement autorisée à résider séparément.
a) L'art 52 de la loi N°2022-027 du 20 Août 2007 relative au mariage prévoit la possibilité pour
la femme de quitter temporairement le domicile conjugal pour des motifs graves, dans les
formes et c Cas particuliers
- L art. 10 de l'ordonnance prévoit fixe un domicile professionnel pour ceux qui exercent une
profession au lieu où s’exerça cette profession.
Cela suppose donc qu'une personne exerçant une activité professionnelle peut avoir deux
domiciles, un domicile personnel et un autre professionnel.
- Dans le cadre de l’exécution d’un acte juridique (exemple contrat) ou pour l'exercice d'un
droit, une personne peut élire un domicile autre que le lieu où elle habite principalement (art.
13). C'est donc une dérogation au principe général posé par l’art.7 de l’ordonnance
De ce fait une élection de domicile ne peut être tacite, elle doit être clairement formulée
ElIe est facultative mais bien entendu une fois qu’elle devient obligatoire pour les parties.
2. Les effets du domicile
A- Du point de vue civil
Le domicile détermine le lieu où certains actes doivent être accomplis, il fixe par exemple le lieu
où pourront s'effectuer certains paiements (art, 333 de la LTGO ou loi portant théorie générale
des obligations).
B. Du point de vue procédural
Le domicile du défendeur détermine en principe la compétence territoriale du tribunal.
De même, c’est au domicile de l'intéressé que sont signifiés les actes extra-judiciares (assignation,
saisies…) à défaut de pouvoir être remis en mains propres à la personne. Le jugement ordonnant
l’enquête de même que le jugement déclaratif d'absence se sont affichés au domicile de l’intéressé
SECTION 3 : L'ETAT CIVIL
1- Définition
L’état est l’ensemble des traits caractéristiques qui détermine le statut juridique de la personne. L'état
civil indique la situation d'une personne en tant que sujet de droit ainsi que son statut familial.
Cet état Civil des personnes peut prendre source dans différentes situations
- il peut, tout d'abord, être consécutif à des faits tels la naissance, l’écoulement de temps depuis
cette naissance déterminant l’accès à la majorité.
- il peut également découler d'actes juridiques accomplis par l’individu ou ayant effet sur lui
comme le mariage, l'adoption
- enfin, des décisions judiciaires peuvent être à l'origine de la détermination de l’état civil des
personnes, c’est notamment l'hypothèse d'un jugement de divorce.
L'état d'une personne se distingue de sa capacité dans la mesure où cette dernière donne la mesure
des actes qu’une personne peut accomplir.
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L’organisation de l’état civil est apparue à Madagascar à la fin du XIXème siècle avec
l’intervention des Européens (implanté tout d'abord sur les plateaux) par l'intermédiaire des
instructions aux Sakaizambohitra, l'organisation fût peu appliquée
Le Gouverneur Général prit des mesures strictes pour faire appliquer l’organisation et entreprit
également de l'étendre à toute l'île, il faudra attendre un arrêté du 21 novembre 1938 pour obtenir
une organisation définitive et uniforme dans entière (J.O M 1938 p. 1313). Ce texte fut remplacé par
l'arrêt du 6 juin 1939 (J.O.M 1939 p. 1040).
De nos jours, la loi 61-025 du 9 octobre 1961 (J O.M. du 14 octobre 1961 p. 1789) pose la
réglementation sur actes de l’état civil.
Certains faits et actes qui commandent l'état des individus sont enregistrés afin de ménager la
possibilité, ultérieurement d'en établir l'existence
Ces actes de l'état Civil sont donc des modes de constatation des éléments de l'état des personnes,
L'établissement et la publicité de ces actes sont assurés par les pouvoirs publics
2. L'organisation du service public de l'état civil
A. L'officier de l'état Civil
a) Qualité d'officier d’état civil
Les actes de l'état Civil sont du ressort des officiers publics dits de l’état civil. En effet, l'art. 2 de
la loi du 9 octobre 1931 énonce que "les officiers de l’état civil sont seuls compétents pour
recevoir et conserver les actes de l'état Civil auxquels ils confèrent l'authenticité"
La loi ne donne cependant aucune précision sur la personne des officier s publics. En pratique il
va s’agir du maire et de ses adjoints en l’Occurrence du Président de Firaisana ainsi que de ses
adjoints. Les Présidents des Fivondronana anciennement Commune de plein exercice le sont
aussi.
b) Rôle de l'officier de l'état civil
L'art. 3 de la loi du 9 octobre 1961 indique les différents rôles attribués à l'officier de l'état civil.
Il convient de distinguer deux situations
- Il est chargé d'enregistrer les déclarations qui lui sont faites. A ce titre, reçoit les déclarations
de naissance et de décès, les reconnaissances d’enfants naturels ainsi que les actes d'adoption
et de rejet. Il dresse également les actes de mariage et tient les registres de l’état civil.
L’officier d’état civil occupe donc principalement un rôle passif.
- Il existe cependant des situations où l’officier de l’état se voit octroyer un pouvoir
d'appréciation et contrôle. Ainsi, en matière d'acte de mariage, il ne se borne pas à
transcrire les déclarations, il doit s’assurer de la conformité des futurs époux aux conditions
dictées par loi.
Une fois cette certitude acquise, il procéder à la célébration au manage proprement dite
Dans cette hypothèse l'officier de l'état civil se voit donc attribuer un rôle actif.
Toutefois dans le cadre du mariage dit son rôle se limite à la simple transcription sur le
registre du Procès-Verbal, dressé par l’agent de « l’autorité" qui a assisté au mariage.
c) Compétence
La compétence de l'officier de l'état Civil est déterminée aussi bien au niveau géographique que
personnel.
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1. Compétence géographique
L’art. 4 poses le principe de la compétence territoriale de l’officier de l’état civil. Ce secteur
géographique est limitéà la circonscription de l'officier
L’officier de l’état civil est donc habilité à recevoir les actes concernant les personnes
domiciliées sur ressort de son Firaisana de certains Fivondronana.
2. Compétence personnelle
L’officier de l'état Civil, compte tenu des contraintes diverses liées à ses fonctions est le plus
souvent amené à déléguer ses Pouvoirs. Il en va surtout ainsi dans tes Firaisana situés dans les zones
fortement peuplées. Il doit cependant célébrer personnellement les mariages.
De plus, selon l'art.5 "les officiers de l'état civil ne peuvent intervenir au même acte en qualité
d'officier d'état civil et à un autre titre. Ainsi, nul ne peut cumuler la situation d'officier de l'état civil
recevant ou dressant acte et celle de partie (intervenant ou témoins) à cet acte. Ceci en vue de se
préserver de tout risque de fraude .
3. Sanction des règles de compétence
Le plus souvent, l’incompétence déclarée de l'officier n’entraîne pas la nullité de l'acte. Cette
solution est adoptée afin de veiller à l'intérêt des parties. En effet, ces dernières, le plus souvent, pas
les moyens de vérifier la compétence de l’officier de l’état civil.
Toutefois, l’lorsque l'officier a été également parti à l’acte, une annulation peut être envisagée
d) Responsabilité de l'officier d'état civil.
Les éléments de la responsabilité des officiers de l’état Civil sont posés par la loi de 1961. Un
contrôle par l’autorité judiciaire est également nécessaire afin de veiller à la bonne marche de
l'institution.
1- Le contrôle
Le contrôle est effectué par le Procureur de la République ou un magistrat ou un magistrat délégué à
cette tâche compte tenu de l'éloignement des centres de l'état Civil, il existe deux types de contrôle a
posteriori et ponctuel.
- Contrôle à posteriori
Le Procureur ou le magistrat délégué effectue une vérification annuelle de la tenue et de la
conservation des registres de l'état civil. Cette vérification régulière doit en principe être effectuée
dans les cinq premiers mois de l’année.
Un procès-verbal est rédigé à l'issu du contrôle. Il mentionnera les observations généralesfaites par le
magistrat vérificateur concernant la tenue et la conservation des registres. Si des Infractions ont été
commises par l'officier à l'occasion de la tenue des registres ou de la rédaction des actes, le
vérificateur devra les mentionner.
Le Procureur de la République ou le juge de section, sur la base des procès-verbaux entamera les
poursuites nécessaires pour la répression des délits et contraventions.
Le procureur rédige également pour l’ensemble de la province un rapport qu'il transmet au Procureur
général près la Cour d'appel. Ce dernier transmet à la Chancellerie.
- Contrôles ponctuels
Le Procureur de la République ou le magistrat délégué peut s'il juge opportun, effectuer des
vérifications sur place des registres de l'état Civil, il pourra ainsi demander aux juridictions
compétentes d'effectuer les rectifications nécessaires.
2. Responsabilité de l'officier d’état civil
Dans l'exercice de ses fonctions, l’officier de l'état civil peut se voir appliquer trois variétés de
sanctions :
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- sanctions civiles : L'officier est civilement responsable de ses actes dans l’exercicede sa
fonction. Ainsi, si les erreurs qu'il commet causent un préjudice à quelqu'un, il peut être
condamné à payer des dommages-intérêts. Toute faute ou négligence de l'officier entraîne sa
responsabilité sans exiger l’existence d'une faute lourde.Lorsqu'il agit en sa qualité propre, sa
responsabilité personnelle est engagée. En revanche, en cas de délégation, la responsabilité
del’officier qui a délégué ses fonctions peut aussi être retenue. Le délégué peut exercer
ultérieurement un recours contre son délégué. Les tribunaux Civils sont ici compétents .
- Sanctions pénales : Les articles 192 et 195 du Code Pénal Malgache répriment les différents
infractions afférentes à la tenue des actes de l’état civil, il en va ainsi notamment de la
célébration d’un mariage sans le consentement des parents lorsque celui-ci est requis par la
loi ou l’inscription des actes sur des feuilles volantes.
L’art.340 C.P Malgache sanctionne l’officier de l’état civil qui a célébré un mariage alors
qu’il avait connaissance d’un précédent mariage non encore dissous.
La mauvaise foi de l’officier peut donc être sanctionnée pénalement.
- Sanctions disciplinaires : Indépendamment des observations et injonctions faites par les
autorités judiciaires, les officiers de l’état civil peuvent être suspendu ou révoqués en raison
de faute commise dans l’exercice de leurs fonctions.
La loi du 09 octobre 1961 soumet donc l’officier de l’état civil d’un pouvoir propre. Leur
responsabilité à l’égard des tiers présente donc un caractère strictement personnel.
B. Les documents récapitulatifs
Ce sont les registres de l'état civil et le livret de famille .
a) Les registres d’état civil.
b) Les actes de l'état civil doivent être inscrits sur un registre. L’art 11 de la loi prévoit
théoriquement cinq registres distincts dans chaque centre d'état civil
- pour les naissances, reconnaissances et légitimations
-décès
-les mariages
-les adoptions et rejets
-les changements de nom
Pour des raisons pratiques, en vue d'éviter une multiplication inutile des registres à tenir. Certains
actes peuvent être regroupés dans un même registre (exemple : actes de naissance et reconnaissance
d'enfant naturel et actes de décès dans un seul registre). L’utilisation d'un registre unique est même
autorisée. Les registres sont tenus en double éxemplaire. Lors de l’inscription des actes sur le
registre, l’officier de l’état civil veillera à y apporter afin d’éviter toute contestation ultérieure (sans
aucun blanc, les ratures approuvés par tous les signatures ; aucune abréviation, aucune date
mentionnée en chiffre…). Il devra également ménager la marge réglementaire
destinée aux mentions.
b) Le livret de famille (art 90 à 94) : C'est un recueil d'extrait d'actes de l'état civil qui est détenu par
les particuliers intéressés.Ce livret permet aux détenteurs de produire à tout moment une justification
de leur situation familiale sans avoir à ne faire aucune démarche préalable. Il présente également
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l'avantage de regrouper sur un document des informations parfois dispersées sur des registres tenus
dans des lieux différents.Le livret de famille des époux leur est remis après la célébration du mariage,
il contient un extrait de l’acte de mariage. Les naissances et décès des enfants y seront ultérieurement
reportés, ainsi que les adoptions rejets, reconnaissances et légitimations. Le décès ou le divorce des
époux y seront également transcrits
C. Les actes de l'état civil
Les actes de l’état civil permettent de situer une personne dans le temps et la qualifient. Leurs
établissements obéissent à des règles strictes.
a) La rédaction des actes
1. Les personnes
Les personnes qui participent à rétablissement d'un acte de l'état civil sont les comparants, les
témoins ainsi que l'officier de l’état civil.
- L'officier d’état civil reçoit les actes . Pendant la période de transition vers la IIIe
République, le Président de la Délégation Spéciale du Firaisana est officiers de l'état
civil.
- Les comparants ou déclarants sont les personnes qui viennent devant l'officier de l'état civil
en vue de l'établissement de l'acte. Les déclarants peuvent être les parties, à savoir les
personnes dont "acte constate l'état ou la modification de l'état. Tel est le cas du mariage le
changement de nom.
Les déclarants peuvent être des individus qui interviennent uniquement pour la confection des actes
relatifs à l’état d'une personne hors d'état de comparaître elle-même. C'est l'hypothèse de la
déclaration de naissance ou du décès.
Les comparants quels qu’ils soient sont tenus de faire des déclarations sincères. Des sanctions
sévères sont prévues à l’encontre des personnes auteurs de déclarations mensongères.
- Les témoins ont un double rôle, il certifie l’identité des déclarants (exemple : cas de
changement de nom). Ils peuvent aussi certifier l’exactitude des déclarations (exemple : le
mariage). Le choix des témoins appartiennent aux parties et non à l’officier de l’état civil. Ils
doivent avoir au moins 21 ans et il n’est pas nécessaire d’être de nationalité malgache, ils
peuvent être parents ou non des déclarants.
2- Les mentions
L’art. 19 dispose "les actes de l'état civil énoncent l'année, le jour et l'heure où ils sont reçus, les
prénoms et le nom de l’officié de l'état civil, les prénoms, nom, profession, domicile et si possible,
les dates et lieux de naissance de tous ceux qui y sont dénommés ». Ces mentions viennent donc
s’ajouter au corps de la déclaration, c’est à-dire au motif même de l’établissement de l'acte
(exemple : la venue au monde pour la naissance, la mort pour le décès, l'adoption pour "acte du
même nom…).
Les fausses déclarations sont sanctionnées pénalement, notamment des peines de faux en écriture
authentique (art. 20)
Si une formalité substantielle est omise : l’acte sera annulé.
Il en va de même en cas d'inexactitude d'une énonciation. Les erreurs peuvent être rectifiées par la
juridiction compétente (voir infra).
b) Utilisation des actes
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Les actes de l’état civil sont établis en vue de pouvoir identifier une personnalité juridique. Pour ce
faire l’acte est mis à la disposition des intéressés .
1. La publicité des actes
Des copies peuvent être délivrées a parties intéressées ainsi qu’aux autorités administratives et
judiciaires (art.57). Ces documents intégraux reçoivent donc une diffusion limitée afin de préserver
la confidentialité de certaines informations (exemple : nécessité d'assurer aux enfants naturels le
secrets de leur origine…).
En revanche, toute personne du moment qu’elle indique son identité peut se faire délivrer un extrait
d'acte de t'état civil.A la différence de la copie, l'extrait ne reproduit que quelques énonciations
essentielles d'un acte.
En pratique, des bulletins de naissance, mariage et de décès sont délivrés sur papier libre à toute
personne qui en fait la demande. En principe, ces bulletins n’ont aucune force probante mais ils sont
très utiles dans la vie courante.
2. Les actes de l’état civil, instruments de preuve
- Les énonciations de faits que l'officier a personnellement constaté font foi jusqu’ à inscription de
faux.
L'acte reçoit donc dans cette hypothèse la valeur d'un acte authentique. C'est le cas par exemple de la
comparution d'une personne devant l'officier d'état civil ou le fait qu’elle ait effectué certaines
déclarations.
Le principe consiste à éviter de mettre en doute trop facilement, la véracité des déclarations de
l'officier de l'état civil qui est un officier public
La procédure de l'inscription de faux obéit à des règles strictes qui empêchent les contestations non
sérieuses.
Les copies et extraits, tout comme l’original constituent un acte authentique faisant foi jusqu’à
inscription de faux.
-Quant aux énonciations rapportées directement par les déclarants, donc relatives à des faits que
l'officier de l'état civil n’a pas constatés lui-même, elles font foi jusqu’à preuve du contraire.
Leurs inexactitudes peuvent donc être démontrées par une procédure plus souple car on conteste
la sincérité des déclarants qui sont de simples particuliers,
- La concordance des déclarations avec les mentions portées sur les actes font foi jusqu’à
l’inscription de faux.
- Enfin, les mentions superflues n'ont aucune valeur juridique.
D. Intervention du juge en matière d’acte de l'état civil
a) Les actes irréguliers
Il s’agit, dans cette hypothèse, de corriger un acte d'état civil comportant des erreurs, des omissions
ou des énonciations prohibés. Exemple un acte de naissance n'indiquant pas la date de cette naissance
ou mentionnant une date erronée.
Le principe de l'intangibilité de l'acte rédigé et signé s’applique à Madagascar. Seule la rectification
par voie judiciaire est admise
Deux procédures distinctes sont à observer
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- Lorsque l'erreur est légère, c’est-à-dire, lorsqu'elle constitue un défaut matériel évident, la
rectification peut s’opérer par simple ordonnance sur requête du Tribunal de première
instance (art. 54 de la loi du 9 octobre 1961),
- Si l’erreur présente un caractère de gravité, la rectification s’effectuera à 'a suite d’un
jugement (art 48) du tribunal civil de première instance
Cette action en rectification ne doit toutefois pas modifier l’état des personnes.
Le Droit malgache accorde aux jugements rectificatifs l'autorité de la chose jugée. Ils sont opposables
à tous sous réserve des droits des tiers constitués légalement.Le Droit malgache accorde aux
jugements rectificatifs l’autorité de la chose jugé, ils sont opposables à tous sous réserves des droits
des tiers constitués également.
b) Les actes inexistants
Le Droit malgache présente un caractère libéral puisqu’il y autorise aussi bien le
remplacement que la reconstitution des actes de l’état civil manquants.
1- Le jugement de reconstitution
Ainsi, en cas de perte ou de destruction du registre ou encore en cas de suppression
accidentelle de l’acte, une reconstitution judiciaire demeure possible (art.47 et
suivants). Les personnes habilitées à agir sont le Ministère public (qui peut même agir
d’office) en toute personne intéressée par l’acte qu’elle soit concerné ou non.
2- Jugement supplétif
Lorsqu’un acte d’état civil qui aurait dû être transcrit fait complétement défaut, il est
possible d’y supplier par jugement. Ainsi, en cas d’inexistence d’un acte de naissance
alors que l’enfant est né, il convient d’introduire une action devant le tribunal de
première instance pour obtenir un jugement supplétif (art68).
L’acte supplétif est donc celui par lequel on va remédier à l’inexistence d’un acte qui
n’a été ni déclaré ni dressé pour constater un fait relatif à l’état d’une personne alors
que cet évènement aurait dû normalement faire l’objet d’un acte d’état civil.
Le jugement supplétif d’état civil à autorité de la chose jugée, il demeura toutefois
susceptible d’être attaqué par toute personne ayant un quelconque intérêtet actuel.
CHAPITRE III : LA PROTECTION DE LA PERSONNALITE
SECTION 1 : LES DROITS DE LA PERSONNALITE
Les articles 17,18 et 19 de l’ordonnance 62-041 du 19 septembre 1962 (portant dispositions
générales de Droit Interne et de Droit international Privé) posent les principes des droits de la
personnalité. Ce texte n'énumère cependant pas explicitement ces droits. Ces derniers peuvent
toutefois se répartir en deux grandes catégories le droit à l'intégrité physique, les droits à l'intégrité
morale intellectuelle.
1. Le droit à l’intégrité physique
Tout individu a droit à la protection de son corps. La société doit défendre toute atteinte ou agression
d'un tiers sur son corps. Ce droit est reconnu aussi bien durant la vie de l'individu qu'après son décès
(respect du cadavre).
Ainsi, nul ne peut en principe imposer à un être humain, un traitement ou une investigation
corporelle.
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Exemple : un automobiliste, auteur d’un accident peut refuser que l’on effectue sur s personne un
prélèvement sanguin en vue de déterminer l'existence ou non d'alcool. Son refus pourra cependant
être interprété.
2. Les droits à l'intégrité morale et intellectuelle
L'être humain est également dans sa dimension morale et intellectuelle, c’est-à-dire, les éléments de
son originalité.
Ainsi, il a le droit de voir protéger son honneur et sa réputation, son nom, sa physionomie (droit à
l'image). Les productions de son esprit doivent également être protégée, il peut par ce biais
s’opposer à toute reproduction ou publication de ses œuvres (propriété littéraire, artistique ou
scientifique ou scientifique) au moins pendant un délai déterminé.
SECTION 2 : LES SANCTIONS
1. Protection pénale de la personnalité
Certaines atteintes graves à la personnalité sont pénalement sanctionnées. Telle l'atteinte à la vie ou
à l'intégrité corporelle (meurtre, viol, blessures).
Une atteinte à l’honneur, diffamation, (injure) ou à l'intimité de ta vie privée (captation de croix ou
d'imagé d'un individu se trouvant dans un lieu privé) est également sanctionnée pénalement.
2. Protection civile
Lorsqu’une atteinte aux droits de la personnalité est constatée, le tribunal ordonne les mesures
pour faire cesser le trouble.
Cette décision peut se cumuler avec une condamnation à des dommages-intérêts en application de
la responsabilité civile.
CHAPITRE IV : LES INCAPACITES
La notion de capacité renferme deux acceptions
- C’est tout d'abord l'aptitude à acquérir et à posséder des droits (capacité de jouissance)
- C'est aussi l'aptitude à exercer les droits dont une personne est titulaire (capacité d'exercice),
L'incapacité est donc l’état d’une personne privée par la loi de la jouissance ou de l'exercice de
certains droits
La question de l’incapacité se traite différemment selon que l’individu concerné est un mineur ou
un majeur.
SECTION 1 : LES MINEURS
La législation malgache qualifie de mineur tout individu n’ayant pas atteint sa vingt et unième année.
La situation du mineur est régie par les dispositions transitoires de la loi 63-022 du 20 novembre
1963 relative à la filiation, l’adoption et le rejet. Aucun texte nouveau n’étant intervenu à ce jour, ces
dispositions transitoires continuent à s’appliquer il convient alors de distinguer le cas du mineur non
émancipé et celui ayant obtenu ce statut.
1. Les mineurs non émancipés
Le mineur est placé sous tutelle jusqu’à ce qu’il acquière la capacité juridique suffisante.
A. L’organisation de la tutelle
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Du vivant des parents, la tutelle est exercée par le père. Lorsque ce dernier est décédé ou se trouve
hors d’état de manifester sa volonté, la mère devient à son tour tutrice du mineur.
Lorsqu’aucun des parents n’est vivant ou tous deux se trouvent dans l’impossibilité de manifester
leur volonté. La tutelle est assurée par la personne qui, selon la loi ou la coutume, a autorité sur le
mineur.
La désignation du tuteur n’est pas définitive. Il peut être remplacé à la suite d’une faute de gestion ou
de sa propre incapacité. Il en va de même lorsque les intérêts personnels du tuteur et ceux du mineur
sont opposée.
B. Les actes de la tutelle
Le tuteur représente le mineur dans tous les actes civil (art. 100 al. 1)
Il peut ainsi effectuer tous les actes d’administration pour le compte du mineur.
Les actes de dispositions à titre gratuit (exemple don) sur le patrimoine géré lu sont toutefois
interdits.
Les actes de dispositions a titre onéreux ‘exemple vente) ne peuvent se réaliser qu’avec l’accord du
Président du Tribunal (statuant par ordonnance). Du vivant des parents, l’accord de la mère
remplacera cette autorisation du magistrat.
Il faut également souligner que le tuteur ne peut se rendre acquéreur directement ou par personne
interposée des biens du mineur. Toutes ces mesures ont été dictées en vue d’assurer une bonne
gestion du patrimoine par le tuteur.
Le mineur bien que non émancipé peut disposer de diverses capacités juridiques.
- Ainsi, la capacité pénale est acquise à partir de 16 ans. De ce fait, un individu de 18 ans et de
moins de 21 ans peur être condamné pénalement pour ses agissements comme un majeur
- La majorité électorale, accordant le droit de vote est également fixée à 18 ans.
- Le mineur âgé de 18 ans peut aussi se marier sans requérir le consentement préalable de ses
parents ou tuteur.
- Enfin, concernant le travail, la personne de 18 ans révolus est présumée avoir l’autorisation de
son tuteur pur s’engager dans un contrat de travail. La preuve contraire peut toutefois en être
rapportée par le tireur…
Le mineur proche de la majorité (plus de 18 ans) bénéficie donc d’une semi-capacité ce qui lui
permet d’accomplir seul des actes de pure administration de son patrimoine (art 103). Les actes de
dispositions nécessitent cependant l’intervention du tuteur.
2. Les mineurs émancipés
L’émancipation s’obtient par deux modes distincts.
- Elle peut tout d’abord s’acquérir par le mariage du mineur Ainsi, l’art, 107 de la loi de 1953
prévoit l’obtention de la pleine capacité juridique pour le mineur à la suite de son mariage.
- Elle peut aussi s’octroyer par un acte authentique ou authentifié à l’initiative du tuteur. Par un
tel acte, le tuteur accorde donc au mineur les capacités juridiques complètes. Le mineur
émancipé par quelque mode que ce soit est alors assimilé au majeur, il pourra ainsi accomplir
tous les actes afférentes à son patrimoine et en assumera les responsabilités.
SECTION 2 : LES INCAPABLES MAJEURS
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Il est ici fait application de la législation française antérieure à 1980. Deux régimes sont prévus selon
le degré d’inaptitude de l’individu.
1. Les aliènes
Il s’agit des individus dont les facultés mentales sont gravement altérées (démence, folie…)
La mesure de protection prévue par le législateur est l’interdiction judiciaire. L’interdiction est la
situation juridique d’une personne qui se trouve privée de ka jouissance ou de l’exercice de ses droits,
en vertu d’une décision judiciaire.
La décision rendue est entourée de publicité car le jugement d’interdiction a pour conséquence de
frapper l’aliéné d’une capacité générale continue et de provoquer l’ouverture d’une tutelle.
En pratique, les familles préfèrent placer l’intéressé dans un établissement psychiatrique en obtenant
son internement. Celui-ci constitue une cause d’incapacité. Un administrateur provisoire sera nommé
pour la durée de l’internement.
2. Les prodigues faibles d’esprit
Est prodigué celui qui dépense son argent dans des conditions disproportionnées.
Le faible d’esprit, quant à lui, est celui qui ne peut administrer seul son patrimoine du fait de
l’insuffisance de ses capacités. Cette incapacité peut résulter de l’insuffisance de ses facultés.
Le faible d’esprit, quant à lui, est celui qui ne peut administrer seul son patrimoine du fait de
l’insuffisance de ses capacités. Cette incapacité peut résulter de l’insuffisance des facultés mentales
ou de l’affaiblissement intellectuel dû à l’âge ou à la maladie. Ces individus disposent donc de
certaines facultés de discernement. La loi prévoit simplement l’assistance d’un conseil judiciaire dans
l’exercice de leurs droits.
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