ENTREPRENEURIAT
ENTREPRENEURIAT
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- Travail Intrants Extrants
- Equipements Production biens
ou
- Consommations intermédiaires Services
Une fois les richesses sont créées, l’entreprise distribue les rémunérations aux
agents qui ont participé à la réalisation de la production. Ainsi :
- les employés perçoivent des salaires ;
- l’entreprise garde pour elle les revenus non distribués (les réserves).
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L’existence de l’entrepreneuriat remonte à une histoire aussi vieille que
l’humanité en raison de la destinée de l’homme appelé à travailler pour
renouveler la face de la terre. L’entrepreneuriat est un concept en
pleine évolution au fil des temps et des contextes. On assiste à l’émergence de
diverses formes de l’entrepreneuriat : la publique, la sociale, la franchise, la
création ex nihilo, l’intrapreneuriat, l’essaimage,… L’option optimale de la
forme entrepreneuriale peut être assez laborieux, surtout lorsqu’on ne maîtrise
pas les avantages et les inconvénients de ces différents concepts.
L’entrepreneur doit donc faire une estimation exacte de sa taille de marché ainsi
que de ses besoins financiers pour éviter les mauvaises surprises. Plus que toutes
les autres formes entrepreneuriales, la création ex nihilo nécessite beaucoup de
travail et beaucoup de rigueur.
Après avoir été salarié, l’entrepreneur ex nihilo peut choisir de se mettre à son
propre compte. Toutefois, il se doit d’avoir une reconnaissance vis-à-vis de son
employeur et veiller à ne pas détourner sa clientèle à son profit. De préférence,
le créateur doit signer une clause de non-concurrence qui le contraindra à ne pas
réaliser une activité similaire à celle de son employeur.
[Link]. Raisons et démarche de la création d’entreprise ex nihilo
Partant du fait que la mission d’une entreprise reste la résolution d’un problème
observé ou l’apport de solution en vue de satisfaire un besoin, l’innovation
technologique ou commerciale est la seule raison pour laquelle l’entrepreneur
prend la résolution de mettre sur pied son entreprise. Cette innovation découle
des différents problèmes que le promoteur d’entreprise rencontre au quotidien et
auxquels il décide de résoudre et donc d’innover.
Comme exemple d’innovation, on peut mentionner l’amélioration d’un service
ou d’un produit déjà existant et connu de tous. De cette manière, même lorsque
le produit ou service proposé n’est pas nouveau, celui-ci doit se démarquer de
celui de la concurrence. La particularité du nouveau produit peut tenir compte
du nouvel usage du produit ou service ainsi que de la nouvelle approche
commerciale.
Quant à la création de l’entreprise ex nihilo, les étapes sont diverses d’autant
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plus qu’il ne s’agit pas d’un exercice de moindre envergure. Pour cela,
l’entrepreneur doit mettre sur pied sur une idée logique. Une fois l’idée mise en
place, il faut simplement passer à la concrétisation du projet qui consiste à faire
une analyse de marché, l’élaboration d’un plan d’affaires, l’étude des
faisabilités ainsi que l’équilibre de leur modèle économique.
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savoir-faire. Celle-ci donne à la seconde entreprise, le franchisé, le droit exclusif
d’exploiter sa marque, son enseigne et son savoir-faire en contrepartie d’un droit
d’entrée, de redevances ou de marges sur les produits. C’est donc le fait
d’utiliser une marque connue pour mettre un produit, service ou technologie sur
le marché.
La liberté d’action est très limitée pour le franchisé qui est tenu de respecter les
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règles imposées par le franchiseur. En effet, le créateur ne dispose pas du
privilège de mettre sur pied un concept qui lui est propre, une idée, une
innovation, aussi petite soit-elle. Il ne pourra donc pas communiquer comme il
le souhaite et se contentera de vendre à titre exclusif.
Pire encore, le contrat en franchise est conclu pour une durée bien déterminée et
ne garantit pas le renouvellement à son terme. C’est l’une des raisons pour
lesquelles certaines formes de l’entrepreneuriat n’ont rien à envier à une création
en franchise.
Cette entreprise peut ainsi développer des projets stratégiques et des projets
d’innovation, sans toutefois créer une nouvelle entreprise. Ceci permet aux
salariés d’apprendre progressivement le métier d’entrepreneur sans toutefois
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qu’il ait une prise de risque ou une perte du statut social de l’entreprise.
Pour l’entrepreneur
Les entrepreneurs qui intègrent à leur culture l’intrapreneuriat dans un souci
d’accroissement de leur expertise et compétitivité, bénéficient de nombreux
avantages qu’il convient de souligner. Ces dernières sont plus flexibles et
s’adaptent mieux aux différentes situations qui se présentent en termes
de ressources humaines et financières.
Par ailleurs, l’entrepreneuriat organisationnel offre aux entreprises la possibilité
de faire positivement évoluer leur image ainsi que leur notoriété. Les salariés
accordent une certaine gratitude aux entreprises favorisant l’intrapreneuriat.
Pour le salarié
Le salarié qui effectue l’intrapreneruiat au sein de son entreprise, bénéficie
d’une aide financière considérable pour le développement de son projet. Pour le
porteur de projet, cette aide financière est d’ailleurs facile à acquérir. De
manière stratégique, l’intrapreneur ou le salarié a la possibilité de tester
directement son projet auprès des autres employés assimilés aux beta-testeurs.
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l’essaimage stratégique. Tous ces modèles ont pour but de favoriser la création
d’entreprise ou l’esprit d’innovation.
Il se pourrait que l’essaimage soit une pratique gagnante pour les entreprises.
Elle permet ainsi la mobilité et le renouvellement des effectifs. Le salarié crée
son entreprise, ce qui permet d’employer un autre pour le remplacer. A titre
pratique, l’essaimage vise à promouvoir la culture entrepreneuriale. Il vise
à encourager le salarié à trouver des concepts innovateurs et de mettre en
place leur projet.
D’un point de vue stratégique, l’entrepreneur peut faire appel à un ex-salarié
pour ses compétences, sa technique ou un produit. Dans le cadre d’un essaimage
actif, l’entrepreneur propose des dispositifs pour promouvoir la culture
d’entreprise, l’esprit d’innovation ou de création.
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essaimante.
- Essaimage externe (spin-in) : Une entreprise est créée par un
chercheur externe à l’organisation essaimante mais en utilisant une
technologie développée au sein de celle-ci.
- Essaimage de sortie (spin-out) : L’entreprise est créée parce que
l’organisation essaimante ne veut plus de cette technologie.
L’entrepreneuriat est donc, sous toutes ses formes, un moyen incontournable de
création d’emploi et de richesse. Le soutien de l’entrepreneuriat suppose tout,
d’abord, la levée des barrières qui freinent l’action entrepreneuriale
[Link]. Avantage de la création d’entreprise par essaimage
L’entrepreneuriat par essaimage offre des atouts non négligeables tant pour
l’entrepreneur que pour l’entreprise essaimante.
Pour le salarié
Pour le salarié, l’essaimage entrepreneurial est un soutien concret au
développement de son projet. L’essaimage représente une forte source de
motivation et d’innovation technologique. L’essaimé profite dans ce sens,
d’un transfert de technologie, d’une formation et d’un programme bien
établie pour la réussite de son projet. Ce dernier est financièrement épaulé par
l’entreprise essaimante et peut revenir travailler dans son entreprise si son projet
échoue.
Pour l’entreprise
D’un autre côté, les avantages s’observent au côté de l’entreprise mère. Celle-ci
profite d’une forte notoriété vu qu’elle contribue de manière significative à la
promotion de l’emploi et l’autonomie des salariés. De plus, cette entreprise
essaimante construit autour d’elle, un réseau d’entrepreneur ou un réseau
d’affaires viable pour l’évolution de son secteur d’activité.
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1.2.7. La reprise d’entreprise
Cette forme de l’entrepreneuriat implique une personne physique ou morale
appelée repreneur d’entrepreneur. Il importe de mentionner que la reprise
d’entreprise peut être faite par une ou plusieurs personnes. Les salariés ou les
cadres dirigeants d’une entreprise peuvent ainsi procéder au rachat de leur
entreprise. Toutefois, la reprise d’une PME, d’une start-up ou d’une grande
entreprise présente de nombreux avantages, mais aussi des inconvénients qu’il
convient de maîtriser avant de se lancer.
Avantages d’une reprise d’entreprise
Dans le cadre de la création d’une entreprise isolée, le fondateur prend le temps
d’étudier son plan d’affaires et les faisabilités de son projet. La reprise
d’entreprise par contre, limite les pertes de temps. Elle permet de gagner du
temps en ce sens que l’acheteur dispose déjà les ressources humaines et
financières requises pour le bon fonctionnement de son activité.
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Par ailleurs, si la société véhicule une image moins forte, cela peut avoir une
incidence négative sur la réussite de l’activité rachetée. C’est pourquoi, il doit
chercher à savoir ce qui pousse les anciens entrepreneurs à céder leur affaire.
Les raisons de vente d’une société, sont dans la plupart des cas, discrètes. Il peut
être question de l’arrivée d’un concurrent incontournable sur le marché, le
départ d’un « gros client », la disparité d’un fournisseur…Un autre inconvénient
à noter est que le prix de la société existante, est bien plus élevé que le budget
requis pour démarrer sa propre entreprise.
- la classification juridique.
de publicité.
-service de consommation : entreprises rendant des services aux consommateurs
(transport, restaurants, locations...)
5- Les entreprises financières : réalisent des opérations financières à savoir : la
création, la collecte, la transformation et la distribution des ressources
monétaires et des ressources d’épargne. Elles sont constituées par les banques.
3.1.3. La classification selon la branche d’activité :
A la différence du secteur, qui rassemble des activités variées, la branche ne
regroupe que les entreprises fabriquant, à titre principal, la même catégorie de
biens, entreprises de l’industrie pharmaceutique, industrie.
Les entreprises d’une même branche ont pour points communs :
- l’usage d’une même technique ;
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- l’utilisation des mêmes matières premières ;
- des intérêts communs dans certains domaines : ce qui leur permet de
regrouper certaines de leurs activités et de créer des services communs,
notamment de recherche, d’achat ou de vente, filiales communes.
3.2. La classification selon la taille
Les entreprises ont des tailles différentes. Selon sa dimension, l’entreprise va du
simple atelier jusqu’à la grande entreprise.
3.2.1. Effectif du personnel employé : selon ce critère, on distingue :
- les très petites entreprises (TPE) qui emploient moins de 5 employés ;
salariés ;
- les moyennes entreprises (ME) employant un effectif compris entre 10 et 100
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3.2.3. La classification juridique
Cette classification permet de distinguer entre :
[Link]. Les entreprises du secteur public
1- Les entreprises publiques : ce sont des entreprises qui appartiennent en
de mettre en commun leurs biens ou leur travail ou les deux à la fois en vue de
partager le bénéfice qui pourra en résulter.
La coopérative réunit des personnes qui désirent mettre en commun leurs
économies ainsi que leurs compétences pour l’autosatisfaction des besoins
spécifiques (logement, consommation) sans chercher le profit.
4. L’entreprise et son environnement
L’environnement d’une entreprise est l’ensemble des facteurs qui lui sont
externes et qui ont une influence sur elle. On distingue :
- le macro-environnement : environnement général de l’entreprise qui
intègre les aspects socio culturels, économiques, juridiques,
technologiques, démographiques ... tant nationaux qu’internationaux.
- le micro-environnement : environnement spécifique de l’entreprise, il est
constitué une entreprise de ses clients, de ses fournisseurs, de ses sous-
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traitants, de ses concurrents et de ses partenaires techniques et financiers.
4.1. Le macro-environnement
LES COMPOSANTES
DU MACRO-
ENVIRONNEMET
Environnement
économique, Environnement
démographique technologique
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Environnement technologique :
L’entreprise doit identifier les innovations technologiques concernant les
produits, les processus de production, de commercialisation, de distribution, de
conservation… qui, dans son métier, sont susceptibles de constituer des sources
de développement (innovations produits, amélioration de la qualité, réduction
des coûts…) ou au contraire des menaces (produits obsolètes…).
L’environnement socioculturel
Le responsable marketing doit identifier les tendances culturelles
dominantes dans la société à laquelle appartiennent ses consommateurs
potentiels. Actuellement, les thèmes majeurs de la consommation de «
rassurance » sont : la santé, l’écologie, le terroir, l’ethnisme, la famille, la
culture, l’éducation, l’anti-mode, l’humanitaire. (Centre de Recherches et de
Documentation sur la Consommation (CREDOC)
L’environnement institutionnel (politique, légal et juridique)
L’environnement politico légal affecte les décisions commerciales. Il
s’agit d’identifier les textes législatifs, réglementaires ou administratifs, les
normes sanitaires, de sécurité, anti-pollution… qui sont susceptibles de
constituer une contrainte ou au contraire une opportunité pour l’entreprise.
Pour un diagnostic pertinent, il est indispensable d’identifier les éléments du
macro-environnement qui constituent, ou constitueront dans l’avenir, des
opportunités ou au contraire des menaces pour l’entreprise (processus de
production, de commercialisation, ses ressources humaines…), pour ses
produits ou ses marchés.
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3 Mauvaise gestion des ressources humaines : un projet qui marche dépend
prioritairement de l'équipe en charge. Les startups échouent lorsque l'équipe en
charge du projet n'est pas suffisamment compétente. Une PME pour réussir doit
être une somme de compétence et d’expertise capable de prouver son efficience
sur le marché. Les indicateurs d’absence de motivation du personnel sont
hostiles à la prospérité de l’entreprise.
4 Trop de concurrence : on peut être pionnier dans l’innovation du produit et
se faire dépasser par ses rivaux en absence de perspicacité managériale. Avoir
premièrement une idée qui réponde aux besoins du marché ne suffit pas. Il faut
mesurer la pression concurrentielle et cultiver la maîtrise du marché.
5 Un prix inadapté : Un bon produit accompagné d’une bonne communication
et bien placé peut ne pas être acheté s’il n’est pas accessible par le prix. Un prix
trop haut ou même trop bas peut couter la vie à une entreprise.
7 L'absence d'un Business Model : Une startup est une entreprise qui doit
gagner de l’argent. Espérer une levée des fonds, créer un business model de
masse ou espérer capitaliser sur de la traction n’est pas un business model sûr.
On doit être capable de générer du cash et prouver que son business model est
viable.
8 Mauvaise stratégie marketing : Connaitre les besoins du marché est une
chose, mais définir une cible et surtout l'atteindre en est une autre. Les meilleurs
projets peuvent échouer s’ils ne sont pas suppléés d'une bonne stratégie
marketing et de communication.
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9 Mauvais Timing : Il existe un temps bien indiqué lors duquel le lancement
de la boite doit se faire. Lancer son affaire trop tôt ou trop tard peut couter la vie
à l'entreprise.
10 Absence de networking : Une entreprise doit se faire connaître. Ce que
beaucoup de PME et de startup ignorent, c'est qu'il faut faire connaitre le produit
certes, mais aussi les propriétaires et leur équipe. L’absence de communication
institutionnelle est un handicap au développement de l’entreprise.
5. L’entrepreneur et la stratégie d’entreprise
On ne naît pas entrepreneur et les contraintes entrepreneuriales sont
pratiquement les mêmes d’un milieu à un autre. Les qualités distinctives ou le
profil de l’entrepreneur est le même quelque soit le continent où ce dernier
opère.
A regarder de près, il y a effectivement un environnement plus ou moins
favorable à l'émergence d'une classe d'entrepreneurs, il constitue le terreau de
fertilisation et d'appel.
Les options idéologiques, les choix politiques, les contraintes économiques
fixent le décor de théâtre susceptible de séduire un nombre plus ou moins
conséquent d'acteurs (Richard P., 1983).
Mais les acteurs potentiels ne forment pas un tout homogène. Une véritable
typologie entrepreneuriale s'impose, à l'intérieur de laquelle le créateur africain
d'entreprise occupe une place à part. Il importe de cerner les ressorts, les
motivations et la cohérence et pour indiquer que l'entrepreneur doit affronter des
logiques contradictoires et résoudre les diffractions au regard des butées de
l'équilibre économique.
C'est en maîtrisant la grille des référents comportementaux que la logique
entrepreneuriale pourra réduire les déviances et canaliser des fonctions qui lui
sont extérieures (Papin R., 1995).
5.1 . L’environnement d’appel
L'action d'entreprendre s'inscrit dans un environnement caractérisé par un certain
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degré d'hostilité dû à des interprétations idéologiques restrictives ou par un
dispositif concurrentiel plus porteur. Ce dernier s'exprime à travers les arbitrages
nationaux qui orientent la politique entrepreneuriale plus ou moins
favorablement pour les opérateurs locaux. Mais entreprendre, c'est aussi
accepter les risques qui donnent aux initiatives une plus ou moins grande
probabilité de réussite tandis que les contraintes d'ordre structurel tracent les
conditions objectives d'accès à la création d'entreprises. (Vallée O., 1992).
5.1.2 L'option idéologique
Depuis trente ans, l'analyse idéologique des relations économiques a
passablement changé. L'Afrique a fondé ses indépendances sur une trilogie
conquérante : l'Industrie, le Plan et l'État (Albagli Cl., 1984). L'Industrie
apparaissait comme le symbole du développement.
Le Plan devait imaginer l'avenir, coordonner les actions et protéger des
turbulences cycliques. L'État s'imposait comme l'opérateur le plus crédible.
Cette analyse dérapa. L'agriculture fut délaissée tandis que d'énormes bâtisses
supposées être les avancées du développement devenaient des gouffres
financiers. Les plans s'empêtraient dans des ressources financières fondées sur
les cours des matières premières dont la lisibilité ne dépassait pas quelques mois
de projection. Les objectifs quinquennaux devenaient hypothétiques, puis
dériver en catalogues d'espérances offerts au bon vouloir des bailleurs de fonds.
Quant à l'État tout puissant et référence tutélaire, grâce à sa capacité de
dérivation et d'accumulation des ressources, il ne résistait pas à la tentation
d'être, non seulement le chef d'orchestre, mais aussi l'orchestre lui-même. Alors
la démultiplication des partitions s'avérait peu compatible avec la rigidité d'une
administration incapable de s'ajuster à la complexité et aux inflexions d'un
marché.
Dans les années quatre-vingt, le système s'est effondré. L'industrie offrit ses
ruineux « éléphants blancs » et ses « cathédrales du désert » à des opérateurs
privés. Le plan ne cherchait plus qu'à scruter l'avenir au profit d'analyses du
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marché enfin dépouillé de références idéologiques suspicieuses. L'État «
simulateur » des entrepreneurs prit le parti d'en être seulement le « stimulateur »
et se délesta d'un appareillage juridico-administratif qui jouait à l'encontre des
chefs d'entreprise. D'agent exploiteur, l'entrepreneur devint l'agent du
développement. Après avoir jeté tout le dispositif de défiances, l'État mit en
œuvre une séduction pressante en offrant conditions fiscales, infrastructures,
zones d'implantation à statuts spéciaux... L'Afrique entière était balayée par un
regard neuf sur l'entrepreneur.
Encore fallait-il que la stratégie nationale concordât au mieux à la
démultiplication.
5.2. La stratégie d’entreprise
Plusieurs stratégies sont proposées
5.2.1. La stratégie nationale
Les modèles d'Harrod-Domar mettent l'accent sur le niveau d'investissements et
le coefficient de capital pour concevoir la croissance comme un processus
mécaniste (Austruy J.,1987). Mais, dans un contexte de rareté de moyens et
d'initiatives, la tentation est forte d'opérer un ordre de mise en marche des
opérations pour définir une stratégie industrielle ou, plus rarement agricole. Six
stratégies sont discernables dans les divers pays d'Afrique ou à diverses périodes
pour une même nation. Chacune d'elles n'offre pas le même terreau à l'initiative
entrepreneuriale des nationaux.
L'industrie industrialisante
L'objectif prioritaire de l'État est de conduire une structuration de l'appareil de
production à partir du tableau d'échanges industriels. L'État privilégie, en
conséquence, la mise en place d'industries lourdes (sidérurgie, pétrochimie,
cimenterie...). Ces unités sont réputées faciliter l'émergence d'entreprises en
aval, qui seront leurs débouchés naturels. Et ces entreprises de produits semi-
finis favoriseraient à leur tour l'éclosion d'un réseau d'entreprises de bien de
consommation, clientes des précédentes. Fortement imprégnée du modèle
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soviétique, cette stratégie nécessite beaucoup de capitaux, la maîtrise d'une
technologie avancée, mais très peu de main d'œuvre (Andreff V. et Hayab A.,
1978). L'Algérie en a été le porte-drapeau le plus accompli. Mais les industries
industrialisantes n'industrialiseront que les imaginations...
La valorisation des matières premières
L'Afrique a hérité d'un système d'exploitation des matières premières conçu
comme une complémentarité productive de la métropole dans le pacte colonial.
Elle en a fait, dans sa quête de devises, l'outil décisif pour accéder à la
technologie industrielle et à l'importation de machines, voire « d'usines clefs en
main ». Elle fut naturellement tentée d'améliorer sa position en n'exportant non
pas des matières brutes, mais des produits transformés. Des initiatives de
valorisation furent conduites à des degrés divers, se limitant au premier degré de
transformation (cf. égreneuse de coton) ou poursuivant jusqu'au bien fini (cf.
conserverie d'ananas). Cette stratégie a nécessité des engagements
capitalistiques très variables qui se sont ventilés de la raffinerie de pétrole à la
conserverie de concentré de tomates... Les résultats n'ont pas été homogènes non
plus.
5.2.2. La stratégie d'exportation
Ce créneau a révélé l'Asie du Sud-Est avec ses quatre dragons, mais il a été peu
opérationnel en Afrique. L'Ile Maurice semble la notable exception. Le continent
n'a pas eu les moyens de concurrencer les producteurs asiatiques compte tenu du
caractère d'excellence de leur productivité et des très faibles coûts de leur main
d'œuvre. Quelques pays, comme la Tunisie ou le Maroc, sont parvenus, en
bénéficiant de la proximité européenne, à s'établir sur un segment de production
dans le textile pour traiter, par le perfectionnement passif, les opérations
nécessitant le plus de main d'œuvre. L'intervention du capital étranger est
souvent déterminante pour l'implantation de l'unité de production et pour l'accès
aux marchés d'exportation.
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La substitution aux importations
Elle est techniquement simple : il suffit d'évaluer le montant des importations
d'un produit donné pour connaître la taille du marché solvable. L'évaluation du
point mort d'une unité de production permet d'apprécier l'opportunité d'un tel
projet national. Les biens sont généralement ceux répondant aux premières
nécessités : agro-alimentaires, habillement, équipement ménagers... Des
initiatives ont été prises dans toute l'Afrique, mais se sont heurtées souvent à la
taille d'un marché trop étroit dont les consommateurs n'étaient, de surcroît, pas
convaincus de l'alternative ainsi proposée et lui préféraient le produit
d'importation (cf. les enquêtes à Abidjan ou à Dakar) (Gningue A., Kouessy R.
et N'diaye A., 1989).
L'ouverture des marchés est aujourd'hui plus favorable, mais les devises, dont
l'allocation tend à reposer sur des critères plus économiques, restent encore
rares. Le partenariat se présente souvent comme une solution combinant l'accès
à une technologie avancée d'un capital complémentaire et l'accès à un marché
extérieur...
L'appréciation de ces données procure au candidat-entrepreneur les paramètres
du risque auquel il entend se soumettre. Comme on a pu le remarquer ceux-ci
ont passablement évolué ces dernières années. L'entrepreneuriat peut donc se
nourrir d'un contexte plus favorable.
À ce cadre d'exercice va correspondre une dynamique entrepreneuriale
renouvelée.
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6. La dynamique entrepreneuriale
La fonction entrepreneuriale peut être remplie par divers agents économiques
répartis entre la puissance publique, les agents étrangers et les acteurs nationaux.
Il est possible de dresser une typologie entrepreneuriale adaptée aux diverses
hypothèses stratégiques précédemment évoquées. Mais notre étude est plus
naturellement focalisée sur les opérateurs africains et les arbitrages spécifiques
du continent. Leur comportement n'est pas lié à une seule grille d'analyse. Il
s'écarte d'une lecture classique de l'homooeconomicus, sans en être
complètement étranger dans la démarche entrepreneuriale.
6.1. La typologie des entrepreneurs
On distingue généralement cinq types d'entrepreneurs susceptibles de
développer une activité économique. En Afrique, la nécessité pour les futures
entreprises de s'ajuster aux arbitrages stratégiques nationaux, a donné une
tonalité particulière à cette classification traditionnelle.
6.1.1. État-entrepreneur
Pendant plus d'un quart de siècle, l'État s'est voulu un « simulateur » de la
fonction entrepreneuriale. Il avait apparemment, pour cela, deux séries de
solides raisons. L'État-accumulateur plongeait les traditions de cette fonction
dans les sociétés agraires où il dérivait et agrégeait le surplus. Mais il commua
cette double action en une fonction modernisée, captant les royalties sur les
ventes des produits miniers ou énergétiques, ou capitalisant les ressources
dégagées par les Caisses de Stabilisation ou les Marketing Boards des cultures
de rente. Aucun autre agent ne parvenait à réunir des fonds compatibles avec les
exigences financières des entreprises modernes. Cette fonction fut confortée
dans le contexte idéologique des indépendances où les opérateurs étrangers
apparaissaient comme l'expression néo-coloniale de l'exploitation et les
opérateurs nationaux comme le relais de détournements de fonds. Les codes
d'investissements encadraient étroitement toute initiative entrepreneuriale et
l'État devint l'interlocuteur privilégié.
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L'État ne résista pas à la tentation d'être lui-même l'acteur. Les justifications ne
manquaient pas. Les acteurs nationaux, soit par inclination, soit par carence
objective de nature financière ou technique, se sentaient peu attirés par des
activités entrepreneuriales en dehors du négoce. Par ailleurs, l'assimilation du
chef d'entreprise à un agent exploiteur et, a fortiori, s'il était étranger, conduisait
l'État à privilégier l'entreprise publique au nom de la lutte des classes. Ainsi,
l'entrepreneuriat n'était-il, le plus souvent, que l'adjuvant résiduel des initiatives
du pouvoir ou le supplétif enrégimenté de son action économique.
Mais l'entreprise publique se fit État dans l'État (cf. la Sonatra en Algérie ou
l'O.C.P.M. au Maroc) au mépris des règles élémentaires d'obligation de résultats
; on put alors voir des entreprises mises sous perfusion permanente du budget
national pour rééquilibrer leurs comptes. Le secteur étatique tentaculaire avait
anémié la vigueur entrepreneuriale (Albagli CL, 1984). Désormais, le secteur
est, soit en liquidation auprès des bailleurs de fonds, soit réinséré dans les règles
du jeu du marché et de la concurrence.
6.1.2. L'entrepreneur transnational
Ce type d'entreprises symbolise souvent les affres du capitalisme. Les sociétés
qui cherchaient à s'implanter présentaient souvent un chiffre d'affaires supérieur
au P.N.B. du pays tout entier (en 1970, le chiffre d'affaires des Galeries
Lafayette en France était plus important que le P.N.B. issu de l'activité de cinq
millions de Maliens). Partenaire encombrant pour l'État, on lui reprochait de
transférer les profits hors du territoire et de river l'économie nationale à des
commandes extérieures (Amin S., 1986 ; Emmanuel A., 1972).
Pourtant lorsque l'État, pour conduire une politique d'indépendance économique,
se lança dans un recours à l'emprunt, il entendait bien ainsi affirmer ses choix
stratégiques et écarter la menace des rapatriements de capitaux. Dans les années
quatre-vingt, il s'avéra que l'État n'avait pas été perspicace dans ses
investissements ou que le personnel politique en avait dérivé les flux.
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L'amortissement de la dette plaçait le pays tout entier à la merci de ses
créanciers. Les autorités découvraient alors que les sociétés transnationales
pouvaient apporter des capitaux, initier à de nouvelles technologies, créer des
emplois et que, pour finir, si elles rapatriaient des bénéfices encore était-il
nécessaire d'abord qu'elles en fissent ! La charge de la dette, elle, pesait sur le
budget de l'État quels que soient les résultats !
6.1.3. L'entrepreneur étranger
L'image classique de l'entrepreneur étranger est celle de l'agent qui s'est
implanté durant l'époque coloniale dans une exploitation agricole ou industrielle.
À l'Indépendance, une nouvelle vague lui a succédé, attirée par l'ouverture de
nouveaux marchés. Mais les deux premières décennies ont été marquées par un
climat généralement plein de suspicions. Le Nigeria limitait la détention des
parts détenues par les étrangers à 49 %, par exemple.
L'heure était non seulement à des codes d'investissements très contraignants,
mais aussi à la nationalisation comme au Zaïre, en Algérie ou en Ethiopie.
Considérant cette pénurie des capitaux et des initiatives, la perception que l'on
avait de l'entrepreneur étranger s'est radicalement inversée depuis quelques
années. Il est maintenant activement recherché et l'on procède à mille séductions
: avantages fiscaux, réglementations spéciales, aménagements privilégiés, statut
douanier spécifique. Les pays se concurrencent entre eux, mais cela ne suffit
plus, tant la situation économique générale reste préoccupante et délabrée alors
que s'ouvrent, en Europe Centrale, des marchés qui, pour être faibles, sont
néanmoins considérablement plus solvables qu'en Afrique !
6.1.4. L'entrepreneur national
C'est dans le commerce et les fameuses « sociétés d'import-export » que les
initiatives africaines abondaient. La création d'une unité industrielle soulevait
davantage de réticences.
L'entrepreneur, souvent assimilé à un ennemi de classe ou à un relais de
l'étranger, disposait d'un contexte difficile et se heurtait à une administration
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tatillonne ou arbitraire.
Les banques, faute de recevoir de solides garanties, n'accordaient ni leur
confiance, ni leurs crédits.
Aujourd'hui, l'État mesure qu'il n'a pas la compétence requise pour apprécier les
mille facettes d'un marché. De « simulateur » l'État doit convertir son rôle en «
stimulateur » pour faire émerger une classe d'entrepreneurs collant au marché, se
réajustant à la concurrence, s'immergeant dans les évolutions technologiques.
Voici l'État déléguant des initiatives qu'il avait crû devoir s'approprier pour bâtir
l'économie, lorsqu'il mesure toute la souplesse nécessaire à la fonction
entrepreneuriale. Initiative individuelle, groupe sociétaire, coopérative,
partenariat avec l'étranger, désormais toutes les formules sont appelées par les
autorités nationales et internationales.
Tableau 1 : Stratégie économique et typologie entrepreneuriale
Typologie L'État Le transnational L'étranger Le national L'informel1
entrepreneuriales
Stratégie
Economique
Industries industrialisantes ** * **
Valorisation des * * *
matières premières
Stratégie ** ** * *
d'exportation
Substitution d'importation **
Industries de ** * **
main-d'œuvre
Arbitrages de ** * **
Circonstances
1. Le développement de ce secteur n'est pas le fruit direct des options stratégiques mais sa conséquence. Les
options peu créatrices d'emplois suscitent une démultiplication plus intense des entrepreneurs informels dans une
réaction de survie, la densité potentielle est indiquée par les étoiles.
PROFIT
A certains égards l'entreprise est amenée à composer avec une triple logique :
celle du profit soutenue par l'intérêt, celle du statut canalisé par la solidarité,
celle de la rente prodiguée par le pouvoir. La ligne du profit est bien la ligne qui,
au bout du compte, l'emporte puisqu'elle conditionne la survie de l'entreprise,
mais les obligations statutaires et l'accès à la rente sont des données
consubstantielles qui soumettent finalement le social à l'économie.
Les entrepreneurs africains qui développent leurs activités dans un pays voisin,
parviennent avec davantage de dextérité à conduire leurs affaires. Ils n'ont pas
fréquemment accès au pouvoir, mais leur position en dehors des contraintes
familiales, peut les laisser opérer au seul regard de l'intérêt économique. Les
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exigences de l'appartenance au clan pourront être satisfaites mais d'une façon ex-
post, ce qui constitue une approche radicalement différente.
Les agents économiques qui n'ont pas de représentants, dans les sphères du
pouvoir ne peuvent pas accéder à la rente et sont donc placés devant des
difficultés qui s'aggravent sous la pression communautaire. Les autres entendent
bénéficier sans délai de l'allocation maximum des ressources. On retrouve, en
filigrane, les lois des sociétés agraires qui favorisaient des institutions
susceptibles de détruire toute émergence de surplus non canalisée, à cause des
menaces qu'elle fait peser sur l'ordre établi. La fameuse « part maudite » de
Georges Bataille (Bataille G., 1971)
Les opérateurs étrangers trouvent dans le partenariat un processus susceptible de
satisfaire également l'investisseur local. En effet, l'étranger en s'alliant avec un
opérateur du territoire convenablement introduit, obtient la célérité de
l'administration et les arbitrages favorables des édiles. En contrepartie,
l'entrepreneur africain bénéficie, non seulement de capitaux, de la technologie et
de l'accès au marché, mais de conditions objectives pour résister à la pression
communautaire.
6.5.2. Les ajustements
L'amélioration du comportement au sein de l'entreprise devra donc répondre à
trois considérations :
• Le premier est classique, les critères doivent satisfaire aux règles de la gestion
d'entreprise pour améliorer la compétitivité par des techniques à caractère
universel afin de maximiser le profit.
• Les deux considérations suivantes relèvent davantage de la sociologie africaine
et de ses spécificités. L'une consistera à introduire au sein de l'entreprise des
logiques qui lui sont étrangères. Toute procédure, fondée sur le statut et les
obligations communautaires, qui pourraient servir la productivité, devrait être
intégrée : l'utilisation de la concurrence inter-clanique au sein de l'entreprise
pour des unités autonomes de gestion, le renforcement de la collecte de l'épargne
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par des tontines à vocation entrepreneuriale, la cohésion communautaire pour
servir la cohésion sociale au sein de l'unité de production... De telle sorte que,
peu à peu, soient intégrées, dans l'entreprise, toutes les logiques extérieures liées
à l'appartenance communautaire.
• L'autre vise à dégager l'État de ses implications partisanes auprès des
entrepreneurs.
La transparence de l'information et la démocratisation du pouvoir sont des
procédures bénéfiques. Le renversement du dispositif administratif qui autorise à
s'installer, par exemple, non plus quand le service a consenti son acquiescement,
mais lorsque celui-ci n'a pas manifesté son désaccord circonstancié dans un délai
requis, fait progresser la logique entrepreneuriale (cf. Maroc). La fiabilité d'une
justice impartiale, qui ne réduit pas un conflit à une opposition d'influences, est
un autre argument convaincant.
En diminuant les écarts dus à la soumission à de contraintes sociales extérieures
à l'entreprise et en réduisant les occasions d'implications intempestives de la
puissance publique, l'entrepreneur africain renforce la cohérence de
l'engagement de son entreprise dans la recherche du profit, permettant ainsi à
celle-ci de s'inscrire dans le jeu du marché et de s'imposer dans les
confrontations avec la concurrence.
Figure 2 : Les ressorts de la dynamique entrepreneuriale
Quel comportement ?
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6.5.3. Le sentier des mutations
L'individu évolue d'une situation de survie stricte à celle d'un individu qui peut
arbitrer son intérêt et ses comportements à partir d'une hiérarchie de choix plus
élevée. Puis il accède au rang d'entrepreneur-innovateur, cette fonction
shumpétérienne précédant une ultime étape où la fonction entrepreneuriale
dépasse les logiques individuelles. Les contraintes de l'entreprise se
surimposent.
La société passe de fonctions traditionnelles caractérisées par une solidarité
mécaniste (c'est-à-dire peu différenciée) à une solidarité organique (c'est-à-dire
très interdépendante) (Durkheim E., 1960). Le pouvoir se transforme en
évoluant, selon les références saint-simoniennes, d'un rôle de prédateur à une
valorisation créatrice (Bourcier de Carbon L., 1971).
L'initiative entrepreneuriale est caractérisée d'abord par des opérations simples
confinées dans les règles de la solidarité communautaire (Modèle A). Avec
l'élévation du niveau d'initiatives et le croisement des obligations
communautaires et de l'accès au pouvoir, la fonction entrepreneuriale réussie
s'inscrit dans la rente (Modèle B). La simple influence de la communauté sans
les compensations du pouvoir et de la communauté dans un contexte de survie
rend la fonction entrepreneuriale attachée au seul plan d'emplois concédés par
les autorités. Lorsque l'entrepreneur devient cet innovateur, c'est-à-dire cet
acteur capable par ses compétences de combiner les facteurs de production de
façon favorable à l'émergence entrepreneuriale, l'entreprise moderne peut
s'imposer avec le profit comme règle de gestion (Modèle C). On retrouverait ici
un modèle de type Blake et Mouton qui fondaient leur approche sur des
combinaisons de gestion d'entreprise à partir de critère humains et techniques
(Blake R. et Mouton J., 1972). La ligne A, B, C, D représente alors le sentier
d'évolution de l'initiative entrepreneuriale.
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Tableau 2 : Les mutations du profil entrepreneurial
Identification à Maximisation Survie de D
l'entreprise du profit, C.T. l'entreprise à
long terme
SOCIÉTÉ
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