UNIVERSITE GASTON BERGER DE SAINT-
LOUIS
Institut Polytechnique de Saint-Louis
COURS ENERGIES RENOUVELABLES
ING1 Electromécanique
CHAPITRE V. Energie éolienne
Dr Mané SECK
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PLAN DU COURS
I. Généralités....................................................................................................................................2
II. Caractéristiques des vents........................................................................................................2
II.1. La vitesse du vent.....................................................................................................................2
II.2. L’énergie des vents...................................................................................................................3
III. Les éoliennes.........................................................................................................................4
III.1. Les différents types d’éoliennes.............................................................................................5
III.1.1. Les éoliennes à axes horizontales....................................................................................5
III.1.2. Les éoliennes à axe vertical..............................................................................................6
III.2. Les composants d’une éolienne à axe horizontal à trois pales............................................7
III.2.1. La nacelle..........................................................................................................................7
III.2.1.1. L’arbre primaire.......................................................................................................7
III.2.1.2 Le multiplicateur........................................................................................................7
III.2.1.3. L’arbre rapide ou l’arbre secondaire......................................................................8
III.2.1.4. La génératrice............................................................................................................8
III.2.1.5. Contrôleur électronique............................................................................................8
III.2.1.6 Outils de mesure.........................................................................................................8
III.2.1.8 Système d’orientation................................................................................................8
III.2.2. La fondation et le mat ou tour.....................................................................................8
III.2.3 Le rotor..............................................................................................................................9
III.2.3.1. Les pales.....................................................................................................................9
III.2.3.2. Le moyeu....................................................................................................................9
IV. Dimensionnement d’une installation éolienne........................................................................9
III.1. Choix du site............................................................................................................................9
III.2. Puissance d’une éolienne........................................................................................................9
III.3. Hauteur du mat.....................................................................................................................12
1
I. Généralités
L’énergie éolienne est générée par les vents. Elle a été utilisée depuis des siècles par
l’Homme pour la propulsion des bateaux à voile, l’entrainement des moulins à vent ou le
pompage de l’eau.
Les vents sont causés par le réchauffement inégal de l’atmosphère par la chaleur solaire. En
effet, la Terre étant en rotation autour du soleil, ce dernier ne réchauffe pas de la même
manière les différentes parties de notre planète. Ceci crée des zones de températures et de
pressions atmosphériques différentes tout autour du globe. Ce réchauffement est par exemple
plus important au niveau de l’équateur. L’air réchauffé est plus léger. Elle va s’élever et se
diriger vers les zones plus froides, les pôles. L’air refroidi aux pôles aura à son tour tendance
à revenir vers l’équateur. Il se produise ainsi des phénomènes de montée et de descente d’air
pôles-équateur. La rotation de la Terre sur elle-même engendre des déplacements latéraux
d’air. Ces mouvements d’air produisent les vents. Le vent est donc issu de l’énergie solaire.
L’énergie cinétique contenue dans ces déplacements de masses d'air est appelée énergie
éolienne. Elle permet de produire de l’électricité dans les éoliennes encore appelées
aérogénérateurs. Elle est aussi utilisée pour d’autres applications telles que le pompage de
l’eau, le chauffage, …
L’énergie éolienne représente l’énergie renouvelable la plus économique.
Le potentiel éolien est considérable dans beaucoup de région du monde. Les sites les plus
intéressants d’éoliens sont les zones côtières, certaines zones montagneuses, etc.
II. Caractéristiques des vents
Les performances des capteurs d'énergie éolienne (éoliennes, moulin à vent, voiliers ...)
dépendent beaucoup des caractéristiques du vent. Ce dernier est caractérisé par plusieurs
facteurs telles que sa vitesse, sa direction et dépend des effets de la rugosité du sol, des
obstacles, de la stabilité de l’atmosphère, etc.
II.1. La vitesse du vent
Pour connaitre le potentiel éolien d’un site, il est nécessaire de calculer la vitesse moyenne du
vent. Le calcul de cette vitesse moyenne fait intervenir la fréquence des vents en fonction de
leurs vitesses, c’est-à-dire la fonction de densité de probabilité f(ν).
La vitesse moyenne (νmoy) est donnée par la formule suivante :
∞
ν moy=∫ νf ( ν ) dν (1)
0
2
f (ν) est donnée par la loi de Weibull.
La vitesse du vent est très fluctuante. Elle augmente avec la hauteur au-dessus du sol et avec
l’altitude (par rapport au niveau de la mer). Cette vitesse est également influencée par le type
de végétation, la rugosité du sol, les obstacles sur le sol dans les environs de l’éolienne, etc.
Il convient alors de tenir compte des caractéristiques locales pour le choix du site d’un parc
éolien. Les régions côtières et certaines zones montagneuses sont des sites favorables à
l’implantation d’éoliennes.
Le vent varie aussi en fonction des mois de l’année. Il est plus fort en janvier et plus faible en
juillet.
On peut mesurer facilement les vitesses du vent avec un anémomètre à coupelles dont la
vitesse de rotation est proportionnelle à la vitesse du vent.
II.2. L’énergie des vents
L’énergie éolienne est restituée sous forme d’énergie cinétique. Sa valeur pour l’ensemble du
globe se situe entre 2,5 1015 et 5 1015 kWh/an.
L'énergie cinétique moyenne du vent, disponible sur un site, est l’énergie cinétique de l’air qui
traverse une certaine surface S. L’éolienne est immergée dans un seul tube de courant.
Considérons un vent de vitesse ν uniforme traversant une surface S normale à ν.
Figure 1. Déplacement d’un volume de vent sous forme de disque
L’énergie cinétique de ce vent est donnée par :
1 2
EC = mair ν (2)
2
avec mair en kg la masse de l’air ; ν en m/s.
3
mair =ρV (3)
ρ en kg/m3 est la masse volumique de l’air et V en m3 le volume de l’air.
Soit Ɩ la distance parcourue par l’air après avoir traversé la surface S. La masse d’air contenue
dans le disque virtuel de volume V=SxƖ est :
mair =ρSƖ (4)
La distance Ɩ est parcourue à la vitesse ν du vent pendant un temps t. Son expression est
donnée par :
Ɩ=νxt (5)
L’énergie cinétique contenue dans le disque de volume V est alors :
1 3
EC = ρ ν St (6)
2
La puissance totale du vent Pvent à travers la surface S est par conséquent donnée par :
3
Pvent =0 ,5 ρ ν S (7)
On l’appelle aussi puissance théorique de l’éolienne.
La relation (7) montre que la puissance du vent dépend de la masse volumique de l’air, de la
surface balayée et de la vitesse de l’air.
L’air étant un gaz parfait, sa masse volumique varie avec l’altitude et la température.
Elle (la masse volumique de l’air) diminue lorsque l’altitude augmente.
La puissance du vent est proportionnelle au cube de la vitesse, donc elle augmente très
rapidement avec cette dernière.
La relation (7) permet d’établir pour un site donné le potentiel éolien et d’élaborer des cartes
de l’énergie disponible pour un pays par exemple.
Ainsi, l’énergie récupérable dépend des caractéristiques de l’air telles que la densité, la
température et l’humidité relative. Elle dépend aussi de la surface balayée par le rotor, de la
hauteur du moyeu, de la forme des pales, etc.
4
III. Les éoliennes
Une éolienne est une machine permettant de transformer l’énergie cinétique du vent en
énergie électrique. Elle est composée de quatre parties : le mât, l’hélice, la nacelle et les lignes
électriques.
III.1. Les différents types d’éoliennes
III.1.1. Les éoliennes à axes horizontales
Les éoliennes à axe horizontal sont les plus connus. Dans ce type d’éolienne, le rotor tourne
parallèlement à la direction du vent. Ses pales demeurent face au vent en permanence. Elles
sont constituées d’un support appelé mat sur le quel est placé la nacelle. La nacelle contient
les principaux composants de l’éolienne que sont : un frein, un multiplicateur, un système de
régulation électrique, une génératrice, etc…
Figure 2. Les principaux composants de l’éolienne
Les éoliennes à axe horizontal (monopale, bipales, tripales) ont des vitesses de rotation
élevées. Elles sont plus utilisées pour la production de l’électricité mais sont moins résistantes
aux vents forts. On rencontre le plus souvent les éoliennes à trois pales.
5
(a)
(b) (c)
Figure 3. Les éoliennes (a) tripales ; (b) bipales et (c) monopales
III.1.2. Les éoliennes à axe vertical
Les éoliennes à axe vertical sont plus couteuses que celles à axe horizontal et de conception
plus complexe. Mais elles s’adaptent plus facilement à des zones de vent irrégulier. Leurs
rotors tournent perpendiculairement à la direction du vent. Les éoliennes de Darrieus et de
Savonius en sont des exemples. Ces types d’éoliennes sont moins productives. Ils sont plus
utilisés pour le pompage de l’eau.
(a) (b)
(c) (d)
Figure 4. (a) et (b) : éoliennes de type Darrieus ; (c) et (d) : éoliennes de type Savonius
6
III.2. Les composants d’une éolienne à axe horizontal à trois pales
III.2.1. La nacelle
La nacelle d’une éolienne est constituée d’un arbre primaire, d’un multiplicateur, d’un
arbre rapide ou arbre secondaire, d’une génératrice, d’un contrôleur électronique,
d’outils de mesure, de refroidisseurs, d’un système d’orientation.
Figure 5. Les équipements de la nacelle
III.2.1.1. L’arbre primaire
Il relie le moyeu du rotor au multiplicateur et tourne à une vitesse de rotation allant de 10
tours/minute (tr/min) à plus de 25 tr/min. Il est relié à l'arbre secondaire par l'intermédiaire du
multiplicateur.
III.2.1.2 Le multiplicateur
Le multiplicateur ou boite de vitesse permet d’élever la vitesse de rotation entre l’arbre
primaire et l’arbre secondaire à l’aide d’engrenages afin d’entrainer la génératrice électrique.
Figure 6. Multiplicateur et ses engrenages
7
III.2.1.3. L’arbre rapide ou l’arbre secondaire
Il relie le multiplicateur à la génératrice. Il est équipé d’un frein à disque pour arrêter la
rotation lorsque le vent devient fort.
III.2.1.4. La génératrice
La génératrice est un convertisseur qui transforme l’énergie mécanique en énergie électrique.
Elle peut être une machine asynchrone avec multiplicateur ou une machine synchrone.
III.2.1.5. Contrôleur électronique
Comme son nom l’indique, il contrôle le fonctionnement général de l’éolienne (démarrage,
freinage, orientation des pales et de la nacelle, refroidissement du générateur …). Il est en lien
permanent avec le système de mesure (anémomètre, girouette).
III.2.1.6 Outils de mesure
L’anémomètre et la girouette sont les deux outils de mesure utilisés. Ils sont montés sur la
nacelle de l’éolienne. L’anémomètre permet de mesurer la vitesse du vent et la girouette suit
la direction du vent.
Figure 7. Outils de mesure
III.2.1.7. Le refroidissement
Des ventilateurs et des Radiateurs à eau et à huile sont utilisés pour refroidir la génératrice et
le multiplicateur.
III.2.1.8 Système d’orientation
Des moteurs électriques font pivoter la nacelle et la verrouiller dans l’axe du vent grâce à un
frein. Ceci dans le but de collecter au maximum l’énergie du vent. Le système d’orientation
est monté sur le mât.
III.2.2. La fondation et le mat ou tour
Le mat supporte la nacelle et les pales. Il contient les câbles qui assurent la liaison avec le
réseau de distribution et permet l’accès à la nacelle via une échelle ou un ascenseur.
8
La fondation assure l’encrage et la stabilité de l’éolienne. Sa taille est proportionnelle à la
hauteur de l’aérogénérateur
III.2.3 Le rotor
Il transforme l’énergie cinétique du vent en énergie mécanique. Il est composé de trois pales
et est relié à la nacelle par son moyeu.
III.2.3.1. Les pales
Les pales transfèrent la puissance du vent au moyeu ou nez du rotor. Elles sont faites de fibre
de verre et carbone et matériaux composites. Leurs longueurs varient de 40 à 107 mètres et
leurs masses de 6 à plus de 25 tonnes.
III.2.3.2. Le moyeu
Il supporte les pales et relie le rotor à la nacelle. Il fait varier l’angle d’attaque des pales
simultanément. Il est protégé par le cône du nez.
IV. Etude de l’éolienne
IV.1. Choix du site
Avant de faire le dimensionnement, il faut tout d’abord choisir un site pour implanter les
éoliennes. Le choix de ce site dépend du potentiel éolien, du terrain disponible, des obstacles
et des contraintes environnementales.
La vitesse moyenne minimale requise du vent, pour des mesures sur une période de 6
mois à 1 an et à une hauteur de 50 m du sol, est de 6m/s.
Il faut assurer une distance entre éoliennes allant de 200 à 400m.
IV.2. Puissance d’une éolienne
La courbe de puissance d’une éolienne représente la puissance de sortie de l’éolienne en
fonction des différentes vitesses de vent.
9
Figure 8. Courbe de puissance d’une éolienne
Presque toutes les éoliennes commencent à tourner à partir de 4m/s. La puissance de
l’éolienne augmente avec l’augmentation de la vitesse du vent et doit être arrêté à la vitesse de
25m/s qui est 90km/h pour ne pas la dépasser. A partir de cette vitesse l’éolienne doit être
totalement freinée ou elle sera détruite. Le freinage est un freinage aérodynamique et peut être
réalisé en pivotant les pales (pour les éoliennes qui ont des pales qui pivotent) pour réaliser un
angle de calage de 90° alors qu’il était 0° ce qu’on appelle la mise en drapeau. Il est
impossible d’utiliser le freinage mécanique à ces vitesses excessives.
A cause des vitesses non nulles de l'air derrière l’éolienne, la puissance récupérée sur une
éolienne est inferieure à la puissance du vent. On définit alors ce qu'on appelle un coefficient
De puissance comme étant le rapport de la puissance de l'éolienne divisée par la puissance du
vent.
Péolienne =C p xP vent (8)
3
Péolienne =0 ,5 ρ Pvent ν S (9)
La loi de Betz donne une limite de puissance maximale récupérable de :
Pmax =0 , 59 x Pvent (10)
Le Cp d’une éolienne réelle est toujours inférieur à 0,59.
La limite de BETZ correspond à un Cp de 0,59.
Classification
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Pour comparer les différents modèles d’éoliennes, on utilise le coefficient de performance et
la vitesse spécifique notée λ.
Puissance rotor cΩ
C p= =
Puissance vent ρS ν 3 (11)
2
2 πNc
C p=
ρS ν
3
(12)
2
Avec C étant le couple, Ω vitesse angulaire du rotor, N la fréquence de rotation, ρ la masse
volumique de l’air, S la surface normale à la direction du vent et ν vitesse du vent.
V éolienne ΩR
λ= = (13)
V vent ν
Avec R le rayon du rotor.
On peut ainsi représenter l’évolution du coefficient de puissance C P, représentatif du
rendement, en fonction de λ pour différent types de machines.
Figure 9. Représentation des performances des différents types d’éolienne
Les rendements
L’énergie électrique fournie par l’éolienne dépend de tous les rendements propres des
différents éléments de la transformation.
Rendement du multiplicateur
Rendement de la génératrice ou de l’alternateur
Rendement du transformateur
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Rendement du redresseur
Figure. 10 Schéma de transformation de l’énergie éolienne en énergie électrique
IV.3. Hauteur du mat
Comme nous l’avons dit plus haut, la vitesse du vent augmente avec l’augmentation de la
hauteur. Cette variation suit la loi suivante :
( )
α
v H
= (14)
v0 H 0
Avec ν la vitesse observée à la hauteur H et ν0 la vitesse à la hauteur H0. H0 est généralement
égale à 10 mètres.
Quelques valeurs du coefficient α :
Le coefficient α caractérise la rugosité du terrain. Plus le terrain est rugueux, plus il faut
implanter l'axe de l'éolienne en hauteur.
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