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ANTHROPISATION DES MILIEUX « NATURELS » NORD IVOIRIENS : CAS DE

LATAHA ENTRE 1990 ET 2019


Serge Fidèle ASSOUMAN, Maitre-Assistant
Département de Géographie, Université Peleforo Gon Coulibaly, Korhogo,
[email protected]

RESUME
Depuis quelques années, les milieux de Lataha subissent des changements consécutifs à
l’introduction de la culture cotonnière, de l’anacarde et des cultures maraichères. Ces
changements sont perceptibles aussi bien dans le paysage agraire que dans l’habitat et se
traduisent par une anthropisation irréversible du milieu. Quelle est alors l’ampleur de cette
anthropisation entre 1990 et 2019 à Lataha ? Pour mesurer le changement sur les trois
décennies, la méthodologie a consisté en l’exploitation de données satellitaires Landsat par le
calcul du Taux d’évolution Global (Tg) des superficies et la cartographie des types
d’occupation du sol de 1990 à 2019. Les résultats montrent que les végétations arbustive à
Terminalia glaucescens et graminéenne à Imperata cylindrica sont en nette régression au
profit des cultures /jachères notamment les cultures arborescentes et maraichères ainsi que de
l’habitat. Cette anthropisation a également impacté les plans d’eau de Lataha qui ont connu
par la même occasion une réduction de leur superficie.

Mots-clefs : Milieu - anthropisation – dynamique – occupation du sol – Lataha – Nord Côte


d’Ivoire.
ABSTRACT
ANTHROPIZATION OF “NATURAL” ENVIRONMENTS IN NORTHERN CIVOIRE:
THE CASE OF LATAHA BETWEEN 1990 AND 2019
In recent years, the environments of Lataha have undergone changes following the
introduction of cotton cultivation, cashew and market gardening. These changes are
perceptible both in the agrarian landscape and in the habitat and result in an irreversible
anthropization of the environment. To measure the change over the three decades, the
methodology consisted of the exploitation of Landsat satellite data by the calculation of the
Global Evolution Rate (Tg) of the areas and the mapping of the types of land use from 1990
to 2019. The results show that shrub vegetation with Terminalia glaucescens and grass with
Imperata cylindrica are in clear decline in favor of crops/fallow land, in particular tree crops
and market gardening, as well as habitat. This anthropization has also impacted the water
bodies of Lataha, which have at the same time experienced a reduction in their area.
Keywords: Environment - anthropization - dynamics - land use - Lataha - North Côte d'Ivoire.

1
CHAPITRE I: INTRODUCTION
Les milieux de savanes Ouest-africaines sont réputés fragiles. Ils subissent une pression
anthropique constante consécutive à la quête de terres arables pour divers aménagements.
Cette situation fait craindre « une accélération des processus de dégradation irréversible » (D.
T. YEO et al., 2019) des écosystèmes. Cela se traduit par le changement ou la disparition des
formations végétales telles que les forêts denses sèches et les savanes boisée, arborée et
arbustive d’une part, et d’autre part par l’expansion spatiale des éléments anthropiques
(habitat, aménagements agricoles, pastoraux ou hydrauliques). Quel que soit le milieu,
l’intervention de l’homme laisse des marques durables sur les différents écosystème naturels
(climat, modelé, sol, végétation, eau). Par conséquent, la disparition des ressources naturelles
(surtout végétales) consécutives aux usages divers devient préoccupante (G. L. DJOHY et al,
2006) pour les acteurs locaux et les chercheurs.
Dans un environnement géomorphologique ou topographique constitué de reliefs cristallins
(ou résiduels) tels que les inselbergs, de plateaux et de glacis cuirassés, le milieu de Lataha
connait depuis 1990, une dynamique accélérée alors que les (2) barrages hydro-agricoles de la
localité ont été réalisés en 1981. Toutefois, la localité de Lataha s’est étendue et densifiée
seulement ces trois dernières décennies malgré la « révolution cotonnière » de la période
1970-1984. En effet, celle-ci était marquée par une augmentation de la production de la
variété « Allen » du coton sous la supervision de la CIDT (Compagnie Ivoirienne du
Développement Textile) née de la défunte CFDT (Compagnie Française du Développement
Textile) sans pour autant accroitre les superficies culturales. Nécessitant une surcharge de
travail, le coton (Gossypium) connait une désaffection des paysans de la région de Korhogo
entre 1985 et 1999 malgré toutes les mesures d’accompagnement de la CIDT pour booster
l’intérêt des paysans pour cette culture (T. BASSET, 2002). De plus, Lataha est une zone de
production de la noix de cajou, fruit issu de l’anacardier (Anacardium occidentale) introduit
« en Côte d’Ivoire dès 1970 dans le but de faire du reboisement et freiner l’avancée de la
savane sahélienne … et … protéger les sols du Nord ivoirien » (S. F. ASSOUMAN, 2012).
Aussi, Lataha fait-elle partie de la zone dense de Korhogo, où la densité de population est
supérieure à 40 hts/km² (J-Ch. FILLERON, 1995). Pourtant, la localité était encore une entité
rurale jusqu’en 2002 (A. SATO, 2003). Dans ce cas, la récente urbanisation et ses corollaires
(explosion démographique et accroissement de l'économie) ont eu in fine un impact sur les
ressources naturelles en général et l'utilisation des terres en particulier (K. H. HOANG, 2007).
Pour apprécier cette dynamique spatio-temporelle, l’usage des images satellites Landsat pour
l’étude de l’occupation du sol est de plus en plus fréquent. Les cartes d’occupation du sol
issues des méthodes de traitements de ces images permettent de mieux apprécier et évaluer les
transformations des milieux dans un intervalle de temps relativement important. Les travaux
de K. J-L KOUASSI (2013) dans la région de Yamoussoukro entre 1987 et 2002, de D.
SYLLA et C. HAUHOUOT (2016) entre 1986 et 2002 sur la zone dense de Korhogo, de D.
K. KPEDENOU et al (2017) entre 1958 et 2015 à Ouatchi au Togo en sont des exemples.
Quelle est alors l’ampleur de l’anthropisation des milieux de Lataha entre 1990 et 2019 ? Pour
répondre à cette question, on vérifiera l’hypothèse selon laquelle l’essor de l’arboriculture et
le maraichage a changé le mode de vie des acteurs locaux et transformé un espace jadis
dominé par les ressources naturelles en un paysage agraire intensément exploité. L’objectif de
cet article donc est de mesurer, à travers les superficies d’unités d’occupation du sol,
l’ampleur du changement du paysage rural de Lataha.

CHAPITRE II : MATERIEL ET APPROCHE METHODOLOGIQUE

2
Pour la réalisation de cette étude, l’échelle d’observation est le finage de Lataha (la localité et
l’ensemble de ses terres). Quant aux unités d’observation, il s’agit des superficies occupées
par les unités d’occupation du sol et les tranches d’années entre 1990 et 2019 soit 3
décennies : 1990-2000, 2000-2010 et 2010-2019.
1) Matériel utilisé
Le matériel utilisé pour cette étude est composé d’un récepteur GPS Garmin pour la prise des
coordonnées géographiques des points d’observation, des fiches de relevé pour la description
des éléments d’occupation du sol et un appareil photographique numérique CANON pour les
prises de vue et les illustrations. La carte de la répartition des localités du département de
Korhogo a été extraite de l’Atlas des régions administratives de Côte d’Ivoire édité par le
Centre de Cartographie et de Télédétection (CCT) du BNETD (Bureau national d'études
techniques et de développement) en 2017. Elle a été complétée par un cliché de la sous-
préfecture de Korhogo dont dépend la zone d’étude, en 2020, extraite sur Google Earth
Pro2018 pour confectionner la carte de la localisation de Lataha.
Les images satellitaires de 1990, 2000 et 2019 sélectionnées sont de Landsat et datent toutes
de la période de saison sèche, plus précisément en janvier. Le choix de ce mois se justifie par
le faible taux de nébulosité et de couverture nuageuse (K. J-L. KOUASSI, 2014, p19). C’est
également la période intermédiaire entre deux cycles culturaux. C’est enfin la période des
campagnes agricoles du coton et de l’anacarde.
En ce qui concerne les logiciels utilisés, Google Maps a servi pour l’extraction des images
satellites de Lataha et ses milieux d’extension, ArcGIS Desktop 10.0 pour les applications
SIG et l’élaboration des cartes d’occupation du sol. Enfin, Adobe Illustrator CC pour la mise
en forme des cartes et Excel 2017 pour les traitements statistiques et les tableaux.
Les images satellitaires de 1990, 2000 et 2019 sélectionnées sont de Landsat et datent toutes
de la période de saison sèche, plus précisément en janvier. Le choix de ce mois se justifie par
le faible taux de nébulosité et de couverture nuageuse (K. J-L. KOUASSI, 2014, p19). C’est
également la période intermédiaire entre deux cycles culturaux. C’est enfin la période des
campagnes agricoles du coton et de l’anacarde.

2) Collecte et traitement des données


L’analyse des changements survenus entre 1990 et 2019 a été faite par une comparaison post-
classification. Elle produit une matrice de détection des changements issue de la comparaison
entre les pixels de deux classifications entre deux dates (GIRARD et GIRARD, 1999). Ces
données sont issues des images satellitaires Landsat prétraitées et extraites sur Google Maps.
Elles ont été exportées vers ArcGis pour la numérisation (mode vecteur) puis la correction
cartographique. Des zones-tests ont été choisies pour chaque objet cartographier avec leurs
coordonnées respectives. A l’aide du récepteur GPS, une visite de terrain a été effectuée afin
d’identifier les unités d’occupation du sol correspondant. Cette dernière étape a abouti à la
confection définitive des cartes d’occupation du sol. Les tables attributaires générées par la
phase de vectorisation sont alors exportées sur Excel pour les calculs de superficies des unités
d’occupation du sol en fonction de l’année. Puis, sur la base des statistiques obtenues, une
analyse a été réalisée en évaluant les changements intervenus par le calcul du taux d’évolution
global (Tg) (Abraham A. AYENA et al., 2017) ou de changement (Tc) ou taux moyen annuel
d’expansion spatiale, couramment utilisé dans les études sur le changement d’occupation du
sol (FAO, 1996 ; HADJADJ, 2011). Ce taux d’évolution global (Tg) s’évalue à partir de la
formule suivante :

Tg = [(S2 - S1) /St] x 100 où :

3
Tg = Taux d’évolution globale (%)
S1 = Superficie de la classe à la date t1
S2 = Superficie de la classe à la date t2 (t2 > t1)
St = Superficie totale (ha).
Les données (ou taux) ainsi obtenues ont servi à apprécier les transformations opérées au
niveau de chaque type d’occupation du sol dans les milieux de Lataha. En plus de ces
statistiques, les cartes d’occupation de 1990, 2000 et 2019 ont été réalisées.

CHAPITRE III : PRESENTATION SOMMAIRE DE LA ZONE D’ETUDE

1) Cadre géographique du secteur d’étude

La sous-préfecture de Lataha (57,25 km2) fait partie à la région du Poro précisément du


département de Korhogo. Elle se localise au Nord-Est de la sous-préfecture de Korhogo entre
9°30’et 9°42’ de latitude Nord et entre 5°25’et 5°40’ de longitude Ouest.
Elle est limitée au Nord par la sous-préfecture de Diawala, au Sud-Ouest par la sous-
préfecture de Korhogo, à l’Est par les sous-préfectures de Sinématiali, de Gbalekaha et de
Karakoro et à l’Ouest par la sous-préfecture de Koni (fig. 1).

4
Figure 1 : Carte de localisation de LATAHA dans la région du Poro

5
2) Caractéristiques physiques et humaines du milieu
Le climat est de type soudano-guinéen ou de transition et enregistre des précipitations
moyennes de 1343 mm caractérisées par une grande variabilité interannuelle. On note deux
saisons bien marquées : une saison des pluies de mai-juin à septembre (les précipitations ne
dépassant l’évapotranspiration potentielle que pendant 4 mois) et une saison sèche d’octobre à
avril-mai. La température annuelle moyenne est estimée à 26,5C.
Le paysage est dominé par des dômes granitiques entourés ou raccordés entre eux par glacis
cuirassés aux sols gravillonnaires superficiels. Ceux-ci sont profonds par endroit avec une
texture argilo-sableuse en bas de pente. Au niveau du secteur des barrages, ces sols passent à
des limons sableux. Ces sols sont légèrement acides (pH de 5,4 à 6), pauvres en matière
organiques et fortement désaturés (taux de saturation compris entre 21 et 54%).
La végétation très peu dense est composée de petits arbres buissonnants de diverses espèces.
Elle est soit arbustive peuplée de Terminalia glaucescens et Bridelia ferruginea. Soit herbeuse
marquée par les espèces graminéennes telles que pennisetum et imperata Imperata cylindrica.
Une importante partie de cette végétation a été modelée par l'homme de ce fait, elle se
compose de « parcs à Vitellaria oaradoxa et à Parkia bislobosa. Quelques vestiges des
formations anciennes subsistent généralement sur les sols trop superficiels ou entre les blocs
granitiques » (D. LOUPPE et N. OUATTARA, 1990) et le long des vallées humides de la
zone.
L’hydrographie, en dehors de quelques cours d’eau intermittents n’est pas significative.
Cependant, la localité de Lataha bénéfice de deux (2) barrages hydro-agricoles.
Au plan humain, Lataha est une localité rurale, érigée en sous-préfecture après 2002, où
l’activité dominante est l’agriculture. Sa population est estimée à 30 745 habitants dont 14
195 hommes et 16 550 femmes (RGPH, 2014). Il est peuplé majoritairement des autochtones
Sénoufo. L’agriculture de rente est basée sur le coton (en recul) et l’anacarde tandis que
l’agriculture vivrière est composée de céréales dont le maïs (Zea mays) et le riz irrigué (Oryza
sativa), l’arachide (Arachis hypogaea) et la patate (Ipomoea batatas). Les cultures
maraichères dont la carotte (Daucus carota), le concombre (Cucumis sativus), le piment
(Capsicum annuum), le salade (Lactuca sativa), le chou (Brassica oleracea), la tomate
(Solanum lycopersicum) et l’oignon (Allium cepa) y sont également produites. L’élevage
traditionnel constitue également l’une des activités pratiquées. Il se compose de caprins et de
quelques têtes de bœufs qui sont utilisées dans la culture attelée.
Avant 1990, les habitants de Lataha (alors un petit village), pratiquaient l’agriculture
extensive constituée principalement de produits vivriers dont le riz, le maïs et la patate douce
ainsi que l’arachide. Ces denrées entraient dans leur habitude alimentaire. Le produit de rente
était constitué uniquement du coton. A partir de 1990, on assiste à l’introduction des cultures
maraichères dans les bas-fonds humides et sur les berges des barrages de la localité. Pendant
ce temps, sur les interfluves, l’on cultive de plus en plus l’anacardier sur de vastes superficies.
Cette nouvelle culture fera reculer le coton dont le travail est jugé pénible par les paysans (T.
BASSET, 2002). Plus tard vers 2000, la culture du manguier fait son apparition dans le milieu
naturel et se dispute les espaces avec les vergers d’anacarde. Les techniques culturales sont
néanmoins restées empiriques et archaïques. Il s’agit de l’usage du feu saisonnier lors de la
mise en valeur des parcelles, de la culture attelée par une ou deux paires de bœufs et
l’association culturale (c’est-à-dire plusieurs cultures sont pratiquées sur la même parcelle).
Désormais ces nouvelles cultures vont favoriser l’amélioration des conditions et du cadre de
vie des habitants. Ceux-ci abandonnent la culture extensive pour se tourner vers la culture

6
intensive alimentée par les semences améliorées des produits maraichers, l’usage des engrais
chimiques à la place du compost et les systèmes d’irrigation pour les parcelles.

CHAPITRE IV : RESULTATS
La typologie de l’occupation du sol des milieux de Lataha se répartit entre végétation
ligneuse, graminéenne, sols nus et affleurement rocheux constituant les éléments "naturels"
d’une part et d’autre part les cultures et jachères, les plans d’eau (barrages) et l’habitat
constituent les éléments anthropiques. Les données collectées et traitées ont permis de
produire les cartes et statistiques d’occupation du sol de 1990, 2000 et 2019.
1) L’état de l’occupation du sol en 1990, 2000 et 2019 à Lataha
a. En 1990, un espace dominé par les éléments "naturels"
En 1990, la végétation (ligneuse et herbeuse) s’étendait sur 43,06% de la superficie de Lataha.
La végétation ligneuse est surtout composée d’une savane arbustive à Gardenia. Ce sont des
petits végétaux envahissants des milieux soudanais qui se développent sur des espaces
auparavant couverts par des végétations de types arboré ou boisé. La végétation herbeuse est
principalement composée de graminées à Imperata cylindrica et couvre près du tiers (1/3) de
l’espace d’étude. Les affleurements rocheux sont fréquents et occupent 24% du finage (Tab.
I). En effet, les paysages de Lataha sont dominés par les dômes cristallins. A cet effet, plus
d’une dizaine d’inselbergs, 14 au total, a été dénombrée autour du village. Entre ces dômes,
s’étendent des glacis cuirassés qui sont en partie exploités par les populations locales, l’autre
partie étant cuirassée et inexploitable pour l’agriculture. Les sols nus (27,28%) sont des
portions d’espaces dépourvues de toute végétation, de nature gravillonnaires ou sableuses
d’une part, oui cuirassées (cuirasse ou carapace ferrugineuse) d’autre part. Quant aux espaces
anthropisés, ils couvraient 32,92 % soit près du 1/3 de l’espace d’étude et regroupent les
cultures vivrières et de rentes (voir plus haut), les et jachères, l’habitat et les plans d’eau.
Tableau I : Répartition spatiale des unités d’occupation du sol en 1990

Fréquence
Unités d'occupation du sol Superficie en Ha
relative (%)
Végétation Savane 11,76
673,13
ligneuseligneuse
Sols nus 1561,81 27,28
Formation 31,26
1789,34
herbacéeGraminée
Affleurement 24,02
1375,3
Rocheuxrocheux
Plan d'eauBarrage 152,02 2,65
Cultures et jachères 171,09 2,99
Habitat Bâti 2,3 0,04
Total 5724,99 100
Source : Image Landsat, 1990.

La carte d’occupation du sol (Fig. 2) du finage de Lataha en 1990 montre une dispersion
importante des sols nus. Ceux-ci jouxtent la végétation herbeuse et se localisent à la surface
des glacis ou à proximité des berges des barrages de Lataha et le long des vallées. Les rares
surfaces de forêt peuvent être retrouvées dans les bas de versants notamment autour des
affleurements rocheux. Les parcelles de cultures se concentrent en priorité autour des barrages
de Lataha et le long des vallées de cours d’eau en aval de ces ouvrages. Autour du site de

7
Lataha, l’espace se répartit entre végétation graminéenne et sols nus. En 1990, la localité de
Lataha est encore un petit village. Les secteurs cultivés se concentrent autour des barrages.

Figure 2 : Occupation du sol de Lataha en 1990

b. 2000, la prédominance des espaces de cultures et jachères


L’espace naturel ne couvre plus que 32,36% tandis que les espaces humanisés sont estimés à
67,64% (Tab. II). Les savanes à Terminalia glaucescens se réduisent au profit des espaces
anthropisés. Ainsi, les sols nus et les cultures et jachères couvrent environs 64%. Le village de
Lataha s’étend désormais sur 202,05 ha (soit 3,53%). Contrairement à 1990, les cultures
(composées du coton, de l’anacarde et des cultures maraichères) et les jachères de 2000
occupent 13,58% de l’espace, en nette progression. Ce regain d’espace cultivé s’explique en
partie par la pression agricole qui s’installe autour des barrages (augmentation des parcelles
de cultures maraichères) et sur les portions exploitables des glacis (pour le coton). Les
superficies des sols nus ont pratiquement doublé (48,32%). En effet, l’induration de la surface
des sols ainsi que la pierrosité accrue du fait des affleurements rocheux diminuent la durée de
mise en valeur des terres des glacis pour les cultures telles que l’arachide et le maïs. Cette
fragilité expose les sols à une absence de végétation surtout ligneuse. Les rares végétaux
identifiables sur ces espaces sont laes graminées à Imperata cylindrica mais celles-ci
disparaitssent en saison sèche car consumées par la chaleur constante et la sècheresse.
Toutefois, la régression progressive de la végétation ligneuse et l’accroissement des jachères
justifient leur extension.
Tableau II : Typologie de l’occupation du sol en 2000

Unités d'occupation du sol Superficie en Fréquence

8
hectares relative (%)
Végétation ligneuse 356,5 6,22
Sols nus 2766,04 48,32
Graminée 614,52 10,73
Affleurement Rocheux 881,82 15,41
Plan d'eau 126,72 2,21
Cultures et jachères 777,34 13,58
Habitat 202,05 3,53
TOTAL 5724,99 100
Source : Image Landsat, 2000.

La carte d’occupation (Fig. 3) du sol de 2000 fait ressortir la réduction de la végétation


graminéenne et de la végétation ligneuse (savane arbustive à Terminalia glaucescens). On
constate sur la carte que les sols nus se sont substitués aux graminées qui ont disparu. Quant à
la végétation ligneuse, elle se concentre autour des barrages et des modelés. Les espaces
cultivés s’étendent davantage. Ils se concentrent non seulement autour des barrages, mais
également colonisent progressivement la surface des glacis et autour de la localité de Lataha.

Figure 3 : Typologie de l’occupation du sol en 2000

c. En 2019, disparition progressive de la végétation ligneuse ?


En 2019, à l’inverse des plans d’eau (1,70%), de la végétation ligneuse (5,12%) et de l’habitat
(5,96%) qui comptent les plus faibles superficies (S<10%), les sols nus (32,58%) et les
cultures et jachères (22,32%) représentent les types d’occupation du sol les plus importants

9
d’un point de vue extension. La végétation (végétation ligneuse et graminée) couvre (22,86%)
de la superficie de Lataha à peu près dans les mêmes proportions que les cultures et jachères.
Les sols nus demeurent importants (32,58 %). Quant à l’espace anthropisés, il couvre près de
30% de l’espace total dont l’habitat (5,86%) et les aménagements hydrauliques (1,70%).
Tableau III : Typologie de l’occupation du sol en 2019

Types d'occupation du Superficie en Fréquence


sol hectares relative (%)
Végétation ligneuse 292,86 5,12
Sols nus 1865,34 32,58
Graminées 1015,47 17,74
Affleurement Rocheux 834,75 14,58
Plan d'eau 97,56 1,70
Cultures et jachères 1277,64 22,32
Habitat 341,37 5,96
TOTAL 5724,99 100
Source : Image Landsat, 2019

La carte d’occupation du sol (Fig. 4) du finage de Lataha en 2019 ainsi que les clichés
(Photos 1 et 2) montrent que tous les espaces (glacis, berges des barrages et vallées) sans
exclusive sont marqués par l’exploitation agricole.

Photo 1 : Exploitation agricole dans un bas-fond drainé par un cours d’eau


(Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

Au premier plan, l’image montre des rangées de billons confectionnés dans le lit du cours
d’eau sur lesquels du riz de bas-fond est ensemencé. Au second plan (centre de l’image), on a
une parcelle de cultures maraichères. Il s’agit dans ce cas-ci de la culture d’aubergine. En
fond d’image, la végétation arborescente qui borde ce champ est constituée de plants
d’anacardiers.

10
Photo 2 : La vue d’une rizière et de l’un des dômes rocheux (en fond d’image) dominant le
paysage de Lataha (Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

La végétation ligneuse et graminéenne se retrouve dans les mêmes espaces, surtout autour des
affleurements rocheux (Photo 2). C’est le même constat autour des plans d’eau. L’habitat a
également connu une extension spatiale. Certaines portions de végétation naturelle ont disparu
à son profit.

Figure 4 : Typologie de l’occupation du sol en 2019

2) Dynamique de l’occupation du sol de 1990 à 2000 et de 2000 à 2019


Pour apprécier l’ampleur des changements intervenus lors de ces trois décennies (1990 à
2019), le taux d’évolution global (Tab. IV et V) a été calculé pour chaque type d’occupation

11
du sol. Cette évolution équivaut à la réduction ou à la régression lorsque ce taux est négatif.
Par contre, lorsqu’il y a extension ou augmentation de la superficie, ce taux est positif.

a. Dynamique de l’occupation du sol de 1990 à 2000 marquée par le recul de la


végétation naturelle et un accroissement des espaces anthropisés
Durant cette décennie, les sols nus, les cultures et jachères et l’habitat ont connu une
extension spatiale à des degrés divers. Les sols nus s’étendent de manière significative à
raison de 120,42 Ha/an. Les sols nus sont en croissance constante et la végétation
graminéenne à Imperata cylindrica a considérablement régressé. Les cultures et jachères se
sont accrues de 60,62 Ha/an. Cela témoigne de la pression agricole qui s’est intensifiée.
L’habitat a progressé de 20 Ha/an environ. On peut en déduire que la pression agricole s’est
accompagnée d’une pression foncière consécutive à la croissance démographique. De plus en
plus d’espaces sont soumis à un lotissement pour accueillir les surplus de populations.
Inversement, la régression la plus significative est celle des superficies de la végétation
graminéenne. En effet, 117,48 Ha/an se perdent en moyenne chaque année en raison soit de
l’aridité des milieux soit de l’usage des sols par les acteurs locaux. Ce qui laisse prévoir leur
disparition totale cinq ans plus tard si cette réduction demeure constante. Quant à la
végétation arbustive à gardeniaGardenia, ce sont 31,66 Ha qui disparaissent chaque année
durant cette décennie. Les superficies de la végétation naturelle se réduisent progressivement
à la faveur des superficies cultivables et habitables. La superficie occupée par les barrages se
rétrécit de 2,53 Ha/an. La variabilité climatique observée dans le Nord de la Côte d’Ivoire
depuis les années 1980 a impacté négativement les volumes d’eau des barrages hydro-
agricoles construits à juste titre pour sédentariser les populations autant que pour promouvoir
l’élevage et l’agriculture irriguée (Ph. CECCHI, 2007). Les berges ainsi libérées par l’emprise
des eaux sont prises d’assaut par les exploitants agricoles pour accroitre les superficies de
parcelles destinées aux cultures maraîchères. Comme observé sur la carte d’occupation du sol
de 2000, la pression agricole s’intensifie alors autour de ces ouvrages. Aussi, depuis 1990, les
acteurs locaux ont procédé à une diversification agricole et se sont tourné vers une agriculture
commerciale basée sur la production maraichère. Ces mutations nécessitent d’importantes
superficies (particulièrement dans les bas-fonds des vallées et les plaines alluviales) et un
nombre croissant d’acteurs. Ce besoin de parcelles se fait alors au détriment de la végétation
graminéenne.

Tableau IV : Taux d’évolution global de l’occupation du sol de 1990 à 2000

Taux
Superficie en Superficie en d'Evolution
Types d’occupation du sol
Ha en 2019 Ha en 1990 Global (Tg)
en %
Végétation ligneuse 356,5 673,13 -5,531
Sols nus 2766,04 1561,81 21,03
Graminée 614,52 1789,34 -20,52
Affleurement Rocheux 881,82 1375,3 -8,62
Plan d'eau 126,72 152,02 -0,44
Cultures et jachères 777,34 171,09 10,59
Habitat 202,05 2,3 3,49
TOTAL 5724,99 5724,99
Source : Images Landsat, 2019

b. Dynamique de l’occupation du sol de 2000 à 2019

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En dehors de l’habitat et des cultures et jachères, tous les autres types d’occupation du sol ont
connu une relative régression durant les 2 dernières décennies (2000 à 2019). En effet, la
végétation arborescente a enregistré en moyenne une perte de 3 Ha/an, les sols nus une
régression de 45 Ha en moyenne, les barrages ont perdu 1,46 Ha/an. Les sols nus ont connu
une reprise par les exploitants sous la pression du besoin de terres à mettre en valeur d’une
part. D’autre part, quelques portions se sont régénérées en savane graminéenne ; cela
s’explique par les pluies intenses précipitées entre 2008 et 2017 (S. F. ASSOUMAN, 2021).
Les gains les plus significatifs concernent la végétation graminéenne (20,05 Ha/an) et les
cultures et jachères (25 Ha/an). Les cultures ont enregistré la multiplication et l’extension des
plantations d’anacarde et de manguier (Photo 4) dont le sous-bois est peuplé par les
graminées ; ce qui explique aussi leur fréquence sur l’ensemble de l’espace de Lataha.

Photo 4 : Un verger de mangue sur l’interfluve dominant le barrage de Lataha


(Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

Quant à l’habitat, il s’étale de 7 Ha/an ; ce qui témoigne de la croissance démographique de la


localité avec ses conséquences sur la pression foncière.
Cependant, au vu de l’ampleur des changements intervenus lors de la décennie 1990-2000, on
a un ralentissement voire une inversion dans cette dynamique entre 2000 et 2019. C’est le cas
pour les sols nus qui sont en régression à partir de 2000 alors qu’ils s’étendaient la décennie
précédente. C’est également le cas pour la végétation graminéenne qui s’étend à partir de
2000.

Tableau V : Taux d’évolution global des types d’occupation du sol de 2000 à 2019

Taux
Superficie Superficie
Types d’occupation du d'Evolution
en Ha en en Ha en
sol Global (Tg)
2019 2000
en %
Végétation ligneuse 292,86 356,5 -1,11
Sols nus 1865,34 2766,04 -15,73
Graminées 1015,47 614,52 7,00
Affleurement Rocheux 834,75 881,82 -0,82
Plan d'eau 97,56 126,72 -0,51
Cultures et jachères 1277,64 777,34 8,74
Habitat 341,37 202,05 2,43
Total 5724,99 5724,99
Source : Image Landsat, 2019

3) Vers une anthropisation totale des milieux de Lataha après 2019 ?


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Les milieux « naturels » de Lataha se sont anthropisés entre 1990 et 2019. En effet, le bilan du
tableau VI fait ressortir deux situations. D’une part une augmentation des espaces
anthropiques et d’autre part une régression des espaces naturels. Les reculs les plus
significatifs concernent la végétation graminéenne (-13,52% soit une régression de 773, 87
Ha), les affleurements rocheux (-9,44% soit une régression de 540,55 Ha) et la végétation
ligneuse (-6,64% soit une perte de 380,27 Ha). Ces pertes se justifient par la pression
anthropique exercée sur ces milieux à la suite de l’accroissement des espaces cultivés
(+19,33% soit un gain de 1106,64 Ha, Photo 3) et de l’habitat (+5,92% soit un gain de 339,07
Ha). Ces deux éléments sont « consommateurs » d’espaces et nécessitent pour leurs
aménagements la destruction d’importantes superficies de végétation. Les sols nus s’étendent
également (+5,30%),; ce qui est dû à l’aridification du climat qui se caractérise par les
périodes sèches de plus en plus longues et drastiques opposées à des périodes pluvieuses
brèves. Les usages divers faits par les populations locales des eaux des barrages de Lataha
expliquent la réduction légère mais constante (-0,95%) des plans d’eau.

Photo 4 : parcelle de culture maraichère en bordure d’un barrage à Lataha


(Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

L’image montre au premier plan une parcelle de culture maraichère (Aubergine) entretenue
par les paysans à l’aide d’un système moderne d’irrigation composé de motopompe pour
aspirer l’eau du barrage et d’un tuyau (tenu ici à la main par un des exploitants) pour
l’arrosage. A gauche de la parcelle, une parcelle d’anacarde et à droite le plan d’eau du
barrage.
Au-delà des raisons humaines, les emprises spatiales de ces barrages se sont réduites
progressivement à cause de l’intensité de l’évaporation consécutive au déficit hydrique de ces
dernières années. A cela s’ajoute le comblement du fond des cuvettes de retenue par les
sédiments charriés par les eaux de ruissellement qui menace ces ouvrages. Sur les berges du
barrage, les espaces sont pris d’assaut par les bêtes d’élevage (cliché 4) pour paitre et
s’abreuver. Les jeunes pousses constituent alors une nourriture de choix pour les animaux. Sur
cette image, un troupeau d’ovins et de bovins se délectent de ces végétaux qui tapissent la
surface du sol à proximité de l’eau qui leur servira alors d’abreuvage.

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Photo 5 : Troupeau de bovins et d’ovins en pâture sur la berge d’un barrage à Lataha
(Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

L’adoption de la culture de l’anacarde (cliché 6) qui participe depuis 1990 à un programme de


reboisement du couvert végétal a favorisé la quête de nouvelles terres agricoles tout comme
l’accroissement de la production maraichère et rizicole. Ces facteurs ont accéléré la pression
humaine sur les milieux de Lataha. Les changements intervenus entre 2000 et 2019 peuvent
être aussi imputables aux crises socio-politiques qui ont secoué la Côte d’Ivoire à partir de
1999 et qui ont causé le déplacement de populations du Nord vers le Sud du pays. Les espaces
ayant été abandonnés durant la décennie 2000-2010, la dynamique de l’occupation du sol s’en
ressent avec un taux d’évolution global faible dans l’ensemble des types d’occupation du sol.
Mais dans la réalité, à partir de 2011 qui consacre la fin de la crise, on assiste à une
recolonisation des espaces favorisée d’une part par l’augmentation du prix du Kg de noix de
cajou passant de 225 FCFA/kg en 2013–2014 à 500 FCFA en 2017–2018 (S. Y. KOFFI et K.
R. OURA, 2019) qui aura pour conséquence une ruée vers de nouvelles terres à exploiter à cet
effet et d’autre part par l’érection de Lataha en sous-préfecture qui va également nécessiter de
nouveaux espaces à lotir pour accueillir le personnel administratif qui sera déployé par l’Etat.

Photo 6 : Vue d’un verger d’anacardier au pied d’un dôme rocheux à Lataha
(Cliché S. F. Assouman et T. A. Yéo, 2020)

Tableau VI : Bilan de l’occupation du sol de 1990 à 2019 en fonction du taux d’évolution global

Superficie Superficie Taux d'Evolution


en Ha en en Ha en Global (Tg) en
2019 1990 %

Végétation ligneuse 292,86 673,13 -6,64

15
Sols nus 1865,34 1561,81 5,30
Graminées 1015,47 1789,34 -13,52
Affleurement Rocheux 834,75 1375,3 -9,44
Plan d'eau 97,56 152,02 -0,95
Cultures et jachères 1277,64 171,09 19,33
Habitat 341,37 2,3 5,92
Total 5724,99 5724,99
Source : Images Landsat, 1990 et 2019

CHAPITRE V : DISCUSSION
La dynamique de l’occupation du sol de Lataha de 1990 à 2019 révèle un recul des formations
naturelles au profit des espaces anthropisés. Plusieurs travaux viennent corroborer ces
résultats. En Côte d’Ivoire, les travaux réalisés dans la zone de Korhogo, entre 2000 et 2015,
par D. T. YEO et al. (2019) montraient que « cette dynamique fait ressortir un gain d’espaces de
cultures arborescentes, de jachères et l’habitat au détriment des formations végétales naturelles ». Un
constat similaire a été fait à Totiya dans le Haut Bandama par T. D. SORO et al. (2013) ils
affirment que « Les taux d’occupation des classes habitats, sols nus ou dégradés, cultures et cultures
irriguées ont augmenté entre 1986 et 2000. Cette augmentation s’est opérée principalement au
détriment de la savane arborée et des forêts qui ont régressé ». Ailleurs en Afrique, les mêmes
constats ont été faits au Bénin dans la commune de Sinende au Nord-Benin de 1990 à 2010.
Pour G. L. DJOHY et al. (2016) « L’augmentation des espaces de culture contribue à la diminution
des formations végétales naturelles » tandis que « L’accroissement rapide de la population constitue
également un agent de destruction du couvert végétal ». Au Sénégal, dans la zone du lac Guiers,
entre 1988 et 2010, la dynamique d’occupation du sol est marquée par une forte
anthropisation de la zone qui se manifeste par « l’accélération de l’aménagement des terres en
exploitations agricoles » (V. M. FAYE et al., 2016). Au Sud-Est du Togo entre 1958 et 2015,
les travaux de K. D. KPEDENOU et al. (2017) appuient également ces résultats obtenus. Pour
eux, « la diminution des formations naturelles a été faite au profit des milieux anthropiques qui ne
cessent de conquérir de nouveaux espaces naturels ». Plus loin, au Viet-Nam, K. H. HOANG
(2007), dans ces travaux sur l’occupation du sol du bassin-versant de la rivière de Câu,
conclut que « Parmi les facteurs influençant le changement de l’occupation du sol, les facteurs
anthropiques sont plus importants que les facteurs physiques ».
Enfin, la dynamique de l’occupation du sol de Lataha a fait ressortir une réduction de la
superficie des barrages hydro-agricoles (aménagement humain). Cette situation a également
été observée sur les lacs de Yamoussoukro après 25 ans par J-L KOUASSI (2014) qui observe
que « L’ensablement et le dessèchement des plans d’eau et zones marécageuses ont entraîné une perte
de près de 30 % des surfaces d’eau ».

CHAPITRE VI : CONCLUSION

La dynamique de l’occupation du sol de Lataha entre 1990 et 2019 s’apprécie dans le sens
d’une humanisation du milieu naturel. Elle se manifeste par l’accroissement des espaces
cultivés et de l’habitat et la régression des formations végétales arbustive et graminéenne. Le
besoin de terres à mettre en valeur est motivé par la promotion de produits agricoles tels que
l’anacarde, les cultures maraichères et le riz irrigué. Aussi, le flux de populations entraine-t-il
une extension de l’habitat. De 1990 à 2000, cette dynamique est accélérée mais connait un
ralentissement entre 2000 et 2019. Divers facteurs expliquent ces rythmes comme mentionnés
plus haut. Toutefois, cette humanisation se révèle irréversible et la mutation de l’espace rural
en espace urbain de Lataha a entrainé une pression agricole, démographique et foncière qui

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laisse craindre une disparition de l’espace naturel en dehors des affleurements rocheux ; le
besoin de terres étant sans cesse croissant.

REMERCIEMENTS

Notre gratitude à YEO Tchéfigué Abiba et KONAN N’Gatta Patrick Catatchet, étudiants en
Master de Géographie physique, pour leur collaboration dans les missions de terrain et la
réalisation des cartes d’occupation du sol.

REFERENCES BIBLIOGRPHIQUES

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Benin. In Cahiers du CBRST, N° 9 Juin 2016, pp. 101-121

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HOANG K. H. (2007) : Les changements de l'occupation du sol et ses impacts sur les eaux de
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Université du Québec, 111 p.

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l’imagerie satellitaire et des Systèmes d’informations Géographiques : Cas de la Direction
Régionale des Eaux et Forêts De Yamoussoukro (Côte D’ivoire). Mémoire DAA, INP-FHB,
mars 2014, 52 p.

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Analyse de l’occupation du sol pour le suivi de l’évolution du paysage du territoire Ouatchi au
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17
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