INTRODUCTION
L’Afrique est un continent qualifié de « noir » par l’Occident depuis ses premiers
contacts avec cette aire culturelle et encore aujourd’hui, non pas seulement du fait d’être
peuplé par la race noire mais aussi à cause du caractère « impénétrable » de la culture et
de la nature africaines aux yeux des Européens. Ainsi, avant même la tragédie de la
traite des esclaves et les inégalités et injustices instaurées par la colonisation, les
rapports entre l’Europe et l’Afrique ont été fondés bien plus sur des préjugés, mythes et
idées reçues que sur des connaissances et une volonté d’échange et de compréhension
mutuelle. La culture africaine parsemé de mythes avant l’arrivée des colons a subit une
transformation qui par la suite a donnée naissance à une autre forme de littérature, cette
dernière fut un élément déclencheur de beaucoup de mouvement. Il convient donc dans
cet exposé de faire ressortir tous les contours de cette réflexion qui est ‘’La littérature
africaine avant et après les indépendances’’.
I- HISTORIQUE DE LA LITTERATURE AFRICAINE
A ses débuts, la littérature africaine suivait essentiellement une tradition orale. C’est
seulement à partir des années 1950 que les actuels classiques de la littérature africaine,
tels que Camara Laye, Ferdinand Oyono ou Ousmane Sembène, commencent à se faire
entendre.
Une décennie plus tard, apparaît une littérature profondément marquée par la vague
d’indépendance que connaît l’Afrique francophone entre 1956 et 1962.
Les années 1970 correspondent ensuite à l’émergence d’une littérature lourde de
désillusion face aux dictatures des régimes postcoloniaux. Parallèlement, on voit
apparaître les débuts de l'écriture féminine avec notamment Fatou Diome et Aminata
Sow Fall.
Impossible de parler de littérature africaine sans mentionner le centenaire
ivorien Bernard Dadié. Poète, conteur, romancier et dramaturge, il est l'auteur d'Un
nègre à Paris. Auteur incontournable, il était engagé dans le militantisme syndical et
politique, ce qui lui a valu d'aller en prison et d'y écrire ses Carnets de prison. Ses
oeuvres sont toujours étudiées dans les pays francophones, il est une référence de la
littérature africaine.
Plus tard au début des années 1990, c'est la quatrième génération qui prend la relève
avec entre autres Raharimanana et Sami Tchak. Ces auteurs se proclament écrivains
avant d'être noirs, en effet nous avons affaire à une génération transcontinentale,
multiculturelle d'auteurs, qui se questionnent sur son identité et son appartenance.
II- LA LITTERATURE AFRICAINE AVANT L’INDEPENDANCE
Pour situer cette littérature écrite en français dans son contexte culturel et pour saisir
la richesse et l’évolution de son imaginaire, il faut, dans un premier temps, s’intéresser
au vaste patrimoine des littératures orales qui ont précédé la production d’une littérature
écrite, à la suite de la colonisation de l’Afrique par les Européens. Alors que la critique
occidentale avait d’abord perçu la littérature écrite par les ressortissants des pays
africains comme une rupture (par rapport à la tradition orale) marquant l’entrée du
« continent noir » dans la modernité, il s’est avéré depuis que cette littérature écrite
n’est pas modelée purement et simplement sur des pratiques littéraires « importées » par
le colonisateur, mais qu’elle hérite aussi une grande partie de ses procédés d’écriture,
ses thèmes et son imaginaire de la tradition précoloniale millénaire.
Il faut préciser ici que cette tradition orale, transmise de génération en génération, en
langues africaines, depuis des siècles, est loin d’être inconnue en Occident. Il existe, en
effet, d’innombrables transcriptions et traductions des contes, légendes, mythes et
proverbes africains recueillis par des missionnaires, ethnologues, administrateurs et
voyageurs ayant séjourné en Afrique et cela, depuis le XIX e siècle. L’intérêt que les
élites lettrées du XIXe siècle portaient au folklore européen s’est étendu à l’Afrique, si
bien que des traductions françaises de contes et proverbes africains sont publiées dès le
début du siècle. La première étude où il est question de la littérature orale africaine
(entre autres aspects de la culture africaine) est celle de l’abbé Henri Grégoire, De la
littérature des nègres ou Recherches sur leurs facultés intellectuelles, leurs qualités
morales et leur littérature, suivies de notices sur la vie et les ouvrages nègres qui se
sont distingués dans les sciences, les lettres et les arts, parue en 1808 chez Marandan.
Par ailleurs, le baron Roger, gouverneur du Sénégal, publie deux recueils de « fables »,
en 1828, Kélédor : histoire africaine, et Fables sénégalaises recueillies de l'ouolof et
mises en vers français avec des notes sur la Sénégambie, son climat, ses principales
productions, la civilisation et les mœurs des habitants. L’abbé Boilat, pour sa part,
inclut dans ses Esquisses sénégalaises de 1853 quelques adages, proverbes et légendes
et le Dr Béranger-Féraud signe en 1885 une étude et la traduction de 25 contes recueillis
auprès de plusieurs ethnies, intitulée Contes de la Sénégambie. Les noirs peints par
eux-mêmes, publié en 1883 par l’abbé Bouche, présente des contes, proverbes et
énigmes de la région de Ouidah (le Bénin actuel). Ces études et transcriptions se
multiplient à la fin du siècle et au début du XX e, si bien que, à partir de 1905, chaque
année voit paraître un ou plusieurs recueils de contes. Parmi ceux-ci se distinguent les
ouvrages de l’administrateur François-Victor Equilbecq qui fait paraître en 1913 quatre
volumes de contes de la région du Mali et du Burkina Faso actuels, contes recueillis
entre 1904 et 1912 (réédités en 1972 sous le titre Contes populaires d’Afrique
occidentale). Equilbecq présente par ailleurs une méthodologie de la collecte et propose
une des meilleures classifications des contes de l’époque2. Cette collecte des
productions de la tradition orale continue tout au long du XXe siècle, si bien que, malgré
la disparition graduelle des conteurs et griots, une partie importante de ce patrimoine a
pu être conservée. Le travail sera facilité, graduellement, et se fera avec plus de rigueur
lorsqu’on commencera à enregistrer les prestations des griots sur magnétophone, avant
de les transcrire et traduire, et à partir du moment où les chercheurs africains eux-
mêmes participeront à la conservation du patrimoine oral. Parmi les plus connues des
transcriptions et adaptations produites par des écrivains africains, il faut citer Les contes
d’Amadou Koumba (1947) et Les nouveaux contes d’Amadou Koumba (1958) de
Birago Diop du Sénégal, les Légendes africaines (1954) de Bernard Dadié de la Côte-
d’Ivoire, Koumen, textes initiatiques des pasteurs peuls (1961) et Kaïdara (1969) du
Malien Amadou Hampâté Bâ, La légende de M’pfouman Ma Mazono (1954) du
Congolais Jean Malonga, Avec un troubadour du Rwanda (1949) et La poésie
dynastique du Rwanda (1951) de l’abbé Alexis Kagame, Soundjata ou l’épopée
mandigue (1960) de Djibril Tamsir Niane de la Guinée, La grande geste du Mali (1988)
de Youssouf Cissé et Wâ Kamissoko du Mali, et L’épopée du Kajoor du Sénégalais
Bassirou Dieng. Ainsi, bien que beaucoup reste à faire, le lecteur étranger, comme le
lecteur africain (il existe de nombreuses éditions bilingues), peut désormais accéder à un
fonds important de la tradition orale par le biais de ces transcriptions.
4Il est à noter cependant que ce travail de conservation de la tradition orale se fait
parallèlement à celui de la critique littéraire qui, pendant longtemps, ne s’y réfère que
rarement dans ses interprétations de la littérature écrite. Ce n’est qu’à partir des années
1970, avec la constitution d’une critique plus afrocentriste, qu’on s’intéresse de plus
près à ce patrimoine en tant que source de l’esthétique de la littérature d’expression
française. Aujourd’hui, les études illustrant la continuité entre tradition orale et
littérature écrite se multiplient, détachant de plus en plus la littérature africaine (et sa
critique) de la tutelle française. Cette volonté d’affirmation d’une autonomie littéraire
africaine se manifeste par ailleurs dans la désignation devenue courante de l’écrivain
comme « griot de la modernité ».
1- L’art du conteur griot
De nos jours, le mot «griot» est entré dans la langue française pour désigner les
généalogistes traditionalistes africains. En Afrique, les griots sont les gens de la parole,
au sens originel d'action. «Cette parole-là est leur attribut le plus essentiel», déclare
Sory Camara dans son étude : Gens de la parole, parue aux éditions Mouton en 1976.
Ainsi, il n'est pas étonnant que, dans bien des circonstances, on fasse appel à eux pour
transmettre ce que l'on veut dire. Il est essentiel de souligner qu'en Afrique Noire, avant
l'époque coloniale et bien avant encore, la littérature était orale et en langue
vernaculaire. Par cela, sa conservation ainsi que sa transmission de génération en
génération étaient l'apanage des maîtres de la parole, plus spécialement du porteur de la
parole : le griot. Cette littérature orale était très active; elle participait à la vie
communautaire au même titre que les autres activités, telles la chasse ou la construction.
L'absence de toute écriture a beaucoup favorisé l'art du griot et son évolution. Dans les
villages, le jeune homme destiné à être griot ne commencera son apprentissage véritable
qu'après la circoncision. Il s'agit d'un métier attribué héréditairement à une famille.
L'adolescent commencera à apprendre et à réciter l'histoire généalogique des clans de
son village et de son pays. Bien souvent, il se spécialisera dans le jeu d'un instrument de
musique ou de deux. Mais, vous vous en doutez bien, il ne suffit pas de connaître des
généalogies et de savoir jouer d'un instrument de musique pour être un bon griot. Le
jeune candidat cherchera d'abord à s'attacher à une famille influente (politiquement),
pour être protégé. Bien qu'il ait approfondi ses connaissances historiques dans une
région particulière et un clan donné, il évitera, s'il est malin, de devenir un spécialiste
borné de l'histoire d'une famille quelconque ou d'un clan. Car même en Afrique, la
fortune est fort changeante. Il arrive fréquemment qu'une famille sans fortune, effacée,
puisse acquérir, du jour au lendemain, une position sociale enviable et une influence
politique remarquable; dans ce cas, gare au griot ! Bien souvent, c'est au moment d'un
changement d'influence qu'on reconnaît le bon griot.
III- LA LITTERATUR AFRICAINE : DE L’INDEPENDANCE A NOS JOURS
1- Position de la littérature
Les années 60 en Afrique ont marqué l'histoire par l'avènement à l'indépendance de
plusieurs pays. La littérature a joué un grand rôle dans la prise de conscience des élites
politico-sociales face aux exactions et autres méfaits du colonialisme. La preuve en est
que la plupart de ces jeunes pays ont été dirigés par les intellectuels, plus écrivains que
politiciens. C'est le cas notamment de Senghor (Sénégal), Nkwame Nkroumah (Ghana),
Sékou Touré (Guinée), Jomo Kenyatta (Kenya). Passée l'effervescence des premières
heures des indépendances, les pays africains, presque dans leur majorité, seront dirigés
par des soldats venus au pouvoir à la faveur des coups d'Etat. Commencera alors le
primat de l'incurie politique, de la concussion, de la corruption, bref le règne de la
"gestion carnassière", pour utiliser l'expression de Sony Labou Tansi. Et là encore, les
écrivains comme Henri Lopès, Sony Labou Tansi, Ahmadou Kourouma, Pius Ngandu
Nkashama vont de nouveau monter aux créneaux pour fustiger tous ces travers sociaux.
2- Les figures africaines littéraires après les indépendances
Les auteurs choisis incarnent par leurs écrits les différentes périodes de la
littérature francophone d’Afrique. Ils ont été les précurseurs ou les fondateurs des
courants et mouvements de pensées les plus importants. De Léopold Sendar Senghor à
Ahmadou Kourouma en passant par Cheick Amidou Kane, l’Afrique après
l’indépendance fut remplie de littéraires qui ont fait et continue de faire les grands jours
de la littérature africaine.
3- Le Rôle de la littérature africaine
La littérature est une réflexion de la vie, des réalités d’un peuple donné exprimées
et réalisées par les moyens du langage oral ou écrit. Elle vise souvent à une valeur
esthétique et cherche à faire plaisir. C’est un produit de l’imagination et son but ultime
est de faire le lecteur éprouvé du plaisir en même temps qu’il le moralise. Elle fait
naître dans ses lecteurs ou dans son audience des sentiments de joie ou de douleur
pendant qu’ils comprennent et assimilent les idées qui y sont exprimées. Les
écrivains littéraires de l'origine africaine visent vraiment à effectuer des changements
socio-culturels par leurs œuvres critiques. ... Elle a des fonctions sociales. Elle montre
et dépeint des événements et des réalités sociales exprimées par le langage qui est en
lui-même un instrument social.
CONCLUSION
Nous avons toujours été intrigués par le qualificatif d’africaine qu’on applique à
la littérature produite en langue française par des Noirs d’Afrique. Nous avons toujours
cherché à savoir ce qu’il y avait derrière ce mot, ce qu’il fallait entendre par ce mot. Et
notre curiosité nous a permis de faire les trois remarques suivantes :
Seules les œuvres des Noirs sont qualifiées d’africaines ; les auteurs sont africains mais
aussi parfois antillais ou même américains. Il convient cependant de noté que la
littérature ‘’africaine’’ a été pour beaucoup dans le développement des pays et
peuples africains après les indépendances. L’éveil des consciences suscité par cette
littérature à fait naitre des leaders qui aujourd’hui encore reste un exemple et modèle à
suivre