MPSI2019
MPSI2019
Vuibert en 2019.
Le livre est désormais épuisé et j’ai récupéré mes droits sur cet ouvrage ; je le laisse à disposition des étudiant·e·s mais je tiens à
signaler deux réserves.
— Cet ouvrage répond à différents critères (souvent commerciaux) d’une collection et d’une maison d’édition ; il ne faut pas
le considérer comme un cours « idéal ».
— Il est basé sur le programme avant la réforme entrée en vigueur à la rentrée 2021.
J’espère qu’il pourra être utile à quelques étudiant·e·s ou collègues.
Roger Mansuy
le 20/11/2021
[email protected]
1
SCIENTIFIQUES
Maths
MPSI
3
SOMMAIRE
4
SOMMAIRE
5
SOMMAIRE
Chapitre 12 Polynômes
483
Cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 484
1. Définitions et premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 484
2. Racines de polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 488
3. Arithmétique des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 494
Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 502
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 504
Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 509
6
SOMMAIRE
Chapitre 19 Déterminants
729
Cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 730
1. Déterminant de n vecteurs dans une base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 730
2. Applications linéaires et matrices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 735
3. Quelques méthodes de calcul . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 739
4. Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 745
Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 748
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 750
Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 758
7
SOMMAIRE
Chapitre 23 Dénombrement
905
Cours . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 906
1. Ensembles finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 906
2. Exemples de dénombrements usuels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 912
Fiche de synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 918
Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 919
Corrigés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 924
8
SOMMAIRE
Index 1001
9
Mode d’emploi
Cet ouvrage, parfaitement conforme au programme de mathématiques en MPSI, vous propose
les outils adaptés à la réussite de votre première année.
COURS
Tout le cours avec des rubriques claires pour un meilleur repérage de points
importants à retenir, des conseils
méthodologiques et de nombreuses démonstrations.
FICHES DE SYNTHÈSE
Des fiches de synthèse à la fin de chaque chapitre
pour retenir l’essentiel
PICTOS DE REPÉRAGES
Pour un meilleur repérage Conseils méthodologiques
des définitions pour acquérir les bons réflexes et éviter les pièges
ENTRAÎNEMENT
Un entraînement intensif avec quatre typologies d’exercices :
Vrai/Faux, application, approfondissement et problèmes types concours.
Trois niveaux de difficulté clairement identifiés.
Remerciements
Même si un seul nom figure sur la couverture de cet ouvrage, il ne faudrait pas oublier qu’un livre est
toujours le fruit de nombreuses rencontres, d’échanges et de critiques. Merci aux étudiantes et étudiants,
aux collègues des lycées Louis-le-Grand et Saint-Louis, aux lecteurs et à tous les amis qui m’ont permis
de transformer mes premiers essais en cet ouvrage qui, je l’espère, vous conviendra.
11
Chapitre 1
Bases mathématiques
1. Écritures mathématiques — 2. Ensembles et applications —
3. Opérations entre parties — 4. Ensembles ordonnés —
5. L’ensemble des entiers naturels
13
COURS
Cet important chapitre rassemble un certain nombre de concepts et de méthodes utiles tout au long de
l’année. On y aborde notamment tout le vocabulaire autour des manipulations ensemblistes et des appli-
cations qui est rapidement nécessaire pour rédiger avec rigueur. Même si leur étude est moins urgente,
les notions de relation d’équivalence et de relation d’ordre permettent de mettre en pratique les concepts
précédemment évoqués.
La lecture linéaire de ce chapitre peut s’avérer difficile pour le lecteur débutant ; aussi, celui-ci pourra s’y
reporter avec profit chapitre après chapitre.
1. Écritures mathématiques
1.1. Quelques définitions pour la suite
Commençons par donner quelques définitions mathématiques qui seront utiles pour illustrer les concepts
suivants.
Définition 1.1.
Soit deux entiers n et p . L’entier n est un multiple de p , ou de manière équivalente p est un diviseur
de n , s’il existe un entier k tel que n = k p .
Exemple
Les diviseurs de l’entier 12 sont −12, −6, −4, −3, −2, −1, 1, 2, 3, 4, 6 et 12.
Définition 1.2.
Une suite réelle (u n )n admet le réel ` pour limite si, pour tout écart " > 0, les termes de la suite (u n )n
sont à partir d’un certain rang à une distance inférieure à " de `.
Une suite réelle (u n )n est convergente s’il existe un réel ` qui est limite de cette suite.
Exemple
La suite (u n )n définie, pour tout n ∈ N, par u n = 1 − e −n admet ` = 1 pour limite. En effet, l’écart
entre u n et ` est e −n qui est plus petit que " dès que n dépasse − ln(").
Cette dernière définition est plus facile à comprendre si l’on adopte une représentation graphique pour
les suites. Représentons chaque terme de la suite avec en abscisses son indice et en ordonnées sa valeur
(donc chaque point admet des coordonnées de la forme (n, u n ) pour un certain entier n ).
un
Avec cette convention, la définition se représente alors de la façon suivante : la zone grisée indique les
valeurs dont l’écart à ` est inférieur à " et on observe qu’à partir d’un certain rang, les valeurs de la suite
s’y trouvent.
14
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
`+"
`
`−"
Définition 1.3.
Définition 1.4.
Dans cette écriture quantifiée, on a utilisé le symbole ⇒ pour l’implication. On lit donc que si n est plus
grand que N , alors on a |u n − `| ≤ ".
Attention, les quantificateurs apparaissent dans les phrases mathématiques mais pas dans les phrases
« de texte ». Ils sont placés avant le corps de l’affirmation (en particulier, jamais en fin de phrase) !
Conseils méthodologiques
L’ordre des quantificateurs est essentiel : on ne peut intervertir, sans justification précise, que deux
quantificateurs de même nature (deux universels ou deux existentiels).
Dit autrement, toute variable définie par un quantificateur ∃ dépend a priori de toutes les
variables définies auparavant.
15
Mathématiques MPSI
Exemple
Une seule des deux phrases suivantes est correcte.
∀x ∈ R, ∃y ∈ R+ , y = x 2.
∃y ∈ R+ , ∀x ∈ R, y = x 2.
La première indique l’existence du carré d’un réel ; la seconde signifie qu’il existe un réel positif
qui est le carré de tous les réels ce qui est faux puisque 0 et 1, par exemple, admettent des carrés
différents.
Conseils méthodologiques
Pour nier une phrase avec quantificateurs, il faut appliquer les deux étapes suivantes :
• on remplace tout quantificateur existentiel par un quantificateur universel et réciproque-
ment (sans en changer l’ordre) ;
• on nie la conclusion.
Ceci est déjà l’usage dans le langage courant ; la négation de l’affirmation « tous les élèves sont
bruns » est « il existe un élève non brun ».
Exemple
Avec les deux définitions initiales, on obtient l’écriture des négations.
. L’entier n n’est pas un multiple de p si
∀q ∈ N, n 6= q .p ,
. La suite réelle (u n )n ∈ RN n’est pas convergente si
∀` ∈ R, ∃" > 0, ∀N ∈ N, ∃n ∈ N, n ≥N et |u n − `| > ".
On remarque que l’on n’a utilisé que la négation de l’implication « P ⇒ Q » est « P et non − Q ».
Remarque
On utilise parfois la combinaison de caractères ∃! pour indiquer « il existe un unique ». Par exemple, la
phrase suivante indique que tout réel positif admet une unique racine carrée positive :
∀x ∈ R+ , ∃!y ∈ R+ , x = y 2.
16
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
. La notation en compréhension consiste à décrire notre ensemble comme une partie d’un ensemble
plus grand formée des éléments vérifiant une ou plusieurs propriété(s). Par exemple, avec les écritures
A = {n ∈ N, ∃k ∈ N, n = 2k },
B = {x ∈ R, ∃k ∈ Z, x = 10k }.
L’ensemble A contient exactement les entiers naturels n tels qu’il existe un entier k vérifiant n = 2k ; B est
l’ensemble des réels (en fait des rationnels) qui sont une puissance de 10. Dans cette notation, la virgule
se lit « tel que » : A est l’ensemble des entiers naturels n tels qu’il existe un entier k dont n est le double.
. La notation en extension consiste à décrire notre ensemble par la liste de ses éléments (souvent paramé-
trés par d’autres variables). Par exemple, avec cette notation, les ensembles A et B précédents s’écrivent
A = {2k , k ∈ N}
B = {10k , k ∈ Z}
La virgule ici se lit « avec » : A est l’ensemble des éléments de la forme 2k avec k un entier naturel.
Il ne faut pas confondre ces deux notations et bien identifier la nature des objets de l’ensemble.
Exemple
Soit q un entier. L’ensemble des multiples de q est noté q Z ; il est décrit des deux manières sui-
vantes
q Z = {k q , k ∈ Z} = {n ∈ Z, ∃k ∈ Z, n = k q }.
Définition 1.5.
Si « P ⇒ Q », alors P est une condition suffisante pour Q ou de manière équivalente Q est une
condition nécessaire pour P .
1.4.1. Déduction
C’est la méthode naturelle : on part de l’hypothèse et on aboutit à la conclusion par une suite d’implica-
tions simples.
Exemple
Soit n , k deux entiers. Montrons que si l’entier n est un multiple de k alors n 2 l’est également.
n est un multiple de k ⇒ ∃p ∈ N, n = kp
⇒ ∃p ∈ N, n 2 = k 2p 2
⇒ ∃p ∈ N, n 2 = k (k p 2 )
2
⇒ n est un multiple de k .
Remarquons ici la suite d’implications qui traduit les différentes étapes élémentaires de notre
raisonnement.
Exemple
Montrons que pour tout n ∈ N, n (n +1)(2n +1) est une multiple de 3. Pour cela, on sépare en trois
cas selon les valeurs possibles 0, 1 ou 2 du reste r de la division de n par 3.
r =0 ⇒ ∃p ∈ N, n = 3.p
⇒ ∃p ∈ N, n (n + 1)(2n + 1) = 3.p (n + 1)(2n + 1)
⇒ n (n + 1)(2n + 1) est un multiple de 3.
r =1 ⇒ ∃p ∈ N, n − 1 = 3.p
⇒ ∃p ∈ N, 2n + 1 = 3.(2p + 1)
⇒ ∃p ∈ N, n (n + 1)(2n + 1) = 3.(2p + 1)n (n + 1)
⇒ n (n + 1)(2n + 1) est un multiple de 3.
r =2 ⇒ ∃p ∈ N, n − 2 = 3.p
⇒ ∃p ∈ N, n + 1 = 3.(p + 1)
⇒ ∃p ∈ N, n (n + 1)(2n + 1) = 3.n (p + 1)(2n + 1)
⇒ n (n + 1)(2n + 1) est un multiple de 3.
On conclut par disjonction des cas que la propriété est vraie pour tout entier n .
Exemple
p
Montrons que si p est un nombre premier alors p est un irrationnel. Par l’absurde,
p p
p ∈ Q ⇒ ∃a ∈ Z, ∃b ∈ N \ {0}, p = ab
2
⇒ ∃a ∈ Z, ∃b ∈ N \ {0}, p = ab 2
⇒ ∃a ∈ Z, ∃b ∈ N \ {0}, p b 2 = a 2.
Exemple
Montrons par l’absurde qu’une suite convergente admet une unique limite.
Heuristiquement, voici le raisonnement à partir de notre représentation graphique : supposons
que la suite (u n )n admette deux limites distinctes ` et `0 . Pour toute « bande » autour de ` (respec-
tivement autour de `0 ), il existe un entier N (respectivement N 0 ) à partir duquel les termes de la
suite définissent des points dans cette bande autour de ` (respectivement autour de `0 ). Ainsi, à
partir d’un certain rang, les termes de la suite sont dans les deux bandes. Comme on peut choisir
les deux bandes disjointes (car ` 6= `0 ), on obtient une contradiction.
18
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
`+"
`
`−"
`0 + "
`0
`0 − "
2. Ensembles et applications
2.1. Égalité, inclusion
On suppose connue la relation d’appartenance ∈ et on réécrit les définitions élémentaires.
Définition 1.6.
19
Mathématiques MPSI
F F
Conseils méthodologiques
Ces définitions indiquent directement les méthodes correspondantes de démonstration.
• Pour établir l’inclusion F ⊂ E , on part d’un élément quelconque de F et on montre qu’il
est dans E .
• Pour établir l’égalité entre ensembles F et G , il suffit de montrer séparément les deux inclu-
sions F ⊂ G et G ⊂ F .
Exemple
Les parties de {0, 1} sont l’ensemble vide, les deux singletons et la partie à deux éléments. Ainsi,
l’ensemble des parties de {0, 1} est P ({0, 1}) = {∅, {0}, {1}, {0, 1}}.
Exemple
L’ensemble des suites convergeant vers 0 est une partie de l’ensemble des suites réelles.
Exemple
Soit deux entiers a et b . L’ensemble a Z des multiples de a est inclus dans l’ensemble b Z des
multiples de b si, et seulement si, a est un multiple de b .
En effet, pour le sens direct, remarquons que a ∈ b Z donc a est un multiple de b . Réciproque-
ment, si a est un multiple de b , alors tout multiple de a est un multiple de b .
2.2. Applications
Commençons par quelques définitions générales.
Définition 1.7.
Le produit cartésien de deux ensembles E et F est l’ensemble E ×F des couples formés d’un élément
de E puis d’un élément de F , c’est-à-dire : {(x , y ), x ∈ E , y ∈ F }.
Si E = F , on note E 2 = E × E .
Remarque
Le produit cartésien E × F est un ensemble de couples d’éléments donc, en particulier, ne contient ni E
ni F .
20
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
On peut définir de même le produit de n ensembles comme l’ensemble des n -uplets dont les différentes
coordonnées appartiennent aux ensembles de départ. La définition de E n pour tout n ∈ N \ {0} est donc
Définition 1.8.
Une application d’un ensemble E dans un ensemble F est un ensemble de couples G ⊂ E × F tel
que, pour tout x ∈ E , il existe un unique y ∈ F vérifiant (x , y ) ∈ G . L’ensemble des applications de
E dans F est noté F E ou F (E , F ).
Cette définition est assez peu maniable. Aussi note-t-on souvent f (x ), l’unique y ∈ F tel que (x , y ) ∈ G
et on adopte la notation plus simple pour une application
§
E → F
f :
x 7→ f (x ).
Remarque
Pour montrer qu’un objet est bien une application, il faut démontrer que chaque élément de l’ensemble
de départ est associé à un unique élément de l’ensemble d’arrivée. Par exemple, ce qui suit ne définit pas
une application
0 si 2 divise n ,
(
n 7→ 1 si 3 divise n ,
2 sinon.
car l’élément n = 6 serait « envoyé » sur deux valeurs distinctes 0 ou 1 dans l’ensemble d’arrivée selon que
l’on considère que 2 divise 6 ou que 3 divise 6.
Conseils méthodologiques
Pour vérifier qu’une application est définie « par morceaux », il faut vérifier que dans l’intersection
de plusieurs cas, les différentes définitions coïncident.
Définition 1.9.
On définit de même, lorsque cela est possible (c’est-à-dire quand, pour tout x ∈ E , f (x ) ∈ F 0 ), la cores-
0
triction f |F : E → F 0 d’une application f : E → F à une partie F 0 de l’ensemble d’arrivée.
Définition 1.10.
Proposition 1.11.
Soit f , g et h ∈ E E . Alors,
f ◦ (g ◦ h ) = (f ◦ g ) ◦ h , f ◦ I dE = I dE ◦ f = f .
21
Mathématiques MPSI
Remarque
En général, on ne peut pas permuter les applications, ou en d’autres termes, la composition n’est pas
commutative : par exemple, avec f : x 7→ 2x et g : x 7→ x + 1, on observe pour tout x ∈ R que
f ◦ g (x ) = 2x + 2 6= 2x + 1 = g ◦ f (x ).
Exemple
§
R → R
Soit f : . Alors, on obtient
x 7 → x2
• f (0) = 0 • f ([0, 1]) = [0, 1] • f ([−1, 1]) = [0, 1]
Définition 1.13.
Remarque
L’ensemble des antécédents d’un élément y ∈ F est par définition f −1 ({y }). Il peut être vide, réduit à un
élément, ou beaucoup plus rempli !
Poursuivons l’exemple précédent.
Exemple
§
R → R
Soit f : . Alors, on calcule les résultats suivants
x 7 → x2
• f −1 (R+ ) = R • f −1 ({0}) = {0} • f −1 ([0, 4]) = [−2, 2]
• f −1 (R) = R • f −1 ({1}) = {−1, 1}
Remarque
Il faut faire attention à ne pas « simplifier » abusivement les expressions avec images directes et réci-
proques.
. On dispose des relations suivantes pour une application f : E → F :
∀A ∈ P (E ), f −1 (f (A)) ⊃ A, ∀B ∈ P (F ), f (f −1 (B )) ⊂ B.
22
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
En effet, tout élément de A est un antécédent de son image et tout élément de B est l’image d’un de ses
antécédents.
. En revanche, les inclusions réciproques sont généralement fausses. Par exemple, avec l’application f
de l’exemple précédent, on vérifie que
f (f −1 ([−1, 1])) = [0, 1], et f −1 (f ([0, 1])) = [−1, 1].
Conseils méthodologiques
Les définitions d’injectivité et de surjectivité donnent en même temps le moyen de montrer ces
propriétés.
• Pour démontrer la surjectivité, on cherche si l’équation y = f (x ) admet une solution x .
• Pour l’injectivité, on étudie l’équation f (x ) = f (x 0 ) et, dans le cas d’une application injec-
tive, on doit en déduire x = x 0 .
Exemple
Les caractères injectifs, surjectifs et donc bijectifs dépendent des ensembles de départ et d’arri-
vée : §
R → R
• f : n’est ni injective, ni surjective.
x 7→ x 2
§
R → R+
• g: est surjective mais pas injective.
x 7→ x 2
§
R+ → R
• h: est injective mais pas surjective.
x 7→ x 2
L’application h est la restriction de f à R+ ou, de manière équivalente, f est un prolongement de
h à R.
Exemple
Soit E un ensemble et A une partie non vide de E . L’application
P (E ) → P (E )
§
f :
X 7→ X ∪ A
n’est pas injective car f (∅) = f (A) ; elle n’est pas surjective car il n’existe pas de parties X telles
que f (X ) = ∅. En effet, pour tout X ∈ P (E ), A ⊂ f (X ).
23
Mathématiques MPSI
Exemple
L’application (p , q ) 7→ (2p + 1)2q réalise une bijection de N2 dans N \ {0}. En effet, tout entier
n ∈ N \ {0} admet une décomposition en facteurs premiers uniques : en isolant le facteur 2 et
en rassemblant les facteurs premiers impairs, on obtient l’existence et l’unicité de l’écriture de n
comme (2p + 1)2q donc l’existence et l’unicité de l’antécédent de n par f .
Définition 1.15.
Une application f : E → F est inversible s’il existe une application g : F → E qui satisfait à la fois
f ◦ g = I d F , et g ◦ f = I d E .
Cette application g est appelée inverse de f .
Proposition 1.16.
Une application est bijective si, et seulement si, elle est inversible.
L’inverse d’une application f bijective est appelé bijection réciproque de f et noté f −1
.
Démonstration
Soit une application f : E → F .
(⇒) Supposons f bijective. Considérons l’application g : F → E qui associe à un élément de F son unique
antécédent par f . Alors, pour tout x ∈ E , g (f (x )) est l’unique antécédent de f (x ) donc est égal à x . De
même, pour tout y ∈ F , f (g (y )) est l’image de l’antécédent de y donc est égal à y .
Par conséquent, f ◦ g = IdF et g ◦ f = IdE .
(⇐) Supposons f inversible d’inverse noté g . Pour tout y ∈ F , la condition y = f (x ) entraîne
g (y ) = g (f (x )) = x
donc le seul antécédent de y est g (y ). En conclusion, tout élément de F admet un unique antécédent
par f : f : E → F est bijective.
Remarque
Il convient de ne pas confondre f −1 ({y }) l’ensemble des antécédents de y (qui est toujours défini) et
f −1 (y ) l’élément image de y par la bijection réciproque (qui n’est définie que si f est bijective).
Proposition 1.17.
La composée de deux applications injectives (respectivement surjectives, bijectives) est injective (res-
pectivement surjective, bijective).
Démonstration
. Soit f : E → F et g : F → G deux applications injectives. Pour tout x , x 0 ∈ E , g (f (x )) = g (f (x 0 )) implique
f (x ) = f (x 0 ) par injectivité de g puis x = x 0 par injectivité de f .
. Soit f : E → F et g : F → G deux applications surjectives. Pour tout y ∈ G , il existe z ∈ F tel que g (z ) = y
car g est surjective. Ce z étant fixé, il existe x ∈ E tel que f (x ) = z car f est surjective.
Par conséquent, il existe x ∈ E tel que g (f (x )) = y .
24
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
3. Opérations entre parties
3.1. Lois de composition interne
Définition 1.18.
Une loi de composition interne sur un ensemble E est une application de E 2 dans E .
Une loi de composition interne est donc le terme mathématique pour décrire une opération sur un
ensemble.
Exemples
Les opérations +, × définissent des lois de composition interne sur les ensembles de nombres
usuels (N, Z, Q, R, C) ; la composition ◦ est une loi de composition interne sur RR , l’ensemble des
applications de R dans R.
Définition 1.19.
Remarque
. Toutes les lois ne sont pas commutatives : la composition des fonctions est un contre-exemple.
. L’associativité indique qu’il n’y a pas d’ordre de priorité dans les calculs qui n’impliquent que ? : on peut
donc les mener dans l’ordre que l’on veut.
. L’élément neutre, lorsqu’il existe, est unique. Il suffit de calculer e ? e 0 lorsque e et e 0 sont des éléments
neutres pour montrer que e = e 0 en utilisant tour à tour les propriétés d’élément neutre de chaque élé-
ment.
. Lorsqu’une loi associative ? admet un élément neutre e et qu’un élément x admet un symétrique, ce
symétrique est unique. Soit y et y 0 des symétriques de x ; alors,
y = y ? e = y ? (x ? y 0 ) = (y ? x ) ? y 0 = e ? y 0 = y 0 .
En fait, nous utiliserons ces propriétés pour traiter de nombreuses situations simultanément : l’étude
des ensembles munis d’une loi de composition interne, associative, ayant un élément neutre et telle
25
Mathématiques MPSI
que tout élément admette un symétrique se fera indépendamment de la nature des éléments (nombres,
ensembles, applications, suites...). Cette riche idée d’abstraction sera développée avec l’introduction des
structures algébriques.
On aura quelquefois besoin d’une propriété qui lie deux lois de composition interne.
Définition 1.20.
Soit E un ensemble muni de deux lois de composition interne et ?. La loi ? est distributive sur la
loi si
∀(x , y , z ) ∈ E 3 , x ? (y z ) = (x ? y ) (x ? z ),
3
∀(x , y , z ) ∈ E , (y z ) ? x = (y ? x ) (z ? x ).
Par exemple, sur les ensembles de nombres usuels, la multiplication des nombres est distributive sur
l’addition.
F G
F G
26
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
Exemple
Déterminons les parties F et G d’un ensemble E telles que F ∩ G = F ∪ G . On remarque que
F ⊂ F ∪G = F ∩G ⊂ G .
Par symétrie, G ⊂ F et donc, par double-inclusion, F = G .
Proposition 1.22.
L’associativité permet de définir les intersections et les réunions d’un nombre quelconque d’ensembles
et on observe les propriétés de distributivité.
Proposition 1.23.
3.3. Partitions
Définition 1.24.
Exemple
La famille ([n , n +1[)n∈Z est une partition de R : les parties sont non vides, disjointes et de réunion
R. Il s’agit de partitionner l’ensemble des réels selon leur partie entière.
27
Mathématiques MPSI
Exemple
Les parties 2Z et {2k + 1, k ∈ Z} forment une partition de Z (selon la parité).
En fait, ces exemples relèvent d’un cadre plus général que nous détaillons maintenant.
Définition 1.25.
Une relation d’équivalence sur un ensemble E est une relation binaire ∼ qui vérifie les propriétés
suivantes :
• ∼ est réflexive, c’est-à-dire, tout élément x ∈ E est en relation avec lui-même pour ∼ :
∀x ∈ E , x ∼ x.
• ∼ est symétrique, c’est-à-dire pour tous les éléments x et y ∈ E tels que x est en relation
avec y , on a aussi y en relation avec x
∀x , y ∈ E , x∼y ⇔ y ∼ x.
• ∼ est transitive, c’est-à-dire pour tous les éléments x , y et z ∈ E tels que x est en relation
avec y et y est en relation avec z , on a aussi x en relation avec z
∀x , y , z ∈ E , x ∼ y et y ∼ z ⇒ x ∼ z.
Deux éléments en relation sont dits équivalents. La classe d’équivalence d’un élément x pour la
relation ∼ est l’ensemble des éléments de E équivalents à x pour ∼, à savoir
{y ∈ E , y ∼ x }.
Généralisons l’exemple précédent aux réels (où, rappelons-le, la notion de divisibilité est peu pertinente
puisque tout réel non nul divise tous les réels).
Exemple
Deux réels x et y sont congruents modulo 2π si la différence x − y est un multiple entier de 2π.
On définit ainsi une relation d’équivalence sur R (le choix de 2π correspond à une utilisation
courante pour les fonctions trigonométriques, on peut bien évidemment choisir n’importe quel
autre réel non nul).
Proposition 1.26.
Soit ∼ une relation d’équivalence sur un ensemble E . Les classes d’équivalence pour ∼ forment une
partition de E .
28
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
Démonstration
Il est clair qu’une classe d’équivalence est non vide et que E est inclus dans la réunion des classes d’équi-
valence (car chaque élément est inclus dans sa propre classe d’équivalence). Montrons que deux classes
d’équivalence distinctes sont disjointes. Pour cela, considérons x et y ∈ E tels que les classes d’équiva-
lence de x et y ne soient pas disjointes et z ∈ E à la fois équivalent à x et y . Alors, par transitivité, la
classe de x est la classe de z ; de même, la classe de y est la classe de z . Ainsi, les classes de x et de y sont
égales.
La fonction indicatrice d’une partie F de E est l’application 1F : E → {0, 1} définie, pour tout x ∈ E ,
par
1 si x ∈ F
§
1F (x ) =
0 sinon.
Exemple
Les fonctions indicatrices de E et de ∅ sont respectivement les fonctions constantes sur E et
égales à 1 et à 0 respectivement.
On vérifie immédiatement avec cette définition que F = {x ∈ E , 1F (x ) = 1}. On en déduit que deux
parties ayant la même fonction indicatrice sont égales.
Conseils méthodologiques
Pour montrer une égalité entre ensembles, il suffit de montrer l’égalité des fonctions indicatrices.
Proposition 1.28.
Démonstration
. Pour tout x ∈ E ,
/F
x ∈F ⇔x ∈
⇔ 1F (x ) = 0
⇔ (1 − 1F )(x ) = 1.
Ainsi, 1F = 1 − 1F .
. Pour tout x ∈ E ,
x ∈ F ∩ G ⇔ x ∈ F et x ∈ G
⇔ 1F (x ) = 1 et 1G (x ) = 1
⇔ (1F 1G )(x ) = 1.
Ainsi, 1F ∩G = 1F 1G .
29
Mathématiques MPSI
. Pour tout x ∈ E ,
x ∈ F ∪ G ⇔ x ∈ F ou x ∈ G
⇔ 1F (x ) = 1 ou 1G (x ) = 1
⇔ (1F + 1G − 1F 1G )(x ) = 1.
Ainsi, 1F ∪G = 1F + 1G − 1F 1G .
Démonstration
Les deux égalités sont équivalentes en utilisant que le complémentaire du complémentaire d’une partie
est égal à la partie. Il suffit d’en établir une, ce que nous allons faire en comparant les fonctions caracté-
ristiques.
1F ∩G = 1 − 1F ∩G = 1 − 1F 1G = 1 − (1 − 1F )(1 − 1G ) = 1F + 1G − 1F 1G = 1F ∪G .
4. Ensembles ordonnés
4.1. Relation d’ordre
Définition 1.30.
Une relation d’ordre sur un ensemble E non vide est une relation binaire ≺ qui vérifie les trois pro-
priétés suivantes
• ≺ est réflexive
∀x ∈ E , x ≺ x.
• ≺ est antisymétrique
∀x , y ∈ E , x ≺ y et y ≺ x ⇒ x = y.
• ≺ est transitive
∀x , y , z ∈ E , x ≺ y et y ≺ z ⇒ x ≺ z.
Le couple (E , ≺) est alors appelé ensemble ordonné.
Exemple
La relation de comparaison « inférieur ou égal » ≤ est une relation d’ordre sur N, Z, Q, R, [a , b ] En
revanche, la relation « inférieur strictement » < ne l’est pas puisqu’il lui manque la réflexivité.
Exemple
L’inclusion ⊂ est une relation d’ordre sur P (E ) avec E non vide (l’antisymétrie correspond à la
définition de l’égalité entre parties via la double-inclusion).
30
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
Exemple
La divisibilité définit une relation d’ordre sur N \ {0}.
Parmi ces relations d’ordre, toutes n’ont pas les mêmes propriétés.
Définition 1.31.
Une relation d’ordre ≺ sur E est totale si l’on peut comparer tous les éléments de E
∀x , y ∈ E , x ≺ y ou y ≺ x .
Une relation d’ordre qui n’est pas totale est partielle.
Parmi les exemples précédents, l’inclusion et la divisibilité sont des relations d’ordre partielles.
Exemple
Si (E , ≺) est un ensemble ordonné et F une partie de E , alors ≺ définit une relation d’ordre sur F ,
appelée relation d’ordre induite.
Si la relation ≺ sur E est totale, alors la relation induite sur une partie F est elle aussi totale (en
revanche, la réciproque est fausse).
Exemples
. La partie ]−∞, π] est majorée par 4 ou 1789 mais aussi par π ; en revanche, elle n’est pas minorée.
. La partie {1, 2, 4, 10100 } est bornée.
. L’ensemble Z n’est ni majoré, ni minoré.
. Toutes les parties de P (E ) sont bornées pour l’inclusion (minorées par ∅, majorées par E ).
31
Mathématiques MPSI
Définition 1.33.
Remarque
Les plus petits éléments et plus grands éléments n’existent pas forcément. Par exemple, l’ensemble ]0, 1[
(muni de la relation ≤) n’admet ni plus grand ni plus petit éléments.
Supposons que a est un plus petit élément de ]0, 1[ ; alors a2 est un élément de ]0, 1[ strictement plus petit
que a : contradiction.
De même, supposons que a est un plus grand élément de ]0, 1[ ; alors 1+a 2 est un élément de ]0, 1[ stricte-
ment plus grand que a : contradiction.
Proposition 1.34.
Quand ils existent, les plus grands et plus petits éléments d’une partie A sont uniques.
On les note respectivement max A et min A .
Démonstration
Supposons qu’il existe m et m 0 deux plus grands éléments. Alors, comme m 0 est un plus grand élément,
m ≺ m 0 ; de même, m 0 ≺ m puis, par antisymétrie de ≺, m = m 0 .
Proposition 1.35.
Soit A et B deux parties d’un ensemble ordonné (E , ≺) admettant un plus grand élément telles que
A ⊂ B . Alors, max A ≺ max B .
Démonstration
Par définition du plus grand élément de B ,
∀x ∈ B , x ≺ max B.
Or, max A ∈ B donc max A ≺ max B .
32
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
On remarque que contrairement à max A et min A, sup A et inf A ne sont a priori pas des éléments de A.
En fait, les bornes supérieure et inférieure appartiennent à l’ensemble si, et seulement si, elles coïncident
avec les plus grand et plus petit éléments.
Exemples
p
Avec A = {x ∈ Q, x 2 < 2}, la borne supérieure dans R est sup A = 2 ∈ / A. Il n’y a pas de borne
supérieure dans Q.
Avec B = {x ∈ Z, x 2 < 2}, la borne supérieure dans Z, Q ou R est sup B = 1 ∈ B .
Proposition 1.37.
Soit A et B deux parties d’un ensemble ordonné (E , ≺) admettant une borne supérieure telles que
A ⊂ B . Alors, sup A ≺ sup B .
Démonstration
Par définition de la borne supérieure de B ,
∀x ∈ B , x ≺ sup B.
Ainsi, comme A ⊂ B , les éléments de A appartiennent à B donc
∀x ∈ A, x ≺ sup B.
Par conséquent, sup B est un majorant de A donc plus grand que le plus petit des majorants sup A.
Exemple
Soit E un ensemble et A une partie non vide de E . L’application
P (E ) → P (E )
§
f :
X 7→ X ∪ A
est croissante mais pas strictement croissante (car f (∅) = f (A) alors que ∅ A).
Proposition 1.39.
Soit f : (E , ≺E ) → (F, ≺F ) où ≺E est un ordre total. Si f est strictement croissante, alors f est injective.
33
Mathématiques MPSI
Démonstration
Supposons, par l’absurde, qu’il existe x 6= y tels que f (x ) = f (y ).
Si x ≺E y , alors, par croissance stricte de f , f (x ) ≺E f (y ) et f (x ) 6= f (y ) ce qui contredit l’hypothèse
f (x ) = f (y ).
On procède de même pour le cas y ≺E x .
Proposition 1.40.
L’ensemble N des entiers est un ensemble non vide ordonné tel que :
• toute partie non vide de N admet un plus petit élément ;
• toute partie non vide majorée admet un plus grand élément ;
• N n’admet pas de plus grand élément.
Remarque
En fait, on peut montrer que si A est un ensemble vérifiant ces propriétés, alors il existe une bijection
croissante de A vers N.
D’après ces propriétés, il est évident que N est alors totalement ordonné (car un ensemble à deux élé-
ments admet un plus petit élément), que N admet un plus petit élément (car c’est une partie non vide de
N) que l’on note 0.
Pour tout n ∈ N, on définit n +1 comme le plus petit élément strictement supérieur à n : ceci est possible
car
• n n’est pas le plus grand élément de N donc il existe un élément strictement plus grand ;
• l’ensemble des éléments strictement plus grands que n est non vide donc admet un plus petit
élément.
De même, on définit n − 1 pour tout élément n ∈ N différent de 0.
Un prédicat sur N est une application de N dans l’ensemble des booléens : vrai et faux.
34
Chapitre 1 – Bases mathématiques
COURS
En remplaçant la première condition par P (m ) est vrai, on obtient la conclusion P (n) est vrai pour tout
entier n ≥ m.
Démonstration
Considérons l’ensemble A = {n ∈ N, P (n ) est faux}. Si A est non vide, il admet un plus petit élément
m = min A qui est différent de 0. Alors, m − 1 ∈
/ A et donc par la seconde propriété, m ∈
/ A : contradiction
donc A est vide.
La preuve est identique à la précédente avec le prédicat Q tel que Q(n) est vrai si, et seulement si, P (k )
est vrai pour tout k ≤ n .
Regardons quelques exemples.
Exemple
Montrons que tout entier supérieur à 2 admet une décomposition comme produit de nombres
premiers.
Posons, pour tout n ≥ 2, P (n ) : « n admet une décomposition en produit de nombres premiers ».
• P (2) est vrai car 2 est un nombre premier.
• Soit n ≥ 2. Supposons P (k ) vrai pour tout k ≤ n et montrons P (n + 1) par disjonction de
cas :
– Si n + 1 est premier, alors P (n + 1) est vrai.
– Si n +1 est composé, alors il existe p et q entre 2 et n tels que n +1 = p.q . Or, par hypo-
thèse de récurrence, P (p ) et P (q ) sont vrais donc n + 1 est un produit de nombres
premiers et P (n + 1) est vrai.
On conclut avec le principe fort de récurrence.
Exemple
Notons, pour tout n ∈ N \ {0}, Sn la somme des cubes des entiers entre 1 et n et montrons par
2
récurrence sur n ∈ N \ {0} que Sn = n (n+1)
2 .
2
Définissons, pour tout n ∈ N \ {0}, P (n ) : « Sn = n (n2+1) ».
2
• P (1) est vrai car 1 = 1(1+1)
2 .
• Soit n ∈ N \ {0}. Supposons P (n ) vrai et montrons P (n + 1)
Sn +1 = Sn + (n + 1)3
n(n + 1) 2
= + (n + 1)3
2
(n + 1)2 (n + 2)2
2
2 n
= (n + 1) +n +1 = .
4 4
D’où le résultat.
On conclut avec le principe de récurrence.
35
Mathématiques MPSI
Exemple
Soit (Fn )n la suite de Fibonacci définie par F0 = F1 = 1 et, pour tout n ∈ N, Fn +2 = Fn+1 + Fn . Défi-
nissons, pour tout n ∈ N, Sn la somme des termes de cette suite d’indice inférieur ou égal à n .
Montrons par récurrence sur n ∈ N, la propriété P (n ) : « Sn = Fn +2 − 1 ».
• P (0) est vrai car F0 = F2 − F1 = F2 − 1.
• Soit n ∈ N. Supposons P (n ) vrai et montrons P (n + 1).
Sn+1 = Sn + Fn +1
= Fn +2 − 1 + Fn+1 = Fn +3 − 1.
On conclut avec le principe de récurrence.
En fait, on remarque que l’on peut procéder « par récurrence » sur d’autres ensembles que N et que ce
principe d’induction sera fort utile en informatique.
36
FICHE
SYNTHÈSE
L’inclusion entre parties A ⊂ B se prouve en montrant que tout élément de A appartient à B . Une égalité
correspond à une double inclusion.
Ces exemples permettent de mettre en évidence les propriétés générales des lois de composition internes
(c’est-à-dire des opérations).
Pour les applications, on discute de propriétés selon le nombre d’antécédents des éléments de l’ensemble
d’arrivée.
37
On peut s’intéresser aux images et antécédents pour une fonction ne possédant pas ces propriétés. On
introduit alors les parties suivantes.
Généralisant les relations de congruence sur les entiers, on obtient le concept suivant pour les relations
d’équivalence.
Relation d’équivalence
. Une relation d’équivalence sur E est une relation binaire réflexive, symétrique et transitive.
. L’ensemble des éléments équivalent à un élément donné est appelé classe d’équivalence de cet
élément. Les classes d’équivalence forment une partition de E .
Généralisant la relation ≤ sur R, on obtient le concept suivant pour les relations d’ordre.
Relation d’ordre
. Une relation d’ordre sur E est une relation binaire réflexive, antisymétrique et transitive.
. La borne supérieure d’une partie A ⊂ E est, quand il existe, le plus petit des majorants de A . On le
note sup A .
. Le plus grand élément d’une partie A ⊂ E est, lorsqu’il existe un élément de la partie qui est un
majorant. On le note max A . Un plus grand élément de A est nécessairement la borne supérieure
de A .
Récurrence
Pour montrer une propriété par récurrence, il faut établir à la fois l’initialisation et le caractère héré-
ditaire. La récurrence forte n’est qu’un cas particulier de récurrence.
38
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) 6Z ∩ 4Z = 12Z.
b) 6Z ∪ 4Z = 2Z.
c) ∀f : E → F, ∀A ⊂ B ⊂ E , f (A) ⊂ f (B ).
d) ∀f : E → F, ∀B ∈ P (F ), f −1 (B ) = f −1
(B ).
e) ∀f : E → F, ∀A, A ∈ P (E ), f (A) ∩ f (A ) = f (A ∩ A ).
0 0 0
f) ∀f : E → F, ∀B ∈ P (F ), f (f −1
(B )) ⊂ B .
g) L’application f : E → F est surjective si, et seulement si, tout élément
de F admet au moins un antécédent par f .
EXERCICES
h) Si f : E → F est injective, alors f : E → f (E ) est bijective.
§
N → N
i) L’application f : est surjective.
n 7→ 2n
§
N → N
j) L’application f : est injective.
n 7→ 2n
k) Si f : E → F est surjective, alors f −1 (f (A)) = A pour tout A ∈ P (E ).
l) Si f et g sont surjectives, alors f ◦ g est surjective.
m) Si f ◦ g est injective, alors f est injective.
n) Si f ◦ g est surjective, alors f est surjective.
o) Si une application f : N → N est surjective, alors elle est injective.
p) Si la borne supérieure d’un ensemble A existe, alors A admet un plus
grand élément.
Exercice 1
Soit A et B deux parties d’un ensemble E . Résoudre l’équation (d’inconnue X ∈ P (E )) A ∩ X = B puis
l’équation A ∪ X = B .
Exercice 2
Soit E un ensemble. La différence symétrique de deux parties F et G de E est la partie
F ∆G = (F ∩ G ) ∪ (F ∩ G ).
Sur la figure ci-dessous, la différence symétrique de F et G correspond à la zone grisée.
39
Mathématiques MPSI
F G
Exercice 3
Soit f : N → Z définie pour tout n ∈ N par
n
si n = 0[2],
§
f (n ) = 2
n +1
− 2 sinon.
Montrer que f est bijective et déterminer sa bijection réciproque.
Exercice 4
1. Soit f : E → F et g : F → G des applications telles que g ◦ f est surjective. Montrer que g est
surjective.
2. Soit f : E → F et g : F → G des applications telles que g ◦ f est injective. Montrer que f est injective.
3. Soit f : E → F , g : F → G et h : G → H trois applications telles que g ◦ f et h ◦ g sont bijectives.
Montrer que f , g et h sont bijectives.
Exercice 5
Soit f : E → F , A ⊂ E et B ⊂ F . Montrer que f (A ∩ f −1 (B )) = f (A) ∩ B .
Exercice 6
Soit f : E → F une application. Définissons les applications suivantes
P (E ) → P (F ) P (F ) → P (E )
§ §
Φ: Ψ:
A 7→ f (A) B 7→ f −1 (B )
1. Montrer que f est injective si, et seulement si, Φ est injective si, et seulement si, Ψ est surjective.
2. Trouver un analogue pour f surjective.
40
Chapitre 1 – Bases mathématiques
→ Les exercices suivants permettent de s’approprier les propriétés des relations binaires.
Exercice 8
Déterminer les réels α tels que la relation binaire définie par
∀x , y ∈ R, x ? y = x y + α(x + y )
soit associative.
Exercice 9
Soit E un ensemble et A une partie de E . On définit une relation R sur P (E ) par :
X R Y ⇔ X ∪ A = Y ∪ A.
1. Montrer que R est une relation d’équivalence.
2. Décrire la classe d’équivalence de X ∈ P (E ).
Exercice 10
On définit une relation R sur R par x R y si
cos2 x + sin2 y = 1.
EXERCICES
Montrer que R est une relation d’équivalence puis déterminer ses classes d’équivalence.
Exercice 11
On définit une relation binaire R sur Z par x R y si, et seulement si, x + y est pair. Montrer que R est
une relation d’équivalence et préciser ses classes d’équivalence.
Exercice 12
On définit une relation ∼ sur RN par u ∼ v si
∀n ∈ N, ∃p , q ≥ n , u p ≤ vn et vq ≤ u n .
Montrer que ∼ est une relation d’équivalence.
Exercice 13
1. Soit A et B deux parties non vides de R telles que
∀(a , b ) ∈ A × B a ≤ b.
Montrer que sup A et inf B existent et que sup A ≤ inf B .
2. Exhiber un exemple de parties A et B telles que sup A = inf B et
∀(a , b ) ∈ A × B a < b.
Exercice 14
1. Considérons la relation binaire sur C définie par
n
z ` z0 ⇔ ∃n ∈ N, z 0 = z 2 .
` est-elle une relation d’ordre ?
2. Reprendre la question précédente en définissant ` sur R.
→ Les trois exercices suivants permettent de vérifier la maîtrise du raisonnement par récurrence.
Exercice 15
Soit x1 , x2 , . . . , xn ≥ 1. Montrer que x1 + x2 + . . . + xn ≤ n − 1 + x1 x2 . . . xn .
41
Mathématiques MPSI
Exercice 16
Notons, pour tout k ∈ N \ {0}, u k le plus grand diviseur impair de k .
Montrer que, pour tout n ∈ N \ {0},
u n+1 + u n +2 + . . . + u 2n = n 2 .
Exercice 17
1. Calculer sk = k 2 − (k + 1)2 − (k + 2)2 + (k + 3)2 pour tout k ∈ N.
2. Remarquer la valeur de sk − sk +4 pour tout k ∈ N.
3. En déduire que, pour tout entier n , il existe une infinité d’entiers p et des suites ("k )k ≤p ∈ {±1}p
tels que n = "1 12 + "2 22 + . . . + "p p 2 .
Exercice B
Soit f : E → E une application. Pour tout n ∈ N \ {0}, f n désigne la composée n ième de f définie par
réccurence par f 0 = IdE et pour tout k ∈ N, f k +1 = f ◦ f k .
Soit A ⊂ E , A n = f n (A), et B =
S
A n . exo
n ∈N
1. Montrer que f (B ) ⊂ B .
2. Montrer que B est la plus petite partie de E stable par f et contenant A.
Exercice D
1. Soit (Ei )1≤i ≤n une famille finie d’ensembles vérifiant
∀i , j ≤ n , ∃k ≤ n , Ei ∪ E j ⊂ Ek .
Montrer qu’il existe k ≤ n tel que, pour tout i ≤ n , Ei ⊂ Ek .
2. Le résultat subsiste-t-il pour une famille infinie d’ensembles ?
Exercice E
Soit E = {x1 , . . . , xp }. Prouver que l’on peut ordonner les éléments de P (E ) en respectant les quatre règles
suivantes :
• on commence par ∅ ;
• on termine par un singleton ;
• chaque élément de P (E ) apparaît une et une seule fois ;
• chaque terme de la suite est obtenu par l’ajout ou le retrait d’un seul élément du terme précédent.
Exercice F
Soit E un ensemble et f : E → E . Montrer que f est injective si, et seulement si, pour toutes parties A et
B de E , f (A ∩ B ) = f (A) ∩ f (B ).
Exercice G
On définit une relation binaire ≺ sur R2 définie par
(x , y ) ≺ (x 0 , y 0 ) ⇔ |x 0 − x | ≤ y 0 − y .
42
Chapitre 1 – Bases mathématiques
Problèmes du chapitre 1
Problème 1 Lemme de classe monotone
Dans ce problème, on fixe un ensemble E et on considère des ensembles de parties de E . Plus précisé-
ment, on s’intéresse aux notions de la définition suivante.
Définition 1.44.
PROBLÈMES
n ∈N
43
Mathématiques MPSI
On note ces λ(A ) et σ(A ) cette classe monotone et cette tribu et on les appelle classe engendrée
par A et tribu engendrée par A .
Soit A un ensemble de parties de E stable par intersection. La classe monotone engendrée par A
est la tribu engendrée par A .
44
Chapitre 1 – Bases mathématiques
PROBLÈMES
b. L’hypothèse A saturée est-elle nécessaire à la question précédente ?
4. Dans cette question, on reprend les notations de la question A.2., à savoir deux ensembles E , F ,
une application f : E → F et la relation d’équivalence qui en découle.
Montrer que S est en bijection avec P (f (E )).
Notation
. Pour toute partie E ( N, mex(E ) (pour minimum exclu) désigne le plus petit entier naturel
n’appartenant par à E , c’est-à-dire min E û . Par exemple
mex{2a 3b 5c , a , b , c ∈ N} = 0, mex[[0, 7]] = 8.
. Pour tous entiers x et y , l’entier x ⊕ y est défini comme la somme des puissances de 2 qui
n’apparaissent que dans l’une des écritures binaires de x et y . Par exemple,
13 ⊕ 20 = (23 + 22 + 20 ) ⊕ (24 + 22 ) = (24 + 23 + 20 ) = 25.
On admet que la loi de composition interne ⊕ sur N est associative.
45
Mathématiques MPSI
La somme des jeux J1 = (S1 , V1 ) et J2 = (S2 , V2 ), de fonctions de Grundy f1 et f2 , est le jeu, noté J1 + J2 , défini
par (S1 × S2 , V ) avec
V : (x , y ) 7→ {(s , y ), s ∈ V1 (x )} ∪ {(x , s ), s ∈ V2 (y )}.
Intuitivement, les deux jeux sont disposés côté à côte et, à chaque étape, le joueur est libre de jouer dans
l’un ou dans l’autre. On admet que toute partie du jeu J1 + J2 est finie lorsque toutes les parties de J1 et J2
le sont.
1. Définissons (Vn )n une suite de parties de S1 × S2 définie par récurrence avec V0 = ∅ et
∀n ∈ N, Vn +1 = {(x , y ) ∈ S1 × S2 , V (x , y ) ⊂ Vn }.
Montrer que S1 × S2 est la réunion des parties Vn .
2. On cherche désormais à établir le théorème de Sprague-Grundy.
Théorème 1.45.
Lemme 1.46.
46
Chapitre 1 – Bases mathématiques
Problème 4 Confluence
Partie A – Préliminaire
Définition 1.47.
PROBLÈMES
∗
Soit E un ensemble muni d’une relation binaire →. . La clôture transitive de → est la relation →
∗
définie, pour tous x , y ∈ E , par x → y s’il existe un entier n ∈ N et des éléments x0 , x1 , . . . , xn ∈ E
∗
tels que x = x0 , y = xn et, pour tout k ∈ [[0, n − 1]], xk → xk +1 ; en d’autres termes, x → y si l’on
peut passer de x à y par une succession de relations →.
∗
. Un élément x ∈ E est irréductible pour → s’il n’existe pas de y différent de x tels que x → y .
. La relation → termine s’il n’existe pas de suite (xn ) d’éléments de E telle que xn → xn +1 pour
tout n .
Partie B – Réécriture
Cette partie est consacrée à un exemple très particulier de relations, appelée relation de réécriture.
Considérons E l’ensemble des mots formés avec les lettres a et b .
1. Munissons E de la relation → définie par m → m 0 si l’on peut obtenir le mot m 0 en supprimant
dans m un bloc de deux lettres consécutives a b .
a. Déterminer tous les éléments irréductibles de E .
b. En considérant la longueur des mots, montrer que la relation termine.
Posons, pour tout mot m , δ(m) la différence du nombre de b de m moins le nombre de a de
m et ∆(m) la plus grande valeur de δ pour un préfixe du mot m.
c. Montrer que si m → m 0 , alors δ(m) = δ(m 0 ) et ∆(m) = ∆(m 0 ).
d. En déduire que, pour tout mot m, il existe un unique couple d’entiers (p , q ) satisfaisant la
∗
propriété m → b p a q .
2. Munissons E de la relation → définie par m → m 0 si l’on peut obtenir le mot m 0 en remplaçant
dans m un bloc de deux lettres consécutives a b par un bloc de trois lettres consécutives b b a . Par
exemple, a b a b → a b b b a (en considérant la réécriture du bloc formé des deux dernières lettres)
et a b a b → b b a a b (en considérant la réécriture du bloc formé des deux premières lettres).
a. Déterminer tous les éléments irréductibles de E .
Posons, pour tout m, f (m ) la somme des 3k où k désigne le nombre de a à gauche d’une
occurrence de b .
47
Mathématiques MPSI
Définition 1.48.
1. Soit E un ensemble muni d’une relation → confluente. Montrer que, pour tout x ∈ E , il existe au
∗
plus un élément irréductible y ∈ E tel que x → y .
2. Montrer qu’une relation confluente est localement confluente.
3. Définissons, dans cette question, la relation → sur [ 0, 3]] par 1 → 0, 1 → 2, 2 → 1 et 2 → 3. La relation
→ est-elle confluente ? localement confluente ?
4. Définissons, dans cette question, la relation → sur N ∪ {◦, •} (on ajoute deux nouveaux symboles à
l’ensemble des entiers naturels N) par
• pour tout k ∈ N, k → k + 1,
• pour tout k ∈ N, 2k → ◦,
• pour tout k ∈ N, 2k + 1 → •.
On peut représenter la relation par le schéma (partiel) suivant
0 1 2 3 4 5 6
48
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Vrai car les entiers multiples à la fois de 4 et de 6 sont les multiples de 12.
/ 6Z ∪ 4Z par exemple.
b) Faux, 2 ∈
c) Vrai.
/f
d) Vrai. En effet, x ∈ −1
(B ) si, et seulement si, f (x ) ∈
/ B.
e) Faux avec, par exemple, f : x ∈ R 7→ 1, A = {0}, A 0 = {1}.
f) Vrai car l’image d’un antécédent d’un élément y ∈ B est y .
g) Vrai, c’est la définition.
h) Vrai, elle est injective car l’application de départ l’est ; elle est surjective car on a « limité » l’ensemble
d’arrivée aux seuls éléments atteints.
i) Faux, un entier impair n’admet pas d’antécédent.
j) Vrai, un entier pair admet comme unique antécédent sa moitié et un entier impair n’admet pas d’an-
técédent.
k) Faux avec, par exemple, f : x ∈ R 7→ x 2 surjective dans R+ et A = {1} ; alors, f −1
(f (A)) = {±1}.
l) Vrai.
m) Faux, la seule information dont on dispose est que la restriction de f à g (E ) est injective.
n) Vrai.
o) Faux en considérant, par exemple, l’application qui associe à un entier n la partie entière de n /2.
p) Faux, l’intervalle [0, 1[ admet 1 comme borne supérieure mais n’admet pas de plus grand élément.
Exercice 1
. Pour la première équation, remarquons que pour avoir des solutions, il est nécessaire que B ⊂ A puisque
A ∩ X ⊂ A pour tout X ⊂ E . Dans ce cas, l’intersection d’une solution de X avec A est B et l’on ne dispose
d’aucune information sur l’intersection de X avec le complémentaire A.
Réciproquement, vérifions que les parties X = B ∪ C où C ⊂ A sont bien solutions :
∪C ) ∩ A = (B ∩ A) ∪ (C ∩ A) = B ∩ A ∪ ∅ = B.
. On procède de même et on montre qu’il est nécessaire que A ⊂ B puis que les solutions sont réunions
d’une partie de A et de B ∩ A.
49
Mathématiques MPSI
Exercice 2
1. Utilisons successivement la loi de De Morgan puis la distributivité :
(F ∪ G ) ∩ F ∩ G = (F ∪ G ) ∩ (F ∪ G )
= (F ∩ F ) ∪ (F ∩ G ) ∪ (G ∩ F ) ∪ (G ∩ G )
= (F ∩ G ) ∪ (G ∩ F )
= F ∆G .
2. Appliquons les règles de calcul pour la réunion, l’intersection et le passage au complémentaire.
1F ∆G = 1(F ∩G )∪(F ∩G )
= 1F ∩G + 1F ∩G − 1F ∩G 1F ∩G
= (1 − 1F )1G + (1 − 1G )1F − (1 − 1F )1G (1 − 1G )1F
= 1F + 1G − 21F 1G .
On retrouve le résultat de la question précédente en calculant la fonction indicatrice de (F ∪ G ) ∩ F ∩ G
et en montrant que c’est la fonction indicatrice de F ∆G .
1(F ∪G )∩F ∩G = 1F ∪G 1F ∩G
= (1F + 1G − 1F 1G )(1 − 1F 1G )
= 1F + 1G − 21F 1G .
3. . La commutativité de ∆ est évidente d’après la définition de ∆ et la commutativité de ∩ et ∪.
. Pour tout F ⊂ E , F ∆∅ = (F ∪ ∅) ∩ F ∩ ∅ = F. Le calcul de ∅∆F s’obtient avec la propriété de commuta-
tivité.
. Pour tout F ⊂ E , δF = (F ∪ F ) ∩ F ∩ F = ∅. Ainsi, chaque partie est son propre symétrique pour ∆.
. Pour toutes parties F , G , H ⊂ E ,
1F ∆(G ∆H ) = 1F + 1G ∆H − 21F 1G ∆H
= 1F + 1G + 1H − 21G 1H − 21F (1G + 1H − 21G 1H )
= 1F + 1G + 1H − 21F 1G − 21F 1H − 21G 1H + 41F 1G 1H .
Comme ce résultat est symétrique en F , G et H , on en déduit que
1F ∆(G ∆H ) = 1(F ∆G )∆H
donc F ∆(G ∆H ) = (F ∆G )∆H .
4. Pour toutes parties F , G , H ⊂ E , calculons encore la fonction caractéristique de F ∩ (G ∆H ) et de
(F ∆G ) ∩ (F ∆H ) :
1F ∩(G ∆H ) = 1F (1G + 1H − 21G 1H )
1(F ∩G )∆(F ∩H ) = 1F ∩G + 1F ∩H − 21F ∩G 1F ∩H
= 1F (1G + 1H − 21G 1H ).
Ainsi, F ∩ (G ∆H ) = (F ∩ G )∆(F ∩ H ).
Sur la figure ci-dessous, la partie F ∩ (G ∆H ) correspond à la zone grisée.
F G
50
Corrigés
Exercice 3
Remarquons d’abord que la fonction est bien définie. De plus,
• pour tout k ∈ N, k = f (n) est équivalent à n = 0[2] et k = n2 donc n = 2k ;
• pour tout k < 0, k = f (n) est équivalent à n = 1[2] et k = − n 2+1 donc n = −2k − 1.
Dans tous les cas, un élément de Z admet un unique antécédent par f donc f est une bijection et la
bijection réciproque est
Z →
(
N
f −1 : 2k si k ≥ 0
k 7→
−2k − 1 sinon.
Exercice 4
1. Si g ◦ f est surjective, alors pour tout y ∈ G , il existe x ∈ E tel que g ◦ f (x ) = y donc y admet au moins
un antécédent par g (en l’occurrence f (x )) : donc g est surjective.
2. Supposons que g ◦ f est injective et montrons que f est injective. Soit x et x 0 tels que f (x ) = f (x 0 ) et
donc g (f (x )) = g (f (x 0 )) ; comme g ◦ f est injective, on en déduit x = x 0 .
3. D’après les questions précédentes, g est à la fois injective et surjective donc bijective. En composant
g −1 et g ◦ f (respectivement h ◦ g et g −1 ), on obtient que f (respectivement h ) est une bijection comme
composée de deux bijections.
Exercice 5
Séparons les deux inclusions.
(⊂) Soit x ∈ A ∩ f −1 (B ). Alors, f (x ) ∈ f (A) et f (x ) ∈ B donc f (x ) ∈ f (A) ∩ B .
(⊃) Soit y ∈ f (A) ∩ B . Par définition de f (A), il existe x ∈ A tel que y = f (x ). Comme y ∈ B , x ∈ f −1 (B ).
Ainsi, y ∈ f (A ∩ f −1 (B )).
Exercice 6
1. . Si f est injective, alors, pour tout A ∈ P (E ), f −1 (f (A)) = A ; en effet, chaque élément de A est un
antécédent de leur propre image donc A ⊂ f −1 (f (A)). Soit x ∈ f −1 (f (A)). Alors, x est l’antécédent d’un
élément f (a ) avec a ∈ A. Comme f est injective, f (a ) admet un unique antécédent : a . Ainsi, x = a ∈ A.
En revenant à la question originale, on obtient Ψ ◦ Φ = IdP (E ) donc Ψ est surjective et Φ est injective.
. Supposons Φ injective. Soit x , y ∈ E tels que f (x ) = f (y ). Alors, Φ({x }) = Φ({y }) donc {x } = {y } par
injectivité de Φ donc x = y . En conclusion, f est injective.
. Supposons Ψ surjective. Soit x , y ∈ E tels que f (x ) = f (y ). Soit B ∈ P (F ) tel que {x } = Ψ(B ). Par défini-
tion, f (x ) = f (y ) ∈ B donc y ∈ {x } : x = y . En conclusion, f est injective.
2. On démontre comme dans les questions précédentes que f est surjective si, et seulement si, Φ est
surjective si, et seulement si, Ψ est injective.
CORRIGÉS
Exercice 7
1. (⇒) S’il existe une application h : G → F telle que g = f ◦ h , alors g (G ) = f (h (G )) ⊂ f (F ).
(⇐) Pour tout x ∈ G , g (x ) ∈ g (G ) ⊂ f (F ). Par conséquent, f −1 ({g (x )}) 6= ∅. En considérant h (x ) ∈ f −1 ({g (x )}),
on définit bien une application h convenant. Il y a unicité si, et seulement si, pour tout x ∈ G , f −1 ({g (x )})
est un singleton.
2. (⇒) S’il existe une application h : F → G telle que g = h ◦ f , alors, pour tout x , y ∈ E tel que f (x ) = f (y ),
on a
g (x ) = h (f (x )) = h (f (y )) = g (y ).
51
Mathématiques MPSI
(⇐) Définissons l’application h sur l’ensemble f (E ) en associant g (x ) à f (x ) (ceci définit bien une appli-
cation car si f (x ) = f (y ) alors g (x ) = g (y )). Sur f (E ), h est définie de manière quelconque. Il y a unicité
si, et seulement si, f (E ) = ∅, c’est-à-dire si f est surjective.
Exercice 8
Soit x , y , z ∈ R. Après calculs, on obtient
x ? (y ? z ) = α2 (y + z ) + α(x + σ2 ) + σ3
(x ? y ) ? z = α2 (y + x ) + α(z + σ2 ) + σ3
où σ2 = x y + y z + z x , σ3 = x y z désignent les « fonctions symétriques élémentaires » de x , y et z .
Ainsi, la relation est associative si, et seulement si, pour tous x , y , z ∈ R,
α2 (y + z ) + α(x + σ2 ) + σ3 = α2 (y + x ) + α(z + σ2 ) + σ3 ,
soit encore (α2 − α)(x − z ) = 0 c’est-à-dire α ∈ {0, 1}.
Exercice 9
1. La relation R est réflexive, symétrique et transitive, donc elle définit une relation d’équivalence.
2. Soit Y une partie de E équivalente à X . Y ∪ A = X ∪ A ⇒ X \ A = Y \ A. En remarquant que Y =
(Y \ A) ∪ (Y ∩ A), Y s’écrit sous la forme Y = (X \ A) ∪ B , avec B ∈ P (A).
Réciproquement, si Y = (X \ A) ∪ B , avec B ∈ P (A), Y ∪ A = (X \ A) ∪ A = X ∪ A, donc X R Y .
Exercice 10
Remarquons que la relation x R y se réécrit cos2 x = cos2 y . Avec cette expression, il est immédiat que la
relation est réflexive, symétrique et transitive.
La classe d’un réel x est l’ensemble des y tels que cos2 x = cos2 y , c’est-à-dire {±x + k π, k ∈ Z}.
Exercice 11
La relation R est réflexive car, pour tout x ∈ Z, x + x = 2x est pair, symétrique et transitive. En effet, si
x R y et y R z , il existe des entiers k et l tels que x + y = 2k et y + z = 2l . Donc x + z = 2(k + l − y ) est pair.
Tous les entiers pairs sont équivalents à 0 et tous les entiers impairs sont équivalents à 1. Comme les
entiers pairs et impairs forment une partition, ce sont les deux seuls classes d’équivalence pour R.
Exercice 12
Détaillons les trois points de la définition de relation d’équivalence.
. Soit u ∈ RN . Alors, pour tout n ∈ N, on a avec p = q = n, u p ≤ u n et u q ≤ u n . Ainsi, u ∼ u et la relation ∼
est réflexive.
. Soit u, v ∈ RN des suites telles que u ∼ v . Pour tout n ∈ N, il existe p , q ≥ n tels que u p ≤ vn et vq ≤ u n ,
c’est-à-dire tels que vq ≤ u n et u p ≤ vn . Par conséquent, v ∼ u et la relation ∼ est symétrique.
. Soit u , v , w ∈ RN des suites telles que u ∼ v et v ∼ w et n ∈ N.
• Comme v ∼ w , il existe p ≥ n tel que vp ≤ wn . Puis comme u ∼ v , il existe p 0 ≥ p tel que u p 0 ≤ vp (en
appliquant la propriété au rang p et non au rang n ) : ainsi, il existe p 0 ≥ n tel que u p 0 ≤ wn .
• Comme u ∼ v , il existe q ≥ n tel que vq ≤ u n . Puis comme v ∼ w , il existe q 0 ≥ q tel que wq 0 ≤ vq : ainsi,
il existe q 0 ≥ n tel que wq 0 ≤ u n .
Par conséquent, u ∼ w et la relation ∼ est transitive.
52
Corrigés
Exercice 13
1. Tout élément a ∈ A est un minorant de B : la partie B est non vide minorée donc admet une borne
inférieure et, comme le plus grand minorant inf B est supérieur à tous les minorants,
∀a ∈ A, a ≤ inf B.
Ainsi, inf B est un majorant de A : la partie A est non vide majorée donc admet une borne inférieure et
sup A ≤ inf B (car le plus petit majorant est inférieur au majorant inf B ).
2. Avec A = R∗− et B = R∗+ , on a l’inégalité stricte de l’énoncé et pourtant sup A = inf B .
Exercice 14
0
1. . La relation est évidemment réflexive puisque z = z 2 pour tout z ∈ C.
n n0
. Soit x , y , z ∈ C tels que x ` y et y ` z . Par définition, il existe n , n 0 ∈ N tels que x = y 2 et y = z 2 donc
n n0 n +n 0
x = (y 2 )2 = z 2 ce qui entraîne donc x ` z : la transitivité est établie.
. L’antisymétrie est fausse : pour x = j et y = j 2 , on a y ` x (car y = x 2 ) et x ` y (car x = y 2 ).
En conclusion, sur C, ` n’est pas une relation d’ordre.
2. Il suffit d’étudier l’antisymétrie car le reste est déjà établi. Soit x , y ∈ R tels que x ` y et y ` x . Par
n n0 n n0 n +n 0
définition, il existe n , n 0 ∈ N tels que x = y 2 et y = x 2 donc x = (x 2 )2 = x 2 ce qui entraîne donc
n +n 0
x = 0 ou x 2 −1 = 1 donc x ∈ {0, 1}. Dans ces deux cas x = y . En conclusion, sur R, ` est une relation
d’ordre.
Exercice 15
Montrons le résultat par récurrence sur n ≥ 1.
. Pour n = 1, on a immédiatement que, pour tout x1 ≥ 1, x1 ≤ 1 − 1 + x1 .
. Montrons la propriété pour n = 2 (même si ce n’est a priori pas nécessaire pour la récurrence). Soit x1 ,
x2 ≥ 1. Alors,
1 + x1 x2 − x1 − x2 = (x1 − 1)(x2 − 1) ≥ 0.
. Soit n ≥ 1 tel que le résultat est établi au rang n . Considérons x1 , . . . , xn +1 ≥ 1. Alors, par hypothèse de
récurrence sur les n premiers termes de la somme,
x1 + x2 + . . . + xn+1 = x1 + x2 + . . . + xn + xn+1
≤ n − 1 + x1 x2 . . . xn + xn +1
≤ n − 1 + 1 + x1 x2 . . . xn xn+1
en appliquant la propriété au rang 2 avec les réels x1 x2 . . . xn , xn+1 (qui sont bien plus grands que 1). Ainsi,
x1 + x2 + . . . + xn+1 ≤ (n + 1) − 1 + x1 x2 . . . xn xn +1
ce qui achève la récurrence.
CORRIGÉS
Exercice 16
Montrons le résultat par récurrence sur n ≥ 1.
. Pour n = 1, la somme est u 2 = 1 = 12 : la propriété est établie.
. Soit n ≥ 1 tel que u n +1 +u n+2 +. . .+u 2n = n 2 . Alors, appliquons l’hypothèse de récurrence et les résultats
suivants u 2n+2 = u n +1 et u 2n+1 = 2n + 1 (immédiat avec la définition de la suite u),
u n+2 + u n+3 + . . . + u 2(n+1) = u n +1 + u n+2 + . . . + u 2n + u 2n +2 + u 2n+1 − u n +1
= n 2 + u n+1 + 2n + 1 − u 2n+1
= (n + 1)2 .
Ainsi, le raisonnement par récurrence se termine.
53
Mathématiques MPSI
Exercice 17
1. En développant cette expression, on obtient que sk = 4 pour tout k ∈ N.
2. D’après le résultat de la première question, sk − sk +4 = 0 pour tout k ∈ N.
3. . Montrons tout d’abord par récurrence sur n ≥ 1 qu’il existe bien une telle décomposition.
• Pour les premiers entiers, on trouve
1 = 12
2 = −12 − 22 − 32 + 42
3 = −12 + 22
4 = −12 − 22 + 32 (= s0 )
• Soit n ≥ 4 tel que tout entier inférieur ou égal à n admet une décomposition de la forme de l’énoncé.
Par hypothèse de récurrence, (n + 1) − 4 admet donc une décomposition de la forme
n + 1 − 4 = "1 12 + "2 22 + . . . + "p p 2 .
Alors, comme sp +1 = 4 (d’après la première question),
Exercice A
Raisonnons par l’absurde et supposons que l’application produit h : k 7→ f (k )g (k ) réalise une bijection
de Z dans Z.
Par surjectivité de h , il existe des entiers k et l distincts tels que h (k ) = 1 et h (l ) = −1, c’est-à-dire
f (k )g (k ) = 1 et f (l )g (l ) = −1. Comme f et g sont à valeurs entières, on obtient que f (k ) = g (k ) ∈ {±1} et
f (l ) = −g (l ) ∈ {±1}. Comme f est injective, f (k ) 6= f (l ) soit, avec les conditions ci-dessus, f (k ) = − f (l ).
Par conséquent, g (k ) = g (l ) ce qui contredit l’injectivité de g .
On a en fait établi un résultat plus précis que celui de l’énoncé : le produit de deux injections de Z dans
Z ne pouvait être une surjection de Z dans Z.
Exercice B
1. Soit x ∈ B ; montrons que f (x ) ∈ B . Par définition, il existe n ∈ N tel que x ∈ A n et donc t ∈ A tel que
x = f n (t ). Par conséquent, f (x ) = f n+1 (t ) ∈ A n+1 ⊂ B .
2. Soit C une partie de E stable par f et contenant A. Pour tout n ∈ N, A n = f n (A) ⊂ C ; par conséquent,
B ⊂ C donc B est effectivement la plus petite partie de E stable par f et contenant A.
54
Corrigés
Exercice C
Considérons A = {A ∈ P (E ), A ⊂ f (A)}. Remarquons que A est non vide puisque ∅ ∈ A .
Notons X la réunion de toutes les parties de A et montrons que cette partie convient. Remarquons tout
d’abord que [ [ [
f (X ) = f A = f (A) ⊃ A=X.
A∈A A∈A A∈A
Exercice D
1. Montrons le résultat par récurrence sur n ∈ N \ {0}.
• L’initialisation avec un ensemble est évidente.
• Soit n ∈ N \ {0} tel que la propriété soit vraie au rang n . Considérons n + 1 ensembles E1 , E2 , . . . , En+1
tels que
∀i , j ≤ n + 1, ∃k ≤ n + 1, Ei ∪ E j ⊂ Ek .
Notons pour tout k ≤ n , Ek0 = Ek ∩ En +1 . Pour tous i , j ≤ n ,
Ei0 ∪ E j0 ⊂ (Ei ∪ E j ) ∩ En +1 ,
donc, il existe k ≤ n tel que Ei0 ∪ E j0 ⊂ Ek0 . Par hypothèse de récurrence, il existe k ≤ n tel que, pour tout
i ≤ n , Ei0 ⊂ Ek0 . Alors, pour tout i ≤ n + 1,
Ei ⊂ Ek ∪ En +1 .
Un tel k étant fixé, il existe l ≤ n + 1 tel que Ek ∪ En +1 ⊂ El et l’ensemble El contient donc tous les autres.
2. Non, par exemple avec Ei = {1, 2, . . . , i } pour tout i ∈ N \ {0}.
Exercice E
On prouve le résultat par récurrence sur p.
• Pour p = 1, on a E = {x1 }, et l’ordre ∅, {x1 } convient.
• Supposons que le résultat soit assuré pour un certain p ≥ 1. On considère alors E = {x1 , . . . , xp , xp +1 }.
D’après l’hypothèse de récurrence, il existe un ordre convenable pour les parties de {x1 , . . . , xp } qui, sans
perte de généralité, se termine par {xp }, que l’on note ∅ = e1 , e2 , . . . , e2n = {xp }. Il est alors facile de vérifier
que l’ordre
e1 , e2 , . . . , e2n , e2n ∪ {xp +1 }, e2n −1 ∪ {xp +1 }, . . . , e1 ∪ {xp +1 }
convient pour {x1 , . . . , xp , xp +1 }, ce qui prouve le résultat pour p + 1 et achève la récurrence.
Exercice F
Remarquons tout d’abord que, pour toutes parties A et B de E , f (A ∩ B ) ⊂ f (A) ∩ f (B ) (car A ∩ B ⊂ A et
CORRIGÉS
A ∩ B ⊂ B ). Il s’agit donc de montrer que f est injective si, et seulement si, pour toutes parties A et B de
E , f (A) ∩ f (B ) ⊂ f (A ∩ B ).
(⇒) Soit A et B des parties de E . Soit y ∈ f (A)∩ f (B ). Il existe a ∈ A, b ∈ B tels que y = f (a ) = f (b ). Comme
f est injective, a = b donc a ∈ A ∩B et, par suite, y ∈ f (A ∩B ) ce qui correspond bien à l’inclusion désirée.
(⇐) Soit x , x 0 ∈ E tels que f (x ) = f (x 0 ). Appliquons la propriété A = {x } et B = {x 0 } :
f ({x } ∩ {x 0 }) = { f (x )}.
Ainsi, {x } ∩ {x 0 } est non vide donc x = x 0 . La fonction f est donc injective.
55
Mathématiques MPSI
Exercice G
1. . Étudions chacune des propriétés.
• La relation est bien réflexive, puisque, pour tout (x , y ), |x − x | = 0 ≤ y − y .
• Soit (x , y ) et (x 0 , y 0 ) tels que |x − x 0 | ≤ y − y 0 et |x − x 0 | ≤ y 0 − y . Alors, y − y 0 ∈ R+ ∩ R− donc y = y 0 et
par suite x = x 0 : la relation ≺ est bien antisymétrique.
• Soit (x , y ), (x 0 , y 0 ) et (x 00 , y 00 ) tels que |x − x 0 | ≤ y − y 0 et |x 0 − x 00 | ≤ y 0 − y 00 . Alors,
|x − x 00 | ≤ |x − x 0 | + |x 0 − x 00 | ≤ y − y 0 + y 0 − y 00 = y − y 00 .
Ainsi, (x , y ) ≺ (x 00 , y 00 ) : la relation ≺ est transitive.
. La relation ≺ n’est pas totale : les points (0, 0) et (1, 0) ne sont pas comparables (de manière plus générale,
deux points à la même ordonnée et à abscisses différentes ne peuvent satisfaire l’inégalité définissant la
comparaison).
2. . Commençons par montrer que S est un majorant de D. Pour tout (x , y ) ∈ D, l’inégalité de Cauchy-
Schwarz (le produit scalaire est inférieur au produit des normes) donne
p p
|x | + y = |x | × 1 + y × 1 ≤ x 2 + y 2 12 + 12 ≤ 2.
p
p p
Par conséquent, |x | ≤ 2 − y donc (x , y ) ≺ (0, 2).
Dans le schéma ci-dessous, le quart de plan grisé correspond aux points plus petits que S .
x − p12 ≤ y − p12
x + p12 ≤ y − p12
Alors,
p
2|x | ≤ x − p12 + x + p12 ≤ 2y − 2.
p p
Cette inégalité indique (0, 2) ≺ (x , y ) donc (0, 2) est bien le plus petit majorant de D.
Problème 1
Partie A – Exemples et premières propriétés
1. a. L’ensemble P (E ) contient ∅ et est clairement stable par passage au complémentaire et réunion
(puisqu’il contient toutes les parties de E ) : c’est une tribu.
56
Corrigés
b. L’ensemble {∅, E } contient ∅ et les complémentaires de ces éléments sont E et ∅ : ils appartiennent
à cet ensemble. On vérifie de même que toutes les réunions (au nombre de 2) sont également dedans :
c’est une tribu.
c. Soit A ⊂ E . L’ensemble {∅, A, A, E } contient ∅, les 4 complémentaires et les 4 réunions possibles appar-
tiennent bien à cet ensemble : c’est une tribu.
2. Soit A une tribu, A, B ∈ A .
. Considérons la suite (A n ) d’éléments de A définie par A 0 = A et A n = B pour n ≥ 1. Alors (d’après le
troisième point de la définition) [
A∪B = An ∈ A .
n∈N
57
Mathématiques MPSI
Problème 2
Partie A – Partition en classes d’équivalence
1. • Raisonnons par l’absurde. Soit x , y ∈ E tels que x 6= y et x ∩ y 6= ∅. Considérons z ∈ x ∩ y . Par
définition, x ∼ z et y ∼ z donc, par transitivité, x ∼ y . Par conséquent, x = y : contradiction.
• Considérons les classes d’équivalence distinctes. Par définition, elles sont non vides et de réunion tout
l’ensemble ; or, nous venons d’établir qu’elles étaient deux à deux disjointes, elles forment donc une par-
tition de E .
2. a. • Pour tout x ∈ E , f (x ) = f (x ) donc x ∼ x : la relation ∼ est réflexive.
• Pour tous x , y ∈ E , x ∼ y si, et seulement si, f (x ) = f (y ), si, et seulement si, f (y ) = f (x ) c’est-à-dire
y ∼ x : la relation ∼ est symétrique.
• Pour tous x , y , z ∈ E tels que x ∼ y et y ∼ z , on a f (x ) = f (y ) et f (y ) = f (z ) donc f (x ) = f (z ), c’est-à-
dire x ∼ z : la relation ∼ est transitive.
58
Corrigés
c. Remarquons tout d’abord que pour tout n, k ∈ Z, f (n + 5k ) = f (n ), autrement dit n + 5k ∈ n pour tout
k ∈ Z. Il suffit donc d’étudier les classes d’équivalence des entiers de [ 0, 4]]. Or, f (0) = 0[5], f (1) = f (4) =
1[5] et f (2) = f (3) = 4[5] : il y a donc trois classes d’équivalence :
• E0 , l’ensemble des entiers congrus à 0 modulo 5 ;
• E1 , l’ensemble des entiers congrus à 1 ou 4 modulo 5 ;
• E2 , l’ensemble des entiers congrus à 2 ou 3 modulo 5.
3. a. On peut montrer les trois propriétés mais il est plus facile de se ramener au cas précédent avec
l’application
P (E ) 7→ P (E )
§
f :
X → X ∪A
b. Remarquons que X ∼ Y si, et seulement si, X ∪ A = Y ∪ A donc si, et seulement si, X ∩ A û = Y ∩ A û (en
partitionnant X ∪ A en A et X ∩ A û ) : ainsi, deux parties sont dans la même classe d’équivalence si leurs
intersections avec A û sont égales. Les classes d’équivalence sont donc de la forme
{B ∪ C , B ⊂ A}
avec C une partie de A û . Il y a donc autant de classes d’équivalence que de parties de A û , soit 2card A classes
û
d’équivalence.
c. D’après la description de la question précédente, toutes les classes d’équivalence ont pour cardinal
2card A .
Partie B – Saturation d’une partie
⇔ x ∩ sat(A) 6= ∅.
Avec cette caractérisation, calculons sat(sat(A)û ) :
x ∈ sat(sat(A)û ) ⇔ ∃y ∈ sat(A)û , x∼y
⇔ ∃y ∈ sat(A) ,û
x=y
⇔ / sat(A),
∃y ∈ x=y
⇔ ∃y ∈ E , y ∩ sat(A) = ∅, x=y
⇔ x ∩ sat(A) = ∅
⇔ / sat(A).
x∈
Ainsi, sat(sat(A) ) = sat(A) .
û û
59
Mathématiques MPSI
Ainsi, on peut définir les applications réciproques l’une de l’autre (car pour tout B ⊂ f (E ), B = f (f −1 (B ))
et pour tout A ∈ S , A = f −1 (f (A))) :
S → P (f (E )) P (f (E )) →
§ §
S
.
A 7→ f (A) B 7→ f −1 (B )
En conclusion, S est en bijection avec P (f (E )).
60
Corrigés
Problème 3
Partie A – Fonction de Grundy
1. Raisonnons par l’absurde et supposons qu’il n’existe pas de configuration x telle que V (x ) = ∅.
. Soit x0 une configuration quelconque.
. Soit n ∈ N tel qu’il existe une suite x0 , . . . , xn de configurations distinctes vérifiant
∀k ∈ {1, . . . , n }, xk ∈ V (xk −1 ).
Comme V (xn ) 6= ∅, il existe xn +1 ∈ S tel que xn +1 ∈ V (xn ). Mais, comme le jeu est fini donc sans cycle,
xn+1 ∈/ {x0 , . . . , xn }.
Par récurrence, on construit une suite infinie de configurations distinctes : contradiction avec le caractère
fini de S .
2. Reprenons le raisonnement par l’absurde de la première question en supposant qu’il existe x0 ∈ S tel
que la valeur f (x0 ) n’est pas définie. Alors, V (x0 ) 6= ∅ (sinon, la valeur f (x0 ) = 0 est correctement définie).
Il existe donc x1 ∈ S tel que x1 ∈ V (x0 ) et f (x1 ) n’est pas définie. On construit ainsi une suite infinie de
configurations distinctes : contradiction, l’application f est correctement définie.
3. . Remarquons que, par définition,
a. une configuration x vérifie f (x ) > 0 si, et seulement si, il existe une configuration y telle que y ∈ V (x )
et f (y ) = 0,
b. une configuration x vérifie f (x ) = 0 si, et seulement si, x ∈ F ou, pour toute configuration y telle que
y ∈ V (x ), f (y ) > 0.
. Le joueur ayant à jouer depuis une configuration x telle que f (x ) > 0 dispose d’une stratégie gagnante :
se déplacer en une configuration y ∈ V (x ) telle que f (y ) = 0 (qui existe d’après le premier point ci-
dessus). L’autre joueur, s’il n’a pas déjà perdu, le ramènera nécessairement en une configuration z telle
que f (z ) > 0 (second point ci-dessus). Et l’on recommence... Seul le second joueur peut se retrouver en
un sommet de V −1 ({∅}), donc la stratégie est gagnante pour le premier joueur.
4. a. Les différentes configurations sont les positions de la dame. En notant ces positions par leurs coor-
données (entières), on obtient S = [ 0, 7]]2 et, pour tout (x , y ) ∈ S , V ((x , y )) est la réunion des ensembles
{(x 0 , y ), x 0 ∈ [ 0, x ]]}, {(x , y 0 ), y ∈ [ 0, y ]]},
{(x − k , y − k ), k ∈ [ 1, min(x , y )]]}.
b. Un simple calcul donne la fonction dont les valeurs sont sur l’échiquier suivant :
7 8 6 9 0 1 4 5
6 7 8 1 9 10 3 4
5 3 4 0 6 8 10 1
4 5 3 2 7 6 9 0
3 4 5 6 2 0 1 9
2 0 1 5 3 4 8 6
CORRIGÉS
1 2 0 4 5 3 7 8
0 1 2 3 4 5 6 7
c. Je refuse car la position étant évaluée à 0 par f , mon advsersaire dispose d’une stratégie gagnante.
61
Mathématiques MPSI
Problème 4
Partie A – Préliminaire
1. Une relation R sur E est transitive si, pour tous x , y et z ∈ E tels que x R y et y R z , on a x R z .
∗
2. . La relation → est réflexive (il suffit de prendre n = 0 dans la définition).
∗ ∗ ∗
. Montrons que la relation → est transitive. Soit x , y et z ∈ E tels que x → y et y → z . Par définition, il
existe des entiers n et m et des éléments x0 , x1 , . . . , xn ∈ E tels que x = x0 , y = xn et, pour tout k ∈ [ 0, n −1]],
xk → xk +1 d’une part et des éléments y0 , y1 , . . . , ym ∈ E tels que y = y0 , z = ym et, pour tout k ∈ [ 0, m − 1]],
yk → yk +1 d’autre part.
∗
Avec l’entier n + m et la suite d’éléments x0 , x1 , . . . , xn = y0 , y1 , . . . , ym ∈ E , on observe de x → z .
62
Corrigés
. La clôture transitive n’est en général pas une relation d’équivalence à cause de la propriété de symétrie :
pour construire un contre-exemple, il suffit de considérer E = {0, 1} et la relation → telle que 0 → 1 et
1 → 0.
3. . La relation sur N définie par n → n − 1 pour tout n ≥ 1 termine.
. La relation sur N définie par n → n + 1 pour tout n ∈ N termine.
Partie B – Réécriture
1. a. Les éléments irréductibles de E sont ceux sans facteur a b donc les mots de la forme b k a l pour
des entiers naturels k et l .
b. La longueur des mots lors d’une succession de réécritures est une suite strictement décroissante d’en-
tiers naturels ; or, il n’existe pas de telle suite infinie donc la relation termine.
c. . On vérifie que, pour tous mots m , m 0 ∈ Σ∗ tels que m → m 0 , on a δ(m ) = δ(m 0 ) : la quantité est
conservée par réécriture.
. Vérifions que la quantité ∆ est aussi conservée par réécriture. Soit m, m 0 deux mots.
∆(m a b m 0 ) = max{∆(m ), δ(m ) − 1, δ(m) + ∆(m 0 )}
= max{∆(m), δ(m) + ∆(m 0 )} (car δ(m) ≤ ∆(m))
0
=∆(m m ).
d. D’après la terminaison de → et la forme des mots irréductibles, il existe un couple d’entiers (p , q ) tel
∗
que m → b p a q .
∗
Forts des deux remarques de la question précédente, on déduit de la réduction m → b p a q que δ(m) =
p − q et ∆(m) = p donc p = ∆(m ) et q = ∆(m) − δ(m).
2. a. Les éléments irréductibles de E sont ceux sans facteur a b donc les mots de la forme b k a l pour
des entiers k , l éventuellement nuls.
b. Au cours d’une étape de réécriture pour cette relation, seul un terme dans cette quantité est modifié
(celui qui correspond au b du motif réécrit ; pour toutes les autres occurrences de b , le nombre de a à
gauche reste inchangé). Notons k le nombre de a à gauche de cette occurrence. Dans l’expression de la
quantité, on passe donc de 3k (avant réécriture) à 3k −1 + 3k −1 < 3k (après réécriture).
c. La quantité calculée par f est un entier naturel et strictement décroissante au cours des réécritures :
la relation termine.
3. On remarque que l’on a successivement a 2 b → a b 2 a 2 → b 2 a 2 b a 2 et le mot initial est facteur du
mot obtenu : on obtient donc une suite infinie de réécritures en recommençant les mêmes étapes sur ce
facteur : la relation ne termine pas.
∗ ∗
3. . La relation n’est pas confluente car 1 → 0 et 1 → 3 (en passant par 2) et pourtant, il n’existe pas de
∗ ∗
x ∈ [ 0, 3]] tel que 0 → x et 3 → x car 0 et 3 sont irréductibles.
. En revanche, la relation est localement confluente. En effet, par symétrie, un seul cas est à traiter, par
∗ ∗
exemple 1 → 0 et 1 → 2 : mais on a 0 → 0 et 2 → 0.
∗ ∗
4. . La relation n’est pas confluente car 0 → ◦ et 0 → • (en passant par 1) et ◦ et • sont des éléments
irréductibles.
. Pour étudier la confluence locale, il suffit d’étudier deux cas :
∗ ∗
• 2k → ◦ et 2k → 2k + 1 mais alors ◦ → ◦ et 2k + 1 → ◦,
∗ ∗
• 2k + 1 → • et 2k + 1 → 2k + 2 mais alors • → • et 2k + 2 → •.
La relation est donc localement confluente.
63
Mathématiques MPSI
64
Chapitre 2
Nombres complexes
1. Corps des nombres complexes — 2. Exponentielle complexe
— 3. Équations algébriques
65
COURS
Dans ce chapitre, on explore une partie de la richesse des nombres complexes. Dans un premier temps,
on les construit et on vérifie les différentes règles de manipulation. Dans un deuxième temps, on rejoint
les notions d’angles via les arguments. Après ces considérations plus géométriques, on revient aux équa-
tions polynomiales (algébriques) qui étaient à l’origine des nombres complexes pour les mathématiciens
de la Renaissance italienne.
Définition 2.1.
Un corps est un ensemble K muni de deux lois de composition internes + et × telles que
• + est associative, commutative, admet un élément neutre noté 0 et tout élément de K admet
un symétrique pour +.
• × est associative, commutative, admet un élément neutre distinct de 0 et noté 1 et tout élément
de K différent de 0 admet un symétrique pour ×.
• × est distributive sur +.
Exemples
p p
Les ensembles R, Q et Q( 2) = {a + b 2, a , b ∈ Q} sont des corps pour l’addition et la multipli-
cation usuelles.
L’idée que nous allons utiliser pour construire C consiste à partir de R2 , l’ensemble des couples de réels, et
d’en faire un corps en le munissant de deux lois de composition internes bien choisies. Pour cela posons,
pour tous (x , y ) et (x 0 , y 0 ) ∈ R2 ,
(x , y ) + (x 0 , y 0 ) = (x + x 0 , y + y 0 ),
(x , y ) × (x 0 , y 0 ) = (x x 0 − y y 0 , x 0 y + x y 0 ).
Remarque
Comme on cherche à retrouver les complexes dont on a l’habitude, on définit le produit pour obtenir la
formule suivante
(x + i y )(x 0 + i y 0 ) = (x x 0 − y y 0 ) + i (x y 0 + x 0 y ).
On vérifie rapidement que R2 avec ces lois est bien un corps que l’on notera C.
Notation
À partir de la construction précédente, on note le couple (x , y ) comme x + i y ce qui revient à
noter (1, 0) = 1 et (0, 1) = i .
. On vérifie aisément que i 2 = −1 d’après la définition de la loi ×.
. Les réels x et y sont appelés respectivement partie réelle et partie imaginaire du complexe x +
i y . Les parties réelle et imaginaire d’un complexe z sont notées Re(z ) et Im(z ) respectivement.
66
Chapitre 2 – Nombres complexes
COURS
Proposition 2.2.
Les applications partie réelle et partie imaginaire définies de C dans R sont R-linéaires, c’est-à-dire
pour tous z , z 0 ∈ C et λ, λ0 ∈ R,
Re(λz + λ0 z 0 ) = λRe(z ) + λ0 Re(z 0 ),
Im(λz + λ0 z 0 ) = λIm(z ) + λ0 Im(z 0 ).
Pour exprimer ces relations, on dit aussi que, pour la partie réelle ou la partie imaginaire, l’image d’une
combinaison linéaire à coefficients réels est la combinaison linéaire (avec les mêmes coefficients) des
images.
Remarque
On remarque que |z | = 0 si, et seulement si, z = 0.
Proposition 2.4.
Pour tout z ∈ C,
z + z = 2Re(z ), z − z = 2i Im(z ), z z = |z |2 .
Conseils méthodologiques
La dernière propriété reliant module et conjugué est très utile en pratique car elle permet de « se
débarrasser » des nombres complexes non réels au dénominateur en multipliant par le conjugué.
Plus précisément, pour tout complexe z non nul,
1 z
= .
z |z |2
Exemple
Déterminons les parties réelle et imaginaire du nombre complexe sous forme de fraction 3+i
2+i . En
multipliant par le conjugué du dénominateur les deux termes de cette fraction, on obtient
3 + i (3 + i )(2 − i ) 1
= = (7 − i ).
2+i 5 5
Ainsi, la partie réelle est 75 , la partie imaginaire − 15 .
67
Mathématiques MPSI
Proposition 2.5.
Pour tous z 1 , z 2 ∈ C,
z1 + z2 = z1 + z2, z 1 z 2 = z 1 .z 2 .
Démonstration
Notons z 1 = x1 + i y1 et z 2 = x2 + i y2 avec x1 , y1 , x2 et y2 ∈ R. Alors,
z 1 + z 2 = x1 + x2 + i (y1 + y2 )
= x1 + x2 − i (y1 + y2 )
= (x1 − i y1 ) + (x2 − i y2 ) = z 1 + z 2 .
Par ailleurs,
z 1 z 2 = x1 x2 − y1 y2 + i (x1 y2 + x2 y1 )
= x1 x2 − y1 y2 − i (x1 y2 + x2 y1 )
= (x1 − i y1 )(x2 − i y2 ) = z 1 .z 2 .
On en déduit immédiatement le corollaire suivant.
Corollaire 2.6.
Proposition 2.7.
Démonstration
Ces identités découlent directement de l’écriture z .z = |z |2 . En effet,
|z 1 z 2 |2 = z 1 z 2 z 1 z 2 = z 1 z 1 z 2 z 2 = |z 1 |2 |z 2 |2 .
Comme les modules sont positifs, on obtient le résultat en passant aux racines carrées.
On procède de même pour le quotient.
Pour tous z 1 , z 2 ∈ C,
|z 1 + z 2 |2 = |z 1 |2 + 2Re(z 1 z 2 ) + |z 2 |2 .
Démonstration
Il suffit d’utiliser la formule exprimant le module au carré :
|z 1 + z 2 |2 = (z 1 + z 2 )(z 1 + z 2 )
= z1 z1 + z2 z1 + z1 z2 + z2 z2.
On conclut avec la formule donnant la partie réelle.
68
Chapitre 2 – Nombres complexes
COURS
Conseils méthodologiques
D’après toutes les formules précédentes, on déduit qu’il est plus pratique de manipuler les
modules au carré que les modules. On pensera donc à élever au carré les modules qui apparaissent
dans les expressions.
Proposition 2.9.
Pour tout z ∈ C,
|Re(z )| ≤ |z | et |Im(z )| ≤ |z |.
Il y a égalité respectivement pour z ∈ R et z ∈ i R.
Démonstration
Pour tout z ∈ C,
Re(z )2 ≤ Re(z )2 + Im(z )2 = |z |2 ,
Im(z )2 ≤ Re(z )2 + Im(z )2 = |z |2 .
Le cas d’égalité correspond à Im(z ) = 0 et Re(z ) = 0 respectivement.
. Pour tous z 1 , z 2 ∈ C,
|z 1 + z 2 | ≤ |z 1 | + |z 2 |.
Il y a égalité si, et seulement si, z 1 z 2 ∈ R+ , c’est-à-dire s’il existe λ ≥ 0, z 1 = λz 2 ou z 2 = 0.
. Pour tous z 1 , z 2 ∈ C,
||z 1 | − |z 2 || ≤ |z 1 − z 2 |.
69
Mathématiques MPSI
Définition 2.11.
Proposition 2.12.
La partie réelle (respectivement imaginaire) d’un complexe z est la coordonnée du point d’affixe z
sur l’axe des abscisses (respectivement ordonnées).
Remarque
On déduit de cette proposition que le conjugué d’un complexe z est l’affixe du symétrique du point d’af-
fixe z par rapport à l’axe des abscisses.
z
Im(z )
Re(z )
−Im(z )
z
On ne confondra pas z et −z :
z
Im(z )
−Re(z ) Re(z )
−Im(z )
−z
On vérifie par un calcul rapide l’expression suivante de la distance entre deux points.
Proposition 2.13.
Remarque
C2
§
→ R+
L’application d : est, en un sens plus général, une distance car elle vérifie les
(z , z 0 ) 7→ |z − z 0 |
propriétés suivantes, déduites des propriétés du module détaillées précédemment.
• ∀z , z 0 ∈ C, d (z , z 0 ) = 0 ⇒ z = z 0 .
0
• ∀z , z ∈ C, d (z , z 0 ) = d (z 0 , z ).
• ∀z , z 0 , z 00 ∈ C, d (z , z 0 ) ≤ d (z , z 00 ) + d (z 00 , z 0 ).
70
Chapitre 2 – Nombres complexes
COURS
De cette expression de la distance usuelle en termes de complexes, on déduit que l’équation complexe
d’un cercle de rayon R > 0 et de centre le point d’affixe ω ∈ C est |z − ω| = R et que celle du disque
correspondant est |z − ω| ≤ R .
Un point Mpd’affixe z appartient à la lunule si, et seulement si, |z | ≤ 1 (M est dans le petit disque)
et |z + 1| ≥ 2 (mais pas dans le grand).
Exemple
. L’axe des ordonnées est l’ensemble des points d’affixe z vérifiant Re(z ) = 0 ou, de manière
équivalente |z − 1| = |z + 1|. Pour montrer ce deuxième point, on peut élever au carré puis utiliser
l’identité remarquable.
Toutefois, il existe une interprétation géométrique plus intuitive. En appelant A, B , M les points
d’affixe 1, −1 et z , on trouve que la condition |z − 1| = |z + 1| équivaut à AM = B M soit, M appar-
tient à la médiatrice du segment [A, B ].
. Avec un raisonnement analogue, on obtient que les points d’affixe z tels que |z − i | = |z − 1|
sont les points de la médiatrice des points d’affixe 1 et i , c’est-à-dire à la première bissectrice. Par
conséquent, les points d’affixe z tels que |z − i | < |z − 1| sont les points strictement au-dessus de
la première bissectrice (zone grisée).
z
2. Exponentielle complexe
2.1. Compléments de trigonométrie : fonction tangente
On ne cherche pas à définir ici les fonctions trigonométriques mais on se limite à quelques rappels utiles
sin
pour la suite. Les fonctions sin et cos sont connues et on en déduit des propriétés de la fonction tan = cos .
Rappelons les formules d’addition des fonctions trigonométriques cos et sin.
71
Mathématiques MPSI
Pour tous θ , ϕ ∈ R,
Les formules d’addition sont particulièrement utiles lorsqu’il s’agit de linéariser des produits de deux
termes sous la forme d’un cosinus ou d’un sinus.
Corollaire 2.15. Linéarisation de produit
Pour tous θ , ϕ ∈ R,
2 sin(θ ) cos(ϕ) = sin(θ + ϕ) + sin(θ − ϕ)
2 cos(θ ) sin(ϕ) = sin(θ + ϕ) − sin(θ − ϕ)
2 cos(θ ) cos(ϕ) = cos(θ + ϕ) + cos(θ − ϕ)
−2 sin(θ ) sin(ϕ) = cos(θ + ϕ) − cos(θ − ϕ).
Démonstration
Chacune de ses formules se démontre en utilisant les formules d’addition dans le membre de droite.
Remarque
Les formules ci-dessus permettent de passer d’une forme linéarisée comme somme de fonctions trigono-
métriques (utile pour calculer une primitive par exemple) à une forme factorisée comme produit (utile
pour étudier le signe par exemple). Il convient de savoir les utiliser dans les deux sens.
Par exemple, on peut lire la troisième formule de droite à gauche de la façon suivante : pour tous θ , ϕ ∈ R,
θ +ϕ θ −ϕ
cos(θ ) + cos(ϕ) = 2 cos cos .
2 2
Exemple
R 2π
Soit p , q ∈ N. Calculons l’intégrale I = 0 cos(p t ) cos(q t ) dt . Pour cela, linéarisons l’expression
dans l’intégrale.
Z 2π
1
I= cos(p + q )t + cos(p − q )t dt
2 0
0 si p 6= q ,
§
=
π sinon.
Exemple
Déterminons le signe de la fonction f : t 7→ cos(t ) + cos(3t ) sur l’intervalle [0, π]. D’après la for-
mule de linéarisation (utilisée de droite à gauche), pour tout t ∈ [0, π],
cos(t ) + cos(3t ) = 2 cos(2t ) cos(−t ).
72
Chapitre 7
Fonctions continues
1. Études locales — 2. Fonctions continues sur un intervalle —
3. Fonctions continues sur un segment
283
COURS
Ce chapitre se concentre sur la notion de fonction continue. Afin de l’aborder correctement, on reprend
la notion de limite d’une fonction et on examine les propriétés associées (notamment la caractérisation
séquentielle de limite qui permet d’établir un lien fort avec le chapitre précédent). Ensuite, on établit dif-
férentes propriétés des fonctions continues (théorème des valeurs intermédiaires, théorème de la bijec-
tion, théorème des bornes atteintes, théorème de Heine) en prenant soin de trier ces résultats selon l’hy-
pothèse « topologique » sur l’ensemble de définition : I intervalle ou I segment.
1. Études locales
1.1. Limites
Dans la suite de ce chapitre, I désigne un intervalle réel.
1.1.1. Définitions
Définition 7.1.
Regardons de plus près ces phrases quantifiées, il y a d’une part la partie qui concerne le voisinage de a
(la partie centrale de la phrase quantifiée) et d’autre part la partie qui concerne le voisinage de `, +∞
ou −∞, les termes du début et de la fin de la phrase. On retrouvera cette structure dans les définitions
suivantes.
Illustrons les deux premières occurrences de ces définitions. Pour une « zone verticale » fixée (voisinage de `
ou de +∞), il existe un voisinage (« horizontal ») de a sur lequel la fonction prend des valeurs dans la zone.
284
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
"
`
η
a
η
a
Définition 7.2.
Remarque
Les définitions de limite finie se généralisent immédiatement aux fonctions à valeurs complexes f : I → C
en remplaçant la valeur absolue par le module.
En revanche, il n’est plus possible de définir « admettre la limite +∞ ou −∞ » pour de telles fonctions
puisque C n’est pas muni d’une relation d’ordre naturelle.
285
Mathématiques MPSI
Proposition 7.3.
La limite d’une fonction est, quand elle existe, unique. La limite de f en a sera notée lim f (x ) ou
x →a
lim f .
a
Démonstration
Raisonnons par l’absurde en supposant qu’il existe deux limites en a distinctes ` et `0 et appliquons les
0
définitions de limites avec " = |`−` |
4 . Il existe alors η > 0 et ν > 0 tels que
Les limites n’existent pas toujours, aussi on utilise quelquefois les définitions suivantes plus faibles.
Définition 7.4.
Soit f : I → R et a une borne ou un point de l’intervalle I . La fonction f admet une limite à gauche
en a (respectivement à droite) si la fonction f|]−∞,a [∩I (respectivement f|]a ,+∞[∩I ) admet une limite
en a .
Lorsqu’elles existent, ces limites sont notées lim f (x ) = lim f et lim f (x ) = lim f .
x →a − a− x →a + a+
Exemple
1 si x > 0,
(
Considérons la fonction « signe » définie par f : x 7→ −1 si x < 0,
0 si x = 0.
Remarque
Si une fonction f admet une limite en a , alors elle y admet des limites à droite et à gauche égales. La
réciproque est fausse (il suffit de considérer la fonction constante égale à 1 sauf en un point).
286
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
Proposition 7.5. Limite monotone
Soit f :]a , b [→ R croissante. Alors, f admet des limites finies à gauche et à droite en tout point
c ∈]a , b [. De plus,
lim
−
f ≤ f (c ) ≤ lim
+
f.
c c
Il existe évidemment un analogue pour les fonctions décroissantes (en changeant le sens des inégalités).
Démonstration
Soit c ∈]a , b [.
. Notons ` = sup{ f (x ), x < c }. Pour tout " > 0, ` − " n’est pas un majorant de { f (x ), x < c } donc il existe
y < c tel que ` − " ≤ f (y ).
`
`−"
a c b
Remarque
Ce résultat peut se redire moins formellement : une fonction croissante n’admet des discontinuités que
sous forme de « sauts » vers le haut.
Les résultats aux bornes de l’intervalle se démontrent de manière analogue quitte à considérer les bornes
supérieure et inférieure dans R = R ∪ {±∞}.
Proposition 7.6.
Soit f :]a , b [→ R croissante. Alors, f admet une limite à gauche en b (finie ou +∞) et une limite à
droite en a (finie ou −∞).
287
Mathématiques MPSI
Proposition 7.7.
Si f : I → R admet une limite finie en a ∈ I , alors il existe un intervalle ouvert J contenant a tel que
f est bornée sur I ∩ J .
Démonstration
Appliquons la définition de limite avec " = 1 : il existe η > 0 tel que
∀x ∈]a − η, a + η[∩I , lim f − 1 ≤ f (x ) ≤ lim f + 1.
a a
En fait, on peut être un peu plus fin dans l’utilisation de la définition de limite finie non nulle.
Proposition 7.8.
Si f : I → R admet une limite finie non nulle en a , alors il existe un intervalle ouvert J contenant a
tel que f est de signe constant sur I ∩ J .
Démonstration
Étudions le cas où lim f > 0. Il suffit d’appliquer la définition avec " = 12 lim f ; en effet, il existe alors η > 0
a a
tel que
1 1
∀x ∈]a − η, a + η[∩I , lim f − lim f ≤ f (x ) ≤ lim f + lim f .
a 2 a a 2 a
En particulier, pour tout x ∈]a − η, a + η[∩I , f (x ) ≥ 12 lim f > 0.
a
Comme pour les suites, il existe une généralisation avec un intervalle ouvert.
Proposition 7.9.
Si f : I → R admet en a une limite ` dans un intervalle ouvert ]α, β [, alors il existe un intervalle
ouvert J contenant a sur lequel f est à valeurs dans ]α, β [.
Proposition 7.10.
Démonstration
On effectue la démonstration dans le cas a ∈ R.
(⇒) Soit " > 0. Il existe η > 0 tel que, pour tout x ∈]a − η, a + η[∩I , | f (x ) − `| ≤ ".
Comme (u n )n converge vers a , il existe N ∈ N tel que, pour tout n ≥ N , |u n − a | ≤ η.
288
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
En combinant ces deux résultats, on obtient, pour tout n ≥ N , | f (u n ) − `| ≤ "
Donc (f (u n ))n converge vers `.
(⇐) Raisonnons par l’absurde en supposant que f n’admet pas ` comme limite en a :
∃" > 0, ∀η > 0, ∃x ∈ I ∩]a − η, a + η[ | f (x ) − `| > ".
1 1
Ainsi, en prenant, η = n,on définit un élément xn ∈ I ∩]a − + n1 [. La suite (xn )n d’éléments de I
n ,a
converge vers a , et pourtant la suite (f (xn ))n ne converge pas vers ` : contradiction.
Conseils méthodologiques
On utilise cette propriété pour montrer qu’une fonction f n’admet pas de limite en a en exhi-
bant deux suites (u n )n et (vn )n de même limite a telles que les suites images (f (u n ))n et (f (vn ))n
admettent des limites différentes (ou même que l’une n’admet pas de limite).
Exemple
La fonction f : x 7→ cos x1 n’admet pas de limite en 0. En effet, les suites u = 1 1
2n π n et v = 2n π+ π2 n
tendent toutes les deux vers 0 et f (u n ) → 1 alors que f (vn ) → 0.
1.2. Continuité
Définition 7.11. Continuité en un point
Soit f : I → R et a ∈ I .
. La fonction f est continue en a si lim f = f (a ).
a
. La fonction f est continue à gauche en a si lim f = f (a ).
a−
. La fonction f est continue à droite en a si lim f = f (a ).
a+
Remarque
En fait, il y a redondance dans la définition de la continuité en un point a : il suffit en fait de dire f est
continue en a si f admet une limite finie en a et cette limite sera, par définition égale à f (a ).
Les fonctions cos, sin, polynômes et puissances sont continues sur leurs domaines de définition.
289
Mathématiques MPSI
Pour tout " > 0, posons η = k" . Alors, pour tout x ∈ I tel que |x − a | ≤ η,
| f (x ) − f (a )| ≤ k |x − a | ≤ k η = ".
. En revanche, la réciproque est fausse : par exemple x 7→ x 2 est continue sur R mais n’est pas
lipschitzienne ; si elle l’était, on aurait entre 0 et x > 0, x 2 ≤ k x ce qui devient contradictoire
quand x devient grand.
Exemple
La fonction indicatrice des rationnels définie par
§
1 si x ∈ Q,
x 7→
0 sinon
n’est continue nulle part.
`+"
` `+"
`−" `
`−" `+"
`
a −η a +η a −η a +η `−" a −η a +η
a a a
. En effet, tout intervalle ]a − η, a + η[ contient aussi bien des rationnels que des irrationnels : la
fonction y prend donc les valeurs 0 et 1 ce qui contredit la définition de limite finie ` en a (comme
on peut le voir sur les schémas ci-dessus sur lesquels on a distingué les cas ` = 1, ` ∈/ {0, 1} et ` = 0)
avec " < 12 .
Exemple
La fonction
0 / Q,
si x ∈
f : x 7→ 1 si x = 0,
1 p
q si x = q avec p ∧ q = 1, q > 0
3
2q
1
q
1
2q
p
a −η a = q a +η
. Soit a ∈ R\Q et " > 0. L’ensemble A " = {x ∈]a −1, a +1[, f (x ) ≥ "} est fini (car les dénominateurs
sont majorés par "1 ) ; notons η = 12 min{|x − a |, x ∈ A " }. Alors, pour tout x ∈ R tel que |x − a | ≤ η,
f (x ) = 0 (si x ∈
/ Q) ou f (x ) ≤ " (si x ∈ Q d’après la définition de η) donc
| f (x ) − f (a )| ≤ ",
ce qui est la définition de la continuité de f en a .
290
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
Exemple
La fonction partie entière x 7→ bx c est continue sur R \ Z et continue à droite mais pas à gauche
en tout entier.
Remarque
Comme la continuité est une propriété locale définie par des limites de fonctions, on peut utiliser la
caractérisation séquentielle des limites. En fait, il s’agit surtout d’un outil pour montrer qu’une fonction
n’est pas continue.
Exemple
Soit f : I → R continue et (u n )n une suite vérifiant la relation de récurrence u n+1 = f (u n ). Alors,
si la suite (u n )n converge vers ` ∈ I , on a ` = f (`), c’est-à-dire que ` est un point fixe de f . Pour
étudier les suites récurrentes d’ordre 1, on peut donc procéder en deux temps : montrer la conver-
gence (par exemple avec de la monotonie) puis déterminer les limites possibles en cherchant les
points fixes de la fonction.
Définition 7.13.
Une fonction continue f : I \ {a } → R où a ∈ I est prolongeable par continuité s’il existe b ∈ R tel
que la fonction porlongée
si x = a
§
b
f˜ : x 7→
f (x ) si x ∈ I \ {a }
est continue.
Exemple
sin(x )
La fonction sinus cardinal définie sur R∗ , par x 7→ x admet la limite 1 en 0. Elle est donc pro-
longeable par continuité en 0.
Proposition 7.14.
Soit I un intervalle, a un point intérieur à I et f : I \{a } → R une fonction continue. La fonction f est
prolongeable par continuité en a si, et seulement si, f admet des limites finies à gauche et à droite
en a et que lim−
f = lim+
f.
a a
291
Mathématiques MPSI
Définition 7.15.
. Une fonction f est continue par morceaux sur le segment [a , b ] s’il existe une subdivision a = a 0 <
. . . < a n = b telle que, pour tout k ∈ [[1, n ]], la restriction f|]a k −1 ,a k [ admette un prolongement continu
sur [a k −1 , a k ].
a0 a1 a2 a3 a4 a5
. Une fonction f est continue par morceaux sur l’intervalle I si elle est continue par morceaux sur
tout segment inclus dans I .
Remarque
D’après la proposition précédente, une fonction est continue par morceaux sur un segment s’il existe
une subdivision telle que
• la fonction est continue en dehors des points de la subdivision,
• la fonction admet des limites finies à gauche et à droite aux points de la subdivision.
En particulier, elle n’admet qu’un nombre fini de discontinuités (mais cette condition ne suffit pas).
Exemples
La fonction partie entière x 7→ bx c est continue par morceaux sur R avec une subdivision aux
points d’abscisse entière (elle est même constante par morceaux).
La fonction x 7→ x1 est continue par morceaux sur ]0, 1]. dont voici le tracé de la courbe représen-
tative entre 15 et 1 :
1
En effet, pour tout x ∈] k +1 , k1 ], la partie entière b x1 c vaut k .
292
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
1.3. Manipulations sur les limites
1.3.1. Manipulations algébriques
Proposition 7.16.
Démonstration
Pour la démonstration, notons ` = lim f et `0 = lim g . Écrivons pour chacune des assertions ci-dessus la
a a
majoration qui permet de conclure avec les définitions de limites en a de f et g .
. D’après l’inégalité triangulaire,
∀x ∈ I , || f (x )| − |`|| ≤ | f (x ) − `|.
On conclut avec la définition de limite de f en a . Plus précisément, pour tout " > 0, il existe η > 0 tel que
∀x ∈ I ∩]a − η, a + η[, | f (x ) − `| ≤ "
donc tel que
∀x ∈ I ∩]a − η, a + η[, || f (x )| − |`|| ≤ ".
. D’après l’inégalité triangulaire,
∀x ∈ I , |λf (x ) + µg (x ) − λ` − µ`0 | ≤ |λ|| f (x ) − `| + |µ||g (x ) − `0 |,
et on conclut comme précédemment avec les définitions de limites de f et g .
. Remarquons que | f | est bornée sur un intervalle ouvert contenant a par une constante M . Alors, par
inégalité triangulaire, on a sur cet intervalle
| f (x )g (x ) − ``0 | ≤ | f (x )g (x ) − f (x )`0 | + | f (x )`0 − ``0 |
≤ M |g (x ) − `0 | + |`0 || f (x ) − `|,
et on conclut encore avec les définitions de limites de f et g .
. Remarquons que |g | est minorée sur un intervalle ouvert contenant a par une constante m > 0. Alors,
par inégalité triangulaire, on a sur cet intervalle
f (x ) ` |`0 f (x ) − `g (x )|
− ≤ ,
g (x ) ` 0 m|`0 |
et on conclut toujours avec les définitions de limites de f et g .
Remarque
La démonstration ci-dessus ressemble beaucoup aux démonstrations analogues sur les limites de suites.
C’est tout à fait cohérent puisque ces résultats peuvent également être établi avec la caractérisation
séquentielle de limite en partant d’une suite quelconque à valeurs dans I et de limite a .
293
Mathématiques MPSI
Avec les définitions de continuité en termes de limites, on obtient que la valeur absolue, les combinai-
sons linéaires et le produit de fonctions continues en a (respectivement sur I ) sont encore des fonctions
continues en a (respectivement sur I ). Pour le quotient, il faut l’hypothèse supplémentaire que le déno-
minateur ne s’annule pas.
1.3.2. Composition
Proposition 7.17.
Soit f : I → J et g : J → K deux fonctions et a une borne ou un point de l’intervalle I tel que f admet
la limite b en a et g admet la limite ` en b . Alors, g ◦ f admet la limite ` en a .
Démonstration
Soit " > 0. D’après la définition de lim g = `, il existe η > 0 tel que
b
∀x ∈ I ∩]a − ν, a + ν[, | f (x ) − b | ≤ η.
En combinant les deux propriétés,
∀x ∈ I ∩]a − ν, a + ν[, |g (f (x )) − `| ≤ ".
Remarque
Là encore, on pourrait effectuer la démonstration à partir de la caractérisation séquentielle de limite.
Avec les définitions de continuité en termes de limites, on obtient que la composée de deux fonctions
continues est continue.
1.3.3. Inégalités
Toujours avec la caractérisation séquentielle de limite et les propositions analogues pour les suites, on
obtient les résultats suivants d’encadrement.
Proposition 7.18.
Dans le schéma ci-dessous, la fonction dont la courbe représentative oscille est « coincée » entre deux fonc-
tions de même limite ` en +∞. Elle admettra elle-aussi cette limite par le lemme d’encadrement.
294
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
`
La limite du produit d’une fonction bornée par une fonction tendant vers 0 est nulle.
Exemple
En application directe du corollaire précédent avec x 7→ x de limite nulle en 0 et x 7→ sin x1 bornée,
on obtient lim x sin x1 = 0.
x →0
Proposition 7.21.
Démonstration
Remarquons que, pour tout x ∈ R, une récurrence immédiate donne f (x ) = f (2n x ) pour tout n ∈ N. En
passant à la limite en n , on obtient que f (x ) = `. Ainsi, f est constante égale à `.
Proposition 7.22.
295
Mathématiques MPSI
Démonstration
Remarquons que, pour tout x , une récurrence immédiate donne f (x ) = f (2−n x ) pour tout n ∈ N. En
passant à la limite en n et en utilisant la continuité de f en 0, on obtient que f (x ) = f (0). Ainsi f est
constante égale à f (0).
Dans les deux exemples précédents, on a exhibé une suite de réels ayant même image par f : d’un côté
la suite (2n x )n et de l’autre (2−n x )n . Cette façon de procéder est relativement générale même si l’on n’ex-
plicite pas toujours la suite considérée.
Proposition 7.23.
Démonstration
1+x
Soit x ∈ R. Considérons la suite (xn )n définie par x0 = x et, pour tout n ∈ N, xn+1 = 2 n . Alors, une
récurrence immédiate assure que f (x ) = f (xn ) pour tout n ∈ N. Comme la suite arithmético-géométrique
(xn )n converge vers 1 et que la fonction f est continue en 1, on en déduit que f (x ) = f (1). En conclusion
la fonction f inconnue est constante égale à f (1).
On peut déduire de ces premiers exemples les solutions d’un certain nombre d’équations proches.
Proposition 7.24.
∀x ∈ R, f (x ) + x = f (2x )
sont de la forme x 7→ c + x avec c ∈ R.
Démonstration
Remarquons que l’équation se réécrit
∀x ∈ R, f (x ) − x = f (2x ) − 2x .
Considérons g : x 7→ f (x ) − x . Elle est continue et vérifie
∀x ∈ R, g (x ) = g (2x )
donc est constante. En conclusion, f est de la forme x 7→ c + x avec c ∈ R.
Passons à une autre équation pour illustrer l’importance de choisir des valeurs particulières des argu-
ments.
Proposition 7.25.
∀x , y ∈ R, f (x y ) = x f (x ) + y f (y )
est la fonction nulle.
Démonstration
. Commençons par remarquer que pour x = y = 0, la relation donne f (0) = 0.
296
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
. Ensuite pour y = 0, on obtient que, pour tout x , x f (x ) = 0. Ainsi, f est nulle sur R∗ . En conclusion, la
fonction f est nulle sur R.
Après cet exemple élémentaire, passons à la plus « importante » des équations fonctionnelles classiques.
Démonstration
. Appliquons la relation avec x = y = 0 : f (0) = 2 f (0) donc f (0) = 0.
. Soit x ∈ R. On montre, par récurrence sur n ∈ N, que f (n x ) = n f (x ). Le résultat est vrai pour n = 0. Soit
n ∈ N tel que f (n x ) = n f (x ). Alors,
f ((n + 1)x ) = f (n x + x ) = f (n x ) + f (x ) = n f (x ) + f (x ) = (n + 1)f (x )
ce qui achève la récurrence.
. Soit n ∈ N et x ∈ R ; alors, 0 = f (0) = f (n x − n x ) = f (n x ) + f (−n x ) donc f (−n x ) = −n f (x ).
Par conséquent, f (n x ) = n f (x ) pour tout n ∈ Z et tout x ∈ R.
. Soit (p , q ) ∈ Z × N \ {0}. Alors, en appliquant le point précédent avec x = q1 et n ∈ {p , q },
1 1
f (1) = f q=qf
q q
p 1 1
f =f p =pf .
q q q
p p
En combinant ces résultats, f ( q ) = q f (1), c’est-à-dire f (r ) = r f (1) pour tout r ∈ Q.
. Soit x ∈ R et (rn )n une suite de rationnels de limite x . Comme f est continue,
f (x ) = lim f (rn ) = lim rn f (1) = x f (1).
Conseils méthodologiques
La dernière étape peut être modifiée pour chercher les fonctions vérifiant la même équation mais
avec la condition de régularité « f croissante ». En effet, dans cet exemple alternatif, les premiers
points (construction jusqu’aux rationnels) restent identiques. Le passage à la limite s’obtient en
encadrant une réel x quelconque par deux suites de rationnels de limite x et en utilisant le lemme
d’encadrement.
Attention à ne pas conclure trop vite dans cet exemple que les fonctions solutions sont les fonc-
tions x 7→ a x avec a ∈ R ; la vérification (qui était immédiate dans les exemples précédents)
impose que a ≥ 0 pour avoir la croissance.
Corollaire 7.27.
297
Mathématiques MPSI
Démonstration
Posons g : t 7→ f (e t ).
La relation devient
∀s , t ∈ R, g (t + s ) = g (t ) + g (s ).
Comme g est continue, il existe, d’après la proposition précédente sur l’équation de Cauchy, a ∈ R tel
que g : t 7→ a t soit en revenant à f , tel que
f : x 7→ a ln x .
Remarque
Avec une méthode analogue, on peut montrer que les seules fonctions continues non nulles vérifiant
∀x , y ∈ R, f (x + y ) = f (x )f (y )
ax
sont les fonctions de la forme x 7→ e avec a ∈ R.
Reprenons la construction par étapes des propositions précédentes pour une autre équation.
Proposition 7.28.
∀x , y ∈ R, f (x + y ) + f (x − y ) = 2(f (x ) + f (y ))
sont les fonctions de la forme x 7→ a x avec a ∈ R.
2
Démonstration
. Appliquons la relation avec x = y = 0 : 2f (0) = 4 f (0) donc f (0) = 0.
. Montrons, par récurrence sur n ∈ N et tout x ∈ R, que f (n x ) = n 2 f (x ). Le résultat est désormais établi
pour n = 0 et n = 1. Soit n ≥ 1 tel que la propriété soit vérifiée aux rangs n et n − 1 ; montrons-la au rang
n + 1. Soit x ∈ R. En appliquant la relation avec les arguments n x et x , on obtient
f ((n + 1)x ) = 2(f (n x ) + f (x )) − f ((n − 1)x )
= (2n 2 + 2 − (n − 1)2 )f (x ) = (n + 1)2 f (x ).
. Soit x ∈ R et n ∈ N. En appliquant la relation avec les arguments 0 et n x ,
f (n x ) + f (−n x ) = 2 f (0) + 2 f (n x )
d’où
f (−n x ) = f (n x ) = n 2 f (x ) = (−n )2 f (x ).
1
. Soit (p , q ) ∈ Z × N \ {0}. Alors, en appliquant le point précédent avec x = q et n ∈ {p , q },
1 1
f (1) = f q= q2f
q q
p 1 1
f =f p = p2f .
q q q
p p2
En combinant ces résultats, f ( q ) = q 2 f (1), c’est-à-dire f (r ) = r 2 f (1) pour tout r ∈ Q.
. Soit x ∈ R et (rn )n une suite de rationnels de limite x . Comme f est continue,
f (x ) = lim f (rn ) = lim rn2 f (1) = x 2 f (1).
298
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
Voici une équation dont les solutions se déduisent de l’équation précédente.
Corollaire 7.29.
Démonstration
La fonction nulle convient. Soit f une solution non nulle.
. Remarquons que si f (0) = 0, alors (en prenant y = 0 dans la relation),
f (x )2 = f (x )2 f (0)2 = 0
pour tout x ∈ R : f est nulle.
Par conséquent f (0) 6= 0.
x x
. Considérons un réel x0 où f s’annule. Alors, f (x0 )f (0) = f ( 20 )4 donc f ( 20 ) = 0. Par une récurrence
x0
immédiate, f ( 2n ) = 0 pour tout n ∈ N puis en passant à la limite et en utilisant la continuité de f en 0,
f (0) = 0 : contradiction.
Ainsi, f ne s’annule pas ; d’après le théorème des valeurs intermédiaires, f est de signe constant. Suppo-
sons, quitte à remplacer f par − f , que f est strictement positive.
. Posons g = ln ◦ f . La fonction g vérifie l’équation précédente donc est de la forme x 7→ a x 2 avec a ∈ R.
2
Par conséquent, f est de la forme x 7→ e a x .
Soit f une fonction continue sur l’intervalle I , a , b ∈ I avec a < b . Pour tout y entre f (a ) et f (b ), il
existe x ∈ [a , b ] tel que y = f (x ).
Remarque
Si on ajoute l’hypothèse de stricte monotonie pour f , l’antécédent x de y dans [a , b ] est alors unique.
Démonstration
Supposons, sans perte de généralité, f (a ) < f (b ). Notons A = {x ∈ [a , b ], f (x ) ≤ y } : cet ensemble est
non vide (a ∈ A) et majoré par b . Soit c = sup A. Comme f est continue, f (c ) ≤ y . De plus, c est la
borne inférieure de l’intervalle {x ∈ [c , b ], f (x ) > y } donc f (c ) ≥ y (en passant à la limite encore avec la
continuité de f ). Par conséquent, f (c ) = y .
Traduisons ce théorème en d’autres termes.
Corollaire 7.31.
299
Mathématiques MPSI
Remarque. Dichotomie
Comme une fonction continue ne peut changer de signe sans s’annuler, on peut en déduire un algo-
rithme de recherche dichotomique d’un zéro d’une fonction continue changeant de signe. Partant d’un
intervalle [a , b ] tel que f (a )f (b ) < 0, on introduit c = a +b
2 et on se ramène à l’un des intervalles [a , c ]
ou [c , b ] où f change de signe. Renouvelant cette étape, on obtient une approximation de plus en plus
précise d’un zéro de f .
Voici pour illustrer la courbe représentative d’une fonction continue qui s’annule et les premiers intervalles
de localisation du zéro obtenus par dichotomie (le plus bas est celui de départ et, à chaque montée, on ne
garde qu’une moitié de l’intervalle précédent en fonction du signe de la fonction au milieu de celui-ci).
Exemple
Toute fonction f : [0, 1] → [0, 1] continue admet au moins un point fixe : si ni 0, ni 1 ne sont des
points fixes, la fonction continue x 7→ f (x ) − x prend des valeurs de signes distincts en 0 et 1 (car
f (0) > 0 et f (1) < 1) donc s’annule d’après la propriété des valeurs intermédiaires.
Ce résultat est tout à fait naturel : dans le carré [0, 1]2 , la courbe d’une fonction continue ne peut
joindre le bord gauche au bord droit sans couper la diagonale.
On remarque que ce raisonnement serait identique en remplaçant [0, 1] par n’importe quel autre
segment.
300
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
b "
α β
a "
Par conséquent,
f (β ) ≥ b − " ≥ b − (b − c ) = c = a + (c − a ) ≥ a + " ≥ f (α).
On applique alors le théorème des valeurs intermédiaires sur l’intervalle entre α et β pour
conclure.
Cet exemple se généralise évidemment à des limites infinies et permet d’obtenir, entre autres, l’exemple
suivant.
Exemple
Un polynôme réel P de degré impair admet au moins une racine réelle. En effet, les limites en
±∞ sont celles de son monôme de plus haut degré :
• si le coefficient dominant est (strictement) positif, alors lim P = +∞ et lim P = −∞,
+∞ −∞
• sinon, lim P = −∞ et lim P = +∞.
+∞ −∞
En particulier, ces limites sont de signes distincts. Ainsi, ce polynôme change de signe et par
conséquent s’annule d’après le théorème des valeurs intermédiaires (car la fonction x 7→ P (x )
est continue).
Lemme 7.32.
Soit f une fonction continue sur un intervalle I . Si f est injective, alors f est strictement monotone.
Remarquons que la réciproque est évidente : une fonction strictement monotone (continue ou pas) est
injective.
Démonstration
Soit a < b deux éléments de I . Comme f est injective, f (a ) 6= f (b ). Supposons, sans perte de généralité,
f (a ) < f (b ). On cherche à montrer que f est croissante. Par l’absurde, s’il existe a ≤ x < y ≤ b tel que
f (x ) > f (y ), alors on pose : g : t 7→ f (t x + (1 − t )a ) − f (t y + (1 − t )b ).
Remarquons que g (0) = f (a ) − f (b ) < 0 et g (1) = f (x ) − f (y ) > 0. Cette fonction est continue, change de
signe sur [0, 1] donc s’annule en un certain t ∈ [0, 1] : par conséquent,
f (t x + (1 − t )a ) = f (t y + (1 − t )b ) et t x + (1 − t )a ≤ x < y ≤ t y + (1 − t )b ,
ceci contredit l’injectivité de f et clôt le raisonnement par l’absurde.
301
Mathématiques MPSI
g (0) = f (a ) − f (b ) < 0
g (1) = f (x ) − f (y ) > 0
a x y b
Remarque
Remarquons que le lemme précédent est faux si on enlève l’hypothèse de continuité : il existe des bijec-
tions de R dans R qui ne sont pas monotones.
Par exemple, la fonction §
x si x ∈ Q,
f : x 7→
x + 1 sinon
est bijective (chaque rationnel est son unique antécédent et chaque irrationnel x admet pour unique
antécédent x − 1) mais pas monotone (par exemple, f (3) < f (4) < f (π)).
Proposition 7.33.
Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I . Alors, f réalise une bijection
entre I et f (I ) et sa bijection réciproque est continue.
Démonstration
Il suffit d’étudier la continuité de f −1 . Comme f est strictement monotone, f −1 est aussi strictement
monotone donc f −1 admet des limites à droite et à gauche en tout point de I . Soit a ∈ I . Par continuité
de f ,
f ( lim− f −1 (y )) = lim− f (f −1 (y )) = lim− y = a = f (f −1 (a )).
y →a y →a y →a
De même, f ( lim+ f −1
(y )) = f (f −1
(a )), donc, avec l’injectivité de f , lim− f −1 (y ) = lim+ f −1 (y ) = f −1 (a ) et
y →a y →a y →a
f −1 est continue en a .
Remarque
L’hypothèse « I intervalle » est essentielle comme on peut le constater avec la fonction
−x − 1 si x ∈ [−1, 0],
§
f : x 7→
−x + 2 si x ∈ [1, 2[
Cette fonction réalise une bijection continue de [−1, 0] ∪ [1, 2[ dans [−1, 1] mais sa réciproque n’est pas
continue en 0. En effet, après un calcul élémentaire,
−y − 1 si y ∈ [−1, 0],
§
f −1 : y 7→
−y + 2 si y ∈]0, 1]
302
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
et lim
−
f −1 = f −1 (0) = −1 et lim
+
f −1 = 2. Voici leurs courbes représentatives :
0 0
Proposition 7.34.
Démonstration
Soit f une fonction continue sur [a , b ].
. Si f n’est pas bornée, alors on peut construire une suite (xn )n d’éléments de [a , b ] telle que | f (xn )| ≥ n
pour tout n. D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, on peut extraire une suite convergente de (xn )n
donc de (| f (xn )|)n (car | f | continue) : contradiction.
. Notons S la borne supérieure des valeurs de f sur [a , b ] (qui est finie d’après le point précédent). On
construit une suite (u n )n d’éléments de [a , b ] telle que
S − 2−n ≤ f (u n ) ≤ S
en utilisant que S − 2−n n’est pas un majorant de f .
On obtient, par le théorème de Bolzano-Weierstrass, une suite extraite de (u n )n qui converge vers un réel
` ∈ [a , b ]. Par continuité de f en `, f (`) = S .
On procède de même pour montrer que la borne inférieure I est atteinte. Ainsi, f ([a , b ]) ⊂ [I ,S ] par
définition des bornes supérieure et inférieure et [I ,S ] ⊂ f ([a , b ]) d’après la propriété des valeurs intermé-
diaires : on obtient l’égalité par double inclusion.
303
Mathématiques MPSI
Remarque
. Le résultat devient faux pour une fonction seulement continue par morceaux sur un segment comme
on peut le voir avec la fonction f : [0, 1] → R définie par f (0) = f (1) = 12 et f (x ) = x sinon qui n’atteint pas
ses bornes sur le segment [0, 1].
. En revanche, une fonction continue par morceaux sur un segment est toujours bornée. En effet, sup-
posons que f soit continue par morceaux sur un segment [a , b ] et considérons une subdivision associée
(a k )k ∈[[0,N ] . Pour tout k ∈ [ 1, N ]], la restriction f|]a k −1 ,a k [ se prolonge en une fonction continue sur le segment
[a k −1 , a k ] donc est bornée. Comme il y a un nombre fini de telles restrictions et de valeurs aux points de
la subdivision, la fonction f est bornée.
Exemple
Si f : R → R est une fonction continue de limites nulles en ±∞, alors f atteint au moins l’une de
ses bornes.
. Si f est la fonction nulle, alors le résultat est immédiat.
. Sinon, il existe x0 ∈ R tel que f (x0 ) 6= 0. Supposons sans perte de généralité f (x0 ) > 0.
Comme les limites de f en ±∞ sont nulles, il existe A < x0 < B tels que
1
/ [A, B ],
∀x ∈ | f (x )| ≤ f (x0 ).
2
f (x0 )
1
2 f (x0 )
A x0 B
Sur le segment [A, B ], f atteint sa borne supérieure. Or, cette quantité est supérieure à f (x0 ), car
x0 ∈ [A, B ], donc à 12 f (x0 ) : c’est donc la borne supérieure de f sur R.
Voici un exemple d’application où l’on utilise que le minimum est atteint sur un segment.
Exemple
Soit f , g : [a , b ] → R deux fonctions continues telles que f (x ) > g (x ) pour tout x ∈ [a , b ]. Il existe
m > 0 tel que
∀x ∈ [a , b ], f (x ) ≥ g (x ) + m .
En effet, la fonction continue f − g est strictement positive et atteint sur le segment [a , b ] son
minimum m > 0 ; pour tout x ∈ [a , b ], f (x ) − g (x ) ≥ m .
304
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
Remarque
Une fois encore, l’hypothèse « I segment » est essentielle : le résultat peut être facilement mis en défaut
que [1, +∞[ avec la fonction g : x 7→ x1 et la fonction f nulle.
Proposition 7.37.
∀x ∈ R+ , | f (x )| ≤ a x + b .
Démonstration
Posons " = 1 et considérons
le réel η > 0 associé par la définition de continuité uniforme. Définissons,
pour tout x ∈ R+ , n = ηx . Alors,
n−1
X
| f (x ) − f (0)| ≤ | f (k η) − f ((k + 1)η)| + | f (x ) − f (n η)|
k =0
"
≤ (n + 1)" ≤ " + x.
η
Par conséquent,
"
| f (x )| ≤ | f (0)| + " + x.
η
"
D’où le résultat avec a = η et b = | f (0)| + ".
Proposition 7.38.
Démonstration
Soit f une fonction k -lipschitzienne. Pour tout " > 0, posons η = k" .
Alors, pour tous x , x 0 tels que |x − x 0 | ≤ η,
| f (x ) − f (x 0 )| ≤ k |x − x 0 | ≤ k η = ".
Donc f est uniformément continue.
On peut aussi obtenir le résultat suivant en intervertissant les quantificateurs (et donc en appauvrissant
la propriété requise) :
305
Mathématiques MPSI
Proposition 7.39.
Exemple
. La fonction définie sur R par x 7→ x 2 est continue mais pas uniformément continue (c’est, par
exemple, une conséquence de la propriété 7.37).
p
. La fonction définie sur [0, 1] par x 7→ x est uniformément continue (ce sera une conséquence
du théorème suivant) mais n’est pas lipschitzienne. En effet, si cette fonction était lipschitzienne,
p p
alors, pour tous x 6= y , on aurait | x − y | ≤ k |x − y | et donc :
1
p p ≤ k,
x+ y
ce qui entraîne une contradiction pour x , y suffisamment petits.
p
Graphiquement, la fonction x 7→ x est de pente verticale au voisinage de 0 alors que les pentes
d’une fonction k -lipschitzienne sont majorées par k .
Démonstration
Raisonnons par l’absurde, si f n’est pas uniformément continue, alors il existe " > 0 tel que l’on peut
construire deux suites (u n )n et (vn )n d’éléments de I vérifiant, pour tout n > 0 :
1
|u n − vn | ≤ , | f (u n ) − f (vn )| ≥ ".
n
D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass, on peut obtenir une suite extraite (u ϕ(n ) )n qui converge.
Par conséquent, la suite (vϕ(n) )n converge vers la même limite. Comme f est continue, les deux suites
(f (u ϕ(n ) ))n et (f (vϕ(n ) ))n convergent vers la même limite, ce qui est contradictoire (puisqu’elles sont sépa-
rées d’au moins ").
Une fonction f est en escalier sur un segment [a , b ] s’il existe une subdivision (a k )k ∈[[0,n ] de [a , b ]
telle que f soit constante sur les intervalles ]a k , a k +1 [ pour k ∈ [[0, n − 1]].
306
Chapitre 7 – Fonctions continues
COURS
Proposition 7.42.
Soit f continue sur un segment [a , b ] et " > 0. Il existe des fonctions en escaliers ϕ et ψ telles que,
pour tout x ∈ [a , b ],
ϕ(x ) ≤ f (x ) ≤ ψ(x ), ψ(x ) − ϕ(x ) ≤ ".
Démonstration
Soit " > 0. D’après le théorème de Heine, la fonction continue f sur [a , b ] est uniformément continue : il
existe η > 0 tel que
∀(x , x 0 ) ∈ I 2 , |x − x 0 | ≤ η ⇒ |f (x ) − f (x 0 )| ≤ ".
b −a
Considérons n ∈ N \ {0} tel que n ≤ η et définissons la subdivision régulière (a k )k ∈[[0,n]] de [a , b ] par
b −a
∀k ∈ [ 0, n ]], ak = a + k .
n
Définissons alors les fonctions en escaliers ϕ et ψ sur chaque intervalle ]a k , a k +1 [ comme les fonctions
constantes respectivement égales au minimum et au maximum de f sur l’intervalle fermé correspondant
[a k , a k +1 ].
a0 a1 a2 a3 a4 a5 a6 a7 a8
Sur chaque intervalle ]a k , a k +1 [, les valeurs de ϕ et ψ sont des valeurs atteintes par f sur [a k , a k +1 ] ; l’in-
tervalle étant de taille inférieure à η, l’écart entre les deux valeurs, donc entre ϕ et ψ, est majoré par "
d’après la propriété d’uniforme continuité.
On complète la définition de ces fonctions en escalier sans perdre cette propriété sur l’écart en posant
par exemple ϕ(a k ) = ψ(a k ) = f (a k ) pour tout k ∈ [ 0, n ]].
Remarque
Ce résultat pourra se reformuler avec le cours de seconde année de la façon suivante : toute fonction
continue f sur un segment [a , b ] est limite uniforme d’une suite de fonctions (ϕn )n en escalier.
En effet, en prenant pour chaque n, " = 2−n dans la proposition précédente, on obtient une fonction en
escalier ϕn telle que
∀x ∈ [a , b ], | f (x ) − ϕn (x )| ≤ 2−n .
307
Mathématiques MPSI
On utilisera ce résultat d’approximation ou plutôt le corollaire suivant afin de construire l’intégrale d’une
fonction continue par morceaux sur un segment.
Corollaire 7.43.
Soit f continue par morceaux sur un segment [a , b ] et " > 0. Il existe des fonctions en escaliers ϕ et
ψ telles que, pour tout x ∈ [a , b ],
ϕ(x ) ≤ f (x ) ≤ ψ(x ), ψ(x ) − ϕ(x ) ≤ ".
Démonstration
Il suffit d’appliquer le résultat précédent à chaque restriction de f aux intervalles ouvert de la subdivision
convenablement prolongée aux extrémités de celui-ci.
308
FICHE
SYNTHÈSE
La première partie de ce chapitre est consacrée à la définition et aux propriétés de limite et de continuité.
Limites
Limite monotone
Soit f :]a , b [→ R croissante. Alors, f admet des limites finies à gauche et à droite en tout point
c ∈]a , b [. De plus,
lim
−
f ≤ f (c ) ≤ lim
+
f.
c c
La proximité de ces définitions avec les définitions pour les suites permet de démontrer de la même
manière les règles de manipulation, l’utilisation des inégalités ou de la monotonie.
Continuité
Une fonction f : I → R est continue en a ∈ I si elle admet une limite finie en a . Elle est continue
sur I si elle est continue en tout point de I (propriété locale).
Comme la continuité se définit en termes de limites, les propriétés opératoires sont aussi valables pour
la continuité.
Il est bon de savoir utiliser la caractérisation séquentielle des limites pour montrer qu’une fonction n’ad-
met pas de limite en un point (qu’elle n’est pas continue).
309
Voici le bilan des propriétés essentielles des fonctions continues sur un intervalle.
. Soit f une fonction continue sur l’intervalle I , a , b ∈ I avec a < b . Pour tout y entre f (a ) et
f (b ), il existe x ∈ [a , b ] tel que y = f (x ). En d’autres termes, l’image par une fonction continue
d’un intervalle est un intervalle.
. Soit f une fonction continue sur un intervalle I et injective. Alors, f est strictement monotone.
. Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle I . Alors, f réalise une
bijection entre I et f (I ) et sa bijection réciproque est continue.
Voici le bilan des propriétés essentielles des fonctions continues sur un segment.
. Une fonction continue sur un segment est bornée et atteint ses bornes. En d’autres termes, l’image
par une fonction continue d’un segment est un segment.
. Une fonction f continue sur un segment I est uniformément continue, c’est-à-dire
∀" > 0, ∃η > 0, ∀(x , x 0 ) ∈ I 2 , |x − x 0 | ≤ η ⇒ | f (x ) − f (x 0 )| ≤ ".
L’approximation uniforme (une fonction continue sur un segment peut être approchée arbitrairement
près par des fonctions en escalier) est une conséquence de ces propriétés qui sera utilisée plus tard dans
le cours d’intégration.
310
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) f admet la limite +∞ en −∞ si
∀M > 0, ∃A < 0, ∀x ≥ A, f (x ) ≥ M .
b) Une fonction monotone admet une limite en tout point intérieur à son
domaine de définition.
EXERCICES
c) Si lim (f (x ) − g (x )) = 0, alors lim f (x ) = lim g (x ).
x →a x →a x →a
311
Mathématiques MPSI
Exercice 1
La fonction x 7→ cos(x + x1 ) − cos x1 est-elle prolongeable par continuité en 0 ?
Exercice 2
Soit f : x 7→ 2bx c − cos(3π(x − bx c)).
1. Déterminer les points où f est continue.
2. Calculer card f −1 ({y }) pour y ∈ R.
Exercice 3
Montrer qu’il n’existe pas de fonction f : R → [0, 1] continue, bijective de réciproque continue.
Exercice 4
Montrer que deux fonctions croissantes sur un intervalle ouvert dont la somme est continue sont conti-
nues.
Exercice 5
n
Étudier la continuité sur R+ de f : x 7→ sup xn ! .
n ∈N
Exercice 6
Soit f : R → R une fonction continue. Posons g : x 7→ bx c + f (x − bx c). Déterminer à quelle condition sur
f la fonction g est continue.
Exercice 7
Soit f : R∗+ → R continue, telle que, pour tout x > 0, la suite (f (n x ))n est croissante. Montrer que f est
croissante.
Exercice 8
p
Soit f : R∗+ → R nulle en tous les irrationnels telle que l’image du rationnel d’écriture irréductible q
1
est p +q.
1. Soit " > 0. Montrer que l’ensemble {x ∈ R∗+ , f (x ) > "} est fini.
2. Déterminer l’ensemble des points où f est continue.
312
Chapitre 7 – Fonctions continues
Exercice 9
1
Déterminer les fonctions f : R∗ → R continues telles que f (x 2 ) = x2 f (x ) pour x 6= 0.
Exercice 10
Soit f : [0, 1] → R une fonction continue et x1 , . . . , xn ∈]0, 1[. Montrer qu’il existe c ∈]0, 1[ tel que
f (x1 ) + . . . + f (xn )
f (c ) = .
n
Exercice 11
Soit n réels a 1 < a 2 < · · · < a n et la fonction
1 1 1
f : x 7→ + + ... + .
x − a1 x − a2 x − an
Montrer que f s’annule exactement n − 1 fois sur son ensemble de définition.
EXERCICES
R
g:
x 7→ f (x + n1 ) − f (x )
Pn−1
1. Calculer k =0 g nk .
Exercice 13
1
Pn
Soit (a 1 , . . . , a n ) ∈ [0, 1]n . Montrer qu’il existe a ∈ [0, 1] tel que n k =1 |a − a k | = 12 .
Exercice 14
f (x )
Soit f : R+ → R+ continue telle que lim x < 1. Montrer que f admet un point fixe.
x →∞
Exercice 15
Soit f : R → R continue injective telle qu’il existe n ∈ N \ {0} vérifiant
∀x ∈ R, f n (x ) = x .
Montrer que f ou f 2 est l’identité.
Exercice 16
Soit f et g deux fonctions continues sur [0, 1] telles que
∀x ∈ [0, 1], 0 < f (x ) < g (x ).
Montrer qu’il existe un réel C > 1 tel que
∀x ∈ [0, 1], C f (x ) ≤ g (x ).
Exercice 17
Soit f : R+ → R continue et surjective. Montrer que f −1 ({0}) est infini.
313
Mathématiques MPSI
Exercice 18
Soit f : [a , b ] → R continue et x0 ∈ [a , b ] tels que
f (x0 ) < sup f .
[a ,x0 ]
Montrer qu’il existe u < x0 tel que sup[a ,u] f = sup[a ,x0 ] f .
Exercice 19
Soit f : R → R T -périodique et continue. Montrer qu’il existe a ∈ R tel que f (R) = f ([a , a + T2 ]).
Exercice 20
Soit f : [a , b [→ R uniformément continue. Montrer que f est bornée.
Exercice 21
Soit f : R+ → R une fonction continue de limite nulle en +∞. Montrer que f est uniformément continue.
Exercice A
Soit f : R → R une fonction continue telle que cos ◦ f (x ) −→ `.
x →+∞
Montrer que f converge en +∞.
Exercice B
Soit f :]a , b [→ R une fonction croissante. Montrer que la fonction x 7→ lim
+
f est croissante.
x
Exercice C
1. Déterminer les fonctions f : R → R continues telles que
∀x ∈ R, sup f (t ) = x .
t ≤x
Exercice D
Soit f : [a , b ] → R telle que
• f (a ) > f (b ) ;
• il existe g : [a , b ] → R continue telle que f + g est croissante.
Montrer que, pour tout z ∈ [f (b ), f (a )], il existe c ∈ [a , b ] tel que z = f (c ).
Exercice E
Montrer qu’il n’existe pas de fonction f : R → R continue telle que pour tout c ∈ R,
card f −1 ({c }) ∈ {0, 2}.
Exercice F
Déterminer les fonctions f : R → R continues telles que f (Q) ⊂ R \ Q et f (R \ Q) ⊂ Q.
314
Chapitre 7 – Fonctions continues
O O
a c d b
PROBLÈMES
Exercice H
1. Montrer qu’il n’existe pas de fonction f : [0, 1] →]0, 1[ continue et surjective.
2. Trouver une fonction f :]0, 1[→ [0, 1] continue et surjective.
Exercice I
Soit f : [a , b ] → R continue. Montrer que sup f = sup f .
[a ,b ] ]a ,b [
Problèmes du chapitre 7
315
Mathématiques MPSI
Partie A – Préliminaires
1. Soit g la fonction définie par g (x ) = − 32 x 2 + 52 x + 1 pour tout x ∈ R.
a. Montrer que 0 est un point de période 3 pour g .
b. Déterminer les points fixes (éventuels) de g .
2. Soit φ une fonction continue sur le segment [α, β ] telle que [α, β ] ⊂ φ([α, β ]). Montrer que φ admet
(au moins) un point fixe.
3. Supposons que x0 est un point de période 3 pour f . Notons
a = min{x0 , f (x0 ), f 2 (x0 )}.
a. Justifier que
{a , f (a ), f 2 (a )} = {x0 , f (x0 ), f 2 (x0 )}.
316
Chapitre 7 – Fonctions continues
Partie B – Construction
On cherche dans cette partie à établir l’existence d’une suite décroissante (pour l’inclusion) de segments
(Ik )k ≤n vérifiant les quatre conditions suivantes :
(C1) I0 = J1 ,
(C3) f n −1 (In−1 ) = J0 ,
(C4) f n (In ) = J1 .
PROBLÈMES
1. Soit I un segment, φ : I → I continue et K = [α, β ] un segment non vide et non réduit à un point
inclus dans φ(I ).
a. Montrer l’existence de a , b ∈ I tels que φ(a ) = α et φ(b ) = β . On suppose, par symétrie, que
a < b.
b. Soit A = x ∈ [a , b ], φ(x ) = β . Justifier l’existence de v = min A.
On considère de même u = max B où B = x ∈ [a , v ], φ(x ) = α .
c. Montrer l’existence d’un segment L ⊂ I tel que K = φ(L ).
2. a. Construire une suite (Ik )k ≤n−2 satisfaisant (C1) et (C2).
b. Montrer que cette suite vérifie que ∀k ∈ [ 1, n − 2]], f k (Ik ) = J1 .
3. Montrer que J0 ⊂ f (J1 ) = f n −1 (In−2 ) ; en déduire l’existence d’un segment In−1 satisfaisant la condi-
tion (C3).
4. Montrer que J1 ⊂ f n (In −1 ) ; en déduire l’existence de In satisfaisant la condition (C4).
317
Mathématiques MPSI
Partie A – Exemples
1. Montrer que tout point fixe d’une application f : [a , b ] → [a , b ] est un point fixe de f n pour n > 0.
2. Donner un exemple d’application continue f : [a , b ] → [a , b ] qui admet un 2-cycle.
3. Donner un exemple d’application continue f : [a , b ] → [a , b ] qui n’admet pas de 2-cycle.
4. Déterminer, selon la valeur de λ ∈]0, 4], les points fixes et les 2-cycles de l’application
[0, 1] → [0, 1]
§
f :
x 7→ λx (1 − x )
N = min{ j ≥ 3, u j ≤ c }.
Soit k le plus petit entier tel que la suite finie (u n )n∈[[k +1,N ] est strictement décroissante et j ∈ [ 1, N − k ]]
tel que u k + j ≥ u k > u k + j +1 .
318
Chapitre 7 – Fonctions continues
PROBLÈMES
319
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Faux, il faudrait remplacer ∀x ≥ A par ∀x ≤ A.
b) Faux, à droite et à gauche seulement.
c) Faux, les fonctions f et g n’admettent pas forcément de limites en a .
d) Vrai.
e) Faux, x 7→ x 2 sur R.
π
f) Faux avec, par exemple, la fonction f définie par f (x ) = 0 si x = 2 [π], f (x ) = tan x sinon.
g) Faux, arctan.
h) Faux, arctan.
i) Vrai car sur un segment la borne supérieure d’une fonction continue est un plus grand élément.
j) Vrai car en 3 ce polynôme vaut −2 et il tend vers +∞ en +∞ : c’est ensuite le théorème des valeurs
intermédiaires.
k) Vrai d’après le théorème des valeurs intermédiaires.
l) Vrai d’après le théorème des valeurs intermédiaires.
m) Faux, avec la fonction continue f : x 7→ x 2 et I = [1, 4] : f −1
(I ) = [−2, −1] ∪ [1, 2].
n) Faux.
o) Faux pas aux entiers.
p) Vrai.
q) Faux, avec, par exemple, la fonction f définie par f (x ) = x si x ∈ Q, et f (x ) = x + 1 sinon.
r) Vrai.
s) Vrai.
t) Faux.
u) Vrai.
v) Faux, en revanche, elle est uniformément continue d’après le théorème de Heine.
w) Vrai.
320
Corrigés
Exercice 1
Grâce à une formule de trigonométrie, on peut tout d’abord réécrire, pour tout x 6= 0,
x x 1
f (x ) = −2 sin sin + .
2 2 x
Ainsi, f est le produit d’une fonction de limite nulle en 0 (à savoir, x 7→ −2 sin x2 ) et d’une fonction
bornée (à savoir, x 7→ sin x2 + x1 ) donc est de limite nulle en 0. Ainsi, f est prolongeable par continuité
en 0.
Exercice 2
1. D’après les règles usuelles de composition et d’addition, la fonction f est continue sur R \ Z. En k ∈ Z,
on vérifie
lim f (x ) = lim 2(k − 1) − cos(3π(x − k + 1)) = 2(k − 1) + 1 = 2k − 1
x →k − x →k −
lim f (x ) = lim 2k − cos(3π(x − k )) = 2k − 1.
x →k + x →k +
Par conséquent, f est également continue en tout entier donc sur tout R.
2. Commençons par remarquer que si y = f (x ) alors 2bx c − 1 ≤ y ≤ 2bx c + 1 donc
y −1 y +1
≤ bx c ≤ .
2 2
y −1 y +1
. Si y n’est pas un entier impair, l’intervalle 2 , 2 ne contient qu’un entier donc les antécédents x
y +1
de y par f vérifient bx c = 2 et
y +1
cos 3π(x − bx c) = 2 − y ∈] − 1, 1[.
2
Or, t 7→ cos 3πt réalise des bijections de chacun des intervalles ]0, 13 [, ] 13 , 23 [ et ] 23 , 1[ dans ]−1, 1[ donc trois
valeurs de x − bx c qui satisfont la dernière condition. En conclusion, card f −1 ({y }) = 3.
. Si y = 2n + 1, alors les antécédents x de y par f vérifient bx c ∈ {n , n + 1}.
3y −1
• Si bx c = n , alors cos 3π(x − bx c) = −1 donc x = n + 13 = 6 .
y −1 3y +1
• Si bx c = n + 1, alors cos 3π(x − bx c) = 1 donc x = n = 2 ou x = n + 23 = 6 .
En conclusion, card f −1 ({y }) = 3.
Voici le tracé de la courbe de f entre −2 et 2. On observe que chaque droite horizontale coupe exactement
3 fois la courbe.
CORRIGÉS
321
Mathématiques MPSI
Exercice 3
Raisonnons par l’absurde. Avec une telle fonction, la suite (f (n ))n est bornée donc on peut, avec le théo-
rème de Bolzano-Weierstrass, en extraire une suite convergente (f (ϕ(n )))n . En appliquant la fonction
continue f −1 , on en déduit que (ϕ(n ))n est convergente ce qui est absurde.
Exercice 4
Intuitivement, les fonctions croissantes ne peuvent avoir que des discontinuités vers le haut et deux dis-
continuités ne peuvent pas se compenser pour donner une continuité.
Soit f et g deux fonctions croissantes telles que f + g soit continue. Soit a ∈ R. D’après la monotonie, f
et g admettent des limites à gauche et à droite en a . Par continuité de f + g ,
lim
−
f + lim
−
g = lim
+
f + lim
+
g.
a a a a
Comme lim
−
f ≤ lim
+
f et lim
−
g ≤ lim
+
g , on a forcément lim
−
f = lim
+
f et lim
−
g = lim
+
g donc f et g sont
a a a a a a a a
continues en a .
Exercice 5
xn
Commençons par chercher une expression explicite de f (x ). Soit x ≥ 0. Notons u n = n! . Alors, pour tout
n ∈ N,
u n +1 x
= .
un n +1
u bx c
Ainsi, unn+1 ≥ 1 si, et seulement si, n + 1 ≤ x . Par conséquent, f (x ) = u bx c = xbx c! .
• La fonction f est continue sur chaque intervalle de R+ \ N comme composée de fonctions continues.
322
Corrigés
• Pour tout k ∈ N,
x k −1 k k −1
lim f (x ) = lim =
x →k − x →k − (k − 1)! (k − 1)!
xk kk k k −1
lim f (x ) = lim = =
x →k + x →k + k ! k ! (k − 1)!
Par conséquent, f est continue en k .
En conclusion, f est continue sur R+ .
Voici le tracé de la courbe de f entre 0 et 3.
Exercice 6
Par composition, la fonction g est continue sur R \ Z. De plus, pour tout x ∈ R et tout k ∈ Z, g (x + k ) =
g (x ) + k : il suffit donc d’étudier la continuité en 1. Or,
lim
−
g = f (1), lim
+
g = 1 + f (0).
1 1
Par conséquent, g est continue sur R si, et seulement si, f (1) = f (0) + 1.
Exercice 7
Soit x < y .
. Supposons que x , y ∈ Q ; il existe des entiers q et a < b tels que x = qa et y = qb . Comme la suite (f (n q1 ))n
est croissante, f (x ) ≤ f (y ).
. Sinon, il existe une suite de rationnels (rn )n décroissante de limite x et une suite de rationnels (rn0 )n
croissante de limite y . À partir d’un certain rang, rn ≤ rn0 et donc, d’après le premier point, f (rn ) ≤ f (rn0 ).
En passant à la limite (grâce à la continuité de f ), on obtient que f (x ) ≤ f (y ).
CORRIGÉS
Exercice 8
1. Pour tout " > 0, notons A " = {x ∈ R∗+ , f (x ) > "}. Remarquons tout d’abord que A " ⊂ Q ∩ R∗+ car
l’image par f de tout irrationnel est nulle donc inférieure à ". De plus, le rationnel d’écriture irréductible
p 1
q appartient à A " si, et seulement si, p +q > ", c’est-à-dire p + q < "1 ; on a alors nécessairement p , q ∈
1
{0, . . . , " } donc un nombre fini de rationnels dans A " .
En conclusion, pour tout " > 0, A " est fini.
323
Mathématiques MPSI
2. . Si f est continue en un rationnel x > 0, alors il existe un voisinage de x inclus dans A 12 f (x ) . Or, d’après
la question précédente, A 12 f (x ) est fini donc ne contient pas d’intervalle ouvert non vide. Par conséquent,
f n’est continue en aucun rationnel.
. Soit x > 0 irrationnel et " > 0. L’ensemble A " est composé d’un nombre fini de rationnels ; notons
η = 12 min |x − y |. Par construction, pour tout z ∈]x − η, x + η[∩R∗+ , z ∈/ A " et donc
y ∈A "
[f (z ) − f (x )| = | f (z )| ≤ ".
Par conséquent, f est continue en chaque irrationnel de R∗+ .
Exercice 9
f
Remarquons que la fonction g : x 7→ x12 ne s’annule pas. Alors, la fonction h = g vérifie h (x 2 ) = h (x ) pour
tout x ∈ R. En utilisant la continuité en 1,
n
• Pour x ∈]0, 1], h (x ) = h (x 2 ) → h (1).
2−n
• Pour x ≥ 1, h (x ) = h (x ) → h (1).
Par conséquent, h est constante sur R∗+ . Par ailleurs, h est paire car, pour tout x ∈ R,
h (−x ) = h ((−x )2 ) = h (x 2 ) = h (x ).
a
Ainsi, h est constante sur R∗ et donc, il existe a ∈ R tel que f : x 7→ x2 .
Exercice 10
f (x )+...+ f (x )
La valeur moyenne 1 n n
est comprise entre le plus grand des f (xk ) et le plus petit des f (xk ) donc
entre deux valeurs prises par la fonction continue f : elle est donc atteinte d’après le théorème des valeurs
intermédiaires.
Exercice 11
L’ensemble de définition de f est R \ {a 1 , . . . , a n }. Étudions les variations de f sur chacun des n + 1 inter-
valles qui compose cet ensemble.
À titre d’illustration, voici la courbe pour n = 3, a 1 = 1, a 2 = 2, a 3 = 3.
324
Corrigés
. Sur chacun des intervalles ]a k , a k +1 [, la fonction est continue, strictement décroissante, lim
+
f = +∞,
ak
lim
−
f = −∞ : f réalise donc une bijection de ]a k , a k +1 [ dans R donc s’annule exactement une fois sur
a k +1
]a k , a k +1 [.
. Sur l’intervalle ] − ∞, a 1 [, la fonction est continue, strictement décroissante, lim f = 0, lim f = −∞ : f
− −∞ a1
réalise donc une bijection de ] − ∞, a 1 [ dans R∗− donc ne s’annule pas sur ] − ∞, a 1 [.
. Sur l’intervalle ]a n , +∞[, la fonction est continue, strictement décroissante, lim f = 0, lim f = +∞ : f
+ +∞ an
réalise donc une bijection de ]a n , +∞[ dans R∗+ donc ne s’annule pas sur ]a n , +∞[.
En conclusion, f s’annule exactement n − 1 fois.
Exercice 12
1. Il s’agit d’une somme télescopique
n−1 n−1
k k +1 k
X X
g = f −f
k =0
n k =0
n n
= f (1) − f (0) = 0.
2. Il s’agit ici de montrer que la fonction g s’annule.
Si la fonction g s’annule en tous les réels de la forme nk , le résultat est établi. Sinon, d’après la question
précédente, il existe au moins deux valeurs de g de signes différents et le théorème des valeurs intermé-
diaires appliqué à la fonction continue g donne le résultat.
Exercice 13
1
Pn
Considérons la fonction f : x 7→ n k =1 |x − a k | définie et continue sur [0, 1]. Alors,
n n
1X 1X
f (0) + f (1) = |a k | + |1 − a k |
n k =1 n k =1
n
1X
= (a k + 1 − a k ) = 1.
n k =1
Exercice 14
f (x )
Si f (0) = 0, alors 0 est fixe. Sinon, f (0) > 0 et lim x = +∞. Le théorème des valeurs intermédiaires pour
x →0
f (x )
la fonction x 7→ x indique qu’il existe t ∈ R+ tel que f (t ) = t .
CORRIGÉS
Exercice 15
Remarquons tout d’abord que comme f est continue injective sur un intervalle, alors f est strictement
monotone.
. Supposons f strictement croissante et qu’elle n’est pas l’identité : ainsi, il existe x ∈ R tel que f (x ) 6= x .
• Si f (x ) > x , alors, en composant l’inégalité par f , on obtient, pour tout n,
f n (x ) > f n −1 (x ) > . . . > f (x ) > x
ce qui contredit l’hypothèse sur f .
• Si f (x ) < x , alors on obtient la même contradiction en se retournant les inégalités.
325
Mathématiques MPSI
Exercice 16
g
La fonction f est continue (car f ne s’annule pas) donc atteint son minimum sur [0, 1] en un réel a . D’où
g (a )
∀x ∈ [0, 1], g (x ) ≥ f (x ).
f (a )
g (a )
Par hypothèse, f (a ) > 1.
Exercice 17
Supposons f −1 ({0}) fini. Cet ensemble est en particulier majoré par un certain A > 0.
Sur l’intervalle ]A, +∞[, la fonction continue f ne change plus de signe (car sinon le théorème des valeurs
intermédiaires impliquerait l’existence d’un zéro, c’est-à-dire un élément de f −1 ({0})). Quitte à changer
f en − f , on peut supposer la fonction f positive sur cet intervalle.
Par ailleurs, sur le segment [0, A], la fonction continue f atteint sa borne inférieure M .
Toute valeur strictement inférieure à min(0, M ) ne peut être atteinte ni sur le segment [0, A] ni sur ]A, +∞[
ce qui contredit la surjectivité de f à partir de R+ et termine le raisonnement par l’absurde.
Exercice 18
Sur le segment [a , x0 ], la fonction continue f atteint son maximum en un réel u. D’après l’hypothèse sur
x0 , on a u < x0 . Par ailleurs
sup f = f (u ) = sup f .
[a ,u] [a ,x0 ]
Exercice 19
Comme f est T -périodique, f (R) = f ([x , x + T ]) pour tout x ∈ R.
Soit α ∈ [0, T ] où la fonction continue f admet son maximum (sur le segment [0, T ]) et β où la fonction
continue f admet son minimum (sur le segment [α, α + T ])
. Si β ≤ α + T2 , alors
T
f (R) = f ([α, β ]) ⊂ f ([α, α + ]) ⊂ f (R).
2
D’où f (R) = f ([α, α + T2 ]).
. Sinon α + T2 ≤ β ≤ α + T donc β − T ≤ α ≤ β − T2 ; alors
T
f (R) = f ([β − T, α]) ⊂ f ([β − T, β − ]) ⊂ f (R).
2
D’où f (R) = f ([β − T, β − T + T2 ]).
326
Corrigés
α α+T
Exercice 20
Comme f est uniformément continue, il existe η > 0 tel que
∀x , y ∈ [a , b [, |x − y | ≤ η ⇒ |f (x ) − f (y )| ≤ 1.
• f est bornée sur [a , b − η] car continue sur ce segment.
• Pour tout x ∈ [b − η, b [, | f (x )| ≤ | f (b − η)| + 1. Ainsi, f est bornée sur [b − η, b [.
En conclusion, f est bornée sur [a , b [.
Exercice 21
Soit " > 0. Il existe A > 0 tel que
1
∀x ≥ A, | f (x )| ≤ ".
2
Par ailleurs, sur [0, A + 1], f est uniformément continue d’après le théorème de Heine : il existe η > 0 tel
que
∀x , y ∈ [0, A + 1], |x − y | ≤ η ⇒ |f (x ) − f (y )| ≤ ".
Soit x , y ∈ R+ tels que |x − y | ≤ min(η, 12 ).
CORRIGÉS
327
Mathématiques MPSI
Exercice A
. Remarquons tout d’abord que, quitte à remplacer f par f + π, on peut se limiter au cas où ` ∈ [0, 1].
. Supposons ` = 1, c’est-à-dire cos(f (x ))−1 −→ 0. D’après la formule de duplication de cos, ceci entraîne
x →+∞
f (x )
immédiatement sin( 2 ) x →+∞
−→ 0.
Par conséquent, pour " > 0, il existe A tel que, pour tout x ≥ A,
f (x )
sin ≤ ".
2
En d’autres termes, pour tout x ≥ A,
f (x ) [
∈ [− arcsin " + k π, arcsin " + k π].
2 k ∈Z
Les intervalles sont deux à deux disjoints (car 2 arcsin " < π) donc, d’après le théorème de valeurs inter-
médiaires, il existe un entier k tel que
f ([A, +∞[) ⊂ [−2 arcsin " + 2k π, 2 arcsin " + 2k π]
ou encore, pour a ≥ A,
f (x ) − 2k π ∈ [−2 arcsin ", 2 arcsin "] ⊂ [−π, π].
Par conséquent, pour tout x ≥ A,
f (x ) f (x )
− k π = arcsin(sin( − k π))
2 2
f (x )
= arcsin((−1)k sin )
2
Ainsi, f (x ) → 2k π.
. Supposons dorénavant ` ∈ [0, 1[ et considérons θ tel que ` = cos θ . Par hypothèse, cos f (x ) → cos θ donc
sin2 f (x ) → sin2 θ . Comme sin θ 6= 0 (car ` ∈ [0, 1[), on en déduit sin f (x ) → sin θ ou sin f (x ) → − sin θ
(propriété des valeurs intermédiaires). Supposons, quitte à changer f en − f que le premier cas est réalisé.
Alors,
cos(f (x ) + π − θ ) = sin f (x ) sin(π − θ ) − cos f (x ) cos(π − θ )
= sin f (x ) sin θ + cos f (x ) cos θ
tend vers 1. D’après le cas précédent, f + π − θ converge en +∞ donc f converge en +∞.
Exercice B
Soit x < y .
. Pour tout t ≥ y , f (t ) ≥ f (y ) d’où lim
+
f ≥ f (y ).
y
. Pour tout t ∈ [x , y ], f (t ) ≤ f (y ) d’où lim
+
f ≤ f (y ).
x
En combinant ces deux inégalités, on obtient lim
+
f ≤ lim
+
f d’où la propriété de croissance recherchée.
x y
328
Corrigés
Exercice C
1. Soit f une telle fonction et x ∈ R. Pour tout " > 0, il existe η > 0 tel que
∀x 0 ∈ [x − η, x ], | f (x 0 ) − f (x )| ≤ ".
Par conséquent, en passant à la borne supérieure,
sup f (x 0 ) − f (x ) ≤ ".
x 0 ∈[x −η,x ]
Comme sup f (x 0 ) = sup f (x 0 ) = x , on a |x − f (x )| ≤ ". Comme la propriété est vraie pour tout
x 0 ∈[x −η,x ] x 0 ∈]−∞,x ]
" > 0, f (x ) = x : la seule fonction continue qui vérifie cette propriété est l’identité.
2. Soit A une partie dense de R distincte de R (par exemple Q). Il suffit de considérer
§
x si x ∈ A,
x 7→
x − 1 sinon.
Exercice D
L’idée simple est de montrer que f ne peut pas avoir de « sauts vers le bas ».
. Supposons qu’il existe x ∈ [a , b [ tel que
∃" > 0, ∀η > 0, ∃y ∈ [x , x + η[, f (x ) ≥ f (y ) + ".
Écrivons la continuité de g en x pour ce " :
1
∃η > 0, ∀y ∈]x − η, x + η[,
|g (y ) − g (x )| ≤ ".
2
Considérons η d’après cette deuxième propriété et y choisi par la première. Alors
1 1
f (y ) + g (y ) ≥ f (x ) + g (x ) ≥ f (y ) + " + g (y ) − " = f (y ) + g (y ) + ".
2 2
Contradiction.
. Supposons qu’il existe x ∈]a , b ] tel que
∃" > 0, ∀η > 0, ∃y ∈]x − η, x ], f (x ) + " ≥ f (y ).
Écrivons la continuité de g en x pour ce " :
1
∃η > 0, ∀y ∈]x − η, x + η[, |g (y ) − g (x )| ≤ ".
2
Considérons η d’après cette deuxième propriété et y choisi par la première. Alors
1 1
f (y ) + g (y ) ≤ f (x ) + g (x ) ≤ f (y ) − " + g (y ) + " = f (y ) + g (y ) − ".
2 2
Contradiction.
. Passons à la conclusion. Soit c = sup{x ∈ [a , b ], f (x ) ≥ z } (qui est bien défini car cet ensemble contient
a et est majoré par b ). Il existe par définition de la borne supérieure, une suite (cn ) de limite c telle que,
pour tout n ∈ N, f (cn ) ≥ z . D’après ce que l’on a prouvé précédemment, pour tout " > 0, il existe η > 0 tel
CORRIGÉS
que pour tout y ∈]c −η, c ], f (c )+" > f (y ). En particulier, pour n suffisamment grand, f (c )+" > f (cn ) ≥ z .
Comme le résultat est vrai pour tout " > 0, on a f (c ) ≥ z .
Par ailleurs, il existe une suite (d n ) à valeurs supérieures à c telle que, pour tout n ∈ N, f (d n ) ≤ z . D’après
ce que l’on a prouvé précédemment, pour tout " > 0, il existe η > 0 tel que pour tout y ∈ [c , c + η[,
f (c ) < " + f (y ). En particulier, pour n suffisamment grand, f (c ) < " + f (d n ) ≤ " + z . Comme le résultat
est vrai pour tout " > 0, on a f (c ) ≤ z .
En conclusion, f (c ) = z .
329
Mathématiques MPSI
Exercice E
Soit y ∈ f (R) et a , b les antécédents de cette valeur. La fonction continue f atteint ses extremums sur le
segment [a , b ] et l’un au moins, disons un maximum, est atteint en c ∈]a , b [. Notons d l’autre antécédent
de f (c ).
• Si d ∈]a , b [, alors f atteint son minimum sur l’intérieur du segment d’extrémités c et d (sinon f serait
constante sur ce segment). Toute valeur entre ce minimum et f (c ) est atteinte plus de deux fois.
• Si d > b , alors toute valeur entre f (a ) et f (c ) est atteinte trois fois d’après le théorème des valeurs
intermédiaires (sur [a , c ], [c , b ] et [b , d ]).
• Si d < a , on procède de même.
On aboutit dans tous les cas à une contradiction.
Exercice F
Posons g : x 7→ f (x ) + x . La fonction g est continue et à valeurs dans R \ Q donc d’après le théorème des
valeurs intermédiaires est constante. Ainsi, il existe a ∈ R \ Q tel que pour tout x ∈ R, f (x ) = a − x . Mais
dans ce cas, f (2a ) = −a ∈ / Q : contradiction.
Exercice G
1. La fonction f est continue sur le segment [c , d ] donc y atteint son maximum max[c ,d ] f . Notons A
l’ensemble des x ∈ [c , d ] tel que f (x ) est égal à max[c ,d ] f et t = sup A.
. Montrons que t ∈ A, c’est-à-dire que f (t ) est égal à max[c ,d ] f .
Pour cela, introduisons une suite (xn )n à valeurs dans A et de limite t (ce qui est possible d’après la défi-
nition de borne supérieure. Pour tout n, f (xn ) = max[c ,d ] f . En passant à la limite et avec la continuité
de f , on obtient f (t ) = max[c ,d ] f .
En particulier, pour tout y ∈]t , d ], f (y ) < f (t ).
. Supposons f (t ) > f (d ). Comme d ∈ O , pour tout y > d , f (y ) < f (d ) donc f (y ) < f (t ).
Ainsi, pour tout y > t , f (y ) < f (t ) donc t ∈
/ O : contradiction.
2. En faisant tendre t vers c dans l’inégalité de la question précédente et en utilisant la continuité de f ,
on obtient f (c ) ≤ f (d ).
Or, comme c ∈ / O , pour tout t > c , f (t ) ≤ f (c ) ; en particulier, f (d ) ≤ f (c ) donc, avec l’inégalité précé-
dente, f (c ) = f (d ).
Exercice H
1. Soit f : [0, 1] →]0, 1[ continue. L’ensemble f ([0, 1]) est un segment donc ne peut être égal à ]0, 1[ : f
n’est pas surjective.
2. Il suffit de choisir une fonction continue qui atteint son maximum 1 et son minimum 0 à l’intérieur
de l’intervalle ]0, 1[.
Voici un exemple de telle fonction affine par morceaux
330
Corrigés
Exercice I
Sur le segment [a , b ], la fonction f atteint son maximum en c ∈ [a , b ].
Si c ∈]a , b [, il est évident que f (c ) = sup f = sup f .
[a ,b ] ]a ,b [
Si c = a (on procède de même pour c = b ), on utilise la continuité de f en c : pour tout " > 0, il existe
η > 0 tel que
∀x ∈]c , c + η[, f (c ) − " ≤ f (x ) ≤ f (c ).
Ainsi, f (c ) est un majorant de f (]a , b [) mais, pour tout " > 0, f (c ) − " n’est pas un majorant de f (]a , b [) :
en conclusion,
sup f = f (c ) = sup f .
]a ,b [ [a ,b ]
Problème 1
1. a. Une fonction continue sur un intervalle est SCI car | f (x ) − f (x0 )| ≤ " implique f (x ) ≥ f (x0 ) − ".
b. La fonction f0 , définie par f (x ) = −x pour x ≤ 0 et f (x ) = x +1 si x > 0, est SCI mais n’est pas continue.
2. a. Soit f , g deux fonctions SCI x0 ∈ I et " > 0. Il existe η > 0 et η0 > 0 tels que, pour tout x ∈ I :
|x − x0 | ≤ η ⇒ f (x ) ≥ f (x0 ) − "
0
|x − x0 | ≤ η ⇒ g (x ) ≥ g (x0 ) − "
D’où, pour tout x ∈ I tel que |x − x0 | ≤ min(η, η ), f (x ) + g (x ) ≥ f (x0 ) + g (x0 ) − 2" et f + g est SCI.
0
b. Le produit de deux fonctions SCI n’est pas forcément SCI : en effet, la fonction constante égale à −1
et la fonction f0 exhibée à la question 1. sont SCI et pourtant − f0 n’est pas SCI.
3. a. Si f n’est pas minorée, il existe une suite (xn )n telle que, pour tout n ∈ N, f (xn ) ≤ −n . D’après le
théorème de Bolzano-Weierstrass (car I est un segment), on peut extraire une sous-suite (xϕ(n ) )n conver-
gente vers l . Alors, l’hypothèse de semi-continuité inférieure implique qu’à partir d’un certain rang,
f (xϕ(n ) ) ≥ f (l ) − " ce qui contredit la définition de la suite (xn )n .
b. Comme f est minorée, elle admet une borne inférieure m . Par définition de la borne inférieure, il
existe une suite (xn0 )n de I telle que m + n1 ≥ f (xn0 ) ≥ m . D’après le théorème de Bolzano-Weierstrass (car
I est un segment), on peut extraire une sous-suite (xϕ(n) 0
)n convergente ; notons l sa limite. L’hypothèse
de semi-continuité inférieure de f implique que l’on a, à partir d’un certain rang, f (xϕ(n) 0
) ≥ f (l ) − " d’où
m + n1 + " ≥ f (l ) ≥ m et donc f (l ) = m.
CORRIGÉS
Problème 2
p
1. Avec l’indication de l’énoncé, on a, pour tout (x , y ) telp
que |x − y | ≤ t , g (x )−g (y ) ≤ t ; or cette borne
est atteinte pour y = 0 et x = t . Par conséquent, ωg (t ) = t pour tout t ≤ 1.
2. a. Soit t ≤ t 0 . Alors
{| f (x ) − f (y )|, |x − y | ≤ t } ⊂ {| f (x ) − f (y )|, |x − y | ≤ t 0 },
donc ω f (t ) ≤ ω f (t 0 ) : ω f est croissante ; par définition, ω f (0) = 0.
331
Mathématiques MPSI
b. Soit (u, v ) ∈ [0, 1]2 tel que u + v ≤ 1 et x , y tels que |x − y | ≤ u + v ; il existe z tel que |x − z | ≤ u et
|z − y | ≤ v , d’où
| f (x ) − f (y )| ≤ | f (x ) − f (z )| + | f (z ) − f (y )| ≤ ω f (u ) + ω f (v ),
et par définition de la borne supérieure comme plus petit des majorants : ω f (u + v ) ≤ ω f (u) + ω f (v ).
c. f est continue sur le segment [0, 1] donc y est uniformément continue (théorème de Heine) ce qui se
traduit par
∀" > 0, ∃η > 0, ω f (η) ≤ ".
Soit " > 0 et η > 0 associées par la propriété d’uniforme continuité. Pour tous t > t 0 tels que t − t 0 ≤ η, les
propriétés de sous-additivité et de croissance (établies aux questions précédentes) donnent
ω f (t ) − ω f (t 0 ) ≤ ω f (t − t 0 ) ≤ ω f (η) ≤ ".
D’où la continuité de ω f .
d. Si ω f s’annule en x0 > 0, alors ω f est nulle sur [0, x0 ] d’après la croissance de la fonction positive ω f .
Pour tout x ∈ [0, 1], il existe n ∈ N et y < x0 tels que x = n x0 + y . Alors, par sous-additivité,
ω f (x ) ≤ n ω f (x0 ) + ω f (y ) = 0.
D’où ω f est identiquement nulle.
De plus, ω f = 0 si, et seulement si, f est constante.
3. Soit ω une fonction vérifiant les propriétés de l’énoncé. Montrons que ω est son propre module de
continuité. En effet, pour tous y ≤ x ≤ y + t , on a :
ω(x ) − ω(y ) ≤ ω(y + t ) − ω(y ) ≤ ω(t ) = ω(t ) − ω(0),
en utilisant successivement la croissance, la sous-additivité et la valeur en 0.
Par conséquent, ωω (t ) = ω(t ) pour tout t ≤ 1.
Problème 3
1. Soit a < b ∈ Dϕ∗ , alors, pour tout y ∈ [a , b ], a x − ϕ(x ) ≤ y x − ϕ(x ) ≤ b x − ϕ(x ) pour tout x ≥ 0 (et
l’inégalité contraire pour x < 0). Par conséquent x 7→ y x − ϕ(x ) est bornée et y ∈ Dϕ∗ ; d’où [a , b ] ⊂ Dϕ∗ et
Dϕ∗ est un intervalle.
2. Si ϕ est continue sur le segment I , alors pour tout y ∈ R, la fonction x 7→ x y − ϕ(x ) est continue sur
ce même segment donc bornée d’après le théorème des bornes atteintes). Ainsi, Dϕ∗ = R.
3. On trouve successivement en étudiant les variations de x 7→ x y − ϕ(x ).
a. Dϕ∗ = {0} et ϕ ∗ (0) = −k .
yβ
b. Dϕ∗ = R+ et ϕ ∗ (y ) = β avec α1 + β1 = 1.
c. Dϕ∗ = R+ et ϕ ∗ (y ) = y ln y − y si y > 0 et ϕ ∗ (0) = 0.
4. Soit k ∈ R et ϕ une fonction. Alors, x 7→ x y − ϕ(x ) est majorée si, et seulement si, x 7→ x y − ϕ(x ) − k
est majorée, d’où Dϕ+k ∗
= Dϕ∗ . La propriété (ϕ + k )∗ = ϕ ∗ − k vient de la définition de la borne supérieure.
5. Supposons que I ⊂ R+ , et considérons y ≤ y 0 ∈ Dϕ∗ . Pour tout x ∈ I , x ≥ 0 donc
x y − ϕ(x ) ≤ x y 0 − ϕ(x )
et par conséquent ϕ ∗ (y ) ≤ ϕ ∗ (y 0 ) et ϕ ∗ est croissante. De même, si I ⊂ R− , ϕ ∗ est décroissante.
6. Soit y , y 0 ∈ Dϕ∗ , λ ∈ [0, 1]. Alors, pour tout x ∈ I :
332
Corrigés
b. D’après la question précédente, (ϕ ∗ )∗ ≤ ϕ. Supposons que (ϕ ∗ )∗ 6= ϕ, c’est-à-dire qu’il existe x0 tel que
(ϕ ∗ )∗ (x0 ) < ϕ(x0 ). Comme ϕ est convexe, il existe a et b tels que (ϕ ∗ )∗ (x0 ) < a x0 + b et
∀x ∈ I , ϕ(x ) > a x + b .
Alors, ϕ ∗ (a ) = sup(x a − ϕ(x )) ≤ −b et a x0 + b ≤ a x0 − ϕ ∗ (a ) ≤ (ϕ ∗ )∗ (x0 ) d’où la contradiction.
x ∈I
Par conséquent, (ϕ ∗ )∗ = ϕ.
Problème 4
Partie A – Préliminaires
1. a. On trouve g (0) = 1, g 2 (0) = g (1) = 2 et g 3 (0) = g (2) = 0. p
b. Soit x ∈ R. Alors, g (x ) = x si, et seulement si, − 32 x 2 + 32 x + 1 = 0, soit x = 12 ± 633 .
2. Soit c , d ∈ [α, β ] tels que φ(c ) = α et φ(d ) = β . Posons ψ : x 7→ φ(x ) − x . Alors,
ψ(c ) = φ(c ) − c = α − c ≤ 0 ψ(d ) = φ(d ) − d = β − d ≥ 0.
D’après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à la fonction continue ψ, il existe x0 ∈ [α, β ] tel
que φ(x0 ) = x0 .
3. a. Il suffit de remarquer que f 3k +r (x0 ) = f r (x0 ) pour tout k ∈ N.
b. L’inclusion [f (a ), f 2 (a )] ⊂ [a , f 2 (a )] provient de l’ordre supposé entre les trois éléments de l’orbite
de a . L’inclusion [a , f 2 (a )] ⊂ f ([f (a ), f 2 (a )]) est une conséquence du théorème des valeurs intermé-
diaires appliqué à la fonction continue f .
L’existence du point fixe provient de l’application de la question précédente avec φ = f et le segment
[α, β ] = [f (a ), f 2 (a )].
c. On procède comme à la question précédente en montrant
[a , f 2 (a )] ⊂ [a , f (a )] ⊂ f ([a , f 2 (a )])
Partie B – Construction
1. a. Les réels αet β appartiennent à φ(R) donc admettent des antécédents.
b. La partie A = x ∈ [a , b ], φ(x ) = β est non-vide (car b ∈ A) et minorée (par a ) donc admet une borne
inférieure.
Soit (u n )n une suite d’éléments de A qui converge vers inf A ; alors, pour tout n , φ(u n ) = β or φ est conti-
nue d’où φ(inf A) = β et la borne inférieure est un plus petit élément.
c. D’après le théorème des valeurs intermédiaires (appliqué à la fonction continue φ), K ⊂ φ([u, v ]). Soit
y ∈ φ([u , v ]). Par définition de u et de v (et par continuité de φ), y ∈ [α, β ] = K .
2. a. On construit la suite (Ik )k ≤n−2 par récurrence avec la question 1.
. Notons tout d’abord que I0 ⊂ f (R) donc il existe un segment I1 ⊂ I0 tel que f (I1 ) = I0 .
. Supposons la suite satisfaisant (C1) et (C2) construite jusqu’au rang k < n − 2 ; donc Ik ⊂ Ik −1 = f (Ik ).
D’après la question 1, il existe un segment Ik +1 ⊂ Ik tel que f (Ik +1 ) = Ik .
b. Pour tout k ≤ n − 2, f k (Ik ) = f k −1 (Ik −1 ) = . . . = f 0 (I0 ) = J1 .
CORRIGÉS
3. D’après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à la fonction continue f , J0 ⊂ f (J1 ) ; par
ailleurs, f (J1 ) = f (f n −2 (In−2 )) = f n−1 (In −2 ).
En appliquant la question 1. à la fonction f n−1 il existe In −1 tel que f n−1 (In −1 ) = J0 .
4. On a J1 ⊂ f (J1 ) = f n (In−1 ) ; en appliquant la question 1. à la fonction f n il existe In tel que f n (In ) = J1 .
333
Mathématiques MPSI
Problème 5
Partie A – Exemples
1. Soit c un point fixe de f et montrons par récurrence sur n ∈ N∗ que f n (c ) = c .
. Le résultat pour n = 1 est la définition de point fixe.
. Soit n ∈ N∗ tel que f n (c ) = c . Alors,
f n +1 (c ) = f n (f (c )) = f n (c ) = c .
2. La fonction continue x 7→ a + b − x admet un 2-cycle en a .
3. La fonction continue x 7→ x n’admet pas de 2-cycle car tous les points sont fixes.
4. Les points fixes sont les solutions de l’équation f (x ) = x , c’est-à-dire 0 et λ−1
λ (cette dernière n’existe
dans [0, 1] que pour λ ≥ 1). Les 2-cycles sont les solutions de f 2 (x ) = x distinctes des points fixes (qui
sont aussi solutions de cette équation). Comme
f 2 (x ) − x = −x (λx + 1 − λ)(λ2 x 2 − λ(λ + 1)x + λ + 1),
on obtient les 2-cycles suivants pour λ > 3
(λ + 1)(λ − 3)
p
1 1
+ ± .
2 2λ 2λ
334
Corrigés
335
Mathématiques MPSI
336
Chapitre 8
Fonctions dérivables
1. Fonctions une fois dérivables — 2. Fonctions de régularité
supérieure — 3. Propriété des accroissements finis
337
COURS
Après la continuité, on passe à l’étude de la dérivabilité des fonctions d’une variable réelle. Après les
propriétés calculatoires (pour la dérivation ou les dérivations successives), on s’intéresse à une famille
de résultats regroupés dans une partie intitulée « propriétés des accroissements finis » : les recherches
d’extremas avec la dérivation, le théorème de Rolle, l’inégalité et le théorème des accroissements finis, le
lien entre signe de la dérivée et sens de variation...
Dans tout ce chapitre, I désigne un intervalle.
Soit f : I → R et a ∈ I .
f (x )− f (a )
. La fonction f est dérivable en a si la fonction x 7→ x −a admet une limite finie en a .
df
Cette limite est le nombre dérivé en a et notée f 0 (a ) = dx (a ).
. La fonction f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point de I .
Remarque
La dérivabilité, comme la continuité, est une propriété locale : être dérivable sur un intervalle c’est être
dérivable en chacun des points de celui-ci (ce qui se définit à partir de la notion de limite).
338
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
Exemple
Soit n ∈ N \ {0}. La fonction f : x 7→ x n est dérivable en tout a ∈ R. En effet, quand x → a ,
n−1 n−1
f (x ) − f (a ) X k n−1−k X k n−1−k
= x a → a a = na n−1 .
x −a k =0 k =0
Exemple
Soit α > 1. La fonction f : x 7→ |x |α cos x1 complétée par continuité en 0 est dérivable en 0. En effet,
pour tout x 6= 0,
f (x ) − f (0) |x |α cos x1 1
= = |x |α−1 sgn(x ) cos .
x −0 x x
où sgn(x ) est le signe du réel x 6= 0. Ce taux d’accroissement est donc de limite nulle comme
produit d’une fonction de limite nulle et d’une fonction bornée.
Exemple
p
La fonction f : x 7→ x n’est pas dérivable en 0 puisque, lorsque x → 0,
p p p
x− 0 x
= → +∞.
x −0 x
Cela se comprend graphiquement par la tangente verticale en 0 à la courbe représentative de f :
0 1
Remarque
Si on remplace la notion de limite par les limites à gauche ou à droite, on obtient les dérivées à gauche
ou à droite traditionnellement notées fg0 (a ) et fd0 (a ).
Par exemple, la fonction valeur absolue f : x 7→ |x | n’est pas dérivable en 0 mais admet des dérivées à
gauche et à droite fg0 (0) = −1 et fd0 (0) = 1.
−1 1
Définition 8.2.
Soit f : I → R et a ∈ I .
. La fonction f est dérivable par morceaux sur le segment [a , b ] ⊂ I s’il existe une subdivision
339
Mathématiques MPSI
a = a 0 < . . . < a n = b telle que, pour tout k ∈ [[1, n ]], la restriction f|]a k −1 ,a k [ admette un prolongement
dérivable sur [a k −1 , a k ].
. La fonction f est dérivable par morceaux sur I si elle est dérivable par morceaux sur tout segment
inclus dans I .
Proposition 8.3.
Démonstration
f (x )− f (a )
Si x 7→ x −a admet une limite finie en a , alors le numérateur tend nécessairement vers 0 en a (puisque
le dénominateur tend vers 0) ; par conséquent, f admet la limite f (a ) en a donc est continue en a .
Remarque
La réciproque est fausse comme on peut le voir avec la fonction x 7→ |x | continue mais non dérivable
en 0.
Proposition 8.4.
La fonction f : I → R est dérivable en a ∈ I si, et seulement s’il existe (α, β ) ∈ R2 et " une fonction
définie sur un voisinage V de a telle que lim " = 0 tels que, pour tout x ∈ V ,
a
f (x ) = α + β (x − a ) + (x − a )"(x ).
Dans ce cas, α = f (a ) et β = f (a ). 0
Démonstration
f (x )− f (a ) f (x )− f (a )
(⇒) La condition lim x −a − f 0 (a ) = 0 se traduit par x −a − f 0 (a ) = "(x ), avec " une fonction telle
x →a
que lim " = 0. Ainsi, f (x ) = f (a ) + f 0 (a )(x − a ) + (x − a )"(x ).
a
(⇐) En faisant tendre x vers a , on obtient lim f = α : f est continue en a et f (a ) = α. De plus,
a
f (x ) − f (a )
= β + "(x ).
x −a
f (x )− f (a )
Ainsi, lim x −a = β : f est dérivable en a et f 0 (a ) = β .
x →a
Définition 8.5.
f (x )− f (a )
La fonction f : I → C est dérivable en a ∈ I si la fonction x 7→ x −a admet une limite finie en a .
Cette définition équivaut à la dérivabilité des fonctions réelles Re(f ) et Im(f ) en a . La dérivée de f en a
est alors
f 0 (a ) = Re(f )0 (a ) + i Im(f )0 (a ).
Ainsi, c’est cohérent avec la définition réelle et les propriétés des limites pour les combinaisons linéaires.
340
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
Définition 8.6.
La fonction f : I → R est de classe C 1 sur I si f est dérivable sur I et si f 0 est continue sur I .
Exemple
La fonction
x 2 sin x1 si x 6= 0
§
f : x 7→
0 sinon
1.2. Opérations
D’après les résultats sur les limites, on déduit la proposition suivante.
Proposition 8.7.
Proposition 8.8.
341
Mathématiques MPSI
Démonstration
Il suffit d’écrire la dérivabilité de g en f (a ) comme l’existence d’une fonction " de limite nulle en f (a )
telle que
g (y ) = g (f (a )) + g 0 (f (a ))(y − f (a )) + "(y )(y − f (a )),
puis la dérivabilité de f en a comme l’existence d’une fonction θ de limite nulle en a telle que
f (x ) = f (a ) + f 0 (a )(x − a ) + θ (x )(x − a ),
Alors, pour tout x 6= a ,
g ◦ f (x ) − g ◦ f (a ) g ◦ f (a ) + g 0 (f (a ))(f (x ) − f (a )) + f (x ) − f (a ) )"(f (x )) − g ◦ f (a )
=
x −a x −a
f (x ) − f (a ) + (f (x ) − f (a ))"(f (x ))
= g 0 (f (a ))
x −a
(f (x ) − f (a ))"(f (x ))
= g 0 (f (a )) f 0 (a ) + θ (x ) +
x −a
= g 0 (f (a ))f 0 (a ) + ϕ(x ),
(f (x )− f (a ))"(f (x ))
avec ϕ : x 7→ g 0 (f (a )) θ (x ) + x −a , fonction de limite nulle en a . Ainsi, quand x → a ,
g ◦ f (x ) − g ◦ f (a )
→ g 0 (f (a ))f 0 (a ).
x −a
D’après le calcul sur les fonctions puissances, on obtient immédiatement la dérivabilité des fonctions
polynomiales.
Exemple
n
αk x k est la fonction
P
Les fonctions polynomiales sont dérivables et la dérivée de x 7→
k =0
n
X
x 7→ k αk x k −1 .
k =1
Exemple
a x +b
Une fonction homographique x 7→ c x +d est dérivable en tout point de son ensemble de définition
et sa dérivée est x 7→ (ca dx −b c
+d )2 .
Corollaire 8.9.
342
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
Exemple
La fonction f : x 7→ ln(ln(ln(x ))) est dérivable sur son domaine de définition ]e , +∞[ comme
composée de fonctions dérivables. Avec le corollaire précédent, sa dérivée est
1
f 0 : x 7→ ln0 (ln(ln(x ))) ln0 (ln(x )) ln0 (x ) = .
x ln(x ) ln(ln(x ))
Proposition 8.10.
Rappelons que nous avons déjà utilisé ces résultats pour déterminer les dérivées des fonctions trigono-
métriques réciproques :
−1 1 1
arccos0 (x ) = p , arcsin0 (x ) = p , arctan0 (x ) = .
1− x2 1− x2 1+ x2
Démonstration
(⇒) Il suffit d’utiliser la règle de dérivation des fonctions composées pour obtenir f 0 (a )(f −1 )0 (f (a )) = 1
donc f 0 (a ) 6= 0.
(⇐) On remarque que
f −1 (y ) − f −1 (f (a )) f −1 (f (x )) − f −1 (f (a )) 1
lim = lim = .
y → f (a ) y − f (a ) x →a f (x ) − f (a ) f 0 (a )
Remarque
Avec les notations de la proposition, on remarque que (f −1 )0 (f (a ))f 0 (a ) = 1 ou dit plus visuellement que
le produit des pentes des tangentes aux points correspondants des courbes représentatives de f et f −1
est égal à 1.
Ce résultat ne devrait pas surprendre si l’on se souvient que ces courbes se déduisent l’une de l’autre par
la symétrie par rapport à la première bissectrice et que l’on regarde la transformation d’une droite par
cette transformation
343
Mathématiques MPSI
y = f −1 (x )
a
y = f (x )
Définition 8.11.
. Pour tout n ∈ N, une fonction f : I → R est de classe C n +1 sur I si f est dérivable sur I et f 0 est
de classe C n .
. Une fonction f : I → R est de classe C ∞ si f est de classe C n pour tout n ∈ N.
Remarque
Cette définition admet la définition équivalente suivante : f est de classe C n si f est successivement n
fois dérivable et si la dérivée n ième de f est continue.
dn f
La n ième dérivée est notée f (n) ou dx n
. En particulier, f (0) = f , f (1) = f 0 et f (2) = f 00 .
(n+1) (n) 0
La définition se réécrit f = (f ) = (f 0 )(n) et f (0) = f .
Remarque
Plus généralement, les opérations qui conservent les fonctions dérivables préservent aussi les fonctions
de classe C n .
Exemple
La dérivée n ième de f : x 7→ x α avec α ∈ R est f (n) : x 7→ α(α − 1) . . . (α − (n − 1))x α−n . Dans le cas où
α est un entier supérieur à n , on peut réécrire ce résultat de manière plus « compacte » avec des
factorielles
α!
f (n) : x 7→ x α−n .
(α − n)!
344
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
Exemple
p
Déterminons la dérivée n ième de f : px 7→ e 3x sin(x ). Pour cela remarquons que f est la partie
imaginaire de la fonction g : x 7→ e ( 3+i )x . Ainsi, pour tout x ∈ R, on calcule la dérivée n ième de
l’exponentielle g
p p
g (n) (x ) = ( 3 + i )n e ( 3+i )x
puis
p p
f (n) (x ) = Im(g (n) (x )) = Im ( 3 + i )n e ( 3+i )x
p n
3 1 p
= 2n Im +i e ( 3+i )x
2 2
p π
= 2n e 3x sin x + n .
6
Soit f , g : I → R des fonctions n fois dérivables. Alors, la fonction produit f .g est n fois dérivable et
n
X n (k ) (n−k )
(f .g )(n) = f g .
k =0
k
Cette formule ressemble beaucoup à la formule du binôme et pour cause, la preuve est formellement la
même avec la récurrence et la formule du triangle de Pascal.
Démonstration
Procédons par récurrence. Le résultat est évident pour n = 0.
n
Soit n ∈ N et f , g des fonctions n + 1 fois dérivables telles que (f .g )(n) = f (k ) g (n−k ) . Alors, (f .g )(n ) est
n
P
k
k =0
dérivable comme somme et produit de fonctions dérivables ; dérivons l’expression obtenue
n
X n
(f .g )(n +1) = ((f .g )(n) )0 = (f (k ) g (n−k ) )0
k =0
k
n
X n
= (f (k +1) g (n −k ) + f (k ) g (n+1−k ) )
k =0
k
n n +1
X n (k ) (n +1−k ) X n
= f g + f (k ) g (n+1−k )
k =0
k k =1
k − 1
n
(n+1)
X n n
=fg + + f (k ) g (n +1−k ) + f (n+1) g
k =1
k k −1
n +1
n + 1 (k ) (n+1−k )
X
= f g .
k =0
k
345
Mathématiques MPSI
un polynôme Hn de degré n et de coefficient dominant (−2)n . En effet, le résultat est établi pour
n ∈ {0, 1}. Procédons ensuite par récurrence en dérivant n fois la fonction dérivée f 0 :
f (n+1) (x ) = −2x f (n) (x ) − 2n f (n−1) (x ),
et donc Hn+1 (x ) = −2x Hn (x ) − 2n Hn −1 (x ).
Exemple
Déterminons la dérivée n ième de la fonction f : x 7→ x n −1 ln x pour n ≥ 1. Posons g : x 7→ x n−1 et
h : x 7→ ln(x ) de sorte à avoir f = g .h . Alors,
(n − 1)!
∀k ∈ N, g (k ) (x ) = x n−1−k .
(n − 1 − k )!
∀k ∈ N \ {0}, h (k ) (x ) = (−1)k −1 (k − 1)!x −k .
Ainsi, la formule de Leibniz donne
n
X n (n − 1)! k −1
f (n ) (x ) = x (−1)k −1 (k − 1)!x −k
k =1
k (k − 1)!
n
(n − 1)! X n
= (−1)k −1
x k =1
k
(n − 1)! (n − 1)!
= (1 − (1 − 1)n ) = .
x x
Une fonction f : I → R admet un extremum local en a ∈ I s’il existe η > 0 tel que f (a ) est le plus
petit ou le plus grand élément de { f (x ), x ∈]a − η, a + η[∩I }.
Exemple
La fonction polynomiale x 7→ − 14 x 4 + 13 x 3 + x 2 + 1 admet un maximum local en −1, un minimum
local en 0 et un maximum global en 2.
346
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
−2 −1 1 2 3
Proposition 8.14.
La réciproque est fausse : par exemple, la fonction x 7→ x 3 est de dérivée nulle en 0 mais n’admet pas
d’extremum local en 0.
Démonstration
f (x )− f (a )
De part et d’autre d’un extremum local, la fonction x 7→ x −a change de signe (car le numérateur est
de signe constant au voisinage de a , alors que le dénominateur change de signe en a ). Par conséquent,
en passant à la limite (qui existe, d’après l’hypothèse de dérivabilité), on obtient f 0 (a ) = 0.
Exemple
En ajoutant à l’exemple de la courbe de f : x 7→ − 14 x 4 + 13 x 3 + x 2 + 1 celle de sa dérivée f 0 : x 7→
−x 3 + x 2 + 2x , on vérifie l’annulation de f 0 aux extremums locaux.
y = f 0 (x ) y = f (x )
−2 −1 0 1 2 3
347
Mathématiques MPSI
Conseils méthodologiques
Pour trouver les extremums locaux d’une fonction dérivable sur un intervalle, il suffit d’étudier
les points où la dérivée s’annule et les éventuelles bornes de l’intervalle puis de déterminer s’ils
sont ou non des extremums.
Remarque
Attention à ne pas faire une erreur en présumant l’existence de monotonie au voisinage d’un extremum.
Par exemple, la fonction x 7→ x sin x1 prolongée par continuité en 0 admet un minimum global en 0 mais
n’est décroissante sur aucun intervalle de la forme ] − η, 0], ni croissante sur aucun intervalle de la forme
[0, η[.
Démonstration
Si la fonction f est constante, le résultat est évident.
Sinon, comme f est continue sur le segment [a , b ], f atteint ses extremums dont l’un au moins n’est
pas atteint au bord de l’intervalle (sinon la fonction est constante). D’après la proposition précédente, la
dérivée f 0 s’annule en cet extremum.
Exemple
Si f est une fonction de classe C n qui s’annule en n + 1 points distincts, alors f (n ) s’annule au
moins une fois.
En effet, il suffit de procéder par récurrence.
. Le résultat est vrai pour n = 0 par hypothèse puisque f (0) = f .
. Soit n ∈ N ; supposons le résultat vrai pour toute fonction de classe C n qui s’annule en n + 1
points distincts. Soit f une fonction de classe C n+1 qui s’annule en n + 2 points distincts : sur
chacun des n + 1 intervalles déterminés par deux zéros consécutifs de f , f 0 s’annule d’après le
théorème de Rolle donc f (n +1) = (f 0 )(n) s’annule au moins une fois.
348
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
consécutives, on obtient que P 0 admet n − 1 racines sur R donc P 0 est lui aussi scindé à racines
simples sur R (et par récurrence, il en est de même pour toutes les dérivées non constantes de P ).
. On peut utiliser ce résultat pour obtenir des propriétés sur les coefficients des polynômes scin-
dés à racines simples sur R. Par exemple, un polynôme scindé à racines simples sur R ne peut
avoir deux coefficients consécutifs nuls, car sinon il aurait une dérivée k ième qui se factorise par x 2
donc qui admet 0 comme racine double. Ainsi, il y aurait un polynôme scindé à racines simples
dont une dérivée n’est pas scindée à racines simples : contradiction avec la propriété précédente.
Remarque
En étant un peu plus soigneux et en combinant les idées des deux derniers exemples, on peut établir que
la dérivée d’un polynôme réel scindé (pas forcément à racines simples) sur R est encore un polynôme
scindé.
Exemple
Soit f continue sur [a , b ], dérivable sur ]a , b [ telle que f (a ) = f (b ) = 0. Alors, pour tout λ ∈ R, il
existe c ∈]a , b [ tel que f 0 (c ) = λf (c ).
En effet, il suffit d’appliquer le théorème de Rolle à la fonction g : x 7→ e −λx f (x ) continue sur
[a , b ], dérivable sur ]a , b [ et qui vérifie g (a ) = g (b )(= 0).
349
Mathématiques MPSI
Remarque
En termes géométriques, il existe un point de la courbe de f d’abscisse entre a et b où la tangente est
parallèle à la corde entre les points de la courbe de f d’abscisses a et b .
Démonstration
f (b )− f (a )
Il suffit d’appliquer le théorème de Rolle à la fonction x 7→ f (x ) − f (a ) − b −a (x − a ) qui a les bonnes
propriétés de régularité et qui à la même valeur (nulle) en a et b .
L’idée de la preuve est relativement simple : on se ramène au cadre du théorème de Rolle en retranchant
l’équation de la corde (ainsi, on « redresse » la courbe). Par exemple, la courbe représentative représentée
ci-dessus devient après transformation
Commençons par le résultat classique sur les variations d’une fonction dérivable qui est une simple
conséquence de l’égalité ci-dessus :
Proposition 8.17.
Démonstration
Montrons la deuxième équivalence.
f (y )− f (x )
. Pour le sens direct, remarquons que si y > x , alors y −x ≥ 0 donc en faisant tendre y vers x , f 0 (x ) ≥ 0.
350
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
. Pour le sens retour, considérons y > x et écrivons la formule des accroissements finis entre x et y : il
existe c ∈]x , y [ tel que
f (y ) − f (x ) = f 0 (c )(y − x ).
Comme f 0 (c ) ≥ 0 et y ≥ x , on en déduit que f (y ) ≥ f (x ) ce qui est bien la croissance attendue.
Remarque
Il n’y a plus de telle équivalence pour la stricte monotonie. La formule des accroissements finis (comme
dans la preuve précédente) permet de montrer que si f 0 > 0 sur I , alors f est strictement croissante.
La réciproque est fausse comme on peut le constater avec la fonction strictement croissante x 7→ x 3 dont
la dérivée s’annule en 0.
Remarque
On ne peut pas en déduire de résultat « global » si le domaine de définition n’est pas un intervalle : par
exemple, la fonction x 7→ x1 est à dérivée strictement négative sur R∗ sans être décroissante sur tout R∗
(mais elle l’est bien sur R∗+ et R∗− ).
Cette remarque impose de résoudre les équations différentielles sur des intervalles pour pouvoir exploi-
ter qu’une fonction à dérivée nulle y est constante. Par exemple, une fonction f à dérivée nulle sur l’en-
semble [0, 1] ∪ [2, 3] n’est pas forcément constante mais de la forme
A si x ∈ [0, 1]
§
f : x 7→
B si x ∈ [2, 3]
avec A, B ∈ R des constantes (non forcément égales).
Remarque
On ne peut pas obtenir de résultat même « local » de la dérivée en un point : avoir une dérivée en un point
strictement positive n’entraîne pas la croissance sur un intervalle autour de ce point.
Par exemple, la fonction
x + x 2 sin x12 si x 6= 0,
§
f : x 7→
0 sinon,
est continue sur R, de classe C 1 sur R∗ et de dérivée en 0 donnée par
f (x ) − f (0) 1
f 0 (0) = lim = lim 1 + x sin = 1 > 0.
x →0 x −0 x →0 x2
351
Mathématiques MPSI
p
p1
Remarquons que, pour tout entier n ≥ 1, f 0 2n π
= 1 − 2 2n π < 0.
1
Comme f est de classe C 1 sur R∗ (donc f 0 continue sur R∗ ), il existe un voisinage de p2nπ sur lequel
0
f demeure strictement négative donc sur lequel f est strictement décroissante ; tout voisinage de 0
1
contient un réel de la forme p2nπ donc un sous-intervalle sur lequel f est strictement décroissante.
En conclusion, cette fonction f n’est croissante sur aucun voisinage de 0 bien que f 0 (0) = 1 > 0.
Ce résultat reste vrai pour une fonction à valeurs complexes (comme il sera établi plus loin dans le cours)
contrairement à l’égalité des accroissements finis.
Démonstration
Il suffit d’utiliser l’hypothèse de majoration dans l’égalité des accroissements finis précédente.
Conseils méthodologiques
Les fonctions dérivables et à dérivée bornée vérifient les hypothèses de l’inégalité des accroisse-
ments finis donc sont lipschitziennes.
En particulier, les fonctions de classe C 1 sont lipschitziennes sur tous les segments puisque leurs
dérivées sont continues donc bornées sur les segments (par le théorème des bornes atteintes).
Proposition 8.19.
Soit f : I → R continue sur I , dérivable sur I \ {a } telle que f 0 admette une limite finie en a . Alors, f
est dérivable sur I et f 0 (a ) = lim f 0 .
a
Ce résultat est quelquefois appelé « prolongement » des fonctions de classe C 1 . Cette appellation est très
maladroite puisque la dérivée existe bien en a et qu’on ne la prolonge pas.
Démonstration
Appliquons l’égalité des accroissements finis entre a et x ∈ I . Il existe c x entre x et a tel que
f (x ) − f (a )
= f 0 (c x ).
x −a
Quand x tend vers a , c x tend vers a (par le lemme d’encadrement). L’hypothèse sur la limite de f 0 donne
f (x ) − f (a )
lim = lim f 0 (x ).
x →a x −a x →a
352
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
Exemple Fonction plate (lisse) en 0
1
e−x si x > 0,
Considérons la fonction f : x 7→
0 sinon.
Montrons que la fonction f est de classe C ∞ sur R en utilisant la propriété précédente pour
toutes les dérivées. Remarquons tout d’abord que f est de classe C ∞ sur R∗ donc il suffit d’étu-
dier la régularité de f en 0.
1
• La fonction f est continue en 0 car e − x → 0 quand x → 0
• Pour tout n ∈ N, il existe un polynôme Pn tel que
Pn (x ) − 1
x 2n e si x > 0,
f (n) (x ) =
x
0 si x < 0.
En effet, le résultat est évident pour n = 0 et si la dérivée n ième est de cette forme, alors, pour
tout x > 0,
x 2 Pn0 (x ) + (1 − 2n x )Pn (x ) − 1
f (n+1) (x ) = e x,
x 2(n +1)
ce qui termine la récurrence avec Pn+1 (x ) = x 2 Pn0 (x ) + (1 − 2n x )Pn (x ).
• D’après le point précédent, pour tout n ∈ N, f (n) (x ) → 0 quand x → 0. Ainsi, f est de classe
C ∞ en 0 et toutes ses dérivées y sont nulles.
Cette fonction peut être utilisée pour construire des fonctions de classe C ∞ nulles en dehors
d’un segment [a , b ]. Par exemple, la fonction x 7→ f (a − x )f (b − x ) ne s’annule pas en x si, et
seulement si, x − a > 0 ou b − x > 0, c’est-à-dire si x ∈]a , b [ (ce qui n’est pas apparent sur le tracé
suivant à cause de l’écrasement de la courbe au voisinage de a et b ).
a b
Exemple
En guise d’application, résolvons sur R l’équation x 2 y 0 + (x 2 − 1)y = 0.
2
. Cette équation se réécrit sur R∗+ et R∗− sous la forme y 0 = 1−x
x 2 y . On résout sur chaque intervalle
et on obtient que les solutions sont de la forme
1
Ae − x −x si x > 0
y : x 7→ − x1 −x
Be si x < 0
avec A et B ∈ R.
. Ces solutions sont de classe C ∞ sur R∗ . Étudions le raccordement par continuité en 0.
Remarquons tout d’abord que la limite à droite en 0 est nulle (car l’argument de l’exponentielle
tend vers −∞. En revanche, à gauche, si B 6= 0, la fonction n’admet pas de limite finie. Il n’y a
353
Mathématiques MPSI
Définition 8.20.
Remarque
De telles suites ont déjà été étudiées dans le chapitre sur les suites afin de déterminer leur monotonie (et
donc leur convergence éventuelle). Rappelons que
• l’étude de la position de la courbe représentative de f par rapport à la première bissectrice déter-
mine la monotonie du système dynamique correspondant (u n )n .
• Si ce critère ne suffit pas à conclure, la monotonie de la fonction f permet d’obtenir la monotonie
des suites (u 2n )n et (u 2n+1 )n .
Proposition 8.21.
Démonstration
Pour tout n ∈ N, u n+1 = f (u n ). En passant à la limite et en utilisant la continuité de f en `, on obtient
immédiatement que la limite ` est un point fixe, c’est-à-dire f (`) = `.
Exemple
Illustrons deux systèmes dynamiques discrets pour des fonctions appelées logistiques sur l’inter-
valle I = [0, 1]. Dans tous les cas, on représente les valeurs de la suite en abscisse et on obtient
graphiquement le point suivant en passant par la première bissectrice.
• Soit f : x 7→ 2x (1− x ). Cette fonction admet deux points fixes sur l’intervalle I d’abscisses 0
et 12 . On observe que les systèmes issus de conditions initiales non nulles semblent conver-
ger vers 12 .
354
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
COURS
• Soit f : x 7→ 3, 52x (1 − x ). Il y a encore deux points fixes mais le système dynamique
tracé semble avoir un comportement asymptotique « périodique » ou, pour le dire mieux,
il semble y avoir deux suites extraites (u 2n )n et (u 2n +1 )n convergentes de limites différentes.
Soit f : I → I k -lipschitzienne avec k < 1 sur un segment I . Alors, f admet un unique point fixe `
et, pour tout u 0 ∈ I , le système dynamique discret (u n )n de dynamique f et de condition initiale u 0
converge vers `.
Plus précisément, la convergence est « exponentielle » au sens suivant
∀n ∈ N, |u n − `| ≤ k n |u 0 − `|.
Définition 8.23.
355
Mathématiques MPSI
La définition d’un point fixe attractif correspond à l’intuition : en effet, si | f 0 (`)| < 1 et f 0 est continue,
alors il existe un voisinage de ` sur lequel | f 0 | est strictement plus petit que 1 donc sur lequel f est k -
lipschitzienne avec k < 1 d’après la propriété des accroissements finis ; si u 0 appartient à cet intervalle,
alors le système dynamique (u n )n converge vers `.
On procède de manière analogue pour le cas répulsif.
Exemple
La fonction f : x 7→ cos x admet un unique point fixe sur R (facile à établir en étudiant les
variations de f − Id) qui est attractif car il n’appartient pas à l’ensemble π2 + πZ des réels où
f 0 : x 7→ − sin x vaut 1 ou −1.
356
FICHE
SYNTHÈSE
Ce chapitre est consacré à l’étude des fonctions dérivables.
Définitions
Les propriétés opératoires (combinaison linéaire, produit, composition...) des limites se transmettent à
la dérivation.
On se sert de la dérivation pour déterminer les variations ou rechercher des extremums.
Variations
Dérivée n ième
357
Le principal résultat théorique est le théorème de Rolle et ses corollaires : égalité et inégalité des accrois-
sements finis.
On peut garder en mémoire que ce sont des conséquences directes du résultat indiquant que si une
fonction dérivable admet un extremum en un point intérieur à son domaine de définition, sa dérivée s’y
annule.
Une conséquence utile est le théorème de dérivation suivant qui permet notamment d’étudier les rac-
cordements de fonctions définies par morceaux.
Soit f : I → R continue sur I , dérivable sur I \{a } telle que f 0 admette une limite finie en a . Alors, f
est dérivable sur I et f 0 (a ) = lim f 0 .
a
358
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) 1
Une fonction de classe C est dérivable.
b) La fonction x 7→ x |x | est de classe C 1 .
1
(
c) La fonction x 7→ x 2 sin si x 6= 0 est de classe C 1 .
x
0 sinon.
1
(
EXERCICES
d) La fonction x 7→ x 3 sin si x 6= 0 est de classe C 1 .
x
0 sinon.
1
(
e) La fonction x 7→ x 4 sin si x 6= 0 est de classe C 2 .
x
0 sinon.
f) Une fonction lipschitzienne est dérivable.
g) 0
f dérivable est paire si, et seulement si, f est impaire.
h) 0
f dérivable est impaire si, et seulement si, f est paire.
i) Si f est à dérivée positive, alors f est croissante.
j) 0
Si f est dérivable et strictement croissante, alors f est strictement
positive.
k) Soit f : R → R dérivable. | f | est dérivable si, et seulement si, f ne
s’annule pas.
l) Si f est de classe C n et admet n + 1 zéros distincts, alors sa dérivée
n ième s’annule au moins une fois.
m) La dérivée d’un polynôme réel scindé est scindée.
n) Si la dérivée de f s’annule en a , alors f réalise un extremum en a .
o) Si la dérivée de f est strictement positive en a , alors f est strictement
croissante sur un voisinage de a .
p) Si f admet un maximum en a et est dérivable en a , alors f 0 (a ) = 0.
q) Si f admet un minimum en a , alors il existe η > 0 tel que f soit
croissante sur [a , a + η[.
359
Mathématiques MPSI
Exercice 1
Montrer que f : x 7→ x 2 tan x1 sin x2 et f (0) = 0 est dérivable en 0.
Exercice 2
Soit f : R → R dérivable et a ∈ R. Montrer que la fonction
x f (a ) − a f (x )
x 7→
x −a
admet une limite en a que l’on précisera.
Exercice 3
Soit f une fonction de classe C 1 et bornée sur R. Supposons que f 0 possède une limite finie ` en +∞.
Déterminer `.
Exercice 4
Soit (a , b ) ∈ R2 et f la fonction définie par
f (x ) = (x − a )n (x − b )n .
1. Calculer f (n) (x ).
n
n 2
2. Trouver, à l’aide du cas a = b , l’expression de
P
k .
k =0
Exercice 5
Soit f , g : [a , b ] → R continues sur [a , b ], dérivables sur ]a , b [. Montrer qu’il existe c ∈]a , b [ tel que
g 0 (c )(f (b ) − f (a )) = f 0 (c )(g (b ) − g (a )).
Exercice 6
1. Soit f , g : [a , b ] → R deux fonctions continues sur [a , b ], de classe C 1 sur ]a , b [. On suppose que
f0 f (x )− f (a ) f (x )− f (b )
g 0 > 0 et que g 0 est croissante. Montrer que x 7→ g (x )−g (a ) et x 7→ g (x )−g (b ) sont croissantes.
Indication : on pourra utiliser l’exercice précédent.
p
−1
2. Étudier la monotonie de ϕ : x ∈ [1, +∞[7→ xx q −1 pour p > q > 0.
Exercice 8
Soit P un polynôme à coefficients réels. Montrer que l’équation e x = P (x ) admet au plus deg P + 1 solu-
tions.
360
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
Exercice 9
Soit P1 , . . . , Pn ,Q1 , . . . ,Qn ∈ R[X ] avec P1 , . . . , Pn non nuls et Q1 , . . . ,Qn deux à deux distincts. Montrer que
la fonction
Xn
fn : x 7→ Pk (x )e Qk (x )
k =1
Exercice 10
Soit n ≥ 3, α, β ∈ R. Montrer que la fonction f : x 7→ x n + αx + β s’annule au plus trois fois.
Exercice 11
Soit f : [a , b ] → R de classe C n telle que f (a ) = 0 et
f (b ) = f 0 (b ) = . . . = f (n−1) (b ) = 0.
Montrer qu’il existe c ∈]a , b [ tel que f (n) (c ) = 0.
Exercice 12
Soit f : [0, a ] → R continue, dérivable sur ]0, a ], vérifiant f (0) = 0 et f (a )f 0 (a ) < 0. Montrer qu’il existe
EXERCICES
c ∈]0, a [ tel que f 0 (c ) = 0.
Exercice 13
Soit f : [a , b ] → R dérivable telle que f (a ) = f (b ) = 0. Montrer que, par tout point (x , 0) avec x ∈
/ [a , b ], il
passe au moins une tangente à la courbe représentative de f .
Exercice 14
Soit f : [a , b ] → R dérivable telle que f (a ) = f (b ) = 0 et f 0 (a )f 0 (b ) > 0. Montrer qu’il existe a < c1 < c2 <
c3 < b tels que f 0 (c1 ) = f (c2 ) = f 0 (c3 ) = 0.
Exercice 15
Soit f une fonction de classe C n sur [a , b ], a 1 < . . . < a n des éléments de [a , b ]. Le polynôme interpolateur
P de f aux points (a i )i ≤n est défini par
n
X Y x −aj
P (x ) = f (a k ) .
k =1 j 6=k
ak − a j
361
Mathématiques MPSI
Exercice A
Soit f , g : I → R dérivables en a ∈ I et telles que f (a ) = g (a ). Supposons qu’il n’existe pas de voisinage de
a sur lequel f ≥ g ou g ≥ f . Montrer que si h : x 7→ max(f (x ), g (x )) est dérivable en a , alors f 0 (a ) = g 0 (a ).
Exercice B
1. Montrer que, pour tout x ∈ R, il existe un unique ϕ(x ) tel que
Z ϕ(x )
2
e t dt = 1.
x
Exercice C
Déterminer les fonctions f : R → R tels que, pour tous x et y ∈ R, f (x ) − f (y ) ≤ (x − y )2 .
Exercice D
Soit f ∈ C 0 (R, R) dérivable en a ∈ R, (xn )n et (yn )n deux suites de limite a .
On suppose que, pour tout n ∈ N, yn 6= xn et on pose, pour tout n ∈ N,
f (yn ) − f (xn )
un = .
yn − xn
1. On suppose dans cette question que yn > a > xn pour tout n ∈ N. Déterminer la limite de (u n )n .
2. On suppose dans cette question f de classe C 1 sur un voisinage de a . Que dire de la suite (u n )n ?
3. Examiner le cas général.
Exercice E
Soit f : R → R deux fois dérivable telle qu’il existe c ∈ R vérifiant
f (a ) − f (b )
∀a 6= b , f 0 (c ) 6= .
a −b
Montrer que f 00 (c ) = 0.
Exercice F
Soit f :]0, 1] → R dérivable et prolongeable par continuité en 0. Supposons que x 7→ x f 0 (x ) admette une
limite en 0. Calculer cette limite.
Problèmes du chapitre 8
362
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
Partie A – Fonctions BV
Définition 8.24.
Une fonction f : I → R est BV si elle se décompose comme somme d’une fonction croissante et d’une
fonction décroissante.
PROBLÈMES
6. Soit f : R → R T -périodique telle qu’il existe g : [0, T ] → R croissante et h : [0, T ] → R décroissante
vérifiant
∀t ∈ [0, T ], f (t ) = g (t ) + h (t ).
Montrer que f est BV.
Définition 8.25.
Partie C – Caractérisation
1. Montrer qu’une fonction g : I → R croissante est à variations bornées sur tout segment [a , b ] ⊂ I .
Préciser la valeur Vab (g ).
2. En déduire qu’une fonction f : I → R BV est à variations bornées sur tout segment inclus dans I .
363
Mathématiques MPSI
364
Chapitre 8 – Fonctions dérivables
PROBLÈMES
Partie A – Distance à Z
Considérons la fonction g : x 7→ x − x + 21 .
365
Mathématiques MPSI
f (b )− f (a )
d. Posons ∆n = bnn −a n n . Vérifier que |∆n +1 − ∆n | = 1.
e. Montrer que si f est dérivable en x , alors (∆n )n converge vers f 0 (x ). Conclure.
3. a. Soit x = 2kn ; posons xp = x + 21p . Montrer que pour tout p ≥ 2n , alors f (xp ) > f (x ).
b. En déduire que f n’est monotone sur aucun intervalle.
366
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Vrai par définition.
b) Vrai, la dérivée en 0 vaut 0.
c) Faux, la dérivée en 0 vaut 0 mais la dérivée n’admet pas de limite en 0.
d) Vrai, les deux premières dérivées en 0 valent 0.
e) Faux.
f) Faux, par exemple x 7→ |x | n’est pas dérivable mais est 1-lipschitzienne d’après l’inégalité triangulaire.
g) Vrai.
1
h) Faux, par exemple, la fonction x 7→ 1 − x admet une dérivée paire.
i) Vrai sur un intervalle.
j) Faux, par exemple x 7→ x 3 .
k) Faux, par exemple x 7→ x 2 .
l) Vrai en itérant le théorème de Rolle.
m) Vrai.
n) Faux, par exemple f : x 7→ x 3 et a = 0.
o) Faux.
p) Faux, par exemple si a est un bord de l’intervalle de définition de f .
1
q) Faux, par exemple x 7→ |x sin x | prolongée par 0 en 0.
Exercice 1
f (x )
2 2
Remarquons que f (x ) = 2x 2 sin x1 donc lim f (x ) = 0 et lim x = lim 2x sin x1 = 0. Ainsi, f est conti-
x →0 x →0 x →0
nue et dérivable en 0.
367
Mathématiques MPSI
Exercice 2
Pour tout x 6= a ,
x f (a ) − a f (x ) (x − a + a )f (a ) − a f (x )
=
x −a x −a
f (x ) − f (a )
= f (a ) − a .
x −a
Ainsi, avec l’hypothèse de dérivabilité de f en a , la limite recherchée est f (a ) − a f 0 (a ).
Exercice 3
Supposons ` > 0 (si ` < 0, on se ramène à ce cas en considérant l’énoncé avec − f à la place de f ). Par
définition de la limite de f 0 en +∞, il existe A > 0 tel que
`
∀x ≥ A, f 0 (x ) ≥ .
2
Par conséquent, pour tout x ≥ A,
x
`
Z
f (x ) = f (A) + f 0 (t ) dt ≥ f (A) + (x − A).
A
2
Ainsi, lim f = +∞ : contradiction.
+∞
Comme on ne peut avoir ni ` > 0, ni ` < 0, on a ` = 0.
Remarque
On notera qu’il est possible d’avoir une fonction de classe C 1 et convergente en +∞ sans que la dérivée
admette une limite en +∞. Par exemple, la fonction définie sur R∗+ par
1
x 7→ cos(x 2 )
x
vérifie ces hypothèses.
Exercice 4
1. Notons g : x 7→ (x − a )n et h : x 7→ (x − b )n et appliquons la formule de Leibniz. Pour tout x ∈ R,
n
X n (k )
f (n ) (x ) = g (x )h (n −k ) (x )
k =0
k
n
X n n! n!
= (x − a )n −k (x − b )k
k =0
k (n − k )! k!
n 2
X n
= n! (x − a )n−k (x − b )k .
k =0
k
(2n)!
2. En choisissant a = b , la première question donne une autre expression de f (n ) (x ) = n! (x − a )n :
n 2
X n
n! (x − a )n .
k =0
k
En divisant par n!(x − a )n , on obtient
n 2
X n 2n
= .
k =0
k n
368
Corrigés
Exercice 5
En appliquant le théorème de Rolle à la fonction
x 7→ (g (x ) − g (a ))(f (b ) − f (a )) − (f (x ) − f (a ))(g (b ) − g (a ))
nulle en a et b , on obtient l’existence d’un réel c ∈]a , b [ tel que
g 0 (c )(f (b ) − f (a )) − f 0 (c )(g (b ) − g (a )) = 0.
Exercice 6
1. Comme l’indication le propose, utilisons l’exercice précédent : il existe c ∈]a , x [ tel que
f (x ) − f (a ) f 0 (c )
= .
g (x ) − g (a ) g 0 (c )
Ainsi, pour tout x ∈]a , b [, il existe c ∈]a , x [ tel que
f (x ) − f (a ) f 0 (c ) f 0 (x )
= ≤ .
g (x ) − g (a ) g 0 (c ) g 0 (x )
Par conséquent,
0
f (x ) − f (a ) f 0 (x )(g (x ) − g (a )) − g 0 (x )(f (x ) − f (a ))
= ≥0
g (x ) − g (a ) (g (x ) − g (a ))2
f (x )− f (a )
et x 7→ g (x )−g (a ) est croissante.
2. Les fonctions f : x 7→ x p − 1 et g : x 7→ x q − 1 vérifient les hypothèses de la question précédente
puisque de classe C 1 , g 0 (x ) = q x q −1 ≥ 0 pour tout x > 0 et
f 0 (x ) p x p −1 p p −q
= = x
g 0 (x ) q x q −1 q
défini une fonction croissante.
En conclusion, ϕ est croissante.
Exercice 7
L’idée de la démonstration est très proche de celle du théorème de Rolle établi dans le cours : il suffit de
montrer qu’un extremum est atteint par la fonction f .
Soit ` la limite de f en +∞. Si f est constante égale à `, le résultat est immédiat. Sinon, il existe x0 tel
que f (x0 ) 6= `. Considérons y strictement entre ` et f (x0 ). D’après le théorème des valeurs intermédiaires
sur ] − ∞, x0 [ et sur ]x0 , +∞[, il existe deux antécédents a < b à y par f . Pour conclure, il suffit ensuite
CORRIGÉS
Exercice 8
On retrouve dans cet exercice un résultat qui semble très intuitif pour les intersections de la courbe expo-
nentielle avec une droite affine (c’est le cas d’un polynôme de degré au plus 1).
369
Mathématiques MPSI
Supposons, par l’absurde, que l’équation admette deg P +2 solutions, c’est-à-dire que la fonction f : x 7→
e x − P (x ) s’annule deg P + 2 fois. En appliquant de manière itérée le théorème de Rolle à cette fonction
de classe C ∞ , on obtient que f (deg P +1) : x 7→ e x s’annule : contradiction.
Exercice 9
Procédons par récurrence sur n ∈ N \ {0}.
• Le résultat est évident pour f1 car P1 admet un nombre fini de zéros.
• Soit n ∈ N \ {0}. Alors, avec des notations évidentes,
n
X
Qn +1 (x ) Qk (x )−Qn +1 (x )
fn+1 (x ) = e Pn+1 (x ) + Pk (x )e .
k =1
n
Si fn+1 admet une infinité de zéros, alors x 7→ Pn +1 (x ) + Pk (x )e Qk (x )−Qn +1 (x ) aussi. Quitte à appliquer le
P
k =1
théorème de Rolle suffisamment, la dérivée d’ordre 1 + deg Pn+1 de cette fonction admet une infinité de
zéros : contradiction d’après l’hypothèse de récurrence.
Exercice 10
Raisonnons par l’absurde en supposant que f s’annule au moins quatre fois. En raisonnant sur chacun
des trois intervalles délimités par deux de ces zéros consécutifs, on obtient par le théorème de Rolle, que
f 0 s’annule trois fois. En recommençant sur les intervalles délimités par les zéros de f 0 , on obtient que
f 00 s’annule deux fois. Or, f 00 : x 7→ n(n − 1)x n−2 admet un seul zéro : contradiction.
Exercice 11
Montrons par récurrence sur k ∈ [ 0, n ]] qu’il existe x ∈ [a , b [ tel que f (k ) (x ) = 0.
• Pour k = 0, il suffit de prendre a .
• Soit k ∈ [ 0, n − 1]] et x ∈ [a , b [ tel que f (k ) (x ) = 0. Comme f (k ) est dérivable sur [x , b ] et nulle en x et b ,
le théorème de Rolle entraîne l’existence d’un zéro de f (k +1) et donc la propriété au rang k + 1.
La propriété au rang n correspond à la propriété de l’énoncé.
Exercice 12
Supposons sans perte de généralité que f (a ) > 0 et donc f 0 (a ) < 0. Par définition de f 0 (a ), il existe x0 ∈
]0, a [ tel que f (x0 ) > f (a ) (sinon la limite f 0 (a ) serait positive). Par ailleurs, f atteint son maximum sur le
segment [0, a ] (car continue) en un point c autre que 0 et a . En ce point la dérivée est nulle.
370
Corrigés
Exercice 13
Rappelons que l’équation de la tangente en c ∈ [a , b ] est y = f 0 (c )(x − c ) + f (c ).
Fixons x ∈ / [a , b ] ; la tangente en c passe par le point (x , 0) si, et seulement si, f 0 (c )(x − c ) + f (c ) = 0, soit
f (t )
encore g (c ) = 0 pour la fonction g : t 7→ x −t .
0
Or, d’après les hypothèses de l’énoncé, g est dérivable sur [a , b ] et g (a ) = g (b ) = 0 : le théorème de Rolle
assure l’existence d’un zéro de g 0 .
Exercice 14
Supposons sans perte de généralité que f 0 (a ) > 0 donc il existe x0 ∈ [a , b ] tel que f (x0 ) > f (a ) = 0. Comme
f 0 (b ) > 0, il existe x1 ∈ [x0 , b ] tel que f (x1 ) < f (b ) = 0. D’après le théorème des valeurs intermédiaires
appliqué à f sur le segment [x0 , x1 ], il existe c2 ∈]x0 , x1 [ tel que f (c2 ) = 0. Pour conclure, il suffit d’appliquer
le théorème de Rolle sur [a , c2 ] et [c2 , b ].
c2 c3 b
a c1
L’introduction des réels x0 et x1 est nécessaire pour ce raisonnement car les hypothèses f 0 (a ) > 0 et
f 0 (b ) > 0 ne garantissent pas la croissance de f aux voisinages de a et b .
Exercice 15
1. Pour tout i , dans le calcul de P (a i ) tous les termes de la somme d’indice différents de i s’annulent
n
X Y ai − a j
P (a i ) = f (a k )
k =1 j 6=k
ak − a j
Y ai − a j
= f (a i ) = f (a i ).
j 6=i
ai − a j
(x −a )...(x −a ) (x −a )...(x −a )
2. La quantité 1
n!
n
est non nulle donc l’équation f (x ) − P (x ) − A 1
n!
n
= 0 admet bien une
solution pour A.
3. Par construction, g s’annule n + 1 fois en a 1 ,. . . , a n d’après la première question et en x d’après la
CORRIGÉS
371
Mathématiques MPSI
Exercice A
Par hypothèse, il existe des suites (xn )n et (yn )n à valeurs dans I et de limite a telles que, pour tout n ,
f (xn ) > g (xn ) et f (yn ) < g (yn ). Entre a et ces points le taux d’accroissement de h s’exprime comme le
taux d’accroissement de f ou de g . Plus précisément, pour tout n ,
h (xn ) − h (a ) f (xn ) − f (a )
= → f 0 (a )
xn − a xn − a
h (yn ) − h (a ) g (yn ) − g (a )
= → g 0 (a )
yn − a xn − a
Or, la fonction h est dérivable en a donc ces limites sont h 0 (a ). Ainsi, f 0 (a ) = h 0 (a ) = g 0 (a ).
Exercice B
2
1. Soit F la primitive de t 7→ e t nulle en 0. Comme F est dérivable à dérivée strictement positive, F est
une bijection de classe C 1 de R dans F (R) de réciproque de classe C 1 .
Déterminons F (R). Pour tout x ≥ 0,
Z x Z x
2
F (x ) = e t dt ≥ 1 dt = x ,
0 0
Exercice C
Commençons par remarquer que pour tous x et y ∈ R, f (x ) − f (y ) ≤ (x − y )2 et f (y ) − f (x ) ≤ (y − x )2
d’où
| f (y ) − f (x )| ≤ (y − x )2 ,
et par conséquent, si y 6= x ,
f (y ) − f (x )
≤ |y − x |.
y −x
En faisant tendre y vers x , on en déduit que f est dérivable en x et que f 0 (x ) = 0. Ainsi, f est dérivable
sur R à dérivée nulle donc constante.
Réciproquement, les fonctions constantes sont solutions.
372
Corrigés
Exercice D
1. Pour tout n ∈ N,
f (yn ) − f (a ) yn − a f (a ) − f (xn ) a − xn
un = + .
yn − a yn − xn a − xn yn − xn
yn −a a −xn
Or, yn −xn > 0 et yn −xn > 0 et
yn − a a − xn
+ = 1.
yn − xn yn − xn
f (y )− f (a ) f (a )− f (x )
Ainsi, le réel u n est une combinaison linéaire convexe de ynn −a et de a −xn n donc se situe entre ces
deux réels. En passant à la limite, on obtient par encadrement que lim u n = f 0 (a ).
2. Si f de classe C 1 sur un voisinage I de a , alors les suites (xn )n et (yn )n sont à valeurs dans I à partir
d’un certain rang N . Pour tout n ≥ N , le théorème des accroissements finis assure l’existence de z n entre
xn et yn tel que
f (yn ) − f (xn ) = f 0 (z n )(yn − xn ),
c’est-à-dire u n = f 0 (z n ). Comme, par encadrement, la suite (z n )n converge vers a et que f 0 est continue
sur le voisinage I , on en déduit que lim u n = f 0 (a ).
3. Pour illustrer les différents comportements asymptotiques possibles, considérons pour tout α > 1 la
fonction § α
x sin x1 si x 6= 0,
fα : x 7→
0 sinon.
Les fonctions fα sont continues sur R, dérivables en 0 pour α > 1 et
x α sin x1 − 0 1
fα0 (0) = lim = lim x α−1 sin = 0.
x →0 x −0 x →0 x
2 2
Posons, pour tout n ∈ N \ {0}, xn = et yn = (4n+1)π
4nπ . Les suites (xn )n et (yn )n convergent vers 0 et, après
calculs, α
fα (yn ) − fα (xn ) 2
= −2n (4n + 1)π .
yn − xn (4n + 1)π
Ainsi,
• si α > 2, lim u n = 0 = fα0 (0) (dans ce cas la fonction fα est de classe C 1 ) ;
• si α = 2, lim u n = − π2 6= fα0 (0) ;
• si α ∈]1, 2[, lim u n = −∞.
Exercice E
La condition entraîne que ϕ : x 7→ f (x ) − x f 0 (c ) est injective. Comme elle est par ailleurs continue sur
R, elle est strictement monotone. Comme elle est dérivable, ϕ 0 : x 7→ f 0 (x ) − f 0 (c ) est de signe constant.
Ainsi, c est un extremum de f 0 ce qui entraîne f 00 (c ) = 0.
CORRIGÉS
Exercice F
Supposons que la limite α est strictement positive. Alors, il existe η > 0 tel que pour tout x ∈]0, η] x f 0 (x ) ≥
α η
2 . D’après la formule des accroissements finis, pour tout x ∈]0, 2 ], il existe c ∈ [x , 2x ] tel que
x α α
f (2x ) − f (x ) = x f 0 (c ) ≥ c f 0 (c ) ≥ x≥ .
c 2c 4
Or, lim(f (2x ) − f (x )) = 0 : contradiction.
x →0
En procédant de même pour α < 0, on finit par obtenir α = 0.
373
Mathématiques MPSI
Problème 1
Partie A – Fonctions BV
1. Une fonction g croissante se décompose comme g + 0 et x 7→ 0 est décroissante donc g est BV. De
même une fonction h décroissante se décompose 0 + h donc est BV.
2. Comme une somme de fonctions croissantes (respectivement décroissantes) est croissante (respec-
tivement décroissante), une décomposition de la somme de fonctions BV s’obtient en regroupant les
composantes croissantes des différentes décompositions d’une part et les composantes décroissantes
d’autre part : une somme de fonctions BV est BV.
3. Remarquons que f (b )− f (a ) = (g (b )−g (a ))+(h (b )−h (a )) ; dans la somme le premier terme est positif
(par croissance de g ), le second négatif (par décroissance de h ). Ainsi,
g (b ) − g (a ) ≥ f (b ) − f (a ) ≥ h (b ) − h (a ).
4. Soit f une fonction BV, g et h des fonctions croissante et décroissante respectivement telles que f =
g + h . Pour tout x ∈ [a , b ]
f (x ) ≤ f (a ) + g (x ) − g (a ) ≤ f (a ) + g (b ) − g (a )
f (x ) ≥ f (a ) + h (x ) − h (a ) ≥ f (a ) + h (b ) − h (a ).
Ainsi, f est bornée sur le segment [a , b ].
5. a. C’est simplement le théorème de la limite monotone.
b. Le résultat ci-dessus est également vrai pour les fonctions décroissantes. Par conséquent, une fonc-
tion BV, en tant que somme de fonctions monotones, admet des limites finies à gauche et à droite en tout
point intérieur à son intervalle de définition.
6. Posons g˜ : x 7→ g (x − T bx /T c) + bx /T c(g (T ) − g (0)) et h̃ = f − g˜ .
. Remarquons que bx /T c est constante sur un intervalle de la forme [k T, (k + 1)T [ donc la croissance de
g entraîne la croissance de g˜ sur ces intervalles. Par ailleurs, si x ∈ [k T, (k + 1)T [ et y ∈ [(k + 1)T, (k + 2)T [,
g (y ) − g (x ) = g (y − T (k + 1)) + (k + 1)(g (T ) − g (0)) − g (x − T k ) − k (g (T ) − g (0))
= (g (T ) − g (0)) − (g (x − T k ) − g (y − T (k + 1))) ≥ 0
par croissance de g . En recollant les morceaux, on obtient que g˜ est croissante.
. Comme f|[0,T ] = g + h , on obtient que
h̃ : x 7→ h (x − T bx /T c) + bx /T c(h (T ) − h (0))
et on montre comme précédemment que cette fonction est décroissante.
En conclusion, f est BV.
≤ Vab (f ) + Vab (g ).
En conclusion, la fonction g + h est à variations bornées sur [a , b ] (car la borne supérieure des sommes
sur toutes les subdivisions est majorée par Vab (f ) + Vab (g )).
2. Il suffit de considérer la subdivision élémentaire à deux points : x0 = a , x1 = b .
374
Corrigés
≤ Vac (f ) + Vcb (f ).
Par conséquent,
n
X
| f (xk ) − f (xk −1 )| ≥ Vac (f ) + Vcb (f ) − 2".
k =1
4. Il suffit de discuter selon l’ordre relatif de a , b ou c . Par exemple, si a < b < c , on utilise le résultat de
la question précédente pour obtenir
Vac (f ) = Vab (f ) + Vbc (f ).
On passe alors le terme Vbc (f ) de l’autre côté de l’égalité et on utilise Vbc (f ) = −Vcb (f ) pour obtenir l’éga-
lité recherchée.
On procède de même dans les autres cas.
Partie C – Caractérisation
1. Soit g croissante. Pour toute subdivision x0 = a < x1 < . . . < xN = b ,
N
X N
X
|g (xk ) − g (xk −1 )| = (g (xk ) − g (xk −1 )) = g (b ) − g (a ).
k =1 k =1
375
Mathématiques MPSI
≤ "(xk − xk −1 ).
Ainsi, Z xk
| f (xk ) − f (xk −1 )| ≥ | f 0 (t )| dt −"(xk − xk −1 ).
xk −1
soit, en additionnant,
N
X
Z b
Vab (f ) ≥ | f (xk ) − f (xk −1 )| ≥ | f 0 (t )| dt −"(b − a ).
k =1 a
Rb
4. D’après les questions 2 et 3, Vab (f )= a
| f (t )| dt .
0
376
Corrigés
La somme harmonique (à droite) diverge lorsque N → ∞ : l’ensemble des sommes sur les substitutions
n’est donc pas majoré, c’est-à-dire la fonction f n’est pas à variations bornées sur le segment [−1, 1].
4. D’après la partie D, f est à variations bornées sur tout segment ne contenant pas 0 car de classe C 1 .
En revanche, sur tout segment contenant 0, on peut procéder comme à la question précédente : f n’est
pas à variations bornées.
Problème 2
1. Soit y , z ∈ J" tel que y < z . Par définition de z , l’inégalité est vérifiée pour tout x ∈ [a , z ] donc tout
élément de [y , z ] appartient à J" . La partie J" est connexe dans R donc un intervalle.
2. a ∈ J" puisque l’inégalité s’écrit pour x = a comme 0 ≤ 0.
3. Soit (u n )n suite de J" de limite c . Pour tout n ,
X 1
| f (u n ) − f (a )| ≤ g (u n ) − g (a ) + "(u n − a ) + "
k ∈I
2k
xk <u n
X 1
≤ g (u n ) − g (a ) + "(u n − a ) + " .
k ∈I
2k
xk <c
X 1
| f (c ) − f (a )| ≤ g (c ) − g (a ) + "(c − a ) + " .
k ∈I
2k
xk <c
Ainsi, l’inégalité est vérifiée en c et sur la réunion de [a , u n ] donc sur [a , c ] : en conclusion, c ∈ J" .
4. a. L’inégalité est une simple conséquence de la continuité de f en c .
377
Mathématiques MPSI
X 1
≤ g (x ) − g (a ) + "(x − a ) + "
k ∈I
2k
xk ≤c
X 1
≤ g (x ) − g (a ) + "(x − a ) + " .
k ∈I
2k
xk <x
X 1
≤ g (x ) − g (a ) + "(x − a ) + "
k ∈I
2k
xk <c
X 1
≤ g (x ) − g (a ) + "(x − a ) + " .
k ∈I
2k
xk <x
Problème 3
Partie A – Distance à Z
1. La périodicité et la parité se déduisent des propriétés suivantes de la partie entière :
/Z
§
−bx c − 1 si x ∈
bx + 1c = bx c + 1, b−x c =
−bx c sinon.
Pour montrer que g est continue sur R, on vérifie simplement que g est continue sur [− 12 , 12 ] et que
g (− 12 ) = g ( 12 ) = 12 .
378
Corrigés
tervalle [ 2 , 1]. Or, g est affine de pente ±1 sur ces intervalles. Donc g n est affine sur l’intervalle 2nk+1 , 2kn+1
1
+1
de pente ±1.
1
bn − a n = .
2n +1
D’où le caractère adjacent de ces suites (a n )n et (bn )n . Leur limite commune est x .
b. Pour avoir f (a n ) = fn (a n ) et f (bn ) = fn (bn ), il suffit de remarquer que g p (a n ) = g p (bn ) = 0 pour tout
p > n.
c. D’après les remarques de la partie A, fn est affine sur [a n , bn ].
Or, [a n +1 , bn +1 ] ⊂ [a n , bn ] d’où
fn (bn +1 ) − fn (a n +1 ) fn (bn ) − fn (a n )
= .
bn+1 − a n+1 bn − a n
379
Mathématiques MPSI
d. Pour tout n ∈ N,
fn +1 (bn +1 ) − fn+1 (a n+1 ) fn (bn ) − fn (a n )
∆n +1 − ∆n = −
bn +1 − a n+1 bn − a n
fn +1 (bn +1 ) − fn+1 (a n+1 ) − fn (bn+1 ) + fn (a n +1 )
=
bn +1 − a n +1
g n+1 (bn+1 ) − g n+1 (a n +1 )
=
bn +1 − a n +1
n+1 n +2
2 b2 x c + 2n +1
n+1 n +2
2 b2 x c
=g −g
2n+2 2n +2
n +2
= (−1)b2 xc
.
e. Si f est dérivable en x , alors on écrit
bn − x f (bn ) − f (x ) x − a n f (x ) − f (a n )
∆n = + ,
bn − a n bn − x bn − a n x − an
donc (∆n )n converge vers f 0 (x ). Or, (∆n )n n’est pas convergente car elle n’est pas de Cauchy d’après la
question précédente.
3. a. Pour tout p ≥ 2n, f (xp ) = fp (xp ) et f (x ) = fp (x ). Or, fp est la somme de p fonctions affines sur
[x , xp ] de pentes ±1 dont p − n au moins (les g k pour k ≥ n car [x , xp ] ⊂ [ 2 2p k , 2 2pk +1 ]) ont pour pente 1.
n −p n −p
380
Chapitre 9
Études locales et
asymptotiques
1. Relations de comparaison — 2. Développements limités —
3. Applications
381
COURS
Pour lever les indéterminations dans les calculs de limites, il apparaît nécessaire de savoir exprimer plus
précisément le comportement d’une fonction au voisinage de +∞ ou d’un réel. Un outil efficace pour
cela est celui de développement limité. À partir de développements de références (souvent obtenus par
la formule de Taylor-Young), on peut calculer ceux de nombreuses fonctions.
1. Relations de comparaison
1.1. Relations de comparaison pour les suites (rappels)
Rappelons la définition des relations de comparaison pour les suites que l’on cherche à étendre aux fonc-
tions.
Définition 9.1.
Soit (u n )n et (vn )n deux suites ne s’annulant pas à partir d’un certain rang.
u
. La suite (u n )n est dominée par (vn )n si la suite vnn est bornée. On note u n = O (vn ).
n
u
. La suite (u n )n est négligeable devant (vn )n si la suite vnn n est de limite nulle. On note u n = o (vn ).
u
. La suite (u n )n est équivalente à (vn )n si la suite vnn n est de limite 1. On note u n ∼ vn .
Ces définitions s’étendent en s’affranchissant de l’hypothèse de non annulation et les propriétés de mani-
pulations ont déjà été énoncées au chapitre 6.
Voici un exemple de manipulation un peu plus élaborée pour obtenir un développement asymptotique
et non plus seulement un équivalent.
Exemple
Notons, pour tout n ∈ N, xn l’unique réel de ] − π2 + n π, π2 + n π[ tel que tan xn = xn (son exis-
tence découle directement de l’étude de la fonction x 7→ tan x − x ). Étudions le comportement
asymptotique de la suite (xn )n .
. Remarquons tout d’abord que, par définition, − π2 + n π < xn < π2 + n π donc xn ∼ n π par le
lemme d’encadrement (après avoir divisé par n π).
. Posons, pour tout n , yn = xn − n π. Alors, en remplaçant dans la relation de xn , tan yn =
n π + yn et yn ∈] − π2 , π2 [ donc tan yn → +∞ et par suite (avec la limite de arctan en +∞),
yn = (arctan(tan yn ) → π2 .
. Posons, pour tout n , z n = xn − n π − π2 . Alors, en remplaçant à nouveau dans la relation de xn ,
tan(z n + π2 ) = n π + π2 + z n soit encore
1
− = n π + π2 + z n .
tan z n
Comme z n → 0, tan z n ∼ z n et donc en passant à l’inverse
1
zn ∼ − .
n π + π2 + z n
382
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Conseils méthodologiques
Pour obtenir un développement asymptotique d’une suite (u n )n dont on connaît un équivalent
simple, on cherche un équivalent de la suite (vn )n définie comme la différence de u n à cet équi-
valent (et on exploite que vn est négligeable par rapport à cet équivalent).
Désormais on souhaite pouvoir généraliser ce procédé pour étudier des fonctions au voisinage d’un réel
ou de ±∞. Remarquons que cela permettra notamment de revenir sur les suites de la forme (f (n ))n où
f : R → R est donnée.
Définition 9.2.
Définition 9.3.
f (x ) = g (x ) + o (g (x )).
a
On note f (x ) ∼ g (x ).
a
On peut, bien entendu, définir ces relations avec des phrases quantifiées en ±∞.
Exemple
Soit c 6= 0. Traduisons les relations de comparaison d’une fonction f avec la fonction constante
égale à c .
. f (x ) = O (c ) si, et seulement si, f est bornée au voisinage de a .
a
. f (x ) = o (c ) si, et seulement si, f tend vers 0 en a .
a
383
Mathématiques MPSI
Plus généralement, on obtient les résultats suivants sur les limites dans les relations de comparaison.
Proposition 9.4.
Remarque
Soit f , g : I → R et a une borne ou un point de l’intervalle I où f et g admettent la même limite finie
` 6= 0. Alors, g tend vers `` = 1 en A donc f (x ) ∼ g (x ).
f
a
Cette réciproque est en revanche fausse en général pour ` = 0, ` = +∞ ou ` = −∞.
On peut étendre toutes les propriétés opératoires étudiées pour les suites (avec des démonstrations ana-
logues). En voici une par exemple.
Proposition 9.5.
Remarque
Précisons deux usages afin d’éviter des erreurs de manipulations.
. Il n’y a pas de règle générale indiquant une composition des équivalents : il convient de justifier soi-
gneusement lorsque l’on peut le faire.
. Un équivalent indiquant un « ordre de grandeur », il est inutile d’écrire des équivalents à plusieurs
termes dont certains sont négligeables par rapport aux autres.
1.3. Exemples
La définition de dérivée en a donne immédiatement le résultat suivant.
Proposition 9.6.
384
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Exemple
Ainsi, pour tout α ∈ R,
sin(x ) ∼ x , (1 + x )α − 1 ∼ αx , e x −1 ∼ x.
0 0 0
On peut aussi utiliser ces équivalents pour les suites par caractérisation séquentielle des limites :
par exemple, si la suite (u n )n converge vers 0 sans s’annuler à partir d’un certain rang, alors
(1 + u n )α − 1 ∼ αu n .
On peut désormais réécrire les propriétés de croissances comparées avec la relation de négligeabilité.
e x = o (|x |−r ).
−∞
Exemple
Soit f , g : I → R et a une borne ou de l’intervalle I telles que f (x ) ∼ g (x ) et f (x ) → +∞ lorsque
a
x → a . Alors ln(f (x )) ∼ ln(g (x )).
a
En effet, sur un voisinage de a , f et g sont à valeurs strictement positives (car de limite +∞.
Ainsi,
f (x )
ln(f (x )) = ln(g (x )) + ln = ln(g (x )) + o (1).
g (x ) a
Comme ln(f (x )) → +∞, on obtient l’équivalent annoncé.
2. Développements limités
2.1. Définitions
Définition 9.8.
Une fonction f admet un développement limité (en abrégé DL) à l’ordre n en un point a de son
domaine de définition s’il existe des réels a 0 , . . . , a n tels que
n
X
f (x ) = a k (x − a )k + o ((x − a )n ),
a
k =0
385
Mathématiques MPSI
ordre 3
ordre 5
ordre 1
Conseils méthodologiques
Pour ne pas commettre d’erreur, il convient de conserver l’ordre d’écriture du développement
limité du terme le plus important vers le terme le plus petit (pour la relation de négligeabilité) et
de ne pas développer abusivement les termes (x − a )k lors d’un développement en a sous peine
de perdre cette progression en précision dans la lecture du DL. Par exemple, l’écriture suivante
est pertinente
f (x ) = 1 + 2(x − a )2 + o ((x − a )2 ),
a
Proposition 9.9.
Démonstration
Quitte à translater, effectuons la démonstration en 0.
P (x )−Q (x )
S’il existe P et Q , polynômes de degré au plus n tels que P (x ) = Q (x ) + o (x n ), alors xn → 0 quand
0
x → 0 ce qui n’est possible que si P − Q = 0.
Remarque
Une fonction f admet un développement limité à l’ordre 0 (respectivement 1) en a si, et seulement si,
elle est continue (respectivement dérivable) en a .
Remarque
Si f admet un développement limité à l’ordre n en a , alors f admet un développement limité à l’ordre
p en a pour tout p ≤ n et la partie régulière est obtenue en tronquant la somme à l’exposant p (car pour
tout k > p , (x − a )k = o ((x − a )p )).
a
Par exemple, si f (x ) = 1 + 2x + 3x 2 + 4x 3 + o (x 3 ), alors f (x ) = 1 + 2x + 3x 2 + o (x 2 ).
0 0
En particulier, si l’on dispose déjà d’un développement limité à l’ordre p et que l’on cherche un dévelop-
pement limité à l’ordre n , il faut déterminer les éventuels coefficients d’indice entre p + 1 et n .
386
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Exemple
11
Considérons la fonction f : x 7→ x 3 .
. Elle admet un développement limité en 0 à l’ordre 3 puisque f (x ) = o (x 3 ).
0
. Montrons par l’absurde que f n’admet pas de développement limité en 0 d’ordre 4 ; en effet,
si f admettait un DL d’ordre 4 en 0, il serait de la forme f (x ) = a x 4 + o (x 4 ) car la troncature
0
f (x )
de la partie régulière à l’ordre 3 est nulle. Par conséquent, on aurait x4 → a quand x → 0. Or,
11
x 3 −1
x 7→ x4 =x 3 n’admet pas de limite finie en 0 : contradiction.
Proposition 9.10.
Si f admet un développement limité en 0 et que f est paire (respectivement impaire), alors la partie
régulière du développement est paire (respectivement impaire).
Démonstration
Traitons le cas où f est paire de développement limité
n
X
f (x ) = a k x k + o (x n ).
0
k =0
Alors,
n
X
f (x ) = f (−x ) = a k (−1)k x k + o (x n ).
0
k =0
Proposition 9.11.
Conseils méthodologiques
Très souvent, on translate la fonction pour se ramener à l’étudier en 0 et pouvoir utiliser tous les
développements limités de reférence. Pour cela, on pose x = a + h et on remarque que lorsque x
est proche de a , h est proche de 0.
387
Mathématiques MPSI
Démonstration
Montrons cette propriété par récurrence sur n ∈ N \ {0}.
. La propriété est vraie pour n = 1 par définition de la dérivabilité en a .
. Soit n ≥ 1 tel que la propriété soit vraie au rang n ; considérons f une fonction n + 1 fois dérivable sur I .
Appliquons l’hypothèse de récurrence à f 0 et posons " la fonction continue de limite nulle en a définie
par
n
1 0
X f (k +1) (a ) k
"(x ) = f (x ) − (x − a ) .
(x − a )n k =0
k!
Intégrons cette relation entre a et x . Pour tout " > 0, il existe η > 0 tel que
∀x ∈ I , |x − a | ≤ η ⇒ |"(x )| ≤ ".
Ainsi, pour tout x ∈ I tel que |x − a | ≤ η,
Z x
1 1
"(t )(t − a )n dt ≤ ",
(x − a )n +1 a
n +1
d’où le résultat.
Remarque
D’après cette démonstration, le résultat demeure vrai avec l’hypothèse plus faible d’une fonction f n fois
dérivable sur I .
Remarque
Avec davantage de connaissance de la formule de Taylor avec reste intégral à l’ordre n −1, on peut obtenir
une preuve plus simple :
n Z x
X f (k ) (a ) (x − t )n−1 (n ) f (n) (a )
f (x ) − (x − a )k = f (t ) dt − (x − a )n .
k =0
k ! a
(n − 1)! n !
R x −t )n −1
Le second membre se réécrit a (x(n−1)! (f (n ) (t ) − f (n) (a )) dt . Fixons " > 0 et utilisons dorénavant la conti-
(n)
nuité de f en a : il existe η > 0 tel que
∀x ∈ I , |x − a | ≤ η ⇒ |f (n) (x ) − f (n ) (a )| ≤ ".
Ainsi, pour tout x ∈ I vérifiant a ≤ x ≤ a + η,
Z x
(x − t )n−1 (n) (x − a )n
(f (t ) − f (n) (a )) dt ≤ " .
a
(n − 1)! n!
On conclut par encadrement que le terme de gauche est négligeable devant (x − a )n .
Corollaire 9.13.
En revanche, la réciproque est fausse : il existe des fonctions admettant un développement limité à l’ordre
n ≥ 2 sans être de classe C n .
388
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Exemple
La fonction f définie par
si x = 0
§
0
f : x 7→
x 3 sin x1 sinon
n’est pas de classe C 2 en 0 et pourtant elle admet un développement limité d’ordre 2 en 0 car
f (x ) = o (x 2 ).
0
Exemple
Les fonctions exp, cos et sin sont de classe C ∞ . La formule de Taylor-Young en 0 appliquée à ces
fonctions donne
n
X 1 k
exp(x ) = x + o (x n ),
0
k =0
k !
n
X (−1)k
sin(x ) = x 2k +1 + o (x 2n+2 ),
0
k =0
(2k + 1)!
n
X (−1)k
cos(x ) = x 2k + o (x 2n +1 ),
0
k =0
(2k )!
Exemple
La fonction f : x 7→ (1 + x )α est de classe C ∞ sur un voisinage de 0. Sa dérivée n ième est f (n ) : x 7→
α(α − 1) . . . (α − n + 1)(1 + x )α−n . Par conséquent, la formule de Taylor-Young s’écrit
n
X α(α − 1) . . . (α − k + 1)
(1 + x )α = 1 + x k + o (x n ).
0
k =1
k!
Exemple
Calculons le développement limité de tan en π4 en appliquant la formule de Taylor-Young. Com-
mençons par calculer les dérivées successives
tan0 = tan2 +1
tan00 = 2(tan2 +1) tan
tan000 = 6(tan2 +1) tan2 +2(tan2 +1).
Ainsi, tan π4 = 1, tan0 π
4 = 2, tan00 π
4 = 4 et tan000 π
4 = 16 donc
1 2 π 4 π 2 16 π 3 π 3
tan x = + x− + x− + x− +o( x − )
π/4 0! 1! 4 2! 4 3! 4 4
π π 2 8 π 3 π 3
= 1+ x − +2 x − + x− +o( x − )
π/4 4 4 3 4 4
389
Mathématiques MPSI
Exemple
Soit f une fonction deux fois dérivable en x ∈ I . Alors, pour tout h 6= 0 tel que ]x − h , x + h [⊂ I ,
2
f (x + h ) + f (x − h ) − 2 f (x ) f (x + h ) − f (x ) − h f 0 (x ) − h2 f 00 (x )
= f 00 (x ) +
h2 h2
2
f (x − h ) − f (x ) + h f 0 (x ) − h2 f 00 (x )
+
h2
o (h 2
) o (h 2
)
= f 00 (x ) + + = f 00 (x ) + o (1),
0 h 2 h 2 0
d’après la formule de Taylor-Young pour la fonction f deux fois dérivable, soit encore
f (x + h ) + f (x − h ) − 2 f (x )
lim = f 00 (x ).
h →0 h2
2.3. Manipulations
On sait donc obtenir des développements limités par la formule de Taylor-Young. Cette section permet
de voir comment utiliser quelques développements simples pour en obtenir d’autres.
Pour simplifier la rédaction des propriétés suivantes, on adopte la définition technique suivante.
Définition 9.14.
Pn k
Pp k
La troncature (en 0) à l’ordre p ≤ n du polynôme k =0 a k X est le polynôme k =0 a k X qui ne
contient que les monômes de degré au plus p .
Proposition 9.15.
On fera attention que le résultat pour les produits est énoncé en 0 pour éviter les erreurs de troncature.
Démonstration
. On trouve directement en faisant la combinaison linéaire des développements limités :
(f + λg )(x ) = (Pn + λQn )(x ) + o ((x − a )n ).
a
On conclut par unicité de la partie régulière.
. Écrivons les développements limités sous la forme f (x ) = Pn (x ) + x n "(x ) et g (x ) = Qn (x ) + x n ϑ(x ) où "
et ϑ sont deux fonctions de limite nulle en 0. Alors,
f (x )g (x ) = Pn (x )Qn (x ) + x n (Pn (x )ϑ(x ) + Qn (x )"(x ) + x n ϑ(x )"(x )).
Or, x 7→ Pn (x )ϑ(x ) + Qn (x )"(x ) + x n ϑ(x )"(x ) est de limite nulle en 0. D’où le résultat.
Le résultat suivant décrit les calculs de développement limité par composition. On se place en 0 pour
simplifier l’énoncé (en pratique, on se ramènera toujours à l’étude en 0).
390
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Proposition 9.16.
Démonstration
Écrivons, à nouveau, les développements limités de forme f (x ) = Pn (x )+ x n "(x ) et g (x ) = Qn (x )+ x n ϑ(x )
où " et ϑ sont deux fonctions de limite nulle en 0. Alors, pour tout k ∈ N, la formule du binôme est
(g (x ))k = (Qn (x ) + x n ϑ(x ))k
= Qn (x )k + o (x n ).
0
f ◦ g (x ) = Pn (g (x )) + g (x )n "(g (x ))
= Pn (Qn (x )) + o (x n ).
0
Exemple
Calculons le développement limité à l’ordre 4 en 0 de la fonction composée x 7→ e cos(x ) . On
connaît les développements limités en 0 de cos et exp ; malheureusement cos(0) 6= 0 donc on
ne peut appliquer directement le résultat ci-dessus. On écrit donc
e cos(x ) = e .e cos(x )−1
1 1
= e .e − 2 x + 24 x +o (x )
2 4 4
0
2
1 2 1 4 1 1 2 1 4
4 4 4
= e. 1+ − x + x + o (x ) + − x + x + o (x ) + o (x )
0 2 24 2 2 24
e e
= e − x 2 + x 4 + o (x 4 ).
0 2 6
Exemple
Soit f : R → R une fonction bijective de classe C 2 telle que f (x ) = a 1 x + a 2 x 2 + o (x 2 ) avec a 1 6= 0.
0
Alors, f −1 est de classe C 2 au voisinage de 0 (car f 0 (0) 6= 0) donc admet un développement limité
à l’ordre 2 en f (0) = 0. Notons f −1 (x ) = b1 x + b2 x 2 + o (x 2 ). Déterminons ce développement en
0
écrivant que x = f ◦ f −1 (x ) :
2
x = a 1 b1 x + b2 x 2 + o (x 2 ) + a 2 b1 x + b2 x 2 + o (x 2 ) + o (x 2 )
0
= a 1 b1 x + (a 1 b2 + a 2 b12 )x 2 + o (x 2 ).
0
1 a
En utilisant l’unicité de la partie régulière, b1 = a1 et b2 = − a 23 .
1
391
Mathématiques MPSI
Proposition 9.17.
Soit f une fonction admettant un développement limité à l’ordre n en 0 telle que f (0) 6= 0.
Alors, 1f admet un développement limité à l’ordre n en 0.
Démonstration
1 1 1
Écrivons f (x ) = f (0) 1+ f (x )− f (0) et appliquons le résultat de composition précédemment établi aux fonctions
f (0)
f (x )− f (0) 1
x 7→ f (0) (qui s’annule en 0) et x 7→ 1+x .
Exemple
1
Calculons successivement les développements en 0 à l’ordre 5 de cos et tan.
1 1
=
cos(x ) 0 1 − 1 2 1 4
2 x − 24 x + o (x )
5
2
1 2 1 4 1 2 1 4
=1+ x − x + o (x 5 ) + x − x + o (x 5 ) + o (x 5 )
0 2 24 2 24
1 2 5 4
=1+ x + x + o (x 5 );
0 2 24
d’où, par produit,
1 1 5 1 5 4
tan(x ) = x − x 3 + x + o (x 5 ) 1 + x 2 + x + o (x 5 )
0 6 120 2 24
1 3 2 5 5
=x+ x + x + o (x ).
0 3 15
Proposition 9.18.
On notera bien l’asymétrie des deux résultats d’intégration et de dérivation (on connaît d’autres tels résul-
tats : on peut par exemple intégrer une inégalité mais pas la dériver).
Démonstration
. Par définition du terme o ((x − a )n ), il existe, pour tout " > 0, un voisinage de a tel que :
−"(x − a )n ≤ f (x ) − Pn (x ) ≤ "(x − a )n .
En intégrant ces inégalités, on obtient le résultat énoncé.
. Si f 0 admet un développement
Rx limité à l’ordre n − 1 en a de partie régulière Qn , alors d’après le point
précédent Pn (x ) − Pn (a ) = a Qn (t ) dt et donc Qn (x ) = Pn0 (x ).
392
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Exemple
On peut appliquer ce résultat aux primitives de x 7→ (1+ x )α et aux fonctions associées, on obtient
n
X (−1)k +1
ln(1 + x ) = x k + o (x n ),
0
k =1
k
n
X (−1)k 2k +1
arctan(x ) = x + o (x 2n +2 ),
0
k =0
2k + 1
n
X (2k )!
arcsin(x ) = x 2k +1 + o (x 2n+2 ).
0
k =0
(2k + 1)(2k .k !)2
Exemple
Remarquons que tan(x ) = o (1) et, par conséquent, que tan0 (x ) = 1 + tan2 (x ) = 1 + o (1).
0 0
Ainsi, en intégrant, tan(x ) = x + o (x ) ; par ailleurs, tan admet un développement à l’ordre 2
0
(comme fonction de classe C 2 ) et le terme d’ordre 2 est nul car tan est impair :
tan(x ) = x + o (x 2 ).
0
0
En réutilisant la relation entre tan et tan, on en déduit le développement limité de la fonction
tan à l’ordre que l’on souhaite.
3. Applications
3.1. Calculs de limite
Voici quelques exemples d’utilisation des développements limités principalement pour calculer une limite
(en levant une indétermination).
Exemple
αx β x x1
Cherchons la limite en 0 de x 7→ e +e
2 .
Le calcul du développement limité donne
αx 1 x1
e + e βx x α+β
= 1+ x + o (x )
2 0 2
α+β
1
ln 1+ 2 x +o (x )
=e x
0
α+β
+o (1)
=e 2 .
0
α+β
La limite recherchée est donc e 2 .
Exemple
Cherchons un équivalent en 0 de x 7→ (ch(x )) x − (cos(x )) x . En effectuant le calcul du développe-
393
Mathématiques MPSI
= e [2
x 4 +o (x 5 )]− 12 [ 12 x 2 + 24 x 4 +o (x 5 )]
2
x 1 x 2 + 24
1 1
+o (x 5 )
0
1 1
x 3 − 12 x 5 +o (x 6 )
=e 2
0
2
1 3 1 5 1 1 3 1 5
=1+ x − x + o (x 6 ) + x − x + o (x 6 ) + o (x 6 )
0 2 12 2 2 12
1 3 1 5 1 6 6
=1+ x − x + x + o (x ).
0 2 12 8
De même,
1 1 5 1 6
(cos(x )) x = 1 − x 3 − x + x + o (x 6 ).
0 2 12 8
Par conséquent, (ch(x )) x − (cos(x )) x = x 3 + o (x 6 ).
0
Exemple
Étudions les asymptotes de la courbe représentative de x 7→ x 2 ln x x−1 .
Il suffit de développer la fonction au voisinage de ±∞ en posant x = 1t .
x 1
x 2 ln = t −2 ln = −t −2 ln(1 − t )
x −1 1−t
t2 t3
= −t −2 (−t − − + o (t 3 ))
0 2 3
1 1 1 1 11 1
= + + t + o (t ) = x + + + o ( ).
0 t 2 3 ∞ 2 3x x
On en déduit que l’asymptote est y = x + 12 et qu’au voisinage de +∞ la courbe est au-dessus de
l’asymptote (car 13 x1 > 0).
Exemple
x −1
Étudions les asymptotes de la courbe représentative de x 7→ x exp x 2 +1 .
394
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
COURS
Il suffit de développer la fonction au voisinage de ±∞ en posant x = 1t :
x −1 1 t −t2
x exp = exp
x2 +1 t 1+t2
1
= exp t − t 2 + o (t 3 )
0 t
1 t2
= 1+t − + o (t 2 )
0 t 2
1 1 11 1
= + 1 − t + o (t ) = x + 1 − + o ( ).
0 t 2 ∞ 2x x
On en déduit que l’asymptote est y = x + 1 et qu’au voisinage de +∞ la courbe est en dessous
de l’asymptote (car − 12 x1 < 0).
Définition 9.19.
Soit f une fonction définie sur I et a une borne ou un point de l’intervalle I . f admet un développe-
ment généralisé en a s’il existe r ∈ R tel que x 7→ (x − a )r f (x ) admette un développement limité
en a .
Exemple
Par exemple,
1 1
=
e x − 1 0 x + x22 + x63 + o (x 3 )
1 1
= 2
0 x 1 + x2 + x6 + o (x 2 )
1 x x2 x2
= (1 − − + + o (x 2 ))
0 x 2 6 4
1 1 1
= − + x + o (x ).
0 x 2 12
395
FICHE
SYNTHÈSE
L’objectif de ce chapitre est l’étude locale ou asymptotique des fonctions. Pour cela, on introduit trois
relations de comparaison (définies de manière identique aux suites) pour les fonctions. Les définitions
simples ci-dessous sont maniables mais requièrent une hypothèse technique de non-annulation.
Relations de comparaison
. Soit (u n )n et (vn )n deux suites ne s’annulant pas à partir d’un certain rang.
u
• La suite (u n )n est dominée par (vn )n si la suite vnn est bornée.
n
u
• La suite (u n )n est négligeable devant (vn )n si la suite vnn est de limite nulle.
n
u
• La suite (u n )n est équivalente à (vn )n si la suite vnn est de limite 1.
n
. Soit f , g : I → R et a ∈ R ∪ {±∞} une borne ou un point de l’intervalle I . On suppose que g ne
s’annule pas sur un voisinage de a .
f
• g domine f en a si la fonction quotient g est bornée au voisinage de a .
f
• f est négligeable par rapport à g en a si la fonction quotient g tend vers 0 en a .
f
• f et g sont équivalentes en a si la fonction quotient g tend vers 1 en a , ou de manière
équivalente si f (x ) − g (x ) = o (g (x )).
a
Croissances comparées
Poussant plus loin les relations de comparaison, on cherche à obtenir des développements limités.
Développement limité
Une fonction f admet un développement limité à l’ordre n en un point a de son domaine de définition
(en abrégé DLn (a )) s’il existe des réels a 0 , . . . , a n tels que
n
X
f (x ) = a k (x − a )k + o ((x − a )n ).
a
k =0
396
Sous de fortes hypothèses de régularité, la formule de Taylor-Young donne ces développements.
Formule de Taylor-Young
À partir de cette formule générale et des règles de manipulations des développements limités, on obtient
deux familles de DL à connaître : ceux qui se déduisent du développement de la fonction exp et ceux qui
se déduisent de la fonction x 7→ (1 + x )α .
Développements usuels en 0
D L n (0) D L 5 (0)
n
xk x2 x3 x4 x5
exp(x ) + o (x n ) 1+ x + + + + + o (x 5 )
P
k! 2! 3! 4! 5!
k =0
n 2k +1
x x3 x5
sin(x ) (−1)k (2k +1)! + o (x ) + + o (x 5 )
P 2n+2
x− 3! 5!
k =0
n 2k
x 2n +1 x2 x4
cos(x ) (−1)k (2k )! + o (x ) + + o (x 5 )
P
1− 2! 4!
k =0
n
x 2k +1 x3 x5
sh(x ) + o (x 2n +2 ) x+ + + o (x 5 )
P
(2k +1)! 3! 5!
k =0
n
x 2k x2 x4
ch(x ) + o (x 2n +1 ) 1+ + + o (x 5 )
P
(2k )! 2! 4!
k =0
D L n (0) D L 5 (0)
n
α(α−1)···(α−k +1) k
(1 + x )α 1+ + o (x n )
P
k! x
k =1
n
1
x k + o (x n ) 1 + x + x 2 + x 3 + x 4 + x 5 + o (x 5 )
P
1−x
k =0
n
1 x2 x3 x4 x5
ln(1 − x ) x k + o (x n ) + o (x 5 )
P
− k −x − 2 − 3 − 4 − 5
k =1
n 2k +1
x 2n +2 x3 x5
arctan(x ) (−1)k 2k +1 + o (x ) + + o (x 5 )
P
x− 3 5
k =0
n
(2k )! x3 5
arcsin(x ) x 2k +1 + o (x 2n+2 ) x+ + 3.x
40 + o (x )
P 5
(2k +1)(2k .k !)2 6
k =0
397
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) ln(x + x ) ∼ 2 ln(x ).
2
+∞
b) exp(x + x ) ∼ exp(x ).
2 2
+∞
1 1
c) sin ∼ .
x +2 +∞ x
1 1 1
d) sin ∼ + .
x +2 +∞ x x3
1 1
e) cos ∼ .
x + 2 +∞ x
f) Si f (x ) ∼ ln(x ), alors f (x ) = ln(x ) + O (1).
+∞ +∞
398
Chapitre 9 – Études locales et asymptotiques
Exercice 1
p
Soit, pour tout n ∈ N, u n = cos(π n 2 + n + 2). Déterminer un équivalent de u n .
Exercice 2
n pn 2 −1−n
Déterminer la limite de la suite (u n ) définie par u n = e − 1 + n1 .
Exercice 3
1. Montrer que, pour tout n ∈ N \ {0}, l’équation e x = n − x admet une unique solution positive que
l’on notera xn .
2. Déterminer deux termes du développement asymptotique de xn .
Exercice 4
Soit (u n ) une suite réelle telle que, pour tout n ∈ N,
u n5 + n u n = 1.
Étudier cette suite et donner un développement asymptotique à deux termes de u n .
EXERCICES
Exercice 5
Calculer le DL en 0 des expressions suivantes
ln(1 + x )
Rx sin t
2. t dt à l’ordre 5.
1. à l’ordre 3, 0
sin x
Exercice 6
Calculer le coefficient devant (x − 1)1789 dans le DL en 1 de x 7→ ln(1 + x1 ).
Exercice 7
2
1. Montrer que la fonction f : x 7→ x e x réalise une bijection de R dans R.
2. Déterminer un développement limité à l’ordre 5 en 0 de f −1 .
Exercice 8
Soit f la fonction de R dans R définie par f (x ) = 2x + sin x .
1. Montrer que f est une bijection de classe C ∞ de R dans R.
2. Calculer un DL à l’ordre 3 en 0 de f −1 .
y = f (x )
y = 3x
399
Mathématiques MPSI
Exercice 9
Rx dt
Déterminer un équivalent en +∞ de 2 ln t
.
Exercice 10
Soit f : R → R de classe C 3 . Calculer, pour chaque x ∈ R,
f (x + 3h ) − 3 f (x + 2h ) + 3 f (x + h ) − f (x )
lim .
h →0 h3
Exercice 11
Pn ak
Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur a 1 , . . . , a n ∈ R pour que f : x 7→ k =1 tan(k x ) admette
une limite finie en 0.
Exercice 12
Soit f : R → R∗+ de classe C 2 telle que f (0) = 1, f 0 (0) = 0 et f 00 (0) = −1. Montrer que
a x
a2
∀a ∈ R, lim f p =e− 2 .
x →+∞ x
Exercice 13
Déterminer un développement asymptotique de arctan x en +∞ à la précision o ( x14 ).
Exercice 14
Déterminer l’asymptote en +∞ et étudier la position relative de la courbe par rapport à l’asymptote pour
chacune des courbes données par les équations suivantes :
1
1. y = x (x + 1), 2. y = x e x arctan x .
p
Exercice A
Montrer qu’il n’existe pas de réel α > 0 tel que blog(x )c! = o (x α ).
+∞
Exercice B
Déterminer un équivalent de arccos x en 1.
Exercice C
Soit f continue sur R telle que lim f = 0 et
±∞
] − 1, 1[
→ R
g: x
x 7 → f 1−|x |
1. Montrer que g est continue sur ]−1, 1[ et prolongeable par continuité en une fonction encore notée
g sur [−1, 1] .
2. Montrer que g est dérivable en 1 avec g 0 (1) = 0 si, et seulement si, f (x ) = o ( x1 ).
+∞
400
Problèmes
Exercice D
999
xk
P
Déterminer le DL en 0 à l’ordre 1000 de x 7→ ln k! .
k =0
Exercice E
p
1. Établir une relation entre les expressions arcsin x et π4 + 12 arcsin(2x − 1).
2. En déduire les trois premiers termes du développement asymptotique de arcsin x en −1.
Problème du chapitre 9
PROBLÈME
b. La fonction f est-elle de classe C 1 sur R ?
3. Soit f : R → R+ une fonction de classe C 2 .
a. Soit x0 ∈ R tel que f (x0 ) 6= 0. Montrer que la fonction f est dérivable en x0 .
p
b. Soit x0 ∈ R tel que f (x0 ) = 0. En utilisant la formule de Taylor-Young, montrer que f admet
p
des dérivées à droite et à gauche en x0 . Préciser les valeurs de ces dérivées à droite et à gauche
en x0 . p
c. En déduire une condition nécessaire et suffisante pour que la fonction f soit dérivable sur
R.
4. Soit f : R → R+ une fonction de classe C 2 .
a. Soit x0 ∈ R tel que f (x0 ) = f 00 (x0 ) = 0. Pour tout η > 0, notons
M 2 (η) = sup{| f 00 (x )|, x ∈ [x0 − 2η, x0 + 2η]}.
On admet la formule de Taylor-Lagrange sous la forme suivante : pour tout x ∈ [x0 −η, x0 +η]
et tout |h | < η,
h2
| f (x + h ) − f (x ) − h f 0 (x )| ≤ M 2 (η).
2
i. Justifier que, pour tout x ∈ [x0 − η, x0 + η] et tout |h | < η,
h2
f (x ) + h f 0 (x ) +
M 2 (η) ≥ 0.
2
ii. Montrer que, pour tout x ∈ [x0 − η, x0 + η], | f 0 (x )| ≤ 2 f (x )M 2 (η).
p
p
b. En déduire une condition nécessaire et suffisante pour que la fonction f est C 1 sur R.
401
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Vrai.
b) Faux.
1 1 1
c) Vrai, sin ∼ ∼ .
x +2 +∞ x +2 x
1 1
d) Vrai, car + ∼ 1.
x x 3 +∞ x
e) Faux, car le membre de gauche tend vers 1 alors que celui de droite tend vers 0.
1 1
g) Faux dans le cas d’une limite nulle : par exemple, les suites x 7→ x et x 7→ x2 ne sont pas équivalentes
mais admettent la même limite.
h) Vrai.
1 x
i) Vrai, shx ∼ e .
+∞ 2
j) Vrai.
k) Faux, les seuls polynômes périodiques sont les polynômes constants et la fonction sin admet une
partie régulière non constante dans son DL à l’ordre 1 en 0.
l) Vrai.
1
m) Faux, x 7→ x 3 sin x .
1
n) Faux, d’après la formule de Taylor-Young, b = 2 f 00 (0).
o) Vrai.
p) Faux, l’exposant de (−1) est faux.
Exercice 1
Commençons par effectuer un développement asymptotique de l’argument du cosinus. Pour tout n ∈
N \ {0},
v
2 2
1 2 1 1 2 1 1 1
p t
n +n +2=n 1+ +
2 =n 1+ + − + +o
n n2 2 n n2 8 n n2 n2
1 7 1 1 7 1
=n 1+ + +o =n + + +o .
2n 8n 2 n2 2 8n n
402
Corrigés
Par conséquent,
π 7π 1
u n = cos(n π + + +o )
2 8n n
7π 1
= (−1)n+1 sin( +o )
8n n
7π
∼ (−1)n+1 .
8n
Exercice 2
Commençons par développer le terme entre parenthèses. Pour tout n ∈ N \ {0},
1 n
= e − e n ln(1+ n )
1
e − 1+
n
= e − e n ( n − 2n 2 +o ( n 2 ))
1 1 1
1 1
= e 1 − e − 2n +o ( n )
e 1
= + o ( ).
2n n
Par ailleurs, l’exposant vérifie
v
p t 1 1 1
n2 − 1 − n = n 1− −1 =− + o ( ).
n 2 2n n
Exercice 3
1. Considérons la fonction f : x 7→ x + e x . Elle est de classe C ∞ et à dérivée, x 7→ 1 + e x , strictement
positive : elle réalise donc une bijection de R+ dans f (R+ ) = [1, +∞[ (ce dernier point provient de f (0) = 1
et lim f = +∞). Ainsi, il existe un unique antécédent dans R+ à l’élément n .
+∞
2. Remarquons tout d’abord que, pour tout n ∈ N, f (xn ) = n < n +1 = f (xn+1 ) donc par stricte croissance
de f puis de f −1 , xn < xn+1 . Ainsi, la suite (xn )n est strictement croissante.
. Si elle admet une limite ` ∈ R, alors par continuité de f , n = f (xn ) → f (`) ce qui est absurde. La suite
(xn )n est donc croissante et divergente donc tend vers +∞.
. Ainsi, xn = o (e xn ) et donc n ∼ e xn . Écrivons alors
xn = ln(e xn ) = ln(n + o (n )) = ln n + ln(1 + o (1)) = ln n + o (1).
. Pour calculer le terme suivant, posons yn = xn −ln n . D’après le point précédent, yn = o (1). Or, la relation
définissant xn se réécrit en remplaçant
CORRIGÉS
n e yn + yn + ln n = n ,
soit encore
n + n yn + n o (yn ) + yn + ln n = n .
En simplifiant, on obtient yn + o (yn ) = − lnnn , c’est-à-dire yn ∼ − lnnn . Par conséquent,
ln n ln n
xn = ln n −
+o( ).
n n
En reportant, on pourrait obtenir les termes suivants de la même manière mais avec une technicité crois-
sante dans les calculs.
403
Mathématiques MPSI
Exercice 4
Procédons par étapes.
. Montrons tout d’abord que la suite (u n ) est bien définie. Pour cela, étudions, pour tout n ∈ N, la fonction
fn : x 7→ x 5 + n x : elle est continue, strictement croissante de limite −∞ en −∞ et +∞ en +∞ donc
réalise une bijection de R dans R. Par conséquent, il existe un unique réel u n tel que fn (u n ) = 1. De plus,
fn (0) = 0 donc u n > 0.
. Étudions ensuite les variations de (u n ). Pour tout n ∈ N,
fn (u n+1 ) = u n5 +1 + n u n +1 = 1 − (n + 1)u n+1 + n u n +1
= 1 − u n+1 < 1 = fn (u n ).
Comme les fonctions fn sont strictement croissantes, on en déduit que u n+1 < u n pour tout n ∈ N : la
suite (u n ) est strictement décroissante.
. Comme la suite (u n ) est décroissante, minorée par 0, elle converge vers une limite ` ≥ 0. Si ` > 0, alors
lim n u n = +∞ et lim 1−u n5 = 1−`5 ; ces deux limites devraient être égales donc on tient une contradiction
et ` = 0.
. Passons enfin à l’étude asymptotique.
Remarquons que n u n = 1 − u n5 ∼ 1 car lim u n = 0 donc u n ∼ n1 . Pour étudier le terme suivant, posons
vn = u n − n1 pour tout n ∈ N \ {0}. La relation de récurrence sur (u n ) devient, pour tout n ∈ N,
1 5 1
vn + + n vn + = 1.
n n
D’où n vn + n15 + o n15 = 0 en utilisant que vn = o n1 ; ainsi vn ∼ − n16 .
En conclusion,
1 1 1
un = − +o .
n n 6 n6
Exercice 5
1. D’après les développements usuels,
ln(1 + x ) x − 12 x 2 + 13 x 3 − 14 x 4 + o (x 4 )
=
sin x 0 x − 16 x 3 + o (x 4 )
1 − 12 x + 13 x 2 − 14 x 3 + o (x 3 )
=
0 1 − 16 x 2 + o (x 3 )
1 1 1 1
= 1 − x + x 2 − x 3 + o (x 3 ) 1 + x 2 + o (x 3 )
0 2 3 4 6
1 1 2 1 3
= 1 − x + x − x + o (x 3 ).
0 2 2 3
On remarque qu’il a fallu effectuer le calcul à l’ordre 4 pour que le résultat final soit à l’ordre 3.
2. Commençons par rappeler que
sin t 1 1 4
=1− t2 + t + o (t 4 ).
t 0 6 120
Par intégration des développements limités,
Z x
sin t 1 3 1 5
dt = 0 + x − x + x + o (x 5 ).
0
t 0 18 600
404
Corrigés
Exercice 6
Écrivons x = 1 + h . Alors,
1
ln(1 + ) = ln(2 + h ) − ln(1 + h )
x
h
= ln 2 + ln(1 + ) − ln(1 + h )
2
n n
X (−1)k +1 −k k X (−1)k +1 k
= ln 2 + 2 h − h + o (h n )
h →0
k =1
k k =1
k
n
X (−1)k +1
= ln 2 + (2−k − 1)(x − 1)k + o ((x − 1)n ).
x →1
k =1
k
1
Le coefficient recherché est donc 1789 2−1789 − 1 .
Exercice 7
2
1. La fonction f est dérivable sur R et sa dérivée est x 7→ (2x 2 + 1)e x . En particulier, f 0 est strictement
positive donc f réalise une bijection de R dans f (R). Comme lim f = −∞ et lim f = +∞, f (R) = R et
−∞ +∞
donc f réalise une bijection de R dans R.
2. Notons que f est de classe C ∞ comme composée et produit de fonctions de classe C ∞ et sa dérivée
ne s’annule pas ; par conséquent, f −1 est de classe C ∞ et admet des DL à tout ordre en 0 avec la formule
de Taylor-Young. De plus, f est impaire donc f −1 est aussi impaire. Notons a x + b x 3 + c x 5 la partie
régulière de DL à l’ordre 5 de f −1 . Remarquons enfin que
x4 1
f (x ) = x (1 + x 2 + + o (x 4 )) = x + x 3 + x 5 + o (x 5 ).
0 2 2
En écrivant que x = f −1
(f (x )), on obtient
1
x = a x + x 3 + x 5 + b (x 3 + 3x 5 ) + c x 5 + o (x 5 )
0 2
a
= a x + (a + b )x 3 + + 3b + c x 5 + o (x 5 ).
0 2
En identifiant les parties régulières, on conclut que a = 1, b = −1 et c = 52 donc
5
f −1 (x ) = x − x 3 + x 5 + o (x 5 ).
0 2
Exercice 8
1. La fonction f est de classe C ∞ et sa dérivée, x 7→ 2 + cos x , est strictement positive. Par conséquent,
f réalise une bijection de R dans f (R) = R (car lim f = −∞ et lim f = +∞).
−∞ +∞
2. D’après la première question, f −1 est de classe C ∞ (car la dérivée ne s’annule pas) donc admet des
DL de tout ordre en 0. Comme par ailleurs, f est impaire, f −1 l’est aussi. Notons f −1 (x ) = a x +b x 3 +o (x 3 )
CORRIGÉS
0
x3
le DL à l’ordre 3 en 0 de f −1 . Comme f (x ) = 3x − 6 + o (x 3 ), la relation f −1 (f (x )) = x entraîne
0
x3 x3 3
+ o (x 3 ) + b 3x − + o (x 3 ) + o (x 3 )
x = a 3x −
0 6 6
a
= 3a x + − + 27b x 3 + o (x 3 ).
0 6
1 1
En identifiant les parties régulières, on trouve a = 3 et b = 486 , donc
1 1 3
f −1 (x ) = x+ x + o (x 3 ).
0 3 486
405
Mathématiques MPSI
Exercice 9
Procédons à une intégration par parties (en intégrant la constante 1). Pour tout x > 2,
Z x Z x
dt t x dt
= + .
2
ln t ln t 2 2
(ln t )2
Rx Rx Rx
. Comme ln t ≤ t , 2 lndtt ≥ 2 dtt = ln x − ln 2. Ainsi, 2 lndtt → +∞.
Rx Rx
. Montrons que 2 (lndtt )2 = o 2 lndtt . Soit " > 0 et A tel que ln1A ≤ " Alors, pour x ≥ A,
Z x Z x Z x
dt 1 dt dt
≤ ≤" .
A
(ln t )2 ln A A ln t 2
ln t
Par ailleurs, pour x suffisamment grand
Z A Z x
dt dt
≤" ,
2
(ln t )2 2
ln t
le premier membre est une constante et le second tend vers +∞ en +∞. Nous avons établi que pour
tout " > 0, il existe A tel que pour tout x ≥ A,
Z x Z x
dt dt
≤ 2" ,
2
(ln t ) 2
2
ln t
Rx Rx
c’est-à-dire, avec la définition de limite, 2 (lndtt )2 = o 2 lndtt .
En conclusion, Z x
dt x
∼ .
2
ln t +∞ ln x
Exercice 10
Appliquons la formule de Taylor-Young à f en x à l’ordre 3 pour estimer la quantité ∆(h ) = f (x + 3h ) −
3 f (x + 2h ) + 3 f (x + h ) − f (x ). Alors, pour x ∈ R,
9 00 9
∆(h ) = (f (x ) + 3 f 0 (x )h + f (x )h 2 + f 000 (x )h 3 )
h →0 2 2
4
− 3(f (x ) + 2 f 0 (x )h + 2 f 00 (x )h 2 + f 000 (x )h 3 )
3
1 1
+ 3(f (x ) + f 0 (x )h + f 00 (x )h 3 + f 000 (x )h 3 ) − f (x ) + o (h 3 )
2 6
= f 000 (x )h 3 + o (h 3 ).
h →0
∆(h )
Par conséquent, lim h3 = f 000 (x ).
h →0
406
Corrigés
Exercice 11
1
Fixons k et étudions x 7→ tan k x au voisinage de 0.
1 1 1 1 1 1
= = = (1 + o (x )) = + o (1).
tan k x 0 k x + o (x 2 ) k x 1 + o (x ) 0 k x kx
Par conséquent, n
Xa 1
k
f (x ) = + o (1).
0
k =1
k x
n
ak
= 0.
P
Ainsi, f admet une limite finie en 0 si, et seulement si, k
k =1
Exercice 12
D’après la formule de Taylor-Young appliquée à f à l’ordre 2 en 0, f (x ) = 1− 12 x 2 + o (x 2 ). Par conséquent,
0
pour a ∈ R,
x
a a
f p = exp(x ln f p )
x x
a2 1
= exp(x ln 1 − +o )
+∞ 2x x
a2 1
= exp(x − +o )
+∞ 2x x
a2
= exp(− + o (1)).
+∞ 2
x 2
pa − a2
En conclusion, lim f x
=e .
x →+∞
Exercice 13
Commençons par rappeler que pour tout x > 0, arctan x = π2 − arctan x1 . Cette formule permet ainsi de
ramener l’étude de arctan x quand x est au voisinage de +∞ à celle de arctan x1 avec x1 au voisinage de 0.
Or, arctan u = u − 13 u 3 + o (u 4 ). En remplaçant, on obtient donc arctan x = π2 − x1 + 3x1 3 + o x14 .
0
Exercice 14
1
Pour chaque exemple, posons x = t puis effectuons un DL en t = 0.
1 p
1. En mettant en facteur t2 puis en utilisant le développement en o de u 7→ 1 + u, on obtient
1
1 1 2
p
x (x + 1) = +
t2 t
CORRIGÉS
1 1 1
= (1 + t − t 2 + o (t 2 ))
t →0 t 2 8
1 1 1
= + − t + o (t )
t →0 t 2 8
1 11 1
= x+ − +o .
x →+∞ 2 8x x
L’asymptote recherchée admet donc pour équation y = x + 12 , l’écart à cette asymptote est équivalent à
− 18 x1 donc négatif au voisinage de +∞ : la courbe est sous l’asymptote.
407
Mathématiques MPSI
π
2. Utilisons que pour tout u > 0, arctan u1 = 2− arctan u :
1 1 t 1 1 π
x e arctan x = e arctan = e t
x − arctan t
t t t 2
1 1 π
1 + t + t 2 + o (t 2 ) − t + o (t 2 )
=
t →0 t 2 2
π π π
= + −1 + − 1 t + o (t )
t →0 2t 2 4
π π π 1 1
= x+ −1 + −1 +o .
x →+∞ 2 2 4 x x
L’asymptote recherchée admet donc pour équation y = π2 x + π2 − 1 , l’écart à cette asymptote est équi-
Exercice A
Supposons qu’il existe α > 0 tel que blog(x )c! = o (x α ). Alors, en considérant pour x les entiers de la
+∞
forme 10n , on obtient que 10nαn! → 0 ce qui est absurde. En effet, en posant u n = n!
10αn , on obtient que
u n +1 n +1
u n = 10α → +∞ donc u n → +∞ d’après le critère de D’Alembert.
Exercice B
Remarquons tout d’abord que la fonction arccos est continue en 1 (et y prend la valeur 0) mais qu’elle
n’y est pas dérivable.
Utilisons que arccos x → 0 quand x → 1 pour écrire arccos x ∼ sin(arccos x ). Comme arccos x ∈ [0, π],
p 1 p
sin(arccos x ) ≥ 0 donc sin(arccos x ) = 1 − cos2 (arccos x ) = 1 − x 2 . En conclusion, arccos x ∼ 1 − x 2
p
p p 1
soit encore arccos x ∼ 2 1 − x en utilisant que 1 + x ∼ 2.
1 1
Exercice C
1. La fonction g est continue sur ] − 1, 1[ et, d’après les limites sur f , g tend vers 0 en ±1, d’où le prolon-
gement par continuité en posant g (±1) = 0.
2. Pour tout x ∈ |0, 1[,
g (x ) − g (1) x x x
=− f −f .
x −1 1− x 1 − |x | 1− x
408
Corrigés
x x
Par conséquent, g est dérivable en 1 avec g 0 (1) = 0 si, et seulement si, lim 1−x f 1−x = 0. Comme la
x →1
x
fonction ϕ : x 7→ 1−x est une bijection continue de [0, 1[ dans R+ qui vérifie lim
−
ϕ = +∞, la condition
1
sur f est lim t f (t ) = 0 ce qui est bien le résultat recherché.
t →∞
Exercice D
Remarquons que l’argument du logarithme est la partie régulière du DL à l’ordre 999 en 0 de l’exponen-
tielle. Par conséquent,
999
X xk x 1000
ln = ln(e x − + o (x 1000 ))
k =0
k ! 0 1000!
x 1000
= x + ln(1 + e −x + o (e −x x 1000 ))
0 1000!
x 1000
= x + ln(1 + (1 + o (1)) + o (x 1000 ))
0 1000!
x 1000
= x + ln(1 + + o (x 1000 ))
0 1000!
x 1000
=x− + o (x 1000 ).
0 1000!
Exercice E
1
1. Les deux expressions définissent des fonctions dérivables de dérivées x 7→ p et nulles en 0 :
2 x (1−x )
elles sont donc égales.
2. Pour calculer ce développement asymptotique, posons x = −1 + h puis utilisons la question précé-
dente et le DL de arcsin en 0
v
π th
arcsin x = arcsin(−1 + h ) = − + 2 arcsin
2 2
v v 3 !
π t h 1 h t 3
= − +2 + + o (h 2 )
h →0 2 2 6 2
π p 1 1 3 3
= − + 2(x + 1) 2 + p (x + 1) 2 + o ((x + 1) 2 ).
x →−1 2 6 2
Problème 1 p
1. Par exemple, la fonction f : x 7→ x 2 convient car elle est de classe C ∞ et f : x 7→ |x | n’est pas
dérivable en 0.
2. a. La fonction f est positive comme carré d’une fonction réelle et de classe C 2 comme composées
de fonctions dep classe C 2 .
b. La fonction f n’est pas de classe C 1 sur R, car elle ne l’est pas pour les éléments de πZ (où elle
s’annule). En effet, f est π-périodique et
p
Æ 0 Æ 0
lim− f (x ) = lim− − cos x = −1, lim+ f (x ) = lim+ cos x = 1.
x →0 x →0 x →0 x →0
409
Mathématiques MPSI
p
3. a. La fonction f est de classe C 1 sur R donc en x0 . La fonction y 7→ y est de classe C 1 sur R∗+ donc,
par composition (car f (x0 ) ∈ R∗+ ), la fonction f est de classe C 1 en x0 .
p
. En x0 ∈ f −1 ({0}), f est dérivable en x0 si, et seulement si, les dérivées à droite à gauche coïncident
p
/ f −1 ({0}).
p
b. Comme dans la question précédente, f est de classe C 1 en tout x0 ∈
Montrons que f est de classe C 2 en x0 ∈ f −1 ({0}) si, et seulement si, f 00 (x0 ) = 0.
(⇒) On a déjà établi que si f est dérivable en x0 ∈ f −1 ({0}), alors f 00 (x0 ) = 0.
p
(⇐) Soit x0 ∈ f −1 ({0}) tel p que f (x0 ) = 0. Alors, d’après la question précédente, pour tout η > 0 et x ∈
00
f 0 (x ) Æ
≤ 2M 2 (η).
f (x )
p
p 0 f 0 (x ) p 0
Comme M 2 (η) tend vers 0 lorsque η vers 0, on obtient que f (x ) = p tend vers 0 = f (x0 )
f (x )
p
lorsque x tend vers x0 : la fonction f est de classe C 1 en x0 .
p
Une condition nécessaire et suffisante pour que la fonction f soit C 1 sur R est que, pour tout x0 ∈
f −1 ({0}), f 00 (x0 ) = 0.
410
Chapitre 10
Structures algébriques
1. Groupes — 2. Anneaux et corps
411
COURS
Ce court chapitre introduit du vocabulaire pour permettre une présentation unifiée de plusieurs résultats
mathématiques. On commence tout d’abord avec la structure de groupe (une seule loi de composition
interne) puis on aborde anneaux et corps (avec deux lois de composition internes compatibles entre
elles). La théorie complète sous-jacente est, conformément au programme, à peine abordée.
Pour simplifier la lecture, on rappelle les propriétés des lois de composition interne.
Définition 10.1.
Définition 10.2.
Soit E un ensemble muni de deux lois de composition interne et ?. La loi ? est distributive sur la loi
si elle vérifie les propriétés de distributivité à gauche et à droite suivantes
∀(x , y , z ) ∈ E 3 , x ? (y z ) = (x ? y ) (x ? z ),
3
∀(x , y , z ) ∈ E , (y z ) ? x = (y ? x ) (z ? x ).
1. Groupes
. Un ensemble G est un groupe s’il est muni d’une loi de composition interne ?
• associative,
• qui admet un élément neutre e ∈ G ,
• telle que tout élément de G admet un symétrique pour cette loi.
. Si, de plus, ? est commutative, alors G est abélien (ou commutatif).
412
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Exemple
Voici quelques exemples de parties qui ne sont pas des groupes :
• (N, +) car les éléments non nuls pas de symétrique dans l’ensemble,
• (Z, ×) car les éléments différents de 1 ou −1 n’admettent pas de symétriques dans Z,
• (R, ×) car 0 n’admet pas de symétrique.
Exemple
Voici quelques exemples de groupes :
• (Z, +), (Q, +), (R, +), (C, +),
• (R∗ , ×), (C∗ , ×), (U, ×), (Un , ×),
• l’ensemble des similitudes directes muni de la composition, l’ensemble Dn des isométries
préservant les n sommets d’un polygone régulier à n sommets lui aussi muni de la compo-
sition.
Exemple
Soit (G , ×) et (G 0 , ⊗) deux groupes. On obtient un nouveau groupe en munissant le produit carté-
sien G × G 0 de la loi définie par
∀g , h ∈ G , ∀g 0 , h 0 ∈ G 0 , (g , g 0 ) (h , h 0 ) = (g × h , g 0 ⊗ h 0 ).
On vérifie facilement tous les axiomes (l’élément neutre est (e , e 0 ) et le symétrique d’un couple
(g , g 0 ) est le couple formé des symétriques (g −1 , g 0−1 )).
De manière informelle, on munit donc l’ensemble des couples de l’opération « terme à terme ».
Proposition 10.4.
Un groupe (G , ?) admet un unique élément neutre et tout élément de G admet un unique symétrique
pour ?.
Démonstration
. Soit e et e 0 deux éléments neutres de G . Alors, e = e ? e 0 = e 0 en utilisant successivement les propriétés
d’élément neutre de e 0 et de e : d’où l’unicité de l’élément neutre.
. Soit x ∈ G et y ∈ G tel que x ? y = e . En multipliant à gauche par le symétrique x −1 de x , on obtient
y = x −1 d’où l’unicité du symétrique.
On obtient alors des règles de calcul dans un groupe.
Proposition 10.5.
413
Mathématiques MPSI
Démonstration
. Soit x ∈ G . Comme x ? x −1 = x −1 ? x = e (car x −1 est le symétrique de x ), on obtient que x est l’élément
de G qui, multiplié par x −1 , donne e , c’est-à-dire le symétrique de x −1 .
. Soit x , y ∈ G . Pour obtenir le second point, il suffit d’écrire avec l’associativité
(x ? y ) ? (y −1 ? x −1 ) = x ? (y ? y −1 ) ? x −1
= x ? e ? x −1
= x ? x −1 = e
et de procéder de même pour le calcul de (y −1 ? x −1 ) ? (x ? y ).
Notation
. Si la loi est notée additivement c’est-à-dire + , le symétrique d’un élément x est appelé opposé
et noté −x ; l’élément neutre est noté 0G . Pour tout n ∈ N, n.x désigne l’élément défini comme
|x + x {z
+ . . . + x}.
n fois
On définit de même n .x pour un entier n < 0 comme (−n )(−x ) où −x est le symétrique de x .
. Si la loi est notée multiplicativement, c’est-à-dire × ou ◦ (ou une simple apposition sans sym-
bole), le symétrique d’un élément x est noté x −1 et l’élément neutre 1G ou IdG . Pour tout n ∈ N,
x n désigne l’élément défini comme
|x × x {z
× . . . × x} ou |x ◦ x {z
◦ . . . ◦ x}.
n fois n fois
On définit de même x n pour un entier n < 0 comme (x −1 )−n où x −1 est le symétrique de x .
Définition 10.6.
Exemple
D’après le cours sur les nombres complexes, le groupe Un des racines n ièmes de l’unité est
d’ordre n .
414
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
1.2.1. Ordre 2
Il y a une seule possibilité pour les groupes d’ordre 2, que l’on peut interpréter comme {±1} = U2 avec le
produit ou l’ensemble d’une réflexion et de l’identité muni de la composition :
? e x
e e x
x x e
En effet, la première ligne et la première colonne sont imposées d’après la propriété d’élément neutre e ;
la dernière case est aussi imposée par l’existence d’un élément symétrique de x (qui est donc x lui-
même).
1.2.2. Ordre 3
Il n’y a également qu’une seule possibilité pour les groupes d’ordre 3 (que l’on peut donc voir comme
U3 = {1, j , j 2 } et qui est donc commutatif ) et voici la table de sa loi :
? e x x2
e e x x2
x x x2 e
x2 x2 e x
En effet, il n’y a que les trois cases du coin en bas à droite pour lesquelles un argument est nécessaire : on
complète la case en position (2, 3) (deuxième ligne, troisième colonne) et celle en position (3, 2) d’après
l’existence d’un symétrique à x (qui est donc x 2 ). La case en position (3, 3) ne peut contenir ni e , ni x 2
par unicité du symétrique et de l’élément neutre : elle contient donc x .
On remarque la propriété suivante qui est générale.
Dans la table de Cayley d’un groupe fini, chaque élément apparaît une et une seule fois sur chaque
ligne et chaque colonne.
Proposition 10.8.
§ §
G → G G → G
Pour tout g ∈ G , les applications et sont des bijections.
x 7 → x ?g x 7→ g ?x
Démonstration
Pour trouver les bijections réciproques, il suffit de considérer les applications similaires définies en rem-
plaçant g par g −1 .
415
Mathématiques MPSI
1.2.3. Ordre 4
Forts de cette propriété, on trouve deux tables possibles pour les groupes à 4 éléments :
? e a b c ? e a b c
e e a b c e e a b c
a a b c e a a e c b
b b c e a b b c e a
c c e a b c c b a e
La première correspond par exemple au groupe (U4 , ×) (avec e = 1, a = i , b = −1 et c = −i ) ; la seconde
au groupe (P ({0, 1}), ∆) (avec e = ∅, a = {0}, b = {1} et c = {0, 1}).
Exemple
Le groupe (V4 , ◦) (pour Vierergruppe) des isométries du plan laissant stable un rectangle (non
carré) est composé de e l’identité du plan, a et b les deux réflexions par rapport aux droites pas-
sant par les milieux des côtés opposés du rectangle et c la symétrie par rapport au centre du
rectangle.
On vérifie que ce groupe admet bien la seconde table de Cayley exhibée ci-dessus.
1.3. Sous-groupes
On cherche à voir comment une partie d’un groupe peut hériter de la structure de groupe.
Définition 10.9.
Remarque
En particulier, l’élément neutre de G appartient à tous ses sous-groupes. De plus, si H est un sous-groupe
de G , alors, pour tout x ∈ H , x −1 ∈ H .
La définition de sous-groupe est peu pratique puisqu’elle requiert de redémontrer des propriétés déjà
acquises (comme, par exemple, l’associativité de la loi). La proposition suivante est la caractérisation
pratique des sous-groupes.
416
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Proposition 10.10.
Soit (G , ?) un groupe. Une partie non vide H de G est un sous-groupe de G si, et seulement si,
∀x , y ∈ H , x ? y −1 ∈ H .
Remarque
En notation additive, cela signifie qu’une partie non vide H de G est un sous-groupe de (G , +) si, et seule-
ment si,
∀x , y ∈ H , x −y ∈H.
Conseils méthodologiques
On note bien l’importance du caractère non vide de H dans cette caractérisation : pour l’établir,
il suffit en général de remarquer que l’élément neutre de G appartient à H .
Démonstration
Le sens direct est évident. Il suffit donc de montrer le sens retour (qui est effectivement la caractérisation
des sous-groupes). ? est bien associative sur H car associative sur G . L’élément neutre de ? appartient
bien à H car e = x ? x −1 ∈ H avec x ∈ H . Pour tout x ∈ H , x −1 = e ? x −1 ∈ H donc tout élément de H
admet un symétrique dans H . Il suffit donc de vérifier que ? est une loi de composition interne. Or, pour
tous x , y ∈ H , y −1 ∈ H donc x ? y = x ? (y −1 )−1 ∈ H .
Exemple
Pour tout n ∈ Z, n Z = {k n , k ∈ Z} est un sous-groupe de (Z, +) car 0 ∈ n Z et la différence de deux
multiples de n est un multiple de n.
Exemple
Pour tout n ∈ N, Un est un sous-groupe de (U, ×) car 1 ∈ Un et le quotient de deux racines n ièmes
de l’unité est une racine n ième de l’unité.
Exemple
Pour tous m, n ∈ N, Um est un sous-groupe de Un si, et seulement si, Um ⊂ Un c’est-à-dire si m
divise n.
Proposition 10.11.
417
Mathématiques MPSI
Exemple
Le centre du groupe (G , ?) est l’ensemble Z (G ) des éléments de G qui commutent avec tous les
autres éléments, c’est-à-dire
Z (G ) = {x ∈ G , ∀y ∈ G , x ? y = y ? x }.
En particulier, Z (G ) = G si G est abélien.
Montrons que Z (G ) est un sous-groupe de G .
Tout d’abord, Z (G ) est non vide car e ∈ Z (G ).
Ensuite, pour tous x , y ∈ Z (G ) et tout z ∈ G ,
(x ? y −1 ) ? z = x ? (y −1 ? z ) = x ? (z ? y −1 )
= (x ? z ) ? y −1 = (z ? x ) ? y −1 = z ? (x ? y −1 ).
On a utilisé respectivement l’associativité, le fait que y −1 ∈ Z (G ), l’associativité à nouveau, le fait
que x ∈ Z (G ) et encore l’associativité. Ainsi, x ? y −1 ∈ Z (G ) ce qui termine la caractérisation de
sous-groupe de G .
Proposition 10.12.
Proposition 10.13.
Démonstration
. Le sens retour est évident car, alors H ∪ K = H ou H ∪ K = K donc H ∪ K est un sous-groupe.
. Réciproquement supposons que H ∪ K est un sous-groupe, que H 6⊂ K ; considérons h ∈ H \ K et
k ∈ K . L’élément h ?k appartient à H ∪ K (car il est le produit de deux éléments de H ∪ K ). S’il appartient
à K , alors h = (h ? k ) ? k −1 ∈ K ce qui est contraire à l’hypothèse sur h . Ainsi, h ? k appartient à H et
k = h −1 ? (h ? k ) ∈ H . En conclusion, K ⊂ H .
Comme une intersection de sous-groupes est encore un sous-groupe, la notion de plus petit sous-groupe
contenant une partie A a bien un sens, comme intersection de tous les sous-groupes contenant A.
Définition 10.14.
. Le sous-groupe engendré par une partie A est le plus petit sous-groupe contenant cette partie A .
On le note souvent 〈A〉.
. Un groupe est monogène s’il est engendré par un unique élément.
. Un groupe est cyclique s’il est à la fois monogène et de cardinal fini.
. L’ordre d’un élément est l’ordre du sous-groupe engendré par cet élément, c’est-à-dire son cardinal
si ce groupe est fini et +∞ sinon.
418
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Exemple
Le sous-groupe de U4 engendré par i est U4 (de même pour −i ) ; le sous-groupe engendré par −1
est U2 = {±1}.
Exemple
Considérons le groupe D4 des isométries laissant stable un carré.
Proposition 10.15.
Démonstration
Cet ensemble est bien un sous-groupe de G contenant g et il est contenu par tous les sous-groupes de
G contenant g .
Corollaire 10.16.
L’ordre d’un élément g est alors le plus petit entier k ∈ N\{0} (+∞ s’il n’en existe pas) tel que g k = e
(en notation multiplicative) ou k .g = e (en notation additive).
Remarque
Un groupe fini d’ordre n est cyclique si, et seulement s’il existe un élément d’ordre n.
419
Mathématiques MPSI
Remarque
Un groupe monogène est toujours abélien car, pour tout g et tous m , n ∈ N, (en notation multiplicative)
g m ? g n = g m+n = g n ? g m .
Exemple
Les sous-groupes n Z sont monogènes car engendrés par n (ou −n ).
On peut vérifier également que les sous-groupes Un sont cycliques.
Exemple
Reprenons les deux tables de Cayley des groupes d’ordre 4 déjà détaillées.
. Pour un groupe qui admet la première table, il y a un élément d’ordre 1 (l’élément neutre), un
élément d’ordre 2, et deux éléments d’ordre 4 : ce groupe est cyclique.
. Pour un groupe qui admet la seconde table, il y a un élément d’ordre 1 (l’élément neutre), et
trois éléments d’ordre 2 : ce groupe n’est pas cyclique puisqu’il est d’ordre 4 et qu’il n’y a aucun
élément d’ordre 4.
Démonstration
Notons, pour tout x ∈ G , x H = {x ? h , h ∈ H } avec ? la loi de G .
. Pour tout x ∈ G , l’application §
H → xH
h 7→ x ? h
est une bijection de bijection réciproque
§
xH → H
g 7 → x −1 ? g
Par conséquent, |x H | = |H |.
. Pour tous x , y ∈ G tels que x H 6= y H , alors
x H ∩ y H = ∅.
En effet, si x H ∩ y H est non vide, il existe h , h 0 ∈ H tel que x ? h = y ? h 0 donc
x = y ? h 0 ? h −1 ∈ y H ;
par conséquent x H ⊂ y H et d’après le cardinal, x H = y H : contradiction.
. Les éléments de {x H , x ∈ G } forment donc une partition de G en ensembles x1 H , . . . , xp H de cardinal
|H | donc
p
X
|G | = |xk H | = p |H |;
k =1
ainsi, |H | divise |G |.
420
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Corollaire 10.18.
Démonstration
Soit x ∈ G distinct de l’élément neutre. D’après le théorème de Lagrange, l’ordre du sous-groupe engen-
dré par x divise p donc est égal à 1 ou à p or ce sous-groupe contient deux éléments distincts (e et x )
donc ne peut être de cardinal 1. Le sous-groupe engendré par x est égal à G et donc G est cyclique.
Remarque
Cet argument montre que tout élément d’un groupe d’ordre premier, distinct de l’élément neutre, est
générateur du groupe.
En couplant encore le théorème de Lagrange avec un peu d’arithmétique, on obtient le corollaire suivant.
Corollaire 10.19.
Démonstration
La partie H ∩ K est un sous-groupe de H et de K ; d’après Lagrange, |H ∩ K | divise à la fois |H | et |K | donc
le PGCD de ces deux entiers qui est 1. Ainsi, |H ∩ K | est de cardinal 1 donc réduit à l’élément neutre.
Exemple
Il n’y a pas d’élément d’ordre 2 dans un groupe d’ordre impair. Par exemple, le groupe des isomé-
2π
tries du plan engendré la rotation d’angle 2n+1 ne contient pas de réflexion.
Exemple
Déterminons tous les sous-groupes du groupe D4 . Les sous-groupes de D4 sont d’ordre 1, 2, 4, ou
8 d’après le théorème de Lagrange.
• Il n’y a qu’un seul groupe d’ordre 1 : {Id}.
• Un groupe d’ordre 2 est composé de l’identité et d’un élément d’ordre 2 ; on en obtient 5 :
{Id, s1 }, {Id, s2 }, {Id, σ1 }, {Id, σ2 } et {Id, ρ 2 } (ce dernier est d’ailleurs le centre de D4 ).
• Si un sous-groupe contient une rotation ρ ou ρ 3 et une réflexion, alors il contient tous les
éléments de D4 . De même, si un sous-groupe contient une réflexion si et une réflexion σ j ,
alors il contient tous les éléments de D4 . Par conséquent, il y a 3 sous-groupes d’ordre 4 :
un cyclique {Id, ρ, ρ 2 , ρ 4 } et deux autres {Id, ρ 2 , s1 , s2 } et {Id, ρ 2 , σ1 , σ2 }.
• Il n’y a qu’un seul groupe d’ordre 8 : D4 .
On représente quelquefois ces 10 sous-groupes sous la forme d’un graphe pour l’inclusion :
ordre 8
ordre 4
ordre 2
ordre 1
421
Mathématiques MPSI
Exemple
Dans le chapitre consacré aux fonctions usuelles, nous avons déjà rencontré deux isomor-
phismes :
(R, +) → (R∗+ , ×) (R∗+ , ×) → (R, +)
§ §
x 7→ e x
x 7→ ln(x )
Exemple
Soit G un groupe et g ∈ G . L’application ϕg : x 7→ g ? x ? g −1 définit un automorphisme de G
appelé automorphisme intérieur.
En effet, pour tout x , y ∈ G ,
ϕg (x ? y ) = g ? x ? y ? g −1
= g ? x ? g −1 ? g ? y ? g −1
= ϕg (x ) ? ϕg (y ).
De plus, ϕg est bijective de réciproque ϕg −1 .
Proposition 10.21.
Démonstration
. Pour tout x ∈ G , f (x ) = f (x ? e ) = f (x ) ⊗ f (e ) donc, en multipliant à gauche par f (x )−1 , on obtient
e 0 = f (e ).
. De même, f (x ) ⊗ f (x −1 ) = f (x ? x −1 ) = f (e ) = e 0 d’où f (x −1 ) = f (x )−1 .
Une simple utilisation de la définition nous donne :
Proposition 10.22.
422
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Il suffit alors d’utiliser la caractérisation de sous-groupes dans le groupe des bijections de G dans G muni
de la composition pour obtenir le résultat suivant.
Corollaire 10.23.
Exemple
Vérifions que l’ensemble Int(G ) des automorphismes intérieurs (définis ci-dessus) est bien un
sous-groupe de Aut(G ).
. Int(G ) est une partie non vide car l’identité de G est un automorphisme intérieur associé à
l’élément neutre.
. Soit g , g 0 ∈ G . Notons ϕg et ϕg 0 les automorphismes intérieurs associés. Alors, (ϕg 0 )−1 = ϕg 0 −1
puis ϕg ◦ (ϕg 0 )−1 = ϕg ?g 0 −1 ∈ Int(G ).
D’après la caractérisation des sous-groupes, Int(G ) est un sous-groupe de Aut(G ).
Proposition 10.24.
Dans la preuve qui suit, on note pour simplifier de la même manière la loi sur G et sur G 0 .
Démonstration
. L’ensemble f (H ) est non vide puisqu’il contient eH = f (eG ).
Pour tous x , y ∈ f (H ), il existe s , t ∈ H tels que x = f (s ) et y = f (t ). Alors
x ? y −1 = f (s ) ? f (t )−1 = f (s ? t −1 ) ∈ f (H ).
Ainsi, f (H ) est un sous-groupe de G d’après la caractérisation des sous-groupes.
. L’ensemble f −1 (H 0 ) est non vide puisqu’il contient l’élément neutre de G .
Pour tous x , y ∈ f −1 (H 0 ), f (x ), f (y ) ∈ H 0 donc
f (x ? y −1 ) = f (x ) ? f (y )−1 ∈ H 0 .
Ainsi, x ? y −1 ∈ f −1 (H 0 ) et f −1 (H 0 ) est un sous-groupe de G d’après la caractérisation précédente.
Définissons deux sous-groupes particuliers associés à un morphisme donné.
Définition 10.25.
423
Mathématiques MPSI
Proposition 10.26.
Démonstration
Il suffit de montrer le premier point (le second est la réécriture de la définition de la surjectivité). Le sens
direct est élémentaire (e 0 n’admet qu’un antécédent e ). Pour le sens retour, il suffit de remarquer que
f (x ) = f (y ) si, et seulement si, f (x ? y −1 ) = f (x ) ⊗ f (y )−1 = e 0 , c’est-à-dire x ? y −1 ∈ Ker f .
Démonstration
Considérons le morphisme de groupes défini par
§
Z → G
ϕ:
k 7 → gk
Le noyau Ker ϕ est un sous-groupe de Z ; or tous les sous-groupes de Z sont de la forme nZ avec n ∈ N.
. Si Ker ϕ = n Z avec n 6= 0, alors le groupe engendré par g est fini d’ordre n : plus précisément c’est le
groupe {e , g , . . . , g n −1 }.
. Si Ker ϕ = {0}, alors le groupe engendré par g est isomorphe à Z ; en effet, ϕ induit un isomorphisme ϕ̃
entre Z et son image, à savoir le groupe engendré par g : surjective par définition et injective car le noyau
ne contient que l’élément neutre car
{0} ⊂ Ker ϕ̃ ⊂ Ker ϕ = {0}.
Remarque
On comprend un peu mieux l’appellation cyclique avec cette proposition. Par exemple, pour un groupe
cyclique d’ordre 6 engendré par un élément g , la multiplication par g opère comme sur le schéma suivant
g2 g1
g3 g0
g4 g5
424
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Dans un groupe en notation additive, on obtient l’analogue suivant.
Proposition 10.28.
min{k ∈ N \ {0}, k g = 0G }
avec la convention +∞ si l’ensemble considéré est vide.
Proposition 10.29.
Démonstration
. Il suffit de remarquer que, pour tout k ∈ N \ {0}, g k = e si, et seulement si, (g −1 )k = e donc
min{k ∈ N \ {0}, g k = e } = min{k ∈ N \ {0}, g −k = e }.
2. Anneaux et corps
2.1. Définitions des anneaux
Définition 10.30.
Un ensemble A est un anneau s’il est muni de deux lois de composition interne + et × telles que
• (A, +) est un groupe abélien d’élément neutre noté 0A ,
• × est associative et admet un élément neutre 1A 6= 0A ,
• × est distributive sur +.
Si, de plus, × est commutative, alors l’anneau est commutatif.
Exemple
L’ensemble des entiers Z et l’ensemble des décimaux D sont des anneaux pour les opérations +
et × usuelles.
Exemple
Les ensembles de polynômes R[X ] ou C[X ] à coefficients dans R ou C sont des anneaux pour les
opérations + et × usuelles.
425
Mathématiques MPSI
Exemple
Les ensembles de n -uplets Zn , de suites RN , de fonctions RI avec I une partie de R sont des
anneaux pour les opérations + et × effectuées « composante par composante ».
Exemple
Soit E un ensemble. L’ensemble P (E ) des parties de E est un anneau pour la différence symé-
trique ∆ et l’intersection ∩.
Exemple
L’ensemble des entiers de Gauss Z[i ] = {a + i b , avec a , b ∈ Z} est un anneau commutatif pour
l’addition et la multiplication.
Remarque
. L’élément 0A est « absorbant » pour × ; en effet,
∀x ∈ A, x = (0A + 1A ) × x = 0A × x + x .
D’où, en ajoutant l’opposé −x des deux côtés de l’égalité, 0A × x = 0A .
. Pour tout x ∈ A, (−1A ) × x est le symétrique de x pour +, c’est-à-dire −x , car
0A = 0A × x
= (1A − 1A ) × x
= 1A × x + (−1A ) × x
= x + (−1A ) × x .
Remarque
Dans un anneau A, on dispose des règles de calcul suivantes qui généralisent les identités remarquables :
n
X
∀a ∈ A, ∀n ∈ N, (1A − a ) × a = 1A − a n +1 ,
k
k =0
qui se généralise à son tour en la formule de Bernoulli (avec une démonstration analogue au cas com-
plexe)
n
X
∀a , b ∈ A, ∀n ∈ N, a × b = b × a ⇒ (b − a ) × a k × b n−k = b n+1 − a n+1 .
k =0
Remarque
De même, on obtient la formule du binôme par récurrence pour deux éléments d’un anneau A qui com-
mutent.
n
X n k
∀a , b ∈ A, ∀n ∈ N, a × b = b × a ⇒ (a + b )n = a × b n −k .
k =0
k
En particulier, la formule du binôme de Newton est toujours vraie dans un anneau commutatif.
426
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Définition 10.31.
Exemple
Dans Z, tout élément non nul est régulier mais seuls 1 et −1 sont inversibles.
Proposition 10.32.
Proposition 10.33.
L’ensemble A ∗ des éléments inversibles d’un anneau (A, +, ×) est un groupe pour la loi ×.
Remarque
On remarque que cette notation est cohérente avec l’usage R∗ = R \ {0} et C∗ = C \ {0} puisque tout
élément non nul de ces ensembles est inversible. En revanche, Z∗ = {−1, 1} =
6 Z \ {0}.
Démonstration
Par définition d’anneau, × est associative et son élément neutre 1A appartient à A ∗ . Soit x , y ∈ A ∗ . Alors,
x × y est inversible d’inverse y −1 × x −1 donc x × y ∈ A ∗ et × est une loi de composition interne pour A ∗ .
De plus, pour tout x ∈ A ∗ , x −1 est inversible (d’inverse x ) donc appartient à A ∗ .
En conclusion, A ∗ est un groupe pour ×.
Exemple
Montrons que le groupe des inversibles de l’ensemble D des décimaux est
{2α 5β , (α, β ) ∈ Z2 }.
n
Soit n ∈ Z et a ∈ N tel que 10a ∈ D∗ ; il existe m ∈ Z et b ∈ N tels que
n m
. = 1.
10a 10b
Par conséquent, n est un diviseur de 10a +b et 10na ∈ {2α 5β , (α, β ) ∈ Z2 }.
Réciproquement, on vérifie que tous les éléments de la forme 2α 5β sont des décimaux inversibles.
Exemple
Étudions le groupe des inversibles de l’anneau Z[i ] des nombres complexes de parties réelle et
imaginaire dans Z.
À cette fin, posons N (a + i b ) = |a + i b |2 = a 2 + b 2 pour tout a + i b ∈ Z[i ]. Cette fonction est, par
définition, multiplicative (l’image d’un produit est le produit des images).
. Vérifions que z ∈ Z[i ] est inversible si, et seulement si, N (z ) = 1.
Le sens direct est évident car N (z ) ∈ N et N (z )N (z −1 ) = N (1) = 1.
Pour le sens retour, on remarque que si N (z ) = 1 alors z −1 = z ∈ Z[i ]. Ainsi, a + i b ∈ Z[i ]∗ si, et
427
Mathématiques MPSI
seulement si, a 2 + b 2 = 1. Comme a et b sont entiers, on obtient quatre possibilités qui corres-
pondent à 1, i , −1, −i et le groupe des inversibles de Z[i ] est U4 .
Définition 10.34.
Exemple
Z est un anneau intègre. En revanche, Z2 muni de l’addition et du produit composante par com-
posante n’est pas un anneau intègre car il admet des diviseurs de zéro (tous les couples avec une
composante nulle) comme, par exemple,
(1, 0) × (0, 1) = (0, 0).
Un ensemble A est un corps s’il est muni de deux lois de composition interne + et × telles que (A, +, ×)
est un anneau, que tous les éléments différents de 0A sont inversibles et que × est commutative
(c’est-à-dire si (A \ {0A }, ×) est un groupe abélien).
Exemple
p p
Les ensembles de nombres Q, R, C, Q[ 2] = {a + b 2, a , b ∈ Q} sont des corps.
Proposition 10.36.
Démonstration
Tout élément non nul d’un corps est inversible donc ne peut être un diviseur de zéro. L’ensemble des
entiers Z est un anneau intègre sans être un corps (par exemple, 2 n’admet pas d’inverse dans Z).
2.3. Sous-structures
Définition 10.37.
Une partie B d’un anneau (respectivement corps) (A, +, ×) est un sous-anneau (respectivement sous-
corps) si
• B est stable par + et ×;
• (B , +, ×) est un anneau (respectivement corps) avec le même élément neutre pour ×.
Comme pour les sous-groupes, on dispose des caractérisations suivantes en termes de stabilité.
428
Chapitre 10 – Structures algébriques
COURS
Proposition 10.38.
Une partie B d’un anneau (A, +, ×) est un sous-anneau si, et seulement si,
• (B , +) est un sous-groupe de (A, +) ;
• 1A ∈ B ;
• B est stable par multiplication.
Proposition 10.39.
Exemples
(Z, +, ×) est un sous-anneau de (Q, +, ×). (C ∞ (I , R), +, ×) est un sous-anneau de (RI , +, ×).
Exemple
Soit α ∈ C tel que α2 = a α + b avec (a , b ) ∈ Z2 . Montrons que la partie Z[α] = {x + y α, (x , y ) ∈ Z2 }
est un sous-anneau de C.
. Comme Z[α] est non vide et stable par différence, c’est un sous-groupe de C.
. Par ailleurs, 1 = 1 + 0α ∈ Z[α].
. Il ne reste plus qu’à étudier la stabilité par produit. Pour tous x , y , x 0 et y 0 ∈ Z
(x + y α)(x 0 + y 0 α) = x x 0 + (x y 0 + x 0 y )α + y y 0 α2
= (x x 0 + b y y 0 ) + (x y 0 + x 0 y + a y y 0 )α ∈ Z[α].
Remarque
Attention, un sous-anneau de A n’est pas seulement un anneau inclus dans A.
Remarque
Par exemple, (Z×{0}, +, ×) est un anneau mais pas un sous-anneau de (Z2 , +, ×) car il ne contient pas (1, 1)
qui est l’élément neutre de Z2 pour ×.
429
FICHE
SYNTHÈSE
Dans ce chapitre, il y a peu de définitions et de propositions. En revanche, il est bon de connaître de nom-
breux exemples pour chaque structure.
Groupes et sous-groupes
. Un ensemble G est un groupe s’il est muni d’une loi de composition interne ? associative, qui admet
un élément neutre e ∈ G et telle que tout élément de G admet un symétrique pour cette loi.
Si, de plus, ? est commutative, alors G est abélien (ou commutatif).
. Soit (G , ?) un groupe. Une partie non vide H de G est un sous-groupe de G si, et seulement si,
∀x , y ∈ H , x ? y −1 ∈ H .
Avec deux lois de composition interne, on trouve une structure adaptée à l’arithmétique dont le principal
exemple est Z : les anneaux.
Anneaux et sous-anneaux
. Un ensemble A est un anneau s’il est muni de deux lois de composition interne + et × telles que
• (A, +) est un groupe abélien d’élément neutre noté 0A ,
• × est associative et admet un élément neutre 1A 6= 0A ,
• × est distributive sur +.
Si, de plus, × est commutative, alors l’anneau est commutatif.
. Une partie B d’un anneau (A, +, ×) est un sous-anneau si, et seulement si,
• (B , +) est un sous-groupe de (A, +) ;
• 1A ∈ B ;
• B est stable par multiplication.
Outre sa structure de groupe additif, un anneau cache un autre groupe : l’ensemble des éléments inver-
sibles muni du produit. Lorsque cet ensemble contient tous les éléments non-nuls, la structure est rebap-
tisée corps.
Corps
Un corps est un anneau commutatif où tout élément non nul admet un symétrique pour le produit.
430
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) L’ensemble des racines n ièmes de −1 est un groupe pour la
multiplication.
b) Le groupe Ud est un sous-groupe de Un si, et seulement si, d |n.
c) Les sous-groupes finis de C sont les Un .
∗
d) La partie vide est un sous-groupe de Z.
EXERCICES
e) Le seul sous-groupe de Z contenant 1 est Z.
f) La réunion de deux sous-groupes est un sous-groupe.
g) L’intersection de deux sous-groupes est un sous-groupe.
h) L’anneau Z muni des opérations terme à terme est intègre.
2
i) p
Soit 1 ≤ p ≤ n. Z est un sous-anneau de Z . n
j) Les éléments neutres de l’anneau (P (E ), ∆, ∪) sont ∅ et E .
k) R est un sous-corps de C.
l) Un corps est un anneau intègre.
Exercice 1
x +y
Montrer que l’ensemble G =] − 1, 1[ muni de la loi de composition interne définie par x ⊕ y = 1+x y est un
groupe.
Exercice 2
Soit G un ensemble non vide muni d’une loi associative ? telle que, pour tous a , b ∈ G ,
• il existe x ∈ G tel que a ? x = b ,
• il existe y ∈ G tel que y ? a = b .
Montrer que G est un groupe pour ?.
Exercice 3
Soit (G , ?) un groupe, et H = {x ∈ G , ∀g ∈ G , (x ? g )2 = (g ? x )2 }. Montrer que H est un sous-groupe de G .
431
Mathématiques MPSI
Exercice 4
Soit (G , ×) un groupe et H une partie finie de G non vide et stable par ×. Montrer que H est un sous-
groupe de G .
Exercice 5
Soit p un nombre premier. Notons G l’ensemble de toutes les racines de l’unité dont l’ordre est une
puissance de p c’est-à-dire [
G= Up n .
n∈N
Rappelons que l’ordre de z ∈ G est le plus petit exposant k > 0 tel que z k = 1 ; on admet que z est d’ordre k
si, et seulement si, tout élément de Uk est une puissance de z .
1. Montrer que G est un sous-groupe infini de (C∗ , ×).
2. Soit H un sous-groupe de G distinct de G , z 0 ∈ G \ H d’ordre p n0 .
a. Montrer que si H contient un élément d’ordre p n , alors Up n ⊂ H .
b. Montrer que H ⊂ Up n0 .
c. En déduire qu’il existe n tel que H = Up n .
Exercice 6
Soit A l’ensemble des rationnels à dénominateur impair en écriture irréductible.
1. Montrer que A est un sous-anneau de Q.
2. Préciser les éléments inversibles de A.
Exercice 7
Montrer que les sous-anneaux de Z2 muni des opérations terme à terme sont de la forme
A n = {(x , y ) ∈ Z2 , x = y [n]}
avec n ∈ N.
Exercice 8
Considérons p p
Z[ 3] = {x + y 3, (x , y ) ∈ Z2 }.
p
1. Montrer que Z[ 3] est un sous-anneau de R.
p
Z[ 3]p → Z
2. Considérons l’application N :
x + y 3 7→ |x 2 − 3y 2 |
Établir successivement
p que :
Z[ 3], N (z z 0 ) = N (z )N (z 0 ).
a. ∀z , z 0 ∈p
b. ∀z ∈ Z[p3], N (z ) = 0 ⇔ z = 0.
c. ∀z ∈ Z[ 3], N (z ) = 1 ⇔ z inversible.
d. L’équation x 2 − 3y 2 = −1 n’admet pas de racines
p entières.
3. a. En déduire qu’un élément inversible x + y 3 est strictement supérieur à 1 si, et seulement
si, x et y sont strictement positifs. p
b. En déduire ω le plus petit élément inversible strictement supérieur à 1. ω = 2 + 3.
4. a. Montrer que, pour tout u ≥ 0 inversible, il existe n ∈ Z tel que
ωn ≤ u < ωn +1 ,
et montrer que ω−n u est un inversible dans l’intervalle [1, ω[. p
b. Expliciter l’ensemble des éléments inversibles positifs (puis tous les inversibles) de Z[ 3].
432
Chapitre 10 – Structures algébriques
Exercice 9
Soit A un anneau tel que x 3 = x pour tout x ∈ A.
1. Montrer que, pour tout x ∈ A, 6x = 0A .
2. Soit B = {x ∈ A, 2x = 0A } et C = {x ∈ A, 3x = 0A }. Montrer que A = B + C .
Exercice 10
p
Soit α ∈ N tel que α 6∈ Q. Posons
p p
(a , b ) ∈ Q2 .
Q( α) = a + b α,
p p
1. Soit x ∈ Q( α). Montrer qu’il existe un unique couple (a , b ) ∈ Q2 tel que x = a + b α.
p
2. Montrer que Q( α) est un sous-corps de (R, +, ×).
Exercice 11
Déterminer tous les sous-corps de (Q, +, ×).
EXERCICES
Exercice A
Soit G un groupe fini et A, B deux parties de G telles que |A| + |B | > |G |. Notons
AB = {a b , a ∈ A, b ∈ B }.
1. Montrer que, pour tout g ∈ G , A ∩ {g b −1 , b ∈ B } est non vide.
2. Montrer que G = AB .
Exercice B
Montrer que, pour tout sous-groupe H de (Q, +) de la forme r1 Z + r2 Z + . . . + rN Z avec r1 , r2 , . . . , rN ∈ Q, il
existe r ∈ Q tel que H = r Z.
Exercice C
Soit G un groupe d’ordre n ≥ 2. Pour tout g = (g 1 , . . . , g k ) ∈ G k , notons
• k = ν(g ),
• A(g ) l’ensemble des produits g i 1 · · · g i s où 0 ≤ s ≤ k et 1 ≤ i 1 < · · · < i s ≤ k ,
• a (g ) = |A(g )|.
Notons enfin E la réunion des G k pour k ≥ 1.
1. Soit g ∈ E tel que A(g ) = G . Montrer que ν(g ) ≥ log2 n .
2. Soit g ∈ E . Montrer l’existence de x ∈ G tel que l’élément g 0 = (g , x ) vérifie
a (g 0 ) a (g ) 2
1− ≤ 1− .
n n
3. Montrer qu’il existe g ∈ E tel que A(g ) = G et ν(g ) ≤ dlog2 (2n ln n )e.
Exercice D
Considérons un anneau (A, +, ×) intègre et fini.
1. Soit a ∈ A distinct de 0A . Montrer que l’application
§
A → A
ϕa :
x 7→ ax
est bijective
2. En déduire que A est un corps.
433
Mathématiques MPSI
Exercice E
Soit A un anneau de cardinal n . Montrer qu’il y a exactement n 2 fonctions polynomiales sur A si, et
seulement si, pour tout x ∈ A, x 2 = x .
Exercice F
Soit A un anneau fini commutatif. Un élément x ∈ A est nilpotent s’il existe un entier k tel que x k = 0A ;
son indice de nilpotence est alors le plus petit entier positif vérifiant cette condition.
1. Montrer que la somme et le produit de deux éléments nilpotents est encore nilpotent.
2. Montrer que le nombre d’éléments nilpotents divise le nombre de diviseurs de zéro.
Indication : on pourra utiliser le théorème de Lagrange.
Problèmes du chapitre 10
Soit (G , ?) un groupe. Un sous-groupe H est distingué dans G si, pour tout x ∈ G et tout h ∈ H ,
x ? h ? x −1 ∈ H .
434
Chapitre 10 – Structures algébriques
Partie B – Exemples
1. Écrire les tables de Cayley des groupes (Z/2Z, +) et (Z/2Z × Z/2Z, +).
2. Vérifier que Z/2Z × Z/2Z est réunion de trois sous-groupes stricts.
Partie C – Cas de deux sous-groupes
Montrer que si un groupe G est la réunion de deux sous-groupes H1 et H2 alors H1 = G ou H2 = G .
Partie D – Cas de trois sous-groupes
1. Soit (G , ×) un groupe qui est réunion de trois sous-groupes H1 , H2 et H3 , tous distincts de G .
On note A 1,2,3 l’intersection des trois sous-groupes H1 , H2 et H3 ; A 1,2 (respectivement A 1,3 et A 2,3 )
l’intersection des sous-groupes H1 et H2 (respectivement H1 et H3 ou H2 et H3 ) privée de A 1,2,3 ; A 1
(respectivement A 2 et A 3 ) l’ensemble H1 (respectivement H2 et H3 ) privé de H2 ∪H3 (respectivement
H1 ∪ H3 et H1 ∪ H2 ).
a. Justifier que les parties A 1 , A 2 et A 3 sont non vides.
b. Montrer que A 1,2 = ∅.
Indication : on pourra considérer le produit d’un élément de A 1,2 avec un élément de A 3 et
tester s’il appartient à H1 , H2 ou H3 .
c. Montrer que les éléments de A 3 sont les produits d’un élément de A 1 et d’un élément de A 2
PROBLÈMES
(dans cet ordre ou l’autre).
Écrire toutes les propriétés analogues.
On admet que le produit de deux éléments de A 1 (respectivement A 2 ou A 3 ) appartient à
A 1,2,3 .
d. Montrer que A 1,2,3 est un sous-groupe distingué de G .
Notons ϕ la projection de G dans G /A 1,2,3 .
e. Montrer que ϕ(A 1 ), ϕ(A 2 ) et ϕ(A 3 ) sont trois singletons distincts.
f. En déduire que le groupe G /A 1,2,3 est isomorphe à Z/2Z × Z/2Z.
2. Soit G un groupe et H un sous-groupe distingué de G tel que le groupe G /H est isomorphe à
Z/2Z × Z/2Z.
Montrer que G est la réunion de trois sous-groupes de G distincts de G .
Indication : on pourra utiliser les parties A et B.
435
Mathématiques MPSI
Partie A – Exemples
Déterminer les actions de groupes parmi les applications suivantes.
1. L’action de Z sur Q∗ définie par
Z × Q∗ → Q∗
§
(n , r ) 7→ r n
2. L’action de G sur G définie par §
G ×G → G
(g , x ) 7 → g x g −1
3. L’action de G sur Pn (G ), l’ensemble des parties de G de cardinal n , définie par
G × Pn (G ) → Pn (G )
§
(g , A) 7→ g A = {g a avec a ∈ A}
436
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Faux, il ne contient même pas 1.
b) Vrai.
c) Vrai. Soit z un élément d’un tel groupe, il existe p > q tel que z p = z q (car le groupe est fini) donc
z p −q = 1. Ainsi, tous les éléments sont des racines de l’unité. On conclut en considérant le plus grand
ordre d’un élément de ce groupe.
d) Faux, un groupe est non vide car il contient l’élément neutre.
e) Vrai.
f) Faux, par exemple, 2Z et 3Z sont des sous-groupes de Z mais 2Z ∪ 3Z n’est pas un sous-groupe de Z :
il n’est pas stable par addition : 2 + 3 ∈
/ 2Z ∪ 3Z.
g) Vrai.
h) Faux, par exemple, (1, 0) × (0, 1) = (0, 0).
i) Faux, il n’y a même pas inclusion.
j) Vrai.
k) Vrai.
l) Vrai.
Exercice 1
. Montrons d’abord que ⊕ est bien interne à G . Pour tous x , y ∈ G , (1 − x )(1 − y ) > 0 donc 1 + x y > x + y
x +y
et (1 + x )(1 + y ) > 0 donc 1 + x y > −(x + y ) : par conséquent, 1−x y ∈ G .
. Étudions les propriétés de ⊕.
CORRIGÉS
x +0
• 0 ∈ G est l’élément neutre de ⊕ car, pour tout x ∈ G , x ⊕ 0 = 0 ⊕ x = 1+0x = x.
• Pour tout x ∈ G , −x ∈ G et
x −x
x ⊕ (−x ) = (−x ) ⊕ x = = 0.
1− x2
Donc tout élément de G admet un symétrique dans G .
• Soit x , y et z ∈ G .
x + (y ⊕ z ) x +y +z +xyz
x ⊕ (y ⊕ z ) = = ,
1 + x (y ⊕ z ) 1 + x y + y z + z x
(x ⊕ y ) + z x +y +z +xyz
(x ⊕ y ) ⊕ z = = .
1 + (x ⊕ y )z 1 + x y + y z + z x
437
Mathématiques MPSI
Exercice 2
Comme ? est associative, il suffit d’établir l’existence d’un élément neutre e puis de montrer que tout
élément de G admet un symétrique.
. Soit a ∈ G (qui existe car G est non vide). D’après le premier point, il existe e ∈ G tel que a ? e = a . Pour
tout b ∈ G , il existe d’après le second point, un élément y ∈ G tel que b = y ? a . Alors,
b ? e = (y ? a ) ? e = y ? (a ? e ) = y ? a = b .
On montre de même (en inversant l’ordre d’utilisation des deux propriétés) qu’il existe un élément e 0 ∈ G
tel que, pour tout b ∈ G , e 0 ? b = b . Mais alors, en utilisant ces deux propriétés tour à tour,
e0 = e0 ?e = e.
Ainsi, e est l’élément neutre de ?.
.. Soit a ∈ G . D’après les propriétés, il existe des éléments x , y ∈ G tels que a ? x = y ? a = e . Alors,
x = e ? x = (y ? a ) ? x = y ? (a ? x ) = y ? e = y .
Cet élément x = y est donc le symétrique de a pour ?.
Exercice 3
Remarquons tout d’abord que H contient l’élément neutre donc est non vide.
Par ailleurs, pour tous x , y ∈ H , et tout g ∈ G , (x ? y ? g )2 = (y ? g ? x )2 = (g ? x ? y )2 , en utilisant tour à
tour x ∈ H et y ∈ H . Ainsi, x ? y ∈ H .
Enfin, pour tout x ∈ H et tout g ∈ G ,
(x −1 ? g )2 = (x −1 ? g ? x −1 ? x )2
= (x ? x −1 ? g ? x −1 )2
= (g ? x −1 )2 .
Ainsi, x −1 ∈ H . En conclusion, H est un sous-groupe de G .
Exercice 4
Pour tout x ∈ H , l’ensemble des puissances de x est inclus dans H donc est fini. Il existe donc p > q tel
que x p = x q et, par conséquent, x p −q = 1G soit encore x × x p −q −1 = x p −q −1 × x = 1G : le symétrique de x
est x p −q −1 ∈ H . Ainsi, H est une partie non vide de G stable par produit et par passage à l’inverse donc
est un sous-groupe de G .
Exercice 5
1. L’ensemble G est une partie non vide de C∗ car 1 ∈ G . Pour tous z , z 0 ∈ G , il existe n ∈ N tel que
z , z 0 ∈ Up n donc z × z 0−1 ∈ Up n ⊂ G et G est donc un sous-groupe de C∗ . G est infini car G contient Up n ,
une partie de cardinal p n pour tout n .
2. a. Si H contient un élément z d’ordre p n , alors tout élément de Up n est une puissance de z donc
Up n ⊂ H .
b. Supposons H 6⊂ Up n0 , alors il existe z ∈ H d’ordre p n avec n > n0 . D’après la question précédente,
Up n0 ⊂ Up n ⊂ H donc z 0 ∈ H : contradiction.
c. Soit z l’élément d’ordre maximal p n dans H (qui existe car H ⊂ Up n0 ). Par maximalité, H ⊂ Up n ; or,
Up n est l’ensemble des puissances de z donc est inclus dans H . Donc H = Up n .
438
Corrigés
Exercice 6
1. . La partie A ⊂ Q contient 1 = 11 et 0 = 01 .
. Soit a , a 0 ∈ Z, n et n 0 ∈ N. Alors,
a a0 a (2n 0 + 1) − a 0 (2n + 1)
− = ,
2n + 1 2n 0 + 1 (2n + 1)(2n 0 + 1)
et le dénominateur en écriture irréductible de cette fraction divise (2n + 1)(2n 0 + 1) donc est impair. Ainsi,
A est stable par différence.
. De même, pour a , a 0 ∈ Z, n et n 0 ∈ N,
a a0 aa0
× = .
2n + 1 2n 0 + 1 (2n + 1)(2n 0 + 1)
D’où l’on déduit comme précédemment que A est stable par produit.
En conclusion, A est un sous-anneau de Q.
a
2. Un élément de A d’écriture irréductible 2n+1 est inversible si le rationnel d’écriture irréductible 2n+1
a
est aussi dans A, c’est-à-dire si a est impair. Ainsi, les éléments inversibles sont donc les rationnels d’écri-
ture irréductible de la forme 2m+1
2n+1 (donc, en utilisant le vocabulaire du chapitre suivant, les rationnels de
p
la forme q avec la même valuation 2-adique).
Exercice 7
• Remarquons tout d’abord que A n est bien un sous-anneau de Z2 car, (1, 1) ∈ A n et si x = y [n ] et x 0 =
y 0 [n ], alors x − x 0 = y − y 0 [n ] et x x 0 = y y 0 [n ] soit si (x , y ) et (x 0 , y 0 ) ∈ A n , alors (x , y ) − (x 0 , y 0 ) ∈ A n et
(x , y ) × (x 0 , y 0 ) ∈ A n .
• Soit A un sous-anneau de Z2 distinct de A 0 . Il existe donc (x , y ) ∈ A avec x 6= y . Ensuite (x − y , 0) =
(x , y ) − y (1, 1) ∈ A et (y − x , 0) ∈ A. On peut donc poser n = min{x ∈ N \ {0}, (x , 0) ∈ A}. On vérifie alors
que (n , 0) ∈ A, (0, n) ∈ A et donc, pour tous x , k , l ∈ Z,
x (1, 1) + k (n, 0) + l (0, n) ∈ A.
Ainsi, A n ⊂ A.
Considérons (x , y ) ∈ A. Alors, (x − y , 0) ∈ A et par suite (r, 0) ∈ A où r est le reste de la division de x − y
par n . D’après la définition de n , r = 0 donc (x , y ) ∈ A n . Ainsi, A ⊂ A n .
En conclusion, les sous-anneaux de Z2 sont les ensembles A n où n ∈ N.
Exercice 8
p
1. La partie Z[ 3] ⊂ R contient 0, 1, est stable par différence et par produit donc est un sous-anneau
de R. p p p
2. On remarque que N (x + y 3) = |(x + y 3)(x − y 3)| pour tout (x , y ) ∈ Z2 .
a. Pour tous (x , y ) et (x 0 , y 0 ) ∈ Z2 ,
p p p
N ((x + y 3)(x 0 + y 0 3)) = N ((x x 0 + 3y y 0 ) + (x y 0 + x 0 y ) 3)
CORRIGÉS
= |(x x 0 + 3y y 0 )2 − 3(x y 0 + x 0 y )2 |
= |x 2 x 02 + 9y 2 y 02 − 3x 2 y 02 − 3x 02 y 2 |
= |x 2 − 3y 2 |.|x 02 − 3y 02 |
p p
= N (x + y 3)N (x 0 + y 0 3).
p
b. Soit (x , y ) ∈ Z2 non nul tel que N (x + y 3) = 0, c’est-à-dire x 2 = 3y 2 ce qui n’est
p pas possible en
considérant les valuations 3-adiques des deux membres. Par conséquent, le seul z ∈ Z[ 3] tel que N (z ) =
0 est z = 0.
439
Mathématiques MPSI
p
c. Soit z = x + y 3 avec (x , y ) ∈ Z2 .p
. Si z est inversible, il existe z 0 ∈ Z[ 3] tel que z z 0 = 1 et donc N (z )N (z 0 ) = 1 avec le (a). Ainsi, N (z ) est
un entier naturel divisant 1 donc N (z ) = 1.p p p p
. Réciproquement,
p si N (z ) = 1, alors (x + y 3)(x − y 3) = ±1 d’où x + y 3 est inversible et (x + y 3)−1 =
±(x − y 3).
d. Si (x , y ) ∈ Z2 vérifie x 2 − 3y 2 = −1, alors x 2 = 2[3] ce qui est impossible : l’équation x 2 − 3y 2 = −1
n’admet pas de racines entières. p
On a ainsi établi que x + y 3 est unpélément inversible si, et seulement si, x 2 − 3y 2 = 1.
3. a. . Soit (x , y ) ∈ Zp tel que x + y 3 est un élément inversible strictement
2
p supérieur
p àp1. L’inverse de
cet élément est x − 3y et il est strictement inférieur p à 1 donc x + 3y − (x − 3y ) = 2 3y > 0 donc
y > 0. Ensuite, comme x 2 = 1 + 3y 2 > 3y 2 , x + p3y est du p signe de x et donc x > 0.
. Si x et y sont strictement positifs, alors x + y 3 ≥ 1 + 3 > 1.
b. Discutons selon la valeurpde x . p
Si x ≥ 2 et y ≥ 1, alors x + y 3 > 2 + 3. p
Par ailleurs, pil n’y a pas d’éléments inversibles x + y 3 > 1 tels que x = 1 (car celap entraînerait y = 0).
Comme 2 + 3 est un inversible strictement plus grand que 1, on obtient ω = 2 + 3.
4. a. . En passant au logarithme (qui est une fonction croissante), on observe que l’inégalité équivaut à
n ln ω ≤ ln u < (n + 1) ln ω,
ln u
donc que n = ln ω .
. Le réel ω−n u est produit d’éléments inversibles donc est inversible. L’inégalité ci-dessus traduit l’ap-
partenance ω−n u à l’intervalle [1, ω[.
b. Avec les notations de la question précédente, ω−n u = 1 car ω est le plus petit inversible strictement
supérieur à 1 donc u = ωn . Les inversibles positifs sont donc les puissances de ω. On en déduit que
p
Z[ 3]∗ = {±ωn , n ∈ Z}.
Exercice 9
1. Pour tout x ∈ A, la formule du binôme donne (pour x et x qui commutent)
x + x = (x + x )3 = x 3 + 3x 2 x + 3x x 2 + x 3 = x + x + 6x .
Ainsi, 6x = 0A .
2. Les entiers 2 et 3 sont premiers entre eux donc il existe, d’après la propriété de Bézout, des entiers u
et v tels que 1 = 2u + 3v . Alors, pour tout x ∈ A,
x = 2u x + 3v x ,
et 2u x ∈ C (car 3(2u x ) = 6(u x ) = 0A ) et 3v x ∈ B (car 2(3v x ) = 6(v x ) = 0A ).
En conclusion, A ⊂ B + C donc A = B + C .
Exercice 10
p p
1. Supposons qu’il existe deux couples (a , b ) et (a 0 , b 0 ) ∈ Q tels que a + b α = a 0 + b 0 α. Alors, (b −
p p
b ) α = (a − a ). Si b 6= b , alors α ∈ Q ce qui est contraire à la définition de α ; par conséquent, b = b 0
0 0 0
et par suite, a = a 0 .
p p p
2. L’ensemble Q( α) ⊂ R contient 0 = 0+0 α et 1 = 1+0 α. Il est bien évidemment stable par différence
p p p p
∀(a , b ), (a 0 , b 0 ) ∈ Q2 , (a + b α) − (a 0 + b 0 α) = (a − a 0 ) + (b − b 0 ) α ∈ Q( α),
et par produit
p p p p
∀(a , b ), (a 0 , b 0 ) ∈ Q2 , (a + b α)(a 0 + b 0 α) = (a a 0 + αb b 0 ) + (a b 0 + a 0 b ) α ∈ Q( α).
440
Corrigés
p
C’est donc un sous-anneau de R. Il reste à établir que tout élément non nul de Q( α) est inversible dans
p p p
Q( α). D’après la première question, un élément non nul de Q( α) est de la forme a + b α avec (a , b ) 6=
(0, 0) ; or, pour (a , b ) 6= (0, 0),
p p
1 a −b α a −b α p
p = p p = ∈ Q( α).
a + b α (a + b α)(a − b α) a 2 − b 2 α
p
En conclusion, Q( α) est un sous-corps de R.
Exercice 11
Soit K un sous-corps de Q. Par définition de corps, 1 ∈ K et par stabilité par somme, Z ⊂ K . Or, tout
élément non nul de K admet son inverse dans K donc, pour tout n ∈ N \ {0}, n1 ∈ K . Enfin, par stabilité
par produit, pour tout m ∈ Z et tout n ∈ N \ {0}, m
n ∈ K donc Q = K .
Le seul sous-corps de Q est Q.
Exercice A
1. Soit g ∈ G tel que A ∩ {g b −1 , b ∈ B } soit vide. Alors,
|A ∪ {g b −1 , b ∈ B }| = |A| + |{g b −1 , b ∈ B }||
= |A| + |B | > |G |,
ce qui est impossible pour une partie de G . Par conséquent, l’intersection A ∩ {g b −1 , b ∈ B } est non vide
pour tout g ∈ G .
2. Soit g ∈ G et a ∈ A ∩ {g b −1 , b ∈ B } ; par définition, il existe b ∈ B tel que a = g b −1 donc g = a b . On a
ainsi G ⊂ AB . L’autre inclusion est immédiate car le produit est interne à G .
Exercice B
pi
Soit H un tel sous-groupe. Notons ri = qi pour i ∈ [ 1, N ]] puis q le PPCM des dénominateurs et enfin,
q = qi0 qi pour tout i ∈ [ 1, N ]]. Alors
1 0
H= (q p1 Z + . . . + qN0 pN Z).
q 1
Or, tous les sous-groupes de Z sont de la forme a Z avec a ∈ Z : il existe a ∈ Z tel que
q10 p1 Z + . . . + qN0 pN Z = a Z.
CORRIGÉS
Exercice C
1. Majorons le nombre d’éléments de A(g ) par le nombre de parties de {1, . . . , ν(g )}. Comme A(g ) = G ,
n = |A(g )| ≤ 2ν(g ) , c’est-à-dire ν(g ) ≥ log2 (n ).
2. Remarquons que, pour tout x ∈ G , A(g 0 ) = A(g )x ∪ A(g ) en distinguant les cas où l’élément de A(g 0 )
utilise ou non la dernière coordonnée. Par conséquent, a (g 0 ) = 2a (g )−|A(g )x ∩A(g )| car |A(g )x | = |A(g )| =
a (g ).
441
Mathématiques MPSI
Comme A(g )y ∩ A(g ) ⊂ A(g ) et que chaque élément h ∈ A(g ) appartient à A(g )y ∩ A(g ) si, et seulement
s’il existe k ∈ A(g ) tel que y = k −1 h , le membre de droite compte chaque élément de A(g ) exactement
|A(g )| fois. Ainsi,
n |A(g )x ∩ A(g )| ≤ a (g )2 .
Avec cette inégalité, on obtient
a (g 0 ) 2a (g ) a (g )2 a (g ) 2
1− ≤1− + = 1− .
n n n2 n
3. Considérons la suite (g (k ) )k ∈N d’éléments de E obtenue par extensions successives avec la question
précédente. Par une récurrence immédiate, pour tout k ∈ N,
a (g (k ) )
k
1 2
1− ≤ 1− .
n n
Pour tout k ≥ log2 (2n ln n),
2 k
1 1
2k
1− <e− n ≤ ,
n n
donc a (g (k ) ) > n − 1, c’est-à-dire a (g (k ) ) = n . On a ainsi comme attendu, que pour k = dlog2 (2n ln n)e,
A(g (k ) ) = G .
Exercice D
1. L’application ϕa est injective car A est intègre : en effet, pour tous b , c ∈ A tels que a × b = a × c , on a
a × (b − c ) = 0A donc b − c = 0A par intégrité (et car a 6= 0A ).
Comme l’ensemble A est fini, une application injective de A dans A est bijective.
2. Soit a 6= 0A . Comme ϕa est bijective, il existe b ∈ A tel que ϕa (b ) = 1A c’est-à-dire a × b = 1A . L’anneau
étant commutatif (car intègre), on en déduit que a est inversible (d’inverse b ). Ainsi, tout élément non
nul de A est inversible donc A est un corps.
Exercice E
Commençons par remarquer qu’il y a au moins n 2 fonctions polynomiales fa ,b : x 7→ a x + b avec a ,
b ∈ A : en effet, si fa ,b = f c ,d , alors b = fa ,b (0A ) = f c ,d (0A ) = d et a = fa ,b (1A ) − b = f c ,d (1A ) − d = c .
. Si x 2 = x pour tout x ∈ A, alors x k = x pour tout k ≥ 1 (simple récurrence) et
n
n
X X
k
ak x = ak x + a0 = f P n (x ).
a k ,a 0
k =0 k =1 k =1
Par conséquent, les seules fonctions polynomiales sont associées aux fonctions affines.
. Supposons qu’il n’y a pas d’autres fonctions polynomiales. Alors, la fonction x 7→ x 2 est égale à une
fonction affine : il existe a , b ∈ A tels que, pour tout x ∈ A, x 2 = a x + b . En considérant x = 0A puis
x = 1A , on obtient b = 0A et a = 1A .
442
Corrigés
Exercice F
1. Soit x et y nilpotents d’indices n et m. Alors, (x y )n = x n y n = 0 et
m+n−1
X m +n −1
(x + y )m+n−1
= x k y m +n −1−k = 0.
k =0
k
Problème 1
1. Le produit des applications est bien une loi de composition interne. Cette loi de composition est clai-
rement associative ; l’élément neutre est l’application f : G → C∗ constante égale à 1. Le morphisme f
de G dans C∗ admet pour symétrique l’application
G → C∗
1
x 7→ f (x ).
Ainsi, G
Ò est un groupe (et il est abélien).
2. a. Soit ϕ ∈ Uc3 . Alors ϕ( j )3 = ϕ(1) = 1 donc ϕ( j ) ∈ U3 . Remarquons ensuite que la valeur ϕ( j ) déter-
mine uniquement ϕ car ϕ(1) = 1 et ϕ( j 2 ) = ϕ( j )2 . Il y a donc trois éléments dans U
c3 :
1 7→ 1 1 7→ 1 1 7→ 1
( ( (
j 7→ 1 j 7→ j j 7→ j 2
2 2 2
j 7→ 1 j 7→ j j 2 7→ j
CORRIGÉS
b. Soit G = 〈x 〉 d’ordre n. Toute application ϕ ∈ G Ò est uniquement déterminée par ϕ(x ). Comme pré-
cédemment, ϕ(x )n = ϕ(x n ) = ϕ(1) = 1 c’est-à-dire ϕ(x ) ∈ Un . Notons ϕk l’application qui envoie x sur
2i k π
e n . Alors, pour tout k , ϕk = (ϕ1 )k donc G
Ò = 〈ϕ1 〉 est cyclique.
3. Notons § §
G → G ×H H → G ×H
f1 : , f2 :
g 7→ (g , e ) h 7→ (e , h )
et § §
G ×H → G G ×H → H
p1 : , p2 :
(g , h ) 7 → g (g , h ) 7 → h
443
Mathématiques MPSI
G
Ù ×H → Ò×H
G Ò
Alors, l’application
ϕ 7 → (ϕ ◦ f1 , ϕ ◦ f2 )
Ò×H
G Ò → G
Ù ×H
est un isomorphisme de bijection réciproque
(ϕ1 , ϕ2 ) 7 → ϕ1 ◦ p1 .ϕ2 ◦ p2
En conclusion, G
Ù × H est isomorphe à G
Ò×H
Ò.
Problème 2
Partie A – Quotient par un sous-groupe distingué
1. a. Soit x , x 0 , y , y 0 ∈ G tels que x = y et x 0 = y 0 . Par définition, il existe h , h 0 ∈ H tels que x = y ? h et
x 0 = y 0 ? h 0 . Ainsi
x ? x 0 = y ? h ? y 0 ? h 0 = y ? y 0 ? y 0−1 ? h ? y 0 ? h 0 .
Or, comme H est distingué, y 0−1 ? h ? y 0 ∈ H donc x ? x 0 ∈ y ? y 0 . Par symétrie, x ? x 0 = y ? y 0 .
b. Vérifions les différentes propriétés de la loi de composition interne sur G /H . Elle est associative (simple
vérification), d’élément neutre e et le symétrique de x (où x ∈ G ) est x −1 .
Pour tous x , y ∈ G , ϕ(x ? y ) = ϕ(x ) ? ϕ(y ) par définition de la loi sur G /H .
En conclusion, G /H est un groupe et ϕ est un morphisme de groupes.
c. Il suffit d’appliquer la première question avec le morphisme ϕ.
d. D’après la première question, pour tout sous-groupe K 0 de G /H , ϕ −1 (K 0 ) est un sous-groupe de G .
De plus, e ∈ K 0 donc ϕ −1 ({e }) ⊂ ϕ −1 (K 0 ) ; or ϕ −1 ({e }) = {x ∈ G , x = e } = H . En conclusion, ϕ −1 (K 0 ) est
un sous-groupe de G contenant H .
Partie B – Exemples
1. Après calculs, on obtient successivement
444
Corrigés
Problème 3
CORRIGÉS
Partie A – Exemples
Les deux dernières applications sont des actions de groupes.
1. Soit r ∈ Q∗ différent de 1. Alors, r 1+1 6= (r 1 )1 .
2. . ∀g , h ∈ G , ∀x ∈ G , (g h )x (g h )−1 = g (h x h −1 )g −1 .
. ∀x ∈ G , e x e −1 = x .
3. . ∀g , h ∈ G , ∀A ∈ Pn (G ), (g h )A = {g h a avec a ∈ A} = g {h a avec a ∈ A} = g (h A).
. ∀A ∈ Pn (G ), e A = {e a , avec a ∈ A} = A.
445
Mathématiques MPSI
h • x = (g k ) • x = g • (k • x ) = g • x car k ∈ S (x ).
b. . Par définition de ω(x ), l’application est surjective.
. Soit g , h ∈ G tels que g • x = h • x ; d’où (h −1 g ) • x = x , c’est-à-dire h −1 g ∈ S (x ) ou encore g ∈ hS (x ) soit
enfin g = h . L’application est donc injective.
c. D’après ce qui précède, |C | = |ω(x )|. De plus, les ensembles distincts g forment une partition de G et
sont tous de même cardinal |S (x )|. Il y a |C | tels ensembles d’où
|G | = |C |.|g | = |ω(x )|.|S (x )|.
446
Chapitre 11
Arithmétiques des
entiers
1. Divisibilité — 2. PGCD, PPCM — 3. Nombres premiers —
4. Systèmes congruentiels
447
COURS
L’arithmétique ou théorie des nombres est sûrement la partie la plus fascinante des mathématiques en ce
sens qu’elle permet d’énoncer très simplement des questions très difficiles. Dans ce chapitre, l’objectif
n’est pas d’aborder les grandes conjectures mais de mettre en avant les éléments de base : divisibilité
entre entiers, primalité relative (et calcul de PGCD), primalité.
On remarquera que les nombres premiers arrivent en fin de chapitre et que les autres notions sont donc
définies indépendamment de ceux-ci.
1. Divisibilité
Définition 11.1.
Soit a , b ∈ Z.
. a est un multiple de b s’il existe q ∈ Z tel que a = q b .
. a est un diviseur de b s’il existe q ∈ Z tel que q a = b .
Ainsi, un entier a est un diviseur d’un entier b si, et seulement si, b est un multiple de a . On note alors
a |b pour l’affirmation a divise b .
Définition 11.2.
Soit n ∈ N \ {0}. La congruence modulo n est la relation binaire sur Z définie par la divisibilité de la
différence par n .
Plus précisément, pour tous a , b ∈ Z, a = b [n ] si a − b ∈ n Z.
La relation de congruence est également notée ≡ même si on lui a préféré le symbole d’égalité dans ce
cours.
Proposition 11.3.
Remarque
La propriété « a est un multiple de b » se traduit également par a Z ⊂ b Z et peut s’écrire a = 0[b ].
Exemple
Pour tout entier n impair, n 2 − 1 est un multiple de 8.
En effet, en écrivant n = 2k + 1 avec k ∈ Z, on obtient n 2 − 1 = 4k (k + 1) ; or l’un des deux entiers
consécutifs k ou k + 1 est pair donc n 2 − 1 est un multiple de 4 × 2 = 8.
448
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
Proposition 11.4.
Démonstration
. Par hypothèse, n divise a − b et c − d donc divise (a + c ) − (b + d ).
. Par hypothèse, n divise a − b et c − d donc divise (a − b )c + b (c − d ) = a c − b d .
On en déduit immédiatement par récurrence sur l’exposant le résultat suivant.
Corollaire 11.5.
Exemple
. Pour tout entier naturel n , 23n − 1 est un multiple de 7.
En effet, 23 = 1 + 7 = 1[7] donc 23n = 1[7] et donc 23n − 1 = 0[7].
. Plus généralement (le cas précédent correspond aux valeurs a = 3, b = 3n ) : si a ∈ N divise
b ∈ N, alors 2a − 1 divise 2b − 1.
Exemple
Pour tout entier n , 109n +2 + 106n +1 + 1 est un multiple de 111.
En effet, 103 = 1 + 9 × 111 = 1[111] donc
109n +2 = (103 )3n 102 = 100[111],
106n +1 = (103 )2n 10 = 10[111],
1 = 1[111].
En conclusion, 10 9n+2
+ 10
6n+1
+ 1 = 100 + 10 + 1[111] = 0[111].
Rappelons enfin les critères usuels de divisibilité basés sur l’écriture en base 10 des entiers.
Proposition 11.6.
Pr
Soit n = k =0 a k 10k avec, pour tout k ∈ [[0, r ]], a k ∈ [[0, 9]].
. n est un multiple de 2 si, et seulement si, a 0 est un multiple de 2P.
r
. n est un multiple de 3 si, et seulement si, la somme des chiffres k =0 a k est un multiple de 3.
. n est un multiple de 4 si, et seulement si, 10a 1 + a 0 est un multiple de 4.
. n est un multiple de 5 si, et seulement si, a 0 est un multiple de 5P.
r
. n est un multiple de 9 si, et seulement si, la somme des chiffres k =0 a k est un multiple de 9.
Pr
. n est un multiple de 11 si, et seulement si, la somme alternée des chiffres k =0 a k (−1)k est un
multiple de 11.
Démonstration
Il suffit de remarquer que 10 = 0[2], 10 = 1[3], 100 = 0[4], 10 = 0[5], 10 = 1[9] et 10 = −1[11] pour obtenir le
reste de 10k modulo le diviseur concerné. En utilisant les règles opératoires de la congruence, on obtient
. n = a 0 [2] car 10k = 0[2] pour tout k ≥ 1,
Pr
. n = k =0 a k [3] car 10k = 1[3] pour tout k ,
449
Mathématiques MPSI
Exemple
L’entier 14146 est divisible par 11 (car 1−4+1−4+6 = 0[11]) mais pas par 3 (car 1+4+1+4+6 = 1[3]).
Proposition 11.7.
n = qa + r 0 ≤ r ≤ a − 1.
Les entiers q et r sont respectivement appelés quotient et reste de la division euclidienne de n par a .
Remarque
En fait, la preuve de ce résultat fournit une construction algorithmique du quotient et du reste.
Proposition 11.8.
G = n Z = {k n, k ∈ Z}.
Démonstration
Si G = {0}, alors G = 0Z. Sinon, G contient un élément non nul x , 0 = x − x et −x = 0 − x donc contient
au moins un élément strictement positif. Soit n = minG ∩ N \ {0}. Comme G est stable par différence,
n Z ⊂ G (−n = 0 − n ∈ G et si k n ∈ G , alors (k + 1)n = k n − (−n ) ∈ G ).
Réciproquement, si m ∈ G , il existe (q , r ) ∈ Z2 tel que m = q n + r et 0 ≤ r < n ; alors, r = m − q n ∈ G et
par minimalité de n , r = 0. Ainsi, m ∈ n Z. Par double inclusion, G = n Z.
450
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
1.3. Numération
Appliquons la division euclidienne pour obtenir le résultat de numération dans une base quelconque.
Proposition 11.9.
Soit b un entier supérieur ou égal à 2. Pour tout n ∈ N \ {0}, il existe un unique entier N ∈ N et un
unique (N + 1)-uplet (d 0 , . . . , d N ) ∈ [[0, b − 1]]N +1 tels que :
N
X
n= dk b k , d N 6= 0.
k =0
b
On note alors n = d N . . . d 0 .
Démonstration
. On montre une fois encore l’existence par récurrence forte.
• Le résultat est immédiat pour n = 1.
• Soit n ∈ N \ {0}. Supposons que la propriété est établie pour tout k ∈ [ 1, n ]]. Considérons la division
euclidienne de n + 1 par b : il existe (q , d 0 ) ∈ Z2 tel que n + 1 = q b + d 0 avec 0 ≤ d 0 < b . Si q = 0, le
résultat est établi. Sinon, 1 ≤ q ≤ n et l’hypothèse de récurrence au rang q entraîne qu’il existe N 0 ∈ N et
un unique N 0 -uplet (d 00 , . . . , d N0 0 ) ∈ [ 0, b − 1]]N +1 tels que
0
N0
X
q= d k0 b k , d N0 0 6= 0.
k =0
Alors,
N0
X
n= d k0 b k +1 + d 0 .
k =0
d’où la contradiction.
Remarque
L’étape d’hérédité peut être traitée différemment (ce qui donne une autre construction algorithmique).
Soit n ∈ N \ {0}. Supposons que la propriété est établie pour tout k ∈ [ 1, n ]]. Définissons N comme le
plus grand élément de l’ensemble non vide {k ∈ N, b k ≤ n + 1} puis d N comme le plus grand élément de
451
Mathématiques MPSI
l’ensemble non vide {l ∈ N, l .b N ≤ n +1} ; ce dernier ensemble contient 1 mais pas b donc d N ∈ [ 1, b −1]].
Appliquons l’hypothèse de récurrence à n + 1 − d N b N ≤ n : il existe (d 0 , . . . , d N −1 ) ∈ [ 0, b − 1]]N tels que :
N
X −1
n + 1 − dN b N = dk b k ,
k =0
donc
N
X
n +1= dk b k .
k =0
Exemple
La numération en base 2 ou écriture binaire est essentielle (entre autres pour l’informatique).
2
L’écriture binaire de 108 est 1101100 .
. En utilisant l’idée de la démonstration, on calcule les divisions successives par 2 et l’écriture
binaire est composée de la suite des restes (en la lisant de bas en haut sur notre illustration).
108 = 2 × 54 + 0
54 = 2 × 27 + 0
27 = 2 × 13 + 1
13 = 2×6 + 1
6 = 2×3 + 0
3 = 2×1 + 1
1 = 2×0 + 1
. En utilisant l’idée de la remarque, on retranche à chaque étape la plus grande puissance pos-
sible.
108 = 26 + 44 = 26 + 25 + 12 = 26 + 25 + 23 + 22
= 1 × 26 + 1 × 25 + 0 × 24 + 1 × 23 + 1 × 22 + 0 × 21 + 0 × 20 .
2. PGCD, PPCM
2.1. Définitions
Définition 11.10.
Soit a , b ∈ Z.
. Le PGCD de a et b est l’unique entier naturel a ∧ b tel que a Z + b Z = (a ∧ b )Z.
. Le PPCM de a et b est l’unique entier naturel a ∨ b tel que a Z ∩ b Z = (a ∨ b )Z.
La définition a bien un sens puisque les parties a Z+b Z et a Z∩b Z sont non vides et stables par différence
donc de la forme nZ (Proposition 11.8). Le lien avec la notion de divisibilité apparaît clairement avec la
proposition suivante, équivalente à la définition.
Proposition 11.11.
452
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
Démonstration
. Montrons le résultat pour le PGCD.
• a Z ⊂ (a ∧ b )Z donc a est un multiple de a ∧ b . De même pour b .
• Soit c un diviseur de a et de b . Alors, a Z ⊂ c Z et b Z ⊂ c Z donc
(a ∧ b )Z = a Z + b Z ⊂ c Z,
donc c est un diviseur de a ∧ b .
Remarque
Cette définition permet d’aller plus loin et de définir le PGCD d’une famille finie d’entiers : le PGCD des
entiers a 1 , . . . , a n est l’unique entier naturel a 1 ∧ . . . ∧ a n tel que
a 1 Z + . . . + a n Z = (a 1 ∧ . . . ∧ a n )Z.
On remarque en particulier « l’associativité du PGCD » ; pour tous a , b , c ∈ Z,
a ∧ (b ∧ c ) = (a ∧ b ) ∧ c = a ∧ b ∧ c .
Les mêmes remarques restent valables pour le PPCM.
Remarque
La définition de PGCD donne directement la propriété de Bézout : pour tous a , b ∈ Z, il existe u , v ∈ Z
tels que ua + v b = a ∧ b .
On remarque qu’il n’y a pas unicité de ces coefficients entiers u et v . Par exemple,
1 × 3 + (−1) × 2 = (−1) × 3 + 2 × 2 = 2 ∧ 3.
Proposition 11.12.
Soit a , b ∈ Z. Alors,
• |a | ∧ |b | = a ∧ b
• a ∧ 0 = |a |
• ∀k ∈ Z, a ∧ (b − k a ) = a ∧ b
• ∀c ∈ Z, (c a ) ∧ (c b ) = |c |(a ∧ b )
Démonstration
Il suffit de remarquer que a Z = |a |Z et que a Z + (b − k a )Z = a Z + b Z.
Ces remarques permettent d’obtenir l’algorithme d’Euclide de calcul du PGCD dont voici une descrip-
tion.
453
Mathématiques MPSI
Exemple
Calculons le PGCD de 1789 et 1515 avec l’algorithme d’Euclide.
La première étape est la division de 1789 par 1515, 1789 = 1.1515 + 274 ; on effectue ensuite la
division de 1515 par le premier reste 274, 1515 = 5.274+145 et on recommence : 274 = 1.145+129,
145 = 1.129 + 16, 129 = 8.16 + 1, 16 = 16.1 + 0 : le PGCD est donc le dernier reste non nul : 1.
Exemple
Soit (Fn )n une suite de Fibonacci définie par ses deux premiers termes et par la relation de récur-
rence
∀n ∈ N, Fn+2 = Fn +1 + Fn .
Les restes successifs de l’algorithme d’Euclide appliqué avec les arguments Fn+1 et Fn sont les n
termes de la suite de Fibonacci d’indices strictement inférieurs à n (car la division de Fn +1 par Fn
donne le quotient 1 et le reste Fn −1 ). En particulier, l’entier Fn+1 ∧ Fn ne dépend pas de n et se
trouve donc être égal à F1 ∧ F0 .
Remarque
Ce dernier calcul peut fournir davantage d’informations. Une récurrence sur n permet de montrer que
si l’algorithme d’Euclide pour calculer le PGCD des entiers naturels a et b > a requiert n étapes, alors les
minorations b ≥ Fn +2 et a ≥ Fn +1 sont vérifiées.
Un corollaire de ces inégalités est que l’on peut majorer le nombre d’étapes pour calculer le PGCD d’en-
tiers a et b en se ramenant à la suite de Fibonacci connue explicitement. Plus précisément, le théorème
de Lamé indique le nombre d’étapes dans l’algorithme d’Euclide pour deux entiers naturels est majoré
par cinq fois le nombre de chiffres dans l’écriture décimale du plus petit des deux entiers.
Deux entiers sont premiers entre eux si leur PGCD est égal à 1.
Cette notion apparaît souvent, ne serait-ce que dans la définition du représentant irréductible d’un ration-
nel.
Remarque
On dit aussi bien que deux entiers a et b sont premiers entre eux ou que a est premier avec b .
Remarquons que la notion « d’entiers premiers entre eux » est définie sans avoir recours aux nombres
premiers.
454
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
Théorème 11.14. Bézout
Deux entiers a et b sont premiers entre eux si, et seulement si, il existe u , v ∈ Z tels que
u a + v b = 1.
Démonstration
Le sens direct est une simple conséquence de la définition du PGCD. Pour le sens retour, remarquons
que le PGCD divise à la fois a et b donc u a + v b = 1 ; par conséquent, il est égal à 1.
Conseils méthodologiques
On trouve des entiers u et v satisfaisant cette relation en « remontant » les calculs dans l’algo-
rithme d’Euclide.
Remarque
Soit a et b deux entiers premiers entre eux et u, v ∈ Z tels que ua + v b = 1. Alors, pour tout k ∈ Z,
(u − k b )a + (v + k a )b = 1. On peut donc retrouver les autres relations de Bézout et choisir k de sorte à
obtenir certaines propriétés (par exemple la positivité) pour l’un des coefficients.
. Si a ∧ b = 1 et a ∧ c = 1, alors a ∧ (b c ) = 1.
. Si a ∧ b = 1, alors a p ∧ b q = 1 pour tous p , q ∈ N.
Démonstration
Le second point se déduit par récurrence du premier point. D’après le théorème de Bézout, il existe u , v ,
u 0 , v 0 ∈ Z tels que
ua + v b = 1, u 0 a + v 0 c = 1.
D’où u a + v b (u 0 a + v 0 c ) = 1, soit (u + v b u 0 )a + (v v 0 )b c = 1.
D’après le théorème de Bézout, a ∧ (b c ) = 1.
Corollaire 11.16.
Démonstration
D’après le théorème de Bézout, il existe u , v ∈ Z tel que u a + v b = 1 donc ua c + v b c = c . L’entier b
divise c donc a b divise a c ; de même, a b divise b c . Ainsi, a b divise u a c + v b c = c .
Corollaire 11.17. Lemme de Gauss
Démonstration
D’après le théorème de Bézout, il existe u , v ∈ Z tels que u a + v b = 1 donc u a c + v b c = c . a divise les
deux termes du premier membre donc divise c .
Voici une application utile du lemme de Gauss.
455
Mathématiques MPSI
Exemple
Considérons un polynôme à coefficients entiers de degré n
n
X
P (X ) = αk X k .
k =0
p
Montrons que si la fraction irréductible q est une racine de P , alors p divise α0 et q divise αn .
En effet,
Xn
αk p k q n −k = 0,
k =0
soit
n
X
α0 q n = − αk p k q n −k .
k =1
On applique alors le lemme de Gauss : p divise tous les termes αk p k q n −k pour k ≥ 1 donc divise
α0 q n ; comme p est premier avec q donc q n , p divise α0 .
On procède de même avec q et αn .
Ce critère permet une recherche facile des racines rationnelles d’un polynôme à coefficients
entiers en donnant une condition nécessaire qui limite à un nombre fini de cas : il suffit ensuite
de tester ces quelques valeurs pour vérifier si elles sont racines.
Par exemple, d’après le critère précédent, les racines rationnelles de X 4 −9X 3 +13X 2 + X +2 sont
parmi {−2, −1, 1, 2} ; on vérifie rapidement que 2 est la seule racine rationnelle.
3. Nombres premiers
3.1. Définitions
Définition 11.18.
Un entier p ∈ N\{0, 1} est premier si les seuls diviseurs positifs de p sont 1 et p (soit quatre diviseurs
si on n’impose pas la positivité).
Remarque
. Il n’y a qu’un seul nombre premier pair : 2.
. L’entier 1 n’est pas un nombre premier.
Proposition 11.19.
Démonstration
Les seuls diviseurs positifs de p sont 1 et p donc n ∧ p est égal à l’un de ces entiers.
Remarque
En fait, cette proposition indique que, pour tout nombre premier p , les entiers sont soit premiers avec p ,
soit des multiples de p .
456
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
Corollaire 11.20.
p
Pour tout nombre premier p et tout entier k ∈ [[1, p − 1]], p divise k .
Démonstration
p −1 p p
En effet, p k −1 = k k donc p divise k k . Par ailleurs, p est premier avec k (car k n’est pas un multiple
p
de p ) donc, d’après le théorème de Gauss, p divise k .
Démonstration
Soit p premier fixé.
. Pour n = 1, le résultat est évident.
. Soit n ∈ N tel que n p = n [p ]. Alors,
p p −1
X p X p
(n + 1)p = n j = np + n j + 1[p ]
j =0
j j =1
j
= n + 0 + 1[p ]
= n + 1[p ],
d’après l’hypothèse de récurrence.
On a ainsi établi le résultat pour n ∈ N ; en séparant les cas
• p = 2 pour lequel (−n )2 = n 2 [2] = n[2] = −n [2] pour tout n ∈ N,
• p impair pour lequel (−n)p = −n p = −n[p ] pour tout n ∈ N,
/ p Z. Alors, n p −1 = 1[p ].
Soit p un nombre premier et n ∈
Démonstration
On a déjà que p divise n p − n = n (n p −1 − 1). Or, p et n sont premiers entre eux, donc d’après le théorème
de Gauss, p divise n p −1 − 1, soit n p −1 = 1[p ].
Passons à une autre application des nombres premiers.
Démonstration
Raisonnons par l’absurde. Si p ne divise aucun de ces entiers, alors p est premier avec chacun d’entre
eux donc avec le produit : contradiction.
Voici une proposition qui nous sera utile pour le théorème fondamental de l’arithmétique.
457
Mathématiques MPSI
Proposition 11.24.
Démonstration
On procède par récurrence forte.
• 2 admet le nombre premier 2 comme diviseur.
• Soit n ≥ 2. Supposons que le résultat est vrai pour tout entier k ∈ [ 2, n]]. Si n + 1 est premier, alors
n +1 est un diviseur premier de n +1. Sinon, n +1 = a .b avec a , b ∈ [ 2, n ]] et on applique l’hypothèse
de récurrence à a ou b .
Pour tout entier n ≥ 2, il existe un entier m ≥ 1, des nombres premiers p1 > . . . > pm et des entiers
non nuls r1 , . . . , rm tels que :
m
Y
r
n= pk k .
k =1
Démonstration
On procède par récurrence forte en s’appuyant sur la proposition 11.24.
Remarque
Qm r Qm s
Cette décomposition est en fait unique (à l’ordre près des facteurs). Si n = k =1 pk k = k =1 pk k avec
s −r m r
r1 < s1 , alors p1 1 1 divise k =2 pk k et est premier avec ce nombre : contradiction.
Q
Il convient de ne pas oublier que cette décomposition est algorithmiquement difficile à obtenir.
Définition 11.26.
Soit p un nombre premier. La valuation p -adique d’un entier n non nul est l’entier vp (n ) défini comme
l’exposant de p dans la décomposition de n en facteurs premiers avec, par convention, la valeur 0
si le nombre premier p n’apparaît pas.
Exemple
Comme 120 = 23 × 3 × 5, v2 (120) = 3, v3 (120) = 1, v5 (120) = 1 et v7 (120) = 0.
Proposition 11.27.
458
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
Exemple
p
Soit n ∈ N. Montrons que n ∈ Q si, et seulement si, n est le carré d’un entier. Le sens retour
p
est évident. Pour le sens direct, supposons que n soit égale à la fraction irréductible ab . Alors,
a 2 = n b 2 ; en écrivant les décompositions en facteurs premiers de a , b et n , on obtient que, pour
tout facteur premier p , vp (n) = 2vp (a ) − 2vp (b ) est pair : par conséquent, n est un carré.
Proposition 11.28.
Corollaire 11.29.
Soit a , n deux entiers. Alors, a divise n si, et seulement si, pour tout nombre premier p , vp (a ) ≤ vp (n ).
On obtient ainsi le dénombrement des diviseurs d’un entier (et la somme d’après les sommes géomé-
triques).
Corollaire 11.30.
Qm rk Qm
L’entier naturel de décomposition en facteurs premiers k =1 pk admet exactement k =1 (rk + 1)
diviseurs positifs.
La somme de tous ses diviseurs est
m r +1
Y p k −1 k
.
k =1
pk − 1
Exemple
Les entiers qui admettent un nombre impair de diviseurs positifs sont les carrés d’un entier ; en
effet, il faut que tous les facteurs rk + 1 soient impairs et donc que les rk soient pairs.
Corollaire 11.31.
Alors,
m m
min(αk ,βk ) max(αk ,βk )
Y Y
a ∧b = pk , a ∨b = pk .
k =1 k =1
Remarque
Cette proposition ne fournit pas un calcul aussi efficace que l’algorithme d’Euclide pour déterminer le
PGCD de deux entiers.
459
Mathématiques MPSI
Remarque
On vérifie grâce à cette propriété que (a ∧ b ).(a ∨ b ) = |a .b |.
Proposition 11.32.
Démonstration
Raisonnons par l’absurde. Supposons que l’ensemble des nombres premiers est fini {p1 , . . . , pN }. L’entier
QN
k =1 pk + 1 n’admet aucun diviseur premier : contradiction.
Remarque
On connaît des résultats plus fins sur cet ensemble ; par exemple, π(n), le cardinal de l’ensemble des
nombres premiers inférieurs à n vérifie :
n
π(n ) ∼ .
∞ ln n
Proposition 11.33.
Démonstration QN
Raisonnons par l’absurde. Supposons que cet ensemble est fini {p1 , . . . , pN }. L’entier 4 k =1 pk − 1 admet
un diviseur premier de la forme 4n − 1 (ses diviseurs premiers sont parmi 2 et les nombres premiers de
la forme 4n + 1 car il est congru à −1[4]) qui n’est pas dans la liste précédente : contradiction.
4. Systèmes congruentiels
Dans cette section, on cherche à résoudre quelques équations diophantiennes (c’est-à-dire équation à
inconnues parmi les entiers) congruentielles d’inconnues x et y . Les autres lettres désignent des entiers
paramètres.
Exemple
Par définition, l’ensemble des entiers x tels que x = a [n ] est a + n Z.
Exemple
Notons S l’ensemble des entiers x tels que a x = b [n ].
• Si a ∧ n = 1, alors il existe u , v ∈ Z tels que u a + v n = 1 et S = b u + n Z.
• Si a ∧ n 6= 1, alors
– si a ∧ n |b , alors, on divise par a ∧ n et on se ramène au cas précédent.
– sinon, S = ∅.
460
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
COURS
4.1. Cas des modulos premiers entre eux
x = a [p ]
§
Notons S l’ensemble des entiers x solutions de avec p ∧ q = 1.
x = b [q ]
D’après le théorème de Bézout, il existe u , v ∈ Z tels que u p +v q = 1. L’entier a v q +b u p est alors solution
du système et on en déduit que l’ensemble des solutions est : S = a v q + b up + p q Z.
On remarque, en particulier, qu’il n’y a qu’une solution dans [ 0, p q −1]]. Pour résoudre un système congruen-
tiel de plus de deux équations, on regroupe les équations deux par deux.
Remarque
Dans la deuxième étape, on a utilisé que si x = b [p n ], alors x = b [p m ] pour tout m ≤ n ce qui est élémen-
taire en réécrivant la définition de congruence. Pour le dire en d’autres termes, une classe modulo p m
pour m ≤ n est une réunion de classes modulo p n .
Exemple
=
§
x 17[28]
Le système est équivalent à
x = 3[98]
x = 17[22 ] = 1[22 ]
x = 17[7] = 3[7]
x = 3[2] = 1[2]
x = 3[72 ] = 3[72 ]
Comme −12.22 + 1.72 = 1, les solutions sont d’après le point précédent, 101 + 196Z.
461
Mathématiques MPSI
Exemple
=
§
x 7[12]
Le système est équivalent à
x = 5[15]
x = =
7[4] 3[4]
x = 7[3] = 1[3]
x = 5[3] = 2[3]
x = 5[5] = 0[5]
Il n’y a pas de solutions car les deuxième et troisième équations ne sont pas compatibles.
462
FICHE
SYNTHÈSE
La principale propriété de l’ensemble Z exploitée dans ce chapitre est l’existence de la division eucli-
dienne.
Division euclidienne
Celle-ci permet de montrer l’existence et l’unicité de l’écriture d’un entier dans une base b > 1.
Pour en tirer le meilleur profit dans les calculs, on introduit la relation de congruence.
Congruence
Théorème de Fermat
PGCD, PPCM
. Le PGCD de deux entiers a et b est le plus grand diviseur commun à a et b . De manière équivalente,
c’est l’unique entier naturel a ∧ b tel que
a Z + b Z = (a ∧ b )Z.
Ainsi, il existe des entiers u et v ∈ Z tels que ua + v b = a ∧ b .
. Le PPCM de deux entiers a et b est le plus petit multiple commun à a et b . De manière équivalente,
c’est l’unique entier naturel a ∨ b tel que
a Z ∩ b Z = (a ∨ b )Z.
463
Le PGCD se calcule rapidement avec l’algorithme d’Euclide par divisions successives.
. Deux entiers a et b sont premiers entre eux si leur PGCD est égal à 1. Ceci équivaut à l’existence
d’entiers u , v ∈ Z tels que ua + v b = 1 (théorème de Bézout).
. Soit a , b , c trois entiers tels que a divise b c et a ∧ b = 1. Alors a divise c (théorème de Gauss).
Le théorème de Gauss admet de nombreux corollaires et applications qu’il faut savoir identifier.
On introduit alors la notion de nombres premiers.
Nombres premiers
Les exposants qui apparaissent dans la décomposition en facteurs premiers sont les valuations p -adiques.
Cette décomposition permet de revisiter la notion de divisibilité, de PGCD, de PPCM mais elle est diffi-
cile à obtenir donc ne permet pas de remplacer efficacement les algorithmes basés sur la division eucli-
dienne.
464
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) 0 est un diviseur de tout entier n .
b) 1326543987321 est divisible par 11.
c) Si n = 3[4], alors n n’est pas somme de deux carrés d’entiers.
d) Le nombre de diviseurs positifs de 60 est 12.
e) S’il existe u, v ∈ Z tels que a u + b v = 2, alors a ∧ b = 2.
EXERCICES
f) Soit k , n ∈ Z. Si k ne divise pas n, alors k ∧ n = 1.
g) Pour tout n ∈ N, n et n + 1 sont premiers entre eux.
h) Pour tout n ∈ N impair, n et n + 2 sont premiers entre eux.
i) L’équation 3x = 2[25] admet une infinité de solutions.
j) L’équation 3x = 2[24] admet une infinité de solutions.
k) x = 1[72] si, et seulement si, x = 1[9] et x = 1[8].
l) x = 13[35] si, et seulement si, x = 6[7] et x = 8[5].
m) Pour tout a ∈
/ 6Z, a = 1[6].
5
Exercice 1
Déterminer les chiffres a tel que le nombre d’écriture décimale 123a 4 soit divisible par 12.
Exercice 2
Soit x un nombre à (au plus) deux chiffres. Montrer que le nombre à (au plus) six chiffres obtenu en
juxtaposant trois fois x est divisible par 37.
Exercice 3
Déterminer un critère simple de parité pour un entier donné par son écriture en base 3.
Exercice 4
Montrer que n = 10a + b avec b ∈ [ 0, 9]] est divisible par 7 si, et seulement si, a − 2b est divisible par 7.
465
Mathématiques MPSI
Exercice 5
n
Montrer que pour tout n ∈ N, 7 divise 24 − 2.
Exercice 6
Déterminer les entiers naturels n tels que n − 3 divise n 3 − 3.
Exercice 7
En réduisant modulo un entier astucieusement choisi, montrer que les équations suivantes n’admettent
pas de solution (x , y ) ∈ Z2 :
Exercice 8
Soit a , b ∈ Z et n ∈ N \ {0} tels que a = b [n ]. Montrer que a n = b n [n 2 ].
Exercice 9
Pour tout entier n , posons u n = 2n + 1.
1. Montrer que si n est impair et différent de 1, alors u n n’est pas un nombre premier.
2. Supposons que n est de la forme 2q (2k +1) avec k ≥ 1. Montrer que u n n’est pas un nombre premier.
3. En déduire que si u n est nombre premier, alors n est une puissance de 2.
Exercice 10
Trouver les entiers a , b ∈ Z tels que 3a 7b = 1[10].
Exercice 11
Soit p un nombre premier.
P∞
1. Montrer que, pour tout n ∈ N \ {0}, νp (n !) = k =1 pnk .
2. Déterminer le nombre de chiffres 0 à la fin de l’écriture décimale de l’entier 100!.
Exercice 12
15n+4 21n+4
Montrer que, pour tout n ∈ N, les fractions suivantes 10n+3 , 14n+3 sont irréductibles.
Exercice 13
Soit a , b deux entiers premiers entre eux. Montrer que a b et a + b sont premiers entre eux.
Exercice 14
Chercher les couples d’entiers (a , b ) ∈ N2 tels que a ∧ b = 42 et a ∨ b = 1680.
Exercice 15
Calculer, pour tout (a , b ) ∈ Z2 , (a + b ) ∧ (a ∨ b ).
Exercice 16
Déterminer les solutions entières (x , y ) ∈ N2 de l’équation x ∧ y + x ∨ y = y + 4.
Exercice 17
1. Déterminer les solutions entières (x , y ) de l’équation 323x − 391y = 612.
2. Trouver tous les entiers n tels que n = 270[323] et n = 100[391].
466
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
Exercice 18
Considérons 1789 entiers tels que leur somme soit nulle. Montrer que la somme de leurs puissances
37ièmes est divisible par 399.
Exercice 19
Notons, pour tout entier n ∈ N∗ , d (n) le nombre de diviseurs positifs de n . Fixons " > 0.
α α
1. En notant n = p1 1 . . . pk k la décomposition en facteurs premiers de n , montrer l’égalité suivante
k
Y
d (n ) = (αi + 1).
i =1
1 αi +1
2. En conservant ces notations, montrer que si pi ≥ 2 " , alors "α
pi i
≤ 1.
x +1
3. Déterminer le maximum de la fonction f : x 7→ sur R+ .
2"x
4. En déduire qu’il existe C" ne dépendant que de " tel que d (n ) ≤ C" n " .
EXERCICES
Exercice A
Montrer qu’il n’existe pas d’entiers naturels m et n tels que 3m + 3n + 1 soit le carré d’un entier.
Indication : on pourra par exemple réduire cette quantité modulo un entier judicieusement choisi.
Exercice B
n
Soit n un entier pair. Montrer que n + 1 divise
P
k n+1 .
k =1
Exercice C
Considérons la suite (u n )n ≥1 définie par u 1 = 2 et pour tout entier n ≥ 1
2.10n + u n , si 2n+1 divise u n ;
§
u n +1 = .
10n + u n , sinon.
1. Montrer que, pout tout n ≥ 1, 2n divise u n .
2. En déduire que pour tout n ≥ 1, 2n admet un multiple entier dont l’écriture décimale ne comporte
que des 1 et des 2.
Exercice D
Notons pour tout k ∈ N \ {0}, u k le plus grand diviseur impair de k . Montrer que, pour tout n ∈ N \ {0},
2n
X
uk = n 2.
k =n+1
467
Mathématiques MPSI
Exercice F
1. Montrer qu’un diviseur premier impair d’un entier de la forme a 2 + 1 avec a ∈ Z est congru à 1
modulo 4.
2. En déduire que l’ensemble des nombres premiers congrus à 1 modulo 4 est infini.
Problèmes du chapitre 11
Un entier n > 1 est premier si, et seulement si, il existe 0 < m < n tel que
(m − 1)!(n − m)! = (−1)m [n ].
On raisonne par l’absurde et on considère dans tout ce sujet deux entiers naturels distincts a et b vérifiant
l’hypothèse de l’énoncé.
Partie A – Préliminaires
1. Justifier que a ≤ b .
2. Montrer que les entiers b − a et b vérifient également les hypothèses de l’énoncé.
3. En déduire que l’on peut supposer sans perte de généralité a ≤ b /2.
Supposons dorénavant a ≤ b /2.
468
Chapitre 11 – Arithmétiques des entiers
PROBLÈMES
vp (π2 /π1 ) = (r2 (p k ) − r1 (p k )).
k =2
b. En déduire que vp (π2 /π1 ) ≤ κ(p ) − 1.
6. Montrer que l’entier
π2
p κ(p )
Q
p ≤a
p ∈P
divise
π
Q1 .
p
p ≤a
p ∈P
469
Mathématiques MPSI
470
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Faux, le seul multiple de 0 est 0.
b) Faux, le calcul de la somme alternée des chiffres donne 1326543987321 = 3[11].
c) Vrai, les carrés sont congrus à 0 ou 1 modulo 4 donc la somme de deux carrés ne peut être égale à 3
modulo 4.
d) Vrai car 60 = 22 .31 .51 donc le nombre de diviseurs positifs est (2 + 1)(1 + 1)(1 + 1) = 12.
e) Faux, par exemple, avec a = u = v = 2 et b = −1, a ∧ b = 1.
f) Faux, par exemple, k = 4 et n = 6.
g) Vrai avec la relation de Bezout 1.(n + 1) − 1.n = 1.
h) Vrai car un diviseur commun à n et n + 2 divise (n + 2) − n = 2 et 2 ne divise pas n .
i) Vrai, comme 3 × (−8) = 1[25], les solutions sont x = −16[25].
j) Faux, s’il y avait une solution x , 3 serait un diviseur de 2 car 3 divise 3x et 24.
k) Vrai.
l) Vrai.
m) Faux, 6 n’est pas premier et 25 = 32 = 2[6].
Exercice 1
On a évidemment 10 = −2[12] donc 102 = 4[12], 103 = 4[12], 104 = 4[12]. Ainsi,
123a 4 = 4.1 + 4.2 + 4.3 − 2a + 4[12]
Par conséquent, 123a 4 est divisible par 12 si, et seulement si, 4 − 2a = 0[12], c’est-à-dire a ∈ {2, 8}.
Exercice 2
CORRIGÉS
. Si x est strictement inférieur à 10 (c’est-à-dire n’a qu’un seul chiffre), alors le nombre considéré x 102 +
x 10 + x = 111x = 37 × 3x est divisible par 37.
. Si x ∈ [ 10, 99]], écrivons x = 10a + b avec a , b ∈ [ 0, 9]]. Le nombre considéré est
x 104 + x 102 + x = a (105 + 103 + 10) + b (104 + 102 + 1).
Or, 103 = 1 + 9 × 111 = 1 + 27 × 37 1 37 , d’où
x 104 + x 102 + x = a (102 + 1 + 10) + b (101 + 102 + 1)[37] = (a + b )111[37] = 0[37]
est divisible par 37.
471
Mathématiques MPSI
Exercice 3
Comme, pour tout n ∈ N, 3n = 1[2], un nombre est donc pair si le nombre de chiffres 1 qui apparaissent
dans son écriture en base 3 est pair.
Exercice 4
Comme 2 et 7 sont premiers entre eux, le lemme de Gauss donne
n = 0[7] ⇔ 2n = 0[7]
⇔ 2(10a + b ) = 0[7]
⇔ −a + 2b = 0[7]
⇔ a − 2b = 0[7].
Par exemple, 2387 est divisible par 7 si, et seulement si, 238−2.7 = 224 l’est si, et seulement si, 22−2.4 = 14
l’est : ainsi, 2387 est divisible par 7.
Exercice 5
Commençons par étudier les puissances de 2 modulo 7 en remarquant que 23 = 1[7] :
k [3] 0 1 2
2k [7] 1 2 4
n
Il reste donc à étudier le reste de 4n modulo 3. Comme 4n = 1n [3] = 1[3], 24 − 2 = 21 − 2[7] = 0[7].
Exercice 6
Commençons par remarquer que, pour tout n ∈ N,
n 3 − 3 = (n − 3 + 3)3 − 3
= 33 − 3[n − 3]
= 24[n − 3].
3
Ainsi, n −3 divise n −3 si, et seulement si, n −3 divise 24, soit encore n −3 ∈ {−3, −2, −1, 1, 2, 3, 4, 6, 8, 12, 24}
(car n ≥ 0). En conclusion, les entiers recherchés sont 0, 1, 2, 4, 5, 6, 7, 9, 11, 15 et 27.
Exercice 7
1. En réduisant modulo 4 la relation x 2 − 4y 2 = 1791, on obtient x 2 = 3[4] ce qui n’est jamais réalisé car
un carré est congru à 0 ou 1 modulo 4 (selon sa parité).
2. En réduisant modulo 4 la relation x 2 + y 2 = 1791, on obtient x 2 + y 2 = 3[4] ce qui n’est jamais réalisé
pour les mêmes raisons.
3. En réduisant modulo 3 la relation x 2 + 6y 2 = 1112, on obtient x 2 = 2[3] ce qui n’est jamais réalisé
puisque x 2 = 0[3] si x = 0[3] et x 2 = 1[3] sinon.
Exercice 8
La formule de Bernoulli donne
n−1
X
a n − b n = (a − b ) a k b n−1−k .
k =0
Mais a = b [n] par hypothèse et
n−1
X n −1
X
a k b n −1−k = a k a n −1−k [n ] = na n−1 [n ] = 0[n].
k =0 k =0
En conclusion, a n = b n [n 2 ].
472
Corrigés
Exercice 9
Pn −1
1. Supposons que n > 1 est impair. La formule de Bernoulli donne u n = 2n −(−1)n = 3. k =0 2k (−1)n−1−k :
u n n’est pas premier car divisible par 3 6= u n .
2. La congruence 22 = −1[u 2q ] entraîne 22 (2k +1) = (−1)2k +1 [u 2q ] = −1[u 2q ] et donc u 2q divise u n : u n n’est
q q
pas premier.
3. Il s’agit simplement de la contraposition de la question précédente.
n
Les nombres de Fermat sont les entiers Fn = 22 + 1. Pierre de Fermat avait calculé F0 = 3, F1 = 5, F2 = 17,
F3 = 257 et F4 = 65537. Constatant qu’il s’agissait à chaque fois de nombres premiers, il avait conjecturé
que c’était le cas pour tous les Fn . Leonhard Euler a infirmé cette intuition en montrant que 641 divisait
F5 (plus précisément, F5 = 641 × 6700417). Certains arguments récents laissent à penser qu’il n’y a pas
d’autres nombres de Fermat premiers.
Exercice 10
On trouve rapidement les puissances suivantes (en notant que 34 = 1[10] et 74 = 1[10])
n [4] 0 1 2 3
3 [10]
n
1 3 9 7
7n [10] 1 7 9 3
On en déduit les valeurs de 3a 7b [10] reportées dans le tableau suivant où a [4] est l’indice de ligne et b [4]
l’indice de colonne.
0 1 2 3
0 1 7 9 3
1 3 1 7 9
2 9 3 1 7
3 7 9 3 1
Le seul moyen d’obtenir 1[10] correspond à a = b [4].
Exercice 11
1. D’après les propriétés précédentes, on a, en regroupant les termes de mêmes valeurs
n
X ∞
X
νp (n !) = νp (l ) = k . card{l ≤ n , νp (l ) = k }.
l =1 k =1
n
Or, il y a pkmultiples de p inférieurs à n donc pnk − p kn+1 entiers inférieurs à n de valuation p -adique
k
égale à k . Ainsi
∞
n n
X
νp (n !) = k −
k =1
pk p k +1
∞ ∞
n n
X X
= k − (k − 1)
k =1
pk k =2
pk
CORRIGÉS
∞
X n
= .
k =1
pk
2. Le nombre cherché est égal à min(ν2 (100!), ν5 (100!)) = ν5 (100!). D’après la proposition précédente,
100 100
ν5 (100!) = + = 24.
5 52
Il y a donc 24 zéros à la fin de l’écriture décimale de 100!.
473
Mathématiques MPSI
Exercice 12
Il suffit de montrer que, pour chaque fraction, le numérateur et le dénominateur sont premiers entre eux.
Pour cela, utilisons le théorème de Bézout et les relations suivantes :
−2(15n + 4) + 3(10n + 3) = 1
−2(21n + 4) + 3(14n + 3) = 1.
Remarque
3q n +4
Ces exemples se généralisent immédiatement au cas d’une fraction 2q n +3 avec q ∈ N.
Exercice 13
Commençons par remarquer que a et a + b sont premiers entre eux. En effet, d’après l’algorithme d’Eu-
clide,
(a + b ) ∧ a = (a + b − a ) ∧ a = b ∧ a = 1.
De même, b et a + b sont premiers entre eux.
Comme a + b est premier avec a et b , il l’est avec a b .
Remarque
Une démonstration alternative serait de partir d’une relation de Bézout u a + v b = 1 et d’en déduire une
relation de Bézout entre a + b et a b , par exemple
(a u 2 + b v 2 )(a + b ) − (u − v )2 a b = 1.
Exercice 14
Écrivons a = 42a 0 et b = 42b 0 avec a 0 ∧ b 0 = 1. La seconde condition donne a 0 ∨ b 0 = 40 soit encore
a 0 b 0 = 23 .5. Comme a 0 et b 0 sont premiers entre eux, ils n’ont pas de facteur premier en commun : les
possibilités pour (a 0 , b 0 ) sont (1, 40), (8, 5), (5, 8) et (40, 1).
En revenant à (a , b ), on obtient les solutions
(42, 1680), (336, 210), (210, 336), (1680, 42).
Exercice 15
Notons d = a ∧ b et a = d a 0 , b = d b 0 . Par construction, a 0 ∧ b 0 = 1 et donc
(a + b ) ∧ (a ∨ b ) = d × (a 0 + b 0 ) ∧ (a 0 ∨ b 0 ) = d × (a 0 + b 0 ) ∧ (a 0 b 0 ).
Reste à montrer que (a 0 +b 0 )∧(a 0 b 0 ) = 1. Soit p un diviseur premier de a 0 b 0 . Comme a 0 et b 0 sont premiers
entre eux, soit p divise a 0 mais pas b 0 , soit p divise b 0 mais pas a 0 : dans les deux cas, p ne divise pas a 0 +b 0 .
Par conséquent, (a 0 + b 0 ) ∧ (a 0 b 0 ) = 1 et le PGCD recherché est a ∧ b .
474
Corrigés
Exercice 16
L’entier x ∧ y divise y donc divise 4 : il est donc égal à 1, 2 ou 4.
. Si x ∧ y = 1, alors l’équation est 1 + x y = y + 4, soit y (x − 1) = 3. Les solutions (x , y ) sont (2, 3) et (4, 1).
. Si x ∧ y = 2, alors on pose x = 2x 0 et y = 2y 0 avec x 0 ∧ y 0 = 1. L’équation se réécrit alors 2+2x 0 y 0 = 2y 0 +4
soit y 0 (x 0 − 1) = 1. La seule solution (x 0 , y 0 ) est (2, 1) et donc la seule solution (x , y ) est (4, 2).
. Si x ∧ y = 4, alors on pose x = 4x 0 et y = 4y 0 avec x 0 ∧ y 0 = 1. L’équation se réécrit alors 4+4x 0 y 0 = 4y 0 +4
soit y 0 (x 0 − 1) = 0. Les solutions (x 0 , y 0 ) sont alors (1, k ) pour k ∈ N et (1, 0) (la valeur de x 0 est ici imposée
par la condition x 0 ∧ y 0 = 1). Les solutions (x , y ) sont alors les (4, 4k ) pour k ∈ N et (4, 0) ;
En conclusion, les solutions sont
(2, 3), (4, 1), (4, 2) et (4, 4k ) pour k ∈ N.
Exercice 17
1. Remarquons que le PGCD de 323 et 391 est 17 et qu’il divise 612. En divisant par 17, l’équation devient
19x − 23y = 36. Une solution de cette équation est (−9, −9). Par conséquent, (x , y ) est solution si, et
seulement si, 19(x +9) = 23(y +9). Comme 19 est premier avec 23, le lemme de Gauss entraîne l’existence
d’un entier k tel que y = −9 + 19k et donc, en reportant, x = −9 + 23k . En conclusion, l’ensemble des
solutions est
{(−9 + 23k , −9 + 19k ), k ∈ Z}.
2. On cherche les entiers n tels qu’il existe des entiers x et y vérifiant n = 270 + 323x = 100 + 391y . Ceci
entraîne 323x − 391y = −170 et donc 323x − 391(y − 2) = 612. D’après la première question, il existe un
entier k tel que x = −9 + 23k et donc, en reportant, n = −2637 + 7429k .
On vérifie laborieusement que ces entiers conviennent.
Exercice 18
P1789
Remarquons que 399 = 3 × 7 × 19. Considérons a 1 , . . . a 1789 ∈ Z tels que k =1 a k = 0. Pour montrer que la
P1789
somme S = k =1 a k37 est divisible par 399, il suffit de montrer qu’elle est divisible par 3, 7 et 19.
. Utilisons le théorème de Fermat avec p = 3 :
1789
X 1789
X 1789
X
S= a k37 [3] = a k2×18+1 [3] = a k1 [3]
k =1 k =1 k =1
a k 6=0[3] a k 6=0[3] a k 6=0[3]
1789
X
= a k [3] = 0[3].
k =1
Ainsi, 3 divise S .
. On procède de même pour 7 et 19 en remarquant que 37 = 6 × 6 + 1 et 37 = 2 × 18 + 1.
CORRIGÉS
Exercice 19
β β
1. Un entier naturel divise n si, et seulement si, il est de la forme p1 1 . . . pk k avec, pour tout i ≤ k , 0 ≤ βi ≤
αi . Ainsi, d (n) est le cardinal de
{0, . . . , α1 } × . . . × {0, . . . , αk }
k
donc d (n ) = (αi + 1).
Q
i =1
475
Mathématiques MPSI
"α
2. L’hypothèse se réécrit pi" ≥ 2 (car x 7→ x " croissante sur R+ ) et donc pi i ≥ 2αi . Il suffit alors de vérifier
par récurrence sur n que 2n ≥ n + 1. C’est vrai pour n = 0 et si 2n ≥ n + 1, alors
2n+1 = 2 × 2n ≥ 2(n + 1) = n + 2 + n ≥ n + 2.
"α
En conclusion, pi i ≥ αi + 1.
3. Cette fonction est dérivable comme produit et composition de fonctions dérivables. De plus, pour
tout x > 0, f 0 (x ) = (1 − " ln(2)(x + 1))2−"x .
Ainsi, f est croissante jusqu’en x0 = 1−" ln 2
" ln 2 (on notera y0 sa valeur en ce point), puis décroissante.
4. Considérons I" = {i ≤ k , pi ≥ 2 } et J" = {i ≤ k , pi < 21/" }.
1/"
! !
d (n ) Y α +1
i
Y α +1
i
= "α "α
n" i ∈I"
pi i i ∈J"
pi i
! !
Y α +1 Y α +1
i i |J |
≤ "αi ≤ "αi
≤ y0 "
i ∈J
p i i ∈J
2
" "
en utilisant tour à tour la première question pour exprimer d (n ), la deuxième pour gérer les termes d’in-
dices dans I" et le maximum de f . Comme le nombre de nombres premiers inférieurs à 21/" est majoré
b21/" c d (n)
par exemple par b21/" c, on obtient un majorant C = y0 , indépendant de n , de la quantité n" .
Exercice A
Raisonnons par l’absurde et supposons qu’il existe des entiers naturels m, n et a tels que 3m +3n +1 = a 2 .
Remarquons dans un premier temps que 3m +3n +1 est impair donc a 2 et a sont impairs. Notons a = 2k +1
avec k ∈ N. Alors, a 2 = 4k 2 +4k +1 et l’égalité de départ se réécrit 3m +3n = 4k (k +1).en particulier, 3m +3n
est un multiple de 8 (puisque k ou k + 1 est pair).
Or, les puissances de 3 valent 1 modulo 8 si l’exposant est pair, 3 modulo 8 sinon. En aucun cas, la somme
de deux puissances de 3 ne peut-être un multiple de 8 : contradiction.
Exercice B
Effectuons le changement d’indice k = n + 1 − j
Xn n
X
k n+1 = (n + 1 − j )n+1
k =1 j =1
n
X
= (− j )n+1 [n + 1]
j =1
n
X
=− j n+1 [n + 1],
j =1
n
car n + 1 est impair. Par conséquent, n + 1 divise 2 k n+1 et (n + 1) ∧ 2 = 1 (car n + 1 est impair) : d’après
P
k =1
n
la lemme de Gauss, n + 1 divise
P
k n+1 .
k =1
476
Corrigés
Exercice C
1. Procédons par récurrence sur n .
. Le résultat est évident pour n = 1 car 2 divise u 1 = 2.
. Soit n ∈ N tel que 2n divise u n . Si 2n+1 divise u n , alors 2n+1 divise 2.10n +u n = u n+1 ; sinon, u n = 2n (2k +1)
avec k ∈ N et donc u n+1 = 10n + u n = 2n (5n + 1 + 2k ) est divisible par 2n+1 (car 5n + 1 + 2k est pair).
Ainsi, pour tout n ≥ 1, 2n divise u n .
2. Une simple récurrence permet de montrer que u n admet une écriture décimale avec n chiffres égaux
à 1 ou 2.
. Le résultat est évident pour n = 1 car u 1 = 2.
. Soit n ∈ N tel que 2n divise u n . Si 2n +1 divise u n , l’écriture décimale de u n +1 s’obtient en ajoutant un 2
à gauche de celle de u n ; sinon, en ajoutant un 1 à gauche. D’où le résultat au rang n + 1.
D’après la première question, pour tout n ≥ 1, u n est un multiple de 2n dont l’écriture décimale ne com-
porte que des 1 et des 2.
Exercice D
Raisonnons par récurrence.
. Le résultat est évident pour n = 1.
2n
. Soit n ∈ N \ {0} tel que u k = n 2 . Alors,
P
k =n +1
2n
X +2 2n
X
uk = u k + u 2n +2 + u 2n +1 − u n+1
k =n+2 k =n+1
= n + 2n + 1 = (n + 1)2 ,
2
Exercice E
1. Raisonnons par l’absurde et supposons qu’il existe u , v ∈ N tels que a b −a −b = u 0 a +v0 b , c’est-à-dire
a b = (u + 1)a + (v + 1)b .
On remarque que a divise (v + 1)b . Comme a et b sont premiers entre eux, le lemme de Gauss indique
que a divise v + 1 donc v + 1 ≥ a . Par conséquent,
a b = (u + 1)a + (v + 1)b ≥ a + a b
contradiction !
2. . Partons d’une relation de Bézout entre a et b et multiplions la par n : il existe u et v ∈ Z tels que
u a + v b = n. Divisons alors v par a : il existe des entiers q et r tels que v = q a + r et 0 ≤ r < a . La relation
de Bézout de départ se réécrit alors (u + q b )a + r b = n : elle est bien de la forme demandée.
. Supposons qu’il existe u 0 , v0 , u 1 , v1 des entiers tels que u 0 a + v0 b = u 1 a + v1 b , 0 ≤ v0 < a et 0 ≤ v1 < a .
Alors, (u 0 − u 1 )a = (v1 − v0 )b et donc a divise v0 − v1 (lemme de Gauss avec a , b premiers entre eux).
Comme v0 − v1 ∈ [ −(a − 1), (a − 1)]], v0 − v1 = 0 et par suite u 0 = u 1 . Cela est bien l’unicité demandée.
CORRIGÉS
477
Mathématiques MPSI
Exercice F
1. Soit p un diviseur premier impair de a 2 + 1 : p n’est pas pair ; si p est de la forme 4k + 3 alors
(a )p −1 = (a )4k +2 = (−1)2k +1 [p ] = −1[p ],
ce qui contredit le théorème de Fermat. Par conséquent, tous les diviseurs premiers d’un entier de la
forme a 2 + 1 sont congrus à 1 modulo 4.
2. Raisonnons par l’absurde. Supposons que cet ensemble est fini {p1 , . . . , pN }. D’après le lemme, l’en-
2
N
pk + 1 admet un diviseur premier de la forme 4n + 1 qui n’est pas dans la liste précédente :
Q
tier 4
k =1
contradiction.
Problème 1
1. a. . Soit a ∈ [ 1, n − 1]]. Comme a ∧ n = 1 (car n est premier), il existe des entiers u , v ∈ Z tels que
u a + v b = 1 donc u a = 1[n ] ; quitte à remplacer u par son reste b dans la division par n , on obtient
b a = 1[N ] et b ∈ [ 0, n − 1]]. Enfin, il est clair que b 6= 0 dans cette égalité car 0 6= 1[n ].
. Supposons qu’il existe b , b 0 ∈ [ 1, n −1]] tels que a b = 1[n ], et a b 0 = 1[n ]. Alors, n divise a (b −b 0 ). Comme
a ∧ n = 1, le lemme de Gauss entraîne que n divise b − b 0 . Or, b − b 0 ∈ [ −(n − 1), n − 1]] donc b − b 0 = 0 (le
seul multiple de n dans cet intervalle) : d’où l’unicité attendue.
b. . Commençons par chercher les entiers a tels que a 2 = 1[n ] (c’est-à-dire, avec les notations de la
question précédente, ceux pour lesquels a = b ). La condition équivaut à n divise (a +1)(a −1), soit, comme
n est premier, n divise a + 1 ou a − 1 c’est-à-dire a = n − 1 ou a = 1.
. Calculons (n − 1)! en regroupant chaque terme a avec son b qui lui est associé par la question précé-
dente, il ne reste d’après le premier point que deux éléments « isolés » 1 et n −1 donc (n −1)! = 1×(n −1)[n ]
soit enfin (n − 1)! = −1[n].
2. a. D’après le théorème de Bézout, n est premier avec (n −m )! donc avec tous les entiers k ∈ [ 1, n −m]].
b. Si k ∈ [ n − m + 1, n − 1]], alors n − k ∈ [ 1, m − 1]]. Or d’après la propriété de Bézout n ∧ (m − 1)! = 1 donc
m ∧ (n − k ) = 1.
Comme n ∧ (n − k ) = n ∧ k , n est premier avec k .
c. n est premier avec tous les entiers de [ 1, n − 1]] donc est premier.
Problème 2
Partie A – Préliminaires
1. Considérons un nombre premier p strictement supérieur à max(a , b ) (ce qui est possible car l’en-
semble des nombres premiers est infini). Alors a p = a et bp = b , donc l’hypothèse entraîne a ≤ b .
2. . Comme a ≤ b et b 6= a (hypothèse du raisonnement par l’absurde) : b − a ∈ N \ {0}.
. Soit p un nombre premier. En additionnant les congruences, b − a = bp − a p [p ] ; or, bp − a p ∈ [ 0, bp ]] ⊂
[ 0, p − 1]] donc (b − a )p = bp − a p ≤ bp .
En conclusion, les entiers b − a et b vérifient les hypothèses de l’énoncé.
3. Si a > b /2, alors b − a ≤ b /2 et on s’est ramené à un couple (b − a , b ) vérifiant les mêmes hypo-
thèses avec la condition additionnelle que la première coordonnée est inférieure ou égale à la moitié de
la seconde.
478
Corrigés
Par conséquent,
∞
X
vp (π2 /π1 ) = vp (π2 ) − vp (π1 ) = (r2 (p k ) − r1 (p k )).
k =1
479
Mathématiques MPSI
b. En majorant chaque terme de la somme précédente par 1, on obtient vp (π2 /π1 ) ≤ κ(p ) − 1.
6. D’après la question 4, les seuls facteurs premiers de π1 et π2 sont inférieurs ou égaux
Q àκa−1
. De plus, la
π
valuation p -adique du quotient est majorée par κ(p ) − 1. Par conséquent, π21 divise p p de qui en
p ≤a
p ∈P
Dans le terme de gauche, il y a par définition de κ(p ) un facteur divisible par κ(p ). Quitte à simplifier ces
(au plus) π(a ) termes, on obtient la minoration
π2
≥ (b − a + 1)a −π(a ) .
p κ(p )
Q
p ≤a
p ∈P
Or, comme b ≥ 2a ,
π2 π1
≥ (a + 1)a −π(a ) > a a −π(a ) ≥ Q
p κ(p )
Q
p
p ≤a p ≤a
p ∈P p ∈P
ce qui contredit la divisibilité précédente et termine le raisonnement par l’absurde. Le théorème de Erdös
et Pálfy est établi.
Problème 3
1. a. C’est le petit théorème de Fermat.
b. L’équation x 2 = 1 mod q est équivalente à (x − 1)(x + 1) = 0[q ]. Comme q est premier, les seules
solutions sont x = 1 ou x = q − 1.
q −1 q −1 q −1
c. Si q ne divise pas X Y Z , il est premier avec X Y et Z ; chacun des termes de la somme X 2 +Y 2 +Z 2
vaut ±1 donc la somme ne peut être égale à 0 modulo q (car q ≥ 5).
2. a. Si x ∧ y ∧z 6= 1, on peut diviser par cette valeur et on retrouve des nouveaux entiers x 0 , y 0 , z 0 solution
de l’équation de Fermat et avec p ne divisant pas x 0 y 0 z 0 .
b. Si c 6= p est un diviseur premier de y + z , alors z = −y mod c et par conséquent,
p −1
X
(−y )k z p −1−k = p z p −1 [c ] 6= 0[c ]
k =0
En utilisant la décomposition en facteurs premiers, on trouve que chacun des termes est une puissance
p ième.
d. On utilise l’équation de Fermat et la question 1(c).
480
Corrigés
Problème 4
Partie A – Premières propriétés
1. a. L’équation caractéristique des suites récurrentes linéaires d’ordre 2 (Fn )n et (L n )n est x 2 − x − 1 = 0.
n
Ces suites sont donc de la forme (AΦn + B Φ )n . En calculant les premiers termes, on trouve A = B = 1
1
pour (L n )n et A = −B = p5 pour (Fn )n .
b. Pour tous k , r ∈ N,
2k r
5Fr Fk L k = (Φ2k − Φ )(Φr − Φ )
2k +r r 2k
2L 2k +r − L r L 2k = 2(Φ2k +r + Φ ) − (Φr + Φ )(Φ2k + Φ )
2k +r 2k r
= Φ2k +r + Φ − Φr Φ − Φ Φ2k
2L n = 2L 4.3α q +r = 2L 2.2.3α q +r
α
q +1
= 2(−1)2.3 L r [L 2.3α q ]
= −2L r [L 2.3α q ]
Par ailleurs, nous avons montré que L 2q divise 2α L 2.3α q et donc L 2.3α q car L 2q est impair (puisque q 6= 0[3]).
À ce stade nous avons montré 2L n = −2L r [L 2q ] et donc L n = −L r [L 2q ] (toujours car L 2q est impair). Enfin,
notons que r ∈ {1, 3} (c’est le reste de la division par 4 de l’entier impair n ) et que L 1 = 1 et L 3 = 4. D’où
le résultat annoncé.
481
Mathématiques MPSI
482
Chapitre 12
Polynômes
1. Définitions et premières propriétés — 2. Racines de
polynômes — 3. Arithmétique des polynômes
483
COURS
Les polynômes sont des objets algébriques relativement simples en apparence mais à l’étonnante com-
plexité : pour les maîtriser complètement, il faut faire appel à des raisonnements arithmétiques (tout
ce qui concerne la divisibilité et l’irréductibilité), linéaires (la structure d’espace vectoriel sous-jacente
qui sera abordée dans un chapitre ultérieur) et analytiques (notamment lorsque l’on considère la fonc-
tion polynomiale associée à un polynôme pour gérer les racines ou les « valeurs » d’un polynôme). Il faut
savoir quelles connaissances mobiliser pour résoudre chaque question posée.
1.1. Contructions
Définition 12.1.
. Un polynôme à coefficients dans un corps K ⊂ C est une suite presque nulle d’éléments de K, c’est-
à-dire une suite nulle à partir d’un certain rang. Les termes de cette suite sont appelés coefficients
du polynôme.
. Le polynôme nul est la suite nulle.
. Le dernier coefficient non nul d’un polynôme non nul est appelé coefficient dominant de ce polynôme.
Si ce coefficient est égal à 1, le polynôme est unitaire.
. L’ensemble des polynômes à coefficients dans un corps K est noté K[X ].
Définition 12.2.
On voit ci-dessous pourquoi le produit de deux suites presque nulles est bien encore une suite presque
nulle.
Définition 12.3.
Le degré d’un polynôme non nul P est l’indice, noté deg P , du dernier coefficient non nul. Par conven-
tion, le degré du polynôme nul est −∞.
L’ensemble des polynômes à coefficients dans un corps K de degré au plus n est noté Kn [X ].
484
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Proposition 12.4.
Démonstration
. Pour tout n > max(deg P, degQ ), pn = 0 et qn = 0 donc pn + qn = 0.
deg(P + Q ) ≤ max(deg P, degQ ).
XP
deg n
X
= pk .0 + 0.qn −k = 0,
k =0 k =deg P +1
car pour tout k ≤ deg P , n − k > degQ . Par conséquent, deg(P.Q ) ≤ deg P + degQ .
De plus, si n = deg P + degQ ,
n
X deg
X P −1 n
X
pk qn −k = pk qn −k + pdeg P qdegQ + pk qn −k
k =0 k =0 k =deg P +1
|{z} |{z}
=0 =0
= pdeg P qdegQ 6= 0.
Donc deg(P.Q ) = deg P + degQ .
Remarque
On peut définir parallèlement au degré la valuation d’un polynôme non nul P comme l’indice, noté val P ,
du premier coefficient non nul. Par convention, la valuation du polynôme nul est +∞.
Soit P = (pn )n , Q = (qn )n deux polynômes à coefficients dans un corps K et λ ∈ K \ {0}.
. val(P + Q ) ≥ min(val P, valQ ).
. val(λ.P ) = val P .
. val(P.Q ) = val P + valQ .
Proposition 12.5.
L’ensemble K[X ] muni des lois définies à la section précédente est un anneau.
485
Mathématiques MPSI
En fait, on peut aussi montrer que K se plonge dans K[X ] avec l’injection λ 7→ (λδ0,n )n ; les polynômes
ainsi obtenus sont appelés polynômes constants. On identifie λ ∈ K et le polynôme (λδ0,n )n et on pose
X = (δ1,n )n .
Proposition 12.6.
Démonstration
Démontrons cette propriété par récurrence sur k .
. Par définition, X 0 = 1 et X 1 = X donc la propriété est vraie aux rangs 0 et 1.
. Soit k ∈ N ; supposons la propriété vraie au rang k et calculons le n ième coefficient de X k +1 = X k .X
n
X
δ1, j δk ,n− j = δk ,n −1 = δk +1,n .
j =0
Remarque
Désormais, on adopte alors la notation usuelle pour le polynôme P = (pn )n ∈N de degré p , à savoir P (X ) =
p +∞
pn X n ou P (X ) = pn X n avec la convention pn = 0 pour n > p .
P P
n=0 n=0
1.3. Divisibilité
Définition 12.7.
Remarque
Comme dans l’anneau Z, la relation de congruence modulo un polynôme non nul est compatible avec
l’addition et le produit.
Exemple
Soit n ∈ N. Le polynôme X − 1 est un diviseur de X n − 1 puisque la formule de Bernoulli dans
l’anneau K[X ] donne
n−1
X
X n − 1 = (X − 1) X k.
k =0
486
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Exemple
Soit n ∈ N. Le polynôme X + 1 est un diviseur de X 2n +1 + 1 puisque la formule de Bernoulli avec
X et −1 dans l’anneau K[X ] donne
2n
X
X 2n+1 + 1 = (X + 1) (−1)k X k .
k =0
Exemple
Soit P ∈ K[X ]. Le polynôme P P (X ) − X divise P (P (X )) − X .
n
. En effet, en notant P (X ) = k =0 a k X k ,
n
X
P (P (X )) − P (X ) = a k (P (X )k − X k )
k =0
n
X k −1
X
= (P (X ) − X ) ak P (X ) j X k −1− j .
k =1 j =0
Proposition 12.8.
Les polynômes inversibles de K[X ] sont les polynômes constants non nuls.
Démonstration
Soit P un polynôme inversible et Q son inverse. En passant au degré, la relation P Q = 1 entraîne que
deg P + degQ = deg 1 = 0 donc deg P = degQ = 0.
La réciproque est évidente.
1.4. Dérivation
Définition 12.9.
p p −1
pP
La dérivée (formelle) de P = pk X k est le polynôme P 0 = pk k X k −1 = pk +1 (k + 1)X k .
P P
k =0 k =1 k =0
Par construction, le degré de la dérivée d’un polynôme non constant P est deg P − 1.
Regardons quelques règles de manipulation.
487
Mathématiques MPSI
Proposition 12.10.
Une démonstration est nécessaire ici car il ne s’agit pas de la dérivation des fonctions déjà étudiée (d’ailleurs,
la définition de la dérivation formelle ne dépend pas du corps auquel appartiennent les coefficients).
Montrons le résultat pour le produit.
Démonstration
Par linéarité, il suffit de vérifier le résultat pour P = X k et Q = X j . Alors,
(P Q )0 = (k + j )X k + j −1 ,
P 0Q + P Q 0 = k X k −1 X j + X k j X j −1 = (k + j )X k + j −1 .
La règle sur le produit permet avec une récurrence d’obtenir la formule de Leibniz pour la dérivée n ième
formelle.
2. Racines de polynômes
Définition 12.12.
n
P
La fonction polynomiale associée au polynôme a k X k est la fonction
k =0
K → K
n
P
x 7→ ak x k
k =0
Exemple
La fonction réelle associée au polynôme X 2 + X est la fonction x 7→ x 2 + x . On a utilisé des lettres
différentes X et x pour distinguer l’objet algébrique (le polynôme) de l’objet analytique (la fonc-
tion).
On remarque que dans le cas réel la dérivation des polynômes correspond à la dérivation des
fonctions : la fonction polynomiale associée à la dérivée d’un polynôme P est la dérivée de la
fonction polynomiale associée à P .
488
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Remarque
Calculer la valeur de la fonction polynomiale P en x0 ∈ K peut se faire de plusieurs manières :
• de manière naïve, on calcule les puissances de x0 puis on réalise la combinaison linéaire de ces
puissances ;
• de manière plus subtile, on utilise l’écriture
P (x0 ) = a 0 + x0 (a 1 + x0 (a 2 + . . . + x0 (a n−1 + x0 a n ) . . .))
et on calcule depuis le terme le plus intérieur aux parenthèses.
Cette méthode efficace (en nombre de produits effectués) s’appelle algorithme de Horner.
2.1. Racines
Définition 12.13.
Cette définition nous ramène dans les complexes (en fait dans les éléments de K) et permet d’obtenir
quelques propriétés élémentaires.
Proposition 12.14.
Démonstration
n
Notons P (X ) =
P k
k =0 a k X . Alors, z est racine de P si, et seulement si,
Xn
ak z k = 0
k =0
soit en conjugant et en utilisant que tous les coefficients sont réels,
Xn
ak z k = 0
k =0
ce qui est bien la définition de z est racine de P .
On obtient alors la caractérisation arithmétique (c’est-à-dire via la divisibilité et sans recours à la fonction
polynomiale associée) des racines.
Proposition 12.15.
Démonstration P
n Pn
En effet, si P (X ) = k =0 a k X k et si on note P (a ) = k =0 a k a k ∈ K la valeur de la fonction polynomiale
associée, alors, la formule de Bernoulli donne
n
X
P (X ) − P (a ) = a k (X k − a k )
k =1
n
X k −1
X
= (X − a ) ak a k −1− j X j .
k =1 j =0
489
Mathématiques MPSI
Ainsi, X − a divise P si, et seulement si, X − a divise la constante P (a ) (puisque P = P (a )[X − a ]) et donc
si, et seulement si, la valeur P (a ) est nulle.
Proposition 12.16.
Démonstration
Soit a 1 , . . . , a mQles racines deux à deux distinctes d’un polynôme P . Une récurrence élémentaire permet
m Qm
d’établir que k =1 (X −a k ) divise P ; par conséquent, deg P est supérieur ou égal à deg k =1 (X −a k ) = m.
Remarque
Cette proposition est essentielle : régulièrement on exhibe n + 1 racines pour un polynôme de degré au
plus n pour montrer que ce polynôme est nul.
En particulier, lorsque les coefficients appartiennent au corps C, cela permet de démontrer qu’il existe
un unique polynôme associé à une fonction polynomiale donnée.
Soit a 0 , . . . , a n des complexes deux à deux distincts et b0 , . . . , bn des complexes. Il existe un unique
polynôme P ∈ Cn [X ] tel que P (a k ) = bk pour tout k ∈ [[0, n ]].
Démonstration
L’unicité procède de la section précédente : s’il existe deux polynômes P et Q de degré au plus n vérifiant
ces conditions, alors P −Q admet n + 1 racines (à savoir a 0 , . . . , a n ) et est de degré au plus n donc est nul.
. Pour l’existence, commençons par un cas simple où tous les b j sont nuls sauf l’un d’entre eux qui vaut 1.
Le k ième polynôme de Lagrange associé aux points a 0 , . . . , a n est le polynôme
n
Y X −aj
L k (X ) = .
j =0
ak − a j
j 6=k
490
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Exemple
Soit a , b et c trois complexes distincts, α, β et γ ∈ C. Le seul polynôme P de degré au plus 2 tel
que P (a ) = α, P (b ) = β et P (c ) = γ est donné par
(X − b )(X − c ) (X − a )(X − c ) (X − a )(X − b )
α +β +γ .
(a − b )(a − c ) (b − a )(b − c ) (c − a )(c − b )
Les autres polynômes vérifiant ces conditions diffèrent d’un multiple de (X − a )(X − b )(X − c ).
Exemple
Soit P ∈ C[X ] tel que P (Q) ⊂ Q. Montrons que P est à coefficients rationnels. En effet, en notant
n le degré de P et L 0 , . . . , L n les polynômes de Lagrange aux points 0, 1, . . . , n, on obtient que
L k ∈ Q[X ] (d’après l’expression explicite de K k ) donc
n
X
P= P (k )L k ∈ Q[X ].
k =0
Définition 12.18.
Afin de caractériser les racines multiples, précisons la formule de Taylor pour les polynômes.
Démonstration
Soit P ∈ Kn [X ].
Pn
. Écrivons P (X ) = k =0 a k X k . En dérivant à k reprises et en spécifiant en 0, on obtient P (k ) (0) = a k k !
donc la formule est établie pour a = 0.
. Pour obtenir la formule avec a ∈ K, il suffit d’appliquer le résultat précédent à Q (X ) = P (X +a ). Comme
n
X Q (k ) (0)
Q (X ) = X k,
k =0
k!
(k ) (k )
et Q (0) = P (a ) pour tout k , on obtient
n
X P (k ) (a )
P (X ) = (X − a )k .
k =0
k!
491
Mathématiques MPSI
Proposition 12.20.
Soit P ∈ K[X ] un polynôme. Une racine a de P est de multiplicité r si, et seulement si, P (k ) (a ) = 0
pour tout k ≤ r − 1 et P (r ) (a ) 6= 0.
Démonstration
. D’après la formule de Taylor, a est de multiplicité au moins r dans P si, et seulement si, (X − a )r divise
−1 (k )
rP
P (a )
k ! (X − a ) . Pour des considérations de degré, cela équivaut à la nullité de ce dernier polynôme
k
k =0
donc à P (k ) (a ) = 0 pour tout k ≤ r − 1.
. Le complexe a est de multiplicité exactement r dans P s’il est de multiplicité au moins r et pas de
multiplicité au moins r + 1. D’après le point précédent, cela équivaut à P (k ) (a ) = 0 pour tout k ≤ r − 1 et
P (r ) (a ) 6= 0.
Par convention, une racine de multiplicité 0 est donc un complexe qui n’est pas racine.
Corollaire 12.21.
Soit P ∈ R[X ] et a ∈ C. Alors, a est racine de P de multiplicité r si, et seulement si, a est racine de
P de multiplicité r .
En d’autres termes, les racines conjuguées d’un polynôme réel ont la même multiplicité.
Démonstration
Il suffit de remarquer que, pour tout k ∈ N, P (k ) (a ) = P (k ) (a ) (car les coefficients de P (k ) sont réels). Ainsi,
pour tout k ∈ N, P (k ) (a ) est nul si, et seulement si, P (k ) (a ) l’est. On conclut avec la caractérisation précé-
dente de la multiplicité.
Une conséquence de la définition de multiplicité est le raffinement de la proposition 12.16.
Proposition 12.22.
Remarque
Un polynôme de degré n ≥ 1 est scindé si, et seulement s’il admet n racines comptées avec leur multipli-
cité.
492
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Théorème 12.24. D’Alembert-Gauss
Tout polynôme de C[X ] non constant admet une racine. De manière équivalente, tout polynôme com-
plexe est scindé.
Remarque
Les racines complexes d’un polynôme réel sont deux à deux conjuguées puisque, si P ∈ R[X ], alors, pour
tout z ∈ C, P (z ) = P (z ) ; ainsi P (z ) = 0 si, et seulement si, P (z ) = 0. De plus, des racines conjuguées d’un
polynôme réel ont la même multiplicité.
Corollaire 12.25.
Démonstration
Soit z ∈ C. Le polynôme non constant P − z admet une racine a ∈ C d’après le théorème de d’Alembert-
Gauss. Ainsi, P (a ) = z et z admet un antécédent par P .
Exemple
Les racines du polynôme X 2 − 2 cos(θ )X + 1 sont de somme 2 cos(θ ) et de produit 1. Rappelons
que ces racines sont e i θ et e −i θ .
493
Mathématiques MPSI
Exemple
p p
Le polynôme 2X 2 − (2 +p 2)X + 2 admet 1 comme racine évidente. Le produit des racines est
p2 donc l’autre racine est 2.
2
Remarque
En fait, toute expression polynomiale symétrique de n scalaires peut s’exprimer polynomialement à
l’aide des fonctions symétriques élémentaires. Par exemple, avec trois scalaires x , y , z et σ1 , σ2 , σ3 les
fonctions symétriques associées,
x 2 + y 2 + z 2 = σ12 − 2σ2 ,
x 3 + y 3 + z 3 = σ13 + 3σ3 − 3σ1 σ2 .
En effet,
σ13 = (x + y + z )3 = x 3 + y 3 + z 3 + 3x 2 (y + z ) + 3y 2 (x + z ) + 3z 2 (x + y ) + 6x y z
= −2(x 3 + y 3 + z 3 ) + 3x 2 (x + y + z ) + 3y 2 (x + y + z ) + 3z 2 (x + y + z ) + 6x y z
= −2(x 3 + y 3 + z 3 ) + 3(x 2 + y 2 + z 2 )σ1 + 6σ3
= −2(x 3 + y 3 + z 3 ) + 3(σ12 − 2σ2 )σ1 + 6σ3 .
Soit A et B deux polynômes tels que B 6= 0. Il existe un unique couple de polynômes (Q , R ) tel que
A = Q B + R et deg R < deg B .
Démonstration
Séparons l’unicité et l’existence.
. Soit deux couples (Q , R ) et (Q 0 , R 0 ) qui vérifient les conditions de l’énoncé. On a alors : B (Q −Q 0 ) = R 0 −R
donc
deg B > deg(R − R 0 ) = deg(B (Q − Q 0 )).
Par conséquent, Q = Q 0 et R = R 0 .
. Montrons le résultat d’existence par récurrence sur le degré de A.
• Si deg A < deg B , alors A = 0.B + A.
• Soit n ∈ N. Supposons que le résultat est établi pour tout polynôme de degré au plus n et considé-
rons A de degré n +1. Notons αX n +1 et β X p les termes dominants de A et B . Si n +1 < p , on conclut
comme dans la première étape ; sinon, on applique l’hypothèse de récurrence à A − βα X n+1−p B et
il existe (Q 0 , R 0 ) tels que :
α
A − X n +1−p B = Q 0 B + R 0 ,
β
et deg R 0 < p . On conclut à l’existence souhaitée avec Q = Q 0 + βα X n+1−p et R = R 0 .
494
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Exemple
On obtient avec l’argument d’hérédité une méthode pour effectuer la division euclidienne de
deux polynômes. Écrivons cette division sur l’exemple de la division de X 4 + 7X 3 + 1 par X 2 + 1 :
X4 +7X 3 +1 X 2 +1
7X 3 −X 2 +1 X 2 + 7X − 1
−X 2 −7X +1
−7X +2
On remarque la disposition « en potence » comme pour les calculs sur les entiers.
Exemple
Dans de nombreux exercices (notamment en algèbre linéaire), il n’est pas nécessaire d’effectuer
la division euclidienne complète. Lorsqu’il suffit de connaître le reste, on peut l’obtenir en utili-
sant les racines de B et de ses dérivées en cas de racines multiples. Détaillons quelques exemples.
• Calculons le reste R de la division de P par (X − a )(X − b ) avec a 6= b . En évaluant en a et
b , on obtient R (a ) = P (a ) et R (b ) = P (b ) ; or R est de degré au plus 1 donc
X −b X −a
R (X ) = P (a ) + P (b ) .
a −b b −a
Par exemple, pour calculer le reste de la division de X n par X 2 −2 cos(θ )X +1 avec θ 6= 0[π],
on utilise les deux racines e i θ et e −i θ et on obtient
sin(n θ ) sin((n − 1)θ )
X− .
sin(θ ) sin(θ )
Ce type de calculs se généralise facilement avec le procédé d’interpolation de Lagrange.
• Calculons le reste R de la division de P par (X − a )2 . En évaluant P et la dérivée P 0 en a , on
obtient P (a ) = R (a ) et P 0 (a ) = R 0 (a ) ; or R est de degré au plus 1 donc
R (X ) = P 0 (a )(X − a ) + P (a ).
La démonstration repose sur l’algorithme d’Euclide identique à celui pour les entiers.
495
Mathématiques MPSI
Exemple
Pour calculer le PGCD de A = X 4 + 7X 3 + 1 et B = X 2 + 1, on obtient successivement les restes
suivants
• R1 = X 4 + 7X 3 + 1 • R3 = −7X + 2 • R5 = 0
• R2 = X 2 + 1 • R4 = 53
49
Donc, A ∧ B = 1.
Exemple
Pour tous m , n ∈ N, (X m − 1) ∧ (X n − 1) = X m ∧n − 1.
En effet, si a = b q +r , alors (X a −1) = X r (X b q −1)+(X r −1) = Q (X )(X b −1)+(X r −1) avec Q ∈ R[X ]
donc
(X a − 1) ∧ (X b − 1) = (X b − 1) ∧ (X r − 1).
Donc si (rn )n est la suite des restes dans l’algorithme d’Euclide pour les entiers a et b , la suite des
(polynômes) restes (X rn − 1) ∧ (X rn +1 − 1) est constante ; en calculant ce résultat en n = 0 et pour
la dernière valeur de la suite, on obtient
(X a − 1) ∧ (X b − 1) = (X a ∧b − 1) ∧ 1
= X a ∧b − 1.
Deux polynômes sont premiers entre eux si leur PGCD est égal à 1.
Remarque
On fera attention en couplant PGCD et racines.
. Si deux polynômes ont une racine commune a , alors ils ne sont pas premiers entre eux car le PGCD est
divisible par X − a . En particulier, ceci permet simplement de savoir si un polynôme admet une racine
multiple : les racines multiples de P sont exactement les racines du PGCD de P et de P 0 (qui se calcule
facilement avec l’algorithme d’Euclide).
. Toutefois, la réciproque est fausse : les polynômes réels X 2 + 1 et (X 2 + 1)2 ne sont pas premiers entre
eux pourtant ils n’ont pas de racine réelle commune.
Proposition 12.32.
Soit A et B deux polynômes. A et B sont premiers entre eux si, et seulement s’il existe des polynômes
U et V tels que U A + V B = 1.
496
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Démonstration
Le sens direct correspond à la définition de PGCD. Pour le sens retour, l’égalité implique que A ∧ B est un
diviseur unitaire de 1 donc est égal à 1.
Comme pour les entiers, on en déduit un certain nombre de corollaires.
Corollaire 12.33.
Soit AQ
, B1 , . . . , Bn des polynômes tels que, pour tout k ≤ n , Bk est premier avec A . Alors, les polynômes
n
A et k =1 Bk sont premiers entre eux.
Démonstration
Montrons le résultat avec deux polynômes B1 et B2 premiers avec A. D’après le théorème de Bézout, il
existe U1 ,U2 , V1 , V2 ∈ K[X ] tels que
U1 A + V1 B1 = 1, U2 A + V2 B2 = 1.
Donc
(U1 + V1 B1U2 )A + V1 V2 B1 B2 = U1 A + V1 B1 (U2 A + V2 B2 ) = 1.
D’après le théorème de Bézout, A et B1 B2 sont premiers entre eux.
Corollaire 12.34.
Soit A et B des polynômes premiers entre eux. Alors, les polynômes obtenus comme puissances de
A et de B sont premiers entre eux.
Exemple
Si α 6= β , alors (X − α)n et (X − β )p sont premiers entre eux pour tout n, p ∈ N d’après le corollaire
précédent et le théorème de Bézout appliqué à la relation
1 1
(X − α) − (X − β ) = 1.
β −α β −α
Corollaire 12.35.
Soit A , B et C des polynômes tels que A et B sont premiers entre eux, A divise C et B divise C .
Alors, AB divise C .
Démonstration
D’après le théorème de Bézout, il existe U et V tels que U A + V B = 1 donc U C A + V B C = C . Par hypo-
thèse, A divise C donc AB divise C B ; de même, AB divise C A. Par conséquent, AB divise C .
Une autre conséquence est le lemme de Gauss.
Corollaire 12.36. Lemme de Gauss
Soit A , B et C des polynômes tels que A et B sont premiers entre eux et A divise B C . Alors, A
divise C .
Démonstration
D’après le théorème de Bézout, il existe U et V tels que U A + V B = 1 donc U C A + V B C = C . Par hypo-
thèse, A divise le premier membre donc divise C .
Utilisons enfin le théorème de Bézout pour la résolution d’équations « diophantiennes » linéaires sur les
polynômes.
497
Mathématiques MPSI
Proposition 12.37.
Démonstration
D’après le théorème de Bézout, il existe U et V tels que U A + V B = 1. Le polynôme P0 = QU A + RV B est
solution du système car
QU A + RV B = RV B [A] = R (1 − U A)[A] = R [A]
QU A + RV B = QU A[B ] = Q (1 − V B )[B ] = Q [B ].
Alors, P est solution de P0 si, et seulement si, A et B divisent P − P0 , c’est-à-dire si P − P0 est un multiple
de AB .
Exemple
Cherchons les polynômes P tels que le reste de P dans la division par X 3 + 1 est X 2 + 1 et le reste
de P dans la division par X 2 + 1 est X + 1.
Le PGCD de X 3 + 1 et X 2 + 1 est 1 donc l’algorithme d’Euclide donne la relation de Bézout
1 1
(X + 1)(X 3 + 1) + (−X 2 − X + 1)(X 2 + 1) = 1.
2 2
Ainsi les solutions sont de la forme
1 1
(X + 1) (X + 1)(X 3 + 1) + (X 2 + 1) (−X 2 − X + 1)(X 2 + 1) + C (X )(X 2 + 1)(X 3 + 1)
2 2
avec C ∈ K[X ].
Définition 12.38.
Proposition 12.39.
Démonstration
. Si un polynôme P de degré 1 s’écrit AB , alors deg A + deg B = 1 donc deg A = 0 ou deg B = 0.
. Si un polynôme P de degré 2 s’écrit AB , alors deg A + deg B = 2 donc deg A = 0 ou deg B = 0 ou
498
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
deg A = deg B = 1. Or, ce dernier cas entraîne que A admet une racine dans R ce qui est impossible si
le discriminant est strictement négatif.
Exemple
Il faut faire attention au corps dans lequel sont les coefficients car l’irréductibilité dépend de
celui-ci. Par exemple, p
. le polynôme X 3 −2 n’est pas irréductible dans C[X ] ni dans R[X ] (car il admet le diviseur X − 2)
3
mais est irréductible dans Q[X ] : s’il était réductible, il serait produit d’un polynôme de degré 1
et d’un polynôme de degré 2 donc admettrait une racine rationnelle ce que l’on peut contredire
avec les arguments arithmétiques sur les entiers.
. le polynôme X 2 + 1 est irréductible dans R[X ] mais ne l’est pas dans C[X ] puisqu’il s’écrit
X 2 + 1 = (X + i )(X − i ).
Proposition 12.40.
Démonstration
D’après le théorème de D’Alembert-Gauss, les polynômes de C[X ] sont scindés donc seuls les polynômes
de degré 1 peuvent être irréductibles.
Proposition 12.41.
Les polynômes irréductibles de R[X ] sont les polynômes de degré 1 et les polynômes de degré 2 à
discriminants strictement négatifs.
Démonstration
Soit P un polynôme de R[X ] irréductible. S’il admet une racine réelle, il est nécessairement de degré 1.
Sinon, d’après le théorème de D’Alembert-Gauss, P admet une racine a ∈ C \ R ; comme ce polynôme
est réel, a est aussi racine de P . Ainsi, (X − a )(X − a ) divise P : donc P est de degré 2 à discriminant
strictement négatif.
Conseils méthodologiques
La preuve dans le cas réel indique comment retrouver les facteurs irréductibles de degré 2 en
regroupant les racines complexes conjuguées. Ainsi, pour obtenir la décomposition dans R[X ], il
suffit de bien comprendre la décomposition de C[X ].
Exemple
Factorisons X 4 +1 dans R[X ]. Les racines complexes de ce polynôme sont les racines quatrièmes
de −1. Par conséquent,
3
(2k +1)i π
Y
X 4 +1= (X − e 4 )
k =0
iπ iπ 3i π 3i π
= (X − e 4 )(X − e − 4 ) ((X − e 4 )(X − e − 4 )
p p
= (X 2 + 2X + 1)(X 2 − 2X + 1).
499
Mathématiques MPSI
Exemple
Factorisons X 2n − 1 sur R ou sur C en produits de polynômes irréductibles.
2n−1
kπ
Y
X 2n − 1 = (X − e i n )
k =0
n −1
kπ
Y
= (X − 1)(X + 1) X 2 − 2 cos X +1 .
k =1
n
Passons alors au problème de la factorisation d’un polynôme comme produit de polynômes irréduc-
tibles.
Proposition 12.42.
Soit P un polynôme unitaire irréductible. Pour tout polynôme A , le PGCD A ∧ P est égal à 1 ou à P .
Démonstration
Le PGCD A ∧P est un diviseur de P donc associé à 1 ou à P ; comme il est unitaire, il est égal à 1 ou à P .
Soit P un polynôme unitaire irréductible. Si P divise un produit de polynômes, alors P divise l’un des
facteurs de ce produit.
Démonstration
Si P ne divise aucun facteur, alors le PGCD avec chaque facteur est égal à 1 (d’après la proposition précé-
dente) donc le PGCD avec le produit est égal à 1, ce qui contredit l’hypothèse.
Passons au théorème fondamental de l’arithmétique des polynômes.
Proposition 12.44.
Soit A un polynôme non constant. Il existe un entier m ∈ N \ {0}, m polynômes irréductibles unitaires
P1 , . . . , Pm deux à deux distincts, m entiers non nuls α1 , . . . , αm et un scalaire λ tels que
m
α
Y
A=λ Pk k .
k =1
On démontre ce théorème (autant l’existence que l’unicité) par récurrence sur le degré de A.
Proposition 12.45.
Qm αk
Soit A de décomposition en facteurs irréductibles A = λ k =1 Pk . Les diviseurs de A sont de la forme
Qm βk
µ k =1 Pk avec µ ∈ K et pour tout k ≤ m , βk ≤ αk .
500
Chapitre 12 – Polynômes
COURS
Proposition 12.46.
Qm αk Qm βk
. Le PGCD des polynômes de décomposition en facteurs irréductibles λ k =1 Pk et µ k =1 Pk est
Qm min(αk ,βk )
donné par la décomposition k =1 Pk .
Qm max(αk ,βk )
. Le PPCM correspondant est obtenu par la formule k =1 Pk .
501
FICHE
SYNTHÈSE
L’étude des polynômes rassemble des aspects arithmétiques (divisibilité, PGCD, polynômes irréductibles...),
des aspects algébriques et des aspects analytiques (l’étude des fonctions polynomiales et des racines).
Arithmétique
. Soit A et B deux polynômes tels que B 6= 0. Il existe un unique couple de polynômes (Q , R ) tel que
A = Q B + R et deg R < deg B .
. Le PGCD de A et B est l’unique polynôme unitaire A ∧ B tel que
• A ∧ B divise A et B ;
• tout diviseur de A et B divise A ∧ B .
Les résultats arithmétiques (lemme de Gauss, d’Euclide...) de Z se généralisent assez simplement à K[X ].
Les racines sont importantes pour comprendre la notion de polynôme réel ou complexe.
Racines
502
Interpolation de Lagrange
L’équivalent de la notion de nombres premiers dans Z est la notion de polynômes irréductibles dans K[X ].
Polynômes irréductibles
503
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) Pour tous P , Q ∈ R[X ], deg(P.Q ) = deg P + degQ .
b) Les inversibles de l’anneau R[X ] sont exactement les polynômes
constants non nuls.
c) 2X est un diviseur de X dans R[X ].
d) Le reste dans la division entre deux polynômes à coefficients entiers est
à coefficients entiers.
e) Deux polynômes premiers entre eux n’ont pas de racine commune.
f) Deux polynômes complexes premiers entre eux n’ont pas de racine
commune.
g) Deux polynômes sans racine commune sont premiers entre eux.
h) Deux polynômes complexes sans racine commune sont premiers entre
eux.
i) Si un polynôme P divise A et un polynôme Q divise B , alors P ∧ Q
divise A ∧ B .
j) Si P est premier avec Q et P divise Q R , alors P divise R .
k) X + X + 1 est irréductible dans R[X ].
3
l) X + 1 est irréductible dans R[X ].
4
(n )
m) Si z est une racine de multiplicité n de P , alors P (z ) = 0.
n) Le polynôme P /(P ∧ P ) est à racines simples.
0
o) La somme des racines complexes (comptées avec leur multiplicité) de
X 1515 + 18X 1514 + 42X + 7 est 18.
p) Le produit des racines complexes (comptées avec leur multiplicité) de
X 1515 + 18X 1514 + 42X + 7 est 7.
Exercice 1
Déterminer les réels α tels que x ≤ x 2 + α pour tout x ∈ R.
504
Chapitre 12 – Polynômes
Exercice 2
Soit P et Q deux polynômes réels distincts de degré n . Montrer que P 3 − Q 3 est de degré supérieur ou
égal à 2n .
Exercice 3
Trouver le polynôme P ∈ R[X ] de degré minimal tel que
• le reste de la division euclidienne de P par X 2 + X + 1 est X − 1 ;
• le reste de la division euclidienne de P par (X − 1)2 est −X + 2.
Exercice 4
Soit n ∈ N \ {0}. Trouver les complexes a , b ∈ C tels que (X − 1)2 divise a X n+1 + b X n + 1.
Exercice 5
Qn
Soit n ∈ N∗ et (θ1 , . . . , θn ) ∈ Rn . Posons P (X ) = k =1 (cos θk + X sin θk ). Déterminer le reste de la division
euclidienne de P par X 2 + 1.
Exercice 6
Montrer que, pour tout (m, n , p , q ) ∈ N4 , X 3 + X 2 + X + 1 divise X 4m +3 + X 4n+2 + X 4p +1 + X 4q .
EXERCICES
Exercice 7
Soit α ∈ R \ πZ. Factoriser le polynôme (X + 1)n − e 2i α (X − 1)n dans C.
Exercice 8
Soit n ∈ N \ {0}.
1. Montrer qu’il existe un unique couple (P,Q ) de polynômes de degrés strictement inférieurs à n tels
que (1 − X )n P (X ) + X n Q (X ) = 1.
2. Montrer que Q (X ) = P (1 − X ).
3. Montrer qu’il existe λ ∈ R tel que (1 − X )P 0 (X ) − nP (X ) = λX n −1 .
4. En déduire les coefficients de P .
Exercice 9
1. Montrer que, si A et B sont deux polynômes réels qui sont chacun somme de deux carrés de poly-
nômes, alors il en est de même pour AB .
2. Soit A ∈ R[X ]. Déduire de la question précédente qu’il existe deux polynômes à coefficients réels
P et Q tels que A = P 2 + Q 2 si, et seulement si, pour tout x ∈ R, A(x ) ≥ 0.
Exercice 10
Déterminer les polynômes P ∈ R[X ] tels que P (k ) = k 1789 pour tout k ∈ N.
Exercice 11
Soit P ∈ R[X ] tel que, pour tout 1 ≤ k ≤ n , P (k ) = k1 . Montrer que deg P ≥ n − 1.
Exercice 12
Trouver les réels a tels que le polynôme 2X 3 − X 2 − 7X + a admette deux racines de somme 1.
Exercice 13
Soit P (X ) = X 3 + X + 1 de racines complexes z 1 , z 2 et z 3 . Calculer z 14 + z 24 + z 34 .
505
Mathématiques MPSI
Exercice 14
Montrer que l’ensemble des polynômes unitaires, de degré n > 0, à coefficients entiers et à racines com-
plexes dans U est fini.
Exercice 15
Soit P ∈ C[X ] un polynôme non-constant dont toutes les racines appartiennent au demi-plan d’équation
Im(z ) > 0. Soit A (respectivement B ) le polynôme obtenu à partir de P en remplaçant les coefficients par
leurs parties réelles (respectivement imaginaires). Montrer que les polynômes A et B sont scindés sur R.
Exercice 16
Montrer qu’un polynôme P ∈ R[X ] non-constant unitaire est scindé sur R si, et seulement si, pour tout
z ∈ C, |P (z )| ≥ |Im(z )|deg P .
Exercice 17 Pn−1
Soit (a 0 , a 1 , . . . , a n−1 ) ∈ Cn et P (X ) = X n + k =0 a k X
k
. Montrer que les racines complexes de P ont un
Pn −1
module majoré par max 1, k =0 |a k | .
Exercice 18
Soit P ∈ Q[X ] de degré 5 qui admet une racine multiple dans C. Montrer que P admet une racine dans Q.
Exercice A
Soit P ∈ Z[X ] de degré n > 1. Montrer que P (Z) contient au plus n entiers consécutifs.
Exercice B
Soit P , Q ∈ Z[X ] premiers entre eux ; posons, pour tout n ∈ N, u n = P (n) ∧ Q (n ). Montrer que la suite
(u n )n est périodique.
Exercice C
Soit E = {3, 5, 7, 11, 13, 17} et 50 réels (a k )k ∈[[0,49]] tels que
X X
∀p ∈ E , ∀r ∈ [ 1, p − 1]], ak = ak .
k =r [p ] k =0[p ]
49
Montrer que les réels (a k )k ∈[[0,49]] sont tous nuls. On pourra chercher des racines du polynôme
P
ak X k .
k =0
Exercice D
Soit P ∈ R[X ] scindé à racines simples dans R et α ∈ R∗ . Montrer que P 2 + α2 est scindé à racines simples
dans C.
Exercice E
Un polynôme réel est stable si toutes ses racines complexes sont de partie réelle strictement négative.
1. MontrerQ que si un polynôme est unitaire
Q et stable alors ses coefficients sont strictement positifs.
n
2. Soit P = k =1 (X −λk ) ∈ R[X ] et Q = 1≤i < j ≤n (X −λi −λ j ). Montrer que P est stable si, et seulement
si, les coefficients de P et Q sont strictement positifs.
506
Chapitre 12 – Polynômes
Exercice F
Soit z 1 , z 2 deux complexes distincts et P , Q ∈ C[X ] tels que P −1 ({z 1 }) = Q −1 ({z 1 }) et P −1 ({z 2 }) = Q −1 ({z 2 }).
Montrer que P = Q .
Problèmes du chapitre 12
PROBLÈMES
Y
Q1 (X )n + Q2 (X )n = (Q1 (X ) − ηQ2 (X )).
η∈A
Partie A – Préliminaires
1. Montrer que la famille (X n )n∈N∗ satisfait (12.1).
2. a. Montrer qu’il existe une unique famille (Tn )n∈N∗ telle que
∀n ∈ N∗ deg(Tn ) = n
§
∀(n, x ) ∈ N∗ × R Tn (cos(x )) = cos(n x )
b. Montrer que (Tn )n∈N∗ satisfait les conditions (12.1).
3. Montrer que l’ensemble des polynômes de degré 1 est un groupe pour la loi ◦.
Dans la suite, P −1 désigne l’inverse pour la loi ◦ d’un polynôme P de degré 1.
507
Mathématiques MPSI
Partie B – Caractérisation
Soit (Pn )n∈N∗ une famille de polynômes vérifiant les conditions (12.1).
1. Établir l’existence du polynôme A de degré 1 et d’un réel a tels que
A ◦ P2 ◦ A −1 = X 2 + a .
2. Montrer que la famille (Qn = A ◦ Pn ◦ A −1 )n ∈N∗ satisfait les conditions (12.1) et que, pour tout n ∈ N∗ ,
Qn est unitaire.
3. En calculant Q2 ◦ Q3 , montrer que a ∈ {0, −2}.
4. Soit n ∈ N∗ . Montrer, par l’absurde, qu’il n’y a qu’un seul polynôme unitaire de degré n qui com-
mute avec Q2 .
5. a. Supposons a = 0. Calculer Qn pour tout entier n ∈ N∗ .
b. Supposons a = −2. Trouver B un polynôme de degré 1 tel que
B ◦ T2 ◦ B −1 = Q2 .
En déduire la suite (Qn )n∈N∗ .
6. Conclure.
Un polynôme P à coefficients entiers est irréductible sur Z si pour tout couple (A, B ) de polynômes à
coefficients entiers tels que P = AB , soit A soit B est égal à 1 ou −1.
puis que
n −2
X
1> |bk |.
k =0
−1
nP
iii. En déduire que bk X k n’a pas de racine de module supérieur à 1.
k =0
508
Chapitre 12 – Polynômes
c. Conclure que P admet au plus une racine de module supérieur ou égal à 1 et que celle-ci est
simple.
n−1
2. Soit P = X n + a k X k à coefficients entiers tel que a 0 6= 0 et
P
k =0
n−2
X
|a n−1 | > 1 + |a k |.
k =0
PROBLÈMES
l 6=k
509
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Vrai.
b) Vrai.
1
c) Vrai, X = 2 .2X .
1 1
d) Faux, la division de X par 2X + 1 est X = 2 (2X + 1) − 2 .
e) Vrai.
f) Vrai.
g) Faux, avec par exemple X 2 + 1 et (X 2 + 1)2 .
h) Vrai car les polynômes complexes sont scindés d’après le théorème de D’Alembert-Gauss.
i) Vrai.
j) Vrai.
k) Faux, les polynômes irréductibles sont de degré 1 ou 2.
l) Faux, les polynômes irréductibles sont de degré 1 ou 2.
m) Faux, la condition est P (z ) = P 0 (z ) = . . . = P (n −1) (z ) = 0.
n) Vrai.
o) Faux, c’est −18.
p) Faux, c’est −7.
Exercice 1
Il suffit de déterminer les α ∈ R tel que le polynôme X 2 − X + α soit positif, c’est-à-dire admette au plus
une racine (car le coefficient dominant est positif ). Il faut donc etil suffit que le discriminant soit négatif :
1 − 4α ≤ 0. Les réels recherchés forment donc l’intervalle 14 , +∞ .
Exercice 2
Écrivons P 3 − Q 3 = (P − Q )(P − jQ )(P − j 2Q ). En regardant les coefficients de X n dans les trois facteurs,
on trouve que deux au moins sont non nuls. Par conséquent, aucun des termes n’est nul et deux sont de
degré n , le produit est donc de degré au moins 2n.
510
Corrigés
Exercice 3
Résolvons complètement le système
P (X ) = X −1 [X 2 + X + 1]
§
P (X ) = −X + 2 [(X − 1)2 ]
Pour cela, procédons en plusieurs étapes.
. Calculons une relation de Bézout entre les polynômes A(X ) = X 2 + X + 1 et B (X ) = (X − 1)2 . Les étapes
de l’algorithme d’Euclide sont
A(X ) = 1.B (X ) + 3X
1
B (X ) = (X − 2).3X + 1
3
Ainsi, les polynômes A(X ) et B (X ) sont premiers entre eux et on obtient la relation de Bézout en remon-
tant les calculs :
1 1
− (X − 2)A(X ) + (X + 1)B (X ) = 1.
3 3
. Une solution du système initial est donc
1 1
P0 (X ) = − (X − 2)A(X )(−X + 2) + (X + 1)B (X )(X − 1)
3 3
1
= (2X 4 − 5X 3 + X 2 + 2X + 3).
3
En effet, avec la relation de Bézout,
1
P0 (X ) = (X + 1)B (X )(X − 1) [A(X )]
3
1
= (1 + (X − 2)A(X ))(X − 1) [A(X )]
3
= (X − 1) [A(X )].
L’autre égalité se montre de la même manière.
. Résolvons désormais le système. Un polynôme P est une solution du système si, et seulement si,
P (X ) = P0 (X ) [X 2 + X + 1]
§
P (X ) = P0 (X ) [(X − 1)2 ]
c’est-à-dire si P − P0 est divisible par X 2 + X + 1 et par (X − 1)2 donc par (X 2 + X + 1)(X − 1)2 (puisque ces
polynômes sont premiers entre eux). Ainsi, l’ensemble des solutions du système initial est
{P0 (X ) + R (X )(X 2 + X + 1)(X − 1)2 , R ∈ R[X ]}.
. Revenons enfin à la question de l’énoncé. Le polynôme de degré minimal vérifiant le système corres-
pond à R (X ) = − 23 (seule possibilité pour avoir un polynôme de degré strictement inférieur à 4) et on
obtient
CORRIGÉS
1 4 1
P (X ) = −X 3 + X 2 + X + .
3 3 3
Exercice 4
On cherche ici a , b ∈ C tels que 1 soit racine double de P (X ) = a X n+1 + b X n + 1, c’est-à-dire tels que
P (1) = P 0 (1) = 0. On obtient le système
a + b = −1
§
(n + 1)a + n b =0
dont l’unique solution est donnée par a = n et b = −1 − n .
511
Mathématiques MPSI
Exercice 5
PnP = Q .(X + 1) + a X + b avec Q ∈ R[X ], a , b ∈ R. En évaluant en i , on
2
Notons la division euclidienne
obtient b + a i = P (i ) = exp i k =1 θk . Le reste recherché est donc
n n
X X
cos θk X + sin θk .
k =1 k =1
Exercice 6
On remarque tout d’abord que X 4 − 1 = (X − 1)(X 3 + X 2 + X + 1) donc X 4 = 1[X 3 + X 2 + X + 1]. Avec les
règles de manipulations des congruences, on obtient, pour (m , n , p , q ) ∈ N4 ,
X 4m+3 + X 4n +2 + X 4p +1 + X 4q = X 3 + X 2 + X + 1[X 3 + X 2 + X + 1]
= 0[X 3 + X 2 + X + 1]
ce qui signifie que X 3 + X 2 + X + 1 divise tous les polynômes de la forme X 4m+3 + X 4n+2 + X 4p +1 + X 4q .
Exercice 7
Remarquons tout d’abord que 1 n’est pas racine de ce polynôme. Ensuite, z ∈ C \ {1} est racine de (X +
1)n − e 2i α (X − 1)n si, et seulement si,
z +1 n
= e 2i α .
z −1
2i (α+k π)
z +1
Cette condition équivaut à l’existence d’un k ∈ [ 0, n − 1]] tel que z −1 =e n soit tel que
2i (α+k π)
e n +1 −i
z= = .
tan α+k π
2i (α+k π)
e n −1 n
Comme on a calculé toutes les racines la factorisation est immédiate en calculant le coefficient dominant
n
Y i
(X + 1)n − e 2i α (X − 1)n = (1 − e 2i α ) (X + ).
k =0 tan α+k
n
π
Exercice 8
1. . Établissons déjà l’unicité. Soit P1 , P2 , Q1 , Q2 de degrés strictement inférieurs à n tels que (1−X )n P1 (X )+
X n Q1 (X ) = (1 − X )n P2 (X ) + X n Q2 (X ). Alors, (1 − X )n (P1 − P2 ) = X n (Q2 − Q1 ). Or, X n et (1 − X )n sont pre-
miers entre eux donc le lemme de Gauss entraîne que X n divise le polynôme P1 −P2 de degré strictement
inférieur à n : ainsi, P1 = P2 et par suite Q1 = Q2 .
. Élevons à la puissance 2n − 1 l’égalité 1 = (1 − X ) + X
2n−1
X 2n − 1
1= (1 − X )k X 2n−1−k
k =0
k
n −1 2n−1
X 2n − 1 X 2n − 1
= (1 − X )k X 2n−1−k + (1 − X )k X 2n −1−k
k =0
k k =n
k
n −1 2n −1
X 2n − 1 X 2n − 1
=Xn (1 − X )k X n −1−k + (1 − X )n (1 − X )k −n X 2n −1−k ,
k =0
k k =n
k
512
Corrigés
Exercice 9
1. Soit P1 , Q1 , P2 et Q2 ∈ R[X ] tels que A = P12 +Q12 et B = P22 +Q22 . On vérifie immédiatement en s’inspirant
de la formule de multiplicativité du module des nombres complexes que
AB = (P12 + Q12 )(P22 + Q22 ) = (P1 P2 − Q1Q2 )2 + (P1Q2 + P2Q1 )2 .
Ainsi, AB est somme de deux carrés de polynômes.
2. Le sens direct est immédiat car le carré d’un réel est toujours positif. Pour le sens retour, considérons
les facteurs irréductibles de A dans sa décomposition sur R[X ].
Chaque facteur P irréductible de degré 1 apparaît dans A avec un exposant pair 2k (car sinon, A change
de signe en la racine de P ) et P 2k = (P k )2 + 02 est somme de deux carrés.
Chaque facteur irréductible de degré 2 est à discriminant strictement négatif donc son écriture cano-
nique fournit une écriture sous forme de somme de deux carrés.
En utilisant la première question, on en déduit que le polynôme A est somme de deux carrés.
Exercice 10
Pour un tel polynôme P , le polynôme P −X 1789 admet une infinité de racines donc est nul : d’où P = X 1789
est la seule solution.
Exercice 11
Le polynôme X P (X ) − 1 admet n racines donc est de degré au moins n . Par conséquent, deg P ≥ n − 1.
Exercice 12
Soit α, β et γ les trois racines (complexes a priori) du polynôme. D’après les relations entre coefficients
et racines, α + β + γ = 12 , αβ + β γ + γα = − 72 et αβ γ = − a2 . Si on suppose que α + β = 1, la première
relation donne γ = − 12 et donc αβ = a . En reportant dans la deuxième condition, on obtient a − 12 = − 72
soit a = −3.
CORRIGÉS
Réciproquement,
p
pour a = −3, α et β sont les racines de X 2 − X −3 (d’après la somme et le produit) donc
1± 13
égales à 2 .
Exercice 13
Commençons par effectuer la division euclidienne de X 4 par P : X 4 = X P (X ) − X 2 − X . Ainsi, la quantité
s = z 14 + z 24 + z 34 vaut
s = −(z 12 + z 22 + z 32 ) − (z 1 + z 2 + z 3 )
= −(z 1 + z 2 + z 3 )2 + 2(z 1 z 2 + z 1 z 3 + z 2 z 3 ) − (z 1 + z 2 + z 3 ) = 2,
d’après les relations entre coefficients et racines.
513
Mathématiques MPSI
Exercice 14
Pn−1
Soit P (X ) = X n + k =0 a k X k un tel polynôme et z 1 , . . . , z n ses racines. D’après les relations entre coeffi-
cients et racines, pour tout k ∈ [ 0, n − 1]],
X Y
a k = (−1)n−k zl ,
A⊂[[1,n]] l ∈A
|A|=n −k
Ainsi, chacun de coefficients entiers a k prend au plus un nombre fini de valeurs et par conséquent, il y a
un nombre fini de tels polynômes.
Exercice 15
Il suffit de faire le calcul pour A (quitte à multiplier le polynôme P par i ). Soit z une racine de A ; montrons
que z est réel.
|P (z )|2 = |A(z ) + i B (z )|2 = |B (z )|2
= |B (z )|2 = |P (z )|2 .
Qn
Notons P (z ) = a k =1 (z − z k ).
• Si Im(z ) > 0, alors, pour tout k , |z − z k | < |z − z k | (car la droite d’équation Im(z ) = 0 est la médiatrice
de la droite joignant les points d’affixes z et z ) ;
z3
z1
z5
z4
z2
Exercice 16
Le retour est élémentaire : pour toute racine z ∈ C de P , on a |P (z )| = 0 et donc Im(z ) = 0 d’après l’inégalité.
Ainsi, toutes les racines de P sont réelles et P est scindé sur R.
Qn
Pour le sens direct, notons P (X ) = k =1 (X − z i ) avec z 1 , z 2 ,. . . , z n ∈ R. Alors, pour tout z ∈ C,
n
Y n
Y n
Y
|P (z )| = |z − z i | ≥ |Im(z − z i )| = |Im(z )| = |Im(z )|n ,
k =1 k =1 k =1
514
Corrigés
Exercice 17
Pn−1
Soit z ∈ C une racine de P . Si |z | ≤ 1, alors |z | ≤ max 1, k =0 |a k | .
Sinon,
n−1
X n−1
X n−1
X
|z |n = − ak z k ≤ |a k ||z |k ≤ |a k ||z |n−1 car |z | > 1.
k =0 k =0 k =0
Exercice 18
Soit z ∈ C une racine multiple de P . Si z ∈ Q, le résultat est établi ; sinon, on introduit un polynôme
M ∈ Q[X ] admettant z comme racine et de degré minimal parmi les polynômes non nuls à coefficients
rationnels et admettant z comme racine. Comme z ∈ / Q, deg M > 1.
. Montrons que si un polynôme A ∈ Q[X ] admet z comme racine, alors il est un multiple de M . Effectuons
la division euclidienne de A par M : A = Q M +R avec deg R < deg M . Comme R (z ) = A(z )−Q (z )M (z ) = 0,
la minimalité de M entraîne R = 0.
. D’après le point précédent, il existe A ∈ Q[X ] tel que P = AM . Si z est racine multiple de M , alors le
polynôme M M ∧M 0 admet aussi z comme racine et est de degré strictement inférieur à deg M : contradiction.
Ainsi, z est racine simple de M et donc racine de A. D’après le premier point, il existe B ∈ Q[X ] tel que
A = B M et donc P = B M 2 . Or, deg M ≥ 2 et deg P = 5 donc deg B = 1 et B admet une racine rationnelle :
on a ainsi exhibé une racine rationnelle pour P .
Exercice A
Soit x1 , x2 ,. . . , xm ∈ Z tels que, pour tout k ≤ m , P (xk ) = P (x1 )+k −1. Pour tout k ≤ m −1, l’entier xk +1 − xk
divise P (xk +1 ) − P (xk ) = 1 donc est égal à ±1. Comme les xk sont deux à deux distincts (car leurs images
par P sont distinctes), il existe " ∈ {±1} tel que
∀k ≤ m, xk = x1 + "(k − 1).
Le polynôme Q (X ) = P (x1 ) + "(X − x1 ) et P coïncident en m points ; si m > n , alors Q = P : contradiction.
En conclusion, m ≤ n .
Exercice B
. D’après le théorème de Bézout dans Q[X ], il existe A, B ∈ Q[X ] tels que AP + BQ = 1. Quitte à multiplier
CORRIGÉS
par le PPCM des dénominateurs des coefficients de A et de B , on obtient U , V ∈ Z[X ] et d ∈ N \ {0} tels
que U P + V Q = d . Ainsi, pour tout n ∈ N, u n divise d .
. Pour tout n ∈ N, la formule de Taylor donne
XP
deg
P (k ) (n ) k
P (n + d ) = d
k =0
k!
XP
deg
P (k ) (n ) k −1
= P (n ) + d d .
k =1
k!
515
Mathématiques MPSI
Exercice C
P49
Posons P = k =0 a k X
k
. Alors, pour tout p ∈ E et tout z ∈ Up \ {1},
49
X p −1 X
X 49 p −1 X
X 49
P (z ) = ak z k = ak z k = ak z r
k =0 r =0 k =0 r =0 k =0
k =r [p ] k =r [p ]
p −1 X
X 49
= a k z r avec l’hypothèse de l’énoncé,
r =0 k =0
k =0[p ]
49
X p −1
X
= ak z r = 0 car z ∈ Up \ {1}.
k =0 r =0
k =0[p ]
Ainsi, tous les éléments de U3 ∪ U5 ∪ U7 ∪ U11 ∪ U13 ∪ U17 \ {1} sont racines de P . Or, pour p et q premiers
distincts, Up ∩ Uq = {1} donc Up \ {1} et Uq \ {1} sont disjoints. Par suite,
|U3 ∪ U5 ∪ U7 ∪ U11 ∪ U13 ∪ U17 \ {1}| = 2 + 4 + 6 + 10 + 12 + 16 = 50.
Ainsi, P est un polynôme de degré au plus 49 qui admet 50 racines, il est donc nul : tous les coefficients
(a k )k ∈[[0,49]] sont nuls.
Exercice D
Supposons que Q = P 2 + α2 admette une racine multiple z , donc que Q (z ) = Q 0 (z ) = 0 soit encore P (z )2 +
α2 = 0 et 2P (z )P 0 (z ) = 0. Or, les racines de P (par hypothèse) et de P 0 (déduit de l’hypothèse avec le
théorème de Rolle) sont toutes réelles : la condition 2P (z )P 0 (z ) = 0 entraîne que z ∈ R et donc P (z )2 ≥ 0.
Par conséquent, P (z )2 + α2 > 0 (car α ∈ R∗ ) : contradiction.
Ainsi, le polynôme Q n’admet que des racines complexes simples : il est scindé à racines simples dans C.
Exercice E
1. Un polynôme unitaire stable s’écrit comme produit de termes de la forme X − λ où λ est une racine
strictement négative et de la forme (X − α − i β )(X − α + i β ) = X 2 − 2αX + α2 + β 2 où α + i β est une racine
non réelle de partie réelle α strictement négative. Par conséquent, les coefficients de P sont strictement
positifs.
2. Pour le sens direct, il suffit d’appliquer la première question à P et Q (qui est aussi réel car ses racines
non réelles sont deux à deux conjuguées et stable car la partie réelle d’une somme de réels strictement
négatifs est strictement négative).
Pour le sens retour, il est évident que P et Q ne peuvent avoir de racines réelles positives (pour tout x ∈ R+ ,
P (x ) ≥ P (0) > 0). Or, si α + i β est une racine non réelle de P , alors 2α = α + i β + α − i β est une racine
réelle de Q donc strictement négative.
516
Corrigés
Exercice F
Considérons R = P − Q ; notons n = deg P ≥ degQ , p1 = card P −1 ({z 1 }) et p2 = card P −1 ({z 2 }).
• Les p1 éléments de P −1 ({z 1 }) sont les racines de P − z 1 et la somme de leurs multiplicités est n . Elles
sont alors aussi racines de P 0 = (P − z 1 )0 avec pour somme des multiplicités n − p1 .
• De même, les p2 éléments de P −1 ({z 2 }) sont alors aussi racines de P 0 = (P − z 2 )0 avec pour somme des
multiplicités n − p2 .
Au final, nous avons trouvé des racines de P 0 avec pour multiplicité totale 2n −p1 −p2 donc, en comparant
au degré, 2n − p1 − p2 ≤ n − 1 soit p1 + p2 ≥ n + 1. Mais les p1 + p2 éléments de P −1 ({z 1 }) ∪ P −1 ({z 2 }) sont
des racines de R qui est de degré au plus n : ainsi, R = 0 donc P = Q .
Problème 1
1. Si X s’écrit comme la somme de k puissances n ièmes de polynômes X = Q1n (X ) + . . . + Qkn (X ), alors
tout polynôme P ∈ C[X ] s’écrit P (X ) = Q1n (P (X )) + . . . + Qkn (P (X )) donc est aussi somme de k puissances
n ièmes de polynômes. Ainsi, k (n ) est le nombre minimal de polynômes nécessaires pour écrire X comme
somme de puissances n ièmes.
2. Le monôme X n’est pas le carré d’un polynôme puisque son degré est impair donc k (2) ≥ 2. De plus,
1 2 i 2
X= X+ + iX − .
4 4
D’où, k (2) = 2.
3. a. Soit A désigne l’ensemble des racines n ième de −1. Alors
Y
Q1 (X )n + Q2 (X )n = (Q1 (X ) − ηQ2 (X )).
η∈A
j =0
517
Mathématiques MPSI
n!
Remarquons enfin que ∆k X n est un polynôme de degré n − k et de coefficient dominant (n −k )! ; en effet,
n!
∆0 X n = X n et si ∆k X n = (n−k )! X
n −k
+ P (X ) avec P ∈ Cn −1−k [X ], alors
n! n!
∆k +1 X n = (X + 1)n −k + P (X + 1) − X n−k + P (X )
(n − k )! (n − k )!
X−1 n − k
n−k
n!
= X j + P (X + 1) − P (X )
(n − k )! j =0 j
−k −2
nX
n! n −k n! n −k
= X n −k −1 + X j + P (X + 1) − P (X )
(n − k )! n − k − 1 (n − k )! j =0 j
−k −2
nX
n! n! n −k
= X n−k −1 + X j + P (X + 1) − P (X );
(n − k − 1)! (n − k )! j =0 j
Pn −k −2 n −k j
or, le polynôme (n n−k! )! j =0 j X + P (X + 1) − P (X ) est de degré strictement inférieur à n − k − 1 ce
qui établit le résultat annoncé.
En conclusion, ∆n−1 X n est un polynôme de degré 1 qui s’écrit comme somme de n puissances n ièmes de
polynômes donc il existe (a , b ) ∈ R∗ × C tel que ∆n−1 X n = a X + b et Q1 , . . . ,Qn ∈ C[X ] tels que
∆n−1 X n = Q1 (X )n + . . . + Qn (X )n .
Ainsi, X = Q1 ( X a−b )n + . . . + Qn ( X a−b )n et donc, d’après la première question, k (n ) ≤ n .
Problème 2
Partie A – Préliminaires
1. La condition sur le degré est évidente et (X n )m = X m n = (X m )n pour tout m , n ∈ N∗ .
2. a. . Supposons qu’il existe deux polynômes Tn et Tn0 vérifiant ces conditions ; alors, pour tout x ∈ R,
(Tn − Tn0 )(cos(x )) = 0. Le polynôme Tn − Tn0 admet une infinité de racines (tout l’intervalle [−1, 1]) donc est
nul : Tn = Tn0 .
518
Corrigés
Partie B – Caractérisation
1. En notant A(X ) = αX + β et P (X ) = a 2 X 2 + a 1 X + a 0 , on obtient :
a2 2 β .a 2 β 2a2
A ◦ P2 ◦ A −1 = X + a1 − 2 X+ − β a1 + β .
α α α
a
Il suffit alors de poser α = a 2 (qui est non nul car a 2 6= 0) et β = 21 pour avoir le résultat annoncé.
2. La condition sur le degré est vérifiée puisque degQn = deg A deg Pn deg A −1 = deg Pn . De plus, pour
tout n , m ∈ N∗ :
Qm ◦ Qn = A ◦ Pm ◦ A −1 ◦ A ◦ Pn ◦ A −1 = A ◦ Pm ◦ Pn ◦ A −1
= A ◦ Pn ◦ Pm ◦ A −1 = A ◦ Pn ◦ A −1 ◦ A ◦ Pm ◦ A −1
= Qn ◦ Qm .
Ainsi, la famille (Qn = A ◦ Pn ◦ A )n ∈N∗ satisfait les conditions (12.1). En utilisant que Q2 ◦Qn = Qn ◦Q2 , on
−1
519
Mathématiques MPSI
Problème 3
Partie A – Critère de Perron
1. a. Supposons que z soit une racine de P de module 1. Alors
n −2
X
a n−1 z n−1 = −z n − ak z k .
k =0
520
Corrigés
Pn−1
iii. Supposons que k =0 bk X k admette une racine z de module supérieur à 1. Alors,
n −2
X
z n−1 = − bk z k .
k =0
Ceci contredit la question précédente (après simplifications par le réel strictement positif |z n−1 |). Ainsi,
Q n’admet pas de racine de module supérieur à 1.
c. Une fois factorisé par X − z 1 où z 1 est de module strictement supérieur à 1, P n’admet plus de racine
de module supérieure ou égale à 1.
2. a. Les coefficients constants de A et B sont des entiers non nuls donc supérieurs ou égaux à 1. Comme,
d’après les relations entre coefficients et racines, ces termes sont les produits des racines du polynôme
correspondant, cela signifie que A et B admettent au moins une racine de module supérieur ou égal à 1.
Ainsi, P admet deux racines ou une racine double de module supérieur ou égal à 1, ce qui contredit la
question précédente.
b. En conclusion, A ou B est constant et cette constante divise le coefficient dominant de P donc est
égal à 1 ou −1 : P est irréductible sur Z.
Partie B – Critère de Polya
a. i. D’après la formule d’interpolation de Lagrange (P est de degré n et on interpole en n + 1 points),
n n
X Y X − αl
P= P (αk ) .
k =0 l =0
αk − αl
l 6=k
n
Alors le coefficient dominant de P est celui devant X , à savoir
n n
X Y 1
P (αk ) .
k =0 l =0
αk − αl
l 6=k
donc
1 1
max |P (αk )| ≥ n Q
n ≥ n Q
n
k P 1
P 1
|αk −αl | |k −l |
k =0 l =0 k =0 l =0
l 6=k l 6=k
1 n! −n
= n !2 .
CORRIGÉS
≥ n ≥ n
P 1
P n
k !(n −k )! k
k =0 k =0
521
Mathématiques MPSI
iii. D’après la question 1 de cette partie, il existe k ∈ [ 1, n ]] tel que |A(αk )| ≥ (deg A)!2− deg A . Or, A(αk ) est
un diviseur de P (αk ) donc
|A(αk )| ≤ |P (αk )| ≤ M !2−M .
Les deux dernières inégalités sont contradictoires d’après la question b. Par conséquent, l’un des poly-
nômes A ou B est constant et divise le coefficient dominant de P donc est égal à 1 ou −1.
522
Chapitre 13
Fractions rationnelles
1. Définitions — 2. Décomposition en éléments simples (cas
scindé) — 3. Décomposition en éléments simples (cas général)
523
COURS
Comme on est passé des entiers aux rationnels, on peut définir des fractions à partir des polynômes : ce
sont les fractions rationnelles. On peut alors les manipuler à partir des propriétés des polynômes (degré,
racines, irréductibilité...). L’intérêt majeur des fractions rationnelles est qu’il existe une forme « cano-
nique » permettant de nombreux calculs : la décomposition en éléments simples.
1. Définitions
La relation ∼ définie sur l’ensemble K[X ] × K[X ] \ {0} par (P1 ,Q1 ) ∼ (P2 ,Q2 ) si P1Q2 = P2Q1 est une
relation d’équivalence.
La vérification des propriétés de relation d’équivalence (réflexivité, symétrie, transitivité) ne pose aucun
problème.
Définition 13.2.
Une fraction rationnelle sur K est une classe d’équivalence de K[X ] × K[X ] \ {0} pour ∼. Chaque
couple d’une classe d’équivalence est appelé un représentant de la fraction.
Leur ensemble est noté K(X ).
Notation
On adopte la notation QP pour la classe du couple (P,Q ) ∈ K[X ] × K[X ] \ {0}, P et Q sont alors
appelés respectivement numérateur et dénominateur de (de représentant de) la fraction.
On remarque que « simplifier » une fraction correspond à un autre choix de représentant dans la classe
d’équivalence.
On vérifie immédiatement que la définition des lois de composition internes ci-dessous ne dépend pas
des représentants choisis.
Définition 13.3.
P1 P2
Soit deux fractions rationnelles de représentants Q1 et
Q2 . Alors,
P Q +P Q
• la somme est la fraction dont un représentant est 1 Q21Q22 1 ;
PP
• le produit est la fraction dont un représentant est Q11Q22 .
Proposition 13.4.
524
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
COURS
Définition 13.5.
P
Un représentant Q d’une fraction rationnelle est irréductible si P et Q sont premiers entre eux.
Proposition 13.6.
Exemple
X 6 +1
Le représentant X 3 +1 est irréductible ; en effet, (X 6 + 1) ∧ (X 3 + 1) = 1 car
X 6 + 1 = (X 3 − 1)(X 3 + 1) + 2.
Définition 13.7.
Les racines (respectivement les pôles) de multiplicité r d’une fraction rationnelle sont les racines
de multiplicité r du numérateur (respectivement du dénominateur) d’un représentant irréductible de
cette fraction.
Exemple
X 2 −X
La fraction (X 2 −1)2 n’admet qu’une racine 0 et deux pôles 1 et −1 ce dernier étant de multiplicité 2.
En effet,
X2−X (X − 1)X X
= = .
(X 2 − 1)2 (X − 1)2 (X + 1)2 (X − 1)(X + 1)2
1.2. Degré
P1 P
On remarque que si Q1 = Q22 , alors P1Q2 = P2Q1 donc
deg P1 + degQ2 = deg P2 + degQ1
soit encore
deg P1 − degQ1 = deg P2 − degQ2
ce qui permet de justifier de la correction de la définition du degré d’une fraction rationnelle (c’est-à-dire
de l’indépendance du représentant).
Définition 13.8.
Le degré d’une fraction rationnelle est la différence du degré du numérateur et du degré du dénomi-
nateur d’un représentant (quelconque) de cette fraction.
525
Mathématiques MPSI
Remarque
P
En identifiant le polynôme P avec la fraction de représentant 1 , on remarque que le degré d’une fraction
étend le concept de degré des polynômes.
Remarque
Les polynômes non nuls sont des fractions rationnelles de degré positif.
X 2 +1
La réciproque est fausse : la fraction X n’est pas un polynôme mais est pourtant de degré 1 > 0.
Proposition 13.9.
P1 P2
Soit Q1 , Q2 deux fractions rationnelles à coefficients dans K et λ ∈ K \ {0}.
P P P P
. deg( Q11 + Q22 ) ≤ max(deg Q11 , deg Q22 ).
P P
. deg(λ. Q11 ) = deg Q11 .
P1 P2 P P
. deg( Q1 . Q2 ) = deg Q11 + deg Q22 .
Démonstration
. Par définition de l’addition de fractions rationnelles et du degré :
P
1 P2 P1Q2 + P2Q1
deg + = deg
Q1 Q2 Q 1Q 2
= deg(P1Q2 + P2Q1 ) − deg(Q1Q2 )
≤ max(deg(P1Q2 ), deg(P2Q1 )) − deg(Q1Q2 )
≤ max(deg P1 + degQ2 , deg P2 + degQ1 ) − degQ1 − degQ2
P P
≤ max(deg P1 − degQ1 , deg P2 − degQ2 ) = max(deg Q11 , deg Q22 ).
526
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
COURS
Proposition 13.11.
P
La partie entière de la fraction de représentant Q est l’unique polynôme E tel que deg( QP − E ) < 0,
c’est-à-dire s’il existe R ∈ K[X ] vérifiant
P R
=E + , deg R < degQ .
Q Q
Démonstration
. Il est clair que le quotient E de la division de P par Q vérifie cette condition puisque la condition sur le
degré du reste deg(P − E Q ) < degQ se réécrit deg( QP − E ) < 0.
. Supposons qu’il existe deux polynômes E1 et E2 vérifiant ces conditions. Alors,
P P
E1 − E2 = − E2 − − E1 .
Q Q
Or, le premier membre est un polynôme et le second est de degré strictement négatif : les deux membres
sont donc nuls et E1 = E2 .
Exemple
Xn
Calculons la partie entière de X −1 pour n ≥ 2. Comme
n−1
X
X n = (X − 1) X k + 1,
k =0
on obtient
n −1
Xn X 1
= Xk + ,
X − 1 k =0 X −1
−1
nP
donc la partie entière est X k.
k =0
Proposition 13.12.
La partie entière de la combinaison linéaire de fractions rationnelles est la combinaison linéaire des
parties entières de ces fractions rationnelles.
Démonstration
Soit R1 et R2 des fractions de parties entières E1 et E2 respectivement, λ ∈ K. Alors,
deg((R1 + λR2 ) − (E1 + λE2 )) ≤ max(deg(R1 − E1 ), deg(λ(R2 − E2 ))) < 0.
Ainsi, la partie entière de la fraction rationnelle R1 + λR2 est E1 + λE2 .
L’objectif du reste de ce cours est alors d’obtenir une écriture simple et manipulable des fractions ration-
nelles en général et des fractions rationnelles de degré négatif en particulier.
527
Mathématiques MPSI
Proposition 13.13.
Soit P ∈ K[X ], a ∈ K et α ∈ N \ {0}. Il existe un unique E ∈ K[X ] et une unique famille (c j ) j ≤αi de
scalaires tels que :
α
P X cj
=E + .
(X − a )α j =1
(X − a )j
Démonstration
On a déjà établi l’existence et l’unicité de la partie entière ; il reste à discuter le cas où le polynôme P est
de degré strictement inférieur à α.
Pα−1
Décomposons le polynôme au numérateur avec la formule de Taylor en a : P = k =0 a k (X − a )k ; par
conséquent
α−1
P X ak
= .
(X − a )α
k =0
(X − a )α−k
Remarque
Rappelons que l’on peut obtenir cette décomposition en éléments simples par divisions successives du
numérateur (et des quotients qui apparaissent) par X − a .
Proposition 13.14.
528
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
COURS
Démonstration
La démonstration
Qq s’appuie sur le théorème de Bézout pour la famille des polynômes premiers entre eux
αi
composée des j =1 (X − a i ) pour i ∈ [ 1, q ]]. En effet, il existe des polynômes U1 , . . . , Uq tels que
j 6=i
q
X q
Y
1= Ui (X − a i )αi .
i =1 j =1
j 6=i
Proposition 13.15.
n
Soit P = (X − a i )αi un polynôme scindé avec les racines a 1 , . . . , a n deux à deux distincts. Alors,
Q
i =1
n
P 0 X αi
= .
P i =1
X − ai
Démonstration
La formule de dérivation donne directement
n
X Y
P0 = αi (X − a i )αi −1 (X − a j )α j
i =1 j 6=i
Remarque
On peut mémoriser ce résultat en le voyant comme une forme de « dérivée logarithmique » (même si
cela n’a pas de sens réel puisque nous serions bien en peine de définir le logarithme d’un polynôme à
coefficients dans un corps K).
529
Mathématiques MPSI
Exemple
1
Décomposons la fraction (X −2)(X −1) . D’après le résultat général, la décomposition en éléments
simples est de la forme
1 a b
= + .
(X − 2)(X − 1) X − 2 X − 1
En multipliant par X − 2, on obtient
1 X −2
=a +b ,
X −1 X −1
et l’évaluation en 2 nous donne a = 1. De même, b = −1.
Proposition 13.16.
P
Soit a un pôle de multiplicité r de la fraction irréductible Q .
1
. Si Q (X ) = (X − a ) R (X ), alors le coefficient de
r
(X −a )r dans la décomposition en éléments simples
est
P (a )
.
R (a )
1
. Le coefficient de (X −a )r dans la décomposition en éléments simples est
P (a )
r! .
Q (r ) (a )
Remarque
Ces deux résultats sont de même nature ; on utilise le premier lorsque le dénominateur est déjà factorisé,
le second sinon (les dérivées sont plus faciles à calculer que la factorisation).
Démonstration
En effet, si on écrit Q = (X − a )r R , alors, d’après la formule de Leibniz,
r
X r r!
Q (r ) = (X − a )r −k R (r −k ) .
k =0
k (r − k )!
Exemple
Décomposons la fraction X n1−1 . Elle est de degré strictement négatif donc sa partie entière est
nulle. Ses pôles sont les racines n ième de l’unité et sont simples. D’après la formule précédente, le
coefficient associé au pôle ω ∈ Un est n ω1n −1 = n1 ω. Ainsi,
1 1 X ω
= .
X n − 1 n ω∈U X − ω
n
530
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
COURS
Exemple
Factorisons la fraction rationnelle dont la décomposition en éléments simples est
X ω2
.
ω∈Un
X −ω
Pour déterminer l’ensemble des coefficients on peut aussi chercher des relations simples entre les coef-
ficients inconnus avec les méthodes suivantes.
. On utilise les limites.
Exemple
X3
Décomposons la fraction (X −2)2 (X −1)2 . D’après le résultat général, la décomposition en éléments
simples est de la forme
a b c d
+ + + .
(X − 2)2 (X − 2) (X − 1)2 X − 1
La méthode précédente donne a = 8 et c = 1. Si l’on multiplie par X et que l’on fait tendre x vers
+∞ dans la fonction rationnelle correspondante, on obtient une première relation b + d = 1.
Exemple
Avec la fraction précédente, l’évaluation en 0 donne :
a b
0= − +c −d,
4 2
ce qui, compte-tenu des informations dont nous disposons déjà donne b = −4 et d = 5 soit au
final :
X3 8 −4 1 5
= + + + .
(X − 2)2 (X − 1)2 (X − 2)2 (X − 2) (X − 1)2 X − 1
Exemple
X2
Décomposons la fraction (X 2 −1)2 de degré strictement négatif. D’après le résultat général, la
531
Mathématiques MPSI
On peut bien entendu adapter cette méthode à des symétries comme l’invariance lorsque l’on remplace
X par ωX où ω est une racine n ième de l’unité.
Exemple
Pn 1
Calculons k =1 k (k +1) . Pour cela remarquons la décomposition en éléments simples suivante :
1 1 1
= − .
X (X + 1) X X + 1
Ainsi,
n n n
X 1 X1 X 1
= −
k =1
k (k + 1) k =1 k k =1 k + 1
1
=1− .
n +1
Le dernier résultat étant obtenu par télescopage.
Exemple
1
Calculons la dérivée n ième de f : x 7→ x 2 −3x +2 .
Commençons par décomposer la fraction rationnelle correspondante en éléments simples :
1 1 1
= − .
X 2 − 3X + 2 X − 2 X − 1
est x 7→ (x(−1)
n
1 n!
Il suffit désormais d’utiliser que la dérivée n ième de x 7→ x −a −a )n +1 pour obtenir que :
1 1
f (n) (x ) = (−1)n n ! − .
(x − 2)n +1 (x − 1)n +1
532
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
COURS
Proposition 13.17.
Soit P ∈ R[X ], Q1 , . . . ,Qq des polynômes unitaires irréductibles deux à deux distincts et des entiers
α1 , . . . , αq ∈ N \ {0}.
Il existe un unique E ∈ R[X ] et une unique famille (Ri , j )i ≤q , j ≤αi de polynômes tels que
Remarque
c c X +d
Ainsi, dans R(X ), chacun des éléments simples est de la forme (X −a )α ou (X 2 +a X +b )α avec X 2 + a X + b à
discriminant strictement négatif.
Exemple
Donnons la forme de quelques décompositions en éléments simples.
. Comme X 3 − 1 = (X − 1)(X 2 + X + 1),
1 a b c X +d eX + f
= + + + .
(X 3 − 1)2 (X − 1)2 X − 1 (X 2 + X + 1)2 X 2 + X + 1
p p
. Comme X 4 + 1 = (X 2 − 2X + 1)(X 2 + 2X + 1),
1 aX +b c X +d eX + f g X +h
= p + p + p + p .
(X 4 + 1)2 (X 2 − 2X + 1)2 X − 2X + 1 (X + 2X + 1)
2 2 2 X + 2X + 1
2
Exemple
X 2 −2X −1
Décomposons en éléments simples la fraction (X 2 +1)2 . D’après le résultat général, la décompo-
sition en éléments simples est de la forme :
aX +b c X +d
+ .
(X + 1)
2 2 X 2 +1
Commençons par multiplier par (X 2 + 1)2 puis par évaluer en i . On obtient que a i + b = −2 − 2i
d’où a = −2 et b = −2.
En multipliant par X et en étudiant la limite en +∞, on trouve c = 0.
En évaluant en 0, on obtient −1 = b + d d’où d = 1.
En conclusion,
X 2 − 2X − 1 2X + 2 1
=− + .
(X 2 + 1)2 (X 2 + 1)2 X 2 + 1
533
Mathématiques MPSI
Exemple
Nous avons déjà montré que la fraction rationnelle X n1−1 admettait la décomposition en éléments
simples dans C(X ) suivante :
n−1 2i k π
1 1X e n
= .
X n − 1 n k =0 X − e 2ink π
Rassemblons les termes deux à deux conjugués pour en déduire la décomposition en éléments
simples dans R(X ).
. Si n = 2p , alors il y a deux pôles réels simples et p − 1 paires de pôles conjugués.
p −1 2i k π −2i k π
1 1 1 1 −1 1X e n e n
= + + +
X n − 1 n X − 1 n X + 1 n k =1 X − e 2ink π X − e −2ink π
1 X 2 cos( 2knπ )X − 2
p −1
1 1 1 −1
= + + .
n X − 1 n X + 1 n k =1 X 2 − 2 cos( 2knπ )X + 1
1 X 2 cos( 2knπ )X − 2
p
1 1
= + .
n X − 1 n k =1 X 2 − 2 cos( 2knπ )X + 1
Exemple
X
Décomposons en éléments simples dans C(X ) la fraction (X 2 +X +1)2 . D’après le résultat général, la
décomposition en éléments simples est de la forme :
a b c d
+ + + .
(X − j )2 (X − j ) (X − j )2 (X − j )
534
FICHE
SYNTHÈSE
Les fractions rationnelles sont essentiellement les quotients de deux polynômes. La décomposition en
éléments simples permet de manipuler simplement les fractions rationnelles. Voici l’énoncé dans le cas
d’un dénominateur scindé.
Soit P ∈ R[X ], Q1 , . . . ,Qq des polynômes unitaires irréductibles deux à deux distincts et α1 , . . . , αq ∈
N \ {0}.
Il existe un unique E ∈ R[X ] et une unique famille (Ri , j )i ≤q , j ≤αi de polynômes tels que
∀i ∈ [[1, q ]], ∀ j ∈ [[1, αi ]], deg Ri , j < degQi ,
et
q α
P XX i
Ri , j
q = E + j
.
α i =1 j =1 Q i
Q
Qi i
i =1
Parmi les exemples classiques qu’il convient de retenir, celui de la « dérivée logarithmique » est à part.
Qn
Soit P = i =1 (X −a i )αi un polynôme scindé avec les racines a 1 , . . . , a n deux à deux distincts. Alors,
n
P 0 X αi
= .
P i =1
X − ai
535
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
1
a) Si une fraction R est de degré n ∈ Z, alors le degré de R X
est −n.
1
b) Si une fraction R est de degré n ∈ Z, alors le degré de R
est −n.
c) Une fraction de degré positif est un polynôme.
P
d) Un pôle de Q est une racine de P .
e) Les fractions de degré strictement négatif sont les fractions de partie
entière nulle.
P
f) La partie entière de la fraction Q est de degré deg P − degQ .
1
g) X 2 +2X −3 est un élément simple dans R(X ).
1
h) X 4 +1 est un élément simple dans R(X ).
X +1
i) (X 2 −X +1)2 est un élément simple dans R(X ).
X +1
j) (X −2)2 est un élément simple dans R(X ).
X 2 (X 2 +2) 3/4 3/4 1/2
k) X 4 −1 = X −1 − X +1 + X 2 +1 .
l) Si P et Q sont des polynômes tels qu’il existe une décomposition
n
P αk
Q =1+ X −a k , alors deg P = degQ ≤ n.
P
k =1
Exercice 1
Décomposer en éléments simples les fractions rationnelles suivantes dans C(X )
X 4 +1 X 2 +1
1. X 4 −1 2. X 2 (X +1)2
Exercice 2
1
Décomposer X (X −1)...(X −n ) en éléments simples.
536
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
Exercice 3
a X 2 +b X +c
Déterminer les réels a , b et c tels que la fraction (X 2 −1)2 n’admet pas de terme de degré −1 dans sa
décomposition en éléments simples.
Exercice 4
1. Déterminer un développement limité en 0 à l’ordre 7 de x 7→ xx 2 +1
3
+1 .
X 3 +1
2. En déduire la décomposition en éléments simples dans R[X ] la fraction rationnelle X 8 (X 2 +1) .
Exercice 5
2i π Pn−1 P0
Soit ω = e n et P (X ) =
X k . Déterminer la décomposition en éléments simples de la fraction
k =0 P puis
Pn−1 1
en déduire la valeur de la somme k =1 1−ω k .
Exercice 6
1. Montrer que, pour tout n ∈ N, il existe un polynôme Pn ∈ R[X ] tel que
∀θ ∈ R, sin((2n + 1)θ ) = Pn (sin(θ )).
1
2. Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle Pn .
EXERCICES
Exercice 7
Soit P , Q deux polynômes à coefficients réels tels que Q est de degré n > 1, admet n racines réelles
distinctes notées x1 , . . . , xn et que P est de degré strictement inférieur à n .
1. Justifier que Q 0 (xk ) 6= 0 pour tout k ≤ n .
P (xk )
2. Montrer que QP (x ) n
(x ) =k =1 Q 0 (xk )(x −xk ) . Pn
3. a. En déduire que, si aucune des racines xk n’est nulle, alors k =1 xk Q10 (xk ) = − Q1(0) .
Pn 1
b. Calculer k =1 Q 0 (x k)
.
Exercice A
Soit a 1 , a 2 , . . . , a n ∈ C deux à deux distincts, α1 , α2 , . . . , αn ∈ C eux aussi deux à deux distincts, tels que
∀i , j ∈ [ 1, n ]], a i + α j 6= 0.
Considérons x1 , x2 , . . . , xn tels que
n
X xj
∀i ∈ [ 1, n ]], = 1.
j =1
a j + αi
n
xj
Posons R (X ) = 1 −
P
X +a j .
j =1
a. Majorer deg P .
b. Calculer les expressions possibles pour le polynôme P .
2. En déduire une expression de x1 , x2 , . . . , xn .
537
Mathématiques MPSI
avec λ1 , . . . , λn ∈ R+ de somme 1.
1. Soit P ∈ C[X ] non constant. Montrer que les racines de P 0 appartiennent à l’enveloppe convexe
des racines de P .
2. Soit P ∈ C[X ] un polynôme non constant et H est un demi-plan de C tels que 0 ∈ P 0 (H ) (c’est-à-dire
que P 0 admet une racine dans H ).
Montrer que P (H ) = C, c’est-à-dire que la fonction polynomiale associée à P est surjective de H
dans C.
Problèmes du chapitre 13
Problème 1
Dans tout ce problème, on admet, pour tout k ∈ N, l’existence d’un unique polynôme Tk de degré k tel
que
∀θ ∈ R, Tk (cos θ ) = cos(k θ ).
Fixons n ∈ N \ {0}.
538
Chapitre 13 – Fractions rationnelles
Problème 2
Les différentes parties de ce problème sont essentiellement indépendantes. La partie A demande de re-
démontrer des résultats du cours.
PROBLÈMES
Soit n ≥ 1, a 1 , . . . , a n ∈ C deux à deux distincts et b1 , . . . , bn ∈ C. Un polynôme d’interpolation associé à
ces points est un polynôme P ∈ Cn−1 [X ] tel que
∀k ∈ [ 1, n ]], P (a k ) = bk .
1. Montrer l’unicité du polynôme d’interpolation.
2. a. Soit j ∈ [ 1, n ]]. Montrer l’existence du polynôme d’interpolation L j dans le cas particulier
∀i ∈ [ 1, n ]], bi = δi , j .
b. Montrer l’existence du polynôme interpolateur dans le cas général.
539
Mathématiques MPSI
Posons enfin
n
1 Y
Hk ,l (X ) = L k ,l (X )(X − a k )l (X − a j )α j .
l! j =1
j 6=k
(j)
a. Calculer, pour tout i 6= k et j < αi , Hk ,l (a i ).
(j)
b. Calculer, pour tout j < αk , Hk ,l (a k ).
3. Montrer l’existence du polynôme d’interpolation associé à ces paramètres.
4. Déterminer le polynôme d’interpolation pour les paramètres
n = 2, a 1 = 0, α1 = 2, a 2 = 1, α2 = 1, b1,0 = 1, b1,1 = 0, b2,0 = 3.
540
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
1
a) Faux, par exemple X +1 .
b) Vrai
X2
c) Faux, par exemple X +1 .
Exercice 1
1. Cette fraction est de degré 0 et la partie entière est 1. On a donc
X 4 +1 2
=1+ .
X −1
4 X −1
4
2 1 z
Les pôles sont simples et valent 1, i , −1 et −i . L’unique coefficient associé à un pôle z est = =
CORRIGÉS
4z 3 2z 3 2
(car z ∈ U4 ). On en déduit immédiatement la décomposition en éléments simples
1 i −1 −i
X 4 +1
=1+ 2 + 2 + 2 + 2
X 4 −1 X −1 X −i X +1 X +i
2. Cette fraction est de degré strictement négatif donc la partie entière est nulle. Les pôles sont 0 et −1
avec multiplicité 2. La décomposition en éléments simples est donc de la forme
X 2 +1 a b c d
= + + + ,
X 2 (X + 1)2 X 2 X (X + 1)2 X + 1
541
Mathématiques MPSI
Exercice 2
Avec les formules du cours la décomposition en éléments simples est
X a n
1 k
= ,
X (X − 1) . . . (X − n ) k =0 X − k
Exercice 3
Commençons par écrire la forme de la décomposition en éléments simples de cette fraction : comme le
degré est strictement négatif et que le dénominateur est scindé, il existe des réels α , β , γ et δ tels que
aX 2 +bX +c α β γ δ
= + + + .
(X 2 − 1)2 (X − 1)2 X − 1 (X + 1)2 X + 1
Quitte à multiplier par (X − 1)2 puis à évaluer en 1, on obtient α = 14 (a + b + c ). De même, on trouve
γ = 14 (a − b + c ).
Revenons à l’énoncé. La fraction considérée n’admet pas de terme de degré −1 dans sa décomposition
si, et seulement si,
aX 2 +bX +c α γ
= +
(X 2 − 1)2 (X − 1)2 (X + 1)2
c’est-à-dire en mettant au même dénominateur
a X 2 + b X + c = α(X + 1)2 + γ(X − 1)2
1 1
= (a + c )X 2 + b X + (a + c ).
2 2
Cette dernière égalité est vérifiée si, et seulement si, a = c .
Exercice 4
1. Calculons ce développement limité
x3 +1
= (1 + x 3 )(1 − x 2 + x 4 − x 6 + o (x 7 ))
x2 +1 0
= 1 − x 2 + x 3 + x 4 − x 5 − x 6 + x 7 + o (x 7 ).
0
542
Corrigés
Exercice 5
Remarquons que les racines de P sont simples et qu’elles sont les racines n ièmes de l’unité différentes
0 Pn−1 1
de 1, à savoir les ωk pour ∈ [ 1, n ]]. Ainsi, la décomposition en éléments simples est PP = k =1 X −ωk . En
évaluant en 1, on obtient
n−1
P
n −1 k
X 1 k =0 n (n − 1) n − 1
= n −1 = = .
k =1
1 − ω k P 2n 2
1
k =0
Exercice 6
1. L’unicité est élémentaire car si deux polynômes Pn et Qn vérifient cette propriété, alors Pn −Qn admet
tous les réels de la forme sin θ comme racines donc est nul.
Pour l’existence, utilisons la formule de Moivre. Pour tout θ ∈ R,
sin(2n + 1)θ = Im(e (2n +1)i θ ) = Im((cos θ + i sin θ )2n +1 )
2n+1
X 2n + 1
k 2n +1−k
= Im (i sin θ ) (cos θ )
k =0
k
n
X 2n + 1
2l +1 2(n−l )
= Im (i sin θ ) (cos θ )
l =0
2l + 1
n
2n + 1
CORRIGÉS
X
= (−1)l (sin θ )2l +1 (1 − sin2 θ )n−l .
l =0
2l + 1
543
Mathématiques MPSI
1
avec pour tout k ∈ [ 0, 2n]], a k = Pn0 (sin 2nk π+1 )
. Or, en dérivant la relation définissant Pn , on obtient
Exercice 7
1. S’il existe k tel que Q 0 (xk ) = 0, alors xk est une racine double de Q ce qui contredit le fait que Q admette
n racines distinctes (donc simples car degQ = n ).
2. Les pôles sont simples et en calculant les coefficients associés avec la formule du cours, on obtient
directement le résultat.
3. a. Posons P = 1 et évaluons la formule précédente en x = 0,
n
X 1 1
=− .
k =1
xk Q 0 (xk ) Q (0)
b. Posons P = X et évaluons en x = 0,
n
X 1
= 0.
Q 0 (x )
k =1 k
Exercice A
1. a. La fraction R est de degré au plus 0 (comme somme de fractions de degré 0 ou −1) donc deg P ≤ n .
b. Les complexes α1 , α2 , . . . ,αn sont des racines de R donc de P . Ainsi,
n
Y
P (X ) = c (X − α j )
j =1
avec c ∈ C.
2. En décomposant R en éléments simples, on obtient c = 1 (partie entière) et, pour tout k ,
n
(a k + α j )
Q
j =1
xk = (−1)n n .
(a j − a k )
Q
j =1
j 6=k
Exercice B
1. . Le résultat est évident pour les racines de P 0 qui sont aussi racines de P (c’est-à-dire pour les racines
multiples de P ).
. Soit b une racine de P 0 qui n’est pas racine de P .
Décomposons en éléments simples la fraction rationnelle
r
P 0 X αk
= .
P k =1
X − ak
544
Corrigés
Appliquons ensuite cette relation en b et multiplions chaque fraction par la quantité conjuguée du déno-
minateur
r
X αk
(b − a k ) = 0,
k =1
|b − a k |2
Ainsi b est une combinaison linéaire à coefficients positifs et de somme 1 des complexes a k .
2. Raisonnons par l’absurde en utilisant la première question. Soit z ∈ C. Si le polynôme P − z n’admet
aucune racine dans H , alors P 0 n’admet pas de racine dans H (car les racines de P 0 sont dans l’enveloppe
convexe des racines de P donc dans le complémentaire de H ce qui contredit l’hypothèse 0 ∈ P 0 (H ). Par
conséquent, P − z admet une racine dans H pour tout z ∈ C et donc P (H ) = C.
Problème 1
Partie A – Une décomposition en élément simple
1. a. Pour tout θ ∈ R,
T2n (− cos θ ) = T2n (cos(θ + π) = cos(2n (θ + π)) = cos(2n θ ) = T2n (cos θ ).
b. Les polynômes T2n et T2n (−X ) coïncident sur une infinité de valeurs (celles de [−1, 1]) donc sont égaux :
T2n est donc pair.
2. a. La fonction cos est strictement décroissante sur l’intervalle [0, π] et tous les θk appartiennent à cet
ensemble dans tous les cos θk pour k ∈ [ 0, 2n − 1]] sont distincts.
b. Pour tout k ∈ [ 0, 2n − 1]], T2n (cos(θk )) = cos(2n θk ) = cos 2k2+1 π = 0. On a ainsi exhibé 2n racines du
polynôme T2n qui est de degré 2n : on a donc toutes les racines et celles-ci sont simples.
3. La fraction TP2n est de degré strictement négatif donc de partie entière nulle. Le dénominateur est
scindé à racines simples donc la décomposition est de la forme
2n −1
P X ak
= .
T2n k =0
X − cos θk
P (cos θ )
D’après la formule du cours, a k = T 0 (cos θk ) . Comme T2n (cos θ ) = cos(2n θ ) pour tout θ , on obtient en
2n k
0
dérivant T2n (cos θ ) sin θ = 2n sin 2n θ donc
P (cos θk ) sin θk P (cos θk ) sin θk
CORRIGÉS
ak = = (−1)k .
2n sin 2n θk 2n
0
4. Comme précédemment T2m (cos θk ) sin θk = 2m sin 2mθk , d’où
0 2n−1
T2m X m sin 2mθk 1
= (−1)k .
T2n k =0
n X − cos θk
545
Mathématiques MPSI
0
T2m
Or, la fraction T2n est impaire (question 1) donc
0 0 0
T2m T2m T2m
2 = (X ) − (−X )
T2n T2n T2n
2n −1
m sin 2m θk 1 1
X
= (−1)k −
k =0
n X − cos θk −X − cos θk
2n −1
X m sin 2m θk 2X
= (−1)k .
k =0
n X 2 − cos2 θk
On conclut en évaluant en cos θ .
5. La somme considérée est égale au second membre de l’identité précédente évaluée en θ = 0. D’où
2n−1
X sin 2mθk n T 0 (cos θ )
(−1)k = lim 2m .
k =0
sin θk
2
m θ →0 T2n (cos θ )
Or, d’après l’expression de la dérivée
0 sin 2mθ
T2m (cos θ ) = 2m ∼ 4m 2 .
sin θ
Par conséquent,
2n −1
X sin 2mθk
(−1)k = 4m n.
k =0
sin2 θk
546
Corrigés
Problème 2
Partie A – Interpolation de Lagrange
Voir le cours.
. Pour i = 1, degU2 = deg −Q2 = 1 et degU1 = 0 ce qui établit les deux propriétés.
. Soit i tel que les propriétés soient vérifiées au rang i . Alors, degUi +2 = deg(Ui −Qi +2Ui +1 ) = degQi +2Ui +1
car degUi +1 ≥ degUi . Par conséquent,
degUi +2 = degQi +2 + degUi +1 ≥ degUi +1
i +1
X
degUi +2 = degQi +2 + degUi +1 = degQi +2 + degQk .
k =2
e. Remarquons que pour tout i ≤ j , degQi = deg Ri −2 − deg Ri −1 . Ainsi, par télescopage,
degU j = deg R0 − deg R j −1 ≤ n − p
car deg R j −1 > p par minimalité de j .
f. D’après ce qui précède la fraction R j /U j vérifie les hypothèses recherchées : la fraction rationnelle
d’interpolation existe.
3. Supposons b1 nul et b2 non nul et prenons p = 0. Alors, le polynôme au numérateur d’une fraction
rationnelle d’interpolation est constant non nul mais admet b1 comme racine : contradiction. Dans ce
cas, il n’existe pas de fraction rationnelle d’interpolation.
Pn
1. La différence de deux polynômes d’interpolation est de degré strictement inférieur à k =1 αk et est
Qn
divisible par k =1 (X − a k )αk donc est nulle. Il y a ainsi unicité du polynôme interpolateur.
2. a. Soit i 6= k . Comme L k ,l est un polynôme, a i est racine de Hk ,l avec multiplicité au moins αi . Par
(j)
conséquent, pour tout j < αi , Hk ,l (a i ) = 0.
b. Par définition
n
Y 1
L k ,l (x ) = + o ((x − a k )αk −l )
ak
j =1
(x − a j )α j
j 6=k
547
Mathématiques MPSI
donc
1
Hk ,l (x ) = (x − a k )l + o ((x − a k )αk ).
ak l!
(j)
Par conséquent, pour tout j < αk , Hk ,l (a k ) = δl , j .
3. D’après la question précédente, un polynôme d’interpolation associé à ces paramètres est obtenu
avec la combinaison linéaire
Xn αX k −1
bk ,l Hk ,l .
k =1 l =0
4. Le polynôme d’interpolation pour les paramètres proposés est de degré au plus 2 donc de la forme
P =aX 2 +bX +c.
Comme P (0) = 1, c = 1. Comme P 0 (0) = 0, b = 0. Enfin, comme P (1) = 3, a = 2. En conclusion, le polynôme
recherché est 2X 2 + 1.
548
Chapitre 14
Espaces vectoriels
1. Structure d’espace vectoriel — 2. Applications linéaires —
3. Endomorphismes remarquables
549
COURS
Dans ce chapitre, on introduit une nouvelle structure algébrique, les espaces vectoriels, qui permet de
généraliser le calcul vectoriel déjà rencontré dans R2 ou R3 . On met particulièrement en évidence la
propriété de linéarité (qui est la propriété de morphisme associée à la structure) et l’importance des
combinaisons linéaires. Le chapitre se termine avec la reprise des notions de projections, de symétries
et d’homothéties.
Définition 14.1.
Un K-espace vectoriel est un ensemble E muni d’une loi de composition interne + et d’une application
K×E → E
n
(λ, x ) 7→ λ.x telles que
• (E , +) est un groupe abélien ;
• la loi externe est distributive sur les additions de E et de K :
(λ1 + λ2 ).x1 = λ1 .x1 + λ2 .x1
∀(λ1 , λ2 ) ∈ K2 , ∀(x1 , x2 ) ∈ E 2 ,
λ1 .(x1 + x2 ) = λ1 .x1 + λ1 .x2 ;
• pour tout x ∈ E , 1.x = x ;
• ∀(λ1 , λ2 ) ∈ K2 , ∀x ∈ E , λ1 .(λ2 .x ) = (λ1 λ2 ).x .
Remarque
Les éléments d’un espace vectoriel sont appelés vecteurs et les éléments du corps de base sont appelés
scalaires. On note toujours les produits dans l’ordre scalaire puis vecteur.
Exemple
Le corps K est un K-espace vectoriel. Pour tout entier n ∈ N \ {0}, Kn est un K-espace vectoriel.
Cet exemple est un bon prototype pour l’intuition d’espace vectoriel. Lorsque l’on voudra illus-
trer des propriétés des espaces vectoriels, on se placera dans R2 ou R3 .
Proposition 14.2.
Tout produit cartésien de K-espaces vectoriels est un K-espace vectoriel (avec les opérations terme
à terme).
Exemple
L’ensemble des applications entre un ensemble A et un K-espace vectoriel est aussi un K-espace
vectoriel. Ainsi, les suites réelles et les fonctions réelles forment des R-espaces vectoriels.
550
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
Exemple
L’ensemble des polynômes à coefficients dans un corps K est un K-espace vectoriel.
Proposition 14.3.
Démonstration
. Comme 0E + 0E = 0E , on obtient
λ.0E = λ.(0E + 0E ) = λ.0E + λ.0E .
En ajoutant l’opposé de λ.0E (qui existe d’après la propriété de groupe additif ), on obtient 0E = λ.0E .
. On procède de même en partant de 0 + 0 = 0 (dans le corps K) et on obtient
0.x = (0 + 0).x = 0.x + 0.x
donc 0.x = 0E .
. On part cette fois-ci de 0 = 1 + (−1) et on obtient
0E = 0.x = (1 + (−1)).x = 1.x + (−1).x = x + (−1).x
En ajoutant l’opposé −x de x , on obtient bien −x = (−1).x .
. Supposons λ.x = 0E . Si λ 6= 0, alors λ est inversible et
0E = λ−1 .0E = λ−1 .(λ.x ) = (λ−1 λ).x = 1.x = x .
Exemple
Si E est un K-espace vectoriel, E et {0E } sont deux sous-espaces vectoriels de E .
Attention, l’ensemble vide n’est pas un sous-espace vectoriel de E car il ne contient pas l’élément
neutre de l’addition 0E donc n’est pas un groupe additif.
Pour caractériser les sous-espaces vectoriels, nous avons besoin de la notion de combinaison linéaire.
551
Mathématiques MPSI
Définition 14.5.
Soit (xi )i ∈I une famille de vecteurs d’un K-espace vectoriel E . Une combinaison linéaire de (xi )i ∈I
est un vecteur de la forme i ∈I λi xi où (λi )i ∈I est une famille presque nulle de scalaires.
P
Exemple
. Les fonctions sh et ch sont des combinaisons linéaires réelles des fonctions x 7→ e x et x 7→ e −x .
. Considérons f1 : x 7→ cos x , f2 : x 7→ sin x , f3 : x 7→ sin(x + 1) et g : x 7→ sin(x − 1). On a alors
g = cos(1)f2 − sin(1)f1 = cos(1) sin(2)f1 − sin(1) sin(2)f2 + cos(2)f3 .
Ainsi, g est combinaison linéaire des fonctions f1 , f2 et f3 : il n’y a pas unicité de cette combinaison
linéaire.
. Un polynôme est une combinaison linéaire de la famille (X n )n ∈N .
Avec la notion de combinaison linéaire, on obtient une caractérisation maniable des sous-espaces vec-
toriels.
Proposition 14.6.
Une partie non vide d’un K-espace vectoriel est un sous-espace vectoriel si, et seulement si, elle est
stable par combinaison linéaire de deux vecteurs.
Démonstration
. Le sens direct est évident par récurrence sur le nombre de coefficients non nuls.
. Considérons F une partie non vide d’un K-espace vectoriel E stable par combinaison linéaire de deux
vecteurs. Ainsi, pour tous x , y ∈ F , x − y ∈ F donc F est un sous groupe additif de E . De plus, la loi . est
bien définie de K × F dans F et les autres propriétés sont héritées des propriétés correspondantes sur E .
Conseils méthodologiques
On utilise souvent cette caractérisation de sous-espace vectoriel pour montrer qu’un ensemble
est un espace vectoriel à partir d’un « grand » espace vectoriel. En pratique, pour montrer qu’un
ensemble A est un espace vectoriel, on montre successivement
• que A est incluse dans un (grand) espace vectoriel E ,
• que A est non vide,
• que A est stable par combinaison linéaire.
Exemple
On vérifie rapidement que les exemples suivants satisfont la caractérisation ci-dessus.
. La partie R × {0E } est un sous-espace vectoriel de R2 .
−−→
. L’ensemble des vecteurs O M où M décrit une droite passant par l’origine est un sous-espace
vectoriel du plan.
. L’ensemble des fonctions polynomiales réelles est un sous-espace vectoriel de RR .
. L’ensemble des fonctions continues (respectivement dérivables, C p , C ∞ ) est un sous-espace
vectoriel de RR .
552
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
. L’ensemble des solutions d’une équation différentielle linéaire homogène est un sous-espace
vectoriel de RR .
. Soit a , b , c ∈ R. L’ensemble des suites (u n )n vérifiant :
∀n ∈ N, a u n+2 + b u n +1 + c u n = 0
est un sous-espace vectoriel de RN .
. L’ensemble des n -uplets vérifiant un système linéaire sans second membre est un sous-espace
vectoriel de Kn .
. L’ensemble Kn [X ] est un sous-espace vectoriel de K[X ]. En revanche, l’ensemble des poly-
nômes de degré au moins n n’est pas un sous-espace vectoriel (il ne contient pas 0 et n’est pas
stable par addition : (X n + 1) + (−X n ) = 1).
Proposition 14.7.
L’intersection d’une famille non vide de sous-espaces vectoriels est encore un sous-espace vectoriel.
On peut ainsi obtenir le plus petit sous-espace contenant une partie A d’un espace vectoriel E comme
intersection de tous les sous-espaces contenant A.
Définition 14.8.
Soit A une partie d’un K-espace vectoriel E . Le sous-espace engendré par A est le plus petit (au sens
de l’inclusion) sous-espace vectoriel de E contenant A ; il est noté Vect(A). En particulier, Vect(∅) =
{0E }.
Notation
Si A = {x }, on note « abusivement » Vect(x ) pour Vect({x }) ; plus généralement, si A = {xi , i ∈ I },
on préfère la notation plus simple Vect(xi )i ∈I à la rigoureuse Vect({xi , i ∈ I }).
Remarque
Par construction, tout sous-espace vectoriel contenant A contient Vect(A).
Exemple
Soit E un K-espace vectoriel et x un vecteur de E non nul. La droite vectorielle engendrée par x
est le sous-espace vectoriel Vect(x ) = {λ.x , λ ∈ K} formé des vecteurs colinéaires à x .
Proposition 14.9.
553
Mathématiques MPSI
Remarque
La réciproque au deuxième point est fausse. Exhibons quelques exemples de parties A 6⊂ B telles que
Vect A ⊂ Vect B .
. Posons A = {(1, 1)} et B = {(2, 2)}. Par définition des droites vectorielles, Vect A = Vect B et pourtant on a
A 6⊂ B .
. Donnons un exemple où Vect A 6= Vect B . Posons A l’ensemble des triplets de la forme (x , x , 0) avec
x ∈ R et B l’ensemble des triplets (x , y , z ) tels que x = 0 ou (y = 0 et z = 0). A n’est pas inclus dans B et
pourtant Vect(A) = A ⊂ R3 = Vect(B ).
Proposition 14.10.
Soit (xi )i ∈I une famille de vecteurs d’un K-espace vectoriel E . Le sous-espace vectoriel Vect(xi )i ∈I
est l’ensemble des combinaisons linéaires des vecteurs (xi )i ∈I .
Démonstration
. Comme Vect(xi )i ∈I est un espace vectoriel, il contient toutes les combinaisons linéaires de ses éléments.
. Pour obtenir l’autre inclusion, il suffit de vérifier que l’ensemble des combinaisons linéaires des vec-
teurs (xi )i ∈I est bien un sous-espace de E qui contient (xi )i ∈I , ce qui découle directement de la caracté-
risation des sous-espaces vectoriels.
Exemple
Dans R3 , Vect((1, 2, −3), (−3, 2, 1), (1, −2, 1)) = Vect((1, −1, 0), (0, 1, −1)) car chacun des vecteurs
d’une des familles peut s’exprimer comme combinaison linéaire des vecteurs de l’autre famille.
Par exemple,
(1, 2, −3) = 1(1, −1, 0) + 3(0, 1, −1)
1 3
(1, −1, 0) = − (1, 2, −3) − (−3, 2, 1) + 0(1, −2, 1)
8 8
Définition 14.11.
Exemple
D’après la résolution des équations différentielles linéaires à coefficients constants, l’espace des
solutions {y ∈ C 2 (R, R), y 00 + 2y 0 + y = 0} est engendré par x 7→ e −x et x 7→ x e −x .
Exemple
Considérons E , l’ensemble des quadruplets (x , y , z , t ) ∈ R4 vérifiant le système linéaire homo-
gène
x + y + z + t = 0
(
2x − y − z + 3t = 0
x − 5y − 5z + 3t = 0
Alors, (x , y , z , t ) ∈ E si, et seulement si,
x + y + z + t = 0
(
− 3y − 3z + t = 0 L 2 ← L 2 − 2L 1
− 6y − 6z + 2t = 0 L3 ← L3 − L1
554
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
soit, en remarquant que les deux dernières équations sont proportionnelles,
x + y + z + t = 0
§
− 3y − 3z + t = 0
Ainsi, (x , y , z , t ) ∈ E si, et seulement si,
(x , y , z , t ) = (−4y − 4z , y , z , 3y + 3z )
= y (−4, 1, 0, 3) + z (−4, 0, 1, 3).
En conclusion, E est égal à Vect((−4, 1, 0, 3), (−4, 0, 1, 3)), c’est-à-dire la famille composée des vec-
teurs (−4, 1, 0, 3), (−4, 0, 1, 3) est génératrice de E .
Proposition 14.12.
Démonstration
. Soit λ ∈ K∗ et i ∈ [ 1, p ]].
p
X
x ∈ Vect(e1 , . . . , ep ) ⇔ ∃(x1 , . . . , xp ) ∈ Kp , x= xk ek
k =1
Xp
⇔ ∃(x1 , . . . , xp ) ∈ Kp , x= xk ek + (xi λ−1 )λei
k =1
k 6=i
p
X
⇔ ∃(y1 , . . . , yp ) ∈ Kp , x= yk ek + yi λei
k =1
k 6=i
⇔ x ∈ Vect(e1 , . . . , λei , . . . , ep ).
. Soit λ ∈ K et i 6= j ∈ [ 1, p ]].
p
X
x ∈ Vect(e1 , . . . , ep ) ⇔ ∃(x1 , . . . , xp ) ∈ Kp , x= xk ek
k =1
⇔ ∃(x1 , . . . , xp ) ∈ Kp ,
p
X
x= xk ek + xi (ei + λe j ) + (x j − λxi )e j
k =1
k 6=i , j
p
X
⇔ ∃(y1 , . . . , yp ) ∈ Kp , x= yk ek + yi (ei + λe j ) + y j e j
k =1
k 6=i , j
⇔ x ∈ Vect(e1 , . . . , ei + λe j , . . . , ep ).
555
Mathématiques MPSI
. La somme directe des sous-espaces (Fi )i ∈[[1,p ] est le sous-espace F1 + . . . + Fp lorsque pour tout
vecteur x ∈ F1 + . . . + Fp , il existe un unique (x1 , . . . , xp ) ∈ F1 × . . . × Fp tel que x = x1 + . . . + xp .
La somme est alors notée F1 ⊕ . . . ⊕ Fp .
Une somme est donc directe si chaque vecteur de celle-ci admet une unique décomposition comme
somme de vecteurs des sous-espaces considérés. Dans le cas de deux sous-espaces seulement, on obtient
la caractérisation suivante plus maniable.
Proposition 14.14.
La somme de deux sous-espaces vectoriels est directe si, et seulement si, leur intersection est égale
à {0E }.
Remarque
Ce résultat est faux pour plus de deux sous-espaces comme on peut le voir avec trois droites F1 , F2 et F3
du plan passant par l’origine et deux à deux distinctes.
F2
e2 e3
F1
0E e1
F3
En effet, si on note e1 , e2 et e3 des vecteurs directeurs de chacune de ces trois droites, alors (e1 , e2 ) est une
base du plan ; ainsi, il existe λ1 , λ2 ∈ R tels que e3 = λ1 e1 + λ2 e2 . Il n’y a donc pas unicité de la décomposi-
tion sur la somme Vect(e1 ) + Vect(e2 ) + Vect(e3 ) car 0e1 + 0e2 + 1e3 = λ1 e1 + λ2 e2 + 0e3 .
Démonstration
. Supposons que F1 et F2 soient en somme directe. Alors, tout x ∈ F1 ∩ F2 s’écrit
x + 0E = 0E + |{z}
|{z} x .
|{z} |{z}
∈F1 ∈F2 ∈F1 ∈F2
556
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
Exemple
Deux droites vectorielles sont soit confondues, soit en somme directe. En effet, si Vect(x ) et
Vect(y ) (avec x et y des vecteurs non nuls) ne sont pas en somme directe, il existe z ∈ Vect(x ) ∩
Vect(y ) non nul : il existe donc λ et µ des scalaires non nuls tels que z = λx = µy ; alors,
µ
x = λ y ∈ Vect(y ) et y = µλ x ∈ Vect(x ). En conclusion, Vect(x ) = Vect(z ) = Vect(y ).
Proposition 14.15.
Soit A , B deux parties d’un espace vectoriel E . Alors, Vect(A ∪ B ) = Vect(A) + Vect(B ).
En particulier, pour deux sous-espaces vectoriels F1 et F2 , Vect(F1 ∪ F2 ) = F1 + F2 .
Remarque
Comme pour les sous-groupes, la réunion de deux sous-espaces vectoriels n’est en général pas un sous-
espace vectoriel sauf si l’un est inclus dans l’autre.
Démonstration
L’ensemble Vect(A) + Vect(B ) est un sous-espace vectoriel contenant A ∪ B donc il contient Vect(A ∪ B ).
Réciproquement, Vect(A ∪B ) est un sous-espace vectoriel contenant A donc Vect(A). Il contient de même
Vect(B ) donc contient Vect(A) + Vect(B ).
Définition 14.16.
Remarque
Attention, il n’y a pas unicité du supplémentaire : on dit donc « un » supplémentaire et non « le » supplé-
mentaire.
Il faut aussi veiller à ne pas confondre un supplémentaire et le complémentaire d’un sous-espace vecto-
riel (qui n’est jamais un sous-espace vectoriel puisqu’il ne contient pas 0E par exemple).
Conseils méthodologiques
Pour montrer que deux sous-espaces F et G sont supplémentaires, on utilise souvent un raison-
nement par analyse-synthèse (condition nécessaire-condition suffisante) :
• Dans un premier temps, on considère un élément x qui s’écrit x F +xG avec x F ∈ F et xG ∈ G
puis on trouve l’expression de x F et xG en fonction de x et des données du problème.
Autrement dit, on suppose l’existence de la décomposition et on établit l’unicité.
• Dans un second temps, on prend un vecteur x quelconque et on utilise les expressions
trouvées à l’étape précédente pour x F et xG ; on vérifie alors que x F ∈ F , xG ∈ G et x =
x F + xG .
Autrement dit, on vérifie que tout vecteur admet bien une décomposition.
557
Mathématiques MPSI
Exemple
Considérons l’espace vectoriel E = RR des fonctions réelles, F0 le sous-espace des fonctions de
E nulles en 0, g une fonction non-nulle en 0 et G = Vect g . Montrons par analyse-synthèse que
les sous-espaces F0 et G sont supplémentaires dans E .
• Supposons qu’une fonction f ∈ E soit la somme d’une fonction h qui s’annule en 0 et
d’une fonction de la forme λ.g avec λ ∈ R. Alors, pour tout x ∈ R,
f (0) = h (0) + λg (0) = λg (0).
f (0)
Ainsi, λ = g (0) et h = f − λg : on a donc l’unicité d’une telle décomposition pour f (c’est-à-
dire F0 et G sont en somme directe).
f (0)
• Soit f ∈ E une fonction réelle quelconque. Posons λ = g (0) et h = f − λg ; on vérifie que
f = h + λg , h (0) = 0 : on a donc l’existence d’une décomposition de f sur la somme F0 + G .
Exemple
Considérons l’espace vectoriel E = RR des fonctions réelles et les deux sous-espaces I et P
des fonctions impaires et paires respectivement. Montrons par analyse-synthèse que les sous-
espaces I et P sont supplémentaires dans E .
• Supposons qu’une fonction f ∈ E soit la somme d’une fonction paire p et d’une fonction
impaire i . Alors, pour tout x ∈ R,
f (x ) = p (x ) + i (x )
f (−x ) = p (x ) − i (x ).
2. Applications linéaires
2.1. Définitions
Définition 14.17.
558
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
. Un automorphisme de E est un endomorphisme bijectif de E . L’ensemble des automorphismes
de E est noté GL(E ) et appelé groupe linéaire de E .
. Une forme linéaire sur E est une application linéaire de E dans le corps K. L’ensemble des formes
linéaires sur E est noté E ∗ et appelé espace dual de E .
Remarque
En fait, une application u entre deux K-espaces vectoriels E et F est linéaire si, et seulement si,
∀(x , y ) ∈ E 2 , ∀λ ∈ K, u (λx + y ) = λu (x ) + u(y ).
En effet, cette propriété entraîne u (0E ) = 0E (avec x = y = 0E ), puis u (λx ) = λu (x ) (avec y = 0) et la
propriété générale en remplaçant y par µy .
Conseils méthodologiques
On a, en passant, établi qu’une application linéaire u entre E et F vérifie u(0E ) = 0F . Par contra-
position, on peut utiliser cette propriété pour montrer qu’une application telle que u (0E ) 6= 0F
n’est pas linéaire.
Exemple
Soit E un K-espace vectoriel. L’identité Id et l’application identiquement égale à 0E sont des
endomorphismes de E .
Exemple
. Les applications Im et Re sont des formes linéaires sur le R-espace vectoriel C. En effet, pour
tous z , z 0 ∈ C et tout λ ∈ R,
Re(z + λz 0 ) = Re(z ) + λRe(z 0 ), Im(z + λz 0 ) = Im(z ) + λIm(z 0 ).
. La conjugaison z 7→ z est un endomorphisme du R-espace vectoriel C mais n’est pas linéaire
sur le C-espace vectoriel C. En effet, pour tous z , z 0 ∈ C et tout λ ∈ R,
z + λz 0 = z + λz 0 .
Exemple
Soit (a , b , c ) ∈ §
R∗ × R2 . Notons S le R-espace vectoriel des solutions y de a y 00 + b y 0 + c y = 0.
S → R2
L’application est un isomorphisme (la linéarité se vérifie immédiate-
y 7→ (y (0), y 0 (0))
ment et le caractère bijectif provient de la résolution du problème de Cauchy).
Proposition 14.18.
559
Mathématiques MPSI
Ainsi, L (E ) est un anneau (la deuxième loi de composition interne étant la composition).
. La composition de deux automorphismes de E est un automorphisme de E . La bijection réciproque
d’un automorphisme de E est un automorphisme de E .
Ainsi, GL(E ) est un groupe (c’est le groupe des inversibles de l’anneau L (E )).
Le reste des affirmations provient des caractérisations de sous-espace vectoriel (avec l’inclusion L (E , F ) ⊂
F E ), de sous-anneau (L (E ) ⊂ E E ) et de sous-groupe (GL(E ) est inclus dans le groupe des bijections de
E dans E ).
Remarque
Il est souvent intéressant de calculer les puissances de composition d’un endomorphisme (on note u n =
u ◦. . .◦u la composée n fois). Rappelons que dans l’anneau L (E ), on peut appliquer la formule du binôme
de Newton dès que deux éléments commutent.
Par exemple, considérons deux endomorphismes de R2 : u : (x , y ) 7→ (3x + y , 3y ) et v : (x , y ) 7→ (y , 0).
Alors, u = 3Id + v et v et Id commutent donc, pour tout n ∈ N, la formule du binôme donne
n
X n n−k k
un = 3 v = 3n Id + n 3n−1 v,
k =0
k
Pour tout n ∈ N, (xn+1 , yn+1 ) = u (xn , yn ) donc (xn , yn ) = u n (x0 , y0 ) = (3n x0 + n3n−1 y0 , 3n y0 ).
Notation
Le programme suggère la notation u v pour la composition u ◦ v ; toutefois, par souci de clarté
pédagogique, on a conservé le symbole ◦ dans ce livre.
560
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
2.2. Images réciproques et directes de sous-espaces
Proposition 14.19.
Démonstration
. Soit E 0 un sous-espace vectoriel de E . Remarquons tout d’abord que u (E 0 ) est une partie non vide de F
car 0F = u (0E ) ∈ u (E 0 ). Ensuite, pour tous x , y ∈ E 0 , λ ∈ K,
u(x ) + λu (y ) = u (x + λy ) ∈ u (E 0 ),
car E 0 est stable par combinaison linéaire. Ainsi, u (E 0 ) est un sous-espace vectoriel de F .
. Soit F 0 un sous-espace vectoriel de F . Remarquons tout d’abord que u −1 (F 0 ) est une partie non vide
de E car u (0E ) = 0F ∈ F 0 . Ensuite, pour tous x , y ∈ u −1 (F 0 ), λ ∈ K,
u (x + λy ) = u (x ) + λu (y ) ∈ F 0
donc u −1 (F 0 ) est stable par combinaison linéaire : c’est un sous-espace vectoriel de E .
Forts de cette proposition, nous pouvons introduire le noyau et l’image d’une application linéaire.
Définition 14.20.
Soit u ∈ L (E , F ).
. Le noyau de u est le sous-espace vectoriel de E défini par
Ker u = u −1 ({0F }) = {x ∈ E , u (x ) = 0F }.
Proposition 14.21.
Soit u ∈ L (E , F ).
. L’application u est injective si, et seulement si, Ker u = {0E }.
. L’application u est surjective si, et seulement si, Im u = F .
Démonstration
Soit x , y ∈ E . Alors, u (x ) = u(y ) si, et seulement si, u (x − y ) = 0F , c’est-à-dire x − y ∈ Ker u . Ainsi, u est
injective si, et seulement si, Ker u = {0E }.
Voici une application bien utile dans le chapitre suivant.
Proposition 14.22.
561
Mathématiques MPSI
Démonstration
Considérons l’application induite par u entre E 0 et Im u :
§ 0
E → Im u
ũ :
x 7→ u (x )
Cette application linéaire est injective car Ker ũ = Ker u ∩ E 0 = {0E } puisque E 0 est en somme directe avec
Ker u. Elle est aussi surjective car, pour tout y ∈ Im u , il existe x ∈ E tel que y = u (x ). Or, ce vecteur x
s’écrit comme somme d’un élément du noyau et d’un élément de E 0 donc y est l’image d’un élément
de E 0 : ainsi, Im ũ = Im u .
Une autre utilisation des noyaux accompagne la notion de commutation.
Proposition 14.23.
Soit u et v deux endomorphismes d’un K-espace vectoriel E tels que u ◦ v = v ◦ u . Alors, u (Ker v ) ⊂
Ker v et u (Im v ) ⊂ Im v .
Autrement dit, les sous-espaces Ker v et Im v sont stables par u .
Démonstration
. Pour tout x ∈ Ker v , v (u (x )) = u (v (x )) = u(0E ) = 0E donc u (x ) ∈ Ker v .
. Pour tout y ∈ Im v , il existe x ∈ E tel que y = v (x ). Ainsi,
u (y ) = u (v (x )) = v (u (x )) ∈ Im v.
Proposition 14.24.
Soit u et v deux endomorphismes d’un K-espace vectoriel E . Alors, u ◦ v = 0 si, et seulement si,
Im v ⊂ Ker u .
Démonstration
Séparons les deux implications.
. Si u ◦ v = 0, alors pour tout x ∈ E , u (v (x )) = 0E donc v (x ) ∈ Ker u : Im v ⊂ Ker u .
. Si Im v ⊂ Ker u, alors, pour tout x ∈ E , v (x ) ∈ Im v ⊂ Ker u donc u (v (x )) = 0E .
Notation
Les éléments d’un sous-espace affine (donc tous les éléments de E puisque E est un sous-espace
affine de E ) sont aussi appelés points et quelquefois notés avec des lettres majuscules pour
conserver l’analogie avec la géométrie élémentaire. Ainsi, si F = A + F , alors M ∈ F si, et seule-
−−→
ment si, AM = M − A ∈ F .
562
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
−−→
Ayant choisi un point Ω appelé origine, on peut identifier le point M et le vecteur ΩM .
Proposition 14.26.
Démonstration
Montrons une inclusion, l’autre suit par symétrie.
. Remarquons tout d’abord que x ∈ x + F = y + G ; ainsi, il existe z ∈ G tel que x = y + z .
. Pour tout f ∈ F , x + f ∈ y + G donc il existe g ∈ G tel que x + f = y + g donc, avec le point précédent,
f = (x + f ) − x = (y + g ) − (y + z ) = g − z ∈ G .
Remarque
D’après la proposition, la direction d’un sous-espace affine est bien définie comme l’unique sous-espace
dont il est le translaté.
Voici un sous-espace vectoriel F et deux sous-espaces affines dont F est direction.
x
x +F
0E F
y y +F
Proposition 14.27.
Démonstration
La première affirmation relève de la définition de l’image de u . Pour la seconde, supposons qu’il existe
x0 ∈ E tel que u (x0 ) = b ; alors, u (x ) = b si, et seulement si, u (x − x0 ) = 0F soit x − x0 ∈ Ker u .
On retrouve les résultats de structure obtenus pour les équations différentielles linéaires...
563
Mathématiques MPSI
Remarque
L’intersection de sous-espaces affines est soit vide, soit un sous-espace affine. Plus précisément, si F et
G sont deux sous-espaces affines de directions respectives F et G tels que F ∩ G 6= ∅, alors F ∩ G est un
sous-espace affine de direction F ∩ G .
Montrons, pour tout a ∈ F ∩ G , la double inclusion entre a + F ∩ G et F ∩ G .
. Pour tout x ∈ a + F ∩ G , x ∈ a + F = F et x ∈ a + G = G donc x ∈ F ∩ G .
. Pour tout x ∈ F ∩ G , il existe u ∈ F et v ∈ G tel que x = a + u = a + v d’où u = v ∈ F ∩G et x ∈ a + F ∩G .
3. Endomorphismes remarquables
3.1. Projecteurs
Définition 14.28.
xG x
xF
0E
F
Montrons l’équivalence entre ces deux notions (l’une plus géométrique, l’autre plus algébrique).
Proposition 14.29.
Démonstration
La linéarité est évidente par définition.
Pour tous x F ∈ F et xG ∈ G ,
p 2 (x F + xG ) = p (p (x F + xG )) = p (x F ) = x F = p (x F + xG ).
Or, tout vecteur de E s’écrit comme somme d’un vecteur de F et d’un vecteur de G donc p 2 = p .
564
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
Proposition 14.30.
Démonstration
. Procédons par analyse-synthèse.
• Si x = a + p (b ) avec a ∈ Ker p et b ∈ E , alors p (x ) = p 2 (b ) = p (b ) et a = x − p (x ).
• Réciproquement, pour tout x ∈ E , posons a = x − p (x ). On vérifie immédiatement que a ∈ Ker p ,
p (x ) ∈ Im p et x = (x − p (x )) + p (x ).
Proposition 14.31.
Démonstration
Comme p 2 = p , (Id − p )2 = Id − 2p + p 2 = Id − p. Ainsi, q est un projecteur. La seule propriété à établir est
Ker q = Im p (l’autre égalité se déduit par symétrie).
• Si x ∈ Ker(Id − p ), alors p (x ) = x donc x ∈ Im p .
• Si y ∈ Im p , alors il existe x ∈ E tel que y = p (x ) et (p − Id)(y ) = p 2 (x ) − p (x ) = 0 : y ∈ Ker(Id − p ).
Remarque
D’après la proposition précédente, pour tout projecteur p , Im p = Ker(p − Id). Cette égalité est intuitive
car Ker(p − Id) est l’ensemble des éléments invariants par p (ce qui correspond bien à l’intuition : les
éléments de l’espace sur lequel on projette sont invariants par la projection).
Exemple
Les espaces P et I des fonctions paires et impaires de R dans R sont supplémentaires. D’après
les calculs de l’exemple 1.4., la projection sur P parallèlement à I est l’application
f (x ) + f (−x )
f 7→ x 7→ .
2
Remarque
Pour tout projecteur p , p ◦ (p − Id) = 0 ; par conséquent, le seul projecteur inversible vérifie p − Id =
0, c’est-à-dire p = Id : c’est la projection sur E parallèlement à {0E } ; le projecteur complémentaire est
l’application nulle.
565
Mathématiques MPSI
3.2. Symétries
Définition 14.32.
xG x
xF
0E
F
s (x )
. Une symétrie vectorielle de E est un endomorphisme s de E tel que s ◦ s = Id (on dit que s est
involutive).
Comme précédemment avec les projecteurs, il y a équivalence entre les deux définitions.
Proposition 14.33.
Remarque
Il est facile de comprendre géométriquement pourquoi les espaces associés à une symétrie s sont Ker(s −
Id) et Ker(s + Id). L’espace Ker(s − Id) est l’ensemble des vecteurs invariants par s ; l’espace Ker(s + Id) est
l’ensemble des vecteurs changés en leurs opposés par s .
Proposition 14.34.
Démonstration
Commençons par calculer (2p − Id)2 = 4p 2 − 4p + Id. Ainsi, (2p − Id)2 = Id si, et seulement si, p 2 = p . La
566
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
COURS
propriété sur les sous-espaces provient des remarques suivantes, pour tout x ∈ E ,
p (x ) = x ⇔ (2p − Id)(x ) = x
p (x ) = 0E ⇔ (2p − Id)(x ) = −x
Exemple
L’endomorphisme §
RR → RR
s:
f 7 → (x 7→ f (−x ))
est la symétrie par rapport au sous-espace Ker(s − Id) des fonctions paires parallèlement au sous-
espace Ker(s − Id) des fonctions impaires.
Exemple
L’endomorphisme
Rn [X ] → Rn [X ]
§
s:
P (X ) 7 → X n P ( X1 )
est une symétrie car linéaire et involutive (vérification immédiate). Déterminons les sous-
espaces
Pn Ker(s − Id) et Ker(s + Id).
. k =0 a k X k ∈ Ker(s − Id) si, et seulement si,
n
X n
X
a k X n−k = ak X k ,
k =0 k =0
c’est-à-dire
Pn si a k = a n −k pour tout k ∈ [ 0, n ]].
. k =0 a k X k ∈ Ker(s + Id) si, et seulement si,
n
X n
X
a k X n−k = − ak X k ,
k =0 k =0
3.3. Homothéties
Définition 14.35.
On limite quelquefois l’appellation homothéties aux seules homothéties de rapport non nul.
Donnons quelques caractérisations classiques des homothéties.
Proposition 14.36.
567
Mathématiques MPSI
Démonstration
Soit x et y deux vecteurs de E . Alors, par linéarité de u ,
λ x .x + λ y .y = λ x +y .(x + y ).
Remarque
En modifiant cette démonstration, on montre que les seuls endomorphismes u ∈ L (E ) tels que les vec-
teurs x , u (x ) soient colinéaires pour tout x ∈ E sont les homothéties.
Proposition 14.37.
Les endomorphismes d’un K-espace vectoriel E commutant avec tous les endomorphismes de E
sont les homothéties.
Démonstration
Soit u un endomorphisme commutant avec tous les endomorphismes de E . Pour tout x 6= 0E , considé-
rons p une projection sur Vect(x ) (dont on suppose l’existence). Comme u commute avec p , u laisse
stable Im p = Vect(x ). Ainsi, pour tout x ∈ E , il existe λ x ∈ K tel que u (x ) = λ x .x . On conclut avec la
proposition précédente.
568
FICHE
SYNTHÈSE
L’objet de ce chapitre est l’étude d’une nouvelle structure algébrique : les espaces vectoriels sur le corps
R ou C.
. Un Kn-espace vectoriel est un ensemble E muni d’une loi de composition interne + et d’une appli-
K×E → E
cation
(λ, x ) 7→ λ.x telles que
• (E , +) est un groupe abélien ;
• la loi externe est distributive sur les additions de E et de K :
(λ1 + λ2 ).x1 = λ1 .x1 + λ2 .x1
∀(λ1 , λ2 ) ∈ K2 , ∀(x1 , x2 ) ∈ E 2 ,
λ1 .(x1 + x2 ) = λ1 .x1 + λ1 .x2 ;
• pour tout x ∈ E , 1.x = x ;
• ∀(λ1 , λ2 ) ∈ K2 , ∀x ∈ E , λ1 .(λ2 .x ) = (λ1 λ2 ).x .
. Une partie d’un espace vectoriel est un sous-espace vectoriel si elle est non vide et stable par
combinaison linéaire.
. Le sous-espace engendré par une partie A est le plus petit sous-espace vectoriel contenant A ; c’est
l’ensemble des combinaisons linéaires de vecteurs de A .
. Soit E un K-espace vectoriel et (Ei )i ∈[[1,p ] des sous-espaces vectoriels de E .
• La somme des sous-espaces (Fi )i ∈[[1,p ] est le sous-espace vectoriel
F1 + . . . + Fp = {x1 + . . . + xp , (x1 , . . . , xp ) ∈ F1 × . . . × Fp }
• La somme directe des sous-espaces (Fi )i ∈[[1,p ] est le sous-espace F1 + . . . + Fp lorsque pour
tout x ∈ F1 + . . . + Fp , il existe un unique (x1 , . . . , xp ) ∈ F1 × . . . × Fp tel que x = x1 + . . . + xp .
La somme est alors notée F1 ⊕ . . . ⊕ Fp .
Application linéaire
. Une application u : E → F est linéaire si l’image d’une combinaison linéaire est la combinaison
linéaire des images avec les mêmes coefficients.
. L’injectivité et la surjectivité d’une application linéaire sont étudiées avec le noyau
Ker u = {x ∈ E , u (x ) = 0F }
et l’image Im u = u (E ) respectivement.
. Un endomorphisme est une application linéaire d’un espace dans lui-même, une forme linéaire une
application linéaire d’un espace dans son corps de base.
569
Tout au long du chapitre, on a défini des propriétés d’existence et d’unicité. Regroupons-les (en atten-
dant d’y ajouter au chapitre suivant les notions de famille génératrice et de famille libre).
Existence et unicité
. Existence
• Une application linéaire u : E → F est surjective si pour tout y ∈ F , il existe x ∈ E tel que
y = u (x ), c’est-à-dire Im u = F .
• Un espace E est la somme des sous-espaces F1 , . . . , Fn si, pour tout x ∈ E , il existe x1 ∈ F1 ,
n
. . . , xn ∈ Fn tel que x =
P
xk . C’est la définition précédente avec
k =1
F1 × . . . × Fn → E
n
u:
(x1 , . . . , xn )
P
7→ xk
k =1
. Unicité
• Une application linéaire u : E → F est injective si pour tout y ∈ F , il existe au plus un x ∈ E
tel que y = u (x ), c’est-à-dire Ker u = {0E }.
• Des sous-espaces F1 , . . . , Fn sont en somme directe si, pour tout x ∈ E , il existe au plus un
n
(x1 , . . . , xn ) ∈ F1 × . . . × Fn tel que x =
P
xk .
k =1
On retient aussi quelques endomorphismes particuliers qui vérifient une propriété algébrique qui s’in-
terprète géométriquement.
Endomorphismes remarquables
570
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) Soit F , G deux sous-espaces vectoriels de E tels que F + G = F ∩ G .
Alors, F = G .
b) Soit F , G , H trois sous-espaces vectoriels de E en somme directe. Alors,
F ∩ G = F ∩ H = G ∩ H = {0E }.
c) Soit A, B deux parties de E . Alors, Vect(A ∩ B ) = Vect A ∩ Vect B .
d) Soit A ⊂ E et u ∈ L (E ). Alors, u (Vect(A)) = Vect u (A).
EXERCICES
e) Si G et H sont supplémentaires dans E et F est un sous-espace de E ,
alors G ∩ F et H ∩ F sont des supplémentaires dans F .
f) Si u ∈ L (E ), alors Im u et Ker u sont supplémentaires.
g) Si (u , v ) ∈ (L (E )) , alors Im(u + v ) = Im(u) + Im(v ).
2
h) Si u ∈ L (E ) et G , H sont deux sous-espaces de E , alors
u(G + H ) = u (G ) + u(H ).
i) Soit (u , v ) ∈ (L (E ))2 tel que u ◦ v = 0. Alors, u = 0 ou v = 0.
1
j) L’application P 7→ 2 (P (X ) + P (−X ))
est le projecteur sur l’espace des
polynômes pairs, parallèlement à l’espace des polynômes impairs.
k) La somme de deux projecteurs est un projecteur.
l) p est un projecteur si, et seulement si, Id − p est un projecteur.
m) Si p est un projecteur, alors p − 2Id est une symétrie.
n) Si p est un projecteur, alors Im p = Ker(p − Id).
o) Si s est une symétrie, alors Im s = Ker(s − Id).
Exercice 1
1. L’ensemble des suites réelles bornées est-il un sous-espace vectoriel de RN ?
2. L’ensemble des suites réelles monotones est-il un sous-espace vectoriel de RN ?
3. L’ensemble des suites réelles somme d’une suite croissante et d’une suite décroissante est-il un
sous-espace vectoriel de RN ?
571
Mathématiques MPSI
Exercice 2
Déterminer parmi les ensembles suivants ceux qui sont des sous-espaces vectoriels de RR .
1. l’ensemble des fonctions réelles 1-lipschitziennes ;
2. l’ensemble des fonctions réelles f telles que
∃k ∈ R, ∀x ∈ R, | f (x )| ≤ k |x |,
3. l’ensemble des fonctions réelles f telles que
∃k ∈ R, ∀x ∈ R, | f (x )| ≥ k |x |.
Exercice 3
Soit E = C 0 (R, R) l’espace vectoriel des fonctions continues de R dans R. Pour tout a ∈ R, posons Ea =
{ f ∈ E , f (a ) = 0}.
1. Montrer, que pour tout a ∈ R, Ea est un sous-espace vectoriel de E .
2. Soit a 6= b . Montrer que E = Ea + E b .
3. La somme de Ea et de E b peut-elle être directe ?
Exercice 4
Soit F et G deux sous-espaces vectoriels d’un K-espace vectoriel E tels que F + G = E . Notons F 0 un
supplémentaire de F ∩ G dans F . Montrer que E = F 0 ⊕ G .
Exercice 5
Soit E un espace vectoriel et F , G et H trois sous-espaces vectoriels de E . Montrer que la somme F +G +H
est directe si, et seulement si, F ∩ G = {0E } et (F + G ) ∩ H = {0E }.
Exercice 6
Soit F un sous-espace vectoriel strict de E .
1. Déterminer Vect(E \ F ).
2. Déterminer tous les endomorphismes nuls sur le complémentaire de F .
Exercice 7
Soit u ∈ L (E , F ), E1 et E2 des sous-espaces de E en somme directe.
1. Montrer que si u est injective, alors u(E1 ) et u (E2 ) sont en somme directe.
2. Étudier la réciproque.
Exercice 8
Soit E , F deux espaces vectoriels et u ∈ L (E , F ). Montrer que Φ : (x , y ) 7→ (x , y − u (x )) est un automor-
phisme de E × F .
Exercice 9
Soit E un espace vectoriel, F un sous-espace de E et u ∈ L (E ).
1. Montrer que u −1 (u (F )) = F + Ker u .
2. Déterminer u (u −1 (F )).
Exercice 10
Soit u et v ∈ L (E ) tels que u ◦ v ◦ u = u et v ◦ u ◦ v = v.
1. Montrer que E = Ker v ⊕ Im u .
2. Montrer que u (Im v ) = Im u .
572
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
Exercice 11
Soit E un espace vectoriel et u ∈ L (E ).
1. Montrer que la suite des noyaux itérés (Ker u n )n ∈N est croissante pour l’inclusion.
2. Montrer que la suite des images itérées (Im u n )n∈N est décroissante pour l’inclusion.
3. Établir l’équivalence entre Ker u = Ker u 2 et Im u ∩ Ker u = {0E }.
4. Établir l’équivalence entre Im u = Im u 2 et E = Ker u + Im u .
Exercice 12
Soit u un endomorphisme de E , λ 6= µ deux scalaires.
Montrer que les sous-espaces Ker(u − λId)2 et Ker(u − µId)2 sont en somme directe.
Exercice 13
Soit p un projecteur de E . Définissons les sous-espaces
F1 = { f ∈ L (E ), ∃u ∈ L (E ), f = u ◦ p }, F2 = { f ∈ L (E ), ∃u ∈ L (E ), f = u ◦ (Id − p )}.
Montrer que ces deux sous-espaces sont supplémentaires de L (E ).
Exercice 14
EXERCICES
Soit E , F deux espaces vectoriels, u ∈ L (E , F ) et v ∈ L (F, E ) tels que v ◦ u = IdE .
Montrer que Ker v ⊕ Im u = F.
Exercice 15
Soit E , F deux R-espaces vectoriels, u ∈ L (E , F ) et V , W deux sous-espaces vectoriels de E . Montrer
que u (V ) ⊂ u (W ) si, et seulement si, V + Ker u ⊂ W + Ker u .
Exercice 16
Soit E et F deux K-espaces vectoriels, φ ∈ L (E ), et u ∈ L (E , F ). Montrer qu’il existe v ∈ L (E , F ) tel que
u = v ◦ φ si, et seulement si, Ker φ ⊂ Ker u .
On admettra ici que tout sous-espace vectoriel de E et de F admet un supplémentaire.
Exercice 17
Soit a et b deux scalaires distincts et u ∈ L (E ) tels que (u − a Id) ◦ (u − b Id) = 0.
1. Montrer que Ker(u − a Id) et Ker(u − b Id) sont supplémentaires.
2. Déterminer une expression simple de la projection p sur Ker(u − a Id) parallèlement à Ker(u − b Id)
3. Montrer que u = a p + b (Id − p ). En déduire l’expression de u n pour tout n ∈ N.
Exercice 18
Considérons deux projections p et q sur le même sous-espace G (mais de directions différentes) et λ ∈ R.
Montrer que λp + (1 − λ)q est une projection sur G .
Exercice 19
Soit E un K-espace vectoriel, p et q deux projecteurs de E qui commutent. Montrer que
Ker(p + q ) = Ker p ∩ Ker q .
573
Mathématiques MPSI
Exercice A
Soit x , y deux vecteurs d’un K-espace vectoriel E et F un sous-espace vectoriel de E . Montrer que F +
Vect(x ) = F + Vect(y ) si, et seulement s’il existe z ∈ F et (α, β ) ∈ K2 tels que αβ 6= 0 et z + αx + β y = 0E .
Exercice B
Soit E un R-espace vectoriel et F1 , . . . , Fn des sous-espaces vectoriels de E strictement inclus dans E .
Supposons que Fn 6⊂ F1 ∪ . . . ∪ Fn−1 et choisissons x ∈ Fn \ (F1 ∪ . . . ∪ Fn −1 ) et y ∈ E \ Fn .
1. Montrer que λx + y ∈ / Fn pour tout λ ∈ R.
2. Montrer que, pour tout i ∈ [ 1, n − 1]], il existe au plus un λ ∈ R tel que λx + y ∈ Fi .
Fk 6= E .
S
3. Conclure que
k ∈[[1,n ]
Exercice C
Soit u , v et w ∈ L (E ) tels que u ◦ v = w , v ◦ w = u et w ◦ u = v.
1. Montrer que Ker u = Ker v = Ker w et Im u = Im v = Im w .
2. Montrer que u 5 = u.
3. Vérifier que E = Ker u ⊕ Im u .
Exercice D
1. Soit Φ ∈ L (C[X ]) tel que Φ(P )0 = Φ(P 0 ) pour tout P ∈ C[X ]. Montrer qu’il existe une suite (a n )n telle
que
∞
X
∀P ∈ C[X ], Φ(P ) = a k P (k ) .
k =0
Exercice E
Soit E un K-espace vectoriel, p et q deux projecteurs de E . Montrer que p + q est un projecteur si, et
seulement si, p ◦ q = q ◦ p = 0.
Exercice F
Soit E un espace vectoriel, F , G et H des sous-espaces de E tels que E = F ⊕ G = F ⊕ H . Montrer que G
et H sont isomorphes.
Problèmes du chapitre 14
Problème 1
Dans ce court problème, on cherche à étudier des sous-espaces qui admettent un supplémentaire com-
mun.
574
Chapitre 14 – Espaces vectoriels
b. Justifier que E = EP ⊕ Rp −1 [X ].
c. En déduire que si p = q , alors EP et EQ admettent un supplémentaire commun.
2. Soit E un espace vectoriel.
a. Soit F un sous-espace vectoriel et x ∈ E non nul tels que E = F ⊕ Vect(x ). Montrer que pour
tout y ∈/ F , E = F ⊕ Vect(y ).
b. Soit F1 , F2 des sous-espaces vectoriels et x1 ∈ F2 \ F1 , x2 ∈ F1 \ F2 tels que E = F1 ⊕ Vect(x1 ) =
F2 ⊕Vect(x2 ). Déterminer une droite vectorielle qui est un supplémentaire commun à F1 et F2 .
PROBLÈMES
b. Montrer que ϕ est un projecteur de E .
c. En déduire que Ker ϕ est un supplémentaire de P .
575
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Vrai.
b) Vrai.
c) Faux, avec par exemple deux parties disjointes : A = {x }, B = {2x }.
d) Vrai.
e) Faux, par exemple pour F ∩ G = F ∩ H = {0E }.
f) Faux.
g) Faux, si u = −v 6= 0, alors Im(u + v ) = {0E } et Im u + Im v = Im u 6= {0}.
h) Vrai.
i) Faux.
j) Vrai.
k) Faux, par exemple avec Id et Id.
l) Vrai.
m) Faux, (p − 2Id)2 = 4Id − p .
n) Vrai.
o) Faux, Im s est tout l’espace car s est bijective alors que Ker(s − Id) est l’espace des vecteurs invariants
par s . L’égalité n’a lieu que pour s = Id.
Exercice 1
1. L’ensemble est évidemment non vide. Soit (u n )n et (vn )n des suites bornées par M u et M v respecti-
vement, λ, µ ∈ R. Alors, pour tout n , |λu n + µvn | ≤ |λ|M u + |µ|M v . Ainsi, toute combinaison linéaire de
suites bornées est bornée. L’ensemble est un espace vectoriel.
2. Considérons (u n )n et (vn )n définies par
u 0 = 0, u 1 = 1, u n = 3 pour tout n ≥ 2,
v0 = 0, vn = −2 pour tout n ≥ 1.
Ces deux suites sont monotones et pourtant u 0 + v0 = 0, u 1 + v1 = −1, u 2 + v2 = 1 donc (u n + vn )n n’est pas
monotone : cet ensemble n’est pas un espace vectoriel.
3. Oui : cet ensemble est non vide et une combinaison linéaire de telles suites est bien dans l’ensemble
(on regroupe les suites croissantes et décroissantes en discutant selon le signe des scalaires).
576
Corrigés
Exercice 2
1. Non, 2Id n’est pas dans l’ensemble alors que Id y appartient.
2. Cet ensemble est non vide (fonction nulle). Pour tous f , g dans cet ensemble, il existe k et k 0 tels que,
pour tout x ∈ R,
| f (x )| ≤ k |x |, |g (x )| ≤ k 0 |x |.
Alors, pour tous λ, µ ∈ R,
∀x ∈ R, |λf (x ) + µg (x )| ≤ (|λ|k + |µ|k 0 )|x |.
La fonction λf + µg appartient à l’ensemble qui est donc un espace vectoriel.
3. Cet espace est RR : toutes les fonctions vérifient la propriété pour k = 0.
Exercice 3
1. Soit a ∈ R. La partie Ea de E est non vide car elle contient la fonction nulle. Par ailleurs, pour tous
f , g ∈ Ea et tout λ ∈ R, (λf + g )(a ) = λf (a ) + g (a ) = 0 donc λf + g ∈ Ea . D’après la caractérisation des
sous-espaces vectoriels, Ea est un sous-espace vectoriel de E .
2. Pour tout f ∈ E ,
x −a b −x
f (x ) = f (x ) + f (x ).
| {z } |b − {z
b − a a }
∈Ea ∈E b
Exercice 4
. Soit x ∈ E ; considérons f ∈ F et g ∈ G tels que x = f + g . Comme f ∈ F = F 0 ⊕ (F ∩ G ), il existe f 0 ∈ F 0
et g 0 ∈ F ∩ G tels que f = f 0 + g 0 et donc
x = f 0 + (g 0 + g ) ∈ F 0 + G .
Par conséquent, E ⊂ F 0 + G l’autre inclusion étant évidente car F 0 et G sont des parties de E .
. Par ailleurs, F 0 ∩ G = (F 0 ∩ F ) ∩ G = F 0 ∩ (F ∩ G ) = {0E } donc F 0 et G sont en somme directe.
En combinant les deux points, on obtient E = F 0 ⊕ G .
Exercice 5
(⇒) Supposons que la somme F + G + H est directe.
• Si x ∈ F ∩ G , alors
x + 0E + 0E = 0E + x + 0E ,
∈F ∈G ∈H ∈F ∈G ∈H
577
Mathématiques MPSI
Exercice 6
1. Montrons que Vect(E \ F ) = E . Comme E \ F ⊂ Vect(E \ F ), il suffit de montrer que F ⊂ Vect(E \ F ).
Considérons x ∈ F et y ∈ / F . Alors, x = (x − y ) + y et les vecteurs x − y et y n’appartiennent pas à F donc
x ∈ Vect(E \ F ) ce qui termine la preuve.
2. Si un endomorphisme u est nul sur E \F , il l’est également sur Vect(E \F ) = E : c’est l’endomorphisme
nul.
Exercice 7
1. Utilisons la caractérisation de somme-directe de deux sous-espaces par l’intersection nulle.
Soit y ∈ u (E1 ) ∩ u(E2 ). Il existe x1 ∈ E1 et x2 ∈ E2 tels que y = u(x1 ) = u (x2 ). Par injectivité de u , x1 = x2 ∈
E1 ∩ E2 . Comme E1 ∩ E2 = {0E }, x1 = 0E donc y = 0F .
2. La réciproque est fausse en général. On peut construire un contre-exemple dans R3 avec un endomor-
phisme u défini par u((x , y , z )) = (x , y , 0).
Cet endomorphisme n’est pas injectif car Ker u = Vect((0, 0, 1)).
En revanche, les droites E1 = Vect((1, 0, 0)) et E2 = Vect((0, 1, 0)) sont en somme directe ; par ailleurs, u (E1 ) =
E1 et u (E2 ) = E2 donc u (E1 ) et u(E2 ) sont en somme directe.
Exercice 8
. Le caractère linéaire de Φ est une simple vérification.
. Fixons un couple (x 0 , y 0 ) ∈ E ×F et cherchons ses antécédents (x , y ) ∈ E ×F par Φ. La condition (x 0 , y 0 ) =
Φ((x , y )) se réécrit x 0 = x et y 0 = y − u (x ) soit encore x = x 0 et y = y 0 + u (x 0 ) : il y a donc un et un seul
antécédent par Φ. Ainsi, Φ est bijective donc un automorphisme.
Exercice 9
1. Soit x ∈ E . Alors,
x ∈ u −1 (u (F )) ⇔ u (x ) ∈ u (F )
⇔ ∃f ∈ F, u(x ) = u (f )
⇔ ∃f ∈ F, u(x − f ) = 0E
⇔ ∃f ∈ F, x − f ∈ Ker u
⇔ x ∈ F + Ker u
2. Montrons que u (u −1 (F )) = F ∩ Im u .
. Soit y ∈ u (u −1 (F )). Il existe x ∈ u −1 (F ) tel que y = u (x ) donc y ∈ Im u et y ∈ F .
. Soit y ∈ F ∩ Im u . Comme y ∈ Im u , il existe x ∈ E tel que y = u (x ) et, comme y ∈ F , x ∈ u −1 (F ). Ainsi,
y ∈ u (u −1 (F )).
Exercice 10
1. Procédons par analyse-synthèse.
. Soit x ∈ E tel que x = y + z avec y ∈ Ker v et z ∈ Im u. Alors, u ◦ v (x ) = u ◦ v (z ) = z car u ◦ v ◦ u = u .
Ainsi, z = u ◦ v (x ) et y = x − z .
. Soit x ∈ E . Posons z = u ◦ v (x ) et y = x − z . Alors, z ∈ Im u , y + z = x et v (y ) = v (x ) − v ◦ u ◦ v (x ) = 0E .
En conclusion, E = Ker v ⊕ Im u .
2. Par définition de l’image u(Im v ) ⊂ u (E ) = Im u. Par ailleurs, la relation u ◦ v ◦ u = u entraîne que
Im u = u ◦ v (Im u) donc
Im u ⊂ u ◦ v (E ) = u(Im v ).
En conclusion, u(Im v ) = Im u .
578
Corrigés
Exercice 11
1. Soit n ∈ N. Pour tout x ∈ Ker u n , u n+1 (x ) = u (u n (x )) = u (0E ) = 0E donc x ∈ Ker u n +1 . Par conséquent,
Ker u n ⊂ Ker u n+1 .
2. Soit n ∈ N. Pour tout y ∈ Im u n +1 , il existe x ∈ E tel que y = u n+1 (x ) = u n (u(x )) ∈ Im u n . Par consé-
quent, Im u n +1 ⊂ Im u n .
3. (⇒) Soit y ∈ Im u ∩Ker u . Il existe x ∈ E tel que y = u (x ) et u (y ) = 0E . Par conséquent, u 2 (x ) = 0E donc
x ∈ Ker u 2 = Ker u et ainsi, y = 0E .
Par conséquent, Im u ∩ Ker u = {0E }.
(⇐) Soit x ∈ E .
x ∈ Ker u 2 ⇔ u 2 (x ) = 0E
⇔ u (x ) ∈ Im u ∩ Ker u
⇔ u (x ) = 0E
⇔ x ∈ Ker u .
Par conséquent, Ker u = Ker u 2 .
4. (⇒) Soit x ∈ E . Alors, u (x ) ∈ Im u = Im u 2 et il existe t ∈ E tel que u (x ) = u 2 (t ), c’est-à-dire x − u (t ) ∈
Ker u .
x = (x − u (t )) + u (t ) ∈ Ker u + Im u .
Par conséquent, E ⊂ Ker u + Im u et l’autre inclusion est évidente.
(⇐) Soit y ∈ Im u et x ∈ E tel que y = u (x ). Soit x 0 ∈ Ker u et t ∈ E tel que x = x 0 + u(t ). Alors,
y = u (x ) = u(x 0 ) + u 2 (t ) = u 2 (t ) ∈ Im u 2 .
Par conséquent, Im u = Im u 2 .
Exercice 12
Utilisons la caractérisation de somme directe pour deux sous-espaces.
Soit x ∈ Ker(u − λId)2 ∩ Ker(u − µId)2 . Alors,
0E = (u − λId)2 (x ) = u 2 (x ) − 2λu (x ) + x ,
0E = (u − µId)2 (x ) = u 2 (x ) − 2µu (x ) + x .
En effectuant la différence, on obtient 2(λ − µ)u (x ) = 0E donc u (x ) = 0E car λ 6= µ. En reportant dans
l’une des équations, on en déduit x = 0E .
En conclusion, Ker(u − λId)2 ∩ Ker(u − µId)2 = {0E } donc les sous-espaces sont en somme directe.
Exercice 13
De manière évidente, pour tout f ∈ L (E ), f = f ◦ p + f ◦ (Id − p ). Il ne reste à montrer que la propriété de
CORRIGÉS
579
Mathématiques MPSI
Exercice 14
Montrons ce résultat élémentaire par analyse-synthèse.
. Soit x = y + u(z ) avec y ∈ Ker v et z ∈ E . Alors, en composant par v , on obtient
v (x ) = v (y ) + v ◦ u (z ) = z .
Exercice 15
(⇒) Soit v ∈ V . Alors, u (v ) ∈ u (V ) ⊂ u (W ). Ainsi, il existe w ∈ W tel que u(v ) = u (w ), c’est-à-dire v − w ∈
Ker u. Ainsi, v = w + (v − w ) ∈ W + Ker u .
Par conséquent, V ⊂ W + Ker u et comme Ker u ⊂ V + Ker u , on a bien V + Ker u ⊂ W + Ker u .
(⇐) Soit v ∈ V ⊂ W +Ker u . Considérons w ∈ W et x ∈ Ker u tels que v = w +x . Alors, u (v ) = u (w ) ∈ u(W ).
Ainsi, u (V ) ⊂ u (W ).
Exercice 16
(⇒) Le sens direct est évident. En effet, si x ∈ Ker φ, alors, pour tout v ∈ L (E , F ), v ◦ φ(x ) = v (0E ) = 0F
donc x ∈ Ker v ◦ φ.
(⇐) Soit E 0 un supplémentaire de Ker φ dans E et E 00 un supplémentaire de Im φ dans E . Alors,
→ Im φ
§ 0
E
φ̃ :
x 7→ φ(x )
est un isomorphisme. Considérons pour v l’unique application linéaire qui coïncide avec u ◦ φ̃ −1 sur
Im φ et avec l’application nulle sur E 00 .
Soit x ∈ E ; considérons x 0 ∈ E 0 et t ∈ Ker φ tels que x = x 0 + t . Alors,
v ◦ φ(x ) = v (φ(x 0 ) + 0E ) = v (φ̃(x 0 )) = u ◦ φ̃ −1 (φ̃(x 0 )) = u(x 0 ) = u (x ),
car t ∈ Ker φ ⊂ Ker u . Par conséquent, u = v ◦ φ.
Exercice 17
1. Remarquons que
1 1
(u − a Id) − (u − b Id) = Id.
b −a b −a
Ainsi, on a immédiatement que si x ∈ Ker(u − a Id) ∩ Ker(u − b Id), alors x = 0E (en appliquant l’identité
en x ). Les deux sous-espaces Ker(u − a Id) et Ker(u − b Id) sont en somme directe.
Par ailleurs, pour tout x ∈ E ,
1 1
x= (u − a Id)(x ) + (u − b Id)(x ) ∈ Ker(u − b Id) ⊕ Ker(u − a Id),
b
| − a {z −
} | b {z
a }
∈Ker(u−b Id) ∈Ker(u −a Id)
580
Corrigés
2. Dans la question précédente, on a explicité la décomposition d’un vecteur x quelconque donc déter-
miné la projection, c’est-à-dire l’application qui à x associe sa composante sur Ker(u − a Id) :
1
p : x 7→ (u − b Id)(x ).
a −b
3. La projection sur Ker(u − b Id) parallèlement à Ker(u − a Id) est Id − p . Par conséquent, u = u ◦ Id =
u ◦ (p + Id − p ) = u ◦ p + u ◦ (Id − p ). Or, par définition de Ker(u − a Id) = Im p (respectivement Ker(u −
b Id) = Im(Id − p )), la restriction de u à ce sous-espace coïncide avec a Id (respectivement b Id). Ainsi,
u = a p + b (Id − p ).
Remarquons p ◦ (Id − p ) = (Id − p ) ◦ p = 0 donc u n = a n p n + b n (Id − p )n = (a n − b n )p + b n Id.
L’ensemble de cette solution repose sur la première identité qui n’est autre qu’une traduction de l’identité
de Bézout entre les polynômes X − a et X − b .
Exercice 18
L’endomorphisme u = λp + (1 − λ)q vérifie
u 2 − u = λ2 p 2 + (1 − λ)2 q 2 + λ(1 − λ)p ◦ q + λ(1 − λ)q ◦ p − λp − (1 − λ)q
= λ(λ − 1)p − (1 − λ)λq + 2λ(1 − λ)p ◦ q car p ◦ q = q ◦ p
= λ(λ − 1)((Id − q ) ◦ p + (Id − p ) ◦ q ).
Or, en utilisant les projecteurs associés p et Id−p , on a Ker(p −Id) = Im p = Im q et, de même, Ker(Id−q ) =
Im q = Im p donc u 2 − u = 0 et u est un projecteur.
Exercice 19
Il est clair que Ker p ∩Ker q ⊂ Ker(p +q ). Montrons l’autre inclusion en considérant x ∈ Ker(p +q ). L’iden-
tité (p + q )2 = p + q + 2p ◦ q donne en x , p ◦ q (x ) = 0E . Or, comme (p + q )(x ) = 0E , q (x ) = −p (x ) et la
condition trouvée est p 2 (x ) = 0E soit encore p (x ) = 0E car p est un projecteur. Ainsi, x ∈ Ker p et par
symétrie, x ∈ Ker q .
Exercice A
(⇒) Par hypothèse x ∈ Vect(x ) ⊂ F +Vect(x ) = F +Vect(y ) donc il existe z ∈ F et β ∈ K tels que x = z +β y ,
c’est-à-dire z − x + β y = 0E .
Si β 6= 0, on a bien exhibé une relation de la forme voulue ; sinon, x = z ∈ F et donc y ∈ F + Vect(y ) =
F + Vect(x ) = F : une relation est alors obtenue avec
CORRIGÉS
x + y − x − y = 0E .
| {z }
∈F
β
(⇐) Montrons une inclusion, l’autre s’obtenant par symétrie. Avec la relation de l’énoncé, x = − α1 z − α y ∈
F + Vect(y ) d’où Vect(x ) ⊂ F + Vect(y ). Or, F ⊂ F + Vect(y ) donc F + Vect(x ) ⊂ F + Vect(y ).
581
Mathématiques MPSI
Exercice B
1. Raisonnons par l’absurde et supposons qu’il existe λ ∈ R tel que λx + y ∈ Fn . Alors, y = (λx + y )−λx ∈
Fn car x ∈ Fn : contradiction.
2. Raisonnons encore par l’absurde et supposons qu’il existe i ∈ [ 1, n − 1]] et deux réels distincts λ et µ
1
tels que λx + y ∈ Fi et µx + y ∈ Fi . Alors, x = λ−µ (λx + y ) − (µx + y ) ∈ Fi , d’où la contradiction avec le
choix de x .
Fk = E , alors, pour tout λ ∈ R, λx + y ∈
S S
3. Si Fk d’après la première question.
k ∈[[1,n]] k ∈[[1,n −1]]
Or, d’après la deuxième question, il y a au plus n − 1 réels λ tels que cette condition soit vérifiée : contra-
diction.
Dans cet exercice, nous avons montré qu’un R-espace vectoriel n’est pas réunion d’un nombre fini de
sous-espaces stricts.
Exercice C
1. Comme u ◦ v = w , on a Ker v ⊂ Ker w . En procédant de même avec les autres égalités, on obtient
Ker v ⊂ Ker w ⊂ Ker u ⊂ Ker v
et donc l’égalité des trois noyaux. Le même raisonnement entraîne l’égalité des images.
2. On a successivement
u =v ◦w =v ◦u ◦v =v ◦u ◦w ◦u
= v ◦ (v ◦ w ) ◦ w ◦ u = v ◦ (w ◦ u ) ◦ (u ◦ v ) ◦ w ◦ u
= (v ◦ w ) ◦ u ◦ u ◦ (v ◦ w ) ◦ u = u 5 .
3. Procédons par analyse et synthèse.
. Soit x ∈ E tel que x = y + z avec u(y ) = 0E et z ∈ Im u . Alors, u 4 (x ) = u 4 (z ) = z car u 5 = u . Ainsi,
z = u 4 (x ) et y = x − z .
. Soit x ∈ E . Posons z = u 4 (x ) et y = x − z . Alors, z ∈ Im u , y + z = x et u (y ) = u (x ) − u 5 (x ) = 0E .
En conclusion, E = Ker u ⊕ Im u .
Exercice D
1. Construisons par récurrence sur n ∈ N, la suite (a n )n .
. Nécessairement a 0 = Φ(1). Alors, pour tout P ∈ C0 [X ], Φ(P ) = Φ(1).P = a 0 P .
. Soit n ∈ N telle que les valeurs a 0 , . . . , a n soient définies, et donc que pour tout P ∈ Cn [X ],
n
X
Φ(P ) = a k P (k ) .
k =0
582
Corrigés
2. Remarquons tout d’abord que Φ commute bien avec la dérivation donc il existe une suite (a n )n telle
que
∞
X
∀P ∈ C[X ], P (X + 1) = a k P (k ) .
k =0
1
En considérant cette égalité pour P = X et en évaluant en 0, on obtient que 1 = n !a n donc a n =
n
n! .
Exercice E
Remarquons tout d’abord que p + q est un projecteur si, et seulement si, (p + q )2 = p + q soit en dévelop-
pant (et en utilisant que p 2 = p et q 2 = q ) p ◦ q + q ◦ p = 0.
Montrons maintenant que cette condition entraîne bien celle de l’énoncé (la réciproque est évidente).
p ◦q =p ◦p ◦q
= p ◦ (−q ◦ p )
= (−p ◦ q ) ◦ p
= q ◦ p ◦ p = q ◦ p.
Avec la condition p ◦ q = −q ◦ p , on obtient p ◦ q = q ◦ p = 0.
Exercice F
Considérons p la projection sur G parallèlement à F et introduisons l’application linéaire induite par p
de H dans G (qui est bien définie car G = Im p ) :
§
H → G
u:
x 7→ p (x )
. L’application u est injective car Ker u = Ker p ∩ H = F ∩ H = {0E }.
. Montrons que u est surjective. Pour tout y ∈ G = Im p , il existe x ∈ E tel que y = p (x ). Décomposons x
selon F ⊕ H : il existe f ∈ K = Ker p et h ∈ H tels que x = f + h . Alors,
y = p (f + g ) = p (f ) + p (g ) = p (g ) = u (g ).
En conclusion, G = Im u ce qui traduit la surjectivité.
Problème 1
Partie A – Premiers exemples
CORRIGÉS
1. a. EP est une partie non vide de E (car elle contient le polynôme nul) et stable par combinaison
linéaire : c’est un sous-espace vectoriel de E .
b. La décomposition E = EP ⊕ Rp −1 [X ] n’est autre que la division euclidienne par P .
c. Si p = q , alors Rp −1 [X ] est un supplémentaire commun à EP et EQ .
2. a. Soit y ∈ / F ; il existe f ∈ F et λ ∈ K∗ tel que y = f + λx donc x = −λ−1 f + λ−1 y ∈ F + Vect(y ). Ainsi,
E = F ⊕ Vect(x ) = F + Vect(y ).
Par ailleurs, F ∩ Vect(y ) = {0E } car sinon y ∈ F .
b. On remarque que le vecteur x = x1 + x2 n’appartient ni à F1 ni à F2 . D’après la question précédente,
Vect(x ) est un supplémentaire commun à F1 et F2 .
583
Mathématiques MPSI
584
Chapitre 15
585
COURS
Le chapitre débute avec l’introduction des bases : ces familles libres et génératrices permettent de géné-
raliser les manipulations de coordonnées connues dans des espaces vectoriels naturels comme R2 ou R3 .
On remarque ensuite que dans un espace vectoriel admettant une base finie, toutes les bases ont le même
nombre d’éléments : cela permet de définir rigoureusement la notion de dimension d’un espace vecto-
riel. On apprend ensuite à calculer la dimension puis à exploiter celle-ci pour simplifier les différentes
caractérisations (propriété de base, de supplémentaires, d’isomorphisme...).
1. Bases
1.1. Familles libres
Définition 15.1.
Remarque
. Une famille qui contient le vecteur nul est forcément liée (il suffit de prendre un coefficient non nul
devant le vecteur nul et des coefficients nuls partout ailleurs). Par contraposition, toute famille libre ne
contient pas le vecteur nul.
. Toute famille contenant une famille liée est liée (il suffit de prendre les coefficients non tous nuls devant
les vecteurs de la sous-famille liée de sorte à obtenir une somme nulle et des coefficients nuls partout
ailleurs). Par contraposition, toute famille contenue dans une famille libre est libre.
Exemple
Deux vecteurs x et y ∈ E forment une famille liée si, et seulement s’il existe λ, µ ∈ K non tous les
deux nuls tels que λx + µy = 0E .
µ
• Si λ 6= 0, alors x = − λ y .
• Sinon, µ 6= 0, et y = − µλ x .
Autrement dit, si deux vecteurs forment une famille liée, alors ils sont colinéaires. La réciproque
est élémentaire.
Exemple
Une famille de polynômes (Pk )k ∈[[1,n]] est échelonnée en degré si
∀k ∈ [ 1, n]], 0 ≤ deg Pk < deg Pk +1 .
Remarquons en particulier qu’une famille échelonnée en degré ne contient pas le polynôme nul.
Alors, toute famille de polynômes échelonnée en degré est libre.
Montrons le résultat par récurrence.
. Un polynôme non nul forme une famille libre.
586
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
. Soit n ∈ N\{0}. Supposons que le résultat est vrai pour toute famille de n polynômes échelonnée
en degré et considérons une famille de n + 1 polynômes (Pk )k ∈[[1,n+1]] échelonnée en degré.
Pn+1
Si k =1 λk Pk = 0, alors λn+1 = 0 (car sinon le membre de gauche est de degré deg Pn +1 6= −∞) et
on conclut avec l’hypothèse de récurrence appliquée à la famille (Pk )k ∈[[1,n ] .
Exemple
Il existe des familles libres de polynômes qui ne sont pas échelonnées en degré. Par exemple, les
polynômesP de Lagrange (L k )0≤k ≤n associés aux réels a 0 < . . . < a n forment une famille libre.
n
En effet, si k =0 λk L k (X ) = 0, alors, en évaluant en chacun des a i , on trouve que λi = 0 pour tout
i ≤ n.
Lemme 15.2.
Soit (xi )i ∈I une famille libre d’un K-espace vectoriel E et x ∈ E tel que la famille composée de x et
(xi )i ∈I est liée. Alors, x ∈ Vect(xi )i ∈I .
Démonstration
Comme la famille composée de x et (xi )i ∈I est liée, il existe des coefficients non tous nuls µ et (λi )i ∈I tels
que X
µx + λi .xi = 0E .
i ∈I
Si µ = 0, alors i ∈I λi .xi = 0E et par liberté de la famille (xi )i ∈I , tous les coefficients λi sont nuls : contra-
P
diction. Donc µ 6= 0 et
X λ
i
x= − .xi
i ∈I
µ
1.2. Bases
Passons maintenant à la notion de base d’un espace vectoriel.
Définition 15.3.
Une base d’un K-espace vectoriel E est une famille de E à la fois libre et génératrice.
Exemple
Voici quelques exemples de bases dites canoniques.
. (1, 0, . . . , 0), . . . , (0, . . . , 0, 1) est une base de Kn .
. (X k )k ∈[[0,n ] est une base de Kn [X ].
. (X k )k ∈N est une base de K[X ].
Proposition 15.4.
Une famille (xi )i ∈I est une base si, et seulement si, tout vecteur de E admet une unique écriture
comme combinaison linéaire des vecteurs (xi )i ∈I . Les scalaires de cette combinaison linéaire sont les
587
Mathématiques MPSI
coefficients du vecteur dans la base. L’application qui, à un vecteur, associe la coordonnée selon xi
est une forme linéaire.
Démonstration
. L’existence de l’écriture sur une base correspond à la propriété de famille génératrice, l’unicité de la
propriété de liberté ; en effet, s’il existe deux combinaisons linéaires égales
X X
λi xi = µi x i ,
i ∈I i ∈I
alors X
(λi − µi )xi = 0E .
i ∈I
Alors, X X X
a + λb = a i xi + λ bi xi = (a i + λbi )xi .
i ∈I i ∈I i ∈I
Exemple
D’après la formule de Taylor pour les polynômes, la famille ((X − a )k )k ∈N est une base de K[X ] et
la forme linéaire coordonnée associée à (X − a )k est P 7→ k1! P (k ) (a ).
Exemple
D’après le théorème d’interpolation, les polynômes de Lagrange (L k )0≤k ≤n associés aux réels deux
à deux distincts a 0 < . . . < a n forment une base de Rn [X ] et la forme linéaire coordonnée associée
à L k (X ) est P 7→ P (a k ).
La proximité de la propriété de base et celle de somme directe est explicitée avec la proposition suivante.
Proposition 15.5.
Soit F et G deux sous-espaces supplémentaires d’un K-espace vectoriel E . La famille obtenue par
concaténation d’une base de F et d’une base de G est une base de E .
Démonstration
Soit I et J des ensembles disjoints, (ei )i ∈I une base de F et (ei )i ∈J une base de G .
. Soit x ∈ E . Comme E = F + G , il existe y ∈ F et z ∈ G tels que x = y + z . Comme F = Vect(ei )i ∈I et
G = Vect(ei )i ∈J , on en déduit que x ∈ Vect(ei )i ∈I ∪J donc la famille (ei )i ∈I ∪J est génératrice.
. Soit (λi )i ∈I ∪J une famille de scalaires presque nulle telle que
X
λi ei = 0E .
i ∈I ∪J
Alors, X X
λi ei = − λi ei ∈ F ∩ G .
i ∈I i ∈J
588
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Comme F et G sont en somme directe, ce vecteur est nul.
X X
λi ei = λi ei = 0E .
i ∈I i ∈J
Enfin, comme les familles (ei )i ∈I et (ei )i ∈J sont libres, tous les scalaires sont nuls. En conclusion, la famille
(ei )i ∈I ∪J est libre.
La proposition suivante fournit la réciproque.
Proposition 15.6.
Soit (ei )i ∈I une base de E et J ⊂ I . Alors, les sous-espaces F = Vect(ei )i ∈J et G = Vect(ei )i ∈I \ J sont
supplémentaires.
Démonstration
. Pour tout x ∈ E , il existe des scalaires (xi )i ∈I tels que
X X X
x= xi ei = xi ei + xi ei
i ∈I i ∈J i ∈I \ J
donc x ∈ F + G .
. Soit (λi )i ∈I une famille de scalaires presque nulle telle que
X X
λi ei = λi ei .
i ∈J i ∈I \ J
Alors, par la liberté de la famille (ei )i ∈I , tous les scalaires λi sont nuls : les sous-espaces F et G sont en
somme directe.
Proposition 15.7.
Soit E et F deux K-espaces vectoriels, (ei )i ∈I une base de E et (fi )i ∈I une famille de F . Il existe une
unique application linéaire u ∈ L (E , F ) telle que
∀i ∈ I , u(ei ) = fi .
Démonstration
. Supposons Pu existe. Tout vecteur x admet une unique écriture de la
qu’une telle application linéaire
forme i ∈I λi ei ; donc son image est u(x ) = i ∈I λi fi . Ainsi, l’application linéaire est unique.
P
P
. Réciproquement, l’application définie par u i ∈I λi e i = i ∈I λi f i est bien linéaire d’après la linéarité
P
Exemple
Déterminons l’unique application linéaire u : R3 → R2 telle que u (1, 0, 0) = (1, 4), u (0, 1, 0) = (0, 7)
et u(0, 0, 1) = (8, 9). Pour tout (x , y , z ) ∈ R3 ,
u (x , y , z ) = u(x (1, 0, 0) + y (0, 1, 0) + z (0, 0, 1))
= x u(1, 0, 0) + y u(0, 1, 0) + z u(0, 0, 1)
= x (1, 4) + y (0, 7) + z (8, 9) = (x + 8z , 4x + 7y + 9z ).
589
Mathématiques MPSI
On peut rapprocher cette dernière proposition du résultat suivant (dont elle est un cas particulier avec
Fk = Vect(ek ) pour tout k ∈ [ 1, n]]).
Proposition 15.8.
Démonstration
. En notant, pour
Pn tout k , pk la projection sur Fk parallèlement à la somme des autres sous-espaces, l’ap-
plication u = k =1 u k ◦ pk convient.
Pn
. Soit x ∈ E et (x1 , . . . , xn ) ∈ F1 × . . . × Fn tels que x = k =1 xk . Alors, une application linéaire u ∈ L (E , F )
telle que, pour tout k ∈ [ 1, n ]], u |Fk = u k , vérifie u (xk ) = u k (xk ) pour tout k donc
n
X
u (x ) = u k (xk ).
k =1
Démonstration
. L’application u n’est pas injective si, et seulement s’il existe un vecteur non nul dans le noyau. En
écrivant ce vecteur dans la base (ei )i ∈I , on obtient qu’il existe un vecteur non nul dans le noyau si, et
seulement s’il existe une combinaison linéaire nulle non triviale des (u (ei ))i ∈I . En conclusion, u n’est pas
injective si, et seulement si, la famille (u (ei ))i ∈I est liée.
. L’application u est surjective si, et seulement si, F = Im u = Vect(u (ei ))i ∈I .
Exemple
L’endomorphisme u de R[X ] défini par l’image de la base canonique u (X k ) = X k + 1, pour tout
entier k ∈ N, est injectif car l’image d’une base est une famille libre (car échelonnée en degré).
2. Dimension
2.1. Espaces vectoriels de dimension finie
Définition 15.10.
Un espace vectoriel est de dimension finie s’il admet une famille génératrice finie.
Exemple
. Les espaces Kn , Kn [X ] sont des K-espaces vectoriels de dimension finie.
. L’espace K[X ] n’est pas de dimension finie ; en effet, s’il existait une famille génératrice finie
(Pi )i ≤N de K[X ], alors tout polynôme serait de degré au plus max{deg Pi , i ≤ N }, ce qui est
absurde.
590
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Intéressons-nous à l’obtention d’une base pour un K-espace vectoriel de dimension finie. On va procéder
de deux manières différentes : en partant d’une famille génératrice et en extrayant une base ou en partant
d’une famille libre et en la complétant en une base.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie différent de {0E }. Toute famille génératrice finie de
E admet une sous-famille qui est une base de E .
Démonstration
Soit (ei )i ∈I une famille génératrice finie de E . Comme E est différent de {0E }, il existe des vecteurs non
nuls donc des familles libres à un élément dans (ei )i ∈I . Considérons une sous-famille libre (ei )i ∈J avec
J ⊂ I de cardinal maximal.
Par maximalité, lorsque l’on ajoute un vecteur e j avec j ∈ / J , la famille (ei )i ∈J ∪{ j } est liée donc e j ∈ Vect(ei )i ∈J .
Ainsi, E = Vect(ei )i ∈I = Vect(ei )i ∈J : la famille (ei )i ∈J est libre et génératrice donc c’est une base de E .
Corollaire 15.12.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie et (ei )i ∈I une famille génératrice finie.
Toute famille libre de E peut être complétée en une base de E avec des vecteurs de la famille (ei )i ∈I .
Démonstration
Soit (ei )i ∈I une famille génératrice finie de E , (e j0 ) j ∈J une famille libre de E et considérons une sous-
famille libre de la réunion de ces deux familles de vecteurs, contenant (e j0 ) j ∈J et de cardinal maximal.
Cette famille existe car (e j0 ) j ∈J est une famille libre, elle est génératrice car lorsque l’on ajoute un nouveau
vecteur de la famille (ei )i ∈I , on obtient une famille liée : on conclut comme précédemment en utilisant
le lemme rappelé ci-dessus.
Toute famille de n + 1 vecteurs d’un espace vectoriel admettant une base de cardinal n est liée.
Démonstration
Raisonnons par récurrence sur n ∈ N \ {0}.
. Le résultat est vrai pour n = 1 : si une base est de cardinal 1 alors tous les vecteurs sont colinéaires avec
le vecteur de cette base.
. Soit n ≥ 1. Supposons le résultat établi pour les espaces vectoriels admettant une base de cardinal au
plus n . Soit E un espace vectoriel de base (ei )i ∈[[1,n+1]] et (xk )k ∈[[1,n+2]] une famille de n + 2 vecteurs de E .
• Si, pour tout k ≤ n + 2, xk ∈ Vect(ei )i ∈[[1,n]] , alors on conclut que la famille est liée en appliquant
l’hypothèse de récurrence.
• Sinon, il existe k0 tel que la coordonnée sur en+1 de xk0 est non nulle. Notons, pour tout i et k , λk ,i
591
Mathématiques MPSI
D’après l’hypothèse de récurrence, cette famille est liée donc (xk )k ∈[[1,n+2]] est liée.
Proposition 15.15.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie. Toutes les bases de E sont finies et ont le même
cardinal.
Démonstration
D’après la proposition précédente, toute famille dont le cardinal est supérieur au cardinal d’une base est
liée. Comme deux bases sont deux familles libres, le cardinal de l’une est donc inférieur ou égal à celui
de l’autre et réciproquement.
Définition 15.16.
La dimension d’un K-espace vectoriel non nul de dimension finie est le cardinal commun de toutes
ses bases, noté dimK E ou, plus simplement, dim E s’il n’y a pas ambiguïté sur le corps de base.
Par convention, la dimension du sous-espace nul est 0.
Exemple
En dénombrant les éléments de la base canonique, on obtient que Kn est un K-espace vectoriel
de dimension n .
Remarque
Attention à préciser (le cas échéant) le corps de base. Par exemple, dimR C = 2 (une base est 1 et i ) et
dimC C = 1 (une base est 1).
Plus généralement, si E est un C-espace vectoriel de dimension n , alors E est également un R-espace
vectoriel de dimension 2n (en remplaçant la base (e1 , . . . , en ) par la base (e1 , i e1 , . . . , en , i en )).
Exemple
L’espace Kn [X ] est un K-espace vectoriel de dimension n + 1 car la base canonique (X k )k ∈[[0,n]]
compte n + 1 éléments.
592
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Exemple
Soit (a , b , c ) ∈ R∗ × R2 .
. L’espace des solutions de l’équation différentielle a y 00 + b y 0 + c y = 0 est de dimension 2.
. L’espace des suites vérifiant la relation de récurrence a u n +2 + b u n+1 + c u n = 0 pour tout n , est
de dimension 2.
Avec le théorème de la base incomplète et le principe d’extraction de base, on obtient le résultat suivant.
Proposition 15.17.
Proposition 15.18.
Soit E un K-espace vectoriel de dimension n et (ei )i ∈[[1,p ] une famille de vecteurs de E . Il y a équiva-
lence entre
• (ei )i ∈[[1,p ] est libre et n = p ,
• (ei )i ∈[[1,p ] est génératrice de E et n = p ,
• (ei )i ∈[[1,p ] est une base de E .
Démonstration
Il n’y a aucun vecteur à retirer (extraction de base depuis une famille génératrice) ou à ajouter (complé-
tion d’une famille libre en une base) pour avoir une base car la famille est déjà de cardinal n.
Remarque
Cette proposition est en fait une caractérisation pratique des bases (il suffit de vérifier une propriété et
de dénombrer les vecteurs de la base) comme famille libre maximale ou famille génératrice minimale.
Exemple
Soit a 1 , . . . , a n+1 des réels deux à deux distincts et L 1 , . . . , L n +1 les polynômes de Lagrange associés.
La famille (L k )k ∈[[1,n +1]] est libre ; en effet, si
n+1
X
λk L k (X ) = 0,
k =1
593
Mathématiques MPSI
Proposition 15.19.
Deux K-espaces vectoriels de dimension finie sont isomorphes si, et seulement s’ils ont la même
dimension.
Démonstration
. Soit E et F deux espaces de même dimension n et de bases (e1 , . . . , en ) et (f1 , . . . , fn ) respectivement.
L’unique application linéaire u : E → F définie par u (ei ) = fi pour tout i est un isomorphisme car elle
transforme une base en une base.
. Réciproquement, soit u : E → F un isomorphisme entre deux espaces de dimension finie. Comme
l’image d’une base de E par u est une base de F , ces bases comportent le même nombre d’éléments,
soit dim E = dim F .
Remarque
On définit la dimension d’un sous-espace affine comme la dimension de sa direction. Les sous-espaces
affines de dimension 1 sont les droites affines, de dimension 2 les plans affines.
Soit E1 , . . . , Ep des espaces vectoriels de dimension finie. L’espace vectoriel E1 ×. . .×Ep est de dimen-
sion finie et
p
X
dim(E1 × . . . × Ep ) = dim Ei .
i =1
Démonstration
Il suffit de montrer le résultat pour deux espaces. Si (e1 , . . . , ep ) est une base de E1 et (f1 , . . . , fn ) est une
base de E2 , alors la famille ((e1 , 0E2 ), . . . , (ep , 0E2 ), (0E1 , f1 ), . . . , (0E1 , fn )) est une base de E1 × E2 .
On en déduit directement la dimension des espaces d’applications linéaires.
Proposition 15.21.
Soit E et F deux espaces vectoriels de dimension finie. Alors, L (E , F ) est de dimension finie et
Démonstration
Notons (e1 , . . . , en ) une base de E . L’application linéaire
L (E , F ) → F dim E
§
u 7→ (u (e1 ), . . . , u (en ))
est un isomorphisme (car une application linéaire est uniquement déterminée par l’image de la base
(e1 , . . . , en )) donc dim L (E , F ) = dim(F dim E ) = dim F × dim E .
594
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Corollaire 15.22.
Soit E un espace vectoriel de dimension finie. Alors, l’espace dual de E est de dimension finie et
dim E ∗ = dim E .
Proposition 15.23.
Démonstration
Supposons F 6= {0E }. Considérons une famille de F libre, de cardinal maximal (qui existe car les familles
libres de E sont de cardinal au plus dim E ). Si on ajoute un autre vecteur de F , la famille obtenue est
liée. D’après le lemme déjà utilisé, cette famille est génératrice de F . Ainsi, F admet une base finie et
dim F ≤ dim E .
Si dim E = dim F , alors une base de F est une famille libre de cardinal dim E donc une base de E :
ainsi F = E .
Le théorème de la base incomplète donne également l’existence de supplémentaires.
Proposition 15.24.
Tout sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel de dimension finie admet un supplémentaire.
Démonstration
Soit F un sous-espace vectoriel de E de base (ei )i ∈[[1,p ] . Complétons la famille libre (ei )i ∈[[1,p ] en une base
(ei )i ∈[[1,n]] de E . Alors, le sous-espace Vect(ei )i ∈[[p +1,n ] est un supplémentaire de F .
Proposition 15.25.
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et F1 , F2 deux sous-espaces en somme directe. Alors,
F1 ⊕ F2 est de dimension finie et dim F1 ⊕ F2 = dim F1 + dim F2 .
Démonstration
C’est la propriété établie au chapitre précédent : la famille obtenue par concaténation d’une base de F1
et d’une base de F2 est une base de E .
En appliquant ce résultat à un espace F , on obtient qu’un supplémentaire de F (dont on a établi l’exis-
tence avant) a pour dimension dim E − dim F .
Corollaire 15.26.
595
Mathématiques MPSI
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et F1 , F2 deux sous-espaces. Alors, F1 + F2 est de dimen-
sion finie et
dim F1 + F2 = dim F1 + dim F2 − dim F1 ∩ F2 .
Démonstration
Si la somme est directe (c’est-à-dire si F1 ∩ F2 = {0E }), alors le résultat est déjà établi. Sinon, considérons
G1 un supplémentaire de F1 ∩F2 dans F1 . Alors, F1 +F2 = G1 ⊕F2 (la propriété de somme directe est évidente
car F2 ∩ G1 = F2 ∩ F1 ∩ G1 = {0E }, pour le reste il suffit de décomposer la composante sur F1 d’un élément
de F1 + F2 ). Par conséquent,
dim F1 + F2 = dimG1 + dim F2 .
Or, G1 et F1 ∩ F2 sont supplémentaires dans F1 d’où :
dim F1 = dimG1 + dim F1 ∩ F2 ,
ce qui permet de conclure.
Proposition 15.28.
Démonstration
Il suffit d’appliquer la formule de Grassmann pour obtenir que E = F1 + F2 et dim E = dim F1 + dim F2
entraîne F1 ∩ F2 = {0E } et que F1 ∩ F2 = {0E } et dim E = dim F1 + dim F2 entraîne dim F1 + F2 = dim E et, par
conséquent, F1 + F2 = E .
Les autres implications sont déjà établies.
De manière générale, ces résultats sur la dimension des sommes de deux sous-espaces vectoriels se géné-
ralisent à une somme de p sous-espaces.
Le rang d’une famille finie de vecteurs est la dimension de l’espace engendré par cette famille.
Remarque
Le rang d’une famille finie est donc le cardinal maximal d’une famille libre extraite de cette famille.
Remarque
On peut bien entendu définir de la même manière le rang d’une famille infinie de vecteurs si le sous-
espace engendré est de dimension finie.
Pour déterminer le rang d’une famille de vecteurs, on utilise l’algorithme du rang (ou pivot de Gauss) :
596
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
1. On commence par exprimer tous les vecteurs par leurs coordonnées dans une base et l’on s’inté-
resse à ces vecteurs colonnes.
2. On utilise un vecteur « pivot » pour annuler une coordonnée de tous les autres vecteurs en retran-
chant un multiple du vecteur pivot. Cette opération élémentaire ne modifie pas l’espace engendré.
3. On recommence jusqu’à obtenir une famille de vecteurs étagée : la famille obtenue est alors libre
et génératrice de l’espace engendré par la famille initiale ; c’est donc une base de ce sous-espace
et son cardinal est le rang recherché.
Exemple
1 2 1 4
Considérons les vecteurs de coordonnées 2 , 0 , 6 , 12 et appliquons l’algo-
3 4 5 15
rithme ci-dessus :
1 2 1 4
Vect 2 , 0 , 6 , 12
3 4 5 15
1 0 0 0
= Vect 2 , −4 , 4 , 4
3 −2 2 3
1 0 0
= Vect 2 , −4 , 0 .
3 −2 1
Soit u une application linéaire entre deux sous-espaces E et F avec E de dimension finie. Le rang
de u est la dimension de l’image de u . On le note rg(u ).
Remarque
Le rang d’une application linéaire u est aussi le rang de l’image par u d’une base de E puisqu’une telle
famille est génératrice de Im u .
Remarque
On remarque qu’il n’est pas nécessaire de supposer F de dimension finie dans cette définition car
dim Im u ≤ dim E (car la restriction de u entre E et Im u est surjective).
597
Mathématiques MPSI
Exemple
Une application linéaire nulle est de rang 0 ; toute application linéaire de rang 0 est nulle puisque
son image est le sous-espace nul.
Exemple
Si u ∈ L (E , F ) avec E de dimension finie est injective, alors rg u = dim E ; en effet, la restriction de
u entre E et Im u est un isomorphisme (surjective par construction et injective comme restriction
d’une application injective) donc dim Im u = dim E .
Soit u une application linéaire entre deux sous-espaces E et F avec E de dimension finie. L’applica-
tion u induit un isomorphisme entre un supplémentaire de Ker u et Im u . Par conséquent,
dim E = rg u + dim Ker u .
Remarque
La formule du rang ne signifie pas que Im u et Ker u sont supplémentaires (d’ailleurs en général, ces
sous-espaces ne sont pas dans le même espace).
Démonstration
La première assertion est déjà établie : Im u est donc isomorphe à un supplémentaire de Ker u donc de
même dimension. Ainsi,
rg u = dim Im u = dim E − dim Ker u.
Corollaire 15.32.
Démonstration
Il suffit d’appliquer la formule du rang pour trouver selon les cas que Ker u = {0E } (car dim Ker u = 0) ou
Im u = F (car Im u est un sous-espace de F et dim Im u = dim E = dim F ).
Exemple
Soit a 1 , . . . , a n+1 des réels deux à deux distincts. Considérons l’application linéaire
Rn [X ] → Rn+1
§
Φ:
P 7→ (P (a 1 ), . . . , P (a n +1 ))
Alors, Φ est un isomorphisme ; en effet dim Rn [X ] = n + 1 = dim Rn +1 et Φ est injective (tout poly-
nôme du noyau est de degré au plus n et admet au moins n + 1 racines donc est nul).
598
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Ceci traduit une nouvelle fois la propriété d’interpolation de Lagrange (et les réels P (a k ) pour
tout k ∈ [ 1, n + 1]] sont les coordonnées dans la base des polynômes interpolateurs de Lagrange
associés aux a 1 , . . . , a n+1 ).
Exemple
Soit A un polynôme de degré n ≥ 1. Considérons l’application linéaire
Rp [X ] × Rn−1 [X ] → Rn +p [X ]
§
Φ:
(Q , R ) 7→ A.Q + R
Alors, Φ est un isomorphisme.
. D’une part, il y a égalité des dimensions des deux espaces considérés :
dim Rp [X ] × Rn−1 [X ] = dim Rp [X ] + dim Rn−1 [X ]
= p + 1 + (n − 1) + 1 = n + p + 1
= dim Rn +p [X ].
. D’autre part, l’application linéaire Φ est injective :
(Q , R ) ∈ Ker Φ ⇔ A.Q + R = 0
⇔ A.Q = −R
⇔ deg A + degQ = deg R et A.Q = −R
⇔ degQ = 0 et A.Q = −R
⇔ Q = R = 0.
D’après la proposition précédente, Φ est surjective : cela traduit la propriété de division eucli-
dienne dans Rn+p [X ].
Proposition 15.33.
Démonstration
. Comme Im(v ◦ u ) ⊂ Im v , rg(v ◦ u ) ≤ rg v . Comme Ker(v ◦ u ) ⊃ Ker u , la formule du rang donne
rg(v ◦ u ) = dim E − dim Ker(v ◦ u ) ≤ dim E − dim Ker u = rg(u ).
599
Mathématiques MPSI
Corollaire 15.34.
Soit u une application linéaire entre deux sous-espaces E et F de dimension finie, f un isomorphisme
entre E1 et E et g un isomorphisme entre F et F1 . Alors,
rg(g ◦ u ◦ f ) = rg(u ).
Remarque
Introduisons la relation d’équivalence sur les endomorphismes d’un espace vectoriel E de dimension
finie. Les endomorphismes u , v sont équivalents s’il existe des automorphismes f et g de E tels que
v =g ◦u ◦ f .
La proposition précédente indique que le rang est constant sur les classes d’équivalence d’endomor-
phismes. En fait, on peut montrer que si deux endomorphismes sont de même rang, alors ils sont équi-
valents.
Il est important de comprendre que l’application rg n’est pas linéaire mais que l’on peut toutefois la
manipuler assez facilement.
Proposition 15.35.
Soit u , v deux applications linéaires d’un espace de dimension finie E dans un espace F et λ un
scalaire non nul.
. rg(λu ) = rg(u ).
. rg(u + v ) ≤ rg(u ) + rg(v ).
Démonstration
.Im(λu ) = Im u car pour tout x ∈ E , λu (x ) = u (λx ).
. Im(u + v ) ⊂ Im(u ) + Im(v ) car pour tout x ∈ E , u(x ) + v (x ) ∈ Im(u ) + Im(v ).
Proposition 15.36.
En d’autres termes, la suite des noyaux itérés est croissante (pour l’inclusion) alors que la suite des images
itérées est décroissante.
Démonstration
. Soit x ∈ Ker u k . Alors, u k +1 (x ) = u (u k (x )) = u (0E ) = 0E d’où x ∈ Ker u k +1 .
. Soit y ∈ Im u k +1 et x ∈ E tel que y = u k +1 (x ). Alors, y = u k (u (x )) ∈ Im u k .
Proposition 15.37.
Soit u un endomorphisme de E et k ∈ N tel que Ker u k = Ker u k +1 . Alors, pour tout p ∈ N, Ker u k +p =
Ker u k .
600
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
Remarque
. La suite des noyaux itérés est donc strictement croissante puis stationnaire.
. De même, la suite des images itérées est strictement décroissantes puis stationnaire.
Démonstration
Montrons le résultat par récurrence sur p .
. Le résultat est évident pour p = 0 et, par hypothèse, pour p = 1.
. Soit p ∈ \{0} tel que Ker u k +p = Ker u k . On sait d’après la proposition précédente que Ker u k +p ⊂
Ker u k +p +1 . Montrons l’autre inclusion : soit x ∈ Ker u k +p +1 ; alors, u (x ) ∈ Ker u k +p = Ker u k +p −1 (hypo-
thèse de récurrence) donc u k +p (x ) = u k +p −1 (u (x )) = 0E soit x ∈ Ker u k +p .
Remarque
Si l’espace E est de dimension finie, la suite croissante (dim Ker u k )k est majorée donc converge ; comme
il s’agit d’une suite d’entiers, elle est stationnaire ce qui assure l’existence de l’entier k de la proposition
précédente.
En revanche, en dimension infinie, la suite des noyaux peut être strictement croissante (par exemple avec
l’endomorphisme de dérivation dans R[X ]).
Proposition 15.38.
Soit u un endomorphisme de E supposé de dimension finie. La suite (dim Ker u k +1 − dim Ker u k )k
des sauts de dimensions des noyaux itérés est décroissante.
Démonstration
Considérons l’application linéaire
Ker u k +1
§
→ Ker u
v:
x 7 → u k (x )
et appliquons-lui la formule du rang :
dim Ker u k +1 = dim Im v + dim Ker v
= dim Im u k ∩ Ker u + dim Ker u k ∩ Ker u k +1
= dim Im u k ∩ Ker u + dim Ker u k .
Ainsi,
dim Ker u k +1 − dim Ker u k = dim Im u k ∩ Ker u .
Or, d’après la décroissance de la suite des images itérées, la suite (dim Im u k ∩Ker u ) est décroissante.
Exemple
Soit u un endomorphisme nilpotent d’indice n (tel que u n = 0L (E ) et u n−1 6= 0L (E ) ) dans un
espace vectoriel E de dimension n . Alors, les différents noyaux Ker u k pour k ∈ [ 0, n ]] sont dis-
tincts est de dimensions entre 0 et n . Ainsi, pour tout k ∈ [ 0, n]], dim Ker u k = k .
Exemple
Soit u un endomorphisme nilpotent d’indice n − 1 (tel que u n−1 = 0L (E ) et u n−2 6= 0L (E ) ) dans un
espace vectoriel E de dimension n. Alors, dim Ker u 1 − dim Ker u 0 = dim Ker u est supérieure ou
égale à dim Ker u k +1 − dim Ker u k pour tout k ∈ [ 1, n − 2]]. Or, la somme de ces n − 1 termes vaut
601
Mathématiques MPSI
(après télescopage) dim Ker u n−1 = dim E = n. Par conséquent, dim Ker u = 2 (et tous les autres
termes valent 1). En conclusion, pour tout k ∈ [ 1, n − 1]], dim Ker u k = k + 1.
Soit E un espace vectoriel de dimension n et (e1 , . . . , en ) une base de E . La base duale de (e1 , . . . , en )
est la famille (e1∗ , . . . , en∗ ) des formes linéaires coordonnées, c’est-à-dire la famille des formes linéaires
vérifiant
1 si i = j ,
§
∀(i , j ) ∈ [[1, n]]2 , ei∗ (e j ) = δi , j =
0 sinon.
Exemple
. La base duale de (1, i ) (de C comme R-espace vectoriel) est (Re, Im).
. La base duale (de Rn [X ]) de ((X − a )k )k ∈[[0,n]] est (P 7→ k1! P (k ) (a ))k ∈[[0,n]] .
. La base duale (de Rn [X ]) de la base des polynômes de Lagrange associés aux réels a 0 < . . . < a n
est (P 7→ P (a k ))k ∈[[0,n ] .
Proposition 15.40.
Soit E un espace vectoriel de dimension n et (e1 , . . . , en ) une base de E . La base duale de (e1 , . . . , en )
est une base de l’espace dual E ∗ (autrement dit, une base duale est une base du dual).
Par conséquent E ∗ est de dimension finie et dim E ∗ = dim E .
Démonstration Pn
Remarquons tout d’abord que la famille (e1∗ , . . . , en∗ ) est libre. En effet, si i =1 λi ei∗ = 0, alors en évaluant
en chaque ei , on obtient que λi = 0. Montrons maintenant que cette famille ∗
Pn est∗ génératrice de E . Par
définition des formes linéaires coordonnées, tout vecteur x ∈ E s’écrit x = i =1 ei (x ).ei . Ainsi, pour toute
forme linéaire ϕ ∈ E ∗ ,
X n
∀x ∈ E , ϕ(x ) = ei∗ (x )ϕ(ei ).
i =1
Pn
Donc ϕ = i =1 ϕ(e i ).e i .
∗
En conclusion, (e1∗ , . . . , en∗ ) est une base de E ∗ .
Exemple
Soit a 0 < . . . < a n . Les formes linéaires (ϕk : P 7→ P (a k ))k ∈[[0,n]] constituent une base de l’espace
dual de Cn [X ] (car c’est la base duale de la base des polynômes interpolateurs de Lagrange aux
points a 0 < . . . < a n ).
R1
Par conséquent, la forme linéaire ψ : P 7→ 0 P (t ) dt s’écrit sur cette base : il existe des scalaires
c0 , . . . , cn tels que
Xn
ψ= c k ϕk ,
k =0
602
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
COURS
3.4. Formes linéaires et hyperplans
Définition 15.41.
On reconnaît la forme obtenue pour les droites vectorielles dans R2 et pour les plans
dans R3 .
Proposition 15.42.
Démonstration
Soit ϕ ∈ E ∗ non nulle telle que H = Ker ϕ. Montrons le caractère supplémentaire par analyse-synthèse.
. Soit y ∈ E tel que y = z + λx avec z ∈ H et λ ∈ K. Alors, ϕ(y ) = λϕ(x ) et comme ϕ(x ) 6= 0 (car x ∈
/H =
Ker ϕ),
ϕ(y )
λ= , z = y − λx .
ϕ(x )
ϕ(y )
. Soit y ∈ E ; posons λ = ϕ(x ) et z = y − λx . Alors, y = z + λx avec z ∈ Ker ϕ et λx ∈ Vect(x ).
En conclusion, H et Vect(x ) sont supplémentaires dans E .
Proposition 15.43.
Deux formes linéaires non nulles sur E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1 définissent le même
hyperplan si, et seulement si, elles sont proportionnelles.
Démonstration
. Le sens retour est évident.
. Soit ϕ et ψ deux formes linéaires non nulles telles que H = Ker ϕ = Ker ψ et x ∈
/ H . Le sous-espace
ϕ(x )
Vect(x ) est un supplémentaire de H . Posons λ = ψ(x ) et montrons que ϕ = λψ.
Pour tout y ∈ E , il existe z ∈ H et µ ∈ K tel que y = z + µx . Alors,
ϕ(y ) = ϕ(z ) + µϕ(x ) = µϕ(x ),
ϕ(x ) ϕ(x ) ϕ(x )
ψ(y ) = ψ(z ) + µ ψ(x ) = µϕ(x ),
ψ(x ) ψ(x ) ψ(x )
d’où ϕ = λψ.
603
Mathématiques MPSI
Proposition 15.44.
Démonstration
L’image d’une forme linéaire est un sous-espace du corps de base qui est de dimension 1 : c’est donc soit
{0K }, ce qui est exclu par hypothèse, soit K.
Proposition 15.45.
Soit E un espace vectoriel de dimension n ≥ 1. Les hyperplans de E sont les sous-espaces de dimen-
sion n − 1.
Démonstration
. D’après la formule du rang, la dimension d’un hyperplan est n − 1 .
. Réciproquement, si H est de dimension n − 1, alors on considère une base (e1 , . . . , en −1 ) de H que l’on
complète en une base de E avec un vecteur en . Alors, H est le noyau de la forme linéaire non nulle en∗ .
Remarque
Un hyperplan affine est le translaté d’un hyperplan, c’est-à-dire un sous-espace affine de dimension n −1.
Proposition 15.46.
Démonstration
(⇒) Complétons une base (e1 , . . . , en−p ) de F (donc une famille libre de E ) en une base (e1 , . . . , en ) de E .
Alors,
\n p
\
F = Ker ek∗ = Ker en∗−p +k .
k =n−p +1 k =1
(⇐) Réciproquement, complétons la famille libre (ϕ1 , . . . , ϕp ) en une base (ϕ1 , . . . , ϕn ) de E ∗ et considérons
(e1 , . . . , en ) la base dont (ϕ1 , . . . , ϕn ) est la base duale (qui est l’image réciproque de la base canonique dans
l’application E → Rn qui à x associe (ϕ1 (x ), . . . , ϕn (x ))). Alors,
p
\
Ker ϕk = Vect(en−p +1 , . . . , en ).
k =1
Remarque
Plus généralement, pour toutes formes linéaires ϕ1 ,. . . , ϕp ∈ E ∗ ,
p
\
dim Ker ϕk = n − rg(ϕ1 , . . . , ϕp ).
k =1
604
FICHE
SYNTHÈSE
Dans ce chapitre, on définit la dimension, on apprend à la calculer puis on exploite des identités entre
les dimensions.
Obtention de base
Voici quelques formules de calcul de la dimension (ici énoncées pour deux espaces) ; pour pouvoir les
utiliser, il est bon de connaître la dimension des espaces les plus courants.
Calculs de dimension
Sans exhiber une base, on peut calculer la dimension directement en considérant un isomorphisme avec
un espace mieux connu puisque les isomorphismes préservent la dimension.
Lorsque l’on retire la propriété de bijection, l’évolution de la dimension est décrite par la formule du rang.
Formule du rang
Soit u une application linéaire entre deux sous-espaces E et F avec E de dimension finie. Alors,
dim E = rg u + dim Ker u .
605
On utilise souvent la dimension pour remplacer une propriété (existence ou unicité, générateur ou libre,
surjectif ou injectif ).
. Soit F , G deux sous-espaces d’un espace E de dimension finie. Deux des trois propriétés entraînent
la troisième :
• E = F +G ;
• F et G sont en somme directe ;
• dim E = dim F + dimG .
. Soit (x1 , . . . , xp ) une famille d’un espace E de dimension finie. Deux des trois propriétés entraînent
la troisième :
• (x1 , . . . , xp ) est génératrice ;
• (x1 , . . . , xp ) est libre ;
• dim E = p .
. Soit u une application linéaire entre E et F deux espaces de dimension finie. Deux des trois
propriétés entraînent la troisième :
• u est surjective ;
• u est injective ;
• dim E = dim F .
606
EXERCICES
Vrai ou faux ?
Vrai Faux
a) Une famille de vecteurs deux à deux non colinéaires est libre.
b) Si (e1 , . . . , en ) est une famille libre de E et x ∈ E , alors (e1 + x , . . . , en + x )
est une famille libre.
c) L’espace des fonctions de C 0 (R, R) nulles en 0 est de dimension finie.
d) L’espace des fonctions de C 0 (R, R) périodiques et nulles en 0 est de
dimension finie.
EXERCICES
e) Soit N > 0. L’espace des suites de RN N -périodiques est de dimension
finie.
f) De toute famille génératrice d’un espace de dimension finie, on peut
extraire une base.
g) Si (f1 , . . . , fn ) est une base de F et (g 1 , . . . , g p ) est une base de G , alors
{ f1 , . . . , fn } ∩ {g 1 , . . . , g p } est une base de F ∩ G .
h) Si (f1 , . . . , fn ) est une base de F , (g 1 , . . . , g p ) est une base de G et
(f1 , . . . , fn , g 1 , . . . , g p ) est une base de E , alors E = F ⊕ G .
i) Tout sous-espace de dimension n − 1 d’un espace vectoriel de
dimension n ≥ 1 est le noyau d’une forme linéaire non nulle.
j) L’intersection de trois hyperplans deux à deux distincts d’un espace
vectoriel de dimension n ≥ 3 est de dimension n − 3.
k) Soit F un sous-espace vectoriel d’un espace vectoriel de dimension n
et H un hyperplan. Alors, dim F ∩ H = dim F − 1.
l) / H . Vect(x ) est un supplémentaire de H .
Soit H un hyperplan et x ∈
m) Soit u ∈ L (E ) avec E de dimension finie et F un sous-espace vectoriel
de E tel que F ⊂ u(F ). Alors, F = u(F ).
n) Si u ∈ L (E , F ) avec E , F de dimension finie et u injective, alors
dim E ≤ dim F .
o) Si u ∈ L (E , F ) avec E , F de dimension finie et dim E ≥ dim F , alors u
est surjective.
607
Mathématiques MPSI
Exercice 1
Soit n ≥ 1 et P ∈ Rn [X ] non nul.
1. Montrer que l’ensemble FP des polynômes de Rn [X ] multiples de P est un sous-espace vectoriel
de Rn [X ].
2. En déduire la dimension de FP en fonction du degré de P .
3. Soit Q ∈ Rn [X ] un polynôme premier avec P et tel que deg P + degQ = n + 1.
Montrer que Rn [X ] = FP ⊕ FQ .
Exercice 2
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n des sous-espaces E1 , . . . , Ep , F1 , . . . , Fp tels que
• pour tout i ∈ [ 1, p ]], Fi ⊂ Ei ,
p p
Ei =
L L
• Fi .
i =1 i =1
Montrer que, pour tout i ∈ [ 1, p ]], Fi = Ei .
Exercice 3
Soit a 0 < a 1 < . . . < a N .
1. Montrer que l’espace E des fonctions continues sur [a 0 , a N ], affines par morceaux pour la subdivi-
sion a 0 < a 1 < . . . < a N est de dimension N + 1.
2. Déterminer une base de E .
Exercice 4
Montrer qu’un sous-espace vectoriel de RR ne contenant que des applications de signe constant est de
dimension au plus 1.
Exercice 5
Soit (a , b , c ) ∈ (R∗ )3 . Définissons S l’ensemble des suites réelles satisfaisant la relation de récurrence,
pour tout n ∈ N,
u n +3 − (a + b + c )u n +2 + (a b + b c + a c )u n+1 − a b c u n = 0.
1. Montrer que S est un espace vectoriel et déterminer les suites géométriques de S .
2. Montrer que l’application
R3
§
S →
ϕ:
(u n )n∈N 7→ (u 0 , u 1 , u 2 )
est un isomorphisme.
3. Déterminer une base de S .
On pourra commencer par les cas a , b et c deux à deux distincts.
Exercice 6
Un polynôme trigonométrique de degré au plus n est une fonction
R → R
n
T: a0
x 7→ 2 + (a k cos(k x ) + bk sin(k x ))
P
k =1
2n +1
avec (a 0 , . . . , a n , b1 , . . . , bn ) ∈ R . Définissons Tn l’ensemble des polynômes trigonométriques de degré
au plus n .
608
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
3. Montrer que la famille composée des fonctions x 7→ cos(k x ) pour k ∈ [ 0, n ]] et des fonctions x 7→
sin( j x ) pour j ∈ [ 1, n ]] est une base de Tn . En déduire la dimension de Tn .
Exercice 7
Soit E de dimension finie et u, v ∈ L (E ) vérifiant u 2 + u ◦ v = Id. Montrer que u et v commutent.
Exercice 8
Soit E un espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L (E ) nilpotent d’indice p (tel que u p = 0L (E ) et u p −1 6=
0L (E ) ) et Φ : v ∈ L (E ) 7→ u ◦ v − v ◦ u .
1. Montrer que, pour tout n ∈ N et tout v ∈ L (E ),
n
X n n−k
Φn (v ) = (−1)k u ◦ v ◦ uk .
k =0
k
EXERCICES
2. Montrer que Φ est nilpotente et majorer son indice de nilpotence.
3. Soit a ∈ L (E ). Montrer qu’il existe b ∈ L (E ) tel que a ◦ b ◦ a = a .
4. En déduire l’indice de nilpotence de Φ.
Exercice 9
Soit E , F deux espaces vectoriels de dimension finie et u ∈ L (E ). Déterminer la dimension du sous-
espace
{v ∈ L (E , F ), v ◦ u = 0L (E ,F ) }.
Exercice 10
Soit u et v deux endomorphismes d’un espace vectoriel de dimension finie. Montrer que rg(u + v ) ≤
rg(u ) + rg(v ) puis que | rg(u ) − rg(v )| ≤ rg(u + v ).
Exercice 11
Soit u et v deux endomorphismes d’un espace vectoriel E de dimension finie.
1. Préciser le noyau et l’image de l’application linéaire induite par v entre les espaces Im(u ) et E .
2. Montrer que rg(u ) = rg(v ◦ u) + dim Ker(v ) ∩ Im(u ).
3. En déduire que dim Ker(v ◦ u ) ≤ dim Ker(v ) + dim Ker(u ) et en particulier que, pour tout k ∈ N,
dim Ker(u k ) ≤ k . dim Ker(u ), rg(u k ) ≥ k . rg(u ) − n (k − 1).
Exercice 12
Soit E de dimension finie et u, v ∈ L (E ) tel que u + v est bijectif.
1. Montrer que si v ◦ u = 0L (E ) , alors rg u + rg v = dim E .
2. Montrer que si rg u + rg v = dim E , alors il existe un projecteur p tel que
u = p ◦ (u + v ), v = (Id − p ) ◦ (u + v ).
609
Mathématiques MPSI
Exercice 13
Soit E un espace vectoriel de dimension n et u ∈ L (E ) nilpotent. On rappelle que la suite (Ker u k )k est
strictement croissante puis stationnaire et que la suite (dim Ker u k +1 − dim Ker u k )k est décroissante.
1. Montrer que l’indice de nilpotence de u est n si, et seulement si, dim Ker u = 1.
2. Montrer que, si l’indice de nilpotence de u est n − 1, alors dim Ker u ∩ Im u = 1.
Exercice 14
Montrer qu’un sous-espace F est stable par un endomorphisme u de rang 1 si, et seulement si, Im u ⊂ F
ou F ⊂ Ker u.
Exercice 15
Soit u ∈ L (R3 ) nilpotent d’ordre 2. Montrer les sous-espaces de dimension 2 stables par u sont ceux qui
contiennent Im u .
Exercice 16
Soit E un espace vectoriel de dimension finie, u ∈ L (E ) tel que u n = 0L (E ) pour un n ∈ N \ {0} et F un
sous-espace vectoriel de E stable par u vérifiant E = F + Im u . Montrer que F = E .
Exercice 17
Définissons P0 = 1 et, pour tout k ∈ N \ {0}, Pk (X ) = k1! X (X − k )k −1 .
1. Montrer que, pour tout k ∈ N \ {0}, Pk0 (X ) = Pk −1 (X − 1).
2. Montrer que la famille (P0 , . . . , Pn ) est une base de Rn [X ] puis que sa base duale est (ϕ0 , . . . , ϕn ) où
ϕk : P 7→ P (k ) (k ).
Exercice 18
Soit Q ∈ Rn [X ] de degré n ; posons, pour tout i ∈ [ 0, n]], Qi (X ) = Q (X + i ).
1. Montrer que la famille (Q ,Q 0 ,Q 00 , . . . ,Q (n ) ) est une base de Rn [X ].
2. Montrer que, pour toute forme linéaire ϕ sur Rn [X ], il existe des scalaires α0 , . . . , αn tels que, pour
tout P ∈ Rn [X ],
ϕ(P ) = α0 P (0) + α1 P 0 (0) + · · · + αn P (n) (0).
3. Soit une forme linéaire ϕ sur Rn [X ] telle que ϕ(Q0 ) = . . . = ϕ(Qn ) = 0. Montrer que ϕ est nulle.
On pourra considérer le polynôme α0Q + · · · + αn Q (n ) avec α0 , . . . , αn les scalaires associés à ϕ dans
la question précédente.
4. Conclure que la famille (Q0 , . . . ,Qn ) est une base de Rn [X ].
Exercice 19
Soit E un espace vectoriel de dimension n . Un endomorphisme f de E est cyclique s’il existe x0 ∈ E tel
que (x0 , f (x0 ), . . . , f n−1 (x0 )) soit une base de E .
1. Montrer que si u n = 0 et u n −1 6= 0 alors u est cyclique.
2. Soit u ∈ L (E ) cyclique. Montrer qu’il existe des scalaires (a k )k ∈[[0,n−1]] tels que
n −1
X
un + a k u k = 0.
k =0
610
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
Exercice A
Soit E un espace vectoriel de dimension finie et (x1 , . . . , xN ) une famille génératrice de E . Notons
I = {i ∈ [ 1, N ]], xi ∈
/ Vect(x1 , . . . , xi −1 )}.
Montrer que (xi )i ∈I est une base de E .
Exercice B
Soit x1 , . . . , xn des vecteurs d’un espace vectoriel E . Montrer que, pour tout ( j , k ) ∈ [ 1, n ]]2 tel que j ≤ k ,
rg(x1 , . . . , x j ) − j ≥ rg(x1 , . . . , xk ) − k .
Exercice C
Soit (f1 , . . . , fn ) une famille libre de fonctions dérivables de R dans R. Montrer que la famille (f10 , . . . , fn0 ) est
de rang au moins n − 1.
Exercice D
EXERCICES
Soit V1 ,. . . , Vp des sous-espaces d’un espace vectoriel E de dimension finie tels que
p
X
dim Vk > (p − 1) dim E .
k =1
p
Vk 6= {0E }.
T
Montrer que
k =1
Exercice E
Déterminer les endomorphismes de Kn laissant stables chacun des axes de coordonnées et la droite
engendrée par le vecteur (1, 1, . . . , 1).
Exercice F
Soit E un K-espace vectoriel et ϕ, ϕ1 , . . . , ϕp des formes linéaires sur E .
1. Supposons que (ϕ1 , . . . , ϕp ) est une famille libre de E ∗ . Montrer que ϕ ∈ Vect(ϕ1 , . . . , ϕp ) si, et seule-
ment si,
\p
Ker ϕi ⊂ Ker ϕ.
i =1
2. On suppose que
p
\
Ker ϕi = {0E }.
i =1
611
Mathématiques MPSI
Problèmes du chapitre 15
Problème 2
Définition 15.47.
1. Montrer que la suite (Ker f )k est croissante pour l’inclusion et que la suite (Im f k )k est décrois-
k
612
Chapitre 15 – Dimension des espaces vectoriels
4. Montrer que E = N f ⊕ I f .
5. Montrer que l’endomorphisme induit par f sur N f est nilpotent.
Cet endomorphisme est noté fN .
6. Que dire de l’endomorphisme induit par f sur I f ?
Cet endomorphisme est noté fI .
PROBLÈMES
d. Montrer que u N et vN sont croisés et que u I et vI sont croisés.
À la suite de ces deux parties, on est ramené à étudier le cas des isomorphismes et des applications linéaires
nilpotentes : c’est l’objet des deux prochaines parties.
613
Mathématiques MPSI
614
CORRIGÉS
Corrigés des Vrai/Faux
a) Faux, par exemple, avec (1, 0), (0, 1) et (1, 1).
b) Faux, par exemple, pour x = −e1 .
c) Faux.
d) Faux.
e) Vrai, l’application linéaire u 7→ (u 0 , . . . , u N −1 ) est injective de cet espace dans RN .
f) Vrai.
g) Faux, les deux familles peuvent être disjointes alors que l’intersection des sous-espaces peut être
grande.
h) Vrai.
i) Vrai.
j) Faux.
k) Faux, si F ⊂ H .
l) Vrai.
m) Vrai, car dim u (F ) ≤ dim F.
n) Vrai.
o) Faux, u peut très bien être l’application nulle.
Exercice 1
1. La partie FP ⊂ Rn [X ] est non vide car elle contient le polynôme nul. Par ailleurs, une combinaison
CORRIGÉS
linéaire de polynômes multiples de P est encore un multiple de P et le degré d’une combinaison linéaire
de polynômes de degré au plus n est de degré au plus n . Par conséquent, d’après la caractérisation, FP
est un sous-espace vectoriel de Rn [X ].
2. D’après la question précédente, un polynôme de FP est de la forme
n−deg
XP
P (X ) ak X k ,
k =0
donc une famille génératrice de FP est (P, X P, . . . , X n−deg P P ). De plus, cette famille est échelonnée en
degrés donc libre : c’est une base de FP et dim FP = n − deg P + 1.
615
Mathématiques MPSI
3. . Montrons déjà que FP et FQ sont en somme directe ; en effet si A ∈ FP ∩ FQ , alors A est un multiple de
P et Q qui sont premiers entre eux donc de P Q . Or, deg P Q > n et deg A ≤ n donc A = 0. L’intersection
est réduite à 0 donc les sous-espaces sont en somme directe.
. Comme dim FP + dim FQ = n − deg P + 1 + n − degQ + 1 = n + 1 = dim Rn [X ], le fait d’être en somme
directe entraîne que ces deux sous-espaces sont supplémentaires.
Exercice 2
Raisonnons par l’absurde et supposons qu’il existe un j tel que Fj 6= E j . Ainsi, pour tout i , dim Fi ≤ dim Ei
et dim Fj < dim E j . Alors,
p
M n
X n
X p
M
dim Ei = dim Ei < dim Fi = dim Fi ,
i =1 i =1 i =1 i =1
Exercice 3
1. L’application suivante, qui associe à une fonction de E ses valeurs aux points de subdivision,
RN +1
§
E →
u:
f 7→ (f (a 0 ), . . . , f (a N ))
est un isomorphisme : la linéarité est évidente et l’unique antécédent de (b0 , . . . , bN ) ∈ RN +1 est la fonction
dont la courbe est la ligne brisée joignant les points de coordonnées (a k , bk ).
a0 a1 a2 a3 a4 a5
est dérivable en a k (avec l’expression de droite) donc λk = 0. L’égalité se réécrit alors λ0 f0 = −λN fN ce
qui entraîne immédiatement λ0 = λN = 0.
616
Corrigés
Exercice 4
Soit F un tel sous-espace. Raisonnons par l’absurde et supposons que dim F ≥ 2 : il existe donc deux
fonctions f et g ∈ F non proportionnelles et positives (quitte à les remplacer par leurs opposés). Soit a ∈
f (a ) f (a )
R tel que g (a ) > 0. Comme f est différente de g (a ) g , il existe b ∈ R tel que f (b ) 6= g (a ) g (b ). Considérons
f (a ) f (b )
alors λ strictement entre g (a ) et g (b ) (si g (b ) = 0, on remplace cette dernière borne par +∞) et posons
ϕ = f − λg ∈ F .
Alors, ϕ est de signe constant par hypothèse alors que ϕ(a ) et ϕ(b ) sont de signes différents (par défini-
tion de λ) : contradiction.
Exercice 5
1. . La partie S ⊂ Rn est non vide car elle contient la suite nulle. Soit u , v ∈ S , λ ∈ R. Alors, pour tout
n ∈ N,
(λu n+3 + vn +3 ) − (a + b + c )(λu n +2 + vn+2 ) + (a b + b c + a c )(λu n+1 + vn +1 ) − a b c (λu n + vn ) = 0,
en regroupant les termes en u et les termes en v : λu + v ∈ S .
Ainsi, S est non vide, stable par combinaison linéaire donc est un sous-espace vectoriel de RN .
. Une suite géométrique non nulle de raison r appartient à S si, et seulement si, r est solution de l’équa-
tion r 3 − (a + b + c )r 2 + (a b + b c + a c )r − a b c = 0 qui, d’après les relations entre coefficients et racines,
se réécrit (r − a )(r − b )(r − c ) = 0. En conclusion, les suites géométriques non nulles de S sont les suites
géométriques de raison dans {a , b , c }.
2. L’application ϕ est clairement linéaire. Elle est une bijection car une fois fixés les trois premiers termes,
une suite de S s’obtient de manière unique à partir de la relation de récurrence.
3. Les vérifications des résultats suivants sont immédiates comme dans le cas d’une relation de récur-
rence linéaire d’ordre 2 à coefficients constants.
. Si a , b et c sont distincts les trois suites géométriques (a n )n , (b n )n et (c n )n forment une famille libre et
dim S = 3 donc elles donnent une base de S .
. Si a = b 6= c , alors les trois suites (a n )n , (na n )n et (c n )n forment une famille libre de S et dim S = 3
donc elles donnent une base de S .
. Si a = b = c , alors les trois suites (a n )n , (n a n )n et (n 2 a n )n forment une famille libre de S et dim S = 3
donc elles donnent une base de S .
Exercice 6
1. Par construction, il est évident que Tn est l’espace engendré par les fonctions x 7→ 1, x 7→ cos(k x ) et
x 7→ sin(k x ) avec k ∈ [ 1, n ]], c’est donc un espace vectoriel.
2. On calcule ces intégrales par linéarité puis en linéarisant les produits de fonctions trigonométriques. CORRIGÉS
617
Mathématiques MPSI
Or,
Z π Z π
1
sin(k x ) sin( j x ) dx = cos((k − j )x ) − cos((k + j )x ) dx
−π
2 −π
0 si k 6= j ,
(
= 0 si k = j = 0,
π sinon.
Z π Zπ
1
sin(k x ) cos( j x ) dx = sin((k + j )x ) + sin((k − j )x ) dx
−π
2 −π
0 si k 6= j ,
(
= 0 si k = j = 0,
π sinon.
Z π Zπ
1
cos(k x ) cos( j x ) dx = cos((k + j )x ) + cos((k − j )x ) dx
−π
2 −π
0 si k 6= j ,
(
= 2π si k = j = 0,
π sinon.
n
a0
Ainsi, en posant T (x ) = + (a k cos(k x ) + bk sin(k x )), on obtient
P
2
k =1
Z π Z π
sin(k x )T (x ) dx = bk et cos(k x )T (x ) dx = a k .
−π −π
3. On vient de voir qu’on retrouve les coefficients d’une combinaison linéaire T de ces fonctions en
calculant des intégrales ; par conséquent, si T = 0, tous les coefficients sont nuls. La dimension de Tn est
donc 2n + 1.
La deuxième question nous permet de dire que les formes linéaires coordonnées sont
Zπ Zπ
x 7→ cos(k x )T (x ) dx , x 7→ sin(k x )T (x ) dx .
−π −π
Exercice 7
L’hypothèse entraîne que u ◦(u +v ) = Id. Comme u , u +v sont des endomorphismes d’un espace vectoriel
de dimension finie, ceci entraîne que u est inversible et que u −1 = u + v donc u commute avec u + v et
avec (u + v ) − u = v .
Exercice 8
1. Montrons le résultat par récurrence sur n.
. Le résultat est évident pour n = 0 (et n = 1).
. Soit n ∈ N. Supposons que, pour tout v ∈ L (E ),
n
n
X n n−k
k
Φ (v ) = (−1) u ◦ v ◦ uk .
k =0
k
618
Corrigés
En conclusion, a ◦ b ◦ a = a .
4. Nous avons déjà établi que Φ2p −1 = 0 ; montrons que Φ2p −2 6= 0. Pour tout v ∈ L (E ),
2p −2
X 2p − 2 2p −2−k
Φ2p −2 (v ) = (−1)k u ◦ v ◦ uk
k =0
k
p −2
X 2p − 2 2p −2−k 2p − 2 p −1
= (−1)k u ◦ v ◦ u k + (−1)p −1 u ◦ v ◦ u p −1
k =0
k p − 1
CORRIGÉS
2p −2
X 2p − 2 2p −2−k
+ (−1)k u ◦ v ◦ uk
k =p
k
2p − 2 p −1
= (−1)p −1 u ◦ v ◦ u p −1 .
p −1
En considérant v l’application associée à u p −1 d’après la question précédente, on obtient
2p − 2 p −1
Φ2p −2 (v ) = (−1)p −1 u 6= 0
p −1
619
Mathématiques MPSI
Exercice 9
Soit r le rang de u et (e1 , . . . , e r ) une base de Im u . Complétons cette famille libre en une base (e1 , . . . , en )
de E (avec n = dim E ).
Commençons par remarquer que, pour tout v ∈ L (E , F ), v ◦ u = 0L (E ,F ) si, et seulement si, Im u ⊂ Ker v ,
c’est-à-dire si, pour tout i ∈ [ 1, r ]], v (e r ) = 0F . Ainsi, une telle application v est uniquement déterminée
par l’image des vecteurs e r +1 , . . . , en . Autrement dit, l’application v 7→ (v (e r +1 ), . . . , v (en )) est un isomor-
phisme entre l’espace dont on cherche la dimension et F n−r . La dimension recherchée est donc
dim F n−r = dim F (dim E − rg u ).
Exercice 10
. Comme Im(u + v ) ⊂ Im u + Im v , on obtient en passant à la dimension rg(u + v ) ≤ rg(u ) + rg(v ).
. Utilisons la première inégalité à deux reprises
rg(u ) = rg(u + v − v ) ≤ rg(u + v ) + rg(−v ) = rg(u + v ) + rg(v )
rg(v ) = rg(u + v − u ) ≤ rg(u + v ) + rg(−u ) = rg(u + v ) + rg(u )
Ainsi, | rg(u) − rg(v )| ≤ rg(u + v ).
Exercice 11
1. Soit ṽ l’application induite par v entre Im(u ) et E . Par construction, Ker ṽ = Ker v ∩ Im u et Im ṽ =
v (Im u ) = Im v ◦ u .
2. En appliquant la formule du rang à ṽ , on obtient exactement la formule recherchée.
3. . On écrit encore la formule du rang : rg u = dim E − dim Ker u et rg v ◦ u = dim E − dim Ker v ◦ u ;
l’inégalité précédente se réécrit
dim Ker(v ◦ u ) ≤ dim Ker u + dim Ker(v ) ∩ Im(u ) ≤ dim Ker u + dim Ker(v ).
. en posant v = u k , on obtient dim Ker u k +1 ≤ dim Ker u k + dim Ker u d’où le premier résultat par récur-
rence. La seconde inégalité s’obtient alors avec la formule du rang pour u et u k .
Exercice 12
1. La condition v ◦ u = 0L (E ) équivaut Im u ⊂ Ker v ce qui entraîne en passant à la dimension
rg u ≤ dim E − rg v.
Par ailleurs, u + v est inversible donc
n = rg(u + v ) ≤ rg u + rg v.
En combinant ces deux inégalités, on obtient rg u + rg v = dim E .
2. Si un tel projecteur existe, on a, d’après la première égalité, Im p = Im u (car u +v inversible) et, d’après
la deuxième égalité, Ker p = Im v .
. Remarquons que Im u et Im v sont en somme directe car un vecteur x dans leur intersection vérifie
(u + v )(x ) = 0E + 0E = 0E donc x = 0E car u + v est inversible.
. Comme rg u + rg v = dim E , la condition de somme directe entraîne le caractère supplémentaire de ces
deux sous-espaces. Posons p le projecteur sur Im u parallèlement à Im v . Par construction, p ◦ u = u et
p ◦ v = 0L (E ) donc en développant
u = p ◦ (u + v ), v = (Id − p ) ◦ (u + v ).
620
Corrigés
Exercice 13
1. (⇒) La suite (Ker u k )k est strictement croissante pour k ∈ [ 0, n ]] et dim Ker u n = dim E = n. Par consé-
quent, pour tout k ∈ [ 0, n]], on a dim Ker u k = k .
(⇐) La suite (dim Ker u k +1 − dim Ker u k )k est décroissante de premier terme 1. Ainsi, si un noyau itéré
Ker u k est de dimension n , alors k ≥ n . Comme un indice de nilpotence est inférieur ou égal à n , l’indice
de nilpotence de u est n .
2. . Remarquons tout d’abord que dim Ker u ≥ 2 d’après la première question donc dim Im u ≤ n − 2.
. L’endomorphisme induit u Im u est nilpotent d’indice n − 2, car u est d’indice de nilpotence n − 1. Ainsi,
dim Im u = n − 2 et d’après la question précédente, dim Ker u Im u = 1. Or, Ker u Im u = Ker u ∩ Im u d’où
dim Ker u ∩ Im u = 1.
Exercice 14
Le sens retour est évident : si Im u ⊂ F , alors u (F ) ⊂ Im u ⊂ F ; si F ⊂ Ker u , alors u (F ) = {0E } ⊂ F .
Pour le sens direct, considérons F stable par u tel que F 6⊂ Ker u . Il existe donc x ∈ F tel que u (x ) 6= 0E .
Mais comme u est de rang 1, Im u = Vect(u (x )) ⊂ u (F ) ⊂ F .
Exercice 15
. Si un sous-espace F contient Im u, alors il contient u (F ) : par conséquent, F est stable.
. Soit F un plan de R3 stable par u. Remarquons que la condition u 2 = 0L (R3 ) entraîne Im u ⊂ Ker u et
donc, grâce à la formule du rang dim Im u = 1 et dim Ker u = 2.
• Si F = Ker u , alors Im u ⊂ Ker u = F .
• Sinon, il existe x ∈ F tel que u (x ) 6= 0R3 . Comme Im u est une droite, Im u = Vect u(x ) ⊂ u (F ) ⊂ F.
Dans les deux cas, F contient l’image de u .
Exercice 16
Montrons par récurrence sur k ∈ N \ {0} que E = F + Im u k .
• L’initialisation pour k = 1 est l’hypothèse de l’énoncé.
• Soit k ∈ N \ {0} tel que la propriété soit vraie au rang k . Soit x ∈ E . D’après l’hypothèse de récurrence,
il existe y ∈ F et z ∈ E tels que x = y + u k (z ). Par ailleurs, il existe a ∈ F et b ∈ E tels que z = a + u (b ). En
combinant ces deux résultats, on a x = y + u k (a )+ u k +1 (b ) ∈ F +Im u k +1 . En conclusion, E = F +Im u k +1 .
La propriété au rang n est E = F + Ker u n = F .
Exercice 17
1. Soit k ∈ N \ {0}. Alors,
1 k −1 1
Pk0 (X ) = (X − k )k −1 + X (X − k )k −2 = (X − k )k −2 (X − k + (k − 1)X ) = Pk −1 (X − 1).
k! k! k!
2. La famille considérée est échelonnée en degrés donc libre et compte n +1 = dim Rn [X ] éléments donc
est une base de Rn [X ].
Pour montrer que la famille de formes linéaires (ϕ0 , . . . , ϕn ) est la base duale de cette base, il suffit de
CORRIGÉS
(j)
montrer que pour tous j , k , ϕk (Pj ) = δ j ,k . Or, d’après la première question, Pk (X ) = Pk − j (X − j ) pour
(j)
k ≥ j et Pk (X ) = 0 sinon. Ainsi,
0 si k > j
(
ϕk (Pj ) = P0 (0) = 1 si k = j
Pj −k ( j − k ) = 0 si k < j
Le résultat est ainsi établi.
621
Mathématiques MPSI
Exercice 18
1. La famille est échelonnée en degrés (pour tout k ∈ [ 0, n ]], degQ (k ) = n − k ) et de cardinal n + 1 =
dim Rn [X ] donc est une base de Rn [X ].
2. D’après la formule de Taylor pour les polynômes, la famille des formes linéaires P 7→ P (k ) (0) avec k ∈
[ 0, n ]] est la base duale de la base des k1! X k avec k ∈ [ 0, n]], c’est donc une base de l’espace dual de Rn [X ].
Par conséquent, pour toute forme linéaire ϕ sur Rn [X ], il existe des scalaires α0 , . . . , αn tels que, pour tout
P ∈ Rn [X ],
ϕ(P ) = α0 P (0) + α1 P 0 (0) + · · · + αn P (n ) (0).
3. Soit R = α0Q + · · · + αn Q (n) avec α0 , . . . , αn les scalaires associés à ϕ dans la question précédente. La
condition ϕ(Qk ) = 0 signifie que R (k ) = 0. Par conséquent, R est un polynôme de degré au plus n qui
admet n + 1 racines il est donc nul. Comme la famille (Q ,Q 0 ,Q 00 , . . . ,Q (n ) ) est libre, tous les coefficients αk
pour k ∈ [ 0, n]] sont nuls et donc ϕ est la forme linéaire nulle.
4. Si la famille (Q0 , . . . ,Qn ) n’est pas une base de Rn [X ], elle engendre un sous-espace vectoriel F 6= Rn [X ].
On peut alors définir une forme linéaire nulle sur F et non nulle sur un supplémentaire de F , ce qui
contredit la question précédente. Par conséquent, (Q0 , . . . ,Qn ) est une base de Rn [X ].
Exercice 19
1. Soit x0 ∈ E tel que u n−1 (x0 ) 6= 0E .
. Montrons par l’absurde que la famille (x0 , u (x0 ), . . . , u n −1 (x0 )) est libre. Soit (λ0 , . . . , λn−1 ) ∈ Kn non nul
tel que
n−1
X
0L (E ) = λk u k (x0 ).
k =0
Notons p le plus petit entier k tel que λk 6= 0 et composons l’égalité précédente par u n−1−p
n−1
X n−1
X
0L (E ) = u n−1−p ◦ λk u k (x0 ) = λk u n −1−p +k (x0 ) = λp u n−1 (x0 )
k =p k =p
. La famille (x0 , u(x0 ), . . . , u n−1 (x0 )) est libre et de cardinal n = dim E donc est une base de E : u est
cyclique.
2. Soit x0 ∈ E tel que (x0 , u (x0 ), . . . , u n−1 (x0 )) est une base de E . Écrivons le vecteur u n (x0 ) dans cette base :
il existe des scalaires (a k )k ∈[[0,n −1]] tels que
n −1
X
u n (x0 ) = − a k u k (x0 ).
k =0
622
Corrigés
Exercice A
. Montrons, par récurrence sur k ≤ N , que Vect(xi )i ≤k = Vect(xi )i ∈I ,i ≤k .
• L’égalité est vraie au rang 1.
• Soit k < N tel que l’égalité est vraie au rang k .
Si k + 1 ∈ I , alors
Vect(xi )i ≤k +1 = Vect(xi )i ≤k + Vect(xk +1 ) = Vect(xi )i ∈I ,i ≤k + Vect(xk +1 ) = Vect(xi )i ∈I ,i ≤k +1 .
Sinon, Vect(xi )i ≤k +1 = Vect(xi )i ≤k car xk +1 ∈
/ Vect(x1 , . . . , xk ) et Vect(xi )i ∈I ,i ≤k +1 = Vect(xi )i ∈I ,i ≤k car k +1 ∈
/I
donc
Vect(xi )i ≤k +1 = Vect(xi )i ∈I ,i ≤k +1 .
Par conséquent, en appliquant cette égalité au rang N
E = Vect(xi )i ≤N = Vect(xi )i ∈I .
. Supposons par l’absurde que la famille (xi )i ∈I est liée : il existe une famille (λi )i ∈I de scalaires non tous
nuls tels que X
λi xi = 0E .
i ∈I
Exercice B
Par définition de l’espace vectoriel engendré, pour j ≤ k ,
Vect(x1 , . . . , xk ) = Vect(x1 , . . . , x j ) + Vect(x j +1 , . . . , xk )
donc en passant à la dimension
rg(x1 , . . . , xk ) ≤ rg(x1 , . . . , x j ) + rg(x j +1 , . . . , xk ) ≤ rg(x1 , . . . , x j ) + k − j ,
ce qui est bien le résultat annoncé.
Exercice C
Supposons que rg(f10 , . . . , fn0 ) ≤ n − 2 et, sans perte de généralité que (f10 , . . . , fn−2
0
) est génératrice de
CORRIGÉS
Vect(f10 , . . . , fn0 )
. Alors, il existe λ1 , . . . , λn−2 , µ1 , . . . , µn−2 ∈ R tels que
n−2
X n −2
X
0
fn−1 = λk fk0 , fn0 = µk fk0 .
k =1 k =1
623
Mathématiques MPSI
Comme la famille (f1 , . . . , fn ) est libre, les constantes A et B ne sont pas nulles (sinon on aurait une com-
binaison linéaire nulle à coefficients non tous nuls) ; alors
n −2
X n−2
X
B fn−1 − λk fk − A fn − µk f k = 0
k =1 k =1
fournit une combinaison linéaire nulle à coefficients non tous nuls : contradiction.
Exercice D
Considérons l’application linéaire
E p −1
§
V1 × . . . × Vp →
u:
(x1 , . . . , xp ) 7 → (x1 − x2 , . . . , xp −1 − xp )
D’après l’hypothèse, dim V1 ×. . .×Vp > dim E p −1 donc u n’est pas injective. Il existe donc un (x1 , . . . , xp ) ∈
p
Ker u non nul. Par définition de u , x1 = x2 = . . . = xp donc x1 appartient à
T
Vk et est non nul.
k =1
Exercice E
Notons e1 , e2 , . . . , en la base canonique de Kn et u un endomorphisme de Kn qui vérifie les conditions de
l’énoncé. Par définition, il existe des scalaires λ1 , . . . , λn , λ ∈ K tels que u (ek ) = λk ek pour tout k ∈ [ 1, n ]]
et u (e1 + . . . + en ) = λ(e1 + . . . + en ). Par linéarité, on a
λ1 e1 + . . . + λn en = λ(e1 + . . . + en )
et donc λ1 = . . . = λn = λ. En conclusion, u est une homothétie. Réciproquement, il est évident que les
homothéties vérifient bien les conditions de l’énoncé.
Exercice F
1. . Le sens direct est évident.
. Pour le sens retour, considérons l’application linéaire
Kp +1
§
E →
Φ:
x 7→ (ϕ(x ), ϕ1 (x ), . . . , ϕp (x )).
Le vecteur (1, 0, . . . , 0) n’appartient pas à l’image de Φ : en effet, s’il existe x ∈ E tel que Φ(x ) = (1, 0, . . . , 0)
p
alors x ∈ ∩i =1 Ker ϕi et x ∈ / Ker ϕ ce qui entre en conflit avec notre hypothèse sur les noyaux. Ainsi, Im Φ
est un sous-espace strict de Kp +1 donc inclus dans un hyperplan H de Kp +1 ; par ailleurs, il existe des
scalaires a 0 , . . . , a p ∈ K non tous nuls tels que (x0 , x1 , . . . , xp ) ∈ H si, et seulement si,
p
X
a k xk = 0.
k =0
624
Corrigés
Problème 1
1. a. Comme F 6= {0E }, il existe une fonction non nulle f ∈ F . Puisque f est non nulle, il existe x ∈ R tel
que f (x ) 6= 0, donc ϕ x (f ) 6= 0 et ϕ x est non nulle.
b. i. Remarquons tout d’abord que k ≤ n car le cardinal d’une famille libre est inférieur à
dim F ∗ = dim F = n .
Pour tout x ∈ R, la famille (ϕ x , ϕ x1 , . . . , ϕ xk ) est liée et la famille (ϕ x1 , . . . , ϕ xk ) est libre donc
ϕ x ∈ Vect(ϕ x1 , . . . , ϕ xk ).
Ainsi, il existe des scalaires c1 (x ), . . . , ck (x ) tels que
k
X
ϕx = c j (x )ϕ x j .
j =1
En passant à la limite a → 0,
n
X
g 0 (x ) = g 0 (xk )vk (x ).
CORRIGÉS
k =1
En conclusion, g 0 ∈ F .
c. D’après la question précédente, toutes les dérivées d’une fonction de F appartiennent à F . La famille
(f , f 0 , . . . , f (n ) ) est de cardinal P
n + 1 dans l’espace F de dimension n donc est liée. Ainsi, il existe des
n
constantes a 0 , . . . a n telles que k =0 a k f (k ) = 0.
Toutes les translatées de f vérifient cette équation donc toutes les fonctions de F sont solutions de cette
équation.
625
Mathématiques MPSI
Problème 2
Partie A – Décomposition de Fitting
1. Soit k ∈ N.
x ∈ Ker f k ⇔ f k (x ) = 0E
⇒ f k +1 (x ) = 0E
⇔ x ∈ Ker f k +1 .
D’où Im f k +1 ⊂ Im f k .
En conclusion, la suite (Ker f k )k est croissante pour l’inclusion et que la suite (Im f k )k est décroissante
pour l’inclusion.
2. a. La suite (dim Ker f k )k est croissante majorée par dim E donc est stationnaire. Soit
r = min{k ∈ N, dim Ker f k = dim Ker f k +1 }
et p > r . Alors
x ∈ Ker f p ⇔ f p (x ) = 0E
r +1
⇔ f (f p −r −1 (x )) = 0E
⇔ f r (f p −r −1 (x )) = 0E
⇔ f p −1 (x ) = 0E .
Ainsi, la suite est strictement croissante jusqu’au rang r puis constante après ce rang.
b. Comme on a déjà une inclusion entre les images, on obtient
Im f k = Im f k +1 ⇔ dim Im f k = dim Im f k +1
⇔ dim Ker f k = dim Ker f k +1 par le théorème du rang
k k +1
⇔ Ker f = Ker f d’après l’inclusion de la question 1.
Ainsi, la suite (Im f k )k est stationnaire à partir du même rang que (Ker f k )k .
c. Soit p un projecteur. Par définition, p 2 = p donc Ker p = Ker p 2 et ainsi l’indice recherché r est inférieur
ou égal à 1. Si r = 0, on a {0E } = Ker p 0 = Ker p donc p est inversible et p = IdE . En conclusion, si p est
l’identité, alors r = 0 ; sinon, r = 1.
3. D’après ce qui précède et en conservant la notation r , N f = Ker f r et I f = Im f r . Ces deux ensembles
sont bien des sous-espaces (comme noyau et image) stables par f (car f et f r commutent).
4. . D’après la formule du rang appliquée à f r , dim N f + dim I f = dim E .
. Soit x ∈ N f ∩ I f ; alors f r (x ) = 0E et il existe t ∈ E tel que x = f r (t ). Ainsi, f 2r (t ) = 0E , c’est-à-dire
t ∈ Ker f 2r . Par définition de r , t ∈ Ker f r donc x = 0E .
Ainsi, N f et I f sont en somme directe et les dimensions concordent donc E = N f ⊕ I f .
5. Pour tout x ∈ N f = Im f r , (fN )r (x ) = f r (x ) = 0E . D’où fN est nilpotent d’indice au plus r (en fait, c’est
exactement r ).
6. L’application fI est inversible car Ker fI = Ker f ∩ I f ⊂ N f ∩ I f = {0E }.
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Corrigés
Montrons l’inclusion réciproque. Soit y ∈ Im f k ∩ Ker f . Par définition, f